« C’est effroyable ce qui nous arrive… »

Hier soir, je discutais avec une personne de la plus grande simplicité, sanssans-titre « niveau d’études », profession artisanale, votant plutôt à gauche (je crois), pas raciste ni extrémiste pour un sou. Elle pensait à tout ce mélange d’images qui nous parviennent: celles des centaines de milliers de « migrants » débarquant dans les gares européennes, sur les plages de la Méditerranée, les tunnels d’Eurostar, les terrains vagues, dont personne ne sait ce qu’ils peuvent bien devenir dans une Europe débordée, impuissante; celle, bouleversante, insupportable d’un petit garçon noyé sur une plage turque; celles du triomphe de la barbarie et du chaos au Moyen-Orient, massacres sanguinaires de villageois, supplice des prisonniers de guerre, esclavage sexuel, extermination des minorités chrétienne et Yézidies, une barbarie médiatisée qui gagne comme un cancer. Elle me dit d’un air effaré, l’air d’une dame d’un certain âge qui a vu beaucoup de choses dans sa vie, mais jamais une telle déroute:  « c’est effroyable ce qui nous arrive ».  La parole publique est devenue totalement erratique, incompréhensible, entre les appels moralisateurs à l’accueil inconditionnel, la jubilation intérieure de tous ceux qui se réjouissent du malheur de l’Europe, parce que le maelström en cours satisfait leurs ambitions électoralistes, ou à l’inverse répond à leur rêve secret de destruction de la société bourgeoise, capitaliste, ex-colonialiste  honnie, le désarroi absolu des dirigeants effarés, qui ne savent plus s’il faut rétablir les frontières intérieures européennes ou créer des « campements d’accueil », ou encore faire un tri entre vrais et faux réfugiés pour en accueillir certains et refouler d’autres…

« Renforcer Frontex et créer un corps de garde frontières européens! » proclame un politique de premier rang, ressortant un vieux serpent de mer qui date d’au moins vingt ans. Oui, bien sûr! Bruxelles va recruter  un corps spécial de policiers européens pour les poster tout le long des  100 000 kilomètres de la frontière européenne, ainsi qu’en effectif suffisant, sur chaque île grecque et italienne! Combien en faudra-t-il, à raison d’un garde tous les dix mètres, ce qui semble être un minimum? Une bonne trentaine de millions de fonctionnaires supplémentaires? Et à quoi serviront-ils? A gérer passivement l’accueil des nouveaux venus? La ligne Maginot européenne, il fallait y penser… Le discrédit absolu de la parole publique est la leçon de cet événement. L’esprit de l’Europe, son élan vital, sa volonté politique en est au degré zéro dans un climat de confusion totale.

Il n’existe en vérité qu’un solution pour espérer en sortir: que les gouvernements des grands Etats européens se réunissent autour d’une table, créent une coalition militaire européenne et lancent une opération commune pour prendre le contrôle des zones d’embarquement, puis en finir avec le daesh en entraînant les Etats du Moyen-Orient dans l’objectif de rétablir la paix, la stabilité puis la prospérité. Mais voilà, cette idée, la seule qui peut sauver l’Europe, n’est même pas envisagée tant l’Europe est tétanisée par la peur, l’aveuglement, et les complexes de son passé. Son inaction est le choix, ou le non choix du suicide dans lequel elle entraîne comme un boulet ses Etats et leurs citoyens.  L’Europe (au sens du continent européen) a cessé d’être gouvernée, devenue une plate-forme inerte, sans volonté, sans espoir. « C’est effroyable ce qui nous arrive, hein? » – Oui, Madame… »

Maxime TANDONNET

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« Ce n’est pas la position officielle »

sans-titreMme Lydia Guirous porte parole des Républicains, a dévié de la ligne officielle du parti.  Aussitôt, elle a été recadrée par les gardiens du temple. Pourtant, ce qu’elle a dit n’a rien de scandaleux. Elle a affirmé [ce qu’à mon modeste niveau je répète comme un perroquet depuis un an] que la non-intervention  militaire par des forces terrestre pour mettre fin aux atrocités de daesh, 2200 exécutions de villageois revendiquées, esclavage sexuel, crucifixions de chrétiens, destruction du temple de Palmyre, relevait d’une lâcheté criminelle de l’Europe, du monde occidental et des pays du Moyen-Orient. D’ailleurs – me semble-t-il – pareille attitude ressemble à s’y méprendre à celle des gouvernements français et britanniques qui ont laissé faire sans réagir le réarmement et les premières persécutions de l’Allemagne nazie en 1936 ouvrant ainsi la voie, par cette abstention, à la deuxième guerre mondiale et ses 50 millions de victimes.  Lydia a dit aussi, exactement comme Mme Merkel aujourd’hui, à juste titre, que si la crise des migrants perdurait en Europe, en l’absence justement d’une opération militaire d’envergure contre daesh, elle déboucherait inéluctablement sur le rétablissement de fait des contrôles aux frontières nationales et à la fin de Schengen.  Cette position de bon sens a suscité tout à la fois l’indignation de « son collègue » Républicain qui lui a coupé la parole et les ricanements pervers du parti lepéniste. C’est ainsi qu’on tue le débat, qu’on interdit de réfléchir, qu’on impose la pensée unique et qu’on annihile toute résistance intellectuelle face au chaos qui se répand dans notre pays et en Europe. Mais enfin! En démocratie, un parti politique sert-il à afficher une « ligne » ou à débattre librement pour préparer l’avenir? Je ne connais pas Lydia, mais je la remercie pour sa lucidité et son courage. En voilà une qui sauve vraiment l’honneur. Mais je suis toujours partagé face à ce genre de situation, heureux de voir l’intelligence et la parole qui se délient mais malheureux de constater que la chape de béton retombe aussitôt.

Maxime TANDONNET

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Egypte, une excellente nouvelle

imagesLes bonnes nouvelles sont si rares en ces temps obscurs, qu’elles doivent être relevées. Un gigantesque gisement de gaz de 850 milliards de tonnes vient d’être découvert dans les eaux territoriales de ce pays. Comme beaucoup de Français, j’aime passionnément l’Egypte, pays auquel se rattache les meilleurs souvenirs de ma vie, notamment un grand voyage avec des amis de lycée, à dix-sept ans, juste après mon bac, où j’ai découvert émerveillé les pyramides du Caire, les temples de Louxor et de Karnak, les plages d’Alexandrie… Berceau de la civilisation, noyé dans la pauvreté, la misère, la surpopulation de ses banlieues, l’instabilité politique, cet immense pays privé de ressources naturelles et ses cent millions d’habitants attendait, depuis la chute des islamistes radicaux, un signe d’espoir. Le voilà qui vient d’arriver, avec des perspectives de travail et d’enrichissement qui s’ouvrent à son peuple si cette manne est bien gérée… J’aimerais tellement pouvoir penser et dire: quand l’Egypte s’éveillera, le monde tremblera!

Maxime TANDONNET

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Le déni du réel

sans-titreDans cette dernière contribution à Figaro Vox, j’essaye d’exprimer au mieux un sentiment qui semble largement partagé. La planète est à l’évidence en train de s’embraser: Daesh, islamisme radical, crise migratoire, terrorisme, poudrière africaine, crise chinoise. Notre pays est paralysée par ses tabous, ses blocages, son refus d’entrer dans la modernité. Pendant ce temps, la France dite « d’en haut » médiatique, politique, intellectuelle, fuit le réel à grandes enjambées et s’enferme dans ses obsessions névrotiques, liées en particulier à l’élection présidentielle de 2017. Le chômage qui touche 3,5 à 6 millions de personnes n’intéresse plus personne; la situation des banlieues et zones de non droit non plus; la violence, l’insécurité se sont volatilisées; tout comme l’impératif de maîtrise de l’immigration et d’intégration. La France profonde se sent abandonnée dans un monde qui s’embrase.

Maxime TANDONNET

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L’Europe-puissance ou la mort

images[4]Depuis plus d’un an, l’essor de l’Etat islamique daesh foudroie l’image dominante, depuis les années 1990, d’un monde globalisé, pacifié, uniformisé par les marchés et le triomphe de la démocratie, annoncé par Francis Fukuyama qui prévoyait « des siècles d’ennui avec la fin de l’histoire ». Fruit du chaos irakien et des « printemps arabes », il emporte les frontières du Moyen-Orient, répand une terreur fondée sur la médiatisation d’atrocités emblématiques d’une négation des valeurs du monde occidental: destruction barbare des minorités chrétiennes et Yésidies, massacres de villageois, supplices infligés aux prisonniers de guerre, vieillard décapité, esclavage sexuel des femmes capturées, anéantissement de splendeurs du patrimoine de l’humanité. Face à cette entité politique d’un genre nouveau, la communauté internationale, les plus grandes puissances planétaires, sont tenues en échec, réduites à une vertigineuse impuissance, comme paralysées. L’Europe et la France, à travers le risque d’attentats jihadistes, sont en première ligne de la menace qui pèse désormais sur la paix mondiale dans un contexte de désarroi général.

L’une des conséquences dramatique de cette déstabilisation du Moyen-Orient et du sud de l’Europe, en particulier la Libye devenue une zone de non-droit, est l’afflux sur le continent européen de populations chassées par le chaos. Les Européens sont tétanisés par le spectacle auxquels ils assistent: plus de 300000 arrivées par la Méditerranée en sept mois, qui viennent s’échouer dans des conditions apocalyptiques sur les côtes grecques et italiennes. L’Allemagne, à elle seule, aura accueilli 700 000 demandeurs d’asile en 2015. Rien ne semble pouvoir interrompre ce mouvement de populations, issu de la déstabilisation d’une partie de la planète, qui ne cesse de s’amplifier et de gagner.

Face à un chaos qui la menace dans sa chair, il est temps de repenser l’Europe. Celle-ci ne peut plus en rester à sa logique bureaucratique, axée sur les normes, directives, règlements et sanctions. Elle doit au contraire se constituer en puissance politique. L’Europe, première puissance économique du monde par l’addition des forces de ses Etats, ne peut plus demeurer un nain politique. Son avenir, sa survie, dépend de sa capacité à s’unir pour peser sur son environnement. Les dirigeants des cinq ou six plus grands Etats européens ainsi que les autres pays volontaires, doivent se constituer en état-major commun, former une coalition et prendre leurs responsabilités. L’urgence absolue est d’engager une intervention militaire collective, européenne, afin de restaurer la sécurité dans les zones de non-droit stratégiques pour la maîtrise du flux migratoire, notamment les côtes libyennes et frapper les passeurs esclavagistes, responsables de milliers de morts. Seule la puissance européenne, au sens de l’union de ses Etats, est en mesure de donner un exemple de volonté de combattre le chaos, avant d’entraîner à ses côtés une coalition plus large pour combattre l’Etat islamique daesh et ramener la paix et la stabilité dans une région dont dépend son avenir. Mais l’Europe, première puissance mondiale potentielle, rongée par ses complexes, est-elle en mesure de surmonter sa mauvaise conscience historique issue de la colonisation? Si elle n’y parvient pas dans les années à venir, son destin est scellé, tout comme celui de ses pays. 

Maxime TANDONNET

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Migrations, le retour des extrêmes

images (2)Le 25 août sur itv, Mme Cosse, secrétaire générale du parti écologiste déclarait au sujet de l’immigration: « Nous sommes un pays extrêmement riche qui a des capacités d’accueil extrêmement fortes. Donnons le message que nous accueillons tout le monde et que nous pouvons leur donner des droits« . Il est facile d’imaginer le scénario. Deux milliards d’hommes vivent dans la misère, avec moins de deux dollars par jour: proclamer les frontières ouvertes, l’accueil automatique de la France avec des droits assurés (logement, école, santé, etc.) reviendrait à plonger en six mois le pays dans le chaos le plus absolu. Mais à l’inverse, lors d’un discours prononcé dimanche, Mme le Pen promet « d’arrêter l’immigration légale et l’immigration clandestine. » Si les mots ont un sens, arrêter veut dire mettre fin, appliquer le principe d’immigration zéro. Une déclaration de ce genre ne coûte pas cher. Dans les années 1990, Bernard Tapie voulait « interdire le chômage« . Mais dans les faits, en termes de mesures concrètes, qu’est-ce que cela signifie? Construire un mur avec des fils barbelés tout au long de la frontière entre Vintimille et Lille (comme cela se fait dans beaucoup d’endroits du monde) et suspendre la circulation intra européenne? Interdire les mariages mixtes de Français avec des étrangers? Fermer tout accès du système universitaire français à des étudiants étrangers, même brillants? Suspendre toute délivrance de visas de court séjour (qui produisent inévitablement de l’immigration illégale)? S’interdire tout recours à des compétences et talents dont la France peut avoir besoin pour sa recherche et son économie? Dénoncer la convention de Genève sur le droit d’asile et refouler les réfugiés authentiques? Supprimer tout contrôle des juridictions sur les reconduites à la frontière et les expulsions? Par ailleurs, selon la même candidate « tout a été fait sous Nicolas Sarkozy et François Hollande pour que la vague de l’immigration grossisse et déferle à pleine vitesse sur notre pays. » En réalité, la France et l’Europe sont confrontées à un enjeu d’une complexité inouïe. Un travail important a été accompli pendant sept ans sous Nicolas Sarkozy pour améliorer la maîtrise de l’immigration: notamment grâce aux grandes lois de 2006 et 2007 sur le regroupement familial et la loi de 2011 facilitant les reconduites à la frontière. Des accords ont été signés avec une vingtaine de pays d’origine pour faciliter la circulation et lutter contre l’immigration illégale. Il est en effet impératif d’améliorer la maîtrise de l’immigration afin d’éviter les phénomènes d’exclusion, de ghettoïsation, de désintégration sociale et de repli identitaire. Il est en revanche trompeur d’essayer de laisser croire aux Français que « l’arrêt » de l’immigration est une chose concevable et souhaitable dans le monde moderne. L’ouverture radicale  comme la fermeture totale sont deux mythes de la même nature: démagogique. « Je regarde, je lis, j’écoute, et je trouve que l’on se moque du monde à l’excès. On s’en moque à droite. On s’en moque à gauche. On s’en moque partout. » (André Tardieu, La note de la semaine, 1936, Flammarion).

Maxime TANDONNET

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M. Macron et l’honneur de la politique

imagesIl est rare, de nos jours, qu’une parole politique soit forte, audacieuse et courageuse. Dans le contexte du politiquement correct, toute expression divergente expose son auteur à la haine, la diffamation et l’insulte. Emmanuel Macron, ministre de l’Economie d’un gouvernement socialiste, vient de briser un tabou en fustigeant publiquement les 35 heures et en réclamant la suppression, que nul n’a eu le courage d’accomplir, de ce boulet qui plombe l’économie française depuis 15 ans. L’homme politique a dit la vérité, une vérité d’évidence, pour tout être censé. Il a donc provoqué une levée de bouclier hystérique de la part des idéologues du parti. C’est un gars bien M. Macron, nettement supérieur sur le plan intellectuel et humain à la moyenne politicarde. Il pense au bien de son pays, à l’intérêt général et non à fanfaronner ni à pavoiser. Il n’est pas sectaire, pas idéologue. Il veut servir et non se servir. Il n’a pas pris la grosse tête des autres.  Il n’est pas dans la mégalomanie, ni dans l’esbroufe ni dans la démagogie. Bien sûr, il n’a pas réalisé des miracles, mais il travaille, il fait de son mieux, il bosse. En voilà un qui sauve l’honneur de la classe politique nationale et je suis heureux de pouvoir le dire.

Maxime TANDONNET

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Les prétendus « anti-système »

imagesDans cette interview donnée avant-hier au site Atlantico, en binôme avec Mme Chantal Delsol, je faisais le point sur « l’ère du vide » dans la politique française. La majorité et l’opposition disent aujourd’hui à peu près la même chose sur tous les sujets (économie, immigration, sécurité, Europe, nation, etc), comme hypnotisées par le politiquement correct et la quête du recentrage jugé indispensable pour conquérir ou conserver les attributs du pouvoir. La politique consiste davantage à communiquer, paraître, se pavaner, faire semblant, manipuler l’opinion, dans une déferlante de narcissisme et de carriérisme, qu’à gouverner le pays pour le bien commun. Mais les prétendus « antisystèmes », pour ne pas dire les « extrêmes », offrent-ils une alternative? Non. Ils se présentent, plus encore que les autres, comme la quintessence de la fuite devant le réel, la manipulation et la course à la démagogie. Ils appliquent fondamentalement les mêmes méthodes, axées sur le « culte de la personnalité », les polémiques, le sectarisme hargneux. Ils font, pire que les autres, encore plus l’impasse totale  sur les réformes douloureuses dont la France, à l’image de ses partenaires européens, a un besoin urgent et impérieux pour relancer la croissance, la compétitivité, l’emploi: réduire de manière draconienne les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires, les impôts sur le travail et les charges sociales, supprimer les entraves à la liberté d’entreprise, les rigidités du contrat de travail et des horaires, diminuer considérablement le poids des trois fonctions publiques, bref, libérer et encourager les énergies. Ils prônent, dans une optique d’isolement et de facilité, un retour au protectionnisme et aux dévaluations, remèdes qui ont toujours été pires que le mal (années 1981-1983). Ils aboient sur l’immigration, les uns pour exiger l’arrêt total, les autres pour réclamer une ouverture sans limite. Mais ils n’ont pas la moindre esquisse d’idée concrète, opérationnelle, réaliste sur ces sujets. Sur la sécurité, l’ordre public, l’autorité, l’Education nationale, ils brillent par un néant radical. Ils n’offrent aucune perspective, ne rêvent, exactement comme les autres, que d’accéder au trône pour pavoiser et placer leurs pions. Produit négatif des lâchetés et renoncements de la classe politique dans son ensemble, leur triomphe est aussi éphémère et artificiel qu’une bulle de haine poussée par le vent médiatique. Un jour, comme le suggère Mme Delsol dans cette même interview, la France, l’Europe connaîtront un choc dramatique. La glaciation politique, cette incapacité absolue à réagir, à choisir, à décider, à exister en un mot, contraste avec un monde, un environnement en pleine ébullition, chargé de haine, de violence et de danger. L’orage, produit  de ce choc thermique, gronde au lointain, se rapproche et s’apprête sans doute à éclater. De ce traumatisme – qui sait? – pourrait naître une prise de conscience générale, un renouveau de l’air du temps, de l’esprit public, de la politique au sens noble du terme, le gouvernement de la cité… Qui sait?

Maxime TANDONNET

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Encore un effort M. Alain Juppé!

imagesHier soir, M. Alain Juppé, candidat déclaré aux élections présidentielles de 2017, passait au Vingt Heures de TF1. Il avait incontestablement une allure présidentielle: calme, prestance, autorité. Disons le d’emblée: la critique à son endroit portant sur son âge, 70 ans, n’est pas recevable. Clemenceau avait 77 ans quand il a sauvé la France, de Gaulle 69 ans lors de sa première élection, et 76 lors de sa seconde. Reagan, 70 ans quand il fut élu président des Etats-Unis. La mission de chef de l’Etat, par nature, devrait s’apparenter plus à celle d’un sage, guide de la France, qu’à celle d’un lapin médiatique bondissant et vibrionnant au quotidien. Et bien sûr que la France lui sera profondément reconnaissante s’il lui permet de réussir l’alternance dans un contexte biaisé (billet précédent). En revanche, le fond, il faut bien le dire, était décevant. Que proposait-il comme mesure emblématique de ce qu’il qualifie de « mère des réformes », l’Education: augmenter de 10% le salaires des instituteurs. Et alors, pourquoi pas le million d’enseignants, y compris les professeurs des collèges et lycées, confrontés à des situations parfois extrêmement difficiles? Et les policiers dans les quartiers, qui subissent de plein fouet la violence? Les pompiers qui risquent leur vie? Les infirmières et aides-soignants, dont le métier est si harassant? Les fonctionnaires de guichet en préfecture qui se font insulter tous les jours? Et les millions de salariés du secteur privé, qui rament comme des malades avec le risque permanent de perdre leur emploi? Bref, M. Alain Juppé, vous pouvez être élu, comme M. Chirac en 1995, sur une promesse d’augmentation des salaires de 10% qui, dans le contexte actuel, entraînerait aussitôt une fulgurante nouvelle vague de chômage. A moins que vous ne renonciez à l’appliquer, comme M. Chirac en 1995. Mais après, que ferez-vous de votre quinquennat? Et en 2022,  imaginez-vous la situation que vous laisserez? Cher M. Alain Juppé, excellent maire de Bordeaux, permettez-moi de vous le rappeler: l’objectif suprême n’est pas la conquête de l’Elysée. La seule chose qui compte, c’est l’avenir de la France.

Maxime TANDONNET

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L’arnaque présidentielle

588945Voici un sondage qui n’a, contrairement aux apparences trompeuses, rien de rassurant. En effet, la France éprouve aujourd’hui un profond, un gigantesque besoin d’alternance. Si tout se passait comme dans une démocratie normale -Allemagne, Italie, Grande-Bretagne, Espagne, etc. – avec des élections législatives (les députés) au cœur de la vie démocratique, le sort de 2017 serait clair et net et l’alternance quasi certaine à travers une victoire historique presque assurée du camp républicain, reflet de la volonté de changement du pays. Or, les présidentielles faussent tout, débouchent sur la possibilité, sinon la vraisemblance, d’un résultat absurde et contraire au vœu des Français. Au vu du sondage ci-dessus,  la probabilité d’un second tour Valls (voire Hollande) opposé à le Pen reste très forte aboutissant alors au maintien pour cinq ans supplémentaire du camp socialiste, bien que minoritaire et rejeté par l’opinion. La logique présidentialiste prend les Français pour des crétins: ils votent pour une image personnelle, médiatique, une illusion incarnée, avant  de se prononcer en faveur d’un projet, d’un programme, d’un choix de société. Cette image personnelle doit nécessairement tendre vers la démagogie et la facilité pour s’imposer, donc le refus de l’effort et la course aux promesses. Les politiciens médiatisés adorent ce système qui nourrit leur narcissisme et leur vanité jusqu’à l’ivresse. Pourtant, il tue la démocratie, le respect des citoyens, le jeu de l’alternance. Il favorise la communication à outrance, les jeux de posture, la frime et le Grand-Guignol politicien au détriment des enjeux de fond. On me répondra: il en est ainsi aux Etats-Unis. Faux: l’Amérique est dans une situation profondément différente, avec un Congrès puissant qui n’est pas soumis à l’exécutif, un système fédéral qui garantit les compétences de chaque Etat de la fédération.  La France ne peut pas être gouvernée avec ce système absurde, fondé sur l’image personnelle, qui est antinomique avec la notion même de gouvernement de la cité et de bien commun. C’est pourquoi elle s’enfonce de plus en plus, de décennie en décennie, ne réalise pas les réformes indispensables, décroche des autres grandes démocraties européennes. Le présidentialisme français est pure trahison de l’esprit de la Ve République qui distinguait clairement l’élection présidentielle (choix d’un guide et d’un arbitre) et les législatives (porteuse d’un projet politique). Bien conscient de prêcher dans le désert,  je n’espère même plus convaincre, mais je le dis quand même au nom du devoir de vérité.DSC01257

Maxime TANDONNET

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Nouvelle déclaration des droits et devoirs

imagesCAO54UQILa société française a connu d’immenses et profonds bouleversements au cours des dernières décennies. Ces transformations radicales ont produit de nouvelles attentes des citoyens que le système politique ne parvient pas à satisfaire. Les principes constitutionnels sur lesquels repose la société sont anciens: déclaration de 1789, préambule de 1946, principes fondamentaux de la IIIe République. Ils restent valables mais doivent être actualisés et renouvelés en profondeur. D’où l’idée d’une nouvelle déclaration des droits et des devoirs, qui serait intégrée à la Constitution et deviendrait un nouveau socle de notre vie collective. Son contenu, tel qu’il est proposé ci-dessous, est une esquisse de proposition destinée à ouvrir un débat.

 NOUVELLE DECLARATION DES DROITS ET DEVOIRS DU CITOYEN ET DU RESPONSABLE PUBLIC

Article 1er: L’argent public issu de l’impôt ou de tout autre prélèvement obligatoire est sacré. Toute dépense supplémentaire de l’Etat ou d’une collectivité territoriale ou établissement public doit être justifiée par une nécessité absolue et impérieuse liée à l’intérêt général et faire l’objet d’une motivation circonstanciée.

Article 2: Tout comportement d’un élu national ou local ou d’un agent public, fonctionnaire de l’Etat des collectivités territoriales ou d’un établissement public, manifestement motivé par des considérations autres que l’intérêt général, en particulier la prise en compte de motivations personnelles ou relationnelles dans un acte public ou un choix impliquant une dépense d’argent public, est sanctionné d’une déchéance du mandat, de la fonction ou d’un licenciement.

Article 3: Tout recrutement, toute promotion, toute nomination dans une administration d’Etat, collectivité publique, organisme bénéficiant de financements publics – y compris parti politique – lié à des considérations à l’évidence autres que le mérite et la compétence, c’est-à-dire de nature personnelle, relationnelle, ou familiale, doit être considérée comme nul et expose son auteur aux sanctions prévues à l’article précédent.

Article 4: La mission de représentation du citoyen ne saurait être motivée par aucune autre considération que celle de l’intérêt général. Aucun mandat électif n’est reconductible plus de deux fois consécutivement. Le mandat de président de la République n’est pas renouvelable. La loi définit les plafonds de rémunération et indemnités s’attachant à tout mandat électoral ou fonction politique, strictement proportionnels aux sujetions impliquées et en référence aux indices de la fonction publique. Tout dépassement de ces plafonds entraîne la mise en oeuvre des sanctions prévues à l’article 2.

Article 5: En dehors des cas de force majeure que sont le handicap ou la maladie, toute subvention ou versement d’une aide sur fonds publics en faveur d’une personne doit être compensée par un service d’intérêt général ou une contribution à la vie de la collectivité correspondant strictement à la valeur du montant versé. En contrepartie, la société est tenue de proposer une activité utile à la collectivité et rémunérée, à toute personne durablement privée d’emploi qui ne peut refuser cette proposition sauf à perdre les aides de la collectivité.

Article 6: La qualité de Français implique le devoir de défendre les principes et les valeurs de la Nation, tels qu’ils sont inscrits dans la Constitution et les lois, de se porter au secours de toute personne menacée ou victime d’agression, et enfin, le cas échéant, de se prêter à toute requisition de l’autorité publique ou mesure de mobilisation civique ou militaire face à une menace pour la sécurité et l’intégrité de la Nation.

Article 7: La Nation est indivisible et en vertu de l’égalité des droits ainsi que du principe de laïcité, ne tolère aucune forme de communautarisme ou de revendication à caractère identitaire, religieux ou ethnique, dans la vie publique et toute institution bénéficiant d’un financement public.

Article 8: La liberté d’expression et d’information est un principe fondamental, qui s’applique sans aucune restriction à la critique des idées politiques, philosophiques ou religieuses, sous réserve de la seule diffamation et de l’insulte envers les personnes, ou d’un appel explicite à la violence ou à la haine envers un groupe.

Article 9: Tout organisme de communication, média ou presse, bénéficiant de financement publics est tenu au devoir d’impartialité qui implique un strict équilibre dans l’expression des divers courants politiques, proportionnel à leur représentation au Parlement, et un principe d’objectivité et de neutralité dans le traitement des sujets de société.

Article 10: La sécurité des personnes et des biens, le droit d’aller et venir librement en toute sûreté partout sur le territoire français, est un principe fondamental de la République. L’Etat a pour premier devoir d’assurer leur respect.

Article 11: La présente déclaration a valeur constitutionnelle et s’impose sur tout autre texte de nature juridique comme principe fondamental du peuple français.

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Ne vous faites pas avoir!

DSC01209La rentrée commence en fanfare. Ce lundi matin pluvieux, avant-goût amer de novembre, il n’est question à la radio que du président Hollande et son agenda bousculé: remise de la légion d’honneur aux héros du Thalys, rencontre avec Mme Merkel sur la Grèce, menaces sur le pacte de responsabilité, engagements à baisser les impôts en 2016, etc… Avec Sarkozy, ce serait la même chose, mais en sens exactement inverse, les médias ne parleraient que de l’affaire du Thalys comme signe de l’échec de sa politique anti-terroriste – 1000 experts attitrés seraient invités sur toutes les chaînes pour commenter cet échec –  de la croissance en berne, de la montée du chômage, de la dette, etc. Pourquoi une telle plongée dans le « culte de la personnalité », positif ou négatif, à travers l’institution présidentielle, une personnalisation des choses digne de la plus primitive des dictatures bananières? Sur ce plan, nous ne valons guère mieux que la Corée du Nord de Kim images (1)Jong-Il. Il faut y voir le signe de l’affaissement intellectuel de l’essentiel des élites médiatiques, privées de sens critique, de vision en perspective, et s’accrochant de bonne foi à la moindre illusion, à l’éphémère, aux apparences ou reflet un peu clinquant. Mais c’est aussi et surtout la marque de la crise du pouvoir. Face au drame du chômage massif (depuis quarante ans), du déclin économique, à l’afflux des migrants, au danger terroriste, à l’insécurité, aux massacres en cours à deux pas de l’Europe, les dirigeants politiques ne montrent rien d’autre qu’une vertigineuse impuissance, incapacité foncière à agir. Il n’existe pas de solution miracle: sortir de l’Union européenne comme le proposent les extrémistes ne résoudrait strictement rien. Le problème est beaucoup plus profond, lié à un phénomène culturel. Il tient (je pense) à l’individualisme forcené de notre époque,  au refus du collectif, à l’angoisse de la responsabilité, bref à l’effacement du sens de la décision et du gouvernement se traduisant par la fuite dans la communication. La sublimation d’un personnage, son hyper médiatisation, l’ultra-narcissisme présidentiel, ne sert pas à autre chose qu’à compenser le vide de l’autorité et du politique, l’impuissance et la négation du pouvoir. Cette situation n’est sans doute pas éternelle. Un événement terrible, une cassure radicale, historique, viendra y mettre fin. De droite, de gauche, du centre, ou prétendus tels, peu importe: au moins, rester lucide, ne pas se faire avoir…

[Un grand merci amical à d’éventuels repreneurs de ce billet de ne pas en détourner le sens par une illustration ou un titre: il ne vise en aucun cas l’actuel chef de l’Etat en particulier mais une pente générale de la vie publique et médiatique française, bien au-delà de l’échéance 2017]

 

Maxime TANDONNET

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Thalys: honneur à trois héros

6761405Nous savons que des heures sombres attendent la France, l’Europe, dans les années qui viennent, dans la perspective d’une guerre qui  fait rage contre le fanatisme islamiste au Moyen-Orient et en Afrique et que nos ennemis portent sur le territoire européen. Pour ne pas le voir, il faut être plongé dans l’aveuglement ou l’esprit de trahison. Les classes dirigeantes, les institutions et les Etats européens, les élites politiques ou médiatiques en règle générale, sont tétanisés par l’idéologie, la tentation du déni ou de la récupération. L’espérance dans ce genre de circonstances tragiques, vient souvent des héros anonymes, prêts à donner leur vie. « Jamais tant d’homme n’ont dû autant à si peu d’hommes » disait Churchill. Aurais-je fait la même chose se demande-t-on? Deux Ricains, des Marines et un Anglais – cela ne vous rappelle rien? –  viennent de sauver des dizaines de vies de femmes et d’enfants peut-être, dans le Thalys en exposant la leur. Je ne sais pas vous, mais moi, ce genre de geste me redonne l’espérance malgré les jours effroyables qui s’annoncent. Merci à eux. Ils ont sauvé des vies, mais aussi l’honneur. NB: un Français, apprend-on, se trouvait aussi parmi les hommes qui ont maîtrisé le tueur, merci à lui.

Maxime TANDONNET

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Dans la France en trêve

DSC01257Voici quelques photos de nos vacances dans le Sud-Ouest. Moment de paix et de repos familial en pleine torpeur de l’été. Les politiciens médiatiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche, tentent à n’importe quel prix d’attirer notre attention par des moyens parfois un peu ridicules ou pitoyables, dans la perspective des prochaines élections. Mais rien n’y fait. Dans la France profonde où nous sommes plongés avec délice, personne ne parle ni ne pense à la politique politicienne. Tous les sujets viennent à l’esprit, sauf celui-là. La France est unie et en paix dans le bonheur éphémère d’un été ensoleillé qui lui fait oublier un instant son inquiétude du  lendemain. Devant le spectacle d’un pont de lumière sur l’océan comme une invitation à l’infini, de la Dordogne ou de Rocamadour, qui incarnent si bien la France éternelle, comment ne pas éprouver un sentiment de force et de confiance? DSC01283

Avec mes remerciements et mes pensées les plus amicales.

Maxime

 

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Le 15 août des chrétiens d’orient

téléchargement (1)En ce 15 août 2015, nous n’avons qu’une seule pensée et elle s’adresse à nos frères les chrétiens d’orient persécutés et victime d’un atroce génocide qui se déroule dans l’indifférence générale et la passivité de la communauté internationale. Le silence du recueillement vaut parfois mieux que les longs discours. Leurs bourreaux rejoignent les pires barbares de l’histoire de l’humanité mais l’histoire se souviendra aussi de la complicité passive et lâche des occidentaux qui ont laissé faire sans réagir, ou à peine, le massacre et l’éradication des chrétiens d’une région où ils se trouvaient depuis deux millénaires.images (4)

Maxime TANDONNET

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Le retour du haut Moyen-âge

sans-titreIl est important d’essayer de raisonner sur de longues périodes, à l’horizon de plusieurs décennies, prendre de la hauteur et s’élever au-dessus de l’actualité et des séquences électorales, sans la prétention d’être savant. Nous vivons une période qui tend vers un nouveau monde ayant toutes les apparences du Haut Moyen-âge. L’avenir, tel que nous le percevons, comporte de nombreuses analogies avec le temps des Mérovingiens, les descendants de Clovis: émiettement de l’autorité politique, morcellement de la société – autour des villages et des seigneuries –  affaiblissement de l’Etat et des frontières, chaos des valeurs, déclin vertigineux de la culture, violence quotidienne, règne des peurs et des superstitions. Suis-je pessimiste? Non, je ne fais qu’observer et en tirer les enseignements d’une impression de désordre, d’une Europe qui se fragmente à vue d’œil en communautés hostiles dans la plus absolue confusion. Les Etats ne contrôlent pas grand chose et les gouvernements ne savent plus, ne veulent plus ni décider ni gouverner. Chacun peut toujours gesticuler comme un diablotin et proclamer « il n’y a pas de fatalité!  » mais nous sommes probablement sur une tendance lourde, celle d’une Europe qui ne croit plus en rien, surtout pas en elle-même, une Europe suicidaire, sans autres horizons que la honte d’elle-même et de son passé, face à un monde en pleine ébullition. Un hypothétique renouveau ne peut être qu’une œuvre de très longue haleine, un mouvement des valeurs et des croyances, une prise de conscience,  l’émergences d’élites dirigeantes nouvelles, en harmonie avec la société, un retour à la confiance et à la volonté d’exister, l’invention d’une Europe nouvelle.

Maxime TANDONNET

 

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Tel Aviv sur Seine, la polémique invraisemblable

XVM233ca76c-401a-11e5-b4c1-223e6de779d9Voici mon article concernant Tel Aviv sur Seine, que m’a demandé hier le Figaro Vox. Pour tout dire, je trouve la polémique invraisemblable. Il est dramatique que l’organisation d’une manifestation entre Tel Aviv et Paris donne lieu à une telle levée de bouclier. Nous sommes dans une logique de coopération d’Etat à Etat, de ville à ville, et le glissement dans l’affrontement des passions n’a pas lieu d’être. Cela montre un durcissement et un morcellement de la société française qui est une véritable tragédie. Mon article est sage et modéré, rejetant toute haine d’où qu’elle vienne et rappelant que l’espèce humaine est une et que toutes les vies humaines ont la même valeur. A lire les commentaires, il suscite pourtant des réactions qui donnent parfois le vertige… A noter aussi le grand silence courageux de la classe politique, fidèle à elle-même, sur ce sujet gravissime.

Maxime TANDONNET

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République ou Monarchie?

imagesK0URELDFAilleurs en Europe, de ce que je vois ou entends dire, la vie politique ne donne pas ce sentiment de Vaudeville, d’impuissance  et de prétention tournant au ridicule, qui se dégage de la situation en France. En Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, par exemple, la vie publique fonctionne, tourne plus ou moins bien mais avance, des décisions sont prises, des choix parfois douloureux accomplis, un gouvernement existe. Les citoyens n’éprouvent pas cette sensation d’une fuite des dirigeants dans l’imposture de la communication à outrance, les polémiques, les manipulations, postures, mises en scène dans la seule perspective de la préservation ou de la conquête des postes.

La France souffrirait-elle de n’avoir pas choisi entre République et Monarchie?

La République idéale confie le pouvoir aux citoyens. Elle a été définie dans la Constitution de 1793, restée lettre-morte. Ce texte, rédigé par les Girondins, mérite d’être relu. Il rejette la personnalisation ou l’accaparement durable du pouvoir. Celui-ci est impersonnel au sens où il n’existe pas de détenteur nominatif permanent de l’autorité (une exception est possible en période de crise). Le seul souverain est le peuple.  Toutes les décisions importantes sont prises par référendum populaire. Des assemblées de citoyens dans les quartiers effectuent les choix locaux. Les députés sont élus pour un an renouvelable, donc sous le contrôle étroit des citoyens. Le pouvoir exécutif est responsable devant les citoyens qui peuvent destituer les ministres par une pétition. « La France n’a jamais eu qu’une bonne Constitution, celle de 1793, qui malheureusement n’a jamais été appliquée » a pu dire un professeur de droit public. Utopique? Sans doute en partie, mais l’esprit de ce texte est intéressant.

La Monarchie constitutionnelle est aussi une possibilité. Après tout, nous sommes un pays européen et plusieurs grandes nations européennes de tradition démocratique sont des monarchies: le Royaume-Uni, l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique… Ce n’est pas un régime honteux dès lors que la réalité du pouvoir au quotidien incombe à une assemblée élue au suffrage universel et un Premier ministre responsable devant elle. Une famille incarne la continuité nationale. Un souverain héréditaire est placé au sommet de l’Etat, même s’il n’est pas en charge de l’exercice du pouvoir au quotidien, sa mission étant avant tout symbolique. Cette formule à l’avantage d’éviter le basculement de la vie publique dans la frénésie mégalomaniaque: la place au sommet est déjà occupée, quoi qu’il arrive et elle n’est donc plus à prendre…

La France a un système hybride, ni République, ni monarchie. Elle n’est pas une République, au sens de la Constitution de 1793, dans la mesure où sa vie publique échappe aux citoyens et à la recherche du bien commun pour devenir l’otage des calculs carriéristes et narcissiques d’une poignée d’individus qui l’ont ainsi confisquée. Mais elle n’est pas non plus une monarchie car ces personnages sont en concurrence permanente, ce qui vaut au pays une surenchère dans la démagogie et l’imposture. En outre, faute d’un roi incontesté – qu’il soit le peuple souverain ou le monarque héréditaire – des roitelets ou postulants roitelets, médiocres sur le plan humain comme intellectuel, sont animés avant tout par une vanité aveugle, et non par des sentiments d’honneur et de dévouement au bien commun.

L’ère du Général de Gaulle a permis de masquer ces contradictions pendant une décennie. Lui bénéficiait d’une légitimité historique, issue du 18 juin 1940, lui conférant un statut particulier de personnage de l’histoire, comme il en vient un tous les deux siècles. Mais lui une fois parti, ce système bancal ne pouvait que sombrer dans le chaos et la comédie grotesque qui devient un monstrueux boulet pour notre pays.

Maxime TANDONNET

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L’horreur politicienne

images (3)Voici, ci-jointe, mon interview donnée ce week-end au Figaro-Vox. Dans cet entretien, je dénonce l’horreur politicienne. D’une part la perte du sens, l’abandon de l’intérêt général, du débat d’idées, de la notion de bien commun et d’Etat. D’autre part le triomphe de la personnalisation des choses, jusqu’à la démence, d’un narcissisme névrotique, des polémiques, postures, mises en scène, petites histoires  individuelles ou familiales, minables et salaces, culte du moi banalisé, l’inflation mégalomaniaque, l’obsession de la conquête ou de la préservation des « fromages » c’est à dire des fonctions, mandats et de tous les privilèges qui s’y attachent, notamment de vanité. J’exagère? Oh non! A voir la situation aux Etats-Unis, je me dis que ce n’est pas beaucoup mieux. Vont-ils nous refiler du Clinton ou du Bush? On n’ose pas imaginer. La combinaison de la société ultra-médiatisée et du présidentialisme, à la française voire à l’Américaine, conduit-elle à une grande dérive de la vie politique vers la frime, la comédie permanente du pouvoir, la manipulation de masse? Une nation peut-elle vivre sans politique, avec des acteurs ivres d’eux-mêmes en lieu et place de responsables, le culte des apparences, des émotions et des illusions à la place de l’action, de la décision, du gouvernement? Telles sont les questions que le monde politique, qui profite de la situation présente (tout inclus, y compris les extrêmes), est incapable de se poser ou se refuse absolument de poser. La reconquête de la politique je crois, par un retour à la simplicité populaire, l’anonymat, la modestie, la discrétion, le collectif, une sorte de dé-médiatisation et dépersonnalisation des choses, une redécouverte du sens de la politique qui est la vie de la cité, non un culte étrange voué à une poignée de pitres médiatisés, vaniteux et médiocres. Un chef, les chefs, sont au service des autres, le temps bref qu’ils ont besoin d’eux,  et non de leur trace dans l’histoire. Ils se reconnaissent au fait qu’ils décident, choisissent, gouvernent, agissent sur les réalités et non qu’ils fanfaronnent. La première étape d’une solution n’est pas une Sixième république, mais plutôt un retour à l’esprit et à la lettre de la Cinquième, qui est une excellente Constitution, aujourd’hui bafouée, triturée, déformée, torturée, en un mot trahie. Il suffit de la lire, articles 5, 11, 20 et 21, etc.  pour comprendre l’ampleur du dévoiement. Bien sûr, les institutions, ce n’est pas tout. Mais c’est un début, à travers l’exemplarité.

Maxime TANDONNET

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Foutez-lui la paix!

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)La polémique de l’été sur les vacances de M. Sarkozy et de sa femme marque une nouvelle étape dans la dégradation de l’esprit du temps. Le monde médiatique se déchaîne sur le coût des vacances familiale en Corse de l’ex-président. Cette dénonciation porte sur le choix de ses vacances privées, familiales, financées bien entendu sur  ses deniers personnels. Nous ne sommes plus dans la querelle de nature politicienne liée à l’usage de fonds publics. Non, nous sommes dans une pure logique d’inquisition. Des vacances à xxx euros par semaine: Et alors? n’est-ce pas son problème? N’est-ce pas son affaire? Le couple Sarkozy, comme tout un chacun, a le droit d’utiliser son argent comme il l’entend, cela ne regarde personne. Combien coûtent les vacances des autres personnalités politiques, des hommes d’affaires du pays, de ses sportifs, des gens du monde médiatique et du spectacle? Se payer une voiture, une moto, un bateau, un voyage, des travaux pour sa maison, ou une semaine de vacance, et alors, et alors? Faudra-t-il un jour rendre public, dans un grand fichier accessible à tous sur Internet, le coût des vacances de tout un chacun? Cette attaque relative au budget des vacances personnelles de l’ancien chef de l’Etat fait froid dans le dos… Bien sûr, l’objectif est de l’affaiblir par tous les moyens possibles et imaginables dans la perspective de 2017. Mais quand même, à travers cet exemple,  un cran supplémentaire a été franchi dans la marche vers un ordre transparent, niant le droit au jardin secret individuel, à la vie privée, fondement même de nos sociétés libérales. De fâcheux précédents historiques reviennent en mémoire. Il y a dans ce réflexe, comme un goût sulfureux d’inquisition, de négation du secret de la vie privée, de dénonciation et de délation. L’idée même de liberté individuelle, dans ce cas symbolique, est comme bafouée, ignorée, foulée au pied. Tout ceci dégage un air de  surveillance jalouse, entre « garde rouge », espionnite totalitaire, ou l’oeil de big brother. Nous ne savons pas jusqu’où cela peut aller mais  nous y allons tout droit…

Maxime TANDONNET

 

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Les Européens face au chaos migratoire

272AB10B00000578-3020411-The_new_migrant_camp_pictured_in_the_Les_Dunes_area_of_Calais_ha-a-29_1427840233706« L’histoire nous enseigne que les migrations améliorent le sort de ceux qui s’exilent mais aussi font avancer l’humanité toute entière ». Cette phrase de Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU prononcée en 2004 devant le parlement européen, exprime l’idéologie dominante, issue notamment de la mauvaise conscience coloniale de l’Europe, qui imprègne en profondeur la pensée de ses classes dirigeantes, ses élites médiatiques, politiques, intellectuelles .

Or, un sondage vient de révéler que l’immigration était aujourd’hui, désormais, la première préoccupation des Européens: 38%, bien loin devant les questions économiques (Eurobaromètre, juillet 2015) . Ce n’est pas la venue régulière en Europe de personnes du monde entier, désireuses d’y travailler en respectant ses lois et d’y élever leurs enfants, disposant d’un logement et d’un emploi, qui suscite cette réaction, ni l’asile offert aux authentiques victimes de persécutions. Non, ce que rejettent les Européens, c’est le chaos migratoire, le sentiment largement partagé de l’impuissance tragique des autorités politiques – nationales comme européennes – face à des arrivées non maîtrisées de migrants qui forcent le passage par tous les moyens dans une Europe qui compte 20 millions de chômeurs et confrontée à des difficultés gigantesques, sociales, financières, politique.

L’Europe « d’en haut », politique comme intellectuelle, est dans l’impossibilité absolue de penser, de concevoir, d’essayer de comprendre ce malaise populaire. Pour elle, il est le fruit d’un obscurantisme, que reflète l’usage du mot méprisant « populiste« , d’une vue de l’esprit puisque le phénomène migratoire, par définition, se confond avec le bien. Elle réagit exactement comme un apparatchik du Soviet suprême, dans les années 1950, auquel on aurait voulu expliquer que le « socialisme scientifique » n’est pas forcément l’avenir radieux de l’humanité.

Que peut-il sortir de ce gouffre entre l’Europe d’en haut et l’Europe des peuples?

– Scénario 1 – le pourrissement: tout continue comme si de rien n’était, sur la ligne actuelle, en essayant d’enfouir les problème et de détourner l’attention des peuples et de traiter leurs inquiétudes par le mépris. Peu à peu, à la faveur d’un chaos qui se répand, aux frontières comme dans les zones urbaines, nous assistons à un retour des nationalismes en Europe, une montée des tensions entre les Etats (France/Italie, France/Royaume-Uni); la défiance envers les politiques se généralise, s’exacerbe, les partis nationalistes, venus parfois de l’antisémitisme et du racisme, poursuivent leur vertigineuse ascension partout. Sur une vingtaine d’années, peut-être moins, on peut envisager l’arrivée de régimes autoritaires sur le continent, sinon de dictatures, un rejet viscéral de toute forme de solidarité européenne, des phénomènes de repli autarcique et une résurgence des haines nationalistes de la pire espèce.

Scénario 2 – la prise de conscience: les autorités politiques nationales et européennes réalisent enfin le danger auquel elles exposent le continent européen. Elles s’affranchissent des dogmes, des idéologies, de l’ordre moral qui conditionnent leur comportement sur ces sujets depuis plusieurs décennies. Un principe simple doit dès lors effectivement prévaloir: l’Europe est certes un continent ouvert et hospitalier, en fonction de ses capacités d’accueil, mais personne ne peut entretenir le moindre espoir d’y entrer ou d’y rester illégalement, c’est-à-dire en dehors du respect de son droit et de ses lois (communautaires et nationales). En contrepartie de cette clarification, l’Europe entreprend un gigantesque effort d’aide au développement des pays sources de l’immigration.

Hélas, l’aveuglement obtus qui prévaut aujourd’hui, la terreur du qu’en dira-t-on aussi, qui paralyse les élites politiques et intellectuelles, dans un climat de lâcheté et de narcissisme généralisé,  me font plutôt pencher vers la première alternative mais comme souvent, je peux me tromper et je l’espère sincèrement…

Maxime TANDONNET

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Le vertige de l’avenir

téléchargementLa trêve estivale de juillet-août se prête au recul et à la hauteur face aux événements. Pourtant, l’avenir est une chose que l’on n’a pas forcément envie de voir, avec son cortège d’incertitude est d’angoisse.  « Ni la mort ni le soleil ne se peuvent regarder en face » écrit François Mauriac (Mémoires intérieurs). J’y ajouterais volontiers « l’avenir ». Le dernier rapport de l’ONU sur l’avenir de la population mondiale est ainsi passé inaperçu en France. Pourtant, sa lecture donne le vertige. En 2100, la terre sera peuplée de 11,2 milliards d’habitants contre 7 aujourd’hui. La seule population de l’Afrique va quadrupler, atteignant 4,2 milliards et faisant de ce continent le plus peuplé de la planète. L’Inde sera la première puissance démographique devant la Chine avec 1,5 milliard d’habitants. Le Nigéria dépassera les Etats-Unis et à lui seul, comptera plus d’habitants que l’Europe toute entière qui perdra d’ici là 14% de sa population. Le bouleversement en cours soulève des interrogations gigantesques: l’Afrique dans ces conditions peut-elle relever le défi incommensurable de son développement économique et social? Et sinon, que devient-elle? Que reste-t-il en tout cas de notre pauvre Europe et de ses peuples en 2100? Quelles sont les issues planétaires sur le plan de la pollution et de l’environnement? Des matières premières et de l’énergie? De l’alimentation et des ressources en eau potable? Dans cette poudrière, quelle place doit avoir le monde occidental et comment concevoir son unité, son leadership face aux défis gigantesques des décennies qui viennent?Parfois, je me dis que le maelström de l’actualité quotidienne, les polémiques, les passions et les querelles du quotidien ne sont guère que des leurres pour nous détourner des vraies questions qui touchent au futur de l’humanité. Celles que nous n’avons pas envie de voir ni d’entendre…

Maxime TANDONNET

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La chance historique que l’opposition ne saura pas saisir

téléchargement (2)La crise du parti créé par Jean-Marie le Pen devrait, logiquement, ouvrir un boulevard à l’opposition modérée. Ce parti n’existe que sur une gigantesque tartufferie, bâti sur une faille qui ne cesse de se creuser. Ses dirigeants actuels doivent tout à un personnage qui a construit le parti, l’a développé pendant 30 ans sur la base de violentes provocations verbales qui sont le socle de son histoire, de son identité, de sa réussite médiatique. En reprenant le parti, qui est le fruit de cette politique, ils valident nécessairement, logiquement, reprennent à leur compte tout ce qui en a fait le « succès ». Un héritier récupère le patrimoine, mais aussi les dettes. Dès lors, reprendre le parti tout en essayant de tuer son créateur est une attitude qui ajoute à l’abject des paroles passées, l’abject du cynisme présent. Rien dans la mémoire politique récente du pays n’est aussi sordide que cette sombre histoire de famille et de tentative de parricide, autour d’un vieux sanglier blessé qui se débat encerclé par ses bourreaux et qu’on ne parvient pas à achever. En principe, le parti lepéniste devrait être considérablement affaibli voire disparaître dans les mois à venir. Mais il faudrait pour cela une condition: que l’opposition modérée soit moins lâche et moins idiote qu’elle ne l’est aujourd’hui et se pose enfin les vraies questions: pourquoi 88% des Français pensent que « les politiques ne s’intéressent pas à ce que pensent les gens comme nous? » Pourquoi « 37% éprouvent de la méfiance envers la politique et 31% du dégoût »? (CEVIPOF février 2015). Quelles transformations profondes du pays sont indispensables dans les domaines qui le tourmentent, sur la crise de l’emploi, ses angoisses identitaires, ses préoccupations sur l’immigration, l’Europe, la Nation, la sécurité? Quels bouleversements sont nécessaires pour permettre à une majorité, un gouvernement, de faire des choix, de gouverner plutôt que de fuir le réel à travers des coups de communication et de postures? Comment mettre fin au sentiment du carriérisme et de l’ivresse mégalomaniaque que donne la classe politique aujourd’hui? Voilà les grandes questions que l’opposition modérée devrait se poser pour tenter de sortir le pays de sa morosité et profiter de la bouffée d’oxygène que donne au pays la crise du parti créé par Jean-Marie Le Pen.  Mais je crains sincèrement que la lâcheté et la bêtise ne les étouffent, au point de ne même pas pouvoir envisager cette remise en cause, pourtant vitale.

Maxime TANDONNET

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« Ma trace dans l’histoire »

19975403-empreinte-animale-dans-le-sol«Ce qui doit compter pour moi, c’est la trace que je laisserai. Il faut du temps pour la voir, la deviner, la dessiner». Lire, entendre une phrase de ce genre me fait mal, me déchire le coeur pour mon pays, la France. Nous avons un beau pays, avec ses villes, sa capitale, ses montagnes, ses mers, ses campagnes, son génie littéraire et technologique, son histoire passionnante, un peuple dans l’ensemble courageux et travailleur, n’en déplaise aux caricatures, et des jeunes dans leur majorité, qui veulent s’en sortir, créer, inventer, innover, voyager. Et puis, des élites dirigeantes, politiciennes –  la France visible, médiatique – malades de narcissisme, de prétention, de nombrilisme, qui gâchent tout, pourrissent tout. Vouloir laisser une trace dans l’histoire: la quintessence de la mégalomanie. Dans un demi siècle, il ne restera rien de vous, cher Monsieur, sinon, comme tout le monde, un squelette dans un cercueil ou un peu de cendre (cela prend moins de téléchargement (2)place paraît-il) et peut-être, ce n’est même pas sûr, votre nom dans un vague manuel de classe de première, tout juste cité, sans commentaire, au côté de celui de vos prédécesseurs et successeurs. Qui se souvient de Faure, Loubet, Fallière, Deschanel? Pas plus, vous n’aurez pas plus, je vous en donne ma parole. Vous avez été désigné au sommet de la pyramide pour vous consacrer pendant une poignée d’années au bien commun, et non à la trace « que vous laisserez » , une trace dont l’Histoire se foutra comme de sa première chemise. Vous comme les autres d’ailleurs. Car ils sont tous comme cela, de la pire extrême droite à la pire extrême gauche en passant par tous les centres droit et gauche: de véritables nombrils ambulants, de grands malades psychiatriques, névrosés d’eux-mêmes. Voyez machin, jeune quadra prétendant au trône suprême, comme il a l’air malin, celui-là aussi, bac +18 comme dirait l’autre, avec son air de dindon satisfait. Produits de la dérive présidentialiste à la française, ce mélange nauséeux d’impuissance minable  et de mégalomanie grotesque – une des pires catastrophes politique de notre époque – et de la société médiatique ultra-narcissique. Il n’est pas de pire fanatisme que le fanatisme du je, fanatisme du nombril, au sommet de l’aveuglement et de la bêtise ambiante.  Votre trace dans l’histoire, cher Monsieur? Un grand, prodigieux éclat de rire!images (1)

Maxime TANDONNET

(Merci à d’éventuels repreneurs de ce texte de ne pas expliciter par des noms ou illustration l’identité des personnes concernées).

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Un atroce génocide ignoré

n_people_ssConnaissez-vous l’endroit le plus perdu, le plus ignoré, le plus reculé, le plus oublié, de la planète? Moi, oui, j’y suis allé à l’âge de 25 ans… C’est le Sud Soudan, autour de Juba, une zone couverte de brousse, de jungle et de montagnes, quelque part au finfond de l’Afrique orientale, au carrefour du Soudan, de l’Ethiopie, de l’Ouganda, du Kenya, de la RDC. Composée d’une mosaïque de tribus,  sa population est anglophone, chrétienne et animiste. Les réserves de pétrole y sont gigantesques…  Un épouvantable génocide y sévit en ce moment, où des femmes et des enfants subissent les pires atrocités que l’imagination puisse concevoir. Cependant, la tuerie se développe dans la plus parfaite indifférence de la société internationale et de ses médias. La radio, la télévision, l’essentiel de la presse française remuent ciel et terre pour un adolescent blessé à Argenteuil par un « flash ball » le 14 juillet, mais gardent un silence terrifiant devant un massacre de masse, des milliers de personnes torturées à mort, d’une violence et d’une cruauté inouïes. Pourquoi? Je n’en sais rien… En principe, nous vivons dans un monde globalisé, qui se caractérise par la circulation en temps réel des images, des idées et des émotions et des sentiments. Notre époque est, normalement, ultrasensible à la vision de la souffrance et du sang. Elle est dominée par une sensibilité humanitaire à fleur de peau. Pourquoi le Sud Soudan, ne suscite donc qu’un vague mépris et une absence de compassion aussi flagrante? Où sont donc passées les grandes voix humanistes, les bonnes consciences professionnelles et autres défenseurs attitrés des droits de l’homme et du devoir d’ingérence? Tout se passe comme si cette souffrance africaine, ce réglement de compte entre Nuers et Dinka, ne disait rien à la mauvaise conscience historique occidentale. D’où cet aveuglement honteux, criminel. Le génocide du Sud-Soudan veut-il dire que les bons sentiments humanitaires, qui règnent sans partage sur le monde occidental, sont artificiels et sélectifs, comme si tous les hommes ne se valaient pas devant la souffrance et la mort?

Maxime TANDONNET

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Chronique de la vie quotidienne

téléchargementOn croit tout avoir vu, mais on est encore loin du compte. L’équipe de France de volley-ball est, paraît-il, championne du monde, ou quelque chose de ce genre après avoir gagné au Brésil. Bien sûr, les médias nationaux s’en gargarisent. « La France qui gagne ». Mais voilà, il y a quelque jour, la star de l’équipe de France de volley ball a gentiment demandé, sur le quai de la gare, à un contrôleur de la SNCF, tout simplement, de bloquer le départ d’un TGV pour attendre son copain qui était en retard… Peu importe, évidemment, la nuisance pour des milliers de gens et les perturbations engendrées pour le trafic. Et si tout le monde faisait pareil,  et si chacun d’entre nous se donnait la possibilité d’interrompre le départ d’un train, le décollage d’un avion, pour attendre un copain en retard? Que resterait-il des transports en commun dans ce pays? Mais non, là, ce n’est pas pareil: une star, c’est une star, quelqu’un au dessus des lois et du commun des mortels! Et comme l’employé de la SNCF refusait d’obtempérer, notre star nationale, une grande brute de deux mètres, pan, lui a décoché un coup de poing et crevé l’arcade sourcilière. Quoi de plus normal? Quoi de plus exemplaire pour les jeunes en quête de modèle? La loi de la jungle, la loi du plus fort, du plus grand, du plus musclé, la loi de la violence. Cette anecdote mérite d’être relevée: produit d’une société débile, qui inverse les valeurs et divinise, porte au pinacle, idolâtre de grandes brutes écervelées, les nouveaux maîtres du monde, au crâne plein d’air, comme le ballon sur lequel elles frappent.

Maxime TANDONNET

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La misère politique croissante

images (3)Est-ce une vue de l’esprit ou le constat lucide d’un phénomène bien réel? Merci de me détromper si je suis dans l’erreur… Jamais je n’ai éprouvé aussi fortement, en ce mois de juillet 2015, l’impression d’une plongée de la vie publique française dans l’absurde, le néant et la manipulation sans vergogne. J’en ai identifié treize symptômes qui me paraissent flagrants.

– La négation radicale des sujets de préoccupation des citoyens dont plus personne ne parle: le chômage massif, la désindustrialisation, l’exclusion des jeunes, la crise de l’Education nationale et de l’université, l’insécurité, le communautarisme.

– L’asservissement quasi généralisé du monde médiatique (radio, télévision, une partie de la presse écrite), du matin au soir, à la propagande quotidienne du pouvoir en place.

–  La personnalisation à outrance de la vie politique, accaparée jusqu’à l’obsession par les facéties, coups de com’, flambées narcissiques d’une poignée de figures médiatisées.

-Un détournement généralisé, banalisé, de l’intérêt public – en principe la raison d’être de la vie politique – au profit des intérêts personnalisés d’une caste politique qui ne s’intéresse plus qu’à la conservation et la conquête des mandats, fonctions, privilèges. La course à la présidentielle de 2017 en est la quintessence.

-Un nouvel ordre idéologique et moral: sur tous les sujets, il n’existe plus qu’une et une seule approche tolérable, socialement acceptable, et celui qui s’en éloigne est satanisé (sur l’immigration ou l’euro par exemple).

-Un manichéisme débilitant: droite et gauche présentées comme des ennemis irréductibles, engagés dans une guerre mortelle, un sectarisme haineux qui n’est pas autre chose que le cache misère de la mort des débats de société.

-La technique de la table rase dont se nourrit la vie politique: tout doit s’oublier, le passé vichyste d’untel, les paroles ignobles d’un autre, les fautes monstrueuses, les échecs lamentables, les bilans désastreux…  D’où le sabotage de l’enseignement de l’histoire.

-Le goût du lynchage public, la quête permanente du bouc émissaire médiatique, sur lequel convergent toutes les haines, toutes les fureurs, toutes les frustrations, la personne que l’on jette par terre pour la rouer de coups de pieds (M. Buisson par ex).

-L’ivresse de l’anecdote, de la petite polémique minable présentée comme événement  (apparition de la petite culotte d’une actrice au festival de Cannes).

-la dictature de l’émotion au détriment de la raison: le monde politique et médiatique ne cesse de jouer sur l’émotion collective pour déclencher autour d’elle de vastes mouvements d’adhésion et de consensus parfaitement artificiel et provisoires (« l’esprit du 11 janvier »).

– L’occultation à peu près complète des grands enjeux planétaires par lesquels se joue l’avenir des futures générations, l’essor de l’Asie, la démographie africaine, la poussée de violence fanatique au maghreb et en Afrique, l’enjeu pétrolier, le déclin du monde occidental… Cela au profit d’une vision strictement franchouillarde de l’actualité.

-Le mépris de la « vile multitude », du peuple, de la populace mal pensante, du populisme en somme, d’où la contradiction fondamentale entre des sociétés qui s’affichent démocratiques (pouvoir du peuple) et méprisent souverainement le peuple.

-L’anti élitisme, la crainte du savoir, de l’intelligence, de la culture, qui permettent de disposer d’outils de résistance face à une tendance à la médiocrité. D’où la politique de nivellement par le bas, la guerre menée aux enseignements des humanités, aux grandes écoles, et la volonté assumée de noyer l’université dans la masse.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Jean Lacouture

images (1)Jean Lacouture, je le connaissais un tout petit peu: cousin germain de ma grand mère paternelle, il m’était parfois arrivé de croiser son chemin lors de manifestations familiales bordelaises ou parisiennes. L’image que j’ai de lui, comme intellectuel, est contrastée. Ses biographies sur Mauriac, Mendès-France, Blum, de Gaulle, pour m’en tenir à celles que j’ai lues, sont riches, bien documentées, fruit d’un abondant travail de recherche sur archives et d’entretiens. L’homme était extrêmement simple, accessible, gentil, ouvert, attentionné, profondément humain et d’un esprit de famille irréprochable. Cependant, à mon grand regret, parlant d’un membre même éloigné de ma famille, je ne saurais être totalement dithyrambique à son égard. Le côté « homme de gauche » revendiqué ne le grandit pas à mes yeux … Il a fait partie, à une certaine époque, de ces maîtres penseurs médiatiques ès-bonne conscience et donneurs de leçons. Son étiquette « de gauche », bien entendu, lui a ouvert toutes les portes, des gloires politiques, des radios, de la presse et des émissions de télévision. Mon cousin, il faut quand même le dire, en homme de gauche, s’est pourtant gravement trompé, tressant les lauriers de l’évacuation de Phnom Penh par les Khmers rouges, qualifiée « d’audacieuse transfusion de peuple » (Nouvel Observateur le 28 avril 1975), alors que cet évènement marque le début de l’un des massacres les plus sanglants de l’histoire de l’humanité, celui de deux millions de Cambodgiens. Quelques années plus tard, son mea culpa signe la fin d’une époque d’aveuglement : « Pour le Vietnam, je plaide coupable. Je m’accuse d’avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime Nord vietnamien » (Valeurs Actuelles, 13 novembre 1978) Grâce lui en soit rendue: il s’est comporté là en grand honnête homme et en homme d’honneur: reconnaître ses torts, à la suite d’une faute comme celle-ci, est une pratique tellement démodée… Moi, ce que je crois profondément, la leçon que j’en tire, c’est qu’un véritable intellectuel devrait éviter de se prétendre de droite ou de gauche, notions qui impliquent par définition un présupposé sectaire ou idéologique et conduisent à une impasse. C’est très Français, de se dire « intellectuel engagé », de gauche. Cela n’évite pas de se fourvoyer dans des points de vue qui apparaissent, avec le recul de l’histoire, pour le moins malheureux…  (je n’en dirais pas plus, à propos d’un membre de ma famille).  Un intellectuel, un écrivain, me semble-t-il, devrait avoir pour ultime ambition le service de la vérité, des faits, de la réalité des faits, dans une optique aussi objective et impartiale que possible, s’adressant à tout un chacun et pas à un camp contre un autre, ce qui est sous-jacent au clivage droite\gauche. Il n’a pas, au contraire d’une personnalités politique, en tant qu’intellectuel, à se dire de droite ou de gauche. Il vaudrait mieux pour lui renoncer au délice, à la volupté de se prétendre de gauche, c’est-à-dire, pour résumer, du camp du « bien ». Sinon, ce qu’il gagne en lauriers, en gloriole médiatique, en promotion de ses livres – il le perd en crédibilité et en liberté jugement…

Maxime TANDONNET

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L’Amérique attaquée (dans l’indifférence)

images (3)Le traitement médiatique de l’actualité est effarant. Quatre soldats américains ont été tués hier dans le Tennessee. Le fait est considérable. Non, ce n’est pas en Afghanistan ni en Irak que ces faits se sont produits, mais sur le sol américain. L’Armée américaine est frappée sur le territoire des Etats-Unis, même si les motivations de l’assassin ne sont pas officiellement connue ou revendiquée. Nous ne sommes pas dans le fait divers anecdotiques mais sans doute dans l’événement de portée géostratégique qui souligne la fragilité face à la nouvelle menace terroriste de la première puissance du monde et de ses alliés. Ce matin, les médias français sont plus ou moins indifférents à cette tragédie. Il est question des vacances, de séjours linguistiques ratés, de remise de diplômes dans les cités,  de la canicule, encore un peu de la Grèce (interview de mme Lagarde). Quant au séisme qui vient de se produire aux Etats-Unis, quelques mots seulement pour affirmer que l’Amérique est stupéfaite par l’identité du tueur, un Américain, au « profil parfaitement banal ». Mais ce séisme, l’armée américaine frappée sur le sol américain, ne semble intéresser personne en France. Une indifférence révélatrice du pire dans la mentalité française actuelle: franchouillardisme (c’est loin l’Amérique!); anti américanisme primaire; politique de l’autruche (ne rien voir et ne rien entendre); cécité volontaire sur un sujet qui dérange les consciences; et l’aveuglement maladif, caractéristique fondamentale des élites sur tous les sujets, en attendant le pire, comme d’habitude.

Maxime TANDONNET

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Les Quatre-vingt deux

panorama2Hier soir, au Sénat et à l’Assemblée nationale, Quatre-vingt deux parlementaires, de toutes tendances, se sont opposés à l’accord de l’eurogroupe sur la Grèce, dont quarante Républicains (Guaino, Mariani, Mariton, Myard, Alex Poniatowski, Aubert, Larrivé, etc.) Ce geste, dans l’aveuglement général, fait chaud au coeur. L’atteinte à la souveraineté et à la dignité de la Grèce, de son peuple, avec la complicité idiote de ses propres dirigeants, est sans aucun précédent depuis la fin du communisme en Europe en 1990. Elle ouvre sans doute une nouvelle ère de banalisation dans la négation du droit des peuples européens et de la démocratie. Elle donne lieu à une situation absurde consistant à imposer aux autres, en toute bonne conscience, des mesures qui seraient qualifiées de monstrueuses appliquées à soi-même (la retraite à 67 ans). Elle favorise l’aggravation de la fracture entre les élites européennes et les peuples, donc une violente poussée à venir des extrémismes de droite comme de gauche. La punition et la répression collective d’une Nation exangue, humiliée, au bout de la nuit, est non seulement illégitime au regard des valeurs de l’Europe mais illégale devant les traités européens eux-mêmes, et bien entendu vouée à l’échec, rapidement, comme tous les coups de force. Plongés dans l’actualité, imprégnés d’un environnement, nous nous ne percevons pas toujours sur le moment ce qu’un événement a de tragique et de scandaleux. Seul le recul de l’histoire mettra en lumière les lâchetés, l’aveuglement, l’instinct grégaire qui pousse l’Eurogroupe, sous la domination de l’Allemagne nouvelle,  dans une fuite en avant suicidaire contre un peuple affaibli, contre l’Europe et ses peuples.  L’histoire nous apprendra aussi qu’il s’est trouvé, un 15 juillet 2015, Quatre-vingt deux parlementaires, de tous les partis, pour refuser la honte, l’asservissement, et défendre l’Europe, l’Europe des libertés et du respect des peuples. Un renouveau peut-il sortir de ces Quatre-vingt deux? Nous n’osons l’espérer, mais qui sait?

Maxime TANDONNET

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Un sinistre ultimatum

téléchargementL’accord de l’eurogroupe, dimanche 12 juillet, décidé à l’unanimité des 19 pays de la zone euro impose à la Grèce des réformes financières, économiques et sociales extrêmement profondes, sinon radicales. Ces exigences correspondent à un chantier titanesque, visant à transformer la société grecque: voire le lien ci-joint. Ce catalogue n’est à l’honneur de personne. Il démontre que l’Union européenne n’a pas fait son travail. En principe un pays n’est admis dans l’Union et a fortiori dans la zone monétaire, qu’après avoir rempli un certains nombres de critères de convergence, qui donnent lieu à un minutieux examen de passage. Manifestement, la Grèce est à mille lieues de satisfaire à ces normes. Les experts se sont misérablement trompés depuis le début. Cette liste de réformes imposées, qui enterre toute idée de respect des souverainetés et de l’indépendance, ouvrant un précédent susceptible de s’appliquer à d’autres pays, n’est pas seulement technique. Elle semble, dans sa présentation même, destiné à humilier et à rabaisser la nation grecque. Elle est rédigée comme un véritable ultimatum, enfermé dans des délais irréalistes, sinon absurdes: faire adopter par le Parlement le 15 juillet, c’est-à-dire demain, de projets de loi d’ampleur colossale… Et le reste avant le 22 juillet… Sans doute faut-il y voir, dans cette volonté d’humilier, des représailles directes à l’issue du référendum grec. Comment rabaisser davantage une nation, un peuple qu’à travers un ultimatum de ce genre? Les questions économiques et financières s’effacent devant la passion de dominer et d’asservir. L’histoire ne se répète jamais à l’identique, dans un monde en transformation permanente, mais elle connaît d’étranges bégaiements qui soulignent la constance des comportements humains. Le 23 juillet 1914, l’Empire d’Autriche-Hongrie, appuyé par l’Empire de Guillaume II, adressait un ultimatum vengeur à la Serbie à la suite de l’attentat de Sarajevo, assorti d’un délai de 24 heures pour répondre, qui devait embraser l’Europe. Il est évident que ce nième plan dit de sauvetage de la Grèce ne résoudra strictement rien, dans un pays exsangue, ruiné, désindustrialisé, sans ressources. La seule solution pour la Grèce est de sortir de l’euro et de recouvrer une autonomie monétaire et financière. Tout le monde le sait. Mais l’idée même d’écorner une sorte de dogme idéologique, la monnaie unique, cache-misère de l’impuissance européenne sur tous les grands dossiers du moment (terrorisme, Irak/Syrie, emploi, immigration…) terrifie ce petit monde qui ne veut pas en entendre parler. Le comportement de l’eurogroupe, sous la domination de la superpuissance allemande, viole l’article 4 du traité sur l’Union européenne: « 2. L’Union respecte l’égalité des États membres devant les traités ainsi que leur identité nationale, inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles, y compris en ce qui concerne l’autonomie locale et régionale. Les dirigeants grecs, après avoir joué les fiers à bras, se vautrent eux-mêmes dans un asservissement indigne. Le choix qui a été fait – de maintenir la Grèce dans l’euro en dépit de l’évidence – conduit à plus ou moins long terme à une catastrophe européenne: un retour des rapports de forces entre dominants et dominés et le vertigineux réveil des rancoeurs et des nationalismes haineux et vulgaires que l’on croyait éteints pour toujours. Et voici, à jamais trahi, foulé au pied, ridiculisé le bel idéal européen des Pères fondateurs : celui d’une « union toujours plus étroite entre ses peuples. »

Maxime TANDONNET

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L’erreur historique

imagesIl est des périodes où tout le monde se fourvoie, se trompe de A à Z, les gouvernements, les classes dirigeantes, les relais d’influence, la presse, les partis, les associations. En 1914, on pensait que la guerre serait « courte ». Dans les années 1920, on croyait qu’il suffisait de proclamer la guerre « hors la loi » (pacte Briand Kellog) pour assurer la paix… En 1950, on imaginait que le communisme soviétique était l’avenir du monde. De même, la pensée dominante est en ce moment dans l’erreur. Qu’entend-on dans tous les discours, la presse (exemple de la une de l’Express) et sur les ondes radio et télévision? Une sortie de la Grèce de l’euro marquerait la fin de l’euro, donc l’effondrement de l’Europe, le risque d’un retour des nationalismes et peut-être même de la guerre en Europe (sic). Ce raisonnement, aujourd’hui unique justification pour le maintien de la Grèce dans l’euro, ne tient pas la route:

– L’euro n’est en aucun cas le « ciment » de l’Europe. Le Royaume-Uni, la Pologne, la Suède, la Rounanie, la Bulgarie ne sont pas dans l’euro et font partie du même ensemble politique européen. L’unification de l’Europe remonte à la fin des années 1950, soit quatre décennies avant l’euro. Le ciment de l’Europe est avant tout formé des sentiments profonds que se portent les peuples, l’amitié entre leurs dirigeants, la conscience d’une destin commun et la volonté d’oeuvrer conjointement à ce destin. A cet égard, comment ne pas voir que l’Europe des années 1970 et 1980, à Six, voire à Douze pays, sans l’euro, étaient infiniment plus soudée et solide que le grand corps malade et conflictuel qu’elle est devenue?

-Une monnaie unique n’est pas un facteur de paix et de solidarité. On peut se haïr, se massacrer en partageant la même monnaie. Cela n’a rien à voir. On ne voit pas en quoi une monnaie en commun peut éviter les haines et les passions criminelles quand elles s’éveillent. Les pays de l’ex-Yougoslavie disposaient de la même monnaie avant de se déchirer dans une guerre sanglante. D’ailleurs, les guerres civiles qui caractérisent les guerres modernes et leurs atrocités sans nom, se produisent à l’intérieur d’un même ensemble politique et monétaire.

-Penser que « l’Europe avance » parce qu’elle produit des montagnes de directives, de règlements et de jurisprudence est une vue de l’esprit. L’image que donne aujourd’hui l’Europe, à ses peuples comme aux autres nations, est dramatique et sans précédent dans l’histoire moderne de notre continent. L’ultimatum de l’Eurogroupe lancé à la Grèce, ne peut qu’engendrer une réaction de dignité nationale offensée. Il est contraire aux fondements des traités européens qui respectent l’égalité entre les Etats. Il rappelle les pires moments de l’histoire européenne. Quant au vent de haine qui secoue la Grèce contre les Allemands, renvoyant au souvenir de 1941, il est tout aussi monstrueux, symptôme d’un état de déliquescence mentale avancée de cette Europe et du vent de folie qui souffle en ce moment. Les tensions, les haines, les nationalismes sont déjà parmi nous, issus non pas de l’éclatement de la zone euro, mais bien au contraire des conflits qu’elle engendre.

-La sublimation de l’euro, non plus conçu comme un simple outil de prospérité mais devenu une sorte de religion ou totem intouchable, la crispation des passions autour d’un maintien de la Grèce dans la zone euro en dépit des réalités économique, est la traduction d’un malaise extrêmement profond qui dépasse les seules questions économiques et financières. Les dirigeants européens se raccrochent à ce symbole comme à une bouée de sauvetage parce qu’ils sont en train d’échouer sur tous les plans, la politique européenne n’ayant pas su offrir de solutions communes sur l’immigration (échec des quotas), sur la lutte contre le terrorisme international et l’expansion de l’Etat islamique daesh, sur la guerre entre l’Ukraine et la Russie. Les gesticulations, crises d’autoritarisme et ultimatums ne changeront rien à cette impuissance chronique, incapacité à décider, qui est la source de tous les maux.

-En l’absence de solution miracle et immédiate, c’est un devoir de lucidité qui s’impose aux Européens, c’est-à-dire à ceux qui pensent que l’avenir de leur pays est solidaire de celui de l’ensemble d’un continent, profondément imbriqué du fait de la géographie, de l’histoire de la culture, dans un monde dominé par les géants asiatiques et américains. Avant d’essayer de bâtir une Europe politique unifiée sur des bases renouvelées et renforcées, une Europe moins bureaucratique et plus proche des peuples, plus forte et plus unie, il faut au moins faire le constat de l’échec actuel d’un système et du précipice vers lequel il tend.  Marchant à l’aveuglette dans un brouillard opaque, nous sommes encore loin de cette prise de conscience.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Lueur d’intelligence

imagesCes dernières décennies sont dominées par l’abaissement du bon sens, de la réflexion, des débats d’idées. Notre vie publique est dominée par le jeu des polémiques stériles, des coups médiatiques, des postures et des querelles égotiques. L’intelligence nous donne le sentiment de reculer en permanence devant le tumulte quotidien, le triomphe de l’absurde et du nihilisme. Réfléchir, dans un climat hostile à la pensée, sans préjugé ni prétention, sans parti pris ni sectarisme et sans peur devient un acte de résistance.  Mais ce qui est rare est précieux, comme ces lueurs de clairvoyance qui jaillissent dans la nuit. Le Figaro vox de ce jour publie un petit chef d’oeuvre visionnaire de Jean-Pierre Le Goff, sur la crise européenne. En fondant l’unification du continent sur l’économique et le monétaire, à marche forcée, au détriment de la politique, de la culture et des fiertés nationales,  les classes  dirigeantes et les élites européennes, dans leur aveuglement, ont engendré une nouvelle utopie qui précipite l’Europe vers l’abîme. Voici une petite flamme d’intelligence dans les ténèbres.téléchargement

Maxime TANDONNET

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C’est l’Europe qu’on assassine

imagesNotre époque politique vit sur une effroyable contradiction. La démocratie, le pouvoir du peuple, est universellement reconnue comme le seul mode de gouvernement acceptable. Pourtant, jamais le peuple, les gens, les citoyens, n’ont été autant méprisés sinon ridiculisés. Après la victoire du non au référendum grec de dimanche dernier à près de 61%, M. Tsipras semble aujourd’hui s’aligner sur les exigences des créanciers de la Grèce, prenant le contre pied du résultat d’une consultation qu’il a lui-même organisée. Un tel niveau d’incohérence et d’inconséquence a-t-il jamais été atteint dans l’histoire du monde moderne?  Il s’est pourtant trouvé des politiques ou intellectuels français pour le comparer au général de Gaulle…  Dans un entretien pour lequel le site Atlantico m’avait sollicité, j’ai tenté d’expliquer pourquoi cette comparaison me semblait totalement déplacée. Par ailleurs, plus le temps passe et plus je constate le basculement de l’ensemble européen dans un chaos invraisemblable, marqué par une suprématie précaire et fragile mais spectaculaire de l’Allemagne, la sortie de fait du Royaume-Uni, l’effacement de la France, la résurgence, de tous côtés, des angoisses populaires, passions haineuses et violentes, des chimères et des mirages. Les fondements de l’Europe moderne me paraissent en voie de s’effondrer: le respect des peuples, sur un pied d’égalité, des citoyens, de la démocratie, l’amitié entre les nations qui la composent. Il nous semble que les dirigeants politiques ne sont absolument pas à la hauteur. Les mises en cause directe de la Grèce sont contraires à tous les principes non seulement de l’Europe, mais de la société internationale. Ces basculements quotidiens de la crise paroxystique à l’euphorie générale et inversement, dans une logique de spirale sans fin, sont le signe d’une perte généralisée des repères, d’une grave dépression voire d’une sorte de démence collective. Les haines nationalistes de la pire espèce se réveillent dans ce climat de fin du monde. Tout cela ne peut que mal finir, évidemment. C’est ce que j’ai écrit dans cette tribune pour Figaro Vox.

Maxime TANDONNET

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Une déesse grecque dénommée Europe

téléchargementQuand des milliers de commentaires fleurissent dans la presse, sur le net, on ne sait plus vraiment quoi rajouter sauf à jouer les « mouches du coche ». Tant pis. Dans cette tribune pour le Figaro Vox, j’exprimais ce que tout le monde sent bien. La logique eurocratique, chère aux élites européennes, axée sur les normes, les règlements, les sanctions, se heurte à une limite fondamentale qui est l’émotion, la sensibilité, la fierté des nations. Pour tout dire, je ressens un vrai malaise à voir traiter ainsi comme un paria ce pays qui porte le nom du berceau de la civilisation occidentale, la source même de la philosophie, l’astronomie, la politique, la démocratie…   L’Union européenne ne peut pas indéfiniment se prétendre démocratique – le pouvoir du peuple – et mépriser un peuple qui s’exprime par référendum. Europe, qui s’en souvient, était une déesse athénienne. Tout ce qui se passe aujourd’hui est la conséquence d’une profonde trahison de l’idéal Européen, un bel idéal de paix, d’unité politique, de « rapprochement entre les peuples », transformé peu à peu, notamment depuis le traité de Maastricht et sa monnaie unique, en  mécanique écrasante, bureaucratique et obtuse. Et pourtant, ils le savent. Ils savent qu’ils se sont monstrueusement trompés. Les politiques, les eurocrates, les hauts responsables européens, le savent. Sauf une poignée d’entre eux, les plus bornés peut-être, les plus incultes et stupides, ils savent qu’ils se sont abominablement fourvoyés. Cependant, plus ils savent qu’ils ont été nuls, qu’ils avaient tort – tort face à Philippe Séguin et ses amis par exemple – plus ils se braquent et s’enferment dans des logiques débiles et obtuses.  D’où cette incapacité chronique, maladive, à se remettre en question et à changer d’optique en s’adaptant au monde réel; d’où l’impasse toujours plus tragique; d’où le fossé toujours plus profond, abyssal, entre leurs obsessions eurocratiques et l’esprit et la chair de l’Europe, notre Europe que nous aimons, cette Europe qui nous vient d’une déesse grecque.

Maxime TANDONNET

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L’Europe en cinq erreurs et deux réussites

images[4]Le site d’information Atlantico me demandait hier soir qu’elles étaient selon moi les cinq plus grandes erreurs et les deux plus grandes réussites de l’Europe.  Ma réponse n’est pas destinée à plaire et n’est rattachable à aucune sensibilité idéologique, de droite ou de gauche. Elle est extrêmement sincère et personnelle. Aussi tend-elle à ouvrir le débat plutôt qu’à le fermer…  J’ai toujours été sidéré par la capacité des sociétés, de leurs élites et de leurs dirigeants politique à se fourvoyer totalement et à marcher à l’aveuglette vers les pires abîmes. La lucidité, la clairvoyance, la vision historique est d’autant plus précieuse qu’elle est rarissime, presque toujours isolée et incomprise de son époque. Les visionnaires, dans le climat de bêtise généralisée qui règne, sont même une espèce en voie de disparition.

Maxime TANDONNET

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Vertige

imagesAujourd’hui, ce 2 juillet, nous avons assisté à une mobilisation générale de la France dite d’en haut, politique – de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses – médiatique, intellectuelle. Pour quelle grande cause? Dénoncer le massacre de 160 soldats égyptiens par l’Etat islamique? Ou les destructions sauvages et barbares, aujourd’hui même de l’un des vestiges de l’antiquité à Palmyre? Ou encore la tuerie de 180 personnes commise par Boko Haram au Nigéria? Exprimer une compassion pour les enfants atrocement martyrisés au Sud Soudan? Pour les chrétiens et les yazédis persécutés, les centaines de femmes vendues comme esclaves sexuelles? Lancer un appel en faveur de la paix mondiale dans un contexte de chaos généralisé? Non, nous avons assisté à une levée en masse des élites françaises de tous bords, y compris les extrêmes, dans un grand élan unanimiste, pour sauver une émission de télévision, les Guignols de l’info de Canal+. La France dite d’en haut, dans un monde qui n’est que bruit et fureur, se dresse comme un seul homme, un dénommé Narcisse, en faveur de son reflet grimaçant. Personnellement, je le dis sans ambages, je n’apprécie pas particulièrement cette émission qui ne me fait pas rire. L’humour méchant, d’où qu’il vienne, où qu’il frappe, ne m’amuse jamais. Je me souviens des ministres du gouvernement Fillon, entre 2008 et 2012, caricaturés tous les soirs, tous les soirs, en uniforme nazi, portant des brassards avec la croix gammée. Tellement facile, les insultes aussi ignobles à l’abri d’une marionnette… C’est mon droit, je crois, de ne pas rire de ce que je ne trouve pas drôle… Des émissions de télévision, supposées rigolotes ou sérieuses, il en naît et il en meurt tous les jours selon un cycle qui correspond à l’intérêt du public. Pour quelles raisons celle-ci, depuis un quart de siècle,  se verrait sacralisée, éternisée, érigée en vache sacrée de la France d’en haut? Personnellement, j’aimais le bébête show, plus fin et moins teigneux, et il a bien disparu un jour. J’ai essayé de comprendre cette religiosité autour des Guignols, dans une tribune pour le Figaro Vox. Ce qu’il en ressort n’est pas beau à voir pour les élites françaises notamment politiques et médiatiques: instinct grégaire, lâcheté universelle, terreur du qu’en dira-t-on, conformisme poussé à son paroxysme, obsession de se raccrocher au vent du jour… Tiens, un étrange vertige me gagne, j’ai presque honte (peur) de ma solitude, d’être apparemment la seule voix discordante dans ce prodigieux élan de consensus médiatique. Mais j’ai fait une jolie trouvaille lors d’une lecture récente: « La bêtise humaine actuellement m’écrase si fort que je me fais l’effet d’une mouche ayant sur le dos l’Himalaya. » (La République des ducs, Daniel Halévy, Grasset 1937).

Maxime TANDONNET

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Quand l’Egypte tombera…

téléchargement (3)C’est étrange, on a parfois le sentiment que notre société politico-médiatique vit enfermée dans sa bulle, étrangère aux grands évènements de la planète. L’Egypte fait l’objet d’une offensive sanglante de l’Etat islamique. 120 soldats égyptiens ont été tués dans le Sinaï et ce pays, d’une extrême misère, constitue une poudrière. Ce sont des faits gigantesques, qui devraient faire la une de toute la presse, des radios et de la télévision. C’est un immense pays de 100 millions d’habitants, phare de la civilisation, pendant 3000 ans,  au coeur des équilibres stratégiques de la planète, carrefour de l’Afrique et du Moyen-Orient, voisin d’Israël. Imagine-t-on la chute de l’Egypte: 6 millions de coptes décapités, les pyramides de Chéops, Chephren et Mikerinaus, les temples de Luxor et de karnak dynamités… Puis évidemment, Israël menacé de destruction. Et pourtant, la communauté internationale (au sens large) ivre de son indifférence, de sa lâcheté, de son aveuglement, semble royalement ignorer ce qui se passe là-bas. L’apathie générale est phénoménale. Elle donne à penser que même dans la pire hypothèse, nul ne bougerait le petit doigt.  Depuis les années 1930 où l’Europe, le monde occidental, avec des oeillères criminelles, a laissé le national-socialisme s’implanter avant de mettre l’Europe et une partie de la planète à feu et à sang, rien n’a changé dans l’obscurantisme global, la tyrannie de la frousse, de la lâcheté et de la bêtise, la politique de l’autruche. Ah, elle est belle à voir, la société humaine…

Maxime TANDONNET

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Un grand Monsieur nous a quittés

images (1)Charles Pasqua, ai-je écrit dans cette tribune pour le Figaro Vox, rédigée cette nuit dans l’urgence, avait toutes les qualités d’un grand dirigeant politique. Sans être un intellectuel, au sens universitaire du terme, il manifestait une forte intuition visionnaire sur les grands sujets du moment, l’Europe, le terrorisme, l’Afrique, la sécurité, le développement, l’indépendance nationale. Il était animé par des convictions patriotiques, une volonté d’action et de mouvement, mais aussi, pour l’avoir rencontré plusieurs fois, un véritable charisme de meneur d’hommes, pétillant d’humour, de gentillesse, de simplicité, de modestie, de courtoisie un peu vieille France. Bref, un grand Monsieur, d’une autre époque, indifférent à son image mais obsédé par l’intérêt national… Je pense que s’il avait été au pouvoir, dans les années 1995-2005, rien ne serait pareil, nous ne vivrions pas l’épouvantable crise identitaire que connaissent la France et l’Europe. C’est sans doute pourquoi il ne pouvait pas accéder au pouvoir, comme tous les grands visionnaires de la politique, Philippe Séguin, JP Chevènement… Les médias et une partie de la presse ironisent sur ses démêlées avec la justice… Je n’ai aucune idée de ce qui est vrai ou pas, et ne m’intéresse ni aux rumeurs ni aux calomnies. Il est triste de voir la vie politique s’éloigner chaque jour un peu plus du modèle politique qu’il offrait, mélange de bon sens populaire, d’autorité naturelle et d’engagement au service d’une cause supérieure à sa personne.

Maxime TANDONNET

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Grèce, pourquoi s’énerver?

téléchargementLe gouvernement grec a annoncé son intention de soumettre à référendum le plan financier de l’eurogroupe et des créanciers. Les dirigeants de Bruxelles, à commencer par le président de la Commission, M. Junker, en sont semble-t-il, ivres de rage.  On a du mal à comprendre la contradiction. L’Union européenne se veut fondée sur la démocratie – le pouvoir du peuple. Comment peut-elle ne pas comprendre que l’avis d’un peuple, en profonde souffrance, le peuple grec, soit sollicité avant qu’il ait à consentir peut-être de nouveaux efforts gigantesques?  Quant à une sortie de la Grèce de l’euro, si les faits, l’économie, les réalités l’imposent, pourquoi et comment s’y opposer? Il ne faut pas se faire d’illusion: sur le long terme, quoi qu’il arrive, le dogme s’efface devant la réalité. Pourquoi des supposés démocrates ont-ils autant peur du peuple? Simplement, il faut que la question posée soit claire et aller jusqu’au bout de la logique: si le plan est refusé par le peuple grec, la Grèce devra sortir de l’euro. Et puis voilà. Soit vous restez, en acceptant les efforts nécessaires, soit vous assumez vos responsabilités et vous sortez. Est-ce aux eurocrates bruxellois de décider, ou bien à ceux qui auront, le cas échéant, à accomplir les sacrifices nécessaires? Pourquoi les peuples n’auraient-ils pas le droit de décider et de prendre leurs responsabilités?  D’autres pays de l’Union ne font pas partie de l’euro, comme la Grande-Bretagne. Est-ce tellement dramatique?  Le discours selon lequel la sortie de l’euro de la Grèce ou de tout autre pays serait une calamité pour l’Europe, voire – oui, oui, cela s’est dit – un facteur de retour de la guerre en Europe, est, au mieux une monstrueuse crétinerie et au pire une scandaleuse imposture.

Maxime TANDONNET

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