De pire en pire…

imagesDans cette dernière tribune au Figaro Vox, ci-dessous, j’exprime un désaccord de fond avec l’ancien président de la République. Dès lors que mon avis sur un sujet est sollicité, je suis bien amené à m’exprimer franchement. Bref, je ne veux pas qu’on remplace un mode de nomination des responsables publics – hauts fonctionnaires de l’Etat –  en principe fondé sur le mérite et les qualités personnelles par un spoil system qui aboutirait à désigner à leur place, officiellement et définitivement, par le « fait du prince », des idéologues et des politiciens. Je sais que telle est déjà la tendance depuis bien des années mais je pense qu’il serait dangereux de la consacrer et de la généraliser. Peupler, encore davantage qu’elle ne l’est, la haute administration de cadres ou de militants UMP, PS voire même, qui sait, au point où l’on en est, de FN ne me paraît  ni souhaitable ni opportun.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/10/30/31001-20141030ARTFIG00151-sarkozy-veut-un-spoil-system-a-la-francaise-une-fausse-bonne-idee.php

J’en profite pour souligner mon désarroi politique croissant. Je ne comprends pas la plongée de l’ancien président de la République dans la mélasse politicienne des polémiques, des annonces bizarres, des attaques personnelles. Ce n’est absolument pas du niveau d’un ancien chef de l’Etat. L’UMP ne cesse de s’enfoncer dans la crise et les autres grands partis me révulsent  chaque jour un peu davantage. Aucune personnalité de taille à influer sur l’avenir n’emporte ma conviction. Alain Juppé a le vent en poupe? Son image de sage a bien quelque chose de présidentiel mais sa nature le porte-t-elle à lancer les profondes réformes dont la France a besoin? Serait-il, en cas d’arrivée à l’Elysée, prêt à confier le gouvernement du pays à un Premier ministre déterminé à transformer la France comme il le faut? Aujourd’hui, les pouvoirs publics sont totalement bloqués, paralysés comme le soulignent les derniers renoncements (éco taxe, barrage sur le Tarn). Le pays est à l’arrêt. Pour le remettre en route, il faudrait une force et une volonté collectives  considérables. Qui pour l’impulser, l’animer, la canaliser? Je n’en sais rien et nul d’un peu sensé, à mon avis, ne saurait avoir de certitudes, aujourd’hui, à ce sujet…

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

réalité du

 

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La fin des intellectuels en politique (tribune au Figaro Vox)

imagesDans ma  tribune d’hier au Figaro Vox, à partir de la dernière polémique (débile) Pellerin/Modiano, j’évoque l’emprise croissante de la communication et de l’émotion sur la politique au détriment de la réflexion de fond et des intellectuels:

« Les vrais intellectuels en politique représentent une espèce en voie de disparition et les derniers célèbres – par exemple Philippe Séguin ou Jean-Pierre Chevènement – n’ont jamais trouvé leur place dans ce qu’ils qualifient eux-même de « système ». Ils se reconnaissent, non pas à l’étalage médiatique et prétentieux des derniers livres qu’ils ont lus, mais à leur curiosité d’esprit et à leur aptitude à se projeter dans l’avenir. Ils se caractérisent par un comportement fondamentalement non-sectaire, l’intelligence passant à leur yeux avant les clivages idéologiques, partisans ou les conflits d’ambition et aussi par une certaine distance vis-à-vis de leur propre carrière. Le véritable intellectuel en politique, celui qui pense la réalité et développe une vision historique, n’a aucun besoin d’afficher ses dernières lectures. Renouer avec la politique au sens noble du terme, la quête du bien commun, le gouvernement de la cité et la préparation de l’avenir, passe peut-être par un retour des intellectuels en politique. Sommes-nous engagés dans cette voie? On peut en douter… »

Tribune complète:

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/10/28/31001-20141028ARTFIG00179-fleur-pellerinmodiano-pourquoi-les-politiques-ne-lisent-plus.php

Maxime TANDONNET

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Changer de nom ou le paroxysme du néant

imagesBizarrement, les trois principaux partis politiques au regard des sondages, le ps, l’ump et le fn envisagent tous les trois, en même temps, de changer de nom. Est-ce un hasard? Certainement pas, bien au contraire. Le constat est simple: ils n’ont rien de crédible à proposer aux Français, aucune idée nouvelle, aucun projet, aucune perspective réaliste. Le débat de société est mort, sur tous les thèmes. Ils ne savent pas où ils en sont, ce qu’ils sont, où ils vont, ce qu’ils veulent. Les partis politiques, selon le sondage CEVIPOF de janvier 2014 sont l’institution envers laquelle les Français éprouvent la plus grande réserve: 7% leur font confiance! Ils oscillent entre le néant idéologique et la dérive sectaire ou haineuse. Ils sont remplis de vide et de prétention. Leur existence se limite à l’instrument d’ambitions carriéristes, à l’expression de dérives personnelles mégalomaniaques. Alors, comme ils ont tous honte de leur histoire, de leur identité (corruption, trahison, violence haineuse), ils n’ont plus qu’une chose à proposer: changer de nom. Car en plus, ils prennent les gens (ils nous prennent) pour des imbéciles… C’est le Général qui avait raison en annonçant, il y a presque un demi siècle, que le retour du « régime des partis » scellerait la décadence du pays.PHO18977142-c08d-11e3-9132-fa53e8173fe1-640x230

Maxime TANDONNET

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Par delà les incohérences de l’opinion

images (1)Les sondages se présentent comme une photographie de l’opinion publique à un moment donné. Pour être honnête, on ne peut pas les accepter quand ils vont dans un sens qui nous convient et les rejeter quand ils dérangent. Ils nous montrent en tout cas une opinion publique peu rationnelle, inconstante, versatile, voire même contradictoire. L’une des difficultés d’un responsable politique est d’interpréter un phénomène aussi insaisissable et en apparence, incohérent. Ainsi, l’idée d’une radicalisation conservatrice ou « droitière » de l’opinion publique est aujourd’hui couramment admise. Elle se retrouve dans le fameux sondage CEVIPOF de janvier 2014, selon lequel 50% des Français seraient « favorables à la peine de mort », 67% estime « qu’il y a trop d’immigrés », 47% souhaitent « se protéger du monde » et 35% (seulement) jugent que l’Union européenne « est une bonne chose ». Cependant, les enquêtes d’opinion sur la popularité des personnalités politiques paraissent démontrer l’inverse et plutôt le rejet des options clivantes, une attirance vers le consensus, le centre, l’apaisement. Le dernier sondage IFOP Paris Match sur le classement des hommes et femmes de pouvoir le souligne clairement avec Jack Lang en tête (66%), suivi de Jean-Louis Borloo (65%), d’Alain Juppé (63%) et de Bayrou (60%). Le premier ministre est lui aussi bien placé, du fait sans doute de son positionnement « social démocrate » (55%). En revanche, les personnalités clivantes, partisanes, porteuses d’une image de cassure, plus conformes à l’idée d’une radicalisation de l’opinion, se retrouvent, à l’exception de Montebourg, en queue du classement en tout cas dans le seconde moitié de celui-ci. Une explication possible de ce phénomène pourrait tenir à la distinction entre le fond et la forme. Les préoccupations, angoisses, demandes d’autorité et d’ordre sont bien présentes en toile de fond de l’actualité politique. Cependant, elles se conjuguent avec le besoin de sagesse, d’apaisement, de paix civile, de tolérance, de consensus et d’ouverture qui s’exprime dans les cotes de popularité des personnalités politiques. Les succès électoraux de l’avenir, en particulier de 2017 reposent peut-être dans l’aptitude à analyser et surmonter cette contradiction apparente.

Maxime TANDONNET

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La Martinique, c’est la France

imagesMa tournée Outre-Mer dans le cadre de mon travail se termine bientôt, avec la fin d’un bref séjour en Martinique. Malgré des journées surchargées qui ne me laissent pas une seconde de loisir, j’ai découvert ce coin de paradis français à 7000 kilomètres de la capitale. Où que l’on se trouve, le bleu de la mer est partout présent entre les collines. Pour les nostalgiques dont nous sommes tous plus ou moins, ce département a gardé les traits de l’ancienne France, celle d’autrefois. On y parle le plus beau des français, avec des tournures de phrases oubliées. Les élucubrations de la vie médiatique et politicienne nationale, les polémiques, petites phrases, déclarations haineuses ou à l’emporte-pièce, bref la folie hexagonale, sont étrangement absents. Le respect des autres, à pied dans le rue ou sur la route imprègne la vie quotidienne. On ne croise personne sur un chemin sans lui dire « bonjour Monsieur », ou « bonjour Madame » et « je vous en prie » en réponse au « merci ». Le dimanche, les dames mettent leur robe blanche pour aller à la messe ou au temple. Le sourire est ici empreint de sérieux, de retenue et d’une infinie générosité. Mais le paradis sur terre recèle un drame douloureux et omniprésent. Une partie du territoire de l’île a été empoisonné pendant des années par un pesticide, utilisé dans la culture de la banane, le chlordécone, aux effets cancérigènes. Son impact mettra de 50 à 600 ans avant de se dissiper. Interdit aux Etats-Unis en 1976, son usage n’a été prohibé en France métropolitaine qu’en 1990 et – aussi incroyable que cela puisse paraître –  dans les départements d’Outre-Mer en 1993… Donc, c’est en toute connaissance de cause que ce produit a été laissé en usage en Martinique comme en Guadeloupe, 17 ans après son bannissement aux Etats-Unis et 3 ans après son interdiction en métropole. Face à la beauté indescriptible de cette île et à la gentillesse tout aussi indescriptible de ses habitants, on se demande aujourd’hui comment un tel cynisme, un tel mépris, une telle désinvolture, et sans doute une telle lâcheté ont été possibles… Qui sont les responsables, les bureaux? Les politiques? Voilà, bien identifiée, la source du mal collectif: l’incapacité à décider, à choisir, à assumer une responsabilité. En tout cas, la Martinique, j’y reviendrai, sans cravate et sans ordinateur, et vite, cela ne fait aucun doute.

Maxime TANDONNET

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Réflexions de mi-mandat

imagesA mi-mandat, 2 ans et demi, il me faut reparler de François Hollande. Un sondage Opinion Way le Figaro estime la cote de satisfaction du président de la République à 15% et un taux de rejet de 85%, nouveau record absolu dans l’histoire.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/10/19/97001-20141019FILWWW00181-exclusif-sondage-a-mi-mandat-la-rupture-entre-hollande-et-les-francais.php

 Soyons clair, je n’ai pas l’intention de l’accabler. Rien ne me révulse davantage que toutes ces créatures, ministres, députés, presse, responsables politiques, monde médiatique, simple électeur, qui l’ont adoré, portés aux nues et se joignent aujourd’hui à la curée ou se préparent à l’achever. Je ne joindrai pas ma salive à leurs crachats; jouer la mouche du coche, tirer sur une ambulance, cogner un homme à terre n’est pas dans mon style. La vérité, la voici. Hollande n’est pas pire que la moyenne du politicien français, il en est représentatif et c’est pourquoi il est arrivé si haut. Les aléas de sa vie personnelle qui lui coûtent si cher? Ils sont à l’image de la classe politique nationale dans sa globalité sauf exceptions bien entendu. Les politiciens nationaux (les grands), pour la plupart – pas tous, j’insiste – souffrent d’une maladie de l’esprit, l’hypertrophie de l’ego principal moteur de leur engagement mais qui s’exprime aussi dans les débordements de leur libido et le nihilisme moral. C’est un phénomène banal, non généralisable mais étendu, des plus communs, triste mais observable de tous ceux qui ont approché ce milieu… François Hollande qui en émane et l’incarne si bien est devenu une sorte de bouc émissaire national, haï plus encore par la gauche que par la droite. Pourtant, il n’est rien d’autre que le reflet de la France politique et médiatique actuelle, notamment de celle qui l’a soutenu et s’en détourne lâchement en se lavant les mains avec un air dégoûté.

Bien sûr, le président porte le chapeau de ses erreurs, reculs, annonces démenties par les évènements sur le chômage notamment. Mais voulez-vous parier avec moi? Dans le contexte d’un pays ingouvernable, rongé par une impuissance politique chronique, aucun des prétendants à la magistrature suprême (en incluant bien entendu les extrêmes de droite ou de gauche) ne se porterait mieux après quelque temps à l’Elysée. Au bout de 6 mois, tous seraient cramés, atomisés, déglingués, comme lui. Bien entendu, certains s’y prendraient plus habilement que lui pour faire semblant et détourner l’attention des foules, mais leur répit ne serait que de courte durée. D’ailleurs, depuis l’ère de Gaulle/Pompidou, la cote de popularité des présidents ne cesse de s’effondrer. 70% d’opinions favorables à l’époque. Aujourd’hui 15% de confiance pour un chef de l’Etat dont la mission fondamental est d’incarner et guider le pays: un désastre national. Mais détester Hollande, le moquer, le renier, le lyncher est une attitude désormais banale de lâcheté et lâche de banalité. Nous vivons dans une impasse politique totale, bien au-delà de sa personne. L’obsession des dirigeants est celle de leur image. Dès lors, ils se refusent, les uns après les autres, à engager les vraies réformes de fond douloureuses nécessaires, sachant que l’idée d’un « remède miracle » comme la sortie de l’Europe est une véritable imposture qui ne réglerait strictement rien du drame d’un pays qui, globalement, vit au-dessus de ses moyens et se sclérose, paralysé par les rentes de situation, l’immobilisme, les inégalités dans la répartition du travail et des responsabilités.

Non, cette situation dramatique de la « gouvernance française », qui s’exprime dans la chute sans fin de la cote du chef de l’Etat, pourrait être au contraire l’occasion d’engager un débat de fond, sur l’excès de personnalisation du pouvoir, sur l’avenir de la présidence de la République, des institutions, sur la nécessité de repenser la démocratie, de revenir à une conception plus collective et anonyme du pouvoir – donc moins axée sur l’image – la souveraineté du Parlement, l’efficacité de l’Etat et de l’action publique, la question de savoir pourquoi les politiques quels qu’ils soient, ne parviennent plus à régler les problèmes, le renouvellement de la classe dirigeante, de la représentation nationale. Eh bien non. Circulez, braves gens, il n’y a rien à voir…

Maxime TANDONNET 

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L’esprit de destruction

famille3bLe plafonnement des allocations familiales dont le principe a été retenu  par le pouvoir socialiste n’est pas une décision anodine. Elle doit s’interpréter à plusieurs niveaux. En surface, pénalisant les 12% de familles « les plus aisées », comme disent les socialistes, elle va dans le sens de l’égalité, voire de l’égalitarisme, elle est donc conforme à la fois à leur philosophie et, en apparence, à l’attente de l’opinion qui approuve, semble-t-il, d’après les sondages, à 80%. Cette mesure répond au mot d’ordre classique popularisé dans les années 1970 par le parti communiste « faire payer les riches ». Certes, les cibles ne sont pas les détenteurs de comptes cachés et des résidences à l’étranger, mais peu importe… Il faut bien cogner quelque part, donc sur ceux qu’on a sous la main: plus de 6000 euros par famille et peu importe que ces 6000 euros proviennent d’un travail acharné, nuit et jour, samedi et dimanche. Tu seras pénalisé quand même, sur tes allocations familiales. Les socialistes ne se posent pas ce genre de question. Mais sur le fond, le choix accompli va dans le sens de la destruction. Il marque la fin d’un consensus national concernant la sanctuarisation d’une politique familiale indépendante de la politique sociale, qui fut l’un des atouts de notre pays depuis 1945. Il ouvre une brèche, un précédent: demain, tôt ou tard, le plafond de revenu sera inévitablement abaissé pour accomplir de nouvelles économies. Il sape donc l’un des éléments fondateur du pacte national depuis la Libération. Encore plus grave peut-être – à mes yeux –   il achève de décrédibiliser la parole politique, voire même la notion de parole. Dans sa campagne électorale de 2012, le chef de l’Etat s’était clairement engagé à le pas soumettre les allocations familiales « à conditions de ressources ». Des promesses ou engagements non tenus en raison du principe de réalité, cela arrive parfois à la suite d’une élection. En revanche, un choix politique actif, déterminé, volontaire, à l’encontre d’une promesse solennelle de ne jamais l’accomplir, il me semble bien (sauf erreur) que c’est la première fois dans l’histoire de la République que cela se produit… A quoi bon voter si la politique suivie est à l’inverse du programme sur lequel le bulletin de vote s’est porté? Nous venons donc de franchir une étape supplémentaire dans le démantèlement de la politique et de la démocratie française. Ce choix est malheureux, il est de ceux qui portent malheur.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Ariane 5

image_blog-240x176Hier soir, à 19 heures 30 locales, en marge de mon travail, j’ai eu la chance exceptionnelle d’assister au lancement de la fusée Ariane 5 de la base de Kourou, en Guyane qui emportait dans l’espace un satellite argentin. Comment dire? Dans la salle opérationnelle, où sont réunis les ingénieurs qui ont œuvré à cette réalisation et dirigent les opérations de lancement, et les personnalités invitées du monde entier, la langue parlée est le français. La plupart des responsables et scientifiques d’Ariane espace, devenue le premier lanceur de satellite du monde, sont français aussi. Le spectacle en direct de cette boule de feu qui monte vers le ciel emportant des dizaines de tonnes de matériel à 30 000 kilomètres heures est tout simplement bouleversant. La vision est d’une beauté indescriptible, à couper le souffler… Dans le climat de morosité et d’inquiétude, de vide politique sidéral, il se trouve quand même une France, France européenne et mondiale, à la pointe, au sommet du progrès technologique planétaire. Il est bon de s’en souvenir parfois pour garder le moral…sans-titreariane207-240x176

Bien cordialement

Maxime TANDONNET

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Prix Nobel, une immense fierté

imagesLa France a obtenu deux prix Nobel 2014 avec Patrick Modiano en littérature et Jean Tirole pour l’économie. Cet événement exceptionnel, hors du commun, nous remplit d’une fierté profonde et sincère. Ce qui est le plus frappant, c’est que la France est récomimagespensée à travers deux personnalités qui sont l’antithèse de la notoriété médiatique clinquante et tapageuse. Notre pays se distingue non par le star system vibrionnant (politiciens et faux intellectuels verbeux, donneurs de leçon jacassant et autres pitres du petit écran) mais par deux « anti modèles » médiatiques, incarnant la simplicité, la modestie, la discrétion, l’intelligence sobre…  On aimerait que cette   bonne nouvelle échappe aux récupérations politicardes, mais c’est trop en demander sans doute. En tout cas, nous savourons ce bonheur si rare et si précieux, avant de nous plonger dès que possible dans l’œuvre de ces deux visages de notre pays…

Maxime TANDONNET

NB: étant en déplacement lointain,  j’ai un peu de mal pour des raisons techniques à répondre aux commentaires en temps réel et je prie chacun de bien vouloir m’en excuser…

 

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Impuissance mondiale face à la barbarie

images« L’Etat islamique » en Irak et en Syrie poursuit ses atrocités dans une indifférence croissante : le monde s’habitue vite à la barbarie. Ainsi, 4 femmes ont été récemment décapitées, dont deux médecins restés sur place pour s’occuper des enfants et une juriste. Ce qui est étrange, c’est l’impuissance de la communauté internationale. Les jihadistes sont 30 000 combattants au maximum. Ils ont contre eux les armées des pays arabes, l’Iran, la Turquie juste à côté, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, Israël, bref, quasiment la terre entière. Il n’est pas question de parler de « guerre des civilisations » puisque justement le monde occidental et la plupart des pays musulmans – les communautés musulmanes en général – sont en plein accord pour combattre le fléau. Ce conflit est celui de l’humanité contre la Terreur. Mais on ne parvient pas à s’entendre pour mettre fin aux massacres. L’humanité est en échec contre la Terreur. La situation rappelle un peu – éternel recommencement – ce que le monde a vécu dans les années 1970 avec le Cambodge de Pol Pot, ou le Rwanda 20 ans après. Une poignée de tueurs, un groupuscule, tient tête à l’humanité, à une communauté internationale dominée par l’indécision, la faiblesse, l’incapacité à agir. Il est incompréhensible, consternant, que les armées internationales ne parviennent pas – mais l’essayent-elles vraiment – de faire lever le siège de Kobané, localité voisine de la Turquie. Cette impuissance incroyable, non seulement de l’ONU, de l’Europe, de la Ligue arabe, mais aussi des géants politiques et militaires de la planète est une autre grande leçon de notre époque, montrant une communauté internationale telle un colosse aux « pieds d’argile »et soulignant à quel point la paix mondiale est fragile.

Maxime TANDONNET

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Le mystère Eric

sans-titreDepuis une semaine environ, Eric Zemmour est omniprésent dans le monde médiatique pour parler de son livre, le suicide français (Albin Michel). Ouvrage brillant et passionnant, mais là n’est pas mon propos. Ce qui me sidère, dans le phénomène médiatique en cours, c’est le contraste entre l’extraordinaire couverture qui lui est offerte et la haine et la violence qui s’expriment à son égard. Outre les insultes de base,  l’accusation pavlovienne et mensongère de « lepénisme » voire « d’extrémisme », on entend des choses totalement hallucinantes, invraisemblables qui dépassent largement le  niveau des habituelles violences verbales: des allusions à sa religion, venues tout droit d’une autre âge, qui font froid dans le dos, et même l’invocation de sa famille, de son épouse.  Et nul ne relève l’abomination de tels propos. Le débat de fond se voit ainsi noyé dans les attaques personnelles, les procès en inquisition et la déferlante des injures. Eric parle, en creusant dans l’histoire, du déclin de la France depuis le départ du Général de Gaulle: un constat évident mais insupportable au monde médiatique, ébloui par les paillettes de l’immédiat. Sa nostalgie est intolérable pour les maîtres à penser d’une époque qui sublime la table rase. Le monde médiatique aurait le moyen commode de tuer un livre qui lui répugne: l’ignorer tout simplement. Eh bien non, il fait le contraire lui assurant une fulgurante promotion… Comment interpréter cette apparente contradiction? Voilà ce qui m’intrigue. Le monde médiatique joue un jeu sordide, ambigu. Il exhibe Eric Zemmour sur les plateaux et les studios dans l’objectif, à travers lui, d’écraser à coup de masse le dernier vestige d’un univers idéologique que l’on pensait définitivement mort, éteint à jamais, en particulier sur les valeurs traditionnelles, débusquer l’intolérable, l’inadmissible,  afin d’en finir une fois pour toute.  Mais lui résiste, et seul contre tous, dans la position de la victime, du taureau de la corrida, du gibier de potence traqué – qu’il est réellement – seul contre la meute de ses détracteurs, parfaite antithèse du conformisme médiatique, miroir inversé du politiquement correct, retourne la situation en sa faveur et la sympathie de l’opinion, bien au delà des clivages partisans. D’où son extraordinaire succès de librairie qui dépasse celui de « Merci pour ce moment« … Nous ne partageons pas forcément sa philosophie générale, sa vision du monde, de la société et de l’économie. Nous ne sommes pas d’accord avec l’idée d’une France qui pourrait se soustraire à l’impératif d’une adaptation douloureuse et profonde à la réalité de la globalisation, ni avec sa vision des rapports hommes/femmes. N’empêche: les politiques et les intellectuels, de droite ou de gauche, seraient bien inspirés de se pencher sur un phénomène qui les dépasse…

Maxime TANDONNET

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Madame le président

panorama2Connaissez vous le dernier scandale de l’Assemblée nationale? Un député UMP, M. Julien Aubert, UMP, a été lourdement sanctionné – d’un quart de son indemnité parlementaire – pour avoir appelé sa collègue socialiste qui présidait une séance Madame le président plutôt que Madame la présidente.  Cette démesure semble trouver sa source dans l’idéologie du « genre » poussée jusqu’à l’hystérie et une sorte de démence narcissique. En général, on sanctionne un député pour des injures considérées comme extrêmement graves (Mitterrand, chef de l’Etat, traité de « collaborateur » par 4 députés RPR en 1981). Aujourd’hui, le couperet tombe pour une broutille des plus farfelues.  Pendant ce temps, la France est engagée dans des guerres au Moyen-Orient et en Afrique dont dépend l’avenir de la planète et des soldats français meurent sur le champ de bataille. Le pays ne parvient pas à sortir d’une crise – 5 à 6 millions de chômeurs – qui plonge toute une génération dans l’exclusion, le désœuvrement, le désespoir. Mais que fait l’Assemblée nationale? Elle bouillonne, s’enflamme et châtie l’un des siens pour un le à la place d’un la. On s’étonne ensuite que 78% des Français soient écœurés de la politique (CEVIPOF janvier 2014).  Parler de « dérive totalitaire » me semble faire trop d’honneur à des comportements névrotiques, absurdes, dignes d’une cour de récréation, et encore…  La bêtise est comme un boulet qui entraîne la République par le fond. Pauvre démocratie française… Avec toutes mes excuses Madame le président.

Maxime TANDONNET

 

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« Brave new world »

sans-titreCe matin sur Europe 1, au lendemain de la « manif pour tous », j’écoutais le témoignage d’une « mère porteuse », qui en était à son troisième bébé, conçu aux Etats-Unis à la demande de couples pour une somme de 20 000 dollars chacun. Cela me faisait penser à un  livre célèbre, jadis bien connu de tous les lycéens de France qui avaient obligation de le lire au passage en seconde, dans les années 1970: le meilleur des mondes (brave new world), d’Aldous Huxley. Extraodinaire prophétie, écrite en 1945, d’un monde où les enfants sont conçus en série pour répondre à la demande des adultes. Nous n’en sommes pas exactement là, mais la même logique de cauchemar est bien à l’œuvre, celle de la marchandisation du corps féminin et de l’enfant. Nous tentons d’en retarder le triomphe par différentes digues, mais combien de temps vont-elles résister? Par association d’idées, un autre roman meimages revient à l’esprit: 1984 de Georges Orwell, qu’il fallait impérativement lire aussi quand nous avions 14 ans. Il annonçait, 60 ans avant, la pensée unique, l’obligation de penser tous pareil, dans le même moule idéologique, avec les mêmes mots destinés à formater les esprits (Novlang) sous le contrôle d’un gigantesque ordinateur « big brother« , le moindre écart vous exposant à d’effroyables tortures, en particulier morales. La prophétie est à mes yeux le paroxysme de l’intelligence – déduire des observations présentes ce qui nous attend demain – et aussi de la subversion, au meilleur sens du terme. C’est pourquoi, sans doute (vérification faite) on ne lit plus le meilleur des mondes ni 1984 dans les lycées de France.

Maxime TANDONNET

(NB: je me permets de rappeler que seuls les sites figurant dans la liste jointe des blogs amis sont autorisés à reprendre ce texte)

 

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La République contre la folie

images (1)Ci-dessous une contribution d’hier qui m’a été demandée par Atlantico. En toute franchise, je n’ai rien, strictement contre Alain Juppé, mais j’observe, fasciné, la manière dont le monde médiatique tente de construire son favori pour 2017, un peu comme Dominique Strauss Kahn dans les années 2007-2011. Avec le succès que l’on sait. Toute la politique actuelle me révulse, ses coups d’éclats, ses trahisons, ses crises de mégalomanie, ses sondages bidons, sa démagogie, ses effets d’annonce, ses émissions de télévision qui puent la manipulation à plein nez, sa propagande, ses cris de haine et ses petites larmes, sa communication, ses pitres, sa pensée unique, ses histoires de clans ou de familles, ses idoles et ses gibiers de potence, son affligeante hypocrisie, ce tourbillon de folie autour de la course à l’Elysée – la course au néant – qui amuse tant le monde médiatique. Je me dis, devant ce spectacle misérable, humiliant pour la France, qu’il n’existe que deux réponses possibles: la monarchie de type britannique ou espagnole – une famille régnante – ou la République authentique, pure et dure, impersonnelle, la plus impersonnelle possible: le pouvoir anonyme du peuple et de ses représentants. Par réalisme et affinité (n’aimant pas les héritiers), je pencherais personnellement pour la seconde solution.

http://www.atlantico.fr/decryptage/defi-juppe-comment-gerer-situation-favori-quand-on-est-surtout-medias-et-peu-moins-militants-maxime-tandonnet-vincent-tournier-1789963.html

Maxime TANDONNET

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Un certain malaise…

sans-titreCette campagne présidentielle, lancée 2 ans et demi à l’avance, ne m’inspire rien de bon. Monsieur Chirac soutient Alain Juppé. Madame Chirac soutient Nicolas Sarkozy. Etrange histoire de famille, un peu ridicule il est vrai… Tous deux, auxquels s’ajoute François Fillon, annoncent déja leur programme, 35 heures, fonction publique, Schengen, etc. Je voyais hier soir Alain Juppé sur France 2. Il me semblait tout dans la posture du sage, plaisantant, aimable, modeste. Peut-être est-ce sa vraie nature après tout. Un ami qui le connait bien me disait qu’il est adorable en privé, amical et adore plaisanter… En tout cas, tout semblait prévu pour le mettre en valeur: un contradicteur socialiste aboyeur et inintelligent, l’interpellation par une méchante responsable associative qui le victimise en le traitant de raciste tout en portant à son encontre des propos lamentables, l’accusant d’être « blanc et sexagénaire », une Marion Maréchal avenante, souriante et courtoise… Tout cela est bien gentil, mais n’est pas du tout à la hauteur. Encore une fois, le grand-guignol se concentre sur les personnes, les acteurs de la politique, le théâtre du combat des chefs, conflits d’ego malades, hypertrophiés. Posture, communication…Mais tout cela n’a rien à voir avec les enjeux de la France: comment remettre le pays en marche par une transformation de la République. Pourquoi rien ne fonctionne depuis une quarantaine d’années avec des gouvernements qui ne savent plus gouverner et ne parviennent pas à traiter les problèmes des Français, dont le chômage de masse? Pourquoi la France ne parvient plus à se gouverner? Pourquoi notre démocratie est-elle  en panne? Pourquoi la poussée du vote protestataire et d’un gigantesque absentionnisme, signe de la défiance envers le politique? Pourquoi les Français paraissent se détourner de la construction européenne longtemps présentée comme leur avenir? Quels grands chantiers faut-il ouvrir, constitutionnels, européens, pour relancer la France et l’unité de Europe, la démocratie européenne? Les politiques font des annonces, trois ans à l’avance, pour capter l’attention. On va faire ceci ou cela… Ces annonces paraissent, non pas compter pour elle-même, mais au service de l’image de celui qui les formule… Des choses qu’ils ne feront sans doute jamais. Mais ce n’est pas du tout ce que la France attend: un questionnement profond sur la politique, la démocratie, les grands chantiers de l’avenir. Le temps est aux remises en cause, au bouleversements, pas aux effets d’annonces… Continuez, continuez… Une seule certitude de ma part: en 2017, ou même avant, rien ne se passera comme espéré par les uns et les autres, ni comme prévu.

Maxime TANDONNET

 

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Contre la suppression du Premier ministre

sans-titreAvec le quinquennat renouvelable une fois, la généralisation des « primaires » et l’effacement de Matignon, la vie politique française tend vers un présidentialisme à l’Américaine, tout au moins en apparence. Beaucoup de personnes, dont le président de l’Assemblée nationale M. Claude Bartolone, suggèrent de franchir une étape supplémentaire en supprimant le Premier ministre. Dans cette chronique au Figaro Vox, j’explique pourquoi ce serait, à mes yeux, une folie.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/10/01/31001-20141001ARTFIG00369-faut-il-supprimer-le-premier-ministre.php

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Les 12 travaux de l’opposition

sans-titrePlusieurs personnalités de l’opposition viennent de publier un ouvrage collectif de propositions pour « redresser la France ». Les 12 travaux de l’opposition (Flammarion septembre 2014) ont l’intérêt immense d’ouvrir le débats d’idées, dans un cadre collectif, en sortant du combat de coqs. Parmi les contributions les plus enrichissantes, Benoist Apparu propose de créer de grandes régions, sans supprimer les départements. Xavier Bertrand souhaite renouer avec une politique de fermeté sur la sécurité, assortie d’un programme de création de places supplémentaires de prison (80 000) et une réforme profonde de la magistrature. Valérie Pécresse envisage une transformation de l’Education nationale fondée sur l’autonomie et la responsabilité des établissements scolaires. Alain Juppé met fortement l’accent sur l’intégration, dont le succès est subordonné à la maîtrise effective du flux migratoire, espérant ainsi reconquérir « une identité heureuse ». Brice Hortefeux présente de nombreuses suggestions dans ce but, en particulier la relance de son « pacte européen » pour l’immigration et l’asile. Nathalie Kosciusko-Morizet prône une « écologie politique massive et planétaire », en s’appuyant sur de nombreux exemples concrets. Jean-François Copé se penche sur le mode de gouvernance en préconisant l’usage des ordonnances pour mettre en œuvre une politique. Sa contribution est riche et passionnante dans la mesure où elle souligne une prise de conscience de la question de l’impuissance publique et de la nécessité de restaurer des outils de gouvernement. Dommage, il commet (me semble-t-il) une erreur historique « Lorsque le général de Gaulle revint au pouvoir en juin 1958, il consacra sans attendre une nouvelle méthode de gouvernement: le gouvernement par ordonnance ».  Rien de plus faux je crois. Pendant 7 mois, le Général a gouverné en tant que président du Conseil de René Coty, dans le cadre des institutions de la IVème République qui ne comportaient évidemment pas les ordonnances. Celles-ci sont entrées en vigueur avec la nouvelle Constitution de la Vème République, à partir de janvier 1959… Autre texte particulièrement intéressant, Laurent Wauquiez préconise, sur la base de nombreuses propositions, de fonder le renouveau de la politique sur la transparence et la morale. Bien sûr on pourra ironiser, dénigrer comme toujours. Ce livre comporte des lacunes sérieuses: il passe à côté de l’indispensable chantier de la réforme des institutions pour permettre à la future majorité de piloter, de gouverner réellement le pays. Il n’est guère prolixe sur le fléau majeur de la société française: le chômage de masse, notamment des jeunes. Il ne dit rien sur les 2000 milliards de la dette publique, ce fardeau français.  Il m’a cependant beaucoup plu, davantage par son esprit – collectif et constructif – que par son contenu. Il représente une étape, même modeste, dans la bonne voie: en finir avec le ballet des nombrilismes pour se pencher enfin sur les questions de fond. Je ne cesse de me répéter: le nom du futur président de la République n’intéresse absolument pas les Français, la grande majorité silencieuse. Ils ne veulent pas le savoir. Ils se décideront au dernier moment, dans les six derniers mois, comme toujours, et comme toujours, ne se laisseront guider leur choix par personne. Pour l’instant les politiques n’ont qu’un seul devoir: travailler pour préparer l’avenir du pays, au service des Français, à l’image de ce petit livre sympathique, sans prétention, mais utile au moins dans les perspectives qu’il ouvre.

Maxime TANDONNET

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Le Sénat, pour Figaro Vox

Paris_luxembourg_02Ci-dessous ma contribution hebdomadaire au Figaro Vox, consacrée au Sénat, renouvelé pour moitié dimanche dernier. Il souligne que le basculement politique de la chambre haute n’a rien d’anodin, compte tenu des pouvoirs réels dont elle dispose, notamment en matière de révision constitutionnelle. Cette chronique met aussi en avant l’urgence d’une modernisation de cette assemblée.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/09/29/31001-20140929ARTFIG00320-a-quoi-sert-le-senat.php

 

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Bizarreries sénatoriales

Paris_luxembourg_02Hier soir, le reportage du 20 heures de TF1 sur les élections sénatoriales ne donnait pas une belle image de la démocratie française. L’enjeu essentiel du scrutin se rapportait à la conquête du perchoir. Pour quoi se battent M. Raffarin et M. Larcher, deux grands notables de la vie politique depuis des décennies (on n’ose imaginer combien)? Serait-ce pour le prestige du protocole – second rang après le chef de l’Etat –  et de l’un  des plus beaux palais de la République? Et sinon, pourquoi, quelle vision, quel projet derrière leur candidature ? Qu’ils le disent! M. Baroin renonce à l’Assemblée nationale pour le Sénat. « Après 23 ans de mandat de député » proclamait-il fièrement sur l’écran de télévision. (Le téléspectateur pouvait presque entendre: « j’en avais un p’tit peu marre de l’un, donc je passe à l’autre… ») Le Sénat a beaucoup moins de pouvoir que l’Assemblée. Mais un siège de sénateur est plus confortable, plus stable… Que recèle la « préférence sénatoriale »? oeuvrer pour son pays ou le confort d’un siège pénard au Palais du Luxembourg? Et les Français qui ont élu un député à l’Assemblée pour 5 ans, que pensent-ils de ce mandat interrompu? Que vaut leur suffrage? Quant à la droite lepéniste, elle est prise de délicieux frémissements à l’idée d’avoir envoyé deux des siens à la Chambre Haute. Respectabilité? Tu parles… « Antisystème »? Comme les autres, la quête des fromages. Eh, quoi, on rêve? M. Guérini, de Marseille, sénateur lui aussi? Non, non, c’est bien vrai! On ne rêve pas! Cette élection, qui n’a pas grande importance pour les équilibres politiques du pays, donne une drôle d’image, clanique, effet de caste, rentes de situation, guerre des privilèges, presque caricaturale. Elle ne va pas rassurer les 36% des Français auxquels la politique inspire de la méfiance, ni les 32% auxquels elle inspire du dégoût (CEVIPOF, 2014). Triste et désespérant. Aux Etats-Unis, on ne plaisante pas avec le Sénat, on tremble devant une commission d’enquête sénatoriale. Cent sénateurs: trois fois moins nombreux qu’en France, pour une population 4 fois plus nombreuse. Le Congrès, c’est autre chose… Aux US, on ne blague pas avec la démocratie. La France a besoin elle aussi d’un Parlement efficace, digne, respectable. Il faut commencer par interdire les phénomènes de privatisation des mandats: deux fois député (comme le président de la République) une seule fois sénateur. Mais qui peut imaginer un instant de voir la caste renoncer à ses rentes de situation?

Maxime TANDONNET

 

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Honoré d’Estienne d’Orves

Lors du dernier salon du livre, en mars, j’ai rencontré la fille d’Honoré d’Estienne d’Orves, l’un des premiers résistants de 1940, officier catholique, polytechniciensans-titre, père de quatre enfants, fusillé par les Allemands à l’âge de 41 ans. Elle m’a raconté sa dernière entrevue avec son père à la prison du Cherche-Midi, avant l’exécution de celui-ci.  » – Ce devait être terrible, lui ai-je dit – Il avait fait son devoir, nous le savions, m’a-t-elle répondu ». C’était il y a 74 ans, c’est-à-dire il n’y a pas si longtemps, moins que la durée de vie moyenne d’un homme. Et pourtant, le monde semble avoir totalement basculé. A voir l’actualité française, il nous paraît que la société française visible, apparente, médiatisée, manifeste la plus grande indifférence envers l’avenir du pays: vie politique sombrant souvent dans le burlesque,  élites françaises fanatisées par la défense des rentes de situation (voir la grève inique des pilote d’Air France); peuple désabusé. D’Estienne d’Orves a écrit de magnifiques récits de voyage,  mais rien sur sa vie ni ses idées; il n’a pas eu le temps, dommage. Son personnage nous inspire deux interrogations: quand on voit la médiocrité de la France apparente d’aujourd’hui,  on est en droit de se demander si son sacrifice, au nom de l’honneur, a réellement servi à quelque chose? Autre question, dans des circonstances aussi épouvantables, qui peuvent survenir à nouveau, même sous des formes totalement différentes, se trouverait-il  de nouveaux d’Estienne d’Orves pour donner leur vie au nom de l’honneur? Eh bien, je crois que oui. Un Français sur un million peut-être. Sans doute pas parmi les pitres qui hantent notre univers médiatique, mais venus des profondeurs de la majorité silencieuse, soldats, chefs d’entreprises, ouvriers, fonctionnaires, illustres inconnus venus de la France discrète, de la France anonyme. Un par million, cela fait peu vous me direz: environ 60, pour 60 millions… Oui, mais les d’Estienne d’Orves ne couraient pas non plus les rues en 1940, me semble-t-il… Et par conséquent, si ma pensée est juste, son sacrifice, pour l’honneur, aura bel et bien était utile.

NB: Les commentaires affirmant que d’Estienne d’Orves était « d’extrême droite », ce qui est totalement contraire à la vérité historique et à l’honneur de ce héros et de sa famille, ne pourront évidemment pas être inscrits sur ce blog.

Maxime TANDONNET

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L’union sacrée contre la barbarie absolue

imagesL’assassinat de l’otage français Hervé Gourdel en Kabylie est acte épouvantable, un crime contre l’humanité qui nous révulse au plus profond de nous-même. Nous ne sommes en aucun cas dans « une guerre des civilisations » mais une guerre de la civilisation humaine contre la barbarie absolue. Les musulmans de France, comme leurs compatriotes des autres religions, sont « horrifiés » (mot du CFCM, conseil français du culte musulman), de ce  geste monstrueux. Que faire? Il me semble que nous devons être totalement solidaires du Gouvernement dans cette affaire, unis derrière lui, toutes religions, obédiences, engagements confondus, en oubliant nos divergences de politique intérieure, sans l’ombre de la moindre arrière pensée. Il mène une guerre juste au côté des alliés Américains en Irak pour détruire les ferments de l’une des pires menaces pour la paix mondiale et les valeurs de la civilisation qui n’ait jamais vu le jour depuis la fin de la guerre froide. Toute tentative de récupération idéologique, politique ou partisane de cette situation, nous paraîtrait insupportable. Le génocide abominable commis envers  les minorités d’Irak, chaldéennes et Yazidies ne pouvait pas laisser les démocraties occidentales sans réactions. Bien sûr, comme le soulignent les détracteurs de l’intervention armée, le monde occidental a sa part de responsabilité historique dans la déstabilisation de la région, mais cela n’est en rien un prétexte pour rester aujourd’hui les bras ballants et attendre que la foudre nous frappe. Dans ce nouveau conflit planétaire, c’est l’union sacrée et elle seule qui, je le pense personnellement, doit jouer.

Maxime TANDONNET

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Au-dela de la personnalisation de la politique

1300316082En 1960, Albert Mabileau, professeur de sciences politique à Bordeaux, s’interroge sur la personnalisation du pouvoir dans les démocraties (Eisenhower, de Gaulle, Adenauer, Churchill…) alors que le culte de la personnalité caractérisait jusqu’alors les seuls régimes totalitaires. Il y voit une réaction naturelle à la montée en puissance des systèmes de décision bureaucratiques et à l’anonymat de la société moderne.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/issue/rfsp_0035-2950_1960_num_10_1

Ce phénomène de personnalisation du pouvoir et de la politique, en partie inévitable, a toutefois pris ces dernières années une ampleur nouvelle, spectaculaire, excessive. Nous pouvons mêmes parler d’un véritable parasitage de la vie publique.  Les tribulations de Hollande, le Pen, Juppé, Valls, Sarkozy paraissent avoir noyé toute autre considération. Du débat d’idées, il ne reste quasiment rien que quelques slogans ou formules magiques. Qui nous parle encore sérieusement, de manière réaliste et sensée, de la lutte contre le chômage, le pouvoir d’achat, la fiscalité, la sécurité, les banlieues et la fragmentation de la société… La tendance générale est au renforcement des tabous. Entendons-nous beaucoup de personnalités politiques s’interroger sur le désastre, l’effondrement et la souffrance d’une société qui compte 3,4 à 6 millions de sans emplois, dont l’ensemble de sa jeunesse? Silence, motus: tout le monde a échoué. On ne peut rien y faire; ou alors des solutions  qui requièrent tant de volonté et de courage que mieux vaut se boucher les yeux et les oreilles comme les petits singes. La personnalisation à outrance de la vie politique et la mort du débat d’idées me paraissent avoir un sens bien précis aujourd’hui: détourner les citoyens de la vérité, les empêcher de réfléchir, leur interdire de penser. Nous sommes maintenant – bien au-delà du constat du professeur Mabileau en 1960 – au cœur d’une entreprise d’abêtissement de masse. Mais le plus étrange est le silence des intellectuels, sociologues, philosophes, penseurs politiques à cet égard. Un équivalent contemporain du subtil article d’Albert Mabileau, je n’en ai point trouvé nulle part… Pire que tout: l’abrutissement de la France réussit au-delà du raisonnable et même la lucidité semble en voie de dépérissement.

Maxime TANDONNET

 

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L’appel du silence

images3FG7B3GZ« Ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte » a écrit Charles Péguy dans ses Cahiers de la Quinzaine. Les hommes politiques s’efforcent d’occuper la scène publique par des formules et des mots, « l’identité heureuse » selon Alain Juppé, le « référendum« , « Schengen » pour Nicolas Sarkozy. Cependant, la parole politique n’a plus vraiment de crédibilité. Les mots se perdent dans l’indifférence, comme ces petits cailloux qu’on jette dans un puits sans fond. Après 4 décennies de promesses non tenues, de déceptions, de scandales tonitruants, « les gens » n’écoutent plus que d’une oreille distraite et incrédule les déclarations de la France dite « d’en haut », médiatique. Taper sur Hollande est inutile. Le chef de l’Etat est à ramasser à la petite cuiller. A quoi sert-il d’en rajouter, sinon de donner l’impression de tirer sur une ambulance? La France, engagée en première ligne dans un conflit militaire majeur – et juste – a besoin d’unité plus que de déchirement. Aujourd’hui, les hommes et femmes politiques ont tout intérêt à se taire, à tenter d’agir quand ils sont au pouvoir, plutôt que de communiquer, et à préparer l’avenir quand ils sont dans l’opposition, en toute discrétion et sérieux. L’époque et l’état d’esprit des Français, ne se prêtent ni aux discours ni aux promesses, encore moins aux polémiques. Comment font-ils pour ne pas le voir?La seule séduction qui vaille est celle du silence. Personnellement, j’ai pris l’habitude, par instinct, de couper le poste dès que j’entends la voix d’un politicien (tous évidemment, de l’extrême droite à l’extrême gauche), sauf poussé par la curiosité, en de rares exceptions, que j’ai vite fait de regretter… Ce n’est pas une attitude de « repli sur soi » mais un réflexe d’auto protection.

Maxime TANDONNET

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« Epitaphe »

Voici mon poème préféré, depuis toujours, ou plutôt depuis l’âge de 17 ans, où une amie me l’avait offert. Il est de Tristan Corbière, le fils d’un marin à la fin du XIXème siècle, malheureux parce que son état de santé lui interdisait de prendre la mer, avec son père, qu’il attendait sur le rivage breton.

sans-titreIl se tua d’ardeur, ou mourut de paresse.
S’il vit, c’est par oubli ; voici ce qu’il se laisse :

— Son seul regret fut de n’être pas sa maîtresse. —

Il ne naquit par aucun bout,
Fut toujours poussé vent-de-bout,
Et fut un arlequin-ragoût,
Mélange adultère de tout.

Du je-ne-sais-quoi. — Mais ne sachant où ;
De l’or, — mais avec pas le sou ;
Des nerfs, — sans nerf. Vigueur sans force ;
De l’élan, — avec une entorse ;
De l’âme, — et pas de violon ;
De l’amour, — mais pire étalon.
— Trop de noms pour avoir un nom. —

Coureur d’idéal, — sans idée ;
Rime riche, — et jamais rimée ;
Sans avoir été, — revenu ;
Se retrouvant partout perdu.

Poète, en dépit de ses vers ;
Artiste sans art, — à l’envers,
Philosophe, — à tort à travers.

Un drôle sérieux, — pas drôle.images
Acteur, il ne sut pas son rôle ;

Peintre : il jouait de la musette ;
Et musicien : de la palette.

Une tête ! — mais pas de tête ;
Trop fou pour savoir être bête ;
Prenant pour un trait le mot très.
— Ses vers faux furent ses seuls vrais.

Oiseau rare — et de pacotille ;
Très mâle … et quelquefois très fille ;
Capable de tout, — bon à rien ;
Gâchant bien le mal, mal le bien.
Prodigue comme était l’enfant
Du Testament, — sans testament.
Brave, et souvent, par peur du plat,
Mettant ses deux pieds dans le plat.

Coloriste enragé, — mais blême ;
Incompris… — surtout de lui-même ;
Il pleura, chanta juste faux ;
— Et fut un défaut sans défauts.

Ne fut quelqu’un, ni quelque chose
Son naturel était la pose.

Pas poseur, — posant pour l’unique ;
Trop naïf, étant trop cynique ;
Ne croyant à rien, croyant tout.
— Son goût était dans le dégoût.

Trop crû, — parce qu’il fut trop cuit,
Ressemblant à rien moins qu’à lui,
Il s’amusa de son ennui,
Jusqu’à s’en réveiller la nuit.
Flâneur au large, — à la dérive,
Épave qui jamais n’arrive….

Trop Soi pour se pouvoir souffrir,
L’esprit à sec et la tête ivre,
Fini, mais ne sachant finir,
Il mourut en s’attendant vivre
Et vécut, s’attendant mourir.

Ci-gît, — cœur sans cœur, mal planté,
Trop réussi — comme raté.

Tristan Corbière

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Inventaire pour le Figaro Vox

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)Ci-dessous mon article publié hier soir par le Figaro Vox. Les commentaires le trouvent partial et exagérément dithyrambique. C’est étrange car j’ai le sentiment d’être tout simplement juste et équilibré dans cette analyse; impartial, sans doute pas (qui pourrait l’être sur un tel sujet?) mais en tout cas parfaitement sincère quant à ma vision des choses et en toute modestie, assez proche de la vérité sur un sujet tabou rarement évoqué, celui du bilan…

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/09/21/31001-20140921ARTFIG00210-quinquennat-de-nicolas-sarkozy-un-droit-d-inventaire.php

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Le match pour 2017?

Alain Juppé vient de déclarer que le « match pour 2017 » venait de commencer.

http://emc2.lefigaro.fr/optiext/optiextension.dll?ID=v92v2gj3aU7B6jjDnZxf8H4HzKQU4L_Gllqdgukyvvf5mB1LCdkUpZvP387g8o2H1dl9CVC7lroDUZIGXenCB0NrqbBDb

Je ne comprends pas. Alain Juppé est une belle intelligence, ayant écrit un ouvrage de qualité sur Montesquieu, lauréat des plus grandes écoles, excellent, exceptionnel maire de Bordeaux et ministre des Affaires étrangèresimages. Pourtant, je trouve que ce propos est totalement à côté de la plaque, à mille lieues des réalités, du ressenti de la France. Non, les Français ne veulent en aucun cas d’un match. Un match est destiné au plaisir, à s’amuser, au jeu… Or, les Français ne jouent pas. Ils souffrent dans leur chair du chômage massif de 3,4 à 6 millions de personnes, de l’exclusion des jeunes, du drame des banlieues à la dérive, du sentiment de déclin de leur pays sur la scène internationale, en Europe.  Ils attendent de la politique, non des matchs, combats de coqs ridicules, ni même des solutions miracles auxquelles ils ne croient pas en dehors de  quelques naïfs. Ils sont 78% à ne plus faire confiance en la politique (CEVIPOF janvier 2014). La montée de l’abstention et du vote protestataire, dit « anti-système » n’est rien d’autre que le fruit de cette déception, de ce sentiment d’incrédulité face à la politique. Non , les Français ne sont pas des abrutis à qui l’on peut vendre des matchs comme l’opium du peuple, y compris des matchs politiques. En mon intime conviction, je suis même convaincu qu’ils se foutent comme de leur première chemise aujourd’hui de savoir qui fanfaronnera en 2017 sous les ors de ce fameux Palais que Poincaré qualifiait de « maison des morts », Auriol de « prison » et de Gaulle de « caserne ». Ils veulent être pris cinq minutes au sérieux et qu’alors, on arrête de les promener et de les manipuler avec des grands spectacles ou petites phrases ridicules.

Maxime TANDONNET

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Nouvelles de l’horizon

sans-titreEn ce moment, je suis en mission à 8000 kilomètres de Paris et Internet fonctionne très mal dans ma chambre d’hôtel. C’est pourquoi j’ai laissé sans réponse les derniers messages parvenus sur ce blog et je prie ses habitués de bien vouloir m’en excuser… Lors d’une réunion cette après-midi, j’ai rencontré une femme d’affaires en voyage, qui m’a dit (sans me connaître) « la France regorge d’atouts mais le pays est plombé par une classe politique coupée du réel, malade de sa folie narcissique et qui n’a plus la moindre idée de la notion d’intérêt général. » Je n’ai pas suivi grand chose de l’actualité française depuis une semaine. Ah, si, Brice Hortefeux aurait comparé le « retour » de Nicolas Sarkozy à celui du Général en 1958. Je ne suis pas d’accord avec cette image, qui me paraît inadaptée pour 5 raisons: de Gaulle sortait en 1958 d’une traversée du désert de 12 ans, ce qui n’est pas le cas de NS; il avait annoncé un projet extrêmement précis, révolutionnaire, celui de la Vème République, en germe depuis 1947 (discours de Bayeux et de Strasbourg) qui fondait son retour, rien de comparable aujourd’hui; de Gaulle n’avait jamais été président de la République auparavant mais chef d’un gouvernement provisoire pendant 3 ans;  de Gaulle revenait soudain, à la faveur d’une crise épouvantable (la guerre d’Algérie), à l’appel silencieux du pays, du président de la République de l’époque (René Coty) et en aucun cas à l’issue de la conquête d’un parti politique comme tremplin de la course à l’Elysée; last but not least,  l’homme du 18 juin, appartient à la grande Histoire et nul ne pourra jamais être comparé à lui. Sur la prise de l’UMP par NS, je n’ai pas vraiment d’idée, mais sur la comparaison avec le retour du Général en 1958, j’en ai une, claire et nette…

Maxime TANDONNET

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De l’Europe méprisée à l’espoir européen

images[4]Nous sommes profondément européens, parce que le monde a changé et les vieilles nations isolées, qui étaient le coeur de l’univers jusqu’au début du siècle sont appelées à peser de moins en moins lourd dans un mode dominé par de gigantesques empires. Aujourd’hui, nous nous sentons autant, sinon parfois davantage chez nous quand nous sommes accueillis en Italie, au Portugal, en Angleterre, Suisse, en Allemagne, etc… Qui ne ressent une délicieuse bouffée d’oxygène au moment du passage de la frontière et le plaisir d’être à la fois chez soi et ailleurs? L’Europe existe, elle ne s’oppose pas au patriotisme éclairé, ouvert; elle est faite dans les esprits, dans les cœurs, l’Europe de Montaigne, de Pascal, de Shakespeare, de Nietzsche, de Mozart, Brahms, Chopin et Ravel. Elle renaît de l’histoire sachant que les nationalismes purs et durs n’ont été qu’une parenthèse. La vraie question aujourd’hui est celle de l’expression politique de l’Europe. La belle idée européenne, qui est la source de notre avenir, de notre espérance, est bafouée de deux manières. Les institutions européennes, qui ont bien fonctionné et permis des progrès spectaculaires jusqu’au début des années 1990 ont totalement dérapé depuis, engendrant un monstre bureaucratique esclave de ses procédures et de ses normes. L’Europe au sens institutionnel, l’Union européenne, se meurt de son rejet de la démocratie et de l’impression de son mépris du peuple européen. Le mode d’élection du Parlement européen, la proportionnelle, est une offense à la démocratie. Il donne un véritable pouvoir de cooptation aux partis politique et interdit aux citoyens de choisir, au cas par cas, leur représentant. Moi je suis pour une assemblée européenne démocratique, élue par circonscription dans toute l’Europe. Je suis aussi pour une nationalité européenne (incluant le droit de vote des Européens à toutes les élections nationales et un droit d’accès à la nationalité qui soit harmonisé). Et puis, il y a une autre cause de cet échec: l’image de « l’Europe corbeille », corbeille à politicien recyclé que donne la classe politique. On a vu lors de l’élection du Parlement européen les partis politiques désigner les députés battus en France comme têtes de listes. Personne n’a rien dit, mais c’est un pur scandale, produit de l’esprit de caste, une marque de profond mépris de l’Europe, de l’idée européenne. Il est tout aussi anormal que M. Moscovici, ministre de l’Economie ayant échoué en France soit promu commissaire européen. Je n’ai rien contre lui évidemment. Mais je trouve que l’image de son recyclage européen est détestable pour l’Europe, je veux dire pour l’Europe que j’aime et qui porte mon espérance.

Maxime TANDONNET

 

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La folie furieuse

images« Rare chez les individus, la folie est en revanche la règle des groupes, des partis et des époques » écrit Nietzsche dans Par delà bien et mal. Nous sentons bien l’actualité politique française basculer dans la folie. L’étalage des coucheries, les petites phrases insensées qui tournent en boucle, la fureur des lynchages, la perte de tout sens de la dignité, la banalisation des pires saloperies, l’obscénité, le ridicule, partout étalés en grands titres clinquants. La vie publique, de A à Z, semble gagnée par une véritable démence qui fait peur. Comment expliquer un tel phénomène? Les explications de courte vue abondent: l’impuissance publique qui rend fou, la mort du politique, les déchaînements d’ego et de jalousies, la vanité exacerbée, etc… Tout cela est sans doute vrai. Mais pire: nous subissons surtout les conséquences, à long terme, du déclin de l’intelligence, des humanités, de la culture, la disparition des repères historiques, intellectuels, les qualités de bon sens et d’éducation qui sont les fondements de la raison collective.

Maxime TANDONNET

 

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La soupe qui vient

imagesL’actualité politique française n’annonce rien de bien réjouissant dans les années à venir. On peut toujours se tromper mais je ne crois pas trop à une dissolution qui serait suicidaire à la fois pour les députés socalistes et pour le chef de l’Etat lui-même. Non, j’imagine plutôt, hélas, en espérant me tromper, un changement de cap à la suite d’une crise, d’un mouvement de grève, et une gauchisation du discours et de l’action dans les derniers mois du mandat qui d’ailleurs favorisera une nouvelle plongée dans les profondeurs du pouvoir socialiste. Côté opposition se profile une lutte à mort Juppé-Sarkozy, non pas autour d’idées et de projets mais dans la perspective de la conquête du pouvoir élyséen. Je ne crois pas trop non plus à une nouvelle poussée du fn qui cristallise déjà le dégoût de la politique à un niveau très élevé, mais plutôt à une reprise de l’extrême gauche contestataire. Ce qui caractérise l’ensemble des milieux de la politique nationale, c’est la fuite en avant dans le déni du réel. Aux extrêmes, on fustige bien sûr la « mondialisation », l’Amérique, nos partenaires européens qui réussissent grâce à leur travail et leurs efforts (l’Allemagne évidemment), « le capitalisme financier », etc. C’est la vieille technique du bouc émissaire. Dans l’opposition, tout n’est que tactique politicienne, calculs à la petite semaine, haines intestines, rapports de pouvoir. Les problèmes des Français, le chômage de masse (3,4 à 6 millions de personnes frappées), l’exclusion des jeunes du monde du travail, l’effondrement du système scolaire, l’insécurité (voir la petite joggeuse massacrée à Sevran), la ghettoïsation des banlieues: silence, motus. Le monde politique et médiatique, dans un tourbillon de folie, ne bruisse que de mauvais coups, de donneurs de leçon attitrés qui se comportent comme des sagouins, scandales salaces, petites phrases volées ou sorties de leur contexte, lynchages nauséeux… Pas l’ombre d’une idée, d’une prise de conscience… Que du réchauffé, de la mauvaise soupe… On attend un signe d’espoir infime, je ne sais pas, par exemple une trentaine de parlementaires, de différents partis, avec un peu d’imagination, d’autonomie, de courage politique, qui signeraient ensemble les bases d’un programme de rénovation républicaine, quelque chose de ce genre, un appel aux Français. Nous ne sommes pas assez stupides pour espérer un remède miracle; mais juste une petite lueur nous ferait tant de bien… Pour l’instant, niet. Bon, un peu de nostalgie pour finir. C’est vrai, non, elle est belle cette chanson? et tellement prophétique!

http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&cad=rja&uact=8&ved=0CC4QFjAC&url=http%3A%2F%2Fwww.paroles-musique.com%2Fparoles-Gilbert_Becaud-Tu_Le_Regretteras-lyrics%2Cp7563&ei=IHASVKfpAoXgaPbjgvAC&usg=AFQjCNEiGHcHkuIG6tj_lMHWmHOg2RhN3Q&sig2=u1N9RZLZ-HDdO7QSjWqwiQ

Maxime TANDONNET

 

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Le suicide de la classe politique

imagesOn trouvera ci-dessous ma contribution hebdomadaire au Figaro Vox. Je vois, notamment aux commentaires la critique encourue, celle du relativisme: tous pareils. Pourtant, il ne faut pas raisonner en militant, en supporter – degré zéro de la lucidité – mais tenter de regarder la réalité en face et notamment la défiance globale des  Français envers la politique qui ne cesse de se renforcer, avec juste raison, se traduit par l’abstention et la montée aux extrêmes. La grande manip bat son plein. Franchement, je n’ai aucun engagement partisan, ni d’espoir précis s’incarnant dans untel ou untel, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ni d’étiquette. Désolé, c’est ainsi… J’aimerais seulement, à mon infime niveau, continuer à ouvrir des échanges contribuant à apporter une minuscule lueur dans le brouillard qui enveloppe la vie collective nationale, le climat dégénéré de manipulation, de propagande et de mensonge qui tente de s’emparer des esprits. Essayer de dénoncer la grande imposture, que faire d’autre à ce stade?

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/09/09/31001-20140909ARTFIG00215-thevenoud-trierweiler-assistons-nous-a-l-autodestruction-de-la-politique.php

Maxime TANDONNET

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Projet de révision constitutionnelle

imagesDans la continuité de mon billet d’hier, voici la révision constitutionnelle que je proposerais, avec en gras, les ajouts nécessaires:

ARTICLE 5.

Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État.

Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, et du respect des traités, de l’unité et de l’avenir de la Nation.

Il nomme le Premier ministre, responsable devant lui et devant l’Assemblée nationale. Ce dernier est seul chargé du gouvernement quotidien du pays, dans le cadre d’objectifs généraux définis par le président de la République et communiqués à la Nation une fois par an.

Au service de la France, il s’abstient de toute activité ou prise de position partisane.

ARTICLE 6.

Le Président de la République est élu pour cinq sept ans au suffrage universel direct. Son mandat n’est pas renouvelable. Dans l’année qui suit la fin de la première moitié de son mandat, il engage sa responsabilité dans le cadre d’un référendum.

Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs.

Bon, ce n’est pas parfait, mais c’est juste un début de réflexion. Qu’en pensez-vous?

Maxime TANDONNET

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VIème République ou retour aux fondamentaux de la Vème?

588945Le dramatique fiasco de la classe politique ne se limite pas, loin de là, aux seuls socialistes, même s’ils font encore pire que les autres et conjuguent à l’échec une insupportable tartufferie. Le déclin est une constante depuis une quarantaine d’années. La politique ne parvient pas à régler les problèmes des Français, notamment le chômage, de 3,4 millions à 6 millions de sans emplois, l’insécurité, l’autorité de l’Etat, l’Education. D’où l’abstention massive aux élections et la poussée du vote protestataire, le rejet du politique par 78% de l’opinion (sondage CEVIPOF). Or il n’y a pas de fatalité quand on voit l’exemple de l’Allemagne ou du Royaume-Uni. Changer les institutions ne réglera pas tout car le mal est plus profond, ancré dans la société française, mais au moins donnera un signal: tout commence par la tête. Il ne faut pas créer une Sixième République: modifier tous les demi siècle en moyenne le numéro de la République est une pratique ridicule aux yeux des autres pays. Mais changer les institutions par une réforme profonde de la Vème République, pour revenir à ses fondamentaux est évidemment indispensable et doit être la première tâche de la future majorité. Il faut en finir avec le délire présidentialiste qui rend fou les politicards français, de l’extrême droite à l’extrême gauche, un peu comme les moucherons dans la lumière d’un phare. Le chef de l’Etat doit être élu pour 7 ans, non renouvelables, s’engager à rompre tout lien partisan, se mettre au service de la France en faisant abstraction de toute attache idéologique, partisane, exercer un rôle d’arbitre, de guide de la Nation, de référence, incarner l’unité nationale, dans la discrétion et la modestie. Il faut impérativement en finir avec la présidence touche-à-tout, politisée et surmédiatisée qui aboutit à faire de l’Elysée le défouloir de la France entière, surtout si le chef de l’Etat n’est pas à la hauteur de la fonction, ni moralement, ni politiquement. La personnalisation excessive du pouvoir autour du chef de l’Etat est une folie qui conduit le pays à la catastrophe. Le Premier ministre, sous le contrôle du Parlement, donc avec possibilité d’être renversé en cas d’échec, doit redevenir comme le prévoient les articles 20 et 21 de la Constitution, l’unique responsable du gouvernement du pays. De même, il est urgent de replacer le Parlement au centre de la légitimité démocratique face au Conseil constitutionnel qui aujourd’hui détient l’essentiel du pouvoir normatif (une loi sur deux font l’objet d’une censure) alors qu’il n’est pas élu. Nous devons aussi faciliter l’usage du référendum, comme aux Etats-Unis, en Suisse, en Italie pour mettre fin au sentiment de fossé entre le peuple et les élites. En 2017, il n’y aura pas de tâche plus urgente que de refonder la République et la démocratie françaises.

Maxime TANDONNET

 

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L’imposture

imagesP9T33NRYPlus d’une fois nous avons dénoncé sur ce blog la tradition de la gauche socialiste d’utiliser le FN pour gagner les élections et s’incruster au pouvoir.

http://maximetandonnet.wordpress.com/2013/10/11/un-calcul-risque/

Nous assistons semble-t-il en ce moment à un phénomène nouveau. Les personnalités politiques de droite sont à leur tour en train de s’approprier le spectre du FN comme outil de leurs règlements de compte et batailles internes.  Alain Juppé a placé sa candidature aux présidentielles sous le signe de « la croisade contre le FN ». Les déclarations de proches de Nicolas Sarkozy donnent à penser qu’ils souhaitent le voir se présenter en « rempart » contre le parti lepéniste. Manuel Valls ne cesse lui aussi de se présenter en chantre de la lutte contre ce mouvement.

Ce dernier servirait ainsi de marche-pied aux politiques de droite comme de gauche dans la course à la conquête de l’Elysée. Pourquoi? Il est difficile pour les partis qui se sont succédé au pouvoir d’évoquer les préoccupations profondes des Français, comme le chômage qui frappe 3,4 à 6 millions de personnes. Après tant d’échecs, de promesses bafouées, la parole publique n’est plus crédible. Alors, on voit bien ce qui se passe: centrer le discours sur la lutte contre le « risque extrémiste« , pour éviter d’avoir à traiter des questions qui fâchent, des réformes nécessaires, forcément douloureuses, et de l’avenir de la France…

Cette attitude est pleine d’ambiguïté. En plaçant le parti lepéniste au centre de la vie politique, comment ne pas mieux le conforter? La vérité, chacun la connaît: la poussée lepéniste dans les sondages et la succession d’enquêtes donnant  Mme le Pen en tête du premier tour, si longtemps à l’avance, a une signification limitée, traduisant sans doute un rejet et dépit face à la classe politique plus qu’un véritable phénomène d’adhésion solide et durable. Avant 2012, les sondages de ce genre pullulaient déjà, et d’ailleurs plus crédibles car bien plus proches de l’échéance. On sait ce qu’il en est advenu…

http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/2012-un-nouveau-sondage-donne-marine-le-pen-au-second-tour-27-03-2011-1379903.php

Un parti isolé, sans véritable programme cohérent, rejeté par 70 à 80% des Français comme le révèlent d’autres enquêtes d’opinion, sans ancrage de terrain, sans soutien dans la société civile, incertain sur la ligne à suivre (entre « rejet du système » et souhait de cohabitation avec le pouvoir socialiste), n’a guère de chance d’accéder au pouvoir. Tout le monde le sait. Et puis nous ne sommes plus dans les années 1930: l’environnement idéologique, économique, technologique, planétaire, européen n’a bien entendu plus rien à voir. Il n’existe évidemment pas plus de danger « fasciste » que de danger communiste.

Cependant, les politiciens roublards, aujourd’hui de droite comme de gauche, ont bien vu quel usage faire du mouvement lepéniste dans leurs batailles d’ambition à venir. Tout cela procède du même et constant état d’esprit, à l’œuvre depuis tant d’années: prendre les gens pour des cons. Telle est l’erreur fondamentale de la classe politique: les Français ne sont pas stupides, ils se rendent compte de ces manœuvres débiles et dérisoires et le dégoût de la chose publique ne cesse de s’amplifier (78% des Français ont une image négative de la politique selon CEVIPOF janvier 2014). Ils n’attendent pas de solution miracle mais simplement un discours de vérité et de maturité, et qu’enfin, ces messieurs et dames, de gauche comme de droite, les respectent et cessent de les prendre pour des zozos. Le politique ne peut combattre efficacement le FN qu’en montrant une volonté déterminée de s’attaquer aux malheurs des Français, et pas en faisant de ce parti le centre de gravité de la vie politique. C’est tellement évident.

Maxime TANDONNET

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Face à la honte

sans-titreAvant hier soir, j’ai reçu un SMS étrange, d’une personnalité politique que je ne connaissais pas et dont j’ignore, une fois de plus, comment elle disposait de mon numéro de téléphone: « Ne désespérez pas de la politique« . Oh, je n’en suis plus à désespérer. Simplement, j’ai honte de l’image que la classe politique donne du pays. Car enfin, un président qui n’est même pas à mi-mandat et qui éprouve le besoin d’annoncer « qu’il ne démissionnera pas« , qu’on le veuille ou non, ce n’est pas très bon signe… Tous ces sondages sur les présidentielles, 3 ans à l’avance, sont d’ailleurs d’une profonde débilité et ne servent qu’à ridiculiser un peu plus notre pays. Le monstrueux matraquage médiatique en faveur de le Pen pour achever de paralyser le système politique et empêcher une alternance me révulse au plus au point: la stratégie du pire. Le combat de petits coqs annoncé pour les trois années à venir en vue des présidentielles est d’une bêtise, d’une puérilité qui frisent la démence. L’histoire de ce député socialiste, devenu ministre, spécialisé dans la lutte contre la fraude fiscale, qui démissionne au bout de 9 jours pour n’avoir pas payé ses impôts, est un cas d’école: la bonne conscience hypocrite des donneurs de leçon, la sociale-tartufferie. Pas un projet, pas une idée, pas le moindre signe d’une prise de conscience. Ivres de leur ego, pas très intelligents, souvent produits d’un système clanique ou familial, prétentieux, ils vivent dans une bulle, et ne se rendent plus compte de rien. Et pourtant, notre chère France continue vaille que vaille, sans classe politique digne de ce nom. Les trains partent à peu près à l’heure. Au marché de ma banlieue, on trouve de tout car il y a des commerçants qui se lèvent à 3 heures du matin pour s’approvisionner à Rungis. Tiens, je vais y aller dans 5 minutes, pour papoter avec eux, mon bol d’air frais du samedi matin. Les policiers patrouillent, les lycées et les collèges tournent vaille que vaille et il reste des préfets, ambassadeurs, magistrats, généraux qui tiennent l’Etat, des entrepreneurs assez audacieux pour recruter et investir, malgré la puanteur de l’environnement politique. Il n’y aura pas de révolution, les Français n’ont plus le goût du sang, heureusement, et surtout, il ont autre chose à faire; mais une révolte silencieuse, pacifique, par le mépris, l’indifférence, et le sourire face au ridicule.

Maxime TANDONNET

NB: plus le temps passe, plus je réfléchis, et plus je me dis que la dérive présidentialiste du régime politique français explique une partie de la catastrophe que nous vivons. Il faut revenir aux sources de la Ve République, un chef de l’Etat élu pour 7 ans, au mandat non renouvelable, chargé de la politique étrangère et de défense, garant des institutions et de l’intégrité du territoire, guide moral de la Nation, qui nomme le Premier ministre responsable devant le Parlement et seul chargé de gouverner le pays; un chef de l’Etat  auquel il serait strictement interdit de s’ingérer dans la politique quotidienne.

 

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5 septembre 1914, Charles Péguy

220px-Charles_peguy[1]La puanteur d’en bas (de l’actualité politique) devient insoutenable. Alors, restons sur les hauteurs pour parler de Charles Péguy, dont le 5 septembre 2014 est le centième anniversaire de la mort sur le Front. Le personnage représente une référence, un modèle pour une catégorie de Français, sans doute minoritaire, silencieuse. Il incarne un patriotisme intelligent et modéré, non fondé sur la haine de l’autre, les valeurs du christianisme, le rejet de toute forme d’extrémisme, fustigeant l’antisémitisme à une époque où celui-ci sévissait dans une large partie de l’opinion (droite et gauche), la défiance envers le culte de l’argent, chantre du travail consciencieux, de la tradition, des valeurs de loyauté, de modestie, et de discrétion… J’ai lu toute son oeuvre, en prose et en poésie dans la Pléiade. Impossible à résumer, mais voici quelques citations, relevées dans mes lectures:

-Dans le monde moderne, c’est l’ingratitude qui est rituelle; c’est elle qui est devenue comme un devoir, une obligation, presque une fidélité.

- Une capitulation est essentiellement une opération par laquelle on se met à expliquer au lieu d’agir. Et les lâches sont des gens qui regorgent d’explication.

- Ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte.

- On n’a pas le droit de trahir les traîtres mêmes. On n’a jamais le droit de trahir. Les traîtres, il faut les combattre, pas les trahir.

- On ne remplace personne. On ne remplace rien. Tout est irréversible.

-Tout partie vit de sa mystique et meurt de sa politique.

A lire, la biographie passionnante d’Arnaud Teyssier, chez Perrin. sans-titre

Péguy est aussi l’auteur de poèmes sublimes dont celui-ci, que j’avais déja saisi sur ce blog. Bonne lecture!

http://maximetandonnet.wordpress.com/2013/10/28/oh-ma-fille-la-nuit/

Maxime TANDONNET

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4 septembre, la République

sans-titreJe ne suis pas bien sûr qu’on enseigne encore cette belle date dans les collèges et les lycées. Je vais la tester ce soir sur mes enfants… Le 4 septembre 1870, la République est proclamée à l’Hotel de Ville par une poignée de grands Messieurs, Jules Simon, Jules Favre, Léon Gambetta, Jules Ferry. Elle est d’abord un corps de valeurs: l’intérêt public avant tout, le désintéressement, la volonté générale, le rejet de toute personnalisation du pouvoir, culte de la personnalité, des privilèges, jeux courtisans, histoires de famille en politique, respect du peuple et suffrage universel comme unique source de l’autorité… La République vécue non pas comme l’antithèse de la monarchie, mais comme un mode de comportement dans la vie publique, ne serait-elle pas notre unique planche de salut et espoir de sortir du marasme actuel? Je ne résiste pas à la tentation de ce Chant du départ, l’hymne républicain par excellence. Un peu d’air frais nous fera du bien!

http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&uact=8&sqi=2&ved=0CCwQtwIwAQ&url=http%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3Dfeh7Anvwd_w&ei=saUIVOLiCJDeap_5gIgI&usg=AFQjCNFBZu20XY-6yfCbUaOtv6Y89LXvgw

 

 

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Une abomination (suite)

imagesJe vous demande pardon, si beaucoup de monde n’est pas d’accord, je dis uniquement ce que je pense. « Les sans dents« , ce sont des mots qui tuent définitivement l’image d’un homme, et d’un chef de l’Etat. Ce sont des mots qui valent un couperet de guillotine, qui condamnent à mort. Or, il n’y a aucune preuve qu’ils ont été prononcés, aucune indication sur le contexte, le sens, les circonstances. On sait de quoi un conjoint s’estimant humilié est capable (voir les photos diffusés sur la Toile). Et pourtant, ils sont en train de déferler comme un incendie détruisant tout sur son passage. Je ne suis pas en train de défendre le président Hollande, mais un minimum de dignité et de justice. L’expression meurtrière est récupérée et surexploitée par les charognards démagogues sans même que l’on se demande si elle a réellement été dite. Le coup est parti. Le combat politique, le débat d’idées est définitivement enterré. Ce n’est pas l’image de Hollande qui est en cause. Il est maintenant à peu près sûr qu’il ne fera pas un second mandat. Ce n’est même pas l’image de l’institution présidentielle, à mes yeux déjà discréditée, bafouée, à bout de souffle, dans sa version issue du quinquennat et de la présidentialisation du régime. Non, c’est l’image même de la politique, de l’idée d’un destin commun, de la possibilité d’un débat d’idées et d’un projet collectif. Il y a eu les séismes, DSK, Cahuzac, etc. Désormais, c’est le cœur de l’Etat, l’Elysée, qui est frappé par la foudre.

Maxime TANDONNET

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Réponse à Loïc Le Clerc, de Marianne

9782081336612J’ai beaucoup apprécié le long compte rendu de Loïc Clerc, de Marianne, concernant mon livre, Au coeur du volcan - Flammarion. Il est ambigü à souhait. Tout en fustigeant mon ouvrage et en le tournant en dérision, il choisit explicitement d’en parler à la place du livre de Mme Trierweiler qui accapare l’attention des médias, et par la même, rend un bel et singulier hommage Au coeur du volcan. Pile ou face? Sa critique principale porte sur la manière dont je parle de l’ancien président, qui selon lui, confine à l’idolâtrie: « Sarko, mon héros« . En vérité, je lui en suis reconnaissant car il prouve bien par là-même que mon ouvrage n’a rien de déloyal, contrairement au reproche qui m’a été fait… Dommage, je crois qu’il passe à côté de l’essentiel, c’est-à-dire la crise du pouvoir politique. Il y a un point sur lequel je suis particulièrement en désaccord avec lui et sur lequel je voudrais répondre. Cet article m’accuse de ne pas aimer les journalistes. Rien n’est plus faux: j’ai une profonde et sincère estime pour le métier d’informer et l’aurais probablement choisi si je n’avais pas été aspiré par les concours de la fonction publique. Cependant, c’est vrai, je suis choqué sinon révolté par les articles qui ne sont pas destinés à apporter une information mais à insulter, lyncher, ou traîner dans la boue. D’ailleurs, je n’appelle pas cela du journalisme. J’ai trouvé détestables, non pas les critiques, mais les injures envers  le président Sarkozy, du genre « le voyou de la République« . Qui ne l’eût pas été de voir son « patron » traité de la sorte? Je raconte dans mes carnets l’émotion ressentie à cette découverte, ce qui est assez logique puisque j’y rend compte de mes sentiments au jour le jour.

http://www.marianne.net/En-attendant-que-le-volcan-Sarkozy-s-eveille_a240970.html

Maxime TANDONNET

 

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Une abomination

imagesLe livre publié demain par Mme Valérie Trierweiller est une abomination. Dévoiler ainsi à la France entière les dessous d’un drame conjugal pour humilier son ex conjoint est un comportement ignoble. M. Hollande est un président assassiné. Son image déja au plus bas, ne pourra jamais se remettre de telles révélations. La « capacité d’indifférence » dont François Mitterrand s’était fait le chantre vient d’exploser en plein vol. Le président est à l’évidence un homme meurtri, accablé, au bout du rouleau. Il n’y a aucune raison d’en ricaner ou de s’en réjouir. Hollande, comme tous ses prédécesseurs, est arrivé à l’Elysée ivre d’orgueil et de fierté: premier Français. Désormais, le chef de l’Etat apparaît comme pataugeant dans l’humiliation. Mais ce n’est pas seulement Hollande qui est frappé, c’est l’institution présidentielle. Après trente ans de descente aux enfers progressive, elle atteint le fond de l’abîme. Il est inconcevable qu’elle puisse s’en remettre un jour. Le successeur de Hollande, dans quelques mois s’il démissionne – ce que je ferais à sa place – ou dans trois ans, glissera forcément dans la mare du sang de l’actuel chef de l’Etat assassiné. Qu’il s’appelle Juppé, Valls, Fillon, Sarkozy, voire même, au point ou l’on en est, le Pen, je vous en donne ma parole, son sort sera encore pire que celui de l’actuel président. Un jour cela finira dans la folie ou le suicide. Il faut revenir à la République, nous n’avons pas d’autre choix, mettre fin à la sur personnalisation du pouvoir, rendre un caractère collectif et anonyme au gouvernement du pays et à tout le moins modeste. Je n’ai rien contre les héros et les sauveurs, mais face à des évènements particuliers, éphémères, jamais dans la durée et imbriqués dans le marbre des Palais. L’œuvre du Général, la Vème République, qui reposait sur le prestige présidentiel, a été trahie, bafouée, martyrisée. Mme Trierweiller vient de lui porter un coup de grâce. Il faut inventer autre chose, reconstruire la démocratie française, sinon, le cadavre de la Vème République va entraîner la France entière par le fond comme un boulet.

Maxime TANDONNET

 

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