Le saccage des valeurs

Voici deux affiches. L’une a été interdite à Paris (la mairie a exigé son retrait, la justice a annulé cette décision mais les autorités ont maintenu leur interdiction malgré le jugement). L’autre en revanche, fleurit en toute normalité sur les murs du métro. Entre les deux affiches, laquelle est interdite et laquelle est librement déployée?

 

 

 

 

Par un étrange phénomène d’inversion des valeurs, l’invocation du père de famille traditionnel est maudite et l’image sexuelle exhibée en toute banalité. Qu’il y a t-il derrière cette inversion des valeurs? L’époque baigne dans l’hypocrisie. Elle s’indigne à juste titre et condamne les écrits et prises de position pédophiles du passé (affaire Matzneff). Mais elle tolère une affiche malsaine qui touchera forcément et peut agresser des millions d’enfants  de tous âges, y compris de deux à 14 ans. Dans 20 ou 30 ans, la société médiatique s’offusquera peut-être: comment a-t-on pu faire une chose pareille – agression visuelle – à des enfants? Mais que signifie ce nouvel ordre amoral fondé sur la négation des valeurs de respect – notamment de l’enfance. Ce n’est plus « l’interdit d’interdire » de mai 1968, puisque l’image du père de famille est bel et bien interdite. C’est autre chose, une fuite en avant dans la table rase et le culte nihiliste, la destruction des piliers traditionnels pour engendrer un homme nouveau, déstructuré, acéphale, privé de repères, intellectuels, éthiques, moraux, de la faculté de s’indigner et de dire non, et indéfiniment malléable et manipulable par toutes les tyrannies.

Maxime TANDONNET

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Ce qu’il faudrait pour le pays

Laissons aux idiots l’illusion de l’homme ou la femme providentiel dont l’élection ou la réélection à l’Elysée serait synonyme du passage des ténèbres à la lumières ou de l’avènement d’un nouveau monde. L’expérience ne leur aurait-elle donc pas suffi? En 2022 l’élection présidentielle ne produira évidemment pas de miracle. Il faudrait souhaiter que la personnalité du prochain chef de l’Etat soit de nature à ramener l’apaisement, la sagesse, le sens de la nation, de l’unité et du destin national, tourné vers l’avenir de nos enfants. La « moins mauvaise » des solutions serait un homme ou une femme d’expérience, d’image rassembleuse et capable de se situer au-dessus de la mêlée, d’incarner une forme de sagesse collective et sens de l’Etat, dans une perspective historique, impartiale, et de contribuer ainsi à arracher la France au climat de déchirement, de chaos et d’hystérie, et l’Elysée au vertige du spectacle narcissique. Des noms? Par exemple des personnalités aussi diverses que celles de M. Védrine, M. Larcher, M. Guaino, M. Chevènement, Gl de Villiers, etc… Le président reviendrait aux fondamentaux de la politique étrangère et de la défense, garant du destin de la France à long terme, de son indépendance, de la concorde européenne de l’Atlantique à l’Oural, s’engagerait à instaurer par référendum le septennat non renouvelable. Puis l’élection d’une Assemblée nationale sur la base d’une recomposition politique générale, apurée des étiquettes classiques, entraînée par une équipe déterminée et dynamique autour d’un projet de redressement national (lutte contre la dette publique et les déficits, restauration de l’autorité de l’Etat, de la maîtrise des frontières et de l’intelligence par l’école) suivie de la nomination d’un Premier ministre et d’un Gouvernement, chargés d’appliquer ce programme sous le contrôle effectif de la nouvelle majorité – majorité d’idées plutôt qu’issue de combinaisons d’états-majors. La place du héros – celui qui dirige le redressement d’une main ferme, sur deux ans, en prenant les risques et les coups au nom d’une majorité politique, et assumant sa responsabilité devant elle – est à Matignon et non à l’Elysée. Utopie? Rêverie? Imagination débridée? Non, simple bon sens démocratique. Reste l’essentiel: dans cet univers de manipulation et d’illusions, le bons sens a-t-il une chance infime – infime – de l’emporter?

Maxime TANDONNET

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Pire est encore possible

A l’issue d’élections tronquées (un lynchage médiatique et une mise en examen politique qui écartaient le principal favori), ils sont arrivés en 2017 fiers comme des paons. Que n’allait-on pas voir: une présidence jupitérienne, un « nouveau monde », « l’exemplarité », la « transformation de la France », etc. Jamais la béatitude médiatique n’avait atteint un tel sommet. D’aucuns annonçaient sans complexe que la France « allait tomber amoureuse de son jeune président ». Et puis, le pays a plongé dans un chaos sans précédent depuis la fin de la guerre d’Algérie. Ils ont cédé sur Notre-Dame-des-landes. L’affaire B. a eu raison de la République exemplaire. En voulant imposer une taxe carbone – aussitôt retirée – ils ont jeté la nation dans la crise des GJ, le chaos, et des semaines de violences tragiques. Toujours animés par l’ivresse des grandeurs, ils ont décidé de bouleverser le régime des retraites en faisant table rase de l’existant et en instaurant un régime universel « à point » et un âge pivot. De reculade en reculade, ils ont engendré une usine à gaz infiniment plus complexe et coûteuse que le système précédent. Mais en procédant ainsi, ils ont déclenché la plus terrible crise sociale de l’histoire récente et plongé les Français dans une épouvantable galère qui n’en finit pas depuis 45 jours, un record absolu. Cette entreprise de saccage se déroule sur fond de grand spectacle mégalomane et narcissique toujours plus déconnecté des profondeurs du pays. Croyez-vous que le bout du tunnel soit en vue? Sans doute pas. « Un bien ne succède pas forcément à un mal, un mal encore pire peut lui succéder » écrit Montaigne (les Essais). Toute l’histoire de la République montre que les seconds mandats présidentiels se terminent toujours mal, aggravant les défauts des premiers (Grévy, Lebrun, de Gaulle, Mitterrand, Chirac). Ils amplifient l’usure du pouvoir, la déconnexion, les phénomènes de dérive narcissique. Un second mandat Macron, prolongement du premier, à la puissance 10,  plongerait le pays dans l’apocalypse. Un éventuel quinquennat le Pen serait, non pas pire, mais tout aussi apocalyptique: l’irresponsabilité, la démagogie, l’incompétence, la perte des repères intellectuels et éthiques au sommet de l’Etat, l’isolement, l’entrée en rébellion des autorités et forces vives du pays, la mise en quarantaine planétaire… Macron/ le Pen 2022, l’apocalypse, le naufrage de la France, le malheur de chacun d’entre vous, à titre personnel et de vos enfants ou petits-enfants. Et pourtant le duel annoncé. Vous ne me croyez pas? Vous avez tort. Je n’aurais fait que mon devoir de citoyen en vous prévenant. Maintenant, il ne tient qu’à nous, dans ce qu’il reste de la démocratie française – mais quand même – de faire émerger et de soutenir une  alternative, non pas miraculeuse, les miracles n’existent jamais en politique (sauf pour les imbéciles), mais au moins décente.

Maxime TANDONNET

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Ravages…

Mme Royal vient d’être remerciée de son poste d’ambassadrice des pôles. Le parquet financier a ouvert une enquête préliminaire. Il y a eu DSK, Cahuzac, Thevenoud, les « sans dents », 2017 et l’élection présidentielle tronquée, Benalla, Rugy,  les insultes,  « ceux qui ne sont rien », les « Gaulois réfractaires », NDDL, la taxe carbone et la crise de Gilets Jaunes, 45 jours de blocage du pays pour un néant absolu, un naufrage permanent dans l’illusionnisme et le chaos. Et maintenant, l’affaire « Royal » qui nous conforte dans l’évidence que le supposé « nouveau monde » est tragiquement pire que l’ancien. Qui l’a nommée? Qui lui a offert cet étrange fromage? Au nom de l’idole écologisme, pilier de la nouvelle idéologie française. La bonne conscience universelle comme paravent du clanisme et du copinage et des petits services entre soi. Hypocrisie toujours. Et toujours cette image délétère d’une caste qui se vautre dans le mépris des gens. Scandale, encore un? Tiens donc. Un de plus, c’est peu et c’est beaucoup à la fois. Un de plus, un de trop et ce n’est pas le dernier. Le pire serait de s’y habituer. La cause de cette épouvantable déchéance? Le principe d’irresponsabilité absolue qui règne dans les sphères de la France dite dans haut, jusqu’au sommet le plus élevé, ce sentiment que tout est permis, jusqu’aux pires errements, les pires aberrations, sans la moindre esquisse de sanction politique possible. Tout est possible, tout est permis, plus c’est gros, plus ça passe… L’inertie et l’inamovibilité qui dominent en haut se traduisent cependant par des ravages dans l’opinion. Mais surtout, que va-t-il en sortir?  Et c’est là qu’au-delà de nos malheurs quotidiens et de notre inquiétude pour le pays, l’époque est passionnante. Lire la suite

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Echange avec une députée LR

Hier soir, à l’occasion d’une soirée amicale échange approfondi et intéressant avec une députée LR.

  • Mme la députée (D): La situation politique est préoccupante. Entre Mme le Pen et M. Macron, nous ne parvenons toujours pas à trouver d’espace. Ils (l’équipe a pouvoir)  jouent admirablement bien. Ils n’ont pas la moindre idée sur la France, et aucune stratégie pour l’avenir. Mais ce sont d’habiles tacticiens. Avec leur réforme des retraites, ils parviennent à nous étouffer encore  davantage.
  •  Moi (MT): Pourtant, les gens sentent bien la mystification et les reculs successifs: l’unique mesure significative, l’âge pivot, a été abandonnée. Avec toutes les concessions successives, non seulement les régimes spéciaux n’ont pas été abolis, mais ils sortent confortés et le système sera encore plus complexe et coûteux qu’auparavant. Le désastre est complet…
  • D: Au-delà du contenu réel auquel personne ne comprend grand chose, c’est la perception qu’en ont les gens qui compte finalement. Certains se disent: Macron fait les réformes que la droite n’a jamais faites. Rien n’est plus mensonger évidemment. Mais ça marche. Les coups de menton écrasent la vérité. « Tant que Martinez continue à nous taper dessus, les gens pense que nous réformons vraiment » m’a dit un collègue LREM. On en est là.
  • MT: Les Français dans leur ensemble, ont perdu confiance en la parole politique. Vous connaissez le sondage annuel CEVIPOF: 88% pensent que les politiques ne tiennent aucun compte de leur avis. Les coups de menton n’impressionnent encore qu’une poignée d’imbéciles.
  • D: Peut-être, mais ils impressionnent et subjuguent une partie de notre électorat que nous ne sommes pas parvenu à reconquérir.
  • MT: Les lignes peuvent bouger très vite. L’essentiel, aujourd’hui, est de s’adresser aux Français qui ont perdu toute confiance en la politique, trouver les mots pour regagner leur confiance.
  • D: Mais nous n’en sommes pas encore là! Le gouvernement, tout en pratiquant un discours de fermeté, a ouvert encore davantage l’immigration familiale et l’asile pour plaire à sa majorité et les chiffres explosent. Nous étions peu nombreux, parmi les députés LR, à dénoncer le double-langage! Et au total, nous avons été inaudibles. Avec la PMA, ils sont en train d’effacer le rôle du père. C’est un bouleversement de tous les fondements de notre civilisation. Cela ne mérite-t-il pas réflexion? Or, nous ne sommes qu’une poignée de parlementaires à en parler. Les autres, après l’expérience du « mariage pour tous » et la déferlante d’insultes qui s’est abattue sur eux (homophobes, etc.) sont tétanisés par la peur du qu’en dira-t-on. De fait, LREM, inspirée par une idéologie hors sol, est pire que l’ancienne gauche qui gardait les pieds sur terre du fait de son ancrage local. Aujourd’hui, ils n’ont même plus la moindre conscience de la réalité. Mais comment faire comprendre à cette partie de notre électorat, manipulé, que LREM est pire que l’ancienne gauche? Nous n’avons pas encore trouvé les mots ni le message pour l’expliquer.
  • MT: Notre système politique est d’une affligeante débilité. La personnalisation à outrance a anéanti le débat d’idées.
  • D: Bien d’accord avec vous…
  • MT: Il faut en tenir compte pour reconquérir le pouvoir. La question aujourd’hui, dans les deux ans qui viennent, c’est de parvenir à proposer une figure, une personnalité, qui permette d’offrir une alternative à la réélection prévue de M. Macron (même ultra-minoritaire, grâce à son nouveau tête-à-tête annoncée avec Mme le Pen).
  • D: Mais cette figure, nous ne l’avons pas pour l’instant. D’ailleurs, le débat sur les « primaires » qui figurent toujours dans les statuts de LR, n’est même pas encore tranché!
  • MT: Jamais, en dehors des cohabitations, l’occupant de l’Elysée n’a été réélu. En 2022, le chaos mental sera probablement encore pire qu’aujourd’hui. Après cinq ans de violences, de grèves, d’aggravation des déficits, de saccage des institutions, la France sera un champ de ruine. Qu’est-ce qui sortira de ce chaos? Les Français seront en quête de sagesse, de vérité, de sérénité, d’une vision de l’avenir et d’un discours clair et précis sur leurs grands sujets d’inquiétude.  Quel visage pourra incarner cette attente?

Mme la députée a évoqué une personnalité en qui elle place un espoir raisonnable et nous étions bien d’accord sur ce nom.

Maxime TANDONNET

 

 

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Mortelle faiblesse

Le retour en France des  djihadistes, ou membres de l’Etat islamique Daesh semble être à l’ordre du jour, à tout le moins envisagé. Ils sont au nombre de 200, détenus en Irak. Ce sont des individus qui ont participé à la commission de crimes abominables, ou les ont cautionnés par leur ralliement: extermination de populations civiles, enlèvements de jeunes filles à des fins d’esclavage sexuel, destruction de Palmyre, anéantissement de populations chrétiennes et Yazidies, tortures, crucifixions, spectacle médiatisé de prisonniers égorgés par des enfants, captifs brûlés vifs dans des cages, etc. Les mêmes ont commandité les attentats commis en France depuis 2015 et 2016 et le massacre de 260 personnes. Ils ont commis des crimes contre l’humanité, ils ont trahi le pays dont ils avaient la nationalité en portant le fer et le feu contre lui. S’ils reviennent en France, ils retrouveront tôt ou tard la liberté. Ils provoqueront de nouveaux massacres. Par leurs crimes abominables, ils se sont, de fait, exclus de la communauté nationale. Les recevoir sur le territoire français serait une lâcheté innommable.

Maxime TANDONNET

 

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Lecture: Louis XVI, Jean-Christian Petitfils, Perrin, 2007

Voici un ouvrage remarquable et passionnant, une somme considérable de 1114 pages consacrées à Louis XVI et à son règne. La richesse de ce livre tient à l’extraordinaire galerie de portraits qui émerge du récit factuel. Maurepas, Choiseul, Rohan (l’affaire du Collier), Vergenne, Turgot, Calonne, Necker, tous ces noms célèbres prennent vie au fil des pages et le couple que forment Louis XVI et Marie-Antoinette que le lecteur découvre, sous un jour nouveau.

Louis XVI n’est pas vraiment celui que l’on croyait et la mémoire collective reste imprégnée par les immondes mensonges et les calomnies qui ont jalonné sa descente aux enfers: tout le contraire d’un tyran, d’un criminel et d’un monstre comme l’ont dépeint les Montagnards. Tout le contraire aussi du benêt peureux et sans conviction dont l’image est passée à la postérité.

Le fond du problème est que Louis n’était pas fait pour être roi de France. Et comment le lui reprocher? Le tableau psychologique que l’auteur esquisse de lui est fascinant. Déjà, le destin lui a joué de mauvais tours. Les décès prématurés de son frère aîné, un caractère dominateur (tout son contraire) qu’il vénérait Louis-Joseph (1861), puis la mort de son père, Louis-Ferdinand (1765) l’ont placé en première ligne pour la succession de Louis XV en 1774, un Louis XV qui méprisait vaguement son successeur, en raison notamment de ses piètres performances « au lit ».

Juste avant son exécution dans un testament secret, sauvé de la sauvagerie de ses geôliers, Louis XVI écrit à son fils, le dauphin âgé de sept ans, qu’il aime passionnément: « Si tu as le malheur de régner… » Tout était dit. Louis XVI, dès son plus jeune âge, déteste les apparats du pouvoir, le poids et les contraintes de l’étiquette, le protocole, la courtisanerie, cette abomination à ses yeux. Passionné de chasse, il n’est lui-même que dans la solitude de la forêt ou dans son atelier de serrurerie. Jamais roi ne fut plus étranger que lui à la vanité et aux bienséances qui lui font horreur.

Justement, Louis XVI a pourtant tout d’un visionnaire. Trop intelligent pour être roi, se demande-t-on à cette lecture? Il se passionne pour les progrès de la science, de la marine, des grandes découvertes et la transformation du monde. Excellent stratège de politique étrangère, il prend le parti des Insurgent américains et remporte une brillante victoire sur l’Angleterre après l’humiliante défaite de la guerre de Sept ans, sous Louis XV, ayant privé la France du Canada et de l’Inde. Extrêmement bon et généreux, multipliant les grâces et les secours aux indigents en toute occasion.

Un authentique réformateur, qui voit venir avec lucidité l’effondrement de « l’ancien régime » et veut sauver la monarchie en la réformant profondément. Tous ses efforts pour moderniser le régime, la fiscalité, la justice et l’administration, avec Turgot, puis Calonne, enfin Necker, se heurtent à l’égoïsme et à l’aveuglement de l’aristocratie. Celle-là même qui après avoir joué la politique du pire, fuira lâchement le pays au moment de la Révolution, abandonnant la famille royale à son malheureux destin.

Alors bien sûr, Louis XVI est aussi responsable de son malheur. D’un courage, d’une générosité et d’une intelligence indéniables, il a aussi d’inexcusables défauts, les défauts de ses qualités, pour un monarque, qui ont fait sa tombe et celle de sa famille et le malheur de la France. Au cœur de son idéologie et de ses convictions, un pacifisme intégral, « incompréhensible » souligne l’auteur, et qui s’aggrave au fil du temps: son refus absolu réprimer la barbarie au prétexte d’éviter de faire couler le sang français se traduira par un chaos généralisé et la tyrannie sanguinaire de la rue (massacres des Tuileries le 10 août 1792, puis tuerie de Septembre).

Son indécision est parfois sidérante, exaspérante. A maintes reprises, il a l’occasion de prendre ses distances pour échapper au pire mais il se montre incapable d’agir. Et quand il bouge enfin, sa maladresse est telle qu’il aggrave les catastrophes (hallucinant récit de la fuite à Varennes).

Le secret de cette catastrophe, pour lui, pour sa famille, mais aussi pour la France plongée dans un innommable chaos sanguinaire (Loi des Suspects, Terreur, génocide vendéen)  et une effroyable guerre contre l’Europe de 25 ans: le gros homme, boulimique est profondément dépressif, au dernier degré, se murant pendant des jours dans un mutisme total dont il ne sort jamais et acceptant fatalement un sort qu’en tant qu’homme, il ne méritait évidemment pas.

Maxime TANDONNET

 

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La politique du pire ou le pire de la politique?

Ci-dessous mon entretien pour le site Atlantico, avec M. Edouard Husson, concernant les issues possibles à la crise sociale. Hier, le retrait de l’âge pivot a été annoncé. Entre cette annonce et le renoncement au principe d’universalité (policiers, gendarmes, militaires, pilotes, cheminots, routiers, enseignants, etc. ont déjà obtenu la reconnaissance de leur spécificité), il ne reste de cette réforme qu’une enveloppe et des confettis. Pourtant le bras de fer continue entre des syndicats déterminés à obtenir le retrait formel et un pouvoir politique dont l’unique objectif est d’affichage. Au milieu de cette bataille surréaliste de deux mégalomanies, le martyre des Français, plongés dans la galère, se poursuit et la France fait naufrage, son économie ravagée, son image ridiculisée aux yeux du monde entier. Tel est le produit de cet effarant mélange de bêtise, d’aveuglement, de mensonge, de mépris, d’incompétence, de nihilisme et de démence narcissique, qui écrase désormais la scène dirigeante française. Jamais, depuis 1944, notre pays n’avait subi une telle calamité politique.

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– Comment stopper l’hémorragie ?

Ce qui est très compliqué c’est que le pouvoir politique ne semble pas avoir pris la mesure de la gravité de la crise politique et sociale. Il donne le sentiment d’atteindre le paroxysme dans la déconnexion. Il paraît comme aveuglé par la vanité, l’autosatisfaction et dans l’incapacité radicale de percevoir ce qui est en train de se passer en ce moment dans les profondeurs de la société. Il s’en tient au dogme du nouveau monde et de la supposée transformation de la France sans réaliser à quel point le pays est en train de sombrer dans le chaos. Rien n’est possible sans cette prise de conscience. Nous subissons le syndrome du bunker quand les dirigeants, à l’abri de leurs protections institutionnelles, donnent le sentiment de regarder le monde s’effondrer autour d’eux dans l’aveuglement.

 « Je ne suis que l’émanation du goût des Français pour le romanesque » a déclaré un jour le président Macron. Cette phrase clé explique beaucoup de la situation présente. La vie politique nationale, médiatisée, est largement vécue comme un spectacle légendaire composé d’un héros de ses fidèles et d’ennemis. Elle n’est plus ressentie par les dirigeants, à titre essentiel, comme un mode d’action concret en faveur du bien commun. Dès lors, le but essentiel est de sauver, aux yeux des spectateurs, l’image du héros providentiel (…) D’ailleurs, à l’image de la crise des Gilets Jaunes, suivie, du « Grand Débat », ce chaos peut fournir l’occasion de briller en sauveur providentiel et de s’attirer ainsi les faveurs de l’électorat bourgeois. Toute cette stratégie repose sur le principe, largement admis dans les milieux dirigeants, de la naïveté et de la stupidité d’un peuple indéfiniment manipulable par la communication. Le mépris est au cœur de leur idéologie. Et c’est là que se situe l’erreur fondamentale. Le peuple sans être infaillible, est beaucoup plus lucide qu’ils ne le pensent.

 

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Quel avenir politique?

La réélection du président Macron en 2022, longtemps considérée comme une quasi certitude par la société politico-médiatique, n’aura sans doute pas lieu. Les événements de ces derniers jours ne font que confirmer cette intuition, à contre-courant des bêlements du troupeau, cette intuition qui s’exprime depuis deux ans et demi dans ces pages. La mission centrale d’un chef de l’Etat est de préserver la paix civile, le bien-être et l’unité nationale. Jamais les Français ne lui pardonneront un an de crise des Gilets Jaunes, déclenchée par une cascade d’erreurs autour de la taxe carbone, et jamais, encore moins, les Français ne lui pardonneront l’interminable naufrage dans le chaos issu de l’échec de la réforme des retraites. Les peuples ont une mémoire d’éléphant. Après ce que les Français ont subi, y compris l’humiliation de leur pays, ils n’auront pas envie non plus de l’aventure lepéniste et du risque de prolonger voire d’amplifier un interminable chaos. Alors? Le salut ne viendra pas d’un programme grandiloquent ni de la démagogie: qui peut encore croire à des slogans tels que le « nouveau monde » ou à la « transformation de la France »? Dans l’état présent de notre culture politique, la seule perspective d’une sortie de crise, avant même celle du redressement, réside dans la figure de l’apaisement et de la sagesse: la modestie plutôt que la mégalomanie; l’unité plutôt que la déchirure; la discrétion plutôt que la boulimie de paroles; l’écoute du peuple, plutôt que le mépris; la vision de long terme, plutôt que l’excitation;  la vérité, plutôt que la posture; la France, plutôt que la démesure narcissique.  Un projet donnera la priorité à la baisse de la dette publique et des charges sur les entreprises, à l’autorité de l’Etat, la sécurité intérieure et la maîtrise des frontières, plutôt qu’au délire transformiste qui ne transforme rien du tout. Les Français auront à cœur – faut-il espérer – de nommer un honnête homme à l’Elysée (déterminé à présider le pays et rien d’autre),  plutôt que de se chercher un autre sauveur providentiel, cette source de toutes les catastrophes.

Maxime TANDONNET

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Le pourrissement de la honte

En ce 9 janvier de mobilisation, le conflit social atteint son 36ème jour, tous les records historiques sont pulvérisés. Mais derrière les jours qui passent, il y a la galère depuis plus d’un mois: des commerçants ruinés, des jeunes qui ne peuvent pas se rendre au cours ou aux examens, des salariés privés de leur gagne-pain, et des centaines de milliers de gens qui s’entassent sur les quais des transports en commun se battent pour monter dans un train ou un bus, et suffoquent littéralement, à pleurer, pendant un transport interminable. Les victimes sont de la France d’en bas, celle qui n’a pas les moyens de rouler en taxi ou avec une voiture de fonction. Les victimes sont de la France qui se lève tôt pour aller au travail. Un pouvoir politique, déconnecté du monde, enfermé dans sa bulle qui laisse délibérément et indéfiniment perdurer cette situation, jouant le pourrissement au prix de la souffrance d’une partie de ses compatriotes est profondément indigne. Les syndicats sont ce qu’ils sont. Mais ils sont élus pour la défense d’intérêts catégoriels, et non pour le bien commun de leurs compatriotes. Tandis qu’un pouvoir politique, lui, a pour première mission d’assurer la sécurité et le bien-être de la population. Nous atteignons les sommets du nihilisme narcissique: cette réforme des retraites est purement idéologique et électoraliste. Pour faire croire au « nouveau monde » et à la « transformation de la France », à « l’universalité », et au nivellement égalitaire, ils ont joué sur le mythe de la « table rase », l’idée invraisemblable de fondre 42 statuts spéciaux en un seul « régime à points ». Mais d’ores et déjà, comme ils cèdent au fur et à mesure des menaces, il est acquis que les policiers, les gendarmes, les juges, les pilotes, les enseignants, les acteurs, les cheminots, etc. garderont un régime particulier. Le but désormais n’est pas de sauver la réforme pour le bien commun, une réforme déjà morte,  mais de sauver la propagande, l’illusion de la « transformation de la France ». Nombre d’instituts de sondage et de médias radio-télé collaborent lâchement à cette manipulation en faisant semblant de ne pas la voir.  Et beaucoup d’imbéciles plus ou moins venus « de droite », environ la moitié de son électorat, suivent comme le troupeau bêlant et béat devant cette supposée manifestation de fermeté qui ne manifeste rien d’autre que la déconnexion, l’indifférence et le nihilisme narcissique, sans autre horizon que les prochaines échéances électorales. Bref, le syndrome du bunker. Nausée, écœurement et dégoût infini. De tout cœur, en pensant aux jeunes, aux femmes et aux hommes naufragés de la galère, à tous ces pauvres gens, les miens, qui galèrent depuis 36 jours, en pensant aussi aux salauds et aux crétins qui s’en foutent,  je souhaite que cela se paye d’une manière ou d’une autre. Et chèrement.

Maxime TANDONNET

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Philippe Séguin, dix ans, déjà

Philippe Séguin est mort le 7 janvier 2010: dix ans déjà. Un destin inachevé, sans doute. Les plus hautes fonctions qu’il ait exercées sont celles de ministre des affaires sociales et du travail et de président de l’Assemblée nationale. Il fut pourtant le dernier visionnaire. Son discours de 1992 à l’Assemblée nationale sur Maastricht et sur la mondialisation fut proprement prophétique comme le souligne dans le Figaro de ce matin M. Arnaud Teyssier (accessible aux abonnés). Réécoutons-le: ce fut l’un des derniers grands moments de feue, la démocratie française. Il avait une prescience des dangers menaçant la démocratie française, la rupture entre le peuple et sa classe dirigeante et le chaos.  Sa force tenait à une exceptionnelle intelligence de l’histoire, inégalée depuis lors. Sans doute était-il desservi par un caractère complexe, mélange de fermeté ombrageuse et de pusillanimité. Trop intelligent pour se plier aux normes de la politique politicienne?  Comme l’Albatros, Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. Son malaise frappait tous ceux qui l’ont connu. Mais surtout, il est tombé devant la médiocrité de l’époque et la conjuration des médiocres qui triomphe aujourd’hui en plongeant la classe dirigeante française dans une vertigineuse crétinisation et la France dans une logique de saccage et de destruction.

Maxime TANDONNET

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Ravages de la vanité

Le Figaro magazine de cette semaine publie un remarquable reportage intitulé: Dans le secret de l’Elysée, la vraie vie d’Emmanuel Macron dans son Palais (lecture réservée aux abonnés). Ce document, fruit d’une enquête fouillée, minutieuse, réalisée sur une longue durée, se fonde sur des constats visuels et des déclarations du chef de l’Etat et de ses collaborateurs. Il est rédigé dans un style parfaitement respectueux des personnes et des institutions sinon bienveillant. Au premier degré, au fil des pages, le sentiment qui s’en dégage est celui de la détermination, de la conviction et de l’unité d’une équipe. Au second, le tableau ainsi esquissé est accablant. La simple exposition des faits, sans la moindre malveillance, ni méchanceté, ou mauvais esprit, se révèle cent fois plus dévastatrice qu’un tombereau de critiques et d’injures. Ce reportage, d’une exceptionnelle richesse, nous plonge dans un univers fermé et autocentré sur lui-même, confit dans la vanité et l’autosatisfaction, livré à la courtisanerie, guidé par l’objectif de sa glorification et de sa perpétuation, déconnecté de la réalité. En quelques mots, venus des acteurs mêmes du système, tout est dit sur une source essentielle du désastre politique français: « Dans la garde rapprochée du président, chacun est convaincu de participer à un épisode clé de l’histoire de France. Et cet exemple, évidemment, vient de haut: «Je crois que sur la santé, les retraites ou sur l’éducation, nous sommes en train de refonder quelque chose, de retrouver un sens nouveau, une grammaire» assure Emmanuel Macron. Dans un quasi murmure, il augure que 2019 restera pour lui l’année d’entrée dans le siècle: «C’est la première fois qu’une refondation aussi profonde a lieu en dehors d’un temps de guerre ou de reconstruction.» Rien que ça! «Ce qui fascine chez Emmanuel, analyse un proche, c’est que le réel compte moins pour lui que le récit qu’il s’en fait.» Grâce à ce subterfuge mental, il est à distance et entend tenir ferme le cap. » Tout est dit.

Maxime TANDONNET

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Banalisation du mal

Un homme de 56 ans a été massacré à coups de couteau, hier, à Villejuif et deux passants blessés. La victime a été tuée en protégeant sa femme. Le meurtrier, d’après les information données par la presse, portait une djellaba noire et des documents « à caractère religieux », récemment converti à l’islam. Il n’était pas fiché S et souffrait de « troubles psychiques » ayant justifié des séjours en hôpital psychiatrique. Les plus hautes autorités politiques et judiciaires évitent de qualifier l’acte de « terroriste » à ce stade de l’enquête – ce que nous respectons. En revanche, un individu qui massacre gratuitement des passants à coups de couteau, cela relève, quelles que soient les précautions sémantiques prises, et quel que soit son état mental, de la tuerie sanguinaire, de la terreur et de la barbarie. Tous ces mots qui ne sont pas sortis. Mais le plus terrible, au-delà de la tentation classique du déni, c’est l’indifférence et la banalisation: les médias radio-télé comme l’essentiel de la presse sont dans l’ensemble discrets sur un événement qui pourrait tout autant faire les Unes pendant trois jours. Pourquoi? L’habitude, la routine, la banalisation du mal. Un passant lambda est mort poignardé et deux autres blessés. Il n’était semble-t-il ni gendarme, ni policier, ni rien d’officiel. « Il va falloir s’habituer », comme disait un Premier Ministre. Nous y sommes. D’ailleurs, le massacre se passe à Villejuif, une banlieue populaire, et non pas sur les Champs-Elysée ou dans le 6ème, le 7ème ou le 8ème arrondissement, les quartiers des autorités.  Imaginez-vous un député ou un ministre, une personnalité médiatique, un haut responsable, massacré, de cette manière, en défendant sa femme? Peu de risque: d’abord, ils ont parfois des gardes du corps, ensuite, ils ne se promènent pas à Villejuif. Un homme de 56 ans a donné sa vie pour sauver celle de sa femme. Le mot « héros » est certes galvaudé. Il en vient un autre à l’esprit: celui d’honneur, honneur d’un homme, un inconnu, un Français inconnu, lambda, qui par cet honneur, rachète toute la médiocrité et la lâcheté d’une époque.

[NB: 20 Heures: on apprend que l’homme a crié Allahouakbar, au moment de la tuerie confirmant le caractère terroriste et islamiste de l’attentat. Le parquet antiterroriste est saisi].

 

Maxime TANDONNET

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Venin totalitaire

« La société progressera à condition de respecter la maternité », « la société progressera à condition de respecter la paternité » et « la société progressera à condition de respecter la différence ». Sous chacune des publicités est inscrit le slogan suivant : « solidaires des plus fragiles ». Qui cela peut-il choquer? Cette campagne qui en appelle à la tolérance, à la solidarité et au respect, notamment envers les femmes enceintes, les pères de familles et les handicapés, vient d’être condamnée par un simple tweet  de Mme la maire de Paris « choquée et indignée ». La compagnie d’affichage s’est engagée à les retirer aussitôt. Qu’est-ce qu’une société qui rejette, au point de les censurer, les principes de respect de la vie, de solidarité envers les plus fragiles et les handicapés, des femmes enceintes et des pères de famille? Serait-ce  une société qui vénère précisément l’inverse? « Qui veut faire l’ange fait la bête » disait Pascal.  En vertu d’un humanisme bien-pensant, l’intolérance viennent encore de frapper. Chacun pense ce qu’il veut, mais au nom de quoi interdire un affichage fondé sur des valeurs qui n’ont rien de scandaleux? Etrange idéologie qui ne supporte pas l’expression de la solidarité envers les personnes en état de faiblesse, la proclamation de l’attachement à la maternité, à la paternité et à la vie. Mais pire peut-être: le climat de peur, de lâcheté, de conformisme qui pèse sur ce pays. Dans un Etat de droit, seul l’atteinte à l’ordre public justifie une interdiction d’affichage, sous le contrôle d’un juge. L’affichage de la solidarité envers les plus faibles porte-t-il atteinte à l’ordre public? Il a suffi, non pas d’une décision formelle susceptible de recours dans un Etat de droit, mais d’un tweet menaçant, d’un froncement de sourcil, pour que la société d’affichage baisse la tête et s’engage à retirer les affiches. La loi de la peur…

NB: Quand les juges défendent l’Etat de droit et la liberté d’expression…

Maxime TANDONNET

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Bilan 2019 de la fréquentation de ce blog

Les premiers jours de l’année sont le temps des vœux, mais aussi celui des bilans. En 2019, ce blog a confirmé une progression continue et rapide depuis dix ans. (Si l’on excepte l’année 2017  exceptionnelle en raison des élections présidentielles et législatives). Les trois derniers trimestres, depuis mai 2019, ont battu tous les records d’affluence jamais atteints. Au rythme de ces derniers mois, sa fréquentation oscille entre 2000 et 4000 visites quotidiennes, en hausse constante.  Jusqu’alors, le niveau de fréquentation était lié à des événements particuliers: élections, attentats terroristes ou autres accidents de l’histoire. La tendance est désormais à la stabilisation dans la progression. Nous savons que les années qui viennent, 2020, 2021 et 2022 seront décisives pour préparer l’avenir. Au niveau très modeste qui est le sien, ce blog entend prendre sa part à la réflexion collective. C’est l’occasion de remercier de tout cœur ses visiteurs, ses lecteurs, et ses contributeurs dont les commentaires sont souvent plus intéressants que mes propres billets et qui m’aident à lui donner vie et à assurer sa progression.

Tableau du nombre de visites mensuelles, en milliers:

 

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Les étranges paradoxes du nouvel an 2020

Vingt-quatre jours consécutifs de grèves fortement suivies des transports publics, un record absolu, mais le gouvernement est parti tout naturellement en vacances, les négociations interrompues pendant « les Fêtes » et ne reprenant que le 9 janvier.

Comme si la France n’était pas plongée dans un chaos sans nom et de nombreux compatriotes, notamment les commerçants et salariés parisiens, dans une véritable tragédie. Les fautes et les erreurs jalonnent l’histoire de la politique française depuis des siècles. Mais un tel niveau de déconnexion, de déni de la réalité et d’indifférence à la détresse populaire semble n’avoir guère de précédent depuis soixante-quinze ans.

L’actuel occupant de l’Elysée, pour ses vœux, a adopté une posture Jupitérienne et les éditoriaux de la presse amie en ont fidèlement rendu compte sur le thème de « Macron ne lâche rien ». Mais nul ne semble avoir noté le formidable paradoxe qui imprégnait son discours: « La réforme ira à son terme » certes, mais au prix d’un « compromis » à trouver « sans délais ». Quand l’une des parties engagée dans une négociation se déclare déterminée à obtenir un compromis « sans délai », c’est qu’elle a déjà perdu. Les spectateurs ont vu le torse bombé mais pas les tremblements de la main tenant le sceptre.

En effet, la réforme doit se faire, quoi qu’il arrive, pour l’image, la posture, et le mythe de la « transformation de la France » socle de la future campagne de 2022, mais peu importe son contenu ou ce qu’il en restera au termes de ce compromis dont nul n’a la moindre idée. D’ailleurs, la logique des reculades est déjà à l’oeuvre: pilotes, militaires, policiers, gendarmes, magistrats, acteurs… Le mot « universel » ne recouvre plus qu’un hypocrite tissus d’exceptions et d’injustices. Désormais, le pouvoir n’a pas d’autre choix que d’accélérer le rythme de ses concessions, en les enrobant d’un air martial. Ce qu’il faut sauver à tout prix: l’illusion de la réforme, le mythe de la transformation, la frime en guise de changement. La mystification n’est-elle pas l’essence même de la politique moderne?

Le style solennel, sévère et autoritaire qui plaît tant à la petite bourgeoisie inculte et friquée, ne devrait leurrer personne. Il n’est rien d’autre que le masque de l’impuissance et de la déliquescence. Pendant la nuit de la Saint Sylvestre, le chaos a durement frappé: deux morts une vague de violence, 400 arrestations et des centaines de voitures incendiées (le chiffre officiel n’est pas rendu public). Mais silence, dans le « nouveau monde », cela n’intéresse plus personne…

Maxime TANDONNET

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Meilleurs vœux pour 2020

L’année 2020 s’annonce particulièrement difficile pour les Français. Elle est pleine de brouillard et d’inconnu. Un courant fou et hors contrôle de bêtise, la vanité, d’hypocrisie et d’arrogance irresponsable, dont chaque jour ne manque pas de donner une nouvelle illustration, entraîne le pays au chaos et à l’abîme. Pire: l’absence, aujourd’hui, de solution de rechange apparente. Dans les profondeurs de l’histoire, inaccessibles à la conscience humaine, une issue à nos malheurs et notre humiliation est-elle en train de se tramer? Je souhaite que cette année soit celle de la première éclaircie et qu’elle rende un espoir collectif aux Français. Mais surtout, le bonheur de la vie privée doit l’emporter sur la détresse politique et je souhaite à chacun l’essentiel, une excellente santé et un maximum de satisfactions professionnelles, personnelles et familiales, bien amicalement.

Maxime TANDONNET

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Entretien bilan 2019, pour Figaro Vox

  • Vous décryptez régulièrement la vie politique française au FigaroVox. Quels événements ont marqué l’année 2019 selon vous ?

Ils sont nombreux…L’incendie de Notre-Dame de Paris en avril dernier vient aussitôt à l’esprit. Notre-Dame, le visage de la France éternelle a survécu pendant huit siècles aux révolutions, aux guerres, aux bombardements, à l’occupation allemande. Elle est finalement tombée sur les négligences, l’indifférence, la médiocrité de notre époque. En octobre dernier, l’attentat contre la préfecture de police de Paris, qui a fait quatre morts : la terreur portée jusqu’au cœur de l’Etat régalien. Pendant deux ou trois jours, la France d’en haut, médiatique, politique, s’est contorsionnée dans tous les sens pour refuser d’admettre la réalité d’un attentat terroriste avant de se rendre à l’évidence : signe de toute la lâcheté et l’aveuglement d’une époque. Et puis, la déception de la droite aux élections européennes de juin dernier, la preuve qu’elle n’a pas encore su trouver les mots pour regagner la confiance populaire.

  • Concernant la déroute de la droite française, force est de constater que tous les partis de droite en Europe n’ont pas connu la même année 2019 que Les Républicains ! En Autriche, Sebastian Kurz a remporté un succès spectaculaire en septembre ; quant à Boris Johnson, il a auréolé les Tories d’une victoire historique il y a quelques semaines. Quel est leur secret ?

Ils n’ont pas de recette magique, mais simplement des démocraties qui fonctionnent mieux que la nôtre. Chez nous, sur la sécurité, l’immigration, les politiques économiques et sociales, l’école, l’autorité de l’Etat, il serait facile de réunir une majorité d’idées de 55 ou 60% des Français au moins. Seulement, tout est fait pour l’empêcher. Le système présidentialiste repose sur l’émotion collective autour de l’image d’un candidat, conditionnée par l’exposition médiatique. Le débat d’idées et les choix de société sont dès lors absents des élections présidentielles. Ensuite, les législatives ne font que confirmer le vote présidentiel. C’est ainsi que subrepticement, en faisant croire aux Français qu’ils élisaient une idole, un sauveur providentiel, on a détruit le débat démocratique. La démocratie parlementaire, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Autriche, en Italie, a aussi ses défauts, mais elle préserve un choix avant tout fondé sur des projets et des hommes qui sont à leur service.

  • Que souhaitez-vous aux responsables politiques de droite pour 2020 ?

Qu’ils ouvrent les yeux. Qu’ils comprennent à quel point les Français ne supportent plus la dérive narcissique de la vie politique, sa confiscation par des individus qui se croient plus intelligents que tout le monde, des demi-dieux au-dessus du commun des mortels, auxquels tout est dû. Qu’ils aient l’intelligence et la lucidité suffisantes pour réaliser que la France n’est pas au service de ses dirigeants politiques mais que ces derniers sont au service de la France, et seulement le temps nécessaire. Qu’ils se montrent capables de s’unir pour refonder la politique française dans un sens qui mette fin à toute forme de mégalomanie, de vanité, de morgue et de mépris des gens. Qu’ils réalisent que la confiance du peuple se gagne par l’action dans l’intérêt général et non pas le trafic des postures, des illusions et des chimères. Qu’ils sachent réconcilier la politique avec la vérité, le travail humble au service du pays et l’écoute sincère de ce dernier.

  • Et aux Français ?

Une prise de conscience collective que leur destin, in fine, ne dépend que d’eux-mêmes, pas seulement aux présidentielles, mais aussi aux municipales et aux législatives. En mars 2020, puis en mai et juin 2022, eux seuls tiendront entre leurs mains l’avenir du pays à travers leur bulletin de vote. Le système présidentialiste se prête aux manipulations, tant il est facile de conditionner les esprits autour d’un visage, sublimé ou maudit. Il a manifesté toute sa toxicité en 2017 : matraquage médiatique pour diaboliser un candidat, pour en diviniser d’autres, et pour organiser une « finale » ne laissant aucune place au doute. Il en sera de même en 2022. J’espère de tout cœur en l’émergence d’une lucidité populaire pour déjouer le piège infernal.

  • L’année 2019 a été marquée par des mouvements de colère populaire, en France bien sûr avec le mouvement des « gilets jaunes » et la contestation de la réforme des retraites, mais aussi en Algérie, à Hongkong, au Pérou… A-t-on assisté à une forme de « réveil des peuples », à une contestation généralisée de l’ordre néolibéral établi ?

La quête de la liberté, alimentée par les facilités de communication et les réseaux sociaux, me semble être le commun dénominateur à ces mouvements. En Algérie, la révolte contre un régime militaire ressenti comme étouffant la société civile ; à Hongkong, un soulèvement contre la domination de la Chine communiste. En France, le chaos qui règne depuis plus d’un an à travers les Gilets Jaunes, puis le mouvement social actuel, est le signe d’un malaise démocratique. Dès lors que tout espoir est perdu de changer le cours des choses par la voie démocratique, on assiste à un double phénomène : une poussée historique de l’abstentionnisme (plus de 50% aux dernières législatives) et une succession de soulèvements de la rue pouvant dégénérer en violence.

  • Plusieurs soldats français ont à nouveau trouvé la mort cette année, notamment au Mali dans un accident qui a particulièrement ému l’opinion. Rappelant par leur sacrifice celui, plus discret, de milliers d’hommes et de femmes engagés au quotidien pour le bien commun. On a beaucoup écrit au sujet de Jean-Paul Delevoye ou de François de Rugy par exemple, qui ont trahi aux yeux de beaucoup l’idéal du service de l’Etat, mais l’arbre qui tombe ne fait-il pas plus de bruit que la forêt qui pousse ?

Belle image en effet ! Depuis plusieurs années, voire décennies, les marques de cynisme de quelques hauts personnages de vie politique ou médiatique française ne cessent de se multiplier. Le principe est toujours le même : les plus enclins à donner des leçons de morale et de civisme au peuple se livrent à des comportements indignes qui sont à l’inverse de leurs sermons et expliquent une bonne part du dégoût des Français pour la politique. Mais la France, c’est aussi l’image de ces jeunes soldats qui ont donné leur vie pour la France, et puis la France profonde, celle des ingénieurs, des entrepreneurs, des militaires, professeurs, étudiants, agriculteurs, élus locaux, qui se consacre au travail, modeste et discret, aime son pays et qui fait de son mieux, loin des néons de la vanité.

7)      Pour finir, y a-t-il une lecture qui vous a particulièrement marqué cette année ?

J’ai beaucoup aimé le livre de M. Arnaud Teyssier, de Gaulle 1969, publié par les éditions Perrin. Il revient sur le référendum perdu du 27 avril 1969 et le geste de dignité suprême du Général, donnant sa démission de chef de l’Etat. L’auteur souligne la grande ambition du général de Gaulle autour de son projet de participation qui visait à donner un tout autre destin au pays en associant étroitement le peuple à son avenir. Cet événement marque un tournant dans l’histoire politique de la France.

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A quoi sert-il d’avoir raison?

Nous étions quelques-uns, égarés dans un océan de compromission et de naïveté, à avoir tout prévu, tout prédit, tout annoncé. Après la faillite des élections faussées de 2017, l’arrivée d’un jeune quadragénaire à l’Elysée, à qui le succès était visiblement monté à la tête, convaincu de sa bonne étoile et de son génie, entouré de courtisans à genoux, dans un climat général de servilité, d’apathie, d’indifférence en la chose publique. Nous sentions venir les ravages de la vanité et de la courtisanerie, signes infaillibles de la médiocrité intellectuelle ou morale et de l’aveuglement. Nous savions, nous autres, dès le début, que le martèlement autour de notions prétentieuses comme le « nouveau monde » ou la « transformation de la France » couvrait un vertigineux néant. La fuite quotidienne dans la posture, le mépris des gens et la mystification permanente, érigés en dogmes de gouvernement, ne pouvait évidemment conduire qu’à la catastrophe. Sans doute, la déconnexion de la classe dirigeante avec la Nation n’a jamais, depuis 1945, atteint un tel niveau. Avec leur « taxe carbone », aussitôt abandonnée, ils ont provoqué trois mois de violences et de destructions. Avec leur « retraite universelle », plongée dans l’utopie d’une uniformisation par le nivellement général, ils ont déclenché un véritable sinistre, martyrisé les Français, notamment les Parisiens, les familles, les étudiants, les salariés, saccagé les commerces de proximité. Et tout cela sur fond d’explosion des dépenses publiques destinées à éteindre les incendies qu’ils ont allumés, des déficits et de la dette. Les coups de menton et les moulinets virils ne parviennent même plus à masquer la cascades de reculades en cours (policiers, pilotes, militaires, etc.) ne pouvant qu’attiser la révolte des autres. De mémoire d’homme, on n’a jamais connu une telle catastrophe politique et d’humiliation de la France aux yeux du monde entier. Nous étions quelques-uns à n’avoir aucun doute, dès le début, sur l’imminence du désastre. Hélas, avoir raison ne sert à rien en ces temps d’infinie médiocrité.

Maxime TANDONNE

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Les petits cadeaux (pour Atlantico)

Ségolène Royale se voit accusée de ne se rendre à aucune réunion du Conseil de l’Arctique. En quoi ces absences répétées ne sont-elles pas aussi étonnantes qu’elles peuvent le sembler à prime égard? 

Mme Royale n’est pas la seule, loin de là. Nous vivons une époque de contre-sens général sur la définition même de la politique. En principe, elle est, pour l’essentiel, une activité temporaire, au service de l’intérêt général, ou du bien commun […] Depuis les années 1980, sauf exception, elle a basculé dans une autre logique : l’ultra-narcissisme, si bien défini par Gilles Lipovetski dans « l’ère du vide ». La dimension « service de la nation » a disparu, emportée avec l’idée nationale. Il reste de l’engagement politique – hormis quelques exceptions –  pour l’essentiel, une conception égotique. La plupart des hauts dirigeants ne se conçoivent pas comme étant au service du pays. Mais au contraire, le pays est à leur service. Tout leur est dû, sans aucune limite, ni de mandat, ni d’âge […] Dans le système français, rien n’est plus banalisé que ces cadeaux de la république parfois à la rémunération juteuse, cumulable avec les retraites, sans compter les autres avantages.

– La presse nationale semble s’indigner qu’elle ne prenne pas son poste au sérieux, pourtant n’est-ce pas là une sorte de placard doré comme il en a été attribué de nombreux précédemment aux élites françaises ?

Nous sommes au cœur d’un principe même de la vie publique française : le copinage, autrement dit le clanisme voire le népotisme. L’un de ses principes fondamentaux est l’obligation « morale » (si l’on n’ose dire) de recaser ses amis. Cette pratique, reflet de la courtisanerie, est absolument banalisée […] Anciens ministres, au piètre bilan, recasés à la Commission européenne ; amis personnels ou vaincus du suffrage universel désignés au Parlement européen à la faveur du scrutin de liste ou à la tête d’établissements publics ou d’autorités administratives indépendantes, ou encore sur des hauts postes administratifs par le seul « fait du prince » sans réunir les conditions de compétence requises ou sans avoir passé les concours. On s’habitue à des situations invraisemblables […]

– Ce besoin de toujours recaser les élites et de leur distribuer un fromage de la République n’est-il pas d’ailleurs un mal bien français ? Cette pratique est-elle tout aussi courante chez nos voisins européens ? 

Oui, ce besoin semble être en tout cas particulièrement marqué en France. En tout cas, il n’existe pas avec la même ampleur ailleurs dans le monde occidental. Des situations de ce type seraient beaucoup moins bien tolérées en Allemagne ou au Royaume-Uni. Elles sont banalisées en France, jusqu’à l’absurde : en principe, un mandat parlementaire, un poste de ministre sont des missions au service du pays qui n’ouvrent aucun droit permanent sur le pays. Elles le sont en violation des principes républicains et constitutionnels : l’égalité et le mérite comme seuls critères de désignation à n’importe quel poste. Elles nourrissent le dégoût de la politique, l’abstentionnisme, le vote extrémiste ou protestataire. Mais le plus inquiétant tient à la déconnexion de la classe dirigeante : elle ne semble pas réaliser les dégâts dans l’opinion de telles pratiques donnant le sentiment que les dirigeants se servent en permanence sur le dos du pays […]

 

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Défense de Bernard Pivot

M. Bernard Pivot est pris dans la tourmente et à son tour, en cours de lynchage médiatique. Il est accusé d’avoir, en 1990, fait preuve de complaisance envers l’auteur de livres à connotation pédophile Gabriel Matzneff.

La vérité, c’est que la pédophilie, cette abominable perversion, jusque dans ces années, était admise voire vénérée par toute une intelligentsia issue de mai 1968. Par souci judiciaire, je ne donnerai pas de nom et n’en laisserai pas paraître dans ces pages. Mais combien de chantres de la pédophilie, à cette époque, trônent aujourd’hui à la tête des plus hautes institutions nationales, fromages de la République? Combien font figure d’autorités morales intouchables? Le Monde et Libération, en 1977 et 1979, publiaient des pétitions, signées par des dizaines d’intellectuels, philosophes,  politiques, chanteurs, vedettes du star system, aujourd’hui au-delà de tout soupçon, véritables icônes de la moralité publique et de la pensée correcte, en appelant à la  reconnaissance et à la dépénalisation de la pédophilie.

Qui a signé ces pétitions? Qui a donné le feu vert pour qu’elles paraissent dans la grande presse? Pourquoi ce deux poids deux mesures, pourquoi cette totale impunité morale voire ce droit à l’oubli, à l’enfouissement,  dont bénéficient certains journaux, personnalités politiques ou des intellectuels véritables ou supposés qui ont légitimé des pratiques immondes? La vérité c’est que la pédophilie a été encensée par des personnalités qui furent au cœur de l’idéologie dominante, progressiste,  française, soixante-huitarde.  A l’époque, il fallait « interdire d’interdire ». A cette époque, les plus grands noms de la gauche morale, qui gouverne les esprits depuis un demi-siècle,  prônaient la libéralisation de la pédophilie. Voilà ce qu’il faut aujourd’hui dissimuler et faire taire à tout prix.

Bernard Pivot, dont l’image de sagesse et de modération est aux antipodes de cette idéologie, fait aujourd’hui office de bouc émissaire. Il fut pourtant un personnage hors norme des années 1970 à 1990. Il a profondément marqué la France en répandant l’amour des livres. Bernard Pivot avec son émission Apostrophe a réalisé un immense exploit, jamais égalé: concilier la culture et le plaisir populaire, faire rêver les Français avec des livres. Il invitait les écrivains et personnalités reconnus de son époque qui en ce temps-là, faisaient consensus.

Lui même, que l’on sache, n’a jamais, au grand jamais  porté un jugement positif sur des mœurs répugnantes car touchant à des enfants. Et comment le tenir pour responsable de déclarations – abominables –  proférées lors de son émission mais qui étaient conformes à la bonne conscience de toute l’intelligentsia, de toute la classe dominante et influente d’une époque? Le même microcosme qui le fustige aujourd’hui pour avoir donné la parole à Gabriel Matzneff, vomissait Bernard Pivot, à l’époque, pour avoir laissé, sur le plateau d’Apostrophe, la courageuse Denise Bombardier descendre en flammes l’amateur d’adolescentes. Le journaliste était accusé, par toute la France « d’en haut », d’avoir « piégé »  cet auteur culte d’une époque. Quel sens il y a-t-t-il, trois décennies plus tard, de lui reprocher exactement l’inverse?

Que d’hypocrisie, que de tartuferie! Bernard Pivot est un grand Monsieur incarnant l’honnête homme du XVIIe siècle, cultivé, modeste, discret et courtois.  Il a su, au cours des grandes années d’Apostrophe, donner aux Français la passion des livres, de la littérature, de l’histoire, et même stimuler leur intérêt pour l’orthographe. Bref, il incarne à sa manière l’ancienne intelligence française. C’est sans doute la raison profonde de son lynchage par une époque vouée au culte de la servilité, de l’abêtissement de masse et de l’instinct du troupeau.

NB: les blogs autres que ceux figurant dans la liste des blogs amis ci-jointe ne sont pas autorisés à reprendre mes billets sans mon accord. 

Maxime TANDONNET

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Lecture: La malédiction de la droite, Guillaume Tabard, Perrin 2019

M. Guillaume Tabard publie un ouvrage passionnant d’histoire politique qui tombe à point nommé pour la réflexion sur la reconstruction de la « droite ». A travers une multitude de révélations et d’anecdotes, l’éditorialiste de politique intérieure du Figaro souligne à quel point l’effondrement du courant conservateur français est le fruit d’un long déclin de plus de soixante ans, qui combine les conflits de personnes et les désaccords idéologiques.

Tout commence, selon lui, aux débuts de la Ve République par l’incompréhension entre de Gaulle et Pinay, qui pose les prémisses du conflit entre souverainistes et libéraux, atlantistes/européistes:  « Monsieur le ministre des finances s’intéresse aux questions internationales » s’indigne le Général. « Je vous demande pardon! J’ai appris par le journal que vous retiriez de l’OTAN la flotte française de Méditerranée! « C’en est trop. Le chef de l’Etat se lève, met un terme au Conseil des ministres et quitte le salon vert sans serrer aucune main. »

La guerre d’Algérie est à la source d’un immense traumatisme dans la classe politique française. L’auteur rappelle justement que dans les années 1950,  « l’Algérie française » fait l’objet d’un consensus droite/gauche, à l’exception du parti communiste. « L’Algérie, c’est la France » proclament Mitterrand comme  Mendès-France. De Gaulle ne souhaite pas l’indépendance, mais il « pressent la nature inéluctable et irréversible de l’histoire« . Son choix de 1959, en faveur de l’autodétermination, provoque une profonde cassure à droite, dont les stigmates mettront des années à se refermer.

L’auteur souligne la profonde complémentarité du tandem de Gaulle/Pompidou pendant près de cinq ans. Celui-ci ne repose pas sur une logique d’allégeance et de soumission, mais bien au contraire, sur la rencontre de deux forces de caractère. Le Premier ministre est capable de s’opposer frontalement au chef de l’Etat en cas de désaccord de fond. Ainsi, il le menace de démission si le Général Jouhaud, un des quatre généraux putschistes d’Alger, condamné à mort, est exécuté, et obtient ainsi sa grâce.

Cette entente au sommet ne survivra pas à mai 1968. Un profond malentendu naît entre le Général et Pompidou de l’annonce de candidature anticipée par ce dernier, à d’éventuelles élections présidentielles, « si le Général  venait à se retirer, je me porterais candidat à sa succession« .  Ces paroles ont contribué, selon de Gaulle, à l’échec de son référendum du 27 avril 1969 et à sa démission. Ainsi s’ouvre une nouvelle fracture.

Guillaume Tabard jongle avec les événements et les décennies, tous ces épisodes qui marquent de nouvelles étapes dans la marche de la droite, largement majoritaire en France, vers l’éclatement.

Il revient longuement sur le conflit entre le président Pompidou et son Premier ministre Jacques Chaban-Delmas (1969-1972): « Avec votre engagement de responsabilité, vous me fichez toute la Ve par terre! »

Ce psychodrame est suivi d’un autre, aux conséquences encore plus désastreuses: l’affrontement viscéral en Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. Lors de sa démission de Matignon, le 25  août 1976, le second promet au premier, « les yeux dans les yeux: « vous n’entendrez plus jamais parler de moi« . Pourtant, le retournement de Jacques Chirac, au début de 1981, refusant de soutenir Giscard, est la cause directe de l’échec de ce dernier en mai 1981 et de l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand et du parti socialiste, un tournant dans l’histoire de la Ve République: « Vous serez battu! » avait prédit Chirac à Giscard quelques semaines avant le scrutin.

A partir des années 1990, le processus de déchirement s’accélère. Aux guerres des chefs se superpose un profond désaccord idéologique sur la « construction européenne ». « France, réveille-toi! » tonne Philippe Séguin dans le Figaro le 27 novembre 1992, se rebellant contre le traité de Maastricht, soutenu par la majorité de la droite autour de Jacques Chirac et d’Alain Juppé. La cicatrice ne se refermera jamais et ronge encore une droite qui ne s’est pas réconciliée sur cette question.

Pire que tout, la bataille des présidentielles de 1995, entre Chirac et Balladur. Il faut dire qu’à cette époque, la droite exerce une suprématie électorale vertigineuse: aux législatives deux ans plus tôt, elle a obtenu 80% des sièges. Les sondages des présidentielles la donnent à plus de 55%. Comment la catastrophe est-elle venue? La guerre entre Jacques Chirac et Edouard Balladur, son ami de trente ans, fait rage. Le premier l’emporte d’une courte tête au prix d’un discours aux accents populaires, contre la « fracture sociale », qui sera suivi, avec Alain Juppé d’une politique de rigueur sans précédent. « Que retenir de la guerre Chirac Balladur? » s’interroge l’auteur. « Que l’amitié n’existe pas en politique […] Que la droite « la plus bête du monde » ne renonce jamais aux mauvais génies de la division« .

La tragédie de 1995 marque d’ailleurs le début d’une longue série de débâcles: la dissolution de 1997, démentie quatre jours avant par le président Chirac, suivie de l’échec de la droite, sur fond de vertigineuse poussée du Front national, et du triomphe de la « gauche plurielle » de Lionel Jospin. Tout aussi désastreuse sera la perte de la mairie de Paris, le 18 mars 2001, après 24 ans de suprématie chiraquienne.

A la lumière de cette série de débâcles qui semble entraîner la droite vers l’abîme, la victoire de Nicolas Sarkozy aux présidentielles de 2007 avec 54% des voix, à contre-temps d’une logique historique, apparaît comme le résultat d’un véritable exploit personnel qui permet au courant conservateur de surmonter, le temps d’une parenthèse, la fatalité d’un déclin de plusieurs décennies. « Dans le style et la conception, un mot résume cette mutation: « l’hyper-présidence » constate Guillaume Tabard. Le Premier ministre, François Fillon, considéré comme un « collaborateur« , se verra en victime de ce mode d’exercice du pouvoir: d’où l’entrée dans un nouveau cycle de haine. A lire cet ouvrage, on comprend mieux la logique de l‘hyper-présidence:  celle d’un homme beaucoup trop seul voguant sur un champ de ruines. Mais que peut vraiment un homme aussi seul, dans le contexte d’un pays rongé par la crise de confiance dans le politique?

« La clé de la refondation de la droite réside cependant avant tout dans l’émergence d’un nouveau leader » écrit l’auteur. La refondation passe, se dit-on à cette lecture, tout autant, par une véritable révolution culturelle. Il ne suffira pas de superposer sur une droite en ruines un nouveau leader plus ou moins flamboyant qui serait éventuellement à l’origine d’un éphémère succès électoral avant que ne reprenne la chute inéluctable. Cette révolution culturelle consiste à renouer le lien entre les républicains conservateurs et le peuple, après un divorce de plusieurs décennies, qui s’est concrétisé au milieu des années 1990. La priorité est de restaurer la confiance de la Nation et de réhabiliter une authentique démocratie française s’appuyant sur le peuple. L’émergence d’un nouveau leader peut bel et bien survenir, le temps d’un éclair. Mais le travail de refondation, de reconquête de la confiance dans les profondeur du pays, est lui une oeuvre collective de longue haleine. Comment rompre définitivement avec la démence égotique et son cortège de guerres fratricides pour se replacer à l’écoute et au service de la Nation? Telle est la grande question…

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Poursuite de l’épuration ethnique au Moyen-Orient

En ce jour de Noël 2019, le Figaro livre des nouvelles alarmantes sur le sort des Chrétiens d’Orient, victimes de la barbarie islamiste: enlèvements, églises brûlées, attentats contre les lieux de culte, jeunes filles kidnappées et livrées à l’esclavage sexuel, massacres. Les Chrétiens représentaient 20% de la population du Moyen-Orient au début du XXe siècle. Ils ne sont plus que 2 à 3% aujourd’hui. En Irak, leur nombre n’est plus que de 300 000 aujourd’hui, contre 1,5 millions en 2003. Epuration ethnique? Génocide? anéantissement? Il faut une belle dose de lâcheté, d’aveuglement, de complaisance envers les tortionnaires, pour nier la réalité d’une entreprise d’extermination. La fin de l’Etat islamique Daesh (2014-2017) n’a visiblement pas mis fin aux persécutions et à l’exode des Chrétiens. La responsabilité de l’Occident dans ce drame est immense et la tragédie des Chrétiens d’orient est aussi le fruit de son naufrage. La déstabilisation de l’Etat irakien par décision du président US Georges Bush, prétendument destinée à instaurer la démocratie, a brutalement accéléré le déchaînement des forces maléfiques de la barbarie. Et puis, l’Occident a sombré dans l’indifférence coupable. Il a lâchement laissé faire, fermant les yeux sur le génocide. Ses élites intellectuelles, les porte-parole des droits de l’homme, ont baissé les yeux devant une explosion de la barbarie. La France elle-même, historiquement protectrice des minorités chrétiennes du Proche-Orient, n’a pas bougé le petit doigt. L’idéologie progressiste qui écrase les consciences européennes et occidentales, s’accommode fort bien du massacre des populations chrétiennes, qu’au fond d’elle-même, secrètement, elle ressent comme la réalisation expérimentale de son vieil idéal: « écrasez l’infâme ».

NB: les seuls sites d’information ou de discussion autorisés sans mon accord à reprendre mes billets sont ceux figurants au blogroll ci-joint. 

Maxime TANDONNET

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Noël 2019, pensées pour Notre-Dame-de-Paris

Tout homme a ses moments de courage et de lâcheté. Depuis le sinistre 15 avril 2019, j’ai fui la vision de Notre-Dame incendiée. Quand je suis forcé de passer à proximité, de traverser le Pont-Neuf par exemple, je baisse ou détourne la tête. L’image de Notre-Dame noircie, brûlée, ravagée, m’est insoutenable.

Pour la première fois depuis 216 ans, ce soir, Notre-Dame n’accueillera pas la messe de Noël .

Ma première vision de Notre-Dame, à l’âge de sept ans, depuis la rive gauche, petit provincial découvrant la capitale, est restée gravée en moi. Jamais je ne l’oublierai. Un charme indéfinissable s’en dégageait, une légèreté, gracilité, une indescriptible évanescence qui mêlait sa silhouette grise au bleu du ciel. Elle était bien plus qu’une cathédrale, plus qu’une église, un diamant au mille facettes étincelantes: le visage de la France éternelle.

Notre-Dame a traversé plus de huit siècles. Elle a survécu aux jacqueries, aux révolutions, aux invasions, à la Commune, aux deux guerres mondiales, aux bombardements, à l’occupation nazie, aux saccages, et aux  pires actes de sauvagerie…

Il a fallu attendre un certain 15 avril 2019: Notre-Dame de Paris, en flammes et sa charpente en poutres de chêne du XIIIe siècle, se consumait sous nos yeux, dans l’impuissance générale. Une fumée sombre emportait l’âme chrétienne de la France, la France de Saint-Louis, du Moyen-âge, des rois Capétiens, la France de Jeanne d’Arc, de Napoléon Ier, de Victor Hugo, de Charles Péguy, de Charles de Gaulle le 25 août 1944 et le 12 novembre 1970.

Après plus de huit siècles, il a fallu attendre un sinistre 15 avril 2019. Notre-Dame a survécu aux révolutions, aux guerres et aux pillages. Elle est tombée sur la médiocrité de notre époque: quel niveau d’indifférence, de désinvolture, de jenfoutrisme, de nihilisme et  de  néant narcissique, de sottise émolliente a-t-il fallu atteindre pour que la toiture de Notre Dame parte ainsi en fumée?

Le 15 avril 2019, la France  a touché le fond de l’abîme. Une leçon toute simple de la vie: les moments les plus épouvantables annoncent souvent un rebond et des réussites inespérées. Quand donc la France verra-t-elle le bout du tunnel? En cette veille de Noël 2019, je pense évidemment aux 240 millions de chrétiens persécutés dans le monde. Mes pensées vont aussi à Notre-Dame-de-Paris cette emblématique mère de tous les chrétiens et de tous les Français et mes souhait d’heureuse fête de Noël aux visiteurs de ce site.

Maxime TANDONNET

 

 

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Les errements de la repentance

« Le colonialisme a été une erreur profonde, une faute de la République ». Cette affirmation du chef de l’Etat est discutable à plus d’un titre. La République n’est pas la première ni la principale responsable du colonialisme français. Celui-ci a commencé sous la monarchie, au XVIe et au XVIIe siècle (Canada, Indes, Antilles, Floride, la Réunion). La conquête de l’Algérie a débuté sous Charles X et le Second Empire de Napoléon III lui a donné une forte impulsion. De même c’est le Second Empire, et non la République, qui a amorcé les grands courants de colonisation française de l’Afrique subsaharienne (Sénégal) et de l’Asie (Cambodge). La colonisation ne peut évidemment pas se limiter à la France: l’Espagne et le Portugal, en Amérique du Sud, le Portugal en Asie et en Afrique, le Royaume-Uni dans le monde entier, furent d’autres grandes puissances colonisatrices, pour ne parler que de l’Europe.

En outre, la République est un mode d’organisation du gouvernement pas une politique. La colonisation a pris un nouvel essor considérable sous la IIIe République (Indochine, Afrique subsaharienne) du fait de choix idéologiques des « Opportunistes » dont Jules Ferry qui déclarait à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885: « Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de leur devoir supérieur de civilisation! » Le colonialisme avait aussi ses opposants. « L’extrême gauche » le fustigeait à travers Clemenceau. La droite dite « réactionnaire » lui était parfois hostile à l’image de la prophétie d’Albert de Broglie, dénonçant, dans la politique coloniale: « une charge qui grève la nation, qu’elle ne peut porter longtemps, et qui, avant de lui échapper, peut avoir amené la ruine à la fois de la colonie et de la métropole » (Sénat 11 décembre 1884). Ce n’est donc pas la République qui a fait le colonialisme des années 1880-1014, mais un courant idéologique bien spécifique alors majoritaire: la gauche républicaine.

La repentance française, au cœur de l’idéologie macroniste, repose largement sur un anachronisme. La colonisation s’est effectuée dans le contexte d’une Europe globalement dominatrice du XVIe au début du XXe siècle, qui se reconnaissait une mission civilisatrice, dans un large climat de consensus. Les Français comme les Britanniques, dans leur immense majorité, vouaient jusqu’aux années 1950 une admiration sans bornes à leur Empire, sur lequel « le soleil ne se couche jamais ». Les guerres coloniales et de décolonisation ont fait couler le sang. Mais les colons ont aussi construit des routes, des villes, des hôpitaux, des écoles – d’où la place de la francophonie ou de l’anglais et de l’espagnol dans le monde. Quelle signification il y a-t-il à porter un jugement, positif ou négatif, sur un épisode clé de l’histoire de l’humanité? Faire le bilan coûts/avantages d’un demi-millénaire de colonialisme, expression d’une domination européenne et pas seulement française, au regard des valeurs contemporaines et après la grande vague de la décolonisation qui a bouleversé les équilibres planétaires depuis les années 1950, n’a évidemment aucun sens.

Lancer des polémiques tonitruantes et stériles fait partie d’un mode de gouvernement consistant à déclencher des tollés, à attiser les passions, pour faire oublier les déceptions et les malheurs du temps et aussi faire parler de soi tout en réactivant les divisions idéologiques du pays (gauche/droite). L’histoire est généralement l’otage toute trouvée de cette pratique. Parmi les responsabilités fondamentales du chef de l’Etat figurent traditionnellement celle de garant de l’unité et de la concorde nationale et celle de la défense du prestige de la nation qu’il préside. Il faudrait en ajouter une nouvelle, la plus essentielle de nos jours: celle de garant d’un patrimoine intellectuel, d’une intelligence collective.

Maxime TANDONNET

 

 

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Ecoeurement infini

La dette publique vient de franchir les 100% du PIB. Tout le monde s’en fout: les jeunes paieront! Les dépenses de l’Etat explosent en ce moment pour éteindre les incendies allumés par le pouvoir politique (après la taxe carbone, les retraites). La violence et la délinquance font rage à Paris, transformant la ville Lumière en coupe-gorge, surtout pour les touristes asiatiques. La pauvreté gagne du terrain: 9,3 millions de pauvres selon l’Insee. En méditerranée, les passeurs esclavagistes imposent plus que jamais leur terreur en toute impunité. Les Français, notamment dans les grandes villes, en sont réduits à se battre pour monter dans un bus ou un métro et à s’entasser jusqu’à l’étouffement. S’est-on jamais, dans l’histoire, autant moqué des Français? Le pouvoir fanfaronne, donne des coups de menton et bombe le torse tout en s’aplatissant sournoisement au prix de nouvelles ponctions sur les finances publiques.  En même temps, il rit aux éclats et fuit dans l’idéologie: de la « faute colonialiste » de la République française (c’est la première fois à ma connaissance, dans l’histoire de la République, qu’un chef de l’Etat s’en prend à la République en tant que telle) à l’hallali contre le « techno blanc » (sic), c’est toujours l’idéologie de la repentance qui est à l’oeuvre.  Et puis aussi l’idéologie du mépris: après les « sans dents », « ceux qui ne sont rien », les fainéants » et les « Gaulois réfractaires », désormais « ceux qui mangent avec les doigts ». Oui, oui, continuez à prendre les gens pour des cons… L’occupant de l’Elysée vient d’annoncer qu’il « renonçait à sa retraite de président », provoquant une vaguelette de jubilation médiatique. Le bon peuple devrait s’émerveiller. Toujours cet étrange et obsessionnel culte totémique du « je ». Et cela (telle est l’information essentielle) même en cas de « second mandat ». Car tout est là: la vie quotidienne, la dignité et le destin d’une Nation sacrifiés à l’obsession maladive d’une réélection. Mais il y a pire que tout: les ténèbres de l’apathie, de l’indifférence, voire de l’obséquiosité et de la servilité, qui se répandent,  devant cet épouvantable marasme de la politique française.

Maxime TANDONNET

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Sur l’affaire Sahra Halimi

« La cour a donc estimé qu’il existait “des charges suffisantes contre Kobili Traoré d’avoir (…) volontairement donné la mort” à Sarah Halimi, avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme, tout en le déclarant toutefois “irresponsable pénalement”.

Il paraît que nul n’a le droit de contester une décision de justice… Sans doute, quand même, a-t-on le droit de s’interroger, de poser des questions sur une décision de justice. Le meurtrier, qui a défenestré cette dame seule, âgée et en situation de fragilité, parce qu’elle était juive – mobile antisémite – ne sera pas jugé: il est reconnu irresponsable, ayant perdu son discernement pour consommation de cannabis

Attention à bien me comprendre: ici, je ne critique personne, ni aucun jugement, ni aucun juge, ne m’indigne pas: je m’interroge uniquement sur cette notion de discernement et son interprétation, en tant que citoyen et homme libre, voilà tout.

Dans le même esprit, qu’en sera-t-il d’un drogué en manque qui tue un épicier pour lui voler sa caisse: sera-t-il  jugé irresponsable? L’alcoolique qui prend le volant, en état de complète ébriété, et massacre une famille, père, mère et trois enfants, sera-t-il reconnu irresponsable? Quid de l’alcoolique, ivre-mort, qui tue d’un coup de fusil le gendarme venu l’interpeller? Des voyous camés au cannabis ou au crack qui violent et torturent une jeune fille dans une cave seront-ils jugés irresponsables? Les bourreaux de Daesh, probablement drogués quand ils égorgeaient leurs prisonniers, ont-ils droit à la moindre indulgence pour ces crimes?

Mais il y a pire. Un livre récent, « L’extase totale« , le IIIe Reich les Allemands et la drogue, de Norman Ohler, (la Découverte, 2016), révèle que les soldats de la Wehrmacht et les SS et les dirigeants nazis étaient lourdement drogués à la pervitine, une substance de type amphétamine qui leur donnait un sentiment d’invulnérabilité et décuplait leur cruauté. Le fait qu’ils aient été drogués, bel et bien drogués, rendus par les amphétamines encore plus barbares que de nature, doit-il susciter la moindre sensation d’indulgence envers les monstres et les tortionnaires qui ont dévasté l’Europe, provoqué l’anéantissement de 50 millions d’hommes de femmes et d’enfants, et procédé à l’extermination méthodique, à l’échelle industrielle, de six millions de Juifs dans les conditions d’une barbarie indescriptible? Evidemment, non.

A moins que ce jugement, et au-delà de ce cas d’espèce, ne soit le reflet subreptice de l’évolution générale du monde, sa crétinisation à travers l’oubli de l’histoire, une indulgence lâche et coupables envers certains bourreaux, et une sinistre accoutumance au retour de la bête immonde, notamment la barbarie antisémite?

En tout cas, ma solidarité est totale envers tous ceux qui, comme moi, dans un climat général d’atonie, d’indifférence, de banalisation, s’interrogent, s’interrogent sur le sens de ce jugement.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

 

 

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A la source de nos malheurs, un système politique démoniaque (pour Atlantico)

Que disait Emmanuel Macron de la réforme des retraites et de la façon de la concevoir durant sa campagne ? 

Son programme disait précisément : « Après plus de vingt ans de réformes successives, le problème des retraites n’est plus un problème financier […] pour la première fois depuis des décennies, les perspectives financières permettent d’envisager l’avenir avec « une sérénité raisonnable ». L’enjeu aujourd’hui n’est donc pas de repousser l’âge ou d’augmenter la durée de cotisation […] L’opacité des règles conduit à ce que notre système de retraite par répartition, qui est l’expression de la solidarité entre générations, ne fournisse pas à chacun la sécurité qu’il est en droit d’attendre. »

On voit donc bien que le projet actuel, dont l’essentiel consiste à fondre 42 statuts en un seul, le régime à points, est directement issu du programme présidentiel. L’inspiration principale de ce texte est politique, idéologique, et non financière ou économique. Il vise à l’uniformisation égalitariste et au nivellement dans une logique jacobine et socialiste, qui nie les particularités entre les professions et l’autonomie de chacune pour organiser ses retraites en fonction de ses réalités démographiques.  La question ultra-passionnelle des cheminots est l’arbre qui cache la forêt. Sont tout autant concernés les agriculteurs, les notaires, les médecins, les avocats, les mineurs, etc.

– Aujourd’hui son gouvernement défend l’âge pivot. Pourquoi ce nouveau changement ? Que pense réellement Macron de la réforme des retraites ? A coup d’hésitations multiples connaît-on vraiment son projet ? 

L’approche présidentielle de la réforme des retraites me semble être avant tout politique et tournée vers l’objectif de 2022. En effet, nous avons en ce moment en face des yeux la quintessence de l’absurdité d’un régime politique. Cette réforme met en œuvre une promesse de campagne présidentielle. Elle a été conçue, en 2017, dans une logique électoraliste : gagner l’élection présidentielle à n’importe quel prix. La priorité absolue est désormais de la mettre en œuvre, d’une manière ou d’une autre. Pour le bien de la France ? Non. Pour espérer être réélu en 2022. La clé de la réélection présidentielle consiste à pouvoir dire : j’ai tenu ma promesse. Que cette réforme soit bonne ou nuisible pour l’intérêt général et pour le pays n’est pas la question. Et pire, la question n’est même pas la réalisation effective de cette réforme mais d’y faire croire: d’où le plongeon vertigineux de la vie publique dans le mensonge, l’hypocrisie, et les manipulations […]

L’évolution des institutions, le quinquennat, a fait du chef de l’Etat, presque par nature, un super-démagogue irresponsable – c’est-à-dire à l’abri de toute sanction politique – prêt à toutes les promesses pour être élu et à tous les coups pour être réélu, quitte à jeter le pays dans le chaos. La responsabilité individuelle? Elle est colossale, mais elle se confond avec celle d’un régime qui produit des hommes à son image, dont la vanité est inversement proportionnelle au sens de l’Etat et de l’histoire. Mais au-delà des personnalités individuelles, d’élection en élection, le régime politique, tel qu’il est devenu, est à la source d’une dramatique dérive narcissique que personne ne veut voir mais qui explique une bonne part de la tragédie française.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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La fin de la culture générale

Le Monde de lundi a révélé les grands lignes du projet Thiriez de suppression de l’ENA, décidée par le président de la République. L’esprit du projet est analogue à celui qui préside à la réforme des retraite: d’inspiration jacobine, poussant à l’uniformisation. Il s’en dégage en effet l’idée d’un tronc commun à tout l’encadrement supérieur de l’Etat, fusionnant les métiers les plus divers dans un moule unique: hauts fonctionnaires (directeurs, préfets, ambassadeurs), commissaires de police, magistrats de l’ordre judiciaire, administrateurs territoriaux, directeurs d’hôpitaux. [A tout le moins, c’est ce que l’on comprend de l’article du Monde.]

Au cœur de ce projet de réforme: la suppression de l’épreuve de dissertation et d’oral de culture générale des concours d’entrée qui seront professionnalisés, c’est-à-dire principalement axés sur des entretiens de motivation et de personnalité. On voit bien l’idée sous-jacente à cette réforme. La priorité est d’en éradiquer la dimension intellectuelle, jugée discriminante et inégalitaire. Pour favoriser la diversité, il conviendrait ainsi de supprimer des concours toute notion de performance académique. La suppression de l’épreuve de culture générale qui fait appel à un bagage historique, littéraire, sociologique et philosophique, va dans le sens de l’élimination de ce qui reste d’indépendance et d’esprit critique dans le recrutement de l’encadrement supérieur de l’appareil d’Etat.

Dans le même esprit que la suppression du concours d’entrée à sciences po, cette réforme vise à renforcer le choix discrétionnaire du pouvoir politique sur la sélection des futurs responsables de l’appareil d’Etat. L’entretien de personnalité, bien plus que les épreuves écrites anonymes, donne la part belle au recrutement sur la base d’un profil individuel au détriment d’une évaluation objective du mérite et des capacités. Au prétexte de favoriser la diversité, la logique à l’oeuvre est celle de toujours plus de conformisme et de servilité envers l’autorité supérieure.

C’est exactement le contraire de ce que je pense: les hauts responsables de l’Etat, préfets, ambassadeurs, directeurs d’administration, devraient être des esprits libres et indépendants – qu’ils ne sont d’ailleurs que trop rarement –  nourris de l’histoire, de la littérature et de la philosophie, de la passion des livres, capables de conseiller le pouvoir politique – sans se substituer à lui – en toute liberté de pensée et de réflexion et avec toute la hauteur de vue que permet la culture générale, c’est-à-dire, la curiosité intellectuelle. Mais aussi capables de lui résister quand il se détourne du bien commun.

Maxime TANDONNET

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Ces vérités cachées, ignorées ou refoulées

1) La réforme des retraites qui est proposée est de nature foncièrement idéologique: elle consiste à supprimer 42 régimes particuliers  pour les fondre en « un système à points » unique. Cela concerne les cheminots, certes, mais aussi les médecins, les agriculteurs, les notaires, les militaires, les avocats, les ouvriers agricoles, professions libérales, professeur de l’enseignement privé, etc. Une étrange logique de la table-rase et du nivellement, bien socialiste, au pire sens du terme, vise à interdire aux professions de s’organiser en tenant compte de leurs spécificités, et ainsi à imposer une uniformisation bureaucratique. 42 régimes, pages 20 et 21. 

2) Son caractère discriminant est paradoxalement incompréhensible: elle devrait concerner (comprend-on), les personnes nées après 1975 et épargner les classes d’âge antérieures à cette année. Le clivage ainsi opéré semble indiquer qu’un effort d’adaptation serait imposé au moins de 45 ans tandis que les plus de 45 ans en sont exonérés. Une discrimination reposant sur l’âge se substitue ainsi aux catégories fondées sur les métiers. A la guerre comme à la paix, ce sont les jeunes qui payent pour les anciens. Quelle plus insupportable injustice? Dans l’histoire, aucune réforme fondée sur un traitement inéquitable, frappant la jeune génération et protégeant l’ancienne, n’a d’ailleurs  jamais abouti.

3) Cette réforme qui focalise toute l’énergie du pays, passe à côté de l’essentiel: elle ne présente aucun avantage pour le règlement des fléaux qui ruinent la France, c’est-à-dire l’écrasement fiscal du pays, sa dette vertigineuse, la crise de l’autorité de l’Etat, la violence, le communautarisme, la chute du niveau scolaire, la désindustrialisation, le chômage qui recule partout, sauf en France, la perte de crédit dans le monde l’effroyable effondrement de la confiance dans le politique.

4) Son succès dans quelques milieux, surtout de droite traditionnelle, tient à l’émotion plutôt qu’à la raison, l’instinct de revanche contre les cheminots et leurs syndicats… L’idée de les voir mordre la poussière produit, dans ces milieux, une sorte d’étrange jubilation et d’excitation: celle que produit le chiffon rouge dans l’arène.  Le soutien « de droite » à la réforme ne tient pas à autre chose et cette euphorie noie toute réflexion sur le fond de la réforme. Et cela pour des avantages économiques non évalués, mais sans doute fort limités compte tenu du déséquilibre démographique, des dérogations liées à l’ancienneté et de la hausse progressive de l’âge de la retraite des cheminots, déjà à l’oeuvre.

5) Le fond de l’air a quelque chose de monstrueux. Le niveau de mépris de la classe dirigeante pour les « sans-dents » atteint un niveau paroxystique qui n’a sans doute aucun précédent dans l’histoire contemporaine. D’un côté, une infime caste qui bombe le torse et redouble de coups de menton en s’enfermant dans une posture de fermeté aux accents radicalement narcissiques, voire électoralistes, motivée par la seule obsession de garder la place en 2022; de l’autre les salariés, les étudiants, les enfants et les mères de familles, plongées dans un chaos indescriptibles, obligés de se battre pour s’entasser dans un autobus ou un métro. Quelle image plus sinistre qu’un pouvoir politique qui accule les Français à se battre les uns contre les autres pour sauver leur peau, c’est-à-dire leur emploi, leur examen?

6) Les coups de menton des uns et des autres n’y changeront rien. Cette réforme idéologique ne verra sans doute jamais le jour. Mais le naufrage politique du pays dans l’ultra-narcissisme et l’obsession de 2022 prépare un long pourrissement de la crise.  D’ailleurs, depuis les lois Valls de 2016, la bataille de NDDL, suivie des Gilets Jaunes, des violences des Black blocs, et des troubles sociaux actuel, la France est plongée dans un désordre permanent et croissant auquel les Français finissent par s’habituer. Ne parlons pas des attentats islamistes qui ont fait 260 morts en cinq ans. Les troubles autour de la réforme des retraites vont ronger le pays pendant des mois, des années. Peu à peu, de concession en concession, cette réforme idéologique va tomber en déliquescence, par détricotage. Déjà, les policiers et les magistrats… Et une grande vaincue, malheureuse, humiliée, traînée dans la boue, risée de toute la planète: la France.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

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Entre la Nation et ses dirigeants, la guerre civile froide (Figaro Vox)

Ce n’est plus un fossé, mais un abîme, un gouffre. Avec la crise sociale, d’une gravité sans précédent depuis décembre 1995, succédant à plusieurs mois du mouvement des Gilets Jaunes, la guerre civile froide entre la nation et la classe dirigeante atteint son paroxysme. Le contenu de la réforme des retraites, dans ses aspects économiques, sociaux et juridiques, n’est plus l’essentiel. La crise est devenue politique, passionnelle. De sondages en sondages, il se confirme que plus des deux tiers de la population soutiennent les grévistes. Cette dernière ne combat pas pour l’essentiel, la modification d’un régime social. Elle est entrée en rébellion contre une décision emblématique de la fracture démocratique, qu’elle ressent majoritairement comme un affront, une humiliation, imposée par une équipe dirigeante hors sol et une remise en cause du pacte social.

Jamais dans l’histoire contemporaine, l’incommunicabilité, l’incompréhension entre une nation dans sa majorité et ses élites politiques n’aura atteint un tel sommet. Rien n’est plus étrange que l’aveuglement des politiques qui ne sentent pas à quel point leur parole est discréditée. La démission de M. Delevoye, principal artisan de la réforme controversée, n’y changera pas grand-chose.  Pour les Français, dans leur immense majorité, l’information révélée par le Monde sur ses « dix mandats non déclarés » n’est qu’une étape supplémentaire de la faillite morale de la classe dirigeante, après les affaires DSK, Cahuzac, Thévenoud, etc. Le message, tel qu’il est ressenti par les Français, est tragique, répétitif, obsessionnel : tout est permis à une petite caste privilégiée qui s’arroge le droit d’imposer des sacrifices aux autres.

Pour l’équipe dirigeante, la partie est déjà perdue, quelle qu’en soit l’issue. Pas question de reculade, dit-elle, car ce serait la fin du quinquennat. Un tel discours exprime toute la perversité d’un système politique centré sur le culte de l’ego: l’objectif suprême serait ainsi de « réussir le quinquennat » plutôt que de servir la France… Mais les autres scénarios ne sont pas meilleurs. Vider la réforme de toute substance pour apaiser la colère tout en sauvant la face ? Nul ne sera dupe. Alors une victoire par le pourrissement ? Possible, mais l’amertume et l’humiliation cumulées se traduiront, pour les mois et les années à venir, par un climat de défiance et de guérilla permanente qui achèvera de ruiner et déstabiliser la fin de mandat. Et symboliquement, les Français ne pardonneront jamais à une équipe au pouvoir d’avoir troublé la période des fêtes, un moment sacré de répit et de concorde dans la mythologie nationale, cette dimension cruciale des événements qui semble échapper aux élites dirigeantes.

Maxime TANDONNET

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De la responsabilité des dirigeants politiques

Certes, M. Delevoye a démissionné, comme il fallait s’y attendre, et il a assumé ses fautes, ou ses erreurs. Mais la stratégie du bouc émissaire ne doit leurrer personne. La question de la responsabilité politique est d’une autre nature et d’une toute autre ampleur, dépassant largement la question de la personnalité du démissionnaire: qui est à l’origine de la violence sociale qui s’est emparée du pays depuis plus d’un an? Qui a provoqué le blocage des transports et des routes, une crise sans équivalent depuis 25 ans? Qui est à la source de la souffrance des Français et des Françaises qui en sont réduits à s’entasser et à se battre pour réussir à se glisser dans une rame ou un autobus? Qui déchire le tissus social aggrave les divisions d’un pays désormais au bord de la guerre civile? Qui a provoqué la tragédie des petits commerces de centre-ville au bord de l’asphyxie? Qui est en train de ruiner l’économie française? Qui  a décidé de faire une réforme des retraites fondée sur la discrimination entre les moins et les plus de 45 ans ? Qui a aggravé le dégoût et l’écœurement de l’immense majorité des citoyens et leur défiance envers la politique? Qui a déclenché un chaos infernal donnant au monde entier une image honteuse de la France? La question de la responsabilité politique est en cause: dans la tradition républicaine française, un gouvernement fautif est renversé par les assemblées. Dans la république gaullienne, le mécanisme de la responsabilité repose sur le sens de l’Etat du président de la République: en cas de crise, il pose la question de confiance au peuple par référendum. Le drame du régime actuel, qui n’a évidemment plus rien de la république gaullienne, c’est que toute notion de responsabilité a disparu, noyée dans la dérive mégalomaniaque du système. Et au-delà de la responsabilité politique, quelle sanction pour ceux qui, par calcul personnel ou par bêtise, ou les deux, provoquent une calamité? Un commerçant, un médecin, un pilote d’avion qui commettent une faute, le payent comptant. Que risque, personnellement, un dirigeant politique? Le jugement de la postérité, encore que celui-ci est souvent déformé. C’est-à-dire pas grand chose au final…

Maxime TANDONNET

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Anecdotes lamentables: les Français ont-ils la classe dirigeante qu’ils méritent?

Quelques anecdotes récentes, dont je certifie, sur mon honneur l’absolue authenticité. Et qui m’ont fait mal. Mes amis ou relations ne m’en voudront pas j’espère, s’ils me lisent, dès lors que le récit est anonymisé.

  • Discussion sur l’immigration. « Je ne comprends pas, me dit une amie parisienne de la bourgeoisie aisée, 7ème arrondissement, que l’on puisse songer à limiter et réguler l’immigration, cette formidable source de prospérité, de richesse culturelle et de diversité ». Mais 10 minutes plus tard, la conversation a dérivé sur tout autre chose: la visite d’une exposition qui doit avoir lieu à la Courneuve (93) et à laquelle certains des convives envisagent de se rendre. La même personne: « Moi, jamais, jamais! jamais je ne vais dans ces quartiers pourris et j’interdis même à mes enfants de s’y rendre! » (sic).
  • Sur la réforme des retraites, quelques jours plus tard, une autre amie,  la cinquantaine (ex-LR), classe moyenne, proche banlieue: « Ah non, non, non, moi, je soutiens à fond Macron: qu’il ne lâche rien! Il faut en finir avec ces P… de syndicats, il est en train d’abattre les régimes spéciaux, il va réussir  ce que la « droite » n’a jamais eu le courage de faire! » Et juste après: « de toute façon, moi je ne suis pas touchée, la réforme est applicable aux classes d’âge née après 1975,  je suis née en 1966, et ne suis pas concernée! Donc, m’en fous! J’y échappe! » (sic).
  • Soirée cocktail chez un homme d’affaires, par un beau soleil d’automne, sur les hauteurs de Cannes, dans une merveilleuse villa dont la terrasse offre une vue panoramique sur la mer. Le sexagénaire me dit: « Il y a deux personnes à qui je dois tout: ma mère et Macron. Ma mère m’a donné la vie. Macron a sauvé ma fortune ». Moi: « l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) n’a pas été complètement aboli, il a été transformé en IFI (impôt sur la fortune immobilière). Vous devez beaucoup payer au titre de l’IFI!  » (outre sa villa cannoise, ce brave homme vit à Paris dans 400 mètres carrés au-dessus du Champs de Mars et possède une villa à Deauville et un chalet à Courchevel). Réponse, sur un ton mi-indigné, mi ironique: « Mais vous rigolez, ou quoi? Je m’en tape de l’IFI! Mes placements financiers (désormais exonérés), c’est au moins 40 fois mon patrimoine immobilier! »
  • Dîner parisien, un samedi, discussion politique. L’un des convives, Monsieur insoupçonnable, d’un certain niveau intellectuel, catégorie socio-professionnelle +++, certes bien aviné, parle en pleine crise sociale: « Tout va très bien. C’est le bordel. Tant mieux. La Marine arrive. Plus c’est le bordel, plus c’est tant mieux (sic), et plus son heure approche. Elle sera bientôt là. Le Gouvernement, le Parlement, l’Administration, les lois, les juges, le budget, la dette, l’Europe, elle en a rien à foutre. Elle va nettoyer ce pays! Elle va broyer les c… de l’Etranger, de l’Enarchie et de la Finance. Tout se combine en ce sens, c’est inéluctable. La providence est en train de s’accomplir! »
  • Last, but not least. Je n’invente rien, et j’en donne ma parole d’honneur. Fin 2017, un samedi (encore) réunion « d’intellos » de tout bord à laquelle je suis (bizarrement) convié. L’un d’eux, une expertise reconnue qui ne cesse de faire (encore aujourd’hui), la leçon sur les plateaux de télévision et les éditoriaux, plutôt à droite pour l’argent, à gauche pour les « valeurs », disons centre-gauche. Nous sommes fin 2017 et cette belle « intelligence » médiatique parle: « Désormais, la « transformation » de la France est en cours et plus rien ne l’arrêtera! » Moi (prenant la parole pour la première fois de la soirée): « Attendez! Ce n’est pas si simple! Il y a des contraintes juridiques, politiques, européennes, budgétaires, financières, il y a les syndicats, la rue… » Immense et violent éclat de rire de mon interlocuteur, et de toute la salle avec lui: « Les syndicats! La rue! Les contraintes! Mais vous n’avez rien compris! C’est fini tout ça! Vous êtes de l’ancien monde! Depuis six mois, il fonce! Il avance! La France s’est remise En Marche et nous sommes dans un nouveau monde! Vous n’avez rien compris! Mon pauvre! »

Alors, la faillite de la classe dirigeante est-elle déconnectée du pays où n’est-elle que le reflet au centuple d’une médiocrité ambiante? Une vraie question à laquelle je n’ai pas de réponse.

Maxime TANDONNET

 

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France abandonnée

Notre pays traverse une nouvelle tempête. Depuis dix jours, la grève des transports en commun empoisonne la vie quotidienne des Français et plus particulièrement des Parisiens. A la veille de la période des fêtes, les commerces et la restauration sont frappés de plein fouet. Le conflit menace de s’embraser avec les médecins et les transporteurs routiers. Face à ce nouveau désastre, la parole politique est défaillante. Il ne se trouve pas une seule voix pour porter la confiance et la sagesse. La parole politique se dérobe. Qui croire, qui écouter dans la tempête?

Une vidéo circule, montrant M. Delevoye, haut-commissaire, artisan de la réforme controversée, martelant comme un Leitmotiv l’impératif d’exemplarité, d’intégrité et de transparence.  La France sidérée, abasourdie, apprend, comme dans une hallucination, que l’emblématique donneur de leçon national, l’un des inspirateurs de la présidence actuelle et de son « nouveau monde » dissimulait une dizaine de mandats dont certains rémunérés voire même illégaux. Cette vidéo est accablante, elle donne le vertige. Après DSK, Cahuzac, Thévenoud, etc. c’est le tour de M. Delevoye, pivot de la réforme en cours et depuis des décennies, étendard de la vertu civique. Et les plus hautes autorité lui accordent le « bénéfice de la bonne foi ». Mais en qui voulez-vous que les Français puissent avoir confiance?

Bien sûr, le Premier ministre est en ce moment partout sur les écrans et les « experts » s’émerveillent du retour, depuis dix jours, à l’esprit de la Constitution: Matignon qui gouverne et un chef de l’Etat prenant de la hauteur. Mais les Français sentent bien toute l’ambiguïté de cette soudaine inversion des choses: l’occupant de l’Elysée, rompant avec son omniprésence invasive quotidienne, s’abrite aujourd’hui derrière son chef de gouvernement. Tel est bien le signe d’un malaise. S’il se protège, par cette discrétion nouvelle, tellement inusuelle, c’est bien parce qu’il anticipe sur un désastre social ou la reculade à venir qu’il pense ainsi éviter de devoir assumer. Mais qui donc le subterfuge pourrait-il abuser?

Quant aux oppositions elles sont aussi en pleine déconfiture. Les « extrêmes » ne cessent de faire naufrage dans les extravagances et les provocations au point qu’il n’est même pas sûr qu’ils profitent de la débâcle actuelle. Mais surtout, la droite dite de « gouvernement » est absente, comme éberluée, assommée, en perdition, déchirée à la veille des municipales entre l’esprit de trahison et la chasse aux sorcière (ci-joint entretien avec Atlantico). Sur la tragédie que vit la France, elle est inaudible: pas un mot de compassion pour les usagers dans la souffrance, pas une voix pour exiger du pouvoir qu’il mette fin sans délai au saccage de la nation, pas une parole pour dénoncer sa mortelle dérive mégalomaniaque et la prise en otage du pays pour une simple affaire de posture narcissique, l’illusion de la fermeté autour d’une réforme fantôme. La France est plongée dans le chaos et les ténèbres d’un néant politique sans aucun précédent.

Maxime TANDONNET

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Les dix plaies de la France

La tragédie française de décembre 2019, cette crise politique et sociale qui plonge le pays dans la tourmente et la paralysie, d’une gravité sans précédent depuis un quart de siècle, est le symptôme d’un mal français qui s’enracine profondément dans l’histoire et la culture nationale. Les dix plaies d’une France dans la débâcle, en perdition, ou comment couler une nation:

  • La tyrannie de la vanité: le destin national dépendrait d’une sorte de demi-dieu ou prétendu tel, réputé tout-puissant, dont l’aplomb est certes avéré, presque par nature (pour parvenir à ce niveau), mais ni le caractère, ni la lucidité, ni la sincérité.
  • L’élitisme bas de gamme:  il existerait une caste éclairée, issue des meilleures écoles, supposée d’intelligence supérieure, et qui détiendrait les clés du vrai, du faux, du bien et du mal, au mépris de la vile multitude obscurantiste.
  • Le dieu corporatisme: les intérêt particuliers, égoïstes, la défense des avantages acquis d’une part et la perpétuation des rentes de situation politiques de l’autre, écrasent désormais toute considération d’intérêt général ou national.
  • La guerre civile froide: entre les pouvoirs politiques et syndicaux, incapables de se parler – à l’image d’un pays civilisé – il n’est d’autre issue que les armes de la destruction mutuelle, quitte à ravager le pays.
  • Le mépris des gens: le calvaire des usagers, les millions de personnes qui s’entassent jusqu’à l’étouffement, hommes, femmes et enfants, écrasés et meurtris, n’intéresse absolument personne ou ressenti comme parfaitement anecdotique.
  • L’idéologie: tout pragmatisme est exclu par avance, peu importe les conséquences réelles, le bilan coût/avantage: réforme doit être synonyme de table rase et de grand soir, étape vers « le nouveau monde » radieux, purifié  de ses 42 vieux statuts.
  • La corruption: il est hallucinant de constater, au regard du principe d’exemplarité,  que le principal acteur d’un dossier dont la fin ultime est de rationaliser une dépense publique, cumulait clandestinement les rentes, en toute impunité et irresponsabilité.
  • Le déni démocratique: une seule issue à la crise paraît exclue d’avance, celle, normale en démocratie, du retour devant le peuple, la question de confiance et engagement d’une responsabilité politique, par un référendum ou des législatives.
  • La lâcheté: à la fanfaronnade quotidienne se substitue, quand les choses tournent au vinaigre, un principe de dérobade et de fuite devant la responsabilité personnelle.
  • La médiocrité intellectuelle: contre l’évidence, ils n’ont rien senti, rien vu venir, rien anticipé, avançant à l’aveuglette, ivres de leur vanité, privés des repères les plus élémentaires de la culture historique ou du bon sens commun.

Maxime TANDONNET

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Les Anglais

Boris Johnson vient de remporter, à une majorité écrasante, les législatives anglaises, la victoire des Conservateurs assurant le Brexit. En 2016, les Britanniques ont voté la sortie de l’UE par référendum. Vox populi, vox dei. La démocratie est un principe sacré Outre-Manche. Le peuple a voté. Et on s’y tient. Rien ne saurait ébranler la volonté du peuple, ni les menaces, ni les insultes, ni les pressions. Là-bas, on ne transige pas avec le suffrage universel, le peuple, la démocratie. Ils mettent le temps qu’ils faut, ils essuient les sarcasmes, le mépris, enjambent les mises en garde. Les Anglais sont un peuple libre.  Ce n’est pas comme chez nous où l’on fait des référendum, mais personne n’en tient compte. En France, terre de prédilection de l’idéologie de la table rase, on se moque volontiers de traditions britanniques. Problème: la démocratie et la monarchie vont de pair, au cœur de ces principes dont ici, on aime tant se moquer. Les anglophobes et les détracteurs de la « perfide Albion », ont une fâcheuse tendance à oublier tout ce que nous devons aux Anglais: l’invention de la démocratie pluraliste, les fleuves de sang britannique versé dans la Somme en 1914-1918 pour la liberté de la France, Churchill, la résistance, la victoire contre la barbarie nazie, la Libération. Or, les Anglais d’aujourd’hui et ceux de 1940 sont les mêmes: « We shall never surrender« . Ils ne cèdent pas, ils ne se rendent jamais. Et ils nous donnent une belle leçon de démocratie, de liberté et d’insoumission. Mais aussi une belle leçon d’intelligence: avec le départ des Britanniques, l’Angleterre qui est le noyau historique et culturel  de l’Europe, l’UE est évidemment morte même si elle claudique toujours comme un canard décapité. Il reste à reconstruire l’unité politique d’un continent,  unir nos forces pour relever les défis planétaires, mais bien sûr avec les Anglais et dans le respect de la démocratie et de la liberté.

Maxime TANDONNET

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L’odieuse et intolérable galère

Le spectacle de pauvres gens, dont nous sommes, qui n’ont rien demandé à personne et se trouvent plongés dans la galère a quelque chose d’inique et d’affligeant. Salariés qui doivent impérativement se rendre à leur travail pour garder leur emploi et toucher leur fin de mois, commerçants qui ne peuvent laisser leur boutique vide sauf à périr, étudiants qui ne veulent pas rater des cours décisifs pour leur avenir ou se présenter aux examens,  des centaines de milliers d’hommes et de femmes entassés sur des kilomètres, des heures et des heures, étouffant, dans les couloirs et sur les quais du métro ou condamnés à des marches interminables dans le froid et le pluie. Qui peut imaginer un tel spectacle en Allemagne, en Italie, en Angleterre ou en Espagne ?La France est depuis cinq ans un pays martyrisé par le terrorisme islamiste qui a répandu le sang de 260 personnes sur son territoire et par toute une série interminable de psychodrames humiliants dont la crise des gilets jaunes. Elle n’avait pas besoin de cette nouvelle déchirure dans sa chair, de cette nouvelle épreuve. Le pouvoir politique, surtout dans un tel contexte, a pour mission de rassurer ses citoyens et de les protéger de la barbarie du quotidien.  Rien ne saurait justifier un tel chaos, une telle souffrance, une telle débâcle, et surtout pas une réforme idéologique, conçue hors sol, fondée sur le dogme de la table rase, un coup de balai sur l’existant, une invraisemblable  discrimination entre les moins et les plus de 45 ans, et dont l’effet est reporté aux calendes grecques – ce qui en souligne le degré d’urgence. Ajoutons à cela que le spectacle donné au monde est, une fois de plus, affligeant et humiliant. C’est toujours la même chose: allez-y, sortez de vos palais dorés, de vos bunkers et de vos véhicules de fonction, venez voir les « sans dents » et les « réfractaires » entassés sur les quais, les trottoirs et les abribus. Dégoût total, dégoût croissant de cette prétendue « France d’en haut ».

Maxime TANDONNET

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L’étrange aveuglement

La réforme des retraites est l’arbre qui cache la forêt d’une révolte infiniment plus profonde. Le mouvement social, d’une dureté sans précédent depuis décembre 1995, a été lancé 5 jours avant la présentation officielle d’une réforme des plus obscures. Le spectre de cette étrange réforme, toute en idéologie (un régime unique « à points ») et évitant les vraies questions (âge du départ à la retraite), n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase, l’étincelle qui met le feu au poudre. La rébellion dépasse les seuls syndicats.  Elle exprime une violence populaire refoulée qui se cristallise autour d’un chiffon rouge. A cet égard, elle poursuit sous d’autres formes et amplifie les Gilets Jaunes avec en plus une arme terrible : la prise d’otages massive. L’embrasement du pays est le résultat du pire fonctionnement politique que la France n’ait jamais connu depuis 1944. Il découle directement naufrage du pouvoir dans l’arrogance et le mépris de la nation symbolisée par la déferlante des insultes (« sans dents », « réfractaires »), la répétition des comportements indignes (scandales), la déconnexion exacerbée et l’inefficacité chronique de la classe dirigeante à régler les problèmes (chômage, pauvreté, violence, déficits, crise migratoire), bref, une défiance populaire sans précédent. Il traduit l’effondrement d’une démocratie quand la vanité narcissique écrase la souveraineté parlementaire et le débat public qui devrait se dérouler en toute transparence devant une Assemblée nationale et un Sénat. Ce mouvement est politique autant que social. « Désastre annoncé – la France roule à l’abîme – pouvait-on prévoir dès juin 2017, en pleine euphorie béate du « nouveau monde ». Aujourd’hui, elle se trouve vraiment au bord de l’abîme. Et l’aveuglement de la classe dirigeante, face à l’évidence, fait froid dans le dos.

Maxime TANDONNET

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Paroles de circonstances

Trois citations relevées au fil de lectures qui expriment, mieux que je ne saurais le faire, mon humeur de ce matin:

« Et puis, il me restera à abandonner à eux-mêmes ces aimables énergumènes et à aller attendre l’heure, hélas trop prochaine, où il faudra réparer leurs fautes, peut-être leurs crimes contre la France » [Gambetta Lettres, 21 janvier 1882]

« Ceux qui donnent le branle à l’Etat sont les premiers absorbés par sa ruine » [Montaigne, Essais, tome I ch 24]

« Ces prodiges d’erreurs, d’aveuglement, de ténèbres, entassés et enchaînés ensemble, si grossiers, si peu croyables… » [Saint Simon, Mémoires – Fautes de la bataille d’Höchstadt]

Maxime TANDONNET

 

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La France malheureuse

« Je vous salue ma France aux yeux de tourterelle ». Depuis, quelques années, la France semble plongée dans l’engrenage du malheur comme une famille sur laquelle s’abattent les calamités.  Toulouse, Charlie, Bataclan, Nice, séisme électoral de 2017, crise migratoire, révolte des Gilets Jaunes, destructions des Black Blocs, incendie de Notre-Dame-de Paris, les 13 tués de l’opération Barkhane, auxquels s’ajoutent la succession des scandales politiques – confiance trahie – poussée de la pauvreté (9,4 millions de pauvres selon l’INSEE), décrochage économique (record mondial des prélèvements fiscaux), effondrement intellectuel (PISA) et la violence quotidienne qui fait rage. 260 victimes du terrorisme islamiste sur le territoire national, un massacre sans précédent depuis plus d’un demi siècle: qui parle encore du sang et des larmes versés et aura-t-on jamais idée de l’ampleur du traumatisme sur la conscience nationale? Et pourtant, dans ce contexte sanglant, tourmenté, tragique, il se trouve des irresponsables pour rajouter encore une déchirure à la déchirure et plonger, sans autre raison qu’un narcissisme obsessionnel, notre pays meurtri et déjà gravement déstabilisé dans une nouvelle phase de chaos, le chaos social. Avec décembre noir, la descente aux enfers se poursuit et le cauchemar semble ne jamais devoir s’achever. Les auteurs de ce nouveau désastre, dans les pires circonstances, comme les politiciens charognards qui se démènent pour le récupérer à leur profit, sont les complices les uns des autres. Les Français trouveront-ils la force de caractère et l’intelligence collective pour les châtier, les uns comme les autres, dans les urnes? Souhaitons-le de tout cœur.

Maxime TANDONNET

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