Les non responsables (ou irresponsables)

L’audition de Mme Buzyn, ancienne ministre de la santé devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale était pleine d’enseignement. Elle n’avait rien à se reprocher. Depuis le début, tout s’était parfaitement passé. Tout avait été correctement anticipé, maîtrisé, sans le moindre doute, sans la moindre faille.  Il en est ainsi de l’ensemble des acteurs de cette crise. Les choses ont été impeccablement gérées par tout le monde. Depuis le début des événements, pas l’once d’un regret, d’une excuse. Tout le monde est merveilleusement droit dans ses bottes. Du passé, faisons table rase. Oublier, tout peut s’oublier. Les cotes de popularité remontent aussi vite qu’elles ont chuté. Celle du Premier ministre suit une courbe ascensionnelle vertigineuse dans l’extase médiatique. Les fautes de communication n’ont jamais existé.  Le 11 mars, cet appel surréaliste aux Français en pleine pandémie, à ne pas avoir peur et à continuer de vivre comme si de rien n’était, à prendre les transports (sans masque évidemment), se rendre au travail, au spectacle, etc.? Combien de victimes dues à cet appel? Oublié, cela n’a jamais existé. Le matraquage obsessionnel des plus hautes autorités du pays, pendant  deux mois, sur les masques supposés « inutiles », « ne servant à rien »? (avant qu’ils ne fussent rendus obligatoires). Fini, oublié, cela n’a jamais existé. 30 000 morts, l’un des pires bilan planétaire en moyenne par habitant? Fini, oublié, cela n’a jamais existé. La tragédie des EHPAD? Finie, oubliée, cela n’a jamais existé. L’anéantissement pendant un mois et demi de la liberté individuelle par un confinement zélateur et arbitraire, assorti de brimades invraisemblables, un désastre économique qui est l’un des plus calamiteux en Europe et dans le monde? Aucun souvenir, aucun regret, pas une once d’excuse. Tout le monde est parfaitement droit dans ses bottes, non responsable, irresponsable. Tout le monde a été formidable. Tout le monde est content. « Le monde d’après? » Nous y sommes enfin… La marche vers un « nouveau chemin » est lancée, après le nouveau monde. Pour le reste c’est fini, passé, terminé effacé… La roue tourne. Et dans tout ce marasme, nul n’a entendu la moindre once d’un regret, d’une excuse aux Français. La France est passée à autre chose un nouveau gouvernement, un nouveau chemin, et tant pis pour les morts, les deuils et les malheureux qui ont perdu leur job. Une nouvelle grande aventure de deux ans commence dans un pays comme anesthésié, abruti, indifférent : la réélection de Jupiter en 2022 contre « le mal absolu ».

Maxime TANDONNET

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L’effarante stupidité d’un système

Un remaniement ministériel est, paraît-il, en préparation. Serait-ce dans la quête du meilleur gouvernement possible pour faire face aux tragédies en cours – l’explosion du chômage et de la pauvreté, de la dette publique, la « crise migratoire », la fragmentation de la France et sa violence croissante, le déclin économique du pays, l’effondrement de son niveau scolaire? Evidemment, non. La question est uniquement de savoir quel est le dosage le plus adapté à la réélection présidentielle de 2022. Faut-il davantage d’affichage écologique pour répondre à la vague verte, ou pencher à « droite » en guise de signal à la France profonde? La bêtise est partout: dans le conformisme bêlant du système politico-médiatique comme dans la petite cervelle de ceux qui se croient indispensables. Les cimetières en sont pleins, dit-on. C’est ainsi que la politique française, depuis de nombreuses années, ballottée au gré des modes idéologiques hebdomadaires et de l’air du temps, n’a plus d’autre boussole que la conquête ou la préservation du trône élyséen. Le destin de la France et des Français n’existe plus, ou seulement comme outil de propagande. Plus personne ne songe à gouverner dans l’intérêt collectif et de long terme. La politique n’est plus qu’hystérie et spectacle grandiloquent. Le système politico-médiatique, presque par définition, ne peut pas produire d’homme d’Etat déterminé à briser cette sinistre logique. Il est entièrement conditionné par l’exposition médiatique qui fabrique de toute pièce une popularité ou une notoriété. Or, le pouvoir médiatique ne saurait produire autre chose que l’infinie médiocrité à son image, de l’extrême gauche à l’extrême droite, c’est-à-dire des personnages foncièrement médiocres, sur le plan du caractère comme de l’intelligence. Et c’est ainsi que de décennie en décennie, privée de gouvernement et de sens républicain (au sens large, de la res publica), la France vogue d’une médiocrité à l’autre, sombre dans l’exubérance narcissique, comme un navire qui fait naufrage, et s’éloigne toujours davantage de la notion d’intérêt général et de destin commun.

Maxime TANDONNET

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« Réinventer la France »

La formule, « réinventer » la France, est à la mode. Elle provient, semble-t-il, de plusieurs allocutions présidentielles. Il faut se « réinventer ». Selon un sondage, M. Philippe serait le mieux placer pour réinventer la France, devant M. Hulot et le professeur Raoult. Que signifie « réinventer »? Le petit Robert, à la rubrique « réinventer », n’aide pas beaucoup: « inventer de nouveau ». Quant au mot inventer, il a trois significations, selon la même source: « 1/ créer ou découvrir; 2/ Imaginer pour un usage particulier; 3/ Imaginer de façon arbitraire, sans respecter la vérité, la réalité. Nous y voilà… Réinventer, veut dire concevoir un autre monde, tout supprimer pour tout refaire. Le principe de la table rase est une vieux concept français: « Celui qui ose entreprendre d’instituer un peuple doit se sentir en état de changer pour ainsi dire la nature humaine, de transformer chaque individu » (Rousseau, le Contrat social). Le principe de la table rase fut à la source de la Terreur de 1793-1794 et se retrouve dans les totalitarismes du XXe siècle visant à la transformation de l’humanité (communisme, fascisme, nazisme). Le discours actuel de la « réinvention » porte évidemment cette réminiscence lointaine qui imprègne les cerveaux de la France d’en haut. Mais surtout, il exprime un mépris infini pour le pays, la majorité silencieuse. Quand le pouvoir politique se révèle incapable de régler les grands problèmes de l’heure, le chômage, les déficits, la violence, l’insécurité, la pauvreté, la fragmentation, la maîtrise des frontières, il fuit dans la grandiloquence, la magnificence, le culte des grands mots vides. Puisque nous sommes incapables de diriger le pays, de traiter ses difficultés et ses inquiétudes, après l’avoir transformé, il faut maintenant le réinventer. Qui imagine un seul instant le dirigeant à peu près sérieux, ou convenable, d’un autre pays,  par exemple Mme Merkel, vouloir réinventer l’Allemagne? « Vous inquiétez pas, M’sieur-dame, nous allons vous réinventer! » Mais la France n’a pas besoin d’être réinventée. Des dizaines de millions de Françaises et Français travaillent et vivent dignement, éduquent leurs enfants, menant une vie respectable, ou bien rêvent de pouvoir travailler. La France est un beau pays, par son histoire, sa littérature, sa langue, ses paysages, son peuple. Elle n’a pas besoin d’être réinventée. La France a besoin d’être gouvernée: c’est un autre programme!

Maxime TANDONNET

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Inquiétant scrutin municipal

Gigantesque taux d’abstention (60%) pour une élection municipale, poussée de l’alliance gauchisante vert-socialistes dans les centre-villes boboïsés… Le vote d’hier donne de bonnes raisons de s’inquiéter pour l’avenir. Le pays est blasé, indifférent, assommé par les échecs, les scandales, la dérive mégalomaniaque du régime, son impuissance viscérale, son naufrage dans le chaos. Même l’élection des maires ne l’intéresse plus. Il s’en fout. Et dans ce contexte, une petite minorité d’activistes bien-pensants profite de la situation. C’est toujours la même histoire, de petites minorités fanatisées qui gagnent à la faveur de l’apathie générale. A Bordeaux, les commentateurs jubilaient, dans un contentement hystérique. Oui, la gauche revenait au pouvoir, un maire de gauche, enfin, après 75 ans! Le dernier, il faut dire, Adrien Marquet, n’avait pas laissé que de bons souvenirs…  Mais l’ignorance crasse des perroquets de la télévision faisait peine à voir. Quant au duo magique des sondages, le Pen/Macron, il était bien à la peine au vu des résultats d’hier soir. Pourtant, pire que le pouvoir macronien est possible : l’alliance écolo-socialiste, bénéficiant de l’apathie générale, du découragement, de l’indifférence de la nation, arrive avec de belles idées: vitesse limitée à 110 km/h sur autoroute, accueil généralisé et sans limite, fin du nucléaire sans recours aux énergies carbones. Alors quoi? anéantissement de l’industrie, décroissance, retour au Moyen-âge, chaos général, quand la France compte 5 millions de chômeurs? Jubilez, jubilez! Visages de la bonne conscience éclairée: le culte de la table rase sous le masque souriant. Demain, des larmes et du sang,  France irrémédiablement foutue.  Les abstentionnistes seront les premiers à pleurnicher sur le chaos et l’écroulement du pays. Mais qui seront les responsables?

Maxime TANDONNET

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La faute suprême

Le « nouveau chemin » qu’Emmanuel Macron compte emprunter pour la fin de son mandat ne sera peut-être pas tant affaire de changement de ligne que de réaffirmation d’une méthode : celle de « l’hyperprésidence » des débuts […] Le président a la volonté, dans les deux prochaines années, de gouverner lui-même. Il veut être maître de son destin et de sa réélection, affirme son entourage. Ces quelques lignes, tirées d’un article du Monde (27 juin), condensent toute la tragédie de la vie politique française. Un seul homme ne dirige pas un pays. Le pilotage d’une nation est une oeuvre collective et complexe. Il ne se conçoit pas sans puissantes courroies de transmission: Premier ministre, ministres, services publics, Parlement, députés et sénateurs, élus régionaux et municipaux, réseaux d’influence, etc. Il est rigoureusement impossible sans un climat de large confiance populaire qui permet aux directives d’en haut d’être écoutées, comprises ou admises et appliquées sur le terrain. Dès lors que le gouvernement d’un seul est inconcevable, aujourd’hui comme hier, il se métamorphose en spectacle grandiloquent et stérile, déconnecté de la réalité. L’illusion médiatique et les gesticulations voire les provocations se substituent à l’action. D’où l’escalade verbale (« nouveau monde », « transformation de la France », « refondation », « réinvention », « nouveau chemin », etc.), sur fond d’effondrement général – économique, financier, social, sanitaire, sécuritaire, intellectuel – et d’impuissance chronique. Quant à l’obsession narcissique de la réélection, qui se substitue à l’intérêt général ou bien commun comme but en soi de la politique, elle n’est pas seulement inadmissible sur le plan des valeurs démocratiques ou républicaines: elle est mortelle, empoisonnée, pour l’avenir de la nation qu’elle entraîne comme un boulet au fond de l’abîme.

Maxime TANDONNET

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Une justice politique?

Dans justice, il y a le mot juste. L’autorité judiciaire au sens large a pour mission de dire le droit, dans la plus parfaite neutralité, par delà les clivages idéologiques ou partisans. Elle est à cet égard le socle de l’Etat de droit, la poutre maîtresse de l’Etat. Toute forme de partialité ou soupçon avéré de partialité  de l’institution judiciaire est synonyme de ruine de l’Etat de droit et de la res publica, la République au sens le plus noble du terme, la communauté politique. Après les révélation de l’ancien procureur financier sur les pression dont elle a fait l’objet lors de l’affaire Fillon (2017), l’hebdomadaire le Point fait état de graves dérives dans le déroulement des procédures ouvertes contre l’ex-président Sarkozy. Tout cela commence à faire beaucoup. Comme le dit si bien M. François Xavier Bellamy (député européen): le coeur de l’Etat de droit est menacé. 

« Cette affaire est d’une immense gravité. Elle est le symptôme d’une instrumentalisation de la Justice par les gouvernements qui se sont succédé. Il y a ici une procédure qui menace le cœur de l’État de droit » « Quand des avocats sont placés sous surveillance, géolocalisés, que leurs relevés téléphoniques sont épluchés sans connexion apparente avec le dossier, sans qu’aucune infraction ne puisse être relevée à leur encontre, c’est d’une très grande gravité » « Je crois qu’il est absolument fondamental que ces dysfonctionnements très graves soient l’objet d’une investigation résolue, indépendante qui permette de faire la lumière totale […] et que les responsables soient sanctionnés » « Le parquet national financier été utilisé par le pouvoir non pas au service des Français mais au service de ses propres intérêts. Je ne sais pas s’il faut le dissoudre mais il y a des verrous à créer pour garantir la transparence nécessaire »

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Bêtise, médiocrité et barbarie

La statue de Colbert devant l’Assemblée nationale a été taguée cette nuit et ce grand homme d’Etat traité de « salopard »sur des médias éblouis. Churchill, le vainqueur de l’Allemagne nazie, a été saccagé en Angleterre, demain chez nous, toutes les statues de Jeanne d’Arc, d’Henri IV, de Louis XIV, de Voltaire et Montesquieu, de Bonaparte, de Victor Hugo, de Jaurès, de Pasteur, de Clemenceau, du général de Gaulle et de Jean Moulin subiront le même sort. Et les monuments aux morts. Mais si, mais si! Le message est clair: il est temps de déboulonner l’histoire de France. La logique de la table rase, fondement des systèmes totalitaires, est à l’oeuvre dans un climat d’apathie générale. Détruire les oripeaux du passé pour engendrer l' »homme neuf » rêvé par Lénine, Staline, Mussolini, Hitler, Mao et Pol Pot. Une convention de 150 citoyens soi-disant tirés au sort propose de réduire la vitesse à 110 kmH sur autoroute pour « sauver le climat ». Et cela passe, tout naturellement: triomphe de l’idiotie. A Marseille, Toulouse, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, les Verts effectuent une spectaculaire percée et pourraient l’emporter. Souvenir de la gauche plurielle de 1997 à 2002, les belles 35 heures qui ont ravagé l’économie et le société française. Pourquoi pas? Il est même question de 28 heures hebdomadaires désormais… A Grenoble, ils ont répandu l’insécurité, la paupérisation, le ghettoïsation mais qu’importe, la mode est au Vert-climat. Dans la capitale, Notre-Drame de Paris est en excellente position. Tout est oublié, la crasse parisienne, l’insécurité, la violence, le bétonnage, le désastre de la circulation et la pollution… L’élection de 2017 et le « fillongate » revient dans l’actualité à travers les déclarations du procureur financier qui révèlent à quel point le scrutin a été faussé et manipulé, la justice instrumentalisée, la démocratie saccagée, martyrisée, assassinée. Mais tout cela passe dans la plus totale indifférence. Un sondage donne déjà au second tour deux ans à l’avance, la victoire de M. Macron contre Mme le Pen (55/45), ce fameux duel, répétition de 2017. Les Français ont tout l’air de s’accommoder de ce scénario minable, emblématique de la médiocrité ambiante et du triomphe de l’apathie, de l’inculture et de la bêtise nationale. La France des années 2020, la France des années Le Pen/Macron…  Aucun signe de réveil, d’une prise de conscience ou résistance intellectuelle, encore moins de révolte démocratique ni de rébellion. Le niveau scolaire des élèves de cinquième aujourd’hui  est équivalent à celui du CM2 en 1987. L’effondrement s’accélère. Tout cela serait-il le fruit d’un demi siècle de crétinisation par l’écroulement du niveau scolaire et l’emprise des médias télé-radios sur les cerveaux? Subrepticement, la bêtise ramène le despotisme et la barbarie. Mais alors, que faire?

Maxime TANDONNET

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Lecture: Barbarossa, la guerre absolue, 1941, Jean Lopez et Lasha Otkhtmezuri, éditions passés composés, 2019

Barbarossa, la guerre absolue est un épais volume de près de 1000 pages d’une rare densité. Il porte essentiellement sur la période qui s’étend du 21 juin 1941, début de l’offensive hitlérienne, à l’échec devant Moscou en décembre/janvier. Le livre extrêmement bien documenté, est riche d’informations sur les rapports de forces, le nombre des victimes, le déroulement des batailles, assorti de nombreuses cartes permettant de suivre leur déroulement avec, en toile de fond, le duel de deux dictateurs sanguinaires qui rivalisent en cynisme et de cruauté.

Au départ, il y a la phénoménale perfidie d’Adolf Hitler: l’anéantissement de l’URSS est un objectif fondamental chez lui, en germe dans Mein Kampf, planifié dès l’été 1940, de nature à la fois idéologique – la destruction d’un régime qu’il qualifie de « judéo-bolchevique » – et territorial, à travers le dessein de germaniser l’ensemble de l’Europe orientale, dont l’Ukraine et la Russie, qu’il voue à la colonisation allemande et à l’esclavagisme. Ce rêve apocalyptique, produit des délires d’un cerveau malade, est au centre de l’idéologie nazie.

Ainsi, le pacte Staline-Hitler de non agression du 25 août 1939, suivi d’un substantiel développement de la coopération économique entre le Reich et l’Union soviétique (matières premières soviétiques contre produits finis allemands), n’était qu’un leurre hypocrite. Quand Hitler lance l’opération Barbarossa, le 21 juin 1941, plusieurs millions d’hommes et des dizaines de milliers de chars partant dans la nuit à la conquête de l’URSS, le Tsar rouge s’enfonce dans le déni le plus total. Il refuse de croire ses généraux qui lui affirment que la bataille est en cours  et continue de donner l’ordre impérieux d’éviter toute provocation envers les Allemands. Après quelques jours, quand il prend conscience de la gravité de la situation, le front est défoncé et les blindés de Halder (chef d’Etat major) Leeb, Von Bock, Guderian, von Rundstedt, Von Manstein, déferlent sur les Etats baltes, la Biélorussie, l’Ukraine… Le lecteur est sidéré par l’aveuglement, on ose dire, la bêtise de Staline l’autocrate absolu qui se venge de sa propre faute en faisant fusiller les officiers coupables de reculades.

Les ordres donnés par le Führer à la Wehrmacht sont guidés par le but d’extermination des Juifs et responsables ou commissaires soviétiques qui dans son cerveau dément ne font qu’une seule et même réalité. Les Einsatzgruppen, commandos formés de SS et de soldats spécialisés, ont pour mission de massacrer les populations civiles après le passage des armées. La terreur barbare qui sévit est indescriptible. Dans les villes conquises, comme Minsk et Kiev, le premier acte et de rassembler les Juifs, par dizaines ou centaines de milliers, hommes, femmes et enfants de tous âges (y compris les nourrissons dans les bras de leur mère), de les conduire dans les fosses à chars et de les exterminer à la mitrailleuse.

Mais on commettrait une immense erreur d’opérer une distinction radicale entre les SS et les généraux de l’armée régulière, les officiers et les soldats. Tous ont été complices, volontaires, actifs ou passifs, dans cet opération hitlérienne d’anéantissement. Les prisonniers de guerre soviétiques, 2 à 3 millions, sont soit massacrés soit exterminés par la faim et le typhus. Car le but est bien de destruction d’une population auquel l’armée régulière allemande a totalement adhéré: alors que Léningrad est à portée des panzer germaniques, ordre est donné de ne pas entrer dans la ville, mais de l’assiéger pour affamer et anéantir ses habitants jusqu’au dernier. Les généraux et leurs subordonnés s’y sont prêtés sans état d’âme.

Ce tableau étouffant, d’une armée de bourreaux sanguinaires et de tortionnaires sadiques (exemple de cet officier lambda qui rattrape une petite fille handicapée pour la liquider d’une balle dans la tête), comporte parfois, rarement, un souffle d’humanité à l’image de ce soldat allemand qui écrit à sa femme: « Abandonnés à un fou, nous devrons rester encore des années dans ce pays pouilleux. J’en ai plus qu’assez. Tout espoir en une fin prochaine est trompeur tant qu’un morceau de cette terre est livré à la volonté criminelle et à l’ambition maladive d’un dingue [Hitler]. Je suis plein de haine sans fond. On nous a abandonnés ici à un destin inhumain. » 

Un dingue, mais aussi un crétin vaniteux, qui se targuait de visions prophétiques mais s’est trompé du tout au tout: l’armée russe devait s’effondrer en quelques semaines et l’Etat bolchevique se désintégrer dès les premiers coups de boutoirs. Mais c’est le contraire qui s’est produit, l’attaque bestiale de la Wehrmacht provoque un sursaut nationaliste russe et une mobilisation du gigantesque potentiel démographique de ce pays. La résistance, orchestrée par le maréchal Joukov et le « général hiver » (- 25 à -30°, même si les auteurs tendent à minimiser ce facteur) parvient à repousser les divisions allemandes, exsangues, devant Moscou en novembre-décembre 1941 puis à les faire reculer de 100 km. Dès lors, l’échec de Barbarossa devient quasi certain et aussi de l’un des crimes les plus abominables de l’histoire de l’humanité, l’assassinat prémédité de 5 millions de civils dans des conditions d’une horreur indescriptible et dans un but délibéré d’anéantissement, parce qu’ils étaient Juifs ou parce qu’ils étaient Slaves.

Il faut lire ce livre pour avoir conscience de ce que des êtres humains – pas seulement des SS, mais des officiers et soldats représentatifs d’une population – sont capables d’infliger à leurs semblables, le plus banalement et naturellement du monde.

Maxime TANDONNET

 

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De qui se moque-t-on?

Les semaines passées, en vertu de la lutte contre l’épidémie de covid, 19 une chape de béton totalitaire s’est abattue sur la France: assignation à résidence forcée de tout le pays, instauration d’un sauf conduit obligatoire, répression impitoyable contre les personnes âgées, les familles avec enfants, interdiction des marches solitaires en forêt, sur les plages, en montagne et des pratiques sportives, fermeture des bars, restaurants, salles de spectacles, bannissement des réunions, des voyages et de tout déplacement, ruine de l’économie nationale sciemment organisée. L’a-t-on déjà oublié? Et puis soudain, hier soir, à l’occasion de la fête de la musique, tout était permis, embrasement collectif, rassemblement de milliers de personnes, embrassades hystériques. Or, le virus court toujours et continue de tuer… Tout ceci à un sens: vous pouvez saccager nos libertés, la démocratie, l’Etat de droit, anéantir l’économie française, plonger le pays dans l’endettement et le chômage de masse, ruiner les artisans, commerçants, restaurateurs, poussés au suicide: qu’importe! Laissez-nous faire la fête!

Maxime TANDONNET

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Les « techno-émissaires » (pour Atlantico)

  1. Trois ans après le début de son quinquennat, Emmanuel Macron semble ressentir l’entrave de l’administration dans l’exercice de son action. Est-ce une réalité ou une manoeuvre politique ?

L’idée que la haute administration met les bâtons dans les roues du chef de l’Etat me semble particulièrement fallacieuse. L’actuel président de la République, dans l’ensemble, a les faveurs de la haute fonction publique qui a voté pour lui. Son idéologie coïncide largement avec celle dominante de la haute administration dont il est d’ailleurs un authentique produit. Imaginer que la technostructure s’acharnerait à bloquer l’action de politiques qui pensent et sentent comme elle, est un cliché. C’est d’ailleurs mal connaître l’esprit de la haute administration, plutôt soumise et obéissante, que de l’imaginer sabotant les initiatives des politiques. S’il y a un reproche à lui faire, dans son ensemble (car il y a des exceptions) c’est plutôt celui de l’excès de conformisme. L’Etat a besoin de serviteurs loyaux, mais capables de penser par eux-mêmes, d’exprimer leurs désaccords avec le pouvoir politique et de les assumer.  Tel n’est généralement pas le cas, malgré des exceptions. En revanche, quand les dirigeants politiques déçoivent ou s’effondrent, ils cherchent des boucs émissaires. La haute fonction publique est évidemment le coupable idéal désigné par les dirigeants politiques pour se défausser de leurs propres fautes. S’attaquer à la « technostructure », l’accuser de tous les maux, est un grand classique dans ce pays.

 Alors que le président s’est souvent montré audacieux dans sa communication, peut- on pour autant estimer que son action politique, si elle pouvait être libérée de la contrainte administrative, serait audacieuse sur le fond ?

 Les contre-pouvoirs et les obstacles à l’action publique ne tiennent pas, pour l’essentiel, à la haute administration, mais à des évolutions de long terme qui ont été voulues par les politiques : transfert des pouvoirs à Bruxelles (par exemple en matière monétaire), décentralisation des compétences, suprématie des juridictions qui imposent leurs jurisprudences (conseil constitutionnel, cour de justice européenne et cour européenne des droits de l’homme), poids de la dette publique qui obère les marges de manœuvre budgétaires, puissance de la rue et des media, etc… A cela s’ajoute la frilosité des dirigeants qui songent avant tout à conserver leur place ou à être réélus et reculent devant les risques de l’action. Tout le malheur de la politique française vient du décalage entre les annonces ou promesses tonitruantes et la réalité infiniment complexe. Pour compenser l’impuissance publique, l’incapacité à changer les choses, le politique fuie le monde des réalités par des communications toujours plus fracassantes (« le nouveau monde, la transformation de la France, la refondation, la réinvention, le nouveau chemin, etc. »). Les mots et les formules servent à cacher l’immobilisme. Mais de fait, les gens sont beaucoup plus lucides que ne le pensent les politiques et ils se rendent parfaitement compte de cette contradiction fondamentale.

Maxime TANDONNET

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Piège à con?

Faudra-t-il admettre que les gauchistes qui scandaient en mai 1968 « élections piège à cons » n’avaient pas tout à fait tort? Les révélations de l’ex-procureur financier ne nous surprennent pas vraiment. Nous nous doutions que « l’affaire Fillon » était le fruit d’une manipulation électorale de premier plan. Ses déclarations relatives aux pressions subies, aux instructions qui lui ont été données pour accélérer – précipiter – la procédure, provoquer une mise en examen de M. Fillon en quelques jours, et non en quelques mois ou quelques années, comme il est habituel, ne font que confirmer ce que nous pressentions. Le scrutin présidentiel de 2017 a été faussé par une manœuvre souterraine. Et le mauvais rêve que nous vivons depuis lors est le fruit de cette manipulation. Il est vain, dans ces conditions, de parler d’une démocratie française et du suffrage universel. Même si la réaction générale du monde politico-médiatique est de sous estimer ou d’étouffer les faits, le scandale, qui mine les fondements de la démocratie française, est sur le fond, le plus grave de tous ceux qui ont frappé le pays depuis une dizaine d’années. Est-il pire crime, dans une démocratie, une république, pire forfaiture que la corruption d’un scrutin national?  Comment s’étonner, dès lors, du taux d’abstention records? Si le vote suprême, celui de la présidentielle qui détermine (dans ce régime débile), la législative, est faussé, quel est l’intérêt de se rendre aux urnes. Tout laisse penser qu’une lourde machinerie se met en route pour corrompre de nouveau le suffrage de 2022. Le bulldozer médiatique, l’appareil de propagande radio-télévision, a commencé son gigantesque matraquage pour organiser la mise scène du duel de titans le Pen/Macron. Le plan est déjà conçu et se met en route. Pendant les 22 mois qui viennent, tout ne sera que dédiabolisation, banalisation, et même valorisation du lepénisme, doublant le spectacle quotidien du champion de l’Elysée. Puis, dès la fin du premier tour, une fois acquis le second tour le Pen/Macron, la fascisation reprendra, furieuse, hystérique, obsessionnelle. Avec un objectif: devinez lequel? Tout est prêt, le scénario est déjà en route. Seule (petite) inconnue: le bon sens populaire et le réflexe patriotique peuvent-ils enrayer cette sinistre mécanique? Existe-t-il encore, dans les profondeurs de la nation, une intelligence nationale, une force de caractère, une puissance de rébellion démocratique permettant de déjouer l’odieux scénario? Cela, nous le saurons dans moins de deux ans.

Maxime TANDONNET

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Une victoire de la liberté

A plusieurs reprises depuis un an, nous avons dénoncé ici le caractère outrageusement liberticide de la loi dite Avia qui rétablit la censure préalable au prétexte de lutter contre la haine, dans des conditions invraisemblable, rompant avec la tradition démocratique et libérale fondée sur la responsabilité de chacun dans l’expression de ses propos et la sanction judiciaire en cas d’abus de ce droit (diffamation, injure, appel à la haine). J’écrivais, à la suite du vote définitif de cette loi: « Je souhaite de tout cœur que cette loi liberticide soit déclarée inconstitutionnelle ». Ce vœu a été exaucé puisque le Conseil Constitutionnel vient de censurer cette loi violemment liberticide. Que les parlementaires  auteurs de la saisine du CC en soient remerciés. Reste qu’une majorité s’est trouvée à l’Assemblée nationale pour voter une telle loi et que le pouvoir exécutif l’a soutenue. Il faut y voir deux possibilités: soit un niveau général de bêtise et d’inculture tel que la classe dirigeante au pouvoir n’est même plus capable de sentir le caractère monstrueusement antidémocratique d’une telle loi; soit une véritable volonté dissimulée de saper les fondements de la république française pour autre chose, comme une sorte de régime autocratique fondé sur le culte de la personnalité. Ou un savant mélange des deux… En tout cas, les auteurs de ce nouveau désastre politique sont toujours en place; pour combien de temps?

Maxime TANDONNET

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Le 18 juin des Français

Le 18 juin est une boussole, une date clé dans le calendrier, une référence suprême en ces temps profondément troublés d’inversion des valeurs et de menace planétaire pour la survie de notre pays et de notre civilisation. Quel sens profond revêt cet appel qu’il convient chaque année de redécouvrir tant sa richesse est inépuisable? Il exprime la force de la solitude de celui qui a raison contre tout le monde, les partis, l’armée, la classe politique, la presse, l’Etat, la société bien pensante. Son intuition, sa culture, sa conception de l’histoire, son sens des réalités, conduisent de Gaulle à penser, dès juin 1940, contre la France entière sans exception, que l’Allemagne sera vaincue. Dédaignant les insultes (« renégat, traître, félon »), et jusqu’à la condamnation à la peine capitale qui lui est infligée, il se fie à sa seule vision du monde, son analyse des rapports de forces planétaires,  nonobstant l’apathie et le renoncement général. Le 18 juin est la date de la clairvoyance contre l’aveuglement, de la lumière contre le désespoir, de la solitude contre l’instinct grégaire et le conformisme. Dans une France en pleine désintégration, rongée par la violence, la fragmentation communautariste, le désastre économique, le chômage et la pauvreté, la faillite de l’Etat de droit et des libertés, le message du 18 juin nous enseigne que même contre toute l’évidence, notre devoir est de garder l’espérance.

Or bien loin de ce message qui conjugue réalisme et espérance, jamais le Général n’a autant été banalisé et récupéré qu’aujourd’hui. Rien n’est plus contraire à l’esprit du 18 juin que les tentatives de récupérations politiciennes et électoralistes, et les gesticulations en tout genre. En parallèle, l’oeuvre issue du 18 juin est imagesquotidiennement foulée au pied.  La Ve République est ridiculisée. Fondée à l’origine sur le prestige d’un chef de l’Etat s’appuyant sur la confiance du peuple, elle est devenue l’otage de pulsions narcissiques et sectaires, figée, immobile, impuissante, devenue cent fois pire que la IVe. L’oeuvre européenne du Général est trahie. Son Europe, fondée sur l’unité des nations intrinsèquement unies par une histoire et une culture commune, est livrée à un monstre bureaucratique acharné à la détruire et à diviser ses peuples. L’exemple de l’intégrité absolue, le refus de tout avantage pour des proches, l’exigence de régler ses factures d’électricité à l’Elysée, est aujourd’hui noyé dans une course frénétique aux privilèges, au copinage, au clanisme et au népotisme de bas étage. Etre gaulliste n’est pas une idéologie, mais garder au coeur la lueur du 18 juin dans les ténèbres de l’actualité.

Maxime TANDONNET

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« Fort avec les faibles et faible avec les forts »

Ainsi, la France a basculé, en un rien de temps, du confinement au retour du chaos urbain. Les scènes de guerre civiles entre populations d’origines différentes survenues à Dijon, mais aussi lors des manifestations des personnels de santé dans plusieurs villes, sèment l’effroi et la terreur, annonciatrices des déchirures et violences de l’avenir de nos sociétés post-frontières. Entre la glaciation d’une société et son explosion soudaine, que s’est-il passé? Qu’inspire ce basculement si radical et soudain? Leviathan moderne est fort avec les faibles et faible avec les forts. Il est admirablement efficace pour exercer un contrôle tatillon sur la vie quotidienne d’une majorité silencieuse et disciplinée, mais perd tous ces moyens face à l’insurrection et la violence. L’autorité est à deux vitesses. La mère de famille qui dépasse de quelques minutes le temps de sortie autorisée avec ses deux enfants, l’octogénaire ayant raturé son sauf-conduit, le promeneur qui s’est éloigné du périmètre de marche autorisé, seront impitoyablement et sévèrement réprimandés. Mais face à des bandes tribales ou factieuses armées et déchaînées, Leviathan baisse les yeux. S’incliner devant la barbarie et sévir contre l’innocence ne sont-ils les deux faces d’une même lâcheté?

Maxime TANDONNET

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Paroles présidentielles

Dimanche soir, dans son allocution, le chef de l’Etat s’est déclaré « fier de ce qui a été fait et de notre pays » annonçant « un nouveau chemin, des défis historiques » et la poursuite de sa propre « réinvention ».

Q’aurions-nous aimé entendre?

  1. Dans des circonstances difficiles [la crise du covid19], imprévues et tragiques, engageant la vie de milliers de personnes, nous avons agi en fonction des circonstances. Toute forme d’autosatisfaction, face à une telle tragédie, serait dérisoire. Nous assumerons la responsabilité, toute la responsabilité de ce qui a été accompli. Et c’est l’histoire in fine qui nous jugera.
  2. Au nom de la nation, je pense d’abord à tous ceux qui ont souffert, aux 30 000 personnes qui ont perdu la vie, à la détresse de leur famille dans le deuil; aux millions de compatriotes qui ont perdu leur emploi et qui sont dans le malheur du chômage; aux entrepreneurs, commerçants et restaurateurs ruinés. La nation leur exprime son infinie compassion et ne les abandonnera pas. J’en fais le serment solennel.
  3. Depuis la sortie du confinement, des événements odieux se sont produits dans ce pays: manifestations interdites et violentes, expression de repli identitaire, insultes contre l’histoire de France, ses forces de l’ordre et contre les valeurs de la république, slogans antisémites. Le rétablissement de l’ordre républicain et les sanctions les plus sévères de ces comportements sont les priorités absolues du gouvernement. L’unité nationale, l’Etat de droit et la paix civile seront préservées. Il n’est pas de liberté sans ordre. L’ordre sera assuré pour sauvegarder la liberté.
  4. Depuis trop longtemps, les Français sont saturés de belles paroles grandiloquentes et le pays vit dans un climat d’hystérie permanente. J’en prends ma part de responsabilité. Il se trouve aujourd’hui au bord de l’abîme menacé par une dépression économique sans précédent et par un danger de guerre civile. Toute forme d’ambition politicienne en vue des élections de 2022, d’où quelle vienne, serait criminelle. Je n’ai pas d’autre ambition pour ma part que de mettre à profit les deux années prochaines au service de la France. Les deux années qui viennent doivent être celles d’une mobilisation collective, autour de l’Etat, des entreprises et des forces vives de la société avec un seul objectif: sauver ce pays du marasme et de la désintégration.
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Hallucination

Message d’un ancien serviteur de l’Etat:

« Je me vois victime d’une hallucination lorsque je lis sous la signature d’un ancien Premier Ministre la demande faite au président de l Assemblée Nationale de débaptiser la salle Colbert où se tiennent des séances de commissions , et aux ministres en charge de l’Economie et des Comptes Publics de débaptiser de même celui des deux corps de bâtiment de l’ensemble immobilier de Bercy (Colbert et Turgot) portant le nom du grand argentier de Louis XIV. Penser que les responsabilités éminentes qu’emporte la fonction de Premier Ministre aient pu être confiées à un homme capable d’une telle absence de discernement et d’une telle puérilité, mu par le seul souci de suivre une fraction de l’opinion manipulée et instrumentalisée , inspire le sentiment que notre malheureux pays a peu de chances de ne pas tomber au dernier rang des Nations. Ayant longtemps travaillé à la Direction du Budget ,sous la conduite de ministres tels que Michel Debré , Valéry Giscard d’Estaing , François Xavier Ortoli , Raymond Barre…, je n’aurais jamais imaginé que l’un de leurs successeurs puisse faire l’objet d’une demande aussi extravagante de la part d’un personnage consulaire. Si d’aventure MM. Lemaire et Darmanin ne se déclaraient pas profondément offusqués par cette démarche , a fortiori s’ils y satisfaisaient , ils se montreraient à mes yeux indignes de leurs fonctions . Et il est probable que nombre de hauts fonctionnaires se détourneraient de leur département ministériel dont le prestige serait gravement terni. »

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Table rase et logique totalitaire

Le cinéma Grand Rex vient de déprogrammer le film Autant en emporte le vent, au prétexte que sa vision de l’esclavagisme aux Etats-Unis est incorrecte. Voilà comment l’idéologie dominante, l’antiracisme supposé, parvient à faire interdire de fait un film culte, considéré comme un chef d’oeuvre de l’art du XXe siècle. Par ailleurs, on saccage la statue de Churchill, de Christophe Colomb ou de Schoelcher, tous présumés racistes. S’il faut ainsi bannir au nom du politiquement correct toute oeuvre présumée incorrecte au regard de l’idéologie, touchant à l’histoire de la colonisation, des rapports sud-nord ou de l’esclavage, au moins 40% de la culture occidentale depuis la Renaissance est vouée à l’anéantissement, par exemple Montaigne, Rousseau, voire Chateaubriand et leur description – pouvant être considérée comme condescendante – du « bon sauvage », Voltaire, Kipling bien sûr, plus récemment Camus et sa vision de l’Algérie qui ferait frémir  les gardiens du temple. Ne parlons pas de la peinture et du cinéma. Dès qu’une oeuvre touche de près ou de loin à ces sujets, elle en deviendrait suspecte de non conformité à la norme idéologique. Si tout continue en ce sens, on verra un jour sur les places publiques de grands autodafés de livres, de peintures et de films interdits. Mais ensuite, il faudra aller au-delà. Le monde occidental, l’Europe, seront qualifiés de produits d’une civilisation épouvantable. Alors, viendra le temps de la table rase: toute évocation de la culture et de l’histoire deviendra maudite, assimilée au mal. L’homme nouveau, indéfiniment manipulable et servile, en l’absence de socle intellectuel, celui dont rêvaient les grands bourreau du XXe siècle,  qu’ils ont échoué à créer par la violence, sortira tout naturellement du meilleur des monde. Délire de pessimiste? Non, tout cela se déroule avec la complicité passive des pouvoirs publics. Compte tenu de la vitesse à laquelle vont les choses, de l’infernale bêtise et de la lâcheté ambiante, le pire, à l’horizon de quelques années n’a rien d’improbable.

maxime TANDONNET

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Le massacre oublié

Voilà bien une dizaine de jours que les grands médias radio-télé, après l’obsession unique du covid 19 et du confinement, inondent les consciences occidentales d’un message à sens unique sur les violences policières et le supposé racisme dans la police. Au point d’en oublier tout le reste. Mais qu’est-ce qu’une « émotion saine » et qui la définit ? Les conditions de la mort de George Floyd sont certes épouvantables et révoltantes. Mais le 10 juin, la presse écrite annonçait en toute discrétion, par un entre-filet, un événement dramatique, d’une atrocité inouïe : au Nigéria, Boko Haram a procédé à l’anéantissement d’un village, Faduma Koloram, dont 69 habitants, hommes, femmes et enfants, ont été massacrés. Sur le fond, les faits n’ont évidemment rien à voir. Mais pourquoi l’un et pas l’autre ? Pourquoi cette horreur innommable, l’anéantissement de la population d’un village, tombe-t-elle dans l’indifférence absolue ? Pourquoi ne suscite-t-elle pas, elle, le moindre soupçon d’émotion ni d’empathie ? Serait-ce parce qu’elle se situe en Afrique, et non en Amérique ? Serait-ce parce qu’il manquait au moment des faits, les caméras des grandes chaînes de télévision ? Ou du fait de l’identité des meurtriers, des fanatiques islamistes qui répandent la terreur et le sang?  Et si le racisme planétaire le plus authentique tenait dans l’indifférence et l’oubli de l’anéantissement d’une population en Afrique, une barbarie qui rappelle les heures les plus sombres de l’Europe, et dont la banalisation, la quasi tolérance planétaire, fait froid dans le dos.

Maxime TANDONNET

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Une déclaration-clé (« l’émotion saine »)

«Les manifestations ne sont pas autorisées dans les faits car il y a un décret du premier ministre dans le cadre de la deuxième phase du déconfinement qui interdit les rassemblements de plus de dix personnes. Mais je crois que l’émotion mondiale, qui est une émotion saine sur ce sujet, dépasse au fond les règles juridiques qui s’appliquent»

Cette déclaration politique de M. le ministre de l’Intérieur est d’un intérêt exceptionnel au regard de ce qu’elle nous apprend, ou nous confirme, sur l’évolution de la politique et de la société actuelles dans le monde occidental et en particulier en France. La source essentielle de l’autorité ne se situe plus dans les règles juridiques, c’est-à-dire le droit international, la Constitution, les lois et les règlements, mais dans l’émotion mondiale qui, dès lors qu’elle est « saine », prédomine sur le droit. Ces paroles ne font que traduire une vérité soigneusement occultée du monde contemporain. Une image fortement médiatisée, bouleversante, déclenchant une vague d’émotion planétaire, partie de n’importe quel point du village global, l’emporte, par sa puissance sur toute norme juridique existante.

Les conséquences de ce phénomène sont titanesques. Il signifie que les notions de souveraineté, de démocratie, de frontières, d’Etat, sont réduites à néant. Il suffit d’une image, venue de n’importe quel point du globe, pour balayer d’un revers de main les principes, les règles de droit dont les peuples se sont dotés par la voie du suffrage universel. L’autorité de l’Etat s’efface, comme balayée par de grandes vagues d’émotion mondiale. « L’émotion saine », déclenchée par delà les frontières, se traduit donc, sur le terrain, par l’affaiblissement ou la disparition des règles du jeu fondatrices de la vie sociale, forgées par la voie démocratique.

Or, comme le disait Charles Péguy, « L’ordre et l’ordre seul, en définitive, fait la liberté ». Ce sont bien les règles de l’Etat de droit qui protègent les hommes, les femmes, les familles, de la violence et de la tyrannie des gangs et des mafias ou autres formes de terreur. « Qui veut faire l’ange fait la bête » disait aussi Pascal. Ou comment la logique de  « l‘émotion saine » peut déboucher, à terme, sur le chaos l’abolition de toute démocratie – pourquoi voter dès lors que les lois ne servent plus à rien? – et le pire des despotismes.

NB: ce billet (comme les commentaires éventuels qui le suivront) n’est pas de critique ou de débat autour d’une personnalité, à l’image des tonnes de réactions qui s’expriment sur les réseaux sociaux, mais une modeste tentative de réflexion politique inspirée par une déclaration. 

Maxime TANDONNET

 

 

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Police/témoignage

La sortie du confinement mental – deux mois et demi sans parler d’autre chose que du covid19 – s’effectue en fanfare avec un zoom géant concernant les accusations de « racisme dans la police ». Mais la nouvelle scène de matraquage médiatique est à sens unique. Certes, des actes inadmissibles s’y produisent, comme dans toutes les institutions, mais il faudrait les chiffrer pour montrer à quel point ils sont ultra-minoritaires. De même il serait utile de rappeler les mesures prises, les enquêtes et les sanctions sévères qui tombent (le nombre de révocations annuelles, plus élevé dans la police que tout autre corps de fonctionnaires.). Il faudrait surtout rappeler quelle est la réalité de la vie d’un policier: en région parisienne, un sur dix est blessé en service, le plus souvent à la suite d’une agression. Et encore ne parle-t-on pas des insultes, des crachats et jets de pierres qu’ils subissent. Cela n’excuse rien évidemment, mais quitte à parler de la réalité, il faut la dire en entier. Voici une petite anecdote, dont je certifie sur mon honneur qu’elle est authentique. C’était il y a trois ou quatre ans, un peu plus peut-être, je discute avec une toute jeune femme en uniforme, affectée dans un quartier dit sensible de la région parisienne. Nous sommes à part, hors présence de ses collègues ou de la hiérarchie. Les yeux sont rougis. « Vous ne pouvez pas savoir ce qu’est ma vie. Il n’y a pas un jour, pas une nuit où je ne suis insultée, traitée de sale pute et menacée de viol ou de meurtre, de viol surtout, et où je n’essuie des crachats. Vous ne savez pas ce que c’est, vous, que de vivre la peur au ventre, du matin au soir ».  Au commissariat voisin, trois policiers s’étaient suicidés, en moins de 18 mois. Attention, je ne dis pas que cela justifie, excuse quoi que ce soit de comportements marginaux qui sont évidemment inadmissibles et sanctionnés. Je dis simplement que quitte à aborder un sujet, il faut l’appréhender dans sa globalité.

(Les sites d’information ou politiques autres que ceux figurant au blogroll ci-joint ne sont pas autorisés à reprendre ce billet)

Maxime TANDONNET

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Et il est où, le « monde d’après »?

La fin de la pandémie de covid19 en Europe est annoncée. Pendant le confinement, les tribunes, déclarations et pétitions prédisant  que dans « le monde d’après », rien ne serait plus comme avant, ont foisonné. Pourtant, le « monde d’avant » reprend peu à peu ses droits: les magasins ont rouvert; les terrasses de café sont pleines comme les parcs et les jardins publics; les manifestations illégales se déroulent un peu partout; la police se fait insulter; la France compte 4,5 millions de chômeurs; les hausses d’impôts guettent ; les déficits et la dette pulvérisent des records; la réforme des retraites va reprendre et avec elle le mouvement social; le bac bradé; le deuxième tour des municipales se prépare, dans l’indifférence générale et les sondages donnent une avance écrasante à Mme Hidalgo sur Mme Dati; M. Baroin indique qu’il dévoilera ses intentions pour la présidentielle à l’automne; M. Mélenchon laisse entendre qu’il en sera; Mme le Pen déjà candidate est sur toutes les chaînes; les intellectuels ou supposés tels commencent, deux mois après, à s’interroger sur la légitimité du « confinement forcé » et son impact pour la liberté (d’autres se sont posé la question bien avant eux, en pleine crise);  la France se prépare pour les vacances estivales; le pouvoir jupitérien, annonce « une nouvelle ère », un acte III, qui va succéder à l’acte II, une nouvelle ère qui va donc se substituer à la « révolution », au « renouvellement », au « nouveau monde », à la « transformation de la France », à la « refondation de l’Europe », à la « réinvention ». Une ère nouvelle, donc. Après, il faudra trouver d’autres formules pour finir le premier quinquennat et préparer le second : le bouleversement? la métamorphose? la recréation? Pourquoi pas la récréation, qui ne ferait de mal à personne? Il ne manque plus, au monde d’après, pour épouser intégralement les formes du monde d’avant, que les avions dans le ciel. Espérons que cela ne tardera plus: s’évader au loin, foutre le camp au bout du monde pour penser à autre chose!

Maxime TANDONNET

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Deux poids, deux mesures

23 300 manifestants dans toute la France, 5 500 à Paris. « Malgré l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes sur la voie publique, les cortèges ont atteint jusqu’à 5 000 personnes à Lyon, 1 500 à Lille et à Nantes, plus de 3 000 à Marseille. A Bordeaux, au moins 2 500 personnes ont observé, agenouillés et pour certains le poing levé, une longue minute de silence. Vendredi soir, entre 1 500 et 3 000 personnes s’étaient déjà rassemblées devant le palais de justice de Rouen. « Il n’est pas question de ne pas faire entendre notre voix », revendique un homme, 27 ans, sur la place de la Concorde »

Etrange autorité à deux vitesse, étrange pays. Pendant plus de 50 jours, nul ne pouvait sortir de chez lui plus d’une heure, sans un sauf conduit minutieux ou il fallait cocher une petite case indiquant le motif de la sortie avec interdiction de courir entre 10 et 19 H… Jamais sans doute dans l’histoire, la liberté d’aller et venir n’avait été mise entre parenthèse dans le cadre d’un régime d’assignation à résidence généralisé, de Lille à Biarritz, de Nice à Brest… Des contrôles méticuleux étaient mise en place partout. Une froide autorité a régné sur le pays, avec des cas de personnes âgées, octogénaires, sévèrement punies pour une rature sur le sauf conduit, l’interdiction formelle de se rendre en forêt, sur la plage, en montagne. Mais aujourd’hui, des manifestations interdites de milliers de personnes, se déroulent dans toute la France visiblement en parfaite impunité. Comble de l’absurde: ces manifestations sont dirigées contre l’Etat et les forces de l’ordre. Or, les rassemblements de plus de dix personnes restent formellement interdits. La loi est-elle la même pour tous? Qui peut imaginer les dégâts dans l’opinion? Rien n’est pire que le « deux poids deux mesures » qui encourage la révolte, le vote protestataire et les extrêmes. C’est tout le monde ou c’est personne! Voilà qui alimente le sentiment d’injustice,  de la haine tout azimut dans ce pauvre pays déchiré et malade.

Maxime TANDONNET

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Entretien avec le Figaro magazine

Vous avez comparé la crise du Coronavirus a une étrange défaite reprenant le titre du célèbre essai de Marc Bloch qui analysait la débâcle française de 1940 comme le résultat d’une faillite des élites françaises. Peut-on également parler de faillite de la classe dirigeante aujourd’hui ?

Cette tragédie qui renvoie à la peur ancestrale des grandes épidémies, heurte de plein fouet l’image d’une humanité ayant vaincu, grâce aux technologies, les aléas de la nature, et souligne la fragilité du monde actuel. Elle résulte à la fois d’un fait matériel, l’épidémie gravissime de covid 19 et du village global annoncé par le sociologue MacLuhan en 1970, un monde de transparence ou l’information circule à la vitesse de la lumière, à l’origine d’un mouvement de panique planétaire. Aujourd’hui, songer à récupérer un malheur collectif à des fins politiques aurait quelque chose d’inepte. Reste que la France n’était pas prête à affronter un tel séisme et qu’elle figure parmi les pays les plus sinistrés. C’est ce qui fait le lien avec la débâcle de 1940 analysée par Marc Bloch.

Y-a-t-il une forme de déni de la part de cette classe dirigeante ?

 Les faits parlent d’eux-mêmes. Selon les statistiques internationales, la France avec environ 30 000 personnes décédées, se place au cinquième rang des pays qui comptent le plus de victimes pour 100 000 habitants, derrière la Belgique, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Italie. L’Allemagne compte quatre fois moins de morts pour 100 000 habitants. En 2000, l’OMS estimait que le système de santé français était le « meilleur du monde ». En 2020, la France se range parmi les cinq pires bilans planétaires face à l’épidémie de covid-19. Que s’est-il passé en vingt ans ? Cette question devrait obséder les responsables politiques français.

Quelles sont les causes profondes de cet effondrement ?

L’une des causes profondes est intellectuelle. Cet effondrement est le fruit du déclin de l’enseignement de l’histoire, de la littérature, des sciences et de la philosophie. La culture générale est la clé d’un bon gouvernement. Elle donne la hauteur, la faculté d’adaptation et la lucidité nécessaires au pilotage de la nation. « Rien n’est plus calme qu’une chambre des munitions, une demi-seconde avant l’étincelle » écrivait André Tardieu. Ainsi, l’histoire enseigne que les tragédies surviennent souvent quand nul ne les attend. Cela, les élites dirigeantes l’avaient complétement oublié. Depuis des années, la France dite « d’en haut », politique, médiatique, intellectuelle, s’enivre de polémiques, crises d’hystérie, mises en scène narcissiques, annonces grandioses.  Elle en a négligé l’essentiel : préparer concrètement le pays à une catastrophe, par exemple sur le plan des capacités hospitalières. Elle en a oublié l’un des fondements de l’action publique : à tout moment, se tenir prêt au pire.

Alors que la cote de popularité de la plupart des autres chefs d’Etat a progressé fortement durant la crise, Emmanuel Macron n’a jamais vraiment réussi à faire l’union sacrée. Comment l’expliquez-vous ?

Le lien de confiance entre les Français et leurs dirigeants politiques est brisé depuis fort longtemps avec des cotes de popularité qui oscillent entre 20 et 40%. Le fait qu’elles soient demeurées aussi basses en France, dans des circonstances dramatiques, généralement propices au réflexe légitimiste, marque une nouvelle étape dans la dégradation de la confiance… La France est plongée depuis cinq ans dans la tourmente : vague d’attentats islamistes, crise migratoire, gilets jaunes, chaos de la réforme des retraites, covid 19, et tout cela sur fond de chômage et de violence. Par un étrange mouvement de balancier, à cet interminable naufrage du pays correspond le sentiment d’une déconnexion croissante de sa classe dirigeante. Ce décalage est la source d’un climat de défiance profonde, l’impression diffuse que les hauts responsables nationaux privilégient leurs satisfactions de vanité sur le destin du pays, interdisant ainsi toute perspective d’union sacrée.

Diriez-vous qu’à la crise sanitaire et peut-être demain la crise économique s’ajoute à une crise plus profonde d’autorité et de légitimité ?

Après les Gilets Jaunes, nous avons atteint, pendant la crise du covid 19, un nouveau sommet de la fracture démocratique. Les deux France, celle des élites dirigeantes et celle du peuple ne se comprennent plus et ne se supportent plus. La perte de confiance est à double-sens. Les dispositifs de confinement appliqués par les autorités nationales ou locales ont reposé sur l’encadrement, les contrôles et la sanction plutôt que sur un climat de confiance, au point d’engendrer un sentiment d’infantilisation et des incompréhensions par exemple sur l’interdiction des marches solitaires en forêt ou sur les plages. Mais en sens inverse, les errements du discours officiel – par exemple sur le dossier des masques – ont suscité dans l’opinion une impression de dissimulation voire manipulation. La méfiance, dit-on, appelle la méfiance et le fossé continue de se creuser inexorablement…

Le phénomène Didier Raoult semble traduire une défiance d’une partie de la population à l’égard des « experts officiels ». La parole institutionnelle est-elle totalement discréditée ?

Rien n’est plus étrange que la transposition dans le domaine médical de la fracture démocratique à travers la controverse autour du traitement préconisé par Didier Raoult à base de chloroquine.  L’acharnement des institutions à vouloir décrédibiliser ce dernier en devient suspect aux yeux de l’opinion qui s’identifie au paria marseillais. Pourquoi ce sujet n’est-il pas resté strictement d’ordre médical ? Que vient y faire l’idéologie et la sumédiatisation? Et le mépris? N’est-il pas de la liberté des médecins, formés pour cela, de décider au cas par cas de leurs prescriptions ? Cette polémique stérile est le signe d’un pays malade.

Croyez-vous qu’un remaniement soit la solution ?

Dans le climat de défiance actuel, un remaniement apparaîtra comme une manœuvre politique.

Et la constitution d’un gouvernement d’union nationale réellement transpartisan ?

Voulez-vous dire incluant les partis dits « anti-systèmes » ? C’est impossible car la fonction qui leur est dévolue par le système politico-médiatique est celle de repoussoirs – un rôle qu’eux-mêmes, d’ailleurs, assument et cultivent. Le pouvoir actuel a bâti sa légitimité, sa raison d’être principale, sur la lutte contre la « peste populiste ». En leur tendant la main, il se renierait lui-même et perdrait son principal atout pour 2022 : incarner la défense républicaine contre un adversaire « populiste » au second tour des présidentielles.

Les institutions de la Ve République sont-elles le problème ou la solution ?

Le malaise tient davantage à la personnalité des dirigeants et à leur comportement qu’aux institutions politiques. Cependant, ces dernières l’amplifient considérablement. La Ve République actuelle n’a aucun rapport avec l’esprit de la Constitution de 1958, fondé sur un chef de l’Etat au-dessus de la mêlée, fixant un cap au pays, un parlement souverain et un gouvernement en charge de la politique nationale. Aujourd’hui, le président, omniprésent, incarne à lui seul la globalité du pouvoir, effaçant l’Assemblée nationale – élue dans la foulée de sa propre élection – et par conséquent le gouvernement. Cependant, l’occupant de l’Elysée ne disposant d’aucune baguette magique pour transformer la réalité, doit donner l’illusion de tenir les promesses mirifiques auxquelles il doit son élection, par exemple la « transformation de la France » et donc, se livrer à une débauche de communication, avec, en ligne de mire, sa réélection. D’où une impopularité chronique qui aggrave la crise générale de confiance. La Ve République dans sa forme actuelle, dénaturée par le quinquennat, est devenue un authentique boulet pour le pays.

De même, certains ont pointé du doigt l’extrême centralisation de la France …

La décentralisation sur le plan institutionnel a pourtant été très poussée depuis 1982. D’ailleurs, en période de crise grave, il est normal que l’Etat joue un rôle prépondérant. Tout est affaire de bon sens : à quoi peut-il servir d’imposer strictement les mêmes contraintes à des régions qui se trouvent, face à l’épidémie, dans des conditions diamétralement opposées ? L’excès de jacobinisme est dans les esprits bien plus que dans les institutions.

Que retenez-vous, au final, de cette crise ?

La rapidité et la facilité avec laquelle, dans un Etat de droit qui est aussi la 6ème puissance mondiale, tout s’est écroulé comme un château de cartes. Les principes clé de la civilisation ont été suspendus : liberté d’aller et venir, de se déplacer librement, de pratiquer un culte, de voyager…La solidarité européenne, au cœur de tous les discours politiques depuis un demi-siècle, a fait gravement défaut. Des millions de Français ont perdu leur emploi. Après le désastre sanitaire et des milliers de morts, une gigantesque crise économique s’apprête à déferler sur le pays. Les conséquences politiques, européennes, monétaires, internationales, stratégiques sont aujourd’hui totalement imprévisibles. Nul n’a la moindre idée de ce qui sortira de ce séisme.  Nous sommes face au vertige de l’inconnu.

En tant qu’historien, quelles sont, selon vous, les conditions du sursaut ? Cela passe-t-il nécessairement en France par un homme providentiel ?

Les grandes crises de l’histoire sont propices à l’apparition de sauveurs providentiels : Jeanne d’Arc, Henri IV, Bonaparte, Clemenceau, de Gaulle…Il est bien entendu permis de rêver mais il en vient, en moyenne, un tous les deux ou trois siècles… Aujourd’hui, faute de sauveur providentiel, c’est avant tout d’hommes d’Etat que la France a besoin, c’est-à-dire de personnalités refusant la logique de la politique spectacle et de l’esbroufe médiatique pour placer au service de la France, pour la durée nécessaire, leur désintéressement personnel, leur sens de l’histoire et leur force de caractère, déterminés à travailler sérieusement au redressement du pays.

 

 

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Hydroxychloroquine: la débâcle se poursuit

Le Monde du 05/06: « Coup sur coup, deux des plus grandes revues médicales mondiales ont procédé à la rétractation d’articles ayant trait au Covid-19, fondés sur des données fournies par une société américaine, Surgisphere, et à l’origine, désormais, plus que douteuse. The Lancet a annoncé, jeudi 4 juin, le retrait de l’étude publiée le 22 mai dans ses colonnes, qui suggérait que l’hydroxychloroquine, associée ou non à un antibiotique comme l’azithromycine, augmentait la mortalité et les arythmies cardiaques chez les patients hospitalisés pour Covid-19. Le New England Journal of Medicine(NEJM) a fait de même pour un article publié le 1er mai dans ses colonnes, qui déclarait que la prise de traitements antihypertenseurs n’avait pas d’influence sur la gravité du Covid-19. Dans les deux cas, l’auteur principal de l’étude était Mandeep Mehra (Harvard Medical School) et les données provenaient de Surgisphere. »

L’invraisemblable débâcle se poursuit. On se souvient que sur le fondement de cette étude, désormais retirée, les autorités avaient décidé l’abrogation de la dérogation qui permettait l’utilisation de cette molécule contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 et la suspension d’essais cliniques destinés à tester son efficacité. L’enjeu était immense: la santé et la vie de centaines ou de milliers de personnes. Cette abrogation intervenait dans un contexte idéologique particulier de diabolisation du professeur Didier Raoult et de son traitement par la nomenklatura bien pensante qui l’affublait de l’étiquette infamante de « populiste ».  La mépris a encore frappé avec des conséquences pour la santé et la vie de centaines ou de milliers de personnes. Cela se paiera-t-il un jour?

Maxime TANDONNET

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Municipales: recomposition ou chaos? (pour Atlantico)

1/ Les alliances entre En Marche et Les Républicains pour les Municipales sont-elles une surprise ? Qu’indiquent-elles quant à la nature du parti présidentiel ?

Ces alliances ne sont pas généralisées et ne procèdent d’aucun accord d’état-major national.  Elles interviennent dans quelques villes, notamment à Bordeaux, Clermont-Ferrand, Strasbourg pour éviter une victoire verts-gauche. La preuve qu’elles n’ont pas de caractère politique national : à Lyon, le soutien de M Collomb au candidat LR lui a valu d’être sanctionné par le parti macroniste qui lui a retiré son investiture. Ces quelques alliances marquent l’effondrement de LREM qui n’a pas réussi son implantation locale. Elles sont sans doute le signe de l’agonie en cours de ce parti champignon dont l’existence est liée à l’élection du président Macron, et qui peut disparaître aussi vite qu’il est apparu. Elles montrent que localement, en province, les sympathisants LREM souvent des notables, sont idéologiquement plus proches de LR que d’une alliance gauche-vert.  Quelques rares exemples inverses, d’alliance LREM verts-gauche existent aussi, comme à Dreux. Tout cela montre que ce parti, qui n’existe que du fait de l’élection de 2017, est privé de toute colonne vertébrale et de cohésion. Son extinction est désormais probable.

2/ Les accords tacites et autres alliances se multiplient sur l’échiquier politique, à gauche comme à droite. Ce renouvellement des clivages clarifient-ils les différentes tendances politiques ou ne fait-il qu’accroître la confusion ?

 Ces accords pourraient s’interpréter comme étant révélateurs d’une évolution en profondeur de la politique française. Celle-ci, longtemps dominée par la bataille droite/gauche, évoluerait vers un retour à un système de « troisième force », comme aux débuts de la Quatrième République c’est-à-dire une force centrale, composée de LR et de LREM, combattue à la fois par la gauche (une alliance Insoumis-Verts-PS) et par la droite (RN).  Ce schéma est cependant peu probable. Il suppose des ententes nationales qui n’ont rien d’évident, notamment entre PS et Insoumis qui ne se supportent pas, entre LR et LREM alors que des différences nombreuses les séparent en tout cas une partie de LR sur la sécurité, la maîtrise de l’immigration, la vision de la nation et de l’Europe. Et puis surtout, le système politique français est fondé sur un gigantesque aléa : l’élection présidentielle repose sur une émotion collective, étouffant le débat d’idées et de projet cohérent. Face à elle les partis, les programmes et jeux d’alliances sont réduits à un rôle secondaire. Cette élection présidentielle devient une affaire médiatique, avec une dizaine de candidats possibles, déconnectée de la vie des partis qui risque de s’enfoncer toujours plus dans le chaos. Demain, on aura un président sans parti ni majorité présidentielle. Peu importe : il ne sera plus là pour gouverner ni légiférer mais pour pavoiser. Dès lors, à quoi servirait une majorité ?

3/ Plus généralement, qu’il s’agisse de négocier et modifier les traités européens ou d’agir pour le climat en assumant l’impact social, pourquoi est-il si délicat d’initier un changement dans la société actuelle ? Cela s’applique-t-il aussi à l’échiquier politique ?

Parce que de monde moderne est d’une complexité inouïe. L’élection présidentielle donne lieu à une surenchère de promesses ou de slogans destinés à séduire l’électorat. Par exemple le thème de la « transformation de la France ». Mais elle repose sur une monumentale imposture. Les contraintes à l’exercice du pouvoir national sont aujourd’hui titanesques :  jurisprudence du Conseil constitutionnel et des autres juridictions nationales et européennes, transferts à l’union européenne (monnaie, concurrence, commerce, etc), décentralisation, contraintes financières, résistance de la société, médiatisation. Aucun président de la République n’a les moyens de « transformer la France ». Dès lors, les chefs de l’Etats élus n’ont pas d’autre solution que de se livrer à une communication à outrance et de jongler avec les illusions pour compenser la déception de leurs promesses non tenues et espérer ainsi être réélus. C’est la cause profonde de l’effondrement du système des partis. A quoi bon bâtir des projets dès lors que la politique est réduite à l’impuissance et à la fuite dans la posture et la communication. De fait, ces alliances sont en trompe-l’œil. Elles ne marquent en rien une clarification mais vont dans le sens d’une décomposition politique qui se poursuit.

 

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Les nominations…

M. Pierre Moscovici, est une personnalité politique clé de ces dix ou quinze dernières années, membre du parti socialiste, longtemps ministre de l’économie et des finances puis commissaire européen. Il devient premier président de la Cours des Comptes. Le pouvoir de nomination aux plus hauts postes de l’Etat est un pouvoir que les présidents de la République considèrent comme sacré. En effet, ils ont beaucoup perdu de leurs leviers sur le cours des choses: leur rôle d’arbitrage monétaire avec l’euro, celui d’orienter les réformes dès lors qu’en vérité, le pouvoir normatif est largement passé à l’Union européenne et pour ce qu’il en reste, étroitement contrôlé par le Conseil Constitutionnel. C’est la raison pour laquelle, en compensation, ils parlent et s’agitent autant. Cependant, ils gardent le pouvoir de nommer aux plus hautes fonctions de l’Etat, un pouvoir qu’ils vénèrent car le dernier outil concret de leur puissance. Pour autant, l’usage qui en est fait soulève des questions. Nous avons des hommes politiques qui sont élus pour représenter la Nation et le cas échéant, agir en son nom. En quoi une carrière politique, de parlementaire ou ministre, de 10, 15 ou 20 ans ou plus, justifie-t-elle, comme un prolongement, la désignation à des fonctions prestigieuses de l’appareil d’Etat? Quelle garantie d’impartialité attendre de dirigeants politiques essentiels, ayant fondé leur vie sur un engagement politique et idéologique? Comment attendre de leur part un jugement impartial de leur propre politique, celle qu’ils ont inspirée, ou qu’ils ont fustigée? Seuls la compétence, le mérite mais aussi les garanties d’impartialité devraient être pris en compte dans l’affectation à de tels postes. Rien n’est pire pour la démocratie que le sentiment de copinage, c’est-à-dire la classe politique qui se sert elle-même. Le fait du prince, dans ce domaine, dès lors qu’un usage contestable en est fait, perd tout son sens et dans une démocratie, les nominations mériteraient d’être placées sous le contrôle démocratique.

Maxime TANDONNET

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L’Amérique en flammes et la chute du monde occidental

L’Amérique s’embrase à la suite du décès de George Floyd interpellé par la police. Un pays qui plonge ainsi dans une violence sanglante touchant ses grandes villes ne peut être que profondément malade: crise de l’autorité, de la confiance dans les institutions, de la cohésion sociale. A cela s’ajoute les ravages de la crise économique avec vingt millions de chômeurs supplémentaires. En France, Trump déchaîne les passions. Ses admirateurs sont assimilés à des extrémistes et ses détracteurs à des trumpophes. Moi-même n’éprouve pas de haine ou de mépris mais la plus grande méfiance envers ce personnage qui prétend gouverner le monde par tweets, piétine ses administrations et corps constitués et pousse à son paroxysme la politique spectacle. L’esbroufe d’un président, en Amérique comme ailleurs, n’est jamais que le miroir inversé de la désintégration d’un pays. L’Amérique se déchire et flambe, le Royaume-Uni, la France, l’Espagne, l’Italie, sont plongés dans une crise économique, sociale, politique et dans l’incertitude.  Que ces pays soient de loin les plus mortellement frappés par la pandémie du covid 19 – au regard du nombre de victimes pour 100 000 habitants – ne doit évidemment rien au hasard. La panique et le chaos où ils ont plongé, à tous les niveau, comparé au sang-froid et à l’efficacité d’autres régions du monde, notamment l’Asie, est le signe patent de leur écroulement. L’Allemagne seule a tenu dans la tempête mais l’Occident peut-il se réduire à l’Allemagne? Il y a trente ou quarante ans, la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement des Etats-Unis, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et de l’Allemagne (ex Mme Thatcher, Carter, VGE, Schmidt, etc.) formait un leadership capable d’orienter les grandes évolutions planétaires. Désormais, le monde occidental est fragmenté, émietté, désintégré, en perdition… Nul ne peut préjuger de rien mais les signes de ces derniers mois sont ceux d’une violente accélération du déclin et de la marche vers une soumission aux grandes puissances de l’avenir dont évidemment la puissance chinoise.

Maxime TANDONNET

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Augmenter l’immigration de travail?

Voici ma contribution à un débat, dans Figaro Vox, concernant le recours à une immigration de travail supplémentaire pour pourvoir aux « emplois vacants », malgré le chômage. Ce texte répondait à celui de M. Maxime Sbaihi, économiste, sur la base d’un échange arguments:

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Le 21 avril 2020, plusieurs personnalités, dont M. Louis Gallois, président de la fédération des acteurs de la solidarité (FAS), ont appelé à une régularisation des travailleurs étrangers qui « tiennent notre vie sociale et notre économie à bout de bras ». Plus généralement, de nombreuses voix se font entendre en faveur d’une relance de l’immigration de travail pour pourvoir aux emplois vacants. Que faut-il en penser ?

En appeler à une régularisation générale ou une augmentation de l’immigration de travail pour des raisons économiques, dans les circonstances actuelles, peut surprendre. En effet, il n’est pas courant d’en appeler à une ouverture supplémentaire dans les périodes de crise. Le nombre de demandeurs d’emploi connaît en ce moment, du fait de la crise du covid 19, une forte augmentation. Selon les chiffres du ministère du travail (dares, 27 avril 2020), le nombre de chômeurs en France atteint aujourd’hui 3, 732 millions, sans compter bien entendu les millions de personnes condamnées au chômage partiel, dont beaucoup risquent de perdre leur travail. Dans ces conditions, est-il raisonnable, d’envisager une augmentation de l’immigration de travail, alors qu’une telle masse de résidents en France (Français ou étrangers en situation régulière) sont privés d’emploi ?

Les partisans de cette relance de l’immigration de travail évoquent les emplois vacants en affirmant qu’il existe des niches de travaux dont les résidents en France ne voudraient pas. A cet égard, il faut noter que selon le ministère du travail (dares) les emplois non pourvus étaient au nombre de 206 112 à la fin de 2019 (hors agriculture). Beaucoup sont des emplois hautement qualifiés qui appellent une formation et une expérience particulière (38 000 enseignants, professions de santé, 37 000 activités scientifiques et techniques) auxquels une immigration indifférenciée ne permettrait pas de pourvoir. La résolution de ce problème passe par la formation initiale et professionnelle, et non forcément le recours à des compétences hors des frontières au risque qu’elles fassent défaut aux pays d’origine qui en ont besoin pour leur développement.

Pour le reste le raisonnement global selon lequel les ressortissants étrangers sont prêts à accepter les emplois vacants dont les résidents ne veulent pas soulève aussi des questions. Le flux migratoire débouchant sur un travail reste à un niveau élevé. En 2019, la France a accueilli 38 842 étrangers non européens à des fins professionnelles. En outre, les migrations pour motif familial, au nombre de 89 000 ainsi que pour motif humanitaire (38 100), ouvrent tout autant l’accès au marché du travail. De même, les demandeurs d’asile, au nombre de 132 600 en 2019, peuvent travailler six mois après le dépôt de leur demande, si l’administration n’a pas traité leur dossier. Selon l’INSEE (tableaux de l’économie française 2019) en 2017, le taux de chômage des étrangers non originaires de l’Union européenne atteint 24 %. Le potentiel de main d’œuvre étrangère supplémentaire existe donc d’ores et déjà sans que ne soit réglée la question des emplois vacants et on ne voit pas en quoi le recours à une augmentation du flux migratoire apporterait une solution à ce problème

L’exemple des emplois saisonniers agricoles, 200 000 non pourvus en avril, est fréquemment mis en avant pour justifier un recours à l’immigration de travail. Or ces emplois sont par définition saisonniers, ouverts pendant quelques mois de l’année. Une immigration permanente destinés à les pourvoir reviendrait à accroître le fardeau du chômage de masse une fois la saison passée.

Par ailleurs, la politique migratoire ne peut pas se réduire à la seule question économique. Elle comporte, outre l’emploi, des enjeux de politique sociale et de capacités d’accueil du pays : école, hôpital, santé, budgets de l’Etat consacré à l’hébergement ou au logement des nouveaux arrivants. Elle touche aussi à des enjeux de cohésion sociale, politique, diplomatique et européens. Accueillir des ressortissants étrangers dans les meilleures conditions d’intégration, c’est-à-dire disposant d’un travail, dans des conditions de logement, de scolarisation ou sanitaire équivalentes à celles des résidents français ou étranger en situation régulière, peut être un atout économique et démographique pour la nation. En revanche, les phénomènes d’immigration irrégulière, en l’absence de visa, de travail, de conditions de vie dignes (logement) ne fait que favoriser les passeurs esclavagistes ou les marchands de sommeil, l’exclusion et la fragmentation de la société et de graves tensions diplomatiques comme l’a montré la crise migratoire de 2015.

 

 

 

 

 

 

 

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7 ans après, le big bang politique se poursuit…

L’interminable big bang politique se poursuit depuis des années, au moins depuis sept ans,  ne cesse de s’amplifier, emportant dans la tourmente les partis politiques les uns après les autres. L’explosion de la majorité parlementaire LREM, avec la création de deux groupes supplémentaires l’un de « gauche », l’un de « droite » confirme ce phénomène.   9 groupes parlementaires, un record absolu paraît-il. C’en est fini du LREM et de son « nouveau monde ». Nous sommes parfaitement dans la logique d’un système: un chaos qui se nourrit lui-même, des ruines et des cendres sur lesquelles s’enracine le culte médiatique d’un homme, l’occupant de l’Elysée. La décomposition politique du pays est un processus en cours, dont nul ne saurait voir la fin venir. La France est en train de plonger dans une épouvantable crise économique, due à l’arrêt de l’activité pendant de mois. Elle compte 4,5 millions de chômeurs  et 10 millions de chômeurs partiels, un effondrement de son PIB et une explosion vertigineuse de la dette et des déficits. Or, ce n’est qu’un début. Les conséquences politiques seront à la hauteur de cette tragédie. Sauf trucage du suffrage universel, la perspective d’une réélection de l’actuel occupant de l’Elysée paraît compromise.  Du chaos politique absolu où le pays fait naufrage, tout est possible, certes la réélection de l’actuel occupant de l’Elysée, mais aussi l’élection de la candidate lepéniste dans le contexte d’une assemblée nationale fragmentée, le retour d’une union de la gauche formée de macronistes avec les Verts, le PS et les Insoumis, l’élection d’un candidat « populiste », se réclamant du peuple, hors système des partis. Dans un régime devenu totalement dément, tout repose sur l’impression médiatique, le mirage ou l’illusion qu’un gourou saura produire le moment venu sur 25% de l’électorat. Autre possibilité: l’arrivée au pouvoir en 2022 d’un exécutif et d’une majorité raisonnables, modérés, sérieux, déterminés à travailler sans faire d’esbroufe pour affronter la tempête et sauver la France en se mettant à son service sans prétention ni mégalomanie. Mais la porte est terriblement étroite. Il ne dépend que de nous, peuple français, de la choisir.

Maxime TANDONNET

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La France s’en remettra-t-elle?

« La liberté redevient la règle » a déclaré le Premier ministre. Ce qui fait froid dans le dos, ce n’est pas cette phrase en soi. C’est l’indifférence, la banalité, la passivité avec laquelle elle est accueillie dans le pays. « La liberté redevient la règle » : cela signifie bel et bien qu’elle n’a plus été la règle, donc qu’elle s’est trouvée abolie pendant un temps. Et cette abolition temporaire est assumée. Et cela passe, dans la plus grande indifférence. Or, cette liberté, pensions-nous, était un principe absolu, intangible, intouchable, au-dessus même des gouvernements, des lois et des Constitutions. Nous pensions qu’elle avait une valeur au moins équivalente à celle de la vie humaine et c’est pourquoi des millions de jeunes Français (14-18, 40-45) ont donné sans rechigner leur vie pour elle. Nous découvrons sidéré que tel n’est pas le cas. Si la liberté a été suspendue pour une épidémie, cela signifie qu’elle le sera demain à tout propos et à tout moment. Avant d’être abolie? Acte d’autorité à deux vitesses: au fond, soumettre la France apeurée des cadres et employés vivant dans les bons quartiers et les pavillons de banlieue, compense le chaos des gilets jaunes et des zones de non droit. Et puis, cette innommable application stopcovid qui réinvente, en toute banalité, toute acceptation, les yeux fermés, la crécelle des lépreux ou pire… 4,5 millions de chômeurs, 10 millions de chômeurs partiels dont la rémunération est assurée par l’Etat, impliquant une étatisation complète de l’économie, des déficits abyssaux, une vertigineuse explosion de la dette publique. « L’Allemagne paiera » pensent-ils sans le moindre soupçon de honte, ni l’ombre d’un doute.  L’Allemagne ou nos enfants? Le bac définitivement bradé, mais aussi les examens dans les universités totalement, radicalement déconsidérés: compositions à domicile, instructions de ne pas descendre les notes sous la moyenne. Accélération du nivellement par le bas, gifle cruelle au visage des étudiants sérieux et bosseurs.  Et pendant ce temps là, l’occupant de l’Elysée prépare sa réélection en 2022 contre le Pen ou Bigard en redoutant qu’un « dingue » ne prenne sa place (Figaro de ce matin). Bradage de la liberté sur fond de chaos, soviétisation de l’économie, destruction de l’université, grand-guignol politicien: franchement, ce n’est pas du pessimisme, ni de la misanthropie, ni du désespoir, mais je me demande si la France s’en remettra.

Maxime TANDONNET

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Une invraisemblable querelle idéologique (Pour Atlantico, avec M. Yves Michaud)

  1. En quoi l’émergence de la figure du professeur Raoult traduit un échec de la promesse du macronisme ?

Oui, bien sûr, on peut parler d’un échec à réconcilier la France, mais ce serait très superficiel de s’en tenir là. Lors de son discours d’investiture en mai 2017, le président Macron annonçait : « La première [exigence] sera de rendre aux Français cette confiance en eux, depuis trop longtemps affaiblie. Les Françaises et les Français qui se sentent oubliés par ce vaste mouvement du monde devront se voir mieux protégés. » Or, le phénomène Didier Raoult soudain surgi en 2020 à l’occasion de la crise du covid19 incarne une France déchirée au plus profond de sa chair comme elle ne l’a jamais été, entre les « élites » (ou supposées telles), parisianistes, intellectuelles, politiques, médiatiques, post frontières, qui n’ont de cesse que de vomir leur mépris envers le professeur Raoult et une France profonde qui s’identifie largement dans le provincial, paria de la science et de la médecine, à l’allure déjantée, non conformiste, vomi par les comités et revues scientifiques officiels. Mais cette rupture qui s’était déjà exacerbée avec la crise des Gilets Jaunes, n’est pas de la seule responsabilité de la présidence Macron. Elle est bien plus ancienne. Déjà Jacques Chirac fut élu en 1995 pour combattre la « fracture sociale » entre les élites et le peuple. Depuis, les choses n’ont jamais fait que s’aggraver au point d’atteindre aujourd’hui leur paroxysme.

  1. La polarisation du débat entre pro et opposant au professeur Raoult sur le plan de la croyance plutôt que sur le plan de la vérité scientifique est-elle symptomatique de l’esprit politique français?

Les Français sont connus pour être un peuple divisé, capables d’affrontements idéologiques violents. Nous pensons par exemple à l’affaire Dreyfus à la fin du XIXe siècle, une monstrueuse machination contre le capitaine Dreyfus, une erreur judiciaire sur laquelle se greffe un conflit idéologique entre les Intellectuels et les défenseurs de l’Armée qui va déchirer la France pendant des années. Autour de la chloroquine et du professeur Raoult, c’est la première fois, il me semble, que l’idéologie vient se greffer sur un médicament et parasiter le travail scientifique. C’est la première fois que le pays se déchire avec une violence inouïe sur un tel sujet. Les insultes proférées contre Didier Raoult, l’homme qui dérange, atteignent un niveau de mépris, de bêtise et de haine qui dépasse l’entendement. Il faut voir dans cet embrasement, cette mutation en querelle idéologique d’un problème de médicament qui aurait dû rester purement scientifique et médical, laissé à l’appréciation des médecins, un signe de l’abêtissement collectif des « élites » françaises. Ne pas être capable d’opérer une séparation entre les sujets d’ordre idéologique d’une part et médical ou scientifique d’autre part, est un signe patent du déclin intellectuel mais aussi de l’hystérisation de notre société médiatique.

  1. Quel a été l’impact politique de la décridibilisation par l’OMS de l’usage de la chloroquine dans le traitement du coronavirus ? Quelles en seront les conséquences ?

Le plus grave, c’est la perte de confiance dans les institutions. Les Français ont depuis longtemps perdu confiance dans les media, les partis politiques, les syndicats, comme le révèlent tous les sondages. Aujourd’hui, ce sont les plus hautes solennités scientifiques qui sont mises en cause, l’OMS impliquée dans des querelles entre la Chine et les Etats-Unis, voire même la célèbre revue Lancets et divers comités scientifiques multiplient les études selon lesquelles le traitement du professeur Raoult serait inefficace voire dangereux. En revanche, d’autres scientifiques, hors institution officielles et des médecins affirment exactement le contraire et avoir obtenus des résultats favorables en utilisant le traitement selon le mode prescrit. L’acharnement des institutions à vouloir décrédibiliser le docteur Raoult en devient suspect aux yeux de l’opinion publique. De graves questions se présentent aujourd’hui : pourquoi le sujet n’est-il pas resté strictement d’ordre médical ? Pourquoi a-t-il fallu quel les passions idéologiques viennent se greffer sur le sujet ? Pourquoi, comme devant chaque maladie, n’a-t-on pas respecté la liberté de prescription des médecins qui sont eux-mêmes des scientifiques au contact de leurs patients et les plus à même de juger de l’efficacité d’un traitement sur eux? Tout ceci est le signe d’un pays en perdition : faute de s’être donné les moyens de lutter contre le fléau d’une épidémie (masques, tests de dépistage, places de réanimation), il préfère se vautrer dans des querelles lamentables qui n’ont pas lieu d’être.

 

 

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Eloge du mépris

« Des mots de la chanteuse Camélia Jordana, tenus samedi soir sur le plateau de l’émission « On n’est pas couché » sur France 2, créent la polémique jusqu’au ministère de l’Intérieur. La jeune femme a notamment prononcé cette phrase : Des hommes et des femmes se font massacrer [par la police] quotidiennement en France, pour nulle autre raison que leur couleur de peau. » Des propos jugés « mensongers et honteux » par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, alors que le syndicat de police Alliance a annoncé dimanche saisir le procureur de la République. Retour, mot par mot, sur un échange controversé. » (France Inter).

La chanteuse Camélia Jordana a réussi son coup. Cette illustre inconnue dont nul n’avait jamais entendu parler est au cœur d’une formidable polémique qui fait la une de tous les media. La grande terreur du covid 19 s’estompe peu à peu et laisse la place au retour des polémiques hystériques qui se déchaînent. Il n’a pas fallu longtemps pour que la France déconfinée renoue avec ses bonnes habitudes…Par des paroles d’une banalité et d’une bêtise phénoménale, que n’importe quel simplet pourrait tenir, elle fait exploser la France médiatique et devient une authentique vedette nationale. On imagine la ruée sur ses clips et ses chansons. Et chaque perroquet médiatique tenu d’ajouter son grain de sel indigné. Face à des propos de ce genre, il faudrait réagir tout différemment: 1/ C’est une affaire de justice: cette dame a gravement diffamé un corps professionnel en accusant sans la moindre preuve la police de racisme. C’est devant les tribunaux qu’elle doit rendre des comptes. 2/ Ces propos sont tellement indigents, creux et inintéressants, inintelligents, et purement provocateurs, que nulle rédaction, nul plateau de télévision n’auraient dû leur donner une telle publicité. Au fond, l’effet caisse de résonance est aussi coupable que l’auteur de telles inepties.

Maxime TANDONNET

 

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Sur l’En-Marchisme post covid 19 (pour Atlantico, en tandem avec M. Benoît de Valicourt)

#1 : Dans le Journal du Dimanche publié hier, Gérald Darmanin évoque une politique pour le peuple et Elizabeth Borne appelle les patrons à s’engager pour l’écologie. Mais où est la cohérence globale du discours dans la macronie ? 

Le macronisme se définit comme à la fois de droite et de gauche. Il s’identifie à l’air du temps, aux valeurs dominantes dans les élites médiatiques, universitaires, économiques et financières occidentales, aux grands thèmes à la mode. Il est écologiste, comme le montre la réception de Greta Thunberg à l’Elysée. Il pousse le discours européiste à son plus haut niveau, prônant une souveraineté européenne. Il se montre fondamentalement globaliste et post frontière, fustigeant la « peste » nationaliste, refusant de rétablir les frontières nationales face à l’épidémie de covid19. Il se réclame du libéralisme économique à travers des mesures comme la réforme de l’ISF. Il se rattache aussi au libertarisme sociétal à travers son soutien à la PMA et ses ambiguïtés sur la GPA. Mais depuis le début, le macronisme, c’est aussi une méfiance envers le peuple, la « vile multitude » comme disait Thiers. L’imaginaire macroniste oppose les élites éclairées, post-frontières, mobiles, au « mal » populiste incarné par le gilet jaune.

#2 : Les députés LREM s’engagent à gauche comme à droite sans se tenir à une certaine identité politique. Quel est le centre de gravité de cette majorité ? 

Le centre de gravité de cette majorité, c’est l’allégeance à un homme, un personnage, Emmanuel Macron lui-même. Le macronisme est avant tout le service du président de la République qui l’a créé de toute pièce et auquel il doit absolument tout. Il est entré dans une période de turbulence. En effet, dès lors que la vie politique se ramène avant tout, non pas au service d’un idéal ou d’une conviction, ou de l’avenir d’une nation, mais au culte d’un homme, la réélection de celui-ci devient la fin ultime en soi. Or, nous voyons bien à deux ans des élections présidentielles, que cette réélection n’est pas assurée. Dès lors le président Macron s’efforce de fracturer le carcan idéologique défini ci-dessus par des gestes emblématiques. Il tend la main à gauche, en laissant faire la création d’un nouveau groupe parlementaire. Mais suivant le dogme fondamental du « en même temps », depuis quelques semaines, il ne cesse de brouiller les pistes en lançant des signaux à des personnalités représentatives de tout ce que l’idéologie macroniste vilipende : appel à Eric Zemmour après son agression, réouverture du Puy-du-fou, visite au professeur Didier Raoult, appel de Jean-Marie Bigard… Ces transgressions spectaculaires, toujours très médiatisées, manifestent le désir de s’arracher aux fondamentaux du macronisme, de brouiller les repères et provoquer une nouvelle vague de chaos politique ou idéologique autour de lui dont son propre culte de la personnalité sortirait renforcé en vue de 2022.

#3 : Gerald Darmanin, toujours dans le JDD, condamne sans appel les discours de Marine Le Pen mais il est incapable de dire en quoi elle est « indigne » ou « inepte ». Les mots employés par les ministres ou députés de la majorité ont-ils une consistance autre que marketing ?

Darmanin, comme le macronisme en général, ont un besoin vital de lepénisme. Il est par excellence la figure « maudite » qu’ils désignent comme le mal politique. En parlant de lui, ils le relégitiment en permanence comme leur adversaire privilégié. Argumenter point par point en expliquant pourquoi ils condamnent le lepénisme n’a aucun intérêt à leurs yeux. Ce dont ils ont besoin, c’est de la figure de l’épouvantail à combattre, sur laquelle bâtir l’image du héros. Le macronisme est avant tout un anti-lepénisme. Tous deux sont les faces opposées d’une même pièce de monnaie. Le macronisme parie sur une victoire au second tour des présidentielles grâce au renouvellement du duel contre son adversaire de 2017. Oui bien sûr, tout cela relève du marketing politique ou du grand spectacle narcissique. C’est 2022 que l’on prépare et rien d’autre. On est à mille lieues des grands sujets de préoccupation des Français, chômage, violence, maîtrise des frontières, pauvreté, école, hôpital … Or, les Français sont bien plus lucides que ne le pensent les dirigeants politiques et ressentent avec beaucoup de désarroi et de malaise cette fuite dans les limbes.

 

 

 

 

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Le résultat occulté

Une chose m’avait interloqué, à l’issue du premier tour des élections municipales: l’occultation des résultats globaux. A l’issue de chaque élection nationale ou locale, le soir même, les écrans de télévision abondent d’estimations sur les rapports de force politique. Cette fois-ci, les rapports de forces avaient disparu, noyés, enseveli, anéantis. La forte abstention due au coronavirus n’expliquait rien de cette occultation : lors des élections législatives et européennes, l’abstention était tout aussi considérable ce qui n’empêchait pas les commentateurs de s’enivrer de rapports de force et de jubiler jusqu’à l’hystérie au constat de la mort de « l’ancien monde » et du triomphe, misérable triomphe, des partis du « nouveau monde » politique. Avant hier, un mois et demi après, le tableau du rapport des forces politiques issu des municipales était divulgué par le Figaro. Il explique le silence et l’omerta, le soir du 15 mars, de la part des radios-télés :

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Magouilles politichiennes

Un nouveau groupe parlementaire, le neuvième, vient d’être créé par l’aile gauche « macroniste ». La plupart des commentaires annoncent la fin de la majorité LREM et en font un événement politique. Absurde : ces soi-disant parlementaires doivent tout à l’élection présidentielle. Ils n’ont aucun ancrage, aucun mérite, aucun charisme, aucune vision et nulle autre obsession que leur réélection future dans la foulée de celle de M. Macron. Ce cinéma hypocrite n’a pas une once d’intérêt.

L’air du temps pue la magouille politichienne. Il est fortement question d’un changement de Premier ministre. Dans le système politique français, il n’y a qu’un seul authentique responsable: l’occupant de l’Elysée qui pavoise jour après jour à la télévision et multiplie les coups médiatiques et les annonces en guise de politique.  Lui seul à vocation à assumer et à partir si quelqu’un doit payer. Changer de Premier ministre n’est rien d’autre, dans ce système bancal, qu’une opération de communication supplémentaire en vue de l’élection présidentielle. De même, quelques articles de presse se font les échos de l’idée de dissoudre la Chambre. Je n’y crois guère, mais si une telle opération avait lieu, il faudrait y voir un coup dans la perspective de la présidentielle de 2022.

La France est par terre: 30 000 morts du covid, des milliers de personnes âgées sacrifiées, une économie dévastée, des millions de jeunes sur le carreau et dans la détresse, des libertés saccagées. Je ne partage pas l’idée selon laquelle l’écroulement de la France est une vue de l’esprit et une traduction de la haine de soi. Non, l’écroulement de la France a bien eu lieu, surtout comparé à l’Allemagne, et toute la gestion de la crise du covid, marquée par l’aveuglement, les mensonges, les volte-face, le mépris, est bien le résultat d’une faillite particulière de la classe dirigeante française.

Que dans ces conditions de malheur collectif, des individus puissent songer à leur élection (une candidate s’est déjà déclarée deux ans à l’avance!) ou réélection à l’Elysée est d’une médiocrité indicible. Cette obsession élyséenne n’est rien d’autre que la poursuite d’une perversion du régime politique français qui substitue la démence narcissique au bien commun, à l’intérêt général, au destin national. Quand j’en parle à des amis politiques, ils me disent outrés: « mais il faut bien incarner! » Incarner quoi? L’impuissance? La bêtise humaine? Je suis pour la destruction de ce système mégalomaniaque et la restauration d’une démocratie libérale fondée sur le débat d’idées, de projets et le service de la France.

Maxime TANDONNET

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Le mécanisme de la diabolisation

M. Michel Onfray a lancé un magazine numérique intitulé Front populaire destiné à promouvoir la parole de personnalités qui pensent en dehors des sentiers battus sur l’Europe, l’euro, la nation, la mondialisation, la culture, le capitalisme… Quelques noms figurent parmi ses futurs contributeurs éventuels, Ph Villiers, JP Chevènement, le professeur Raoult. Il n’en a pas fallu moins pour que le mécanisme de diabolisation se mette en route. Les noms d’oiseaux volent dans la presse la mieux pensante, celle qui prétend dicter l’ordre du bien et du mal, la loi de la pensée correcte : « réacosphère », « extrême droite », Boulanger, Doriot, Déat, etc. Il ne manque plus qu’Hitler, Mussolini et Franco. Pas Mao et Pol pot, ces grands criminels de masse, pour lesquels nos gardiens du temple conservent un vieux fond de tendresse. La diabolisation ne joue pas contre le lepénisme qui dispose bien au contraire d’un accès ouvert et permanent aux médias radio-télévision, et, désormais bien calé à sa place dans le système, comme tremplin des victoires passées, présentes et à venir du « progressisme ». Mais il se déchaîne invariablement contre toute initiative venant troubler l’ordre idéologique français, maniant son outil privilégié, le point Godwin, c’est-à-dire l’assimilation, en dépit du bon sens,  à l’Hitlérisme et tout ce qui s’y rattache directement ou indirectement. Faute d’argumentation ou d’aptitude à argumenter, les pires insultes, les crachats glaireux, les flots de haine, se déchaînent contre toute tentative de desserrer l’étau de la pensée conforme et susceptible d’ébranler le pilier central de l’idéologie française ou de perturber son monopole. La méthode est ancienne: dans les années 1930, le parti communiste, branche française de l’internationale communiste ou Komintern, puis de nouveau dans les années 1950, traitait invariablement de réactionnaire, fasciste ou de nazi toute approche critique à son endroit ou envers l’Union soviétique de Staline. Le parti communiste a plus ou moins disparu de fait ou il n’en reste que des miettes. Pourtant, sa méthode a triomphé.

Maxime TANDONNET

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L’idéologie LREM à travers la gestion du covid 19

Hier, le chef de l’Etat a déclaré: « Il n’y a jamais eu de rupture de masques ». Une phrase symptomatique de l’idéologie au pouvoir, axée sur le culte de la personnalité. Le réel, les faits,  que chaque Français a vécus, constatés pendant au moins deux mois, n’ont aucune importance. La parole du chef efface le monde des réalités, se substitue à l’évidence, tient lieu de vérité; par elle, le faux devient le vrai. L’idéologie sous-jacente au mouvement LREM est imprégnée de traces totalitaires.

Les interdits qui ont marqué le déroulement de cette crise n’ont jamais été neutres, mais chargés de signification quant à la sensibilité qui les a animés. Il fallait annihiler tout ce qui fait la liberté, la vie intérieure,  le jardin secret des uns et des autres.

Interdire les marches solitaires dans la forêt, en montagne ou sur la plage n’avait pas le moindre intérêt sur la plan de la lutte contre la pandémie. Il fallait tuer l’image de la solitude et de la richesse intérieure source de force de caractère, d’insoumission et de distance à l’égard du pouvoir idéologique.

De même, les librairies ont été longtemps fermées, contrairement aux commerces alimentaires. Tout un symbole: cette mesure reflétait le mépris de la culture, de la pensée, de la lecture qui libère, favorise l’esprit critique et éloigne de l’allégeance à l’ordre établi.

Les messes et autres célébrations religieuses sont restées interdites. Il a fallu une décision de justice, du Conseil d’Etat, pour rétablir la liberté de culte. Là aussi, la vie de l’esprit ou l’expression de la foi est, au regard de l’idéologie dominante, valeur maudite: elle est marque d’indépendance envers le discours dominant, le culte du chef. Le souverain de celui qui prie n’est jamais de ce monde.

Les voyages aussi ont subi un triste sort. Ils sont l’expression même de la liberté. Celui qui se déplace, dépasse ses frontières intérieures ou extérieures, s’affranchit du contrôle social. Il est en mouvement, sans lien, sans attache. Il quitte sa télévision et le matraquage quotidien de la propagande. Après 50 jours de confinement ou d’assignation à résidence, il fallait donc interdire aux Français de franchir la limite de cent kilomètres de leur domicile.

Stupéfaction: si les marches solitaires, les librairies, les messes et les voyages ont été interdits, la fête de la musique, évidemment plus dangereuse que toutes ces pratiques sur le plan sanitaire, se traduisant par des regroupements spontanés, elle, aura bien lieu. La fête de la musique, la fête en général, est au centre de l’idéologie. Sa source est le socialisme à la française de 1981 (Jack Lang). Elle est donc intouchable. Et puis la fête est fusion des émotions et de la chair. Elle confond, mélange, annihile l’individu dans le groupe, l’enchaîne dans une jubilation collective, allume des néants mais éteint la pensée. Elle peut être un parfait outil de soumission.

Maxime TANDONNET

 

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Salutaire commission d’enquête sénatoriale

L’annonce de la création d’une commission d’enquête sénatoriale sur la gestion de la crise du covid 19 a suscité le trouble en haut lieu. Or, avant toute autre chose, face au bilan d’une  tragédie  les Français ont le droit de savoir de manière factuelle ce qui s’est passé, d’établir les responsabilités et d’en tirer les conséquences en termes de sanctions politiques. C’est là un principe démocratique absolu dont il est inconcevable de les priver. Art. 15 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen:  La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration. Cela concerne toute personne en charge d’une responsabilité publique, aussi bien le chef de l’Etat, le Premier ministre, les ministres et les fonctionnaires.  Pendant trois ans, les Français ont été abreuvés de paroles grandiloquentes « Jupiter », « exemplarité », « renouvellement », « transformation », « refondation » et d’une avalanche  de communication à outrance. Or, des questions se posent inévitablement sur le décalage entre la splendeur arrogante affichée au quotidien et le piètre bilan d’une tragédie. Si l’on en juge par les données de l’OMS, pour une taux de létalité moyen dans le monde de 7,09 %, la France affiche les pires résultats : 19%, pire que la Belgique : 15,68, Royaume-Uni : 15,43, Italie : 13,72, Pays-Bas : 12,33, Suède : 12,09, Espagne : 10,22. Il apparaît qu’en France l’on meurt trois fois plus qu’aux USA (5,76), et cinq fois plus qu’en Allemagne (4,15) qui se classe dernière (une fois n’est pas coutume) en Europe à égalité avec le Portugal. D’innombrables questions se posent: sur l’absence des masques pendant trois mois, des tests de dépistage, de places de réanimation en nombre suffisant, la situation hospitalière, les revirements dramatiques de la communication officielle, les 50 jours de privation de liberté infligée aux Français assignés à résidence, les morts dans les EPAD, l’effondrement économique de la France, infiniment pire qu’ailleurs, notamment en Allemagne. La  crise aura fait au bas mot une trentaine de milliers de morts et probablement des millions de chômeurs. Cette hécatombe n’était pas une fatalité si l’on en juge par la situation de nombreux autres pays qui n’ont pas connu ce niveau de désastre. Il est inepte d’affirmer que « ce n’est pas le moment de gêner l’exécutif ». Enquêter, faire la lumière, n’entrave pas la poursuite de l’action. Les Français ont le droit de savoir aujourd’hui, à chaud, ce qui s’est passé. Demain, à grand renfort de matraquage médiatique, les esprits passeront à autre chose. C’est donc bien aujourd’hui que les Français ont le droit  de demander des comptes à travers leurs représentants, à travers les sénateurs. La création de la commission d’enquête sénatoriale est tout à l’opposé d’une manœuvre politicienne. Elle est un acte indispensable de transparence, de justice et de démocratie.

Maxime TANDONNET

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Etrangetés historiques, du Front populaire à Montcornet

 

  • M. Michel Onfray vient de créer une nouvelle revue qui sera consacrée à la défense du peuple contre la mondialisation capitaliste. Plusieurs personnalités l’auraient rejoint dans cette démarche: le pr Didier Raoult, JP Chevènement, Philippe de Villiers.  L’idée d’offrir une tribune à l’opposition anti-globalisation est judicieuse. Mais pourquoi ce titre, « Front populaire »? Il renvoie à la majorité radicale-SFIO dirigée par Léon Blum – et Daladier – , élue à la Chambre en mai 1936. Certes, la France lui doit des réformes sociales emblématiques, dont deux semaines de congés payés. Mais le Front populaire n’a pas laissé que de bons souvenirs. Fallait-il réduire le temps de travail de 48 H hebdomadaires à 40H alors que l’industrie de l’Allemagne hitlérienne se mobilisait pour produire des chars et des avions à des rythmes de 60H par semaine, ceux-là mêmes qui devaient terrasser l’armée française quatre ans plus tard. Cette même Chambre, élue sous le label Front populaire a voté en octobre 1938 à la quasi unanimité – sauf le PCF et une poignée d’hommes de droite dont Henri de Kerillis – la ratification des accords de Munich qui abandonnent la Tchécoslovaquie à Hitler, dans un grand élan d’euphorie (« la paix est sauvée! »)  Enfin, ce sont les députés issus de la Chambre du Front populaire, avec les Sénateurs, qui ont donné les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940 (sauf 80 parlementaires) et engagé  ainsi la France dans la voie de la collaboration. Surprenant titre pour cette revue, franchement…
  • Le président de la République a célébré hier, lors d’une étrange cérémonie, le de Gaulle de Montcornet. Dans la grande débâcle de l’armée française du 12 mai au 14 juin 1940, à la tête de plusieurs régiments, le colonel de Gaulle obtient un succès militaire sur le site de Montcornet. Il n’empêche que cette bataille fait partie d’une déroute générale de l’armée française que des exploits individuels dont le sien n’ont pas suffi à empêcher. Laisser entendre que Gaulle et la résistance seraient nés à Montcornet, peut sembler hasardeux. Ils prennent vie lors de l’Appel du 18 juin 1940, l’instant sacré, et nullement avant. Il n’est jamais de bon ton de jouer avec l’histoire au prétexte de trouver des angles d’attaques originaux et de se faire remarquer. Triste cérémonie virtuelle d’ailleurs, destinée aux seuls média; emblématique cérémonie narcissique, sans le peuple.

Maxime TANDONNET

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Message de Mme Malika Sorel

Bonjour Maxime
C’est le pays qu’on enchaîne. Jamais, en choisissant la France comme Patrie, je n’aurais pu imaginer qu’elle puisse emprunter un jour la voie du sous-développement. J’ai commencé ma vie en France comme ingénieur avec plein d’étoiles dans les yeux et tant de fierté pour nos réalisations. Tristesse infinie et grosse colère pour tout ce qui nous arrive en tant que peuple !
http://www.malikasorel.fr/archive/2020/05/15/c-est-le-pays-qu-on-enchaine.html
Portez vous bien.
Malika

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