« commémorer n’est pas célébrer » (sur Napoléon)

« Commémorer n’est pas célébrer » déclare « l’exécutif » (selon le Figaro de ce matin) à propos des cérémonies autour de Napoléon. « Le mot d’ordre va être celui qui s’applique depuis le début de son mandat que ce soit sur le Rwanda ou sur la guerre d’Algérie, regarder l’histoire en face« . Voici une équipe au pouvoir extrêmement embarrassée par l’histoire de France. En effet, la repentance, la haine de soi et la cancel culture – table rase – sont au cœur de son idéologie. Mais elle est aussi engagée dans une opération de séduction envers l’électorat de droite qui fait l’objet de spectaculaires ronds de jambes. D’où les contorsions hypocrites sur Napoléon. Selon une enquête récente de l’Education nationale, le pourcentage des élèves de faible niveau en histoire est passé de 15 à 21% entre 2006 et 2012, et celui des élèves de niveau élevé de 10 à 6%. Moins on enseigne l’histoire et plus elle devient l’otage des idéologies et de la politique politicienne. Tout ceci est un signe patent de bêtise et de cynisme. L’histoire est la mémoire d’une nation, son identité. Vouloir déconstruire l’histoire de France, comme l’a annoncé l’occupant de l’Elysée devant une chaîne de télévision US est une autre manière de vouloir déconstruire la France. Napoléon qu’on le veuille ou non, avec ses réussites et ses échecs, est une immense figure de l’histoire de France aux côtés de personnages comme Vercingétorix, Clovis, Charlemagne, Jeanne ‘d’Arc, de Gaulle. Les Français savent-ils que Churchill par un étrange paradoxe, le vénérait? Il sortit la France du chaos et son génie fut d’opérer la jonction entre la France traditionnelle et celle de la Révolution. Son échec final en Europe s’est métamorphosé en légende. Avoir honte de Napoléon au point de ne plus l’étudier dans l’éducation nationale et de le soumettre au « En même temps » est le paroxysme de l’inculture et de la bêtise des politiques au pouvoir; faire de Napoléon l’otage de leurs petits calculs pour séduire la gauche sans déplaire à droite est tout simplement ridicule.

Maxime TANDONNET

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Pour l’image de la politique

A l’heure où 80% des Français ont une image négative de la politique (sondage CEVIPOF sur la confiance), l’épisode des régionales en PACA, la combinaison de bas étage entre notables locaux LR et LREM n’est pas pour redorer le blason de la politique en France, pas plus d’ailleurs que les trahisons de certains LR en faveur du parti lepéniste. L’image que donne en ce moment la politique française à tous les niveaux est de plus en plus délétère: banalisation de la trahison, combinaisons électoralistes, cynisme, idolâtrie ridicule, manipulation quotidienne, mépris des gens et de l’intérêt général, naufrage dans la vanité, l’obsession carriériste, auto-sublimation et fanatisme de soi jusqu’à l’aveuglement imbécile, authentiques comportements de voyous prêts à tout souiller, tout saccager et détruire pour parvenir à leurs fins mégalomaniaques sur fond de crétinisation… Bien sûr il ne faut pas généraliser à tous les responsables politiques et quelques-uns sont sincères. Mais quand même, globalement, une impression gravement dégradée s’impose dans l’opinion liée à des comportements innommables. Voici deux messages reçus ce matin dont le ton reflète sans doute assez bien le sentiment de dégoût général, écœurement profond, dont les politiques feraient bien de tenir compte plutôt que de le mépriser.

De Philippe: « Toutes ces manigances, ces petits arrangements démontrent une seule et unique chose, les politiques se fichent éperdument de la France et des français, de l’avenir du pays. Seule leur petite carrière les importe. Ils palabrent. Pas un politique aujourd’hui à la stature d’un chef, le carriériste n’a jamais été un rassembleur, le carriériste n’a jamais galvanisé les foules. Le carriériste c’est un furoncle, une gangrène dans les pieds d’une nation. Cela fait des décennies que les politicards d’opérette défendent uniquement des coalitions d’intérêts et des intérêts particuliers. Trahisons, combines, magouilles, palabres stériles, ce sont des vendeurs de vent. Beaucoup de gens disent « les politiques sont capables de rien » Et bien non ! Ils démontrent qu’ils sont capables de tout et surtout du pire.
Si, en matière de gouvernants, il a de tout temps existé des incompétents, on a atteint ces dernières années des niveaux dignes des tyrans de l’Antiquité.
Nous constatons Maxime que nombres de politiciens incapables prolifèrent dans notre système politique dégradé et chaotique qui éconduisent les vrais talents et ouvrent la voie aux individus de la pire espèce ou à ceux qui sont le moins aptes pour gouverner.
Tels des prestidigitateurs, tous ces politicards d’opérette savent détourner notre attention de leurs méfaits, et essaient de nous cacher leur incompétence. Cela passe par de grands discours idéologiques ainsi que des invectives, lynchages contre leurs adversaires. Pendant que nous assistons et participons à ces batailles idéologiques, ils se livrent à leurs agissements insensés, et nous dirigent vers les abymes du déclin.
On constate depuis quelques décennies que le domaine dans lequel l’exécutif, la majorité et les partis politiques actuels se distingue particulièrement, c’est celui de leur incompétence. Plus exactement celui de leur absence de sens politique, d’intelligence et de bon sens.
La parole de tous ces individus est inaudible, le mensonge, la crétinisation sont devenus leurs emblèmes.
Notre pays n’est plus démocratique, nous constatons notamment avec la Covid qu’il y a eu confiscation de la souveraineté du peuple, nous sommes sous la domination d’un parti sur l’Etat, ce qui assure la domination d’une classe sur la masse populaire. Il est désormais définitivement acquis que les politiques ne cherchent plus à incarner l’intérêt général, ils ne sont plus au service de la nation.
Le XXIéme siècle en France sera le siècle de l’arnaque, du mensonge, de l’incompétence et de la crétinisation.
Hier encore aux infos, le ministère de l’éducation du peuple et de la propagande se glorifiait « de la solidarité des français ». On nous montrait ces jeunes qui faisaient la queue pour avoir à manger, en glorifiant un jeune homme qu’on a décoré d’une médaille de la République qui a monté une association. Le geste de ce jeune homme est beau, certes, mais est-ce normal de voir des jeunes affamés faire la queue ? On nous montra des familles qui accueillent un jeune pour lui offrir un repas. Des jeunes qui ne peuvent plus payer leur loyer, qui dorment dans leur voiture. La prostitution qui augmente pour manger et vivre.
Jeunes que l’on lynche parce qu’ils font la fête. Quel triste spectacle. Pas un politique ne s’insurge quel que soit le parti. »

De Gérard: La prochaine organisation du second tour de l’élection présidentielle est bel et bien « En Marche ».
« Je suis d’abord LR, un homme de droite et du centre », disait R. Muselier lors de l’annonce de sa candidature pour sa réélection à la tête de la région PACA avant d’ajouter « qu’il n’y aurait aucun accord d’appareil avec LREM »….quelques semaines plus tard, on ne peut que constater l’insincérité de ces déclarations.
La parole d’une grande partie de nos politiciens est malheureusement ainsi : à géométrie variable en fonction de leurs intérêts personnels, bien avant ceux des Français. Rien de bien nouveau en fait, les Français sont habitués et inondés en permanence de promesses mensongères de tous ces pitres depuis 4 décennies.
En la matière, LR n’a absolument aucune légitimité pour donner actuellement la moindre leçon de morale politique. N’entend on pas depuis quelques jours un député des Alpes Maritimes déclarer que ce qui différencie LR du RN est « leur capacité à gouverner »…on un autre refuser de choisir entre LR et le RN…
Quoi qu’il en soit, après avoir perdu la mairie de Marseille, LR s’apprête maintenant à perdre la région PACA…triste bilan d’inefficacité, d’infécondité et d’impuissance.
Je crains aujourd’hui que LR qui depuis 2012 n’a pas su se trouver son champion charismatique et ne produit plus aucune idée ni projet, ne se divise en trois parties : les compatibles avec le RN, les sympathisants à la Macronie et un petit noyau de gaullistes indéfectibles qui ressemblera structurellement à ce qui reste du PS.
Bien triste fin d’un grand parti politique qui avait porté la France si haut et qui par populisme, médiocrité intellectuelle, mollesse et manque de conviction de ses dirigeants finit par se saborder.

Que restera-t-il aux Français ? une gauche médiocre, arrogante et incompétente et une extrême droite inapte, sans projet et aux idées délétères.
Les électeurs, tout au moins ceux qui se déplacent encore pour aller voter, ne sont pas tous de sombres crétins qui obéissent aveuglement aux consignes des leaders politiques notamment lorsque ceux ci sont inconséquents.
L’abstention et le vote blanc ont de beaux jours devant eux et les français n’ont pas fini de souffrir.

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La tentation opportuniste (pour Figaro vox)

L’hypothèse de la formation d’une liste commune LR et LREM dans la région PACA, sous l’égide de M. Muselier et avec la bénédiction du Premier ministre, même condamnée par les instances de LR, exprime la tentation réelle dans les rangs d’une partie de la droite d’un ralliement au macronisme, un soutien à une seconde candidature de M. Macron en 2022 qui serait suivi d’une recomposition politique autour d’une nouvelle majorité LR et LREM. Il est légitime de s’interroger sur la nature véritable d’un tel calcul : convergence fondamentale ou simple manœuvre électoraliste ?

La question de l’identité politique de la droite républicaine est dès lors posée. Cette dernière est-elle désormais compatible avec les fondamentaux du macronisme, par exemple la repentance, au cœur de l’idéologie En Marche, donc le principe selon lequel la colonisation fut un « crime contre l’humanité » et à la nécessité de « déconstruire l’histoire de France » ? Est-elle favorable à la « souveraineté européenne », se substituant à son discours traditionnel (bien qu’ambigu) sur l’Europe des Nations ? Soutient-elle la PMA sans père remboursée et l’interruption médicale de grossesse (IMG) jusqu’à la naissance pour « détresse psycho sociale » ? Estime-t-elle que « l’arrivée des réfugiés est une opportunité économique », postulat qui s’est traduit par le triplement en neuf ans du nombre des demandeurs d’asile en France ? Est-elle favorable à la prolifération des éoliennes ? Cautionne-t-elle un an de politique sanitaire face au covid 19 et la suspension bureaucratique de la liberté des Français ? De l’activité des commerçants, restaurateurs, gens de la culture et du sport ? Un déficit public de 9% et un taux d’endettement de 120% du PIB? Les résultats obtenus en matière d’emploi, d’industrie, de sécurité et de cohésion nationale ? Approuve-t-elle un mode d’exercice du pouvoir jupitérien fondé sur la sublimation d’un homme au prix de l’effacement de l’Etat et des institutions (Parlement, gouvernement, administration, collectivités territoriales) ?

Si la réponse était globalement « oui », une fusion des listes LR et LREM aux régionales puis une alliance politique seraient pleinement justifiées par la convergence des idées et des valeurs. Dès lors, les partisans d’un tel ralliement seraient bien inspirés de sortir de l’hypocrisie, d’assumer leur jonction idéologique avec macronisme dans un but de clarification. La conséquence politique d’un tel alignement, débouchant sur le soutien de LR à la candidature Macron aux présidentielles, serait sans doute de fragmenter en trois catégories l’électorat de droite : légitimistes, fidèles à la nouvelle ligne ; Lepeno-compatibles, qui iraient rejoindre la grande masse de l’électorat RN ; et enfin, le dernier carré des « gaulois réfractaires » ou des gaullistes indéfectibles, marginalisés sur la scène politique.

Si la réponse était essentiellement « non », cela signifierait qu’un tel rapprochement éventuel de LR avec LREM, aujourd’hui aux régionales ou demain aux présidentielles et législatives, relèverait d’une manœuvre électoraliste et opportuniste de court terme. Elle ne ferait alors qu’entériner une fois pour toute la mort des convictions et du sens de l’intérêt général, conforter l’image d’une politique réduite à une logique de carrière et de courses aux mandats, aux prébendes, aux avantages matériels ou de vanités. A l’heure où 88% des Français expriment une image négative de la politique (enquête CEVIPOF sur la confiance), une telle manœuvre ne ferait qu’amplifier le dégoût, l’écœurement, l’indifférence de l’opinion envers la chose publique et l’abstentionnisme ou le vote de protestation.

Ce qui est certain, c’est que les Français n’ont jamais apprécié les manœuvres politiciennes et les stratégies d’opportunisme et de confusion.  Chaque fois dans l’histoire, les situations de ce genre se sont mal terminées. Ainsi, les gouvernements de la fin de la IIIe république, à partir de 1935, (en dehors du bref intermède du cabinet de Front populaire de Léon Blum) mélangeaient allègrement et sans vergogne la droite et le centre gauche radical ou progressiste. Dès lors se trouvaient associés dans les mêmes combinaisons gouvernementales des Laval, Flandin, Pétain, Chautemps, Herriot, Daladier… Tout cela s’est achevé dans l’impuissance, l’indécision, la débâcle et la honte. Aujourd’hui, un ralliement global de LR à LREM ou fusion entre les deux, telle que préfigurée par l’idée d’une liste commune PACA aux régionales, ouvrirait automatiquement la voie à un tandem de second tour des présidentielles le Pen-Macron en 2022, privant les Français de toute perspective d’une alternance nette, crédible et responsable. Elle représenterait une catastrophe démocratique, une étape décisive du basculement de la France dans le déclin et un innommable chaos.

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Edito de M. Julien Aubert (député LR du Vaucluse): Partir pour ses idées

Ce matin, le Journal du Dimanche titre sur le fait que Jean Castex accepte la main tendue de Renaud Muselier et retire la liste LREM en Paca, en précisant que la tête de liste, Madame Cluzel, et des députés seront présents sur la liste. Le chef du gouvernement a ajouté : « Cette union va bien au-delà d’accords d’appareils, c’est un exemple de la recomposition politique. » Ces propos sont lourds de conséquences. Mardi prochain, Renaud Muselier viendra présenter en comité stratégique des LR -dont je fais partie – sa position, puis la CNI tranchera. Je souhaite une clarification définitive. J’ai expliqué depuis plusieurs mois qu’il était indispensable que LR soit très clair avec LREM, bien avant les municipales, et que cette ambiguïté nous fragiliserait pour les cantonales et les régionales. Nous y sommes. Si cet accord devait être acté, il signerait la fin des Républicains comme parti d’opposition à Macron. Il ne serait pas seulement un accord à portée régionale mais bien une expérience à portée nationale. Je fais partie de ceux qui ne veulent pas d’une réélection de Macron en 2022 mais qui estiment que Marine Le Pen n’est pas la solution. J’appelle tous ceux qui veulent résister à me rejoindre à www.oserlafrance.fr.Je serai donc attentif à la réponse de Renaud Muselier à cette demande d’OPA, et si elle devait se concrétiser, ne partirai pas comme tête de liste régionale en Vaucluse, sans solliciter d’autre mandat. Les électeurs en ont assez d’élus qui défendent leur fauteuil plutôt que leurs idées. Je conserverai alors mon seul mandat de député, et c’est bien le peuple et lui seul qui jugera en 2022 de me l’enlever ou non.

Julien AUBERT

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Le devoir de réserve des militaires/politique fiction

« J’ai volé trop loin dans l’avenir, un frisson d’horreur m’a assailli » (Ainsi parlait Zarathoustra). En ce moment il est beaucoup question de chaos et de guerre civile. A quoi pourrait ressembler un tel scénario, dans un futur indéterminé de quelques décennies au moins? Quelle forme, quelle réalité pourrait prendre ce chaos et cette guerre civile que tant de personnes évoquent sans forcément les décrire? La question n’est pas d’affirmer que le pire va se produire. Elle est de ne pas en écarter la possibilité. Toute l’expérience de l’histoire montre que l’apocalypse peut survenir et ce serait s’aveugler bêtement que d’en exclure l’éventualité. Ainsi, dans le contexte de gigantesques vagues migratoires provoquées par l’explosion démographique, la famine et la généralisation de sanglantes guerres ethniques au Sud de la Méditerranée, la misère s’est répandue en Europe sous la forme de gigantesques bidonvilles ou sévissent des conditions sanitaires épouvantables. La France est frappée par une série d’attentats islamistes aveugles qui font des dizaines de milliers de morts. Les pillages et la violence sont généralisés dans toutes les villes et les campagnes, bloquant l’approvisionnement de la population. Des enfants sont pris en otage dans plusieurs établissements scolaires. Des policiers et gendarmes sont partout lynchés et massacrés. Dans l’Elysée d’après demain (nous parlons ici d’un avenir lointain et hypothétique), encerclé par une foule armée de piques et de machettes, un petit coq arrogant ou bien une grosse poule vaniteuse et stupide, gesticulent et pérorent en tremblant mais plus personne ne les écoute et d’ailleurs, les communications téléphoniques ou Internet autour du Palais ont été brouillées. Les grands patrons du CAC 40 ont tous quitté la France depuis belle lurette comme les intellectuels, les magistrats, les hauts fonctionnaires et les responsables politiques, tous réfugiés Outre-Atlantique. Bref, les « élites » ont pris la fuite. Alors, dans une telle hypothèse de chaos, que ferait l’Armée française? Sortirait-elle sans ordre des casernes pour porter spontanément secours aux populations? Eh bien! Que les braves gens effarouchés par la « lettre ouverte » des généraux et qui hurlent à la menace putschiste se rassurent: rien n’est moins sûr. Une intervention spontanée n’est pas à exclure, mais pas du tout certaine. Peut-être que l’Armée, sans ordres, comme certains précédents l’ont montré, ne ferait rien du tout. Sans ordre, elle ne bougerait pas et sans ordre, laisserait le massacre se poursuivre. L’Armée appliquerait ainsi son devoir d’obéissance et de réserve. Tout simplement.

maxime TANDONNET

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COVID 19 prendre les gens pour des idiots

Ceci remonte à la fin de l’année dernière, quand il était question des conditions de la levée du deuxième confinement: « Le 15 décembre, si nous sommes bien arrivés autour des 5000 contaminations par jour et environ 2500 à 3000 personnes en réanimation, nous pourrons alors franchir un nouveau cap » […] Si ces objectifs sont atteints, « alors le confinement pourra être levé et remplacé par un couvre-feu sans restrictions de déplacements. » Aujourd’hui le pouvoir politique annonce un calendrier complet de sortie du confinement avec rétablissement de la liberté de circulation, réouverture des restaurants et des spectacles. Or, le nombre moyen des contaminations (même si la courbe décroît légèrement) reste à près de 30 000 soit 6 fois plus – 6 fois – que le seuil prévu en décembre pour sortir du confinement et le nombre des personnes en réanimation à 5 ou 6 000 soit 2 fois plus. Où est la cohérence? Où est la logique? Sans doute est-il infiniment difficile de piloter un pays en de telles circonstances. Mais cette difficulté n’affranchit pas le pouvoir politique de son devoir d’explication, de vérité, d’honnêteté et de transparence. L’échec français dans le contrôle de l’épidémie est patent – si l’on compare les statistiques à celles de tous nos voisins. Cependant, la politique d’embrigadement et de soumission de la population par des mesures liberticides devenait insoutenable surtout en ce printemps, à un an des élections nationales et en l’absence de résultats satisfaisants. Dès lors, en douce, le pouvoir a radicalement changé de cap, prouvant par là-même que la destruction de la liberté et de la vie quotidienne, le sacrifice de certaines catégories professionnelles n’offraient aucune solution. Il a opté en toute discrétion pour une politique totalement différente de celle conduite jusqu’alors: banaliser la circulation du virus à un très haut niveau en rassurant la population par la campagne de vaccination. Or, ce changement de cap n’est pas assumé. Comment admettre les errements et les échecs dans un régime politique aussi absolument délétère, fondé sur le culte de la personnalité, l’ivresse vaniteuse, l’obsession de la réélection, le mépris des gens et le déni de toute responsabilité? L’épidémie est toujours là mais il devenait urgent de passer à autre chose. La lettre ouverte des généraux tombe à point mais on se peut se demander où sont les vrais fossoyeurs de la liberté et de la démocratie.

Maxime TANDONNET

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58% des Français d’accord avec les généraux, qu’est-ce que cela signifie?

Un sondage LCI paru ce matin montre que 58% des Français approuvent la lettre ouverte des généraux. Il faut y voir un nouveau signe de la fracture entre l’opinion et le monde politique. Une immense majorité des Français a donc refusé d’y voir une démarche putschiste. Elle s’est retrouvée dans cette lettre ouverte qui dénonce la perte du sens de l’honneur de la classe dirigeante et son impuissance face à la terreur islamiste et la désintégration du pays. De fait l’opinion dans son ensemble est choquée par l’indignation autour de cette lettre ouverte, qu’elle juge disproportionnée au regard du bain de sang (271 morts) depuis 2015 qui se poursuit et d’un climat d’impuissance alors que des failles évidentes ont été révélées notamment en matière de maîtrise des frontières et de lutte contre l’immigration illégale. Plutôt que les cris d’orfraies, les coups de menton et les menaces de représailles, des dirigeants politiques pourvus d’un minimum d’intelligence auraient gagné à s’interroger sur la signification dramatique de cette démarche qui rompt avec la tradition républicaine de silence des militaires. Elle ne peut en effet se comprendre qu’au regard de l’état de déliquescence avancé de la société française. Elle en est un symptôme dramatique. Mais un regard d’intelligence face à cette lettre ouverte est quasi impossible car il conduirait inévitablement les dirigeants nationaux à une autocritique dont ils ne sont pas capables: comment en une dizaine d’années ont-ils pu laisser faire ou favoriser un tel effondrement du pays? La réalité, pour eux, est comme le soleil: elle ne peut se regarder en face. 73% des Français constatent que le pays se délite. Comment les responsables de ce délitement – ceux là mêmes qui promettaient un nouveau monde et prônent aujourd’hui de déconstruire l’histoire de France – pourraient-ils l’admettre? Dès lors, il reste le déni, l’autosatisfaction béate, les moulinets vaniteux et agiter le spectre de l’extrême droite ou du lepénisme, cette éternelle roue de secours des dirigeants aux abois et d’un pouvoir politique en faillite.

Maxime Tandonnet

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« Lettre ouverte des généraux » qu’en penser?

La lettre ouverte de vingt généraux à la retraite « appelant les dirigeants politiques à l’honneur » suscite de nombreuses réactions. Elle dénonce le chaos dans lequel sombre le pays à travers la vague d’attentats islamistes et suggère explicitement une possible intervention musclée des « camarades d’active ». Les réactions à cette démarche sont des plus attendues: tollé de la plupart des médias bienpensants et odieuse récupération lepéniste qui jette une suspicion politicienne sur la lettre ouverte. Certains commentateurs font un rapprochement avec le putsch maudit d’Alger du 21 avril 1961 par « un quarteron de généraux à la retraite ». Ils oublient de parler de l’autre rébellion de l’armée du 13 mai 1958 à Alger animée par des militants gaullistes aux cris de « Vive de Gaulle » (Delbecque, Soustelle, Neuwirth, Ribeaud) autour du général Massu qui déboucha directement sur le retour du général de Gaulle au pouvoir – dont la Ve République est issue. Tout ceci est évidemment excessif dès lors que les vingt généraux actuels n’appellent pas, eux, à un putsch militaire. Cette lettre ouverte n’est pas pour autant anodine. Des généraux qui font publiquement la leçon au pouvoir politique, cela n’a rien de banal. Que vingt généraux retraités de l’armée française lancent un avertissement de ce type sans être, semble-t-il, condamnés par la grande masse des officiers français, est en soi un événement sans précédent qui rompt avec la tradition démocratique et républicaine de soumission silencieuse de l’armée au pouvoir politique. Mais plutôt que de pousser des cris d’orfraies, de crier au putsch, de se livrer à des coups de menton et de brandir eux-mêmes des menaces stériles de représailles, les dirigeants politiques devraient s’interroger sur la signification profonde d’un pareil désordre et sur leur degré de responsabilité dans la déliquescence que révèle une démarche aussi inhabituelle. Comment en arrive-t-on à un tel discrédit de l’autorité politique pour que des généraux à le retraite se permettent une telle mise en cause ouverte du pouvoir politique ? A quel niveau de dévalorisation du pouvoir politique en sommes-nous venus pour qu’un tel événement qui bafoue son autorité puisse se produire? Qu’ont-ils fait, eux, les dirigeants politiques, d’année en année, pour se discréditer au point de susciter une telle démarche, de la rendre concevable? A quel niveau de désintégration du pays en est-on arrivé pour libérer une contestation militaire collective sans légitimité dans une démocratie? Bref, cette prise de parole, à l’évidence contraire à la tradition française – l’armée est aux ordres du pouvoir politique et des généraux à la retraite qui signent en tant que généraux font toujours partie de l’armée – est un signe supplémentaire de la confusion dans lesquelles le pays fait naufrage et de l’apocalypse dans lequel un régime, un pouvoir politique (sur le long terme), par sa mégalomanie son nihilisme et son impuissance entraîne le pays.

Maxime TANDONNET

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Où se cache l’extrémisme totalitaire?

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On s’habitue malheureusement à tout comme je le répète souvent. Et comme disait Pascal, « qui veut faire l’ange fait la bête ». Le mal absolu avance sous le masque du bien, de la vertu et de la pureté. Et quand on se réveille, quand les yeux se dessillent, il est déjà trop tard. La société médiatique désigne une fois pour toute le camp du bien et le camp du mal. Or, la bête immonde progresse souvent derrière le masque du bien supposé. Les verts sont devenu un authentique courant extrémiste à connotation totalitaire – qui n’a évidemment plus aucun rapport avec une préoccupation de sauvegarde de l’environnement. L’affiche ci-dessus qui ouvre leur campagne électorale est révélatrice de cet état d’esprit qui transcende le clivage extrême droite et extrême gauche mais relève bien de l’idéologie extrémiste. Elle désigne explicitement des boucs émissaires à la vindicte populaire en particulier les aînés aux cheveux blancs, dits « boomers ». Le boomer – en gros le plus de 50 ans – est désigné en ennemi public et l’affiche appelle à se rendre aux urnes pour le combattre. Cette méthode a quelque chose d’inepte. A priori, une simple affiche peut sembler inoffensive mais elle traduit un état d’esprit particulièrement odieux. Elle attise la haine envers une catégorie de la population bien spécifique et qu’elle soit fondée sur l’âge et la couleur des cheveux plutôt que la couleur de peau n’atténue en rien son caractère insupportable. Elle aggrave les déchirures de la société et sa violence orientée vers une catégorie de la population. « Les fachos ont prévu d’aller voter » proclame l’affiche. Certes, mais qui sont les fachos?

Maxime TANDONNET

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Le Pen-Macron, degré zéro

Et toujours la glaciation des sondages qui annoncent depuis 4 ans un triomphe inéluctable du tandem le Pen-Macron au 1er tour des présidentielles de 2022, puis un succès un peu moins inéluctable mais vraisemblable de M. Macron au second tour. Les deux candidats favoris du scrutin procèdent de la même logique et se ressemblent au fond comme des siamois. L’un s’est présenté aux Français après son élection en 2017 comme le dieu des dieux, Jupiter, leur a promis « la transformation de la France » et un « nouveau monde ». Or son quinquennat ne fut que descente aux enfers, avec les crises des GJ puis le mouvement social et le chaos de la crise sanitaire, ponctué par ses insultes contre la nation prononcées depuis l’étranger (Gaulois réfractaires) et des provocations nihilistes contre l’identité et l’histoire de France, – à déconstruire – un immobilisme radical sous le vernis de quelques coups médiatiques destructeurs, un effondrement économique et financier et une explosion de la violence sur fond de fragmentation communautariste du pays. L’autre n’a jamais rien fait ni prouvé, pas un acte, pas un choix officiel à son actif, pas la moindre prise de responsabilité ou expérience de la chose publique; et n’a pour unique mérite que d’être l’héritière de son père Jean-Marie le Pen à la tête d’un parti qui s’est constamment nourri de provocations et ne dispose d’aucun ancrage suffisant pour espérer une majorité au parlement. Mais cela ne l’empêche absolument pas de prendre des airs de diva providentielle et de s’auto-proclamer incarnation du peuple. Le binôme le Pen-Macron n’est qu’une médiocre et sinistre chimère hypermédiatisée, coqueluche du pouvoir médiatique et sondagier, qui n’existe que dans la posture, la frime et les coups de menton stériles. Tous deux inspirent la même défiance et hostilité du pays profond – qui les condamnent quoi qu’il arrive à l’impuissance et à la fuite dans l’illusionnisme. La réélection de l’un ou l’élection de l’autre ne se ferait qu’avec un taux d’adhésion infime et un taux d’abstention gigantesque. Elle n’aurait pas forcément pour effet de précipiter la France aussitôt dans l’apocalypse. Mais sans le moindre doute, elle ne ferait que prolonger la pente infernale du pays dans le mensonge, les faux-semblants, le chaos économique, social, politique, intellectuel et la décomposition du pays dans la violence. Qu’environ la moitié de l’électorat (hors abstentionnistes) envisage de s’en remettre à ce duo est un signe patent d’aveuglement collectif. Que tant de personnes s’en remettent à ce tandem sans issu est un signe affaiblissement du bon sens collectif. Le sort de la France tient dans le bulletin de vote des Français. Si les Français ne trouvent pas dans les 12 mois à venir, d’une manière ou d’une autre, moyen de se débarrasser de cette chimère à deux visages, la France aura franchi une étape supplémentaire décisive dans la voie du déclin.

Maxime TANDONNET

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Politique française, le niveau baisse dramatiquement

[Mon article, publié mardi 20 avril dernier dans le Figaro]

L’anecdote a beaucoup fait parler d’elle. Le 14 avril, un élu de Vincennes a demandé la suppression d’une subvention au Yacht club de cette ville en fustigeant le caractère polluant de la navigation à voile… Cette proposition (non retenue) a choqué l’opinion par son caractère emblématique de l’absurdité en politique.

Tenir des propos manifestement inintelligents ou qui relèvent de l’aberration au regard de la tradition démocratique française devient en effet une habitude dans le monde politico-médiatique. Une élue importante de la majorité parisienne affirme que « les blancs doivent se taire » lors des réunions « non mixtes ». Une maire de grande ville prétend détourner les enfants « des rêves aériens ». Une ministre se réfère à « Spiderman » pour évoquer la notion de responsabilité et prône « des quartiers sans relou ».  Le porte-parole du RN réclame des « excuses » de l’occupant de l’Elysée pour les 100 000 morts du covid 19… Et que dire de cette ancienne ministre de l’Education nationale, candidate aux élections régionales, qui sèche en ricanant quand elle est interrogée sur le chef-lieu d’un département de sa propre région ? Depuis quelques années les paroles insensées de personnalités politiques prolifèrent à l’image de cette porte-parole du gouvernement qui assumait de « mentir pour protéger le président », ou de ce ministre crachant sur « les gars qui roulent au Diesel et fument des cigarettes », ou ces maires de grandes cités qui voulaient bannir, au prétexte d’écologie, l’un le Tour de France et l’autre le sapin de Noël.

La parole absurde qui prolifère en politique n’est sans doute que la partie visible de l’iceberg. Elle reflète une chute générale du niveau intellectuel des politiques – avec des exceptions notables bien entendu. Les nouvelles générations de politiques sont globalement le produit du vertigineux déclin scolaire français confirmé par de nombreuses études. Selon les travaux du ministère de l’Education nationale, le niveau d’orthographe de cesse de s’effondrer : 10,6 fautes pour une dictée en 1987 mais 17, 9 fautes en 2015 à la même dictée. D’après le classement Timss de 2019, les élèves Français se classent derniers de l’Union européenne en mathématique et avant dernier dans l’OCDE (devant le Chili). Selon le classement PISA, les jeunes Français ne sont que 23ème en lecture et compréhension de texte. Enfin, en histoire-géographie, le naufrage est avéré.   D’après l’Education nationale, le pourcentage des élèves de faible niveau est passé de 15 à 21% entre 2006 et 2012, et celui des élèves de niveau élevé de 10 à 6%. Tel est le fruit d’une évolution, sans doute beaucoup plus ancienne, dominée par l’idéologie du nivellement par le bas, à l’image d’un baccalauréat bradé qu’obtiennent plus de 90% des candidats. Les politiques actuels – ou beaucoup d’entre eux – sont les enfants de cette faillite de plusieurs décennies.

Le monde politique est probablement encore plus touché que la moyenne par le déclin intellectuel. La dévalorisation accélérée de la politique dans l’opinion (80% des Français en ont une image négative selon l’enquête annuelle de cevipof) a sans doute pour effet d’en détourner les éléments les plus talentueux, plus enclins à se diriger vers le monde de l’entreprise ou les carrières scientifiques, juridiques ou médicales. Bien entendu, sous la IIIe République, le niveau scolaire des élus nationaux ou locaux n’atteignait pas des sommets, dans l’ensemble conforme à la moyenne. Cependant, la vie démocratique s’ancrait en général dans le respect d’un certain bon sens. Et surtout, la vocation politique venait aux meilleurs éléments de générations qui ont su former d’authentiques hommes d’Etat : grands avocats à la culture historique et littéraire encyclopédique tels Millerand ou Poincaré ; agrégés de lettres, de philosophie ou d’histoire comme Jaurès et Herriot ou plus tard Bidault et Brossolette dans la Résistance ; hommes de plume tels Clemenceau (médecin et journaliste), Blum, conseiller d’Etat ou Tardieu, haut fonctionnaire et éditorialiste au Temps. Aujourd’hui, où que l’on se tourne, du plus bas au plus haut niveau de la hiérarchie politique, et en dehors de quelques exceptions, sévissent la médiocrité intellectuelle – mal dissimulée sous le voile de postures prétentieuses – et son corollaire le conformisme ainsi que la faiblesse de caractère.  

Ce phénomène transparaît à travers la chasse obsessionnelle livrée à tout emblème du mérite par la performance intellectuelle, à l’image de la suppression du concours d’entrée à science po, ou encore l’éradication de la culture générale dans les concours administratifs ou encore tout récemment l’emblématique suppression de l’ENA. D’autres choix politiques récents dans le contexte de la crise sanitaire du covid 19 témoignent de cet effondrement intellectuel, par exemple la fermeture administrative des librairies pendant les deux premiers confinements, au prétexte que le livre ne serait pas un produit essentiel ou encore le bannissement des musées, des spectacles culturels et des cinémas, alors que les transports publics, qui impliquent une promiscuité au moins équivalente, demeurent autorisés. Nombre d’interdits bureaucratiques défient le bon sens à l’image de la liste des produits non essentiels qui inclut les vêtements (alors que les ventes de tabac sont autorisées) ou bien le principe du couvre-feu à 19 H comme si le virus ne circulait que le soir ou d’une limitation à 10 km, parfaitement arbitraire, de la liberté de circulation. L’Absurdistan est aussi le fruit d’un vertigineux déclin intellectuel.

Maxime TANDONNET

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Rambouillet, le vertige sanguinaire

La routine et l’habitude sont les pires alliés du terrorisme islamiste. Qu’une fonctionnaire de 49 ans désarmée, mère de deux enfants se fasse égorger à l’intérieur même d’un commissariat de police de l’une des villes les plus paisibles de la région parisienne est un fait monstrueux qui signe la descente aux enfers d’une nation. Pourtant, la banalisation gagne les esprits. Les mots des dirigeants politiques du pays sont d’une affligeante banalité (« héroïne du quotidien », « nous ne cèderons rien », etc.). Bref, ils ne savent plus quoi dire et traduisent leur désarroi en formules creuses et coups de menton aussi virils que dérisoires. Les hommages et autres marches blanches sont le cache-misère de l’impuissance. Les polémiques hystériques, répugnantes sur fond de calcul électoraliste (ex le Pen-Moretti) se reproduisent à chaque fois à l’identique alors que le sang de la victime n’est pas encore séché. Dans une grande nation responsables après une nouvelle épouvantable tragédie, l’ensemble du pays à travers ses représentants politiques devrait se réunir autour d’une table dans un climat d’unité et se poser les vraies questions: comment la France entre glissade permanente dans l’hystérie et succession des renoncements et des lâchetés, est-elle devenue en un demi siècle le maillon faible du monde l’occidental et le terrain de prédilection des tortionnaires fanatiques du djihadisme – jusque dans un commissariat c’est-à-dire en plein cœur de l’Etat ? Tous les sujets doivent être posés y compris celui du contrôle des frontières et des flux migratoires et de l’idéologie dominante, la haine de soi à la source même de cet effondrement. Mais un tel questionnement sans rage ni polémique avec le recul et le sang-froid nécessaires, sur un demi siècle de renoncements, le courage de se remettre en cause et la volonté d’en tirer les conclusions qui s’imposent au sujet d’une faillite absolue et de long terme est tragiquement inconcevable aujourd’hui compte tenu du niveau général de cynisme, d’abrutissement et d’abêtissement.

Maxime TANDONNET

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Lecture: Philippe le Bel, Jean Favier, Fayard 1978

Les livres dont j’ai plaisir à partager ici le bonheur d’une lecture ne sont pas toujours les dernières sorties en librairie. Le Philippe le Bel de Jean Favier a près de 40 ans mais il n’a pas pris une ride. Disons le d’emblée, c’est l’ouvrage d’un grand historien, un monument de savoir puisé à la source même des évènements qu’il relate, mais qui n’est pas toujours d’un abord évident compte tenu de la masse des informations brassées, tenant au moins autant de l’œuvre universitaire que du récit chronologique.

Philippe IV le Bel (1268-1314), fils de Philippe III le Hardi et petit-fils de Saint Louis, époux de Jeanne de Navarre, a régné 29 ans sur la France. Il fut l’un de nos plus grands rois, en tout cas l’un de ceux qui, dans une période charnière, ont joué un rôle décisif dans la formation de la France. Etrange personnage de prime abord: austère, froid, silencieux, discret, timide disait-on de lui, mais d’une autorité implacable. Bien sûr sa foi est fervente: elle est au cœur de sa légitimité. Mais ce n’est pas la même foi, se dit-on à cette lecture, que celle de Louis IX. C’est une foi « moderne », profondément sincère et absolue sans doute mais par le plus grand des paradoxes, une foi presque machiavélienne, imbibée d’un certain cynisme et qui s’efface subrepticement devant l’intérêt de l’Etat.

Ce monarque a cette particularité de ne pas gouverner seul. Il s’entoure de personnalités exceptionnelles, ses fameux légistes sur lesquels il s’appuie pour bâtir les fondements de son royaume: Flote, Nogaret, de Marigny sont les grands juristes de son temps dont il s’entoure, qu’il écoute et auxquels il accorde sa confiance tout comme aux financiers, les italiens au noms francisés Biche et Mouche. Une belle leçon à nos dirigeants modernes mégalomanes qui prétendre imposer leur volonté solitaire sans écouter personne.

Philippe le Bel dont l’action se distingue mal de celle de son entourage et de son Conseil, sait où il va: constitution du Royaume en interne et la conquête de sa souveraineté à l’extérieur. Son règne est marqué par les conflits militaires, notamment la volonté de soumettre la Flandre au Royaume de France et le bras de fer avec l’Empire germanique pour rattacher à la France les territoires disputés au statut ambigu hérité de la Lotharingie carolingienne entre les royaumes franc et germanique. Ainsi, le rattachement du Nord de la France et de Lyon est son œuvre.

L’une des grandes affaires de son règne est son affrontement avec la papauté. En effet, Boniface VIII revendique une autorité sur les monarques nationaux: la loi de Dieu dont il se considère comme le porte-parole doit selon lui naturellement s’imposer sur celle des monarques temporels surtout quand il est question de taxer les revenus de l’Eglise. Avec l’aide de Nogaret notamment qui se rend à Rome pour défier le pape, la volonté de Philippe le Bel seul maître en son royaume, l’emporte sur celle du pape qui est finalement humilié, rabaissé, marginalisé, avant que ne lui succède l’archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, entièrement dans les mains du roi, sous le nom de Clément V. Philippe le Bel a ainsi posé les fondements de la souveraineté et de l’indépendance nationale. Le combat de Philippe IV et de son entourage contre les prétentions au gouvernement universel de la papauté résonne comme un lointain écho à la dialectique contemporaine de la supranationalité et de la nationalité…

La France est alors une puissance écrasante en Europe avec ses 20 millions d’habitants et une prospérité sans égale, peut-être la première puissance au monde. Rarement dans l’histoire a-t-elle été aussi durablement en position de puissance dominante. Philippe le Bel a la possibilité de prendre la couronne impériale: « Philippe le Bel sur le trône germanique, c’eût été plus que l’union personnelle de la France et de l’Allemagne. C’eût été sur l’Italie une souveraineté que les Habsbourg n’avaient pu véritablement exercer. C’eût été sur les principautés de l’ancienne Lotharingie, sur le Hainaut, le Brabant, le Luxembourg, la Lorraine, la Comté et tant d’autres une mainmise français d’autant plus ferme que, depuis quatre siècles, les princes de ces terres d’empire jouaient, pour sauvegarder leur indépendance, de l’Empire (germanique) contre la France, et de la France contre l’Empire. »

L’Europe de Charlemagne reconstituée par le Capétien? Il s’en est fallu de peu semble-t-il et peut-être que l’histoire du monde en eût été changée. Mais Philippe le Bel, mu par une étrange sagesse, une modération froide, calculée, une vision d’homme d’Etat, écoutant toujours ses conseillers, a renoncé à cette entreprise face au risque de provoquer une fronde des princes allemands et de l’Angleterre. Chez ce précurseur lointain de Richelieu et de Gaulle, la raison d’Etat l’emporte sur tout le reste y compris sur toute velléité narcissique. Un exemple qui n’a pas été toujours suivi dans l’histoire de France…

Evidemment les ombres de son règne sont nombreuses. Lui et son entourage – car ce livre les montre indissociables – ont pratiqué sans scrupule les manipulations monétaires et l’inflation pour financer leurs dépenses notamment les guerres. Ils n’hésitent jamais à recourir à une répression féroce en utilisant les armes de la diffamation contre leurs adversaires (l’accusation presque obsessionnelle de « sodomite »), persécution des usuriers (Lombard et Juifs) et à une cruauté qui fait froid dans le dos telle que l’arrestation et le supplice des Templiers auxquels il reproche de former une sorte d’Etat dans l’Etat, décadent et inutile, dans un processus qui ressemble bien à une forme de terreur avant la lettre.

Et puis la fin est dramatique. Les trois fils de Philippe le Bel qui lui succèdent sont des médiocres et leur mort prématurée provoque l’extinction de la branche des premiers capétiens. Le mariage d’Isabelle la fille de Philippe le Bel avec Edouard II d’Angleterre sera directement à l’origine de la guerre de Cent ans (leur fils Edouard III revendiquant la couronne de France). La puissance dominatrice accouche de la désintégration; le passage de la puissance dominatrice sans partage à l’apocalypse et le malheur collectif est vertigineux et se produit en trois décennies. Avant une résurrection un siècle plus tard dont Jeanne d’Arc et Charles VII furent les emblématiques héros. L’histoire de France est cyclique avec ses moments de grandeur suivis d’effondrement puis de renouveau.

Maxime TANDONNET

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Interrogations sur la limite des 10 km

La nature humaine a ceci de particulier qu’elle est indéfiniment flexible: on s’habitue à tout, on finit par tout supporter et tout accepter. Cette limite des 10 km imposée depuis début mars, dont la suppression vient d’être annoncée pour le 3 mai, était une mesure liberticide. Même les régimes totalitaires du siècle passé n’y avait pas pensé pour embrigader leur société. Elle n’avait aucun précédent nulle part. La libre circulation sur le territoire national est le socle inconditionnel de toute liberté. La règle des 10 km ressemblait à une sorte de ligne de démarcation individualisée, fragmentée, émiettée à l’image de la société actuelle, applicable à chaque citoyen dans un rayon de 10 km autour de sa maison. Début mars le pouvoir justifiait cette mesure par un rythme des contaminations officiellement estimé à 20 à 22 000 jours. Aujourd’hui il serait de 30 à 35 000 jours (grosso modo) et la règle des 10 km est supprimée. Franchement, quelle logique? Il faut en déduire soit qu’elle ne servait à rien soit que sa suppression est prématurée, donc irresponsable. L’un ou l’autre. La vérité c’est quelle ne servait à rien: le virus ne se réveille pas au-delà d’une distance parcourue de 10 km. Elle n’avait de sens qu’en termes de communication politique: empoisonner la vie des Français pour leur faire croire qu’on se préoccupait de leur sécurité sanitaire. Cependant, en termes d’image narcissique, elle risquait aussi, à terme, de faire quelques dégâts. Rien de plus, rien de moins. D’ailleurs, il restera le couvre-feu à 19H tout aussi absurde et l’étranglement du commerce, de la restauration et de la culture. Que les institutions de la République gardiennes des libertés (par ex. le Conseil d’Etat) aient validé cette règle (et les autres) sans sourciller n’est pas à leur honneur. Que les « intellectuels » presque sans exception, et l’immense majorité des politiques aient accepté béatement le sacrifice de la liberté n’est pas un signe d’intelligence ni de courage. Que les médias – à l’exception notable des éditoriaux du Figaro, de Marianne, Causeur et de quelques journaux de province – se soient si facilement couchés ne les grandit pas non plus. Quant au peuple, on ne l’a pas beaucoup vu et encore moins entendu. Le peuple? Soumis, à la niche. Pauvre France…

Maxime TANDONNET

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Grand rassemblement pour Sarah Halimi

Comment dire davantage que ce que j’avais écrit (ci-dessous) lors de la décision de justice que le jugement en cassation ne fait que confirmer. Après Le drame d’Ilan Halimi en 2005, celui de Sarah Halimi. Quel que soit l’angle par lequel on prend le problème – y compris celui du discernement- le constat est celui d’un Etat, justice comprise mais pas elle seulement, qui face à l’apocalypse d’une société en pleine désintégration rongée par l’angélisme et le communautarisme, a renoncé de fait à la protéger du retour de la bête immonde, l’antisémitisme. C’est l’absence de jugement dans une affaire dont le mobile antisémite et l’intention de donner la mort sont reconnus qui est terrifiante, d’autant plus que Kobili Traore de ce que l’on sait, avait l’habitude de persécuter Mme Halimi. On sait qu’il existe des territoires perdus sur le sol de la République de plus en plus nombreux où les Juifs sont victimes de persécutions qui peuvent aller jusqu’au meurtre. Mais on refuse de le voir et de le dire et d’en tirer des conclusions et des actes. Nous sommes bien sûr entièrement solidaires du grand rassemblement au Trocadéro auquel tous ceux qui peuvent doivent impérativement se rendre. Pour reprendre (et détourner) un slogan célèbre, Aujourd’hui, nous sommes tous des Juifs français. Voici ce que j’écrivais le 21 décembre 2019, des propos n’ayant pas pris une ride:

« « La cour a donc estimé qu’il existait “des charges suffisantes contre Kobili Traoré d’avoir (…) volontairement donné la mort” à Sarah Halimi, avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme, tout en le déclarant toutefois “irresponsable pénalement”.

[…] Le meurtrier, qui a défenestré cette dame seule, âgée et en situation de fragilité, parce qu’elle était juive – mobile antisémite – ne sera pas jugé: il est reconnu irresponsable, dans le contexte d’une perte de discernement aggravée par la consommation de cannabis.

[…] Dans le même esprit, qu’en sera-t-il d’un drogué en manque qui tue un épicier pour lui voler sa caisse: sera-t-il  jugé irresponsable? L’alcoolique chronique qui prend le volant, en état de complète ébriété, et massacre une famille, père, mère et trois enfants, sera-t-il reconnu irresponsable? Quid de l’alcoolique, ivre-mort, qui tue d’un coup de fusil le gendarme venu l’interpeller? Des voyous totalement camés au cannabis ou au crack qui violent et torturent une jeune fille dans une cave seront-ils jugés irresponsables? Les bourreaux de Daesh, probablement drogués quand ils égorgeaient leurs prisonniers, ont-ils droit à la moindre indulgence pour ces crimes?

[…] Un livre récent, « L’extase totale« , le IIIe Reich les Allemands et la drogue, de Norman Ohler, (la Découverte, 2016), révèle que les soldats de la Wehrmacht et les SS et les dirigeants nazis étaient lourdement drogués à la pervitine, une substance de type amphétamine qui leur donnait un sentiment d’invulnérabilité et décuplait leur cruauté. Le fait qu’ils aient été drogués, bel et bien drogués, rendus par les amphétamines encore plus barbares que de nature, doit-il susciter la moindre sensation d’indulgence envers les monstres et les tortionnaires qui ont dévasté l’Europe, provoqué l’anéantissement de 50 millions d’hommes de femmes et d’enfants, et procédé à l’extermination méthodique, à l’échelle industrielle, de six millions de Juifs dans les conditions d’une barbarie indescriptible? Evidemment, non.

A moins que ce jugement, et au-delà de ce cas d’espèce, ne soit le reflet subreptice de l’évolution générale du monde, sa crétinisation à travers l’oubli de l’histoire, une indulgence lâche et coupables envers certains bourreaux, et une sinistre accoutumance au retour de la bête immonde, notamment la barbarie antisémite?

En tout cas, ma solidarité est totale envers tous ceux qui, comme moi, dans un climat général d’atonie, d’indifférence, de banalisation, s’interrogent, s’interrogent sur le sens de ce jugement. »

Maxime TANDONNET

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« Déconstruire notre propre histoire »

M. le président a déclaré à une chaîne de télévision américaine: « We have in a certain way to deconstruct our own history. » Comment analyser cette importante déclaration? Elle semble se rattacher à l’idéologie de la repentance: il faut passer notre histoire au peigne fin pour se repentir du mal que nous avons causé. Elle est dans la lignée d’interventions passées du chef de l’Etat en Algérie sur la colonisation française « crime contre l’humanité« . Elle s’inspire aussi de l’idéologie dominante sur les campus, les médias et voire le gouvernement américains dite du « cancel culture« . La société occidentale doit s’excuser en s’agenouillant des maux du passé, esclavagisme, racisme, colonialisme. Cette idéologie se traduit dans les faits par l’appel au déboulonnage des statues de Washington, Colbert ou Churchill et de toute personnalité suspectée de connivence avec un passé maudit. Elle se traduit aussi par la réécriture des œuvres littéraires à l’image du roman d’Agatha Christie « Les dix petits nègres rebaptisé « Ils étaient dix ». Plus profondément, ce courant se rattache aux idéologies de la table rase : déconstruire l’histoire pour produire un homme neuf, déraciné, débarrassé de sa culture et de la conscience de son identité, ainsi aisément manipulable, un principe qui fut à la source des systèmes totalitaires. Appliqué à la France actuelle, ce retour à la table rase qui s’exprime dans l’idée de déconstruire l’histoire est dans la continuité d’une logique de désintégration des fondements de la société: suspension de fait de la démocratie parlementaire, affaiblissement des collectivités locales par des coupes sombres, abattement des institutions (l’ENA pour la plus récente) puis déconstruction de l’histoire et dévalorisation de la langue française comme piliers de la communauté nationale. Et sur le champ de ruine d’une nation, engendrer l’amour et la sublimation de l’image du chef comme dans un gigantesque hologramme. Mais ce schéma comporte une faille: il suffit d’un rien pour que l’amour-allégeance d’un peuple recherché se transforme en rejet viscéral.

Maxime TANDONNET

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Le niveau du personnel politique français baisse dramatiquement (Le Figaro 20/04/21)

Ci dessous le lien de l’article dans le Figaro.

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Lecture: France démocratie défaillante – il est temps de s’inspirer de la Suisse – François Garçon, éditions l’Artilleur 2021

Toute réflexion sur la crise de la démocratie mérite d’être saluée. Celle de M. François Garçon, maître de conférence à Paris I, est particulièrement vivifiante et nourrit un débat central de notre époque. L’auteur commence son propos par un état des lieu du déclin scolaire français. « Pour les tests PIRLS, la France non seulement rétrograde encore par rapport à la précédente évaluation (elle est le seul pays dans ce cas avec la Hollande), mais, en trente-quatrième position, somnole parmi les cancres. » Cette abaissement intellectuel est à la source de toutes les reculades manifestes, sur les plans économique, scientifique, international…

Pour l’expliquer, François Garçon développe une critique radicale du modèle de gouvernance français (qui dépasse le champ de la politique). Il dénonce la morgue des élites dirigeantes envers le peuple comme un mal chronique : « L’arrogance, chaque citoyen français en a reçu son lot. Mais l’arrogance est plus visible, plus démonstrative chez les dominants, chez qui elle prolonge le statut social et le souligne. Chez eux, l’imprégnation se renforce tout au long du parcours de formation. Nous étions les plus beaux, les plus intelligents, les plus honnêtes et les détenteurs de la légitimité, ose dire Simon Nora, un connaisseur. »

L’auteur fustige une culture du pouvoir touchant tous les milieux – politique, administratif, éducatif ou secteur privé – issue d’une éducation qui voue un culte à la mégalomanie narcissique, à la puissance solitaire du décideur convaincu de sa supériorité. Il attribue l’affaiblissement de la France à « l’individualisme forcené » des élites, à la faiblesse du dialogue et de l’écoute, à la verticalité et au mépris des gens. « Une des affectations graves du management français est l’autoritarisme. La France se caractérise par sa culture d’autorité […] Pour en prendre la mesure, il ne faut guère compter sur la lucidité des intéressés, tous convaincus de leur capacité à savoir diriger, contrôler, ordonner […] Quand un individu est convaincu d’être capable de prendre tant de décisions vitales dans l’entreprise où il a posé ses valises huit jours auparavant, il est logique de crucifier les esprits simples qui prétendent avoir un avis divergeant du vôtre ». Le constat est imparable… L’analyse des causes de cette dérive – issue principalement selon M. Garçon du système des grandes écoles – plus discutable. La critique de l’élitisme a en tout cas l’avantage d’ouvrir et de stimuler un passionnant débat d’idées.

Selon M. Garçon, le système politique français touche aujourd’hui au paroxysme de cette dérive à travers une invraisemblable chute dans l’autocratie. L’auteur développe à cet égard une vision d’une rare lucidité [que pour le coup, je partage à 100%] : « … ce drôle de modèle hyper-présidentiel que ses fondateurs souhaitaient doter de fondations solides et stables pour en finir avec la IVe République. Aujourd’hui, le système politique français est peut-être le plus fragile d’Europe occidentale: bousculer le capitaine – et lui seul – suffit pour provoquer la catastrophe, ce qu’ont bien compris les naufrageurs. » Il déplore les gadgets inventés par le pouvoir politique pour faire semblant de restaurer le lien démocratique: « Et si, tout simplement, le tirage au sort n’était là que pour éviter de consulter directement les citoyens, tous les citoyens. »

Sans forcément le copier en tous points tant les deux nations sont différentes par leur démographie, leur géographie et leur culture, M. Garçon suggère de s’inspirer du modèle suisse dont il est un fin connaisseur pour sortir de l’impasse. « Et si, à propos de la démocratie directe, on parlait enfin sérieusement? De la Suisse par exemple! » Il détaille les modalités d’une gouvernance politique a minima: présidence tournante, « ni vague, ni bruit lorsqu’à Berne, tous les quatre ans, au sein du Palais fédéral, les élus du peuple reconstruisent l’entier exécutif du pays. » Il présente une démocratie suisse apaisée et préservée, à l’inverse de la politique française, du naufrage dans l’hystérie comme masque de l’impuissance et des échecs (polémiques quotidiennes, coups de mentons stériles, postures narcissiques).

Puis il explique longuement le modèle de la démocratie directe, fondée sur une pratique fréquente du référendum. « Il est exact que les Suisses votent beaucoup, au minimum quatre fois par an […] les électeurs se prononcent sur des lois qu’élus et gouvernement leur soumettent (référendum obligatoire), ou que les citoyens contestent (référendum facultatif), ainsi que sur des projets de lois initiés par les citoyens contournant les assemblées élues et qui, se faisant, font valoir leur point de vue (initiative populaire). » Chaque vote donne lieu à un important travail d’information et d’explication destiné à l’électeur.

L’auteur ne voit pas forcément dans ce modèle une solution miracle aux problèmes de la France. Il estime simplement que la France pourrait en tirer partie en l’adaptant à ses caractéristiques. Il réfute l’idée que les Français ne seraient pas aptes à pratiquer une part de démocratie directe et seraient voués à sombrer dans la démagogie: « Les Français ne sont pas des idiots. » En tout cas, dans leur grande majorité, pas moins responsables ou éclairés que les Suisses.

Maxime TANDONNET

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Gauche écolo-socialiste, l’incroyable non-dit

« Entre 24 et 26%, pas plus. Le total d’intentions de votes à gauche est l’un des plus faibles de toute l’histoire de la Ve République. C’est dire l’urgence pour ces formations politiques, qui se réunissaient toute la matinée, ce samedi 17 avril, dans un hôtel parisien du 19e arrondissement. » Nous vivons dans un monde virtuel de faux-semblants, de clair-obscur et de non-dit. Il est phénoménal que nul n’ait la lucidité ou le courage de dire la vérité. La gauche française n’est pas à l’agonie. Elle a juste changé de nom. M. Macron en a emporté avec lui l’essentiel: la plupart des hommes qui constituent son entourage (Ferrand, Veran, le Drian, etc.), et surtout le programme: voir la vertigineuse explosion des dépenses de l’Etat, le célèbre et socialiste « quoi qu’il en coûte », répétition de « c’est gratuit, c’est l’Etat qui paye », l’explosion sans précédent des flux migratoires, PMA sans père, interruption médical de grossesse à 9 mois pour détresse psycho sociale, communautarisme forcené et repentance (colonisation = crime contre l’humanité) flambée de la délinquance et de la violence à laquelle M. Jospin n’a rien à envier. Il a maquillé le tout en « nouveau monde » rebaptisé parti socialiste en LREM, débauché un quarteron d’opportunistes, et le tour était joué. Voilà pour quoi la gauche à l’air de crever. De fait, elle est au pouvoir sous d’autres formes depuis 9 ans. Faut-il être bête ou hypocrite pour ne pas le voir…

Maxime TANDONNET

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Penser l’alternance (entretien avec Atlantico)

– Bien placés dans la compétition des régionales, après des municipales plutôt réussies, les Républicains ne semblent pas aujourd’hui en mesure de transformer l’essai au niveau national. Comment peut-on expliquer cet échec ? Le manque de candidat faisant l’unanimité est-il vraiment la seule raison ?

Les résultats nationaux des dernières élections municipales de 2020 ont montré que le courant politique que représentent les Républicains et leurs alliés était dominant dans le pays sur le plan local : 2,65% à l’extrême gauche ; 29, 63% à la gauche ; 4,38% aux Verts ; 15,98% au Centre (dont 2,22% à LREM, le parti du chef de l’Etat) ; 33, 71% à la droite ; 3,33% à l’extrême droite. Les sondages des régionales confirment cette domination. En revanche, les LR ne parviennent pas à s’imposer sur le plan de l’élection présidentielle où invariablement, les sondages annoncent un duel de second tour le Pen-Macron et une réélection de ce dernier.  Pourquoi ? D’abord les élections locales confirment des implantations anciennes qui bénéficient à LR. Ensuite la sensibilité de droite sur le plan des idées est probablement la plus proche de l’état d’esprit actuel des Français qui l’expriment dans des élections territoriales. Cependant, au niveau de l’élection présidentielle, à ce stade, les LR ont toutes les peines à s’imposer, sans doute parce qu’ils n’ont pas de leader naturel et aussi parce que les stigmates des grands scandales nationaux notamment le drame de la présidentielle de 2017, continuent d’imprégner la conscience politique. La confiance du pays n’est pas encore revenue…

– Selon le dernier sondage Ifop, dans l’hypothèse où il serait le candidat de la droite, Xavier Bertrand s’impose chez les 65 et plus (27% d’intention de vote, deuxième derrière Macron) mais ne séduit pas les catégories populaires (10% d’intentions de vote), ni les CSP+ (12%), ni les jeunes (2%). Comment expliquer un partage de l’électorat si déséquilibré ? 

« Il ne séduit pas ». Vous touchez à l’essentiel autour de la notion de séduction. En effet, Xavier Bertrand, comme d’ailleurs Bruno Retailleau, ne séduit pas, il n’est pas dans une logique de séduction. La politique est devenue avant tout un grand spectacle médiatisé. L’élection présidentielle est avant tout une affaire de séduction. A travers une posture, des slogans et des sourires, elle se joue sur la capacité à séduire des catégories d’électeurs. Cette séduction fit la force de M. Macron. Mais Xavier Bertrand n’est pas sur ce registre. Son style ne se prête pas à la séduction. D’une certaine manière, il tente de renouer avec la politique ancienne manière fondée sur le « faire » plutôt que le « paraître », le débat d’idées et le projet plutôt que le charme personnel. D’où les 2% que lui attribue ce sondage chez « les jeunes » qui ont grandi dans un climat plus propice aux héros des jeux vidéo et aux paillettes de la télé-réalité qu’à l’enseignement de l’histoire. La question est de savoir si, en douze mois, il est envisageable, pour lui ou tout autre, de réconcilier une Nation et notamment sa jeunesse avec la politique au sens noble du terme en l’arrachant à la logique de l’esbroufe. Ce n’est pas gagné…

– Le fait que les hypothèses les plus “crédibles” pour l’instant pour la droite soient des candidats qui ne sont plus à LR (Pécresse et Bertrand) est-il un élément d’explication de la panne du parti au niveau national ?

Une certaine confusion n’arrange sans doute pas les choses. Deux candidats potentiels sont hors du parti. Le seul candidat quasi déclaré interne au parti, M. Retailleau, ne fait pas l’unanimité dans l’état-major du mouvement. L’autre candidat potentiel en interne, M. François Baroin entretient le plus grand flou sur ses intentions. M. Wauquiez pour sa part fait régner le doute en annonçant qu’il ne restera pas inactif. D’autres LR, minoritaires, sont clairement entrés dans une logique de reniement de leur « famille » en se ralliant, par calcul opportuniste, à la candidature de M. Macron. En outre, la discussion complexe et indécise sur les primaires rajoute de la confusion à la confusion. Tout ce désordre ne contribue évidemment pas à convaincre ni à restaurer la confiance envers la droite sur le plan national. 

– Si Emmanuel Macron ne réussit pas à créer d’ancrage local, est-ce le problème inverse que l’on constate chez LR ?

C’est-à-dire que l’on observe un découplage entre le la vie politique locale et nationale. Dans la première, la vie politique locale, subsistent encore quelques notions de préférence politique, de projet et d’action pour un intérêt collectif. La seconde, la vie politique nationale, otage du pouvoir médiatique, est de plus en plus hors sol, déconnectée du réel, vécue comme un jeu vidéo, une émission de télé-réalité où s’affrontent des idoles. De fait, ni M. Macron ni Mme le Pen n’inspirent la confiance, l’estime ou la sympathie de la France profonde, mais ils s’imposent comme les figures obligées du Grand Guignol médiatique qu’est devenue la politique nationale. La logique de l’élection présidentielle dans le système du quinquennat – qui soumet les législatives au résultat des présidentielles – est profondément absurde et anti-démocratique : un jeu de séduction et de propagande médiatique devient la clé unique de l’avenir politique de la France. Tout débat d’idées et de projet est désormais réduit à néant par cette logique d’idolâtrie et de culte de la personnalité. Si des élections législatives authentiques, comme dans toutes les démocraties européennes avaient lieu, indépendamment des présidentielles, il ne fait guère de doute que la droite majoritaire aurait de bonnes chances de reprendre le pouvoir et de gouverner. Tel n’est pas le cas aujourd’hui. Le tout « présidentiel » cultive la bêtise, l’esbroufe, la mégalomanie et la médiocrité, la soumission à des idoles d’une rare médiocrité et aggrave l’extrémisme et la division du pays. Il est une des causes évidentes du naufrage français, sanitaire, économique, social, intellectuel. Mais comment faire comprendre cela aujourd’hui ?

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La liberté crucifiée dans l’indifférence

Rien n’est plus fascinant que l’indifférence générale qui accompagne l’assassinat de la liberté.

Rien n’est plus fascinant que l’indifférence générale qui accompagne l’assassinat de la liberté. Certes, la routine est toujours la complice du despotisme. Les Français subissent depuis un an des contraintes monstrueuses qu’aucune guerre ni aucune occupation n’avaient justifiées: interdiction de se déplacer à plus de 10 km, couvre-feu systématique à 19H, interdiction de se rendre dans les bars et les restaurants ou d’acheter des vêtements, bannissement de la circulation interdépartementale et des voyages. Ces mesures indéfiniment prolongées touchent au paroxysme de l’absurdité bureaucratique. Quoi, le virus se propagerait après 19H et non avant? On serait davantage contagieux au-delà de 10 km? Les vêtements, un bien non essentiel? L’objectif des dirigeants est d’imposer une pénitence au pays pour donner l’illusion de leur volontarisme face à l’épidémie. Gouverner, c’est accabler et asservir. Cette stratégie de communication est au prix de l’abolition de la liberté, c’est-à-dire d’un brutal changement de civilisation. Jamais, contrairement à un mensonge répandu, les autres Nations occidentales ne se sont engagées dans la voie d’une extinction aussi totale et aussi durable de la liberté. Croire que celle-ci reviendra d’elle-même à la fin de la crise sanitaire est illusoire. Un abominable précédent a été ouvert. Demain, la moindre crise sanitaire (ou d’un autre genre) justifiera de futurs barreaux et contraintes. La peur est le carburant de cette manœuvre. Il faut l’agiter en permanence pour asservir le grand troupeau docile. « Hommage aux 100 000 morts du covid-19 » nous disent-ils, tétanisés par la perspective de devoir un jour rendre des comptes. Et les millions de Poilus de 14-18 ou combattants et Fusillés de 40-45 qui ont donné leur vie pour cette liberté qu’ils détricotent jour après jour? Mais le pire de tout, c’est l’indifférence générale ou formidable aveuglement par lesquels l’anéantissement de la liberté se produit sans obstacle. Comment en arrive-t-on à un peuple aussi résigné, aussi servile? Par quel épouvantable scandale le monde politique, en dehors d’une infime poignée d’exceptions (Mme Martine Wonner ou M. David Lisnard), se montre totalement silencieux face à cette tragédie liberticide? Les autres, tous les autres, s’enferment dans le silence de la lâcheté et du conformisme. Et pourquoi l’invraisemblable mutisme de la plupart des intellectuels Français, si prompts à verser dans l’indignation à tout propos? (Sauf une poignée de personnalités à l’image d’André Comte-Sponville). Encore plus terrible que n’importe quelle tyrannie: la soumission.

Maxime TANDONNET

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La France déboussolée (pour Figaro Vox)

La France, empêtrée depuis plus d’un an dans la crise sanitaire donne en ce moment l’image d’un pays déboussolé, privé de ses repères éthiques et intellectuels, déchiré entre des attentes contradictoires.

[Suite du billet d’hier]

La France, empêtrée depuis plus d’un an dans la crise sanitaire donne en ce moment l’image d’un pays déboussolé, privé de ses repères éthiques et intellectuels, déchiré entre des attentes contradictoires. D’une part, il est en quête d’ordre et de fermeté dans la lutte contre la covid-19. Les enquêtes d’opinion montrent régulièrement qu’une majorité ne dirait pas « non » au « confinement dur », c’est-à-dire un emprisonnement à domicile de la population. Mais paradoxalement, le pays profond ne supporte plus la banalisation de brimades bureaucratiques qu’il ressent comme absurdes et inefficaces : masques obligatoires sur les plages désertes et balayées par le vent, achats interdits de vêtements considérés comme un bien « non essentiel », interminable couvre-feu suspecté d’attiser l’épidémie en concentrant les déplacements, et partout, étranglement de la liberté de circulation et prolifération de contrôles tatillons et répressifs.

Comme dans les périodes les plus tragiques de l’histoire, cette frustration ou humiliation collective finit par attiser des comportements aux connotations les plus sinistres : surveillance et suspicion généralisées, jalousies de clocher. L’esprit de délation se banalise : la chasse au voisin qui danse derrière sa fenêtre, ou de familles dans la forêt ou sur une plage sans masque ; la hantise des « restaurants clandestins » et des « puissants » soupçonnés de les fréquenter. Les émissions délatrices sont à la mode, les vidéos circulent livrant au lynchage et à la honte – sans que cela ne paraisse gêner quiconque. On invente des ministres ou autres « stars » qui se gavent secrètement au détriment du bon peuple. Les dénonciateurs se livrent à la traque acharnée des messes sans masques, des cafetiers qui tentent de survivre en vendant des cafés sur le trottoir ou des magasins qui ont négligé de clôturer le rayon des chaussettes pour enfant. Les appels anonymes prolifèrent au sujet du bruit des voisins que l’on soupçonne de recevoir plus de six convives ou pour dénoncer le jeune d’en face ou la mère de famille rentrée à la maison après 19H. A quoi bon les rappels historiques – hélas nombreux – auxquels ces dérives conduisent tout naturellement ?  Le naufrage actuel suffit de lui-même à susciter un dégoût de bon aloi…

La tragédie politique française est au cœur du sinistre. Aujourd’hui, seuls 35% des Français font confiance à l’exécutif pour faire face à la crise sanitaire (ifop-jdd). Dans une période aussi dramatique, un niveau de défiance à tel point dégradé donne le vertige. L’épidémie de covid 19 a profondément aggravé la fracture démocratique entre la France profonde et sa classe dirigeante. Comment diriger un peuple dès lors que le lien de confiance – le gouvernail – est brisé ? La parole politique ne veut plus rien dire. Dans un climat de suspicion généralisé, les annonces et promesses de l’exécutif (sur les vaccins par exemple) se perdent dans un abîme d’incrédulité et de scepticisme. Dans son rôle de contrôle de l’exécutif, le Parlement est de fait suspendu. Les mécanismes de mise en jeu de la responsabilité de dirigeants politiques déconnectés du réel sont annihilés. Le matraquage sondagier voue les Français à une obscure répétition du duel Macron/le Pen en 2022, les privant pour l’instant de toute espérance démocratique crédible. Alors que la désintégration s’accélère, une seule question hante les esprits : quand viendra la première lueur d’espérance, le bout du tunnel ? Il manque cruellement au pays une vision et une voix de sagesse ou de vérité.

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Une atmosphère répugnante

Attention: on s’habitue à tout. L’habitude, la routine est le meilleur allié de l’asservissement. Ce qui se passe en France, dans une indifférence comparable à celle des bovins qui regardent passer un train, est inouï.

Attention: on s’habitue à tout. L’habitude, la routine est le meilleur allié de l’asservissement. Ce qui se passe en France, dans une indifférence comparable à celle des bovins qui regardent passer un train, est inouï. Depuis un an, les brimades absurdes envers la population se multiplient dans la plus grande banalisation: masques obligatoires sur les plages désertes et balayées par le vent, achats interdits de vêtements considérés comme un bien non essentiel (tous à poil?), invraisemblable et interminable couvre-feu qui ne fait qu’attiser l’épidémie en concentrant les déplacements et partout, foisonnement de barbelés invisibles et de contrôles bureaucratiques tatillons et répressifs. L’anéantissement systématique de la liberté est cependant plutôt bien accepté par la foule, sous l’emprise de la peur… Tout cela consiste à frapper la population dans une logique de pénitence collective pour donner l’illusion du volontarisme face au covid-19. Mais il y a pire, cent fois pire: une souffrance et une humiliation, une frustration collective qui se transforment en esprit de délation. C’est le pire de l’humanité qui envahit les consciences: la chasse au voisin qui danse derrière sa fenêtre, ou de la famille sur une plage sans masque, la hantise des « puissants » soupçonnés de fréquenter des « restaurants clandestins » et les vidéos qui circulent dénonçant tel ou tel et le livrant au lynchage et à la honte. La traque acharnée au tenancier de bar qui tente de survivre en vendant des cafés sur le trottoir. Les appels anonymes qui foisonnent pour dénoncer le jeune d’en face rentré chez lui après 19H. Bon. Les comparaisons historiques viennent à l’esprit, inutile d’en abuser dans des contextes et avec des conséquences différents. Mais quand même, la nature humaine ne change pas. Avec ses côtés les plus répugnants. Et là, cela devient franchement nauséabonde. Et jusqu’où?

Maxime TANDONNET

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Le « lèchomètre » de Marianne

L’obséquiosité est un authentique fléau de la vie publique. Elle détourne le prince de la vérité, notamment sur lui même, aggrave la déconnexion des dirigeants leur narcissisme et leur aveuglement. Elle les éloigne de l’écoute et du bon sens en magnifiant leur mégalomanie. Elle favorise le copinage, le clanisme, ou l’entre-soi selon la formule à la mode. En sublimant la vanité des gouvernants, elle encourage leur mépris des gouvernés. En voici un impressionnant florilège, emprunté au journal Marianne qui dénonce ce phénomène.

« 1er – Bruno Le Maire (au sujet du psdt Macron) : « Il se tut, me fixa de son regard bleu sur lequel glissaient des éclats métalliques, comme un lac accablé de soleil dont il aurait été impossible, sous le scintillement des reflets, de percer la surface. » (L’Ange et la Bête. Mémoires provisoires, Gallimard, 2021)

2e – Jean-Michel Blanquer : « Le président a acquis une vraie expertise sur les sujets sanitaires. Ce n’est pas un sujet inaccessible pour une intelligence comme la sienne. » (Le Monde 30 mars 2021)

3e – Christophe Castaner : « J’assume cette dimension amoureuse, […] Emmanuel Macron est fascinant. Tout l’est chez lui : son parcours, son intelligence, sa vivacité, sa puissance physique même… » (Le Point 29 septembre 2017)

4e – Richard Ferrand : « Comme de Gaulle, il a une vision. Comme Pompidou, c’est un homme de lettres. Comme Giscard, un inspecteur des finances, comme Mitterrand, un homme d’histoire. Comme Chirac, il est empathique. Il a un vrai intérêt pour les gens. Quand il croise quelqu’un, il passe du temps avec lui, c’est pour ça qu’il est toujours en retard. Mais comme Sarkozy, il est hyperénergique et comme Hollande, il a de l’humour. Ce mélange fait sa singularité. » (Le Parisien 19 octobre 2017)

5e Bernard-Henri Lévy : « Il y a […] dans sa passion joyeuse, dans son optimisme juvénile et raisonné, fervent et didactique, quelque chose qui, d’ores et déjà, répond au malaise dans la civilisation française. » (L’Express 8 mai 2017)

6e Frédéric Mitterrand : « La France va être amoureuse de Macron […] Il va y avoir un sentiment très profond d’attachement, de séduction devant les utopies qu’il met en scène, mais aussi d’émotion devant sa fragilité. » (Le Figaro, 9 mai 2017) »

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Réflexion sur le remplacement de l’ENA par l’ISP

Réaction entendue partout: simple opération de communication politicienne qui ne change pas grand chose. C’est une erreur. Le symbole compte. Dans le remplacement de l’ENA (école nationale d’administration) par l’ISP (institut du service public), toute une idéologie est à l’oeuvre. L’école disparaît donc, remplacée par un institut. Le mot école implique un enseignement, un apprentissage. Or, notre époque si bien, incarnée par le président Jupiter, se distingue par son mépris de la connaissance et de l’intelligence, comme le souligne le saccage de l’éducation nationale et des enseignements de l’histoire, du français et des sciences. Elle rêve secrètement de construire un homme acéphale, inculte et soumis à toutes les influences. Exit le terme école. Quant au mot national, le mal absolu aux yeux de dirigeants post frontières et post nationaux, il fallait évidemment qu’il disparaisse. Enfin administration signifie ordre, autorité, organisation, et cela déplaît évidemment aux chantres du chaos moral sur lequel s’enracine leur délire narcissique. Les noms, les mots ont une valeur. Remplacer l’ENA par l’ISP, changer un nom pour couvrir les échecs et l’impuissance, cela n’a rien d’anodin. Le message qui est derrière est celui de la dévalorisation du service de l’Etat et du mépris de ses serviteurs. Je souhaite de tout cœur que ce travail de sagouin se paye un jour et chèrement. Que les jaloux et les imbéciles se réjouissent de la disparition annoncée de l’ENA est finalement assez conforme à la nature humaine. Que ceux qui doivent en grande partie leur carrière à cette école en soient les destructeurs ou se frottent les mains est autre chose: un truc de salauds, au sens ou l’entendait Jean-Paul Sartre.

Maxime TANDONNET

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Suppression de l’ENA, une mesure démagogique (pour Figaro Vox)

Pour la seconde fois en deux ans, après l’annonce du 15 avril 2019, la suppression de l’ENA a été annoncée par le président de la République. La période se prête en effet à une opération de ce genre. L’actuelle équipe au pouvoir avait promis « un nouveau monde » en 2017. Or, faute de nouveau monde, elle se trouve plongée dans un indescriptible chaos. Après la crise des gilets jaunes et du mouvement social, l’épidémie de covid 19 s’est traduite par une succession de désastres : environ 100 000 morts selon les statistiques, étranglement de la liberté individuelle dans le contexte d’un enchaînement de confinements et de couvre-feu, calvaire des restaurateurs, commerçants, professionnels de la culture et des étudiants, affaire des masques, puis des tests et aujourd’hui, des engagements jamais tenues en matière de nombre de places de réanimation. 

Comment, dans un tel contexte, ne pas céder à la tentation de jeter cette école en pâture à la vindicte populaire, en faire le coupable idéal à la place des vrais responsables, c’est-à-dire les décideurs politiques dont la mission est de diriger le pays? Et par la même occasion de déclencher un psychodrame qui va mobilier le monde politico-médiatique et exercer un opportun effet de diversion par rapport aux vrais problèmes des Français ?

Le discours officiel annonce le remplacement de l’ENA par une autre école équivalente portant un autre nom.  L’opération ne serait-elle dès lors que de pure communication ? Sans doute ne peut-elle se réduire à cette seule dimension. En détruisant le symbole ENA, l’idée est bien de déstabiliser un mode de recrutement par le travail et le mérite personnel. Le projet s’inscrit dans la même logique que la suppression du concours d’entrée à science po et les grandes écoles. Au fond, il vise à faciliter un mode de recrutement par la cooptation. Le choix des ambassadeurs, des préfets, des directeurs d’administration sera laissé avant tout à la discrétion des responsables politiques, aux ministres, qui recruteront des collaborateurs dans la société civile, en fonction de leurs réseaux de relations. Or, où iront-ils puiser en priorité ? Sans doute dans les pépinières traditionnelles des partis politiques que sont les militants dévoués à leur cause à l’image de ce que fut longtemps l’UNEF pour le parti socialiste. On peut aussi imaginer que les liens familiaux, amicaux, claniques soient fortement sollicités. Le danger est ainsi de favoriser encore plus à l’avenir le népotisme et le copinage, c’est-à-dire une fonction publique dès lors fondée sur l’obséquiosité plutôt que sur le mérite.

L’accusation qui est faite à cette école de favoriser les inégalités sociales est d’ailleurs fallacieuse. Les statistiques montrent bien au contraire qu’elle permet à des personnes de différents milieux, sans relations, de se hisser par leur seul travail et performance intellectuelle au plus haut niveau de l’État. Certes, à l’image de la société française, la part des milieux aisés est surreprésentée à la sortie de l’ENA comme elle l’est dans toutes les sphères dirigeantes ou influentes. Mais qu’en sera-t-il le jour où le recrutement de la haute fonction publique sera livré aux réseaux familiaux, politiques et claniques ? Quant à l’idée reçue selon laquelle l’ENA serait un « moule » de la pensée unique, elle est particulièrement injuste dès lors que les « énarques d’aujourd’hui », issus de trois concours, dont la moyenne d’âge est autour de la trentaine, proviennent de formations ou de milieux professionnels les plus diversifiés et que la scolarité se déroule pour l’essentiel sous la forme de stages.

Certes le reproche d’arrogance que l’on fait habituellement à cette école tient au comportement détestable d’une infime minorité de ses anciens élèves qui l’ont utilisée comme tremplin d’une carrière politique. Or ceux-ci ne représentent guère plus de 1 à 2% des anciens élèves d’une institution dont ils sont les fossoyeurs. Les autres, l’immense majorité, sont des hauts fonctionnaires qui ont choisi le beau métier de serviteur de l’État et de leur pays, remplissent leur mission dans l’anonymat et la discrétion, face à des circonstances parfois difficiles. Ils ont choisi la voie de l’épreuve intellectuelle du concours pour se donner un métier, préfet, ambassadeur, directeur d’administration centrale, plutôt que le jeu des réseaux claniques, familiaux et du copinage qui caractérise la plupart des autres filières de promotion sociale. L’ENA n’est évidemment pas intouchable et toutes les idées de réformes de son mode de recrutement et de sa formation sont les bienvenues. Toutefois supprimer l’ENA faire de cette Ecole le bouc émissaire des lâchetés, des échecs des renoncements et de la bêtise ambiante, serait une mesure démagogique.

Maxime TANDONNET

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Fabrique d’un « sauveur providentiel » (pour Figaro vox)

« Depuis près de deux siècles, l’appel au sauveur ne cesse de retentir dans notre histoire. De Napoléon Bonaparte à Philippe Pétain et à Charles de Gaulle, en passant par Boulanger, Poincaré ou Doumergue, autour d’un personnage tend à se former une même constellation d’images ». Dans son chef d’œuvre, Mythes et mythologies politiques, Raoul Girardet situe le recours à l’homme providentiel en temps de crise parmi les piliers de l’imaginaire politique national.

A l’heure actuelle, en pleine tourmente liée à la crise sanitaire, les sondages mettent en avant un phénomène qui ressemble bel et bien à l’émergence d’un sauveur providentiel. Celui-ci ne serait autre que l’ancien Premier ministre M. Edouard Philippe (2017-2020).  A l’heure où la confiance du pays dans le monde politique donne tous les signes d’un effondrement, la cote de popularité de l’ex occupant de Matignon, elle, bat tous les records : 45 % d’adhésion selon Odoxa; en tête des personnalités préférées des Français avec 41 % de bonnes opinions selon BVA ; écrasant toutes les personnalités politiques avec 54% pour l’institut Elabe. M. Philippe fait la Une du Point et de l’Express. Il focalise l’attention des médias autour d’un mystère : sera-t-il candidat à la présidentielle de 2022 ?

L’engouement autour de l’ancien Premier ministre ne doit rien au hasard. Le chef de l’Etat et son gouvernement sont empêtrés dans la crise du covid-19. Les statistiques officielles font état de près de 95 000 victimes. La succession des confinements et du couvre-feu a eu pour effet de restreindre gravement la liberté individuelle. La démocratie parlementaire a été suspendue de fait. Les déficits publics et la dette ont pris des proportions titanesques. Sous le couvercle d’un « absurdistan » bureaucratique, des millions de Français ont été précipités dans la détresse : commerçants, restaurateurs, gens de la culture, étudiants… L’exaspération gagne et la crise sanitaire menace de dégénérer en crise politique. Seuls un tiers des Français font encore confiance au gouvernement (IFOP-JDD). La cote du chef de l’Etat est de nouveau en chute libre. Pis : plusieurs sondages récents ont semé le doute sur la perspective de sa réélection à l’occasion d’un second tour de présidentielle face à la candidate lepéniste.

Tout se passe comme si le pouvoir médiatique cherchait dès lors un remplaçant potentiel à l’actuel occupant de l’Elysée et voyait en Edouard Philippe un recours. Et pour la première fois depuis des années, une personnalité politique – autre que le télévisuel M. Hulot – effectue un raid solitaire au sommet des sondages. Mais par-delà son exposition médiatique, le personnage d’Edouard Philippe ne manque pas d’atouts dans ce rôle de sauveur providentiel. Son profil de sage, de raisonnable et de modeste contraste avec celui du président-Jupiter. Consensuel, il rassure une partie de l’électorat de droite et LREM mais aussi à gauche. Il sait cultiver une apparence sobre, sérieuse et intègre. Patient, il attend son heure sans précipitation ni le moindre signe de déloyauté ou d’ambition débridée. Le personnage, jusque dans son emblématique barbe blanche et noire, devenue familière aux Français, ne manque pas d’allure ni de noblesse, ni de stature… Eloigné du pouvoir, il bénéficie même d’un effet de victimation lié à son éviction de Matignon l’an passé.

Véritable adhésion populaire ou simple feu de paille sondagier comme la France en connaît avant chaque élection présidentielle ? Si la politique n’est plus qu’une affaire de séduction, de posture et d’image médiatique, M. Edouard Philippe a toutes les chances de rester durablement au sommet des sondages voire de s’imposer tôt ou tard dans la conquête de l’Elysée. En revanche, si la raison critique y garde encore une place, sa position peut s’avérer plus complexe. En effet, la difficulté pour lui est, en toute bonne foi, de se démarquer du bilan de l’actuel quinquennat dont il fut pendant trois ans le principal acteur auprès du président Macron. Comment faire oublier la limitation de vitesse à 80 km/h et la taxe carbone qui furent le éléments déclencheurs de la crise des Gilets Jaunes ? Puis les reculades ? Et le fiasco de la réforme des retraites après deux mois de blocage du pays ? Un bilan plus que préoccupant en matière de maîtrise de l’immigration, de violence, d’ensauvagement de la société et de poussée de la misère ? Et les errements initiaux dans la crise sanitaire (masques, tests, confinement). Bref, comment faire oublier le chaos de trois années d’un quinquennat ? … Au fond, l’avenir politique proche de M. Edouard Philippe dépend avant tout du niveau de la mémoire collective.

MT

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Ces rêves d’enfant qu’ils veulent contrôler

« L’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfant » a déclaré la maire écologiste de Poitiers, déclenchant une polémique. Les psychodrames suscités par la gauche municipale, écolo-socialiste, se multiplient: menus végétariens dans les cantines à Lyon, interdiction du sapin de Noël à Bordeaux, réunions racisées et obligation « de se taire » pour les blancs à Paris et, désormais, bannissement du rêve aérien qui se concrétise à Poitiers par le retrait de subvention à une association qui aide des enfants handicapés à accomplir leur baptême de l’air. Une gauche en voie de radicalisation idéologique accélérée met à profit la bonne vieille méthode de la provocation: lancer des ignominies pour exister et faire parler de soi dans les médias. Notre premier réflexe naturel était de les ignorer pour ne pas tomber dans le piège. Mais la nouvelle sortie sur les rêves d’enfants est tellement abominable qu’elle ne peut pas nous laisser sans réagir. Les mots manquent pour qualifier cette tentation de contrôle sur les rêves d’enfants: totalitaire? fascisante ou soviétisante (au sens historique des termes)? 1984? Ordre moral autoritaire? Peu importe. Cette prétention au contrôle sur les rêves d’enfants relève du mal absolu. Le rêve est la forme la plus achevée de la liberté. Le rêve d’enfant, le rêve aérien, celui de St Exupéry et de Romain Gary, celui du petit Prince, le rêve de ciel, d’évasion, d’étoiles, d’horizon et de grands espaces infini est la quintessence même de la liberté. C’est à elle que s’en prennent les néo totalitaires – comme si les restrictions imposées par la dictature sanitaire ne suffisaient pas. Ce pays file un très mauvais coton. Il faut se préparer au pire et à assumer un devoir de résistance par tous les moyens nécessaires.

Précision: Une vidéo de la maire Poitiers explique que « l’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants ». C’est ainsi qu’elle a expliqué son refus d’accorder une subvention à deux aéroclubs où, grâce à l’association Rêves de gosses, des gamins en situation de handicap peuvent faire leur baptême de l’air.

Maxime TANDONNET

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Joyeuses Pâques

Aujourd’hui, c’est un grand plaisir de souhaiter de joyeuses Pâques aux lecteurs, visiteurs et habitués de ce blog qu’ils enrichissent de leurs commentaires. Dans cette période si tourmentée et si inquiétante, la célébration de la vie qui l’emporte sur la mort nous offre un message d’espérance qui dépasse les seuls chrétiens et de trêve amicale ou familiale. Profitons de cette occasion pour remercier du fond du cœur tous ceux qui participent à la vie de ce site, ses 3000 à 4000 lecteurs quotidiens en moyenne, ses contributeurs quelles que soient leurs opinions, et les blogueurs associés dont les « j’aime » quotidiens sont toujours un précieux encouragement. Je pense à ceux qui sont heureux en cette belle journée notamment en famille avec des enfants, et leur souhaite de garder leur bonheur le plus longtemps possible. Je pense aussi à ceux qui sont dans la souffrance, la maladie et la solitude et qui me liront et aux chrétiens outragés et persécutés pour leur foi partout dans le monde. Je leur souhaite de tout cœur de garder l’espérance et de retrouver le bonheur avec la liberté. Avec toute mon amitié,

Maxime

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Haro sur l’Empereur ou la mémoire détournée

La tonalité générale que prend la célébration du bicentenaire de la mort de Napoléon est symptomatique de l’abrutissement de l’époque. Par exemple: « Napoléon a agi comme il l’a fait en toutes choses : sans affect, et sans morale. La Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage (FME), en cette année du 200e anniversaire de sa mort, a publié vendredi une note sur le rétablissement de l’esclavage par Napoléon. C’était en 1802. Le futur Empereur – il n’était alors que Premier Consul – avait rétabli sans état d’âme l’esclavage aboli par la Révolution. Il avait même laissé s’instaurer un régime colonial plus ségrégationniste que sous la monarchie. Jean-Marc Ayrault, ex-Premier ministre et président de la FME, explique : Cette décision n’est pas un ‘accident de parcours’ mais s’inscrit dans sa pratique du pouvoir et dans son ambition impériale. » Les chercheurs, la presse et les médias dans leur majorité, détournent l’histoire en présentant Napoléon comme à titre principal, le chantre de l’esclavagisme. Ils la réécrivent à la seule lumière des valeurs dominantes d’aujourd’hui. Mais ce faisant, ils bannissent la vérité sur l’histoire de Napoléon et son influence monumentale sur le monde contemporain. La question n’est pas de l’aimer ou de ne pas l’aimer, de défendre ou de critiquer son héritage, mais de respecter la vérité historique en abordant le personnage et son époque dans toute leur ampleur et pas seulement un aspect qui recouvrirait tout le reste. Dans l’attitude dominante, à la fois anachronique et politiquement correcte, il faut voir à la fois un résultat de l’abêtissement général et une expression de la haine de soi. Mais donnons plutôt la parole à M. Thierry Lentz dans le Figaro Vox, qui le dit infiniment mieux que nous ne saurions le faire :

« Je note une fois de plus que le bicentenaire est l’occasion de malmener Napoléon en lui accolant n’importe quel adjectif pourvu qu’il soit péjoratif. Pour ne pas effrayer nos contemporains l’exposition «Napoléon» de la Grande Halle de La Villette a prévu des focus sur les «questions qui fâchent», celui concernant la malheureuse décision de 1802 a même été réalisé sous le patronage de la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage. Quoi qu’il en soit, on est un peu déconcerté de constater que beaucoup trop d’intervenants dans ce débat ne se soucient guère d’expliquer, leur but est simplement de s’attaquer à ce qui fait ce que nous sommes, de remplacer une connaissance minimale de l’histoire par leurs slogans.« 

MT

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« Alerte démocratique »

L’ensemble des formations politiques du Sénat lance une « alerte démocratique« , face aux ténèbres du culte de la personnalité. Dans le contexte d’une déstabilisation des esprits par la peur et la propagande outrancière, la France a subrepticement renoncé aux fondements de la démocratie: le respect des libertés publiques et individuelles, le libre débat d’idées, la délibération suivi d’un vote comme mode de décision, le bien commun comme objectif ultime de la vie publique. Le naufrage de la politique nationale dans le culte de l’image narcissique n’est rien d’autre que le masque de l’échec, de l’impuissance et de la panique. Nous sommes confrontés au cercle vicieux de la mégalomanie, de l’autosatisfaction et de la déconnexion qui entraîne le pays à la catastrophe. « L’alerte démocratique » lancée par les chefs de groupes du Sénat à l’initiative de M. Bruno Retailleau me semble être un geste républicain, le signe d’une large prise de conscience sur le plan des institutions, un acte de résistance qui mérite d’être relevé. Une infime lueur d’espoir au fond de l’abîme? A suivre …

PUBLIC SENAT: L’image est rare. Même « exceptionnelle » pour Bruno Retailleau. Côte à côte, les présidents de la plupart des groupes parlementaires de la Haute assemblée (LR, Union centriste, groupe écologiste, PS, groupe communiste) ont donné une conférence de presse ensemble ce jeudi après avoir boycotté le vote sur les nouvelles mesures sanitaires, détaillées par Jean Castex au Sénat. « On n’a pas voulu céder au piège que constitue ce vote, le gouvernement voulait qu’on vote sur rien, sur des mesures déjà prises, à quoi bon voter si tout était décidé », justifie le président du groupe LR au Sénat. Seuls 45 sénateurs sur 348 ont pris part au vote, pour un total de 41 suffrages exprimés, 39 pour, 2 contre. La grande majorité de l’hémicycle, droite et gauche confondue, a dénoncé « un simulacre de démocratie  Nous avons à ce stade, zéro stratégie covid-19. On a exprimé un désaccord sur la méthode, un désaccord sur le fond », développe le sénateur LR de Vendée Bruno Retailleau en fustigeant une stratégie vaccinale qui place la France au 50e rang mondial de la vaccination. « A quoi bon voter, si tout est décidé ? », avait-il demandé après le discours du chef du gouvernement sur les mesures de restrictions, pour expliquer que LR ne prendrait pas part au vote » […] C’est une « alerte démocratique » pour le président du groupe centriste, Hervé Marseille. « On ne peut pas continuer comme ça, il y a des institutions et l’action d’un seul homme, fusse-t-il le président de la République, ne peut pas constituer l’alpha et l’oméga de la politique française », tonne le sénateur des Hauts-de-Seine. « Nous avons voulu le marquer de façon assez solennelle parce que c’est une dérive », explique-t-il encore.

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Fin de règne ou fin de régime?

Le ton martial, la solennité, le spectacle du sauveur national se poursuit à l’occasion de cette septième prise de parole élyséenne depuis un an. De fait, le pouvoir a une fois de plus cédé au discours de terreur d’une infime poignée de prophètes de malheur de l’APHP fondé sur un matraquage médiatique sans précédent, sur des statistiques biaisées et un chantage digne des heures les plus sombres. Etendre à tout le pays des mesures liberticides qui ont échoué dans 16 départements est incompréhensible. Fermer uniformément toutes les écoles est une insulte portée à l’enfance et à l’intelligence. Mais après mille coups de menton stériles, volte-face, et contradictions avérées, comment cette théâtralisation est-elle ressentie dans le pays profond? Sans doute avec indifférence ou mépris croissant. Au-delà des sondages mensongers, la figure du héros providentiel tourne une fois de plus au fiasco. Incarner, oui mais incarner quoi? Les errements? les lâchetés? la tyrannie de la peur? un gigantesque malheur collectif qui tient au moins autant aux errements du pouvoir qu’à la véhémence de l’épidémie. Et les coups de menton pour couvrir l’incompétence, la faiblesse, l’inconstance et la lâcheté. Le grand-guignol narcissique – ou sublimation de la vanité – sert de couverture à la faiblesse et l’impuissance. Les Français puissent-ils enfin comprendre à quel point tout ceci est à la fois illusoire, nocif et nuisible. Ce qui est en cause, c’est tout un état d’esprit qu’il procède de l’actuel Jupiter ou de tout autre tel son équivalent lepéniste des sondages. L’urgence absolue est d’en finir avec cette personnalisation du pouvoir à outrance, masque de l’impuissance et de la démission, qui tourne au ridicule et au désastre collectif. Il est grand temps d’essayer – au moins essayer – de refonder une république, au sens de la res publica, la chose publique, sur un engagement collectif au service du pays, le bien commun et le pouvoir du peuple à travers un Parlement élu, un président qui préside plutôt que de pavoiser, un gouvernement qui gouverne sous contrôle de la Nation et un retour à la démocratie référendaire.

Maxime TANDONNET

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Réponse courtoise à M. Patrick Bouet, président du Conseil de l’Ordre

« En attendant que nous soyons massivement vaccinés, partout où la situation est grave, il faut nous confiner », écrit le président du Conseil de l’Ordre (Cnom), Patrick Bouet, dans une lettre ouverte publiée, mercredi, par le journal Libération. « Chacun se doit de faire passer l’impératif sanitaire avant tout autre et de prendre en compte cette nouvelle donne : le virus est en train de gagner […] Les patients de plus en plus jeunes, la contamination dans les écoles sont autant d’indicateurs marquants de cette dégradation continue de la situation depuis plusieurs semaines […]  D’ici quelques jours, des médecins pourraient devoir choisir entre les patients sur des critères non médicaux, simplement par manque de moyens ou d’équipements disponibles. C’est à court terme que cette question sera face à nous, dans toute sa violence ».

Réponse point par point:

« Chacun se doit de faire passer l’impératif sanitaire avant tout autre » : le pilotage d’un Etat ne peut pas se limiter au seul impératif sanitaire: l’économie du pays, sa défense face aux menaces extérieures, la vie sociale – le bonheur – de ses habitants, la défense de ses libertés et de ses institutions démocratiques, doivent aussi être pris en compte. Le domaine sanitaire fait partie d’un ensemble et ne peut pas être pris en considération isolément de son contexte. La santé mentale ou le bien être psychologique des Français en est un autre aspect essentiel. Ainsi, la négation de la vie et de la liberté au nom de l’impératif sanitaire est le chemin le plus direct vers un désastre sanitaire global – celui d’un pays condamné à la démence.

« Il nous faut nous confiner » : la solution du repli frileux, de l’enfermement à domicile, de l’assignation à résidence d’un peuple, mise en œuvre à deux reprises en mars et en novembre – et encore partiellement aujourd’hui – a échoué à chaque fois puisque les difficultés ne sont pas réglées. Quel sens il y aurait-il à appliquer une solution qui n’a pas marché? Le confinement implique l’anéantissement de la liberté, la destruction de l’économie française, la mise en place d’un Etat policier. Il revient à détruire la vie au nom de l’impératif sanitaire. En outre, à l’image des saignées d’autrefois, le faux remède ne fait qu’amplifier le mal dès lors que la contagion se produit en site fermé et non au grand air. Et tout cela, les Français ne l’accepteront plus. Monsieur le docteur, ne sentez-vous pas que les Français, les jeunes surtout, ne l’accepteront plus?

« Cette dégradation continue de la situation depuis plusieurs semaines » : ceci est inexact si l’on s’en tient au nombre de décès qui devrait être le critère le plus fondamental au regard de la considération de dangerosité de l’épidémie. Selon les statistiques officielles de l’INSEE le nombre total des décès de mi février à mi mars est revenu à un niveau quasi normal. Est-il bien du rôle d’un médecin d’agiter la peur? N’est-il pas au contraire d’inviter à l’espérance, de rassurer, rassurer pour donner envie de vivre, rassurer pour renforcer les défenses naturelles, rassurer pour augmenter la force de résister à la maladie?

« Des médecins pourraient devoir choisir entre les patients sur des critères non médicaux, simplement par manque de moyens ou d’équipements disponibles » : aucun médecin ne devrait tenir des propos prêtant ainsi le flanc à l’accusation de chantage. La mission des médecins n’est pas de répandre la terreur et les menaces. Elle est exclusivement de soigner leurs patients. Leur serment et leur vocation leur interdisent formellement de trier les malades et plus encore, de menacer d’effectuer une telle sélection. S’ils estiment ne pas disposer des moyens adéquats, leur rôle est de dénoncer les carences et de faire pression sur l’administration pour qu’elle leur fournisse ce dont ils ont besoin. Tel est leur devoir et leur droit le plus absolu quitte à taper du poing sur la table. Les porte-parole ou représentants des médecins ont toute légitimité pour rendre public un catalogue concret et précis de ce qui manque aujourd’hui à la médecine pour être en mesure de remplir son devoir. Ils n’en ont aucune pour s’épancher sur des questions qui ne regardent pas la profession – la liberté d’aller-et-venir des Français – ou pire, proférer des menaces générale sur la vie ou sur la mort.

« Le virus est en train de gagner » : le seul virus qui est en train de gagner, c’est celui de la peur. Le défaitisme est toujours de mauvais aloi. C’est lui, le virus de la peur et du défaitisme qui conduit directement à « l’étrange défaite » de 1940 et l’humiliation nationale de quatre années qui s’ensuit. De fait, aucune épidémie n’est éternelle et celle-ci passera comme toutes les autres en France comme ailleurs. Et nous allons nous en sortir. Promis, nous allons nous en sortir. A condition toutefois de ne pas céder à la peur ni à la panique.

Maxime TANDONNET

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Loi climat, une loi de pénitence (pour le Figaro du 31 mars)

Le projet de loi portant « lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets », actuellement débattu à l’Assemblée nationale soulève de multiples critiques de la part des oppositions de gauche comme de droite. Il lui est reproché d’un côté sa timidité et de l’autre son caractère punitif. Pour Mme Barbara Pompili, chargée de le défendre devant le parlement, il touche « à ce qu’il y a de plus ordinaire, de plus basique mais aussi de plus crucial : nos modes de vie […] une écologie pratique, qui apporte des solutions simples dans le quotidien des Français. » De fait, ce projet de loi est particulièrement fascinant par ce qu’il nous apprend de la politique française telle qu’elle se présente aujourd’hui.

Son caractère grandiloquent sidère dès le premier abord. Les mots claquent : « une transformation sans précédent dans l’histoire de notre pays », ou encore « une véritable bascule globale ». La fuite dans l’emphase – par contraste avec la paralysie croissante des outils de la puissance publique – se présente bel et bien comme un fidèle reflet du « nouveau monde ». D’ailleurs son objectif déclaré est ni plus ni moins que de modifier le cours du changement climatique. Ainsi, il repose sur l’idée qu’une loi votée par le Parlement français serait de nature à modifier la composition de l’atmosphère. Or, selon l’agence internationale de l’énergie, la part de la France n’est que de 0,9% des émissions de carbones (28,2% pour la Chine et 14,5% pour les Etats-Unis). Entre les lignes de ce projet de loi transparaît une forme d’arrogance, typique de la France dirigeante actuelle : il suffirait de voter une loi « comme le président de la République s’y est engagé », pour infléchir le cours de la planète.

Ce projet de loi est particulièrement imprégné de l’idéologie dominante dans les sphères du pouvoir. Il est tout dans une logique de pénitence ou de repentance. Son idée maîtresse est celle de l’éternelle culpabilité de la France. Il n’insiste guère sur le contexte planétaire, la part que prennent les autres, infiniment supérieure, à la pollution de l’atmosphère en particulier la Chine. Ce texte moralisateur, présenté comme pragmatique, tient essentiellement dans un message idéologique : la France et les Français sont désignés comme les principaux responsables de la dégradation de l’environnement. Il s’abstient de souligner que la France – la France seule – ne dispose que de marges de manœuvre infimes sinon dérisoires à cet égard.  

Le mépris de la France dite d’en haut, la classe dirigeante ou influente, envers la France dite d’en bas, autrement dit la France périphérique ou la majorité silencieuse, s’exprime à travers ses lignes. Qui sont les coupables idéaux du réchauffement climatique ?  Les commerçants, à travers la chasse à la publicité et diverses contraintes, les transporteurs routiers, visés par la perspective de nouvelles taxes, les agriculteurs qui sont dans le collimateur du projet, les automobilistes en général notamment les banlieusards, le texte invitant à un « questionnement sur la place de la voiture en ville ». Rien n’a changé de la méthode qui consiste à désigner des boucs émissaires dans la France populaire, « les gars qui fument des clopes et roulent au diesel » comme disait un ex-ministre. La quête du coupable idéal, « ce pelé, ce galeux », est donc toujours d’actualité.  La crise des gilets jaunes n’aura donc servi de leçon à personne. Il n’apporte d’ailleurs aucune réponse aux inquiétudes réelles des Français en matière d’environnement, par exemple sur les conséquences paysagères du développement des éoliennes.

Ce projet de loi fascine par ses accents moralisateurs, son ingérence dans la vie privée à laquelle les régimes autoritaires du siècle passé n’ont rien à envier. Il prétend « changer le modèle français, accélérer l’évolution des mentalités ». Il faudra désormais informer le consommateur de « l’empreinte carbone » des produits : les notions de bien et de mal définies par la puissance publique se mêlent ainsi aux courses quotidiennes. L’éducation au « développement durable » s’imposera dans les établissements scolaires. Les professeurs n’ont-ils pas assez de difficultés avec l’orthographe et les mathématiques ? Les collectivités territoriales « volontaires » pourront proposer des menus végétariens « dans les services et restaurants collectifs dont ils ont la charge ». Fallait-il une loi pour formuler cette concession au « politiquement correct » ? Cette immixtion de « big brother » dans la vie intime de personnes – jusqu’à leur manière de se nourrir –  n’est-elle pas le signe patent d’une tentation totalitaire ? 

Les dispositions de ce projet de loi procèdent de 146 propositions de la convention citoyenne désignée par tirage au sort. Ce mode de décision est présenté par les promoteurs du texte – qui entendent le pérenniser – comme une innovation démocratique. Faut-il vraiment parler de démocratie à ce sujet ?  Dans la Grèce antique, le recours à la méthode du hasard dans la sphère politique se fondait sur la croyance dans la toute-puissance des divinités. Aujourd’hui – en l’absence des dieux – les inspirateurs de ces propositions ne représentent strictement qu’eux-mêmes. Ils ne procèdent ni de la légitimité démocratique – dès lors qu’ils ne sont pas élus – ni de celle de la compétence. Les parlementaires, députés et sénateurs, élus de la Nation tout entière, saisis de ce projet, ont ainsi l’occasion de prouver, en le soumettant à un authentique débat de société, qu’il n’existe pas d’autre démocratie que celle qui émane du suffrage universel : celle dont ils procèdent. Sauront-ils s’en saisir ?

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Témoignage d’une infirmière anesthésiste

Reçu ce matin sur ma messagerie, à la suite de mes derniers billets, un témoignage poignant d’une jeune femme infirmière anesthésiste (dont l’anonymat est ici bien entendu préservé), accompagné de photos:

Cher Max ,

En tant qu’IADE (infirmière Anesthesiste) je fais partie de ce personnel sur le front !!

Nous sommes au bloc opératoire la variable d’ajustement utilisée pour le renfort en réanimation COVID ou non Covid !!

Quel bonheur de vous lire …

Sachez qu’avec seulement du bon sens j’avais proposé l’utilisation d’une salle de réveil désaffectée à équiper à nouveau afin d’augmenter le nombre de lits de réanimation… Il existe dans tous les CHU à mon sens quelque salle à l’identique que nous aurions pu utiliser …

Reste à trouver réanimateur et personnel paramédical ??!

Idée bien sûre non retenue : trop coûteuse …

Mais le « quoi qu’il en coûte » n’est pas pour l’hôpital mais pour faire agoniser l’économie et mettre un peuple à genoux …

Le bon sens a quitté la planète et c’est bien triste …

Déployer autant de milliards dans ces Rea mobilisables nous aurait permis d’éviter bien des drames socio-économiques et de baisser le rideau une fois l’épidémie contenue .

En attendant je rejoins oh combien vos conclusions : 😔

« Il est incompréhensible qu’une nation qui prétend être la VIIe puissance du monde n’ait pas été capable de se doter, en plus d’un an, des moyens hospitaliers nécessaires à l’accueil des malades. La France est en train de mourir lâchement étranglée sous la pression d’une poignée de réanimateurs et épidémiologistes plus enclins à brailler qu’à travailler. Ils donnent le sentiment de jubiler d’un sourire féroce à la vue du pays qu’on enchaîne. Un nouveau « re-confinement strict » sous la pression de ces anges du malheur serait une abomination. »

Addentum

A l’heure tardive où je vous ai écrit je voulais corriger la chose suivante : À savoir que quelques milliers d’euros auraient suffit à monter ses Réa mobiles que nous aurions pu utiliser durant les périodes sous tension tout en laissant libre cours à l’économie et au va et vient de la VIE !!
Plutôt que ces dépenses ubuesques de milliards d’euros pour faire agoniser et asservir un peuple …
Encore combien de temps ce manège désenchanté confinement – déconfinement va t’il perdurer ??!!
Pour un résultat si éphémère …

Ne lâchez RIEN , ne changez RIEN !!
Amicalement vôtre !!

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Ce pays qu’on enchaîne

« Au point où on en est, je ne vois pas comment on ne peut pas aller vers un confinement total » déclare une épidémiologiste. Depuis un an, la France est ballotée comme un bouchon de liège : confinement strict, déconfinement, couvre-feu, reconfinement, redéconfinement, couvre-feu de nouveau, rumeur de reconfinement strict mais reconfinement limité, couvre-feu étendu, confinement régional, limité, puis étendu, rumeur de reconfinement strict. Il est donc désormais question d’un reconfinement total qui serait annoncé mercredi. Le régime qui est imposé à la France relève d’ores et déjà d’une forme de despotisme : restaurants et bars condamnés, millions de vie ruinées des restaurateurs, des commerçants, des étudiants, des gens de la culture et du sport, déplacements de plus de 10 km interdits comme les rassemblements de plus de 6 personnes, obligation de détenir d’un Ausweis devenu symbole humiliant d’un Etat policier. Mais cet régime ne suffirait pas: il faudrait aller encore plus loin dans l’asservissement d’une nation pour conjurer le mal. Alors que le nombre des morts déclarés par le covid 19 ne cesse de baisser – selon l’INSEE, le total des décès en ce début 2021 est presque conforme à la normale – le seul prétexte invoqué pour enchaîner toujours davantage le pays est celui du risque de saturation des places en réanimation (5000).  Le coût d’une place en réanimation est de 3000 € la journée. Celui des mesures gouvernementales depuis un an est de 160 milliards € (Cour des Comptes).  Il est phénoménal qu’une nation qui prétend être la VIIe puissance du monde n’ait pas été capable de se doter, en plus d’un an, des moyens hospitaliers nécessaires à l’accueil des malades. La France est en train de mourir lâchement étranglée sous la pression d’une poignée de réanimateurs et épidémiologistes plus enclins à brailler qu’à travailler et qui donnent le sentiment de jubiler d’un sourire mesquin à la vue du pays qu’on enchaîne par la peur et la rage bureaucratique. Un nouveau « re-confinement strict » sous la pression de ces anges du malheur serait une abomination.

Maxime TANDONNET

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L’arrogance malheureuse

« Je peux vous affirmer que je n’ai aucun mea culpa à faire, aucun remords, aucun constat d’échec ». L’arrogance et l’autosatisfaction s’imposent aujourd’hui comme des piliers de la méthode de gouvernement. Il faut les voir au quotidien les uns et les autres, pérorant sur les chaînes de télévision. Ils sont toujours droit dans leurs bottes, fiers comme Artaban, sans le moindre scrupule ni le moindre doute. Or, les faits ne sont pas en leur faveur: gigantesques déficits publics, effondrement économique, anéantissement de la société de liberté, impuissance chronique face à la maladie, la souffrance et la mort. Parmi tous les revirements, les contradictions flagrantes et les échecs patents, certains resteront à jamais incompréhensibles. Pourquoi, malgré la valse des milliards, n’avoir pas réussi à ouvrir une place en réanimation supplémentaire? Cependant, il faut bien admettre que diriger un pays en de telles circonstances est quelque chose d’épouvantable. Qui voudrait de leur place en ce moment? Ils tentent de donner l’illusion de piloter un bateau ivre, balloté entre des vents contraires. L’opinion, attisée par la démence fanatique d’une poignée de « médecins de plateau », exige des mesures de fermeté. Mais elle ne supporte plus les atteintes à la vie quotidienne et les contraintes. De fait, l’arrogance, la morgue, l’autosatisfaction sont les signes d’une profonde faiblesse, d’un délitement intérieur. Ils sont paumés, ne savent plus où ils en sont. La façade obtuse du contentement est le masque de la désintégration. Plus ils fanfaronnent au dehors, plus ils tremblent au dedans. Mieux vaudrait l’attitude de Mme Merkel qui demande pardon aux Allemands. Si eux ne le font pas, ce n’est pas tant par manque d’humilité que par manque de lucidité. Ils ne savent plus ou ils en sont.

Maxime TANDONNET

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Pas de panique (comme dirait l’INSEE)

Face à l’effroyable panique qui déferle en ce moment sur le pays à propos de la crise sanitaire (covid-19), alimentée par l’éternelle lâcheté, la profusion des jacassements apeurés, des manipulations cyniques et des mensonges, il n’est pas inutile de remettre quelques instants les pieds sur terre et de s’intéresser à la réalité.

Rapport mars 2021 de l’INSEE sur la mortalité: 

« Le nombre moyen de décès [toutes causes confondues] enregistrés quotidiennement qui avait un peu augmenté en janvier diminue légèrement en février 2021. Au cours du mois de janvier, environ 2 150 décès ont été enregistrés en moyenne chaque jour contre 2 030 la deuxième moitié du mois de décembre. Durant la première quinzaine de février, le nombre moyen de décès quotidien diminue légèrement à 2 070, puis à 1 980 la deuxième quinzaine de février. Selon les données – encore provisoires – enregistrées au 26 mars 2021, il diminuerait encore la première quinzaine de mars et serait de près de 1 900. Ce ralentissement est également visible lorsque l’on se concentre sur le dernier mois écoulé. Selon les données disponibles au 26 mars, le nombre de décès survenus entre le 15 février et le 15 mars 2021 est à peine plus élevé que celui constaté sur la même période en 2019 (+ 1 %) [c’est-à-dire avant le covid]. »

La question n’est pas de nier les difficultés, les souffrances, les fautes commises et les échecs. Mais elle est de prendre un minimum de recul ou de hauteur face à l’hystérie médiatique. Et surtout, de garder son sang-froid.

Maxime TANDONNET

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« Suspension de facto de la démocratie parlementaire, la situation est terriblement explosive » (pour Atlantico)

Mais le Parlement est complétement marginalisé dans le processus de décision. Depuis la proclamation d’état de guerre par le chef de l’Etat et l’urgence sanitaire renouvelée à plusieurs reprises, l’autorité se concentre entre les mains du conseil de défense réunissant une poignée de dirigeants de l’exécutif qui siège à l’Elysée sous l’autorité du chef de l’Etat. Même les décisions qui suspendent les libertés (confinement, port du masque, couvre-feu) sont prises par décret. Or, les libertés relèvent en principe de la seule responsabilité du Parlement et de la loi en vertu de l’article 34 de la Constitution. Dès lors que le Parlement est dépossédé de sa compétence, il n’a aucun intérêt à se réunir pour des discussions qui ne débouchent pas sur un vote. Les parlementaires représentent la nation. Leur mission est de voter la loi, pas de s’épancher dans le vide. En refusant de siéger et de se prêter à l’opération de communication de l’exécutif, les députés commencent peut-être à montrer les limites de leur patience. Peut-être…

  • Le parlement est-il à l’heure actuelle incapable d’assumer sa mission de contrôle de l’action du gouvernement ? L’opacité des administrations a-t-elle dissuadé les députés de demander des comptes ?

Le Parlement est suspendu de facto… Il n’existe que ponctuellement comme faire-valoir de l’exécutif, et encore… La démocratie parlementaire n’est plus qu’une fiction. Le Parlement  n’exerce aucun contrôle ni sur le conseil de défense qui décide dans la plus totale opacité sans que ses réunions ne donnent lieu à des compte-rendu, ni sur les administrations centrales ou territoriales en vertu du principe de séparation des pouvoirs. A cela s’ajoute l’influence des médias et des « médecins de plateau » qui est déterminante sur les décisions de confinement ou de couvre-feu, par la pression qu’ils exercent sur l’opinion publique. Le circuit du pouvoir qui relie la puissance de feu médiatique, le conseil de défense et l’opinion publique, aisément manipulable par la peur, laisse complétement en marge le Parlement qui se présente dans le contexte actuel aux yeux des dirigeants de l’exécutif et de l’opinion comme une institution obsolète.

  • Le coronavirus a-t-il causé le délitement de l’organe législatif ou simplement accentué une tendance qui existait déjà ?

Clairement le coronavirus n’a fait que porter à sa quintessence une évolution déjà en cours. Depuis l’adoption du quinquennat en 2000, l’Assemblée nationale, élue dans la foulée des présidentielles, se trouve dans une dépendance totale envers l’Elysée. Les députés de la majorité sont les obligés du chef de l’Etat auxquels ils doivent leur élection. Ainsi, ils sont condamnés à une servilité à peu près totale. D’ailleurs, dans l’affaire de la crise sanitaire, ils se font volontiers hara-kiri en votant sans sourciller les renouvellements successifs de l’état d’urgence qui leur sont demandés par l’exécutif. Le drame vient autant du manque de caractère de la représentation nationale que des institutions. Une forme d’autocratie s’est de toute évidence substituée à la démocratie parlementaire. Les décisions (ou non décisions) viennent d’en haut et ne sont pas discutées. Le débat parlementaire sur la politique sanitaire est considéré comme une perte de temps et d’énergie. Au fond, c’est le discours de la présidence « Jupiter » qui trouve à s’appliquer dans le contexte de la crise sanitaire. Un tel dispositif lié à des circonstances exceptionnelles est concevable pour une brève période de quelques semaines. Or il s’éternise, dans l’indifférence générale…  Les fondements mêmes de la démocratie sont suspendus et le Parlement marginalisé.

  • La crise sanitaire va-t-elle déboucher sur une crise parlementaire ?

Non, sans doute pas une crise parlementaire dès lors que le Parlement, en tout cas l’Assemblée nationale, est largement annihilée. Mais une crise de société, sans aucun doute. Les colères qui ne trouvent pas à s’exprimer dans le Parlement risquent de se développer ailleurs notamment dans la rue. L’effacement de la démocratie parlementaire, aggrave la fracture entre la nation et ses dirigeants. Le Parlement sert en principe de courroie de transmission entre les élites dirigeantes et le peuple. Celle-ci a complétement disparu. Les dirigeants politiques se coupent ainsi de la nation. Leurs décisions dans cette crise sanitaire sont ressenties comme imposées d’en haut sans débat et sans concertation : elles suscitent une vague d’incompréhension. Selon une enquête Odoxa-Backbone consulting tirant le bilan d’un an de crise sanitaire, 83% des Français estiment que le gouvernement ne sait pas où il va. Une immense lassitude gagne le pays qui ne trouve plus à s’exprimer à travers ses représentants. La situation est terriblement explosive. Il ne manque que l’étincelle.

MT

 

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Haute trahison

Les forces Azéries qui ont conquis le Haut-Karabagh avec l’aide du dictateur turc Erdogan détruisent les églises arméniennes. Leur objectif est sans nul doute, à terme, l’anéantissement de la religion chrétienne à l’image de la Turquie (où ils ne sont plus que quelques centaines). John Fischer, journaliste de la BBC : « L’Azerbaïdjan a déclaré que les Arméniens de souche peuvent rester au Haut-Karabagh, mais l’Arménie accuse le pays voisin d’endommager et de détruire le patrimoine culturel arménien, y compris les églises et les monuments ». La BBC montre l’église arménienne de la Sainte-Mère de Dieu à Mekhakavan (Dkanrayil) complètement détruite après l’occupation de l’Artsakh par l’Azerbaïdjan.

Parallèlement, lundi 22 mars, le Conseil municipal de Strasbourg à majorité écologiste a voté une subvention de 2,563 millions d’euros pour la construction de la grande mosquée de style ottoman Eyyûb-Sultan, dans le quartier de la Meinau. Ce projet commencé en 2017 par le Millî Görüs – organisation islamique et nationaliste turque proche d’Erdogan – avait été arrêté en août 2019, faute de financements. Ce gigantesque édifice serait la plus grande mosquée d’Europe occidentale sous contrôle d’une association qui relève du parti de M. Erdogan. Ainsi, comme pour remercier la Turquie de M. Erdogan de détruire les églises et les chrétiens arméniens du Haut-Karabagh, la ville de Strasbourg lui fait un pont d’or pour construire une gigantesque mosquée à la Meinau. La haine de soi poussée au fanatisme, le délire d’autodestruction,  la main tendue à l’ennemi, cela s’appelle: collaborationnisme, ou encore, haute trahison.

Maxime TANDONNET

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