Le lynchage jusqu’au bout

téléchargement (2)Voici ma dernière contribution au Figaro Vox, consacrée à la relaxe d’Eric Woerth, prononcée par le tribunal correctionnel de Bordeaux. L’ancien ministre du budget de Nicolas Sarkozy et François Fillon a fait l’objet d’un lynchage par la gauche socialiste, du monde médiatique et l’extrême droite qui a duré cinq ans, a transformé sa vie personnelle en calvaire et a déstabilisé un gouvernement. Aujourd’hui, il est innocenté. Mais depuis deux jours, les médias et les politichiens qui se sont acharnés sur lui, se livrant à un véritable passage à tabac, restent muets au sujet de sa relaxe. On dira ce qu’on veut, mais tout ceci est quand même bien dégueulasse.

Maxime TANDONNET

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Panthéonisation

téléchargementVoici mon article de ce jour, pour le Figaro Vox, sur la Panthéonisation de Geneviève Anthonioz-de Gaulle, de Pierre Brossolotette, de Germaine Tillion, et de Jean Zay.  L’état d’esprit général est un peu celui du 11 janvier: il faut être pour, béat, admiratif, dans le consensus bêlant. Hélàs, mon esprit critique ne cesse de me démanger comme une vilaine bête. Je trouve, pour être franc, que la récupération de quatre héros, ou victimes de la Gestapo et de la Milice, a quelque chose de désagréable. Des hommes et femmes, à une époque épouvantables, ont pris des risques insensés pour leur vie et ont été martyrisés: ce n’est sûrement pas pour faire l’objet, 70 ans plus tard, d’une opération de récupération non dénuée d’arrière-pensée politicienne. Ce type de cérémonie est inacceptable dans la mesure où elle consiste à utiliser la mémoire de grands hommes ou femmes, sans que leur avis ait pu être sollicité, dans une opération grandiloquente. Personnellement, si j’avais fait quelque chose d’exceptionnel pour mon pays à la faveur d’événements exceptionnels – ce ne sera jamais le cas –  j’aurais eu horreur dêtre panthéonisé, c’est à dire honoré, glorifié, momifié. Tels que j’imagine Pierre Brossolotette et Geneviève de Gaulle, je ne les vois pas non plus courir après une panthéonisation. Il n’est pas normal de jouer avec la mémoire de personnes décédées sans savoir ce qu’elles en auraient pensé, surtout dans un objectif de rcupération. Ni l’histoire, ni les héros n’appartiennent à personne et nul, pas même un chef de l’Etat, n’a le droit moral de trafiquer avec leur mémoire.  Et puis, nous assistons à un étrange paradoxe: l’histoire est délaissée dans l’enseignement, de moins en moins enseignée à travers les personnages et les événements, mais elle est de plus en plus exploitée à des fins de propagande politicienne ou électoraliste. L’un va avec l’autre: moins on la connaît et plus il est facile de la manipuler. Il faut cesser de faire joujou avec l’histoire.

Maxime TANDONNET

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Palmyre ou le crime d’indifférence

téléchargement (5)Depuis trois jours, l’Etat islamique massacre les populations de la ville de Palmyre dont il a pris le contrôle. 127 personnes ont été décapitées, dont 67 civils, femmes et enfants. Et ce n’est que le début. Un tel meurtre de masse de la part de conquérants qui exterminent méthodiquement les populations tombées entre leurs mains est sans précédent depuis l’époque des nazis. Les Etats-Unis, qui ont une part essentielle dans la déstabilisation de la région ne bougent pas. M. Obama est absent. L’histoire ne l’oubliera pas. La France se pavane devant ses triomphes au festival de Cannes, se passionne pour les sondages des présidentielles deux ans à l’avance et détourne pudiquement les yeux devant un épouvantable génocide d’une cruauté inouïe. Les dirigeants pensent à leur réélection. Les médias s’en désintéressent totalement. Les intellectuels, défenseurs des droits de l’homme, donneurs de leçon professionnels et autres ONG sont muets.   La léthargie du monde occidental est une chose, mais les autres puissances qui pourraient intervenir, la Russie, l’Iran, la Turquie, laissent faire passivement. Nous assistons à un véritable crime de non assistance à personnes en danger. Nous regardons souvent avec horreur les lâchetés du passé, la non intervention au Biafra, au Cambodge de Pol Pot, au Rwanda des années 1990. Mais le monde fait pire aujourd’hui car tout le monde sait ce qui se passe là-bas. Il n’a aucune excuse, aucune circonstance atténuante. L’Amérique est à la ramasse. Le Conseil de sécurité de l’ONU se tait. L’Union européenne ne dit rien et ne fait rien. La Ligue arabe est inerte… Silence, on extermine. Dans quelques décennies, si l’on enseigne encore l’histoire, les étudiants se diront: mais comment a-t-on pu laisser commettre de pareilles atrocités, comment le monde a-t-il pu tolérer un tel niveau de barbarie sans bouger d’un pouce?

Maxime TANDONNET

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« Nouvelle histoire de Vichy »

9782213635538-TMa lecture en cours est un ouvrage magistral, de 800 pages, extrêmement fouillé, de Michèle Cointet, « nouvelle histoire de Vichy », Fayard 2011. Voilà un livre d’histoire comme je les adore, indépendant, sans parti pris, d’une richesse d’information inouïe, sur les personnages, les événements, le contexte. L’image d’Epinal d’un régime de Vichy, réduit à l’expression d’une extrême droite revancharde, ne tient pas la route. Le nouveau pouvoir est l’expression de la France dans sa quasi-globalité. Les premiers gouvernements de Pétain reflètent la classe dirigeante d’avant-guerre. L’extrême droite maurrassienne en fait certes partie ( Alibert), mais aussi des technocrates (Bouthillier, Baudouin, Peyrouton), la SFIO (Rivière, Février), le syndicalisme (Belin), les néo-socialistes (qui se sont séparés de la SFIO en 1935), Marquet,  la droite classique (Flandin, Laval, venu au départ de la SFIO), les militaires, (amiral Darlan). Croire que l’abominable statut de juifs est issu de la seule extrême droite est une pure idiotie. Bien sûr, cette dernière a sa responsabilité. Mais il a été rédigé sous l’égide du ministre de l’Intérieur, Peyrouton, présumé bon républicain. Le Conseil d’Etat l’a validé, des juristes insoupçonnables l’ont commenté comme si de rien était dans les revues de jurisprudence, la police et les magistrats – un seul sur 3000 a refusé de prêter serment à Pétain, l’ont appliqué.  A Vichy se sont retrouvés des personnages venus de tous horizons sociaux, professionnels, idéologiques, unis dans une plongée progressive vers l’enfer de la collaboration et de la trahison. Qu’est-ce qui distingue ces hommes de ceux qui ont refusé cette logique – pas forcément des héros de la résistance d’ailleurs? Non pas tellement les idées, mais une éthique personnelle, un mode de comportement, les traits profonds d’un caractère. Un homme ou une femme peut changer d’idées, ou les dissimuler. En revanche, son caractère reste le même ou évolue peu. Je me méfie davantage d’une personnalité que de ses idées affichées. Parmi les attitudes qui me révulsent, j’en vois six qui sont de celles  pouvant conduire au pire, les voici:

– la servilité de caractère, le fait de s’identifier à une idole humaine, de l’admirer, de s’en remettre à son jugement ou à ses faits et gestes;

– le fayotage, la courtisanerie, la flatterie, flagornerie, pour se faire une place au soleil et réussir dans le sillage d’un puissant;

– l’ambition, le carriérisme exacerbé, l’esprit de revanche sociale, l’envie d’être admiré, de réussir à tout prix dans la vie sociale;

-Le cynisme, l’absence de scrupule, de parole et d’honneur, la capacité à nuire, à blesser, dénoncer, donner des coups de poignard dans le dos et l’indifférence au mal causé;

-L’abdication de l’esprit critique de celui qui baigne dans un air du temps et se montre incapable de prendre de la hauteur;

-Le suivisme, faire comme tout le monde, prendre le même train, la même voie que tout le monde.

Eternelle question: si des événements comparables – une débâcle épouvantable, une situation de chaos généralisé et d’asservissement – venait à se reproduire que se passerait-il?   Sans doute quelque chose de comparable, les mêmes comportements de trahison dictés par l’ambition, le carriérisme, qui emporteraient les élites politiques, administratives, judiciaires, médiatiques; et une infime poignée de héros, isolés, sans parti ni structure, peut-être les plus inattendus et les plus improbables, pour refuser la compromission.

Maxime TANDONNET

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M. Valls, la déception

Manuel-VallsPourquoi ne pas le reconnaître? Il faut bien admettre ses erreurs. Au début, j’ai placé quelque espoir dans M. Valls, que reflètent d’ailleurs plusieurs billets passés. Je voyais en lui un personnage pragmatique, ayant envie de réussir, de dépasser le clivage droite/gauche et de travailler au service d’une France réconciliée. Dans le désert politicien français, il me semblait apporter un souffle un peu nouveau, à l’image de Michel Rocard jadis. Les échos que j’en avais de ses proches collaborateurs laissaient filtrer une image d’homme simple, à l’écoute, non colérique ni caractériel. Ma déception est à la hauteur de ces premières impressions favorables. Je suis désolé de le dire, mais M. Valls n’arrive pas à la cheville de Michel Rocard Premier ministre. Son comportement sectaire, agressif, ses prises de position idéologiques (sur le collège notamment), son refus de la concertation et de l’écoute, ses coups de menton, absence de hauteur de vue, ses gestes autoritaristes – à des fins de communication – sonnent faux, comme la nouvelle raquette que j’ai essayée tout à l’heure, au bruit de casserole. Lui aussi, comme tant d’autres,  semble emporté dans le grand courant d’ivresse narcissique qui balaye le monde politique.  Les Français viennent de s’en rendre compte et la cote de M. Valls s’effondre, rejoignant celle de M. Hollande. Le peuple n’est pas parfait, il a tous les défauts que l’on veut, se trompe parfois, mais dans son instinct collectif, face au grand vent de folie des supposées élites, il reste la dernière boussole, le dernier et fragile repère du bon sens.

Maxime TANDONNET

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Irresponsables et intouchables

téléchargement (3)M. Burgaud est droit dans ses bottes, satisfait de son « instruction ». L’affaire d’Outreau a été l’un des plus épouvantables fiascos judiciaires de tous les temps. Des innocents sont restés des années en prison. Un homme s’est suicidé en cellule. Des hommes et des femmes ont été déshonorés, traînés dans la boue, ont subi un calvaire, des familles ont été détruites. Mais l’ex-juge, est content de lui-même: pas un regret, pas un remords, pas un mot pour les victimes de ce fiasco, « ces gens » comme il dit… Et sa carrière se poursuit, comme si de rien était ou presque.  On pourrait aussi parler de cette dame, haut fonctionnaire, présidente de l’INA, prise dans le sac avec une facture de 40 000 euros de taxi, des dépenses personnelles payées sur fonds publics. Elle a perdu son poste mais retrouvé un autre créé pour elle. Quelle image! Et puis ces parlementaires qui, contre toute déontologie, recrutent leur femme, leurs enfants, leur maîtresse et les rémunèrent avec l’argent des contribuables, et sans que personne ne trouve rien à leur reprocher, réélus de décennie en décennie.  Il faut dire que l’exemple vient de haut. Dans un pays ravagé par le chômage – 5,5 millions de sans emplois – un décrochage économique désastreux, une profonde angoisse généralisée, une société déchirée, violente, haineuse, des jeunes en perdition, une extrême droite florissante dans les intentions de vote comme elle ne l’a jamais été même aux pires moments de l’histoire, il est satisfait, content de son bilan, presque jubilatoire, heureux, préparant sa réélection avec un sourire de vainqueur, et déjà en campagne. Tout le monde peut se planter, commettre des fautes énormes avec des conséquences désastreuses. L’honneur d’un homme ou d’une femme, c’est alors de s’excuser, de demander pardon, de reconnaître son échec, ou sa faute, d’en tirer les conséquences, de disparaître, de passer à autre chose. Nous vivons dans une société de privilèges et de corporatisme ou une petite caste d’intouchables et irresponsables, politicienne, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, médiatique, judiciaire, étatique, médiatique, syndicale, fermée sur elle-même se sur-protège, affiche son mépris « de ces gens », comme dit l’autre, et poursuit son chemin avec un sourire narquois aux lèvres, comme si de rien n’était. Nul n’est responsable de ses actes, tout sens de l’honneur a disparu. Le mot « responsable » n’a plus aucun sens. On se moque du monde. Cela ne pourra pas durer éternellement. Enfin, je l’espère.

Maxime TANDONNET

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La troisième guerre mondiale

4773659_48be540dad9d3d53a39c234049512add7f417ede_545x460_autocropL’Etat islamique Daesh poursuit sa progression au Moyen-Orient et la carte des zones occupées s’étend comme une flaque d’huile, un incendie de broussailles, couvrant désormais l’essentiel de la Syrie et de l’Irak. Cet expansionnisme qui bouscule la planète, poussé par une mystérieuse et incompréhensible puissance,  donne le vertige. Le monde occidental, à l’origine des frontières et des Etats en voie de destruction, est désormais vaincu, balayé, inerte, les genoux à terre.  Il paye sa folie furieuse d’avoir voulu imposer un ordre mondial à cette région du monde et ainsi provoqué le chaos. Maintenant, il tremble. Tout s’effondre sous les assauts de Daesh, les droits de l’homme, la démocratie, la mondialisation. Les idiots qui prédisaient « la fin de l’histoire » dans la globalisation heureuse et la démocratie universelle en sont pour leurs frais. Le silence assourdissant des gouvernements, des médias, des intellectuels, sur la tragédie en cours, va-t-il enfin céder devant l’apocalypse? 2014-2015: Nous venons d’entrer dans le XXIe siècle, comme un siècle auparavant, nous étions entrés dans le XXe. La tache noire se répand, inexorablement. L’atomisation d’une région du monde, berceau de la civilisation et principale source de l’approvisionnement en pétrole, annonce sans doute un embrasement général à plus ou moins long terme. Les atrocités commises, surtout contre les femmes et les enfants, les destructions des ruines archéologiques, patrimoine universel, se présentent comme la négation de l’idée même d’humanité.  L’inertie des dirigeants du monde occidental, ou l’insignifiance de leur réponse a quelque chose de tragique sinon de criminel. Les autorités morales, abasourdies, se terrent dans un silence complice de la terreur.  La France est entrée en campagne électorale, deux ans à l’avance, et plus rien ne compte déjà, aux nombrils ambulants qui composent la classe politique, que la préservation ou la conquête des fromages de la République. Les années 1936 et 1938 sont de retour, le même aveuglement, la même naïveté obtuse, la même lâcheté, la même bêtise, face à une menace un peu plus lointaine géographiquement, mais désormais presque aussi effroyable. Bon sang! Quand va-t-on se réveiller et  ouvrir les yeux ? Avons nous perdu une bataille ou avons nous perdu la guerre?

Maxime TANDONNET

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« La société bienveillante »

téléchargementLa lecture de la motion A du parti socialiste, majoritaire, celle qui soutient le gouvernement est passionnante: un long sermon d’une douzaine de pages qui débouche en conclusion sur un nouveau concept fondateur: celui de « société bienveillante »: « Et au-delà des valeurs durables du socialisme, l’égalité sans laquelle il n’y a pas de liberté, la laïcité, l’internationalisme, le féminisme, le progrès social et écologique, la nouvelle social-démocratie doit porter l’idée d’une société bienveillante. Une société bienveillante, c’est une société de droits et de devoirs, à la fois attentive à chacun et demandant à chacun d’être attentif aux autres : le respect des règles, bien sûr, le sens des limites, aussi, face à tous les extrémismes et à tous les obscurantismes, mais également le goût du commun, du partage, le soin des autres, l’attention aux générations futures. Donner un sens à l’action pour le pays, mettre de l’engagement dans chacune de nos vies, bâtir du commun, voilà qui donnera une force nouvelle à la France. » En guise de programme et de mesures concrètes pour combattre le chômage, l’insécurité, le risque terroriste, le déclin économique, la crise de l’éducation, les tensions identitaires, le parti socialiste propose une formule: la société bienveillante. La société bonne, gentille, aimable, se voit érigée en principe de gouvernement, en fondement d’une politique. Evidemment, la bonté, la gentillesse, l’ouverture, l’amour du prochain sont surtout de façade, un principe de communication qui n’empêche pas de haïr, vomir une « droite » coupable de tous les maux. En tout cas, ce document qui émane du parti à la tête du gouvernement est révélateur de la vision actuelle du pouvoir, de nature abstraite, moralisatrice et incantatoire, détachée des  réalités, du vécu quotidien, négation de la politique au sens noble poussée  son paroxysme. L’expression de la « bienveillance » dont le parti se réclame désormais s’adosse à son antithèse, citée plusieurs fois dans le texte, « l’extrême droite réactionnaire ». Le « bien » ne se conçoit que par l’existence du « mal » et afin d’assurer la promotion de ce dernier, une dose de « proportionnelle » aux législatives et l’éternel serpent de mer depuis 1981 du « vote des étrangers » sont annoncés. Pour exister malgré le néant, rien ne vaut une bonne dose de repoussoir « fasciste ». Que resterait-il du parti socialiste, d’ailleurs, sans la menace fasciste qui comme chacun sait, pèse sur la France? Le parti socialiste, à l’image de la classe politique française dans son ensemble d’ailleurs, a quelque chose d’une fuite en avant dans  le rêve, un univers mental où le bien pur qu’il incarne s’affronte au mal réactionnaire, où règnent les mots creux, d’une bulle de savon  qui ne cesse de dériver et de s’éloigner du monde réel, celui des « gens », de la population, de la majorité silencieuse. Gouverner ce n’est pas choisir, décider, agir. Gouverner c’est paraître.

 Maxime TANDONNET

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Mai 2015, l’anti-mai 1968

charente-grande-manif-mardi-matin-contre-la-reforme-des-coll_491040_536x330Un mois de mai sous le signe de la contestation, même embryonnaire, ce n’est jamais bon signe. Les ingrédients d’une crise politique sont désormais réunis autour de la réforme du collège. Ses principales mesures font la quasi unanimité contre elles: toute l’opposition de droite, la gauche mélenchonniste, M. Chevènement, les syndicats d’enseignants, l’ensemble de la presse. La Premier ministre en fait une question de principe: « cette réforme se fera quoi qu’il arrive »vient-il de déclarer ce matin. Quand un chef de gouvernement s’exprime ainsi, ce n’est jamais non plus bon signe. Le pouvoir, affaibli et usé par l’impopularité s’enferme dans une réforme dont personne ne veut et nul ne voit le véritable intérêt même si M. Valls la qualifie de « révolutionnaire ».  Mais sur quoi se cristallise le rejet? Etrangement, la défense de l’enseignement du Latin. La société française droite et gauche confondues, se mobilise sur une matière qui renvoie à la tradition, aux racines, non pas à l’élitisme comme il est dit de façon mensongère, mais à l’excellence. En 1968, la contestation voulait faire table rase du passé. La suppression de l’enseignement des langues dites « mortes » était à son programme. En 2015, la contestation – à l’état d’amorce –  veut au contraire sauvegarder les racines intellectuelles du pays. Beaucoup de révolutionnaires de mai 1968 se disaient maoïstes, préconisant la politique de la « page blanche ». Aujourd’hui, c’est le contraire. La protestation, par la voix même de M. Mélenchon, comble du paradoxe, fustige une réforme qu’il qualifie de « maoïste ».  Quand le rejet d’une réforme se cristallise ainsi en symbole, faisant la quasi unanimité contre lui, le danger est grand pour le pouvoir en place. Mai 2015 contre les derniers feux de mai 1968.

Maxime TANDONNET

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Justice et politique

imagesLes commentaires et les réactions qui font suite au verdict du procès des policiers suspectés de non assistance à personne en danger ayant entraîné le décès de Zied et Bona en 2005 , sont révélateurs d’une immaturité française. Le tribunal a estimé que les charges n’étaient pas réunies pour condamner les inculpés. Point! Les tentatives d’exploitation de ce verdict et provocations par l’extrême droite (la petite fille a parlé de « racailles ») voire même la droite (« les gens n’ont qu’à élever leurs enfants », les deux victimes étant présumées « délinquants »), sont dans le contexte de deux enfants morts électrocutés, particulièrement salaces, honteuses il faut bien le dire. Je ne pense pas que les policiers innocentés se satisfassent de pareilles récupérations. Que veulent  les gens qui cherchent à exploiter ce verdict à des fins extrémistes, politiciennes? Rallumer le feu? Mais l’attitude des associations qui appellent à manifester contre le verdict est tout aussi détestable, irresponsable. A l’issue de 10 ans de procédure, les magistrats en charge du dossier, qui l’ont épluché sous toutes les coutures, ont considéré que les policiers étaient innocents. Et alors? Nous sommes dans un Etat de droit. Les condamnations se font sur des charges, des accusations. La justice les a innocentés parce qu’elle ne les a pas jugés coupables. Nous avons là un signe qu’elle fait son travail et n’est pas, otage d’idéologies gauchisantes, comme il est dit si souvent. Dans un Etat de droit, on ne condamne pas des personnes sans les preuves, les certitudes de leur culpabilité. Sinon, ce n’est plus un Etat de droit mais un Etat totalitaire. La justice a tranché.  Il faut respecter son verdict et ne pas chercher à la récupérer à des fins politicardes indignes. Sinon, on entre dans une logique de guerre civile. Sinon, ce sera la guerre civile.

Maxime TANDONNET

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L’esprit de Munich

Bundesarchiv_Bild_183-R69173,_Münchener_Abkommen,_StaatschefsL’image des accords de Munich a été hélas bien souvent galvaudée, utilisée à tort et à travers pour justifier n’importe quelle guerre. Le 29 et le 30 septembre 1938, le Français Daladier, le britannique Chamberlain, sous l’influence du dictateur italien Mussolini, abandonnaient la Tchécoslovaquie au Füher allemand Adolf Hitler en pensant ainsi sauver la paix. La nouvelle était accueillie dans un délire d’enthousiasme par la foule parisienne, la presse dans sa majorité et la quasi totalité des la classe politique, à l’exception de quelques individualités, et il faut bien le dire, du parti communiste.  Aujourd’hui, l’esprit de Munich poussé à son paroxysme, règne sur le monde occidental. Dans l’indifférence générale, l’Etat islamique Daesh est en train de mettre le Moyen-Orient à feu et à sang. Il extermine les populations civiles, en particulier la minorité chrétienne d’Orient, massacre, torture, réduit en esclavage, détruit les Etats et les frontières, menace de porter le fer et le sang en Europe. Son expansion se poursuit avec la grande ville de Ramadi qui vient de tomber. Face à lui, la passivité, le silence, l’absence de réaction des responsables politiques nationaux est ahurissante. Cette barbarie d’un nouveau genre qui se déploie à la faveur de la lâcheté ambiante, laisse craindre le pire pour l’une des merveilles du patrimoine de l’humanité – Palmyre. La France, par exemple, mais elle n’est pas la seule, se vautre dans une médiocrité sans nom. Le festival de Cannes, et la petite culotte de Sophie Marceau,  intéressent davantage notre pays que l’agression sauvage contre la civilisation qui est en cours. Les dirigeants font la politique de l’autruche et ne veulent pas choisir entre le pouvoir syrien et  Daesh, comme d’autres ont si longtemps refusé de choisir entre l’URSS et l’Allemagne nazie.  L’histoire ne se répète jamais à l’identique mais la lâcheté et la bêtise humaine sont toujours les mêmes. Il est insupportable que le monde occidental, après avoir tant contribué à répandre le chaos au Moyen-Orient, ferme aujourd’hui les yeux sur la montée de cette nouvelle barbarie. Une certitude: un jour où l’autre, il paiera une nouvelle fois sa lâcheté au prix le plus fort.

Maxime TANDONNET

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La tyrannie de l’oubli

Cuban President Fidel Castro stands at Havana's Jose Marti airport after sending doctors and medical personnel to Armenia to treat earthquake victims in this May 10, 1978 file photo. Castro, who has not been seen in public for 16 months, suggested on December 17, 2007, that he might give up his formal leadership posts, the first time he has spoken of his possible retirement since he fell ill.    REUTERS/Prensa Latina/Files (CUBA)

La mémoire est une source de résistance. La personnalité, l’identité s’ancrent dans les souvenirs, la connaissance du passé, de l’histoire, du réel, des événements tels qu’ils se sont produits. Les manipulations, la soumission, la servilité se construisent sur la page blanche. Le saccage des programmes de l’éducation nationale, la destruction de l’enseignement de l’histoire – une tendance longue, qui ne date pas d’hier – la suppression de l’enseignement du latin et du grec relèvent du même état d’esprit: bâtir une société de clones interchangeables, décérébrés, volatiles. L’obsession de toute tyrannie: détruire l’esprit critique.  A Cuba, M. Hollande a « rencontré l’histoire » en serrant la main de  Fidel Castro, dans la béatitude générale du monde médiatique. Souviens toi! Remember! Recuerda!: Cuba, les prisonniers politiques, les exécutions d’opposants, le soutien inconditionnel à l’Union soviétique, les missiles dirigés contre les Etats-Unis, la ruine économique d’un pays d’une pauvreté inouïe, la police politique, le culte délirant de la personnalité, les réfugiés – boat people – fuyant par tous les moyens le pays pour gagner les Etats-Unis, la dictature communiste impitoyable…  Tout est oublié. Nous observons en ce moment, dans la panique d’un pouvoir qui se dérobe, un étrange mélange de narcissisme présidentiel absolu, mélangé à l’apathie d’une France d’en haut décervelée, abrutie d’ignorance et d’oubli.  Le résultat est effroyable…

Maxime TANDONNET

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Quotas de l’impuissance

images (2)Ma tribune de ce matin, au Figaro Vox est une critique de l’idée de quotas d’immigration européens mis en avant par M. Junker comme réponse à la crise de la Méditerranée. Ce projet exprime tout ce qu’il y a de dramatique dans la vision actuelle de l’Europe, irréelle et bureaucratique. Il révèle aussi l’incapacité à penser et concevoir l’Europe par les élites européennes, une Europe puissance, osmose entre des Etats, unis et solidaires face aux gigantesques défis planétaires, capables de décider, de choisir, de se donner ensemble un destin commun. Cette idée de quota est totalement irréaliste, impraticable et elle relève d’une vision monstrueuse du continent voué à organiser la répartition autoritaire de migrants sur les différents points de son territoire. Elle reflète en réalité le refus viscéral de prendre les décisions que la situation impose: une intervention militaire européenne pour combattre les passeurs, empêcher les embarquements meurtriers sur les côtes de la Méditerranée, et en parallèle une mobilisation des moyens de l’Europe, première puissance économique du monde, pour contribuer au développement économique des pays les plus pauvres du Sud. Mon ami Guillaume Larrivé, député d’Auxerre, dit la même chose que moi dans le même Figaro Vox.

Maxime TANDONNET

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République et culte de la personnalité

images (1)Les mots République et républicains n’ont jamais été aussi à la mode. Ils signifient, la « chose publique » et historiquement, le principe de République s’oppose à celui de « pouvoir personnel ». Dans la République priment les idées, l’intérêt général, le bien commun, derrière lesquels la personnalité du gouvernant s’efface – sauf circonstances exceptionnelles comme une guerre ou révolution violente. Au contraire, le culte de la personnalité est l’essence même des régimes dictatoriaux: le Duce, le Führer, le « petit père des peuples », le « grand timonier », le Raïs, le Caudillo, le « génie des Carpathes » etc. Nous vivons aujourd’hui dans une république abâtardie où la notion d’intérêt général s’efface tous les jours derrière une sorte de culte médiatisé de la personnalité qui n’est d’ailleurs pas nouveau mais prend des proportions alarmantes. Voyons, depuis trois jours: ventes des Rafale, célébration du 8 mai, déplacement aux Antilles, commémoration de l’esclavagisme, annonce d’un milliard pour l’informatisation dans les collèges, Cuba (visite historique), pour ne parler que de ce qui me vient spontanément à l’esprit. Le pouvoir n’existe plus que dans l’image d’un homme qui sans doute, prépare sa réélection à l’horizon de deux ans. Le résultat est aberrant: comme les citoyens éprouvent en ce moment un rejet viscéral de leur classe dirigeante et de leurs élites (médiatiques, intellectuelles, politiciennes), la colère se cristallise sur celui qui prétend incarner le pouvoir à lui tout seul. Plus il se démène pour apparaître, et plus il sombre dans l’impopularité. Mais la personnalisation à outrance envahit toute la sphère politique française et plus rien n’existe en dehors des figures médiatiques en course pour le trône suprême, élyséen. C’est pourquoi plus rien ni personne ne propose au pays de perspectives à la fois audacieuses et raisonnables, crédibles,  sur les institutions publiques, l’économie, l’Europe, le social, la sécurité, l’immigration. La République narcissique n’est pas une République mais un grandguignol qui ne fait rire personne et favorise le déclin de la France en la privant de la volonté d’accomplir de profondes réformes nécessaires dans le sens du bien public.

Maxime TANDONNET

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Deux ans….

sans-titreCi-jointe ma dernière contribution au Figaro Vox. Pour l’anniversaire du 6 mai, elle esquisse une comparaison entre situation des présidences Hollande et Sarkozy deux ans avant la fin d’un mandat que tous deux ambitionnent de renouveler.  Il en ressort que la position de l’actuel chef de l’Etat est infiniment plus dégradée que celle de son prédécesseur à la même étape de son mandat. Ses chances de réélection, sauf cataclysme électoral, paraissent donc d’ores et déjà extrêmement minces.  Les signes de fébrilité s’expriment d’ailleurs à tous les niveaux: boulimie de communication se traduisant par un ahurissant matraquage médiatique, improvisation de réformes destructrices (médecine, programmes des collèges, contrôle d’Internet), fébrilité des soutiens idéologiques, ces pseudo intellectuels qui se dévorent entre eux dans un étrange vent de folie. Le Royaume-Uni vient de montrer la voie. Mais attention: une banale alternance comme une autre en 2017, sans but, sans objectif, sans un projet révolutionnaire, serait ressentie comme une véritable trahison par les Français déjà exaspérés envers leur classe dirigeante et ouvrirait cette fois-ci en 2022, la voie à des aventures extrémistes (droite ou gauche) dont le pays ne se remettrait jamais.

Maxime TANDONNET

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Liberté chérie et menacée

images (1)Parler de régime totalitaire est bien entendu excessif. Le totalitarisme est synonyme de parti unique, de meurtre ou d’emprisonnement des opposants politiques et des intellectuels, de suppression du suffrage universel. Pourtant, subrepticement, la France est engagée sur la mauvaise pente. Tout un faisceau d’indices donne l’image d’un pays qui se soumet, renonce peu à peu à sa liberté pour entrer, non pas dans un régime totalitaire ou une dictature, mais dans l’acceptation passive d’une logique totalitaire ou dictatoriale: banalisation du culte de la personnalité, autour de l’omniprésence médiatique du chef de l’Etat (même si ce n’est pas nouveau, l’aggravation est spectaculaire); contrôle croissant et généralisé de l’Internet; écoutes téléphoniques entre un avocat et son client ;  un monde médiatique, télévision et radio, soumis à une pensée unique qui ne cesse de marteler les mêmes messages sur tous les sujets; la police de la pensée autour de diktat idéologiques puissants et des tabous (exemple d’E Todd, fustigé par toute la classe dirigeante, le premier ministre lui-même, pour avoir contesté « l’esprit du 11 janvier) »; goût furieux de la dénonciation, de la délation publique, y compris touchant à la vie privée, du lynchage et des boucs émissaires. Ce qui est terrible c’est de sentir un courant profond, idéologique, liberticide, qui entraîne tout sur son passage,  juridictions, tribunaux, médias, dirigeants, élus, intellectuels, y compris les éventuels points de repères, références et autres phares, emportés avec le reste. Il faut prendre de la hauteur, se projeter hors du contexte actuel, dans le temps et dans l’espace, pour avoir une idée de ce qui se passe en ce moment et tenter de  garder sa lucidité.

Maxime TANDONNET

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La France abandonnée

imagesEn ce moment règne un climat étrange sur la France qu’exprime ma dernière contribution au Figaro Vox. Il suffit d’ouvrir l’oreille, dans les conversations amicales ou familiales, sur le marché, dans les couloirs et les cantines. Les Français sont profondément inquiets pour l’avenir de leur pays: l’impuissance vertigineuse de l’Europe et de ses gouvernements face aux passeurs criminels en Méditerranée – cet incroyable renoncement -, le chômage qui continue de grimper en France alors que la situation s’améliore partout ailleurs, le risque terroriste – 1000 djihadistes venus de France – la crise de l’éducation nationale. La « France d’en haut », médiatique semble vivre dans un autre monde, prise dans une dérive qui s’est accélérée depuis le 11 janvier, une bulle qui ne cesse de fuir le réel, avec ses délires, ses guerres intestines, ses mots d’ordre surréalistes, ses obsessions. Que des loups se mangent entre eux n’a rien d’attristant, mais en revanche, il est préoccupant de constater le néant qui triomphe partout y compris chez ceux qui devraient être en train de préparer la relève, et de voir la France ainsi abandonnée à elle-même.

Maxime TANDONNET

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Collèges, le vrai problème?

téléchargementBon, comme toujours ou presque, je m’interroge mais ne prétends pas apporter de vérités toute faites, bien enrobées! Un intéressant débat s’est développé la semaine dernière sur la réforme du programme des collèges, notamment l’enseignement de l’histoire, du choix des civilisations enseignées. Je suis d’accord avec beaucoup de ce qui a été dit, notamment le message sous-jacent à ces projets de réforme en particulier la culture de la haine de soi, de la repentance. Cela n’a d’ailleurs rien de nouveau. En revanche, cette belle polémique me semble quelque peu déconnectée de la réalité des collèges, de l’éducation nationale. Celle-ci est minée par une prodigieuse hypocrisie, niant la rupture abyssale entre une petite minorité d’établissements privilégiés dans les centres villes où sont scolarisés les enfants de la bourgeoisie protégée (y compris « de gauche » ou prétendue telle),  et la situation des collèges de banlieues confrontés aux questions insolubles de l’autorité des professeurs, de l’indiscipline, de l’absentéisme, parfois de la violence, du niveau extrêmement faible d’une partie des élèves qui savent à peine lire et écrire, une partie d’entre eux, issus de l’immigration récente, ne pouvant s’exprimer en français.  Je ne raconte pas d’histoires, c’est du vécu personnel. Les intellectuels nous parlent du latin, du grec, des programmes d’histoire. Bien sûr, ils ont raison et je les comprends. Mais il faut aussi qu’ils aillent sur le terrain. Les professeurs des collèges dont je parle savent ce qu’il en est. Leur problème est d’imposer le calme dans leur classe et d’essayer d’apprendre à leurs élèves à lire, à écrire sans trop de fautes et à compter, avec l’espoir d’en sortir deux ou trois du lot sur une classe de 25. Encore un débat typiquement français, des grands mots et des belles idées pour fuir la réalité et tout ce qu’elle a de dramatique, parfois de tragique.

Maxime TANDONNET

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En finir avec la crétinisation de masse

images (4)Remember! Souviens-toi! Prodigue! Esto memor! L’émission Apostrophe, quand nous étions plus jeunes, était un moment phare de la semaine. Si ma mémoire est bonne, le vendredi soir, vers 21 heures 30. Animée par Bernard Pivot, elle nous faisait aimer les livres, l’intelligence, la beauté. Emile Ajar (Romain Gary), Boukovski, Soljenitsyne, Jean Lacouture, Jean d’ormesson, JB Duroselle, Albert Cohen, pour quelques bribes de souvenirs qui me reviennent. On y échangeait dans un climat de respect, de courtoisie, de tolérance, sans la moindre prétention ou effet d’érudition, la logique dominante était celle de « la tête bien faite téléchargement (4)plutôt que de la tête bien pleine », celle de « l’honnête homme », qui ne prétend pas tout savoir ni tout comprendre, mais animé par la curiosité intellectuelle. Aujourd’hui, l’émission considérée comme le point de rencontre de l’intelligentsia française, là où se font les best-sellers, est On n’est pas couché. Qu’y trouve-t-on, au hasard de nos samedi soir d’insomnie ? Des animateurs, des pitres excités, des idéologues, politiciens ou stars du show biz, promus au rang de « maîtres penseurs », qui font étalage de leurs dogmes prétentieux en se crépant le chignon sous les quolibets. Ce n’est plus la fête de l’intelligence mais une lamentable foire d’empoigne ou spectacle de catch. Qu’est-ce qui empêche de faire renaître Apostrophe? Un déclin général de la curiosité intellectuelle et de l’amour des livres? L’absence d’un journaliste de génie comme Bernard Pivot? Il me semble que l’un des objectifs du futur gouvernement, en 2017, doit être d’essayer de raviver la flamme de l’intelligence dans le monde médiatique, en tout cas ses chaînes publiques qui sont un enjeu de civilisation.

Maxime TANDONNET

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La honteuse humiliation de Jeanne d’Arc

téléchargement (3)En ce 1er mai 2015, je trouve lamentable la récupération de l’héroïne nationale. L’histoire ce cette petite bergère lorraine de 17 ans, d’un milieu modeste sinon pauvre, qui ne sait ni lire ni écrire, partie de rien, en qui personne ne croit au début, redonne espoir et dignité à son pays est un message à la fois français et universel. Elle appartient à la Nation dans son unité, son histoire, l’histoire de France, et à personne d’autre. Il est lamentable de voir, dans l’indifférence générale son nom martyrisé, bafoué, ridiculisé, corrompu, souillé par les récupérations grotesques auxquelles il donne lieu. Jeanne d’Arc, on l’oublie souvent, fut l’inspiratrice de l’un de nos plus grands écrivains et poète, Charles Péguy, elle était la référence d’une partie de la Résistance française, (même si paradoxalement le régime vichyste de la collaboration l’a aussi revendiquée.) Bref, j’ai envie de dénoncer une double honte, celle des récupérateurs qui la ridiculisent en l’associant à leur propre ridicule, à leurs scènes ridicules, et celle des lâches qui la laissent récupérer – et ridiculiser –  sans sourciller. Jeanne d’Arc humiliée, c’est tout un symbole du malheur français.

Maxime TANDONNET

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Maryvonne, victime d’une vraie saloperie française

images (3)Voilà quelque chose que je n’ai jamais pu comprendre ni admettre. La loi française prévoit qu’au bout de 48 heures, des individus ayant squatté un logement après y être entré par effraction deviennent ses occupants légaux, disposent du droit de s’y maintenir au même titre que des locataires  et ne peuvent plus être expulsés sans une lourde procédure judiciaire qui peut prendre des mois. Les victimes, comme Maryvonne, sont souvent des personnes âgées ou en situation de précarité.  On a du mal à le croire. Vous êtes propriétaire d’une maison. Vous vous absentez. Des squatters se sont installés chez vous et ils ont le droit de s’y maintenir sans que vous ne puissiez rien faire ou presque dans l’immédiat. Cela arrive souvent et j’ai moi-même connu des proches ou des voisins qui ont eu à subir ce genre de situation. Cela provient d’une loi socialiste de 1991 qui visait à obtenir les faveurs d’associations dites humanitaires. Aux bonnes âmes bienpensantes, qui y voient une belle invention, je demande d’imaginer la situation pour elles-mêmes: vous vous absentez avec vos trois enfants pour une raison quelconque et à votre retour, votre appartement ou votre maison est occupée par un groupe de gens qui ont changé les serrures et qui cassent tout à l’intérieur, sans que vous ne puissiez rien faire. Vous ne pouvez plus entrer chez vous. Votre logement, vos biens, vos meubles sont sous occupation. Et la loi vous interdit d’entrer, vous n’êtes plus chez vous… Vous n’avez plus qu’à aller à l’hôtel avec votre marmaille et entreprendre une action en justice qui va durer cinq ou six mois…  Cela peut arriver à tout le monde, à toi aussi, Ducon, qui te dis en me lisant : ce type là est vraiment un sale réac. Cette disposition que le monde entier nous envie – quand j’en parle à des amis britanniques ou allemands, ils refusent de me croire – la droite au pouvoir n’a jamais été capable de l’abroger. Par frousse des réactions, de paraître ceci, ou cela… Là, franchement, ce n’est pas la faute de l’Europe, ni de la mondialisation, ni du capitalisme financier… Alors, après 2017, aurons nous le courage de mettre fin à cette belle loi sociale, cette belle loi socialiste, cette aberration nationale?

Maxime TANDONNET

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Triomphe de la médiocrité

téléchargementL’esprit de repli, de fermeture, d’enfermement est une mauvaise façon d’aimer la France mais il envahit peu à peu l’air du temps. Il se trouve bien entendu dans les délires protectionnistes et anti mondialisation qui nourrissent la démagogie de droite comme de gauche, mais aussi plus simplement dans la politique quotidienne du gouvernement. Ainsi, la suppression des classes européennes bilingues, dans les collèges, donne un aperçu de la mentalité clochemerle qui envahit tout. Créées en 1992, ces classes permettent notamment de suivre des cours en allemand et  favoriser le bilinguisme. Elles bénéficient à 200 000 jeunes Français. Elles favorisent, sur le long terme, l’ouverture de notre pays sur le monde, sur la compétition internationale, le grand large qui vivifie et modernise la France. Dans leur suppression, décidée par le gouvernement, se retrouvent les plus mauvais côtés d’une certaine franchouillardise : la mesquinerie jalouse, le culte du nivellement par le bas, le mépris de la réussite, du travail, de l’intelligence. Elle est parfaitement contraire aux valeurs de rayonnement et d’ouverture de la France. Cette suppression des classes européennes exprime exactement la même mentalité que cette  politicienne à la mode qui se vante lors d’une conférence à Washington « d’être bonne française parce qu’elle ne parle pas l’anglais ». Et tout cela dans l’indifférence et l’apathie générale. La France s’enfonce tous les jours un peu plus profondément dans la médiocrité. Il est temps de passer à autre chose… 

Maxime TANDONNET

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Président ou candidat, il faut choisir!

sans-titreLe  président de la République serait, paraît-il, selon le Figaro, « obnubilé par sa réélection ». On peut le croire au regard de la fréquence de ses apparitions médiatiques, quasi quotidiennes. Or, il est impossible de présider le pays  voir de le gouverner, tout en préparant sa réélection. Cette dérive de la politique française, qui privilégie les intérêts d’ego sur le bien commun, même au plus haut niveau de l’Etat, me paraît dramatique, source de paralysie, de blocage et de désespérance pour le pays. Il faut en sortir en rendant le mandat présidentiel non renouvelable et en réformant profondément les équilibres institutionnels du pays, par une réhabilitation du poste de  Premier ministre, un renforcement du Parlement et un recours à la démocratie directe. Tel était le sujet de ma tribune au Figaro Vox.

Maxime TANDONNET

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Changer la politique?

imagesKMM91QOYLe dernier sondage IFOP JDD est sans appel: malgré son omniprésence médiatique, la cote du président de la République s’est encore effondrée de 5 points! 21% de satisfaits.C’est ainsi. Les Français ne l’aiment pas, son style, son allure, son comportement.  En dehors d’Alain Juppé d’ailleurs, qui incarne la nostalgie chiraquienne, aucun homme politique ne trouve la faveur de l’opinion, ne se détache comme espoir du pays. La pire erreur serait de penser que c’est Hollande en tant que tel, et lui seul, qui fait l’objet de ce rejet. Le phénomène est infiniment plus profond.  Les Français  sont devenus totalement allergiques à ce qu’est aujourd’hui la politique: les fanfaronnades, les gesticulations médiatiques, les annonces, l’invasion de la communication, les polémiques, le fanatisme du moi-je, l’arrogance prétentieuse, le culte du nombril, tous ces « je, je, je », la frime hystérique, les ego dilatés, proéminents,  les prétendus « sauveurs » qui n’ont jamais rien fait de leur dix doigts en dehors de la politicaille. C’est fini. Les Français sont trop intelligents aujourd’hui, pour ne pas ressentir un infini dégoût face à cette comédie. Le seul pouvoir qui tienne aujourd’hui, qui puisse tenir, est celui de la discrétion, de la modestie, de l’action collective, de l’anonymat, tournés vers l’intérêt général, la recherche de résultats concrets au service de la France. S’il faut que le gouvernement d’un pays s’incarne quand même dans un visage, ce qui semble être une régle universelle, que ce soit à l’avenir celui du bien commun simple et sans prétention, et non celui de la mégalomanie impuissante.

Maxime TANDONNET

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Le drame de l’impuissance européenne

images (2)Les décisions prises au conseil européen de Bruxelles du 23 avril sur l’immigration illégale en Méditerranée ne sont pas à la hauteur des enjeux: 1000 morts par noyades depuis le début de l’année; peut-être, selon certaines estimations européennes, 500 000 migrants risquant de tenter la traversée en 2015, ce qui soulève les gigantesques problèmes d’organisation de l’accueil, d’intégration des populations, d’acceptabilité par une Europe en crise qui compte 20 millions de chômeurs (zone euro), des problèmes de déficits publics colossaux, de logement, etc. L’Europe doit être un continent ouvert à une immigration organisée, maîtrisée, régulée – elle accueille régulièrement environ 1 à 1,5 millions de personnes (eurostat). Elle n’a pas les moyens de subir sans dommage un flux incontrôlé supplémentaire. Face à cet enjeu, elle a montré avant-hier son incapacité à décidé, choisir, se gouverner. Les mesures annoncées sont faiblardes au regard du défi: crédits des secours en mer multipliés par 3, solliciter de l’ONU l’autorisation de détruire les navires des passeurs. Il fallait décider tout autre chose: faire du développement économique des pays du Sud une priorité politique absolue des Européens, au prix d’un engagement massif, engager une négociation avec les pays de transit – en conditionnant les aides – pour bloquer les embarquements de migrants sur les plages, intervenir militairement pour rétablir la stabilité des zones qui ont sombré dans le chaos en Libye et empêcher le départ en mer des « navires tombeaux ». Les intérêts vitaux de l’Europe sont en jeu, ainsi que des milliers de vies humaines. L’Europe compte 500 millions d’habitants, elle est la première puissance économique du monde. Son impuissance est inqualifiable. L’idée de prendre acte de son échec et de rétablir des contrôles systématiques aux frontières internes (France/Italie) ne servirait strictement à rien. D’abord, il serait irresponsable d’abandonner l’Italie, un pays aussi proche de la France, par l’histoire, la culture, à son triste sort. Ensuite, la mesure serait d’une absolue inefficacité. Les migrants souhaitant gagner le reste de l’Europe, qui ont traversé la Méditerranée, s’arrangeront pour passer d’une manière ou d’une autre. Même l’hypothèse inconcevable, débile et honteuse d’une muraille avec des fils de fer barbelés tout autour de la frontière italienne ne résoudrait rien. Quand je parle de l’Europe, je ne songe évidemment pas à la Commission ni la Cour de Justice ou à son Parlement (caricature de démocratie puisqu’élu à la proportionnelle de liste), mais à l’unité indispensable de ses dirigeants nationaux, l’imbrication de ses peuples et de ses nations, la solidarité intrinsèque qui devrait exister en eux et leur permettre ensemble de se gouverner. L’Europe politique est comme tétanisée par sa mauvaise conscience historique. Elle sait créer des normes juridiques, et dépenser des crédits. Mais elle est incapable de décider, de choisir, de se gouverner. Inconsciemment, elle l’assimile l’action, la décision, la notion de choix aux pires moments de son histoire, aux totalitarismes, fascistes et communistes, à la conquête coloniale, plus récemment, sa participation (une partie d’entre elle) à des opérations militaires qui ont mal tourné. Elle a honte d’exister en tant qu’acteur autonome de la vie internationale. Demander la permission à l’ONU pour détruire les bateaux des passeurs qui envoient des milliers de gens à la mort, il fallait le faire… Elle ne se rend pas compte que son inertie, sa passivité, son anesthésie, son refus du réel et de l’action, la condamnent, à terme, au chaos, à la violence, notamment l’importation de la terreur qui sévit au sud de la Méditerranée, et risquent, par une voie détournée, de ramener le pire sur son sol, la remise en cause des libertés publiques et de la démocratie et le retour sous une autre forme du totalitarisme le plus abject. D’ailleurs, ce phénomène est en marche quand on assiste un peu partout au foisonnement des extrémismes et aux amorces d’une remise en cause des libertés publiques par des gouverments démocratiques eux-mêmes.

Maxime TANDONNET.

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Où allons-nous?

téléchargement (2)L’épisode d’avant hier, l’arrestation d’un terroriste de nationalité algérienne qui venait de tuer une jeune femme de 32 ans dans la rue, au hasard, et préparait un attentat dans deux églises de la région parisienne, en relation avec le Daesh, illustre le glissement progressif de la France dans une ère nouvelle. L’Etat islamique d’Irak et de Syrie tente de transposer sur le territoire français son combat sanguinaire. Tuer pour tuer, dans la rue, au hasard, une passante, la personne la plus vulnérable qui soit: la quintessence de la terreur. Une ou des milliers, le principe est le même. Vouloir massacrer des chrétiens dans une église: la haine de l’occident portée sur le sol français. Les djihadistes en France, relais de la terreur qui se répand au Moyen-Orient et en Afrique,  nous ne savons  pas vraiment combien ils sont, ce qu’ils préparent, ce qu’ils attendent, l’étendue et leur véritable capacité de nuire. Nous allons inévitablement vers des heures sombres. Il faut être d’un aveuglement sans nom pour ne pas le sentir. L’épisode de la « loi renseignement » le prouve, nous nous dirigeons, à terme, vers des changements profonds, un bouleversement des esprits, peut-être l’avènement de régimes d’autorité en Europe, qui peuvent être de droite comme de gauche d’ailleurs. L’absence de lisibilité, de perspective politique crédible aujourd’hui, de dirigeants ou futurs dirigeants inspirant la confiance pour tenter de maîtriser cette transformation du monde ne fait que renforcer l’incertitude sur le destin du pays. Quand je vois les tenors de l’opposition modérée qui s’écharpent sur le nom de leur futur parti, j’ai l’impression de rêver. Dans quel monde vivent-ils? A quoi jouent-ils? Et où allons-nous?

Maxime TANDONNET

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Ah, les bougres!

téléchargement (2)J’avais songé à un autre titre, mais me suis ravisé pour rester poli. Encore une nouvelle raison de bondir, ce sondage ridicule sur les présidents préférés des Français qui place de Gaulle derrière Mitterrand et Chirac! « 33% des personnes interrogées placent le « grand Jacques » en tête du palmarès des chefs de l’Etat les plus sympathiques, 12 points devant François Mitterrand (21%), Charles de Gaulle étant, pour sa part, relégué à la troisième place avec 17% des votes. Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing sont à égalité à 8%, devant Nicolas Sarkozy 7%. François Hollande, et ce n’est pas une surprise, ferme le ban avec 5%… Mais il est toujours en fonction. » Oubliée, l’oeuvre monumentale du Général, la sortie de la guerre d’Algérie et de la colonisation, les programmes nucléaires, Airbus, Ariane, l’ouverture de l’économie française à la compétitivité et à la concurrence, les années de modernisation et de Grandeur? Oubliés en revanche ces moments pénibles de l’ère Chirac, les grèves de novembre-décembre 1995, le pays bloqué pendant trois semaines, la dissolution désastreuse de 1997 qui a conduit aux 35 heures, l’immobilisme de 2002-2007… Quant à Mitterrand, les folies économiques de 1981-1982, le rainbow warrior, la proportionnelle de 1986 et le fn à l’Assemblée, la politique d’assistanat, l’opposition à la réunification allemande, le suicide de Bérégovoy, et de de Grossouvre, les mensonges sur sa famille, sa maladie, les écoutes, les révélations sur son passé (la francisque), etc.  Sympathique vous disiez? Ah oui, ah oui, tellement sympathique. C’est drôle comme les Français ont la mémoire courte… Et puis, quelle question idiote! Le problème n’est pas d’avoir un président sympathique, ni d’ailleurs bavard, sectaire, ou agité. En ces temps de ténèbres et de chaos, le président dont la France a besoin doit être un visionnaire, une autorité ferme, main de fer dans un gant de velour, savoir où il va et capable de déléguer, faire confiance à son Premier ministre et à ses ministres pour gouverner le pays ainsi qu’à une majorité, tant il est bien évident qu’un homme seul ne peut pas tout faire. Sympathique vous disiez?

Maxime TANDONNET

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Radio Pravda

téléchargement (3)Ce matin, j’écoute RTL (104.3) en prenant mon petit déjeuner, vers 6H45 à 7 h15, environ une demi-heure, le temps de préparer le thé et de faire griller le pain, etc. J’attendais une information, les événements de la nuit dans le monde. Et Dieu sait qu’ils n’ont pas manqué. D’actualité, je n’en ai pas entendu une seule, mais des tonnes de sermons, à la pelle. Un journaliste et un psychiatre m’expliquent pendant 10 minutes pourquoi il est impératif de dépénaliser le cannabis. La drogue, ce n’esttéléchargement (2) pas pire que le vin. Et d’ailleurs, le cannabis, comme chacun sait, n’est pas vraiment une drogue. C’est ainsi, et comble de l’hypocrisie, il faut légaliser pour en faire baisser la consommation. Puis vient l’immigration, évidemment, ces peuples d’Europe, racistes, xénophobes, arriérés, de droite comme de gauche, et ces politiques, même de gauche, qui n’osent plus assumer le dogme sur les bienfaits de l’immigration. Et puis auparavant, il y avait eu un petit couplet attendri sur Le Pen, en tenue de gala, robe longue bleue, à New York, sélectionnée par le Time parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde (sic). Le matraquage médiatique s’accélère: banaliser, faire monter la droite radicale et tout ce qu’elle représente, pour mieux diaboliser, étouffer, maudire les sujets qui préoccupent les peuples en particulier celui auquel tout le monde pense en ce moment. La radio est devenue cent fois pire que la télévision comme outil de propagande et de formatage des esprits. Venait ensuite l’interview de M. Kouchner sur l’immigration, comme chacun sait brillant ministre des affaires étrangère de 2007 à 2010. Trop, c’est trop, cette fois, j’ai coupé mon poste. Je n’écouterai plus RTL le matin à mon réveil, c’est promis.

Maxime TANDONNET

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La débâcle européenne

téléchargement (2)« C’est la fin, comme vous voyez : l’Europe fait eau de toute part. Que s’est-il donc passé ? Ceci, tout simplement, que nous étions les sujets de l’histoire et que nous en sommes à présent les objets. » Cette phrase prophétique est de Jean-Paul Sartre, tirée de la préface des « damnés de la terre » de Franz Fanon. Il faut regarder les choses  en perspective. Pendant environ 400 ans, de la Renaissance au XXe siècle, l’Europe a dominé, écrasé le monde, par sa révolution industrielle, la suprématie de ses idées, la conquête coloniale. Le XXe siècle a été celui de son déclin, de la folie nationaliste et de ses tueries suicidaires. Aujourd’hui, rongée par sa mauvaise conscience – la colonisation, le totalitarisme (fascismes, national-socialisme, marxisme) – elle a mis en place une prodigieuse et impuissante bureaucratie appelée « l’Union européenne » mais la voilà totalement fragmentée, démantelée, décérébrée, au fond de l’abîme. On s’habitue à tout au point de ne plus rien voir mais il est extravagant de constater à quel point cette Europe est désemparée, traumatisée, paralysée par l’arrivée sur ses côtes de bateaux de migrants  en perdition et dans l’incapacité absolue d’esquisser le moindre geste. Son inertie, sa contemplation, sa lâcheté insigne face à des massacres abominables qui se produisent sous ses yeux à deux pas de ses frontières, fait froid dans le dos. Face au nouveau meurtre médiatisé des chrétiens éthiopiens par le daesh sur une terre d’influence traditionnelle de l’Europe, cette Libye voisine, la passivité, le silence de l’Europe nous laissent pantois. Nous assistons à la mort tragique d’un continent désuni, déboussolé, anesthésié, qui a été le phare de l’humanité pendant des siècles. Les gesticulations et bavardages ne sont que symptômes de cet effarant déclin qui laisse les Européens désarmés et désormais à la merci de n’importe quel cataclysme à venir. Ci jointe, ma contribution d’hier au Figaro Vox concernant le drame de la Méditerranée. 

Maxime TANDONNET

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L’ère des magouilles

imagesIl ne faut pas se faire des illusions, avec un système politique français qui se crétinise à vue d’oeil, nous sommes déjà, deux ans à l’avance, en pleine campagne pour les présidentielles de 2017. La politique n’est plus pour l’essentiel au service du bien commun et des Français, mais largement détournée dans l’intérêt des politiciens qui ne font même plus semblant d’y croire. La proportionnelle, annoncée aujourd’hui comme une éventualité sérieuse par le président de la République en vue des prochaines élections nationales, est une véritable infamie. Elle consiste à rendre le pays encore plus ingouvernable qu’il ne l’est aujourd’hui en faisant entrer en masse au Parlement les partis extrémistes, de droite comme de gauche. Son principe fondamental est de rompre le lien personnel entre les électeurs et leurs représentants, pour donner aux partis politiques, qui composent les listes, un quasi monopole sur la désignation des futurs députés. Comment mieux aggraver le fracture entre le peuple et les élites politiques? Nous avons déjà connu cela en 1986 avec la proportionnelle de François Mitterrand. Ils ne changeront donc jamais. M. François Fillon vient de son côté de révéler la vraie nature des primaires « de droite » en annonçant qu’il se « désisterait » si nécessaire au profit d’Alain Juppé: un outil au service des combinaisons politicardes et en aucun cas un moyen de faire émerger de nouvelles propositions. Pendant les deux années qui viennent, pré-électorales, nous allons voir, à droite comme à gauche et aux extrêmes, déferler une vague de mensonges, de magouilles, de tricheries, de manoeuvres et de démagogie, étouffant les débats d’idées et de projets autour des grands problèmes de notre pays. Et pendant ce temps, le navire France continuera de sombrer. Que va-t-il en sortir? Je n’en ai pas la moindre idée…

Maxime TANDONNET

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L’Europe face à son destin

téléchargement (1)800 migrants auraient péri noyés dans la nuit lors du naufrage de leur navire, parmi eux se trouvaient sans doute des enfants et leurs parents, victimes de la traite des personnes organisée par les passeurs criminels. On compterait 10 000 arrivées de migrants clandestins sur les côtes italiennes en une semaine. L’Union européenne, face au désastre humanitaire, une hécatombe qui ne dit pas son nom, se montre d’année en année toujours plus impuissante et frileuse. A 28 elle est conçue non pour l’action, mais pour produire des normes juridiques, règlements et directives, jurisprudences qui s’accumulent dans le plus grand fatras et ne font qu’aggraver l’impuissance. Cependant, la suppression pure et simple de la libre circulation en Europe ne réglerait rien. Laisser l’Italie seule face à la catastrophe humanitaire en l’enfermant dans des frontières étanches n’apporterait aucune solution à terme: d’abord, elle est un pays frère, dont l’histoire se confond avec la nôtre, et ensuite, rien ne pourrait empêcher les masses de migrants accumulées dans ce pays de se répandre tôt ou tard en Europe, par tous les moyens, y compris au prix de nouvelles catastrophes humanitaires.

Pour être capable d’agir, de décider, de se gouverner, la seule solution ayant fait ses preuves dans d’autres circonstances est l’unité des quelques gouvernements concernés – Italie, France, Allemagne, Autriche, Espagne, Royaume-Uni – pour agir ensemble. Et que faire?

Deux options politiques se présentent pour tenter de sortir de l’impasse actuelle et mettre fin aux drames qui se produisent.

Celle de l’idéal, autour de l’accueil accepté : visas illimités, voire suppression des visas, organisation de ponts maritimes et aérien pour faciliter la venue de tous ceux qui veulent s’installer. Mais alors, il faut bien réfléchir aux conséquences. Avec deux milliards d’habitants en Afrique et en Asie dont le revenu, de moins de deux dollars par jour, est environ 40 fois inférieur à celui de l’Europe, les phénomènes de chômage massif de la jeunesse (parfois 40 à 60% de la population active), la misère, les guerres, les dictatures, des taux de fécondité parfois 3 fois supérieurs à ceux de l’Europe, le risque est de déclencher un mouvement de populations sans limite, puis une situation de chaos liée à l’incapacité matérielle de faire face à ces arrivées (logement, travail, coûts sociaux…), des phénomènes de rejets, puis le retour des nationalismes agressifs et violents – dont la montée en cours des extrémismes sur tout le continent est déjà un signe avant coureur – enfin, dans la pire des hypothèse, une remise en cause dramatique du modèle libéral et démocratique européen.

Celle du réalisme qui consiste à rappeler un principe fondamental: l’Europe est un continent ouvert, mais qui n’a pas la capacité, psychologique et matérielle, de recevoir un nombre illimité de migrants. Dès lors, nul ne peut s’y installer sans respecter les voies de droit qui sont prévues. L’Europe, à travers ses Etats volontaires, en plein accord les uns avec les autres, organise des patrouilles maritimes et aériennes pour empêcher les embarquements clandestins de migrants sur les côtes sud ou Est de la Méditerranée et bloquer sur place les « navires tombeaux » qui entraînent des milliers de personnes à la mort. « C’est impossible! » va-t-on nous dire. Face à une menace réelle, au danger de mort pour les migrants et à l’inquiétude de nos sociétés, l’inaction au prétexte de l’impossible, devient elle-même criminelle. En parallèle, l’Europe doit se décider à engager une politique massive de développement économique et social des pays qui l’entourent et en faveur de leur stabilisation, une priorité absolue dont dépend sa survie. Enfin, le trafic des personnes humaines, l’envoi au massacre de milliers de personnes, doit être considéré comme une forme d’esclavagisme, un crime contre l’humanité, relevant du tribunal pénal international et faire l’objet d’une traque internationale sans répit.

Il n’y en a pas de troisième, sinon le statu quo, avec son cortège de malheur…

(Merci à d’éventuels commentaires pour leur modération sur un sujet aussi complexe trop souvent otage des passions et des exploitations idéologiques).

Maxime TANDONNET

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Celui qui avait tout prévu…

imagesNous vivons dans une France au bord du gouffre comptant 5,5 millions de chômeurs, un pouvoir plongé dans une fuite en avant nihiliste (médecine, éducation nationale, justice, entreprise, etc.), un appareil d’Etat obèse mais paralysé, impuissant, une nation désemparée, déboussolée, une extrême droite fanfaronnante dont l’ascension dans les urnes et les sondages est le symptôme tragique des malheurs de la France, des lâchetés et des abandons de sa classe dirigeante. Tout cela avait été prévu, annoncé, prophétisé par Philippe Séguin en 1992, dans son discours à l’Assemblée nationale contre le traité de Maastricht:
« Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d’être étouffés, ne s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalismes et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s’exprime sa liberté, c’est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin. On ne joue pas impunément avec les peuples et leur histoire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l’autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ? »
Philippe Séguin, avec quelques visionnaires, a été bâillonné, broyé, détruit et son destin politique anéanti. C’est lui qui devrait être chef de l’Etat aujourd’hui. Il était Français et profondément européen au sens de l’Europe des réalités et des peuples, infiniment plus européen que n’importe quel eurocrate de bas étage. Il haïssait la droite extrême et tout ce qui s’en rapprochait mais sentait bien, déjà, avec vingt ans d’avance, le risque de la voir revenir à force de démissions et de coups de folie. Il avait tout vu, tout prévu. Les prophètes ou visionnaires sont toujours des hommes à abattre. Le régime politico-médiatique opère un filtre implacable et privilégie désormais des personnages sans envergure, d’intelligence médiocre et manipulables à merci. Avant tout programme, tout projet: reconnaître qu’il avait raison, rendre hommage à celui qui avait tout prévu.
Maxime TANDONNET

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Sarkozy aime-t-il les gens?

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)Ci jointe, ma tribune de ce matin au Figaro Vox. M. Valls a déclaré « Sarkozy n’aime pas les gens ». Dans cette tribune, je dis ce que je pense de ce propos d’un homme politique sur un adversaire, de tout ce qu’il recèle de sous-entendus, et concernant la personnalité de Nicolas Sarkozy telle que je l’ai vécue. Je m’y exprime en toute sincérité, sans arrière-pensée, sans flagornerie ni haine, comme toujours.

Maxime TANDONNET

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– 275,15 degrés

téléchargement (1)C’est la seule chose que j’ai retenue de mes cours de physiques, jusqu’en seconde. – 275,15 degrés, le zéro absolu, tout s’arrête, tout est figé, bloqué, le temps est suspendu, plus rien ne bouge tellement il fait froid. C’est ce que j’ai ressenti aux dernières déclarations de la classe politique ce matin.

– M. Valls: « Sarkozy n’aime pas les gens« . Mais qui est-il pour savoir ce que Sarkozy aime ou n’aime pas? Et pour qui se prend-il ce Monsieur? Lecteur de conscience? voyant extra-lucide? grand inquisiteur? N’a-t-il rien d’autre à faire? Et comment peut-on affirmer une crétinerie pareille? Qu’est-ce que cet argument? Qui a le droit de dire qui aime ou n’aime pas les gens? Je l’ai vu fonctionner pendant 7 ans, Sarkozy, rien n’est plus faux et mensonger que de dire qu’il n’aime pas les gens. Il faut avoir lu mon livre, Au coeur du volcan (Flammarion) pour le comprendre. Quand j’étais à l’Elysée, j’en ai pourtant vu des gens malheureux, presque tous les jours, des victimes des accidents de la vie ou de la criminalité, reçus dans son bureau ou au salon vert. Je l’ai raconté, mais tout le monde s’en fout. Moi je  n’aime pas les cons, c’est différent.

– M. Philippot: « Je n’ai jamais voté le Pen« . Ah, mais mon p’tit Monsieur, dans la vie, il faut un minimum de cohérence! Vous êtes membre du fn, n’est-ce pas, parti dont M le Pen est le fondateur, le créateur, qu’il a forgé, porté à bout de bras pendant 40 ans. Grâce à ce parti, vous êtes député européen, je crois. C’est bien de vouloir le beurre et l’argent du beurre, une belle place en politique, un super mandat, des tonnes d’émissions télévisées, en veux-tu en voilà,  grâce au fn, mais tout en gardant son immaculée vertu. Eh bien non, vous avez bien profité du fn, vous en profitez tous les jours, donc vous êtes lepéniste au même titre que tout lepéniste, tout membre du parti lepéniste, le parti créé par Jean-Marie le Pen et repris par sa fille et sa petite-fille, vous assumez toute l’histoire et les idées de ce parti, et il en sera ainsi tant que vous en serez membre. Trop facile. Il y a un stade où le mépris du monde devient odieux.

– M. Bartelone, dirigeant majeur du ps, veut « rendre le vote obligatoire« . Cela signifie que dans sa tête, si le taux d’abstention atteint 50%, c’est de la faute des électeurs, des gens qui ne sont pas assez civiques. Et donc il convient de les sanctionner, de leur infliger une amende. Honteuse dérobade, lâche et mensongère. Si les gens ne votent plus, c’est parce que la soupe que leur servent les politiciens est abjecte: inefficacité, mensonges, promesses non tenues, impuissance, démagogie, corruption, détournement de pouvoir au service de la vanité et des intérêts personnels, sectarisme, extrémisme, clanisme, cooptation familiale. L’idée de rendre le vote obligatoire est la dernière des crétineries et des dérobades: faire payer les braves gens, ceux de la majorité silencieuse, de la France profonde, nous en un mot, pour l’horreur politicienne. L’abstention, préférer la pêche en rivière ou la cueillette des champignons à la daube politicarde actuelle est une liberté individuelle. Si le vote devient obligatoire, je n’irai plus jamais voter. J’en fais le serment.

Maxime TANDONNET

 

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Le crash d’une République

imagesVoici un sujet un sujet fondamental, au coeur de la maladie de la France, et que personne où presque ne perçoit ou n’admet.  Bien sûr il est commode, facile, vendeur de réduire les malheurs du présent à un visage, une personnalité unique: VGE, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et pire que tout, Hollande aujourd’hui. Cependant, cette façon de raisonner est artificielle et fausse. Avec le recul, il est indéniable que depuis environ 40 ans (1975), les dirigeants français se heurtent au mur des réalités et ne parviennent pas à lutter contre les maux de la France qui ne cessent de s’amplifier, malgré de rares périodes de rémission: chômage, violence, communautarisme. Depuis 40 ans, les présidents de la République, bien différents les uns des autres, finissent tous dans une impopularité vertigineuse: VGE, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, et bientôt Hollande. Il suffit de ne pas avoir la mémoire trop courte ou trop partiale. La France, contrairement aux autres grandes nations européennes, ne parvient plus à se gouverner. Pourquoi? Parce que ses institutions politiques, son appareil de gouvernement, est  vermoulu et sa Constitution brinquebalante. L’enjeu n’est pas de changer de République et de passer à la Sixième! Oh, non, voilà encore de la communication et des chimères. Bien au contraire, il est de revenir aux fondements de la Ve République, à sa lettre: un président qui préside et un Premier ministre qui gouverne, avec des ministres puissants, responsables, dignes de ce nom, adossé à une Assemblée nationale souveraine. Sous des angles différents, j’ai récemment traité cette question dans le Figaro Vox et Atlantico. Il est triste de voir que nous sommes là au coeur du malaise français, une France paralysée par l’impuissance de son pouvoir politique, mais que personne ne semble capable de voir ou vouloir comprendre… Puissent ces modestes contributions favoriser une prise de conscience!

Maxime TANDONNET

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Accablant!

78932468Le rapport de la Cour des Comptes sur l’asile est accablant. Il souligne comment le modèle français de protection aux victimes de persécutions dans leur pays a été transformé en filière massive de l’immigration illégale et coûte deux milliards par an à la France. Il serait mensonger d’en accabler les seuls dirigeants du pays depuis 2012 car l’augmentation est sensible et constante depuis près de 20 ans. Les responsables sont les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir et n’ont pas su prendre la mesure du phénomène ni concevoir et appliquer une politique cohérente. Ils ont laissé l’eurocratie bruxelloise accumuler les normes et les contraintes qui paralysent aujourd’hui les pouvoirs publics. Ce phénomène profite à l’extrême droite, le fn en France et ses homologues dans d’autres pays, mais qui n’apporte pas la moindre espèce de solution crédible. Le sujet est à l’abandon, personne ne sait plus que faire et nul n’a la moindre piste pour sauver le droit d’asile tout en reprenant la maîtrise du flux migratoire. Les politiciens en ont peur, frousse de passer pour racistes, d’être fustigés par le politiquement correct, assimilés au diable extrémiste, épouvantail dressé au coeur du système politico-médiatique. De droite, de gauche, ils rampent devant ces questions. Voyez leur lâche et affligeant silence sur le rapport ainsi que le prodigieux mutisme des médias radio et télévision… Dans le marasme général, il faut pourtant voir une seule, infime, raison d’espérer: le courage de la Cour des Comptes, la franc-parler et le professionnalisme de ses magistrats et hauts fonctionnaires qui ont eu l’audace de la vérité. Quand tout s’effondre, il reste toujours une petite lumière quelque part.images

Maxime TANDONNET

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Suite du billet précédent

Il-doit-bien-y-avoir-une-formule-pour-se-débarrasser-de-tous-ces-cons-...

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Résister à la bêtise

téléchargementLa bêtise est la maîtresse de ce monde, la mère de toutes les catastrophes, les guerres, le totalitarisme, les génocides. Elle est l’autre face de la méchanceté, ce fléau suprême. Elle commence dans notre vie quotidienne, fermente, envahit tout. Quand j’allume mon poste de télévision ou ma radio, je suis comme terrassé par la bêtise, assommé, groggy dans mon fauteuil. Bien sûr que ce que j’écris est prétentieux, mais je l’assume, et alors? Six conseils toutefois, pour lui résister, s’engager dans la résistance contre la bêtise:

  • Rejeter l’affligeante idolâtrie qu’on nous assène, les cultes de la personnalité, le matraquage autour de quelques personnages, clans ou familles, supposés sauveurs, leurs conflits, leurs bons mots et leurs disputes. C’est grotesque. Les héros n’existent que dans l’histoire, après coup, ceux qui ont accompli un exploit avéré pour leur pays. Idolâtrer un personnage, une famille ou un clan, mis en avant par la magie des médias, est un signe express de soumission. Les jeux de boucs- émissaires, de lynchage médiatique, les polémiques sur les personnes, procèdent de la même crétinerie inversée.
  • Refuser la vision strictement franchouillarde et cocardière: la France fait partie de la planète, elle n’est pas isolée, tout ce qui s’y passe trouve une explication ou une influence au dehors. On ne peut absolument rien comprendre à la France, aux phénomènes qui y surviennent, aux événements qui s’y déroulent, si l’on ne s’intéresse pas tout autant à ce qui se passe en Europe et dans le monde.
  • Se garder de tout esprit de table rase. En permanence, l’immédiat nous asphyxie, nous manipule. Le message suprême de notre époque: il n’y avait rien auparavant. On repart à zéro! Les bilans, les saloperies du passé, les échecs comme les réussites: oubliées, enfouies, à la trappe… C’est pourquoi tous les pouvoirs s’acharnent depuis des décennies à réduire la place de l’histoire dans l’éducation. La résistance commence par la curiosité historique, pas forcément la connaissance, mais l’intérêt, l’envie de la découverte…
  • Ne pas surestimer la politique. Il n’est pas de slogan plus imbécile que le soixante-huitard « tout est politique » qui a empoisonné notre jeunesse. Non, tout n’est pas politique justement, le bonheur de vivre, de lire un bon livre, de s’occuper de ses enfants, de marcher seul dans la forêt ou sur la plage, d’écouter un morceau de Chopin, de faire du sport, de prier si on a une religion, cela n’a rien de politique et ne concerne que le jardin secret, la vie privée de chacun.
  • Rester lucide sur le pouvoir. Il est excessif d’imaginer que les gouvernements, les dirigeants politiques peuvent accomplir des miracles. La monde est dirigé par de puissants courants économiques, démographiques, idéologiques, qui échappent à la logique humaine, entraînent tout sur leur passage et s’affrontent de temps en temps. La marge d’action des gouvernements sur ces phénomènes est limitée, elle joue sur 20 à 30% du réel grand maximum. On peut tenter de les apprivoiser, les canaliser, les orienter, les maîtriser mais vouloir lutter de face contre eux conduit le plus souvent à l’échec.
  • L’élitisme, la croyance dans l’intelligence supérieure de quelques-uns est enfin la bêtise la plus monstrueuse de toutes. Les grands esprits ne cessent de se tromper, de dire n’importe quoi. Les génies, les surdoués, les prodiges finissent toujours dans le fossé. Je me souviens de ce grand savant, X, ENA, homme politique, écrivain, intellectuel parmi les plus célèbres, qui m’affirmait, fin 2011: « je n’ai strictement aucun doute, Sarkozy sera réélu dans 6 mois » (sic). L’intelligence est partout et nulle part, insaisissable, fuyante, libre de toute attache, n’appartenant à personne; elle s’exprime dans la passion, la curiosité, le travail manuel et artistique ou la sociabilité, la compréhension des autres, autant que dans les exercices intellectuels. Celui qui prétend la tenir entre ses mains, se pense supérieur aux autres,  est forcément le premier des imbéciles.

Maxime TANDONNET

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La démocratie sans les partis?

paumeJe ne partage pas entièrement, sur tous les points, l’avis de M. Philippe Bilger dans son interview de ce matin au Figaro Vox. Ce dernier, si je l’ai bien compris, ne semble pas exclure la formation d’une alliance de droite entre l’ump et un fn totalement rénové, qui aurait changé de nom et d’idéologie, sans son « père fondateur ». Cette approche me laisse sceptique: soit c’est bien toujours le fn; soit c’est autre chose (autres idées, autre nom, autre famille « régnante », autres militants, nouvelle structure juridique sans aucun lien avec la précédente et son passé…). Dans le second cas, évidemment, si cela n’a plus rien à voir avec le fn… Mais alors, la question ne se pose pas… Non, je verrais pour ma part l’avenir autrement. Il faudrait en finir avec le régime des partis. La saga fn de ces derniers jours, l’affrontement politico-familial père/fille, le mélange des genres qui a mobilisé l’attention du pays, en tout cas de la « France d’en haut », a quelque chose de profondément misérable. Mais le jeu des « motions » au ps (A, B, C), alors que ce parti est au pouvoir, dans un pays en plein effondrement économique, comptant 5,5 millions de chômeurs, donne une impression dérisoire et absurde de fuite devant la réalité. A l’ump, la guerre des primaires qui s’ouvre, ce fantastique détournement de l’intérêt général et du bien commun au profit de querelles mégalomaniaques, est une trahison de l’esprit de la Vème et de l’oeuvre du général de Gaulle. Bon. Je suis d’avis qu’il faut repenser la démocratie de manière radicale, en finir avec ces partis méprisables qui se moquent des Français, plombent notre nation quand ils ne la ridiculisent pas; mettre fin à l’imbécile clivage droite/gauche qui ne veut rien dire, sortir de cette insulte à l’intelligence des Français, qu’est la comédie politicienne, la personnalisation des choses, la course aux rentes électorales, aux honneurs, à l’argent facile, et l’idolâtrie envers des personnages médiocres et vaguement grotesques. La démocratie devrait se réorganiser sur des assemblées de citoyens dans les communes et les quartiers, les débats d’idée et de projets, l’élection locale de délégués de la Nation dont le mandat ne serait renouvelable qu’une seule fois, la pratique de référendums locaux, comme aux Etats-Unis, en Italie, utiliser Internet comme système d’échange et de vote direct, créer des associations de citoyens pour fédérer les projets et les énergies. Rêve, utopie? Au regard de la daube actuelle, il faudrait tout changer,je ne dis pas que cela peut se faire du jour au lendemain, mais il faut tendre vers cette nouvelle et nécessaire révolution française, la penser –  en tout cas quelque chose qui ressemblera à cela – la préparer la concevoir dans les esprits, les intelligences,  en attendant les circonstances qui permettront de la réaliser ou de s’en rapprocher. Quand allons nous entendre résonner de nouveau d’une voix forte et profonde, mystérieuse, inconnue: « Nous sommes ici par la volonté du peuple! Et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes! »

Maxime TANDONNET

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« Réfugié historique »

9782213017686Pire que le désespoir, la politique actuelle m’ennuie profondément. J’en ai déja beaucoup parlé: entre les gesticulations stériles des dirigeants au pouvoir, la sublimation du fn par le monde médiatique, la bêtise politicienne en général, je ne vois que néant, vide, illusion, absence de toute perspective. Donc, je fuis l’actualité, me réfugie dans l’histoire, les livres d’histoire. Là, je me sens heureux, libre, en compagnie de mes héros. Ainsi, j’ai relu cette nuit un grand classique,  le Jeanne d’Arc, de Régine Pernoud (Fayard 1986). Le temps est au chaos absolu, la France déchirée, déchiquetée entre les Armagnac et les Bourguignon, les campagnes ravagées par les bandes armées, la peste, la famine, le pays occupé au deux tiers par les Anglais qui revendiquent le trône. C’est une petite bergère de 17 ans de Domrémy, en Lorraine, qui est appelée par Dieu, à travers « ses voix » à délivrer la France, c’est-à-dire la France de son prince légitime, le Dauphin Charles,  des traîtres bourguignons et des occupants étrangers.  Récit un million de fois ressassé mais qui reste toujours aussi bouleversant, au coeur, non pas du « roman national », car il est véridique, fondé sur des archives et des témoignages concordants, mais de l’Histoire nationale. L’attitude de la jeune fille, ses réparties, ses choix, soulignent qu’elle était, petite bergère, d’une intelligence lumineuse. On y trouve aussi l’ordure humaine la plus absolue derrière le personnage de Pierre Cauchon, le délateur, le traître, le bourreau cynique, le tartuffe criminel, le parfait arriviste, une figure si familière et si actuelle. Qu’il y avait-il derrière « ses voix », entendues à Domrémy et qui ne cessent de l’éclairer tout au long de son parcours, jusqu’à se fin? Ni folle, ni menteuse, Jeanne les a vraiment entendues; voix de « Sainte Catherine et sainte Marguerite », disait-elle,  et n’a cessé de s’en inspirer. Le mystère de ces voix, éternel,  se confond, depuis tant de générations, avec celui de l’existence de notre pays et de son avenir.

(J’ajouterai que toute récupération de Jeanne d’Arc à des fins politiciennes ou idéologiques m’apparaît comme le sommet de la vulgarité, de la saleté et de la crétinerie).

Maxime TANDONNET

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