Lecture: Churchill, Andrew Roberts (trad Antoine Capet), Perrin, 2020

Voici un livre absolument hors du commun, à l’image de son prestigieux sujet. Il vous prend à la gorge dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher tout au long de ses 1300 pages qui se lisent d’une traite. Une sorte de biographie parfaite, vivante, comme les Britanniques savent si bien les écrire, oscillant en permanence entre le quotidien et la grande histoire.

A la différence d’autres biographies de Churchill, ce livre nous fait découvrir l’homme en même temps que l’homme d’Etat. Et là, stupeur. Avec un talent hors pair, il nous raconte comment un personnage imprévisible, exubérant, se trompant souvent, franchement incorrect dans ses idées, pleurnichard, caractériel, invivable au jour le jour, transcende, sublime tous ses défauts pour s’imposer comme l’un des plus grands héros de l’histoire de l’humanité – en tout cas du XXe siècle.

Dès l’origine, Churchill est une sorte de paria. D’une mère américaine et d’un père issu de l’une des plus prestigieuses familles de la noblesse britannique, lord Randolph Churchill, fils du 7e duc de Malborough, homme politique ayant exercé les fonctions de chancelier de l’Echiquier, ses relations avec sa famille sont distantes et difficiles. De pensionnat en pensionnat, indiscipliné, il subit des châtiments corporels et les moqueries que lui valent son physique de « bouledogue ». Winston est rempli d’admiration pour son père, qui pourtant lui renvoie une forme de mépris: « Parce que je suis certain que si tu ne peux t’empêcher de poursuivre la vie indolente et sans résultat tangible que tu as menée pendant ta scolarité […] tu ne feras qu’un raté de la société […] et ton existence finira par dégénérer dans le malheur, la bassesse et la futilité. »

Son début de carrière est en effet chaotique. Soldat, il s’illustre lors de la guerre des Boers (Afrique du Sud), notamment par une évasion réussie. Reporter des armées, il se fait connaître du grand public par ses reportages sur tous les théâtres des conflits coloniaux (Indes, Soudan…). Succédant à son père, il est élu député à la chambre des communes du Conservative party. En octobre 1911, il est nommé premier Lord de l’Amirauté – ou ministre de la marine. Son nom pendant la Grande Guerre, s’attache à une bévue monumentale, l’assaut des Dardanelles (Empire Ottoman) en 1915 qu’il a inspiré et qui s’achève par un retentissant et sanglant fiasco avant de se porter volontaire pour servir dans la guerre des tranchées, au péril de sa vie qu’il n’hésite pas à exposer.

Dans l’entre-deux guerres, Churchill se manifeste par son extravagance. Ayant rompu avec le Conservative party avant guerre pour se rapprocher du Liberal party, il y retourne au milieu des années 1920. Mais il se signale en permanence par des prises de position jugées parfois douteuses à l’époque et qui seraient considérées comme monstrueuses au regard des valeurs dominantes d’aujourd’hui: un anticommunisme viscéral, ne cachant pas ses sympathies envers Mussolini (jusqu’à 1935), remerciant les fascistes italiens pour avoir selon lui « rendu service au monde entier » par leur combat contre « les appétits bestiaux du léninisme », son engagement pro-impérialiste et opposition radicale à toute idée de décolonisation voire même d’autonomie de l’Inde: « Mes opinions sur les Indes me satisfont parfaitement et il n’est pas question pour moi de les laisser ébranler par un de ces satanés Indiens ».

D’un caractère compliqué, il terrorise ses secrétaires avant de s’excuser platement, boit au moins une demi bouteille de champagne par jour et beaucoup de whisky à l’eau de Seltz, sombre dans de violentes colères hystériques et interminables lorsqu’il entend dire du mal de ses amis, mais redevient petit garçon devant sa femme, Clementine, joue en permanence avec l’autodérision. Churchill assume et même théorise le chaos de sa vie et de ses idées: « J’ai fait des tas de choses  stupides qui ont bien tourné et des tas de choses judicieuses qui ont mal tourné. Le malheur d’aujourd’hui peut conduire à la réussite de demain. » Tellement vrai… Il a d’étranges manies comme celle de construire de ses mains des murs dans sa propriété de Chartwell. L’ouvrage fourmille d’anecdotes qui mélangent l’humour à la tragédie. Dans un train, après un repas bien arrosé, Churchill commande au serveur une bénédictine. Puis, ayant entamé un énorme cigare, il réclame un cognac. « Mais Monsieur le Premier ministre vous venez de boire une bénédictine » lui dit le serveur. « Je sais; je veux du cognac pour la faire passer! »

Comment alors devient-il cet immense héros de l’histoire que nous connaissons aujourd’hui? Une horreur insatiable, violente, mortelle de l’hitlérisme, un mépris cinglant envers Hitler et ses tortionnaires devient la boussole de sa vie et de sa pensée à partir des années 1930 avec une obsession: détruire la barbarie.   Churchill entre en guerre contre la politique d’apaisement de la classe dirigeante britannique envers l’Allemagne hitlérienne, incarnée par Lloyd George, Baldwin et Chamberlain. Entouré de quelques amis de son club, The Other, tel Antony Eden, il fustige avec indignation chaque concession à la terreur nazie. A la veille des accords de Munich, il écrit à Lloyd George des mot appelés à devenir célèbres: « Je crois qu’il va nous falloir choisir entre la guerre et la honte […] et je n’ai guère de doute sur ce que sera la décision ».   La virulence de ces critiques contre la politique d’apaisement lui vaut la détestation de son propre parti qui veut l’exclure et lui retirer l’investiture. A la Chambre, quand il refuse de se lever pour saluer le départ de Chamberlain à Munich le 29 septembre 1938, il est conspué, sifflé, hué: « Debout, debout! »

Au lendemain de la signature des accords de Munich, par lesquels la France et l’Angleterre trahissent l’allié tchécoslovaque en l’abandonnant aux conquêtes hitlériennes, contre l’euphorie qui embrase la classe dirigeante britannique, persuadée que la paix est sauvée, Churchill écrit: « Je vais commencer par dire la chose la plus impopulaire et la moins bien venue: nous venons de subir une défaite complète, sans rémission. » Puis, « Il ne pourra jamais y avoir d’amitié entre la démocratie britannique et la puissance nazie, cette puissance qui bafoue la morale chrétienne, qui glorifie sa marche en avant par un paganisme barbare, qui vante l’esprit d’agression et de conquête, qui tire sa force de son plaisir perverti de la persécution […] violence meurtrière avec une brutalité sans pitié. » 

Churchill auquel les événements donnent raison est de retour à l’Amirauté le 3 septembre 1939, à la suite de l’attaque allemande contre la Pologne. Puis à la suite du déclenchement de la guerre éclair, le 10 mai 1940, soutenu par l’opinion publique, le roi Georges VI et une majorité trans-partisane de la Chambre des Communes, il remplace le faible Chamberlain au poste de Premier ministre. La force de l’homme de l’histoire tient à sa phénoménale détermination et son génie des formules qui bouleversent les cœurs et entraînent dans un irrésistible élan: « Je voulais dire à la Chambre, je n’ai rien à proposer, si ce n’est du sang, des efforts, des larmes et de la sueurs. Nous avons devant nous une épreuve de la plus grande cruauté. Nous avons devant nous beaucoup, beaucoup de longs mois de lutte et de souffrance. Vous me demandez: quelle est votre politique? Je répondrai: c’est de faire la guerre, sur mer, sur terre, dans les airs, avec toute la force que Dieu peut nous donner; de faire la guerre contre la plus monstrueuse tyrannie jamais surpassée dans le sombre et lamentable catalogue du crime humain […] Mais j’assume ma tâche le cœur vaillant et plein d’espoir. »

La suite ne fait que consacrer l’accomplissement de la volonté de Churchill. Chaque bombardement sanglant de l’Angleterre, destiné à décourager la population, ne fait au contraire que renforcer son unité autour de son leader. Promesse tenue: les représailles sur l’Allemagne ne tardent pas. Puis, les prédictions de Churchill se réalisent une à une: L’URSS entre dans la guerre ce qui donne lieu la première rencontre entre les deux géants, Staline et Churchill qui se haïssent au départ mais sont réunis par la volonté de détruire le nazisme. Puis les Etats-Unis interviennent à leur tour, à la suite de l’attaque de Pearl Harbor, mais déjà fortement engagés dans le soutien au Royaume-Unis par le système du prêt bail. La complicité – rugueuse par moment et profondément amicale- entre Churchill et le président Roosevelt, fait aussi l’objet de passionnants – et parfois comiques – épisodes de l’ouvrage.

S’adressant à la foule, à la suite de la capitulation allemande, le 7 mai 1945, le Premier ministre lui lance : « C’est votre victoire! » Le public lui répond dans une immense clameur: « Non c’est la vôtre! » Puis il reprend: « C’est la victoire de la liberté, de toute notre histoire, nous n’avons jamais connu plus grand jour qu’aujourd’hui. Chacun, homme ou femme, a fait de son mieux. Chacun a essayé. Ni les longues années, ni les dangers ni les féroces attaques de l’ennemi n’ont en quoi que ce soit, entamé la détermination indépendante de la nation britannique. »

Ce livre illustre à merveille ce qui fait la force d’une authentique démocratie. Churchill n’est pas un autocrate et encore moins un dictateur. Ses décisions émanent d’une discussion interne au War Cabinet. Il s’entoure de responsables civils et militaires qui lui tiennent tête, choisis pour leur forte personnalité et leur intelligence. Il ne supporte pas les courtisans qui ne durent jamais longtemps auprès de lui. Il n’a pas besoin de larves obséquieuses autour de lui mais de caractères. Il attend de son entourage qu’il lui résiste même violemment quand c’est nécessaire et qu’il réponde à ses colères. Il dirige le Royaume-Uni non par des oukases impérieux, lancés de là-haut ou des coups de menton prétentieux, mais par la force de conviction et de persuasion. Il peut arriver que des hauts responsables, y compris des généraux ou amiraux refusent d’appliquer ses ordres, en pleine guerre: cela signifie qu’il n’a pas réussi à les convaincre du bienfondé de ses initiatives. Mais quand son génie s’exprime au travers des formules magiques, il entraîne tout un peuple derrière lui.

Maxime TANDONNET

 

 

Publié dans Uncategorized | 21 commentaires

Fort avec les faibles et faible avec les forts

Rien n’est plus extraordinaire que cette juxtaposition française de la chicote quotidienne  et d’un apocalyptique chaos. « L’amour excessif de la licence, qui pénètre jusqu’à l’intérieur des familles conduit à l’anarchie et mène ainsi à la tyrannie (Aristote République, VIII) ». Mais aujourd’hui, anarchie et tyrannie vont de pair, sévissent non pas comme des étapes successives de la corruption d’un système, mais en parallèle, « en même temps ». La puissance publique, comme aux pires heures sombres du Moyen-âge, s’est donnée des boucs émissaires et des coupables de l’épidémie. Avec un zèle méticuleux qui fait froid dans le dos, et sans l’once d’une justification, elle s’acharne contre  ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre: millions de petits commerçants, libraires, restaurateurs, ruinés, dévastés, poussés au suicide, pratiquants, étudiants privés de leurs cours, saisonniers des stations de skis, citoyens isolés enfermés chez eux et condamnés à justifier chaque sortie au moyen d’un Ausweis (selon le terme banalisé dans la population). Ceux là, sont implicitement traités comme les propagateurs potentiels du covid 19 et une main de fer impitoyable s’abat sur eux. Mais à côté, la puissance publique ne peut que baisser les bras et reculer devant de gigantesques manifestations violentes qui se déchaînent dans toute la France. Des centaines de milliers de manifestants et de casseurs, massés les uns contre les autres, formant les plus monumentaux foyers (clusters) de contamination. La jauge de 8 m2, imposée aux commerçants, elle était respectée samedi place de la Bastille? Et les attestation des casseurs, correctement remplies? (Tellement plus facile de verbaliser une personne âgée – 135€ – pour une rature sur son laissez-passer!) Et songer à la misère du petit libraire et ses trois clients par heure, obligé de fermer pendant un mois, en comparaison avec cette foule immense et compacte, donne le vertige…  Au fond, c’est toujours la même histoire. Rien n’est plus facile que de soumettre à coups de menton la France pacifique et laborieuse. Mais face à la violence et au chaos, mieux vaut baisser lâchement les yeux et oublier covid-19.  Deux poids deux mesures. Fort avec les faibles et faible avec les forts, nouvelle devise nationale?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 51 commentaires

Une atmosphère explosive

Un an et demi avant les élections nationales, il est souvent question d’un climat de fin de règne. La situation est toute autre aujourd’hui, infiniment plus dégradée qu’une simple fin de règne. A quelques semaines de l’hiver, une atmosphère étrange enveloppe le pays, sans aucun précédent de mémoire d’homme.  L’air du temps se compose d’un mélange explosif de sentiments paradoxaux: 1/ l’apothéose de la défiance envers le pouvoir politique, résultat d’une succession de mensonges avérés notamment sur les statistiques du covid19 ; 2/ humiliation populaire face à l’embrigadement bureaucratique de la nation et son emblématique Ausweis (selon le terme convenu); 3/ sentiment de ridicule face au triomphe de l’absurdité kafkaïenne, sur la répartition autoritaire des bien essentiels et non essentiels, librairies interdites, jauges uniformes de 30 personnes dans les églises, les stations de ski ouvertes mais les remontées mécaniques interdites ; 4/ effacement de l’autorité à tous les niveaux, celle des dirigeants politiques, pires que discrédités, de plus en plus ressentis comme grotesques,  mais aussi image gravement troublée des forces de l’ordre; 5/ déchaînement de colères catégorielles, les catholiques devant les églises, commerçants et restaurateurs ruinés par les fermetures  nihilistes, soulèvement des artistes et milieux de la culture; 6/ dégoût, indifférence générale, lassitude et fatalisme; 7/ absence d’issue démocratique visible et crédible à ce jour. Le psychodrame politique sur « l’article 24 » de la loi dite de sécurité est le symptôme d’une équipe aux abois, déboussolée, en pleine déroute. Tous les ingrédients d’une formidable crise politique et sociale sont désormais réunis. Il ne manque plus que l’étincelle.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 86 commentaires

La covidocratie méprisante

Celui qui s’exprime ci-dessous est l’un des plus hauts représentants de la covidocratie au pouvoir, cette nouvelle caste d’une poignée de médecins et scientifiques, maîtresse de la peur, qui domine les médias et dicte ses ordres au politique :

Hier sur France Info: « A Noël, on peut aller chez Papy et Mamie. Il faut pas manger avec Papy et Mamie. Même à Noël. On coupe la bûche de Noël en deux. Papy et Mamie mangent dans la cuisine et nous on mange dans la salle à manger. »

Humour nous dit-on. Des centaines de milliers de commerçants et de restaurateurs voient en ce moment les efforts de toute une vie ruinés et leur famille plongée dans la misère. Les Français  sont privés de la liberté d’aller et venir, la plus précieuse de toutes et subissent l’humiliation de devoir justifier auprès de l’administration chaque sortie de chez eux. Des millions de jeunes gens et filles sont jetés dans l’enfer du chômage et du désœuvrement.  Les chrétiens sont interdits de messe. Des personnes âgées, privées de visites, souffrent et meurent dans la solitude des EHPAD. Les dépressions et les suicides se multiplient. Qui a envie de blaguer avec Monsieur le docteur?

Mais de fait, cette déclaration n’est pas anodine: elle s’adresse à la nation française et à chacun d’entre nous comme à un grand enfant irresponsable. Elle touche au paroxysme de l’infantilisation d’un peuple par la covidocratie, cette nouvelle caste dirigeante, maîtresse de la peur.  Au passage, elle reflète un sidérant mépris des personnes âgées. Ah, Monsieur le docteur, douze ans d’études pour en arriver là…

Quant aux mesures du déconfinement progressif annoncées hier, issues de la covidocratie, elles sont arbitraires, obtuses, bureaucratiques à l’image de toute la gestion d’une crise sanitaire depuis 10 mois.

Pourquoi un quota uniforme de 30 personnes dans les Eglises quelle que soit leur dimension?

Pourquoi avoir persécuté pendant un mois les libraires et les commerçants? Leur réouverture est annoncée pour le 28 novembre. Les biens dits non essentiels le mois passé seraient par magie devenus essentiels?  Cette réouverture, alors que le nombre officiel (déclaré) d’hospitalisations et de morts reste élevé, est l’aveu même du caractère monstrueusement bureaucratique et débile de leur fermeture.

Le 24 et le 31 décembre, exceptionnellement, la liberté d’aller et venir doit être rétablie pour permettre aux Français de faire la fête. Qu’est-ce que cela signifie? que les contraintes à la circulation, le reste du temps, ne servent à rien? Ou bien que si elles servent à quelque chose, le pouvoir sacrifie délibérément des vies le 24 et le 31 décembre?

Et 20 km de distance pour 3 heures d’autorisation de sortie, à quoi cela rime-t-il? 30 km, seraient plus contagieux que 20 km? Et 3 heures de sortie seraient sans danger alors que 4 heures favoriseraient l’épidémie?

Et les centaines de milliers de restaurants, bêtement, injustement et inutilement condamnés à mort alors qu’au prix de quelques précautions, ils sont infiniment moins propices à la contagion que les métros et les RER? Tout comme les pistes de ski, évidemment…

En outre, il est aussi désormais question de « mesures contraignant celles et ceux qui ont le virus ». Nous y voilà, il fallait en arriver là au bout de la chaîne: le malade montré du doigt, désigné comme le porteur du mal, le bouc émissaire à isoler au prix de la contrainte, assortie de sanctions et de contrôles. L’heure des pestiférés est de retour. Une société se juge à la manière dont elle traite ses malades.  Celle-là est odieuse.

La crise sanitaire est en train d’accoucher d’un monstre.  Derrière ce naufrage dans la bureaucratie tatillonne se profile la jubilation – presque libidineuse -, vertige de la toute-puissance, jubilation de mettre le pays et la vie intime de chaque français en coupe réglée. Mais attention: il paraît que 79% des Français seraient compréhensifs envers ces mesures liberticides et leur asservissement. Devant les maîtres de la peur, la France courbe la tête. La France est en train de devenir un vaste troupeau apeuré et bêlant de contentement, un peuple d’esclaves consentants. Va-t-elle un jour se réveiller?

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 100 commentaires

Dernières statistiques françaises de l’immigration

Une hausse des « premiers titres de séjour » délivrés reflétant le nombre de migrants autorisés à résider en France pour au moins un an : 125 000 en 1995 ; 186 116 en 2002 ; 183 893 en 2008 ; 193 655 en 2012 ; 210 940 en 2014 ; 217 5330 en 2015 ; 230 353 en 2016 ; 242 665 en 2017 ; 258 929 en 2018 ; 276 576 en 2019, dont par motifs,

90 000 familial

90 000 études

38 700 professionnels

36 200 humanitaires (réfugiés et étrangers malades)

NB : une grande partie de ces chiffres (indéterminée) correspond non pas à des entrées physiques l’année même, mais à des régularisations de migrants entrés des années auparavant : l’immigration irrégulière nourrit ainsi les statistiques de l’immigration régulière. En outre, le nombre  des immigrés qui repartent (parmi les étudiants par exemple) est méconnu, ce qui empêche de mesurer sérieusement le solde migratoire.

Par ailleurs, même tendance à la hausse des demandeurs d’asile (total incluant les premières demandes et demandes réexamen) : 20 000 en 1995, 45 000 en 2004, 61 468 en 2012, 162 640 en 2018, 177 822 en 2019. Il faut noter que seuls 30 000 à 40 000 environ sont reconnus comme réfugiés par l’OFPRA et la cour nationale du droit d’asile (en appel des décisions négatives de l’OFPRA). Les autres restent dans 94% des cas sur le territoire selon un rapport de la Cour des Comptes de 2016.

Le nombre des migrants se maintenant en France en situation illégale peut être estimée sur la base de l’Aide Médicale d’Etat qui leur est accordée : 150 000 bénéficiaires en 2004, 320 000 en 2019. Ce nombre ne mesure pas un flux mais celui des migrants présents à un moment donné. Il ne représente qu’un plancher car un nombre indéterminé de migrants en situation irrégulière ne sont pas inscrits à l’AME (selon certains experts, il faudrait le multiplier par 3 pour approcher le nombre réel des migrants clandestins sur le territoire, soit 960 000).

Les mesures d’éloignement forcé en dehors de l’espace de l’Union européenne ont atteint 8858 en 2019. Ce chiffre est en nette augmentation mais il reste marginal par rapport au nombre de migrants en situation illégale. On estime que 15 % seulement des décisions d’éloignement prises par les préfets sont mises en œuvre, pour deux raisons : l’enchevêtrement inextricables des procédures de recours contre les décisions d’éloignement qui combinent compétences du juge administratif et du juge des libertés ; le refus des pays d’origine d’accorder des laisser passer consulaires pour reprendre les migrants illégaux sur leur territoire.

Maxime TANDONNET

 

Publié dans Uncategorized | 46 commentaires

Mirages élyséens

L’heure des mirages à sonné. Dans un pays humilié, martyrisé, déchiré, saccagé par une classe dirigeante inepte, une partie des Français se remettent à rêver de l’homme providentiel. Qu’on me pardonne: aucun mépris de ma part et rien n’est plus naturel, en pleine noyade que de vouloir saisir une bouée.

Une partie de la France se met à espérer en l’étoile – les cinq étoiles –  du général de Villiers, perçu comme l’anti Macron. Pourquoi pas? Mais ce général ne dispose d’aucune expérience politique, d’aucun projet, d’aucun  parti politique ou réseau d’influence. Quelle majorité en cas d’élection? Il n’a évidemment pas la légitimité historique de l’auteur de l’Appel du 18 juin. Comme militaire, il va restaurer l’ordre, nous dit-on. Que croyez-vous? Qu’à la différence d’un politicien classique, il sortira les chars et les mitrailleuses pour placer la France en couple réglée? Evidemment non. Tout au moins faut-il espérer. Mais alors, quoi d’autre? D’ailleurs, il n’a même pas fait état de ses intentions. Les connait-il lui-même?

Autre mirage inverse mais tout aussi superficiel: la réélection assurée de M. Macron. Nous assistons à une grande vague onaniste des médias radios-télé sur de supposés « excellents » sondages de popularité faisant état de plus de 40% de confiance. D’où la croyance en une réélection facile (contre le Pen). Or, ces sondages de popularité mesurent la sensation d’un peuple en plein naufrage, conditionnée par la déferlante des images médiatiques. La crise  que nous vivons (terrorisme, covid-19), devrait susciter un formidable élan de la nation autour de son « chef ». Or, ces sondages dénotent plutôt un encéphalogramme plat et ne préjugent strictement en rien du choix d’un pays quand viendra l’heure du bilan. Les scores désastreux de LREM aux élections partielles sont probablement plus révélateurs de l’état d’esprit de l’électorat. Et puis même: comment reproduire, par la suite, le coup du LREM, cette formidable imposture amalgamant des gauchistes partisans de la polygamie (M. Tache) et des conservateurs (Mme Thill) autour d’un vaste marécage soumis et sans cohérence?

A côté des grands mirages, les petits mirages ne cessent de proliférer: Mme Hidalgo, et son « formidable » bilan à la mairie de Paris, M. Montebourg  qui revient par la porte dérobée de la grande famille « anti-système », un terrain pourtant déjà extraordinairement encombré (Mélenchon, le Pen, etc.) De fait, imperceptiblement, la décomposition se poursuit et la politique française n’est plus qu’un champ de ruines, un désert aride où prospèrent les mirages au détriment du pays et de ses habitants.

Il faut arrêter de rêver. L’expérience des derniers 200 ans devrait nous mettre en garde contre la foire aux illusions et aux mensonges. (Remember ce professeur agrégé d’histoire qui, en juin 2017, comparait – sérieusement – le président Macron à Napoléon Bonaparte). Une seule certitude, celle-là absolue: 2022 n’accouchera pas d’un sauveur providentiel. Il faut laisser  l’idée de sauveur providentiel aux imbéciles et aux courtisans.

Tout ce que nous pouvons espérer, c’est l’accession aux affaires d’une équipe de personnalités correctes, attachée à l’intérêt de la France plus qu’à leur obsessions vaniteuses, une majorité solide au Parlement, un PM digne de ce nom à Matignon qui en émanera (de cette majorité), un président discret, privilégiant l’action sur la communication, capable de prendre de la hauteur et de tracer un cap. La restauration de la France, sur le plan intellectuel, économique, social, scientifique, démographique, démocratique est un chantier d’au moins 50 ans qui engage la responsabilité de chaque Français.

Maxime TANDONNET

 

Publié dans Uncategorized | 126 commentaires

« Le bien, c’est le mal »

M. Obama, dans la conscience politique occidentale, incarne le « bien ». Peu importe son bilan de président des Etats-Unis sur le plan intérieur comme extérieur. Cela n’existe pas. Au regard de l’idéologie dominante, de l’air du temps, 98% du pouvoir médiatique et universitaire, les grandes chaînes de télévision ou de radio occidentale, en tant qu’incarnation vivante de la diversité, il est « le bien ». Comme M. Trump est le mal par définition, lui M. Obama est le bien, par définition.    Le titre de son livre de Mémoires, la Terre promise, le situe d’ailleurs dans une lignée prophétique, A promise land, Une terre promise, le monde meilleur ou le paradis annoncé. Pourtant, par delà cette éclosion du bien, de la perfection, de l’avenir radieux qu’il annonce, se glisse une phrase sidérante, concernant M. Nicolas Sarkozy qui fut pendant quatre ans l’un de ses partenaires privilégiés: « Avec sa peau mate, ses traits expressifs, vaguement méditerranéens, son père était hongrois, son grand-père maternel juif grec, et de petite taille, il mesurait à peu près 1,66 mètre, mais portait des talonnettes pour se grandir, on aurait dit un personnage sorti d’un tableau de Toulouse-Lautrec. » Soyons honnête: ces mots – l’original est pire que la traduction – sont parfaitement représentatifs des pamphlets racistes et antisémites de « Je suis partout », dans les années 1930 voire sous l’occupation allemande. Il renvoient à la haine du « métèque » désigné comme bouc-émissaire par les extrémistes fanatiques de cette époque. Pour tout dire, on croirait une caricature, un cliché antisémite des heures sombres. Une maladresse? Que nenni! Le livre a paru en anglais, puis en traduction française… Tout le temps pour réfléchir… Non, c’est autre chose. Dans un monde occidental déboussolé, nihiliste, en perte de ses repères et de sa mémoire, le « bien suprême », le « politiquement correct » accouche  du mal absolu; le mal absolu qui renaît presque naturellement, des entrailles du bien… Il fallait d’y attendre. D’ailleurs, le chœur des indignés habituels ne se manifeste guère. Imaginez-vous, exactement les mêmes propos, d’une personnalité étiquetée dans le camp du mal, portés envers une autre, présumée du bien – le tollé apocalyptique? Deux poids, deux mesures.   « Qui veut faire l’ange fait la bête » Pascal.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 96 commentaires

Daniel Cordier

Daniel Cordier vient de mourir à l’âge de 100 ans. Ayant rejoint de Gaulle et la France libre à Londres, dès l’appel du 18 juin, puis parachuté sur le territoire français,  secrétaire et bras droit de Jean Moulin, il fut un acteur et un témoin privilégié de l’histoire de la Résistance française. Son livre Alias Caracalla, Gallimard, 2009, est un formidable témoignage, l’un des plus captivants jamais écrits sur les heures sombres, sous la forme d’un journal de bord, ayant donné lieu à un film tout aussi remarquable de mon ami M. Georges-Marc Benamou. A départ, ils furent une infime minorité de quelques centaines d’hommes, guère plus, animés par la seule passion patriotique et la volonté de chasser l’envahisseur. L’immense majorité, 99,9% des Français, de toutes les sensibilités, y compris de l’extrême gauche communiste à l’extrême droite maurrassienne, en juin 1940, s’était résignée à la défaite et à l’armistice. Daniel Cordier faisait partie de l’infime poignée d’hommes – quelques centaines sur 40 millions d’habitants – qui tout de suite ont dit non. Lui était maurrassien à l’époque, avant de s’éloigner de l’Action française sous l’influence des résistants notamment de son maître Jean Moulin. Son histoire nous renforce dans la conviction qu’il faut toujours se méfier des grands mouvements grégaire de l’opinion, par exemple le soulagement de l’immense majorité du pays lors de l’annonce de l’armistice. L’histoire donne raison à l’infime minorité lucide, au solitaire qui assume sa solitude contre la masse et se met en travers de la marche du troupeau. Je me permets donc de recommander vivement la lecture de ce chef d’œuvre absolu qu’est Alias Caracalla, un monument de l’histoire de notre pays, de ses heures à la fois les plus sombres et les plus glorieuses. Bien sûr, l’engagement de cette poignée d’hommes offre un contraste avec l’affligeante médiocrité de la sphère politico-médiatique actuelle qui donne le vertige. Mais peu importe: sincèrement, Alias Caracalla fait partie de ses livres essentiel qu’il faut impérativement avoir lu.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 19 commentaires

Haut Karabagh: omerta sur un massacre

La situation du Haut Karabagh, enclave arménienne sur le territoire de l’Azerbaïdjan n’intéresse pas beaucoup la France dite d’en haut (politique, médiatique, institutionnelle). Le journal suisse le Temps a récemment parlé du massacre qui vient de s’y dérouler:

« Du 27 septembre au 9 novembre, les forces azéro-turques ont engagé des mercenaires djihadistes syriens, bombardé systématiquement les villes et les zones civiles avec des bombes à fragmentation et à sous-munitions, incendié les forêts avec des bombes à phosphore, décapité des prisonniers de guerre arméniens. Il n’y a aucun doute sur le projet de Bakou: détruire le Karabagh pour dissuader les Arméniens d’y retourner et écraser toute résistance. Le président azéri Aliyev avait déclaré à plusieurs reprises qu’il était prêt à un cessez-le-feu à condition que les Arméniens cessent le combat et se laissent donc envahir. Trois accords de cessez-le-feu ont été signés, tous les trois ont été violés par la partie azérie immédiatement après leur entrée en vigueur. La dernière déclaration, imposée par Poutine le 9 novembre 2020, a mis en place un cessez-le-feu à des conditions défavorables pour l’Arménie et en passant sous silence les questions relatives au statut futur du Haut-Karabagh. »

Ce qui est décrit ci-dessus ressemble à s’y méprendre à une opération d’asservissement et d’épuration ethnique, à quelques milliers de kilomètres de Paris. Alors pourquoi ce quasi silence, cette indifférence coupable ? En 1999, les puissances occidentales avaient fait la guerre à la Serbie ravagée par les bombardements, pour des exactions commises contre les Kosovars. Alors pourquoi, cette fois-ci, ce quasi silence, cette indifférence générale ?Parce que le monde occidental, corrompu par la bêtise de masse, le virus des virus, obnubilé par ses problèmes de santé et ses tourments électoraux, n’est plus capable de lever la tête. Parce que les Arméniens sont majoritairement de religion chrétienne et l’occident bien pensant, avec ses élites dirigeantes ou influentes, dominé  par la haine de soi et l’obsession de la repentance,  préfère toujours baisser les yeux quand des chrétiens sont massacrés par des islamistes et autres djihadistes guidés par un dictateur conquérant. Lors du génocide des chrétiens d’Orient par Daesh 2014-2017, quelques voix s’étaient tout de même élevées. Cette fois-ci, rien du tout, néant, silence total. Encore une immense lâcheté, digne de Munich 30 septembre 1938, signe patent de l’effondrement moral, politique, stratégique du monde occidental, un effondrement qui n’en est qu’à son commencement. Cette lâcheté, nourrie d’abrutissement, se paiera un jour très cher.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 86 commentaires

Tribune dans le Figaro de ce matin

Le confinement de l’automne ne ressemble en rien à celui du printemps. En mars-avril, la peur du covid 19 fut à la source d’une profonde résignation et d’un consensus en faveur d’une suspension générale de la liberté d’aller-et-venir. En témoignait la ferveur populaire autour de l’acclamation des soignants, chaque soir aux fenêtres des appartements. A 20 heures désormais, aucune clameur ne rompt le silence : cet élan unanime a disparu.

Un climat de défiance s’est, bien au contraire, installé à sa place. 75% des Français – ballottés par la houle des ordres et des contre-ordres – estime que le pays n’était pas prêt face à la « deuxième vague » (Elabe 29 octobre). Un doute s’exprime désormais sans complexe quant à l’efficacité de solutions autoritaires : « Vouloir arrêter une épidémie par le confinement revient à arrêter la mer avec les bras » déclare M. Jean-Loup Bonnamy, le 6 novembre, au Figaro.  Des voix s’élèvent pour déplorer le recul de la démocratie parlementaire au profit d’une gouvernance sanitaire. L’influence d’une poignée de médecins médiatiques, la toute-puissance d’un comité scientifique composé d’experts non élus et d’un « conseil de défense », habilité par l’état d’urgence à suspendre les libertés en dehors de tout contrôle politique, bousculent la tradition démocratique française, achevant de marginaliser le suffrage universel. Dans les éditoriaux et les discours, sur les murs de la cité, la formule de « dictature sanitaire » n’est désormais plus taboue.  « Vous êtes rétive aux remèdes ; mais nous saurons vous soumettre à la raison ! » jette Sganarelle, le médecin de Molière, à Jacqueline la servante[1].

D’ailleurs, dans les profondeurs de la nation, les restrictions aux libertés sont de moins en moins supportées, comme si, pour la première fois, l’attachement à la liberté l’emportait, chez les Français, sur la peur du covid-19, malgré une situation sanitaire alarmante. Ainsi, 60% d’entre eux reconnaissent avoir violé les règles du second confinement (Ifop, 12 novembre). La même enquête souligne l’ampleur des dégâts psychologiques qui affectent 52% des personnes interrogées. Jusqu’où la vie quotidienne, la vie confinée, privée de mobilité, de perspectives sociales, professionnelles et familiales, vaut-elle la peine d’être vécue ? Et que dire de l’honneur bafoué d’une nation qui se sent infantilisée par ses élites dirigeantes ? Le regard que portent les voisins européens sur un peuple dont les habitants sont condamnés à remplir une attestation bureaucratique pour sortir de leur domicile, et devoir justifier, comme des gamins immatures, chacune de leur sortie, est ravageur pour la dignité des Français, comme en témoigne l’article du journal allemand Die Zeit du 12 novembre qui parle d’Absurdistan.

Les Français ressentent comme une humiliation supplémentaire de se voir imposer, comme à des enfants ou des « majeurs incapables » privés de discernement, des règles fixant leurs besoins « essentiels » et non « essentiels ». Ils ne comprennent pas le choix arbitraire – et tellement emblématique de l’obscurantisme bureaucratique – d’autoriser la vente de tabac ou de chocolats mais de leur interdire d’acheter des livres en librairie. Ils n’acceptent pas le chantage permanent sur « Noël et les fêtes de fin d’année », l’ingérence dans leur vie privée d’un ordre sanitaire qui prétend leur dicter jusqu’au nombre des convives à leur table. D’ailleurs, cet ordre sanitaire, par son contraste avec la violence et le chaos qui rongent les zones de non droit, donne l’image d’une autorité à géométrie variable qui nourrit le sentiment d’injustice.

Face à l’épidémie, le choix de privilégier une logique de pénitence collective atteint désormais ses limites. Un grondement sourd remonte en ce moment des entrailles du pays. Des chrétiens bravent les interdits et les menaces en se réunissant malgré l’interdiction devant les églises. Les associations culturelles et sportives manifestent leur désarroi. Les commerçants, les artisans, les restaurateurs ruinés se mobilisent face au mépris d’une France dite « d’en haut » qui les taxe de « poujadisme » et ferme les yeux sur leur détresse, celle de femmes et d’hommes de tous les âges, de toutes les opinions et de toutes les origines, ayant consacré des années à bâtir leur gagne-pain. Un vaste élan national de solidarité (par-delà quelques récupérations infamantes), est en train de naître dans le pays autour de cette détresse comme en témoigne le succès de plusieurs pétitions réclamant la réouverture des magasins.

La crise sanitaire exacerbe la fracture démocratique entre la sphère dirigeante qui offre une image de déconnexion ou d’intransigeance obtuse et l’immense majorité silencieuse, des sans-dents aux Gaulois réfractaires, blessée dans sa dignité.  Quand l’exaspération commence à prendre le pas sur la peur du covid-19, dans un contexte économique et social désastreux, condamnant une génération à l’enfer du chômage et 10 millions de personnes à la pauvreté, l’heure de tous les dangers approche.

Maxime Tandonnet, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, essayiste, auteur de nombreux ouvrages dont André Tardieu, l’Incompris, Perrin, 2019.

[1] Le médecin malgré lui, scène IV

 

Publié dans Uncategorized | 88 commentaires

Lecture: Napoléon, la certitude et l’ambition, Charles-Eloi Vial, Perrin/BNF 2020

Voici un ouvrage exceptionnel que viennent de publier les éditions Perrin en partenariat avec la BNF: Napoléon, la certitude et l’ambition de Charles-Eloi Vial. Cette biographie de 250 pages est particulièrement agréable à lire, mêlant de paragraphe en paragraphe, la grande et la petite histoire, réalisant le miracle d’offrir une vision panoramique de la vie et de l’œuvre de Bonaparte, animée d’une multitude d’anecdotes qui font découvrir l’homme derrière l’homme d’Etat:

« Ses habitudes (d’Empereur), avaient un peu évolué depuis le Consulat. Levé très tôt, habillé par son valet Constant, il commençait par signer les ordres dictés la veille au soir. Il lisait et annotait des dizaines de rapports qui lui parvenaient des quatre coins de l’Empire, dictait le courrier du jour, ses ordres, notes et projets de décrets, puis parcourait les journaux et les rapports adressés par les nombreux informateurs payés afin de l’informer des rumeurs courants dans toutes les couches de la société, des salons littéraires aux loges maçonniques. Vers dix heures,  il partait déjeuner, les cuisines lui préparant quelques macaronis, gratins de chou-fleurs, poulets rôtis, volailles en sauce, le tout arrosé de Chambertin coupé d’eau. Il mangeait toujours très rapidement, tout en conversant avec certains conseillers, puis passait plusieurs heures à relire et signer les décrets prêts à être promulgués ainsi qu’à l’expédition des lettres dictées le matin: plus de 40 000 sont passées entre ses mains. »

L’auteur expose admirablement le génie d’un personnage qui a su rétablir l’ordre en mettant fin au chaos révolutionnaire, puis opérer une formidable synthèse entre l’héritage de la révolution et la tradition catholique et monarchique française en façonnant de ses mains la France nouvelle, la France des préfets, du Concordat et du code civil. Il explique avec un talent pédagogique hors pair l’engrenage des guerres napoléoniennes, contre une Europe qui au fond, n’a jamais admis sa légitimité et raconte comment cette logique d’affrontement sans fin, animée par l’Angleterre hostile à sa suprématie continentale, a forgé sa gloire avant de conduire presque inéluctablement à sa perte.

Cet ouvrage a la particularité d’être merveilleusement illustré, page après page, par les estampes de la BNF: innombrables portraits, cartes, manuscrits, paysages qui lui donnent un caractère enchanteur. Il a la particularité d’être destiné à deux publics de prime abord bien distincts: tout d’abord celui des passionnés d’histoire et plus particulièrement d’histoire napoléonienne qui y apprendront une multitude d’informations nouvelles et découvriront d’authentiques petites merveilles de la BNF; mais ensuite, celui des jeunes filles et garçons de la génération qui n’a pas (ou si peu) entendu parler de Napoléon à l’école. Ces derniers découvriront, dans un livre à la fois simple et sérieux, l’émerveillement de l’histoire à travers l’une des plus stupéfiantes épopées de l’histoire de l’humanité. Voici un cadeau de Noël idéal pour offrir à nos enfants ou petits-enfants mais aussi à nos amis et à nos parents!

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 17 commentaires

L’explosion qui approche

Chacun sent bien que le deuxième confinement ne passe pas dans le pays. Les sondages globaux sont faussés par le climat de peur. Sous l’effet de la crainte de la mort, les sondés répondent qu’ils sont prêts à tout accepter pour sauver leur peau. Mais dans les profondeurs de la nation, les mesures autoritaristes et liberticides du pouvoir ne sont pas acceptées. Cette fois-ci, les Français vivent comme une humiliation collective les laisser-passer obligatoires pour sortir de chez soi. Ils ne supportent pas que le pouvoir leur impose, comme à des enfants immatures,  sa vision des produits « essentiels » et non « essentiels ». Ils ne comprennent pas le choix arbitraire – et tellement emblématique – d’autoriser la vente de tabac mais de leur interdire d’acheter des livres en librairie. Ils n’acceptent pas le chantage permanent, puéril, du pouvoir sur « les fêtes de Noël et de fin d’année ». Ils jugent inadmissible les restrictions apportées à leur liberté de circulation et les interdictions de voir la famille. Ils ressentent comme inepte l’ordre moral imposé d’en haut par un pouvoir jupitérien et ses ingérences dans la vie privée voire intime, quant au nombre de personnes admises à table. Les contrôles et la répression envers les passants paisibles sont vécus comme abusifs et inacceptables alors que la violence se déchaîne dans l’impunité habituelle au cœur des zones de non droit. Les croyants sont indignés de l’interdiction de célébrer leur culte. Ces mesures ne passent absolument pas dans les profondeurs du pays: elles sont ressenties par la France comme inutiles, inefficaces et illégitimes. L’impression d’arrogance obtuse qui tombe de là-haut suscite un profond malaise tout comme la morgue de dirigeants incapables d’admettre leurs fautes et prompts à se défausser de leur responsabilité sur la population. La défiance touche à son paroxysme. Un grondement sourd remonte des entrailles du pays, ce grondement qu’un pouvoir déconnecté, aveuglé par des sondages mensongers, ne saurait entendre. Ne l’entendez-vous pas ce grondement? L’aveuglement, l’autoritarisme, un comportement obtus, sourd à tous les arguments de bon sens sont les signes d’un pouvoir faible, en perdition, déboussolé. La révolte commence à prendre le pas sur la peur: dans un contexte économique et social épouvantable, nous sommes à la veille ou l’avant-veille d’une violente explosion et d’une crise politique d’une exceptionnelle gravité.

Maxime TANDONNET

 

Publié dans Uncategorized | 123 commentaires

Le virus du mépris

Dans l’approche générale qui préside au traitement politique et médiatique de la crise du covid 19, un mot s’impose avec force: celui de mépris. Il est une bonne vieille tradition idéologique française, à l’image du médecin de Molière, s’adressant à une servante: « vous êtes rétives aux remèdes, mais nous saurons vous imposer la raison »; puis Jean Jacques Rousseau, « Ils seront forcés d’être libres »; Saint Just, persécutant « les ennemis de la liberté »; jusqu’à Thiers qui voulait faire taire la « vile multitude » en supprimant le suffrage universel (1850).

Depuis hier, un sondage Ifop fait la une des médias radios télévision: 60% des Français ne respectent pas les règles du confinement! L’esprit de cette enquête et l’impact qui lui est donnée par les radios et télévisions en dehors de la moindre approche critique, est symptomatique de l’air du temps putride qui empoisonne l’atmosphère de ce pays. Cela recouvre ainsi des personnes qui ont dépassé de quelques minutes la limite d’une heure pour sortir de chez soi ou du kilomètre de rigueur, ou bien qui ont dû, dans une rue vide de toute passant, baisser 10 secondes leur masque pour respirer ou chasser la buée des lunettes. Ce sondage montre que le naufrage de la France dans l’asservissement bureaucratique, sous l’effet de la peur, ne se limite pas à des choix politiques mais qu’il a envahi la sphère mentale de la France d’en haut, politique, administrative, sondagière, médiatique, « intellectuelle ».

Ce sondage révèle un esprit de délation banalisé à grande échelle: frapper les gens du sceau de l’infamie. La France dite « d’en haut » politico-médiatique désigne ainsi sa victime émissaire: la populace, la vile multitude, coupable de ne pas respecter les règles. Elle fait du pays profond le responsable de cette calamité et elle en appelle à son châtiment exemplaire en le privant le cas échéant de « Noël et des fêtes de fin d’année » comme si la « fête », était aujourd’hui la préoccupation essentielle d’une nation en ruine et dévastée par le chômage, le désœuvrement et le désespoir d’une grande partie de ses jeunes. Coupable Madame Michu ! Coupables les sans-dents! Coupables les Gaulois réfractaires! Elle s’exonère ainsi de ses propres responsabilités et de turpitudes dans le traitement de ce dossier depuis un an. Pardon de me répéter: le scandale absolu n’est pas l’existence de ce sondage, ni même sa large diffusion, ni même l’état d’esprit répugnant dont il témoigne, mais l’instinct grégaire, la tyrannie du troupeau, l’absence de toute espèce de vision critique d’une pareille ignominie.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 67 commentaires

Solidarité avec les commerçants

L’impuissance que l’on éprouve devant la bêtise, l’injustice et l’ineptie sont la source d’une authentique souffrance intérieure. Que faire d’autre que d’exprimer, du fond du cœur, notre immense compassion et solidarité avec ces Français arbitrairement privés de leur droit à exercer leur métier et à vivre de leur travail au prétexte débile que leurs prestations ne seraient « pas essentielles »?

Les commerçants de nos quartiers ne sont pas responsables d’une immense faillite politique française face au covid 19 et l’hécatombe de ses 40 000 morts. Les salons de coiffure, les magasins de vêtement et les librairies, avec les précautions infinies prises par leurs propriétaires, ne contribuent pas à la propagation du virus. Ils ne sont bien entendu pas plus propices à l’épidémie que les bureaux de tabac qui eux, ont le droit de rester ouverts, comme les grandes surfaces, les bureaux, les transports en commun. En France, on a le droit de s’intoxiquer, mais pas de se cultiver ni de s’habiller ni de soigner sa coiffure.

Pourquoi avoir désigné les petits commerçants comme boucs-émissaires de cette sanglante débâcle? Les nouveaux (néo)-socialistes au pouvoir sous le sigle EM n’ont pas vraiment changé.  Le petit commerçant ou artisan incarne une figure maudite de l’imaginaire dite progressiste : une survivance de l’entrepreneur individualiste résistant aux grands mouvements de la globalisation. En le frappant, au profit des hypermarchés et des plateformes Internet (Amazon), les idéologues au pouvoir pensent toucher au cœur ce qu’ils abhorrent depuis toujours : ce qu’ils croient être le poujadisme, ou le populisme. Ils ont le sentiment de prendre leur revanche sur les Gilets Jaunes et autres « sans dents » ou Gaulois réfractaires.

Cependant, ils oublient l’essentiel: derrière cette figure honnie du petit commerçant ou artisan, se profile celle de femmes et d’hommes, souvent jeunes, ou très jeunes, de toutes origines, qui ont investi leur épargne et consacré des années passionnées de leur vie à la création et à la vie de leur petit commerce. Et ceux là n’étaient pas aux 35 heures socialistes, ni à la retraite à 60 ans, ni même aux 5 semaines de vacances + les RTT. Les voilà bêtement, méchamment, injustement punis, privés de leur gagne-pain, foudroyés par décision discrétionnaire, bureaucratique, absurde au sens kafkaïen.  Imagine-t-on le pouvoir décider soudain que la paye des fonctionnaires est interrompue et qu’ils sont privés de toute ressource? Non, mais c’est exactement ce que vous faites aux petits commerçants de France, ceux qui font vivre nos quartiers et nos villes, auxquels vous avez interdit de vivre de leur travail. Principe constitutionnel, la liberté du commerce est tranquillement et lâchement violée. Il faut mettre fin à ce cauchemar au plus vite mais en attendant, nous renouvelons notre infinie solidarité aux commerçants et aux artisans, victimes de la bêtise humaine.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 106 commentaires

Réflexion sur l’anniversaire de la mort du Général

La journée d’hier était consacrée à la commémoration du décès du Général de Gaulle, comme chaque 9 novembre, avec une solennité particulière puisque la France célébrait le cinquantième anniversaire. Etrange tradition: pourquoi célébrer ainsi, en grand spectacle médiatique, l’anniversaire d’une mort? On aurait pu fêter celui de sa naissance, quelque 13 jours plus tard, le 22 novembre, mettre davantage l’accent sur le plus grand moment de sa vie, l’appel du 18 juin, ou son entrée à Paris le 24 août 1944, ou encore la fondation de la Ve République, son œuvre maîtresse, adoptée par référendum le 19 septembre 1958. Mais non, il faut que tout converge sur la date de sa mort, la fin, la disparition. On célèbre d’habitude les moments heureux; alors pourquoi l’anniversaire d’un décès? Comme si au deuil se mêlait toujours un lâche soulagement; comme si la France d’en haut, médiatico-politique, confite dans l’hypocrisie, la France post soixante-huitarde – cette même France qui l’a tant insulté et traîné dans la boue avant de le chasser – tout en faisant aujourd’hui semblant d’adorer son héros historique, dansait de joie autour des cendres de celui qui incarnait un Etat, une autorité, une morale, une pensée, une démocratie nationale et un ordre profondément détestés et méprisés aujourd’hui. Et d’ailleurs, dans son testament, le Général refusait par avance tout hommage solennel, notamment la présence de dirigeants politiques lors de ses obsèques à Colombey. Pourquoi trahir, 50 ans plus tard, l’esprit de cette ultime volonté par cette espèce de danse médiatique et de récupération politichienne autour du souvenir de sa disparition?  La quête du sauveur? Il n’y aura plus de sauveur providentiel. Seuls les imbéciles incultes osent se comparer au chef de la France libre, héros de la Libération de la France. Leur place n’est pas dans les Palais de la République, mais à l’asile de fous, aux côtés de ceux qui se prennent pour Napoléon. Les Français ne doivent pas rêver ou se faire d’illusion. Cette fois, ils n’auront plus de Charles de Gaulle pour sauver leur honneur, parce qu’un tel personnage n’existe plus et d’ailleurs, même l’honneur n’existe plus. Ils n’auront plus de sauveur ni de père de la nation ni de héros. Cette fois-ci, les Français ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes. Puissent-ils commencer à se reprendre en main en cessant d’élire toute sorte de pitres aussi nuisibles que narcissiques.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 74 commentaires

Médecins malgré eux

« – Il ne sera pas mauvais de vous faire quelque petite saignée aimable, de vous faire quelque petit clystère dulcifiant.

– Mais, Monsieur, voici une mode que je ne comprends point.

– Il n’importe, la mode en est salutaire; il faut se faire aussi saigner pour la maladie à venir.

– Ma fi! Je m’en moque et je ne veux point faire de mon corps une boutique d’apothicaire.

– Vous êtes rétives aux remèdes; mais nous saurons vous soumettre à la raison! »

(Molière, le médecin malgré lui, scène IV)

Ainsi Sganarelle parle à Jacqueline, comme nos médecins médiatisés parlent à la France: « Vous êtes rétives aux remèdes; mais nous saurons vous soumettre à la raison! » Les supposés médecins qui ont envahi depuis presque un an l’espace politico-médiatique sont à l’image des médecins de Molière. Ce sont de faux médecins: tout médecin digne de ce nom soigne les malades dans un cabinet médical ou un hôpital. Dès lors que les urgences sont saturées, débordées, asphyxiées, leur place n’est pas dans les salons de maquillage des télévisions mais auprès de leurs patients. Un vrai médecin ne pavoise pas sur les écrans de télévision pour y gesticuler et déverser sa logorrhée.

Le médecin-politique ou médiatique est ce qu’on appelle un charlatan: « Je suis médecin passager, qui vais de ville en ville, de province en province, de royaume en royaume pour chercher d’illustres matières à ma capacité, pour trouver des malades dignes de m’occuper […] Je veux des maladies d’importance: de bonnes fièvres continues avec des transports au cerveau, de bonnes fièvres pourprées, de bonnes pestes […] C’est là que je me plaît, c’est là que je triomphe » (Molière, le Malade imaginaire, scène X)

Ces faux médecins qui ont pris la France en otage et imposent leur diktat quotidien au pouvoir politique terrifié à l’idée de perdre la prochaine élection, ou pire, d’être traîné devant les tribunaux, voient tout par le petit bout de la lorgnette. Ils se trompent depuis le début avec leurs élixirs de charlatan. Leurs remèdes, dignes de la saignée de Molière, sont pires que le mal.  Privés de culture générale, de vision de l’histoire et de sens de l’Etat, enfermés dans leurs certitudes scientifiques issues d’études mal digérées qu’ils ont oubliées à force de fréquenter les coulisses du pouvoir et les salons de maquillage, ils ne cessent d’attiser et de trafiquer la peur, de fabriquer une France fiévreuse, mesquine, renfermée chez elle. Un médecin qui veut faire de la politique et de l’esbroufe médiatique doit renoncer à la médecine. Le mélange des genres conduit à une monstrueuse impasse: une nation doit être gouvernée, pas soignée comme un malade.

Ainsi, l’esprit étroit, réduit, incapables de toute remise en cause, comme les pires médecins, ils ont dramatiquement amplifié la catastrophe sanitaire avec leurs confinements généraux et forcés, contraires à tout bon sens. L’épidémie se transmet avant tout par voie domestique à l’intérieur des familles. Pour la combattre, il faut ouvrir les portes et les fenêtres pas les fermer. Il faut vivre, bouger, briser les chaînes et non croupir et dépérir derrière des barreaux. Ils ont détruit l’économie française (-15% de PIB après le premier confinement), condamné une classe d’âge (18-30 ans) au chômage, au désœuvrement, au désespoir, jusqu’au suicide,  humilié le pays en détruisant, saccageant sa liberté, ridiculisé la France avec l’invention bureaucratique des petits laisser-passer nécessaires pour sortir de chez soi. Pire, l’interdiction des livres, tellement emblématique du despotisme de la bêtise.

Pour vaincre l’épidémie, il fallait faire tout le contraire de leurs saignées de Molière : parler à la France le langage de la sagesse et de la confiance, en expliquant plutôt qu’en contraignant, adapter les réponses à chacun, se donner les moyens de tester et soigner (voilà quel était leur rôle), aérer le pays, respecter l’honneur et la dignité des Français, leur intelligence, leurs libertés et leur proposer de grands horizons d’espérance, les laisser sortir et vivre, marcher dans la forêt ou sur les plages, acheter des livres en librairies, pour leur donner la force – et l’envie – d’affronter la maladie car le grand large, l’air pur de la liberté qui circule, la passion des livres, protègent mieux de la maladie que l’espace moisi et confiné d’une prison à domicile. La France est victime des charlatans – faux médecins – et de la lâcheté des politiques qui leur ont abandonné le pouvoir.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 90 commentaires

L’abominable système présidentiel américain

Il ne faut pas se tromper: les Etats-Unis sont une grande nation, première puissance mondiale, terre d’innovation, de dynamisme et de mobilité, qui plus est, pays le plus ouvert et le plus hospitalier au monde à ceux qui l’aiment. Et n’oublions jamais ce que nous leur devons (1917-1918 et 1941-1945). Le déroulement de l’élection présidentielle 2020 en donne une image totalement dévoyée quasi monstrueuse: combat de vieux coqs hargneux, soupçons de fraudes massives, hallucinante partialité des médias et des réseaux sociaux – déclaration de Trump censurée par twitter -, judiciarisation, ruissellement d’argent (Biden a récolté 4 fois plus de fond des multinationales américaines), affligeante médiocrité des belligérants: le CV de M. Biden peut-être futur président des US fait froid dans le dos. Que le politiquement correct américain se soit cristallisé sur un tel visage, à l’heure de la grande chasse au harcèlement, est proprement invraisemblable et souligne la tempête de folie qui souffle. Ces élections donnent l’image d’une république bananière, sans foi ni loi, chaotique, désorganisée, corrompue jusqu’à la moëlle. Le spectacle offert est celui d’une violente déchéance, naufrage dans la violence médiatique, un pays au bord de la guerre civile. Tel est le fruit du système présidentiel à outrance: la conscience collective se polarise sur l’image médiatique d’un ou deux individus qui ne sont probablement pas, sur le fond, si différents l’un de l’autre, couvrant le néant absolu des débats d’idées et de projets. Il favorise une exubérance émotionnelle (amour ou haine) au détriment de la raison et de la réflexion; des passions nihilistes (vides) poussées jusqu’à la démence; se greffe sur un climat d’abrutissement et d’abêtissement général. Il amplifie artificiellement la polarisation de la société sur deux idéaux-type, celui l’Amérique profonde d’une part et celui des « élites » multiculturelles d’autre part. Il envenime les déchirements d’une société, attise les haines et l’intolérance, favorise la médiocrité insigne. La différence avec la France? Le grand cirque américain, cette effarante misère politique, est compensé par l’existence d’autres pôles de pouvoir: le Congrès, les Etats américains, de puissantes collectivités territoriales, le peuple qui peut être consulté par référendum dans chaque Etat. En France, nous n’avons même pas ce filet de sauvegarde. Ne rions surtout pas des Américains. Le trucage avéré des élections présidentielles de 2017 n’était pas mieux, bien que sous des formes moins tonitruantes. Le système français est au moins aussi minable et corrompu que celui des Etats-Unis.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 79 commentaires

Entretien avec « Droite de demain » sur l’état de la démocratie française

Avec Droite de demain, voici un club de pensée autour d’un site Internet engagé dans la réflexion autour de l’avenir de la France et de sa reconstruction. La méthode: le seul débat d’idées plutôt que les calculs, l’idolâtrie et les magouilles. Un beau site intelligent, une belle initiative qu’il convient d’applaudir et d’encourager. C’est pourquoi j’ai eu le plaisir et l’honneur de répondre à leurs questions.

1.Selon vous l’ambiance du pays est elle anxiogène et ronge-t-elle notre démocratie ?

Oui, je n’ai jamais vu la France dans un tel état. La confiance du pays en ces dirigeants s’est effondrée. Une enquête Opinionway du 25 octobre dernier montre que 79% des Français ont l’intention soit de s’abstenir aux prochaines élections, soit de voter antisystème. La France est plongée depuis dix ans dans la tourmente : vague d’attentats islamistes, crise migratoire, gilets jaunes, chaos de la réforme des retraites, covid 19, et tout cela sur fond de chômage et de violence. A cet interminable naufrage du pays correspond le sentiment d’une déconnexion croissante de sa classe dirigeante. Ce décalage est la source d’un climat de défiance profonde, l’impression diffuse que les hauts responsables nationaux privilégient leurs satisfactions de vanité sur le destin du pays, interdisant ainsi toute perspective d’union sacrée.

2. Quel regard portez-vous sur la gestion du Covid 19?

C’est toujours délicat de juger la gestion d’une crise par d’autres et je suis absolument incapable d’affirmer que des dirigeants différents auraient fait mieux ou pire. Pourtant, l’impression générale est celle d’une équipe désemparée, déstabilisée, à la remorque des événements qu’elle ne maîtrise pas : masques, tests, nombre de lits en réanimation, petits commerces… La cause profonde ce désarroi est intellectuelle, fruit du déclin de l’enseignement de l’histoire, de la littérature, des sciences et de la philosophie. La culture générale est la clé d’un bon gouvernement dans les périodes difficiles. Elle donne la hauteur, la faculté d’adaptation et la lucidité nécessaires au pilotage de la nation en temps de crise : tout ce qui a manqué.

3.Le terrorisme islamiste a hélas encore frappé. Pourquoi l’islamisme a-t-il pris autant d’ampleur sur le sol français, et comment la France peut-elle faire face à ceux qui la menacent ?

270 morts depuis 2012 et la série se poursuit, inexorablement. Un autre sondage, Fiducial Odexia du 30 octobre révèle que seuls 26% des Français font encore confiance au gouvernement pour lutter contre le terrorisme. C’est un chiffre dramatique. Chaque massacre donne lieu aux mêmes réactions : hommages solennels, indignation, coups de menton. Tout était dit le jour où un Premier ministre a déclaré : « Il va falloir s’habituer à vivre avec le terrorisme ». C’est exactement ce qui s’est passé. Depuis le début de cette vague tragique, tout le nécessaire n’a pas été fait pour y mettre fin par exemple en matière de contrôle de la frontière et de répression des sites djihadistes. Les deux décisions du Conseil constitutionnel, cet été, annulant les dispositions législatives destinées à lutter contre la propagande islamiste sur Internet et à contrôler les sortants de prison, soulignent à quel point la classe dirigeante est loin de la prise de conscience nécessaire.

5.Vous êtes essayiste et vous enseignez en Université. Selon vous a-t-on déshumanisé l’enseignement de l’histoire ?

Sur plusieurs décennies, l’enseignement de l’histoire a été largement dénaturé. L’histoire en tant que récit fondé sur des personnalités, des événements et des faits sociaux a été plus ou moins abandonnée. On en a fait principalement un enseignement de civilisation sur une base thématique plutôt que chronologique (l’Europe, le capitalisme, le socialisme, l’islam, la Chine, etc.) L’objectif n’était plus de fournir des repères historiques sur lesquels fonder une personnalité mais de façonner des esprits au relativisme. Certains étudiants bacheliers, aujourd’hui, n’ont jamais entendu parler de Napoléon. L’idée est de créer, non des hommes et des femmes ancrés dans une culture et une histoire, mais des individus déracinés, interchangeables et manipulables à merci, prêts à s’agenouiller devant n’importe quel roitelet. Il n’y a pas que l’histoire, le déclin de l’enseignement du français, de la philosophie, des sciences, la suppression du latin, vont dans le même sens.

6.Nous vivons en pleine défiance à l’égard des politiques et de nos politiques, quel jugement portez-vous sur cette crise de citoyenneté ?

Après les Gilets Jaunes, nous avons atteint, pendant la crise du covid 19, un nouveau sommet de la fracture démocratique. Les deux France, celle des élites dirigeantes et celle du peuple ne se comprennent plus et ne se supportent plus. La perte de confiance est à double-sens. Les dispositifs de confinement appliqués par les autorités nationales ou locales reposent sur la logique bureaucratique, la contrainte, les contrôles et la sanction plutôt que sur un climat de confiance, au point d’engendrer un sentiment d’infantilisation et des incompréhensions par exemple sur la fermeture des commerces de proximité. Mais en sens inverse, les errements du discours officiel – par exemple sur le dossier des masques – ont suscité dans l’opinion une impression de dissimulation voire manipulation. La méfiance, dit-on, appelle la méfiance et le fossé continue de se creuser inexorablement entre le peuple et ses dirigeants…

7.Lors du séminaire parlementaire des LR, l’invité et ancien ministre Jean-Louis Borloo a prononcé ces mots : »Nous ne faisons plus Nation », qu’en pensez-vous ?

 C’est une formule de Monsieur Borloo. Il est vrai que la nation n’a plus le sens qu’elle avait il y a un siècle, quand toute une génération était prête au sacrifice de sa vie pour la France. Il est vrai aussi que l’archipel français de Jérôme Fourquet est une réalité, entre les quartiers bourgeois et les quartiers populaires, la France des élites et la France périphérique. Pour autant, la France en tant que nation est toujours vivante et il est possible, en la respectant, de lui redonner de l’espoir et de l’unité.

8.Selon vous qu’est-ce que la droite de demain ?

Justement, dans ce climat délétère, le temps est venu d’offrir un contre-modèle, montrer que la vie politique peut être autre chose qu’un grand cirque narcissique, une affaire de posture, de communication et de coups de menton stériles. Il faudrait pour cela placer au premier rang de ses priorité la réconciliation entre la nation et sa représentation politique, refonder la démocratie française dans ses profondeurs. Avec un message : les politiques ne sont pas des gourous et la politique n’est pas une affaire d’idolâtrie ni de roitelets mégalos. Les politiques ne sont rien d’autre que les humbles serviteurs de la nation, au service, le temps nécessaire, de son redressement. Il est de travailler à la reconstruction de la France : la relance de l’économie par l’entreprise, le recul des prélèvements obligatoires et de la dette publique, la lutte contre la pauvreté, l’éradication de la violence et de la barbarie, la maîtrise des frontières, l’unité nationale, le rétablissement de l’école et de l’égalité des chances…

Publié dans Uncategorized | 63 commentaires

Touche pas à nos livres!

De tous les choix idéologiques accomplis par l’équipe au pouvoir depuis 2017, l’un des plus révélateurs est le classement du livre parmi les « produits non essentiels » qui justifie la fermeture des librairies, à l’inverse des commerces alimentaires, ou électroniques, décidée dans le cadre du confinement.

Longtemps, une toute autre vision a dominé l’attitude des dirigeants français face au livre. La mesure la plus cruciale à cet égard fut la décision d’instaurer un prix unique en 1982. Pour protéger le réseau des librairies, indispensable à la diffusion du livre en luttant contre le dumping des grandes surfaces, l’Etat interdisait toute modification du prix fixé par l’éditeur, de plus de 5% à la hausse comme à la baisse. Le livre était ainsi sanctuarisé comme un objet au-dessus de tous les autres, au nom du respect dû à cet outil de l’intelligence, de la culture et de la transmission du savoir, ainsi placé au-dessus des lois du marché et de la concurrence.

Aujourd’hui prévaut un principe inverse : le livre, considéré comme un produit non essentiel, vaut moins qu’un téléphone portable ou une tablette électronique.  En quarante ans, sous l’effet de l’idéologie dominante, le statut du livre a basculé de celui de bien sacralisé à celui de produit inférieur, non essentiel à la vie quotidienne des Français. Que s’est-il passé ?

Tout d’abord, l’idéologie du « nouveau monde » ou de la « transformation de la France » est à l’œuvre. Elle repose sur le dogme de la table rase, voue aux gémonies l’histoire, les racines, la tradition qui ancre la personne dans une culture. Or le livre est le symbole même de la transmission du savoir : « la lecture de tous bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs, et même une conversation étudiée, en laquelle ils ne nous découvrent que les meilleures de leurs pensées » (Descartes).

Le livre fait ainsi obstacle au rêve d’engendrer un homme neuf, apuré de ses racines et de sa culture, privé de tout esprit critique, donc interchangeable et manipulable à merci, au cœur de l’idéologie dominante dans le monde occidental. Il retarde la mutation de la France en « start up nation », débarrassée du boulet de son histoire et de sa culture.

Le livre est un outil de résistance et un contre-pouvoir redoutable. Qui peut prendre possession de la conscience d’un homme ou d’une femme capable de s’émerveiller en lisant les Rêveries du promeneur solitaire, les Mémoires d’Outre-Tombe, Notre-Dame de Paris, les Misérables, ou de s’évader du château d’If avec Edmond Dantès ? Qui pourra jamais guider la pensée et la conduite d’un passionné de Montaigne, de Molière ou de Péguy ? Qui saura soumettre le lecteur ébloui de Pantagruel, du Tartuffe ou du Misanthrope ; asservir l’amateur passionné d’une biographie de Charles de Gaulle ou de Winston Churchill ? Pour engendrer un troupeau servile, bêlant de conformisme et prêt à s’agenouiller devant n’importe quel roitelet, mieux vaut vendre des smartphones et des jeux vidéos que des livres.

Le mépris des livres, à travers la fermeture administrative des librairies quand d’autres commerces sont autorisés est un signe patent de l’abêtissement des élites dirigeantes françaises. De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand incarnaient des générations pour laquelle le livre était un objet de vénération, la matérialisation de l’intelligence, de la culture générale, de la liberté de pensée, une arme absolue de résistance à tous les fanatismes. Jamais l’idée saugrenue de fermer les librairies, sous aucun prétexte, même dans la pire des apocalypses, ne serait venue à l’esprit des personnalités de cette époque.

« Quand j’ai un peu d’argent, je m’achète des livres, et s’il m’en reste, j’achète de la nourriture et des vêtements » (Erasme). La dégradation de l’image du livre dans notre société, qui s’exprime à la perfection dans le choix politique de ne pas le considérer comme un bien essentiel, au point d’en interdire la vente, est sans doute le signe le plus patent du déclin intellectuel des élites dirigeantes françaises. Se rendent-elles compte qu’en empêchant les libraires de promouvoir le rire de Rabelais, la raison de Voltaire et de Montesquieu, elles favorisent les idéologies de l’intolérance telles que la barbarie islamiste ? Il faut craindre que non…

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 43 commentaires

Vertige de l’incohérence

La raison, paraît-il, est la chose la mieux partagée au monde. Qui empêchera jamais un Français lambda de vouloir raisonner? La tentation autoritariste se résume en une formule: « obéissez sans réfléchir« .  En France, ce principe a toujours été voué à l’échec. Le dispositif « deuxième vague » comporte des incohérences qui sautent aux yeux de tout un chacun. Les bureaux de tabac sont ouverts mais les librairies et les fleuristes fermés. En quoi les librairies et les fleuristes sont-ils plus susceptibles de transmettre le covid19 que les bureaux de tabac? Les grandes surfaces restent ouvertes – où s’entassent des milliers de personnes – mais les petits commerce de quartier (hors alimentaire) sont fermés. En quoi les petits commerces de quartier sont-ils plus susceptibles de transmettre le covid19 que les grandes surfaces? Dans les grandes surfaces, les rayons alimentaires sont autorisés mais les non alimentaires fermés. En quoi les rayons non alimentaires sont-ils plus susceptibles de transmettre le covid19 que les rayons alimentaires? Qui et selon quels critères est habilité à définir ce qui est produit essentiel ou ne l’est pas? Les Français sont bouclés chez eux, assignés à résidence, mais les écoles sont ouvertes et les enfants ou adolescents vont et viennent de leur établissement à la maison où les parents sont confinés. Il y a-t-il pire solution que d’exposer à la contamination des personnes entassées dans un logement confinés ou entrent et sortent des enfants et adolescents scolarisés? « Ces prodiges d’erreurs, d’aveuglement, de ténèbres, entassés et enchaînés ensemble, si grossiers, si peu croyables… » [Saint Simon, Mémoires – Fautes de la bataille d’Höchstadt]. Tout cela n’aurait guère d’importance si le gagne-pain et la raison d’être, la vie quotidienne de millions de Français n’étaient pas en jeu. Le même état d’esprit prévaut en permanence, expliquant par exemple la faillite des 80 km/h, de la taxe carbone, la crise des gilets jaunes, etc. Arrogance et mépris de la classe dirigeante totalement déconnectée des réalités, qui prend les gens pour des imbéciles sans voir qu’elle creuse ainsi son tombeau. Nous sommes à la veille d’événements dramatiques. Il suffit de le savoir. Tiens encore une belle citation: « Une fois la décision prise, rester sourd aux meilleures objections: preuve de caractère, donc à l’occasion, vouloir être stupide » (Nietzsche, Par delà le bien et le mal, n° 107).

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 137 commentaires

Lecture: une histoire inédite de la France en 100 cartes, Jean Sévilla, Perrin, 27 €

Pardon. Ce compte rendu de lecture ne tombe pas au meilleur moment quand un pouvoir politique ferme les librairies, les bibliothèques et empêche ainsi la diffusion des livres, sans doute pour la première fois dans l’histoire de notre pays.

Il est ici publié dans l’espoir d’un retour rapide à la raison, au respect de la liberté et de la culture. Parler d’un livre permet aussi de s’élever en altitude au-dessus de l’atmosphère putride et de respirer un bol d’air pur et frais.

Voici un merveilleux ouvrage, une formidable synthèse de l’histoire de notre pays axée sur une abondante cartographie que le texte commente et valorise. Bref, la rédaction est au service de l’illustration, ce qui rend le livre particulièrement accessible et agréable à lire.

L’ouvrage sous couverture cartonnée est une superbe réalisation qui fera un cadeau de Noël idéal destiné à la fois à susciter la passion de l’histoire, à perfectionner les connaissances historiques d’amateurs avisés et à offrir une vision globale, panoramique, du récit national, de la formation de la France par son territoire. Même les plus fins connaisseurs de l’histoire de France trouveront à apprendre de ce livre exceptionnel.

Il présente, carte après carte, l’histoire de la formation de la France comme entité historique dont l’identité se fonde principalement sur un territoire.  La naissance et l’affirmation de l’idée même d’une unité politique s’imposant peu à peu sur cette ère géographique, la France, y est racontée étape par étape. Les conquêtes de Clovis, l’acte fondateur de son baptême, les déchirements du royaume mérovingien entre la Neustrie, l’Austrasie, la Burgondie et l’Aquitaine, apparaissent sous un jour nouveau au lecteur.

L’empire carolingien de Charlemagne, puis son éclatement entre ses petits-fils lors du traité de Verdun, 843, à la source de l’Europe contemporaine sont merveilleusement illustrés. L’histoire de l’Europe chrétienne, à travers la carte des églises et des monastères – nul ne pourra nier, après cette lecture, l’existence des racines chrétiennes de la France – puis celle des grandes invasions normandes qui font l’objet d’un soin particulier.

L’essentiel de l’ouvrage est consacré à l’émergence progressive de la nation moderne, sous la dynastie des capétiens, d’Hugues Capet à Louis XVI. Nous découvrons, règne après règne, de carte en carte, avec l’explication lumineuse qui s’y rattache, comment les rois de France en particulier Philippe Auguste, Charles VII, Louis XI, Louis XIV, ont construit en 800 ans la France par l’extension progressive du domaine royal au détriment de puissants comtes (par exemple les Plantagenêt) dont l’allégeance au monarque était bien plus théorique que réelle et qui ne cessaient de le défier.

L’époque contemporaine est enfin traitée à travers de multiples cartes qui illustrent les guerres de la Révolution et de Napoléon, le détail des grands conflits  de 1914-1918 et 1939-1945, enfin l’histoire politique du pays à travers l’évolution – tellement révélatrice –  de sa cartographie électorale.

Pour un grand moment de bonheur et le plaisir infini de s’instruire, à l’heure où plus que jamais, l’identité de la France est bousculée et balloté dans tous les sens, cette histoire par les cartes, fondée sur l’évolution d’un territoire où s’implantent les racines, tombe à point nommé. Merci à M. Jean Sévilla, pour ce chef d’œuvre.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 15 commentaires

Soutien aux libraires de France

Image | Publié le par | 49 commentaires

Retour de l’état d’esprit pétainiste (par Henri Guaino)

(Ci-dessous, un texte admirable de mon ami Henri Guaino, issu de sa page FB. Je n’ai pas réussi le joindre ce matin mais je suis sûr qu’il ne m’en voudra pas de reproduire ce beau texte)

Il y a 27 ans, Philippe Séguin dénonçait un « Munich social ».Cet esprit munichois se répandait dans tous les domaines. Comme l’histoire nous l’a appris, après Munich, il y a Vichy. Osons nommer la cause de nos malheurs : l’Occident en général, l’Europe, la France en particulier, vivent depuis des années le grand retour du pétainisme et en subissent les conséquences de plus en plus délétères. Il ne s’agit pas de l’idéologie pétainiste qui était dans le programme de la révolution nationale de Vichy. Il s’agit plutôt de ce que l’on pourrait appeler le pétainisme psychologique, l’état d’esprit pétainiste, que Pétain et les pétainistes de 1940 n’ont pas inventé, parce qu’il est aussi vieux que l’humanité, mais dont ils ont été la dernière incarnation en date, et avec quelle intensité, dans l’histoire de France. L’état d’esprit pétainiste, il est dans l’injonction : français vous devez souffrir, vous devez vous soumettre, vous devez obéir parce que vous devez expier. Il est dans « Français vous devez expier vos fautes, » Français nos relâchements sont la cause de notre défaite ». Il est dans la peur comme ressort de l’obéissance. Il est dans la culpabilisation comme légitimation de la soumission et de la punition. Le pétainisme c’est l’esprit de la collaboration opposé à l’esprit de résistance. C’est l’esprit du sauve-qui-peut qui marchande l’honneur, la fierté, l’estime de soi, la liberté. Inavoué, inassumé, le penchant pétainiste est la seule expression qui me vient à l’esprit pour nommer la profonde crise morale qui nous a conduit dans la situation où nous nous trouvons et qui nous y enferme. Crise morale et non crise de moral, comme le répétait Philippe Séguin.

Pour faire bref :

–pétainisme économique : politique sacrificielle, politique d’austérité, vous devez vous serrer la ceinture, parce que vous devez expier vos fautes. Quelle faute ? Vous avez trop bien vécu! La rédemption économique, donc, par la souffrance. Nous n’avons pas fini d’expier. En 2017, un candidat à la présidence de la république ne répondait-il pas à une infirmière qui déplorait le manque d’effectifs et de moyens des soignants : « je ne vais quand même pas augmenter la dette de la France »?

–Pétainisme culturel : en pactisant avec les minorités agissantes, en acceptant une soumission à leurs dictats. Nous leur laissons le champ libre dans les universités, nous leur livrons des quartiers, nous consentons à ce qu’ils interdisent de parole ceux qui les dérangent… Nous fermons les yeux, nous baissons la tête, certains se mettent même à genoux. « Français vous devez expier vos fautes ». Lesquelles ? D’être ce que vous êtes, d’être des enfants du christianisme, de l’humanisme, des Lumières, de la République. Vous devez demander pardon pour votre culture, votre histoire votre civilisation, d’être la France, d’être l’Occident. Nous n’avons pas fini d’expier.

–Pétainiste scolaire : ses mots d’ordre sont « pas d’ennuis », « pas de vague ». C’est l’état d’esprit pétainiste qui laisse les résistants sans défense, qui les livre aux violents, aux fanatiques, aux totalitaires.. Si les résistants sont agressés, c’est de leur faute, ils l’ont bien cherché… Au bout, pas de censure officielle, les apparences sont sauves. Mais l’autocensure, la censure qui ne dit pas son nom, la censure qui n’a pas besoin d’être imposée du dehors, qui vient du dedans de l’être, la pire de toutes. Le pétainisme ne combat pas le totalitarisme, il finit toujours par s’en faire l’instrument.

–Pétainisme sanitaire : il a contaminé tout l’Occident « la cause de notre défaite est dans notre relâchement » et notre « esprit de jouissance »… Et pour faire obéir les peuples, rien de tel que la politique de la peur, la pire de toutes les politiques, la pire psychologiquement, la pire moralement, celle qui fait remonter à la surface ce qu’il y a de pire dans l’homme, celle qui sépare les gens, qui les dresse les uns contre les autres, qui conduit à la délation, à la violence aveugle, celle qui fabrique des boucs émissaires, la politique de toutes les tyrannies. La peur qui ne se maîtrise plus, la peur qui fait des peuples d’esclaves. La peur que l’épidémie réveille et avec laquelle il ne faut jamais jouer, qu’il ne faut jamais manipuler, même pour une bonne cause, parce que c’est un jeu trop dangereux.

On pourrait allonger la liste de tous les accommodements honteux, des misérables petits arrangements dont nous sommes tous coupables soit de les avoir approuvés, soit de les avoir supportés. L’état d’esprit pétainiste : celui qui pousse un peuple à se coucher en croyant se mettre ainsi à l’abri. Mais un peuple qui se couche, c’est un peuple qui prend le risque d’être piétiné.

Publié dans Uncategorized | 71 commentaires

Versatilité de l’opinion

Un sondage Odexa, publié ce matin dans le Figaro, indique que 70% des personnes interrogées sont satisfaites du « reconfinement ». A la lecture de cette enquête, la première image qui vient à l’esprit est celle d’un troupeau servile, acéphale, bêlant de lâcheté, prêt à renoncer à sa liberté et à son honneur, à sa dignité la plus élémentaire, se soumettre à n’importe quel ordre bureaucratique, privé de discernement et du moindre esprit critique face aux mensonges avérés et aux manipulations les plus flagrantes et les plus évidentes, indifférent à la destruction de son économie, du tissu de ses entreprises, de ses librairies, ses restaurants, de ses emplois et de ceux de ses enfants. Il n’est pas le seul d’ailleurs: l’immense majorité des maîtres penseurs et des commentateurs de la radio et de la télévision marchent au pas, petits soldats de la pensée unique alignés sur la tyrannie de la peur. Le climat général est à la soumission, la servilité, une lâcheté telle qu’on ne pouvait même pas la soupçonner.

Et puis on se rassure. Le même pourcentage, voire mieux, ou pire, aurait sans aucun doute approuvé les accords de Munich du 30 septembre 1938 qui ouvrent la voie de la seconde guerre mondiale ou l’armistice du 21 juin 1940, ces deux fautes gigantesques que l’histoire s’est chargée de châtier. Rien n’est plus versatile, instable et imprévisible qu’une opinion publique. Le 26 avril 1944 une foule gigantesque, des centaines de milliers de Parisiens- les historiens ne le disent pas assez mais les photos et films en témoignent – acclamait Pétain à Paris sur le parvis de l’hôtel de ville et dans les rues tout autour avant de lui faire un triomphe dans les avenues de la capitale. Puis, le 25 août 1944, la foule, sans doute la même en grande partie, se retrouvait sur les Champs Elysées pour acclamer de Gaulle et la Libération et un an plus tard, Pétain était condamné à mort à la satisfaction générale. L’opinion est une foule virtuelle, mesurée par les sondages. Elle est prête à basculer, s’enflammer à la première étincelle. Voilà pourquoi les sondages réalisés à chaud n’augurent absolument rien de l’avenir.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 34 commentaires

L’interminable cauchemar

Deux femmes et un homme ont été massacrés à l’arme blanche ce matin en basilique Notre-Dame de Nice par un islamiste. La volonté d’extermination des chrétiens, à l’œuvre au Moyen-Orient et en Afrique, trouve désormais son prolongement sur le territoire français. Les tortionnaires sont partout, infiltrés dans la population, frappent toujours les plus fragiles, des hommes et des femmes en prière dans une église. A chaque fois, quand l’indifférence et la résignation guettent, quand le fatalisme ou l’habitude gagnent les esprits, il faut se dire: et si, gisant dans cette mare de sang, c’était ma femme, mon fils, mon frère ou mon père? Mon meilleur ami? La souffrance intérieure comme le désespoir, devant un pays en plein effondrement, sur tous les plans, est aussi une force, la dernière qu’il nous reste. Cette douleur qui nous broie les poumons, en songeant à l’état présent de la France, devant tant de lâcheté, de bêtise, de mégalomanie, d’indifférence et d’hypocrisie, elle est aussi la source de notre résistance. « Il va falloir s’habituer au terrorisme » disent-ils ou pensent-il. Depuis 2015, la France s’est calée sur ce dogme: 270 tués. Les hommages solennels et larmoyants ne règlent jamais rien. Les gesticulations, les crises d’hystérie quotidiennes et les coups de menton non plus: ne font qu’amplifier le désastre. La politique devrait être l’action et rien que l’action: sur les politiques migratoires et de nationalité, le contrôle des frontières, la lutte en amont contre l’insécurité, la surveillance des lieux sensibles, Internet, les fins de peine, l’école, la mobilisation générale contre le mal absolu, tout reste à faire. Et la vigilance oubliée? Le malheur de s’être trompé de guerre.

MT

Publié dans Uncategorized | 60 commentaires

Pénitence

Le nouveau confinement est d’une nature différente du premier. Le confinement de mars/avril pouvait s’interpréter comme un choix absolument exceptionnel. Dès lors qu’un nouveau confinement est décidé six mois plus tard, l’exception se transforme en banalisation. Le confinement est désormais entré dans l’habitude, la normalité. Les épidémies sont aussi anciennes que l’humanité. Toute épidémie, à l’avenir, au nom de la protection de la vie humaine, pourra justifier la destruction radicale de la liberté, l’assignation à résidence de la population – emprisonnement à domicile – l’humiliation des petits formulaires indispensable pour sortir sans être inquiété, l’anéantissement du travail et la ruine de centaines de milliers des petits artisans et commerçants, l’abrutissement national par l’interdiction de la culture (bibliothèques, librairies, cinémas, spectacles), la marginalisation de toute une classe d’âge, de 18 à 35 ans, condamnée au chômage  de masse et au désœuvrement. Détruire la vie au prétexte de sauver des vies. Le confinement de mars/avril a prouvé qu’il n’était pas une solution efficace ni durable. La puissance publique, depuis presque un an, accumule les errements, les fautes et les contre-vérités (masques, nombre de lits, etc.) Aujourd’hui, elle se venge de ses propres insuffisances sur les sans dents, les Gaulois réfractaires et ceux qui ne sont rien. Et cet infame et puérilisant chantage aux « fêtes de fin d’année »? La repentance bat son plein. France est entrée dans une logique de pénitence. Le climat général, sous l’effet d’une peur largement manipulée à travers des statistiques trafiquées (billet d’hier), est à la servilité, à la soumission et au fatalisme. Il n’est pas certain que cette résignation  et climat d’auto-flagellation soient éternels. Tout cela pourrait mal finir.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 46 commentaires

La grande panique

Trouvé à l’instant, sur le site d’une grande chaîne d’information en continu, ou comment alimenter la panique et le vent de folie qui souffle en ce moment sur ce pays: « 12h18 : Une précision quant aux chiffres de l’épidémie que nous avons annoncés hier soir. Dans un premier temps, nous avons indiqué que 523 décès du Covid-19 avaient été recensés en 24 heures en France. Ce constat se basait sur une dépêche de l’agence Reuters, et sur le tableau de bord du gouvernement. Il apparaît qu’il s’agit d’une mauvaise interprétation des chiffres de Santé publique France. La dépêche de Reuters et le tableau de bord additionnaient en effet les morts dans les hôpitaux en 24 heures (288 personnes) et les morts dans les établissements sociaux (235 personnes), dont les Ehpad, non pas en 24 heures, mais en quatre jours. Nous avons rectifié ces chiffres après vérifications. Toutes nos excuses à nos lecteurs. »  Bravo! Il semble que la presse et les médias se fondent toujours sur ce chiffre – reconnu comme faux par France Info -, pour justifier l’escalade en cours. Le cauchemar, c’est maintenant!

MT

Publié dans Uncategorized | 38 commentaires

Engrenage infernal

Un reconfinement de la France serait imminent face au retour de l’épidémie de covid19. Nous sommes entrés dans une logique infernale. Le confinement de mars avril, qui a dévasté l’économie française (-15% du PIB), ruiné des centaines de milliers d’artisans et commerçants, précipité une génération des 18-35 ans dans le chômage et le désœuvrement n’aura été qu’un palliatif, une trêve éphémère. De fait, il n’a rien réglé et seulement retardé l’échéance. En quoi le nouveau confinement serait-il plus durablement efficace? Faudra-t-il le faire durer 8 mois, jusqu’à l’été prochain? Ce serait anéantir l’économie et la société française, détruire la société de travail, condamner 20 millions de Français au chômage, généraliser l’assistanat, provoquer l’explosion des déficits et de la dette publique enclencher un tsunami inflationniste, puis la pauvreté et la misère et la tentation du suicide, individuel ou collectif, sous la forme d’une explosion de violence nihiliste. Alors, un confinement de 4 ou 6 semaines? Mais alors, comment en sort-on? Au bout de la période, une nouvelle flambée est inévitable. Donc il faudra de nouveau confiner après deux ou trois mois, en provoquant un nouvel effondrement de l’économie française dont toute perspective de relèvement deviendrait, cette fois-ci, illusoire. La France est un bateau ivre, sans véritable pilote et sans gouvernail, livré à la panique. De fait, le virus de la peur qui ronge les esprits, ceux de la classe dirigeante et sans doute une partie du pays profond, jusqu’à la démence collective est infiniment plus dévastateur que le covid-19. Le fond du problème: l’individu moderne, issu de la civilisation du bien-être et du confort, a perdu les réflexes d’adaptation face à l’inattendu et ne supporte plus la confrontation avec la crise, la souffrance et la mort. Il fuit la réalité dans l’illusion (hypothétique vaccin!) et les gesticulations inutiles. Ainsi, nous glissons lentement, mais sûrement, à l’apocalypse.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 41 commentaires

Covid 19 ne doit pas dicter le calendrier électoral de la France (pour Figaro Vox)

La sécurité des personnes est la mission fondamentale de l’Etat comme le souligne Thomas Hobbes dans Leviathan. Protéger les Français contre l’épidémie de covid relève donc, en effet, de son premier devoir. Ce constat débouche sur une interrogation fondamentale : jusqu’où la protection des citoyens justifie-t-elle une remise en cause d’un modèle de société fondé sur le respect des droits et des libertés et la démocratie libérale. A travers le confinement, puis le couvre-feu, le choix d’une suspension de la liberté d’aller-et-venir a été accompli, dans un climat de résignation. Or, la liberté d’aller-et-venir, selon le célèbre professeur de droit Georges Burdeau « est le signe extérieur des régimes libéraux » par opposition aux systèmes totalitaires. Jusqu’où la préférence pour la sécurité sanitaire justifie-t-elle la remise en question du modèle de liberté fondateur des sociétés occidentales ? La question se pose d’autant plus que, malgré la gravité évidente de la situation, la progression de l’épidémie, l’encombrement dramatique des urgences, les statistiques de l’INSEE ne font pas, pour l’instant, état d’une spectaculaire poussée de la mortalité générale.

Le raisonnement qui vaut pour la liberté s’applique tout autant à la démocratie. La presse rend compte des cogitations en cours, dans les coulisses du pouvoir politique, pour reporter les élections régionales et départementales, prévues en mars 2021. Le covid 19 doit-il dicter le calendrier électoral de la France ? Un tel report, serait difficilement explicable. Les transports où s’entassent les usagers, les commerces, grandes surfaces et autres, les services accueillant du public, les écoles, les universités, fonctionnent, avec d’infinies précautions. Des élections peuvent être organisées, elles aussi, dans la plus absolue sécurité (protections, files organisées, etc.), et des conditions au moins aussi sûres que celles des transports. En outre, à l’heure où une partie de la vie sociale se développe en « distanciel », des solutions existent pour permettre la participation de personnes à risque : le vote par procuration mais aussi le suffrage électronique.  Les réticences de la démocratie française face à une pratique offrant toutes les garanties de sécurité est incompréhensible : les Français achètent, réservent, payent, déclarent leurs impôts, travaillent avec leur ordinateur. Pourquoi ne voteraient-ils pas de la même façon ?

79% des Français sont tentés par l’abstentionnisme ou le vote protestataire selon un sondage Figaro du 26 octobre. A l’heure où une forte majorité est gagnée par le dégoût de la politique, le report de l’élection régionale et départementale, après 2022, apparaîtrait comme une manœuvre politicienne. Changer un calendrier électoral n’est jamais neutre. A tort ou à raison, une partie des électeurs soupçonnera une opération liée à l’approche du vote présidentiel. Certains l’analyseront comme destinée à éviter une nouvelle débâcle de LaREM à un an des élections nationales. D’autres la liront comme une tentative d’empêcher le succès emblématique aux régionales de candidats potentiels de droite républicaine (M. Bertrand, M. Wauquiez ou Mme Pécresse), susceptibles de leur servir de tremplin pour la présidentielle. Un tel report, au prétexte d’une épidémie, peut justifier à l’avenir toutes les manipulations de calendrier y compris relatives aux élections nationales.

De fait, l’électorat déteste les manipulations et un tel report des élections régionales ne peut qu’alimenter la suspicion, et, dans un climat de défiance généralisée, une atmosphère explosive, se retourner contre ses auteurs. La France vit une période de trouble profond, et de déstabilisation liée à la conjonction de la vague de terrorisme islamiste et de l’épidémie. La classe d’âge de 18 à 35 ans, jetée dans l’enfer du chômage de masse et du désœuvrement, est plus particulièrement frappée par cette vaste dépression. A l’heure du grand ébranlement collectif et d’une crise de défiance dont l’ampleur est sans précédent, faut-il prendre le risque d’affaiblir encore la confiance des Français en la démocratie?

Publié dans Uncategorized | 63 commentaires

Lecture: La chute de Nixon, Georges Ayache, Perrin 2020

Voici un ouvrage passionnant publié à quelques jours des élections présidentielles américaines. Cette histoire de l’ascension et de la chute de Richard Nixon est éclairante sur la réalité de la politique Outre-Atlantique. Le scandale du Watergate est un événement clé de la politique de ce pays mais aussi un élément d’explication de la vie publique française telle qu’elle est devenue. La société du spectacle, de l’hystérie, des lynchages que nous subissons est née Outre-Atlantique, avec plusieurs décennies d’avance sur la France. Eternel mystère, pourquoi la France  ne cesse de singer le pire des Etats-Unis, son narcissisme présidentiel exubérant, sa politique spectacle, son goût du scandale, son nihilisme politique, et ignore ce qu’il y a de meilleur dans ce pays, son dynamisme, sa mobilité, son enthousiasme?

Nixon est un simple avocat Californien, parti de rien: « L’existence ne lui avait guère fait de cadeau depuis ses débuts à Yorba Linda, une localité anonyme aux portes du désert californien, où il était né par un jour glacial de janvier 1913. En cet endroit perdu, la nature était d’une aridité hostile, la vie empreinte de tristesse […] Et la famille du jeune Richard, désespérément dans le besoin. Un père méthodiste, une mère quaker, une épicerie parvenant à peine à faire vivre la maisonnée. Et Dieu partout. L’Amérique des politiciens et des publicistes, n’était pas faite pour les Nixon. »

Timide, réservé, introverti, il doit son ascension au parti Républicain et son élection à la Chambre des représentants en 1946, au Sénat en 1950, à la ferveur de son anticommunisme, sa parfaite maîtrise des dossiers, à son talent d’orateur, mais aussi à ses qualités de communicant, celles qui font un grand de la politique américaine. Dans les années 1950, Nixon est pourtant un véritable gibier de potence du parti démocrate, des élites politiques, financières et médiatiques américaines. Il est sans cesse accablé de scandales. La presse, en majorité sous influence du parti démocrate, guette chacun de ses faits et gestes et pourchasse ses moindres faux pas.

Mais elle ne parvient pas enrayer sa popularité qu’il doit à son style simple et populaire quand il s’adresse au peuple américain: « Je crois qu’il est très bien qu’un homme comme  le gouverneur Stevenson, qui a hérité une fortune de son père, puisse concourir pour la présidence. Mais je pense aussi qu’il est essentiel dans notre pays qu’un homme aux moyens modestes ait tout autant la possibilité de se présenter. » Nixon leur parla de lui et de son épouse Pat, qui n’avait pas de manteau de vison mais un manteau respectable de « bonne laine républicaine »… Il termina sur une note sentimentale: « lorsque je dis que je n’ai jamais accepté un don, ce n’est pas tout à fait exact. En fait un supporter du Texas nous a offert récemment un petit cocker spaniel que notre fille Tricia, qui a six ans, a baptisé Checker. Je dois avouer que nous comptons le garder quelles qu’en soient les conséquences. » Ce discours plaît, bouleverse l’Amérique populaire, pousse Nixon à la hausse dans les sondages.

Devenu l’une des personnalités phares du parti Républicain, il s’impose comme vice-président d’Eisenhower de 1953 à 1961, qui pourtant se méfie de lui mais ne parvient pas à l’écarter. En butte à la dynastie des Kennedy, qui bénéficie d’un vaste soutien des élites américaines, il échoue en 1960 contre John Kennedy à l’issue d’un débat où il apparaît terne et mal rasé, contre le fringant jeune quadragénaire. L’auteur formule les plus grands doutes sur la régularité du scrutin: « Dans l’un des Etats clés le résultat final donnait une avance en faveur de Kennedy de 8858 voix sur un total de votant de 4 657 394 voix. Comment pouvait-on être assez naïf pour croire que le scrutin s’y était déroulé régulièrement? »

Puis il prend sa revanche en novembre 1968, élu président des Etats-Unis. Confronté à la tragédie du Vietnam, les médias et la presse américaine l’en tiennent pour unique responsable alors que l’engagement américain est dû à Kennedy et surtout, son successeur Johnson. Le Watergate qui a pulvérisé en plein vol le second mandat de Nixon n’est rien d’autre que l’aboutissement d’un travail de harcèlement permanent des élites, des médias et de la presse américaine dans son ensemble, toute acquise aux Démocrates, contre ce « parvenu » qui n’appartient pas aux grandes dynasties américaines.

L’auteur ne cherche pas à l’excuser: lui et son entourage sont bien à l’origine d’une absurde et inutile tentative d’espionnage des locaux du parti démocrate. Mais comme le souligne l’auteur, la pratique des enregistrements clandestins était banale à l’époque aux Etats-Unis, « N’était-ce pas Bobby Kennedy, alors alors Attorney général qui avait ordonné de faire mettre sous écoute Martin Luther King? N’était-ce pas les frères Kennedy qui, les premiers, avaient fait écouter des journalistes ainsi que des personnalités tenues pour hostiles? » En tout cas, à partir de là « ce fut un véritable hallali: un déchaînement des défenseurs des libertés, de la Constitution, et en somme, du bien, contre le villain. Un déchaînement manichéen, sans la moindre nuance. Les éditoriaux de presse devinrent des réquisitoires et les condamnations médiatiques et politiques se firent sans appel. » L’auteur raconte la collusion des élites américaines, dans la justice, l’administration, le FBI,  la presse, les médias télévision, pour mener une chasse au gibier de potence, l’acculant à la démission inévitable le 8 août 1974 malgré de formidables réussites diplomatiques à l’image des accords nucléaires avec l’URSS et la réconciliation entre les Etats-Unis et la Chine.

A lire, sans faute, pour comprendre la misère politique américaine et comment elle a contaminé la France.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 17 commentaires

Réflexion sur le covid et la liberté

L’INSEE a publié une étude comparative sur la courbe des décès en France dans le contexte du COVID. Elle montre que grosso-modo la France ne connait pas une explosion du nombre de morts, en tout cas, rien qui ne ressemble à la vision d’apocalypse que suggèrent le matraquage quotidien des médias et de la classe dirigeante. L’encombrement des services d’urgence hospitaliers impose la plus grande prudence, la plus grande vigilance, toutes les mesures nécessaires pour adapter l’offre de soin, et un appel à la sagesse des Français, le seul véritable recours. Mais rien au monde ne justifie aujourd’hui la suspension des droits et des libertés fondamentales et de la démocratie libérale qui caractérisent la France depuis le 24 août 1944. Reconfinement? Couvre-feu généralisé? Nous baignons dans l’hypocrisie. Faut-il tout arrêter, tout bloquer, tout brader, nos principes, nos valeurs, notre liberté, liberté d’aller-et venir, de penser, de vivre, pour soi-disant, sauver des vies? Mais alors, au titre du principe de précaution, pourquoi ne pas interdire le tabac, qui fait 80 000 morts par an, deux fois plus que le COVID? Et l’alcool, presque autant? Cumulés sur des années, l’alcool et le tabac tuent infiniment plus que le covid.  Pourquoi ne pas en finir avec la circulation automobile, 5000 morts et trois fois plus de personnes handicapées à vie? Etc, etc. En raison de grands intérêts économiques évidemment. Mais alors, de quel droit détruire l’économie française, sa restauration, son tourisme,  la vie de milliers de petits artisans au nom de la supposée lutte contre le covid? Le sacrifice délibéré de tout un pan de l’économie française est l’une de des pires aberration de l’histoire.   L’étranglement d’une classe d’âge de 18 à 35 ans, jetée dans l’enfer du chômage de masse, du désœuvrement et de la solitude – c’est bien de cela qu’il retourne – souligne toute la folie de la logique qui est en cours. Le suicide est la première cause de mortalité des jeunes. Au prétexte supposé de sauver des vies, on produit une vaste dépression qui se traduira par une explosion de désespoirs et de suicides physiques ou sociaux. Le serpent de la bêtise et de la lâcheté se mord la queue. L’objectif de cette grande plongée dans la démence d’une société sous l’effet de la peur? Obtenir toujours davantage de soumission, un troupeau servile qui suit le chemin tracé pour lui dans un grand bêlement de satisfaction.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 77 commentaires

Régionales, l’abomination qui couve (agonie de la démocratie française)

La presse de ce matin (le Figaro), rend compte des cogitations en cours, dans les coulisses du pouvoir politique, pour reporter sine die, le cas échéant, les élections régionales et départementales, prévues en mars 2021 et les premières interrogations, dès lors, sur les conditions de tenue des élections nationales de 2022… Le prétexte tout trouvé? l’épidémie de covid 19. Cette crise sanitaire a justifié la suspension de la première des libertés publiques, celle d’aller-et-venir en mars-avril 2020, imposant une assignation à résidence de la population française, pour un résultat plus que douteux. Aujourd’hui, elle justifie une nouvelle mise en cause de cette liberté fondamentale, avec un couvre-feu quasi général qui rappelle, simplement, ce qu’il doit rappeler de l’histoire de France. Ces politiques ont débouché sur le sacrifice de toute une profession de la restauration, c’est-à-dire ces centaines de milliers d’emplois de petits artisans. Pire, elles ont plongé une génération entière, celle des 20-35 ans dans le marasme du chômage de masse et du désœuvrement.  Aujourd’hui, après la liberté, c’est la démocratie, le suffrage universel, qu’il serait question de suspendre. Le prétexte du covid19 est monstrueux de mauvaise foi: les transports où s’entassent les usagers, les commerces, grandes surfaces et autres, les services publics accueillant du public, les écoles, les universités, fonctionnent, et partout dans la rue, d’interminables files d’attente. Des élections peuvent de toute évidence être organisées dans la plus absolue sécurité (protections, files organisées, etc.), des conditions infiniment plus sûres que celles des transports, voire même en recourant au vote électronique. Reporter les élections territoriales en jouant sur la peur serait un violent attentat contre la démocratie française, une première étape vers le truquage des élections présidentielles et législatives, de 2022.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 92 commentaires

Un peu de vérité ne fait pas de mal

Le Figaro de ce matin, à la suite de l’assassinat de Samuel Paty par un islamiste, publie sur deux pages, 18 et 19, le grand entretien de M. Guillaume Perrault avec M. Jean-Eric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel. Cet entretien renoue avec un principe noyé dans le vacarme de l’indignation, la grandiloquence et les annonces tonitruantes: celui de respect de la vérité. Il s’adresse au lecteur en adulte responsable, contrairement à la grande explosion politico médiatique, aussi flamboyante qu’éphémère.

Depuis quarante ans, la mise en place au nom de l’Etat de droit d’un épais carcan de normes et de jurisprudences, en provenance de la cour européenne des droits de l’homme, du Conseil constitutionnel, plus récemment de la  cour de justice de l’Union européenne paralyse l’action publique en matière de sécurité et notamment de lutte contre le terrorisme, mais aussi de maîtrise des flux migratoires.

Le juriste montre, exemples à l’appui, comment, de fait, la jurisprudence de la Cour EDH interdit d’expulser un terroriste, ou rend son expulsion quasi-impossible; il explique comment les jurisprudences empêchent de fermer durablement une institution ou une association prosélyte; il prouve comment le couvercle jurisprudentiel rend de fait impossible la régulation de l’immigration familiale ou de l’asile ou la lutte contre l’immigration illégale.

La vérité est que le pouvoir en la matière appartient désormais aux juridictions protectrices des individus et non plus à des dirigeants élus au suffrage universel. Le juridisme poussé à son paroxysme, devenu une fin en soi tue le droit. L’excès de droit tue l’Etat de droit. M. Schoettl dit la vérité, une vérité que connaissent tous ceux qui ont été confrontés à l’exercice du pouvoir.

Alors dans ce contexte d’impuissance publique, il reste aux dirigeants nationaux la gesticulation, la logorrhée, la posture, pour leurrer le peuple et préparer leur réélection. Pédaler dans le vide est désormais le lot du pouvoir politique. La question n’est plus de se donner le meilleur gouvernant, mais le meilleur illusionniste. Il leur reste à s’ébattre dans le néant pour faire semblant, faire croire. Leurrer, tromper, abêtir le peuple, jongler avec les mensonges, les postures, le grand spectacle.

Pour tenter de briser ou fissurer le carcan d’impuissance, il faudrait un immense courage des dirigeants politiques, une vision de long terme, une formidable intelligence de l’histoire, force de caractère, compétence et sens de l’Etat et un peuple uni derrière eux dans un esprit de confiance indéfectible. Un peuple uni dans la confiance et des hommes d’Etat dignes de ce nom: aucune de ces conditions n’est aujourd’hui réunie et aucune des perspectives annoncées comme possibles par les sondages ne permet d’espérer, à ce jour, un redressement fondamental.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 106 commentaires

La désintégration

La décapitation d’un professeur d’histoire à Conflans n’est que dans la continuité d’une longue série d’attentats en cours depuis 2012. M. Paty est la 263e victime de l’islamisme. La vague se poursuit, inexorablement. Ceux qui n’ont pas la mémoire courte le savent. A chaque fois, les réactions de la société politico-médiatique française sont strictement identiques: hystérie de quelques jours, indignation furibonde, hommages solennels, marches blanches, bouquets de fleurs, grandiloquence, coups de menton, annonces spectaculaires, toujours les mêmes, expulsions, fermetures , interdictions, etc. Et toujours le même discours: « Cette fois, plus jamais pareil! » Mais rien n’y fait, la tragédie continue.

Essayer de prendre de la hauteur, de resituer la vague sanguinaire dans son contexte historique. La France est sur la pente d’une désintégration accélérée. Les fanfaronnades de ses dirigeants, de gouvernement en gouvernement, ne doivent leurrer personne. L’Etat est débordé par la violence qui se déchaîne partout. Les flux migratoires en hausse fulgurante (asile, titres de séjour) échappent à son contrôle. Le territoire se morcelle en enclaves étrangères et se hérisse de frontières intérieures. L’école au centre de la tragédie, confrontée au chaos, n’assure plus correctement la transmission du savoir et de l’intelligence, produisant une génération en déshérence. La nature ayant horreur du vide, l’idéologie islamiste s’engouffre dans l’espace laissé vacant par la culture française. L’explosion de la dette publique (120% du PIB), est la mesure de l’impéritie et de l’incapacité des gestionnaires de la chose publique. Les principes et les repères de la nation achèvent de voler en éclat, tels que la solidarité nationale (avec 9 millions de pauvres). Amalgame? Non, tout ceci procède d’une même faillite de long terme.

La France, au prise d’une vertigineuse poussée de l’inculture et de la bêtise, est privée de boussole, à l’image d’un bateau ivre: où est le bien, où est le mal? Les déclarations de ses plus hauts dirigeants prônent le haine de soi, la culpabilité et la repentance. La suppression emblématique de la figure paternelle à travers la « PMA sans père » n’est pas le moindre aspect de cette œuvre de destruction des repères. Les scandales, l’arrogance et le mépris du peuple sont au cœur de la décomposition. Bref, la France se désagrège, se dissout dans la médiocrité, prend l’eau de toute part et le meurtre horrible de M. Paty n’est qu’une étape supplémentaire dans ce désastre.  Aucune gesticulation, aucune pitrerie ne doit entretenir l’illusion. Remède miracle? Il n’en existe que pour les imbéciles. C’est au prix d’un changement radical de perspective et d’un effort de plusieurs décennies, peut-être de plusieurs générations, qu’un début de redressement est envisageable. Il passe à la base, par une prise de conscience, un retour à l’intelligence collective, mais nous en sommes bien loin et la pente tragique se poursuit.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 82 commentaires

C’est toujours le même refrain

M. Paty, professeur d’histoire à Conflans-Sainte-Honorine est la 267e personne tuée par un islamiste. Avant la France a connu le massacre d’enfants juifs à Toulouse,  les attentats de Charlie Hebdo, le magasin casher de la porte de Vincennes, et  Montrouge, Villejuif, Saint-Quentin-Fallavier, Magnanville, Nice, Saint-Etienne-du-Rouvray, à nouveau Paris, Marseille, Carcassonne, Trèbes, Paris, Strasbourg, Romans-sur-Isères.

Outre la banalisation de la barbarie en France, ce qui est sidérant, c’est le caractère attendu, sans surprise, routinier des réactions de la société française. Chacune de ces tragédies donne lieu au même spectacle, au même naufrage dans la gesticulation impuissante:

  • La prolifération des coups de menton : on va voir ce qu’on va voir, nous allons éradiquer, détruire, abolir l’islamisme, ils ne passeront pas, la peur va changer de camp, etc. Bien sûr…
  • L’appel solennel au « vivre ensemble ».
  • Annonces – après coup – aussi martiales et grandiloquentes que stériles: après le Bataclan, six mois d’illusionnisme autour d’une « déchéance de la nationalité » qui bien évidemment, n’a jamais vu le jour.
  • Tapis rouge médiatique offert aux extrémistes islamo-gauchistes et autres démagogues de droite radicale pour étouffer, de leurs vociférations, les vraies questions.
  • Fuite en avant dans l’ émotionnel, les manifestations solennelles, petites bougies au fenêtres (après les drapeaux de 2015), les bouquets de fleurs, les marches blanches et autres défilés.
  • Tout passe: demain, après-demain, nul n’en parlera plus et retour au covid19.

Une fois de plus, l’enfumage ne sert qu’à interdire d’aborder les vrais sujets, ouvrir les vrais débats, poser les questions de fond. Le pays est largement ingouvernable et privé de leviers d’action en raison notamment des transferts de la souveraineté politique du Parlement élu aux juridictions non élues. Qui a parlé, par exemple, des deux décisions récentes du Conseil constitutionnel, l’une du 19 juin 2020, qui annule « le délit de recel d’apologie du terrorisme » (sur Internet), au nom d’une supposée liberté d’expression, et l’autre du 7 août qui censure des mesures de sûreté envers les terroristes après leur libération? Et les innombrables décisions de la Cour européenne des droits de l’homme interdisant les expulsions de terroristes quelle que soit la gravité de leurs actes (ex, CEDH, 1er février 2018).

Et le rôle d’Internet dans cette montée de la violence sanguinaire? On sait que les djihadistes diffusent leur propagande sur le toile, y compris les appels aux attentats et leur mode opératoire. Pourquoi laisse-t-on proliférer de telles abominations? Pourquoi, ce qui est impossible sur un média traditionnel le devient-il sur Internet? Les outils de contrôle des sites criminels existent et font leur preuve dans d’autres domaines (pédophilie). La décision du CC est incompréhensible. Quelle liberté d’expression doit-on à des tortionnaires pour leur permettre de massacrer et de torturer?

Autre tabou absolu: l’impact de la société post frontières, de l’ouverture mal  maîtrisée, et les conséquences du multiculturalisme. Bien sûr que l’immense majorité des populations issues de l’immigration n’est pour rien dans la tragédie et partage le sort de tous les Français. Il n’empêche que le djihadisme en France est aussi le fruit d’une partition communautariste qui tient à des décennies de flux migratoires insuffisamment assimilés. Le constat fait mal, intolérable, car il touche au cœur des valeurs contemporaines, de l’idéologie dominante. Donc, il faut fermer les yeux. L’hypocrisie et le déni de réalité ont planté leur drapeau noir aux côtés de celui de daesh. Chacun, sans exception, sait parfaitement ce qu’il en est, mais une infinie lâcheté, un infini aveuglement volontaire interdisent, ne serait-ce que de formuler la question.

Et puis l’air du temps, le climat de haine de soi qui imprègne les esprits depuis trente ans, la repentance, la colonisation française et ses supposés « crime  contre l’humanité », les crachats contre le « mâle blanc »… On dit qu’on « aime la France » mais on déteste le corps de la France, son histoire, sa langue et sa littérature, sa culture, ses principes, ses habitants. La nouvelle idéologie post nationale est elle aussi une incitation au meurtre.

Bref rien ne change et la France continue sur la même pente tragique et sanglante.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 90 commentaires

Professeur décapité: l’effondrement de la France

Un professeur d’histoire géographie a été décapité à Conflans-Sainte-Honorine, à quelques kilomètres de la capitale, pour avoir parlé de la liberté à ses élèves et leur avoir enseigné la liberté d’expression. Nous atteignons le paroxysme de la barbarie islamiste, une terreur sanguinaire à laquelle le nazisme n’a rien à envier. A travers ce crime d’une sauvagerie inouïe, c’est toute la civilisation qui est décapitée, la culture gréco-latine, chrétienne, et les principes de la liberté et de la démocratie française. Nous payons le prix de la bêtise, de la lâcheté, de l’ignominie d’une France dite « d’en haut », politique, médiatique, faussement intellectuelle qui ferme les yeux depuis trop longtemps avec complaisance sur la barbarie islamiste. Ils ont laissé le mal absolu prendre racine sur le territoire français. Les complices de cette tragédie sont tous ceux qui, depuis 2012 et le massacre d’enfants juifs dans une école de Toulouse, puis celui de Charlie hebdo et du magasin casher, puis le Bataclan, Nice, le vieux prêtre de Normandie, les deux adolescentes de la gare de Marseille, aujourd’hui ce courageux professeur d’histoire-géographie, s’emploient à excuser les tortionnaires ou relativiser l’horreur de leurs crimes. Coupables aussi les propos irresponsables sur les « mâles blancs », ou les crimes contre l’humanité » de la France coloniale, des propos qui ont tant fait pour attiser la haine de la France et de ceux qui l’incarnent et perpétuent sa culture, à l’image du professeur d’histoire-géographie. Coupables ceux qui se trompent de guerre, foulent au pied les droits de l’homme au prétexte d’une épidémie, comme don Quichotte et les moulins à vent, mais courbent l’échine face à à la terreur islamiste, en vertu des mêmes droits de l’homme, jusqu’à prôner le rapatriement des tortionnaires de daesh. Coupables enfin les brutes démagogues en tout genre ne songeant qu’à récupérer le fleuve de sang qui emporte la  France comme un bouchon de liège, à des fins électoralistes. Derrière ce crime abominable, le vertigineux effondrement d’une Nation.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 193 commentaires

Lecture: Eloge de la politique, les grandes œuvres de Platon à Soljenitsyne, sous la direction de Vincent Tremolet de Villers, Tallandier/le Figaro, octobre 2020

Je le dis très franchement: ce livre est un authentique petit bijou. Il a pour ambition de présenter les grandes œuvres de la philosophie politique dans le contexte de leur époque tout en mettant en valeur leur apport à la compréhension du temps présent. Moi même ai eu l’honneur d’y être associé à travers le chapitre sur Thomas Hobbes, le philosophe de la peur, qui montre comment Leviathan (l’Etat) a été inventé par les hommes pour assurer leur sécurité. Un thème, oh combien actuel! Les 20 chapitres, consacrés à une œuvre majeure de la philosophie politique et sa portée contemporaine ont été rédigés par des essayistes, philosophes et éditorialistes du Figaro. Le livre s’ouvre par la République de Platon, de FX Bellamy, qui définit la politique comme la quête du bien dans la cité. Vaste programme… Une réflexion poursuivie par Aristote et son célèbre « l’homme est un animal politique »; puis Saint Augustin et la théorie des Deux cités la cité de Dieu et la cité des hommes; un merveilleux Machiavel, de Guillaume Perrault, le Prince qui invente la politique moderne, séparée de la morale et de Dieu; le Second traité de gouvernement de John Locke, sur les fondements de la propriété et de la liberté individuelle à travers la notion de la propriété de soi, par Gaspard Koenig; l’Esprit des lois de Montesquieu, sur l’équilibre des pouvoirs comme garantie contre l’absolutisme (quelle actualité!) par Philippe Raynaud; le Contrat social de JJ Rousseau, judicieusement interprété par Mathieu Bock-Côté, autour de la notion d’identité des peuples; le célébrissime Réflexions sur la révolution de France d’Edmund Burke, par Jacques de Saint Victor, sur les limites et les dangers de principes abstraits; puis les considérations sur la France de Joseph de Maistre par François Huguenin, et son vertigineux « l’homme qui n’est plus qu’un homme n’est plus un homme »; Benjamin Constant et le fondement du libéralisme politique; un formidable « De la guerre » de Carl Von Clausewitz, par lequel Charles Jaigu nous rappelle combien la guerre est la poursuite de la politique par d’autres moyens; prophétique Tocqueville, dans L’ancien régime et la révolution, par lequel François Sureau montre le mécanisme du passage de la démocratie égalitaire à l’abolition de la liberté; puis le Manifeste du parti communisme, véritable évangile du communisme, dont Alexandre Devecchio prouve à la fois le caractère visionnaire sur beaucoup de points et la nature intrinsèquement sanguinaire (rien n’est simple); « Notre Jeunesse » de Charles Péguy et sa sublime redécouverte par Eugénie Bastié, sur la nature de la politique « tout commence en mystique et finit en politique« , et la difficile quête d’une troisième voie entre Maurras et Jaurès; poursuivie par de toutes aussi admirables réflexions autour de l’Enracinement de Simone Weil, ce chef d’oeuvre incroyablement visionnaire, salutaire sur le monde moderne, qui gagne tant à être relu, tout comme La condition de l’homme moderne d’Hannah Arendt, l‘Essai sur les Libertés de Raymond Aron par Nicolas Baverez; un époustouflant « le déclin du courage » de Soljenitsyne par Mme Chantal Delsol et enfin, l’âme désarmée d’Allan Bloom, sur le désarmement des esprits contemporains, par Michel de Jaeghere.

Je recommande de tout cœur la lecture de cet ouvrage exceptionnel, dont toutes les contributions sont rédigées dans un style simple et accessible, un ouvrage qui souligne comment l’intelligence des grands penseurs, de l’antiquité à nos jours, demeure notre arme fatale contre l’invasion de la médiocrité et de la vulgarité derrière lesquels se dissimule un néo-totalitarisme rampant. Il constitue un authentique outil de réflexion et aussi, de manière plus terre-à-terre, un exceptionnel instrument de travail pour des étudiants qui préparent les épreuves de culture générale des concours.

 

Publié dans Uncategorized | 10 commentaires

Lecture: Les grandes erreurs de la seconde guerre mondiale, sous la direction de Jean Lopez et Olivier Wieviorka, Perrin, octobre 2020.

« Les grandes erreurs de la seconde guerre mondiale » aborde les années 1939-1945 sous un angle inattendu: celui des grandes erreurs politiques, diplomatiques et militaires qui ont marqué l’histoire de ce conflit. Le résultat est fascinant. L’ouvrage, réalisé par 12 auteurs sous la direction de deux spécialistes de cette époque, Jean Lopez et Olivier Wieviorka nous fait redécouvrir l’apocalypse à travers les fautes majeures, commises dans un camp ou dans l’autre.

L’ouvrage débute par un rappel des reculades des démocraties face à la montée de l’Allemagne nationale-socialiste à partir de 1934: réarmement de la Rhénanie en mars 1936, l’Anschluss et Munich en 1938 . « L’apaisement, une erreur » Que d’occasions ratées d’interrompre la course folle de la planète vers la grande déflagration. La politique d’accommodation avec les nazis, dans les années 1930, fut l’une des pires erreurs de jugement de la classe dirigeante de l’histoire du XXe siècle,, en tout cas celle aux conséquences les plus désastreuses.

Il lève le mystère sur le  débarquement de Dieppe le 8 septembre 1942. 6700 Canadiens et Britannique tentent ainsi un débarquement éclair destiné à prendre les Allemands par surprise.  Après des succès initiaux l’ennemi se ressaisi. Le fiasco est complet et le taux de perte de 60% (prisonniers et tués). Longtemps le mystère a régné sur l’origine de cette intervention suicide: avant tout, une opération commando destinée à s’emparer d’une machine à crypter les communications avec les sous-marins (Enigma).

Le livre fourmille de révélations, d’analyses passionnantes. Sa lecture mène de surprise en surprise. L’opération Torch, le débarquement américain en Afrique du Nord, le 9 novembre 1942, était selon M. Wieviorkia d’une opportunité discutable. Exigé par Churchill pour apaiser la pression sur les forces britanniques combattant dans le désert libyen, cette intervention a peut-être eu pour effet de retarder d’un an le débarquement en Normandie, donc la Libération de la France. Or, en 1943,  le mur de l’Atlantique n’était pas achevé et les défenses allemandes, comme le démontre l’historien, moins puissantes qu’en juin 1944.

« La surprise de Barbarossa » raconte la chute de Staline dans la paranoïa au moment de l’attaque allemande du 20 juin 1941, envoûté par ses relations cordiales avec l’Allemagne hitlérienne, il sombre dans le déni de réalité, menace les généraux et dirigeants soviétiques qui lui apportent la nouvelle de l’invasion, refuse de les croire, donne des ordres de ne pas réagir à ce qu’il croit être une provocation.

A l’inverse, Jean Lopez fait le récit des errements d’Hitler et de ses généraux, dès juillet 1942 entre la prise symbolique de Stalingrad et celle de Bakou et ses champs pétrolifères. L’indécision, les volte-face, les choix contradictoires, l’incohérence de la stratégie suivie conduisent à la destruction des 250 000 hommes de la VIe armée de Von Paulus pendant l’hiver 1942-1943 et ouvrent la voie à l’échec de l’Allemagne hitlérienne.

Les autres chapitres concernent l’invasion de la Chine; l’alliance d’Hitler avec l’Italie; la manœuvre Dyle-Breda (l’offensive franco-britanique par la Belgique ouvrant la voie à la percée des Ardennes); l’arrêt des Panzer devant Dunkerque (une erreur irréparable de Hitler?); l’intervention italienne en Grèce; ne pas capturer Malte; la défense de Singapour; Midway, la mauvaise bataille au mauvais endroit; Hitler et le Moyen-Orient; le bombardement de Monte-Cassino; le bombardement stratégique (anglo-américain sur l’Allemagne); la capitulation inconditionnelle, erreur évitable ou préalable indispensable à la victoire alliée; l’échec de l’insurrection de Varsovie; « Marquet Garden » septembre 1944, les dessous d’un magnifique désastre. »

Tous les chapitres sont plus passionnants les uns que les autres, racontés comme un récit d’aventure et fourmillant de découvertes et de surprises. Les auteurs soulèvent en général davantage de questions et ouvrent davantage de débats qu’ils n’apportent de solutions définitives. Un livre essentiel pour les amateurs d’histoire de la Deuxième guerre mondiale.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 15 commentaires

« Couvre-feu »

La communication politique est par définition destinée à frapper les esprits. Encore faut-il atteindre la bonne cible. Pour toute personne curieuse de l’histoire de son pays, voire tout amateur de cinéma, celui de François Truffaut Depardieu et Catherine Deneuve dans Le dernier métro, la formule « couvre-feu », couvre-feu nocturne à Paris, renvoie inévitablement à l’image d’une période de l’histoire, qu’il n’est même pas nécessaire de désigner. Evidemment les circonstances n’ont rien à voir. Pourtant, la charge émotionnelle qui s’attache au couvre-feu est considérable. Couvre-feu, à Paris, en 2020… Le symbole donne le vertige. Et les questions, de nouveau, fusent. Covid19 est-il plus contagieux la nuit que le jour? Alors, il faudrait expliquer pourquoi et comment. Sur la nature même du pouvoir politique: son rôle est-il d’anticiper sur les besoins en masques, en tests et en places d’hôpital, ou bien de s’ingérer dans la vie intime des Français en leur indiquant à quelles heures ils ont le droit de sortir et combien de personnes peuvent prendre place autour de leur table? L’idée est-elle d’arrêter et de sanctionner toute personne parce qu’elle se trouve dans la rue, de nuit, après 21H? Culte de la personnalité à outrance, banalisation des restrictions à la liberté, rupture de la digue entre la puissance publique et  la vie privée des personnes, affaiblissement du tissu économique de la restauration et du spectacle au coeur de la vie sociale: la France file un mauvais coton. Elle est confrontée à deux virus jumeaux: le coronavirus et le virus du mépris. A titre personnel, le second me fait infiniment plus peur.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 50 commentaires

« La peine de mort sociale »

M. Bock-Côté dans le Figaro : « Ces exécutions sont devenues monnaie courante en Amérique du Nord. Elles méritent qu’on élargisse la réflexion. Elles sont au cœur du nouvel espace public apparu avec les réseaux sociaux, où la foule lyncheuse s’est substituée au peuple démocratique et procède à son lynchage quotidien. Elle s’alimente de propos tronqués, d’extraits d’émissions décontextualisées, de citations anciennes ou nouvelles rarement comprises, et bien souvent, de propos décrétés scandaleux et nauséabonds par les nouvelles autorités morales – propos qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux et rameutent une foule numérique excitée par des progressistes qui rêvent au nettoyage éthique de l’espace public, pour en bannir à jamais les «propos haineux» sous le signe d’une purge rédemptrice. » Dans un impressionnant article du Figaro, Mathieu Bock-Côté, intellectuel québécois, dénonce un phénomène totalement banalisé en Amérique du Nord: la peine de mort sociale. Toute parole, toute phrase, même détournée de son contexte, jugée non conforme à l’idéologie dominante, vaut à son auteur un violent lynchage médiatique ou sur les réseaux sociaux, nettoyage éthique comme le sociologue le dit si bien. Un morceau de phrase présenté comme non conforme à l’idéologie globale d’un monde sans frontières, sans nation, le culte du « genre », l’interchangeabilité des individus, le libre arbitre individualiste et le narcissisme absolu, entraîne un déchaînement de violence verbale et une mise à mort sociale. Ce totalitarisme d’un genre nouveau frappe bien évidemment aussi l’Europe en particulier la France. Entre la mise à mort sociale et la mise à mort physique, la marge est étroite comme en témoignent les suicides de personnes, souvent d’enfants ou d’adolescents, dont l’honneur et l’image personnelle sont ainsi sacrifiés. Le mélange des technologies de la communication et la banalisation de la nouvelle idéologie dite « progressiste », ressuscite dans le monde occidental des réflexes collectifs qui rappellent les chasses aux sorcières en tout genre et les heures les plus sombres de l’histoire de l’humanité.

Maxime TANDONNET

Publié dans Uncategorized | 50 commentaires