La mégalocratie

Qualifier le régime politique français de dictature est une aberration. Les opposants politiques ne sont pas assassinés ni emprisonnés, un espace de liberté d’information et de réflexion est préservé (FigaroVox, Atlantico, Marianne, Valeurs actuelles), le droit de manifester et de se réunir est une réalité. Quelques intellectuels s’expriment avec virulence sans être persécutés. Parler de dictature, au sens des dictatures du XXe siècle, est pure imbécillité.

Affirmer que la France est une démocratie est tout aussi absurde. Le soi disant « pouvoir du peuple » est de fait soigneusement canalisé, comme les élections nationales de 2017 l’ont montré. De fait, grosso modo, le sauveur providentiel, élyséen, est pressenti par le pouvoir médiatique qui s’entiche d’un personnage, le valorise et lui ouvre ses émissions et ses studios plus qu’à d’autres, modèle son image dans l’opinion, fabrique ainsi le président dont l’élection conditionne par la suite, automatiquement, les législatives.

Ni dictature, ni démocratie, le régime politique français est d’un genre nouveau: la mégalocratie. Le pouvoir politique se concentre tout entier dans l’image médiatique d’un personnage, absorbant à elle seule l’essentiel de toutes les sources traditionnelle de la puissance publique: gouvernement, parlement, administration, collectivités… L’exercice de l’autorité politique consiste, non plus à mobiliser, à décider, à choisir, à fixer un cap, mais à incarner, c’est-à-dire à paraître, à communiquer, à rayonner, focaliser l’attention, à n’importe quel prix. L’omni-présence médiatique du visage élyséen n’a donc rien de fortuit ou d’accidentel: elle est l’essence même d’un système.

Le phénomène traduit l’idéologie du monde occidental, telle qu’elle s’est développée depuis la « chute du Mur », en 1989. Il donne le sentiment d’accomplir la prophétie de Francis Fukuyama, La fin de l’histoire et le dernier homme: les marchés doivent imposer leur suprématie par-delà les frontières, l’uniformisation des cultures, des nations et des Etats sur le modèle occidental et l’émergence du dernier homme, l’individu-roi, sans racine et sans culture. Dès lors, dans cette optique, le politique, au sens du choix d’un destin par les peuples perd l’essentiel de sa raison d’être. Il devient avant tout une affaire de maniement des émotions collectives, des chimères, de manipulation de la foule médiatique. La mission de l’occupant de l’Elysée, dans cette logique, est d’incarner au mieux ce dernier homme.

La mégalocratie a des avantages et des inconvénients.

Elle tend à enfermer le pays dans une bulle de rêve autour d’une légende, d’un personnage héroïque, et ainsi apaiser ses angoisses ou ses souffrances. Tel est le sens de la mythologie du combat entre le bien progressiste et la peste nationaliste. A cet égard, elle a besoin pour se maintenir de l’ennemi « d’extrême droite » qui fait partie de son essence même, à la source de sa légitimité. Comme le bien n’existe que par le mal, « En Marche » se nourrit du lepénisme au niveau national, de sa contre-présence médiatique, et des régimes dits populistes sur le plan international qui lui servent de faire-valoir (nonobstant la réalité des persécutions – la Chine ou l’Arabie Saoudite ne figurent pas au rang de ses bêtes noires)

Mais les dégâts de ce système sont aussi considérables. Le culte de l’image élyséenne devient la fin en soi du système politique, au détriment du bien commun. La réélection est son principal horizon. Le régime repose  sur une formidable mystification: derrière le voile de la propagande sur la « transformation de la France« , une transformation largement illusoire, les difficultés et les drames potentiels s’accumulent sans que la moindre esquisse de réponse ne leur soit apportée: dette publique, écrasement fiscal, déclin scolaire, désindustrialisation, pauvreté, chômage, communautarisme, violence quotidienne, migrations non maîtrisées…

Pire: la mégalocratie se développe sur la crédulité des faiseurs d’opinion (experts, politistes…) l’anéantissement de l’esprit critique. Elle déchire le pays, aggrave la fracture entre les élites influentes ou dirigeantes qui globalement, jouent le jeu du conformisme, et la majorité de la population sur laquelle la mystification ne prend pas, ou inégalement: la majorité silencieuse est beaucoup plus lucide que ne le pense la classe dirigeante. D’où l’impopularité structurelle et le climat de révolte larvée, permanent, qui ronge le pays. Aujourd’hui, la question essentielle n’est pas de changer de président de la République en 2022. Beaucoup plus: il est de briser un système et de restaurer la démocratie française.

Maxime TANDONNET

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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27 commentaires pour La mégalocratie

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  2. new dit :

    En provenance d’un commentaire d’un autre blog :

    (sous Macron) la démocratie se transforme en enculocratie.

    N.B : la racine du mot étant devenue interdite dans les stades de foot, elle va devenir une mode.
    Nous eûmes les incroyables, voilà les autres.

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  3. patricecharoulet dit :

    GUILLAUME LARRIVE

    Agréable surprise, LCI, ce jeudi matin : l’invité politique était Guillaume Larrivé, candidat à la présidence du parti politique français Les Républicains. Depuis des mois, j’avais remarqué ses grandes qualités.C’est, des trois candidats en lice, mon préféré. C’est un quadra, punchy, lucide, franc.
    Il est dommage qu’on veuille nous faire accroire que l’affaire soit pliée, que le président du groupe parlementaire actuel sera forcément élu.
    Sa prestation sur LCI, ce matin, a été excellente, même si on ne lui avait pas fait un cadeau en lui mettant dans les pattes le dénommé Gérard Miller, le psychanalyste mélenchoniste omniprésent dans les médias audiovisuels.
    Guillaume Larrivé ne m’a pas déçu et confirme tout le bien que je pensais de lui.

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  4. Mildred dit :

    Relevé pour vous sur « Le Blog de Nathalie MP » :
    goufio
    mercredi 28 août 2019 à 10:57 à 10:57
    « La politique est une affaire sale, une ruse, un cul-de-sac idéologique, un vaste pilleur de ressources intellectuelles et financières, un mensonge corrupteur, une tromperie, un moyen de répandre dans le monde un énorme malheur, d’une espèce inattendue et indétectée ; c’est le plus grand gaspilleur de productivité humaine jamais concocté par ceux qui ne croient pas à un authentique progrès économique et social. »
    Jeffrey Tucke

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    • Zonzon dit :

      Mildred,

      Pourriez-vous assurer la « transmission retour » pour les malheureux qui ne peuvent plus se produire dans le blog de Madame Nathalie MP ?

      Respectueusement votre

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    • Mildred dit :

      @Zonzon
      Je viens seulement de prendre connaissance de votre demande que j’ai transmise à Nathalie. Espérons qu’elle y accèdera.
      Très cordialement.

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  5. new dit :

    La clé qui démonte Pinocchio.

    Savez-vous qu’un psy italien l’a décrit comme psychopathe et qu’il est de surcroît un manipulateur, raison pour laquelle les grandes banques internationales l’ont choisi et l’ont remis entre les mains d’ Attali, pour le formater, avec le support de la Franc-maçonnerie, afin d’en faire un Pinocchio qui leur permette de diriger la France dans la voie de leurs intérêts.

    les manipulateurs :

    Certains gouvernements et régimes totalitaires, des individus, des groupes, des sectes, ont déjà utilisé ou utilisent encore des méthodes de manipulation mentale en y associant des violences physiques et psychiques. Ainsi, D’une certaine manière, la manipulation mentale est très fréquente dans les sociétés, démocratiques ou non ainsi que dans le cadre professionnel, conjugal ou familial. Car, dès qu’il y a mensonge, omission ou déformation volontaire de la vérité, il s’agit là de tentatives de manipulation. La publicité peut aussi être une forme de manipulation mentale.

    Qui sont les manipulateurs?

    Les manipulateurs sont ceux qui utilisent les autres sans remords dans un but narcissique, de pouvoir, d’escroquerie commerciale ou par malveillance. Ils utilisent alors le mensonge et/ou la séduction afin de parvenir à leurs fins. Ils peuvent même utiliser la contrainte par la menace ou la force, ou encore en déstabilisant leur victime par la double contrainte.

    Les arguments d’un manipulateur semblent toujours logiques et moraux, à priori.

    le manipulateur ne tient pas compte d’autrui, tout en le prétendant de façon paradoxale. La plupart du temps, il estime mettre en œuvre une stratégie intelligente et supporte mal la critique. Si on tente de lui faire reconnaître ses défauts ou ses erreurs, il réussira habilement à retourner les accusations contre l’accusateur.

    Le manipulateur utilise volontiers des prétextes tel que la norme, le « bon comportement » à avoir en société ou dans un groupe tout en utilisant les points faibles des autres. Comme par exemple, il fera en sorte que les autres se sentent ridicules ou coupables, ou encore blessés dans leur pudeur. Cette situation placera alors les autres dans une situation mentale favorable à la manipulation.

    Le manipulateur peut parfois nous paraître sympathique et ceux qui l’écoutent sont des benêts.

    En exemple le dernier G7 qui n’était qu’un vaudeville avec des invités surprises, des plages désertes, des insultes au Brésil, des photos bêtasses de bisous et le narcissisme habituel de Pinocchio. La presse commence déjà à expliquer la cause des incendies.

    Et puis si le Brésil est le poumon de la planète nous devrions lui payer l’oxygène qu’il nous offre au lieu d’enrichir les producteurs de pétrole qui polluent l’atmosphère.

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    • Angil dit :

      je rajouterai à votre commentaire (New) que cet état d esprit devient de plus en plus banal;
      et ainsi nous devrions vivre dans un monde où seuls le rêve, la fiction et l’ intérêt dirigé , seront admis,
      tout en rendant ringardes les velléités de réalisme, de sincérité et d’altruisme !…

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  6. André Lugardon dit :

    L’histoire est la mémoire du monde.

    Aucun dogme, aucun interdit, pas de tabous.

    Peut-être devrions-nous, pour commencer, bannir des programmes d’Histoire toutes les leçons de morale. Ce que chacun peut penser des guerres de religion, du capitalisme, du communisme, du fascisme, des congés payés ou de la Banque centrale européenne, relève du débat politique, des choix qu’un citoyen est plus ou moins libre de faire. En fonction de ses connaissances, des ses convictions, de ses intérêts, de ses origines, de ses aliénations. L’Historien l’aide à se déterminer les yeux ouverts. Non parce qu’il va plaquer sur les événements du passé son jugement a posteriori, tranquillement formé chez lui. Mais parce qu’il sait que la plupart des constructions de l’Histoire ont tranché avec nos sensibilités actuelles. Il ne croit donc pas à l’existence d’une humanité autrefois peuplée de monstres et qui n’aurait pris forme civilisée qu’à mesure que ses traits se mirent à ressembler aux nôtres. Les aventures les plus apocalyptiques ont en effet bénéficié du concours – actifs ou passifs – de peuples entiers. Dans ses « Mémoires de guerre », Charles de Gaulle décrit par exemple une Allemagne qui, jusqu’au 8 mai 1945, sert son Führer « de plus d’effort qu’aucun peuple, jamais, n’en offrit à son chef. » Ce pays qui attendait à l’époque les troupes d’occupation alliées « en silence au milieu de ses ruines », devons-nous encore prétendre que, pendant plus de douze ans, il aurait vécu un phénomène d’envoûtement collectif? Et que sa haine du « judéo-bolchevisme » ne constitua rien d’autre que le délire paranoïaque de quelques cerveaux malades? A des degrés divers, la colonisation, le stalinisme, l’apartheid, le maccarthysme, le général Pinochet, Margaret Tatcher soulèvent les mêmes questions. Ils ont pu compter eux aussi sur une base sociale éprouvée et sur des combattants dévoués. Comment l’expliquer simplement? C’est le propos d’un livre d’Histoire: comprendre le passé plutôt que de prêcher aux vivants en excommuniant les morts.

    Serge Halimi dans « Manuel d’Histoire critique », numéro hors série du « Monde diplomatique ».

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  7. André Lugardon dit :

    La mégalomanie est la surestimation de ses capacités, elle se traduit par un désir immodéré de puissance et un amour exclusif de soi.

    Elle peut être le signe d’un manque affectif.

    En psychologie, la mégalomanie est classée dans la famille des psychoses délirantes chroniques. On la nomme couramment « folie des grandeurs » ou « délire des grandeurs », expression qui correspond à son étymologie (du grec mégalo, grandeur, et mania, folie).

    Source: wikipédia

    Ne faut-il pas être un peu beaucoup mégalo pour devenir président de la République française?

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  8. Aurelien dit :

    Bonjour, tout à fait juste. Le G7 en était l’illustration :une pièce de théâtre sans grand interet en dehors de sa propre image en politique intérieure, les seuls qui ont passé leur tour étaient Merckel et Abe qui n’ont rien à joué en ce moment dans leur pays respectifs. Je prédit que ce G7 n’aura servi à rien sinon à préparer la rentrée politique de Macron et Trudeau, de servir à la campagne présidentielle de Trump et au Brexit de Bojo.Mais de la pure com. Auquel les mollah ont été conviés pour s’ afficher aussi. Plus intéressant la campagne US en 2016 les candidats étaient « incroyables », là c’est les programmes, il me semble que les démocrates sont tombés sur la tête : les principaux, y compris Biden, ont des idées économiques ruineuses qui vont se traduire par une avalanche de taxes : si les USA sont en fin de cycle avec une telle augmentation d impôts ils vont manger une grosse récession, en face Trump va jouer la baisse d’impôts mais la dette est très haute alors c’est soit une baisse des taux (répercussions en Europe et faillite bancaire) soit des taxes sur les importations.. Dans les 2 cas, la réalité économique devrait revenir, et cette fois y aura plus de sous pour les mauvaises pièces de théâtre :fin de la megalocratie, 2021 ?

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  9. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    La situation de notre pays est bien plus grave que celle que vous évoquez. Le culte de notre Président étant maintenant devenu plus que fortement conseillé par la plupart de nos médias et par celles et ceux qui ne savent qu’invectiver et qualifier de tous les noms d’oiseaux ceux qui ne se soumettent pas à ce que vous désignez par « mégalocratie » et notamment nos 306 députés élus par effraction et par seulement 16,5 % des inscrits.
    Comment qualifier le régime politique d’un pays :
    – où les élections présidentielle et législatives sont manipulées par le pouvoir en place comme dans certains états dont nous aimons nous moquer,
    – où la « justice » est aux ordres du pouvoir et se comporte comme au bon vieux temps de J. de La Fontaine,
    – où le débat d’idées parait aujourd’hui tout à fait impossible,
    – où le gouvernement avec la loi « Avia » entend contrôler la liberté d’expression,
    – où payer ses achats avec un billet de 100 euros devient suspect et nécessite que l’hôtesse de caisse doive appeler son chef pour savoir si elle peut accepter votre coupure.
    – où si vous versez de l’argent liquide à votre banque on vous demande avec un air navré quelle en est la provenance voire l’usage que vous comptez faire des sommes en cause,
    – où lever une main de son volant pour boire un peu d’eau ou pour grignoter le sandwich qui remplace le repas que vous n’avez pas eu le temps de prendre vous garantit un P.V.
    – où fumer ou tout simplement « vapoter » peut vous valoir aussi un P.V.
    – où poser une main sur l’épaule de votre collègue féminin ou effleurer par mégarde son corps, peut entrainer une convocation immédiate au commissariat de votre commune,
    – où si vous avez aimé l’opéra Carmen, il va falloir vous habituer à la nouvelle version où c’est l’amant qui est tué car tuer une femme est devenu politiquement incorrect,
    – où vous devez faire très attention aux prénoms que vous donnez à vos enfants, de sorte qu’ils soient neutres car vos enfant pourront ensuite choisir leur sexe,
    – où vous ne pouvez surtout pas vous amuser à payer la nounou qui vient garder vos enfants autrement que par un chèque emploi-service, car si un paiement el liquide était découvert vous devriez en rendre compte à votre inspecteur des impôts,
    – où les programmes scolaires sont entièrement revus, édulcorés, trafiqués pour les rendre incompréhensibles, mensongers et politiquement corrects,
    – où vous êtes en permanence surveillés, filmés, voire écoutés pour vérifier à tout moment vos comportements et sanctionner la moindre incartade.
    Je pourrais encore très facilement continuer cette liste pour vous confirmer ainsi que notre démocratie est belle et bien morte et que l’autocratie est maintenant en « marche » et vous savez mieux que nous où conduit ce genre de régime bien plus dangereux que la « mégalocratie ».

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    • G Bayon, d’accord, mais d’un autre côté, si nous étions vraiment en dictature, comme le suggèrent certains opposants, au mieux un blog comme celui-ci aurait été interdit, au pire on m’aurait retrouvé dans un fossé du bois de Vincennes « suicidé » avec deux balles dans la tête ou je croupirais à Fleury-Mérogis en attendant mon jugement pour atteinte à la sécurité de l’Etat…

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    • H. dit :

      Bonjour à tous,

      Évidemment, nous ne sommes pas sous ce qui est stricto sensu une dictature mais lorsque je lis Michel Onfray, on s’en rapproche dangereusement tant il est aisé d’apporter une réponse hélas positive à chacun des items soulevés ci-dessous:
      « Il est admis que 1984 et La Ferme des animaux d’Orwell permettent de penser les dictatures du XXe siècle. Je pose l’hypothèse qu’ils permettent également de concevoir les dictatures de toujours.
      Comment instaurer aujourd’hui une dictature d’un type nouveau ? J’ai pour ce faire dégagé sept pistes : détruire la liberté ; appauvrir la langue ; abolir la vérité ; supprimer l’histoire ; nier la nature ; propager la haine ; aspirer à l’Empire. Chacun de ces temps est composé de moments particuliers.
      Pour détruire la liberté, il faut : assurer une surveillance perpétuelle ; ruiner la vie personnelle ; supprimer la solitude ; se réjouir des fêtes obligatoires ; uniformiser l’opinion; dénoncer le crime par la pensée.
      Pour appauvrir la langue, il faut : pratiquer une langue nouvelle ; utiliser le double langage; détruire des mots ; oraliser la langue ; parler une langue unique ; supprimer les classiques.
      Pour abolir la vérité, il faut : enseigner l’idéologie ; instrumentaliser la presse ; propager de fausses nouvelles ; produire le réel.
      Pour supprimer l’histoire, il faut : effacer le passé ; réécrire l’histoire ; inventer la mémoire ; détruire les livres ; industrialiser la littérature.
      Pour nier la nature, il faut : détruire la pulsion de vie ; organiser la frustration sexuelle ; hygiéniser la vie ; procréer médicalement.
      Pour propager la haine, il faut : se créer un ennemi ; fomenter des guerres ; psychiatriser la pensée critique ; achever le dernier homme.
      Pour aspirer à l’Empire, il faut : formater les enfants ; administrer l’opposition ; gouverner avec les élites ; asservir grâce au progrès ; dissimuler le pouvoir.

      Qui dira que nous n’y sommes pas ? »

      Bonne journée

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  10. patrick dit :

    L’article est très bon à l’exception du 3e paragraphe.

    Voir la glorification de « l’individu-roi » dans le pays le plus collectivisé du monde occidental, où l’individu est écrasé par les taxes et les réglementations, par des organisme monopolistique qui écrase les solidarités naturelles et charitables, est du grand n’importe-quoi.

    J’adore « mégalocratie », grand fan de la vraie démocratie Suisse, je vous le pique.

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    • Patrick, l’idée d’individu-roi renvoie au libertarisme et non au libéralisme économique.
      MT

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    • carlo dit :

      @ Patrick
      L’individu est roi lorsque l’on considère que tous ses désirs sont légitimes dès lors qu’ils sont compatibles avec la liberté d’autrui et que la fonction de la société est d’être au service de ceux-ci. Dans une telle perspective, les médecins doivent aider à mourir ceux qui le souhaitent, la PMA et même la GPA ne posent aucun problème éthique etc.
      Il est difficile de nier que le sens actuel de l’histoire soit celui-là.
      Certes, MT a raison de distinguer libertarisme et libéralisme économique, mais il existe malgré tout un lien entre les deux. Le libertarisme présuppose en effet le libéralisme économique comme le montre la conversion des ex-soixante-huitards (dont DCB est le meilleur exemple) aux formes les plus débridées du capitalisme. De son côté, le libéralisme économique encourage la libération du désir, assurant ainsi le triomphe de l’individu-roi.

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    • Patrick dit :

      « l’idée d’individu-roi renvoie au libertarisme et non au libéralisme économique. »

      C’est un peu caricatural, l’individualisme libéral est d’abord méthodologique, à part disons chez les individualistes radicaux à la Stirner (0.1% de la population).
      http://herve.dequengo.free.fr/Hayek/Hayek2.htm
      Sans individu libre, il n’y a simplement pas de famille libre, pas de commune libre, d’entreprise libre, d’association libre, ou même de nation libre.

      Ensuite, et comme pour l’ensemble des traditions politiques occidentales, la consécration de l’individu vient de la notion chrétienne de dignité humaine, qui lui accorde des droits fondamentaux en tant que personne, indifféremment de sa condition, cette idée, est reprise autant par les libéraux, que par la gauche socialiste, que par la droite traditionaliste, avec des accents différents (respectivement : propriété, santé, enfant à naitre, etc.).

      Pour conclure, le libéralisme, n’est pas une doctrine économique, mais juridique, qui se trouve avoir des conséquences (radicales) en économie. Sans propriété pas d’échanges, donc pas de prix, et donc pas de planification économique possible pour un projet quel qu’il soit.

      Cordialement

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  11. Y.S. dit :

    Monsieur Maxime tandonnet,
    Je me suis fait un régal de lire votre billet.

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  12. MARECHAL dit :

     » Macron, c’est le grand flou. Entre l’électeur de droite et l’électeur de gauche qui votent pour Macron, l’un des deux, forcément, sera cocu, mais toute l’intelligence de Macron est de faire croire à l’un que ce sera l’autre et inversement. »
    JEAN D’ORMESSON

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    • PenArBed dit :

      Jacques Bainville
       »Le malade qui ne se trouve pas bien sur le côté gauche se met sur le côté droit. Comme ça ne va pas mieux, il se remet sur le côté gauche. C’est ce qu’on appelle se retourner sur son lit de mort. La France ne fait pas autre chose depuis quelques années. »

      Aimé par 1 personne

  13. pier212 dit :

    « la mégalocratie se développe sur la crédulité des faiseurs d’opinion (experts, politistes…) l’anéantissement de l’esprit critique. »
    Si c’est vrai, c’est encore pire, à tout prendre je préfère encore le cynisme: lui au moins sait où il va (bien sûr le but!!!!????)

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  14. Anonyme dit :

    mais TRUMP est nationaliste ,,alors comment changer de Président en 2022 ,en faisant des alliances avec le premier partis de France le RN et les autres a notre droite ,LR et NDA ,cars se sont bien les Français qui on voter pour le Macron et lui on donner 400 députer ,,alors a un moment faut cesser de pleurnicher ,les élections Européenne on vue la victoire de RN devant Macron, faudrait pas l’oublier et LR et ses 8,5%,et la finance mondial applique sa loi comme toujours ,et ce que écrit Maxime existe bien et s » amplifie de jours en jours ,le problème poser,,,jusqu’à quand ?

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  15. Infraniouzes dit :

    Il est exact qu’on n’est pas encore sous un régime autoritaire flirtant avec le fascisme. Mais ça y ressemble avec le verrouillage subtile de la presse, les velléités d’étrangler les réseaux sociaux, le formatage (déjà ancien) des petits écoliers, collégiens, lycéens, étudiants par une Education nationale qui porte bien son nom. Elle n’instruit plus mais corrige l’histoire, truque les examens (et sans doute les concours) prépare les esprits à l’avènement hypothétique du marxisme. Pendant ce temps, les entreprises cherchent désespérément des collaborateurs (cocorico) laissant croire que le marché du travail est dynamique; à mon sens cela est tragique car il prouve que le niveau général baisse dangereusement et explique pourquoi les entreprises ne trouvent personne. A qui la faute ? Mais comme vous l’écrivez, la gloire du président va croissant.

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  16. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Cette analyse est parfaite !
    Sauf que vous n’eussiez pas dû écrire : « …la mégalocratie se développe sur la crédulité des faiseurs d’opinion… » alors que tout le monde sait qu’il ne s’agit pas de « crédulité » mais bien de « complicité » !
    Et voilà que vous acceptez aujourd’hui de perdre votre pari contre moi, d’il y a quelques jours, puisque vous admettez : « la question essentielle n’est pas de changer de président de la République en 2022… ».
    A l’impossible nul n’est tenu : mais il vous reste donc à imaginer comment « briser un système » et « restaurer la démocratie française », ce que nous tous ici, appelons de nos voeux !

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  17. artofuss dit :

    Le mal du siècle en quelques lignes.
    On pouvait être très inquiet de ce mal au niveau national; après la pantalonade de Biarritz, on le voit maintenant envahir le paysage international est c’est tout simplement terrifiant. Car, en face, il y a la Chine, la Russie, l’Iran, la Turquie, l’Inde, pour ne citer que les plus grands, autant de pays où la fibre nationale est bien vive , les ambitions bien présentes, les dirigeants bien charpentés…et les budgets militaires aussi.
    Dernier pays muni d’une colonne vertébrale en Occident: les USA de Trump, que cela plaise ou non. Et encore, cette « rudesse nécessaire » mais incomprise, combien de temp durera-t-elle dans un monde qui court au conflit avec des oeillères munichoises ???

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