L’étrange destin de M. Hulot

Il n’est pas de destin plus emblématique de notre époque que celui de Nicolas Hulot. Cela dure depuis une quinzaine d’années. L’animateur de télévision était l’homme le plus populaire de France. Les sondages sur les personnalités préférées des Français le situaient, invariablement depuis plus d’une décennie, largement devant tout le monde, caracolant en tête, dominant, intouchable favori des jeunes, des vieux, des hommes comme des femmes. Ses grandes émissions triomphaient, Ushuaia, etc. Il incarnait le défenseur passionné de l’environnement, l’oncle ou le grand-frère gentil, consensuel, amical… Il était tellement populaire que les présidents de la République se mettaient a genoux devant lui pour l’avoir comme ministre de l’environnement et récupérer ainsi un peu de sa popularité. Il le fut, ministre de M. Macron, un très mauvais ministre de notoriété publique, qui claqua la porte à la première occasion, mais quelle importance? Sa popularité revenait par la suite, toujours plus grande, une popularité inscrite dans ses gènes d’homme de médias et de grand communicant indépassable. Il incarnait le bien, la pureté, en défenseur de la planète, sans tâche. Et puis soudain, le vent se retourna. Accusé de viol par plusieurs femmes, il bascula en quelques jours, quelques heures, du statut d’ange médiatique à celui de démon, de paria ou de pestiféré d’une société (qu’il le mérite ou non, le fait est qu’il n’a pas été jugé et qu’il est présumé innocent). Aujourd’hui, rien n’est plus stupide et plus ridicule que la quête de la notoriété. Nous vivons dans le monde des images où ne compte que l’apparence des choses, l’illusion d’un visage omniprésent et l’émotion de foule qu’il suscite. La notoriété est artificielle, non pas fondée sur l’intelligence ou les qualités humaines, mais sur l’illusion médiatique, d’où son extrême fragilité. Il suffit d’une accusation, une suspicion… Le basculement, du paradis à l’enfer, de l’adoration béate au bucher médiatique est immédiat et sans rémission. Nul ne sait ce qu’a fait précisément M. Hulot, en principe présumé innocent. Nous vivons dans un monde où la gloire (la notoriété) est l’antichambre du lynchage. Vivons heureux, vivons cachés.

MT

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Sur la démission de M. Muselier des Républicains (pour Figaro vox)

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, a annoncé sa démission des Républicains le mercredi 24 novembre. L’ancien secrétaire d’Etat aux affaires européennes sous Jacques Chirac a expliqué son geste par son refus d’une droitisation de la ligne du mouvement qui se serait exprimée lors des débats préalables au congrès chargé de désigner un candidat LR aux présidentielles. A cet égard, il a plus particulièrement ciblé son adversaire de la région PACA: « les idées d’Eric Ciotti avancent » alors que ce dernier « véhicule les idées de Zemmour ». Il a ainsi condamné une « dérive politique » de son ancienne formation politique et l’élu a assuré vouloir s’en tenir à sa « ligne rouge » : « pas d’accord avec l’extrême droite ». De fait, la démission de Renaud Muselier n’a rien d’un événement en soi mais elle prend tout son sens à travers ce qu’elle révèle ou confirme de la vie politique française aujourd’hui. 

Un débat d’idées est en cours dans le cadre de la préparation du congrès LR. Cinq candidats sont en lice et présentent des lignes diverses et parfois divergentes notamment sur la question de l’immigration qui est en toile de fond de la prétendue dérive du mouvement. Lors du premier débat télévisé, Eric Ciotti n’avait pas désavoué la formule « grand remplacement » prêtée à Eric Zemmour mais il était le seul des cinq sur cette ligne. Une démission fondée sur le prétexte d’une dérive idéologique, alors que justement le débat se déroule sur le choix d’une personnalité et d’un projet, peut paraître largement prématurée, voire paradoxale. M. Muselier s’était prononcé quelques jours plus tôt en faveur de l’un des protagonistes de ce débat, Xavier Bertrand, dont les propositions y compris sur l’immigration, devaient dès lors lui convenir.

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que le parti issu du gaullisme se penche sur le sujet de l’immigration. Le programme de la droite en 1990 (RPR et UDF) était particulièrement musclé – prévoyant la suppression de certaines prestations sociales aux étrangers – sans que cela ne suscite, à l’époque, de protestation de la part des nouveaux indignés d’aujourd’hui. De même aucune des personnalités de droite venues de LR, qui se déclarent aujourd’hui offensées dans leur vertu idéologique, n’avaient manifesté son trouble face au projet du candidat Nicolas Sarkozy de créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale en 2007 – une association jugée transgressive à l’époque par les éditorialistes et les leaders de gauche. Alors pourquoi aujourd’hui une indignation qui hier n’était pas de mise ?

En vérité, cette démission ne montre pas la politique française sous son meilleur jour et n’est pas de nature à restaurer le lien entre les Français et leurs représentants. Renaud Muselier a été élu en 2021 président de la région PACA avec le soutien de la droite LR – même si l’ouverture de sa liste à des élu LaREM lui avait valu des critiques de la part de sa formation.  Cette démission ex post d’un formation politique à laquelle il doit (au moins en partie) son élection soulève l’éternelle question de la fidélité au mandat confié par les électeurs et aussi celle de la démocratie représentative. Elle intervient au pire moment pour son ancien camp (ou « famille politique ») mettant l’accent sur ses déchirements internes et ses faiblesses alors que LR, selon tous les sondages, est menacée d’une nouvelle l’élimination du second tour des présidentielles qui pourrait, cette fois-ci, lui être fatale.

Au-delà des considérations de fond (sur la droitisation) qui sont invoquées, l’explication de cette démission trouve au moins partiellement sa source dans la tambouille de PACA et l’exacerbation de rivalités personnelles entre le président de la région et Eric Ciotti ou David Lisnard, maire de Cannes, récemment élu président de l’association des maires contre le candidat LREM-compatible qui avait les faveurs M. Muselier. Dans l’ombre de ces turpitudes politiciennes, que reste-t-il de l’intérêt général ?

La démission de LR à ce stade de la vie politique française, sous des prétextes d’incompatibilité de fond, pourrait bien nourrir le sentiment selon lequel le président de PACA fait un pas supplémentaire dans la voie d’un ralliement à la candidature du président Macron à sa réélection – considérée comme probable sinon acquise par la plupart des observateurs –, à l’image d’autres personnalités de droite de sa région. Encore faudrait-il, pour que ce choix n’apparaisse pas comme purement opportuniste, qu’il prenne appui sur de véritables raisons de fond. Qu’est-ce qui le justifie du point de vue de l’intérêt public ? Les résultats du quinquennat en matière de réformes accomplies ? Et lesquelles ? Son bilan effectif sur la moralisation de la vie publique, sur la maîtrise des migrations, la sécurité, la dette publique, les déficits, le commerce extérieur, l’état de l’industrie française, le chômage, la pauvreté, la cohésion sociale, la politique sanitaire, les libertés et la confiance en la démocratie ? Des prises de position spectaculaires sur la déconstruction de l’histoire de France, « le mâle blanc » ou la colonisation comme « crime contre l’humanité » ?  Est-ce bien ce bilan qu’une partie de la droite « laremisée » entend revendiquer aux prochaines échéances électorales ?

Cette nouvelle secousse soulève une fois de plus la question du sens de la politique aujourd’hui. N’est-elle plus rien d’autre qu’une forme de courtisanerie, une course opportuniste aux mandats, aux prébendes et aux honneurs, ou conserve-t-elle une part d’engagement et de conviction au service de l’intérêt général ? En vérité, c’est toute la question de la défiance croissante des Français en la politique et de la vertigineuse montée de l’abstentionnisme ou du vote dit « antisystème » qui est de nouveau posée.

MT

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Outre-Mer, changer de paradigme

Les événements de Guadeloupe devraient faire réfléchir la classe politique et les Français en général. 2,7 millions de nos compatriotes vivent Outre-Mer, dans les DOM (Guadeloupe, Martinique, Guyane Mayotte, Réunion) et dans les TOM (Nvelle Calédonie, St Pierre-et-Miquelon, Polynésie). Les premiers relèvent de l’article 73 de la Constitution. En schématisant beaucoup, ce sont des départements où les lois votées à Paris et les règlements s’appliquent normalement avec des dérogations possibles. Les seconds sont régis par l’article 74 de la Constitution: ils sont français mais autonomes, disposent de leur propre assemblée, leurs propres institutions et votent leurs propres lois. Aujourd’hui, les troubles en Guadeloupe ne sont rien d’autre que le signe d’un malaise profond – au-delà des contraintes sanitaires. Les DOM sont dans une situation préoccupante. Ils n’ont quasiment plus d’économie productive en dehors de quelques vestiges d’agriculture et de tourisme, importent 80% de leur consommation, vivent principalement des gigantesques transferts financiers de la métropole qui atteignent des milliards, par le budget de l’Etat et les prestations sociales. Le taux de chômage y est colossal, le désœuvrement généralisé. De fait, le climat d’assistanat a abouti à y étouffer l’esprit d’entreprise. Cet Etat « nounou » a engendré une atmosphère paradoxale, car la population est droguée à la subvention mais ne supporte pas ce qu’elle ressent profondément comme une atteinte à sa dignité. Les dirigeants politiques français, depuis trop longtemps, voient dans l’Outre-Mer (les DOM) un enjeu électoral: des voix à tel point dépendantes de la manne publique sont aisément manipulables et bien utiles pour une réélection. La bonne solution serait de mettre fin à l’article 73 de la Constitution et transformer les DOM en TOM article 74, appartenant à la République pour leur représentation internationale et leur défense et intégrité territoriale, mais absolument autonomes sur le plan intérieur (économie, social, sécurité) avec une période de transition de 5 ans. De fait, il semble que les TOM s’en sortent bien mieux que les DOM. Conserver des départements à 7 ou 8000 km de Paris soumis aux mêmes règles que la métropole est une absurdité, une crétinerie jacobine qui revient à les couper de leur environnement géographique et à entretenir un mélange de soumission et de révolte terriblement explosif, cela pour des raisons essentiellement politiciennes. Peut-être d’ailleurs que nos DOM ne sont rien d’autre que la quintessence de la tragédie française.

MT

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Et toujours, le virus qui rend fou

Face à la « cinquième vague », la folie humaine semble s’amplifier. Au Pays-Bas, les forces de l’ordre ont tiré sur la foule à balles réelles. Depuis quand cela ne s’était-il pas produit en Europe? En Autriche, les manifestants contre le confinement et la vaccination obligatoire qui réclament le respect de leur liberté sont ouvertement traités de nazis. Partout, face à la nouvelle vague, les gouvernements prennent des mesures répressives contre la population ou menacent de les prendre. Comme dans les grandes épidémies du Moyen-Age, des boucs émissaires sont désignés à la vindicte populaire, aujourd’hui les personnes non vaccinées font office de coupable idéal alors que tout le monde sait, aujourd’hui, qu’on peut être vacciné et contagieux… Les gouvernements gesticulent, menacent, brandissent la foudre du confinement ou du passe sanitaire. Les petits marquis poudrés, un peu partout, donnent du menton mussolinien et se vautrent dans l’autosatisfaction imbécile. Tout se passe comme si la planète était dévastée par la peste bubonique. Or tel n’est pas le cas. L’épidémie de peste du XIVème siècle fit 50 millions de morts pour une population d’un demi milliard: soit 10% de la population mondiale. L’épidémie de grippe espagnole en 1920 fit 20 à 50 millions de morts (selon l’Institut Pasteur) soit une moyenne de 35 millions, ce qui donne, pour une population mondiale de 2 milliards d’habitants, 0,0175 ou 1,7% de morts. Avec le covid 19 nous en sommes à 5 millions de morts déclarés pour une population de 8 milliards ce qui donne 0,0125% de victimes [si mes calculs sont exacts]. A l’échelle de toutes les causes de décès dans le monde, on est bien loin de l’apocalypse… Tous les morts sont tristes et regrettables (même si les décès comptent nombre de personnes très malades ou âgées dont le covid 19 n’a fait que précipiter la mort). Pour autant, la raison commande de voir que le covid 19 sans être anodin, n’est ni la peste noire, ni même la grippe espagnole. Elle souligne que la panique des gouvernements qui alimentent la peur est totalement disproportionnée, les entraînant dans un phénomène de folie collective. La cinquième vague prouve que les mesures liberticides n’ont jamais été nulle part une solution miracle. Leur effet, au mieux, a été de déplacer les courbes de quelques semaines ou mois. Alors, pourquoi les pouvoirs publics en Europe deviennent-ils fous au point de faire tirer dans la foule? Les événements montrent qu’ils ont fait tragiquement faillite depuis deux ans. Ils n’ont jamais cessé de se tromper en dramatisant la situation jusqu’au vertige, en écrasant la liberté des peuples et en prédisant à de multiples reprises une fin prochaine de l’épidémie qui n’est jamais venue et ne viendra probablement jamais. Ils ne supportent pas le constat avéré de leur impuissance. Vexés d’avoir si lamentablement échoué depuis le début, ils se vengent aujourd’hui dans une surenchère de mépris et de répression. Jusqu’à tirer à balles réelles sur la foule dans l’indifférence passive ou complice de la majorité du pouvoir médiatique…

MT

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Election de M. Lisnard à la présidence de l’AMF: une excellente nouvelle!

L’élection de M. David Lisnard à la présidence de l’association des maires est une excellente nouvelle dans la vie politique française. Elles sont si peu nombreuses qu’il est permis de s’en réjouir. Le maire de Cannes est l’un des rarissimes hommes politiques à avoir eu la lucidité et le courage de contester le saccage inutile des libertés et des principes de la démocratie française à l’occasion de l’épidémie de covid19 et la banalisation de l’Absurdistan bureaucratique. Il est aussi l’un des rares à défendre les principes d’une économie de liberté d’entreprise et à condamner la politique du « quoi qu’il en coûte » qui a amplifié la ruine de l’économie française (déficit public de 10% et dette publique de 115% du PIB) alors que la France est bien loin de s’être illustrée par ses performances face à la crise sanitaire, nonobstant les mensonges et le matraquage médiatique. Il a toujours été inflexible sur la sécurité et la maîtrise des frontières. Bref, M. Lisnard est la bête noire des opportunistes et des courtisans qui ont retourné leur veste pour un fromage. Ces derniers, dit-on, ont pris son élection comme une gifle. Une gifle méritée. Des personnalités comme la sienne, aussi rares soient-elles, sauvent l’honneur de la politique française. Qu’il en soit remercié.

MT

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« Le fond de l’affaire » tient-il pour l’essentiel à la personnalité du président Macron?

Cette phrase prêtée par le Point à l’ancien chef de l’Etat mérite d’être relevée. « Le fond de l’affaire, c’est qu’Emmanuel Macron n’a pas d’enfants ». Elle est particulièrement révélatrice et intéressante à analyser. Elle signifierait que la raison de fond de l’impasse française tient aux caractéristiques personnelles de son président et au fait que M. Macron, n’ayant pas d’enfant, serait déconnecté de la France profonde. Le fond de l’affaire tient-il à une simple question de personne et de paternité? Dans l’histoire, de grands dirigeants n’avaient pas d’enfant (Poincaré, Tardieu) et de médiocres gouvernants en ont eu plusieurs (voir le troisième homme de la photo!) . Le fond de l’affaire tient à de nombreux facteurs et non à un seul. Nous vivons une ère de déclin général sans précédent à l’époque contemporaine: au centre de tout, un dégoût ou une méfiance populaire envers la chose publique qui battent des records; un monde médiatique dominé à 80%, jusqu’au vertige, par l’esprit de servilité et d’obséquiosité ; des oppositions politiques dévastées par la médiocrité et viscéralement incapables d’apporter un souffle d’air nouveau. Si la réélection de l’actuel chef de l’Etat s’impose désormais dans les esprits, ce n’est sûrement pas par popularité comme le prétendent tant de médias lèche-bottes. C’est par une terrifiante résignation, mais aussi indifférence et absence d’un visage alternatif. Plus le pays s’effondre dans tous les domaines (industrie, finances, école, cohésion nationale, sécurité, frontières, etc.), et plus l’image élyséenne sert de leurre ou d’écran pour détourner les Français de la tragédie en cours. Les prétendus aléas de la pré-campagne présidentielle, comme l’éphémère poussée sondagière de M. Zemmour et la violente crise d’hystérie politico-médiatique qui s’est ensuivie pendant plusieurs semaines (avant d’être balayée par le retour du covid!), ne sont que les signaux supplémentaires d’une tempête de néant politique. La présidence Macron est elle aussi un symptôme de déclin bien plus qu’une cause. Nul n’est Madame Soleil et nul ne peut prétendre savoir ce qui va se passer. Il paraît (telle est la rumeur dominante) que le président Macron va être réélu – les Français n’ayant plus vraiment le choix. Et si cette certitude quasi officielle n’était que le paravent de l’abîme qui vient ensuite?

[NB, je présente toutes mes excuses sincères aux contributeurs de ce blog car étant à plus de 8000 km de Paris pour raisons professionnelles, avec un fort décalage horaire, je suis dans l’incapacité d’assurer régulièrement et efficacement le traitement des commentaires!]

MT

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Covid 19, cette étrange cinquième vague

Il fallait s’y attendre, la voilà. La cinquième vague est arrivée. Etrangement, elle touche surtout, pour l’instant l’Europe du nord et centrale, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Autriche. Ceux du sud, qui furent les plus atteints par la première sont à l’écart, l’Espagne et l’Italie. Elle ne semble pas liée à un nouveau variant spécifique. Elle suscite des mesures qui atteignent les sommets de l’aberration en Autriche. Ce pays prévoit un confinement réservé aux non vaccinés, ce qui suppose des contrôles policiers sur la voie publique du certificat de vaccination et l’interpellation des non vaccinés…Il n’y a évidemment plus de limite. Nous savons désormais que le climat de peur se prête à toutes les dérives liberticides. La France est encore à l’écart mais la circulation du virus se développe. La menace d’un nouveau confinement plane… Selon le discours officiel, la France (comme les pays du sud de l’Europe), serait protégée parce que sa population est plus largement vaccinée qu’ailleurs. Les statistiques internationales montrent que ce message est faux. Les taux de vaccination complète de l’Allemagne et de la Grande Bretagne sont quasi équivalents à celui de la France autour de 70% et ne permettent pas d’expliquer en toute bonne foi la différence actuelle au regard de la courbe. Il en est de même pour les Pays-Bas au centre de la nouvelle vague dont la population est mieux vaccinée qu’en France (72%). Une fois de plus les politiciens et les experts qui annonçaient qu’un taux de 60% de vaccination signifierait la fin de l’épidémie se sont trompés. Le vaccin, se rajoutant sans doute à d’autres éléments d’explication, a certes contribué à réduire fortement le risque de mortalité mais il n’empêche probablement pas l’épidémie de se propager. Ainsi, si l’usage du passe sanitaire peut se comprendre au passage des frontières, son usage dans la vie courante (terrasses des cafés), n’est rien d’autre qu’une brimade inutile. Un retour au confinement général quelles qu’en soient les modalités y compris sur le mode autrichien, serait un désastre liberticide. Il serait temps que les opinions, les médias et surtout les dirigeants politiques européens portent un regard lucide sur cette épidémie. La peur est mauvaise conseillère. Le covid 19 n’a jamais été une peste bubonique, mais aujourd’hui, il tue infiniment moins que le tabac et l’alcool ou les maladies vasculaires. Les courbes de l’épidémie évoluent vraisemblablement selon des phénomènes naturels qui échappent à l’explication et au contrôle politique (pourquoi les Pays-Bas et l’Allemagne aujourd’hui?). Sans doute faut-il admettre la part de l’immunisation naturelle qui fait que les moins touchés aujourd’hui sont ceux qui ont été les plus frappés au début. Les politiciens doivent cesser de jouer avec les peurs et de prendre appui sur elles pour donner des coups de menton et faire acte d’un autoritarisme dont ils imaginent qu’il permet de compenser leur impuissance et leurs échecs. Les atteintes aux libertés et les humiliations ont des conséquences sur la vie sociale qui sont désormais pires que l’épidémie elle-même. Il faut apprendre à vivre le plus normalement possible avec une maladie qui fait partie du quotidien et ne s’effacera probablement jamais. Cependant, ils ont tellement promis le contraire (« le monde d’après » etc.) qu’ils ont toutes les peines à l’admettre.

MT

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Six ans déjà

L’attentat du Bataclan (et sur les terrasses parisiennes) qui a fauché 131 vies est encore tout proche de nous. Peut-être était-ce la pire tragédie de l’histoire de France depuis la fin de deuxième guerre mondiale. La France était attaquée sur son sol par les terroristes islamistes et victime d’un abominable massacre. Les sociétés comme les individus ont une forte capacité d’amnésie devant l’horreur. Finalement, le bain de sang a été enseveli dans une sorte de demi-oubli et le malheur des parents ou des amis des victimes plus ou moins passé sous silence. Peut-être faudra-t-il des années encore pour mesurer l’ampleur du traumatisme et les séquelles sur la conscience collective des Français en termes de confiance en leurs dirigeants et en l’avenir. L’hystérie politico-médiatique quotidienne est aussi une manière de noyer l’indicible, de saouler le pays dans le tourbillon du néant. Une question devrait se poser aujourd’hui: que sait-on vraiment de ce qui s’est passé? Comment un telle déferlante de barbarie sanguinaire a-t-elle pu se produire en plein Paris du XXIème siècle? La chaîne des responsabilités de long terme et immédiates a-t-elle jamais été mise à jour? Et quelles conséquences en a -t-on tiré? A-t-on jamais osé regarder en face l’enchaînement des faits qui ont conduit au drame? Qu’est-ce qui a changé concrètement, depuis dans le mode de gouvernement et d’administration du pays? Qu’a-t-on fait concrètement pour éviter qu’une telle tragédie puisse un jour se reproduire? Ce ne sont que des questions, mais tout cela, les Français ont le droit de le savoir.

MT

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A droite, le retour au débat d’idées? (pour le Figaro du 10 novembre 2021)

« Savez-vous pourquoi les Français ont choisi le coq comme emblème ? C’est parce que c’est le seul oiseau qui arrive à chanter les pieds dans la merde ! » (Coluche). L’arrogance, l’autosatisfaction, la gesticulation vaniteuse des dirigeants politiques français est toujours exactement proportionnelle à l’état d’effondrement du pays (économique, financier, sécuritaire, intellectuel, migratoire). L’esbroufe, quelle qu’en soit la forme, doit s’interpréter forcément comme un paravent de l’échec et de la faillite. Dès lors, il me semble que la quête d’un sauveur providentiel, de mandat en mandat, est devenu la quintessence de l’abrutissement collectif. Ce qu’il faut attendre de la politique et rien de plus: le sens de l’Etat et de l’intérêt général (avant le goût de la satisfaction vaniteuse), de la vérité sans fard et de l’action réaliste – le possible en fonction des réalités, avec le bien commun comme unique horizon. C’est pourquoi, évidemment sans en attendre des miracles, le débat des candidats de droite m’a paru aller plutôt dans le bon sens. Certains commentateurs l’ont trouvé ennuyeux. De fait, en l’absence d’envolées lyriques, de provocations rageuses et de coups de mentons narcissiques, il contrastait avec toutes les règles de la politique spectacle à laquelle on est habitué: un échange courtois, sans crise d’hystérie et focalisé sur les idées et les projets. Ci-dessous, pour le Figaro du 10/11 dernier:

Texte: On croyait la pré-campagne électorale de 2022 définitivement enlisée dans les polémiques stériles et les coups de menton haineux, déconnectés des préoccupations des Français. A cet égard, le débat entre les candidats de la droite LR est apparu plutôt comme une bonne surprise. Les cinq protagonistes ont soigneusement évité les attaques personnelles. On était bien loin du célèbre « qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? » qui marqua les primaires de droite en 2016 et se retourna en définitive contre François Fillon. Au contraire, hier soir, les candidats faisaient assaut d’amabilité, se tutoyaient et faisaient référence les uns aux autres dans une atmosphère d’apparence détendue. Sur le plan de la communication, le message compte : nous ne referons pas la guerre des chefs et nous travaillons pour une seule cause.

La tonalité générale des échanges, sur l’économie comme sur le régalien, était clairement à une nette droitisation. Eric Ciotti donnait le ton en se revendiquant « de droite ». Mais sur tous les sujets, les candidats prenaient des positions marquées à droite et sans concession. Pressé par les deux animateurs du débat, Eric Ciotti refusait de désavouer l’expression « grand remplacement » et parlait même « d’invasion migratoire », se référant à une interview de Valéry Giscard d’Estaing en 1991. Xavier Bertrand dénonçait avec vigueur « les satanées éoliennes » prônant une relance du nucléaire. Valérie Pécresse s’alarmait d’une dette publique atteignant 115% du PIB. M. Barnier, reprenant une formule de Georges Pompidou demandait qu’on « arrête de nous emmerder » et qu’on « laisse les entreprises travailler ».

Beaucoup de propositions se ressemblaient, par exemple sur la réforme des retraites ou la tenue d’un référendum sur l’immigration, une révision constitutionnelle pour l’instauration de quotas, le retour aux peines planchers, voire leur extension, le développement des places de prison. Les nuances semblaient plus marquées sur l’économie et le pouvoir d’achat. Xavier Bertrand comme Philippe Juvin, se montraient plutôt interventionnistes tandis que leurs concurrents, notamment Valérie Pécresse, défendaient une ligne libérale axée sur une forte baisse des charges et la réduction du nombre de fonctionnaires. Tous plaçaient au cœur de leur projet la valorisation du travail (fin des 35 heures pour Xavier Bertrand) au détriment de l’assistanat.

De fait, une impression de sérieux et de rigueur se dégageait des échanges. Les candidats ont soigneusement évité les slogans de campagne tapageurs ou les promesses mégalomanes. Les formules de type « transformation de la France » étaient absentes. La reconquête de la crédibilité de la parole publique était en toile de fond de ce débat axé sur le réalisme plutôt que le rêve qui entraîne la déception et favorise l’abstentionnisme. Le débat d’idées semblait être de retour contre la politique spectacle.

Alors qui a gagné ? M. Barnier jouait sur la stature présidentielle, la hauteur et le consensus. Il a paru cependant déstabilisé par sa proposition de moratoire sur l’immigration, poussé – courtoisement – par ses concurrents à reconnaître que son moratoire (signifiant arrêt temporaire de tout flux migratoire) n’en était pas un. M. Ciotti était à l’aise dans son rôle d’incarnation de l’aile droite du mouvement. M. Juvin – le moins connu – a élevé le débat en insistant sur le déclin intellectuel comme cause du déclin économique et les sujets démographiques de long terme, préoccupé par le devenir de l’Afrique. Mme Pécresse s’est montrée particulièrement professionnelle et compétente, maîtrisant ses dossiers à la perfection.

M. Bertrand, à l’occasion de ce premier débat, a cependant paru prendre un avantage sur ses concurrents par l’intensité de sa présence et la fermeté de ses prises de parole.  Il n’a pas hésité à porter des coups très durs sur la présidence Macron, fustigeant notamment les volte-face de ce dernier sur le nucléaire, la perte de contrôle sur l’immigration, l’explosion de la dette publique ou la valse des milliards électoraux. Qualifiant de « scandaleuse » l’assimilation de la colonisation à « un crime contre l’humanité » et condamnant la politique de repentance surtout envers l’Algérie, il prenait date en tant que premier opposant du président Macron et son éventuel adversaire de second tour.

MT

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Science po, le malaise républicain

Qu’on le veuille ou non, science po est une institution qui compte dans la République française depuis les années 1870. On parle souvent de l’ENA pour le formatage des esprits, mais c’est un mythe: il n’y a pas vraiment de scolarité et de cours à l’ENA, mais une succession de stages et de travaux de méthode purement techniques sur le droit public et les finances publiques. En revanche, science po, surtout science po Paris, est une véritable usine à préparer les personnalités influentes ou dirigeantes de demain, dans la presse, l’administration, l’entreprise et le gouvernement avec 5 années de cours de sociologie, de sciences politiques, d’économie, de relations internationales etc. [pour la petite histoire, j’ai moi même fréquenté comme étudiant 3 ans science po Bordeaux et 2 ans science po Paris en préparation ENA]. Or, depuis quelques années, science po défraye la chronique. Ce qu’on lui reproche? avoir renoncé à l’excellence universitaire pour verser dans le formatage des esprits à la gauchisation de la société (discrimination positive, multiculturalisme, enseignement de la théorie du genre, etc.). On ne reviendra pas sur l’affaire Duhamel et Mion. La suite s’annonce encore pire. Le nouveau directeur qui a été nommé d’hier, M. Mathias Micherat, 42 ans est de le même promotion de l’ENA que le président de la République. Un pur hasard? Entre-soi, vous disiez? Il fut un proche de M. Delanoë à la mairie de Paris et de Mme Hidalgo. Il occupait un poste chez Danone mais n’a aucune expérience universitaire. Allons donc, cela continue. Faire de science po un moule de la pensée dominante pour préparer les esprits influents ou dirigeants de demain à propager la pensée dominante, les modes idéologiques dans les jeunes cerveaux malléables. La France ne manque pas de grands universitaires chevronnés, (qu’ils soient réputés de gauche ou de droite, peu importe), mais ils brillent par leur maîtrise d’une connaissance, leur intelligence de l’histoire et du monde contemporain et la passion de la transmettre. Ils eussent été parfaitement à leur place à la tête de science po Paris. Où sont passés les Boutmy, Siegfried, Chapsal qui firent les heures de gloire de ce bel établissement? Avant qu’il ne devienne une officine de reproduction des modes idéologiques et de formatage des esprits.

MT

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Trop de gaullisme tue le gaullien

Il est particulièrement impressionnant d’observer la ferveur gaulliste des politiques en ce moment. Tous multiplient les signes de reconnaissance envers le Général, en cette veille d’élection nationale: pèlerinage de Colombey ou de Bayeux, avalanche d’hommages, etc. Tout le monde a été, est ou sera gaulliste comme Malraux fait dire au Général. D’Hidalgo à le Pen en passant par la gauche, le centre et la droite. Cette nostalgie est-elle forcément de très bon goût? C’est toujours pareil, que penserait le Général de cet effet de banalisation? Jamais la France n’a été aussi éloignée du mythe gaullien: déclin économique et financier, intellectuel, impuissance face aux crises migratoire et sécuritaire, désindustrialisation, saccage de l’Etat et des services publics, perte de l’indépendance nationale et de la souveraineté à travers la dette publique et l’emprise croissante des juridictions européennes sur la vie publique, etc. Alors, par compensation avec une situation qui ne manquerait probablement pas d’horrifier le Général, la classe politique de A à Z verse dans une sorte d’exaltation gaulliste bien plus artificielle que sincère. Le message gaullien voudrait que le pays se retrousse les manches, se rassemble et se mette au travail pour sortir de l’impasse en réinventant ses institutions et sa conscience politique. De fait, l’air du temps général est bien davantage au renoncement pétainiste qu’au goût de l’audace et de l’effort gaullien. C’est sans doute pourquoi, par contraste, tout le monde se bouscule sur la tombe du Général.

MT

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Immigration, la campagne qui rend fou

M. Montebourg, candidat venu de l’aile gauche du parti socialiste, propose de « bloquer temporairement les transferts de fonds par Western Union des immigrés vers les pays qui refusent de reprendre leurs clandestins« . L’objectif est atteint: depuis deux jours, cette proposition domine les débats. M. Mtbrg a réussi à faire le buzz. Les uns et les autres se déterminent autour de cette proposition. Les uns applaudissent. Les autres la fustigent. Lui est évidemment satisfait de se retrouver ainsi au cœur du dispositif. Or, cette proposition est totalement irréaliste. Elle fait partie de ces idées si faciles à lancer mais rigoureusement inapplicables. Il n’existe aucune base juridique autorisant l’Etat à interdire à des étrangers en situation régulière qui contribuent à l’économie française de transférer s’ils le souhaitent dans leur pays d’origine une partie de leur argent gagné par leur travail. On sait que la notion de liberté n’intéresse plus grand monde dans ce pays, mais peut-être reste-t-il quand même quelques limites à ne pas franchir. En outre, l’effet serait désastreux en termes de flux migratoires: pour certains pays, les transferts de fonds peuvent représenter un tiers du revenu national. Bloquer les transferts d’argent reviendrait à aggraver la misère, le désœuvrement et à favoriser des mouvements de populations supplémentaires et massifs. Les familles, privées de cette manne (le fruit d’un travail), n’auraient d’autre issue que de se mettre en route à leur tour. La lutte contre l’immigration clandestine et la maîtrise de l’immigration passent par des politiques déterminées: frapper les filières esclavagistes, encadrer la demande d’asile et l’immigration familiale, simplifier le contentieux de l’éloignement, réorienter l’aide au développement vers les pays d’origine et les populations. Mais voilà, les bases d’une politique intelligente, juste et courageuse ne font pas le buzz. Donc, mieux vaut sombrer dans l’absurdité et faire parler de soi. A l’image de la campagne électorale qui s’ouvre, la plus imbécile de l’histoire.

MT

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Défense et illustration de l’île de Mayotte

Voici un billet inhabituel qui risque de surprendre par son sujet comme par son contenu… L’île de Mayotte, dans l’océan indien, à 8000 km de Paris ne bénéficie pas d’une image avantageuse dans les médias Français. Il m’arrive de m’y rendre pour des raisons professionnelles. Les problèmes dont il est souvent fait état, en particulier l’immigration clandestine, les bidonvilles, la misère, les mouvements sociaux et l’insécurité sont des réalités qui y rendent la vie quotidienne difficile. Mais au-delà, Mayotte pourrait avoir quelque chose d’un paradis français. Tout d’abord, l’attachement des Mahorais – qui ont refusé l’indépendance en 1977 pour rester Français – est profond et sincère. De fait il y a peu de région française aussi viscéralement française et attachés à la France que Mayotte dans un contexte géopolitique ou l’appartenance de Mayotte à la France est fortement contestée au titre de l’anticolonialisme. L’incroyable gentillesse, la simplicité, l’hospitalité et la tolérance de la population mahoraise de cette île se ressent partout, dans la barge, les rues, les marchés et sur les plages. Le lagon de Mayotte est classé par l’UNESCO comme le plus grand lagon corallien de la planète. La rencontre de son massif montagneux, de ses forêts et de ses eaux translucides offre un spectacle permanent sans équivalent nulle part dans le monde. Mayotte est victime de la bêtise et du cynisme jacobin de dirigeants politiques nationaux. En plaquant artificiellement sur cet ilot, au cœur d’un océan de pauvreté (les Comores), des politiques conçues à Paris pour la métropole (le RMI et le RSA), les gouvernements y ont sacrifié le goût de l’entreprise et des productions locales à la démagogie tout en favorisant les mouvements de populations incontrôlables. Mais au-delà, Mayotte est un authentique joyau français, totalement méconnu, au cœur de l’océan Indien dont la culture de la fleur Ylang Ylang pour la production de parfums fit jadis la fortune. Elle dispose d’un formidable potentiel touristique inexploité et il ne faut pas beaucoup d’imagination pour concevoir, à l’horizon d’une dizaine ou vingtaine d’années, comment Mayotte en étant mieux connue et efficacement protégée de la criminalité pourrait devenir un Eldorado français pour les amoureux de dépaysement et des splendeurs marines.

MT

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Sur la « loi vigilance sanitaire »

La loi vigilance sanitaire qui autorise le gouvernement à recourir au passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022 a été approuvée par le Parlement. Le Sénat a tenter de s’y opposer mais la majorité LREM a bénéficié du « dernier mot » revenant à l’Assemblée nationale. L’application du passe sanitaire est en vérité une décision d’une gravité extrême. Le chef de l’Etat en personne avait déclaré le 29 avril dernier que ce passe sanitaire « ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et les cinémas. Il ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français ». Soyons clairs. 80% des Français environ sont vaccinés contre le covid 19. Donc 20% ne le sont pas pour des raisons diverses. Si le vaccin était obligatoire, ces Français seraient hors la loi et donc, des mesures les différenciant des autres Français pourraient éventuellement être justifiées (sur le plan du droit) par cette différence de situation juridique. Mais le vaccin n’est pas obligatoire. Donc ces Français non vaccinés se trouvent en parfaite légalité et dans la même situation au regard du droit que tous les autres Français. Dès lors qu’en plus, pour les plus de 18 ans, le test est désormais payant, ces Français se trouvent de facto discriminés dans l’accès à de nombreuses commodités: transports publics, restaurants, terrasses de cafés, etc. Le passe sanitaire porte donc atteinte au principe de liberté (de se déplacer) et au principe d’égalité des droits. Mettons qu’une telle atteinte aux principes fondamentaux de liberté et d’égalité pourrait, le cas échéant, se justifier sur une très courte période, dans une situation d’urgence absolue et de risque de calamité et sous réserve d’avoir prouvé son utilité ou son efficacité (ce qui n’est évidemment pas le cas). Mais aucune de ces conditions n’est réunie et nul ne peut savoir ce que sera la situation épidémique dans huit mois. De fait, on ne meurt presque plus du covid 19 aujourd’hui. En tous cas l’épidémie fait en France environ 10 fois moins de victimes que le tabac et l’alcool (400 par jour). Par quelque bout que l’on prenne la question, rien ne permet aujourd’hui d’anticiper sur un recours à un dispositif portant frontalement atteinte à deux piliers de la démocratie huit mois à l’avance sans la moindre idée de ce que sera la situation en cette période. [C’est pourquoi, je pense que le CC aura cette fois-ci bien du mal à ne pas déclarer cette loi inconstitutionnelle…] A cela s’ajoute le message politique: l’ignorance délibérée des échéances d’avril-mai 2022 qui peuvent entraîner l’arrivée au pouvoir d’une autre majorité le cas échéant plus respectueuse des principes de liberté et d’égalité, signifie clairement: quoi qu’il arrive, nous serons encore au pouvoir et nous préparons à gérer la situation dès juin-juillet. A ce compte là, si toute possibilité d’alternance est niée par avance avec l’immense complicité d’une grande partie de médias, des sondageurs et des institutions, pourquoi faire des élections, puisque tout est joué d’avance?

[Pour la petite histoire, quand le passe sanitaire a été institué en juillet dernier, je m’étais adressé à un ami sénateur LR, haut placé dans la hiérarchie politique pour lui faire part de mon inquiétude à ce sujet. Il m’avait répondu: il n’y a aucun risque, nous avons pris des mesures pour qu’il y soit mis fin dès le 15 novembre. Je lui avais répondu: mais non! ce passe est bien plus politique – un mode de communication – que sanitaire, et ils ne s’arrêteront sûrement pas le 15 novembre! » Il ne m’a pas cru et c’est bien dommage…]

MT

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« Ceci n’est pas un revenu jeune »

Les termes « revenu ou RSA jeune » sont, paraît-il, à proscrire pour éviter le reproche d’assistanat. Attention: ceci n’est pas un « revenu jeune » comme dirait le peintre Magritte – mais un contrat d’engagement jeune. En dehors de cette question de sémantique, la différence n’est pas évidente. 500 € seront versés mensuellement par l’Etat au jeune de moins de 25 ans n’ayant ni d’emploi, ni de formation. En quoi n’est-ce pas un revenu? A ce compte là, les millions de jeunes de 18 à 25 ans, notamment de milieux populaires, qui se lèvent tôt le matin pour s’en sortir, suivre des cours en vue d’un métier ou trouver un emploi sont lésés: pourquoi eux – ne toucheraient-ils pas les 500 €? Dans ce genre d’initiative, c’est toujours la même logique, que ce soit le RMI ou le RSA, il en reste la subvention mais jamais la contrepartie, ni l’insertion ni l’activité. Pourquoi en serait-il cette fois différemment ? De fait, c’est bien une sorte d’embryon de RSA jeune qui se met en place. Mais comme disait Tartuffe, il faut cacher ce sein. Les socialistes au pouvoir, (Jospin, Hollande/Valls) eux-mêmes, n’ont jamais accepté de s’engager dans cette voie au nom de la valeur travail. Leurs successeurs actuels ne s’embarrassent pas du même scrupule. L’actuel quinquennat avait commencé sous les auspices du Service national universel (retour à la logique du service militaire) qui devait être obligatoire pour tous les jeunes (on parlait de 3 mois). Il s’achève bien au contraire avec un RSA jeune qui ne dit pas son nom. La vraie raison? Tenter de séduire l’électorat jeune en vue de 2022, à l’image de la valse des milliards destinés à la seule réélection. Un jour, il faudra que les dirigeants politiques de ce pays comprennent que l’argent public, provenant de la poche des contribuables (actuels ou futurs), ne leur appartient en aucun cas et n’a pas vocation à servir leurs intérêts.

MT

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« Si l’on pouvait en finir avec l’élection présidentielle… »

« Si l’on pouvait en finir avec l’élection présidentielle ». La déclaration touche à un tabou français. Pour la comprendre, il faut s’être défait d’un amoncellement d’idées reçues et de faussetés qui imprègne les cerveaux français y compris les beaux esprits formés dans les meilleures grandes écoles. Tout l’intérêt de cette déclaration tient au fait qu’elle provient d’une source des plus inattendues: elle est de l’un des plus anciens compagnons de route du gaullisme, un très proche du Général en personne, M. Pierre Mazeaud (le Point de cette semaine). Manifeste-t-elle le début d’une prise de conscience? Elle touche à un pilier de la culture politique française. Elle le secoue, elle l’ébranle. Pour tenter de la comprendre, il convient de s’élever dix minutes au-dessus des lieux communs habituels. L’élection présidentielle favorise l’abêtissement d’une partie du pays (sur le plan politique). Elle pousse ce dernier à se donner un prétendu sauveur providentiel, un guide ou un maître au détriment d’un débat d’idées, d’un choix de société ou d’un projet. Elle est entièrement – entièrement- conditionnée par le pouvoir médiatique qui décide de mettre en valeur telle ou telle personnalité en la surexposant. Ce pouvoir médiatique, d’intelligence et de culture médiocre, va inévitablement se donner des marionnettes à son image, des personnages médiocres sur le plan de l’intelligence, de la culture comme de la morale. L’élection présidentielle, une élection entièrement soumise au spectacle politico-médiatique, valorise le talent de l’histrion, du comédien qui jubile ou pérore devant la caméra. Cette élection hors sol, coupée des réalités de terrain, favorise la grandiloquence, le mensonge et la manipulation, les slogans et les coups de théâtre, les promesses mégalomaniaques à l’image du « nouveau monde », donc l’illusion, la déception et le rejet de la politique. Elle éloigne le pays du bien commun ou de l’intérêt général mais favorise au contraire les déchirements, la division et l’hystérisation de la vie publique autour de la haine ou l’amour que suscitent les candidats (puis le titulaire du poste). Elle pousse la politique dans la voie du spectacle et du rêve au détriment de celle de l’action. Elle substitue le culte d’un homme au sens de l’engagement collectif. M. Pierre Mazeaud pense sans doute comme de Gaulle penserait aujourd’hui: l’élection présidentielle qui avait un but de prestige et d’autorité quand elle fut instaurée est devenue au fil du temps – 60 ans – un levier essentiel de l’impuissance, de la médiocrité et du déclin. Nul n’aura le courage de la remettre en cause, il ne faut pas compter là-dessus. Mais au moins en réduire les effets délétères, par exemple en revalorisant l’élection législative qui serait déconnectée de l’élection présidentielle et se traduirait donc par un rééquilibrage des pouvoirs entre le Parlement, le Premier ministre et l’occupant de l’Elysée. Cela, c’est très possible, sans même changer la Constitution. Et cela ne dépend que de nous, les électeurs.

MT

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Circulaire transgenre, est-ce vraiment le rôle de l’école?

L’Education nationale a diffusé le 30 septembre dernier une circulaire selon laquelle: « la transidentité est un fait qui concerne l’institution scolaire. Celle-ci est en effet confrontée, à l’instar de leur famille, à des situations d’enfants – parfois dès l’école primaire – ou d’adolescents qui se questionnent sur leur identité de genre ». Cette circulaire vise donc à donner des lignes directrices aux personnels d’établissements qui « peuvent se trouver légitimement déstabilisés par ces demandes et, en tout état de cause, se trouvent confrontés à des questions très pratiques (…) auxquelles les réponses apportées sont aujourd’hui disparates et souvent improvisées ».

L’école, le collège et le lycée ont-ils ainsi vocation à accompagner un phénomène de société tel que la « transidentité »? Appartient-il aux professeurs de prendre en charge un mouvement qui relève de courants de société?

De multiples signaux révèlent un vertigineux effondrement du niveau scolaire du pays qui se traduit à long terme par le déclin du intellectuel et par-delà, l’abêtissement d’une nation dont nous constatons au quotidien les dégâts dans le champ politique (naïveté, idolâtrie, hystérie, perte de l’esprit critique). Les symptômes s’accumulent : 10,6 fautes pour une dictée en 1987 mais 17, 9 fautes en 2015 à la même dictée (EN). D’après le classement Timss de 2019, les élèves Français se classent derniers de l’Union européenne en mathématique et avant dernier dans l’OCDE (devant le Chili). Les Français ne sont que 23ème en lecture et compréhension de texte (PISA). Le pourcentage des élèves de faible niveau en histoire géographie est passé de 15 à 21% entre 2006 et 2012, et celui des élèves de niveau élevé de 10 à 6% (EN).

Sans doute conviendrait-il de revenir au fondamentaux de l’institution scolaire. Le rôle des professeurs n’est en aucun cas de se substituer aux parents ni aux médecins ou aux travailleurs sociaux, mais il est d’apprendre à lire, à écrire et à compter, enseigner la grammaire, l’orthographe et les fondements des mathématiques ou de la philo, fournir les bases qui permettront aux Français d’aimer et d’apprécier la connaissance de l’histoire et les grandes œuvres de la littérature… Ce n’est qu’indirectement, à travers le développement de la connaissance et de l’intelligence, que l’école contribue à former le caractère et à donner un sens à la vie.

[NB: en raison d’un voyage professionnel, je ne serai pas en mesure dans les jours à venir de traiter au quotidien et en temps réel les commentaires et prie les intervenants éventuels sur ce thème de bien vouloir m’en excuser]

MT

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Lecture: Le dernier secret, Solenn de Royer, Grasset 2021

Le dernier secret est un livre magnifique, issu de la rencontre entre Solenn de Royer, grand reporter au Monde et une jeune femme qui fut la dernière compagne de François Mitterrand, présentée sous le pseudonyme de Claire. Cette œuvre d’une grande poésie a un côté Shakespearien, abordant avec beaucoup de pudeur et de retenue la question du lien entre le pouvoir, le désir et la mort. Il s’en dégage une émotion intense qui traverse tout le récit.

Cette œuvre a une dimension faustienne aussi dans ce pacte étrange par lequel une jeune femme de 22 ans échange sa jeunesse avec un homme de plus de 75 ans au sommet de la puissance contre un rayon de son prestige. Il est difficile de parler d’amour dans cette relation de plusieurs années mais d’un éblouissement réciproque. L’un se raccroche comme un naufragé à sa jeunesse perdue et qui continue de se dérober. L’autre s’abandonne au vertige de la proximité du pouvoir au fil d’une passion ambigüe qui confond fascination et tendresse .

C’est elle, étudiante en droit, qui, sous l’emprise d’une admiration sans borne, le suit partout, de meeting en meeting, avant leur rencontre en 1988. « – Allo? c’est François Mitterrand. – Bonjour Monsieur le président. – Comme je vous le disais l’autre jour, j’aimerais vous inviter à déjeuner chez moi. – Il y aura beaucoup de monde ou juste vous et moi? – Juste vous et moi. Ca vous ennuie? » Ce témoignage met à jour les pensées et les réflexions d’un personnage qui est alors le premier dirigeant de France et l’un des cinq ou six « grands » de la planète. De fait, des confessions intimes notées par Claire, se dégage une sorte d’égoïsme absolu ou d’obsession de lui-même: « Qu’est-ce qui t’a motivé à devenir ce que tu es? – Le tempérament et l’ambition. – Pas ton éducation? – Je suis issu de la petite bourgeoisie, un milieu dans lequel la réussite est importante il est vrai […]Qu’est-ce qui t’intéresse maintenant? – La vie, la nature, Regarder une femme qui m’émeut. Mes combats. – Pourquoi veut-on laisser une trace dans l’histoire? – Oh, c’est vrai j’en laisserai une plus durable que d’autres […] Il me dit « Dans mille ans, qui se souviendra de moi? Je ne serai qu’un point dans l’histoire ».

Leur relation se brise sur la révélation par la presse de la double vie de François Mitterrand, de sa liaison avec Anne Pingeot et de sa fille cachée. Tout cela, l’existence d’une seconde famille avait été dissimulé au regard de Claire: « Mitterrand est tassé dans son fauteuil. Claire lui dit sa colère et sa peine. Le 10 novembre 1994, Paris Match a publié une photo du président de la République et de sa fille Mazarine, dont l’existence est révélée. – Je suis quoi, moi, dans tout ça? Un jouet, une doublure? Elle tempête. Elle le traite de menteur. Il encaisse mais ne se justifie pas. » A cette lecture, on songe inévitablement: et si Claire s’appelait Marianne? Et si la jeune femme trompée était une image de la France? Le pays pense qu’au palais de l’Elysée, un personnage travaille au bien commun, censé les protéger et préparer l’avenir de leurs enfants. De fait, il n’a de cesse que de s’enivrer de lui-même. Cela dit, l’égoïsme suprême que révèle ou confirme cet extraordinaire témoignage est mâtiné d’un profond désenchantement. La dimension intellectuelle du personnage se traduit par une hauteur de vue qui le préserve de toute illusion quant à sa trace dans l’histoire. En termes de naufrage narcissique, Mitterrand fut sans doute un précurseur. Mais d’autres après lui, à l’Elysée, n’ont même pas le garde-fou de sa vaste culture littéraire et de sa lucidité – notamment sur lui-même.

MT

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Sous le signe de la démagogie… (pour Atlantico)

1) Suppression du permis à points, chèque inflation, vote à 16 ans, doublement du salaire des professeurs, assiste-t-on vraiment à une montée de la démagogie ?

Oui, la campagne des présidentielles démarre sous le signe de la démagogie. Distribuer 100 euros pour 38 millions de personnes pour un coût estimé à 3,8 milliards d’euros, juste avant une élection nationale n’a, me semble-t-il, aucun précédent historique […] Ceci est d’autant plus sidérant que la France est frappée par un déficit public d’environ 9% du PIB et une dette publique de 116%. Une candidate fait dans la surenchère en proposant 200 euros chaque mois pour tout le monde ! Jusqu’où ira-t-on ?  Ce n’est d’ailleurs pas mieux que cette autre candidate qui veut doubler le salaire des professeurs ! Rouvrir le sujet des limitations de vitesse et du permis à points va dans le même sens. La politique de sécurité routière a permis de passer de 16 000 morts sur les routes en 1972 à 2500 aujourd’hui pour un trafic 3 fois plus important. C’est un ensemble de mesures qui ont permis ce résultat, l’amélioration du réseau routier, les limitations de vitesse, la lutte contre l’alcool au volant, l’obligation du port de la ceinture, le permis à points, les radars etc. […] Le projet de droit de vote à 16 ans est du même ordre. Dans la tradition démocratique on estime que 18 ans est un bon compromis entre l’ouverture démocratique et acquisition de la maturité. Il y a-t-il des signes de progrès de la conscience politique, de la culture historique et civique, de l’autonomie individuelle justifiant un passage à 16 ans ? Evidemment non. Et pourquoi pas 12 ans, pourquoi pas 7 ans (l’âge de raison !)

2) A quoi cette poussée démagogique est-elle due ?

Cette poussée est due au néant de la politique. Les principaux candidats n’ont qu’une idée, fuir la réalité en lançant des propositions chocs qui font parler d’eux. Le candidat élyséen fera tout pour éviter de parler de son bilan. Et qu’a-t-il à proposer ? Une nouveau « renouvellement » ? Une nouvelle « transformation de la France » ? Personne n’y croirait. Alors, il faut fuir dans les prétendues « annonces » fracassantes censées déclencher des polémiques et plaire au public. Il en est de même pour les autres. Les candidats pensent qu’ils n’ont aucune chance de briller et de faire parler d’eux avec des projets sérieux et solides. Dans la politique spectacle il faut du sensationnel, du buzz, de l’explosif, des déclarations et des coups de communication qui vont impressionner les médias, déclencher des débats à l’infini et de l’hystérie. Et cela marche plutôt bien !

3) Par le passé, les propositions démagogiques étaient elles aussi prégnantes dans les campagnes présidentielles ? Y a t-il une spécificité de cette élection ?

C’est une dérive progressive. L’élection présidentielle ne se fait plus sur des projets raisonnables et cohérents mais sur des duels d’image narcissique complétement déconnectés du bien du pays. Elle se fait aussi sur des propositions gadgets qui sont le plus souvent parfaitement nuisibles mais qui vont donner une coloration concrète à un projet présidentiel. Voyez la réussite de Hollande qui « n’aimait pas les riches » et sa taxation intégrale des hauts revenus, ou Macron et la suppression de la taxe d’habitation, sans le moindre intérêt économique mais qui a fortement contribué au creusement des déficits publics. La quête du coup de communication démagogique s’impose désormais comme la règle suprême de l’élection présidentielle et nous assistons en ce moment au triomphe de la politique spectacle.

4) Doit-on s’inquiéter du fait que la campagne présidentielle ne soit menée que par des propositions de la sorte ? La multiplication des propositions démagogiques risque-t-elle de rendre inaudible les discours raisonnables qui refusent de céder à ce genre de dérives ?

Bien sûr qu’il faut s’en inquiéter. Car ces mesures peuvent trouver à s’appliquer dans le futur. Un président élu a de bonnes chances de renoncer à mettre en œuvre la plupart des gadgets sur lesquels il a été élus. Mais, en revanche, il garde les plus nocifs et les plus faciles à appliquer car allant dans le sens de la pente de la facilité quelle que soit leur nocivité. En outre le naufrage dans la démagogie a tendance à étouffer toute velléité de réforme sérieuse et de rigueur dans le gouvernement du pays. Après qu’une candidate a proposé la distribution de 200 € sur l’argent public par personne et par mois, qui pourra parler de réduction du déficit public et de la dette publique qui pèsera sur les générations futures ? Le seul espoir tient au bon sens populaire. Les politiques ayant actuellement le vent en poupe baignent dans la démagogie. Il n’est pas certain que cela plaise forcément dans les profondeurs du pays. On se souvient des propositions de revenu universel qui avaient entraîné l’effondrement de la candidature de Benoît Hamon en 2017 […] Le bon sens populaire est le dernier filet de résistance à la démagogie et le vertigineux déclin qui l’accompagne. Dans les six mois à venir, il peut y avoir de l’espace pour un candidat exprimant la voix de la vérité et de l’intérêt général, mais ce n’est pas gagné, loin de là…

MT

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Urgence sanitaire: où étaient nos représentants? (pour Figaro Vox)

Selon l’article 34 de la Constitution de 1958, « la loi fixe les règles concernant […] les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques. » La protection de la liberté et l’encadrement de son exercice est ainsi la première des missions du Parlement. D’ailleurs depuis l’Acte d’Habeas corpus de 1675 la protection des libertés est bel et bien la vocation centrale de tout Parlement dans une démocratie libérale.

Le prolongement de « la période transitoire de sortie d’état d’urgence sanitaire » dont (l’échéance dont l’échéance est prévue au 15 novembre 2021), sollicité par le gouvernement jusqu’au 31 juillet 2022 soulève de nombreuses interrogations au regard de ces principes. De fait, le régime de « sortie d’état d’urgence » ressemble à celui de l’état d’urgence en soi et ses conséquences sont significatives en termes de libertés publiques. Il donne la possibilité à gouvernement de restreindre les libertés en dehors du cadre parlementaire.

Le pouvoir exécutif peut ainsi limiter les déplacements, les possibilités d’utilisation des transports collectifs et les interdire dans les territoires où le virus circulerait activement ; restreindre l’ouverture des établissements recevant du public (commerces, cafés, restaurants, théâtres, cinémas…) ou des lieux de réunion ainsi que leur accès (mesures barrières, jauge de personnes…) voire les fermer provisoirement ; interdire ou encadrer les rassemblements, les réunions et les manifestations. Durant cette période, le passe sanitaire peut être imposé aux voyageurs et pour accéder à des lieux ou événements accueillant du public pour des activités culturelles, sportives ou de loisirs ou des foires ou salons professionnels.

De fait, ce choix traduit une banalisation ou normalisation d’un état d’urgence sanitaire (ou équivalent) qui aura été en vigueur pendant presque deux années. Dès lors que son usage est ainsi normalisé et s’inscrit dans une logique de long terme, il sort de la définition d’un pouvoir d’exception.

Or, le covid 19 ne se présente plus en France ou ailleurs en Europe comme une menace de provoquer une hécatombe. Il constitue une part dérisoire des 1400 à 1900 décès quotidiens en France. En ce moment, le tabac et l’alcool tuent environ dix fois plus (344 morts/jour). La population est au quatre-cinquième vaccinées de même que la quasi-totalité des personnes à risques. Dès lors que le vaccin constitue une protection efficace, conformément au discours officiel, ni la France ni l’Europe ne sont désormais confrontées à la menace d’une nouvelle épidémie dévastatrice. Le covid ne disparaîtra sans doute jamais complétement et il faudra s’habituer à vivre avec lui comme une maladie saisonnière. Le prolongement indéfini de l’état d’urgence sanitaire sur l’ensemble du territoire, sa banalisation en dehors d’une menace d’hécatombe, est donc un choix crucial sur le plan de la conception française des libertés publiques.

Dans ce contexte, face à une situation qui met en jeu l’essence même et la raison d’être de la démocratie libérale ou parlementaire – l’absentéisme parlementaire est particulièrement incompréhensible. Que seuls 261 députés sur 577 aient voté le prolongement du régime de « sortie de l’état d’urgence sanitaire » constitue une authentique anomalie au regrd des principes de la démocratie. Ainsi, le taux de participation à ce vote tellement emblématique et stratégique pour le Parlement n’a pas dépassé les 45%… Les parlementaires, qui sont élus et rémunérés pour voter les lois s’abstiennent ainsi à 55% au sujet d’une loi qui, de fait, touche à l’essence même de leur mission. Et après, les mêmes s’indigneront du même taux d’abstention des électeurs aux scrutins locaux ou nationaux…

Cet effacement du pouvoir législatif sur un sujet qui concerne les libertés publiques pose la question de l’avenir de la démocratie française. La Constitution de 1958 dispose que le peuple exerce la souveraineté par ses représentants et par la voie du référendum. Ce dernier est aboli de fait depuis la victoire du non au référendum constitutionnel de 2005. La souveraineté parlementaire est désormais largement vidée de sa substance. Il reste l’élection présidentielle tous les cinq ans, dont nous savons surtout depuis 2017, que ses résultats sont largement influencés par le matraquage médiatique ou sondagier et le jeu des scandales. Peu importent les mots qui sont utilisés pour qualifier cette évolution et prêtent au reproche d’exagération : « soft totalitarisme », « dictature ou autoritarisme sanitaire »… On peut en débattre à l’infini. Ce qui est certain, c’est qu’un tournant décisif est en train de se produire dans la conception française de la liberté et de la démocratie libérale. Le régime politique français est entré dans une autre logique qui certes, n’a pas encore de nom.

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Passe sanitaire, au bout de la nuit

On apprend que le passe sanitaire ne sera pas obligatoire pour les meetings politiques, dont la vocation est d’entasser dans un espace clos toute sorte de braillards. S’il est un lieu de libre circulation et de prolifération des postillons, c’est bien le meeting politique, qu’il soit de droite, de gauche, du centre ou extrémiste. En revanche, par le plus sidérant des paradoxes, le passe sanitaire s’applique désormais aux enfants qui veulent venir s’instruire sagement dans les bibliothèques et les médiathèques de quartier, chacun assis à sa place et en dehors de toute condition d’entassement.

Selon les statistiques officielles, environ 30% des jeunes de 12 à 18 ans ne sont pas vaccinés et dès lors ne disposent pas d’un passe sanitaire. Pourquoi ne sont-ils pas vaccinés? Sans doute, parce que, pendant des mois, le discours officiel a martelé que la vaccination des jeunes, qui ne sont pas menacés par les formes graves du covid 19, était inutile voire contre-productive, avant que n’intervienne au début de l’été une soudaine volte-face (scientifique ou idéologique?) à ce sujet. Or, le passe sanitaire est désormais rendu obligatoire dès 12 ans pour accéder aux espaces culturels tels que les médiathèques, bibliothèques (en tout cas dans certaines communes). Cela signifie-t-il que désormais, en ce moment, 30% presque un tiers des jeunes sont, de fait, quasiment bannis des lieux de l’intelligence et de la civilisation? Et après, qui s’étonnera de l’effondrement intellectuel de ce pays, de la montée de l’ensauvagement voire de la barbarie?

Quelle signification au total? l’excitation et le climat d’embrigadement d’un meeting politique mériteraient plus de considération que des enfants qui lisent, s’instruisent et travaillent? Tout cela est tellement invraisemblable qu’on a du mal à en croire ses yeux.

MT

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Lecture: L’absolutisme inefficace, Jean-François Revel, Plon 1992

Le seul fait d’ouvrir les yeux n’est pas être blasphématoire envers l’héritage gaullien. Et d’ailleurs, que dirait le Général à la vision actuelle d’une république dont il est censé être le fondateur? L’absolutisme inefficace de JF Revel, publié il y a 30 ans, est un petit ouvrage lumineux et prophétique sur la déliquescence des institutions politiques françaises. Il touche à un tabou. Il montre comment, déjà, trois décennies auparavant, le principe de sublimation d’un homme – l’occupant de l’Elysée – s’est substitué au sens de l’intérêt général. L’exaltation du chef suprême donne l’illusion de l’autorité au pays mais se traduit par l’aggravation de l’impuissance et du déclin. Ce petit ouvrage de 180 pages est impressionnant par sa lucidité et son actualité. Qu’on en juge par ces quelques extraits:

La présidence à la française contenait en germe la capacité de convertir en vices les vertus des hommes devenus ses prisonniers, leur intelligence en sotte suffisance, leur sens du devoir en culte du moi […] Elle rend fous ceux qui l’occupent, ceux qui la convoitent et ceux qui l’ont perdue […] Elle ne fonctionne pas et empêche tout le reste de fonctionner. Par son obésité croissante, elle encombre tout le territoire de l’Etat, elle écrase les autres autorités légitimes.

Au fur et à mesure que le système présidentiel a dégénéré au fil des ans et de la sclérose caractérielle de ses détenteurs, les conducteurs de la politique de la nation se sont recrutés toujours davantage parmi les amis personnels du chef de l’Etat, ses favoris, ses jeunes ou vieux serviteurs, ses courtisans et de moins en moins parmi des caractères politiques véritables, possédant une assise personnelle dans l’électorat et animés d’une conviction.

L’Etat achève ainsi de se délabrer entre les mains de toute une cour de dévots dévorateurs de faveurs qui se savent intouchables en tant qu’hommes du président, de tout un entourage de falotes créatures dont l’obséquiosité a fait la fortune et dont, aux affaires, l’infatuation égale l’impréparation.

Collaborateur du président, c’est, en pratique, le rôle auquel le rôle est réduit le Premier ministre, avec ce détail aggravant qu’il n’est pas pour autant un favori du président. De tous les domestiques, il est loin d’être le préféré du chef de l’Etat, toujours enclin à trouver en lui un rival ou un rebelle. [Pour éviter le risque du désaveu] l’énergie intellectuelle et nerveuse du Premier ministre s’épuise, bientôt toute entière, non plus à gouverner, mais à chercher ce que veut le président.

Du reste, non seulement le chef de gouvernement, mais les ministres, et aussi toute personne assumant quelque fonction dans l’appareil d’Etat ou le secteur public n’ose plus, en France, articuler la moindre phrase sans l’introduire par ces mots: « comme l’a dit le président de la République », ou « conformément au vœu du président de la République », ou conformément au vœu du président de la République […] La floraison des variantes est illimitée, la servilité qui les inspire identique.

De la plongée du parlement dans le néant, le Premier ministre tire sa propre ascension dans la servitude. Non seulement il ne jouit d’aucune autorité qui lui soit propre, faute d’être réellement et non mythiquement investi par la représentation nationale, mais l’autorité déléguée même qu’il reçoit du président lui est dans le détail constamment disputée et reprise par ce dernier.

Une bonne Constitution non seulement associe le contrôle à l’efficacité sans sacrifier l’un à l’autre, mais encore elle garantit l’efficacité parce qu’il y a contrôle. Nous pourrions peut-être tolérer la dérive monarchique de la présidence française malgré la vulgarité du spectacle qu’elle nous inflige, si elle permettait de mieux gouverner. Mais c’est le contraire qui se produit.

L’irresponsabilité présidentielle est la grande maladie du régime. Et c’est une maladie contagieuse, qui se répand de haut en bas de l’appareil d’Etat. Ou l’on est pas un favori du président, et dès lors, il vaut mieux ne prendre aucune initiative parce qu’on sera tenu pour coupable quoi qu’il arrive; ou l’on est un favori et l’on peut se permettre n’importe quelle bévue, car on est « couvert par le président » et donc on ne paiera pas ses erreurs. Au pire, on changera de poste, on troquera une prébende contre une autre.

Or, le spectacle des faillites totalitaires nous l’a enseigné: l’efficacité du pouvoir est d’autant plus limitée que son irresponsabilité est illimitée […] La présidence de Ve république illustre cette loi éternelle que trop monopoliser le pouvoir empêche de l’exercer. L’excès de pouvoir tue le pouvoir, ou, pour être plus précis, l’action.

Ainsi la présidence dispose de l’omnipotence et de la durée, et pourtant […] n’a réalisé aucune des réformes dont la France avait besoin […] Notre présidence transcendante n’a traité en profondeur ni le statut de la fonction publique, ni l’Education, secondaire ou élémentaire, ni les universités, ni la fiscalité, ni la sécurité sociale, ni les retraites, ni l’immigration, ni la sécurité, face aux crimes et délits, ni la police, la justice, les prisons, ni la santé publique et les hôpitaux, ni le chômage et la formation professionnelle, ni la corruption qui a empiré.

Cette bouffonnerie […] ruine la thèse selon laquelle la très grande continuité et quasi-invulnérabilité de l’exécutif présidentiel entraînerait un fonctionnement de l’Etat plus efficace et mieux organisé que celui du système parlementaire. C’est le contraire qui se produit. L’invulnérabilité entraîne le laisser-aller dans l’action, l’arrogance et la suffisance dans le mensonge destiné à masquer les erreurs, et dans l’art de se dérober aux conséquences des échecs.

Récapitulons: le président de la République est assez fort pour ne tenir compte d’aucun des avertissements qui lui parviennent de la réalité et de la société, ce qui transforme sa force en faiblesse. D’où ces brusques désagrégations du pouvoir que l’on constate dans l’histoire de la Ve république – mai 1968, juin 1984, juillet 1992 – où il semble qu’il n’y a plus rien entre l’Elysée et la rue parce que l’Elysée, en effet, pour son confort, a laminé les pouvoirs intermédiaires et débranché les signaux d’alarme de sorte que le président se réveille périodiquement dans un paysage inconnu, face à un peuple qu’il a perdu de vue.

Sa méthode pour conduire les affaires devient donc un mélange vieux jeu d’autoritarisme et de démagogie. Autoritarisme étale et placide dans les périodes calmes, démagogie soudaine et désordonnée dans les moments d’éruption sociale.

La présidence de la Ve est donc en pratique une recette pour l’inaction. Elle se neutralise elle-même de par sa surcharge pondérale. Et elle neutralise les autres centres de décisions […] De plus engendrant l’immobilisme, qui est le propre à la longue de tous les régimes autocratiques, elle engendre aussi ce que j’appellerai les actions de substitution, les actions factices. La communication remplace l’action, tandis qu’une agitation ostentatoire veut créer l’illusion de l’activité.

Chacun sait en France que les mots « chantier présidentiel » sont synonymes de « dépense illimitée ». Un des effets de l’hypertrophie présidentielle a donc été d’abolir en pratique le principe qui a été à l’origine même de la démocratie représentative : autoriser et contrôler la dépense du souverain.

En outre, détourné de son devoir envers l’intérêt général, l’appareil d’Etat devient une machine à plaisir et de profit entre les mains de son chef et de ses amis. La corruption, le népotisme, le favoritisme et le gaspillage s’installent, ainsi que l’indulgence à l’égard de l’incompétence des favoris et l’inconscience à l’égard de la sienne propre qui ne peut que croître dans des conditions aussi protégées, aussi propice à l’enflure du moi.

La flagornerie servile de l’entourage et la bienveillance légitimiste de l’opinion, il est vrai, accordent à la présidence une « prime » qui peut masquer longtemps les défaillances de l’occupant du poste, voire sa médiocrité. Le désastre n’en est que plus grave le jour où, enfin, on s’aperçoit de leur étendue.

MT

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Etat d’urgence prolongé: scandaleux absentéisme parlementaire

Le prolongement de « la période transitoire de sortie d’état d’urgence sanitaire » (dont l’échéance est prévue au 15 novembre 2021), sollicité par le gouvernement jusqu’au 31 juillet 2022 soulève de nombreuses interrogations.

De fait, le régime de « sortie d’état d’urgence » ressemble à celui de l’état d’urgence en soi et ses conséquences sont significatives en termes de libertés publiques. Il donne la possibilité à gouvernement de restreindre les libertés en dehors du cadre parlementaire. Ce choix traduit une banalisation d’un état d’urgence sanitaire qui aura été en vigueur pendant presque deux années. Dès lors que son usage est ainsi normalisé et s’inscrit dans une logique de long terme, il sort de la définition d’un pouvoir d’exception.

Dans ce contexte, face à une situation qui met en jeu l’essence même et la raison d’être de la démocratie libérale ou parlementaire – l’absentéisme parlementaire est particulièrement incompréhensible. Que seuls 261 députés sur 577 aient voté le prolongement de l’état d’urgence sanitaire constitue une authentique anomalie de la démocratie. Ainsi, le taux de participation à ce vote tellement emblématique et stratégique pour le Parlement n’a pas dépassé les 45%… Les parlementaires, qui sont élus et rémunérés pour voter les lois s’abstiennent ainsi à 55% au sujet d’une loi qui, de fait, touche à l’essence même de leur mission. Et après, les mêmes s’indigneront du même taux d’abstention des électeurs aux scrutins locaux ou nationaux…

MT

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« Revenu d’engagement jeune »

Le pouvoir politique met en place en ce moment le revenu d’engagement jeune en débloquant un crédit d’un demi milliard €. Cette mesure passe, dans l’indifférence générale au milieu des tempêtes médiatiques quotidiennes. Dans un pays qui compte une dette publique de 116% du PIB et un déficit de près de 10%, la valse des milliards électoraux se poursuit. Le principe consiste à sacrifier l’avenir et les générations futures – qui devront payer la note – pour l’extase de 5 années supplémentaires à pavoiser dans les palais de la République. Mais cette fois, c’est pire que d’habitude. Même les gouvernements de gauche auxquels il restait une once de sens des responsabilités (Jospin, Valls) s’y étaient refusés au nom de la préservation d’une société de travail. Désormais pour assurer la réélection de l’Autre, on franchit une étape décisive. Créer une sorte de RSA destiné aux jeunes de 16 à 25 ans, vise à les détourner d’une société fondée sur l’autonomie par le travail. Bien sûr, pour l’affichage, on précise des conditions « d’engagement » à ce revenu. Mais c’est toujours la même chose, le RMI devenu RSA était lui aussi soumis au début à des conditions d’insertion ou d’activité. Il en reste le revenu mais les supposées conditions ont disparu. La France compte déjà 2 millions de RSA, cela ne suffisait donc pas. Le pouvoir consolide les fondement d’une société d’assistanat où l’on enseigne au jeunes à s’en remettre aux subventions publiques plutôt qu’au goût de l’effort. Distribuer de l’argent qui ne vous appartient pas est tellement plus facile que d’enseigner à exercer un métier et de préparer l’avenir des jeunes. Cela s’inscrit dans l’émergence d’une société de contrôle étatique et de soumission: dès lors que vous dépendez de la subvention publique plutôt que de votre activité d’homme libre, vous entrez dans une logique d’esclavage. Moi, je trouve sincèrement cela bien dég………

MT

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Circulaire de la peur

Un document officiel de l’EN publié sur son site a été largement diffusé. Il s’intitule « Commémoration de Samuel Paty, débattre sur le rôle du professeur« . Il ressemble à une fake news, à un faux. Est-il seulement authentique? Il semble hélas que oui… A le lire, on n’en croit pas ses yeux: « L’heure n’a pas vocation à être un retour sur ce qui s’est passé il y a un an, ni une évocation de Samuel Paty et de sa mémoire. » Alors pourquoi une commémoration de Samuel Paty si ce n’est pas pour évoquer la mémoire du professeur martyrisé? D’ailleurs, les termes « débattre du rôle du professeur » sont ambigus: ils expriment un doute quant à l’attitude de Samuel Paty: était-il bien dans son rôle? Ce texte exhale un parfum de frousse et de renoncement. Surtout éviter ce qui pourrait apparaître comme une provocation. Il se résume en une pirouette: commémorer en neutralisant la mémoire. Il est emblématique d’une société qui veut fuir la réalité, la menace du terrorisme islamiste plutôt que d’en relever le défi. Il est à l’image d’une partie de la France dite d’en haut, politique, médiatique, intellectuelle, qui au fond, s’en accommode sans le reconnaître ouvertement. Peut-être eût-il mieux valu pas de commémoration du tout qu’une commémoration d’une main tremblante. A travers la démission qu’il exprime, il annonce les drames de demain.

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Touchez pas à nos maisons!

Jeudi, le pouvoir politique s’en est pris à la maison individuelle, « ce rêve construit pour les Français dans les années 70 », « ce modèle d’urbanisation qui dépend de la voiture pour les relier », sont un « non-sens écologique, économique et social ». « Le modèle du pavillon avec jardin n’est pas soutenable et nous mène à une impasse », selon des propos rapportés par plusieurs médias. A la suite de ce discours, le pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB) a « déploré la stigmatisation persistante de l’habitat individuel, à contresens des aspirations des Français » sur Twitter, tandis que la Fédération des constructeurs de maisons individuelles s’est dite « révoltée contre de tels propos tenus par une élite parisienne dite écologique et pourtant très loin des territoires, des habitants et de leurs préoccupations », dans la presse spécialisée. Dans un communiqué vendredi soir, le ministère de la Transition écologique affirme qu’ il n’est pas question d’en finir avec la maison individuelle.

Oui, mais tout cela a quand même été dit à travers des paroles qui ne souffrent guère d’ambiguïté. On se doute bien que 50% des Français qui vivent en maison individuelle ne vont pas être évacués du jour au lendemain de leur domicile avant que les murs de leur maison ne soient rasés… Mais pourtant, quoi qu’il en soit, de tels propos reflètent une image négative de la maison individuelle. Comment les interpréter?

  • La maison individuelle avec son jardin est emblématique de la vie privée, de l’intime, de la famille et de la liberté. Nous sommes face à un pouvoir qui a pris, à la faveur de la crise sanitaire, un goût morbide au bannissement de la liberté: de confinements en couvre-feu jusqu’au passe sanitaire, mesures qui se sont révélées aussi liberticides qu’inutiles. Le bannissement de la maison individuelle et des jardins, refuge de la vie privée, est tacitement dans la même logique.
  • La maison individuelle avec son jardin est le rêve de 75% des Français, un rêve simple, populaire, familial. La loi du mépris veut qu’un rêve populaire soit connoté « populiste » aux yeux de la France d’en haut. Dès lors que les sans dents, les Gaulois réfractaires et ceux qui ne sont rien vivent heureux dans leur maison individuelle ou rêvent d’y accéder, ce bonheur ou ce rêve qui détournent les Français de la sublimation de leur caste dirigeante, agacent en haut lieu et doivent être vilipendés.
  • L’écologisme (bien éloigné de toute préoccupation concrète de protection de l’environnement) est une idéologie, comme le communisme ou le fascisme. Il tend vers un avenir radieux écrasant toute autre considération. La liberté, le bonheur individuel doivent s’y plier. Y compris ce à quoi les Français sont les plus attachés: leur toit et leur jardin secret. Cette vision imprègne le discours anti maison.
  • Sans doute il y a-t-il aussi une part de politicaillerie et de provocation: se faire remarquer à tout prix par des déclarations explosives, recouvrir les échecs, l’impuissance, les déceptions par des polémiques en tout genre, mais tel n’est pas l’essentiel.
  • Il ne faut pas se faire d’illusion: tout ceci relève d’autre chose que de paroles en l’air, mais d’une idéologie. Les dirigeants qui s’en font les porte-paroles ne disposent probablement pas des outils intellectuels leur permettant de prendre la mesure de leurs déclarations [faire dater la maison individuelle des années 1970 n’est pas le signe d’une grande lucidité ou culture et nous n’allons quand même pas nous attendre à ce qu’un ministre actuel ait la moindre idée de la pensée de Locke sur le lien entre la liberté et la propriété!]. Mais cette sensibilité, cette vision se traduira demain dans les faits par des politiques notamment fiscales destinées à pénaliser la maison individuelle et son jardin puis décourager les propriétaires – sur le même modèle que la voiture – tout ce qu’au fond d’eux même, ils haïssent: la liberté, le bonheur individuel, la vie privée. MT

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La honteuse précampagne électorale

Jamais dans l’histoire de la République une campagne électorale n’aura débuté sous des auspices aussi détestables, dégoulinants de haine, de mensonge, de bêtise et de méchanceté. La chasse au gibier de potence est au centre des opérations avec M. Zemmour en bouc émissaire national (consentant) à la manière de René Girard. Tout cela pue l’hypocrisie à plein nez. La France d’en haut (politique, médiatique et « intellectuelle ») se livre à une étrange chasse à l’homme sur toutes les ondes et tous les médias dans une indifférence et une banalisation qui font froid dans le dos. Elle sait que l’effet de ce lynchage est de focaliser la campagne sur le phénomène Zemmour et donc de le faire mécaniquement grimper dans les sondages. Elle en fait ainsi l’adversaire privilégié de M. Macron assurant la réélection de ce dernier comme candidat du prétendu « Bien » face au nouveau « Mal absolu », avec une certitude encore plus totale que dans l’hypothèse d’un face-à-face avec la fade candidate lepéniste. M. Zemmour n’a pas le moindre soupçon d’une chance de l’emporter dans un deuxième tour du fait de son caractère clivant qui exclut absolument, irrémédiablement, définitivement de rassembler sur son nom 50,00001% des Français. C’est tout l’enjeu de la chasse névrotique et malsaine qui se déchaîne en ce moment. Et aujourd’hui, Mme le Pen annonce qu’élue, elle pourrait le désigner comme son Premier ministre. Ah! le bel attelage expérimenté, rassembleur et consensuel pour piloter l’appareil d’Etat ! Mais de qui se moque-t-on? Qui peut bien croire à de telles balivernes? Quant à l’actuel occupant de l’Elysée, candidat à sa succession, il caracole plus que jamais en tête des sondages. Non que les Français paraissent satisfaits du bilan d’un quinquennat dont il n’est jamais question. Visage obsessionnel, envahissant, il monopolise l’attention médiatique dans un jeu de mise en scène permanente, multipliant les apparitions à tout propos, mêlant les clins d’œil bienveillants aux coups de menton dans le vide, distribuant les « annonces » et les dizaines de milliards à la tête des Français sous hypnose, les milliards chimériques dans un pays en ruines dont la dette publique atteint 116% et le déficit public 10% du PIB, et tout cela avec la complicité obséquieuse de 80% des faiseurs d’opinion… Et vous appelez cela une démocratie? Les socialistes (on pourrait, pourquoi pas, imaginer un parti socialiste intelligent sur le modèle de Léon Blum, non sectaire et qui replace la question sociale au premier plan tout en tenant un discours responsable sur la sécurité et l’immigration), les socialistes ne trouvent rien de mieux que de se donner Notre-Drame de Paris comme candidate en se noyant dans leur soupe gauchisante. Et puis la « droite », multiplie les efforts de sérieux à travers son congrès virtuel. Mais le message ne parvient pas à passer dans l’opinion. Elle est comme écrasée entre la montée des délires d’une part et l’esbroufe médiatique d’autre part. Et puis, dans un contexte particulièrement flou, elle ne parvient pas à effacer le spectre des jalousies, des haines, des arrière-pensées vénéneuses qui la rongent. Victime des trahisons de la pire engeance – les traitres hautement satisfaits de leur trahison -, elle ne parvient hélas toujours pas à allumer la moindre étincelle d’espérance. Et les Français, me diriez vous? Il serait temps qu’ils se reprennent, se réveillent, ouvrent les yeux et prouvent que le bon sens n’est pas irrémédiablement mort. Je le sais, je me répète: nous marchons tout droit à l’abîme.

MT

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Lecture: Le dernier carré, sous la direction de Jean-Christophe Buisson et Jean Sévillia, Perrin/Le Figaro magazine 2021

« Waterloo, 18 juin 1815 […] Le destin hésite, puis bascule. Lorsque Zieten et Wellington repassent à l’attaque, il ne reste, autour de Napoléon, que trois bataillons de la Garde, dont l’un commandé par Cambronne, qui luttera jusqu’au bout non sans avoir lancé un mot cru qui nourrira la légende après avoir conclu l’épopée. »

Le dernier carré est un livre passionnant dont le thème est celui de l’honneur ou du sacrifice, le combat de ceux qui refusent de se rendre même quand tout semble définitivement perdu. Il aurait pu aussi s’intituler « l’histoire des hommes qui ne renoncent jamais ». Les vingt-cinq chapitres qui illustrent le comportement de combattants dos au mur et poursuivant leur résistance, soulignent la constance de la nature humaine: tout change, sauf les caractères et les comportements qui demeurent identiques malgré des époques et des conditions extrêmement différentes. D’ailleurs, les exemples puisés dans l’histoire vont de Thermopyles en 480 avant JC, pour la liberté des Grecs, jusqu’à la bataille de Kobané en 2014, le Stalingrad kurde contre l’Etat islamique Daesh.

Chacun de ces brefs chapitres d’une vingtaine de pages est à lui seul une formidable leçon d’histoire universelle, rédigée dans un style synthétique et limpide. Tous ces récits sont aussi incroyablement divers dans le temps et l’espace, que ressemblants par la psychologie humaine qui s’en dégage .

On retiendra par exemple l’ultime combat de Pontiac, Amérindien du Canada, fidèle à l’alliance des Français et des Amérindiens qui, après la cession par la France du Canada à l’Angleterre, poursuit le combat entre 1763 et 1769 contre le colonisateur britannique avant d’être assassiné. (Récit de Mathieu Bock-Côté).

L’un des récits les plus emblématiques et les plus sidérants de ce livre est celui des soldats français enfermés dans les forteresses de la ligne Maginot, qui refusent de se rendre à la Wehrmacht après la débâcle de l’armée française et l’armistice du 22 juin 1940. Trois jours plus tard, assiégés, quelques Français, résistants avant l’heure, continuent de ferrailler. « Les ouvrages, progressivement encerclés, refusent de se rendre, à de très rares exceptions près, et poursuivent le lutte, comme celui de Fermont qui tire encore le 25 juin en riposte à une dernière attaque allemande. Un commandant d’ouvrage en fait le constat: A l’heure du cessez-le-feu, nous tenons toujours, nous n’avons pas été vaincus et nous disposons de tous nos moyens de feu. Par conséquents, nous ne sommes pas prisonniers […] On ne voulait pas sortir des ouvrages les bras en l’air. » Cette belle et incroyable histoire si bien racontée par Rémy Porte soulève une question évidente: pourquoi un tel épisode qui contraste avec l’image d’Epinal d’une armée démotivée et d’une France soumise et pacifiste en mai-juin 1940 n’est-il pas mieux connu des Français. Cela viendrait-il de la tyrannie de la haine de soi?

Mais ce livre n’est pas forcément un hommage à l’héroïsme. Les derniers carrés sont souvent formés de héros mais aussi de fanatiques. On y apprend par exemple sous la plume de Jean Lopez, que certains régiments de la Wehrmacht par fidélité au nazisme et surtout l’espoir d’échapper à la captivité en URSS, ont continué de se battre jusqu’au 11 mai, quatre jours après la capitulation de Reims, contre l’armée soviétique sur les rives de la mer baltique.

Sa richesse tient à la fantastique diversité des thèmes qui y sont abordés autour d’un commun dénominateur, dont certains nous sont familiers mais d’autres, la plupart, nous ouvrent la porte d’événements moins présents dans notre mémoire collective. Il en est ainsi de la résistance passionnée et sanglante des Jacobites d’Ecosse (fidèles à Jacques II Stuart, roi d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, catholique et proche de Louis XIV), à la conquête de la Grande-Bretagne et au couronnement de Guillaume d’Orange en 1689 (Christophe Parry). Outre les chapitres déjà évoqués:

  • Massada mai 73 après JC, le suicide collectif des zélotes juifs, par Georges Ayache;
  • Montségur, 1244, le dernier bûcher cathare, par Paulin Cesari;
  • Trébizonde, 1463, les ultimes feux de l’Empire bizantin, par Joseph Macé-Scaron;
  • Cévennes, 1702-1704, la guerre des Camisards par Agnès Walch;
  • Vendée-Bretagne, 1815, la Chouannerie des Cent-jours par Jean Sévillia;
  • Europe-Amériques, 1815-1821, une diaspora militaire napoléonienne par Thierry Lentz;
  • Oklahoma, 1865, le combat perdu de Stand Watie, Cherokee sudiste;
  • par Vincent Bernard; Mexique, 1867, la chute d’un empire illusoire, par Jean Sévillia;
  • Rome, 1870, les zouaves pontificaux contre le royaume d’Italie, par Christophe Dickès;
  • Paris 1871, les espérances mortes des communards, par Jean-Christophe Buisson;
  • Japon, 1877, Saigo Takamori, le dernier samouraï, par Vincent Jolly
  • Irlande, 1923, les vaincus de la guerre civile, par Pierre Joannon
  • De la Crimée à la Tunisie, 1920-1924, l’agonie des armées blanches
  • Mexique, 1934-1937, les braises de l’incendie cristero, par Isabelle Schmitz
  • Allemagne 1945, les derniers bataillons nazis par Jean Lopez
  • Espagne, 1942-1952, les maquis rouges oubliés, par Emmanuel Hecht
  • Lituanie 1944-1655, l’épopée des « frères de la forêt » par Jean-Christophe Buisson
  • Alger, 1962, le crépuscule de l’Algérie française, par Jean-Pax Méfret
  • Asie du Sud-Est, 1949-1975, les guérillas de la liberté par Jean-Louis Tremblais
  • Liban 2000, le baroud désespéré des soldats chrétiens par Jean-rené Van Der Plaesten.

MT

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Présidentielles, les cartes rebattues?

Voici un nouveau sondage, certes un sondage de plus, mais celui-ci a la particularité, pour la première fois depuis presque 5 ans, de rebattre les cartes d’une élection dont tout le monde jurait depuis presque cinq ans qu’elle était pliée autour du tandem le Pen/Macron assurant la réélection de ce dernier. Pour la première fois, un candidat « de droite » (M. Bertrand dans ce sondage) semble être en position d’accéder au second tour de l’élection. Or, nous le savons, l’hypothèse d’un second tour « droite » (Bertrand)/Macron est à ce stade la plus incertaine et la plus ouverte. Une bouffée d’air démocratique qui réinstille quelque suspens dans les échéances à venir? [A mes yeux, la priorité absolue est de mettre un terme à un quinquennat dominé par une dérive dans le culte de la personnalité au détriment de l’intérêt général, dans un contexte de déclin économique, social, financier, sécuritaire et scolaire. L’objectif de la présidentielle n’est en aucun cas d’élire un nouveau prétendu « sauveur providentiel » mais d’ouvrir la voie à une nouvelle majorité parlementaire et un nouveau gouvernement tourné vers le bien commun plutôt que l’éblouissement narcissique. Ni plus, ni moins. ]

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Hommage à Samuel Paty: la main ne doit pas trembler

Le 15 octobre 2021 aura lieu un hommage à Samuel Paty, professeur d’histoire et géographie décapité l’an passé par un islamiste tchétchène à Conflans-Sainte-Honorine pour avoir parlé à ses élèves de la liberté d’expression en leur montrant des caricatures du prophète. Cet assassinat est emblématique des ravages du fanatisme sanguinaire et du déclin de la France des Lumières et de l’Education nationale et plus largement de l’effondrement sur le long terme d’un pays qui ne parvient plus à protéger ses professeurs. Mais cet hommage, en soi bienvenu, donne lieu à un étrange malaise dominé par la peur. Des parents craignent pour la sécurité de leurs enfants. Les autorités redoutent des troubles. Dès lors, la commémoration pourrait être à la carte selon les établissements: ici une minute de silence, là un quart d’heure voire une heure complète de « réflexion et d’échanges », en fin de journée. Bref, « il est nécessaire d’avoir une réponse différenciée selon les établissements et de se montrer souples ». L’hommage serait ainsi, de ce que l’on sait, plus ou moins adapté au cas par cas… Dans une République digne de ce nom, un tel hommage, dès lors qu’il aura bien lieu, ne devrait pas être souple ni sous forme de réflexion et d’échange sur un sujet touchant à un massacre et n’appelant rien d’autre qu’une condamnation ferme et absolue, mais sous la forme d’une lecture obligatoire d’un texte commémorant le martyre de Samuel Paty devant tous les collégiens et les lycéens debout, sans exception, et assortie de lourdes sanctions à la moindre manifestation hostile.

MT

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Le triste abêtissement de la politique française

Finalement, quand on parle du déclin de la France, ce qui est le plus grave, à la source de tout le reste, c’est la montée de l’inintelligence politique, de la bêtise pure et simple. Nous en avons un formidable exemple avec les élections nationales de 2022 qui se profilent. Il ne vient plus à l’idée de personne de s’interroger sur le bilan de 10 ans de socialisme hollando-macronien (libertés, déficit et dettes publics, sanitaire, sécurité, immigration, chômage, pauvreté, etc.) La vérité sur la situation actuelle est passée sous silence. Les rares statistiques qui sortent sont de toute évidence faussées (sur le chômage, nul ne relève l’exclusion des chiffres du chômage partiel, ni la vertigineuse distorsion entre les données de l’INSEE et celles de pôle emploi qui vont de 2 à 6 millions hors chômage partiel). Mais cela n’intéresse personne. La précampagne se présente comme une fuite en avant dans la quête d’un sauveur providentiel, d’un père ou d’un héros national, sans que personne ne relève que cette course est celle qui est imposée par le rythme des apparitions médiatiques. Tout n’est plus que gesticulations, frime, coups de menton, sensationnel, naufrage dans la vanité et le narcissisme obsessionnel. La politique continue de fuir le monde des réalités, emportée dans une bulle de mystification et d’hystérie. Les renégats et les courtisans se déchaînent dans la plus parfaite indignité à la perspective de la réélection élyséenne, comme rendus fous par l’odeur du pouvoir. Le débat d’idées sur des projets concrets et réalistes est totalement éteint. Il a été remplacé par la course éperdue aux sondages, à la quête du sensationnel, aux batailles de coqs à la télévision. L’avenir de la France dans son contexte européen et international est largement oublié et passé sous silence. Tout ceci, à commencer par l’effondrement du niveau intellectuel des milieux dirigeants ou influents, est sans doute le fruit d’un abêtissement de long terme lié à l’effondrement scolaire : 10,6 fautes pour une dictée en 1987 mais 17, 9 fautes en 2015 à la même dictée (EN). D’après le classement Timss de 2019, les élèves Français se classent derniers de l’Union européenne en mathématique et avant dernier dans l’OCDE (devant le Chili). Les Français ne sont que 23ème en lecture et compréhension de texte (PISA). Le pourcentage des élèves de faible niveau en histoire géographie est passé de 15 à 21% entre 2006 et 2012, et celui des élèves de niveau élevé de 10 à 6% (EN). La honteuse image que donne la politique française aujourd’hui est probablement la conséquence de ce phénoménal déclin intellectuel.

MT

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Cette étrange commission « anti-complotisme »

Le pouvoir politique vient d’installer une commission dite anti complotiste intitulée « les Lumières à l’ère numérique ». Elle est chargée de débusquer les fausses informations circulant sur Internet et de faire des propositions au gouvernement pour lutter contre le « complotisme ». Elle est composée de 13 « scientifiques » dont son président, le sociologue M. Bronner. [Parmi ses membres, j’en connais deux : un vétéran du journalisme omniprésent sur les médias et caricature du parfait lèche-bottes; et un historien dont je me souviens surtout qu’en 2017, il comparait très sérieusement le nouveau chef de l’Etat à Napoléon Bonaparte]. La démarche relève de l’idéologie du mépris, qui est la caractéristique du régime actuel: un étrange aréopage de beaux esprits désignés par le pouvoir est ainsi mandatés pour débusquer les errements de la vile multitude ou la populace numérique. On est en plein dans la sublimation de la prétendue élite – autoproclamée – contre la masse supposée obscurantiste. L’enjeu est d’instaurer une vérité officielle, unique, scientifique et de pourfendre tout ce qui s’y oppose au prétexte de lutter contre le « complotisme ». Or, cette approche est des plus douteuses. Au début de 2020, la parole officielle et ses caniches se déchaînaient contre les rumeurs attribuant à un laboratoire scientifique l’origine de l’épidémie de covid 19, considérées à l’époque comme la quintessence du complotisme. Or, il s’avère que la thèse dite alors complotiste est aujourd’hui considérée comme tout à fait plausible par les scientifiques eux-mêmes. A quelle littérature nous fait penser donc la nouvelle commission anti-complotiste?

« Le ministère de la vérité – Miniver en Novlangue – frappait par sa différence avec les objets environnants […] De son poste d’observation, Winston pouvait encore déchiffrer sur la façade l’inscription des trois slogans du parti:

  • LA GUERRE C’EST LA PAIX
  • LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE
  • L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE

Le ministère de la vérité comprenait, disait-on, trois mille pièces au niveau du sol [Il] s’occupait des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts. »

Georges Orwell, 1984

Ce qui se passe en ce moment à six mois des élections générales, dans le plus complet abrutissement général, est proprement ahurissant.

MT

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Témoignage de voyageur (sur le passe sanitaire et l’absurdistan français)

Ceci est un témoignage vécu dont je garantis sur mon honneur l’authenticité. Jeudi 30 septembre. Vol de 9H30 Paris-Valence, Vueling VY 8153. Les autorités espagnoles multiplient à juste titre – avant le passage de la frontière – les contrôles du passe sanitaire (qu’il a fallu saisir au préalable sur une application espagnole): au dépôt des bagages puis à l’embarquement. A l’arrivée à l’aéroport de Valence, troisième contrôle méticuleux avant d’entrer sur le territoire espagnol. C’est absolument normal, rien à dire: qu’un pays se protège en prenant des garanties limitant le risque d’importer une source de contamination avant l’entrée sur son territoire. A l’intérieur de l’Espagne, en revanche, l’obsession hypocondriaque du passe sanitaire disparaît de la vie quotidienne. Le soir à partir de 19H les places et les rues se couvrent de monde sur les terrasses dans le respect absolu de la liberté et de la dignité des personnes (preuve jointe!). Après un grand bain de liberté, de soleil et de bon sens, retour en France trois jours plus tard. Dimanche 2 octobre 6H45, Vueling 8152, trajet Valence-Paris Orly: de l’embarquement à la sortie de l’aéroport d’Orly, dans le sens Espagne-France, je le promets sur mon honneur, pas un seul contrôle sanitaire. Pas un. L’enjeu sanitaire n’existe plus: l’entrée sur le territoire français: tout le monde s’en fout. La protection du pays contre le risque d’importer l’épidémie d’Espagne est inexistante. La réciprocité avec l’Espagne: aux abonnés absents! Cependant, le passe sanitaire se retrouve évidemment en interne dans les harcèlements aussi bureaucratiques qu’inutiles des usagers des terrasses de restaurants et de cafés. Pourquoi cette différence? Contrôler les terrasses des cafés et des restaurants ne sert évidemment et absolument à rien sur le plan sanitaire (en extérieur) mais est probablement censé impressionner le grand troupeau hypocondriaque alors que la maîtrise indispensable de la situation sanitaire au passage de la frontière en aéroport est moins visible, moins payante sur le plan de l’enfumage politicien. Sans doute aussi que les dirigeants espagnols sont plus responsables et plus concernés par le bien public que les nôtres qui vivent dans la seule obsession de se maintenir 5 ans de plus à n’importe quel prix, et même le prix du pire.

MT

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Cohérence nationale

Le 15 février 2017, M. Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République, en Algérie : « La colonisation fait partie de l’histoire de France, c’est un crime, un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie, cela fait partie du passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses auprès de celles et ceux envers lesquels nous avons une dette. « 

Le 2 octobre 2021,Le président Macron cité par Le Monde (et non démenti) : « Après son indépendance en 1962 l’Algérie s’est construite sur une rente mémorielle [entretenue par] le système politico-militaire et  [reposant] sur une histoire officielle totalement réécrite [qui] ne s’appuie pas sur des vérités [mais sur] un discours qui repose sur une haine de la France. »

Et nous voici avec une crise diplomatique franco-algérienne!

Quel étrange paradoxe : le candidat de 2017, devant les dirigeants Algériens en Algérie, accusait la France de « crime contre l’humanité » ; puis cinq ans après le même homme, le même, reproche aux dirigeants algériens de cultiver « la haine de la France » (ce que d’ailleurs tout le monde sait depuis 1962). Des ronds de jambe au pied-de-nez… En cinq ans, que s’est-il passé pour un tel revirement sur un sujet aussi fondamental, touchant à l’histoire et l’identité, à la politique étrangère – que devrait guider un principe de continuité par-delà les soubresauts d’humeur ou les calculs électoraux?

Pas grand-chose : une nouvelle campagne électorale, la droitisation, l’effet Zemmour, grapiller quelques points de sondage à droite… Bel exemple de conviction et de continuité… Et pas un mot, pas une ligne nulle part pour relever la spectaculaire volte-face dans ce grand désert de l’intelligence politique qu’est devenue la France. [Que le den a esto/ Nobody cares/Tout le monde s’en fout.] Et comme dirait l’autre : « Plus c’est gros plus ça passe… »

MT

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Séisme idéologique (tribune de M. Valls et l’immigration)

NB: en ce moment je suis en voyage à l’étranger, dans un pays du sud avec la mer et le beau temps, loin de l’hystérie nationale: d’où un certain laisser-aller dans la tenue de ce blog…

La France et en train de subir une sorte de séisme idéologique. Tout le monde se met à tenir des positions les plus inattendues ou invraisemblables, au mépris de l’histoire et de la vérité. Exemple, le tribune récente de M. Manuel Valls sur l’immigration dans laquelle ce dernier propose de « tout repenser« . Ce texte est particulièrement fascinant par ce qu’il révèle de la politique actuelle. L’ancien ministre de l’Intérieur et Premier ministre de M. Hollande tient des positions d’une extrême fermeté, par exemple: « Enfin, la suspension la plus indispensable concerne le regroupement familial et les mariages. » Les  mariages, autant dire, les mariages mixtes. Après une longue énumération de mesures draconiennes sur les visas, l’asile, l’immigration clandestine, M. Valls réclame une suspension des mariages mixtes, c’est-à-dire la possibilité pour un Français ou une Française d’épouser (avant de vivre en France) un (e) américain (e), russe, chinois (e), Sénégalais (e), etc. L’ancien chef de gouvernement ne parle pas ici de lutter contre la fraude. Non, il parle clairement, sans nuance, de suspendre -purement et simplement – ces mariages (en même temps que le regroupement familial). Ensuite il explique que cette rigueur est destinée à empêcher « l’arrivée au pouvoir de l’extr D ». Mais par le plus invraisemblable des paradoxes, il propose la suspension sans réserve d’une liberté – celle d’épouser la personne qu’on aime et de partager sa vie avec elle, qu’aucun courant d’extr D en France n’a semble-t-il été jusqu’à proposer en tout cas explicitement. Il est en plein dans la mode idéologique de table rase sur les libertés les plus élémentaires de la vie courante. A côté de cela, il fut l’un des ministres de l’Intérieur puis PM d’un pouvoir qui fut l’un des plus « généreux » sur l’immigration avec les régularisations dites « Valls » de 2012 puis la loi du 7 mars 2016 qui rend quasi impossible les reconduites à la frontière (rétention administrative préfectorale réduite de 5 jours à 48H). Cette politique s’est traduite par une spectaculaire explosion des statistiques des premiers titres de séjour et de l’asile de 2012 à 2020… Avant de suggérer des mesures aussi incroyables, M. Valls aurait tout avantage à s’expliquer sur son bilan de cinq années… Approche des présidentielles, « effet Zemmour », Macronisation des esprits, explosion de la politique (voir billet précédent): les politiciens de ce pays sont en train de devenir fous. Thème de réflexion: comment imaginer la démocratie (le pouvoir du peuple) et la liberté sans politiciens (au sens de politiciens démagogues) ?

MT

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L’explosion de la politique française

La politique française est en train de vivre une nouvelle déflagration. Depuis, 4 ans et demi, la maison, en voie d’effondrement ne tenait plus que par une poutre branlante: l’axe le Pen-Macron dominateur dans les sondages, et dès lors, l’assurance absolue de la réélection de ce dernier. Alors que 80% des Français affirmaient ne pas vouloir de cette hypothèse à l’horizon de 2022, la résistance du tandem tenait de l’anomalie. Tel était le dernier pilier qui donnait l’illusion de tenir une toiture en putréfaction et en cours d’écroulement.

Nous attendions depuis belle lurette qu’elle fût emportée par le moindre coup de vent. Celui-ci intervient sous la forme du phénomène Zemmour qui entraîne le Pen dans une chute vertigineuse et probablement irrémédiable (de 28% à 16%).

Dès lors, la réélection de M. Macron n’est plus aussi assurée: face à un autre candidat que le Pen, elle devient beaucoup plus hypothétique selon toutes les enquêtes d’opinion (le donnant par exemple en positon fragile face à X. Bertrand). Certes, il demeure maintenant seul en tête des sondages donnant le sentiment de régner sur un paysage en ruines, totalement éclaté, chaotique, erratique.

Cependant, 23 ou 24% avec un taux d’abstention prévisible élevé, c’est un niveau extrêmement médiocre en termes d’intentions de vote pour un chef de l’Etat qui n’assure en rien sa réélection (VGE, battu en 1981, dépassait les 30% au même stade et NS, perdant en 2012 atteignait des niveaux semblables).

Ce plafonnement des intentions de vote en sa faveur n’est pas la moindre des étrangetés dans un contexte de matraquage permanent, inouï, d’omniprésence et d’obséquiosité médiatique, de saturation permanente de l’espace politique autour d’une profusion d’apparitions et d’annonces touchant aux moindres détails (pour la seule journée d’hier, « la gastronomie française », le « remboursement des soins par les psychologues », l’allégement de la « fiscalité sur les pourboires », la réduction des visas pour les Algériens…) sans parler de la prolongation politicienne du passe sanitaire…

Les socialistes gagnés par l’extrémisme gauchiste sont en débâcle profonde à l’image de la candidature de Mme Hidalgo. Les écologistes sont engagés dans la voie d’une radicalisation encore pire à en juger par la percée de Mme Rousseau. Quant à la « droite » même si ses chances semblent renaître à la faveur de cette explosion générale, son offre politique demeure à ce stade bien incertaine.

En ce moment, la politique française n’est plus qu’une course folle à la démagogie, aux illusions (dont la poussée de M. Zemmour), à l’idolâtrie imbécile, à l’obsession électoraliste, aux gesticulations hystériques, aux coups tordus, aux manipulations et aux arguties (sur les prénoms!), à l’anecdotique (jet d’œuf!), à la violence verbale et au nihilisme. Et le spectacle politicien se déroule sur fond d’effondrement économique, financier, diplomatique, moral, scolaire et intellectuel du pays masqué par une surenchère d’obséquiosité médiatique et la fulgurante poussée d’abêtissement politique. Dans la période récente, rarement la situation du pays n’aura été aussi instable et explosive et nul ne peut prétendre avoir la moindre idée du monstre dont elle accouchera bientôt.

MT

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A droite, le choix du Congrès ne suffit pas à mettre fin à la confusion (pour Figaro Vox)

Par vote des adhérents à 58%, le mouvement les Républicains (LR) a choisi de désigner son candidat à la présidentielle lors d’un Congrès qui se tiendra en décembre, c’est-à-dire dans le cadre d’une élection à deux tours réservée à ces mêmes adhérents. Ce choix enterre la solution de primaires s’adressant à un public élargi. Les arguments pour ou contre un Congrès fermé ou une primaire « semi-ouverte » ont été mille fois ressassés. La primaire comporte l’avantage de toucher un public élargi et donc peut se targuer d’un avantage en termes d’ouverture démocratique. En revanche, elle médiatise les rivalités et les désaccords entre les candidats d’une même mouvance et par conséquent, ravive la traditionnelle et mortelle « guerre des chefs », emblématique des échecs de la droite depuis la bataille Giscard d’Estaing-Chirac de 1981.  

Aujourd’hui, la sagesse semble l’emporter : la guerre d’ego, qui de toute façon eût anéanti les chances de victoire, n’a pas eu lieu… Mais le choix du Congrès ne lève pas entièrement la confusion dans laquelle patauge la droite. Les deux candidats favoris, M. Xavier Bertrand et Mme Valérie Pécresse ont démissionné du parti. Dès lors comment peuvent-ils, avec quelque chance de succès, obtenir le soutien d’un mouvement dont ils ne sont plus membres ? A six mois du scrutin présidentiel, les sondages réalisés auprès de l’électorat potentiel de droite soulignent que M. Bertrand serait le seul jugé en mesure de gagner la présidentielle contre le président Macron. Que se passerait-il si le vote interne débouchait sur la désignation d’un autre candidat, préféré des adhérents du fait de sa loyauté au parti, tel Michel Barnier, mais qui, d’ici là, n’aurait pas réussi à donner des signes de sa capacité à entraîner l’opinion ?

De fait, les trois favoris du Congrès issus du grand sondage, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Michel Barnier se positionnent traditionnellement sur une ligne plutôt centriste voire parfois qualifiée de « macron-compatible ». L’aile droite de LR n’est plus représentée au niveau des favoris depuis les retraits de Laurent Wauquiez et de Bruno Retailleau. Cette absence favorise la percée sondagière d’Eric Zemmour. Cette dernière peut aussi bien servir les intérêts de la droite en ayant pour effet d’affaiblir Marine le Pen, que lui être fatale si elle continue d’éroder ses propres réserves de voix. Tel n’est pas le moindre des paradoxes de la situation : la formule du Congrès interne se prête, en principe, à un choix de conviction mais en l’occurrence, l’offre la plus droitière est absente. D’où la surenchère des trois principaux candidats sur l’immigration pour s’emparer de l’espace vacant…

La droite qui est fortement majoritaire en termes de sensibilité de la France profonde comme l’a montré son succès aux élections municipales en 2019 et régionales en 2020, est-elle en train de se préparer à un nouvel échec national après 2012 et 2017 ? De fait, le choix du mode de sélection du candidat – Congrès ou primaires – constitue un sujet d’intérêt pour les militants, mais ne passionne pas – ou marginalement – le pays profond. Le succès du débat Mélenchon/Zemmour souligne d’ailleurs que l’opinion préfère les débats d’idées (même très excessifs) à la cuisine partisane…

La recette du succès lors de l’élection présidentielle se situe de toute façon ailleurs que dans le mode de choix d’un candidat. Elle repose sur un phénomène de séduction médiatique. Elle procède d’une étrange alchimie qui combine l’apparence télégénique, la force d’un ou deux slogans bien choisis (à l’image du « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy en 2007) et d’une poignée de mesures emblématiques (suppression de la taxe d’habitation de M. Macron), une apparence de sérieux mêlée à la crédibilité d’un projet.  Le succès à l’élection présidentielle relève d’un mélange insaisissable et imprévisible de convictions, d’affect et de confiance envers les candidats, d’humeur de l’opinion et de chaos de l’actualité.

Ainsi, le Congrès de décembre 2021 ne doit surtout pas avoir pour effet de figer définitivement les situations car dans un contexte aussi mouvant et incertain, toutes les surprises peuvent survenir jusqu’au dernier moment – à l’image des présidentielles de 2017. La clé du succès tiendra non seulement dans l’aptitude à incarner une réponse crédible aux attentes du pays (chômage, environnement, immigration, sécurité, école…) mais aussi à la capacité de la droite, jusqu’au dernier moment, à s’adapter aux circonstances.

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Théories de théories, Charles Dantzig (septembre 2021)

Voici un texte de Charles Dantzig, un écrivain aussi génial que discret qui, faut-il le préciser, n’a rien d’un extrémiste, de droite ou de gauche ou autre. Je n’ai pas encore lu son livre mais l’extrait si dessous, publié par Atlantico, invite à la réflexion.

« Limitations de la liberté́ de circuler, humiliants papiers d’identité́ à montrer à la police pour sortir, médecins de télévision se prenant pour le maréchal Foch, gronderies des ministres qui remplaçaient la politique par la morale, la France pendant les confinements de 2020 fut réduite à l’état de garderie.

En France, quand un politicien ne sait pas quoi faire, il interdit. Extase sous ces confinements où, pendant des mois, des mois et des mois, le pays a été gouverné dans une semi‐dictature. Plus de Conseil des ministres, décisions prises par le président de la République, le Premier ministre et quelques ministres dans des conseils de Défense normalement réservés aux affaires militaires sans aucun contrôle, un état d’urgence sanitaire étant indéfiniment reconduit, l’Assemblée nationale s’étant mise dans une vacance qui n’était pas prévue par son règlement et les corps constitués s’étant empressés d’approuver tout ce que le gouvernement avait demandé, tel le Conseil d’État entérinant une circulaire de la ministre de la Justice prolongeant la détention provisoire (il faut une loi), avant de se précipiter courageusement dans leurs maisons de campagne pour fuir la contagion. La population sidérée approuvait les restrictions de liberté, que les premières à mettre en œuvre étaient les institutions, bien plus dangereuses en période de crise que les individus. Les Français se ruaient vers la servitude. C’est là que j’ai compris comment Pétain avait obtenu les pleins pouvoirs en quelques semaines. Ah comme ils étaient contents, ces gouvernants de partout qui ne détenaient plus de pouvoir sur grand‐chose, d’avoir la Santé pour devenir chefs ! Délices de sadisme ! Prohibitions ! Gronderies ! Sermons ! Menaces ! On semblait ne plus vouloir de démocratie, chacun, par commodité ou par peur, préférant un système électoral républicain d’où les contre‐pouvoirs avaient été chassés. Nous vivions la conséquence de l’intoxication d’un pays entier, depuis 2001, aux mots « sécurité » et « protection ».

Avait‐on jamais confiné la France entière ? Les quarantaines des épidémies de peste bubonique au XIVet au xvsiècles étaient circonscrites. Au reste, avec la faiblesse des forces de police à cette époque et la dilatation de l’État, les Français se seraient révoltés. Dans six cents ans, à moins que l’on ne soit parvenu à l’État totalitaire mondial, on regardera avec désolation et mépris la peuplade arriérée que nous avons été en 2020 ».

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« Papa, c’est pour la France »

« Papa, c’est pour la France. » Il n’existe sans doute pas de douleur plus terrible que la perte d’un enfant, probablement cent-mille fois pire que la conscience de son propre décès. Consentir au sacrifice d’un fils pour le pays était habituel au début du siècle précédent même si la souffrance n’en était pas moins vive. Aujourd’hui, cette situation est exceptionnelle et par conséquent d’autant plus insupportable que synonyme de solitude voire d’incompréhension dans la douleur. Disons tout de suite que « papa, c’est pour la France » est une parole qui recouvre et annihile toute la médiocrité de l’époque, les débats télévisés imbéciles, le matraquage sondagier, les pitreries du Grand-Guignol, voire même la résignation d’un peuple qui ne se montre pas toujours à la hauteur de son histoire, surtout en ce moment. La conscience de cette souffrance paternelle (et évidemment maternelle) abolit tout le reste. Tout père de famille ne peut pas ne pas ressentir dans sa chair ce que vit en ce moment le père de Maxime Blasco, 34 ans et partager son chagrin du fond du cœur. M. Blasco donne un sens à cette souffrance ou la transcende à juste titre en la plaçant au service de la France. On aimerait que les dirigeants qui a tort ou à raison font le choix du sacrifice de la vie de jeunes Français pour la lutte contre le terrorisme islamiste en Afrique, se montrent, par leur comportement, au moins dignes de ce sacrifice, de cet exemple de l’accomplissement du devoir et de son cortège de malheur.  » Les père de famille, ces grands aventuriers du monde moderne » (Péguy).

MT

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Sur le sens de la candidature de M. Michel Barnier (avec Atlantico)

Attention SVP, l’entretien ci-dessous avec Atlantico ne vaut en aucun cas prise de position en faveur d’un candidat LR plutôt qu’un autre mais tentative de réflexion sur le sens et l’intérêt d’une candidature. Il faut ajouter que je ne crois guère aux sondages qui depuis 4 ans et demi prédisent invariablement un deuxième tour des présidentielles le Pen/Macron et dès lors la réélection inéluctable de ce dernier. Des événements bousculant ce schéma – ou une prise de conscience de l’électorat – me semble-t-il, ne peuvent pas ne pas se produire dans les six mois qui viennent. Ma conviction est que le jeu reste ouvert et que Michel Barnier peut offrir un profil de chef de l’Etat potentiel intéressant.

#1 : Alors que Bertrand et Pécresse font la course en tête dans l’enquête menée pour LR par Pascal Perrineau, aucun des deux ne semble plier le match. Un homme comme Michel Barnier pourrait-il en profiter pour tirer son épingle du jeu ? Dispose-t-il de la stature dont pourrait avoir besoin le parti ?

Xavier Bertrand devance légèrement Valérie Pécresse (53% contre 51%). Avec 41% d’opinions favorables, Michel Barnier se positionne en troisième homme… Or, sa notoriété est sans doute moins grande que celle des deux candidats en tête, dès lors que sa carrière depuis une quinzaine d’années est davantage européenne que française et sa candidature est nettement plus récente et moins attendue. On peut donc supposer qu’il conserve une marge de progression. Quant à sa stature présidentielle, tout dépend de la conception présidentielle que l’on peut se faire. Si l’on cherche un président histrion sur le modèle de l’actuel, sur tous les fronts à la fois, accaparant la communication et déterminé à incarner à lui seul l’action gouvernementale, M. Barnier n’est pas l’homme de la situation. Sa personnalité relativement sobre et réservée et son âge (70 ans), ne s’y prêtent en aucun cas. En revanche, si l’objectif est de renouer avec une présidence plus Ve République, le chef de l’Etat traçant un cap, garant de la politique étrangère et de défense, tandis que le Premier ministre et les ministres se chargent des tâches de gouvernement et de la politique intérieure, M. Barnier par son image de stabilité voire d’humilité qui contraste avec celle de l’actuel occupant de l’Elysée, peut représenter une alternative crédible qui a toute sa légitimité.


#2 : Le positionnement ferme, mais sans excès, de Michel Barnier sur plusieurs sujets (immigration, europe, etc.) pourrait-il en faire une valeur refuge face à des candidats perçus comme plus inquiétants comme Zemmour ?

A ce stade, le positionnement idéologique de M. Barnier est la grande surprise de cette campagne à l’investiture des Républicains. Lui qui a consacré l’essentiel de sa carrière depuis une quinzaine d’années au renforcement de l’intégration européenne, semble aujourd’hui remettre en cause la suprématie du droit européen sur les démocraties nationales. C’est un changement de cap inattendu pour ne pas dire inespéré. Dans l’opinion, il peut s’interpréter de deux manières : soit par un accès d’opportunisme ; soit par la lucidité et l’humilité de celui qui tient compte de son expérience pour faire évoluer ses opinions. C’est exactement pareil pour l’immigration. Michel Barnier qui invitait l’Europe à anticiper « un afflux massif « de migrants en 2013 n’avait pas jusqu’à présent une réputation de fermeté sur ce sujet. Le changement de son discours peut être perçu soit comme artificiel soit comme une prise en compte courageuse de la réalité et de l’urgence d’apporter des réponses authentiques à un sujet qui préoccupe profondément les Français – d’où la poussée sondagière d’Eric Zemmour. A cet égard, au-delà de son slogan de « moratoire sur l’immigration » qui a produit l’effet politique et psychologique attendu, il lui reste à gagner une crédibilité par un projet réaliste et ambitieux. Son style sérieux d’homme de dossier, de travail en équipe, loyal à son parti politique et sa réputation de pragmatisme peuvent lui être des atouts précieux s’il parvient à convaincre de sa sincérité.

#3 : Le fait que Barnier prenne comme directeur de campagne Pierre Danon, ancien proche de François Fillon, est-il une stratégie intelligente pour se placer dans les pas du fillonisme ?

Il faut voir dans cette nomination un message montrant que les questions économiques et financières seront au cœur de son projet et qu’il fera le choix du bien commun contre la démagogie. Contre le slogan macroniste du « quoi qu’il en coûte » qui se prolonge bien au-delà de la crise sanitaire et se traduit par une gabegie de dépenses électoralistes, le choix du sérieux dans la gestion des comptes de l’Etat peut être un argument de campagne efficace auprès des Français. Le prochain quinquennat sera-t-il celui de la fuite en avant dans l’aggravation de la dette publique qui atteint déjà 120% du PIB ou celui de l’effort et du courage pour redresser une situation financière cataclysmique ? Les Français sont-ils prêts à entendre un discours de vérité ? Sans doute, mais l’équation est complexe : le retour au sérieux dans la gestion de l’Etat ne sera supportable que s’il s’accompagne de garanties sur l’Etat protecteur et la restauration des services publics sinistrés comme ceux de la santé et de l’Education nationale. Telle est peut-être la clé de la victoire électorale en 2022.

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