La débâcle européenne

téléchargement (2)« C’est la fin, comme vous voyez : l’Europe fait eau de toute part. Que s’est-il donc passé ? Ceci, tout simplement, que nous étions les sujets de l’histoire et que nous en sommes à présent les objets. » Cette phrase prophétique est de Jean-Paul Sartre, tirée de la préface des « damnés de la terre » de Franz Fanon. Il faut regarder les choses  en perspective. Pendant environ 400 ans, de la Renaissance au XXe siècle, l’Europe a dominé, écrasé le monde, par sa révolution industrielle, la suprématie de ses idées, la conquête coloniale. Le XXe siècle a été celui de son déclin, de la folie nationaliste et de ses tueries suicidaires. Aujourd’hui, rongée par sa mauvaise conscience – la colonisation, le totalitarisme (fascismes, national-socialisme, marxisme) – elle a mis en place une prodigieuse et impuissante bureaucratie appelée « l’Union européenne » mais la voilà totalement fragmentée, démantelée, décérébrée, au fond de l’abîme. On s’habitue à tout au point de ne plus rien voir mais il est extravagant de constater à quel point cette Europe est désemparée, traumatisée, paralysée par l’arrivée sur ses côtes de bateaux de migrants  en perdition et dans l’incapacité absolue d’esquisser le moindre geste. Son inertie, sa contemplation, sa lâcheté insigne face à des massacres abominables qui se produisent sous ses yeux à deux pas de ses frontières, fait froid dans le dos. Face au nouveau meurtre médiatisé des chrétiens éthiopiens par le daesh sur une terre d’influence traditionnelle de l’Europe, cette Libye voisine, la passivité, le silence de l’Europe nous laissent pantois. Nous assistons à la mort tragique d’un continent désuni, déboussolé, anesthésié, qui a été le phare de l’humanité pendant des siècles. Les gesticulations et bavardages méprisants de ses politiciens nous révulsent mais ils ne sont pourtant qu’un symptôme de cet effarant déclin qui laisse les Européens désarmés et désormais à la merci de n’importe quel cataclysme à venir. Ci jointe, ma contribution d’hier au Figaro Vox concernant le drame de la Méditerranée. 

Maxime TANDONNET

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L’ère des magouilles

imagesIl ne faut pas se faire des illusions, avec un système politique français qui se crétinise à vue d’oeil, nous sommes déjà, deux ans à l’avance, en pleine campagne pour les présidentielles de 2017. La politique n’est plus pour l’essentiel au service du bien commun et des Français, mais largement détournée dans l’intérêt des politiciens qui ne font même plus semblant d’y croire. La proportionnelle, annoncée aujourd’hui comme une éventualité sérieuse par le président de la République en vue des prochaines élections nationales, est une véritable infamie. Elle consiste à rendre le pays encore plus ingouvernable qu’il ne l’est aujourd’hui en faisant entrer en masse au Parlement les partis extrémistes, de droite comme de gauche. Son principe fondamental est de rompre le lien personnel entre les électeurs et leurs représentants, pour donner aux partis politiques, qui composent les listes, un quasi monopole sur la désignation des futurs députés. Comment mieux aggraver le fracture entre le peuple et les élites politiques? Nous avons déjà connu cela en 1986 avec la proportionnelle de François Mitterrand. Ils ne changeront donc jamais. M. François Fillon vient de son côté de révéler la vraie nature des primaires « de droite » en annonçant qu’il se « désisterait » si nécessaire au profit d’Alain Juppé: un outil au service des combinaisons politicardes et en aucun cas un moyen de faire émerger de nouvelles propositions. Pendant les deux années qui viennent, pré-électorales, nous allons voir, à droite comme à gauche et aux extrêmes, déferler une vague de mensonges, de magouilles, de tricheries, de manoeuvres et de démagogie, étouffant les débats d’idées et de projets autour des grands problèmes de notre pays. Et pendant ce temps, le navire France continuera de sombrer. Que va-t-il en sortir? Je n’en ai pas la moindre idée…

Maxime TANDONNET

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L’Europe face à son destin

téléchargement (1)800 migrants auraient péri noyés dans la nuit lors du naufrage de leur navire, parmi eux se trouvaient sans doute des enfants et leurs parents, victimes de la traite des personnes organisée par les passeurs criminels. On compterait 10 000 arrivées de migrants clandestins sur les côtes italiennes en une semaine. L’Union européenne, face au désastre humanitaire, une hécatombe qui ne dit pas son nom, se montre d’année en année toujours plus impuissante et frileuse. A 28 elle est conçue non pour l’action, mais pour produire des normes juridiques, règlements et directives, jurisprudences qui s’accumulent dans le plus grand fatras et ne font qu’aggraver l’impuissance. Cependant, la suppression pure et simple de la libre circulation en Europe ne réglerait rien. Laisser l’Italie seule face à la catastrophe humanitaire en l’enfermant dans des frontières étanches n’apporterait aucune solution à terme: d’abord, elle est un pays frère, dont l’histoire se confond avec la nôtre, et ensuite, rien ne pourrait empêcher les masses de migrants accumulées dans ce pays de se répandre tôt ou tard en Europe, par tous les moyens, y compris au prix de nouvelles catastrophes humanitaires.

Pour être capable d’agir, de décider, de se gouverner, la seule solution ayant fait ses preuves dans d’autres circonstances est l’unité des quelques gouvernements concernés – Italie, France, Allemagne, Autriche, Espagne, Royaume-Uni – pour agir ensemble. Et que faire?

Deux options politiques se présentent pour tenter de sortir de l’impasse actuelle et mettre fin aux drames qui se produisent.

Celle de l’idéal, autour de l’accueil accepté : visas illimités, voire suppression des visas, organisation de ponts maritimes et aérien pour faciliter la venue de tous ceux qui veulent s’installer. Mais alors, il faut bien réfléchir aux conséquences. Avec deux milliards d’habitants en Afrique et en Asie dont le revenu, de moins de deux dollars par jour, est environ 40 fois inférieur à celui de l’Europe, les phénomènes de chômage massif de la jeunesse (parfois 40 à 60% de la population active), la misère, les guerres, les dictatures, des taux de fécondité parfois 3 fois supérieurs à ceux de l’Europe, le risque est de déclencher un mouvement de populations sans limite, puis une situation de chaos liée à l’incapacité matérielle de faire face à ces arrivées (logement, travail, coûts sociaux…), des phénomènes de rejets, puis le retour des nationalismes agressifs et violents – dont la montée en cours des extrémismes sur tout le continent est déjà un signe avant coureur – enfin, dans la pire des hypothèse, une remise en cause dramatique du modèle libéral et démocratique européen.

Celle du réalisme qui consiste à rappeler un principe fondamental: l’Europe est un continent ouvert, mais qui n’a pas la capacité, psychologique et matérielle, de recevoir un nombre illimité de migrants. Dès lors, nul ne peut s’y installer sans respecter les voies de droit qui sont prévues. L’Europe, à travers ses Etats volontaires, en plein accord les uns avec les autres, organise des patrouilles maritimes et aériennes pour empêcher les embarquements clandestins de migrants sur les côtes sud ou Est de la Méditerranée et bloquer sur place les « navires tombeaux » qui entraînent des milliers de personnes à la mort. « C’est impossible! » va-t-on nous dire. Face à une menace réelle, au danger de mort pour les migrants et à l’inquiétude de nos sociétés, l’inaction au prétexte de l’impossible, devient elle-même criminelle. En parallèle, l’Europe doit se décider à engager une politique massive de développement économique et social des pays qui l’entourent et en faveur de leur stabilisation, une priorité absolue dont dépend sa survie. Enfin, le trafic des personnes humaines, l’envoi au massacre de milliers de personnes, doit être considéré comme une forme d’esclavagisme, un crime contre l’humanité, relevant du tribunal pénal international et faire l’objet d’une traque internationale sans répit.

Il n’y en a pas de troisième, sinon le statu quo, avec son cortège de malheur…

(Merci à d’éventuels commentaires pour leur modération sur un sujet aussi complexe trop souvent otage des passions et des exploitations idéologiques).

Maxime TANDONNET

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Celui qui avait tout prévu…

imagesNous vivons dans une France au bord du gouffre comptant 5,5 millions de chômeurs, un pouvoir plongé dans une fuite en avant nihiliste (médecine, éducation nationale, justice, entreprise, etc.), un appareil d’Etat obèse mais paralysé, impuissant, une nation désemparée, déboussolée, une extrême droite fanfaronnante dont l’ascension dans les urnes et les sondages est le symptôme tragique des malheurs de la France, des lâchetés et des abandons de sa classe dirigeante. Tout cela avait été prévu, annoncé, prophétisé par Philippe Séguin en 1992, dans son discours à l’Assemblée nationale contre le traité de Maastricht:
« Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d’être étouffés, ne s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalismes et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s’exprime sa liberté, c’est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin. On ne joue pas impunément avec les peuples et leur histoire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l’autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? »
Philippe Séguin, avec quelques visionnaires, a été bâillonné, broyé, détruit et son destin politique anéanti. C’est lui qui devrait être chef de l’Etat aujourd’hui. Il était Français et profondément européen au sens de l’Europe des réalités et des peuples, infiniment plus européen que n’importe quel eurocrate de bas étage. Il haïssait la droite extrême et tout ce qui s’en rapprochait mais sentait bien, déjà, avec vingt ans d’avance, le risque de la voir revenir à force de démissions et de coups de folie. Il avait tout vu, tout prévu. Les prophètes ou visionnaires sont toujours des hommes à abattre. Le régime politico-médiatique opère un filtre implacable et privilégie désormais des personnages sans envergure, d’intelligence médiocre et manipulables à merci. Avant tout programme, tout projet: reconnaître qu’il avait raison, rendre hommage à celui qui avait tout prévu.
Maxime TANDONNET

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Sarkozy aime-t-il les gens?

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)Ci jointe, ma tribune de ce matin au Figaro Vox. M. Valls a déclaré « Sarkozy n’aime pas les gens ». Dans cette tribune, je dis ce que je pense de ce propos d’un homme politique sur un adversaire, de tout ce qu’il recèle de sous-entendus, et concernant la personnalité de Nicolas Sarkozy telle que je l’ai vécue. Je m’y exprime en toute sincérité, sans arrière-pensée, sans flagornerie ni haine, comme toujours.

Maxime TANDONNET

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– 275,15 degrés

téléchargement (1)C’est la seule chose que j’ai retenue de mes cours de physiques, jusqu’en seconde. – 275,15 degrés, le zéro absolu, tout s’arrête, tout est figé, bloqué, le temps est suspendu, plus rien ne bouge tellement il fait froid. C’est ce que j’ai ressenti aux dernières déclarations de la classe politique ce matin.

– M. Valls: « Sarkozy n’aime pas les gens« . Mais qui est-il pour savoir ce que Sarkozy aime ou n’aime pas? Et pour qui se prend-il ce Monsieur? Lecteur de conscience? voyant extra-lucide? grand inquisiteur? N’a-t-il rien d’autre à faire? Et comment peut-on affirmer une crétinerie pareille? Qu’est-ce que cet argument? Qui a le droit de dire qui aime ou n’aime pas les gens? Je l’ai vu fonctionner pendant 7 ans, Sarkozy, rien n’est plus faux et mensonger que de dire qu’il n’aime pas les gens. Il faut avoir lu mon livre, Au coeur du volcan (Flammarion) pour le comprendre. Quand j’étais à l’Elysée, j’en ai pourtant vu des gens malheureux, presque tous les jours, des victimes des accidents de la vie ou de la criminalité, reçus dans son bureau ou au salon vert. Je l’ai raconté, mais tout le monde s’en fout. Moi je  n’aime pas les cons, c’est différent.

– M. Philippot: « Je n’ai jamais voté le Pen« . Ah, mais mon p’tit Monsieur, dans la vie, il faut un minimum de cohérence! Vous êtes membre du fn, n’est-ce pas, parti dont M le Pen est le fondateur, le créateur, qu’il a forgé, porté à bout de bras pendant 40 ans. Grâce à ce parti, vous êtes député européen, je crois. C’est bien de vouloir le beurre et l’argent du beurre, une belle place en politique, un super mandat, des tonnes d’émissions télévisées, en veux-tu en voilà,  grâce au fn, mais tout en gardant son immaculée vertu. Eh bien non, vous avez bien profité du fn, vous en profitez tous les jours, donc vous êtes lepéniste au même titre que tout lepéniste, tout membre du parti lepéniste, le parti créé par Jean-Marie le Pen et repris par sa fille et sa petite-fille, vous assumez toute l’histoire et les idées de ce parti, et il en sera ainsi tant que vous en serez membre. Trop facile. Il y a un stade où le mépris du monde devient odieux.

– M. Bartelone, dirigeant majeur du ps, veut « rendre le vote obligatoire« . Cela signifie que dans sa tête, si le taux d’abstention atteint 50%, c’est de la faute des électeurs, des gens qui ne sont pas assez civiques. Et donc il convient de les sanctionner, de leur infliger une amende. Honteuse dérobade, lâche et mensongère. Si les gens ne votent plus, c’est parce que la soupe que leur servent les politiciens est abjecte: inefficacité, mensonges, promesses non tenues, impuissance, démagogie, corruption, détournement de pouvoir au service de la vanité et des intérêts personnels, sectarisme, extrémisme, clanisme, cooptation familiale. L’idée de rendre le vote obligatoire est la dernière des crétineries et des dérobades: faire payer les braves gens, ceux de la majorité silencieuse, de la France profonde, nous en un mot, pour l’horreur politicienne. L’abstention, préférer la pêche en rivière ou la cueillette des champignons à la daube politicarde actuelle est une liberté individuelle. Si le vote devient obligatoire, je n’irai plus jamais voter. J’en fais le serment.

Maxime TANDONNET

 

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Le crash d’une République

imagesVoici un sujet un sujet fondamental, au coeur de la maladie de la France, et que personne où presque ne perçoit ou n’admet.  Bien sûr il est commode, facile, vendeur de réduire les malheurs du présent à un visage, une personnalité unique: VGE, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et pire que tout, Hollande aujourd’hui. Cependant, cette façon de raisonner est artificielle et fausse. Avec le recul, il est indéniable que depuis environ 40 ans (1975), les dirigeants français se heurtent au mur des réalités et ne parviennent pas à lutter contre les maux de la France qui ne cessent de s’amplifier, malgré de rares périodes de rémission: chômage, violence, communautarisme. Depuis 40 ans, les présidents de la République, bien différents les uns des autres, finissent tous dans une impopularité vertigineuse: VGE, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, et bientôt Hollande. Il suffit de ne pas avoir la mémoire trop courte ou trop partiale. La France, contrairement aux autres grandes nations européennes, ne parvient plus à se gouverner. Pourquoi? Parce que ses institutions politiques, son appareil de gouvernement, est  vermoulu et sa Constitution brinquebalante. L’enjeu n’est pas de changer de République et de passer à la Sixième! Oh, non, voilà encore de la communication et des chimères. Bien au contraire, il est de revenir aux fondements de la Ve République, à sa lettre: un président qui préside et un Premier ministre qui gouverne, avec des ministres puissants, responsables, dignes de ce nom, adossé à une Assemblée nationale souveraine. Sous des angles différents, j’ai récemment traité cette question dans le Figaro Vox et Atlantico. Il est triste de voir que nous sommes là au coeur du malaise français, une France paralysée par l’impuissance de son pouvoir politique, mais que personne ne semble capable de voir ou vouloir comprendre… Puissent ces modestes contributions favoriser une prise de conscience!

Maxime TANDONNET

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Accablant!

78932468Le rapport de la Cour des Comptes sur l’asile est accablant. Il souligne comment le modèle français de protection aux victimes de persécutions dans leur pays a été transformé en filière massive de l’immigration illégale et coûte deux milliards par an à la France. Il serait mensonger d’en accabler les seuls dirigeants du pays depuis 2012 car l’augmentation est sensible et constante depuis près de 20 ans. Les responsables sont les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir et n’ont pas su prendre la mesure du phénomène ni concevoir et appliquer une politique cohérente. Ils ont laissé l’eurocratie bruxelloise accumuler les normes et les contraintes qui paralysent aujourd’hui les pouvoirs publics. Ce phénomène profite à l’extrême droite, le fn en France et ses homologues dans d’autres pays, mais qui n’apporte pas la moindre espèce de solution crédible. Le sujet est à l’abandon, personne ne sait plus que faire et nul n’a la moindre piste pour sauver le droit d’asile tout en reprenant la maîtrise du flux migratoire. Les politiciens en ont peur, frousse de passer pour racistes, d’être fustigés par le politiquement correct, assimilés au diable extrémiste, épouvantail dressé au coeur du système politico-médiatique. De droite, de gauche, ils rampent devant ces questions. Voyez leur lâche et affligeant silence sur le rapport ainsi que le prodigieux mutisme des médias radio et télévision… Dans le marasme général, il faut pourtant voir une seule, infime, raison d’espérer: le courage de la Cour des Comptes, la franc-parler et le professionnalisme de ses magistrats et hauts fonctionnaires qui ont eu l’audace de la vérité. Quand tout s’effondre, il reste toujours une petite lumière quelque part.images

Maxime TANDONNET

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Suite du billet précédent

Il-doit-bien-y-avoir-une-formule-pour-se-débarrasser-de-tous-ces-cons-...

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Résister à la bêtise

téléchargementLa bêtise est la maîtresse de ce monde, la mère de toutes les catastrophes, les guerres, le totalitarisme, les génocides. Elle est l’autre face de la méchanceté, ce fléau suprême. Elle commence dans notre vie quotidienne, fermente, envahit tout. Quand j’allume mon poste de télévision ou ma radio, je suis comme terrassé par la bêtise, assommé, groggy dans mon fauteuil. Bien sûr que ce que j’écris est prétentieux, mais je l’assume, et alors? Six conseils toutefois, pour lui résister, s’engager dans la résistance contre la bêtise:

  • Rejeter l’affligeante idolâtrie qu’on nous assène, les cultes de la personnalité, le matraquage autour de quelques personnages, clans ou familles, supposés sauveurs, leurs conflits, leurs bons mots et leurs disputes. C’est grotesque. Les héros n’existent que dans l’histoire, après coup, ceux qui ont accompli un exploit avéré pour leur pays. Idolâtrer un personnage, une famille ou un clan, mis en avant par la magie des médias, est un signe express de soumission. Les jeux de boucs- émissaires, de lynchage médiatique, les polémiques sur les personnes, procèdent de la même crétinerie inversée.
  • Refuser la vision strictement franchouillarde et cocardière: la France fait partie de la planète, elle n’est pas isolée, tout ce qui s’y passe trouve une explication ou une influence au dehors. On ne peut absolument rien comprendre à la France, aux phénomènes qui y surviennent, aux événements qui s’y déroulent, si l’on ne s’intéresse pas tout autant à ce qui se passe en Europe et dans le monde.
  • Se garder de tout esprit de table rase. En permanence, l’immédiat nous asphyxie, nous manipule. Le message suprême de notre époque: il n’y avait rien auparavant. On repart à zéro! Les bilans, les saloperies du passé, les échecs comme les réussites: oubliées, enfouies, à la trappe… C’est pourquoi tous les pouvoirs s’acharnent depuis des décennies à réduire la place de l’histoire dans l’éducation. La résistance commence par la curiosité historique, pas forcément la connaissance, mais l’intérêt, l’envie de la découverte…
  • Ne pas surestimer la politique. Il n’est pas de slogan plus imbécile que le soixante-huitard « tout est politique » qui a empoisonné notre jeunesse. Non, tout n’est pas politique justement, le bonheur de vivre, de lire un bon livre, de s’occuper de ses enfants, de marcher seul dans la forêt ou sur la plage, d’écouter un morceau de Chopin, de faire du sport, de prier si on a une religion, cela n’a rien de politique et ne concerne que le jardin secret, la vie privée de chacun.
  • Rester lucide sur le pouvoir. Il est excessif d’imaginer que les gouvernements, les dirigeants politiques peuvent accomplir des miracles. La monde est dirigé par de puissants courants économiques, démographiques, idéologiques, qui échappent à la logique humaine, entraînent tout sur leur passage et s’affrontent de temps en temps. La marge d’action des gouvernements sur ces phénomènes est limitée, elle joue sur 20 à 30% du réel grand maximum. On peut tenter de les apprivoiser, les canaliser, les orienter, les maîtriser mais vouloir lutter de face contre eux conduit le plus souvent à l’échec.
  • L’élitisme, la croyance dans l’intelligence supérieure de quelques-uns est enfin la bêtise la plus monstrueuse de toutes. Les grands esprits ne cessent de se tromper, de dire n’importe quoi. Les génies, les surdoués, les prodiges finissent toujours dans le fossé. Je me souviens de ce grand savant, X, ENA, homme politique, écrivain, intellectuel parmi les plus célèbres, qui m’affirmait, fin 2011: « je n’ai strictement aucun doute, Sarkozy sera réélu dans 6 mois » (sic). L’intelligence est partout et nulle part, insaisissable, fuyante, libre de toute attache, n’appartenant à personne; elle s’exprime dans la passion, la curiosité, le travail manuel et artistique ou la sociabilité, la compréhension des autres, autant que dans les exercices intellectuels. Celui qui prétend la tenir entre ses mains, se pense supérieur aux autres,  est forcément le premier des imbéciles.

Maxime TANDONNET

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La démocratie sans les partis?

paumeJe ne partage pas entièrement, sur tous les points, l’avis de M. Philippe Bilger dans son interview de ce matin au Figaro Vox. Ce dernier, si je l’ai bien compris, ne semble pas exclure la formation d’une alliance de droite entre l’ump et un fn totalement rénové, qui aurait changé de nom et d’idéologie, sans son « père fondateur ». Cette approche me laisse sceptique: soit c’est bien toujours le fn; soit c’est autre chose (autres idées, autre nom, autre famille « régnante », autres militants, nouvelle structure juridique sans aucun lien avec la précédente et son passé…). Dans le second cas, évidemment, si cela n’a plus rien à voir avec le fn… Mais alors, la question ne se pose pas… Non, je verrais pour ma part l’avenir autrement. Il faudrait en finir avec le régime des partis. La saga fn de ces derniers jours, l’affrontement politico-familial père/fille, le mélange des genres qui a mobilisé l’attention du pays, en tout cas de la « France d’en haut », a quelque chose de profondément misérable. Mais le jeu des « motions » au ps (A, B, C), alors que ce parti est au pouvoir, dans un pays en plein effondrement économique, comptant 5,5 millions de chômeurs, donne une impression dérisoire et absurde de fuite devant la réalité. A l’ump, la guerre des primaires qui s’ouvre, ce fantastique détournement de l’intérêt général et du bien commun au profit de querelles mégalomaniaques, est une trahison de l’esprit de la Vème et de l’oeuvre du général de Gaulle. Bon. Je suis d’avis qu’il faut repenser la démocratie de manière radicale, en finir avec ces partis méprisables qui se moquent des Français, plombent notre nation quand ils ne la ridiculisent pas; mettre fin à l’imbécile clivage droite/gauche qui ne veut rien dire, sortir de cette insulte à l’intelligence des Français, qu’est la comédie politicienne, la personnalisation des choses, la course aux rentes électorales, aux honneurs, à l’argent facile, et l’idolâtrie envers des personnages médiocres et vaguement grotesques. La démocratie devrait se réorganiser sur des assemblées de citoyens dans les communes et les quartiers, les débats d’idée et de projets, l’élection locale de délégués de la Nation dont le mandat ne serait renouvelable qu’une seule fois, la pratique de référendums locaux, comme aux Etats-Unis, en Italie, utiliser Internet comme système d’échange et de vote direct, créer des associations de citoyens pour fédérer les projets et les énergies. Rêve, utopie? Au regard de la daube actuelle, il faudrait tout changer,je ne dis pas que cela peut se faire du jour au lendemain, mais il faut tendre vers cette nouvelle et nécessaire révolution française, la penser –  en tout cas quelque chose qui ressemblera à cela – la préparer la concevoir dans les esprits, les intelligences,  en attendant les circonstances qui permettront de la réaliser ou de s’en rapprocher. Quand allons nous entendre résonner de nouveau d’une voix forte et profonde, mystérieuse, inconnue: « Nous sommes ici par la volonté du peuple! Et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes! »

Maxime TANDONNET

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« Réfugié historique »

9782213017686Pire que le désespoir, la politique actuelle m’ennuie profondément. J’en ai déja beaucoup parlé: entre les gesticulations stériles des dirigeants au pouvoir, la sublimation du fn par le monde médiatique, la bêtise politicienne en général, je ne vois que néant, vide, illusion, absence de toute perspective. Donc, je fuis l’actualité, me réfugie dans l’histoire, les livres d’histoire. Là, je me sens heureux, libre, en compagnie de mes héros. Ainsi, j’ai relu cette nuit un grand classique,  le Jeanne d’Arc, de Régine Pernoud (Fayard 1986). Le temps est au chaos absolu, la France déchirée, déchiquetée entre les Armagnac et les Bourguignon, les campagnes ravagées par les bandes armées, la peste, la famine, le pays occupé au deux tiers par les Anglais qui revendiquent le trône. C’est une petite bergère de 17 ans de Domrémy, en Lorraine, qui est appelée par Dieu, à travers « ses voix » à délivrer la France, c’est-à-dire la France de son prince légitime, le Dauphin Charles,  des traîtres bourguignons et des occupants étrangers.  Récit un million de fois ressassé mais qui reste toujours aussi bouleversant, au coeur, non pas du « roman national », car il est véridique, fondé sur des archives et des témoignages concordants, mais de l’Histoire nationale. L’attitude de la jeune fille, ses réparties, ses choix, soulignent qu’elle était, petite bergère, d’une intelligence lumineuse. On y trouve aussi l’ordure humaine la plus absolue derrière le personnage de Pierre Cauchon, le délateur, le traître, le bourreau cynique, le tartuffe criminel, le parfait arriviste, une figure si familière et si actuelle. Qu’il y avait-il derrière « ses voix », entendues à Domrémy et qui ne cessent de l’éclairer tout au long de son parcours, jusqu’à se fin? Ni folle, ni menteuse, Jeanne les a vraiment entendues; voix de « Sainte Catherine et sainte Marguerite », disait-elle,  et n’a cessé de s’en inspirer. Le mystère de ces voix, éternel,  se confond, depuis tant de générations, avec celui de l’existence de notre pays et de son avenir.

(J’ajouterai que toute récupération de Jeanne d’Arc à des fins politiciennes ou idéologiques m’apparaît comme le sommet de la vulgarité, de la saleté et de la crétinerie).

Maxime TANDONNET

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Le jeu trouble de TF1

téléchargement (1)Hier soir, le 20 heures de TF1 accueillait la présidente du parti lepéniste qui par l’intermédiaire du plateau de télévision, demandait à son père, vice-président fondateur, leader du même parti pendant 40 ans « de se retirer de la vie politique ». On ne comprend pas pourquoi la grande chaîne de télévision se prête à cette querelle de famille. Les provocation de M. le Pen sur Rivarol, relatives à la 2ème guerre mondiale, à Pétain, à la négation ou banalisation des « chambre à gaz » ou de l’Occupation, n’ont strictement rien de nouveau. Voilà au moins 30 ans qu’elle reviennent périodiquement au devant de la scène médiatique. La fille, aujourd’hui présidente du parti, est membre actif de ce même parti depuis aussi longtemps: 30 ans. Donc, si elle est restée au parti tout ce temps et s’en est servi comme tremplin pour une carrière politique, cela peut signifier deux choses, soit l’approbation tacite de son père, soit un carriérisme monstrueux pour supporter et accepter de telles choses en demeurant dans le parti et en en gravissant les échelons avec la bénédiction de son père. La dédiabolisation n’est qu’une tactique pour espérer parvenir au pouvoir, cela saute aux yeux. Bref, le père et la fille, c’est exactement la même chose après 30 ans d’osmose et l’héritage d’un parti. Tout cela, cette histoire d’une famille incapable de laver son linge sale en famille: nous devrions nous en foutre. Alors pourquoi cette complicité de la télévision, de TF1, qui n’a aucune raison de prendre parti dans cette querelle familiale? Un réflexe de panique: l’idée que le parti lepéniste puisse exploser et disparaître, donc venir au secours de la fille. Pourquoi? C’est ce que je dis toujours, le parti lepéniste est indispensable à la classe dirigeante, médiatique, dont il est un véritable pilier, lui permettant de diaboliser, rendre tabous les sujets qu’elle ne supporte pas: la Nation, la patrie, le peuple, l’avenir du pays sur tous les plans… J’aimerais tant que les yeux de tout le monde s’ouvrent enfin…

Maxime TANDONNET

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Une attaque bien dégueulasse

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)L’antisarkozysme de la pire espèce est de retour. Un bel esprit bien intentionné a lâché la rumeur selon laquelle Sarkozy aurait comparé Bayrou au « SIDA ». Le bruit a été lancé par un journal, il circule désormais partout sur les réseaux sociaux, Facebook, twitter, etc. Je connais un peu Sarkozy, et même assez bien, pour l’avoir vu fonctionner et entendu causer, abondamment, pendant 7 ans, de réunion en réunion, de voyage en voyage. Je certifie, je promets sur mon honneur que Sarkozy est viscéralement incapable de plaisanter sur un sujet comme le SIDA et de l’accoler à l’image d’un adversaire politique. Sarkozy peut blaguer sur beaucoup de choses, mais pas sur la maladie, la souffrance, la mort. C’est inconcevable pour qui l’a fréquenté. Je vous en donne ma parole d’honneur. Le procès qui lui est fait est tout simplement immonde. On a parfaitement le droit de critiquer son style, ses idées, sa politique, le principe de son retour. Mais il est scandaleux d’utiliser de tels procédés pour nuire à son image.

Maxime TANDONNET

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Jean Germain

J’ai connu, ou tout au moins rencontré Jean Germain quand j’étais directeur de cabinet du préfet de Tours, en 1992 et 1993. Il était alors président de l’Université d’Indre-et-Loire. Dans mon souvenir, l’homme était conforme à son apparence, extrêmement simple, gentil, débonnaire, plein d’humour, sans prétention. Etoile montante du parti socialiste dans cette ville, il n’avait rien d’un idéologue, encore moins d’un sectaire ou d’un méchant. Son parcours fulgurant de futur maire de cette ville m’impressionnait, il faut le dire. Le décalage entre l’image de succès qu’il me donnait alors et la chute au fond de l’abîme, qui l’a conduit, 22 ans plus tard, à se donner la mort, donne le vertige. Qu’est-ce que la réussite? Jean Germain, comme Bérégovoy, n’avait sans doute rien à se reprocher. A titre personnel, j’en suis intimement convaincu. C’est le sentiment exacerbé d’injustice qui mène au suicide, me semble-t-il, pas la culpabilité. La politique est un exercice de funambule, en équilibre sur une corde tendue au-dessus du précipice. Un ingénieur, un médecin, un artisan, un écrivain, un professeur, un entrepreneur, vit avant tout de ce qu’il est, de sa compétence, de son talent, de son oeuvre et de son savoir faire, dont il tire une fierté qui n’appartient qu’à lui et dont nul ne disposera jamais, ni l’opinion publique, ni les tribunaux. Le politique est dans une toute autre logique. Il n’existe que dans le regard des autres, dans l’admiration, l’envie, l’estime qu’il suscite et lui fournit sa nourriture: le suffrage de ses semblables. Quand le déshonneur se met à le frapper, tout son univers s’écroule, et il se retrouve confronté à un néant qui peut conduire soit au cynisme, à la « capacité d’indifférence » dont parlait François Mitterrand, soit au désespoir et au geste fatal. J’ai tendance à penser que le bonheur et la politique sont difficilement compatibles sur le long terme. L’idée même du métier politique, que l’on exerce toute sa vie ou l’essentiel de sa vie, me semble être une aberration. Il est sans doute digne et  responsable de se consacrer une dizaine, une quinzaine d’années à la collectivité en tant qu’homme ou femme politique. Mais il faut savoir s’arrêter, passer tant qu’il est temps à autre chose et laisser sa place à d’autres. Du suicide de Jean Germain, il reste l’immense tristesse d’une vie gâchée et de sa famille dont on imagine la détresse.

Maxime TANDONNET

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Contre les primaires

imagesVoici ma dernière contribution à Figaro Vox, de ce matin, consacrée aux primaires de l’ump. Ces primaires me paraissent faire consensus dans les instances du parti et chez leurs dirigeants. Personnellement, je trouve que cette formule est l’aboutissement, la confirmation ou le reflet des errements de la vie politique française, et de la corruption des institutions de la Ve République. J’y vois la quintessence du narcissisme politicien, de la personnalisation de la politique au détriment du débat d’idées et du bien commun. En outre, je trouve les modalités de ces primaires dangereuses, comme destinées à faire désigner le candidat le plus insignifiant. Parfois, j’en suis à me demander si des personnages politiques, aveuglés par leur ego au point d’être incapables de s’entendre pour que celui qui a le plus de chance de gagner soit in fine seul candidat (comme en 2007, Villepin/Sarkozy), méritent vraiment d’accéder au pouvoir.  Le plus pénible est de penser que tout cela fait le jeu du ps et du fn.  Ou alors, c’est moi qui n’aie rien compris et suis le roi des idiots pour rester poli… En tout cas, ceci à au moins le mérite d’ouvrir le débat…

Maxime TANDONNET

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Victoire…

téléchargement (2)Ce lundi soir de Pâques, nous apprenons que la RATP cède sur toute la ligne et accepte le retour dans le métro des affiches des prêtres au profit des chrétiens d’Orient. Cette victoire est celle des réseaux sociaux, des blogs, de twitter, d’une partie de la presse Internet comme le Figaro vox, mobilisé sur le sujet, de la France profonde, de la majorité silencieuse indignée du lâchage déshonorant d’une population livrée au génocide. Les  politiciens, dans leur ensemble, n’y sont pas pour grand chose. J’ai relevé le silence assourdissant des « grands » , en particulier des candidats déclarés ou probables à la future élection présidentielle – tous – sans doute par peur du faux-pas vis-à-vis des courants de l’ultra-laïcisme. Carriérisme et lâcheté vont si souvent de pair… En revanche, il fallait aussi relever les prises de positions courageuses de quelques-uns, parfois inattendues, valérie Pécresse, Valérie Debord, Gérard Larcher le président du Sénat, et par un incroyable paradoxe, de Mélenchon et de Placé…  La prudence et neutralité dans ce dossier des grands médias audiovisuels fut aussi accablante. Les intellectuels et autres donneurs de leçons en tout genre, ont eux aussi brillé par leur mutisme, leur inertie. La preuve est faite: pour une juste cause, il est possible de faire plier la pensée unique et le microcosme. Voilà enfin une excellente nouvelle.

Maxime TANDONNET

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Pâques des martyrs

téléchargement (1)En ce jour de Pâques 2015, qui n’a rien de joyeux, toutes nos pensées sont tournées vers un seul horizon: celui des chrétiens martyrisés dans le monde. Depuis la proclamation de l’Etat islamique en irak, 600 000 chrétiens ont dû fuir leur maison, des milliers ont été massacrés, torturés, réduits en esclavage (Le Monde 21 juillet 2014). Le 2 avril 2015, 142 étudiants chrétiens sont exterminés par les Shebab sur le campus de Garissa au Kenya. Le 15 février, 21 coptes sont décapités sur une plage libyenne par Daesh. Le 4 novembre 2014, au Pakistan, un jeune couple de 24 et 26 ans est immolé dans des conditions d’une atrocité innommable. Le 24 octobre 2014, 31 chrétiens sont tués dans deux églises au Nigéria, etc. Au total, on estimait en 2013 que 100 000 chrétiens étaient assassinés chaque année pour leur foi (le Monde 28 mai 2013), des centaines d’églises et lieux de cultes brûlés. La situation a sans nul doute empiré en deux ans.

L’indifférence et la passivité de la communauté internationale face à ce génocide confinent à la complicité passive. Le silence, la discrétion, le comportement de négation des intellectuels et des consciences planétaires sont assourdissants. La volonté des classes dirigeantes, médiatiques, intellectuelles d’ignorer, de minimiser ou de nier l’ampleur et la tragédie des chrétiens victimes de cet holocauste s’expliquent à la fois par le sentiment d’impuissance, la lâcheté et le mépris traditionnel envers le christianisme, comme religion historique du monde occidental – c’est-à-dire la haine de soi.

La prolifération des groupes fanatisés et sanguinaires, la folie meurtrière qui s’empare de foules ivres de haine sont probablement le reflet d’un redoutable séisme planétaire en cours. Les communauté chrétiennes isolées dans des sociétés totalement déstructurées et sous l’emprise du chaos, se présentent comme les otages et boucs émissaires de la fureur anti-occidentale. Leur martyr est peut-être le signe précurseur d’une déstabilisation et d’un embrasement généralisés touchant des régions ou des pays d’une importance vitale pour l’équilibre mondial, Egypte, Pakistan, Nigéria… Face à ces défis, l’impuissance, les hésitations, l’aveuglement du monde occidental donnent le vertige. Les silences et lâchetés d’aujourd’hui préparent les malheurs de demain.

Le devoir de lucidité nous interdit par ailleurs de verser dans la généralisation et l’amalgame, ou pire, la récupération. Exploiter le martyr des chrétiens à des fins politiciennes est une autre abomination. De nombreux musulmans, en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe, souffrent dans leur chair de voir leur religion servir de prétexte à la barbarie sanguinaire. En Jordanie, au Maroc, au Sénégal, par exemple, communautés chrétiennes et musulmanes vivent encore dans la paix et dans l’harmonie. Mais jusqu’à quand? Pâques célèbre la victoire de l’espérance sur le martyr et sur la mort. Ce message chrétien, du miracle envers et contre la raison et les apparences, s’adresse me semble-t-il à tous les hommes par delà les frontières et les religions. Il n’a jamais peut-être été aussi vivant et indispensable qu’aujourd’hui.

Maxime TANDONNET

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Souvenirs brisés

téléchargementHier, nous avons appris la mise en examen dans l’affaire Bygmalion de Guillaume Lambert, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. A cette nouvelle, j’ai ressenti une vraie tristesse. Auparavant, il était chef de cabinet du président de la République, à l’Elysée. Je l’ai connu alors comme quelqu’un de particulièrement discret, modeste, calme, doux, extrêmement honnête, dévoué, courageux, désintéressé. Son caractère contrastait avec celui de tant d’ambitieux excités ou de froussards méchants. Je ne connais rien à l’affaire mais sans aucun doute possible, je le sais totalement de bonne foi et sincère. Parmi mes anciens collègues de la présidence, peu sont sortis indemnes: ceux qui sont partis à temps. La politique n’est pas un monde où les non-politiques, doivent s’attarder trop longtemps. Démunis des réseaux, des codes et de la cuirasse des politiques, ils sont les premiers à payer pour des combinaisons qui les dépassent.

Cette mise en examen contribue d’un climat qui ne me rassure pas pour l’avenir. Dans un contexte judiciaire imprévisible, les derniers développements politiques montrent que les haines arrivistes entre les candidats de l’opposition l’emportent sur le sens de l’intérêt public. Jusqu’où va-t-on sombrer? Et ce n’est que le début. Je crains la faillite de leurs primaires. Pour réussir ce genre d’opération, il faut un minimum de consensus et de respect  qui ne me semble pas exister. La tragédie de l’opposition modérée, se combinant à un fn élevé, pourrait assurer une réélection de M. Hollande, même à un niveau faiblard. Cette réélection d’un personnage déjà au fond de l’impopularité ouvrirait la voie à tous les scénarios révolutionnaires, révolution politique, avec l’élection d’une assemblée nationale régénérée et la prise du pouvoir par un homme neuf à Matignon, Premier ministre; ou une crise de société démentielle aux conséquences effroyables. In fine, tout dépendra de nous, des citoyens, des Français. C’est la seule petite lueur d’espérance.

Maxime TANDONNET

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« Cathos réacs »

téléchargement (2)La RATP a exigé, au nom de la laïcité, le retrait d’une affiche relative à un concert des « prêtres » en soutien aux chrétiens d’Orient. Cette décision a quelque chose non seulement de choquant, mais d’épouvantable sur l’état de déliquescence mentale de la « France  d’en haut ». En effet, tous les jours, des chrétiens sont massacrés dans le monde, hier au Kenya, femmes, enfants adolescents, au Nigéria, en Irak, en Egypte, par des jihadistes fanatisés. Prendre leur défense n’est évidemment pas une affaire de culte ou de religion, mais de soutien à des minorités victimes d’un génocide planétaire. Cela n’a rien à voir avec la laïcité; le message n’est pas religieux; il est humain et s’adresse aux hommes. La représentation de la croix? La RATP est moins regardante sur la « neutralité » quand il s’agit de l’injurier ou la ridiculiser, par exemple sur les publicités de films. N’est-ce pas?  Demander le retrait d’une affiche appelant à aider les chrétiens d’orient revient à nier, à banaliser, à ignorer volontairement un massacre. Un tel comportement se situe, me semble-t-il, aux confins de la lâcheté et de la complicité passive. Il ne reflète rien d’autre que la peur, la peur du « qu’en dira-t-on », mais aussi, en toile de fond, le mépris du chrétien: écraser l’infâme.  Un grand quotidien du matin, supposé de gauche, traite de « cathos réacs » ceux qui s’indignent de ce choix de la RATP. Pour se faire qualifier de « catho réac« , aujourd’hui, nul besoin de se rendre à la messe le dimanche ou de baptiser ses enfants! Il suffit désormais d’être horrifié par un crime de masse et de le dire ouvertement.  Est-cela qui permet de se dire « de gauche » aujourd’hui: insulter des gens qui s’élèvent contre la destruction d’une minorité? Suffit-il désormais d’être horrifié par un génocide (destruction méthodique d’un groupe ethnique/extermination en peu de temps d’un groupe » selon le Petit Robert) et de s’élever contre la lâcheté et l’aveuglement volontaire du monde occidental, pour devenir aux yeux de l’intelligentsia un « catho réac« ? Moi je rêve que face au génocide des chrétiens dans le monde, les hommes de bonne volonté se dressent, qu’ils soient chrétiens catholiques, protestants, orthodoxes, juifs, musulmans modérés et horrifiés par ces tueries, et proclament sur une grande pancarte, apposée dans le métro parisien: nous sommes tous des « cathos réacs« .

Maxime TANDONNET

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La démocratie moribonde

imagesLa démocratie française est à l’agonie, et il serait temps d’en prendre conscience. Les Français dans leur immense majorité ne veulent plus du pouvoir socialiste. Après trois cataclysmes électoraux, un sondage itv confirme la crise de confiance durable envers le président de la République  dont la cote de popularité chute de nouveau à 20%, le Premier ministre dont l’image s’effondre (29% de satisfaits), et un gouvernement que condamnent 74% des citoyens. Et pourtant, rien ne bouge, tout est figé, gelé, glacé, malgré ce rejet populaire flagrant et durable, ils restent droit dans leurs bottes, incrustés à leur rocher. La déclaration de M. Valls – « les Français veulent que je reste à mon poste » – souligne l’invraisemblable décrochage des dirigeants face aux réalités. Or un système sans responsabilité, sans sanction d’un rejet populaire aussi massif et durable n’a plus grand chose à voir avec une démocratie. Par ailleurs, un parti politique dont le père-fondateur, inspirateur, président d’honneur, qualifie de « détail » (pour la troisième fois) le crime le plus monstrueux de l’histoire de l’humanité, et qui demeure comme si de rien n’était, malgré les condamnations, au centre de la scène politique et médiatique, cela représente une anomalie qui n’est pas à l’honneur de notre pays. Enfin une opposition qui se montre incapable, dans la perspective de l’alternance, de faire émerger de nouveaux visages, de se renouveler (comme en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux USA) et ressert toujours les mêmes plats, les mêmes têtes, de décennie en décennie, ce n’est pas non plus un signe de vitalité. Mais la politique locale n’est pas, elle non plus, toujours reluisante. J’observe, je vois. Ces élus qui se maintiennent 30 ans dans la place, ces phénomènes de cooptation, de copinage, de clientélisme, ces clans et dynasties qui accaparent les mandats, les honneurs et les vanités… Et le peuple, alors? Quand tout est verrouillé et vermoulu, la tradition révolutionnaire veut qu’il descende dans la rue (Constitution de 1793). Même lui semble apathique et indifférent… Toujours pas la moindre lueur d’espérance politique à l’horizon. Non, je ne suis pas pessimiste, absolument pas. J’ouvre les yeux, c’est tout.

Maxime TANDONNET

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La seule question qui vaille

Departementales : résultatsCi-dessous ma tribune d’hier soir au Figaro-Vox.

Moi, rabat-joie? Eh bien je l’assume pleinement. L’alternance pour l’alternance, comme fin en soi, n’a strictement aucun intérêt. Gagner en 2017, suffoquer pendant 5 ans, pour rendre le pouvoir au PS en 2022, cela ne m’intéresse pas. La seule question qui vaille: pour quoi faire? Quelle transformation du pays, quelle révolution politique? Certes, les résultats d’hier soir marquent le rejet du pouvoir socialiste, ses échecs, son comportement dominé par une fuite éperdue dans la communication pour échapper au réel. Cela, nous le savions déjà. Cependant, il est difficile d’y voir un vote d’adhésion compte tenu de l’abstention qui atteint la moitié du corps électoral et du niveau élevé du parti lepéniste. Il est certes trop tôt pour offrir un programme, mais le débat d’idées en est toujours au point mort et à ce stade, rien ne semble pouvoir combler ce vide. Nous ne discernons pas de phénomène de ralliement massif à une personnalité susceptible d’incarner le renouveau. Tout reste à faire, tout reste à construire… Rien n’est encore gagné, c’est ce que j’ai essayé de dire.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/03/29/31001-20150329ARTFIG00201-departementales-une-victoire-de-l-ump-pour-quoi-faire.php

Maxime TANDONNET

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Chrétiens d’orient, génocide ou éradication?

images (4)Le Conseil de sécurité de l’ONU, à l’initiative de la France, s’est saisi aujourd’hui de la situation des chrétiens d’Orient. Le ministre des affaires étrangères, M. Fabius, a lui même déclaré « les chrétiens d’orient sont en train d’être éradiqués« . Ils étaient 4 ou 5 millions en Irak avant 2003, il n’en reste qu’une poignée. Depuis la déstabilisation de ce pays, la plupart ont dû fuir ou ont été massacrés. L’émergence de l’Etat islamique Daesh couvrant une partie de l’Irak du nord et de la Syrie s’est traduit par l’extermination des populations chrétiennes dans des conditions d’atrocité qui rappellent les pires génocides de l’histoire: viol, torture, crucifictions,  mariages forcés, femmes vendues, réduite en esclavage, familles entières massacrées, meurtres de masse, églises et villages brûlés. M. Henri Tincq, spécialiste des religions au Monde, à reproché à Jean d’Ormesson d’avoir dénoncé un génocide. Dans son article, il m’épingle aussi pour être intervenu sur le sujet en accusant l’idéologie anti-chrétienne. Avec tout le respect que je lui dois, je ne comprends pas que l’on puisse niertéléchargement (4) l’existence d’un génocide. « Destruction méthodique d’un groupe ethnique. Par ext: extermination d’un groupe de personne en peu de temps » (Petit Robert).  On peut jouer sur les mots, pinailler sur la définition, mais refuser l’utilisation de ce terme me semble bien être une manière de minimiser l’horreur et l’ampleur des événements en cours. D’ailleurs, entre génocide et éradication, la nuance est mince… Je reste abasourdi par la passivité de la communauté internationale qui ne s’empare du sujet que si tardivement alors que le génocide dans toute sa férocité, dure au mois depuis 9 mois (juillet 2014). Il est tout à l’honneur de la diplomatie française d’avoir porté le sujet au conseil de sécurité de l’ONU, mais si tard… L’Europe, le monde occidental, la communauté internationale ont manifesté dans ce génocide ou cette éradication une scandaleuse indifférence, faiblesse, lâcheté. Le silence des classes dirigeantes, politiques, médiatiques et des intellectuels est assourdissant. Quant à la « France d’en haut », médiatique, elle s’intéresse davantage aux échanges d’insultes – dérisoires – entre les chefs de partis politiques. Les chrétiens, parce qu’ils sont chrétiens, ont été éradiqués dans l’indifférence générale. Ce lâche abandon de la communauté internationale rappelle les pires moments de l’histoire récente, par exemple les génocides cambodgien dans les années 1970 ou rwandais dans les années 1990 qui ont fait des millions de morts. L’ONU se réveille enfin, mais son silence, sa passivité depuis si longtemps sur le sujet des chrétiens d’orient, ne sont pas à l’honneur de cette institution, coupable de non assistance à personne en danger et d’avoir simplement manqué à son devoir le plus élémentaire.

Maxime TANDONNET

 

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Au-delà de l’horreur

20150325PHOWWW00801Franchement, je ne voulais pas en parler. Il y a des malheurs si épouvantables que seul le silence en est digne. Depuis deux jours, je ne pensais qu’à eux, à toute cette classe d’adolescents de 15 ans qui ont perdu la vie dans le crash, à cette maman de 38 ans avec son nouveau-né, à la terreur de ces 150 personnes qui se sont vu mourir, aux familles qui ne reverront plus l’être bien aimé. Avec tant de mes semblables, je n’en dormais plus, vivais leur souffrance, leur chagrin. Aujourd’hui, j’apprends comme tout le monde que la tragédie n’est pas accidentelle mais résulte sans doute d’un acte volontaire d’un homme de 28 ans qui s’est enfermé dans son cockpit et qui a provoqué le crash de l’avion. Là je ne comprends plus. Qu’est-ce que la nature humaine. On peut tuer par haine, par fanatisme religieux, nationaliste ou par folie. Rien de tout cela semble-t-il. L’acte absurde par définition, sans mobile, sans raison. Aussi absurde que cette image d’un avion désintégré en mille morceaux sur la montagne. Tuer pour tuer. Un meurtre de masse sans mobile, semble-t-il, sans revendication, sans idéologie,  sans même l’alibi de la folie. Qu’il y a -t-il à comprendre? Rien, le néant, l’inexplicable, sinon l’homme dans sa plus simple expression… Bon j’écris pour partager ma stupéfaction qui dépasse l’entendement, toute esquisse de raison et d’explication. Je n’ai rien à dire mais je le dis quand même. Je pense à tous ses pauvres gens, aux enfants, pauvres jeunes garçons, filles, qui ont perdu la vie dans le désastre. A leurs parents qui les attendaient. Aux secouristes français, préfet, gendarmes, policiers, sapeur-pompier qui sont sur le terrain, dans l’un des plus sublimes paysages du monde, les Alpes, transformé en charnier à ciel ouvert, à tenter de recueillir et identifier des bouts de chairs informes… Et qu’on ne vienne pas me dire que je suis pessimiste…Je suis horriblement triste c’est tout…

Maxime TANDONNET

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La France ingouvernable? Et comment en sortir…

imagesNous assistons sans doute à un bouleversement du régime politique français dont peu de responsables publics ou d’intellectuels me semblent avoir conscience. Notre système, ou gouvernance, est fondé, depuis 1958, sur le présidentialisme majoritaire. Le chef de l’Etat a peu de pouvoir propre en temps normal. Du fait de son autorité personnelle (de Gaulle) ou de celle qu’il tient de l’élection au suffrage universel, il s’appuie sur une majorité parlementaire qui lui obéit et gouverne à travers un Premier ministre, en théorie chef de gouvernement mais qui est dans les faits son  bras droit (sauf en période de « cohabitation »). Ce mode d’exercice du pouvoir est probablement en train de voler en éclats sous deux facteurs:

– Le déclin radical du prestige présidentiel: à la suite de l’adoption du quinquennat en 2000 qui a affaibli l’image du chef de l’Etat, mais surtout des déboires de tous les occupants de l’Elysée depuis une quarantaine d’années qui vont en s’accentuant de manière vertigineuse pour atteindre en ce moment leur paroxysme, il est vraisemblable que jamais, quel que soit son titulaire, la présidence ne retrouvera son autorité et sa force d’antan. L’institution est sans doute durablement discréditée.

-L’apparition si elle se confirme du tripartisme. Il faut bien voir ce que représente l’émergence du fn comme « troisième force ». Si elle se traduit dans les urnes lors des législatives, dans le contexte de trois partis aux frontières étanches, qui se haïssent et excluent tout accord pour des raisons de principe (exemple du « ni-ni »), il devient impossible de former une majorité. Or, l’absence de majorité interdit de voter des lois, d’accomplir des réformes, de gouverner.

Les marges de manoeuvre du pouvoir politique sont d’ores et déja extrêmement réduites, entre les contraintes européennes, juridictionnelles, financières. Mais en outre, ce sont bien deux piliers de la gouvernance française depuis 1958 qui sont en voie de s’effondrer. On est frappé par l’indifférence des responsables politiques à la question du pouvoir. Eux-mêmes semblent se résigner, sinon se satisfaire de l’impuissance croissante des institutions et s’abandonner à l’ivresse de la communication, de la grande comédie du pouvoir, jonglant sur les polémiques et les émotions pour masquer leur difficulté à agir sur le réel.

D’un mal peut-il sortir un bien? La paralysie croissante des institutions, aussi dramatique aujourd’hui, sinon pire que sous la IVème République, peut déboucher sur une crise politique facteur de renouveau. Il n’y a pas besoin de proclamer une sixième République, mais de réinventer de nouveaux mode d’exercice du pouvoir, une autre démocratie: un parlement composé d’hommes et de femmes libres qui exercerait sa souveraineté sur la base de majorités d’idées, en dehors du carcan de la discipline partisane;  un recours accru et fréquent au référendum pour replacer le peuple au centre du pouvoir; la réhabilitation du Premier ministre qui dans toutes les démocraties europénnes assume la responsabilité du gouvernement du pays et des choix nécessaires; un chef de l’Etat impartial et exemplaire… au dessus des partis.

Ce sont des questions infiniment plus importantes pour la France que les menus dans les cantines scolaires; mais qui ne semblent pas intéresser grand monde… Dans ce pays, qui est encore capable de distinguer l’essentiel de l’accessoire?

Maxime TANDONNET

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Responsables et coupables

images (1)Le 9 septembre 2012, le président de la République promettait sur TF1: « Nous devons inverser la courbe du chômage d’ici un an ». Nous sommes deux ans et demi plus tard, et le chômage continue à augmenter + 12 800 en février, +0,4%. Au total, 3,5 à 5,6 millions de demandeurs d’emploi selon le mode de comptage. En toute logique, dans une démocratie normale, un échec aussi flagrant devrait être sanctionné, soit par une démission, soit par une dissolution. Mais en France, la responsabilité, la sanction sont des concepts dépassés, ringardisés, et la petite caste au pouvoir s’accroche à son rocher.   D’ailleurs ils paraissent satisfaits d’eux-mêmes. Selon le ministre du travail« Les réformes conduites par le gouvernement produisent leurs premiers effets : pacte de responsabilité et de solidarité, sécurisation des parcours professionnels, simplification de la vie des entreprises, soutien à la création d’emplois ». Sur le fond, leur responsabilité est incontestable: depuis 2012, le chômage continue à monter en France alors qu’il baisse dans toute l’Europe et aux Etats-Unis. Mais la forme est pire que le fond. Les paroles d’autosatisfaction devant le champ de ruine frisent la désinvolture et le mépris. Car derrière chacun des 12 800, il y a des jeunes qui se retrouvent sans ressources, sans logement, sans occupation, privé de leur fierté, de leur dignité et de leur raison d’être, et des anciens déboussolés qui ont tout perdu et n’ont plus aucune idée de ce que sera leur lendemain. Ensuite, nos dirigeants peuvent pousser des cris orfraies et se rouler par terre devant la poussée du FN dans les urnes et en accuser la terre entière. On pourrait imaginer un soupçon de lucidité ou d’honnêteté: « oui, il faut bien le reconnaître, nous sommes au pouvoir depuis trois ans, nous avons peut-être une petite part de responsabilité… » Mais non! Droits dans leurs bottes, cet aveu ne viendra jamais. Cynisme ou aveuglement? Ce n’est pas une affaire de gauche ou de droite, de parti et d’idéologie, mais une simple affaire d’homme face à lui-même, face à son miroir. Je ne sais pas si tout se paye un jour, mais promis, je n’aimerais vraiment pas me trouver à leur place…

http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/chomage/le-chomage-tue-entre-10-000-et-20-000-personnes-par-an-en-france_858235.html

Maxime TANDONNET

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Retour au fondamental

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)J’ai bien apprécié les dernières interventions du président Sarkozy, notamment son rappel de la tragédie des chrétiens d’orient, à l’inverse de la classe politique, muette sur le massacre en cours.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/03/24/31001-20150324ARTFIG00398-nicolas-sarkozy-le-retour-aux-fondamentaux.php

Je trouve que ses déclarations contrastent avec la médiocrité affligeante de la classe politique, ce mélange d’hystérie, de néant et de fanatisme du moi-je.

L’ex chef de l’Etat a entièrement raison de marquer son recul par rapport à la course à l’Elysée.

Je suis pour ma part convaincu que le redressement du pays peut le cas échéant venir d’une prise de conscience et mobilisation générale de la nation, de ses forces vives, d’une équipe soudée, et non d’un « sauveur présidentiel », seul dans sa tour d’ivoire, cible de toutes les haines et  de toutes les frustrations, qui se retrouvera, dès sa prise de fonction, dans une situation épouvantable d’impuissance aggravée par la complexité de la situation politique, voué à devenir le nouveau bouc émissaire d’un pays malade.

Maxime TANDONNET

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Je rêve…

images (3)Des circonstances atténuantes? J’ai bien conscience d’être un odieux radoteur, prétentieux, oiseau de mauvais augure, un emmerdeur comme on dit. Je prie sincèrement de m’en excuser les visiteurs et habitués de ce lieu sinistre. Après le premier tour des cantonales, tout le monde est content, la droite, la gauche, l’extrême droite. Moi, je ne suis pas content du tout, et même indigné, ulcéré. Inexcusable misanthrope, Alceste impénitent, j’ai trouvé profondément ridicule, dérisoire, autant la jubilation carnassière de Mme Le Pen que l’arrogance confite et tellement déplacée de M. Valls avec son gros cigare. J’ai honte de ces individus qui se prennent pour des vedettes mais n’ont jamais rien prouvé. Je ne comprends pas que mes compatriotes puissent les prendre au sérieux et croire en cette comédie stupide. Où sont passés les problèmes de fond de la France et des Français: le drame épouvantable d’une génération exclue de tout, du travail, du logement, les déficits et les dettes gigantesques que nous allons lui laisser, la fragmentation du pays qui tourne à la violence endémique, le vertigineux décrochage de la France en Europe et dans le monde.  Je rêve d’effacer de la vie collective ces visages grimaçants qui me deviennent de plus en plus odieux. Je rêve de voir naître une démocratie modeste, anonyme, décentralisée, gouvernée par les citoyens eux-mêmes et des représentants mandatés par eux, sous leur contrôle et à leur service. Je rêve…

Maxime TANDONNET

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La dérive suicidaire du parti socialiste

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/03/22/31001-20150322ARTFIG00185-le-parti-socialiste-est-il-en-voie-d-effacement.php

images (2)Trois scrutins consécutifs, les Européennes, les municipales, les cantonales, confirment l’effondrement du parti socialiste qui se retrouve aux alentours de 20% des suffrages, soit 10% des électeurs avec une abstention de 50%. Au-delà de la sanction envers le gouvernement, ce phénomène est structurel, marquant un décalage croissant entre son idéologie, ses valeurs, et l’opinion publique. Le parti socialiste, dont l’idéologie est inspirée par le think tank Terra nova, soixante-huitarde, axée sur la sublimation des minorités, préconisant la libéralisation du cannabis et le droit de vote des étrangers non communautaires, s’éloigne constamment de la sensibilité d’un pays en crise qui veut plus d’autorité (au sens noble du terme), d’unité, de Nation. Le parti socialiste trahit ainsi son histoire car il fut longtemps un parti patriote, représentant de la classe ouvrière, anti-communiste et anti soviétique. Cet effondrement a ouvert la voie à la poussée extrémiste. Rien n’indique que le parti socialiste, dans sa marche suicidaire, soit capable d’une prise de conscience et d’un changement en profondeur.

Maxime TANDONNET

 

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Des élections dévoyées

téléchargement (3)86% des Français ont été déçus par la campagne des élections départementales selon un sondage Odaxa. Cela se comprend: ce scrutin a été largement dévoyé, détourné de ses objectifs. On a transformé un exercice de démocratie locale, de proximité, en un champ de bataille politicien animé par les chefs de partis nationaux et le Premier ministre autour de la « poussée fn » qui a obnubilé les esprits. Résultat: les sujets de fond qui intéressent la vie locale ont été évacués: la fiscalité, la sécurité, l’avenir des départements justement, le développement des infrastructures, la place de l’entreprise dans la cité, les rythmes scolaires, etc. Les élections locales sont un moment de démocratie où l’on peut justement sortir des passions partisanes et idéologiques pour parler du concret, des hommes, de la vie sociale, hors les préjugés idéologiques et les haines de parti. Cet état d’esprit a donc été trahi par un déchaînement de folie partisane totalement déplacée. Mais il est heureux de voir que les Français, dans leur immense majorité, l’ont bien senti et qu’ils déplorent ce détournement de scrutin.

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=newssearch&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0CCEQqQIoADAA&url=http%3A%2F%2Fwww.bfmtv.com%2Fpolitique%2Fdepartementales-86percent-des-francais-decus-par-la-campagne-870499.html&ei=M88NVb6kEMvsUtuNgCg&usg=AFQjCNGE0_3kRLpLKIgA8jlndw9EzxX6ag&bvm=bv.88528373,d.d24

Maxime TANDONNET

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Insupportable!

panorama2Parfois, on ne sait pas comment hurler notre dégoût,  notre révolte face à des comportements qui ridiculisent la démocratie, la République, le suffrage universel. Le détournement de l’argent public, la fraude, le vol des contribuables prend  la forme de la légalité quand les élus se servent eux-même, avec l’argent des Français. Non, encore une fois, je ne fais pas du « tous pourris« . Je crois en la démocratie et dans la souveraineté du Parlement. Mais j’ai envie de hurler quand je vois que cette souveraineté est détournée à des fins personnelles, pécuniaires, malhonnêtes. Etre maire, être député, être sénateur, combien de fois faudra-t-il le répéter, ce n’est pas un métier, une profession. C’est un mandat représentatif. Son objectif n’est pas de gagner de l’argent, ni de s’enrichir, ni même d’en vivre. Mais de représenter des citoyens, pendant un temps, d’exprimer leur parole. Celui qui accepte cette missionle fait en toute connaissance de cause et ce qu’il advient de lui une fois battu ne regarde que lui, pas les contribuables.   L’indemnité, comme son nom l’indique, ce n’est pas un salaire. L’Assemblée vient de voter le doublement de la durée de l’indemnisation que touchent les élus après la fin de leur mandat, qui passerait de 6 mois à un an. Combien cela va-t-il coûter? En cette période de  profond désarroi, de chômage vertigineux, de gigantesques déficits publics et d’austérité, de souffrance et de malheur pour tant de personnes, moi qui suis un profond démocrate, viscéralement attaché à la démocratie parlementaire, au suffrage universel, quand la caste politicienne se sert dans la poche des contribuables,  j’appelle cela une forfaiture, un détournement de l’intérêt général et des fonds public, une trahison de la démocratie. Cette pratique donne l’image d’une caste politicienne, tous partis confondus, qui profite des Français plutôt que de les servir. Elle  contribue au dégoût ou la méfiance dans la politique que ressentent 75% des Français (sondage CEVIPOF 2015). Elle ne peut que favoriser l’abstentionnisme. Elle est insupportable.

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&uact=8&ved=0CCQQqQIwAQ&url=http%3A%2F%2Fwww.lefigaro.fr%2Fpolitique%2Fle-scan%2Fcitations%2F2015%2F03%2F19%2F25002-20150319ARTFIG00307-une-loi-pour-renforcer-l-indemnisation-des-elus-battus-dans-les-urnes.php&ei=aDwNVY-HGsr9UPLBgfAH&usg=AFQjCNE9TvI1IOD5Z8r2ibdSUWSKt1F3nQ&bvm=bv.88528373,d.ZGU

Maxime TANDONNET

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Marion ou l’opium du peuple

marion-marechal-le-pen-6_5302653L’Express de cette semaine consacre sa une à Marion MLP la présente comme « l’effrontée nationale ».

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/fn/marion-marechal-le-pen-l-effrontee-nationale_1661947.html#tkkKy6VHsyeryWHp.99

L’ambivalence du monde médiatique envers le FN est quelque chose qui m’a toujours sidéré, ce mélange de diabolisation et de sublimation, qui atteint là son paroxysme. Au lendemain de cantonales, cet hebdomadaire sera pourtant le premier à s’offusquer du score du FN auquel il aura ainsi contribué. Je me suis souvent interrogé sur le sens de cette attitude contradictoire des médias français dans leur ensemble. Longtemps, j’ai cru en une stratégie destinée à « lepéniser« , donc diaboliser, rendre tabous les sujets fondamentaux de la société française (l’Europe, la Nation, la sécurité, l’exclusion, les banlieues, l’immigration, etc.). La réalité est sans doute plus triviale. Marion est très jolie, séduisante, extrêmement télégénique et photogénique, et sympathique en plus, je l’admets volontiers. Cependant, elle incarne le vide absolu en politique. Elle a un Master 1 de droit. Elle n’a jamais travaillé. Elle a vingt-cinq ans. Elle est députée. La mission de député consiste à représenter les Français, donc suppose en principe une expérience de la vie sociale, professionnelle, familiale, associative. Il faut connaître, avoir vécu avec ceux que l’on est chargé de représenter, partagé leurs souffrances, leurs peurs et leurs espoirs. Il est d’ailleurs scandaleux que tellement de parlementaires et de ministres, militants de carrière, n’aient jamais travaillé, assumé des responsabilités professionnelles, exécuté des ordres, connu les doutes et les violences que suppose la seule confrontation au monde du travail. Ce phénomène n’est pas pour rien dans le fossé, que dis-je, l’abîme entre les Français et leurs élites politiques. Quant à Marion, elle doit son mandat, non pas au mérite et l’ancienneté de son implantation locale, au bilan d’une action publique ou privée, à la reconnaissance d’un travail de terrain, mais au seul fait d’être la petite fille de Jean-Marie le Pen. Bien sûr, pour faire sérieux, on lui attribue une vague coloration idéologique, catholique, conservatrice, libérale, et puis quoi d’autre… Le personnage qu’elle incarne est pur reflet médiatique, vertige du vide, néant total de la politique, de la représentation démocratique. Il n’a que 25 ans, n’a rien prouvé, rien créé, rien imaginé, mais il fait la « une » de l’Express. Hélas ce personnage est à l’image de la politique telle qu’elle nous apparaît de plus en plus: non pas la quête du bien commun, mais la politique spectacle, la grande comédie humaine,  le divertissement de masse, l’opium du peuple comme dirait l’autre.

Maxime TANDONNET

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Tout un monde crétin…

images (1)Tiens, ce matin, première nouvelle: la mairie de Paris s’oppose à la pose d’une plaque en l’honneur d’Henri Dutilleux, l’un des plus grands compositeurs français du XXème siècle. La raison? Il aurait composé une musique de film sous le régime de Vichy.

http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20150319.OBS5031/henri-dutilleux-n-aura-pas-sa-plaque.html?xtor=RSS-137

Il est des niveaux de crétinerie humaine qui font peur. Dutilleux n’a pas collaboré, participé à l’oeuvre de collaboration avec l’ennemi. Il n’a dénoncé personne. Au contraire, il s’est engagé en 1942 dans un réseau actif de résistance. Mais le voilà banni parce qu’il a composé un air de musique sous l’Occupation. Mais alors, pourquoi ne pas fermer le musée Picasso qui a peint abondamment et exposé dans Paris occupé de 1940 à 1944 ( je lis en ce moment « Conversation avec Picasso » de Brassai, Gallimard 1964)? Interdire les livres de Jean-paul Sartre, écrits et publiés sous « Vichy », du « Castor », Simone de Beauvoir (« il fallait bien vivre »), et Marguerite Duras, toutes ces icônes de la supposée « gauche » intellectuelle? et les films avec Arletty, les chansons de Maurice Chevalier, les disques de Joséphine Baker? Et François Mitterrand, qui a exercé des fonctions de responsabilité à Vichy, au point de téléchargementrecevoir la Francisque des mains de Pétain, une décoration récompensant  » la loyauté » envers le Maréchal?  Le père-fondateur du parti socialiste moderne et de la gauche française actuelle: faudrait-il supprimer toutes les plaques à son nom, les ponts, les rues Mitterrand, la bibliothèque nationale qui porte son nom? Et les crétins qui se croient malin d’interdire Henri Dutilleux, l’un des grands génies français du siècle passé, qu’auraient-ils fait sous l’Occupation et qu’en savent-ils? Peut-être la même chose qu’aujourd’hui: courir après  l’air du temps.  Ce n’est pas de l’idéologie, ni même du fanatisme, ce n’est pas de gauche, ni de droite, c’est de la bêtise crasse, de l’inculture, de l’inintelligence, de la pure médiocrité. Voilà où nous a conduit le déclin de l’éducation nationale et le quasi abandon des grands enseignements de l’histoire, de la philosophie, des lettres françaises, la baisse générale du niveau … Allons-donc, un petit moment de bonheur avec l’auteur de « Tout un monde lointain« , pour échapper à la nullité ambiante:

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=12&cad=rja&uact=8&ved=0CGIQtwIwCw&url=http%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3D7u3PZkISdFY&ei=PNwLVYLwN62P7AakioCIBA&usg=AFQjCNHQVEUg91raRU_Gome4euvToemLyA

Maxima TANDONNET

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La triple peine

téléchargement (1)Qu’est-ce que le RER D, un dimanche, à 5 heures du matin, à Juvisy?

On imagine bien: des « petites gens » comme dirait l’autre, des personnes au revenu très modeste, obligées de vivre à l’autre bout de la banlieue pour se rendre au travail et gagner leur vie, caissières dans des magasins, employés dans l’entretien de surface, chauffeurs de bus, stagiaires, CDD, etc. L’attaque d’un train de banlieue par une bande de voyous, à l’image des attaques de diligence dans le Farwest ou des actes de piraterie marque quand même une décomposition du corps social qui donne le vertige… Mais le pire, c’est la banalisation, qu’on n’en parle presque plus, comme si c’était normal, habituel. Le quasi silence des médias et de la classe politique est aussi terrifiant que les faits eux-mêmes.

http://corto74.blogspot.fr/2015/03/attaque-du-rer-d-de-juvisy-omerta.html

Les « petites gens » agressées et dévalisées sont ainsi victimes à trois titres:

– L’obligation du fait de la modestie de leurs ressources, d’habiter loin de leur lieu de travail, de se lever à 4 heures le dimanche et de se taper des parcours interminables pour gagner leur lieu de travail.

-Connaître la peur, la terreur de l’agression, les blessures le cas échéant, la mauvaise conscience d’avoir dû céder, la perte de leur sac, de leurs papiers, du peu d’argent qu’elles avaient sur elles et qui peut compter beaucoup, de leur téléphone portable.

– Le sentiment d’être oubliées, délaissées, abandonnées par la France d’en haut, politique, médias, intellectuels, qui s’en moquent comme de leur première chemise, y compris les « extrêmes » d’ailleurs. Oh, un député européen, un sénateur ou un ministre, un animateur de la télévision à cinq heures du matin, dans le RER D un dimanche à Juvisy, diable! cela se saurait.

Mais tout le monde s’en fout. On va faire honte aux usagers du RER D, le dimanche à 5 heures du matin, de s’abstenir aux cantonales ou de voter aux extrêmes (non par conviction, mais par désespoir). Mais leur malheur, leur triple peine n’intéresse personne. Car cela s’appelle bien la triple peine.

Maxime TANDONNET

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L’esprit de la corruption

imagesL’Assemblée nationale a voté hier la levée de l’immunité parlementaire de M.Balkany. Au-delà de l’homme et de sa femme, c’est tout un système, toute une mentalité qui sont en cause. Ce Monsieur est maire de Levallois depuis 1983 (avec des interruptions). Il est député depuis 1988 (idem). Il fait partie des grands pontes des Hauts de Seine depuis 35 ans, 35 ans, a été condamné plusieurs  fois, et tout pouvait continuer ainsi longtemps. Au parti socialiste, épargné par les médias, on en parle presque pas, mais dans le Nord, dans le Midi (à Marseille), les mises en cause, les condamnations tombent dans l’indifférence générale et rien ne bouge, les corrompus sont toujours en place. A la droite extrême, la situation est invraisemblable, avec sa famille régnante qui cumule les honneurs et les sièges, sans que personne ne s’en offusque,  le grand-père, la fille, la petite fille, le fiancé de la fille, etc. Imagine-t-on la même chose à l’ump, une famille à sa tête, le grand-père, la fille, la petite fille, le fiancé, et tout serait normal, nul ne s’en indignerait? Circulez, tout est normal, il n’y a rien à voir…  Il paraît que 20% des parlementaires français ont recruté leur femme, leur enfant, ou un proche familial (lien ci-dessous). Avec de l’argent public, c’est scandaleux. Pourquoi un tel privilège, une telle confiscation dans un pays qui compte 5,5 millions de chômeurs ou tant de jeunes qui ont tant de mérite galèrent de stage en stage, de CDD en CDD. C’est toute une mentalité qui est en cause. Tiens une anecdote, dont je certifie sur l’honneur qu’elle est strictement authentique. Au cours d’une mission, je rend visite à un ancien ministre, ex maire d’une ville d’environ 20 000 habitants. Sa fille venait d’être élue maire à sa place. L’ancien ministre me dit: » Elle n’est pas faite pour la politique… Je lui ai laissé la place car elle insistait tellement que je ne pouvais pas lui refuser. Comme ça elle va se casser le nez et elle verra que j’avais raison« . Le mandat électoral vu comme une propriété personnelle… Et l’intérêt général? Et la démocratie, et l’électeur dans tout cela? Une autre anecdote, dont je certifie aussi sur mon honneur qu’elle est rigoureusement authentique: un parlementaire lambda emploie sa femme comme attachée parlementaire. Il baise une employée de sa mairie. Donc, il divorce, licencie sa femme, et embauche à sa place, comme attachée parlementaire, sa nouvelle compagne…  Ma question: pourquoi le corps électoral, les électeurs tolèrent une situation de ce genre? C’est grave car cela reflète une mentalité générale: dès lors que la politique, la vie publique est dévoyée au profit d’intérêts personnels, jusqu’à la démence, elle n’exerce plus, sauf marginalement, son rôle de moteur de la société et la France sombre dans l’immobilisme. Certes, la corruption a toujours existé (affaires Panama, Stavisky, etc.) Mais aujourd’hui, c’est différent. Elle est confondue à un mode de fonctionnement habituel, banalisée, normalisée. Il faut en finir avec ces mandats et rentes électorales qui s’éternisent. 10 à 15 ans au sommet de la vie politique, maximum, et basta, la France a besoin d’un brassage, d’un renouveau permanent des dirigeants! Sinon, elle meurt! Et puis, une condamnation et c’est fini! On passe à autre chose! Ce n’est pas du « tous pourri » je ne généralise pas bien sûr, mais quand même, ce dévoiement de l’esprit public au profit d’intérêts personnels, claniques, familiaux, est une réalité inacceptable en démocratie.  Il existe un vieux principe républicain issu de la Constitution de 1793: quand il n’y a plus d’autre issue, il est de la responsabilité du peuple de descendre dans la rue et de faire la révolution. Le peuple n’aime plus la foule, la violence, le bruit et la fureur. Sa colère, il l’exprime dans une abstention massive. Mais cette expression ne règle rien, car finalement, la caste s’en accommode parfaitement…

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&uact=8&ved=0CCcQFjAB&url=http%3A%2F%2Fwww.liberation.fr%2Fpolitiques%2F2014%2F07%2F23%2Fles-maris-les-femmes-et-leurs-emoluments_1069200&ei=REsKVcOwKqTV7gaijYGQBA&usg=AFQjCNH4lbzilSQvRWRRS7EYKlLRiC0nPA

Maxime TANDONNET

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Quelque chose qui ne va pas…

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)L’article ci-dessous, pour Figaro Vox, a été écrit dans un objectif constructif. Les commentaires qui le suivent sont partagés entre la haine viscérale et l’idolâtrie intouchable. Je vois beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde tous les jours, de droite, de gauche, sans parti, dans tous les milieux. Je n’entends qu’un seul son de cloche en ce moment: la déchéance abyssale de la politique française, avec ses coups de « com », ses polémiques, ses effets d’annonce, ses calembours, ses petites phrases, l’impression d’une fuite en avant dans le népotisme et le carriérisme, et le sentiment que les Français sont abandonnés à leurs malheurs – le chômage, l’insécurité – et leurs inquiétudes. Dans ce contexte, je pense qu’un ancien chef de l’Etat doit montrer tout autre chose. Il a une vraie responsabilité de se tenir bien au dessus du marécage, au-dessus de la mêlée, de prendre de la hauteur de vue, de proposer un cap pour la France, de montrer une exemplarité. Cela ne me paraît pas être tout à fait le cas aujourd’hui. Et c’est mon droit de citoyen de le penser et de le dire, en espérant que cela puisse changer.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/03/17/31001-20150317ARTFIG00306-le-desarroi-d-un-ancien-conseiller-face-a-l-evolution-de-nicolas-sarkozy.php

Maxime TANDONNET

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Bouc émissaire

images (2)Je ne suis pas sûr de partager beaucoup de la sensibilité d’Eric Zemmour, étant personnellement favorable au libéralisme, au libre-échange, à la mondialisation maîtrisée, comme vecteur du progrès économique;  à l’égalité stricte des hommes et des femmes sur tous les plans; à l’alliance atlantique avec les Américains, nos alliés qui nous ont sauvé à deux reprises. Je ne suis pas sûr d’ailleurs que la France d’autrefois soit bien meilleure que celle d’aujourd’hui. Cependant, l’attitude de la classe politique et médiatique envers ce journaliste me révulse à un point qu’il est difficile d’exprimer. D’où l’article ci-joint pour Figaro Vox:

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/03/16/31003-20150316ARTFIG00054-eric-zemmour-le-bouc-emissaire-de-laurent-ruquier.php

Après avoir surexploité son personnage pour faire de l’audience, voici qu’on le jette aux orties de manière éhontée. La société française, la supposée « France d’en haut », lui attribue tous les péchés de la création. La « banalisation de ses idées » serait à l’origine de la poussée extrémiste en France, à la veille des cantonales. Alors bien sûr, les promesses non tenues sur le chômage qui pulvérise les records historiques, ne sont pour rien dans ce 5323971phénomène… Le lâche abandon des thèmes de la Nation, de la sécurité, de l’identité, par la classe politique dans son ensemble, n’y est rien non plus. Les trahisons, les revirements sur la question européenne, pour rien évidemment. Les attitudes, comportements personnels ignobles de certains responsables politiques, pour l’argent ou pour le sexe, les marques odieuses de mépris envers les citoyens, n’y sont pour rien du tout, non, rien du tout, rien du tout… Car le responsable du jour, le voici: Eric Zemmour. Ce phénomène de nature psychologique est bien connu. La meute qui prend en chasse le coupable idéal, la victime expiatoire d’une société qui souffre. Le bouc émissaire est parfois une collectivité, un groupe ethnique ou religieux, mais parfois aussi, et de plus en plus souvent, un homme seul. Ce n’est pas forcément mieux. 

Maxime TANDONNET

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« Les petites gens »

petites-gens« Vous trompez les petites gens! » a déclaré le Premier ministre à l’Assemblée nationale (lien ci-dessous). M. Valls se fourvoie en assimilant ce qu’il appelle  « petites gens » et tentation du vote fn. L’immense majorité de ses soi-disant « petites gens« , n’ont pas la moindre attirance pour le fn son histoire, son identité, sa démagogie. Ils se retrouvent en vérité dans les 60% d’abstentionnistes et les 74% qui éprouvent, soit du dégoût, soit de la méfiance envers la politique (CEVIPOF janvier 2015). Et cela n’est pas près de s’arranger à voir la grande comédie hystérique en cours.

Cette expression « les petites gens« , ne semble avoir scandalisé personne.  Pourtant, elle est bien à l’image du mépris de la classe dirigeante dans son ensemble envers les citoyens, le peuple, la majorité silencieuse, la « France d’en-bas ». Lui, fait partie des « grandes gens » sans doute, ceux qui passent à la télévision, dirigent les autres – ou font semblant – détiennent la vérité, le monopole du bien, un « message ».

Le problème, c’est que pour réussir dans la haute société française médiatique ou politique, il ne faut pas être forcément très intelligent. Il faut un culot monstre, une désinhibition et un cynisme à toute épreuve, absence de scrupule, des relations familiales ou clanique, un excellent réseau personnel, un arrivisme à couper le souffle. Voilà, c’est tout. Les politiciens ne sont pas en général des gens cultivés ni intelligents, dotés de bon sens et d’une vision historique. Ils appellent  « petites gens » des personnes beaucoup plus instruites et intelligentes qu’eux, au sens fort du mot intelligence (qui ne se réduit pas aux diplômes évidemment).

On imagine, à voir comment ils sont traités, que les médecins font partie des « petites gens » de M. Valls. Or, dans l’affaire du tiers payant, ce sont les médecins qui ont raison de refuser cette société d’assistanat, de gratuité apparente (« c’est gratuit, c’est l’Etat qui paye« ) de démagogie que les socialistes, et d’ailleurs la classe politique française dans son ensemble, mettent subrepticement en place et entraîne le pays dans le gouffre. Alors, solidarité totale avec les « petites gens »,  méprisés par la classe politico-médiatique, de l’extrême droite à l’extrême gauche! Nous sommes tous des « petites gens« , ceux de la majorité silencieuse, et fiers de l’être! Solidarité totale avec les médecins qui en défendant leur profession – et ils sont bien seuls – défendent aujourd’hui la France!

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=newssearch&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0CCAQqQIoADAA&url=http%3A%2F%2Fwww.francetvinfo.fr%2Fpolitique%2Ffront-national%2Fvideo-vous-trompez-les-petits-gens-lance-valls-a-la-deputee-fn-marion-marechal-le-pen_845459.html&ei=vxkFVbSdCMeQ7AbGxIHAAg&usg=AFQjCNFfXP6WcA8jdqaBtZDkvc7fimrllg&bvm=bv.88198703,d.ZGU

Maxime TANDONNET

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La confiance perdue

images (1)L’exercice du pouvoir politique suppose une part de bluff, de cette « chimère » qui guide les peuples. Les leviers d’action concrète, opérationnelle, ne sont jamais si nombreux et si efficace qu’on le croit. Jadis, le régime d’Assemblée, la valse des gouvernements constituait une entrave majeure à l’efficacité gouvernementale. Aujourd’hui, la stabilité existe en apparence mais la situation financière, le carcan des jurisprudences et du droit européen, les transferts massifs de compétence (à Bruxelles, aux collectivités) ont réduit les capacités d’action objectives du pouvoir politique. Cependant, l’essentiel n’est pas là. Il tient au fait que les dirigeants ont perdu cette aptitude fondamentale à changer le destin par la confiance qu’ils inspirent. Les grands redressements de l’histoire contemporaine proviennent de l’impact psychologique créé par une image, un symbole qui donne imagesconfiance: l’arrivée de Clemenceau en 1917, Poincaré, sauveur de l’économie française en 1926, de Gaulle, seul et démuni de tout en 1940, Pinay en 1952 puis en 1958… La confiance qu’inspire un dirigeant, avant même ses décisions concrètes, est de nature à mobiliser, à dynamiser une société. Le pire désastre de la politique actuelle tient à l’image donnée, qui exerce l’effet inverse. Le Premier ministre a commis une erreur monumentale, sans doute irréparable, en parlant de « sa peur » et de « son angoisse », des mots qui sont à l’opposé de ceux qui inspirent la confiance, puis en perdant son sang-froid à plusieurs reprises. Aujourd’hui, on ne voit plus en ce moment dans la société française de personnalité visible, médiatique, réunissant sur son visage et dans sa voix, les qualités qui inspirent cette confiance: la nouveauté,  le calme, la compétence, le charisme, le sérieux, le désintéressement, l’autorité naturelle, le bon sens de celui qui doit avant tout savoir s’entourer, le sang-froid, la modération. La vertu compte aussi, car dans une société aussi chaotique et Raymond_Poincaré_1914[1]tourmentée, les Français ont besoin de repères moraux, d’exemplarité, de référence. Les dégâts commis par la succession des scandales personnels, DSK, Cahuzac, « Merci pour ce moment », etc. ont gravement contribué à ruiner l’esprit public et à briser ses ressorts de la confiance dans notre pays.  La France n’a pas besoin d’hommes ou femmes providentiels qui prétendent porter son destin – le dernier était de Gaulle, les autres, qui l’ont prétendu, ont sombré dans la honte ou le ridicule – mais d’une figure plutôt modeste, sans prétention ni ambition mégalomaniaque, incarnant le sérieux, la volonté, le réalisme, une forme de consensus et la sobriété: la confiance en somme, des entreprises comme des citoyens, cette confiance sans laquelle rien n’est possible.

Maxime TANDONNET

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Un vrai projet sur l’immigration

téléchargement (1)Attention! Je ne suis en aucun cas en train de me prononcer pour un candidat à la « primaire ump »! Je n’arrête pas de le dire, au risque de lasser : la grande comédie humaine en vue des présidentielles ne m’intéresse absolument pas. Les crises d’hystérie,  les idolâtries ou lynchages  ne me concernent pas. La France veut être gouvernée, avoir un cap. Tout ce qui me touche de la vie publique, c’est le débat d’idées et de projet.  Il faut en finir avec les questions de personnes qui viendront en temps voulu et se focaliser sur les sujets de fond, les seuls qui intéressent les Français et font pourtant l’objet d’un interdit. Ainsi, tombant par hasard sur le « blog de François Fillon« , j’y ai trouvé un document intéressant pour l’avenir du pays: son projet en matière d’immigration. Moi qui ai longtemps travaillé sur le sujet (ce n’est plus  le cas aujourd’hui), j’y souscris sur l’essentiel: clair, mesuré, réaliste. Il se démarque des deux extrêmes, deux utopies qui se rejoignent dans le mensonge, fuite en avant dans le même mépris du réel, et donc du peuple: « sans-frontiérisme » et « immigration zéro ». Il est fondé sur des propositions solides, crédibles, réalistes en vue d’une immigration maîtrisée, limitée aux capacités d’accueil du pays. J’ajoute qu’en outre, il faut un certain courage, dans la classe politique, pour évoquer en ce moment, avec réalisme et modération, un sujet essentiel pour l’avenir mais qui tétanise la « France d’en haut ». Le monde médiatique semble avoir oublié de parler de ce projet. Dommage. Alors, pour le débat d’idées et seulement pour lui:

http://www.force-republicaine.fr/wp-content/uploads/2014/11/IMMIGRATION-DES-TABOUS-AUX-VALEURS-NOVEMBRE-2014.pdf

Maxime TANDONNET

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