La République irresponsable

rtr4kio5Nous vivons dans un système politique absurde. Il semble que les dirigeants au pouvoir peuvent faire absolument n’importe quoi sans que rien ne se passe, aucune sanction, aucune mise en jeu de leur responsabilité. La Vème République bis dans laquelle nous vivons aujourd’hui, n’a plus le moindre espèce de rapport avec la Vème du général de Gaulle, fondée sur la confiance entre le peuple et son président – d’où les référendum et l’engagement à démissionner en cas de défaite. Elle est devenue un régime malade, paralysé, irresponsable. Ce régime actuel, la Vème bis, est mille fois pire que la IIIème et la IVème République. Ce que j’affirme est profondément tabou, inadmissible, inaudible. Je parle comme je le pense. Certes il y avait, sous la IIIème et la IVème un problème d’instabilité gouvernementale. Mais quand un gouvernement dévissait complètement, il était jeté par la fenêtre et on passait à autre chose. Il y avait un chaos créateur et les choses bougeaient derrière le voile de l’instabilité. Aujourd’hui, tout est gelé, bloqué, anesthésié. Et le pire, c’est que même en 2017, la crétinerie du système actuel risque de déboucher sur le statu quo. Imaginons un renouvellement de l’actuel président avec 20% des voix au premier tour, grâce à un coup de bluff, une belle mise en scène médiatique, avec une abstention d’environ 40%, puis un deuxième tour gagnant contre l’extrême droite et dans la foulée, la réélection de la même majorité aux législatives. Un triomphe avec 12% d’adhésion réelle du corps électoral… Un tel scénario n’a rien d’hypothétique. Et la vie continue. Le vrai problème, à mes yeux, n’est pas la déchéance de notre République en soi car tout ce qui est humain peut se changer et se réparer. Encore faut-il en avoir conscience. La vraie déchéance, c’est que cette question n’intéresse absolument personne. Circulez, braves gens, y a rien à voir.

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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43 commentaires pour La République irresponsable

  1. PhD dit :

    Bonjour Maxime

    @ Via : 23 décembre 2015 à 20:20
    Vous écrivez
    « leur objectif principal qui n’est pas tant de prendre la place et de la garder mais plutôt de tout faire pour que l’autre ne l’ait pas »
    Le plus important est de définir qui est l’autre :
    C’est à mon avis l’élu honnête qui pourra mettre le nez dans toutes les compromissions, les magouilles, les subventions grassouillettes accordées aux copains et coquins, les établissements para-publics ou assoces largement arrosées employant des amis dans des postes que l’on pourrait presque qualifier d’emplois fictifs, ce qui leur laisse tout le temps pour militer pour la cause.
    Et c’est surtout celui qui révèlera ce système au public

  2. H. dit :

    Bonsoir Maxime,

    Nouvelle volte-face du pouvoir sur le sujet délicat de la déchéance de nationalité. Deux pas en avant, trois en arrière, beaucoup sur le côté. Tout cela en pure perte puisque si j’en crois Koz (blog Koztoujours), la mesure est déjà inscrite dans le code civil et que seul le Conseil d’État peut la prononcer. Vous avez dit naufrage?

    Joyeux Noël cependant à vous, votre famille et vos lecteurs.

  3. Tracy LA ROSIÈRE dit :

    M. TANDONNET
    Vous ne voyez pas où je veux en venir ?
    Moi non plus !
    Mais au moins si nous pouvons donner envie de lire BLONDIN et faire aimer l’Histoire nous ne perdrons pas notre temps.

  4. Via dit :

    Ces politiques sont pitoyables. Ils donnent l’impression de consacrer toute leur énergie à atteindre leur objectif principal qui n’est pas tant de prendre la place et de la garder mais plutôt de tout faire pour que l’autre ne l’ait pas. Ce spectacle, relayé par des médias racoleurs, uniquement soucieux de leur survie, est répugnant, écoeurant et décourageant. Difficile de se motiver devant ces marionnettes toutes puissantes. Je lis les commentaires un peu partout, je n’y perçois que défaitisme, méfiance et résignation. A quoi bon ? Que faire et comment ?

  5. Duff dit :

    Bonjour,

    J’ai entendu les arguments assez convaincants j’avoue d’auditeurs ce matin.

    Quid d’un franco-tunisien qui pour des actes de terrorisme né en Tunisie et qui perd sa nationalité tunisienne? On le prend ou on en fait un apatride?
    Autre argument qui me paraît recevable du sulfureux député Menucci : Au bout du bout des procédures judiciaires et des recours, il fait remarquer qu’un type perd la nationalité française au bout d’un an au moins. Selon lui, si le Roi du Maroc décide de déchoir de l’autre nationalité, marocaine en l’occurrence, ça lui prendrait je cite « 5 minutes dans ces pays là ».

    Je crois que construire des places de prison et de faire enfin appliquer les peines prévues par le droit serait infiniment plus efficace que des symboles délicat à manier…

    Cdlt

  6. Tracy LA ROSIÈRE dit :

    Je tiens, par les temps qui courent, à revenir sur ce qui m’apparaît l’essentiel. Il vous prend parfois de corriger vos lecteurs sur une libre interprétation de l’Histoire, que ce soit de la participation de Charles De Gaulle au Front Populaire ou de l’établissement d’une République avant l’heure…
    Malmenés par l’Histoire, reconnaissons à chacun la liberté, sinon le droit, de malmener aussi l’Histoire ! Notre désarroi devant l’ordre du monde est à ce prix. Il me revient à la mémoire les aventures d’un certain Sébastien Perrin, racontées par Antoine Blondin (Les Enfants du Bon Dieu – Editions de La Table Ronde, 1952). Sébastien Perrin est professeur d’histoire aux cours François-Moqueur. Son foyer et l’école l’ennuient. Un jour, il retrouve Albertina une princesse qu’il avait connue du temps où il effectuait le STO en Allemagne et qui devient sa maîtresse. Il prend une résolution : désormais il ferait l’impasse sur le Traité de Westphalie. Les conséquences ne manqueraient de faire souffler un peu d’air frais sur l’Histoire. Lisons-le :
     » Puisque l’Histoire m’avait détraqué, je détraquerais l’Histoire. Le temps de l’inertie était révolu.
    Aux approches de l’aube je décidais que cette année-là, on ne signerait pas le Traité de Westphalie, et il me sembla, en m’endormant, que le monde desserrait sa ceinture. […] Le plus clair de la situation était que la Guerre de Trente Ans continuait. Trente et un… Trente-deux… Trente-trois… Il n’était peut-être pas inopportun de commencer d’abord par battre un vieux record, celui de la guerre de Cent Ans. Cela ne manquerait pas de stimuler l’intérêt des enfants, dont la plupart admiraient les champions avec un chauvinisme sans fissure. Pour satisfaire leur sens sportif et flatter leur amour-propre national, je décidai de m’arrêter au chiffre 101 et j’annexai d’urgence les Pays-Bas à la France, à la suite d’une campagne que j’attribuais à Turenne, plus sympathique que Condé. »
    L’Histoire grince, hélas, plus qu’il ne faut et elle appelle à la fantaisie. Reconnaissons que la reine Mathilde rassemblant avec méticulosité les débris du vase de Soissons en attendant son homme, Guillaume dit Le Batard, parti battre les Anglais avec son équipe du XV de rugby de Normandie à Hastings, petit terrain de province troué par les taupes et battu par le vent, mettrait des étincelles dans les yeux des collégiens…
    Reconnaissons que l’Education Nationale se donne un mal fou pour apporter de la fantaisie dans notre roman national, avec souvent moins de talent, ringardisant la chronologie, sortant de ses manuels des petites pointures de notre histoire comme Saint-Louis, François Ier, Henri IV, Louis XIV et Napoléon relayés à « des éléments de compréhension contextuels », sacrifiant l’étude de la révolution et de l’Empire au profit des traites négrières et de l’esclavage, etc, etc… Il est permis d’aller plus avant. On peut faire mieux afin que tombent les barrières d’un formalisme suranné. Alors, le général De Gaulle apparaîtrait, tantôt à Malakoff à la tête d’un escadron de chars, tantôt du côté du Boghar, sabrant contre la smala d’Abd el-Kader, c’est-à-dire à la place qui fut toujours la sienne.
    Oui, malmenons l’histoire, c’est une de nos dernières libertés pour un plaisir toujours recommencé.

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