Vertige

imagesAujourd’hui, ce 2 juillet, nous avons assisté à une mobilisation générale de la France dite d’en haut, politique – de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses – médiatique, intellectuelle. Pour quelle grande cause? Dénoncer le massacre de 160 soldats égyptiens par l’Etat islamique? Ou les destructions sauvages et barbares, aujourd’hui même de l’un des vestiges de l’antiquité à Palmyre? Ou encore la tuerie de 180 personnes commise par Boko Haram au Nigéria? Exprimer une compassion pour les enfants atrocement martyrisés au Sud Soudan? Pour les chrétiens et les yazédis persécutés, les centaines de femmes vendues comme esclaves sexuelles? Lancer un appel en faveur de la paix mondiale dans un contexte de chaos généralisé? Non, nous avons assisté à une levée en masse des élites françaises de tous bords, y compris les extrêmes, dans un grand élan unanimiste, pour sauver une émission de télévision, les Guignols de l’info de Canal+. La France dite d’en haut, dans un monde qui n’est que bruit et fureur, se dresse comme un seul homme, un dénommé Narcisse, en faveur de son reflet grimaçant. Personnellement, je le dis sans ambages, je n’apprécie pas particulièrement cette émission qui ne me fait pas rire. L’humour méchant, d’où qu’il vienne, où qu’il frappe, ne m’amuse jamais. Je me souviens des ministres du gouvernement Fillon, entre 2008 et 2012, caricaturés tous les soirs, tous les soirs, en uniforme nazi, portant des brassards avec la croix gammée. Tellement facile, les insultes aussi ignobles à l’abri d’une marionnette… C’est mon droit, je crois, de ne pas rire de ce que je ne trouve pas drôle… Des émissions de télévision, supposées rigolotes ou sérieuses, il en naît et il en meurt tous les jours selon un cycle qui correspond à l’intérêt du public. Pour quelles raisons celle-ci, depuis un quart de siècle,  se verrait sacralisée, éternisée, érigée en vache sacrée de la France d’en haut? Personnellement, j’aimais le bébête show, plus fin et moins teigneux, et il a bien disparu un jour. J’ai essayé de comprendre cette religiosité autour des Guignols, dans une tribune pour le Figaro Vox. Ce qu’il en ressort n’est pas beau à voir pour les élites françaises notamment politiques et médiatiques: instinct grégaire, lâcheté universelle, terreur du qu’en dira-t-on, conformisme poussé à son paroxysme, obsession de se raccrocher au vent du jour… Tiens, un étrange vertige me gagne, j’ai presque honte (peur) de ma solitude, d’être apparemment la seule voix discordante dans ce prodigieux élan de consensus médiatique. Mais j’ai fait une jolie trouvaille lors d’une lecture récente: « La bêtise humaine actuellement m’écrase si fort que je me fais l’effet d’une mouche ayant sur le dos l’Himalaya. » (La République des ducs, Daniel Halévy, Grasset 1937).

Maxime TANDONNET

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Quand l’Egypte tombera…

téléchargement (3)C’est étrange, on a parfois le sentiment que notre société politico-médiatique vit enfermée dans sa bulle, étrangère aux grands évènements de la planète. L’Egypte fait l’objet d’une offensive sanglante de l’Etat islamique. 120 soldats égyptiens ont été tués dans le Sinaï et ce pays, d’une extrême misère, constitue une poudrière. Ce sont des faits gigantesques, qui devraient faire la une de toute la presse, des radios et de la télévision. C’est un immense pays de 100 millions d’habitants, phare de la civilisation, pendant 3000 ans,  au coeur des équilibres stratégiques de la planète, carrefour de l’Afrique et du Moyen-Orient, voisin d’Israël. Imagine-t-on la chute de l’Egypte: 6 millions de coptes décapités, les pyramides de Chéops, Chephren et Mikerinaus, les temples de Luxor et de karnak dynamités… Puis évidemment, Israël menacé de destruction. Et pourtant, la communauté internationale (au sens large) ivre de son indifférence, de sa lâcheté, de son aveuglement, semble royalement ignorer ce qui se passe là-bas. L’apathie générale est phénoménale. Elle donne à penser que même dans la pire hypothèse, nul ne bougerait le petit doigt.  Depuis les années 1930 où l’Europe, le monde occidental, avec des oeillères criminelles, a laissé le national-socialisme s’implanter avant de mettre l’Europe et une partie de la planète à feu et à sang, rien n’a changé dans l’obscurantisme global, la tyrannie de la frousse, de la lâcheté et de la bêtise, la politique de l’autruche. Ah, elle est belle à voir, la société humaine…

Maxime TANDONNET

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Un grand Monsieur nous a quittés

images (1)Charles Pasqua, ai-je écrit dans cette tribune pour le Figaro Vox, rédigée cette nuit dans l’urgence, avait toutes les qualités d’un grand dirigeant politique. Sans être un intellectuel, au sens universitaire du terme, il manifestait une forte intuition visionnaire sur les grands sujets du moment, l’Europe, le terrorisme, l’Afrique, la sécurité, le développement, l’indépendance nationale. Il était animé par des convictions patriotiques, une volonté d’action et de mouvement, mais aussi, pour l’avoir rencontré plusieurs fois, un véritable charisme de meneur d’hommes, pétillant d’humour, de gentillesse, de simplicité, de modestie, de courtoisie un peu vieille France. Bref, un grand Monsieur, d’une autre époque, indifférent à son image mais obsédé par l’intérêt national… Je pense que s’il avait été au pouvoir, dans les années 1995-2005, rien ne serait pareil, nous ne vivrions pas l’épouvantable crise identitaire que connaissent la France et l’Europe. C’est sans doute pourquoi il ne pouvait pas accéder au pouvoir, comme tous les grands visionnaires de la politique, Philippe Séguin, JP Chevènement… Les médias et une partie de la presse ironisent sur ses démêlées avec la justice… Je n’ai aucune idée de ce qui est vrai ou pas, et ne m’intéresse ni aux rumeurs ni aux calomnies. Il est triste de voir la vie politique s’éloigner chaque jour un peu plus du modèle politique qu’il offrait, mélange de bon sens populaire, d’autorité naturelle et d’engagement au service d’une cause supérieure à sa personne.

Maxime TANDONNET

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Grèce, pourquoi s’énerver?

téléchargementLe gouvernement grec a annoncé son intention de soumettre à référendum le plan financier de l’eurogroupe et des créanciers. Les dirigeants de Bruxelles, à commencer par le président de la Commission, M. Junker, en sont semble-t-il, ivres de rage.  On a du mal à comprendre la contradiction. L’Union européenne se veut fondée sur la démocratie – le pouvoir du peuple. Comment peut-elle ne pas comprendre que l’avis d’un peuple, en profonde souffrance, le peuple grec, soit sollicité avant qu’il ait à consentir peut-être de nouveaux efforts gigantesques?  Quant à une sortie de la Grèce de l’euro, si les faits, l’économie, les réalités l’imposent, pourquoi et comment s’y opposer? Il ne faut pas se faire d’illusion: sur le long terme, quoi qu’il arrive, le dogme s’efface devant la réalité. Pourquoi des supposés démocrates ont-ils autant peur du peuple? Simplement, il faut que la question posée soit claire et aller jusqu’au bout de la logique: si le plan est refusé par le peuple grec, la Grèce devra sortir de l’euro. Et puis voilà. Soit vous restez, en acceptant les efforts nécessaires, soit vous assumez vos responsabilités et vous sortez. Est-ce aux eurocrates bruxellois de décider, ou bien à ceux qui auront, le cas échéant, à accomplir les sacrifices nécessaires? Pourquoi les peuples n’auraient-ils pas le droit de décider et de prendre leurs responsabilités?  D’autres pays de l’Union ne font pas partie de l’euro, comme la Grande-Bretagne. Est-ce tellement dramatique?  Le discours selon lequel la sortie de l’euro de la Grèce ou de tout autre pays serait une calamité pour l’Europe, voire – oui, oui, cela s’est dit – un facteur de retour de la guerre en Europe, est, au mieux une monstrueuse crétinerie et au pire une scandaleuse imposture.

Maxime TANDONNET

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La transgression de M. Valls

téléchargementLes propos de M. Valls, parlant « de guerre de civilisation » qu’on ne doit pas perdre », ont quelque chose de très nouveau sur le plan du discours. En effet, les termes mêmes de « guerre de civilisation », dans la pensée dominante socialo-médiatique, sont la quintessence de la « réaction ». N’importe quel homme politique de l’autre bord, en prononçant ces paroles eût provoqué une épouvantable polémique de deux semaines, avec appel à la démission, renvoi aux « heures sombres de l’histoire, etc. » On se souvient du tollé déclenché par M. Guéant fin 2011 pour avoir déclaré que « toutes les civilisations ne se valent pas », expression nettement en retrait sur celle de « guerre de civilisations », dont même le parti lepéniste ne veut pas entendre parler, dans sa course à la dédiabolisation… Alors pourquoi une telle trangression? Il faut y voir trois explications possibles:

1)-Le dérapage, l’erreur de communication, commise dans l’élan d’une interview. Difficile à croire: M. Valls est un pur professionnel de la politique, de la communication. Ses mots sont calculés, il n’est pas homme à commettre une bourde de ce genre.

2)-L’opération tactique, de court terme, le calcul classique de nature politicienne comme nous voyons quotidiennement à quoi se résume pour l’essentiel la politique aujourd’hui, de tout bord: une course à la posture, au bon mot, à la provocation destinée à faire parler de soi pour occuper le terrain médiatique. Il faut toujours frapper un peu plus fort pour exister et susciter l’intérêt des radios et télévisions, faire le « buzz », d’où une surenchère verbale permanente (« 5ème colonne », « Nutella », « 32 heures » etc.) Faute de pouvoir ou de vouloir changer les choses, les politiques s’engagent dans une spirale de polémiques destinée à donner le sentiment de l’événement, du mouvement et de l’action tout en attirant l’attention sur eux. Dès lors, il aurait juste cogné un peu plus dur que les autres: rien de bien neuf.

3)-La révolution stratégique, l’anticipation. Dans cette hypothèse, M. Valls aurait bien senti le séisme idéologique en cours dans notre pays, le mouvement profond des idées se manifestant par les cris d’alarme des intellectuels face au danger fondamentaliste. Il aurait compris que la soi-disant « gauche » idéologique, fondée sur la bienpensance, l’accueil bienheureux, la sublimation du communautarisme, la société multiculturelle, sans frontières, l’avenir radieux du « vivre-ensemble », l’esprit du 11 janvier, est en train de voler en éclats. Il anticiperait sur une profonde révolution de la pensée politique et une recomposition politique générale après 2017. Dès lors, M. Valls serait un visionnaire en avance sur son temps.

La seconde hypothèse, par expérience, est celle vers laquelle je pencherais plutôt, tout en espérant me tromper …

Maxime TANDONNET

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« Taisez-vous Sarkozy! »

648x415_attentat-frappe-usine-air-productsDans son grand effondrement, le parti socialiste au sens large ne supporte plus la moindre critique. Après l’acte abominable d’un fanatique dans l’Isère qui a décapité un homme en se revendiquant de l’Etat islamique, M. Sarkozy, qui est le président officiel du principal parti de l’opposition, a soulevé de légitimes questions dans les termes les plus modérés et les plus prudents qui soient et réclamé une vigilance accrue. Mais le parti au pouvoir, par la voix de l’un de ses principaux leaders, le président de l’Assemblée nationale, lui dénie le droit de formuler la moindre critique en vertu du consensus national contre le terrorisme. Un chroniqueur de premier plan en vient même à exiger le silence du leader de l’opposition: « Taisez-vous, M. Sarkozy! » Pourtant le parti socialiste avec ses alliés médiatiques s’était montré d’une violence extrême en 2012 lors de l’affaire Mehra, accusant le président de la République de l’époque de la responsabilité personnelle du drame. Même hargne, même cynisme, même mauvaise foi. Aujourd’hui, ils n’ont plus qu’une idée en tête, à n’importe quel prix (celui du pluralisme, de la liberté d’expression, de la démocratie, et même de leur honneur): garder le pouvoir – ou plutôt ses privilèges – comme ils l’ont pris, par tous les moyens possibles et imaginables. Il suffit de comparer la déclaration du socialiste en 2012 et celle de M. Sarkozy aujourd’hui pour comprendre où se situent le respect des institutions et de la fonction présidentielle, la retenue et la dignité dans le traitement d’un drame épouvantable.

Maxime TANDONNET

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La terreur et l’impuissance

les-djihadistes-ont-pris-le-qg-des-forces-kurde-kobaneL’Etat islamique Daesh frappe partout en même temps: un mort et des blessés dans un attentat en Isère, 30 tués sur une plage tunisienne, 120 civils, femme et enfants massacrés à Kobané dans des conditions d’une horreur indescriptible, sans doute plusieurs victimes au Koweit. Sur le territoire français, des centaines de djihadistes sont susceptibles de commettre des attentats infiniment plus sanglants encore et n’attendent sans doute qu’un ordre. Les dirigeants politiques de tout bord, réagissent par une escalade dans la communication, les coups de menton, les gesticulations indignées, avec en arrière-pensée, l’espoir d’une récupération électorale. Quand vont-ils revenir sur terre et réaliser que jamais la paix mondiale et la sécurité des populations n’auront été à tel point menacées depuis la fin des années 1930? Le phénomène le plus sidérant et le plus dramatique est l’absence de tout leadership. Les Etats-Unis paraissent hors d’état de réagir, comme tétanisés par leur responsabilité dans l’effroyable chaos du Moyen-Orient. L’Europe n’a pas de chef, de personnalité capable d’entraîner une coalition internationale pour relever le défi de la terreur lancé à l’humanité. Les pays de la région susceptibles d’intervenir (Egypte, Jordanie, Iran, Turquie, Arabie) paraissent dépassés par le drame ou embourbés dans leurs ambiguïtés. Nous sommes exactement comme dans les années 1930, l’Europe, le monde, assistent passivement à la montée en puissance d’un épouvantable danger transis de frousse, de complexes, de mauvaise conscience, de lâcheté, dans l’incapacité de bouger le petit doigt.  La chute dans l’abîme va donc se poursuivre, inexorablement, jusqu’à ce que le pire survienne. Il n’existe pas d’autre solution que la constitution d’une coalition internationale, impliquant l’ensemble du monde occidental, la Russie, la Chine, le Japon, les Etats du Moyen Orient, pour faire la guerre. Mais même l’idée de cette initiative paraît inconcevable. En attendant, l’absence d’une aide militaire massive aux Kurdes, aux Irakiens, aux Syriens qui combattent en vain le mal absolu, constitue un véritable crime de lâcheté et d’aveuglement.  Qu’espérer sinon l’avènement, en 2016 aux Etats-Unis, en 2017 en France, sous la pression des événements, d’une génération politique d’une autre envergure. Mais aujourd’hui, rien, pas le moindre signe ne permet de se raccrocher à cet espoir.

Maxime TANDONNET

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Oui, c’est grave!

images (3)Ce matin, dans les médias, le ton est à la banalisation: « tout le monde espionne tout le monde » est le message médiatique du jour. L’espionnage des présidents français par les Etats-Unis est pourtant une chose grave, comme je l’ai écrit hier dans Figaro Vox. Elle fait partie d’une sorte de désordre planétaire croissant. La quête de la transparence généralisée correspond à une forme de tentation totalitaire déguisée dans laquelle bascule la mondialisation. Mais la volonté de puissance et de domination des Etats-Unis, dissimule, je le crains, une profonde paranoïa qui pousse à surveiller ses plus proches alliés historiques. Pas grave? Mais que dirait-on si l’ambassade de France était surprise à espionner les conversations de M. Obama? Un scandale effroyable. Ces méthodes ne sont pas celles d’un pays sûr de lui et de sa puissance, mais au contraire, le signe de la fragilité. L’Amérique est en plein effondrement politique comme le souligne sa débâcle au Moyen-Orient. Les candidats annoncés aux prochaines présidentielles – Mme Clinton et un nouveau Bush – font froid dans le dos. La grande alliée de la France, qui l’a sauvée à deux reprises, qui a si longtemps incarné l’espoir, la liberté, l’avenir, semble basculer dans une médiocrité sans nom.  Pendant ce temps, l’Etat islamique Daesh pourquit ses atrocités dans l’indifférence et la passivité générale sans que personne ne bouge vraiment. Nous ne savons pas où nous allons en France, mais cette incertitude est à l’image d’un monde devenu fou.

Maxime TANDONNET

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Entre les symboles et la réalité

images (3)Jeudi matin dernier, à dix heures, une personnalité politique de premier plan, ancien  ministre,  haut placée auprès du président Sarkozy, m’appelait sur mon téléphone portable. J’étais heureux d’entendre sa voix qui me rappelait tant de souvenirs. Il me félicitait pour mes chroniques qu’il lisait avec attention. Celle sur les quotas d’immigration européens avait été particulièrement utile en haut lieu, me disait-il. En revanche, il n’était pas complètement d’accord sur ce que j’avais écrit concernant le droit du sol,  et souhaitait s’en expliquer. En effet, selon lui, les symboles avaient une importance déterminante en politique, et le droit du sol en était un, décisif. Tout est affaire de sensibilité personnelle. Il me semble, sans prétendre détenir la vérité, que les symboles divisent, passionnent, excitent, mais éloignent de l’efficacité et de la réussite. Je songe, (en pleine lecture des Mémoires du duc de Broglie), au comte de Chambord, en 1873, qui bloque la restauration monarchique en s’accrochant obstinément à son « drapeau blanc » et à l’inverse, deux ans plus tard, les républicains et les Orléanistes qui mettent définitivement en place la République française à travers une Constitution la mentionnant à peine et en éludant toute forme de débat de principe. Derrière l’idée de symbole se profile celle de passion et de séduction. Il me semble que les citoyens ont aujourd’hui davantage besoin de raison, de factuel, de réalité, de concret en un mot. Les futurs dirigeants du pays seront tout simplement ceux qui auront réussi à les convaincre de leur sens des réalités, de leur détermination à agir sur le réel pour le bien commun, sans rêve, ni promesse excessive et sans illusion. Les Français en ont trop vu par le passé…

Maxime TANDONNET

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L’implosion de l’Europe

imagesOn a le droit de dire que la tournure prise par la construction européenne est un grave désastre. Le projet européen est un bel idéal, le rapprochement et l’unité des peuples de l’Europe dans un édifice politique puissant, prospère et capable de protéger ses citoyens. Avoir choisi comme pierre angulaire de ce projet une monnaie unique, l’euro, appliquée à des économies totalement différentes et inégales ne pouvait qu’aboutir à la catastrophe grecque qui n’est probablement qu’un commencement d’une débâcle généralisée. Il est scandaleux de traiter l’Allemagne en bouc émissaire comme le faisait ce matin M. Mélenchon sur Europe 1, dans un climat d’antigermanisme à la mode et injuste.  La bêtise, l’aveuglement, l’irresponsabilité, l’idiotie généralisée nous ont conduit là où nous en sommes.  L’Europe est en voie de désintégration. Ouvrons les yeux! Ses peuples recommencent à se haïr tandis que leurs dirigeants ne sont plus capables de prendre la moindre décision, paralysés, impuissants, anesthésiés, comme le montre la crise en Méditerranée. Quand aura-t-on le courage d’admettre l’évidence? Quand Philippe Séguin a lancé un cri d’alarme en 1992 contre les conséquences de la monnaie unique, annonçant, en grand visionnaire, ce qui allait se passer, l’eurocratie et la classe politique l’ont fusillé. Il faut avoir la lucidité  et l’audace  de dire deux choses: l’avenir de la France, dans un monde dominé par les géants américains, chinois, indien, américain, africain, est quoi qu’il arrive avec et dans l’Europe. « La France seule » est un mythe qui n’a jamais existé ou sinon pour de brèves durées s’achevant en catastrophe (la guerre de 1870). La France est profondément européenne, par la géographie, l’histoire, la civilisation. Cependant, une gigantesque erreur a été commise avec l’euro dans sa conception. Il faut la réparer en permettant à des devises de chaque pays, en cas de divergence, de fluctuer selon leur situation et en rompant avec la logique ultrabureaucratique en vigueur. En même temps, bâtir une politique européenne unifiée autour de l’état-major des grands pays du continent, la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, déterminés à décider ensemble le destin commun de leurs peuples face aux défis planétaires du XXIème siècle qui sont de la dimension du continent.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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2017 et la grande fracture

images3FG7B3GZL’alternance en 2017 devrait être placée sous le signe de la lutte contre la grande fracture entre le peuple et la classe dirigeante ou « les élites ». Le sondage CEVIPOF de janvier 2015 souligne que 37% des Français éprouvent de la méfiance envers la politique et 31% du dégoût; 87% pensent que les politiques ne se préoccupent pas de ce qu’ils pensent et 12% ont une image favorable des partis politiques. Nous assistons à une plongée de la vie politique dans une manipulation généralisée : accaparement de la vie médiatique par les hommes au pouvoir (apparition quotidienne du chef de l’Etat), tyrannie des postures, provocations destinées à faire parler de soi à tout prix, détournement de moyens publics à des fins personnelles, penchant des médias en faveur du pouvoir, etc. Le temps n’est plus aux révolutions mais  au mépris envers cette dérive qui ne dupe plus personne. Ce climat de défiance généralisée est extrêmement grave, source de morosité, de rejet de la vie publique, de repli sur soi. Il serait hautement souhaitable que l’Opposition place au premier rang de l’alternance, en 2017, la restauration de la confiance entre le peuple et la classe dirigeante en inscrivant un plan en quatorze points,  mesures de bon sens, à son programme:

– Aucun mandat politique ne peut être renouvelable consécutivement plus d’une fois; les passages d’une assemblée à l’autre (député/sénateur/député européen) à des fins de recyclage des vaincus seraient prohibés;

-Principe de la démission systématique de la fonction publique après 5 ans de mandat politique;

-Obligation pour le gouvernement de soumettre au moins une fois chaque année un projet de loi au référendum avec l’engagement de démissionner en cas d’échec.

-Toute utilisation de moyen de l’Etat à des fins personnelles et toute faveur ou intervention destinée à des proches serait sanctionnable pénalement, nonobstant les immunités;

-Impartialité des médias: principe d’égalité dans le temps de passage entre les partis politiques et les personnalités, plafond annuel du nombre d’heures d’apparition sur les chaînes publiques des hauts dirigeants en particulier du président de la République;

– Affirmation du rôle « d’arbitre » du chef de l’Etat qui peut être l’homme d’une politique mais jamais l’homme d’un parti (comme disait Alexandre Millerand);

-Principe d’inégibilité définitive en cas de condamnation pénale;

-« Dévolution locale des pouvoirs », au-delà de la décentralisation: tout ce qui n’est pas du niveau de l’Etat central doit être transféré aux collectivités en particulier les régions et les communes pour être rapproché du citoyen (exemple du débat sur l’ouverture des magasins le dimanche, une question qui devrait incomber aux seules régions et aux communes);

-Strict plafonnement du montant total des indemnités, rémunérations, avantages en nature qui peuvent émaner d’une activité politique et qui ne doivent jamais dépasser une fois et demi le SMIC, suppression de tout avantage ou privilège lié à un mandat politique national (sur les régimes de retraite par exemple);

– Retour à l’obligation de se présenter à une élection partielle en cas de sortie du gouvernement (abrogée sous le précédent quinquennat);

-Principe d’indépendance du parquet dans les affaires concernant la vie politique (interdiction au Garde des Sceaux de procéder à toute instruction dans ce cas);

-Dans le fonctionnement impartial de la police et de la justice, toute atteinte à la présomption d’innocence ou au secret de l’instruction lourdement sanctionnée par des peines de prison et une destitution dans le cas des fonctionnaires;

-Etudier le moyen de permettre à des candidats non fonctionnaires et non permanents de parti politique de se présenter aux élections locales et nationales avec quelques chances de succès; et pour cela, permettre un accès plus large au financement des campagnes électorales et assurer aux élus du secteur privé des perspectives réelles de retrouver leur métier après un ou deux mandats politiques;

-Par regroupement de moyens et de commissions existant, création d’une haute autorité de la morale politique, chargée de filtrer les plaintes, de dénoncer et sanctionner  les manquements à ces principes et de saisir la justice si nécessaire.

Peut-on imaginer qu’un candidat aux présidentielles s’engage dans cette voie? J’aimerais y croire, en tout cas, il est certain qu’il aurait ma voix!

Maxime TANDONNET

 

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Nous et les hommes politiques

téléchargementAu hasard de mes lectures, je tombe sur un joli passage du duc Albert de Broglie (« Breuil« ) dans ses Mémoires: « Les hommes politiques, d’ailleurs, tous un peu charlatans, ressemblent aussi à des magnétiseurs. Ils distinguent vite, et comme par instinct, ceux qui subissent le charme de leur influence et ceux qui y échappent. Il s’aperçoivent en causant s’il s’établit entre eux et leurs interlocuteurs une sorte de courant électrique, et quand ils rencontrent un sujet réfractaire, quelque humble qu’il soit, ils s’éloignent avec un secret dépit. » Ayant beaucoup fréquenté les hommes politiques, je retrouve dans cette phrase un sentiment souvent ressenti à leur contact. Mais le devoir du citoyen est justement de résister à ce magnétisme en exprimant le fond de sa pensée. Oui, bien sûr, j’ai entendu mon ex-patron, M. Sarkozy, comparer le chaos migratoire en Europe à une affaire de canalisations percées et de répartition de l’eau dans les pièces de la maison; puis l’hystérie collective qui s’est ensuivie, jusqu’au chef de l’Etat lui-même, une indignation intéressée, totalement hors de proportion et bien à l’image de la débilité ambiante. Pour autant, il est de ma responsabilité, ma micro-responsabilité de citoyen, de dire ce que je pense et je mentirais en prétendant que j’ai approuvé les propos de M. Sarkozy. Image simple pour faire comprendre un problème? Erreur: les Français sont un peuple adulte parfaitement conscients du drame qui se noue en ce moment. Le temps n’est pas à l’humour ni, à l’improvisation. Nous vivons une période de trouble extrêmement profond: 6 millions de chômeurs, la crise identitaire, les menaces planétaires effroyables à nos portes avec l’Etat islamique daesh, la crise migratoire, les excentricités personnelles des dirigeants au pouvoir, pires que tout ce que nous avons jamais connu. Les Français dans leur ensemble ont besoin de solide, de rigoureux, de sérieux, de concret, de perspectives claires de volonté et d’action. Par exemple, Sarkozy exige-t-il le déploiement immédiat des forces navales, avec les autres grands pays européens, pour frapper les passeurs criminels et esclavagistes – avec ou sans l’accord de l’ONU? Moi c’est la seule chose qui m’intéresse, à court terme, devant la tragédie en cours.  Face à une angoisse collective qui a peu d’équivalent historique, sauf peut-être à la fin des années 1930, la France attend d’être mobilisée et gouvernée. Pour l’instant, il est certain qu’elle ne trouve pas de réponse s’incarnant dans un visage, à ce grave et profond malaise.

Maxime TANDONNET

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Petit Jean-Pierre, grand Jean-Pierre

téléchargementHier soir, j’entendais à la radio un débat de quatre ou cinq experts attitrés de nos médias qui s’extasiaient sur la proposition de Jean-Pierre Raffarin de repeupler les campagnes grâce aux migrants. « Plus rien ne nous surprend, de la nature humaine », comme disait un chanteur. Cette idée est la quintessence du politiquement correct qui plaît aux médias: installer les migrants au coeur de la France profonde à la place des paysans français. Quelle trouvaille! Une prophétie raffarinesque qui a atteint son objectif en faisant de lui pour un jour le roi des médias. Dommage qu’il ne pousse pas la logique jusqu’à proposer d’accueillir un site de réfugiés dans son patelin de Chasseneuil-en-Poitou dont il est élu. Hypocrisie, quand tu nous tiens…  Mais sur le fond, sa proposition a quelque chose de troublant, lié à cette exploitation médiatique, si courante, d’un drame humain, et aussi un petit côté Révolution nationale adaptée à l’époque « la terre, elle, vous accueille », un très lointain arrière-goût des politiques de peuplement associées au transfert des villes vers la campagne (Ethiopie, Cambodge des années 1970) … En pratique, elle est d’un profond irréalisme: comment obliger des populations venues illégalement d’Afrique et du Moyen-Orient, attirées par les opportunités de travail qu’offrent les grandes métropoles européennes, à résider dans le monde rural, sauf à instaurer un dispositif policier gigantesque? Opération médiatique de bas étage, qui n’aboutit qu’à aggraver le trouble des esprits; la politique telle qu’elle est actuellement, dans ce qu’elle a de pire. Tout pour faire parler de soi, à n’importe quel prix. Mais la politiquetéléchargement (8) offre aussi le meilleur. Jean-Pierre Chevènement, je le connais un tout petit peu. Il était ministre de l’Intérieur de gauche de 1997 à 2000 et j’étais jeune fonctionnaire plutôt étiqueté de l’autre bord.   Il me recevait dans son bureau, m’associait à ses réunions, me complimentait pour mes notes, au grand dam de ses conseillers. Il réfléchissait à l’avenir de l’Europe, de la Nation. Il savait décider, faire des choix politiques au sens noble du terme. Simple, intègre, anti-sectaire, modeste, gentil, désintéressé, visionnaire, passionné d’histoire et de prospective. En rompant avec son parti, il vient enfin de prononcer une phrase que j’attendais de lui depuis longtemps mais qui ne venait pas: « Le clivage droite-gauche ne correspond plus à la réalité ». En lui, on retrouve vraiment quelque chose de Gambetta ou Clemenceau. Merci, Monsieur le Ministre, vous êtes l’honneur de la politique française.

Maxime TANDONNET

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Le 18 juin, notre boussole dans la tourmente

images (1)Le 18 juin est une boussole, une date clé dans le calendrier, une référence suprême en ces temps profondément troublés d’inversion des valeurs et de menace planétaire pour la survie de notre pays et de notre civilisation. Quel sens profond revêt cet appel qu’il convient chaque année de redécouvrir tant sa richesse est inépuisable? Il exprime la force de la solitude de celui qui a raison contre tout le monde, les partis, l’armée, la classe politique, la presse, l’Etat, la société bien pensante. Son intuition, sa culture, sa conception de l’histoire, son sens des réalités, conduisent de Gaulle à penser, dès juin 1940, contre la France entière sans exception, que l’Allemagne sera vaincue. Dédaignant les insultes (« renégat, traître, félon »), et jusqu’à la condamnation à la peine capitale qui lui est infligée, il se fie à sa seule vision du monde, son analyse des rapports de forces planétaires,  nonobstant l’apathie et le renoncement général. Le 18 juin est la date de la clairvoyance contre l’aveuglement, de la lumière contre le désespoir, de la solitude contre l’instinct grégaire et le conformisme. Jamais le Général n’a autant été banalisé et récupéré qu’aujourd’hui. En même temps, son oeuvre est imagesquotidiennement foulée au pied.  La Ve République est ridiculisée. Fondée à l’origine sur le prestige d’un chef de l’Etat s’appuyant sur la confiance du peuple, elle est devenue l’otage des partis politiques, figée, immobile, impuissante, pire encore que la IVe. L’oeuvre européenne du Général est trahie. Son Europe, fondée sur l’unité des nations intrinsèquement unies par une histoire et une culture commune, est livrée à un monstre bureaucratique acharné à la détruire et à diviser ses peuples. L’exemple de l’intégrité absolue, le refus de tout avantage pour des proches, l’exigence de régler ses factures d’électricité à l’Elysée, est aujourd’hui noyé dans une course frénétique aux privilèges, au clanisme et au népotisme de bas étage. Etre gaulliste n’est pas une idéologie, mais garder au coeur la lueur du 18 juin dans les ténèbres de l’actualité.

Maxime TANDONNET

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A quoi sert l’Assemblée nationale?

panorama2Le gouvernement ne veut pas que la discussion sur la loi Macron « dure 15 jours » et fait donc usage de l’article 49-3 qui permet l’adoption d’une loi sans débat ni vote. A quoi sert l’Assemblée nationale? Plus de la moitié des lois votées correspond à la simple transposition des directives européennes. Sur le reste, le Conseil constitutionnel exerce une vigilance étroite et censure – abroge – toute disposition « contraire » à la montagne jurisprudentielle qu’il a lui même élaborée: au moins la moitié des textes, l’autre moitié. Et quant aux lois rescapées de cette jurisprudence, tout tribunal, judiciaire ou administratif, se fait fort de les « écarter » en faisant prévaloir une norme internationale. Enfin, cerise sur le gâteau, quand l’Assemblée donne des signes de fébrilité, le gouvernement fait adopter sa loi sans débat et sans vote grâce au célèbre 49-3… Avec la mort de l’Assemblée nationale, disparaît le coeur de la démocratie et de la souveraineté, dans l’indifférence générale. La résignation avec laquelle les parlementaires – élus au suffrage universel – subissent leur triste sort est incompréhensible. Ils apparaissent comme cadenassés par la discipline majoritaire ou partisane, la crainte de perdre leur siège, de rater la prochaine investiture de leur formation.  Il faudrait réinventer les états-généraux, sous une forme moderne, la réunion solennelle des forces vives du pays, entreprises, mairies, associations, qui éliraient leurs représentants, hommes et femmes inconnus, anonymes, incarnant la majorité silencieuse. Et le jour où un gouvernement leur enverrait les crs pour les faire dégager, l’un d’eux monterait sur une table en proclamant: « Nous sommes ici par la volonté du peuple et ne sortirons que par la force des baïonnettes! »  Je rigole bien sûr… paume

Maxime TANDONNET

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La tyrannie des illusions

téléchargement (6)Il est particulièrement inquiétant de constater l’extraordinaire basculement de la vie politique dans le monde des illusions et des manipulations. Je l’observe tous les jours et la vois glisser à vue d’oeil loin du réel, dans un univers de mirages, de chimères, d’ombres chinoises. Souvent, au regard de l’histoire politique française, j’ai l’impression que l’on ne s’est jamais autant moqué des gens qu’aujourd’hui. Les exemples foisonnent tous les jours. L’usage du 49-3 au Parlement? On voudrait nous faire croire en un acte d’autorité fondamental destiné à sauver le pays. Qu’en est-il? Une refonte globale du contrat de travail pour relancer l’embauche? Une coupe sombre dans les prélèvements obligatoires? Un « grand soir fiscal » en faveur de l’entreprise? Que nenni ! Assouplir légèrement l’idiote interdiction française du travail du dimanche, l’ouverture prudente des professions réglementée et la libéralisation du transport en car… Cela ne mérite même pas une loi, mais une simple autorisation donnée par le maire devrait suffire. Dans l’opposition, un grand débat s’ouvre sur le « droit du sol ». Or, cette question est fondamentalement, objectivement sans intérêt, comme je l’ai  écrit dans le Figaro. La suppression du « droit du sol » mettrait le feu au pays mais ne réglerait pas d’un iota ses difficultés d’intégration et de maîtrise de l’immigration, au contraire. Agiter les chiffons rouges sert à faire oublier les profondes fractures de la société française, que nul n’a su régler et les défis que nul n’a envie relever: les 6 millions de chômeurs, la ghettoïsation, la désintégration, les jeunes dans l’exclusion, la violence, l’incapacité à réguler efficacement les frontières, dans une monde en pleine décomposition, l’impuissance chronique du pouvoir politique à traiter des problèmes véritables, le renoncement à tenter – au moins – d’agir sur le réel. Autrefois, la propension à jongler avec les passions caractérisait les seuls courants extrémistes tandis que les politiques « de gouvernement » tentaient de coller aux faits. Désormais, la fuite dans les limbes est générale. Tout n’est que scandale, postures, provocation, frime, duperies, exagérations, polémique, idole de pacotille d’un jour et lynchage haineux le lendemain. Les politiques (sur le plan national) dans l’ensemble, donnent le sentiment de ne plus vouloir s’occuper de la réalité, du concret. La politique de la raison se meurt.  Le monde réel est tellement plus complexe, ingrat et moins rémunérateur en terme électoral, que celui des passions.  Ils vivent dans un univers de chimères où ils veulent entraîner les masses comme un troupeau aveugle et les manipuler. Et les pôles de résistance potentielle s’amenuisent au fur et à mesure que l’intelligence collective et le sens critique s’affaiblissent dans un climat de désintérêt et d’abêtissement général, résultat du saccage de l’éducation nationale, notamment de l’enseignement de l’Histoire, depuis des décennies.

Si j’écris cela, comme je le ressens, ce n’est pas par pessimisme ou désespoir mais au contraire dans l’espoir de contribuer, même à échelle infime, à une prise de conscience. 

Maxime TANDONNET

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Au-delà de l’affaire Strauss Kahn

images (3)Dominique Strauss Kahn vient d’être blanchi de toute accusation dans l’affaire du Carlston de Lille, et tant mieux pour lui, après avoir été relaxé au pénal dans celle du Sofitel de New York. Son épopée, depuis 2007 en gros, est la preuve de ce que je  ressens depuis toujours: l’Histoire est bien plus extraordinaire, plus imprévisible, plus sensationnelle que tout roman ou toute forme d’imagination humaine. On trouve de tout dans son aventure: le vertige d’un destin présidentiel brisé, le sexe porté à son paroxysme, des femmes victimes ou bizarres, le lynchage médiatique, l’humiliation nationale, les manipulations de toute sorte, l’argent qui ruisselle, la descente aux enfers et la rédemption. Mais ce qui me frappe le plus, dans tout cela, c’est l’hypocrisie, la tartufferie, la lâcheté humaine. L’homme était adulé, adoré, encensé, par la France entière, ou presque, de 2007 à 2011, prête à l’élever au pinacle et le monde politique, sa « famille » socialiste, médiatique, prosterné devant lui dans la perspective de son arrivée triomphale à l’Elysée.  Et puis soudain, la foudre a frappé. A la suite d’un geste incompréhensible, pour l’un des plus hauts responsables de la communauté internationale, le 15 mai 2011 (bien qu’ayant échappé à toute poursuite pénale), voilà soudain, en un soir, le demi dieu devenu pestiféré, ses amis socialistes refusant de lui serrer la main, fuyant les soirées où il se trouve, niant l’avoir jamais fréquenté, et lançant de furieuses accusations sur qui l’a vu et rencontré, quel scandale! Maintenant, ils reviennent vers lui peu à peu, tout sourire, compréhension, indulgence, comme si rien ne s’était jamais passé. Le paria s’efface derrière le « libertin », un mot qui sonne libre et moderne dans une bouche socialiste. Jusqu’où reviendra-t-il? Rien n’est à exclure dans le chaos mental et le désarroi général présent. Ah, la politique…

Maxime TANDONNET

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Le néant positif

images (2)Les dirigeants du pays sont en déplacements permanents, le chef de l’Etat à Tulle, Nantes, Angers, aux 24 heures du Mans où il a dû partir sous  les sifflés, le Premier ministre à Poitiers, Berlin, la Réunion, Mayotte. La vérité, c’est qu’ils ne cherchent plus à gouverner le pays et à régler ses grands problèmes, les 6 millions de chômeurs, l’insécurité, l’immigration, la crise scolaire. Devant le désastre annoncé ils n’ont plus qu’une idée en tête, sauver non pas la France, mais leur belle image. A ce sujet, la partie est perdue d’avance. Les sondages montrent que les Français ne veulent rien de précis dans l’offre politique actuelle. Malgré le climat de dégoût général, aucun engouement lepéniste n’est à noter. Sarkozy ne convainct pas, ni Fillon, ni Lemaire. Un match « retour » des présidentielles Hollande/Sarkozy/Le Pen serait à la fois grotesque et dramatique pour les Français, signe de surplace, d’immobilisme, de fracture entre l’opinion et les élites du pays. Du néant politique, peut-il naître quelque chose de positif? Le peuple n’est pas dupe, même dans une crise mentale aussi profonde, aussi dramatique, il n’est pas prêt à accepter n’importe quoi, la démagogie, la propagande, la folie narcissique. Il n’est pas détenteur d’une sorte d’infaillibilité d’essence surnaturelle et se trompe parfois. Cependant, dans sa globalité et le dépassement de ses clivages, il voit plutôt juste, lucide, clairvoyant. Tout est à reconstruire, mais en partant des enjeux, des idées, d’un projet collectif et non des personnages du feuilleton. Les Français l’ont bien compris, le bon sens n’est pas une légende, et c’est en cela que du néant peut sortir quelque chose de positif.

Maxime TANDONNET

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Déjeuner de blogueurs

images (1)Hier, j’ai eu le plaisir de participer à un déjeuner de blogueurs, dans un petit restaurant discret, pas cher, mais délicieux du 1er arrondissement. Il faut voir, dans cette belle initiative, un signe supplémentaire, même à une échelle toute modeste, de volonté de la société civile de prendre en main son destin et de défendre sa liberté d’expression. Nous étions tous sur une ligne proche, avec des nuances. Je ne connaissais personne au départ de visu, mais l’osmose et la convivialité ont été immédiates, avec l’aide d’un sympathique brouilly. Nous avons pu échanger sur les histoires personnelles qui nous ont conduits à créer un site, nos difficultés diverses, techniques, juridiques – le risque de plaintes pour diffamation, les droits d’auteur, ou le devoir de réserve -, nos inquiétudes quant aux vélléités de contrôle de la « toile » par les pouvoirs publics. Les blogueurs et leurs habitués s’imposent comme un groupe de pression non négligeable qui touche directement ou indirectement des millions de personnes. En cette période de trouble profond des esprits, des institutions et d’incertitude totale sur l’avenir, leur voix elle aussi doit compter!

Maxime TANDONNET

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La face cachée de la « crise migratoire »

4651051_6_2548_plusieurs-habitants-du-quartier-ont-propose_7e9cb3e554539e49a6e0eea61046e96bDes centaines de  migrants venus d’Erythrée et du Soudan, passés par la Méditerranée, sont en errance dans Paris. Cela se passe dans l’indifférence générale, comme le montre le silence absolu de la classe politique sur le sujet. Même le parti lepéniste, tout entier à son parricide, en oublierait presque de sur-exploiter le drame à sa manière habituelle. Disons le tout net: il est juste et normal que l’Europe prenne sa part, dans la mesure de ses moyens, en proportion de ses capacités, à l’accueil temporaire des personnes persécutées dans un monde en plein chaos tant que durent les persécutions. Mais cette protection  ne se conçoit que dans des conditions  organisées, consenties et dignes pour les nouveaux arrivants. Il est en revanche monstrueux qu’elle devienne, dans un climat d’aveuglement général et de tartufferie,  le théâtre d’un chaos migratoire qui est l’autre face de la renaissance de l’esclavagisme. A qui profite le crime? Les personnes en errance à Paris sont les victimes:

1) des passeurs criminels qui accumulent des fortunes gigantesques sur leur malheur: 40 milliards de dollars en 2013, combien en 2015?

2) des militants extrémistes qui, sous couvert d’humanisme, jubilent de disposer à travers eux, d’un outil de déstabilisation de la « société bourgeoise » (à ne pas confondre avec la vraie générosité sincère face à la détresse).

3) de l’effroyable échec de l’Europe, ce grand corps malade, totalement impuissant, englué dans ses normes et procédures, anesthésié par sa mauvaise conscience, incapable de produire ne serait-ce que l’esquisse d’une décision ou d’un choix. Son attitude en Méditerranée, son incapacité à agir pour empêcher les embarquements sauvages et meurtriers, donne le vertige. L’histoire la jugera pour ce qu’elle est: une lâcheté criminelle.

4) de l’hypocrisie d’une certaine frange de l’opinion privilégiée, dite la « gauche bien-pensante », qui n’a d’ailleurs de « gauche » que le nom, verse des larmes de crocodile tout en vivant dans la terreur de voir les camps de fortune s’implanter sous ses fenêtres.

5) de la lâcheté des politiques français en général, de droite comme de gauche, qui se taisent, pétrifiés à l’idée de risquer d’être « suspectés », suspectés de racisme, comme on est « suspecté » dans tous les régimes de terreur.

6) de tout un tas de « petits patrons », dans le monde de la restauration, du btp, de la confection, de la coiffure, qui se frotte les mains en voyant arriver une main d’oeuvre quasi gratuite (une amie vietnamienne m’a parlé de 20 euros – sans aucune charge –  pour des journée de 14 heures à faire la « plonge » 7 jours par semaine).

Maxime TANDONNET

 

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La Résistance qui vient

téléchargement (3)Mercredi soir, j’étais invité à une soirée privée à laquelle participaient une trentaine de personnalités de la société civile, des écrivains, intellectuels, journalistes, hauts fonctionnaires, patrons du secteur privé… Tous revendiquaient leur parfaite indépendance à l’égard des partis politiques et des idéologies. Profondément préoccupés pour l’avenir de la France et de l’Europe en général, ils se trouvaient réunis avec le projet de « faire quelque chose » pour lutter, à travers le débat d’idées, contre le désastre qui vient, au moins tenter d’éveiller les consciences. Nous étions quelque part entre 1933 et 1940, face à un péril gigantesque, englués dans l’indifférence, la images (1)légèreté, l’aveuglement, la lâcheté universelle. La discussion s’est focalisée autour d’une interview parue au Figaro Vox, à la tonalité visionnaire, montrant l’Europe profondément impuissante, divisée, paralysée par ses dogmes et son idéologie, confrontée à cette gigantesque menace de déstabilisation que représente l’expansion de l’Etat islamique daesh à ses frontières.  L’unanimité se faisait autour de l’idée que le salut n’était sans doute pas à attendre des formations politiques actuelles, prises globalement comme un ensemble, minées par le carriérisme et la médiocrité intellectuelle et morale. Un tel constat  n’interdisait en rien la perspective de s’appuyer sur des personnalités politiques indépendantes d’esprit et détachées des carcans partisans. Pour l’instant, rien de bien nouveau quant à des propositions d’action et de solution, mais une prise de conscience partagée, collective, et l’envie profonde de « faire quelque chose » et d’exercer une influence sur le débat d’idées, aujourd’hui déserté par le bon sens. C’est un début mais plein de promesses car il faut bien commencer quelque part et on se sent soudain moins seul.

Maxime TANDONNET

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La morale publique, comment faire?

588945Le scandale du jour n’a rien d’un événement isolé. Il s’est fait pincer et les médias cartonnent pour des raisons qui nous échappent, liées à des affrontements souterrains de courants socialistes et d’individus. Nous ne sommes pas vraiment dans une logique de corruption, de détournement de grandes sommes d’argent. Mais tout un état d’esprit se révèle dans cet événement. Il faut y voir le sentiment, banalisé, répandu, dans une partie de la classe dirigeante, que tout est possible, tout est permis, rien n’est trop beau. Des personnes sans grande envergure parvenues au sommet,  par leur réseau clanique, familial, leurs manoeuvres, parfois sans avoir jamais travaillé, sans grande moralité, culture, ni intelligence, aveuglées par la lumière de leur mégalomanie, ont le sentiment que tout leur est dû. Elles ont conquis l’Etat et celui-ci leur appartient, comme une petite entreprise individuelle. Les exemples sont nombreux, même sans généraliser. Une soixantaine de députés et sénateurs emploient sur des fonds publics, en toute bonne conscience, leur femme, leur maîtresse ou leurs enfants. Dans la haute fonction publique, certains comportements ont récemment défrayé la chronique…L’usage des Palais, des logements de fonctions, des véhicules avec chauffeur, des avions gouvernementaux, les millions d’euros qui circulent, les maîtresses entretenues sur l’argent des contribuables, les petites faveurs de tous les jours. Certains se sentent au dessus du commun des mortels. « Tiens, pourquoi déclarer mes impôts? ne suis-je pas ministre? » Quand ils se font prendre, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive, pensent être victimes d’un complot. Le fond du problème tient à la disparition du bon sens commun qui sépare l’intérêt public de l’intérêt privé. L’effacement du sens du bien commun au profit des satisfactions d‘ego est la source de tous les maux. Et tout cela se déroule dans la plus parfaite impunité. Il suffit d’attendre que passe la polémique…  Même si ces comportements sont marginaux, les conséquences en sont désastreuses car elles renforcent la fracture entre la classe dirigeante et le peuple, confronté à ces malheurs quotidiens, contribuent au rejet du politique, à la crise de confiance qui paralyse le pays et l’empêche d’avancer. Au Royaume-Uni, ce n’est pas pareil. Je me souviens de ce ministre important, Intérieur je crois, ayant dû démissionner à la suite d’une intervention en faveur d’un visa pour sa femme de ménage. En France,  le Général de Gaulle exigeait que ses factures d’électricité à l’Elysée fussent mises sur son compte. Raymond Poincaré, en 1913, refusait l’usage des salons du Palais présidentiel pour son mariage. Je propose le vote d’une loi sur la moralité publique qui commencerait ainsi. Article 1: « l’argent des contribuables est sacré. Article 2: toute utilisation d’un moyen public à des fins privées et toute faveur destinée à un proche est sanctionnée d’une interdiction définitive d’occuper un mandat ou une fonction publique… » Cette loi ne passera hélas jamais. Devinez pourquoi?

Maxime TANDONNET

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Le grand décrochage

imagesVoici mes deux dernières contributions à la presse Internet qui abordent le même sujet, sous des angles différents: l’accélération brutale du grand décrochage de la classe dirigeante qui ne cesse de fuir le réel pour éviter d’avoir à l’affronter. La tribune pour le Figaro Vox exprime une stupéfaction envers le projet élyséen de « déclaration des droits de l’Humanité », témoignant d’une fuite dans l’abstraction verbeuse et prétentieuse alors que les Français nagent dans l’inquiétude, les souffrances liées au chômage et à la désintégration de la société. Le second, pour le site d’information Atlantico, est une interview croisée avec deux sociologues portant sur l’incroyable mépris du peuple que manifeste la Nomenklatura au pouvoir. Nous venons d’ailleurs d’en avoir (après la publication du texte) un sinistre exemple, mais tellement typique, avec la polémique autour du déplacement à berlin pour le match Barcelone-Juventus.  Coupés de la sensibilité populaire, enfermés dans leurs Palais dorés, aveuglés par leur culte du je et ce images (1)sentiment d’être placés au-dessus du commun des mortels, ils ne se rendent même plus compte de l’impact désastreux de ce genre de geste sur l’opinion. Les futurs gouvernants potentiels, ceux qui s’apprêtent à prendre, le cas échéant, le pouvoir en 2017, sont-ils capables d’éviter ce travers odieux, sources de tant de maux? Franchement, aujourd’hui, je n’en suis pas convaincu. Puissent-ils prendre conscience de la gravité de ce problème afin d’éviter de sombrer à leur tour.

Maxime TANDONNET

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La vulgarité arme fatale du chaos

téléchargementIl est souvent arrivé que les plus grands chefs d’oeuvre soient maltraités, maudits, diabolisés de leur temps. Nous qui ne sommes pas très cultivés, nous pensons « Aux fleurs du mal », cette merveille quasiment indépassable de la poésie française qui n’a pas vieilli d’une ride ou bien aux Impressionnistes et encore aux Cubistes. Les immenses scandales que causèrent ces oeuvres sont aujourd’hui exploités sur un mode dévoyé qui consiste à vouloir imposer l’idée que le scandale fait la beauté. Une oeuvre sublime peut certes être incomprise de son temps . Mais cela ne signifie pas que toute oeuvre qui provoque un esclandre soit nécessairement belle. Ce serait trop facile. Il suffirait de prélever une crotte de chien sur le trottoir, d’y apposer une signature, de l’intituler « beauté divine », de la payer à prix d’or, de provoquer une polémique, de qualifier de fascistes ceux qui y verront une imposture, et le tour sera joué. « Le vagin de la Reine » installé au château Versailles me semble être une provocation, une salissure sur l’histoire de France.  Un grand parti vient de s’intituler « les Républicains ». Mais la France est aussi le produit de la monarchie. Elle existe par l’oeuvre des rois de France. Je ne vais pas faire un cours d’histoire mais c’est tellement évident. L’opposition monarchie/République est dépassée. 1789 et la République ont poursuivi l’oeuvre des rois de France comme l’ont si bien dit Jules Michelet et Charles Péguy.  La France est un tout et une histoire dont elle a le droit d’être fier sans dissimuler ses moments douloureux. La vulgarité est devenue l’arme fatale de la table rase, de la destruction du passé des valeurs, du sens de la beauté et de la grandeur, l’arme fatale du chaos. Comment réagir au « vagin de le Reine »? Par un immense mépris, pour les concepteurs de l’opération et les responsables de la culture, en charge de la valorisation d’un patrimoine, et qui trahissent leur mission en le laissant saccager.   Et aussi pour tous les lâches politiciens qui n’en pensent pas moins mais se taisent par peur d’être qualifiés de ringards.

Maxime TANDONNET

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Les Républicains (2)

téléchargement (2)« PAS D’ACCORD MAXIME AVEC VOUS .. ET 1000 % D’ACCORD AVEC … VOUS ÊTES TOUS ET TOUTES TOMBÉS SUR LA TÊTE …SI CE N’EST PAS NICOLAS JAMAIS JE NE VOTERAI JUPPÉ JE VOTERAI FN POUR LA PREMIÈRE FOIS DE MA VIE .. ARRÊTONS LES CONNERIES .. JE TROUVE QUE SON DISCOURS A ÉTÉ TROP GENTIL .. VOUS VOULEZ FAIRE MONTER LE FN … À CROIRE QUE VOUS N’AVEZ AUCUNE CULTURE POLITIQUE … LES FRANÇAIS SONT DES CONS … JE COMPRENDS QU’AVEC DES CONSEILLERS AUSSI RIDICULES QUE VOUS NICOLAS SARKOZY EST PERDU LES ÉLECTIONS EN 2012 VOUS ÊTES UN POURRI COMME JUPPÉ »

Je suis désolé si mon avant dernier billet intitulé « les Républicains » a pu blesser des personnes comme le montre le ton de ce message ci-dessus, à l’image de dizaines d’autres message du même genre, reçus sur les réseaux sociaux (FB notamment). Je souhaiterais m’expliquer. En tant que citoyen, il me semble que le meilleur service que je puisse rendre, à un niveau infime et minuscule, est au moins d’exprimer ce que je pense. Le message cité ci-dessus comporte du vrai, ce n’est pas par ironie que je le cite malgré son ton excessif. C’est bien de dire ce que l’on pense avec ses mots. Quand j’étais conseiller à à l’Intérieur et à l’Elysée, comme tous les conseillers de la terre et tous les entourages, j’ai manqué de courage pour dire assez fort et avec assez de conviction ce que je pensais, et surtout pour tirer les conséquences de ne pas être écouté. En étant trop gentil, trop poli (comme tout le monde),  je n’ai pas rendu service. Désormais, en tant que citoyen, j’ai envie de dire exactement ce que je pense, sans contrainte hiérarchique ni morale.  Le discours du président Sarkozy à la Villette était un beau discours prononcé par un grand orateur. Toutefois, personnellement, il m’a laissé sur ma faim: je l’ai trouvé trop vague et général, négatif et pas assez constructif pour un discours de refondation, voire exagérément répétitif (mot République). Je n’en attendais pas un programme précis, mais, pour une refondation, à des priorités, des objectifs, des engagements, des pistes concrètes sur l’efficacité de l’Etat, la démocratie, la sécurité, l’endettement, les déficits, l’éducation, l’emploi, la compétitivité, l’Europe, la maîtrise de l’immigration. La faible place consacrée à la lutte contre le chômage m’a par exemple beaucoup surpris. Il m’a paru à l’image de la politique actuelle en règle générale – y compris les extrêmes – qui tend à fuir le réel par tous les moyens. Les passions ont trop pris l’ascendant sur la réalité dans ce pays. Il me semble que le rôle des politiques ne devrait pas être de les agiter mais au contraire de les rapporter au réel, au factuel, avec en toile de fond de toute pensée: « gouverner, c’est choisir ». Affaire de sensibilité personnelle…

Maxime TANDONNET

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Le chiffre noir

téléchargement (3)Le niveau du chômage atteint des proportions qui n’ont aucun équivalent dans l’histoire de France: plus 54 100 en un mois et près de six millions toutes catégories confondues. Les dégâts de cette situation sur les équilibres sociologiques, mentaux, politiques de la société française sont incommensurables. Il y a un siècle, on envoyait les jeunes se faire massacrer dans les tranchées. Aujourd’hui, on leur interdit d’entrer dans la société par l’accès à l’emploi stable et tout ce qui en découle: dignité, fierté de soi, possibilité de se loger, de créer une famille, d’être indépendants, etc. Le ministre du travail est toujours content de lui (« le gouvernement a permis de limiter les effets de la crise »). Dans toute l’Europe et aux Etats-Unis, la situation s’améliore alors qu’elle continue de s’effondrer en France, mais les dirigeants sont contents d’eux. Dans n’importe quelle démocratie, un tel échec et telle suite d’engagements non tenus devrait se traduire pas la mise en jeu de responsabilités: démission du gouvernement, nouvelles élections nationales… En France non, jamais. Les misérables s’accrochent jusqu’au bout et à n’importe quel prix. Tout le monde sait qu’ils sont responsables et coupables: d’avoir saccagé l’économie française par une gigantesque ponction fiscale sur l’entreprise. En 2012, ils voulaient « réhabiliter l’impôt et la dépense publique ». Ils ont gagné.  La France atteint aujourd’hui le bout de l’enfer. Cette destruction d’une société par le chômage, un chômage principalement socialiste, explique les grands phénomènes idéologiques actuels, notamment la fuite dans l’irréel, l’idéologie, les discours pompeux, la parole, le lyrisme, le mythe, la violence sectaire, la poussée extrémiste, la quête du sauveur ou de « l’homme providentiel ». Tout le monde sait ce qu’il faut faire pour remettre la France sur le chemin de l’espoir et de l’emploi: restaurer la liberté d’embaucher et de débaucher librement des entreprises, réduire de 10 points les prélèvements obligatoires, diminuer l’impôt sur les sociétés à 10%, et d’un tiers les charges sociales qui pèsent sur le travail.  Personne n’aura jamais le courage de relever un défi aussi gigantesque et explosif. Par conséquent, la fuite dans le délire verbeux risque de se poursuivre, par les socialistes évidemment, mais aussi, j’en ai terriblement peur, par l’opposition et nos jeunes sacrifiés à l’ogre de la lâcheté, du conservatisme et de la bêtise.

Maxime TANDONNET

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Les Républicains

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A plusieurs reprises, j’ai été invité ces derniers temps sur des plateaux de télévision pour commenter l’actualité, par exemples sur les quotas d’immigration ou sur le Congrès fondateur des Républicains. Je n’y suis pas allé par paresse (je n’aime pas rentrer tard, sauf pour les dîners entre amis) et par désintérêt pour la notoriété médiatique. Oui, je sais que j’ai tort. Quant au Congrès fondateur des Républicains, merci de me corriger pour les bêtises que je vais exprimer ici. Je dis mes sentiments profonds mais ne prétends en rien détenir la vérité. Concernant le nom, sur lequel la polémique s’est polarisée, cela ne m’intéresse pas. Un nom ou un autre ne change rien ou presque rien à la réalité d’un parti. Le mot « famille politique » m’agace, martelé du matin au soir, car la notion de famille est malvenue en politique. Pour des gens qui se haïssent et qui se préparent à sortir les couteaux, le recours à l’affectif me semble teinté d’hypocrisie. Il renvoie au népotisme familial, tâche originelle d’un autre parti politique, un qui n’a pas changé de nom ni de nature et que je déteste viscéralement, celui-là. Bon j’ai écouté les discours, celui du président Sarkozy notamment (le mot président, sous ma plume se rattache exclusivement à sa qualité d’ancien chef de l’Etat, et non de chef de parti). Ce discours a visiblement plu aux militants de par son caractère musclé.  Mais ce qui m’inquiète, c’est qu’un discours d’un Congrès fondateur, est censé donner le ton pour l’avenir. Or, le ton ne m’a pas paru totalement convainquant. Il m’a semblé pour l’essentiel axé sur le rejet de Hollande et de la politique socialiste. Or, qu’est-ce que cela apporte? Tout le monde sait que le parti au pouvoir est au fond du gouffre et plongé dans une fuite en avant idéologique. Le président Sarkozy en s’enfermant dans un duel personnel avec Hollande ne peut que fournir un tremplin à celui-ci pour remonter; et par la même occasion indisposer encore plus la masse des Français (non militants) écoeurés par les jeux politiciens. Pour un Congrès fondateur, je n’ai pas entendu grand chose de ce que j’espérai sur les lignes fondatrices de la politique de l’avenir: comment (justement) réformer profondément la République pour la rendre plus efficace, utile, tournée vers le bien commun et moins centrée sur les polémiques personnelles – un sujet majeur qui domine tous les autres et dont les politiciens ne veulent pas entendre parler? Comment combattre la fracture entre le peuple et les élites en ravivant la démocratie? Quel élan de libéralisation de l’économie pour combattre les charges et les contraintes qui étouffent l’entreprise et condamnent nos jeunes à l’exclusion? Quels changements va-t-il falloir apporter à l’Europe pour la mettre au service des peuples européens?  Comment, concrètement, restaurer l’autorité en matière de sécurité? Quelle approche opérationnelle, réelle, sur les questions d’immigration, d’intégration, de banlieues, de communautarisme, plutôt que les éternelles digressions métaphysiques qui ne font que déchirer et n’apportent rien?   Prendre le pouvoir sur la seule base de l’anti-hollandisme, comme ce dernier s’était appuyé en 2012 sur l’anti-sarkozisme? D’accord, mais après? 2017-2022? Une nouvelle plongée aux enfers pour les dirigeants du pays, 5 ans de polémiques, de fureur médiatique, de gesticulations débiles et en 2022, le retour au pouvoir de M. Hollande, M. Valls, Mme Taubira? Avec un Front National à 40%?  Voilà ce que le Congrès Républicain m’a inspiré. Mais encore une fois, je ne prétends pas détenir la vérité, j’attends qu’on me corrige et qu’on essaye de me convaincre du contraire.

Maxime TANDONNET

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L’effroyable crevasse

téléchargementDans mes moments de liberté, je travaille à la rédaction d’un livre d’histoire qui porte essentiellement sur la politique française au XXe siècle. D’où une plongée quotidienne, nocturne, dans les mémoires, les biographies, les archives, la presse des siècles passés. La vie politique, sous la IIIe République, la IVe et la Ve à ses débuts, n’avait strictement rien à voir avec ce qu’elle est devenue. Voici ce que disait dans les années 1920, un homme public de premier plan d’un autre responsable politique :  » Il n’est pas vrai que la courtisanerie, la flatterie, le sacrifice de la dignité comptent pour le premier titre. Si c’eût été pour le premier titre, jamais il n’eût été élu […] Il ne parle pas, il agit. Il ne cherche pas à impressionner, mais à convaincre, ne répand pas autour de lui les grâces souvent fanées, ne cherche pas à plaire, s’inquiète peu de savoir si on lui donne raison pourvu qu’au tribunal forcément arbitraire de sa conscience, il sente qu’il ait raison ». Malgré les défauts des régimes politiques du passé, il existait alors un sens du bien commun et de l’engagement au service des autres qui a disparu. La France n’est plus une République au sens noble et fort du terme. Elle n’est plus ni Monarchie, ni République, mais un théâtre comique où sur la scène, des acteurs douteux jouent une mauvaise pièce qui ne fait rire personne. Les politiciens médiatiques actuels, de l’extrême droite à l’extrême gauche, semblent emportés dans une dérive mentale qui les éloigne du réel. En ce moment même, le fossé se transforme en gouffre, la faille en crevasse, sans qu’ils en aient la moindre conscience. Ils ne se rendent pas compte à quel point leurs simagrées médiatiques et leur folie égocentrique provoquent au mieux l’indifférence, au pire le dégoût de la population. La grandiloquence solennelle comme les crises de rage sectaire, les sagas familiales et les duels revanchards puent la comédie et n’intéressent personne. Je le sais parce que je parle tous les jours avec des dizaines de personnes de la vie courante, de tous les bords, qui partagent ce ressenti. Je crois simplement qu’au pouvoir ou dans l’opposition, enivrés d’eux-mêmes, comme des moucherons dans la lumière médiatique, ils ne sont plus en état de sentir l’ironie et le mépris qui remontent de partout. C’est tout un monde qui devrait disparaître et laisser la place, mais s’accroche désespérément à son rocher et entraîne la France par le fond. Comment cela va-t-il finir? That’s the question.

Maxime TANDONNET

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Le lynchage jusqu’au bout

téléchargement (2)Voici ma dernière contribution au Figaro Vox, consacrée à la relaxe d’Eric Woerth, prononcée par le tribunal correctionnel de Bordeaux. L’ancien ministre du budget de Nicolas Sarkozy et François Fillon a fait l’objet d’un lynchage par la gauche socialiste, du monde médiatique et l’extrême droite qui a duré cinq ans, a transformé sa vie personnelle en calvaire et a déstabilisé un gouvernement. Aujourd’hui, il est innocenté. Mais depuis deux jours, les médias et les politichiens qui se sont acharnés sur lui, se livrant à un véritable passage à tabac, restent muets au sujet de sa relaxe. On dira ce qu’on veut, mais tout ceci est quand même bien dégueulasse.

Maxime TANDONNET

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Panthéonisation

téléchargementVoici mon article de ce jour, pour le Figaro Vox, sur la Panthéonisation de Geneviève Anthonioz-de Gaulle, de Pierre Brossolotette, de Germaine Tillion, et de Jean Zay.  L’état d’esprit général est un peu celui du 11 janvier: il faut être pour, béat, admiratif, dans le consensus bêlant. Hélàs, mon esprit critique ne cesse de me démanger comme une vilaine bête. Je trouve, pour être franc, que la récupération de quatre héros, ou victimes de la Gestapo et de la Milice, a quelque chose de désagréable. Des hommes et femmes, à une époque épouvantables, ont pris des risques insensés pour leur vie et ont été martyrisés: ce n’est sûrement pas pour faire l’objet, 70 ans plus tard, d’une opération de récupération non dénuée d’arrière-pensée politicienne. Ce type de cérémonie est inacceptable dans la mesure où elle consiste à utiliser la mémoire de grands hommes ou femmes, sans que leur avis ait pu être sollicité, dans une opération grandiloquente. Personnellement, si j’avais fait quelque chose d’exceptionnel pour mon pays à la faveur d’événements exceptionnels – ce ne sera jamais le cas –  j’aurais eu horreur dêtre panthéonisé, c’est à dire honoré, glorifié, momifié. Tels que j’imagine Pierre Brossolotette et Geneviève de Gaulle, je ne les vois pas non plus courir après une panthéonisation. Il n’est pas normal de jouer avec la mémoire de personnes décédées sans savoir ce qu’elles en auraient pensé, surtout dans un objectif de rcupération. Ni l’histoire, ni les héros n’appartiennent à personne et nul, pas même un chef de l’Etat, n’a le droit moral de trafiquer avec leur mémoire.  Et puis, nous assistons à un étrange paradoxe: l’histoire est délaissée dans l’enseignement, de moins en moins enseignée à travers les personnages et les événements, mais elle est de plus en plus exploitée à des fins de propagande politicienne ou électoraliste. L’un va avec l’autre: moins on la connaît et plus il est facile de la manipuler. Il faut cesser de faire joujou avec l’histoire.

Maxime TANDONNET

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Palmyre ou le crime d’indifférence

téléchargement (5)Depuis trois jours, l’Etat islamique massacre les populations de la ville de Palmyre dont il a pris le contrôle. 127 personnes ont été décapitées, dont 67 civils, femmes et enfants. Et ce n’est que le début. Un tel meurtre de masse de la part de conquérants qui exterminent méthodiquement les populations tombées entre leurs mains est sans précédent depuis l’époque des nazis. Les Etats-Unis, qui ont une part essentielle dans la déstabilisation de la région ne bougent pas. M. Obama est absent. L’histoire ne l’oubliera pas. La France se pavane devant ses triomphes au festival de Cannes, se passionne pour les sondages des présidentielles deux ans à l’avance et détourne pudiquement les yeux devant un épouvantable génocide d’une cruauté inouïe. Les dirigeants pensent à leur réélection. Les médias s’en désintéressent totalement. Les intellectuels, défenseurs des droits de l’homme, donneurs de leçon professionnels et autres ONG sont muets.   La léthargie du monde occidental est une chose, mais les autres puissances qui pourraient intervenir, la Russie, l’Iran, la Turquie, laissent faire passivement. Nous assistons à un véritable crime de non assistance à personnes en danger. Nous regardons souvent avec horreur les lâchetés du passé, la non intervention au Biafra, au Cambodge de Pol Pot, au Rwanda des années 1990. Mais le monde fait pire aujourd’hui car tout le monde sait ce qui se passe là-bas. Il n’a aucune excuse, aucune circonstance atténuante. L’Amérique est à la ramasse. Le Conseil de sécurité de l’ONU se tait. L’Union européenne ne dit rien et ne fait rien. La Ligue arabe est inerte… Silence, on extermine. Dans quelques décennies, si l’on enseigne encore l’histoire, les étudiants se diront: mais comment a-t-on pu laisser commettre de pareilles atrocités, comment le monde a-t-il pu tolérer un tel niveau de barbarie sans bouger d’un pouce?

Maxime TANDONNET

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« Nouvelle histoire de Vichy »

9782213635538-TMa lecture en cours est un ouvrage magistral, de 800 pages, extrêmement fouillé, de Michèle Cointet, « nouvelle histoire de Vichy », Fayard 2011. Voilà un livre d’histoire comme je les adore, indépendant, sans parti pris, d’une richesse d’information inouïe, sur les personnages, les événements, le contexte. L’image d’Epinal d’un régime de Vichy, réduit à l’expression d’une extrême droite revancharde, ne tient pas la route. Le nouveau pouvoir est l’expression de la France dans sa quasi-globalité. Les premiers gouvernements de Pétain reflètent la classe dirigeante d’avant-guerre. L’extrême droite maurrassienne en fait certes partie ( Alibert), mais aussi des technocrates (Bouthillier, Baudouin, Peyrouton), la SFIO (Rivière, Février), le syndicalisme (Belin), les néo-socialistes (qui se sont séparés de la SFIO en 1935), Marquet,  la droite classique (Flandin, Laval, venu au départ de la SFIO), les militaires, (amiral Darlan). Croire que l’abominable statut de juifs est issu de la seule extrême droite est une pure idiotie. Bien sûr, cette dernière a sa responsabilité. Mais il a été rédigé sous l’égide du ministre de l’Intérieur, Peyrouton, présumé bon républicain. Le Conseil d’Etat l’a validé, des juristes insoupçonnables l’ont commenté comme si de rien était dans les revues de jurisprudence, la police et les magistrats – un seul sur 3000 a refusé de prêter serment à Pétain, l’ont appliqué.  A Vichy se sont retrouvés des personnages venus de tous horizons sociaux, professionnels, idéologiques, unis dans une plongée progressive vers l’enfer de la collaboration et de la trahison. Qu’est-ce qui distingue ces hommes de ceux qui ont refusé cette logique – pas forcément des héros de la résistance d’ailleurs? Non pas tellement les idées, mais une éthique personnelle, un mode de comportement, les traits profonds d’un caractère. Un homme ou une femme peut changer d’idées, ou les dissimuler. En revanche, son caractère reste le même ou évolue peu. Je me méfie davantage d’une personnalité que de ses idées affichées. Parmi les attitudes qui me révulsent, j’en vois six qui sont de celles  pouvant conduire au pire, les voici:

– la servilité de caractère, le fait de s’identifier à une idole humaine, de l’admirer, de s’en remettre à son jugement ou à ses faits et gestes;

– le fayotage, la courtisanerie, la flatterie, flagornerie, pour se faire une place au soleil et réussir dans le sillage d’un puissant;

– l’ambition, le carriérisme exacerbé, l’esprit de revanche sociale, l’envie d’être admiré, de réussir à tout prix dans la vie sociale;

-Le cynisme, l’absence de scrupule, de parole et d’honneur, la capacité à nuire, à blesser, dénoncer, donner des coups de poignard dans le dos et l’indifférence au mal causé;

-L’abdication de l’esprit critique de celui qui baigne dans un air du temps et se montre incapable de prendre de la hauteur;

-Le suivisme, faire comme tout le monde, prendre le même train, la même voie que tout le monde.

Eternelle question: si des événements comparables – une débâcle épouvantable, une situation de chaos généralisé et d’asservissement – venait à se reproduire que se passerait-il?   Sans doute quelque chose de comparable, les mêmes comportements de trahison dictés par l’ambition, le carriérisme, qui emporteraient les élites politiques, administratives, judiciaires, médiatiques; et une infime poignée de héros, isolés, sans parti ni structure, peut-être les plus inattendus et les plus improbables, pour refuser la compromission.

Maxime TANDONNET

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M. Valls, la déception

Manuel-VallsPourquoi ne pas le reconnaître? Il faut bien admettre ses erreurs. Au début, j’ai placé quelque espoir dans M. Valls, que reflètent d’ailleurs plusieurs billets passés. Je voyais en lui un personnage pragmatique, ayant envie de réussir, de dépasser le clivage droite/gauche et de travailler au service d’une France réconciliée. Dans le désert politicien français, il me semblait apporter un souffle un peu nouveau, à l’image de Michel Rocard jadis. Les échos que j’en avais de ses proches collaborateurs laissaient filtrer une image d’homme simple, à l’écoute, non colérique ni caractériel. Ma déception est à la hauteur de ces premières impressions favorables. Je suis désolé de le dire, mais M. Valls n’arrive pas à la cheville de Michel Rocard Premier ministre. Son comportement sectaire, agressif, ses prises de position idéologiques (sur le collège notamment), son refus de la concertation et de l’écoute, ses coups de menton, absence de hauteur de vue, ses gestes autoritaristes – à des fins de communication – sonnent faux, comme la nouvelle raquette que j’ai essayée tout à l’heure, au bruit de casserole. Lui aussi, comme tant d’autres,  semble emporté dans le grand courant d’ivresse narcissique qui balaye le monde politique.  Les Français viennent de s’en rendre compte et la cote de M. Valls s’effondre, rejoignant celle de M. Hollande. Le peuple n’est pas parfait, il a tous les défauts que l’on veut, se trompe parfois, mais dans son instinct collectif, face au grand vent de folie des supposées élites, il reste la dernière boussole, le dernier et fragile repère du bon sens.

Maxime TANDONNET

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Irresponsables et intouchables

téléchargement (3)M. Burgaud est droit dans ses bottes, satisfait de son « instruction ». L’affaire d’Outreau a été l’un des plus épouvantables fiascos judiciaires de tous les temps. Des innocents sont restés des années en prison. Un homme s’est suicidé en cellule. Des hommes et des femmes ont été déshonorés, traînés dans la boue, ont subi un calvaire, des familles ont été détruites. Mais l’ex-juge, est content de lui-même: pas un regret, pas un remords, pas un mot pour les victimes de ce fiasco, « ces gens » comme il dit… Et sa carrière se poursuit, comme si de rien était ou presque.  On pourrait aussi parler de cette dame, haut fonctionnaire, présidente de l’INA, prise dans le sac avec une facture de 40 000 euros de taxi, des dépenses personnelles payées sur fonds publics. Elle a perdu son poste mais retrouvé un autre créé pour elle. Quelle image! Et puis ces parlementaires qui, contre toute déontologie, recrutent leur femme, leurs enfants, leur maîtresse et les rémunèrent avec l’argent des contribuables, et sans que personne ne trouve rien à leur reprocher, réélus de décennie en décennie.  Il faut dire que l’exemple vient de haut. Dans un pays ravagé par le chômage – 5,5 millions de sans emplois – un décrochage économique désastreux, une profonde angoisse généralisée, une société déchirée, violente, haineuse, des jeunes en perdition, une extrême droite florissante dans les intentions de vote comme elle ne l’a jamais été même aux pires moments de l’histoire, il est satisfait, content de son bilan, presque jubilatoire, heureux, préparant sa réélection avec un sourire de vainqueur, et déjà en campagne. Tout le monde peut se planter, commettre des fautes énormes avec des conséquences désastreuses. L’honneur d’un homme ou d’une femme, c’est alors de s’excuser, de demander pardon, de reconnaître son échec, ou sa faute, d’en tirer les conséquences, de disparaître, de passer à autre chose. Nous vivons dans une société de privilèges et de corporatisme ou une petite caste d’intouchables et irresponsables, politicienne, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, médiatique, judiciaire, étatique, médiatique, syndicale, fermée sur elle-même se sur-protège, affiche son mépris « de ces gens », comme dit l’autre, et poursuit son chemin avec un sourire narquois aux lèvres, comme si de rien n’était. Nul n’est responsable de ses actes, tout sens de l’honneur a disparu. Le mot « responsable » n’a plus aucun sens. On se moque du monde. Cela ne pourra pas durer éternellement. Enfin, je l’espère.

Maxime TANDONNET

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La troisième guerre mondiale

4773659_48be540dad9d3d53a39c234049512add7f417ede_545x460_autocropL’Etat islamique Daesh poursuit sa progression au Moyen-Orient et la carte des zones occupées s’étend comme une flaque d’huile, un incendie de broussailles, couvrant désormais l’essentiel de la Syrie et de l’Irak. Cet expansionnisme qui bouscule la planète, poussé par une mystérieuse et incompréhensible puissance,  donne le vertige. Le monde occidental, à l’origine des frontières et des Etats en voie de destruction, est désormais vaincu, balayé, inerte, les genoux à terre.  Il paye sa folie furieuse d’avoir voulu imposer un ordre mondial à cette région du monde et ainsi provoqué le chaos. Maintenant, il tremble. Tout s’effondre sous les assauts de Daesh, les droits de l’homme, la démocratie, la mondialisation. Les idiots qui prédisaient « la fin de l’histoire » dans la globalisation heureuse et la démocratie universelle en sont pour leurs frais. Le silence assourdissant des gouvernements, des médias, des intellectuels, sur la tragédie en cours, va-t-il enfin céder devant l’apocalypse? 2014-2015: Nous venons d’entrer dans le XXIe siècle, comme un siècle auparavant, nous étions entrés dans le XXe. La tache noire se répand, inexorablement. L’atomisation d’une région du monde, berceau de la civilisation et principale source de l’approvisionnement en pétrole, annonce sans doute un embrasement général à plus ou moins long terme. Les atrocités commises, surtout contre les femmes et les enfants, les destructions des ruines archéologiques, patrimoine universel, se présentent comme la négation de l’idée même d’humanité.  L’inertie des dirigeants du monde occidental, ou l’insignifiance de leur réponse a quelque chose de tragique sinon de criminel. Les autorités morales, abasourdies, se terrent dans un silence complice de la terreur.  La France est entrée en campagne électorale, deux ans à l’avance, et plus rien ne compte déjà, aux nombrils ambulants qui composent la classe politique, que la préservation ou la conquête des fromages de la République. Les années 1936 et 1938 sont de retour, le même aveuglement, la même naïveté obtuse, la même lâcheté, la même bêtise, face à une menace un peu plus lointaine géographiquement, mais désormais presque aussi effroyable. Bon sang! Quand va-t-on se réveiller et  ouvrir les yeux ? Avons nous perdu une bataille ou avons nous perdu la guerre?

Maxime TANDONNET

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« La société bienveillante »

téléchargementLa lecture de la motion A du parti socialiste, majoritaire, celle qui soutient le gouvernement est passionnante: un long sermon d’une douzaine de pages qui débouche en conclusion sur un nouveau concept fondateur: celui de « société bienveillante »: « Et au-delà des valeurs durables du socialisme, l’égalité sans laquelle il n’y a pas de liberté, la laïcité, l’internationalisme, le féminisme, le progrès social et écologique, la nouvelle social-démocratie doit porter l’idée d’une société bienveillante. Une société bienveillante, c’est une société de droits et de devoirs, à la fois attentive à chacun et demandant à chacun d’être attentif aux autres : le respect des règles, bien sûr, le sens des limites, aussi, face à tous les extrémismes et à tous les obscurantismes, mais également le goût du commun, du partage, le soin des autres, l’attention aux générations futures. Donner un sens à l’action pour le pays, mettre de l’engagement dans chacune de nos vies, bâtir du commun, voilà qui donnera une force nouvelle à la France. » En guise de programme et de mesures concrètes pour combattre le chômage, l’insécurité, le risque terroriste, le déclin économique, la crise de l’éducation, les tensions identitaires, le parti socialiste propose une formule: la société bienveillante. La société bonne, gentille, aimable, se voit érigée en principe de gouvernement, en fondement d’une politique. Evidemment, la bonté, la gentillesse, l’ouverture, l’amour du prochain sont surtout de façade, un principe de communication qui n’empêche pas de haïr, vomir une « droite » coupable de tous les maux. En tout cas, ce document qui émane du parti à la tête du gouvernement est révélateur de la vision actuelle du pouvoir, de nature abstraite, moralisatrice et incantatoire, détachée des  réalités, du vécu quotidien, négation de la politique au sens noble poussée  son paroxysme. L’expression de la « bienveillance » dont le parti se réclame désormais s’adosse à son antithèse, citée plusieurs fois dans le texte, « l’extrême droite réactionnaire ». Le « bien » ne se conçoit que par l’existence du « mal » et afin d’assurer la promotion de ce dernier, une dose de « proportionnelle » aux législatives et l’éternel serpent de mer depuis 1981 du « vote des étrangers » sont annoncés. Pour exister malgré le néant, rien ne vaut une bonne dose de repoussoir « fasciste ». Que resterait-il du parti socialiste, d’ailleurs, sans la menace fasciste qui comme chacun sait, pèse sur la France? Le parti socialiste, à l’image de la classe politique française dans son ensemble d’ailleurs, a quelque chose d’une fuite en avant dans  le rêve, un univers mental où le bien pur qu’il incarne s’affronte au mal réactionnaire, où règnent les mots creux, d’une bulle de savon  qui ne cesse de dériver et de s’éloigner du monde réel, celui des « gens », de la population, de la majorité silencieuse. Gouverner ce n’est pas choisir, décider, agir. Gouverner c’est paraître.

 Maxime TANDONNET

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Mai 2015, l’anti-mai 1968

charente-grande-manif-mardi-matin-contre-la-reforme-des-coll_491040_536x330Un mois de mai sous le signe de la contestation, même embryonnaire, ce n’est jamais bon signe. Les ingrédients d’une crise politique sont désormais réunis autour de la réforme du collège. Ses principales mesures font la quasi unanimité contre elles: toute l’opposition de droite, la gauche mélenchonniste, M. Chevènement, les syndicats d’enseignants, l’ensemble de la presse. La Premier ministre en fait une question de principe: « cette réforme se fera quoi qu’il arrive »vient-il de déclarer ce matin. Quand un chef de gouvernement s’exprime ainsi, ce n’est jamais non plus bon signe. Le pouvoir, affaibli et usé par l’impopularité s’enferme dans une réforme dont personne ne veut et nul ne voit le véritable intérêt même si M. Valls la qualifie de « révolutionnaire ».  Mais sur quoi se cristallise le rejet? Etrangement, la défense de l’enseignement du Latin. La société française droite et gauche confondues, se mobilise sur une matière qui renvoie à la tradition, aux racines, non pas à l’élitisme comme il est dit de façon mensongère, mais à l’excellence. En 1968, la contestation voulait faire table rase du passé. La suppression de l’enseignement des langues dites « mortes » était à son programme. En 2015, la contestation – à l’état d’amorce –  veut au contraire sauvegarder les racines intellectuelles du pays. Beaucoup de révolutionnaires de mai 1968 se disaient maoïstes, préconisant la politique de la « page blanche ». Aujourd’hui, c’est le contraire. La protestation, par la voix même de M. Mélenchon, comble du paradoxe, fustige une réforme qu’il qualifie de « maoïste ».  Quand le rejet d’une réforme se cristallise ainsi en symbole, faisant la quasi unanimité contre lui, le danger est grand pour le pouvoir en place. Mai 2015 contre les derniers feux de mai 1968.

Maxime TANDONNET

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Justice et politique

imagesLes commentaires et les réactions qui font suite au verdict du procès des policiers suspectés de non assistance à personne en danger ayant entraîné le décès de Zied et Bona en 2005 , sont révélateurs d’une immaturité française. Le tribunal a estimé que les charges n’étaient pas réunies pour condamner les inculpés. Point! Les tentatives d’exploitation de ce verdict et provocations par l’extrême droite (la petite fille a parlé de « racailles ») voire même la droite (« les gens n’ont qu’à élever leurs enfants », les deux victimes étant présumées « délinquants »), sont dans le contexte de deux enfants morts électrocutés, particulièrement salaces, honteuses il faut bien le dire. Je ne pense pas que les policiers innocentés se satisfassent de pareilles récupérations. Que veulent  les gens qui cherchent à exploiter ce verdict à des fins extrémistes, politiciennes? Rallumer le feu? Mais l’attitude des associations qui appellent à manifester contre le verdict est tout aussi détestable, irresponsable. A l’issue de 10 ans de procédure, les magistrats en charge du dossier, qui l’ont épluché sous toutes les coutures, ont considéré que les policiers étaient innocents. Et alors? Nous sommes dans un Etat de droit. Les condamnations se font sur des charges, des accusations. La justice les a innocentés parce qu’elle ne les a pas jugés coupables. Nous avons là un signe qu’elle fait son travail et n’est pas, otage d’idéologies gauchisantes, comme il est dit si souvent. Dans un Etat de droit, on ne condamne pas des personnes sans les preuves, les certitudes de leur culpabilité. Sinon, ce n’est plus un Etat de droit mais un Etat totalitaire. La justice a tranché.  Il faut respecter son verdict et ne pas chercher à la récupérer à des fins politicardes indignes. Sinon, on entre dans une logique de guerre civile. Sinon, ce sera la guerre civile.

Maxime TANDONNET

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L’esprit de Munich

Bundesarchiv_Bild_183-R69173,_Münchener_Abkommen,_StaatschefsL’image des accords de Munich a été hélas bien souvent galvaudée, utilisée à tort et à travers pour justifier n’importe quelle guerre. Le 29 et le 30 septembre 1938, le Français Daladier, le britannique Chamberlain, sous l’influence du dictateur italien Mussolini, abandonnaient la Tchécoslovaquie au Füher allemand Adolf Hitler en pensant ainsi sauver la paix. La nouvelle était accueillie dans un délire d’enthousiasme par la foule parisienne, la presse dans sa majorité et la quasi totalité des la classe politique, à l’exception de quelques individualités, et il faut bien le dire, du parti communiste.  Aujourd’hui, l’esprit de Munich poussé à son paroxysme, règne sur le monde occidental. Dans l’indifférence générale, l’Etat islamique Daesh est en train de mettre le Moyen-Orient à feu et à sang. Il extermine les populations civiles, en particulier la minorité chrétienne d’Orient, massacre, torture, réduit en esclavage, détruit les Etats et les frontières, menace de porter le fer et le sang en Europe. Son expansion se poursuit avec la grande ville de Ramadi qui vient de tomber. Face à lui, la passivité, le silence, l’absence de réaction des responsables politiques nationaux est ahurissante. Cette barbarie d’un nouveau genre qui se déploie à la faveur de la lâcheté ambiante, laisse craindre le pire pour l’une des merveilles du patrimoine de l’humanité – Palmyre. La France, par exemple, mais elle n’est pas la seule, se vautre dans une médiocrité sans nom. Le festival de Cannes, et la petite culotte de Sophie Marceau,  intéressent davantage notre pays que l’agression sauvage contre la civilisation qui est en cours. Les dirigeants font la politique de l’autruche et ne veulent pas choisir entre le pouvoir syrien et  Daesh, comme d’autres ont si longtemps refusé de choisir entre l’URSS et l’Allemagne nazie.  L’histoire ne se répète jamais à l’identique mais la lâcheté et la bêtise humaine sont toujours les mêmes. Il est insupportable que le monde occidental, après avoir tant contribué à répandre le chaos au Moyen-Orient, ferme aujourd’hui les yeux sur la montée de cette nouvelle barbarie. Une certitude: un jour où l’autre, il paiera une nouvelle fois sa lâcheté au prix le plus fort.

Maxime TANDONNET

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La tyrannie de l’oubli

Cuban President Fidel Castro stands at Havana's Jose Marti airport after sending doctors and medical personnel to Armenia to treat earthquake victims in this May 10, 1978 file photo. Castro, who has not been seen in public for 16 months, suggested on December 17, 2007, that he might give up his formal leadership posts, the first time he has spoken of his possible retirement since he fell ill.    REUTERS/Prensa Latina/Files (CUBA)

La mémoire est une source de résistance. La personnalité, l’identité s’ancrent dans les souvenirs, la connaissance du passé, de l’histoire, du réel, des événements tels qu’ils se sont produits. Les manipulations, la soumission, la servilité se construisent sur la page blanche. Le saccage des programmes de l’éducation nationale, la destruction de l’enseignement de l’histoire – une tendance longue, qui ne date pas d’hier – la suppression de l’enseignement du latin et du grec relèvent du même état d’esprit: bâtir une société de clones interchangeables, décérébrés, volatiles. L’obsession de toute tyrannie: détruire l’esprit critique.  A Cuba, M. Hollande a « rencontré l’histoire » en serrant la main de  Fidel Castro, dans la béatitude générale du monde médiatique. Souviens toi! Remember! Recuerda!: Cuba, les prisonniers politiques, les exécutions d’opposants, le soutien inconditionnel à l’Union soviétique, les missiles dirigés contre les Etats-Unis, la ruine économique d’un pays d’une pauvreté inouïe, la police politique, le culte délirant de la personnalité, les réfugiés – boat people – fuyant par tous les moyens le pays pour gagner les Etats-Unis, la dictature communiste impitoyable…  Tout est oublié. Nous observons en ce moment, dans la panique d’un pouvoir qui se dérobe, un étrange mélange de narcissisme présidentiel absolu, mélangé à l’apathie d’une France d’en haut décervelée, abrutie d’ignorance et d’oubli.  Le résultat est effroyable…

Maxime TANDONNET

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