Douze raisons de soutenir François Fillon

  1. xvm6e05672a-afe0-11e6-8924-aaf6bf1e52eaDe tous les candidats à la présidentielle, lui seul a une véritable expérience de l’Etat, notamment comme Premier ministre pendant 5 ans. Or, la mission de président de la République est par définition celle d’un sage expérimenté qui fixe un cap et s’en remet à un gouvernement pour diriger l’action de réforme. Elle est inconcevable sans l’expérience de l’Etat.
  2. Sur les grandes questions de société, la nation, l’Europe, l’immigration, l’intégration, les frontières, la cohésion nationale, les banlieues, il est le seul à avoir un projet réaliste et crédible en dehors des slogans tapageurs, démagogues ou utopistes. Sur ces sujets cruciaux, extrêmement délicats, lui et son équipe sont strictement les seuls à proposer et à pouvoir faire quelque chose de réaliste et ambitieux.
  3. Lui seul est en mesure de réunir une majorité à l’Assemblée nationale stable, cohérente, capable de légiférer et par conséquent un gouvernement en mesure de gouverner. Le lepénisme à l’Elysée, sans la moindre perspective de majorité, viscéralement rejeté à coup sûr par le Parlement, les pouvoirs publics, la société internationale, conduirait inévitablement l’Etat (et la France) au chaos absolu et le macronisme ne disposant d’aucune solution politique, aboutirait en peu de temps à une autre forme de pagaille et d’impuissance radicale, comme un retour aux pires heures de la IIIe et de la IVe Républiques. Voilà ce qui est une évidence et que si peu de personnes ne veulent voir.
  4. Lui seul dispose d’une vision européenne et internationale claire et équilibrée, d’une crédibilité susceptible de faire respecter la place de la France dans le monde.
  5. A ceux qui ne l’aiment pas d’un point de vue personnel, la politique doit se fonder sur la réalité, le gouvernement des choses, le destin de la Nation, l’avenir de nos enfants, elle n’est pas à titre principal une affaire de sentiment ou de ressentiments, d’amour ou de haine.
  6. Le lynchage médiatique dont il fait l’objet depuis un mois a quelque chose de terrifiant. Les faits qui lui sont reprochés sont certes choquants mais ils se rattachent à des mœurs largement répandus dans la classe dirigeante. Le faire payer, lui seul, pour les autres, en ignorant tout le reste, est une forme d’acharnement et de partialité. Céder aujourd’hui à l’hystérie d’un lynchage serait donner une prime au chaos et renoncer à toute forme d’avenir politique.
  7. « Ce qui ne tue pas rend plus fort » l’expérience d’un lynchage médiatique le rendra plus fort. Ce lynchage est à l’origine, chez lui, d’une prise de conscience: rien de bon ne se fait dans la solitude et l’obstination. Ses projets, notamment sociaux, qui inquiétaient le pays feront l’objet d’une large concertation et d’une négociation avec les forces politiques qui le soutiennent et sa future majorité.
  8. Après avoir subi ce qu’il a subi, il ne fait aucun doute que sa sensibilité aux questions d’honnêteté, d’éthique, d’exemplarité des comportements de la classe dirigeante sera exacerbée, et il faut s’attendre à de profondes et radicales réformes pour assurer la probité des mœurs de la France d’en haut.
  9. Il n’existe aucune solution de rechange, Nicolas Sarkozy a clairement renoncé à la vie politique, avec une dignité qui fait sa grandeur et son honneur, Alain Juppé ne veut pas en entendre parler et aucun autre candidat ne serait en mesure de s’imposer en si peu de temps.
  10. Ses chances d’être élus président restent réelles. En pleine tourmente médiatique, devenu la paria et le bouc émissaire de la France d’en haut, harcelé par le monde médiatique du matin au soir, il garde un socle de 20% de soutiens et n’a pas décroché vis-à-vis de M. Macron, encensé par ces mêmes médias. Cette position laisse espérer une « qualification » pour le second tour, voire une élection.
  11. Au cœur ce cet hallucinant lynchage, touchant à sa famille, il a fait preuve d’un caractère et d’un sang-froid qui en disent long sur sa capacité à présider la France.
  12.  Une touche personnelle, pour finir: je le connais un tout petit peu, l’ayant fréquenté quand j’étais conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Il correspond à la perfection à l’image que je me fais d’un chef de l’Etat tel que la France en a besoin aujourd’hui: non pas un bavard ou gesticulateur, mais un personnage réservé, discret et modeste, tourné vers l’action et le bien commun.

Maxime TANDONNET

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L’affreuse campagne présidentielle

imagesM. François Bayrou a annoncé hier son alliance avec M. Macron. Ce matin les radios jubilent, s’extasient. Les commentaires sont unanimes: « un tournant dans la campagne ». Telle est la réponse paniquée du monde médiatique à la chute de M. Macron dans les sondages et surtout au dernier qui l’annonçait derrière M. Fillon, malgré la prodigieuse campagne de lynchage que celui-ci vient de subir pendant 3 semaines. Ce dernier sondage, donnant M. Fillon vainqueur de l’élection présidentielle, montre les limites de l’opération de déstabilisation dont il a fait l’objet. Il faut trouver autre chose. M. Bayrou était pour M. Juppé qui lui-même soutient M. Fillon. Donc, il passe, avec armes et bagages, en faveur de M. Macron. Comment cela s’appelle-t-il déjà? Une magouille politicienne. Quant à la candidate lepéniste, elle fanfaronne dans son grand show nihiliste fait de coups de communication et de provocations, avec la bénédiction de ce même monde médiatique qui la vénère en parlant d’elle sans arrêt tout en faisant semblant de la critiquer: paroxysme d’une hypocrisie française. Le culte de la personnalité, cette grande manipulation fondée sur l’éblouissement idolâtre des masses pour une pure figure du néant bat son plein. Depuis les années 1920 et 1930, rien n’a-t-il donc changé? Lynchage sanguinaire, magouille politicienne, culte débile et malsain de la personnalité d’un autre âge: comment la campagne électorale de 2017 a-t-elle pu tomber aussi bas? Pendant que ce spectacle immonde se déroule sous nos yeux, les grands problèmes de la France sont oubliés. Qui parle encore du chômage de masse et des 6 millions de personnes privées d’emploi? Des jeunes victimes de l’exclusion, de l’impuissance publique et de la crise du régime? Et de la réforme des institutions européennes? De l’insécurité qui explose dans nos villes, des cités en perdition, du déficit commercial, des 2000 milliards de la dette publique, de l’effondrement de l’économie française face à l’Allemagne, de la déflagration générale du Moyen-Orient et de la défense de l’Europe dans une période d’incertitude planétaire sans précédent depuis 1945? Rien: tout le monde s’en fout. Cette campagne électorale est un pur scandale, une grande comédie vénéneuse, une agonie de la démocratie et des principes de la République française.

Maxime TANDONNET

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Et après mai-juin 2017? Le sujet fondamental

xvm6e05672a-afe0-11e6-8924-aaf6bf1e52eaVoici mes réponses aux questions du site Atlantico sur l’avenir politique de la France après les élections de 2017, ce matin même.

Concrètement, au regard de la situation actuelle, à quoi ressemblerait un quinquennat Fillon ? Sommes-nous en train de nous diriger vers un quinquennat besogneux marqués par les traces qu’auront laissées les affaires de la campagne et les poisons distillés par la primaire ?

Vous posez une question essentielle, ignorée dans le débat actuel qui se limite à l’écume des choses et aux émotions le jour le jour: que peut-il se passer après les élections de mai juin 2017? Nous sommes plongés dans un chaos sans précédent et nul ne veut ouvrir les yeux. M. Fillon garde en effet ses chances d’être élu, au delà du maelstrom actuel. Il reste deux mois. Son lynchage médiatique ne peut pas durer éternellement et finit par lasser l’opinion. A l’approche des élections, le passionnel va laisser la place au principe de réalité. Dès lors, l’envie d’alternance reviendra au premier plan. Quant à M. Macron, il commence à montrer son inexpérience et ses limites. Le mythe peut s’effondrer à tout moment. M. Fillon, en tête-à-tête au second tour avec Mme Le Pen aurait alors toutes les chances de gagner. Oui, mais après? De fait, tout le système politique français repose sur le prestige présidentiel et l’autorité qu’il confère au titulaire de la fonction. En réalité le président a fort peu de pouvoirs propres et sa capacité d’action dépend de son autorité sur une majorité. Or, la fonction présidentielle est totalement discréditée depuis quelques années. L’élection du chef de l’Etat au suffrage universel ne suffit plus à assurer son autorité. La fonction est déjà gravement affaiblie mais en outre, les conditions de son éventuelle élection, par défaut, à l’issue d’un scandale, vont encore réduire sa marge d’action. M. Fillon, quoi qu’il arrive aura un mal fou à trouver une majorité stable et cohérente pour faire voter les mesures prévues par son programme. Nous vivons une révolution institutionnelle que personne ne veut voir: la disparition de l’autorité présidentielle sur laquelle reposait le régime.

Si on regarde l’échec de 1997 (qui s’explique largement par l’incapacité à gérer le traumatisme Chirac-Balladur), et les guerres vécues par la droite pendant tout le quinquennat de François Hollande, peut-on imaginer que François Fillon serait un président capable de régner sur autre chose que le périmètre du palais de l’Élysée ? (Matignon pourrait lui échapper sous la pression des Sarkozystes, le groupe parlementaire de l’assemblée également). 

La chance électorale de François Fillon, c’est que la situation serait encore infiniment pire pour Mme le Pen ou pour M. Macron, ses principaux adversaires selon les sondages. La première se trouverait face à une Assemblé résolument et quasi unanimement hostile. Elle ne pourrait absolument rien faire et la crise de régime atteindrait son paroxysme. On n’ose imaginer jusqu’où une situation de ce type conduirait la France. Quant à M. Macron, qui n’est pas soutenu par le parti socialiste, il se retrouverait face à une Assemblée hétéroclite, sans majorité, et une France totalement ingouvernable. Les analyses et les commentaires, noyés dans le sensationnel, oublient de rappeler ces évidences. Un éventuel quinquennat de M. Fillon s’annonce extrêmement chahuté. Plus encore que Sarkozy peut-être, il est détesté par la plupart des médias. Sa posture de conservateur, libéral, chrétien, provincial, soutien des « manif pour tous » et son style réservé, distant, le voue à une vindicte dont on a du mal à se représenter les proportions qu’elle risque de prendre, dans la presse, sur les radios, les télévisions et les réseaux sociaux. Il aurait le profil type du président paria, bouc émissaire des frustrations et des angoisses de la société françaises. Dans ces conditions, comment   asseoir une autorité sur la majorité dont les déchirements idéologiques et les rancoeurs personnelles ne cesseront de s’aggraver au fil de son humiliation quotidienne?

Peut-on dire que le Penelope Gate a finalement eu un effet positif pour le candidat LR en l’obligeant à rassembler plus largement des voix au sein de son parti (auprès de François Baroin, Nicolas Sarkozy etc…) ?

En vérité, tout dépendra de l’attitude de M. Fillon face à une situation aussi trouble et chaotique. Je ne le connais pas assez pour pouvoir préjuger de ce que sera son analyse de l’état du pays et son comportement. Il serait à mes yeux suicidaire de continuer comme si rien ne s’était passé. Le modèle du chef de l’Etat issu du quinquennat présidentiel, sur-médiatisé, tout puissant, donnant l’illusion de tenir seul la barre du pays me semble définitivement et radicalement obsolète. Cible du monde médiatique et des réseaux sociaux, l ‘« hyper président » à la mode française depuis les années 2000, devient inévitablement un gibier de potence réduit à parer les coups et à faire peu à peu naufrage dans l’impuissance, la fuite dans la communication à outrance et l’humiliation nationale. Mon vœux le plus cher est que le futur chef de l’Etat ait la lucidité de comprendre ce phénomène. Dès lors, la seule solution qui s’offre à lui pour réussir son mandat est de piloter le pays dans une relative discrétion médiatique, s’appuyer sur un puissant Premier ministre, des ministres déterminés et audacieux, et une majorité engagée sur la réalisation d’un programme législatif établi en pleine concertation avec elle. Il me semble que le dialogue, la confiance, la concertation, le partage du pouvoir et des responsabilités, le choix délibéré du collectif, sont la seule issue pour le prochain chef de l’Etat. Sans quoi, nous allons au désastre assuré.

Maxime TANDONNET (pour Atlantico)

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L’histoire, otage des polémiques

imagesContribution de vendredi au Figaro Vox:

La mémoire collective, avec ses hontes et ses fiertés, devrait constituer, en principe, un ciment de l’unité d’une Nation. Pourtant, un demi siècle après la décolonisation, les élites politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite, ne parviennent pas à éviter la tentation de la récupération polémique de ces événements et de la provocation.

Quand les hommes ou femmes de pouvoir échouent à présenter des propositions crédibles pour gouverner – lutter contre le chômage et la violence par exemple – ils préfèrent agiter les passions et attiser les rancœurs ou les haines. Une loi du 23 février 2005 et son « article 4 », soulignait « le rôle positif de la colonisation ». En quoi est-ce le rôle du législateur – le pouvoir normatif – de porter des jugements sur un épisode de l’histoire ? Aujourd’hui, M. Macron prend le contre-pied en déclarant, en Algérie, que « la colonisation fut un crime contre l’humanité ». Mais dans un sens comme dans l’autre, le politique prend l’histoire en otage. La connaissance du passé est ravalée au rang de l’idéologie. Ce type de propos de campagne électorale semble avant tout lié à la quête d’une posture: flatter une partie de l’opinion à des fins politiciennes.

Nous touchons à un paradoxe de notre époque. Ces dernières décennies, l’enseignement de l’histoire a été affaibli par les politiques de droite comme de gauche. La connaissance des dates, des grands événements et des personnages qui ont façonné le monde contemporain, a été mise à mal. Un gouvernement a même été jusqu’à supprimer totalement cet apprentissage en terminale scientifique… Les programmes ont fortement réduit la place des grands hommes, de Clovis à Napoléon, et de la chronologie. Mais alors que les jeunes Français connaissent de moins en moins l’histoire événementielle, celle-ci fait l’objet d’innombrables récupérations politiciennes. Faut-il y voir une stratégie consciente ou inconsciente de la classe dirigeante: affaiblir la connaissance, les outils de l’esprit critique, pour mieux manipuler les esprits?

Ces propos du candidat à l’élection présidentielle sont ceux d’un homme qui lui-même semble peu familier de l’histoire. Parler de la colonisation comme un « crime contre l’humanité » revient à accuser de crime contre l’humanité toute une tradition de la gauche républicaine française à laquelle il s’identifie pourtant. Le crime contre l’humanité est défini précisément par l’article 212-1 du code pénal. Il s’applique à des faits « d’atteinte volontaire à la vie, d’extermination, de réduction en esclavage, de déportation, transfert forcé de population, torture, viol ». Certes, les guerres coloniales ont donné lieu à des massacres et des atrocités. Pour autant, réduire la colonisation au seul crime contre l’humanité est un contre-sens historique aussi absurde que de ne voir en elle qu’un « rôle positif ».

En effet, la colonisation fut longtemps au centre de l’idéal républicain, dit de gauche – au même titre que la laïcité et la conquête des libertés – portée par des grandes figures du Panthéon de la gauche française, Léon Gambetta ou Jules Ferry qui déclarait à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885: « Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de leur devoir supérieur de civilisation! » Cette approche avait alors un caractère quasi officiel, « politiquement correct » dirions nous aujourd’hui. Les républicains dits de gauche à l’époque, dans la tradition de l’universalisme révolutionnaire, affirmaient, à travers la colonisation, exporter les Lumières, les droits de l’homme, de la liberté et de l’égalité.

Les opposants à la conquête coloniale de la IIIe République, minoritaires, étaient l’extrême gauche nationaliste, incarnée alors par Georges Clemenceau qui voulait concentrer les énergies contre l’Allemagne et la droite conservatrice, qualifiée de « réactionnaire », à l’image d’Albert de Broglie dénonçant dans la politique coloniale: « Une charge qui grève la nation, qu’elle ne peut porter longtemps, et qui, avant de lui échapper, peut avoir amené la ruine à la fois de la colonie et de la métropole » (Sénat 11 décembre 1884).

Plutôt que de manipuler l’histoire à des fins politiciennes, de l’extrême gauche à l’extrême droite, mieux vaudrait recommencer à l’apprendre et à l’aimer, en transmettre la passion aux jeunes générations. Le renouveau de l’enseignement de l’histoire devrait être au cœur des projets électoraux dans la campagne présidentielle : enseigner le passé pour comprendre le présent et préparer l’avenir. Mais qui parle encore des sujets de fond?

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La crise de régime

xvm6e05672a-afe0-11e6-8924-aaf6bf1e52eaLa France supposée « d’en haut », politique et médiatique, poursuit son œuvre de destruction de la candidature Fillon et par un étrange et dangereux calcul, de sublimation sans vergogne du lepénisme. Ses intentions sont transparentes. Elle joue une sorte de quitte ou double: l’apocalypse, le chaos généralisé, ou la continuité (socialiste). Une seule chose lui est intolérable: l’idée d’une alternance sérieuse et réussie. Voilà ce qu’elle ne peut plus supporter. Mais ce jeu qui la fascine, l’éblouit comme un néon trop puissant, cache l’essentiel. Nous traversons, comme l’ensemble du monde occidental, une vertigineuse crise de régime. C’est toute la tradition de la légitimité fondée sur le suffrage universel, l’élection du chef de l’Etat par le peuple qui s’effrite sous nos yeux. Le peuple a perdu son sens et l’élection du chef de l’Etat n’est plus une source suffisante de son autorité. Tout un régime fondé sur cette idée est en train de faire naufrage. Le pays devient totalement ingouvernable. Mais le plus sidérant, contrairement à 1958, c’est l’aveuglement autour de ce sujet, l’indifférence, l’apathie des consciences. Le navire prend l’eau de toute part tandis que l’équipage et les passagers s’enivrent pour oublier leur malheur. Voilà ce que j’ai écrit, en d’autres termes, dans le Figaro Vox d’hier.

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L’histoire ne se répète jamais sous des formes identiques, dans un monde en bouleversement permanent. Pourtant l’espèce humaine, elle, ne change pas et des événements de la même nature ne cessent de se reproduire dans la logique d’un éternel recommencement. La période actuelle renvoie aux heures sombres de 1958, cette année charnière qui marque l’agonie et la mort de la de la IVe République à l’occasion de l’une des pires crises politiques du XXe siècle.

La société française traversait alors une ère de transformations vertigineuses: ouverture de l’économie française à la modernisation, à la compétitivité et au marché européen provoquant une mutation de l’agriculture, du commerce et de l’artisanat. La même angoisse frappe aujourd’hui le pays avec la révolution numérique, Internet, la robotisation et la peur de la disparition du travail.

En 1958 comme en 2016, une violente crise identitaire secoue le pays. Beaucoup de Français, à l’époque, en pleine décolonisation, ne peuvent pas imaginer le pays sans son empire d’outre-mer et ses départements du sud de la Méditerranée. Aujourd’hui, la présence des populations originaires de l’immigration sud-nord et de l’islam comme seconde religion en France, suscite le désarroi d’une partie de l’opinion.

La crise actuelle de l’Etat ressemble à s’y méprendre à celle qui rongeait le pays cinquante-neuf ans auparavant. La France des années 1956-1958 était celles de l’impuissance publique. Tous les gouvernements se fracassaient les uns après les autres sur la guerre d’Algérie, oscillant entre la répression et la négociation. Le pouvoir politique n’était plus ni respecté, ni obéi. L’armée menaçait de sédition. Les policiers manifestaient devant le Parlement. L’administration coloniale n’en faisait qu’à sa tête. Ce phénomène d’incapacité du politique à régler les problèmes, à apporter des réponses aux drames français se retrouve aujourd’hui sur tous les graves sujets du moment: chômage, croissance, maîtrise de la frontière, violence, crise des banlieues.

La situation politique actuelle ressemble aussi à s’y méprendre à celle de 1956-1958. Les partis dits « anti-système » effectuaient une percée. Les poujadistes – anti européens – entraient massivement à l’Assemblée nationale avec 52 députés (dont M. le Pen). Le parti communiste gagnait 47 sièges. Les partis de centre droit et de centre gauche, majoritaires, se fractionnaient en une multitude de groupuscules, empêchant la constitution d’une majorité durable.

La France connaît, en 2017 comme en 1958, une crise du régime politique qui ébranle la Nation dans ses fondements. 1958 marque l’apogée de la crise du parlementarisme. Rongé par l’instabilité gouvernementale en l’absence de majorité stable et par la faiblesse de l’exécutif, le pays n’était plus gouverné. Nous vivons une crise de régime différente, mais aussi profonde et dévastatrice. Le présidentialisme à outrance de 2017, issu du quinquennat, aboutit au même fiasco que le chaos du « régime des partis » en 1958. L’illusion de la toute puissance présidentielle, autour d’un chef de l’Etat sur-médiatisé, qui incarne à lui seul le pouvoir politique mais ne disposant d’aucune baguette magique pour résoudre les maux du pays, est une source essentielle d’un grand malaise collectif: culte de la personnalité; impopularité; obsession élyséenne neutralisant le débat d’idées et de projet; poussée des extrémismes, idolâtrie prétentieuse, narcissisme politicien au détriment de l’intérêt général; fuite dans la communication, les scandales et les postures, au préjudice de la politique des réalités. Et comme en 1958, les partis politiques se désintègrent.

La Ve bis, issue du quinquennat et de la dérive narcissique de la vie politique française, est à l’agonie, tout autant que la IVe République soixante ans auparavant. Aujourd’hui, la France a une République à refonder: missions du chef de l’Etat, du Premier ministre et de son gouvernement (septennat non renouvelable?), autorité de la loi votée par le Parlement, nature du contrôle de constitutionalité, place de l’autorité judiciaire, impartialité du service public, égale expression des opinions, rapports entre l’Union européenne et la Nation. Cependant, la situation d’aujourd’hui est pire peut-être que celle de 1958. En effet, il manque à la France un Général de Gaulle prêt à revenir au pouvoir, avec sa légitimité issue de l’Appel du 18 juin, son expérience de l’Etat, son autorité naturelle, son sens de l’unité nationale, son exemplarité, sa dimension internationale, sa prodigieuse vision de l’histoire. Aujourd’hui, en plein chaos préélectoral, dans une France déboussolée, nul ne peut prédire d’issue à la crise de régime en cours.

Maxime TANDONNET

 

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Le faux débat mondialisme/patriotisme

sans-titreLe débat droite/gauche n’a plus beaucoup de sens. A la fin du XIXe siècle, il opposait la droite conservatrice, monarchiste et cléricale, à la gauche républicaine. Puis, au XXe siècle, il était supposé mettre face à face les chantres de l’économie libérale à ceux du « progrès social ». Nous savons aujourd’hui que la liberté d’entreprendre n’est pas incompatible avec le progrès social, bien au contraire. Le débat droite/gauche, vidé de sa substance, est affaire de posture, la supposée gauche se prétendant le « camp du bien » et des « valeurs » face au « bloc réactionnaire ». Nous savons ce qu’il en est du camp du « bien », de la « pureté morale  et des « valeurs ».

Le discours extrémiste triomphant tend à substituer au débat droite/gauche un autre débat, mondialisme/patriotisme tout aussi vermoulu. Le phénomène n’est pas nouveau car déjà, dans les années 1920 et 1930, les idéologies totalitaires en tout genre visaient à l’autarcie contre le « cosmopolitisme ». Ce clivage idéologique n’est pas plus fondé que le précédent. La mondialisation est un fait objectif, qui s’accélère depuis la Renaissance: explosion des échanges commerciaux, multipliés par 400 depuis 1945, essor des multinationales, ouverture du monde par les voyages, révolution Internet, richesse des échanges intellectuels et de la création par la rencontre des cultures. La mondialisation a accompagné un gigantesque progrès de la prospérité, l’espérance de vie passant en un siècle d’une cinquantaine d’années à près de 80 ans dans les pays développés. Quant à l’extrême pauvreté, de fait, elle diminue d’année en année dans le monde (un milliard d’hommes vivent avec moins de 1,9 dollars par an contre deux milliards vingt ans auparavant). Les réactions contre cette mondialisation prennent des formes multiples pouvant aller jusqu’à la barbarie absolue: le totalitarisme, les guerres d’extermination, le terrorisme.

La mondialisation porte en elle à la fois le progrès matériel, scientifique, technologique, qui se joue des frontières, et par réaction le risque du chaos et de la barbarie. Elle ne peut pas s’arrêter, comme inhérente à l’histoire de l’humanité. La politique devrait consister, non pas à la nier, ni à la dénigrer, ni à la caricaturer ou à l’opposer aux intérêts du peuple, mais bien au contraire à tenter de la maîtriser au mieux par l’action publique sur le plan national, européen et international. Le vrai clivage politique, selon moi, n’est plus droite/gauche, ni mondialisme/patriotisme, il est désormais entre l’idéologie, la propagande, la manipulation d’une part, et la vérité d’autre part. La vie politique tend en ce moment vers la posture, le culte de la personnalité, la communication, les grandes chimères, l’agitation des passions et des émotions,  la fuite dans les limbes du rêve et de l’utopie. L’invocation du « peuple » contre la « mondialisation » est la dernière supercherie à la mode. Face à l’enfer de la grande démagogie, la politique doit au contraire se recentrer sur les réalités, l’action, le sens du réel et du gouvernement des choses: libérer les énergies de l’entreprise, restaurer l’ordre et la sécurité dans un pays en plein chaos, refonder l’école et l’égalité des chances, maîtriser la frontière, reconstruire une Europe en pleine déflagration, comme outil de maîtrise de la mondialisation face aux grands empires planétaires. Manipulation de masse contre principe de réalité et volonté de gouverner: tel est selon moi le vrai clivage de notre époque.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Paroles de la majorité silencieuse

images (3)Le site a pris depuis le début de l’année une autre dimension. Sa fréquentation était jusqu’alors de 1000 à 2000 visites quotidiennes. Elle est désormais de 5000 (minimum) à 20 000 par jour (22 000 les 28 et 29 janvier). L’approche des élections explique cet intérêt mais aussi le climat extrêmement délétère qui pèse sur le pays. Il traduit peut-être la quête d’un lieu de discussions sans outrances, ni haine ni violence verbale, de repères dans la tempête, un besoin de calme et de modération dans la folie collective qui embrase le monde politique et médiatique. J’en remercie tous ceux qui y contribuent et je souhaiterais reprendre ici trois jolis textes, parmi d’autres (mais impossible de tout reprendre) qui témoignent de ce sentiment, envoyés parmi les commentaires ou sur l’adresse de messagerie rattachée au blog, qui m’ont beaucoup touché. Bien amicalement.

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Aymoin, écrivait en l’an 1000, l’événement suivant: la nuit même qui suivit les noces de Basine desans-titre Thuringe et Childeric, Basine dit à Childeric: « Si mon seigneur le souhaite, je puis lui faire voir quelle sera la destinée de la dynastie qui sortira de lui » Childéric lui dit: « Oui je le veux. »
-Levez-vous, poursuivi la reine, et regardez dehors: Que voyez-vous?
– Je vois, dit Childéric, un lion fort et puissant qui marche dans la campagne; tous les animaux le respectent, tremblent quand il se fâche, et d’autres batifolent.
– Retournez, dit la reine, et venez comme la première fois, me dire ce que vous avez vu!
– Le lion a disparu: les licornes et les léopards qui marchaient à ses côtés ont disparu; des ours et des loups ont pris leur place, et les animaux se chamaillent!
– Une troisième fois, Que voyez-vous?
– Childéric dit: « Il n’y a plus que des chacals et des hyènes qui s’entre déchirent, tandis qu’une multitude de petits animaux malfaisants se battent autour d’eux et leurs font impunément des morsures, les autres animaux sont maigres et rachitiques!
– Dormez dit Basine; demain au lever du soleil, je vous dirai ce que signifie votre vision.
Le lendemain fidèle à sa parole, Basine dit à Childéric: « Le lion que vous avez vu marchant entre des licornes et des léopards est la figure du fils que vous aurez (Clovis): Fort ,vaillant, loyal, intègre, il régnera sur ses ennemis; tout pliera sous sa puissance, il sera respecté de tous et le peuple sera fier de lui!
– Après lui viendront des rois moins redoutables, mais avides en proie: ce sont les loups et les ours!
– Puis ta descendance déclinera, les princes seront sans vigueur, cupides, avides de pouvoir, livré à la révolte des grands et aux insultes de petits sujets avides de pouvoir sans charisme et ce sera la fin de ta dynastie!
Belle leçon d’histoire! Notre Ve République vie cette histoire, histoire qu’ont connues toutes les dynasties de notre pays, des Mérovingiens jusqu’à nos jours.
Nous pouvons constater avec tristesse et effroi que notre cinquième république est dans la troisième phase décrite par Basine de Thuringe depuis 1981, les chacals et les hyènes se battent pour le pouvoir. Le Général de Gaulle fut le lion, ensuite vinrent l’ours et le loup et depuis 1981 les chacals et les hyènes.

Nous assistons au triste spectacle des chacals et des hyènes, au spectacle de ses petits sujets avides de pouvoir. Comme vous l’avez dit la dictature de la crétinerie.
2017 ne changera rien, nous serons à la merci de crétins avides de pouvoir et qui feront de la France une épave.
Nous courrons vers des événements dramatiques, certainement une guerre civile, voir plus et de cet ou ces événements sortiront d’autres hommes ou femmes qui redresseront le pays.
Mais cela n’est pas demain la veille.

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 Depuis 2013, je suis François Fillon, en effet post défaite de 2012, il me semblait le mieux à même de redresser le pays. Son tour de France pendant plus de trois ans lui a permis d’aboutir à un programme en béton. J’ai apprécié son livre « Faire », ainsi que « Vaincre le totalitarisme islamique ».
François Fillon c’est l’ordre avant tout ! Ce qui n’est plus le cas actuellement !
Pour la primaire j’y croyais même lorsqu’il était en 4e position dans les sondages, je me suis dit ça doit venir et plus on s’approchait de novembre, plus je sentais que ça allait décoller et on a vu l’arrivée.
Depuis plus de deux semaines, on constate un lynchage inouï, du jamais vu à l’approche d’une élection présidentielle.
Pour moi François Fillon n’a pas volé l’Etat, les choses sont légales. Le travail de son épouse, oui pour moi son épouse à travailler avec son mari, était tellement familial et naturel, que la traduction est : elle n’a pas travaillé. C’est symptomatique : quand on fait dans la discrétion, on ne fait rien, quand on fait du vent, on a tout fait ! Je donnerai l’exemple de ma mère, elle aidait mon père dans l’exploitation agricole et à l’école quand il fallait indiquer la profession des parents, j’indiquais « néant » pour ma mère (ce que mes parents m’avaient dit de mentionner), alors que ma mère travaillait en moyenne près de 10 heures par jour (5 le dimanche, mais tous les dimanches). Je donne juste cet exemple pour témoigner qu’il peut y avoir un travail certain même si ce n’est pas de notoriété publique. Le montant fait polémique, d’abord il faut le ramener à du net, c’est ce qu’a fait François Fillon, mensuellement cela fait 3 500 €, il est vrai un très bon salaire pour beaucoup de français. Un ex attaché parlementaire, Vincent Goyet, a ramené le montant aux débuts parlementaires de François Fillon, en 1981, la moyenne descend à 1 500 €, plus dans la moyenne de beaucoup de français.
En France, on aime bien dire ce que tu as, mais pas ce que tu fais !
Je pose la question, si François Fillon n’avait pas gagné la primaire, qu’aurait fait le Canard Enchaîné ? Il ne se serait pas déchaîné autant, mais là il y a un réel problème d’objectivité et d’impartialité : s’il y a des choses à dire, il faut les dire pour tout le monde ! Et ne pas en monter pour une cible bien précise !
Je comprends Freddy Wantz pour la claque aux français, mais je donnerai tout pour que François Fillon revienne à sa place : remporter l’élection présidentielle. Je sens que nous allons remonter et que ce ne sera pas un revirement de dernière minute, comme le précise France Mitrofanoff, le redressement se fera vraiment d’ici fin février et puis progressivement comme à la primaire !
Car franchement les autres candidats … des rêveurs. François Hollande ne se représente plus, mais d’autres essaient de le remplacer, du « copier/coller ». D’ici là encore Bayrou pour la combientième ?
Ah, j’ai oublié Henri Guaino, j’espère qu’il n’aura pas les signatures, car pour casser son camp il est fort, de mémoire je crois que c’est sa première élection en temps que parlementaire.
Oui je suis beaucoup plus motivé qu’à la primaire, où je l’étais déjà, car je ne supporte pas que des nuls veulent faire leurs lois, tout le contraire de François Fillon.
Ensemble, en parlant à notre entourage, à nos connaissances, en parlant le langage du bon sens, nous nous hisserons à la place qui doit nous revenir : la première !

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sans-titre Bonjour, moi je ne suis pas née à Bordeaux, mais j’ai aussi fait des études à Bordeaux, Paris (catho) et je vis mariée, mère et grand-mère à Poitiers, où j’ai pu assister au meeting de François Fillon. Journaliste retraitée, rédactrice départementale , au……, dont le siège est à Bordeaux, j’ai fréquenté de prés, Raffarin, etc… les politiques, les élus, les chefs d’entreprises, les attachés parlementaires, bref, tout ce qui plait à mes confrères journalistes pour vendre du papier … avec les affaires croustillantes.
Mes enfants, policier, gendarme, urgentiste, à Bordeaux, ou votent blanc ou votent Lepen de guerre lasse, face à toute cette gabegie et ces magouilles …politico électorales.
Je ne sais par quel circuit j’ai reçu le papier de Julien Aubert, donc je suis arrivée à vous par votre blog.
Je cherche en fait comment nous pourrions changer les choses qui traumatisent nos électeurs ! Je veux dire, comment faire qu’un décret puisse interdire d’employer des membres de sa famille comme attaché parlementaire ; comment limiter le nombre des députés et de ministres ; comment limiter les salaires de ces personnes, et alléger les privilèges, comme les chauffeurs, voitures de fonction, émoluments grandioses des anciens sénateurs, ministres, présidents. Tout ceci est indécent dans u pays ou trop de gens vivent selon la formule, au dessous du seuil de pauvreté.
Si François Fillon veut reconquérir ses électeurs et accéder à la présidence, il faut qu’il fasse un don substantiel à une fondation comme Emmaüs (sans reçu fiscal), pour réparer l’embauche de ses enfants) ! Ce serait un geste qui apaiserait ! ET qu’il promette d’assainir vraiment tous ces salaires, ces indemnités et autres du genre qui scandalisent tant les gens qui n’arrivent pas à boucler leur mois. Je suis en rural, il y a des mamans qui à force de grossesse, ont perdu leurs dents et n’ont pas les moyens de faire refaire une belle dentition, elles sont comme des centenaires! Il faut vraiment faire comprendre ça à Fillon, un geste, une promesse !
Mais quel levier pour que les gens y croient, quelle campagne parallèle pour l’aider à reprendre la main !
A Poitiers ce fut une soirée pleine de force, de dynamisme, François Fillon  a vraiment enthousiasmé, une stature de chef d’état, qui fera honneur à la France. Aidez moi à monter quelque chose qui touche et François Fillon et nos citoyens. Voilà, je lance une bouteille à la mer, en espérant que quelqu’un s’engage et bouge.
Vous avez été élevé à saint Genès, vous devriez être chrétien, alors je sais que le Seigneur éprouve ceux qui l’aiment , qu’Il aime ! Alors je confie tout cela à votre prière.

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Les scénarios de 2017

sans-titreNous baignons tous, du matin au soir, dans l’illusion présidentialiste. De fait, l’Elysée est l’arbre qui cache la forêt d’une réalité infiniment complexe et le grand guignol médiatique ne doit pas  occulter la réalité: un président sans majorité à l’Assemblée nationale – qui vote les lois –  est privé de tout pouvoir réel. La période électorale qui entre dans ses deux derniers mois est sans aucun précédent dans l’histoire de la Ve République: totalement incertaine. Pourtant, le spectre des scénarios possibles n’est pas indéfini:

  • La victoire aux présidentielles de M. Macron, donnée aujourd’hui comme l’hypothèse la plus probable par les médias et les sondages. Elle traduirait le triomphe d’une image, d’un reflet, d’un enfumage à grande échelle, d’une chimère adossée au néant.  Les socialistes l’ont rejeté (exclusion en cas de parrainage) et les Républicains ne le considèrent pas comme un des leurs. M. Macron, sans majorité possible, tente aujourd’hui de susciter ses propres candidatures aux législatives. Mais il est irréaliste de lancer dans la nature 600 candidats sans la moindre implantation locale et d’espérer leur victoire contre les partis établis. Nous aurions alors deux hypothèses: * soit un éclatement de l’Assemblée nationale, sans majorité possible, signifiant le retour à une France totalement ingouvernable des dernières années de la IIIe et de la IVe; *soit, dans la logique de l’alternance, une nette victoire des Républicains, impliquant la nomination d’un Premier ministre républicain qui prendrait en main le gouvernement du pays, dans un contexte bien différent des précédentes cohabitations où le chef de l’Etat avait l’avantage de l’antériorité et de l’expérience.
  • Une victoire de Mme le Pen, improbable mais possible si elle était opposée au second tour à M. Hamon (ou M. Mélenchon). La présidente se trouverait alors, presque à coup sûr, face à une Assemblée législative droite/gauche profondément et unanimement hostile. Tout premier ministre nommé par elle serait aussitôt renversé. L’Elysée  ne pourrait pas engager la moindre réforme ni prendre aucune décision en l’absence de majorité et de gouvernement stable. Nous entrerions dans une période d’impuissance générale, de fuite dans la polémique stérile et la communication à outrance, un désordre indescriptible et d’une durée indéterminée.
  • Une victoire de M. Hamon, à la suite d’une confrontation gagnante avec Mme Le Pen: rien ne permet de l’exclure à coup sûr. Nous entrons là aussi dans une logique de crise. Il est fort improbable qu’il obtienne une majorité absolue pour réaliser les promesses irréalistes sur lesquelles il a gagné les primaires socialistes dans une surenchère démagogique. Le parti socialiste se scinderait et le pays, sans gouvernement, déchiré par le spectre de son programme inapplicable, sombrerait dans le chaos.
  • Une victoire de M. Fillon, malgré tout la plus vraisemblable, suivie d’une « vague bleue » à l’Assemblée nationale. Ce scénario est le seul qui préserve la possibilité d’un système de « majorité présidentielle » permettant au chef de l’Etat de faire prévaloir sa volonté et d’appliquer une politique cohérente.  Mais au-delà, les conditions de son élection n’auront, quoi qu’il arrive, rien de triomphal et son autorité personnelle en sera affectée dès le départ. Tout l’enjeu pour lui sera d’éviter de s’enfermer dans une logique de l’impuissance narcissique qui a miné le mandat de M. Hollande et d’essayer de construire un pouvoir de nature plus partagée et collective autour d’un Gouvernement d’action et de volontarisme.
  • Une autre issue: émergence fulgurante d’une autre personnalité républicaine ou assimilée – M. Dupont-Aignan, Mme Alliot-Marie, M. Guaino – ou tout autre personnage issu du monde politique de la société civile, prospérant soudain sur les ruines de la politique française. Qui sait?

Quoi qu’il arrive, il me semble qu’après 2017, rien ne sera plus comme avant. Nous sommes dans une phase de transition, qui rend la période actuelle si étrange, incertaine, désagréable. Un régime, un système de pouvoir est en train d’agoniser et nous entrons dans l’inconnu…

Maxime TANDONNET

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Au-dela du brouillard

téléchargementIl n’est pas toujours facile de s’élever au dessus du brouillard de bêtise, de haine et de propagande, qui nous enveloppe en permanence. Ce n’est pas le matraquage anti-Fillon qui m’étonne, mais son intensité, sa durée, sa réussite, le succès d’une telle déferlante de haine et surtout la faiblesse des résistances intellectuelles face au lynchage. Pourquoi lui, et pas les autres? Telle est la question interdite. La tempête politique française fait partie d’un ouragan qui dévaste la vie politique de l’Europe et du monde occidental. Je ne fais qu’essayer de me repérer dans le brouillard. Je crois que nous avons complètement changé d’époque,  mais la vie politique continue à avancer sur les schémas anciens, un peu comme un canard décapité. Nous avons eu l’époque des princes qui régnaient leur vie durant et transmettaient le pouvoir à leurs enfants, dans le contexte de sociétés traditionnelles stables. Puis est venu la grande fracture de la révolution industrielle, la destruction des valeurs et des structures traditionnelles, l’ère des masses urbaines déracinées, l’essor des grands médias, radios et télévisions, qui assenaient un message unilatéral et qui ont engendré des chefs politiques, à la tête des nations pour une durée temporaire, soit élus démocratiquement, soit dictateurs, incarnant en tout cas, dans leur personne, le pouvoir. Mais aujourd’hui, nous sommes dans un autre monde, celui d’Internet et des réseaux sociaux. La parole appartient à tout le monde. Toute personne qui émerge de l’anonymat a vocation à être moquée, ridiculisée, traînée dans la boue. La sagesse, la connaissance, la vérité sont noyées dans un océan d’insultes et de mensonges. Les idées d’autorité, d’intérêt général, de bien collectif s’incarnant dans un homme ou une femme ont sombré dans le néant: elles se font encore entendre mais plus personne n’y croit. Toute personne qui prétend porter en elle-même un message sérieux ou un projet de société a vocation à être prise pour cible et démolie. Bien sûr, dans ce contexte, des trublions vaniteux, braillards et démagogues, peuvent faire illusion quelque temps. Mais diriger un Etat dans ces conditions est inconcevable. Sans l’autorité naturelle et sans la confiance, les ordres, transmis à une bureaucratie se perdent dans le grand marécage de l’indifférence ou de la mauvaise volonté. C’est pourquoi nous devons repenser le pouvoir politique en profondeur. Il doit prendre de nouvelles formes, moins personnalisées, plus collectives, discrètes et modestes. Il est plus compliqué de discréditer et de couvrir de grotesque un gouvernement de 15 hommes et femmes qui décide collectivement ou une Assemblée qu’un personnage ultra médiatisé supposé incarner à lui seul l’autorité voué à sombrer dans le ridicule et l’impuissance.

Maxime TANDONNET

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M. Fillon, le peuple et la volonté générale

xvmeb8e8b20-e6ce-11e6-b71d-891f4c05b256Ci-dessous le texte superbe que m’a adressé M. René Chiche, professeur agrégé de philosophie.

Le peuple est admirable pour choisir les dépositaires de son autorité, dit Montesquieu. En toute question qui lui est soumise, et où certains imaginent pouvoir lui prescrire ce qu’il doit penser et faire, c’est à lui et à lui seul qu’il revient de trancher. Il a toujours raison, même si l’on pense qu’il a tort. Et, bien qu’il ne manque pas de prophètes patentés ni d’improbables devins pour en ausculter l’expression et en sonder les voies, celles-ci leur sont et leur resteront toujours aussi impénétrables que l’isoloir, ce refuge de la démocratie qui met le citoyen à l’abri du bruit et de la fureur.
L’expression du peuple, quand il vote, est comme l’orage que nous envoie la nature et qui nous trempe. Elle est un phénomène aussi naturel que n’importe quel autre, quoique ses causes soient assurément plus complexes que les phénomènes météorologiques. Certains se demandent fébrilement ce que veut le peuple et s’improvisent sans prudence en interprètes autorisés de ses soubresauts, chose aussi ridicule que le fait de supposer à la nature quelque intention afin d’expliquer l’orage. La plupart des observateurs et commentateurs politiques en sont encore à ce qu’Auguste Comte appelait le stade fétichiste du développement de l’esprit, les plus avancés atteignant avec difficulté le stade métaphysique, aucun n’étant parvenu à l’état positif, si bien que le fait qu’on les écoute autrement que pour s’instruire de la bêtise et de ses innombrables formes ne cesse de me surprendre.
François Fillon remportera l’élection pour une seule et simple raison, qui n’a d’ailleurs même pas de rapport direct avec lui ni avec son programme. Cette raison a pour nom la volonté générale, qui n’a rien à voir avec la somme des volontés de chacun, fut-elle majoritaire. Or la volonté du peuple, qui est par nature constante et invariable, ne se laisse pas facilement retourner contrairement à ce qu’on appelle l’opinion, laquelle est versatile par nature, comme chacun sait. François Fillon sera le prochain président de la République parce que le peuple a un profond désir de redressement de la France, de reconstruction de l’école, et de rétablissement de l’autorité. Et qu’il ne trouvera manifestement pas dans les quelques soixante-dix jours qui nous séparent de l’élection un autre candidat pour l’incarner.
René CHICHE, professeur de philosophie

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Le naufrage de la politique française

imagesEWG2R0EFNous vivons une époque de grand paradoxe. La France n’a jamais eu autant besoin d’être pilotée, gouvernée, dirigée… Le pays compte 6 millions de chômeurs. Il est ensanglanté par le terrorisme. Ses périphéries urbaines sont en feu. Rarement depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, le contexte européen et international n’aura été aussi instable et incertain: Europe, Moyen-Orient, Etats-Unis. Mais depuis le début de l’année 2017, le naufrage de la politique française s’accélère. Le lynchage hystérique de M. Fillon est le signe le plus flagrant de la démence qui s’est emparée de « la France d’en haut », politique et médiatique. Mais la médiocrité ne s’arrête pas là, prenant des proportions vertigineuses.  Ce nihilisme s’exprime dans le culte de la personnalité qui accapare les esprits. Sans leur faire de publicité, je suggère d’aller jeter un coup d’œil sur les clips de campagne de certains candidats. Quand le narcissisme et la mégalomanie atteignent un niveau d’obscénité qui frise la démence. Si l’on avait envie de rire, un grand éclat de rire serait la réponse appropriée. Mais nul n’a envie de rire. Et puis cette nouvelle polémique minable sur la supposée sexualité d’un candidat, le favori des sondages! Jamais un tel niveau de médiocrité et de crétinerie n’avait été atteint. Jamais non plus je n’avais entendu un tel délire de propositions démagogiques irréelles ou provocatrices, venues de tous les camps: « revenu universel » à 400 milliards d’euros, légalisation du cannabis, « visa humanitaire »  pour les victimes de la pauvreté (1 milliard de personnes selon la Banque mondiale, vit avec moins de 1,9 dollar/jour), taxe de 3% sur l’ensemble des importations y compris d’Europe (peu importe l’engrenage des représailles!), retour à la retraite à 60 ans, « préférence nationale » dans la Constitution (ou discrimination légalisée). Toutes ces mesures sont aussi débiles et fantasmatiques les unes que les autres. D’apparence opposée, elles se rejoignent dans la démagogie et le déni du réel. Elles sont contraires aux réalités financières, internationales, à l’Etat de droit, aux équilibres sociaux et aux engagements de la France. La fuite dans le délire général s’accélère et la politique s’éloigne, à une vitesse vertigineuse, du monde des réalités. Entre lynchage, culte hystérique de la personnalité, polémiques sexuelles, propositions débiles, jamais, jamais, jamais, depuis l’invention de la politique, une campagne électorale, dans l’histoire de la démocratie française, n’aura été aussi minable. Nous avons atteint, sinon dépassé, le niveau de médiocrité de la campagne américaine dont nous nous gaussions. Le débat d’idées et de projets meurt, noyé dans la manipulation émotionnelle. Plus la France a besoin d’être gouvernée, plus sa vie politique sombre dans l’hystérie, la mégalomanie, la démence. Tout cela rappelle les années 1920 et 1930, et le triomphe des régimes totalitaires. Mais le plus effroyable est l’aveuglement, l’indifférence générale de la classe politique et de la Nation. Il faudrait qu’un homme politique, un seul, un député ou un sénateur, commence à dire: cela ne peut pas durer, il faut reconstruire la vie politique française de A à Z. Pas seulement les institutions – en finir avec le poison du présidentialisme, au cœur de la démence collective – mais la culture politique elle-même, ce qui est encore plus complexe et une œuvre de longue haleine.

NB: Je regrette le titre de mon précédent billet. J’aurais dû écrire « peut être » et non « sera ».

Maxime TANDONNET

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Réponse de M. Julien Aubert, député les Républicains

Ci-dessous la réponse de M. Julien Aubert, député Les Républicains, au billet de M. Maxime Vaudano, journaliste au Monde.

julien_aubert_deputeEDITO : Petit démonstration de gymnastique fiscale à l’attention de M. Maxime Vaudano, « journaliste décodeur » du Monde.
Dans un billet mis en ligne ce jour*, un journaliste des Décodeurs m’accuse d’avoir produit « une défense bancale pour François Fillon ». Il est notamment allé vérifier la question de la réversion de l’enveloppe collaborateur vers l’IRFM (l’indemnité de fonction du député), en cas de non-consommation de ladite enveloppe collaborateur, et a découvert que c’était plafonné à 5 858 euros par an.
Précisons pour être totalement de bonne foi, qu’effectivement, au moment où j’ai écrit mon édito, j’ignorais que le plafonnement de ce reversement annuel était de 5 958 euros (je le pensais plus important). Les approximations existent, comme celle du journaliste qui parle dans son billet d’un plafonnement à 53 154 euros pour le conjoint collaborateur : ce plafonnement est intervenu après la période précitée. Mais passons…
Comme je le disais, cette pratique a cessé en 2012. Le journaliste a fait un travail à la serpe pour expliquer qu’il valait mieux salarier à hauteur de 53 154 euros son épouse que se reverser à soi-même un reliquat à peine dix fois inférieur (5 958 euros). Et de conclure : « A supposer que François Fillon raisonnât en pure rationalité économique, il avait donc tout intérêt à salarier son épouse pour maximiser les revenus de leur ménage. »
M. Vaudano n’a en réalité pas compris le raisonnement. En effet, la question au centre du débat n’est pas de verser ou non un salaire, mais de questionner la stratégie visant à augmenter au maximum le salaire de son épouse pour s’enrichir. Il ne s’agit donc pas de comparer le salaire en tant que tel avec le reliquat économisable, mais le surplus de salaire.
Ce que je prétends, c’est qu’il n’avait pas besoin d’artifice.
En effet, les chiffres qui ont circulé sont en BRUT. Il faut déduire les charges sociales pour passer en NET. Une fois en NET, le foyer fiscal est bien entendu imposé sur ces revenus.
Comme l’a précisé aujourd’hui François Fillon, il a versé en moyenne 3 677 euros NET par mois à sa femme. Rappelons que les chiffres « des décodeurs »** attestent que le salaire moyen, d’un assistant parlementaire toutes rémunérations confondues est de 3358 euros BRUT/mois, soit 2 600 euros net. Mais que les écarts vont de 1 à 7 entre les plus bas salaires et les plus hauts salaires.
Considérant que le foyer fiscal en question doit émarger aux plus hautes tranches de l’impôt sur le revenu, on peut projeter un taux moyen d’impôt sur le revenu de 20%***. En d’autres termes, environ 20% du surcroit de salaire est absorbé, soit pour une année à 3 677 euros/mois (44 124 euros annuels), un total de 8 824 euros (c’est forcément une approximation car on ne connaît pas les revenus de François Fillon). Au final, il reste 35 300 euros lorsqu’on verse un salaire de 3 677/mois.
A l’inverse, en diminuant le salaire de 496 euros net/mois de manière à constituer un reliquat en fin d’année, on aurait eu un salaire de 3 180 euros net par mois (38 166 euros annuels), légèrement supérieur au salaire moyen constaté pour les AP. Après impôt sur le revenu, il en serait revenu 30 532 euros au couple. Les 5 958 euros économisés sur l’année auraient en revanche pu être reversés au compte IRFM du député, en sachant que ce compte ne bénéficie d’aucun contrôle et n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu. Au final, le couple aurait ainsi gagné 30 532 + 5 958 = 36 490 euros net.
36 490 est bien supérieur à 35 300. Sur 15 ans, cela fait près de 18 000 euros de différence. Rappelons qu’avec un impôt progressif, l’impact d’une augmentation du revenu imposable peut être très défavorable, en faisant passer une tranche d’imposition marginale, et qu’il s’agit donc d’un chiffrage bas.
Moralité : si l’idée était d’augmenter ses revenus, il était plus intelligent – et surtout plus discret – de baisser le salaire et d’économiser sur son enveloppe collaborateur, que de la mettre au maximum…CQFD
Alors, bancal ?

Julien AUBERT

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Pourquoi M. Fillon sera élu président de la République

xvm6e05672a-afe0-11e6-8924-aaf6bf1e52eaParadoxalement, les événements de ces derniers jours me confortent dans l’idée que F Fillon sera élu président de la République en mai prochain. Sept raisons me font dire qu’il est aujourd’hui le mieux placé des grands candidats pour gagner la présidentielle.

  1. Le lynchage médiatique qu’il subit depuis deux semaines a pris une tournure caricaturale. Presse, télévisions, radios, sites Internet, réseaux sociaux, dans une sorte de délire mimétique et d’acharnement, se livrent à une chasse à l’homme rituelle qui va provoquer une réaction naturelle de victimisation du paria et un retournement de l’opinion en sa faveur, en tant que gibier de potence d’un système politico-médiatique dont les Français ne veulent plus.
  2. Malgré cette curée d’une violence sans précédent lors d’une campagne, il a tenu bon dans la tempête. Au plus fort de cette tentative d’assassinat politique, son niveau dans les sondages n’est pas descendu à moins de 18%, signe d’un socle de popularité solide.
  3. L’opposition républicaine a tenu bon autour de lui, aucun des grands leaders battus des primaires n’a manqué à la solidarité, bien au contraire, notamment A. Juppé et N. Sarkozy qui lui ont apporté un soutien sans failles. L’assise politique est solide.
  4. Le néant de ses principaux adversaires est effarant. Le succès de M. Macron est spectaculaire, mais au-delà de son visage avenant et de son sourire, nul n’a la moindre idée des orientations qu’il propose, surtout sur le régalien (sécurité, terrorisme, international, frontières). Les propositions lepénistes sont sidérantes d’irréalisme: par exemple le « référendum d’initiative populaire » à la demande de 500 000 signataires (à la portée de tout groupuscule et de toutes les démagogies) plongerait l’Etat de droit dans un chaos permanent et une banalisation destructrice de la procédure référendaire. Un jour ou l’autre, la torpeur générale à cet égard prendra fin.
  5. Fillon est le seul à pouvoir espérer disposer d’une majorité parlementaire cohérente et à réussir l’alternance que souhaitent les Français. M. Macron qui se dit « ni droite ni gauche », détesté par une partie de la gauche,  ne disposerait pas d’une majorité socialiste stable et devrait compter sur une vague alliance centriste de circonstance, totalement instable. Quant à la candidate lepéniste, élue, elle se trouverait face à un Parlement  presque unanimement hostile et serait radicalement paralysée.
  6. Seul F. Fillon se présente comme un personnage expérimenté, ayant une longue expérience du sommet de l’Etat et en politique étrangère. Or les Français n’attendent pas un président « zébulon », bavard et gesticulant, faute de pouvoir agir, mais une forme de sagesse et de recul à l’Elysée. Le temps des super communicants est passé et celui de la vérité et de l’action est venu. A cet égard, il semble mieux placé que les autres candidats pour rendre de la hauteur à la fonction présidentielle, même s’il doit encore donner des gages à ce sujet.
  7. Lui seul offre une forme de troisième voie entre le repli nationaliste qu’exprime le lepénisme (thème de la « préférence nationale » ou de la taxe à 3% sur les importations qui entraînerait des représailles foudroyantes sur les exportations) et la grande ouverture à tous les vents, sans limite ni protection, que reflète M. Macron.

Maxime TANDONNET

 

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La dictature de la bêtise

sans-titrePrenons de la hauteur. Le marasme dans lequel nous baignons est le fruit à long terme de l’affaiblissement de l’esprit critique, de l’effondrement de l’enseignement de l’histoire, de la littéraire, de la philosophie. La bêtise est le grand vainqueur de ce monde. Les citoyens sont des consommateurs, soumis à une manipulation permanente. Nous ne savons plus réfléchir, regarder les choses en perspective. La politique devient chaque jour un peu plus l’otage des images médiatisées et des réseaux sociaux. Elle évolue sans cesse vers le grand spectacle, le sensationnel. Elle se réduit à l’émotionnel et aux sentiments qu’inspire tel ou tel personnage. Elle se rapporte à des jeux d’images, à des sensations, à des impressions. Le fond des choses disparaît derrière le paraître. Les slogans remplacent les idées. La manipulation de masse se substitue à la volonté générale. L’idolâtrie, le culte de la personnalité écrasent tout. Les idoles et les foules hystériques venues acclamer le néant : il est phénoménal de songer que depuis des années 1920, 1930 et 1940, nous n’avons rien appris et rechutons dans les mêmes pièges. C’est pourquoi nous voyons la politique fuir jour après jour du monde des réalités et s’en retourner vers l’utopie, l’idéologie, l’extrémisme sous toutes ses formes : attiser les passions, jeter aux visages des électeurs rêves ou cauchemars et des annonces débiles. Le système présidentialiste français en est le grand coupable. Il est le produit, ou le complice du déclin de l’intelligence – au sens de l’esprit critique. La politique consiste désormais à vendre un personnage armé de son slogan, un acteur, un comédien, et non plus un projet collectif. Elle devient affaire de séduction ou la passion – haine ou amour – finit par broyer le sens des réalités et du bien commun. Manipulations, séduction, illusions provoquent la mort de la politique et au fond, de la démocratie. Quand le débat d’idées national s’estompe devant le paraître, la dictature de l’image et des postures plus nous roulons à l’abîme. La grande dérive de la politique française s’accélère autour d’un culte de la personnalité exacerbé, de chiffons rouges et de leurres. Se prosterner devant un sourire jeune et avenant ou des braillements hystériques couvrant les pires lieux communs: le déclin de l’intelligence politique touche à son paroxysme. Pourquoi devenons-nous si bêtes ? Peu importe. Il est monstrueux de constater à quel point la politique française devient une affaire de choix de personne et non plus de projet collectif. Elle s’adresse aux passions infantiles – le choix d’un père ou d’une mère – et non plus à la raison du citoyen. Dans un climat général soumis au culte de la personnalité, nous avons oublié que la politique, le bien commun, est une affaire d’unité, de projet collectif. La politique est à réinventer, peut-être sous une forme différente. Il est indispensable de réhabiliter le collectif et le débat d’idées. Sinon, nous irons vers une situation ou la vie publique ne sera plus que scandales, polémiques, haines et idolâtries, mensonges et manipulations. La politique sans unité, sans dépassement des individus, sans réflexion de fond, la politique soumise à l’ego malade de personnages d’une infinie médiocrité, la politique sans collectif, livrée à l’esbroufe médiatique, au sensationnel, au jeu du lynchage et de l’idolâtrie, est le plus court chemin vers une dictature, mais pas n’importe laquelle : la pire, celle qui vient, la dictature de la bêtise. Seule une recomposition politique majeure et l’émergence de nouvelles énergies tournées vers un projet, et non plus les mirages, les illusions, les chimères et les idoles, peut permettre de réconcilier durablement la France avec la politique. Comment provoquer la prise de conscience, revenir au bon sens, à l’intelligence collective? C’est ce que j’ignore…

Maxime TANDONNET

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En revenir aux débats de fond

xvm6e05672a-afe0-11e6-8924-aaf6bf1e52eaCi-jointe ma tribune de ce soir au Figaro vox.

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La conscience politique française a connu, depuis une dizaine d’années, un basculement sous l’effet du chômage de masse, de gigantesques scandales politiques, DSK, Cahuzac, les déceptions autour de la présidence hollande, la montée des réseaux sociaux, le traumatisme des attentats de 2015-2016. La France est une société brisée, d’une fébrilité maladive, névrosée. Elle vit dans l’émotion de l’instant, les soubresauts des passions et l’excitation du sensationnel, attisée par les médias.

Nous traversons une période sans précédent, où les certitudes, les convictions, les repères habituels ont volé en éclats. Tout n’est qu’incertitude, improvisation, caricatures, gesticulations. Jamais la vie publique n’a été aussi instable et rongée par l’incertitude. La peur, la fuite dans l’utopie, et la démagogie reviennent au galop. Les positions extrêmes, irréalistes et les provocations « anti-système », ont le vent en poupe.

La soif de pureté l’emporte chez les Français sur toute autre considération. Une société qui doute et qui souffre, privée de boussole, ne supporte plus le moindre écart de sa classe dirigeante. Ce climat délétère explique la violence du lynchage médiatique de M. François Fillon et de sa famille. Il n’est ni le premier ni le dernier. Toute incarnation du pouvoir et de l’autorité, dans la France actuelle, est vouée à subir le même sort. Le chef de la Nation s’installe inévitablement « à la place du mort ».

Le psychodrame autour de la candidature de François Fillon ne peut qu’amplifier la crise du politique. Tous les cinq ans, la campagne électorale est l’occasion d’un débat collectif sur l’avenir du pays. Le feuilleton médiatique d’un lynchage a pour effet d’anéantir le débat d’idées et la préparation du destin collectif. Les Français sont aujourd’hui spoliés du rendez-vous démocratique.

Où est passé le débat sur l’Europe? Dans le contexte du Brexit, de la crise des migrants, des incertitudes outre-atlantique, la transformation de l’Union européenne constitue un enjeu de survie pour les Français. Car il existe une troisième voie, en dehors de l’impasse bureaucratique – qui conduit à la désintégration – et du repli nationaliste stérile. Seule une Europe unie aurait la force de frapper les passeurs criminels et esclavagistes à l’origine de milliers de noyades en Méditerranée et d’une déstabilisation politique et sociale de notre continent. Seule une Europe politique unie est susceptible de peser sur le destin des régions ravagées par la guerre et de relever le gigantesque défi du développement des pays d’origine.

Où est passé le débat sur l’économie française? La campagne avait bien démarré à cet égard. François Fillon proposait d’arracher la France à la fatalité du chômage de masse par le recours à des mesures de libéralisation de l’économie. Une discussion s’est ouverte sur ces bases. Elle est désormais couverte par les feux de la polémique.

Où sont passés les débats sur la maîtrise des frontières, sur l’autorité de la loi, sur l’intégration des populations issues de l’immigration, sur l’école, l’égalité des chances, sur l’avenir des banlieues, parfois qualifiées de « territoires perdus de la République »? Que reste-t-il de la politique de sécurité et de protection des Français face au terrorisme? Tous ses sujets fondamentaux pour l’avenir collectif de la France ont disparu de l’actualité, dévastés par l’incendie d’un scandale sans fin.

Où est passé le débat sur l’avenir de la politique française et sur le mode de gouvernement de notre pays? Un étrange tabou pèse sur ces questions. Il est comme interdit de soulever la question de la place et du rôle du président de la République. Le paradoxe est fascinant. Le chef de l’Etat issu du quinquennat, sur-médiatisé, incarne le pouvoir politique à lui seul. Cependant, ne disposant d’aucune baguette magique pour régler les difficultés du pays, il en devient le bouc émissaire naturel. La Ve République du général de Gaulle reposait sur le prestige élyséen. La déchéance de l’institution présidentielle est désormais au cœur de la crise de l’Etat. Comment sortir de l’impuissance, et comment rétablir l’efficacité du gouvernement? Comment restaurer l’image et l’autorité du monde politique dans la transparence et le respect de la morale publique? Et pourquoi ces questions fondamentales sont-elles totalement occultées?

Il est plus facile de s’acharner sur un homme et sa famille que de mener une réflexion de fond. En se noyant dans la polémique et les scandales, en se focalisant sur les jeux de personnes et les images médiatiques, en fuyant le monde réel dans une surenchère extrémiste, à droite comme à gauche, la politique française achève de se saborder. Le redressement du pays passe d’abord par une prise de conscience et un retour à la raison. Mais en sommes nous encore capables ?

Maxime TANDONNET

 

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Le chaos et la désintégration

xvmeb8e8b20-e6ce-11e6-b71d-891f4c05b256Le lynchage de M. Fillon se poursuit. Ses conséquences politiques seront , quoi qu’il arrive désormais, gigantesques, incalculables comme le souligne à la perfection M Emmanuel Berretta, dans le Point.  Cette curée, dirigée en ce moment contre un homme et sa femme, est détestable. Dans une tribune pour le Figaro Vox, je l’ai décrit en paria de la République, dans la continuité de mes réflexions, tout en distinguant bien les parias médiatiques actuels, victime d’un lynchage et traités en boucs émissaires, dont il est, des hommes d’Etat d’autrefois, frappés pour avoir eu raison avant tout le monde qui ont fait l’objet de mon livre « les parias de la République » (Perrin 2017). Nous sommes tous, vous et moi, profondément choqués de ce que nous apprenons concernant les emplois familiaux. Mais pour être honnête, il faudrait les resituer dans leur contexte et faire l’étalage complet de toutes les faveurs, passe-droits, copinages, privilèges, héritages, « fils et filles de », avantages, petits arrangements, dont la « France d’en haut », politique et médiatique, se délecte. Il faudrait soulever le couvercle dans sa totalité, pas seulement à propos de M. Fillon et dans l’objectif de le détruire la veille d’une élection cruciale. Quels hommes ou femmes politiques, sans exceptions, ont favorisé, rémunéré, employé un proche? Et vérifier pour chacun d’entre eux l’absence « d’emploi fictif », l’utilisation des fonds publics conformes à leur destination, contrôler effectivement, pour chacun, sans distinction, la réalité du travail accompli par ce proche. Je ne sais comment cela va finir. Nous sommes en plein cœur de la désintégration d’un système qui explose en plein vol. Nous vivons en temps réel le crash d’un régime politique. Nous sommes en 1870, en 1939, en 1958 mais avec une différence: rien n’émerge de la bêtise, de l’aveuglement, de la haine et de la cupidité qui se sont emparés de ce pays. Que « la gauche » (soi-disant « gauche ») se donne comme candidat un personnage qui promet à toute personne de plus de 18 ans un « revenu universel » de 750 euros, sans contrepartie d’un travail, au risque de créer une société de rentiers, d’isolés et de désœuvrés, et de détruire l’économie française, m’est insupportable, surtout en pensant à tous les jeunes, dont nous avons été, qui se lèvent tôt le matin et bossent pour s’en sortir, y trouvent la fierté et l’envie de vivre. Je suis révulsé devant l’apathie collective face à la puérilité de son slogan concernant le financement de la mesure: « taxer les robots ». Le pire n’est pas que ce genre de gadget soit lancé, mais qu’il triomphe! On se fout du monde et ça marche! Voilà le signe patent de l’effondrement intellectuel de notre pays. Je remercie du fond du cœur les Vingt députés socialistes courageux et responsables qui refusent de soutenir cette imposture. Peut-être qu’un jour, les historiens se souviendront d’eux en les appelant « les Vingt ». Par ailleurs, qu’un vaste courant d’opinion se rallie à M. Macron, simplement parce qu’il est télégénique, souriant, habile, « chouchou » des médias, me laisse pantois. Quel mérite en dehors d’avoir trahi Hollande? Quelle pensée, quelles idées? Quel projet un tant soit peu novateur et moteur? Nous sommes en pleine désintégration, révolution, en plein chaos. Un principe en ressort: la France est en train de tuer l’institution présidentielle, l’idée même d’un chef suprême, tout puissant et irresponsable pendant 5 ans, s’incarnant dans un visage. L’arrivée à l’Elysée d’un Macron signifierait l’élection du néant. Celle de le Pen l’ouverture d’un séisme politique gigantesque. Mais le chaos français fait partie d’une crise du pouvoir qui frappe tout le monde occidental. Cette nuit, j’ai reçu plusieurs textos et courriels d’amis qui me demandent ce que je pense de la situation et de la manière dont tout cela va se terminer. Mon véritable espoir: les législatives, l’arrivée au pouvoir d’une majorité de recomposition, avec tous ceux qui veulent sauver ce pays, d’un Premier ministre et d’un gouvernement de crise. Mais je ne suis même pas sûr que la nation française ait encore assez d’esprit, d’énergie et de volonté pour s’orienter dans cette voie.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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L’hiver de la politique

sans-titreLes événements en cours dans la campagne électorale française, le scandale autour de François Fillon, se rattachent sans doute à un phénomène plus général. Nous vivons un « hiver de la politique », dans le monde occidental comme nous avons vécu un « printemps arabe ». L’époque ne supporte plus les têtes qui dépassent.  La personnalisation du pouvoir est en fin de course. Lors du printemps arabe, les têtes des dirigeants arabes sont tombées. Aujourd’hui, le carnage se poursuit et s’amplifie dans le monde occidental. M. Hollande et M. Cameron ont chuté. M. Juppé, M. Sarkozy sont tombés. M. Valls est menacé. L’Italie et l’Espagne sont dans le flou. Mme Merkel est au plus mal.  Les exubérances de M. Trump préparent une catastrophe, pour les Etats-Unis et pour lui-même. Vous ne me croyez pas? Vous verrez d’ici quelques mois… M. Fillon est frappé, avec une violence inouïe, par anticipation. Peut-être va-t-il s’en sortir et l’emporter, dans le climat de délabrement général. Oui, mais après? Notre temps n’est plus compatible avec le pouvoir personnalisé. La mondialisation, Internet, la transparence absolue, le goût du lynchage médiatique, la soif de pureté des peuples, l’instinct de jalousie, la médiatisation forcenée de la vie publique, la dictature des émotions, la défiance envers l’autorité: toute figure hautement médiatisée est vouée à chuter. M. Macron, s’il poursuit sa route flamboyante, son succès bâti sur le néant, va lui aussi subir le même sort, avant le suffrage, ou bien une fois élu. La chute sera effroyable pour lui. Il deviendra la cible, la bête traquée, la victime émissaire. Quant aux partisans de solutions radicales, Mme le Pen, M. Mélenchon, ou M. Hamon, leur sort, en cas d’élection, est inimaginable. Je serais prêt à parier que le prochain président ne finira pas son quinquennat. La sortie de crise est peut-être dans le gouvernement  collectif et dans la dépersonnalisation du pouvoir, une dose d’anonymat et de discrétion. En France, les élections législatives de juin 2017, totalement ignorées, seront déterminantes. Ce fait est incompréhensible aux esprits englués dans l’habitude, le grand spectacle médiatique, l’habitude de confondre pouvoir et idolâtrie. Mais il va s’imposer de lui-même. En tout cas, il faut l’espérer: renouer avec le débat d’idées et le choix de société, plutôt que la tyrannie du sensationnel. C’est à l’occasion de l’élection des députés que peut se jouer l’avenir, tandis que le système présidentialiste est en train d’exploser en plein vol. Sa désintégration en cours débouchera sur un découplage entre les deux élections: les présidentielles, pour la première fois, ne vont plus conditionner les législatives.  Si notre pays retrouve une chance d’être un jour gouverné, ce sera par un gouvernement dépersonnalisé, ou moins personnalisé, issu du Parlement et non de la construction d’une figure mythique du sauveur par les médias. Voilà qui est infiniment difficile, presque impossible à admettre pour nos consciences aveuglées et rongée par l’image du pouvoir devant s’incarner en un visage, une voix, des émotions. Certes, les héros existeront toujours en situations de crise aigües, mais probablement dans l’éphémère – quelques mois ou années pour sauver un pays, à l’image de de Gaulle en 1940, avant de se retirer-  et hors de l’ancrage dans l’ institution présidentielle, devenue le plus court chemin vers l’abîme.

Maxime TANDONNET

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Précisions de M. Julien Aubert, député

julien_aubert_deputeEDITO : Petites précisions sur les assistants parlementaires, avant que vous ne jetiez la première pierre…
Je lis ici et là des réactions vives sur les révélations du Canard enchaîné concernant l’épouse de François Fillon. Dans le contexte abrasif de notre époque, marquée par la méfiance généralisée, cela se comprend parfaitement et je pense d’ailleurs que c’était exactement l’effet recherché par les informateurs du Canard. Je tiens cependant à préciser quelques points, pour ceux qui n’ont pas lu mon livre « Salaud d’Elu » (#salaudelu)
– L’enveloppe collaborateur du député, qui lui sert pour fonctionner, a une origine publique mais cela n’est pas pour autant de « l’argent public ». Ce n’est pas l’origine des fonds qui lui donne son origine publique mais l’organe qui le distribue… Sinon le traitement d’un fonctionnaire ou la pension qu’on verse à un retraité seraient considérés comme de l’argent public, même après avoir été déposés sur leur compte en banque !! Je comprends bien pourquoi ceci peut paraitre discutable pour les citoyens mais je l’affirme. Preuve en est : la Cour des comptes ne contrôle pas l’usage de ces sommes, alors qu’elle est compétente pour tout usage de deniers publics – Elysée compris. En effet, si l’Assemblée est une institution publique, le député est considéré en revanche comme un employeur privé, avec des contrats de droit privé, et il est dans la même situation qu’un indépendant qui choisit – à son avantage ou à ses dépens – de travailler avec tel ou tel. Aussi choquant que cela puisse sembler – car les Français n’aiment pas le népotisme – si le député choisit de travailler avec son fils et que celui-ci est un incapable c’est tant pis pour lui. Au moment de l’élection, il risquera la faillite…41icro9a6kl-_sx308_bo1204203200_
– Il est difficile d’évaluer le rôle de l’assistant parlementaire car chaque député a des besoins différents. J’ai des collègues qui ont des assistants qui répondent essentiellement au téléphone ou aux courriers ; d’autres ont des plumes ; d’autres des attachés de presse ou des conseillers politiques. En d’autres termes, tous ne produisent pas du papier…
– Sur le caractère présumé fictif de l’emploi occupé, normalement vous y avez recours lorsqu’il s’agit d’augmenter sans le dire le revenu de quelqu’un, à moindres frais. Dans le cas de François Fillon, je vois mal pourquoi il se serait donné cette peine. A l’époque des faits, la non-consommation de l’enveloppe collaborateurs revenait de droit au deputé employeur. Dès lors si l’idée était d’augmenter son revenu, nul besoin de passer par sa femme : il suffisait de n’employer personne ! C’était tout aussi légal, et encore plus simple – il économisait au passage le cout des cotisations sociales prélevées sur la même enveloppe. En revanche, vu les horaires et la vie particulière que les députés mènent, certains salarient des membres de leur famille tout simplement pour pouvoir les voir.
Voilà pourquoi avant de foncer tête baissée dans le beau scandale sorti à point nommé avant une élection capitale pour discréditer un candidat, il convient de réfléchir posément, d’attendre les éléments de justification de François Fillon sur le travail fait par sa femme et de bien comprendre toutes les implications de l’usage du crédit collaborateur. Je le dis d’autant plus sereinement que je n’ai jamais employé un membre de ma famille et que je milite pour une modification des règles d’emploi pour exclure les membres de la famille du député, afin d’éviter ce genre de polémique sans fin (j’avais d’ailleurs déposé une proposition de loi sur les collaborateurs de collectivités territoriales). A l’ère du soupçon, un député qui emploie sa femme est forcément coupable, alors que celui qui vous donne un coup de pouce pour placer la vôtre est un mec bien.
En parlant de soupçon, une dernière question pour alimenter la réflexion commune : qui pouvait avoir accès aux archives des contrat passés à l’Assemblée nationale par François Fillon, en dehors de son cercle, de manière à fournir au Canard des informations chiffrées très précises et des dates ? Et qui y avait intérêt ?

Julien AUBERT

NB, comme d’habitude, ce site est chaleureusement ouvert au débat d’idées et à l’échange d’arguments sans invectives ni insultes.

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Lecture: Le deuil du pouvoir (Perrin)

Aux amateurs d’histoire: je serai ce soir sur la chaîne Histoire, à 19H35, à l’émission 9782262047221historiquement show, animée par M. Jean Christophe Buisson, pour parler de mon livre « Les parias de la République« , sur les grands lynchages de l’histoire politique,  auquel l’actualité donne tout son sens! Par ailleurs, je signale la parution hier, aux mêmes éditions Perrin, du livre Le deuil du pouvoir, les cent derniers jours des présidents à l’Elysée, auquel j’ai la fierté d’avoir été associé (premier chapitre consacré à Mac Mahon).

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Le deuil du pouvoir, Perrin, 26 janvier 2017. La chute est le meilleur révélateur de la tragédie du pouvoir, car elle découvre la vérité de l’homme derrière le dirigeant et expose comme jamais les travers de la comédie humaine.
Le constat vaut particulièrement pour les sept premiers présidents d’une Ve République qui conjugue imaginaire monarchique et sacralité populaire du suffrage universel. Afin d’ancrer le propos dans l’histoire, trois chapitres auguraux sont consacrés aux fins de règne des Républiques mourantes : celle dite des ducs enterrée avec Mac-Mahon, la IIIe naufragée avec Albert Lebrun, la IVe sacrifiée avec dignité par René Coty.
Fidèle aux précédents livres-chapitres portés par Perrin et Le Figaro, la rédaction associe historiens renommés et grands reporters, chacun racontant les cent derniers jours en fonction d’un président qu’il connaît à la perfection pour avoir écrit sur lui ou l’avoir suivi dans ses fonctions. Chaque contribution, écrite d’un style fluide, est riche en détails et aussi en révélations, par exemple sur la fin dramatique de Georges Pompidou ou l’« abdication » de François Hollande. Elle découvre à la fois le personnage public et l’être intime, sa vie quotidienne, son caractère, sa volonté de s’accrocher jusqu’au bout ou, au contraire, une forme de résignation due à la maladie ou à la conviction de la défaite. Elle dévoile enfin le poids de l’entourage, les coulisses des campagnes et des emblématiques passations de pouvoir. Les bassesses y côtoient l’abnégation et parfois la grandeur.
Une grande leçon d’histoire qui en dit beaucoup sur le déclin du pouvoir et la crise politique française, mais aussi sur la force d’incarnation de la fonction suprême et la transcendance qu’elle confère, envers et contre tout, à ses détenteurs.

Les auteurs :
Alexis Brézet (préface) ; Maxime Tandonnet (Mac-Mahon) ; Jean-Christophe Buisson (Lebrun) ; Georges Ayache (Coty) ; Arnaud Teyssier (De Gaulle) ; Marie-Amélie Lombard-Latune (Pompidou) ; Guillaume Tabard (Giscard) ; Solenn de Royer (Mitterrand, Hollande) ; Philippe Goulliaud (Chirac) ; Charles Jaigu (Sarkozy).

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La révolution silencieuse (le Figaro)

xvmf961c4b2-e307-11e6-a30c-7e0318ea1240Ci-dessous, voici une tribune sur « la révolution silencieuse », publiée dans le Figaro d’aujourd’hui.

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Cette révolution silencieuse qu’ignore la « France d’en haut »

Depuis janvier 2009 paraît chaque année une enquête du CEVIPOF, réalisée sur plus de 2000 personnes, intitulée « baromètre de la confiance ». La vague 8 de cette étude a été réalisée entre les deux primaires de la gauche et du centre, du 16 au 30 décembre 2016, à la veille d’une année électorale décisive.

Ce document sonde l’esprit de la France. En cette période cruciale, les responsables publics devraient s’y pencher avec la plus grande attention. Il souligne l’aggravation, d’année en année, de l’abîme qui sépare le microcosme politico-médiatique de la majorité silencieuse. L’enquête du CEVIPOF traduit une révolution silencieuse. Le décrochage de l’opinion à l’égard de « la politique spectacle » s’accélère. Les primaires, supposées marquer un progrès de la démocratie, n’ont fait qu’aggraver la fracture. La posture « anti système », dernière mode idéologique, dont tentent de s’emparer tous les candidats, n’y change rien, jugée factice. Que nous dit cette enquête?

Les formations politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite, ont perdu toute crédibilité aux yeux de la majorité silencieuse. 83% des Français font confiance aux hôpitaux,  82% à l’armée, 81% aux PME, mais 11% seulement aux partis, bons derniers du classement… Les médias ne sont guère mieux lotis: 24% leur font confiance. Les Français leur reprochent de s’ériger en donneurs de leçons plutôt que de leur fournir une information honnête.

Les Français n’acceptent plus de se voir imposer « d’en haut » des vérités et des politiques pour lesquelles ils ont le sentiment de ne pas avoir eu leur mot à dire. Pour 89% d’entre eux, les responsables politiques nationaux « ne tiennent aucun compte de ce que pensent les gens comme eux ». La politique nationale, médiatique, inspire à 40% de la méfiance, 28% du dégoût, 10% de l’ennui, 3% de la peur, soit 81% de perception négative… Les gesticulations narcissiques de la scène nationale leur deviennent insupportables: 77% jugent que les politiques devraient moins polémiquer et « prendre des mesures » dans l’intérêt général. Les querelles politiciennes et le sectarisme idéologique sont rejetés: 75% estiment que le notions de droite et de gauche « ne veulent plus dire grand chose », et 79% que « les camps opposés devraient s’entendre dans l’intérêt du pays ». Leur première attente des politiques est « l’honnêteté ».

Ils rejettent l’institution élyséenne sous sa forme actuelle (par delà son titulaire), l’illusion de « l’hyper-présidence », d’un chef de l’Etat ultra-médiatisé et présenté comme incarnant à lui seul le pouvoir politique: 65% ne font pas confiance à la « présidence de la République »! De fait, aucun des candidats aux présidentielles, considérés comme les favoris pour la qualification au second tour, ne suscite leur adhésion: 63% ne font pas confiance en M. Macron, 65% en M. Fillon et 70% en Mme Le Pen… Cette enquête pourfend la fascination et l’obsession des responsables politiques et des médias pour la personnalisation du pouvoir et la quête du sauveur supposé sortir du scrutin de mai 2017. Les Français, dans leur ensemble, n’y croient plus.

Ils en appellent à un bouleversement de la politique. 91% se disent « attachés à la démocratie » mais 70% pensent qu’elle « fonctionne mal ». Ils veulent être écoutés et entendus. 79% pensent que les grandes décisions engageant l’avenir doivent « faire l’objet d’un débat approfondi » et 62% veulent que « les citoyens participent davantage à la décision ». 75% sont fiers d’être Français. Ils veulent un renforcement de l’autorité de l’Etat, une Nation protectrice, plus de discipline à l’école, la maîtrise des frontières et des flux migratoires, une protection accrue face à la délinquance et au terrorisme. La démocratie de proximité est plébiscitée: 64% font confiance à leur maire.

Cette crise de la démocratie devrait appeler un changement radical des mentalités de la classe dirigeante: une approche plus discrète, modeste et collective du pouvoir, à l’écoute des Français, tournée vers l’action plutôt que la communication et vers le seul intérêt général; un chef de l’Etat au dessus de la mêlée, qui préside et fixe le cap plutôt que de gesticuler; un Premier ministre et des ministres qui gouvernent pour le bien public plutôt que de soigner leur destin personnel; un Parlement fidèle représentant de la Nation, puissant et respecté, qui contrôle et sanctionne l’exécutif en cas d’échec; le recours au référendum pour les décisions essentielles (73%).

Mais pendant ce temps, la France dite « d’en haut », enfermée dans sa bulle, n’entend rien du message populaire. De l’extrême gauche à l’extrême droite, la grande comédie hystérique bat son plein en ce début d’une campagne présidentielle réduite au culte forcené de l’ego, à la démagogie frénétique, au mépris des gens, face à une France abasourdie par le spectacle et qui se sent de plus en plus abandonnée…

 

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Le chaos politique a-t-il une issue?

xvm8c617720-bd66-11e6-98b1-8273aa744392A-t-on déjà vu une campagne électorale nationale aussi nauséabonde et minable? Les polémiques contre F. Fillon mais aussi contre E. Macron, en cette période, sont détestables. Ce qui leur est reproché correspond à de vieilles histoires, de vieilles habitudes hypocrites de la politique française qui certes, ne sont pas à son honneur.  Mais cette déferlante de révélations, en pleine période électorale ne vise qu’à les déstabiliser par le scandale et la polémique. Les perspectives, les projets, les idées n’existent plus dans cette campagne de bas étage. Rien: aucune dynamique, aucun élan, aucune espérance ni volonté collective. Le chaos, la démagogie, le sectarisme, la haine et le néant triomphent. La désintégration de la politique française semble s’accélérer de jour en jour. Cette campagne se présente, pour l’instant, comme une étape supplémentaire dans la voie de la déchéance élyséenne. Que peut-il sortir de cette décomposition? Sauf rétablissement désormais improbable, nous marchons sans doute vers une banalisation de la fonction présidentielle, déjà gravement discréditée. Il y aura un homme ou une femme sans pouvoir à l’Elysée, élu sans enthousiasme, mal élu, rapidement privé d’autorité et de prestige. Tout se jouera probablement aux élections législatives avec un enjeu crucial et incertain: quelle majorité sortira des décombres? A Matignon, le prochain Premier ministre, issu de cette majorité et sous son contrôle, entouré de ses ministres, deviendra l’homme fort du pays. Nous en avons connu d’autres dans l’histoire: Pierre Waldeck Rousseau, Raymond Poincaré,  Georges Clemenceau, Antoine Pinay, Pierre Mendès-France, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Jacques Chaban-Delmas, Michel Rocard… Bien sûr, la fierté nationale, celle d’avoir un président élu et tout puissant comme les présidents américains ou russes, l’une de nos dernières fiertés, en sortira blessée. Le coq gaulois chantera moins fort. Mais n’est-elle pas grandiloquente, factice et prétentieuse, cette impression de supériorité sur les autres européens, qui tient au mythe d’un chef de l’Etat élu et tout puissant? Alors qu’aux alentours de ce mythe, tout s’effondre?   Ne vaut-il pas mieux désormais, un pays efficacement, modestement et démocratiquement gouverné, à l’image du Royaume-Uni et de l’Allemagne, qu’un orgueil stérile, arrogant et bavard? Et surtout, cette plongée dans la démence narcissique, guignolesque, destructrice, que nous vaut l’actuelle campagne? Voilà ce que je pense. Et j’ai la certitude que le Général de Gaulle, voyant son œuvre, la Ve République, emportée dans un tourbillon obscène, partagerait mon avis. Nous y venons probablement, encore que rien ne soit certain, en mai/juin 2017 même si aujourd’hui, les esprits ne sont pas mûrs face à cette évolution et si ce message est difficilement audible, acceptable, compréhensible pour des consciences gavées de plusieurs décennies d’orgueil élyséen et réticentes à prendre acte d’une déchéance.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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La décomposition

11425115La victoire de M. Hamon au premier tour des primaires socialistes n’a rien d’un événement anodin. Elle reflète la décomposition en cours de la politique française. Le militant socialiste propose des mesures irréalistes. Son revenu universel de 750 euros dès 18 ans, sans contrepartie d’un travail, coûterait des centaines de milliards au budget de l’Etat et détournerait une partie des jeunes gens et filles du goût de l’effort et du travail. Il créerait une génération de rentiers, de personnes isolées, oisives et dépendantes de l’Etat, une immense injustice à l’égard ce ceux qui travaillent et se lèvent tôt pour gagner leur vie. Sa « taxe sur les robots », c’est-à-dire sur l’investissement et la modernisation, signifie, en termes démagogiques qui frisent la puérilité, un matraquage supplémentaire de l’entreprise industrielle. Son idée de « visa humanitaire » destiné non seulement aux victimes des guerres mais aussi de la misère s’adresse au milliard de personnes qui dans le monde vivent avec moins de 1,9 dollars par jour contre 82 en moyenne en France (selon la Banque mondiale). Et ne parlons même pas de la légalisation du cannabis… C’est un projet de ruine et d’isolement de la France. Au firmament de la politique de « posture », conçu par un candidat qui veut paraître « très très à gauche », il n’a rien à envier aux logiques extrémistes de droite et de gauche. Le candidat le dit lui-même: « je veux être président de la République ». L’Elysée à tout prix, y compris celui de l’isolement, de la destruction, de l’effondrement, du chaos, et du malheur collectif. Il est donc l’aboutissement d’une plongée dans le délire narcissique d’un militant sans relief, qui ne brille ni par sa formation intellectuelle ni par son expérience ou son mérite personnel. Cette dérive marque la fuite de la politique dans les limbes, l’illusionnisme, le grand délire.  On pourrait s’en réjouir bêtement et jubiler, ricaner: serait-ce la fin du parti socialiste, qui cesse d’être un parti de gouvernement?  C’est ce qu’on lit sur les réseaux de droite et d’extrême droite. Moi non. La nature a horreur du vide. La fin d’un PS « de gouvernement », avec Hollande et Valls, ouvre la voie à autre chose. J’ai honte de penser qu’il se trouve encore en France près d’un million de personnes qui se sont prononcés en faveur de la logique d’irréalisme de M. Hamon: un million sur 65, c’est beaucoup. Ensuite, ce phénomène est à l’image de ce que je déteste: le mépris pour des électeurs que l’on « fait rêver » en sachant parfaitement que tout ceci est inapplicable. La politique politicienne au pire sens du terme.  Enfin, s’il a peu de chance de l’emporter en 2017, il est sans doute représentatif de la politique du pire, celle de l’avenir, celle de 2022: nous aurons peut-être un Hamon contre la famille le Pen, l’apocalypse contre l’apocalypse. Et moi qui aime profondément mon pays, je souffre à cette perspective. Non, franchement, tout cela, aboutissement de la décomposition de la politique française, des progrès subreptices de l’abêtissement de masse, de ces infâmes primaires, du présidentialisme débile qui pousse à la démence, ne me fait pas rire du tout.

Maxime TANDONNET

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Le sondage interdit

Le sondage CEVIPimagesQ97MTRRDOF de janvier 2017 sur la confiance des Français devrait être le « livre de chevet » de tous les responsables politiques. Pourtant, largement passé sous silence, boycotté par la France dite « d’en haut », tant il dérange ses habitudes de pensée. Chaque année, en janvier, il exprime le sentiment de la majorité silencieuse. En cette période préélectorale, entre les primaires de droite et les primaire de gauche, il souligne que la fracture entre la France dite d’en haut, celle de la politique nationale, médiatisée, et la France dite d’en bas, celle de la majorité silencieuse, ne cesse de s’aggraver, malgré la déferlante de la posture « anti système ». Pour 89% des Français, les responsables politiques nationaux « ne tiennent aucun compte de ce que pensent les gens comme eux ». 64% font confiance à leur maire, mais 25% au président de la République. 70% pensent que la « démocratie fonctionne mal ». 83% font confiance aux hôpitaux,  82% à l’armée, 81% aux PME, mais 24% aux médias et 11% aux partis politiques… La politique inspire à 40% de la méfiance, 28% du dégoût, 10% de l’ennui, 3% de la peur, soit 81% de perception négative. 75% estiment que le notions de droite et de gauche ne veulent plus dire grand chose. 77% jugent les politiques devraient moins communiquer et « prendre des mesures » dans l’intérêt général. 79% pensent que les grandes décisions engageant l’avenir doivent « faire l’objet d’un débat approfondi », et 79% que « les camps opposés devraient s’entendre dans l’intérêt du pays ». 91% sont « attachés à la démocratie » et 62% veulent que « les citoyens participent davantage à la décision ». 32% se sentent « uniquement français, 34% plus Français qu’Européens et 33% autant Français qu’Européens ».

Le spectacle actuel de la politique française, au niveau national, médiatisé, est en effet consternant: obsession carriériste, démagogie forcenée (le revenu universel), exaltation factice de personnages qui n’ont jamais rien prouvé, idolâtrie nihiliste  (Macron, le Pen), culte de la polémique et de la provocation, mépris de la France profonde à travers le déni des sujets fondamentaux, notamment la réforme de la démocratie. Sous l’effet d’une mode idéologique venu d’outre-Atlantique, les candidats se proclament tous « anti système » mais se vautrent dans la routine politicienne sans tenir le moindre compte de l’attente d’une transformation radicale de la vie publique qui  s’exprime des profondeurs de la Nation: démocratie de proximité, recours au référendum, recomposition générale de la politique française, réhabilitation de l’autorité du gouvernement sous le contrôle d’un Parlement représentatif des citoyens, prise en compte systématique de l’avis des Français sur les grands sujets, maîtrise des frontières, l’Europe, l’école, l’autorité, l’économie, la sécurité, etc. La question centrale de la fracture démocratique entre la classe dirigeante, influente, médiatisée et la majorité silencieuse est largement ignorée de la campagne électorale en cours. La fuite dans la logorrhée « anti système », devenue le paroxysme de la banalité,  ni changera rien. La vérité est que les gens ne supportent plus de subir des orientations et des décisions sur lesquels ils n’ont pas le sentiment d’avoir été écoutés. La remise à plat concrète de la vie politique française, du système des partis, des modes de décision, le renforcement de la démocratie de proximité, la sortie de la personnalisation excessive du pouvoir qui corrompt la politique en la soumettant aux passions idolâtres, au détriment de la raison et de l’intérêt public: tel est le sujet fondamental qui détermine tous les autres. Mais le sondage remet en question nombre de rentes de situation et de droits acquis, bouscule trop de rêves narcissiques et mégalomanes. Voilà pourquoi, sans doute, cette enquête passionnante du CEVIPOF, qui n’épargne personne de la politique nationale, médiatisée, de l’extrême droite à l’extrême gauche,  dérange tellement, fait l’objet d’un véritable boycott et d’un enterrement médiatique de première classe…

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Le triste spectacle américain

6596475_n85zdb9k_1000x625L’hystérie anti Trump déferle en marge des cérémonies de passation de pouvoir. Un grand média français relaye l’appel « anti fasciste » de multiples collectifs contre le nouveau président américain voyant dans le trumpisme « un mélange toxique de suprématisme blanc, de misogynie, de xénophobie de militarisme, et de régime oligarchique« . En 2008, l’élection de Barak Obama a provoqué une vague d’euphorie dans la haute société occidentale. Entre temps sont passés la crise financière de 2009, le triomphe du terrorisme et de l’Etat islamique au Moyen-Orient, la nouvelle guerre froide avec la Russie. De « l’Obamania » de 2008, il ne reste que des ruines sur lesquelles a prospéré la candidature Trump. Pour la frange progressiste de l’opinion ce vertigineux basculement de l’air du temps est insoutenable: d’où le déchaînement de haine auquel nous assistons, jusqu’au déni de sa légitimité et appel à l’impeachment, un fait sans précédent pour la démocratie américaine.

Pourtant, la mobilisation anti-Trump, aussi excessive, grotesque et scandaleuse soit-elle, ne suffit pas à transformer ce dernier en héros et à apparaître comme un espoir pour le monde occidental. Son discours « anti élite« , « anti système« , sa haine de « l‘establishment » exhale la démagogie. Il est toujours facile d’accuser la haute administration, les élites administratives et financières, « Washington »  de tous les maux et d’en faire les boucs émissaires de la société. Lui-même, héritier richissime,  n’est-il pas le plus digne représentant de l’Amérique d’en haut? La contradiction sur laquelle repose le trumpisme est patente. « Plus c’est gros, etc… » Sa parole nationaliste, isolationniste et protectionniste n’est  pas digne d’une grande nation américaine sûre d’elle-même: « l’Amérique d’abord », « acheter et embaucher américain ». La prospérité américaine est en partie liée à son rayonnement planétaire: le discours du repli nationaliste sonne faux. Le chauvinisme obtus, le dénigrement de tout ce qui vient de l’extérieur, ne donnent pas une image d’assurance ni de puissance tranquille.  Attendre les faits pour le juger? Certes, mais qu’attendre d’un homme qui se gargarise du mot « peuple », s’entoure des plus riches milliardaires et nomme son gendre parmi ses  proches conseillers? La provocation systématique, les postures, les phrases choc et la communication à outrance font elles un homme d’Etat? Qu’il soit permis d’en douter. Les coups de gueule ne préjugent en rien de la capacité à opérer des choix réalistes et de bon sens puis à les assumer. Au contraire, serais-je tenté de dire…  L’hypocrisie – faire ovationner Mme Clinton après avoir juré pendant la campagne de l’envoyer en prison – ne me dit rien qui aille.

Jadis, les présidents américains ont donné de grands personnages de l’histoire. Il suffit de prononcer les noms de Roosevelt, Truman, Eisenhower, etc. Les trois derniers n’ont pas laissé un souvenir impérissable: Clinton, Bush, Obama… Pourquoi la démocratie américaine produit elle désormais des personnages médiocres, aussi limités à tout point de vue? Peut-être est-ce le signe d’un déclin général du bon sens et de l’intelligence collective…  En Amérique comme ailleurs. Je doute fortement que M. Trump, à la présidence des Etats-Unis, soit de nature à restaurer l’image de la Maison Blanche… J’espère me tromper (sans jeu de mot).

Maxime TANDONNET

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Les parias de la République (entretien Figaro vox)

9782262047221Ci-dessous, l’entretien avec Figaro vox au sujet de mon livre les parias de la République (Perrin 2017)

(1)    Votre dernier ouvrage dresse le portrait de huit parias de la République, personnages politiques haut en couleur devenus pestiférés, rejetés de tous, diabolisés. Quel est leur rôle dans l’histoire ?

Les huit parias de la République sont des hommes et des femmes qui ont tous pris une part active au gouvernement du pays. Ce ne sont pas de simples trublions ou provocateurs qui se seraient contentés de paroles et de protestations ou de démagogie. Ils ont été confrontés à la réalité du pouvoir et aux responsabilités. Ils furent présidents du Conseil, Premier ministre, président de la République pour l’un d’eux, ou bien un ministre essentiel. Ils ont été des décideurs, des gouvernants, de hauts dirigeants, animés de convictions ou d’une volonté politique forte. Cependant, du fait de leur intelligence, de leur culture, de leur volontarisme et de leur attachement au bien commun, ils n’ont pas été compris par les élites, la classe politique de leur temps. Donc, ils ont été rejetés, diabolisés, maudits à leur époque. Mais ce qui m’a le plus sidéré, c’est la poursuite de leur statut de pestiférés dans le temps. Malgré les aspects positifs de leur action, leur image reste maudite des décennies ou des siècles plus tard. Cette injustice souligne la vanité de toute prétention à laisser « sa trace dans l’histoire ».

(2)    Au fond, sont-ce des caractères indépendants et visionnaires qui ont eu raison avant tout le monde ?

Oui, c’est un point essentiel. Chaque époque a sa pensée unique ou son idéologie dominante. Les parias sont des personnalités qui, du fait de leur intelligence visionnaire, se sont élevées au-dessus du conformisme triomphant. Souvent, ils ont eu raison avant tout le monde. C’est pourquoi, ils ont été broyés par leur époque. On a beaucoup caricaturé le duc de Broglie et la formule « d’ordre moral » qui lui fut prêtée dans les années 1870. De fait, sa passion des valeurs traditionnelles notamment autour de la famille, se présente comme une mise en garde contre l’anomie, un monde relativiste, sans repères, sans principes, sans valeurs. Il voyait poindre dès 1875 les horreurs du XXe siècle, d’une société relativiste, sans bien ni mal, la barbarie, les guerres sanguinaires, les régimes totalitaires. Dans un tout autre genre, Joseph Caillaux est un personnage hors norme. Il était l’un des seuls, dans la classe politique et intellectuelle, à mettre en garde son époque contre l’ultra-nationalisme dominant dans les années 1900 et à prédire les atrocités de la Grande guerre ainsi que ses conséquences épouvantables: le totalitarisme, les guerres apocalyptiques, la cascade « de malheurs sans nom », l’effondrement de l’Europe. Non seulement il n’a pas été écouté, mais il a été persécuté par la classe dirigeante de l’époque. De même, Alexandre Millerand et André Tardieu furent de véritables visionnaires dans les années 1920 et 1930, fustigeant la faiblesse de la IIIe République et l’angélisme des élites françaises devant la montée du nationalisme allemand puis du nazisme. Eux aussi ont été ignorés et traités comme des pestiférés. Attention, je ne dis pas que ces hommes eurent toujours raison! Ils se sont parfois trompés. Je songe à Georges Bidault, prophétique dans son engagement dans la résistance au côté de Jean Moulin et dans les années de reconstruction, visionnaire de la réconciliation franco-allemande, mais sombrant dans un étrange aveuglement face à la décolonisation… De mes huit parias, il est celui dont le destin est le plus mystérieux, le plus insaisissable. Quant à Michel Poniatowski, lui aussi avec ses forces et se faiblesses, ses excès et ses erreurs, il fut le premier des hommes politique français en 1974 à tirer la sonnette d’alarme contre la montée de la violence dans des sociétés privées de repères, le communautarisme, la fragmentation de la société, la nécessité de maîtriser les frontières. Trop tôt, trop fort : son appel en faveur de l’autorité de l’Etat, quelques années après mai 1968, ne lui a pas été pardonné.

(3)    Un homme d’Etat est-il un paria qui a réussi ?

Un homme d’Etat doit concilier trois qualités: une vision de l’histoire, le sens du bien commun et le courage personnel. Ils sont très peu nombreux à avoir durablement émergé dans l’histoire politique française. En effet, en raison de leur supériorité, ils sont rapidement pris en chasse par le marais et réduits au silence avant d’être lapidés. Le véritable homme d’Etat est un paria en puissance. Le Général de Gaulle fut un paria tout à fait particulier, un paria qui a réussi. Il faut se souvenir de la manière dont il fut traité dans les années 1950 et 1960. Il était en permanence insulté, qualifié de réactionnaire et de fasciste. Dans le Coup d’Etat permanent, François Mitterrand utilise à son propos les mots de « caudillo, duce, führer... » C’est un comble pour le chef de la résistance française au nazisme… S’il fut un paria qui a réussi, c’est en raison de sa place hors norme dans l’histoire, auteur de l’appel du 18 juin 1940 et de la décolonisation. Mais dès lors, il n’est plus vraiment un paria au sens de la définition que j’en donne, son image à la postérité étant largement positive et consensuelle.

(4)    Votre description des parias fait penser à la figure chère à René Girard du bouc émissaire. Le bouc émissaire chez Girard sert à réguler la violence de la société par une violence qui converge vers une unique personne. Les parias que vous décrivez traduisent-ils une violence inhérente à la forme démocratique et au régime républicain ?

En effet, pour tout vous dire, la lecture des livres de René Girard, notamment La violence et le sacré et Les choses cachées depuis la fondation du monde m’a inspiré l’idée de cet ouvrage sur les parias de la République. Sa grille de lecture peut s’appliquer à l’histoire politique française: la quête d’un bouc émissaire, victime expiatoire de la violence collective, et son lynchage par lequel la société politique retrouve son unité. Le cas d’Edith Cresson est intéressant à cet égard. Quand on lit la presse de l’époque, quand on replonge dans les actualités du début des années 1990, la violence, la férocité de son lynchage nous apparaissent comme sidérants. On a beaucoup parlé de ses maladresses, provocations et fautes de communication qui furent réelles. Mais l’acharnement contre elle, les insultes, la caricature, la diffamation contre une femme Premier ministre qui prenait une place convoitée par des hommes, a atteint des proportions vertigineuses. On en a oublié des aspects positifs de sa politique: le rejet des 35 heures, la promotion de l’apprentissage, des privatisations et de la politique industrielle, la volonté de maîtriser les frontières. Elle fut vraiment une femme lynchée. Et sur ce sacrifice, les politiques de son camp ont tenté de se refaire une cohésion. Sans succès. Encore aujourd’hui, je constate à quel point elle fut haïe. Des personnalités de droite ou de gauche m’ont vivement reproché de tenter de la « réhabiliter » parmi mes parias! De fait, je ne cherche pas à la réhabiliter et ne cache rien de ses erreurs, mais je mets le doigts sur un épisode qui n’est pas à l’honneur de la classe politique française. La violence est certes inhérente à la république dès lors que la république suppose une concurrence pour les postes, les mandats, les honneurs. Cette violence devrait être tempérée par la morale, le sens de l’honneur, du respect des autres, par les valeurs au sens du duc de Broglie. Elle ne l’a pas été à l’égard d’Edith Cresson. Elle l’est de moins en moins aujourd’hui, comme en témoigne la multiplication des lynchages politico-médiatiques à tout propos.

(5)    Parmi les huit parias que vous décrivez, si vous deviez en choisir un, qui vous serait particulièrement cher, lequel serait-ce ?

J’éprouve une tendresse particulière pour André Tardieu et rêverais de pouvoir passer une heure avec lui. C’est un grand bourgeois parisien d’une puissance intellectuelle hors normes, éternel major des concours les plus prestigieux. Avec ses allures de dandy, il fréquente les restaurants et l’opéra, ne se prend jamais au sérieux. D’une gaîté et d’une drôlerie permanente, charismatique, éblouissant, d’où son surnom de Mirobolant, il est un grand séducteur des plus jolies actrices de son temps. Parvenu au pouvoir en 1929, il pressent avant tout le monde la gravité de la crise de 1929-1932 et lance, trois ans avant Roosevelt une politique de relance par les grands investissements, un véritable New Deal français. Totalement incompris, notamment pas le parti radical, il est chassé du pouvoir et empêché d’accomplir son projet de modernisation du pays. C’est un tournant de sa vie. Il en conçoit une profonde amertume et bascule dans une vision tragique du monde. Il met en garde les élites françaises contre la faiblesse des institutions de la IIIe République qui ne permettent pas de gouverner. Il dénonce, bien avant tout le monde, dès 1933, le danger mortel que le nazisme fait courir à la civilisation, contre l’angélisme de la classe politique et des élites à cet égard. Il réclame un renforcement du pouvoir du gouvernement face aux partis politiques alors tout puissants. Non seulement il n’est pas écouté, mais il est véritablement lynché, traité de réactionnaire et de fasciste, par la gauche, mais aussi par la droite, dont ses anciens amis politiques par exemple Paul Reynaud. Dès lors, il se retire en 1936 dans la solitude absolue du hameau de Monti, sur les hauteurs de Menton, pour y trouver le soleil. Je trouve profondément injuste le procès qui lui est fait encore aujourd’hui. Il suffit de lire dans son œuvre maîtresse « La Révolution à refaire « son engagement en faveur du vote des femmes – contre l’ensemble de la classe politique de l’époque, surtout la gauche radicale – pour comprendre à quel point sa vision est moderne et démocratique. Elle a inspiré, de A à Z, la Ve République du général de Gaulle qui hélas, ne lui a pas assez rendu hommage…

(6) Pourquoi insistez-vous tant sur la vie privée de vos parias? N’est-ce pas une forme de voyeurisme?

Je ne le pense pas. Leur vie intime explique beaucoup de leurs convictions et de leur politique. On ne peut pas comprendre leur engagement sans une analyse approfondie de leur caractère, de leur histoire personnelle, et sans se plonger délibérément dans leur vie privée. Si je parle longuement des amours de Joseph Caillaux et du drame de l’assassinat du directeur du Figaro, Gaston Calmette, par sa seconde épouse, Henriette, c’est parce que ce drame, fruit d’un hallucinant quiproquo, a peut-être eu des conséquences vertigineuses sur la grande histoire… De même, la vie de famille de Jules Moch est au centre de son comportement et de sa politique. La mort de son fils aîné, André, qu’il aimait passionnément, grand résistant assassiné par la Milice en 1944, fut un traumatisme infini qui peut expliquer certains aspects de son engagement. Chez lui, le désordre et le chaos sont la voie royale vers la guerre, la dictature et le crime. Homme de gauche d’une autre époque, difficilement compréhensible aujourd’hui, il est foncièrement attaché à l’ordre républicain et à la stabilité qui sont les garanties de la paix. La liberté et l’égalité sont incompatibles avec le désordre. Il est réellement socialiste, au sens de son époque, favorable à l’étatisme et à l’égalité. Mais il ne supporte pas l’anarchie. Il est d’une gauche autoritaire, qui trouve ses racines dans la Convention, mais aussi dans la politique de Clemenceau et dans la Résistance, étant l’un des Quatre-Vingts parlementaires qui ont refusé les pleins pouvoirs à Pétain. Sa diabolisation actuelle et sa réputation « d’assassin des ouvriers » est une grave injustice. Contrairement à la légende, il n’a jamais ordonné de « tirer sur les mineurs ». Dans un pays dévasté par les pénuries alimentaires et de charbon en 1947-1948, vivant sous la menace des chars de Staline, alors que l’Europe de l’Est était placée sous le joug soviétique, Jules Moch, ministre de l’Intérieur, a assuré le maintien de l’ordre et la sauvegarde de la Nation. Cet ami fidèle de Léon Blum dont il était particulièrement proche, était alors considéré, jusqu’à 1950, comme un véritable sauveur et encensé par toute la classe politique, en particulier le parti socialiste, à l’exception des communistes. Il a refusé le tournant « libéral libertaire » de mai 1968 de la gauche française et détestait Mitterrand, symbole à ses yeux du « social-narcissisme ». Ennemi du désordre, obsédé par l’horreur de la guerre et de l’oppression, détestant l’arme atomique, homme d’autorité, une autorité républicaine, mais hostile à toute forme de culte de la personnalité, il est le plus inclassable de tous nos parias…

(7)    Vous écrivez également que notre société aujourd’hui ne permet plus à de grands parias politiques d’émerger, comme s’ils étaient tués dans l’œuf car pour qu’il y ait de grands parias, encore faut-il qu’il y ait de forts tempéraments ? La fin des grands parias signe-t-elle la mort de la politique ?

Oui, mais il me faut être clair: j’éprouve une immense admiration pour les maires et les grands élus politiques qui consacrent leur vie à l’intérêt général, souvent dans la discrétion et la modestie. En revanche, il me semble que globalement, la vie politique médiatisée, apparente, nationale, sombre dans une médiocrité toujours plus grande, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Je ne suis pas sûr qu’il existe en ce moment des hommes ou femmes d’Etat potentiels, visionnaires, davantage concernés par le bien public que par leur destin personnel, sans peur et déterminés. La vie politique médiatisée devient de plus en plus une affaire d’image, de coups médiatiques, de manipulations, de polémiques et de posture. Elle est orientée vers le culte du « moi », le bavardage, la communication narcissique au détriment de l’action et du bien public. Jusqu’aux années 1980, les grands politiques étaient souvent des personnes d’une haute culture historique et littéraire, qui leur donnait une hauteur, un recul, une vision historique, une perspective par rapport à l’actualité, à leur propre destin, à l’avenir du pays. Aujourd’hui, nous assistons au triomphe du narcissisme qui faisait horreur à Jules Moch. C’est pourquoi nous n’avons plus semble-t-il de grands parias de l’histoire, maudits à cause de leur supériorité intellectuelle et de leur caractère. De tels tempérament sont étouffés dans l’œuf, écartés par anticipation de la carrière politique. Il me semble que les jeunes les plus brillants d’une génération choisissent d’autres voies que la politique qui de toute façon devient de plus en plus, à la base, une affaire de réseau personnel, familial ou clanique. Jadis, me semble-t-il, les politiques, candidats aux élections, à l’exemple de mes parias, étaient souvent repérés et désignés pour leurs qualités personnelles, intelligence et caractère. Aujourd’hui, les choses se jouent davantage sur le népotisme familial ou le copinage. D’où cette impression de médiocratie montante. Nous avons en revanche, dans notre univers politique ultra-médiatisé, une multitude de petits parias quotidiens qui font l’objet d’un passage à tabac médiatique, mimétique, à la suite de fautes de comportement, de paroles déviantes au regard du politiquement correct, ou de la pure calomnie. Ces parias d’un jour, d’une semaine, banalisés, n’ont rien à voir avec le grands parias de l’histoire, en voie de disparition… Ce phénomène exprime bien un déclin de la vie politique et démocratique.

 (8)    Vous avez été le conseiller de Nicolas Sarkozy. Considérez-vous qu’il fut un paria ?

Franchement, c’est difficile à dire en l’absence de recul historique. Nicolas Sarkozy a fait l’objet d’un lynchage permanent et violent pendant son quinquennat: insultes au jour le jour, calomnies et les aspects positifs du bilan de son action ont été étrangement passés sous silence. Pourtant, il me semble trop tôt pour lui appliquer le qualificatif de paria au sens où je l’entends dans mon ouvrage, supposant un bannissement qui se poursuit dans l’histoire. Comment sera-t-il jugé dans vingt ans? Qui peut le dire? Souvenons-nous de Mitterrand et de Chirac. Leur fin de règne fut pathétique, pitoyable. Qui s’en souvient encore? La mémoire contemporaine est tellement courte… Aujourd’hui, ils sont plutôt encensés et n’ont rien de parias…

(9) François Fillon a choisi d’incarner une droite assez dure, stratégie validée lors de primaires où il a su d’adresser au cœur de son électorat, mais qui se heurte aujourd’hui à un électorat beaucoup plus large, peut-être apeuré par son programme économique. L’ancien Premier ministre est austère, d’aucuns diront rigide. A-t-il le profil d’un paria ?

Il a le profit d’un bouc émissaire, sans aucun doute, faute de pouvoir parler de paria à ce stade. D’ici à l’élection présidentielle et par la suite, s’il l’emporte, il sera inévitablement maltraité et son tempérament à la fois réservé et volontaire ne peut qu’exciter la hargne envers lui. Il faut noter que François Hollande, quoi qu’on en pense, n’a pas été épargné par le monde médiatique et la presse qu’il croyait toute acquise à sa cause… C’est une vraie question que je me pose: le président de la République, qui incarnait du temps du général de Gaulle et de Pompidou, le prestige, l’autorité, la grandeur nationale, est-il en train de devenir le bouc émissaire naturel d’un pays en crise de confiance? Ultra-médiatisé, il incarne à lui tout seul le pouvoir politique dans la conscience collective. Mais ne disposant pas d’une baguette magique pour régler les difficultés des Français, apaiser leurs inquiétudes, il devient responsable malgré lui de tous les maux de la création. Je pense qu’il faut refonder notre vision du pouvoir politique, lui donner une connotation moins personnelle et individualiste. Le temps est venu de redécouvrir les vertus d’une politique davantage axée sur l’engagement collectif, le partage de la responsabilité, entre le chef de l’Etat, le Premier ministre, la majorité, la nation, au service du bien commun.

 

 

 

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Le discours de Nice de M. Fillon

000_ig3exLe discours de Nice de M. Fillon a été largement caricaturé ou biaisé dans sa présentation. Dès lors, il me paraît utile de le reproduire ici dans son intégralité. Dès lors que ce discours est présenté comme fondateur de sa campagne présidentielle, il faut que chacun puisse se forger une idée de son contenu. Mon sentiment personnel? La candidat Républicain fait preuve de beaucoup de courage, d’audace et de lucidité en donnant la priorité à la question de l’immigration et de l’intégration qui préoccupe les Français, contre les sirènes du conformisme. Ses propositions à cet égard sont fortes, sérieuses, travaillées, conciliant réalisme, fermeté, justice et humanité. Elles sont le résultat d’un travail et d’une réflexion approfondie de personnes de son entourage qui à l’évidence connaissent le dossier sur le bout des doigts et seront les mieux placées ensuite pour mettre en œuvre des mesures conciliant le réalisme, la nécessaire maîtrise des flux et le respect des principes de la France. Cependant, sur le ton général du discours, si j’avais un conseil à donner au candidat républicain, c’est de sublimer sa parole, sur la forme et le fond, en dépassant le « je ». Il aurait à gagner à parler d’une œuvre collective et pas seulement individuelle. L’idée de citer au moins une fois Nicolas Sarkozy, dont il fut le Premier ministre pendant cinq ans, voire Jacques Chirac, Pompidou et de Gaulle, donnerait de la perspective à son discours. J’en reviens à ma conviction intime: le « je » présidentiel est désormais une notion périmée, qui conduit au narcissisme élyséen, c’est-à-dire la solitude, l’isolement, l’inefficacité, le lynchage médiatique, le repli, l’échec humiliant et désespérant. Ce « je » exacerbé est me semble-t-il,  l’une des sources de la tragédie du chef de l’Etat actuel. Une politique, à mes yeux, ne peut réussir dans le monde moderne, qu’à travers une intense mobilisation collective: le Président et son entourage certes, mais aussi un Premier ministre puissant, un gouvernement, un Parlement souverain, une majorité, et surtout la confiance d’une Nation. Autrefois, je ne le savais pas. Je croyais comme tout le monde « au sauveur providentiel ». J’ai vécu – 7 ans d’expérience dans les allées du pouvoir – , écouté, beaucoup lu, réfléchi et ma pensée en a été transformée. M. François Fillon aurait donc, à mes yeux, tout avantage, en une seconde étape de sa campagne, à passer du « je » au « nous ». Qui le lui dira?

Maxime TANDONNET

Mes amis, mes chers compatriotes,
C’est à Nice et c’est avec vous que repars en campagne.
A cette ville que j’aime et à vous tous, j’adresse mes vœux de bonheur et de succès pour cette nouvelle année qui commence.
Je suis parmi vous, avec le cœur encore serré par la tragédie du 14 juillet.
De ce souvenir monte en moi une volonté inflexible de défendre nos valeurs.
Si les Français me font confiance, je prendrai tous les moyens et je solliciterai tous les Etats vo- lontaires, de Washington à Moscou, d’Ankara à Téhéran, pour détruire l’Etat islamique et ses ram- ifications terroristes.
Dans ce combat, j’aurai besoin de nos compatriotes musulmans pour faire le ménage contre ceux qui instrumentalisent leur foi.
Nous sommes la France, nous sommes Nice, et jamais nous ne baisserons la tête devant ceux qui veulent abattre notre liberté.
C’est nous qui les battrons parce que nos valeurs sont plus belles et plus fortes !
A vos côtés, je puis dire cette phrase simple et belle : « je suis Français et j’en suis fier ».
Comme vous, je me sens l’héritier d’une Histoire, d’une culture, d’un patrimoine, d’un drapeau, et ce drapeau est suffisamment large pour fédérer tous les Français qui veulent, à nos côtés, servir leur pays.
Cela s’appelle le patriotisme, et n’en déplaisent à certains, nous le revendiquons, nous l’assumons et nous irons au bout de notre conviction : la France doit être aimée et impérativement redressée.
Durant trois mois nous avons vécu au rythme des primaires et vous avez donné une formidable leçon de démocratie à tous ceux qui doutaient de nous.
Après ma victoire, je m’étais fixé trois objectifs.
D’abord rassembler toutes les forces et les sensibilités de ma famille politique.
C’est fait : après la compétition des primaires, les Républicains font bloc.
Je salue fraternellement tous les militants et les élus qui m’ont rejoint sans état d’âme.
J’aurai besoin d’eux, j’aurai besoin de leur engagement et j’aurai besoin des Alpes Maritimes !
Mon second objectif était d’unir la droite et le centre autour de ma candidature.
C’est fait et je remercie les élus et sympathisants de l’UDI qui, avec un grand sens des re- sponsabilités, ont décidé de se battre à mes côtés.
Nous avons quelques différences entre nous, mais ce qui nous uni est tellement plus fort que ce qui nous distingue, et surtout, ce que nous avons à faire pour la France est bien plus important que toutes nos affaires partisanes.
Enfin, je devais mettre en place une équipe de campagne ouverte à tous. C’est fait !
Maintenant, mes amis, nous sommes en ordre de bataille et nous allons foncer ensemble.
Je laisse les sondages aux sondeurs, les scénarios écrits d’avance aux scénaristes, je ne crois qu’une chose : la victoire récompensera le camp le plus décidé, le plus convaincu.
Ma détermination est de fer et je ne doute pas de la vôtre.
Vous êtes des militants de la France et pour la France je vous demande une mobilisation et une résolution sans faille.
Ne cédez à aucune intimidation, ne marchez jamais à l’ombre, affirmez ce que vous voulez et ce que vous êtes.
On vous accuse de vouloir redresser la France de façon radicale. Assumez et ripostez car c’est vous qui avez raison de penser que la situation réclame du courage.
On vous accuse de défendre les valeurs de la liberté, de l’autorité, de la famille, du travail. As- sumez et ripostez car vous n’avez pas à vous excuser d’avoir du bon sens.
Je compte sur vous et vous pouvez compter sur moi pour ne pas changer ce que je crois et ce que je veux.
Il y a deux mois, je n’étais pas le candidat de l’establishment et je n’ai pas l’intention de le deve- nir : je vais repartir sur le terrain, replonger dans le quotidien des Français pour les écouter, les convaincre et les rassembler.
Je veux leur faire partager ma volonté d’action, pas la solder en affadissant mes convictions.
La démocratie, ça n’est pas des convictions pour les primaires, d’autres convictions pour les pré- sidentielles et pourquoi pas encore des convictions pour les législatives !
Je me bats pour redresser notre pays, pas pour ruser avec lui, et, une fois au pouvoir, pour passer entre les gouttes.
Je l’avais dit et je le répète, je relève un pari difficile pour un peuple si longtemps abreuvé d’illusions politiques et de douces promesses : le pari de la vérité et du changement de fond.
Alors certes, inéluctablement, presque mécaniquement, la radicalité et la franchise de mon projet m’exposent aux blâmes et aux caricatures de ceux qui sont mous et flous.
Les balles sifflent de partout. Visiblement, je gène certains.
« Tous contre Fillon !», « tous contre la droite », tous contre ces « pauvres » électeurs de la primaire qui, nous répète-t-on, ne représentent que 4 millions de Français.
Mais il ne suffit pas d’être contre encore faut-il avoir quelque chose à dire. Qu’ont-ils à dire et à proposer ceux qui nous mitraillent ?
Rien de nouveau mais surtout rien de fort pour répondre à l’urgence d’un pays qui décroche et qui souffre.
Devant mes propositions, le système se rebiffe et use des arguments les plus fallacieux. Rien d’anormal, si ce n’est que le débat est bas.
Contre le redressement national, mes adversaires ont rédigé leurs tracts : « sang et larmes » « purge », « casse sociale », et pourquoi pas l’apocalypse !
La casse sociale, elle est là, sous nos yeux, mais on préfère étouffer la réalité plutôt que de la re- garder en face.
6 millions de Français qui pointent à Pole emploi ; 2 millions de jeunes qui ne sont ni à l’Ecole, ni en formation, ni en emploi ; la pauvreté qui augmente faute de croissance ; des quartiers dé- glingués par la délinquance ; des campagnes abandonnées ; des classes moyennes et des familles qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois ; un système de santé débordé ; les plus beaux actifs de la France rachetés par l’étranger ; 2000 milliards de dettes pour nos enfants…
Tout ça c’est la réalité, tout ça c’est maintenant, tout ça c’est le bilan de François Hollande, bi- lan qu’il a lui-même jugé tellement catastrophique qu’il a renoncé à se représenter.
Oui, tout cela crève les yeux, mais rien n’y fait : 40 ans que la gauche nous rejoue le film de la « casse sociale » ; 40 ans qu’elle instrumentalise la peur contre tout changement ; 40 ans qu’elle croit pouvoir traiter les fonctionnaires et les ouvriers comme des clientèles électorales, avec maintenant pour acolyte l’extrême droite qui joue la même partition que l’extrême gauche.
Derrière ces postures, la faillite nous guette et la colère monte mais ces gens-là vous disent qu’il ne faut rien changer.
Avec les primaires de la gauche, dénommées primaires de la « Belle alliance populaire » – prière de ne pas rire ! – on est en plein déni et en plein dans le vieux logiciel socialiste.
Comme disait Edgar Faure, « l’immobilisme est en marche, rien ne l’arrêtera ! ».
C’est la course de lenteur entre celui qui dépensera le plus, celui qui réformera le moins et celui qui promettra le beurre et l’argent du beurre.
Evacués Hollande et les résultats calamiteux de son quinquennat, oubliés les déficits, finis les en- gagements européens, ravalées les déclarations d’amour aux entreprises, aux orties le 49.3 et la Vème République !
Quel que soit le vainqueur de ces primaires, il y aura bien, entre nous, une différence de fond : moi, je veux redresser la France ; à gauche, on veut l’assister dans son déclin, Mr Macron com- pris.
Je dénonce cette capitulation et rien ni personne ne m’empêchera de lui opposer un chemin plus grand et plus droit.
Je suis gaulliste. Que voulez-vous, on ne se réinvente pas et, au surplus, je n’ai qu’une patrie et qu’une vie pour la servir !
Je veux incarner la fierté d’une nation qui ne se laisse pas abattre.
C’est mon combat, et je viens vers vous, porté par la confiance que fait naître en moi cette incroy- able aventure d’un pays qui par sa bravoure, sa culture, son goût du progrès, a réussi à se placer parmi les cinq plus grandes puissances du monde.
Nous sommes les héritiers d’une Nation bâtie par des femmes et des hommes qui ont travaillé sans relâche, et tout nous commande de faire aussi bien qu’eux.
Cette nation millénaire est montée sur les barricades pour la justice, s’est sacrifiée pour son indé- pendance afin que le peuple français soit toujours libre de dire « je suis là et j’exige le respect ». Exigez ce respect !
Exigez-le de toutes vos forces car le réveil national est d’abord entre vos mains.
Depuis trois ans, je sillonne notre pays.
« Laissez-nous travailler, laissez-nous réussir, qu’on nous fiche la paix », voilà ce que m’ont dit les milliers de Français que j’ai rencontrés.
Notre peuple n’est pas fatigué, c’est le système qui est complètement usé, avec cette incroyable accumulation de règles, de normes, de soupçons qui vampirisent les volontés.
La bureaucratie a envahi nos vies.
Tout est encadré, nivelé, passé à la moulinette d’une logique pernicieuse : mieux vaut, nous dit-on, la paperasse que l’audace, mieux vaut parait-il le chômage et les 3000 pages du code du travail que l’assouplissement de l’emploi, mieux vaut le diktat syndical que le référendum d’entreprise, mieux vaut un champ en jachère que quelques arpents non déclarés, mieux vaut les écrous administratifs que la responsabilité, mieux vaut -on vous le dit, on vous le répète- une circulaire qu’une initiative…
Eh bien non !
Mieux vaut pour moi le risque d’oser que l’uniformité dans la médiocrité. Voilà ce que je crois et voilà ce que m’ont dit tous les salariés et agents publics.
C’est ce système que je veux changer en redonnant au pays sa liberté !
Oui, avec vous mes amis, j’assume la première valeur de notre devise républicaine.
Et d’ailleurs, si cette valeur de la liberté n’est pas portée par la droite, alors qui la portera ? Surement pas les socialistes qui de tout temps ont préféré l’égalitarisme mou. Et surement pas l’extrême droite, dont le projet économique est un copier-coller de celui de l’extrême gauche.
Pour la liberté et pour le plein emploi, je veux concentrer le code du travail sur ses principes fon- damentaux et renvoyer le reste au dialogue social.
Je donnerai aux entreprises et à leurs salariés le pouvoir de négocier pleinement entre eux les heu- res et les conditions du travail.
Moi je fais le pari de la vraie négociation sociale, dans les entreprises, là où entrepreneurs et salar- iés savent de quoi ils parlent.
Et parce que l’Etat doit donner l’exemple d’une nation qui se retrousse les manches, nous ré- tablirons dans les administrations publiques les 39 heures.
Là aussi il y aura des négociations car chacun devra bénéficier des fruits de cet effort, mais cela se fera car je veux une fonction publique performante, au service d’un Etat fort.
Par la liberté, je donnerai à ceux qui veulent entreprendre le pouvoir de le faire en renforçant le statut des autoentrepreneurs et en créant celui de travailleur indépendant.
Avec le numérique, c’est le début d’une nouvelle économie qui va dynamiser les générations à venir, avec un potentiel d’un million d’emplois nouveaux.
Par la liberté, je donnerai aux investisseurs de France le goût d’investir ici, chez nous, pour nos industries, pour nos emplois.
Je baisserai massivement les charges et j’allégerai la fiscalité qui pèse sur l’investissement.
Je suis un patriote : je préfère supprimer l’ISF que de voir l’économie française sans capitaux, passer sous contrôle étranger.
Plutôt que de nous rouler par terre pour attirer les fortunes du Qatar et les fonds de pensions amé- ricains, je veux des fortunes françaises qui investissent pour la France.
N’en déplaise à ceux qui pensent que le bonheur est de marcher à genoux, c’est la liberté qui est le meilleur carburant des sociétés vivantes ; c’est la liberté qui créera des initiatives et des emplois ; c’est la liberté qui relancera l’ascenseur social aujourd’hui bloqué dans le sous-sol de ce système qui vous explique depuis trop longtemps qu’il vaut mieux l’ombre pour tous que la lumière pour ceux qui veulent en sortir.
Les jeunes n’ont pas peur de la liberté. Ils n’ont que rage pour cet immobilisme poussiéreux qui les englue.
Les chômeurs n’ont pas peur de la liberté. Ils ont peur de rester coincés au chômage. L’autoentrepreneur, l’artisan, le jeune agriculteur, eux qui s’endettent et se lancent, ils n’ont pas peur de la liberté. Ils la réclament à cor et à cris.
Je parle de liberté, oui, et j’en parle pour les sans grade, les sans carnets d’adresse, les oubliés, les déclassés, les humiliés, les courageux, les intrépides, les audacieux, bref, ceux pour qui la liberté est une opportunité de prendre leur destin à pleine main.
Et celui qui la prend s’engage pour réussir sa vie et pour prouver qu’il existe en lui une flamme ; et de fil en aiguille, de flamme en flamme, c’est tout un peuple qui se redresse et se met à gagner. En cinq ans, nous pouvons élever notre compétitivité et égaler l’Allemagne, en cinq ans nous pou- vons réduire notre chômage en dessous de 7%, remettre nos finances publiques à l’équilibre et d’ici 10 ans nous pouvons être la 1ère puissance européenne.
Alors oui, mes amis, liberté à la Liberté. Mais la liberté sans l’autorité, c’est l’anarchie.
Je veux rétablir l’autorité de l’Etat, l’autorité de la loi, la nécessité de l’ordre.
Qu’un père de famille puisse gagner dix fois moins que le dealer qui trafique au pied de son im- meuble, c’est une honte.
Que nos policiers puissent être attaqués aux cocktails Molotov, ça n’est pas un fait divers, c’est un scandale.
Qu’un de vos concitoyens, tout près d‘ici, se croit autorisé à décider de son propre chef, quels étrangers peuvent entrer et résider en France, c’est le contraire de la démocratie et de la Ré- publique.
Nul n’est au-dessus de la loi !
La loi et la sécurité doivent être partout et pour tous, avec des forces de l’ordre modernisées et une Justice ferme et rapide.
Nos forces sont sous-équipées, et elles le sont notamment sur tout ce qui relève des nouvelles technologies pour cerner et chasser la délinquance.
Nos forces s’éreintent dans des tâches administratives. Elles doivent passer plus de temps sur le terrain.
Pour cela, la tranquillité publique commande de renforcer le rôle des maires et des polices munic- ipales qui sont au plus près des populations.
Et puis, il faut une justice rapide et ferme.
Chacun est responsable de ses actes ! Un voyou est un voyou avant d’être une prétendue victime de la société.
Le sentiment d’impunité des délinquants est le résultat d’un manque de fermeté et de civisme qui devraient s’exercer à tous les niveaux : dans la famille qui doit assumer ses devoirs ; à l’Ecole qui ne doit rien céder devant l’indiscipline et l’inculture des caïds en herbe ; dans les prétoires où la Justice doit passer vite et nette.
L’impunité zéro doit être la règle.
Je veux rétablir les peines planchers pour les récidivistes.
Un délit : une sanction ! Voilà la règle qui doit être parfaitement claire pour les délinquants.
Cette fermeté retrouvée réclame de reprendre le programme de construction de places de prison interrompu par Hollande et Taubira.
Vous m’aurez compris : j’en appelle à un nouvel état d’esprit face à la violence et à une mobilisa- tion nationale pour qu’à chaque coin de rue nos policiers et gendarmes se sentent respectés, soutenus et le terroriste comme le délinquant réprouvés, coincés, pourchassés.
La peur doit changer de camp et nul ne doit pouvoir se dire que le mal rapporte plus que le bien.
Mes amis,
Il y a des lieux en France où le sentiment d’appartenir à la même nation s’est disloqué. Les replis identitaires avancent et l’intégration recule.
L’unité nationale commande une autre politique de l’immigration.
Il ne faut pas céder aux injonctions de la bien-pensance, qui nous adresse toujours le même mes- sage, qui se veut angélique et qui est en réalité inconscient : liberté pour les migrants et honte aux frontières.
Non, la France est généreuse mais elle n’est pas une mosaïque et un territoire sans limite ; c’est une Nation, en droit de choisir qui peut la rejoindre, en droit aussi d’exiger des étrangers qu’ils se plient à ses règles et à ses coutumes.
Il existe chez nous, depuis la chrétienté, une tradition de l’hospitalité pour les victimes de persécu- tions politiques.
Il existe aussi une tradition d’ouverture aux talents venus d’ailleurs.
Je pense à Romain Gary, venu de l’Est de l’Europe s’installer à Nice avec sa mère quand il était enfant, et qui toute sa vie voudra être plus français que tous les Français, s’acharnant à réussir par les littérature et par les armes.
Mais ces traditions d’ouverture doivent être raisonnables et raisonnées.
Nous comptons 6 millions de chômeurs et près de 9 millions de pauvres.
Dans ce contexte, l’immigration doit être fermement contrôlée et réduite au minimum.
Il faut tout d’abord ramener notre politique d’asile à l’aune de sa seule ambition et mettre fin à son détournement.
L’asile sert à protéger les victimes politiques ; il sert aux personnes qui ont fui les persécutions ou les guerres dans leurs pays.
L’accueil des véritables réfugiés est un devoir, mais ne nous laissons pas déborder par ceux qui n’ont pas ce statut.
Les demandes d’asile ont explosé depuis 2012.
Les crises du Proche-Orient n’expliquent pas cette augmentation massive, car 70 % des demandes sont rejetées comme infondées.
Ce qui est en cause, c’est la multiplication des détournements de procédures nourris par les filières et les passeurs. La méditerranée est devenue le tombeau de dizaine de milliers d’êtres humains, femmes et enfants.
Ces passeurs de faux rêves sont des passeurs de morts qu’il faut traquer et neutraliser.
Ce qui est en cause aussi, c’est la longueur des procédures qui permettent aux illégaux de s’installer et de viser la régularisation de leur situation.
Seuls 4% des déboutés de l’asile sont effectivement éloignés ; les autres se maintiennent en France contre la loi.
Je veux reconstruire le système de l’asile pour mettre fin à ces abus.
Il faudra veiller à ce que les demandeurs d’asile puissent présenter leur demande à l’étranger, dans nos consulats, dans les pays qui leur servent de premier refuge.
Il faut, en second lieu, réduire la durée d’instruction des demandes d’asile. Obligation sera faite aux demandeurs de former leur demande dans un délai de 15 jours après l’entrée sur notre territoire, sous peine de la voir traiter par une procédure accélérée.
La durée maximale d’examen d’une demande d’asile devra être limitée à 120 jours au total, voies d’appel comprises.
Pour être contrôlé, l’hébergement des demandeurs d’asile sera assuré dans des centres dédiés, gérés par l’Etat ou pour son compte par des associations.
Enfin, ceux des demandeurs d’asile dont la demande aura été définitivement rejetée devront impérativement être éloignés du territoire.
La décision de rejet devra s’accompagner immédiatement de la notification à l’intéressé d’une obligation de quitter le territoire français.
Pour faciliter leur éloignement, ceux des demandeurs d’asile dont la demande apparaîtra manifestement infondée ou qui sont originaires de pays réputés sûrs, seront placés en rétention administrative pendant l’examen de leur demande, de manière que leur éloignement soit garanti en cas de rejet de leur demande.
Il faudra généraliser le passage dans les centres de rétention administrative.
Si nécessaire, mon gouvernement renégociera la directive « éloignement » pour tirer les conséquences de ce qui était prévisible : l’assignation à résidence privilégiée par Monsieur Valls est un échec qui ajoute encore aux difficultés de maîtrise des procédures d’asile.
Penser qu’un étranger en situation irrégulière quittera de lui-même le territoire national est naïf. La durée maximale de la rétention administrative devra être portée de 45 jours à 180 jours.
A ceux qui pousseront des cris d’orfraie en entendant cette proposition, je rappelle que cette durée est de 18 mois en Allemagne et qu’elle est illimitée au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
Ce délai de six mois permettra d’organiser, en collaboration avec les autorités des pays d’origine, le retour effectif de leurs ressortissants.
On ignore souvent que le retour dans leur pays des étrangers en situation irrégulière est soumis à la délivrance d’autorisations par les pays dont ils sont les ressortissants.
Or ces pays freinent parfois la délivrance de ces documents, par mauvaise volonté ou par lenteur administrative.
C’est pourquoi, je veux que la coopération des pays d’origine à notre politique d’immigration soit une condition de l’aide au développement que nous leur versons et du nombre de visas que nous délivrons à leurs ressortissants.
Il s’agit d’assurer une forme de réciprocité pour faire respecter notre souveraineté.
En revanche, je ne crois pas moralement possible de limiter le droit à la scolarisation des enfants d’immigrés clandestins. Les enfants ne sont pas responsables. C’est l’honneur de la République que d’assurer cette scolarisation.
Une politique sérieuse de l’immigration repose aussi sur le règlement des situations de crise comme celle de Calais.
Le gouvernement de François Hollande a tardé à démanteler les campements, en leur laissant prendre une ampleur inconnue jusque-là.
Il n’a pas négocié avec le Royaume-Uni un rééquilibrage des accords du Touquet de 2003 pour traiter les causes du problème.
C’est une exigence pour nous : les Britanniques doivent prendre toute leur part dans l’accueil de ces migrants, y compris les mineurs isolés, qui veulent traverser la Manche.
En 30 ans, la population de l’Afrique va plus que doubler.
Avec solennité, je dis que l’immigration en France n’est pas l’avenir de l’Afrique. L’avenir des Africains est dans le développement de leurs pays, dans la création d’emplois en Afrique !
L’aide au développement peut y participer dans le cadre d’un nouveau partenariat entre la France et le continent africain.
La France y apportera sa maîtrise des technologies les plus modernes en particulier dans l’accès à l’énergie avec l’initiative remarquable de Jean-Louis Borloo, ses capacités de formation de la main d’œuvre africaine et, si nécessaire, des financements ciblés.
Mais c’en est fini de la période où la question de l’immigration était passée sous silence dans les discussions bilatérales entre la France et chaque pays africain, au motif qu’il s’agissait des questions trop complexes ou trop sensibles.
La question de l’immigration ne doit plus être un tabou dans nos relations avec les pays d’origine.
A l’évidence, mes amis, l’ampleur des enjeux migratoires commande une coordination européenne.
Je le répète depuis 2012, il faut réformer les accords de Schengen.
Je veux que les frontières extérieures de la zone Schengen soient de véritables frontières, où les contrôles des voyageurs, notamment non européens, seront systématiques.
Si les étrangers doivent attendre 2 heures pour entrer, ils attendront 2 heures, comme dans n ‘importe quel aéroport aux Etats Unis !
Quant aux pays membres de Schengen qui ne satisfont pas aux exigences d’un contrôle rigoureux aux frontières extérieures, ils doivent sortir de l’espace Schengen.
Dans le contexte de guerre contre le totalitarisme islamique, tant que les frontières de l’Europe ne seront pas protégées par nos partenaires, la France rétablira durablement de vrais contrôles à ses frontières nationales.
Ici à Nice, cet engagement prend tout son sens.
Dans le contexte terroriste que connaît l’Europe, il y a quelque chose d’aberrant à savoir que l’auteur de l’attentat de Berlin a pu gagner la Hollande, puis la Belgique, la France, et enfin l’Italie.
Je ne condamne personne mais le moins qu’on puisse dire, est que nous avons impérativement besoin de développer nos systèmes et nos échanges d’information, et de tirer les conséquences du développement de la vidéo-surveillance.
Il ne suffit pas d’équiper nos gares ou nos aéroports en caméras de vidéo-surveillance, encore faut- il exploiter de manière rigoureuse les images issues de la vidéo-surveillance.
La France doit non seulement lutter contre l’immigration illégale mais elle doit aussi réduire son immigration légale au strict minimum.
Les délivrances de visas et de titres de séjour n’ont cessé de dériver ces dernières années : le nombre de visas accordés en 2015 a augmenté de 40 %, par rapport à 2012.
Pour reprendre les choses en main, il faut que le Parlement puisse adopter chaque année des quotas limitant le nombre d’étrangers qui pourront être admis en France, en fonction de nos besoins économiques et de nos capacités d’intégration.
Concrètement, cela signifie qu’un visa de long séjour ou une carte de séjour pourront être refusés lorsque le contingent annuel sera dépassé ; la demande devra alors être examinée l’année suivante.
C’est en fixant ces plafonds que nous pourrons limiter strictement l’immigration familiale, dont le regroupement familial.
Si, pour assurer cette politique, il faut réviser la Constitution mais aussi faire bouger les lignes de l’interprétation que la Cour européenne des droits de l’Homme donne de la Convention européenne des droits de l’Homme, eh bien je prendrais mes responsabilités devant le peuple français.
Ces quotas d’immigrants tiendront compte non seulement des besoins de la France mais aussi des capacités d’intégration à la société française.
Ces capacités seront vérifiées dans le pays d’origine, tant pour les visas de long séjour que pour les cartes de séjour, en prenant en compte la maîtrise de la langue française et l’adhésion aux valeurs de la République.
Il faudra enfin, et c’est le bon sens même mais il a été complètement perdu de vue au cours des années, que ceux des étrangers qui, une fois arrivés en France, ne respectent pas leur parcours d’intégration, puissent être sanctionnés, par le non renouvellement de leur titre de séjour.
Et puis, je veux prendre en compte les conséquences des migrations à l’intérieur de l’Union européenne, et notamment les effets d’une concurrence mal maîtrisée.
La directive sur les travailleurs détachés a progressivement installé sur notre territoire un véritable dumping social au cœur de l’Europe. C’est le cas dans le transport par camion, dans la construction où des milliers d’emplois français sont concurrencés de façons inéquitables.
Nous renégocierons cette directive et je ne céderai pas sur un principe : en Europe, pour un travail égal, le salaire doit être égal et les cotisations sociales aussi.
Trop souvent, l’immigration est encouragée par l’attractivité de notre système social.
Il n’est pas acceptable qu’un étranger vienne en France dans le seul but de bénéficier de la solidarité nationale.
Je veux que le bénéfice de toutes les prestations sociales soit conditionné à une durée de résidence préalable pour les étrangers en situation régulière.
Ceux-ci ne pourront donc postuler aux allocations logement et familiales qu’au bout de deux ans. Ce délai permettra de vérifier la volonté d’intégration du nouvel arrivant et d’apprécier s’il est réellement autonome financièrement.
Pour les étrangers en situation irrégulière, il faut mettre fin au dérapage financier de l’aide médicale d’Etat, dont le coût dépasse le milliard d’euros, et dont le nombre de bénéficiaires a augmenté de 50 % depuis 2012.
Cette aide médicale d’Etat sera supprimée et remplacée par la seule prise en charge des urgences médicales et des maladies infectieuses.
Lorsque la France a fait confiance à des étrangers et que ceux-ci la trompent et ne respectent pas ses lois, l’Etat doit être de la plus grande fermeté.
Il en va de son autorité et de la crédibilité de notre politique.
C’est pourquoi je propose qu’un étranger condamné pour des crimes et délits puisse être expulsé du territoire français vers son pays d’origine.
Enfin, pour les étrangers qui, après s’être installés durablement en France et espèrent en obtenir la nationalité, il faut définir notre exigence : c’est l’assimilation, c’est-à-dire la volonté d’être pleinement membre de notre famille nationale.
L’acquisition de la nationalité française est un honneur. Elle se mérite. Elle se mérite, pour l’essentiel, par un patient effort pour adopter nos valeurs, nos coutumes, nos traditions.
Qui dit assimilation dit une maîtrise de la langue française parce que c’est bien le minimum quand on prétend devenir Français.
Qui dit assimilation dit aussi respecter les principes fondamentaux de la République. Respecter l’égalité hommes-femmes, partout, sans condition.
Respecter la liberté de conscience comme la liberté d’expression.
Respecter l’autorité de l’Etat et des lois, s’approprier une histoire, un drapeau.
Etre assimilé, c’est tout simplement aimer la France.
Nous devons revoir nos procédures d’accès à la nationalité.
Nous sommes l’un des pays qui permet le plus facilement à des ressortissants étrangers d’acquérir sa nationalité.
En quatre ans, le nombre de naturalisation par décret a augmenté d’un tiers, pour concerner 113 000 nouveaux Français en 2015.
Les instructions de Monsieur Valls pour augmenter le nombre de naturalisations seront donc abrogées.
La durée minimale de résidence en France exigée d’un candidat à la naturalisation sera portée à 8 ans, comme c’est le cas en Allemagne.
La République pourra s’opposer à toute entrée dans la communauté nationale dès lors que l’assimilation du postulant à la nationalité ne sera pas établie.
Les étrangers qui ont fait l’objet d’une condamnation pénale verront leur demande écartée.
L’acquisition de la nationalité sur simple déclaration à la suite d’un mariage ne sera possible qu’après 5 ans de vie commune et l’assimilation du conjoint étranger fera l’objet d’une vérification.
Les jeunes nés en France de parents étrangers pourront, comme c’est le cas aujourd’hui, accéder à la nationalité française mais cet accès devra être le fruit d’un choix, mûri par chacun de ces jeunes et formalisé dans une déclaration de volonté de devenir Français.
Voilà la politique d’immigration que je veux pour notre pays.
Je la crois nécessaire à notre unité et nécessaire à la fraternité des liens qui doivent unir les Français et ceux des étrangers qui nous rejoignent avec sincérité et espoir en la France.
Mes amis, maintenant je vais relever avec vous le défi du redressement national.
Ce défi, je le gagnerai si toutes celles et tous ceux qui en ont assez des mensonges, assez du dé- clin, se lèvent.
Je m’attaque au consensus, je m’attaque au confort du conservatisme, je m’attaque à une citadelle, et je ne pourrai la percer qu’avec l’appui de tous ceux qui veulent, avec moi, enclencher la révolu- tion du bon sens.
Alors, je donne rendez-vous à toutes celles et tous ceux qui ont la tête sur les épaules.
J’appelle tous ceux qui ont des valeurs solides.
J’appelle tous ceux qui savent que le bonheur est une conquête.
J’appelle tous ceux qui ont dans le cœur la fierté d’être français.
Sur le chemin de la victoire nous traverserons les vents contraires ; nous passerons à travers les bourrasques ; nous franchirons tous les ponts.
Vous êtes partant et je le suis, alors j’irai, avec vous, chercher les cœurs vaillants.
Nous irons au-devant de toutes les forces françaises, et nous les réveillerons, nous les soulèverons, nous les entrainerons, et vous verrez qu’elles nous porteront au-delà de nos propres espérances. Nous serons alors, tous ensemble, la France en action !
Vive la France et vive la République.

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Les véritables scénarios de 2017

sans-titreLe monde médiatique ne voit de l’année politique 2017 que l’écume des choses. L’attention se polarise sur la seule élection présidentielle. En effet, il est infiniment plus attractif de limiter la vie électorale à une bataille de quelques personnages. Le sensationnel, l’émotionnel, le romanesque dominent ainsi les esprits. Or, cette présentation, quasi généralisée, est largement trompeuse. En 2017 se tiendront deux élections: présidentielles et législatives. Le chef de l’Etat ne dispose pas ou peu de pouvoirs propres. Il ne peut décider et agir qu’avec l’appui d’une majorité parlementaire qui vote les lois et contrôle le gouvernement, pouvant renverser le Premier ministre et les ministres. Dès lors, on ne peut avoir de vision de l’avenir qu’en combinant les résultats des deux élections. Au stade actuel, 5 scénarios sont envisageables:

  • Une victoire de François Fillon suivi d’un succès des Républicains aux législatives: tel est l’unique scénario qui assure pour les cinq ans à venir la possibilité d’un gouvernement effectif de la France et la poursuite du système de majorité présidentielle qui domine les institutions depuis les années 1960. (Chances: 40%)
  • Une victoire de M. Macron aux présidentielles. Dès lors que celui-ci, situé au centre gauche, n’émane pas d’une force politique particulière, il est improbable qu’il puisse disposer d’une majorité stable. Il serait plus ou moins soutenu par une coalition instable centre-gauche/centre droite, sous les feux de la gauche et de la droite: après un bref état de grâce, une période d’instabilité politique s’ouvrirait renvoyant aux époques troubles de la IIIe et de la IVe Républiques. (Chances: 20%)
  • Une victoire de Mme Le Pen aux présidentielles, serait suivie d’élections législatives sans doutes marquées par des désistements droite/gauche puis une situation où le chef de l’Etat se verrait dépourvu de toute majorité et de toute possibilité de soutien parlementaire: d’où une paralysie totale, aucune réforme envisageable, impossibilité absolue de nommer un Premier ministre et de gouverner (y compris par référendum, supposant une proposition du Premier ministre). On peut imaginer soit une marginalisation radicale de l’institution présidentielle, soit un séisme politique, une crise majeure de six à douze mois, provoquant un blocage du pays, et s’achevant par de nouvelles élections. (Chances 15%)
  • Une victoire surprise d’un candidat socialiste à la suite d’une campagne éclair d’une puissance exceptionnelle (M. Valls, M. Montebourg, M. Hamon), marquée par un retournement spectaculaire de l’opinion. Une telle victoire à l’arraché, avec un score très faible au premier tour, à la faveur d’une deuxième tour face à Mme Le Pen, ne permettrait sans doute pas d’obtenir une majorité aux législatives tant le rejet du pouvoir socialiste est fort dans l’opinion. Dès lors, on entrerait dans une cohabitation conflictuelle entre un chef de l’Etat de gauche et une majorité de droite du type 1986-1988, ou 1993-1995. Mais le président ne serait pas Mitterrand – avec ses défauts mais aussi sa finesse politique. Au regard du niveau intellectuel des candidats socialistes tel que nous le constatons, il faut s’attendre au pire. (Chances 15%)
  • Autre: à ce stade, moins de 4 mois avant le scrutins, la percée d’un autre candidat, par exemple une surprise venue de la société civile aux présidentielles semble improbable mais ne peut être exclue dans le climat actuel d’exaspération  de la population. (Chances 10%).

Maxime TANDONNET

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L’affligeante médiocrité de la campagne présidentielle

sans-titreOn s’habitue à tout paraît-il. Pourtant je ne peux m’empêcher d’être sidéré par la médiocrité de cette campagne pour les élections présidentielles, dans moins de 4 mois. Les arguments sont monstrueux de bêtise narcissique et de sectarisme nihiliste. J’ai presque honte à les répercuter ici:

  • Abolition de l’article 49 3 (dont personne n’a rien à faire) comme thème majeur de campagne pour faire oublier son utilisation abusive;
  • au nom « des valeurs de gauche », lutter contre une  « droite » hostile au « vote des Noirs (sic) »
  • Promouvoir un revenu universel de 750 euros, versé par l’Etat « à toute personne de plus de 18 ans » (coût de centaines de milliards d’euros et instauration d’une logique d’assistanat généralisé et d’abrogation du travail comme mode d’existence)

Première grande polémique de 2017: M. Fillon ayant déclaré à la télévision qu’il était « chrétien ». Voilà qui est bien gentil mais quelle importance et qu’apporte cette polémique? Choisit-on un président pour sa croyance religieuse intime ou pour les modalités d’exercice de sa présidence et la politique qu’il entend mener? Quel intérêt de la conviction religieuse de M. Fillon pour l’avenir de la France?

Quant à « l’homme qui monte », le sublime M. Macron, il a certes une bonne tête médiatique de gendre idéal mais quel mérite, en dehors d’avoir trahi Hollande? Quelle action, quelle réussite? Quant à ses idées, nous les cherchons en vain: pas la moindre proposition, pas la moindre espèce de vision de l’avenir, la République, la France, l’Europe: pas une once de nouveauté! Et ça marche!

Pour la candidate lepéniste, ce n’est pas mieux. Voir ses déclarations: le vide absolu, des « je-je-je » partout, ce « je » magique, merveilleux, salvateur: j’arrive, je sauve l’économie, l’école, etc., toujours dans une fuite éperdue de respectabilité et de dédiabolisation. Mais qu’a-t-elle fait cette dame, d’où vient-elle, qu’a-t-elle réussi, quel mérite personnel pour se proclamer ainsi en sauveuse de la nation?

Mon avis: nous descendons toujours plus bas dans la déchéance médiatico-politique. Cette plongée dans le néant d’idées, dans l’ivresse narcissique, dans la violence sectaire, dans le culte de l’anecdotique et la divinisation du « je », n’est rien d’autre que le reflet du vide absolu dans leurs petits cerveaux.

Les vrais sujets du jour sont la réhabilitation de la démocratie et de la politique, la lutte contre le terrorisme, les frontières, la question du développement de l’Afrique, l’Europe et les Etats face à la crise des migrants, la déstabilisation générale du Moyen-Orient qui commence à emporter la Turquie, la compétitivité de l’économie française et la revalorisation du travail, l’avenir de la famille etc.

Mais ils ne savent, ils ne peuvent pas parler d’autre chose que de leur bobine et penser à autre chose que leur sale petit fantasme de splendeur élyséenne…

Tout ceci est d’une infinie gravité car cela reflète sans doute l’abêtissement de la société française d’en haut, celle qui passe dans les médias; conséquence sur le long terme du déclin de l’intelligence, de l’ouverture d’esprit, de l’esprit critique. Un gigantesque conformisme domine les esprits de la classe politico-médiatique autour du culte du « je » et plus rien ne compte désormais. Nous assistons tout simplement au triomphe de la bêtise.

Je ne sais pas où nous allons, mais nous y allons en klaxonnant comme dirait l’autre.

Maxime TANDONNET

 

 

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Les parias de la république (Maxime Tandonnet, Perrin, 2017)

9782262047221Le 5 janvier sort en librairie mon dernier livre, sur les « parias de la République », publié par les éditions Perrin. Ce livre d’histoire qui commence avec la Révolution, présente pour l’essentiel le portrait de huit personnalités de la vie politique française: le duc de Broglie, Joseph Caillaux, Alexandre Millerand, André Tardieu, Jules Moch, Georges Bidault, Michel Poniatowski, Edith Cresson. Etiquetées de droite comme de gauche, même si leur pensée et leur action transcendent ces catégories, elles ont en commun de n’avoir pas été comprises de leur temps, traitées en pestiférées, parfois en raison de leur intelligence visionnaire et de leur force de caractère bien supérieures à la moyenne. Lynchées, calomniées, traquées jusque dans leur vie intime, plus ou moins oubliées aujourd’hui, ensevelies sous les sables de la médiocrité, elles avaient raison contre tout le monde: d’où l’avalanche de haine qui s’est abattue sur elles.  Ce livre raconte le combat de personnalités hors du commun, par leur culture, leur vision, leur volonté,  contre le conformisme et la démagogie de plusieurs époques, sans pour autant taire leurs défauts et leurs erreurs. Mes parias sont des hommes d’Etat déchus, et la seule femme qui n’ait jamais été chef de gouvernement en France. Livre d’histoire, bien sûr, mais d’une brûlante actualité à l’heure où la France déboussolée  cherche désespérément des « hommes d’Etat », c’est-à-dire tout autre chose que nos zébulons de la politique spectacle, et tout autre chose aussi que des supposés « sauveurs providentiels ».

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Présentation de l’éditeur:

Les parias de la République
Maxime TANDONNET
ISBN : 9782262047221
430 pages
05/01/2017

Avant DSK et Cahuzac, les politiques déchus déchaînaient déjà les passions.

Bien avant DSK et Cahuzac, les politiques défrayaient la chronique ! Que ce soit Albert de Broglie, Joseph Caillaux, Alexandre Millerand, André Tardieu, Jules Moch, Georges Bidault, Michel Poniatowski ou encore Edith Cresson, tous ont déchaîné les passions, tutoyé les sommets, avant de subir les affres de la chute.
Ces personnalités ont pourtant servi au plus haut niveau de l’Etat et ont joué un rôle parfois décisif dans l’histoire de notre pays, avant d’être tour à tour trahies, abandonnées et diabolisées, à l’exemple de Jules Moch. Ce socialiste féru d’ordre, plusieurs fois ministre sous la IVe République, a compté parmi les quatre-vingts parlementaires qui refusèrent les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940, a pris une part active à la reconstruction et au refus du stalinisme, avant de sombrer en raison de sa gestion musclée des grèves de 1948.
Intelligence, esprit visionnaire, force de caractère et sens du bien commun font souvent de ces incompris, bannis de l’Histoire, des personnages hors normes. Sans chercher à les réhabiliter, Maxime Tandonnet en dresse des portraits dont la force est de mêler vie intime et convictions publiques. Il mène également, à travers ces huit maudits, une réflexion sur le monde politique et s’interroge sur la notion d’homme d’Etat.

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Mes voeux pour 2017

imagesJe suis heureux de présenter mes meilleurs vœux aux visiteurs, lecteurs habituels et contributeurs à ce blog qui existe depuis plus de six ans. Je les remercie pour leur fidélité, pour leur tolérance et leur ouverture d’esprit dans l’échange des idées. Il va de soi que si je ne sentais pas d’intérêt autour de ce site, il aurait disparu depuis bien longtemps. 2015 et 2016 ont été deux années épouvantables pour la France et l’Europe. 2017 sera une année politique. Il nous faut souhaiter que la France retrouve des dirigeants sérieux, raisonnables, corrects, déterminés à agir dans l’intérêt général. Il n’y aura pas de grand soir, ni de solution miracle ou providentielle. Notre espérance est plus simple, pragmatique et réaliste: en finir avec toute sorte de charlatanisme, personnalisation médiatique du pouvoir poussée à l’extrême, mégalomanie et démagogie; replacer peu à peu le pays dans la voie du bien commun, de son avenir collectif, avec la conscience des difficultés, des obstacles à franchir du travail acharné qui nous attend, et des défis qu’il faudra surmonter. Mais je suis heureux de souhaiter à tous et à toute une année heureuse sur le plan personnel. La vie politique est un moyen et rien de plus. Le véritable objectif est personnel: il touche à l’amitié, aux joies de la famille, aux plaisirs de la vie quotidienne, à la  fierté d’être soi-même, d’exercer un métier ou une passion, de se cultiver en lisant, en écoutant et en voyageant. Mes vœux s’adressent dont à tous les amis de ce site, en les remerciant du fond du cœur pour tout ce qu’ils font et en espérant leur aide et leur présence en cette nouvelle année qui commence.

Maxime TANDONNET

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Lecture: 1917, Jean-Christophe Buisson, Perrin

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A quelques jours de l’année 2017, j’ai le plaisir de recommander chaleureusement la lecture de 1917. Présenté sous forme de chronologie, jour après jour, cet ouvrage décrit une année charnière de l’histoire de l’humanité. Il mélange les grands événements géostratégiques et la vie quotidienne. Le communisme soviétique, les fascismes, la puissance américaine, le déclin de l’Europe, les déchirements planétaires qui vont ensanglanter un siècle et se prolongent aujourd’hui: cette années semble contenir en elle-même tous les germes de l’histoire contemporaine.

Maxime TANDONNET

Présentation de l’éditeur:

L’album du centenaire, par un des plus grands écrivains d’histoire actuels.

1917 est une année cardinale non seulement dans le déroulement de la Première Guerre mondiale mais plus largement dans l’histoire du monde.

1917, c’est d’abord l’année des deux révolutions en Russie, prélude à la fondation du premier État communiste et au développement d’une idéologie qui bouleversera tout le XXe siècle. C’est aussi l’année où, pour la première fois, les États-Unis interviennent militairement en Europe, inaugurant leur leadership sur la planète.

1917, c’est également l’année de la déclaration Balfour, qui promet aux Juifs la création d’un État ; l’apparition de la notion de « guerre totale » ; l’émergence du mouvement dada et l’invention du terme de surréalisme. Mais aussi et encore : la naissance de l’art conceptuel, le premier disque de jazz, la création de la Coupe de France de football, l’épopée de Lawrence d’Arabie, les apparitions de la Vierge à Fatima, les exploits aériens de « l’as des as » et du « baron rouge »…

L’ambition de cet ouvrage novateur est de révéler tous ces aspects à l’aide d’une chronologie-monde sélective, très écrite, commentée et superbement illustrée. Une vingtaine de focus sont également proposés pour raconter les 1917 de personnalités en devenir : Hitler, Staline, de Gaulle, Churchill, Roosevelt, Mussolini, mais aussi Céline, Proust, Picasso, Marie Curie, Freud, Einstein et quelques autres.

En ressort la conviction que cette année sans pareille aura creusé la tombe de l’Europe des Empires au profit d’une nouvelle ère où la mondialisation de la puissance marchera de pair avec le progrès technique et la brutalisation des êtres.

Extraits de l’introduction:

« Cette année-là éclatent en Russie deux révolutions: l’une mettra bas en quelques jours le régime monarchique et une dynastie solidement installés depuis trois siècles; l’autre instaurera un système totalitaire inédit qui s’étendra à tous les continents et fera plusieurs dizaines de millions de victimes

Cette année-là, Marie Curie, double prix Nobel de physique et de chimie, pose les fondations du premier centre de lutte anti-cancer en France.

Cette-année-là, les Etats-Unis rompent avec leur isolationnisme séculaire et décident de se mêler pour la première fois des affaires européennes en engageant massivement des troupes dans un conflit loin de leur sol.

Cette année-là, Guillaume Apollinaire  invente le mot surréalisme, tandis que se développe le mouvement dada qui ouvre une galerie, lance une revue et monte des expositions;

Cette année-là, l’ex-leader socialiste Benito Mussolini écrit que son pays a besoin, à sa tête, d’un homme qui « connaisse le peuple, soit son ami, le dirige et le domine, quitte à lui faire violence.

Cette année-là est enregistré aux Etats-Unis le premier disque de jazz de l’histoire.

Cette année-là éclate le plus vaste mouvement de mutinerie au sein de l’armée française. »

 

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Le gaullisme en 2017

XVMdf4f52a8-86ef-11e5-b528-ec00c552b8adCe matin, le site Atlantico m’a demandé qui selon moi, dans la classe politique, incarnait le mieux le gaullisme en cette veille de 2017. Ma réponse est reprise ci-dessous. Il me semble qu’il faut distinguer deux choses. D’une part, la pensée du Général, au-delà des idées reçues et des clichés véhiculés sur le sujet: indépendance nationale, compétitivité économique et respect des grands équilibres, ouverture des frontières à la concurrence, grandeur internationale de la France, Europe unie des Nations, chef de l’Etat souverain au-dessus de la mêlée. D’autre part, la posture gaullienne, la hauteur de vue, la vision historique, l’absence de calcul personnel, la parfaite probité et la rigueur du comportement. De fait, je n’avais pas de réponse claire et définitive. Sur le premier point, la pensée du Général a été largement trahie par les milieux politiques et dirigeants, y compris ceux qui se réclament du gaullisme. Quant au second point, il est totalement négligé. En tout cas, mon sentiment profond, c’est que l’attitude consistant à se prendre pour le Général, le héros de l’appel du 18 juin, de la décolonisation et de la fin de la guerre d’Algérie, relève soit de la crétinerie caractérisée, soit de la démence narcissique.PHO18977142-c08d-11e3-9132-fa53e8173fe1-640x230

Maxime TANDONNET

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Ce dimanche, Jean-François Lamour, responsable des investitures LR pour les prochaines législatives, a été très clair envers Henri Guaino, affirmant que sa critique du programme de François Fillon l’exposait au risque de ne pas être investi par le parti pour ces élections. Alors que la droite « chiraquienne » est quelque peu rentrée dans le rang depuis les années Nicolas Sarkozy, qui est plus ou moins gaulliste aujourd’hui à droite ? Cette question a-t-elle encore un sens ?

Il faut bien sûr se poser la question de la nature du gaullisme. On ne dispose pas d’un corps de doctrine stable défini par le général de Gaulle et ses points de vue ont varié dans le temps. Quelques formules renvoient au gaullisme: indépendance nationale, Europe des Nations, politique de grandeur, participation, effort et rigueur sur le plan financier. Pour le gaullisme, dans la Constitution de la Ve République, le chef de l’Etat est un souverain au-dessus de la mêlée qui fixe un cap mais laisse le Premier ministre gouverner. On voit bien que la droite a clairement tiré un trait sur le fond de cet héritage. Elle a choisi délibérément depuis le début des années 1990, la politique des transferts de souveraineté à Bruxelles. Elle a oublié le thème de la participation. Elle a laissé se creuser la dette et les déficits publics, se qui représentait, pour le Général, un désordre inadmissible. Elle a consenti à l’affaiblissement de l’industrie française. Enfin, avec le quinquennat et les primaires, elle a accepté une transformation radicale de la fonction du chef de l’Etat, en faisant de lui un super chef de gouvernement et leader d’une majorité. C’est ainsi que la fonction présidentielle est devenue partisane, ce qui est le sommet du scandale au regard de la conception du général de Gaulle. Aucun des leaders des Républicains ne s’est opposé à cette évolution. Le dernier de ce camp politique, Philippe Séguin, est mort en 2010. Dès lors, il reste la posture gaullienne, la prétention, par delà le fond des sujets, à se dire l’héritier du général. Alors là, c’est assez facile: tout le monde se donne des airs gaulliens et se réclame de lui: M. Juppé, M. Fillon, M. Le Maire, etc. Même au parti socialiste, même du côté extrémiste, certains se revendiquent de la légende gaullienne. On banalise le général en oubliant qu’avant tout, il fut le héros de l’appel à la résistance du 18 juin 1940, de la décolonisation de l’Afrique et de l’indépendance de l’Algérie. Il est l’une des grandes figures de l’histoire de France. Il appartient à la grande histoire. Se prendre pour le Général de Gaulle, aujourd’hui, est un signe express de bêtise ou de démence.

Alors que Michèle Alliot-Marie et Henri Guaino ont tous deux décidé de s’engager dans la présidentielle sans passer par la case primaire et qu’Alain Juppé a été nettement désavoué par les électeurs au second tour de cette même primaire, peut-on y voir le signe que le gaullisme ne peut plus s’accommoder aujourd’hui du système partisan et de la mainmise des partis politiques sur la vie politique ?

Mme Alliot-Marie se réclame du gaullisme mais on aimerait comprendre à quel titre elle serait plus gaulliste que M. Juppé, M. Fillon, M. Le Maire ou tout autre. Elle a été l’un des principaux ministres des gouvernements des présidents Jaques Chirac et Nicolas Sarkozy, avec un bilan sûrement fort honorable. Mais quelles prises de position, quels actes, quelles attitudes, permettent de marquer sa différence gaulliste? Franchement, il serait intéressant de le savoir. Quant à Henri Guaino, de fait, il existe surtout en tant que créature de Nicolas Sarkozy. Le gaullisme est fondé sur un état d’esprit particulier. Ce n’est pas le « je » qui compte, mais uniquement la Nation. Le Général ne doit rien à personne et ne s’accroche jamais. Dès qu’on ne veut plus de lui, il part. Le 20 janvier 1946, en désaccord avec les partis, il démissionne. En mai 1958, il attend qu’un consensus pour son rappel se fasse dans la classe politique. Pendant sa présidence, il ne cesse de répéter que son mandat tient à la confiance populaire. Le jour où les Français ne voudront plus de lui, il s’en ira. Le 27 juin 1969, il démissionne après sa défaire au référendum sur la régionalisation et le Sénat. Les responsables politiques actuels font tout le contraire. Ils s’accrochent en permanence, pour durer le plus longtemps possible. Ils cumulent parfois les mandats pendant des décennies, et mêmes battus d’un côté par le suffrage universel, s’arrangent pour réapparaître ailleurs. Beaucoup ne savant pas s’arrêter, passer à autre chose, admettre qu’ils ne sont pas indispensables. Cette attitude est à l’exact opposé de l’exemple du général de Gaulle. Quant aux partis politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche, il servent surtout de tremplin à la réalisation d’ambitions électorales, à travers les investitures. Mais cela ne signifie évidemment pas que le fait de se démarquer de ces partis soit une garantie de gaullisme. Dans le cas de M. Macron, par exemple, sa candidature hors PS n’en fait pas un candidat gaullien. Tout son succès pour l’instant tient à la médiatisation, à une apparence, à une image. Or, le gaullisme est tout le contraire: une volonté, une ambition, un projet d’action.

Nicolas Dupont-Aignan et son mouvement Debout la France ne cachent pas leur volonté de s’emparer de ce créneau se réclamant du gaullisme. Pour autant, le voir réaliser un score à la présidentielle de plus de 6 ou 7% reste assez improbable. Cela signifie-t-il selon vous que les électeurs de droite ont tourné la page de cet « héritage » ? Peut-il réellement s’incarner dans un candidat, dans un parti ?

Nicolas Dupont-Aignan, sur le fond des idées, démontre une constance et une fidélité au idées gaullistes qui l’honorent. Concernant, son avenir électoral, dans le climat actuel, il faut se méfier des pronostics et des sondages. Sa difficulté vient de son positionnement politique, d’un puissant parti lepéniste, et de l’absence de soutien du reste de la droite républicaine. Non, je ne pense pas que les électeurs de droite aient renoncé à l’héritage gaullien. Au contraire, il me semble qu’une vraie nostalgie entoure la personnalité du Général. Elle représente à la fois l’héroïsme de la Résistance et les années 1960, de plein emploi, de croissance, d’espérance collective. Il donne l’image d’une politique intègre. Le souvenir du Général, qui exigeait de payer les factures d’électricité de son appartement privé à l’Elysée, est resté gravé dans les esprits. Il est intéressant de voir comment, même chez les plus jeunes, l’image du Général reste très présente et positive. Il ne faut pas se faire d’illusion, son époque est révolue: le de Gaulle héros national ne reviendra plus tel quel. Mais la figure qu’il incarne dans l’imaginaire collectif reste très présente: un homme passionné par le seul intérêt de son pays, attaché à son indépendance et à sa grandeur et générosité, tout en tenant compte de l’environnement international, qui ne s’accroche pas, prêt à tout plaquer si on ne veut plus de lui, d’une parfaite honnêteté. Même s’il y a là une sorte de paradoxe relative à l’exercice des primaires, par nature contraires à la présidence telle que la concevait le Général, on peut penser que les électeurs ont porté leur suffrage vers François Fillon en percevant en celui-ci, le temps des débats télévisés, une lointaine réminiscence du Général de Gaulle, par exemple quand il a parlé des chrétiens d’orient, de la politique d’indépendance et des réalités sur le plan international. Désormais, le plus difficile pour lui est de ne pas décevoir cette impression…

 

 

 

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Noël otage de la folie des hommes

imagesVoici ma dernière tribune au Figaro Vox consacrée à la célébration de Noël en 2016. J’y dénonçais cette lamentable polémique, devenue rituelle, chaque année à la même époque, autour de la crèche dans certaines mairies. A quel niveau de déchéance intellectuelle et de bêtise faut-il que nous soyons tombés pour que l’image d’une famille, un père, une mère et leur nouveau né dans une étable, puisse rendre malade une poignée d’individus de la France dite « d’en haut »… Cette polémique, à l’heure où les chrétiens sont persécutés dans de nombreuses région du monde est particulièrement insoutenable. Ainsi, nos pensées en ce Noël 2016, vont aux chrétiens persécutés dans le monde, à ceux d’Irak et de Syrie, victime d’un génocide, à ceux d’Alep qui ont tout perdu dans les ruines d’une ville martyre de la folie des hommes.

« Nous allons célébrer Noël au milieu des ruines, c’est un signe important pour les chrétiens d’Alep. Noël c’est la nativité d’une nouvelle espérance. C’est le Seigneur qui nous donne toujours la grâce de vivre » Mgr Tobji, évêque maronite d’Alep.

« Le bruit infernal de la guerre étouffe le Gloria des anges… Cette symphonie de Noël pour la paix cède devant la haine, l’atrocité cruelle et l’indifférence mondiale… Puissent les trois mages apporter les cadeaux dont la Syrie a grand besoin : la paix, le pardon et la compassion. »   Mgr Samir Nassar,  Archevêque Maronite de Damas.

Maxime TANDONNET

 

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Comment M. Fillon peut-il gagner l’élection présidentielle?

000_ig3exVoici ma dernière contribution pour le site Atlantico. Elle concerne les élections françaises de 2017 et la candidature de M. François Fillon. Même s’il apparaît aujourd’hui comme le favori du scrutin présidentiel, sa position est fragile et complexe comme le soulignent de nombreux sondages. Le site d’information me demandait comment, de mon point de vue, il pouvait parvenir à dépasser les inquiétudes que suscite son projet économique et social et dépasser les contradictions qui nuisent à son image dans l’opinion. Les événements de Berlin ne font que me renforcer dans mes convictions: les présidentielles se joueront dans 5 mois avant tout sur le régalien, la sécurité, les frontières. Il faut d’ailleurs s’attendre à de nouvelles tragédies dans les mois qui viennent, en Europe, peut-être en France et à de nouvelles secousses telluriques dans l’opinion. Mais ne jamais perdre de vue qu’un président de la République, sans majorité parlementaire, est privé de quasiment tout moyen d’action. Les législatives, dont nul ne parle et ne paraissent intéresser personne car moins propice au grand spectacle médiatique, de fait, comptent au moins autant que les présidentielles.

Maxime TANDONNET

Dans un sondage Ifop pour Le JDD paru ce dimanche, le programme de François Fillon est jugé inquiétant par 62% des Français et 50% des sympathisants LR. Cette inquiétude est-elle justifiée ?

La France est dans une situation économique et sociale désastreuse avec ses 5,5 millions de chômeurs, ses gigantesques déficits et sa dette publique, le poids de ses prélèvements obligatoires, 47%, en hausse vertigineuse ces dernières années, son phénoménal matraquage fiscal. A côté, l’économie allemande est florissante, en situation de plein emploi, dégageant des excédants considérables. Sur le fond, François Fillon a profondément raison de vouloir rétablir le sérieux dans la gestion du pays et se rapprocher du modèle allemand. Aucun pays au monde ne peut consommer plus qu’il ne produit, sauf à sombrer dans la dépendance.Toutefois, la raison et la rationalité ne font pas toujours bon ménage avec la politique. Les propositions économiques et sociales de François Fillon ne sont pas l’essentiel en soi d’un point de vue politique. Ce qui compte sur le plan politique et ce qui jouera en définitive, c’est la manière dont elles seront perçues. Or, à cet égard, la position de M. Fillon est fragile. Il suffit d’un chiffre, d’une image, d’une sensation, pour provoquer des basculements vertigineux de l’opinion. Pour les oppositions de gauche ou d’extrême droite, il sera aisé de brandir un chiffon rouge et de manipuler l’opinion au point de provoquer un mouvement de rejet. Aujourd’hui, certaines des propositions de François Fillon font peur à une majorité de Français qui n’ont pas voté à la primaire, y compris du côté d’un électorat du secteur privé acquis à la droite modérée. C’est un fait indéniable dont il faut prendre acte. La France est une société malade, fragile, déchirée, profondément traumatisée par la vague d’attentats terroristes, par les scandales politiques, par l’exclusion due au chômage. Le terreau de la révolte et de vertigineuses surprises électorales existe. Ne pas en tenir compte serait une attitude suicidaire.

Par quels moyens François Fillon peut-il parvenir à rassurer ? Renoncer à la radicalité et à la rupture – qui sont ses principales marques de fabrique et qui lui ont permis de remporter la primaire de la droite – ne serait-il pas une stratégie risquée ?

En restant lui-même! En cultivant ce qui a fait sa force pendant la primaire. Le succès de François Fillon n’est pas tellement lié aux détails des propositions de son programme. Celui-ci était connu dès septembre 2015 avec la publication de son livre « Faire ». Or, la réussite de M. Fillon s’est affirmé dans les semaines qui ont précédé les primaires. Elle repose sur une impression forte qu’il a su imposer pendant la « guerre éclair » des primaires, notamment lors des débats télévisés: attachement aux valeurs traditionnelles de la France, à travers son soutien aux chrétiens d’Orient, image de sérieux de son projet économique et social et dans sa vision de la diplomatie, axée sur le dialogue avec la Russie, projet d’Europe des Nations, autorité et sécurité, une apparence de sobriété, de modestie et de probité contrastant avec les exubérances vaniteuses de la classe dirigeante que les Français ne supportent plus. C’est tout cet ensemble, de l’ordre de l’impression, qui explique sa réussite. Il doit donc s’ancrer dans cette image de modération, de capacité d’écoute des Français, d’attachement aux principes nationaux, à la source de son succès. Cela ne signifie en rien qu’il lui faille renoncer aux mesures nécessaires pour le redressement du pays. Toutefois, il ne faut pas qu’il apparaisse dans un rôle autocratique, déterminé à imposer unilatéralement un catalogue précis et détaillé préconçu à l’avance qui donnera prise à toutes les manipulations des oppositions de gauche et d’extrême droite. Sa réussite finale passe par l’explication et la volonté de dialogue avec les Français. La hauteur de la mission présidentielle doit guider sa politique. D’ailleurs, il semble fondamental , au regard des expériences récentes, de sortir de la confusion des rôles. Le chef de l’Etat fixe un cap, protège les Français et prépare le destin du pays. Le programme détaillé et précis du futur quinquennat législatif ne peut procéder, dans une démocratie normale, que d’une majorité parlementaire et d’un futur Premier ministre. Retrouver cette hauteur présidentielle, dans le discours et la pratique, est la clé de la réussite d’un futur chef de l’Etat.

Cette entreprise visant à rassurer les Français et une partie de son électorat sur son programme ne risque-t-elle pas d’être rendue difficile par certains candidats à la présidentielle qui pourraient surenchérir en un front commun sur la casse du modèle social ?

Nous allons vers une période extrêmement difficile pour François Fillon et tous ceux qui le soutiennent. Il sera pris dans le feu croisé de la gauche socialiste et de l’extrême droite. Il va devenir de toute évidence le nouvel épouvantail des milieux politiciens et tous les coups seront permis. Rien ne va lui être épargné. Son projet économique et sociale sera passé au crible de ses deux adversaires. On va évidemment l’accuser de thatchérisme, et dénoncer ses supposées intentions de casser le modèle social. Il va être insulté en permanence, traité de réactionnaire par la gauche et de faux jeton par l’extrême droite. Même sur le plan personnel, il sera inévitablement traîné dans la boue. Il va devenir le point de mire des attaques de l’ensemble des autres candidats. L’avalanche de critiques et d’accusation qu’il risque de subir pourrait ensevelir assez vite le souvenir de sa victoire aux primaires. En somme, son élection en mai 2017, dans un climat où l’opinion est extrêmement volatile et imprévisible, est loin d’être acquise. Sa grande chance est justement le statut de paria qui ne va pas manquer d’être le sien. Sans avoir besoin de s’autoproclamer « anti-système » à l’image de nombreux politiques actuels, il pourrait, à force de devenir le souffre-douleur de la classe politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite, s’attirer la sympathie de l’opinion ce qui serait son meilleur atout en mai 2017.

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Ich bin ein Berliner

2051865_direct-attentat-de-berlin-le-suspect-serait-toujours-en-fuite-web-tete-0211612409856_1000x533Face au massacre du marché de Noël survenu hier soir à Berlin, il n’est pas question de jouer la mouche du coche et d’ajouter mon commentaire à l’avalanche d’explications et d’avis qui déferle. Après Paris en janvier et novembre 2015, Bruxelles, Nice, Berlin est frappé par le terrorisme dans des conditions de lâcheté et de barbarie indescriptible. Bien sûr, « nous sommes tous Berlinois » en ce nouveau jour maudit: Paris, Bruxelles, Nice, Berlin, se confondent dans le martyre, dans la souffrance des victimes, la détresse et le malheur de leurs proches. Nous vivons sans doute le début d’une tragédie qui s’apprête à ensanglanter l’Europe du XXIe siècle. Les dirigeants et les responsables politique du continent n’en ont pas encore pris toute la mesure. Nous attendons en vain une lueur de clairvoyance et de lucidité mais rien de tel ne semble poindre à  l’horizon.

Maxime TANDONNET

(Merci aux éventuels commentaire de bien vouloir respecter la mesure et la prudence qu’appelle une telle tragédie)

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Primaires de gauche

11425115Voici ma réponse à l’interview croisée de ce jour donnée au site Atlantico. Pour ma part, je reste convaincu que ce n’est pas une affaire droite/gauche. Dans l’histoire, et même dans l’actualité, il existe des personnes classées « à gauche » qui ont le sens de l’Etat, des réalités et de l’intérêt général ainsi que l’amour sincère de la France. Là, c’est tout autre chose: un groupe de candidats ultra-médiatisés, qui se disent de gauche et se réclament « des valeurs », mais atrocement imbus d’eux-mêmes, mélangeant, en un cocktail explosif,  l’ivresse du « je », la fuite dans le sectarisme agressif et l’idéologie la plus primitive. Leurs propositions sont sans queue ni tête: tirage au sort de parlementaires, référendum sur le « 49-3 » – dont tout le monde se fout -,  revenu universel de 800 euros par mois en dehors de tout travail dès l’âge de 18 ans – juste ce qu’il faut pour créer une génération de rentiers placés sous la tutelle de l’Etat -,  32 heures de travail hebdomadaire payées 39, etc. Tout pour se différencier et se faire remarquer à n’importe quel prix: juste de quoi anéantir l’économie française. Mais les réponses de Yves Roucaute sont bien meilleures que les miennes. Lui n’y va pas par quatre chemins, mettant en cause la vertigineuse inculture des candidats et leur ego boursouflé. François Fillon n’est certes pas parfait mais soyons conscient que lui-même, associé à une majorité de « Républicains », en 2017, est désormais la seule solution pour échapper au pire, tout au moins à court terme. ll me semble que tous ceux qui aiment la France et veulent lui éviter l’irréparable, tous ceux qui ont l’intelligence de comprendre que la politique n’offre jamais de solution parfaite, au-delà de leurs divergences, ont le devoir de le soutenir.

Maxime TANDONNET

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Eloge de la culture française

sans-titreAu fil de ma lecture de l’œuvre de Friedrich Nietzsche, je tombe dans Ecce Homo, l’un de ses derniers ouvrages avant sa chute, sur un passage que je ne peux m’empêcher de reproduire ici:

« C’est au fond vers un petit nombre de vieux auteurs français que je retourne toujours à nouveau. Je ne crois qu’à la culture française et tout le reste que l’on appelle en Europe « culture » me semble un malentendu, pour ne rien dire de la culture allemande… Les rares cas de haute culture que j’ai trouvés en Allemagne étaient tous d’origine française. Ainsi et surtout en était-il de Mme Cosima Wagner, la voix de beaucoup la mieux autorisée en matière de goûts que j’aie jamais entendue. Si non seulement je lis mais j’aime Pascal […]; si j’ai quelque chose de la fantaisie capricieuse de Montaigne dans l’esprit – et qui sait? – peut-être dans le corps, si mon goût d’artiste défend – et non sans une certaine âpreté – les noms de Molière, de Corneille, de Racine, contre un génie inculte comme Shakespeare. Cela ne m’empêche pas de trouver aussi un très grand charme en la compagnie des tous derniers venus entre les Français. Je ne vois pas dans quel siècle de l’histoire on pourrait réunir, par un plus beau coup de filet, des auteurs si curieux et en même temps si délicats que dans le Paris actuel: je nomme au hasard, car leur nombre est considérable: Paul Bourget, Pierre Loti, Gyp, Meilhac, Anatole France, Jules Lemaitre ou, pour en distinguer un autre, de ceux de la forte race, un vrai latin que j’aime particulièrement, Guy de Maupassant. Je préfère, entre nous soit dit, cette génération même à ses grands maîtres, qui ont tous été corrompu par la philosophie allemande. M. Taine par exemple, qui a été corrompu par Hegel, auquel il doit d’avoir si mal compris de grands hommes et de grandes époques […] Stendhal est un des plus beaux hasards de ma  vie. »

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La chasse au Fillon a commencé

xvm6e05672a-afe0-11e6-8924-aaf6bf1e52eaIl allait s’y attendre. Moins d’un mois après son succès aux primaires le monde politico-médiatique se mobilise contre Fillon. La cible? Ses propositions en matière de sécurité sociale. Tout le monde s’y met: l’ensemble des hebdos, de droite comme de gauche, les grands quotidiens dits « de gauche », le parti socialiste. Et à l’heure qu’il est, peu de voix, peu de soutiens pour le soutenir. C’est la logique du lynchage de masse, de la chasse en meute qui commence. Encore n’est-ce là que le tout début du commencement. Son talon d’Achille, tel qu’identifié par ses chasseurs? Son programme de réforme de la sécurité sociale. Quel sera l’impact de ce début de passage à tabac? Difficile à dire. Il peut se trouver renforcé par ce traitement en paria de la République. Mais il peut aussi chuter. L’opinion publique est versatile, imprévisible. Elle est dominée par les passions, les émotions. La peur, dans un pays malade, fragilisé, frappée par le terrorisme, le chômage massif, la crise migratoire européenne,  peut faire des ravages. Si cette campagne de dénigrement parvient à accrocher, sur un chiffon rouge, un chiffre, elle peut s’embraser comme un incendie. Mon conseil? Il est tout simple: la République, toute la République, rien que la République. Que dit-elle la République? Un principe oublié: le chef de l’Etat ne doit jamais aller dans les détails, en aucun cas. C’est une faute mortelle pour lui que d’aller dans les détails. Il fixe un cap, un objectif. Par exemple: équilibre de la sécurité sociale fin 2018. Ensuite, c’est à la majorité présidentielle et au futur gouvernement de l’atteindre. Le président porte la politique de grandeur internationale, montre l’exemple, protège les Français, fait valoir les grands principes de la France et prépare l’avenir. Si lui et son équipe ne comprennent pas cela dans les mois qui viennent, il faut s’attendre à un semestre de cauchemar et sans certitude de l’emporter en mai 2017. Ensuite s’ouvrirait un abîme pour le pays (voir mon billet précédent).

Maxime TANDONNET

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La triste et inquiétante relève…

imagesLa vie politique française aurait, selon les commentateurs, connu un tournant majeur en cette fin 2016. Le temps de la relève serait venu après l’échec et le retrait de grandes figures  de ces dernières années: Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande. Faut-il s’en réjouir? La nouvelle génération des politiciens nationaux, médiatisés, celle des « quadras » me semble pourtant infiniment pire que l’ancienne. Je parle ici des acteurs médiatisés de la politique spectacle, absolument pas des jeunes députés, maires, élus, qui œuvrent dans la discrétion pour le bien du pays. Sincèrement, je n’arrive pas à savoir qui m’horripile le plus parmi la nouvelle vague médiatisée, celle les abonnés des plateaux de tf1, F2, itv et bfm, supposée prendre la relève, de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses. Je les ressens comme des cerveaux vides, des néants ambulants, des braillards, des caricatures de ce que la vie politique produit de pire dans le monde occidental. Ils sont dans la frime, le culte de l’ego, l’ivresse de soi, la posture narcissique, le vide absolu d’idées, de convictions, le déni radical du bien commun. A la FNAC, j’ai feuilleté le livre de l’un d’eux, le plus à la mode. Pas question pour moi de payer un centime pour acheter le livre d’un politicien médiatique. On fait de la politique pour agir ou animer une réflexion d’alternance, pas pour pondre des faux-livres programmatique. Un livre, c’est quelque chose de sacré, le fruit d’une réflexion personnelle, d’une longue recherche, on n’écrit pas un livre pour être élu. Eh bien je n’y ai trouvé qu’une enfilade de lieux communs et de banalités confondantes.  Les néo-politiciens médiatisés  reproduisent en les caricaturant les défauts de l’ancienne génération: culte narcissique de la personnalité éhonté. Ces M’sieurs/dames passent leur temps « à faire don de leur personne à la France ». Ils paraissent convaincus que leur petite personne est par elle-même de nature à sauver le pays. Sont-ils assez inintelligents pour le penser vraiment?  Ils ne connaissent pas une bribe d’histoire, vivant dans le seul éclair des néons médiatiques. Jeu des « petites phrases », de la provocation, de la polémique stérile, agressivité forcenée comme masque du néant, sectarisme poussé à sa plus extrême imbécillité: « Moi je suis de gauche, moi je suis de gauche! » ou pire, « moi je suis le peuple »; fuite vertigineuse devant la réalité et le sens des responsabilités: proposition de passage au « revenu universel » ou aux « 32 heures ». Juste ce qu’il faut pour tuer en six mois l’économie française.  Ils se sentent magnifiques dans leur posture révolutionnaire mais n’ont derrière eux toute une carrière de lèche-botte, de combines et de trahison. Royaume de la posture prétentieuse et de la démence carriériste. Les voir fonctionner me donne le vertige: vers quelle calamité marchons nous?

Maxime TANDONNET

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La République assassinée

xvm8c617720-bd66-11e6-98b1-8273aa744392Voici ma contribution d’hier au Figaro Vox. Je le vois bien à travers les commentaires qui suivent la contribution qui m’était demandée: cette obsession de ma part envers la question des institutions politiques est largement incomprise. Et pourtant, elle ne cesse de se renforcer chez moi… J’en parle souvent, parce que j’y vois le nœud du problème, le centre névralgique des difficultés de la France. Les institutions sont le cerveau d’une République dont tout le reste de la vie publique dépend. Elles permettent de gouverner, de commander, de donner une direction au pays. La plupart des autres enjeux en dépendent: les conditions de la croissance (fiscalité, prélèvements, droit du travail), la sécurité, l’autorité de la loi, la maîtrise des frontières, l’éducation nationale, la cohésion nationale. Je suis en désaccord avec le raisonnement consistant à dire que les problèmes viennent de l’extérieur: « mondialisation », « capitalisme financier », Union européenne, etc. D’autres pays soumis aux mêmes contraintes s’en sortent beaucoup mieux et il est trop facile d’accuser « les autres ». En outre, la capacité de dire « non » à des sujétions extérieures abusives – que je ne nie pas –  ne saurait provenir que d’une volonté intérieure. De même, il est plus que facile d’accabler les hommes ou femmes au pouvoir, de les traîner dans la boue, les haïr et de leur faire porter le chapeau des désastres, à titre individuel. Penser que le « bien » est à droite et le « mal » à gauche, ou l’inverse, ne règle rien non plus: depuis 4 décennies, tout le monde se plante, tout le monde échoue. Pourquoi le système politique français est-il donc si mauvais, si inefficace, si médiocre? Le présidentialisme irresponsable est, selon moi, à l’origine d’une plongée sinistre du monde politique dans la démence narcissique, détruisant tout ce qui se rapporte à une bonne gouvernance: sens de l’intérêt général, parole et politique tournées vers le bien commun, priorité au destin collectif. Sauf quelques héros de l’histoire, les hommes et les femmes de pouvoir ne sont pas plus intelligents, ni courageux, ni désintéressés que la moyenne. Les institutions devraient servir à compenser cette médiocrité naturelle, presque normale. Or, les nôtres ne font au contraire que l’amplifier. Ce n’est qu’en France que l’on assiste à un tel spectacle: ni en Allemagne, ni en GB, ni en Italie. Moi aussi j’ai envie de pester contre nos neuneux mégalos qui poussent tous les jours comme les champignons, d’extrême gauche à l’extrême droite, de la droite, de la gauche et du centre, gesticulent, disent les pires insanités ou absurdité uniquement pour se faire remarquer des médias. Mais je me dis qu’il y a une cause à cette démence de la France dirigeante, la « France dite d’en haut ». Elle est à chercher dans la dérive des institutions politiques. Le régime politique français actuel, véritable négation de la Ve du Général de Gaulle, mais aussi des bons principes oubliés de la IIIe et de la IVe – responsabilité et sanction des échecs ou des défaillances – me semble favoriser la folie mégalomaniaque de la politique française dont chaque jour offre une nouvelle illustration et nous entraîne dans un gouffre sans fin.

Maxime TANDONNET

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Lors des débats sur les primaires de la droite et du centre, les candidats ont évacué la question des institutions et de la réforme constitutionnelle, en déclarant tous ou presque que la Constitution donnait largement satisfaction. De fait, cette question intéresse peu les Français. Il est plus ou moins acquis dans l’opinion que la faillite d’un système politique est de la seule responsabilité des hommes et femmes chargés de le faire fonctionner et non de la règle du jeu suprême. Erreur monumentale: les institutions servent justement à pallier les carences, les faiblesses et les dérives des personnes. Les hommes d’Etat, réunissant dans leur personne une vision historique, un caractère bien trempé et le désintéressement personnel, ne sont pas légion aujourd’hui. Il faut donc se contenter d’un personnel politique qui, sauf exceptions, ne brille ni par l’intelligence ni par le tempérament. C’est à cela que servent les institutions: corriger, neutraliser, sanctionner les imperfections des hommes.

Tout l’édifice reposait sur un chef de l’Etat souverain, incarnant l’unité nationale et le destin du pays.

Or aujourd’hui, il n’est pas de plus grande hypocrisie que de parler encore de la Ve République du général de Gaulle. Celle-ci est morte, détruite, fracassée, ensevelie. Tout l’édifice reposait sur un chef de l’Etat souverain, incarnant l’unité nationale et le destin du pays, demeurant au-dessus de la mêlée politicienne et des soubresauts de l’actualité, responsable de la politique de grandeur sur le plan international. L’autorité présidentielle repose en principe sur son prestige et la confiance du peuple. Le Général de Gaulle ne concevait pas que le président puisse être impopulaire. Dans l’hypothèse d’un doute sur sa popularité, il lui revenait de présenter la question de confiance, à travers un référendum, et de démissionner en cas d’échec. L’idée même d’un président discrédité, à l’image de la situation actuelle, était inconcevable dans l’esprit de la Ve république. Quant au Premier ministre, il était tout le contraire d’un collaborateur du chef de l’Etat ou d’un concurrent de ce dernier, comme il en est aujourd’hui. L’article 21 de la Constitution fait de lui l’unique chef de gouvernement en charge de la politique économique, sociale, sécuritaire et par conséquent de la communication autour de son action, sous le contrôle de l’Assemblée nationale.

Le Premier ministre est devenu la doublure et le concurrent du président de la République.

Le schéma actuel n’a plus aucun rapport avec cette organisation initiale. Le Chef de l’Etat surmédiatisé incarne désormais le pouvoir politique dans sa globalité, président touche-à-tout, super communiquant et omniprésent, en première ligne sur tous les sujets. Le Premier ministre est sa doublure et son concurrent, tous deux bataillant pour occuper le devant de la scène médiatique, comme d’ailleurs les ministres à un niveau inférieur, obnubilés par leur destin personnel. L’ensemble de la vie gouvernementale se concentrant à l’Elysée, la conquête de la présidence, devient l’obsession de la classe politique. Plus rien ne compte désormais et la vie publique semble emportée dans un tourbillon de narcissisme généralisé au détriment de l’action gouvernementale et du bien commun.

Le quinquennat a banalisé la fonction présidentielle.

Les derniers développements de l’actualité politique ont achevé de détruire les institutions de la Ve république, déjà abîmées par le quinquennat qui a banalisé la fonction présidentielle. Celle-ci fut conçue en 1958 pour réduire le «régime des partis». Mais les partis sont de retour, non à travers le Parlement, mais à travers la présidence de la République dont ils ont fait la conquête en 1981. Le chef de l’Etat est désormais avant tout un chef de parti. La généralisation des primaires comme mode de désignation des candidats à l’élection suprême achève de transformer le président de la République en homme d’un camp contre un autre, d’un parti au sens large, bafouant l’image du chef de l’Etat impartial et protecteur de l’unité nationale.

Le renoncement de François Hollande marque le paroxysme de cette désintégration de la Ve République.

Le renoncement de François Hollande à présenter une seconde candidature, sous la pression de ses amis et (semble-t-il) du Premier ministre marque le paroxysme de cette désintégration de la Ve République. Détrôné, ayant renoncé à la hauteur de sa mission en s’occupant de tout et en communiquant en permanence, il devient de facto le comptable des échecs et des déceptions d’une politique nationale dont seul, en principe, le Premier ministre devrait porter la responsabilité. Les rôles sont inversés: non seulement le Premier ministre ne protège plus le président de la République, mais il revient à ce dernier d’assumer des échecs, par exemple sur l’emploi, qui incombent, selon la Constitution au seul Premier ministre… Au-delà des fautes personnelles, la logique est imparable: le président de la République, réputé tout puissant et responsable de tout, ne dispose d’aucune baguette magique pour régler les problèmes des Français. Il devient le parfait bouc émissaire. Dès lors, en voulant sauver son image, il parle à tort et à travers et ne fait que s’enfoncer jusqu’à l’irréparable.

Parler d’un retour à la IIIe ou à la IVe République pour décrire la faillite actuelle du régime est une aberration.

Parler d’un retour à la IIIe ou à la IVe République pour décrire la faillite actuelle du régime est une aberration. Ces deux Républiques avaient certes le défaut de l’instabilité en certaines périodes. Pourtant elles ont engendré de grands hommes d’Etat, tels Pierre Waldeck Rousseau, George Clemenceau, Raymond Poincaré, Léon Blum, Antoine Pinay, Pierre Mendès-France, Charles de Gaulle (en 1958). Elles avaient l’immense avantage de préserver le lien entre l’exercice du pouvoir et la responsabilité. Tout dirigeant qui échouait ou dérapait dans son comportement se voyait aussitôt sanctionné et remplacé. Elles ont ainsi permis à la France des victoires et des progrès gigantesques. Elles avaient certes de graves imperfections, mais sans commune mesure avec la déchéance radicale d’un régime qui a sombré dans la confusion, l’impuissance, la personnalisation narcissique et que plus rien désormais ne permet d’appeler la Ve République.

Oui, la réforme de la Constitution, pour rendre à la fonction présidentielle sa hauteur, replacer le Premier ministre au cœur de l’action gouvernementale sous le contrôle d’un parlement déterminé à le sanctionner en cas d’échec ou d’écart de comportement, restaurer le principe de responsabilité et de sanction, devrait être la grande priorité de l’heure. Le retour au septennat est une possibilité qui est loin de faire l’unanimité, mais il faudrait au moins clarifier le partage des rôles entre le chef de l’Etat et le chef de Gouvernement, restaurer le principe de responsabilité devant le Parlement de ce dernier et de sanction en cas d’échec de la politique dont il a seul la charge. Sinon, tout recommencera comme avant et les Français ne tarderont pas à s’en rendre compte.

 

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