La crise de confiance

 

imagesUn sondage IFOP-JDD révèle que 85% des Français ne font pas confiance à la politique économique du gouvernement. Or, aucun redressement, aucune sortie de crise n’est envisageable sans la confiance. C’est un constat historique, les grands rétablissements de l’histoire ont toujours reposé sur la confiance: Raymond Poincaré en 1922 et 1926, Antoine Pinay en 1952 et 1958 (avec Jacques Rueff), Raymond Barre en 1976. Les entreprises investissent et recrutent quand elles sont portées par une confiance générale dans l’avenir, un climat d’ensemble qui n’est pas seulement économique d’ailleurs, mais lié à la solidité des institutions, la stabilité et l’unité du corps social, la sécurité internationale, un environnement rassurant. Cette confiance, il incombe aux dirigeants politiques non seulement de l’inspirer, mais aussi de l’incarner. Or, les hommes qui représentent aujourd’hui le pouvoir souffrent d’un discrédit qui n’a sans doute pas de précédent historique. Ils se voient confrontés à une contradiction fondamentale: en attente d’une "croissance" que leur seule présence à la tête de l’Etat rend impossible. Pire, aucune alternative ne semble poindre à l’horizon, ni de visage nouveau, ni de programme crédible du côté de l’opposition empétrée dans ses querelles névrotiques. Personnellement, je suis fasciné par la médiocrité de la "relève" qui me paraît tellement insipide, terne, transparente. Une notable exception, celle de Laurent Wauquiez avec lequel j’ai dîné le mois dernier: intègre, gentil, ouvert, lucide… Que demander de plus? Il en faudrait une vingtaine comme lui pour ouvrir une brèche d’espérance.images

Maxime TANDONNET

 

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Lecture estivale

sans-titreCette fois-ci, avec la semaine du 15 août, nous sommes bien en plein creux de la trêve estivale: plus de polémique, politiciens muets, actualité silencieuse, les rues sont vides à Paris. A quoi servent les vacances d’été: à lire et faire du sport. Mon genre de livre préféré? les mémoires, récits authentiques, de préférence aux romans car le réel est plus audacieux, imprévisible, chaotique que la plus fertile des imaginations humaines. Je suis plongé en ce moment dans un grand classique de la littérature qui m’avait bizarrement échappé, tout au moins l’œuvre dans la globalité : Les Confessions. "J’ai fait le premier pas et le plus pénible dans le labyrinthe obscur et fangeux de mes confessions. Ce n’est pas le plus criminel qui coûte le plus à dire, c’est ce qui est ridicule et honteux. Dès à présent, je suis sûr de moi: après ce que je viens d’oser dire, rien ne peut plus m’arrêter." L’écriture, la sincérité, la personnalité de Rousseau, ont quelque chose d’envoûtant qui entraîne le lecteur et le prend à la gorge. On y prend me semble-t-il un plaisir encore supérieur à celui de la lecture des Mémoires d’outre-tombe, (pourtant de réputation supérieure?).  Le sport aussi, la voile sur une grand étang de Gironde avec mon frère, la voile qui fait réfléchir. La vie publique, comme la sans-titrenavigation, est dominée par des grands courants sous-marin et la puissance des vents. Il est inutile et absurde de vouloir en changer le sens. D’où la démagogie, le mensonge ou l’aveuglement de ceux qui de tout temps, nous promettent de "changer le système". En revanche, l’exercice de la responsabilité politique, au sens noble du terme, consiste à récupérer la force de l’histoire – le vent dans les voiles – l’utiliser, l’orienter dans le sens de l’intérêt général. "Je ne me butais pas à plier les circonstances à mes idées, mais je me laissais en général conduire par elles" (Napoléon à Saint Hélène, Las Cases).

Maxime TANDONNET

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La tentation totalitaire

220px-Marcel_GauchetTiens, la dernière polémique de ce début du mois d’août m’avait échappé. Une pétition d’une vingtaine de personnalités, publiée dans Libération, appelle au boycot du "Rendez-vous de l’histoire à Blois" en protestation contre le discours inaugural de Marcel Gauchet.

http://www.liberation.fr/debats/2014/08/06/pourquoi-il-faut-boycotter-les-rendez-vous-de-l-histoire-un-appel-collectif_1076316

La logique à l’oeuvre dans cette pétition est celle de la diabolisation, de l’exclusion, de la censure inquisitoriale. On ne débat pas, on boycotte, c’est-à-dire que l’on fustige, on blame, on refuse d’écouter, on brûle. Pourquoi Marcel Gauchet? Philosophe connu, co-directeur de la revue le Débat, il a bien davantage la réputation d’un penseur modéré que d’un réactionnaire. Ces derniers mois ont été marqué par les autodafés de plusieurs auteurs pour avoir contesté les bienfaits de la société multiculturelle. Une première vague a frappé les journalistes Alain Zemmour, Ivan Rioufol, Elisabeth Levy, le sociologue Hugues Lagrange. Puis une seconde a touché l’écrivain Alain Finkielkraut, dont l’élection à l’Académie française a suscité un tollé, l’auteur Lorent Deutch, auquel était reproché le seul fait d’avoir évoqué la bataille de Poitiers… Maintenant, Marcel Gauchet… L’étau se resserre. Que peut on bien lui reprocher, à lui? Je retrouve dans un de ses livres, trônant dans ma bibliothèque, les mots suivants: "La perspective adoptée conduit à reconnaître la spécificité chrétienne comme un facteur matriciel et déterminant dans la genèse des articulations qui singularisent fondamentalement notre univers [...] C’est dans les potentialités dynamiques exceptionnelles de l’esprit du christiannisme qu’il convient d’en situer la première racine [...] Elle fournissent un foyer de cohérence permettant de saisir la solidarité essentielle…" Le désenchantement du Monde, Gallimard, 1985. Serait-ce le seul fait de développer une vision positive de la religion chrétienne qui provoque cet accès de fureur bienpensante? Je l’ai rencontré une fois à la fin de l’un de ses cours à l’EHESS. Il ne paie pas de mine, très grand, avec sa voix douce, son allure un peu rurale, timide, pataude, d’une gentillesse, discrétion, simplicité et modestie extrêmes – signes de l’intelligence qui trompent rarement – tout le contraire d’une star médiatique. L’air du temps – ou l’idéologie dominante – est fondé sur le libre arbitre absolu de l’individu. Tout ce qui y résiste dans l’ordre des idées est considéré comme inadmissible, intolérable. L’esprit critique, l’intelligence, la pensée seraient à abattre. Nombre de nos grands penseurs de ces dernières décennies seraient sans doute aujourd’hui interdits ou contraints à l’autocensure: Claude Lefort, Gilles Lipovetski… En d’autres temps et d’autres lieux, les intellectuels réfractaires à l’idéologie officielle étaient décapités, pendus, traînés dans les camps de concentration ou les hôpitaux psychatriques. Nous n’en sommes pas là bien évidemment mais nous sentons bien monter autour de nous, peu à peu, subrepticement, l’intolérance aux idées dissidentes, le rejet du débat d’idées et la nostalgie de l’époque totalitaire.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Principes de manipulation

images (1)Qui ne ressent pas, au jour le jour, le travail de manipulation de masse à l’oeuvre? Il repose sur quelques principes aisément identifiables, dont six me viennent à l’esprit:

- La sur personnalisation, ou l’idolâtrie . De quoi parle-t-on pour l’essentiel: les déboires de M. Hollande et désormais, de M. Valls, le "retour" de M. Sarkozy, ses "cartes postales", la "popularité montante" de M. Juppé, les chikaya de la famille le Pen. Le monde médiatique nous accable de ses commentaires savants – reviendra, reviendra pas – de ses duels et westerns de bas étage, de ses revanches, nous bombarde de sondages et de confidentiels. Et si nous, Français, n’en avions rien à faire? 2017 est encore loin, nous verrons d’ici là pour qui voter en fonction des hommes, de leur crédibilité et de leurs programmes.

- La table rase.  Tyrannie de l’oubli, du déni de mémoire: toute information qui remonte au-delà de deux ou trois ans est effacée, considérée comme nulle et non avenue. Tel politicien a eu jadis – une quinzaine d’années auparavant – des comportements personnels scandaleux: peu importe, aujourd’hui, blanc comme neige, il incarne la vertu et la modération. Tel parti, à travers son leader, a tenu jadis des propos immondes, à vomir. Plus rien aujourd’hui, fermez les yeux, une dédiabolisation est intervenue et il ne s’est rien passé du tout. Les bilans des uns, des autres, on n’en parle jamais: toujours repartir à zéro. C’est dommage d’ailleurs car parfois, il n’est pas si mauvais. Mais silence, le passé ne compte pas.

- Le bouc émissaire: Jadis, dans les périodes de grand trouble, on s’en prenait à des groupes religieux ou ethniques avec une violence criminelle. La loi l’interdit désormais. Alors, on s’acharne sur des personnes, les parias, têtes de turc de la société médiatique. Le traitement dure en général une semaine, et puis plus rien: Cahuzac, Depardieu, Buisson, Aquilino, etc… Dans ce cas là, tout le monde cogne, lynche, médias de droite, de gauche dans une logique de surenchère. Les amis, surtout les amis politiques, se volatilisent, les plaintes tombent, les plus proches se retournent contre vous et prennent part à la curée. C’est une manière implicite de dire : voici le coupable, et donc, la preuve de mon innocence…

- La force de l’émotion: L’émotion est au coeur de la société médiatique. L’image de la détresse et de la souffrance l’emporte sur toute autre prise en compte. La vision des larmes et du sang occulte les considérations de fond, géostratégiques, historiques. La compassion est bien entendu le plus respectable des sentiments. Mais l’emprise de l’émotion n’est pas forcément synonyme de solidarité quand elle se limite à une indignation stérile. Elle peut être source d’actes monstrueux dans leurs conséquences, à l’image d’interventions militaires qui vont engendrer des malheurs en cascade cent fois pires que ceux qui les ont justifiées.

- La fuite devant le réel: Ignorer le monde tel qu’il est est une autre constante de la grande manipulation. Un voile pudique tombe en permanence sur la réalité, celle d’une violence quotidienne qui est occultée, de la misère de l’exclusion, des 5 millions de sans emploi, de la galère des jeunes dans leur immense majorité, la situation apocalyptique des collèges de banlieue, des cités et quartiers de non droit qui n’intéressent plus personne… Le déni de la réalité s’accompagne d’une propagande politique axée sur de grandes abstractions mensongères quand on accuse la "mondialisation" ou "le grand capital" de tous les maux par exemple, alors que les échecs et les injustices ne tiennent la plupart du temps qu’à nos renoncements, conservatismes, lâchetés et égoïsmes frileux.

- La dictature du mépris : Celui-ci suinte de toutes les pores de la vie moderne, du monde politico-médiatique, repose en permanence sur l’écrasement du bon sens, de l’intelligence. Les pitres médiatiques et autres donneurs de leçons deviennent les nouveaux maîtres penseurs alors que les grands esprits – intellectuels, universitaires – sont réduits à un silence de pierre tombale. Rien n’arrête le mensonge et la perfidie. Voyez comme les politiciens archi battus, renvoyés par l’électorat, honteux, ridiculisés, parviennent à se recaser les uns les autres, avec le sourire de l’innocence en prime, et en toute fraîcheur candide. Les ministères mais surtout l’Europe, son Parlement et sa Commission, ont au moins cet avantage. "Circulez, Messieurs/Dames, y a rien à voir!"

A travers ce constat, je ne réponds pas à la question essentielle: qui tient les ficelles? Où sont les manipulateurs, les marionnettistes? J’avoue ne pas avoir de réponse claire à cette interrogation. Je ne crois pas un instant à l’hypothèse d’un complot planétaire, un lieu de concertation propice au développement d’une manipulation de masse. Il me semble que le mouvement se fait de lui-même, correspondant à une évolution naturelle du monde, de l’air du temps. Il se propage en France à travers le cercle étroit d’une dizaine de milliers de leaders des grands médias et sociétés qui en ont le contrôle, des principaux partis politiques, du monde associatif, unis dans leur manière de sentir les choses, d’imprimer leur marque et de conforter leurs misérables rentes de situation. Nos armes de résistance à l’air du temps sont de deux ordres: d’une part la réflexion, la pensée, la lecture, repères dans le brouillard quotidien; d’autre part le suffrage universel, en temps voulu…

Maxime TANDONNET

 

 

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L’ère du vide

sans-titreQu’il y a t-il de plus propice à la lecture qu’un mois d’août sous la pluie, pas seulement une pluie d’orage, mais une pluie froide, tenace, continue, une pluie d’automne avant l’heure? Certains livres vous marquent pour la vie, et parmi ceux-là, un chef d’oeuvre prophétique aujourd’hui plus ou moins oublié: "L’ère du vide", écrit en 1983 par Gilles Lipovetski (Gallimard). Plutôt qu’un résumé, j’en citerai trois passages particulièrement significatifs:

- "A l’âge post moderne, une valeur cardinale perdure, intangible, indiscutée au travers de ses manifestations multiples: l’individu et son droit toujours plus proclamé de s’accomplir à part, d’être libre à mesure même que les techniques de contrôle social déploient des dispositifs plus sophistiqués et humains."

- "Le narcissisme est indissociable de cette tendance historique au transfert émotionnel: égalisation-abaissement des hiérarchies suprêmes, hypertrophie de l’ego, tout cela à coup sûr peut-être plus ou moins prononcé selon les circonstances, mais à la longue, le mouvement semble bien irréversible…"

- "A-t-on jamais autant organisé, édifié, accumulé, et simultanément, a-t-on jamais été autant hanté par la passion du rien, de la table rase, de l’extermination totale? En ces temps où les formes d’anéantissement prennent des dimensions planétaires, le désert, fin et moyen de la civilisation, désigne cette figure tragique que la modernité substitue à la réflexion métaphysique sur le néant".

Il faut avoir lu ce livre pour comprendre l’époque.imagesIY0YILVW

Maxime TANDONNET

 

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Le lâche abandon des chrétiens d’Orient

PHO6eaa1696-1e40-11e4-9e1d-481a0aa74a41-245x160Ci-joint mon article publié hier par le Figaro Vox au sujet du massacre des chrétiens d’Irak:

Après Mossoul, Karakosh, la ville qui compte le plus grand nombre de chrétiens en Irak, vient à son tour de tomber le 7 août aux mains des djihadistes de l’Etat islamique. Des dizaines de milliers de chaldéens, menacés de mort, sont obligés de fuir cette cité. Les églises sont occupées, les croix brûlées. Les chrétiens, au nombre de deux millions en Irak au début des années 2000, ne seraient plus que 400 000 aujourd’hui, contraints de vivre dans la terreur. Un phénomène d’épuration ethnique est en ce moment à l’oeuvre dans ce pays. L’inaction de la communauté internationale est incompréhensible. En 1999, une coalition dirigée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France avait bombardée la Serbie pendant plusieurs semaines à la suite des exactions commises envers les habitants du Kosovo. Aujourd’hui, la destruction d’une communauté ne suscite que l’indifférence ou bien des réactions sans commune mesure avec la dimension du drame. Les dirigeants politiques montrent une étrange discrétion face au massacre en cours. Aucune opération armée pour venir en aide aux victimes n’est bien entendu envisagée, ni même évoquée en tant que possibilité. Le conseil de sécurité de l’ONU reste coi. Le silence du monde intellectuel et médiatique, des autorités morales promptes à s’indigner du sort des minorités dans le monde est particulièrement assourdissant. Qui parle aujurd’hui du «devoir d’ingérence» de la communauté internationale? Jadis, les chrétiens d’Orient, sous l’Empire ottoman, étaient pourtant des minorités auxquelles l’Europe et la France en particulier accordaient une protection particulière.

Ce lâche abandon a des causes multiples. Le monde occidental qui a largement participé à la déstabilisation de l’Irak, apparaît aujourd’hui comme englué dans sa mauvaise conscience. Le chaos qui est en train de s’installer au Moyen-Orient avec la naissance d’un «califat» jihadiste entre l’Irak et la Syrie, signe son échec cuisant dans cette région du monde. Le silence et l’indifférence actuels du monde occidental portent la marque de la défaite et de la résignation. En outre, aux yeux de l’intelligentsia bien pensante européenne, prendre la défense de chrétiens, même menacés de mort, revêt une connotation «réactionnaire»: «Croisade à droite pour les chrétiens d’Irak» titre un grand quotidien du matin. L’idéologie de la haine de soi – de «l’héritage chrétien» honni – est plus que jamais en toile de fond de ce lâche abandon. Sommet du paradoxe: la bonne conscience humanitaire, devenue sélective, est en train d’engendrer deux catégories d’hommes: ceux qui ont droit à la compassion et à la protection de la communauté internationale, et les autres, chrétiens, qui n’y aurait pas droit tout autant. Les récupérations, amalgames extrémistes en tout genre, destinés à accabler des populations musulmanes en général – qui n’ont strictement aucun rapport avec ce drame – ne font qu’amplifier la confusion et aggraver la paralysie générale. La chute de Karakosh peut elle provoquer une prise de conscience, un sursaut? Le droit d’asile et l’accueil des chrétiens d’Orient en Europe ne constituent en aucun cas une réponse suffisante. Le Moyen-Orient est aussi le berceau des chrétiens qui y sont chez eux, après des siècles de vie en commun et dans l’harmonie avec les musulmans. Ils revendiquent le droit de garder leur maison et d’y résider en paix et en sécurité . Face à un groupuscule dont l’idéologie et les méthodes rappellent les heures les plus sombres de l’histoire, la discrétion du monde occidental renvoie au mot fameux de Winston Churchill: «…vous aurez la honte et la guerre».

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/08/07/31002-20140807ARTFIG00287-chretiens-d-orient-le-lache-abandon-de-la-communaute-internationale.php

Maxime TANDONNET

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Le coup d’Etat silencieux

3800c5705258c4b38769db3dcc709098279fe6e7Une discrète information, tombée hier en pleine torpeur aoutienne, illustre à la perfection le recul du pouvoir politique, l’affaiblissement des outils de gouvernement, l’aggravation constante de l’impuissance publique. En effet, le Conseil constitutionnel vient de censurer la décision du Gouvernement et du Parlement de supprimer les charges sociales pour les salaires équivalents ou légèrement supérieurs au SMIC. Cette mesure politique audacieuse était de nature à permettre le retour à l’emploi de jeunes qui en sont exclus et à combattre le chômage. Elle procédait d’un choix de bon sens d’un pouvoir détenteur de la légitimité démocratique. Au nom d’un vague "principe d’égalité", la juridiction suprême s’y oppose. Il ne faut pas forcément y voir un signe de mauvaise volonté ou désir de nuire, mais la conséquence d’une logique qui s’auto-entretient par développement indéfini de la jurisprudence. Par une expansion illimitée de son champ d’intervention, bien au-delà de la défense des grands équilibres républicains, le Conseil constitutionnel fait ainsi obstacle à un choix gouvernermental qui touche à une mesure simple, pratique, essentielle à la société française, à la lutte contre l’exclusion des plus fragiles et des plus démunis. L’opposition aurait bien tort de jubiler et de se réjouir. Aujourd’hui, la paralysie de la imagesdémocratie est totale. Jusque dans les moindres détails de la vie publique, le pouvoir réel a basculé du côté des grandes juridictions nationales (Conseil constitutionnel) et européennes (cour de justice de Luxembourg et cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg). En cas d’alternance, nul ne pourra presque plus rien faire, ni dans le domaine économique ou social, ni dans ce secteur régalien. La paralysie et le déclin, si rien de fondamental ne change, ne peuvent que se poursuivre. Alors, à quoi bon, sinon fanfaronner et profiter des palais dorés de la République? Face à cette évolution de fond, le politique conserve des armes, des moyens de résister: la révision constitutionnelle, le référendum. Encore faut-il avoir la volonté et l’intelligence de s’en servir.

Maxime TANDONNET

 

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Le bateau ivre

La politique française nous donne parfois l’impression d’être un bateau ivre, livré au vent et aux vagues, et s’éloignant imagesEWG2R0EFtoujours plus des rivages du réel. Nous avons un François Hollande qui pense à sa réélection et semble à mille lieu de se douter du sentiment de dérision qu’il inspire. Nous avons une Le Pen qui se voit en personnage providentiel et se projette à l’Elysée sans avoir conscience de la répulsion viscérale qui s’attache à tout ce qu’elle représente, avec son parti, aux yeux de 80% des Français. Nous avons un Nicolas Sarkozy dont le nouveau discours, axé sur son "devoir" de revenir, paraît étrangement en décalage avec l’opinion dans sa globalité. Des sondages et des "commentaires", nous allons en avaler dans les 32 mois qui viennent. Le Pen en tête, cela fait vendre du papier, jubiler le monde médiatique, excite les plateaux de télévision, avec un petit parfum grisant de sensationnel et d’autoflagellation. Toute forme d’idolâtrie ou de culte de la personnalité est grotesque. La France pourrait en rire, s’amuser de cette comédie ridicule. Cependant, la France n’a aucune envie de plaisanter. Elle voit le monde qui se désintègre, la montée vertigineuse des menaces de tous ordres et son appareil productif qui s’effondre, non pas de la faute des autres, de la mondialisation, du grand capital et des banques, mais pour n’avoir jamais eu le courage d’accomplir les réformes nécessaires. Elle est gagnée de vertige devant le vide sidéral de projets, de perspectives, de possibilité d’alternance crédible, de destin. Elle n’en peut plus des mêmes noms, mêmes têtes, mêmes familles, parfois depuis quatre décennies, mêmes partis et mêmes clans… La France a besoin d’un renouvellement total, radical de sa classe dirigeante, sans lequel rien ne sera jamais possible. Ce renouvellement ne dépend pas de grand chose finalement, d’un sursaut de l’électorat. Mais la mobilisation de ce dernier n’est possible que sous l’impulsion d’un groupe, d’une équipe. Il faudrait qu’une quarantaine de grands élus, de hauts responsables publics et privés, d’intellectuels, lancent un appel dans ce sens comme point de départ. Une prise de conscience est sans doute en cours mais il manque l’audace et l’énergie…

Maxime TANDONNET

 

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4 août 1914, de l’union sacrée à l’apocalypse

imagesY9KMD53ZLe 4 août 1914 marquait, un siècle auparavant, l’entrée de la France dans ce qui allait devenir la Grande Guerre ou la première guerre mondiale. Un discours du président de la République, Raymond Poincaré, prononcé à la Chambre des Députés et au Sénat par le président du Conseil, René Viviani, proclamait "l’union sacrée" pour la défense de la patrie. Cet évènement nous inspire les sentiments les plus contradictoires. Face à l’invasion préparée de longue date par l’état major militaire de Guillaume II et la déclaration de guerre allemande de la veille, la France qui avait multiplié les gestes d’apaisement – par exemple le retrait de ses forces à 20 kilomètres de la frontière – n’avait bien entendu plus d’autre choix que de défendre son territoire. Nous sommes éternellement redevables à nos grands ancêtres qui ont fait le sacrifice de leur vie. Mais en même temps, on se dit que rien dans l’histoire de l’humanité ne fut plus criminel que ce conflit à l’origine du sans-titremassacre de la jeunesse européenne – 17 millions de morts, dont 1,5 million de Français, et autant de mutilés à vie -, l’effondrement de l’Europe, le point de départ d’un siècle de tragédies et de barbarie: le triomphe du marxisme léninisme, le fascisme et le national-socialisme, la deuxième guerre mondiale, les camps d’extermination… Lointain souvenir d’enfance, celui d’une très vieille tante unijambiste tout en bonté et générosité. Son histoire fait froid dans le dos. Après avoir perdu ses quatre frères et son fiancé dans cette abominable tragédie, elle avait tenté de mettre fin à jours en se jetant sous un train. Elle n’a pas réussi à trouver la mort mais elle y a perdu sa jambe. Attention: la cruauté de l’histoire et la folie humaine ne sont qu’un éternel recommencement.

Maxime TANDONNET

 

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L’échec de Ve République?

imagesCe que j’écris aujourd’hui relève du tabou absolu et je suis bien conscient que je vais m’attirer les foudres ou le mépris de tout le monde, surtout de mes amis gaullistes. Gaulliste, je le suis plus que quiconque, car je suis de ceux qui considèrent le Général comme la plus grande figure nationale de tous les temps. L’Appel du 18 juin dans la solitude absolue au lendemain de la pire débâcle jamais subie par le pays, représente à mes yeux, paradoxalement, le sommet de l’histoire de France par son audace et son caractère prophétique. En revanche, il faut juger des institutions politiques sur leurs résultats. C’est triste à dire, à constater, presque un déchirement, mais comment ne pas voir dans quel abîme se trouve la France aujourd’hui, la France de la Ve République créée par de Gaulle en 1958. Nous avons eu une décolonisation algérienne inévitable mais extrêmement douloureuse, qui a laissé encore des stigmates dans une partie de la population celle des rapatriés, puis la révolte de mai 1968, cette énorme fracture dont on ne retient aujourd’hui que les aspects sympathiques,  le déclin progressif de l’économie française – par rapport à l’Allemagne ou la Grande-Bretagne – l’effacement de la France dans le monde, la montée constante des tensions communautariste et des violences, le chaos des banlieues, le chômage massif et sa hausse inexorable depuis 40 ans, l’impuissance publique à régler les difficultés des Français, la confiscation du pouvoir par une caste de politiciens sans envergure, une montée électorale vertigineuse d’un courant extrémiste que nous n’avions pas connue même dans les années 1930. Bref, il faut sortir du dogme et ouvrir les yeux, quitte à se faire mal: la Ve république semble être globalement un échec; en tout cas, le débat sur ce thème est légitime et doit être ouvert.

Maxime TANDONNET

 

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La faillite du monde occidental

images56F6HIY6Bien entendu, les grandes tendances historiques n’apparaissent à la pleine lumière du jour qu’avec le recul des décennies ou des siècles. Et pourtant, nous vivons peut-être une phase nouvelle de l’histoire de l’humanité qui serait celle de l’effondrement du monde occidental. L’abandon des chrétiens d’Irak et de Syrie en est l’un des symptômes les plus épouvantables, les plus significatif. Dans l’indifférence et l’inaction de la communauté internationale, les chrétiens victimes de persécutions ont disparu de la ville de Mossoul où ils vivaient depuis plus de 1000 ans sans que jamais, d’ailleurs, les mots d’épuration ethnique n’aient été prononcés. Et pourtant… Le monde occidental, dont le christianisme est l’un des piliers, avec la culture grecque, la civilisation latine et les Lumières, se renie à travers cet abandon invraisemblable. https://www.portesouvertes.fr/informer/presse/communique-de-presse/2014/3238337/urgence-irak

Le monde occidental, nous le voyons aujourd’hui, totalement désemparé,  incapable d’esquisser le moindre geste significatif, dans un monde en pleine désintégration: Irak, livré au jihadistes, Libye, Ukraine, Afrique subsaharienne. En réalité, le monde est privé d’ordre, de leadership et la déstabilisation le gagne de part en part. Vingt à trente ans auparavant, nombreux étaient ceux qui croyaient à l’avénement de la démocratie universelle, de la loi universelle des marchés et la fin de l’histoire:" Le triomphe de l’Occident, de l’idée occidentale, éclate d’abord dans le fait que tout système viable qui puisse se substituer au libéralisme occidental a été totalement discrédité." (Francis Fukuyama, La fin de l’histoire, Commentaire, 1989). Les causes de cette débâcle du monde occidental dont on célébrait la victoire au début des années 1990, sont sans doute multiples: la mauvaise conscience, au coeur de l’idéologie dominante, la violence de la crise financière et économique de 2008-2012, une succession de dirigeants médiocres (Clinton, GW Bush, Obama).

Et puis, un facteur qui nous échappe, "le secret de la force de l’histoire" dont parle Charles Péguy dans Clio, dialogue de l’histoire et de l’âme païenne . Ben Laden est le grand vainqueur de ce début du XXIème siècle: les attentats du imagesP8ZKBLA911 septembre 2001, entraînant l’intervention occidentale de 2003 en Irak ont ouvert une ère de chaos sans fin. Cette instabilité conduit sans doute au retour des Nations, ultime protection dans la tourmente. Quelle forme prendra-t-il? Celui de Nations repliées, aigries,  revanchardes, frileuses; ou celui de Nations ouvertes sur l’extérieur, le dialogue, la modernité, prêtes à affronter les réalités, même dans la douleur, l’effort, et à relever les défis? Nul n’en sait rien…

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

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La loi du malheur

imagesY9AWCS8PLe malheur est un sujet qui nous hante et l’été y est propice. 118 morts dans le crash du vol Alger-Ougadougou, dont 54 Français, et des familles entières décimées, des personnes heureuses de partir en vacances et soudain précipitées dans l’horreur. Un accident de la route a fait 5 morts, deux jeunes femmes et trois enfants. Le conjoint de l’une d’elle et père de l’un des petits disparus, 7 ans, s’est donné la mort à Limoge. Perdre d’un seul coup deux personnes aimées, dont un bout-de-chou de 7 ans qu’on ne serrera plus jamais contre soi, comment serait-ce supportable? Pourquoi, comment le hasard se met-il à frapper et à jeter le malheur sur les uns, sur les autres, accident, maladie, catastrophe? Peut on y échapper, sur plusieurs générations?

Revenons au vol AH 5017. Il était en effet indispensable que les plus hautes autorités de l’Etat donnent un signe de solidarité en direction des proches des victimes en les recevant et en les prenant en charge. Toutefois, de sensibilité personnelle, il me semble que cela devrait se faire dans la discrétion, le silence, le recueillement. La médiatisation, les "drapeaux en berne", le "deuil de trois jours", le discours appelant à "l’union nationale", me paraissent étrangement décalés, hors de propos, et pour tout dire, à côté de la plaque.

Maxime TANDONNET

 

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Les trois piliers du déclin français

imagesY3XD32Z9Quand tout le monde va mal en Europe et en Amérique du Nord, nous nous sentons moins seuls et pouvons relativiser nos propres déboires. Une situation de ce type prévalait dans les années 2008 à 2011. Il faisait bon alors fanfaronner: "la France s’en sort moins mal que les autres". En revanche, quand nous sommes les seuls à rester par terre, il n’existe plus d’échappatoire ou de consolation. La chute de la France a trois dimensions:

- Economique: La reprise se manifeste dans toute l’Europe sauf en France. http://www.capital.fr/bourse/actualites/la-france-seul-pays-europeen-ou-l-economie-recule-selon-les-indices-pmi-950678

- Sociétale: la société française est profondément fracturée et cette désintégration se traduit par des phénomènes de haine et de violence qui n’existent pas, ailleurs en Europe, tout au moins à ce niveau. Il faut y voir un déclin de l’autorité, au sens le plus positif du terme, celui de la règle de vie commune qui s’impose à tous et permet de vivre en harmonie ou tout au moins en paix par delà les différences et les désaccords. http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/07/23/31001-20140723ARTFIG00091-maxime-tandonnet-france-cherche-autorite-desesperement.php

- Politique: on en revient toujours à cet extraordinaire sondage CEVIPOF de janvier 2014 selon lequel "88% des Français estiment que les politiques ne tiennent pas compte de ce que pensent les gens comme eux". La montée de l’indifférence ou du dégoût envers la politique se traduit par l’abstentionnisme, le vote protestataire, une impopularité chronique de la classe dirigeante et prive le pays de l’élan et de la confiance indispensables à toute sortie de crise. http://www.lefigaro.fr/politique/2014/01/13/01002-20140113ARTFIG00369-francais-et-politique-la-confiance-se-degrade-nettement-selon-le-cevipof.php

La pire attitude est celle qui consiste à se fabriquer des responsables ou des boucs émissaires à l’image des dirigeants du pays qui deux ans et demi après leur arrivée au pouvoir, ne cessent d’accabler leur prédécesseurs: tellement facile! De même, affirmer que tout vient des autres en fustigeant "la mondialisation", le capital, l’Amérique, l’Europe ou l’euro ne tient pas la route: c’est bien la France et elle seule qui s’enfonce toujours plus profondément. La responsabilité est collective et tient à plusieurs décennies d’erreurs, de lâcheté, d’aveuglement, de démission de la classe dirigeante. Les socialistes, depuis 1981, ont accumulé les choix ou non choix désastreux sur le plan économique ou sociétal. Mais au pouvoir, nous n’avons jamais eu le courage et l’audace de prendre les mesures de réformes qui s’imposaient comme l’abrogation pure et simple des 35 heures ou sur la restauration de l’autorité. L’issue du malaise général passe par un renouvellement de la classe dirigeante, l’arrivée au pouvoir de nouvelles générations, de noms qu’on avait jamais entendu. Mais le système politique français est verrouillé, clanique, népotiste, avec ses réseaux, ses cercles de courtisans, ses héritiers et ses familles, offrant peu d’espace à la perspective d’un renouveau.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

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L’autorité contre le chaos


imagesCi-dessous, ma tribune de cette semaine, publiée hier par Figaro-Vox.

Les événements de Barbès et de Sarcelles soulèvent une question inévitable: pourquoi ces actes antisémites qui ont profondément bouleversé le pays, se sont-ils déroulés plus particulièrement en France? En Allemagne et au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, sociétés où les phénomènes communautaires sont au moins aussi marqués, il ne semble pas que l’on ait assisté à une telle transposition du conflit du Proche-Orient, tout au moins à ce niveau. Ces événements n’ont d’ailleurs rien de nouveau, si ce n’est pas l’ampleur du déchaînement de violence. De tels affrontements se reproduisent périodiquement, comme en 2000 ou en 2009. Le Gouvernement n’a pas hésité à parler «d’antisémitisme». Cela n’a pas toujours été le cas dans le passé. Les politiques, les intellectuels, les médias, sur une vingtaine d’années, ont toujours eu tendance à banaliser ces phénomènes. «Le caillassage des synagogues, c’est juste la transposition de ce que les jeunes voient à la télévision dans les territoires occupés. Ils jouent à Zorro en prenant les jeunes palestiniens en modèle. Pour moi, c’est de la frustration, cela n’a rien à voir avec l’antisémitisme» écrivait un intellectuel réputé le 16 octobre 2000. Nous payons aujourd’hui le prix de cet aveuglement qui ne date pas d’hier.

Mais la singularité française dans cette situation tient au rapport qu’entretient le pays avec l’autorité en général. Quand une manifestation est interdite, par définition, elle ne doit pas avoir lieu. Or les violences de ces derniers jours sont nées de rassemblements qui se sont produit malgré leur interdiction. La société française, depuis une quarantaine d’années, s’est donnée pour mot d’ordre «il est interdit d’interdire». Ce qui est en cause, c’est l’autorité de la loi républicaine, c’est-à-dire la loi démocratique issue du suffrage universel. Il est coutumier, en France, d’appliquer la loi «à la carte», quand cela arrange. L’autorité de l’Etat, dont l’un des rôles essentiels est de faire respecter la loi, en sort affaiblie. Quelle valeur peut avoir, aux yeux des citoyens, un arrêté ministériel ou préfectoral? Cette indifférence à l’ordre républicain se retrouve dans tous les milieux, du sommet à la base. De hauts responsables publics en donnent l’exemple à travers la succession des scandales financiers. La banalisation des trafics illicites, les violences envers la police, la montée des agressions contre les enseignants, sont autant de signe de la poussée d’un état de non-droit et d’un affaiblissement de l’ordre républicain. Or, le chaos engendre la violence, la haine, et parfois de vives tensions. Il n’existe pas de vie sociale possible, de paix civile durable, sans une règle du jeu commune, sans l’autorité de la loi et la crainte de la sanction. Le respect de la loi – son autorité naturelle comme la conscience des risques auxquels on s’expose en la bafouant – est d’autant plus essentiel que la société devient à certains égards de plus en plus complexe, divisée et conflictuelle. L’autorité de la loi est la seule réponse possible aux dérives et aux violences communautaires. Aux Etats-Unis ou en Allemagne, la loi revêt un certain caractère sacré et son respect est naturel. Les violences l’antisémites en France, qu’illustrent notamment la tentative d’incendie de synagogue et le saccage de magasins, marque la quintessence de cette longue dérive chaotique de la société française. Songeons que les régimes totalitaires du siècle passé sont nés de situation de chaos, dans la Russie de Nicolas II ou l’Allemagne de la République de Weimar. Comment éviter que des faits aussi affligeants, insupportables, puissent se renouveler? Le retour à l’autorité de la loi républicaine (avant même l’adoption de nouvelles lois), devrait être la priorité absolue de tout gouvernement.

Maxime TANDONNET

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Leçons de l’enfer

Deux amis m’ont récemment offert les livres de témoignage de leurs proches, juifs rescapés des camps de concentration du siècle passé, l’un Auschwitz, et l’autre le Goulag. En ces temps d’incertitude et de questionnement sur les valeurs et sur le destin de l’humanité, ces souvenirs, rapportés du fond de l’enfer, constituent une précieuse source de lumière.

une-vie-de-juif-sans-importance-9782221109793_0L’un Roger Perelman, déporté à Janina, camp satellite d’Auschwitz le 1er novembre 1943, évacué le 18 janvier 1945 raconte comment il fut l’un des deux survivants d’un groupe de 40 déportés. Il est impossible de résumer en quelques lignes la souffrance qu’il a vécue et les conditions de sa survie, mais la leçon qu’il tire de cette plongée dans les entrailles de la férocité humaine fait froid dans le dos: "Finalement, je crois intimement qu’un régime de type nazi peut réapparaître et que la mémoire d’Auschwitz ne l’empêchera pas comme elle n’a pas empêché d’autres génocides en Europe ou ailleurs. Je le crois parce que la haine est mobilisatrice, la modération est contemplative et surtout volatile." [Roger Perelman, une vie de juif sans importance, Robert Laffont].

L’autre, Julius Marcolin, originaire de Biello-Russie, a été déporté au Goulag en 1939, sans JaquetteMargolin_000raison particulière si ce n’est sa religion, et libéré en 1945. Son récit fait état de la même barbarie absurde – les coups, le froid, la faim, la promiscuité, les maladies, la rage permanente d’humilier et d’avilir pour déshumaniser – mais avec une différence qui est l’absence de la volonté d’extermination. Impossible également de résumer cet ouvrage bouleversant de près de 800 pages. Sa conclusion est elle aussi accablante sur la lâcheté humaine, le conformisme, l’aveuglement volontaire, l’instinct grégaire: "En effet, il suffit de faire allusion aux victimes des camps [staliniens] pour que, chez des hommes en d’autres circonstances pleins d’une bonté mielleuse et d’une sensiblerie démocratique pour la moindre imperfection de notre monde, brusquement poussent des crocs de loup et se manifestent une surdité totale et une secheresse de coeur." [Julius Magolin, voyage au pays des Ze-Ka, le bruit du temps]. Ces propos, qui datent de 1947, n’ont-ils pas une connotation étrangement actuelle?

Maxime TANDONNET

 

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Réponse à Philippe Bilger

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Au coeur de l’ été, un temps lourd et orageux écrase le pays, à l’image de son climat politique, de plus en plus chaotique, délétère.

Dans une tribune publiée le 17 juillet par le Figaro Vox, je m’étonnais de paroles prêtées à François Fillon contre Nicolas Sarkozy estimant que si elles étaient avérées, elles relevaient plus d’une attaque personnelle, dans une perspective de course à l’Elysée, que d’un désaccord politique.

Philippe Bilger me fait l’honneur de répondre  à ma tribune en soulignant que les combats de personnes font aussi pleinement partie de la politique.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/07/18/31001-20140718ARTFIG00224-philippe-bilger-fillon-ne-combat-pas-les-idees-de-sarkozy-mais-sarkozy-lui-meme.php

Il a raison. Cependant  (et c’est ce que j’ai voulu dire), dans une période aussi tourmentée que la nôtre, les Français, me semble-t-il, attendent de la politique des réponses à leur profondes inquiétudes, à leurs souffrances ou à leur malaise, c’est-à-dire davantage de débat d’idées et moins de batailles d’ambitions et de petites phrases.

Nous traversons une crise d’une exceptionnelle gravité: poussée d’antisémitisme sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale avec les cris de "mort aux juifs" entendus à Paris;  révélations à tout-va de corruption dans les milieux politiques; crise de la représentation démocratique qui se manifeste dans la montée vertigineuse de l’abstentionnisme et de vote protestataire; aggravation des phénomènes de violence et de communautarisme; malaise des services publics, de l’école, de la police, de l’armée; soupçons de partialité  idéologique qui pèsent, non pas sur la Justice, mais sur certains juges; impuissance du pouvoir politique, notamment face au chômage de masse; montée de sentiments "europhobes" véritables c’est-à-dire, non pas dirigés contre les institutions et les politiques de l’Union européenne – ce qui relève du débat démocratique – mais contre de grands pays voisins qui s’en sortent beaucoup mieux que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Pendant ce temps, contrairement au mythe de "la fin de l’histoire" et du triomphe de la démocratie universelle, la planète est prise de violentes secousses, au Moyen-Orient et jusqu’en Europe elle-même où un massacre d’une barbarie inouïe vient d’être commis avec la destruction de l’avion de la Malaysia Airline au-dessus de l’Ukraine.

Dans ce contexte, les batailles d’ego entre politiciens en mal de reconnaissance élyséenne prennent une connotation particulièrement odieuse. Notre premier devoir civique de Français, dans ce marasme, est de nous foutre éperdument de la question de savoir qui sera le prochain petit marquis à pavoiser sous les ors de l’Elysée.  Celui de tout homme d’Etat digne de ce nom – aujourd’hui –  est de travailler à la recherche de solutions concrètes et réalistes à la crise profonde que traverse la Nation et qui la menace dans son intégrité et son avenir. La conquête du pouvoir ne doit pas être considérée comme une fin en soi, sauf à s’exposer à une épouvantable désillusion, mais une étape obligée dans l’accomplissement d’un projet politique. Que faire? Il n’y a pas d’autre question, de mon point de vue, qui tienne la route en ce moment.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Une triste et une bonne Nouvelle

images (2)Une triste nouvelle pour commencer: le décès d’Hervé Christiani. A vrai dire, le nom ne me disait plus grand chose mais sa chanson culte, "Il est libre Max", reste gravée dans ma mémoire. Quand j’étais adolescent, tout le monde la chantait, dans la rue, la cour du lycée, au travail, partout, et mon prénom (plutôt rare à l’époque), m’exposait plus que quiconque à ce refrain. Ecoutons-là une nouvelle fois, elle est vraiment belle, pleine de poésie, de gentillesse, de simplicité, d’humour:

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&cad=rja&uact=8&sqi=2&ved=0CCsQtwIwAg&url=http%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DBofHyTfvEgE&ei=6wjIU7riHqeP7Aa2hoGIAg&usg=AFQjCNFGt-nFgoLIS8ChrEK8Bs_KF-YWqw

Une bonne ensuite, même de portée minime: ce blog se comporte comme les coureurs français du Tour de France cette année: il monte, inexorablement, désormais classé 27ème de tous les blogs politiques, 5 places avant celui d’Alain Juppé! Il prouve que l’on peut échanger des idées sur Internet en se respectant, sans polémique ni sectarisme, crêpage de chignon, violence verbale, vulgarité ou fanatisme.

http://labs.ebuzzing.fr/top-blogs

Un grand merci à ses visiteurs – environ un millier chaque jour, avec des pointes exceptionnelles entre 2 et 3 000 – contributeurs, et blog associés. Sur Internet aussi, l’union fait la force!

Maxime TANDONNET

 

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Réflexions sur le XXIème siècle

imagesAu fil de ma lecture de Cioran, Oeuvres, Gallimard 1995, je trouve ces paroles saisissantes: "Dans l’histoire, on est toujours au seuil du pire [...] On peut donner pour certain que le XXIème siècle, autrement avancé que le nôtre, regardera Hitler et Staline comme des enfants de choeur." Propos de dépressif (qu’il n’était pas) ou salutaire prophétie? Cette question ne cesse de me hanter. Selon une première hypothèse, l’homme aurait changé, serait devenu meilleur grâce à "l’effet d’expérience" (ne pas reproduire les atrocités du siècle précédent), la mondialisation, les technologie de l’information et la diffusion des images, la hausse moyenne du niveau de vie… Suivant une autre vision des choses, rien n’aurait vraiment changé, en quelques décennies, de la nature humaine, prompte à la violence, au fanatisme, à la rage de détruire et de tuer. Oh, ce n’est pas de la grande philosophie, mais une simple réflexion "d’honnête homme". Pessimiste me dira-t-on? Un siècle vient de passer. Le 16 juillet 1914, nul n’imaginait l’apocalypse en train de couver. Quel idiot pessimiste eût alors annoncé le massacre de 17 millions d’Européens, un dizième de la jeunesse décimé, autant d’infirmes à vie, combien de veuves et d’orphelins, un continent dévasté, un cataclysme d’où sortirait le marxisme-léninisme et le national-socialisme, puis un second conflit encore trois fois pire dans ses effets? Aucun! Je ne dis pas que tout cela se reproduira en pire et tout autrement, mais qu’il ne faut rien exclure et surtout pas que Cioran ait eu raison. Ainsi, jamais, de mémoire,$_57 nous n’avons connu une situation aussi complexe et incontrôlable au Moyen-Orient, avec l’échec radical du monde occidental, marqué par l’émergence d’un califat qui bouscule toutes nos certitudes historiques et les menaces pesant sur Israël. Le XXIème n’en est qu’à ses débuts.

Maxime TANDONNET

NB: Le champ de blé aux corbeaux de Van Gogh, qui illustre ce billet, peint en 1890, me semble avoir un caractère annonciateur des tragédies du siècle suivant. 

 

 

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Mortel malentendu

images (1)Je regardais hier l’intervention du 14 juillet de François Hollande. Qu’en penser, en essayant de faire abstraction de toute passion, de prendre du recul, la perspective d’un regard historique? Il nous donnait l’image d’un homme en quête de séduction, avec ses nouvelles lunettes à la mode, son air bonhomme, à la fois sympathique, sérieux et jovial. Et pourtant, le courant ne passait pas, comme si chacune de ses paroles sonnait creux, avec une évidence une toile de fond: il cherche à être aimé, à reconquérir l’opinion. "Que l’esprit humain serait pauvre sans la vanité" a écrit Nietzsche (Humain trop humain 79). De la vanité,  il en faut une dose hors du commun pour aspirer à la plus haute fonction, au prestige élyséen: culte du "je", désir de gloire, de laisser une trace dans l’histoire, d’être regardé comme le premier. Pourtant, dans le marasme d’une crise de civilisation, il s’en faut d’un rien pour que le prestige inhérent à la fonction présidentielle tourne à la dérision et que le chef de l’Etat, loin de briller de l’éclat d’une étoile au firmament, offre aux regards une image pathétique, presque pitoyable, plus comique que tragique, n’incarnant plus la Nation qu’à travers ses échecs, son impuissance, son malaise et ses complexes. Quel sens cela a-t-il? Il ne faut surtout pas se faire d’illusion: tout homme ou femme, sans exception, dans la situation de M. Hollande, subirait aujourd’hui le même triste sort ou presque: Valls, Juppé, Fillon… L’idée par exemple, d’un Lemaire, Bertrand ou d’une Lepen apparaissant à la télévision un 14 juillet pour donner la leçon aux Français, suscite en mon for intérieur un puissant éclat de rire silencieux: "Le rire, c’est un acte de supériorité, un triomphe de l’homme sur l’univers, une merveilleuse trouvaille qui réduit les choses à leur juste proportions" (Cioran, Oeuvre, Gallimard p 1778)). La vérité, je crois, c’est que le modèle d’un président incarnant le "sommet", la première place, le guide, n’est plus adaptée à notre époque. Les Français, avec leurs souffrances, leurs inquiétudes, leurs désillusions, ne supporteront plus jamais l’idée d’un "premier français" quel qu’il soit. L’uniforme du Général, l’homme du 18 juin 1940, est bien trop grand pour n’importe quel successeur. Je crois davantage, dans l’avenir, au travail obscur d’un Premier ministre sans prétention ni ambition mégalomaniaque, soutenu par une majorité soudée, pour tenter de remettre sur les rails un pays dévasté par la crise économique et sociale, la violence et le communautarisme. S’il reste une place à l’héroïsme, celui-ci ne saurait procéder que de l’autorité tranquille, du labeur courageux, de la discrétion et du désintéressement.

Maxime TANDONNET

 

 

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La trahison

588945Le ministre de la défense a tenu des propos révélateurs de l’état d’esprit de la classe politique en affirmant de M. Hollande qu’il « sera en situation d’être candidat à l’élection présidentielle de 2017 ». Trois ans à l’avance, voilà ce qu’ils ont tous en tête: non l’intérêt général, le service des Français, le bien commun, mais la conquête ou préservation de "l’Elysée". Nous en comptons déjà une bonne douzaine, de futurs candidats proclamés ou potentiels. Qu’est ce qui leur plaît dans la présidence? La gloriole, premier français, côtoyer les grands de ce monde, le prestige des salons dorés, les cuisines, le parc, les cortèges derrière les motards, l’airbus présidentiel, l’impression du pouvoir, l’illusion de la puissance que donne cette cohorte de fayots et autres lèche-bottes autour d’eux. Avec la dégradation de la morale publique, du sens de l’intérêt général, cette présidence de la République, version Vème République des années 2000, autour du quinquennat, est devenue l’un des fléaux majeurs du pays. Elle n’a strictement plus rien à voir avec la présidence de la République souveraine, populaire, du général de Gaulle pour lequel il était inconcevable que le chef de l’Etat ne démissionne pas si le lien avec le peuple était rompu. Elle excite les convoitises de tout un tas de petites frappes enivrées de bêtise, de prétention et de narcissisme. Une mesure de salut public qui ne sera jamais prise: supprimer cette effroyable trahison de l’esprit public qu’est devenue la présidence élyséenne en ce début du XXIème siècle.

Maxime TANDONNET

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Mais que veulent les Français?

images (1)Il est courant d’opposer les élites cyniques et le peuple courageux, patriote, trahi. Nous traversons une époque émolliente de vide politique, sans idées, sans projet, dominée par les polémiques qui se sont substituées au débat d’idées. Le pays est sans cap et sans alternative. A qui la faute ? Je lis ce matin un intriguant sondage de Paris Match sur la popularité des personnalités politiques. Les trois personnalités les plus populaires sont: Jack Lang (67% d’avis favorables), Borloo (66%), Delanoë (65%). Tous trois sont retirés de la politique active, donc inoffensifs, sans impact potentiel. Ensuite viennent Juppé et Bayrou (62%), Raffarin (58%), Fillon (57%). Tous quatre sur une ligne assez voisine, plutôt consensuelle, centriste. Manuel Valls est très bien placé pour un premier ministre (61%) bien mieux que Hollande (35%). Dans la mesure où le premier applique en toute loyauté la politique du second, il faut y voir un simple effet d’image, de réussite d’une communication. Par ailleurs, le seul homme politique qui a proposé quelque chose de nouveau ces derniers mois, une idée, un projet sur l’Europe, Laurent Wauquiez, s’effondre (39%). Que semblent dire les Français à travers cette enquête? Nous demandons la tranquillité, le statu quo. Nous ne souhaitons pas d’histoires, refusons d’être bousculés, troublés dans notre vie quotidienne, gouvernés tout simplement. Nous ne voulons plus de la politique (au sens noble), le choix d’un destin commun ne nous intéresse pas. A cette lecture, on se demande si la France n’est pas, aussi, malade de son peuple.

Maxime TANDONNET

 

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Le grand déballage et la honte

téléchargement Les révélations sur la vie de l’ump tombent de partout à un rythme vertigineux : frais de déplacement et de voyage sans aucune justification, factures de téléphone à 10 000 euros, argent public détourné, conjoints salariés… A vrai dire, ces informations donnent tout simplement envie de vomir. Oh, ce n’est évidemment pas mieux chez les donneurs de leçon du ps, des verts ou du fn et même peut-être pire. Mais quand même, cette avalanche d’informations qui dénotent d’une vaste entreprise de détournement de moyens publics à des fins privés nous blesse dans notre confiance et nous nous sentons humiliés, trahis, méprisés. Bien entendu, le grand déballage est voulu, délibéré, organisé, correspondant à une stratégie. La nouvelle équipe, le triumvirat, règle ses comptes. Hier, j’ai échangé avec l’un de mes amis, 92 ans, ancien résistant, mis à l’honneur dans mon livre 1940, un autre 11 novembre  (Tallandier). Il m’a dit : « quel climat épouvantable, cela rappelle les heures sombre de la délation sous l’occupation allemande, quand on dénonçait son voisin en glissant une enveloppe anonyme dans une boîte aux lettres ». J’en suis à me demander ce qu’il y a de plus abject dans ce grand déballage infernal : la corruption ou la délation.  En tout cas, la crise de la morale publique atteint son paroxysme. Les partis politiques actuels sont discrédités, tous autant les uns que les autres, et nous l’espérons, voués à disparaître pour reconstruire la démocratie sur de nouvelles bases.

Maxime TANDONNET

 

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Un génocide ignoré

Chrétiens-dOrient-lexil-ou-la-mort...Au Moyen-Orient, un génocide est en train de se produire dans le silence et l’indifférence générale: celui des chrétiens d’orient, des chaldéens. Ils étaient 2 millions, une dizaine d’années auparavant, et ne sont plus que quelques milliers. La constitution du "Califat" couvrant une partie de l’Irak et de la Syrie a achevé de sceller leur sort. A Mossoul, ne pouvant plus fuir, ceux qui restent subissent un véritable martyr.

https://www.portesouvertes.fr/agir/prier/urgence-priere/2014/juillet/irak-les-chretiens-de-mossoul-doivent-payer-la-jizya

Pendant des siècles, les religions chrétiennes et musulmane ont vécu en parfaite harmonie dans cette région du monde. Le chaos, les destructions, les guerres civiles ont ouvert la voie à des idéologues qui utilisent la religion musulmane comme prétexte pour déployer une folie génocidaire comparable aux pires régimes du XXème siècle. Le monde occidental, largement responsable, terrifié, totalement impuissant, abasourdi, couvre cette tragédie du silence de la lâcheté et se drape dans l’indifférence. Pas un mot, pas un murmure: les chrétiens qu’on martyrise, cela ne semble gêner absolument personne dans des sociétés qui paradoxalement, vouent un culte aux droits de l’homme. Ni les médias, ni les classes politiques, ni le monde intellectuel ne bougent un petit doigt… Se taire puisqu’il n’y a rien à faire, et même, chez certains, se réjouir de cette expérimentation en nature du vieux rêve "d’écraser l’infâme". Nous sommes face, me semble-t-il, à l’une des pires trahisons et des pires lâcheté de l’histoire contemporaine.

Maxime TANDONNET

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L’horreur du média-foot

images (1)A la mi-temps, le Brésil perdait 5-0 contre la "mannschaft". Les caméras montraient des enfants brésiliens en larmes. Mon fils et moi, d’un commun accord, avons éteint la télévision. Le Brésil est un immense pays émergent, dont la majorité de la population est extrêmement pauvre. Est-ce intelligent cette humiliation planétaire? Le monde médiatisé à créé cet amalgame idiot entre l’un des sports les plus attachants et les plus subtils qui soit, le football, l’argent qui coule à flot, la violence (le meilleur Brésilien Neymar gravement blessé) et un national-chauvinisme relevant des sentiments les plus obscurs de la nature humaine. Le résultat, nous l’avons devant les yeux: un grand peuple qui se sent atteint dans sa fierté, dignité, des millions de gamins en larmes. Score final, 7-1. Franchement, j’aimerais qu’on m’explique quel est le rapport entre cette ridicule métaphore guerrière, cette lamentable image de débâcle d’une grande nation, et le sport tel que nous l’aimons.

Maxime TANDONNET

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Remettre la politique en marche

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L’un des handicaps de la vie politique française tient à la permanence, la glaciation de ses élites. Par le plus grand des paradoxes, le principal espoir du camp républicain, d’après les sondages, se nomme Alain Juppé, un homme qui est au tout premier plan de la vie politique depuis… 1986 – presque 30 ans – ancien Premier ministre de 1995 à 1997. Les piliers du gouvernement? M. Fabius, Mme Royal, M. Sapin, qui hantent depuis des décennies la vie publique. Sans parler du seul fn, rien n’est plus scandaleux que ces situations où le leadership se transmet de père en fils ou en fille, courantes dans la vie politique nationale ou locale française, notamment les mairies. Il me semble qu’ailleurs, dans les autres grandes démocraties, tout se passe autrement. Des personnalités s’affirment par leur charisme et leur compétence, progressent sur cinq ou dix ans, assument leur responsabilité au pouvoir suprême, puis passent à autre chose: Mme Merkel, Matteo Renzy, Mariano Rajoy, David Cameron, Obama… "L’éternel retour "ou "l’hérédité des charges" sont des spécificités françaises, sauf erreur de ma part, à l’exception bien entendu de Cuba et la Corée du Nord. Comment une caste qui se préserve et s’auto-reproduit peut elle donner des leçons de changement et d’innovation à la société civile, au monde de l’entreprise? Si l’UMP meurt, comme l’annoncent plusieurs de ses leaders, les républicains modérés (je n’aime toujours pas le terme "la droite") auront tout à reconstruire, renouveler les visages et les idées, inventer une autre politique. Dans l’idéal, il faudrait voir émerger des personnalités issues de la société civile désireuses de s’engager pour le bien commun. Un authentique mouvement populaire devrait se constituer par le suffrage universel, et ses dirigeants être élus par les citoyens. Ne serait-ce pas le meilleur moyen de faire sauter les verrous des rentes de situation et des cooptations?

Maxime TANDONNET

 

 

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Et l’intérêt général?

images (1)La vie politique française s’enfonce toujours plus profondément dans l’impasse. Le combat autour de la présidence de l’UMP dans la perspective de  l’Elysée en 2017 n’intéresse absolument pas la France. L’avenir d’un pays n’est pas un western, une lutte de titans médiatiques. Toute forme de culte de la personnalité est inadaptée à une démocratie moderne, à l’intelligence collective. Il est illusoire, presque puéril de penser qu’un destin collectif peut se cristalliser dans le seul visage  d’un homme ou femme. Les institutions étant ce qu’elles sont aujourd’hui, il est évident que le pays devra tôt ou tard se donner un successeur à François Hollande. Mais pour quoi faire?  Quels changements réalistes, crédibles, authentiques, s’imposent aujourd’hui pour essayer de remettre la France sur le chemin de l’espérance, en matière de croissance, d’emploi, de désendettement, d’école, de modernisation de l’économie, de lutte contre la criminalité, la délinquance et le repli identitaire, la maîtrise des frontières et la rénovation de la justice? Le choix des futurs dirigeants devrait venir après, en fonction du fond de leur programme et de la crédibilité de leur personnalité le moment venu, de la qualité de leur entourage et d’un large soutien populaire. Ne sombrons pas dans le passionnel et la puérilité. Il n’existe pas aujourd’hui de sauveur, d’homme ou femme providentiel, de recours. Une étrange alchimie de l’histoire peut se produire au moment le plus inattendu, la rencontre d’un homme, d’une équipe, d’un projet réaliste et d’une Nation. Cela n’a strictement rien à voir avec les petites magouilles autour des partis politiques.

Maxime TANDONNET

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Le social-nihilisme

téléchargementIl fut un temps où le mot socialiste avait une sens, correspondait à un projet de société: "Oui, il y a une conception commune à laquelle ont abouti les socialistes de toutes les écoles et de tous les pays [...] C’est de remplacer ce qu’on appelle le capital, c’est-à-dire la propriété privée des moyens de production, par la propriété sociale commune ou collectiviste des moyens de production (Jean Jaurès 3 juillet 1897). Un siècle plus tard, cet idéal a de toute évidence échoué partout dans l’univers et plus personne ou presque n’en parle tant il paraît en décalage avec un monde voué au triomphe du marché, de l’entreprise privée, de la concurrence et de l’ouverture des frontières. Le mot socialiste est demeuré mais le contenu a totalement disparu et n’a pas été remplacé. Comme chaque jour en donne une nouvelle illustration, la référence "socialiste", en France, évidée de sa signification, sert d’enveloppe à l’expression d’ambitions personnelles dominées par le narcissisme, règne du paraître, de la posture bien pensante, volonté de puissance orientée vers la conservation du pouvoir et des postes, clientélisme et élimination par tous les moyens de l’adversaire. Le néant qui caractérise la classe dirigeante au pouvoir – en dehors du culte de l’ego et de la communication – donne le vertige. Si le sol continue à se dérober sous leurs pas – me semble-t-il –  ils choisiront le chaos et la poussée extrémiste, plutôt que de devoir céder leurs places. Je ne me fais guère d’illusion sur la perspective d’une future alternance conforme à mes souhaits de profonde réforme des institutions publiques, ni sur l’arrivée d’un sauveur, ou renouveau en profondeur de la classe politique. Non par pessimisme, mais par simple réalisme, conscience du temps qui passe. Tant pis: franchement, tout sauf ceux-là… 

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Tristesse…

h-4-1221836-1215615758Depuis hier, j’ai rencontré au moins trois personnes qui m’ont spontanément parlé du décès de Benoît Duquesne.  Cette  mort suscite une authentique émotion parmi les gens du quotidien, croisés dans la rue ou sur la marché du samedi, dont nous sommes. Pourquoi? Son visage m’ était familier, même si de nom, je ne l’aurais pas situé. Le journaliste appartenait à cette génération nombreuse du baby boom, juste un peu plus vieux que je ne le suis, celle, privilégiée, ou les filles s’appelaient Catherine et Sylvie, les garçons Jean, Michel ou Benoît.  L’image qu’il donnait était aux antipode de l’époque actuelle et de ses idoles médiatiques: discret, respectueux, calme, pondéré, modéré, simple, sans haine, ni prétention ni agressivité. Dans le flou de ma mémoire lointaine, je me demande s’il ne m’avait pas invité à une émission sur France télévision, en 2003 ou 2004 pour présenter l’un de mes livres. Oui, je crois bien que c’était lui, gentil, curieux, ouvert, tolérant. Cette disparition à 56 ans, nous touche. Elle nous dit que tout peut s’arrêter à tout moment, d’un seul coup, sans crier gare, en pleine force de l’âge. J’y pensais en jouant au tennis ce matin, et j’ai perdu, 3-6, 5-7. Il faut tout relativiser, nos déceptions personnelles, notre inquiétude ou révolte collective,  nos échecs, et même nos humiliations. Et profiter au mieux du moment présent, de chaque minute qui passe. Je profite de cette chronique intimiste pour remercier les visiteurs et les intervenants sur ces pages, dont les  commentaires, imprégnés de sagesse, de modération et de bon sens, sont une source de réel enrichissement.

Maxime TANDONNET

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Foot et bêtise humaine

images (1)Bien sûr, le lecteur pensera que je suis un type prétentieux mais tant pis, j’assume en disant ce que je pense… J’ai parfois le sentiment que l’une des faiblesses de notre époque est liée à la bêtise, le déficit intellectuel, le manque d’intelligence qui domine la France "d’en haut". Il ne viendrait à personne pendant cette coupe du monde de relativiser et de rappeler que les aléas d’un ballon qui entre ou qui sort relèvent du jeu et justement, du non-sens. Les commentateurs et analystes anglais, espagnols, italiens, allemands, sont-ils aussi stupides? Je ne sais pas, il faudrait prendre le temps de lire la presse étrangère et regarder les télévisions européennes. Cette poussée de l’inintelligence est peut-être le fruit du déclin de l’éducation nationale, de la lecture, de la culture générale, du nivellement par la base. Je crois vraiment que les personnalités qui accèdent à la parole publique et s’expriment dans les médias (stars de la politique, vedettes médiatiques, célébrités diverses, supposés intellectuels), censés éclairer le grand public, sont bien en-dessous de la moyenne. En plus, cette coupe du monde de football est lamentable sur le plan sportif. Brésil-Colombie fut l’un des matchs les plus insipides et les plus violents que je n’aie jamais vu. L’agression contre le numéro 10 brésilien, Neimar, qui aurait pu lui briser la colonne vertébrale, une honte pour les jeunes auxquels pareil spectacle est asséné. Quand je me promène à vélo, je m’arrête parfois pour regarder des ados qui jouent sur les terrains du bois de Vincennes: le spectacle est mille fois meilleur. Laissons crever le foot-médiatique, rongé par la violence, le règne de l’argent, du chauvinisme et la bêtise humaine…

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Pour une "déclaration des devoirs civiques"

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Il est difficile de ne pas reconnaître que la France "d’en haut", la classe dirigeante est en pleine dérive. Le fond du problème – me semble-t-il – tient à une sorte d’effondrement de l’esprit civique, du sens du bien commun au profit d’un narcissisme généralisé. Nous sommes dans la quintessence du repli nombriliste, obsession du "je", disparition du respect des valeurs communes, que dénonçait Gilles Lipotewsky dans L’ère du vide, Gallimard, 1983. Cela touche la politique, mais aussi la haute fonction publique, le monde médiatique, la presse, la magistrature. Le temps est venu d’adopter une déclarations des devoirs, qui serait insérée dans la Constitution et compléterait les grands textes républicains qui y figurent déja (déclaration de 1789, Préambule de 1946, lois fondamentales de la IIIe République). Cette nouvelle déclaration des devoirs, constitutionnalisée, affirmant ou rappelant certains grands principes, s’imposerait à toutes les autorités, y compris les juridictions et magistrats chargés de la faire appliquer. Elle comprendrait:

  • Le devoir d’impartialité absolue de toute personne chargée d’une fonction publique ou dans la magistrature.
  • La suppression de toute nomination dans une fonction publique en dehors d’une procédure de recrutement neutre et anonyme (concours, examen professionnel).
  • La destitution systématique de tout responsable public, ou perte de mandat électoral, en cas de détournement de pouvoir ou de fonds publics à des fins personnelles ou illégales.
  • L’incompatibilité entre certaines fonctions à connotation stratégiques, dans la magistrature ou la haute administration avec l’appartenance à un parti politique ou un syndicat.
  • L’obligation d’une expérience de 7 ans au moins dans la société civile avant d’exercer des fonctions d’autorité dans la fonction publique ou la magistrature.
  • La démission impérative et immédiate de la fonction publique en cas d’élection à un mandat politique national.
  • La neutralité rigoureuse de l’audiovisuel public accompagnée d’un principe d’égalité absolue du temps de parole entre les prises de position diverses.
  • Un principe absolu de laïcité et de neutralité idéologique et politique dans tout service public, toute fonction financée par des moyens publics.
  • La création d’une commission civique de 21 membres, élus au suffrage universel parmi les citoyens exempts de toute engagement politique, doté de pouvoirs importants notamment celui de sanction allant qu’à la destitution de tout responsable public (haut fonctionnaire, homme politique, magistrat) ayant bafoué l’un de ces principes.

Cela ne réglerait pas tous les problèmes de la France bien entendu, mais une telle réforme marquerait un changement profond de mentalité à la tête de l’Etat et remettrait le pays dans la bonne direction. Bien que totalement consensuelle (qui serait contre sur le fond?) elle a peu de chance de se réaliser, car il faudrait que toute une nomenklatura accepte de se remettre en cause et de renoncer à ses petits privilèges misérables. Pour bien, faire, elle devrait partir du peuple, des gens comme vous et moi et s’imposer à la caste politique et médiatique. Mais comment s’y prendre, s’organiser, on en revient toujours au même obstacle…

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

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Honneur et dignité

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)Bien entendu, je n’ai pas le moindre doute  sur l’innocence et la bonne foi de l’ancien chef de l’Etat. Je suis de ceux qui pensent que les idées, les idéologies, les débats de fond sont essentiels mais contingents, relatifs au contexte, à l’époque. En revanche, l’éthique des hommes, leur morale, leur mentalité m’apparaissent comme des paramètres d’une personnalité plus solides, constants, permanents. Sous l’occupation allemande, il y avait des salauds, des délateurs de tous les bords, droite ou gauche, extrême gauche ou extrême droite, passant parfois de l’une à l’autre; et des héros de même, de toutes origines partisanes et sensibilités. Pour nier cela, il faut ne rien connaître à l’histoire de cette période. Ce qui distingue le plus fondamentalement les uns et les autres, c’est l’éthique, l’attitude personnelle. Parmi les comportements les plus abjects, en tout temps, toute période, il y a le fait de s’acharner sur un homme à terre, en profiter lâchement pour lui décocher un sale petit coup.  L’attitude de certains dirigeants politiques, de le Pen, "Sakozy est discrédité", de Bayrou "la justice est la même pour tous", ou encore de Valls "les faits sont graves", ne me surprend outre mesure. Qu’en attendre d’autre? En revanche, je qualifierai volontiers de saloperie le comportement de ce parlementaire, ancien ministre important de Sarkozy, étouffant d’ambition, qui lui doit absolument tout, de A à Z, et déclare à propos de son affaire "respecter les décisions de justice". J’espère que cela se paiera un jour. Au contraire, Alain Juppé qui rappelle la "présomption d’innocence", n’a jamais cessé de témoigner de sa loyauté envers Sarkozy, et n’a jamais prononcé une seule parole hostile envers lui, directe ou indirecte, m’inspire le plus grand respect, même si je suis loin d’être d’accord avec lui sur tout. Merci à lui et à quelques autres de sauver l’honneur et la dignité. En temps voulu, le cas échéant, il faudra s’en souvenir…

Maxime TANDONNET

 

 

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La France est-elle foutue?

images (3)Les historiens du futur nous dirons peut-être que le quinquennat Sarkozy aura été la dernière tentative de gouvernement politique de la France, c’est-à-dire de direction volontaire de l’Etat nonobstant tous les autres pouvoirs ou les contre-pouvoirs, juridictionnels, médiatiques, technocratiques, syndicaux. La réaction à cette tentative est impitoyable; la revanche, d’une violence inouïe, laisse peu d’espoir sur la perspective de futures tentatives. Sans verser dans le pessimisme – ce questionnement est le fruit d’innombrables discussions et échanges – l’état général du pays laisse pantois: un pouvoir politique qui ne sait plus où il en est, l’absence d’alternative crédible, une économie qui se vide de sa substance, un esprit public, ou sens de l’intérêt collectif en pleine débâcle, une fragmentation de la société sans précédent, fuite massive des cerveaux, l’effondrement du niveau intellectuel et de l’esprit critique, emprise croissante de l’idolâtrie ambiante, des démagogies de tous ordres. La pente est-elle définitive? Un sursaut peut-il se concevoir? L’histoire montre qu’aucune nation n’est éternelle, les empires, les royaumes, les Républiques ont une place plus ou moins limitée dans la chronologie de l’humanité. La France, bâtie par les Capétiens et poursuivie par les Républicains est-elle aujourd’hui en fin de cycle, après un peu plus de 1000 ans d’histoire? Si toute perspective de rétablissement devait être écartée, faut-il passer à autre chose, un retour à une sorte d’Empire carolingien à l’échelle de l’Europe, ou au contraire un éclatement en provinces ou principautés souveraines, les deux à la fois, ou bien encore rien du tout, une surface plane sans véritable autorité légitime, livrée à la loi de la jungle, rêve des anarchistes? Dès lors, le sacrifice de nos arrière-grands-parents en 1914 dont nous célébrons le centenaire, comme celui de nos grands parents dans la deuxième guerre mondiale, aura été vain, perdu, plongé dans l’absurde. Pour tout dire, je n’ai pas vraiment de réponse…

Maxime TANDONNET

 

 

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MILLE EXCUSES AUX LUXEMBOURGEOIS

images (2)Mon billet d’humeur concernant l’élection à la tête de la Commission européenne de M. Juncker, repris par le Figaro Vox, me vaut des commentaires furieux de ressortissants luxembourgeois sur ce site et sur le blog. Mes mots ont dépassé ma pensée et j’y affirme des choses sans essayer de les démontrer. Le terme "non Etat" est déplacé tout comme celui de "petit pays". Je maintiens ce que je pense sur l’image conservatrice de l’Europe que donne cette élection, mais j’aurais dû le dire tout autrement, et ,précisant que je n’ai rien contre M. Juncker personnellement, ni évidemment contre le Grand duché,  je présente mes excuses sincères à toute personne que ce billet pourrait avoir blessé d’une manière ou d’une autre.images

Maxime TANDONNET

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La grande récup’ (pris pour des cons)

images (1)Les responsables politiques, qu’ils soient de gauche, du centre, de droite ou des extrêmes, ont pour la plupart une fâcheuse habitude: celle de prendre les gens pour des cons. Je les ai suffisamment fréquentés pour le savoir. Rares sont les exceptions. A force de faire des bises sur les marchés, de prodiguer des sourires, poignées de main, compliments dont ils ne croient pas un mot, ils finissent, enfin beaucoup d’entre eux, par sombrer dans la maladie du mépris. La récupération de la coupe du monde de football en est un exemple sidérant. Nous voyons les socialistes au pouvoir se contorsionner pour tirer parti des bons résultats de l’équipe de France. "La France gagne quand les socialistes sont au pouvoir" titre un article du Point. Les salons des Palais de la République sont mobilisés pour de grands spectacles de projection des matchs. Une rumeur, à laquelle je refuse de croire, fait même état d’un projet de déplacer les célébrations de la fête nationale au 15 juillet afin de permettre aux plus hauts dirigeants du pays de se rendre au Brésil pour assister à une éventuelle victoire française… Je ne vois dans ces attitudes qu’un détournement, une trahison de l’esprit du sport et du football. Mais comment peut-on imaginer un instant que les Français sont assez stupides pour relier les résultats d’une équipe de football à la politique du gouvernement ou à la personnalité de ses leaders (de droite ou de gauche, peu importe) et ainsi faire passer au second rang de leurs préoccupations, la violence, le chômage de masse (5 millions de demandeurs d’emploi), la destruction de l’Europe (voir billet précédent), le déclin de la France? D’ailleurs, la surexploitation idéologique par l’extrême droite des destructions – ignobles et grotesques – qui accompagnent en France le déroulement de la compétition, est de la même veine, celle de la récupération la plus cynique. Certes, contrairement à une légende, le peuple n’a pas "toujours raison", il n’est pas infaillible, éclairé par un bon sens de nature mystique et l’idée d’un peuple éclairé et porteur de la raison est parfaite utopie comme le soulignent tant d’exemples dans l’histoire. Pourtant, de là à prendre les gens pour des cons, à ce point, il y a quand même une marge…

Maxime TANDONNET

 

 

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L’Europe de M. Junker

images (2)téléchargement (1)La nomination de M. Junker à la tête de la Commission européenne est tout un emblème, celui de de la dérive abyssale de l’Union européenne. Il est l’un des principaux dirigeants du plus petit des 28, le Luxembourg, 500 000 habitants. L’élu d’un non Etat, d’une minuscule principauté, prend ainsi les rênes de Bruxelles. Il incarne la continuité et le statu quo, un personnage sans relief, pur symbole de la technocratie bruxelloise, l’antithèse de l’imagination, de la créativité, du renouveau. Il est a priori l’image inverse de l’Europe des peuples et des nations. Alors, sa nomination exprime une vérité non-dite: l’Europe puissance, alliance, l’Europe politique, expression d’une solidarité entre les peuples, personne n’en veut, surtout pas les dirigeants nationaux qui n’ont au fond qu’une obsession: conserver leurs pré-carrés et leurs privilèges. Ce choix reflète leur volonté de poursuivre dans la voie actuelle, celle d’une Europe des bureaux, des procédures, des comités, des directives, des sanctions. Le transfert du pouvoir à la technostructure et aux juridictions européennes, que recèle l’image de M. Junker,  les arrange: elle leur permet de se défausser de leurs responsabilités et de ne conserver du pouvoir que les attributs, auxquels ils tiennent pardessus tout.  Cette attitude est nourrie du mépris des peuples européens. Elle explique le dégoût général que les citoyens du continent éprouvent pour les institutions de l’Union européenne, malgré leur attachement viscéral à la paix,  à l’unité et à la solidarité européennes. Elle est la cause fondamentale de la montée vertigineuse du vote extrémistes un peu partout et particulièrement en France. Jusqu’où iront-ils dans cette logique mortelle?

Maxime TANDONNET

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L’ordre et le désordre

images (1)Pour des raisons qui me sont personnelles, ou professionnelles, je n’évoque pas directement les sujets "régaliens", la sécurité et l’immigration, même si d’après toutes les enquêtes d’opinion, ces thèmes figurent, avec l’emploi, parmi les principaux sujets de préoccupations des Français. En revanche, j’en parle indirectement à travers la sempiternelle question du déclin du politique et de l’impuissance publique, l’incapacité des dirigeants du pays à gouverner celui-ci, qui ne date pas d’hier. Dans les deux ans qui viennent, ces enjeux, autour de l’autorité de l’Etat, du respect de l’ordre public et des lois, des règles concernant les frontières, de la vie, de l’intégrité physique et de la propriété d’autrui vont inévitablement prendre une importance colossale, sans précédent, dans une opinion publique totalement déboussolée et plus particulièrement les milieux défavorisés, de toutes origines, les plus directement confrontés à la réalité, privés des moyens de se protéger par l’argent, les supposés "bons quartiers" écoles privées ou "bons établissements scolaires". L’angélisme, l’argent et l’hypocrisie ont toujours fait bon ménage (à trois) dans notre pays. Il ne fait guère de doute à mes yeux que les prochains gouvernants du pays, ceux qui seront portés au pouvoir en 2017, seront les personnalités qui trouveront les mots, l’audace, le courage et les propositions de transformation susceptibles de convaincre les Français de leur détermination à cet égard. En l’absence de prise en compte crédible de la souffrance et des angoisses profondes du pays, nous assisterons à une nouvelle poussée des braillards démagogues et des extrêmes, à une aggravation vertigineuse du dégoût envers la chose publique. Pour l’instant, comme Soeur Anne, plongés dans un grand brouillard de lâcheté et d’aveuglement, nous ne voyons rien venir, en dehors de quelques frémissements…

Maxime TANDONNET

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Incompréhension

sans-titreJ’affirme beaucoup de choses dans mes billets divers, mais là, je souhaite parler d’un sujet qui n’appelle pas de jugement tranché de ma part, tant il est complexe et tragique, mais plutôt un questionnement, des interrogations: celui de Vincent Lambert. Tétraplégique à vie à la suite d’un accident depuis 6 ans, son épouse souhaite l’arrêt des soins et de l’alimentation alors que ses parents s’y opposent. Le fond du problème, si j’ai bien compris, c’est que lui n’est pas en mesure de manifester sa volonté. Les jurisprudences se succèdent et se contredisent, Conseil d’Etat, Cour européenne des droits de l’homme. Pourquoi faut-il qu’une situation de ce type remonte à des juridictions qui sont à mille lieu de son lit d’hôpital? Pour être franc, je ne vois pas ce qu’il y aurait de chrétien à empêcher ce pauvre garçon de partir. Qui d’entre nous choisirait de vivre comme il le vit, en l’absence de tout espoir de guérison, plutôt que de quitter ce monde?  Ce n’est pas un problème de droit, ni d’idéologie, mais de simple raison humaine. Bien sûr que la situation des parents est abominable, mais enfin dans un cas de ce genre, c’est au corps médical, au chevet du malade, de prendre ses responsabilités et pas à des juges européens dans leur palais de verre. Pardon si je choque, on peut être en désaccord, mais c’est vraiment ce que je crois.

Maxime TANDONNET

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L’échec d’un gavage collectif

 

Hier soir, vers 20h35sans-titre, j’ai zappé sur la vingtaine de chaînes de télévision accessibles chez moi. Stupéfaction: impossible de trouver une émission qui parle d’autre chose que de la coupe du monde de football. Impossible. Toujours les mêmes images, piailleries débiles, commentaires crétins fleurant bon l’idolâtrie jacassante et le chauvinisme obsessionnel ou nationalisme de bas étage. Bon, pendant ce temps là, évidemment, nul ne parle du seuil des 5 millions de chômeurs (toute catégorie confondue) franchi le jour même, un nouveau record historique, de l’apocalypse irakienne, de l’effroyable désastre de la vie politique française avec la quasi disparition du pouvoir politique, la déliquescence de l’opposition, la poussée de l’extrême droite qui résulte de ce contexte. Ce que j’écris là est une évidence, une lapalissade presque. Mais la vraie question est celle ci: cette entreprise de gavage imagescollectif, de lobotomisation de masse fonctionne-t-elle? Les Français tombent-ils dans le piège du lavage de cerveau? Eh bien peut-être pas autant qu’il n’y paraît… Je tombe par le plus pur des hasards sur un sondage du Point concernant le ressenti du Mondial (bien sûr totalement ignoré et passé sous silence) . 44,1% pensent que "pendant qu’on parle de football, on n’évoque pas les vrais problèmes". 35,2% "se fichent totalement du Mondial". Voilà, 79,3%, près de 80%, d’après cette enquête d’opinion portent un regard critique sur le matraquage quotidien et ce dévoiement, récupération du sport, du beau sport qu’est le football, à des fins de propagande et d’anesthésie générale. Signe de résistance et d’intelligence collective. Les Français sont moins malléables, moins stupides, moins manipulables que ne semblent le penser les élites politiques et médiatiques. Le mépris a tout de même des limites…

Maxime TANDONNET

 

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La solitude française

téléchargementIl est toujours difficile de se repérer à un instant donné dans les grands courants de l’histoire, de s’élever du quotidien, prendre du recul, de la perspective et de se situer aujourd’hui par rapport à la marche du monde. Que diront les historiens du XXIIe siècle de la France de 2014? Etrangement, la mondialisation, l’abaissement ou disparition des frontières et l’émergence du "village global", tels que nous croyons les vivre, me paraissent receler un phénomène paradoxal: la solitude croissante de la nation française. Nos ex-colonies ne cessent de s’éloigner, il suffit d’un séjour en Afrique pour le constater, ces pays se tournant vers la Chine et les Etats-Unis. Notre allié de sang tout au long des tragédies du siècle passé, le Royaume-Uni, se prépare sans doute à sortir de l’Europe donc à séparer son destin du nôtre. Le moteur franco-allemand de l’Europe, fondé sur un équilibre et une entente fondamentale entre les deux pays, est fortement compromis par le décrochage économique français. Il en reste un vague mythe, une sempiternelle référence à laquelle plus personne ne croit vraiment. L’Italie, l’Espagne se réveillent et nous regardent de haut avec notre immobilisme, allergie chronique aux réformes et au mouvement. Bien sûr les institutions de Bruxelles fonctionnent toujours, imposant leur carcan aux Etats, mais aucun Empire ou communauté supranationale n’a jamais survécu longtemps dans le rejet, l’indifférence, le mépris des peuples. C’est chose que les diplomates et les eurocrates, le nez dans la fange, sont incapables de ressentir. La débâcle de la classe politique française, pouvoir et opposition confondus, ridiculise notre pays, tout comme la poussée du vote extrémiste qui en résulte. La France médiatique s’enferme dans ses névroses cocardières autour de l’équipe nationale de football mais la crête érigée du petit coq gaulois n’impressionne personne…  Un pays dont la compétitivité s’effondre et la société se fragmente, qui s’enferme et se replie dans sa tête, s’engage sur la pente du malheur. La France, au-delà des apparences de la mondialisation, n’a jamais été aussi seule et solitaire.

Maxime TANDONNET

 

 

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Le big bang politique

téléchargementL’opposition républicaine est en train d’exploser en plein vol: scandales politico-financiers, violences des haines exacerbées, trahisons, coups de poignard dans le dos. Un retour dans l’arène politique de Nicolas Sarkozy serait le bouquet final qui acheverait sans aucun doute l’UMP en y déclenchant une guerre mortelle. L’ancien président est aujourd’hui laché par ses soutiens politiques naturels. Ne parlons même pas de son ancien premier ministre et ministre des affaires étrangères, à la tête de la Fronde. Après Bernard Debré qui l’a qualifié de "vieille branche à couper" il ne manquait plus que Xavier Bertrand pour s’attaquer au bilan de son mandat, alors qu’il fut l’un des ses principaux ministres… Oh, ce n’est pas mieux ailleurs, avec un pouvoir en pleine débâcle et une droite radicale minée par ses contradictions, son image de népotisme familial et dont les Français – tous les sondages le montrent – ne veulent à aucun prix. Une plongée dans l’arène politique de l’ex chef de l’Etat, rêvée par ses derniers fidèles, serait totalement suicidaire pour lui et pour tout le courant républicain. Un ancien président – ayant incarné la Nation pendant 5 ans – n’a en aucun cas sa place dans le marécage et la putréfaction, il doit obligatoirement se tenir au dessus de la mêlée, au niveau, non pas de la fange, mais de l’histoire en marche. Son rôle, son devoir, est celui d’un guide moral. Il ne peut se présenter en recours que dans l’hypothèse d’un "appel" du pays qui viendra ou ne viendra pas… La décomposition générale est en cours, il ne faut pas y prendre part. Dans le climat de déliquescence générale de toute la classe politique, le seul combat qui vaille est aujourd’hui celui des idées. Dans un pays en pleine paralysie politique, déclin économique accéléré, crétinisation médiatique (dont la flambée de chauvinisme imbécile autour du Mondial est la dernière illustration), comment réhabiliter la démocratie, la volonté générale, les capacités de gouvernement? Aujourd’hui, il n’y a rien d’autre à faire que de laisser les crapauds s’entre-tuer dans la mare et de réfléchir aux grands chantiers de l’avenir; rien d’autre en attendant que des circonstances plus propices se prêtent à  l’action.

Maxime TANDONNET

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