Dissoudre l’Assemblée?

panorama2En principe, la logique des institutions républicaines voudrait que le chef de l’Etat décide d’appliquer l’article 12 de la Constitution: dissoudre l’Assemblée nationale. Toutes les conditions d’une telle décision sont réunies. Nous connaissons une crise de société d’une gravité infinie. Jamais, dans l’histoire contemporaine, un prêtre n’avait ainsi été assassiné pendant sa messe. Depuis janvier 2015, quatre attentats terroristes ont entraîné la mort de plus de près de 240 personnes. La France est martyrisée, dans un état de déstabilisation qui est sans précédent peut-être depuis la guerre d’Algérie. La société française se trouve aujourd’hui traumatisée, accablée, disloquée. La colère, l’exaspération et la révolte atteignent des niveaux indescriptibles. Les responsables politiques, à travers leur masque d’autosatisfaction, d’impassibilité et leur discours formaté, semblent vivre dans un autre monde,  inconscients du drame épouvantable qui se noue en ce moment. Des vautours jubilent grassement et tournoient au-dessus de la scène d’apocalypse. La dissolution de l’Assemblée nationale est la seule issue possible à la crise actuelle.

  • Sous la menace des attentats terroristes, la France ne peut pas se permettre d’entrer aujourd’hui dans une période électorale de 9 mois, une fenêtre de vide et d’inconnu qui ouvre le champ à de nouveaux massacres.
  • La crise de confiance envers le pouvoir exécutif et l’usure du pouvoir atteignent un tel niveau historique – paralysant la vie politique et l’appareil d’Etat – que dans des circonstances aussi dramatiques, la parole doit revenir sans délai au peuple.
  • L’élection législative anticipée permettrait de remettre au premier plan le débat des idées et des projets, notamment sur la lutte contre le terrorisme; elle aurait pour effet de sortir d’une logique de « guerre des ego » entre les candidats à la présidentielle, qui mène à l’impuissance et au chaos.
  • Elle donnerait au pays la possibilité de repartir sur des bases nouvelles, sans doute une recomposition de la classe politique avec une assemblée renouvelée, un autre gouvernement, et par conséquent de prendre un nouvel élan dans la lutte contre le terrorisme et le redressement national (économie, emploi, éducation).
  • Elle rétablirait l’équilibre vital des institutions: le président de la République, élu en 2017, indépendamment de l’élection législative, redevenant alors un véritable chef de l’Etat, modèle et guide de la Nation, en charge de la politique extérieure et de défense et laissant le Premier ministre gouverner.
  • En donnant aujourd’hui la parole au peuple, elle aurait pour effet de briser la montée aux extrêmes de la vie politique française, sa fuite dans l’hystérie et les chimères, la poussée de démence mégalomane, dont l’ascension extrémiste – qui ne fait que rajouter du chaos sur le chaos, n’offrant aucune issue politique – n’est que le paroxysme, une fuite dans les limbes qui entraîne depuis trop longtemps le pays vers le pire.

Dissoudre l’Assemblée dans les semaines avenir: une décision d’Etat, une décision historique. Les circonstances l’imposent. Aura-t-elle lieu? En vérité, j’en doute fortement…

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

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L’été cauchemar

hommage-saint-etienne-du-rouvray-attentat-jacques-hamel-630x0Qui de notre génération, celle née dans les années 1960 et 1970, a souvenir d’un été aussi tragique pour la France? Un vieux prêtre âgé de 86 ans a été égorgé pendant sa messe dans un village de Normandie par des terroristes islamistes. Après les massacres de Charlie et de la porte de Vincennes, du Bataclan, de Nice, l’escalade dans l’horreur se poursuit. Le message est clair: l’Etat islamique daesh est parvenu à transposer la barbarie sur le territoire Français, à imposer sa loi de terreur et amplifier un climat de désintégration. La réponse des milieux dirigeants ne varie pas d’un pouce: déni de responsabilité, fuite dans l’émotionnel, culte de la fatalité (« vivre avec le terrorisme »). Face à un système politique pétrifié, les courants extrémistes et le fanatisme prolifèrent sur le dégoût général, aggravant ainsi confusion et désespérance.  Les questions de fond sont occultées: comment la France en est-elle arrivée, au fil des décennies, à cette étrange défaite? Quels discours, quelles politiques, quels choix, quelles décisions ont produit un tel désastre? Qui sont les responsables de cette situation? Quelles transformations profondes pourraient sauver le pays en matière d’intégration, de maîtrise des frontières, de sécurité, d’éducation nationale, de politique étrangère, de justice, de défense, d’organisation et de fonctionnement de l’Etat, de restauration de l’autorité de la loi, de modèle médiatique? Quelles solutions politiques, à la fois réalistes et crédibles? Quelles issues collectives, nationales? Comment rétablir l’ordre républicain? En ce moment, nous nageons dans l’aveuglement et le brouillard le plus opaque. Le débat d’idées se noie dans un climat délétère qui mêle tyrannie émotionnelle, démence vaniteuse – aggravée par l’approche des élections -, manipulations de masse, fuite éperdue face aux réalités. Quand viendra le bout du tunnel? Peut-être le jour où plus personne ne l’attendra.

Maxime TANDONNET

NB: l’opposition ne fait que son devoir d’opposition en soulevant des questions, si l’on en juge par l’interview du président Sarkozy au Monde du 28 juillet. Il lui reste l’essentiel à accomplir: convaincre les Français de sa détermination dans l’action autant que dans la parole.

« Ce nouveau drame montre à quel point nous devons changer de dimension dans notre riposte au terrorisme islamiste. Je ne peux pas accepter l’application de schémas intellectuels du passé à la réalité d’aujourd’hui… toute la lumière devra être faite sur le parcours judiciaire de ces terroristes, sur les moyens de surveillance et sur l’appréciation de la dangerosité de ces individus… L’urgence, c’est la sécurité des Français. Et cela passe par la vérité. Le gouvernement la doit aux familles des victimes et à tous les Français… Notre système doit protéger les victimes potentielles plutôt que les auteurs probables d’un futur attentat…Il y a dans cette guerre que nous engageons, les innocents, les coupables et une zone grise, avec ceux qui ne sont pas encore passés à l’acte… Si les démocraties ne défendent pas les citoyens, les citoyens se défieront de la démocratie. »

 

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2017, réussir l’alternance

DSC02314Soyons sans illusion. Une éventuelle alternance en 2017 s’annonce extrêmement difficile, douloureuse, sinon empoisonnée. Penser le contraire est d’une naïveté insigne. Les innombrables candidats à l’élection présidentielle de 2017 devraient y réfléchir avant de fanfaronner et de se croire investis d’une mission providentielle. Les oppositions, radicalisées par l’échec, seront ivres de haine; la situation politique d’une majorité de « troisième force », entre socialistes et lepénistes, extrêmement inconfortable ; les médias, radios/télévision, une partie de la presse, plongés dans une logique de harcèlement permanent; les syndicats sur un pied de guerre, prêts à en découdre et à bloquer le pays; la menace terroriste plus effroyable que jamais; la situation économique, sociale, financière, profondément dégradée avec ses gigantesques déficits, ses prélèvements obligatoires hallucinants, sa dette publique, et ses cinq millions de chômeurs; les obstacles juridiques et budgétaires à la réforme plus dirimants que jamais; le pays exsangue, démoralisé, déchiré, désespéré, désabusé. Comment gouverner dans ces conditions sans sombrer dès les premiers mois dans l’impopularité, le rejet chronique, une crise de confiance qui entraînerait la nouvelle équipe dans une spirale d’échec, d’impopularité vertigineuse, de paralysie totale? Le prochain quinquennat peut-il être pire que l’actuel? Je le crois profondément. Voici quelques recommandations pragmatiques liées au mode d’exercice du pouvoir qui peuvent contribuer à éviter une nouvelle catastrophe:

  1. La fin de l’hyper-présidence: le chef de l’Etat doit impérativement cesser de se donner en spectacle médiatique quotidien. Il n’est plus ressenti comme le « sauveur » mais comme le bouc émissaire national. A force de paraître, il incarne les soubresauts et malheurs de l’actualité et non plus la continuité de l’Etat. Il devient le coupable idéal de tous les maux de la création. Bien au contraire, le président de la République doit cultiver une autorité supérieure par le silence, la discrétion, la modestie, le mystère autour de sa personne. Il doit se montrer économe de ses paroles et apparitions, donner pendant cinq ans l’image du guide impartial, souverain, irréprochable sur le plan du comportement, en charge de l’avenir et de l’unité du pays. A la fois emblème et chef de la Nation, il lui faut impérativement protéger son prestige et sa dignité par une attitude empreinte de réserve, de volonté implacable et d’intelligence visionnaire. Il doit donner l’exemple du désintéressement personnel. Tout quinquennat est mort à partir du moment où un chef de l’Etat est soupçonné de préparer sa réélection.
  2. La politique des réalités: la vie politique se constitue de deux sphères  à la fois distinctes et complémentaires: la communication et l’action sur le réel. La première a pris ces dernières années une place démesurée au détriment de la seconde. Les polémiques, les fausses annonces, les coups médiatiques l’envahissent chaque jour un peu plus. La grande révolution à venir devrait être celle du retour au réel. Il faudra éviter tout psychodrame ou provocation inutile. Les querelles idéologiques, les batailles de principes doivent être bannies à jamais. Les ministres ont pour mission de diriger leur ministère et de conduire une politique, pas de gesticuler. Sous peine de limogeage immédiat, ils devront s’abstenir de s’exprimer publiquement sans l’accord préalable du Premier ministre et sur d’autres sujets que leur ministère. Tout manquement à la solidarité gouvernementale, initiative politicienne dans un but carriériste, doit se traduire par sa destitution automatique. Le gouvernement n’est pas une plaisanterie mais une équipe chargée de diriger la politique de la France.
  3. Le principe de responsabilité: le chef de gouvernement ou Premier ministre doit pour sa part incarner la responsabilité politique. Son rôle n’est pas celui d’un collaborateur du chef de l’Etat qui ne rêve que de lui succéder. Il est l’homme qui assume le risque de la décision. Sa présence à Matignon n’est pas un honneur ni une récompense ni un tremplin pour l’avenir. Il est en charge d’une mission précise qui lui est dévolue par le président de la République en accord avec la majorité à l’Assemblée nationale. Son bail doit être de deux ans. Pour apporter au pays les réformes et les transformations nécessaires au redressement du pays, dans un contexte aussi épouvantable, cette durée est le maximum qu’un être humain puisse supporter. Il ne doit jamais reculer ni renoncer. Il a une obligation de résultats, pas de moyens. En cas d’insuccès ou d’incapacité à faire passer les réformes pour lesquelles il est mandaté, sa responsabilité est engagée et son devoir immédiat est de démissionner, avec les honneurs de celui qui s’est battu pour son pays.
  4. Le  principe démocratique: la réussite de l’alternance passe avant tout par la résorption de la fracture démocratique. 88% des Français ont une mauvaise image de la politique (cevipof 2016). Le taux d’abstention et le vote extrémiste battent des records. Il est impératif de combattre cette cassure entre le peuple et les élites politiques. Un gouvernement a besoin du soutien populaire pour faire passer ses réformes et ses projets. Ce n’est pas le bavardage et les gesticulations intempestives qui peuvent le lui assurer, mais des gages concrets de respect. Le recours au référendum doit intervenir pour les décisions cruciales touchant à l’avenir de la Nation et bien entendu, son verdict respecté à n’importe quel prix. La représentation parlementaire doit être renouvelée en permanence, un brassage constant des élites politiques est indispensable; les perdants aux élections législatives doivent revenir à leur métier d’origine. Il faut combattre le cumul excessif des mandats, y compris dans le temps, mettre fin à l’image détestable d’une caste politique étanche et rivée à ses intérêts de carrière, redécouvrir le sens profond du mandat législatif comme mode de représentation de la Nation. De nouvelles couches de populations, venus de tous les horizons professionnels – pas seulement la fonction publique – doivent être mis en position d’accéder aux mandats parlementaires.

 

Voilà, mais en achevant ces quelques lignes, une impression contrastée et contradictoire me vient à l’esprit: relèvent-elle du bon sens le plus élémentaire ou de l’utopie délirante dans le contexte présent?

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Un glissement sournois

DSC02314« Fascisme, totalitarisme, dictature », ces mots ont été tellement dévoyés et galvaudés! Pourtant, nous assistons à un glissement subreptice des mentalités, qui éloigne peu à peu le régime français de la démocratie libérale et le rapproche au fil du temps d’un esprit autoritaire. Certaines déclarations récentes reflètent une tendance générale préoccupante. Ainsi, il serait devenu « insupportable » voire « dangereux » de critiquer l’action de l’Etat (sic). Ces mots illustrent une pente qui tend à nier la liberté d’expression comme le pluralisme, le rôle d’un Parlement  et la place d’une opposition, y compris en « temps de guerre ». Mais le plus effarant tient à l’indifférence dans laquelle ces propos sont accueillis, comme s’ils étaient normaux et habituels… Ce glissement, qui ne date pas d’aujourd’hui, phénomène de long terme, s’exprime sous des aspects multiples:

  • Le culte de la personnalité, cette extravagante surexposition médiatique quotidienne des dirigeants  du pays.
  • Le poids croissant de la communication et de la propagande dans la vie publique.
  • La poussée de la violence politique, de l’extrémisme sous toutes ses formes, des insultes, des haines, des colères, du sectarisme.
  •  La déresponsabilisation de l’exercice du pouvoir, ce sentiment que tout peut arriver sans conséquence pour une caste protégée.
  • Le contrôle idéologique sur les grands médias, télévision et radio, qui répètent tous le même message sur tous les sujets.
  • La coupure entre les « élites politiques » et la population qui ressent un écœurement croissant envers la vie politique (88%).
  • Les manipulations électorales liées à la poussée extrémiste, au tripartisme, permettant l’éventualité d’un pouvoir ultra-minoritaire.
  • L’obsession générale de la conservation ou de la conquête du « pouvoir » à des fins de vanité exacerbée voire d’intérêt personnel.

La pente autoritaire de la vie politique française qui s’accentue d’année en année, n’est en aucun cas synonyme d’autorité effective ni d’efficacité et encore moins de réussite de la l’action de l’Etat. De fait, plus la politique est faible et indécise, plus elle glisse dans l’autoritarisme  stérile. La question du mode de gouvernance du pays devrait être le sujet fondamental de la vie politique française dans la perspective d’une éventuelle alternance en 2017. Il est symptomatique que le sujet n’intéresse personne.

Maxime TANDONNET

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Les heures les plus sombres

DSC02314La logique de repentance bat son plein dans le monde occidental. L’Allemagne vient d’annoncer son intention de présenter ses excuses à la Namibie pour un génocide intervenu au début du siècle dernier. La voie paraît ouverte pour un nombre infini d’actes de repentance. L’histoire de l’humanité est faite d’une succession de massacres. Chacun doit-il donner lieu à un acte de repentance? Par exemple, les Américains et les Canadiens vont-ils s’excuser pour l’extermination des Indiens? les Australiens, les néo-zélandais pour la destruction des populations aborigènes? Pendant que le monde occidental rumine sa mauvaise conscience, la guerre terroriste bat son plein. Les massacres s’enchaînent sur le sol de l’Europe. Après Paris, Bruxelles, Nice et les 84 tués de la promenade des Anglais.  La réaction des autorités politiques et des faiseurs d’opinion est atterrante. Elle est presque toujours identique: la négation et l’oubli aussi vite que possible. L’idéologie de la mauvaise conscience et de la haine de soi écrase les esprits. La dictature de l’émotion ne cesse de s’amplifier.  Il est inadmissible, inconcevable que l’Occident, oppresseur par définition, puisse être lui-même victime. Donc, les faits sont à chaque fois niés ou minimisés. On parle de loup solitaire, de malade mental, de fou furieux. Le tournant de l’histoire, qui a fait passer le monde occidental de puissance dominante à cible d’une agression criminelle est rejeté, nié, refusé. L’attitude des autorités politiques est stupéfiante. Elle tient toute entière dans le déni. « Circulez, y a rien à voir. » Bombarder l’Etat islamique daesh ne réglera  rien. Le terrorisme est dans les esprits, répandu partout, se nourrissant de ses martyrs. Le djihadisme est un état mental particulier, mystérieux, une sorte de nihilisme absolu qui consiste à tuer et à massacrer le plus possible dans des conditions d’atrocité les plus inouïes, y compris sa propre vie.  Face à ce nihilisme sacralisé,  contradiction génératrice d’une violence hallucinante, culte de la mort comme fin en soi qui porte en germe la destruction de toute humanité, quelles sont nos armes d’occidentaux? Pour l’instant aucune. Nous sommes toujours dans la phase de sidération, de stupéfaction, d’attentisme. Les gesticulations de nos classes dirigeantes et médiatiques n’y changeront rien. Le piège se referme.   Tout ceci n’est qu’un début, les signes avant-coureur de la catastrophe qui vient. L’aveuglement volontaire (par lâcheté) ou involontaire (par bêtise) n’y changera rien.  Avant tout, il faudrait en finir avec le culte de la mauvaise conscience et de la repentance qui paralyse les défenses du monde occidental. C’est vers l’avenir qu’il faut regarder, un avenir extrêmement sombre que nul ne veut voir en ce moment et se préparer au pire.

Maxime TANDONNET

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Soleil couchant

DSC02219Voici une photo prise hier soir sur mon lieu de vacances. Les mois qui viennent s’annoncent effroyables pour le pays. Tout, dans sa vie collective, me dépite en ce moment. L’irresponsabilité et l’autosatisfaction des uns, dans le contexte d’un pays ensanglanté par le terrorisme, me donnent le vertige. Ce type de réaction et de comportement échappe à mon entendement. Mais en outre, toute suspicion de récupération possible à des fins d’ambition personnelle de la succession de tragédies que la France vient de vivre m’est insupportable, qu’elle provienne de la gauche, de la droite, du centre ou des extrêmes. Je souhaite une transformation profonde de la politique française, la fin de la dictature des coups médiatiques, du paraître, des manipulations et de l’illusion, le retour à l’action, au collectif, à la culture de résultats, l’émergence d’une autorité nouvelle, aussi ferme et efficace qu’elle se doit d’être modeste, temporaire et responsable. Le pouvoir politique n’a pas une obligation de moyens, mais de résultats. Des dirigeants qui échouent doivent disparaître de la vie publique. Aujourd’hui, il faut s’attendre à tout. Des événements invraisemblables peuvent se produire à tout moment. Préparons-nous à de graves secousses. Rien ne vaut un soleil couchant pour faire le vide un instant, tout oublier, se ressourcer dans la lumière du soir en attendant le chaos de l’année qui vient …

Maxime TANDONNET

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Réflexions sur l’attentat de Nice et ses suites

CnXe6DFWIAAEQkm (2)Le carnage de Nice et ses suites immédiates en disent long sur l’état de déliquescence de la vie publique nationale. Nous atteignons en ce moment le paroxysme du désastre politique français. Notre pays a été ensanglanté trois fois en un an et demi. Il n’existe (semble-t-il) aucun équivalent en Europe ni dans le monde occidental d’une telle succession de massacres sur la période. Or, la France n’est pas la seule engagée dans la coalition militaire anti-daesh. Mais c’est elle qui est devenue le maillon faible aujourd’hui. La crise politique est franco-française. Il est absurde d’en accuser la terre entière, « l’Europe », la mondialisation, le « capitalisme financier », comme le font les partis extrémistes en tout genre. Le drame est avant tout franco-français. Le régime politique français – le fonctionnement concret de la vie politique – est devenu nuisible, néfaste, dangereux. Nous sommes dans un système dégénéré qui nie la notion de responsabilité. Il est inacceptable, en démocratie, qu’après trois actions terroristes aussi meurtrières en un an et demi, tout continue comme avant. La question n’est pas celle de la faute, mais bien celle de la responsabilité. On essaye de noyer le sujet de la responsabilité dans un soi disant appel à « l’union nationale », au refus de la « polémique », ou l’invocation de la « fatalité », etc. Tout cela est incompréhensible aujourd’hui. En démocratie, à la suite de plusieurs drames atroces, la transparence et la responsabilité sont des impératifs absolus. L’union nationale ne se conçoit que dans la clarté et la cohérence, le respect du principe de responsabilité. Cette responsabilité est d’ailleurs autant nationale que locale. La France est un pays en guerre – contre l’islamisme radical. Les hauts dirigeants ne cessent de le rappeler. Alors, fait-on des feux d’artifice et grands rassemblements de foule dans un pays en guerre? La question mérite au moins d’être posée. Elle concerne l’échelon local autant que le niveau national. Or, le système politique français est profondément malade en empêchant le jeu de cette responsabilité. Il est vain de s’en prendre aux « hommes », d’accuser nominativement les individus au pouvoir. Pour parvenir au sommet de l’Etat, dans la politique française, voire même à la tête d’une grande mairie, il faut de toute façon, une haute dose de carriérisme et d’opportunisme. Dès lors, comment concevoir que des dirigeants parvenus à ce niveau et à ce prix, aient ensuite l’honnêteté, le courage, la lucidité d’assumer par eux-mêmes, par choix personnel, cette responsabilité? Tout le monde ne peut pas s’appeler Charles de Gaulle. Par delà les personnes, ce qui est en cause est un mode d’exercice du pouvoir. Les institutions, le fonctionnement de la vie politique, devraient, dans une démocratie, permettre au principe de responsabilité de s’exercer nonobstant les attitudes individuelles des hommes et des femmes. Or, nous vivons dans une situation de verrouillage absolu: du fait de l’hyper présidence (un chef de l’Etat à la fois dépositaire des attributs du pouvoir ou de ses symboles et totalement irresponsable pendant 5 ans) et du « parlementarisme majoritaire »: une majorité de parlementaires obsédés par leur seule réélection et totalement soumis à l’exécutif. Cette déresponsabilisation de la politique française est dramatique, désastreuse. Elle joue à plein au sommet de l’Etat, mais aussi par mimétisme, à tous les niveaux du pouvoir, y compris local. Elle empêche de modifier des politiques qui échouent. Elle encourage l’immobilisme, l’impuissance, le renoncement (nonobstant les coups de menton)  dans certaines situations où justement, l’immobilisme, l’impuissance, le renoncement(derrière les coups de menton), sont inqualifiables. Elle favorise les délires extrémistes, de droite et de gauche, les expressions démentes et mensongères qui prolifèrent en ce moment sur le chaos français et qui, dans une grande surenchère d’irresponsabilité, ne font qu’accélérer la descente aux enfers de la France. Nous ne sommes plus dans une affaire de combat droite/gauche. Le seul enjeu, désormais, c’est de sauver la France. Au prix d’une transformation profonde de la vie politique française et d’une réhabilitation, à tous les niveaux, du principe de responsabilité.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

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L’épouvante

Aucun terme ne permet d’exprimer ce que l’on ressent face à l’abominable carnage de la promenade des Anglais à Nice, cette nuit de 14 juillet. 84 morts dont de nombreux enfants: le troisième massacre, sur le territoire français, en un an et demi, après ceux de janvier et novembre 2015. Le sentiment qu’on éprouve est indescriptible, celui d’un immense chagrin pour les victimes et leurs familles, une horreur qui dépasse les mots, dépasse l’entendement. Il n’est pas question de réagir en donneur de leçon mais en citoyen de ce pays, accablé, horrifié, épouvanté. Jusqu’où cela peut-il durer? Quand cette période atroce va-t-elle prendre fin? CnXe6DFWIAAEQkm (2)Aujourd’hui, une pensée s’impose parmi les autres: celle de la responsabilité.

Maxime TANDONNET

 

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Monsieur M.

sans-titreMonsieur M., au cœur de l’actualité, n’est rien d’autre à mes yeux que la quintessence de la politique française: popularité artificielle, médiatique, reposant sur sa bonne figure de gendre idéal; propension illimitée à déclencher des polémiques stériles et jouer de la provocation sans suite; vertigineux cynisme. Pure créature du président Hollande, il  profite de la débâcle générale du camp socialiste pour tirer son épingle du jeu et enfoncer un peu plus ce dernier. Comment cela s’appelle-t-il déjà? Comment dites-vous? Ah, oui: une déloyauté, une infidélité, une trahison. Mais qui donc est encore à cela près, dans la belle « France d’en haut »? Monsieur M. n’a rien prouvé, rien démontré, rien réussi. Son unique bilan? Le désastre de l’économie française. Il avait une bonne occasion de montrer un autre visage de la politique nationale, celui d’un haut responsable public, déterminé à faire au mieux son travail dans des circonstances difficiles et dans  l’intérêt général. Les sirènes de la mégalomanie l’ont entraîné dans leur gouffre. Le voici candidat providentiel, lui aussi, en sauveur naturel de la France, après tant d’autres qui ont mal fini et avec tant d’autres aujourd’hui. Lui qui n’a à peu près rien montré ni prouvé, ni décidé, ni choisi, que ferait-il parvenu à l’Elysée, parvenu est bien le mot, avec son petit carton de réformes, face à la rage des syndicats et à la fureur de la rue, dans un pays bloqué, lui qui a validé par sa présence au pouvoir quelques ignominies bien socialistes, telles que  la suppression « du jour de carence » pour les fonctionnaires en arrêt maladie? Lui qui n’a même pas la force de démissionner, il ne ferait rien du tout, il frimerait, poserait, ferait semblant, jouerait la montre pour tenir cinq ans et se représenter. Monsieur M. ne renouvelle rien du tout. Bien au contraire, il incarne et il aggrave la mauvaise pente de la vie nationale, sa fuite dans le délire et l’hystérie. Il ne renouvelle rien du tout, bien au contraire: il est l’archétype du politicien actuel.

Maxime TANDONNETtéléchargement

 

 

 

 

 

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Un vote insoutenable

images7RTRHE00Critiquer le milieu politique a un côté lassant, pénible, mais comment se taire face à des scandales qui sont insupportables et soulèvent l’indignation? Un Parlement souverain, respecté, efficace et responsable, est à mes yeux l’une des clés du redressement de la France. Je ne cesse de le répéter. L’attitude d’une petite caste d’élus nationaux (pas tous) qui protège ses intérêts envers et contre tout scrupule m’est d’autant plus insupportable. Sur 15 députés présents lors d’une séance, il s’est trouvé une majorité pour rejeter une proposition d’amendement rendant inéligible l’auteur de violences sur les personnes (sexuelles, conjugales, ou autre). Je trouve ce vote d’autoprotection dans un hémicycle vide, insoutenable! Comment admettre qu’une personne condamnée pour viol, atteinte sexuelle, violence contre sa femme ou ses enfants, puisse prétendre à représenter la Nation? Bien sûr que toute personne condamnée pour corruption  ou violence devrait être inéligible à vie! Et passer à autre chose. Le mandat parlementaire n’est pas un privilège à vie, que je sache, mais un honneur et un devoir! Dans un autre genre, j’ai écrit dans Figaro Vox un article dénonçant le recrutement de M. Barroso, ancien président de la Commission européenne de 2004 à 2014, par la banque d’affaires Goldman Sachs. Cette embauche donne prise à l’accusation de collusion entre les dirigeants de l’Union européenne et la finance internationale. Pantouflage à l’échelle du continent, elle donne  une image des plus hauts dirigeants de l’Europe vendus à la finance internationale et donc une Union soumise à cette dernière. Le symbole est désastreux, inqualifiable pour « l’Europe d’en haut » et cette affaire ne peut que conforter les partis extrêmes, de droite comme de gauche, qui en disent exactement la même chose d’ailleurs. Les dirigeants politiques nationaux ou européens donnent le sentiment d’avoir basculé dans une autre planète ou de se trouver hors sol, déresponsabilisés,  intouchables, imperturbables, protégés de tout état d’âme et de tout scrupule, coupés du monde. C’est inadmissible!

Maxime TANDONNET

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Lecture d’été, Aventures en mer rouge

imagesMes livres de chevets ne sont pas toujours les derniers best seller! Par hasard, je suis tombé sur un chef d’œuvre vieux de presque un siècle et que je ne connaissais  pas: Aventures en mer rouge, d’Henri de Monfreid. Le récit, haletant, nous entraîne au cœur de la féérie des paysages de la Mer Rouge et de l’Abyssinie. Le narrateur nous emporte dans la magie d’une aventure qu’il a réellement vécue, à mi-chemin entre Arthur Rimbaud et Pierre Loti. Dans le monde policé et normé qui est le nôtre, le personnage fascine par sa course perpétuelle à la transgression, à la fois immense écrivain et marginal. Contrebandier,  chercheur de perles, trafiquant d’armes et de drogue, toujours de bonne foi, adversaire acharné des ronds de cuir de la « coloniale », magistrats et fonctionnaires, en butte aux trahisons de ses amis et aux pièges de ses ennemis, à l’hypocrisie, incompris dans la solitude, il finit toujours par se tirer des pires pétrins. Le talent éclabousse son œuvre; qu’on en juge:

« Les hauts mimosas épineux étalent leurs parasols au-dessus de ces pierres anonymes, et le vent tiède de la brousse passe sur elles comme une caresse d’apaisement. Il va vers la mer, tout chargé des senteurs chaudes de la terre, et la grande mousson du large l’emportera dans la solitude. La mer scintille entre les branches basses sous la lueur de la planète rousse qui monte dans le ciel. Le bruit strident des grillons invisibles s’exhale de toute la terre et remplit l’espace d’une immensité sonore […] Autour de nous, maintenant, les grillons se sont tus; il se fait comme un trou de silence dans ce frémissement qui semble unir les étoiles à la terre […] Tout d’ailleurs, porte à de sombres pressentiments: le vent qui siffle dans la mâture et la mer qui gronde autour de nous en brisant sur le récif tout proche. Des gerbes d’écume surgissent comme des fantômes désespérés, retombent et étalent sur l’eau d’étranges monstres blancs. Le cône de basalte de la montagne de Syian se dresse dans la nuit, impassible, comme s’il attendait que la pauvre chose fragile que nous sommes vienne se briser sur les roches cachées sous l’eau noire ».

L’œuvre compte des milliers de pages splendides de cet acabit! Je viens d’achever le premier tome (Les secrets de la mer rouge). J’emporte les deux autres en vacances. Si vous cherchez la magie d’une évasion absolue, la fascination de l’aventure, un dépaysement radical, la musique et les visions d’un beau texte de littérature, faites comme moi, prenez le dans vos bagages cet été!

Henry de Monfreid, Aventures en mer Rouge (trois tomes), Grasset 1988 (la première édition est de 1921).

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

 

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Bof…

sans-titre19 millions de téléspectateurs pour France-Allemagne, liesse nationale sur les champs Elysées, extase, moment historique de gloire patriotique, victoire historique, grandeur retrouvée, moment de rêve national… Les personnalités politiques ne savent plus comment surenchérir dans l’enthousiasme bien calculé. Moi, j’aime bien le football, même si, homme du Sud-Ouest, je lui préfère largement  le rugby. Mais trop, c’est trop, cet engouement pour un ballon qui entre ou non dans un filet et le coup de sifflet aléatoire d’un arbitre… Le spectacle en cours a quelque chose d’étrangement conformiste, moutonnier, convenu, presque cloné…  Que des jeunes s’amusent et fassent la fête, tant mieux après une année épouvantable. Mais de là à voir dans un match de football, jeu de « pied-ballon », un événement politique et historique, international, un phénomène à la hauteur des événements planétaires, une revanche historique de la France sur l’Allemagne… Ah, l’Allemagne vaincue! Certes, une dose légère de chauvinisme (le mot est lâché)  ne gène personne quand elle est dans un esprit ludique et festif, sans haine ni mépris de l’adversaire, et avec un regard critique voire d’auto dérision. Mais un gros paquet d’hystérie collective, notamment dans la « France d’en haut », la sublimation d’un simple jeu  de ballon médiatisé, avec un fond revanchard, c’est le reflet d’un désarroi général, d’une perte de repère, de la société du vide. Mais le plus intrigant, à mes yeux, est dans la puissance du consensus, de l’unanimisme, l’absence de toute espèce de distance critique… Oui, je sais, je suis un grincheux, ringard, misanthrope, un vieux con pour tout dire. J’ai besoin de vacances, sans aucun doute. Oui, et alors?

Maxime TANDONNET

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La question du pouvoir politique

imagesKXOQHPN0L’expérience du pouvoir politique finit toujours mal dans le monde moderne. Les derniers présidents américains ne laisseront pas un souvenir impérissable: Clinton, Bush, Obama. La campagne électorale américaine, de scandales en polémiques, atteint les sommets de la déchéance ou du ridicule entre Clinton (Madame) et Trump. Les dirigeants européens plongent les uns après les autres dans la catastrophe, Mme Merkel et ses tergiversations sur « les migrants », Schengen, la Turquie; M. Cameron et son Brexit, M. Hollande et ses 12% de popularité. M. Renzi est au plus mal en Italie, l’Espagne est sans gouvernement, la Grèce s’enfonce toujours un peu plus dans l’indifférence. Hussein, Ben Ali, Moubarak, Khadafi, etc:  sauf exception, le métier de dictateur ou d’homme providentiel conduit à un triste sort. Qui se souvient, car les gens ont la mémoire courte, à quel point les présidents Mitterrand et Chirac furent impopulaires sinon honnis à la fin de leur mandat? Et tout va de pire en pire. La vie politique française offre aujourd’hui un spectacle affligeant, entre ses cinquante candidats aux présidentielles, sa montée aux extrêmes, ses primaires débiles, sa violence croissante comme voile du néant, une poignée d’individus que l’on sent prêts à tous les mauvais coups pour garder la place à n’importe quel prix. Qu’est-ce que le pouvoir politique et pourquoi, dans le monde moderne, conduit-il presque inévitablement à l’échec sinon au ridicule? Une hypothèse: nous avons changé d’ère tandis que la politique fonctionne encore sur un vieux modèle désuet, dépassé par le monde moderne. La question porte notamment sur la personnalisation médiatique du pouvoir. Elle correspond à une époque dominée par la radio et la télévision, comme sources dominantes et à sens unique, de haut en bas, de l’information et de la communication politique. Notre planète a radicalement changé avec Internet et la mise en réseau de la vie sociale. Plus un dirigeant est médiatisé, plus il devient la cible d’une sorte de lynchage universel. Son prestige, son autorité, sa capacité à décider et à gouverner en sortent anéantis. Il se réfugie dans le grand spectacle de la polémique et la posture, les coups politico-médiatiques. Mais plus il communique, et moins il gouverne. Il s’enfonce en permanence dans le grotesque. Jadis, le culte de la personnalité incarnait le mal en démocratie. Aujourd’hui, il est banalisé, généralisé, absorbant la substance de la vie politique au détriment du bien commun. Il faut repenser le pouvoir politique, tendre peu à peu vers l’anonymat, la modestie, la dépersonnalisation, la dé-médiatisation, la simplicité, la proximité, le réel, la décentralisation, la volonté collective, le pouvoir du peuple (démocratie locale et directe).  Qui connaît le nom des dirigeants suisses par exemple? Et ce pays ne se porte pas si mal… Bien sûr qu’il faut un capitaine pour rendre in fine les arbitrages, comme me le faisait remarquer hier soir un ami auquel j’expliquais mes idées. Mais un capitaine est à la barre de son navire et à la tête de son équipage, pas sur la scène de spectacle. Peu importe son nom et son visage tant qu’il conduit, avec son équipage, les passagers à bon port.  Mon message est totalement inaudible dans le climat de bêtise et de mégalomanie ambiante. En tout cas, le voilà lancé…

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Sincérité/loyauté

téléchargement (2)De tout cœur, je souhaite pour la France une alternance en 2017 et l’arrivée au pouvoir du camp républicain modéré ou libéral (le mot « Droite » me révulse toujours autant, comme celui de « Gauche » d’ailleurs pour son hypocrisie), faute de mieux et faute de pouvoir espérer dans l’immédiat la transformation profonde de la vie politique dont je rêve. A mes yeux, au point où nous en sommes, l’alternance et sa réussite constituent des enjeux de salut public et de survie pour le pays. Dans l’article ci-joint, pour le Figarovox, je dis exactement, précisément ce que je pense du projet Républicain. Il comporte de bonnes idées, mais d’autres franchement mauvaises (la suppression de l’interdiction des cumuls de mandats) et d’autres qui sont inapplicables en l’état. Je lui reproche surtout de minimiser la question fondamentale de notre époque: comment gouverner la France? Proposer des réformes est inutile si on ne se donne pas les moyens de les appliquer, face à la multitude des obstacles (juridiques, financiers, sociaux, administratifs, psychologiques). J’ai vécu de l’intérieur les années 2002-2012. J’ai vu à quel point, malgré toute l’énergie, le charisme la volonté individuelle, il était difficile, voire impossible de mettre en œuvre les réformes nécessaires à la France. La première règle de toute réflexion politique devrait être: comment faire, comment allons-nous agir?  Or, ce point est quasi absent du projet. Les 180 commentaires qui suivent mon article sont intéressants. Beaucoup me reprochent, compte tenu de mon passé, mes critiques envers le projet des Républicains. Personnellement, pour avoir longtemps côtoyé ce milieu, j’ai tendance à penser qu’un point de vue libre – tout en restant poli – est plus utile aux politiques que des attitudes de flagornerie auxquelles ils sont habitués de la part de ceux qui attendent les places. De fait, ma conception de la loyauté passe par la sincérité.

Maxime TANDONNET

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L’étrange projet

téléchargement (2)Samedi 2 juillet, les Républicains ont rendu public leur projet pour 2017. L’événement est de taille. Dans la perspective vraisemblable d’une alternance l’an prochain, ce document a vocation à servir de fondement à la politique suis sera menée pendant cinq ans. C’est donc avec le plus grand intérêt que j’en ai pris connaissance. Malheureusement, il me faut avouer que ce texte ne m’a guère convaincu. Certes, les bonnes idées ne manquent pas mais son épaisseur est révélatrice d’un malaise: un catalogue de 370 pages, sans priorités, traitant tous les sujets sur le même plan (logement, social, environnement, immigration, etc.) La question fondamentale, à mes yeux, celle du gouvernement de la France – la gouvernance – n’apparaît qu’à la fin, visiblement bâclée et traitée par dessus la jambe. Pour réformer le mode de gouvernement du pays, il est proposé en quelques lignes de « mettre fin à l’interdiction du cumul des mandats » (député-maire), de réduire le nombre des parlementaires, de supprimer le Conseil économique et social, de faciliter les consultations grâce au numérique (les termes « référendum d’initiative populaire » n’apparaissent pas), diminuer le « nombre des autorités administratives indépendantes » (???). Pardon à mes amis du parti des Républicains, mais je trouve cette légèreté inquiétante. Elle tendrait à souligner que les états-majors politiques, sont totalement à côté de la plaque, n’ont strictement rien compris au drame de ce pays. Quand une Nation ne parvient plus à se gouverner, elle fait naufrage comme un navire sans gouvernail pris dans la tempête. L’impuissance politique est le problème majeur de la France. L’exercice du pouvoir s’est transformé en un grand spectacle de communication et de manipulation, fait de polémiques stériles, de promesses et d’annonces sans lendemain, de scandales, de coups de menton et de petites phrases. Mais l’appareil gouvernemental a perdu prise sur le réel dans une France devenue largement ingouvernable. Toutes leurs belles propositions de réforme ne serviront à rien s’il est impossible de les mettre en œuvre: annulations par le Conseil constitutionnel, ou une autre juridiction (Conseil d’Etat, Cour de Cassation), absence de crédits liée aux restrictions budgétaires, au poids de la dette publique, obstacle du droit européen (directives, règlements, jurisprudences de la cour de Justice européenne et de la Cour européenne des droits de l’homme), blocage et mauvaise volonté des administrations, faiblesse du gouvernement et des ministres plus intéressés par leur destin personnel que par leur ministère,  reculades face aux manifestations et aux grèves massives risquant de paralyser le pays, principe du lynchage médiatique qui oblige le chef de l’Etat surmédiatisé et incarnant à lui seul la responsabilité politique, à faire machine arrière pour sauvegarder son « image ». Voilà tout un ensemble de facteurs qui explique la paralysie politique du pays depuis des décennies… Je n’invente rien, je l’ai vécu de l’intérieur de 2005 à 2011, place Beauvau et à l’Elysée jusqu’à la fameuse catastrophe de mai 2012.  Le projet des Républicains esquive ainsi le seul sujet qui compte aujourd’hui, celui de la gouvernance du pays, tous les autres n’en étant que la déclinaison. Il se présente comme un grand corps sans tête ni colonne vertébrale. Il aurait dû commencer par ce qui est fondamental: quelle présidence future, quel rôle pour le Premier ministre et les Ministres? Comment gérer les blocages de la technocratie et des juridictions? Quelle réponse donner aux contradictions entre les ambitions politiques et le droit européen? Facile d’annoncer des promesses qu’on ne peut pas mettre en œuvre! En matière d’immigration par exemple, l’idée fondatrice du projet est celle de la mise en place de « plafonds d’immigration familiale ». Un vieux serpent de mer dont j’entends parler depuis 2002 au moins! Or, ils sont inapplicables aujourd’hui comme hier car contraires au droit constitutionnel (préambule 1946), à l’article 8 de la CEDH et au droit européen (directive de 2003). Alors, que fait-on? Et je ne parle pas des propositions sur « Schengen II » qui supposent une refonte totale du règlement du 15 mars 2006 sur le « code frontière »; ce n’est pas impossible mais dans des conditions extrêmement complexes et difficiles à réunir: accord de la Commission européenne, puis « majorité qualifiée » du Conseil et enfin vote favorable du Parlement européen. Pourquoi ne pas le dire? J’entends d’ici le politicien lambda, fustigeant mes observations et me traitant de « technocrate obtus » n’ayant « rien compris ». Mais la vérité, c’est qu’ils ne pourront pas faire une large part de ce qu’ils annoncent et se retrouveront coincés de toute part. Les gesticulations, les cris, les hurlements, les polémiques, l’excitation, les coups médiatiques, les insultes, l’agitation ne serviront à rien. Le résultat sera le même: le néant. Que sommes nous en droit d’exiger d’eux aujourd’hui ?

  • Des propositions conformes à la réalité de ce qu’il est possible de faire ou non, en finir avec les sornettes: bref, la vérité, ce mot devenu étranger à la vie politique.
  • Et quand ce n’est pas possible en l’état, pour les raisons que je viens d’expliquer, qu’ils disent comment ils comptent s’y prendre pour surmonter ou écarter les obstacles, juridiques, financiers, sociaux ou tout au moins essayer, au prix de quelles crises, quelles ruptures, quelles fractures, quelle résistance, quelles révolutions, quelles batailles, quels choix fondamentaux? Et jusqu’où?

Oui, étrange et inquiétant projet, sans ligne, sans priorités, sans méthode ni moyens… Serait-il le reflet de la vieille imposture française selon laquelle l’arrivée d’un « homme providentiel » à l’Elysée suffira à tout régler? On n’ose l’imaginer tant la supercherie est éventée. Or, ce n’est pas seulement 2017 qui se joue aujourd’hui , c’est la période 2017-2022. Les Français ne supportent plus de se sentir manipulés et trahis. On leur a trop souvent fait le coup. En cas d’échec de 2017 à 2022, les conséquences seront épouvantables. Il n’est pas impossible que les Français aient alors la tentation de se venger en portant au pouvoir les courants extrémistes de gauche ou de droite, voire un mélange des deux, qui cette fois-ci plongeront le pays dans un abîme sans fin,  la faillite et la guerre civile.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

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Michel Rocard

sans-titreA mon arrivée à Orly-Ouest ce matin, première nouvelle: le décès de Michel Rocard. Je l’avais rencontré il y a des années, en 1993, à son bureau, quand il était maire de Conflans-Saint- Honorine. Il m’avait frappé par sa simplicité, sa gentillesse, ses difficultés d’élocution, parlant très vite avalant ses mots. Avec passion, il évoquait son bilan à Matignon de 1988 à 1991, comme voulant s’assurer en me parlant, guettant des signes d’approbation, que son passage au sommet de l’Etat avait été une réussite. Il fait partie de ses rares hommes politiques pour lesquels j’éprouve une profonde sympathie personnelle. J’apprécie notamment son réalisme, sens du bien commun, réelle humilité et surtout son absence de sectarisme droite-gauche. Absolument rien à voir avec ces petits politiciens actuels qui compensent leur vide intellectuel et moral par une surenchère de haine et de rage fielleuse envers le camp opposé, d’autant plus bêtes et méchants qu’ils n’ont rien à dire, rien à proposer. Michel – j’ai envie de l’appeler Michel – était à mille lieues au-dessus de la crétinerie politicarde. Cela dit, je mentirais en affirmant que j’admire et approuve son bilan. Il s’est tout de même beaucoup trompé. Son RMI fut un échec pitoyable. Destiné à favoriser l’insertion des exclus, il a encouragé l’assistanat qui touche désormais plus de deux millions de personnes. L’idée était bien compréhensible, mais son volet insertion a disparu au fil du temps au profit d’un outil de redistribution de masse sans contrepartie. Quant à la CSG qu’il a aussi inventée, elle fut un gigantesque tremplin dans le matraquage fiscal de la France et l’explosion des prélèvements obligatoires qui minent dangereusement l’économie française. Certes, il fut extrêmement populaire, sans doute parce que les Français sentaient qu’il n’était pas un politicien comme un autre.  Avec le recul, son bilan à la tête du pays est franchement discutable.

Maxime TANDONNET

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La table rase et l’ingratitude

sans-titreMême dans mon exil lointain et temporaire, je ne peux m’empêcher de ressasser les événements de ces derniers jours. Il  y a une chose que j’ai du mal à supporter, c’est l’idéologie de la table rase et le culte moderne de l’ingratitude. L’ingratitude, la déloyauté sont des comportements banalisés qui suscitent chez moi une horreur indescriptible. J’observe l’avalanche de mépris et de haine des classes dirigeantes européennes contre le Royaume-Uni après le Brexit « Dégagez! Allez-vous en! Partez vite! T’es encore là, toi? » Cette attitude me révolte jusqu’à la nausée. Car c’est bien à la Nation britannique que s’adresse cette avalanche de haine. Les milieux dirigeants européens s’acharnent à oublier ce qu’ils doivent à la grande nation britannique. Faut-il le rappeler? Des centaines de milliers de soldats anglais ont versé leur sang au côté des poilus pour défendre la France en 1914-1918. Et la Résistance en 1940? et le non au Reich hitlérien? et la victoire contre le nazisme, à qui la devons nous? Aux Anglais qui ont été le peuple le plus lucide et le78951798 plus courageux de la planète. C’était il y a même pas un siècle, quatre-vingts ans, et qu’est-ce que c’est quatre vingts ans à l’échelle de l’histoire? Une vie d’homme! Et il faudrait tout oublier? La noblesse et l’intelligence devraient conduire à une attitude inverse: restez Messieurs les Anglais, nous allons trouver une solution dans l’immédiat qui préserve la dignité de tout le monde, et rebâtir une Europe bien plus unie et démocratique que le système dont vous ne vouliez plus et la rebâtir évidemment avec vous! Car la France et l’Angleterre sont deux nations sœur, qui ont versé le même sang et nous savons tout ce que nous vous devons, la liberté et la démocratie et que nous n’imaginons pas un instant notre avenir sans vous!558666803

Maxime TANDONNET

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Carte postale

imagesEn ce moment, je suis en mission Outre-mer, à quelque 8000 kilomètres de Paris. Il ne faut pas croire que dans ces moments, on profite des plages de rêve, la mer d’huile, le soleil et les cocotiers. Non, c’est costume sombre et cravate, ruisselant de transpiration par 35°, de réunion en réunion, de 8 heures à 18 heures. Et comme la nuit tombe de bonne heure, pas question de profiter de la mer en fin de journée. Mais quand même, la distance et le dépaysement produisent une sensation étrange, presque enivrante de détachement, d’indifférence, une sorte de trêve et de paix intérieure. Comme ils paraissent loin, le brexit, les primaires, la bourse… Et tous ces pitres de la grande comédie politico-médiatique… On les perçoit à travers une sorte de brouillard d’indifférence, comme dans une rêve étrange. Les milliers de kilomètres font voir le monde autrement, et réconcilient avec la vie, le bonheur de découvrir de nouveaux visages et paysages, de lire un bon livre dans le silence d’une chambre d’hôtel, dîner sur une terrasse au bord de la mer. Internet passe mal et ce soir, je n’ai aucune envie de parler de choses sérieuses. Merci aux visiteurs et contributeurs de ce blog et bien amicalement…

Maxime TANDONNET

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Brexit, catastrophe ou chance d’une refondation?

imagesY87S0SEXVoici deux tribunes au Figaro vox parue pendant le Brexit:

Ce que je ressens sur l’Europe est difficile à faire comprendre, autant aux yeux des nationalistes que des bruxellistes, qui sont, de fait, les deux faces d’une même tragédie. Essayons de le dire en quelques phrases:

  1. Il n’existe pas d’Europe sans le Royaume-Uni, l’un des pays les plus proches de la France par la culture, l’histoire, les mariages, les échanges humains, l’économie. L’Europe seulement continentale, sans le Royaume-Uni, est une idée absurde et inacceptable.sans-titre
  2. Le système bruxellois, mis en place depuis 1990, est désormais ressenti par une majorité d’Européens, comme une mécanique oppressante et dangereuse pour les libertés et la démocratie. Depuis trois ans la succession des crises et leur traitement (grecque, migrants, Turquie) ont considérablement amplifié le malaise, tout comme les provocations inutiles (« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens« – M. Juncker janvier 2015).
  3. Le référendum britannique n’est qu’un symptôme de tensions profondes à l’œuvre depuis longtemps, qui se manifestent par la poussée vertigineuse, partout, du vote et de la violence extrémistes (de droite et de gauche). L’aveuglement général à ce sujet est l’un des mystères de notre temps. Jusqu’où cela peut-il aller?
  4. Dans le monde d’aujourd’hui, l’Europe est une réalité intangible, qui dépasse largement les traités: Français, Britanniques, Allemands, Italiens, Espagnols, Roumains, Portugais, Polonais, etc. forment une même entité de culture et d’histoire, plus que jamais confrontée aux mêmes menaces, dans un monde dominé par les géants de milliards d’habitants. Qui n’entre nous ne se sent pas « chez lui » à Londres, à Rome ou à Lisbonne? L’unique chance de survie du continent européen est dans son unité.
  5. La clairvoyance et le courage consisteraient à tout remettre à plat, admettre les erreurs commises ayant mené à l’impasse actuelle et fonder l’unité européenne sur la politique, la notion de cité européenne. Le salut est dans une confédération qui rassemble les forces, fédère ce qui doit l’être (l’environnement par exemple) tout en préservant les démocraties et les libertés nationales.
  6. Aujourd’hui, les forces d’intelligence, de lucidité, de volonté, de vision historique et d’audace permettant une prise de conscience et une refondation n’existent pas dans les classes dirigeantes européennes. La refondation est donc improbable dans l’immédiat. Elle a une chance de se produire quand le processus de désintégration aura atteint son paroxysme.imagesAX7GGNUD

Maxime TANDONNET

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Brexit, une autre approche

imagesY87S0SEXBrexit, or not Brexit? Il me semble d’abord que les menaces brandies envers les Britanniques, s’ils votaient pour les Brexit, sont une infamie. Je n’arrive pas à comprendre à quel niveau de bêtise, d’inculture, d’anomie, il faut en arriver pour insulter ou menacer ainsi le peuple qui a versé des fleuves de sang au côté des Poilus, pour défendre la terre de France en 1914-1918 et la Nation, la seule en Europe occidentale, qui a tenu tête au nazisme et au fascisme, seule pendant un an, avant de les terrasser. Car c’est bien aux Anglais et à Winston Churchill que nous devons la liberté et la démocratie. La crétinerie  ambiante à Bruxelles558666803 et à Paris est quelque chose qui me dépasse, m’horrifie. Quant au fond, il me semble que le référendum britannique n’a pas l’importance vitale que lui donnent les commentaires. Selon moi, l’enjeu n’est plus de « sortir » de l’Union européenne mais de la « construire » sur des bases nouvelles, à la fois infiniment plus fortes et plus souples. Car l’Union européenne est morte depuis plusieurs années, dans l’aveuglement et la cécité générale. La crise grecque, les coups tordus de Mme Merkel et M. Junker avec les migrants et la Turquie, les dérogations phénoménales consenties à la Grande-Bretagne (sur l’immigration) sont la preuve que l’esprit de l’Europe, comme « union politique toujours plus étroite entre les peuples« , est depuis longtemps disparu. Il en reste une bureaucratie écervelée et des juridictions, un corps de « directive », de « règlements » et de jurisprudences qui court toujours, comme un canard décapité. Mais l’âme de l’Europe, le projet, l’idée politique d’une Europe unifiée est d’ores et déjà par terre. Or, dans un monde en ébullition, un XXIe siècle qui s’annonce encore plus épouvantable que le précédent, dominé par des géants de milliards d’habitants, les nations européennes, qui ont une histoire et une culture communes, tellement imbriquées, ont le devoir de s’unifier pour survivre, avec le Royaume-Uni bien entendu. Tel est le défi de l’avenir, non pas sortir de l’Europe, mais la bâtir sur des fondements nouveaux.

Maxime TANDONNET

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2017, les vraies élections

panorama2La politique du pays est en train de se transformer radicalement, de basculer dans un autre monde, au rythme des bouleversements de la société. Le modèle de la gouvernance française issu des années 1970 et renforcé dans les années 2000 est à bout de souffle. Jamais plus personne ne reviendra sur le discrédit de l’institution présidentielle telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui: l’hyperprésidence narcissique. Le naufrage de l’Elysée dans sa version actuelle est sans retour. Toute prétention à exercer le rôle de roitelet du pays est désormais vouée au ridicule.  En effet, les Français ne sont pas aussi manipulables et naïfs que ne semblent le penser les leaders politiques. Ils savent, d’instinct, que l’idée d’un personnage tout puissant, surmédiatisé, tenant à lui seul les leviers du pays, entretenue par la classe politique et les médias, est une gigantesque imposture dans le monde moderne.

En 2017, le dernier masque de cette légende pourrait tomber. Il en sortira, quoi qu’il arrive l’élection d’un chef de l’Etat déjà usé jusqu’à la corde par son historique au pouvoir, cramé dès son installation à l’Elysée, ridiculisé par la tragédie des primaires, cible providentielle des médias, des corps intermédiaires (magistrats), de l’opinion publique. Privé d’une autorité stable et durable, il ne disposera plus jamais sans doute d’une véritable « majorité présidentielle » à l’Assemblée, à cause du tripartisme nouveau dans le pays, voire quadripartisme, de l’émergence des « frondeurs » de droite et de gauche et de la déliquescence du prestige présidentiel. Or comme chacun le sait, les pouvoirs personnels du chef de l’Etat sont réduits (celui de dissoudre l’Assemblée). Pour le reste, il ne décide rien tout seul, pas même le référendum et en l’absence de majorité présidentielle claire, sombre obligatoirement dans la paralysie et l’impuissance.

C’est pourquoi l’avenir du pays repose aujourd’hui sur l’élection de l’Assemblée nationale, les législatives, l’espoir, même ténu, d’une recomposition politique autour de majorités d’idées, constituées de députés sensibles à la notion de bien commun et d’intérêt national; et par-delà, l’émergence, d’un Premier ministre homme neuf,  autoritaire, à la tête d’un gouvernement puissant et déterminé à réformer le pays. Un miracle? Peut-être, mais c’est le seul envisageable, tant la déconfiture présidentielle, à sans-titre travers notamment les primaires, semble s’accélérer. Dans une période aussi troublée et incertaine, rien n’est pourtant écrit d’avance. Une crise majeure, sociale, politique, militaire, dans l’année qui vient, pourrait déboucher sur un tel scénario totalement inédit.

Dans ce contexte, le président de la République devra, non pas s’effacer, mais retrouver un rôle plus conforme à la lettre et à l’esprit des institutions  autour du destin à long terme de la Nation, de la politique étrangère et de défense. Ceci est pour moi une évidence. Pourtant, infiniment rares sont les esprits qui commencent à le comprendre tant cette idée contraste avec la mythologie politique française. Ils existent, j’en ai rencontré. Les politiques, dans leur immense majorité, ne peuvent même pas l’imaginer. Le hochet élyséen les enivre. Quoi? L’apparence de la toute puissance, sans une once de responsabilité personnelle pendant cinq ou dix ans? Mais les faits et la loi des réalités, sont infiniment supérieurs à leurs fantasmes de toute puissance.

Maxime TANDONNET

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Primaires de gauche, le social-nihilisme

téléchargementLa décision du parti socialiste d’appliquer un système de primaires pour 2017 est bien dans l’air du temps. Elle révèle un parti qui n’a plus rien à offrir en dehors d’une lutte de  petits bonshommes pour la conquête des ors de l’Elysée. Cette formation qui se définit comme le « parti des valeurs » ne fait même plus semblant d’en avoir. D’ailleurs, que pourrait-il bien en rester après une longue bataille d’un trimestre pour imposer la « déchéance de nationalité » et un incroyable cinéma destiné à faire voter une loi de libéralisation économique qui n’est plus qu’une coquille vide? Pour oser se prétendre « de gauche » (c’est-à-dire « du peuple ») dans un tel contexte, il faut un toupet à couper le souffle. Qu’a-t-il d’autre à offrir, le parti socialiste en dehors d’un culte de la personnalité misérable, des gesticulations quotidiennes et son radotage sur les valeurs? Parti des valeurs, vraiment? Non parti de l’argent facile et du néant. Comparer le parti socialiste actuel à celui de Vincent Auriol, Jules Moch, voire même Guy Mollet est faire insulte à ces derniers. Mais, me direz-vous, ce n’est guère mieux du côté de l’opposition avec ses 13 candidats aux primaires ivres d’eux-mêmes, et son incapacité dégueulasse – j’utilise volontairement un mot fort – à s’unir et s’entendre au moins pour définir une esquisse de ligne collective ou de direction au pays. Il faut bien reconnaître que la soi-disant « gauche » et la soi-disant « droite », avec leur vide sidéral et leurs putains de primaires, donnent le sentiment de faire tout leur possible pour se ressembler toujours davantage et coller à l’étiquette honteuse « d’umps ». Et puis, en effet, nous avons les deux extrêmes, les extrémistes, protestataires, soi-disant « anti-système », de  droite et de gauche, les fronts contre l‘umps, spécialistes de la récupération du malheur, de la détresse et de l’angoisse, eux aussi dépourvus de la moindre esquisse de solution réaliste – en dehors de tout casser et de désigner des boucs émissaires, tels la « mondialisation », les « capitalistes » ou « les riches » – aussi intéressés et calculateurs que les autres malgré le masque de la radicalité, les supposés anti-systèmes qui sont le cœur même du « système », portant à un stade supérieur, jusqu’à la caricature, le culte de la personnalité comme reflet de leur néant.  Je vous demande pardon mais je n’arrive pas à comprendre, même au plus profond du désespoir, comment des êtres normalement constitués, puissent éprouver autre chose que le sentiment de dérision à la vue de ces visages grimaçants. Alors que reste-t-il? Il reste « Nous », la majorité silencieuse, immense, effarée par le spectacle du néant politicien, profondément unie, mais sans cadre, sans guide, sans pilote, sans voix…

Maxime TANDONNET

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Brexit, la question européenne

imagesAX7GGNUDUn gigantesque aveuglement volontaire empoisonne la vie de l’Union européenne. Les milieux influents ou dirigeants de l’Europe ne veulent pas voir la réalité qui est celle d’un rejet croissant des institutions bruxelloises par les peuples européens. C’est un constat, une réalité objective et non un jugement de valeur.

Ce sont les Grecs qui sont les plus sévères dans leurs réponses, mais ils ont certes quelques raisons d’être agacés : 71% ont une opinion défavorable à l’UE. La France arrive juste derrière la Grèce : 61% d’opinions défavorables. En revanche, surprise, le Royaume-Uni, avec 48% d’opinions défavorables, est au même niveau que l’Allemagne ou l’Espagne. Parmi les 10 peuples sondés, les plus « pro-européens » sont les Polonais : 72% ont des opinions favorables à l’UE, seulement 22% des opinions défavorables.(Enquête d’opinion menée par le Pew Research Center juin 2016 dans dix pays européens).

Ce phénomène qui s’accélère à une vitesse fulgurante, s’explique par le sentiment que les institutions bruxelloises sont devenues une mécanique obtuse qui ne tient aucun compte de la volonté des peuples. La politique migratoire de l’Union européenne est au centre de de rejet massif.

Qu’attendre des dirigeants et des leaders européens dans ce contexte, au-delà de la seule question du Brexit? Ils ont au minimum un devoir de cohérence. Trois scénarios et trois seulement sont possibles:

  • La poursuite de l’évolution en cours, conjuguée à la préservation ou à la relance du principe démocratique en Europe (le pouvoir du peuple): une explosion de l’Union européenne est dès lors inéluctable.
  • La poursuite de l’évolution en cours, mais l’abrogation de la démocratie: le vote existe toujours mais l’émergence de systèmes bureaucratiques aboutit à l’anéantissement de facto de l’effet de ces votes.  D’où la montée du vote et de la violence extrémistes, de droite ou de gauche, le retour des pulsions nationalistes et fascisantes (un Allemand sur 10 souhaite le retour d’un Führer selon Atlantico 17 juin 2016).
  • Le choix du réalisme: les dirigeants qui depuis les années 1990 ont conduit l’Europe dans cette effroyable et mortelle impasse  admettent leur erreur et se mettent autour d’une table avec l’objectif de penser une nouvelle orientation pour le continent, fondée sur le respect de la volonté populaire. Mais est-ce possible? Le potentiel d’intelligence et de volonté politique existe-t-il pour permettre une telle inflexion?

La vérité est qu’il n’y a pas d’autre scénario possible: l’explosion et le retour à l’isolement des Etats, ce qui équivaut à un suicide face aux gigantesques défis planétaires, l’abrogation de facto de la démocratie et le retour à la violence nationaliste et extrémiste (en cours), ou enfin la lucidité et le courage d’une transformation radicale de la gouvernance européenne – issue malheureusement improbable dans le contexte d’aveuglement et de négation de la volonté politique.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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La crise de l’autorité

XVMde2178d0-3300-11e6-b83c-3bf6a2dbaabfLa situation chaotique à laquelle nous assistons est le fruit d’une crise de l’autorité sans précédent. La banalisation de la violence, des destructions, du terrorisme sanglant, du sabotage est le signe d’un pays qui sombre dans l’anarchie. L’extrême impopularité des dirigeants du pays débouche sur le chaos social. La France ne se sent plus gouvernée. Le poisson pourrit par la tête et la déliquescence au sommet de l’Etat se diffuse au corps social.  Un changement d’homme à la tête de l’Etat et de majorité en 2017 suffira-t-il à résoudre la crise? Rien n’est moins certain. Compter sur le changement de personnalité à l’Elysée, à Matignon et dans les ministères, peut paraître superficiel et trompeur. C’est tout le système politique français qui est en cause. D’ailleurs, la France est le seul pays en Europe qui sombre dans un tel climat de quasi guerre civile. Accuser « l’Europe » ou la « mondialisation » d’une tragédie franco-française est la dernière des manipulations. Bien sûr, on s’habitue à tout, mais le régime français tel qu’il est devenu est foncièrement pervers et nuisible. C’est un système qui est en cause, plus qu’une personne. Un seul homme, le chef de l’Etat, est censé incarner à lui seul le pouvoir politique. Or, il est irresponsable pendant cinq ans. Son image cumule tous les échecs et les déceptions, mais elle est intouchable, hors de portée.  Il est à la fois encensé par les médias et profondément haï en bouc émissaire suprême. Impuissant à agir, il est conduit à parler, gesticuler, fanfaronner, démultiplier les coups médiatiques, nonobstant les incohérences, les contradictions et les absurdités, chaque initiative tournant au fiasco. Il sombre ainsi dans le culte de lui-même, entraîne la vie politique dans un tourbillon de folie mégalomane. L’obsession de prendre sa place se substitue au sens du bien commun.  Dans la France d’en haut, en proie à la démence, plus personne ne distingue la parole et l’action, le rêve et la réalité, les chimères et les faits. Et ce spectacle misérable laisse le pays sans repère, sans direction, sans modèle, ouvrant la voie au chaos sanglant qui s’est emparé de la France. Or, il n’existe pas d’homme providentiel, de dieu vivant, de sauveur qui prendra la place de M. Hollande pour rétablir l’ordre. Le prochain fera mieux pendant trois mois, puis il s’enfoncera à son tour dans l’abîme, suivant la même logique, et le pays, toujours plus profondément avec lui. L’unique commencement de réponse au désastre actuel est une refondation de la démocratie française autour d’un Peuple et d’un Parlement souverains, d’un Premier ministre, chef de gouvernement et responsable de sa politique devant le Parlement, de ministres puissants, décideurs et non plus communicants, d’un chef de l’Etat impartial, qui soit le « guide de la France », incarnation de la sagesse et de l’autorité morale, et non plus un illusionniste égaré. De fait, il suffirait d’appliquer la Constitution de la Cinquième République. Mais comme par hasard, cela n’intéresse absolument personne… Dans une France plongée dans la démence, qui pourrait songer, même cinq minutes, à appliquer la Constitution?

Maxime TANDONNET

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Douleur et solidarité

attentat-magnanville-policiers-tues_5615329Le meurtre chez lui d’un couple de policiers à Magnanville par un islamiste, revendiqué par l’Etat islamique, marque un nouveau pas dans l’horreur absolue. Aller massacrer une famille à son domicile est une monstruosité d’un nouveau genre. Notre chagrin est immense,  pour les victimes et leur famille, pour les policiers qui sont les derniers gardiens de la civilisation et de la démocratie face à la barbarie dans une France  en voie de décomposition sociale et politique. Avec ce nouveau palier qui a été franchi, il est impossible de dire jusqu’où ira cette folie sanguinaire que rien ne semble pouvoir arrêter dans une France en perdition.

Maxime TANDONNET

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Orlando, l’aveuglement volontaire

images31FVCGADLes déclarations du président Obama, à la suite du massacre d’Orlando, sidèrent par leur naïveté et leur angélisme: « aucune preuve d’un complot », « radicalisé par Internet », « pas de trace d’un ordre venu de l’extérieur ». Ces paroles font mal. Elles donnent l’image d’une classe dirigeante plongée dans l’aveuglement volontaire. Il ne faut surtout pas voir l’ennemi ni le nommer: l’islamisme radical, ou le djihadisme, en guerre contre le monde occidental. On sait comment fonctionne le terrorisme, en s’appuyant sur des individus isolés ou des groupes dispersés géographiquement, implantés dans la population, endoctrinés et autonomes dans le passage à l’acte. La  guerre moderne combine Internet et le fanatisme. Rien ne sert de minimiser la portée politique de la nouvelle tragédie qui vient de provoquer des dizaines de morts. Ce qui vient de se passer est l’archétype de la guerre moderne.  L’atrocité des tueries qui ensanglantent le monde occidental, après le Paris, Bruxelles, Orlando, ne semble pas de nature à provoquer un électrochoc salutaire des sociétés qui sont sous la menace. L’horreur du terrorisme tend même à se banaliser. Daesh, paraît-il, serait en train de perdre sur le terrain, mais il gagne la guerre des esprits, dans l’apathie générale, l’aveuglement, l’angélisme et le refus de voir la réalité telle qu’elle est. L’histoire se répète et le monde occidental se couche par refus de regarder la réalité en face.

Maxime TANDONNET

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Lecture: Mousseline la sérieuse de Sylvie Yvert

41EBeKjQKnL._SX332_BO1,204,203,200_Voici un bel ouvrage à la fois littéraire et historique qui donne un aperçu nouveau sur l’histoire de la Révolution. Sur la base d’une documentation inédite, d’archives auxquelles elle a eu accès, l’auteur, Sylvie Yvert, reconstitue le journal intime de Marie-Thérèse, Charlotte de France, la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Nous assistons ainsi, au jour le jour, à la tragédie d’une famille martyrisée. Le récit de la souffrance endurée par deux enfants qui voient leurs parents emportés par le flot de l’histoire est extrêmement poignant. Nous découvrons ainsi une autre facette de la Révolution vécue à travers l’émotion de la fille aînée de Louis XVI. Il est impossible de résumer ce livre qui se présente comme une narration à la première personne. J’en citerai un passage particulièrement révélateur de ses qualités littéraires et de l’atmosphère envoûtante qui s’en dégage:

« Il avait neigé durant la nuit; un drap blanc semblait façonner le linceul de la monarchie. A l’aube brumeuse de ce fatal 21 janvier 1793, nous entendîmes une grande agitation. Des pas résonnaient. A six heures, on vint brutalement s’emparer d’un missel de ma tante pour la dernière messe du condamné. Puis les battants se refermèrent lourdement. Le roi, mon père, qui venait de lire une dernière fois le récit de la décapitation de Charles Ier, n’avait plus que quelques heures à vivre […] Au loin, le martèlement des sabots des chevaux, le brut des armes, le transport des canons et les roulements de tambour se rapprochaient pur nous l’enlever à jamais. A neuf heures, le bruit augmenta encore, des portes s’ouvraient avec fracas. Puis le son des trompettes s’éleva. Cette fois, mon père s’éloigna dans le brouillard et la boue sans que nous ayons pu le revoir. Il paraît qu’il a longuement regardé par deux fois dans notre direction avant de disparaître pour toujours […] Les sinistres roulements de tambours se firent de nouveau entendre, puis s’éloignèrent lentement; le silence, atroce, revint […] Les Français allaient-ils se montrer indifférents? Les monarchies européennes s’opposer? Nous ne pouvions croire que, sans même sembler s’émouvoir du danger, tous laisseraient un tel crime se commettre de sang-froid. Hélas, nous ignorions combien une minorité déterminée peut l’emporter sur une majorité terrorisée […] L’impuissance dans laquelle nous étions confinés ajoutait encore à notre lamentable état. Nous étions plongés dans une terrible attente. Mais à dix heures et dix minutes le son du canon signa son exécution. Il y eut un instant de consternation. Incrédules, nous ne pouvions nous représenter que le régicide était consommé. Seuls les cris de joie nous le confirmèrent […] Ma mère étouffait de douleur, mon frère éclata en sanglots, tandis que je jetai des cris de désespoir d’un accent tel que l’on crut que j’avais également trépassé.  On venait d’assassiner le roi, mais aussi le meilleur des pères. »

Sylvie Yvert, Mousseline la sérieuse, éditions Héloïse d’Ormesson 2016.

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L’effarante hypocrisie nationale

TartuffeLe système politique et médiatique français repose largement sur une hypocrisie détestable. Par le plus grand des paradoxes, à travers la télévision, il s’acharne à mettre en valeur avec obstination un parti qui s’affirme  anti-système et qui tire sa force de ce slogan.   A travers une anecdote ridicule, le monde médiatique vient une nouvelle fois encore de faire la preuve de son double-jeu. Fait sans précédent, la direction de France télévision  a été jusqu’à obliger un animateur à inviter le vice président du parti lepéniste  à une émission de longue écoute. Les explications et mensonges des uns et des autres, accusant faussement le CSA,  ne font qu’enfoncer le clou en révélant au grand jour la machination. L’imposture est flagrante: mettre toujours plus en valeur le parti « épouvantail ». Elle est d’autant plus détestable que de toute évidence, dans notre grande démocratie malade, frappée par le déclin général du niveau intellectuel et de l’esprit critique, la réussite sondagiaire est largement proportionnelle au temps de passage à la télévision. Nombre d’études, ignorées et passées sous silence,  ont démontré cette « effrayante corrélation ». Pourquoi ce double-jeu hypocrite? La même méthode est à l’oeuvre depuis trois décennies. Dès que quiconque s’aventure à sortir du rang et des sentiers battus, en évoquant des sujets incorrects, l’Europe, les frontières, l’identité, la monnaie, il est ramené dans le droit chemin par  un chien de garde qui lui aboie: « Mais alors, vous dites comme le fn… » Et c’est ainsi que la pensée est balisée, contrôlée, canalisée. Une vaste frange du monde politique est tenue en laisse de cette manière, tremblant, à l’idée d’être étiquetée lepéniste. Car quoi qu’il arrive, le parti, du fait de son histoire, de son image, de son identité restera éternellement maudit et inacceptable à l’immense majorité des Français. Donc, sa surexposition permanente est sans danger à leurs yeux, même si les hypocrites font semblant de croire qu’il est aux portes du pouvoir. Mais, la vraie menace est considérable au second degré: cette pratique de « l’épouvantail sublimé » a pour effet de tuer le débat d’idées et la démocratie, de figer la vie politique française dans sa médiocrité, et la condamner au statu quo en interdisant toute recomposition. En outre, depuis 1997, toutes les victoires de la soi-disant « gauche » sont dues aux diverses poussées fn et aux triangulaires. Nul n’a idée du cataclysme que serait, pour « la France d’en haut », c’est-à-dire  le système politico-médiatique, une disparition du courant lepéniste, la bouée de survie de cette France d’en haut depuis au moins trois décennies.

Maxime TANDONNET

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Décryptage d’un discours

XVMdd0f127c-2e23-11e6-bec0-b53ac594c306Voici ma dernière contribution au Figaro vox, consacrée au discours de Lille du président Sarkozy. Dans ce papier, je dis exactement ce que je pense, au mot près, comme toujours. C’est un beau discours à tonalité gaullienne, qui dépasse les seules questions économiques pour parler de la France. Mais en même temps, il ne répond pas vraiment à mon attente en ne donnant aucune piste, orientation sur ce qu’il ferait, concrètement,  s’il était élu président, sur la pratique des institutions,  le fonctionnement de l’Etat, l’Europe, la sécurité, l’immigration, le social. Or, dans le climat de l’effroyable crise de crédibilité de la  politique, c’est uniquement là-dessus que les politiques sont attendus désormais, non sur les paroles mais sur la détermination à agir. Une question: va-t-on enfin sortir du système des « présidents-lapins » (depuis les années 2000) a l’affût de tous les coups foireux possibles et imaginables pour faire parler d’eux et apparaître dans le petit écran. Va-t-on restaurer la Cinquième  République, autour d’un chef de l’Etat qui préside, d’un gouvernement qui gouverne et d’une Assemblée  respectée et souveraine? La France vit un moment de chaos épouvantable. Les dirigeants en sont les seuls responsables: après la débâcle de déchéance de la nationalité, le pays bloqué par une multitude de mouvements sociaux pour des réformes devenues totalement inutiles, mal menées (49-3) et dont il ne reste déjà plus rien. Il est inadmissible, d’un point de vue démocratique, qu’un pouvoir qui a mené le pays dans cet état soit toujours en place et se maintienne. Tout système politique privé de mécanismes de responsabilité et de sanction, quand les dirigeants ne se comportent pas dignement, conduit à l’apocalypse.  Le fond du problème – j’y reviens toujours car c’est le fond du problème – c’est la dictature des postures narcissiques et la destruction de tout sens de l’intérêt général au sommet de l’Etat. Sur ce plan, aucun responsable politique n’apporte aujourd’hui la moindre esquisse de réponse: comment remettre le bien commun au centre de la vie publique et en finir avec la tyrannie de la personnalisation à outrance, des postures, des coups de mentons imbéciles, des calculs politiciens, de la mégalomanie? Quand je vois l’attitude de certains « à droite », par exemple M. Baroin, qui aurait rallié M. Sarkozy en raison d’une haine envers M Juppé remontant à son éviction du gouvernement en 1995, et quand je vois les guignolades des leaders extrémistes (droite et gauche), je me dis que la folie furieuse est absolument partout, gagnant comme une gangrène. C’est la France d’en haut qui est en perdition. En d’autres temps (1789, 1830, 1848), une révolution violente serait l’aboutissement normal d’un fiasco aussi lamentable. Mais aujourd’hui, on ne fait plus vraiment de révolution et d’ailleurs, le peuple est lui aussi perdu, égaré, privé de ses repères. Pessimisme? Non, simple constat réaliste!

Maxime TANDONNET

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Pour la politique des réalités

Raymond_Poincaré_1914[1]La précampagne électorale de droite ne me semble pas prendre une bonne direction. Elle court après les symboles et les messages nationalistes, dans l’espoir de récupérer les voix tentées par le vote « anti-système ». Dans le genre, c’est M. Jean-François Copé qui cogne le plus fort en demandant une « levée des couleurs » dans les écoles, la Marseillaise et l’uniforme . Si j’étais encore parent d’élève, franchement, je n’en aurais rien à faire de cette militarisation des établissements scolaires. Ou plutôt, elle me déplairait fortement. Je demande simplement que mes enfants apprennent à lire, à écrire et à calculer, le goût de la littérature, de l’histoire et des langues étrangères et qu’ils se préparent à un emploi. Avec les miens (trois), l’Education nationale a parfaitement réussi , et d’ailleurs, pas dans des établissements privés ni privilégiés. Merci à vous, Mesdames et Messieurs les professeurs. Les professeurs à l’école, l’armée dans les casernes, les prêtres dans les églises. Et tout le monde se portera mieux. Mais voyons, le rôle des responsables politiques n’est pas d’agiter des chimères, de faire rêver ni d’infliger des cauchemars (à l’image de l’école-caserne esquissée ci-dessus). Il est de dire la vérité et de proposer des solutions réalistes et crédibles aux Français: sur l’école, sur la politique migratoire, sur la sécurité, la lutte contre le chômage, la situation des banlieues, le « service minimum » afin d’empêcher les prises en otage du pays…Leur mission est de prendre des engagements possibles et de les mener impérativement à leur terme. De fait, il est bien plus difficile de parler concret et d’agir que de se lancer dans l’imaginaire et l’abstraction. Il est tellement plus simple d’agiter les symboles  – comme les petits drapeaux aux fenêtres – que de travailler le réel. Le discours ultra-nationaliste est une autre forme de fuite dans les limbes bien loin des réalités. La vérité? Telle que je la pressens? Après cinq ans de soi-disant « socialisme », les Français en ont marre de la communication à outrance, de la dictature des postures et des polémiques. Ils sentent bien ce qui se profile derrière tel ou tel discours. Autrefois, à l’image de Raymond Poincaré, la politique appartenait au monde des réalités et non à celui des émotions et des délires. Puissions-nous y retourner, redécouvrir la politique au sens noble du terme, « le gouvernement de la cité ».

Maxime TANDONNET

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Politique: réponses à Atlantico

imagesX99ST09NCi-dessous, mes réponses au site d’information Atlantico, qui m’interrogeait hier soir sur les derniers développement de la politique française. Ce que je ressens est un immense malaise. Le glissement de la politique française toujours plus loin dans le grand spectacle, la personnalisation à outrance, les batailles d’ego boursouflés. Au même moment, la France sombre dans le chaos et personne n’a la moindre réponse crédible à apporter. Faut-il le préciser, les candidats supposés anti-système, aux deux extrêmes (droite comme gauche) sont à mes yeux la quintessence du système axé sur la personnalisation outrancière de la politique, camouflage de la chute dans le néant. Mais en toute confidence aux visiteurs et participants à ce blog: je sais avec une totale certitude que ce que j’écris est la vérité, mais paradoxalement, n’exclus pas du tout d’être moi-même l’idiot du village, totalement à côté de la plaque. Allez comprendre la contradiction…

Maxime TANDONNET

QUESTIONS :

1) Ce mercredi soir, Nicolas Sarkozy tiendra un meeting près de Lille, après avoir inauguré le nouveau siège des Républicains dans cette ville. Quelle importance lui donne-t-il ?

Les grands moyens déployés pour ce meeting de Lille montrent à l’évidence que M. Sarkozy a choisi d’accélérer l’entrée en campagne. Deux éléments déclencheurs peuvent expliquer cette montée en puissance soudaine: les derniers sondages, qui dénotent une remontée, et les critiques de plus en plus nombreuses qui l’invitent à clarifier ses objectifs. Chez Nicolas Sarkozy, les meetings en période préélectorale ont toujours une importance considérable. En effet, l’ancien président de la République est avant tout un rhéteur, qui aime sentir le contact avec la foule et semble en tirer une force. Il s’éloigne des discours qui lui sont préparés et improvise comme s’il s’adressait à une personne à travers l’auditoire de ses meeting. Ce mode de communication pour lancer une campagne est chargé de sens: il s’adresse au peuple et non aux élites. Le choix de Lille est aussi significatif, le Nord est un lieu qui a particulièrement souffert du chômage, de la désindustrialisation. Le Calaisis avec ses problèmes d’immigration n’est pas loin. Le président Sarkozy choisit donc un angle d’attaque bien précis. Il s’apprête à faire une campagne droitière et sociale, sur les thèmes de la nation, de la sécurité, des frontières, du peuple qui souffre. En cela, il veut clairement se démarquer des approches libérales de ses concurrents.

2) Au regard des moyens déployés, peut-on imaginer que ce meeting soit l’occasion pour l’ancien Président d’annoncer sa candidature à la primaire de la droite et du centre, comme tous ses rivaux le pressent ces jours-ci de le faire ? Et s’il ne l’annonce pas officiellement, cette réunion publique ne signera-t-elle pas néanmoins sa véritable entrée en campagne ?

La question de l’annonce officielle semble secondaire. La tenue d’un tel meeting signifie de toute évidence qu’il est candidat à la primaire. Va-t-il l’annoncer officiellement ce soir? Ce n’est pas certain. Une telle déclaration l’obligerait sans doute à démissionner de son poste de président des Républicains. Or, de son point de vue, il n’a pas terminé sa tâche dans cette fonction, notamment celle de la rédaction d’un projet de campagne. Les rumeurs sont contrastées sur la date de son entrée en campagne et de son départ de la présidence des Républicains. On a parlé de juillet, puis de la fin de l’été. L’expérience de 2007 comme de 2012 montre qu’il n’aime pas réagir sous la pression, cherche aussi l’effet de surprise. Elle montre qu’il préfère attendre le plus longtemps possible avant de devenir officiellement candidat mais que cela ne l’empêche pas d’agir en candidat.

3) Ce mardi, Marine Le Pen a déclaré dans un entretien à L’Opinion qu’Alain Juppé « sera le candidat » des Républicains à la présidentielle de 2017, et qu’un duel entre elle et lui serait « sain ». Ne fait-elle pas là un calcul erroné, alors que même Jean-Luc Mélenchon déclarait dimanche dernier : « Le plus dangereux car le plus déterminé, c’est Nicolas Sarkozy » ? Qu’a-t-elle à perdre du fait de cette erreur de jugement ?

Il est tout à fait vrai que Mme Le Pen et M. Juppé sont deux candidats aux antipodes l’un de l’autre, par leur génération, leur parcours politique, leur expérience, leurs idées. Sur l’Europe, la mondialisation, le libéralisme, tous les oppose de manière presque caricaturale. Cependant, on ne voit pas bien ce qu’un tel duel aurait de « sain ». Les Français ne sont pas forcément en quête d’un affrontement de points de vue extrêmes ou d’un duel binaire entre deux idéologies. Que ressentent-ils à la vue de la personnalisation à outrance de la vie politique et les batailles de chefs? Ce phénomène concourt sans doute, dans l’aveuglement général, au climat de défiance envers la politique qui touche 88% d’entre eux (cevipof). Il est probable que les Français dans leur ensemble préfèreraient que les politiques s’appliquent à rechercher des solutions de bon sens à leurs problèmes. M. Mélenchon trouve-t-il Nicolas Sarkozy « plus dangereux » que M. Juppé? Honnêtement, je suis absolument incapable de dire lequel des deux serait le plus « dangereux » au deuxième tour face à Mme Le Pen ou à M. Mélenchon. En revanche, tout laisse penser que dans une telle hypothèse soit M. Sarkozy, soit M. Juppé, sortiraient largement vainqueur d’un tel duel et pourraient s’installer tout à leur aise à l’Elysée. Mais franchement, ces grands affrontements d’ego, un an avant la présidentielle, ne me paraissent absolument pas à la hauteur de l’attente des Français et des enjeux du monde qui vient.

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L’homme révolté

imagesVCEV5AEFLe titre de l’essai d’Albert Camus est magnifique, même si le contenu ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Face à la vie politique présente, il n’est pas honteux, me semble-t-il, de ressentir une impression de révolte radicale, absolue, sans concession. Car le spectacle auquel nous assistons marque une détérioration permanente et l’absence de toute issue visible. Le fond du problème: il existe une caste médiatisée, de l’extrême droite à l’extrême gauche, qui se moque profondément du monde, ne vit que de propagande médiatique et ne recule devant aucune manipulation. Les symptômes de ce phénomène:

  • L’ultra-personnalisation des choses: tout se ramène au « salut » par un homme ou une femme qui se prétend (implicitement) porté par la providence et semble se croire, pour une raison ou une autre, au dessus du commun des mortels. Ce phénomène est dans les gènes des idéologies extrémistes. Mais il vaut désormais pour tous les partis sans exception, désormais alignés sur ce standard. Par un biais inattendu, nous en sommes revenus au temps du culte de la personnalité des années 1930 et 1940. Etrange: le fascisme, le stalinisme, le pétainisme représentent plus que jamais le mal absolu, mais leurs méthodes, en particulier le culte de la personnalité, sont totalement banalisées, généralisées…  Note époque donne lieu à une prolifération de candidats au sauvetage de la France, qui font ainsi « don » de leur personne et envahissent l’espace public.
  • La démagogie absolue: la course est lancée à celui qui balance les promesses les plus lamentables, les plus odieuses de démagogie. Le thème de l’avenir qui pointe son nez: le « revenu universel », prochain point de ralliement de tous les partis politiques, notamment des deux extrêmes (droite et gauche), mais pas seulement. C’est l’idée absurde que le sort et l’avenir de chacun ne passe plus par l’effort, le travail, la volonté de s’en sortir, mais par des droits naturels à faire valoir sur la société qui vous doit un revenu sans la contrepartie d’une activité utile à la collectivité. Jamais la démagogie, toujours plus pesante, n’avait été poussée à ce niveau, et derrière la démagogie, le contrôle par l’Etat d’une population gavée d’assistanat.
  • La passion contre la raison: il est fascinant d’observer à quel point la vie nationale glisse dans le passionnel et l’affectif tout en s’éloignant du monde des réalités. Il faut constamment agiter les esprits, énerver l’opinion, exciter, diviser et déchirer par des scandales sans fin, polémiques stériles à n’importe quel prix. Nous avons par exemple eu droit à quatre mois de  « déchéance de la nationalité ». Le monde politique se fige soudain et ne parle plus que de cela. Puis tout s’achève par le néant. La vie publique semble livrée au culte du vide et de l’insignifiance.
  • Le déni de la réalité: les choses se passent, dans la vie politique moderne,  comme si toute limite au mépris et à la moquerie avaient cédé. Le monde virtuel, celui de la propagande se détache du monde des réalités. Du doigt, on nous montre la pluie en nous disant: voilà un beau soleil. Et nous sommes censés applaudir. La crise et le chômage pulvérisent tous les records, frappent la France plus que tout autre pays d’Europe, mais peu importe: « tout va mieux » !Et chacun, au sommet, de bomber le torse avec des airs autoritaire de père fouettard tandis que le pays sombre dans le chaos et l’anarchie.
  •  La destruction du bien commun: tout se passe comme si le sens du collectif et de l’intérêt général s’était effacé. La vie publique ne serait plus qu’au service d’une poignée d’individus qui soignent leurs avantages personnels et leur ego. Le décalage est saisissant entre l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes et la réalité du sentiment qu’ils inspirent. Plus ils se sentent  magnifiques aux yeux de l’opinion, et plus ils sont perçus comme dérisoires. Mais peu importe, c’est le rêve de puissance et de séduction, l’illusion du pouvoir qui compte… La plupart des grandes fautes politiques de notre époque, en France comme en Europe, qui nous ont conduit où nous en sommes, émanent de choix individuels guidés par la seule mégalomanie.

Alors que faire? Il n’existe probablement pas de remède miracle et immédiat, de perspective d’un  passage de la révolte à la révolution. Aujourd’hui, la résistance est avant tout intellectuelle. Fondamentalement, la refondation de la politique, au sens noble du gouvernement de la cité,  ne se conçoit que de manière progressive, par la transformation des mentalités. Elle passe par la démocratie directe, la proximité, la décentralisation: le pouvoir au plus près de chaque citoyen. C’est ce que j’ai voulu dire dans cette tribune pour le Figaro Vox en faveur des maires et des communes. Elle se fera par l’avènement de nouvelles valeurs politiques: la force (insoupçonnée) de la volonté générale associée à l’anonymat, la modestie, l’impersonnel, la discrétion, la vérité, ce mot oublié, comme principes fondamentaux de toute politique. D’où l’urgence à réhabiliter le collectif: toute bonne décision doit être pensée, réfléchie, discutée, débattue, adoptée par une majorité,  puis appliquée quoi qu’il arrive. Les choix fondamentaux sont ceux d’un Gouvernement, au sens de l’entité collective, d’un Parlement, d’un peuple à travers la démocratie directe. Et enfin, le politique doit se focaliser sur l’action et sur les réalités. Son champ est celui du possible, du monde réel, concret, palpable, celui que l’on peut vraiment changer, et non le délire de la polémique stérile, guéguerres de principes et des annonces sans suite.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Lueur de dignité

4184552lpw-4184598-jpg_3584268Nous vivons une période de chaos mental phénoménal. Tous nos repères intellectuels et politiques sont brouillés. La France politique n’est que trahison, manipulation, polémique, mensonge, amalgame, gagnée par un sentiment de nihilisme, de destruction des valeurs, de l’éthique, du sentiment d’un bien commun. Il nous semble, aux uns et aux autres, que la France est entrée dans une phase totalitaire où toute considération s’efface devant le culte d’une poignée de personnages médiocres, imbus d’eux-mêmes, d’un ego boursouflé, obsédés par la conquête ou la préservation des attributs du pouvoir, prêts à n’importe quel sacrilège, crime contre l’intérêt général et destruction,  pour satisfaire leur instinct de vanité.  Le saccage de la mémoire, c’est-à-dire le socle de l’identité collective, tel qu’il s’est exprimé autour des polémiques de Verdun ce mois dernier, en est un signe patent. Mais pourtant, dans ce maelström destructeur, des voix raisonnables se font entendre. Il est plaisant et agréable d’entendre où de lire des paroles d’individus qui gardent la tête froide refusent de sombrer dans la folie collective. Sur un sujet qui ne fait pas la une de l’actualité, j’ai aimé cette interview de Tristan, petit-fils de Pierre Mendès France. Il s’indigne de ce que la droite extrême s’amuse à récupérer la mémoire de son ancêtre. Il a profondément raison. Je trouve moi aussi ce genre de récupération d’un mort à des fins politiciennes ignoble. Je comprends sa colère et la partage.   Ce type de procédé – faire voter un mort – se rattache au climat de folie nihiliste ambiante qui déferle comme un tsunami sur le pays.  Mais surtout, j’ai beaucoup apprécié la leçon de respect, de modestie et d’intelligence qui nous est donnée à la fin de cette interview:

« Selon vous, qui incarne le mieux l’ambition réformatrice de PMF en 2016 ?

J’en reviendrai à ce que je vous disais au début. Dans ma famille, nous nous interdisons de nous exprimer en lieu et place de PMF. Pour une raison simple : nous ne savons pas ce qu’un mort aurait pu penser de la France, plus de trente ans après sa disparition (PMF est décédé en 1982, NDLR). Si l’on veut préserver la puissance d’un personnage public, défendre l’intégrité de son message, nous ne saurions interpréter sa pensée. C’est aux historiens de le faire. Quand on est de la famille d’un homme tel que Pierre Mendès France, on ne peut se permettre de parler en son nom. »

Je trouve cette conclusion magnifique de réserve, de calme et de raison, par contraste avec la démence qui s’est emparée « de la France d’en haut ». Et si tout commençait par le respect dû aux morts?

Maxime TANDONNET

 

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Un pays malade

images72ONUDS4Jamais personne n’a vu la France dans un tel état et nul n’aurait jamais pu imaginer un tel désastre: 5,5 millions de chômeurs, l’assistanat, la violence, des services publics en grève larvée, indéfinie, les pénuries d’essence, le sélectionneur de l’équipe nationale traité publiquement de « raciste » par les joueurs insatisfaits de leur non sélection, un événement sportif planétaire pris en otage par les syndicats, les cérémonies solennelles de recueillement dû aux morts de Verdun et au calvaire qu’ils ont enduré dévoyées en spectacle festif, une extrême droite à 30%, hypocritement mise en valeur avec un acharnement sidérant par la presse et les médias,  une extrême gauche florissante, une opposition en miettes, une économie qui s’effondre (emploi, industrie, exportation, dettes, déficits), le triomphe du repli communautariste, l’explosion des zones de non-droit, une obsession maladive des dirigeants de conserver leur place à n’importe quel prix, prêts à tout casser, tout détruire plutôt que de devoir laisser la place, un peuple découragé, désespéré, objet de toutes les manipulations du matin au soir… Le climat est exécrable. La faute à qui? A mes yeux, le fond du problème tient au système politique qui encourage l’irresponsabilité. Quand le pouvoir peut dérailler indéfiniment, sans être sanctionné, pendant cinq ans au moins,  on en arrive forcément au pire, à des situations épouvantable telles que celle que nous connaissons aujourd’hui. 2017, je n’attends pas de miracle ni de révolution ni de sauveur, mais un espoir profond, un seul: qu’ils s’en aillent et qu’on passe à autre chose.

Maxime TANDONNET

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Courir sur les tombes

XVM67d0bee8-2658-11e6-9c7f-e9699d047877Pourquoi est-ce que le spectacle de la commémoration de Verdun, le 29 mai, nous met-il aussi mal à l’aise? La cérémonie s’est en effet conclu par l’image de centaines de jeunes courant parmi les tombes. Cette mise en scène relève d’une sorte de monstrueux contre-sens. Verdun est le symbole d’une souffrance indescriptible des jeunes Français et Allemands (qui n’y pouvaient rien, obéissant aux ordres de leur état-major): poilus enterrés vivants dans la boue mélangée aux entrailles de leurs camarades sous le déluge des obus, exterminés au lance-flamme et aux gaz asphyxiants. Un documentaire du France TV, dimanche soir, montrait les survivants aux yeux hagards, devenus fous. Or, une course collective de jeunes gens et filles a quelque chose de joyeux, comme le départ d’un Marathon ou d’un jogging. Dans le même ordre d’idées, on aurait pu aussi danser sur le cimetière, ou jouer à saute-mouton sur les croix. La logique est celle de la table-rase: noyer le souvenir du malheur, de la souffrance, de la tragédie, par une mise en scène ludique. Cette image baigne dans le relativisme: tout est équivalent à tout, le bonheur au malheur, la souffrance à la joie, la mort à la vie. Elle est empreinte de nihilisme aussi. Le recueillement, le silence, la solennité qu’appelle la mémoire de ceux qui ont tant souffert sont à balayer dans une grande débandade joyeuse. On apprend aux jeunes enfants qui accompagnent leurs parents au cimetière à ne pas courir au milieu des tombeaux. Désormais, à Verdun, la grande transgression est reine: il faut courir dans le cimetière. Ce sont les repères de l’histoire, la souffrance de Verdun au nom du patriotisme absolu et du sens de l’honneur,qui volent en éclats. A Verdun le 29 mai 2016, il fallait en finir avec les derniers vestiges de l’honneur supérieur à la vie et au bonheur, un principe tellement incompréhensible voire scandaleux dans le monde moderne livré à l’individualisme et au narcissisme absolus.  L’idéologie de la table rase bat son plein.

Maxime TANDONNET

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2017, la vraie question

DSC01257Ci-dessous, un échange prélevé sur un « réseau social », entre moi-même et deux intervenants, A et B, à la suite de mon billet d’hier (le chaos politique). Je le cite sans prétendre avoir raison ni détenir la vérité:

  • A : Le pauvre écoute trop les nouvelles. Combien de gens ont dit depuis 30 ans « cette fois ça va péter » il terminera pas son mandat » … et…rien. la crise de la représentation est un cliché. Sinon les candidats ne demanderaient pas d’investiture.
  • B : La posture de l autruche est sûrement plus sécurisante que cette analyse…
  • A : Ce n’est pas une analyse et ce n’est pas l’autruche. Entre la politique de l’autruche et le café du commerce, il reste beaucoup de place pour la réflexion.
  • Moi : C’est dommage, vous savez, on apprend des choses intéressantes au « café du commerce », par exemple pourquoi 89% des Français sont écoeurés de la politique (cevipof), 30% votent le pen ou mélenchon, 50% ne votent plus du tout… Je ne dis pas que c’est aussi intelligent que vos « réflexions » bien sûr…
  • A : Pardon du caractère désobligeant de mon message un peu rapide. Je lis souvent vos analyses que je partage plus ou moins mais généralement denses. J’ai le plus grand respect pour l’opinion populaire qui est pour moi la source de la vérité politique. Mais en revanche, c’est votre texte qui ne m’a pas convaincu. Depuis 30 ans, combien de gens ont écrit la même chose, que le désaveu est immense, que ça ne peut plus durer et …il ne s’est rien passé.

Mon sentiment est que tout ce que l’on voit en ce moment n’est pas à la hauteur des enjeux: la prolifération des candidats aux élections présidentielles les morceaux de programmes qui sortent un peu partout, notamment à travers des livres. Tout cela passe à côté de l’essentiel. Le seul vrai sujet est celui de la nature de la politique, le gouvernement de la cité. Nous vivons en permanence dans la posture et la communication. Même dans la crise sociale et le blocage actuel, l’enjeu fondamental, pour ses dirigeants du pays, est d’essayer de paraître en hommes d’autorité, comme lors du débat autour de la déchéance de nationalité. Je crois, en mon fors intérieur, que le fond n’a strictement plus la moindre importance pour eux: nous sommes dans la pure bataille de postures. Nous voyons ainsi le sens du bien commun et de l’intérêt général pris en otage par l’obsession de l’image personnelle. Ce phénomène ne s’explique pas seulement par l’appétit des privilèges et des prébendes, l’obsession de conserver une place dans les Palais de la République, les palaces, les voyages, les indemnités. C’est une erreur de le penser. Cela va beaucoup plus loin, de l’ordre du psychisme, sinon de la psychiatrie: une boursouflure de l’ego, une manière de s’éterniser en « inscrivant son nom dans l’histoire », nonobstant toute prise en compte du monde réel.  Les investitures, les projets et le programmes ne servent strictement à rien dès lors qu’ils sont tacitement destinés à servir une image personnelle quelle qu’elle soit. Dès lors que l’ego l’emporte sur le bien commun, il suffit alors d’un coup de gomme pour les effacer une fois au pouvoir et de passer à une autre histoire, un autre récit, une autre légende, ou bien d’une jolie manipulation pour faire semblant d’agir, au prix d’une belle polémique, sans rien changer sur  fond (rien n’est plus simple). Autrefois, la politique était bien davantage tournée vers la volonté de servir son pays. Je songe à l’époque des Léon Gambetta, Pierre Waldeck Rousseau, Raymond Poincaré, André Tardieu, Jules Moch, PMF, de Gaulle, Pompidou. Les institutions, la présidentialisation narcissique de la vie politique au détriment de tout le reste (qu’est-ce qu’un ministre aujourd’hui? qu’est-ce qu’un parlementaire?) sont en partie responsable de cette dérive qui s’explique aussi par la surmédiatisation de la vie publique et l’évolution générale de la société vers l’individualisme narcissique auquel les politiciens n’échappent pas. Or ce phénomène de fuite dans l’ego, l’intuition populaire le perçoit. L’impression qui s’en dégage est celle que responsables politiques se servent avant tout eux-même. D’où le rejet viscéral du politique qui monte dans le pays. Bien sûr le sujet est extrêmement complexe. La réponse ne passe pas tellement par des promesses ou des programmes, mais bien par un état d’esprit général, une prise de conscience, un renouveau dans les profondeurs: en finir avec la personnalisation du pouvoir effrénée, à outrance, la mégalomanie politicienne  et replacer l’intérêt général au cœur de la vie publique, c’est-à-dire le faire avant le paraître. J’ai conscience que le sujet dépasse le cadre français, mais cette sensibilité, pour ma part, je ne la retrouve aujourd’hui dans aucun des politiciens qui hantent du matin au soir nos écrans de télévision.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Le chaos politique

imagesLa décomposition de la politique française s’accélère à un rythme vertigineux. Il n’en reste quasiment rien: droite et gauche ne sont que des postures prétentieuses et ridicules, les projets collectifs ont volé en éclat, les partis ont explosé, les mots Etat, autorité, démocratie, gouvernement ne veulent strictement plus rien dire. Le dernier trait d’union, point commun au phénomène qui porte toujours l’appellation de « politique »: une tendance obsessionnelle à prendre les Français pour des cons. Comment peut-on penser à sa « place dans l’histoire » pendant que la société et l’économie française sombrent dans le chaos? Les ministres tiennent des propos contradictoires: leurs dernières déclarations à l’emporte-pièce ne méritent même pas d’être relevées tant elles sont absurdes et grotesques. Lepénistes et gauchistes soutiennent et encouragent  d’un même élan la chienlit et la destruction  de l’économie française. Le Parlement est inexistant, annihilé. La violence se répand partout. L’opposition se ridiculise avec ses primaires qui focalisent l’attention sur des images narcissiques au détriment du fond. La mégalomanie envahit l’espace public au détriment de toute notion du bien commun. Sur les ruines de l’esprit public, tout espoir semble définitivement anéanti. Le dernier geste politique qui ait encore un sens, la démission, est inaccessible à des esprits médiocres et rongés par la vanité. L’honneur, la dignité sont traînés dans la boue.  Il est effroyable ce sentiment que la vie politique en général, plutôt que de servir le pays, en devient le fardeau et le bourreau. Vous savez quoi? Je pense que 2017 ne servira à rien. L’alternance est d’ores et déjà mort-née. Comme sur le modèle américain, la tentation est de canaliser l’histoire, l’enfermer dans des bornes de cinq ans en cinq ans. Cette logique a atteint ses limites: au rythme où la France se désintègre, le prochain chef de l’Etat pourrait bien ne pas achever son mandat.

Maxime TANDONNET

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Par delà le blocage du pays

XVM81f2bb3c-21d0-11e6-b5a8-013665c2aa68Voici ma dernière contribution pour le Figaro Vox, concernant le mouvement social en cours. C’est un éternel problème jamais résolu: il est tragique qu’une minorité puisse en permanence bloquer un pays et l’empêcher de se réformer.  La France est seule parmi les grands pays d’ Europe dans cette situation. Ce qui est en jeu, dès aujourd’hui ce sont les réformes de l’après 2017. Mais au-delà de la question économique et sociale, c’est tout le système politique français qui est d’une faiblesse insigne. Sa solidité apparente n’est que rigidité. Derrière la personnalisation du pouvoir poussée à outrance et l’exubérance de la communication politique, nous subissons une dramatique et désastreuse crise d’autorité. Et jamais on ne pourra rien faire sans un changement profond du mode de fonctionnement et de la culture politiques. Cela, absolument personne n’en est conscient. D’où l’impasse absolue dans laquelle nous sommes plongés… [Ce que je veux dire, par cette question de la « personnalisation du pouvoir », c’est qu’il faut changer radicalement la vision française de la politique. Le sujet, ce n’est pas M. Untel, candidat à sa réélection ou M. Machin qui veut prendre sa place et le bras de fer entre des bonshommes à la tête du pouvoir ou des syndicats. La seule question qui compte c’est qu’il y a une Loi, votée par la représentation nationale, la loi de la majorité, fondement de la démocratie, et un Etat chargé de la faire s’appliquer. Un point, c’est tout...]

Maxime TANDONNET

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Le mur du çon

imagesL’ensemble des commentaires des politiques et du monde médiatique sur l’élection présidentielle autrichienne est d’une affligeante médiocrité. La formule « extrême droite » revient dans toutes les bouches et sous toutes les plumes comme un leitmotiv, et toute réflexion s’arrête une fois qu’elle a été prononcée .  Il s’est trouvé un politicien des plus respectables, chef de parti centriste pour dire : »C’est la première  fois qu’un homme d’extrême droite serait élu en Europe depuis Hitler ». Ce brave Monsieur en a même oublié ses leçons d’histoire de Terminale: Hitler n’a pas été élu, mais nommé chancelier alors que son parti était minoritaire au Reichtag…  Les évènements de dimanche dernier en Autriche soulèvent des questions gigantesques, sur la manière affligeante dont les Européens ont géré la crise migratoire en 2015, sur l’évolution bureaucratique de l’Union Européenne, ressentie comme coupée des peuples et désormais largement rejetée, sur la représentativité des classes politiques européennes, sur la démocratie, sur la Turquie, sur la désintégration de l’Europe politique impuissante face aux déchirements planétaires qu’elle subit sans rien maîtriser. Tous ces questionnements, ces interrogations sur les bouleversements en cours, décisif pour l’avenir,  ont été  esquivés et noyés dans la formule magique « extrême droite ». Il est tellement plus facile de réduire la réalité à un duel titanesque entre le jour et la nuit, le bien et le mal « fasciste ».  Une fois de plus, les médias français ont ouvert avec bonheur, délectation et jubilation, grand leur porte au front national qui fanfaronnait sur toutes les chaînes en martelant le mot « patriote », un joli mot chargé d’histoire, ainsi détourné de son sens parce que les autres formations politiques l’ont lâchement, minablement abandonné. Le monde médiatique, rongé par l’hypocrisie et le double-langage, vénère et sublime ce parti qui lui permet de montrer une France en proie elle aussi au démon fascisant et d’étouffer le monde réel dans un fantasmatique combat contre le diable. Le désert absolu: pas un mot, pas une phrase un peu sensé, un peu lucide. Nous n’avons vu et entendu que des politiciens, d’un bout à l’autre de l’échiquier politique, obsédés par la manière dont ils allaient pouvoir récupérer, en faveur de leur image narcissique,  les évènements politiques autrichiens. Triste et dramatique constat…

Maxime TANDONNET

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Le crime d’indifférence

téléchargementLes derniers massacres commis par l’Etat islamique daesh en Irak franchissent un nouveau seuil dans l’insoutenable: une fillette de douze ans brûlée vivante devant ses parents parce que chrétienne, vingt-cinq prisonniers exécutés en étant plongés dans un bain d’acide. Que des êtres humains puissent de nos jours infliger de tels atrocités à leurs semblables, dont une fillette de douze ans, dépasse tout entendement, bouscule nos repères intellectuels et moraux et nous inflige une indescriptible nausée. Un infini dégoût nous submerge en songeant à la lâcheté, la bêtise, l’indifférence de nos sociétés qui ferment les yeux devant un tel spectacle. Car il faut bien le dire, cette information abominable ne fait pas la une des journaux ni des radios. Peut-être est-elle justement trop insoutenable pour être regardée en face. Les défenseurs des droits de l’homme, les autorités morales et religieuses, les politiques et le monde médiatique tournent lâchement la tête. Depuis deux ans  les grandes puissances planétaires se montrent incapables de faire le nécessaire pour mettre fin à une tuerie qui atteint les sommets de la perversité humaine. La couardise, l’égoïsme, la crétinerie triomphent pour laisser le champ libre à une barbarie digne des heures les plus effroyables de l’histoire. Et il se trouve encore des simplets pour croire au progrès de l’espèce humaine… Préparons-nous: ce XXIe siècle sera dix fois pire que le précédent. Cela ne fait plus aucun doute.

Maxime TANDONNET

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