Une déesse grecque dénommée Europe

téléchargementQuand des milliers de commentaires fleurissent dans la presse, sur le net, on ne sait plus vraiment quoi rajouter sauf à jouer les « mouches du coche ». Tant pis. Dans cette tribune pour le Figaro Vox, j’exprimais ce que tout le monde sent bien. La logique eurocratique, chère aux élites européennes, axée sur les normes, les règlements, les sanctions, se heurte à une limite fondamentale qui est l’émotion, la sensibilité, la fierté des nations. Pour tout dire, je ressens un vrai malaise à voir traiter ainsi comme un paria ce pays qui porte le nom du berceau de la civilisation occidentale, la source même de la philosophie, l’astronomie, la politique, la démocratie…   L’Union européenne ne peut pas indéfiniment se prétendre démocratique – le pouvoir du peuple – et mépriser un peuple qui s’exprime par référendum. Europe, qui s’en souvient, était une déesse athénienne. Tout ce qui se passe aujourd’hui est la conséquence d’une profonde trahison de l’idéal Européen, un bel idéal de paix, d’unité politique, de « rapprochement entre les peuples », transformé peu à peu, notamment depuis le traité de Maastricht et sa monnaie unique, en  mécanique écrasante, bureaucratique et obtuse. Et pourtant, ils le savent. Ils savent qu’ils se sont monstrueusement trompés. Les politiques, les eurocrates, les hauts responsables européens, le savent. Sauf une poignée d’entre eux, les plus bornés peut-être, les plus incultes et stupides, ils savent qu’ils se sont abominablement fourvoyés. Cependant, plus ils savent qu’ils ont été nuls, qu’ils avaient tort – tort face à Philippe Séguin et ses amis par exemple – plus ils se braquent et s’enferment dans des logiques débiles et obtuses.  D’où cette incapacité chronique, maladive, à se remettre en question et à changer d’optique en s’adaptant au monde réel; d’où l’impasse toujours plus tragique; d’où le fossé toujours plus profond, abyssal, entre leurs obsessions eurocratiques et l’esprit et la chair de l’Europe, notre Europe que nous aimons, cette Europe qui nous vient d’une déesse grecque.

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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44 commentaires pour Une déesse grecque dénommée Europe

  1. François Carmignola dit :

    @Annick
    Comme d’habitude, vous ne réalisez pas à quoi vous vous exposez.

    « C’est assez consternant de constater les résultats de politiques ignares qui veulent se mêler d’économie. Leur incompétence, leur bêtise, sont là, étalées devant nos yeux. »

    On ne saurait mieux dire.
    Avec @Citoyen, vous partagez une culture économique douteuse qui vous fait
    à rebours de l’histoire, de l’actualité et de l’économie elle même, déraisonner gravement.

    Vous parlez bien (tendrement) de « cigale » à propos des grecs (bel euphémisme) ?
    Vous parlez bien des horribles ventes de tanks (sans que personne ne les aie achetés bien sur) ?
    Vous parlez bien de l’impossibilité de la Grèce à payer ses dettes ?

    @citoyen
    Pardon pourla conception étrange et absurde d’une monnaie commune stable et indépendante des manipulations étatiques, qui peut parfaitement réguler ses sous systèmes par la pauvreté, sans nul besoin de transferts sociaux, que le lamentable moralisme quasi communiste qui vous anime considère évident.

    Que vous citiez Varoufakis, le glorieux grec qu’on a vu à l’oeuvre ces derniers temps, est effectivement hilarant !

    Je passe sur le concept de « zone monétaire optimale » issu des années 60, partiellement à l’origine de l’euro et qui discute précisément tout cela, c’est complexe, et sur un ton qui n’est ni le mien ni le votre.

    Pour conclure au sujet de l’actualité immédiate, il me semble qu’elle illustre le contraire de ce que vous dites, et que vous devriez y repenser:

    – les grecs ne veulent pas sortir de la zone euro, cela aurait résolu leur problème de dette pourtant. Pourquoi donc ? Cela leur a fait tellement peur qu’ils ont renié tous leurs discours, tous leurs idéaux, tout leur courage. Une vraie honte. Seraient ils corrompus ? Une suggestion: c’est leur intérêt. Et cela ne l’était pas de faire les malins comme ils l’ont fait pendant cinq mois.

    – la dette grecque, comme cela été dit, répété, réaffirmé,acté et signé hier ne sera pas réduite. Elle est due et sera payée. Pourquoi donc ? Parcequ’elle a DEJA été réduite et réaménagée et que pour l’instant, pour avoir mieux il va falloir non seulement que la Grèce se réforme, mais que cela commence à faire effet.

    On vient donc d’assister à un épisode d’un projet séculaire, qui n’en déplaise à Charles Gave, va résssir, une fois que tous ses participants (y compris la France) seront convenablement gérés.
    Vive l’Euro !

  2. Citoyen dit :

    @François Carmignola 8 juillet 2015 à 05:43

    Votre rejet des grecs et votre manque de compréhension des mécanismes économiques et monétaires de base vous aveugle, nous ne sommes plus à l’époque de l’étalon-or…

    Réfuter d’un trait de plume (ou de clavier) les principes de base d’une Zone Monétaire Optimale développés par Mundell (qui a reçu le Prix Nobel) vous empêche de comprendre le fonctionnement de la zone euro, notamment la raison pour laquelle elle ruine les économies du sud au profit de l’Allemagne. Une monnaie unique unique ne peut pas fonctionner sans un principe de redistribution, que ce soit un état fédéral (les USA) ou une politique d’aménagement et de soutien aux territoire (la France du franc) vous pourriez lire, par exemple, les travaux de Varoufakis dont je vous recommande le livre « Le Minotaure planétaire » 🙂

    Il faut également prendre en compte le système bancaire dérégulé par les néolibéraux de tout poil qui fait que les banquiers sont encouragés à prêter n’importe comment et de façon irresponsable, sachant qu’ils ne seront jamais ni inquiétés ni condamnés (too big to jail) et que les contribuables paieront au final les pots cassés (too big to fail).

    La Grèce a fait d’importantes réformes, plus que n’importe quel autre pays, ce qui lui a permis de dégager un excédent primaire, mais au prix d’une baisse de 25% du PIB et d’un chômage supérieur à 50% chez les jeunes, le tout en faisant grimper la dette publique à 175% du PIB. Même le FMI (Olivier Blanchard) avoue s’être trompé, il n’y a que les aveugles ou les incompétents (et Dieu sait qu’ils sont nombreux à s’exprimer dans les médias) pour ne pas le voir.

    On pourrait également passer au crible la liste de tous les corrupteurs qui ont acheté les différents gouvernements grecs, Siemens, RheinMettal, DB, Adidas, Puma, KMW, etc. ils devraient être jugés au même titre que les corrompus, mais curieusement Merkel s’y oppose…

    Je vous rappellerai pour terminer que parler d’économie sans parler de l’humain et des peuples est absurde, l’économie est une science humaine ne vous en déplaise, j’ajouterai également que vos propos économiques, même en les limitant à l’angle comptable pur, reposent à ce jour sur des slogans non étayés, non argumentés, non sourcés et non chiffrés.

    (Note à l’attention de MT, j’ai modéré mon propos précédent)

  3. Annick dit :

    @François Carmignola,

    Je suis persuadé, figurez vous, à rebours du moralisme que VOUS manifestez (les nations sont excusables, elles sont faillibles, il est normal qu’elles ne payent pas leur dettes,
    il faut les encourager etc)

    Vous avez fumé la moquette ou quoi ?
    Ce n’est pas du tout ce que je dis. Relisez !
    Quant à votre monnaie en parité avec la quantité d’or, vous retardez de quelques décennies.

  4. Citoyen dit :

    @Gerard Bayon 8 juillet 2015 à 07:50

    Si vous prenez les chiffres (je ne les ai plus sous le coude), les efforts réalisés par la Grèce ont été supérieurs à tous ceux des autres pays tels que l’Espagne, le Portugal ou l’Irlande. J’ajouterai que dans le cas irlandais, la situation est difficilement comparable à celle de la Grèce au niveau des fondamentaux. Beaucoup s’accordent à dire que la dépression grecque est supérieure à la Grande Dépression qu’ont connu les USA dans les années 30.

    L’Europe n’est pas l’UE et l’UE n’est pas l’Europe. L’UE est une construction technocratique et anti-démocratique qui a tué le rêve européen. On ne construit pas une Union sans que les membres de cette union se sentent solidaires. un francilien accepte que ses impôts financent la Creuse parce qu’il se sent solidaire en tant que français des habitants de la Creuse. Un allemand (et beaucoup de français, on peut le voir ici) n’acceptent pas de payer des impôts pour un grec parce qu’il ne sent aucune solidarité avec un grec, preuve que le « peuple européen » ou la « citoyenneté européenne » ne sont que du vent, des slogans, de la com’ pour faire accepter cette technocratie au service, en réalité, des lobbies US qui la contrôle…

    « l’Europe » actuelle ressemble plutôt à la Françafrique au service des intérêts US, une véritable Europe forte et indépendante n’a de sens que si elle s’étend « de l’Atlantique à l’Oural » hors de l’influence de Washington.

    A un moment donné, il faut s’ouvrir l’esprit, se débarrasser de la propagande européiste et mondialiste dans laquelle nous baignons, pour se poser les vrais questions. L’UE a démontré qu’elle n’apportait ni la croissance, ni la stabilité, ni l’emploi, ni la solidarité, ni l’amélioration sociale, ni la réduction de la dette, ni de grands programmes industriels, ni rien du tout en fait. Au nom de quel objectif devrait-on continuer à détruire des pays et toute une jeunesse (voir les taux de chômage en Grèce, Espagne, Italie, etc.) pour sauver l’UE et son instrument de domination qu’est l’euro ?

  5. Ping : Le bon payeur est le maître de la bourse d’autrui | Noix Vomique

  6. René dit :

    Cher Maxime,
    Je m’étais fendu d’un long commentaire rigourousement relatif à votre article, mais au moment de le poster, j’efface tout et j’y renonce. A la place, j’aimerais votre sentiment (si vous voulez bien, et sous la forme que vous voulez, message, email ou article si vous avez l’inspiration – long ou succinct, peu importe) sur deux articles que j’approuve évidemment, l’un d’un jeune gaulliste de gauche – Julien Landfried (MRC) – l’autre d’un jeune « anarcho-gaulliste » (de droite), Emmanuel Legeard, tous deux très critiques sur l’état de la société. Ca m’aidera à me former une vision d’ensemble.
    Merci

    http://www.mrc-france.org/La-mondialisation-ou-l-autre-nom-de-l-oppression-economique_a256.html

    https://amisdelegeard.wordpress.com/2015/03/12/entretien-avec-emmanuel-legeard-novembre-2003/

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