L’autorité de l’Etat

Samedi, une nouvelle flambée de violence, à Paris, s’est traduite par le honteux saccage de la statue du maréchal Juin qui incarne le retour de l’armée Française dans la guerre au côté des alliés anglais et américains en novembre 1942. Les casseurs ont utilisé les débris comme projectiles contre les forces de l’ordre. Ce mouvement, dominé par des voyous  professionnels, n’a sans doute guère de rapport avec celui des Gilets jaunes. Cependant, depuis plus d’un an, le désordre et la violence règnent en maîtres, chaque samedi, dans ce pays et le rongent comme une maladie qui ne guérit pas. Rien n’est pire qu’un mal insidieux, purulent. Le problème de fond est celui de l’autorité de l’Etat, qui n’est pas seulement une affaire de police. L’autorité est à l’opposé de la violence. Elle suppose une capacité des gouvernants à imposer le sentiment de cohésion nationale, une dynamique de respect et de confiance autour de la règle du jeu commune, en parallèle à la crainte de la sanction. La défaillance de l’autorité, sur le long terme, est la tragédie de la France. Depuis fort longtemps, les dirigeants français sont discrédités, aux yeux d’une immense majorité: ivresse de soi, communication à outrance, postures mégalomanes, fuite devant les réalités, inefficacité et pire que tout, mépris des gens. Le bavardage et les gesticulations sont les signes les plus flagrants de l’impuissance. Et le chaos d’en bas n’est rien d’autre que la conséquence de l’exubérance stérile d’en haut. Quand le cauchemar du désordre prendra-t-il fin? Remplacer l’actuel occupant de l’Elysée par un (e) autre, en soi, ne changera strictement rien, dans le même système, la même logique. C’est une transformation radicale de la mentalité politique dont la France a besoin, qui consiste à en finir avec le naufrage narcissique pour restaurer la notion d’Etat de droit, sobre, inflexible, fondé sur des règles et leur respect intransigeant. Les dirigeants politiques ne sont rien d’autre, rien de plus, que les serviteurs de l’Etat. Et tout commence par une prise de conscience: la nôtre…

Maxime TANDONNET

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Les intellectuels doivent-ils se rendre sur les plateaux de télévision?

Sur LCI, mercredi soir, les téléspectateurs ont assisté à une étrange corrida: le lynchage et la mise à mort d’un académicien, Alain Finkielkraut. Ce dernier a voulu défendre Roman Polanski. Cette attitude est tout à son honneur car dans une société démocratique, chaque homme mis en cause a droit à un avocat quelle que soit la nature des actes qui lui sont reprochés.

Le piège était tendu. Violemment agressé par une militante féministe à titre personnel, AF s’est mis en colère. En réaction, il a prononcé des paroles sur le viol (« bien sûr, je viole ma femme tous les soirs! ») dont l’intention ironique et caricaturale ne pouvait pas faire le moindre doute. AF fait aujourd’hui, l’objet d’une campagne haineuse et inquisitrice, de la pire espèce, visant à le traîner devant les tribunaux et l’interdire d’antenne pour ces propos.  Jamais le tribunal médiatique n’avait frappé aussi fort. La loi des suspects est de retour avec ses Fouquier-Tinville, Garnier-Launay et Grabauval.

Une question mérite d’être posée: pourquoi des intellectuels et penseurs authentiques, éprouvent-ils le besoin de se rendre sur les plateaux de télévision? Une douzaine de chaînes, généralistes ou d’information en continu, sont en concurrence pour l’audimat qui conditionne les recettes publicitaires. Le système des « plateaux » permet, à peu de frais de grappiller quelques centièmes de point. L’objectif n’y est jamais de dérouler une conversation intéressante, mais bien au contraire de provoquer des « clash » qui vont faire des « buzz » sur  twitter.

Y sont invités quelques habitués des cercles les plus médiocres, intellectuellement et moralement, de la société française: militants extrémistes en tout genre, indigénistes, féministes, islamistes, démagogues de tout poil et de tout parti, sportifs, chanteurs, pseudo-journalistes, pseudo-sociologues, ou acteurs médiatisés et demi-analphabètes, promus au rang d’experts ou de maîtres-penseurs… Ainsi est composée une sorte de cour des Miracles de la bêtise arrogante qui circule de plateau en plateau et que les chaînes de télévision s’arrachent.

L’intelligence, la réflexion, l’argumentation y sont comme bannies. La règle du jeu est de s’imposer par la puissance mécanique d’un flot de paroles hystérique en prenant un air savant. Plus le contenu du propos est indigent, grotesque, misérable, et plus la fermeté du ton est censée imposer une sorte de vérité indépassable. Les cracheurs et cracheuses de haine, tirés de quelque bas-fond de la bêtise hystérique,  y imposent leur joug implacable. Les plateaux de télévision deviennent ainsi une sorte de miroir inversé du débat démocratique, où règnent en maître la quintessence de la médiocrité et la crétinerie. Dans cette joute verbale, la domination se confond avec le niveau d’idiotie et d’inculture. La pensée et le dialogue sont strictement interdits de ces tribunaux de la bêtise médiatique, laboratoires de la crétinisation de masse, de la dictature et de la pensée unique.

Les intellectuels n’ont rien à y gagner à prendre des coups bas. Leur présence pourrait s’expliquer par la volonté d’imposer une résistance à la vague de médiocrité. Vaine tentative, à l’image d’un homme qui voudrait arrêter un torrent furieux en écartant les bras.  Ils n’ont pas leur place dans le flot d’hystérie bavarde. Ils y sont comme l’albatros de Baudelaire. En participant aux plateaux hystériques, ils les cautionnent de leur présence et en ressortent meurtris. Leur intérêt n’est-il pas de se garder de la pollution quotidienne de la médiocrité? Leur royaume n’est-il pas celui du silence des bibliothèques? La parole rare est d’autant plus précieuse et un livre, quand il est réussi, peut changer le monde par la voie des idées. Alors pourquoi se faire tant de mal en se mêlant à la piétaille crétino-médiatique?

Maxime TANDONNET

 

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Le risque du chaos (pour Atlantico)

[Extraits d’un entretien sur le site Atlantico] Il suffit d’une étincelle, même la plus inattendue, pour provoquer l’embrasement. Le climat actuel réunit les conditions de cet embrasement : crise de confiance envers l’autorité publique, insatisfaction généralisée, frustrations exacerbées, sentiment des mépris de la classe dirigeante envers la population, absence d’espoir en l’avenir.

Ce qui caractérise la situation actuelle, par rapport au passé, c’est qu’il n’y a pas une seule source de révolte mais de nombreuses : les banlieues, la France profonde (des « ronds-points », pour caricaturer), les syndicats, les étudiants et scolaires. Le mouvement des gilets-jaunes a montré toute la faiblesse du pouvoir politique face à un déchaînement de violence ultra-médiatisé. L’hypothèse du chaos ou de l’embrasement général, en raison d’une étincelle, n’a rien d’invraisemblable aujourd’hui.

[…] La question du politique est au cœur du problème. La tension sociale, le risque d’embrasement et le potentiel de violence qui caractérise la France d’aujourd’hui est le produit de la crise du politique. D’abord, la politique et la démocratie françaises sont totalement décrédibilisées. La crise de confiance envers les institutions et les responsables politiques bat son plein. 87% des Français pensent que les politiques ne tiennent aucun compte de ce qu’ils pensent (Cevipof). La confiance envers le chef de l’Etat, qui dans notre système, incarne à lui seul le pouvoir politique, est en chute libre (moins de 30% de confiance). Rien n’est plus débile, au sens de faible, qu’un régime politique ou l’image du pouvoir se concentre tout entier dans le visage d’un seul homme : ce visage se prête à cristalliser sur lui-même la colère et les haines.

En outre la situation présente se caractérise par un véritable blocage démocratique. L’absence de relais politiques est flagrante, mais surtout, à ce jour, de toute alternative démocratique. Les sondages martèlent, jour à après jour, que le destin politique des Français se limite à un second tour des présidentielles le Pen/Macron, avec une forte probabilité de réélection de l’actuel président, malgré son impopularité. La seule alternative présentée par les sondages comme possible, lepéniste, est synonyme d’inconnu, d’aventure et de chaos. A l’heure actuelle, aucune autre perspective sérieuse n’émerge. Le discours médiatique et sondagier quotidien se réduit à un matraquage obsessionnel : vous n’avez pas le choix ! Ce sentiment dramatique que le changement ne viendra pas des urnes ni de la démocratie, cette négation du suffrage universel, est propice à la révolte et à la violence.

Maxime TANDONNET

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Affaire Polanski, qu’en penser?

L’hypocrisie et de bêtise s’emmêlent avec une vigueur toute particulière dans l’affaire Polanski et le film de ce dernier, « J’accuse ». Tout ce qu’on lit et entend, dans les deux camps, est étrangement aussi détestable.

Les arguments brandis par certains défenseurs du cinéaste sont affligeants. N’étant pas condamné, ce dernier devrait bénéficier, aux yeux du public, de la présomption d’innocence. D’ailleurs, toujours selon eux, les déclarations tardives de sa dernière accusatrice, 35 ans après les faits, seraient la preuve de l’acharnement contre lui, tout comme les autres accusations du même type, formulées par au moins une dizaine de personnes déclarant avoir subi le même sort, parfois mineures. Bref, les admirateurs du cinéaste n’ont aucun scrupule à traiter ces femmes, implicitement, de menteuses. Or, tous ces témoignages, concordants, laissent peu de place à l’éventualité d’une conjonction de mensonges. Et ils le savent. D’ailleurs, au moins dans l’affaire de la fillette de 13 ans violée dans des conditions particulièrement sordides, les faits ont été en partie reconnus et M. Polanski a fui la justice américaine.

Tout cela donne bien, une fois de plus, l’image d’un star-system hors sol, d’une coterie de célébrités qui se protège et s’auto-excuse. Ce microcosme ne cesse de donner des leçons de morale à tout le monde mais se complaît lui-même, hors des regards, dans l’abjection. Un ouvrier, un maçon, un employé de mairie, un fils de notaire, accusés des mêmes faits, par autant de femmes, dans les mêmes circonstances, ne bénéficieraient pas d’une once d’indulgence de la part du même microcosme et du rappel au principe de présomption d’innocence.

Le viol, qui plus est doublé de pédophilie, est l’un des crimes les plus monstrueux qui puissent être, à égalité avec le meurtre. Par son effet sur la destruction de la personnalité, il est fréquent que les victimes ne puissent parler que des décennies plus tard. L’horreur absolue du viol, un crime contre l’humanité, utilisé massivement dans les  génocides, ce microcosme, avec la complicité d’un vaste troupeau, fait semblant de l’ignorer quand une affaire le dérange.

Il est d’ailleurs particulièrement inique de comparer le cas du réalisateur avec celui de Dreyfus. Le capitaine, de confession juive, est un héros français de l’histoire, victime d’une erreur judiciaire et d’une épouvantable machination antisémite, atrocement calomnié et martyrisé. M. Polanski, lui, est sûrement un merveilleux artiste, mais rien de son histoire personnelle connue n’appelle la qualification de  héros.

Autre argument fréquent: bien d’autres, dans le star system mais aussi les médias, la politique, l’entreprise, partout où il y a rapport de pouvoir et de domination, au fond, se sont rendus coupables des mêmes actes, en toute impunité, en toute banalité. Dans les années 1970, certains quotidiens français les plus respectables, il est vrai, ont publié des pétitions appelant à la dépénalisation de la pédophilie. Et leurs signataires trônent aujourd’hui au sommet des institutions et de leur respectabilité.  Argument irrecevable: l’infamie n’excuse pas l’infamie.

Alors, faut-il boycotter le « j’accuse » de Roman Polanski? Les appels au boycott ou les blocages de cinémas relèvent d’une autre forme d’infamie. Ce film est le fruit du travail, sur plusieurs années, de centaines ou de milliers de personnes qui y ont consacré une partie de leur vie. Il semble être une grande réussite cinématographique et une belle leçon d’histoire. Aller voir un film, lire un livre, écouter une musique ou admirer un tableau ne signifie en aucun cas approbation des actes de leur créateur. Sinon, combien d’écrivains, de compositeurs, de peintres ou de créateurs faudra-t-il bannir au point d’annihiler tout un pan de la civilisation?  Pourquoi ne pas simplement reconnaître que la création et la beauté émanent parfois du mal?

Ensuite, c’est à chacun de se déterminer en son âme et conscience. Il n’est pas interdit non plus, individuellement, de ressentir, devant toute cette affaire, un immense dégoût et un profond écœurement qui l’emportent sur le désir de voir ce film. Et d’ailleurs, les excellents ouvrages et les films sur l’affaire Dreyfus ne manquent pas pour qui veut en apprendre davantage.

Maxime TANDONNET

 

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Le Bataclan 13 novembre 2015

La date du 13 novembre 2015 et les 130 morts dans une vague d’attentats islamistes à Paris  en particulier le massacre du Bataclan, marque un jour sombre dans l’histoire de France. Pour la première fois depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, un ennemi sanguinaire a porté massivement la guerre et la mort sur le territoire français, frappant la population civile. Il n’est pas du tout sûr que la classe dirigeante ou influente française ait jamais pris la mesure du degré d’horreur et de souffrance qu’a connu notre pays ce jour là. Où en sont les familles des victimes, que pensent-elles aujourd’hui dans leur détresse? Pourquoi le silence de la souffrance alors que l’exubérance bavarde et tapageuse impose partout sa médiocrité?  Le réflexe naturel d’une société face à un cataclysme de cette ampleur, est de minimiser, d’occulter, d’oublier, d’ensevelir le plus vite possible. Cette date restera pourtant comme l’une des plus sombres de l’histoire. Depuis, rien n’a changé en profondeur dans les politiques et rien n’a jamais été remis en question des causes profondes d’une tel drame: éducation, autorité de l’Etat, maîtrise des frontières, cohésion nationale, indivisibilité de la République, etc. Mais la conscience collective, elle est marquée au fer rouge: la confiance dans l’Etat et dans le politique pour protéger la population en a été gravement atteinte et le chaos dans lequel sombre la vie politique française, issu en partie de ce drame, n’en est sans doute qu’à son commencement.

Maxime TANDONNET

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L’Etat faible et le malheur français

La question n’est pas ici d’incriminer en particulier les dirigeants actuels du pays. Les gesticulations, polémiques, postures, coups de menton, provocations à tort et à travers, reculades, volte-face, la logorrhée et le tourbillon politico-médiatique, l’exacerbation du culte de la personnalité, sont les symptômes de l’impuissance et non la cause. Le naufrage dans l’exubérance politico-médiatique a un sens: recouvrir, masquer une logique d’échec et de démission qui se prolonge sur des décennies et ne fait jamais que s’accélérer.

Le mal est profond et s’aggrave presque à vue d’œil. L’Etat ne remplit plus ses missions essentielles. Le rôle d’un Etat, par-delà les aléas des politiques, est d’assurer l’ordre public: la sécurité face à la criminalité et la délinquance, le contrôle des frontières et le respect intransigeant des règles de l’entrée et du séjour, la protection face aux menaces extérieures, la cohésion sociale en combattant la pauvreté et l’unité nationale en interdisant les velléités séparatistes ou communautaristes. A cette fin, il dispose d’un pouvoir législatif pour définir la loi ou les règles de la vie en commun, d’un exécutif, d’une armée et d’une police pour les faire appliquer et d’une justice dont la mission est de sanctionner la violation du droit.

Toute cette logique est fracassée aujourd’hui, et c’est pourquoi, sous des formes multiples, la France plonge dans le chaos: violence, délinquance, criminalité, explosion des flux migratoires, terrorisme, fragmentation communautariste, et manifestations ouvertes de toute les haines, pauvreté galopante, bidonvilles, banalisation de l’échec scolaire, ont une cause essentielle: la défaillance de l’Etat. En s’effaçant, ce dernier ouvre la voie au fanatisme et à une logique de guerre civile. La défaillance a pour origine l’effondrement, dans les sphères dirigeantes et influentes du sens de l’esprit public, la diabolisation des notions d’ordre et d’autorité.

Remplacer un acteur par un autre ne changera strictement rien. L’entreprise de redressement de l’autorité de l’Etat est une oeuvre de longue haleine qui passe par une prise de conscience aussi large que possible de la situation authentiquement cataclysmique de la France et par la mobilisation d’une équipe dirigeante nouvelle, œuvrant, autant que faire ce peut, dans la confiance du pays. Tout commence par le rétablissement de l’autorité dans les esprits et de l’ordre dans la vie publique sans lesquels rien ne sera jamais possible.

Maxime TANDONNET

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Inqualifiable « Marche contre l’islamophobie »

La « marche contre l’islamophobie » à Paris ce jour, réunit de nombreuses personnalités dites progressistes. Cette initiative inverse les données du problème. Dans une logique communautariste, elle présente l’islamisme politique comme une victime de la France et du monde occidental. Or, l’idéologie islamiste (l’islam politique) mène à l’échelle planétaire une nouvelle terreur et guerre d’anéantissement qui a fait plus de 260 victime sur le seul territoire français depuis 2012 et des centaines de milliers dans le monde (voir ci-dessous). La question essentielle de la société française, aujourd’hui, est-elle une supposée « islamophobie » (assimilée à la critique de l’idéologie islamiste) ou la menace du terrorisme islamiste et du communautarisme?  Il faut voir, dans cette marche, une sorte de reflet du pacifisme des années 1930 qui accusait de « germanophobie » tous les supposés « réactionnaires » s’alarmant de la montée du nazisme en Europe. Cette initiative, évidemment sans la moindre référence au contexte sanguinaire qui traumatise la France – et le monde – depuis 7 ans, et n’y faisant aucune allusion, a quelque chose d’inadmissible pour la mémoire des victimes du terrorisme islamiste, pour leurs proches, et d’ailleurs, pour tous les Français, y compris les Musulmans auxquels l’islamisme radical et sa branche armée du djihadisme font horreur. Elle contribue à attiser les tensions qui minent la société française et à favoriser les extrémismes. Elle est juste inqualifiable comme le souligne Mme Sarah Cattan dans une tribune bouleversante. 

Maxime TANDONNET

2012

  • Irak : le , attentats à Bagdad et Nassiriya, par l’État islamique faisant 73 morts et 149 blessés.
  • Thaïlande : le , série d’explosions a lieu à Bangkok qui fait 5 blessés.
  • Irak : le , attaques à Bagdad par l’État islamique faisant 83 morts et environ 250 blessés.
  • Irak : le , attaques à Bagdad et dans 9 autres villes par l’État islamique faisant 52 morts et environ 250 blessés.
  • France : les tueries à Toulouse et Montauban faisant 7 morts dont 3 enfants et 6 blessés.
  • Russie : le , attaque de Makhatchkala faisant 14 morts (comprenant 2 terroristes), 130 blessés35.
  • Bulgarie : le attentat anti-israélien en Bulgarie faisant 7 morts (comprenant le terroriste) et 32 blessés.
  • Russie : le 28 aout 2012, attentat suicide dans la maison d’un cheikh au Daguestan faisant 6 morts.
  • Libye : le attaque de Benghazi contre le consulat des États-Unis faisant 4 morts et 11 blessés.

2013

2014

  • Nigeria : le , massacre de Borno. Au moins 200 tués par Boko Haram42.
  • Chine : le attentat de la gare de Kunming. Un groupe de huit personnes attaque des civils à la gare de Kunming : 28 morts143 blessés.
  • Nigeria : le enlèvement des lycéennes de Chibok. Un groupe de Boko Haram enlève 276 lycéennes venues passer leurs examens dans leur lycée. Plus de deux ans et demi plus tard l’immense majorité d’entre elles n’ont été retrouvées ni vivantes, ni mortes. Il est vraisemblable que beaucoup ont été converties à l’islam et mariées de force.
  • Chine : le , deux assaillants attaquent les passagers et font exploser la gare d’Ürümqi : 3 morts79 blessés.
  • Nigeria : le attentat de Jos : 118 morts et plus de 56 blessés43.
  • Chine : le attentat d’Ürümqi. Deux véhicules transportant cinq assaillants attaquent un marché public fréquenté majoritairement par l’ethnie han. Une douzaine d’explosifs sont lancés à partir des véhicules en direction des personnes présentes. Les deux véhicules entrent ensuite en collision l’un contre l’autre et explosent : 39 morts, et plus de 90 blessés.
  • Belgique : le attentat du Musée juif de Belgique. Un Français d’origine algérienne, Mehdi Nemmouche, abat quatre personnes à l’aide d’un revolver et d’un fusil d’assaut.
  • Syrie : , des combattants de l’État islamique massacrent 700 personnes, principalement des hommes, de la tribu Shu’aytat dans le gouvernorat de Deir ez-Zor44.
  • Australie : le , Numan Haider, un Australien d’origine afghane, blesse à coups de couteau deux agents antiterroristes à Endeavour Hills (banlieue de Melbourne). Il est ensuite abattu45.
  • Algérie : le Hervé Gourdel, guide de haute montagne français, est décapité par les Soldats du Califat en Algérie.
  • Russie : le , attentat de Grozny. Cinq officiers et le terroriste sont tués, tandis que 12 autres personnes sont blessées46.
  • Canada : le attentat de Saint-Jean-sur-Richelieu. Un assaillant utilise sa voiture pour écraser deux soldats canadiens : 1 tué1 blessé.
  • Canada : le Fusillade à Ottawa. Un assaillant tire sur un soldat posté à un mémorial de guerre et attaque le Parlement : 1 tué3 blessés47.
  • États-Unis : le , Zale H. Thomson, également connu sous le nom Zaim Farouq Abdul-Malik, attaque quatre policiers dans le métro de New York avec une hache, touchant gravement un agent à l’arrière de la tête et en blessant un autre dans le bras avant d’être abattu par les policiers restants. Un passant est également touché48.
  • Nigeria : le attentat de Kano faisant environ 120 personnes sont tuées et 260 autres blessées49,50,51,52.
  • Russie : le , affrontements de Grozny faisant 26 morts, comprenant 14 policiers11 djihadistes de l’Émirat du Caucase et 1 civil53.
  • Australie : le prise d’otages de Sydney faisant 2 morts et 4 blessés54,55,56.
  • Pakistan : le massacre de l’école militaire de Peshawar faisant plus de 141 morts (dont 132 enfants)57.
  • Yémen : le  à Sanaa, deux terroristes à la voiture piégée percutent leur véhicules dans un poste de contrôle de rebelles chiites, tuant 26 personnes (dont 16 étudiants)58.
  • Nigeria : le , enlèvement à Gumsuri. Des membres de Boko Haram tuent 32 personnes et enlèvent au moins 185 femmes et enfants59.
  • Syrie : le , une fosse commune de 230 membres de tribus tués par l’État islamique est découverte en Syrie orientale60.
  • France : le , attaque à Joué-lès-Tours. Un homme criant « Allahu akbar » attaque un poste de police avec un couteau. Il blesse trois policiers avant d’être abattu61,62,63.
  • France : le 21 décembre 2014, une attaque à Dijon se produit. Un automobiliste fonce sur la foule du marché de Noël, à cinq endroits différents sur des passants, blessant 13 personnes, en criant « Allahou Akbar »64.
  • France : le 22 décembre 2014, une attaque à Nantes a lieu. Le conducteur d’une camionnette fonce sur un chalet du marché de Noël tuant un jeune homme de 25 ans et blessant neuf personnes65.
  • Nigeria : le , des insurgés de Boko Haram font exploser une bombe dans une station de bus dans la ville de Gombe, tuant au moins vingt personnes66.
  • Irak : le , des militants de l’État islamique exécutent 150 femmes de la province irakienne d’Al-Anbar, dont certaines enceintes, qui refusent d’épouser les combattants67.
  • Irak : le , un terroriste tue 33 personnes et en blesse 55 autres dans Madaen, à environ 25 km au sud de Bagdad68.
  • Somalie : le , une attaque menée par Al-Shabbaab à Mogadiscio fait 9 morts69.
  • Cameroun : le Boko Haram attaque un village au Cameroun : 30 morts70.

2015

  • France : du  au attentats en France. Une série d’attaques terroristes islamistes qui se déroule entre les  et  en France, visant le comité de rédaction du journal Charlie Hebdo, des policiers et des Français de confession juive fréquentant une supérette cacher. Dix-sept personnes sont assassinées et vingt sont blessées ; les trois terroristes sont abattus par les forces de l’ordre le .
  • Nigeria : le massacre de Baga. Boko Haram attaque la ville de Baga au nord du Nigéria, tuant au moins 200 personnes : 2 000 personnes sont portées disparues71.
  • Libye : le , un commando de 5 djihadistes attaque l’hôtel Corinthia à Tripoli, faisant 10 morts dont 5 étrangers. L’attaque est ensuite revendiquée par la branche libyenne de l’État islamique72.
  • Pakistan : le , un terroriste tue au moins 55 personnes et en blesse au moins 59 autres dans une mosquée chiite dans le sud du Pakistan73.
  • France : le , trois militaires en faction devant un centre communautaire juif à Nice sont agressés au couteau par Moussa Coulibaly74, demeurant à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Il exprime en garde à vue sa haine de la France, de la police, des militaires et des Juifs.
  • Pakistan : le , des militants lourdement armés tuent au moins 19 personnes et en blessent plus de 40 autres après avoir fait irruption dans une mosquée chiite pendant la prière du vendredi dans une banlieue de Peshawar75.
  • Danemark : le fusillades de Copenhague. Un homme armé ouvre le feu au café Krudttoenden et plus tard à la grande synagogue de Copenhague, tuant deux civils et faisant cinq blessés76.
  • Mali : le attentats de Bamako. Des assaillants s’attaquent au bar La Terrasse, fréquenté notamment par des expatriés européens, faisant 5 morts et 9 blessés. L’attaque est revendiquée par Al-Mourabitoune.
  • Tunisie : le , l’attaque du musée du Bardo a eu lieu vers 12 h 30 au Bardo, près de Tunis, causant la mort de 24 personnes, dont 21 touristes, un agent des forces de l’ordre et les deux terroristes, et 45 blessés. L’attaque est revendiquée le lendemain par l’État islamique.
  • Yémen : le , des attaques revendiquées par l’État islamique tuent 142 personnes et font des centaines de blessés avec trois explosions dans deux mosquées chiites lors de la grande prière du vendredi : deux explosions dans la mosquée Badr, dans le sud de Sanaa et une troisième explosion dans la mosquée Al-Hashahush, dans le nord de Sanaa77.
  • Kenya : le , l’attaque de l’université de Garissa par un groupe d’assaillants d’Al-Shabbaab au Kenya cible les étudiants chrétiens et fait 152 victimes.
  • France : le , un soldat français est attaqué et blessé dans les toilettes de l’aéroport d’Orly78.
  • France : le affaire Sid Ahmed Ghlam. Une femme de 32 ans (Aurélie Châtelain) est assassinée par un étudiant algérien de 24 ans qui prévoyait un attentat dans une église de Villejuif, le projet de ce dernier ayant été déjoué peu de temps après79.
  • États-Unis : le attaque du Curtis Culwell Center au Texas. Cette attaque visant une exposition de caricatures du prophète Mahomet est la première revendiquée par l’État islamique sur le sol américain. Seuls les 2 assaillants sont morts.
  • Tunisie : le attaque à la mitraillette sur la plage d’un hôtel dans la région de Sousse, revendiquée par l’État islamique80. 38 morts et 39 blessés, le terroriste est abattu.
  • France : le attentat en Isère, 1 mort décapité (Hervé Cornara, 55 ans) et 11 blessés80. Brandissant un drapeau islamiste, un homme conduit son véhicule contre des bonbonnes de gaz stockées dans la cour de la filiale française du groupe américain Air Products.
  • Koweït : le attentat de la mosquée de Koweït revendiqué par l’État islamique80.
  • Égypte : le , attentat, revendiqué par l’EI, contre le consulat d’Italie au Caire, à h 30, faisant 1 mort et 5 blessés81.
  • Irak : le , attentat-suicide à la voiture piégée faisant au moins 90 morts, revendiqué par l’EI, à Khan Bani Saad, une ville majoritairement chiite à 20 km au nord de Bagdad la veille de l’Aïd el-Fitr82.
  • Turquie : le attentat-suicide à la bombe faisant au moins 28 morts dans le jardin du centre culturel kurde à Suruç, ville turque proche de la frontière turco-syrienne83.
  • Cameroun : le , double attentat-suicide, attribué à Boko Haram, à Maroua dans l’extrême nord du Cameroun84.
  • Cameroun : le , attentat-suicide commis par une adolescente de 12 ans faisant au moins 20 morts et 79 blessés, un samedi soir dans un bar du quartier de Maroua85.
  • Nigeria : le , attentat-suicide faisant au moins 19 morts et 47 blessés à Damaturu dans le nord-est du Nigéria.
  • France : le attentat du train Thalys sur une ligne reliant Amsterdam à Paris, mené par un ressortissant marocain et déjoué par plusieurs passagers, on compte 5 blessés86.
  • Turquie : le attentat à la gare d’Ankara, revendiqué par l’État islamique et faisant au moins 102 morts.
  • Égypte : le , une bombe est placée à bord du vol 9268 Metrojet à destination de Saint-Pétersbourg. L’attentat, revendiqué par l’État islamique, provoque le crash de l’avion russe dans la péninsule égyptienne du Sinaï et fait 224 morts.
  • Liban : le deux attentats-suicides à Beyrouth tuent 42 personnes. L’action est revendiquée par l’État islamique.
  • France : le , une série de sept attaques, à Paris et en Seine-Saint-Denis, perpétrée par au moins dix terroristes avec au moins une vingtaine de complices, provoque la mort de 130 personnes et fait 413 blessés, dont 99 dans un état très grave. Les tueries sont revendiquées par l’État islamique.
  • Mali : le , une prise d’otages dans un grand hôtel de Bamako coûte la vie à 22 personnes (dont deux terroristes) et fait 10 blessés. L’attaque est revendiquée par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune dirigé par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, antenne d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).
  • Tunisie : le explosion à Tunis d’un bus qui circulait près de l’avenue Mohammed V à la suite d’une attaque terroriste faisant 12 morts dont des agents de la sécurité présidentielle. L’attaque a été revendiquée par l’État islamique.
  • États-Unis : le 14 personnes sont tuées et 17 blessées dont certaines dans un état grave après un attentat commis à San Bernardino (Californie) par un couple d’Américains qui avait fait allégeance à l’État islamique87.
  • Tchad : le , sur une île du lac Tchad, des attentats revendiqués par Boko Haram font 30 morts, dont les trois terroristes, parmi la population civile et plus de 80 blessés.
  • Royaume-Uni : le , trois personnes sont blessées à l’arme blanche dans le métro de Londres, dont une grièvement. L’assaillant est un protestant contre les actions de la coalition internationale en Syrie, qui fut arrêté à la station Leytonstone.
  • Syrie : le , l’attentat de Tall Tamer organisé par l’État islamique fait plus de 50 morts.
  • Pakistan : le , au moins 23 personnes sont mortes après une explosion dans le marché de vêtements de Parachinar. L’attentat, qui visait la minorité chiite et se voulait vengeur de la guerre civile syrienne, est revendiqué par le groupe sunnite Lashkar-e-Jhangvi88.
  • Syrie : le , au moins 16 personnes sont tuées et 30 blessées dans des attentats-suicides contre trois restaurants à Qamichli, revendiqués par l’État islamique89.
  • Russie : le 30 décembres 2015, 1 mort et 11 blessées dans une fusillade revendiqué par l’État islamique au Daghestan.

2016

  • Afghanistan : le , trois personnes dont un enfant sont tuées après une attaque contre un restaurant à Kaboul90.
  • Inde : le , une base militaire est attaquée près de la frontière avec le Pakistan, à Pathankot. Les assaants du groupe islamiste Jaish-e-Mohammed tuent au moins 11 personnes avant d’être neutralisés91.
  • Nigeria : le , une attaque de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria fait au moins sept morts.
  • France : le , un islamiste marocain portant une fausse ceinture attaque des policiers à l’aide d’un couperet à viande, il est abattu92.
  • France : le , un adolescent turc âgé de 15 ans agresse à la machette un enseignant juif. L’auteur dit avoir agi « au nom d’Allah » et de l’organisation État islamique. Un blessé93.
  • Libye : le attentat à Zliten, contre un centre de formation des garde-côtes, tuant au moins 65 personnes. Cette attaque est revendiquée par l’État islamique en Libye.
  • Irak : le , prise d’otages, voiture piégée et fusillade dans un centre commercial à Bagdad faisant 12 morts et 14 blessés. L’attentat est revendiqué par l’État islamique. Le même jour, à Mouqdadiyah, 20 personnes sont tuées par un double attentat dans un café94.
  • Turquie : le attentat-suicide dans le centre d’Istanbul fait 10 morts et au moins 15 blessés. Le Premier ministre de Turquie annonce que l’État islamique en est responsable.
  • Pakistan : le , attentat contre un centre de vaccination à Quetta tuant 15 personnes dont 12 policiers95.
  • Indonésie : le attentat de Jakarta organisé par l’État islamique faisant 4 morts.
  • Burkina Faso : le attentats à Ouagadougou faisant 30 morts. Les attaques terroristes sont revendiquées par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).
  • Afghanistan : le , attentat-suicide perpétré par l’État islamique à Jalalabad tue 14 personnes. Le consulat pakistanais était visé96.
  • Pakistan : le , un terroriste se fait exploser près de Peshawar et fait au moins 11 morts.
  • Pakistan : le attaque de l’université de Charsadda de Charsadda, menée par des talibans, faisant 21 morts.
  • Afghanistan : le , un terroriste se fait exploser près de l’ambassade de Russie, causant au moins 7 morts.
  • Somalie : le , un attentat à la voiture piégée et une fusillade dans un restaurant à Mogadiscio fait au moins 20 morts. L’attaque est revendiquée par les islamistes shebabs.
  • Égypte : le , l’État islamique revendique un attentat à la bombe au Caire qui fait 9 morts dont 6 policiers.
  • Cameroun : le , trois attaques sur le marché de Bodo par les islamistes de Boko Haram font 29 morts et au moins 30 blessés.
  • Syrie : le , double attentat revendiqué par l’État islamique à Homs. Au moins 24 personnes sont tuées.
  • Nigeria : le , trois terroristes se font exploser tuant au moins 13 personnes et faisant une trentaine de blessés dans la ville de Chibok, dans le nord-est du Nigeria.
  • Égypte : le , l’État islamique revendique un attentat à la bombe qui a tué 4 militaires dans le Sinaï.
  • Arabie saoudite : le , un terroriste de l’État islamique se fait exploser dans une mosquée chiite à Al-Ahsa dans l’est de l’Arabie saoudite. Le bilan est de 4 morts et 18 blessés97.
  • Nigeria : le , un attentat-suicide commis par un adolescent dans un marché à Gombi fait plus de 10 morts.
  • Syrie : le , au moins 70 personnes sont tuées et près de 110 blessés dans une triple explosion près du sanctuaire chiite de Sayeda Zeinab au sud de Damas. L’État islamique revendique l’attentat98.
  • Tchad : le , dans la région des Grands Lacs, deux attentats-suicides commis par Boko Haram tuent 3 personnes et en blessent plus de 50 autres99.
  • Somalie : le , une bombe explose dans un avion de ligne de la compagnie Daallo Airlines, faisant 1 mort et 2 blessés. L’attentat est revendiqué par les chabab somaliens, affiliés à Al-Qaïda100.
  • Pakistan : le , un terroriste circulant a vélo s’est fait exploser près d’un camion des forces de sécurité à Quetta, dans l’ouest du Pakistan, faisant 9 morts et 35 blessées101.
  • Syrie : le , un attentat visant des policiers à Damas aurait fait 9 morts102.
  • Nigeria : le , 58 personnes perdent la vie dans un double attentat-suicide commis par deux femmes terroristes au camp de déplacés de Dikwa103.
  • Mali : le , une base de l’ONU à Kidal est attaquée par des djihadistes présumés. Trois casques bleus guinéens sont morts, et 30 autres sont blessés. Un peu plus tôt, trois soldats maliens ont été tués dans une embuscade à Tombouctou104.
  • Cameroun : le , un double attentat-suicide fait au moins 20 morts et plusieurs dizaines de blessés sur un marché à Mémé, dans le nord du Cameroun105.
  • Syrie : le , plus de 150 personnes sont mortes dans une série d’attentats sanglants commis par l’État Islamique à Damas et à Homs. Quatre explosions ont eu lieu, dont une causée par une voiture piégée et deux par des terroristes106.
  • Mali : le , un attentat contre un hôtel hébergeant à Bamako la mission de l’Union européenne qui entraîne l’armée malienne est déjoué. Un des assaillants est mort et plusieurs se sont échappés107.
  • Afghanistan : le , deux attentats terroristes perpétrés par les talibans à Asadabad, dans l’est du pays, et à Kaboul font 25 morts108.
  • Somalie : le , un attentat à la bombe revendiqué par les islamistes chabab, à Baidoa dans le sud-est de la Somalie tue 30 civils et fait au moins 60 blessés109.
  • Irak : le , un attentat-suicide par l’EI visant la communauté chiite au nord-est de Bagdad fait au moins 40 morts et 60 blessés110.
  • Yémen : le , une fusillade dans un hospice catholique à Aden fait au moins 16 morts.
  • Irak : le , un camion piégé par l’EI explose à un point de contrôle près de Hilla, au sud de Bagdad, causant la mort d’au moins 47 personnes et faisant 72 blessés111.
  • Tunisie : le , onze membres des forces de l’ordre et sept civils sont tués à Ben Gardane, dans l’est de la Tunisie dans un assaut mené par plusieurs dizaines d’hommes de l’EI. On dénombre 36 morts du côté des assaillants112.
  • Côte d’Ivoire : le , un attentat a lieu au Grand-Bassam, un quartier touristique de la station balnéaire ivoirienne. Il fait 18 morts, dont trois soldats des forces ivoiriennes.
  • Nigeria : le , deux femmes commettent un attentat-suicide dans une mosquée de Maiduguri lors de la prière du matin, faisant 25 morts113.
  • Turquie : le attentat-suicide à Istanbul visant des civils qui fait 5 morts, dont l’auteur.
  • Mali : le , attaque revendiquée par le groupe Al-Mourabitoune contre le quartier général de l’EUTM Mali à Bamako, un assaillant tué et deux personnes interpellées114.
  • Belgique : le , des attaques organisées par l’État islamique frappent la Belgique. Deux attentats-suicides ont lieu à l’aéroport de Bruxelles et un troisième kamikaze se fait exploser dans le métro au niveau de la station de Maelbeek. Bilan définitif : 32 morts, 340 blessés.
  • Yémen : le , un triple attentat-suicide de l’État islamique fait au moins 22 morts à Aden115.
  • Irak : le attentat au sud de Bagdad lors d’un match de football. Un bilan provisoire fait état de 32 morts et d’au moins 84 blessés.
  • Pakistan : le , un attentat-suicide perpétré contre la communauté chrétienne célébrant Pâques, à Lahore, dans l’est du Pakistan, fait plus de 72 morts et 340 blessés.
  • Arabie saoudite : le , un attentat à la bombe revendiqué par l’État islamique contre la police à Riyad fait un mort116.
  • Afghanistan : le une attaque à Kaboul visant une équipe responsable de la protection des personnalités du gouvernement fait 64 morts et 347 blessés. C’est la plus grande attaque des talibans sur une zone urbaine depuis 2001.
  • Congo-KInshasa : le , des extrémistes musulmans égorgent et tuent 34 chrétiens au Nord-Kivu117.
  • Congo-Kinshasa : le , une nouvelle attaque suit celle du 4 mai, où les rebelles musulmans assassinent 13 autres personnes117.
  • Irak : le 2 juin 2016, 19 femmes femmes yézidies sont brûlées vives par l’État islamique pour avoir refusé de devenir des esclaves sexuels118.
  • Turquie : le , attentat à la bombe à Istanbul, 11 morts.
  • Israël : le , deux Palestiniens inspirés par l’État islamique ouvrent le feu sur des terrasses de cafés et de restaurants à Tel-Aviv : quatre morts119.
  • États-Unis : le , une fusillade à Orlando fait 49 morts et 53 blessés. L’auteur de cette fusillade, Omar Mir Saddiqui Mateen, a prêté allégeance à l’organisation État islamique.
  • France : le double meurtre à Magnanville. Un commandant de police et sa compagne, fonctionnaire du ministère de l’intérieur (Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider), sont assassinés devant leur domicile à Magnanville par Larossi Abballa. L’attentat est revendiqué par l’organisation État islamique.
  • Liban : le 27 juin 2016, 8 d’attentats-suicides font 5 morts et 28 blessés à Al-Qaa, un village situé à quelques kilomètres de la frontière syrienne120.
  • Turquie : le attentat à l’aéroport d’Istanbul, bilan : 45 morts et 239 blessés en raison de l’ouverture du feu sur les passagers de l’aéroport Atatürk par trois kamikazes qui se font ensuite exploser.
  • Cameroun : le , attentat suicide à Djakan. Un kamikaze du groupe islamiste nigérian Boko Haram se fait exploser dans le nord du pays ; bilan : une dizaine de morts121.
  • Égypte : le , un prêtre copte est assassiné dans le Mont Sinaï, à El-Arich. Ce meurtre aurait été revendiqué par l’État islamique.
  • Bangladesh : le , des hommes lourdement armés tuent 20 otages, la plupart étrangers, massacrés à l’arme blanche, dans un restaurant de Dacca au Bangladesh avant que les forces de sécurité ne mettent fin à l’attaque revendiquée par le groupe État islamique122.
  • Irak : le attentat à Bagdad292 morts et plus de 200 blessés dans un attentat-suicide perpétré par un djihadiste de l’État islamique.
  • Arabie saoudite : le attentat à Médine faisant 4 morts et 4 blessés.
  • Syrie : le , attentat-suicide revendiqué par l’État islamique dans un quartier kurde de la ville de Hassaké ; au moins 16 morts et 40 blessés123.
  • France : le  à Nice, le jour de la fête nationale, un Tunisien, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, fonce dans la foule au volant d’un camion sur la promenade des Anglais, tuant 86 personnes et en blessant 286, avant d’être abattu par les forces de l’ordre. L’État islamique revendique cet acte.
  • Allemagne : le attentat à bord d’un train régional assurant une liaison entre les villes de Treuchtlingen et Wurtzbourg en Bavière. Un migrant afghan de 17 ans agresse des passagers avec une hache et un couteau, faisant 4 blessés graves et 1 blessé léger avant d’être abattu par la police. Un drapeau de l’État islamique est retrouvé dans la chambre du jeune homme dans la maison de sa famille d’accueil. L’organisation État islamique revendique l’attaque le 19 juillet 2016.
  • Afghanistan : le , attentat suicide à Kaboul visant la communauté chiite. Revendiqué par l’État islamique, cet attentat fait au moins 80 morts et 231 blessés124.
  • Allemagne : le , un attentat-suicide à la bombe devant le festival d’Ansbach par un réfugié syrien blesse 15 personnes. Ce dernier a prêté allégeance à l’État islamique125.
  • Irak : le , attentat à Bagdad dans un quartier chiite : au moins 12 morts et 37 blessés126.
  • Somalie : le , double-attentat suicide à Mogadiscio. Au moins 13 morts, l’attentat est revendiqué par le groupe terroriste islamiste Al-Shabbaab127.
  • France : le , lors d’une messe, deux islamistes munis d’armes blanches prennent en otage plusieurs personnes dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen. Un prêtre est égorgé, et un paroissien est blessé. Les deux terroristes sont abattus par les forces de l’ordre, l’un d’eux était fiché S. Selon le Président de la République, « les deux terroristes se réclament de Daesh »128,129. L’attentat est revendiqué via Amaq, l’agence de presse de l’État islamique130.
  • Syrie : le un attentat à la voiture piégée, revendiqué par l’État islamique, fait 57 morts et 170 blessés à Qamichli, ville à majorité kurde131,132,133.
  • Somalie : le , attentat-suicide dans la capitale Mogadiscio. Cinq civils sont décédés ainsi qu’un policier134. Cette attaque serait revendiquée par le groupe terroriste Al-Shabbaab135.
  • Afghanistan : le , attentat au camion piégé devant un hôtel pour étrangers dans les faubourgs de Kaboul, revendiqué par les talibans. Un policier est tué ainsi que les trois assaillants136.
  • Yémen : le , double attentat suicide dans le sud du pays, dans la ville de Habilayn, qui tue 6 soldats et blesse une dizaine de personnes137,138. L’attaque serait l’œuvre d’Al-Qaida.
  • Afghanistan : le , attaque terroriste des talibans contre un car de touristes dans la province de Gor. Les cinq passagers auraient survécu, sous protection de l’armée légale afghane139.
  • Belgique : le agression à la machette de deux policières dans la ville de Charleroi. L’intéressé aurait crié « Allah uakbar ». Le ministre belge de l’intérieur au vu de l’enquête propose la « piste terroriste »140. Le Premier ministre dénonce une « attaque à connotation terroriste »141. Le lendemain, l’État islamique revendique l’attentat142.
  • Pakistan : le , attentat revendiqué par l’État islamique contre une réunion d’avocats dans un hôpital dans la ville de Quetta, dans le sud-ouest du pays. Deux cents personnes, dont nombre d’avocats et de journalistes, étaient rassemblées devant les urgences de l’hôpital après l’assassinat, quelques heures plus tôt, du bâtonnier de la province. L’attentat fait au moins 70 morts143,144.
  • Syrie : le , dans le contexte de la bataille d’Alep, l’État islamique enlève 2000 habitants de la ville de Minjeb, au nord de la Syrie145,146.
  • Syrie : le , attentat kamikaze à la bombe dans un autobus à Atme (en) dans le nord de la Syrie, contre un car transportant des combattants syriens. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, l’attaque aurait fait 15 morts147. Le lendemain148, l’État islamique revendique l’attentat.
  • Libye : le , l’État islamique lance une série de 9 attaques simultanées à la bombe contre les forces légales dans la ville de Syrte. L’opération fait 9 morts et 82 blessés149.
  • Russie : le , dans la banlieue est de Moscou, un poste de police subit les coups d’assaillants, armés notamment d’une hache150. Le lendemain, l’État islamique via son agence de presse Amaq151.
  • Nigeria : le , l’organisation islamique Boko Haram attaque un convoi de commerçants couvert par les forces de l’ordre sur la route de Maiduguri, et fait 5 victimes152.
  • Turquie : le , une bombe explose lors d’un mariage dans la ville kurde de Gaziantep. L’attaque fait au moins 51 morts153,154,155.
  • Thaïlande : le , un attentat à la voiture piégée devant un hôtel à Pattani , dans l’extrême sud de la Thaïlande fait 1 mort et 30 blessés. Bien qu’elle ne soit pas revendiquée, l’attaque a été attribuée aux insurgés indépendantistes156.
  • Indonésie : le , un prêtre catholique est agressé au couteau par un musulman sur l’île de Sumatra lors d’une messe157.
  • Yémen : le , un attentat à Aden revendiqué par l’État islamique tue 60 personnes158.
  • Syrie : le , plusieurs attaques simultanées ont lieu en Syrie, revendiquées par l’État Islamique, dans les villes de TartousHomsDamas et Hassaké. Le bilan provisoire s’élève à 48 morts159,160.
  • Pakistan : le , un attentat-suicide fait 36 morts dont 8 enfants dans une mosquée à la frontière avec l’Afghanistan161,162
  • États-Unis : le , un homme d’origine somalienne blesse neuf personnes à l’arme blanche dans un centre commercial du Minnesota avant d’être abattu par un citoyen armé. L’attaque est revendiquée par l’État islamique.163,164
  • États-Unis : le , l’explosion d’une bombe blesse 29 personnes à New York. Deux jours plus tard un suspect est arrêté, Ahmad Khan Rahami, citoyen américain d’origine afghane.
  • Jordanie : le , l’écrivain chrétien Nahed Hattar est assassiné alors qu’il devait être jugé pour une caricature envers l’islam165.
  • Belgique : le , deux policiers sont victimes d’une attaque au couteau166. Le parquet fédéral privilégie la piste terroriste.
  • Nigéria : le 18 novembre 2016, 3 attentats-suicides font 6 victimes dont 4 terroristes islamistes167.
  • Égypte : le 24 novembre 2016, 8 militaires égyptiens sont tués dans un attentat à la voiture piégée dans le désert du Sinaï168.
  • Somalie : le 26 novembre 2016, au moins 8 personnes sont tuées dans l’explosion d’une voiture piégée à Mogadiscio. Les islamistes shebab semblent être derrière l’attentat169.
  • États-Unis : le 29 novembre 2016, un islamiste blesse 11 personnes dans une université de l’Ohio avant d’être abattu par un policier. L’attaque est revendiquée par l’État islamique170.
  • Philippines : le 29 novembre 2016, 9 personnes dont 7 membres de la garde du président Rodrigo Duterte et 2 militaires sont blessés par un engin explosif, dans une région où opère une faction de l‘État islamique171.
  • Nigéria : le 9 décembre 2016, 56 personnes sont tuées et 57 blessées dans un double-attentat suicide, imputé à Boko Haram172,173.
  • Égypte : le 11 décembre 2016, pendant la célébration de la messe du dimanche, 26 chrétiens sont assassinés dans un attentat à la bombe dans une église copte orthodoxe du Caire, 31 autres personnes sont blessées174. La quasi-totalité des victimes sont des femmes et des enfants, l’attentat ayant visé l’endroit où ils s’assoient traditionnellement pendant la messe.
  • Nigéria : le 11 décembre 2016, Boko Haram envoient deux fillettes commettre un attenta-suicide dans un marché. Bilan de 1 mort et 18 blessés175.
  • Somalie : le 11 décembre 2016, un attentat-suicide fait au moins 20 morts et 48 blessés à Mogadiscio. L’attaque est revendiquée par les shebabs176.
  • Turquie : le 19 décembre 2016, l’ambassadeur russe en Turquie, Andreï Karlov, est assassiné par balles lors d’une exposition d’art à Ankara. Le tueur a hurlé Allah Akbar et évoqué Alep avant d’échanger des tirs avec les forces de l’ordre puis d’être abattu177.
  • Allemagne : le un camion fonce sur la foule au marché de Noël de Berlin et fait au moins 12 morts et 48 blessés. L’État islamique revendique l’attentat 24 heures plus tard. Le conducteur du camion, Anis Amri est abattu 4 jours après l’attaque à Milan en Italie. Parmi les 12 victimes se trouve un Polonais, conducteur d’origine du camion, assassiné par le terroriste178,179.
  • Philippines : le 25 décembre 2016, une explosion près d’une église de l’île de Mindanao, où se rendaient des catholiques à la messe de Minuit (Noël) fait 13 blessés, Mindanao est connue pour être une zone où les islamistes sont particulièrement actifs180.
  • Irak : le 31 décembre 2016, deux kamikazes se font exploser dans un marché de Bagdad et font 27 morts et 53 blessés. L’attaque est revendiquée par l’État islamique181.

2017

2018

  • Irak : le 15 janvier, deux attentats suicides à Bagdad causent la mort de 38 personnes. L’attaque est revendiquée par l’État islamique299,300.
  • Russie : le 18 février, un homme a tué cinq femmes, lors d’une fusillade « à la sortie d’une église » orthodoxe à Kizliar, au Daguestan, république musulmane instable du Caucase russe, une attaque revendiquée par le groupe État islamique.
  • Somalie : le 23 février, deux attaques à la voiture piégée dans le centre de Mogadiscio font 45 morts et 36 blessés, d’après un responsable politique anonyme301. Les attentats sont revendiqués par les shebabs, affiliés à Al Qaïda.
  • France : le 23 mars, un homme tue 4 personnes lors d’attaques et une prise d’otage dans un supermarché dans l’Aude, à Trèbes. L’homme, qui a été abattu, était un franco-marocain se réclamant de l’État islamique, qui a revendiqué l’attentat le jour même302.
  • Afghanistan : le 22 avril à Kaboul, une attaque à la bombe devant un établissement d’enregistrement pour les élections législatives fait 57 morts et 119 blessés. L’attaque est revendiquée par l’EI303.
  • Mali : le 26 avril à Aklaz et le 27 avril à Awakassa, 2 terroristes (probablement des djihadistes ayant prêté allégeance à l’EI) massacrent au total 43 civils, à proximité de la frontière Nigérienne304,305.
  • France : le  à Paris, vers 21 h un individu attaque à l’arme blanche des passants en criant « Allah Akbar », il tue une personne, en blesse quatre autres dont deux gravement306, il se dirige ensuite vers une patrouille de police qui décide de l’abattre. Cette attaque est revendiquée par Daech307.
  • Indonésie : le 13 mai à Surabaya, la deuxième ville du pays, ont lieu trois explosions devant trois églises catholiques, vers h 30 du matin et à 10 minutes d’intervalle. Au moins 9 personnes sont tuées et 40 blessées (bilan provisoire). Un des assaillants est tué par la police308.
  • Belgique : le 29 mai à Liège, un homme attaque au couteau deux policières qu’il tue avant de s’emparer de leurs armes de service. Il abat ensuite un jeune homme. L’homme prend ensuite une femme en otage dans un lycée avant de foncer sur la police en ouvrant le feu. Il est abattu par les forces de police309. L’attaque est revendiquée par l’État islamique.
  • Syrie : le , l’État islamique lance une série d’attaques dans le gouvernorat de Soueïda, les attaques font plus de 220 morts310. La ville de Soueïda est ciblée, de même que plusieurs villages du nord-est de la province310.
  • Tchétchénie : le , il est 10 heures du matin quand 2 assaillants sont abattus à Shali lors de l’attaque au couteau d’un commissariat, blessant 2 policiers. Au même moment, un kamikaze se fait exploser au nord de Shali. Dans l’heure suivante, ce sont deux attaques qui ont lieu à Grozny où des assaillants ouvrent le feu sur la police, laissant pour morts au moins deux assaillants et un policier ainsi que plusieurs blessés. Enfin, une attaque à la voiture bélier conduite par un jeune de 17 ans fait plusieurs blessés. L’assaillant est abattu. Les attaques sont revendiqués par l’État islamique pour 3 d’entre elles.
  • Egypte : le , des militants islamistes tendent une embuscade à trois bus transportant des pèlerins chrétiens revenant d’un monastère lointain copte. Les responsables égyptiens ont déclaré que 7 personnes avaient été tuées et 19 blessées. L’Etat islamique local qui a revendiqué l’attaque a déclaré que 13 chrétiens avaient été tués et 18 autres blessés311.
  • Australie : le , une attaque au couteau fait un mort et deux blessés à Melbourne. L’attaque considérée comme terroriste par la police australienne, est commise par Hassan Khalif Shire Ali, 30 ans, originaire de Somalie. Le terroriste meurt à l’hôpital après avoir été blessé par balles par la police. Le groupe État islamique a revendiqué l’attaque312.
  • France : le  dans la soirée, à proximité du marché de Noël de Strasbourg, un homme déambule dans les rues du centre-ville, tue cinq passants et en blesse une dizaine d’autres. L’assaillant, un franco-algérien de 29 ans est abattu le 13 décembre à Strasbourg par la police. L’attaque est revendiquée par l’État islamique.
  • Maroc : le , meurtre de deux jeunes touristes norvégienne et danoise, dont les corps ont été découverts lundi 17 décembre dans une vallée du massif du Haut Atlas réputée pour ses sentiers de randonnée. Les assaillants ont publié une vidéo d’allégeance à l’organisation l’État islamique.

2019

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Chute du Mur et petites leçons de l’histoire

Trente ans déjà: la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, fut pour notre génération une immense bouffée d’espérance. Elle annonçait la fin de la guerre froide, du partage du monde entre deux blocs qui se haïssaient, le communisme et le capitaliste, et surtout le début de la fin du système totalitaire. Un symbole du déchirement de l’Europe et des pires atrocités du régime soviétique, nourri de toutes les barbaries du XXe siècle, tombait sous nos yeux.

Remember! Gedenke! Recuerda! Souviens-toi! Une immense vague d’euphorie submergeait notre jeunesse. Une ère nouvelle de paix, d’allégresse, de liberté et de bonheur venait de s’ouvrir. Et puis, nul ne voyait venir le 11 septembre 2001, la destruction de l’Etat irakien par les US, le chaos au Moyen-Orient, la crise migratoire européenne, l’essor de l’islamisme radical, le massacre de 260 personnes en France… La confiance dans l’avènement d’un monde meilleur laissait place au retour de la terreur sous d’autres formes.

Toutes les vagues d’enthousiasme collectif charrient leur dose de malheur et de désespoir. La Révolution de 1789, les droits de l’homme, la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 célébrant le bonheur d’un peuple rassemblé, débouchent sur la Terreur, la loi des Suspects, la guillotine et l’holocauste vendéen, puis les guerres napoléoniennes. La Victoire du 11 novembre 1918: une Nation qui s’enivre de gloire et de bonheur, juste 22 ans avant la pire débâcle militaire de son histoire et quatre années d’asservissement.

Les technologies, les idéologies, les sociétés et leurs valeurs, les modes de vie, les régimes politiques et les rapports de force se transforment en permanence. Mais les hommes, prisonniers de leurs passions, restent toujours exactement les mêmes. L’humanité porte en elle-même un potentiel constant de folie et de violence. Après le flux vient le reflux et les événements s’enchaînent dans le plus grand chaos. Tout enchantement appelle un désenchantement proportionnel. Cela n’est en aucun cas du « pessimisme » (comme je ne cesse de le répéter à mes amis) mais le simple fruit d’un constat, un sombre réalisme.

Maxime TANDONNET

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Commentaires sur un « Livre vérité » (pour Figaro Vox)

Alexandre Benalla fait son retour au cœur de la vie politico-médiatique française à travers la publication d’un « livre vérité» intitulé « Ce qu’ils ne veulent pas que je dise» (Plon 2019). La violence inouïe de certaines réactions montre qu’il touche à une corde sensible. Bienvenu témoignage, pourtant, qui contribuera peut-être à lever un mystère: comment l’agression filmée d’un couple de manifestants, le 1er mai 2018, place de Contrescape à Paris, a-t-elle pu dégénérer en séisme politique ?

Au-delà de l’anecdote, en effet, ce fait divers mettait en lumière tout un système et une culture de pouvoir, qui dépassent probablement le contexte de l’actuel mandat présidentiel. Il révélait la banalisation de pratiques et d’habitudes qui ne tiennent évidemment pas au seul quinquennat présent mais qui caractérisent l’évolution d’un système, mode de fonctionnement politique dans lequel l’arbitraire et l’improvisation se substituent progressivement aux règles de l’Etat de droit.

Alexandre Benalla a joué pendant plus d’une année un rôle important à l’Elysée, confirmé par son témoignage. Il en était l’homme à tout faire, en charge de multiples missions liées à la vie courante, la sécurité, le rayonnement médiatique: « Une fois à l’Elysée, il s’est chargé de renégocier les contrats avec Hermès pour offrir des cadeaux moins chers aux invités de marque du couple Macron. La Renault Vel Satisblindée qui permet au Président d’avoir de la place pour les jambes ? C’est également lui. La photo avec Vladimir Poutine dans la galerie des glaces du château de Versailles ?Toujours lui. Sans parler de la facture des obsèques de Johnny Hallyday » (extrait d’un article de 20 Minutes).

Est-il permis de se demander par quel cheminement un personnage exerçant, ainsi, un rôle clé dans la République, parvient à un tel niveau d’influence? A l’origine militant socialiste, il se trouvait là, au cœur de la vie de l’Etat, par cooptation, un phénomène clanique et de réseau, mêlant l’affectif, l’ambition et les rapports d’intérêt. Quelles voies de recrutement officielles ont-elles permis de s’assurer de sa capacité à remplir de telles missions et à prendre la mesure du rôle et de ses limites ? Quelle expérience professionnelle ? Quel diplôme ? Quel examen professionnel ou concours ? Quelles validations d’une compétence ?

Dans le privé, une embauche se fait sur présentation d’un CV et après passage de nombreux entretiens. Dans le public, il s’effectue en principe par concours destiné à vérifier l’aptitude d’un candidat. En politique, la justification d’une influence, d’une autorité, s’obtient par le suffrage universel. Or, en l’occurrence, il n’y avait rien de tout cela : ni passage devant une commission, ni concours, ni élection, mais juste le fait du prince, le seul copinage et l’arbitraire. Cette pratique, tellement banalisée depuis des décennies, montre-là ses limites.

Alexandre Benalla, selon son récit, était en charge de responsabilités stratégiques. «C’est lui qui a permis la tenue de tous les rendez-vous de l’entre-deux tours entre Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Nicolas Hulot, Dominique Strauss-Kahn ou encore Thierry Solère, en vue de la composition du gouvernement » (20 minutes). Il a exercé une sorte d’autorité de fait, multipliant les interventions auprès de hauts responsables dans tous les domaines. Sur quel fondement légal, transparent, reposaient les compétences exceptionnelles qui lui étaient ainsi dévolues ? Quel poste budgétaire prévoyait de telles attributions ? Quelle place dans les organigrammes?

Cet arbitraire touche à l’apothéose de la décadence d’une démocratie. Dans le régime politique français tel qu’il est devenu, l’emblème élyséen, suivant une logique totémique, écrase toute autre source d’autorité. Il repose sur concentration de l’image du pouvoir dans le visage médiatisé d’un seul homme qui atteint aujourd’hui son niveau paroxystique. Une simple recommandation de lui l’emporte sur la Constitution, la loi et tout règlement. Que reste-t-il du Gouvernement, du Parlement, de l’Administration, de l’indépendance de la Justice ? Bref, que reste-t-il de la Constitution de 1958 ? Et que reste-t-il de l’Etat de droit ?

Alexandre Benalla accuse « les technocrates en costume gris» et affirme avoir été la cible d’un complot de leur part. Cette mise en cause du « Deep State qui dirige la France en regardant passer les politiques » (le Point) est facile et typique de l’époque qui a besoin de ses boucs-émissaires. Elle reflète la guerre de l’esbroufe contre les règles de l’Etat de droit ; le triomphe des provocations médiatiques, des coups d’éclat de la communication et du culte de la personnalité qui écrasent les froides notions d’Etat, de res publica (la chose publique), d’intérêt général et de mérite. Elle correspond enfin aux décisions de supprimer le concours d’entrée à Sciences Po ou l’Ena qui faciliteront demain, encore plus qu’aujourd’hui, l’arbitraire et le copinage à tous les niveaux de recrutement, au détriment des voies régulières et transparentes de reconnaissance d’un mérite et d’une compétence. Le style Alexandre Benalla, par-delà les différences idéologiques ou partisanes et les futures alternances, a sans doute un bel avenir devant lui.

Maxime TANDONNET

 

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En l’honneur de Fernand Bonnier de la Chapelle (suite)

Par M. Gilles Bonnier de la Chapelle

Je remercie M Tandonnet d’avoir salué la mémoire d’un véritable résistant et héros et j’encourage les lecteurs de ce blog de lire l’ouvrage de Bénédicte Vergez-Chaignon.

Je lui ai personnellement transmis l’ensemble des documents qui étaient en possession de ma famille et d’autres éléments qui lui ont permis de d’éclairer pour moi et ma famille ce qui s’est réellement passé.

Les lecteurs pourront comprendre à travers la description de ma famille qu’il s’agissait à la fois d’un drame familial dont beaucoup d’éléments sont alors restés secrets: l’oncle de Fernand qui l’a élevé et le considérait comme son fils était un résistant engagé très tôt (il a notamment hébergé son ami Maurice Bourges Maunoury pendant la guerre). Il était au courant des activités de son neveu dès 1940. Son père, lui ne savait rien des activités de son fils qu’il a découvertes avant son exécution.

C’est son oncle qui a confié son neveu à son meilleur ami, résistant lui aussi et qui lui a ouvert les portes des réseaux à Alger afin qu’il puisse « servir ». Les lecteurs pourront comprendre aussi le culte du secret de son oncle qui a permis la réhabilitation de son neveu, mais était lui même un personnage influent, secret et proche des gaullistes ou radicaux après guerre. Il n’était nullement intéressé par la glorification de soi et de ses actions.

Ce qu’apporte ce livre, c’est simplement que Fernand n’était nullement royaliste (ni noble) et que ma famille était profondément républicaine et engagée. Cette période était effectivement complexe et les royalistes pouvaient côtoyer les gaullistes ou tout simplement les résistants comme l’était Fernand.

J’espère que les lecteurs pourront enfin comprendre que D’Astier pouvait être royaliste, cela ne voulait pas dire que Fernand l’était aussi et que ce jeune homme avait des convictions chevillées au corps malgré son jeune âge. Le meilleur témoignage a ainsi été rendu par De Gaulle dans ses mémoire et que Bénédicte Vergez Chaignon reprend avec beaucoup de justesse. Je l’en remercie comme d’avoir pu retracer avec tant d’humanité le parcours de Fernand.

Gilles Bonnier de la Chapelle

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Dans le Figaro de ce matin


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Double impasse (suite)

Depuis ma dernière chronique, un nouveau sondage est sorti, confirmant sur des bases écrasantes, le duel annoncé pour 2022.

Les sondages de ce genre sont pernicieux dans la mesure où ils ne se contentent pas de refléter une opinion, mais la confortent: Mme le Pen serait ainsi la meilleure chance de battre M. Macron, comme M. Macron serait la seule chance de « faire rempart » au RN/FN. L’hypothèse d’une victoire de Mme le Pen est, quoi qu’on en dise en ce moment, peu plausible. Quel que soit le sentiment de rejet massif suscité par son adversaire, un réflexe de type « front républicain », empêcherait probablement son élection au dernier moment, comme pour les régionales de 2015.

Nous atteignons en ce moment l’apothéose de la crétinisation médiatico-politique française: la politique se focalise sur le duel annoncé de deux individus, en délaissant les vrais et les graves problèmes de fond qui minent la France: la violence endémique, le chaos des cités, l’insécurité, l’écrasement fiscal, la pauvreté, les désordres migratoires, le communautarisme. Tel est le fruit de l’abrutissement présidentialiste: dans ce régime politique idiot, le vote populaire repose sur l’émotion qu’inspire une gueule médiatique, et non sur des idées et un choix de projet.

Or, les deux candidats pour « l’Elysée 2022 » que veulent nous imposer le système médiatique et ses sondages sont les deux pires possibles en vue du prochain quinquennat. La mission du chef de l’Etat est de réunir, rassembler, d’inspirer la confiance à une large majorité de la Nation, de lui proposer un cap, de susciter un vaste climat d’adhésion autour de lui et d’entraîner le pays dans la confiance. Aucun de ces deux là ne sera en position d’accomplir cette mission.

Le personnage de Mme le Pen compte tenu de ce qu’il représente, fait l’objet d’un rejet viscéral de 70% des Français. Même si, par les aléas de l’élection ce dernier parvenait à l’Elysée, que se passerait-il ensuite? Un immense écœurement collectif et sans doute, un déchirement sanglant de la société française, pas de majorité à l’Assemblée et donc pas de gouvernement stable, rejet radical du Sénat, blocage des administrations, des collectivités, des services publics, des tribunaux, violence  généralisée dans la rue, mise en quarantaine du pays… Le danger n’est pas celui du « fascisme d’Etat », dans un contexte technologique et psychologique (rapport à l’autorité) qui n’est plus celui des années 1920-1930. Mais celui du chaos absolu.

Quant à l’autre alternative, elle serait peut-être moins brutale mais tout aussi désastreuse. Le régime n’est pas compatible avec un double quinquennat. Un président surexposé, omniprésent, incarnant à lui seul la globalité du pouvoir politique, très impopulaire au bout d’un demi-mandat, a toutes les chances, en cinq ans, de susciter le rejet infini du pays. Alors, qu’en sera-t-il en 10 ans, mal réélu sur un coup de bluff? Cette réélection entraînerait l’ apothéose de la crise de confiance dans le pouvoir politique, le découragement, la généralisation des haines et de la violence la plus désespérée, l’instauration d’un climat de guerre civile. Quoi, cinq ans n’auraient pas suffi? Cinq ans supplémentaires?

Tout ceci n’est pas de la politique fiction mais ce qui nous attend en cas de triomphe du scénario concocté par le système politico-médiatique et sondagier. Quelle qu’en soit l’issue finale, une gigantesque crise politique et sociale en sortira, sinon une guerre civile dès 2022. Pourtant, ce scénario n’a rien d’inéluctable. Ils ne tient qu’aux Français, à nous, les électeurs, de l’éviter. En raison d’événements qui peuvent, d’ici 2022, chambouler la donne, ou bien grâce à une prise de conscience des Français qui, comme ils l’ont déjà fait dans l’histoire, sont capables de rejeter la fatalité. Si en revanche il vient à se produire, le pays plongera inévitablement dans la nuit du chaos. Doit-il en passer par là ?

Maxime TANDONNET

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Le duel moisi

Les experts de la vie politique sont unanimes: le second tour des prochaines élections présidentielles, en 2022, comme en 2017, opposera Mme le Pen et M. Macron. Ils fondent leur analyse sur les nombreux sondages qui confortent cette hypothèse.

A l’issue de ce second tour, formaté deux an et demi à l’avance, la probabilité de la réélection de M. Macron serait ainsi extrêmement forte. L’image de Mme le Pen et du RN/FN est en effet beaucoup trop clivée pour que son camp puisse espérer dépasser les 50% sachant que pour 60 à 70% des Français, l’accession au pouvoir de cette personnalité et de ce parti est inconcevable. Son rôle sur la scène du grand spectacle politico-médiatique est depuis des décennies celui d’épouvantail, autant par son histoire que par le caractère démagogique de ses propositions.

Autant dire que deux ans et demi à l’avance, le message médiatique et sondagier dominant est celui de la réélection assurée de M. Macron. Tout paraît bouclé, verrouillé, décidé à l’avance et 2022 devrait être la copie conforme de 2017. Or, le paradoxe d’un tel schéma est que les Français, selon les mêmes sondages, dans une nette majorité des deux-tiers, ne veulent absolument pas de la réélection du président Macron dont ils considèrent que le premier demi-mandat fut un échec aussi flagrant que celui de son prédécesseur (confronté à une situation économique internationale infiniment plus difficile). Le duel moisi et la réélection annoncés marquent ainsi le paroxysme de l’abolition de la démocratie française. Dans un système (monstrueux) où les présidentielles conditionnent les législatives, réduites à n’être plus qu’un appendice de l’élection élyséenne, où le jeu des idoles écrase tout  débat d’idées et de projets, l’incertitude est réduite à néant et l’étouffoir de la vie démocratique fonctionne à plein régime.

Tout semble écrit d’avance et le scénario parfaitement bien huilé. Pendant deux ans et demi, un furieux matraquage médiatique sera à l’oeuvre pour assurer une audience maximale – au chef de l’Etat, cela va de soi – mais aussi à Mme le Pen, en candidate normale et dé-diabolisée; puis à l’issue du premier tour, un déchaînement de rage médiatique contre la candidate « nationale-populiste » dont l’image sera supposée incarner, aux yeux des Français, les heures les plus sombres de l’histoire. Dès lors, l’élection présidentielle, comme prévu cinq ans à l’avance, se réduira au combat eschatologique d’un chevalier blanc, promu héraut du bien, contre le « populisme démoniaque » et cet affrontement titanesque, narcissique, couvrira le désastre d’un bilan ainsi que le néant de l’avenir politique pour le pays

Dans les deux années qui viennent, la France sera seule face à son destin. L’heure de vérité sonnera en 2022: ce pays est-il complètement abruti par des décennies d’effondrement du niveau scolaire, de crétinisation médiatique, de chute de la lecture des livres et des journaux, de déclin de la culture historique et politique, au point de suivre comme un troupeau bêlant de bêtise et d’indifférence la voie toute tracée pour lui? Bref, la démocratie a-t-elle entièrement disparu, noyée dans un phénomène de crétinisation de masse? Ou bien demeure-t-il, dans les entrailles de la nation, une lueur de fierté et d’intelligence qui la poussera, contre toute attente, à déjouer, à la faveur d’événements qui ne manqueront pas de survenir, le scénario moisi qui lui est assigné, ce deuxième tour de la honte,  et à reprendre en main son destin? Nous en saurons alors bien plus sur l’état intellectuel, moral et psychologique de la nation.

Maxime TANDONNET

 

 

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Les paroles et les actes

Trouvé ce soir un petit mot de M. Lejeune, directeur de Valeurs actuelles, dans ma boîte mail:

« Parce qu’il ne s’adresse que très rarement à la presse, c’est avec satisfaction que je vous fais part d’un événement exceptionnel : pour la première fois depuis deux ans et demi, le président de la République se livre et il a choisi Valeurs actuelles pour le faire ! Parce que nous sommes intransigeants sur ces sujets c’est dans notre magazine que vous retrouverez cette semaine les confidences d’Emmanuel Macron sur l’Islam, l’immigration, le voile… »

Que le président Macron intervienne dans VA est en effet un événement exceptionnel: homme « de gauche » jusqu’à 2017, ex-membre du parti socialiste, ancien conseiller et ministre du président socialiste Hollande, le chef de l’Etat accomplit un geste inattendu en s’exprimant dans un hebdomadaire qui a toujours été considérée par la gauche bien-pensante, la sienne, comme l’antre du conservatisme voire de la « réaction ».

La force des grands fauves politiques, de nos jours, ne tient pas à leur caractère, ni à leur humanité ni à leur intelligence, mais (je l’ai toujours pensé), à leur désinhibition et leur capacité de transgression. A cet égard, la main tendue de l’occupant de l’Elysée à la « Droite », 2 ans et demi avant les présidentielles, est spectaculaire.

Les symboles, les paroles, les gestes, les transgressions, le grand spectacle, ne doivent leurrer personne. Seuls comptent les faits: depuis deux ans la poursuite de l’augmentation des prélèvements obligatoires, de la dépense et de la dette publiques, de la charge sur les entreprises; l’explosion de l’insécurité et de la criminalité, de l’immigration irrégulière, de  la pauvreté et des inégalités; le naufrage des banlieues, l’accélération de l’effondrement du niveau scolaire et de la fragmentation communautariste, la montée vertigineuses des haines et violences dans ce pays, le déclin de l’influence française en Europe et dans le monde…

Les coups de communication n’ont aucune importance. Seuls comptent les faits, seuls comptent les actes, seule compte la politique au sens noble du terme, c’est-à-dire les choix de gouvernement en faveur du bien commun de la res publica, la chose publique. Non qu’il faille attendre des dirigeants politiques des solutions miracles et des promesses démagogiques. Dans les ténèbres de la vie politique française, un simple signe de sérieux, de sobriété, de sens de l’Etat et de désintéressement personnel serait comme une lueur d’espérance.

Maxime TANDONNET

 

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La crise de l’autorité de l’Etat (pour Atlantico)

Ci-dessous mon dernier entretien avec Atlantico. Consacré aux mouvements sociaux en cours et à venir, il débouche sur un commentaire relatif à l’autorité de l’Etat. Le sujet n’est pas d’accabler l’équipe actuelle. Le drame français (et occidental), est bien plus vaste. la médiocrité de la classe dirigeante (de l’extrême gauche à l’extrême droite) est une conséquence autant qu’une cause. La France est entrée dans une logique de chaos: mouvements sociaux anarchiques, banalisation de la violence quotidienne et des actes de terreur, fragmentation communautaire, émeutes des banlieues, révolte de la France profonde (Gilets Jaunes). Tous ces faits ont un point commun: la crise de confiance en la politique et la déroute de l’autorité de l’Etat, qui est un phénomène de long terme. Une société sans pilote, sans gouvernement inspirant la confiance d’une majorité – confiance et autorité sont deux face d’une même réalité – ne peut que se déchirer et se déliter avant de sombrer dans le chaos.

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Mais au-delà de cette question [des mouvements sociaux], il faut bien voir que la société française est une poudrière. Le fond du problème est la crise de légitimité de ses dirigeants politiques qui ont perdu la confiance du pays. Cela ne touche pas seulement les personnalités au pouvoir mais l’ensemble de la classe politique et le phénomène est de long terme. Nul ne semble en mesure de gouverner le pays, d’imposer une autorité et de restaurer une confiance. Dans ce contexte chaotique, le risque pour la paix civile est celui d’une conjonction des révoltes : syndicats, ronds-points de la France profonde, banlieues… La situation est explosive.

Maxime TANDONNET

 

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« L’instituteur de Malicornay »

Le texte ci-dessous m’a été confié par M. René Chiche, professeur agrégé de philosophie, extrait de son futur ouvrage La désinstruction nationale (hors contrat d’édition pour l’instant). J’ai grand plaisir à partager ce texte magnifique et témoignage éloquent des ravages de la pensée correcte dans le milieu scolaire.

[NB: Seuls les sites figurant au blogroll ci-joint, ou avec l’accord de l’auteur, sont autorisés à le reproduire.]

Chapitre 5

L’instituteur de Malicornay

Le 4 juin 2017, j’apprenais par des articles de la presse locale partagés sur les réseaux sociaux qu’un instituteur de la République, exerçant son métier dans l’école communale d’un village de l’Indre nommé Malicornay, avait été suspendu. Etait-ce une nouvelle affaire de pédophilie ? S’agissait-il d’une grave faute professionnelle qui nécessitait qu’on l’éloigne de toute urgence des élèves qu’on lui avait imprudemment confiés ? Pas du tout. Sa suspension, bientôt suivie d’une mutation d’office, sanctionnait ce que sa hiérarchie qualifia de « faute grave » et d’ « entorse à la laïcité » (sic).  L’instituteur en question s’était en effet rendu coupable d’avoir fait lire et étudier plusieurs extraits de la Bible à des élèves qu’il ne voulait pas laisser dans l’ignorance en cette matière ! N’avait-il pas entendu l’un d’entre eux lui demander un jour qui était « le barbu qui fait de la gym sur une croix à côté de la salle des fêtes ? » N’avait-il pas constaté, en abordant le baptême de Clovis, que presque aucun de ses élèves ne savait ce qu’était un baptême ? Et ne constate-t-on pas jusqu’en terminale que fort peu d’élèves connaissent le sens d’expressions telles que « le fruit défendu », «être pauvre comme Job» ou « porter sa croix » ?

Par l’entremise d’un professeur que je connaissais et qui s’était occupé de cet instituteur lorsqu’il n’était que stagiaire, j’eus accès aux pièces du dossier dont je pus vérifier qu’il était cousu de fil blanc. Je n’en avais nul besoin en réalité pour être certain par avance que cet instituteur était totalement innocent du crime dont on l’accusait. Ma demande d’avoir accès au dossier était uniquement déterminée par le désir de découvrir l’ampleur de la mauvaise foi de sa hiérarchie, seule gravement fautive dans cette affaire, et à plus d’un titre. Loin de devoir être blâmé et sanctionné parce qu’il avait fait étudier à ses élèves des extraits de la Bible, il aurait dû au contraire être félicité et donné en exemple à ses pairs. Mais puisqu’il n’en fut rien et que, malgré le soutien unanime de ses élèves et de leurs parents, cet instituteur continuait d’être persécuté par un personnel d’encadrement qui ne lui arrivait à la cheville ni intellectuellement ni moralement, je voulus m’entretenir directement avec lui, non sans m’être préalablement déclaré solidaire de « l’instituteur de Malicornay » en tant que professeur de philosophie et avoir en conséquence réclamé qu’on me sanctionne aussi puisque j’étais coupable du même forfait – et qu’on sanctionne également tous les professeurs qui instruisent leurs élèves pendant qu’on y était !

[…] Ce qui était reproché à cet instituteur, il le faisait pourtant depuis des années sans avoir jamais rencontré la moindre difficulté. Et, d’après ce que je perçus au cours de notre échange mais aussi ce que j’ai constaté par la suite en consultant les documents préparatoires de ses leçons qu’il me transmit, il le faisait avec une application, une rigueur et une clairvoyance forçant le respect. Les faits ? Les voici : entre deux « séquences » de longueur équivalente consacrées à d’autres sujets d’études littéraires, il avait conçu une « séquence » de dix heures, qui ne dura d’ailleurs que six heures étalées sur trois semaines, intitulée « Le christianisme par les textes ». L’objet de ce cours consistait à faire étudier dans une perspective purement littéraire, ce qui est à souligner, des passages de l’Ancien et du Nouveau Testament qu’il avait sélectionnés en s’appuyant sur les textes les plus fréquemment cités et reproduits dans les manuels scolaires eux-mêmes, ne retenant de ce florilège que ceux qu’il jugeait les plus indispensables à la culture de ses élèves compte tenu de leur âge. Car c’est bien de culture qu’il s’agit ici, et non de « religion » comme le prétendirent, non sans malveillance ni stupidité, ceux qui jetèrent en pâture son travail aux profanes sous la grotesque qualification d’ « entorse à la laïcité ». Jamais cet instituteur n’avait eu l’idée ni l’intention d’aborder en classe la religion en tant que telle, matière qui ne relève évidemment pas de son magistère. Il s’agissait uniquement de donner aux élèves la connaissance directe, c’est-à-dire par la lecture des textes, de ce qui constitue, qu’on le veuille ou non, l’un des fondements de la culture occidentale dont nous sommes héritiers. La culture occidentale n’est, à première vue, qu’une culture particulière. Mais c’est aussi au sein de la culture occidentale que s’est progressivement élaborée la conscience de l’universalité de toute culture, dont le corollaire est celle de la relativité de tous les us et coutumes, de tous les folklores souvent confondus avec la culture parce qu’on les désigne en usant du même mot. Cependant, la culture singulare tantum, la culture « en tant que singulier », n’est pas exactement la même chose que celle dont on peut parler au pluriel. Elle consiste dans la lecture des grands textes, ou encore des « classiques », c’est-à-dire des textes qui sont dignes d’être lus en classe. Et la Bible en fait évidemment partie. Prétendre le contraire reviendrait à traiter ce texte de façon privilégiée ou exceptionnelle. Il est cocasse de constater que ceux qui se piquent de « laïcité » puissent refuser qu’on étudie la Bible comme on étudierait n’importe quel autre texte, la traitant ainsi, à leur esprit défendant, comme « la parole de Dieu » qui n’aurait pas sa place à l’école publique.

[…] La « séquence » sur le christianisme par les textes n’avait posé jusqu’en 2017 aucun problème. Elle n’avait suscité aucune difficulté, ni de la part des parents, ni de la part de la hiérarchie de notre instituteur. Pourquoi en serait-il allé autrement ? N’avait-il pas toujours pris soin, étant lui-même agnostique, de présenter ces textes comme des mythes, de les commenter à ses élèves avec la distance requise et de les croiser à cette fin avec d’autres approches, notamment scientifiques ? Cette année-là pourtant, à la fin du mois de janvier, il y eut une plainte de parents d’élèves – chose devenue d’autant plus fréquente dans l’éducation nationale qu’en plaçant « l’élève au centre », ce qui ne veut absolument rien dire, on a surtout installé les parents au cœur de l’école et mis de la sorte un pistolet chargé sur la tempe de tous les professeurs, comme je le montrerai plus tard. En guise de plainte, il s’agissait en réalité d’une lettre anonyme signée de « parents et grand-parents » (sic) dont l’identité reste encore un mystère. Intitulée « Prosélythisme (sic) à l’école de Malicornay », elle parvint à l’inspection académique sans que l’instituteur de Malicornay ne se doute de rien. En dépit de sa syntaxe approximative et de l’invraisemblance de son contenu, elle suffit à déclencher une machine aveugle dont les rouages sont cependant si parfaitement huilés par un personnel de service occupant des fonctions d’encadrement pour lesquelles il a une appétence inversement proportionnelle à sa compétence, qu’il est quasiment impossible de l’arrêter une fois qu’elle est mise en branle. C’est donc sur la foi, si l’on ose dire, de cette seule et pathétique lettre anonyme qu’un professeur de la République fut immédiatement suspendu, moralement détruit et privé ce faisant, par une hiérarchie qui était censée au contraire lui garantir sa protection, du droit le plus élémentaire qu’on accorde même aux plus grands criminels, à savoir la présomption d’innocence ! C’est sur la foi d’une simple lettre anonyme que sa hiérarchie dépêcha sur place un inspecteur qui avait pour seule mission d’établir « la faute » et de monter un dossier à charge en vue d’un règlement interne, discret, pour ne surtout pas faire de vague. Et c’est enfin sur la base d’un rapport d’inspection dont je prétends, pour en avoir lu des extraits, qu’il est aussi diffamatoire que consternant de bêtise, qu’un fonctionnaire dit d’autorité, en l’occurrence le directeur académique des services de l’éducation nationale (ce qu’on appelle un « DASEN » dans ce milieu si friand d’acronymes) se persuada tout seul, derrière son bureau, qu’il avait à faire à un dangereux prosélyte au point de le mettre en quarantaine. Car non content de le suspendre, ordre lui fut donné de pointer tous les jours dans les bureaux de l’inspection académique en y restant aussi longtemps que durait son service, mesure vexatoire parfaitement ignoble et d’autant plus perverse qu’elle offrait sa victime en spectacle aux regards navrés de l’assistance. Même son école n’avait pas été informée de la suspension pendant les quinze premiers jours, les élèves et leurs parents le croyant malade ou pire, décédé !

Après un premier entretien avec l’autorité académique qui l’avait suspendu, l’invraisemblance de l’accusation de prosélytisme fut établie, non sans difficulté toutefois tant elle comblait les fantasmes d’un inspecteur en mal d’exploit et dont le discernement est proche du néant. On prit alors des chemins de traverse car il fallait qu’il soit coupable. On lui reprocha d’abord, sans en fournir la moindre preuve, d’avoir « choqué les enfants » par la lecture de ces extraits de la Bible dont chacun sait qu’ils sont en effet éminemment sulfureux et à la limite de la pornographie ! Puis, l’absurdité d’un tel grief ne pouvant être plus longtemps dissimulée, on finit par se contenter de lui reprocher d’y avoir consacré trop de temps : effectivement, six heures de leçons sur une année scolaire pour étudier quelques mythes fondateurs de l’occident judéo-chrétien, c’est énorme et cela vaut bien une suspension d’office ! Et, comme cela n’était décidément toujours pas crédible, on se borna en fin de compte à lui reprocher le choix de ces textes, considérés comme « trop difficiles » — ce qui valait toujours une suspension d’office aux yeux de notre très clairvoyante hiérarchie académique ! Chacune de ces accusations, l’une plus stupide et grossière que la précédente, fut démontée point par point par notre homme, néanmoins abasourdi et très affecté par la situation invraisemblable où le mettait une institution à laquelle il avait pourtant accordé sa confiance jusqu’au bout. Mais il est vain de se défendre et d’employer ses ressources pour réduire à néant les accusations sur le fondement desquelles l’autorité administrative se met en branle parce que dès cet instant elle se rend elle-même incapable de revenir sur sa décision ou d’en admettre le caractère précipité.  […] C’est ainsi que l’instituteur de Malicornay finit par être sanctionné, pour une faute totalement imaginaire et qu’il n’avait par ailleurs pas commise, sans aucun motif. Et sur quel fondement alors, se demandera-t-on ? Eh bien sur « l’intime conviction » du directeur des services académiques lui-même. C’est également ainsi que fut inventé, dans l’obscur bureau d’un non moins obscur fonctionnaire d’autorité de l’éducation nationale, le délit d’ « entorse à la laïcité » !

Dès lors, l’affaire de l’instituteur de Malicornay prenait une toute autre dimension. Il ne s’agissait plus seulement de l’une de ces nombreuses formes de harcèlement moral qui détruisent quotidiennement la vie de tant de professeurs. Il ne s’agissait plus seulement d’un grave manquement de la part de la hiérarchie de Matthieu Faucher, puisque tel est son nom, dont le devoir le plus élémentaire était de lui assurer les meilleures conditions pour qu’il puisse enseigner en le mettant justement à l’abri de la protestation des ignorants d’où qu’ils viennent au lieu de s’en faire le relai. Il s’agissait désormais d’un scandale. Je ne vois pas comment nommer autrement le fait qu’un principe essentiel de la République, invoqué à contresens par un fonctionnaire d’autorité, soit bafoué en servant de pseudo-fondement à une lourde sanction contre un instituteur qui, de son côté, le respectait scrupuleusement. Un comité fut créé. L’instituteur de Malicornay reçu également le soutien de quelques trop rares intellectuels, dont celui de René Nouailhat, éminent historien des religions, et de Régis Debray, qui avait défendu dans un rapport célèbre le principe de l’enseignement du fait religieux à l’école. Mais ce fut insuffisant pour émouvoir les deux ministres de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem puis Jean-Michel Blanquer, auprès desquels Matthieu Faucher déposa successivement deux recours hiérarchiques qui restèrent lettre morte. Même l’ « Observatoire de la laïcité », pourtant si prompt à voler au secours des caissières voilées d’une enseigne de prêt-à-porter au nom du dit principe, fit la sourde oreille en prétextant la « complexité » de l’affaire ! Décidément, que de forfaitures commises en ton nom, « laïcité » ! Je ne puis me défendre contre une profonde tristesse en pensant que la France, jadis si grand pays qui vit naître des Montesquieu, des Voltaire, des Zola, ne soit plus en état d’engendrer des intellectuels de cette envergure. Car ces derniers, s’ils avaient existé, auraient volé au secours de l’instituteur de Malicornay et tancé le ministre en poste au lieu de courir après une notoriété aussi vaine qu’éphémère en commentant tout ce qui fait l’actualité. Ils auraient pris la plume pour écrire à cette occasion une belle « défense et illustration de la laïcité » qui fait encore défaut plutôt que de disserter sans fin sur le port du voile, du « hijab de course » et du « burkini », toutes choses qui n’ont strictement rien à voir avec le principe de laïcité. […].

Faute d’être rétabli dans son honneur par l’un des ministres sollicités, notre instituteur fut contraint de porter l’affaire devant le tribunal. Bien lui en prit puisque ce dernier finit par annuler la sanction décidée par le directeur académique des services de l’éducation nationale, la qualifiant de « disproportionnée ». Ce jugement fut rendu au début du mois de juillet 2019. Il ordonnait à la hiérarchie de l’instituteur de le réaffecter sur son poste de Malicornay dans les deux mois. Trois mois plus tard, au moment où j’écris ces lignes, la décision de justice n’est toujours pas exécutée par un ministère de l’éducation nationale qui est, de fait, devenu hors-la-loi. Ainsi va le monde.

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Conférence annulée de Mme Agacinski: une lâche servitude

La philosophe Sylviane Agacinski a été contrainte d’annuler une série de conférences prévues à Bordeaux sur la « reproductabilité » de l’être humain, sous la contrainte de divers groupes idéologiques qui l’ont menacée de violence. L’intellectuelle, épouse de Lionel Jospin, est en effet une opposante à la GPA. La réforme, en cours de discussion devant le le Parlement, soulève de gigantesques questions liées, non seulement à l’avenir de la civilisation, mais à celui de la nature humaine: elle introduit dans le droit la possibilité de créer l’enfant sans père; elle ouvre une voie possible, à travers l’intervention sur les cellules souches, à la sélection des embryons; elle modifie le sens de l’acte médical et de la solidarité nationale face au risque santé en prévoyant la prise en charge par la sécurité sociale d’un acte qui n’est pas de soin face à la maladie; en préparant le terrain de la future PMA, elle annonce la marchandisation du corps humain. La GPA est au coeur de l’idéologie dominante, un vaste courant de pensée correcte fondée sur l’individu roi: tout est possible, tout est permis, sans limite éthique et par delà les notions de bien et de mal. L’immense majorité des maître penseurs vont dans le sens du vent et se plient au conformisme. Non qu’ils soient convaincus, mais surtout par soumission à l’apparence de modernité et de progressisme.  Se placer dans le sens du vent…  Il se trouve une poignée d’intellectuels dissidents, résistants, comme Mme Agacinski, pour résister à la force de ce conformisme. L’empêcher de s’exprimer est un fait de dictature, au sens fort du mot, celle des dictatures fascistes ou soviétiques des années 1920-1930. Peu importe que l’interdiction émane de l’Etat ou de groupuscules extrémistes et violents. Le chaos, l’anarchie, la disparition de l’autorité dans l’espace public, sont tout autant propices à la tyrannie des groupes extrémistes et violents, qu’un Etat totalitaire. D’ailleurs, l’un engendre l’autre. « L’ordre seul, fait la liberté, le désordre fait la servitude » (Charles Péguy). La servitude? Nous pataugeons dans une mare de lâche servitude. Il est scandaleux que Mme Agacinski n’ait pas pu s’exprimer. La responsabilité du politique est clairement engagée. Un Etat qui cède face à des groupuscules extrémistes et qui ne parvient pas à faire respecter la liberté d’expression est aussi coupable qu’un Etat invasif: chaos et dictature sont les deux faces d’une même médaille. A moins qu’il ne soit, tacitement, idéologiquement, complice de ces groupes extrémistes.

Maxime TANDONNET

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Présidentialisme: l’erreur de François Hollande (pour Figaro Vox)

Dans son nouveau livre, « Répondre à la crise de la démocratie » (Fayard), François Hollande propose une réforme radicale de la Constitution française. En soi, il est révélateur qu’un ancien chef de l’Etat, fort d’une expérience au cœur du pouvoir, propose un changement de la règle du jeu fondamentale de la Nation.  Il tire un constat d’échec : le système actuel ne permet pas de gouverner.

Son initiative soulève la sempiternelle question de la part respective de la responsabilité personnelle d’un dirigeant et de celle des institutions dans la faillite d’une politique. L’échec du quinquennat de François Hollande fut si évident qu’il s’est traduit par la renonciation de ce dernier à se porter candidat pour un second mandat. Il tient largement à des erreurs ou des défaillances qui sont de nature personnelle : l’antisarkozysme obsessionnel et stérile, les affaires Léonarda, Cahuzac, Trierweiler, les promesses rituelles sur le chômage et toujours démenties par les faits, les quatre mois de tergiversation sur la déchéance de la nationalité à la suite de l’attentat du Bataclan. Les institutions ne sont pas directement responsables de ces errements qui s’attachent à une personnalité, à des comportements personnels.

Pourtant, les défaillances humaines ne dispensent en rien d’une réflexion sur la part des institutions dans les difficultés que traverse la France. L’impuissance publique, l’incapacité du politique à régler les grands problèmes du pays dépassent largement le cadre d’un seul mandat présidentiel : la dette publique, le chômage de masse, l’aggravation de la pauvreté et de la violence, l’incapacité à maîtriser l’immigration, la crise de l’éducation nationale, la fragmentation communautariste, la perte d’influence et de puissance, le décrochage industriel français, sont des phénomènes de long terme qui dépassent la personnalité des différents chefs de l’Etat. Au-delà des individus, le régime politique a aussi sa part dans la mauvaise pente prise par la France.

Le diagnostic de M. François Hollande sur la nécessité d’une profonde réforme constitutionnelle est donc tout à fait juste. En revanche, les solutions qu’il propose, étrangement, paraissent aller dans un sens qui ne fait qu’aggraver le mal. L’ancien chef de l’Etat préconise un renforcement du caractère présidentiel du régime : le chef d’Etat serait élu pour six ans au lieu de cinq, le Premier ministre serait supprimé, le droit de dissolution de l’Assemblée nationale disparaîtrait, tout comme la possibilité pour cette dernière de renverser le gouvernement.

Cette réforme aurait pour effet d’accentuer jusqu’à la caricature les traits les plus toxiques du régime actuel, la Ve République « bis », telle qu’elle est issue du quinquennat présidentiel. Le président de la République, privé de Premier ministre et d’un Gouvernement, s’imposerait, plus encore qu’aujourd’hui, comme le symbole du pouvoir politique dans sa globalité. L’élection présidentielle s’affirmerait toujours davantage comme la clé de voûte de toute vie politique.

Or, la France subit de plein fouet aujourd’hui les inconvénients d’une telle logique qui repose sur deux illusions. Illusion démocratique : le peuple ne décide rien car le choix du chef de l’Etat est conditionné par le pouvoir médiatique, qui sélectionne son favori, par l’écho donné à ses déclarations et l’exposition offerte à son image. Illusion de l’autorité : la vision du chef unique, emblématique de l’autorité, ne fait que couvrir l’impuissance des politiques publiques en raison de la prépondérance des contraintes financières (poids de la dette publique), du carcan normatif issu des institutions supranationales et des juridictions (cours européennes, conseil constitutionnel).

Fonder tout un régime sur l’image d’un homme – le culte de la personnalité – favorise l’effondrement de la conscience politique : la vanité d’un individu prend le pas sur l’intérêt général de la nation et devient, à travers l’objectif de la réélection – le fondement de toute politique. Le cocktail de l’impuissance publique et de l’obsession vaniteuse plonge la vie politique dans une course à la communication stérile et aux chimères qui l’éloigne toujours plus de la réalité et de la vérité.

L’issue à la crise démocratique de la nation passe par des solutions qui sont précisément à l’inverse du projet de M. Hollande. La France a besoin d’un authentique Premier ministre et d’un Gouvernement qui pilotent le pays au quotidien en effectuant des choix d’intérêt général et en les assumant devant le Parlement. Cette mission est inconcevable de la part du chef de l’Etat : en charge d’une tâche de prestige, notamment à l’international, il n’est pas en situation d’exercer le pilotage quotidien de la nation. Renforcer le Premier ministre reviendrait, de fait, à restaurer la mission essentielle du chef de l’Etat fondée sur la vision et la sagesse de celui qui fixe un cap de long terme, sans intervenir en permanence et à tout propos dans la vie publique.

La véritable réforme constitutionnelle dont la France a besoin n’est donc pas celle que propose M. Hollande consistant à calquer le régime français, quasiment à l’identique, sur le modèle américain. Elle consiste bien au contraire à restaurer les fondements gaulliens de la Ve République autour d’un chef de l’Etat impartial et garant de l’intérêt suprême de la Nation, notamment à l’international, d’un puissant Premier ministre charger de gouverner – réellement et efficacement – le pays sous le contrôle d’un Parlement souverain, élu indépendamment du président de la République, et non pas inféodé à ce dernier. La formule du retour au septennat présidentiel, un septennat rendu non renouvelable, serait à l’évidence un pas décisif dans la bonne direction.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Voile et démagogie

La démagogie est l’un des pires fléaux en politique. Elle est l’une des sources du déclin des nation à long terme et parfois de leurs dérives dans le chaos sanguinaire ou la tyrannie. Aujourd’hui, la proposition d’interdire le voile et la Kippa sur la voie publique relève du plus authentique instinct démagogique. L’objectif est d’agiter les vils instincts de foule en brandissant une mesure irréaliste, sans même parler de l’obstacle juridique (constitutionnel et conventionnel):

  • Une atteinte de plein fouet à l’une des libertés les plus fondamentales, celle d’aller-et-venir dans les vêtements de son choix dont nul ne sait jusqu’où elle pourrait conduire.
  • Quant à l’idée de prohiber les vêtements supposés exprimer une croyance, quel critère appliquer, où commence la croyance, où finit-elle? Après le voile et la kippa, quelles autres interdictions?
  • Qu’est-ce qui définit et assure la nature religieuse – islamique – du voile? Tout port d’un voile serait donc interdit pour les femmes? Et qu’en serait-il d’une casquette, ou d’un chapeau, au regard du principe d’égalité? Et quid des personnes malades contraintes de porter un voile?
  • Comment faire respecter une telle interdiction? Mobiliser les 140 000 policiers et 90 000 gendarmes pour harceler les femmes qui portent un voile dans la rue à des fins religieuses et non religieuses dès lors que la distinction est inconcevable (sauf à lire dans les consciences)?
  • Qui peut imaginer un instant pouvoir limiter cette interdiction au voile et à la kippa sans que les signes chrétiens soient à leur tour interdits, en droit ou en fait?
  • Eradiquer toute expression religieuse dans l’espace publique suppose l’émergence d’une société de surveillance, de contrôle, de répression, de délation qui aurait toutes les caractéristiques du totalitarisme – fasciste ou soviétique.
  • Ce genre d’interdit provoquerait une violente réaction qui inciterait les femmes, par millions, musulmanes ou non musulmanes, non concernées par le voile – ainsi que les hommes, à se mettre à le porter à des fins de contestations d’une mesure attentatoire aux libertés fondamentales.
  • Le voile est un signe et même si par une répression violente et l’instauration d’un Etat totalitaire, le nouveau régime parvenait à imposer son éradication, en aucune manière cette mesure jouant au niveau des apparence, n’impliquerait  un meilleure adhésion aux principes républicains. Elle favoriserait au contraire la haine et la violence de toute part. Aucune mesure ne pourrait mieux aggraver la fragmentation et le communautarisme.
  • La querelle du voile – l’hystérie autour des sorties scolaires – n’est que le symptôme de fractures dramatiques qui ravagent la société française  comme je l’ai expliqué dans l’article ci-joint pour Figaro Vox: crise de l’autorité de l’Etat, effondrement économique, explosion de la dette, de la violence et de la pauvreté, échec de la maîtrise de l’immigration,  désastre scolaire, défiance croissante envers le politique. Faire de la démagogie sur le voile est une manière de nier cette réalité pour ne pas avoir à relever les véritables défi.
  • Bien sûr la démagogie n’a rien de nouveau dans l’histoire. Ce qui est effroyable, c’est sa banalisation et sa médiatisation à outrance dans l’indifférence plus ou moins consentantes d’une société.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Anomie intellectuelle

Edouard Drumont est l’un des auteurs français (d’Algérie) du XIXe siècle et début XXe les plus violemment antisémites, l’un des inspirateurs de l’antisémitisme hitlérien. Tout individu pourvu du plus élémentaire bagage de culture historique, d’intelligence et de cœur, ne peut que ressentir une insoutenable nausée face à l’idée saugrenue d’associer une personnalité d’origine juive – quelles que soient ses idées – victime directe ou indirecte de la Shoah (à travers sa famille, ses amis, sa communauté), au souvenir de l’abominable Edouard Drumont.  Ce genre d’insulte facile, sous l’habit de prétentions scientifiques, signe l’échec du débat et de l’argumentation face à des propos aussi contestables soient-ils. Dans cette affaire, ce n’est pas seulement le chaos mental ni la médiocrité qui nous assaillent, mais la stupéfaction de voir un tel message relayé dans l’euphorie et l’unanimisme par quasiment tous les véhicules médiatiques et journalistiques de la pensée correcte dans un grand bûcher jubilatoire, mais aussi l’apathie générale – la peur- des intellectuels qui n’ont pas réagi à cet amalgame monstrueux. Ci-dessous les extraits d’un texte étonnant, documenté, extraordinairement courageux de M. Vincent Tournier, professeur de sciences politiques, évidemment ignoré des grands relais de la pensée vertueuse, qui traduit mieux que quiconque les sentiments de nombre d’entre nous.

« Mais le cœur du malaise est ailleurs. Il commence avec le titre et la couverture du livre. Gérard Noiriel et son éditeur ignorent-ils que le serpent venimeux a constitué l’une des grandes figures de la caricature antisémite à l’époque de Drumont ? Pourquoi utiliser une telle rhétorique, aussi lourde de signification, surtout lorsqu’on connaît les origines d’Eric Zemmour ? En agissant ainsi, l’historien ne risque-t-il pas de se fourvoyer dans ses propres combats et de passer à côté de l’essentiel ?

Car au-delà du titre, que l’on peut à la rigueur considérer comme une concession aux impératifs commerciaux, c’est la thèse elle-même qui pose un problème : quelle est la pertinence d’une telle comparaison avec Edouard Drumont ?

Or il faut poser la question. Au-delà de l’absence de contextualisation, pourtant indispensable en histoire, un signe aurait dû alerter notre historien : quelle est l’image d’Eric Zemmour dans la communauté juive contemporaine ? Celui-ci est-il vu comme un esprit malfaisant, un propagandiste dangereux, un extrémiste lourd de menace ? Il suffit pourtant de faire un tour rapide sur les principaux sites d’informations juifs pour constater que Zemmour n’est pas vu comme le digne héritier de Drumont […]

Face à cette objection, Gérard Noiriel va répondre que, au-delà de cette inversion idéologique (qui n’est pourtant pas un simple détail), Zemmour et Drumont sont animés par la même logique : la haine. Ce faisant, Noiriel semble souscrire à l’idée que le monde politique se réduit à deux camps : celui de la haine et celui de l’amour. Malheureusement, la politique n’est pas aussi simple. La politique n’oppose pas la haine et l’amour, mais des combinaisons variables d’amour et de haine. Chaque camp a ses haines et ses amours : dis-moi qui tu hais et je te dirai qui tu es […]

Revenons alors à Drumont. Gérard Noiriel l’a-t-il vraiment lu ? Plus exactement, a-t-il pris la peine d’ouvrir le second volume de La France juive, celui où Drumont parle de l’Algérie et du fameux décret Crémieux – décret de 1870 qui a accordé la citoyenneté française aux seuls juifs d’Algérie, ignorant donc les musulmans ? Ce texte est pourtant essentiel car il éclaire un aspect majeur de l’antisémitisme de l’époque […] « Le juif jouit en Algérie d’un mépris que l’on comprend. » Quand un juif entre dans une maison, les femmes ne prennent même pas la peine d’ôter leur voile. Le juif ne compte pas ; il n’est pas un homme. Sa vie ne vaut rien. Drumont hait les juifs, mais il ne hait nullement les Arabes et les musulmans, bien au contraire. Il prend leur parti, il relate leur souffrance, expliquant que, par le biais de l’Alliance israélite universelle, présidée par Crémieux, les juifs ont su parachever leur domination en s’arrangeant, avec la complicité de la République honnie, pour être les seuls à bénéficier des droits civiques. »

(Extraits Vincent Tournier)

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La crétinisation de masse

Depuis une semaine, la France médiatico-politique s’entre-tue sur le « voile dans les sorties scolaires ». Sur les petits plateaux de télévision, la violence haineuse et le point Godwin atteignent leur paroxysme. Jamais « Hitler » et le « nazisme » n’auront été autant à l’honneur dans le petit écran. Les coups de menton virils de certains ne manqueront pas de leur faire gagner des voix dans le sondages. La querelle du voile dans les sorties de classe est une chose, mais tout est affaire de proportion. Le drame fondamental de la France et celui du monde occidental, celui qui conditionne tout le reste, au coeur du déclin, est d’une autre nature: la crétinisation de masse. Elle est en partie liée à l’évolution d’un mode de vie mais elle est aussi volontaire. Elle est largement organisée. La réforme actuelle de l’éducation nationale (suppression des filières) et du bac est l’archétype même de la politique de crétinisation, sous couvert de nivellement par le bas (contrôle continu sans aucune garantie d’impartialité et grand oral débile) comme la suppression du concours d’entrée à sciences po. Cette crétinisation de masse a pour objectif d’éradiquer l’esprit critique et de résistance, de répandre l’abrutissement et la servilité collectifs. Elle accélère en ce moment sa marche à l’abîme. Et les preuves de ce phénomène tragique, qui mine la France et le monde occidental dans les profondeurs, ne cessent de s’accumuler.

  • PirlsPour Progress In International Reading Literacy Study, décembre 2017, niveaux testés : CM1 dans 50 pays. La France est la seule, avec les Pays-Bas, à voir son score baisser depuis 2001 et passe au 34ème rang sur 50. Le déclin est le plus marqué sur la compréhension de textes informatifs avec un score de 510, contre 532 en 2001. En lecture, ce n’est guère mieux. Avec un score de 520 points, les écoliers français basculent sous la moyenne européenne (530 points).
  • PisaPour Programme international pour le suivi des acquis des élèves, septembre 2017, niveaux testés : 3ème dans 32 pays. Pisa a évalué pour la première fois cette année les performances des élèves lorsqu’ils travaillent en groupe. La France est à la peine : elle se classe 20ème sur les 32 pays testés. Seuls 6% des élèves français décrochent la note maximale en travail collectif. Et un bon tiers des élèves se situent au niveau le plus bas, ne parvenant pas à comprendre un problème en groupe ni à trouver des solutions pour le résoudre.
  • TimssPour Trends in International Mathematics and Science Study, date de publication : novembre 2016. Niveaux testés : CM1 (dans 50 pays) et lycéens de Terminale scientifique (dans neuf pays). Les 4.870 élèves français de CM1 y obtiennent 488 points en mathématiques et 487 points en sciences : des résultats en-dessous de la moyenne internationale (500) et européenne (525). Si plusieurs pays d’Asie devancent de 100 points la France, l’Hexagone se fait aussi battre par des pays voisins comme l’Allemagne ou le Portugal. Les résultats de cette étude sont également sans pitié pour nos lycéens puisque seuls 1% d’entre eux se classent dans le niveau « avancé », contre 15% en 1995 dans une précédente édition du Timss. 11% sont estimés être à un niveau « élevé » contre… 64% en 1995.
  • PisaPour Programme international pour le suivi des acquis des élèves, décembre 2016, niveaux testés : 3ème dans 70 pays Disciplines : mathématiques, culture scientifique, compréhension de l’écrit. Selon cette étude menée par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques),les élèves français sont en recul de quatre points en mathématiques. Pisa relève la forte influence du milieu social, culturel et économique sur le niveau scolaire des adolescents. Près de 40% des élèves en France issus d’un milieu défavorisé sont en difficulté, contre 34% seulement pour la moyenne OCDE.
  • La dictée du ministère de l’Éducation nationale, date de publication, novembre 2016. Niveaux testés : CM2 en 1987, 2007 et 2015 en France. Ces tests réalisés par le ministère de l’Éducation nationale  sont sans appel: il y a bel et bien un déclin. À l’entrée en collège, les CM2 faisaient, lors d’une même dictée de 67 mots, 10,6 fautes en moyenne en 1987, 14,3 en 2007 et 17,8 en 2015. Pour faire bref, l’écolier d’aujourd’hui fait sept fautes de plus que son prédécesseur des années 1980. Pis, la catégorie de ceux faisant au moins 25 fautes gonfle, passant de 19,8% des élèves testés (contre 5,4% en 1987).
  • Une étude publiée en 2013 dans la revue scientifique Intelligence, c’est chez les Britanniques que l’effondrement du quotient intellectuel (QI) est le plus flagrant. On observe en effet une chute de 14 points entre 1999 et 2013, avec un score moyen de 100. En France, le phénomène est moins alarmant mais tout aussi réel. On y note en effet un recul de près de 4 points, depuis le début des années 2000, avec un score moyen de 98 qui la situe au 19e rang mondial. La même tendance s’observe en Australie, aux Pays-Bas, au Danemark, en Norvège et en Suisse… « Nous devenons de plus en plus stupides , ça se passe maintenant et cela ne va pas s’arrêter » assène sans détour Edward Dutton, (Ulster Institute for Social Research, Royaume-Uni).
    QI moyen entre 2002 et 2006
    Pays QI moyen
    Hong- Kong 108
    Singapour 108
    Corée du Sud 106
    Japon 105
    Chine 105
    Taïwan 104
    Italie 102
    Pays-Bas 100
    Norvège 100
    Grande-Bretagne 100
    Belgique 99
    Allemagne 99
    Finlande 99
    Pologne 99
    Suède 99
    Espagne 98
    Etats-Unis 98
    France 98
    Biélorussie 97
    Russie 97
    Ukraine 97
    Israël 95
    Portugal 95
    Grèce 92
    Irlande 92

 

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Hystérie et impuissance

Les deux phénomènes sont intrinsèquement liés. Chaque jour la vie politico-médiatique sombre un peu plus dans l’hystérie collective. Cette semaine est dominée par  la reprise de l’affaire du « voile ». L’excitation est générale et furieuse, comme si la France était devenue un gigantesque asile psychiatrique. Tout n’est plus que crachats de haine, insultes, gesticulations et envie de tuer.

Mais sous le voile de l’hystérie, tout un monde se désintègre à vue d’œil, celui de l’autorité de l’Etat, de l’aptitude d’une société à se gouverner et choisir son destin. Par un phénomène de compensation, le niveau de l’excitation est inversement proportionnel à celui de l’efficacité. L’hystérie collective et l’impuissance publique sont les deux faces d’une même médaille.

Le Conseil constitutionnel vient de frapper fort en ce début d’automne. Dans l’indifférence générale, il a annulé deux dispositions législatives issues de choix politiques. D’une part, il a interdit au législateur de durcir les conditions d’aménagement de peine pour les auteurs d’actes terroristes (en vertu du principe de proportionnalité des sanctions). D’autre part, il vient d’empêcher le parlement d’augmenter les droits d’inscription à l’université des étudiants étrangers (au nom du principe de modération de ces droits).

A chaque fois, le CC répète qu’il ne dispose pas d’un pouvoir normatif équivalent à celui du Parlement. Pourtant, de fait, il se comporte exactement comme une troisième chambre, non élue au suffrage universel, désignée par cooptation et composée pour l’essentiel de politiciens au rancard, qui censure les deux autres Chambres, l’Assemblée nationale et le Sénat, élues au suffrage universel. L’an dernier, proclamant la valeur constitutionnelle du « principe de fraternité »,  il avait ainsi achevé de supprimer toute sanction à l’aide au séjour illégal.

Aujourd’hui, il fait exactement ce qu’il veut sur tous les sujets, jouant à sa guise sur le curseur des grands principes qu’il a lui-même constitutionnalisés. Après avoir brisé des lois qui ne convenait pas à son idéologie, il n’aura demain aucun scrupule à valider les yeux fermés la « PMA sans père » qui invente l’enfant sans père à l’encontre de toutes les traditions juridiques et philosophiques de la famille et de l’enfant.

D’ailleurs, à cette jurisprudence étouffante et partiale du Conseil constitutionnel s’ajoutent toutes les autres sources de contraintes pour le Parlement: droit européen (directives et règlements) qui recouvrent désormais tous les aspects de la vie publique, la jurisprudence de la cour de justice de l’Union européenne, de la cour européenne des droits de l’homme, du Conseil d’Etat et de la Cour de cassation, les contraintes financières.

Le suffrage universel, la démocratie, la souveraineté populaire sont aujourd’hui foulés au pied et bafoués. Dès lors que plus aucune autorité politique ne tient le gouvernail d’un navire en perdition, il ne reste pour faire semblant d’exister, du sommet à la base et de l’extrême gauche à l’extrême droite, qu’à parader, provoquer, gesticuler… Mais qui est encore dupe?

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Lecture: Recomposition (le nouveau monde populiste), Alexandre Devecchio, les éditions du Cerf, 2019

« Je dédie ce livre aux sans voix et aux sans-dents, à ceux qui ne sont rien, qui fument des clopes et roulent au diesel, aux ploucs, aux beaufs, aux fainéants, aux déplorables et aux lépreux… Aux miens. » 

Alexandre Devecchio, par cette dédicace, donne le ton de son ouvrage. Le thème général de son essai est la fracture qui déchire tout le monde occidental entre une infime minorité qui détient les leviers du pouvoir politique, judiciaire, médiatique, et la majorité silencieuse, diabolisée sous le terme de « populisme« .

« Alors, révolution, contre-révolution, ou restauration? Plus exactement, il s’agit d’une recomposition. D’autant plus que le mouvement des Gilets jaunes n’est finalement qu’une révolte parmi beaucoup d’autres. Il s’inscrit dans une vague beaucoup plus ample qui touche désormais presque toutes les démocraties occidentales. C’est la victoire du Brexit en Grande-Bretagne, celle de Trump aux Etats-Unis,, de Kurz en Autriche, d’Orban en Hongrie, de Di Maio et Salvini en Italie, dans une certaine mesure celle de Bolsonaro au Brésil et de Zelinsku en Ukraine, mais aussi la percée du FN en France, de Vox en Espagne, de l’AFD en Allemagne, du parti droit et justice en Pologne, de la N-VA flamande, de l’UDC en Suisse, du parti de la liberté ou du forum pour la démocratie néerlandaise, du parti du Progrès en Norvège, du parti du peuple danois ou des démocrates en Suède. »

L’ouvrage pourfend les manipulations de l’histoire auxquelles s’adonnent les maîtres penseurs de notre époque en particulier le dévoiement permanent de l’histoire des années 1930 à des fins de propagande. Non, souligne-t-il, les expressions de révolte populaire qui jaillissent en ce moment ne peuvent en aucun cas être assimilées aux totalitarismes du siècle passé, ni au nazisme, ni au fascisme, ni au communisme. C’est falsifier l’histoire que de le prétendre. Oui, affirme-t-il, il est monstrueux d’opérer un amalgame entre la dénonciation aujourd’hui de l’islamisme radical, et l’antisémitisme des XIXe et XXe siècle.

Il décrit avec talent le phénomène du politiquement correct, c’est-à-dire l’idéologie dominante qui, originaire des Etats-Unis au début des années 1990, vise à imposer dans tout le monde occidental un véritable conformisme de la pensée et à interdire toute liberté d’expression sur les sujets sensibles de l’époque, notamment touchant au dépassement des nations et des frontières, au culte des minorité et au libre-arbitre individuel. La fracture populiste est avant tout, selon lui, une révolte contre cet ordre idéologique ou dictature d’une pensée unique.

Alexandre Devecchio cite Christopher Lasch, décédé en 1995 et « son livre testament »: La révolte des élites et la trahison de la démocratie. La responsabilité initiale de la grande fracture incombe non aux peuples mais aux élites dirigeantes ou influentes, qui ont fait le choix de la sécession, vivant désormais « dans le royaume sans frontières de l’économie mondiale où l’argent à perdu tous ses liens avec la nationalité. »

L’auteur considère que l’immigration et les échecs de l’intégration sont eu cœur de cette monstrueuse déchirure qui ne cesse de se creuser. Cette question fondamentale de notre époque oppose les « élites sans frontières » aux milieux populaires. Les premières, dans un élan qui associe la logique économique du recrutement sans frontière et humaniste de l’accueil inconditionnel,  y voient une sorte d’idéal, de voie royale vers l’avenir radieux. Les seconds, confrontés à la réalité, la ressentent comme une menace pour leur mode de vie et pour la cohésion sociale et un risque de « partition ».

Alexandre Devecchio s’indigne de l’hypocrisie qui règne sur le sujet, le double langage des progressistes, qui adorent l’immigration en public pour se conformer au politiquement correct mais tiennent le discours contraire en privé, à l’image de l’ancien président de la République:

« Quand on lit Finkielkraut, Zemmour, Houellebecq, qu’est-ce que ça charrie? Toujours la même chose, la chrétienté, l’histoire, l’identité face à un monde musulman qui vient, explique-t-il aux journalistes Gérard Davet et Lhomme dans leur livre d’entretien, Un président ne devrait pas dire ça.  Les deux journalistes du Monde ont brisé la règle du off révélant des propos à l’opposé de ceux que le président de la République tient en public. L’immigration? « Je pense qu’il y a trop d’arrivées, d’immigration qui ne devrait pas être là. C’est Sisyphe! On les fait parler français, et puis arrive un autre groupe, et il faut recommencer. Ca ne s’arrête jamais […] Donc il faut à un moment que ça s’arrête. On ne peut pas continuer à avoir des migrants qui arrivent sans contrôle, dans le contexte en plus des attentats. » 

Alexandre Devecchio en appelle pour conclure à une réconciliation entre les deux mondes qui ne partagent plus rien en commun et ne parlent plus le même langage.  « Ainsi, seulement, ceux de quelque part et ceux de n’importe où pourront recomposer un ordre politique fondé à la fois sur la souveraineté des peuples et sur la liberté des individus. Un ordre démocratique en somme. »

Voici un livre passionnant, témoignage capital sur le malaise d’une époque écrit par un jeune journaliste brillant, clairvoyant et d’un exceptionnel courage intellectuel. Issu des quartiers populaires de la Seine-Saint-Denis où il a fait toutes ses études jusqu’au bac, Alexandre Devecchio sait de quoi il parle avec un mélange de conviction et de sagesse qui font le charme de son livre.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Munich du Kurdistan ou la faillite du monde occidental

Ce matin, deux jours après, plus personne n’en parle. Bien sûr, la comparaison avec Munich, 30 septembre 1938 est terriblement galvaudée. Bien sûr, l’histoire ne se répète jamais à l’identique, comme un fleuve ne remonte pas à sa source. Pourtant, elle ne cesse de bégayer et la lâcheté humaine, comme la bêtise et la vanité, sont toujours identiques et se reproduisent périodiquement.  L’occident a abandonné les Kurdes comme jadis les Tchécoslovaques, à leur triste sort. Erdogan a lancé une invasion dirigée contre le Kurdistan syrien: villages occupés, bombardement de civils, occupation militaire, massacres de populations. Le peuple Kurde,  20 millions d’habitants, écartelé entre quatre Etats du Moyen Orient, fut à maintes reprises l’allié du monde occidental, notamment pendant les deux guerres mondiales. Il fut l’objet de mille promesses de création d’un Etat où il pourrait vivre en paix, toujours trahies. Les Kurdes ont été bombardés, gazés, massacrés sous la dictature de Saddam Hussein. Ils furent en première ligne de la lutte contre l’Etat islamique Daesh. Les femmes kurdes ont payé un lourd tribut à la folie sanguinaire des tortionnaires (illustration jointe). Les USA de Trump ont lamentablement abandonné leurs ex-alliés. L’Europe, ce grand corps malade, impuissant, désarticulé, terrifié par le chantage migratoire, n’a pas bougé le petit doigt (en dehors de quelques gesticulations isolées et grotesques). Les coups de menton et les aboiements de roquets ne servent à rien devant un dictateur. Il fallait une réaction immédiate, unitaire et implacable pour faire plier l’envahisseur. Le monde occidental est en train de sombrer en se désintégrant dans un interminable naufrage. Son malheur est celui d’un désastre politique.  Il n’a plus de dirigeants, d’hommes d’Etat dignes de ce nom. Les pitres ont remplacé les chefs. Pour des raisons diverses, la crétinisation des élites dirigeantes, le fanatisme narcissique qui s’empare des esprits et la dévalorisation de la fonction politique – qui attire trop d’imbéciles et de vaniteux – l’effondrement moral, politique et intellectuel de l’occident vient encore de frapper au détriment de nos amis Kurdes.

Maxime TANDONNET

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2022, révolte ou révolution par les urnes?

 

C’est une évidence et il faut beaucoup d’aveuglement et de sottise pour ne pas  le voir. Les élections de 2022 seront un gigantesque défouloir contre l’occupant de l’Elysée et le pouvoir LREM.  Une formidable émotion collective, mélange de colère et de désespoir, va s’exprimer en cette occasion. Mille bonnes raisons se mêleront pour former un violent cocktail explosif et parmi elles: le rejet viscéral d’une figure totémique et obsessionnelle; la conscience d’une dégradation vertigineuse et continue de la situation sur les plans économique, social, sécuritaire, migratoire, scolaire et civique; l’impression de mystification face à la promesse non tenue d’un nouveau monde d’exemplarité. La classe dirigeante et influente, anesthésiée par son affligeante médiocrité intellectuelle, déconnectée du monde réel et de la France des profondeurs,  ne voit pas venir le séisme qui approche à grands pas. Et pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir annoncé, dès le début, au temps où la France d’en haut était prise d’une sorte de transe idolâtre. Mais le fond du problème, pour nous les citoyens lambda, c’est qu’aucune alternative crédible ne se présente encore à nos yeux. Une conviction: le coup du sauveur providentiel, jeune, brillant et superbe (ou plutôt télégénique) – fabriqué de A à Z par le pouvoir médiatique, une vision sublime dont la France est supposée tomber « amoureuse » ne prendra jamais plus. La mémoire des peuples a ses mystères irréductibles. Quant à l’opération « épouvantail », consistant à porter le Pen au second tour par un déchaînement de propagande médiatique, afin d’assurer l’élection de son adversaire et prolonger de 5 ans la jouissance morbide des attributs du pouvoir, elle ne réussira pas forcément une deuxième fois: un fleuve ne remonte jamais à la source et  les Français échaudés peuvent ne pas céder à la supercherie. Voilà pourquoi, tout ce qui peut paraître aller dans le sens d’une reconstruction politique à la base est digne d’intérêt. Voilà pourquoi les Français, même sans être des inconditionnels de la « droite », devraient prendre au sérieux, (sans y voir évidemment une solution miracle), les élections qui se dérouleront dimanche à la tête de LR.

Maxime TANDONNET

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Election pour la présidence des Républicains

Bien sûr, on peut prendre tout cela par le mépris. On peut se saouler d’idolâtrie et s’en remettre à l’aveuglette au prochain « sauveur providentiel » qui promettra à son tour un autre « nouveau monde ».

Mais dans la période de trouble infini que traverse le pays – et le monde occidental – un authentique exercice démocratique ne saurait être négligé. L’élection qui se tiendra dimanche pour la présidence de LR, sans qu’il ne soit question d’y voir une « solution miracle », est intéressante à plus d’un titre:

  • La démocratie française a besoin de formations politiques: leur affaiblissement donne le champ libre aux seuls médias pour imposer leur champion et leur idéologie.
  • Pour la première fois depuis longtemps, les candidats en lice pour cette élection ne sont pas engagés dans la quête narcissique d’un tremplin pour préparer l’assaut et la prise de l’Elysée.
  • Un vrai choix est offert aux militants entre trois lignes dominantes avec des nuances: chiraquienne (M. Jacob), gaullo-souverainiste (M. Aubert), libérale et régalienne (M. Larrivé, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy).
  • La campagne s’est déroulée dans un climat digne, courtois et responsable, ce qui mérite d’être souligné en cette période de grand chaos politico-médiatique.
  • Elle a donné lieu, non pas à une guerre d’ego (telle que nous y étions habitués), mais à un vrai débat d’idées en particulier sur l’immigration: blocus des passeurs esclavagistes pour M. Aubert, refonte du code de la nationalité pour M. Larrivé, quotas pour M. Jacob.
  • Tous les trois ont manifesté une vraie lucidité et courage intellectuel en s’opposant à « la PMA sans père ».
  • Des échéances électorales (municipales en 2020, Présidentielles et législatives en 2022 se profilent à l’horizon et la direction que prendra  LR dans un proche avenir, à travers son projet, sera déterminante.
  • Tous trois, M Aubert, M. Jacob et M. Larrivé, sont des personnalités irréprochables sur le plan de l’intégrité et des convictions, ce qui n’est pas négligeable. Ils n’ont pas cédé aux sirènes de compromissions d’un côté ou de l’autre.
  • Dans un scrutin de ce genre, rien n’est joué d’avance.

(Ci-dessous, mon analyse pour le site Atlantico).

Maxime TANDONNET

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Du chaos à la barbarie et comment en sortir (pour le Figaro)

Ci-dessous mon article publié dans le Figaro de ce matin, le 9 octobre:

Après la tragédie de la préfecture de police de Paris, une question mériterait d’être posée : comment un natif de Fort-de-France, chef-lieu de la Martinique, un département aussi emblématique du patriotisme français, peut-il soudain basculer dans le fanatisme sanguinaire. La nature, paraît-il, a horreur du vide. Quel néant, quel nihilisme, la chute dans l’islamisme radical vient-elle combler?

Les Français ont le sentiment, d’année en année, que le pays fait peu à peu naufrage dans une sorte de chaos politique, social et éducatif. Les sources de ce désordre se situent au plan culturel. L’anomie, ou la perte des repères traditionnels, est au cœur de ce processus.

L’État, la nation ? Qu’en reste-t-il au-delà des gesticulations, coups de menton et bravades stériles ? Le pays est comme livré à lui-même, privé de la protection du Leviathan de Hobbes, censé mettre fin à la guerre de tous contre tous. En matière de régulation des migrations et de contrôle des frontières, le sentiment dominant est que plus personne ne maîtrise rien en Europe et les passeurs esclavagistes imposent leur loi aux États réduits à l’impuissance. Par ailleurs, la violence quotidienne -coups, insultes, vols avec violence, cambriolages, agressions sexuelles, voire meurtres- se banalise depuis des décennies au point que nul n’en parle plus désormais.

L’école ? Elle connaît une crise sans précédent qui s’exprime dans la généralisation des agressions envers les professeurs. Les études soulignent un effondrement du niveau scolaire qui touche tous les enseignements, autant l’orthographe que les mathématiques. L’école est aussi le lieu privilégié de l’hypocrisie française. La politique de nivellement par le bas, sous couvert d’égalitarisme, se traduit par la neutralisation des examens (le bac) et la suppression des concours (Science po). Or le saccage de l’éducation nationale n’empêchera jamais la bourgeoisie privilégiée de se « reproduire » en fermant les yeux sur la tragédie des collèges, lycées et universités de banlieue.

La solidarité ? Dans un pays qui, malgré des dépenses sociales gigantesques , compte 9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, des banlieues urbaines en proie au chômage de masse, à l’échec scolaire et aux trafics,et  plus de 4 millions de mal logés ?

La famille ? La conception classique de la famille se disloque alors que la loi est en train d’inventer, de produire l’enfant sans père.

La politique ? La vie publique nationale, relatée par les médias, est devenue emblématique du pire de la société française : principe d’irresponsabilité couvrant les pires échecs et comportements indignes, culte narcissique de la personnalité, copinage Elle donne le sentiment tragique d’un clan obsédé par la perpétuation de ses prébendes, au service exclusif de ses intérêts matériels et de vanité.

La France n’est probablement pas isolée dans cette crise de l’identité politique qui touche le monde occidental, y compris les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie. Pourtant, elle est probablement la plus touchée. Le fanatisme, la violence sanguinaire, le terrorisme islamiste, sont les fruits de déviances individuelles, d’influences extérieures, mais aussi de la montée du chaos nihiliste au sein du pays et de la perte des repères d’une société.

Une seule question devrait se poser aujourd’hui : comment essayer d’en sortir ? Quelle entreprise de renouveau permettra d’offrir une autre alternative aux générations futures que le chaos nihiliste et ses conséquences tragiques?

De fait, il existe deux voies possibles. La première est celle de l’illusion. Elle consiste à tout attendre de la figure du chef de l’Etat tout puissant – l’actuel ou tout autre, de l’extrême gauche à l’extrême droite – qui voile la désintégration en profondeur de la nation et de ses valeurs. La seconde est celle du retour à l’ordre républicain, au sens de la res publica, la chose publique, une prise de conscience générale de la marche à l’abîme et l’émergence d’un groupe d’hommes et de femmes désintéressés pour eux-mêmes, déterminés, par la voie démocratique, à inverser la tendance et à engager la France dans une autre direction.

Maxime TANDONNET

 


							
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Lecture: Emmanuel, le faux prophète, de Julien Aubert, le Rocher, 2019

Député LR depuis 2012, M. Julien Aubert a la particularité d’avoir connu le président de la République pendant sa scolarité à l’ENA. Son livre n’est en aucune façon un pamphlet dirigé contre la personnalité de ce dernier qu’il a visiblement apprécié comme « camarade » de promotion. Dans son récit, ne figure pas la moindre trace de haine ni même de sectarisme ou de critique à caractère personnel. En dehors de quelques anecdotes instructives et plutôt sympathiques, l’ouvrage de M. Aubert relève du seul débat d’idées. D’ailleurs, l’auteur présente l’actuel chef de l’Etat, fréquenté à l’époque au quotidien, comme une personnalité à la fois charismatique mais au fond, plutôt réservée :

« À la fin du repas, je me souviens lui avoir demandé s’il voulait faire de la politique […] Il me fit une réponse mi-figue, mi – raisin, d’où je compris que ma question était un peu trop curieuse, qu’il n’avait pas complètement évacué cette idée, mais qu’il ne s’en ouvrirait pas, et certainement pas avec moi. »

 Pourtant, Julien Aubert, faisant prévaloir en 2017 ses convictions sur toute forme d’opportunisme, contrairement à quelques personnalités LR, s’est dès le début rangé dans le camp de l’opposition. La richesse et l’intérêt de son ouvrage tient au travail de décryptage de l’idéologie dite progressiste qui est celle du pourvoir En Marche, incarné par le président de la République. Il repose sur un constat: le « pragmatisme » des dirigeants du pays tiendrait de l’idée reçue. Pour Julien Aubert, il y a bien un projet, un idéal propre au macronisme fondé sur quelques idées-forces.

La première est la vision de l’économie, non comme un outil – certes crucial –de la prospérité ou de la puissance, mais comme une fin en soi. Cette approche conduit à subordonner d’autres sujets de société, qui agitent les passions, les inquiétudes ou les espérances populaires – échappant aux grilles d’analyse du progressisme macronien – aux impératifs de la rentabilité.

« Le macronisme se fonde de manière prioritaire sur l’ économie pour voir la société : [ainsi]  pour lui, l’immigration n’est pas un sujet social, politique ou identitaire, elle ne le devient qu’à partir du moment où il le faut pour en faire un atout économique ».

Le second en découle presque naturellement. C’est le dépassement de la Nation qui ne serait plus le cadre optimal d’exercice de la démocratie et de l’autorité. Elle est dépassée par l’évolution du monde, l’affaiblissement des frontières, le développement des technologie de la communication et des transports, la logique de l’unification des marchés.

 « Convaincu que les Nations ne sont plus au bon niveau pour régler les problèmes du Monde, que l’identité statique n’existe pas, et que les égoïsmes nationaux sont un frein à l’intégration économique et à la survie de nos entreprises, Emmanuel Macron en est arrivé à forger des concepts dangereux pour l’avenir même de la Nation Française, comme dans son discours sur l’Europe d’Athènes, le 7 septembre 2017. Par exemple, Macron va oser ce jour-là le concept de « souveraineté européenne »

La troisième est une vision communautariste de la société. Le progressisme En Marche nie l’existence d’un peuple unifié ou république indivisible, mais, suivant en cela les standards de la modernité et l’influence américaine, privilégie une sensibilité communautaire. La société est perçue comme un conglomérat de communautés distinctes, auxquelles le politique doit s’adresser distinctement.  « Emmanuel Macron, selon lui, prophétise un monde multiculturel et multi-identitaire ». Ce néo-progressisme se traduit par une logique de la table rase: un nouveau monde fondé sur le culte des minorités, la théorie du genre, l’écologisme, doit naître sur les ruines de l’ancien. Or, souligne le député: « Être transgressif en voulant faire imploser les États, les Nations, les règles sociales qui ont fondé la civilisation européenne, est tout sauf courageux : aller dans le sens du vent est un destin de feuilles mortes. »

Le quatrième est un culte de la personnalité qui découle au fond d’une logique propre au phénomène En Marche. Julien Aubert fait remarquer que jamais de Gaulle n’aurait utilisé ses initiales pour dénommer une formation politique. Dès lors que le principe de la révolution En marche tient dans l’ébranlement des fondements du corps social, l’image d’un homme joue comme un miroir inversé: elle exprime la permanence et le point d’ancrage collectif quand tout le reste se dérobe  « En donnant à son mouvement politique ses propres initiales, Macron a posé dès le départ comme principe qu’il serait l’alpha et l’oméga de la révolution à venir »

Je recommande vivement ce livre passionnant sur la politique française, qui n’est en aucun cas un ouvrage partisan, mais une réflexion sur les fondements idéologiques du quinquennat en cours.

Maxime TANDONNET

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Lecture: Une juvénile fureur, Bonnier de la Chapelle, assassin de l’amiral Darlan, Bénédicte Vergez-Chaignon, Perrin 2019

Voici enfin, merveilleusement contée, l’histoire de Fernand Bonnier de la Chapelle, ce jeune homme de 20 ans qui mit fin aux jours de l’amiral Darlan, le 24 décembre 1942 à Alger. Et par là même, voici levé l’un des mystères de la Seconde Guerre mondiale.

Il faut le dire d’emblée, cet ouvrage bouleversant, fascinant, passionnant se présente de manière inhabituelle pour un livre d’histoire, un peu à la manière d’un thriller: courts chapitres d’une ou deux pages, non numérotés, absence de notes de bas de page – ce qui ne l’empêche pas d’être admirablement documenté comme en témoigne l’abondante table des références.

C’est l’histoire d’un tout jeune homme d’à peine 20 ans, catholique pratiquant, sans engagement politique bien que penchant à droite (républicaine), aimant la vie, mais élève et étudiant instable, d’un caractère difficile… Ses parents, Eugène, journaliste à Alger, et sa mère italienne – du temps où l’Italie de Mussolini est ennemie de la France – ont divorcé quand il était tout jeune enfant. Son père, seul en charge du jeune homme, désemparé devant son caractère compliqué, le confie dans les années 1930 à son oncle et sa tante à Paris qui l’aimeront et le choieront comme un fils.

A la suite de l’invasion allemande, Fernand à 18 ans vit dans l’obsession de prendre les armes contre l’ennemi. Scolarisé à Stanislas, il prend part à la manifestation des lycéens et étudiants du 11 novembre 1940 sous l’Arc de Triomphe (chère à l’auteur de ce billet!). Recherché par les Allemands, il se cache en province, puis rejoint son père à Alger où se noue son tragique destin.

Vivant toujours dans la hantise de reprendre les armes, entretenant des rapports passionnels mais difficiles avec son père, il ne parvient pas à gagner la France libre à Londres ni à embrasser une carrière militaire – dans l’aviation – en raison de la méfiance qu’il suscite auprès des autorités civiles et militaires d’Alger, fidèles au régime de Vichy.

Il prend part à l’opération, menée par un groupe de résistants,  visant à faciliter de l’intérieur le débarquement américain en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, lié en particulier à deux hommes engagés dans cette action, Henri d’Astier de la Vigerie et l’abbé Cordier, tous deux royalistes.

A la suite de ce débarquement, la prise du pouvoir en Algérie de l’amiral Darlan – qui s’y trouvait probablement par hasard – avec la bénédiction des Américains, suscite sa juvénile fureur. Darlan fut en effet le bras droit du maréchal Pétain à Vichy, engagé dans la collaboration militaire avec l’Allemagne nazie, concédant à Hitler l’usage de bases aériennes françaises au Moyen-orient. En outre, il a ordonné aux forces françaises à Alger, par obéissance à Vichy, de combattre le débarquement allié, causant la mort d’un millier d’Américains et de 4000 Français. Ensuite, il a tourné sa veste, se désolidarisant du régime de Pétain, quand il ne pouvait plus faire autrement et pris le pouvoir à Alger.

Henri d’Astier et l’abbé Cordier, tous deux royalistes, qui veulent appeler le comte de Paris (alors au Maroc) au pouvoir, songent à se débarrasser à tout prix de Darlan et cherchent un volontaire pour le tuer. Ils promettent à Bonnier de la Chapelle la vie sauve s’il accomplit cet acte: il sera de toute façon gracié par le comte de Paris, une fois celui-ci au pouvoir… Prétendent-ils.  Une scène terrible est celle de sa dernière confession: l’abbé Cordier accorde à l’avance au jeune homme le pardon du Seigneur pour l’assassinat d’un traître… Maladroit, s’y prenant à plusieurs reprises, le jeune homme parvient à tuer Darlan dans l’enceinte du gouvernement d’Alger.

L’instruction de son procès, en quelques heures, est tragiquement bâclée, voire truquée. Une pièce qui évoque le rôle de d’Astier (lequel est en charge de responsabilités officielles auprès des autorités françaises) et de l’abbé Cordier est extraite du dossier et dissimulée par la police. Bonnier sera donc considéré comme un assassin isolé et condamné à mort par un tribunal militaire. Jusqu’au dernier moment, il est persuadé qu’il sera sauvé par « ses amis » qui se sont engagés solennellement à lui assurer la vie sauve. D’Astier et l’abbé Cordier s’efforcent de mobiliser leur réseau mais ne vont pas jusqu’à se dénoncer et assumer leur responsabilité, ce qui aurait entraîné un complément d’enquête et accordé un sursis à Bonnier.

La tragédie se noue dans la nuit du 25 au 26 décembre. Eugène, épouvanté, se démène pour tenter de sauver son fils. Pendant toute la nuit, accompagné d’un ami avocat, il frappe à toutes les portes pour essayer d’obtenir sa grâce, un sursis. Aucune ne s’ouvre. Le matin, fou de douleur, abandonné de tous, il poursuit le cortège qui emmène son fils pour être exécuté. Le général Giraud et le général Bergeret, qui ont pris la suite de Darlan, ont refusé la grâce et bien au contraire, exigé que la mise à mort ait lieu sans délai. Pis: dans un communiqué, Bergeret (lui-même ex-homme de Vichy), a accusé Bonnier d’être un agent à la solde de l’ennemi allemand.

Il faudra des années, l’acharnement d’un père et de son oncle, pour que la mémoire de Bonnier de la Chapelle, dont le destin fut comparable à celui de Charlotte Corday,  soit réhabilitée et qu’il soit reconnu comme ce qu’il était: un héros de 20 ans, un héros de la Résistance, dont le geste, le sacrifice, motivé par la passion patriotique, à fait basculer l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale en portant au pouvoir le général de Gaulle à Alger dès 1943 et en replaçant ainsi la France dans le camp des alliés et des vainqueurs de l’Allemagne nazie.

Un chef d’oeuvre, à lire d’urgence et à tout prix…

Maxime TANDONNET

 

 

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Le déshonneur de la France d’en haut

Pendant 48 heures, avant la conférence de presse du procureur de samedi, la France d’en haut, celle des plateaux et des caméras de télévision, des salles de rédaction, des studios des grandes chaines de radio, des porte-parole, la France bien-pensante, qui détient le monopole de l’expression légitime, s’est contorsionnée pour marteler son message, non pas de prudence, mais de déni pur et simple: « Drame personnel, drame professionnel, drame hiérarchique, fait divers dramatique, agression violente, élucubrations des réseaux sociaux, psychologie perturbée, aucun signe de radicalisation, etc. » Les mots terreur ou terrorisme étaient pendant 48 heures, comme bannis, interdits, maudits, même à la forme interrogative. Celui de vérité devenait suspect. A l’image de ce grand concert de béatitude ou de dissimulation, une petite phrase entendue sur une grande chaîne de radio nationale, d’un expert attitré  : « les chiens qui attendent ou espèrent ou prient – un autre dieu – pour que l’auteur de l’acte soit un islamiste ». Les chiens, c’est-à-dire les gens, la vile multitude, la populace, la lie populiste, la majorité silencieuse qui n’attendait rien, n’espérait rien, ne priait aucun dieu, mais par delà ce grand enfumage, n’avait guère de doute sur la nature des événements, comme épouvantée par le spectacle officiel d’aveuglement et de lâcheté… Pourquoi ce grand naufrage de la France d’en haut dans l’obscurantisme volontaire: volonté obsessionnelle de sauver, dans un mouvement de panique, ce qui peut encore l’être de son idéologie du nouveau monde optimiste et bienheureux, de l’avenir radieux post national .

NB: seuls les sites figurant au blogroll ci-joint sont autorisés à reproduire ce billet, ou avec l’autorisation de l’auteur.

Maxime TANDONNET

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Le séisme

Le massacre survenu à la préfecture de police de Paris, aura des conséquence titanesques sur la société française, la course de l’histoire. Peu importe la qualification qui lui sera donnée à la fin. La majorité silencieuse du pays le vit comme un immense et inconsolable traumatisme. Elle se sent plus que jamais abandonnée par sa classe dirigeante, politico-médiatique. Elle observe avec effarement la litanie des mensonges et des dénis qui déferle dans la panique sur les plateaux de télévision et les studios de radios. Il y aura avant et après le 3 octobre. La confiance est définitivement rompue. La fausse intelligentsia, mélangeant le monde du pouvoir et la classe médiatique, a définitivement perdu toute crédibilité. Si la terreur vient frapper aveuglement des anonymes au cœur même de l’institution qui incarne l’autorité et la sécurité, qui peut se croire encore protégé? Hier, un lien sacré s’est définitivement rompu, celui de la confiance. Ils mentent et dissimulent. La désintégration du pays s’accélère, dans les gesticulations, le fanatisme, les lynchages et les poussées de haine tout azimut. Mais le pire, c’est qu’ils sont viscéralement incapables, mentalement, intellectuellement, de réaliser ce qui se passe. La déconnexion est vertigineuse. La France est entrée dans un engrenage fatal dont nul n’a la moindre idée de ce qui va sortir.  « C’est ici le plus grand mystère peut-être de l’événement, mon ami, c’est ici proprement le mystère et le mécanisme même de l’événement, historique, le secret de ma force, mon ami, le secret de la force du temps, le secret temporel mystérieux, le secret historique mystérieux, le mécanisme même temporel, historique, la mécanique démontée, le secret de la force de l’histoire, le secret de ma force et de ma domination… » (Charles Péguy Clio).

Maxime TANDONNET

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Hommage aux quatre fonctionnaires de la préfecture de police

Quatre fonctionnaires de la préfecture de police ont été massacrés à l’arme blanche dans les locaux de la PP en début d’après-midi. Voici une femme et des hommes qui ne demandaient qu’à faire leur métier honnêtement et sans histoires. En quelques secondes la mort leur est tombée dessus par surprise, sous ses habits les plus lâches et les plus sanguinaires. Ils travaillaient paisiblement dans leurs bureaux au service de la France, sans frime ni ostentation, et ils ont brutalement perdu la vie. La préfecture de police est le cœur même de l’Etat régalien, le symbole de la sécurité et de la paix civile. La barbarie vient d’y faire une intrusion sanglante. Et le malheur d’y planter son drapeau noir. Ce sont des collègues du ministère de l’Intérieur. Colère, révolte et que dire d’autre, en ce moment, qu’une infinie tristesse pour leur destin brisé dans la fleur de l’âge et pour leurs familles anéanties?

Maxime TANDONNET

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Les ravages de « l’hyper-présidentialisme »

La France politique touche au paroxysme de l’hyper-présidentialisme. Et d’autres en prennent conscience aujourd’hui. Le visage médiatisé de l’occupant de l’Elysée se substitue à la vie publique. Il est omniprésent, invasif,  comme obsessionnel. Il s’impose comme l’incarnation même de l’idée de pouvoir, absorbant et annihilant toute source de l’autorité politique: gouvernement, parlement, collectivités. Au premier semestre, il inondait les écrans à propos du Grand Débat. Désormais, il apparaît au quotidien, à tout propos et sous tous les prétextes: l’Europe, l’Amazonie, l’immigration, les retraites…

Un régime politique repose sur une organisation et un principe (selon Montesquieu république/vertu). L’hyper-présidentialisme a lui, pour principe, la vanité. Il se fonde sur une conviction: celle d’une supposée bêtise ou infériorité populaire ou de la « vile multitude », présumée inférieure: le peuple n’aurait pas vocation à réfléchir, mais à adorer, admirer, encenser une idole.

Ce régime a une fonction sociale: noyer dans un flot d’illusions, de paroles et de gestes erratiques, la souffrance, les difficultés d’une nation et l’incapacité de ses dirigeants à les régler: déficits, endettement public, écrasement fiscal, corruption, violence endémique et meurtrière, fragmentation dans le communautarisme et la haine, pauvreté, chômage massif, déclin industriel, perte d’influence,  terrorisme islamiste, et flux migratoires hors contrôle, chute vertigineuse du niveau scolaire.

Il a pour fin ultime, non pas le bien commun, mais le service d’une idole et de son entourage ainsi que la préservation au sommet de leurs privilèges le plus longtemps possible. Il confond autorité et frime, réforme et gesticulation, vérité et propagande, démocratie et spectacle, intérêt général et dérive narcissique.

A l’exception de la parenthèse de Vichy (1940-1944), ce régime qui n’a plus le moindre rapport une république (res publica, la chose publique), ni avec la Ve de ce nom, qui n’est pas non plus une monarchie, fondée sur la permanence et l’honneur, est de toute évidence le plus désastreux que la France n’ait jamais connu depuis 1870. Il explique pour une bonne part la désintégration, la faillite d’une nation et son décrochage. Dans l’ordre du politique, il n’existe pas de priorité et d’urgence plus évidentes que d’en finir avec ce régime au cœur de toutes les catastrophes.

Maxime TANDONNET

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Reductio ad Hitlerum

Le « reductio ad hitlerum » est l’une des formes les plus évidentes de la crétinisation politique. Son principe est simple: abattre le contradicteur, ou l’adversaire idéologique en le traitant de nazi ou d’équivalent. La pratique est ancienne. Déjà, dans les années 1930, puis les années 1950 et 1960, une partie de la « gauche » idéologique la plus radicale avait pris l’habitude de disqualifier ses opposants en les accusant de fascisme ou d’hitlérisme dans une sorte de réflexe pavlovien: celui qui conteste est un nazi. On en vient ainsi à traiter couramment d’Hitler les plus grands héros de la Résistance au nazisme, tels de Gaulle ou Georges Bidault, ex bras droit de Jean Moulin et président du CNR. L’insulte est tellement courante qu’elle a pour effet de banaliser les véritables comportements, monstrueux, d’inspiration hitlérienne, par exemple le négationnisme des chambres à gaz et la haine ou le mépris des Juifs. Bêtise du reductio ad hitlérum et méconnaissance de l’histoire: la vérité c’est que nombre d’intellectuels, hommes politiques, journalistes bien pensants les plus prompts à se draper dans leur bonne conscience pour dénigrer leurs adversaires politiques en les traitant de de fascistes et d’hitlériens, les lèvres bavant de haine dans les années 1930,  devinrent par la suite, opportunément, les plus fervents partisans de l’occupation nazie et du régime de collaboration pétainiste: Déat,  Doriot et Marquet, pour les plus célèbres, mais aussi, une multitude de hérauts, parmi les plus virulents, de la bonne conscience humaniste dite de gauche à l’époque, dont les Bergerey, Challaye, Luchaire (pour ceux qui me viennent en mémoire) et qui rejoignirent une partie de l’extrême droite (Bucard, Henriot, Deloncle, Béraud, Cousteau), dans l’esprit de soumission au régime nazi. Alors, que les cracheurs de haine d’aujourd’hui, qui brandissent l’accusation d’hitlérisme à tout bout de champ, comme l’injure suprême, faute de capacité à argumenter, apprennent leur histoire et cessent de se ridiculiser tout en banalisant de manière scandaleuse les atrocités du régime hitlérien, responsable de l’anéantissement de l’Europe, d’une partie de la planète, et de la mort de 60 millions d’hommes.

Maxime TANDONNET

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Sur l’héritage politique de Jacques Chirac (pour Atlantico avec M. Bruno Jeudy)

Jacques Chirac a-t-il laissé un héritage idéologique ? Le chiraquisme a-t-il jamais constitué une pensée structurée ? N’est-il pas plutôt un style, un art de la communication et de la mise en scène ?

Non, on ne peut pas dire qu’il ait laissé un héritage idéologique. D’ailleurs il était le contraire d’un idéologue. Jacques Chirac a beaucoup évolué dans ses idées, se confondant le plus souvent avec l’air du temps et les aléas de chaque époque. De l’appel de Cochin  en 1979 où il fustige le parti de l’étranger, à la sublimation de la diversité des cultures à travers le musée de l’immigration ou le musée du quai Branly (qui porte son nom), en passant par les périodes libérale (1982-1988), sociale (1993-1995), européiste (1995-1997). Il avait une vision très pragmatique de la vie publique : gérer au mieux le pays en évitant le plus possible les cassures et les drames avec une constante, préserver la paix civile dont il se considérait, en tant que chef de l’Etat, comme le garant. Plus que l’homme d’une idéologie, Jacques Chirac fut une personnalité, un style, chaleureux et populaire, qui fit sa force.

Jacques Chirac n’a-t-il pas souvent mobilisé un discours et des symboles empruntés à la gauche ? On pense par exemple au discours du 16 juillet 1995 sur la rafle du Vel’d’Hiv’ où Chirac se fait finalement moins gardien du récit gaulliste que son prédécesseur Mitterrand ?  

Je ne pense pas que ce soit vraiment une affaire droite/gauche, mais plutôt de changement d’époque, de sensibilité dominante à un moment donné. A partir des années 1990, il y a eu dans tout le monde occidental un besoin de transparence sur l’histoire, venu notamment de l’Allemagne réunifiée vivant dans la hantise de son passé. De Gaulle et Mitterrand ont vécu la Deuxième Guerre mondiale. Ils sont restés attachés au principe selon lequel la légitimité républicaine s’est incarnée dans la France Libre à Londres dès le 18 juin 1940, le régime de Vichy étant relégué à n’être qu’une « autorité de fait ». Cette vision chevaleresque, fondement du gaullisme historique, reposait sur un acte de foi auquel adhéraient de nombreux Français.

A partir des années 1990, la fin de la guerre froide et de l’ennemi soviétique, l’idée nationale est en recul. Le service national est suspendu. La mode n’est plus à la force de la légende nationale mais au regard objectif sur les faits. Le principe de « légitimité historique » s’efface devant celui de la « légalité » du régime de Vichy instauré par un vote du parlement (l’Assemblée nationale), le 10 juillet 1940 – même si historiens et juristes s’écharpent encore sur le sujet. Le fameux discours du 16 juillet 1995 qui devait ébranler des convictions, à droite comme à gauche, s’inscrit dans cette évolution des mentalités.

L’Homme politique disposait-il d’un certain attrait pour la gauche ? Pareillement, sa volonté de faire du RPR des années 70 un parti travailliste à la française, ou encore sa récupération de la notion de fracture sociale dans les années 90, après s’être converti un temps au néolibéralisme dans les années 80, tout cela ne montre-t-il pas que sa vision politique brouillait le clivage droite et gauche ? Ce brouillage ne peut-il pas expliquer en partie les errements qui continuent à toucher la définition d’un programme clair et commun pour la droite depuis 2007 et 2012 ? 

Le basculement s’est fait en deux temps. A partir de son élection à la présidence de la République en 1995, Jacques Chirac s’inscrit dans les pas de François Mitterrand sur le plan de la construction européenne en plaçant au cœur de ses priorités la mise en œuvre du traité de Maastricht et la qualification de la France pour l’euro. Il tourne le dos à la tradition nationale et sociale, longtemps incarnée par de Gaulle, Pompidou et par le RPR. Ce n’est pas vraiment un glissement à gauche mais plutôt l’adhésion à une vision centriste, MRP et giscardienne. Puis, la deuxième rupture dont les conséquences furent titanesques, c’est la folle campagne présidentielle de 2002. Opposé à Jean-Marie le Pen au second tour de la présidentielle, Chirac s’est vu placé par la force des choses dans la situation de « rempart contre l’extrême droite ». Ce positionnement devait marquer tout son quinquennat en l’orientant sur des positions multi-culturalistes et fédéralistes.

Les difficultés actuelles de la « droite » sont en effet, partiellement, issues de cette période. En renonçant au thème central de la nation, le chiraquisme ouvrait un boulevard au front national. Quant au parti héritier du RPR, c’est-à-dire l’UMP, il se présentait dans cette logique, comme une coalition hétéroclite de centristes et de gaullistes. Toutes les conditions de la crise se trouvaient réunies : captation du discours national par le FN, incertitude sur l’identité et l’idéologie de ce qui restait de la « droite » profondément divisée, jusqu’au désastre de 2017. Que faire désormais ? Tourner la page et de tenter de réapprendre à parler à un peuple écœuré et déboussolé – convaincu à 87% que les politiques ne « tiennent aucun compte» de ce qu’il pense –, pour regagner sa confiance. Mais nous n’en sommes pas là…

 

 

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Lecture: Ceux de 14, Maurice Genevoix, Flammarion (réédition 2013)

L’ouvrage de près de 1000 pages, préfacé par M. Michel Bernard, se compose de quatre livres: Sous Verdun; Nuits de guerre; la boue; les Eparges.

Ses premiers pages ouvrent le chemin d’un épouvantable cauchemar dont il est presque impossible de décrocher, nuit et jour, tant il emporte le lecteur dans son étrange envoûtement , une plongée apocalyptique dans les ténèbres de l’humanité, le paroxysme de la souffrance et de la peur, quand les notions de vie et de mort ne veulent plus rien dire tant elles se confondent.

Son charme infini tient au croisement de la perfection littéraire et des bas fonds de la condition humaine. Il se présente comme un journal  qui narre au jour le jour l’errance d’un groupe d’une centaine de jeunes gens venus de la France profonde, sous l’autorité bienveillante du lieutenant Genevoix, au gré des ordres et des contre-ordres, dans un oscillation permanente entre les jours d’attente et les heures d’épouvante, sur fond de chute dans le néant, le désespoir et la folie.

Pourtant, au plus profond de l’abîme, de la terreur et de la souffrance absolu, au point où la mort est banalisée et vécue comme l’issue normale d’un calvaire, il reste le lien d’amitié entre hommes plongés dans le même enfer. Le dernier tome, les Eparges, celui de l’assaut piégé d’une tranchée allemande désertée, avant que la crête ne soit dévastée par une vague de bombardements et le régiment de Genevoix anéanti sous les obus, de la perte de son meilleur ami Porchin et la sidération d’en être sorti vivant, est à la fois le plus violent et le plus terrifiant.

« Lorsqu’on a faim, on sert la ceinture d’un cran, on écrit des lettres, on rêve. Lorsqu’on a froid, on allume une flambée, on bat la semelle, on souffle sur les doigts. Mais lorsque le coeur s’engloutit peu à peu en des marécages de tristesse, lorsque la souffrance ne vient pas des choses, mais de nous, lorsqu’elle est en nous-même tout entier, quel recours? A quoi se cramponner pour échapper à cet enlisement? On voit, lorsque l’hiver commence, des fins de jour si lugubres! »

« La laideur et la méchanceté du monde […] sont infimes, par les gouttes de bruine, par les écorchures de nos mains, par le tintement d’une gamelle qu’on heurte […] mais si grandes, si monstrueuses qu’elles soient par l’étalement ignoble des cadavres, par le fracas sans fin des plus lourdes torpilles, elles ne peuvent l’être assez pour dépasser notre force de sentir, pour l’étouffer enfin [… ] Plus nous sommes fatigués, plus notre être s’ouvre et se creuse, avide malgré nous, odieusement, de toute laideur et de toute méchanceté. Que tombent encore ces milliers d’obus, et pour n’importe quelle durée! […] Qu’ils sifflent plus raide encore! Que tout arrive! Que tous ceux qui doivent être blessés le soient dans cet instant, et s’en aillent! Que ceux qui doivent être tués cessent enfin d’être condamnés! »

« Je regarde bien, au passage, la crispation de vos visages, l’angoisse presque folle de vos yeux, cette détresse de la mort qui reste vacillante au fond de vos prunelles, comme une flamme sous une eau sombre… Quel sens? Tout cela n’a pas de sens. Le monde, sur la crête des Eparges, le monde entier danse au long du temps une espèce de farce démente, tournoie autour de moi dans un trémoussement hideux, incompréhensible et grotesque. »

Plongé dans cette lecture, les pitreries politico-médiatiques de notre temps et les grimaces de la France dite d’en haut nous apparaissent comme particulièrement grotesques et futiles. Plutôt que des petits fanions dans chaque salle de classe, l’Education nationale ferait mieux d’imposer, dans les cours de français, la lecture de témoignage hallucinant du sacrifice suprême d’une génération au nom  de l’Honneur.

Maxime TANDONNET

 

 

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Souvenirs, Jacques Chirac (Figaro Vox)

Visionnaire à sa manière, Chirac eut en tout cas trois intuitions prophétiques.

« A la fracture sociale s’ajoute aujourd’hui une distance croissante entre le peuple et ceux qui ont vocation à le représenter. Elle doit impérativement être réduite » annonçait-il avec au lendemain de son entrée à l’Elysée en 1995.  Pourtant, le choix de privilégier l’adhésion de la France à l’euro, dans la continuité de la présidence Mitterrand, au prix de fortes ponctions fiscales, d’une poussée du chômage et de la précarité, fut fatal à cet engagement et à la tournure de son premier mandat, saccagé par la dissolution ratée de 1997 et cinq années de cohabitation explosive et stérile avec la gauche plurielle de Lionel Jospin.  Depuis, la fracture entre la classe dirigeante et le peuple n’a jamais cessé de s’aggraver, rongeant les fondements de la démocratie française et du pacte républicain. En se détournant de son intuition première, Jacques Chirac a sans doute manqué l’occasion de donner une toute autre envergure à son premier mandat.

Jacques Chirac voyait venir le danger communautariste. Face à la crise du foulard islamique qui hantait les établissements scolaires pendant les années 1990, après dix années d’impuissance et d’indécision, il fut à l’origine de l’un des derniers grands choix stratégiques en faveur de la paix civile. Sa main n’a pas tremblé au moment d’édicter l’interdiction de tous signes religieux ostentatoires à l’école, collèges et lycées, à l’issue d’une concertation exemplaire, illustrant ce que pouvait être la politique au sens noble du terme : un choix de gouvernement en faveur de l’intérêt général, qui fait l’objet seize ans plus tard, d’un quasi-consensus. Ce geste fort et prémonitoire, n’a cependant pas suffit à infléchir le cours d’une fragmentation de la société française dans laquelle certains voient poindre le risque de tensions violentes.

Du bilan mitigé de ses douze années à la tête de l’Etat se détache pourtant un choix, devenu emblématique de sa présidence. Jacques Chirac restera, pour l’histoire, l’auteur de la dernière grande décision politique inscrite dans la tradition gaullienne d’indépendance nationale. En s’opposant frontalement à l’invasion militaire de l’Irak par les Etats-Unis de M. Bush, au printemps de 2003, le chef de l’Etat français mettait en garde ce dernier contre le danger d’une déstabilisation en cascade du Moyen-Orient. Effondrement de l’Etat irakien, généralisation d’un chaos sanglant, anéantissement de la minorité chrétienne, enchaînement de guerres civiles exterminatrices, émergence de l’Etat islamique daesh, flambée de terrorisme – dont la France fut en Europe la principale victime, afflux de réfugiés. Chirac avait raison et rarement dans l’histoire de la Ve République, depuis 1969, le destin personnel d’un président de la République ne s’est autant confondu avec celui de la France qu’en cette occasion.

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Greta ou le grand malaise du monde occidental

La prestation de Greta devant les Nations-Unies sur le « climat » est terriblement symptomatique de l’effondrement mental du monde occidental. On y retrouve tous les symptômes de la maladie collective qui signe son déclin.

  • « L’enfant roi », l’enfant roi du monde: une adolescente de 16 ans donne la leçon à tous les grands leaders rassemblés qui s’inclinent devant elle.
  • Le narcissisme absolu, le culte de l’ultra individualisme: la souffrance du monde s’efface devant « son enfance et ses rêves » qui lui ont été volés.
  • Le globalisme radical: un message unique, qui coiffe toute la planète, sans considérations des différences nationales, des frontières, des cultures.
  • L’empire de l’émotion : la force du discours tient à la colère et aux larmes, bien plus qu’au fond du discours.
  • Le culte du néant ou du nihilisme: les paroles sont creuses, les arguments de fond inexistants, la discussion (évidemment) absente.
  • La crise du leadership et du gouvernement politique: un aréopage des plus grands leaders planétaires baisse la tête et les yeux devant une enfant qui leur fait la leçon.
  • La dictature de la mauvaise conscience et de la repentance: traînés dans la boue par une enfant, humiliés, ces mêmes leaders applaudissent aux paroles qui les fustigent.
  • Le déclin intellectuel, l’abrutissement collectif, la crétinisation, quand le monde occidental, à travers les NU, se prosterne devant une sorte de vision mystique, apocalyptique, à l’image d’une hallucination collective.
  • Le conformisme absolu: écouter, applaudir, non pour le fond du message, inexistant, mais pour suivre la mode, la mode du troupeau.
  • L’esprit totalitaire et la suspicion face à toute velléité critique devant un pareil spectacle et surtout, d’en ressentir le ridicule.
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Avis de l’Académie Nationale de Médecine sur la PMA sans père

L’avis ci-dessous de l’Académie de Médecine souligne que ni le bon sens le plus élémentaire, ni l’esprit de résistance, ni le courage intellectuel, n’ont complètement disparu des hautes sphères de la société française.

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L ‘ANM reconnait la légitimité du désir de maternité chez toute femme quelle que soit sa situation, mais elle veut souligner que si l’invocation de l’égalité des droits de toute femme devant la procréation est compréhensible, il faut aussi au titre de la même égalité des droits tenir compte du droit de tout enfant à avoir un père et une mère dans la mesure du possible. Sur ce point, il y a donc une rupture volontaire d’égalité entre les enfants. A ce titre, la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure qui n ‘est pas sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement de l’enfant. II apparaît à l’ANM que cette disposition est contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989, ratifiée par la France. Celle-ci mentionne le droit de l’enfant à connaître ses parents en insistant sur le « bien de l’enfant » comme sur son « intérêt supérieur ». De fait, on quitte le domaine de la vraisemblance puisque deux parents du même sexe ne suffisent pas pour donner vie à un enfant. Il s’agira pour la première fois de permettre à deux femmes d’être les deux mères d’un même enfant. Pourtant, l’existence de deux mots distincts, père et mère, signifie que l’un ne peut se substituer à  l’autre car le rôle des mères et des pères ne sont pas équivalents. L’ANM estime que, de plus en plus malmenée par les évolutions sociétales, la figure du père reste pourtant fondatrice pour la personnalité de l’enfant comme le rappellent des pédopsychiatres, pédiatres et psychologues qui demeurent dans leur majorité pour le moins réservés sur cette innovation radicale.

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« La nouvelle société », après le « nouveau monde »? (pour Atlantico)

L’économie mondiale est marquée par une hausse des inégalités au sein des pays développés et un ralentissement de la croissance. Face à cette réalité économique, certains hommes politiques de droite comme Xavier Bertrand entrevoient la possibilité de remettre au goût du jour une droite sociale, proche du peuple. Ont-ils une véritable arme idéologique pour répondre aux problèmes économiques et politiques de notre temps

 La présidence Macron s’est faite l’étendard du l’ultra-libéralisme sans frontière et de l’économie start-up qui sont sa marque de fabrique. Cela ne veut évidemment pas dire que la réalité coïncide avec cette image. Pour autant, l’hôte de l’Elysée incarne sur le plan de l’imaginaire collectif des Français cet ultra-libéralisme. Dans un objectif de conquête du pouvoir, la droite peut en effet avoir intérêt à prendre le contre-pied de cette posture et  renouer avec un discours social, axé sur la protection des plus démunis. Dans un pays qui compte 3 à 5 millions de chômeurs, 9 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, 4 millions de mal-logés ou sans logis, ce thème est adapté à une reconquête du pouvoir. Toute la difficulté, en cas de succès électoral, consistera à passer du discours à l’action… Compte tenu du poids de la dépense publique dans notre pays et d’une législation sociale déjà extrêmement contraignante pour les entreprises au vu de la lourdeur du code du travail, les marges de manœuvre sont réduites, pour ne pas dire infimes. Le risque est donc d’aggraver encore la crise de confiance entre la classe dirigeante et l’opinion en ne tenant pas des promesses impossibles à tenir.

 Historiquement, la droite sociale ou le gaullisme social a défendu l’idée de la participation ou de l’intéressement. C’est ainsi qu’elle prétendait concilier les aspirations des entreprises et celles des salariés et répondait au marxisme. Est-ce suffisant aujourd’hui pour répondre aux nouvelles ruptures fondées sur l’économie et qui se répercutent en politique ?

Le problème, c’est que le thème n’est pas nouveau. La participation fut le mot clé de la politique intérieure du second mandat présidentiel du général de Gaulle à partir de 1965.  Elle avait pour objectif d’associer les travailleurs à la gestion de l’entreprise dans le cadre d’une co-gestion paritaire avec le capital. Elle ressort périodiquement, lors des présidences de droite ou de gauche, comme un serpent de mer, un remède miracle quand on ne sait plus quoi inventer. En 1995, Jacques Chirac fut élu sur le thème de la lutte contre la fracture sociale qui passait par une relance de la participation. Philippe Séguin lui-même voulait incarner cette idée. Le fait est qu’on en parle depuis plus d’un demi-siècle mais sans l’avoir jamais vraiment réalisée. Cette participation a-t-elle un sens dans le monde moderne, une économie ouverte, sans frontière, dominée par les multinationales qui imposent un impératif de retour sur investissement et de rentabilité ? La France peut-elle, dans ce contexte, se singulariser par un système de co-gestion généralisé ? Il est permis de penser qu’au-delà de la force du mot, la participation, au sens de la co-gestion, qui n’a jamais vu le jour en plus d’un demi-siècle, est largement utopique dans le contexte d’une économie ouverte.

 Xavier Bertrand a parlé d’une « nouvelle société » avec nos confrères du Point, reprenant le terme de Chaban-Delmas. Le projet de Chaban-Delmas consistait à rénover l’Etat en favorisant la décentralisation et en réduisant son emprise sur la société et sur l’économie. Est-ce de ce côté que devrait se tourner la droite ? Quelle différence avec le discours d’Emmanuel Macron ?

 « Nouvelle société » est une formule, un slogan. Il y a eu en 2017 le « nouveau monde » qui devait ouvrir une ère d’exemplarité, d’optimisme et une « extraordinaire renaissance ». On sait ce qu’il en est advenu. Aujourd’hui, le thème d’une « nouvelle société » est ainsi exhumé pour faire écho à celui du « nouveau monde ». On peut tout mettre derrière cette formule : décentralisation et libéralisme certes, mais aussi rayonnement, fraternisation, bonheur… Il n’est pas du tout certain qu’après la déception du « nouveau monde », le pays soit prêt à être séduit par la « nouvelle société ». Les Français, échaudés par les déceptions, attendent tout autre chose de la politique que des slogans et des chimères. Quelles mesures concrètes, opérationnelles pour réduire le poids de la fiscalité et de la dette publique, pour combattre la pauvreté et le chômage de masse qui ne s’améliore en aucune façon au regard de la situation des pays comparables, comment améliorer la gestion de l’immigration, la maîtrise des frontières et restaurer la sécurité dans la rue, comment enrayer l’effondrement du niveau scolaire ?  Les Français sont beaucoup plus lucides que ne semblent le penser les dirigeants politiques. Ils ne veulent plus être manipulés par des postures et des slogans mais ils veulent être gouvernés par des actes.

 

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