La destruction de l’église de Mossoul

XVM5caa6bba-0c5c-11e6-a0e7-e1c22127f1d6Ci-joint ma dernière contribution au FigaroVox sur la destruction de l’église de Mossoul, dans la plus grande indifférence générale, et l’épuration ethnique qu’ont subi les chrétiens au Moyen-Orient sans que ces termes ne soient jamais utilisés.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 9 commentaires

Génération trahie?

imagesCALGTYB8(Reprise d’un commentaire paru sur ce blog)

Le constat semble être le même dans de nombreux pays, la perte de souveraineté a atteint un seuil intolérable pour nombre d’entre nous.
L’Europe actuelle ne correspond plus à celle pour laquelle ma génération (j’ai 54 ans) s’est enthousiasmée.
Tout a été fait à l’envers. Schengen sans échange de fichiers entre les services de police et de renseignement. Marché ouvert, y compris des services, sans harmonisation fiscale et sans harmonisation des régimes sociaux. Elargissement sans limite à des pays tellement éloignés de nos standards qu’il rend d’ailleurs toute harmonisation impossible.
Et pour couronner le tout, une Europe dirigée par Angela Merkel et l’Allemagne, qui n’ont ni les mêmes contraintes ni les mêmes intérêts que nous.
Il est est regrettable que les partis « dit de gouvernement » soient les défenseurs acharnés de ce modèle qui ne marche plus (la nouvelle « petite merveille », Monsieur M. comme vous l’appelez, pourrait bien être le nouvel opium, profil de gendre idéal, à même d’endormir le bon peuple) et que seuls les représentants des partis « extrémistes » en portent la remise en cause.
Il y a certes quelques exception, NDA, mais qui aura du mal à percer, JP Chevènement, mais qui commence à être daté, et peut être François Fillon, mais aura-t-il réellement la volonté de mettre les pieds dans le plat européen (en supposant qu’il sorte des primaires).
Comment regrouper et fédérer tous ceux, nombreux, qui ne veulent pas voter pour la clique FN (qui se réclame maintenant du Gaullisme, le grand Charles doit se retourner dans sa tombe) ni se résigner à attendre la catastrophe ?

ERIC

Publié dans Uncategorized | 37 commentaires

La tragédie politique occidentale

871149-le-candidat-du-parti-fpo-norbert-hofer-e-24-avril-2016-a-vienneLa France n’est pas la seule touchée. Le phénomène est en train de frapper l’ensemble des pays occidentaux: un rejet viscéral des « partis traditionnels », démocrates-sociaux et conservateurs qui règnent en maîtres depuis 1945. Le triomphe du FPö autrichien, le 24 avril, contre une coalition centrale, au premier tour des présidentielles en témoigne de manière sidérante, comme la course en tête de M. Trump aux primaires républicaines aux Etats-Unis, l’effondrement de Mme Merkel en Allemagne, les difficultés de M. Cameron au Royaume-Uni, la poussée d’extrême gauche en Espagne, etc. Quant à la France, mieux vaut ne pas en parler tandis que les socialistes au pouvoir atteignent les fond de l’abîme (« eh, oh, la gauche« ) et l’opposition se décompose en individualités obnubilées par la conquête de l’Elysée. Pourquoi? Partout prédomine le sentiment d’un milieu politique obsédé par ses intérêts et refusant d’entendre les souffrances, les malheurs, la détresse, l’angoisse des populations. L’aveuglement des politiques traditionnels est sidérant sur deux dossiers fondamentaux. Tétanisés par leur image médiatique,  ils refusent catégoriquement d’apporter des réponses à la question de la maîtrise de l’immigration et celle de la refondation d’une Europe devenue un monstre bureaucratique. L’attitude de M. Obama, venu au Royaume-Uni menacer les Britanniques en cas de Brexit est incompréhensible. Comment les Britanniques pourraient-ils ne pas réagir par la colère à une telle ingérence ? En France, la classe dirigeante se pense, au fond, protégée par le « lepénisme » qui canalise un certain mécontentement. Cette formation, pensent-ils, du fait  de son passé, de son caractère familial, de ses personnages caricaturaux, à la fois aimant et repoussoir, protège un statu quo davantage qu’elle ne le menace. Mais ce parti n’est pas éternel, il ne les protégera pas éternellement, et son effondrement ouvrirait la voie à un tsunami politique. Si les politiques nationaux, médiatisés, de France et de Navarre  étaient plus intelligents, ils essaieraient de comprendre: les choses ne peuvent plus durer ainsi, nous marchons à l’apocalypse; cessons de nous enivrer de nous-mêmes et de nous regarder le nombril pour tenter, face aux Français, de répondre aux grandes questions du moment. Hélas, il n’est pas du tout certain qu’ils en soient  capables, par manque de recul, de force de caractère, de vision, atteints d’une maladie mentale extrêmement contagieuse qui s’appelle la mégalomanie.

Maxime  TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 25 commentaires

Les idoles et les héros

imagesJe n’ai absolument rien contre Monsieur M. et d’ailleurs, lors de sa nomination comme ministre de l’économie, contre l’ironie générale, j’avais écrit une tribune suggérant qu’on lui laisse sa chance avant de le démolir. Mais voilà, aujourd’hui, Monsieur M.  est soudain passé au cœur de l’actualité, de la conscience politique française. Chacun de ses faits et gestes fait l’objet d’une multitude de commentaires. Ses paroles sont attendues, disséquées, sublimées, dans un climat d’éblouissement général, ses positions analysées, étudiées magnifiées.  Il fait la « une » de Paris-Match, accapare l’attention des radios et des télévisions qui lui vouent une sorte de culte d’un genre nouveau. Il est, paraît-il, à la fois le « candidat » favori de gauche et le premier ministre potentiel d’un gouvernement de droite… Pourtant,  Monsieur M. n’a pas sauvé le pays, accompli de geste historique, rendu un service signalé à la France. Rien de tout cela. Son seul mérite est d’avoir prononcé deux ou trois phrases légèrement transgressives au regard des tabous de son camp politique (avant de s’excuser) et d’avoir défié un chef de l’Etat en difficulté dont il est la plus authentique créature.  Nous sommes ici dans une logique d’idolâtrie, c’est-à-dire, de sublimation artificielle, par une sur-médiatisation, d’un personnage présenté, sans aucune raison objective, factuelle, inscrite dans la réalité, comme sauveur, homme ou femme providentiel. L’idolâtrie, banalisée sur le scène politique française, est le signe d’un pays malade, privé de repères, de sens critique,  à l’agonie, soumis à toutes les manipulations et toutes les propagandes. L’héroïsme est tout autre chose. Une nation a besoin de héros auxquels elle peut s’identifier. Mais le héros est tout le contraire de l’idole.  Il est l’homme qui a accompli un exploit, un acte d’une audace, d’un courage, d’une intelligence visionnaire d’exception auquel la nation est éternellement reconnaissante. Dans l’histoire contemporaine, les héros français ne courent pas les rues: Bonaparte le 18 Brumaire, Clemenceau en 1917-1918, Poincaré en 1926, de Gaulle le 18 juin 1940 et en 1958-1962, Mendès-France en 1954… En réalité, plus les idoles prolifèrent comme une mauvaise herbe au goût totalitaire, et plus l’héroïsme se meurt…XVMdf4f52a8-86ef-11e5-b528-ec00c552b8ad

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

La désintégration politique

XVMb2022bc0-08a1-11e6-b095-c30b7cf76a63L’un des phénomènes marquant de notre époque est la désintégration de la vie politique, l’anéantissement de l’idée d’un destin commun et d’un gouvernement collectif capable de prendre des décisions, de choisir, de donner une direction au pays. En France, comme je l’ai écrit dans Figaro Vox, il s’exprime par la prolifération des candidatures à l’élection présidentielle de 2017. Disons le tout net, je trouve détestable le concert d’ironie qui a suivi l’annonce de la candidature de Mme Rama Yade avant hier, comme si le droit de solliciter les suffrages des Français était le monopole d’une coterie de politiciens établis. Pour autant, il me semble que l’obsession présidentialiste qui s’est emparée de la société française, au détriment de toutes les autres fonctions politiques, en particulier gouvernementales, ministérielles, marque le triomphe de la folie narcissique au détriment du sens du bien commun, de l’intérêt général, du dévouement à la cause publique, à la res publica.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 27 commentaires

Affiches douteuses

sans-titreCes affiches qui fleurissent dans le métro parisien me paraissent d’un goût discutable:

  • Elles laissent entendre que les employeurs recrutent sur la couleur de peau, ce qui est faux et insultant pour le monde de l’entreprise en général.
  • Elles présentent une réalité tronquée, totalement mensongère, en suggérant que pour un jeune « de type européen », il serait facile de trouver un travail aujourd’hui.
  • Elles attisent les clivages, les haines, le rejet d’autrui, la désintégration sociale, en opposant des jeunes les uns aux autres.
  • Par réaction, elles risquent de favoriser les votes extrémistes.sans-titre

A vrai dire, je ne comprends pas comment quelque chose de ce genre est possible. Provocation, idiotie, volonté de nuire? Sincèrement, je n’en sais rien.

Maxime TANDONNET

NB: LES SITES FIGURANT AU BLOGROLL CI-JOINT SONT SEULS AUTORISES A REPRENDRE MES BILLETS SVP, OU AVEC MON ACCORD.

Publié dans Uncategorized | 37 commentaires

Une très mauvaise idée

jpab-aLa dernière lubie des socialistes au pouvoir? Etendre le RSA aux 18-25 ans. Je n’avais pas entendu une idée aussi lamentable depuis bien longtemps. Le coût pour les finances publiques serait colossal, 4 milliards d’euros. Dès lors il faudrait lever de nouveaux impôts, aggraver les prélèvements sur l’économie, déjà gigantesques en France (46% de prélèvements obligatoires, 10 points au dessus de l’Allemagne) donc augmenter encore le chômage.

Mais surtout, bien pire, ce projet renforcerait considérablement l’assistanat. Il donnerait aux jeunes de 18 à 25 ans l’image d’une société qui a le devoir d’assurer la rémunération des individus sans la contrepartie d’un travail. Il briserait la volonté et le courage de nombreux jeunes. Aujourd’hui, beaucoup s’en sortent en acceptant pendant quelques années, à 18 ou 20 ans, des stages rémunérés 500 euros par mois, pour se préparer au monde du travail et réussir leur carrière. Avec le RSA jeune, c’en serait fini de l’apprentissage, des formations en alternance qui sont le levier de l’emploi aujourd’hui. Pourquoi travailler pour 500 euros puisque l’on touche la même chose sans effort, sans rien faire, sans travailler.

Alors pourquoi cette idée invraisemblable, aujourd’hui, en fin de mandat? L’explication est multiple:

  • dans la débâcle, lancer des polémiques, faire oublier la catastrophe générale: après la déchéance de nationalité, le RSA jeune;
  • une remontée de bile idéologique, « à chacun selon ses besoins » comme disait l’autre et l’assistanat vaut mieux que « l’exploitation de l’homme par l’homme » comme chacun sait;
  • un geste d’opportunisme, pour essayer de calmer les groupuscules de la jeunesse socialiste, place de la République;
  • la terre brûlée, ils savent qu’ils vont partir dans quelques mois, ils sont furieux,  donc ils se vengent;
  • à long terme, essayer de créer une clientèle d’électeurs à leur image, d’électeurs socialistes.

La vérité, c’est qu’ils ne connaissent pas les jeunes. Ils ne fréquentent et n’écoutent qu’une infime poignée de pseudo-idéologues carriéristes. Donc ils pensent que les jeunes attendent l’assistanat de l’Etat. C’est faux, absurde. Moi je les connais les jeunes, comme père de famille et enseignant dans plusieurs universités. Les jeunes dans leur immense majorité n’ont rien à faire de leur assistanat; ils ne sont pas socialistes, d’ailleurs, ils n’aiment pas les partis ni les idéologies. Ils veulent travailler, être utiles, servir les autres, et aussi gagner de l’argent à la sueur de leur front, et ils ont raison.

Mais le plus terrible au fond, c’est l’étrange silence de la classe politique dans son ensemble, y compris de la droite et de l’extrême droite. Des fois que s’opposer au « RSA jeune » pourrait leur coûter des voix et compromettre une belle carrière élyséenne… Même le petit bonhomme idolâtré par les médias (son nom m’échappe) Ah si! Deux ont élevé la voix, deux exceptions à ce silence complice – qui ne dit mot consent. Mme Aubry – quelle bonne surprise – , et Nicolas Dupont-Aignan, merci à lui.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 33 commentaires

Le geste du Pape

sans-titreLe geste du Pape, qui s’est rendu à l’île de Lesbos à la rencontre des migrants pour en ramener une dizaine dans l’avion  du Vatican, suscite chez moi un océan de perplexité. D’abord, comme chef de l’Eglise catholique, dont le message est fondé sur « l’amour du prochain », son attitude appelle un immense respect. Elle pointe du doigt le sort atroce qui est réservé à des êtres humains sur le sol de l’Europe, enfermés derrière des barbelés. En tant qu’autorité religieuse et morale, François pouvait difficilement faire moins. Son attitude  souligne cependant toute la complexité de la situation. L’Europe est l’une des régions les plus ouvertes de la planète, accueillant en temps ordinaire, en moyenne annuelle, 1,4 million de personnes, auxquels se sont ajouté plus d’un million de migrants en 2015. Terre de stabilité et de prospérité au milieu d’un monde en pleine ébullition, elle représente un Eldorado, un espoir de bonheur pour des centaines de millions d’hommes qui vivent dans la guerre, la dictature ou la misère et le désoeuvrement. Or, elle n’a pas les moyens d’une hospitalité sans limite. Ses capacités de fournir un emploi, un sans-titrelogement, des conditions de vie dignes aux populations venues de l’extérieur ne sont pas indéfiniment extensibles. La psychologie de ses peuples ne se prête pas non plus à un accueil illimité. Sauf à plonger l’Europe dans le chaos de gigantesques poches de détresse et la certitude, à moyen terme, d’un retour aux fureurs nationalistes et racistes sur le continent, il est impératif de marquer des limites à ce flux migratoire.  En outre, encourager les arrivées clandestines en Europe fait le jeu des filières esclavagistes et meurtrières qui accumulent des fortunes gigantesques en envoyant des malheureux soit à la mort par noyade, soit à l’impasse des fils de fer barbelés ou de l’exclusion. L’Europe et de ses Etats ont en revanche une responsabilité cruciale dans la stabilisation des régions en guerre et le développement économique des régions les plus démunies. Le Pape François avait-t-il en tête, quand il a accompli son geste médiatique, toutes ces données d’un sujet d’une difficulté inouïe? Je me le demande en toute sincérité. Une question pour finir:  sa Sainteté ne pourrait-elle se rendre demain à Bagdad pour apporter aussi un soutien symbolique aux chrétiens d’Irak et de Syrie victimes d’un atroce génocide, mais déterminés à rester chez eux dans une région qui est le berceau du christianisme? téléchargement (1)

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 43 commentaires

Leçons d’une débâcle

images« Dialogue citoyen », Macron, sa femme, CDD, voile à l’université, déchéance de nationalité, Pacte, Hollande, chômage, jeunes, Valls, Paris-Match, terrorisme.. ». Comment dépasser le sentiment de dérision qui nous accable ce matin, en tirer quelque chose de positif? La vraie question: si l’alternance se produit l’an prochain, peut-on éviter que le spectacle  auquel nous assistons ne se renouvelle? Au-delà des apparences, ce n’est pas seulement une affaire de personnalités, mais de système. M. Hollande, M. Valls, M. Macron sont-ils fondamentalement, personnellement, plus mauvais que ceux qui viennent en 2017? Non: ils incarnent tout simplement les qualités nécessaires d’opportunisme pour réussir dans le métier politique et qui n’appellent guère (sauf exception) la force de l’intelligence visionnaire ni de la fermeté de conviction, ou du courage de l’action. L’enjeu fondamental ne tient pas aux hommes ou femmes, qu’ils soient de gauche, de droite ou  des extrêmes, mais aux mœurs politiques. 2017-2022, voulez-vous éviter de sombrer, à votre tour, dans le néant?  Non? Alors, il faut que chacun reste à sa place, joue son rôle au service de la France raisonne et se comporte en termes de devoir. Le président préside avec toute la hauteur et le recul que prévoit la Constitution. Il ne parle pas, ou peu; il préside. Le Premier ministre et les ministres gouvernent du matin au soir, dirigent le gouvernement et le ministère dont ils ont la charge. Ils font leur boulot. Ils cessent de s’épancher dans les médias en jouant les starlettes. La règle doit être claire dès le début et la démission automatique en cas de dérapage. Quant aux députés, ils n’ont pas pour mission de préparer leur réélection, ni de se comporter en gamins sectaires et serviles,  mais de représenter la Nation, et donc, quand celle-ci est en colère, de sanctionner un Exécutif à la dérive. Tel est aussi leur devoir. Il est illusoire de donner à la tragédie politique française  toutes sortes de boucs émissaires,  « l’Europe », « la mondialisation », « l’Amérique », « le capital financier » ou autres leurres de ce genre. Le mal est, au moins pour l’essentiel, français, franco-français. 2017-2022: Les Français n’attendent pas des miracles de la politique, mais au moins un comportement responsable de leurs futurs dirigeants.

Maxime TANDONNET

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 24 commentaires

Fin de règne ou fin de régime?

Voici une contribution bienvenue, appelant réflexion… Le constat est accablant. La question qui reste pendante: sur quoi peut déboucher une pareille impasse? paume

« Le parallèle avec la France de la fin de l’ancien régime est saisissant: un pouvoir théoriquement très fort, en réalité impuissant, tout entier personnifié par un homme rejeté; les intrigues de cour pour le remplacer, non pas dans l’objectif d’une autre politique, mais seulement pour occuper les palais; les fondements théoriques et philosophiques de l’Etat devenus irréels (à la fin de l’ancien régime, la monarchie de droit divin et les privilèges nobiliaires n’avaient plus de sens; aujourd’hui, que sont devenus les principes républicains? où est la démocratie? je ne développe pas, il y aurait trop à dire); le sens de l’intérêt général disparu au profit de castes sociales opportunistes (les Parlements hier, aujourd’hui le monde politico-médiatique, et tous les intérêts corporatistes que le pouvoir flatte et arrose); un pouvoir à mille lieues des préoccupations quotidiennes des « vrais gens »; etc. »

François MARTIN

Publié dans Uncategorized | 8 commentaires

Nuages sur l’alternance

sans-titreA un an d’une alternance probable, comment ne pas éprouver un soulagement profond? Bientôt, le quinquennat de M. Hollande ne sera plus qu’un mauvais souvenir, une sorte de cauchemar absurde voué à s’effacer des mémoires. Mais que dire? Et si l’alternance qui vient n’était qu’un pétard mouillé? 2017-2022: cinq ans de médiocrité, d’hésitations, et de reculs, puis le triomphe des socialistes réunifiés autour de Mme Aubry, M. Mélenchon et Mme Taubira, avec le tremplin d’une puissante extrême droite? Eh bien, voilà tout ce qui se prépare aujourd’hui. L’alternance de 2017 se présente au plus mal. Que nous offre l’opposition en ce moment? Un combat de coqs ridicule et sans intérêt. Voilà tout. Bien sûr, à la dernière minute, un programme ou catalogue de mesures sera concocté à la hâte. Mais ce n’est pas suffisant. Pour prendre le pouvoir et réussir, il faut beaucoup plus: un élan collectif, une vague de confiance dans le pays, une espérance… Cela, nous ne le sentons absolument pas venir. Attendre que l’opposition ait désigné son candidat pour que l’espoir s’incarne dans un « homme »? Cela s’appelle se moquer du monde, prendre les gens pour des imbéciles, une fois de plus, de cinq ans en cinq ans. Nos attendons de la politique une profonde révolution des mentalités. Il faut en finir avec la fuite sans fin des gouvernants dans l’esbroufe, la polémique, la logorrhée et la mégalomanie. La France veut être gouvernée. Le pouvoir a pourimages unique mission de choisir, de décider, d’agir. Il n’est pas une  sorte de privilège ou accomplissement d’une revanche sociale, mais  un engagement temporaire dans l’intérêt général. Il a pour seuls guides la vérité et le bien commun. Il est au service exclusif de la Nation. Son rôle n’est pas de faire rêver, mais de s’appuyer sur le réel, le possible pour diriger le pays. Voilà ce que nous aimerions entendre de la part des chefs de l’opposition. Je vois d’ici leurs haussements d’épaule. Dans le contexte actuel, mon discours est inaudible, presque absurde, risible, utopique, je le sais…  Eh bien, continuez ainsi…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 11 commentaires

Pourquoi en est-on là?

imagesLQT0IDKVInutile d’en rajouter sur l’actualité, le spectacle affligeant auquel  nous assistons sur la scène politique se passe de commentaires … Mais pourquoi un tel gâchis, une telle faillite, une pareille débâcle? Un seuil semble avoir été franchi. Il semble que toute notion de logique, de cohérence, de respect soit fracassée. Tout semble désormais possible dans l’absurdité, le « n’importe quoi ». Le sentiment dominant est qu’il n’existe plus de limite à l’irresponsabilité. Sincèrement, je pense qu’une telle déchéance de la politique française est sans aucun précédent historique. Plusieurs raisons peuvent expliquer le phénomène:

  • L’effondrement du niveau intellectuel: les dirigeants politiques français sont avant tout des communicants, des hommes de réseau, qui ont fait carrière par cooptation, copinage, népotisme familial, clanisme, privés d’intuition historique, économique, littéraire, en même temps déconnectés du réel et du bon sens quotidien. Tout ceci est le fruit empoisonné, à long terme, du déclin de l’enseignement des humanités, en particulier de l’histoire.
  • Des personnage médiocres sur le plan du caractère, sans la moindre cohérence, sans conviction, incapable de se fixer un cap et de s’y tenir, sans boussole, sans guide intérieur, autre que le « moi-je » d’où cette hallucinante capacité à tous les revirements et toutes les volte-face.
  • L’expression exacerbée, en politique, de « l’ère du vide », où plus rien ne compte que l’ego narcissique des individus (cf Gilles de Lipovetsky) en l’absence de référence patriotique, religieuse, ou d’une valeur comme la solidarité. Nous vivons une époque où la politique se confond avec l’ivresse de soi, nourrie de l’obsession élyséenne.

En creux, ce tableau ouvre un horizon sur ce que nous, citoyens, sommes en droit d’exiger des futurs dirigeants du pays: une vision historique, une ligne solide et ferme fondée sur des convictions, une grande modestie et abnégation au service du pays. Mais est-ce que cela existe?

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 33 commentaires

La mode « ni droite ni gauche »

imagesCi-joint ma dernière contribution au Figaro Vox. La grande mode actuelle chez les socialistes est au « ni droite ni gauche ». La table rase et l’oubli sont la source de toutes les manipulations. Six mois auparavant, un peu avant les régionales, la mode était toute autre et les mêmes fustigeaient « le bloc réactionnaire de la droite et de l’extrême droite » qu’il fallait combattre à tout prix au nom des « valeurs ». La vérité? Ils n’y a plus rien qu’une bande de petits bonshommes mégalos, sans aucun intérêt qui ne pensent qu’à faire parler d’eux par tous les moyens possibles et ne vivent que dans l’ivresse du rêve élyséen.  Voyez les commentaires. Certains m’accusent de pessimisme et d’ajouter du dégoût au dégoût. Non, je ne fais qu’écrire ce que je pense et dénoncer la chose qui m’exaspère le plus au monde: le « foutage de gueule », et ceci  dans le vague espoir de susciter une prise de conscience et de contribuer à un nouveau départ de la vie politique française. Ce n’est pas si compliqué: cessez de jacasser et mettez vous au boulot!

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 32 commentaires

M. Alain Juppé, fausses et vraies questions

imagesDe mémoire, je n’ai pas souvenir d’un candidat à l’élection présidentielle qui ait été à tel point considéré comme favori d’un scrutin présidentiel un an à l’avance. Les sondages s’enchaînent et se ressemblent. Bien sûr, parmi les grandissimes favoris qui n’ont pas été élus, nous avons eu Raymond Barre en 1986-1989, Edouard Balladur en 1993-1995, Dominique Strauss-Kahn en 2010-2011… Mais cette fois, le phénomène semble d’une autre nature, puissant, transcendant les clivages. Les enquêtes ont une part de factice et d’artificiel, mais comment ne pas voir qu’elles reflètent largement la sensibilité ambiante de la société française? A quoi tient ce mouvement de l’opinion? A la quête d’un repère, d’une impression de sagesse et de hauteur dans la tourmente du monde et la désintégration de la politique intérieure. M. Juppé a réussi en deux ans à incarner cette image de sagesse et de hauteur à laquelle l’opinion publique est sensible en ce moment. Ses chances d’accéder à l’Elysée sont réelles même si rien n’est évidemment joué d’avance.

Face à ce phénomène, il est de fausses et de vraies questions que nous sommes en droit de nous poser.

Les fausses– Les attaques vont déferler sur son âge. Celles-là sont absurdes et inacceptables car les plus grands dirigeants de l’histoire ont allégrement dépassé les 70 ans au pouvoir: Clemenceau, Churchill, de Gaulle, Reagan… L’expérience n’est pas un handicap, au contraire, surtout pour la fonction de chef de l’Etat qui suppose de la distance et du recul. Les attaques sur sa personnalité –  qui commencent à sortir – ne nous intéressent pas non plus. Il serait « froid, distant, désagréable » Un livre de témoignage vient de sortir à ce sujet… Ce mode de dénigrement est absurde. L’image d’Epinal d’un homme –  plus ou moins authentique (car j’ai entendu nombre de témoignages contraires) – n’a jamais fait la qualité d’une politique. Les retours sur son passé ne sont pas pertinents non plus: les grèves de décembre 1995, la condamnation. Il a voulu agir, il a commis des erreurs,  il a payé pour un autre, pour d’autres, dans sa vie et dans son honneur bafoué. Il serait quelque peu répugnant de brasser de la boue pour l’atteindre avec ce genre d’argument. Ce qui ne tue pas rend plus fort et M. Juppé est bel et bien vivant.

Les vraies – Non, les vrais sujets sont ailleurs.  Si M. Juppé permet de nous débarrasser de la clique socialo-narcissique au pouvoir, ce sera, à court terme, un immense service rendu à la France, et pourquoi ne pas le dire, un soulagement et un bonheur immédiat. Pourtant, un lourd mystère pèse sur ses idées profondes, ses intentions et ses projets. A-t-il pris la mesure de l’état de déliquescence de la vie publique française; est-il déterminé à la recentrer sur le réel et l’action plutôt que sur l’esbroufe médiatique qui impose une sorte de tyrannie au pays? A-t-il conscience de la débilité profonde du système bruxellois qui sublime une bureaucratie obtuse au détriment de la volonté politique et l’unité des Européens? Sera-t-il capable de soutenir les réformes profondes dont le pays a besoin, économique, sociale, éducative, contre la rue et les multiples obstacles? Réalise-t-il la gravité du malaise sociétal, tenant au déclin de l’autorité de l’Etat, la maîtrise des frontières, la montée des communautarisme, la sécurité de la vie quotidienne? Est-il dans l’esprit de restaurer les fondamentaux de la Ve République, autour d’un chef de l’Etat qui préside, d’un Premier ministre et de ministre qui gouvernent? Saura-t-il trouver un grand Premier ministre réformateur dont la France a tellement besoin? Je sais ce que beaucoup en pensent mais nul ne peut prévoir à coup sûr quel serait le comportement d’un homme confronté à des circonstances.

Ces questions sont fondamentales. Au fond le véritable enjeu n’est plus 2017 mais 2022. Si M. Juppé prend l’Elysée puis s’effondre comme son prédécesseur pour n’avoir rien compris à  la gravité du malaise français et européen, aux élections présidentielles de 2022 se retrouveront face à face, d’une part la gauche radicale autour de Mme Aubry, Mme Taubira, M. Mélenchon et M. Besancenot rassemblés, poussés par les mouvements sociaux, et en face un membre de la famille le Pen. Et c’est la gauche radicale qui l’emportera, largement…

Maxime TANDONNET

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 62 commentaires

Dépersonnaliser le pouvoir politique

imagesEQQAFZJ6Il se compte déjà une quinzaine de candidats aux primaires de la droite et du centre et la liste s’allonge de jour en jour… M. Macron vient de créer son propre parti « En marche« . Tous sont convaincus de leur destin providentiel. Ils se pensent missionnés pour sauver  la  France. Ils annoncent la table rase, et une fois à présidence, vont tout chambouler, tout changer, tout transformer. A les entendre, plus rien ne sera pareil: avant eux, le déluge, et avec eux le salut. Ils n’ont rien fait de particulier, rien réussi, généralement peu étudié, peu ou pas travaillé. Mais quand même, ils se sentent guidés par la bonne étoile et se verraient bien sous les ors de l’Elysée. L’une des erreurs de notre culture politique est de confondre « culte de la personnalité » et « héroïsme ». Le premier est une construction factice, médiatique, idéologique, autour d’un individu médiatisé, présenté comme le sauveur dont l’image est sublimée. Le second, rarissime, est reconnaissance ex-post d’un acte exceptionnel, accompli, effectif, au service de la Nation. Le premier scintille dans les néons médiatiques de l’actualité et le second s’ancre dans l’histoire. Aujourd’hui la France politique se vautre dans une sorte de culte de la personnalité généralisé et auto-centré. L’admirateur et l’admiré se confondent: la plupart des politiciens, sans mérite ni bilan particulier, poussés par la médiatisation, sont persuadés de leur mission nationale. Au contraire, l’héroïsme est généralement modeste, spontané, imprévu, éphémère: un personnage des plus inattendus apporte sa lumière avant de disparaître. Le culte de la personnalité est lui toujours exécrable. Il suppose la domination de l’image sur l’action, du paraître sur le faire, de la communication sur la politique (au sens noble du terme). Tout dirigeant politique qui procède du culte de la personnalité – entraîné dans une logique d’idolâtrie – est voué à l’échec et à la déroute collective. Il choisira systématiquement, presque par nature, son ego, sa réputation, son image, « sa trace dans l’histoire », avant le bien commun. D’où la tragédie actuelle des dirigeants du monde occidental. C’est pourquoi l’exubérance de toute sorte de « candidats providentiels » à droite comme à gauche, ne m’inspire rien qui vaille… Ils se disent novateurs, révolutionnaires, mais reproduisent l’éternel modèle de l’auto glorification qui conduit à court terme au ridicule, et à long terme à l’abîme. La frime remplace la gloire. Nous devons réinventer une forme de la politique valorisant – dans toute la mesure du possible – une bonne dose de modestie, d’anonymat, de discrétion, d’impersonnel, avec pour seuls guides la volonté générale et le choix du bien commun. Les hommes et les femmes de l’avenir sont des héros du quotidien,  simples, issus de la majorité silencieuse, ancrés dans la vie de tous les jours. La priorité absolue de demain: en finir, une fois pour toute, avec la fracture entre la France dite d’en bas et la France dite d’en haut… Le discours que je tiens n’est pas absurde. Il était porté par les créateurs de la République dans les années 1870. Aujourd’hui, dans le capharnaüm  du présent et le grand éblouissement médiatique, il est inaudible. C’est différent… Et pourtant, il est la seule issue possible.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

La cour de récréation

imagesComme chaque soir en rentrant chez moi, j’ai fait un saut à la fnac du coin, pour voir les nouveautés.Tiens! M. Thévenoud a écrit un livre! Comment résister à la tentation de le feuilleter? Plein de petits paragraphes d’une ou deux phases qui commencent tous par « je », je, je, je. Sans intérêt… Coup d’œil direct à la quatrième de couverture. En gros, le député socialiste, dans cet ouvrage intitulé « Phobie française » déplore la médiocrité du monde politique… M. Thévenoud, faut-il le rappeler, spécialiste de la fiscalité et de la lutte contre la fraude fiscale, a perdu son poste de ministre quand une âme bienveillante a révélé à la France entière qu’il ne payait pas son impôt sur le revenu. Il s’est défendu en expliquant qu’il avait la « phobie des formalités administratives ».  D’où le titre de son livre. Les lois, qu’il vote comme député, sont faites pour les autres, pas pour lui. Etrange sensation: quand un personnage, qui incarne à la perfection la médiocrité de la politique, se fait le pourfendeur ce cette même médiocrité… La médiocrité de la médiocrité. Ou le serpent qui se mord la queue…  Puis, d’autres informations sont tombées: en fait, il n’aurait pas payé son loyer ni son kiné, etc. Qui est coupable dans l’histoire? Pas tellement lui. Il n’y a pas de véritable culpabilité à être un personnage moyen, sans plus, sans envergure, ni morale, ni intellectuelle, mauvais payeur, pas pire et pas meilleur qu’un autre de ce milieu sans doute, un donneur de leçon, homme des « valeurs », si conforme à l’homo-socialistus . Les vrais coupables sont évidemment ailleurs: le système politique qui promeut des personnages de ce genre, par népotisme, clanisme, cooptation – qui se ressemble s’assemble et la médiocrité appelle la médiocrité; les médias, oscillant sans cesse entre idolâtrie et lynchage, qui se font une montagne d’une simple affaire de radin en délicatesse avec ses créanciers et en parallèle, assurent une phénoménale promotion à un livre qui ne le mérite pas; l’éditeur qui publie un texte manifestement sans intérêt, par opportunisme médiatique – alors que tant de jeunes talents se battent en vain pour être publiés. Aujourd’hui, à la faveur de la réapparition médiatique de M. Thévenoud pour la promotion de son « chef d’œuvre », de nouvelles dénonciations tombent: depuis 2011, il n’aurait pas payé la cantine de ses enfants! Car le goût de la délation fait partie de ce climat immonde de pourriture avancée de la vie publique. Eternelle question, je ne sais ce qui est pire: l’avarice, la tartuferie de M Thévenoud son comportement de profiteur, la corruption et l’imbécilité d’un système qui le fait député et ministre, ou le climat de délation qui règne sur la France. On imagine si bien le petit employé aigri qui transmet – sous couvert d’anonymat – à je ne sais plus quel canard, la facture impayée des dettes de cantine de l’ex-ministre. Ah la belle affaire! Ah la belle revanche sociale! A le beau pays dans lequel nous vivons!

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 20 commentaires

Liberté, liberté chérie

sans-titreHier soir, FR3, je tombe par hasard sur une émission rétrospective consacrée à Thierry le Luron. Tant de souvenirs qui remontent à la surface… Mais c’est incroyable, nous étions dans un autre monde! Celui de l’insolence et de la liberté d’expression. Il fallait voir, Thierry le Luron, 1984, en pleine émission les Champs Elysées de Drucker, chanter « l’emmerdant c’est la rose » (socialiste)  sur l’air de Gilbert Bécaud en imitant le président Mitterrand, puis tendre, le micro au public hilare qui entonne à son tour le refrain… Un tel spectacle est inconcevable aujourd’hui: scandale politique majeur; le Luron accusé d’être un agent de la réaction « populiste » et maurrassien par les médias radio et télé unanimes, offusqués, et la presse dite de gauche; Michel Drucker viré sur le champ, tout comme le directeur de France télévision!  D’ailleurs rien de tout cela ne se produirait, car l’autocensure aurait frappé avant et le même le Luron, étouffé dans l’œuf, n’aurait jamais eu accès à l’antenne d’une grande chaîne nationale. A l’époque, nous imaginions pas à quel point cette liberté était fragile et menacée.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

Lecture: Laval de Fred Kupferman

9782080811943-fr-300Dans la vie, je ne connais pas de plus grand plaisir que la lecture d’un bon livre d’histoire. Laval, de Fred Kupferman, Flammarion 1987, même s’il date d’une trentaine d’années,  est un petit bijou à découvrir ou redécouvrir. Cet ouvrage sans parti pris ni idéologie, se limite à présenter des faits et les resituer dans leur contexte. Un livre d’histoire n’a pas à donner de leçons de morale mais à fournir au lecteur un récit approchant le plus près possible de la vérité d’une époque, de personnages et de leur parcours. Cette biographie est source de réflexion sur la vie politique et sur le monde contemporain.

Laval est, au départ, un homme politique comme un autre. Issu d’un milieu modeste –  son père est hôtelier à Châteldon dans l’Auvergne – il réussit de brillantes études de droit et se spécialise dans la défense des syndicats et des ouvriers. Député socialiste,  il se fait le chantre du pacifisme pendant la première  mondiale. Après l’échec du cartel des gauches en 1924, maire d’Aubervilliers,  il s’éloigne de la SFIO et participe à plusieurs expériences gouvernementales dites « modérées ». Au milieu des années 1930, il est l’une des personnalités politiques les plus puissantes du pays, plusieurs fois président du conseil, jetant les bases en 1930 de la sécurité sociale, défenseur du franc, des équilibres économiques et de la rigueur. A cette époque, il se montre imperméable à toute tentation antisémite, nationaliste ou raciste. Certes, sa diplomatie le rapproche de deux régimes totalitaires, l’URSS et surtout l’Italie de Mussolini, mais dans la perspective de contenir l’Allemagne hitlérienne. Lui même paraît – avant le déclenchement de la guerre – insoupçonnable de sympathies fascisantes. Homme du peuple, chaleureux, conciliant, il se caractérise par son aversion pour la guerre, le conflit, la violence. Avant tout, il est resté pacifiste.

A compter de la débâcle de juin 1940, il est entraîné dans une dérive qui le pousse toujours plus loin dans la compromission avec l’occupant. Bras droit de Pétain qu’il méprise, de juin à décembre 1940 puis de mai 1942 à la  Libération, il est l’inspirateur de la politique de Collaboration et bascule au fil du temps dans un engrenage criminel qui tout au long du récit, engendre une véritable nausée. Il prend ainsi la responsabilité personnelle en 1942, de livrer aux Allemands des dizaines de milliers de réfugiés, juifs de nationalité étrangère, enfants inclus à sa demande, en pleine conscience de les envoyer à la mort (comme le démontre Fred Kupferman). Il organise, en 1943, par obéissance envers les dirigeants nazis auxquels il veut plaire – croyant ainsi sauvegarder l’avenir de la France –  le transfert en Allemagne des jeunes Français pour participer à l’effort de guerre de Hitler dans le cadre du service du travail obligatoire (STO), que beaucoup fuiront en gagnant les maquis.

Laval n’est pas un idéologue, ni un homme  de conviction, mais un homme de pouvoir. Trois traits, à cette lecture, me semble plus particulièrement le caractériser.

Tout d’abord, il a, ancrée au plus profond de sa conscience, la folie de se croire indispensable. Il est persuadé, jour après jour, que son ambition et le destin de la France se confondent. « Sa femme et sa fille l’ont supplié après l’attentat [dont il a été victime] de renoncer à se mêler des affaires françaises. Cependant […] la certitude d’avoir une mission combattent en lui le bon sens qui lui dit d’attendre à Châteldon la fin de la guerre: « Il faut que j’empêche le pire et dans les circonstances actuelles, moi seul le peut ». Ce sentiment de porter en soi l’avenir du pays et d’être indispensable se retrouve tout au long de son parcours, ne cessant de s’accentuer avec le temps au point de tourner à l’obsession.  Il est au cœur du personnage et de sa tragédie.

Ensuite, sa forme d’intelligence est avant tout tacticienne. Il n’a pas son pareil pour séduire, mettre en place des réseaux d’amitié, de soutien et de loyauté, dans la presse, le monde des affaires, la classe politique. En revanche, le talent du visionnaire lui fait cruellement défaut. Il ne voit que tout près, le regard vissé à la pointe de ses chaussures, incapable d’élever les yeux vers l’horizon. Ainsi, il est convaincu, envers et contre tout réalisme, presque jusqu’à la fin, de la victoire finale de l’Allemagne en guerre contre l’URSS, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. « Je souhaite la victoire de l’Allemagne, car sans elle, bientôt le communisme s’installera partout en Europe ». Cette phrase-là, ni Pétain, ni Darlan ne l’avait prononcée. Elle  va désormais suivre Laval. Or, les termes du message ont été pesés. Laval lui-même a dit que les Français en ont souffert comme si chaque mot était une goutte d’acide sulfurique. Mais il a d’abord consulté Charles Rochat, et devant la consternation de son conseiller diplomatique, il est monté à l’étage du Maréchal pour montrer au vieil homme le texte de son discours. « Le maréchal me dit: « Vous n’êtes pas militaire, vous n’avez pas le droit de dire « je crois », vous n’en savez rien. A votre place je supprimerais « je crois à la victoire de l’Allemagne ». J’ai retiré « je crois » et j’ai laissé « je souhaite ». L’auvergnat croit sincèrement que le continent européen sera et pour longtemps unifié sous l’égide allemande, que l’Amérique le comprendra et se retirera de la guerre, et que son propre destin est assuré par ce pari d’une victoire qui n’est plus celle de l’ennemi. Il ne peut se douter qu’il marche désormais vers le poteau d’exécution… »  

Enfin, troisième caractéristique chez lui, la faiblesse du sens de l’honneur et de la droiture. Il n’a pas de colonne vertébrale, de résistance intérieure, de principes personnels, comme indéfiniment malléable. L’orgueil de l’ambition écrase chez lui le sentiment de fierté de soi. Qu’il n’ait pas eu la conscience de l’abîme s’ouvrant devant lui, toujours entraîné par cette maladie de l’esprit qui consiste à se croire indispensable, peut paraître incompréhensible. Le récit de ses entretiens avec Hitler et les chefs nazis, tel Sauckel, est terrifiant. Il tente de finasser mais ne cesse d’être traîné dans la boue. Humilié, traité en larbin, insulté, il finit toujours par s’incliner. Le sursaut de dignité, qui eût consisté en un grand bras d’honneur, ne viendra jamais. Le culte du compromis, de la conciliation et de l’apaisement, au prix de la soumission, le conduisent tout droit vers l’enfer.

Un beau livre, vraiment.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 20 commentaires

Le déni de responsabilité

imagesSi l’on comprend bien, le sort de la réforme du droit du travail, un enjeu décisif pour le pays, est désormais plus ou moins entre les mains de groupuscules gauchisants de lycéens et d’étudiants. Où allons-nous? Une fin de règne d’un an dans ces conditions, c’est presque insoutenable. Nous atteignons le paroxysme d’un régime politique qui bafoue le principe de responsabilité: je me plante, je dégage. Un système de pouvoir sans responsabilité s’apparente davantage au despotisme qu’à la démocratie. Je ne cesse de le dire, au risque de me répéter, la « Cinquième bis », la Constitution de 1958 dévastée par le quinquennat et la médiocrité de la classe politique, concentrant l’essence du gouvernement entre les mains d’un chef d’Etat politiquement irresponsable, protégé de toute sanction politique, est un système qui conjugue  l’impuissance chronique, l’inefficacité et l’irresponsabilité, et qui pousse à des comportements erratiques. En 2017, une nouvelle majorité devrait logiquement prendre les commandes du pays. Face à un champ de ruines, elle ne réussira qu’au prix d’une transformation radicale des moeurs politiques: ne rien promettre qui ne soit réaliste, chasser toute tentation démagogique, placer l’intérêt général avant les satisfactions narcissiques, privilégier l’action et les résultats sur la communication, ne reculer devant aucun obstacle, aucun, pour atteindre les objectifs annoncés et validés par le suffrage universel, écouter la parole du peuple qui n’est pas la « vile multitude » de Thiers mais le cœur battant de la démocratie, restaurer un climat de confiance… En sont-ils capables? Et puis tiens, deux belles citations de Léon Gambetta, trouvées dans ma lecture d’hier soir: « Il  faut se garder du prestige des personnalités. Rien n’est plus dangereux que de faire d’un homme une idole » (discours de Valence, 17 septembre 1878). « Je suis un ministériel résolu et décidé. Je suis un ennemi de la table rase. Prendre les problèmes les uns après les autres… » (Discours de Romans, le 18 septembre 1878).  Leon_Gambetta[1]

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 35 commentaires

La grande illusion

sans-titreAvez-vous vu, tout comme moi, la prolifération des pitres-candidats à l’élection présidentielle (ou aux primaires)? Oui, hein, je n’ai pas rêvé? La vérité, c’est que le chef de l’Etat a très peu de pouvoir en propre. Relisez la Constitution. Articles 5, 8, 11, etc… Partout, il lui faut une signature, une proposition d’un ministre ou du chef de gouvernement. Il ne peut guère, de lui-même, que dissoudre l’Assemblée ou proclamer la dictature légale au titre de l’article 16 en cas de situation de guerre civile. Le président, sans une majorité à l’Assemblée, est pieds et poings liés, ne sert à rien, en position bien inférieure à celle du chef de l’Etat de la IIIe et la IVe République, autorité morale essentielle et reconnue qui manque si cruellement à la France d’aujourd’hui. Pour qu’un chef de l’Etat soit utile, son action doit s’inscrire dans un élan global, une forte majorité, un peuple uni derrière lui, un climat de confiance, un Premier ministre entouré de vrais ministres, capable de gouverner le pays, de réformer, de décider,  et de prendre des risques pour protéger la popularité du président. La toute puissance élyséenne, qui rend certains politiques fous-furieux, comme des moucherons dans un faisceau de lumière, est une pure illusion engendrée par la politique spectacle surmédiatisée.  Il est tellement plus facile de s’épancher du matin au soir sur les états d’âmes et les gesticulations d’une poignée de clowns excités et ivres d’eux-mêmes, que de débattre des grands problèmes de notre époque. Si tous ces gens avaient une once de dignité et d’intelligence, plutôt que d’annoncer à la queue-leu-leu leur candidature à l’Elysée ou aux primaires, les uns après les autres, comme un troupeau de moutons bêlants, moutons-providentiels, ils se mettraient autour d’une table et se poseraient la question ensemble, la seule qui devrait compter aujourd’hui: qu’est-ce que nous faisons, ensemble, avec les Français, pour sauver ce pays?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 22 commentaires

Comme prévu…

DSC01207Bon, deux mots sur l’événement du jour, l’abandon du projet de la déchéance de la nationalité par le président de la République. Je le savais, je l’avais dit, et annoncé sans le moindre doute, trois mois auparavant. »Le sujet va occuper les esprits pendant des mois, déclencher des fureurs, déchaîner les passions, déchirer le pays. Cette tempête débouchera sur le néant » 7 janvier 2016.  Maintenant, il faut penser aux conséquences de cette débâcle du pouvoir politique. La faillite est intellectuelle, mentale, culturelle. La question du gouvernement, de sa nature, de ses objectifs est en toile de fond de ce fiasco. Le Sénat a eu raison de s’opposer à une réforme dont il est avéré qu’elle ne servait à rien. Bravo et merci au Sénat de la République. La Constitution est la loi suprême du pays. Nul n’a le droit d’y toucher à des fins politiciennes. Il est avéré que cette réforme était inutile. Et « ils » le savaient bien sûr. Le vide engendre le vide. Inscrire dans la Constitution que la « loi détermine les conditions de la déchéance de la nationalité » est une pure lapalissade. La loi – article 25 du code civil – définit déjà les conditions de la déchéance de la nationalité. La leçon portera-t-elle? Aujourd’hui et demain? On ne gouverne pas par des manipulations et des coups médiatiques. C’est fini.  Etre au pouvoir, dans la seule perspective de s’y maintenir par tous les moyens possibles, ne saurait conduire qu’à une impasse et à l’échec. Il faut dire la vérité sur ce qui est possible et impossible, utile et inutile, changer radicalement la politique et la remettre au service du seul bien commun, de l’intérêt général.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 14 commentaires

La République saccagée

imagesK0URELDFLa Constitution du 4 octobre 1958 s’achève par la phrase suivante, à la fin de l’article 89: « La forme républicaine du gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision« . Cela signifie que tout peut être modifié par une révision constitutionnelle, mais qu’il est interdit d’abolir la République. Je prétends, je crois, j’affirme que la République française est pourtant, de facto, en cours d’abolition. Nous changeons subrepticement de régime.  La République se rattache fondamentalement à la notion de res publica, la chose publique. L’essentiel n’est pas dans les personnes qui occupent le pouvoir, leur intérêt, mais dans la chose publique, l’intérêt général, le bien commun, le destin collectif. Or, à quel spectacle assistons nous en ce moment? A la confiscation de la vie publique par une sorte d’exubérance narcissique de quelques personnages sans vision, sans envergure, ivres d’eux-mêmes, motivés par une sorte de vanité puérile, pour conserver ou s’emparer des attributs du pouvoir politique, c’est-à-dire, pour l’essentiel l’Elysée, sous les applaudissements du monde médiatique qui se complaît dans ce spectacle dérisoire. Difficile d’exprimer à quel point le spectacle politicien français me révulse, la course aux primaires à droite, le vertige de l’incrustation à gauche, la misérable saga de la droite extrême. La République est en train de mourir asphyxiée par la médiocrité vaniteuse d’une petite clique médiatisée. Mais elle ne laissera pas sa place à la monarchie, la souveraineté d’un personnage incarnant l’unité et la continuité du pays. Bien au contraire, nous allons au morcellement, l’émiettement, le triomphe de la prétention, de l’inefficacité, de l’impuissance, de la soumission, de la propagande et de la manipulation, du paraître. Nous entrons dans un monde de chaos politique, une sorte de tyrannie douce, régime d’operette un peu grotesque, où tout est communication, un système qui n’est ni république ni monarchie, fondé sur un culte de la personnalité, une personnalisation artificielle sans fondement, sans mérite, sans héroïsme, des personnages bouffis d’orgueil, gonflés d’eux-mêmes, et indifférents à tout le reste, malades d’aveuglement et de prétention,  manipulateurs…  Comment en sortir? Je n’en sais rien…

Maxime TANDONNET

 

 

Publié dans Uncategorized | 46 commentaires

Lahore (suite)

XVMf563b99e-f58a-11e5-a8d8-418bede97fb7Ci-joint la tribune qui m’a été demandée hier soir par le Figaro Vox, au sujet de l’attentat de Lahore, le jour de Pâques 2016, du carnage subi par la communauté chrétienne de ce pays et de l’indifférence générale des responsables politiques. Certains commentaires de cette tribune font froid dans le dos, illustrant presque trop bien mon propos: le mépris envers les victimes, parce que le massacre visait des chrétiens un jour de Pâques. Ils dénotent une méconnaissance de la situation des minorités chrétiennes au Moyen-Orient, au Nigéria, au Pakistan, qui font l’objet d’un véritable génocide, ou tentative d’extermination de la part de mouvements islamistes radicaux. Que des chrétiens soient persécutés et massacrés parce qu’ils sont chrétiens: voilà qui est incompréhensible à ceux qui haïssent le christianisme. Le fait que des musulmans aient été eux aussi victimes de la tuerie n’y change évidemment rien.  Heureusement, la mauvaise foi et l’ignorance ne sont pas une simple affaire de clivage idéologique. Et parfois, la lumière de la générosité et la lucidité, peut même venir de ceux qui ne partagent pas nos idées. Je songe à cet article bien informé et honnête de Libération, intitulé Le calvaire des chrétiens au Pakistan. Il ne faut désespérer de rien…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 13 commentaires

Lahore

2016-03-28t062855z_1204899996_gf10000362616_rtrmadp_3_pakistan-blast_0Pâques 2016 est bien à l’image des jours sombres que traverse le monde. A Lahore un épouvantable massacre de chrétiens pendant la prière vient d’être commis par des islamistes fanatiques. 74 personnes ont été déchiquetées par les bombes dont une trentaine d’enfants. Ce crime atroce est vécu une nouvelle fois dans une vague indifférence embarrassée. La France se contente d’exprimer sa « solidarité avec le Pakistan en ces heures douloureuses« . Pas question de « crime monstrueux », de « massacre atroce » ni de « condoléance aux chrétiens en ce jour de Pâques ». Evidemment. Comment faire plus fadasse dans le genre communiqué de presse? Le porte-parole du Vatican s’est exprimé, bien sûr, en des termes horrifiés,  mais non, semble-t-il, le pape en personne . Parler d’un massacre de chrétiens pendant la prière de Paques n’est-il pas moins valorisant, sur le plan médiatique, que de fustiger à grandes envolées lyriques les vaines tentatives de l’Europe pour tenter de canaliser le flux de millions de migrants sur son territoire? Silence absolu des intellectuels, des élites, des politiques; sur les radios, mutisme total, foin de grands débats, foin d’indignation et de reportages. Des chrétiens massacrés le jour de Pâques, pendant la prière, au Pakistan, femmes et enfants, quelle importance? Des chrétiens que l’on tue en masse, pendant leur prière de Pâques, quoi de plus banal ? Evidemment, un massacre de chrétiens, parce qu’ils sont chrétiens, en pleine prière, il ne faut pas parler de tuerie génocidaire… C’est mal. Quand l’indifférence exhale les pires instincts d’une humanité en plein chaos… Quand l’indifférence générale tourne à la complicité planétaire avec un crime de génocide.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 24 commentaires

La victoire de Palmyre

Palmyre-reprise-des-mains-de-DaechCette nuit, l’armée syrienne, épaulée par les forces russes, a repris la ville de Palmyre aux tortionnaires de daesh. Autour de cette victoire flotte une vague réminiscence de Stalingrad. Nous n’oublierons jamais les atrocités de « l’Etat islamique »: le génocide des chrétiens et des Yazidis, l’extermination de villageois, les prisonniers de guerre atrocement martyrisés, les femmes réduites à l’esclavage avant d’être égorgées, l’anéantissement des merveilles de la civilisations, Paris et Bruxelles ensanglantées… Les occasions de crier victoire dans le monde actuel se font rares. Aujourd’hui, en ce jour de Pâques, de résurrection pour les chrétiens, nous devons dire un grand merci aux Syriens, merci aux Russes qui risquent leur vie et sauvent l’honneur de l’humanité. Il est rare que l’émotion d’une victoire nous étreigne. Mais honte à la vieille Europe, lâche, indécise, impuissante,  honte à la vieille Europe absente de cette victoire et honte à ses dirigeants dans leur ensemble, les mêmes qu’en 1936 et 1940: ils n’ont pas changé d’un iota, les Chamberlain et Daladier ont essaimé, indécis, vautrés dans l’indifférence, l’aveuglement et la bêtise, la bêtise surtout, prêts à toutes les compromissions avec le mal absolu, à tous les abandons, par bêtise – ah le bêtise humaine –  et par lâcheté, comme jadis, comme dans les années 1930. Merci aux soldats russes et syriens, à nos sauveurs, merci à vous, merci à ceux qui sauvent aujourd’hui l’honneur de l’humanité.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 32 commentaires

La démission et l’honneur en politique

XVM0198d4be-f2a8-11e5-b8bc-cfdec6865de4Voici un article publié hier dans le Figaro Vox sur l’honneur de deux ministres belges ayant proposé leur démission à la suite des attentats de lundi dernier. Dans cette tribune, j’exprime une idée qui m’est chère depuis longtemps: pour une personnalité politique, la démission, même refusée, même symbolique, est un acte de noblesse, qui consiste à assumer ses responsabilités. Un épouvantable carnage a eu lieu à Bruxelles. Il n’est pas le fruit de la fatalité mais d’une politique, de décisions ou de non décisions. Le geste d’offrir sa démission est chargé de sens. Il signifie que nul n’est propriétaire de son mandat, sa fonction et que l’intérêt personnel d’un dirigeant doit s’effacer devant la notion de bien commun. Il rappelle que la politique, en démocratie, devrait être une mission temporaire au seul service de l’intérêt général et non un outil d’ascension sociale et de satisfaction narcissique. En creux, ce geste de deux ministres belges, fondé sur le sens de l’honneur, souligne la médiocrité [globale] des milieux politiques français, de l’extrême  gauche à l’extrême droite incluses.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 34 commentaires

La terreur à Bruxelles

3fe8f737d21fc682f1de560040d0a0b8-1458669145Le nouveau massacre survenu à Bruxelles nous laisse sans voix, transis d’horreur, effondrés. Le réflexe normal, officiel, consensuel, européen, est d’y voir le fruit d’une fatalité: c’est arrivé, chacun s’y attendait. Nul n’y peut rien. Tel est discours général, celui de la normalité. Mais il est une autre approche. L’apocalypse n’en est qu’à ses débuts. Elle est le résultat de décennies d’erreurs, de renoncements, de lâchetés. Comment les Etats européens ont-ils pu laisser au fil des années se développer sur leur territoire des enclaves où prolifère l’islamisme radical? Pourquoi, depuis si longtemps l’Europe s’est-elle donnée le communautarisme comme idéologie dominante? Pourquoi a-t-elle mis en place l’espace de libre circulation Schengen en l’absence de toutes les précautions élémentaires sur l’efficacité de la coopération policière et le contrôle de la frontière extérieure? Comment, par quel miracle de l’impuissance et de l’aveuglement a-t-elle laissé se mettre en place un Etat terroriste et génocidaire à ses portes, sans bouger, sans réagir. Pourquoi et sous l’effet de quelle paralysie mentale n’a-t-elle même pas essayé de s’unir et de s’organiser en coalition militaire européenne pour défendre ses intérêts vitaux? Elle a laissé faire l’un épouvantable génocide sous ses yeux, à ses portes, sans intervenir. Maintenant, la terreur est entrée dans ses murs et gagne inexorablement.  Le terrorisme est aussi le fruit du repli sur soi et du triomphe des égoïsmes nationaux à l’heure où l’union sacrée des Européens, des gouvernements et des peuples européens, une union politique et militaire, s’imposait comme une condition de survie. L’histoire bégaye. Les années 1930, les années 2010, même passivité devant la montée des périls, même dictature de la lâcheté et de l’irrésolution, même frilosité, même impuissance. Où sont les responsables de cette démission européenne, les Chamberlain et Daladier des temps modernes, qui n’ont rien vu venir, rien compris, rien anticipé, ceux qui n’ont pas voulu agir, ni décider, ni gouverner, se contentant de surfer sur les émotions contradictoires du continent et de fanfaronner plutôt que de prendre leurs responsabilités. Oui, hélas, ce n’est qu’un début et le sang n’a pas fini de couler sur le grand corps malade de l’Europe. Le réveil se produira peut-être un jour, mais quand, après combien de malheur, de larmes et de souffrance?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 64 commentaires

Le destruction de l’intelligence

sans-titreIl n’est pas inutile de se pencher sur les programmes de l’Education nationale, y compris du primaires et du collège. Ce qu’on y trouve est surprenant: sur des pages et des pages, une jacasserie verbeuse, inconsistante, moralisante, prétentieuse, sans queue ni tête. L’école pour apprendre à lire, à écrire et à calculer? Quelle ringardise! Quelle plaisanterie!  Beaucoup parler pour ne rien dire, fuir le monde des réalités, le regard des élèves, noyer l’essentiel dans un jargon aux connotations idéologiques dignes d’un régime totalitaire. Le principe est celui du nivellement par le bas. L’Education nationale ne semble pas avoir pour objectif de fixer un objectif à atteindre, un horizon identique de savoir, de connaissance, mais au contraire, de s’aligner sur le plus petit commun dénominateur, renoncer à toute idée d’exigence collective, d’effort, d’élévation par l’acquisition du savoir. L’égalitarisme se substitue au principe d’égalité des chances. Morceau d’anthologie: Les enfants qui arrivent au cycle 2 sont très différents entre eux. Ils ont grandi et ont appris dans des contextes familiaux et scolaires divers qui influencent fortement les apprentissages et leur rythme. La classe s’organise donc autour de reprises constantes des connaissances en cours d’acquisition et si les élèves apprennent ensemble, c’est de façon progressive et chacun à son rythme. Il s’agit de prendre en compte les besoins éducatifs particuliers de certains élèves (élèves allophones nouvellement arrivés, en situation de handicap, éprouvant des difficultés importantes à entrer dans l’écrit, entrant nouvellement à l’école, etc.) qui nécessitent des aménagements pédagogiques appropriés. Voici formulés le culte de la médiocrité et du renoncement, l’abandon du principe de la réussite par  le travail, l’intelligence, la méritocratie républicaine, comme on disait jadis… Nulle part ce programme ne parle de l’acquisition des savoirs fondamentaux. On sent bien l’idée, consciente ou inconsciente, qui se profile derrière cette mélasse pseudo-intellectuelle, cet écoulement nihiliste de mots pompeux : abêtir une génération, la priver des outils intellectuels de résistance  de manière à la livrer pieds et poings liés à toutes les manipulations commerciales et idéologiques.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 27 commentaires

L’Europe irresponsable

téléchargementLes événements de ces douze derniers mois ont marqué un épouvantable fiasco des dirigeants européens. Les peuples ont la mémoire courte et l’oubli est la source de toutes les manipulations. Il y a sept mois, Mme Merkel et M Juncker, la larme à l’œil, lançaient un cri d’amour à la terre entière: « ouvrons leur les bras. » Un gigantesque appel d’air s’est ensuivi, au rythme de cent mille arrivées chaque mois. Toutes les communes d’Europe étaient sommées de prendre la part à l’accueil des migrants dans un immense élan d’enthousiasme généreux. Puis, l’Allemagne et la  Commission ont voulu imposer des quotas d’accueil aux  Etats européens qui ne les ont pas acceptés, à  l’exception de quelques-uns, dont la France. Dans un mouvement de panique et face à l’urgence, l’espace Schengen a implosé, les nations rétablissant dans la plus parfaite illégalité leurs contrôles aux frontières. La colère des peuples s’est manifestée sur le plan électoral. Alors, on a voulu isoler la Grèce en l’abandonnant seule au drame de l’immigration. Enfin, la même Madame Merkel et la Commission ont négocié un accord avec la Turquie, par lequel l’Europe s’incline sur toute la ligne:  rançon de 6 milliards, renoncement à la politique des visas, reprise des négociations d’adhésion… Et pendant ce temps, des foules de malheureux, entraînées par l’invitation qui leur a été lancée, se brisent sur les barbelés, des centaines de femmes et d’enfants se noient, dans l’indifférence la plus absolue, leurs corps n’ayant plus droit à photo,  des passeurs esclavagistes accumulent de gigantesques fortunes, et l’Etat islamique daesh, qui avait promis la déstabilisation de l’Europe par l’immigration, triomphe. Mais le plus grave, le plus scandaleux, le plus inouï, c’est que les responsables de cette situation, les dirigeants européens à l’origine de cet épouvantable fiasco, à l’échelle des pires drames de l’histoire contemporaine, bien au chaud, pérorant, droits dans leurs bottes, comme satisfaits d’eux-mêmes. Bravo, Madame Merkel et M. Junker! Votre place dans l’histoire vous attend! Les « démocraties? ». Les démocraties sans responsabilité, où les auteurs des pires calamités, des pires désastres ne sont pas sanctionnés, comme intouchables? Laissez-moi rire…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 16 commentaires

Marcel Gauchet, ou le vertige de la lucidité

220px-Marcel_GauchetMarcel Gauchet est selon moi l’un des penseurs les plus lucides de notre époque. Comment ne pas approuver son diagnostic sur la défaillance de la classe dirigeante dans son ensemble, l’effondrement du système politique français et de l’Union européenne. La justesse de sa vision – et il faut bien le dire sans modestie – sa parfaite concordance avec la mienne, assénée de billet en billet, me laisserait presque sans voix. Pourtant, ce que je lis à propos de son dernier livre appelle de ma part quelques réserves. Ainsi, « La France ne sera plus jamais une grande puissance » dit-il. Cette prédiction soulève deux questions. D’abord, qui peut savoir de quoi est fait l’avenir? En 1871, en 1939-1942, la France a déjà connu le fond de l’abîme et le sentiment que tout relèvement était inconcevable. Pourtant, elle a su revenir au premier plan de l’influence mondiale, avant de rechuter il est vrai. L’histoire est faite de soubresauts parfois les plus invraisemblables qui dépassent l’entendement et de très loin l’imagination humaine. Ensuite, sur la notion de grande puissance, que signifie-telle encore, n’est-elle pas dépassée par l’évolution du monde? L’Amérique de Mme Clinton présidente, femme de l’ex-président, ou de M. Trump, sera-t-elle une grande puissance inspirant le respect et la dignité? Je n’en sais rien. J’en doute. Quand je vois gesticuler ces deux-là, j’avoue ressentir une immense tristesse teintée de honte pour ce peuple si généreux qui m’a accueilli  comme étudiant quand j’avais vingt ans. La grande puissance chinoise ne repose-t-elle pas sur des fragilités dont nous commençons à percevoir toute l’ampleur? Et le Brésil, annoncé depuis des décennies comme la grande puissance qui monte, en plein marasme politique? Le concept de « grande puissance » a-t-il encore un sens quand les dirigeants politiques n’inspirent qu’un vague sentiment de ridicule? Et quand toutes les soi-disant « grandes puissances » se fracassent contre une poignée de bourreaux fanatiques et génocidaires au Moyen-Orient? Oui, que veut dire « grande puissance » aujourd’hui?   Toute réflexion sur l’avenir de la France et de l’Europe, tant les deux sont liés, doit s’inscrire dans ce contexte d’incertitude totale, d’instabilité planétaire, d’inconnue suprême sur le destin de l’humanité, comme si cette dernière se trouvait à un nouveau tournant. Intuitivement, il me semble que dans la tourmente planétaire, une France rénovée et réconciliée avec elle même peut avoir toute sa place avec son histoire, sa langue sa civilisation. Bon, je n’en sais rien, je ne suis ni voyant, ni philosophe, ce sont des interrogations, pas des réponses…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 24 commentaires

Le dernier lynchage

sans-titreVoilà quelque temps que nous n’avions pas eu de grand lynchage médiatique. La France se donne un nouveau bouc émissaire en la personne de Monseigneur Barbarin, traîné dans la boue par l’ensemble des médias, une partie de la presse et jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, où on l’invite à « prendre enfin ses responsabilités », c’est-à-dire à démissionner ce qui revient à un aveu de culpabilité. L’archevêque de Lyon est accusé de ne pas avoir dénoncé des actes pédophiles. Lui dément et clame son innocence. Pour la France d’en haut dans son ensemble, médiatique, politique, intellectuelle , il est par définition coupable. La présomption d’innocence? Quelle plaisanterie! La séparation de l’Eglise et de l’Etat et l’indépendance de la justice? Oubliées, foulées au pied. Coupable, on vous dit. Coupable, par définition. Pensez-vous, un prélat catholique, hostile au « mariage pour tous », la belle aubaine, la belle revanche. Un magnifique scandale qui tombe à pic pour tout faire oublier, le chômage, le terrorisme, les impostures, la violence, la corruption, les reculades et les échecs. Quel drôle de pays. Avez-vous remarqué? Pas un homme politique, de droite, de gauche ou des extrêmes, pas un, pas un intellectuel à ma connaissance, pour en appeler au respect de la présomption d’innocence. Tous transis de frousse, tétanisés à l’idée de se voir contaminés par la mise à l’index dont le cardinal fait l’objet. Monseigneur Barbarin est aujourd’hui traîné dans la boue, lynché, jeté à terre et roué de coup, avant même son jugement, alors qu’il clame son innocence, et en l’absence de toute preuve d’une responsabilité personnelle. Dans le même temps, certains grands pontes de la « France d’en haut », de grands politiciens respectés et reconnus se sont jadis vanté par écrit de leur penchant pédophile, dans la plus grande indifférence et sans que personne ne s’en émeuve. Cela aurait-il nui à leur belle carrière? Même pas.  Pauvre pays, pauvre France… Oh, ce n’est pas parce qu’il est catholique que je défends le cardinal Barbarin, j’en ferai exactement autant pour toute autre personne placée dans la même situation. Si je réagis, c’est uniquement parce que Monseigneur est un homme seul et traqué, et par horreur de la bêtise humaine, de la lâcheté, et de la méchanceté, poussées à une telle extrémité.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 42 commentaires

L’abîme sans fin

imagesLQT0IDKVAllons, un bref billet d’humeur, avant de partir au boulot… Les derniers événements de la politique française, avec le recul sur la réforme du droit du travail (après le pataquès de la déchéance de la nationalité), donnent le sentiment d’un abîme sans fin. Dans n’importe quelle démocratie, la plus élémentaire, un gouvernement plongé dans cette situation apocalyptique serait renversé par le Parlement. Mais la France, je ne cesse de le répéter, n’a plus grand chose d’une démocratie. En l’absence de démocratie, le sentiment de dignité et d’honneur devrait conduire les responsables de ce marasme à démissionner et à passer à autre chose: écrire leurs mémoires, créer leur cabinet d’avocat, ou faire des cocottes en papier. Non seulement la démocratie est morte mais le sens de la dignité et de l’honneur semble avoir totalement disparu. Responsables? Non, mais, vous plaisantez ou quoi? Et pourquoi pas coupables? Comment le chaos politique ne se propage-t-il pas dans la société civile? Tel est le mystère… Sans doute en raison de la déconnection entre le monde politique et celui de la société civile.  Il reste à attendre un an pour que l’alternance se produise, un an sans gouvernement, sans pouvoir politique digne de ce nom. Etrange expérience pour le pays. Que va-t-il en sortir?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 33 commentaires

Contre les primaires

imagesDans cette tribune au Figaro vox, qui fait suite à l’annonce de leur candidature par plusieurs personnalités politiques, j’explique pourquoi je suis contre les primaires. Sans doute, en l’état actuel des choses, est-il impossible de faire autrement pour éviter la situation apocalyptique  d’un deuxième tour aux présidentielles de 2017 opposant les socialistes et l’extrême droite. Mais sur le fond, sur le long terme, j’y vois la quintessence de la décomposition de notre vie politique. Les primaires sont une absurdité au regard de la Ve République. L’élection présidentielle devrait traduire, dans une vision gaullienne, la rencontre d’un homme et d’une Nation fondée sur la confiance et dans l’intérêt supérieur du pays. Le choix d’une majorité, d’un programme de gouvernement s’effectue lors des législatives. Le quinquennat a tué les législatives et les présidentielles deviennent l’unique réceptacle des passions politiciennes. Ces primaires mettent en lumière le morcellement de la vie politique autour du mirage narcissique d’une poignée de créatures médiatiques. Il ne devrait pas y avoir de primaires si l’intérêt général primait sur la mégalomanie: il conviendrait de s’arranger en faveur du mieux placé, de celui qui entraîne une adhésion, un élan populaire, à l’image de 2007: quand M. de Villepin a senti qu’il était distancé, il s’est retiré, il est passé à autre chose et basta! A court terme, les primaires, dans le climat de folie ambiante, peuvent certes permettre de sauver la mise  en 2017. A long terme, l’effet pour l’image de la politique est détestable. Ma position procède d’un immense respect pour la politique, au sens de la quête du bien commun, par des hommes dévoués à la cause de la Nation, dans un esprit d’abnégation, de dévouement et de discrétion. Voilà pourquoi  je suis tellement écœuré par l’invasion de l’ivresse de soi qu’illustrent si bien les « primaires », fidèle écho « à droite » de l’attitude de la gauche au pouvoir qui n’est pas meilleure. Quant au « culte de la personnalité » qui se manifeste aux deux extrêmes, il n’est autre que la manifestation paroxystique du mépris et du nihilisme actuels qui mènent tout droit au chaos.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 32 commentaires

Dîner d’hiver

P1180659Un samedi soir de cet hiver, lors d’un dîner au coin du feu, nous avions parmi nos convives une dame dans la cinquantaine, grande, élégante, professeur agrégée des universités. D’origine roumaine, elle avait dû fuir son pays à l’âge de dix-sept ans: son père, avocat d’opposants au régime, venait d’être arrêté par la police de Ceaucescu le menaçant de s’en prendre à ses enfants. Descendante de la noblesse roumaine de tradition rebelle, la famille de cette dame avait été persécutée par le régime d’Antonescu sous la deuxième guerre mondiale puis massacrée par les communistes. Ceauscescu, nous a-t-elle raconté, était un personnage un peu simplet, totalement inculte, écrasé par la personnalité de son épouse. Mon invitée nous disait avec son accent délicieux et le plus grand sérieux que la France d’aujourd’hui lui faisait un peu penser à la Roumanie de son enfance, la Roumanie de Ceaucescu: un climat d’idolâtrie, d’abêtissement généralisé, autour du culte de la personnalité sous toutes ses formes, la sublimation de personnages médiocres; son esprit dogmatique; le climat de manipulation et de mépris des gens; cette impression de sans-titre fracture entre une caste intouchable et le peuple; les interdits qui pèsent sur la pensée et l’expression; le goût du lynchage des dissidents; le règne des passe-droit, du piston, des privilèges, de l’injustice, le sentiment d’une chute sans fin vers l’inconnu… « Vous n’exagérez pas un peu quand même? – Non, non, je n’ai pas dit que tout était pareil, mais que je ressentais un peu le même climat, le même sentiment, la même impression. »  Un Chablis de rêve, il est vrai, sélectionné par mes soins, sublimait le carpaccio de coquilles Saint-Jacques au citron vert, une des spécialités de ma femme. In vino veritas.  Puis mon invitée s’est reprise: « En fait, je crois même que la situation mentale de la France actuelle est pire que celle la Roumanie de Ceaucescu. A l’époque nous avions un espoir, une envie, un désir de liberté. L’amitié, la solidarité et l’humour étaient notre réponse au climat d’oppression. Dans la France d’aujourd’hui, rien de comparable . »

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 22 commentaires

Au bout de la nuit

imagesLes événements en cours de la politique française ont quelque chose de fracassant. Car enfin, 200 000 manifestants, syndicats, UNEF, étudiants, dans la rue contre une réforme d’un gouvernement dit « de gauche », c’est totalement sans précédent… Rajoutons que cette réforme, qui confie aux entreprises la négociation du temps de travail, est d’une ampleur et d’une importance telle, au regard des blocages français, qu’aucun gouvernement de droite ne semble jamais l’avoir envisagée. Les rumeurs de crise politique  majeure se répandent… L’histoire politique française va-t-elle s’accélérer? Ces événements peuvent être considérés de deux manières. Tout d’abord, il faut bien le dire, dans les rangs de l’opposition, l’heure est à une sorte de jubilation. Tout cela, cette confusion absolue des esprits, sonne clairement la fin de cycle, la fin de règne et l’approche d’une alternance devenue quasi inéluctable. Ce climat semi-euphorique se ressent très fort dans les rangs droitiers des ministères… Ensuite, avec du recul, tout cela n’est pas forcément si réjouissant, en termes d’intérêt national. Car ces événements se produisent sur fond de déstabilisation planétaire majeure, de crise migratoire sans précédent, de danger terroriste imminent, et de déclin vertigineux de la France sur le plan industriel et de l’influence européenne et internationale. Mais le pire de tout est qu’on ne sent pas vraiment d’issue possible aujourd’hui. Si la « gauche » (supposée) est en voie de désintégration accélérée, la dite « droite » donne une image tout aussi décomposée de personnalités obnubilées par leur « destin personnel », à l’image de la course au « primaires ».  Je ne crois pas un instant au danger « extrémiste de droite », malgré tout le battage fait autour, pour 2017. Le lepénisme, en guerre contre lui-même, tend vers l’effacement et le néant. En revanche, à l’issue d’une expérience médiocre de droite en 2017-2022, je pense profondément au danger « extrémiste de gauche » en 2022, sans M. Valls ni M. Macron, et la destruction définitive de la France.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 17 commentaires

Névrose présidentialiste

imagesDes candidats à l’élection présidentielle, ou aux primaires, il en tombe presque chaque jour de nouveaux, déclarés ou probables, à droite, à gauche, aux deux extrêmes… La semaine dernière, je ne sais plus quel jour, j’entendais sur je ne sais plus quelle radio, comme fasciné, hypnotisé par la bêtise humaine, un long reportage sur Enzo, collégien brillant, sauf en maths, que sa Maman destinait à une carrière de grand écrivain ou de président de la République, pas moins, voire les deux. En tout cas, Matignon, ne l’intéressait pas pour son fils: pas assez prestigieux. Un récent sondage nous révèle que 70% des Français ne veulent pas de la loi sur la réforme du temps de travail qui les obligerait à renoncer aux 35 heures ou à  leurs 20 jours de RTT. Aucun rapport? Pauvre pays, où tant de monde veut être président de la République plutôt que de travailler. Vous savez quoi? J’en suis au point où la suppression pure et simple de la présidence de la République, de l’Elysée, serait une mesure exemplaire, de salut public. La névrose présidentialiste, quintessence du néant politique et du culte de moi-je, cette trahison honteuse de l’esprit de la Ve République et de l’œuvre du général de Gaulle, ne mérite pas autre chose. Et devenir une démocratie efficace, modeste et moderne, avec un Premier Ministre, à la Britannique, qui gouverne le pays sans arrière-pensée mégalomaniaque et sous le contrôle d’un Parlement incarnant de nouveau  la souveraineté nationale. Quand j’explique cela à mes collègues hauts fonctionnaires, je ne sais pas pourquoi, ils me regardent avec un drôle d’air…

Maxime TANDONNET

 

Publié dans Uncategorized | 26 commentaires

« Bruit de chiotte »

imagesK39S69QKUn ministre a proféré publiquement la formule délicate de « bruit de chiotte », pour qualifier certaines rumeurs. Réfléchissons. Quel sens donner à la grossièreté poussée à ce niveau dans la vie politique, ou plutôt gouvernementale? Il faut y voir un mélange de transgression de celui qui se situe au-dessus des conventions sociales et d’impuissance, quand l’objectif est de percer le mur médiatique par des paroles déplacées faute d’impressionner par les actes et les résultats, un phénomène d’anomie, de perte généralisée des repères qui atteint le plus haut niveau de l’Etat. A vrai dire, plus rien ne nous surprend de tout ce qui tombe de « là-haut ». En revanche, la passivité, l’apathie et l’indifférence de la société civile ont quelque chose de désespérant. Je n’ai trouvé nulle part la moindre réaction à ces mots. Quand l’un des personnages les plus hauts placés au sommet du pouvoir saccage – tout naturellement – la parole publique, les règles les plus élémentaires de la politesse, s’affranchissant du savoir-vivre et de l’éducation, comment vouloir enseigner aux jeunes le respect de la langue française et d’autrui?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 23 commentaires

Livres des politiques

imagesCurieuse, cette nouvelle manie des politiques de se répandre en livres, par les proportions qu’elle atteint… Quasiment tous, les uns après les autres, écrivent leur petit ouvrage. Je ne les citerai pas tous, ils se comptent par dizaines ou centaine depuis le début de l’année. Voici le dernier en date, découvert ce matin, « très personnel ». Je trouve que ces livres-propagande à foison, où les politiques en activité parlent d’eux-mêmes (qui suis-je? d’où viens-je? Où vais-je?), n’ont guère de crédibilité ni d’ intérêt et leur sincérité est douteuse compte tenu du mélange de l’écriture et de l’ambition politique. Mais surtout, bien plus grave, cette logorrhée éditoriale des personnages politiques en activité souligne la tournure malsaine prise par la vie politique d’aujourd’hui.  Est-elle encore autre chose que la quintessence du repli individualiste? La politique devrait rassembler, transcender les ego au profit d’un bien commun, d’une action, d’une ambition collective, d’un projet de société rassembleur. Le spectacle actuel est à l’inverse: chacun rumine son petit ouvrage politique dans un coin. Cet exercice narcissique va d’ailleurs de pair avec la logique individualiste des « primaires ». Tout se passe comme si les personnalités politiques avaient intériorisé l’impuissance de la politique comme moyen d’action collectif et se réfugiaient dans le culte du moi-je qui s’exprime par le foisonnement de leurs livres. J’écris, ou fais semblant, plutôt que d’agir où de me préparer à agir. Qu’un homme politique talentueux écrive un ouvrage sans rapport direct avec la vie politique actuelle ou bien comme témoin, une fois qu’il en a fini avec la politique, est bien sûr éminemment respectable, parfois précieux. Mais la confusion des genres entre ambition politicienne et prétention d’écriture, devient lassante à force de se banaliser et de se généraliser.  Trop, c’est trop…  Tout ceci a un petit côté Kim Jong Il, le « bienfaiteur » nord-coréen, auteur de « 1500 chef d’œuvre littéraires », dont le célèbre De l’art de l’Opéra, entretien aux travailleurs créatifs de l’art et de la littérature. Un livre « très personnel » où ce guide du peuple et génie de la littérature nous fait lui aussi, la joie de parler de lui. Je plaisante. Non, sérieusement, gouverner ou écrire – faire semblant d’écrire -, il faut choisir…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 16 commentaires

L’alternance et l’enfer

images7319ZVN4Pauvre pays. La loi El Khomeri a donné lieu à la signature d’une pétition de rejet qui atteint ce matin un million de signataires! Les syndicats sont vent-debout et appellent à une journée d’action et à la grève jusqu’au retrait du texte. L’UNEF, les syndicats d’enseignants, les lycéens sortent dans la rue… Le gouvernement se divise, négocie, recule. Cette loi allait pourtant dans le bon sens, celui de l’emploi et des recrutements en réduisant les indemnités de licenciement et en confiant la détermination du temps de travail à des accords d’entreprise.  Pauvre pays. Le futur pouvoir issu de l’alternance en mai/juin 2017 devra impérativement faire passer cette réforme ou une autre du même genre, contre vents et marées, quitte à affronter une grève générale d’un mois, de plusieurs mois. C’est vital pour éviter le décrochage de l’économie française. Il sera aussi confronté au désastre de la crise migratoire et au drame épouvantable du Calaisis, à l’insécurité, au terrorisme, à la crise de l’éducation nationale, à l’urgence de restaurer l’autorité de l’Etat, transformer les institutions de la France et de l’Europe pour pouvoir gouverner le pays. Certains politiciens donnent le sentiment d’être engagés dans une course à la félicité, au bonheur, à la reconnaissance élyséenne de leur immense intelligence et beauté. Mais si des hommes et des femmes sont déterminés à prendre le pouvoir pour l’exercer, en faire quelque chose d’utile au pays, ce n’est pas au paradis qu’ils doivent s’attendre, mais à un véritable enfer, des nuits de souffrance, de crise, d’angoisse et d’insomnie. Ils ne connaîtront pas seulement des larmes et du sang mais aussi les crachats. Ils subiront les pires insultes, la violence et la haine. S’ils font leur devoir. Et s’ils ne le font pas, ils se rendront coupables de haute trahison, devant les Français, devant l’Histoire. Pessimiste, moi? Tiens, hier soir, j’ai trouvé une jolie phrase dans un livre extraordinaire: « Et voilà qu’on crie au pessimisme, injure dont les éternels vieillards poursuivent toute pensée qui ne se destine qu’aux pionniers de demain. »  De quel auteur?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 33 commentaires

La tragédie européenne

sans-titreLa crise migratoire est un symptôme de la tragédie européenne.  Nous sommes les témoins d’un vertigineux basculement. Notre continent, produit des civilisations grecques et latines, de la religion chrétienne, de la Renaissance, de la Révolution industrielle et des Lumières, qui a dominé l’univers pendant six cents ans et répandu ses idées, est devenu en quelques décennies, depuis 1918, le ventre mou de la planète. Traumatisé par deux guerres sanguinaires et de gigantesques massacres, rongé par la double mauvaise conscience du nazisme et du colonialisme, plus ou moins lâché par son protecteur américain, le voilà comme un grand corps impuissant, désarticulé, sombrant dans le masochisme repentant. Notre Europe est aujourd’hui dans un état de paralysie totale, d’inertie, incapable de la moindre volonté, de la moindre décision, écartelée entre l’aveuglement et l’esprit de trahison. Elle est dotée de dirigeants médiocres, faiblards, privés de recul, de vision, amorphes, indécis, narcissiques. Elle s’est livrée pieds et poings liés à une bureaucratie opaque et obtuse. Le phénomène est général, du niveau le plus quotidien au plus élevé: une incapacité à décider, à prendre ses responsabilités, à agir, à gouverner. En diabolisant l’autorité elle s’est livrée à la tyrannie de l’émotion sans se douter que l’angélisme conduit lui aussi, par une voie détournée, à la haine barbare.   « Qui veut faire l’ange fait la bête ». Le réflexe nationaliste, dans ce contexte (je m’en sors dans mon coin pendant que tout s’effondre) n’est que le paroxysme de l’aveuglement et de l’incompréhension. De fait, il suffirait de peu pour interrompre la « crise des migrants », un simple geste de détermination des dirigeants des grands Etats européens  – faire respecter le droit et la frontière. Il ne viendra sans doute pas. Pourquoi? Parce que l’Europe fatiguée de vivre, accablée par sa mauvaise conscience, trahie par une partie de ses élites qui jubilent de sa perte, a intégré, assimilé, accepté comme une fatalité sa propre défaite et sa chute progressive dans le chaos.

Maxime TANDONNET

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 42 commentaires