L’ordre du mépris

Comment le pass sanitaire fonctionnera-t-il ? N’y a-t-il pas de risque d’une société sanitaire à deux vitesses avec les vaccinés et les autres ?
Je tiens beaucoup à l’unité de la Nation. Sur le plan sanitaire, chaque innovation a été accessible à tous. Les tests sont gratuits en France. Très peu de pays sont dans ce cas. Nous n’avons laissé personne au bord de la route. La République et l’Etat Providence ont été au rendez-vous. Le « quoiqu’il en coûte », c’est aussi ça. Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis. 

Ces propos étaient ceux du chef de l’Etat, le 29 avril 2021 à la presse quotidienne régionale. Deux mois plus tard, le pass sanitaire devient obligatoire pour entrer dans les cinémas, les bars, restaurant, les spectacles, les transports en commun. Et cela se déroule dans le plus parfait silence (omerta) sur le spectaculaire revirement élyséen. L’argument selon lequel les circonstances ont contraint le pouvoir à cette volte-face est insoutenable : 25 000 contaminations quotidienne quand ces paroles furent prononcées, pour environ 15 à 20 000 aujourd’hui Mais surtout 350 morts par jour à cette époque (selon les statistiques officielles) pour une vingtaine aujourd’hui. De fait, la situation au regard du nombre des victimes, est infiniment moins inquiétante aujourd’hui que lors des poussées épidémiques précédentes qui n’avaient pas justifié des mesures aussi liberticides (et l’exemple britannique le confirme). Quant à la la courbe des contaminations, chacun sait qu’elle est totalement erratique depuis un an et un responsable public digne de ce nom, quand il a tenu ces paroles ne pouvait pas ne pas savoir qu’une quatrième reprise avait des chances de se produire surtout au regard de la situation en cours à ce moment là Outre-Manche.

Mais le plus abominable – les mots sont pesés – c’est le mépris social (de la France d’en haut, médiatique, intellectuelle ou supposée telle, politique) – envers les réfractaires qui au nom de la liberté et de l’égalité, se contentent de dire ou de penser en ce moment, exactement dans les mêmes termes que l’occupant de l’Elysée le 29 avril dernier. C’était formidable il y a deux mois car venant de l’occupant de l’Elysée. La même chose est immonde désormais, deux mois plus tard, car l’occupant de l’Elysée ayant tourné casaque, désormais dit le contraire. Voilà comment fonctionne une certaine supposée élite persuadée de sa supériorité.

Les noms d’oiseau fusent, comme dans une véritable chasse à l’homme: « irresponsables, égoïstes, complotistes, populistes, imbéciles, attardés, barbares, fascistes, nazis ou staliniens (vu sur twitter, parole d’honneur) ». Les moqueries, les caricatures, les paroles haineuses et méprisantes fusent envers les « antipass ». Il y aurait ainsi les lumières de la pensée éclairée des gens bien contre la tourbe infecte des « anti-pass ». Dans le sillage fidèle et étroit de l’occupant de l’Elysée, comme le guide du politiquement correct, la société bienpensante est entrée dans une logique de chasse au gaulois réfractaire, à l’immonde réactionnaire ou la vile populace, l’antipass ou l’antivax…

Si l’on en juge par les déclarations du 29 avril dernier, c’est donc un choix délibéré, assumé de « différencier » (sic) les Français qui a été accompli, c’est-à-dire de rouvrir, alimenter, exacerber la plaie ouverte par le référendum de 2005 entre la France bienpensante, bourgeoise mondialisée et la France périphérique. Cette logique de rupture par le mépris, en germes dans le quinquennat précédent qui vouait aux gémonies les « sans dents » est devenue le marqueur d’un quinquennat consacré au combat des lumières progressistes contre l’obscurantisme (dit) populiste personnifié par le gaulois réfractaire. En arrière-plan, cette volonté évidente (déclaration du 29 avril) de souffler sur les braises dans l’apathie et l’abrutissement d’une France d’en haut jamais sortie de son éblouissement, un seul objectif: la réélection grâce au renouvellement du second tour des présidentielles Macron/le Pen. Il faut une belle dose d’aveuglement ou de totale mauvaise foi (consciente ou inconsciente) pour ne pas être écoeuré par un tel spectacle.

Maxime TANDONNET

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Liberté, liberté chérie

La tendance médiatique est à la diabolisation des manifestants qui scandent le mot « liberté » dans la rue, présentés comme des extrémistes ou des populistes. Nous atteignons le paroxysme de l’inversion des valeurs, quand l’invocation de la liberté est jugée fascisante par nombre d’experts, commentateurs et supposés intellectuels. La question de la liberté est pourtant sérieuse. La CNIL elle-même a considéré que les mesures relatives à l’obligation du pass sanitaire représentaient « une atteinte particulièrement forte à la liberté. »

Ces paroles – d’une exceptionnelle gravité – n’ont semble-t-il guère ébranlé les murailles de la bonne conscience. Les inspirateurs, responsables ou chantres de ce dispositif affirment qu’il ne saurait être que provisoire. Qu’en savent-ils dès lors que nul n’a la moindre idée de la durée de la crise sanitaire qui se prolonge par vagues de contaminations et des futurs variants ? Un précédent est ouvert et les circonstances qui justifient le dispositif actuel ont toutes les chances de durer ou de se reproduire – indéfiniment – dans l’avenir.

L’atteinte aux libertés est en effet dévastatrice. L’obligation de décliner son identité et un laisser-passer certifiant un état sanitaire pour entrer dans un restaurant, un bar, un train, un hôpital ou un centre commercial, tous ces gestes les plus courants de la vie quotidienne, représente un phénoménal recul des droits de la personne et du libre arbitre individuel. Cela revient à exclure de la société – transformer en parias ou en sous-homme – les individus qui pour une raison ou une autre ne seront pas en mesure de présenter ce laisser-passer.

Obliger des professionnels à contrôler les laisser-passer de leurs usagers ou clients – sous peine d’une amende gigantesque de 45 000 € et d’un an de prison – engendre une société d’autosurveillance, d’embrigadement et de délation en transformant chacun en policier de l’autre. Faire de la non- vaccination un motif de licenciement, interdire l’accès aux EPHAD des non vaccinés représentent un impressionnant recul de la civilisation. Les premières victimes sont les jeunes. Pendant des mois, ils ont été écartés de la vaccination au prétexte qu’ils n’étaient pas menacés, le vaccin étant dès lors inutiles pour eux, et soudain le pouvoir exige d’eux qui aillent se faire vacciner sous la menace d’une sorte d’anéantissement social.

La vérité est que rien au monde ne permet de justifier ce basculement soudain dans une autre société bafouant la liberté quotidienne, officialisant la discrimination et l’autosurveillance policière. Les contaminations sont certes en hausse mais grâce au vaccin (notamment) diffusé sur une base volontaire, protégeant les personnes âgées et atteintes d’une comorbidité, ni les réanimations ni les décès ne sont en augmentation au regard des statistiques officielles. Dès lors qu’il est admis que le vaccin protège les personnes âgées ou fragiles et que le covid 19 n’est pas mortel pour les autres, la peur panique qui règne en ce moment sur les esprits et entraîne ce vent de folie est sans le moindre espèce de fondement.

Les véritables motivations de ce basculement n’apparaissent pas encore clairement aujourd’hui. Rien ne permet d’imaginer une sorte de « complot » planétaire dès lors que la France se singularise dans ce grand naufrage liberticide (à quelques exceptions près). La déraison politique en est sans doute la principale explication. Il faut y voir une fuite en avant autoritariste de la part de dirigeants paniqués à l’idée d’être accusés d’inaction face à la reprise épidémique, un effet paroxystique de la grande dérive narcissique : donner l’illusion de la poigne et la fermeté par des postures intransigeantes. L’obsession de la réélection présidentielle dans moins d’un an n’arrange rien…

Mais ce qui est le plus effroyable, bien plus que la dérive d’une poignée de dirigeants de circonstance, c’est l’aveuglement et la servilité qui entourent le naufrage en cours. La pensée unique fait rage dans les médias, au parlement, dans les institutions et les juridictions et même semble-t-il, une partie de l’opinion sous influence. La manière dont la France dite « d’en haut » tourne le dos à la tradition française de liberté et de respect des droits de la personne, s’accommode de cet encasernement de la vie quotidienne sans la moindre raison valable et dans la plus parfaite bonne conscience, puis s’efforce en ce moment de diaboliser ou fasciser le mot de « liberté », est le signe le plus patent de son vertigineux déclin intellectuel. Quant à l’idée folle de sacrifier la liberté au profit d’une sécurité absolue, elle est l’expression même de la lâcheté et de la soumission.

Maxime TANDONNET

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« Restaurer la fierté française », qu’est-ce que cela signifie?

« Je suis candidate pour restaurer la fierté française » a déclaré Mme Valérie Pécresse. Attention, il n’est pas question pour moi de critiquer cette dernière, « amie de 30 ans » qui fut une appréciée et estimée camarade de promotion (Condorcet 1992), mais de m’interroger sur le sens de cette phrase. D’ailleurs, comme à ses concurrents du même bord à la présidentielle je lui serais, quoi qu’il arrive, infiniment reconnaissant si elle parvenait à débarrasser le pays de la clique hollando-macronienne qui sévit depuis 10 ans (enrichie d’une poignée de renégats). Mais voilà, « restaurer la fierté française », cela commence assez mal. Qu’est-ce que la fierté française? De quoi sommes nous fiers, nous les Français: de notre langue, qui est la plus claire de toutes les langues; de notre histoire, celle des résistances aux invasions, celle des héros bâtisseurs, et d’un peuple particulier, capable de toutes les révoltes quand nul ne s’y attend; de la géographie d’une nation ouverte sur quatre mers et aux massifs montagneux, aux paysages sans équivalents; d’une littérature qui compte les plus grands génies européens, et ses créateurs, savants, peintres, entrepreneurs, mathématiciens. La fierté française n’est pas pour l’essentiel de l’ordre de la politique et du court terme mais de la civilisation. Nos raisons d’être fiers, rien ne saurait nous les enlever car elles sont fondées sur l’histoire, la culture et la géographie. Certes, les dirigeants politiques peuvent se ridiculiser, affaiblir l’image médiatique du pays, mais la fierté (profonde) de la France ne saurait se situer à ce niveau. Il n’y a donc rien à restaurer, chère Valérie, autrement dit, les Français n’ont pas besoin de toi pour être fiers de la France. En revanche, en se situant sur le plan de la grandiloquence, la candidate prête le flanc à la critique d’imiter ses prédécesseurs, celui-là même qui voulait « réenchanter le rêve français » comme celui qui prétendait, « transformer la France » ou encore engendrer un « nouveau monde ». Pour être franc, la grandiloquence stérile, la mégalomanie, et les délires narcissiques ont fait leur temps aux yeux des Français. Qu’attendent les Français des politiques? qu’ils manifestent leur volonté de régler au mieux les problèmes de sécurité, de chômage, de pauvreté, de déclin scolaire, de maîtrise de l’immigration. Ils ont besoin d’une équipe de bosseurs au service du pays et qui rendent des comptes de leur action. Pas de roitelets. Ni de roitelettes.

Maxime TANDONNET

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Pass sanitaire, la fracture des générations

Voici un sondage intéressant IFOP-JDD. Contrairement aux analyses dithyrambiques des médias radio-télé et de la classe politique (presque unanime), la France profonde ne suit pas le pouvoir macronien dans ses dérives post libertés et post démocratiques. Le président perd 2 points de confiance (38%) ce qui est sans précédent dans les situations de panique (qui généralement profitent à la popularité des dirigeants). Le mythe d’un peuple apeuré et conformiste prend sérieusement l’eau. Où sont passés les supposés 62% de satisfaits à l’issue des mesures annoncées par le pouvoir la semaine dernière? Le suivisme de l’immense majorité des politiciens (de l’extrême droite à l’extrême gauche incluses) est ainsi battu en brèche. Le peuple (globalement) semble plus attaché à sa liberté et à sa démocratie que les dites « élites » (dirigeantes, politiques, médiatiques et intellectuelles) supposées le diriger ou le guider. Par ailleurs cette même enquête montre une relative satisfaction des personnes âgées et vaccinées et une révolte des jeunes non vaccinés. Nous ne le répèterons jamais assez: les personnes âgées ou malades sont en principe protégées dès lors qu’elles sont vaccinées. Les jeunes ne sont pas menacés gravement par le covid19. Le vaccin protège contre les formes graves mais n’empêche pas la contagion. Dès lors, les jeunes non vaccinés ne menacent en aucun cas les anciens par le fait qu’ils ne sont pas vaccinés. Forcer les jeunes par des mesures liberticides et discriminatoires, relevant du chantage, à se faire vacciner dans l’urgence est non seulement inepte mais inutile. Transformer les restaurateurs, gens du spectacle, commerçants, en une sorte de police parallèle chargée de faire respecter l’identité des personnes et la détention d’un laisser-passer sous la menace de 45 000 € d’amende et un an de prison est totalement invraisemblable et il est encore plus invraisemblable que si peu de voix se soient fait entendre pour le dénoncer. C’est encore la logique du coup de menton: montrer les muscles pour donner l’illusion de la fermeté et gagner des points dans les sondages: heureusement c’est l’effet inverse qui se produit…. En accablant les jeunes, on passe du jeunisme et de la démagogie absolue (MacFly et Carlito) au souverain mépris de ces derniers. La France se fracture dangereusement comme nous l’avions prévu (Figaro Vox) dès le début, par la faute de ses dirigeants politiques. Le pouvoir tente déjà de reculer à toute vitesse (évidemment, il fallait s’y attendre) après ses annonces invraisemblables. Mais il est bien tard, le mal est fait. C’est tout un système de pouvoir qui frôle la démence: l’annonce autocratique de mesures non réfléchies sans débat, sans réflexion et sans discussion, dans le mépris de la représentation parlementaire. Tout cela est absolument lamentable et tout cela ne peut que mal finir.

Maxime TANDONNET

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Faire peur aux Français

Nous sommes face à un « tsunami viral » : ces mots d’un haut dirigeant évoquent une scène de science fiction ou des centaines de milliers et des millions de personnes meurent frappées par l’épidémie de covid dans des conditions épouvantables. Or, le danger est inexistant, tout au moins en des termes aussi apocalyptiques. Pour des raisons qui tiennent aux progrès médicaux, à des évolutions de la maladie, à la vaccination étendue, sur une base volontaire, des personnes âgées et fragiles, la hausse des contaminations ne s’accompagne pas d’une recrudescence de celle des décès, ni au RU ni en France. Sans doute n’y a-t-il pas de pire faute, de la part d’un pouvoir politique que de jouer à répandre la peur. Des dirigeants dignes de ce nom ont pour mission de rassurer et d’apaiser et d’inspirer la confiance. Les nôtres sont bien au contraire à la source de la peur. Ils veulent attiser la peur pour diviser les Français, pour les détourner des graves problèmes de l’heure (terrorisme, violence, effondrement économique et scolaire). La peur sert aussi à recouvrir les catastrophes politiques telles que les dernières régionales pour la majorité LREM. Elle attise les lâchetés et le renoncement. Elle est de tout temps le plus sûr moyen d’asservir et d’essayer de transformer un peuple en troupeau, prêt à suivre n’importe quel soliveau. Elle permet d’embrigader la population par des mesures antidémocratiques, discriminatoires et liberticides, dans l’indifférence ou la complaisance générale. A l’œuvre, nous avons des pompiers pyromanes qui attisent la peur pour se poser en sauveurs dans la perspectives des prochaines élections. Qu’est-ce qui l’emportera chez les Français de l’asservissement par la peur ou de l’esprit de résistance? C’est l’histoire qui le dira.

Maxime TANDONNET

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L’invraisemblable dérive

Ci-dessous quelques extraits d’un bel article publié par le Figaro Vox (accès libre), de Thibault Mercier, avocat et essayiste. Ce qui est absolument fascinant, c’est la conjonction de trois phénomènes: la dérive d’un pouvoir politique venu de la gauche libérale, le conformisme béat des élites et le consentement passif d’une population dans un contexte de terreur sanitaire que rien ne justifie (les personnes exposées à un risque, âgées ou malades, étant déjà protégées par la vaccination).

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Le 30 avril 2021, le Président Macron déclarait dans les colonnes du Progrès que le pass sanitaire ne serait «jamais un droit d’accès qui différencie les Français [et] ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas». Deux mois plus tard, brandissant la menace du variant indien (ou Delta pour reprendre le terme désormais imposé), c’est tout l’inverse que le chef de l’État vient de nous annoncer. Ce sont ainsi les théâtres, cinémas, restaurants, trains et tous les lieux de loisir dont l’entrée sera conditionnée à la présentation d’un laissez-passer sanitaire […]

Au-delà de cet énième retournement de veste, il faut déjà pointer du doigt cette pratique inédite du pouvoir qui s’impose à nous depuis le début de la crise et qui veut que le président annonce de nouvelles restrictions sans qu’elles n’aient encore passé le filtre du Parlement ou été soumises au débat démocratique. L’exécutif a-t-il oublié que l’état d’urgence sanitaire a pris fin au 30 juin 2021 ? […]

S’agissant de l’extension massive du pass sanitaire annoncé cette semaine, il semblerait que le droit et les libertés n’aient plus grande valeur aux yeux de nos gouvernants. L’exécutif ne peut en effet ignorer que de nombreux juristes renommés ont démontré que ce mécanisme était illégal au vu de la disproportion des atteintes qu’il porte à nombre de nos libertés fondamentales (liberté de commerce, liberté d’aller et venir, droit au respect de la vie privée, etc) […]

Le pass sanitaire […] nous annonce une société où chacun se fera le policier de l’autre. Les restaurateurs et autres établissements qui ne contrôleront pas le laisser passer de leurs usagers risqueront ainsi jusqu’à 45.000 euros d’amende selon l’avant-projet de loi prévu par le gouvernement. A-t-on bien pris la mesure des conséquences sur la cohésion sociale de la Nation ?

MT

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Pass sanitaire obligatoire une nouvelle fracture (pour le Figarovox du 13/07)

Dans les mois à venir, seuls les « vaccinés » et détenteur d’un « pass sanitaire» auront, de ce que l’on comprend, accès aux cafés, restaurants, centres commerciaux, transports en commun, sans parler évidemment des spectacles et des manifestations sportives. Certes, la vaccination n’est pas rendue obligatoire, mais une partie de la population, les « non vaccinés » se trouvera de fait exclue de la vie sociale. Dans l’ensemble, cette formule discriminante semble accueillie favorablement dans le pays. La France est en train de créer une société à deux vitesses entre les « vaccinés » et les « non vaccinés » privés du droit à une vie sociale normale, voire du droit à la liberté.

Certes, comme le rappellent les partisans de cette formule, toute personne a la possibilité de se faire vacciner ! Cependant, de fait, une partie du pays même minoritaire, traumatisée par le souvenir des grands scandales médicaux, a davantage peur de la vaccination que du covid 19. Certaines peurs sont-elles moins respectables que d’autres ? Faut-il montrer du doigt une nouvelle catégorie de Français, les Gilets Jaunes du vaccin ? Les désigner en boucs émissaires et en parias des malheurs de la société française ?  La menace de l’exclusion (de la vie économique et sociale) sera-t-elle plus efficace qu’un travail de persuasion et d’explication ?

Quels sont les éléments objectifs permettant de bouleverser tous les fondements de la société française en détruisant d’un revers de main les principes de liberté et d’égalité ? Le variant Delta est-il une nouvelle peste noire qui faucherait sur son passage des millions de personnes ? L’exemple britannique montre bien au contraire que la reprise de l’épidémie ne se traduit pas par une poussée de celui des décès. En France, l’immense majorité des personnes âgées ou atteintes de comorbidité sont d’ores et déjà vaccinées. Le risque d’une reprise de la saturation des hôpitaux et d’une hécatombe semble donc réduit – dès lors que le vaccin est efficace.  Une sorte de fétichisme autour du nombre des contaminations (et son impact politique) paraît être à la source de ces décisions.

Le discours officiel affirme que le régime à deux vitesses – vaccinés, non vaccinés – permettra d’éviter de nouveaux confinements ou couvre-feux. Mais les décisions liberticides et le retour de l’Absurdistan ne procèdent de rien d’autres que de choix du pouvoir politique qui ont fait la preuve de leur inefficacité à long terme et de leur nocivité sur le plan économique comme sur celui de la vie sociale. En dehors de ces choix politiques, la France n’a jamais été vouée par une sorte de fatalité aux confinements ni au couvre-feu. D’ailleurs, certains pays qui ont fait des choix moins liberticides que ceux la France (Pays-Bas, Suède, Allemagne, Danemark), comptent moins de décès par million d’habitants.

La France est donc en train de rompre avec les principes fondamentaux d’égalité et de liberté sous l’impact de la panique. Mais elle est aussi en train de s’éloigner du principe de fraternité. En effet, comment les concepteurs du nouveau dispositif envisagent-ils sa mise en œuvre : les restaurateurs,  les commerçants, le personnel des cinéma ou des transports en commun (conducteurs d’autobus), seront-ils mandatés pour contrôler au cas par cas le pass sanitaire ou certificat de vaccination ? Vont-ils se transformer ainsi en supplétifs de la puissance publique pour contrôler la population ? Imagine-ton les réactions, le risque de conflits et de drames ?

Le pays se fracture comme rarement il s’est fracturé. Le climat est hautement inflammable. Dans l’ensemble, une grande partie de la France satisfaite communie en ce moment dans la jubilation autour des mesures annoncées et approuve la « main de fer » qui les porte. Une autre souffre dans sa chair. Sauf exception, elle n’est pas forcément « antivax » ni « complotiste » comme le veut la caricature. Elle souffre dans sa chair de la disproportion entre la réalité d’une épidémie – qui n’est pas la peste noire – et les conséquences pour le pays de la destruction de son modèle d’égalité, de liberté et de fraternité.

NB: JE REMERCIE DE TOUT COEUR LES AUTEURS DE COMMENTAIRES QUI M’AIDENT A ANIMER CE SITE DESTINE AU DEBAT D’ IDEES OUVERT A TOUTES LES IDEES, Y COMPRIS BIEN SUR CELLES DIFFERENTES DES MIENNES QUI SONT LES BIENVENUES. TOUTEFOIS JE NE METS PAS EN LIGNE LES COMPARAISONS HISTORIQUES INADMISSIBLES NI LES ATTAQUES PERSONNELLES.

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17 réflexions en vrac sur les mesures sanitaires

Peu de temps pour faire des phrases et des paragraphes ce matin, alors quelques réflexions dans le plus grand désordre sur les mesures annoncées avant-hier par l’occupant de l’Elysée prononçant l’exclusion prochaine des « non vaccinés » de l’accès aux restaurants, aux bars, centres commerciaux, aux lieux de spectacle ou sportifs, aux transports, etc.

– Une épidémie de peste bubonique ou de choléra, fauchant des millions de vies en France, justifierait de telles mesures d’exception. Cela arrivera peut-être un jour mais tel n’est pas le cas aujourd’hui. Traiter l’épidémie actuelle comme une épidémie de peste bubonique ou de choléra relève de la mystification (réussie).

– Le dispositif annoncé repose sur une incohérence : le covid 19 est réputé dangereux principalement pour les personnes âgées, ou fragiles, les malades atteints de comorbidité ; l’immense majorité de ces personnes ont déjà été vaccinées; dès lors, si le vaccin est efficace, le risque d’une vague de mortalité en est fortement réduit et la menace exagérée.

– Aberration fondamentale: certains vaccinés accusent hargneusement les non vaccinés de mettre leur vie et celle des autres vaccinés en danger. Mais de quoi ont-ils peur dès lors que vaccinés, ils sont supposés être à l’abri des formes graves? Et d’ailleurs le fait d’être vacciné n’empêcherait pas (semble-t-il) de porter et transmettre la maladie.

– 62% des Français approuveraient (selon un sondage) les mesures discriminatoires et d’exclusion de la vie sociale prises envers les non vaccinés. 38% de « Gaulois réfractaires » (incluant sans doute des vaccinés comme des non vaccinés), c’est beaucoup dans un tel contexte. D’ailleurs, un basculement de l’opinion peut intervenir à tout moment.

– Les non vaccinés justifient leur réticence à la vaccination par la peur du vaccin, notamment en raison des immenses scandales sanitaires qui ont bouleversé le pays ces dernières décennies. Que leur peur soit considérée comme méprisable, en tout cas moins respectable que d’autres peurs et indigne d’être écoutée, est à mes yeux incompréhensible.

-Plutôt que le dialogue et l’explication, comme souvent en France, la caricature et la moquerie: il y aurait les « provax », modernes et ouverts au progrès face aux « antivax » complotistes et obscurantistes, comme si nous revivions sous un angle sanitaire la guerre de la France « éclairée » contre les Gilets jaunes. Ce pays déchiré ne changera donc jamais…

– De fait, les mesures annoncées par le pouvoir ne seront jamais – jamais – appliquées pour la plupart : il est inconcevable, irréaliste de vouloir obliger les restaurateurs, barmen, commerçants, agents des lieux de spectacle ou de transports, à contrôler l’identité et le pass de chacun de leurs clients et se faire ainsi les auxiliaires de la police dans une société d’autosurveillance et de délation. Qui ne le sent pas?

– En vérité, tout ceci relève avant tout du spectacle, d’une posture politique, autour d’une mise en scène (hallucinante) d’autorité et de fermeté dans une perspective électoraliste. Mais il faut reconnaître que cela fonctionne assez bien.

– Eternelle et lamentable préférence française pour les contraintes bureaucratiques, les mesures verticales, policières et les sanctions au détriment de la liberté, du dialogue, du respect et de la confiance.

– L’esprit de ces mesures exprime un phénomène d’anomie ou de disparition des repères intellectuels et moraux. Sidérante démonstration d’un déni de solidarité face à l’exclusion et la mise au ban d’une partie de la population (les non vaccinés). Vertigineux renoncement collectif au respect de la vie privée et du secret médical, au principe d’égalité, au droit à disposer de son corps et à la liberté individuelle.

– Le climat général, ce mélange de soumission à la figure du chef paternaliste, autoritaire et protecteur, de servitude dans l’acceptation passive des contraintes et de chasse aux sorcières ou rage collective et méprisante de certains « vaccinés » envers les « non vaccinés », ce mélange a quelque chose de profondément malsain qui échappe aujourd’hui au sens commun.

– Omerta sur la responsabilité des dirigeants de ce pays dans le climat actuel, après les contradictions sur les masques, le nombre de lits, celui du nombre des victimes annoncées, etc. Silence sur les promesses oubliées de ne jamais recourir à l’obligation de vaccination ou du pass sanitaire, comme si le grand éblouissement médiatique effaçait tout.

– Le chantage actuel – confinement/couvre-feu ou vaccin obligatoire – aussi ignoble soit-il, semble pour l’instant assez bien accepté, intégré et banalisé par une population globalement docile et résignée que plus rien ne semble émouvoir…

– Aggraver les fractures et les divisions d’un pays, même dans l’indifférence, la passivité, la résignation générale, est la faute la plus impardonnable qu’un pouvoir politique puisse commettre.

– Certes, le vaccin n’est pas rendu officiellement obligatoire mais les brimades, interdictions, discriminations annoncées envers les non vaccinés en font une quasi obligation. Qu’une telle hypocrisie passe aussi bien est un signe révélateur de la résignation collective.

– Peu de politiques se sont montrés dignes, lucides et courageux dans cette affaire. Les leaders de LR (à l’exception notable de mon ami Julien Aubert) et des oppositions en général, de l’extrême gauche à l’extrême droite, suivent le mouvement et se placent dans le vent qu’ils croient dominant.

– Les choses pourraient assez vite dégénérer: les déclarations (là aussi, largement acceptées) selon lesquelles les membres de professions médicales non vaccinés, même s’ils font leur travail ne « seront pas payés », pourraient mettre le feu au poudre. Les aides-soignants et les aides-soignantes qui soignent nos aînés font le plus beau métier du monde, le plus digne et le plus courageux. J’en profite pour les remercier et leur rendre hommage.

NB: JE NE POURRAI PAS METTRE EN LIGNE LES EVENTUELS COMMENTAIRES AVANT QUELQUES JOURS

MT

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« Ne paniquons pas! »

 » Observez comme l’Etat est désemparé devant les « réfractaires » au vaccin qui peuvent être contaminés à tout moment mettant en danger la vie de leurs proches […] Eh bien discriminons-les: le cauchemar d’un nouveau confinement se profile à l’automne ». Il est rare qu’un grand éditorialiste français lance un appel public à la discrimination (une pratique foncièrement maudite et illégale). Ces mots, illustrant la tonalité médiatique générale depuis quelques jours, sentent la panique, la plus pure des paniques. Le ministre en rajoute avec sa « nouvelle vague » et les vautours de « plateau » resurgissent pour réclamer des mesures liberticides. Le monde politico-médiatique tremble. On le sent gagné par une irrésistible panique. Il esquisse déjà les scènes de la rentrée dominée par l’encombrement des hôpitaux, les lits de réanimations saturés, les morgues encombrées de cadavres. Et déjà le confinement, et déjà le couvre-feu et les boucs émissaires tout désignés: les non vaccinés, « ces pelés ces galeux ». Et la faute des jeunes qui menacent les vieux. Or, tout ceci est foncièrement incohérent. Selon le discours scientifique officiel: 1) le covid 19 frappe mortellement les seules personnes à risques (plus de 65 ans et « comorbidités »); 2) le vaccin protège efficacement des formes les plus graves; 3) l’immense majorité des personnes à risques ont été vaccinées. Dès lors, la France ne peut pas être à la veille d’une tragédie. D’ailleurs, en Angleterre, le nombre de contaminations explose (virus Delta) : 35 000 le 9 juillet. Pourtant, le nombre de morts n’augmente pas (29 le même jour) ni même les hospitalisations en réanimation. Les Français n’ont aucune raison de paniquer. La panique que veut instiller la classe politico-médiatique est mauvaise conseillère. C’est elle, la panique, qui accompagne et favorise les grandes défaites (Bérézina, Waterloo, Sedan, mai-juin 1940). C’est elle qui pousse à la folie collective (grandes peurs de l’an 1000 ou de 1789). C’est elle qui pousse aux pires lâchetés et à l’aveuglement (accords de Munich de septembre 1938). C’est elle qui pousse les peuples à se donner des boucs émissaires à l’image des épidémies de peste. Lors des mouvements de foule, c’est elle, la panique, qui pousse à l’écrasement des faibles et des enfants. La France a de très mauvais dirigeants politico-médiatiques (ou « élites ») qui semblent se complaire à vouloir répandre la panique. Au fond, la panique est aussi une manière de soumettre les peuples. On reconnaît les bons chefs à ceux qui rassurent et mettent les peuples en confiance. On reconnaît les mauvais, les pires, à ceux qui s’amusent à faire peur, dramatiser, diviser et provoquer ou attiser la panique.

Maxime TANDONNET

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Pourquoi les primaires ne sont pas une solution (le Figaro 08/07/2021

« Il faut trouver un système qui permette aux électeurs de choisir eux-mêmes le candidat qu’ils souhaitent voir représenter l’ensemble des sensibilités qui constituent un pôle d’un côté et un pôle de l’autre », déclarait Charles Pasqua, l’inspirateur des « primaires » à la française, le 9 janvier 1989. Depuis, l’idée d’introduire un dispositif de départage des candidats à l’élection présidentielle par recours à une consultation populaire ouverte, sur le modèle américain, a fait son chemin.

Il fut fréquemment utilisé depuis 2012, notamment à droite comme à gauche, avec des résultats mitigés : certes, en 2012, il déboucha sur la sélection de M. Hollande comme candidat du parti socialiste et de ses alliés, puis la victoire finale de ce dernier. En revanche, en 2016 et 2017, les deux vainqueurs des primaires, à droite comme à gauche, M. Fillon comme M. Hamon, ne sont même pas parvenus au second tour des présidentielles. Et le vainqueur de 2017 fut le candidat issu d’un gouvernement socialiste mais ayant fait le choix de se soustraire aux primaires de gauche…

Aujourd’hui, la « droite et le centre », les Républicains et leurs alliés, s’interrogent toujours sur le mode de désignation de leur candidat en 2022. A moins d’un an des élections nationales, ils s’orientent vers une formule alambiquée, en plusieurs étapes, prévoyant le recours à un sondage et une consultation des adhérents qui pourrait déboucher sur l’organisation de primaires ouvertes c’est-à-dire, sous certaines conditions, à l’ensemble du corps électoral (une formule réclamée par plusieurs personnalités de droite dans une tribune publiée lundi 5 juillet par Le Figaro).

Pour les uns, dans le contexte politique actuel dominé par l’écrasante suprématie sondagière du tandem le Pen/Macron depuis 2017, la présence de plusieurs candidats de la droite et du centre au premier tour des présidentielles serait évidemment suicidaire, privant la droite de toute chance de figurer au second tour. Il faut donc à tout prix se doter d’un dispositif assurant l’unicité de candidature de la droite et du centre. D’ailleurs, un système de primaire ouverte offre une respiration démocratique : c’est l’électorat lui-même qui désigne son candidat. Enfin, dès lors qu’aucun candidat naturel ne s’impose, une procédure de départage est inévitable, offrant à chacun une chance de se distinguer.

Pour les autres, les primaires ont l’inconvénient de mettre en scène, pendant plusieurs mois le pire de la politique : la guerre des ambitions carriéristes, les conflits de chapelles et les divisions. Elles ravivent ainsi le spectre de « la droite la plus bête du monde ». En outre, elles favorisent le point de vue le plus militant – donc radical – au détriment de l’esprit de rassemblement, clé de voûte d’une victoire à la présidentielle. Des primaires ouvertes se prêtent au soupçon de détournement par la participation d’adversaires déterminés à promouvoir un candidat de droite ayant le moins de chance de l’emporter. Enfin, elles sont contraires à l’esprit de la Ve république qui définit l’élection présidentielle comme « la rencontre entre une personnalité et la Nation ».

En vérité, dans l’histoire politique récente, la sélection du meilleur candidat de droite et du centre s’effectuait  spontanément soit par un basculement de l’électorat (Giscard d’Estaing/Chaban Delmas en 1974, ou Chirac/Balladur en 1995), soit par la sagesse et le sens de l’intérêt général du candidat moins bien placé à un moment donné dans les enquêtes d’opinion (M. de Villepin/Sarkozy) en 2007 acceptant de se retirer. Les sondages, affirment les partisans de la primaire ouverte, se trompent souvent et ne doivent pas dicter le choix d’un candidat. Certes, mais leur éclairage même grossier sur les grandes tendances de l’opinion demeure, de fait, l’un des paramètres décisifs de la politique moderne.

Derrière ce débat sur les primaires se profile la question de la fonction présidentielle et plus encore, du sens de la politique. Sa fin ultime doit-elle être l’élection d’un nouveau Jupiter à la place de Jupiter, écrasant par son omniprésence médiatique les autres sources de pouvoir (Gouvernement et Parlement) dans l’objectif principal de sa propre réélection ? Dès lors, les primaires deviennent en effet inévitables : seul un dispositif de sélection organisée peut permettre de départager des personnalités obnubilées par la seule perspective de s’installer dans le « salon Doré » (prestigieux bureau du chef de l’Etat) et n’ayant aucun autre horizon.

L’autre approche est celle de la sagesse et de la primauté de l’intérêt de la France sur les querelles d’ambition.  Si le bien du pays l’emporte sur les conflits d’ego, il devient naturel de s’engager à soutenir le favori que se donnera l’opinion à droite, comme ce fut toujours le cas dans l’histoire. Cette hypothèse suppose d’en finir avec l’obsession élyséenne. Elle suppose d’accepter l’idée que la France actuelle a davantage besoin d’un travail d’équipe que d’un (nouveau) supposé « sauveur providentiel », mais aussi davantage besoin d’unité et de sens du bien commun que de vanité stérile.

Elle revient à admettre que la France a autant besoin d’un puissant Premier ministre, de ministres et de parlementaires compétents et influents que d’un chef de l’Etat (arbitre et protecteur). Dès lors, la question du débat d’idées et du projet collectif revient au premier plan, avant même le choix d’un candidat (l’expérience montre que le vainqueur des présidentielles n’apparaît que dans les derniers mois). Or, les chantiers ne manquent pas entre la sécurité et l’immigration, l’emploi et le travail dans un pays qui compte 4 à 6 millions de chômeurs, 10 millions de pauvres, la reconquête des libertés et de la démocratie, le redressement scolaire et intellectuel du pays… La clé de la victoire de la droite en 2022 tient à sa capacité à prouver qu’elle privilégie l’intérêt de la France sur les calculs personnels. Dès lors, les primaires ne sont sûrement pas le meilleur des systèmes. Ni même le moins mauvais…

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Covid 19, à qui profite la peur?

Echange authentique avec une personnes de mes relations : « Non, je ne suis pas vaccinée. On ne sait pas ce qu’il y a dedans. Il y a déjà eu le sang contaminé, l’hormone de croissance, Médiator. Je ne suis pas vaccinée, mais ne le dis surtout à personne. » Le discours sur une obligation vaccinale imposée à la population dans son ensemble et le matraquage politico-médiatique n’y changeront rien. C’est la confiance qui manque pour expliquer, rassurer et convaincre. Un pouvoir aussi discrédité par les mensonges (sur les masques, les places en réanimation, le nombre des morts prévisibles, etc.) n’est plus en mesure d’inspirer la confiance. La contrainte généralisée et les menaces n’ont jamais permis de résoudre quoi que ce soit. Et puis que faut-il comprendre? 60% des Français sont vaccinés, en particulier les personnes à risque. Selon le discours médical et scientifique, le vaccin protège contre les formes graves, évite l’hospitalisation et la mort. La Grande-Bretagne (vaccinée) connaît une flambée épidémique – sous forme de rhumes – mais quasiment aucun décès. Si tout cela est vrai, les Français (soit vaccinés soit ne relevant pas des catégories à risque) n’ont aucune raison d’avoir encore peur du Covid et de ses variants. Quant aux personnes qui ne veulent pas être vaccinées, elles font un choix relatif à leur santé et leur intégrité corporelle qui n’appartient qu’à elles – et au secret médical. Il est doublement incohérent de dire qu’elles mettent les « vaccinés » en péril puisque d’une part le vaccin protège contre les formes graves mais n’empêche pas (semble-t-il) d’attraper la maladie et de contaminer autrui, et d’autre part, les vaccinés sont en principe à l’abri du risque vital. Ce n’est sûrement pas par l’opprobre, l’exclusion, le lynchage et la diabolisation qu’elles seront convaincues. La rage qui se développe contre les « non vaccinés » dans la population française rappelle étrangement les chasses aux boucs-émissaires du Moyen-âge lors des grandes pestes. Ah la nature humaine… Le monde politico-médiatique évoque une situation ou des variants aux noms bizarres venus du fond de l’enfer s’apprêtent à déferler sur la France comme des cavaliers de l’apocalypse. Les lâches, les pleutres et les pervers, les despotes de plateau se réveillent pour réclamer de nouvelles restrictions à la circulation et atteintes aux libertés. A qui profite la peur?

NB: heureux que Mme Natacha Polony, dans Marianne, dise la même chose que moi (en mieux)

Maxime TANDONNET

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La droite face aux présidentielles (pour Atlantico)

  1. Demain se tient un bureau politique des Républicains en vue de la présidentielle 2022, l’un des sujets abordés sera l’organisation ou non d’une primaire alors que l’idée d’un sondage a également été avancée. Pécresse, Morin, Wauquiez et Retailleau ont fait savoir dans Le Figaro leur soutien à une primaire ouverte. Lors de ces deux dernières décennies, quel mode de sélection du candidat a été le plus favorable à ce dernier lors des présidentielles ?

En réalité sauf en 2016, il n’y avait pas de mode de sélection organisé. Si l’on remonte, même au-delà de deux décennies, la sélection s’effectuait spontanément. C’est l’électorat qui choisissait son favori. Ainsi, en 1974, deux candidats de droite étaient en lice, Chaban Delmas et Giscard d’Estaing. Pendant la campagne du premier tour, la candidature de Chaban Delmas, au départ grand favori, a été étouffée par celle de VGE, vainqueur final. En 1981, VGE, président sortant, s’imposait naturellement contre Jacques Chirac au premier mais il était battu au second tour par Mitterrand. En 1995, Edouard Balladur, grandissime favori se présentait contre Jacques Chirac et Lionel Jospin. Finalement au prix d’une campagne éclair, Chirac prenait l’ascendant sur Balladur et l’emportait. En 2002, président sortant, Chirac était le candidat naturel de la droite. En 2005-2007, une rivalité opposait deux candidats de droite favoris pour succéder à Chirac, de Villepin et Sarkozy. C’est le second qui prit l’ascendant dans l’opinion, au point que Dominique de Villepin décidait, avec sagesse et courage, de ne pas se présenter. Ainsi, jusqu’à 2007, il existait une sorte de sagesse naturelle des candidats et de l’électorat de droite qui faisait que le candidat ayant le plus de chance de gagner s’imposait naturellement. Cela ne semble plus être le cas aujourd’hui, d’où le recours à des primaires qui ont inconvénient de souligner les clivages personnels et de favoriser des « chapelles » plutôt que l’unité et de rompre avec une tradition gaullienne de rencontre (spontanée) entre une personnalité et la Nation. Peut-être qu’avec 4 ou 5 candidats tous aussi déterminés, est-on devenu incapable de faire autrement, incapable de s’entendre par la sagesse et le dévouement au bien commun. Mais ce n’est pas forcément très bon signe…

  • A un an de la présidentielle, il y a plusieurs candidats potentiels pour la droite mais aucun qui soit clairement choisi. Quelles sont les idées et les grandes lignes programmatiques qui ont rencontré une vraie adhésion populaire à la présidentielle mais aussi aux différentes élections intermédiaires ?

Depuis 20 ans, ce sont surtout les sujets régaliens qui permettent les succès de la droite. En 2002, la sécurité était le sujet phare de la campagne de Jacques Chirac. Le 2 février à Garges-Lès-Gonesse, le président lançait sa campagne en annonçant « un plan pour la sécurité ». « La violence est en train de changer le visage de la République » déclarait-il, avant d’annoncer « l’impunité zéro ». Cette campagne lui permit d’être devant Lionel Jospin au premier tour, lui-même devancé par M. le Pen. Par la suite, M. Jospin déclara : « nous avons été naïfs sur la sécurité ». En 2007, Nicolas Sarkozy mit de nouveau au premier plan de sa campagne les sujets régaliens, avec son projet de créer un « ministère de l’immigration et de   l’identité nationale » tout en s’engageant à créer des peines planchers pour les récidivistes. A l’heure actuelle, dans une période chaotique marquée par la poursuite de l’augmentation de la violence, il ne fait guère de doute que ce sujet sera décisif pour l’emporter en 2022. Cependant, il ne peut pas être le seul. Les quatre ou cinq candidats potentiels de droite vont tous mettre l’accent sur la sécurité et l’immigration. Ils doivent se démarquer sur d’autres choses qui préoccupent les Français, des questions fondamentales comme l’avenir de la démocratie française, les libertés – ravagées par les confinements et couvre-feu – le vertigineux déclin scolaire. Et bien entendu le travail et l’emploi dans un contexte dramatique où 4 à 6 millions de personnes sont privées d’emploi – dans l’indifférence générale. Pour l’instant, ces questions capitales sont plus ou moins passées sous silence.

  • Y a-t-il des lignes qui n’ont jamais réellement séduit les électeurs de la droite traditionnelles au cours de ces dernières années et que devrait éviter le candidat ou la candidate LR s’il veut fédérer ?

Dans une optique de gagner les élections, il serait de mon point de vue suicidaire de mettre au premier plan du projet une (nième) grande réforme des retraites ou  des transports publics ou encore du code du travail. Rien ne serait pire que de faire du Macronisme à la place de M. Macron. Proposer aux Français en 2022 une nouvelle « transformation de la France » serait désastreux. L’image du quinquennat actuel laissera toujours le goût amer d’un décalage absolu entre le mythe claironné d’un « nouveau monde » et la pauvreté des réalisations, entre l’affichage d’une volonté de modernisation et des résultats piteux sur le plan de la dette publique (120% du PIB) et des déficits publics (9% du PIB) et encore 4 à 6 millions de chômeurs. Il serait irresponsable de la part de candidats de droite de reprendre la posture de la « présidence jupitérienne », de « l’autorité verticale », de la « transformation » imposée à un peuple de « Gaulois réfractaires ». Dès lors, les électeurs préféreront toujours l’original à la copie. Un candidat de droite doit au contraire se placer à l’écoute du pays et à son service. Des réformes et des efforts sont nécessaires évidemment, mais il vaut mieux avancer pas à pas en écoutant le pays et en le respectant plutôt que de brandir la foudre réformiste pour un résultat proche du néant.

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Question de niveau

Attention, il hors de question d’afficher un quelconque mépris. Les responsables et les coupables ne sont pas les professeurs ni les étudiants mais les décideurs nationaux, les pouvoirs publics qui ont renoncé, par lâcheté ou par démagogie, à assurer correctement les formations fondamentales (effondrement du nombre d’heures d’enseignement du français), et à opérer les choix d’orientation nécessaires. Ci-dessous le message d’une étudiante qui tente de justifier une mauvaise performance auprès d’un professeur. Cette étudiante est en master 1 (bac +4) en cours de passage en master 2 (bac +5), dans une discipline à forte connotation littéraire. Ceci est authentique et vérifié, sur ma parole d’honneur. Par-delà toutes les priorités politiques, il faudrait placer au cœur des programmes le redressement scolaire du pays. Et cela commence par les fondamentaux, l’orthographe et le calcul. Tout le monde peut faire des fautes et nous en faisons tous (moi le premier). Cependant, une orthographe à tel point déglinguée, à ce niveau, est le signe patent d’une carence des apprentissages fondamentaux, rédhibitoire pour trouver un métier. Et ceci est de la faute des pouvoirs publics – depuis des décennies – pas des professeurs ni des étudiants. « Bonjour, 
Suite à notre entretient, j’ai oublié et je tenais à vous préciser que la matière que j’avais choisi initialement a dû être annulé et devais être neutraliser mais l’administration a changé d’avis et il a fallu me re orienter soudainement vers une autre matière ainsi ce n’est qu’à partir de vendredi que le choix s’est fait je n’ai donc eu que deux jours de préparation que j’ai du faire selon différents cours qui m’ont été envoyé de différentes personnes (et qui visiblement n’étaient pas complet) . En espérant que vous en tiendrais compte. Même si je sais que cela ne m’excuse en rien et je ne tiens pas d’ailleurs à être excusé, juste que vous compreniez le contexte. »
Ceci est d’ailleurs aussi triste que lamentable. L’étudiante concernée n’est évidemment pas en cause: elle est une victime de choix démagogiques. A noter: le sujet de l’effondrement scolaire ne semble visiblement pas intéresser les candidats à la présidentielle (de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses).

MT

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Remerciements

Au 30 juin 2021, la fréquentation de ce blog était exactement au même niveau qu’en 2020: après six mois, il atteignait 400 000 visites pour 800 000 au total l’an dernier, où la crise sanitaire avait entraîné une nette augmentation de sa fréquentation. Chaque jour, cette dernière oscille entre 2000 et 4000 visites. Pour ce premier semestre, je me permets de remercier ses visiteurs occasionnels, ses habitués et ses commentateurs qui m’aident à le faire vivre. Peu importe que nous soyons d’accord ou non, l’intérêt est de faire vivre un débat d’idées et d’échanges courtois, sans attaques personnelles ni dérapages, même au modeste niveau d’un blog personnel. Par ailleurs, je souhaiterais – pour ceux qui ont quelques minutes à lui consacrer – solliciter leurs conseils sur l’animation de ce site. Vaut-il mieux un bref billet quotidien (comme actuellement) ou des essais d’analyse plus approfondis au rythme de 2 ou 3 par semaine? Est-il préférable de s’en tenir à l’actualité (comme aujourd’hui), ou de prendre davantage ses distances? Les comptes-rendus de livres (2 à 3 par mois) ou de manifestations culturelles ont-ils leur place sur un blog de ce genre? Quelle autre recommandation pouvez-vous suggérer?

Merci beaucoup

Bien amicalement

MT

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« Vive l’empereur »: exposition Napoléon à la Villette

Bien loin des abrutis qui veulent déboulonner les statues de Bonaparte ou déconstruire l’histoire de France, une foule impressionnante se massait ce matin à la Villette pour admirer l’exposition Napoléon. Voilà un signe fortement encourageant: beaucoup de Français, de tous les âges, se passionnent pour l’histoire.

Cette formidable réussite met en valeur les œuvres et les objets les plus emblématiques du consulat et de l’Empire, associés à des pièces moins connues qui illustrent la vie quotidienne de ce personnage hors du commun ayant profondément marqué l’histoire de l’humanité.

Un superbe travail de documentation, d’explication et de pédagogie enrichit cette exposition et contribue à la rendre passionnante. Un délicieux moment d’histoire hors du temps et de l’espace à mille lieues de la médiocrité ambiante.

Maxime TANDONNET

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Covid 19, hystérisation dramatisation

Phénomène étrange: on ne meurt presque plus du covid 19. Les quelques décès quotidiens comptabilisés (en France comme en Angleterre) de l’ordre de la dizaine concernent des personnes dont la maladie n’a fait qu’accélérer de quelques heures ou jours le décès. On nous dit que le vaccin pfizer, après une double dose, est efficace à 95% face aux variants: il n’empêche pas forcément la contamination mais prévient l’hospitalisation et la mort. Les personnes âgées et fragiles et les plus de 65 ans ont tous été vaccinés et aussi une grande partie de la population volontaire. Et pourtant, le pouvoir politique, plus que jamais, agite la peur et la panique autour du variant, prépare les esprits à de nouvelles restrictions c’est-à-dire, violation de la liberté et de la démocratie. « Menace potentielle de reprise épidémique … qui risque de gâcher les vacances« . Les vautours de « plateau » sont de retour et annoncent déjà un confinement, couvre-feu ou autre mesure liberticide de rentrée… Le goût de soumettre et d’asservir le pays devient pathologique. Le rôle d’un pouvoir politique n’est pas d’attiser la peur ni de terroriser la nation. Il devrait être au contraire de rassurer et de promouvoir la confiance en l’avenir. Est-ce trop en demander? Dès lors que le covid 19 a cessé de répandre la mort, il faut apprendre à vivre avec. « Arrêtez d’emmerder les Français! » comme disait l’autre.

Maxime TANDONNET

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L’hypocrite achèvement du bac

Le ministre de l’Education a décidé – si on comprend bien – de supprimer les matières communes du bac, en particulier l’histoire. Ne resterait donc que le « grand oral » et le reste serait renvoyé au contrôle continu. La bête est déjà presque morte avec des taux de réussite de plus de 90% qui en réduisent la signification. Le grand oral ne porte sur rien de particulier, il est vide à l’image du nihilisme contemporain. Sa notation ne porte pas sur un contenu et une réflexion. Que peut-il récompenser sinon, vaguement, arbitrairement, la capacité d’esbroufe? Quant au contrôle continu, il ne fait que donner aux professeurs avec lequel les lycéens sont en contact quotidien la clé de leur avenir, donc l’arbitraire et les inégalités entre établissements. Il est particulièrement sidérant de voir qu’un ministre qui était supposé incarner la fermeté devient le principal liquidateur d’un volet du patrimoine français. Le bac représentait pour nos générations un objectif, un repère et une référence. Il était un rituel valorisant le mérite personnel. Il récompensait à la fois un effort et une intelligence et permettait à des jeunes issus d’un milieu défavorisé de se hisser à la force du poignet. Il était un symbole et une fierté. Voilà, c’est un chêne français – un de plus – qu’on abat lâchement, sacrifié à l’idéologie du grand nivellement. Au moins songe-t-on à le remplacer par autre chose, par exemple une épreuve d’entrée dans les universités? Evidemment que non – ils sont bien trop lâches – et l’université continuera elle aussi à mourir asphyxiée sous la masse de générations hagardes au profit d’une poignée de grandes écoles ultra-élitistes. Tout ceci est lamentable.

Maxime TANDONNET

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L’effarante bêtise d’un système

La France politique, sauf imprévu, semble se diriger en toute normalité vers la réélection de l’occupant de l’Elysée puis sans doute de sa majorité En Marche – ou quelque chose d’équivalent. C’est ce que disent les sondages en tout cas. Plus rien d’autre n’existe. Le bilan d’un quinquennat, le pire de l’histoire de la Ve République, a disparu des écrans radars: dette publique à 120%, chômage monstrueux (4 à 6 millions), pauvreté, vertigineux effondrement scolaire, explosion de l’insécurité, crise migratoire, suspension des libertés publiques, Gilets jaunes, un an de gestion chaotique de l’épidémie, etc. Peu importe désormais. Tout s’efface derrière le Grand-Guignol médiatique et l’enfumage quotidien. L’unanimisme des grands médias radio-télé qui façonnent l’opinion fait froid dans le dos. L’aveuglement et la bêtise ambiante triomphent. Le débat d’idées ou de projet est mort étranglé par le conformisme. Un grand bêlement médiatique national couvre les voix discordantes. Le culte d’un gourou national ou sauveur providentiel permanent – digne des heures les plus sombres – efface toute velléité d’esprit critique et de réflexion. Dans n’importe quelle démocratie, le besoin d’alternance (qui s’est exprimé lors des municipales et des régionales) se traduirait par l’élection d’une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale et la désignation d’un gouvernement d’alternance. Chez nous, c’est impossible. Le verrouillage par le système élyséen, le conformisme des médias radio-télé et l’extension de la crétinerie touche à son paroxysme. Dans un climat largement consensuel, conjuguant l’indifférence, la soumission et l’abêtissement général, le pays servile, décervelé et soumis se prépare à reconduire son gourou élyséen dans une logique de néant destructeur. Rien de plus, rien de moins. Peut-on espérer dans les dix mois un réveil, un mouvement d’humeur ou de révolte, un éclair de lucidité collectif, un sursaut d’intelligence? Possible. Mais pas sûr du tout.

Maxime TANDONNET

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Une étrange réforme des retraites

Les médias et la presse annoncent le lancement d’une réforme qui porterait l’âge du départ à la retraite de 62 à 64 ans. Comment l’interpréter? De prime abord, rien n’est plus étrange qu’un projet de réforme de grande ampleur lancé à 10 mois des échéances politiques nationales. Le pouvoir avait tout le quinquennat pour réformer les retraites: sous la pression sociale, il a renoncé à l’usine à gaz de 2019/2020. Aujourd’hui, il y revient. Or, pour une réforme de cette ampleur, en tenant compte de la préparation du projet, des concertations avec les partenaires sociaux, du débat parlementaire, 18 mois est sans doute un minimum. Quel temps utile reste-t-il? Entre le début actif des travaux de concertation en septembre et le démarrage de la campagne présidentielle, guère plus de 6 mois. Difficilement concevable. Alors comment l’expliquer? Le macronisme n’est pas quelque chose de foncièrement nouveau mais plutôt la quintessence d’une évolution de long terme. Il consiste à sublimer le déclin français (économique et financier, intellectuel, scolaire, sécuritaire, étatique, etc.) dans l’exaltation d’un culte de la personnalité autour de l’occupant de l’Elysée avec comme but suprême sa réélection. C’est tout ce qui compte. La sublimation d’un gourou national, selon ce modèle, transcende les désastres et les malheurs collectifs et même s’en nourrit. L’annonce de la réforme des retraites s’inscrit dans cette logique. En soi, dans les conditions présentes, sa nécessité ou son urgence est discutable: si le pouvoir avait la moindre velléité de s’intéresser au rééquilibrage des comptes publics, il adopterait des mesures immédiates pour tenter de résorber les vertigineux déficits qu’il a lui-même creusés (10 % du PIB) avant de songer aux effets de long terme d’une réforme des retraites. La question n’est pas là. Cette nouvelle annonce, improvisée et à contre-temps, est avant tout politique – électoraliste. Elle vise à magnifier l’image du grand réformateur en misant sur le chaos social qu’elle s’apprête à déclencher pour l’enrichir et par là-même recouvrir un quinquennat de déceptions et de troubles. Autrement dit elle a pour objectif non-dit de provoquer le désordre et les destructions pour renouer avec le culte d’un sauveur providentiel et préparer sa réélection. Un tel schéma repose sur un pari évident: le pari de l’abêtissement d’un peuple qui n’y verrait que du feu. Mais telle est aussi la faille de la stratégie: les Français sont infiniment plus lucides que ne l’imaginent généralement leurs dirigeants.

Maxime TANDONNET

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« Quoi qu’il en coûte »

Les questions économiques et financières sont largement passées sous silence. Elles n’intéressent quasiment plus personne, étouffées par le Grand Guignol politico-médiatique. Les leçons de l’histoire sont oubliées. Comme la grande dépression de 1929 a contribué à l’apocalypse des années 1930-1940, les bouleversements dans les profondeurs de l’économie se traduisent plus tard, d’une manière ou d’une autre dans le champ de la politique. Les chiffres du « quoi qu’il en coûte » de la présidence Macron pendant la crise sanitaire, publiés par le Figaro de ce matin donnent le vertige:

– aides d’urgence aux entreprises 70 milliards € dont 35 Mds € pour l’indemnisation de 8 millions de chômeurs partiels

– recettes budgétaires perdues: 37 Mds €

– plan de relance 36 Mds €

– dépenses sanitaires supplémentaires 14 Mds €

– coût total de la crise sanitaire (en incluant les pertes de PIB) 424 Mds €

Résultat: la dette et le déficit public ont atteint 120% et 9,3% du PIB. L’excuse de la crise sanitaire ne vaut que pour les naïfs. En Allemagne, pays supposé le plus comparable, la dette publique est de 70% du PIB et le déficit public de 4,2%… La gabegie française a-t-elle au moins permis de sauver des vies? C’est tout le contraire. Au vu des statistiques officielles, le nombre de morts par million d’habitants du covid 19 est de 1094 en Allemagne pour 1671 en France.

Bien sûr tout cela est moins drôle que les cabrioles de Mc Fly et Carlito dans les salons de l’Elysée, le tir au but raté de M’Bappé ou le plumage déployé à tous les vents de notre paon national. De fait, tout le monde s’en fout surtout les politiques il faut bien le dire. Mais pourtant la réalité est bien là: la France est un pays en ruines. Et cela se paiera cher, un jour ou l’autre, d’une manière ou d’une autre. Parole d’honneur.

Maxime TANDONNET

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Le second tour des régionales bouleverse le paysage politique (pour Figaro Vox)

Rien n’y a fait. Les multiples appels exhortant les Français à se rendre aux urnes pour le deuxième tour des régionales et des cantonales sont tombés dans le vide. L’alerte lancée par M. Jean Castex, le Premier Ministre « Faire gagner l’abstention, c’est faire perdre la démocratie » n’a pas été entendue. Les « Vingt bonnes raisons d’aller voter » du journal Libération n’ont pas davantage convaincu les Français…

Au lendemain du premier tour, les commentateurs ont généralement attribué ce taux d’abstention record à la défiance des Français envers la politique de plus en plus perçue comme déconnectée de leur vie quotidienne. « Voter ne sert à rien » fut le cri de cœur de nombreux Français répercuté dans les médias. Le second tour des régionales, avec un taux d’abstentionnisme presque aussi élevé qu’au premier tour (65%), malgré les multiples appels au civisme et les mises en garde, n’a fait que confirmer cette situation.

Dans ce contexte, à l’issue d’un 1er tour des régionales marqué par l’effondrement du parti présidentiel (LREM), et le net recul du Rassemblement national, la plupart des observateurs de la politique française avait estimé que le résultat des régionales ne remettait pas fondamentalement en cause l’équilibre des forces en vue des futurs grands scrutins nationaux de 2022. Un sondage Harris Interactive (Challenges) du 23 juin, au lendemain du 1er tour confirmait d’ailleurs la poursuite de l’écrasante domination du tandem le Pen/Macron aux présidentielles et la certitude sondagière de la réélection de ce dernier avec 54% des voix contre Mme le Pen.

Selon cette vision largement partagée, rien ne s’était donc passé aux régionales. Neutralisée par l’abstentionnisme massif, elles se présentaient comme une simple parenthèse dans la routine politique française. Elles n’avaient même pas écorné sa glaciation depuis quatre ans.  « Entre les régionales et les présidentielles, on parle de deux corps électoraux différents » constate justement Jérôme Sainte-Marie dans le Point.  De fait, l’omniprésence médiatique quotidienne du chef de l’Etat et la surexposition de Mme le Pen (prouvée par une étude intitulée « projet Arcadie »), semblaient avoir préservé, même au lendemain du 1er tour des régionales, leur tandem dominant les sondages en vue des présidentielles.

En vérité, il se pourrait que ces élections régionales, notamment les résultats du second tour aient bien davantage ébranlé l’équilibre politique du pays dans ses profondeurs qu’il ne paraît. L’échec du RN, sa spectaculaire défaite en PACA et son recul partout semble consacrer une fois pour toute l’impossibilité pour ce parti isolé, sans alliance possible et toujours largement diabolisé, d’accéder au pouvoir. Cet échec pourrait ainsi fragiliser l’image de Mme le Pen comme principale opposante à M. Macron. 

Quant au président de la République, la faillite de son parti souligne que malgré des sondages de popularité légèrement meilleurs que ceux de ses deux prédécesseurs, son image est sérieusement dégradée dans l’électorat et dans la France profonde. L’argument selon lequel l’abstentionnisme touche les catégories qui le soutiennent – les jeunes – ne résiste pas à l’analyse : les jeunes, justement, ne se sont pas déplacés pour le soutenir. Le triomphe de l’abstentionnisme est avant tout un échec pour le pouvoir en place qui n’a pas réussi à mobiliser ni à motiver les électeurs. La classe dirigeante française ne cesse d’offrir le spectacle d’une politique réduite à l’esbroufe, à des provocations et à des coups de communication. En donnant cette image de spectacle vaniteux destiné à la préservation des maroquins et tournant le dos au bien commun des Français, elle a préparé le terrain de l’effondrement démocratique.

Ce résultat du second tour pourrait donc sérieusement affaiblir le tandem sondagier dominant des futures présidentielles le Pen/Macron. Aujourd’hui, les présidents de régions de droite, larges vainqueurs dans les Hauts-de-France, l’Ile-de-France et Rhône-Alpes, ont le vent en poupe. Il leur reste à confirmer leur succès en trouvant les mots pour parler à l’immense majorité des abstentionnistes et surtout, à éviter de tout gâcher en retombant dans le fléau de la guerre des chefs.

Maxime TANDONNET

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Fanatisme du nivellement par le bas

Le nivellement par le bas dans l’éducation nationale se présente comme une véritable obsession idéologique des milieux dirigeants. L’impératif de mixité sociale écrase les objectifs d’excellence, de valorisation du travail et de l’intelligence. Dernière initiative en ce sens: les étudiants boursiers bénéficieraient de points supplémentaires attribués par avance, au titre d’une prétendue discrimination positive, pour passer les concours des grandes écoles: X et autres grandes écoles d’ingénieur, grandes écoles de commerce dont HEC. Cette initiative est dans le prolongement de nombreuses décisions récentes: la suppression des concours d’entrée à science po (au profit d’un examen sur dossier et d’un entretien), celle des épreuves de culture générale dans les concours administratifs – jugées trop discriminantes -, le saccage des études secondaires par la disparition des séries et la transformation du bac en mélange de « contrôle continu » et de « grand oral » et sa neutralisation par un taux de succès de plus de 90%. Ce fanatisme égalitariste qui touche en ce moment à son paroxysme, se traduit par l’effondrement du niveau intellectuel des jeunes Français. Selon les travaux du ministère de l’Education nationale, le niveau d’orthographe de cesse de s’effondrer : 10,6 fautes pour une dictée en 1987 mais 17, 9 fautes en 2015 à la même dictée. D’après le classement Timss de 2019, les élèves Français se classent derniers de l’Union européenne en mathématique et avant dernier dans l’OCDE (devant le Chili). Selon le classement PISA, les jeunes Français ne sont que 23ème en lecture et compréhension de texte. Enfin, en histoire-géographie, le naufrage est avéré. D’après l’Education nationale, le pourcentage des élèves de faible niveau est passé de 15 à 21% entre 2006 et 2012, et celui des élèves de niveau élevé de 10 à 6%. « Jusqu’où descendra-t-on cette pente? Ce n’est pas en faisant injure aux valeurs de raison, de science, d’intelligence et de travail qu’on forme la jeunesse d’un pays » écrit justement M. Philippe Nemo.

Maxime TANDONNET

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L’abstentionnisme une gifle méritée

« 68% une honte! Je persiste et signe. Voter devrait être obligatoire! » Voici ce que l’on trouve parmi les commentaires qui circulent en ce moment. La question n’est pourtant pas de porter un jugement de valeur sur les électeurs ni de brandir la menace de contraintes et de sanctions. [Moi-même, depuis mes 18 ans, je pense n’avoir jamais raté un vote local ou national y compris en votant blanc, et celui du 20 juin 2021 ne fait pas exception]. Peu importe: il est idiot de condamner les 68% de Français qui se sont abstenus et prétendre rendre le vote obligatoire. Au second tour, il en sera sans doute de même sinon pire. Les dirigeants politiques sont les principaux responsables de cette situation. Eux seuls doivent être blâmés, pas les électeurs. Cette campagne des régionales donne une image absolument répugnante (je pèse mes mots) de la politique française. Les magouilles mafieuses de PACA – transfuges au RN, alliances avec LREM – donnent la nausée. Le naufrage extrémiste de la gauche parisienne est lamentable et sa démagogie déplorable : transports gratuits, vélos offerts à tous les jeunes. Comment financera-t-on? Toujours plus d’impôt? Encore plus de dettes que les futures générations auront à rembourser? La campagne sombre dans le ridicule avec tous ces ministricules envoyés sur le terrain pour faire de l’esbroufe et préparer le terrain pour la réélection de l’occupant de l’Elysée. Qui fait leur travail pendant qu’ils fanfaronnent et reçoivent des claques (bien méritées) avant de se hurler dessus dans les salons de l’Elysée? Quant au principal objectif proclamé à gauche comme à droite, faire barrage au front national, il ne sert qu’à couvrir toutes les démissions, tous les abandons, toutes les lâchetés. D’ailleurs, la réaction des leaders du RN face à l’abstentionnisme touche à la quintessence de la médiocrité et du mépris des gens: « si vous ne votez pas ne venez pas pleurer. » Voilà le sommet de l’obscénité politichienne: insulter les électeurs surtout pour des zozos qui se réclament prétendument du « peuple. » Et Dans cette élection qui semble toucher au paroxysme de la vulgarité les sujets de fond ont été négligés. Les régions et les département sont responsables du développement économique, de l’aménagement du territoire des lycées et collèges, des routes, du logement, de la santé, de l’environnement, des questions sociales. Ce n’est quand même pas rien… Qui a pris le temps de présenter aux électeurs ces compétences? Personne ou presque. Noyées dans un fleuve de démagogie, de mépris, d’arrivisme et de médiocrité (de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses). Vous prenez les gens pour des imbéciles. Mesdames, Messieurs, recevez donc l’abstentionnisme comme une belle gifle, une gifle emblématique, mais une gifle méritée.

Maxime TANDONNET

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La droite face à ses responsabilités (pour le Figaro du 24 juin 2021)

Ci-dessous, une copie de mon article pour le Figaro de ce jour. Il explique que rien n’est gagné pour le droite en 2022 malgré l’échec du RN et de LREM. Pour espérer l’emporter aux élections nationales, la droite LR et assimilés doit aire la preuve de sa volonté d’en finir avec la guerre des ego, la soumission au politiquement correct et de se rassembler autour d’un projet dans l’intérêt de la France. Elle devra s’engager à mettre un terme au naufrage de la politique française dans l’hystérie et l’exubérance narcissique, le mépris du peuple, pour se consacrer au seul redressement du pays. Par delà l’écran de fumée permanent que constituent les polémiques et les coups de menton, la France est dans un état épouvantable, sans précédent depuis 1945, sur tous les plans: économiques, financier, sécuritaire, sociaux, éducatifs… En outre, la liberté et la démocratie sont aujourd’hui en péril. La droite se trouve donc au pied du mur, face à ses responsabilités. Elle ne peut espérer l’emporter que si elle montre aux Français sa volonté de relever avec courage et respect de la vérité ces gigantesques défis.

(Toutes mes excuses pour la mauvaise qualité de la copie intégrale).

Maxime TANDONNET

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Leçons de l’après premier tour des régionales (pour Atlantico avec M. Jean-Sébastien Ferjou)

En 2017, Emmanuel Macron voulait dépasser le clivage gauche-droite et parlait de nouveau monde. Face au relatif échec de sa stratégie, il s’est posé en rempart contre le RN. Affirmant d’un côté que le parti n’était pas républicain et qu’il était en mesure de gagner. A la lumière des élections régionales, cette rhétorique est-elle encore tenable ? Est-il encore possible d’utiliser le RN comme épouvantail ?

Les élections régionales peuvent en effet avoir un impact important sur l’équilibre politique des forces en présence. S’il se confirme que le RN ne gagne aucune région, pas même PACA, cela jette un fort doute supplémentaire sur les chances de Mme le Pen aux élections présidentielles. Un tel résultat risque de dessiller les yeux de nombreux électeurs qui voyaient en elle la chance essentielle d’éviter un second quinquennat Macron. Il infirmerait le matraquage médiatique à l’œuvre depuis dix ans sur la « dédiabolisation » et la « fin du plafond de verre ». Si tout cela est confirmé au second tour des régionales, l’utilisation macronienne du RN comme épouvantail devient en effet beaucoup plus incertaine. Les cartes peuvent être rebattues dès lors que LR redeviendrait aux yeux d’une grande partie de l’opinion le principal opposant au pouvoir macronien. Encore que cela ne soit pas gagné : les LR doivent éviter de retomber dans le danger de la guerre des chefs en vue de la conquête de l’Elysée et s’entendre sur une ligne claire répondant aux préoccupations de la majorité des Français sur la sécurité, la maîtrise des frontières, le chômage et un thème fondamental, celui de la démocratie et des libertés, délaissé par tous les partis. Nous n’en sommes pas encore là.

Sans la menace du RN, Emmanuel Macron dispose-t-il encore d’arguments pour séduire un électorat de gauche et de droite qui ne lui sont pas acquis ?

Le macronisme est avant tout un mode de communication fondé sur une image de jeunesse, de modernité et de réformisme. De fait, l’élection du président Macron en 2017 reposait sur quelques mythes, la transformation de la France, l’exemplarité et le combat contre le « populisme ». Or, le « nouveau monde » promis semble à des années-lumière  après les affaires (Benalla), la crise des GJ et l’épidémie de covid 19. Au centre de cette vision, la lutte entre le bien progressiste et le mal nationaliste devait se substituer au vieux clivage droite gauche. Cette approche reposait sur une extrême personnalisation, une auto sublimation de lui-même en tant que héros du bien face au RN comme incarnation du populisme. Les élections régionales ont souligné les limites de ce schéma. De fait, l’expérience actuelle repose sur une mystification. Le fond de la politique est dans la continuité du socialisme : explosion de la dépense publique et de la dette, aveuglement en matière de sécurité et d’immigration, libéralisme sociétal. Cependant, la posture est en revanche plutôt de droite à travers une image autoritaire, sous réserve de clins d’œil lancés aux jeunes comme l’invitation des youtubeurs à l’Elysée. M. Macron peut difficilement choisir de pencher d’un côté ou de l’autre. Il ne peut être réélu qu’en mordant sur les deux électorats, de gauche et de droite fidèle au « en même temps » et en pariant sur son rayonnement personnel pour transcender ce clivage.

A l’approche de 2022, et face à l’échec relatif de ces stratégies, que peut inventer ou utiliser Emmanuel Macron pour l’emporter à l’élection ?

Il sera difficile au président Macron de renouer avec les chimères de 2017 en particulier le renouvellement de la classe politique au regard de l’échec de LREM. En 2017, il a opportunément pris appui sur le « dégagisme » qui imprégnait l’air du temps après la déstabilisation de la candidature Fillon. En 2022 l’air du temps est à la résignation, au fatalisme, au scepticisme et au triomphe de l’abstentionnisme. M. Macron peut compter sur l’indifférence pour l’emporter. Pourquoi un autre plutôt que lui ? A cet égard, sans doute va-t-il persévérer dans la personnalisation à outrance et tenter d’incarner un autre personnage, garant de la continuité et de la stabilité face au risque du chaos. Il ne pourra pas rejouer l’air du nouveau monde et de la transformation de la France. Il peut en revanche compter sur le désenchantement général et le désintérêt des Français envers la politique et espérer que par routine, ils voteront pour le candidat en place faute d’alternative crédible.  Se présentant en garant de l’ordre, le « chef de guerre » qui a fait traverser à la France l’épreuve du covid 19, il peut ainsi séduire les 22% de premier tour qui lui permettront d’être présent au second et pourquoi pas, toujours face à Mme le Pen même si cette perspective est moins assurée depuis les régionales.

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Régionales, un résultat à double sens

Bien sûr au premier abord, les résultats des élections régionales déjouent tous les pronostics annonçant depuis cinq ans la mort de la « droite ». Que n’a-t-on entendu à ce sujet! Après les élections Européennes de 2019, quand tous les spécialistes annonçaient sa mort clinique évidente au profit du duo le Pen/Macron: je l’écrivais dans le Figaro: N’enterrons pas trop vite la droite essuyant moult ricanements. Aujourd’hui les faits sont là: les LR et assimilés sont de loin le premier parti de France en termes de suffrages exprimés: 29% contre 18,5% RN, 18% % PS, 12% EELV, 10% LREM. Le parti du président affiche un résultat dérisoire qui défie largement les pronostics de sondages biaisés et lèche-bottes sur la réélection quasi-assurée de ce dernier en 2022. (Si l’on compte l’abstention, seuls 3% des Français ont exprimé leur soutien à l’occupant de l’Elysée!) Quant au RN-FN, c’est toujours la même chose depuis un demi siècle: le raz-de-marée annoncé par les sondages en faveur du parti supposé « antisystème » se heurte au même plafond de verre. Et ces résultats pourraient enfin contribuer à dessiller une partie de l’opinion: non Mme le Pen n’ira jamais – jamais – à l’Elysée. Tel était le premier degré. Le second est d’une toute autre nature. Le taux d’abstention pulvérise tous les records. Il était de 68% contre 50% en 2015. Ainsi, il marque un authentique effondrement démocratique. Aucun politique – aucun – n’est en droit de fanfaronner avec une participation aussi dérisoire qui entache les résultats du scrutin d’un doute sur sa valeur politique. Que signifie vraiment un vote auquel presque les deux tiers des électeurs ont refusé de participer? Tel est le fruit de la désintégration de la France dans tous les domaines et du naufrage de la politique française dans le Grand-Guignol dont les dirigeants français actuels sont les grands responsables – impardonnables. Voilà ce que j’ai écrit hier soir dans le Figaro (accessible aux abonnés).

Maxime TANDONNET

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Déclaration préalable d’Action et Démocratie (CFE-CGC Education)

Conseil supérieur de l’éducation – 17 juin 2021  

Déclaration préalable Action & Démocratie / CFE-CGC 

Monsieur le ministre,  

En quatre ans, vous aurez causé plus de dégâts dans l’institution scolaire que tous vos  prédécesseurs réunis, ce qui est un exploit d’autant plus remarquable et triste que vous étiez  supposé reconstruire l’école de la République, non en précipiter la ruine.  

Les historiens disputeront pour savoir si vous avez été la cause principale de ce désastre, ou  bien si vous n’en avez été que la cause auxiliaire, voire seulement l’instrument, mais il n’est  pas besoin d’en attendre les travaux pour constater les résultats : vous avez rendu à la plupart  des professeurs de ce pays leur tâche impossible sous couvert de l’adapter aux exigences de  l’époque, exactement comme on entraverait tout artisan amoureux du bel ouvrage que l’on  priverait de ses outils. Que vous invoquiez les apports d’une certaine science ou les  comparaisons avec d’autres pays pour justifier des mesures insensées (comme celles  conduisant à la destruction des baccalauréats) ou inutiles (comme la réécriture frénétique des  programmes), cela ne trompe personne sur votre incapacité à prendre les décisions fortes, et  néanmoins simples, que la situation exige : il suffit d’aller dans une salle de professeurs ou sur  les réseaux sociaux pour prendre la mesure de la défiance, de la résignation ou du désespoir  des personnels que vos services soumettent constamment à des injonctions paradoxales, à  des instructions contradictoires et mal inspirées, ou qu’ils laissent sans défense faire face à  des remises en cause désormais permanentes de leur autorité et de leurs compétences  auxquelles vos mesures les ont exposés !  

Nous vous avions déjà alerté ici sur les risques du contrôle continu à cet égard, qui conduit à  se focaliser sur les notes au détriment de l’instruction elle-même, mais vous n’avez rien voulu  entendre et l’on voit maintenant partout des élèves, des parents, mais aussi des chefs  d’établissement, voire des inspecteurs généraux eux-mêmes, contester à tel professeur sa  notation si on la soupçonne seulement d’être trop sévère ou tout simplement juste. Nous vous  avions également alerté sur l’ambiguïté, pour ne pas dire la duplicité, de l’article premier de  votre « loi sur l’école de la confiance » qui sapait l’autorité des personnels en prétendant la  conforter, mais vous n’avez là encore rien voulu entendre et l’on voit maintenant de plus en  plus de professeurs être accusés de n’importe quoi par des apprentis sycophantes auxquels  certains personnels de direction donnent lâchement crédit pour acheter la paix sociale dans  leur établissement.  

Un ministre de l’éducation, se présentant de surcroît comme « le ministre des professeurs »  sur les plateaux de télévision, ne devrait pas accepter ni supporter qu’un seul d’entre eux fasse 

ainsi l’objet d’accusations aussi légères que scandaleuses, comme ce fut le cas de ce collègue  à qui l’on reprocha d’avoir porté atteinte à la moralité de ses élèves de Terminale en leur  montrant l’œuvre de Gustave Courbet intitulée L’Origine du monde et qui, même après avoir  établi de façon étayée et imparable l’invraisemblance de telles accusations, s’est trouvé  malgré tout sanctionné par la hiérarchie qui avait pour devoir de le protéger et le soutenir !  Ces faits, qui soit dit en passant se sont déroulés dans l’académie de Versailles, là-même où  exerçait Samuel Paty et à peine quelques semaines après sa mort, montrent que les personnes  qui y sont chargées des ressources humaines semblent n’en avoir tiré aucune leçon ! Ce sont  pourtant elles que le ministre de l’éducation devrait recadrer de toute urgence, au lieu  d’annoncer comme vous venez de le faire que tous les personnels devront subir à partir de la  prochaine rentrée une « formation à la laïcité », comme s’ils en avaient besoin ou qu’il n’était  pas tout simplement indécent de penser qu’ils en aient besoin !  

Mais nous n’en sommes hélas plus à une inconséquence près ! En effet, comment un ministre  de l’éducation peut-il consentir à ce que des diplômes désormais aussi dévalués que ceux du  Brevet des collèges ou du Baccalauréat soient distribués avec prodigalité et sans aucune  rigueur à des élèves qu’on laisse cependant, pour un toujours plus grand nombre, parvenir  aux portes de l’enseignement supérieur dans un état de quasi illettrisme ? Comment un  ministre de l’éducation peut-il consentir également à ce que les personnels placés sous son  autorité soient de plus en plus nombreux à vouloir quitter cette maison tant les conditions  leur sont devenues insupportables et que le métier ne ressemble plus à celui qu’ils avaient  choisi et aimé ? Comment un ministre de l’éducation peut-il se résigner à ce que, année après  année, l’institution peine à recruter et soit contrainte d’abaisser chaque fois son niveau  d’exigence en la matière, et comment ose-t-il envisager de réduire les concours à de vagues  entretiens d’embauche sans contenu disciplinaire en entretenant de la sorte la crise qu’il dit  déplorer et prétend enrayer ?  

Enfin, comment faites-vous, Monsieur le ministre, pour tenir aussi obstinément les yeux  fermés sur la crise morale profonde qui affecte le ministère dont vous avez la charge, crise à  laquelle vous devriez chercher par tout moyen à apporter des remèdes plutôt que des  complications ? Si tant est que cela soit encore possible, il ne vous reste plus qu’un an pour  changer de cap et prendre enfin en considération les observations et les propositions des  organisations qui, comme Action & Démocratie, n’ont aucun goût pour les simples postures  et les revendications irréalistes et vaines, mais sont attentives au terrain, soucieuses de la  souffrance des personnels et préoccupées par l’état inquiétant dans lequel se trouve  désormais l’institution sur laquelle repose principalement la République. 

CFE-CGC

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Un tabou absolu

Le sujet est absolument tabou dans les élites politiques, médiatiques et intellectuelles françaises. Il est quasiment impossible d’en parler aujourd’hui, même aux esprits les plus éclairés et les plus ouverts, les plus brillants intellectuels. Quand on évoque la question, ils ouvrent de grands yeux ahuris. Il est impossible d’esquisser la moindre allusion à ce sujet sans passer au mieux pour un simplet au pire pour un fou. Le système présidentiel rend la France bête et méchante. Il produit les Mélenchon, le Pen et Macron. Il abrutit sournoisement le pays. En effet, la vie politique consiste désormais, à travers le régime présidentiel, à choisir une idole, un gourou, un supposé père de la nation. Il efface donc la réflexion sur l’avenir du pays, le débat d’idées et les choix de société. Il valorise l’émotionnel – aimer ou détester un personnage – au détriment de la pensée. Il transforme ainsi la démocratie en autocratie. Il engendre la division et la haine autour des plus bas instincts de foule consistant à se donner un chef de horde. Il favorise la démagogie en poussant aux promesses nuisibles pour être élu ou rester en place. Il substitue l’adoration d’un gourou à la notion de bien commun et d’intérêt général. Il engendre la fracture démocratique en sublimant un personnage hors sol déconnecté de la réalité. Il pousse à la folie des grandeurs et à la démence mégalomane. Sous l’apparence de la stabilité, il engendre l’irresponsabilité et l’inamovibilité. Il dispense l’illusion de l’autorité à travers l’image (fausse) du chef tout puissant pour couvrir la déliquescence d’une société. Il est à la source de la transformation de la politique en Grand-Guignol médiatique. Décennie après décennie la France s’enfonce dans le chômage, la pauvreté, la violence, la dette publique et pire, l’effondrement du niveau scolaire. Mais jamais il ne viendra à personne l’idée de se demander: au fond qu’est-ce qui ne va pas? Les bien-pensants répondent: il faut bien « incarner! » Mais incarner quoi? La bêtise nationale d’un pays qui roule à l’abîme? Ce que je dis est la vérité – l’évidence même – mais une vérité inaudible. Même l’espoir de faire bouger les esprits quasi inexistant.

Maxime TANDONNET

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Ténèbres de la politique française (pour Atlantico)

– Le président de la république reste obsédé à l’idée d’utiliser l’entre deux tours des régionales pour fracturer la droite en lui imposant de se déterminer entre RN et LREM. Mais n’est-ce pas dangereux politiquement pour lui ? Ne risque-t-il pas, non seulement de griller Jean Castex (qui s’est mis en avant dans l’affaire Muselier en PACA), mais de souligner au passage la faiblesse de LREM ?

Nous vivons une période politique sans précédent, dans laquelle toute notion de bien commun semble gommée au profit de l’exaltation d’un narcissisme absolu tourné vers l’obsession de la réélection. La vie politique consiste pour l’essentiel à noyer dans un écran de fumée de gesticulation permanente une situation désastreuse avec 4 à 6 millions de chômeurs, une dette publique astronomique, dix millions de pauvres, une explosion de la délinquance et de la violence, une catastrophe sanitaire déjà presque oubliée. Face à un tel bilan, le salut de l’occupant de l’Elysée passe par une surenchère de combinaisons politiciennes. Ayant brûlé ses vaisseaux à gauche et face à la faillite de LREM, il tente de brouiller les cartes et de détruire la droite pour favoriser une recomposition en sa faveur comme nous l’avons vu en région PACA. Toute sa stratégie politique consiste à pousser la confusion de la politique française à son paroxysme en balayant d’un revers de main les sujets de fond et en réduisant le choix de l’électeur à une alternative entre le supposé bien progressiste qu’il est censé incarner et le mal populiste ou soi-disant épouvantail lepéniste.  Et de fait, cela semble assez bien marcher…

– Emmanuel Macron ne semble pas se rendre compte que l’électorat LR est en majorité sinon résigné, du moins pas vraiment franchement décidé à faire échouer sa réélection. Prend-il le risque de les faire basculer dans une opposition frontale à sa personne (et donc à basculer vers le RN) à force de multiplier les provocations à leur endroit ?

L’électorat LR est fractionné en trois composantes : une majoritaire prête à se rallier à la candidature Macron contre le Pen au second tour sinon au premier ; l’autre minoritaire en passe de rejoindre l’électorat lepéniste ; et la troisième, ultra-minoritaire en révolte contre cette violence antidémocratique qui consiste à la priver de véritable choix et qui n’optera jamais ni pour l’un ni pour l’autre. Le climat politique actuel est dominé par une extrême confusion, une perte des repères et quasi-disparition des convictions qui facilite le délitement de la droite privée de toute référence idéologique et ainsi aisément malléable. L’opposition frontale à la personne du président existe mais elle est noyée dans l’indifférence générale. Le choix binaire entre deux néants, deux héroïsmes de pacotille, macronisme et lepénisme qui n’ont rien d’autre à proposer que deux formes de culte de la personnalité comme paravent du vide et de la destruction, semble en voie de triompher dans l’apathie générale d’un peuple largement dépolitisé, privé par un demi-siècle d’effondrement scolaire des outils intellectuels d’une vision critique et comme hypnotisé par un matraquage médiatique inouï en faveur de l’occupant de l’Elysée.  

– La confusion politique que le président entretient est-elle de nature à lui donner une ligne et un programme clair pour 2022 ? Le véritable enjeu pour lui n’est-il pas, au-delà de se faire réélire, d’être en situation de gouverner effectivement au lendemain de sa réélection ?

Une ligne et un programme clair pour 2022 ? Franchement cela n’a plus grande importance. L’idée même de bilan et de programme est désormais noyée dans la sublimation narcissique. Tout ce qui compte est de séduire une fraction suffisante de l’électorat par une vertigineuse débauche de mise en scène afin d’assurer la réélection dans le scénario du bien progressiste contre le mal populiste. C’est en cela que le personnage de Mme le Pen exerce un rôle crucial. Le lepénisme est l’autre face du macronisme et l’assurance de sa pérennisation. Quant à gouverner après 2022, la question ne se pose même pas. L’après 2022 consistera à continuer pendant un quinquennat supplémentaire le grand spectacle nihiliste autour de l’exaltation d’une image narcissique et d’une profusion de tours d’illusionnisme sur fond de poursuite de l’effondrement général. Alors bien sûr, cette politique de la table rase est dangereuse. Dès lors que la politique se réduit à l’exaltation d’une image narcissique surmédiatisée, elle perd le contact avec la réalité. La bulle émotionnelle autour du chef de l’Etat est fragile, menace à tout moment d’exploser. Pour l’instant, le pays semble noyé dans l’indifférence, l’apathie et l’abrutissement quotidien. Cette torpeur peut dégénérer d’un seul coup quand on s’y attendra le moins en révolte violente avec des conséquences apocalyptiques.

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« comme en 18 » ou l’effet d’une crétinisation massive

Bon, excusez moi. Je ne voulais pas parler du football. Mais la Une de l’Equipe m’a fait céder. « Comme en 1918 » parce que paraît-il l’équipe de footeux française a battu celle d’Allemagne. Elle rejoint une ancienne conviction: tout chauvinisme y compris sportif est une forme dégradée du nationalisme au sens de nationalisme abruti. Cette couverture est le résultat de l’abrutissement collectif par le déclin scolaire et intellectuel. Le titre « comme en 18 » pour une malheureuse histoire de ballon poussé au pied n’a rien de sérieux mais il n’a rien de drôle non plus. Il eût été inconcevable vingt-cinq ans auparavant, quand subsistait encore quelque chose de la mémoire historique, le respect des derniers Poilus et de la réconciliation. Il reflète à la perfection le climat de crétinisation et l’effondrement de l’intelligence. C’est en cela qu’il est intéressant. Diffusé en centaines de milliers d’exemplaires auprès des jeunes, il tend à effacer le fait que la première guerre mondiale n’avait rien d’un jeu de ballon et nie implicitement, en l’assimilant à un jeu de ballon, le drame des 17 millions de tués de la guerre de 1914-1918 dans les souffrances indescriptibles de la guerre des tranchées aussi bien jeunes Français et Britanniques que jeunes Allemands d’ailleurs qui n’avaient pas demandé une telle horreur. Il gifle aussi la mémoire des millions de martyrs de cette guerre abominable, les infirmes, les veuves et les orphelins. Le moindre B-A BA de culture historique aurait dû éclairer les auteurs de cette Une sur le fait que la victoire de 1918 – sur le dos d’un fleuve de sang, de deuil et de souffrances – ne fut pas vraiment une victoire (ou une victoire en trompe-l’œil) dès lors qu’elle conduisait en ligne directe à la montée des systèmes totalitaires, à la débâcle de 1940 et à l’apocalypse de la seconde guerre mondiale. Evidemment, dire cela, c’est sans doute placer la barre un peu haut pour les auteurs de cette Une…

maxime TANDONNET

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« Entre la peste et le choléra » ce qui nourrit l’abstentionnisme

L’abstentionnisme est de loin le premier parti de France. Aux dernières législatives partielles parisiennes, il atteignait 85% du corps électoral. La morale politique réprouve l’abstentionnisme. Ses adeptes sont accusés de repli dans l’indifférence et de renoncement à faire valoir leur citoyenneté. L’abstentionnisme dans certains cas n’a pourtant rien de honteux. Quand le système politico-médiatique et le matraquage sondagier s’obstinent à vous imposer une issue électorale unique, à l’image d’un quasi plébiscite des régimes fascistes ou des listes soviétiques, il devient même une forme de résistance. De même, si le seul choix possible lors d’élections territoriales n’est qu’entre la peste et le choléra, deux candidats qui seraient aussi odieux, répugnants, incompétents et lamentables l’un que l’autre, l’abstention devient un acte de courage. Quand on sait que l’une comme l’autre des options imposées débouchera inéluctablement sur un désastre, il est parfaitement légitime de refuser d’être associé à ce désastre. La question n’est pas de recommander l’abstention. Elle est de dire qu’en l’absence de véritable choix, dans certaines hypothèses face à une offre politique défaillante, l’abstentionnisme n’a rien de honteux ni de scandaleux. S’il avait fallu, dans les années 1930-1940, par exemple, choisir entre Doriot et Laval, quelle autre option que l’abstention? Si j’étais électeur en région PACA aujourd’hui, entre deux trahisons aussi minables et grotesques l’une que l’autre, un climat putride de combinaisons obscènes aux effluves mafieux, je n’aurais d’autre choix que celui de l’abstentionnisme, un abstentionnisme non pas honteux mais un abstentionnisme de résistance à la bêtise, à la décadence et à la médiocrité, et dès lors un abstentionnisme fier et revendiqué.

Maxime TANDONNET

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Pourquoi le chômage a-t-il disparu?

Le chômage français pulvérise en ce moment tous les records de l’histoire. Les catégories A (statistique la plus commune) atteignent près de 4 millions. Les catégories A, B et C dépassent les 6 millions. Ces chiffres sont gigantesques, astronomiques, sans aucun précédent. On se souvient, le naufrage de la présidence Hollande concordait avec l’impuissance de ses gouvernements à faire baisser le chômage à moins de 3 millions de personnes. La présidence de Sarkozy fut frappée de plein fouet par la crise des subprimes et la hausse du nombre de chômeurs (catégorie A de 2 millions à 3 millions). Aujourd’hui, tous les records sont manifestement pulvérisés dans des proportions vertigineuses, titanesques et dans l’indifférence générale. Par le plus étrange des paradoxes, plus personne n’en parle… Ce phénomène ne fait pas l’objet d’une ligne ou d’une phrase dans les grands médias radio-télé. Les faiseurs d’opinion jubilent de la supposée cote de popularité de leur gourou , « solide, équilibrée et rajeunie » supposée bien meilleure que celle de ses prédécesseurs. Mais les règles du jeu ont changé. Les faits (le réel) n’intéressent désormais plus personne. Le chômage n’est plus un souci officiel, comme effacé, gommé, éradiqué de la réalité globale, médiatique avec les montagnes de souffrance et de désespoir qu’il recouvre. Pourquoi cela marche-t-il aussi bien? une partie de l’opinion se satisfait sans doute de l’excuse de l’épidémie. Pourtant, le choix emblématique de l’Absurdistan pendant un an qui a dévasté la société de liberté et amplifié les dégâts économiques – sans rien régler sur le plan sanitaire comme il est aujourd’hui avéré – est de la seule responsabilité du pouvoir. Autre explication: l’accoutumance au désœuvrement massif, à la drogue avilissante des transferts sociaux et à la pauvreté. Et puis surtout le succès de l’enfumage permanent : gesticulations clownesques, ivresse de la polémique quotidienne, asservissement permanent dans les scandales et les crises d’hystérie… Et dans le climat d’abrutissement médiatique quotidien et d’effondrement du niveau scolaire il faut bien le reconnaître: « ça marche! » A court terme en tout cas. Mais qu’en sera-t-il à plus long terme?

Maxime TANDONNET

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« Sacralité » ou respect dû à la fonction

Depuis que M. le président a été giflé par un individu dans la Drôme, les termes de « sacralité » ou de « respect dû à la fonction » prolifèrent. De ce qu’on entend, ce n’est pas l’homme qui était visé, mais la fonction présidentielle. A contre-courant, je m’élève contre cette conception. Dans une monarchie, le corps du roi est sacré. En République, le chef de l’Etat est un homme comme les autres. Sa personne n’a rien de sacré. Il n’incarne pas une fonction – définie par l’article 5 de la Constitution – il la remplit, il l’exerce. Il n’incarne pas non plus la Nation – ce sont les duce ou les caudillo qui prétendent incarner un peuple, pas les chefs de l’Etat républicains. L’expression « c’est la France ou c’est la république qui a été giflée » est idiote. En République, le président est un serviteur de la nation. Il n’est pas au-dessus de la nation, il est bien au contraire à son service. Ce qui est scandaleux, insupportable dans l’agression dont l’occupant de l’Elysée a été l’objet, c’est la banalisation de la violence comme mode d’expression social et politique. Cette violence est exactement aussi inacceptable que celle que subissent dans la rue ou à la maison, des femmes, des enfants, des personnes malades ou handicapées. Ni plus, ni moins. Toute gifle est aussi odieuse – et condamnable -, qu’elle vise la joue d’un président ou de tout autre citoyen. Il n’y a strictement aucune raison de punir davantage la gifle subie par un président que celle reçue par les uns et les autres quotidiennement. Le président est un homme comme un autre dans une République, une démocratie. Quant au « respect dû à la fonction« , la formule est absurde. Qu’est-ce que la « fonction présidentielle » aujourd’hui (par-delà la personne de l’actuel titulaire)? Celle d’un histrion dont la mission consiste pour l’essentiel à gesticuler, provoquer et se pavaner quotidiennement dans la perspective d’une réélection pour détourner l’attention des vrais problèmes de l’époque (violence, chômage, pauvreté, déclin économique, effondrement intellectuel et moral). En quoi cette « fonction » serait elle respectable? On confond tout. A la grande époque des présidents jusqu’aux années 1980, personne n’avait la sinistre idée de parler de « sacralité » ou de respect dû à la fonction. Ces termes eussent été considérés comme obscènes. Leur banalisation aujourd’hui est un autre signe du déclin de l’intelligence démocratique. A l’époque, il n’était question que de confiance, la confiance de la nation en son chef de l’Etat et son gouvernement. Or, la confiance ne se décrète pas. Contrairement à la notion de sacralité ou de respect, la confiance se gagne. Elle se mérite.

Maxime TANDONNET

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Grandeur de la simplicité

Nous le sentons bien: le naufrage de la politique française dans l’hystérie quotidienne est la contrepartie de l’impuissance et du renoncement. De même l’arrogance prolixe et infatuée de nos plus hauts dirigeants actuels est le produit en ligne directe de la médiocrité (morale et intellectuelle). Comme le narcissisme absolu est le signe d’un néant, le sens de l’histoire conduit bien au contraire les grands hommes à vouloir s’effacer devant une cause qui les dépasse.

Au hasard de recherches historiques, je suis tombé sur le témoignage d’un compagnon du général de Gaulle, manuscrit et inédit, illustrant comment la modestie est le pendant de l’honneur.

« Quelle joie de retrouver de Gaulle, quand on a emporté de Paris l’odeur de la chienlit. Au monument aux morts, il a eu pour moi un geste affectueux. Au vin d’honneur, qui suit une très belle cérémonie à la cathédrale, il s’exprime avec une simplicité émouvante:

« Je suis un homme comme les autres parmi les Français! J’ai commis des erreurs, mais l’histoire a voulu, dans certaines circonstances, que je sois là où il fallait être [à Londres le 18 juin 1940] et que je fasse ce qu’il fallait faire. Elle a tracé une ligne dont je ne peux m’écarter parce qu’elle est pour moi celle de la France! »

[…] S’il existe une humilité du saint qui sait qu’il est saint et du héros qui sait qu’il est héros, cette humilité vraie parce que respectueuse de la vérité, jamais je n’en ai entendu une aussi belle leçon. »

Moi non plus!

Maxime TANDONNET

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« Geste barrière » (par Mme Anne-Sophie Chazaud)

Nous sommes déjà exténués par cette campagne électorale qui prend les allures les plus débiles de toute l’Histoire des campagnes électorales. La façon dont le débat public est hysterisé m’indispose et me fatigue. Ces affrontements de pacotille, ces simulacres de politique m’inspirent au mieux du mépris. Mon conseil : déterminez d’ores et déjà (si ce n’est déjà fait) votre vote au regard des années que nous venons de passer, et débranchez tout, laissez-les se débrouiller dans la caverne de Platon entre Youtubers semi-débiles, présentateurs télé, primaires de droite et de gauche les plus idiotes du monde, délires complotistes, petits projets narcissiques et mégalomaniaques, chasses à la bête immonde et aux zeures sombres, mornifles et autres cache-sexes qui ont TOUS pour but de masquer les réels enjeux de cette élection, et le bilan réel de ce quinquennat ainsi d’ailleurs que des précédents. Éteignez tout et partez en randonnée, en salle de sport, au resto rattraper le temps que l’on nous a volé, reprenez possession de l’espace public que l’on nous a confisqué, vivez, aimez, lisez des livres, faites des photos, de la musique, de l’art, faites l’amour, voyez vos copains, faites du jardinage. Fuyez les vapeurs méphitiques de cet asile médiatico-politique à ciel ouvert et revenez juste dans un an déposer votre bulletin dans l’urne.

Anne-Sophie CHAZAUD

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Un signe inquiétant pour la démocratie française…

Voici ci-dessous une copie de mon article, publié ce matin par le Figaro concernant les agressions envers les chefs de l’Etat en France et le coup porté au président actuel hier dans la Drôme. De fait, la tonalité de nombreux commentaires qui relativisent la portée de ce geste est étonnante. Les assassinats ou tentatives d’assassinat de présidents sont d’une toute autre nature (commis par des tueurs étrangers ou dans le cadre de complots terroristes orchestrés). L’agression spontanée, emblématique visant à faire mal et humilier lors d’un bain de foule relève d’une autre logique. or, ce genre d’agression physique en 150 ans d’histoire de la présidence de la République est extrêmement rare: moins d’une demi douzaine sur des milliers et des milliers d’heures de bain de foule. Par delà les sentiments d’adhésion ou de rejet, les Français ont presque toujours respecté l’intégrité physique de leurs chefs de l’Etat. En outre, un coup porté au visage, une gifle, manifeste un degré d’agressivité et d’hostilité – envie de faire mal et d’humilier – bien supérieur à une bousculade ou une saisie par le col. Pour trouver un tel équivalent de coup porté à un chef de l’Etat (avec volonté d’humilier non de tuer), il faut remonter au tout début du XXe siècle comme le souligne cet article. Tout ceci pour dire que l’événement ne doit pas être pris à la légère: il reflète une décomposition de l’esprit public, un déclin du prestige présidentiel, de l’autorité politique et un chaos moral sans précédent depuis fort longtemps dont la responsabilité essentielle incombe aux dirigeants en charge du pays.

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L’agression physique contre un président de la République est signe de désintégration (pour Figaro Vox)

Les agressions physiques contre un chef de l’Etat en exercice (autres que les assassinats ou tentatives d’assassinat) sont exceptionnelles dans l’histoire de la République. Deux en particulier sont passées à la postérité.

Le 3 juin 1899, Emile Loubet est frappé d’un coup de canne par un militant royaliste alors qu’il assiste aux courses d’Auteuil. Cet acte de violence dirigé contre le président de la République traduit le climat explosif qui ronge la société française dans le contexte des suites de l’affaire Panama, l’un des plus grands scandales  politico-financiers de la IIIe République et surtout au lendemain d’un jugement de la cour de cassation annulant la condamnation au bagne d’Alfred Dreyfus (cet officier français de confession juive accusé à tort d’espionnage en faveur de l’Allemagne et victime d’une erreur judiciaire dans un climat de rage antisémite).

Cette attaque emblématique contre l’occupant de l’Elysée provoque une grave crise politique. Le président du Conseil (Charles Dupuy) est mis en cause par la Chambre des députés qui vote une motion dirigée contre lui : « La Chambre est résolue à ne soutenir qu’un gouvernement décidé à défendre avec énergie les institutions républicaines et à assurer l’ordre public. » Charles Dupuy est contraint de démissionner.

Le successeur d’Emile Loubet a lui aussi été victime d’une agression du même genre. Le 25 décembre 1908, le débonnaire Armand Fallières se promène sur les Champs Elysées quand un garçon de café lecteur de l’Action française, le quotidien monarchiste, se jette sur lui et le blesse légèrement en lui tirant la barbe. Il est interpellé et condamné à quatre ans de prison. L’impact politique est moindre que dans le cas précédent dès lors que le président de la République revendiquait sa liberté de se déplacer en privé sans garde du corps.  Le rédacteur d’un journal de gauche, le Feuillet rouge, s’indigne de cette sanction : « En République, qu’importe la déchéance d’un président. Le président, et surtout quand il se balade, est un homme. »  L’auteur de ces lignes n’est autre que Vincent Auriol qui deviendra lui-même en 1947 un chef de l’Etat populaire et grand amateur de bains de foule sans avoir jamais craint la violence quotidienne.

De fait, sous la IVe et la Ve république, la mémoire collective ne semble pas avoir conservé trace d’une agression gratuite de ce genre contre un président de la République. Certes le général de Gaulle a été victime de l’attentat du petit Clamart le 22 août 1962 mais ce geste était d’une nature bien différente : le fruit d’une opération terroriste montée par l’OAS. Un tel geste criminel est sans rapport avec une agression spontanée – non organisée –, gratuite et sans but de tuer mais de rabaisser et d’humilier. On se souvient de la bousculade dont Valéry Giscard d’Estaing fut victime à la sortie de l’Elysée en 1981 mais il n’était plus chef de l’Etat.

Pourtant, tous les présidents de la Ve la République ont adoré s’afficher au contact des Français, se fondant dans la foule – entourés de leurs gardes du corps – ou serrant d’innombrables mains par-dessus des barrières. Et tout se déroulait généralement dans un climat bon enfant. Les agressions – au moins connues, médiatisées – tellement faciles à commettre, ne se sont jamais produites ou alors n’ont guère fait parler d’elles. Cette sécurité de fait dont bénéficiaient les présidents s’expliquait par une sorte de consensus national autour du respect de la personne emblématique du chef de l’Etat, incarnation de la nation pendant la durée de son mandat et par-delà les sentiments de confiance ou de défiance qu’il inspirait.

L’agression dont le président Macron a été la victime le 8 juin dans la Drôme marque sans doute un tournant à cet égard. Il renvoie à la période lointaine, profondément troublée de la présidence Emile Loubet quand les Français se haïssaient entre dreyfusards et antidreyfusards. La France est de nouveau profondément déchirée entre deux sociétés qui ne se supportent plus, celle d’une bourgeoisie à l’aise dans la mondialisation et la « France périphérique ».

Dans ce contexte, l’image présidentielle n’incarne plus l’unité nationale mais une France rejetée par une autre. Cette gifle exprime un véritable chaos moral. Elle est le signe patent de l’effondrement de la démocratie française. Les désaccords qui ne se règlent plus par le suffrage universel et le débat d’idées s’expriment dans la violence. 

A cela s’ajoute l’extrême banalisation de la présence présidentielle qui ne date pas de la seule présidence Macron. L’exubérance médiatique des apparitions présidentielles quasiment quotidiennes – cela depuis des décennies – finit par dégrader la figure élyséenne dans l’ensemble de l’opinion en focalisant sur elle l’émotion collective, les colères et les frustrations.

Enfin, cette lamentable et lâche agression est le reflet de l’anomie – la perte des repères de l’éducation – du chaos et de la violence qui désintègrent la société française. Le coup porté à la personne du chef de l’Etat, particulièrement odieux, est à l’image de ceux qui subissent au quotidien des millions de Françaises et de Français dans un climat extrêmement délétère et une décomposition accélérée de la société.

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Le pouvoir rend-il fou?

Par Mme Elisabeth MARQUET:

Ce Covid aura été un grand révélateur de la personnalité de nos gouvernants, de nos médecins, de nos scientifiques chercheurs, mais aussi de la population aujourd’hui.
En 2007 est paru un essai intéressant « Ces fous qui nous gouvernent » de P de Sutter, consacré à la psychologie politique.
« Le pouvoir est une drogue qui rend fou quiconque y goûte » cette sentence est celle d’un expert en la matière : François Mitterrand.
Mais est-ce le pouvoir qui rend fou ou faut-il être fou pour accéder au pouvoir ? Mégalo pour viser les sommets, parano pour se jouer des trahisons, plus ou moins psychopathe pour éliminer ses
adversaires.
Les électeurs peuvent se plaindre de leurs décisions invraisemblables, et en matière sanitaire ce qu’on vit depuis début 2020 est totalement ahurissant. Mais si les fous sont au pouvoir, n’est-ce pas nous qui les y mettons ?
Pourquoi votons-nous pour les séducteurs, les menteurs, les embellisseurs, plutôt que pour les rationnels, les appliqués, les classiques ?
L’on constate que celui qui, en général, a le plus de chance d’être élu est souvent le plus flambeur ou le plus flamboyant, mais n’est pas forcément celui qui fera un bon dirigeant. L’on peut alors se poser la question : Et si l’électeur était plus fou encore que celui qu’il élit ?

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Prolongation du masque en extérieur, pourquoi?

Le pouvoir vient d’annoncer que l’obligation de porter le masque à l’extérieur était prolongée au mois de juin. Or, une chose est absolument certaine dans cette crise sanitaire: le port du masque en extérieur est inutile (contrairement à ce qu’il en est dans les transports ou dans les lieux fermés). Toutes les études réalisées à ce sujet le prouvent sans ambiguïté et confirment une intuition de bon sens. En outre, dans tous les pays européens, le niveau des contaminations et des décès annoncés s’effondre, sans doute en grande partie pour des raisons saisonnières. Alors, pourquoi maintenir en France l’obligation du masque dehors. 4 raisons au moins, qui en disent long sur l’état d’esprit des dirigeants:

  • Faire semblant de maîtriser des choses qu’ils ne maîtrisent absolument pas et préserver l’idée folle qu’une politique est à la source de l’amélioration constatée en espérant en tirer profit dans les sondages et dans les urnes;
  • Tenter de faire oublier, en versant dans l’excès inverse que pendant plus de trois mois, au pic de l’épidémie et des morts (février mars et avril 2020), ils ont martelé frénétiquement que le masque ne servait à rien (y compris dans les lieux fermés et les transports);
  • Ne pas lâcher la bride sur le pays, prolonger une sensation d’autoritarisme – de même que le couvre-feu de 21 H – dans le style coup de menton permanent, par compensation du chaos quotidien (violence endémique, agressions contre la police, trafics, fragmentation communautariste).
  • Enfin préserver cette sensation rassurante pour eux qu’une foule masquée est soumise. On ne lit pas la colère sur des visages recouverts et le masque fait office de bâillon comme si le bout de tissu que les Français sont obligés de porter dans la rue, sur les chemins de campagne ou sur les plages étaient une manière de les faire taire. Une foule anonyme, privée de visage, ressemble à un cheptel obéissant.

A noter d’ailleurs que dans la classe politico-médiatique, de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses, personne ou presque ne moufte au sujet de cette atteinte à la liberté.

Maxime TANDONNET

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Covid 19, ces supposés « complotistes » qui avaient raison

« COMPLOTISME – Pourquoi autant de Français pensent-ils que le virus a été conçu en laboratoire? Alors que le Covid-19 est arrivé avec son lot de thèses complotistes, un sondage Ifop a montré que la plus populaire d’entre elles était approuvée par un Français sur quatre. Qui est à l’origine de ces affirmations? Qui les diffuse? Et quels impacts ont-elles sur le public? » Ce chapeau d’un article de LCI – à l’image de la tonalité médiatique générale – est du 9 avril 2020. Le mot complotiste est devenu ces dernières années l’équivalent de populiste, réactionnaire, fasciste dans la bouche des élites médiatiques ou supposées intellectuelles qui font l’opinion à la télévision et à la radio. Il exprime ce qu’il y a de plus vil à leurs yeux, la beaufitude terreuse et moisie par contraste avec les lumières post frontières du progressisme. Complotistes: pendant la crise du covid 19, les chantres de la modernité n’avaient que ce mot à la bouche pour qualifier les sceptiques, les ronchons et les ringards, ces obscurantistes (qui croient encore que la terre est plate) et refusent de marcher au pas derrière la vérité officielle – médiatique. L’idée d’un virus échappé d’un laboratoire chinois jetait un trouble sur l’idéologie dominante, fondée sur la marche bienfaitrice vers un monde sans frontière et sur un fond de bienveillance envers un régime chinois mêlant communisme et culte de l’argent. C’est pourquoi il fallait à tout prix la ringardiser. Or il se trouve aujourd’hui que la thèse d’un virus échappé d’un laboratoire chinois est prise avec le plus grand sérieux par les scientifiques. Le Figaro: origine du covid, la piste du laboratoire chinois se précise. Au fond, c’est toujours la même histoire: les élites médiatiques, universitaires, politiques, économiques, supposées instruites (ou demi-instruites) et éclairées prennent les gens pour des imbéciles et méprisent l’intuition populaire de toute leur morgue savante. Mais in fine, il s’avère que les gens avaient probablement raison et que l’intuition populaire était la bonne. Et après une telle avalanche de mensonges et de mépris venus de là-haut, on s’étonnera que « les gens » n’aient plus aucune confiance dans la parole dite savante et officielle.

Maxime TANDONNET

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