Le mur du çon

imagesL’ensemble des commentaires des politiques et du monde médiatique sur l’élection présidentielle autrichienne est d’une affligeante médiocrité. La formule « extrême droite » revient dans toutes les bouches et sous toutes les plumes comme un leitmotiv, et toute réflexion s’arrête une fois qu’elle a été prononcée .  Il s’est trouvé un politicien des plus respectables, chef de parti centriste pour dire : »C’est la première  fois qu’un homme d’extrême droite serait élu en Europe depuis Hitler ». Ce brave Monsieur en a même oublié ses leçons d’histoire de Terminale: Hitler n’a pas été élu, mais nommé chancelier alors que son parti était minoritaire au Reichtag…  Les évènements de dimanche dernier en Autriche soulèvent des questions gigantesques, sur la manière affligeante dont les Européens ont géré la crise migratoire en 2015, sur l’évolution bureaucratique de l’Union Européenne, ressentie comme coupée des peuples et désormais largement rejetée, sur la représentativité des classes politiques européennes, sur la démocratie, sur la Turquie, sur la désintégration de l’Europe politique impuissante face aux déchirements planétaires qu’elle subit sans rien maîtriser. Tous ces questionnements, ces interrogations sur les bouleversements en cours, décisif pour l’avenir,  ont été  esquivés et noyés dans la formule magique « extrême droite ». Il est tellement plus facile de réduire la réalité à un duel titanesque entre le jour et la nuit, le bien et le mal « fasciste ».  Une fois de plus, les médias français ont ouvert avec bonheur, délectation et jubilation, grand leur porte au front national qui fanfaronnait sur toutes les chaînes en martelant le mot « patriote », un joli mot chargé d’histoire, ainsi détourné de son sens parce que les autres formations politiques l’ont lâchement, minablement abandonné. Le monde médiatique, rongé par l’hypocrisie et le double-langage, vénère et sublime ce parti qui lui permet de montrer une France en proie elle aussi au démon fascisant et d’étouffer le monde réel dans un fantasmatique combat contre le diable. Le désert absolu: pas un mot, pas une phrase un peu sensé, un peu lucide. Nous n’avons vu et entendu que des politiciens, d’un bout à l’autre de l’échiquier politique, obsédés par la manière dont ils allaient pouvoir récupérer, en faveur de leur image narcissique,  les évènements politiques autrichiens. Triste et dramatique constat…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 11 commentaires

Le crime d’indifférence

téléchargementLes derniers massacres commis par l’Etat islamique daesh en Irak franchissent un nouveau seuil dans l’insoutenable: une fillette de douze ans brûlée vivante devant ses parents parce que chrétienne, vingt-cinq prisonniers exécutés en étant plongés dans un bain d’acide. Que des êtres humains puissent de nos jours infliger de tels atrocités à leurs semblables, dont une fillette de douze ans, dépasse tout entendement, bouscule nos repères intellectuels et moraux et nous inflige une indescriptible nausée. Un infini dégoût nous submerge en songeant à la lâcheté, la bêtise, l’indifférence de nos sociétés qui ferment les yeux devant un tel spectacle. Car il faut bien le dire, cette information abominable ne fait pas la une des journaux ni des radios. Peut-être est-elle justement trop insoutenable pour être regardée en face. Les défenseurs des droits de l’homme, les autorités morales et religieuses, les politiques et le monde médiatique tournent lâchement la tête. Depuis deux ans  les grandes puissances planétaires se montrent incapables de faire le nécessaire pour mettre fin à une tuerie qui atteint les sommets de la perversité humaine. La couardise, l’égoïsme, la crétinerie triomphent pour laisser le champ libre à une barbarie digne des heures les plus effroyables de l’histoire. Et il se trouve encore des simplets pour croire au progrès de l’espèce humaine… Préparons-nous: ce XXIe siècle sera dix fois pire que le précédent. Cela ne fait plus aucun doute.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 41 commentaires

La nouvelle idéologie

sans-titreLe projet de loi sur la modernisation de la justice contient une mesure passée peu ou prou inaperçue mais qui en dit long sur notre époque. Désormais, chacun pourra changer de prénom comme il l’entend.   Or, le prénom c’est l’identité d’un homme ou d’une femme, ce qui le distingue de son entourage. Dans les valeurs fondamentales de notre époque figure de même « la théorie du genre » ou le libre choix de son identité sexuelle. Par ailleurs, toute personne doit pouvoir choisir en toute liberté son pays: d’où le culte de la mobilité, de la négation des frontières et des nations. Notre époque tend toute entière vers l’émergence d’un être éthéré, sans racine, sans passé, sans déterminisme, sans contrainte, comme en suspension dans le néant. Le libre arbitre individuel est au centre de cette nouvelle idéologie. Chacun est ce qu’il veut être et rien d’autre. Ce principe explique beaucoup des politiques qui sont suivies dans le domaine de l’éducation: depuis des années, la disparition de l’enseignement de l’histoire chronologique, aujourd’hui la suppression du latin et du grec au collège, le saccage de l’orthographe et de la langue. Les symboles du passé sont banalisés, pour ne pas dire profanés, à l’image du mythe sacré de Verdun dans la mémoire de la France. L’idée est bien, comme dans toutes les idéologies, de pratiquer la table rase et d’engendrer un « homme neuf », ce vieux rêve de tous les totalitarismes. La décomposition de la politique en est un autre signe. En France comme ailleurs dans le monde occidental, elle n’est plus qu’un jeu de postures autour d’acteurs – comiques –  en concurrence pour le premier rôle. La politique comme choix d’un destin commun s’est volatilisée dès lors que plus rien n’existe en dehors de l’individu roi. Comme toute idéologie, celle-ci tend vers le fanatisme, la haine absolue de ce qui lui résiste. D’où la banalisation de la violence dans nos rues. Son triomphe correspond sans doute à un état du monde, de l’économie planétaire et des technologies, la tendance à la négation des différences, des peuples et des frontières. Il n’existe qu’un outil pour la combattre:  réhabiliter le savoir, l’intelligence, la culture et l’esprit critique. L’enjeu n’est pas de former des érudits mais d’ouvrir les chemins de la sensibilité, de la curiosité intellectuelle et du goût de la réflexion qui permet à chacun de se situer dans le temps et l’espace. Tout gouvernement digne de ce nom devrait se donner comme priorité absolue de placer l’enseignement du français, de la  littérature, de l’histoire chronologique, au centre de l’Education nationale et de restaurer l’enseignement du latin et du grec, les racines intellectuelles de l’Europe. Mais qui en parle aujourd’hui?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 22 commentaires

Conversations françaises

9782204109291-57308098afbe5Conversations françaises

de Figaro Vox , Vincent Trémolet de Villers

Collection Actualité

304 pages – mai 2016

14,90€

François-Xavier Bellamy, Georges Bensoussan, Abdennour Bidar, Philippe Bilger, Laurent Bouvet, Jean-Louis Bourlanges, Pascal Bruckner, Gaël Brustier, Jean-Pierre Chevènement, Daniel Cohn-Bendit, Régis Debray, Michel De Jaeghere, Chantal Delsol, Franck Ferrand, Alain Finkielkraut, Marc Fumaroli, Renaud Girard, Gilles-William Goldnadel, Christophe Guilluy, Fabrice Hadjadj, François Huguenin, Jacques Julliard, Basile de Koch, Gaspard Koenig, Jean-Pierre Le Goff, Périco Légasse, Thomas Legrand, Élisabeth Lévy, Fabrice Luchini, Joseph Macé-Scaron, Pierre Manent, Alain Minc, Pierre Nora, Michel Onfray, Aymeric Patricot, Natacha Polony, Jean Sévillia, Malika Sorel, Maxime Tandonnet, Denis Tillinac, Philippe de Villiers, Éric Zemmour.
« Débattre aujourd’hui en France ? Rien de plus facile. Mais penser ? L’enjeu, en effet, le seul, n’est pas de défendre la liberté de penser, mais plutôt la possibilité de penser. […] Tourner le dos “à la foire aux puces
universelle” et installer sur le continent numérique une principauté où la conversation se déroule dans le calme, avec franchise et civilité, c’est ce que nous avons essayé de faire avec le FigaroVox. Déclinaison virtuelle
de ce que sont les pages Débats/Opinions, cet espace s’est imposé en deux ans comme un lieu sans piège à loup, ni bourreau, ni ligue de vertus.
Certes, les propos y sont directs, parfois vigoureux mais ils respectent, nous l’espérons, “la patrie intérieure” ».
V. T. V.
Vincent Trémolet de Villers dirige FigaroVox et les pages Débats/Opinions du Figaro.
  • Dimensions : 140x215x22.5
  • ISBN : 978220410929

 

Publié dans Uncategorized | 5 commentaires

Idéologie ou pathologie?

imagesHier encore, un fringant politicien, se réclamant « de gauche » est venu se porter quasi-candidat à la présidentielle en escaladant je ne sais plus quelle colline accompagné de sa petite meute et en annonçant « son grand projet pour la France« . On en compte déjà une cinquantaine  de l’extrême gauche à l’extrême droite, qui veulent tout transformer, chambouler, éradiquer. Leur seule présence à la tête du pays en chef suprême, serait de nature à révolutionner, bouleverser, sauver la République. Et tous disent exactement la même chose: « me voilà! » Mais le pire, c’est qu’ils semblent le croire vraiment, comme privés de tout sens du ridicule, à mi chemin entre le général Boulanger et Kim Jung Il de Corée du Nord. La plupart n’ont strictement rien prouvé, rien montré, rien réussi… Quelle importance! « Me voilà« ! Mais alors, d’où vient cet état d’esprit, cette boulangisation de la politique française? Je m’interroge, sincèrement. Serait-ce une idéologie nouvelle, le moi-jeïsme, « l’ère du vide » et du narcissisme poussés à leur paroxysme en politique? Ou bien autre chose, une sorte d’épidémie d’une maladie mentale, un vrai dérèglement de la raison dans la France dite « d’en haut », lié à une boursouflure de l’ego? Sincèrement je ne sais pas…De fait, que demandons -nous? Un gouvernement, au sens fort du terme, et une majorité cohérente, décidée à se mettre au travail pour dire la vérité sur l’état de la France et faire de son mieux, avec lucidité et réalisme, pour rétablir la discipline à l’école, la liberté d’entreprise, l’autorité de la loi sans laquelle la démocratie ne veut strictement rien dire, l’ordre républicain, le respect dû à la Nation et à son histoire. Les mégalos providentiels, sortis de partout, nous n’en avons absolument rien à faire.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 14 commentaires

Verdun, polémique, témoignages

XVM860e09d4-1752-11e6-a38d-8a6c5a1589e5 (2)

Bonjour,
C’est le première fois que j’écris un commentaire sur ce blog, que je lis très régulièrement.
Permettez-moi cette remarque : à quoi bon faire comme si les « élites » politiques et médiatiques et leurs polémiques représentaient la société autrement que par le biais des institutions (par exemple, sont-elles socialement, culturellement, etc, représentatives) ? Dans cette histoire, que des hommes politiques de gauche se trouvent piégés par leurs contradictions et que ceux de droite restent silencieux, c’est bien triste, mais cela porte-t-il la parole ou la pensée des Français, ou plutôt, leurs paroles et leurs pensées ? Cela ne les recouvre-t-il pas plutôt d’un voile médiatique ?
Jeune professeur de khâgne, de gauche, travaillant dans un lycée à forte mixité sociale (et donc, comme souvent en France, culturelle ou ethnique), je ne me reconnais absolument pas dans les propos des élites du PS, et je ne doute pas un instant que mes collègues, tout comme moi, trouveraient pour le moins incongrue l’idée d’un concert festif pour clore ces commémorations franco-allemandes. Belle illustration de la figure de l’homo festivus… D’ailleurs, les étudiants avec qui j’en ai discuté ont eu la même réaction. Le choix de l’artiste, s’il reste bien sûr problématique, est pour moi second.
J’imagine qu’il en va de même pour beaucoup de gens, et que les propos et indignations grossis et déformés par l’effet de loupe des réseaux sociaux et de leurs relais dans les médias ne représentent pas non plus leurs points de vue.
Vous êtes haut fonctionnaire, de droite, souverainiste, mais les hauts fonctionnaires de gauche européistes (au sens institutionnel) que vous devez sans doute croiser dans le cadre de vos fonctions pensent-ils comme les politiciens qui sont censés représenter leur sensibilité ? Je serais curieux de le savoir.
Que tout ces débats parfois futiles et parfois graves vous rendent pessimiste, je le comprend fort bien, mais désespérer des élites, de leurs outrances, de leurs petites combines et astuces, doit-il automatiquement vous conduire à penser que « la France est un champ de ruines » ?
En espérant que ce message saura retenir votre attention,
Cordialement,
Jean

*********************************************************************

Bonjour à tous,
J’adhère totalement avec les propos tenus sur ce blog. J’ai en mémoire les propos de mon arrière-grand-père qui avait vécu Verdun et qui, soir après soir, au soir de sa vie, racontait sa guerre aux petites filles que nous étions, il est décédé la veille de mes douze ans. Qui aurait l’idée d’aller danser sur les tombes de nos chers disparus, sinon ces socialogauchos nourris au lait de l’Internationale ? Je ne peux qu’espérer qu’un jour, dans ce monde ou dans l’autre, et au moins au tribunal de l’Histoire, ils seront jugés.
Je reçois des pélerins, et deux soirs de suite, un Hollandais et un Canadien ont partagé notre soirée. Vu de l’étranger, nous sommes au bord de la guerre civile, ce qu’ils ont ressenti avec force de par les propos entendus sur le chemin…
Quant à l’importance de l’identité, « notre Canadien » se définissait comme Américain avec des racines françaises, très fier de parler de ses ancêtres normands et bretons partis au XVIIème siècle dans la « belle province ». Les hommes ne naissent pas hors sol, ils tiennent à leur langue et leur culture. Notre France ne peut disparaître !

Nancy

Publié dans Uncategorized | 7 commentaires

Verdun, la France, champ de ruines

XVM860e09d4-1752-11e6-a38d-8a6c5a1589e5 (2)La logorrhée haineuse de certains socialistes à la suite du renoncement au concert de Black M aux cérémonies de Verdun est consternante: « fasciste, raciste, ordre moral, nauséabond », etc. Mais le triomphalisme arrogant des édiles du FN est tout aussi indigne: « victoire! » proclament-ils, comme pour bien exciter un peu plus les esprits. On se demande bien quelle victoire, quand après une polémique de trois jours, notre pays donne le sentiment d’être un champ de ruines.

  • La mémoire de Verdun a été depuis cent ans, un socle et symbole de l’unité nationale. Jamais, en un siècle, la moindre polémique n’est survenue sur le deuil collectif de la Nation. Aujourd’hui, pour la première fois depuis 1918, le pacte sanglant de Verdun est déchiré en mille morceaux. Bravo à nos politiques, à nos gouvernants, en principe responsables de l’unité de la Nation.
  • La faillite des élites françaises, médiatiques, universitaires, politiques, dans leur ensemble (avec des exceptions), donne le vertige. Elles paraissent dans l’incapacité de comprendre que des millions de Français puissent être choqués à l’idée de voir la commémoration du martyre de 700 000 jeunes gens, sur un site consacré au deuil et au recueillement, ainsi dévoyée en spectacle ludique et festif. [Un concert de rap, de rock ou de techno est-il désormais envisageable lors d’une cérémonie patriotique sur les ruines d’Oradour-sur-Glane?]  Je pense tout simplement que les élites françaises dans leur globalité, ont perdu les outils de la connaissance ou du jugement permettant de sentir ce malaise. [A ceux qui ne comprennent pas ce que je veux dire, je suggère de regarder la vidéo ci-jointe]
  • Le climat de soumission qui s’est installé sur la France est préoccupant. Le silence des associations d’anciens combattants est particulièrement étrange. De quoi ont-elles peur?  Un mot du souvenir français ou des « gueules cassées », les seules autorités morales habilitées à se prononcer au nom des morts de Verdun et de leurs descendants aurait pu apaiser les esprits. Il n’est pas venu.
  • La dramatique destruction de la politique française: entre les excités du parti socialiste et du Front national, que reste-t-il? Le néant absolu: une douzaine de personnages obsédés par leur destin personnel, noyés dans l’obsession des présidentielles et de leur image médiatique. Les ténors de la politique française se sont montrés totalement absents du psychodrame laissant le champ libre aux extrémistes de droite comme de gauche. De fait, la poussée hystérique de la  politique française est l’autre face de son néant.
  • Bien sûr, quelques voix dissidentes, courageuses et clairvoyantes se sont exprimées, Figaro Vox le premier, notamment par ma plume, mais aussi, l’hebdomadaire Marianne, encore et toujours Marianne, magazine marqué à gauche mais lui aussi au centre de la résistance intellectuelle face au rouleau compresseur médiatique . L’autre satisfaction tient à la levée de boucliers venue de la Nation dans ses profondeurs et qui s’est exprimée sur Internet. Mais dès lors que cette sensibilité ne trouve pas d’expression politique, sur quoi peut-elle bien déboucher? C’est la grande question.

Maxime TANDONNET

 

Publié dans Uncategorized | 43 commentaires

Verdun, leçons d’une polémique (suite et fin)

XVM860e09d4-1752-11e6-a38d-8a6c5a1589e5 (2)La polémique de cette semaine autour du concert de Black M à Verdun –  puis son annulation finale –  me semble constituer un événement important dont il convient de tirer quelques leçons:

  1. Le poids du conformisme idéologique dans la société médiatique demeure phénoménal. J’ai beaucoup lu et écouté les commentaires de ces jours-ci. Partout strictement le même refrain, comme un mot d’ordre idéologique: la contestation envers le concert de rap aux cérémonies de Verdun procède d’une « réaction de l’extrême droite raciste »: RTL, Europe 1, France Inter, le Point, l’Obs, l’Express, les chaînes de télévision à l’unisson, le Parisien… A l’exception du Figaro bien sûr, je n’ai trouvé qu’un son de cloche vraiment différent, une voix dissidente, critique, libre, venu d’un magazine connoté « gauche républicaine »: l’hebdomadaire Marianne à travers un superbe éditorial plein de bon sens et de courage. Merci à lui.
  2. La dilatation du champ de « l’extrême droite » atteint un niveau sans précédent. Est considéré comme « extrême droite », aujourd’hui, tout ce qui se différencie du discours normé et des standards de la mode médiatique. On en arrive à une situation absurde. Se déclarer indigné de la mise en vedette, à une cérémonie patriotique, de l’auteur ou l’interprète de paroles telles que « Il faut que les pédés périssent (sic) » ,  serait assimilé à une prise de position d’extrême droite. Le monde à l’envers…  Un jeu de miroir entre l’ensemble médiatique et le FN bat son plein: dans une telle polémique, les médias n’ont d’autre obsession que de jeter les projecteurs sur le parti lepéniste pour diaboliser la cause qu’ils veulent desservir. Au pris d’une extraordinaire manipulation, on tente de déplacer le débat sur le terrain du « racisme » alors qu’il porte sur la conception que chacun se fait du respect de la dignité, de  l’histoire et de la mémoire. Il semblerait, au regard des insultes et invectives qui tombent, que l’on ait même pas le droit de s’interroger sur ce point.
  3. La droite républicaine, en dehors de quelques individualités, est à côté de la plaque. Ses principaux ténors n’ont pas senti ou voulu sentir la gravité de l’enjeu sur le plan des valeurs et des symboles. Ils martelaient leur discours sur la libéralisation de l’économie tandis qu’une partie du pays s’enflammait sur un sujet qui la touchait au cœur. Sans doute ont-ils craint de se « ringardiser » ou de se  « diaboliser auprès des médias » en partant sur ce terrain. Mais la peur est mauvaise conseillère. S’ils continuent ainsi, ils sont voués à disparaître. Ils gagneront peut-être en 2017, mais perdront pied en 2017-2022 (comme aujourd’hui le pouvoir socialiste), laisseront la place aux socialistes en 2022 et seront ensuite broyés en tant qu’opposition par un FN tout puissant, à la grande satisfaction du monde socialiste et médiatique dont tel est l’objectif ultime.
  4. Le chaos n’est pas seulement social (5 millions de chômeurs, banlieues, violence, zones de non-droit, communautarisme), il est avant tout intellectuel. Je l’ai décrit dans ma tribune au Figaro Vox, largement reprise et diffusée. Verdun, le massacre, les souffrances indescriptibles de 700000 jeunes gens, le deuil de leurs parents, de leur femme et de leurs enfants, appellent le recueillement, c’est-à-dire le silence du respect, ou bien une musique discrète et solennelle. Songer à s’amuser, à danser, à faire la fête  sur de pareilles circonstances est incompréhensible. Jusqu’où ira-t-on? Du rap, de la techno ou du metal aux cérémonies de la Déportation le 24 avril, aux commémorations d’Oradour-sur-Glane, ou encore le 11 novembre sous l’Arc-de-Triomphe? A l’occasion du transfert des cendres de Jean Moulin aux Panthéon s’il était à refaire? Des rave-parties dans les cimetières? C’est insulter « les jeunes » que de penser les attirer à Verdun par la démagogie et la facilité. Ce triomphe de l’absurde, de la mauvaise foi et de l’idiotie est révélateur. Nous subissons aujourd’hui l’effondrement intellectuel des élites politiques et médiatiques.
  5. La force de la mobilisation sur Internet est un élément nouveau: les canaux officiels de la propagande sont débordés. La radio, la télévision, les magazines ont beau marteler un message unique, exercer un rouleau compresseur, cela ne prend plus. L’information et les idées circulent à la vitesse de la lumière en dehors des voies normales… Cette fois-ci, la résistance n’est pas venue des intellectuels connus et traités habituellement de « néo-réac », car on ne les a guère entendus comme si eux aussi avaient été dépassés par l’événement. Elle est venue, massive, des réseaux sociaux. Le mépris des élites politiques et médiatiques pour « les gens » et leur sensibilité est désormais voué à l’échec.  Sauf à détruire Internet, nous sommes entrés dans une ère nouvelle. La parole est ouverte à la société, une pyramide est en train de se renverser. Il n’y a plus « de France d’en haut et de France d’en bas » car l’ancienne France d’en bas est en train de prendre le pouvoir. Il reste à donner une traduction politique à ce phénomène.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 30 commentaires

Black M Verdun III

XVM860e09d4-1752-11e6-a38d-8a6c5a1589e5 (2)De M. Gérard Bayon:

Bonjour à toutes et à tous,
Je viens d’entendre le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense : Jean-Marc Todeschini s’offusquer et même accuser l’extrême droite d’avoir fait annuler le concert de Black M à Verdun.
Ce type est aussi nul et d’aussi de mauvaise foi que l’ensemble de ses confrères. Il ne se rend même pas compte de l’indécence de ce projet de concert en un lieu et à un moment tout à fait inopportun et profite de l’occasion pour faire croire à une montée du fascisme alors qu’il n’a même pas compris et vu que l’ensemble de la droite républicaine [comme beaucoup de Français] s’est également levée, certes tardivement, pour faire annuler ce concert indigne.
En soutenant le maire de Verdun, tout aussi stupide d’ailleurs, il se couvre de ridicule et participe quoi qu’il en dise à la montée du FN dans notre pays.

Gérard BAYON

Publié dans Uncategorized | 13 commentaires

Verdun/Black M, suite!

XVM860e09d4-1752-11e6-a38d-8a6c5a1589e5 (2)Enfin! Dans tout le foisonnement des commentaires, des écrits, des hurlements hystériques, des insultes, des vagues de haine, des récupérations idéologiques, de la lâcheté et du conformisme ambiant,  j’ai enfin trouvé une analyse courageuse et convenable. Courageuse: dans le climat totalitaire de la France actuelle, avec ses commissaires et ses procureurs de la pensée, sa ligne idéologique, il faut avoir un minimum de tempérament pour s’exprimer au risque de s’exposer à l’accusation de racisme ou d’être assimilé à l’épouvantail « extrême droite »  dont telle est la raison d’être fondamentale aux yeux du système politico-médiatique. Voici un article réfléchi et plein de bon sens du site Contrepoints de Jean-Baptiste Noe. 

« L’ère vide du pouvoir

Cette commémoration est le miroir qui nous montre le vide du pouvoir et de la réflexion politique. Incapable de donner de la grandeur, la commémoration s’échoue dans le néant. Elle devient une kermesse pour amuser le peuple, sauf que le peuple ne viendra pas et ne regardera pas un spectacle qui ne l’intéresse pas.

L’ensemble des Français aurait sûrement préféré une commémoration sobre, avec reconstitution historique et présentation d’objets de la bataille. Cette commémoration croit parler à l’ensemble de la population ; elle ne s’adressera en fait qu’à ceux qui l’ont commandé. Elle révèle la vacuité d’un pouvoir, la coupure des dirigeants et du peuple, l’inculture des organisateurs. Ce vide et ce néant sont bruissant de paroles : ils témoignent d’un pouvoir déculturé et coupé des réalités. »

A la suite de mon propre article sur Figaro Vox, je dois confesser m’être senti un peu seul à dire la vérité sur le malaise que ressentent beaucoup de Français. C’est effroyable cette espèce de terreur conformiste et de lâcheté ambiante qui pèse sur la France aujourd’hui, frappe de plein fouet les politiques et favorise toutes les formes d’extrémisme haineux. Il est quand même paradoxal que ce soit un haut fonctionnaire, en principe tenu au devoir de réserve, qui s’exprime sur un tel sujet, alors que des centaines d’élus politiques, dont c’est au contraire le devoir, le métier, au nom de leurs électeurs, de parler et de dire ce qu’ils pensent, se cachent et s’interdisent par calcul politicien de se prononcer sur une telle question qui touche à la France. Grâce à ce second article de Jean-Baptiste Noe, sur la toile, un article d’une extraordinaire intelligence et lucidité, que j’approuve à 100%, un article que je trouve meilleur que le mien, me voilà rassuré. « Non Jef, t’es pas tout seul! » comme dirait Jacques Brel

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 53 commentaires

La muselière nationale

XVM860e09d4-1752-11e6-a38d-8a6c5a1589e5 (2)Aujourd’hui, j’ai été un témoin privilégié du mécanisme par lequel on musèle la pensée et la parole en France, sur un sujet auquel j’ai été indirectement mêlé.

1/ Hier soir, est tombée la nouvelle de l’organisation d’un concert de rap, par les autorités au pouvoir, du chanteur Black M lors des cérémonies commémoratives de la bataille de Verdun.  Un concert de rap, ou de rock ou de techno, une musique festive, ludique, quelle qu’elle soit, pour commémorer l’une des plus épouvantables tueries du XXe siècle, je suis désolé, mais cela me choque et me désole. C’est une affaire de sensibilité personnelle.  La mémoire de 650 000 jeunes gens massacrés appelle, à mes yeux, le recueillement et le silence, pas un concert de rap ou de rock ou autre. Je l’ai écrit quand le Figaro vox m’a demandé hier soir une chronique sur le sujet. Le problème est d’autant plus réel que ce chanteur a, par le passé, chanté des paroles d’une rare violence sur les homosexuels  que franchement, je n’oserais même pas reproduire ici. Dans n’importe quel autre contexte, par exemple invité à une cérémonie par un président ou un gouvernement de droite, compte tenu de ces paroles, la présence de M. Black M aurait soulevé un tollé furieux et compréhensible de plusieurs jours du monde médiatique dans son unanimité.

2/ Depuis ce matin, les personnalités de la droite radicale se sont emparées d’un quasi monopole de la protestation sur ce dossier. Ses représentants prennent tous la parole les uns après les autres, sur un ton tonitruant à ce sujet. En face, les Républicains se terrent. C’est proprement hallucinant: pas un seul n’a prononcé un mot, pour l’instant, sur cette affaire. Pourquoi? Parce qu’ils ont calculé qu’il était risqué de prendre position sur ce sujet, avec la perspective de passer pour réactionnaire ou ringard, de déplaire à la jeunesse à un an des élections, être assimilé au « populisme ».

3/ Les partisans de ce concert, c’est-à-dire la quasi totalité de la presse et des médias français et des partis de gauche esquivent totalement la question de fond: un concert ludique, festif, destiné à plaire aux « jeunes »est-il adapté à la mémoire de Verdun? Un chanteur ayant proféré de telles paroles est-il le mieux placé pour clôturer  cette cérémonie? En l’occurrence ces questions sont totalement et systématiquement  occultées. Il devient quasiment scandaleux, criminel simplement de se poser la question. On n’entend dans les médias, on ne lit dans la presse (sauf exception) qu’un seul son de cloche qui étouffe tout le reste: « l’extrême droite » et le racisme déchaînés contre le chanteur de rap. Et cela recouvre et étouffe toutes les questions de fond…

4/  L’épouvantail extrémiste fonctionne à merveille. Il permet de faire taire tout le monde et de fuir le débat. Attention, je n’épargne personne, ni la droite radicale qui pollue avec délectation tout ce qu’elle touche, ni le monde médiatique plongé dans un extraordinaire exercice de tartuferie et d’aveuglement volontaire, ni la droite républicaine pour son assourdissant silence. Heureusement, dans les moments de grande solitude, la petite lueur d’espérance vient comme souvent de là où on ne l’attend absolument pas. En l’occurrence, c’est le magazine les Inrocks, marqué gauche, qui ose au moins poser la question, ouvrir le débat…  Mais au-delà, les jeunes gens qui ont fait le sacrifice de leur vie en 1916, au nom du devoir, de l’honneur, de la patrie, dans l’un des plus grands carnages de l’histoire de l’humanité, en espérant que ce sacrifice servirait à quelque chose, ne seraient pas bien fiers s’ils voyaient aujourd’hui le spectacle de notre cher et vieux pays.

Maxime TANDONNET

 

 

Publié dans Uncategorized | 25 commentaires

Débat sur les racines chrétiennes de l’Europe

9782213604046-X_0Voici ma dernière contribution au Figaro Vox. J’y réponds à M. Moscovici, commissaire européen, qui a déclaré dimanche: « Je ne crois pas aux racines chrétiennes de l’Europe« . Nous ne sommes pas dans une logique de croyance, mais de savoir, de connaissance, de curiosité historique. Indifférence à l’histoire? Idéologie ? Un mélange des deux? A voir…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 20 commentaires

Marteaux

sans-titreBon. L’actualité politique du jour n’est guère réjouissante. Une personnalité, célébrant Jeanne d’Arc, veut « prendre corps à corps le destin et réconcilier les deux France ». Pas moins! Dans la béatitude du monde médiatique. Il n’a rien vraiment prouvé, n’ayant pas d’autre bilan concret que 5 millions de chômeurs, 2000 milliards de dettes et 130 milliards de déficit public. Cela suffit-il pour récupérer cet emblème historique, et se présenter en « homme providentiel »? Un autre socialiste se déclare « prêt à prendre ses  responsabilités en vue de la présidentielle« . A droite une personnalité se proclame « dernière chance de la France« ! Le plus terrible est de penser que la dérive égotique de la politique française n’en est qu’à ses débuts… Faudra-t-il leur rappeler la personnalisation excessive des choses, le culte de la personnalité est le signe des pouvoirs totalitaires, considérée de toujours  par les Républicains comme un crime contre la République.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 11 commentaires

Les vraies Nuits debout

13124499_942975362490121_5566273596511016994_n (2)

Image | Publié le par | 18 commentaires

Le 6 mai du néant

imagesLes quatre dernières années ont été malheureuses pour la France:  cinq millions de demandeurs d’emplois, Léonarda, « Merci pour ce moment », les massacres de Paris, le Front national à 30%, la déchéance de nationalité, la loi travail, et j’en oublie… Mais l’accumulation de fautes, de maladresses, suis-je tenté de penser, fait partie des aléas de la politique. Des tragédies encore pires , dues à des comportements, des lâchetés ou des successions d’erreurs, émaillent l’histoire politique, comme celles qui conduisent à la boucherie de 14-18 ou au triomphe des régimes totalitaires et aux cinquante millions de morts de la deuxième guerre mondiale. La politique est tragique et finit presque toujours mal, il faut le savoir. Tous ces échecs, toutes les faillites du quinquennat entrent dans ma perception de la vie publique et de l’histoire. En revanche, il est une chose qui m’échappe, qui me dépasse, que je ressens comme totalement incompréhensible, surréaliste,  excédant les limites de ma raison: sa détermination à se représenter à l’élection présidentielle de 2017. Cette perspective se situe hors du champ de mon entendement. Elle relève d’un phénomène mental qui m’est radicalement étranger, une sorte de découplage entre l’ego et le monde des réalités que je ne saurais décrire, ni interpréter… Et après, même si par un extraordinaire accident de l’histoire, il était réélu (de justesse contre un candidat d’extrême droite au second tour), pour quoi faire? Partant avec une image aussi épouvantable, sur un champ de ruine. Renouer pendant cinq ans avec les humiliations, les moqueries, l’impuissance quotidienne? Profiter encore cinq ans de ce putain de Palais que nos grands présidents, les vrais présidents, Poincaré,  Auriol, de Gaulle, haïssaient plus que tout? Allons donc! Mais ce n’est pas mieux ailleurs, dans l’opposition. La droite compte douze candidats à sa primaire « de droite ». Il y en a même un ayant annoncé qu’il préparait déjà sa réélection en 2022. Nous l’appellerons « Modeste » pour simplifier. Les Douze se déchirent en ce moment sur le mode de votation à la primaire des « Français de l’étranger »: vote papier ou vote électronique?  Oui, oui, c’est vrai, c’est tout ce qui compte pour eux! Les grands défis de l’époque, la « crise des migrants », la refondation nécessaire de l’Europe, la transformation du système politique français devenu fou, la déflagration en cours au Moyen-Orient et ses conséquences, les bouleversements démographiques annoncés (quadruplement de la population africaine d’ici la fin du siècle), les drames de l’environnement, les famines, les menaces sur la croissance mondiale, rien à foutre, mais alors là, rien à foutre! Rien, rien, rien, rien à foutre! Vote papier ou vote électronique pour les Français de l’étranger? That’s the question, comme dirait l’autre. Telle est la question.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 36 commentaires

La trahison eurocratique

imagesLa Commission européenne a proposé l’instauration d’une amende de 250 000 euros par personne, envers les Etats refusant d’accueillir des réfugiés. Cette idée exhale un étrange parfum totalitaire. L’Union a lancé en septembre dernier un mot d’ordre d’accueil, par la voie du président de la Commission – « ouvrons leur les bras » – et désormais, elle se fait fort de châtier violemment les Etats qui refuseraient d’appliquer cet objectif. En soi, cette pénalisation du non accueil est la négation même  de la liberté des Nations: le choix d’accueillir ou ne pas accueillir un ressortissant étranger. Même dans une fédération comme les Etats-Unis, l’Etat fédéral n’aurait pas – me semble-t-il – le pouvoir de châtier un Etat  pour refus d’accueillir une personne venue de l’extérieur du pays. Cette proposition est révélatrice d’une image assez sordide de « l’étranger », considéré comme un pion que l’on affecte autoritairement depuis Bruxelles, sous le menace de lourdes sanctions dans tel ou tel lieu d’accueil. Bref, nous sommes en pleine trahison de l’idéal européen, « une union toujours plus étroite entre les peuples ». Cette idée étrange, tellement caractéristique de la mentalité eurocratique, semble destinée à mieux faire haïr l’Europe, à accélérer sa désintégration, à faciliter le Brexit, à donner un nouvel élan spectaculaire aux partis de la haine démagogique et nationaliste en Europe. Et si tel était le but recherché? Et si cette eurocratie, dans sa fuite en avant, n’avait pas d’autre but, par idéologie, que la destruction de l’Europe, au sens d’une communauté de peuples liés par une histoire et un destin commun?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 24 commentaires

« Ce que je ne pouvais pas dire » JL Debré

9782221146347Hier, soir, en rentrant chez moi, je me suis arrêté à la FNAC et j’ai feuilleté le dernier livre de M. JL Debré, qui fait l’objet d’un battage publicitaire et médiatique monstre. Je l’ai feuilleté, pas acheté. Radinisme? Bon. A priori, rien d’extraordinaire: un Monsieur tout le monde qui raconte sa vie au jour le jour. Ce qui frappe, c’est la quête du politiquement correct. Il cogne tant qu’il peut sur le président Sarkozy qui selon lui, « n’est pas un homme d’Etat ». On finit par le savoir. Il se moque  du vieux Giscard. Pas difficile non plus. Il aime bien les responsables socialistes à ce que j’ai pu lire (passage admiratif sur Cazeneuve…) Il ne comprend pas qu’on puisse s’interroger sur le rôle du Conseil constitutionnel, cet organe non élu qui censure environ la moitié des textes votés par le Parlement, lui élu au suffrage universel. Le Conseil, qu’il a présidé pendant neuf ans, serait la pierre angulaire de la République, donc intouchable. Son rôle? Défendre la Constitution. Donc intouchable. De fait, la Constitution de 1958 doit faire une trentaine de pages (avec les textes sacrés auxquels se réfère son  préambule). Or, le Conseil Constitutionnel, un organe composée de personnalités désignées, non élues,  censure les lois, dans le moindre détail, en se fondant sur une jurisprudence foisonnante qu’il a lui-même élaborée dont le recueil fait près de 1800 pages bien denses (Lexisnexis, code constitutionnel 2014). A côté de cette censure méticuleuse des lois, le Conseil Constitutionnel est totalement indifférent au viol permanent, avéré, banalisé des articles 5, 20 et 21 de la Constitution de 1958,  qui font du président de la République, un arbitre, un guide impartial et un garant des institutions, et du Premier ministre le seul chef du gouvernement de la France, l’ensemble étant noyé dans le salmigondis médiatique de « l’hyperprésidence » .  Est-il permis, au moins, de s’interroger? M. JL Debré, qui fut jadis, en 1995 et 1997, un ministre de l’Intérieur aux intentions musclées en matière d’immigration (assaut contre l’église saint Bernard, manifestations monstres contre sa loi de 1997 qu’il a dû retirer en partie) semble gagné désormais par une obsession radicale, absolue, permanente, page après page: se fondre dans la pensée correcte, plaire aux médias, plaire à la presse. Tout son être paraît tendu vers la passion de se conformer à l’idéal-type du politicien irréprochable, parfait, totalement conforme au « bien » médiatique, une sorte d’homo médiaticus. Et il ne réussit pas si mal… Parfois, je suis désolé de le dire, mais je me demande ce qu’en penserait son père Michel, un grand homme d’Etat.

Maxime TANDONNET

 

 

Publié dans Uncategorized | 33 commentaires

Les petits cadeaux

sans-titreLe pouvoir en place, supposé socialiste et « de gauche », espère se maintenir en 2017 par la distribution de petits cadeaux dont le coût est estimé à 6 milliards par un site lui est en général plutôt favorable (baisses d’impôts, hausses de salaires). Ce genre de pratique, d’où qu’elle vienne, me semble incompatible avec les principes démocratiques. Elle revient à bourrer les urnes avant une élection. Ou bien alors, qu’on m’explique la différence. Mais ce qui est effrayant, à mes yeux, ce n’est pas tellement le manque d’honnêteté. C’est l’absence de lucidité, c’est l’aveuglement. Ils sont, comme les autres politiques nationaux et médiatisés d’ailleurs, de l’extrême gauche à l’extrême droite, dans leur bulle, coupés du monde, prisonnier d’une sorte de rêve ou cauchemar doré, victimes de leurs illusions. Ils vivent dans un autre univers, un univers parallèle. Ils n’ont plus la moindre idée de la réalité. Ils ne perçoivent pas, ne voient pas, ne sentent pas le rejet infini, instinctif, viscéral dont ils font l’objet de la part des Français dans leur ensemble.  On ne peut plus les voir. On veut qu’ils partent. Cinq ans, c’est beaucoup trop. Et un an à tenir avec eux, c’est encore long, une éternité. Ils pourraient sauver leur honneur en prenant quelques décisions qui vont dans le sens de l’intérêt général avant de quitter les Palais de la République. Mais non. Ils s’enferment dans une logique d’incrustation, le maintien à n’importe quel prix et surtout, au prix de leur dignité. Moi, parole d’honneur, je n’arrive pas à comprendre cette attitude…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 38 commentaires

Lecture: Charlemagne de Jean Favier

9782213604046-X_0Ma lecture actuelle est un énorme et passionnant pavé: Charlemagne, Fayard, de Jean Favier, 1999. Il est impossible de résumer cet énorme ouvrage de 800 pages où il est autant question d’une époque, de 750 à 820, que d’un personnage. Un Empereur français? Non, c’est tout autre chose. Il est à la tête du royaume, puis de l’empire franc, c’est-à-dire d’une tribu germanique, parlant à l’origine un dialecte proche de l’allemand, et occupant au départ le nord de l’Europe, un territoire partagé en deux, la Neustrie (la France du Nord) et l’Austrasie (l’est de la France, la Belgique et les Pays- Bas, et l’ouest de l’Allemagne). Charlemagne, fils de Pépin, est issue d’une grande famille de l’Austrasie. Le succès de cette ethnie tient à la conjonction de son goût des armes, de la guerre et de son alliance avec l’église catholique, son statut de protecteur du Pape. Les Carolingiens, famille de Charlemagne, inventent un système de pouvoir extrêmement ingénieux, fondé sur une pyramide d’allégeances personnelles, de liens de vassalité, qui part du simple « homme libre », remonte jusqu’au   souverain suprême et s’appuie sur les comtes, de fidèles seigneurs nommés par Charlemagne qui contrôlent l’ensemble des territoires. Ce réseau de liens d’allégeance qui partant du sommet, irrigue l’ensemble du royaume ou de l’empire, bénis par la religion catholique et consacrés par un serment de fidélité, sont la source d’une irrésistible capacité de mobilisation et de puissance collective. Les Francs, dont la cause s’assimilent à celle de la chrétienté, imposent leur domination à un territoire équivalent à celui  de l’Europe occidentale et posent les fondements de la Reconquista de l’Espagne musulmane en établissant une Marche au sud des Pyrénées. Cette force est aussi d’une grande fragilité, car reposant sur des liens personnels de confiance et de protection qui se désintègrent avec la disparition du Seigneur suprême, l’empereur, et les déchirements de ces successeurs.

La France, c’est-à-dire la conscience, l’idée de l’unité politique d’un territoire ceinturé par des frontière naturelles, le Rhin, les Alpes, les Pyrénées, l’océan et trois mers, le sentiment d’un destin commun aux peuples qui l’habitent, la France naît sur les décombres de l’Empire carolingien, dans une période épouvantable dévastée par les invasions normandes, de la volonté de résistance d’une autre famille de l’aristocratie, partie de presque rien: les Capétiens entre 900 et 1000. Elle remonte à un millénaire, elle n’est sûrement pas éternelle, comme rien de ce qui est humain. A quel stade de son parcours dans l’Histoire en sommes nous? Est-elle en fin de cycle? Peut-elle se redresser et poursuivre sa route encore quelques siècles? Ce livre ne le dit pas, n’y aucun autre d’ailleurs. Moi non plus, je n’en sais rien…

Maxime TANDONNET

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 8 commentaires

La destruction de l’église de Mossoul

XVM5caa6bba-0c5c-11e6-a0e7-e1c22127f1d6Ci-joint ma dernière contribution au FigaroVox sur la destruction de l’église de Mossoul, dans la plus grande indifférence générale, et l’épuration ethnique qu’ont subi les chrétiens au Moyen-Orient sans que ces termes ne soient jamais utilisés.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 37 commentaires

Génération trahie?

imagesCALGTYB8(Reprise d’un commentaire paru sur ce blog)

Le constat semble être le même dans de nombreux pays, la perte de souveraineté a atteint un seuil intolérable pour nombre d’entre nous.
L’Europe actuelle ne correspond plus à celle pour laquelle ma génération (j’ai 54 ans) s’est enthousiasmée.
Tout a été fait à l’envers. Schengen sans échange de fichiers entre les services de police et de renseignement. Marché ouvert, y compris des services, sans harmonisation fiscale et sans harmonisation des régimes sociaux. Elargissement sans limite à des pays tellement éloignés de nos standards qu’il rend d’ailleurs toute harmonisation impossible.
Et pour couronner le tout, une Europe dirigée par Angela Merkel et l’Allemagne, qui n’ont ni les mêmes contraintes ni les mêmes intérêts que nous.
Il est est regrettable que les partis « dit de gouvernement » soient les défenseurs acharnés de ce modèle qui ne marche plus (la nouvelle « petite merveille », Monsieur M. comme vous l’appelez, pourrait bien être le nouvel opium, profil de gendre idéal, à même d’endormir le bon peuple) et que seuls les représentants des partis « extrémistes » en portent la remise en cause.
Il y a certes quelques exception, NDA, mais qui aura du mal à percer, JP Chevènement, mais qui commence à être daté, et peut être François Fillon, mais aura-t-il réellement la volonté de mettre les pieds dans le plat européen (en supposant qu’il sorte des primaires).
Comment regrouper et fédérer tous ceux, nombreux, qui ne veulent pas voter pour la clique FN (qui se réclame maintenant du Gaullisme, le grand Charles doit se retourner dans sa tombe) ni se résigner à attendre la catastrophe ?

ERIC

Publié dans Uncategorized | 44 commentaires

La tragédie politique occidentale

871149-le-candidat-du-parti-fpo-norbert-hofer-e-24-avril-2016-a-vienneLa France n’est pas la seule touchée. Le phénomène est en train de frapper l’ensemble des pays occidentaux: un rejet viscéral des « partis traditionnels », démocrates-sociaux et conservateurs qui règnent en maîtres depuis 1945. Le triomphe du FPö autrichien, le 24 avril, contre une coalition centrale, au premier tour des présidentielles en témoigne de manière sidérante, comme la course en tête de M. Trump aux primaires républicaines aux Etats-Unis, l’effondrement de Mme Merkel en Allemagne, les difficultés de M. Cameron au Royaume-Uni, la poussée d’extrême gauche en Espagne, etc. Quant à la France, mieux vaut ne pas en parler tandis que les socialistes au pouvoir atteignent les fond de l’abîme (« eh, oh, la gauche« ) et l’opposition se décompose en individualités obnubilées par la conquête de l’Elysée. Pourquoi? Partout prédomine le sentiment d’un milieu politique obsédé par ses intérêts et refusant d’entendre les souffrances, les malheurs, la détresse, l’angoisse des populations. L’aveuglement des politiques traditionnels est sidérant sur deux dossiers fondamentaux. Tétanisés par leur image médiatique,  ils refusent catégoriquement d’apporter des réponses à la question de la maîtrise de l’immigration et celle de la refondation d’une Europe devenue un monstre bureaucratique. L’attitude de M. Obama, venu au Royaume-Uni menacer les Britanniques en cas de Brexit est incompréhensible. Comment les Britanniques pourraient-ils ne pas réagir par la colère à une telle ingérence ? En France, la classe dirigeante se pense, au fond, protégée par le « lepénisme » qui canalise un certain mécontentement. Cette formation, pensent-ils, du fait  de son passé, de son caractère familial, de ses personnages caricaturaux, à la fois aimant et repoussoir, protège un statu quo davantage qu’elle ne le menace. Mais ce parti n’est pas éternel, il ne les protégera pas éternellement, et son effondrement ouvrirait la voie à un tsunami politique. Si les politiques nationaux, médiatisés, de France et de Navarre  étaient plus intelligents, ils essaieraient de comprendre: les choses ne peuvent plus durer ainsi, nous marchons à l’apocalypse; cessons de nous enivrer de nous-mêmes et de nous regarder le nombril pour tenter, face aux Français, de répondre aux grandes questions du moment. Hélas, il n’est pas du tout certain qu’ils en soient  capables, par manque de recul, de force de caractère, de vision, atteints d’une maladie mentale extrêmement contagieuse qui s’appelle la mégalomanie.

Maxime  TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 26 commentaires

Les idoles et les héros

imagesJe n’ai absolument rien contre Monsieur M. et d’ailleurs, lors de sa nomination comme ministre de l’économie, contre l’ironie générale, j’avais écrit une tribune suggérant qu’on lui laisse sa chance avant de le démolir. Mais voilà, aujourd’hui, Monsieur M.  est soudain passé au cœur de l’actualité, de la conscience politique française. Chacun de ses faits et gestes fait l’objet d’une multitude de commentaires. Ses paroles sont attendues, disséquées, sublimées, dans un climat d’éblouissement général, ses positions analysées, étudiées magnifiées.  Il fait la « une » de Paris-Match, accapare l’attention des radios et des télévisions qui lui vouent une sorte de culte d’un genre nouveau. Il est, paraît-il, à la fois le « candidat » favori de gauche et le premier ministre potentiel d’un gouvernement de droite… Pourtant,  Monsieur M. n’a pas sauvé le pays, accompli de geste historique, rendu un service signalé à la France. Rien de tout cela. Son seul mérite est d’avoir prononcé deux ou trois phrases légèrement transgressives au regard des tabous de son camp politique (avant de s’excuser) et d’avoir défié un chef de l’Etat en difficulté dont il est la plus authentique créature.  Nous sommes ici dans une logique d’idolâtrie, c’est-à-dire, de sublimation artificielle, par une sur-médiatisation, d’un personnage présenté, sans aucune raison objective, factuelle, inscrite dans la réalité, comme sauveur, homme ou femme providentiel. L’idolâtrie, banalisée sur le scène politique française, est le signe d’un pays malade, privé de repères, de sens critique,  à l’agonie, soumis à toutes les manipulations et toutes les propagandes. L’héroïsme est tout autre chose. Une nation a besoin de héros auxquels elle peut s’identifier. Mais le héros est tout le contraire de l’idole.  Il est l’homme qui a accompli un exploit, un acte d’une audace, d’un courage, d’une intelligence visionnaire d’exception auquel la nation est éternellement reconnaissante. Dans l’histoire contemporaine, les héros français ne courent pas les rues: Bonaparte le 18 Brumaire, Clemenceau en 1917-1918, Poincaré en 1926, de Gaulle le 18 juin 1940 et en 1958-1962, Mendès-France en 1954… En réalité, plus les idoles prolifèrent comme une mauvaise herbe au goût totalitaire, et plus l’héroïsme se meurt…XVMdf4f52a8-86ef-11e5-b528-ec00c552b8ad

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

La désintégration politique

XVMb2022bc0-08a1-11e6-b095-c30b7cf76a63L’un des phénomènes marquant de notre époque est la désintégration de la vie politique, l’anéantissement de l’idée d’un destin commun et d’un gouvernement collectif capable de prendre des décisions, de choisir, de donner une direction au pays. En France, comme je l’ai écrit dans Figaro Vox, il s’exprime par la prolifération des candidatures à l’élection présidentielle de 2017. Disons le tout net, je trouve détestable le concert d’ironie qui a suivi l’annonce de la candidature de Mme Rama Yade avant hier, comme si le droit de solliciter les suffrages des Français était le monopole d’une coterie de politiciens établis. Pour autant, il me semble que l’obsession présidentialiste qui s’est emparée de la société française, au détriment de toutes les autres fonctions politiques, en particulier gouvernementales, ministérielles, marque le triomphe de la folie narcissique au détriment du sens du bien commun, de l’intérêt général, du dévouement à la cause publique, à la res publica.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 27 commentaires

Affiches douteuses

sans-titreCes affiches qui fleurissent dans le métro parisien me paraissent d’un goût discutable:

  • Elles laissent entendre que les employeurs recrutent sur la couleur de peau, ce qui est faux et insultant pour le monde de l’entreprise en général.
  • Elles présentent une réalité tronquée, totalement mensongère, en suggérant que pour un jeune « de type européen », il serait facile de trouver un travail aujourd’hui.
  • Elles attisent les clivages, les haines, le rejet d’autrui, la désintégration sociale, en opposant des jeunes les uns aux autres.
  • Par réaction, elles risquent de favoriser les votes extrémistes.sans-titre

A vrai dire, je ne comprends pas comment quelque chose de ce genre est possible. Provocation, idiotie, volonté de nuire? Sincèrement, je n’en sais rien.

Maxime TANDONNET

NB: LES SITES FIGURANT AU BLOGROLL CI-JOINT SONT SEULS AUTORISES A REPRENDRE MES BILLETS SVP, OU AVEC MON ACCORD.

Publié dans Uncategorized | 38 commentaires

Une très mauvaise idée

jpab-aLa dernière lubie des socialistes au pouvoir? Etendre le RSA aux 18-25 ans. Je n’avais pas entendu une idée aussi lamentable depuis bien longtemps. Le coût pour les finances publiques serait colossal, 4 milliards d’euros. Dès lors il faudrait lever de nouveaux impôts, aggraver les prélèvements sur l’économie, déjà gigantesques en France (46% de prélèvements obligatoires, 10 points au dessus de l’Allemagne) donc augmenter encore le chômage.

Mais surtout, bien pire, ce projet renforcerait considérablement l’assistanat. Il donnerait aux jeunes de 18 à 25 ans l’image d’une société qui a le devoir d’assurer la rémunération des individus sans la contrepartie d’un travail. Il briserait la volonté et le courage de nombreux jeunes. Aujourd’hui, beaucoup s’en sortent en acceptant pendant quelques années, à 18 ou 20 ans, des stages rémunérés 500 euros par mois, pour se préparer au monde du travail et réussir leur carrière. Avec le RSA jeune, c’en serait fini de l’apprentissage, des formations en alternance qui sont le levier de l’emploi aujourd’hui. Pourquoi travailler pour 500 euros puisque l’on touche la même chose sans effort, sans rien faire, sans travailler.

Alors pourquoi cette idée invraisemblable, aujourd’hui, en fin de mandat? L’explication est multiple:

  • dans la débâcle, lancer des polémiques, faire oublier la catastrophe générale: après la déchéance de nationalité, le RSA jeune;
  • une remontée de bile idéologique, « à chacun selon ses besoins » comme disait l’autre et l’assistanat vaut mieux que « l’exploitation de l’homme par l’homme » comme chacun sait;
  • un geste d’opportunisme, pour essayer de calmer les groupuscules de la jeunesse socialiste, place de la République;
  • la terre brûlée, ils savent qu’ils vont partir dans quelques mois, ils sont furieux,  donc ils se vengent;
  • à long terme, essayer de créer une clientèle d’électeurs à leur image, d’électeurs socialistes.

La vérité, c’est qu’ils ne connaissent pas les jeunes. Ils ne fréquentent et n’écoutent qu’une infime poignée de pseudo-idéologues carriéristes. Donc ils pensent que les jeunes attendent l’assistanat de l’Etat. C’est faux, absurde. Moi je les connais les jeunes, comme père de famille et enseignant dans plusieurs universités. Les jeunes dans leur immense majorité n’ont rien à faire de leur assistanat; ils ne sont pas socialistes, d’ailleurs, ils n’aiment pas les partis ni les idéologies. Ils veulent travailler, être utiles, servir les autres, et aussi gagner de l’argent à la sueur de leur front, et ils ont raison.

Mais le plus terrible au fond, c’est l’étrange silence de la classe politique dans son ensemble, y compris de la droite et de l’extrême droite. Des fois que s’opposer au « RSA jeune » pourrait leur coûter des voix et compromettre une belle carrière élyséenne… Même le petit bonhomme idolâtré par les médias (son nom m’échappe) Ah si! Deux ont élevé la voix, deux exceptions à ce silence complice – qui ne dit mot consent. Mme Aubry – quelle bonne surprise – , et Nicolas Dupont-Aignan, merci à lui.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 33 commentaires

Le geste du Pape

sans-titreLe geste du Pape, qui s’est rendu à l’île de Lesbos à la rencontre des migrants pour en ramener une dizaine dans l’avion  du Vatican, suscite chez moi un océan de perplexité. D’abord, comme chef de l’Eglise catholique, dont le message est fondé sur « l’amour du prochain », son attitude appelle un immense respect. Elle pointe du doigt le sort atroce qui est réservé à des êtres humains sur le sol de l’Europe, enfermés derrière des barbelés. En tant qu’autorité religieuse et morale, François pouvait difficilement faire moins. Son attitude  souligne cependant toute la complexité de la situation. L’Europe est l’une des régions les plus ouvertes de la planète, accueillant en temps ordinaire, en moyenne annuelle, 1,4 million de personnes, auxquels se sont ajouté plus d’un million de migrants en 2015. Terre de stabilité et de prospérité au milieu d’un monde en pleine ébullition, elle représente un Eldorado, un espoir de bonheur pour des centaines de millions d’hommes qui vivent dans la guerre, la dictature ou la misère et le désoeuvrement. Or, elle n’a pas les moyens d’une hospitalité sans limite. Ses capacités de fournir un emploi, un sans-titrelogement, des conditions de vie dignes aux populations venues de l’extérieur ne sont pas indéfiniment extensibles. La psychologie de ses peuples ne se prête pas non plus à un accueil illimité. Sauf à plonger l’Europe dans le chaos de gigantesques poches de détresse et la certitude, à moyen terme, d’un retour aux fureurs nationalistes et racistes sur le continent, il est impératif de marquer des limites à ce flux migratoire.  En outre, encourager les arrivées clandestines en Europe fait le jeu des filières esclavagistes et meurtrières qui accumulent des fortunes gigantesques en envoyant des malheureux soit à la mort par noyade, soit à l’impasse des fils de fer barbelés ou de l’exclusion. L’Europe et de ses Etats ont en revanche une responsabilité cruciale dans la stabilisation des régions en guerre et le développement économique des régions les plus démunies. Le Pape François avait-t-il en tête, quand il a accompli son geste médiatique, toutes ces données d’un sujet d’une difficulté inouïe? Je me le demande en toute sincérité. Une question pour finir:  sa Sainteté ne pourrait-elle se rendre demain à Bagdad pour apporter aussi un soutien symbolique aux chrétiens d’Irak et de Syrie victimes d’un atroce génocide, mais déterminés à rester chez eux dans une région qui est le berceau du christianisme? téléchargement (1)

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 43 commentaires

Leçons d’une débâcle

images« Dialogue citoyen », Macron, sa femme, CDD, voile à l’université, déchéance de nationalité, Pacte, Hollande, chômage, jeunes, Valls, Paris-Match, terrorisme.. ». Comment dépasser le sentiment de dérision qui nous accable ce matin, en tirer quelque chose de positif? La vraie question: si l’alternance se produit l’an prochain, peut-on éviter que le spectacle  auquel nous assistons ne se renouvelle? Au-delà des apparences, ce n’est pas seulement une affaire de personnalités, mais de système. M. Hollande, M. Valls, M. Macron sont-ils fondamentalement, personnellement, plus mauvais que ceux qui viennent en 2017? Non: ils incarnent tout simplement les qualités nécessaires d’opportunisme pour réussir dans le métier politique et qui n’appellent guère (sauf exception) la force de l’intelligence visionnaire ni de la fermeté de conviction, ou du courage de l’action. L’enjeu fondamental ne tient pas aux hommes ou femmes, qu’ils soient de gauche, de droite ou  des extrêmes, mais aux mœurs politiques. 2017-2022, voulez-vous éviter de sombrer, à votre tour, dans le néant?  Non? Alors, il faut que chacun reste à sa place, joue son rôle au service de la France raisonne et se comporte en termes de devoir. Le président préside avec toute la hauteur et le recul que prévoit la Constitution. Il ne parle pas, ou peu; il préside. Le Premier ministre et les ministres gouvernent du matin au soir, dirigent le gouvernement et le ministère dont ils ont la charge. Ils font leur boulot. Ils cessent de s’épancher dans les médias en jouant les starlettes. La règle doit être claire dès le début et la démission automatique en cas de dérapage. Quant aux députés, ils n’ont pas pour mission de préparer leur réélection, ni de se comporter en gamins sectaires et serviles,  mais de représenter la Nation, et donc, quand celle-ci est en colère, de sanctionner un Exécutif à la dérive. Tel est aussi leur devoir. Il est illusoire de donner à la tragédie politique française  toutes sortes de boucs émissaires,  « l’Europe », « la mondialisation », « l’Amérique », « le capital financier » ou autres leurres de ce genre. Le mal est, au moins pour l’essentiel, français, franco-français. 2017-2022: Les Français n’attendent pas des miracles de la politique, mais au moins un comportement responsable de leurs futurs dirigeants.

Maxime TANDONNET

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 24 commentaires

Fin de règne ou fin de régime?

Voici une contribution bienvenue, appelant réflexion… Le constat est accablant. La question qui reste pendante: sur quoi peut déboucher une pareille impasse? paume

« Le parallèle avec la France de la fin de l’ancien régime est saisissant: un pouvoir théoriquement très fort, en réalité impuissant, tout entier personnifié par un homme rejeté; les intrigues de cour pour le remplacer, non pas dans l’objectif d’une autre politique, mais seulement pour occuper les palais; les fondements théoriques et philosophiques de l’Etat devenus irréels (à la fin de l’ancien régime, la monarchie de droit divin et les privilèges nobiliaires n’avaient plus de sens; aujourd’hui, que sont devenus les principes républicains? où est la démocratie? je ne développe pas, il y aurait trop à dire); le sens de l’intérêt général disparu au profit de castes sociales opportunistes (les Parlements hier, aujourd’hui le monde politico-médiatique, et tous les intérêts corporatistes que le pouvoir flatte et arrose); un pouvoir à mille lieues des préoccupations quotidiennes des « vrais gens »; etc. »

François MARTIN

Publié dans Uncategorized | 8 commentaires

Nuages sur l’alternance

sans-titreA un an d’une alternance probable, comment ne pas éprouver un soulagement profond? Bientôt, le quinquennat de M. Hollande ne sera plus qu’un mauvais souvenir, une sorte de cauchemar absurde voué à s’effacer des mémoires. Mais que dire? Et si l’alternance qui vient n’était qu’un pétard mouillé? 2017-2022: cinq ans de médiocrité, d’hésitations, et de reculs, puis le triomphe des socialistes réunifiés autour de Mme Aubry, M. Mélenchon et Mme Taubira, avec le tremplin d’une puissante extrême droite? Eh bien, voilà tout ce qui se prépare aujourd’hui. L’alternance de 2017 se présente au plus mal. Que nous offre l’opposition en ce moment? Un combat de coqs ridicule et sans intérêt. Voilà tout. Bien sûr, à la dernière minute, un programme ou catalogue de mesures sera concocté à la hâte. Mais ce n’est pas suffisant. Pour prendre le pouvoir et réussir, il faut beaucoup plus: un élan collectif, une vague de confiance dans le pays, une espérance… Cela, nous ne le sentons absolument pas venir. Attendre que l’opposition ait désigné son candidat pour que l’espoir s’incarne dans un « homme »? Cela s’appelle se moquer du monde, prendre les gens pour des imbéciles, une fois de plus, de cinq ans en cinq ans. Nos attendons de la politique une profonde révolution des mentalités. Il faut en finir avec la fuite sans fin des gouvernants dans l’esbroufe, la polémique, la logorrhée et la mégalomanie. La France veut être gouvernée. Le pouvoir a pourimages unique mission de choisir, de décider, d’agir. Il n’est pas une  sorte de privilège ou accomplissement d’une revanche sociale, mais  un engagement temporaire dans l’intérêt général. Il a pour seuls guides la vérité et le bien commun. Il est au service exclusif de la Nation. Son rôle n’est pas de faire rêver, mais de s’appuyer sur le réel, le possible pour diriger le pays. Voilà ce que nous aimerions entendre de la part des chefs de l’opposition. Je vois d’ici leurs haussements d’épaule. Dans le contexte actuel, mon discours est inaudible, presque absurde, risible, utopique, je le sais…  Eh bien, continuez ainsi…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 11 commentaires

Pourquoi en est-on là?

imagesLQT0IDKVInutile d’en rajouter sur l’actualité, le spectacle affligeant auquel  nous assistons sur la scène politique se passe de commentaires … Mais pourquoi un tel gâchis, une telle faillite, une pareille débâcle? Un seuil semble avoir été franchi. Il semble que toute notion de logique, de cohérence, de respect soit fracassée. Tout semble désormais possible dans l’absurdité, le « n’importe quoi ». Le sentiment dominant est qu’il n’existe plus de limite à l’irresponsabilité. Sincèrement, je pense qu’une telle déchéance de la politique française est sans aucun précédent historique. Plusieurs raisons peuvent expliquer le phénomène:

  • L’effondrement du niveau intellectuel: les dirigeants politiques français sont avant tout des communicants, des hommes de réseau, qui ont fait carrière par cooptation, copinage, népotisme familial, clanisme, privés d’intuition historique, économique, littéraire, en même temps déconnectés du réel et du bon sens quotidien. Tout ceci est le fruit empoisonné, à long terme, du déclin de l’enseignement des humanités, en particulier de l’histoire.
  • Des personnage médiocres sur le plan du caractère, sans la moindre cohérence, sans conviction, incapable de se fixer un cap et de s’y tenir, sans boussole, sans guide intérieur, autre que le « moi-je » d’où cette hallucinante capacité à tous les revirements et toutes les volte-face.
  • L’expression exacerbée, en politique, de « l’ère du vide », où plus rien ne compte que l’ego narcissique des individus (cf Gilles de Lipovetsky) en l’absence de référence patriotique, religieuse, ou d’une valeur comme la solidarité. Nous vivons une époque où la politique se confond avec l’ivresse de soi, nourrie de l’obsession élyséenne.

En creux, ce tableau ouvre un horizon sur ce que nous, citoyens, sommes en droit d’exiger des futurs dirigeants du pays: une vision historique, une ligne solide et ferme fondée sur des convictions, une grande modestie et abnégation au service du pays. Mais est-ce que cela existe?

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 33 commentaires

La mode « ni droite ni gauche »

imagesCi-joint ma dernière contribution au Figaro Vox. La grande mode actuelle chez les socialistes est au « ni droite ni gauche ». La table rase et l’oubli sont la source de toutes les manipulations. Six mois auparavant, un peu avant les régionales, la mode était toute autre et les mêmes fustigeaient « le bloc réactionnaire de la droite et de l’extrême droite » qu’il fallait combattre à tout prix au nom des « valeurs ». La vérité? Ils n’y a plus rien qu’une bande de petits bonshommes mégalos, sans aucun intérêt qui ne pensent qu’à faire parler d’eux par tous les moyens possibles et ne vivent que dans l’ivresse du rêve élyséen.  Voyez les commentaires. Certains m’accusent de pessimisme et d’ajouter du dégoût au dégoût. Non, je ne fais qu’écrire ce que je pense et dénoncer la chose qui m’exaspère le plus au monde: le « foutage de gueule », et ceci  dans le vague espoir de susciter une prise de conscience et de contribuer à un nouveau départ de la vie politique française. Ce n’est pas si compliqué: cessez de jacasser et mettez vous au boulot!

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 32 commentaires

M. Alain Juppé, fausses et vraies questions

imagesDe mémoire, je n’ai pas souvenir d’un candidat à l’élection présidentielle qui ait été à tel point considéré comme favori d’un scrutin présidentiel un an à l’avance. Les sondages s’enchaînent et se ressemblent. Bien sûr, parmi les grandissimes favoris qui n’ont pas été élus, nous avons eu Raymond Barre en 1986-1989, Edouard Balladur en 1993-1995, Dominique Strauss-Kahn en 2010-2011… Mais cette fois, le phénomène semble d’une autre nature, puissant, transcendant les clivages. Les enquêtes ont une part de factice et d’artificiel, mais comment ne pas voir qu’elles reflètent largement la sensibilité ambiante de la société française? A quoi tient ce mouvement de l’opinion? A la quête d’un repère, d’une impression de sagesse et de hauteur dans la tourmente du monde et la désintégration de la politique intérieure. M. Juppé a réussi en deux ans à incarner cette image de sagesse et de hauteur à laquelle l’opinion publique est sensible en ce moment. Ses chances d’accéder à l’Elysée sont réelles même si rien n’est évidemment joué d’avance.

Face à ce phénomène, il est de fausses et de vraies questions que nous sommes en droit de nous poser.

Les fausses– Les attaques vont déferler sur son âge. Celles-là sont absurdes et inacceptables car les plus grands dirigeants de l’histoire ont allégrement dépassé les 70 ans au pouvoir: Clemenceau, Churchill, de Gaulle, Reagan… L’expérience n’est pas un handicap, au contraire, surtout pour la fonction de chef de l’Etat qui suppose de la distance et du recul. Les attaques sur sa personnalité –  qui commencent à sortir – ne nous intéressent pas non plus. Il serait « froid, distant, désagréable » Un livre de témoignage vient de sortir à ce sujet… Ce mode de dénigrement est absurde. L’image d’Epinal d’un homme –  plus ou moins authentique (car j’ai entendu nombre de témoignages contraires) – n’a jamais fait la qualité d’une politique. Les retours sur son passé ne sont pas pertinents non plus: les grèves de décembre 1995, la condamnation. Il a voulu agir, il a commis des erreurs,  il a payé pour un autre, pour d’autres, dans sa vie et dans son honneur bafoué. Il serait quelque peu répugnant de brasser de la boue pour l’atteindre avec ce genre d’argument. Ce qui ne tue pas rend plus fort et M. Juppé est bel et bien vivant.

Les vraies – Non, les vrais sujets sont ailleurs.  Si M. Juppé permet de nous débarrasser de la clique socialo-narcissique au pouvoir, ce sera, à court terme, un immense service rendu à la France, et pourquoi ne pas le dire, un soulagement et un bonheur immédiat. Pourtant, un lourd mystère pèse sur ses idées profondes, ses intentions et ses projets. A-t-il pris la mesure de l’état de déliquescence de la vie publique française; est-il déterminé à la recentrer sur le réel et l’action plutôt que sur l’esbroufe médiatique qui impose une sorte de tyrannie au pays? A-t-il conscience de la débilité profonde du système bruxellois qui sublime une bureaucratie obtuse au détriment de la volonté politique et l’unité des Européens? Sera-t-il capable de soutenir les réformes profondes dont le pays a besoin, économique, sociale, éducative, contre la rue et les multiples obstacles? Réalise-t-il la gravité du malaise sociétal, tenant au déclin de l’autorité de l’Etat, la maîtrise des frontières, la montée des communautarisme, la sécurité de la vie quotidienne? Est-il dans l’esprit de restaurer les fondamentaux de la Ve République, autour d’un chef de l’Etat qui préside, d’un Premier ministre et de ministre qui gouvernent? Saura-t-il trouver un grand Premier ministre réformateur dont la France a tellement besoin? Je sais ce que beaucoup en pensent mais nul ne peut prévoir à coup sûr quel serait le comportement d’un homme confronté à des circonstances.

Ces questions sont fondamentales. Au fond le véritable enjeu n’est plus 2017 mais 2022. Si M. Juppé prend l’Elysée puis s’effondre comme son prédécesseur pour n’avoir rien compris à  la gravité du malaise français et européen, aux élections présidentielles de 2022 se retrouveront face à face, d’une part la gauche radicale autour de Mme Aubry, Mme Taubira, M. Mélenchon et M. Besancenot rassemblés, poussés par les mouvements sociaux, et en face un membre de la famille le Pen. Et c’est la gauche radicale qui l’emportera, largement…

Maxime TANDONNET

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 62 commentaires

Dépersonnaliser le pouvoir politique

imagesEQQAFZJ6Il se compte déjà une quinzaine de candidats aux primaires de la droite et du centre et la liste s’allonge de jour en jour… M. Macron vient de créer son propre parti « En marche« . Tous sont convaincus de leur destin providentiel. Ils se pensent missionnés pour sauver  la  France. Ils annoncent la table rase, et une fois à présidence, vont tout chambouler, tout changer, tout transformer. A les entendre, plus rien ne sera pareil: avant eux, le déluge, et avec eux le salut. Ils n’ont rien fait de particulier, rien réussi, généralement peu étudié, peu ou pas travaillé. Mais quand même, ils se sentent guidés par la bonne étoile et se verraient bien sous les ors de l’Elysée. L’une des erreurs de notre culture politique est de confondre « culte de la personnalité » et « héroïsme ». Le premier est une construction factice, médiatique, idéologique, autour d’un individu médiatisé, présenté comme le sauveur dont l’image est sublimée. Le second, rarissime, est reconnaissance ex-post d’un acte exceptionnel, accompli, effectif, au service de la Nation. Le premier scintille dans les néons médiatiques de l’actualité et le second s’ancre dans l’histoire. Aujourd’hui la France politique se vautre dans une sorte de culte de la personnalité généralisé et auto-centré. L’admirateur et l’admiré se confondent: la plupart des politiciens, sans mérite ni bilan particulier, poussés par la médiatisation, sont persuadés de leur mission nationale. Au contraire, l’héroïsme est généralement modeste, spontané, imprévu, éphémère: un personnage des plus inattendus apporte sa lumière avant de disparaître. Le culte de la personnalité est lui toujours exécrable. Il suppose la domination de l’image sur l’action, du paraître sur le faire, de la communication sur la politique (au sens noble du terme). Tout dirigeant politique qui procède du culte de la personnalité – entraîné dans une logique d’idolâtrie – est voué à l’échec et à la déroute collective. Il choisira systématiquement, presque par nature, son ego, sa réputation, son image, « sa trace dans l’histoire », avant le bien commun. D’où la tragédie actuelle des dirigeants du monde occidental. C’est pourquoi l’exubérance de toute sorte de « candidats providentiels » à droite comme à gauche, ne m’inspire rien qui vaille… Ils se disent novateurs, révolutionnaires, mais reproduisent l’éternel modèle de l’auto glorification qui conduit à court terme au ridicule, et à long terme à l’abîme. La frime remplace la gloire. Nous devons réinventer une forme de la politique valorisant – dans toute la mesure du possible – une bonne dose de modestie, d’anonymat, de discrétion, d’impersonnel, avec pour seuls guides la volonté générale et le choix du bien commun. Les hommes et les femmes de l’avenir sont des héros du quotidien,  simples, issus de la majorité silencieuse, ancrés dans la vie de tous les jours. La priorité absolue de demain: en finir, une fois pour toute, avec la fracture entre la France dite d’en bas et la France dite d’en haut… Le discours que je tiens n’est pas absurde. Il était porté par les créateurs de la République dans les années 1870. Aujourd’hui, dans le capharnaüm  du présent et le grand éblouissement médiatique, il est inaudible. C’est différent… Et pourtant, il est la seule issue possible.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

La cour de récréation

imagesComme chaque soir en rentrant chez moi, j’ai fait un saut à la fnac du coin, pour voir les nouveautés.Tiens! M. Thévenoud a écrit un livre! Comment résister à la tentation de le feuilleter? Plein de petits paragraphes d’une ou deux phases qui commencent tous par « je », je, je, je. Sans intérêt… Coup d’œil direct à la quatrième de couverture. En gros, le député socialiste, dans cet ouvrage intitulé « Phobie française » déplore la médiocrité du monde politique… M. Thévenoud, faut-il le rappeler, spécialiste de la fiscalité et de la lutte contre la fraude fiscale, a perdu son poste de ministre quand une âme bienveillante a révélé à la France entière qu’il ne payait pas son impôt sur le revenu. Il s’est défendu en expliquant qu’il avait la « phobie des formalités administratives ».  D’où le titre de son livre. Les lois, qu’il vote comme député, sont faites pour les autres, pas pour lui. Etrange sensation: quand un personnage, qui incarne à la perfection la médiocrité de la politique, se fait le pourfendeur ce cette même médiocrité… La médiocrité de la médiocrité. Ou le serpent qui se mord la queue…  Puis, d’autres informations sont tombées: en fait, il n’aurait pas payé son loyer ni son kiné, etc. Qui est coupable dans l’histoire? Pas tellement lui. Il n’y a pas de véritable culpabilité à être un personnage moyen, sans plus, sans envergure, ni morale, ni intellectuelle, mauvais payeur, pas pire et pas meilleur qu’un autre de ce milieu sans doute, un donneur de leçon, homme des « valeurs », si conforme à l’homo-socialistus . Les vrais coupables sont évidemment ailleurs: le système politique qui promeut des personnages de ce genre, par népotisme, clanisme, cooptation – qui se ressemble s’assemble et la médiocrité appelle la médiocrité; les médias, oscillant sans cesse entre idolâtrie et lynchage, qui se font une montagne d’une simple affaire de radin en délicatesse avec ses créanciers et en parallèle, assurent une phénoménale promotion à un livre qui ne le mérite pas; l’éditeur qui publie un texte manifestement sans intérêt, par opportunisme médiatique – alors que tant de jeunes talents se battent en vain pour être publiés. Aujourd’hui, à la faveur de la réapparition médiatique de M. Thévenoud pour la promotion de son « chef d’œuvre », de nouvelles dénonciations tombent: depuis 2011, il n’aurait pas payé la cantine de ses enfants! Car le goût de la délation fait partie de ce climat immonde de pourriture avancée de la vie publique. Eternelle question, je ne sais ce qui est pire: l’avarice, la tartuferie de M Thévenoud son comportement de profiteur, la corruption et l’imbécilité d’un système qui le fait député et ministre, ou le climat de délation qui règne sur la France. On imagine si bien le petit employé aigri qui transmet – sous couvert d’anonymat – à je ne sais plus quel canard, la facture impayée des dettes de cantine de l’ex-ministre. Ah la belle affaire! Ah la belle revanche sociale! A le beau pays dans lequel nous vivons!

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 20 commentaires

Liberté, liberté chérie

sans-titreHier soir, FR3, je tombe par hasard sur une émission rétrospective consacrée à Thierry le Luron. Tant de souvenirs qui remontent à la surface… Mais c’est incroyable, nous étions dans un autre monde! Celui de l’insolence et de la liberté d’expression. Il fallait voir, Thierry le Luron, 1984, en pleine émission les Champs Elysées de Drucker, chanter « l’emmerdant c’est la rose » (socialiste)  sur l’air de Gilbert Bécaud en imitant le président Mitterrand, puis tendre, le micro au public hilare qui entonne à son tour le refrain… Un tel spectacle est inconcevable aujourd’hui: scandale politique majeur; le Luron accusé d’être un agent de la réaction « populiste » et maurrassien par les médias radio et télé unanimes, offusqués, et la presse dite de gauche; Michel Drucker viré sur le champ, tout comme le directeur de France télévision!  D’ailleurs rien de tout cela ne se produirait, car l’autocensure aurait frappé avant et le même le Luron, étouffé dans l’œuf, n’aurait jamais eu accès à l’antenne d’une grande chaîne nationale. A l’époque, nous imaginions pas à quel point cette liberté était fragile et menacée.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

Lecture: Laval de Fred Kupferman

9782080811943-fr-300Dans la vie, je ne connais pas de plus grand plaisir que la lecture d’un bon livre d’histoire. Laval, de Fred Kupferman, Flammarion 1987, même s’il date d’une trentaine d’années,  est un petit bijou à découvrir ou redécouvrir. Cet ouvrage sans parti pris ni idéologie, se limite à présenter des faits et les resituer dans leur contexte. Un livre d’histoire n’a pas à donner de leçons de morale mais à fournir au lecteur un récit approchant le plus près possible de la vérité d’une époque, de personnages et de leur parcours. Cette biographie est source de réflexion sur la vie politique et sur le monde contemporain.

Laval est, au départ, un homme politique comme un autre. Issu d’un milieu modeste –  son père est hôtelier à Châteldon dans l’Auvergne – il réussit de brillantes études de droit et se spécialise dans la défense des syndicats et des ouvriers. Député socialiste,  il se fait le chantre du pacifisme pendant la première  mondiale. Après l’échec du cartel des gauches en 1924, maire d’Aubervilliers,  il s’éloigne de la SFIO et participe à plusieurs expériences gouvernementales dites « modérées ». Au milieu des années 1930, il est l’une des personnalités politiques les plus puissantes du pays, plusieurs fois président du conseil, jetant les bases en 1930 de la sécurité sociale, défenseur du franc, des équilibres économiques et de la rigueur. A cette époque, il se montre imperméable à toute tentation antisémite, nationaliste ou raciste. Certes, sa diplomatie le rapproche de deux régimes totalitaires, l’URSS et surtout l’Italie de Mussolini, mais dans la perspective de contenir l’Allemagne hitlérienne. Lui même paraît – avant le déclenchement de la guerre – insoupçonnable de sympathies fascisantes. Homme du peuple, chaleureux, conciliant, il se caractérise par son aversion pour la guerre, le conflit, la violence. Avant tout, il est resté pacifiste.

A compter de la débâcle de juin 1940, il est entraîné dans une dérive qui le pousse toujours plus loin dans la compromission avec l’occupant. Bras droit de Pétain qu’il méprise, de juin à décembre 1940 puis de mai 1942 à la  Libération, il est l’inspirateur de la politique de Collaboration et bascule au fil du temps dans un engrenage criminel qui tout au long du récit, engendre une véritable nausée. Il prend ainsi la responsabilité personnelle en 1942, de livrer aux Allemands des dizaines de milliers de réfugiés, juifs de nationalité étrangère, enfants inclus à sa demande, en pleine conscience de les envoyer à la mort (comme le démontre Fred Kupferman). Il organise, en 1943, par obéissance envers les dirigeants nazis auxquels il veut plaire – croyant ainsi sauvegarder l’avenir de la France –  le transfert en Allemagne des jeunes Français pour participer à l’effort de guerre de Hitler dans le cadre du service du travail obligatoire (STO), que beaucoup fuiront en gagnant les maquis.

Laval n’est pas un idéologue, ni un homme  de conviction, mais un homme de pouvoir. Trois traits, à cette lecture, me semble plus particulièrement le caractériser.

Tout d’abord, il a, ancrée au plus profond de sa conscience, la folie de se croire indispensable. Il est persuadé, jour après jour, que son ambition et le destin de la France se confondent. « Sa femme et sa fille l’ont supplié après l’attentat [dont il a été victime] de renoncer à se mêler des affaires françaises. Cependant […] la certitude d’avoir une mission combattent en lui le bon sens qui lui dit d’attendre à Châteldon la fin de la guerre: « Il faut que j’empêche le pire et dans les circonstances actuelles, moi seul le peut ». Ce sentiment de porter en soi l’avenir du pays et d’être indispensable se retrouve tout au long de son parcours, ne cessant de s’accentuer avec le temps au point de tourner à l’obsession.  Il est au cœur du personnage et de sa tragédie.

Ensuite, sa forme d’intelligence est avant tout tacticienne. Il n’a pas son pareil pour séduire, mettre en place des réseaux d’amitié, de soutien et de loyauté, dans la presse, le monde des affaires, la classe politique. En revanche, le talent du visionnaire lui fait cruellement défaut. Il ne voit que tout près, le regard vissé à la pointe de ses chaussures, incapable d’élever les yeux vers l’horizon. Ainsi, il est convaincu, envers et contre tout réalisme, presque jusqu’à la fin, de la victoire finale de l’Allemagne en guerre contre l’URSS, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. « Je souhaite la victoire de l’Allemagne, car sans elle, bientôt le communisme s’installera partout en Europe ». Cette phrase-là, ni Pétain, ni Darlan ne l’avait prononcée. Elle  va désormais suivre Laval. Or, les termes du message ont été pesés. Laval lui-même a dit que les Français en ont souffert comme si chaque mot était une goutte d’acide sulfurique. Mais il a d’abord consulté Charles Rochat, et devant la consternation de son conseiller diplomatique, il est monté à l’étage du Maréchal pour montrer au vieil homme le texte de son discours. « Le maréchal me dit: « Vous n’êtes pas militaire, vous n’avez pas le droit de dire « je crois », vous n’en savez rien. A votre place je supprimerais « je crois à la victoire de l’Allemagne ». J’ai retiré « je crois » et j’ai laissé « je souhaite ». L’auvergnat croit sincèrement que le continent européen sera et pour longtemps unifié sous l’égide allemande, que l’Amérique le comprendra et se retirera de la guerre, et que son propre destin est assuré par ce pari d’une victoire qui n’est plus celle de l’ennemi. Il ne peut se douter qu’il marche désormais vers le poteau d’exécution… »  

Enfin, troisième caractéristique chez lui, la faiblesse du sens de l’honneur et de la droiture. Il n’a pas de colonne vertébrale, de résistance intérieure, de principes personnels, comme indéfiniment malléable. L’orgueil de l’ambition écrase chez lui le sentiment de fierté de soi. Qu’il n’ait pas eu la conscience de l’abîme s’ouvrant devant lui, toujours entraîné par cette maladie de l’esprit qui consiste à se croire indispensable, peut paraître incompréhensible. Le récit de ses entretiens avec Hitler et les chefs nazis, tel Sauckel, est terrifiant. Il tente de finasser mais ne cesse d’être traîné dans la boue. Humilié, traité en larbin, insulté, il finit toujours par s’incliner. Le sursaut de dignité, qui eût consisté en un grand bras d’honneur, ne viendra jamais. Le culte du compromis, de la conciliation et de l’apaisement, au prix de la soumission, le conduisent tout droit vers l’enfer.

Un beau livre, vraiment.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 20 commentaires

Le déni de responsabilité

imagesSi l’on comprend bien, le sort de la réforme du droit du travail, un enjeu décisif pour le pays, est désormais plus ou moins entre les mains de groupuscules gauchisants de lycéens et d’étudiants. Où allons-nous? Une fin de règne d’un an dans ces conditions, c’est presque insoutenable. Nous atteignons le paroxysme d’un régime politique qui bafoue le principe de responsabilité: je me plante, je dégage. Un système de pouvoir sans responsabilité s’apparente davantage au despotisme qu’à la démocratie. Je ne cesse de le dire, au risque de me répéter, la « Cinquième bis », la Constitution de 1958 dévastée par le quinquennat et la médiocrité de la classe politique, concentrant l’essence du gouvernement entre les mains d’un chef d’Etat politiquement irresponsable, protégé de toute sanction politique, est un système qui conjugue  l’impuissance chronique, l’inefficacité et l’irresponsabilité, et qui pousse à des comportements erratiques. En 2017, une nouvelle majorité devrait logiquement prendre les commandes du pays. Face à un champ de ruines, elle ne réussira qu’au prix d’une transformation radicale des moeurs politiques: ne rien promettre qui ne soit réaliste, chasser toute tentation démagogique, placer l’intérêt général avant les satisfactions narcissiques, privilégier l’action et les résultats sur la communication, ne reculer devant aucun obstacle, aucun, pour atteindre les objectifs annoncés et validés par le suffrage universel, écouter la parole du peuple qui n’est pas la « vile multitude » de Thiers mais le cœur battant de la démocratie, restaurer un climat de confiance… En sont-ils capables? Et puis tiens, deux belles citations de Léon Gambetta, trouvées dans ma lecture d’hier soir: « Il  faut se garder du prestige des personnalités. Rien n’est plus dangereux que de faire d’un homme une idole » (discours de Valence, 17 septembre 1878). « Je suis un ministériel résolu et décidé. Je suis un ennemi de la table rase. Prendre les problèmes les uns après les autres… » (Discours de Romans, le 18 septembre 1878).  Leon_Gambetta[1]

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 35 commentaires

La grande illusion

sans-titreAvez-vous vu, tout comme moi, la prolifération des pitres-candidats à l’élection présidentielle (ou aux primaires)? Oui, hein, je n’ai pas rêvé? La vérité, c’est que le chef de l’Etat a très peu de pouvoir en propre. Relisez la Constitution. Articles 5, 8, 11, etc… Partout, il lui faut une signature, une proposition d’un ministre ou du chef de gouvernement. Il ne peut guère, de lui-même, que dissoudre l’Assemblée ou proclamer la dictature légale au titre de l’article 16 en cas de situation de guerre civile. Le président, sans une majorité à l’Assemblée, est pieds et poings liés, ne sert à rien, en position bien inférieure à celle du chef de l’Etat de la IIIe et la IVe République, autorité morale essentielle et reconnue qui manque si cruellement à la France d’aujourd’hui. Pour qu’un chef de l’Etat soit utile, son action doit s’inscrire dans un élan global, une forte majorité, un peuple uni derrière lui, un climat de confiance, un Premier ministre entouré de vrais ministres, capable de gouverner le pays, de réformer, de décider,  et de prendre des risques pour protéger la popularité du président. La toute puissance élyséenne, qui rend certains politiques fous-furieux, comme des moucherons dans un faisceau de lumière, est une pure illusion engendrée par la politique spectacle surmédiatisée.  Il est tellement plus facile de s’épancher du matin au soir sur les états d’âmes et les gesticulations d’une poignée de clowns excités et ivres d’eux-mêmes, que de débattre des grands problèmes de notre époque. Si tous ces gens avaient une once de dignité et d’intelligence, plutôt que d’annoncer à la queue-leu-leu leur candidature à l’Elysée ou aux primaires, les uns après les autres, comme un troupeau de moutons bêlants, moutons-providentiels, ils se mettraient autour d’une table et se poseraient la question ensemble, la seule qui devrait compter aujourd’hui: qu’est-ce que nous faisons, ensemble, avec les Français, pour sauver ce pays?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 22 commentaires

Comme prévu…

DSC01207Bon, deux mots sur l’événement du jour, l’abandon du projet de la déchéance de la nationalité par le président de la République. Je le savais, je l’avais dit, et annoncé sans le moindre doute, trois mois auparavant. »Le sujet va occuper les esprits pendant des mois, déclencher des fureurs, déchaîner les passions, déchirer le pays. Cette tempête débouchera sur le néant » 7 janvier 2016.  Maintenant, il faut penser aux conséquences de cette débâcle du pouvoir politique. La faillite est intellectuelle, mentale, culturelle. La question du gouvernement, de sa nature, de ses objectifs est en toile de fond de ce fiasco. Le Sénat a eu raison de s’opposer à une réforme dont il est avéré qu’elle ne servait à rien. Bravo et merci au Sénat de la République. La Constitution est la loi suprême du pays. Nul n’a le droit d’y toucher à des fins politiciennes. Il est avéré que cette réforme était inutile. Et « ils » le savaient bien sûr. Le vide engendre le vide. Inscrire dans la Constitution que la « loi détermine les conditions de la déchéance de la nationalité » est une pure lapalissade. La loi – article 25 du code civil – définit déjà les conditions de la déchéance de la nationalité. La leçon portera-t-elle? Aujourd’hui et demain? On ne gouverne pas par des manipulations et des coups médiatiques. C’est fini.  Etre au pouvoir, dans la seule perspective de s’y maintenir par tous les moyens possibles, ne saurait conduire qu’à une impasse et à l’échec. Il faut dire la vérité sur ce qui est possible et impossible, utile et inutile, changer radicalement la politique et la remettre au service du seul bien commun, de l’intérêt général.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 14 commentaires