Les syndromes totalitaires

Système totalitaire ne s’entend pas strictement au sens de jadis, celui des régimes soviétique, fasciste et nazi, fondés sur la violence et le meurtre de masse. Pourtant, nos sociétés des années 2010 comportent étrangement, à bien des égards, des caractéristiques du monde totalitaire que l’on croyait définitivement anéanti. Le totalitarisme renaît, plus vivace que jamais, sous des formes certes différentes, avec la violence d’Etat en moins, rendu intolérable par la médiatisation, mais plus sournois, plus subtil, plus pervers. Les signes d’une société totalitaire en gestation, nous les ressentons au quotidien.

  • Le mythe du chef, autour d’un dirigeant surexposé, au centre de la lumière médiatique, présenté comme l’incarnation du pouvoir alors que s’effacent les autres pôles de pouvoir, soumis ou affaiblis, gouvernement, parlement, partis politiques, collectivités territoriales. Cependant, à la grande différence des totalitarismes du passé, le nouveau chef est privé d’autorité et de leviers d’action efficaces sur le monde réel, sa puissance se déployant essentiellement dans un monde virtuel et mythique. Il règne avant tout par la communication (tweets, postures médiatiques, faire-semblant, images) et non à titre principal sur le monde des réalités. Tout pouvoir se ramène au reflet d’un visage, ce qui le rend à la fois déconnecté du monde réel et immensément fragile.
  • La puissance d’une idéologie dominante, qui rayonne sur le monde occidental, fondé sur le libre arbitre de l’individu roi, la négation des frontières et des nations, le culte des minorités et de la société ouverte. L’idéologie contemporaine, comme tous les totalitarisme du passé, vise à engendrer un homme neuf, un nouvel être humain (vaut-il mieux dire) interchangeable, sans passé, sans racine, indifférencié, indéfiniment malléable et servile.
  •  La liberté de pensée et d’expression bafouée. Certains thèmes, au fil du temps deviennent absolument tabous. Toute forme d’expression qui n’est pas conforme à l’idéologie dominante est bannie, en rapport avec les thèmes des relations entre les sexes, l’orientation sexuelle, les minorités, la diversité, l’immigration, l’Europe, etc. Ceci n’est qu’un constat: jadis, il y a quelques décennies, il était possible d’avoir un avis divergent et de l’exprimer. Il était même possible de plaisanter, y compris à la télévision. Aujourd’hui, non. Il faut être dans le rang. Regardez à tout hasard les sketchs de Coluche (années 1980) ou des Inconnus (1990). Les deux tiers seraient interdits par le politiquement correct.
  • Les châtiments de tout comportement divergent ont changé: ce n’est plus la hache des bourreaux, les camps de concentration, ou les hôpitaux psychiatrique, mais le lynchage médiatique. Celui qui, d’une manière ou d’une autre, sort du droit chemin est pris en chasse par les réseaux sociaux et les médias, roué de coups, insulté, traîné dans la boue, son honneur est bafoué. Les conséquences ne sont évidemment pas les mêmes, mais le risque de cette souffrance intime suffit à imposer le silence ou le conformisme (sauf à quelques inconscients…)
  • Une société sous surveillance. A tout moment, chacun est susceptible d’être enregistré, filmé, écouté, dénoncé. Certains sites Internet se sont spécialisés dans la délation de masse. La délation est banalisée, revendiquée (« balancetonporc« ) Tout faux pas, parole de travers, sortie incontrôlée comporte le risque de se trouver au cœur d’une polémique, méritée ou non. Tout se sait, tout remonte, tout sort. Big Brother est à l’oeuvre. Un vieux député socialiste déchu a été sanctionné pour défaut de titre de transport. Qu’il soit sévèrement sanctionné, oui, mais a-t-on besoin de l’étaler sur la place publique? D’en ricaner? Et jusqu’où?
  • Le déni du réel : l’essentiel du nouveau monde dans lequel nous vivons est de dissimuler la vérité. Voyez comme, au fil du temps, les statistiques disparaissent de notre paysage. Les chiffres de la délinquance, des migrations, qui étaient autrefois diffusés mensuellement ont été au fil du temps complètement éradiqués. Il fallait s’y attendre, la dernière statistique, celle du chômage, est en train d’être remise en cause. Les « braves gens » n’auront dorénavant plus accès aux statistiques mensuelles, mais ils ne connaîtront que les trimestrielles, demain, elles seront annuelles et puis, plus personne n’en parlera: le chômage sera devenu tabou. Quant à la situation désastreuses de certains quartiers, communautarisme islamiste, violence quotidienne, trafics, échec scolaire: silence, plus personne n’en parle.
  • Une presse uniforme: la mise au pas de 80% de la presse quotidienne ou hebdomadaire est un phénomène spectaculaire. Prenez l’immense majorité de la presse quotidienne, régionale, les grands journaux parisiens, le Monde, les Echos, les hebdomadaires, le Point, l’Express, l’Obs, Paris-Match, ils disent tous exactement pareil, au mot, à la virgule près, sur l’Europe, sur la politique française, sur Trump et les Etats-Unis, sur le Moyen-Orient, sur les migrations. Il reste Marianne, Charlie Hebdo, le Figaro, Valeurs actuelles pour garder une tonalité divergente. Mais pour combien de temps? Je ne sais pas si jamais dans l’histoire contemporaine, disons depuis 1945, la morale du troupeau a ainsi régné sur la presse.
  • La table rase: la chasse au passé, à la connaissance de l’histoire est désormais entrée dans les moeurs. L’enseignement de l’histoire a été largement aboli dans les établissements scolaires français au profit d’un vague enseignement sur les civilisations. La monarchie, la Révolution, les guerres, napoléoniennes ne disent plus grand chose aux jeunes générations Le centenaire de la Grande Guerre, cet événement fondateur, est largement occulté. Les traces du passé sont pourchassées, jusqu’à la tentation d’éradiquer les croix des paysages, de détruire les statues des grands hommes de l’histoire.
  • Le sport comme obsession: les deux grands événements français de ces dernières mois: l’attribution des JO 2024 à Paris puis la coupe du monde de rugby de 2023. Ce n’est pas le sport qui est ici critiqué, mais l’obsession du sport, comme moyen de distraire le peuple, d’exalter la force physique et le chauvinisme de base. Une vieille recette des régimes totalitaires, Berlin, 1936, URSS et ses athlètes sur-dopés.
  • La crétinisation de masse: L’idéologie du nivellement qui emporte tout sur son passage comme un rouleau compresseur. Il faut briser l’intelligence collective, la connaissance, le savoir. Le bac a longtemps constitué un étalon de l’acquisition du savoir de base, récompensant le mérite intellectuel. L’ouvrir par tous moyens à 80% de la population en a banalisé le sens. De multiples études soulignent l’effondrement du niveau des jeunes Français, en mathématiques, en orthographe et un vertigineux déclin du quotient intellectuel. On veut aller encore plus loin désormais, par exemple en supprimant les séries du bac, ce qui reviendra à en réduire encore les exigences.
  • Le mépris du peuple: bien sûr, on fait semblant de l’aimer et de le respecter puisqu’en principe, en théorie, nous sommes en démocratie. Cependant la société moderne se caractérise par une profonde fracture et qui ne cesse de se creuser, entre l’infime minorité influente, bavarde, médiatisée, et l’immense majorité silencieuse. Et l’idéologie dominante donne une part croissante au mépris du peuple, de la « vile multitude ». Il est devenu totalement hors de question d’écouter ce que le peuple aurait à dire. Plus on l’invoque (« je suis le candidat du peuple! »), plus on le méprise, comme on méprise ses angoisses et sa souffrance qui doivent être niées ou alors exploitées le temps d’une campagne à des fins électoralistes. C’est ainsi que dans la France « dite d’en haut », le mot « populiste » est devenu l’insulte suprême.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Souviens-toi

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LR, entretien avec le Figaro Vox

Les Républicains ont dévoilé cette semaine un rapport consacré à l’avenir du parti et rédigé après une longue consultation de militants, d’élus et d’intellectuels. Vous avez-vous-même été interrogé en tant qu’historien. Que pensez-vous de cette démarche ?

Je pense que cette démarche est remarquable et bienfaitrice. La vie politique française connaît, depuis quelques années, un véritable naufrage. Elle se résume à des successions de polémiques stériles, de scandales tonitruants et de lynchages médiatiques. Le débat d’idées a été anéanti. Une idéologie unique fondée sur l’individu-roi s’impose largement sur les consciences. Les débats de société sur l’avenir de l’Europe, l’autorité de l’Etat, la Nation, la démocratie française, l’aide au développement, ont disparu. Cette consultation et ce rapport vont à l’encontre de la tendance générale en montrant que la réflexion collective, préalable à l’action, est au coeur de la politique.

Les Républicains et la droite en générale doivent-ils davantage se consacrer aux idées et moins aux personnes ?

Je le pense profondément. Le culte de la personnalité, sous toutes ses formes, est une caractéristique de l’époque contemporaine. La vie politique et médiatique se focalise sur les personnes, soit pour les idolâtrer, soit pour les lyncher, ou les deux. Il faut voir dans ce phénomène une réaction destinée à combler le vide laissé par le débat démocratique. Il engendre une situation absurde. Dans le monde moderne, infiniment complexe, un homme seul ne maîtrise presque rien. Toute forme de culte de la personnalité repose sur une illusion et une manipulation. L’un des enjeux de l’avenir, pour les Républicains, est de sortir de cet engrenage fatal. Avant de songer à se donner un chef, il est infiniment plus important de mener une réflexion de fond et de se forger une ligne politique. Ne parlons pas encore de programme précis, mais d’un état d’esprit, d’un projet pour la France auquel il faut travailler. Il faudrait en revenir à une conception de la politique comme d’un travail d’équipe, certes autour d’un leader ou d’un coordonnateur, mais fondamentalement, un travail d’équipe.

Après l’élection de Macron, cela a-t-il encore un sens de vouloir refonder la droite. Le clivage droite/gauche est-il mort ?

L’un des piliers de toute démocratie est la coexistence pacifique d’une majorité au pouvoir et d’une opposition prête à prendre la relève, dans un climat de respect, de dialogue et de consensus sur un socle de valeurs communes. A titre personnel, je n’ai jamais aimé la formule gauche/droite qui me semble trop manichéenne et trop connotée, en France depuis toujours, « forces du progrès » contre « forces du passé ». Pourtant, il est vital que face au pouvoir incarné aujourd’hui par LREM, la France dispose d’une opposition puissante, républicaine, protectrice des Français, favorable à la libération des énergies économiques, au progrès social et à la démocratie sous toutes ses formes. L’idée d’une vaste coalition centrale couvrant le centre gauche et le centre droit et absorbant tous les courants modérés, serait, en France suicidaire. Elle aurait pour effet un renforcement considérable de l’extrême gauche comme de l’extrême droite et de plonger, à terme, le pays dans la paralysie politique voire un chaos sans nom.

70 % des adhérents refusent le principe de primaires ouvertes. Qu’en pensez-vous ?  

Ils ont profondément raison. Les primaires ouvertes sont une absurdité. Elles trahissent l’esprit de la Constitution et de la République française. En fractionnant le corps électoral en deux camps, elles nient l’indivisibilité de la République et l’unité du peuple français. Elles favorisent des positions extrémistes et utopistes, à l’image du déroulement de la primaire de gauche en janvier dernier. Elles aggravent le sectarisme de la politique française en figeant la bataille de deux camps idéologiques. Elles ouvrent la voie à toutes sortes de trucages comme la participation des électeurs d’un camp à la primaire de l’autre camp. Elles aggravent dangereusement la personnalisation de la politique, à travers le foisonnement de petits champions et de leur écurie de supporters, au détriment du collectif et du débat d’idées. Toute forme de primaires est à rejeter. L’élection présidentielle est la rencontre d’un homme ou femme et d’un peuple. Elle n’a pas besoin du filtre des primaires.

Selon les adhérents, la droite doit être avant tout «  réformatrice  » (49 %), libérale (36 %) et gaulliste (33 %). Peut-on vraiment en tirer un enseignement d’autant qu’on peut donner un sens très différents à ces mots ?

En effet, ces mots veulent tout dire et ne veulent rien dire. Quelle force politique renoncerait à être réformatrice si elle arrive au pouvoir, libérale, c’est-à-dire respectueuse des libertés, et gaulliste, se reconnaissant dans l’oeuvre du Général? Cette enquête n’apprend rien de nouveau.

Macron est libéral et réformateur et il se revendique même du gaullisme dans son incarnation du pouvoir. L’opposition ne doit-elle pas se distinguer avec une ligne clairement différente ?

Il me semble que l’opposition des Républicains ne peut pas se contenter d’apporter des nuances à la politique telle qu’elle est conçue aujourd’hui et menée par le pouvoir. Il faut aller au-delà. La décomposition de la politique française n’est sans doute pas achevée et réserve encore des surprises. Elle est partie du rejet viscéral, dans l’opinion publique, du mode de fonctionnement de la politique. 88% des Français ont l’impression que les responsables politiques ne tiennent aucun compte de ce que « pensent les gens comme eux » (Cevipof). La fracture démocratique reste toujours aussi profonde aujourd’hui. La vie politique glisse de décennie en décennie, toujours un peu plus dans la posture, la communication, les psychodrames, les annonces stériles, les manipulations. Le rôle fondamental de l’opposition républicaine devrait être de réconcilier la politique avec le monde réel, de restaurer la notion de bien commun, de direction collective du pays dans un climat de modestie, de désintéressement de culte de l’action et des résultats. Il devrait être de dire la vérité sur ce qu’il est possible de faire et ce qui ne l’est pas et d’agir en conséquence.

Les centristes européens et les conservateurs souverainistes peuvent-il continuer à cohabiter dans le même parti. Ne faut-il pas renouer avec le RPR ?

Le clivage est-il si marqué entre deux courants des Républicains? Les adhérents ou les sympathisants, dans leur immense majorité, ne sont ni fédéralistes, au sens de la création d’un Etat européen supplantant les Etats nationaux, ni favorables à la sortie de l’Union européenne. Il doit donc exister un terrain d’entente autour de l’idée d’une Europe moins bureaucratique et plus respectueuse des démocraties nationales. Se déchirer encore davantage serait se condamner à l’opposition éternelle. Il me semble préférable et plus intelligent, pour l’opposition républicaine, de s’engager résolument dans le défi de la réforme en profondeur de l’Europe ce qui est plus difficile que les slogans autour de l’Europe fédérale ou du frexit.

Le mot de « protection » n’apparaît pas. Pourtant confronté à l’insécurité physique, économique et culturelle, beaucoup de Français semblent y aspirer. La droite peut-elle protéger ?

L’Etat a pour vocation première de protéger les citoyens. Sans vouloir jouer les prophètes de malheur, il est vraisemblable que nous allons vers des temps troublés. Le risque de déstabilisation planétaire demeure considérable. Le Moyen-Orient reste une poudrière. La croissance de la population mondiale qui devrait atteindre les 12 milliards à la fin du siècle, soulève des questions aujourd’hui insolubles, en matière de ressources alimentaires et d’environnement, de développement économique et social et de régulation des flux migratoires. Les tensions nationalistes, idéologiques, économiques, communautaires peuvent dégénérer à tout moment dans le monde et provoquer des bains de sang. Le terrorisme islamiste menace nos démocraties. L’une des priorités absolue de l’opposition républicaine doit aller au renforcement de l’autorité et l’efficacité de l’Etat face à ces dangers. C’est bien ce que les citoyens attendent de lui en tout cas.

Peut-elle également s’adresser aux classes populaires qui se sont majoritairement abstenues ou ont voté Le Pen ?

Oui, c’est à ces classes populaires qu’elle doit s’adresser avant tout. La fracture démocratique s’est traduite par une abstention de plus de 50% aux élections législatives. Cet événement, sans aucun précédent historique, a un sens profond: il montre qu’une majorité des Français a cessé de croire en la démocratie. Les images des magazines, de la télévision, les commentaires d’experts à la radio n’ont strictement aucun rapport avec le ressenti de la France populaire, la majorité silencieuse, face à la France supposée « d’en haut ». Il y a une France qui n’arrive pas à se faire soigner, ni à boucler les fins de mois, confrontée au mépris, au chômage, à la crise de l’école et à la violence, à l’enfer de certains transports. La priorité absolue de l’opposition républicaine doit être de tendre la main à cette France qui se sent délaissée, celle des banlieues, du monde rural, des 5 à 6 millions de personnes privées d’emploi, des 8 à 9 millions de pauvres, 3,6 millions de mal logés, avec respect, volontarisme et sans démagogie. Certains dirigeants des Républicains commettent une faute lourde quand ils donnent le sentiment de s’en prendre aux chômeurs à pôle emploi ou aux soi-disant « assistés ».

Comment le faire sans renoncer à l’électorat des grandes villes qui pour l’heure semble déjà avoir choisi Macron ?

A-t-il vraiment choisi? Il me semble que le climat général du pays reste à l’incertitude et à l’attentisme. Cet électorat attend, lui aussi, autre chose de la politique. Il faut bien dire qu’aujourd’hui, aucune alternative ne lui est encore offerte. Il me semble qu’une autre politique pourrait avoir un certain succès, celle qui consisterait à prendre les Français au sérieux, leur tenir un discours adulte, sans effets d’annonce, sans posture, sans démagogie, en les regardant droit dans les yeux, d’égal à égal, en leur rappelant qu’ils sont les seuls maîtres, que la politique est à leur service, et non l’inverse, en leur donnant des gages de sincérité dans le dévouement à la chose publique et de désintéressement personnel. Il me semble que le pays ressent une véritable allergie à certains comportements comme le carriérisme ou l’ambition narcissique. Il attend et attendra de plus en plus de la part des hommes publics qu’ils se consacrent à l’intérêt général et non à leurs satisfactions de vanité.

 

 

 

 

 

 

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L’avenir des Républicains (entretien avec Atlantico)

1- Selon un sondage IFOP pour Paris Matche publié ce 8 novembre, Nicolas Sarkozy conserve 85% de bonnes opinions parmi les sympathisants LR. Comment interpréter l’aura que conserve l’ancien Président au sein de sa famille politique ? Faut il y voir le résultat du maintien d’une assise large, construite sur le libéralisme d’Emmanuel Mignon, le conservatisme identitaire de Patrick Buisson, et le Gaullisme social d’Henri Guaino ? 

En partie sans doute. Le ministre puis président Sarkoz,y était un personnalité politique expérimentée qui sentait mieux que quiconque les attentes populaires du pays. En 2007, il a parfaitement su traduire en propositions les attentes contradictoires de l’opinion, sécurité, fibre nationale, libéralisme économique qui se retrouvent dans les indivualités que vous citez. Mais je pense qu’il y avait aussi autre chose: un charisme personnel extrêmement puissant qui inspirait la confiance à une partie des Français et qui sublimait les contradictions possibles par exemple entre libéralisme et gaullisme social ou entre discours national et européiste. Il me semble que c’est bien cette personnalité hors norme qui continue d’exercer une fascination chez ses soutiens, un mélange de simplicité, d’autorité, de générosité, sans oublier aussi ses défauts, dont le caractère impulsif. Le président Sarkozy se caractérisait par son pragmatisme et son goût de l’action et des résutats. Avec le temps qui passe, certains Français réalisent qu’il ne méritait pas l’image donnée de lui par les médias. Il n’existe sûrement pas de chef de l’Etat parfait, mais lui avait une fibre populaire réelle et sincère que certains Français regrettent sans doute. C’est sa personnalité et non une idéologie, inexistante chez lui, qui explique cette nostalgie chez les sympathisants LR.

2- Alors que la stratégie actuelle de Laurent Wauquiez, probable futur président du parti, semble reposer de façon plus exclusive sur le buissonisme, plutôt que sur l’alliage précité de Nicolas Sarkozy, ne peut-on pas considérer qu’une telle ligne pourrait être trop restreinte pour emporter une victoire présidentielle ? 

Il me semble tout d’abord qu’il est délirant, après les évènements politiques de 2016 et 2017, de penser aujourd’hui à l’élection présidentielle. 4 ans 1/2, c’est une éternité au regard de l’époque imprévisible que nous vivons. Il me semble que nous vivons dans un univers mental qui n’a plus rien avoir avec celui de 2007. Entre temps, la France a connu de gigantesques scandales politiques, la vague du terrorisme islamiste qui l’a ensanglantée, l’explosion du chômage, la crise européenne des migrants, le séisme politique de l’élection présidentielle de 2017. M Laurent Wauquiez pour s’imposer comme le leader de LR ne peut en aucun cas reproduire le discours de Sarkozy de 2007. Il est difficile, par exemple, d’invoquer la « valeur travail » et de fustiger l’assistanat dans un pays qui compte 5 à 6 millions de personnes privées d’emploi et 8 millions de pauvres. Il est certain que les questions de civilisation, de culture, de repères historiques sont désormais au coeur des préoccupation des Français dans une climat de chaos permanent dominé par la crainte de l’islamisme radical. Mais c’est bien entendu insuffisant. Pour avoir une chance de gagner la confiance des Français et de devenir populaire, il faut aussi et avant tout apporter des réponses à la question de l’emploi, du pouvoir d’achat, de la pauvreté, du logement. Pour l’instant, ce volet semble voilé par la priorité donnée à l’identité. L’avenir des LR consistera à définir une ligne d’équilibre entre les questions de civilisation, d’autorité de l’Etat et d’économie.

3- Dès lors, et dans l’optique d’un rassemblement suffisamment large permettant de former une majorité, quels seraient les ingrédients manquants à la ligne politique actuelle ? 

Il me semble que la question de le ligne n’est qu’un aspect du sujet. Il est tout autant essentiel de créer une dynamique de confiance en une personnalité, engendrer une espérance, un choc de renouveau. Au coeur de tout, il y a la question de la crédibilité du politique. Fondamentalement, les Français ne font plus confiance dans leur classe dirigeante. 88% pensent que les politiques ne tiennent aucun copte de ce que pensent les gens comme eux (cevipof). L’opinion a le sentiment d’être négligée et méprisée. L’épisode des « sans dents » a été emblématique de la crise de confiance. Jamais le gouffre entre les Français et leurs dirigeants n’a été aussi profond. Pour avoir une chance de percer dans l’opinion, plus qu’une ligne, à ce stade, c’est une rénovation en profondeur de la conception même de la politique qui est en question. Les Français ne supportent plus et de moins en moins les jeux de posture narcissique et vaniteuse, le sentiment que leurs dirigeants les manipulent, dans leur propre intérêt et leur destin personnel. D’où l’abstention et la crise de confiance en la politique. Un dirigeant de l’opposition, pour devenir populaire et incarner une alternative possible, doit réussir à donner le sentiment qu’il veut servir le pays et non s’en servir. Il doit se mettre à l’écoute du pays, dans une optique à la fois modeste, simple, et faire la preuve de son désir exclusif de rendre service à la France et d’être utile aux Français. Pour l’instant, aucun dirigeant de l’opposition ne semble en avoir vraiment pris conscience. Mais il faut bien reconnaître que l’équation est complexe. Pour percer dans le coeur des Français, à l’avenir, il faudra donner une image de désintéressement personnel et de volonté de se consacrer au seul intérêt général. Mais est-ce conciliable avec l’ambition politique? Il est probable que la décomposition politique n’est pas terminée et que de gigantesques coups de théâtre et séismes politiques vont se produire dans l’avenir débouchant sur des résultats que nul ne peut concevoir aujourd’hui et l’avènement au premier plan de personnalités inconnues et dont nul ne saurait avoir maintenant la moindre idée.

Maxime TANDONNET

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Julien Aubert: la fin du Parlement?

Il n’existe pas de pire contresens historique que de penser que l’affaiblissement continu du Parlement favorise l’autorité et l’efficacité de l’Etat. C’est exactement le contraire. Certes, sous les IIIe et IVe République, la toute puissance parlementaire et des partis se traduisait par l’instabilité ministérielle et l’effacement de l’exécutif. Mais aujourd’hui, nous sombrons dans l’excès inverse, tout aussi tragique. L’affaiblissement du Parlement favorise la rupture du lien démocratique entre l’Etat et la Nation, la négation du débat d’idées et de projets, la disparition du vivier des hommes d’Etat, la fuite dans les limbes de la communication d’un pouvoir exécutif,  déresponsabilisé, déconnecté de la réalité, et par conséquent la marche du pays à l’abîme. Une démocratie efficace ne se conçoit que dans l’équilibre entre législatif et exécutif. D’où l’importance du témoignage glaçant ci-dessous de M. Julien Aubert, député LR:

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La réalité tient à deux chiffres : le budget de l’Assemblée nationale va baisser de 5,9% en 2018… et celui de l’Elysée augmenter de 3%.

La recherche d’économies perpétuelle conduit à supprimer les prétendus avantages des députés : le système de retraite, effectivement autrefois très confortable, va encore être revu à la baisse (pour la seconde fois en 5 ans), en oubliant qu’après une interruption de carrière pour un mandat politique, le reclassement est complexe. Déjà, le niveau de rémunération d’un mandat est en décrochage avec les salaires versés dans le secteur privé, et la haute-fonction publique. En faisant en sorte que la perte de revenu lorsqu’on est élu soit immédiate (traitement) et future (pension), on s’assure que les meilleurs déserteront les bancs de l’hémicycle : demain, les apparatchiks élus à la proportionnelle seront les petits soldats de l’Elysée, le doigt sur la couture du pantalon. Sans moyens, totalement déconnectés du terrain, appauvris, vous pouvez être sûrs qu’ils serviront servilement un exécutif tout puissant.

L’avillissement des parlementaires est complet : Le parlementaire français avec ses 3/4 collaborateurs fait bien pâle figure par rapport à son homologue américain qui dispose d’une quinzaine de collaborateurs. Les Questeurs « new age » de LREM réfléchissent à leur faire soumettre la moindre facture de déjeuner à un déontologue Jupiterien qui décidera de l’opportunité de l’agape. Faire d’un élu de la Nation un salarié d’un fonctionnaire nommé par l’Etat, voilà le résultat de 10 ans de poujadisme. Imaginez votre Maire soumis au controle d’un fonctionnaire de préfecture pour savoir s’il a eu raison de petit-déjeuner avec un entrepreneur, et vous aurez le décalque de l’infantilisation des parlementaires. Rendre des comptes, oui : à des élus, à des questeurs, au peuple, mais à un « procto-déontologue », non.

Désormais, on va plus loin. On nous explique qu’au lieu de nous loger dans un hotel quand nous sommes sur Paris, ou bien dans des bureaux aménagés, nous serions gentils de bien vouloir faire du Airbnb. Faire la publicité d’un dispositif qui échappe en partie à l’administration fiscale et qui démolit l’hotellerie traditionnelle, il fallait y penser. Demain on préconisera Uber plutot que les taxis ? Et pourquoi pas passer par des plateformes téléphoniques au Maroc pour faire des économies pendant qu’on y est ?
L’auteur de cette solution intelligente n’est autre que le Questeur « constructif » Thierry Solere, élu en banlieue parisienne. Evidemment, celui-ci n’a jamais dû dormir dans son bureau ou loger à l’hotel, puisque sa circonscription est à 20 minutes en voiture. Dans son élan, il a même proposé la colocation, comme si en venant travailler sur Paris on me faisait l’aumône d’un logement. Il ne nous a pas été précisé si on cologerait homme/femme (attention au harcèlement !), par affinité politique ou géographique (la colocation franck Riester / Christian Jacob risque d’être sympathique…).

Je propose donc quelque chose de simple : que l’Elysée, le Président de l’Assemblée et le Questeur montrent l’exemple. Essayons la colocation, vidons l’Hotel de Lassay pour y faire dormir des députés, baissons de moitié les retraites et les émoluments. On verra si les donneurs de leçon seront toujours aussi allants…

Julien AUBERT

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L’esprit de résistance

L’esprit de résistance se dresse contre l’air du temps délétère auquel nous sommes confrontés. L’idéologie de la destruction et de la table rase a encore frappé aujourd’hui. 314 professeurs de français ont décidé de ne pas enseigner la règle de grammaire selon laquelle le masculin, en certaines circonstances grammaticales, l’emporte sur le féminin. Ils violent ainsi la langue française, notre richesse collective suprême, et tout aussi grave, leur devoir d’enseigner le français, en vertu  du dernier délire fanatique à la mode.  Acheter et lire un livre est le plus authentique geste de résistance intellectuelle aujourd’hui. Le général de Villiers vient justement de publier un ouvrage au titre simple, modeste et percutant, à l’inverse de l’air du temps destructeur, gesticulateur et narcissique: Servir, Fayard, 2017. Je ne l’ai pas encore lu puisqu’il sort aujourd’hui mais j’y ai trouvé un passage  qui me va droit au coeur: « La vraie loyauté consiste à dire la vérité à son chef (… ) La vraie liberté est d’être capable de le faire, quels que soient les risques et les conséquences (…) La vraie obéissance se moque de l’obéissance aveugle. » C’est superbe et tellement vrai.  Autre trace de résistance face à la crétinisation du monde occidental: Catherine Deneuve. Catherine, quel joli prénom, courant dans nos générations des années 1950 et 1960, un prénom doux et solide comme un roc, qui invoque si fort l’esprit de résistance. Catherine, une femme forte et une autorité morale, dit non à la mode de la délation, « balancetonporc » et au fanatisme sexiste, refusant la guerre homme/femme. Elle est sans doute la seule dans le milieu grégaire et hystérique du star system. Elle n’a pas peur des moutons carnivores ni de leurs bêlements fanatiques. Signe de caractère, de volonté, d’intelligence.  Merci à elle. Et puis, autre signe de réveil, autre signe de dissidence ou de résistance: Charlie Hebdo, son rédacteur Riss, désormais engagés dans une lutte à mort contre l’islamisme radical et son complice l’islamo-gauchisme. Ils en ont trop souffert, il savent ce qu’il en est et les combattent désormais au péril de leur vie. Merci à eux. Chapeau et soutien sans réserve.

NB: seuls les sites figurant au blogroll ci-joint sont autorisés à reproduire cet article sans l’accord de son auteur. 

Maxime TANDONNET

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Les sept piliers de la crétinisation

Sept piliers de la crétinisation globale dans la société médiatique:

  • L’instinct grégaire: de temps à autre surgissent de grandes vagues d’hystérie conformiste auxquelles il faut se confondre sous peine de passer pour le pire des salauds, et qui emportent les consciences comme des brins de paille: par exemple, « Charlie » en 2015, « les migrants »,  le « Fillongate », l’euphorie des JO de 2024, le « balancetonporc » en ce moment.
  • Le mythe du chef : un matraquage permanent autour de l’idée que l’avenir collectif dépend d’une seule personne, d’un visage, d’une silhouette, alors que les ressorts de la décision, dans une société moderne et ouverte sont d’une infinie complexité. Le matraquage permanent autour de « l’homme providentiel », construction médiatique fondée sur la posture et la communication, est là pour nous faire oublier la disparition de l’homme d’Etat au service du seul l’intérêt général.
  • Le mépris des gens: nous revivons l’ère de la « vile multitude », le peuple est supposé stupide et irresponsable: les sans dents, les fainéants, les jaloux… Ses valeurs, ses objectifs, ses ambitions, sont nuls et non avenus. Il doit être éclairé et non écouté.
  • La diabolisation positive: la société médiatique a besoin  d’épouvantails pour imposer ses codes et ses valeurs, de contre-modèle auxquels assimiler abusivement toute pensée ou ressenti divergeant de la norme: tel est le secret du lepénisme et de l’acharnement phénoménal des médias à assurer sa promotion tout en préservant son caractère infréquentable, et le secourir dès qu’il vacille, par une spectaculaire surreprésentation.
  •  La propagande idéologique assumée: l’impartialité, l’honnêteté intellectuelle, le pluralisme et le débat d’idées sont des principes surannés. Toute présentation des choses est forcément partiale ou « engagée », (sur l’immigration, l’Europe, la France, la sécurité, l’économie, l’éducation) la mission du monde médiatique n’est pas de fournir des éléments de réflexion, mais de forger et forcer l’opinion, la mettre sur le chemin du supposé « bien ». Les faits s’effacent devant le message idéologique.
  •   La « table rase« : la manipulation est d’autant plus forte, massive et efficace que les individus sont privés d’un socle de connaissance et de références personnelles. La mémoire est profondément subversive, donc il faut l’éradiquer. La conscience des drames de l’histoire dus au conformisme bêlant (les accords de Munich par exemple), les désastres résultant du culte de la personnalité, doivent être ensevelis et oubliés pour le pas perturber l’ordre nouveau.
  • Les œillères: il ne faut surtout pas se préoccuper pour l’avenir et chacun doit avancer les yeux fermés. Le futur est comme un grand soleil que nul n’a le droit de regarder sauf à se brûler les yeux et celui qui s’y intéresse, s’interrogeant sur l’avenir de la planète au regard des enjeux démographique ou de l’islamisme radical, notamment, qui sont explosifs, est étiqueté pessimiste, c’est-à-dire ringard, maudit, pestiféré.

Il est étrange de songer à quel point les caractéristiques des régimes totalitaires du XXe siècle, que l’on croyait définitivement abattus, ressuscitent  et se perpétuent au point de constituer les piliers de nos sociétés modernes.

Maxime TANDONNET

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Ma Constitution idéale

Les Constitutions ne sont pas tout. Le destin d’une nation dépend aussi de l’esprit public, de la culture politique, la mentalité collective, le niveau d’instruction et de réflexion, le civisme. Mais elles exercent un effet de levier et contribuent à façonner cet esprit public. Le régime politique actuel, qui n’a, il faut le répéter, aucun rapport avec la Constitution de 1958/1962, désormais fondé sur le culte narcissique de la personnalité, contribue au malaise de la France. Voilà une brève esquisse de ce qu’il faudrait, à mes yeux, pour essayer de sortir de l’impasse.

  1. Le président de la République est élu pour 7 ans. Son mandat n’est pas renouvelable. Il nomme le Premier Ministre et les ministres. Il est en charge de la politique étrangère, de la défense nationale. Il est garant de l’intégrité du territoire, de la souveraineté, de l’unité et de l’indépendance de la France, du respect de ses engagements internationaux, de la stricte impartialité de la justice. Il fixe un cap pour la Nation à l’occasion de son discours de politique générale, qu’il prononce avant le 31 janvier de chaque année. Nul ne peut être élu président de la République s’il ne peut se prévaloir d’une activité professionnelle – hors mandat ou fonction de nature politique – d’au moins vingt-cinq ans. Le président de la République est impartial et strictement indépendant de toute formation politique.
  2. Le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement. Il est seul en charge, avec ses ministres,  de la politique économique, sociale, environnementale éducative et sécuritaire de la Nation. Il est responsable devant le président de la République et devant le Parlement national. Il rend compte chaque année, devant le Parlement, du bilan de son action dans ces différents secteurs, sur la base de statistiques certifiées par une autorité indépendante et impartiale. La présentation de son bilan donne lieu à un vote du parlement. En cas de vote négatif, le Gouvernement remet sa démission au président de la République.
  3. Le Parlement est composé d’une assemblée de 400 députés, élus pour cinq ans, dont le mandat est renouvelable deux fois consécutivement. Il est indépendant du président de la République et du Gouvernement, et ne peut être élu dans les six mois qui suivent l’élection présidentielle. Il vote les lois et contrôle l’action du Gouvernement. A la majorité simple, il peut renverser le Gouvernement. A la majorité des trois/quarts il peut proposer à la Nation un référendum de déchéance présidentielle en cas de manquement du chef de l’Etat à ses devoirs. Nul ne peut être élu député s’il n’a exercé une activité professionnelle – hors mandat ou fonction de nature politique – pendant au moins cinq ans. La présence des députés lors des sessions plénières du Parlement est obligatoire.
  4. A la demande du Premier Ministre, le président de la République peut dissoudre l’Assemblée nationale, au maximum une fois dans l’année. A la demande du Premier ministre ou d’une majorité de l’Assemblée nationale, il peut soumettre à la Nation un référendum portant sur tout sujet d’intérêt national. Les lois référendaires, issues de la volonté nationale, prévalent sur toute autre source de droit.
  5. La Constitution peut être révisée, à l’initiative du président de la République ou de cent parlementaires, à la majorité des trois-quarts du Parlement national.
  6. Le Conseil constitutionnel est composé de neuf membres désignés par le président de la République, le Premier ministre et le président du Parlement national. Toute personnalité ayant exercé pendant au moins vingt-cinq ans des missions de nature juridique peut être nommée membre du Conseil Constitutionnel. La qualité de membre du Conseil constitutionnel est toutefois incompatible avec l’exercice passé de toute fonction ministérielle, fonction ou mandat de nature politique et toute forme d’engagement partisan ou idéologique.

Maxime TANDONNET

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La chute sans fin

Le dernier sondage Harris rendu public ce matin souligne que la cote de confiance présidentielle est de 35%, inférieure, après 6 mois, à celle du président Hollande et bien loin de celle du président Sarkozy. Cet effondrement confirme de mois en mois mes plus sombres pressentiments.

Le président de la République a pour mission d’incarner le pays dans son unité, son histoire, d’être le chef de la nation, d’offrir une image de sagesse et de visionnaire, de lui donner un cap, d’inspirer la confiance pour préparer l’avenir, tel une boussole dans la tourmente. Il ne peut pas être impopulaire.  D’où l’intérêt du partage traditionnel des rôles, désormais effacé, entre le président qui préside, représente la Nation dans la hauteur et la dignité, notamment à l’international, et le Gouvernement qui gouverne sous le contrôle du Parlement et assume les décisions. S’il est durablement impopulaire, mal aimé du pays que sa mission est d’incarner, le président n’a plus aucune raison d’être. La vérité est que la France est privée, depuis bien longtemps, de chef de l’Etat. Une image de vanité narcissique, gesticulante et impuissante, d’une prétention qui fait froid dans le dos, a remplacé, de décennie en décennie, la noble mission de phare de la nation.

Mais le plus effroyable dans tout cela, c’est l’aveuglement. Tout se passe comme si ces gens de la France dite d’en haut, politicienne, ne se rendaient compte de rien et continuaient, avec leurs œillères, à marcher à l’abîme en entraînant le pays avec eux. Il ne voient absolument pas à quel point cette débauche de vanité prétentieuse et narcissique qui tient lieu désormais de vie politique au pays, lui devient insupportable. Les dirigeants des oppositions, de l’extrême droite à l’extrême gauche, ont-ils d’ailleurs un autre objectif que celui de prendre la place du Calife? Ce détournement de la fonction politique, au profit d’intérêts personnels dominés par la satisfaction vaniteuse, au détriment de l’intérêt général du pays, de sa réforme, de son futur face aux tornades de l’avenir, démographiques, sécuritaires, économiques, migratoires, culturelles, intellectuelles, géopolitiques, environnementales, technologiques, relève, de décennie en décennie, d’une forfaiture sournoise et subreptice. Vont-ils un jour comprendre à quel point ce phénomène est devenu insupportable au pays? Peuvent-ils le comprendre? Sans doute pas spontanément, il faudrait un cataclysme – les touchant dans leurs intérêts personnels – pour qu’ils commencent enfin à comprendre.

Maxime TANDONNET

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Harcèlement sexuel: lynchage ou justice?

Voici ma dernière tribune que m’a demandée le Figaro Vox avant hier. Il me semble qu’un  vent de folie est une nouvelle fois à l’oeuvre. La démission du ministre de la défense britannique, pour avoir posé la main sur le genou d’une jeune femme il y a quinze ans, et alors que le terrorisme islamiste continue à répandre le sang dans le monde occidental, est le signe de la fragilité sinon de la décomposition de l’autorité et de l’Etat de droit, mais aussi d’une crétinisation générale d’une société incapable de hiérarchiser les faits.  Nous vivons une période tragique. Ce qui est à l’oeuvre en arrière plan de ce phénomène, issu de l’affaire Weinstein, c’est une volonté de déstabilisation . L’humanité, sa reproduction, me semble-t-il, repose toute entière sur la complémentarité et l’osmose entre l’homme et la femme, entre la femme et l’homme. La  campagne en cours, qui tend à généraliser des situations particulières, touchant notamment le milieu du star system – dont chacun se doute bien à quel point il est perverti – , sape les fondements  de l’humanité en opposant, en séparant, en clivant les hommes et les femmes et en essayant d’instiller la haine entre eux. Le harcèlement sexuel est une monstruosité, nous sommes bien d’accord. Il relève de phénomènes spécifiques, appelant des réponses judiciaires appropriées, et ne mérite en aucun cas cet esprit de généralisation à l’ensemble des hommes et des rapports femmes/hommes. L’idéologie de la table rase est une nouvelle fois à l’oeuvre. Détruire pour espérer bâtir une humanité nouvelle, un « homme neuf ». Tel est le fondement de tous les totalitarismes qui ont ensanglanté le XXe siècle.

Maxime TANDONNET

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La campagne médiatique contre le harcèlement sexuel, issue de l’affaire Weinstein, prend des proportions inattendues dans le monde occidental. Le ministre de la défense britannique M. Mickaël Fallon, vient d’annoncer sa démission. Pour quelle raison? Il est accusé d’avoir posé la main sur le genou d’une journaliste, il y a quinze ans. 40 parlementaires britanniques et 6 ministres seraient menacés de révélation de ce type. Certes, le harcèlement sexuel est un fléau qui mérite les plus sévères sanctions pénales. Toutefois, l’embrasement médiatique autour de ce phénomène soulève de multiples questions.

La première est celle de la présomption d’innocence, un vieux principe galvaudé, mais qui est tout de même au coeur même de la démocratie et des droit de l’homme. Suffit-il qu’un homme soit suspecté ou accusé, pour devenir le coupable idéal et  qu’il doive payer de son honneur ou renoncer à sa carrière sur une simple dénonciation et sans autre forme de jugement?

Ce serait alors revenir aux lettres de cachet – punition sans procès équitable – ou à la loi des suspects de 1793 qui permettait d’envoyer à la guillotine toute personne sur une simple dénonciation. Il existe tout de même, dans nos démocratie, une police chargée d’enquêter et une justice d’établir les faits, de les qualifier, et de les sanctionner. Nul ne doit se faire justice soi-même: tel est l’un des principes fondamentaux de nos démocraties. Ruiner l’honneur d’un homme ou d’une femme, par une simple dénonciation, bafoue ce principe.

La seconde est celle de la proportionnalité. Une main posée sur un genou – un geste certes scandaleux –, quinze ans auparavant, doit-il être mis sur le même plan qu’un acte de corruption, de trahison, d’espionnage ou crime de droit commun, meurtre, viol, justifiant, à l’évidence, une démission? La logique en cours repose sur un dérèglement des esprits et un phénomène d’hystérie médiatique, favorisé par les réseaux sociaux, qui semble brouiller les repères du bon sens.

Et puis enfin, jusqu’où mène cette engrenage? M. Fallon n’est pas le seul. De nombreuses personnalités sont en ce moment mises en cause. La campagne se répend dans le cinéma, avec M. Dustin Hoffman, l’acteur du merveilleux « Marathon man », accusé de « remarques inconvenantes et de requêtes incongrues », il y a 35 ans, en 1985… Le milieu de la presse et des médias est à son tour touché de plein fouet: le rédacteur en chef américain, Mickaël Oreskes, pour avoir « embrassé des femmes sans leur accord », le chef de la rédaction de LCI, Eric Monier. Alors, jusqu’où? Et qui, dans l’avenir, n’a pas d’ennemi susceptible de se venger en lançant une accusation publique de harcèlement sexuel ou moral, vraie ou fausse, supposée commise même des décennies auparavent?  Quelles preuves, quels témoignages, et quels critères pour établir la réalité et la gravité des faits? Faut-il considérer que la notion de prescription – comme celle de procès équitable sur la base de preuves et de témoignages – est abolie?

La logique selon laquelle  toute accusation publique suffit à détruire une personnalité et la pousser à la démission favorise un processus de chaos dans les démocraties occidentales. Aucun dirigeant, aucun homme ou femme d’Etat, aucune personnalité publique, ministre ou chef d’Etat, n’est à l’abri d’une dénonciation, fondée ou non fondée, destinée à le discréditer et le destituer. Le phénomène fait donc partie d’un mouvement général d’affaiblissement et de négation  de l’autorité. Il relève d’une logique de déstabilisation. La démission d’un ministre de la Défense britannique dans un monde en ébullition, alors que la menace du terrorisme islamiste pèse plus que jamais sur la sécurité de la Grande Bretagne et de toutes les démocraties, en est le signe le plus patent.

Encore une fois, la question n’est pas de nier le caractère scandaleux et insupportable du harcèlement, notamment sexuel, mais d’en revenir à des notions fondamentales de la démocratie: respect de présomption d’innocence, pas de condamnation sans preuve, sans respect des droits de la défense et des prescriptions qui s’y attachent, sans jugement légal, et refus des lynchages et vengeances médiatiques – punitions spontanées, hors d’un procès légal. Le principe du lynchage médiatique ne rend pas service à la cause de la lutte contre le harcèlement sexuel, qui est une excellente cause. Il faut châtier le plus sévérement possible tout acte portant atteinte à la dignité des femmes et inciter les victimes à porter plainte, la justice à poursuivre et à sanctionner, mais dans le respect de l’Etat de droit et des principes fondamentaux de la démocratie.

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Informations sur ce blog

Ce blog vient d’atteindre l’âge de raison… Le temps passe, sept ans déjà et tellement d’eau a coulé sous les ponts. Sa progression est certes modeste, mais évidente. Quasiment nul en 2010, le nombre de ses visites devrait atteindre les 600 000 en 2017. Au total un peu plus de deux millions depuis sa création.

L’intérêt qu’il suscite est peut-être lié à une tonalité différente de nombreux sites « politique ». Ici, pas d’attaques personnelles, ni de diffamation, ni de haine envers personne, ni de chasse aux sorcières ni de provocation gratuite. Le blog personnel n’a aucune autre raison d’être que l’échange de réflexions, entre gens honnêtes dans le respect de la diversité des opinions. Il a, pourquoi ne pas le dire sans prétention excessive, une certaine ambition intellectuelle, celle du débat d’idées ouvert et non conformiste.

J’en profite pour inviter ses habitués à me faire parvenir s’ils le souhaitent, des résumés et commentaires de leurs lectures, que je publierai volontiers dans l’objectif de favoriser à l’avenir une dimension compte-rendu de livres.

Au début, le responsable du blog devait un peu pratiquer la censure des commentaires, notamment pour éviter des propos susceptibles d’engager sa responsabilité pénale. Désormais, ce n’est plus le cas: seules les idées, dans toute leur  diversité, viennent d’y exprimer. Les principaux contributeurs pour 2017 (dans l’ordre, Colibri, Gérard Bayon, Mildred, Sganarelle, Michel 43, FrédéricN) que je tiens à remercier avec tous les autres, figurent dans le tableau ci-joint:La progression de ce blog est due aussi à son association avec d’autres blog jumeaux, comme celui de mon ami Corto, A toi l’honneur, qu’il me faut aussi remercier tout comme le blog d’Ivan Rioufol. Elle est aussi favorisée par ma présence fréquente sur des sites à forte audience, comme Figaro Vox et Atlantico.

Pour dire toute la vérité, la conquête de cet espace de vraie liberté de réflexion, n’a pas été toujours facile. A deux reprises, par le passé, dans ma vie professionnelle, j’ai été l’objet de pression pour le fermer, dont une violente. J’ai refusé. Il faut savoir dire « non » de temps en temps, poliment mais fermement, quand on est dans son bon droit, bon droit au sens du respect de l’éthique comme de la loi et de la jurisprudence, et quand on a le sentiment d’œuvrer pour une cause noble, celle du débat d’idées sans faire de tort à personne. Un site Internet est exactement comme un jardin qu’on aime. Il faut s’en occuper, le soigner chaque jour, au moins une heure. Sinon, il tombe vite en friches… Ah, un détail! Il ne m’a jamais rapporté un quart de centime! les publicités qui y apparaissent, provenant de WordPress, ne sont pas de mon fait, je n’ai aucun contrôle sur elles!

Bien cordialement

Maxime

 

 

 

 

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Sélection, la grande hypocrisie française

La question de la sélection à l’entrée de l’université est l’une des hypocrisies les plus caractéristiques de la société française. Depuis l’échec de la réforme de Devaquet en 1986, face aux émeutes, la question est absolument taboue et la sélection à l’entrée de l’université considérée, par une sorte de dogme, comme un mal absolu. Or 80% d’une classe d’âge (2% en 1945), accède aujourd’hui à un baccalauréat  dévalorisé qui ouvre le droit à s’inscrire dans n’importe quelle université. Le taux d’échec dans les facultés est considérable: seuls 30% des inscrits en première année obtiennent leur diplôme. Les étudiants, dans leur grande majorité, sont ainsi les premières victimes de ce système, destiné à ne pas déplaire aux syndicats et à éviter le syndrome Devaquet. Quant à ceux, la petite minorité, qui passent le filtre des examens, ils obtiennent un diplôme dévalorisé et rencontrent ensuite les pires difficultés pour trouver un travail en CDI conforme à leur qualification. D’où un enseignement à deux vitesses. Il y a des établissements privilégiés qui ont le droit (qui sait pourquoi?) , de pratiquer une sélection à l’entrée, les IEP, les écoles de commerce et d’ingénieurs, les IUT, alors que d’autres, les universités, ne l’ont pas. Cet examen d’entrée assure, à ceux qui sont autorisés à le pratiquer, d’excellentes conditions d’accès à l’emploi alors que les universités connaissent les pires difficultés dans des conditions de surnombre et d’effondrement du niveau. Bien sûr certaines formations universitaires fonctionnent bien, mais pour une raison simple: la sélection qui n’est pas faite à l’entrée se retrouve par la suite, au prix d’un gigantesque gâchis de ceux tombés en cours de route… Pourquoi cette injustice criante, pourquoi cette hypocrisie, cette démagogie bêlante, pourquoi se mépris profond de l’égalité des chances et des jeunes qu’on laisse s’embringuer dans des formations auxquelles ils ne sont pas adaptés? D’abord, on en revient toujours au même problème de fond, il y a le régime politique français qui, entièrement fondé sur l’image narcissique au mépris de l’intérêt général et du sens de la réalité,  ne permet pas de décider, de choisir, de gouverner. Ensuite, une vieille culture française périmée qui méprise l’intelligence manuelle ou sociale et veut autoriser tout un chacun à se donner l’illusion de l’intellectualisme. Depuis le drame de 1986, au moins sept majorités, dont l’actuelle, ont été incapables de prendre les décisions claires et courageuses qui s’imposent pour engager l’université Française dans la voie du monde moderne. Et ce n’est pas fini…

Maxime TANDONNET

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Espagne: gouverner, c’est choisir

Le gouvernement espagnol de M. Rajoy a cogné vite et fort: mise sous tutelle, destitution, ouverture d’une enquête. Ainsi, en réduisant par un acte d’autorité la sédition de la Catalogne, il a sauvé l’unité de l’Espagne et peut-être, l’existence même de la Nation espagnole. Son bras n’a pas tremblé. Gouverner, c’est faire des choix et les assumer. En toute sincérité, je ne suis pas absolument certain qu’un gouvernement français, n’importe lequel (je ne parle pas spécialement de celui-ci) dans le régime politique dégénéré que nous subissons comme un boulet, fondé sur la personnalisation à outrance et l’exaltation de l’image narcissique, aurait eu la force, le courage et l’audace, de faire acte d’autorité face à la sédition. Il aurait alors fallu tergiverser, négocier, ne pas déplaire à la presse et aux médias « de gauche », ne surtout pas courir le risque d’être traité de réactionnaire, puis capituler en rase campagne en bombant le torse et en annonçant un « grand plan national »: indépendance à titre expérimental, sous réserve de souveraineté copartagée pendant cinq ans, accompagné d’un programme d’aide à l’investissement de 20 milliards, et de préparation de l’adhésion à l’Union européenne, puis d’un référendum populaire, sur le passage à la pleine souveraineté, etc. Mais ce ne sont pas les Français qui sont  coupables de lâcheté et de faiblesse. C’est leur régime politique qui est défaillant, fondé le culte de l’image et la négation de l’intérêt public, dans l’indifférence et l’aveuglement général.

Maxime TANDONNET

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Conseils d’ami aux prochains dirigeants des Républicains

  1. Arrêtez de dire tout le temps « la droite » SVP. Les Français ne supportent pas qu’on les divise artificiellement et ils savent pertinemment que ces catégories ne veulent plus rien dire. Vous devez vous adresser à la France dans son ensemble, à 80% des Français, pas à une frange de l’opinion! L’ancienne gauche socialiste ou « sociale démocrate », sur ce point, a été bien plus intelligente que vous en cessant de s’appeler « la gauche » et en se rebaptisant En marche! Dire « droite » ressuscite « gauche ». Et cela, les Français n’en veulent plus. Comment ne le sentez vous pas?
  2. Ne pensez pas à l’élection présidentielle de 2022. De quinquennat en quinquennat, les présidents ne cessent de devenir de plus en plus impopulaires. Les Français ne supportent plus une institution élyséenne dégénérée, qui à leur yeux, depuis trop longtemps, incarne l’arrogance prétentieuse et l’illusionnisme impuissant. Et ne vous dites pas: moi je serai meilleur que celui que je vais remplacer. Car tous se disent la même chose et tous s’enfoncent chacun à son tour dans le même abîme. Pensez à autre chose, à servir l’Etat, à servir la France, modestement s’il le faut, et d’autant plus efficacement et utilement que modestement.
  3. Ne dites pas tout le temps « je » dans vos discours. Songer que chaque « je »  agit comme un poignard dans la chair de la France qui vous écoute. La politique est destinée en principe au bien commun, pas à la frime ni à l’arrogance de tel ou tel individu dont les gens se moquent éperdument des états d’âme.
  4. Rappelez vous sans cesse que la France est un pays martyre, qui a atrocement souffert depuis quelques années, humilié par les promesses trahies, les scandales retentissants, le bains de sang causés sur son sol par le terrorisme islamiste. Nous vivons dans une autre époque. Le « j’y pense chaque matin en me rasant » qui a eu son succès à une époque, est devenu inconcevable aujourd’hui. Tout signe d’ambition individuelle ou de carriérisme sera inexorablement pourchassé et maudit. A juste titre.
  5. Ne confondez pas les militants dans un meeting et la France. Les applaudissements frénétiques des uns ne sont que l’indifférence et le scepticisme des autres. Apprenez à parler à la France comme à une nation adulte, avec les mots de la raison, de la réflexion, et non la quête de l’émotion bruyante. Les effets de manche, les effets oratoires,  les postures, les petites phrase qui excitent l’opinion contre telle ou telle catégorie (par exemple les chômeurs, les fonctionnaires, les capitalistes, etc.), c’est fini.
  6. Focalisez vous sur le seul débat d’idées, car il est aujourd’hui la seule et unique chose qui compte dans ce pays pour préparer l’avenir. Votre rôle sera ni plus ni moins que d’être l’animateur ce ce débat d’idée dans l’avenir. La France est un pays en plein naufrage où plus personne ne sait où il en est. Votre rôle sera de préparer de nouveau repères, une nouvelle boussole.
  7. Jouez la carte de la créativité, de  l’audace et du renouveau. Un chantier conditionne tous les autres, celui de l’avenir de la vie politique. Comment sortir de l’illusion permanente, de l’émotionnel, du culte de la personnalité, pour réconcilier la France avec sa classe politique. Comment réinventer la démocratie? Comment récréer la politique comme outil collectif du bien commun? Comment faire en sorte de restaurer la confiance des Français en leur classe dirigeante? Votre mission est de mener à bien cette réflexion.
  8. Pensez sur le long terme, à échéance de 10 ou 20 ans: démographie, économie mondiale, technologies,  environnement, ressources, place de la France en Europe et dans le monde, sécurité, défense, dangers de déstabilisation planétaire, notamment le terrorisme islamiste, et comment y faire face, Asie, Chine, Afrique, immigration, intégration, école, défense de l’intelligence et du savoir, etc. Franchement, les Français vous sauront gré de constater que vous les prenez au sérieux en préparant l’avenir.
  9. Ne vous laissez pas intimider. Nous vivons dans un climat épouvantable. La pensée unique fait rage dans le monde occidental, comme rarement dans l’histoire: individualisme et matérialisme forcenés, argent-roi, « interdit d’interdire », libertarisme, culte de la table rase et de l’éradication de la connaissance du passé pour construire un « homme neuf ». Inévitablement,  le prix de la résistance intellectuelle sera cher à payer: insultes, caricatures, amalgames, accusation de fascisme, de lepénisme, de populisme, de nazisme, etc. Et quoi encore? Il faudra apprendre à y résister, comme les dissidents, comme les résistants. C’est à cela, à cette force de caractère, qu’on jugera les hommes d’Etat de l’avenir.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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La croix de Ploërmel

Le Conseil d’Etat estime que la présence dans l’espace public de l’emblème religieux est contraire à la loi sur la laïcité. La commune a six mois pour retirer la croix de la statue. Ploërmel, une commune d’un peu plus de 10.000 habitants du Morbihan, devra retirer la croix de sa statue de Jean-Paul II. Le litige a été tranché mercredi par le Conseil d’Etat, qui a confirmé la décision prise en première instance: au nom du respect de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, la mairie a six mois pour procéder au retrait. Dès lors que la croix constitue un signe ou un emblème religieux au sens de l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905.  La statue, dont de l’artiste Zourab Tsereteli, avait été installée sur une place de Ploërmel sous une arche surmontée d’une croix, après une délibération de la commune du 28 octobre 2006. La Fédération morbihannaise de la libre pensée et deux habitants de la commune avaient saisi le tribunal administratif de Rennes après le refus implicite du maire de retirer le monument. La commune devra verser 3 000 euros aux requérants.

La justice administrative, certes, applique la loi de 1905: « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » Sur le plan de la stricte application de la loi de 1905, la décision du Conseil d’Etat semble logique. Cependant, si on en tire toutes les conséquences, cette décision va loin. Elle implique qu’il faille retirer les croix, innombrables, qui ont été installées après 1905 dans les paysages ruraux français, sur les routes, dans les forêts, sur les montagnes. Il suffit de faire un tour en Bretagne pour constater à quel point ces croix sont partout présentes. Parfois on aperçoit au bord des routes de petites croix élevées en mémoire de tués dans les accidents de la route. De très mauvais esprits – la mauvaise foi étant sans limite – pourraient, en poussant jusqu’au bout la logique – aller jusqu’à réclamer la destruction de la croix de Lorraine, à Colombey-les-deux Eglises, qui, a l’origine est bien un emblème ou signe religieux (« la croix patriarcale »). Faut-il entrer dans l’engrenage d’une chasse aux croix?

La laïcité n’est pas laïcisme et elle devrait s’apprécier au regard d’autres valeurs fondamentales de la République: la liberté d’expression du créateur, la libre administration des collectivités locales, la démocratie de proximité, dès lors que l’immense majorité des habitants de la commune ne sont pas hostiles à ce monument: pourquoi l’Etat central jacobin, à travers une juridiction sise au Palais-Royal, devrait prendre en charge l’aménagement de la place centrale d’une commune rurale? La solution retenue n’est d’ailleurs pas dépourvue d’ambiguïté: La croix serait, d’après la juridiction, emblème religieux, mais pas la statue de Jean-Paul II en vêtement ecclésiastique et les mains jointes en signe de prière, qui relève, elle de l’oeuvre d’art. Avec un tout petit effort supplémentaire il eût sans doute été possible de considérer l’oeuvre comme un ensemble, fruit d’une création artistique.

L’ordre de retirer la croix, ouvre la voie à une logique de destruction des croix dont on ne voit pas très bien où elle rend fin. Cette logique se rattache à un courant de pensée planétaire dominant, non pas dans les peuples, mais dans leurs élites médiatisées, dominé par l’esprit de la table rase. Il faut détruire ce qui rappelle le passé, en l’occurrence les symboles du christianisme, comme aspect important du patrimoine français,  pour engendrer un être humain (on n’ose plus dire « un homme ») neuf, apuré de son histoire, de son passé. Il faut créer un être humain nouveau, neuf, apuré de son passé, de sa culture, de son histoire, donc sans racines et dès lors, infiniment malléable, interchangeable, un clone, esclave des temps modernes, un feu follet en lévitation dans l’espace,  privé de conscience, de patrimoine intellectuel, d’esprit critique. Faire table rase du passé, engendrer un homme neuf, infiniment malléable: le totalitarisme, sous des formes plus ou moins violentes ou cachées  est de retour à l’échelle planétaire et nous en voyons les signes chaque jour sous des formes diverses. (Tout comme l’intolérance des crétins, incapables d’argumenter, qui ne savent pas faire autre chose qu’insulter et qualifier « d’extrême droite, ou d’extrême gauche » toute opinion divergente de la leur.)

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Lecture: Les couples illustres de l’histoire de France (Perrin 2017)

Ce livre collectif qui vient de sortir raconte pour la première fois l’histoire publique et privée des vingt couples emblématiques qui ont incarné et, pour beaucoup, fait la France du Moyen Âge à nos jours. Couples politiques – monarchiques, impériaux puis présidentiels – mariant les sentiments, parfois, et l’intérêt ; couples littéraires et/ou d’influence, couples mythiques ou médiatiques, passionnels ou énigmatiques… S’ils ont chacun une histoire singulière, heureuse ou malheureuse, tous racontent les mutations successives du pouvoir mais aussi de la société. Sous la direction de Patrice Gueniffey et Lorraine de Meaux, historiens et journalistes de renom les font revivre dans des contributions qui allient l’exigence historique et la fluidité littéraire, l’histoire intime et le roman national.

Je recommande sincèrement et chaleureusement la lecture de cet ouvrage. Comme tout excellent livre, il mêle le plaisir intense de l’évasion à celui de s’instruire. Il nous fait redécouvrir des pans entiers de l’histoire de France à travers les passions intimes de ses personnages. Nous apprenons par exemple, à travers une série de petits récits envoûtants, comment  la sensualité exigeante d’Aliénor d’Aquitaine, au XIIe siècle,  l’oppose à son mari, le sobre et pieux Louis VII, et la jette dans les bras du sulfureux et violent Henri Plantagenêt, provoquant le passage de l’Aquitaine sous domination britannique et un conflit de deux ou trois siècles entre la France et l’Angleterre qui prépare l’avènement du monde moderne… Autre exemple, nous apprenons comment l’ambitieuse Marie-Antoinette prend peu à peu l’ascendant sur son mari, Louis XVI, homme fin et intelligent, mais franchement dépressif, malheureux, n’aimant pas le pouvoir ni les responsabilités, une démission qui a sans aucun doute favorisé le déclenchement et les dérives sanglantes de la révolution. Le couple infernal qu’ont formé un Bonaparte amoureux jusqu’à la naïveté et Rose – qu’il a lui-même renommée Joséphine – méprisante et totalement infidèle, en dit long sur l’influence des passions sur le comportement et les décisions des hommes d’Etat. Voilà, et ce ne sont que trois exemples sur 20 récits tous plus fascinants les uns que les autres. Si je l’écris et si je recommande ce livre, c’est parce qu’il est vraiment remarquable et source d’un délicieux moment de lecture instructive qui nous entraîne à mille lieues de la fade médiocrité de notre époque.

Maxime TANDONNET

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Egypte, le président Macron a raison

« Le président français Emmanuel Macron a déclaré mardi qu’il ne voulait « pas donner de leçons » en matière de respect des Droits de l’Homme au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qu’il a reçu mardi 24 octobre à l’Élysée. Ce dernier est pointé du doigt par des ONG pour son bilan « catastrophique » en la matière. Lundi, plusieurs ONG, dont Human Rights Watch, Amnesty International, la Fédération internationale des Droits de l’Homme et Reporters sans frontières, ont souligné que l’Égypte connaît « la pire crise des droits humains depuis des décennies ».

L’Egypte est une poudrière, avec ses gigantesques bidonvilles surpeuplés et misérables, où fermente la révolte jihadiste. Elle a connu un épouvantable chaos en 2011, avec la prise de pouvoir par les intégristes islamistes. Le général Sissi qui a mis fin au chaos est cependant toujours confronté à une situation explosive. Le choix pour l’instant est entre un régime autoritaire, soutenu par la majorité de la population égyptienne, et une guerre civile sanguinaire dont les premières victimes seront les coptes qui risquent un génocide. Que veulent les ONG? Une nouvelle Syrie, un nouvel Irak, une prise de pouvoir par Daesh et l’extermination de masse de la minorité chrétienne et des musulmans qui s’y opposeront, un naufrage de l’Egypte dans l’apocalypse? Soutien sans réserve sur ce point, au président Macron qui a entièrement raison de faire prévaloir la politique des réalités sur les utopies qui conduisent au génocide.

Maxime TANDONNET

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« Où est passée la France d’en bas? » (Figaro Vox)

Tribune du 24/10 au Figaro Vox:

« Tout cela va très mal finir » aurait déclaré en privé le président Sarkozy. Que voulait-il dire par là ? Deux France évoluent en parallèle et l’abîme entre elles, ne cesse jour après jour de se creuser un peu plus.

La France dite « d’en haut », ses milieux dirigeants, ses responsables publics et politiques, ses réseaux d’influence, ses médias radio-télévision, ses experts, ses milieux financiers, se porte plutôt bien.

La personnalisation médiatique du pouvoir, autour du plus jeune président de l’histoire, atteint un niveau vertigineux, jamais égalé, oscillant entre l’exaltation et l’exaspération, dans un monde factice, illusoire, surmédiatisé, où le culte du chef est l’écran de fumée qui recouvre, de quinquennat en quinquennat, l’impuissance publique à régler les problèmes des Français.

De même, les crises d’hystérie s’enchaînent à un rythme endiablé, venues des Etats-Unis, après l’affaire des statues dites racistes, la dernière en date autour des scandales sexuels et du « balancetonporc » comme le montre si bien M. Gilles Goldnadel.

La course aux lynchages bat son plein comme dans un jeu de « soft terreur » ayant le déshonneur public pour guillotine. Dernier « suspect », dernier lynché: le député M. Lassale, longtemps coqueluche des médias. Nul n’échappe désormais au syndrome de l’arroseur arrosé, au spectre d’une dénonciation, pas même les bourreaux eux-mêmes, comme le couperet s’est un jour abattu sur la nuque des Robespierre, Saint Just et Fouquier-Tinville

La fuite dans les commémorations solennelles est elle aussi de routine. Il est logique que cette France dite d’en haut s’apprête à célébrer mai 1968, son acte de naissance, avec son culte du nivellement et de la table rase, son « interdit d’interdire », ses « CRS=SS » et son individu-roi qui s’exprime dans le célèbre – et ambigu – « jouissez sans entraves ». De même, la France dite d’en haut s’enivre par avance dans l’éblouissement des jeux olympiques de Paris 2022, comme pour oublier le présent et le monde des réalités.

Mais au-dessous du grand maelström hystérique, où en est la France dite « d’en bas », celle de la majorité silencieuse et des tracas de la vie réelle ?

Où sont passés les 5 à 6 millions de chômeurs ? Les 2 millions de bénéficiaires du RSA ?, les 8 à 9 millions de pauvres et les 3,2 millions de mal logés ?

Que ne ferait-on pas pour noyer dans un tumulte stérile la pire tragédie de l’histoire de notre pays depuis 1945, celle d’une France ensanglantée par le terrorisme islamiste ?

Et qui parle encore des squats et des bidonvilles qui prolifèrent sur le territoire ? Où en est la crise migratoire, les arrivées incontrôlées en Europe de centaines de milliers de personnes victimes des passeurs criminels ? Où en est l’aéroport de Nantes, voulu par l’Etat, confirmé par référendum, mais bloqué par les zadistes ?

Et la situation des cités sensibles, les territoires perdus de la République, les trafics qui y règnent, les phénomènes de communautarisme et de repli identitaire, la tragédie de leurs habitants surexposés à la violence et qui ne demandent qu’à vivre en paix ?

Où en sont les milliers de collèges et de lycées en crise, où les professeurs débordés par le chaos, insultés, giflés, ne parviennent plus à faire leur métier de transmission des savoirs fondamentaux ?

En 2017 s’est déroulé un événement politique d’une portée capitale, historique, passé quasi inaperçu: le taux d’abstention aux élections législatives, le cœur de toute démocratie, pour la première fois dans l’histoire, a dépassé les 50% signant ainsi le naufrage de la démocratie française, dans l’indifférence générale.

Cette fracture entre les deux France, la France dite d’en haut qui se noie dans les gesticulations de sa bulle médiatique et la France dite d’en bas confrontée à la tragédie du monde réel, est la source de tensions explosives, qui peuvent s’enflammer à tout moment, sous une forme ou sous une autre, dans la rue ou par un vote de destruction en 2022. Certes, aucun signe d’une explosion imminente n’est aujourd’hui décelable mais rien n’est plus calme qu’un magasin de poudre, une demi-seconde avant l’étincelle.

Maxime TANDONNET

 

 

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Analyse politique (Atlantico)

Voici ma dernière contribution, demandée hier soir par le site Atlantico, relative à la situation politique française.

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1/ Alain Juppé a retrouvé Edouard Philippe à Bordeaux, l’occasion pour l’un et l’autre de signifier leur amitié et filiation politique malgré le choix de Philippe de travailler avec Emmanuel Macron. On a reproché à Virginie Calmez d’être incohérente quand elle s’est tournée vers Laurent Wauquiez plutôt que Mael de Calan, mais qui l’est le plus entre elle qui a choisi sa famille politique et lui qui s’est tourné vers un partenaire plus proche idéologiquement en apparence ? 

La politique moderne ne peut pas se limiter aux affinités idéologiques. On voit bien que les calculs de carrière l’emportent souvent sur les convictions. Mme Virginie Calmez parie sur la réussite de Laurent Wauquiez, comme M. Philippe parie sur la réussite de la présidence Macron. La situation politique est très compliquée pour « la droite » qui de fait aujourd’hui est scindée en trois : les constructifs, qui ont rallié le pouvoir LREM, les chiraquiens non-ralliés, tels M. Juppé ou Mme Pécresse, et les «droitiers », sarkozystes, avec Laurent Wauquiez. Entre les premiers et les seconds, la différence idéologique est faible ou nulle, et question ne tient qu’à une affaire de stratégie politique et de rapport à l’expérience Macron. Si les chiraquiens, non ralliés à LREM, basculent du côté des constructifs, c’en est fini des Républicains et le pouvoir LREM en sortira beaucoup renforcé sur le plan politique. C’est pourquoi cette rencontre est en effet hautement stratégique…

2/ Alain Juppé, énarque comme Emmanuel Macron, était-il un macroniste qui s’ignorait, un macroniste avant l’heure ? 

Il est certain que tous les deux sont proches du point de vue idéologique. Ils sont unis par un attachement viscéral à l’Union européenne, au sens des institutions et des politiques bruxelloises, ils sont favorables à une Europe multiculturelle. Franchement, bien malin est celui qui pourrait dire ce qui les différencie du point de vue des idées et du discours idéologique. Il est vraisemblable que le mouvement LREM pourrait se retrouver dans le concept « d’identité heureuse » qui était la marque des juppéistes pendant la campagne. Jusqu’aux primaires de novembre 2016, Alain Juppé était donné grand favori de l’élection présidentielle sur une ligne de modération. Un puissant courant de  l’opinion le soutenait. Il n’a pas pu gagner les primaires en raison d’un système qui favorise les prises de positions les plus radicales. Mais ce courant qui le donnait grand favori depuis des années, s’est reporté sur M. Macron et lui a donné la victoire. La logique des idées joue en faveur de leur rapprochement. Si l’on s’en tient à cette logique des idées, la vie politique française devrait se recomposer en cinq pôles : une extrême gauche antisystème puissante ; une gauche socialiste et européiste; une large formation centrale macroniste, formée de socialistes reconvertis, de centristes et des chiraquiens ; une droite républicaine et gaulliste ; une extrême droite nationaliste. Les fractures entre ces cinq pôles sont profondes. C’est le plus puissant et le plus capable de séduire dans les autres pôles qui à l’avenir gagnera les prochaines échéances électorales, dans l’optique de pouvoirs qui seront condamnés à être minoritaires dans l’opinion.

3/ Derrière le juppéisme il y a le chiraquisme. Que reste-t-il de l’ancien président dans notre paysage politique ? Peut-on parler d’héritage paradoxal ?

Oui, je pense que le chiraquisme est très présent dans la vie politique française d’aujourd’hui, tout au moins le chiraquisme présidentiel, celui qui a prévalu à partir de 1995. Il est dominé par une ligne centriste, européiste et multiculturaliste. Les valeurs de l’ère Chirac, dans la continuité d’ailleurs de l’ère Mitterrand, se retrouvent quasi intactes dans la politique actuelle. Le chiraquisme est un centrisme, une volonté de se conformer à l’air du temps, à l’idéologie médiatique dominante sans la heurter de plein fouet.  Héritage paradoxal, sans doute, dans la mesure où la présidence Chirac qui devait incarner le retour d’une droite gaulliste au pouvoir, s’est révélée être tout autre chose et plutôt une  poursuite des présidences Mitterrand. Le sarkozysme fut une tentative de se démarquer du chiraquisme à travers le thème de la « rupture », notamment en mettant en avant l’identité nationale, les questions d’immigration et de sécurité. Laurent Wauquiez est tenté de reprendre ce positionnement. D’ailleurs, il n’a pas vraiment le choix. Si un courant républicain distinct du pôle central LREM veut continuer à exister dans l’avenir, il lui faut impérativement prendre appui sur des sujets qui préoccupent l’opinion publique autour de la nation et de son histoire, de la sécurité, des frontières. Mais la voie est étroite car dès lors, on se heurte à l’idéologie médiatique dominante et donc, on s’expose au lynchage, à la diabolisation ou pire, au boycott. L’avenir du courant républicain et gaullien dépend donc de son aptitude à prendre le risque de la nation contre l’idéologie dominante dans les élites médiatiques. Le pari est bien loin d’être gagné d’avance…

 

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Faut-il célébrer mai 1968?

L’idée de célébrer le cinquantenaire de mai 1968 en 2018 est dans l’air du temps.

A vrai dire, on s’étonne presque que personne n’en ait eu l’idée auparavant! Les valeurs de mai 1968 dominent largement dans la France d’aujourd’hui : individu-roi, libertarisme, vision négative de l’autorité, des frontières et de la nation, rejet de la notion de père, société de loisir et de consommation – sous les pavés, la plage.

Affirmer que, oui, mai 1968 doit être célébré, mais en dehors de tout jugement de valeur, en tant que simple événement historique, apparaît comme hypocrite. Une nation célèbre les faits positifs tels qu’elle les conçoit, qui entrent dans la confection de son identité ; 14 juillet, 11 novembre, 8 mai, les victoires, les actes d’héroïsmes, ou bien les tragédies qu’elle veut graver dans la mémoire, les moments clés de l’histoire nationale… Une commémoration ne peut pas être neutre.

Alors, faut-il célébrer mai 1968 ? Cette période est à l’évidence une référence clé pour « la gauche ». Certains y ont vu la première étape vers sa prise de pouvoir, treize ans plus tard, en mai 1981.

Faut-il célébrer le cinquantenaire de mai 1968 ?

Faut-il célébrer ceux qui proclamèrent, « il est interdit d’interdire » à l’heure où les professeurs, insultés, giflés, dans l’enfer d’un grand nombre de lycées et de collèges ne parviennent plus à faire leur métier de transmettre le savoir et l’intelligence? Faut-il célébrer « il est interdit d’interdire », A l’heure où l’autorité de l’Etat est défiée dans nombre « de cités de non droit » à l’heure où les zadistes bloquent par la force, depuis des années, en toute illégalité et en toute impunité, la construction d’un aéroport ?

Faut-il célébrer ceux qui scandaient « CRS=SS » alors que des policiers, un sur 10 dans certains départements parisiens, sont blessés chaque année par les violences urbaines, sans compter les véhicules caillassés ou incendiés, les insultes et les crachats, évidemment? Faut-il célébrer ceux qui scandaient « CRS=SS », à l’heure où la menace terroriste continue de hanter le pays, ensanglanté depuis deux ans?

Faut-il célébrer les petits malins qui proclamèrent « élections piège à cons », alors que le taux d’abstentions aux élections législatives dépasse désormais 50%, un record absolu dans l’histoire de la république française, révélateur d’une démocratie française à l’agonie?

Faut-il célébrer ceux qui voulaient abolir la sélection, à l’heure où la France souffre de diplômes dévalorisée et du nivellement par la base ?

Faut-il célébrer ceux qui chantaient « jouissons sans entraves » à l’heure ou une multitude de scandales à caractère sexuel sortent de partout?

Faut-il célébrer les pionniers de la politique moderne, qui exigeaient « soyons réalistes, demandons l’impossible », en un temps où la vie politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite, ne cesse de fuir dans la démagogie, l’imposture et la manipulation?

Faut-il célébrer ceux qui traitaient de « vieillard obèse », l’un des héros de l’histoire de France, l’auteur de l’appel du 18 juin 1940, chef de la résistance française face au nazisme, pendant les quatre années les plus sombres de l’histoire de notre pays?

Faut célébrer les mêmes qui vénéraient, idolâtraient l’un des plus grands criminels de tous les temps, Mao et ses 80 millions de morts lors du « grand bond en avant », Mao et ses camps de rééducation sous la Révolution culturelle? Faut-il célébrer ceux qui un peu plus tard, ont applaudi à la chute de Phnom Pen dans les mains des Khmers rouges?

Bref, faut-il célébrer la « chienlit» ? Faut-il prendre le risque de raviver de vieilles blessures, de déchirer toujours un peu plus un pays déjà rongé par ses divisions ?

Le débat est ouvert, à chacun d’y répondre en son âme et conscience…

Maxime TANDONNET

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L’hypocrisie bêlante

Hier soir, il y avait à la télévision la présidente du fn. Je ne  l’ai évidemment pas regardée, pas plus que je ne regarde aucune émission de politique à la télévision: c’est un phénomène viscéral, irrationnel, presque maladif chez moi désormais: comme tant de Français lambda, je ne les supporte plus et me contente, pour mon information, d’en lire le lendemain matin le verbatim et voir des extraits. L’attitude du monde médiatique, qui consiste en ce moment à remettre en selle à tout prix ce personnage, obstinément, était attendue, prévisible, inévitable. L’hypocrisie dominante dure depuis des décennies mais elle est de pire en pire et de plus en plus outrancière: promouvoir le fn par tous les moyens, une propagande quasi frénétique, tout en le maintenant dans son statut diabolique. L’air du temps n’a qu’un objectif aujourd’hui: enfermer chacun de nous dans une alternative maudite: rentrer dans le rang, dans le troupeau  bêlant de conformisme, ou bien basculer dans le « mal extrémiste » de gauche ou de droite. L’objectif est de tuer le débat d’idées, la réflexion, la liberté de pensée, l’exterminer et imposer à chaque Français soit de se conformer à l’idéologie dominante, soit de s’anéantir dans ce vulgaire et démagogique « Je suis le chef ». La question aujourd’hui est de savoir si les Français, qui, dans leur immense majorité rejettent tout autant le conformisme bêlant que la vulgarité extrémiste, de droite ou de gauche,  sauront résister au matraquage médiatique et ressusciter une troisième voie, celle du discours de la vérité, de la liberté de pensée, de la politique au sens noble du gouvernement de la cité. Sinon, il ne nous restera plus que la résistance intellectuelle dans la solitude.

Maxime TANDONNET

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Ensauvagement et crétinisation de la société polico-médiatique

Voici une tribune qui paraît dans le Figaro de ce matin (avec quelques modifications de forme):

Les années 2010 à 2017 ont été marquées par les grandes affaires de lynchage politico-médiatique touchant des personnalités politiques de haut rang. Par-delà les plus tonitruantes, les affaires DSK et Cahuzac, les scandales de ce type se sont comptées par dizaines, à un rythme quasiment mensuel. La question n’est pas d’excuser ou de minimiser des infractions éventuelles qui auraient été commises.  Mais elle est de constater que la société politico-médiatique se fait justice elle-même, par un lynchage fondé sur l’humiliation, le déshonneur et la déchéance sociale, avant que les tribunaux disposant de la légitimité républicaine pour sanctionner les crimes et délits, aient eu l’occasion de se prononcer.

Aujourd’hui, ce stade est dépassé. Les phénomènes de lynchage collectif se banalisent. Ils ne touchent plus seulement les hauts responsables, mais surtout les seconds rôles. Leur rythme n’est plus mensuel mais quotidien. Twitter est l’outil de cet ensauvagement. Les lynchages tombent à tout propos. Il suffit d’une petite phrase ou d’un geste légèrement déviant de la sensibilité dominante pour provoquer un tollé.  Ainsi, Mme Garrido, porte-parole des Insoumis, a provoqué un scandale pour avoir établi un lien entre « l’argent du PSG » et l’écroulement d’une barrière au stade d’Amiens, attribué à un entretien défectueux. L’amalgame est discutable, mais en quoi ce propos mérite-t-il un tel déchaînement? Ne relève-t-il pas de la liberté d’expression, c’est-à-dire du droit de s’exprimer sans faire l’objet du châtiment spontané?   Concrètement : qu’a-t-on encore le droit de dire, dans la société moderne, sans déclencher un phénomène de meute ?

Une opération « balancetonporc » invite les victimes de harcèlement à livrer sur Internet leurs agresseurs. Certes, toute violence, agression verbale ou physique,  de nature sexuelle est par définition monstrueuse. Mais enfin, il existe une justice pénale dont le rôle est d’établir la réalité des infractions commises et de les sanctionner durement. Le principe selon lequel nul ne doit se faire justice lui-même est l’un des fondements, non seulement de la démocratie, mais aussi de la civilisation.

Nous assistons ainsi à une banalisation de phénomènes qui sapent les fondements de vie en société. Ils tiennent à un climat d’anomie, de perte accélérées des repères intellectuels et éthiques. Comment situer le bien et le mal, en l’absence d’un socle de principes et de connaissances, d’outils de réflexion ? Une étude de la revue Intelligence souligne l’effondrement de quotient intellectuel dans le monde occidental, en quinze ans, la France se situant au dernier rang des grandes démocraties. D’autres travaux révèlent la chute vertigineuse des savoirs fondamentaux dans notre pays : orthographe, mathématique. Mais la crise de l’intelligence se manifeste à travers bien d’autres symptômes :

  • la personnalisation à outrance du pouvoir politique, fondée sur l’émotion positive ou négative autour de visages médiatiques et l’anéantissement du débat d’idées, comme le montre si bien la vie politique française au quotidien;
  • le principe de la table rase, ou l’écrasement de la mémoire historique, qu’illustre le désintérêt de la France dite d’en haut pour le centenaire de l’une des plus effroyables épreuves de l’histoire de l’Europe;
  • l’esprit de clocher, et le désintérêt pour les enjeux planétaires, comme le montre l’effarant silence médiatique sur les événements en cours de Syrie et d’Irak ou d’Afrique.
  • la dictature de l’anecdotique au détriment de l’essentiel, tel le recrutement de Neymar au PSG qui a occupé l’été !
  • Le sectarisme, l’inaptitude générale à l’impartialité, l’objectivité, l’honnêteté intellectuelle.
  • L’émergence d’une nouvelle classe de maître penseurs, acteurs, animateurs de télévision, sportifs, chanteurs, censés donner leur avis à tout propos mais sans la moindre autorité intellectuelle pour ce faire.

Cette crise de l’intelligence et la perte des repères de la vie en société ne touche pas forcément la majorité silencieuse, qui par définition, ne s’exprime jamais. Pis : elle frappe au premier chef la France dite d’en haut, les supposées élites médiatiques, politiques, intellectuelles, censées éclairer l’opinion publique. Pour espérer restaurer l’intelligence et la civilité, il ne faudrait pas des années, mais des décennies…

 

 

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La question du régime politique

Le triste spectacle auquel assistent les Français attachés à leur pays n’a rien de fortuit. Il est le produit d’un régime: une culture politique et des institutions. Le système en vigueur, repose entièrement sur l’élection d’un personnage, la présidentielle. Les idées, les projets, choix de société ne sont qu’accessoires. L’essentiel tient à la promotion d’une image individuelle, sur la base d’une séduction.

A travers un jeu fondé sur la manipulation des émotions collectives – diabolisation ou sublimation, les médias radio/télévision exercent une influence cruciale dans le façonnement de cette image. Dans le système français, le pouvoir appartient avant tout au monde médiatique. L’image victorieuse s’impose naturellement comme la clé de voûte, le socle, la légitimité, le fondement originel du nouveau pouvoir. Celui-ci n’aura, par définition, qu’une seule obsession: préserver, promouvoir, prolonger cette image qui est sa raison d’être.

Dès lors, l’exercice de la fonction politique se cantonne dans le spectacle et le jeu  d’acteur: annonces, postures, coups de communication, polémiques, réformes tonitruantes  et vides, agitation de surface qui ne touche jamais le fond des sujets afin d’éviter la confrontation au monde réel et le risque de crises. L’histoire de tout quinquennat présidentiel, depuis les années 2000, est avant tout celle d’un divorce entre le pays, ses préoccupations profondes, ses intérêts nationaux, et le culte d’une personnalité. Et de quinquennat en quinquennat, le divorce se creuse toujours davantage.

Le système ne fonctionne que dans un climat de désintérêt et de recul de l’intelligence collective. A terme, il se nourrit du déclin de la connaissance historique, littéraire, philosophique, fondements de l’esprit critique. C’est bien pourquoi depuis des décennies, tous les pouvoirs, complices entre eux, favorisent l’abaissement de ces enseignements.

Pour changer les choses et restaurer une démocratie digne de ce nom, où le débat d’idées reprenne le dessus, il conviendrait, pour commencer, de sortir de l’ornière dans laquelle la France est engagée,  mettre fin au narcissisme comme idéologie suprême et renouer avec les choix de société autour des élections législatives qui ne se prêtent pas au mêmes jeux de manipulation autour d’un visage et à la même sublimation du « je » comme contrepartie du néant. Mais la prise de conscience n’est pas au rendez-vous: trop de naïveté, d’inculture politique, d’indifférence, de fatalisme…

Maxime TANDONNET

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Omerta sur une victoire

L’événement majeur de ces derniers mois, d’ampleur historique, est largement passé sous silence par les médias français: la défaite de l’Etat islamique daesh, le « califat », à peu près complète en Irak, après la chute de Hawiha, et en Syrie, avec la reprise de Rakka par les forces gouvernementales. Le déni de la mémoire est l’outil essentiel de la manipulation médiatique de masse. Les foules ont déjà oublié l’épouvante de ces dernières années, les supplices atroces médiatisés, les crucifixions des chrétiens, les femmes réduites en esclavage sexuel, l’extermination des populations, les foules de réfugiés fuyant les massacres de masse, l’établissement d’un régime sanguinaire sur une partie du Moyen-Orient et du Maghreb. La civilisation l’a emporté sur la barbarie. Bien entendu, on dira, à juste titre, que la chute de daesh ne signifie pas la fin du terrorisme islamiste, dès lors que l’hydre se répand ailleurs. Certes, mais le noyau de la barbarie, sa base territoriale a tout de même été vaincu même si la guerre continue à faire rage ailleurs. Nos médias, comme étrangers à des événements d’ampleur géopolitiques, préfèrent largement parler des élucubrations et des gesticulations de la classe politique française et du star system, en fermant les yeux sur l’essentiel. Alors pourquoi ce silence, cette indifférence? Il y a bien sûr la part de franchouillardise imbécile: tout ce qui dépasse le cadre des frontières nationales dépasse aussi le niveau d’intelligence. Mais une autre raison sans doute: cette victoire est avant tout celle des armées arabes soutenues par les russes d’une part et de l’armée américaine de l’autre. Et cela, c’est dur à reconnaître… La France, l’Europe, depuis le début, ont été en marge de cette victoire de la civilisation sur la barbarie. En outre, quelque part, l’échec territorial de daesh déçoit une frange idéologique de la « France dite d’en haut » (médiatisée) qui vouait une sympathie discrète et refoulée à son entreprise de table destruction du passé et de table rase.

Maxime TANDONNET

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Repenser la politique (Atlantico)

ENTRETIEN DONNE HIER SOIR, LE 10/10/17, AU SITE ATLANTICO:

Contexte :  Dans un entretien pour l’opinion lundi 09 octobre, Laurent Wauquiez a notamment déclaré : « « Je connais par cœur la musique, car on l’a déjà jouée à. Nicolas Sarkozy. Pour décrédibiliser la droite, on clame tout haut que c’est l’extrême droite et, emballez c’est pesé, dans la sphère médiatique ». Dans le Figaro, Gérald Darmanin, qui souhaite rester chez les républicains, accuse de son côté Laurent Wauquiez d’ouvrir des passerelles idéologiques entre la droite et l’extrême droite.

1 Au-delà du cas de Laurent Wauquiez, la droite ne devrait-elle pas réexaminer le cas de l’extrême droite non pas par complaisance pour ce le parti, mais afin de prendre en compte le contexte politique contemporain ? Hormis, le rapport à la légalité républicaine, ces sujets ne sont-ils pas devenus au cœur des défis posés par la mondialisation et la crise migratoires à l’Europe et à la France ? Comment la droite peut-elle s’inscrire dans une pensée républicaine et démocratique tout en prenant en compte le monde d’aujourd’hui ?

Je suis de l’avis que « la droite » devrait faire sa révolution culturelle et repenser de fond en comble la politique, le sens de la vie politique. 2017 a donné lieu à un renouvellement de la classe politique. Un grand coup de balai a été donné par l’électorat. Un big bang s’est produit.  Les anciens visages ont disparu. Une nouvelle génération est arrivée au pouvoir. Ce fut le tour de force de LREM de récupérer ce mouvement à son profit. Pourtant, rien n’a vraiment changé sur le fond des choses. On le voit bien : personnalisation médiatique du pouvoir à outrance, tyrannie de la communication et des polémiques, narcissisme, obsession des sondages, pensée unique dominante, sur l’Europe, les phénomènes migratoires, l’autorité de l’Etat. Franchement, le débat d’idées n’existe plus.  Le pays semble anesthésié, indifférent, désabusé, comme revenu de tout. Le message de la droite, ou des « républicains modérés » doit être de réhabiliter la politique en la ramenant aux seules réalités, au goût de la vérité et du débat démocratique, sur tous les sujets, au sens de l’action et du gouvernement pour le bien commun. Bref, arracher la politique aux limbes de la communication à outrance, sous toutes ses formes, pour la ramener sur la terre ferme en rouvrant  un débat libre et démocratique, sans tabous, sur les grands sujets de fond, l’Europe, les frontières, la démographie, les banlieues, la politique industrielle, l’énergie, l’avenir de l’école, la sécurité des biens et des personnes, notamment face au terrorisme, l’unité nationale contre le communautarisme, voilà quelle est la vocation de la droite aujourd’hui.

2 Historiquement, l’extrême droite, c’est la tentation pour des régimes plus autoritaires voire même le renoncement à La République.  C’est aussi le refus de l’immigration ou de la diversité par principe. Est-ce toujours le cas ? (L’extrême droite, c’est aussi le rejet de l’Europe et le rejet de la finance « apatride »…) concrètement, qu’est-ce que l’extrême droite aujourd’hui ? Quels propos peuvent correspondre à des passerelles effectives vers l’extrême droite ?

Le problème de la notion d’extrême droite, c’est qu’elle a deux sens aujourd’hui. D’une part, ce terme sert à diaboliser tout ce qui ne coïncide pas avec l’idéologie dominante, fondée sur l’individu-roi, le libre arbitre individuel absolu, l’argent comme valeur suprême, le rejet de l’autorité, de la nation, des frontières. D’autre part, la notion d’extrême droite a bien une signification historique, qui reste valable : elle se fonde sur le culte du chef, la haine comme mode de fonctionnement, en jetant l’anathème sur des personnes ou des groupes de personne et en appelant à leur lynchage, la négation d’une éthique de respect d’autrui avec des comportements anomique comme la démagogie, la calomnie, le mensonge systématique, les manipulations, la trahison, etc. Contre Laurent Wauquiez, la notion d’extrême droite est uniquement utilisée pour le diaboliser comme elle l’est très souvent dans la vie politique française. On en arrive à banaliser la notion d’extrême droite qui ne devrait s’appliquer qu’à des situations bien précises : culte du chef, discours de haine contre des personnes ou des groupes, comportements anomiques caractérisés (violence, mensonges, démagogie, calomnie, trahison, etc.) Les notions d’extrême droite et d’extrême gauche se rejoignent d’ailleurs à bien des égards…

3 À l’inverse, privilégier un discours identitaire tout en laissant de côté les questions économiques ou les questions de gestion de la France ne fait-elle pas basculer Laurent Wauquiez vers une forme de populisme ?

Il est bien évident que la maîtrise de l’immigration n‘est pas un concept d’extrême droite, en aucun cas. Sinon, quasiment tous les ministres de l’Intérieur depuis les années 1990 seraient d’extrême droite. Il faut faire en sorte que les flux migratoires soient conformes aux capacités d’accueil du pays sur le plan de l’emploi, du logement, des services sociaux,  et s’assurer que les nouveaux arrivants pourront vivre dignement tout en aidant au développement des pays d’origine. En quoi une telle politique serait-elle d’extrême droite ? Par ailleurs, les sondages (CEVIPOF 2017), montrent que 70% des Français se sentent avant tout Français, davantage Français qu’Européens ou que résidants de leur région. Tenir compte de la fierté d’être Français n’est évidemment pas non plus un concept d’extrême droite. Le problème de la droite, ou des républicains modérés, c’est de ne plus se laisser intimider par l’accusation d’extrême droite qui est une manière de vouloir les faire taire ou les obliger à se conformer à l’idéologie dominante, la pensée unique et de rentrer dans le rang. Le terme de populiste est quasiment équivalent, comme concept diabolisateur, à celui d’extrême droite, de réactionnaire ou de fasciste, ce dernier étant un peu démodé en ce moment. On en revient à une idée ancienne selon laquelle le peuple, serait une notion négative. Ainsi les adversaires du suffrage universel, en 1850, dénonçaient la « vile multitude » pour tenter de l’abolir. Pourtant, tenir compte de ce que pense le peuple, la nation, sur les grands sujets du moment, aux termes de débats où toutes les idées peuvent s’exprimer ,cela n’a rien de choquant et cela s’appelle la démocratie. Si la droite, ou plutôt, les républicains modérés devaient avoir un mot d’ordre, c’est celui de démocratie à refonder.

Maxime TANDONNET

 

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Valeurs de gauche, valeurs de droite?

M. DSK, ancien ministre des finances, jadis personnalité de premier plan a déclaré « les valeurs de gauche et les valeurs de droite ne sont pas les mêmes ». C’est un point de vue que je ne saurais partager. Les valeurs, ne sont pas de droite ou de gauche, elles sont au-dessus des clivages politiciens et idéologiques. Les valeurs ce sont, par exemple:

  • Le respect de la  dignité d’autrui, des femmes, des hommes et des enfants, dans la vie publique comme dans la vie privée.
  • Le culte de la vérité, le  refus de tout mensonge, de toute manipulation de l’opinion publique (gesticulations, réformes bidons, dissimulations ou truquages d’informations, polémiques stériles pour occuper les esprits).
  • L’honnêteté scrupuleuse dans l’accomplissement d’une mission publique au service de l’Etat et de la loi, et le rejet de toute forme d’avantage ou privilège quel qu’il soit.
  • La liberté d’expression de toutes les opinions et croyances, même en dissidence avec l’air du temps et la pensée dominante.
  • Le rejet de toute forme de culte du chef, culte de la personnalité, un mal absolu de notre époque qui renvoie à l’esprit des régimes totalitaires et détourne la société de l’action réelle et du bien commun.
  • L’engagement public au seul service des citoyens et de l’intérêt général, en l’absence de toute considération personnelle, d’enrichissement ou de vanité.
  • La vision de long terme, la prise en compte de l’intérêt des futures génération dans la décision publique, éducation, environnement, sécurité…

Les valeurs n’ont strictement aucun rapport avec les notions de gauche/droite, elles se situent au-dessus, et la vision sectaire des valeurs est bien l’une des formes contemporaine de brouillage des esprits.

Maxime TANDONNET

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Mauranne et Laura

Bien sûr, je ne suis pas en position de faire une tribune de nature politique sur le meurtre la semaine dernière de Mauranne et Laura, 20 ans, à la gare Saint Charles de Marseille ni de publier des commentaires de nature politique à ce sujet, sur un site de ma responsabilité. Mais ici, au lendemain des obsèques des deux jeunes filles, je m’exprime en tant que père de famille, ce qui est bien mon droit. Eh bien, je dois le dire, ce crime est, dans mon ressenti, l’un des plus atroces, les plus abjects qu’il m’ait jamais été donné de connaître. Deux jeunes filles, jolies, brillantes, pleines de vie, d’espoir et d’avenir, fauchées par un criminel sanguinaire au nom de sa religion. Pour tout dire, depuis une semaine, leur image ne cesse de me hanter. Il m’est difficile d’exprimer  à quel point je souffre dans ma chair pour leur père et leur mère, à la place desquels je pourrais être. Si je les avais en face de moi, je ne sais ce que je pourrais leur dire. Parfois, l’horreur, l’écœurement et le chagrin que l’on ressent, atteignent un tel niveau que la seule parole qui vaille est celle du silence. Je pense qu’un pays qui au fond s’accommode d’un crime aussi immonde, sa classe dirigeante, son milieu politique et médiatique, tout compris, de l’extrême droite à l’extrême gauche, ses élites intellectuelles, administratives, journalistiques, qui le regardent comme une sorte de fait banalisé, comme le résultat d’une fatalité, et finalement, noyé dans l’indifférence, un pays qui s’habitue sur son sol à un degré de barbarie atteignant le niveau les pires barbaries de  l’histoire de l’humanité, le meurtre sanguinaire de deux jeunes filles, est un pays qui est en train de crever. Je leur rends hommage à toutes les deux, dans l’espérance que, pour les anges comme elles, les anges martyrisés, il y a bien quelque chose qui ressemble à l’éternité.

Maxime TANDONNET

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Radicalité, dites-vous?

Voici deux contributions pour Atlantico et pour Figaro Vox sur les déclarations de M. Thierry Solère, député républicain rallié à LREM, qui accuse son parti de « se radicaliser ». Cette déclaration fournit ici l’occasion d’une réflexion sur l’avenir de l’opposition républicaine et plus généralement, de la  politique française.

Maxime TANDONNET

1 Thierry solère a déclaré sur RTL mercredi matin que « le parti Républicain se radicalise de plus en plus ». Qu’entend-il par « radicalisé » ? Sous-entend-il que le parti devient dangereux ? Dans ce cas-là, en quoi le parti des Républicain l’est-il ?

C’est une vieille histoire. Les Français montrent, de sondage en sondage, qu’ils n’ont plus confiance dans les politiques pour s’occuper des sujets qui les préoccupent, la sécurité, le chômage, le chaos dans certaines cités, la crise de l’école, la maîtrise des frontières, une Europe trop éloignée des citoyens. Quand un homme ou une femme politique veut ouvrir un débat d’idées sur ces questions, il se voit souvent diabolisé qu’il soit de à droite comme de gauche d’ailleurs. Jusqu’à présent, on avait les termes de « Lepénisation », « fascisme » ou « stalinisme »… Le mot « radicalisé » est une nouvelle forme d’insulte pour stigmatiser une réflexion qui ne respecte pas des bornes permises par le politiquement correct. La pensée unique, autour de l’individualisme, du culte de l’argent, rejet de l’autorité, des frontières et de la nation, ne laisse guère de marge au débat d’idées. Pourtant, le parti Républicain n’est pas dans une dérive antirépublicaine ou anti démocratique. M. Wauquiez a toujours affirmé qu’il n’acceptait aucune porosité avec les partis extrêmes. La réflexion actuelle des Républicains ne remet pas en cause le pacte républicain, le respect des droits et libertés, les principes constitutionnels et la démocratie. Cependant un parti politique dans l’opposition ne peut pas renoncer au débat d’idées ni à la réflexion libre destinée à préparer l’avenir.

2 Concrètement est-ce un procès qui a du sens selon vous ? Est-il vraiment justifié ou est-ce juste une forme de culpabilisation de gens plus modérés ?

Il a un sens politique me semble-t-il, ou politicien. Il vise à contraindre LR soit au conformisme et à la soumission, c’est-à-dire, l’absorption dans LREM, soit au basculement dans le véritable extrémisme. Dans les deux cas l’opposition républicaine serait vouée à disparaître. C’est le fond du projet LREM : s’imposer comme une grande force centrale, unique parti de gouvernement, dont les seuls opposant seraient, à droite et à gauche, des partis antisystème, reposant sur la démagogie, des solutions coupées de tout réalisme, et n’ayant – a priori –  aucune chance de prendre le pouvoir.  Dès lors,   le mouvement LREM, ayant le monopole de la crédibilité, du réalisme et de la modération, peut espérer se maintenir dans les palais de la République pendant au moins dix ans. Finalement, dans cette logique, toute modération a vocation à être absorbée par LREM et que la modération ou le réalisme  puisse exister à l’extérieur de LREM, n’est pas concevable. Mais c’est un calcul dangereux car en cas d’échec, dans les cinq ans à venir, l’absence de solution d’alternance crédible et modérée peut précipiter la France dans le chaos ou l’aventure.

3 N’y-a-t-il pas une forme de volonté d’interdire le débat de certaines questions sensibles (Europe, Intégration, contrôle des frontières etc…) ?

Nous vivons une époque de destruction du débat d’idées. Sur l’Europe, tout se passe comme si la voie du fédéralisme ou de l’intégration par la bureaucratie, les normes et les sanctions étaient une sorte de vérité scientifique. Tout ce qui s’en éloigne est considéré comme insupportable et inacceptable. Discuter le dogme fait de vous soit extrémiste, de droite ou de gauche, ou un populiste selon la formule convenu. Il faut fermer les yeux sur la réalité d’une Europe de plus en plus fragmentée et impopulaire. Le sujet est considéré comme verrouillé une fois pour toute. De même, sur les sujets sociétaux, l’intégration des populations migrantes, la maîtrise des frontières, l’autorité de l’Etat, la sécurité, voire même la politique économique, le marges de réflexion et de discussion se réduisent. Ceux qui ne pensent pas dans la droite ligne sont marginalisés, voire même assimilés aux provocations et au excès de la droite ou de la gauche radicales. La vie politique française est en train de se concevoir sur la base d’une pensée unique et d’un parti unique, renvoyant tout le reste dans l’enfer des extrémismes, de droite et de gauche, et de la diabolisation. L’enjeu, pour la nouvelle génération des Républicains, c’est de rompre avec cette logique et de réussir à se constituer en opposition d’alternance audacieuse et crédible.

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« Les Républicains se radicalisent » : les non-dits d’une accusation

Thierry Solère, député, membre des Républicains (LR) rallié à la République en marche LREM) accuse les Républicains de « se radicaliser ». Ces propos reposent sur un pari. LREM serait au cœur d’une recomposition de la politique française sur des bases totalement nouvelles. Le parti aurait vocation à devenir une force centrale dominante, environné d’une extrême gauche et d’une extrême droite. Le PS, dans ce schéma, comme LR, seraient dès lors condamnés à disparaître, extrémisés, l’un absorbé par la gauche marxiste et l’autre, par le Front national. LREM devenu le seul parti « de gouvernement », son maintien au pouvoir pour dix ou vingt ans, voire plus, serait dès lors assuré. Cette vision va de pair avec le triomphe d’une pensée unique – libertarisme, individu-roi, culte de l’argent, fédéralisme – qui ne souffre aucune contestation, sauf à basculer dans la diabolisation. Or, ce pari est à la fois hasardeux et dangereux.

En effet, la France est un pays gravement malade. Le malheur d’autres nations occidentales, comme l’Espagne, ne console pas de nos propres maux. L’écran de fumée quotidien, le grand vent d’optimisme qui souffle en ce moment sur les élites médiatiques,  largement factice, n’y change rien. Environ 250 personnes ont été massacrées sur le sol français depuis deux ans et demi par le terrorisme islamiste. La France compte 5 à 6 millions de chômeurs. La violence quotidienne empoisonne la vie de nombreux Français. La situation des cités sensibles est tragique. L’école ne parvient plus à remplir ses missions. La crise migratoire bat son plein. 3,2 millions de personnes sont mal logées. Le pays compte 8,5 millions de pauvres. Une partie des jeunes se sentent privés de futur. 89% des Français ne croient plus dans la politique (Cevipof). Le taux d’abstention aux élections législatives de 2017, 51% est le plus élevé de toute l’histoire de la République depuis 1870.

Chacun est parfaitement en droit d’espérer que la politique menée depuis juin 2017 marque le commencement d’une ère nouvelle – après la nuit, la lumière – de nature à guérir la France de ses maux, et que les  mesures emblématiques du nouveau pouvoir, par exemple la  hausse de la CSG, la suppression de l’ISF sur les valeurs mobilières, libéralisation de la PMA, la création d’une taxe européennes, permettront de redresser le pays. Mais sauf à entrer dans une logique d’aveuglement, chacun est en droit, tout autant, de se montrer sceptique sur l’efficacité véritable de cette politique au regard de l’ampleur des drames français. Un échec de LREM, à l’horizon de 2022, est une hypothèse envisageable. Dans l’intérêt de la France, pour éviter son naufrage dans le chaos, il est souhaitable qu’une alternative crédible puisse alors se présenter. Voilà tout l’enjeu de la rénovation des Républicains.

Or, le premier devoir des Républicains est de s’interroger sur les remèdes adaptés à la tragédie actuelle. Qualifier de « radicalisation » toute réflexion ou proposition qui dérange, revient à condamner la politique française au conformisme et à l’immobilisme. Longtemps le mot « lepénisation » a été utilisé à outrance pour diaboliser le débat d’idées. Le terme de « radicalisation » –  qui renvoie dans l’inconscient collectif à des événements dramatiques – est du même ordre : celui de l’insulte, destinée à intimider. Le début de lynchage médiatique de M. Laurent Wauquiez relève de la même logique : annihiler toute solution d’alternance.  Pourtant, les Républicains ont une mission: chercher des réponses à la crise de confiance des Français envers la politique, en abordant, sans dogmes ni tabous, les grands sujets de l’époque: chômage, dette, pouvoir d’achat, école, frontières, sécurité, terrorisme, démocratie, souveraineté, communautarisme… Leur vocation, leur défi suprême, est de faire passer un message : il existe bien des hommes et des femmes politiques, dans ce pays, qui privilégient le débat d’idées, l’intérêt général, le bien commun sur l’ego narcissique envahissant et les calculs opportunistes.

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Malaise dans le monde occidental

Le monde occidental est entré dans une phase de grand malaise politique. Aux Etats-Unis la vie publique se focalise autour d’un président bizarre (restons polis) qui arrose la planète de ses tweets tandis que d’épouvantables bains de sang se produisent périodiquement dans l’impuissance des autorités ; en Allemagne, à la suite de la crise migratoire, un parti nationaliste et « antisystème » fait une entrée fulgurante au Reichtag, ce qui dans la conscience  historique et politique de ce pays, représente un traumatisme infini; l’Espagne semble être entrée dans une logique de démembrement avec l’indépendance de la Catalogne face à un pouvoir central totalement désemparé; la Grande-Bretagne, menacée elle-aussi de désintégration, traverse une grave crise politique, empêtrée dans un Brexit que ses dirigeants ne parviennent pas à gérer, son parti conservateur au pouvoir est plongé dans une crise qui ouvre le risque d’un retour du parti travailliste aux penchants marxisants; la France est comme anesthésiée, entre l’euphorie lâche et maladive de ses élites « d’en haut » et une société  « d’en bas » qui souffre dans le chaos, la violence aveugle et l’indifférence. Partout, un point commun: l’incapacité à relever le défis du terrorisme islamiste sanguinaire. Les origines de ce phénomène, qui touche tout le monde sous des formes diverses? Plusieurs facteurs s’en mêlent: la crise du pouvoir dans un monde ultra médiatisé, qui a désappris le sens du gouvernement, de la volonté générale et de l’autorité; la crise de l’intelligence et de la culture, dans un monde, où l’instruction et la lecture sont en déclin face aux jeux vidéos et aux plaquettes informatiques; une idéologie dominée par le matérialisme, l’individualisme forcené et narcissique, le principe de l’individu roi autour duquel tout doit s’effacer. L’optimiste sincère, qui sifflote du matin au soir l’air de « Tout va très bien madame la Marquise« , est l’archétype du crétin moderne. Il faut  se défier de toute forme de lavage de cerveau et du conformisme, d’essence totalitaire. Il faut se dire: la crétinerie, elle ne passera pas par moi. Il ne faut pas être optimiste, ni pessimiste, mais simplement réaliste.

Maxime TANDONNET

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L’Idéologie

Ce matin, à la radio, vers 9H, j’étais heureux à l’idée d’écouter M. Winock, historien de la République, présenter son nouveau livre. Je m’en faisais une joie. J’avais lu avec passion ses histoires des intellectuels français au XIX et au XXe. Un peu de hauteur fait tellement de bien! Et puis voilà. L’animateur de l’émission lui demande sur un ton euphorique (de mémoire):

  • « Le triomphe actuel de la jeunesse , les jeux olympiques de 2024 à Paris, l’exposition universelle en 2026 (?), la résurrection de l’idéal européen: alors, un grand vent d’optimisme souffle en ce moment sur la France qui a basculé dans une ère nouvelle?
  • Réponse: Oui je le crois profondément. »

Aussitôt, en une demi seconde, j’ai pensé au 5 millions de chômeurs, au 8 millions de pauvres, 3,6 millions de mal logés, à la crise migratoire et aux bidonvilles, à la violence quotidienne et à ce Monsieur poignardé à mort avant-hier en défendant sa femme agressée par des voyous, au 250 victimes du terrorisme islamiste en trois ans, et aux larmes de leur proches qui n’ont pas encore séché, à la prise de contrôle d’Alstom par Siemens.

Je me suis dit que l’Idéologie, le matraquage quotidien, l’esprit de servilité et la propagande, l’aveuglement et les jeux d’illusionnisme, le culte de l’avenir radieux, enveloppés dans un climat de béatitude hystérique,  devenaient chaque jour un peu plus insupportables et nuisibles. J’ai donc aussitôt éteint ma radio. Il reste à espérer que dans ce pays, une lueur de bon sens et de lucidité survive à la tornade de bêtise.

Maxime TANDONNET

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Histoires de présidents

Deux anecdotes qui en disent long sur l’évolution de l’institution présidentielle mais aussi et surtout sur l’état de la société français d’en haut sur le plan intellectuel comme sur le plan moral . Notées ici pour  y penser lors de la prochaine édition de mon livre.

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RTL 30 septembre

« Politique, ton univers impitoyable ? Pas toujours semble-t-il. Dans un portrait que Le Point consacre à Christophe Castaner, ce dernier raconte comme il a décidé de quitter le Parti socialiste pour rejoindre Emmanuel Macron. Devenu depuis porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner explique que c’est « des étoiles plein les yeux » qu’il a accepté de se lancer dans la campagne présidentielle aux côtés de l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande. Mais au-delà d’une relation politique, la relation Castaner-Macron semble avoir un plus à en croire le principal intéressé. « J’assume cette dimension amoureuse. Mon niveau d’exigence envers moi-même est tel que si je dois avoir un chef, je dois avoir de l’admiration pour lui. Et Emmanuel est fascinant. Tout l’est chez lui : son parcours, son intelligence sa vivacité, sa puissance physique même… », confie au Point le député des Alpes-de-Haute-Provence. »

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L’Express 30 septembre

« Alors que doit sortir jeudi prochain un livre racontant le crépuscule de la vie de Jacques Chirac, sa fille Claude dénonce un manque de respect et de dignité. « Chirac, le crépuscule », titre la Une de Paris Match cette semaine. L’hebdomadaire publie les bonnes feuilles d’un ouvrage, à paraître le 5 octobre, intitulé Président, la nuit vient de tomber. Un livre écrit par le journaliste Arnaud Ardoin, qui a recueilli le témoignage de Daniel Le Conte, un ancien collaborateur de Jacques Chirac qui l’a accompagné jusqu’à très récemment, y compris dans la maladie.  Ce livre, racontant selon Paris Match « la fin de vie du patriarche de la République », a suscité l’ire de la famille de l’ex président. Sa fille Claude Chirac, qui ne s’exprime que rarement s’est ainsi confiée dans une interview au Parisien. « Je souhaite dire – haut et fort – que ce livre a été fait à l’insu de Jacques Chirac et de sa famille, affirme-t-elle. Nous en ignorions absolument tout. Ça a été un choc assez violent d’en découvrir l’existence il y a quelques semaines. »

Maxime TANDONNET

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Françallemagne?

Les élites françaises, depuis très longtemps sans doute, couvent en leur sein un vieux rêve non dit: celui d’une fusion politique de nature fédérale entre la France et l’Allemagne. Ce projet, qui obsède en silence la France d’en haut, politique, administrative, intellectuelle, explique largement la résignation qui accompagne la prise de contrôle d’Alstom par Siemens. Il en fut tout autrement dans l’affaire du rachat des chantiers navals par l’Italie. Elle est dans l’ordre des choses, celui de l’intégration de la France dans un espace sous domination allemande. Pour ce faire, on s’en remet à de Gaulle et au traité franco-allemand de 1963. C’est un mensonge: de Gaulle ne concevait la relation franco-allemande que dans un contexte de stricte égalité entre les deux pays et d’indépendance des deux peuples.  Ce rêve caché explique aussi l’enthousiasme imbécile de la quasi totalité de la France d’en haut, tout le monde confondu, pour le Brexit: voici enfin le départ de l’empêcheur de tourner en rond! Tout ceci est tragique, nous faisons fausse route. L’idéal européen ne se conçoit que dans un équilibre entre les Nations européennes. Le triangle, France, Angleterre, Allemagne, est au centre de cet équilibre.  La France, historiquement culturellement, est au carrefour de multiples traditions: germanique, certes, mais aussi italienne, polonaise, espagnole, portugaise, britannique, russe, etc… Se résoudre à une soumission non dite à l’Allemagne, voilée derrière les coups de mentons et les roulements de mécanique, n’est pas seulement un crime, c’est une faute. La richesse de l’Europe ne se conçoit que dans un climat d’équilibre et d’égalité. La domination ou la suprématie d’une nation sur les autres est la voie royale vers la révolte, la déflagration et la désintégration. Quand je parle d’une nation ou quasi-nation européenne, c’est l’image qui compte: un ensemble de peuples unis par l’histoire et la culture, grecque, latine, chrétienne, la Renaissance et ses suites, et dont l’avenir se joue face à un monde qui comptera bientôt 11 milliards d’habitants, des menaces effroyables, démographiques, terroristes, économiques, migratoires, environnementales, l’émergence de géants politiques planétaires. Il est évident qu’il faudra s’unir pour relever ces défis. Mais dans un climat d’aveuglement sans nom, l’Europe, guidée par le renoncement, dont chaque jour offre une nouvelle illustration, marche en ce moment aux déchirements et à l’abîme.

Maxime TANDONNET

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L’eurocratisme destructeur de l’Europe

Européen dans l’âme, oui je pense l’être comme une immense majorité de français. Difficile d’être plus Européen que ce que je vais dire et pense réellement: de par mes racines, ma culture, mon histoire personnelle, ma sensibilité,  je suis autant Allemand, Anglais, Roumain, Portugais, russe et Italien que Français. Comment être plus Européen? En vacances au Portugal, en déplacement en Roumanie, je me sens plus chez moi que dans beaucoup de régions françaises. Je crois en une nation européenne, de culture, d’histoire, de tradition européenne, profondément unie face aux géants planétaires de l’avenir, l’Inde (1,5 Milliards d’habitants), la Chine (1,4), le Nigéria (1 milliard), le Brésil, l’Amérique, etc. Face aux menaces planétaires, terrorisme islamiste, bulles financières, crises migratoires, explosion démographique, guerres ethniques, destruction des ressources et de l’environnement, le sort des Européens est intrinsèquement, profondément imbriqué. Mais pourtant, tout ce que l’on appelle « construction européenne » depuis les années 2000, se traduisant par la mise en place d’un gigantesque bulldozer  bureaucratique, entraîne en ce moment les Européens dans une monstrueuse impasse. Le Brexit est un désastre absolu, contre l’histoire, contre l’intérêt des Européens. L’Angleterre est l’Europe. La révolution industrielle est partie d’elle. Elle a inventé les libertés (Habeas corpus) et la démocratie parlementaire. A travers son chef Churchill et son peuple courageux, elle seule, en Europe a résisté au nazisme, avant de l’écraser comme une mouche vénéneuse. C’est à elle avant tout, comme aux Russes et aux Américains, mais plus tard, que nous devons notre mode de vie et notre liberté. La France et l’Angleterre sont deux nations sœurs jumelles: il ne peut y avoir l’une sans l’autre. Les frontières nord de la France sont imprégnées de sang français et anglais versé de 1914 à 1918, pour la défense du monde libre. Il faudrait l’oublier?  Penser l’Europe sans l’Angleterre est une crétinerie sans nom, totalement banalisée. Cette idée débile, parfaitement admise de tout le monde, n’est que le signe de l’abaissement intellectuel de notre pays. Et puis, comment ne pas voir la réalité, la Grèce, la Pologne, la Hongrie, suivent le même chemin, celui de la sortie. La poussée de l’extrême droite en Allemagne, l’arrivée de 90 députés nationalistes au Reichtag, du jamais vu depuis 1929,  cet événement vertigineux, après la honteuse poussée de l’extrême droite en France, ne trouble personne…  Un processus de désintégration est en cours, dans l’aveuglement général. Mais la bêtise est maîtresse de ce monde. Plutôt que de se dire: tout est à repenser, à reconstruire, fonder sur des bases nouvelles, démocratiques, décentralisées, proches des citoyens de l’Europe, de leur souffrances et de leurs préoccupations,  avec les Britanniques et les Polonais, le réflexe de nos élites dirigeantes est de dire: persévérons avec nos œillères dans la voie qui conduit au désastre, créons plus de bureaucratie, plus de contraintes, plus des mépris des peuples. Accélérons notre oeuvre de destruction. Il est même question désormais de créer des euro-taxes! Franchement, il arrive un niveau de vertige où l’on ne sait plus que dire, que faire, que penser…

Maxime TANDONNET

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Pauvre pays!

Tiens, lu une réflexion intéressante d’une député LREM, ou ministre, je ne sais plus, à propos de la victoire des Républicains au Sénat, hier soir: « c’est le dernier sursaut de l‘ancien monde ». Ancien/nouveau monde. Cela m’a rappelé Jack Lang au soir du 10 mai 1981: « après la nuit vient la lumière ». Et comme chacun sait, depuis 1981, nous baignons dans la lumière. Avec un petit accent 1789, ou plutôt 1793/1794, voire 1917 ou 1949 en Chine: il y avait l’avant, maintenant, il y a l’après, et toute trace du passé doit être éliminée. Sauf que le passé, il est là, et bien là sous nos yeux. Rien n’a changé, sinon en pire dans ce pauvre pays. Le grand cirque continue, ou plutôt, accélère. Des manifestations et des grèves se déclenchent, avec pour objectif de bloquer l’économie française. Ils veulent recommencer le coup du blocage des dépôts d’essence. Grève ou sabotage? On hurle au « nazisme », un vieux réflexe de Pavlov. La dernière grande polémique nationale, celle d’avant hier.  Et au sommet, on se répand comme d’habitude en moulinets et en coups de menton. Le grand cinéma national tourne à plein pour des réforme qui, sur le fond – mais qui s’intéresse au fond – n’ont franchement pas grand chose de révolutionnaire,  ne touchent en rien au 35 heures, ni aux sacro-saintes rtt qui pénalisent l’économie français depuis 17 ans, pas un mot, rien sur les seuils, rien sur l’écrasement fiscal et social des entreprises, rien sur le contrat de travail ni le droit de la fonction publique. Alors pourquoi une telle disproportion entre les causes et les effets? Parce que cela arrange tout le monde. Il faut à tout prix noyer le néant et l’impuissance dans la gesticulation. Et les médias sont là pour jouer le jeu. En ce moment, partout, on nous ressort du le Pen à grande brassée. La grande terreur des bienpensants: la disparition du lepénisme qui priverait la France de son repoussoir absolu. Quand tous les partis auront disparu, celui-là sera toujours là, tant le monde médiatique, hypocritement, l’adore, le vénère, lui tend la main dès qu’il chancelle. Pauvre pays livré à une entreprise générale de saccage du bon sens, de la réflexion critique, de l’intelligence collective. Mais l’espérance se cache là où on ne l’attend pas, même modeste, même dérisoire, même infime. Marchant tristement dans la forêt, samedi, voilà sur quel trésor je suis tombé!

Maxime TANDONNET

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Les Républicains: Wauquiez/Sarkozy?

L’excellent site Atlantico m’a demandé hier si selon moi, M. Laurent Wauquiez avait intérêt à reprendre le discours de Nicolas Sarkozy en 2007. Le « non » que j’ai répondu, clair et net, n’est en rien une prise de distance vis-à-vis du président Sarkozy mais le fruit d’un simple constat: en 10 ans, la perception de la politique qu’ont les Français a radicalement changé et leur attente  n’a plus rien à voir avec celle de 2007.

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1-​Laurent Wauquiez s’annonce comme le grand favori dans la course à la présidence ​des LR , sur une ligne politique essentiellement tournée vers la protection des classes moyennes, l’identité, et la lutte contre l’assistanat, semblant correspondre à la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007. Dans quelle mesure cette ligne politique peut elle être suffisante à un monde post-crise de 2008 ? Ne s’agit il pas d’une cause du divorce entre la droite et les classes populaires ? 

Laurent Wauquiez a clairement affirmé que Nicolas Sarkozy était sa référence. Il est vrai que sa ligne est proche de celle du président élu en 2007. Peut-être que cette approche peut lui permettre de gagner la faveur des militants dans l’optique de l’élection à la présidence du parti. Mais cela n’a rien à voir avec s’imposer comme un recours sur la scène nationale. Depuis 2007, nous avons complètement changé de monde. Il y a eu la crise économique, mais aussi les affaires DSK et Cahuzac, la défaite de 2012, le quinquennat Hollande, le terrorisme, « fillongate » la tornade « En Marche ». Refaire 2007 n’a plus aucun sens. Ce qui caractérise la France d’aujourd’hui, c’est la crise de confiance envers le politique. La lutte contre l’assistanat ou pour la réhabilitation du travail ne peuvent plus suffire à convaincre l’opinion, après les souffrances de l’exclusion et du chômage dues à la crise. Quant à l’identité, c’est un thème abstrait, qui renvoie à l’échec du débat sur l’identité nationale en 2009. Non, il faut prendre en compte les bouleversements intervenus dans la conscience collective et changer de logiciel. Vouloir reprendre telle quelle la ligne de 2007, après les bouleversements qui sont intervenus en 10 ans serait suicidaire.

2-Nicolas Sarkozy était parvenu à « arracher » les classes populaires au Front national en 2007​, mais dans un monde pré-crise. Ainsi, et alors que le Front national s’est ​re​trouvé​ en concurrence avec la France insoumise ​pour les catégories populaires, Laurent Wauquiez pourra-t-il échapper à ces mêmes difficultés ?

​Oui, bien sûr, la marge est étroite entre d’une part l’idéologie d’En Marche, axé sur l’individu-roi, et les « antisystèmes », de droite et de gauche. Les Républicains de M. Wauquiez ne pourront pas se contenter du thème du libéralisme économique et sociétal, qui aura été obéré par l’expérience Macron d’un point de vue idéologique – sans pour autant que les mesures nécessaires à la relance de l’économie française aient été prises. Quant au discours « identitaire », il restera la marque de fabrique du FN. Il me semble que les classes populaires sont avant tout attirées par le parti de l’abstention aujourd’hui. On ne réalise pas à quel point la France connaît une crise de sa démocratique. 51% d’abstention aux législatives, c’est un résultat vertigineux dont personne n’a conscience. Aujourd’hui, il est caricatural de penser que la grande masse des classes populaires est attirées par les partis supposés « antisystème ». C’est le rejet du politique, le sentiment que la démocratie est en panne, que la représentation ne fonctionne pas qui caractérise aujourd’hui les classes populaires. Les classes populaires dans leur majorité, ne croient en personne, ni au FN ni à France insoumise, ni LREM, ni aux Républicains. Il faut en être conscient ! Et dans les temps qui viennent, avec la politique et le discours de LREM, les mesures annoncées, les fractures du FN, la rupture entre M. Mélenchon et le parti communiste, les divisions chez les Républicains, ce fossé entre les classes populaires et le monde politique ne peut que se creuser toujours davantage.

3- ​Comment la droite pourrait elle retrouver un discours plus « séduisant » pour les classes populaires ? En quoi, malgré la défaite, l’accent mis par François Fillon sur le volet économique, en opposition à une ligne Buisson qui rejette cette problématique au second plan, peut-il être un exemple à suivre ? La droite Wauquiez a-t-elle finalement tirer les leçons de la défaite de François Fillon ?

La droite, je préfère le terme « les Républicains », n’a pas intérêt à chercher à séduire. La séduction  suivie de la déception a beaucoup trop sévi ces dernières années. Non, aujourd’hui, les leçons du psychodrame autour de M. Fillon et d’une campagne électorale désastreuse, n’ont pas été tirées. La France a besoin d’une véritable révolution de sa conception de la vie politique. Il faut sortir justement de la séduction, de la sur-médiatisation et de la tyrannie de la communication. Il faut mettre fin à la dérive du régime dans un culte de la personnalité qui touche à l’absurde et n’a pas d’autre objectif que de cacher la faillite de l’Etat et des politique dans de nombreux domaines. Il faut bannir l’ambition carriériste que les Français ne supportent plus. En réalité, il faut réhabiliter le discours de la vérité et du désintéressement personnel. La politique doit cesser d’être affaire de posture vaniteuse et se mettre au service de la nation et de ses habitants. Il faut une transformation radicale de la gouvernance de la France, en finir avec la personnalisation à outrance du pouvoir, l’autre face de l’impuissance et du renoncement. Le Gouvernement du pays doit être une affaire d’équipe et non d’une image idolâtre. Il faut recentrer la politique sur l’action, le choix le gouvernement et non la communication et les manipulations : comment sauver l’école, lutter contre l’insécurité, la violence et le communautarisme des cités, chercher une issue à la crise migratoire en traquant les passeurs criminels, alléger les charges sur l’entreprise pour créer des emplois. La vocation des Républicains est d’engager cette profonde mutation de la politique française pour la sortir de la dictature de la communication, la recentrer sur les mots d’ordre vérité et action.

 

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La décomposition s’accélère (ou la grande déflagration)

L’actualité politique est passionnante… les polémiques imbéciles fleurissent de partout, ces derniers jours autour de « la retraite de M. Wauquiez », du « couscous », des voyages de Mélenchon, de « Colbert », etc. Parfois, on se demande comment il est possible d’atteindre un tel degré de crétinerie.  Cette gesticulation ne suffit même pas à masquer l’essentiel: la décomposition politique reprend, à une vitesse vertigineuse. Des Républicains, écartelés entre constructifs, centristes et droitiers, il faut bien reconnaître qu’il ne reste plus grand chose. Le parti socialiste n’arrête pas de s’émietter, même son candidat, M. Hamon crée son propre mouvement. La vieille SFIO plus ou moins retapée lors du congrès d’Epinay en 1971 est cette fois vraiment à l’agonie. Encore plus intéressant, les extrêmes, les antisystèmes se décomposent à leur tour, le FN explose dans une grande déflagration, M. Mélenchon et le PCF divorcent. Quant au pouvoir en place, il est déjà aux abois, un record absolu après même pas un semestre: tragique absence de ligne, mesures symboliques qui indignent tour à tour la droite et la gauche, fragilité absolue d’un pouvoir sans assises dans le pays, comme hors sol, reposant sur le culte d’une image médiatique, effondrement de la popularité, lâchage en règle du monde médiatique dont il est la plus authentique créature… Mais le plus effroyable, dans tout ce phénomène d’effondrement accéléré de la politique française, c’est que nul n’a la moindre idée d’une issue possible à cette désintégration générale. La cause profond de ce phénomène? La disparition du sens de l’intérêt général, le triomphe partout, de la mégalomanie narcissique, cette grande force de décomposition… Et nul ne voit ce qui vient après. Nous savons qu’une crise prodigieuse se profile. Mais nous n’avons pas la moindre idée de la suite. L’Histoire, la « force de l’événement », ce monstre insaisissable dont les ressorts profonds échappent à notre entendement, aura certes le dernier mot. Mais aujourd’hui, nous vivons suspendus au-dessus d’un étrange abîme qui nous donne le vertige.

Maxime TANDONNET

 

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L’erreur fatale des Républicains

Ces derniers temps, j’ai été en contact avec l’un des principaux chefs de file des Républicains, un personnage que j’apprécie beaucoup, respecte et soutiens. Il me disait qu’il connaissait mes analyses sur les dangers de la personnalisation du pouvoir à outrance, mais que celle-ci était inévitable pour deux raisons: le culte du chef dans son parti et la nature du régime présidentiel. Je pense que la vieille politique est morte et que nous entrons dans un autre univers profondément différent. Depuis 30 ans environ, les Français ne cessent d’éprouver, d’année en année un dégoût grandissant envers la politique. Cet écœurement se cristallise sur des présidents de plus en plus impopulaires et rejetés par la population: VGE, FM, JC, NS, FH, EM. La chute est vertigineuse et elle s’accélère. La politique française ne cesse de s’abîmer dans un monde où le renoncement à l’action, l’impuissance à changer la vie (chômage de masse, insécurité, déclin intellectuel, etc) se traduisent, en compensation, par un culte de la personnalité médiatique, l’illusion de l’autorité du chef, dont l’effet est de dissimuler la faiblesse de l’Etat face aux enjeux du quotidien. Songer aujourd’hui à faire émerger un nouvel Hollande ou Macron de droite, pour remplacer l’actuel dans 5 ans est pire qu’une erreur, une faute, un incorrigible et stupide aveuglement. Il faut tirer les conséquences de cet hallucinant coup de balai donné en 2017 par l’électorat à la classe politique traditionnelle. Pour regagner la confiance d’un peuple, sans laquelle jamais aucune réforme crédible et authentique ne sera désormais possible, pour donner une nouvelle impulsion à la France et l’engager dans le monde moderne, il faut une transformation radicale, absolue, non pas seulement des visages, mais de notre conception même de la politique. Le présidentialisme, le culte indécent de l’image personnelle, ce naufrage permanent dans  l’abîme de la vanité au détriment du monde des réalités, de la réforme et du bien commun, deviennent viscéralement insupportables à la nation. Mais comment peut-on ne pas le voir? Les Français n’en voudront plus. La politique doit se recentrer sur le collectif, la modestie, la simplicité, l’action au service de la France. Dans le monde moderne, l’image du héros, de l’homme seul qui sauve le pays, du chef providentiel ne peut plus faire illusion sauf auprès des imbéciles. Seul un groupe déterminé de 12 ou 15 hommes et femmes, intrinsèquement unis par le sens de l’intérêt général, étrangers à la mégalomanie narcissique, ce mal du siècle, peut entraîner un pays dans la voie du redressement. Plutôt que de créer chacun son petit parti minable, il leur faut s’unir pour la France, comme une sorte de cabinet de guerre britannique, et non se chamailler comme des gamins pour satisfaire leur ego médiatique boursouflé. Mais comment le leur faire comprendre?

Maxime TANDONNET

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Anecdotes révélatrices

Attention! Si j’écris ce billet à la première personne, en abusant du « je », ce n’est pas pour la frime ni par mégalo-narcissisme, le mal du siècle, mais pour conter des anecdotes vécues telles quelles – parole d’honneur – qui en disent long sur l’air du temps.

Hier matin, sur le marché de ma banlieue parisienne, je suis allé discuter avec deux militants communistes qui vendaient l’Humanité dimanche et faisaient de la retape pour la Fête de l’Huma. Deux sexagénaires, du type retraités de la classe ouvrière, le genre à avoir adhéré au parti à l’âge de 14 ans et durement travaillé à l’usine pendant 40 ans, eux-mêmes enfants d’ouvriers communistes. L’un d’eux était un « sans dents » au sens propre du terme: il lui manquait plusieurs dents de la mâchoire supérieure: caries non soignées faute d’argent  pour finir les fins de mois dans leur enfance; enfin, j’imagine. Tous deux m’ont parlé du pouvoir actuel avec une rage et une haine indescriptible, dépassant de loin tout ce qui aurait pu être dit sur Sarkozy à la belle époque. Je ne peux même pas retranscrire ici leurs propos. Quand j’ai essayé de me faire « l’avocat du diable », j’ai senti une violente colère monter et suis passé à autre chose.

Hier soir, avec ma femme, soirée parisienne mondaine, costard/cravate. J’ai parlé à un homme d’affaire, encore jeune, golden boy, travaillant dans la finance internationale, dynamique, intelligent, enthousiaste. Il vouait une intense admiration au pouvoir actuel. La raison de cette extase: la suppression prochaine, enfin, la suppression annoncée, de l’ISF pour les valeurs mobilières. Il m’expliquait, entre les mots, que sa fortune placée en actions, atteignant quelque chose comme 20 millions d’euros, lui valait un impôt monstrueux au titre de l’ISF. Ce sera une « bénédiction », me disait-il. Me faisant, toujours, l’avocat du diable je lui objectais qu’il resterait l’ISF sur l’immobilier, frappant les propriétaires de maisons et d’appartement. « C’est pas un problème, me répondait-il, l’immobilier, on s’en arrange toujours (sic) » (j’imagine qu’il voulait dire: en achetant sa maison en Belgique ou en Suisse). Pour être franc, ce genre de discours, dans le même milieu, béatifiant le pouvoir actuel du fait de ses projets sur l’ISF cela fait au moins trois fois que je l’entends.

France dite d’en haut/ France dite d’en bas. Les deux France face à face, l’une sans frontière et l’autre « périurbaine », qui se regardent en chiens de faïence. Jusqu’où la grande fracture? Sans doute faut-il en effet réformer la fiscalité française pour lutter contre la fuite des capitaux et s’aligner sur le régime des autres pays Européens à cet égard, favoriser l’investissement y compris immobilier et l’emploi, tout cela dans un grand effort d’explication sans mépris ni condescendance. Cependant, il me semble qu’un pouvoir politique qui attacherait son identité, sur le plan du symbole,  à la suppression de l’ISF pour les (seules) valeurs mobilières, est voué à un rejet populaire massif et au désastre. Et même si nos mauvaises et grotesques institutions de la VIème République (ou Vème bis) lui permettent de tenir artificiellement 5 ans, moribond, cette longue période de survie jouera comme  compresseur de haine. Et si rien ne change, si tout continue sur le même pente – un pouvoir politique coupé de la sensibilité populaire, une opposition démocratique rongée par ses obsessions narcissiques, le résultat sera clair et net: la gauche radicale, dans 5 ans prendra le pouvoir avec l’aide de l’extrême droite (toujours dans la crétinerie du système présidentiel 1er tour/ 2ème tour), plongeant le pays dans un chaos indescriptible et ils ne restera à nos « financiers sans frontière » que leurs larmes pour pleurer ou leurs dollars pour fuir lâchement un pays à feu et à sang. Si rien ne change, j’ai dit…

Maxime TANDONNET

 

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Conservatisme ou évolution

Le parti républicain doit-il s’ancrer dans le conservatisme ou s’adapter aux évolutions de la société?  Voici la question – difficile – posée par Atlantico hier soir… Et mes réponses.

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1-​Ce 15 septembre, Jean François Copé a déclaré à propos de la PMA « Sur ce sujet, il faut évoluer, et donc, pour ma part,  je ne m’y opposerai pas ». En quoi la droite a t-elle besoin « d’évoluer »​ sur ce types de sujets ? Qu’est ce que la droite a à perdre à vouloir « évoluer » et qu’a-t-elle à ​y​ gagner ?

Il me semble qu’un sujet comme la PMA ne peut pas faire abstraction de la sensibilité personnelle des hommes ou femmes politiques. Un parti, une majorité ou une opposition peut difficilement imposer un carcan idéologique où tout le monde devrait se fondre. Cela reviendrait à obliger des personnes à se renier  et à trahir leur pensée profonde. Je ne pense pas que la question soit d’imposer une ligne unique sur un sujet qui concerne les convictions éthiques et éventuellement religieuses. Chacun doit pouvoir se prononcer en son âme et conscience. C’est une affaire de liberté d’opinion. En revanche les responsables politiques ne doivent pas non plus me semble-t-il tout réduire à la tactique politicienne, se positionner sur telle question pour se différencier, apparaître moderne et soigner une image. Donc je ne pense pas que « la droite » en tant qu’entité collective, ait besoin d’évoluer collectivement sur de tels sujets à dominante éthique, mais plutôt d’admettre que ces questions ne relèvent pas du clivage droite/gauche mais de l’intime conviction de chacun en évitant aussi de diaboliser et d’insulter ou de mépriser celui qui ne pense pas comme vous. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir de consensus sur un tel sujet tant il relève de l’intime. C’est là qu’une réflexion de fond et un vrai débat de société, fondé sur l’échange des arguments, serait nécessaire.

​ ​​2- Ne peut on pas voir dans les défaites électorales de la droite, une conséquence de ses « évolutions »​ passées ? D’un point de vue philosophique, que perd la droite en refusant le « conservatisme » ? 

Le conservatisme, c’est une étiquette, à connotation négative dans notre pays, un peu comme « la réaction ». D’ailleurs, la droite accuse aussi la gauche de conservatisme sur les réformes économiques. Je pense que personne ne doit se laisser enfermer dans des étiquettes. Il faut prendre chaque sujet au cas par cas et s’interroger sans a priori sur les bonnes solutions pour le pays. Le conservatisme signifie que l’on est favorable au maintien des choses en l’état. Or nul ne conteste que la France a besoin d’être réformée en profondeur. Je crois que personne n’a rien à gagner à se proclamer conservateur dans une société qui a besoin de transformations. En revanche, la droite devrait être beaucoup plus ferme dans ses convictions et dans la défense de ses valeurs éducatives, intellectuelles, qui sont le socle de la vie en société. Ainsi, quand le précédent gouvernement a supprimé ou fortement réduit l’enseignement du latin et du grec, peu de responsables politiques ont marqué leur opposition. Certains l’ont fait, mais la plupart avaient trop peur de se ringardiser en défendant l’enseignement des langues classiques. De même, la réduction de l’enseignement du français, de l’histoire ont un impact désastreux sur le long terme en affaiblissant le niveau scolaire des Français c’est-à-dire leur capacité d’adaptation et leur esprit critique. Face à cette réalité, la question n’est pas d’être conservateur ou de ne pas l’être, mais  de lutter contre une grave dérive.  Et cela personne n’a su le faire.

3- ​Dans un environnement politique français particulièrement mouvant depuis la campagne présidentielle, la droite n’aurait elle pas justement intérêt à se définir clairement, en ignorant les tendances de l’opinion ? 

Mais comment ignorer les tendances de l’opinion dans une démocratie ? Au contraire, il faut chercher des réponses aux attentes des Français. Voyez le sondage CEVIPOF sur la confiance des Français. D’année en année, il indique que 89% des Français pensent que les politiques ne tiennent aucun compte de ce que pensent les gens comme eux. La rupture entre les élites et le peuple ne cesse de s’aggraver. Elle se traduit par une poussée vertigineuse de l’abstention, plus de 50% aux dernières législatives, et par la montée du vote protestataire. Que disent les Français sur le chômage, l’école, l’autorité de l’Etat, la sécurité, la maîtrise de l’immigration ? Le rôle des politiques est d’être à leur écoute et de leur apporter des réponses. Ils doivent tenir un discours de vérité. Les gens n’attendent pas des solutions miracles. Ils veulent sentir que leurs attentes sont prises en considération par les dirigeants. La politique devient beaucoup trop une affaire de grand spectacle et d’image narcissique. La priorité absolue de la droite, dans l’avenir, est de la ramener au monde des réalités, en finir avec les postures pour se mettre au travail. Mon sentiment, c’est que dans l’avenir le mot d’ordre de la droite ne doit pas être le conservatisme, synonyme d’immobilisme ce qui serait suicidaire, mais le sens des réalités, de la vérité et de l’intérêt général. Mais nous n’en sommes malheureusement pas là…

 

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Lecture: Philippe Séguin, par Arnaud Teyssier, Perrin 2017

Demain sort en librairie la biographie de Philippe Séguin par l’historien M. Arnaud Teyssier, qui l’a bien connu et fut l’un de ses conseillers à la présidence de l’Assemblée nationale. Je recommande chaleureusement cet ouvrage  passionnant et fondamental pour la compréhension de l’histoire politique française de ces trente dernières années. Cette biographie est la première publiée après le décès de Philippe Séguin, donc complète, portant sur l’ensemble de sa vie.

Séguin est  né à Tunis en 1941, dans une famille issue d’un milieu modeste. La mort de son père sur le champ de bataille, engagé volontaire dans les forces de la France Combattante qui luttent contre l’armée hitlérienne  pour la libération de la France, alors qu’il n’avait que deux ans, est l’événement fondateur de sa vie. Elle est la clé de sa passion de la France qui imprègne son engagement et sa vie publique.

Il connaît, lors de son rapatriement en France, à la suite de l’indépendance de la Tunisie en 1956, une période d’adaptation difficile, sur le plan matériel. Cependant, il réussit de brillantes études: histoire, Sc Po Aix-en-Provence, l’Ena. Son rang à la sortie de cette école lui permet d’accéder à la prestigieuse Cour des Comptes. C’est Michel Jobert, secrétaire général de l’Elysée qui l’ayant repéré à sa sortie de l’Ena,  le présente à Georges Pompidou. Il est ainsi recruté comme conseiller à la présidence de la République. Il s’ouvre ainsi les portes de la politique et parvient à être élu député d’Épinal aux élections législatives de 1978.

M. Arnaud Teyssier revient sur les étapes de son ascension dans l’appareil du parti gaulliste, le RPR, dont Jacques Chirac est président. Il se fait remarquer à la fois par la clairvoyance et la justesse de ses analyses, ses convictions gaullistes et par son talent oratoire. Lors de la première cohabitation, en 1986-1988, il devient ministre des affaires sociales. Seconde grande étape de son ascension: en 1993, après la victoire du RPR et de ses alliés aux législatives, il est élu au Perchoir, à la présidence de l’Assemblée nationale. L’auteur présente Philippe Séguin dans toute la vérité du personnage, sans rien dissimuler: son exceptionnelle intuition visionnaire, sa passion de l’action et de l’intérêt général, ses qualités d’homme d’Etat – le dernier selon Arnaud Teyssier – mais aussi, derrière un physique impressionnant, un caractère compliqué.

L’ouvrage insiste fortement sur les grands combats de Philippe Séguin, et sa solitude face à la tyrannie de l’air du temps. Bien sûr, il a laissé son nom au combat contre le traité de Maastricht en 1992: « Un peu après 22H30, dans une ambiance très lourde, l’orateur monte à la tribune. Il s’engage alors dans un discours fleuve, de près de deux heures trente qui, malgré sa longueur, grâce à sa précision et à quelques morceaux de bravoure, produit une forte impression, sur le moment, sur les députés présents, mais surtout dans les jours qui suivent. » L’auteur raconte les coulisses de son fameux débat télévisé avec François Mitterrand, gravement malade, expliquant la modération du ton de Philippe Séguin, par respect pour l’homme affaibli comme pour la fonction présidentielle.

Arnaud Teyssier tord ici le cou à une légende mensongère: Séguin n’avait rien d’anti-européen, il était au contraire profondément attaché à l’unité européenne et en particulier à l’accueil dans l’Union des pays de l’Est rescapés du communisme soviétique. En revanche, il voyait avec une lucidité hors du commun le danger de fonder la construction européenne sur la logique d’une gigantesque usine à gaz bureaucratique. Sa crainte majeure tenait à la destruction de la démocratie nationale.

Dans une vision fulgurante, il annonce alors toutes les conséquences du traité: un chômage de masse irréductible, la fracture démocratique entre la Nation et ses dirigeants, les tensions et déséquilibres entre Etat européens qui iront jusqu’à l’explosion (aujourd’hui le brexit), la décomposition nationale, la poussée extrémiste, en particulier le risque d’une percée du FN en France une  perspective qui le révulse. On sait à quel point l’histoire lui donnera raison contre à peu près tout le monde.

Mais il y aura pire peut-être aux yeux de  Philippe Séguin: le trafic de l’histoire. Puisant son inspiration dans la pensée et l’action du général de Gaulle, la conscience omniprésente de son père qui a donné sa vie pour la France et qu’il n’a pas connu, il n’acceptera jamais la mode de la repentance qui s’empare des esprits dans les années 1990 et 2000. Son dernier combat sera avant tout intellectuel: dénoncer la mode de la haine de la France et de l’autoflagellation, rayonnante parmi les élites.

L’aspect le plus fascinant du personnage tient à sa dimension intellectuelle, sa passion de l’histoire, sa volonté d’articuler réflexion et action, et sa vision prophétique de l’avenir.  Bref, à cette lecture, on ne peut s’empêcher de se demander si l’intelligence retrouvera un jour sa place en politique, à l’ère de la tyrannie de la communication et de l’émotionnel et si un homme d’Etat resurgira du néant. Arnaud Teyssier, dans une écriture splendide, grâce à une documentation fouillée, une connaissance personnelle approfondie du personnage, nous raconte avec son talent habituel l’histoire d’une rébellion solitaire contre la tyrannie montante de la bêtise, du conformisme et de la lâcheté.

Maxime TANDONNET

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