Covid 19, à qui profite la peur?

Echange authentique avec une personnes de mes relations : « Non, je ne suis pas vaccinée. On ne sait pas ce qu’il y a dedans. Il y a déjà eu le sang contaminé, l’hormone de croissance, Médiator. Je ne suis pas vaccinée, mais ne le dis surtout à personne. » Le discours sur une obligation vaccinale imposée à la population dans son ensemble et le matraquage politico-médiatique n’y changeront rien. C’est la confiance qui manque pour expliquer, rassurer et convaincre. Un pouvoir aussi discrédité par les mensonges (sur les masques, les places en réanimation, le nombre des morts prévisibles, etc.) n’est plus en mesure d’inspirer la confiance. La contrainte généralisée et les menaces n’ont jamais permis de résoudre quoi que ce soit. Et puis que faut-il comprendre? 60% des Français sont vaccinés, en particulier les personnes à risque. Selon le discours médical et scientifique, le vaccin protège contre les formes graves, évite l’hospitalisation et la mort. La Grande-Bretagne (vaccinée) connaît une flambée épidémique – sous forme de rhumes – mais quasiment aucun décès. Si tout cela est vrai, les Français (soit vaccinés soit ne relevant pas des catégories à risque) n’ont aucune raison d’avoir encore peur du Covid et de ses variants. Quant aux personnes qui ne veulent pas être vaccinées, elles font un choix relatif à leur santé et leur intégrité corporelle qui n’appartient qu’à elles – et au secret médical. Il est doublement incohérent de dire qu’elles mettent les « vaccinés » en péril puisque d’une part le vaccin protège contre les formes graves mais n’empêche pas (semble-t-il) d’attraper la maladie et de contaminer autrui, et d’autre part, les vaccinés sont en principe à l’abri du risque vital. Ce n’est sûrement pas par l’opprobre, l’exclusion, le lynchage et la diabolisation qu’elles seront convaincues. La rage qui se développe contre les « non vaccinés » dans la population française rappelle étrangement les chasses aux boucs-émissaires du Moyen-âge lors des grandes pestes. Ah la nature humaine… Le monde politico-médiatique évoque une situation ou des variants aux noms bizarres venus du fond de l’enfer s’apprêtent à déferler sur la France comme des cavaliers de l’apocalypse. Les lâches, les pleutres et les pervers, les despotes de plateau se réveillent pour réclamer de nouvelles restrictions à la circulation et atteintes aux libertés. A qui profite la peur?

NB: heureux que Mme Natacha Polony, dans Marianne, dise la même chose que moi (en mieux)

Maxime TANDONNET

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La droite face aux présidentielles (pour Atlantico)

  1. Demain se tient un bureau politique des Républicains en vue de la présidentielle 2022, l’un des sujets abordés sera l’organisation ou non d’une primaire alors que l’idée d’un sondage a également été avancée. Pécresse, Morin, Wauquiez et Retailleau ont fait savoir dans Le Figaro leur soutien à une primaire ouverte. Lors de ces deux dernières décennies, quel mode de sélection du candidat a été le plus favorable à ce dernier lors des présidentielles ?

En réalité sauf en 2016, il n’y avait pas de mode de sélection organisé. Si l’on remonte, même au-delà de deux décennies, la sélection s’effectuait spontanément. C’est l’électorat qui choisissait son favori. Ainsi, en 1974, deux candidats de droite étaient en lice, Chaban Delmas et Giscard d’Estaing. Pendant la campagne du premier tour, la candidature de Chaban Delmas, au départ grand favori, a été étouffée par celle de VGE, vainqueur final. En 1981, VGE, président sortant, s’imposait naturellement contre Jacques Chirac au premier mais il était battu au second tour par Mitterrand. En 1995, Edouard Balladur, grandissime favori se présentait contre Jacques Chirac et Lionel Jospin. Finalement au prix d’une campagne éclair, Chirac prenait l’ascendant sur Balladur et l’emportait. En 2002, président sortant, Chirac était le candidat naturel de la droite. En 2005-2007, une rivalité opposait deux candidats de droite favoris pour succéder à Chirac, de Villepin et Sarkozy. C’est le second qui prit l’ascendant dans l’opinion, au point que Dominique de Villepin décidait, avec sagesse et courage, de ne pas se présenter. Ainsi, jusqu’à 2007, il existait une sorte de sagesse naturelle des candidats et de l’électorat de droite qui faisait que le candidat ayant le plus de chance de gagner s’imposait naturellement. Cela ne semble plus être le cas aujourd’hui, d’où le recours à des primaires qui ont inconvénient de souligner les clivages personnels et de favoriser des « chapelles » plutôt que l’unité et de rompre avec une tradition gaullienne de rencontre (spontanée) entre une personnalité et la Nation. Peut-être qu’avec 4 ou 5 candidats tous aussi déterminés, est-on devenu incapable de faire autrement, incapable de s’entendre par la sagesse et le dévouement au bien commun. Mais ce n’est pas forcément très bon signe…

  • A un an de la présidentielle, il y a plusieurs candidats potentiels pour la droite mais aucun qui soit clairement choisi. Quelles sont les idées et les grandes lignes programmatiques qui ont rencontré une vraie adhésion populaire à la présidentielle mais aussi aux différentes élections intermédiaires ?

Depuis 20 ans, ce sont surtout les sujets régaliens qui permettent les succès de la droite. En 2002, la sécurité était le sujet phare de la campagne de Jacques Chirac. Le 2 février à Garges-Lès-Gonesse, le président lançait sa campagne en annonçant « un plan pour la sécurité ». « La violence est en train de changer le visage de la République » déclarait-il, avant d’annoncer « l’impunité zéro ». Cette campagne lui permit d’être devant Lionel Jospin au premier tour, lui-même devancé par M. le Pen. Par la suite, M. Jospin déclara : « nous avons été naïfs sur la sécurité ». En 2007, Nicolas Sarkozy mit de nouveau au premier plan de sa campagne les sujets régaliens, avec son projet de créer un « ministère de l’immigration et de   l’identité nationale » tout en s’engageant à créer des peines planchers pour les récidivistes. A l’heure actuelle, dans une période chaotique marquée par la poursuite de l’augmentation de la violence, il ne fait guère de doute que ce sujet sera décisif pour l’emporter en 2022. Cependant, il ne peut pas être le seul. Les quatre ou cinq candidats potentiels de droite vont tous mettre l’accent sur la sécurité et l’immigration. Ils doivent se démarquer sur d’autres choses qui préoccupent les Français, des questions fondamentales comme l’avenir de la démocratie française, les libertés – ravagées par les confinements et couvre-feu – le vertigineux déclin scolaire. Et bien entendu le travail et l’emploi dans un contexte dramatique où 4 à 6 millions de personnes sont privées d’emploi – dans l’indifférence générale. Pour l’instant, ces questions capitales sont plus ou moins passées sous silence.

  • Y a-t-il des lignes qui n’ont jamais réellement séduit les électeurs de la droite traditionnelles au cours de ces dernières années et que devrait éviter le candidat ou la candidate LR s’il veut fédérer ?

Dans une optique de gagner les élections, il serait de mon point de vue suicidaire de mettre au premier plan du projet une (nième) grande réforme des retraites ou  des transports publics ou encore du code du travail. Rien ne serait pire que de faire du Macronisme à la place de M. Macron. Proposer aux Français en 2022 une nouvelle « transformation de la France » serait désastreux. L’image du quinquennat actuel laissera toujours le goût amer d’un décalage absolu entre le mythe claironné d’un « nouveau monde » et la pauvreté des réalisations, entre l’affichage d’une volonté de modernisation et des résultats piteux sur le plan de la dette publique (120% du PIB) et des déficits publics (9% du PIB) et encore 4 à 6 millions de chômeurs. Il serait irresponsable de la part de candidats de droite de reprendre la posture de la « présidence jupitérienne », de « l’autorité verticale », de la « transformation » imposée à un peuple de « Gaulois réfractaires ». Dès lors, les électeurs préféreront toujours l’original à la copie. Un candidat de droite doit au contraire se placer à l’écoute du pays et à son service. Des réformes et des efforts sont nécessaires évidemment, mais il vaut mieux avancer pas à pas en écoutant le pays et en le respectant plutôt que de brandir la foudre réformiste pour un résultat proche du néant.

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Question de niveau

Attention, il hors de question d’afficher un quelconque mépris. Les responsables et les coupables ne sont pas les professeurs ni les étudiants mais les décideurs nationaux, les pouvoirs publics qui ont renoncé, par lâcheté ou par démagogie, à assurer correctement les formations fondamentales (effondrement du nombre d’heures d’enseignement du français), et à opérer les choix d’orientation nécessaires. Ci-dessous le message d’une étudiante qui tente de justifier une mauvaise performance auprès d’un professeur. Cette étudiante est en master 1 (bac +4) en cours de passage en master 2 (bac +5), dans une discipline à forte connotation littéraire. Ceci est authentique et vérifié, sur ma parole d’honneur. Par-delà toutes les priorités politiques, il faudrait placer au cœur des programmes le redressement scolaire du pays. Et cela commence par les fondamentaux, l’orthographe et le calcul. Tout le monde peut faire des fautes et nous en faisons tous (moi le premier). Cependant, une orthographe à tel point déglinguée, à ce niveau, est le signe patent d’une carence des apprentissages fondamentaux, rédhibitoire pour trouver un métier. Et ceci est de la faute des pouvoirs publics – depuis des décennies – pas des professeurs ni des étudiants. « Bonjour, 
Suite à notre entretient, j’ai oublié et je tenais à vous préciser que la matière que j’avais choisi initialement a dû être annulé et devais être neutraliser mais l’administration a changé d’avis et il a fallu me re orienter soudainement vers une autre matière ainsi ce n’est qu’à partir de vendredi que le choix s’est fait je n’ai donc eu que deux jours de préparation que j’ai du faire selon différents cours qui m’ont été envoyé de différentes personnes (et qui visiblement n’étaient pas complet) . En espérant que vous en tiendrais compte. Même si je sais que cela ne m’excuse en rien et je ne tiens pas d’ailleurs à être excusé, juste que vous compreniez le contexte. »
Ceci est d’ailleurs aussi triste que lamentable. L’étudiante concernée n’est évidemment pas en cause: elle est une victime de choix démagogiques. A noter: le sujet de l’effondrement scolaire ne semble visiblement pas intéresser les candidats à la présidentielle (de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses).

MT

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Remerciements

Au 30 juin 2021, la fréquentation de ce blog était exactement au même niveau qu’en 2020: après six mois, il atteignait 400 000 visites pour 800 000 au total l’an dernier, où la crise sanitaire avait entraîné une nette augmentation de sa fréquentation. Chaque jour, cette dernière oscille entre 2000 et 4000 visites. Pour ce premier semestre, je me permets de remercier ses visiteurs occasionnels, ses habitués et ses commentateurs qui m’aident à le faire vivre. Peu importe que nous soyons d’accord ou non, l’intérêt est de faire vivre un débat d’idées et d’échanges courtois, sans attaques personnelles ni dérapages, même au modeste niveau d’un blog personnel. Par ailleurs, je souhaiterais – pour ceux qui ont quelques minutes à lui consacrer – solliciter leurs conseils sur l’animation de ce site. Vaut-il mieux un bref billet quotidien (comme actuellement) ou des essais d’analyse plus approfondis au rythme de 2 ou 3 par semaine? Est-il préférable de s’en tenir à l’actualité (comme aujourd’hui), ou de prendre davantage ses distances? Les comptes-rendus de livres (2 à 3 par mois) ou de manifestations culturelles ont-ils leur place sur un blog de ce genre? Quelle autre recommandation pouvez-vous suggérer?

Merci beaucoup

Bien amicalement

MT

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« Vive l’empereur »: exposition Napoléon à la Villette

Bien loin des abrutis qui veulent déboulonner les statues de Bonaparte ou déconstruire l’histoire de France, une foule impressionnante se massait ce matin à la Villette pour admirer l’exposition Napoléon. Voilà un signe fortement encourageant: beaucoup de Français, de tous les âges, se passionnent pour l’histoire.

Cette formidable réussite met en valeur les œuvres et les objets les plus emblématiques du consulat et de l’Empire, associés à des pièces moins connues qui illustrent la vie quotidienne de ce personnage hors du commun ayant profondément marqué l’histoire de l’humanité.

Un superbe travail de documentation, d’explication et de pédagogie enrichit cette exposition et contribue à la rendre passionnante. Un délicieux moment d’histoire hors du temps et de l’espace à mille lieues de la médiocrité ambiante.

Maxime TANDONNET

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Covid 19, hystérisation dramatisation

Phénomène étrange: on ne meurt presque plus du covid 19. Les quelques décès quotidiens comptabilisés (en France comme en Angleterre) de l’ordre de la dizaine concernent des personnes dont la maladie n’a fait qu’accélérer de quelques heures ou jours le décès. On nous dit que le vaccin pfizer, après une double dose, est efficace à 95% face aux variants: il n’empêche pas forcément la contamination mais prévient l’hospitalisation et la mort. Les personnes âgées et fragiles et les plus de 65 ans ont tous été vaccinés et aussi une grande partie de la population volontaire. Et pourtant, le pouvoir politique, plus que jamais, agite la peur et la panique autour du variant, prépare les esprits à de nouvelles restrictions c’est-à-dire, violation de la liberté et de la démocratie. « Menace potentielle de reprise épidémique … qui risque de gâcher les vacances« . Les vautours de « plateau » sont de retour et annoncent déjà un confinement, couvre-feu ou autre mesure liberticide de rentrée… Le goût de soumettre et d’asservir le pays devient pathologique. Le rôle d’un pouvoir politique n’est pas d’attiser la peur ni de terroriser la nation. Il devrait être au contraire de rassurer et de promouvoir la confiance en l’avenir. Est-ce trop en demander? Dès lors que le covid 19 a cessé de répandre la mort, il faut apprendre à vivre avec. « Arrêtez d’emmerder les Français! » comme disait l’autre.

Maxime TANDONNET

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L’hypocrite achèvement du bac

Le ministre de l’Education a décidé – si on comprend bien – de supprimer les matières communes du bac, en particulier l’histoire. Ne resterait donc que le « grand oral » et le reste serait renvoyé au contrôle continu. La bête est déjà presque morte avec des taux de réussite de plus de 90% qui en réduisent la signification. Le grand oral ne porte sur rien de particulier, il est vide à l’image du nihilisme contemporain. Sa notation ne porte pas sur un contenu et une réflexion. Que peut-il récompenser sinon, vaguement, arbitrairement, la capacité d’esbroufe? Quant au contrôle continu, il ne fait que donner aux professeurs avec lequel les lycéens sont en contact quotidien la clé de leur avenir, donc l’arbitraire et les inégalités entre établissements. Il est particulièrement sidérant de voir qu’un ministre qui était supposé incarner la fermeté devient le principal liquidateur d’un volet du patrimoine français. Le bac représentait pour nos générations un objectif, un repère et une référence. Il était un rituel valorisant le mérite personnel. Il récompensait à la fois un effort et une intelligence et permettait à des jeunes issus d’un milieu défavorisé de se hisser à la force du poignet. Il était un symbole et une fierté. Voilà, c’est un chêne français – un de plus – qu’on abat lâchement, sacrifié à l’idéologie du grand nivellement. Au moins songe-t-on à le remplacer par autre chose, par exemple une épreuve d’entrée dans les universités? Evidemment que non – ils sont bien trop lâches – et l’université continuera elle aussi à mourir asphyxiée sous la masse de générations hagardes au profit d’une poignée de grandes écoles ultra-élitistes. Tout ceci est lamentable.

Maxime TANDONNET

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L’effarante bêtise d’un système

La France politique, sauf imprévu, semble se diriger en toute normalité vers la réélection de l’occupant de l’Elysée puis sans doute de sa majorité En Marche – ou quelque chose d’équivalent. C’est ce que disent les sondages en tout cas. Plus rien d’autre n’existe. Le bilan d’un quinquennat, le pire de l’histoire de la Ve République, a disparu des écrans radars: dette publique à 120%, chômage monstrueux (4 à 6 millions), pauvreté, vertigineux effondrement scolaire, explosion de l’insécurité, crise migratoire, suspension des libertés publiques, Gilets jaunes, un an de gestion chaotique de l’épidémie, etc. Peu importe désormais. Tout s’efface derrière le Grand-Guignol médiatique et l’enfumage quotidien. L’unanimisme des grands médias radio-télé qui façonnent l’opinion fait froid dans le dos. L’aveuglement et la bêtise ambiante triomphent. Le débat d’idées ou de projet est mort étranglé par le conformisme. Un grand bêlement médiatique national couvre les voix discordantes. Le culte d’un gourou national ou sauveur providentiel permanent – digne des heures les plus sombres – efface toute velléité d’esprit critique et de réflexion. Dans n’importe quelle démocratie, le besoin d’alternance (qui s’est exprimé lors des municipales et des régionales) se traduirait par l’élection d’une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale et la désignation d’un gouvernement d’alternance. Chez nous, c’est impossible. Le verrouillage par le système élyséen, le conformisme des médias radio-télé et l’extension de la crétinerie touche à son paroxysme. Dans un climat largement consensuel, conjuguant l’indifférence, la soumission et l’abêtissement général, le pays servile, décervelé et soumis se prépare à reconduire son gourou élyséen dans une logique de néant destructeur. Rien de plus, rien de moins. Peut-on espérer dans les dix mois un réveil, un mouvement d’humeur ou de révolte, un éclair de lucidité collectif, un sursaut d’intelligence? Possible. Mais pas sûr du tout.

Maxime TANDONNET

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Une étrange réforme des retraites

Les médias et la presse annoncent le lancement d’une réforme qui porterait l’âge du départ à la retraite de 62 à 64 ans. Comment l’interpréter? De prime abord, rien n’est plus étrange qu’un projet de réforme de grande ampleur lancé à 10 mois des échéances politiques nationales. Le pouvoir avait tout le quinquennat pour réformer les retraites: sous la pression sociale, il a renoncé à l’usine à gaz de 2019/2020. Aujourd’hui, il y revient. Or, pour une réforme de cette ampleur, en tenant compte de la préparation du projet, des concertations avec les partenaires sociaux, du débat parlementaire, 18 mois est sans doute un minimum. Quel temps utile reste-t-il? Entre le début actif des travaux de concertation en septembre et le démarrage de la campagne présidentielle, guère plus de 6 mois. Difficilement concevable. Alors comment l’expliquer? Le macronisme n’est pas quelque chose de foncièrement nouveau mais plutôt la quintessence d’une évolution de long terme. Il consiste à sublimer le déclin français (économique et financier, intellectuel, scolaire, sécuritaire, étatique, etc.) dans l’exaltation d’un culte de la personnalité autour de l’occupant de l’Elysée avec comme but suprême sa réélection. C’est tout ce qui compte. La sublimation d’un gourou national, selon ce modèle, transcende les désastres et les malheurs collectifs et même s’en nourrit. L’annonce de la réforme des retraites s’inscrit dans cette logique. En soi, dans les conditions présentes, sa nécessité ou son urgence est discutable: si le pouvoir avait la moindre velléité de s’intéresser au rééquilibrage des comptes publics, il adopterait des mesures immédiates pour tenter de résorber les vertigineux déficits qu’il a lui-même creusés (10 % du PIB) avant de songer aux effets de long terme d’une réforme des retraites. La question n’est pas là. Cette nouvelle annonce, improvisée et à contre-temps, est avant tout politique – électoraliste. Elle vise à magnifier l’image du grand réformateur en misant sur le chaos social qu’elle s’apprête à déclencher pour l’enrichir et par là-même recouvrir un quinquennat de déceptions et de troubles. Autrement dit elle a pour objectif non-dit de provoquer le désordre et les destructions pour renouer avec le culte d’un sauveur providentiel et préparer sa réélection. Un tel schéma repose sur un pari évident: le pari de l’abêtissement d’un peuple qui n’y verrait que du feu. Mais telle est aussi la faille de la stratégie: les Français sont infiniment plus lucides que ne l’imaginent généralement leurs dirigeants.

Maxime TANDONNET

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« Quoi qu’il en coûte »

Les questions économiques et financières sont largement passées sous silence. Elles n’intéressent quasiment plus personne, étouffées par le Grand Guignol politico-médiatique. Les leçons de l’histoire sont oubliées. Comme la grande dépression de 1929 a contribué à l’apocalypse des années 1930-1940, les bouleversements dans les profondeurs de l’économie se traduisent plus tard, d’une manière ou d’une autre dans le champ de la politique. Les chiffres du « quoi qu’il en coûte » de la présidence Macron pendant la crise sanitaire, publiés par le Figaro de ce matin donnent le vertige:

– aides d’urgence aux entreprises 70 milliards € dont 35 Mds € pour l’indemnisation de 8 millions de chômeurs partiels

– recettes budgétaires perdues: 37 Mds €

– plan de relance 36 Mds €

– dépenses sanitaires supplémentaires 14 Mds €

– coût total de la crise sanitaire (en incluant les pertes de PIB) 424 Mds €

Résultat: la dette et le déficit public ont atteint 120% et 9,3% du PIB. L’excuse de la crise sanitaire ne vaut que pour les naïfs. En Allemagne, pays supposé le plus comparable, la dette publique est de 70% du PIB et le déficit public de 4,2%… La gabegie française a-t-elle au moins permis de sauver des vies? C’est tout le contraire. Au vu des statistiques officielles, le nombre de morts par million d’habitants du covid 19 est de 1094 en Allemagne pour 1671 en France.

Bien sûr tout cela est moins drôle que les cabrioles de Mc Fly et Carlito dans les salons de l’Elysée, le tir au but raté de M’Bappé ou le plumage déployé à tous les vents de notre paon national. De fait, tout le monde s’en fout surtout les politiques il faut bien le dire. Mais pourtant la réalité est bien là: la France est un pays en ruines. Et cela se paiera cher, un jour ou l’autre, d’une manière ou d’une autre. Parole d’honneur.

Maxime TANDONNET

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Le second tour des régionales bouleverse le paysage politique (pour Figaro Vox)

Rien n’y a fait. Les multiples appels exhortant les Français à se rendre aux urnes pour le deuxième tour des régionales et des cantonales sont tombés dans le vide. L’alerte lancée par M. Jean Castex, le Premier Ministre « Faire gagner l’abstention, c’est faire perdre la démocratie » n’a pas été entendue. Les « Vingt bonnes raisons d’aller voter » du journal Libération n’ont pas davantage convaincu les Français…

Au lendemain du premier tour, les commentateurs ont généralement attribué ce taux d’abstention record à la défiance des Français envers la politique de plus en plus perçue comme déconnectée de leur vie quotidienne. « Voter ne sert à rien » fut le cri de cœur de nombreux Français répercuté dans les médias. Le second tour des régionales, avec un taux d’abstentionnisme presque aussi élevé qu’au premier tour (65%), malgré les multiples appels au civisme et les mises en garde, n’a fait que confirmer cette situation.

Dans ce contexte, à l’issue d’un 1er tour des régionales marqué par l’effondrement du parti présidentiel (LREM), et le net recul du Rassemblement national, la plupart des observateurs de la politique française avait estimé que le résultat des régionales ne remettait pas fondamentalement en cause l’équilibre des forces en vue des futurs grands scrutins nationaux de 2022. Un sondage Harris Interactive (Challenges) du 23 juin, au lendemain du 1er tour confirmait d’ailleurs la poursuite de l’écrasante domination du tandem le Pen/Macron aux présidentielles et la certitude sondagière de la réélection de ce dernier avec 54% des voix contre Mme le Pen.

Selon cette vision largement partagée, rien ne s’était donc passé aux régionales. Neutralisée par l’abstentionnisme massif, elles se présentaient comme une simple parenthèse dans la routine politique française. Elles n’avaient même pas écorné sa glaciation depuis quatre ans.  « Entre les régionales et les présidentielles, on parle de deux corps électoraux différents » constate justement Jérôme Sainte-Marie dans le Point.  De fait, l’omniprésence médiatique quotidienne du chef de l’Etat et la surexposition de Mme le Pen (prouvée par une étude intitulée « projet Arcadie »), semblaient avoir préservé, même au lendemain du 1er tour des régionales, leur tandem dominant les sondages en vue des présidentielles.

En vérité, il se pourrait que ces élections régionales, notamment les résultats du second tour aient bien davantage ébranlé l’équilibre politique du pays dans ses profondeurs qu’il ne paraît. L’échec du RN, sa spectaculaire défaite en PACA et son recul partout semble consacrer une fois pour toute l’impossibilité pour ce parti isolé, sans alliance possible et toujours largement diabolisé, d’accéder au pouvoir. Cet échec pourrait ainsi fragiliser l’image de Mme le Pen comme principale opposante à M. Macron. 

Quant au président de la République, la faillite de son parti souligne que malgré des sondages de popularité légèrement meilleurs que ceux de ses deux prédécesseurs, son image est sérieusement dégradée dans l’électorat et dans la France profonde. L’argument selon lequel l’abstentionnisme touche les catégories qui le soutiennent – les jeunes – ne résiste pas à l’analyse : les jeunes, justement, ne se sont pas déplacés pour le soutenir. Le triomphe de l’abstentionnisme est avant tout un échec pour le pouvoir en place qui n’a pas réussi à mobiliser ni à motiver les électeurs. La classe dirigeante française ne cesse d’offrir le spectacle d’une politique réduite à l’esbroufe, à des provocations et à des coups de communication. En donnant cette image de spectacle vaniteux destiné à la préservation des maroquins et tournant le dos au bien commun des Français, elle a préparé le terrain de l’effondrement démocratique.

Ce résultat du second tour pourrait donc sérieusement affaiblir le tandem sondagier dominant des futures présidentielles le Pen/Macron. Aujourd’hui, les présidents de régions de droite, larges vainqueurs dans les Hauts-de-France, l’Ile-de-France et Rhône-Alpes, ont le vent en poupe. Il leur reste à confirmer leur succès en trouvant les mots pour parler à l’immense majorité des abstentionnistes et surtout, à éviter de tout gâcher en retombant dans le fléau de la guerre des chefs.

Maxime TANDONNET

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Fanatisme du nivellement par le bas

Le nivellement par le bas dans l’éducation nationale se présente comme une véritable obsession idéologique des milieux dirigeants. L’impératif de mixité sociale écrase les objectifs d’excellence, de valorisation du travail et de l’intelligence. Dernière initiative en ce sens: les étudiants boursiers bénéficieraient de points supplémentaires attribués par avance, au titre d’une prétendue discrimination positive, pour passer les concours des grandes écoles: X et autres grandes écoles d’ingénieur, grandes écoles de commerce dont HEC. Cette initiative est dans le prolongement de nombreuses décisions récentes: la suppression des concours d’entrée à science po (au profit d’un examen sur dossier et d’un entretien), celle des épreuves de culture générale dans les concours administratifs – jugées trop discriminantes -, le saccage des études secondaires par la disparition des séries et la transformation du bac en mélange de « contrôle continu » et de « grand oral » et sa neutralisation par un taux de succès de plus de 90%. Ce fanatisme égalitariste qui touche en ce moment à son paroxysme, se traduit par l’effondrement du niveau intellectuel des jeunes Français. Selon les travaux du ministère de l’Education nationale, le niveau d’orthographe de cesse de s’effondrer : 10,6 fautes pour une dictée en 1987 mais 17, 9 fautes en 2015 à la même dictée. D’après le classement Timss de 2019, les élèves Français se classent derniers de l’Union européenne en mathématique et avant dernier dans l’OCDE (devant le Chili). Selon le classement PISA, les jeunes Français ne sont que 23ème en lecture et compréhension de texte. Enfin, en histoire-géographie, le naufrage est avéré. D’après l’Education nationale, le pourcentage des élèves de faible niveau est passé de 15 à 21% entre 2006 et 2012, et celui des élèves de niveau élevé de 10 à 6%. « Jusqu’où descendra-t-on cette pente? Ce n’est pas en faisant injure aux valeurs de raison, de science, d’intelligence et de travail qu’on forme la jeunesse d’un pays » écrit justement M. Philippe Nemo.

Maxime TANDONNET

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L’abstentionnisme une gifle méritée

« 68% une honte! Je persiste et signe. Voter devrait être obligatoire! » Voici ce que l’on trouve parmi les commentaires qui circulent en ce moment. La question n’est pourtant pas de porter un jugement de valeur sur les électeurs ni de brandir la menace de contraintes et de sanctions. [Moi-même, depuis mes 18 ans, je pense n’avoir jamais raté un vote local ou national y compris en votant blanc, et celui du 20 juin 2021 ne fait pas exception]. Peu importe: il est idiot de condamner les 68% de Français qui se sont abstenus et prétendre rendre le vote obligatoire. Au second tour, il en sera sans doute de même sinon pire. Les dirigeants politiques sont les principaux responsables de cette situation. Eux seuls doivent être blâmés, pas les électeurs. Cette campagne des régionales donne une image absolument répugnante (je pèse mes mots) de la politique française. Les magouilles mafieuses de PACA – transfuges au RN, alliances avec LREM – donnent la nausée. Le naufrage extrémiste de la gauche parisienne est lamentable et sa démagogie déplorable : transports gratuits, vélos offerts à tous les jeunes. Comment financera-t-on? Toujours plus d’impôt? Encore plus de dettes que les futures générations auront à rembourser? La campagne sombre dans le ridicule avec tous ces ministricules envoyés sur le terrain pour faire de l’esbroufe et préparer le terrain pour la réélection de l’occupant de l’Elysée. Qui fait leur travail pendant qu’ils fanfaronnent et reçoivent des claques (bien méritées) avant de se hurler dessus dans les salons de l’Elysée? Quant au principal objectif proclamé à gauche comme à droite, faire barrage au front national, il ne sert qu’à couvrir toutes les démissions, tous les abandons, toutes les lâchetés. D’ailleurs, la réaction des leaders du RN face à l’abstentionnisme touche à la quintessence de la médiocrité et du mépris des gens: « si vous ne votez pas ne venez pas pleurer. » Voilà le sommet de l’obscénité politichienne: insulter les électeurs surtout pour des zozos qui se réclament prétendument du « peuple. » Et Dans cette élection qui semble toucher au paroxysme de la vulgarité les sujets de fond ont été négligés. Les régions et les département sont responsables du développement économique, de l’aménagement du territoire des lycées et collèges, des routes, du logement, de la santé, de l’environnement, des questions sociales. Ce n’est quand même pas rien… Qui a pris le temps de présenter aux électeurs ces compétences? Personne ou presque. Noyées dans un fleuve de démagogie, de mépris, d’arrivisme et de médiocrité (de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses). Vous prenez les gens pour des imbéciles. Mesdames, Messieurs, recevez donc l’abstentionnisme comme une belle gifle, une gifle emblématique, mais une gifle méritée.

Maxime TANDONNET

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La droite face à ses responsabilités (pour le Figaro du 24 juin 2021)

Ci-dessous, une copie de mon article pour le Figaro de ce jour. Il explique que rien n’est gagné pour le droite en 2022 malgré l’échec du RN et de LREM. Pour espérer l’emporter aux élections nationales, la droite LR et assimilés doit aire la preuve de sa volonté d’en finir avec la guerre des ego, la soumission au politiquement correct et de se rassembler autour d’un projet dans l’intérêt de la France. Elle devra s’engager à mettre un terme au naufrage de la politique française dans l’hystérie et l’exubérance narcissique, le mépris du peuple, pour se consacrer au seul redressement du pays. Par delà l’écran de fumée permanent que constituent les polémiques et les coups de menton, la France est dans un état épouvantable, sans précédent depuis 1945, sur tous les plans: économiques, financier, sécuritaire, sociaux, éducatifs… En outre, la liberté et la démocratie sont aujourd’hui en péril. La droite se trouve donc au pied du mur, face à ses responsabilités. Elle ne peut espérer l’emporter que si elle montre aux Français sa volonté de relever avec courage et respect de la vérité ces gigantesques défis.

(Toutes mes excuses pour la mauvaise qualité de la copie intégrale).

Maxime TANDONNET

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Leçons de l’après premier tour des régionales (pour Atlantico avec M. Jean-Sébastien Ferjou)

En 2017, Emmanuel Macron voulait dépasser le clivage gauche-droite et parlait de nouveau monde. Face au relatif échec de sa stratégie, il s’est posé en rempart contre le RN. Affirmant d’un côté que le parti n’était pas républicain et qu’il était en mesure de gagner. A la lumière des élections régionales, cette rhétorique est-elle encore tenable ? Est-il encore possible d’utiliser le RN comme épouvantail ?

Les élections régionales peuvent en effet avoir un impact important sur l’équilibre politique des forces en présence. S’il se confirme que le RN ne gagne aucune région, pas même PACA, cela jette un fort doute supplémentaire sur les chances de Mme le Pen aux élections présidentielles. Un tel résultat risque de dessiller les yeux de nombreux électeurs qui voyaient en elle la chance essentielle d’éviter un second quinquennat Macron. Il infirmerait le matraquage médiatique à l’œuvre depuis dix ans sur la « dédiabolisation » et la « fin du plafond de verre ». Si tout cela est confirmé au second tour des régionales, l’utilisation macronienne du RN comme épouvantail devient en effet beaucoup plus incertaine. Les cartes peuvent être rebattues dès lors que LR redeviendrait aux yeux d’une grande partie de l’opinion le principal opposant au pouvoir macronien. Encore que cela ne soit pas gagné : les LR doivent éviter de retomber dans le danger de la guerre des chefs en vue de la conquête de l’Elysée et s’entendre sur une ligne claire répondant aux préoccupations de la majorité des Français sur la sécurité, la maîtrise des frontières, le chômage et un thème fondamental, celui de la démocratie et des libertés, délaissé par tous les partis. Nous n’en sommes pas encore là.

Sans la menace du RN, Emmanuel Macron dispose-t-il encore d’arguments pour séduire un électorat de gauche et de droite qui ne lui sont pas acquis ?

Le macronisme est avant tout un mode de communication fondé sur une image de jeunesse, de modernité et de réformisme. De fait, l’élection du président Macron en 2017 reposait sur quelques mythes, la transformation de la France, l’exemplarité et le combat contre le « populisme ». Or, le « nouveau monde » promis semble à des années-lumière  après les affaires (Benalla), la crise des GJ et l’épidémie de covid 19. Au centre de cette vision, la lutte entre le bien progressiste et le mal nationaliste devait se substituer au vieux clivage droite gauche. Cette approche reposait sur une extrême personnalisation, une auto sublimation de lui-même en tant que héros du bien face au RN comme incarnation du populisme. Les élections régionales ont souligné les limites de ce schéma. De fait, l’expérience actuelle repose sur une mystification. Le fond de la politique est dans la continuité du socialisme : explosion de la dépense publique et de la dette, aveuglement en matière de sécurité et d’immigration, libéralisme sociétal. Cependant, la posture est en revanche plutôt de droite à travers une image autoritaire, sous réserve de clins d’œil lancés aux jeunes comme l’invitation des youtubeurs à l’Elysée. M. Macron peut difficilement choisir de pencher d’un côté ou de l’autre. Il ne peut être réélu qu’en mordant sur les deux électorats, de gauche et de droite fidèle au « en même temps » et en pariant sur son rayonnement personnel pour transcender ce clivage.

A l’approche de 2022, et face à l’échec relatif de ces stratégies, que peut inventer ou utiliser Emmanuel Macron pour l’emporter à l’élection ?

Il sera difficile au président Macron de renouer avec les chimères de 2017 en particulier le renouvellement de la classe politique au regard de l’échec de LREM. En 2017, il a opportunément pris appui sur le « dégagisme » qui imprégnait l’air du temps après la déstabilisation de la candidature Fillon. En 2022 l’air du temps est à la résignation, au fatalisme, au scepticisme et au triomphe de l’abstentionnisme. M. Macron peut compter sur l’indifférence pour l’emporter. Pourquoi un autre plutôt que lui ? A cet égard, sans doute va-t-il persévérer dans la personnalisation à outrance et tenter d’incarner un autre personnage, garant de la continuité et de la stabilité face au risque du chaos. Il ne pourra pas rejouer l’air du nouveau monde et de la transformation de la France. Il peut en revanche compter sur le désenchantement général et le désintérêt des Français envers la politique et espérer que par routine, ils voteront pour le candidat en place faute d’alternative crédible.  Se présentant en garant de l’ordre, le « chef de guerre » qui a fait traverser à la France l’épreuve du covid 19, il peut ainsi séduire les 22% de premier tour qui lui permettront d’être présent au second et pourquoi pas, toujours face à Mme le Pen même si cette perspective est moins assurée depuis les régionales.

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Régionales, un résultat à double sens

Bien sûr au premier abord, les résultats des élections régionales déjouent tous les pronostics annonçant depuis cinq ans la mort de la « droite ». Que n’a-t-on entendu à ce sujet! Après les élections Européennes de 2019, quand tous les spécialistes annonçaient sa mort clinique évidente au profit du duo le Pen/Macron: je l’écrivais dans le Figaro: N’enterrons pas trop vite la droite essuyant moult ricanements. Aujourd’hui les faits sont là: les LR et assimilés sont de loin le premier parti de France en termes de suffrages exprimés: 29% contre 18,5% RN, 18% % PS, 12% EELV, 10% LREM. Le parti du président affiche un résultat dérisoire qui défie largement les pronostics de sondages biaisés et lèche-bottes sur la réélection quasi-assurée de ce dernier en 2022. (Si l’on compte l’abstention, seuls 3% des Français ont exprimé leur soutien à l’occupant de l’Elysée!) Quant au RN-FN, c’est toujours la même chose depuis un demi siècle: le raz-de-marée annoncé par les sondages en faveur du parti supposé « antisystème » se heurte au même plafond de verre. Et ces résultats pourraient enfin contribuer à dessiller une partie de l’opinion: non Mme le Pen n’ira jamais – jamais – à l’Elysée. Tel était le premier degré. Le second est d’une toute autre nature. Le taux d’abstention pulvérise tous les records. Il était de 68% contre 50% en 2015. Ainsi, il marque un authentique effondrement démocratique. Aucun politique – aucun – n’est en droit de fanfaronner avec une participation aussi dérisoire qui entache les résultats du scrutin d’un doute sur sa valeur politique. Que signifie vraiment un vote auquel presque les deux tiers des électeurs ont refusé de participer? Tel est le fruit de la désintégration de la France dans tous les domaines et du naufrage de la politique française dans le Grand-Guignol dont les dirigeants français actuels sont les grands responsables – impardonnables. Voilà ce que j’ai écrit hier soir dans le Figaro (accessible aux abonnés).

Maxime TANDONNET

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Déclaration préalable d’Action et Démocratie (CFE-CGC Education)

Conseil supérieur de l’éducation – 17 juin 2021  

Déclaration préalable Action & Démocratie / CFE-CGC 

Monsieur le ministre,  

En quatre ans, vous aurez causé plus de dégâts dans l’institution scolaire que tous vos  prédécesseurs réunis, ce qui est un exploit d’autant plus remarquable et triste que vous étiez  supposé reconstruire l’école de la République, non en précipiter la ruine.  

Les historiens disputeront pour savoir si vous avez été la cause principale de ce désastre, ou  bien si vous n’en avez été que la cause auxiliaire, voire seulement l’instrument, mais il n’est  pas besoin d’en attendre les travaux pour constater les résultats : vous avez rendu à la plupart  des professeurs de ce pays leur tâche impossible sous couvert de l’adapter aux exigences de  l’époque, exactement comme on entraverait tout artisan amoureux du bel ouvrage que l’on  priverait de ses outils. Que vous invoquiez les apports d’une certaine science ou les  comparaisons avec d’autres pays pour justifier des mesures insensées (comme celles  conduisant à la destruction des baccalauréats) ou inutiles (comme la réécriture frénétique des  programmes), cela ne trompe personne sur votre incapacité à prendre les décisions fortes, et  néanmoins simples, que la situation exige : il suffit d’aller dans une salle de professeurs ou sur  les réseaux sociaux pour prendre la mesure de la défiance, de la résignation ou du désespoir  des personnels que vos services soumettent constamment à des injonctions paradoxales, à  des instructions contradictoires et mal inspirées, ou qu’ils laissent sans défense faire face à  des remises en cause désormais permanentes de leur autorité et de leurs compétences  auxquelles vos mesures les ont exposés !  

Nous vous avions déjà alerté ici sur les risques du contrôle continu à cet égard, qui conduit à  se focaliser sur les notes au détriment de l’instruction elle-même, mais vous n’avez rien voulu  entendre et l’on voit maintenant partout des élèves, des parents, mais aussi des chefs  d’établissement, voire des inspecteurs généraux eux-mêmes, contester à tel professeur sa  notation si on la soupçonne seulement d’être trop sévère ou tout simplement juste. Nous vous  avions également alerté sur l’ambiguïté, pour ne pas dire la duplicité, de l’article premier de  votre « loi sur l’école de la confiance » qui sapait l’autorité des personnels en prétendant la  conforter, mais vous n’avez là encore rien voulu entendre et l’on voit maintenant de plus en  plus de professeurs être accusés de n’importe quoi par des apprentis sycophantes auxquels  certains personnels de direction donnent lâchement crédit pour acheter la paix sociale dans  leur établissement.  

Un ministre de l’éducation, se présentant de surcroît comme « le ministre des professeurs »  sur les plateaux de télévision, ne devrait pas accepter ni supporter qu’un seul d’entre eux fasse 

ainsi l’objet d’accusations aussi légères que scandaleuses, comme ce fut le cas de ce collègue  à qui l’on reprocha d’avoir porté atteinte à la moralité de ses élèves de Terminale en leur  montrant l’œuvre de Gustave Courbet intitulée L’Origine du monde et qui, même après avoir  établi de façon étayée et imparable l’invraisemblance de telles accusations, s’est trouvé  malgré tout sanctionné par la hiérarchie qui avait pour devoir de le protéger et le soutenir !  Ces faits, qui soit dit en passant se sont déroulés dans l’académie de Versailles, là-même où  exerçait Samuel Paty et à peine quelques semaines après sa mort, montrent que les personnes  qui y sont chargées des ressources humaines semblent n’en avoir tiré aucune leçon ! Ce sont  pourtant elles que le ministre de l’éducation devrait recadrer de toute urgence, au lieu  d’annoncer comme vous venez de le faire que tous les personnels devront subir à partir de la  prochaine rentrée une « formation à la laïcité », comme s’ils en avaient besoin ou qu’il n’était  pas tout simplement indécent de penser qu’ils en aient besoin !  

Mais nous n’en sommes hélas plus à une inconséquence près ! En effet, comment un ministre  de l’éducation peut-il consentir à ce que des diplômes désormais aussi dévalués que ceux du  Brevet des collèges ou du Baccalauréat soient distribués avec prodigalité et sans aucune  rigueur à des élèves qu’on laisse cependant, pour un toujours plus grand nombre, parvenir  aux portes de l’enseignement supérieur dans un état de quasi illettrisme ? Comment un  ministre de l’éducation peut-il consentir également à ce que les personnels placés sous son  autorité soient de plus en plus nombreux à vouloir quitter cette maison tant les conditions  leur sont devenues insupportables et que le métier ne ressemble plus à celui qu’ils avaient  choisi et aimé ? Comment un ministre de l’éducation peut-il se résigner à ce que, année après  année, l’institution peine à recruter et soit contrainte d’abaisser chaque fois son niveau  d’exigence en la matière, et comment ose-t-il envisager de réduire les concours à de vagues  entretiens d’embauche sans contenu disciplinaire en entretenant de la sorte la crise qu’il dit  déplorer et prétend enrayer ?  

Enfin, comment faites-vous, Monsieur le ministre, pour tenir aussi obstinément les yeux  fermés sur la crise morale profonde qui affecte le ministère dont vous avez la charge, crise à  laquelle vous devriez chercher par tout moyen à apporter des remèdes plutôt que des  complications ? Si tant est que cela soit encore possible, il ne vous reste plus qu’un an pour  changer de cap et prendre enfin en considération les observations et les propositions des  organisations qui, comme Action & Démocratie, n’ont aucun goût pour les simples postures  et les revendications irréalistes et vaines, mais sont attentives au terrain, soucieuses de la  souffrance des personnels et préoccupées par l’état inquiétant dans lequel se trouve  désormais l’institution sur laquelle repose principalement la République. 

CFE-CGC

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Un tabou absolu

Le sujet est absolument tabou dans les élites politiques, médiatiques et intellectuelles françaises. Il est quasiment impossible d’en parler aujourd’hui, même aux esprits les plus éclairés et les plus ouverts, les plus brillants intellectuels. Quand on évoque la question, ils ouvrent de grands yeux ahuris. Il est impossible d’esquisser la moindre allusion à ce sujet sans passer au mieux pour un simplet au pire pour un fou. Le système présidentiel rend la France bête et méchante. Il produit les Mélenchon, le Pen et Macron. Il abrutit sournoisement le pays. En effet, la vie politique consiste désormais, à travers le régime présidentiel, à choisir une idole, un gourou, un supposé père de la nation. Il efface donc la réflexion sur l’avenir du pays, le débat d’idées et les choix de société. Il valorise l’émotionnel – aimer ou détester un personnage – au détriment de la pensée. Il transforme ainsi la démocratie en autocratie. Il engendre la division et la haine autour des plus bas instincts de foule consistant à se donner un chef de horde. Il favorise la démagogie en poussant aux promesses nuisibles pour être élu ou rester en place. Il substitue l’adoration d’un gourou à la notion de bien commun et d’intérêt général. Il engendre la fracture démocratique en sublimant un personnage hors sol déconnecté de la réalité. Il pousse à la folie des grandeurs et à la démence mégalomane. Sous l’apparence de la stabilité, il engendre l’irresponsabilité et l’inamovibilité. Il dispense l’illusion de l’autorité à travers l’image (fausse) du chef tout puissant pour couvrir la déliquescence d’une société. Il est à la source de la transformation de la politique en Grand-Guignol médiatique. Décennie après décennie la France s’enfonce dans le chômage, la pauvreté, la violence, la dette publique et pire, l’effondrement du niveau scolaire. Mais jamais il ne viendra à personne l’idée de se demander: au fond qu’est-ce qui ne va pas? Les bien-pensants répondent: il faut bien « incarner! » Mais incarner quoi? La bêtise nationale d’un pays qui roule à l’abîme? Ce que je dis est la vérité – l’évidence même – mais une vérité inaudible. Même l’espoir de faire bouger les esprits quasi inexistant.

Maxime TANDONNET

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Ténèbres de la politique française (pour Atlantico)

– Le président de la république reste obsédé à l’idée d’utiliser l’entre deux tours des régionales pour fracturer la droite en lui imposant de se déterminer entre RN et LREM. Mais n’est-ce pas dangereux politiquement pour lui ? Ne risque-t-il pas, non seulement de griller Jean Castex (qui s’est mis en avant dans l’affaire Muselier en PACA), mais de souligner au passage la faiblesse de LREM ?

Nous vivons une période politique sans précédent, dans laquelle toute notion de bien commun semble gommée au profit de l’exaltation d’un narcissisme absolu tourné vers l’obsession de la réélection. La vie politique consiste pour l’essentiel à noyer dans un écran de fumée de gesticulation permanente une situation désastreuse avec 4 à 6 millions de chômeurs, une dette publique astronomique, dix millions de pauvres, une explosion de la délinquance et de la violence, une catastrophe sanitaire déjà presque oubliée. Face à un tel bilan, le salut de l’occupant de l’Elysée passe par une surenchère de combinaisons politiciennes. Ayant brûlé ses vaisseaux à gauche et face à la faillite de LREM, il tente de brouiller les cartes et de détruire la droite pour favoriser une recomposition en sa faveur comme nous l’avons vu en région PACA. Toute sa stratégie politique consiste à pousser la confusion de la politique française à son paroxysme en balayant d’un revers de main les sujets de fond et en réduisant le choix de l’électeur à une alternative entre le supposé bien progressiste qu’il est censé incarner et le mal populiste ou soi-disant épouvantail lepéniste.  Et de fait, cela semble assez bien marcher…

– Emmanuel Macron ne semble pas se rendre compte que l’électorat LR est en majorité sinon résigné, du moins pas vraiment franchement décidé à faire échouer sa réélection. Prend-il le risque de les faire basculer dans une opposition frontale à sa personne (et donc à basculer vers le RN) à force de multiplier les provocations à leur endroit ?

L’électorat LR est fractionné en trois composantes : une majoritaire prête à se rallier à la candidature Macron contre le Pen au second tour sinon au premier ; l’autre minoritaire en passe de rejoindre l’électorat lepéniste ; et la troisième, ultra-minoritaire en révolte contre cette violence antidémocratique qui consiste à la priver de véritable choix et qui n’optera jamais ni pour l’un ni pour l’autre. Le climat politique actuel est dominé par une extrême confusion, une perte des repères et quasi-disparition des convictions qui facilite le délitement de la droite privée de toute référence idéologique et ainsi aisément malléable. L’opposition frontale à la personne du président existe mais elle est noyée dans l’indifférence générale. Le choix binaire entre deux néants, deux héroïsmes de pacotille, macronisme et lepénisme qui n’ont rien d’autre à proposer que deux formes de culte de la personnalité comme paravent du vide et de la destruction, semble en voie de triompher dans l’apathie générale d’un peuple largement dépolitisé, privé par un demi-siècle d’effondrement scolaire des outils intellectuels d’une vision critique et comme hypnotisé par un matraquage médiatique inouï en faveur de l’occupant de l’Elysée.  

– La confusion politique que le président entretient est-elle de nature à lui donner une ligne et un programme clair pour 2022 ? Le véritable enjeu pour lui n’est-il pas, au-delà de se faire réélire, d’être en situation de gouverner effectivement au lendemain de sa réélection ?

Une ligne et un programme clair pour 2022 ? Franchement cela n’a plus grande importance. L’idée même de bilan et de programme est désormais noyée dans la sublimation narcissique. Tout ce qui compte est de séduire une fraction suffisante de l’électorat par une vertigineuse débauche de mise en scène afin d’assurer la réélection dans le scénario du bien progressiste contre le mal populiste. C’est en cela que le personnage de Mme le Pen exerce un rôle crucial. Le lepénisme est l’autre face du macronisme et l’assurance de sa pérennisation. Quant à gouverner après 2022, la question ne se pose même pas. L’après 2022 consistera à continuer pendant un quinquennat supplémentaire le grand spectacle nihiliste autour de l’exaltation d’une image narcissique et d’une profusion de tours d’illusionnisme sur fond de poursuite de l’effondrement général. Alors bien sûr, cette politique de la table rase est dangereuse. Dès lors que la politique se réduit à l’exaltation d’une image narcissique surmédiatisée, elle perd le contact avec la réalité. La bulle émotionnelle autour du chef de l’Etat est fragile, menace à tout moment d’exploser. Pour l’instant, le pays semble noyé dans l’indifférence, l’apathie et l’abrutissement quotidien. Cette torpeur peut dégénérer d’un seul coup quand on s’y attendra le moins en révolte violente avec des conséquences apocalyptiques.

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« comme en 18 » ou l’effet d’une crétinisation massive

Bon, excusez moi. Je ne voulais pas parler du football. Mais la Une de l’Equipe m’a fait céder. « Comme en 1918 » parce que paraît-il l’équipe de footeux française a battu celle d’Allemagne. Elle rejoint une ancienne conviction: tout chauvinisme y compris sportif est une forme dégradée du nationalisme au sens de nationalisme abruti. Cette couverture est le résultat de l’abrutissement collectif par le déclin scolaire et intellectuel. Le titre « comme en 18 » pour une malheureuse histoire de ballon poussé au pied n’a rien de sérieux mais il n’a rien de drôle non plus. Il eût été inconcevable vingt-cinq ans auparavant, quand subsistait encore quelque chose de la mémoire historique, le respect des derniers Poilus et de la réconciliation. Il reflète à la perfection le climat de crétinisation et l’effondrement de l’intelligence. C’est en cela qu’il est intéressant. Diffusé en centaines de milliers d’exemplaires auprès des jeunes, il tend à effacer le fait que la première guerre mondiale n’avait rien d’un jeu de ballon et nie implicitement, en l’assimilant à un jeu de ballon, le drame des 17 millions de tués de la guerre de 1914-1918 dans les souffrances indescriptibles de la guerre des tranchées aussi bien jeunes Français et Britanniques que jeunes Allemands d’ailleurs qui n’avaient pas demandé une telle horreur. Il gifle aussi la mémoire des millions de martyrs de cette guerre abominable, les infirmes, les veuves et les orphelins. Le moindre B-A BA de culture historique aurait dû éclairer les auteurs de cette Une sur le fait que la victoire de 1918 – sur le dos d’un fleuve de sang, de deuil et de souffrances – ne fut pas vraiment une victoire (ou une victoire en trompe-l’œil) dès lors qu’elle conduisait en ligne directe à la montée des systèmes totalitaires, à la débâcle de 1940 et à l’apocalypse de la seconde guerre mondiale. Evidemment, dire cela, c’est sans doute placer la barre un peu haut pour les auteurs de cette Une…

maxime TANDONNET

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« Entre la peste et le choléra » ce qui nourrit l’abstentionnisme

L’abstentionnisme est de loin le premier parti de France. Aux dernières législatives partielles parisiennes, il atteignait 85% du corps électoral. La morale politique réprouve l’abstentionnisme. Ses adeptes sont accusés de repli dans l’indifférence et de renoncement à faire valoir leur citoyenneté. L’abstentionnisme dans certains cas n’a pourtant rien de honteux. Quand le système politico-médiatique et le matraquage sondagier s’obstinent à vous imposer une issue électorale unique, à l’image d’un quasi plébiscite des régimes fascistes ou des listes soviétiques, il devient même une forme de résistance. De même, si le seul choix possible lors d’élections territoriales n’est qu’entre la peste et le choléra, deux candidats qui seraient aussi odieux, répugnants, incompétents et lamentables l’un que l’autre, l’abstention devient un acte de courage. Quand on sait que l’une comme l’autre des options imposées débouchera inéluctablement sur un désastre, il est parfaitement légitime de refuser d’être associé à ce désastre. La question n’est pas de recommander l’abstention. Elle est de dire qu’en l’absence de véritable choix, dans certaines hypothèses face à une offre politique défaillante, l’abstentionnisme n’a rien de honteux ni de scandaleux. S’il avait fallu, dans les années 1930-1940, par exemple, choisir entre Doriot et Laval, quelle autre option que l’abstention? Si j’étais électeur en région PACA aujourd’hui, entre deux trahisons aussi minables et grotesques l’une que l’autre, un climat putride de combinaisons obscènes aux effluves mafieux, je n’aurais d’autre choix que celui de l’abstentionnisme, un abstentionnisme non pas honteux mais un abstentionnisme de résistance à la bêtise, à la décadence et à la médiocrité, et dès lors un abstentionnisme fier et revendiqué.

Maxime TANDONNET

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Pourquoi le chômage a-t-il disparu?

Le chômage français pulvérise en ce moment tous les records de l’histoire. Les catégories A (statistique la plus commune) atteignent près de 4 millions. Les catégories A, B et C dépassent les 6 millions. Ces chiffres sont gigantesques, astronomiques, sans aucun précédent. On se souvient, le naufrage de la présidence Hollande concordait avec l’impuissance de ses gouvernements à faire baisser le chômage à moins de 3 millions de personnes. La présidence de Sarkozy fut frappée de plein fouet par la crise des subprimes et la hausse du nombre de chômeurs (catégorie A de 2 millions à 3 millions). Aujourd’hui, tous les records sont manifestement pulvérisés dans des proportions vertigineuses, titanesques et dans l’indifférence générale. Par le plus étrange des paradoxes, plus personne n’en parle… Ce phénomène ne fait pas l’objet d’une ligne ou d’une phrase dans les grands médias radio-télé. Les faiseurs d’opinion jubilent de la supposée cote de popularité de leur gourou , « solide, équilibrée et rajeunie » supposée bien meilleure que celle de ses prédécesseurs. Mais les règles du jeu ont changé. Les faits (le réel) n’intéressent désormais plus personne. Le chômage n’est plus un souci officiel, comme effacé, gommé, éradiqué de la réalité globale, médiatique avec les montagnes de souffrance et de désespoir qu’il recouvre. Pourquoi cela marche-t-il aussi bien? une partie de l’opinion se satisfait sans doute de l’excuse de l’épidémie. Pourtant, le choix emblématique de l’Absurdistan pendant un an qui a dévasté la société de liberté et amplifié les dégâts économiques – sans rien régler sur le plan sanitaire comme il est aujourd’hui avéré – est de la seule responsabilité du pouvoir. Autre explication: l’accoutumance au désœuvrement massif, à la drogue avilissante des transferts sociaux et à la pauvreté. Et puis surtout le succès de l’enfumage permanent : gesticulations clownesques, ivresse de la polémique quotidienne, asservissement permanent dans les scandales et les crises d’hystérie… Et dans le climat d’abrutissement médiatique quotidien et d’effondrement du niveau scolaire il faut bien le reconnaître: « ça marche! » A court terme en tout cas. Mais qu’en sera-t-il à plus long terme?

Maxime TANDONNET

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« Sacralité » ou respect dû à la fonction

Depuis que M. le président a été giflé par un individu dans la Drôme, les termes de « sacralité » ou de « respect dû à la fonction » prolifèrent. De ce qu’on entend, ce n’est pas l’homme qui était visé, mais la fonction présidentielle. A contre-courant, je m’élève contre cette conception. Dans une monarchie, le corps du roi est sacré. En République, le chef de l’Etat est un homme comme les autres. Sa personne n’a rien de sacré. Il n’incarne pas une fonction – définie par l’article 5 de la Constitution – il la remplit, il l’exerce. Il n’incarne pas non plus la Nation – ce sont les duce ou les caudillo qui prétendent incarner un peuple, pas les chefs de l’Etat républicains. L’expression « c’est la France ou c’est la république qui a été giflée » est idiote. En République, le président est un serviteur de la nation. Il n’est pas au-dessus de la nation, il est bien au contraire à son service. Ce qui est scandaleux, insupportable dans l’agression dont l’occupant de l’Elysée a été l’objet, c’est la banalisation de la violence comme mode d’expression social et politique. Cette violence est exactement aussi inacceptable que celle que subissent dans la rue ou à la maison, des femmes, des enfants, des personnes malades ou handicapées. Ni plus, ni moins. Toute gifle est aussi odieuse – et condamnable -, qu’elle vise la joue d’un président ou de tout autre citoyen. Il n’y a strictement aucune raison de punir davantage la gifle subie par un président que celle reçue par les uns et les autres quotidiennement. Le président est un homme comme un autre dans une République, une démocratie. Quant au « respect dû à la fonction« , la formule est absurde. Qu’est-ce que la « fonction présidentielle » aujourd’hui (par-delà la personne de l’actuel titulaire)? Celle d’un histrion dont la mission consiste pour l’essentiel à gesticuler, provoquer et se pavaner quotidiennement dans la perspective d’une réélection pour détourner l’attention des vrais problèmes de l’époque (violence, chômage, pauvreté, déclin économique, effondrement intellectuel et moral). En quoi cette « fonction » serait elle respectable? On confond tout. A la grande époque des présidents jusqu’aux années 1980, personne n’avait la sinistre idée de parler de « sacralité » ou de respect dû à la fonction. Ces termes eussent été considérés comme obscènes. Leur banalisation aujourd’hui est un autre signe du déclin de l’intelligence démocratique. A l’époque, il n’était question que de confiance, la confiance de la nation en son chef de l’Etat et son gouvernement. Or, la confiance ne se décrète pas. Contrairement à la notion de sacralité ou de respect, la confiance se gagne. Elle se mérite.

Maxime TANDONNET

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Grandeur de la simplicité

Nous le sentons bien: le naufrage de la politique française dans l’hystérie quotidienne est la contrepartie de l’impuissance et du renoncement. De même l’arrogance prolixe et infatuée de nos plus hauts dirigeants actuels est le produit en ligne directe de la médiocrité (morale et intellectuelle). Comme le narcissisme absolu est le signe d’un néant, le sens de l’histoire conduit bien au contraire les grands hommes à vouloir s’effacer devant une cause qui les dépasse.

Au hasard de recherches historiques, je suis tombé sur le témoignage d’un compagnon du général de Gaulle, manuscrit et inédit, illustrant comment la modestie est le pendant de l’honneur.

« Quelle joie de retrouver de Gaulle, quand on a emporté de Paris l’odeur de la chienlit. Au monument aux morts, il a eu pour moi un geste affectueux. Au vin d’honneur, qui suit une très belle cérémonie à la cathédrale, il s’exprime avec une simplicité émouvante:

« Je suis un homme comme les autres parmi les Français! J’ai commis des erreurs, mais l’histoire a voulu, dans certaines circonstances, que je sois là où il fallait être [à Londres le 18 juin 1940] et que je fasse ce qu’il fallait faire. Elle a tracé une ligne dont je ne peux m’écarter parce qu’elle est pour moi celle de la France! »

[…] S’il existe une humilité du saint qui sait qu’il est saint et du héros qui sait qu’il est héros, cette humilité vraie parce que respectueuse de la vérité, jamais je n’en ai entendu une aussi belle leçon. »

Moi non plus!

Maxime TANDONNET

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« Geste barrière » (par Mme Anne-Sophie Chazaud)

Nous sommes déjà exténués par cette campagne électorale qui prend les allures les plus débiles de toute l’Histoire des campagnes électorales. La façon dont le débat public est hysterisé m’indispose et me fatigue. Ces affrontements de pacotille, ces simulacres de politique m’inspirent au mieux du mépris. Mon conseil : déterminez d’ores et déjà (si ce n’est déjà fait) votre vote au regard des années que nous venons de passer, et débranchez tout, laissez-les se débrouiller dans la caverne de Platon entre Youtubers semi-débiles, présentateurs télé, primaires de droite et de gauche les plus idiotes du monde, délires complotistes, petits projets narcissiques et mégalomaniaques, chasses à la bête immonde et aux zeures sombres, mornifles et autres cache-sexes qui ont TOUS pour but de masquer les réels enjeux de cette élection, et le bilan réel de ce quinquennat ainsi d’ailleurs que des précédents. Éteignez tout et partez en randonnée, en salle de sport, au resto rattraper le temps que l’on nous a volé, reprenez possession de l’espace public que l’on nous a confisqué, vivez, aimez, lisez des livres, faites des photos, de la musique, de l’art, faites l’amour, voyez vos copains, faites du jardinage. Fuyez les vapeurs méphitiques de cet asile médiatico-politique à ciel ouvert et revenez juste dans un an déposer votre bulletin dans l’urne.

Anne-Sophie CHAZAUD

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Un signe inquiétant pour la démocratie française…

Voici ci-dessous une copie de mon article, publié ce matin par le Figaro concernant les agressions envers les chefs de l’Etat en France et le coup porté au président actuel hier dans la Drôme. De fait, la tonalité de nombreux commentaires qui relativisent la portée de ce geste est étonnante. Les assassinats ou tentatives d’assassinat de présidents sont d’une toute autre nature (commis par des tueurs étrangers ou dans le cadre de complots terroristes orchestrés). L’agression spontanée, emblématique visant à faire mal et humilier lors d’un bain de foule relève d’une autre logique. or, ce genre d’agression physique en 150 ans d’histoire de la présidence de la République est extrêmement rare: moins d’une demi douzaine sur des milliers et des milliers d’heures de bain de foule. Par delà les sentiments d’adhésion ou de rejet, les Français ont presque toujours respecté l’intégrité physique de leurs chefs de l’Etat. En outre, un coup porté au visage, une gifle, manifeste un degré d’agressivité et d’hostilité – envie de faire mal et d’humilier – bien supérieur à une bousculade ou une saisie par le col. Pour trouver un tel équivalent de coup porté à un chef de l’Etat (avec volonté d’humilier non de tuer), il faut remonter au tout début du XXe siècle comme le souligne cet article. Tout ceci pour dire que l’événement ne doit pas être pris à la légère: il reflète une décomposition de l’esprit public, un déclin du prestige présidentiel, de l’autorité politique et un chaos moral sans précédent depuis fort longtemps dont la responsabilité essentielle incombe aux dirigeants en charge du pays.

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L’agression physique contre un président de la République est signe de désintégration (pour Figaro Vox)

Les agressions physiques contre un chef de l’Etat en exercice (autres que les assassinats ou tentatives d’assassinat) sont exceptionnelles dans l’histoire de la République. Deux en particulier sont passées à la postérité.

Le 3 juin 1899, Emile Loubet est frappé d’un coup de canne par un militant royaliste alors qu’il assiste aux courses d’Auteuil. Cet acte de violence dirigé contre le président de la République traduit le climat explosif qui ronge la société française dans le contexte des suites de l’affaire Panama, l’un des plus grands scandales  politico-financiers de la IIIe République et surtout au lendemain d’un jugement de la cour de cassation annulant la condamnation au bagne d’Alfred Dreyfus (cet officier français de confession juive accusé à tort d’espionnage en faveur de l’Allemagne et victime d’une erreur judiciaire dans un climat de rage antisémite).

Cette attaque emblématique contre l’occupant de l’Elysée provoque une grave crise politique. Le président du Conseil (Charles Dupuy) est mis en cause par la Chambre des députés qui vote une motion dirigée contre lui : « La Chambre est résolue à ne soutenir qu’un gouvernement décidé à défendre avec énergie les institutions républicaines et à assurer l’ordre public. » Charles Dupuy est contraint de démissionner.

Le successeur d’Emile Loubet a lui aussi été victime d’une agression du même genre. Le 25 décembre 1908, le débonnaire Armand Fallières se promène sur les Champs Elysées quand un garçon de café lecteur de l’Action française, le quotidien monarchiste, se jette sur lui et le blesse légèrement en lui tirant la barbe. Il est interpellé et condamné à quatre ans de prison. L’impact politique est moindre que dans le cas précédent dès lors que le président de la République revendiquait sa liberté de se déplacer en privé sans garde du corps.  Le rédacteur d’un journal de gauche, le Feuillet rouge, s’indigne de cette sanction : « En République, qu’importe la déchéance d’un président. Le président, et surtout quand il se balade, est un homme. »  L’auteur de ces lignes n’est autre que Vincent Auriol qui deviendra lui-même en 1947 un chef de l’Etat populaire et grand amateur de bains de foule sans avoir jamais craint la violence quotidienne.

De fait, sous la IVe et la Ve république, la mémoire collective ne semble pas avoir conservé trace d’une agression gratuite de ce genre contre un président de la République. Certes le général de Gaulle a été victime de l’attentat du petit Clamart le 22 août 1962 mais ce geste était d’une nature bien différente : le fruit d’une opération terroriste montée par l’OAS. Un tel geste criminel est sans rapport avec une agression spontanée – non organisée –, gratuite et sans but de tuer mais de rabaisser et d’humilier. On se souvient de la bousculade dont Valéry Giscard d’Estaing fut victime à la sortie de l’Elysée en 1981 mais il n’était plus chef de l’Etat.

Pourtant, tous les présidents de la Ve la République ont adoré s’afficher au contact des Français, se fondant dans la foule – entourés de leurs gardes du corps – ou serrant d’innombrables mains par-dessus des barrières. Et tout se déroulait généralement dans un climat bon enfant. Les agressions – au moins connues, médiatisées – tellement faciles à commettre, ne se sont jamais produites ou alors n’ont guère fait parler d’elles. Cette sécurité de fait dont bénéficiaient les présidents s’expliquait par une sorte de consensus national autour du respect de la personne emblématique du chef de l’Etat, incarnation de la nation pendant la durée de son mandat et par-delà les sentiments de confiance ou de défiance qu’il inspirait.

L’agression dont le président Macron a été la victime le 8 juin dans la Drôme marque sans doute un tournant à cet égard. Il renvoie à la période lointaine, profondément troublée de la présidence Emile Loubet quand les Français se haïssaient entre dreyfusards et antidreyfusards. La France est de nouveau profondément déchirée entre deux sociétés qui ne se supportent plus, celle d’une bourgeoisie à l’aise dans la mondialisation et la « France périphérique ».

Dans ce contexte, l’image présidentielle n’incarne plus l’unité nationale mais une France rejetée par une autre. Cette gifle exprime un véritable chaos moral. Elle est le signe patent de l’effondrement de la démocratie française. Les désaccords qui ne se règlent plus par le suffrage universel et le débat d’idées s’expriment dans la violence. 

A cela s’ajoute l’extrême banalisation de la présence présidentielle qui ne date pas de la seule présidence Macron. L’exubérance médiatique des apparitions présidentielles quasiment quotidiennes – cela depuis des décennies – finit par dégrader la figure élyséenne dans l’ensemble de l’opinion en focalisant sur elle l’émotion collective, les colères et les frustrations.

Enfin, cette lamentable et lâche agression est le reflet de l’anomie – la perte des repères de l’éducation – du chaos et de la violence qui désintègrent la société française. Le coup porté à la personne du chef de l’Etat, particulièrement odieux, est à l’image de ceux qui subissent au quotidien des millions de Françaises et de Français dans un climat extrêmement délétère et une décomposition accélérée de la société.

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Le pouvoir rend-il fou?

Par Mme Elisabeth MARQUET:

Ce Covid aura été un grand révélateur de la personnalité de nos gouvernants, de nos médecins, de nos scientifiques chercheurs, mais aussi de la population aujourd’hui.
En 2007 est paru un essai intéressant « Ces fous qui nous gouvernent » de P de Sutter, consacré à la psychologie politique.
« Le pouvoir est une drogue qui rend fou quiconque y goûte » cette sentence est celle d’un expert en la matière : François Mitterrand.
Mais est-ce le pouvoir qui rend fou ou faut-il être fou pour accéder au pouvoir ? Mégalo pour viser les sommets, parano pour se jouer des trahisons, plus ou moins psychopathe pour éliminer ses
adversaires.
Les électeurs peuvent se plaindre de leurs décisions invraisemblables, et en matière sanitaire ce qu’on vit depuis début 2020 est totalement ahurissant. Mais si les fous sont au pouvoir, n’est-ce pas nous qui les y mettons ?
Pourquoi votons-nous pour les séducteurs, les menteurs, les embellisseurs, plutôt que pour les rationnels, les appliqués, les classiques ?
L’on constate que celui qui, en général, a le plus de chance d’être élu est souvent le plus flambeur ou le plus flamboyant, mais n’est pas forcément celui qui fera un bon dirigeant. L’on peut alors se poser la question : Et si l’électeur était plus fou encore que celui qu’il élit ?

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Prolongation du masque en extérieur, pourquoi?

Le pouvoir vient d’annoncer que l’obligation de porter le masque à l’extérieur était prolongée au mois de juin. Or, une chose est absolument certaine dans cette crise sanitaire: le port du masque en extérieur est inutile (contrairement à ce qu’il en est dans les transports ou dans les lieux fermés). Toutes les études réalisées à ce sujet le prouvent sans ambiguïté et confirment une intuition de bon sens. En outre, dans tous les pays européens, le niveau des contaminations et des décès annoncés s’effondre, sans doute en grande partie pour des raisons saisonnières. Alors, pourquoi maintenir en France l’obligation du masque dehors. 4 raisons au moins, qui en disent long sur l’état d’esprit des dirigeants:

  • Faire semblant de maîtriser des choses qu’ils ne maîtrisent absolument pas et préserver l’idée folle qu’une politique est à la source de l’amélioration constatée en espérant en tirer profit dans les sondages et dans les urnes;
  • Tenter de faire oublier, en versant dans l’excès inverse que pendant plus de trois mois, au pic de l’épidémie et des morts (février mars et avril 2020), ils ont martelé frénétiquement que le masque ne servait à rien (y compris dans les lieux fermés et les transports);
  • Ne pas lâcher la bride sur le pays, prolonger une sensation d’autoritarisme – de même que le couvre-feu de 21 H – dans le style coup de menton permanent, par compensation du chaos quotidien (violence endémique, agressions contre la police, trafics, fragmentation communautariste).
  • Enfin préserver cette sensation rassurante pour eux qu’une foule masquée est soumise. On ne lit pas la colère sur des visages recouverts et le masque fait office de bâillon comme si le bout de tissu que les Français sont obligés de porter dans la rue, sur les chemins de campagne ou sur les plages étaient une manière de les faire taire. Une foule anonyme, privée de visage, ressemble à un cheptel obéissant.

A noter d’ailleurs que dans la classe politico-médiatique, de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses, personne ou presque ne moufte au sujet de cette atteinte à la liberté.

Maxime TANDONNET

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Covid 19, ces supposés « complotistes » qui avaient raison

« COMPLOTISME – Pourquoi autant de Français pensent-ils que le virus a été conçu en laboratoire? Alors que le Covid-19 est arrivé avec son lot de thèses complotistes, un sondage Ifop a montré que la plus populaire d’entre elles était approuvée par un Français sur quatre. Qui est à l’origine de ces affirmations? Qui les diffuse? Et quels impacts ont-elles sur le public? » Ce chapeau d’un article de LCI – à l’image de la tonalité médiatique générale – est du 9 avril 2020. Le mot complotiste est devenu ces dernières années l’équivalent de populiste, réactionnaire, fasciste dans la bouche des élites médiatiques ou supposées intellectuelles qui font l’opinion à la télévision et à la radio. Il exprime ce qu’il y a de plus vil à leurs yeux, la beaufitude terreuse et moisie par contraste avec les lumières post frontières du progressisme. Complotistes: pendant la crise du covid 19, les chantres de la modernité n’avaient que ce mot à la bouche pour qualifier les sceptiques, les ronchons et les ringards, ces obscurantistes (qui croient encore que la terre est plate) et refusent de marcher au pas derrière la vérité officielle – médiatique. L’idée d’un virus échappé d’un laboratoire chinois jetait un trouble sur l’idéologie dominante, fondée sur la marche bienfaitrice vers un monde sans frontière et sur un fond de bienveillance envers un régime chinois mêlant communisme et culte de l’argent. C’est pourquoi il fallait à tout prix la ringardiser. Or il se trouve aujourd’hui que la thèse d’un virus échappé d’un laboratoire chinois est prise avec le plus grand sérieux par les scientifiques. Le Figaro: origine du covid, la piste du laboratoire chinois se précise. Au fond, c’est toujours la même histoire: les élites médiatiques, universitaires, politiques, économiques, supposées instruites (ou demi-instruites) et éclairées prennent les gens pour des imbéciles et méprisent l’intuition populaire de toute leur morgue savante. Mais in fine, il s’avère que les gens avaient probablement raison et que l’intuition populaire était la bonne. Et après une telle avalanche de mensonges et de mépris venus de là-haut, on s’étonnera que « les gens » n’aient plus aucune confiance dans la parole dite savante et officielle.

Maxime TANDONNET

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L’étrange imposture du duel « le Pen/Macron » (pour Atlantico)

1 – Emmanuel Macron, qui désire plus que tout se retrouver au second tour face à Marine Le Pen,  n’a de cesse de parler d’un clivage entre « nationalistes » (souverainistes, populistes) et « progressistes » (européens). Si ce clivage peut effectivement exister, n’est-il pas dangereux démocratiquement de réduire le débat à cette opposition binaire ? Cela ne revient-il pas à nier qu’il existe d’infinies nuances possibles à l’intérieur même de chaque camp ?

Le 1er novembre 2018, le président Macron annonçait la couleur en se présentant comme un bouclier contre « la lèpre nationaliste ». La scène des présidentielles qui se prépare est celle d’un duel à grand spectacle entre le « héros » progressiste et « l’épouvantail » populiste. Tout va dans ce sens. Les escarmouches entre M. Darmanin, M. Dupont-Moretti et Mme le Pen visent de toute évidence à conforter cette dernière dans son rôle d’opposante attitrée. Les provocations élyséennes tendent à attiser les haines et encourager le vote lepéniste, par exemple les paroles de repentance exacerbée sur la culpabilité de la France. Les régionales de PACA illustrent cette stratégie : formation d’une liste commune LR et LREM contre le RN. L’objectif est d’anéantir toute forme de troisième voie entre macronistes et lepénistes. Il repose sur le pari d’un second tour des présidentielles de 2022 qui débouchera sur la victoire du supposé « bien » contre le « mal ». Tout ceci revient à étrangler la démocratie en privant la nation de tout autre choix.

 2- Si on peut avoir effectivement sur la scène politique une impression de « populistes » contre « progressistes », cela reflète-t-il vraiment l’opinion du peuple ? Les Français ont-ils définitivement laissé tomber le clivage gauche-droite ?

L’impression qui domine est celle d’un immense désarroi des Français, mêlé à une indifférence et un scepticisme croissant envers la chose publique. Un sondage pour Marianne en février 2020 estimait à 80% la part des Français refusant un nouveau duel Macron le Pen. Cependant, depuis quatre ans, les sondages donnent ces deux personnalités largement en tête d’un premier tour des présidentielles. Ce gel de la vie politique française est sans précédent. Il est le fruit d’une formidable manipulation. D’une part l’occupant de l’Elysée accapare quotidiennement l’actualité dans sa vertigineuse boulimie de communication. Face à lui Mme le Pen bénéficie d’une couverture télé/radio digne d’un chef de l’Etat. Selon une enquête « projet Arcadie » de 2018 à 2020 sur l’exposition médiatique des parlementaires, son temps de parole médiatique (197 heures) pulvérise celui de tous ses adversaires. Aucun député LR n’apparaît dans les dix premiers… Le manichéisme – bien progressiste contre mal populiste – s’incarnant dans deux personnalités surmédiatisées étouffe le débat démocratique sur les grands sujets de préoccupation des Français : l’explosion  vertigineuse du chômage, de la pauvreté, de l’insécurité tout comme l’effarant déclin du niveau scolaire. Pour l’instant le pays est comme écrasé par cette logique infernale.

3 – Depuis quelques années et avec la crise sanitaire, les discours semblent converger sur de nombreux sujets (made in France, le soutien à l’économie, l’islamisme, l’immigration, l’insécurité) Sur l’islamisme, on a même vu Gérald Darmanin accuser Marine Le Pen de « mollesse ». Et sur les questions sociétales type PMA, il n’y a pas clivage clair entre RN et LREM. Quand Emmanuel Macron invoque ce clivage progressistes/nationalistes, n’y a-t-il pas une forme d’hypocrisie ou alors une incapacité à déterminer ce qui le sépare vraiment de Marine Le Pen ?

La fuite dans un double culte de la personnalité et la caricature idéologique (progressisme contre populisme) réduit à néant le débat d’idées sur ces sujets. Les questions de fond n’intéressent plus personne dans une atmosphère d’hystérie et de matraquage permanent. D’ailleurs, sur l’Europe et sur les sujets économique et sociétaux la course de Mme le Pen à la respectabilité a eu pour effet de neutraliser son discours. Quant à la « PMA sans père », le RN semble rallié au positionnement dit progressiste. Il n’est même plus possible de reprocher à ce parti sa démagogie et son laxisme dépensier quand la gestion macronienne du pays débouche sur un déficit public et une dette de 10% et de 120% du PIB ! Le macronisme et le lepénisme se ressemblent par bien des aspects, en particulier l’exacerbation de l’ego narcissique et le goût outrancier des provocations destinées à capter l’attention médiatique. Chez l’un comme chez l’autre, la sublimation du « chef », se traduit par le mépris et la négation du monde des réalités. Leur affrontement mortel, dans un climat d’indifférence et d’anesthésie de l’opinion, est l’une des plus grandes impostures de l’histoire politique récente. Nous sommes face à une question dramatique : le pays conserve-t-il une capacité de rébellion face à ce naufrage dans la médiocrité stérile ou bien a-t-il définitivement baissé les bras ?

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Les raisons profondes de l’effondrement du mur ou front républicain (pour Figaro Vox)

Le front républicain connut son heure de gloire au printemps 2002, quand le second tour des élections présidentielles opposa Jacques Chirac à Jean-Marie le Pen. La gauche s’unit à la droite pour faire échec au parti « antisystème » avec 80% des voix. Lors des élections régionales de 2015, le même scénario se reproduisit à l’identique dans plusieurs régions, privant le parti lepéniste de présidences qui pouvaient tomber dans son escarcelle. A l’inverse lors de la finale des présidentielles de 2017, une majorité des électeurs « de François Fillon » se rassembla autour du candidat venu d’un gouvernement socialiste, Emmanuel Macron, pour mettre en échec Marine le Pen, avec un succès toutefois moins net qu’en 2002 : 65/35%. Or, le front républicain consistant à « faire barrage au RN » ne semble en mesure de se reproduire aux régionales ni aux futures élections nationales.

La dédiabolisation ou banalisation du discours lepéniste en est l’une des raisons les plus évidentes. La stratégie électorale des dirigeants du RN consiste à balayer toutes les aspérités qui en faisaient un parti « antisystème ». Ainsi, le renoncement à la sortie de l’euro au cœur du programme de 2017 est emblématique de cette neutralisation tout comme l’abandon du projet de sortie de l’Union européenne. Certes, une conversion si radicale, sur un sujet aussi fondamental, en si peu de temps, laisse un arrière-goût de suspicion. De même quelques îlots de mémoire – sur l’histoire de ce parti – survivent à l’opération de table rase. Cependant, ces deux obstacles sont désormais sans doute insuffisants pour faire échec à la normalisation en cours.

A cela s’ajoute un autre facteur. L’état désastreux dans lequel se trouve la France relativise l’incompétence ou l’amateurisme généralement prêtés aux cadres du mouvement antisystème. De fait, jamais sans doute depuis 1945 la situation du pays n’aura été aussi dégradée : un chômage tellement répandu que plus personne n’en parle, l’explosion des violences et le chaos quotidien, un déficit public et une dette qui battent tous les records (9,6% et 120% du PIB), un vertigineux effondrement du niveau scolaire, une pauvreté touchant 10 millions de personnes sans même parler de la gestion erratique de la catastrophe sanitaire du covid-19 (masques, lits, vaccins). La réaction naturelle de l’électeur lambda, dans le contexte actuel, pourrait bien être de se demander : comment faire pire ?

Dans un climat de nihilisme sans précédent, la question du sens des valeurs républicaines se pose inévitablement. Pourquoi un « front républicain » ? Quelle République à défendre ? En ce moment, tous les piliers républicains se trouvent dangereusement ébranlés par un mode de gouvernement qui substitue le rayonnement médiatique de l’occupant de l’Elysée à la vie démocratique. La suspension de fait du Parlement par l’usage banalisé des ordonnances et de l’état d’urgence, associé au renoncement à consulter le peuple par referendum (depuis 2005) est emblématique de cette dégradation de la démocratie. La succession des confinements, couvre-feu et autres mesures bureaucratiques, sans véritable preuve de leur utilité face à la crise sanitaire, a montré que la menace contre les libertés ne pouvait se limiter au seul spectre lepéniste. Dès lors, comment un parti accusé d’être « antirépublicain » peut-il encore faire peur dans un contexte de grand trouble sur les valeurs républicaines ?

La vie politique française ne cesse de fuir le monde des réalités et du vécu quotidien des Français pour sombrer dans la posture, les polémiques (volontaires), les coups médiatiques, les provocations : bref un Grand-Guignol qui n’a rien de républicain au sens de res publica (la chose publique ou le bien commun). Ce naufrage de la politique nationale dans le spectacle nihiliste et narcissique au détriment des convictions se traduit par une vertigineuse poussée de l’indifférence populaire et par un abstentionnisme record (85% aux législatives partielles parisiennes !) Elle se réduit désormais à un combat de chefs, à un affrontement entre des narcissismes exacerbés en dehors de toute notion de débat d’idées ou de projet. Dès lors qu’il n’y a plus rien à défendre ou à sauver dans le nihilisme ambiant, quel peut-être le sens d’un front républicain ?

La fin du front républicain est cependant loin d’ouvrir la porte du pouvoir aux dirigeants lepénistes et au RN. Dans une France promise par les sondages et les analyses politiques à la reproduction du duel de 2017, la question – absurde – qui se présente aujourd’hui est de savoir lequel de M. Macron ou de Mme le Pen sera le moins détesté par les Français en 2022. D’ailleurs, une grande partie de la gauche – autant que de la droite – renvoie désormais les deux dos à dos.  Rien ne permet aujourd’hui d’y répondre à coup sûr. A moins que d’ici là, dans le chaos ambiant, un événement inattendu ou l’émergence de nouvelles personnalités ne viennent troubler le scénario annoncé.

Maxime TANDONNET

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Vertige d’une jubilation

Le Figaro: Avec 40% de popularité, « Le président de la République cherche à tirer des bénéfices politiques de ce contexte a priori favorable et se prépare à repartir à la rencontre des Français. Dans son entretien au magazine Zadig, Emmanuel Macron a même comparé la période actuelle à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance. «Il est dans une bonne phase. C’est la jubilation, il est content, il ne pense qu’à la présidentielle » selon un cadre de la majorité ». Rien n’est plus étrange que le climat politique actuel. De fait, jamais depuis 1945 la situation profonde du pays n’aura été aussi dégradée. Un chômage (ou désœuvrement) tellement généralisé que plus personne n’en parle, une violence endémique qui fait couler le sang et s’aggrave à vue d’œil, le chaos dans les rues (à l’image de cette procession chrétienne à Paris prise d’assaut par un groupuscule extrémiste), un déficit public qui bat tous les records historiques (9,6% du PIB) comme la dette à 120% que nos enfants devront rembourser, un effondrement effarant du niveau scolaire, une pauvreté touchant 10 millions de personnes. Bref, un pays en ruines. Quant à la crise sanitaire, avec ses 110 000 morts selon les statistiques officielles et son cortège de souffrances, le saccage des libertés (un an de confinement et de couvre-feu dont l’utilité est fortement contestée) sa litanie de retards, de fautes et de mensonges (Absurdistan, masques, EPHAD, vaccins), la puissance publique n’a au final aucune raison d’être fière ni de pavoiser. Et d’ailleurs, est-ce vraiment fini? Mais voilà: le désastre français se métamorphose, dans la conscience collective, en sublimation d’un Jupiter national, histrion quotidien qui monopolise l’attention médiatique, ne cesse de dire aux Français qu’ils sont coupables et entend « déconstruire » leur histoire. Ce phénomène sans précédent traduit l’émergence d’une politique virtuelle, tout en image et en manipulation, déconnectée du monde des réalités. Mme Lagarde se fourvoie dans l’hypocrisie ou l’aveuglement quant elle prévoit l’élection de Mme le Pen en 2022. Cette dernière, dans sa fonction d’épouvantail national, n’est que l’ultime tremplin de la réélection annoncée et décrétée par le pouvoir médiatique du président Macron. La France d’en haut abêtie jusqu’au dernier degré s’agenouille devant son gourou dans une jubilation intense et cet étrange climat d’abrutissement collectif qui n’a aucun précédent. Toute forme de curiosité intellectuelle et de sens critique semble abolie. Jusqu’où cette invraisemblable illusion couvrant le naufrage avéré d’une nation peut-elle perdurer? La bulle de bêtise et de mensonge peut-elle éclater à la faveur d’événements dramatiques d’ici moins d’un an? Possible mais nul ne le sait vraiment.

Maxime TANDONNET

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Immigration et politique

Le problème des politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses, c’est que bien souvent, comme ce week-end, ils parlent de l’immigration avec des arrière-pensées pour grapiller des points dans les sondages et dans les votes bien davantage que pour améliorer la réalité. A chaque fois fusent des grands mots supposés faire vibrer les foules électorales intoxiquées. Ce que je vais dire ci-dessous est totalement inaudible, incompréhensible et soulèvera des flots d’incompréhension, mais pourtant, c’est la plus stricte vérité. Sortir de la CEDH (cour européenne des droits de l’homme) comme l’a proposé ce WE je ne sais quel pingouin de droite ne servirait strictement à rien. Les magistrats qui l’invoquent pour annuler les reconduites à la frontière s’appuieront sur d’autres textes équivalents (préambule 1946) ou invoqueront des principes généraux du droit. Pire: le droit du sol, véritable chiffon rouge de la propagande habituelle: il ne représente qu’une petite part des acquisitions de la nationalité française (20%), touchant à des jeunes nés et scolarisés en France et sa remise en cause n’aurait pas la moindre influence sur la maîtrise des flux. Un jour j’ ai essayé de l’expliquer à un ami politique haut placé. Il m’a répondu: « Mais ce sont les symboles qui comptent! (sic) ». Autre absurdité: supprimer le regroupement familial : strictement conditionné à des conditions de bonne intégration avérée, de logement et de ressources d’un travail, d’importance quantitative limité (20 à 30 000 par an), il est l’aspect de la politique migratoire le mieux maîtrisé. Quant au « plan Marshall » pour l’Afrique de l’autre zozo, encore un serpent de mer politicien depuis un demi siècle. Avec des déficits et dettes abyssales, où iront-ils chercher les centaines de milliards supplémentaires d’un plan Marshall? D’ailleurs, l’expérience montre que le développement de l’Afrique dépend avant tout des Africains eux-mêmes et non des milliards de $ déversés de l’aide publique. La vérité, c’est que l’augmentation du flux migratoire en France (de 120 000 premiers titres de séjour en 1995 à 280 000 en 2019) provient essentiellement de la faiblesse insigne des gouvernements français et européens face aux filières esclavagistes d’immigration clandestine qui amassent des fortunes équivalentes au trafic de drogue et de lois nationales volontairement conçues (loi de 2016) pour paralyser la lutte contre l’immigration illégale et encourager des régularisations déguisées. Mais voilà, le dire – la stricte vérité – fait moins vibrer les foules électorales que les beuglements hystériques et les coups de menton mussoliniens sur le droit du sol, le RF ou autre CHDH.

NB: attention, suite à des incompréhensions, il me semble utile de préciser que le fatalisme n’a aucune raison d’être mais que les actions valent mieux que les slogans et la poudre de perlimpinpin. Plutôt que les coups de menton mussoliniens, il faut se retrousser courageusement les manches et lancer l’énorme chantier de la lutte contre les filières esclavagistes et du refus de l’immigration illégale – à l’origine de la perte de contrôle – en s’en donnant les moyens et en adaptant le droit français et européen.

Maxime TANDONNET

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Fabrique de l’opinion

Rien ne serait plus facile que d’estimer, sur la base des rapports du CSA, les temps de parole ou d’apparition effectifs de M. Macron (et des membres du Gouvernement) à la télévision et à la radio. De fait le sujet est absolument tabou car il révèlerait probablement que ce dernier accapare 30 à 40% du temps de présence de tous les responsables politiques comme dans la plus corrompue des républiques bananières. Mais cela fait partie de la routine qui ne choque plus notre cerveau collectif anesthésié. En revanche, une étude passionnante – projet Arcadie Juillet 2020 – et évidemment enterrée, fait la lumière sur le temps d’occupation médiatique des députés de 2018 à 2020. Mme le Pen y pulvérise tous les records à un niveau qui donne le vertige. Un quasi monopole est reconnu par les médias à trois partis – RN (ex-FN), FI et LAREM – qui écrase de manière flagrante tous les concurrents potentiels. La vérité, c’est qu’en France, sauf exception, les intentions de vote sont de fait quasi-indexées sur le temps de présence médiatique. Ainsi, le pouvoir médiatique (radio-télé) a délibérément choisi de corrompre l’électorat en survalorisant la présidence du RN aux côtés de l’occupant de l’Elysée, lui même omniprésent et histrion naturel de la télévision, pour reproduire le duel de 2017 qui assure la réélection de ce dernier. On nage dans l’hypocrisie: valoriser à outrance le candidat supposé « épouvantail » afin d’obtenir un second tour de la présidentielle réglant par avance le sort de l’élection future. Le contexte d’abêtissement massif par le déclin de l’instruction est au cœur de ce dessein. Le mélange démentiel du présidentialisme à outrance et de la propagande radio-télé est un authentique assassinat de la démocratie française. Même si cela ne sert probablement pas à grand chose, il faut dénoncer l’imposture, le coup d’Etat permanent et le saccage de notre démocratie.

Maxime TANDONNET

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Abêtissement et popularité

Après son émission avec les youtubeurs McFly et Carlito, le président de la République a gagné 8 points auprès des jeunes selon un un sondage Harris et sa popularité atteint 48%. C’est tout un système, toute une conception du pouvoir qui triomphe. L’occupant de l’Elysée est un acteur, un histrion, dont le rôle suprême est de capter l’attention de la foule médiatique à l’image d’un amuseur public. Tous les jours sa petite phrase qui déclenche l’hystérie, tous les jours sa cabriole sur les pelouses ou les tapis de l’Elysée. Le spectacle médiatique est déconnecté du monde des réalités qu’il vise à recouvrir d’un voile émotionnel : la vague gigantesque de chômage, la violence endémique et la fragmentation de la société dans la haine, la pauvreté galopante, l’effondrement de l’autorité de l’Etat, la suspension de la démocratie parlementaire et des libertés pendant un an (confinements, couvre-feu), la succession des mensonges et des erreurs pendant la crise sanitaire, etc. Tout cela disparaît des écrans radars. L’affaiblissement de l’esprit critique est le fruit du déclin de l’instruction: 10,6 fautes pour une dictée en 1987 mais 17, 9 fautes en 2015 à la même dictée; d’après le classement Timss de 2019, les élèves Français se classent derniers de l’Union européenne en mathématique et selon le classement PISA, les jeunes Français ne sont que 23ème en lecture et compréhension de texte; en histoire-géographie, le pourcentage des élèves de faible niveau est passé de 15 à 21% entre 2006 et 2012, et celui des élèves de niveau élevé de 10 à 6%. Bien sûr tel est le produit de plusieurs décennies d’abêtissement mais ce qui est prodigieux, c’est la vitesse – quelques années – à laquelle s’effacent l’intelligence collective et la conscience politique dans toute une partie de la population, au profit d’une sorte de despotisme de la médiocrité.

Maxime TANDONNET

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Rwanda, qui est responsable?

Dans son discours de Kigali, le chef de l’Etat français déclare: «  La France a un rôle, une histoire, une responsabilité politique au Rwanda. Elle est restée de fait aux côtés d’un régime génocidaire mais n’a pas été complice [Elle a] une responsabilité accablante dans un engrenage qui a abouti au pire ». Entre responsabilité accablante et complicité, la nuance est faible. « Complice: qui participe à l’infraction commise par un autre (Robert) ». Comment peut-on rester aux côtés des tueurs pendant un génocide – le massacre d’un million d’hommes, femmes et enfants – sans être complice, même par passivité? Mais surtout, pourquoi noyer le poisson? On dit « la France » est responsable. Mais la France, c’est une histoire d’environ 1200 ans (traité de Verdun), une langue, une tradition littéraire et scientifique, un Etat et un peuple. Or, les décisions ont été prises par une infime poignée d’hommes autour d’un prédécesseur de l’actuel occupant de l’Elysée. Combien étaient-ils, 4 ou 5? Pourquoi ne pas les nommer? Pourquoi ne pas les juger s’ils ont une responsabilité accablante – accablante – dans un crime de masse? La France comme entité historique et aussi comme peuple n’est pas complice ni même responsable. Combien de Français de l’époque, des 60 millions de Français, avaient-ils la moindre conscience de ce qui se passait au cœur de l’Afrique en 1994? Connaissaient les noms Rwanda, Hutu et Tutsi? Pourquoi 60 millions de Français devraient-ils (à travers « la France ») assumer la responsabilité de 4 ou 5 hauts dirigeants et conseillers de l’ombre? Les Français, on ne leur demande jamais leur avis mais on les désigne du doigt pour assumer la responsabilité des actes commis par d’autres. Le président en dit trop ou pas assez: il serait plus juste de nommer ceux qui ont, selon ses termes, une « responsabilité accablante » dans ce génocide. Et ce devrait être à la cour pénale internationale de se prononcer sur leur complicité. La France responsable (dans son ensemble) en tant que France? Dénoncer la responsabilité accablante de la France en général – et payer – n’est-il pas une manière de protéger et de couvrir la poignée de responsables – d’un crime contre l’humanité, un vrai cette fois-ci – qui tirait les ficelles? Et quand commencera-t-on enfin à s’interroger sur la nature foncièrement débile d’un régime politique qui permet à un roitelet élyséen élu sous la pression médiatique et imbu de lui-même jusqu’à l’aveuglement de faire tout et n’importe quoi dans le dos de la nation?

Maxime TANDONNET

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Lecture: Les cent derniers jours d’Hitler – chronique de l’apocalypse, Jean Lopez, Perrin, 2015

Voici un grand livre passionnant, ensorcelant, 300 pages en grand format riches de multiples illustrations qui se lit d’une traite en quelques heures tant il vous prend à la gorge. Prouesse de l’historien, fruit d’un impressionnant travail de recherche et de synthèse, il reconstitue, heure par heure, les derniers jours de la chute d’Hitler et de l’Allemagne hitlérienne depuis le 15 janvier au 30 avril 1945.

Cette approche chronologique conduit le lecteur dans un balancement permanent entre le récit d’une apocalypse militaire et humaine et la vie quotidienne dans le bunker de la chancellerie allemande où le Führer – entouré d’Eva Braun, des dignitaires nazis et de ses secrétaires – vit ses derniers jours. Ce livre fait irrésistiblement penser au film la Chute (2004), l’incroyable chef d’œuvre d’Oliver Hirschbiegel.

Il fait le récit du naufrage de l’humanité dans le paroxysme de la barbarie. Heure par heure, le lecteur est submergé par le niveau d’abomination et de terreur où a sombré l’Europe. Pour fuir l’avance de l’Armée rouge, les SS exterminent leurs prisonniers de guerre ou opposants politiques, les blessés dans les hôpitaux, au lance-flamme. Les Juifs survivants des camps de concentration sont emmenés dans des « marches de la mort », affamés, dans leur tenue concentrationnaire par moins 16°. Presque tous meurent en chemin.

Mais cette folie vengeresse et meurtrière ne se limite pas aux SS. Le 19 février, des habitants d’un village de Saxe découvrent une jeune juive squelettique, terrifiée, en tenue rayée échappée d’une marche de la mort: « A la lumière de leur lampes de poche, cinq enfants et adolescents martyrisent longuement la jeune fille à coups de nerf de bœuf et de gourdin, avant de jeter son cadavre dans un ruisseau. » Pendant ce temps, les villes allemandes s’embrasent une à une sous les bombardements alliés qui déclenchent des vagues de feu où périssent des milliers de civils. L’armée rouge dans sa progression se livre à des massacres de vengeance: deux millions de femmes sont violées avant, bien souvent, d’être liquidées avec leurs enfants.

La vie dans le bunker souterrain est dominée par une sorte de routine meurtrière et de naufrage dans la déconnexion. Les derniers jours du Führer se ressemblent étrangement: il se couche à 4 heures, se réveille dans l’après midi. A 56 ans, il souffre de la maladie de Parkinson. Il ne tient que par les piqures de produits dopants du docteur Morrel. Les points de situation se succèdent autour des généraux. De violentes disputes l’opposent au général Guderian, le vainqueur de la France dont les armées sur le flanc Est sont en cours d’effondrement. Hitler boit du thé, joue avec ses chiens, regarde des films, se livre à d’interminables monologues nocturnes que subissent ses secrétaires.

Himmler, chef de la SS, de la Gestapo et de l’administration des camps de la mort tente de le persuader d’entrer en négociations avec les alliés de l’Ouest pour établir un front commun contre l’Union soviétique – une utopie évidemment grotesque. Hitler ne veut pas en entendre parler et envisage plutôt une entente avec Staline – pour lequel il ne cache pas son admiration – mais seulement après une victoire décisive contre l’Armée rouge. Il refuse d’admettre que la Wehrmacht est en lambeau et l’aviation allemande totalement anéantie:

« 9H30: réveillé par Linge, Hitler se précipite, non rasé – fait exceptionnel chez lui – dans la salle de réunion. « D’où viennent ces tirs? » Le général Burdorf annonce que Berlin est sous le feu des batteries lourdes. ‘Les Russes sont donc si près? » répond hitler. Un peu plus tard il exige du général Koller, chef d’état-major de la Luftwaffe, que ses avions attaquent les canons soviétiques. Devant l’impuissance de l’aviateur qui ne peut plus rien faire décoller, Hitler hurle au téléphone: « Alors il faut pendre sur le champ toute la direction de la Luftwaffe! »

Goebbels au contraire l’encourage dans ses illusions et une logique de suicide collectif. Les ordres sont de massacrer les soldats par régiments entiers et les civils donnant le moindre de signe de faiblesse. Les habitants de maisons qui arborent un drapeau blanc sont anéantis pour l’exemple femmes et enfants inclus. Des ordres sont donnés pour détruire systématiquement les infrastructures et les équipements vitaux risquant de tomber sous la coupe de l’ennemi à l’est comme à l’Ouest. L’entourage du Führer l’encourage à fuir Berlin pour se réfugier dans son nid d’aigle de Berchtesgaden dans la perspective d’organiser une résistance dans les Alpes… Lui refuse, s’obstine à vouloir diriger la bataille de Berlin contre l’armée rouge – alors que la Wehrmacht se désintègre – s’accroche à l’idée totalement absurde que le front allié va se briser et un miracle se produire.

Ce n’est qu’à la veille de son suicide avec Eva Braun qu’il semble réaliser que tout est fini: « Croyez-vous mon Führer que le national-socialisme reviendra? lui demande une secrétaire. « Non, il est mort. Peut-être dans un siècle réapparaîtra une idée semblable qui déferlera sur le monde avec la force d’une religion. Mais l’Allemagne est perdue. Elle n’était pas assez mûre, pas assez forte pour cette tâche ». Il avait du mal à porter sa cuillère tremblante à sa bouche. »

De cette plongée en apnée dans les heures les plus sombres et les plus sanglantes de l’histoire se dégage l’impression que la raison de l’humanité est fragile et rien n’autorise à penser qu’un tel déchaînement de démence collective sous d’autres formes et dans d’autres circonstances ne se reproduira jamais, plongeant le monde dans l’apocalypse. Cet immense traumatisme explique beaucoup de choses de l’Europe et du monde actuel. Mais la mémoire s’efface peu à peu de génération en génération et l’oubli complet à l’horizon de quelques décennies ouvrira la voie de nouveaux abîmes.

Maxime TANDONNET

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Cet étrange couvre-feu

L’une des caractéristiques les plus sidérantes du cerveau humain est sa malléabilité. On s’habitue à tout, on finit par tout accepter et tout banaliser. Un couvre-feu est en vigueur depuis six mois et il est devenu une chose normale. A 21H les rues se vident, les gens prennent peur et rentrent chez eux. Evidemment, les conséquences et le contexte sont différents, pourtant ce couvre feu est en substance le même que le couvre-feu des années d’occupation 1940-1944. Selon les période, à 20 H ou à 23 H, les Français n’avaient plus le droit d’être dehors et devaient rentrer chez eux. Rien n’est plus étrange que la résurrection de ce phénomène aujourd’hui. Jamais un couvre-feu (le mot même comme la réalité), un couvre-feu général et durable, n’eût été possible dans l’après guerre. Aucun dirigeant politique n’eût assumé un retour au cauchemar. Il faut croire qu’à la troisième génération, le souvenir des années sombres s’estompe dangereusement. A l’évidence il ne sert strictement à rien sur le plan sanitaire. On sait que le la covid 19 ne s’attrape pas dehors. Obliger les Français à rentrer chez eux, au besoin à s’entasser à l’intérieur d’une pièce quand ils sont plusieurs, notamment les jeunes, est infiniment plus dangereux que de les laisser vivre à l’extérieur. Et le virus ne devient pas plus virulent en extérieur après 21H qu’avant. Tout ceci est une véritable insulte à l’intelligence. Pourquoi? Nous sommes toujours dans la logique de l’esbroufe: asservir pour faire semblant de protéger. Le prix de cette mystification est gigantesque: enfermer une nation après 21H comme après 23 H revient à anéantir les fondements d’une société de liberté. Peuple-enfant avec sa permission de 21H et la puissance publique, faute de rien maîtriser du tout, a la satisfaction de voir les rues et les terrasses se vider sous son joug. Or, il ne se trouve pas une voix chez les intellectuels ou les politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses, pour s’interroger sur la nature de ce couvre-feu. Le plus extraordinaire, le plus tragique, la leçon la plus invraisemblable, c’est la facilité avec laquelle le grand troupeau se soumet, et pire, s’habitue.

Maxime TANDONNET

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Histoire: manifestations policières et crises de régime (le Figaro 21 mai 2021)

« Un fait a le plus mauvais effet sur l’opinion : la manifestation des policiers, le 13 mars 1958, aux abords du Palais Bourbon, qui étale au grand jour l’impuissance du gouvernement à se faire obéir de ceux-là même dont la mission est d’assurer le maintien de l’ordre » écrit René Rémond dans Notre siècle (Fayard 1988).  Il est en effet rarissime, dans l’histoire contemporaine, que des policiers manifestent devant l’Assemblée nationale. D’une part, leur statut leur interdit de manifester leurs opinions en tant que policiers. D’autre part, en vertu d’une tradition républicaine, la mission de garant de l’ordre public est incompatible avec des actions de protestation dans la rue.

Pourtant, le 13 mars 1958, plusieurs milliers de membres des forces de l’ordre parisiennes se rassemblaient devant « la Chambre ». Ils exprimaient ainsi un malaise qui n’est pas sans relation avec celui des policiers qui ont manifesté le 19 mai 2021 sur le même lieu emblématique. En effet, quelques jours auparavant, le 11 février 1958, un gardien de la paix parisien venait d’être assassiné. L’entrée en vigueur d’un nouveau code pénal renforçant les garanties des accusés suscitait l’inquiétude d’une profession qui y voyait une entrave à sa mission de lutte contre la criminalité. A cela s’ajoutaient des revendications catégorielles : « Nos primes ! nos primes ! » scandaient les manifestants.

Cette manifestation suscita de vives critiques de la presse et de la classe politique, notamment de la gauche qui y vit un signe de « dérive factieuse ». Il faut dire qu’elle reflétait une crise de régime dramatique. En cette IVe République agonisante, elle prenait une dimension de symbole de la déliquescence de l’Etat. La valse des gouvernements atteignait son paroxysme. Tous se brisaient sur la tragédie algérienne. Le cabinet Félix Gaillard – jeune président du Conseil de 37 ans nommé cinq mois auparavant – se voyait emporté par la tourmente à la suite du bombardement de Sakhiet Sidi Youssef en Tunisie décidé par l’armée dans le dos du pouvoir politique qui causa la mort de 70 civils.

Evidemment, de prime abord, les circonstances de la manifestation du 19 mai 2021 ne sont pas identiques à celles du 13 mars 1958. Pourtant, les deux rassemblements policiers devant le Palais Bourbon traduisent un même climat délétère et déclin de l’autorité de l’Etat. Il y a plus de six décennies, le régime de la IVe République agonisait de son impuissance tragique à sortir le pays de la guerre d’Algérie. Aujourd’hui, le pouvoir politique, d’un gouvernement à l’autre, se discrédite par son incapacité de long terme à traiter et régler les drames de la France contemporaine : le chômage de masse, la pauvreté, l’explosion de la dépense et de la dette publique, une violence endémique, la fragmentation de la société par le communautarisme, la perte du contrôle des frontières et l’effondrement du niveau scolaire sans même parler de la tragédie sanitaire. Ce mouvement dans la police fait partie d’un ensemble de signes du mal-être des serviteurs de l’Etat s’ajoutant aux pétitions des militaires et aux tribunes de préfets. En 2021 comme en 1958, il reflète un profond ébranlement de la puissance publique.

Certes, la crise du régime se traduit sous des formes totalement différentes en 1958 et en 2021. Autrefois elle s’exprimait à travers la valse des gouvernements : mis en minorité à l’Assemblée nationale, ils démissionnaient. Dans la Ve République surtout telle qu’issue du quinquennat présidentiel, l’asservissement des députés à l’Elysée neutralise toute forme de responsabilité politique des gouvernements. La stabilité – ou l’immobilité – qui en résulte est parfaitement illusoire dès lors qu’elle va de pair avec une impuissance chronique. La fuite dans la communication, le culte de la personnalité, les postures, les coups médiatiques et les mesures symboliques tel le saccage (facile) de la haute administration, sont les signes de cette incapacité à régler les grands problèmes de fond du pays. En quelque sorte, l’esbroufe d’aujourd’hui a remplacé l’instabilité de jadis mais le résultat est exactement le même.  La grande différence est qu’en 1958, Charles de Gaulle proposait un bouleversement du régime politique et des institutions pour en sortir. Aujourd’hui dans un marécage d’aveuglement et de médiocrité, aucune lueur ne permet – pour l’instant – aux Français d’espérer sortir du nouveau bourbier.

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