Obsession

obsessionLe chef de l’Etat vient de parler longtemps du fn dans une intervention: un « parti dans la République mais pas de la République… » Nicolas Sarkozy a  déclenché en fin de semaine dernière une explosion médiatique avec son expression « fnps » . La « France d’en haut », médiatique, s’extasie, les larmes aux yeux, de l’invitation de Madonna qui propose à Mme le Pen de prendre un café avec elle. Et tout le monde en parle, du matin au soir, à la radio, la télévision… Les livres sur le fn sortent à la pelle: NKM, JF Kahn,  Geoffroy Didier, d’innombrables productions de journalistes. Une multitude de bons esprits, dont M. Valls – qui ne cesse lui non plus d’en parler, où qu’il se trouve –   ont annoncé la perspective de son accession au pouvoir. Les médias donnent à ce parti une audience hors du commun: voir pour les seules chaînes d’information, le tableau ci-dessous. Pourquoi cette hallucinante mobilisation de la « France d’en haut », médiatique, politique (droite et gauche) pour faire grimper le fn en opérant un véritable matraquage en sa faveur, la veille d’une longue phase électorale? Je pense que nous sommes au coeur de la grande manipulation française. La « France d’en haut » fait semblant de  dédiaboliser le fn, tout en se focalisant sur lui et en lui assurant une fabuleuse promotion . Mais elle sait au fond, que ce parti, du fait de ce qu’il incarne aux yeux d’une vaste majorité des Français, de son histoire, de ses déclarations passées, son côté « affaire de famille », est dans l’ensemble inacceptable au pays et n’a guère de chance d’accéder au pouvoir. Cependant,  cette formation est devenue un véritable pilier idéologique de la société française. Elle sert à interdire, à diaboliser tous les sujets importants et à les évacuer: l’Europe et sa réforme nécessaire, l’avenir de l’euro, la sécurité des biens et des personnes, la maîtrise de l’immigration et l’intégration, le fléau du chômage des jeunes. La moindre expression ou pensée qui sort des sentiers battus vous renvoie à l’accusation de « lepénisation ». Les politiciens vivant dans la phobie d’être assimilés à ce mouvement, se taisent ou versent dans le futile. La « France d’en haut » adore le fn, fabrique son ascension dans les sondages, mais à des fins d’Omerta, de conservatisme, d’immobilisme, de préservation des rentes de situation, et d’interdiction de tout débat sérieux, plongeant ainsi la politique dans la dictature des anecdotes, polémiques, jeux de mots, postures, petites phrases minables.

 

% des temps de parole du 9 au 20 février 2015 (source : CSA)
Parti BFM TV I-Télé LCI
Europe Ecologie 5% 8% 0%
Front national 14% 44% 55%
Lutte ouvrière 3% 0% 0%
NPA 4% 0% 0%
Parti de gauche 10% 0% 0%
PS 34% 12% 23%
UDI 3% 0% 7%
UMP 29% 37% 15%

Maxime TANDONNET

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Eloge de l’autorité

imagesCi-dessous, mon dernier article pour Figaro Vox. Il parle de l’autorité de l’Etat et de la démocratie, autour du barrage de Sivens.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/03/03/31001-20150303ARTFIG00096-barrage-de-sivens-quand-les-principes-fondamentaux-de-la-democratie-sont-en-cause.php

L’autorité est une notion absente des débats de société. Elle est d’ailleurs incompatible avec la tournure prise par la vie politique qui n’existe plus qu’à travers les polémiques, jeux de mots, petites phrases, pitreries médiatiques. Quand une décision est prise, par la voie démocratique et dans le respect du droit, elle doit s’appliquer. Sinon, la démocratie, fondée sur la loi de la majorité, n’est plus qu’une illusion et la vie sociale, en l’absence d’une règle commune, dégénère en violence et en chaos.images (1)

Une anecdote m’est revenue en écrivant cette chronique pour le Figaro Vox.  Elle est strictement authentique, sans que je n’aie rien inventé, j’en donne ma parole d’honneur.

Quelques années auparavant, lors d’une mission en région parisienne, je devais me rendre dans un lycée professionnel, au fond de la plus lointaine banlieue. Cet établissement a vocation à accueillir les jeunes les plus délinquants et les plus violents, dont l’Education nationale ne sait plus que faire.  Il m’avait été présenté par tous les responsables du département comme un véritable enfer, où il valait mieux éviter d’entrer, même en termes de sécurité personnelle…

Bon. En découvrant le lieu, relégué à cent lieues de nos « bons quartiers », et des palais de la République, ce que j’y ai découvert m’a abasourdi: une parfaite propreté, pas un tag, pas un mégot de cigarette; des lycéens qui, croisés dans les couloirs, regardent dans les yeux et disent invariablement, « bonjour Monsieur »; mieux encore, à chaque classe visitée à l’improviste, des jeunes qui se lèvent comme un seul homme, les bras le long du torse, pour saluer le visiteur; et puis, des résultats au bac qui s’améliorent d’année en année, la violence, la drogue et l’insolence, la religion (le voile), strictement bannies des lieux. Inutile d’être hypocrite et de tourner autour du pot, dans ce lycée, je n’ai pas vu un seul lycéen « d’origine européenne » (pour éviter les mots qui fâchent).   

Le miracle, il tenait à la personnalité d’un homme, le proviseur, à son autorité naturelle. De taille moyenne, mince, le visage ovale, les cheveux court, la cinquantaine, l’homme s’exprimait d’une voix calme, allant à l’essentiel, sans frime ni bavardage. Dans son style et son allure, tout exprimait la détermination, la modestie désintéressée, la passion de réussir, non pour lui, mais pour son établissement, sa mission. En trois ans, il avait réussi à sortir ce dernier du chaos dans lequel il était plongé, par quelques principes clairs et précis. A la première violence, insulte, tag, trace ou odeur de cannabis, tentative de racket,  les forces de l’ordre étaient appelées à intervenir dans les 10 minutes et la justice à sanctionner en temps réel. Mais cet appareil de dissuasion a rarement servi, sauf au début. La volonté, l’intelligence simple et discrète, le désintéressement du proviseur, son exemple personnel, ont permis de restaurer la vie dans ce lycée où tout n’est pas parfait mais qui n’a rien d’un coupe-gorge ni d’une zone livrée à l’apocalypse tel que j’en avais entendu parler.

Quand j’y repense, je me dis, pourquoi, ce qui est possible pour un établissement scolaire, ne le serait pas pour une ville, une région, un pays… Hélas, l’étrange alchimie du caractère, de l’intelligence et de l’honnêteté, qui fonde l’autorité par l’exemple, se rencontre rarement dans la vie sociale et elle est quasiment absente de la France politique et médiatique qui valorise l’esbroufe plutôt que les qualités personnelles.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

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Merci les Kurdes!

téléchargementLes Kurdes sont un peuple malheureux, de 40 millions d’habitants, en quête de son unité, déchiré entre la Turquie, l’Irak, la Syrie, l’Iran. Persécuté partout où il se trouve, pourchassé, il réclame depuis plus d’un siècle le droit à son unité, que lui ont refusé les Européens, puis la communauté internationale, malgré de multiples promesses. Aujourd’hui ce peuple pauvre et si longtemps méprisé se retrouve seul les armes à la main pour défendre la civilisation humaine contre la barbarie de Daesh, l’Etat islamique, qui extermine la minorité chrétienne d’Irak et de Syrie, brûle les livres et les chef d’oeuvres, et planifie la destruction des pyramides d’Egypte, torture et massacre ses téléchargement (4)prisonniers et otages. Je me souviens d’un ami Kurdes iranien, de religion chiite, Mustapha, étudiant en physique nucléaire, de très haut niveau, seul à Paris, dans les années 2000, qui préparait une thèse, donnait des cours de mathématique aux enfants et passait les Noël avec nous. Il nous racontait sa vie d’une voix douce. Il avait été mobilisé à 12 ans pour faire la guerre contre l’Irak et blessé à la cuisse, laissé pour mort, puis évacué et soigné. « La guerre, je la vivais comme un jeu, jusqu’au jour où une balle m’a déchiré la jambe. » Qu’est-il devenu? Après la prise de Kobané début février, les Kurdes, en première ligne, dans l’indifférence et la peur de la communauté internationale, viennent de remporter une nouvelle victoire contre la terreur.

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&cad=rja&uact=8&sqi=2&ved=0CCYQqQIwAg&url=http%3A%2F%2Fwww.lopinion.fr%2F27-fevrier-2015%2Fkurdes-infligent-nouveau-revers-aux-djihadistes-21807&ei=fPzxVNOxFcSu7Aap6oEI&usg=AFQjCNHYDQc0f4zJPFK5bvfwyHG25fua1A

Ils savent ce qu’ils risquent en cas de capture. Pourtant, ils se battent, hommes et femmes. Je songe à cette phrase célèbre de Churchill: « Jamais autant d’hommes n’ont dû autant à un si petit nombre d’hommes. »

téléchargement (3)

Maxime TANDONNET

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Ecouter les Français

téléchargement (2)Le sondage CEVIPOF sur la confiance des Français, vague 6, vient d’être rendu public. Il a été réalisé entre le 26 et le 4 février dernier, après les attentats de janvier. Les politiques, en mal d’idées, et de réflexion, auraient tout intérêt à en prendre connaissance dans une démocratie, mot qui  signifie tout de même le « pouvoir du peuple ». Ce sondage doit  embarrasser les beaux esprits puisque le monde politique et médiatique l’a peu commenté pour l’instant, sinon en termes expéditifs, vaguement dédaigneux, pour parler de tendance « repli » ce qui dispense de réflexion plus approfondie. Plusieurs points de ce document ont plus particulièrement retenu m’ont attention.

  1. L’extrême malaise qui règne sur le pays et touche 93% des Français. Interrogés sur leur sentiment dominant, ils répondent: 32% de la méfiance, 32% de la morosité et 29% de la lassitude.
  2. La défiance profonde et persistante envers la politique: 85% estiment que les politiques ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens comme eux. Les partis politiques sont l’institution en laquelle ils ont le moins confiance: 14%.
  3. Le besoin d’unité: 59% ne font confiance ni à la droite, ni à la gauche, mais 83% veulent que les responsables du pays s’entendent par delà les clivages politiques pour chercher des solutions aux difficultés dont ils souffrent.
  4. La passion de la France : 82% sont fiers d’être Français, 43% s’identifient avant tout dans l’appartenance à la France contre 7% seulement à l’Europe, 10% au monde et 30% à leur ville, région, etc. 81% sont avant tout attachés à la République.
  5. Le besoin de démocratie et de liberté: 84% estiment que le référendum est un bon moyen de prendre des décisions importantes, 82% sont favorables à une liberté d’expression « quitte à déplaire à certaines communautés ».
  6. Une profonde fracture entre l’opinion et les élites politiques ou médiatiques sur les sujets de société (69% considèrent « qu’il y a trop d’immigrés ».)

http://www.cevipof.com/fr/le-barometre-de-la-confiance-politique-du-cevipof/resultats-1/vague6/vague6bis/

L’expression de ces sentiments, parfois contradictoires, ne fait pas à elle seule une politique et l’opinion publique ne détient pas toujours et forcément la vérité. Il existe cependant deux manières de se moquer du peuple. La première est de le mépriser par l’invocation, en se pinçant le nez, de son « populisme » comme Adolphe Thiers jadis fustigeait  « la vile multitude » ; la seconde est de  verser dans la démagogie extrémiste et irréaliste. Les Français savent bien au fond qu’il ne se trouve pas de solutions miracle. Ce sondage montre d’ailleurs qu’il n’existe aucune vague d’adhésion envers aucune formation ou personnalité politique, contrairement au message qui émane du matraquage médiatique quotidien. Ils attendent avant tout que le monde politique, dans sa globalité, change radicalement d’attitude à leur égard, notamment sur deux plans: 1/ que prennent fin les comportements méprisants et égocentriques de la supposée « France d’en haut », dont les manifestations éclaboussent l’actualité en permanence, 2/ sentir que leur point de vue est écouté et pris en compte par les dirigeants et non pas foulé au pied avec morgue et arrogance du matin au soir; à cet égard, le référendum sur des sujets importants et sérieux, réclamé par le peuple et dénigré par les élites, est un outil indispensable de l’avenir et du retour à la confiance.

Maxime TANDONNET

 

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Une bouteille à la mer

téléchargementCes derniers jours, j’ai reçu le message suivant sur ma messagerie privée, une sorte de bouteille à la mer…

Cher Maxime, cela fait bien longtemps que je n’ai pas correspondu avec vous. C’est en revenant du travail, dans le bus, très exactement en lisant votre « post » sur la fuite dans l’irréel, magnifiquement illustré, que j’ai pris conscience que je me détache, moi aussi. Cette grande lassitude qui ronge ne présage rien de bon pour nous tous. Je suis déjà fatigué à l’idée de devoir voter le mois prochain, et de me dire, pour la centième fois : voter pour la gauche, ce n’est pas possible. Voter pour l’UMP, ils se sont trop moqué de nous. Voter pour le FN, ce n’est pas possible. S’abstenir, ce n’est pas responsable. Alors un micro-parti ? Cela ne pèsera pas. Alors le vote blanc ? La déliquescence gagne, tout s’étiole, ou bien est-ce que je vieillis ?
Croyez en mon amitié envers et contre tout, fraternellement.

Ces paroles de désarroi, que je partage à 100%, sont révélatrices de ce que nous voyons et entendons partout, sans relâche, quotidiennement, dans tous les milieux, avec une intensité croissante. Lentement, les esprits se résignent à une reconduction du parti socialiste au pouvoir en 2017. La bêtise des dirigeants politiques fait peine à voir. Se focaliser sur la lutte anti-fn, comme ils le font tous en ce moment, est d’une crétinerie sans nom, une manière de se donner le « beau rôle » tout en assurant la promotion de ce parti, et surtout, d’esquiver les difficultés que personne n’a su résoudre, chômage, violence, communautarisme, et de refuser le vrai combat, le seul qui compte, contre la souffrance et l’angoisse des Français. Le cirque des images et des petites phrases distillées au « salon de l’agriculture » est d’un grotesque à faire pleurer. Notre pays a besoin d’une politique volontariste, courageuse, déterminée, pour relancer la croissance en réduisant les charges et en libérant les énergies, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni qui créent des centaines de milliers d’emplois, de confiance, d’un renouveau de l’autorité et de l’ordre républicain.  Or que voit-on aujourd’hui sinon une explosion de délire égotique? Personnellement, je n’ai rien à faire des Machin, Truc, Chouette, qui se ridiculisent et ridiculisent notre pays en plein décrochage. La seule chose qui compte, c’est le bien commun, l’avenir de la France, qui ne peut pas quoi qu’il arrive s’incarner dans des êtres médiocres, d’une vanité maladive, sans envergure morale ni intellectuelle. Le Figaro d’avant-hier a publié la tribune ci-jointe où j’essaye d’expliquer que seul vaut le débat d’idées et que sans doute, s’il reste un soupçon d’espoir, se jouera-t-il davantage dans les élections législatives qui ne pourront pas esquiver les enjeux concrets, que dans les présidentielles qui s’annoncent dévoyées par la personnalisation de la vie publique. Article Figaro

Maxime TANDONNET

 

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Le génocide des chrétiens d’orient

13.01-jean-d-ormesson-1280x640Ce matin, sur Europe 1, Jean d’Ormesson a dénoncé le génocide des chrétiens d’orient par le Daesh, ou Etat islamique d’Irak et de Syrie, à la suite de l’enlèvement de 100 chrétiens d’un village. Il faut s’attendre à leur massacre dans les jours à venir, femmes et enfants inclus, dans des conditions d’une atrocité inouïe. Ce génocide, comme tous les grands génocides de l’histoire, se déroule dans la passivité et la lâcheté de la communauté internationale, peut-être même la satisfaction secrète de ceux qui cultivent la haine des chrétiens. L’histoire retiendra les noms des dirigeants occidentaux qui n’ont pas bougé le petit doigt face à ce génocide. Le silence de la classe politique et intellectuelle française et européenne à ce sujet est une abomination. Il faut qu’un écrivain nonagénaire prenne la parole pour tenter de remuer les esprit. Ce qui se passe est dans l’ordre du crime contre l’humanité.  Est-ce que la parole de ce grand homme courageux et lucide, dans le brouillard de l’aveuglement et de la lâcheté qui pèse sur le monde va enfin permettre une prise de conscience? Encore une fois, une intervention armée du monde occidental pour mettre fin à un génocide, cela n’aurait strictement rien à voir avec les opérations militaires dont l’effet a été de déstabiliser des Etats et de répandre le chaos au Moyen-Orient et au Maghreb. Cette fois-ci nous sommes dans une situation, comme au Cambodge des années 1976-1979, ou au Rwanda dans les années 1990 où le refus d’agir relève de la non assistance à personne en danger, voire de la complicité passive.

Maxime TANDONNET

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Silence complice

images (2)Les socialistes ont décidé, par amendement parlementaire, dans le cadre de la loi Macron, de rendre possible le remplacement des jours fériés chrétiens dans les départements d’Outre-Mer par des jours fériés correspondant  aux autres religion. Celà concernera Noël, Pâques, l’Ascension… Cette décision ne me surprend pas particulièrement. Elle correspond à un état d’esprit qui consiste à fuir la réalité – 5,5 millions de chômeurs, la violence, les banlieues, etc. – par une plongée dans l’idéologie, notamment antichrétienne, à l’instar des conventionnels de 1792-1794 qui abolirent le calendrier grégorien, brûlaient les  églises et tuaient les prêtres et les soeurs.  Cette décision est particulièrement malvenue à un moment où les chrétiens sont massacrés, suppliciés, réduits à l’esclavage et exterminés dans plusieurs régions du monde. Elle est regrettable dans un pays rongé par le communautarisme. Si les jours fériés ne sont plus les mêmes pour tout le monde, c’est une référence, un repère collectif qui s’effondre, un de plus. Elle est hypocrite à souhait: on commence par les départements d’Outre-Mer, pourquoi pas les autres départements ensuite, notamment ceux à forte concentration de population immigrée. Elle est lâche aussi: le pouvoir de décision est laissée aux préfets, le politique se dérobant, se lavant les mains. Elle n’est pas franchement républicaine, paradoxalement, réservant (temporairement) un sort particulier à certains départements parce qu’ils sont éloignés de la métropole, considérés comme des sous départements pouvant se prêter à des expérimentations communautaristes. Mais le plus ignoble à mes yeux, dans tout cela, c’est le silence de la classe politique et de l’ump et ses leaders. Je n’ai rien entendu en tout cas. Encore une cause qu’ils vont abandonner, par lâcheté, aux charognards. Quant aux curés, je me souviens de leurs sermons enflammés, en mai/juin 2006, sous l’influence des socialistes et des associations, contre notre loi sur l’immigration, qui soi-disant, menaçait « le droit à l’amour », et des distributions de tracts anti-sarkozy à l’intérieur et devant les églises. Oui  je m’en souviens. D’ailleurs, cette loi n’a pas été abrogée depuis… Aujourd’hui, on s’en prend à la religion chrétienne de plein fouet et ils se contentent de quelques murmures désapprobateurs. Quand donc ce cauchemar finira-t-il?

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&cad=rja&uact=8&ved=0CC0QFjAC&url=http%3A%2F%2Fwww.lavie.fr%2Factualite%2Ffrance%2Fla-loi-macron-supprime-des-jours-feries-chretiens-l-eglise-approuve-17-02-2015-60611_4.php&ei=_BLqVMmyIqmP7AaIv4DgBw&usg=AFQjCNGbMrlTCiUUYadESEwqJPNktB_A1w

Maxime TANDONNET

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Fuite dans l’irréel

téléchargementSuis-je seul à éprouver ce sentiment? Il me semble que le monde politique et médiatique, la France d’en haut, qui s’exprime et apparaît sur les écrans de télévision,  s’échappe chaque jour un peu plus dans l’irréel. Elle fait son petit roman, son film, son feuilleton. La loi Macron n’a rien, vraiment rien de révolutionnaire. Cette affaire d’autoriser les commerces à ouvrir 12 dimanche par an, avec l’accord de la mairie, ne va pas bouleverser l’économie française, pas plus que la déréglementation du notariat… L’usage de l’article 49-3 est tombé à point pour transformer en événement un non-évènement. Hier matin sur RTL, j’entendais cette chercheuse à l’accent britannique de circonstance nous expliquer que « les heures sombres (sic) » étaient de retour, à propos de l’incident raciste du métro, certes ignoble, mais totalement marginal et isolé qui accapare l’actualité depuis deux jours (un groupe de supporters de football fanatisés qui empêche un homme de couleur de monter dans la rame). Une étudiante de 22 ans violée dans le Paris-Melun, le 4 février, cela a fait infiniment moins de bruit. La grande passion politico-médiatique du moment est la « poussée extrémiste« , au moins dans les sondages. Ils ne peuvent plus parler d’autre chose, ce qui les arrange bien. Prenons M. Raffarin, ancien Premier ministre, quand même. Le 12 février, il déclare (LabEurope 1) que le fn « ne gagnera aucun département lors des élections de mars« . Puis, le 18 février il annonce qu’une « la victoire du fn aux présidentielles n’est plus théorique » (TF1). Un minimum de cohérence ne serait pas inutile. Amusez-vous, amusez-vous… Quant aux petites phrases sur « l’influence juive« , prononcées par M. Dumas, reprises par M. Le Pen, elles me font honte, honte pour ceux qui les ont proférées bien sûr, mais aussi honte pour les médias qui les ont relayées. Tiens, ce matin, le président fait de nouveau la « une » en inaugurant le salon de l’agriculture pour dire aux agriculteurs « n’ayez pas peur« . Puissant et utile message. Moi, je suis de plus en plus révulsé par le culte de la personnalité, la saturation médiatique de l’image présidentielle, chaque jour, du matin au soir, qui est une insulte à l’intelligence et la sensibilité populaire. Cette France officielle, visible, apparente, médiatique, semble de plus en plus se moquer de la France profonde, avec ses 5,5 millions de chômeurs, sa violence quotidienne, ses fins de mois difficiles, ses jeunes qui ne peuvent ni travailler, ni se loger, ses inquiétudes concernant les déficits et la dette du pays, fardeau qui retombera sur les futures générations. Dans un monde de plus en plus menaçant, instable, d’une violence inouïe – Russie, Moyen-Orient, Maghreb – la folie des hommes aux portes de l’Europe, cette France d’en haut devient chaque jour un peu plus le boulet de la France.

Maxime TANDONNET

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Un archaïsme absurde

imagesCi-joint une tribune publiée ce matin par le Figaro Vox, portant sur la confusion politique croissant qui se manifeste par l’usage de l’article 49-3 de la Constitution. Depuis toujours, je trouve cet outil qui permet au gouvernement de faire adopter sans vote un projet de loi par l’Assemblée nationale, particulièrement insolite. Il me semble symboliser, pas seulement le « parlementarisme rationalisé », mais le mépris du pouvoir législatif, c’est-à-dire, du suffrage universel. Il pouvait se comprendre en 1958, par la volonté d’instaurer un gouvernement fort et de réduire la toute puissance du Parlement. Il est incompréhensible aujourd’hui, dans un contexte de profond discrédit populaire de la politique en général. A quoi sert-il d’élire des députés si, en cas de désaccord avec le gouvernement, ce dernier peut s’affranchir de leur point de vue? Aujourd’hui, cet article 49-3 se présente comme un archaïsme humiliant pour les élus du suffrage universel et donc pour les électeurs eux-mêmes. Personnellement, son usage ne me donne pas du tout un sentiment d’autorité mais plutôt de faiblesse et de déni démocratique .

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/02/18/31001-20150218ARTFIG00423-quand-le-49-3-rappelle-la-ive-republique.php

Maxime TANDONNET

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Je suis copte

imagesDaesh, ou l’Etat islamique vient d’annoncer la décapitation de 21 coptes égyptiens, enlevés quelque temps auparavant, et de diffuser a vidéo de leur martyr sur une plage libyenne. Le génocide des chrétiens d’Orient se précise et s’accentue. L’histoire s’en souviendra comme le premier génocide du XXIème siècle. Mais elle n’oubliera pas non plus leur lâche abandon par le monde occidental. J’ai cherché en vain une déclaration, une allusion d’un dirigeant européen à l’abominable tuerie de samedi dernier, au sang des martyrs versé sur le sable libyen. Je n’ai rien trouvé. Face à un génocide, un meurtre de masse pour l’appartenance à une ethnie, une religion, le silence le plus total pèse sur le monde occidental. Celui-ci a tellement honte de ses origines chrétiennes, qu’il n’ose même pas prononcer un mot de solidarité pour les victimes. Où sont passées les grandes voix morales, promptes à dénoncer les massacres et les génocides, mais devenues indifférentes dès lors que des chrétiens sont trucidés en masse? Mais cette innommable lâcheté, qui rappelle tant d’autres circonstances de ce genre depuis 1945 (les Khmers rouges, l’ex-Yougoslavie ou le Rwanda), cette complicité de fait avec le mal absolu par le silence et l’inaction se paiera un jour.  Daesh a décrété que l’Europe était sa cible privilégiée. L’Europe et ses Etats forment un grand corps mou et lâche, paralysé par ses inhibitions, ses complexes, sa mauvaise conscience, donc radicalement incapable, non seulement de défendre les autres, mais de se défendre lui-même. Qu’est-ce qui a été fait depuis les attentats de Madrid, de Londres, de Paris? Le néant. Moi, je suis copte, copte égyptien – l’Egypte étant ma deuxième patrie – et je dis à mes frères coptes, à mon infime niveau personnel, mon immense compassion, ma solidarité et mon chagrin face à la tragédie et au lâche abandon par le monde occidental dont ils sont les victimes.images (1)

Maxime TANDONNET

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L’hypocrisie nationale

TartuffeTiens! Geoffroy Didier, (un garçon que j’ai bien connu, discret, gentil, adorable, quand il était au cabinet Hortefeux), vient à son tour d’écrire un livre sur le Front national: « la fronde nationale », fortement médiatisé. Il n’est pas le premier. Avant lui, des tonnes d’ouvrages sur ce parti et la famille le Pen sont sortis: NKM, JF Kahn, Serge Moati, etc, etc. Un jour, me promenant devant le rayon politique de la Fnac-Bercy, je me suis rendu compte, sidéré, qu’il était couvert de livres sur le fn et cette famille. Par ailleurs, toutes les émissions et les débats politiques – radio, télévision – ou presque, se ramènent invariablement, systématiquement à ce parti. Le premier ministre M.Valls l’a déclaré « aux portes du pouvoir ». Deux leaders de l’opposition, M. Juppé et M. Le Maire, l’ont promu « adversaire principal »des prochaines élections. Je voudrais qu’on m’explique comment un mouvement qui fait l’objet d’une telle promotion, placé au centre de toute la vie politique et médiatique, pourrait ne pas être électoralement le premier parti de France? A qui profite le fn? Je dirais, à tout le monde! La presse et les médias font semblant de s’en offusquer mais s’en délectent. Le fn, avec son parfum sensationnel de saga familiale et de réminiscences historiques plus ou moins fondées, fascine et repousse tout la fois, fait vendre les journaux, les magazines, et monter l’audimat. Fabuleuse aubaine du parti socialiste, il est son seul espoir, à la faveur d’un deuxième tour des présidentielles le Pen-Hollande, puis des triangulaires aux législatives, de garder le pouvoir en 2017. Il lui permet de diaboliser les sujets qui préoccupent la France en « lepénisant » la sécurité, l’immigration, l’intégration, la laïcité… Pour l’opposition modérée (ump et autres), le fn est au fond une bénédiction, au-delà de quelques désagréments ponctuels. En se focalisant sur « la lutte anti-fn », les leaders de droite se drapent dans une nouvelle vertu, se dispensent d’assumer leurs responsabilités et de se pencher sur les profondes fractures du pays, un chômage gigantesque (5,5 millions de personnes privées d’emploi), l’impuissance de l’Etat et des politiques publiques, la tragédie de l’exclusion, de la fragmentation sociale et de la violence quotidienne. Un engrenage fatal est à l’oeuvre: les responsables publics, engoncés dans leurs dogmes et leurs  lâchetés, préfèrent pousser des cris orfraies plutôt que travailler au règlement des difficultés  et fournissent ainsi le carburant à la montée du fn. L’air du temps, ce mélange de fuite devant les réalités et de manipulation de masse, est chaque jour un peu plus imagesirrespirable. Peut-il un jour prendre fin, et à la faveur de quels événements?

Maxime TANDONNET

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L’injustice médiatique

sans-titreJe me souviens, quand je travaillais à l’Elysée, ces déferlantes quotidiennes contre le président Sarkozy, le plus souvent sans rapport avec sa politique. La moindre occasion, la moindre rumeur la plus infime entraînait des vagues de calomnie, des déchainements de rage qui tournaient en boucle sur toutes les chaînes sans exception, un jour, deux jours, trois jours, parfois même, sur la base de ragots ignobles relatifs à sa vie privée. Aujourd’hui, que voit-on? La radio, unanime, les chaînes de télévision ferment les yeux sur tout ce qui pourrait faire ombrage à la « présidence normale ». L’information, donnée hier par Closer, est dans tous les esprits. Je suis tombée des nues à la découvrant. Et pourtant, ce n’est pas un simple bruit, mais un fait réel. A la radio, à la télévision, rien, ou presque. J’imagine le battage, le matraquage, jour et nuit, des grandes chaînes unanimes, si la même chose (avec une amie) était survenue entre 2007 et 2012. De quoi parle-t-on en ce moment? De l’immense exploit qui revient (dit-on) au pouvoir en place, d’avoir vendu 20 Rafales au pouvoir Egyptien. Tiens! en Egypte, ce n’est pas une dictature militaire qui emprisonne et fait exécuter les opposants? La question ne se pose même pas. Ah bon… Là aussi, qu’aurait-on dit, si Sarko avait été au pouvoir? Ce n’est pas difficile à imaginer… Que peut-on faire face à l’iniquité dans le traitement médiatique, l’injustice, la mauvaise foi? Pas grand chose hélas… Compter sur le bon sens populaire, l’esprit critique de la nation, l’intelligence face à la propagande dans un pays qui n’est plus vraiment une démocratie pluraliste, en attendant 2017. Et puis écrire, dénoncer, parler sur Internet, comme j’essaye de le faire en ce moment, en pensant, en espérant, sans trop y croire, que les petites gouttes d’eau contribuent à faire les océans…

Maxime TANDONNET

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Une saloperie française

greve_rer_aVoilà une anecdote, remontant à quelques jours, qui en dit long sur la France actuelle. 50 jeunes gens et filles qui ont planché pendant des années, comme des fous, pour préparer l’agrégation de mathématiques et qui sont empêchés de passer leur concours en raison d’un « droit de retrait » consécutif à une agression d’un chauffeur de la ligne D du RER.  La France actuelle, en ce qu’elle a de pire, est toute entière dans cet incident: le chaos d’une violence quotidienne, aveugle, odieuse, contre des chauffeurs qui font leur boulot; la dictature d’une minorité agissante  (car enfin, au nom de quoi les usagers doivent-ils payer pour un acte de délinquance commis par des voyous); une bureaucratie bornée qui refuse de prendre en compte, au nom de ses règlements, la situation exceptionnelle d’un petit groupe en lui permettant d’entrer dans la salle d’examen; enfin, globalement, le mépris profond du mérite, du travail, de l’intelligence et de la réussite… Notre pays est engoncé dans un climat de jalousie teigneuse, d’indifférence méchante et obtuse, de médiocrité et de mesquinerie. C’est la vérité! En arrivant à Roissy, de retour du Japon, j’ai senti comme une chape de plomb devant la manière dont mes amis Japonais, qui m’ont accueilli avec tant de sourire, de dévouement et de gentillesse, étaient traités et déjà, je ressentais l’envie de repartir. Au Japon, d’ailleurs dans n’importe quel pays normal, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Espagne, ce genre de blocage des transports qui  prive 50 personnes du droit de passer un concours, pour lequel elles ont bossé des années est rigoureusement inconcevable. Mais voilà, nous sommes bien dans le cauchemar français, en pleine mélasse, médiocrité conquérante… Ce n’est pas simplement un gouvernement, une politique, qu’il faut changer, mais tout un état esprit…

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=4&cad=rja&uact=8&ved=0CCsQFjAD&url=http%3A%2F%2Fwww.franceinfo.fr%2Factu%2Fsociete%2Farticle%2Frecales-l-agregation-cause-de-la-greve-des-conducteurs-du-rer-638295&ei=sZbbVKmXLNCP7AbQ_oCoAw&usg=AFQjCNH8it6ofAik8c1kM2LbKMdb1T35Ow&bvm=bv.85761416,d.ZGU

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Le vrai espoir de 2017

panorama2Plus le temps passe, et plus s’ancre en moi la conviction que les dés politiques sont pipés. L’américanisation ou la présidentialisation de la vie politique française est une erreur fondamentale qui est l’une des sources de l’impasse politique actuelle. Avec le quinquennat, aligné sur le mandat des députés et la mise en place « des primaires », le système politique a été largement neutralisé. L’électeur choisit avant tout un visage, une image, une marque, un peu comme un produit de consommation. La manipulation médiatique sur la mise en valeur – ou le lynchage – d’un personnage devient un principe de fonctionnement du régime. Le débats d’idées, la confrontation des projets, le choix d’un destin collectif en sont les victimes directes. L’élection présidentielle de 2017 se présente sous les pires auspices. Elle conduit presque inévitablement au conformisme et à la continuité. Hollande ou Valls? Ils appliqueraient, par définition, la même non-politique qu’aujourd’hui, mélange de frime et d’inertie. Juppé? Il viserait naturellement au consensus et donc, au statu quo. Sarkozy? Elu de nouveau président, placé sous le feu des haines et des rancoeurs, j’ai du mal à l’imaginer s’engageant dans la voie d’une cassure profonde. Dans tous ces cas de figure, une élection au deuxième tour contre le Pen (à l’image de 2002) ne pourra que renforcer la quête de l’unité nationale, de l’apaisement, du consensus et donc, de l’immobilisme tranquille. Alors? Alors, il n’est pas impossible que nous assistions en 2017 à un basculement profond du régime. Sous la pression populaire et compte tenu de la neutralisation prévisible de l’Elysée, il ne faut pas exclure une sorte de résurrection démocratique à travers l’élection législative, un retour aux sources de la souveraineté. Il faut alors imaginer une explosion des frontières partisanes et l’émergence d’une majorité d’idées, sur la nécessaire réforme de l’économie autour de la confiance en l’entreprise, le retour à l’ordre et à l’autorité, y compris en matière d’éducation, de sécurité, d’immigration, de lutte contre le communautarisme et le fondamentalisme, l’émergence d’un puissant et courageux Premier ministre, appuyé sur cette majorité d’idées, volontaire pour prendre en main le destin du pays, sans calcul personnel, sans arrière-pensées ni tabous et assumant ainsi ses responsabilités. Je rêve? Peut-être mais il faut bien garder une chance d’espérer, aussi infime soit-elle…

Maxime TANDONNET

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Le désastre politique

téléchargementLes événements électoraux du Doubs, le 1er et le 8 février ont toute l’apparence d’un désastre politique pour l’opposition démocratique. Même si rien n’est joué d’avance, ils ouvrent, me semble-t-il, la perspective d’un renouvellement du bail du parti socialiste pour 5 ans à la tête du pays en 2017. Je vois, dans l’éventualité d’une pareille calamité, la conséquence d’une évolution de la vie politico-médiatique qui s’éloigne toujours plus des débats d’idées, des projets de société, de la politique au sens noble du terme – le gouvernement de la cité – pour se focaliser sur les rivalités et ambitions personnelles des politiciens. D’où cette tribune dans Figaro Vox.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/02/09/31001-20150209ARTFIG00067-duel-fnps-dans-le-doubs-une-prefiguration-de-la-presidentielle-2017.php

Maxime TANDONNET

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Daesh ou la défaite de la civilisation

téléchargementL’Etat islamique d’Irak, ou le daesh me semble être un phénomène d’une nature radicalement nouvelle et son émergence marque sans doute une rupture dans l’histoire de l’humanité. Dans l’époque contemporaine, depuis 1945, les atrocités n’ont certes pas manqué quand on songe aux massacres biafrais, ou de l’ex-Yougoslavie et du Rwanda, parmi tant d’autres. Mais les actes abominables étaient motivés par des motifs locaux, géostratégiques, frontaliers, expressions exacerbées de haines traditionnelles. Le daesh multiplie les abominations: extermination de yazidis et de chrétiens, massacres, femmes et enfants suppliciés ou vendus comme esclaves, assassinats d’otages. Il pratique un terrorisme d’un genre nouveau, axé sur la médiatisation de l’horreur, dirigé contre la conscience humaine. Nous vivons dans un monde globalisé, de circulation accélérées de images et des idées, dont l’une des valeurs apparentes, officielle, est le respect de la personne humaine. Le daesh se présente comme une sorte de « trou noir » (anti-matière, au sens astronomique du terme), reflet inversé de la civilisation humaine, négation de l’humanité . Il est l’anti-globalisation, l’anti-humanité, à travers l’expression de la barbarie absolue et surmédiatisée. Ce qui nous sidère, c’est la réaction de la communauté internationale, comme frappée de stupeur, anesthésiée, tétanisée, prise de vertige devant l’émergence (la résurgence) de la cruauté à l’état le plus pur. Des otages français, américains, britanniques, russes, japonais, jordaniens ont été tués dans des conditions qui sidèrent par la mise en scène de la bestialité. Le défi est clairement lancé à la communauté internationale. Mais personne ne bouge vraiment. Le monde semble tétanisé de peur. Le daesh n’est sans doute pas si puissant sur le plan matériel. Il a suffi d’une poignée de Kurdes pour le chasser de Kobané. Mais la lâcheté, la passivité, l’inertie des grands Etats sont quelque chose de littéralement stupéfiants. Les grandes puissances économiques et militaires, dont les budgets des armées atteignent des centaines de milliards d’euros, avec les technologies les plus sophistiquées, ne cherchent même pas à se parler ni à s’organiser pour intervenir et mettre fin à cette orgie sanguinaire. Voici l’humanité comme envoutée, hypnotisée, paralysée devant ce déchaînement de barbarie et radicalement impuissante face au mal absolu. Il en faut pas se faire d’illusion. Peut-être sommes nous au début de quelque chose qui ressemble à une ère nouvelle marquée par la défaite de la civilisation humaine.

Maxime TANDONNET

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La tragédie de l’UMP

téléchargementA propos de l’élection législative du Doubs, l’ump se déchire dans des conditions rocambolesques. Eliminée du premier tour par les candidats du fn et du ps, elle se fragmente violemment en mots d’ordre pour le moins alambiqués: « ni-ni », « je voterais ps », « non au fn, mais on vote comme on veut ». L’ump n’est pas ma « famille » – j’en remercie le ciel – mais le camp politique dont je me sens le moins éloigné. Avec son attitude, elle entraîne la France dans le gouffre, dans le gouffre d’une réélection du ps en 2017. En effet, la question n’est évidemment pas de dire aux électeurs ce qu’ils doivent faire au second tour d’une législative de toute façon perdue. Tout cela n’est que posture, tartufferie, calculs politiciens. Elle est uniquement de se demander: pourquoi avons-nous avons été si nuls? Car une opposition qui n’est même pas au second tour d’une législative partielle, en effet, ne peut être que nulle. Et la réponse est simple: nous sommes nuls, parce que nous n’avons pas d’idée, pas de projet, pas de ligne, pas d’ambition collective, et surtout, ne voulons pas en avoir… Nous sommes nuls, car nous n’avons pas d’autre horizon, les uns et les autres, que de bomber le torse et de fanfaronner sur les marches du Palais. Nous sommes nuls parce que rien ne compte en dehors de nos nombrils. Nous sommes nuls car nous allons plonger la France dans l’humiliation et la détresse de 5 années supplémentaires de socialisme. Exemple, il paraît que M. Junker, le président de la Commission européenne aurait déclaré: « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens déjà ratifiés.» A ma connaissance, c’est la première fois depuis 1945 qu’un haut dirigeant européen renonce officiellement, explicitement, ouvertement, à la démocratie comme principe suprême de gouvernement. Si ce propos est exact, il est lamentable qu’un mouvement politique qui se réclame de l’héritage du Général de Gaulle ne l’ait pas aussitôt condamné. Le fondement de toute démocratie: ce que le peuple a fait, le peuple peut le défaire. Une loi, une Constitution, un traité peuvent être abrogés ou modifiés par le peuple. Sinon, la démocratie – le pouvoir du peuple – ne veut plus rien dire et nous sommes retournés à l’âge d’une dictature. L’ump est tout simplement en train de tuer l’espoir dans le camp républicain, l’espoir de tous ceux qui éprouvent le même rejet viscéral du socialisme et du lepénisme et veulent profondément transformer la France pour la remettre dans le bon chemin. 

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/02/02/31001-20150202ARTFIG00405-du-traite-constitutionnel-a-syriza-l-europe-contre-les-peuples.php

Maxime TANDONNET

 

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Nouvelles du Japon

DSC00204Je reçois par bribes des nouvelles de la politique française: elle est tellement méprisable que je n’ai pas envie d’en parler. D’ailleurs, au regard du temps et de l’espace, toutes ces petites misères n’ont heureusement pas la moindre importance… Ici, au Japon, où mon séjour s’achève hélàs, la France est vue comme un grand pays au patrimoine culturel inégalé, mais aussi une puissance économique de premier ordre, avec son TGV, Ariane, Airbus, ses brillants mathématiciens, écrivains, etc. Sur la politique française, les Japonais n’ont guère d’information… Ce peuple, profondément affectif et sensible, se souvient de Jacques Chirac, qui l’aimait. Pour le reste, il se contente de penser du fond du coeur et sans le moindre doute, que Paris est un paradis… Au Japon, tout est ordonné. Le pays exhale un parfum d’encens, de respect absolu d’autrui, de politesse, de tradition, de DSC00293gentillesse, d’hospitalité, qui se combine à la perfection avec l’efficacité et la passion du travail bien fait. Ma plus grande découverte, c’est la sensibilité religieuse du peuple Japonais, qui compte trois cultes dominants,   shintoïste (la religion officielle), bouddhiste et une petite minorité chrétienne. Au pied du grand Bouddha (à Nara), on éprouve une étrange impression de recueillement et de mystère, empreint de respect et d’humilité. La porte rouge donnant sur la forêt, ci-jointe aussi, est profondément émouvante. Elle correspond à une sorte d’autel du temple shintoïste (Nara), où l’on prie les divinités de la forêt sacrée dont l’accès est interdit: arbres, sources, animaux. Le temple d’or de Kyoto, tout en lumière, dans son écrin de forêt et de colline, est tout simplement une DSC00401merveille du monde… Voilà, pour faire un peu rêver les visiteurs de ce blog, en attendant leur visite au pays du soleil levant

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Maxime TANDONNET

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La dernière foutaise

sans-titreL’idée de création d’un service civique obligatoire pour favoriser l’intégration n’a aucun intérêt en elle-même: totalement irréaliste, d’un coût gigantesque pour un pays qui se targue de vouloir lutter contre ses déficits, contraire aux engagements internationaux de la France, elle procède en outre d’une image quelque peu méprisante des jeunes, considérés comme corvéables à merci, que l’on pourrait ainsi contraindre à un service d’intérêt général, sanctionnant l’immense majorité d’entre eux qui travaillent dur ou poursuivent des études. Il est toujours sidérant de voir comment des projets d’essence tyrannique peuvent sortir des cerveaux soi-disant les plus généreux et les plus ouverts. Bien entendu, cela ne se fera jamais. Pourtant, cette idée stupide, qui  n’a strictement rien à voir avec l’ancien service militaire – la mobilisation pour la défense du pays par les armes – recueille un consensus général des partis politiques et de l’opinion qui l’approuve à 80%. C’est en cela qu’elle est révélatrice d’une certain climat politique, marqué par une fuite en avant générale dans les délires chimériques, destinée à fuir les réalités et les responsabilités de chacun dans la situation dramatique du pays: désastre de l’Education nationale, ghettoïsation de la société, violence croissante, chômage de masse atteignant les 6 millions de personnes, déclin économique. Voilà ce que j’ai voulu dire dans la tribune ci-dessous pour Figaro Vox.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/01/29/31001-20150129ARTFIG00345-le-service-civique-reviendrait-a-penaliser-l-ensemble-d-une-classe-d-age.php

Maxime TANDONNET

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La mort de l’esprit public

sans-titreLa semaine dernière, j’ai écrit une tribune sur la République pour le Figaro Vox (ci-dessous). L’idée n’était évidemment pas de revenir au vieux débat monarchie/République, mais plutôt de s’intéresser à la notion de République au sens étymologique de « la chose publique ». Avec le recul – je suis en ce moment en voyage – je me dis que la France n’a plus grand chose à voir avec une République. La focalisation jusqu’à l’absurde de l’actualité sur quelques personnages, l’abandon du débat d’idées, la mort des projets, l’emprise de l’émotion sur les esprits, la saturation de l’espace médiatique par les dirigeants, ce détournement massif de la politique à des fins personnelles, l’obsession des postes, des mandats, des privilèges , le mépris radical du bien commun et de la vérité, l’invasion de la parole publique par les polémiques et petites phrases idiotes, l’obsession des sondages de popularité, la partialité du monde médiatique, le rejet absolu de toute réflexion de fond, la haine de la pensée, l’abêtissement généralisé par une propagande sournoise, dans l’indifférence et la passivité, tout cela signe la mort d’une République. J’ajouterai que le niveau démentiel atteint dans la personnalisation non seulement du pouvoir, mais de la vie politique en général, est le signe le plus frappant de cette dégradation de l’esprit public. Le mépris des gens suinte de partout.  Je ne suis pas en train de critiquer particulièrement l’équipe au pouvoir, mais un état d’esprit plus général. Où en est la République, au sens de la quête du bien commun, et comment la faire revivre? Aucun débat de société n’est plus urgent que celui-ci. C’est pourquoi il ne faut pas compter un seul instant sur la classe dirigeante française, la « France d’en haut » pour l’ouvrir. Il menacerait trop de rentes de situation, de petit privilèges malsains et, surtout, d’honneurs non mérités.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/01/22/31001-20150122ARTFIG00268-ce-que-signifie-vraiment-la-republique.php

Maxime TANDONNET

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Syrisias, triomphe ou désastre?

téléchargementLa victoire de la gauche radicale grecque, hier aux élections législative, me semble dramatique pour les Grecs. Elle consacre des décennies de gestion désastreuse de l’économie de ce pays, de gouvernement en gouvernement: endettements monstrueux, déficits gigantesques, fonction publique pléthorique, Etat inefficace, assistanat, Etat de droit bafoué. Je suis désolé de le dire, mais c’est ainsi. Une fuite en avant gauchisante n’aura pas d’autre effet que d’amplifier encore le marasme grec.  Ils ne veulent pas payer leur dette. Qu’est-ce que cela signifie? Que d’autres vont payer à leur place? Aucun pays au monde ne peut vivre au-dessus de ses moyens, consommer plus que ce qu’il a produit de son travail. Sinon, il sombre dans la dépendance aux autres et la dette, fardeau transmis aux autres générations, puis l’effondrement. Mais pourtant, ce résultat catastrophique a une autre signification. Il résulte aussi de l’aveuglement bruxellois et des classes dirigeantes européennes. La volonté de vouloir maintenir à tout prix la Grèce dans la zone euro, envers et contre tout réalisme, au prix de mille contorsions et dizaines de milliards d’euro gaspillés, comme une sorte de ligne Maginot idéologique, destinée à empêcher une soi-disant « nouvelle guerre en Europe », a aussi contribué au désastre actuel. De même, Bruxelles, me semble-t-il, a oublié une variable essentielle: la fierté des peuples. Les propos maladroits des dirigeants allemands envers les Grecs y sont sans doute largement contribué.  Il faut aussi voir dans cet évènement le fruit d’une logique eurocratique qui s’est emparée des dirigeants de l’Europe depuis quelques décennies. C’est un peuple humilié, dans la souffrance qui a voté hier. Mais allez faire comprendre cela à un eurocrate… La situation rappelle fortement les non français et hollandais de 2005. En principe, il ne devrait y avoir qu’une seule leçon à en tirer: l’urgence d’une réforme, transformation radicale de l’Europe, conçue comme l’unité politique des peuples européens, sinon,  sa disparition avant une dizaine d’années est sans doute inéluctable. L’enjeu est ni plus ni moins de sauver l’Europe, l’amitié, la solidarité, l’union politique étroite des nations et des citoyens de notre continent, en la tirant de sa logique bureaucratique pour la reconstruire sur des bases démocratiques. Mais comment faire admettre cette évidence aux dirigeants et hauts responsables européens?

Maxime TANDONNET

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Silence, on tourne!

 

imagesDans le maeström qui a suivi les heures sombres du 7 et du 9 janvier, on a tout entendu. Le lien avec les questions d’intégration des populations migrantes a été totalement occulté, sauf par le Premier ministre qui a abordé le sujet à sa façon, en parlant « d’Apartheid », au sujet des 1500 cités où se concentrent les populations issues de l’immigration, à hauteur des 2/3 de leurs résidents et qui accumulent les difficultés sociales, chômage de masse, destructuration familiale, échec scolaire. Il est possible, comme la quasi totalité de la classe politique, médiatique et intellectuelle, de fermer les yeux sur cette réalité ou de pousser des cris d’orfraies à ces propos. Le chef du Gouvernement a proposé une politique de « mixité sociale » pour résoudre cette question. J’attends pour ma part – depuis longtemps – que l’on délocalise la cité des 4000, les Tarterêts, les Mureaux, la dalle d’Argenteuil, les quartiers de Villiers-le-Bel (que je connais bien), dans le 4ème arrondissement, place des Vosges, où dans le 6ème et le 7ème autour du boulevard Saint Germain et de la rue de Grenelle, pourquoi pas vers le 8ème, l’Elysée et les Champs Elysées, où rayonnent les sommités de la vie politique, médiatique et intellectuelle entre leurs cinq pièces cossus, leurs bureaux et les bons collèges et lycées de leurs enfants. Oui, on a tout entendu, à une exception près. De tous les commentaires, interviews, analyses, une seule idée a été totalement bannie du langage public: celle de la maîtrise de l’immigration, le principe qu’un pays ne saurait accueillir plus de populations migrantes que ses capacités d’intégration (marché du travail, budgets sociaux, éducatifs, parc de logement) ne le lui permettent, sans aggraver l’exclusion, engendrer le désespoir, la révolte, le repli identitaire et le risque, à terme, d’une explosion de violence; et que dès lors, il faut se donner les moyens de réguler, canaliser, limiter l’immigration, pour éviter les cités ghettos, même si c’est extrêmement difficile. Cette idée n’a rien de raciste, ni de xénophobe. Elle n’a rien à voir avec les propos haineux et extrémistes. Elle a été jadis émise par de multiples hauts responsables: Rocard, Mitterrand, Fabius, Giscard, Chevènement, Chirac, Juppé, Sarkozy, Hollande lui-même… Mais le conformisme, l’hypocrisie et la lâcheté sont des valeurs à la hausse, comme la bourse en ce moment. Aujourd’hui, silence, il ne faut surtout pas s’exposer, prendre de risque avec la pensée convenable, avec le jugement médiatique. Aujourd’hui silence, le tabou est là, plus puissant que jamais. Et le premier qui bouge est mort. Aujourd’hui, silence, la grande comédie politique bat son plein pour la conquête ou la préservation des mandat et des palais dorés. Aujourd’hui, silence, on tourne…

Maxime TANDONNET

NB: Seuls les sites et les blogs figurant dans le blog roll ci-joint, ou bien avec mon accord,  sont autorisés à reprendre ce billet.

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La fausse union nationale

images« François Hollande peut-il conserver sa popularité jusqu’en 2017? » Tel était le titre d’un grand journal national, trouvé ce matin sur le net. L’air du temps exhale un parfum étrange et inquiétant. Le passage  en quelques jours d’un extrême à l’autre, du fond de l’enfer atteint avec l’affaire du scooter, à l’apothéose du « président populaire » de « l’union nationale » , alors que rien de fondamental sur la situation du pays n’a changé, dénote une fébrilité, puérilité, versatilité de la société médiatique, et un penchant à la manipulation qui laissent rêveur sur l’état mental de la « France d’en haut« . Dix jours après, le sectarisme a repris tous ses droits comme le montre le violent échange entre l’ancien président de la République et le Premier ministre. « L’union nationale« , le temps d’une marche républicaine, et de quelques clichés, mérite-t-elle son nom? N’en restera-t-il qu’une belle imposture réussie? L’union nationale, sincère et authentique, signifierait un accord profond des partis politiques pour engager une réflexion de fond sur la vie politique. Pourquoi est-ce que tous les gouvernements, contrairement à l’Allemagne, ont échoué depuis 35 ans face au chômage, à l’endettement, aux déficits, à l’insécurité, à la crise de l’éducation nationale, à l’immigration (qui s’est traduite par une ghettoïsation comme vient de le reconnaître le Premier ministre)? Quelles mesures faut-il prendre pour transformer les institutions, les rendre plus efficaces, renouer avec la notion de gouvernement, renouveler la vie politique, la représentation nationale, combler le fossé effroyable qui s’est creusé entre le peuple et ses leaders politique? Un gouvernement d’union n’est pas souhaitable car de nature à favoriser une nouvelle poussée des extrêmes (gauche et droite). Mais la création d’une commission permanente trans-partisane, de réflexion sur l’avenir de la politique française: voilà qui donnerait sens à l’idée d’union nationale. Or, c’est impossible. Les politiques se refuseront toujours à ouvrir la boite de pandore d’une réflexion pouvant conduire à la remise en cause de leurs rentes personnelles.  Le sectarisme, les polémiques, les belles formules de circonstance, les coups médiatiques, voilà qui est tellement plus facile et rentable, en terme d’intérêts politiciens, que la réflexion de fond au service du bien commun.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Réflexions sur la République

imagesJ’ai dû, pour des raisons techniques, retirer le belle image du Général de Gaulle, effaçant involontairement les commentaires qu’elle avait suscités. Je prie les auteurs de bien vouloir m’en excuser. Le mot République ou républicain n’a jamais été autant prononcé qu’aujourd’hui. Et pourtant, j’essaye de montrer dans la tribune ci-dessous que la République, même si les Français lui sont profondément attachés, est bien malade et qu’elle n’a plus grand rapport avec l’idéal républicain de ses pères fondateurs.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/01/22/31001-20150122ARTFIG00268-ce-que-signifie-vraiment-la-republique.php

Maxime TANDONNET

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Une République à la dérive

imagesUn titre du Monde d’avant-hier, le 19 janvier, m’a interloqué. Il reprenait une déclaration du président de la République, M. François Hollande, a propos de la suite des attentats qui ont ensanglanté la France: « Le pays a changé, le regard qu’il porte sur ma présidence aussi. » Ainsi, 17 personnes ont été massacrées sur le territoire de la République qui vient de connaître l’une de ses pires tragédies depuis la fin de la guerre d’Algérie en 1962. Et le chef de l’Etat pense « au regard » que le pays porte sur sa présidence. Ces paroles sont hurlantes de vérité. Nous vivons dans un environnement politique dans lequel les boursouflures de l’ego, de la vanité, de la prétention, ont écrasé tout sens du bien commun et de l’intérêt général. Un président – lui ou un autre – pense à son image, même dans le chaos et le désastre d’une société française au bout de ses déchirements. Il aspire avant tout à être aimé, reconnu, si possible admiré et envié dans la perspective d’une réélection.  Le système présidentiel, cet avatar de la Vème République, ressemble de plus en plus à une sous-monarchie, une monarchie dégénérée de roitelets vaniteux qui s’ébattent  en vue de  la conquête du trône. Ils vivent dans un univers de coups médiatiques, de petites phrases, de postures, totalement isolés du monde, de la vie réelle, de la France silencieuse, guidés par leur instinct du « moi-je »,  une obsession qui les pousse aux confins de la raison et de l’absurde.  Le mal est pire que ce que j’ai longtemps imaginé. Il n’est pas seulement dans les institutions d’une Vème République travestie, dévoyée, trahie, qui tendent à sublimer le narcissisme de personnages d’une rare médiocrité humaine et intellectuelle. Il est surtout dans la mentalité de la caste politicienne (de l’extrême droite à l’extrême gauche), recrutée de cooptation en cooptation, à travers des réseaux familiaux, claniques, mafieux, rongée par la consanguinité. Il n’existe qu’une issue possible: faire remonter de la France « d’en bas », la majorité silencieuse, du monde de l’entreprise, de la vie sociale, du service de l’intérêt général, comme un grand courant marin venu des eaux profondes, de nouveaux dirigeants, de nouveaux responsables, de nouvelles équipes, déterminés à consacrer quelques années de leur vie au bien commun avant de retourner à l’anonymat. Je ne sais pas si c’est possible, et encore moins comment faire…

Maxime TANDONNET

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Sondage morbide

sans-titreLe président Hollande a gagné 21 points de popularité dans les sondages à la suite des attentats terroristes de la semaine dernière. Hier, l’information a « tourné en boucle » comme on dit, sur toutes les chaînes. J’entends ce matin sur Europe 1, (ou RTL, je ne sais plus): « Nouvelle popularité », « inversion de la courbe », « quinquennat relancé« , « remontée historique, sans précédent ». Les questions fusent dans mon pauvre cerveau encore embrouillé par le sommeil: comment, comment peut-on s’enthousiasmer de la remontée d’une cote de popularité à la suite de la mort de 17 hommes, dont trois jeunes gens à l’aube de leur vie (c’est ce qui personnellement me fait le plus mal), tués parce qu’ils étaient juifs? Comment cela est-il possible? A quel niveau de cynisme, de chaos moral et d’inconscience, notre société médiatique est-elle tombée pour pouvoir ainsi jubiler – car le ton, depuis hier, est bel et bien à la jubilation – , dix jours seulement à la suite d’une pareille tragédie?  Quel sens cela a-t-il? Comment expliquer le phénomène : réaction légitimiste ou succès d’une communication? Pourquoi l’effet inverse s’était-il produit dans les circonstances aussi atroces de l’affaire Mehra en 2012 (trois enfants tués à bout portant dans une école juive)? Comment la classe politique, dans sa globalité, obsédée par les postures et l’impact électoral de ces événements abominables, peut-elle se comporter de manière aussi médiocre? Face à de tels drames, quelle est la responsabilité réelle, opérationnelle, concrète des dirigeants? En quoi ont-ils mérité ou failli? Les vraies questions seront-elles un jour posées: celle d’une décomposition du corps social qui débouche sur  la terreur et l’impuissance politique, c’est-à-dire, le pire que l’on puisse imaginer pour un peuple, une nation? Comment l’opinion peut-elle se montrer si versatile, si fébrile, si manipulable? Toute velléité critique est noyée dans une sorte de consensus artificiel, médiatique, créé de toute pièce. La communication écrase la politique, au sens noble du terme –  le gouvernement de la cité – et la réduit à néant. Plus personne ne songe à gouverner – choisir –  ni aujourd’hui ni demain, mais à paraître, jouer son rôle dans la grande comédie du pouvoir. La France officielle, visible, télévisée, ou radiodiffusée,  la France dite « d’en haut », qui n’est pas toute la France heureusement, se comporte de manière qui, (je le trouve personnellement), n’est pas tout à fait digne d’une République du XXIème siècle ni d’une grande démocratie, encore moins du pays qui s’est jadis voulu la lumière du monde.

Maxime TANDONNET

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La face cachée de la planète

imagesIl est des phénomènes, des réalités cachées, négligées, occultées qui expliquent en partie, ou au moins contribuent fortement à l’explosion de violence et au chaos du monde tel que nous le vivons aujourd’hui. Un rapport, dont rendent compte les Echos, souligne ainsi que 80 personnes dans le monde détiennent plus de richesse que 3,5 milliards d’hommes, et 1% cumule un patrimoine supérieur à 99% de l’humanité.

http://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/0204090390064-richesses-80-personnes-detiennent-autant-que-35-milliards-dindividus-1084559.php

L’aggravation vertigineuse des inégalités, sensible d’année en année, est la face dissimulée de la misère, du désœuvrement, des grands mouvements de populations, terreau de l’ivresse fanatique, de la rage des foules, du terrorisme, des guerres ethniques et religieuses qui ravagent une partie du globe et frappent directement l’Europe. La question de la gouvernance mondiale, est passée sous silence, considérée comme une vieille utopie. Pourtant, l’humanité forme un tout globalisé que plus personne ne peut nier, les frontières ont largement perdu leur sens du fait d’Internet et des communications de masse. Ne pas en tenir compte, fermer les yeux sur ce fait majeur, ne pas tenter d’organiser la planète, abandonner celle-ci au chaos, serait tout simplement suicidaire pour l’espèce humaine.

Maxime TANDONNET

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L’ère glaciaire

imagesBon, je suis comme tout le monde. Depuis une dizaine de jours, je cherche une trace, une petite lueur d’espérance. Ce qui me frappe, c’est ce climat étrange, où se mélangent pêle-mêle,

*triomphe mimétique (les queues devant les kiosques, pour 7 millions d’exemplaires de Charlie),

*jubilation étrange, euphorie presque malsaine dans le contexte du deuil (le « jour de gloire », « l’union nationale »),

*manipulation extrême (l’apothéose du gouvernement),

*chape de plomb (sur les responsabilités directes, les failles, les ratés),

*indifférence totale à l’égard de l’extérieur (les massacres du Pakistan et du Niger, les exactions, églises incendiées, familles exterminées),

*puérilité absurde (comparaisons avec la Libération et 1918),

*conservatisme intégral (rejet viscéral de toute remise en cause et phobie d’un éventuel « Patriot Act« ).

* aveuglement, déni du réel (tout va bien dans notre société radieuse et rien ne doit être mis en question).

J’écoute la radio, lis les blogs des grands sages (Juppé, Chevènement, etc.), entends Rocard, Barnier, Bianco, etc. Je retrouve partout, sur toutes les ondes dominantes, sur tous les écrits, exactement, strictement la même chose, au mot près: ne surtout toucher à rien: politique de sécurité, frontières, immigration, intégration, religion…

Rien ne me fait plus horreur que le fayotage et la flagornerie. Pourtant, aujourd’hui, je dois admettre, en dehors de tout a priori,  que mon ancien patron, Sarkozy, est le seul parmi les ténors de la politique française à dire quelque chose de sensé: « Il nous faut regarder la réalité en face. Comment en est-on arrivé à ce que (…) l’on tue des citoyens pour une caricature? Comment en est-on arrivé à ce que (…) l’on assassine des citoyens parce qu’ils sont juifs? Comment de jeunes Français en sont-ils arrivés à prendre les armes contre d’autres Français au nom d’un islamisme radical totalement étranger à notre culture (…) Il ne faut pas laisser la pensée unique imposer sa chape de plomb sur des débats que le pays va devoir affronter« .

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ump/sarkozy-l-horreur-des-attaques-doit-conduire-le-pays-a-regarder-la-verite-en-face_1641777.html#x69Rq0U28ZIWmKi0.99

Il a raison d’exiger un débat. Mais c’est lui qu’on veut faire taire en ce moment, à travers des images et polémiques misérables, comme celle de la photo de la marche sur laquelle il se serait soi-disant incrusté. Et pour l’instant, il faut bien dire que la manipulation triomphe, au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer, dans un climat grégaire, fataliste, apathique, résigné, comme rarement nous ne l’avons ressenti. Que foutent les Français? Qu’attendent-ils pour ouvrir les yeux? Qu’est devenu le pays de Montaigne et de Descartes?

Maxime TANDONNET

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La fuite en arrière

sans-titreDans la tragédie épouvantable de cette semaine, les comparaisons historiques n’ont pas manqué dans la presse, les médias, le discours politique. Tout d’abord, le rassemblement de dimanche a été largement comparé au Paris en liesse de la Libération, le 25 août 1944. Puis, le discours de M. Valls à l’Assemblée, suivi d’une Marseillaise entonnée par les députés, au discours de Clemenceau le 11 novembre 1918 devant la Chambre. Or, l’échelle des événements n’est pas comparable. Le 25 août 1944 et l’arrivée du général de Gaulle marque la fin d’une occupation de 4 années dans le contexte d’une guerre qui aura fait 350 000 morts côté français, 50 millions au total. Le 11 novembre 1918, la Victoire, célèbre l’achèvement d’un autre abominable conflit qui aura entraîné la mort d’1,5 millions de jeunes français et autant de mutilés à vie, dans la souffrance atroce de la guerre des tranchées. Les événements actuels n’ont pas le moindre espèce de rapport, même le plus lointain. Non, je suis désolé de le dire, M. Valls, malgré tout le respect que nous lui devons comme Premier ministre, ce n’est pas Clemenceau. 1944, 1918 célébraient des victoires militaires, à l’échelle de dizaines de millions de tués et de souffrances apocalyptiques des peuples. Aujourd’hui, quelle victoire célébrons-nous ? A propos du 11 novembre 1918, sincèrement, j’ai cru d’abord à une plaisanterie. Mais non. C’était du sérieux… Alors, pourquoi cette fuite en arrière dans le grand cinéma historique de la « France d’en haut » ? La paresse, la lâcheté expliquent beaucoup. La fuite en arrière évite d’avoir à se poser les questions terribles que soulèvent les tragédies de ces derniers jours, sur l’état de décomposition de notre société, sur ses ambiguïtés au sujet de la liberté d’expression, revendiquée comme absolue et toute relative en même temps, sur le contexte international, ce mélange explosif du réel, démographique, économique, et de l’ivresse des passions. Les images de ces foules pakistanaises et nigérianes s’en prenant à des symboles de la France et à des minorités chrétiennes portent en elles la vision insoutenable de l’avenir de notre planète. Quelle réponse y apporter, en termes réalistes, intelligents, politiques? Qu’allons nous faire de notre société française, aujourd’hui à la confluence de deux courants dominants – « l’interdit d’interdire » de mai 68 et le communautarisme – qui ne font pas bon ménage, une société déboussolée, privée de repères. Comment restaurer la capacité et le courage de gouverner, de décider, de choisir, autrement que dans l’imaginaire et la communication ? Voilà. C’est tellement plus facile de rejouer le 11 novembre 1918. J’ajoute que le silence et le conformisme de l’opposition, incapable de formuler une idée cohérente, à deux ans d’une possible alternance, est particulièrement affligeant et préoccupant.

Maxime TANDONNET

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Les étrangetés de l’air du temps

sans-titreUne semaine après les attentats terroristes qui ont ensanglanté Paris, l’air du temps a quelque chose d’étrange, d’extrêmement lourd, chargé d’incongruités. « Et vous, êtes-vous Charlie? » devient la question rituelle de tous les interviews, radio, presse, télévision. Ne pas être Charlie revient à se singulariser, ringardiser, se placer à contre-courant, endosser une image douteuse.  Nous assistons à un curieux basculement, qui voit le chantre de l’anticonformisme et de la contestation par l’humour devenir un label de convenance. Ses créateurs auraient-ils apprécié? Qui peut le dire? Hier matin dans le bus qui m’emmenait à mon travail, j’entendais cette histoire d’un homme d’une trentaine d’années, ayant fait la queue devant le kiosque à journaux dès 5 heures du matin, pour acheter un stock d’exemplaires et les revendre plusieurs fois leur prix au marché noir. La « récup », c’est maintenant… Et puis, en vertu de l’union sacrée, un silence pesant écrase le pays. Pour qui se souvient des suites de l’affaire Mehra en mars 2012, l’absence aujourd’hui de toute polémique, de toute discussion, voire velléité de questionnement sur les failles éventuelles de la puissance publique dans ce bain de sang, a quelque chose de sidérant. Souvenons nous de la mise en cause violente du président de l’époque, de son ministre de l’Intérieur, des services de renseignement. Le silence aujourd’hui, l’Omerta qui règne est invraisemblable. On sait que les médias sont largement acquis au pouvoir actuel, à 80%. Oui, mais là, c’est grave car ce genre de questions fait partie de la démocratie. L’union nationale, même sous la Grande Guerre de 1914-1918, n’a jamais interdit de légitimes interrogations sur la conduite des opérations, qui s’exprimaient alors à la Chambre. Mais il y a plus grave. Certes ce drame a  profondément traumatisé la France. Mais il ne donne pas lieu, sauf exception, au débat de société qui devrait s’imposer. Il soulève à mes yeux des questions fondamentales de civilisation sur l’échec du monde occidental face à l’islamisme radical, le séisme planétaire que représente l’instauration de l’Etat islamique d’Irak (daesh) et l’impuissance du monde occidental, le désastre engendré dans les sociétés européennes par le modèle communautariste et le repli identitaire, l’effroyable chaos des « cités de non droit », largement occulté et ignoré par « la France d’en haut », la fragmentation de la société française qui remonte à des décennies et ne fait que s’aggraver, sa violence, verbale, physique, le déclin de l’autorité, au sens noble du terme, et de la solidarité nationale – le lien de fraternité. Le silence qui pèse sur ces sujets fondamentaux, tenant à la conception même du monde, de la société et de son Etat, ses orientations et son devenir, ne fait qu’aggraver la tension perceptible en ce moment, le désarroi général et le sentiment de fatalisme.

Maxime TANDONNET

NB: je remercie par avance les auteurs de commentaires,  et je demande à certains de bien vouloir comprendre qu’un modeste blog d’échanges et de réflexion partagée comme celui-ci, n’a pas vocation à héberger des propos partisans ou de propagande en faveur de personnalités ou de partis, et encore moins des déclarations fustigeant des personnes, des groupes de personnes. Des mots déplacés ou scandaleux auraient pour effet immédiat de m’obliger à mettre fin à ce blog dont je suis personnellement responsable du contenu. Or, il est ma créature de quatre années, reçoit désormais 1000 à 2000 visites chaque jour;  j’y tiens beaucoup, et je le protègerai jusqu’au bout en empêchant ce genre de dérapages. C’est ainsi. La « toile » est vaste et il existe de multiples blogs ou sites se prêtant mieux au défoulement des passions. Sincèrement, merci de votre compréhension.

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De l’émotion au réel

707430-le-premier-ministre-manuel-valls-prononce-un-discours-a-l-assemblee-nationale-le-13-janvier-2015Le Premier ministre a été ovationné ce soir à l’Assemblée nationale, pour un impressionnant discours où il a parlé le langage de la vérité, parlant de « guerre contre l’islamisme radical » et commencé à annoncer des mesures concrètes pour lutter contre le terrorisme. J’ai toujours pensé, à l’expérience, qu’un retour de la politique au sens noble du terme,  passerait plutôt par un Premier ministre face au Parlement que par une institution présidentielle figée dans le discrédit et qui n’a strictement plus rien à voir avec la fonction de chef de l’Etat souverain telle que la concevait le Général. Pour autant  je ne sais pas si la conscience de la profondeur de la crise que subit la France est réellement au rendez-vous. La nation est au fond de l’abîme pour des raisons multiples qui tiennent à la crise de l’autorité, à la décomposition, la fragmentation de la société, le déni de l’intérêt général, l’impuissance de l’Etat, le repli individualiste. Il ne suffit pas de chanter la Marseillaise et de brandir des drapeaux tricolores. Je crois que tout est lié. L’ouvrage « Merci pour ce moment », l’explosion incontrôlable du chômage, la violence des cités, la montée du terrorisme, l’extraordinaire poussée de l’abstention et du vote protestataire, la corruption, la crise scolaire. Cela s’appelle « l’anomie » quand plus rien ne vaut, plus rien ne compte. Les valeurs d’unité, d’autorité de l’Etat, de communauté nationale, de citoyenneté, de République, de respect d’autrui, de vérité, de politique, de destin commun ont volé en éclats. Je me réjouis du discours de M. Valls qui représente  une bouffée d’air pur dans ce contexte dramatique. Je pense qu’il faut infiniment plus, repenser totalement les bases du pacte républicain, les institutions, la justice, l’autorité de l’Etat, la maîtrise des frontières, la fermeté dans la sanction de toute forme de violence, depuis l’insulte au policier, le professeur qu’on bouscule… Il faut que l’émotion accouche d’une profonde révolution des mentalités et de la volonté politique. La moindre lueur d’espoir est bonne à prendre. Espérons que ce n’est qu’un début, je voudrais y croire, reprendre un peu confiance, même si je n’y crois qu’à moitié. L’avenir nous le dira bien vite.

Maxime TANDONNET

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Pas de quoi être fiers

6fdf93c9207f163e72e63447050e4« Aujourd’hui, Paris était la capitale du monde » a déclaré le président Hollande. Toute la classe politique, sans exception, ni la moindre note discordante, était dans la rue en cette belle journée d’hiver. Les grands de ce monde jouaient du coude pour être sur la photo. Quatre millions de Français ont participé au mouvement. » Le monde médiatique jubilait, les commentaires, entendus ici et là, sublimaient l’évènement: union nationale, grand moment historique, peuple rassemblé, mobilisation sans précédent, fierté nationale, France debout, redressée, digne de ses plus grandes heures de gloire, formidable, etc… Et je n’invente rien. Pas une note discordante, ni à la radio, ni à la télévision ou dans la presse. Les comparaisons abondaient, notamment avec la Libération. Je respecte profondément les citoyens qui se sont rassemblés un peu partout, comprends leur volonté d’être ensemble et de faire un geste. Pour autant, je suis bien loin de partager l’euphorie politique et médiatique. L’enthousiasme officiel, consensuel, en de telles circonstances me paraît déplacé. Une amie de confession juive a dit ce matin à ma femme: « Je n’irai pas car la France est la seule démocratie au monde où on tue des juifs ».  Ce soir, habitant près du cours de Vincennes, je ne pense qu’à une chose, à ces jeunes juifs de vingt ans que l’Etat, parYohav HATTAB, 23 ans ses renoncements, de décennie en décennie, n’a pas su protéger. Appelons un chat un chat: l’Etat a échoué dans sa mission de protéger la vie de jeunes Français.  Personne n’a de raison d’être fier. Ils seront enterrés en Israël je crois. Je trouve que leurs familles ont bien raison. La France n’a pas su les protéger, n’a pas sauvé leurs vies. Je suis profondément malheureux pour eux parce qu’ils avaient vingt ans et partage, du fond du cœur l’immense chagrin de leurs proches, parce qu’ils étaient jeunes, parce qu’ils avaient vingt ans, et voudrais pouvoir le dire à leurs parents.  Et franchement, moi, en ce dimanche, 11 janvier, unanimement présenté comme un jour de gloire nationale qui restera dans l’histoire, franchement,  je suis bien loin, bien loin, bien loin d’être fier de mon pays. http://www.lejdd.fr/Societe/Qui-etaient-les-quatre-juifs-tues-a-la-porte-de-Vincennes-711684

Maxime TANDONNET

 

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La dernière lueur

imagesCi-dessous mes deux contributions du week-end à Figaro Vox et Atlantico. Dans la tornade, j’essaye à mon modeste niveau de défendre la petite voix faiblarde de la raison. A la grosse Berta du politiquement correct qui dit « pas d’amalgame », cela n’a rien à voir avec les dérapages de nos sociétés, le déclin de la nation, l’abolition des frontières, la montée du communautarisme et du repli identitaire, l’effondrement de l’autorité, le chaos mental, donc il n’y a rien à voir, rien à changer, continuons comme si de rien était,  je réponds, vous êtes coupables, soit d’aveuglement soit de trahison. Et face au rouleau compresseur de la haine, qui tend à confondre le terrorisme islamiste et l’ensemble des musulmans de France, je songe aux musulmans qui sont morts au côté de mon arrière-grand père à Verdun, à mes étudiantes musulmanes effarées, effondrées qui sont venues me voir vendredi à la fin de mon cours, à tous ces collègues et amis intimes musulmans ou d’origine, de culture musulmane, qui aiment la France autant que moi et eux aussi, désespèrent en ce moment. Quant aux politiciens, (de l’extrême droite à l’extrême gauche), qui tentent chacun à sa manière, de récupérer médiatiquement, dans un intérêt personnel ou partisan, le malheur national, je dis attention: il paraît que tout se paye un jour ou l’autre. Ma vraie question, dans cette tempête hystérique, la voix de la raison garde-t-elle une chance, même infime?

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/01/09/31001-20150109ARTFIG00325-petite-histoire-de-l-unite-nationale.php

http://www.atlantico.fr/decryptage/marche-republicaine-ces-deux-conditions-incontournables-pour-esperer-reconstruire-veritable-unite-nationale-1948788.html

Maxime TANDONNET

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Excusez-moi!

imagesEQQAFZJ6Excusez moi, je ne comprends plus rien à rien. Et c’est peut-être moi l’imbécile, je suis prêt à l’admettre, bien volontiers. J’aimerais, je voudrais être l’idiot dans cette affaire.

Je ne comprends pas comment l’extrême droite peut avoir un comportement aussi indécent, avec le père qui appelle à voter pour sa fille, à la faveur d’une  épouvantable tragédie.

Je ne comprends pas autre chose. Quatre otages ont trouvé la mort dans un magasin kasher. Or, sur tous les médias que j’écoute depuis 18 heures 30, les multiples prises de parole publiques, je n’ai pas entendu une seule fois prononcer le mot antisémite, même à la forme interrogative. Serais-je sourd, en plus d’être idiot? Quatre personnes dans un magasin kasher qui sont tuées lors d’une prise d’otage. N’est-ce pas aussi atroce, aussi abject et insupportable que l’attentat de Charlie hebdo? Et pourtant, grande indifférence ce soir, quant aux victimes, après l’intense mobilisation nationale – bien sûr justifiée – sur le massacre d’avant-hier. Quel deuil national, quels drapeaux en berne pour elles?

Excusez-moi, je ne comprends pas non plus à quoi va servir cette immense manifestation de dimanche. On nous dit, en gros, qu’un bon français patriote doit y participer. D’accord. Mais il faudrait m’expliquer pourquoi, dans quel but, quelle stratégie? Puisque je suis bête et borné. Mobiliser des milliers de policiers et de gendarmes qui ne seront pas ailleurs? Prendre le risque d’attentat dans la foule (pas contre les nombreux chefs d’Etat et de gouvernement présents, sous haute protection)? Montrer aux commanditaires des massacres de ces jours-ci que  leurs actes sanguinaires ont soulevé une profonde horreur dans le monde entier? Mais ne le savent-ils pas et n’est-ce pas ce qu’ils cherchaient? Alors quoi d’autre? Concrètement, en quoi cela peut-il faire reculer les terroristes? Vont-ils prendre peur au vu de l’émotion d’un million de personnes qui descendent dans la rue et renoncer à tuer ?  Je ne demande qu’à le croire, je ne demande qu’à comprendre…

Je ne comprends pas non plus l’empressement de l’ump à se prêter à la manœuvre. L’unité nationale? Mais n’est-elle pas déjà faite, profonde, inébranlable, l’unité de la majorité silencieuse, dans l’aversion envers un milieu qui ne cesse de se moquer du monde?

Maxime TANDONNET

 

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Des heures sombres

imagesDJPTK915Le fond de ma pensée est chargé de malaise. Nous serions face à un moment d’unité nationale, de rassemblement sacré autour du massacre de Charlie hebdo. Mais comment ne pas le dire, les questions fourmillent dans mon esprit sur l’après attentat. Qu’il y a-t-il derrière la façade? En quoi les partis politiques sont ils habilités à organiser une manifestation dimanche? Charlie Hebdo ne les a pas épargnés dans ses caricatures, y compris le PS et son leader… Au nom de quoi, de qui? Quelle légitimité? La polémique qui s’est développée depuis hier autour de la participation de telle ou telle formation est lamentable. Face à un tel drame, ce sont des personnes qui manifestent en leur âme et conscience, pas des partis politiques, pas des étiquettes! Qui dit parti dit politisation. Or la politisation est insupportable en pareil contexte. Ils parlent d’union et ils répandent la polémique, la déchirure. Vient à un rassemblement qui le souhaite, personnellement, en son âme et conscience. Le temps n’est pas à la polémique! Et comment peut-on songer à organiser une manifestation alors que les terroristes courent toujours et menacent?  Cette classe politique se mêle de tout, sauf de ses devoirs, et ne respecte rien. Et puis, est-on bien sûr que l’indignation affichée par certains ne recèle pas, au fond, une effroyable et secrète jubilation de politiciens qui par exemple pensent, voire disent ouvertement: « ce sont nos idées qui triomphent et nous allons encore monter, gagner des voix »?  Est-on bien sûr, de même, qu’au-delà des gestes et des postures – autour du thème de l’union nationale par exemple – ne se trouve pas en filigrane, à gauche comme à droite, quelque arrière-pensée intéressée, même bien enfouie? Où est le mot RESPONSABILITE? Je ne l’ai pas vu ni entendu une seule fois depuis hier, j’entends responsabilités sur plusieurs décennies car un tel massacre n’est pas totalement fortuit, fruit de la seule fatalité, il a bien des raisons, des causes directes et indirectes, des explications profondes, pas seulement dans l’Etat d’ailleurs, mais dans la société, l’air du temps, l’idéologie… Ne sommes nous pas en train d’assister à une fuite en avant dans le déni et l’hypocrisie?  Bref, au lendemain de cette abominable tuerie, rien ne se passe correctement. J’en profite  pour remercier sincèrement les intervenants sur mon dernier billet pour la modération de leurs propos et leur refus des amalgames entre l’islamisme radical et les musulmans de France dans leur ensemble. Et aussi Jeannette Bougrab, dont l’intervention avait l’accent le plus juste et le plus sincère de tout ce que j’ai entendu jusqu’à présent.

http://video.lefigaro.fr/figaro/video/jeannette-bougrab-mon-compagnon-est-mort-assassine-parce-qu-il-dessinait-dans-un-journal/3978113424001/

Maxime TANDONNET

 

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La terreur à Paris

4426523_dumontierAprès l’attentat terroriste qui vient de faire 12 morts à paris, dont plusieurs dessinateurs de Charlie Hebdo et deux policiers, que peut-on se permettre de dire de plus sur un site sans prétention comme celui-ci? Nous nous attendions  à ce que le terrorisme frappe un jour ou l’autre la France dans sa chair. Il n’empêche. L’événement qui vient de se produire nous laisse transis d’horreur.  Nous partageons bien entendu l’immense émotion pour les victimes et leur famille. Personnellement, je connaissais Bernard Maris présenté par un ami commun avec sa femme, Sylvie Genevoix en 2010, quand je travaillais à l’Elysée. Nous avions sympathisé à l’occasion d’un déjeuner. Il m’avait sidéré par sa simplicité, son ouverture d’esprit, sa passion de l’histoire puisque le thème de notre rencontre était la commémoration de 1914 autour de l’œuvre de Maurice Genevoix. La disparition d’une personne adorable, dans des conditions aussi atroces, safe_imagem’afflige profondément. L’heure est bien entendu au deuil et à l’émotion mais au-delà, ce sont les réalités qui comptent. La France est en guerre et vient d’être frappée sur son territoire. Ce conflit est d’autant plus effroyable que l’ennemi est masqué, insaisissable, invisible, prêt à frapper partout en se prenant à des victimes désarmées. Les discours et les rassemblements dans la rue en signe de solidarité sont une chose. La vraie question, aujourd’hui porte sur la capacité concrète de la société Française à s’adapter à cette guerre contre le jihadisme, à se mobiliser en profondeur pour la mener à bien, autant sur les fronts extérieurs qu’intérieurs et à s’en donner les moyens comme l’ont fait les Américains après les attentats du 11 septembre pour protéger leur territoire.

Maxime TANDONNET

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Et le débat d’idées?

imagesQue la France passe de la 5ème à la 6ème place du classement des puissances mondiales est gênant sur le plan symbolique, mais ne me semble pas dramatique en soi. Avec une volonté politique, un recul peut se rattraper l’année suivante. Non, ce qui est plus préoccupant, c’est justement le vide politique, le déclin de la volonté, la disparition de la créativité et de l’imagination. Ainsi, M. Alain Juppé est donné favori de la prochaine présidentielle et faisait cette semaine la une du Point. Pourquoi pas? Il incarne une forme de sagesse, de consensus et de modération dont le pays aura besoin après des années de rage sectaire. Son âge n’a  rien d’un obstacle s’il a l’intelligence de s’appuyer pour gouverner sur un Premier ministre dynamique et actif, comme le veulent les institutions. Cependant, en ce début d’année, j’ai cherché sur son blog, non pas un programme – ce serait sans doute prématuré – mais quelques orientations politiques, une philosophie, un état d’esprit, une ligne directrice. Or, je n’ai trouvé que de vagues considérations sur la croissance, une belle dissertation, mais sans la moindre esquisse d’une volonté politique: http://www.al1jup.com/nouvelle-croissance/ Est-ce là tout ce que l’un des favoris de l’élection présidentielle, à l’aube de 2015, a à dire aux Français, frappés par le chômage de masse, l’exclusion, la crise identitaire, le déclin économique, le recul de la démocratie, l’angoisse face à la violence, interne et externe? me suis-je demandé, sincèrement déçu. Entre le vide sidéral et la démagogie haineuse et braillarde – une autre forme de néant -, la classe politique n’a-t-elle plus rien à dire? Monsieur Alain Juppé a raison de rejeter les idéologies, mais en revanche, il a tort de tourner le dos au débat d’idées. Son image et sa stature internationale rassurent, certes, mais jusqu’à quand cela peut-il suffire? La politique peut-elle se recroqueviller longtemps derrière l’image et se dispenser d’un message? Ne vaut-elle plus – de manière générale – que pour la conquête ou la préservation des fromages de la République et les satisfactions d’ego? Comment une personnalité de l’expérience de M. Alain Juppé ne sent-elle pas ce décalage entre le malaise de l’opinion et le discours politique, son propre discours? Voilà ce qui m’intrigue. Et m’inquiète beaucoup…

Maxime TANDONNET

 

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je, je, je…

images[3]« Nous verrons à la fin si j’ai pris le bon chemin » a déclaré le président Hollande ce matin sur France Inter. Qu’est-ce que cela signifie? Que le sort d’une Nation réside dans le seul cerveau d’un homme? Le nombre de « je » dans son intervention est proprement hallucinant.

http://www.lejdd.fr/Politique/Francois-Hollande-Nous-verrons-a-la-fin-si-j-ai-pris-le-bon-chemin-710548

Il faut y voir le paroxysme de la déliquescence de notre vie politique, de notre démocratie. L’illusion est totale: un personnage, avec titre de chef de l’Etat, parle de phrase en phrase, comme s’il détenait entre ses seules mains les clés de l’avenir de tout un peuple. Or, les choses sont loin de se passer ainsi. Le pays évolue sous l’impact d’une multitude de paramètres, les influences internationales, européennes, financières, les décisions du secteur privé, des administrations, des juridictions, de la société civile, l’air du temps, la presse et les médias, etc. Et puis autour du président, il y a une équipe, un gouvernement, une majorité, un Parlement, voire même un peuple qui l’a élu… Le « je » est dérisoire, presque pitoyable. Son exubérance est le symptôme de l’impuissance. Même les dictateurs n’utilisent pas ainsi le « je » au détour de chaque phrase ne rabâchent pas « je » toutes les dix secondes. Cette manière de s’exprimer illustre l’hallucinante tromperie de la vie politique française autour de sa dérive présidentialiste. Faire croire que le destin collectif dépend d’un seul homme: c’est faire insulte à notre intelligence. Personnalisation du pouvoir? Non, personnalisation de l’impuissance, dans un régime d’un nouveau genre, qui sublime la vanité, pousse à la mégalomanie, mais n’a plus grand chose à voir, ni avec la République ni avec la Monarchie.

Maxime TANDONNET

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L’avenir de l’euro?

sans-titreLe monde entre sans doute de nouveau en turbulence avec la chute  de l’euro à 1,20 dollar, l’effondrement des cours du pétrole et des bourses mondiales, la sortie possible de la Grèce de la zone euro, la déflation allemande. Les propos de l’Allemagne sur la Grèce sont certes détestables – donnant le sentiment d’une tentation hégémonique – mais aussi inévitables compte tenu du grand écart européen entre une monnaie unique et des situations économiques divergentes.

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20150105trib3eb44346c/europe-l-implosion-qui-vient.html

En France, les deux discours dominants sur l’euro sont aussi mensongers l’un que l’autre. Le premier, celui de l’apocalypse, effectue un lien vital entre la paix en Europe et la monnaie unique: sa disparition entraînerait l’explosion de l’Europe et le retour des passions nationalistes, voire la guerre. Ce raisonnement, source de toutes les lâchetés et les rigidités, est faux et absurde, car l’Europe – l’amitié entre ses peuples –  repose sur des fondements infiniment plus profonds – historiques, culturels – que ceux tenant à l’existence d’une monnaie qui n’est qu’un outil d’échange.  Le second, celui du bouc émissaire, démagogique, extrémiste, attribue tous les maux économiques de la France à l’euro (le chômage, la déflation, le déclin industriel). Il est tout aussi indéfendable et dangereux car les records de prélèvements obligatoires (47%), les hausses vertigineuses d’impôts, les rigidités qui empêchent les entreprises de recruter, les 35 heures, les déficits publics, gigantesques, ne sont pas dus à l’euro, ni à l’Europe, mais bel et bien à des gestions nationales calamiteuses. S’il y avait un homme public responsable dans ce pays, il prendrait la parole pour affirmer deux choses: 1/ le redressement  de l’économie  Française passe par des réformes radicales de l’économie et de la société, pour réduire les déficits vertigineux, les rigidités monstrueuses, le racket fiscal et social qui pèsent l’entreprise, et avant tout revaloriser le travail. 2/ Si la zone euro explose, ce ne sera pas la fin de l’Europe, ni la guerre, mais une crise extrêmement violente qu’il faut être prêt à affronter avec des solutions de rechange.

Maxime TANDONNET

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La minable polémique

TartuffeLa polémique du week-end n’a échappé à personne: des photos publiées sur les réseaux sociaux montrant des jeunes militants ump et fn réveillonnant ensemble. La découverte a provoqué une gigantesque indignation dans les rangs du ps qui demande aux chefs de l’ump de « condamner ». Quelle hypocrisie, de la part du ps et du monde médiatique qui lui est globalement inféodé et se mobilise depuis tant d’années pour assurer une phénoménale promotion du fn en lui donnant un libre accès aux écrans de télévision afin de déployer sa propagande dans l’objectif avoué de détruire le parti républicain modéré et d’assurer un tête à tête fn-ps garantissant à ce dernier mille ans au pouvoir malgré ses désastres! Quelle hypocrisie, quelle tartufferie! Un réveillon de jeunes militants bcbg, avec leurs flûtes de champagne, leurs yeux pétillants et leurs mines hilares, qui n’ont pas l’air bien doués ni pour le  travail ni pour les études, et qui espèrent briller au firmament en s’incrustant dans la caste politicienne, qu’ils soient ump, fn, ps, fdg, ou autre, personnellement, cela ne m’inspire rien d’autre qu’un vague mépris et beaucoup d’indifférence. Moi, je connais des jeunes qui étaient de permanence le soir du 31 décembre, et qui bossaient pour le pays.

Maxime TANDONNET

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