Scénarios des législatives

Aujourd’hui, le sort des élections présidentielles semble scellé. Les sondages donnent tous un écart de 20 points (60/40) entre les candidats. le monde médiatique joue à nous faire peur, mais un basculement de 20 points en une semaine est de toute évidence à exclure. M. Macron sera le prochain chef de l’Etat mais la coloration de son mandat, celle de la politique française dans les cinq années à venir, dépendra entièrement de élections législatives à venir au mois de juin, avec trois scénarios possibles de mon point de vue.

  1. Le scénario « en marche » (40% de chances) A l’issue de cette élection présidentielle, les Français sont las et s’abstiennent massivement aux législatives (50 à 40% d’abstention). Il restent sur leur écœurement envers les partis traditionnels, PS et LR, aggravé par le déroulement des présidentielle. Ils sont dans un esprit de résignation. Ils ne différencient pas clairement les enjeux de la présidentielle et des législatives, par faiblesse de la culture politique. Donc, dans une logique apparente de coup de balai, ils se prononcent massivement en faveur des candidats labellisés « en marche », quitte à opérer de nombreux recyclages. Nous assistons à une vague macroniste et le président obtient une majorité absolue au Parlement ou une majorité lui permettant de gouverner avec l’appui de voies centristes et socialistes. A court terme, il se trouve en situation d’appliquer intégralement  son programme. A long terme, cette hypothèse est paradoxalement facteur d’isolement et d’éloignement des réalités, avec un ensemble compact –  présidence, gouvernement, parlement – ancré dans le consensus et la routine, un présidentialisme opaque. Nous revivons une nouvelle « hyperprésidence » qui entraîne M. Macron dans le vertige de l’impopularité. Nous risquons de voir se reproduire un phénomène comparable à la présidence hollande, s’enfermant dans une solitude narcissique et  roulant à l’abîme.
  2. Le scénario IVe République (40% de chances) Les élections présidentielles n’ont pas traduit un véritable engouement envers le nouveau chef de l’Etat, qui ne réunissait que 18% des inscrits au premier tour, élu par défaut contre son adversaire lepéniste. L’électorat demeure relativement mobilisé  et le paysage politique français reste éparpillé: LR et le PS conservent une assise autour de 15 à 20%, le FN confirme sa poussée à 20%, le gauche radicale aussi groupée autour de M. Mélenchon, et à ce tableau s’ajoute une percée des candidats en Marche qui avoisine les 20%. Les triangulaires se généralisent , voir les quadrangulaires… Le résultat est chaotique, aucune majorité spontanée n’émerge, 5 ou 6 forces se répartissent l’Assemblée nationale… Dès lors, le président rencontre les pires difficultés pour nommer un Gouvernement. Le plus petit commun dénominateur sert de référence, avec une personnalité de la société civile. Nous entrons dans un quinquennat d’impuissance et de polémiques sans fin et nous atteignons le paroxysme d’une France ingouvernable. Mais étrangement, de ce chaos peuvent sortir des éléments positifs, la « destruction créatrice », une recomposition partisane, des alliances nouvelles forgées par la prise de conscience commune de l’intérêt national, un apaisement et une dédramatisation des clivages politiciens.
  3. Le scénario de la cohabitation (20% de chance). Une majorité de Français voulaient l’alternance et en ont été privé par le scandale politique autour de la candidature de M. Fillon. Ils demeurent mobilisés et sont conscients de l’opportunité des législatives pour prendre leur revanche et imposer un changement de politique au pays. Ils réussissent à faire émerger une personnalité consensuelle susceptible d’incarner le renouveau. Ils réussissent à faire taire leurs divergences. Mieux encore, ils se dotent d’un programme de majorité cohérent et acceptable par une majorité de Français. Ce scénario serait renforcé en cas de chaos social succédant à l’élection de M. Macron, une sorte de mai 2017, entraînant un besoin d’ordre et de stabilité. Il est dans l’ordre des choses, celui d’un recul du recul de « l’hyperprésidence », du rétablissement d’une démocratie parlementaire en France et d’un Gouvernement puissant dans l’esprit de la Ve République à ses origines. Ce scénario aurait de loin ma préférence. Trop beau pour être vrai?

Maxime TANDONNET

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La longue montée de l’ignorance, par Dimitri Casali (éditions First, 2017)

Chers amis,

Sommes-nous entrés dans l’ère de l’ignorance de masse ? Ces élections en seraient-elles la démonstration ? Aucune hiérarchisation des enjeux, manipulation des esprits, aucun recul politique tant nous sommes aveuglés par l’immédiateté de l’information… relativisme des valeurs, perte de crédibilité de la parole journalistique.

Sortie de mon livre « La Longue Montée de l’Ignorance » (Editions First).

Chaque jour la science nous épate de ses découvertes et pourtant nous sentons monter autour de nous la vague de l’ignorance: effondrement de l’Ecole, illettrisme, obscurantisme, fanatisme, complotisme, conspirationnisme, tout s’accélère… -46 % des Américains croient que la Terre a été créé il y a 10 000 ans… -Le monde arabe compte un quart d’analphabètes… Un prédicateur saoudien explique à ses étudiants de l’université Charjah (Dubaï) : « la Terre ne tourne pas, elle est immobile… ». -7% des Français soit plus de 3 millions de personnes sont illettrées. Si l’on ajoute ceux ayant des difficultés à lire et écrire = 6 millions… Nous avons perdu 4 points de QI entre 1999 et 2009… -Notre école: 27e rang au classement PISA, bonne dernière européenne en maths.

Dans notre monde hyperconnecté et surinformé, nous nous trouvons aujourd’hui face à un paradoxe gigantesque, les exemples d’obscurantismes se multiplient. Grâce à Internet, les théories du complot les plus farfelues se propagent avec une facilité déconcertante sur Google, Facebook, Tweeter et Wikipédia. Le succès du conspirationnisme est dû à la perte de confiance dans les professionnels de la connaissance (savants, experts enseignants).L’impartialité des médias est à remettre en cause. Enfin, le djihadisme est le dernier avatar de cette ignorance de masse. L’Europe est abasourdie de découvrir la destruction des cités de Palmyre, Nimroud et Hatra. Ces djihadistes, prêts à payer de leur vie pour répandre la haine, ont souvent été élevés sur son sol, éduqués dans ses écoles. Tous ces phénomènes révèlent quelque chose d’un processus profond, global, que jusqu’ici nous avons refusé de regarder en face : la longue montée de l’ignorance…

Amitiés

Dimitri Casali

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« On achève bien les chevaux » (de M. Julien Aubert et quatre députés LR)

L’Histoire retiendra que la droite aura perdu la seule élection « imperdable », celle de 2017. Elle mérite l’oscar de la droite la plus bête du monde.

Va s’ouvrir une période de déchirements pour décider qui est responsable de ce terrible fiasco. François Fillon endossera sans doute le costume du coupable idéal pour une majorité de cadres pressée de tourner la page de ce chemin de croix. Vont s’affronter les tenants du ralliement à Emmanuel Macron et les partisans du ni-ni, avec en toile de fond un autre clivage : ceux restés fidèles jusqu’au bout au candidat et ceux qui avaient pronostiqué l’échec, et fait en sorte que leurs anticipations se réalisent.

Une fois la primaire en place, le piège s’est refermé sur nous. Les haines personnelles ont laissé des séquelles et les divergences d’analyse sur la société française ont été reléguées au second plan

Nous voilà revenus au même point qu’en 2012, dans le déni, lorsque nos chefs à plume pensaient qu’il aurait suffi de changer de candidat pour gagner. C’est ainsi que, pendant les cinq ans qui ont suivi, au lieu de renouveler ses pratiques et ses idées, la droite s’est contenté de voler la « potion magique » de la gauche – la primaire – et d’attendre.

Une fois la primaire en place, le piège s’est refermé sur nous. Les haines personnelles ont laissé des séquelles – nous n’avons pas tiré les leçons de l’affrontement interne entre Jean-François Copé et François Fillon – et les divergences d’analyse sur la société française ont été reléguées au second plan. Le clivage social sur le libéralisme et la mondialisation nous saute désormais au visage.

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Une odeur fétide

L’odeur de pourriture qui a imprégné toute cette campagne est loin de se dissiper à l’issue du premier tour. On dirait même qu’elle s’amplifie.

  1.  1. Les Républicains se défoulent maintenant sur Fillon en l’accusant d’être le seul responsable du désastre. Facile et attendu: il fallait bien un « pelé, un galeux ». Et les pires lyncheurs sont ceux-là mêmes qui l’avaient rallié en grande pompe à l’issue des primaires et fanfaronnaient sur la scène de son grand meeting, oh, comme je m’en souviens! devant les caméras pour préparer leur maroquin ministériel. Elle est belle, hein? la politicaille!
  2. Le Pen se met en congé du FN, son nom « le Pen » n’apparaissant plus nulle part comme effacé par magie et fait en sorte que l’idolâtrie se concentre désormais sur le seul prénom. Il faut tout oublier, faire la table rase du passé. Rien n’a jamais existé, rien ne s’est jamais passé, on n’a rien vu, rien entendu, sur la création de ce parti, son histoire, son identité profonde, ses positions, ses provocations. Non, non, l’héroïne n’a pas hérité de son père, elle est venue des nuées! Vous ne le saviez pas? Tout est effacé braves gens, tout oublié, votez les yeux fermés pour votre idole.
  3. Macron, idem, en sauveur miraculeux de la France lui aussi comme tombé du ciel. A-t-il jamais été conseiller de M. Hollande pendant deux ans, puis son ministre de l’Economie pendant deux ans? Quel mérite? Quelle réussite? Quel service à l’Etat et à la France? Quelle vision de la France, de son histoire et de son avenir? Quels soutiens? Et la raison dans tout cela? Et l’intelligence, l’esprit critique des Français?   Oublié! Silence! Omerta! Silence, on vote! Comme pour le Pen, on ne regarde pas dans le rétroviseur. Taisez-vous!  Mesdames et Messieurs, braves gens, le passé ne compte pas. Ni le monde des réalités. Tout cela ne vous regarde pas. On ne pense pas, on vote!
  4. Le « front républicain » a bon dos et si le Pen n’existait pas, il faudrait l’inventer: toute la classe politique droite et gauche confondues, revit enfin comme un petit troupeau docile dans sa mobilisation contre le « danger fasciste » le chiffon rouge dont elle se gave depuis 40 ans, qui la dispense une fois encore de parler des 5,5 millions de chômeurs, des massacres terroristes qui ont ensanglanté la France, de la ruine de l’Education nationale, le désastre des « banlieues », de l’effondrement du prestige de la France à l’international et en Europe. Et de ses responsabilités dans la débâcle…
  5. Macron célèbre son triomphe du premier tour à la « Retonde »,  avec des people comme si  l’élection était pliée. Ah, nous serions nous trompés? Aurait-il atteint 50% +1 voix au premier tour? Non, même pas: la moitié. Enfin, la moitié de la moitié, un peu moins même: 23%.  Mais c’est comme si c’était fait et le vote du 7 mai, une broutille, une formalité: le peuple est en marche et il va marcher droit jusqu’au bout. Avec Sarko, la même scène donnait un scandale hystérique de trois mois, mais là, tout le monde s’en fout. Chouette, la France d’en haut fait la fête!
  6. Et d’ailleurs, et d’ailleurs: la bourse a pris 4,5% en un jour, un record depuis 9 ans! La fête continue, la fête de la France d’en haut!
  7. Le discours politique, à droite comme à gauche, a totalement oublié la France profonde, malheureuse, humiliée, des « sans dents », la France rurale et des banlieues, les exclus, la France périphérique, oubliée, celle qui a voté Mélenchon, Poutou, Dupont-Aignan, en partie Fillon, une France probablement majoritaire, et qui se voit aujourd’hui désespérée par la tournure d’un scrutin sans espoir pour elle, entre une caricature et une provocation où elle ne se reconnaîtra jamais. Cette France-là ne fait pas la fête!
  8. Et cette vague de ralliements de gauche et de droite qui s’enchaîne dans un fantastique mouvement mimétique. La « morale du troupeau » comme dirait Nietzsche. Si tu ne rallies pas Macron, tu es un salaud, un pétainiste, une ordure, un traitre (lu sur Facebook). Quoi tu « n’es pas Macron »? Pourtant, dans le phénomène Macron, cette merveilleuse mécanique du conformisme, il y a bien, au-delà du rideau de fumée, quelque chose d’un peu malsain, un peu sombre et sinistre, moutonnier, d’une autre époque que l’on croyait à jamais révolue, dans le genre « sauveur providentiel », ou « envoyé miraculeux ».
  9. Et puis je l’ai déjà dit, cette élection présidentielle biaisée depuis janvier par les scandales, ce choix binaire, idéologique, crétin, entre « mondialisation heureuse » et « nationalisme xénophobe » m’indispose profondément. Moi, j’ai horreur d’être pris pour un con. D’ailleurs, je suis prêt à prendre le pari: le prochain président finira soit à l’asile de fous, soit en prison, soit au cimetière. Je ne souhaiterais pas sa place à mon pire ennemi.
  10. J’attends les législatives, dans le vague espoir d’un nouveau séisme au bout du séisme, que quelque chose se passe, une révolution politique,  que s’y exprime la voix soudain du peuple, une voix de ténor, qui manque si fort à la France, et dans mes rêves qu’en émerge un homme d’Etat, un grand Premier ministre, un homme d’Etat du genre Waldeck, Clemenceau, Poincaré, de Gaulle (1943-1946 et 1958), Mendès, Pompidou, ce qui s’appelle un homme d’Etat, pourvu d’une vision de la France, ayant fait ses preuves dans la tourmente de l’histoire, par sa capacité à décider et gouverner, un homme d’Etat et non un comédien habile, une créature médiatique ou un héritier, un homme d’Etat  qui enfermera le futur grand parasite élyséen dans son Palais maudit de l’Elysée, lui rabattra son caquet prétentieux et prendra en main les destinées de la France avec un gouvernement de combat, sous le contrôle de la Nation à travers son Parlement, comme dans n’importe quelle démocratie qui se respecte. Dans mes rêves, je disais… Mais on a le droit de rêver, c’est le dernier qu’il nous reste et c’est celui que rien ni personne ne pourra nous confisquer!

Maxime TANDONNET

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Le vote de l’apocalypse

Le vote du premier tour des présidentielles ne doit pas être interprété comme un résultat traditionnel que la « droite » viendrait de perdre face à la « gauche » incarnée par M. Macron. Cette vision est superficielle et fausse.  Nous sommes, me semble-t-il, dans une autre logique, celle de l’apocalypse générale de la classe politique. Le parti socialiste au pouvoir est écrasé, broyé, détruit avec 7% des voix. La « droite » est balayée elle aussi, avec 19% des voix alors qu’elle disposait d’un boulevard après 5 ans d’opposition. Elle est victime de l’impasse des primaires, de la succession des scandales et de la médiocrité d’une génération finissante. Enfin, la France d’en haut, tout l’aéropage des experts bienpensants, annonçaient une fulgurante percée du parti lepéniste, en première position, dépassant 30, voire 40% des suffrages, emportant tout sur son passage. Or, ce dernier n’accomplit qu’un score dérisoire de 21%, loin derrière M. Macron, avec la certitude d’un écrasement au final qui lui sera peut-être fatal. Aucune force politique ne sort indemne de l’apocalypse du 23 avril, sinon peut-être un revenant: le parti communiste français, à travers M. Mélenchon.

Quel est ce président de la République que la France vient sans doute de se donner le 23 avril avec un résultat de premier tour faiblard, qui ne marque aucun engouement aucune adhésion populaire? Il est un homme de 39 ans, sans expérience de l’Etat ou presque, ni de la vie politique, n’ayant jamais de sa vie été confronté au suffrage universel, n’ayant jamais fait la moindre preuve d’une efficacité quelconque au pouvoir, à deux  exceptions près: la libéralisation du transport par car et l’ouverture des magasins le dimanche. Il semble de prime abord dépourvu de vision historique. Adulé par le monde médiatique qui en a fait son idole, il doit son succès à un étrange effet de mode qui va s’accentuer dans les jours avenir, jusqu’à l’extase, avant de se transformer, au fil des déceptions, en mise à mort rituelle. Le second tour annoncé de ces présidentielles est le pire cas de figure que nous pouvions imaginer: nous sombrons dans un affrontement idéologique grotesque entre « mondialisme » et « nationalisme » alors que la France a tant besoin de sérieux, d’un gouvernement d’action et de réforme. A travers lui, les Français n’ont pas voulu prolonger le mandat de M. Hollande. Ils ont voulu voter pour un visage nouveau. Ils ont fait le choix d’une sorte de vide, de néant qu’ils ont voulu porter à l’Elysée, dans un contexte de discrédit absolu de la fonction présidentielle.

Nous n’avons pas le droit de désespérer face à cette apocalypse matinée de béatitude. M. Macron, porté par un fantastique effet médiatique, n’a pas d’orientation politique précise ni de projet clair, encore moins de force politique structurée susceptible de lui fournir une majorité stable. Le vote du 23 avril est avant tout celui de la neutralisation du pouvoir élyséen. De fait, même si cela est extrêmement difficile à admettre pour nos esprits intoxiqués au présidentialisme, l’Elysée a perdu l’essentiel de sa puissance et de son autorité morale. Est-ce définitif ou provisoire? C’est ce que j’ignore. Tout dépend de la capacité du système politique français à engendrer un nouvel homme d’Etat dans l’avenir.  Mais en attendant, les cinq années qui viennent ne dépendent désormais plus que d’une chose: la lucidité des Français dans leur vote aux législatives de juin. Celui ci sera infiniment plus difficile à manipuler. Il est facile pour la propagande médiatique de matraquer un candidat aux présidentielles et d’en magnifier un autre. Sur un scrutin réparti en 577 circonscriptions, la manœuvre est plus complexe. C’est pourquoi, comme je le répète depuis des mois ou des années, le vrai rendez-vous démocratique sera celui de juin 2017. Il n’était pas celui de ces présidentielles truquées. Ceux qui veulent sauver leur pays doivent impérativement se mobiliser et saisir cette occasion inespérée de bousculer le cours des choses et de rompre avec la fatalité.

Maxime TANDONNET

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Gagner les législatives

Le résultat du premier tour des élections présidentielles marque l’apothéose de l’écroulement de la vie politique française dans la bêtise et l’absurdité: puissance de la propagande médiatique, triomphe des scandales et de la polémique, indifférence et absence de tout phénomène d’adhésion massif à l’un ou l’autre des candidats, nihilisme absolu des idées et des visions de l’avenir. Une infime minorité de Français (23% des électeurs soit 16% compte tenu du taux d’abstention) ont décidé d’envoyer le vide sidéral à l’Elysée. Ils achèvent ainsi de détruire la fonction présidentielle si malmenée depuis des années. Contrairement à toutes les prédictions mensongères martelées depuis des années, il n’existe aucune poussée irrésistible d’extrême droite dans ce pays: le score de la candidate lepéniste est dérisoire au regard de la déferlante annoncée depuis si longtemps par les experts et la dame ne devra sa place au deuxième tour qu’à la seule nullité des autres.  Le parti socialiste et ses alliés écologiques se ridiculisent en n’atteignant même pas 7%. Cette effroyable désintégration de la vie politique française a probablement atteint ce soir son paroxysme. L’heure de la reconstruction a sonné. C’est dès ce soir que les Français qui aiment leur pays doivent se mobiliser. Tout commence avec les élections législatives de juin comme l’ont si bien dit sur les plateaux de télévision les hommes politique de la nouvelle génération, M. Wauquiez, M. Retailleau, M. Baroin, etc. Le pouvoir présidentiel est moribond. Peut-être revivra-t-il un jour, avec la réapparition d’un homme d’Etat digne de ce nom. Il ne faut désespérer de rien. Mais aujourd’hui, il est de fait anéanti. Or, la souveraineté, le pouvoir de faire la loi, d’imposer des réformes et une politique de désigner et de contrôler le Gouvernement, dans toute démocratie, y compris dans la République française, incombe à l’Assemblée nationale. Au mois de juin prochain, nous déciderons l’alternance par une grande vague bleue espérance et cette fois-ci, rien ni personne ne pourront l’empêcher.

Maxime TANDONNET

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Interview pour Figaro Vox

Voici mon « grand entretien du week-end », consacré au contexte électoral, pour Figaro Vox.

Vous avez suivi de nombreuses campagnes présidentielles. En quoi celle-ci est-elle inédite ?

 La campagne électorale qui s’achève ne ressemble à aucune de celles des quarante dernières années. A partir de 1974, elles ont toutes, sans exception, donné lieu à une opposition entre deux camps, droite/gauche, ou conservateurs/progressistes : 1974, 1981, 1995, 2002, 2007, 2012…Au contraire, 2017 se singularise par la désintégration de cette logique binaire. Le choix des Français porte sur l’image de personnalités – Macron, le Pen, Fillon, Mélenchon – plutôt que sur l’adhésion à un projet de société. Les partis politiques traditionnels, Républicains et parti socialiste sont les grandes victimes de cette campagne. Le système des primaires a lamentablement échoué, aboutissant, au moins pour la gauche, au choix des positions les plus radicales et donc difficilement acceptable par l’électorat modéré. En revanche, les médias ont joué un rôle décisif dans cette campagne, bien supérieur à toutes les campagnes du passé. Dès lors que la campagne se joue sur des images de personnalités, les médias exercent un rôle clé dans le façonnement de cette image, par sa sublimation ou sa diabolisation. Les médias se sont ainsi substitués aux partis politiques comme vecteur déterminant du déroulement de cette campagne.

Les enjeux fondamentaux pour l’avenir du pays ont-ils été abordés ?

Ils l’ont peut-être été de manière discrète, voire imperceptible. Mais ce n’est pas d’eux qu’il a été le plus souvent question. L’éducation nationale, l’autorité de l’Etat, la réforme de la construction européenne, le renouvellement de la démocratie française, la justice, l’unité et la solidarité nationale, la guerre contre le terrorisme, sont des thèmes fondamentaux qui n’ont pas émergé de cette campagne. Dans une logique de communication individuelle, les candidats ont mis l’accent sur des slogans, des gadgets, des mots d’ordre censés frapper les esprits : le « revenu universel », la « priorité nationale », la « taxe d’habitation », le « service militaire d’un mois », le « désarmement des policiers ». L’objectif était de capter l’attention, d’accrocher une proposition sur un visage, sans considération pour le financement ou la faisabilité des mesures. A aucun moment les grandes questions sur le destin de la France et de l’Europe, de niveau présidentiel, ne sont apparues dans cette campagne. Le système des débats à 5 et à 11 a encore aggravé ce phénomène en contraignant les candidats à marquer leur prise de parole par un coup d’éclat.

L’attentat des Champs-Elysées sonne-t-il comme un retour au réel ?

 Sans aucun doute. Il faut noter que le thème du terrorisme avait disparu des principaux sujets de campagne. Etrange paradoxe. Depuis deux ans et demi, la France est un pays martyrisé par le terrorisme. Depuis janvier 2015 les massacres se sont succédé sur le territoire français. Le pays a connu un traumatisme sans précédent depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Il vit dans la peur et dans la conscience de sa fragilité. Mais cette question a été plus ou moins ignorée dans le déroulement de la campagne depuis le début de l’année. Elle a été étouffée par les scandales autour de François Fillon et le déchaînement médiatique contre lui. Obsédés par la destruction de cette candidature, les médias et les politiques en ont oublié l’essentiel : la guerre contre le terrorisme. L’attentat des Champs Elysée a fait resurgir d’un coup la souffrance de toute une nation. Il peut avoir un impact significatif sur le résultat de dimanche soir, en favorisant ce qui incarnera aux yeux de l’électeur l’expérience du gouvernement, le sérieux, l’autorité de l’Etat.

Que révèle cette campagne sur l’état du pays et de la société française ?

 Elle confirme le désenchantement envers la politique. Les signes d’un manque de confiance et d’enthousiasme sont patents. Aucun des candidats ne s’impose vraiment et ne suscite un réflexe d’adhésion d’ampleur nationale. Les quatre favoris se situent dans un mouchoir de poche, au regard des sondages, entre 20 et 24%, ce qui est un niveau de premier tour très faible. Aucun courant, pas même le Front national, contrairement à tant de prédictions martelées depuis des années, n’effectue de véritable percée décisive. L’abstention s’annonce élevée pour un scrutin présidentiel Ce scrutin est avant tout celui de la défiance envers le monde politique dans son ensemble, qui s’exprime chaque année dans le baromètre de la confiance de CEVIPOF, selon lequel 88% des Français estiment que les « politiques ne tiennent aucun compte de ce que pensent les gens comme eux. » La fracture entre le peuple et les élites dirigeantes n’a jamais été aussi profonde.

Que révèle-t-elle sur la classe politique ?

 La question, me semble-t-il, se situe à deux niveaux. L’immense majorité de la classe politique au sens large est constituée des élus, des maires, des parlementaires dont la première préoccupation est de contribuer au bien commun par une action de terrain au quotidien. Ceux-là font vivre la démocratie française. En revanche, les difficultés proviennent de la partie visible, médiatisée, de l’iceberg. Les responsables politiques et dirigeants nationaux, les célébrités, les stars, ceux qui apparaissent au grand jour, semblent avoir perdu le sens des réalités. Ils vivent dans un monde virtuel d’autosatisfaction permanente, de mégalomanie et de narcissisme. Ils confondent le point de vue exprimé par la poignée de leurs courtisans et militants avec le ressenti populaire. Au cours des sept dernières années la France politique a été foudroyée par une succession de scandales tonitruants. Les Français ont été ulcérés par le décalage entre les discours donneurs de leçon et la réalité des comportements. Dans leur bulle d’autosatisfaction, les dirigeants nationaux ont donné le sentiment de ne pas sentir cet écroulement de leur image ou de ne pas vouloir en tenir compte.

Assiste-t-on à l’autodestruction de la politique ?

Les politiques nationaux, médiatisés, commettent, me semble-t-il, une erreur fondamentale. Ils sont conscients pour la plupart de la prodigieuse complexité de l’exercice du pouvoir dans le monde moderne : contraintes juridictionnelles, financières, puissance des contre-pouvoirs médiatiques et syndicaux, imbrication des enjeux planétaires et européens. Ils savent que gouverner, agir en faveur du bien commun, est une mission extrêmement difficile. Il n’existe pas de baguette magique ni de remède miracle. L’action de gouvernement en faveur de l’intérêt général est une œuvre de long terme qui requiert des efforts et une volonté implacable. Cependant, plutôt que de dire la vérité, ils ont choisi une toute autre option : la fuite dans les limbes de la communication, de la démagogie, des manipulations, des fausses annonces, des polémiques stériles, la logorrhée. Poussé par la pression médiatique, ils donnent la préférence au spectacle sur la réalité. Au fond d’eux-mêmes, leur destin personnel, leur « trace dans l’histoire » prime sur l’intérêt général. C’est pourquoi ils optent pour la facilité de la communication de préférence à la dureté du monde réel. En voulant être aimés et admirés, ils se condamnent à l’échec et à l’impopularité.

Certains candidats proposent le passage à une VIe République. Les institutions sont-elles en cause ?

 Oui, le fonctionnement des institutions est gravement en cause dans cette dérive. Le texte de la Constitution de la Ve République est un chef d’œuvre d’équilibre et de sagesse. Il prévoit un chef de l’Etat souverain, impartial, arbitre, garant des institutions, de la sécurité du pays et de sa politique étrangère. Le gouvernement de la France au quotidien, sa politique économique et sociale, incombe au seul Premier ministre et aux ministres, sous le contrôle du Parlement. Or, cette répartition des tâches est violée en permanence. Le chef de l’Etat est devenu une sorte d’idole médiatique, de gourou narcissique, englobant le pouvoir politique dans toutes ses dimensions. Le comportement personnel des présidents successifs, mais aussi le quinquennat adopté en 2000, sont à l’origine de cette évolution. Le chef de l’Etat, élu tout juste avant l’Assemblée nationale, pour un mandat aligné sur celui des députés devient le leader d’une majorité chargé d’appliquer son programme. Cet « hyper président » surmédiatisé, responsable de tout, devient inévitablement le bouc émissaire des frustrations et des souffrances de la Nation. Il cherche à fuir son impopularité dans le bavardage et la gesticulation mais entraîne ainsi l’ensemble de la vie politique du pays dans les limbes de l’impuissance et du renoncement. Nous n’avons pas besoin d’une VIe République. La vérité, c’est qu’il faut respecter et redécouvrir la Constitution du général de Gaulle, avec un chef de l’Etat dont l’élection doit être déconnectée du mandat des députés, incarnant l’unité nationale, l’autorité morale, la sagesse, le destin du pays, et un Premier ministre qui gouverne, responsable de ses actes et de ses paroles devant l’Assemblée nationale. Réapprendre à gouverner la France plutôt qu’à communiquer : tel est l’enjeu décisif de l’avenir.

Une personnalité émerge-t-elle malgré tout ?

 Oui, bien sûr, celle d’Emmanuel Macron, donné gagnant dans tous les sondages. Il est l’archétype de la figure politique médiatisée : la jeunesse, le charme et l’aisance sont ses atouts fondamentaux. Son succès est l’aboutissement de cette dérive de la vie politique française. Il marque le triomphe de l’image, de l’illusion, de l’apparence, du rêve sur le monde réel. En principe, le chef de l’Etat est un homme d’expérience et de sagesse qui se distingue par sa vision de l’histoire, son sens de l’Etat et de l’unité nationale. Le fulgurant succès de M. Macron dans les sondages, jamais élu, sans expérience approfondie de l’Etat ni de la politique, est l’aboutissement d’une longue glissade de la politique française dans un monde virtuel. Le réveil pourrait être douloureux…

Les législatives peuvent-elles être un troisième tour ?

 Oui, elles seront déterminantes pour l’avenir politique de la France. Jamais une élection législative, sous la Ve République, n’aura pris une importance aussi stratégique qu’en 2017. Jusqu’à présent, les élections législatives suivant une élection présidentielle (1981, 1988, 2002, 2007, 2012), ont toujours eu pour effet de donner au chef de l’Etat une majorité pour gouverner. Nous entrons sans doute dans une ère nouvelle due au discrédit de la fonction présidentielle, à la perspective d’un chef de l’Etat élu par défaut, à la nouvelle configuration d’un président de la République qui n’est pas soutenu par un parti politique potentiellement majoritaire, au morcellement de l’échiquier politique autour de quatre forces électorales. Seul François Fillon, appuyé sur les Républicains, semble en mesure de constituer une majorité stable et cohérente. En dehors de cette hypothèse, tout peut sortir des élections législatives : un véritable chaos, en l’absence de toute majorité possible, ou bien l’émergence d’une majorité composite et instable par alliance du centre gauche et du centre-droit, ou enfin une nette majorité de droite susceptible d’imposer au président de la République un Premier ministre et une politique. Cette incertitude peut être paradoxalement une chance pour la vie politique française en permettant son retour à une vision plus équilibrée et efficace des institutions, autour d’un chef de l’Etat qui préside et un gouvernement qui gouverne.

 

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Appel de M. Julien AUBERT, député

Et bien votez maintenant !
Vendredi 21 avril 2017 est un jour sombre. La campagne se termine, médiocre sur les débats de fond, scandée par les affaires et les manipulations, et tragique avec l’assassinat de ce jeune policier. Il paye de sa vie la bienveillance judiciaire qui persiste à remettre en liberté de manière anticipée des gens qui sont de véritables dangers publics. Quel réquisitoire implacable contre la naïveté pénale !
Le 21 avril, ce n’est pas non plus n’importe quel anniversaire. Rappelez-vous : C’était il y a 15 ans, et la Gauche était éliminée du second tour des élections présidentielles. Que cela fasse méditer ceux qui pensent que voter ne sert à rien. Il en a résulté une élection faussée, le mandat donné à Jacques Chirac étant flou.
Pour mémoire, déjà à l’époque, le candidat de Droite était appelé « supermenteur », et les médias avaient déversé des tombereaux d’insulte sur lui pour le présenter comme le dernier des pourris. Nous n’avons pas de chance à Droite : à chaque présidentielle, on nous explique que notre candidat est le pire des heures les plus sombres. Nous avons beau changer de candidat, comme il reste à Droite, il est présumé inéligible.
Dimanche 23 avril 2017 devrait être un jour de joie. C’est le jour où nous disons adieu au quinquenouille de François Hollande. Adieu aux scandales financiers Cahuzac et Thevenoud et au moralisme prechi-precha de la Gauche-ennemie-de-la-finance. Adieu à Leonarda et au president en scooter.
C’est le jour où nous choisirons qui fera la guerre au terrorisme islamique. Lui, a déjà choisi quel adversaire serait le plus dangereux pour lui, le plus résolu, le plus sérieux.
C’est le jour dont vous m’avez tant parlé, amis électeurs pendant 5 ans. Vous qui vous lamentiez sur la politique économique lamentable des socialistes, anti-entreprises. Vous me disiez : ne peut-on pas faire partir Hollande plus tôt ?
Vous vous êtes posé la question plus de 1800 matins. C’est long, 5 ans, lorsque le casting n’est pas bon.
Le jour du choix est arrivé. C’est Dimanche ou jamais. Si on fait n’importe quoi Dimanche, on remet une pièce pour 5 ans dans la machine. Voter Marine Le Pen, pour un homme de Droite, cela revient à voter Macron. Et voter Macron, c’est renouveler le bail des sortants.
En 2017, vengez 2012. Rappelez vous que l’élection de François Hollande fut appelée de ses voeux par François Bayrou, avec les encouragements de Marine Le Pen. Après, ce sera trop tard. « Dieu se rit des créatures qui déplorent les effets dont elles chérissent les causes. »
Julien AUBERT

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Derniers ressentis de campagne

« Je laisse la France en bien meilleur état que je l’ai trouvée » a déclaré hier M. Hollande, juste avant l’attentat terroriste des Champs Elysées. La France qu’il laisse est un pays ensanglanté par le terrorisme,  dévasté par le chômage qui touche 5,5 millions de personnes, l’exclusion, la violence, les cités en perdition, le repli identitaire, une fulgurante poussée électorale de l’extrémisme de gauche comme de droite. Mais M. Hollande est satisfait de son bilan. Ces propos sont fascinants car ils expriment le vertige de l’enfermement dans la bulle élyséenne d’un homme aveuglé par son narcissisme, ayant perdu le sens des réalités. Il est grand temps que ce Monsieur disparaisse enseveli dans notre oubli.

Hier soir, en parcourant les chaînes de télévision, je suis tombé sur M. Macron. Bien sûr, son image médiatique est sans défaut: jeunesse, beauté, charme, simplicité, aisance de la parole. Il répondait à un journaliste l’interrogeant sur « l’encadrement des loyers ». Son propos était confus, il voulait « libérer l’offre de logement » mais selon un régime adapté à chaque situation locale. De fait, le sujet n’était absolument pas de niveau présidentiel. Toujours cette confusion débile sur le rôle d’un président… M. Macron a quelque chose du candidat idéal sur le plan de l’image. Il a adopté une posture ultra-sympathique, celle du renouveau des générations, du « ni droite ni gauche », du consensus, de la gentillesse en politique, d’un discours façonné pour ne déplaire à personne. Il a su créer une mode autour de lui. Cependant, son succès se forge dans le monde du rêve, de la « réalité virtuelle » comme on dit, et de la séduction.  Il n’a strictement rien d’un chef de l’Etat potentiel, avec la hauteur, la sagesse, l’expérience, la vision historique que suppose la mission. Les Français se préparent à élire une illusion incarnée, un reflet médiatique, une chimère de modernité. Ils s’apprêtent à porter à l’Elysée une sorte d’anti-président. Quand ils s’en apercevront, il sera bien trop tard. Mais j’ai aussi entendu les derniers propos de Mme le Pen: « Avec moi, il n’y aurait pas eu d’attentats terroristes ». Autre signe patent de la fuite de la politique dans les limbes du cynisme électoraliste et de la mégalomanie poussés à leur paroxysme. Quand la France politico-médiatique est frappée de démence…

Un ami journaliste m’a téléphoné. Il me demandait si selon moi, François Fillon gardait une « petite chance » d’être élu président. Si les Français avaient un minimum de plomb dans la tête, ils se rendraient vite compte qu’en cette période de chaos sanguinaire qui ne fait sans doute que commencer,  malgré toutes ses faiblesses et ses défauts personnels, Fillon est le seul candidat pourvu d’une expérience de l’Etat, d’une majorité stable et cohérente possible à l’Assemblée susceptible d’engager le pays dans la voie des réformes nécessaires, et d’un projet présidentiel crédible autour de l’autorité de l’Etat et de la libération des énergies sur le plan économique. Bref, une direction plutôt que du rêve… Mais hélas, la raison et le bon sens donnent le sentiment d’avoir déserté ce pauvre pays malade dans sa tête. Sans doute, au regard des sondages, faudrait-il un véritable miracle: qu’une majorité de Français sortent de leur léthargie et ouvrent les yeux sur le monde des réalités. Il nous reste encore trois jours pour espérer ce miracle.

Maxime TANDONNET

 

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L’effarante crétinerie du système politique français

Les quatre derniers jours qui nous séparent de l’élection présidentielle illustrent à la perfection le désastre politique français, cet océan de bêtise qui nous submerge dont le présidentialisme forcené est l’un des grands responsables. Voici 13 raisons de l’effarante plongée de la France dans un gouffre de bêtise.

  • 1) Personnalisation à outrance des enjeux: les Français votent avant tout sur leur ressenti envers un individu et non en fonction de leur idée du bien commun, de l’avenir et des réformes nécessaires.

2) Influence excessive des médias, qui ont toute latitude pour influencer le vote des électeurs en jouant sur les images des candidats (la télévision exerce une influence déterminante sur le ressenti général envers un visage, une voix, un regard), voire même à travers la manipulation des sondages.

3) Entreprise de crétinisation forcenée de l’électorat, qui oscille entre l’idolâtrie et la haine de personnages, la dictature des émotions, l’admiration béate du supporter envers un individu magnifié, au détriment de la raison et des  enjeux collectifs.

4) Durcissement excessif de la vie politique et déchirement du pays en fanatismes centrés sur tels ou tels personnages: « la France désunie » pourrait être le slogan de bien des candidats… L’heure est au sectarisme nihiliste et au manichéisme imbécile.

5) Fulgurante poussée de la démagogie vénéneuse dès lors que la campagne devient une compétition entre individus qui vendent leur image (« revenu universel » de M. Hamon).

6) Invasion de la politique par des gadgets et les slogans auxquels les candidats vont tenter d’identifier leur candidature (la suppression de la TH par M. Macron) et le renoncement à traiter les grands sujets d’ampleur présidentielle: l’Education nationale, la réforme de l’Europe, l’autorité de l’Etat, par exemple.

7) Emprise des scandales et des psychodrames sur la campagne, le jeu suprême consistant à dénigrer l’adversaire par des magouilles, dénonciations, coups tordus (exemple du lynchage hystérique de M. Fillon).

8) Poussée des positions extrémistes haineuses visant à se différencier à tout prix des autres: M. Mélenchon et sa rage sanguinaire envers les « millionnaires », Mme le Pen et sa « préférence nationale » dirigée contre les étrangers en France.

9) Transformation de la politique en grand spectacle médiatique, au détriment de la recherche du bien commun: intrusion dans la campagne de la téléréalité (les débats à 11), des jeux vidéos, des clips, des hologrammes, la « réalité virtuelle » en politique, c’est-à-dire la fuite dans les limbes…

10) Poussée de mensonge et d’hypocrisie entre des candidats qui ont pour obsession de faire oublier leur passé et de jouer ainsi sur la « table rase » (M. Macron, Mme le Pen) au détriment de la vérité sur eux-mêmes, leur histoire, leur mentor, leur parcours, et donc au détriment du principe de vérité en général.

11) Prime donnée à l’image médiatique, à la posture, aux apparences, au sourire, favorisant ainsi la médiocrité des candidats, l’absence de culture, de vision historique, de sens de l’Etat, de stature présidentielle (M. Macron).

12) Confusion entre l’intérêt personnel d’individus, qui jouent leur destin élyséen dans cette élection et le bien public ou l’intérêt général: la dictature douce autour du culte de la personnalité d’un autre âge.

13) A l’arrivée, déception inévitable: l’heureux élu, promu en quasi divinité, est condamné à décevoir dès lors qu’il ne dispose pas de baguette magique pour régler tous les problèmes, et il devient dès lors le bouc émissaire national, le gibier de potence suprême de la nation. Son lynchage entraîne tout le pays dans la crise de confiance. « Conclusion il faut voter pour quelqu’un qu’on déteste et pas pour votre chouchou si vous lui voulez du bien« , comme le dit si justement Sganarelle (commentaire sur mon dernier billet de blog): tout est dit de l’absurdité du système.

Cet engrenage dément de la bêtise, dans l’aveuglement et l’indifférence générale, contribue me semble-t-il à l’écroulement économique, mental et politique du pays, ses déchirements, sa désintégration au fil du dernier demi-siècle. La bêtise de cette élection présidentielle, à laquelle nous assistons en direct, annonce la médiocrité des cinq années à venir, la fuite dans les délires hystériques de la France d’en haut et son refus de regarder le monde en face et de se mettre au travail pour réformer la France. L’idée de VIe République n’est qu’une chimère supplémentaire pour balader les Français. Mon idée est au contraire de réhabiliter la Ve République dans ses fondements initiaux: un chef de l’Etat arbitre,  rigoureusement impartial, élu  pour 7 ans, chargé du destin du pays sur le long terme, gardien des intérêts internationaux et sécuritaires de la France; un Parlement souverain, puissant, respecté;  un Premier ministre seul chef du Gouvernement et responsable de la politique nationale devant le Parlement, de ses actes et de ses paroles. Mais dans la vague de crétinerie où nous sommes en train de nous noyer, qui peut encore s’intéresser au sujets fondamentaux?

Maxime TANDONNET

 

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Mes six vérités sur les élections de mai/juin


  1. Jamais des élections n’ont aussi peu suscité d’espérance. Selon les sondages, plus d’un tiers des Français devraient s’abstenir. Les favoris du premier tour ne dépassent pas 23 ou 24%, soit 16 ou 17% des Français en âge de voter (compte tenu des abstentionnistes): ceci est dérisoire.
  2. L’homme en position de favori, M. Macron se présente comme le plus petit commun dénominateur qui réunit gauche caviar bien pensante et droite chiraquienne. Il correspond à une sorte d’idéologie creuse, celle de l’homme infiniment malléable, le culte du « je » narcissique, du jeunisme et de l’apparence.  Personnellement, je n’ai rien contre lui mais je n’ai rien pour non plus: il y a chez lui quelque chose de transparent, de parfaitement neutre. Cependant, il ne fait aucun doute, à mes yeux, que la chute de son fragile piédestal, son lynchage médiatique quelques semaines après son élection éventuelle, sera d’une violence et d’une perversité inouïe.
  3. Aucune poussée lepéniste n’est en voie de se produire. Les politiciens, et les acteurs du monde médiatique qui s’entortillent depuis des mois sur le danger de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, nous ont menti. Dans le climat chaotique qui règne sur la France (massacres terroristes, violence, chômage massif, scandales) une vague de révolte aurait pu survenir lors de ce scrutin, atteignant 40 à 50% des électeurs. Le parti lepéniste, surmédiatisé, a une fonction bien précise dans le système politico-médiatique: étouffer dans l’œuf une révolte populaire en neutralisant un cinquième de l’électorat autour d’un parti viscéralement condamné par une immense majorité de Français en raison de sa nature, son identité, son histoire et dont l’accession au pouvoir est inconcevable et définitivement exclue.
  4.  Le lynchage médiatique de M. Fillon a largement réussi. La presse et les médias sont parvenus à donner de lui une image délétère dans l’opinion, au-delà de toute espérance. Les faits qui lui sont reprochés font partie de mœurs d’une partie de la « France d’en haut », mais ils sont largement partagés. L’opération de déstabilisation, d’où qu’elle vienne, avait une finalité politicienne et non morale puisque relative à un seul candidat, au pire moment pour lui, et non à l’ensemble des mœurs d’une partie de la classe dirigeante. Dès lors que l’électorat est ainsi devenu l’otage des fureurs médiatiques, la reconquête de l’Elysée devient mission quasi impossible dans l’avenir. Le pli est pris. Désormais, tout candidat Républicain à la présidence, quel qu’il soit, subira inévitablement le même sort, sur un prétexte ou sur un autre.
  5. Les Républicains donnent aujourd’hui le sentiment de ne pas vouloir reprendre le pouvoir. L’élection éventuelle de M. Macron pourrait leur ouvrir le boulevard d’une victoire aux législatives. M. Macron n’a pas de parti politique et encore moins de ligne directrice, soutenu par un aéropage de personnalités des horizons les plus divers. Son élection serait celle de l’arrivée du néant à l’Elysée, la consécration de l’effacement de la présidence de la République, un phénomène de long terme qui s’est accéléré avec M. Hollande et trouverait là son achèvement suprême. Pourtant, les Républicains ne semblent pas préparer ces législatives qu’ils pourraient aisément gagner, ni la suite, le gouvernement de la France: absence de programme législatif, absence d’un leader susceptible de devenir Premier ministre, chef de Gouvernement, absence de dynamique, de souffle d’espérance. Bref rien est prêt. Tout se passe comme si, en voie de perdre à nouveau le hochet élyséen, plus rien ne les intéressait…
  6. Pire que tout: le déroulement de cette campagne présidentielle se présente comme le signe des progrès de la crétinisation de la France, la destruction des repères de l’histoire, de la littérature, de la philosophie, du bon sens et de l’esprit critique . Les voix potentielles de M. Mélenchon, de M. Hamon, de M. Poutou, et de Mme Artaud, additionnées, dépassent un tiers de l’électorat. Les Français n’ont plus la moindre idée de ce qu’a donné l’extrémisme de gauche dans le passé, l’étatisme, l’isolationnisme, l’assistanat, le rejet de l’économie de marché, l’égalitarisme, le nivellement, la haine de l’entreprise et du capitalisme financier: la ruine, le chaos, la misère absolue, partout où ils sont passés. La mémoire collective semble s’arrêter à 1990. Avant, les ravages du socialisme d’Etat, de la « propriété collective des moyens de production », du communisme, Lénine, Staline, Mao, Pol Pot, plus personne ne semble en avoir entendu parler. L’abêtissement de masse s’accélère.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

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Pris pour des cons (bis)

Le savez vous? Nous sommes dans un pays qui vient de subir trois massacres terroristes en deux ans, près de 300 morts, dont de nombreux enfants. Nous sommes dans un pays qui compte 6 millions de sans emplois, dont 25% des jeunes. Nous sommes dans un pays rongé par la désespérance, l’écroulement industriel, la désintégration sociale, le communautarisme, la violence mortelle au quotidien, la tragédie des banlieues sensibles, une crise identitaire sans précédent dans l’histoire contemporaine, dans un contexte international chaotique, face au péril djihadiste qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire, et en ce week-pascal, nos frères coptes et chrétiens d’orient terrorisés, persécutés, massacrés. Le savez-vous, nous sommes paraît-il à la veille d’une élection présidentielle essentielle pour l’avenir. A six jours d’une échéance, voilà ce que donne la campagne électorale.

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Invité de « L’Entretien d’embauche » de Jean-Jacques Bourdin ce matin sur RMC/BFMTV, Emmanuel Macron a refusé de répondre à l’une des traditionnelles questions-piège du journaliste, qui portait cette fois sur les tables de multiplication. L’échange in extenso est à retrouver ci-dessous :

– Jean-Jacques Bourdin : « Est-il vrai que vous étiez nul en maths ? »

– Emmanuel Macron : « Non, ce n’est pas si vrai. J’ai fait un Bac… »

– Jean-Jacques Bourdin : « On va s’amuser ? »

– Emmanuel Macron : « Oh non… » *rires*

– Jean-Jacques Bourdin : « 7×8 ? »

– Emmanuel Macron : « Non, non, non ! Non, non, non, non, non ! »

– Jean-Jacques Bourdin : « Quoi ? »

– Emmanuel Macron : « Ne me faites pas vos jeux… »

– Jean-Jacques Bourdin : « Mais c’est pas un jeu ! »

– Emmanuel Macron : « Vos jeux de devinettes. Non, non, non, non, non. Parce que ce n’est pas ça l’élection présidentielle. Non, j’ai fait un Bac Scientifique, et j’ai eu la mention « Très Bien », donc je n’étais pas si nul en maths. Ce qui est vrai, c’est qu’ensuite j’ai fait une Prépa, qui était une Prépa littéraire et scientifique – qu’on appelle la B/L, qui est une formidable école -, où, là, j’ai été confronté à ce qu’est être très talentueux en mathématiques. Et donc j’ai eu avec moi des coreligionnaires qui étaient des gens très doués. Je n’ai jamais été… »

– Jean-Jacques Bourdin : « Mais on peut oublier les tables de multiplication… »

– Emmanuel Macron : « Non mais je ne les ai pas oubliées, je vous rassure. Mais je trouve que c’est pas ça l’élection présidentielle »

– Jean-Jacques Bourdin : « Oui, on est d’accord, mais enfin… On veut en savoir plus »

– Emmanuel Macron : « Ce que je veux vous dire c’est que là-dessus il y a des gens très talentueux en mathématiques et que je n’étais pas un génie des mathématiques. Cédric Vilani, qui me soutient, est un génie des mathématiques »

– Jean-Jacques Bourdin : « Ben on va l’appeler, alors, pour la réponse »

– Emmanuel Macron : « Non, mais je connais mes tables, rassurez-vous »

– Jean-Jacques Bourdin : « Vous les connaissez ? »

– Emmanuel Macron : « Je connais mes tables, mais je refuse cet exercice de quiz, je l’ai refusé avec qui que ce soit, rassurez-vous. Je peux vous les dire hors antenne mais… »

– Jean-Jacques Bourdin : « Bon, d’accord, bon, bon… »

– Emmanuel Macron : « Imagine-t-on le général de Gaulle répondre à des tables de multiplication ? »

– Jean-Jacques Bourdin : « Non, ça ! Alors le général de Gaulle on l’a mis à toutes les sauces hein. Ça, alors là, je peux vous dire que… »

– Emmanuel Macron : « C’est pour ça, je fais une référence un peu osée. Donc voilà, je réponds à toutes les questions utiles, mais on fait pas de quiz »

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Et après cela, il paraît que j’exagère quand je dis que nous sommes pris pour des cons…

Maxime TANDONNET

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Repenser le pouvoir politique

Au fond, nous ne vivons que dans l’enfumage médiatique: sondages, polémiques, scandales, lynchages, idolâtries… Le plus difficile est d’essayer de percevoir les événements dans la profondeur de leur signification, par-delà l’écume des choses. Cela n’intéresse absolument personne mais sans prétention, il faut tout de même s’y essayer. Depuis trente ans, le monde s’est transformé à une vitesse vertigineuse: les technologies, les idéologies, la réalité géopolitique. Mais notre vision du pouvoir est restée la même: un peuple/un chef. La déflagration des présidentielles à laquelle nous assistons est le signe de la désintégration du pouvoir politique dans ses formes classiques. Il se passe des choses stupéfiantes dans ces  élections. Elle sont le signe d’une immense lassitude et désenchantement: le taux d’abstention atteindrait 30%, le score potentiel des favoris avoisine 22 à 23%. Le mieux placé est l’expression même du vide absolu par son absence de toute vision historique. L’image médiatique et le talent du comédien triomphent. Malgré une vertigineuse surexposition médiatique un hallucinant matraquage qui depuis des années en font le vainqueur potentiel, la candidate d’extrême droite n’accomplit aucune percée, bien au contraire. Nous voyons en outre revenir au premier plan les vieux démons de l’idéologie marxiste léniniste que nous pensions disparus à jamais en raison des destructions et des abominations d’un siècle marqué par les ravages de cette idéologie. Quant au seul candidat qui aurait pu avoir une stature présidentielle, le voici plombé par un lynchage médiatique sans précédent historique.

Alors? C’est toute notre vision du pouvoir politique qui est en cause. Il n’y aura plus jamais dans le monde qui vient de chef de l’Etat tout puissant, ou donnant l’illusion de la toute puissance. Tout président de la République, dans le monde nouveau, deviendra une tête à claques et ce d’autant plus qu’il choisira de s’exposer médiatiquement. M. Hollande n’est pas un accident de l’histoire, il est une étape supplémentaire dans la déconfiture élyséenne. M. Macron, s’il est élu, dans les trois mois sera encore infiniment plus méprisé, détesté, maudit que M. Hollande. Les failles ou les zones troubles de son image dont le système se délectera bientôt, nous explosent déjà au visage. Je ne parle pas de ce qui se passerait dans l’hypothèse d’une élection de M. Mélenchon ou Mme le Pen… Or, un chef de l’Etat sans prestige, sans autorité naturelle, sans une large confiance populaire ne peut être qu’une potiche ridicule.  La notion de personnalisation du pouvoir est en train de mourir sous l’effet d’un monde nouveau: individu roi, fureur des réseaux sociaux, médiatisation à outrance, manipulation permanente, mépris pour l’image de l’autorité et pour la hiérarchie.

Il faut avoir la force et le courage d’accomplir notre révolution intellectuelle. Toute société a besoin d’autorité pour ne pas sombrer dans le chaos et la ruine. Cette autorité ne peut plus, ne doit plus s’attacher à une image individuelle, dans le monde nouveau. Elle ne peut être que collective, émaner d’un groupe d’hommes et de femmes partageant une même volonté, une même intelligence de l’histoire et surtout un même désintéressement personnel et attachement au bien commun. Ils existent, leur problème est de franchir le plafond de verre de l’indifférence et de s’imposer. Le collectif ne signifie pas l’anonymat bureaucratique. Le nom des responsables est connu et leur responsabilité devant la Nation (directe ou indirecte) est au cœur du dispositif. Dans ce contexte, le héros de l’histoire existera toujours: le visionnaire qui dit la vérité à un moment donné, et qui intervient dans une situation de chaos pour remettre, le temps nécessaire, la Nation sur le bon rail, sans avoir la moindre idée de s’incruster au sommet de l’Etat dès lors que le héros qui s’éternise au pouvoir sombre dans la déchéance. Que l’on m’excuse de vouloir prendre de la hauteur, ce n’est pas de la prétention, je dis simplement ce que je pense profondément.

Maxime TANDONNET

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Elections, mes sentiments profonds

Dans une semaine, la France votera aux élections présidentielles. Le scrutin a une particularité: il n’offre aucun espoir, aucune perspective d’avenir. Désolé de la dire, mais ressentir de l’espérance à l’issue d’un spectacle aussi affligeant, dominé par les scandales, les manipulations  médiatiques et les pitreries d’un autre âge, est selon moi un signe expres de naïveté. Le vote de dimanche prochain a un sens à mes yeux et un seul: éviter le désastre d’un second tour Mélenchon/ le Pen qui aboutirait à une victoire écrasante du premier. La France portant au pouvoir un discours crypto-marxiste et un culte de la personnalité qui fait froid dans le dos, effectuerait un bond gigantesque dans le passé et plongerait, en cinq ans, dans le chaos, les ruines et un isolement dont elle ne se relèverait plus jamais. La campagne électorale a eu l’apparence d’une grande comédie. Elle s’achève dans la tragédie. Elle a désormais une signification pour tous ceux qui aiment leur pays: éviter le pire.  Nous sommes désormais confrontés à un choix absurde: celui du vide ou celui de la destruction. Il faut voter aux présidentielles, même en se bouchant le nez, avec un impératif: éviter un cataclysme. Les vraies élections, celles qui peuvent porter l’espoir, seront les élections législatives de juin. Notre devoir sera alors de donner une majorité à la France et par-delà, un Gouvernement et une orientation politique.

Maxime TANDONNET

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On se fout du monde

Un candidat proclame : « je vous aime ». Un autre se met en scène en super héros dans un jeu vidéo et diffuse son image transfigurée sur les murs des villes. Un autre encore : »les Français me connaissent peu ou mal. J’ai voulu pour cette élection que vous puissiez me connaître telle que je suis vraiment ». Cette campagne marque l’apothéose de la personnalisation du pouvoir. Les Français ne sont pas appelés à choisir une politique, lors de l’élection présidentielle, mais une personne à aimer, un ami, un père ou une mère. Au fond, cette tendance marque un retour à des pulsions primitives: la France se choisirait avant tout une idole, un maître, un chef de meute. Elle porte une vague et malsaine connotation totalitaire: le peuple est censé aimer son « petit père », son duce, ou son grand timonier. Cette personnalisation à outrance du pouvoir signe clairement le triomphe de la bêtise, de l’inculture historique, et la mort du politique au sens noble du terme: le gouvernement de la cité. Vendre au « peuple » une image personnelle à sublimer, plutôt qu’un défi à relever n’est-il pas l’apothéose de la manipulation et de la propagande? La campagne s’achève en crêpages de chignons entre des ego narcissiques, au détriment de l’intérêt général et du bien commun. Elle s’accompagne d’une hallucinante poussée de la démagogie, de l’extrémisme et de l’utopie. Elle vend du « rêve », comme des savonnettes. Certains candidats ne tiennent aucun compte du monde réel. Ils désignent des boucs émissaires, le « riche », le « grand capital », la « finance » ou « l’étranger ». Ils annoncent des mesures mirobolantes qu’ils ne pourront jamais mettre en œuvre, pour des raisons financières, juridiques ou géopolitiques ou tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas avoir de majorité au Parlement. Mais qu’importe! « viennent les jours heureux et le goût du bonheur » dans une société « douce et bienveillante ». Nous glissons dans les limbes de l’utopie et du rêve. Silence, on manipule ! Ne pas s’y fier: plus ils parlent du « peuple », et plus ils se foutent de lui. La « trumpisation » de la France. Tout est communication, posture, mensonge . Ils vendent aux électeurs de l’amour, du rêve, du pathos, et non la brutale et inévitable confrontation avec la réalité. Que nous annonce cette campagne? Un nouveau quinquennat de gesticulations, de postures et de logorrhée: brasser de l’air pour donner l’illusion du mouvement. Le politique a une mission suprême: dire la vérité et proposer des défis à relever. Or, les politiques médiatisés font exactement le contraire: ils manipulent. On se fout du monde.
Maxime TANDONNET

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Partir?

La France me fait de la peine. Il paraît que M. Mélenchon est devenue la personnalité politique la plus populaire de notre beau pays: 68% de confiance dans un récent sondage. Sa fulgurante ascension dans les enquêtes d’opinion, fruit de la béatitude médiatique autour de lui, en fait désormais un prétendant possible au trône présidentiel. Que propose-t-il? 270 milliards de dépenses publiques supplémentaires, 120 milliards d’impôts en plus, des recrutements massifs dans la fonction publique, l’annulation de la dette publique, les 35 heures pures et dures, la confiscation des hauts salaires, la sortie de l’Union européenne pour s’affranchir des contraintes budgétaires (son plan B), etc. Et les Français sont contents: ils approuvent largement un programme qui entraînerait la ruine instantanée de l’économie française. Oh, j’éprouve le même niveau d’estime pour l’électorat sensible aux sirènes du lepénisme: repli nationaliste, protectionnisme, étatisation de l’économie, démagogie (35 heures, retraites…). Lui aussi est victimes d’une prodigieuse manipulation, cette étrange sublimation médiatique du parti lepéniste, une mise en avant éhontée dans les médias d’un repoussoir qui permet de fixer 25% du vote national ainsi perdu pour le projet d’alternance tout en sachant que ce parti, compte tenu de son histoire, n’aura jamais la moindre chance d’accéder au pouvoir. Et la manipulation fonctionne, comme sur des roulettes. Quant au macronisme, c’est un autre phénomène fascinant, prodigieux, un émerveillement permanent: comment un conseiller et ancien ministre de M. Hollande est parvenu, par la magie des médias,  à incarner une forme de renouveau et de « véritable alternance »? Le tour de force, reconnaissons-le, relève du prodige. Certes M. Fillon a subi un acharnement inouï, montrant la puissance du rouleau compresseur idéologique qui soumet la France, mais il faut bien admettre, pour être honnête avec soi-même, que sa défense n’a pas été franchement à la hauteur. Bien sûr, le cause profonde de cette déchéance politique française est le déclin de l’intelligence et de la culture: quand beaucoup de gens ne connaissent plus l’histoire, ne savent plus écrire, n’ont plus la moindre notion de littérature ou de philo, ne lisent plus, ou lisent les mémoires de Nabilla (un triomphe!)gavés de jeux vidéo et de télé-réalité, ils perdent tout  sens critique, et sont prêts à avaler n’importe quoi. Là encore, nous assistons au triomphe d’une entreprise d’abêtissement de masse qui ne date pas d’hier. Quitter la France, dans ce contexte lamentable, déshonorant? Pour la première fois, j’y songe vraiment, un départ positif, de résistance, provisoire peut-être, pour préparer l’avenir à l’image de l’exil londonien en juin 1940. Mais pour aller où? J’hésite: le Portugal, l’Italie et la Suisse auraient ma préférence, mais aussi le Canada: au Québec, au Canada français, ils accueillent volontiers les Français libres, paraît-il.
Maxime TANDONNET

 

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La vérité sur les élections de mai-juin

Dans l’ouragan de folie qui souffle sur la France politico-médiatique, il est urgent de revenir à l’essentiel. Que va-t-il se jouer lors des élections de l’élection présidentielle du 23 avril et du 7 mai et des élections législatives des 11 et 18 juin 2017, par-delà l’enfumage que nous subissons au quotidien ?

L’hystérie politico-médiatique se polarise sur les présidentielles. L’affrontement entre des personnalités se prête au sensationnel et à la manipulation dès lors que le choix de l’électeur repose sur les sensations qu’inspire chaque candidat. Voilà pourquoi aux yeux du monde médiatique, seule comptent les présidentielles, livrées à son influence. Or, en vérité, le chef de l’Etat de la Ve République n’a guère de pouvoir propre pour conduire une politique. Il n’est pas censé gouverner le pays. Art 5: « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. »

Cette vision correspond à la conception gaullienne du chef de l’Etat: il est au-dessus de la mêlée politicienne. Son rôle est de fixer un cap à la nation, notamment sur le plan de la politique internationale et d’intervenir dans les périodes de crise. De Gaulle vivait dans l’obsession de la faiblesse du chef de l’Etat en 1940 lors de la débâcle. Il voulait qu’en de telles circonstances, d’une guerre ou d’une invasion, le président ait les moyens de se comporter en « sauveur » du pays.

Mais la mission de gouverner la France, de conduire sa politique économique, sociale, sécuritaire, incombe au seul Premier ministre et au gouvernement: Art 20: « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Il dispose de l’administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement. Art 21:  « Le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement. Il est responsable de la défense nationale. Il assure l’exécution des lois  il exerce le pouvoir réglementaire […].

De Gaulle, en 1958, n’a jamais entendu sortir d’une logique de régime parlementaire. Dans l’esprit de sa Constitution, le pouvoir de gouverner le pays incombe au Premier ministre qu’il nomme mais ne peut pas, lui-même, révoquer. Pourquoi? Parce que dans une République démocratique, il ne saurait y avoir de pouvoir de décision sans la responsabilité et la possibilité d’être sanctionné par le Parlement en cas de défaillance ou d’échec. Tous les actes du Président de la République doivent être co-signés par le Premier ministre ou un ministre, à l’exception de quelques-uns: l’appel au référendum (art 11), mais qui n’est possible qu’à la demande du Premier ministre ou conjointe des deux assemblées; la dissolution de l’Assemblée nationale (art 12); l’usage de l’article 16, la « dictature légale », en cas de guerre ou de révolution.

Dans la Constitution de 1958, le Parlement demeure le seul détenteur du pouvoir normatif suprême, celui de voter la loi. Art 24: « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques. Il comprend l’Assemblée nationale et le Sénat.  » Le pouvoir de faire les réformes, de façonner la législation, l’organisation de la société française incombe en temps ordinaire à l’Assemblée nationale et au Sénat. Il se joue principalement au moment des élections législatives. Le Général de Gaulle n’a jamais remis en cause ce principe qui est le fondement de toute démocratie parlementaire.

Alors pourquoi cette belle mécanique mise en place par le général de Gaulle en 1958 a-t-elle sombré dans la dégénérescence?

Toute la vie politique française semble se ramener à la désignation d’un personnage, le président de la République, comme une sorte de gourou national tout puissant. Cette déviance remonte pour l’essentiel à la conquête de l’Elysée par les partis politiques. Le phénomène a débuté dès le départ du général de Gaulle de l’Elysée en 1969. Il s’est gravement accentué en 1981, puis lors des élections suivantes. Le chef de l’Etat n’était dès lors plus un guide de la nation impartial, mais le leader d’un parti politique. Il devenait le patron d’une majorité composée de son parti et de ses alliés.

Un tel scénario était celui du pire au regard de la conception gaullienne qui voulait justement préserver l’Elysée du « régime des partis ». Il a été gravement accentué par le quinquennat adopté en 2000, banalisant la fonction présidentielle. La coïncidence dans le temps entre le mandat du chef de l’Etat et la mandature de l’Assemblée nationale (élue juste après lui) a eu pour effet de transformer celui-ci en un « super député » dont la circonscription est l’ensemble du territoire national, leader naturel de la majorité des députés. Dès lors, il ne pouvait plus prétendre au statut de sage de la nation, de visionnaire et de garant de l’unité nationale. L’œuvre de destruction de la Constitution gaullienne atteignait son paroxysme.  La sur médiatisation de ce personnage a ensuite achevé de pervertir la Ve République  en renforçant son image de gourou.

Toutes les conditions d’une catastrophe politique était dès lors réunies. La France politique se voyait emportée dans le culte de la personnalité, le mirage d’un leader national tout puissant détenteur du pouvoir suprême sur le destin du pays. Or, de fait, ce gourou national, Ceaucescu ou Kim-Il-Un français,  ne détient aucune baguette magique pour régler les difficultés de la nation. Tenu pour bouc émissaire du pays, il passe naturellement en peu de temps du statut de sauveur providentiel à celui de maudit, coupable de tous les maux de la création. Pour tenter de sauver son image, il sombre dans la logorrhée permanente et la gesticulation stérile, entraînant la classe politique médiatisée au loin du monde réel,  dans une logique de narcissisme, de communication à outrance et d’impuissance.

En 2017, au paroxysme de la crise politique, il est vraisemblable que ce schéma atteint ses limites. Nous entrons sans doute dans une ère radicalement nouvelle qui n’a plus de rapport avec le fonctionnement classique des institutions.  Quel que soit le vainqueur des élections présidentielles, il est très improbable qu’il bénéficiera d’une majorité politique stable, cohérente et durable à l’Assemblée nationale. Seule l’hypothèse Fillon permettrait sans doute de se rapprocher du modèle qui prévalait jusqu’à maintenant. Mais élu dans la douleur, rien n’indique qu’il bénéficierait d’une assise parlementaire soumise et obéissante comme ce fut le cas la plupart du temps des précédents chef de l’Etat. M. Macron, en candidat droite-gauche, sans parti, ne pourrait en aucun cas s’appuyer sur un socle de députés dominant l’Assemblée nationale.

De l’épouvantable crise politique que subit la France peut sortir un chaos durable de cinq années en cas d’explosion politique de l’Assemblée nationale. Mais nous sommes en droit d’afficher une espérance, celle de la recomposition politique autour d’une majorité  d’hommes et de femmes fermement déterminés à sauver ce pays et de l’émergence d’un véritable homme d’Etat au poste de Premier ministre, en tout cas un retour à l’essence même de la Ve République e 1958. Je ne dis pas que cela va se produire mais que nous sommes en droit de l’espérer. Autant que des élections présidentielles, l’avenir politique de la France dépend désormais des élections législatives de juin. C’est là où je voulais en venir.  

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

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La campagne ordurière

A-t-on jamais vu dans l’histoire de la politique française une campagne électorale plus ordurière, plus répugnante que celle qui se déroule actuellement. Il est beaucoup question du régime de Vichy en ce moment. Mais nous baignons dans un climat de délation et de coups tordus entre des comédiens, auquel les coulisses du régime de Pétain n’auraient rien à envier. L’intérêt général, le bien commun, le destin de la nation n’intéressent plus personne. Fouiller dans les bennes à ordures devient le seul et unique ressort de cette saloperie de campagne.  Voici un petit mot diffusé aujourd’hui, censé atteindre le candidat Macron. Je ne défends pas ce dernier, loin de là et ne souhaite pas qu’il l’emporte, sauf évidemment s’il était confronté à le Pen ou Mélenchon. Mais enfin, je n’arrive pas à comprendre en quoi ce petit mot à caractère personnel, retrouvé soi-disant contre lui, au fond d’une benne à ordure, rendu public dans des conditions vaguement répugnantes, devrait le desservir. Il est poli, déférent, signe de non sectarisme et d’ouverture d’esprit. Voilà, par cette divulgation d’un mot personnel, une manœuvre de bas étage qui témoigne une nouvelle fois de l’immondice de la campagne en cours et de la stupidité de ses acteurs. « Voyons-nous, bien à vous ». Et alors? Attaque mesquine, à l’image de toute cette campagne, dont le seul effet sera de rendre E. Macron plutôt sympathique. Encore une belle idée qui signe un climat de panique et ne fait que desservir notre camp et l’enfoncer un peu davantage en le rapprochant à son tour du caniveau.

 

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Présidentielles: l’abominable nausée

Il est temps que ces putains d’élections présidentielles prennent fin. J’en suis au point où elles finissent par m’inspirer une véritable nausée: calomnies, dénonciations, insultes, attaques personnelles, petites phrases minables, polémiques stériles, démagogie, postures, diarrhée sondagière, déchaînement de propagande médiatique partiale et injuste qui conditionne tout le reste. Toute idée se rapportant à l’avenir de la France et de l’Europe a disparu des écrans radar. La poussée mélenchonniste achève de me dégoûter. Le programme de ce personnage, nouvelle coqueluche des médias, est destructeur pour l’économie et la société française: des centaines de milliards d’euros ponctionnés sur l’entreprise, des hausses d’impôts phénoménales, une chasse au « riche », au travail, les 32 heures, la destruction de l’entreprise et de l’économie marchande. Face à un tel projet de destruction, l’avenir des jeunes de mon entourage, qui ont tellement ramé pendant des années pour se faire une place dans le monde de l’entreprise, me semblerait effroyablement compromis. Je n’arrive pas à supporter cette idée. Le système électoral atteint un niveau de débilité sans nom. Avec une candidate lepéniste vissée à 25% tout en ayant strictement aucune chance de gagner au second tour de la présidentielle, quel que soit le scénario, le système tourne à la loterie mortifère, au piège empoisonné où tout le reste devient possible, même l’élection de M. Mélenchon. Tout cela reflète ce que nous voyons venir depuis des années: l’effondrement du système présidentiel, dans un climat d’aveuglement et de bêtise généralisée. Dans l’état où nous sommes, aux portes de l’apocalypse, je ne souhaite désormais plus qu’une chose: que le système présidentiel, sombré dans la démence et qui entraîne le pays comme un boulet, crève le plus vite possible et que la France restaure la république et la démocratie à travers un système de gouvernement Parlementaire. L’avenir dépend désormais des élections législatives en juin, celles qui n’intéressent personne. Plus tard, peut-être que la France retrouvera un homme d’Etat capable de restaurer la fonction présidentielle dans sa grandeur, celle qui consiste à fixer un cap digne et visionnaire, tout en laissant les ministres gouverner sous le contrôle du Parlement. Mais aujourd’hui, au paroxysme de la nausée, il faut parer au plus pressé: éviter Mélenchon et le spectre infernal d’un second tour le Pen/Mélenchon, à n’importe quel prix, puis tenter de restaurer l’honneur des républicains lors des élections législatives.

Maxime TANDONNET

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Coptes d’Egypte, l’horreur absolue

Qu’il me soit permis, en ce dimanche des Rameaux que célèbrent les chrétiens du monde entier, d’exprimer mon immense compassion pour mes amis les coptes d’Egypte dont la communauté vient d’être une nouvelle fois ensanglantée par la barbarie islamiste, en pleine célébration de la messe. Nous pensons aux enfants déchiquetés par l’explosion et à l’horreur infinie de ce crime génocidaire – visant à l’éradication d’une communauté – qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire.

Maxime TANDONNET

Un attentat à la bombe a fait au moins 21 morts dimanche dans une église de la ville de Tanta, à 120 km au nord du Caire, trois semaines avant la visite du pape en Egypte, selon l’Eglise copte d’Egypte.
Une explosion a fait au moins 21 morts ce dimanche matin, en Égypte, dans une église de Tanta, ville située dans le delta du Nil, rapportent des responsables des services de sécurité.
L’explosion a également fait une cinquantaine de blessés selon les mêmes sources, au moment où la communauté chrétienne s’apprête à célébrer la semaine sainte qui commence ce dimanche avec la fête des Rameaux.
Les victimes ont été transférées au service des urgences de l’hôpital universitaire de Tanta.
L’origine de l’explosion n’a pas pu être déterminée pour le moment
L’explosion a eu lieu peu avant 10 h dans l’église Mar Girgis de Tanta, dans le delta du Nil, selon la télévision d’Etat. Parlant au téléphone à la télévision Nile news, le gouverneur de Gharbiya le général Ahmad Deif a affirmé que l’explosion avait eu lieu « à l’intérieur de l’église ».
Il a dit que les services de sécurité avaient ratissé la zone de l’église pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’autres engins explosions à proximité.
Selon lui, il n’y a pas encore d’informations sur la nature de l’attentat. « Soit une bombe a été placée dedans, soit quelqu’un s’est fait exploser », a-t-il indiqué.
Cet attentat intervient quatre mois après une attaque qui avait fait une trentaine de morts dans une église copte du Caire. Il intervient également avant une visite du pape François prévue les 28 et 29 avril en Egypte, alors que la branche locale du groupe jihadiste Etat islamique a appelé à viser des chrétiens.
L’EI avait revendiqué l’attentat suicide qui, le 11 décembre, avait tué 29 personnes en pleine célébration, dans l’église copte Saint-Pierre et Saint-Paul, contigüe de la cathédrale copte Saint-Marc, au Caire. Cet attentat avait été mené par un kamikaze qui a fait exploser une ceinture explosive. En le revendiquant, l’EI avait affirmé sa détermination à continuer les attaques contre « tout infidèle ou apostat en Egypte et partout ».
L’origine de l’explosion dans cette église de Tanta, n’a pu être déterminée dans l’immédiat. Il n’y a pas eu de revendication.
Les Coptes orthodoxes d’Egypte, la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient
La communauté copte n’avait pas connu d’attentat aussi meurtrier depuis l’attaque suicide ayant fait plus d’une vingtaine de morts le 1er janvier 2011 à la sortie d’une église à Alexandrie, dans le nord de l’Egypte. L’attaque du Caire a relancé les appels à durcir la lutte contre la mouvance jihadiste en Egypte, en particulier dans le Sinaï où elle a mené une série d’attaques sanglantes contre les forces de sécurité.
Les Coptes orthodoxes d’Egypte représentent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient, constituant 10 % des 92 millions d’Egyptiens, et l’une des plus anciennes.
Ils se disent victimes de discriminations dans tout le pays de la part des autorités et de la majorité musulmane. En août 2013, des partisans de l’ancien président, l’islamiste Mohamed Morsi, renversé par l’armée, avaient incendié des dizaines d’églises et de propriétés coptes après la répression policière qui a coûté la vie à des centaines de manifestants islamistes au Caire.
L’armée égyptienne a annoncé le 2 avril avoir tué en mars dans un raid aérien Abou Anas al-Ansari, un des cadres fondateurs de la branche locale de l’EI, Ansar Beït al-Maqdess.
Auteur de nombreux attentats contre les forces de l’ordre dans le nord du Sinaï, le groupe jihadiste Ansar Beït al-Maqdess avait prêté allégeance à l’EI en novembre 2014, se rebaptisant alors « Province du Sinaï ».
Le groupe ultraradical avait revendiqué un attentat à la bombe ayant coûté la vie, le 31 octobre 2015, aux 224 occupants d’un avion transportant des touristes russes après son décollage de Charm el-Cheikh, station balnéaire située dans le sud du Sinaï.

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Coupe de printemps

Par Roland:

« Sont fous ces gaulois ! »

Les français sont dans l’irrationnel le plus complet. On a l’impression que beaucoup attendent ce moment pour se libérer de toutes leurs frustrations. Pour illustrer cette folie une petite histoire de coiffeur vécue récemment qui m’a totalement achevé moralement.

Assis dans le fauteuil de ce cher coiffeur pour un nettoyage de printemps, le patron du salon a abordé avec moi les prochaines élections. Heureusement que j’étais assis lorsqu’il m’a appris qu’il aurait bien voté pour Le Maire, qui lui plaisait bien (sic), mais qu’en fin de compte au premier tour il allait voter Mélenchon ! J’étais tellement estomaqué que les cinq dernières minutes de ma coupe me paraissaient interminables.

Je précise que ce cher coiffeur a pignon sur rue en plein centre ville d’une grande ville de province avec les tarifs en rapport, qu’il a une magnifique villa à quelques kilomètres dans la verdure, qu’il roule en grosse cylindrée BMW, qu’il est un passionné de golf et qu’à ce titre il va régulièrement sur les terrains des cotes portugaises, que son fils fait des études à l’étranger …

Lorsque pour terminer je lui ai dit que dans la situation de confusion actuelle le plus important se passera aux législatives il m’a dit « ah bon, quand est-ce qu’il y a des législatives ! ».

Il ne reste qu’à prier Sainte Rita la patronne des causes perdues !

ROLAND

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Les élections démentes

Les élections présidentielles sont en train de sombrer dans la démence. Le dernier évènement est la fulgurante poussée de M. Mélenchon. Son programme est fascinant: il est entièrement et explicitement fondé sur la négation de tout principe de réalité: les contraintes budgétaires, juridiques, humaines, sont évacuées de son raisonnement. Des centaines de milliers d’emplois publics sont créés dans tous les domaines, la France engage sa sortie du nucléaire, la retraite est rétablie à 60 ans pour 40 années de cotisation, le cannabis est légalisé, la conquête spatiale relancée (base permanente sur la lune), les tranches de l’impôt sur le revenu sont portées à 14 pour ponctionner davantage les gros salaires, l’ISF est renforcé, les entreprises font l’objet de prélèvements supplémentaires, la France renonce unilatéralement à la règle « absurde » des 3% de déficit public, elle applique unilatéralement des mesures protectionnistes, une augmentation massive des salaires, des pensions de retraites et minima sociaux, la sortie de l’euro voire de l’Europe est envisagée dans un « plan B ».

Etrange programme: M. Mélenchon annonce l’élection d’une « assemblée constituante » pour élaborer une 6ème République. Cela signifie-t-il que les élections législatives n’auraient pas lieu en juin? Ou que l’Assemblée élue serait aussitôt dissoute pour réélire une constituante? Il veut sortir de la « monarchie présidentielle ». Mais la contradiction est patente: lui-même, en présentant un programme présidentiel ultra précis et d’inspiration révolutionnaire, s’engage dans une logique ultra-présidentielle. Ce programme indique qu’une fois la nouvelle constitution votée, le président de la République (lui-même) démissionnera. Mais alors, pourquoi s’être fait élire sur un pareil programme pour démissionner quelques mois après? Quelle logique, quelle signification?

Allons donc, un second tour des élections présidentielles opposant le candidat lepéniste à M. Mélenchon n’est plus à exclure désormais. Le résultat, que l’un ou l’autre l’emporte, sans doute M. Mélenchon dans un tel cas de figure, serait de précipiter le pays dans l’écroulement économique. Alors, les Français sont-ils en train de devenir suicidaires, déments? La vérité, c’est qu’ils n’ont pas lu les programmes. Ils se fient à une impression, un fantasme, une sensation. M. Mélenchon est un orateur d’exception, parle haut et fort, avec assurance, regarde droit dans les yeux, semble n’avoir peur de rien. Le comédien touche à la perfection, il est incomparablement meilleur que les autres comédiens, les Pen et Macron, pourtant plein de talent eux aussi, alors que Fillon semble de plus en plus effacé. Dans la grande comédie politico-médiatique, son numéro  emporte la conviction. Et la France décervelée, amputée de toute capacité de réflexion et de sens critique marche, comme un troupeau de moutons, vers l’abattoir, vers l’abîme. C’est notre système politique qui est totalement pourri, cette pseudo élection présidentielle devenue l’otage des sondages, des débats bidonnés et du grand guignol médiatico-politique.

Maxime TANDONNET

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Le débat minable

Il faut dire la vérité: je n’ai regardé sur BFM-TV que la première mi-temps de ce débat. J’étais si pétrifié de dégoût et d’ennui que je suis parti me coucher avant la fin. Le débat d’hier soir, à 11, atteignait le paroxysme de la nullité en politique: violences verbales, surenchère de clichés les plus éculés et le plus imbéciles que l’on puisse imaginer, sur le grand capital, le patronat et le pouvoir financier, invectives furieuses, accusations publiques, hystérie, haine, Grand-Guignol, excitation, délire verbeux. A aucun moment, dans ce malström d’imbécillité furieuse et de lieux communs de bas étage,  le moindre sujet de fond sur l’avenir de la France, de l’Europe, de la planète, n’a été abordé. Quoi, ce sont les élections présidentielles que l’on prépare? Mais comment parler de « politique spectacle »? Le plafond de la bêtise et de la méchanceté a été allègrement crevé. Ni le mot politique (gouvernement de la cité), ni celui de spectacle (supposant un plaisir ou un enrichissement) ne sont appropriés. Non, nous avions en face de nous une émission de M…. et rien de plus. Mais le plus extraordinaire, c’est que dans l’ensemble, la presse et les médias se satisfont. Un « débat historique » ai-je lu quelque part, dans un hebdomadaire de référence, l’un des plus sérieux! Qui fut le meilleur candidat? Question universelle de ce jour. Macron pour BFM, évidemment, Mélenchon et Poutou pour la presse supposée de gauche. Moi je n’ai vu qu’un vainqueur: la crétinisation en marche de ce pauvre pays. A moins que je ne sois moi-même complètement à côté de la plaque. On finit pas se poser des questions.

Maxime TANDONNET

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L’horreur idéologique

La politique, au sens noble du terme, signifie « le gouvernement de la cité », évoque des hommes et femmes qui se réunissent et discutent pour préparer l’avenir commun d’une Nation. Elle consiste à chercher ensemble des solutions sur les grands défis d’une époque: la maîtrise des frontières, l’intégration des populations, la lutte contre le chômage, l’organisation optimale de l’Etat, l’unification politique du continent européen face aux défis planétaires. Elle suppose de se parler dans le respect, puis d’effectuer des choix et de les mettre en œuvre. La société française semble en être de moins en moins capable. La politique se meurt, mais la nature a horreur du vide. Aujourd’hui, sur les ruines de la politique et du débat d’idées, les idéologies (dogmes issus d’une propagande) les idéologies que l’on croyait mortes ressuscitent sous des formes nouvelles.

Elles sont trois en ce moment, trois idéologies auto-proclamées « anti-système« , qui accaparent les esprits à la veille de la période électorale. Le macronisme triomphant s’inspire de l’idéologie de l’individu-roi, « l’indivi-dieu » qui triomphe depuis bientôt 30 ans dans le monde occidental, culte du libre arbitre, du narcissisme absolu,  du « sans frontiérisme », de l’argent comme valeur suprême, de l’homme parfaitement interchangeable, de la mauvaise conscience occidentale et de la communication comme mode de gouvernement. Face à lui, le lepénisme est un nouvel avatar de complotisme et de repli nationaliste: le mal vient de l’extérieur, de l’étranger, de l’Europe, du « capitalisme financier », du « mondialisme », etc. Et puis nous assistons à la poussée fulgurante d’une troisième voix, le mélenchonnisme, étrange et paradoxale synthèse qui sublime à la fois le sans-frontiérisme et l’anti-mondialisation.

Le retour de l’idéologie s’incarne dans une flambée du culte de la personnalité. Le « sauveur providentiel » est l’expression incarnée de cette idéologie: celui qui est censé l’accomplir.  Face à lui, on s’abandonne à la passion. On l’aime, on l’adore, on se prosterne devant l’idole en chair et en os qui envoûte, enchante et hypnotise la foule médiatisée, une adoration proportionnelle au vide intellectuel. La désintégration de la politique française débouche sur une flambée de l’idéologie, du culte de la personnalité, la sublimation d’individus médiatisés, forme ultime de l’ asservissement des foules: le phénomène est patent à l’aube de la période électorale. Il s’accompagne d’une vertigineuse poussée de haine: l’opposant politique devient un ennemi à abattre par tous les moyens.

L’intérêt général, le sens des réalités et du bien commun s’effondre dans cet ouragan de démence. La construction d’un avenir collectif autour du débat d’idées et de projets n’existe plus. La réalité s’efface. Tout n’est que chimères, mirages, adoration, fascination, asservissement au culte de la personnalité. Le retour des idéologies et du culte de la personnalité représente un immense échec de nos sociétés politiques. Tout ce qui se passe en ce moment renvoie à la pire époque des années 1930 et 1940. Nous pensions ne jamais revoir un tel paysage. Or, il est là, devant nos yeux. A travers le grand retour des idéologies et du culte de la personnalité, nous assistons au  triomphe sur le long terme de l’abêtissement de masse, de la table rase, de l’oubli, de l’inculture, de la méconnaissance de l’histoire et de la littérature, l’effondrement de la pensée critique et de la réflexion. Comment ne pas se sentir désespéré face à un tel spectacle, un tel champ de ruines, une telle déchéance de la culture et de l’intelligence, au pays de Montaigne, de Descartes, de Pascal, de Molière et de Voltaire? Comment un tel désastre a-t-il pu se produire?  Enfin, hier, deux nouvelles essentielles faisaient la une de l’actualité politique: Fillon n’arrive pas à « mettre de l’argent de côté » et Renaud vote Macron! Voilà qui rehausse le niveau!

Maxime TANDONNET

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Que va-t-il se passer?

Il paraît que la période électorale en cours est la plus incertaine de l’histoire! Pourtant, notre époque est au contraire étrangement convenue et prévisible. Essayons de dessiller ceux qui espèrent encore en un lendemain de 2017 heureux. Il me semble que l’avenir proche est déjà scellé dans le marbre. Le champ des possibles se resserre. Nous sommes face à trois alternatives sérieuses:

  • Victoire de M. Macron (40% de chances) : l’extase, et l’immobilisme. Que se passe-t-il dans cette hypothèse que les médias et les sondages présentent désormais comme la plus forte probabilité? Au début, de mai à septembre, un vertigineux extase collectif. Les médias sont ivres de bonheur. « L’été français ». Pensez-vous, un jeune homme de 39 ans, souriant, beau et bien élevé, ni droite ni gauche, tout le monde l’aime, le renouvellement, la jeunesse, l’ouverture et la modernité. Le plus jeune président de l’histoire avant même Louis-Napoléon Bonaparte (40 ans)! Allégresse et félicité! Nous vivons un temps d’euphorie nationale ou tout s’efface devant la prodigieuse joie collective et le monde nouveau qui s’ouvre; le miracle français, un peu comme lors de la Victoire du 12 juillet 1998 en finale de la coupe du monde de football, une sorte de jouissance infinie, un émerveillement de la France réunifiée, la France qui gagne, et fait la « une » de la presse et de médias jusqu’à septembre. 9 mai: un millions de Français célèbrent une ère nouvelle sur les Champ Elysées.  A l’Assemblée, M. Macron obtient le soutien d’une vaste coalition enthousiaste, du centre gauche et du centre droit, incluant M. Valls, M Perben, M. Estrosi, M. le Drian, Mme Montchamp, les amis de M. Bayrou, etc. Un Premier ministre centriste est nommé à la tête d’un gouvernement composite. Septembre:  que faire qui soit consensuel et préserve la belle unité nationale et la coalition? Surtout ne pas toucher au 35 heures, à l’ISF, au droit du travail, aux lois sur la sécurité et l’immigration, à la réforme de l’Europe, aux institutions. Il reste à augmenter les impôts en douce pour financer quelques mesures de redistribution supplémentaire et surtout communiquer, beaucoup se montrer et parler pour préserver l’illusion du renouveau. Janvier: le chômage ne baisse pas ou si peu et si lentement, la croissance reste terne, la violence explose partout, les policiers sont agressés, le danger terroriste menace, frappe, les squats et bidonvilles continuent à se propager dans Paris, le grandes villes et le Nord. La désillusion est effroyable. M. Macron n’est plus le dieu vivant de l’année passée mais devient pour la France d’en haut « l’énarque banquier » à la solde des « puissances financières »; sa vie privée est fouillée, son rapport à l’argent suinte de partout, un tas d’horreurs remontent et s’étalent. Il est accusé d’avoir trahi la gauche, trahi la droite. Il devient l’homme à abattre, le maudit suprême, pire que Hollande! Et la France poursuit sa route déclinante.
  • Victoire de M. Fillon (40%): l’hystérie et le dilemme. L’élection de François Fillon est le seul scénario inadmissible pour le pouvoir médiatique. Il marquerait son échec, la faillite du plus grand lynchage médiatique de l’histoire politique française. On imagine le déchaînement de haine de la presse dite de gauche, des médias, radios, télévisions, abasourdis par le coup du sort qui les frappe. Les électeurs français seront passés outre l’opération de propagande qui ruisselle sur la France depuis janvier. Ils ne se seront pas soumis au pouvoir médiatique. L’affront est sans précédent. Une nouvelle déferlante de haine se déchaîne contre le chef de l’Etat. Toutefois, cette hypothèse est la seule où le président a de bonne chance de disposer d’une majorité LR à l’Assemblée, cohérente et solide. Il disposera alors de deux options: l’une intelligente consistant à désigner un puissant et autoritaire gouvernement qui prendra en main la réforme du pays, une réforme difficile et de longue haleine, mais inévitable dans l’intérêt de la France; ou bien s’exposer lui-même au premier plan, sur tout et n’importe quoi, à l’image de ses prédécesseurs, gesticuler à son tour en réponse au déchaînement contre lui, et se voir peu à peu emporté dans une logique de destruction, d’hystérisation de son image, de  chute dans l’enfer du narcissisme stérile et de l’impuissance. Tel sera son dilemme.
  • Victoire de Mme le Pen (20%): l’hypocrisie et la crise. Bien sûr que cette hypothèse n’a plus rien d’invraisemblable. Et ils l’auront bien cherchée et bien voulue, ces médias qui ne cessent de la mettre en avant en prenant soin de la ménager, ces éditeurs de romans ou de bande dessinées, ces commentateurs, éditorialistes, ces cinéastes qui l’ont anticipée depuis des mois, en prétendant mettre en garde l’opinion, mais en banalisant sournoisement la perspective d’un pareil avènement. Et au fond, ils auront obtenu gain de cause: voici, à la tête de l’Etat, l’héritière du parti créé par son père en 1970. Les cris d’indignation, les manifestations, les larmes d’horreur ne seront que de façade, pour masquer une intense et profonde jubilation: la voilà démasquée cette France « moisie » la preuve en est faite de ce qu’est la France, son essence même, une France assimilée au lepénisme et tout ce qu’il incarne en profondeur. L’heure est au sensationnel, aux innombrables expertises en sociologie, les « intellos » du quartier latin ont du grain à moudre. Combien de unes et d’ouvrages savants sur l’avènement du lepénisme à la tête de l’Etat français? Et aussitôt, un chaos inouï s’enclenche. L’extrême gauche, convergeant de toute l’Europe, sème la terreur et la confusion dans la rue. Les policiers et l’armée sont débordés. Un « front républicain » se met en place de facto: une gigantesque majorité anti-lepéniste domine l’Assemblée (500 députés sur 577). Les chefs d’Etat occidentaux et Européens répugnent à tout contact avec le nouveau président français. Tout premier ministre désigné est aussitôt renversé par l’Assemblée: aucun gouvernement n’est possible. L’administration, qui n’est plus dirigée, entre en dissidence. Des grèves  se déclenchent. Janvier: le pays est bloqué, paralysé, son économie s’effondre, des vagues de licenciements déferlent, la violence se déchaîne, n’épargnant même plus les quartiers bourgeois. Et nul ne perçoit de sortie de crise. Oui, les apprentis sorciers auront  gagné leur pari!

Pessimiste, moi? Non pas du tout. Réaliste: tout cela je le vois venir comme si j’y étais déjà!

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

 

 

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Qu’est-ce qu’un président de la République?

Les éditions Perrin viennent de rééditer en format de poche mon livre sur l’histoire des présidents de la République (2013), actualisé au 31 décembre 2016. C’est l’occasion pour moi de revenir sur la nature de la mission du chef de l’Etat, à travers les âges, et d’essayer d’apporter un éclairage aux électeurs sur les enjeux de fond de l’élection présidentielle d’avril-mai.

Le rôle du chef de l’Etat avant 1958 a été beaucoup caricaturé et minimisé. Non, le président français de jadis ne se limitait pas à inaugurer les chrysanthèmes. Le souvenir méprisant qu’on en garde correspond à certaines périodes de crise de la présidence de la République: Grévy, Deschanel, Lebrun lors de la débâcle de 1940.

En réalité, le chef de l’Etat, élu pour sept ans par le Congrès de Versailles, ou les deux chambres réunies, Chambre des Députés sous la IIIe (Assemblée nationale sous la IVe) et Sénat (Conseil de la République sous la IVe), exerçait une fonction essentielle dans le fonctionnement des institutions. Il se tenait au-dessus de la mêlée, ne prenait jamais part aux joutes politiciennes. Mais il exerçait un rôle de sagesse, de souverain impartial, désignait le Premier ministre, présidait le Conseil des ministres. Dans les temps de crise institutionnelle et morale ou internationale, les grands présidents imposaient leur autorité morale comme un repère. Les dirigeants de la classe politique se rendaient à l’Elysée pour l’écouter. Dans les temps de déchirement,  son prestige personnel  redevenait la référence suprême (Sadi Carnot, Raymond Poincaré dans la Grande Guerre, Alexandre Millerand, Gaston Doumergue, Vincent Auriol, René Coty). Mon livre fourmille d’exemples montrant comment la sagesse présidentielle, au-dessus de la mêlée, a permis de surmonter les déchirements voire de sauvegarder l’unité et l’intégrité de la Nation. Le chef de l’Etat incarnait ce qui manque à la France aujourd’hui: une vision, une boussole, un repère.

En 1958 et 1962, le général de Gaulle a voulu renforcer le rôle du président de la République notamment en prévoyant son élection au suffrage universel. Du fait de son prestige, de son autorité naturelle, de sa légitimité nationale issue de l’appel du 18 juin 1940, le Général pouvait concilier la hauteur de la mission du chef de l’Etat et une présidence active, impliquée dans le gouvernement quotidien de la France. Son implication directe et son dans l’achèvement de la guerre d’Algérie (1958-1962) a forgé une présidence omniprésente.

Mais après son départ en 1969, un bref intermède Pompidou puis VGE, le déclin de l’institution présidentielle n’a cessé de s’amplifier. Les présidents de la République (Mitterrand, Chirac) se sont trouvés écartelés entre leur rôle souverain de représentation de la France à l’international, de sage, garant de l’unité, de la cohésion et de l’avenir à long terme de la Nation, et celui d’élu sur un programme détaillé dont les Français attendent l’accomplissement de promesses. Le passage du septennat au quinquennat en 2000 a achevé de dénaturer la fonction: élu pour un mandat aligné sur celui de l’Assemblée nationale, le président de la République est devenu de facto un chef de la majorité voire d’un parti politique, se substituant au Premier ministre dans le gouvernement quotidien de la France.

Surmédiatisé, devenu l’incarnation à lui tout seul du pouvoir politique, tenu pour responsable de tous les maux de la Nation, emporté et balloté  dans la tourmente du quotidien, il en devenait le bouc émissaire naturel et l’otage. La présidence fondée sur le prestige du général de Gaulle tournait ainsi à une présidence infâmante, impuissante, qui n’incarne plus l’avenir de la Nation, mais au contraire ses angoisses, frustrations, déchirements.  Son prestige et son autorité, fondements de sa missions, ont laissé la place au mépris populaire. L’élection de 2017 qui s’effondre dans la polémique, le chaos, voire le ridicule, marque l’apothéose de cet anéantissement élyséen.

Comment sauver la présidence de la République? en réhabilitant la mission traditionnelle de hauteur, de sagesse, d’impartialité du président de la République en monarque républicain, au-dessus de la mêlée des passions et la folie de l’actualité, autorité garante des grands principes de la France et de son avenir, la politique du quotidien et le gouvernement du pays au jour le jour incombant au Premier ministre et aux ministres responsables devant le  chef de l’Etat et le Parlement.  Il manque à la France cette hauteur présidentielle d’un homme visionnaire et sage, un homme d’expérience et de vision à long terme, dans une actualité gagnée par la démence et la perte de tous les repères. Le retour au septennat pourrait être un premier pas vers cette redécouverte de la mission du chef de l’Etat, mais il ne suffirait pas. C’est un changement radical des mentalités et de la culture politique qui est nécessaire et ne se conçoit que sur le long terme. Il passe par la connaissance de l’histoire… D’où l’intérêt de cet ouvrage, me semble-t-il!

Maxime TANDONNET

 

 

 

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L’inévitable changement de régime

La France, dans quelques semaines, s’apprête à changer de régime politique. La question n’est pas de s’en féliciter ou de s’en indigner, mais d’avoir le courage et la lucidité d’ouvrir les yeux et de prendre acte de la révolution en cours. Nous sortons du présidentialisme, ou de l’hyper présidence. Les députés Républicains se préparent semble-t-il  à assumer leurs responsabilité en cas de défaite de M. F Fillon et à tenter de former une majorité parlementaire pour respecter la volonté d’alternance des Français. Il faut s’en féliciter. Mais aujourd’hui, nous atteignons un point de déliquescence irréversible de la France dite « d’en haut » – politique, médiatique, judiciaire –  d’écroulement de tous les repères, toutes les boussoles de l’honneur et de l’honnêteté intellectuelle. Quel que soit le résultat des urnes présidentielles, le chaos est proche. Le phénomène Macron est un ramassis de contradictions et d’ambiguïtés. L’ancien conseiller et ministre essentiel de François Hollande prétend incarner « la véritable alternance ». Bien sûr… Il est absolument convaincu que son éventuelle élection comme chef de l’Etat se traduira, conformément à la tradition de la Ve République, par une majorité au Parlement. Je n’y crois pas un instant. Nous nous trouvons dans une configuration radicalement nouvelle de toute expérience du passé: absence d’un parti politique le soutenant, contexte de discrédit radical de la fonction présidentielle, élection par défaut, défaut d’autre candidat, fragilité d’une ascension soudaine et ambiguë, absence d’ancrage local de ses candidats aux législatives, sortis du chapeau, complexité du mode de scrutin éparpillé sur 577 circonscriptions… S’il peut réunir quelque temps une majorité de circonstance, composés de « ralliés » de droite et de gauche, elle ne résistera ni à l’usure du pouvoir, ni à la première confrontation à des enjeux sensibles. Quant à l’élection de Mme le Pen, sur un fantastique coup du sort, par exemple si elle était confrontée au second tour à M. Hamon ou à M. Mélenchon, elle produirait un phénomène de front républicain spontané et un effondrement aux législatives. Avec une centaine de députés étiquetés lepénistes, au grand maximum, une dizaine plus sûrement, elle se trouverait dans une situation de paralysie absolue et d’isolement vertigineux à l’Elysée. Mais ayons le courage de regarder la réalité en face. Même l’élection de M. Fillon ne règlerait plus rien aujourd’hui. L’épouvantable scandale qui sévit depuis le début de l’année fait de lui, d’ores et déjà, s’il était élu, un président de la République suspect,  maudit, impopulaire, en sursis. Et sans prestige, sans autorité naturelle, le chef de l’Etat n’est rien. La mise en examen de son épouse, survenue hier, aggrave encore la situation. Lui-même protégé par l’immunité présidentielle, comment pourra-t-il présider le pays sereinement, en sachant sa femme prise en otage de facto, peut-être même incarcérée? Ce que je dis est effroyable, mais c’est la réalité. Nous sortons quoi qu’il arrive du présidentialisme. Il faut avoir la lucidité de l’admettre, même si c’est douloureux pour nos esprits intoxiqués par la personnalisation du pouvoir. Mais pour trouver quoi? Nous sommes face à deux possibilités: soit l’émergence d’une majorité nette au Parlement, qui pourra permettre à un Premier ministre et à un Gouvernement, sous son contrôle, de gouverner pendant plusieurs années et de réformer le pays; soit un délitement complet de l’Assemblée nationale, le chaos jusqu’au bout, un émiettement comparable à celui de la IVe République sur sa fin, dominé par l’impuissance et l’instabilité gouvernementale. Tout va désormais se jouer lors des élections législatives de juin. Tenons nous prêts!

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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L’anéantissement de la politique française

Ici, j’entends la politique au sens noble du terme, celui de « gouvernement de la cité ». Qu’en reste-t-il en ce moment? Emmanuel Macron est devenu le favori de l’élection présidentielle de mai 2017. D’aucuns voient dans son succès le fruit d’une manœuvre souterraine, orchestrée de longue date dans les coulisses de l’Elysée pour prolonger le mandat de M. Hollande. Je ne partage pas ce point de vue. L’ascension de M. Macron est selon moi bien au contraire le fruit du chaos absolu dans lequel a sombré la vie politique française depuis des années. La succession des affaires (DSK, Cahuzac, etc) les scandales à répétition, les mensonges et les échecs, le carriérisme exacerbé au détriment de l’intérêt général, les massacres terroristes commis sur le sol français,  ont provoqué une crise de confiance, un climat d’aversion envers la vie publique. Dans une atmosphère de désespérance et de démence collective, les digues du bons sens ont cédé. Les Français se raccrochent à une image, une illusion, celle de la jeunesse, du renouveau, le mythe de l’homme « neuf ». Certes, le monde médiatique a porté à bout de bras la montée de M. Macron. Mais ce soutien n’explique pas seul un triomphe qui s’enracine dans une atmosphère de chaos absolu.  Ci-dessous mon entretien de ce jour avec le site d’information Atlantico:

1) Interrogé par  l’Opinion Jeudi 23 mars au matin Jean-Paul Delevoye (président de la commission d’investiture d’En Marche !) a déclaré: « Emmanuel Macron prend ce qu’il y a de bien dans les bilans de Sarkozy et de Hollande ». Mais n’est-il pas bien parti pour prendre aussi ce qu’il y a de mauvais ? Sur la question des dépenses publiques notamment, la fondation Concorde a estimé mercredi dans un rapport que le programme d’Emmanuel Macron, extrêmement dispendieux, mènera la France à un important déficit budgétaire.
L’image est assez juste. Il y a dans les propositions de M. Macron, un air de « pot pourri » ou d’auberge espagnole. Sa ligne n’apparaît pas nettement. Il promet beaucoup de mesures: baisse limitée du nombre des fonctionnaires mais recrutement de policiers et gendarmes, diminution des impôts, construction de places de prisons, grands investissement, assouplissement des 35 heures. Pour autant aucune ligne n’émerge réellement. Où veut-il en venir? Est-il libéral? Keynésien, favorable à l’intervention de l’Etat? décentralisateur? Au nom du pragmatisme, il semble promettre tout à la fois: un peu de libéralisme, un peu d’étatisme, de la fermeté sur le plan des sujets de société, immigration, sécurité, mais sans excès. Il semble qu’il fonctionne beaucoup sur le mode de la politique actuelle, donnant la primeur aux coups de communication et à la polémique. Son annonce sur la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers, visiblement sans avoir pris en compte les tenants et les aboutissants du sujet ni le point de vue des élus locaux en est symptomatique. Il donne le sentiment d’être dans la gestion de l’immédiat bien davantage que dans la préparation de l’avenir à long terme. En cela, par delà un visage de renouvellement, il n’a rien de révolutionnaire mais s’inscrit dans la continuité d’une dérive permanente de la politique dans la communication.

2) L’ancien ministre de l’économie promet la « révolution », mais en dehors du renouveau des visages et des usages, sera-t-il capable de renouveler le politique sans nouveau cadre idéologique ? De même, le pragmatisme qu’il érige en programme peut-il réellement conduire à une efficacité s’il ne s’inscrit pas dans un logiciel de compréhension de l’état réel de la société française, ce qui suppose de porter un regard idéologique ?
Il faut bien voir la réalité. La campagne de M. Macron n’a rien du niveau présidentiel. Sur les grands sujets d’envergure présidentielle, l’avenir de l’Europe, les institutions, la politique industrielle, la maîtrise des frontières, la politique internationale de la France, son discours est inexistant. Son succès repose sur un formidable coup de communication. Homme clé du quinquennat de M. Hollande, comme conseiller élyséen puis ministre de l’Economie, il est parvenu à incarner le renouveau et « la véritable alternance » comme il le dit lui-même. L’ascension de M. Macron est le fruit du chaos absolu dans lequel a sombré la vie politique française depuis des années et d’un dérèglement des sens. La succession des affaires (DSK, Cahuzac, etc) les scandales à répétition, les mensonges et les échecs, le carriérisme exacerbé au détriment de l’intérêt général, les massacres terroristes commis sur le sol français,  ont provoqué une crise de confiance, un climat d’aversion envers la vie publique. Dans une atmosphère de désespérance les Français se raccrochent à une image, une illusion, celle de la jeunesse, du renouveau, le mythe de l’homme « neuf ». Certes, le monde médiatique a porté à bout de bras la montée de M. Macron. Mais ce soutien n’explique pas seul un triomphe qui s’enracine dans une atmosphère de chaos.

3) Le candidat d’En Marche semble avoir saisi l’attente des français en matière d’incarnation de la fonction présidentielle. Mais au regard de des récentes critiques lors du débat du 20 mars, sera-t-il selon vous à la hauteur de la vision qu’il incarne ?
Sans soutien d’un ou plusieurs partis, sans la moindre esquisse d’une majorité parlementaire durable, sans idée, sans ligne politique claire, son arrivée à l’Elysée, après trois mois d’euphorie hystérique liée à la nouveauté, marquerait probablement la désintégration, en peu de temps, des derniers vestiges du prestige présidentiel. On ne le répétera jamais assez. La vie politique française, ces dernières années, repose sur une gigantesque illusion façonnée par sa médiatisation: celle de la toute puissance présidentielle. De fait, un chef de l’Etat privé de majorité présidentielle ne peut pas choisir librement son Premier ministre et son gouvernement. Il ne peut pas entreprendre la moindre réforme législative. Il est pieds et poings liés. Or, nul ne voit comment M. Macron pourrait disposer d’une majorité stable. Il est impossible de concevoir, en quelques semaines, l’émergence d’un parti macroniste qui imposerait des candidats crédibles dans les 570 circonscriptions et par une sorte de vague miraculeuse obtiendrait une majorité. La reconstitution d’une majorité socialiste autour de lui est encore plus inconcevable dans la mesure où l’essentiel du parti lui est foncièrement hostile. La seule perspective de majorité serait une majorité de droite qui ne lui ferait bien entendu aucun cadeau. Bien sûr, il pourrait chercher des majorités d’idées ponctuelles et réussir quelques réformes consensuelles, donc creuses. Mais avec l’usure du pouvoir, cela deviendra de plus en plus difficile au fil du temps. A cet égard, M. Macron est exactement dans la même position d’impuissance radicale que la candidate lepéniste si elle venait à être élue. On nous dit : dans la Ve République, le président élu bénéficie toujours d’une majorité au Parlement. Oui, mais justement, une révolution est en train de se produire à cet égard, due au discrédit de la fonction et à l’élection possible d’une personnalité « hors système », extérieure aux partis classiques. Un bouleversement est en cours dont beaucoup d’esprits n’ont pas perçu la portée. Les Français, à travers le duel qu’ils privilégient pour le second tour, sont en train de préparer un quinquennat d’impuissance présidentielle. Mais cette neutralisation prévisible de l’Elysée n’est-elle pas l’aboutissement suprême de plusieurs décennies d’abaissement de la fonction élyséenne? Encore faut-il lui trouver une réponse politique qui repose sans doute, aujourd’hui, sur une réhabilitation de la mission du Premier ministre et du Gouvernement.

Maxime TANDONNET

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Londres martyrisée

Après Paris, Nice, Bruxelles, Berlin, Londres a été à son tour martyrisée par les djihadistes dans un attentat qui a fait 4 morts et une quarantaine de blessés sur le pont devant Westminster. C’est le symbole même de l’histoire de la démocratie libérale qui était visée, comme les bombes d’Hitler, en 1940, tentaient d’atteindre le parlement britannique. Qu’il y a -t-il de plus lâche, de plus facile, qu’une voiture qui fonce dans la foule et massacre des passants, en particulier des enfants? Nous sommes confrontés à une menace épouvantable qui ronge nos sociétés et annonce un siècle d’horreurs à venir. L’Europe est une et une seule devant ce fléau qui transcende ses nations. Trois enfants français ont été blessés dans l’attentat. Hier, Londres, une ville qui accueille 200 000 français, était française autant que Britannique, comme elle était française un jour du 18 juin 1940 quand le Général de Gaulle y lançait son appel à la Résistance contre le nazisme. Londres, Paris, Bruxelles, Nice, Berlin, sont des villes martyre du djihadisme, des villes sœurs face au plus effroyable danger qui menace notre civilisation depuis la barbarie nazie.   Le Brexit n’est qu’une parenthèse absurde dans ce contexte. L’Europe comme entité politique et de civilisation,  incluant le Royaume-Uni, l’Europe existe, vivante, dans le martyre et la volonté de résistance, soudée non par les directives, les règlements et les jurisprudence de la cour de justice, mais par le sang versé de ses enfants face à la nouvelle barbarie qui vient.

Maxime TANDONNET

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Politique spectacle

Oui, le débat d’hier soir, sur TF1, était de qualité, comme on le dirait d’une émission de divertissement ou de téléréalité. Il fallait de la patience pour y parvenir, s’enfiler des tonnes de publicité. Audimat record: combien ce beau spectacle rapportait-il à TF1? Le spectacle était de qualité, chacun dans son rôle. M. Macron était le meilleur sur scène: jeune, beau, les yeux clairs, le sourire avenant drôle, plein de répartie, vif. L’entendre moucher le Pen, Mélenchon et Hamon était, il faut bien le dire, un plaisir.  Il apportait à l’évidence un souffle de nouveauté. Et de l’audace, toujours de l’audace: se présenter, dans la complaisance générale, comme « le candidat de la véritable alternance » après avoir été conseiller et ministre de M. François Hollande pendant cinq ans, me laisse personnellement sans voix… Réussir à faire oublier, le temps d’un débat, sa qualité d’homme clé du quinquennat qui s’achève, relève du prodige… Mais il est à l’évidence brillant, sympathique, étincelant. Au contraire, M. Hamon donne une impression détestable. Je ne sais pas comment les sympathisants socialistes ont pu choisir un tel personnage, au style du bureaucrate militant, hargneux, mesquin et fanatisé. Mme le Pen était sans intérêt, égale à elle-même, assenant des propos démagogiques déconnectés du monde réel, dans le style: « c’est simple, je veux arrêter l’immigration ». Oui, c’est simple, en effet, c’est si simple…  M. Mélenchon était dans le grand spectacle lui aussi, tribun magnifique, une sorte de caricature de Georges Marchais, mais avec le talent et l’intelligence en moins.  Quant à M. Fillon, il était le seul à présenter une stature d’homme d’Etat et j’ai beaucoup apprécié ses paroles de sagesse sur les institutions. Il disait exactement ce que je répète moi-même depuis des années: l’une des clés de l’avenir politique de la France consiste à cesser de violer la Constitution de la Ve République, la respecter avec un Premier ministre et un gouvernement qui gouvernent sous le contrôle de l’Assemblée et un président impartial, au dessus de la mêlée. Des paroles que j’attendais depuis trop longtemps… Retour à M. Macron: séduire à la télévision, dans une émission de grand spectacle, c’est une chose; présider la France en est une toute autre. S’il est élu président, à moins de 40 ans, sur une ambiguïté suprême, « la véritable alternance dans la pure continuité », il est à craindre que l’imposture du siècle soit rapidement démasquée, que le masque tombe et que l’image d’un ange, du gendre idéal de la vieille dame France,  cette image qu’il incarne, en trois mois, devienne rapidement celle d’un ange déchu – un démon –  et que son mandat se transforme en une fantastique chasse à l’homme ou meurtre rituel d’un symbole d’enfant gâté, le défouloir national, la névrose incarnée d’une France avide de sang frais. Vous en me croyez pas? Vous verrez…

Maxime TANDONNET

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L’innommable chaos

Jamais, dans toute l’histoire de la République, les Français n’ont été à tel point méprisés, moqués, manipulés. A travers M. Macron, la scène politico-médiatique leur offre une sorte de sauveur providentiel digne d’un autre âge. Son unique mérite: être jeune, beau, télégénique. On en oublie tout simplement qu’il a été le conseiller et le ministre de l’Economie de M. Hollande, c’est-à-dire un homme clé d’un quinquennat jugé désastreux par une majorité de Français. La contradiction est évidente: il se présente comme le candidat de « la véritable alternance » alors qu’il est dans la stricte continuité d’une politique menée depuis 5 ans… « Ni droite ni gauche », c’est gentil mais comment définir une ligne présidentielle avec des soutiens totalement disparates? Sur l’économie, la politique internationale, la sécurité, l’immigration, l’Europe? Je ne comprends pas comment une telle imposture, un tel néant peut aussi bien triompher dans la naïveté générale. Chez la candidate lepéniste, les choses sont encore pires. Le personnage n’a pas la moindre esquisse de mérite, de réussite, d’engagement au service de la Nation – Macron, au moins, a réussi la réforme des transports en autocars. Elle n’est rien d’autre que l’héritière d’un parti extrémiste créé et présidé par son père pendant 30 ans. Et voici cette personne sublimée sans vergogne dans une sorte de culte de la personnalité, produit d’un aveuglement général qui fait froid dans le dos. Dans la pire des hypothèses, celle de son élection à la présidence, elle ne pourrait pas bouger un petit doigt, retranchée à l’Elysée, en l’absence de soutiens dans l’appareil d’Etat et de majorité parlementaire, mais déclencherait une guerre permanente au sommet de l’Etat et paralysie générale des institutions et des services publics. Voilà une évidence absolue qui n’intéresse personne… Quant à M. Fillon, chacun pense ce qu’il veut. Mais enfin, à 5 semaines des élections présidentielles, qui peut ne pas voir l’hallucinant matraquage et l’œuvre de destruction, jour après jour, dont il fait l’objet? Nous savons qu’il suffirait de gratter un peu sous le vernis de M. Macron et de le Pen pour mettre à jour autant de vicissitudes. Mais cela n’intéresse évidemment personne et les scandales potentiels à leur sujet, aussi détonants que ceux de M. Fillon, sont étouffés dans l’indifférence…. Deux poids, deux mesures: cette élection est faussée, truquée, pervertie… La France politique est en plein chaos, en pleine démence. Nous vivons dans un pays déboussolé, meurtri, par le terrorisme, le chômage, l’humiliation, l’impuissance, l’effondrement de ses valeurs et de ses capacités de jugement, les élucubrations de sa classe dirigeante. Tout n’est que jeu d’illusion, d’idolâtrie et de manipulation. La politique a déserté le monde des réalités et de l’action. Sauf surprise, dans la décomposition générale, la désintégration politique, aucune majorité parlementaire stable et durable ne semble en mesure d’émerger pour réformer le pays. La présidence de la République est en train de crever de la bêtise et de la médiocrité générale. Cette élection est une véritable infamie, un  crime contre la démocratie. Chaque jour des sondages nous intoxiquent un peu plus sur le rapport de force entre les candidats. Il en est un qui manque gravement: que pensent les Français, la France profonde, de cette sordide comédie ?  En tout cas, nous marchons vers un chaos innommable.

Maxime TANDONNET

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Dix raisons pour lesquelles Fillon peut gagner les présidentielles

Mon propos n’est pas celui d’un militant ni de Madame Soleil, ni d’un illusionniste! Il est dépourvu de tout euphorie: le quinquennat à venir sera quoi qu’il en soit extrêmement difficile. Non, il procède de l’analyse objective des faits. Fillon peut être le vingt-cinquième chef de l’Etat de la République française:

  1. Malgré l’effarante chasse à l’homme dont il fait l’objet, et à la suite de sa mise en examen, les sondages sont unanimes pour constater le maintien de son noyau d’électeurs potentiel, autour de 20%. Il faut y voir une sorte de miracle, compte tenu de la fureur invraisemblable du lynchage qu’il subit. « Ce qui ne tue pas rend plus fort ».  Au point où nous en sommes, rien ne pourra plus l’affecter.
  2. Les derniers scrutins dans le monde occidental sont sans appel: les résultats comportent toujours une part d’imprévisible de dernière minute: référendum Brexit, présidentielles américaines, primaires française, de droite et de gauche, élections hollandaises où la percée d’extrême droite annoncée ne s’est pas produite. A 6 semaines du premier tour des présidentielles françaises, il serait stupéfiant que les résultats soient conformes à ce qu’annoncent, aujourd’hui, les sondages…
  3. L’acharnement inouï contre lui, en pleine période pré-électorale, sans aucun précédent historique,  destructeur pour la démocratie et le libre choix des électeurs, a toutes les chances de provoquer une réaction de révolte et de Résistance de l’électorat refusant de céder au matraquage et à l’intimidation en cours.
  4. Jamais dans l’histoire de la Ve République, une personnalité politique na été élue sans le soutien d’un grand parti, même VGE, en 1974, bénéficiait du soutien du Parti républicain et d’une partie de l’UDR de Jacques Chirac.
  5. Son adversaire pour la qualification au premier tour, M. Macron, n’apporte aucune réponse aux sujets fondamentaux qui préoccupent la France, en particulier sur les questions régaliennes, terrorisme, frontières, sécurité, maîtrise de l’immigration.
  6. Fillon seul est en mesure de bénéficier d’une majorité parlementaire susceptible de relayer de lui permettre de désigner un Premier ministre, un gouvernement et d’appliquer une politique et d’éviter le chaos. Ce point est étouffé par la succession des scandales, il devrait ressortir à l’approche de l’échéance.
  7. Au fur et à mesure de l’approche du scrutin, les enjeux de fond, les préoccupations politiques et concrètes pour l’avenir de la France, de leurs enfants, doivent probablement reprendre l’ascendant sur les sentiments qui assaillent en ce moment l’électorat.
  8. La situation de son principal adversaire, M. Macron, est fragile, du fait de sa jeunesse, de son absence d’expérience, de son parcours: n’est-il pas l’ancien bras droit de M. Hollande à l’Elysée et son ancien ministre de l’Economie. Qui peut imaginer ce jeune homme télégénique parler d’égal à égal avec Mme Merkel? Pour l’instant, la mystification fonctionne sous l’effet d’une hystérie médiatique sans précédent. Avec le rapprochement de l’échéance, le mythe en sa faveur, sur lequel repose son succès devrait en toute logique se dégonfler.
  9. Les élections aux Pays-Bas ont souligné les limites des sirènes de l’extrémisme au moment de déposer son bulletin dans l’urne. Il faut espérer une semblable réaction de bon sens des électeurs français au moment fatal, et le choix d’un vote utile, à la dernière minute, par ceux qui ont pu être tentés par un vote de colère.
  10. Les résultats des sondages soulignent en ce moment le triomphe de l’idéologie dominante qui veut enfermer la France dans une monstrueuse alternative entre le « nationalisme xénophobe » et la « mondialisation béate » pour aboutir forcément à la victoire écrasante de la seconde. Nous sommes en droit d’espérer une ultime réaction  de Résistance des Français face à cette opération d’essence totalitaire.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Conseils pour bien voter aux présidentielles

Voici, par-delà l’offre politique actuelle, quelques conseils à mes compatriotes pour un vote éclairé en avril 2017:

  1. Au-delà de l’écume des choses et de l’intoxication quotidienne, le critère essentiel est celui de l’histoire du candidat: d’où vient-il, qu’a-t-il accompli, concrètement, en faveur de l’intérêt de l’Etat et de la nation; quel est son passé, son cheminement, son bilan. Ainsi, pour s’en tenir aux trois favoris des sondages, M. Fillon a été ministre sous Jacques Chirac et premier ministre pendant 5 ans sous Nicolas Sarkozy; Mme le Pen a repris en héritage le parti de son père Jean-Marie; M. Macron a été pendant deux ans le conseiller  de M. Hollande et son ministre des finances. On peut aisément frimer, tricher avec les paroles, avec un discours, mais pas avec un parcours. Pour ne pas céder à la tyrannie de l’air du temps, la bonne question à se poser est celle du bilan effectif d’un candidat, sur lequel repose sa légitimité.  Tout le reste est fantasme et manipulation.
  2. La capacité politique à exercer la fonction présidentielle: un chef de l’Etat n’est rien s’il ne dispose pas d’une majorité parlementaire qui le soutient. L’idée d’un autocrate tout puissant qui dirige seul le pays par une sorte de magie élyséenne, relève du fantasme. Pour exercer une influence, le président a besoin d’une majorité solide à l’Assemblée qui soutiendra son gouvernement et votera le réformes de son quinquennat. Il est inconcevable de présider la France dans un climat de chaos politique, ou avec des majorités de circonstances qui deviendront de plus en plus improbables au fil du temps. Un quinquennat sans majorité parlementaire ne peut pas être autre chose que cinq années perdues pour la France, dans le désordre, les polémiques, la tyrannie de la parole stérile. Force est de reconnaître que ni le Pen ni Macron, les deux leaders de la course aux sondages, ne sont en mesure de réunir l’esquisse d’une majorité.
  3. La bonne compréhension de la mission présidentielle: le chef de l’Etat, dans les institutions de la Ve République, n’est pas le chef du gouvernement. Les malheurs politiques du pays viennent en partie d’un contre-sens à cet égard, dans lequel les précédents chefs de l’Etat, depuis les années 2000, se sont fourvoyés. En donnant l’image de l’omnipotence, ils ont vidé la vie gouvernementale de sa signification et contribué à plonger le pays dans les limbes de la communication et l’impuissance.   Le président a 4 missions essentielles, auxquelles il doit se tenir: la sauvegarde du pays en temps de crise, la représentation de la France à l’international, la Défense nationale, la détermination d’un cap pour le pays ou la préparation de son avenir. Il ne lui appartient en aucun cas de décider des mesures dans le détail, ni de communiquer au quotidien. Cette mission est celle du Premier ministre et du Gouvernement. Sur ce point crucial, nul des principaux candidats ne s’est jusqu’à présent montré vraiment convainquant…
  4. La stature présidentielle: le président de la République a une mission tout a fait particulière: il incarne l’unité nationale. Il est impossible de faire l’impasse sur la dimension emblématique de sa fonction. Il n’est pas un acteur du pouvoir comme un autre. Sa tache n’est pas d’être un super-premier ministre.  Sa capacité à présider le pays repose sur son autorité naturelle, son prestige, sa force d’entraînement de la Nation. Il lui incombe, avant tout, de susciter la confiance sinon l’estime du pays dans son ensemble. Son rôle fondamental est de se situer au-dessus de la mêlée, de transmettre un message d’unité, d’exemplarité, de sagesse et d’avenir. Il se doit d’être impartial. Sans cette dimension mystique, la présidence de la République n’a aucun sens. D’où le caractère essentiel de la fonction de Premier ministre auquel il incombe de conduire la politique et d’en assumer les responsabilités tout en protégeant l’image présidentielle. Sur ce plan, aucun des principaux candidats, pour l’instant, ne semble en mesure de satisfaire à l’attente de la France.

Le candidat idéal n’existe pas et ne surgira sans doute pas avec des chances sérieuses de l’emporter dans les quelques semaines qui nous séparent du scrutin. Par réalisme, il faut choisir celui qui se trouvera le moins éloigné du tableau esquissé ci-dessus. A chacun d’apprécier en son âme et conscience.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’innommable dictature de la bêtise

Depuis plus de trois  ans, mes billets soulignent la décomposition en cours du système politique français, la désintégration du système de gouvernement. Mes meilleurs amis n’ont cessé de me reprocher mon « pessimisme », voire d’être « misanthrope ».  Bon, pourtant, les faits sont là et nous atteignons en ce moment, avec les présidentielles, le paroxysme de ce processus de délitement. Et le chaos est en train de tourner à la dictature, la dictature de la bêtise. M. Fillon vient d’être mis en examen à un mois de l’élection présidentielle à la suite de dénonciations sordides, un mois plus tôt, et d’une campagne médiatique d’une violence inouïe. Il faut quand même se rendre à l’évidence: la volonté de changement et d’alternance d’une immense majorité de Français est désormais foulée au pieds. La démocratie, le pouvoir du peuple, tourne à la plaisanterie. La France est ridicule au yeux du monde entier. De fait, la vie politique française a atteint un niveau de crétinerie innommable. Tout ce qui se produit en ce moment était prévisible. Avec le système débile, prétentieux, mégalomaniaque, idolâtre, qui concentre l’avenir d’une nation dans le visage d’un homme, notre destin collectif devient l’otage de l’image de celui-ci. Or, dans nos sociétés ultra-médiatisées, rien n’est plus manipulable qu’une image, par la télévision, la radio, la presse. Toute notion de projet de société, de débat d’idées est ravagée par la bêtise ambiante. Le processus conduisant à mise en examen (depuis la dénonciation jusqu’à la convocation) , à quelques semaines du scrutin,  est une perfidie qui aboutit à truquer le suffrage. Le système pousse à la crétinerie de masse: tout n’est que manipulations, magouilles médiatico-judiciaires, jeux de l’idolâtrie et du lynchage, autour d’une image. Nous en sommes réduits à voter pour un comédien (mauvais) et non pour une politique. Il produit des phénomènes monstrueux tels que le lepénisme ou le macronisme, le « mal » et le « bien » le ying et le yang, les deux quintessences du néant et de la manipulation de masse, les deux faces d’une épouvantable imposture. Il substitue des pitres aux hommes d’Etat. Le système français devient la risée de toute la planète, notamment de ces pays auxquels nous donnons sans cesse des leçons de démocratie. Et ils ont raison. Ce n’est pas un changement constitutionnel qu’il faut. Le texte de la Ve République est parfaitement  adapté. Sauf qu’il est violé en permanence, dans l’indifférence générale. L’urgence, c’est de sortir de la tyrannie de la bêtise ou nous sommes enkistés. Dans une démocratie, la seule chose qui compte, c’est le choix d’une politique, pas d’une idole, d’une figure façonnée par les médias. Nous ne sommes ni dans la Roumanie de Ceaucescu, ni dans la Corée du nord de Kim-Il-Un. Or, la politique, elle se décide aux élections législatives qui doivent tout conditionner: le choix d’une majorité, d’un Gouvernement, d’un Premier ministre responsable devant le gouvernement et d’une politique. Le chef de l’Etat en charge de la diplomatie et de la défense, ne doit plus se mêler de la politique intérieure. Mais comment faire passer le message dans un pays à ce point esclave de ses médias, intoxiqué par la crétinisation?

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Un épouvantable accablement

Voici ma dernière chronique, hier, pour Figaro Vox. Je ne peux cacher l’immense malaise politique qui m’accable. Un vent de folie souffle sur la France. Le lepénisme et le macronisme sont deux facettes d’une même crétinisation de masse. La flambée d’idolâtrie autour de ces deux personnages me laisse pantois. Aucun mérite, aucun accomplissement ou acte d’héroïsme ne justifie une telle sublimation, ni chez l’un ni chez l’autre. Tous deux ont hérité de leur position: la fille à son père et l’ancien conseiller renégat. Ils n’ont pas la moindre esquisse d’une vision et seraient, en cas d’élection, dans l’incapacité absolue de diriger quoi que ce soit en l’absence de majorité stable. La double idolâtrie autour d’un prénom (qui me fait désormais horreur) et d’un visage avenant, télégénique, me semble atteindre la quintessence de la bêtise humaine et d’un délire collectif. Cette apothéose d’un double culte de la personnalité, qui ne repose sur rien,  sur le néant imbécile, a quelque chose d’accablant, rappelle des temps que l’on pensait révolus. Il faut voir, me semble-t-il, dans cette France qui s’abandonne à une double illusion, le résultat à long terme de l’effondrement de la l’éducation nationale, de l’esprit critique, de l’intelligence collective… Le chef de l’Etat est en principe un homme d’expérience, un arbitre au dessus des passions, un sage chargé du destin de la France. Tout le contraire de ces deux personnages sans intérêt et gonflés de vide par une surexposition médiatique. Le vent de folie qui souffle en ce moment sur la France est le résultat d’une longue dérive des esprits aux confins de la folie collective ou de la crétinisation. Quant à M. Fillon, je ne saurais taire mon trouble. Bien sûr, l’acharnement médiatique envers lui est une monstruosité. Mais quand même, cette accumulation d’informations vaguement nauséeuses finit par engendrer un sentiment aversion. Le chef de l’Etat a pour première mission d’incarner la France. Sans prestige, sans autorité naturelle, sa voix ne sert strictement à rien et il devient un boulet. Soit tout ce qui est raconté sur lui est mensonge. Je l’espérais jusqu’à présent. Dès lors il doit, de toute urgence, porter plainte en diffamation. Soit tout cela est authentique. Et alors…

Maxime TANDONNET

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Amertume du retour

Voici quelques images du grand Nord, ou plutôt, de la forêt boréale. Je rentre d’une semaine dans l’immensité blanche, la solitude et le froid glacial (- 25°), le vertige délicieux de l’épuisement physique, la magie des aurores boréales qui enflamment les nuits. Là-bas, ni journaux, ni télévision, ni Internet. Il est difficile d’imaginer comme le retour à l’actualité française est amer. En une semaine, rien de bien nouveau. Les affaires de M. François Fillon font la une, toujours: prêt gratuit, cadeaux de costume pour des sommes astronomiques. Si tout cela est mensonge, il devrait d’urgence porter plainte pour diffamation. Bien sûr, l’acharnement envers lui atteint des proportions inouïes. Bien sûr, une partie de la presse et des médias ne vivent que dans l’obsession de le faire chuter. Bien sûr il suffirait sans doute de gratter à peine sous le vernis des autres pour trouver pire. Mais si c’est vrai, quand même, tout ceci illustre bel et bien le résultat de l’ivresse du pouvoir, de la notoriété médiatique et la perte des repères éthiques les plus élémentaires. Cela ne m’empêchera pas de voter, non pour un personnage dont je n’ai strictement rien à foutre, mais pour le candidat de l’opposition républicaine et de l’alternance: la solution la moins pire. La question n’est pas celle du « tous pourri ». Trop facile. Mais elle porte sur la nature du pouvoir en France. Un système qui valorise ainsi à l’excès la personnalisation de la politique au détriment du débat d’idées et du projet collectif, de l’intérêt général, favorise la bêtise des foules, le feuilleton émotionnel, le crétinisme, le scandale,  la corruption,  l’extrémisme imbécile, la manipulation de masse, la tyrannie médiatique, l’avidité et la démence vaniteuse. Nous sommes confrontés à un problème fondamental touchant au socle de notre vie collective qui se traduit par une succession de scandales vertigineux, de mois en mois. Ces psychodrames incessant ravagent l’espace public et foudroient les politiciens médiatiques les uns après les autres. Dans aucun pays d’Europe la situation politique n’est aussi abjecte. Mais la France politico-médiatique ressemble à une cohorte de simples d’esprit qui marchent à l’aveuglette avec un bandeau sur les yeux en refusant absolument de voire la réalité: celle de la dégénérescence absolue et de la corruption (au sens fort) de tout un système politique. Pour espérer l’améliorer, à travers un retour à la modestie, à la raison et au sens du bien commun, il faudrait au moins commencer par ouvrir les yeux…

J’étais si bien dans la taïga finlandaise…

Maxime TANDONNET

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Vers le grand Nord

sans-titreLes évènements politiques de l’heure n’ont rien de fortuit. Ils sont l’aboutissement logique de la désintégration accélérée de la politique française que nous dénonçons depuis des années, de billet en billet, en particulier sur Figaro Vox, dans l’incrédulité et l’incompréhension générale. Il traduit la perte des repères intellectuels et éthiques dans une société « d’en haut » qui sombre peu à peu dans la bêtise sinon dans la folie.

Dans la France d’aujourd’hui, toute expression d’une volonté politique s’expose à mourir déchiquetée par les faiseurs d’opinion, les réseaux sociaux et les corps intermédiaires. L’élection du président de la République au suffrage universel fut instaurée en 1962 pour appuyer l’autorité au sommet de l’Etat sur la vox populi, en contournant les « élites ». Paradoxalement, elle aboutit désormais à l’effet strictement inverse: en concentrant l’apparence du pouvoir sur le visage d’un homme, elle rend la politique otage de l’image de cette personne qui sera façonnée par l’info en continu, les réseaux sociaux et les aléas judiciaires. Le « culte de la personnalité » au cœur du système français, est devenu incompatible avec une société hyper-médiatisée qui ne supporte pas l’apparence de l’autorité. Le  régime, esclave des soubresauts de l’émotion collective, s’effondre sous nos yeux.

Que va-t-il advenir de ces élections présidentielles empoisonnées, trafiquées, manipulées qui ridiculisent la France aux yeux de l’Europe et du monde entier? L’histoire de M. Fillon est celle d’un lynchage par anticipation, le sacrifice rituel d’un président virtuel, d’une puissance, d’une efficacité, d’une violence inouïe, dans la suite de l’humiliation chronique subie par les précédents chefs de l’Etat. Quoi qu’il arrive, l’élection présidentielle de 2017, polluée par le scandale, se trouve réduite à néant. Que M. Fillon se maintienne ou se retire, qu’il perde ou qu’il gagne (une hypothèse devenue improbable), l’autorité présidentielle ne se remettra jamais de ce nouveau coup dur, dans la stricte continuité du déclin élyséen qui ne cesse de s’accélérer depuis le début des années 2000, atteignant désormais un rythme vertigineux.

Le prochain président, quel qu’il soit, otage national de l’émotion collective sous haute manipulation,  vivra l’enfer de l’impuissance, du ridicule et de l’humiliation. Il ne lui suffira même pas de se soumettre. La seule image du pouvoir, même virtuel, fera de lui la cible à atteindre. Le futur quinquennat (2017-2022) s’achèvera dans un hôpital psychiatrique ou au cimetière.

L’autorité répartie sur 570 députés, fractionnée, plus impersonnelle, me semble infiniment moins manipulable et propice à la démence. Dans ce contexte de l’anéantissement présidentiel,  il est temps –  même au prix d’une douloureuse révolution intellectuelle -,de placer nos dernières espérances politiques dans l’élection législative, l’émergence éventuelle d’une majorité de gouvernement et pourquoi pas, d’un véritable gouvernement de la République, réunissant des hommes et femmes de bonne volonté,  destiné au seul redressement du pays dans la perspective du bien commun, un retour au monde des réalités, à la politique au sens noble du terme.

En attendant, mes amis, je pars quelques jours dans la solitude glacée du grand nord pour une  traversée solitaire en ski nordique, à la rencontre du silence, des loups et si Dieu le veut, des aurores boréales.

Bien à vous.

Maxime TANDONNET

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Sur les ruines de la démocratie

xvm6e05672a-afe0-11e6-8924-aaf6bf1e52eaVoici mon dernier article pour le Figaro Vox. Chacun se prononce selon ses opinions personnelles: complot politique manigancé de A à Z ou indépendance de la justice? Il ne m’appartient pas d’entrer dans cette discussion. Mais un constat objectif s’impose à tout le monde: les « fuites » dans la presse, au moment le plus opportun  et décisif du début de campagne, sur des faits remontant à des années, ont entraîné une fantastique curée médiatique et jusqu’à l’annonce fatale de la mise en examen. L’opération de déstabilisation de la candidature de François Fillon a d’ores et déjà largement atteint son but. Une manœuvre souterraine, qu’on le veuille ou non, à bel et bien abouti à fausser le déroulement du suffrage universel, donc de la démocratie. Cela, même le plus obtus des idéologues ne peut le nier car ce sont les faits. Et franchement, dans ces conditions, je ne vois pas quelle peut être la valeur de l’élection présidentielle quel qu’en soit le résultat. Un chef de l’Etat a pour but de rassembler. L’élection de 2017 résultera d’une manœuvre souterraine, obtenant l’éviction du candidat de l’opposition, représentant la plus grande part de l’électorat et ayant vocation à assumer l’alternance. Le candidat issu d’un vote trafiqué sera privé de légitimité. Il ne pourra en aucun cas, dans ces conditions, prétendre au titre de « président de tous les Français ». Il deviendra quoi qu’il arrive la cible de toutes les souffrances, des haines, des frustrations d’un peuple, et vivra comme un fantôme pourchassé, terrifié, errant dans son Palais maudit. C’est pourquoi, face à des élections présidentielles otages d’une tricherie, je compte profondément sur les élections législatives, qui doivent se dérouler indépendamment d’une élection présidentielle, de facto frappée de nullité, pour faire émerger une majorité politique, peut-être une majorité nouvelle, recomposée, d’hommes et de femmes de tout bord désireux de sauver la France, un gouvernement et un Premier ministre puissant dont la tâche, adossé à cette majorité, sera de redresser la France à l’image des grands premiers ministres de notre histoire qui ont émergé lors des crises menaçant la survie de notre pays, les Waldeck Rousseau, Clemenceau, Poincaré, de Gaulle (1943-1946), 1958. Je sais que cela n’est pas évident, remettant en question les schémas de « toute puissance élyséenne » dont nous sommes intoxiqués depuis des décennies. Mais il faut prendre acte de la réalité d’une déchéance présidentielle, déchéance de l’élection présidentielle, et adapter nos modes de pensée, d’action et d’espérance. Me comprenez-vous?

Maxime TANDONNET

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Assassinat politique : les mots prononcés par François Fillon, lors de sa conférence de presse qui faisait suite à l’annonce de sa convocation par les juges pour être mis en examen ne sont pas excessifs. Car cet assassinat n’est pas celui d’un homme, mais de la démocratie française. La théorie du complot n’est pas ici de mise. La question n’est pas de savoir s’il existe une officine mystérieuse qui tire les ficelles de la manœuvre, ni d’accuser les différents acteurs du processus en cours (presse, medias, magistrats). Il suffit de constater les faits en toute impartialité : à la suite de fuites ou de dénonciations destinées à nuire au candidat Fillon, une campagne extrêmement virulente s’est déclenchée, suivie de procédures judiciaires, dont l’effet est de compromettre ses chances d’élection.

Les faits sont là, qu’il faut avoir le courage et la lucidité de reconnaître : à quelques semaines de l’élection présidentielle, une opération de déstabilisation de la campagne de François Fillon, sur la base de faits qui remontent à des années et qui ont été ressortis opportunément à la veille du scrutin,  est peut-être en train de réussir. La destruction par le scandale de la candidature de François Fillon, à quelques semaines du scrutin, est sans aucun précédent historique dans l’histoire de la démocratie française. C’est ainsi que la victoire politique d’un camp, celui des républicains modérés, qui avait jusque-là vocation à prendre la relève en assumant l’alternance, se voit menacée par une opération souterraine. C’est bel et bien le suffrage universel et la démocratie qui se voient ainsi dynamités.

Fillon en appelle aujourd’hui au peuple et à la résistance. Certes mais les résistances sont en général le fait de minorités animées par l’audace, le courage et la lucidité. Or, l’étiquette maudite de « mis en examen », si elle était confirmée, semble difficile à surmonter au regard d’un corps électoral aisément influençable par l’air du temps et les messages médiatiques. Tout dépendra du caractère et de l’intelligence de ce peuple. Nous en saurons davantage dans deux mois.

Nous vivons le paroxysme d’une crise de la démocratie française, dans une nation en plein chaos mental, déstabilisées par les attentats terroristes, le chômage de masse, la désintégration sociale, le discrédit de la politique.

Quelle peut-être la légitimité du futur chef de l’Etat élu à la faveur d’un gigantesque scandale et d’un assassinat politique ? Les deux favoris actuels des sondages se trouveraient à l’Elysée dans une situation intenable. La candidate lepéniste, quoi qu’elle fasse, en dépit de ses contorsions pour gagner une respectabilité, n’échappera pas à l’histoire ni à l’identité de son parti, à son rejet viscéral par au moins deux-tiers de la population. Quant à l’autre, M. Macron, porté par une fantastique bulle médiatique, à moins de 40 ans, jamais élu, sans expérience de l’Etat ou presque, dépourvu de ligne et de troupes politiques cohérentes, il risque de déchanter tout aussi vite et de devenir, en un rien de temps, à son tour, le parfait bouc émissaire de la nation. Ni l’un, ni l’autre, ne sont en mesure de disposer d’une majorité stable à l’Assemblée nationale, sans laquelle le pays est ingouvernable et le chef de l’Etat réduit à la figuration. Les conditions de leur élection, à la suite du scandale ayant frappé M. Fillon, ne pourront qu’aggraver leur impuissance et leur fragilité. Et même M. Fillon, s’il est élu malgré tout, grâce à la faiblesse intrinsèque des candidatures adverses, devra surmonter dès le départ le handicap d’une image gravement ternie.

Il est temps d’ouvrir les yeux ; le présidentialisme à la française, cette grande illusion d’un seul homme incarnant la puissance publique, otage des crises d’hystéries, des scandales, de la propagande médiatique, est désormais à l’agonie. Nous l’avions constaté depuis 2000 et surtout avec la présidence Hollande. L’actualité le confirme. Les politiques sont tellement attachés à leur rêve de prestige sous les ors de l’Elysée qu’ils ne parviennent pas à l’admettre. Aujourd’hui, la démocratie française est à refonder sur des bases nouvelles, celle d’un Premier ministre puissant et responsable, conformément au texte – bafoué – de la Constitution de 1958, à la tête du gouvernement de la France, adossé à une majorité parlementaire, un nouveau Waldeck Rousseau, Clemenceau, Poincaré, de Gaulle (1943-1946 et 1958), Pinay, PMF… L’enjeu essentiel, désormais, sur le champ de ruines de la démocratie française, n’est plus celui de la présidentielle. Il est celui des législatives et de l’émergence d’une majorité d’alternance, solide et déterminée, indépendamment des présidentielles fracassées, d’où naîtra le futur gouvernement de la France. Encore faut-il que le peuple, dans la tourmente actuelle et le chaos politique, conserve sa lucidité pour permettre à une telle majorité d’émerger.

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Lecture: Nietzsche, Curt Paul Janz, Gallimard 1978-1979 (T 1,2,3)

912gm3rq-7l__ac_ul320_sr190320_A chacun sa manière de s’élever au-dessus de l’infinie médiocrité de la période actuelle. La lecture de la biographie géante de Friedrich Nietzsche (1600 pages en trois tomes), m’a apporté le plaisir indicible de l’évasion par la connaissance et l’intelligence. Il est bien entendu impossible de résumer un tel ouvrage en l’espace d’un billet. Ici, je me contenterai de noter quelques sensations issues de cette lecture.

L’homme est profondément attachant, on aimerait avoir eu le bonheur d’échanger avec lui 5 minutes, pendant ses promenades sur les rives du lac de Sils Maria, à la frontière de la Suisse et de l’Italie.

Il est né en 1844, d’une famille de la petite bourgeoisie prussienne, dans la région Leipzig. La perte de son père, pasteur, à l’âge de 4 ans, représente pour l’enfant d’une sensibilité hors du commun, un immense traumatisme dont il ne va jamais se remettre. A 17 ans, il quitte sa mère et sa sœur qui vivent à Naumburg, une petite ville de province pour suivre des études de philologie, l’étude des textes de la Grèce antique, dans plusieurs universités, dont celle de Bonn.

L’homme est de taille moyenne (1,70 mètres), de constitution robuste, le regard sombre, portant une énorme moustache. Il est handicapé par une myopie sévère et une santé extrêmement fragile. La moindre émotion provoque chez lui des crises atroces de migraine et de nausée qui durent des semaines. La période de Noël le plonge dans des souffrances indescriptibles.

Recruté professeur de philologie à Bâle, il enseigne pour un petit groupe de 6 à 7 élèves à l’université et 91d-w4y-i5l__ac_ul320_sr188320_au lycée de cette ville. Il vit alors la période la plus heureuse de sa vie. Nietzsche, qui se pense alors une vocation de musicien, passe une partie de son temps libre à Tribschen, dans le chalet haut perché de son maître Richard Wagner, et de Cosima, l’épouse de ce dernier, d’ascendance française, auquel il voue une admiration sans borne. S’éloignant de la philologie, il plonge peu à peu dans la passion de la philosophie, à laquelle il est amené par la lecture de Schopenhauer, se brouillant avec ses anciens professeurs et condisciples. Chez l’éditeur de Wagner, il publie ses premiers ouvrages, dont la Naissance de la tragédie (1872), puis les Considérations inactuelles.

La souffrance et la maladie – Nietzsche est atteint de la syphilis, incurable à l’époque – sont des moteurs de sa vie et de son comportement. Il est en quête permanente d’un lieu compatible avec son état de santé, où il souffre moins qu’ailleurs. Ne supportant pas le climat du nord et de l’Allemagne, il erre à la recherche d’un endroit où, pense-t-il, ses maux seront apaisés. Il voue une passion à la montagne et à la mer, aux marches dans la solitude. Sils-Maria, dans les Alpes suisses, restera son principal port d’attache où il passe l’été. Mais il cherche le site idéal pour l’hiver, hésitant entre Venise, Gêne, Nice puis Turin. Nietzsche est un homme d’une immense solitude et d’une profonde timidité. Maladroitement, il cherche l’âme sœur et se voit repoussé. Le grand amour de sa vie, celui qu’il voue à la jeune intellectuelle russe d’origine française, Lou Salomé, reste purement platonique et s’achève dans la déception et le chagrin.

A la suite de la publication de Humain, trop humain (1878), il se brouille avec Wagner et Cosima, offusqués par l’ouvrage. La pensée de Nietzsche se précise, évidemment impossible à présenter ici.  Sa vision du monde en effet dévastatrice. Nietzsche pour simplifier, de ce que j’en ai compris, s’appuyant sur la tradition intellectuelle grecque, bouscule l’ensemble des valeurs issues du christianisme sur lesquelles repose l’Europe moderne, notamment la morale. Il n’est pas pour autant dans une logique de nihilisme, préconisant le retour à la pensée antique, sommet de la vie intellectuelle selon lui. Il croit à l’éternel retour et chez lui, l’homme supérieur est celui qui parvient à retrouver la pureté de la pensée grecque par delà la morale dominante.51ucf9enucl__sx298_bo1204203200_

Confondre Nietzsche avec une quelconque forme de régime autoritaire est un véritable crime de la pensée. Il déteste tellement le Reich allemand et le régime de Bismarck qu’il renonce à la nationalité allemande et devient apatride. Sa haine du nationalisme allemand et de toute forme de nationalisme est viscérale. Il s’invente des origines polonaises, jamais démontrées, tant le germanisme lui fait horreur. Il y voit la quintessence de l’obscurantisme, la destruction de l’intelligence par l’idéologie du troupeau. En revanche, sa passion de la culture française est sans limite, Montaigne, Pascal, Stendhal, sont pour lui les références suprêmes en littérature. Et même en musique, sa préférence se porte sur Bizet et à son opéra Carmen. Il s’est détaché de la musique de Wagner depuis Parsifal, auquel il reproche une religiosité de mauvais goût. Nietzsche exprime une horreur indicible envers l’antisémitisme. Pour lui, cette mode idéologique qui s’affirme en Allemagne notamment à partir de 1870 est absolument criminelle et monstrueuse. Il se brouille violemment avec son premier éditeur à la suite de la publication par celui-ci d’écrits antisémites. Il se fâche à mort avec sa sœur, Elisabeth – jusqu’alors très présente dans sa vie – quand celle-ci épouse un idéologue allemand, nationaliste et antisémite. L’antisémitisme de Wagner est l’une des causes de sa brouille avec lui. Pour Nietzsche, nationalisme, antisémitisme et racisme constituent le paroxysme de la vulgarité.

Ses livres qu’il rédige au fil de son errance, de la solitude et de la souffrance, dans des chambres d’hôtel, après avoir abandonné sa chaire de Bâle tant il souffrait, sont peut-être parmi ce qui a été écrit de plus beau dans toute l’histoire de la littérature. A la lecture de Zarathoustra, on ne comprend évidemment pas tout mais ses aphorismes vous emportent dans un autre univers: « Le plaisir du troupeau est plus ancien que le plaisir de l’individu »; « Fuis mon ami, fuis dans la solitude: je te vois meurtri par des mouches venimeuses. Fuis là-haut où souffle un vent rude et fort »; « j’ai volé trop loin dans l’avenir, un frisson d’horreur m’a assailli ».  Voilà des paroles qui personnellement, me clouent sur place. Et pourtant, Nietzsche avait un mal fou à trouver un éditeur. Certains de ses plus grands chef-d’œuvres furent publiés à compte d’auteur, dont « Par delà bien et mal« . Sait-on que le premier livre d’Ainsi parlait Zarathoustra s’est vendu à 74 exemplaires lors de sa parution! Et quand l’un de ses ouvrage atteignait 200 exemplaires vendus en librairie, il était heureux.

Sa critique virulente du christianisme est selon moi le point le plus obscur de sa pensée. Il ne s’attaque jamais à la figure du Christ qu’il respecte – le « Crucifié » –  mais à la religion chrétienne comme source, selon lui, toujours en référence avec l’antiquité, de la morale grégaire et égalitariste de l’Europe moderne, poussant au nivellement, qu’il juge oppressive car contraire à la « vie », c’est-à-dire chez lui, à la création. Philosophe athée? La lecture de son œuvre, notamment de Zarathoustra, mène à de vertigineux abîmes de mysticisme. Des gestes étranges jalonnent sa vie. Ainsi, il consacre toute sa fortune – lui qui ne parvient pas à joindre les deux bouts, comptant sur une maigre pension et sa mère pour le vêtir et lui envoyer de la nourriture – à faire recouvrir la tombe de son père d’une somptueuse plaque de marbre. Geste d’un athée ou d’un matérialiste? On a du mal à le concevoir…

Philosophe incompris de son temps, tous les témoignages font état de sa douceur, de sa gentillesse, de son extrême galanterie avec les femmes. Il a perdu la raison pendant l’hiver 1889, à Turin, sans avoir achevé son œuvre, notamment l’ouvrage qu’il préparait sur la « transvaluation ». La folie s’est emparé de lui à la vision d’un cheval frappé par son maître. Il s’est jeté au cou de l’animal, en larmes, et la raison ne lui est jamais revenue. Son œuvre a par la suite été récupérée par sa sœur, qui a voulu la mettre au service du nationalisme allemand. Jamais une telle trahison n’aura été aussi monstrueuse, criminelle, honteuse. Nietzsche a été accusé d’introduire le relativisme dans la société occidentale, en niant le bien et le mal. A cet égard, il aura été incompris et maltraité par l’enseignement de la philosophie. Lui-même, hostile à tout nihilisme, voulait mettre en garde l’humanité contre les conséquences effroyables de la « mort de Dieu », c’est- à- dire, chez lui, de la morale chrétienne qui n’aurait pas été remplacée par de nouvelles valeurs. Dans Ecce Homo, notamment, l’un de ses derniers livres autobiographiques, juste avant son effondrement, il prédit une apocalypse sans fin de l’humanité si son message de mise en garde contre le nihilisme n’est pas entendu.

Maxime TANDONNET

 

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Douze raisons de soutenir François Fillon

  1. xvm6e05672a-afe0-11e6-8924-aaf6bf1e52eaDe tous les candidats à la présidentielle, lui seul a une véritable expérience de l’Etat, notamment comme Premier ministre pendant 5 ans. Or, la mission de président de la République est par définition celle d’un sage expérimenté qui fixe un cap et s’en remet à un gouvernement pour diriger l’action de réforme. Elle est inconcevable sans l’expérience de l’Etat.
  2. Sur les grandes questions de société, la nation, l’Europe, l’immigration, l’intégration, les frontières, la cohésion nationale, les banlieues, il est le seul à avoir un projet réaliste et crédible en dehors des slogans tapageurs, démagogues ou utopistes. Sur ces sujets cruciaux, extrêmement délicats, lui et son équipe sont strictement les seuls à proposer et à pouvoir faire quelque chose de réaliste et ambitieux.
  3. Lui seul est en mesure de réunir une majorité à l’Assemblée nationale stable, cohérente, capable de légiférer et par conséquent un gouvernement en mesure de gouverner. Le lepénisme à l’Elysée, sans la moindre perspective de majorité, viscéralement rejeté à coup sûr par le Parlement, les pouvoirs publics, la société internationale, conduirait inévitablement l’Etat (et la France) au chaos absolu et le macronisme ne disposant d’aucune solution politique, aboutirait en peu de temps à une autre forme de pagaille et d’impuissance radicale, comme un retour aux pires heures de la IIIe et de la IVe Républiques. Voilà ce qui est une évidence et que si peu de personnes ne veulent voir.
  4. Lui seul dispose d’une vision européenne et internationale claire et équilibrée, d’une crédibilité susceptible de faire respecter la place de la France dans le monde.
  5. A ceux qui ne l’aiment pas d’un point de vue personnel, la politique doit se fonder sur la réalité, le gouvernement des choses, le destin de la Nation, l’avenir de nos enfants, elle n’est pas à titre principal une affaire de sentiment ou de ressentiments, d’amour ou de haine.
  6. Le lynchage médiatique dont il fait l’objet depuis un mois a quelque chose de terrifiant. Les faits qui lui sont reprochés sont certes choquants mais ils se rattachent à des mœurs largement répandus dans la classe dirigeante. Le faire payer, lui seul, pour les autres, en ignorant tout le reste, est une forme d’acharnement et de partialité. Céder aujourd’hui à l’hystérie d’un lynchage serait donner une prime au chaos et renoncer à toute forme d’avenir politique.
  7. « Ce qui ne tue pas rend plus fort » l’expérience d’un lynchage médiatique le rendra plus fort. Ce lynchage est à l’origine, chez lui, d’une prise de conscience: rien de bon ne se fait dans la solitude et l’obstination. Ses projets, notamment sociaux, qui inquiétaient le pays feront l’objet d’une large concertation et d’une négociation avec les forces politiques qui le soutiennent et sa future majorité.
  8. Après avoir subi ce qu’il a subi, il ne fait aucun doute que sa sensibilité aux questions d’honnêteté, d’éthique, d’exemplarité des comportements de la classe dirigeante sera exacerbée, et il faut s’attendre à de profondes et radicales réformes pour assurer la probité des mœurs de la France d’en haut.
  9. Il n’existe aucune solution de rechange, Nicolas Sarkozy a clairement renoncé à la vie politique, avec une dignité qui fait sa grandeur et son honneur, Alain Juppé ne veut pas en entendre parler et aucun autre candidat ne serait en mesure de s’imposer en si peu de temps.
  10. Ses chances d’être élus président restent réelles. En pleine tourmente médiatique, devenu la paria et le bouc émissaire de la France d’en haut, harcelé par le monde médiatique du matin au soir, il garde un socle de 20% de soutiens et n’a pas décroché vis-à-vis de M. Macron, encensé par ces mêmes médias. Cette position laisse espérer une « qualification » pour le second tour, voire une élection.
  11. Au cœur ce cet hallucinant lynchage, touchant à sa famille, il a fait preuve d’un caractère et d’un sang-froid qui en disent long sur sa capacité à présider la France.
  12.  Une touche personnelle, pour finir: je le connais un tout petit peu, l’ayant fréquenté quand j’étais conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Il correspond à la perfection à l’image que je me fais d’un chef de l’Etat tel que la France en a besoin aujourd’hui: non pas un bavard ou gesticulateur, mais un personnage réservé, discret et modeste, tourné vers l’action et le bien commun.

Maxime TANDONNET

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