Foutez-lui la paix!

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)La polémique de l’été sur les vacances de M. Sarkozy et de sa femme marque une nouvelle étape dans la dégradation de l’esprit du temps. Le monde médiatique se déchaîne sur le coût des vacances familiale en Corse de l’ex-président. Cette dénonciation porte sur le choix de ses vacances privées, familiales, financées bien entendu sur  ses deniers personnels. Nous ne sommes plus dans la querelle de nature politicienne liée à l’usage de fonds publics. Non, nous sommes dans une pure logique d’inquisition. Des vacances à xxx euros par semaine: Et alors? n’est-ce pas son problème? N’est-ce pas son affaire? Le couple Sarkozy, comme tout un chacun, a le droit d’utiliser son argent comme il l’entend, cela ne regarde personne. Combien coûtent les vacances des autres personnalités politiques, des hommes d’affaires du pays, de ses sportifs, des gens du monde médiatique et du spectacle? Se payer une voiture, une moto, un bateau, un voyage, des travaux pour sa maison, ou une semaine de vacance, et alors, et alors? Faudra-t-il un jour rendre public, dans un grand fichier accessible à tous sur Internet, le coût des vacances de tout un chacun? Cette attaque relative au budget des vacances personnelles de l’ancien chef de l’Etat fait froid dans le dos… Bien sûr, l’objectif est de l’affaiblir par tous les moyens possibles et imaginables dans la perspective de 2017. Mais quand même, à travers cet exemple,  un cran supplémentaire a été franchi dans la marche vers un ordre transparent, niant le droit au jardin secret individuel, à la vie privée, fondement même de nos sociétés libérales. De fâcheux précédents historiques reviennent en mémoire. Il y a dans ce réflexe, comme un goût sulfureux d’inquisition, de négation du secret de la vie privée, de dénonciation et de délation. L’idée même de liberté individuelle, dans ce cas symbolique, est comme bafouée, ignorée, foulée au pied. Tout ceci dégage un air de  surveillance jalouse, entre « garde rouge », espionnite totalitaire, ou l’oeil de big brother. Nous ne savons pas jusqu’où cela peut aller mais  nous y allons tout droit…

Maxime TANDONNET

 

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

Les Européens face au chaos migratoire

272AB10B00000578-3020411-The_new_migrant_camp_pictured_in_the_Les_Dunes_area_of_Calais_ha-a-29_1427840233706« L’histoire nous enseigne que les migrations améliorent le sort de ceux qui s’exilent mais aussi font avancer l’humanité toute entière ». Cette phrase de Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU prononcée en 2004 devant le parlement européen, exprime l’idéologie dominante, issue notamment de la mauvaise conscience coloniale de l’Europe, qui imprègne en profondeur la pensée de ses classes dirigeantes, ses élites médiatiques, politiques, intellectuelles .

Or, un sondage vient de révéler que l’immigration était aujourd’hui, désormais, la première préoccupation des Européens: 38%, bien loin devant les questions économiques (Eurobaromètre, juillet 2015) . Ce n’est pas la venue régulière en Europe de personnes du monde entier, désireuses d’y travailler en respectant ses lois et d’y élever leurs enfants, disposant d’un logement et d’un emploi, qui suscite cette réaction, ni l’asile offert aux authentiques victimes de persécutions. Non, ce que rejettent les Européens, c’est le chaos migratoire, le sentiment largement partagé de l’impuissance tragique des autorités politiques – nationales comme européennes – face à des arrivées non maîtrisées de migrants qui forcent le passage par tous les moyens dans une Europe qui compte 20 millions de chômeurs et confrontée à des difficultés gigantesques, sociales, financières, politique.

L’Europe « d’en haut », politique comme intellectuelle, est dans l’impossibilité absolue de penser, de concevoir, d’essayer de comprendre ce malaise populaire. Pour elle, il est le fruit d’un obscurantisme, que reflète l’usage du mot méprisant « populiste« , d’une vue de l’esprit puisque le phénomène migratoire, par définition, se confond avec le bien. Elle réagit exactement comme un apparatchik du Soviet suprême, dans les années 1950, auquel on aurait voulu expliquer que le « socialisme scientifique » n’est pas forcément l’avenir radieux de l’humanité.

Que peut-il sortir de ce gouffre entre l’Europe d’en haut et l’Europe des peuples?

– Scénario 1 – le pourrissement: tout continue comme si de rien n’était, sur la ligne actuelle, en essayant d’enfouir les problème et de détourner l’attention des peuples et de traiter leurs inquiétudes par le mépris. Peu à peu, à la faveur d’un chaos qui se répand, aux frontières comme dans les zones urbaines, nous assistons à un retour des nationalismes en Europe, une montée des tensions entre les Etats (France/Italie, France/Royaume-Uni); la défiance envers les politiques se généralise, s’exacerbe, les partis nationalistes, venus parfois de l’antisémitisme et du racisme, poursuivent leur vertigineuse ascension partout. Sur une vingtaine d’années, peut-être moins, on peut envisager l’arrivée de régimes autoritaires sur le continent, sinon de dictatures, un rejet viscéral de toute forme de solidarité européenne, des phénomènes de repli autarcique et une résurgence des haines nationalistes de la pire espèce.

Scénario 2 – la prise de conscience: les autorités politiques nationales et européennes réalisent enfin le danger auquel elles exposent le continent européen. Elles s’affranchissent des dogmes, des idéologies, de l’ordre moral qui conditionnent leur comportement sur ces sujets depuis plusieurs décennies. Un principe simple doit dès lors effectivement prévaloir: l’Europe est certes un continent ouvert et hospitalier, en fonction de ses capacités d’accueil, mais personne ne peut entretenir le moindre espoir d’y entrer ou d’y rester illégalement, c’est-à-dire en dehors du respect de son droit et de ses lois (communautaires et nationales). En contrepartie de cette clarification, l’Europe entreprend un gigantesque effort d’aide au développement des pays sources de l’immigration.

Hélas, l’aveuglement obtus qui prévaut aujourd’hui, la terreur du qu’en dira-t-on aussi, qui paralyse les élites politiques et intellectuelles, dans un climat de lâcheté et de narcissisme généralisé,  me font plutôt pencher vers la première alternative mais comme souvent, je peux me tromper et je l’espère sincèrement…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 26 commentaires

Le vertige de l’avenir

téléchargementLa trêve estivale de juillet-août se prête au recul et à la hauteur face aux événements. Pourtant, l’avenir est une chose que l’on n’a pas forcément envie de voir, avec son cortège d’incertitude est d’angoisse.  « Ni la mort ni le soleil ne se peuvent regarder en face » écrit François Mauriac (Mémoires intérieurs). J’y ajouterais volontiers « l’avenir ». Le dernier rapport de l’ONU sur l’avenir de la population mondiale est ainsi passé inaperçu en France. Pourtant, sa lecture donne le vertige. En 2100, la terre sera peuplée de 11,2 milliards d’habitants contre 7 aujourd’hui. La seule population de l’Afrique va quadrupler, atteignant 4,2 milliards et faisant de ce continent le plus peuplé de la planète. L’Inde sera la première puissance démographique devant la Chine avec 1,5 milliard d’habitants. Le Nigéria dépassera les Etats-Unis et à lui seul, comptera plus d’habitants que l’Europe toute entière qui perdra d’ici là 14% de sa population. Le bouleversement en cours soulève des interrogations gigantesques: l’Afrique dans ces conditions peut-elle relever le défi incommensurable de son développement économique et social? Et sinon, que devient-elle? Que reste-t-il en tout cas de notre pauvre Europe et de ses peuples en 2100? Quelles sont les issues planétaires sur le plan de la pollution et de l’environnement? Des matières premières et de l’énergie? De l’alimentation et des ressources en eau potable? Dans cette poudrière, quelle place doit avoir le monde occidental et comment concevoir son unité, son leadership face aux défis gigantesques des décennies qui viennent?Parfois, je me dis que le maelström de l’actualité quotidienne, les polémiques, les passions et les querelles du quotidien ne sont guère que des leurres pour nous détourner des vraies questions qui touchent au futur de l’humanité. Celles que nous n’avons pas envie de voir ni d’entendre…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 45 commentaires

La chance historique que l’opposition ne saura pas saisir

téléchargement (2)La crise du parti créé par Jean-Marie le Pen devrait, logiquement, ouvrir un boulevard à l’opposition modérée. Ce parti n’existe que sur une gigantesque tartufferie, bâti sur une faille qui ne cesse de se creuser. Ses dirigeants actuels doivent tout à un personnage qui a construit le parti, l’a développé pendant 30 ans sur la base de violentes provocations verbales qui sont le socle de son histoire, de son identité, de sa réussite médiatique. En reprenant le parti, qui est le fruit de cette politique, ils valident nécessairement, logiquement, reprennent à leur compte tout ce qui en a fait le « succès ». Un héritier récupère le patrimoine, mais aussi les dettes. Dès lors, reprendre le parti tout en essayant de tuer son créateur est une attitude qui ajoute à l’abject des paroles passées, l’abject du cynisme présent. Rien dans la mémoire politique récente du pays n’est aussi sordide que cette sombre histoire de famille et de tentative de parricide, autour d’un vieux sanglier blessé qui se débat encerclé par ses bourreaux et qu’on ne parvient pas à achever. En principe, le parti lepéniste devrait être considérablement affaibli voire disparaître dans les mois à venir. Mais il faudrait pour cela une condition: que l’opposition modérée soit moins lâche et moins idiote qu’elle ne l’est aujourd’hui et se pose enfin les vraies questions: pourquoi 88% des Français pensent que « les politiques ne s’intéressent pas à ce que pensent les gens comme nous? » Pourquoi « 37% éprouvent de la méfiance envers la politique et 31% du dégoût »? (CEVIPOF février 2015). Quelles transformations profondes du pays sont indispensables dans les domaines qui le tourmentent, sur la crise de l’emploi, ses angoisses identitaires, ses préoccupations sur l’immigration, l’Europe, la Nation, la sécurité? Quels bouleversements sont nécessaires pour permettre à une majorité, un gouvernement, de faire des choix, de gouverner plutôt que de fuir le réel à travers des coups de communication et de postures? Comment mettre fin au sentiment du carriérisme et de l’ivresse mégalomaniaque que donne la classe politique aujourd’hui? Voilà les grandes questions que l’opposition modérée devrait se poser pour tenter de sortir le pays de sa morosité et profiter de la bouffée d’oxygène que donne au pays la crise du parti créé par Jean-Marie Le Pen.  Mais je crains sincèrement que la lâcheté et la bêtise ne les étouffent, au point de ne même pas pouvoir envisager cette remise en cause, pourtant vitale.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 34 commentaires

« Ma trace dans l’histoire »

19975403-empreinte-animale-dans-le-sol«Ce qui doit compter pour moi, c’est la trace que je laisserai. Il faut du temps pour la voir, la deviner, la dessiner». Lire, entendre une phrase de ce genre me fait mal, me déchire le coeur pour mon pays, la France. Nous avons un beau pays, avec ses villes, sa capitale, ses montagnes, ses mers, ses campagnes, son génie littéraire et technologique, son histoire passionnante, un peuple dans l’ensemble courageux et travailleur, n’en déplaise aux caricatures, et des jeunes dans leur majorité, qui veulent s’en sortir, créer, inventer, innover, voyager. Et puis, des élites dirigeantes, politiciennes –  la France visible, médiatique – malades de narcissisme, de prétention, de nombrilisme, qui gâchent tout, pourrissent tout. Vouloir laisser une trace dans l’histoire: la quintessence de la mégalomanie. Dans un demi siècle, il ne restera rien de vous, cher Monsieur, sinon, comme tout le monde, un squelette dans un cercueil ou un peu de cendre (cela prend moins de téléchargement (2)place paraît-il) et peut-être, ce n’est même pas sûr, votre nom dans un vague manuel de classe de première, tout juste cité, sans commentaire, au côté de celui de vos prédécesseurs et successeurs. Qui se souvient de Faure, Loubet, Fallière, Deschanel? Pas plus, vous n’aurez pas plus, je vous en donne ma parole. Vous avez été désigné au sommet de la pyramide pour vous consacrer pendant une poignée d’années au bien commun, et non à la trace « que vous laisserez » , une trace dont l’Histoire se foutra comme de sa première chemise. Vous comme les autres d’ailleurs. Car ils sont tous comme cela, de la pire extrême droite à la pire extrême gauche en passant par tous les centres droit et gauche: de véritables nombrils ambulants, de grands malades psychiatriques, névrosés d’eux-mêmes. Voyez machin, jeune quadra prétendant au trône suprême, comme il a l’air malin, celui-là aussi, bac +18 comme dirait l’autre, avec son air de dindon satisfait. Produits de la dérive présidentialiste à la française, ce mélange nauséeux d’impuissance minable  et de mégalomanie grotesque – une des pires catastrophes politique de notre époque – et de la société médiatique ultra-narcissique. Il n’est pas de pire fanatisme que le fanatisme du je, fanatisme du nombril, au sommet de l’aveuglement et de la bêtise ambiante.  Votre trace dans l’histoire, cher Monsieur? Un grand, prodigieux éclat de rire!images (1)

Maxime TANDONNET

(Merci à d’éventuels repreneurs de ce texte de ne pas expliciter par des noms ou illustration l’identité des personnes concernées).

Publié dans Uncategorized | 29 commentaires

Un atroce génocide ignoré

n_people_ssConnaissez-vous l’endroit le plus perdu, le plus ignoré, le plus reculé, le plus oublié, de la planète? Moi, oui, j’y suis allé à l’âge de 25 ans… C’est le Sud Soudan, autour de Juba, une zone couverte de brousse, de jungle et de montagnes, quelque part au finfond de l’Afrique orientale, au carrefour du Soudan, de l’Ethiopie, de l’Ouganda, du Kenya, de la RDC. Composée d’une mosaïque de tribus,  sa population est anglophone, chrétienne et animiste. Les réserves de pétrole y sont gigantesques…  Un épouvantable génocide y sévit en ce moment, où des femmes et des enfants subissent les pires atrocités que l’imagination puisse concevoir. Cependant, la tuerie se développe dans la plus parfaite indifférence de la société internationale et de ses médias. La radio, la télévision, l’essentiel de la presse française remuent ciel et terre pour un adolescent blessé à Argenteuil par un « flash ball » le 14 juillet, mais gardent un silence terrifiant devant un massacre de masse, des milliers de personnes torturées à mort, d’une violence et d’une cruauté inouïes. Pourquoi? Je n’en sais rien… En principe, nous vivons dans un monde globalisé, qui se caractérise par la circulation en temps réel des images, des idées et des émotions et des sentiments. Notre époque est, normalement, ultrasensible à la vision de la souffrance et du sang. Elle est dominée par une sensibilité humanitaire à fleur de peau. Pourquoi le Sud Soudan, ne suscite donc qu’un vague mépris et une absence de compassion aussi flagrante? Où sont donc passées les grandes voix humanistes, les bonnes consciences professionnelles et autres défenseurs attitrés des droits de l’homme et du devoir d’ingérence? Tout se passe comme si cette souffrance africaine, ce réglement de compte entre Nuers et Dinka, ne disait rien à la mauvaise conscience historique occidentale. D’où cet aveuglement honteux, criminel. Le génocide du Sud-Soudan veut-il dire que les bons sentiments humanitaires, qui règnent sans partage sur le monde occidental, sont artificiels et sélectifs, comme si tous les hommes ne se valaient pas devant la souffrance et la mort?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 24 commentaires

Chronique de la vie quotidienne

téléchargementOn croit tout avoir vu, mais on est encore loin du compte. L’équipe de France de volley-ball est, paraît-il, championne du monde, ou quelque chose de ce genre après avoir gagné au Brésil. Bien sûr, les médias nationaux s’en gargarisent. « La France qui gagne ». Mais voilà, il y a quelque jour, la star de l’équipe de France de volley ball a gentiment demandé, sur le quai de la gare, à un contrôleur de la SNCF, tout simplement, de bloquer le départ d’un TGV pour attendre son copain qui était en retard… Peu importe, évidemment, la nuisance pour des milliers de gens et les perturbations engendrées pour le trafic. Et si tout le monde faisait pareil,  et si chacun d’entre nous se donnait la possibilité d’interrompre le départ d’un train, le décollage d’un avion, pour attendre un copain en retard? Que resterait-il des transports en commun dans ce pays? Mais non, là, ce n’est pas pareil: une star, c’est une star, quelqu’un au dessus des lois et du commun des mortels! Et comme l’employé de la SNCF refusait d’obtempérer, notre star nationale, une grande brute de deux mètres, pan, lui a décoché un coup de poing et crevé l’arcade sourcilière. Quoi de plus normal? Quoi de plus exemplaire pour les jeunes en quête de modèle? La loi de la jungle, la loi du plus fort, du plus grand, du plus musclé, la loi de la violence. Cette anecdote mérite d’être relevée: produit d’une société débile, qui inverse les valeurs et divinise, porte au pinacle, idolâtre de grandes brutes écervelées, les nouveaux maîtres du monde, au crâne plein d’air, comme le ballon sur lequel elles frappent.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 20 commentaires

La misère politique croissante

images (3)Est-ce une vue de l’esprit ou le constat lucide d’un phénomène bien réel? Merci de me détromper si je suis dans l’erreur… Jamais je n’ai éprouvé aussi fortement, en ce mois de juillet 2015, l’impression d’une plongée de la vie publique française dans l’absurde, le néant et la manipulation sans vergogne. J’en ai identifié treize symptômes qui me paraissent flagrants.

– La négation radicale des sujets de préoccupation des citoyens dont plus personne ne parle: le chômage massif, la désindustrialisation, l’exclusion des jeunes, la crise de l’Education nationale et de l’université, l’insécurité, le communautarisme.

– L’asservissement quasi généralisé du monde médiatique (radio, télévision, une partie de la presse écrite), du matin au soir, à la propagande quotidienne du pouvoir en place.

–  La personnalisation à outrance de la vie politique, accaparée jusqu’à l’obsession par les facéties, coups de com’, flambées narcissiques d’une poignée de figures médiatisées.

-Un détournement généralisé, banalisé, de l’intérêt public – en principe la raison d’être de la vie politique – au profit des intérêts personnalisés d’une caste politique qui ne s’intéresse plus qu’à la conservation et la conquête des mandats, fonctions, privilèges. La course à la présidentielle de 2017 en est la quintessence.

-Un nouvel ordre idéologique et moral: sur tous les sujets, il n’existe plus qu’une et une seule approche tolérable, socialement acceptable, et celui qui s’en éloigne est satanisé (sur l’immigration ou l’euro par exemple).

-Un manichéisme débilitant: droite et gauche présentées comme des ennemis irréductibles, engagés dans une guerre mortelle, un sectarisme haineux qui n’est pas autre chose que le cache misère de la mort des débats de société.

-La technique de la table rase dont se nourrit la vie politique: tout doit s’oublier, le passé vichyste d’untel, les paroles ignobles d’un autre, les fautes monstrueuses, les échecs lamentables, les bilans désastreux…  D’où le sabotage de l’enseignement de l’histoire.

-Le goût du lynchage public, la quête permanente du bouc émissaire médiatique, sur lequel convergent toutes les haines, toutes les fureurs, toutes les frustrations, la personne que l’on jette par terre pour la rouer de coups de pieds (M. Buisson par ex).

-L’ivresse de l’anecdote, de la petite polémique minable présentée comme événement  (apparition de la petite culotte d’une actrice au festival de Cannes).

-la dictature de l’émotion au détriment de la raison: le monde politique et médiatique ne cesse de jouer sur l’émotion collective pour déclencher autour d’elle de vastes mouvements d’adhésion et de consensus parfaitement artificiel et provisoires (« l’esprit du 11 janvier »).

– L’occultation à peu près complète des grands enjeux planétaires par lesquels se joue l’avenir des futures générations, l’essor de l’Asie, la démographie africaine, la poussée de violence fanatique au maghreb et en Afrique, l’enjeu pétrolier, le déclin du monde occidental… Cela au profit d’une vision strictement franchouillarde de l’actualité.

-Le mépris de la « vile multitude », du peuple, de la populace mal pensante, du populisme en somme, d’où la contradiction fondamentale entre des sociétés qui s’affichent démocratiques (pouvoir du peuple) et méprisent souverainement le peuple.

-L’anti élitisme, la crainte du savoir, de l’intelligence, de la culture, qui permettent de disposer d’outils de résistance face à une tendance à la médiocrité. D’où la politique de nivellement par le bas, la guerre menée aux enseignements des humanités, aux grandes écoles, et la volonté assumée de noyer l’université dans la masse.

Maxime TANDONNET

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 47 commentaires

Jean Lacouture

images (1)Jean Lacouture, je le connaissais un tout petit peu: cousin germain de ma grand mère paternelle, il m’était parfois arrivé de croiser son chemin lors de manifestations familiales bordelaises ou parisiennes. L’image que j’ai de lui, comme intellectuel, est contrastée. Ses biographies sur Mauriac, Mendès-France, Blum, de Gaulle, pour m’en tenir à celles que j’ai lues, sont riches, bien documentées, fruit d’un abondant travail de recherche sur archives et d’entretiens. L’homme était extrêmement simple, accessible, gentil, ouvert, attentionné, profondément humain et d’un esprit de famille irréprochable. Cependant, à mon grand regret, parlant d’un membre même éloigné de ma famille, je ne saurais être totalement dithyrambique à son égard. Le côté « homme de gauche » revendiqué ne le grandit pas à mes yeux … Il a fait partie, à une certaine époque, de ces maîtres penseurs médiatiques ès-bonne conscience et donneurs de leçons. Son étiquette « de gauche », bien entendu, lui a ouvert toutes les portes, des gloires politiques, des radios, de la presse et des émissions de télévision. Mon cousin, il faut quand même le dire, en homme de gauche, s’est pourtant gravement trompé, tressant les lauriers de l’évacuation de Phnom Penh par les Khmers rouges, qualifiée « d’audacieuse transfusion de peuple » (Nouvel Observateur le 28 avril 1975), alors que cet évènement marque le début de l’un des massacres les plus sanglants de l’histoire de l’humanité, celui de deux millions de Cambodgiens. Quelques années plus tard, son mea culpa signe la fin d’une époque d’aveuglement : « Pour le Vietnam, je plaide coupable. Je m’accuse d’avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime Nord vietnamien » (Valeurs Actuelles, 13 novembre 1978) Grâce lui en soit rendue: il s’est comporté là en grand honnête homme et en homme d’honneur: reconnaître ses torts, à la suite d’une faute comme celle-ci, est une pratique tellement démodée… Moi, ce que je crois profondément, la leçon que j’en tire, c’est qu’un véritable intellectuel devrait éviter de se prétendre de droite ou de gauche, notions qui impliquent par définition un présupposé sectaire ou idéologique et conduisent à une impasse. C’est très Français, de se dire « intellectuel engagé », de gauche. Cela n’évite pas de se fourvoyer dans des points de vue qui apparaissent, avec le recul de l’histoire, pour le moins malheureux…  (je n’en dirais pas plus, à propos d’un membre de ma famille).  Un intellectuel, un écrivain, me semble-t-il, devrait avoir pour ultime ambition le service de la vérité, des faits, de la réalité des faits, dans une optique aussi objective et impartiale que possible, s’adressant à tout un chacun et pas à un camp contre un autre, ce qui est sous-jacent au clivage droite\gauche. Il n’a pas, au contraire d’une personnalités politique, en tant qu’intellectuel, à se dire de droite ou de gauche. Il vaudrait mieux pour lui renoncer au délice, à la volupté de se prétendre de gauche, c’est-à-dire, pour résumer, du camp du « bien ». Sinon, ce qu’il gagne en lauriers, en gloriole médiatique, en promotion de ses livres – il le perd en crédibilité et en liberté jugement…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 11 commentaires

L’Amérique attaquée (dans l’indifférence)

images (3)Le traitement médiatique de l’actualité est effarant. Quatre soldats américains ont été tués hier dans le Tennessee. Le fait est considérable. Non, ce n’est pas en Afghanistan ni en Irak que ces faits se sont produits, mais sur le sol américain. L’Armée américaine est frappée sur le territoire des Etats-Unis, même si les motivations de l’assassin ne sont pas officiellement connue ou revendiquée. Nous ne sommes pas dans le fait divers anecdotiques mais sans doute dans l’événement de portée géostratégique qui souligne la fragilité face à la nouvelle menace terroriste de la première puissance du monde et de ses alliés. Ce matin, les médias français sont plus ou moins indifférents à cette tragédie. Il est question des vacances, de séjours linguistiques ratés, de remise de diplômes dans les cités,  de la canicule, encore un peu de la Grèce (interview de mme Lagarde). Quant au séisme qui vient de se produire aux Etats-Unis, quelques mots seulement pour affirmer que l’Amérique est stupéfaite par l’identité du tueur, un Américain, au « profil parfaitement banal ». Mais ce séisme, l’armée américaine frappée sur le sol américain, ne semble intéresser personne en France. Une indifférence révélatrice du pire dans la mentalité française actuelle: franchouillardisme (c’est loin l’Amérique!); anti américanisme primaire; politique de l’autruche (ne rien voir et ne rien entendre); cécité volontaire sur un sujet qui dérange les consciences; et l’aveuglement maladif, caractéristique fondamentale des élites sur tous les sujets, en attendant le pire, comme d’habitude.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

Les Quatre-vingt deux

panorama2Hier soir, au Sénat et à l’Assemblée nationale, Quatre-vingt deux parlementaires, de toutes tendances, se sont opposés à l’accord de l’eurogroupe sur la Grèce, dont quarante Républicains (Guaino, Mariani, Mariton, Myard, Alex Poniatowski, Aubert, Larrivé, etc.) Ce geste, dans l’aveuglement général, fait chaud au coeur. L’atteinte à la souveraineté et à la dignité de la Grèce, de son peuple, avec la complicité idiote de ses propres dirigeants, est sans aucun précédent depuis la fin du communisme en Europe en 1990. Elle ouvre sans doute une nouvelle ère de banalisation dans la négation du droit des peuples européens et de la démocratie. Elle donne lieu à une situation absurde consistant à imposer aux autres, en toute bonne conscience, des mesures qui seraient qualifiées de monstrueuses appliquées à soi-même (la retraite à 67 ans). Elle favorise l’aggravation de la fracture entre les élites européennes et les peuples, donc une violente poussée à venir des extrémismes de droite comme de gauche. La punition et la répression collective d’une Nation exangue, humiliée, au bout de la nuit, est non seulement illégitime au regard des valeurs de l’Europe mais illégale devant les traités européens eux-mêmes, et bien entendu vouée à l’échec, rapidement, comme tous les coups de force. Plongés dans l’actualité, imprégnés d’un environnement, nous nous ne percevons pas toujours sur le moment ce qu’un événement a de tragique et de scandaleux. Seul le recul de l’histoire mettra en lumière les lâchetés, l’aveuglement, l’instinct grégaire qui pousse l’Eurogroupe, sous la domination de l’Allemagne nouvelle,  dans une fuite en avant suicidaire contre un peuple affaibli, contre l’Europe et ses peuples.  L’histoire nous apprendra aussi qu’il s’est trouvé, un 15 juillet 2015, Quatre-vingt deux parlementaires, de tous les partis, pour refuser la honte, l’asservissement, et défendre l’Europe, l’Europe des libertés et du respect des peuples. Un renouveau peut-il sortir de ces Quatre-vingt deux? Nous n’osons l’espérer, mais qui sait?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 42 commentaires

Un sinistre ultimatum

téléchargementL’accord de l’eurogroupe, dimanche 12 juillet, décidé à l’unanimité des 19 pays de la zone euro impose à la Grèce des réformes financières, économiques et sociales extrêmement profondes, sinon radicales. Ces exigences correspondent à un chantier titanesque, visant à transformer la société grecque: voire le lien ci-joint. Ce catalogue n’est à l’honneur de personne. Il démontre que l’Union européenne n’a pas fait son travail. En principe un pays n’est admis dans l’Union et a fortiori dans la zone monétaire, qu’après avoir rempli un certains nombres de critères de convergence, qui donnent lieu à un minutieux examen de passage. Manifestement, la Grèce est à mille lieues de satisfaire à ces normes. Les experts se sont misérablement trompés depuis le début. Cette liste de réformes imposées, qui enterre toute idée de respect des souverainetés et de l’indépendance, ouvrant un précédent susceptible de s’appliquer à d’autres pays, n’est pas seulement technique. Elle semble, dans sa présentation même, destiné à humilier et à rabaisser la nation grecque. Elle est rédigée comme un véritable ultimatum, enfermé dans des délais irréalistes, sinon absurdes: faire adopter par le Parlement le 15 juillet, c’est-à-dire demain, de projets de loi d’ampleur colossale… Et le reste avant le 22 juillet… Sans doute faut-il y voir, dans cette volonté d’humilier, des représailles directes à l’issue du référendum grec. Comment rabaisser davantage une nation, un peuple qu’à travers un ultimatum de ce genre? Les questions économiques et financières s’effacent devant la passion de dominer et d’asservir. L’histoire ne se répète jamais à l’identique, dans un monde en transformation permanente, mais elle connaît d’étranges bégaiements qui soulignent la constance des comportements humains. Le 23 juillet 1914, l’Empire d’Autriche-Hongrie, appuyé par l’Empire de Guillaume II, adressait un ultimatum vengeur à la Serbie à la suite de l’attentat de Sarajevo, assorti d’un délai de 24 heures pour répondre, qui devait embraser l’Europe. Il est évident que ce nième plan dit de sauvetage de la Grèce ne résoudra strictement rien, dans un pays exsangue, ruiné, désindustrialisé, sans ressources. La seule solution pour la Grèce est de sortir de l’euro et de recouvrer une autonomie monétaire et financière. Tout le monde le sait. Mais l’idée même d’écorner une sorte de dogme idéologique, la monnaie unique, cache-misère de l’impuissance européenne sur tous les grands dossiers du moment (terrorisme, Irak/Syrie, emploi, immigration…) terrifie ce petit monde qui ne veut pas en entendre parler. Le comportement de l’eurogroupe, sous la domination de la superpuissance allemande, viole l’article 4 du traité sur l’Union européenne: « 2. L’Union respecte l’égalité des États membres devant les traités ainsi que leur identité nationale, inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles, y compris en ce qui concerne l’autonomie locale et régionale. Les dirigeants grecs, après avoir joué les fiers à bras, se vautrent eux-mêmes dans un asservissement indigne. Le choix qui a été fait – de maintenir la Grèce dans l’euro en dépit de l’évidence – conduit à plus ou moins long terme à une catastrophe européenne: un retour des rapports de forces entre dominants et dominés et le vertigineux réveil des rancoeurs et des nationalismes haineux et vulgaires que l’on croyait éteints pour toujours. Et voici, à jamais trahi, foulé au pied, ridiculisé le bel idéal européen des Pères fondateurs : celui d’une « union toujours plus étroite entre ses peuples. »

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

L’erreur historique

imagesIl est des périodes où tout le monde se fourvoie, se trompe de A à Z, les gouvernements, les classes dirigeantes, les relais d’influence, la presse, les partis, les associations. En 1914, on pensait que la guerre serait « courte ». Dans les années 1920, on croyait qu’il suffisait de proclamer la guerre « hors la loi » (pacte Briand Kellog) pour assurer la paix… En 1950, on imaginait que le communisme soviétique était l’avenir du monde. De même, la pensée dominante est en ce moment dans l’erreur. Qu’entend-on dans tous les discours, la presse (exemple de la une de l’Express) et sur les ondes radio et télévision? Une sortie de la Grèce de l’euro marquerait la fin de l’euro, donc l’effondrement de l’Europe, le risque d’un retour des nationalismes et peut-être même de la guerre en Europe (sic). Ce raisonnement, aujourd’hui unique justification pour le maintien de la Grèce dans l’euro, ne tient pas la route:

– L’euro n’est en aucun cas le « ciment » de l’Europe. Le Royaume-Uni, la Pologne, la Suède, la Rounanie, la Bulgarie ne sont pas dans l’euro et font partie du même ensemble politique européen. L’unification de l’Europe remonte à la fin des années 1950, soit quatre décennies avant l’euro. Le ciment de l’Europe est avant tout formé des sentiments profonds que se portent les peuples, l’amitié entre leurs dirigeants, la conscience d’une destin commun et la volonté d’oeuvrer conjointement à ce destin. A cet égard, comment ne pas voir que l’Europe des années 1970 et 1980, à Six, voire à Douze pays, sans l’euro, étaient infiniment plus soudée et solide que le grand corps malade et conflictuel qu’elle est devenue?

-Une monnaie unique n’est pas un facteur de paix et de solidarité. On peut se haïr, se massacrer en partageant la même monnaie. Cela n’a rien à voir. On ne voit pas en quoi une monnaie en commun peut éviter les haines et les passions criminelles quand elles s’éveillent. Les pays de l’ex-Yougoslavie disposaient de la même monnaie avant de se déchirer dans une guerre sanglante. D’ailleurs, les guerres civiles qui caractérisent les guerres modernes et leurs atrocités sans nom, se produisent à l’intérieur d’un même ensemble politique et monétaire.

-Penser que « l’Europe avance » parce qu’elle produit des montagnes de directives, de règlements et de jurisprudence est une vue de l’esprit. L’image que donne aujourd’hui l’Europe, à ses peuples comme aux autres nations, est dramatique et sans précédent dans l’histoire moderne de notre continent. L’ultimatum de l’Eurogroupe lancé à la Grèce, ne peut qu’engendrer une réaction de dignité nationale offensée. Il est contraire aux fondements des traités européens qui respectent l’égalité entre les Etats. Il rappelle les pires moments de l’histoire européenne. Quant au vent de haine qui secoue la Grèce contre les Allemands, renvoyant au souvenir de 1941, il est tout aussi monstrueux, symptôme d’un état de déliquescence mentale avancée de cette Europe et du vent de folie qui souffle en ce moment. Les tensions, les haines, les nationalismes sont déjà parmi nous, issus non pas de l’éclatement de la zone euro, mais bien au contraire des conflits qu’elle engendre.

-La sublimation de l’euro, non plus conçu comme un simple outil de prospérité mais devenu une sorte de religion ou totem intouchable, la crispation des passions autour d’un maintien de la Grèce dans la zone euro en dépit des réalités économique, est la traduction d’un malaise extrêmement profond qui dépasse les seules questions économiques et financières. Les dirigeants européens se raccrochent à ce symbole comme à une bouée de sauvetage parce qu’ils sont en train d’échouer sur tous les plans, la politique européenne n’ayant pas su offrir de solutions communes sur l’immigration (échec des quotas), sur la lutte contre le terrorisme international et l’expansion de l’Etat islamique daesh, sur la guerre entre l’Ukraine et la Russie. Les gesticulations, crises d’autoritarisme et ultimatums ne changeront rien à cette impuissance chronique, incapacité à décider, qui est la source de tous les maux.

-En l’absence de solution miracle et immédiate, c’est un devoir de lucidité qui s’impose aux Européens, c’est-à-dire à ceux qui pensent que l’avenir de leur pays est solidaire de celui de l’ensemble d’un continent, profondément imbriqué du fait de la géographie, de l’histoire de la culture, dans un monde dominé par les géants asiatiques et américains. Avant d’essayer de bâtir une Europe politique unifiée sur des bases renouvelées et renforcées, une Europe moins bureaucratique et plus proche des peuples, plus forte et plus unie, il faut au moins faire le constat de l’échec actuel d’un système et du précipice vers lequel il tend.  Marchant à l’aveuglette dans un brouillard opaque, nous sommes encore loin de cette prise de conscience.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 27 commentaires

Lueur d’intelligence

imagesCes dernières décennies sont dominées par l’abaissement du bon sens, de la réflexion, des débats d’idées. Notre vie publique est dominée par le jeu des polémiques stériles, des coups médiatiques, des postures et des querelles égotiques. L’intelligence nous donne le sentiment de reculer en permanence devant le tumulte quotidien, le triomphe de l’absurde et du nihilisme. Réfléchir, dans un climat hostile à la pensée, sans préjugé ni prétention, sans parti pris ni sectarisme et sans peur devient un acte de résistance.  Mais ce qui est rare est précieux, comme ces lueurs de clairvoyance qui jaillissent dans la nuit. Le Figaro vox de ce jour publie un petit chef d’oeuvre visionnaire de Jean-Pierre Le Goff, sur la crise européenne. En fondant l’unification du continent sur l’économique et le monétaire, à marche forcée, au détriment de la politique, de la culture et des fiertés nationales,  les classes  dirigeantes et les élites européennes, dans leur aveuglement, ont engendré une nouvelle utopie qui précipite l’Europe vers l’abîme. Voici une petite flamme d’intelligence dans les ténèbres.téléchargement

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 25 commentaires

C’est l’Europe qu’on assassine

imagesNotre époque politique vit sur une effroyable contradiction. La démocratie, le pouvoir du peuple, est universellement reconnue comme le seul mode de gouvernement acceptable. Pourtant, jamais le peuple, les gens, les citoyens, n’ont été autant méprisés sinon ridiculisés. Après la victoire du non au référendum grec de dimanche dernier à près de 61%, M. Tsipras semble aujourd’hui s’aligner sur les exigences des créanciers de la Grèce, prenant le contre pied du résultat d’une consultation qu’il a lui-même organisée. Un tel niveau d’incohérence et d’inconséquence a-t-il jamais été atteint dans l’histoire du monde moderne?  Il s’est pourtant trouvé des politiques ou intellectuels français pour le comparer au général de Gaulle…  Dans un entretien pour lequel le site Atlantico m’avait sollicité, j’ai tenté d’expliquer pourquoi cette comparaison me semblait totalement déplacée. Par ailleurs, plus le temps passe et plus je constate le basculement de l’ensemble européen dans un chaos invraisemblable, marqué par une suprématie précaire et fragile mais spectaculaire de l’Allemagne, la sortie de fait du Royaume-Uni, l’effacement de la France, la résurgence, de tous côtés, des angoisses populaires, passions haineuses et violentes, des chimères et des mirages. Les fondements de l’Europe moderne me paraissent en voie de s’effondrer: le respect des peuples, sur un pied d’égalité, des citoyens, de la démocratie, l’amitié entre les nations qui la composent. Il nous semble que les dirigeants politiques ne sont absolument pas à la hauteur. Les mises en cause directe de la Grèce sont contraires à tous les principes non seulement de l’Europe, mais de la société internationale. Ces basculements quotidiens de la crise paroxystique à l’euphorie générale et inversement, dans une logique de spirale sans fin, sont le signe d’une perte généralisée des repères, d’une grave dépression voire d’une sorte de démence collective. Les haines nationalistes de la pire espèce se réveillent dans ce climat de fin du monde. Tout cela ne peut que mal finir, évidemment. C’est ce que j’ai écrit dans cette tribune pour Figaro Vox.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 37 commentaires

Une déesse grecque dénommée Europe

téléchargementQuand des milliers de commentaires fleurissent dans la presse, sur le net, on ne sait plus vraiment quoi rajouter sauf à jouer les « mouches du coche ». Tant pis. Dans cette tribune pour le Figaro Vox, j’exprimais ce que tout le monde sent bien. La logique eurocratique, chère aux élites européennes, axée sur les normes, les règlements, les sanctions, se heurte à une limite fondamentale qui est l’émotion, la sensibilité, la fierté des nations. Pour tout dire, je ressens un vrai malaise à voir traiter ainsi comme un paria ce pays qui porte le nom du berceau de la civilisation occidentale, la source même de la philosophie, l’astronomie, la politique, la démocratie…   L’Union européenne ne peut pas indéfiniment se prétendre démocratique – le pouvoir du peuple – et mépriser un peuple qui s’exprime par référendum. Europe, qui s’en souvient, était une déesse athénienne. Tout ce qui se passe aujourd’hui est la conséquence d’une profonde trahison de l’idéal Européen, un bel idéal de paix, d’unité politique, de « rapprochement entre les peuples », transformé peu à peu, notamment depuis le traité de Maastricht et sa monnaie unique, en  mécanique écrasante, bureaucratique et obtuse. Et pourtant, ils le savent. Ils savent qu’ils se sont monstrueusement trompés. Les politiques, les eurocrates, les hauts responsables européens, le savent. Sauf une poignée d’entre eux, les plus bornés peut-être, les plus incultes et stupides, ils savent qu’ils se sont abominablement fourvoyés. Cependant, plus ils savent qu’ils ont été nuls, qu’ils avaient tort – tort face à Philippe Séguin et ses amis par exemple – plus ils se braquent et s’enferment dans des logiques débiles et obtuses.  D’où cette incapacité chronique, maladive, à se remettre en question et à changer d’optique en s’adaptant au monde réel; d’où l’impasse toujours plus tragique; d’où le fossé toujours plus profond, abyssal, entre leurs obsessions eurocratiques et l’esprit et la chair de l’Europe, notre Europe que nous aimons, cette Europe qui nous vient d’une déesse grecque.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 44 commentaires

L’Europe en cinq erreurs et deux réussites

images[4]Le site d’information Atlantico me demandait hier soir qu’elles étaient selon moi les cinq plus grandes erreurs et les deux plus grandes réussites de l’Europe.  Ma réponse n’est pas destinée à plaire et n’est rattachable à aucune sensibilité idéologique, de droite ou de gauche. Elle est extrêmement sincère et personnelle. Aussi tend-elle à ouvrir le débat plutôt qu’à le fermer…  J’ai toujours été sidéré par la capacité des sociétés, de leurs élites et de leurs dirigeants politique à se fourvoyer totalement et à marcher à l’aveuglette vers les pires abîmes. La lucidité, la clairvoyance, la vision historique est d’autant plus précieuse qu’elle est rarissime, presque toujours isolée et incomprise de son époque. Les visionnaires, dans le climat de bêtise généralisée qui règne, sont même une espèce en voie de disparition.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 22 commentaires

Vertige

imagesAujourd’hui, ce 2 juillet, nous avons assisté à une mobilisation générale de la France dite d’en haut, politique – de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses – médiatique, intellectuelle. Pour quelle grande cause? Dénoncer le massacre de 160 soldats égyptiens par l’Etat islamique? Ou les destructions sauvages et barbares, aujourd’hui même de l’un des vestiges de l’antiquité à Palmyre? Ou encore la tuerie de 180 personnes commise par Boko Haram au Nigéria? Exprimer une compassion pour les enfants atrocement martyrisés au Sud Soudan? Pour les chrétiens et les yazédis persécutés, les centaines de femmes vendues comme esclaves sexuelles? Lancer un appel en faveur de la paix mondiale dans un contexte de chaos généralisé? Non, nous avons assisté à une levée en masse des élites françaises de tous bords, y compris les extrêmes, dans un grand élan unanimiste, pour sauver une émission de télévision, les Guignols de l’info de Canal+. La France dite d’en haut, dans un monde qui n’est que bruit et fureur, se dresse comme un seul homme, un dénommé Narcisse, en faveur de son reflet grimaçant. Personnellement, je le dis sans ambages, je n’apprécie pas particulièrement cette émission qui ne me fait pas rire. L’humour méchant, d’où qu’il vienne, où qu’il frappe, ne m’amuse jamais. Je me souviens des ministres du gouvernement Fillon, entre 2008 et 2012, caricaturés tous les soirs, tous les soirs, en uniforme nazi, portant des brassards avec la croix gammée. Tellement facile, les insultes aussi ignobles à l’abri d’une marionnette… C’est mon droit, je crois, de ne pas rire de ce que je ne trouve pas drôle… Des émissions de télévision, supposées rigolotes ou sérieuses, il en naît et il en meurt tous les jours selon un cycle qui correspond à l’intérêt du public. Pour quelles raisons celle-ci, depuis un quart de siècle,  se verrait sacralisée, éternisée, érigée en vache sacrée de la France d’en haut? Personnellement, j’aimais le bébête show, plus fin et moins teigneux, et il a bien disparu un jour. J’ai essayé de comprendre cette religiosité autour des Guignols, dans une tribune pour le Figaro Vox. Ce qu’il en ressort n’est pas beau à voir pour les élites françaises notamment politiques et médiatiques: instinct grégaire, lâcheté universelle, terreur du qu’en dira-t-on, conformisme poussé à son paroxysme, obsession de se raccrocher au vent du jour… Tiens, un étrange vertige me gagne, j’ai presque honte (peur) de ma solitude, d’être apparemment la seule voix discordante dans ce prodigieux élan de consensus médiatique. Mais j’ai fait une jolie trouvaille lors d’une lecture récente: « La bêtise humaine actuellement m’écrase si fort que je me fais l’effet d’une mouche ayant sur le dos l’Himalaya. » (La République des ducs, Daniel Halévy, Grasset 1937).

Maxime TANDONNET

Publié dans Article, Uncategorized | 38 commentaires

Quand l’Egypte tombera…

téléchargement (3)C’est étrange, on a parfois le sentiment que notre société politico-médiatique vit enfermée dans sa bulle, étrangère aux grands évènements de la planète. L’Egypte fait l’objet d’une offensive sanglante de l’Etat islamique. 120 soldats égyptiens ont été tués dans le Sinaï et ce pays, d’une extrême misère, constitue une poudrière. Ce sont des faits gigantesques, qui devraient faire la une de toute la presse, des radios et de la télévision. C’est un immense pays de 100 millions d’habitants, phare de la civilisation, pendant 3000 ans,  au coeur des équilibres stratégiques de la planète, carrefour de l’Afrique et du Moyen-Orient, voisin d’Israël. Imagine-t-on la chute de l’Egypte: 6 millions de coptes décapités, les pyramides de Chéops, Chephren et Mikerinaus, les temples de Luxor et de karnak dynamités… Puis évidemment, Israël menacé de destruction. Et pourtant, la communauté internationale (au sens large) ivre de son indifférence, de sa lâcheté, de son aveuglement, semble royalement ignorer ce qui se passe là-bas. L’apathie générale est phénoménale. Elle donne à penser que même dans la pire hypothèse, nul ne bougerait le petit doigt.  Depuis les années 1930 où l’Europe, le monde occidental, avec des oeillères criminelles, a laissé le national-socialisme s’implanter avant de mettre l’Europe et une partie de la planète à feu et à sang, rien n’a changé dans l’obscurantisme global, la tyrannie de la frousse, de la lâcheté et de la bêtise, la politique de l’autruche. Ah, elle est belle à voir, la société humaine…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 24 commentaires

Un grand Monsieur nous a quittés

images (1)Charles Pasqua, ai-je écrit dans cette tribune pour le Figaro Vox, rédigée cette nuit dans l’urgence, avait toutes les qualités d’un grand dirigeant politique. Sans être un intellectuel, au sens universitaire du terme, il manifestait une forte intuition visionnaire sur les grands sujets du moment, l’Europe, le terrorisme, l’Afrique, la sécurité, le développement, l’indépendance nationale. Il était animé par des convictions patriotiques, une volonté d’action et de mouvement, mais aussi, pour l’avoir rencontré plusieurs fois, un véritable charisme de meneur d’hommes, pétillant d’humour, de gentillesse, de simplicité, de modestie, de courtoisie un peu vieille France. Bref, un grand Monsieur, d’une autre époque, indifférent à son image mais obsédé par l’intérêt national… Je pense que s’il avait été au pouvoir, dans les années 1995-2005, rien ne serait pareil, nous ne vivrions pas l’épouvantable crise identitaire que connaissent la France et l’Europe. C’est sans doute pourquoi il ne pouvait pas accéder au pouvoir, comme tous les grands visionnaires de la politique, Philippe Séguin, JP Chevènement… Les médias et une partie de la presse ironisent sur ses démêlées avec la justice… Je n’ai aucune idée de ce qui est vrai ou pas, et ne m’intéresse ni aux rumeurs ni aux calomnies. Il est triste de voir la vie politique s’éloigner chaque jour un peu plus du modèle politique qu’il offrait, mélange de bon sens populaire, d’autorité naturelle et d’engagement au service d’une cause supérieure à sa personne.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 24 commentaires

Grèce, pourquoi s’énerver?

téléchargementLe gouvernement grec a annoncé son intention de soumettre à référendum le plan financier de l’eurogroupe et des créanciers. Les dirigeants de Bruxelles, à commencer par le président de la Commission, M. Junker, en sont semble-t-il, ivres de rage.  On a du mal à comprendre la contradiction. L’Union européenne se veut fondée sur la démocratie – le pouvoir du peuple. Comment peut-elle ne pas comprendre que l’avis d’un peuple, en profonde souffrance, le peuple grec, soit sollicité avant qu’il ait à consentir peut-être de nouveaux efforts gigantesques?  Quant à une sortie de la Grèce de l’euro, si les faits, l’économie, les réalités l’imposent, pourquoi et comment s’y opposer? Il ne faut pas se faire d’illusion: sur le long terme, quoi qu’il arrive, le dogme s’efface devant la réalité. Pourquoi des supposés démocrates ont-ils autant peur du peuple? Simplement, il faut que la question posée soit claire et aller jusqu’au bout de la logique: si le plan est refusé par le peuple grec, la Grèce devra sortir de l’euro. Et puis voilà. Soit vous restez, en acceptant les efforts nécessaires, soit vous assumez vos responsabilités et vous sortez. Est-ce aux eurocrates bruxellois de décider, ou bien à ceux qui auront, le cas échéant, à accomplir les sacrifices nécessaires? Pourquoi les peuples n’auraient-ils pas le droit de décider et de prendre leurs responsabilités?  D’autres pays de l’Union ne font pas partie de l’euro, comme la Grande-Bretagne. Est-ce tellement dramatique?  Le discours selon lequel la sortie de l’euro de la Grèce ou de tout autre pays serait une calamité pour l’Europe, voire – oui, oui, cela s’est dit – un facteur de retour de la guerre en Europe, est, au mieux une monstrueuse crétinerie et au pire une scandaleuse imposture.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 35 commentaires

« Taisez-vous Sarkozy! »

648x415_attentat-frappe-usine-air-productsDans son grand effondrement, une partie de la classe politique, au sens large, ne supporte plus la moindre critique. Après l’acte abominable d’un fanatique dans l’Isère qui a décapité un homme en se revendiquant de l’Etat islamique, M. Sarkozy, qui est le président officiel du principal parti de l’opposition, a soulevé de légitimes questions dans les termes les plus modérés et les plus prudents qui soient et réclamé une vigilance accrue. Mais le parti au pouvoir lui dénie le droit de formuler la moindre critique en vertu du consensus national contre le terrorisme. Un chroniqueur de premier plan en vient même à exiger le silence du leader de l’opposition: « Taisez-vous, M. Sarkozy! » Pourtant le parti socialiste avec ses alliés médiatiques s’était montré d’une violence extrême en 2012 lors de l’affaire Mehra, accusant le président de la République de l’époque de la responsabilité personnelle du drame. Même hargne, même cynisme, même mauvaise foi. Aujourd’hui, ils n’ont plus qu’une idée en tête, à n’importe quel prix (celui du pluralisme, de la liberté d’expression, de la démocratie, et même de leur honneur): garder le pouvoir – ou plutôt ses privilèges – comme ils l’ont pris, par tous les moyens possibles et imaginables. Il suffit de comparer la déclaration du socialiste en 2012 et celle de M. Sarkozy aujourd’hui pour comprendre où se situent le respect des institutions et de la fonction présidentielle, la retenue et la dignité dans le traitement d’un drame épouvantable.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 22 commentaires

La terreur et l’impuissance

les-djihadistes-ont-pris-le-qg-des-forces-kurde-kobaneL’Etat islamique Daesh frappe partout en même temps: un mort et des blessés dans un attentat en Isère, 30 tués sur une plage tunisienne, 120 civils, femme et enfants massacrés à Kobané dans des conditions d’une horreur indescriptible, sans doute plusieurs victimes au Koweit. Sur le territoire français, des centaines de djihadistes sont susceptibles de commettre des attentats infiniment plus sanglants encore et n’attendent sans doute qu’un ordre. Les dirigeants politiques de tout bord, réagissent par une escalade dans la communication, les coups de menton, les gesticulations indignées, avec en arrière-pensée, l’espoir d’une récupération électorale. Quand vont-ils revenir sur terre et réaliser que jamais la paix mondiale et la sécurité des populations n’auront été à tel point menacées depuis la fin des années 1930? Le phénomène le plus sidérant et le plus dramatique est l’absence de tout leadership. Les Etats-Unis paraissent hors d’état de réagir, comme tétanisés par leur responsabilité dans l’effroyable chaos du Moyen-Orient. L’Europe n’a pas de chef, de personnalité capable d’entraîner une coalition internationale pour relever le défi de la terreur lancé à l’humanité. Les pays de la région susceptibles d’intervenir (Egypte, Jordanie, Iran, Turquie, Arabie) paraissent dépassés par le drame ou embourbés dans leurs ambiguïtés. Nous sommes exactement comme dans les années 1930, l’Europe, le monde, assistent passivement à la montée en puissance d’un épouvantable danger transis de frousse, de complexes, de mauvaise conscience, de lâcheté, dans l’incapacité de bouger le petit doigt.  La chute dans l’abîme va donc se poursuivre, inexorablement, jusqu’à ce que le pire survienne. Il n’existe pas d’autre solution que la constitution d’une coalition internationale, impliquant l’ensemble du monde occidental, la Russie, la Chine, le Japon, les Etats du Moyen Orient, pour faire la guerre. Mais même l’idée de cette initiative paraît inconcevable. En attendant, l’absence d’une aide militaire massive aux Kurdes, aux Irakiens, aux Syriens qui combattent en vain le mal absolu, constitue un véritable crime de lâcheté et d’aveuglement.  Qu’espérer sinon l’avènement, en 2016 aux Etats-Unis, en 2017 en France, sous la pression des événements, d’une génération politique d’une autre envergure. Mais aujourd’hui, rien, pas le moindre signe ne permet de se raccrocher à cet espoir.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 41 commentaires

Oui, c’est grave!

images (3)Ce matin, dans les médias, le ton est à la banalisation: « tout le monde espionne tout le monde » est le message médiatique du jour. L’espionnage des présidents français par les Etats-Unis est pourtant une chose grave, comme je l’ai écrit hier dans Figaro Vox. Elle fait partie d’une sorte de désordre planétaire croissant. La quête de la transparence généralisée correspond à une forme de tentation totalitaire déguisée dans laquelle bascule la mondialisation. Mais la volonté de puissance et de domination des Etats-Unis, dissimule, je le crains, une profonde paranoïa qui pousse à surveiller ses plus proches alliés historiques. Pas grave? Mais que dirait-on si l’ambassade de France était surprise à espionner les conversations de M. Obama? Un scandale effroyable. Ces méthodes ne sont pas celles d’un pays sûr de lui et de sa puissance, mais au contraire, le signe de la fragilité. L’Amérique est en plein effondrement politique comme le souligne sa débâcle au Moyen-Orient. Les candidats annoncés aux prochaines présidentielles – Mme Clinton et un nouveau Bush – font froid dans le dos. La grande alliée de la France, qui l’a sauvée à deux reprises, qui a si longtemps incarné l’espoir, la liberté, l’avenir, semble basculer dans une médiocrité sans nom.  Pendant ce temps, l’Etat islamique Daesh pourquit ses atrocités dans l’indifférence et la passivité générale sans que personne ne bouge vraiment. Nous ne savons pas où nous allons en France, mais cette incertitude est à l’image d’un monde devenu fou.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 18 commentaires

Entre les symboles et la réalité

images (3)Jeudi matin dernier, à dix heures, une personnalité politique de premier plan, ancien  ministre,  haut placée auprès du président Sarkozy, m’appelait sur mon téléphone portable. J’étais heureux d’entendre sa voix qui me rappelait tant de souvenirs. Il me félicitait pour mes chroniques qu’il lisait avec attention. Celle sur les quotas d’immigration européens avait été particulièrement utile en haut lieu, me disait-il. En revanche, il n’était pas complètement d’accord sur ce que j’avais écrit concernant le droit du sol,  et souhaitait s’en expliquer. En effet, selon lui, les symboles avaient une importance déterminante en politique, et le droit du sol en était un, décisif. Tout est affaire de sensibilité personnelle. Il me semble, sans prétendre détenir la vérité, que les symboles divisent, passionnent, excitent, mais éloignent de l’efficacité et de la réussite. Je songe, (en pleine lecture des Mémoires du duc de Broglie), au comte de Chambord, en 1873, qui bloque la restauration monarchique en s’accrochant obstinément à son « drapeau blanc » et à l’inverse, deux ans plus tard, les républicains et les Orléanistes qui mettent définitivement en place la République française à travers une Constitution la mentionnant à peine et en éludant toute forme de débat de principe. Derrière l’idée de symbole se profile celle de passion et de séduction. Il me semble que les citoyens ont aujourd’hui davantage besoin de raison, de factuel, de réalité, de concret en un mot. Les futurs dirigeants du pays seront tout simplement ceux qui auront réussi à les convaincre de leur sens des réalités, de leur détermination à agir sur le réel pour le bien commun, sans rêve, ni promesse excessive et sans illusion. Les Français en ont trop vu par le passé…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 16 commentaires

L’implosion de l’Europe

imagesOn a le droit de dire que la tournure prise par la construction européenne est un grave désastre. Le projet européen est un bel idéal, le rapprochement et l’unité des peuples de l’Europe dans un édifice politique puissant, prospère et capable de protéger ses citoyens. Avoir choisi comme pierre angulaire de ce projet une monnaie unique, l’euro, appliquée à des économies totalement différentes et inégales ne pouvait qu’aboutir à la catastrophe grecque qui n’est probablement qu’un commencement d’une débâcle généralisée. Il est scandaleux de traiter l’Allemagne en bouc émissaire comme le faisait ce matin M. Mélenchon sur Europe 1, dans un climat d’antigermanisme à la mode et injuste.  La bêtise, l’aveuglement, l’irresponsabilité, l’idiotie généralisée nous ont conduit là où nous en sommes.  L’Europe est en voie de désintégration. Ouvrons les yeux! Ses peuples recommencent à se haïr tandis que leurs dirigeants ne sont plus capables de prendre la moindre décision, paralysés, impuissants, anesthésiés, comme le montre la crise en Méditerranée. Quand aura-t-on le courage d’admettre l’évidence? Quand Philippe Séguin a lancé un cri d’alarme en 1992 contre les conséquences de la monnaie unique, annonçant, en grand visionnaire, ce qui allait se passer, l’eurocratie et la classe politique l’ont fusillé. Il faut avoir la lucidité  et l’audace  de dire deux choses: l’avenir de la France, dans un monde dominé par les géants américains, chinois, indien, américain, africain, est quoi qu’il arrive avec et dans l’Europe. « La France seule » est un mythe qui n’a jamais existé ou sinon pour de brèves durées s’achevant en catastrophe (la guerre de 1870). La France est profondément européenne, par la géographie, l’histoire, la civilisation. Cependant, une gigantesque erreur a été commise avec l’euro dans sa conception. Il faut la réparer en permettant à des devises de chaque pays, en cas de divergence, de fluctuer selon leur situation et en rompant avec la logique ultrabureaucratique en vigueur. En même temps, bâtir une politique européenne unifiée autour de l’état-major des grands pays du continent, la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, déterminés à décider ensemble le destin commun de leurs peuples face aux défis planétaires du XXIème siècle qui sont de la dimension du continent.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

Publié dans Uncategorized | 34 commentaires

2017 et la grande fracture

images3FG7B3GZL’alternance en 2017 devrait être placée sous le signe de la lutte contre la grande fracture entre le peuple et la classe dirigeante ou « les élites ». Le sondage CEVIPOF de janvier 2015 souligne que 37% des Français éprouvent de la méfiance envers la politique et 31% du dégoût; 87% pensent que les politiques ne se préoccupent pas de ce qu’ils pensent et 12% ont une image favorable des partis politiques. Nous assistons à une plongée de la vie politique dans une manipulation généralisée : accaparement de la vie médiatique par les hommes au pouvoir (apparition quotidienne du chef de l’Etat), tyrannie des postures, provocations destinées à faire parler de soi à tout prix, détournement de moyens publics à des fins personnelles, penchant des médias en faveur du pouvoir, etc. Le temps n’est plus aux révolutions mais  au mépris envers cette dérive qui ne dupe plus personne. Ce climat de défiance généralisée est extrêmement grave, source de morosité, de rejet de la vie publique, de repli sur soi. Il serait hautement souhaitable que l’Opposition place au premier rang de l’alternance, en 2017, la restauration de la confiance entre le peuple et la classe dirigeante en inscrivant un plan en quatorze points,  mesures de bon sens, à son programme:

– Aucun mandat politique ne peut être renouvelable consécutivement plus d’une fois; les passages d’une assemblée à l’autre (député/sénateur/député européen) à des fins de recyclage des vaincus seraient prohibés;

-Principe de la démission systématique de la fonction publique après 5 ans de mandat politique;

-Obligation pour le gouvernement de soumettre au moins une fois chaque année un projet de loi au référendum avec l’engagement de démissionner en cas d’échec.

-Toute utilisation de moyen de l’Etat à des fins personnelles et toute faveur ou intervention destinée à des proches serait sanctionnable pénalement, nonobstant les immunités;

-Impartialité des médias: principe d’égalité dans le temps de passage entre les partis politiques et les personnalités, plafond annuel du nombre d’heures d’apparition sur les chaînes publiques des hauts dirigeants en particulier du président de la République;

– Affirmation du rôle « d’arbitre » du chef de l’Etat qui peut être l’homme d’une politique mais jamais l’homme d’un parti (comme disait Alexandre Millerand);

-Principe d’inégibilité définitive en cas de condamnation pénale;

-« Dévolution locale des pouvoirs », au-delà de la décentralisation: tout ce qui n’est pas du niveau de l’Etat central doit être transféré aux collectivités en particulier les régions et les communes pour être rapproché du citoyen (exemple du débat sur l’ouverture des magasins le dimanche, une question qui devrait incomber aux seules régions et aux communes);

-Strict plafonnement du montant total des indemnités, rémunérations, avantages en nature qui peuvent émaner d’une activité politique et qui ne doivent jamais dépasser une fois et demi le SMIC, suppression de tout avantage ou privilège lié à un mandat politique national (sur les régimes de retraite par exemple);

– Retour à l’obligation de se présenter à une élection partielle en cas de sortie du gouvernement (abrogée sous le précédent quinquennat);

-Principe d’indépendance du parquet dans les affaires concernant la vie politique (interdiction au Garde des Sceaux de procéder à toute instruction dans ce cas);

-Dans le fonctionnement impartial de la police et de la justice, toute atteinte à la présomption d’innocence ou au secret de l’instruction lourdement sanctionnée par des peines de prison et une destitution dans le cas des fonctionnaires;

-Etudier le moyen de permettre à des candidats non fonctionnaires et non permanents de parti politique de se présenter aux élections locales et nationales avec quelques chances de succès; et pour cela, permettre un accès plus large au financement des campagnes électorales et assurer aux élus du secteur privé des perspectives réelles de retrouver leur métier après un ou deux mandats politiques;

-Par regroupement de moyens et de commissions existant, création d’une haute autorité de la morale politique, chargée de filtrer les plaintes, de dénoncer et sanctionner  les manquements à ces principes et de saisir la justice si nécessaire.

Peut-on imaginer qu’un candidat aux présidentielles s’engage dans cette voie? J’aimerais y croire, en tout cas, il est certain qu’il aurait ma voix!

Maxime TANDONNET

 

Publié dans Uncategorized | 39 commentaires

Nous et les hommes politiques

téléchargementAu hasard de mes lectures, je tombe sur un joli passage du duc Albert de Broglie (« Breuil« ) dans ses Mémoires: « Les hommes politiques, d’ailleurs, tous un peu charlatans, ressemblent aussi à des magnétiseurs. Ils distinguent vite, et comme par instinct, ceux qui subissent le charme de leur influence et ceux qui y échappent. Il s’aperçoivent en causant s’il s’établit entre eux et leurs interlocuteurs une sorte de courant électrique, et quand ils rencontrent un sujet réfractaire, quelque humble qu’il soit, ils s’éloignent avec un secret dépit. » Ayant beaucoup fréquenté les hommes politiques, je retrouve dans cette phrase un sentiment souvent ressenti à leur contact. Mais le devoir du citoyen est justement de résister à ce magnétisme en exprimant le fond de sa pensée. Oui, bien sûr, j’ai entendu mon ex-patron, M. Sarkozy, comparer le chaos migratoire en Europe à une affaire de canalisations percées et de répartition de l’eau dans les pièces de la maison; puis l’hystérie collective qui s’est ensuivie, jusqu’au chef de l’Etat lui-même, une indignation intéressée, totalement hors de proportion et bien à l’image de la débilité ambiante. Pour autant, il est de ma responsabilité, ma micro-responsabilité de citoyen, de dire ce que je pense et je mentirais en prétendant que j’ai approuvé les propos de M. Sarkozy. Image simple pour faire comprendre un problème? Erreur: les Français sont un peuple adulte parfaitement conscients du drame qui se noue en ce moment. Le temps n’est pas à l’humour ni, à l’improvisation. Nous vivons une période de trouble extrêmement profond: 6 millions de chômeurs, la crise identitaire, les menaces planétaires effroyables à nos portes avec l’Etat islamique daesh, la crise migratoire, les excentricités personnelles des dirigeants au pouvoir, pires que tout ce que nous avons jamais connu. Les Français dans leur ensemble ont besoin de solide, de rigoureux, de sérieux, de concret, de perspectives claires de volonté et d’action. Par exemple, Sarkozy exige-t-il le déploiement immédiat des forces navales, avec les autres grands pays européens, pour frapper les passeurs criminels et esclavagistes – avec ou sans l’accord de l’ONU? Moi c’est la seule chose qui m’intéresse, à court terme, devant la tragédie en cours.  Face à une angoisse collective qui a peu d’équivalent historique, sauf peut-être à la fin des années 1930, la France attend d’être mobilisée et gouvernée. Pour l’instant, il est certain qu’elle ne trouve pas de réponse s’incarnant dans un visage, à ce grave et profond malaise.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 21 commentaires

Petit Jean-Pierre, grand Jean-Pierre

téléchargementHier soir, j’entendais à la radio un débat de quatre ou cinq experts attitrés de nos médias qui s’extasiaient sur la proposition de Jean-Pierre Raffarin de repeupler les campagnes grâce aux migrants. « Plus rien ne nous surprend, de la nature humaine », comme disait un chanteur. Cette idée est la quintessence du politiquement correct qui plaît aux médias: installer les migrants au coeur de la France profonde à la place des paysans français. Quelle trouvaille! Une prophétie raffarinesque qui a atteint son objectif en faisant de lui pour un jour le roi des médias. Dommage qu’il ne pousse pas la logique jusqu’à proposer d’accueillir un site de réfugiés dans son patelin de Chasseneuil-en-Poitou dont il est élu. Hypocrisie, quand tu nous tiens…  Mais sur le fond, sa proposition a quelque chose de troublant, lié à cette exploitation médiatique, si courante, d’un drame humain, et aussi un petit côté Révolution nationale adaptée à l’époque « la terre, elle, vous accueille », un très lointain arrière-goût des politiques de peuplement associées au transfert des villes vers la campagne (Ethiopie, Cambodge des années 1970) … En pratique, elle est d’un profond irréalisme: comment obliger des populations venues illégalement d’Afrique et du Moyen-Orient, attirées par les opportunités de travail qu’offrent les grandes métropoles européennes, à résider dans le monde rural, sauf à instaurer un dispositif policier gigantesque? Opération médiatique de bas étage, qui n’aboutit qu’à aggraver le trouble des esprits; la politique telle qu’elle est actuellement, dans ce qu’elle a de pire. Tout pour faire parler de soi, à n’importe quel prix. Mais la politiquetéléchargement (8) offre aussi le meilleur. Jean-Pierre Chevènement, je le connais un tout petit peu. Il était ministre de l’Intérieur de gauche de 1997 à 2000 et j’étais jeune fonctionnaire plutôt étiqueté de l’autre bord.   Il me recevait dans son bureau, m’associait à ses réunions, me complimentait pour mes notes, au grand dam de ses conseillers. Il réfléchissait à l’avenir de l’Europe, de la Nation. Il savait décider, faire des choix politiques au sens noble du terme. Simple, intègre, anti-sectaire, modeste, gentil, désintéressé, visionnaire, passionné d’histoire et de prospective. En rompant avec son parti, il vient enfin de prononcer une phrase que j’attendais de lui depuis longtemps mais qui ne venait pas: « Le clivage droite-gauche ne correspond plus à la réalité ». En lui, on retrouve vraiment quelque chose de Gambetta ou Clemenceau. Merci, Monsieur le Ministre, vous êtes l’honneur de la politique française.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

Le 18 juin, notre boussole dans la tourmente

images (1)Le 18 juin est une boussole, une date clé dans le calendrier, une référence suprême en ces temps profondément troublés d’inversion des valeurs et de menace planétaire pour la survie de notre pays et de notre civilisation. Quel sens profond revêt cet appel qu’il convient chaque année de redécouvrir tant sa richesse est inépuisable? Il exprime la force de la solitude de celui qui a raison contre tout le monde, les partis, l’armée, la classe politique, la presse, l’Etat, la société bien pensante. Son intuition, sa culture, sa conception de l’histoire, son sens des réalités, conduisent de Gaulle à penser, dès juin 1940, contre la France entière sans exception, que l’Allemagne sera vaincue. Dédaignant les insultes (« renégat, traître, félon »), et jusqu’à la condamnation à la peine capitale qui lui est infligée, il se fie à sa seule vision du monde, son analyse des rapports de forces planétaires,  nonobstant l’apathie et le renoncement général. Le 18 juin est la date de la clairvoyance contre l’aveuglement, de la lumière contre le désespoir, de la solitude contre l’instinct grégaire et le conformisme. Jamais le Général n’a autant été banalisé et récupéré qu’aujourd’hui. En même temps, son oeuvre est imagesquotidiennement foulée au pied.  La Ve République est ridiculisée. Fondée à l’origine sur le prestige d’un chef de l’Etat s’appuyant sur la confiance du peuple, elle est devenue l’otage des partis politiques, figée, immobile, impuissante, pire encore que la IVe. L’oeuvre européenne du Général est trahie. Son Europe, fondée sur l’unité des nations intrinsèquement unies par une histoire et une culture commune, est livrée à un monstre bureaucratique acharné à la détruire et à diviser ses peuples. L’exemple de l’intégrité absolue, le refus de tout avantage pour des proches, l’exigence de régler ses factures d’électricité à l’Elysée, est aujourd’hui noyé dans une course frénétique aux privilèges, au clanisme et au népotisme de bas étage. Etre gaulliste n’est pas une idéologie, mais garder au coeur la lueur du 18 juin dans les ténèbres de l’actualité.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 25 commentaires

A quoi sert l’Assemblée nationale?

panorama2Le gouvernement ne veut pas que la discussion sur la loi Macron « dure 15 jours » et fait donc usage de l’article 49-3 qui permet l’adoption d’une loi sans débat ni vote. A quoi sert l’Assemblée nationale? Plus de la moitié des lois votées correspond à la simple transposition des directives européennes. Sur le reste, le Conseil constitutionnel exerce une vigilance étroite et censure – abroge – toute disposition « contraire » à la montagne jurisprudentielle qu’il a lui même élaborée: au moins la moitié des textes, l’autre moitié. Et quant aux lois rescapées de cette jurisprudence, tout tribunal, judiciaire ou administratif, se fait fort de les « écarter » en faisant prévaloir une norme internationale. Enfin, cerise sur le gâteau, quand l’Assemblée donne des signes de fébrilité, le gouvernement fait adopter sa loi sans débat et sans vote grâce au célèbre 49-3… Avec la mort de l’Assemblée nationale, disparaît le coeur de la démocratie et de la souveraineté, dans l’indifférence générale. La résignation avec laquelle les parlementaires – élus au suffrage universel – subissent leur triste sort est incompréhensible. Ils apparaissent comme cadenassés par la discipline majoritaire ou partisane, la crainte de perdre leur siège, de rater la prochaine investiture de leur formation.  Il faudrait réinventer les états-généraux, sous une forme moderne, la réunion solennelle des forces vives du pays, entreprises, mairies, associations, qui éliraient leurs représentants, hommes et femmes inconnus, anonymes, incarnant la majorité silencieuse. Et le jour où un gouvernement leur enverrait les crs pour les faire dégager, l’un d’eux monterait sur une table en proclamant: « Nous sommes ici par la volonté du peuple et ne sortirons que par la force des baïonnettes! »  Je rigole bien sûr… paume

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 12 commentaires

La tyrannie des illusions

téléchargement (6)Il est particulièrement inquiétant de constater l’extraordinaire basculement de la vie politique dans le monde des illusions et des manipulations. Je l’observe tous les jours et la vois glisser à vue d’oeil loin du réel, dans un univers de mirages, de chimères, d’ombres chinoises. Souvent, au regard de l’histoire politique française, j’ai l’impression que l’on ne s’est jamais autant moqué des gens qu’aujourd’hui. Les exemples foisonnent tous les jours. L’usage du 49-3 au Parlement? On voudrait nous faire croire en un acte d’autorité fondamental destiné à sauver le pays. Qu’en est-il? Une refonte globale du contrat de travail pour relancer l’embauche? Une coupe sombre dans les prélèvements obligatoires? Un « grand soir fiscal » en faveur de l’entreprise? Que nenni ! Assouplir légèrement l’idiote interdiction française du travail du dimanche, l’ouverture prudente des professions réglementée et la libéralisation du transport en car… Cela ne mérite même pas une loi, mais une simple autorisation donnée par le maire devrait suffire. Dans l’opposition, un grand débat s’ouvre sur le « droit du sol ». Or, cette question est fondamentalement, objectivement sans intérêt, comme je l’ai  écrit dans le Figaro. La suppression du « droit du sol » mettrait le feu au pays mais ne réglerait pas d’un iota ses difficultés d’intégration et de maîtrise de l’immigration, au contraire. Agiter les chiffons rouges sert à faire oublier les profondes fractures de la société française, que nul n’a su régler et les défis que nul n’a envie relever: les 6 millions de chômeurs, la ghettoïsation, la désintégration, les jeunes dans l’exclusion, la violence, l’incapacité à réguler efficacement les frontières, dans une monde en pleine décomposition, l’impuissance chronique du pouvoir politique à traiter des problèmes véritables, le renoncement à tenter – au moins – d’agir sur le réel. Autrefois, la propension à jongler avec les passions caractérisait les seuls courants extrémistes tandis que les politiques « de gouvernement » tentaient de coller aux faits. Désormais, la fuite dans les limbes est générale. Tout n’est que scandale, postures, provocation, frime, duperies, exagérations, polémique, idole de pacotille d’un jour et lynchage haineux le lendemain. Les politiques (sur le plan national) dans l’ensemble, donnent le sentiment de ne plus vouloir s’occuper de la réalité, du concret. La politique de la raison se meurt.  Le monde réel est tellement plus complexe, ingrat et moins rémunérateur en terme électoral, que celui des passions.  Ils vivent dans un univers de chimères où ils veulent entraîner les masses comme un troupeau aveugle et les manipuler. Et les pôles de résistance potentielle s’amenuisent au fur et à mesure que l’intelligence collective et le sens critique s’affaiblissent dans un climat de désintérêt et d’abêtissement général, résultat du saccage de l’éducation nationale, notamment de l’enseignement de l’Histoire, depuis des décennies.

Si j’écris cela, comme je le ressens, ce n’est pas par pessimisme ou désespoir mais au contraire dans l’espoir de contribuer, même à échelle infime, à une prise de conscience. 

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 27 commentaires

Au-delà de l’affaire Strauss Kahn

images (3)Dominique Strauss Kahn vient d’être blanchi de toute accusation dans l’affaire du Carlston de Lille, et tant mieux pour lui, après avoir été relaxé au pénal dans celle du Sofitel de New York. Son épopée, depuis 2007 en gros, est la preuve de ce que je  ressens depuis toujours: l’Histoire est bien plus extraordinaire, plus imprévisible, plus sensationnelle que tout roman ou toute forme d’imagination humaine. On trouve de tout dans son aventure: le vertige d’un destin présidentiel brisé, le sexe porté à son paroxysme, des femmes victimes ou bizarres, le lynchage médiatique, l’humiliation nationale, les manipulations de toute sorte, l’argent qui ruisselle, la descente aux enfers et la rédemption. Mais ce qui me frappe le plus, dans tout cela, c’est l’hypocrisie, la tartufferie, la lâcheté humaine. L’homme était adulé, adoré, encensé, par la France entière, ou presque, de 2007 à 2011, prête à l’élever au pinacle et le monde politique, sa « famille » socialiste, médiatique, prosterné devant lui dans la perspective de son arrivée triomphale à l’Elysée.  Et puis soudain, la foudre a frappé. A la suite d’un geste incompréhensible, pour l’un des plus hauts responsables de la communauté internationale, le 15 mai 2011 (bien qu’ayant échappé à toute poursuite pénale), voilà soudain, en un soir, le demi dieu devenu pestiféré, ses amis socialistes refusant de lui serrer la main, fuyant les soirées où il se trouve, niant l’avoir jamais fréquenté, et lançant de furieuses accusations sur qui l’a vu et rencontré, quel scandale! Maintenant, ils reviennent vers lui peu à peu, tout sourire, compréhension, indulgence, comme si rien ne s’était jamais passé. Le paria s’efface derrière le « libertin », un mot qui sonne libre et moderne dans une bouche socialiste. Jusqu’où reviendra-t-il? Rien n’est à exclure dans le chaos mental et le désarroi général présent. Ah, la politique…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 28 commentaires

Le néant positif

images (2)Les dirigeants du pays sont en déplacements permanents, le chef de l’Etat à Tulle, Nantes, Angers, aux 24 heures du Mans où il a dû partir sous  les sifflés, le Premier ministre à Poitiers, Berlin, la Réunion, Mayotte. La vérité, c’est qu’ils ne cherchent plus à gouverner le pays et à régler ses grands problèmes, les 6 millions de chômeurs, l’insécurité, l’immigration, la crise scolaire. Devant le désastre annoncé ils n’ont plus qu’une idée en tête, sauver non pas la France, mais leur belle image. A ce sujet, la partie est perdue d’avance. Les sondages montrent que les Français ne veulent rien de précis dans l’offre politique actuelle. Malgré le climat de dégoût général, aucun engouement lepéniste n’est à noter. Sarkozy ne convainct pas, ni Fillon, ni Lemaire. Un match « retour » des présidentielles Hollande/Sarkozy/Le Pen serait à la fois grotesque et dramatique pour les Français, signe de surplace, d’immobilisme, de fracture entre l’opinion et les élites du pays. Du néant politique, peut-il naître quelque chose de positif? Le peuple n’est pas dupe, même dans une crise mentale aussi profonde, aussi dramatique, il n’est pas prêt à accepter n’importe quoi, la démagogie, la propagande, la folie narcissique. Il n’est pas détenteur d’une sorte d’infaillibilité d’essence surnaturelle et se trompe parfois. Cependant, dans sa globalité et le dépassement de ses clivages, il voit plutôt juste, lucide, clairvoyant. Tout est à reconstruire, mais en partant des enjeux, des idées, d’un projet collectif et non des personnages du feuilleton. Les Français l’ont bien compris, le bon sens n’est pas une légende, et c’est en cela que du néant peut sortir quelque chose de positif.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 24 commentaires

Déjeuner de blogueurs

images (1)Hier, j’ai eu le plaisir de participer à un déjeuner de blogueurs, dans un petit restaurant discret, pas cher, mais délicieux du 1er arrondissement. Il faut voir, dans cette belle initiative, un signe supplémentaire, même à une échelle toute modeste, de volonté de la société civile de prendre en main son destin et de défendre sa liberté d’expression. Nous étions tous sur une ligne proche, avec des nuances. Je ne connaissais personne au départ de visu, mais l’osmose et la convivialité ont été immédiates, avec l’aide d’un sympathique brouilly. Nous avons pu échanger sur les histoires personnelles qui nous ont conduits à créer un site, nos difficultés diverses, techniques, juridiques – le risque de plaintes pour diffamation, les droits d’auteur, ou le devoir de réserve -, nos inquiétudes quant aux vélléités de contrôle de la « toile » par les pouvoirs publics. Les blogueurs et leurs habitués s’imposent comme un groupe de pression non négligeable qui touche directement ou indirectement des millions de personnes. En cette période de trouble profond des esprits, des institutions et d’incertitude totale sur l’avenir, leur voix elle aussi doit compter!

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 22 commentaires

La face cachée de la « crise migratoire »

4651051_6_2548_plusieurs-habitants-du-quartier-ont-propose_7e9cb3e554539e49a6e0eea61046e96bDes centaines de  migrants venus d’Erythrée et du Soudan, passés par la Méditerranée, sont en errance dans Paris. Cela se passe dans l’indifférence générale, comme le montre le silence absolu de la classe politique sur le sujet. Même le parti lepéniste, tout entier à son parricide, en oublierait presque de sur-exploiter le drame à sa manière habituelle. Disons le tout net: il est juste et normal que l’Europe prenne sa part, dans la mesure de ses moyens, en proportion de ses capacités, à l’accueil temporaire des personnes persécutées dans un monde en plein chaos tant que durent les persécutions. Mais cette protection  ne se conçoit que dans des conditions  organisées, consenties et dignes pour les nouveaux arrivants. Il est en revanche monstrueux qu’elle devienne, dans un climat d’aveuglement général et de tartufferie,  le théâtre d’un chaos migratoire qui est l’autre face de la renaissance de l’esclavagisme. A qui profite le crime? Les personnes en errance à Paris sont les victimes:

1) des passeurs criminels qui accumulent des fortunes gigantesques sur leur malheur: 40 milliards de dollars en 2013, combien en 2015?

2) des militants extrémistes qui, sous couvert d’humanisme, jubilent de disposer à travers eux, d’un outil de déstabilisation de la « société bourgeoise » (à ne pas confondre avec la vraie générosité sincère face à la détresse).

3) de l’effroyable échec de l’Europe, ce grand corps malade, totalement impuissant, englué dans ses normes et procédures, anesthésié par sa mauvaise conscience, incapable de produire ne serait-ce que l’esquisse d’une décision ou d’un choix. Son attitude en Méditerranée, son incapacité à agir pour empêcher les embarquements sauvages et meurtriers, donne le vertige. L’histoire la jugera pour ce qu’elle est: une lâcheté criminelle.

4) de l’hypocrisie d’une certaine frange de l’opinion privilégiée, dite la « gauche bien-pensante », qui n’a d’ailleurs de « gauche » que le nom, verse des larmes de crocodile tout en vivant dans la terreur de voir les camps de fortune s’implanter sous ses fenêtres.

5) de la lâcheté des politiques français en général, de droite comme de gauche, qui se taisent, pétrifiés à l’idée de risquer d’être « suspectés », suspectés de racisme, comme on est « suspecté » dans tous les régimes de terreur.

6) de tout un tas de « petits patrons », dans le monde de la restauration, du btp, de la confection, de la coiffure, qui se frotte les mains en voyant arriver une main d’oeuvre quasi gratuite (une amie vietnamienne m’a parlé de 20 euros – sans aucune charge –  pour des journée de 14 heures à faire la « plonge » 7 jours par semaine).

Maxime TANDONNET

 

Publié dans Uncategorized | 39 commentaires

La Résistance qui vient

téléchargement (3)Mercredi soir, j’étais invité à une soirée privée à laquelle participaient une trentaine de personnalités de la société civile, des écrivains, intellectuels, journalistes, hauts fonctionnaires, patrons du secteur privé… Tous revendiquaient leur parfaite indépendance à l’égard des partis politiques et des idéologies. Profondément préoccupés pour l’avenir de la France et de l’Europe en général, ils se trouvaient réunis avec le projet de « faire quelque chose » pour lutter, à travers le débat d’idées, contre le désastre qui vient, au moins tenter d’éveiller les consciences. Nous étions quelque part entre 1933 et 1940, face à un péril gigantesque, englués dans l’indifférence, la images (1)légèreté, l’aveuglement, la lâcheté universelle. La discussion s’est focalisée autour d’une interview parue au Figaro Vox, à la tonalité visionnaire, montrant l’Europe profondément impuissante, divisée, paralysée par ses dogmes et son idéologie, confrontée à cette gigantesque menace de déstabilisation que représente l’expansion de l’Etat islamique daesh à ses frontières.  L’unanimité se faisait autour de l’idée que le salut n’était sans doute pas à attendre des formations politiques actuelles, prises globalement comme un ensemble, minées par le carriérisme et la médiocrité intellectuelle et morale. Un tel constat  n’interdisait en rien la perspective de s’appuyer sur des personnalités politiques indépendantes d’esprit et détachées des carcans partisans. Pour l’instant, rien de bien nouveau quant à des propositions d’action et de solution, mais une prise de conscience partagée, collective, et l’envie profonde de « faire quelque chose » et d’exercer une influence sur le débat d’idées, aujourd’hui déserté par le bon sens. C’est un début mais plein de promesses car il faut bien commencer quelque part et on se sent soudain moins seul.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 43 commentaires

La morale publique, comment faire?

588945Le scandale du jour n’a rien d’un événement isolé. Il s’est fait pincer et les médias cartonnent pour des raisons qui nous échappent, liées à des affrontements souterrains de courants socialistes et d’individus. Nous ne sommes pas vraiment dans une logique de corruption, de détournement de grandes sommes d’argent. Mais tout un état d’esprit se révèle dans cet événement. Il faut y voir le sentiment, banalisé, répandu, dans une partie de la classe dirigeante, que tout est possible, tout est permis, rien n’est trop beau. Des personnes sans grande envergure parvenues au sommet,  par leur réseau clanique, familial, leurs manoeuvres, parfois sans avoir jamais travaillé, sans grande moralité, culture, ni intelligence, aveuglées par la lumière de leur mégalomanie, ont le sentiment que tout leur est dû. Elles ont conquis l’Etat et celui-ci leur appartient, comme une petite entreprise individuelle. Les exemples sont nombreux, même sans généraliser. Une soixantaine de députés et sénateurs emploient sur des fonds publics, en toute bonne conscience, leur femme, leur maîtresse ou leurs enfants. Dans la haute fonction publique, certains comportements ont récemment défrayé la chronique…L’usage des Palais, des logements de fonctions, des véhicules avec chauffeur, des avions gouvernementaux, les millions d’euros qui circulent, les maîtresses entretenues sur l’argent des contribuables, les petites faveurs de tous les jours. Certains se sentent au dessus du commun des mortels. « Tiens, pourquoi déclarer mes impôts? ne suis-je pas ministre? » Quand ils se font prendre, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive, pensent être victimes d’un complot. Le fond du problème tient à la disparition du bon sens commun qui sépare l’intérêt public de l’intérêt privé. L’effacement du sens du bien commun au profit des satisfactions d‘ego est la source de tous les maux. Et tout cela se déroule dans la plus parfaite impunité. Il suffit d’attendre que passe la polémique…  Même si ces comportements sont marginaux, les conséquences en sont désastreuses car elles renforcent la fracture entre la classe dirigeante et le peuple, confronté à ces malheurs quotidiens, contribuent au rejet du politique, à la crise de confiance qui paralyse le pays et l’empêche d’avancer. Au Royaume-Uni, ce n’est pas pareil. Je me souviens de ce ministre important, Intérieur je crois, ayant dû démissionner à la suite d’une intervention en faveur d’un visa pour sa femme de ménage. En France,  le Général de Gaulle exigeait que ses factures d’électricité à l’Elysée fussent mises sur son compte. Raymond Poincaré, en 1913, refusait l’usage des salons du Palais présidentiel pour son mariage. Je propose le vote d’une loi sur la moralité publique qui commencerait ainsi. Article 1: « l’argent des contribuables est sacré. Article 2: toute utilisation d’un moyen public à des fins privées et toute faveur destinée à un proche est sanctionnée d’une interdiction définitive d’occuper un mandat ou une fonction publique… » Cette loi ne passera hélas jamais. Devinez pourquoi?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 40 commentaires

Le grand décrochage

imagesVoici mes deux dernières contributions à la presse Internet qui abordent le même sujet, sous des angles différents: l’accélération brutale du grand décrochage de la classe dirigeante qui ne cesse de fuir le réel pour éviter d’avoir à l’affronter. La tribune pour le Figaro Vox exprime une stupéfaction envers le projet élyséen de « déclaration des droits de l’Humanité », témoignant d’une fuite dans l’abstraction verbeuse et prétentieuse alors que les Français nagent dans l’inquiétude, les souffrances liées au chômage et à la désintégration de la société. Le second, pour le site d’information Atlantico, est une interview croisée avec deux sociologues portant sur l’incroyable mépris du peuple que manifeste la Nomenklatura au pouvoir. Nous venons d’ailleurs d’en avoir (après la publication du texte) un sinistre exemple, mais tellement typique, avec la polémique autour du déplacement à berlin pour le match Barcelone-Juventus.  Coupés de la sensibilité populaire, enfermés dans leurs Palais dorés, aveuglés par leur culte du je et ce images (1)sentiment d’être placés au-dessus du commun des mortels, ils ne se rendent même plus compte de l’impact désastreux de ce genre de geste sur l’opinion. Les futurs gouvernants potentiels, ceux qui s’apprêtent à prendre, le cas échéant, le pouvoir en 2017, sont-ils capables d’éviter ce travers odieux, sources de tant de maux? Franchement, aujourd’hui, je n’en suis pas convaincu. Puissent-ils prendre conscience de la gravité de ce problème afin d’éviter de sombrer à leur tour.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 36 commentaires

La vulgarité arme fatale du chaos

téléchargementIl est souvent arrivé que les plus grands chefs d’oeuvre soient maltraités, maudits, diabolisés de leur temps. Nous qui ne sommes pas très cultivés, nous pensons « Aux fleurs du mal », cette merveille quasiment indépassable de la poésie française qui n’a pas vieilli d’une ride ou bien aux Impressionnistes et encore aux Cubistes. Les immenses scandales que causèrent ces oeuvres sont aujourd’hui exploités sur un mode dévoyé qui consiste à vouloir imposer l’idée que le scandale fait la beauté. Une oeuvre sublime peut certes être incomprise de son temps . Mais cela ne signifie pas que toute oeuvre qui provoque un esclandre soit nécessairement belle. Ce serait trop facile. Il suffirait de prélever une crotte de chien sur le trottoir, d’y apposer une signature, de l’intituler « beauté divine », de la payer à prix d’or, de provoquer une polémique, de qualifier de fascistes ceux qui y verront une imposture, et le tour sera joué. « Le vagin de la Reine » installé au château Versailles me semble être une provocation, une salissure sur l’histoire de France.  Un grand parti vient de s’intituler « les Républicains ». Mais la France est aussi le produit de la monarchie. Elle existe par l’oeuvre des rois de France. Je ne vais pas faire un cours d’histoire mais c’est tellement évident. L’opposition monarchie/République est dépassée. 1789 et la République ont poursuivi l’oeuvre des rois de France comme l’ont si bien dit Jules Michelet et Charles Péguy.  La France est un tout et une histoire dont elle a le droit d’être fier sans dissimuler ses moments douloureux. La vulgarité est devenue l’arme fatale de la table rase, de la destruction du passé des valeurs, du sens de la beauté et de la grandeur, l’arme fatale du chaos. Comment réagir au « vagin de le Reine »? Par un immense mépris, pour les concepteurs de l’opération et les responsables de la culture, en charge de la valorisation d’un patrimoine, et qui trahissent leur mission en le laissant saccager.   Et aussi pour tous les lâches politiciens qui n’en pensent pas moins mais se taisent par peur d’être qualifiés de ringards.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 44 commentaires