L’éternelle question de la barbarie humaine

141217144417_pakistan_640x360_apCe que j’écris est sans prétention, sous forme de question, pas de tentative de réponse. Comment l’être humain peut atteindre de tels sommets dans l’immondice, la cruauté, la barbarie infinie? L’humanité a connu le massacre des Arméniens au début du siècle dernier, l’holocauste de la jeunesse européenne avec la grande Guerre,  le génocide des Juifs par l’Allemagne hitlérienne, les crimes de Staline, le grand bond en avant de Mao et ses 80 millions de morts (les Chinois en tremblent encore), la destruction d’une partie de la population cambodgienne par Pol Pot et ses Khmer Rouges, l’extermination des Tutsi par les Hutus…  On se dit toujours, il existe un « effet d’expérience », l’humanité progresse, s’améliore, avance, la « der des der », le XXème siècle et son cortège d’horreurs, jamais plus, et les atrocités du passé ne reviendront jamais.  Mais non, l’humanité est toujours la même, avec à l’identique, sa capacité de nuisance, de lâcheté, son sadisme infini, son fanatisme, son aptitude  à engendrer la mort et la souffrance par bêtise et par perversité. Elle ne cesse de redécouvrir sous d’autres formes, les moyens de porter la terreur.  Ce qui s’est passé au  Pakistan donne le vertige. Il y a-t-il un précédent à un tel niveau d’horreur? Six terroristes talibans qui entrent dans une école à Peshawar et massacrent, un à un, froidement, des enfants de six ou sept ans, 132 petits écoliers, dans le seul objectif de se venger de l’armée pakistanaise. Il m’est parfois reproché une vision trop sombre des choses. Mais que dire, que penser après de telles abominations? Que croire et qu’espérer quant à l’avenir de l’espèce humaine?

Maxime TANDONNET

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La course au ridicule

imagesL’ump est dans tous ses états. Elle s’est aperçue que l’une de ses nouvelles promues dans l’organigramme, issue de la « diversité » était aussi membre du « siel », un groupuscule apparenté au front national. Siel, ma vertu! Vent de panique, Mme NKM, à l’origine de cette nomination, voyant sa belle robe immaculée dangereusement exposée à la salissure médiatique, a juré qu’elle « ne savait rien » et l’heureuse élue a été éjectée sans autre forme de procès. Le parti lepéniste suit le cheminement inverse, exhibant fièrement, comme un trophée, sa nouvelle coqueluche, prise de guerre médiatique à l’ump, désormais « chargée de la culture ». C’est fou comme les gens, un peu partout, sont prêts à  vendre leur âme dans la perspective d’un siège parlementaire ou d’un maroquin ministériel. Quant au parti socialiste, à travers le président de la République en visite à la Cité de l’immigration (le crime de notre système politique est d’avoir confondu, depuis Mitterrand, chef de parti et chef de l’Etat), il vient de nous ressortir « le vote des étrangers ». 35 ans, oui 35 ans, 35 ans, que cette promesse a été formulée, dans les 110 propositions! Ils ont été 17,5 ans au pouvoir (5+5+5+2,5). Et ils ne l’ont jamais fait. Et ils n’ont même jamais essayé. Et ils continuent, sans le moindre complexe, à ressortir périodiquement ce vieux serpent de mer tout en sachant qu’ils ne le feront jamais. Ils invoquent l’obstacle Constitutionnel mais de fait, ils n’en ont jamais eu tellement  envie. Toutefois, le seul fait de l’évoquer, cela divise la « droite » (tiens, on apprend au passage que M. Raffarin n’y est « personnellement pas hostile »). Cela fait gagner quelques points au front national, ce qui est toujours bon à prendre, avant les élections, pour affaiblir « la droite ». Cela resserre les rangs à gauche avec un petit parfum gauchisant qui plaît aux militants. Franchement, cette classe politique, dans sa course au ridicule, franchit les bornes du supportable. Pendant ce temps, le pays s’enfonce dans le marasme du chômage de masse, de l’exclusion des jeunes et de la désintégration, sans que cela n’intéresse plus personne. Samedi soir, j’ai dîné avec l’un de mes amis, agrégé de maths, une « tête bien faite », comme dirait l’autre. Il m’a dit: « je n’accepte plus d’être pris pour un con, j’ai déchiré ma carte d’électeur, je ne voterai plus jamais. » Il se disait « plutôt à gauche. » Comment ne pas le comprendre? C’est aussi une question de dignité.

Maxime TANDONNET

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La grande terreur des politiques

sans-titreIl est un chiffre peu commenté dans la presse et plus ou moins passé sous silence par les médias: le taux d’abstention vertigineux de la législative partielle de l’Aube, dimanche dernier: plus de 75%! Il sanctionne sans doute en partie une attitude contestable de M. Baroin. En démissionnant de l’Assemblée nationale pour passer au Sénat, il semble ignorer le mandat de ceux qui l’ont élu député pour 5 ans. Le Sénat a beaucoup moins de pouvoir que l’Assemblée, mais il est plus confortable: 6 ans assurés, un monde feutré, des débats plus calmes et plus courtois. Mais au-delà, cette abstention écrasante, des 3/4 dans une ville comme Troyes, exprime une gifle pour le monde politique qui signifie: on peut vivre sans vous. Elle condamne la tendance au détournement du bien commun au profit des intérêts personnels. Les dernières péripéties de l’ump sont hallucinantes. Mme NKM ne  se rebelle pas contre la « droitisation » par conviction profonde. N’étant ni stupide, ni aveugle, élue de banlieue, elle ne peut pas ignorer la préoccupation des Français sur la sécurité, le respect de la loi, le chaos de certains quartiers. Seulement, sa priorité naturelle est de protéger et de cultiver sa belle image de femme moderne et progressiste. Idem au parti socialiste. Il me semble évident que ce qu’on appelle « la gauche rebelle » qui s’oppose au projet Macron, est  consciente de la nécessité, pour l’emploi et le croissance, d’assouplir les réglementation y compris celle qui  interdit le travail du dimanche. Je n’imagine pas que des hommes et femmes de terrain, confrontés aux réalités, notamment du chômage des jeunes, puissent être assez bêtes pour ne pas le comprendre. Mais voilà, tout est dans la posture, dans l’apparence, l’affichage, le qu’en-dira-t-on: paraître « de gauche » avant tout le reste. Il n’existe dans ce pays, contrairement à la grande imposture médiatique, aucune poussée profonde et durable de l’extrémisme de droite. Sinon, dans le chaos généralisé, le parti créé par M. Jean-Marie le Pen serait à 40% au moins des électeurs inscrits, à Troyes comme ailleurs. En revanche, infiniment pire pour le monde politique, la confiance du pays dans sa classe politique au sens large connaît un effondrement sans précédent historique. 75% d’abstention, cela confirme le sondage CEVIPOF 2014 selon lequel 32% expriment du mépris envers la politique et 34% de l’indifférence. Ce rejet global de la politique française est infiniment plus humiliant pour le monde politique qu’une montée de la droite extrême. Face à une poussée de cette dernière, un adversaire qu’il est aisé de diaboliser, de qualifier de danger pour la République, on pourrait imaginer une sorte de mobilisation supposée « anti-fasciste » , redonnant, par un joli tour de passe-passe, un sens à la politique et à la vocation des politiques. D’où cette incroyable et mensongère machination qui nous annonce tous les quatre matins l’extrême droite aux portes du pouvoir. Mais aujourd’hui, le seul adversaire, c’est le vide,  le nihilisme engendré par la disparition de la confiance. Or, comment batailler contre le néant? La vérité est infiniment plus humiliante, plus tragique pour le monde politique. En raison de son attitude qui trahit l’intérêt général, détourne la fonction de la politique au profit de l’intérêt personnel des politiciens –  intérêt d’image, intérêt de carrière, voire même intérêt d’argent –  il provoque un climat de rejet et de repli individuel qui caractérise aujourd’hui une France en crise. 75%. Le monde politique ne sert plus à rien. Il tourne en rond, sur lui même, come une toupie folle. Il est inutile. Quoi de pire pour une profession politique dont la raison d’être, le moteur, est l’estime de son électorat?

Maxime TANDONNET

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Un pays à la dérive

sans-titreHier soir, M. Manuel Valls a annoncé son intention de rester à Matignon jusqu’à la fin du mandat de François Hollande, n’étant pas un « déserteur ». Est-ce vraiment la question? C’est le président et lui seul qui nomme le Premier ministre et lui demande le cas échéant de remettre sa démission, en fonction des résultats d’une politique. Or, la France est dans un état de délabrement qui fait peur. Un rapport de l’OCDE révèle que notre pays est celui où l’on travaille le moins dans le monde occidental. D’où, bien entendu, l’effondrement de l’économie, la désindustrialisation, les déficits, le chômage pulvérisant tous les records historiques. La chancelière allemande Mme Merkel, se permet d’invectiver la France en critiquant l’insuffisance de ses réformes. Sur le fond, elle a raison, mais de quel droit cette ingérence dans les affaires de notre pays, et de l’Italie. Veut-elle donner corps à l’image en vogue du diktat germanique sur l’Europe? Je ne suis pas sûr qu’avec Sarkozy, ni même avec Chirac, Mitterrand, encore moins VGE, Pompidou, sans même parler de de Gaulle, un dirigeant allemand se fût jamais permis un tel dérapage. A Créteil, un fait divers abominable, une jeune femme de 19 ans violée dans un appartement devant son compagnon sur un mobile antisémite, souligne l’invraisemblable chaos et qui s’est emparé des banlieues populaires de notre pays. Il faut ne jamais sortir des beaux quartiers et des collèges d’excellence, ou bien être totalement obtus pour ne pas s’en apercevoir. Qui profite de cette effroyable pagaille? L’extrême droite française, qui n’existe que par sa culture de haine et sa démagogie, florissante dans les enquêtes d’opinion. Deux ans et demi à attendre avant l’alternance, dans ces conditions, cela paraît une éternité. D’autant plus qu’aucune dynamique de changement profond, des hommes, des institutions et des politiques ne semble en voie de s’esquisser. La France est épuisée des mêmes visages, parfois depuis 30 ans, mêmes clans, mêmes noms, mêmes familles. Les batailles d’image et fanatismes de l’ego, les gesticulations, les magouilles de partis, les calculs salaces et les jacasseries politicardes n’intéressent plus personne. Il suffit de descendre dans la rue et d’ouvrir les oreilles pour comprendre la gravité et la profondeur de la défiance que la politique inspire. L’abstentionnisme et le vote protestataire ou extrémiste, aussi massif qu’il est sans issue, sont le signe d’un véritable désespoir collectif de nos concitoyens. Aucune lueur d’espérance pour l’instant dans un horizon politique totalement bouché, une démocratie confisquée, une personnalisation des enjeux et des intérêts qui confine au grotesque. Au premier frémissement positif, d’où qu’il vienne, promis, je serai le premier à m’en réjouir.

Maxime TANDONNET

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Le message de la crèche

imagesL’affaire de la crèche de Vendée interdite par le tribunal administratif n’est pas une première mais confirme une tendance. Près de chez moi, la crèche traditionnelle d’un hôpital public accueillant des enfants blessés dans des accidents et handicapés – et qui leur apportait un peu de joie avec ses santons et ses illuminations – a été retirée. J’observe le silence assourdissant de la classe politique nationale autour de cette nouvelle phobie de la crèche. Pourtant, le symbole de la crèche est porteur d’un message universel qui transcende la foi chrétienne. Que raconte la crèche? Elle illustre l’histoire d’une famille en fuite, persécutée, chassée par un tyran sanguinaire – génocidaire dirions nous aujourd’hui –  roi de Judée, au service des romains, Hérode, qui a décidé le massacre de tous les enfants de moins de deux ans. Ce jeune couple en errance, recueilli par des bergers de Bethléem, trouve refuge dans une étable. Dans ce contexte de persécutions et d’extrême pauvreté, il donne naissance à un enfant appelé à devenir, selon les chrétiens, le rédempteur de l’humanité. C’est à cette belle histoire d’une famille persécutée, sans doute l’une des plus sensibles, les plus bouleversantes de l’histoire de l’humanité – encore une fois, au-delà de la religion chrétienne – que nos dogmatiques d’une laïcité mal comprise donnent une chasse impitoyable à travers leur phobie de la crèche, dans un climat de silence complaisant ou apeuré de la classe dirigeante. Cette atmosphère d’intolérance et de mesquinerie a pourtant un intérêt. Le bannissement de la crèche au sens matériel des santons et de l’étable est l’occasion, pour les croyants comme d’ailleurs les non-croyants, ou les croyants d’autres religions ouverts sur l’œcuménisme, de s’interroger sur le sens profond du message de la crèche – aujourd’hui censuré. Et surtout, de le redécouvrir dans toute sa richesse.

Maxime TANDONNET

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Suppression des notes et abêtissement de masse

images0SBF2TCLLe conseil supérieur des programme propose la suppression des notes au collège et le ministère de l’Education nationale pourrait valider cette option dans les jours à venir. L’idée n’est pas nouvelle.  Il faut y voir un serpent de mer qui eut son heure de gloire en mai 1968, resurgit périodiquement et trouve aujourd’hui un climat propice à son accomplissement. En supprimant l’outil d’évaluation, elle permet de poser un voile pudique sur l’effondrement du niveau moyen de l’enseignement. Elle s’inscrit dans une logique de nivellement par le bas, de négation de la réussite individuelle, de la récompense des efforts et de la sanction des échecs qui permet de se remettre en cause. Elle tend, de manière implicite, vers le bannissement de la notion de progrès individuel, la fierté d’un parcours de savoir, d’intelligence et de réussite. Sur le fond, elle heurte de plein fouet le principe de « méritocratie républicaine », de promotion par la réussite intellectuelle. Inspirée par l’égalitarisme, elle est imbibée d’hypocrisie: en cassant la sélection par l’intelligence, on lui substitue une sélection par l’argent ou le réseau familial. Et tout le monde le sait.   Bref, à l’image du pouvoir actuel, elle porte vers la destruction, la terre brûlée, la fuite en avant idéologique. Tout ceci, avec bien d’autres choses, marche vers le même objectif: promouvoir, de façon subreptice, peu à peu, l’abêtissement de masse, une société privée des repères de la connaissance fondamentale et des bases de l’esprit critique dont les membres seront d’autant plus aisément manipulables par n’importe quel pouvoir, politique, idéologique, commercial. Nous en voyons déjà les effets de long terme avec un retour  au culte de la personnalité en politique, le triomphe de la crétinerie dans la vie médiatique, le recul de la lecture, la réflexion, l’histoire, la montée des extrémismes en tout genre, la mort des débats d’idées, l’incapacité croissante des Français à se parler, à échanger, la montée, toute primitive, des réflexes de lynchage, de délation et d’insulte qui envahit la sphère sociale, l’intolérance galopante aux idées des autres. Tout va dans le même sens et la suppression des notes au collège ne fait que marquer une étape nouvelle dans la marche vers le chaos et l’abrutissement collectif qui prépare le terrain des propagandes, ouvre la voie à toutes manipulations.

Maxime TANDONNET

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Une belle citation

imagesAu fil de mes lectures nocturnes, je suis tombé sur une jolie citation, une pépite qui se dispense de tout commentaire. Elle est du professeur Henri Bergson, cité par André Tardieu, dans La profession parlementaire (Flammarion, 1938). Je ne résiste pas à l’envie de la faire partager, tant elle exprime, sans avoir pris une ride en près d’un siècle, l’enjeu crucial de la politique contemporaine : « Le principe de la vraie démocratie est la communauté d’obéissance librement consentie à une supériorité d’intelligence et de vertu. Comment se recrutera, comment se constituera en classe dirigeante et en conseil de gouvernement cette aristocratie  nouvelle, toujours à renouveler, du talent, de la compétence, et surtout du caractère. Tout le problème de la démocratie est là ». Nul n’a encore trouvé la solution, faut-il le préciser; et jamais sans doute nous n’avons été aussi éloignés de cet idéal bergsonien de la démocratie. D’où le marécage dans lequel nous pataugeons…

Maxime TANDONNET

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Scène détestable dans le métro

sans-titreCe matin, j’ai assisté à une scène horrible dans le métro. A 8 heures 20, comme d’habitude, les voyageurs sont entassés dans la rame, jusqu’à l’étouffement. Une nouvelle vague d’usagers écrase tout le monde, pour forcer le passage. On ne peut pas le reprocher aux gens, c’est ainsi de train en train pendant deux heures et il faut bien arriver à l’heure au boulot… Sur cette ligne populaire, une jeune adolescente, au style légèrement bcbg, se plaint à juste titre d’être écrasée et de ne pas pouvoir respirer. A ce moment là une harpie énervée se met à lui hurler dessus, dans le genre, « t’es pas contente, t’as qu’à aller à pied », et l’engueulade dure, la gamine ne répond pas. Elle est à côté de moi et je prends sa défense en m’adressant à la folle: « Ecoutez, il ne faut pas vous énerver ainsi, Madame, tout le monde est serré que voulez-vous? » La tension monte brusquement dans la rame. L’hystérique redouble de fureur. Surprise!  La foule prend le parti de la dingotte, contre l’adolescente, et se retourne contre moi.  « Oh, de quoi tu t’mêles connard? ». La petite a réussi entre temps à se faufiler hors du wagon et la cinglée descend enfin à son tour à la station suivante.  Pourquoi est-ce que je raconte cela? D’abord parce que la scène m’a choqué, la réaction de la foule surtout, contre une adolescente. Ensuite parce que tout cela me fait penser, en creux, aux politiques français, de l’extrême droite à l’extrême gauche avec leurs polémiques et leurs réglements de compte, leurs ambitions moisies, leurs grands bureaux dans les sièges des partis, leurs grosses bagnoles avec chauffeurs, et qui feraient mieux de se lever tôt le matin pour prendre le métro de 8 heures 30; non pas pour régler les problèmes, ils en sont incapables, mais au moins en signe de solidarité. Et puis je pense aussi à cette effroyable violence haineuse, appétit de lynchage, lâcheté de s’en prendre à une adolescente – un peu différente de par son style – , qui fermente dans la société française et s’exprime si bien dans ma petite anecdote.

Maxime TANDONNET

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Le marécage

imagesJe suis désolé de dire cela pour tous ceux qui sont contents aujourd’hui, sincèrement désolé, mais moi, la vie politique française ne m’a jamais autant dépité. Le renouveau pourrait s’incarner dans M. Lemaire qui accomplit un score impressionnant à l’ump. Or, il se trouve que cette personnalité est exactement à l’inverse de ce que j’attends de la politique: convictions,  modestie, désintéressement personnel, travail discret et dévouement au bien commun. De même, un chef de l’Etat redevenu chef de parti, l’histoire qui recule, qui bégaie, cela ne m’inspire, personnellement rien de bon, rien de positif. L’extrême droite est finalement une caricature d’elle-même avec son culte du « sauveur providentiel » paravent de magouilles familiales. On ne devient sauveur qu’ex-post –  pour avoir effectivement sauvé le pays (Churchill, de Gaulle) – et pas dans la propagande, l’exploitation de la naïveté des foules (Boulanger). Quant au pouvoir en place, il n’en reste plus rien,  désintégré, atomisé, non seulement par les échecs, mais bien plus encore par le ridicule, ce qui est le pire des sorts qui puisse jamais arriver à un dirigeant,  un gouvernement. Tout ce petit monde de frime et de médiocrité n’éveille strictement rien en moi qui puisse ressembler à une lueur d’espérance. Je crois au travail de fond, au courage, à la créativité, à l’intérêt général, pas aux pitreries. D’où une certaine nostalgie que j’exprime dans la chronique ci-dessous pour le Figaro Vox, se terminant par la citation suivante, que j’adore: «Il n’y a plus la gauche et la droite. Il y a les gens qui sont en haut et qui veulent voir les grands horizons parce qu’ils ont une très lourde et lointaine tâche à accomplir; il y a les gens qui sont en bas et qui s’agitent dans les marécages» 

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/11/28/31001-20141128ARTFIG00369-le-gaullisme-est-il-de-droite.php

Maxime TANDONNET

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Les socialistes peuvent-ils changer?

imagesAu fil de mes lectures, je suis tombé sur une phrase intéressante: « Diminuer les fonctionnaires, jamais. Toucher aux dépenses sociales, jamais. Le remède: désarmer, encore désarmer, toujours désarmer ». Ces paroles sont de Vincent Auriol député socialiste, prononcées en janvier 1933 au moment de l’avènement d’Hitler au pouvoir en Allemagne, cité par Jacques Debu-Bridel, L’agonie de la IIIème République (Editions du Bateau ivre). Le socialiste français est, presque par définition, à contre courant de la réalité. Il est dans la posture: l’essentiel, c’est de paraître « de gauche« , c’est à dire, dans son esprit, généreux, moderne, jeune, progressiste, ouvert. Le bien commun, l’intérêt général, le destin du pays viennent au second plan. Depuis que le parti socialiste existe, depuis le Congrès de Tours en décembre 1920, il n’a jamais vraiment changé. La gabegie de 1981, les nationalisations qui ont fait exploser la dette, les recrutements massifs dans la fonction publique, la retraite à 60 ans, puis les « 35 heures » en 2000 ont gravement plombé l’économie française. L’un des grands malheurs de la France est de n’avoir pas su faire émerger une force de sensibilité sociale et réaliste à l’image du parti travailliste britannique de Tony Blair ou du SPD allemand de Schröder. Un tournant est-il en train de se produire qu’incarnerait Manuel Valls? Aujourd’hui, les paroles vont à l’évidence dans le bon sens, autour de l’impératif de compétitivité des entreprises et la lutte contre les déficits, mais la politique réelle ne cesse de s’en éloigner, si l’on songe par exemple à la gratuité totale de la médecine (tiers-payant des médecins) facteur de déresponsabilisation et d’aggravation du déficit et la hausse des prélèvements. Le socialiste de base en est resté à sa vision de toujours, dénonçant les « cadeaux au patronat », la remise en cause des « acquis sociaux », persuadé qu’on règle le chômage en recrutant dans la fonction publique, locale ou nationale, prisonnier de ses dogmes et de sa posture dite « de gauche ». On ne changera hélas jamais le parti socialiste. images

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Aux confins de la démagogie

téléchargementLa patronne du fn détaille un plan d’action  alambiqué sur l’Europe dans une interview au Figaro de ce jour: après son élection en 2017, elle présentera un ultimatum en 4 points à l’Union européenne. Puis, en cas de refus (probable) elle proposera aux Français un « référendum sur la sortie de l’Union« . Si les Français le rejettent, Mme Le Pen démissionnera au bout de 6 mois après son élection. Pourquoi ce schéma tortueux, irréel, chaotique, vaguement surréaliste, alors qu’il suffirait de dire franchement, en allant droit au but, si vous m’élisez, la France sortira de l’Union? Sans doute pour embrouiller les esprits, ne pas dire que l’on veut sortir de l’Union – préserver l’électorat modéré – mais le dire quand même pour l’aile dure. Personnellement, dans l’hypothèse du référendum perdu, je n’imagine pas un instant qu’après un si beau parcours, l’aboutissement d’une ascension familiale de 40 ans, Mme Le Pen démissionne après 6 mois de présidence. On me dira tout ce que l’on veut mais je n’y crois pas une seconde. Par ailleurs, le chef du fn est favorable à la retraite à 60 ans et ne s’inquiète pas pour les déficits: « si vous réglez le chômage, vous réglez les déficits ». Bien sûr. Et comment régler le chômage? « Passer par la monnaie, réaliser de grandes économies sur la gabegie inouïe que représentent l’immigration, la fraude sociale, l’UE, la décentralisation, et revenir à des protections face à la mondialisation ». Voilà, au fond, ce n’était pas si compliqué, le chômage. C’est la faute des immigrés, de l’Europe, de la mondialisation, des collectivités locales. Et ce n’est surtout pas, bien entendu, le résultat des renoncements du pays à se réformer et à accomplir les efforts nécessaires de gestion rigoureuse et de modernisation depuis 30 ans. Et si vous n’êtes pas d’accord: « Ce sont des arguments de comptables ». No comment. Je laisserai le dernier mot à mon nouvel ami, André Tardieu: « Je regarde, je lis, j’écoute, et je trouve que l’on se moque du monde à l’excès. On s’en moque à droite. On s’en moque à gauche. On s’en moque partout. » (La note de la semaine, 1936, Flammarion).

Maxime TANDONNET

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Narcissisme en politique et médiocrité intellectuelle

narcisse-samedi[1]Je trouve ceci dans le Point : « Mercredi 26 novembre, à l’Élysée, François Hollande remet les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur à l’écrivain et académicien Jean d’Ormesson. Il commence ainsi son discours : « Vous avez réussi tout au long de votre vie à être aimé. Je me suis posé cette question : comment avez-vous fait ? Aimé de tous ! » Après un éloge, il conclut : « Ceux qui racontent l’Histoire ont plus de chances d’être aimés que ceux qui font l’Histoire. »  Il n’est pas le seul dans la classe politique française. La plupart des pontes de la vie publique, candidats déclarés ou potentiels au poste de chef de l’Etat, sont obsédés par l’idée d’être aimés, de laisser leur nom dans l’histoire, de « faire l’histoire ».  Il faut voir dans cette mégalomanie, qui finit par noyer tout sens du bien commun, la trace d’un double phénomène: la quintessence de l’évolution narcissique et individualiste de la société en général – moi d’abord – et l’effet de l’hyper-présidentialisation des institutions: rien ne compte en dehors de l’Elysée, même si le pouvoir élyséen relève, comme je l’ai dit mille fois, en grande partie de la frime et de l’illusion. Mais surtout, c’est le signe du déclin de l’intelligence. Car il faut à l’évidence manquer d’intelligence, de clairvoyance, de recul,  pour se donner autant d’importance à soi-même et penser que l’histoire retiendra autre chose que vos échecs, vos ridicules, vos promesses trahies. Paul Deschanel – président de la République en 1921, tombé du train en pyjama  – est décidément le précurseur de la politique moderne. Mais il ne faut surtout pas penser que les politiques se sont de tout temps caractérisés par leur médiocrité et leur bêtise. Dans l’histoire, la démocratie française en a produit de profondément brillants et lucides. Je songe par exemple à André Tardieu, major de l’école normale supérieure et du concours du Quai d’Orsay, qui écrivait après son expérience du pouvoir comme président du Conseil: « J’ai fait, pendant 14 mois, ce que j’ai pu. Et c’est précisément de pouvoir si peu au regard de ce qu’on veut qu’on reste blessé au cœur. » (L’épreuve du pouvoir, Flammarion, 1934). Intelligence, lucidité, modestie face à  l’histoire: qualités précieuses et bienheureuses, qui vont bien souvent de concert.sans-titre

Maxime TANDONNET

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Pierre-André Dufetel

sans-titreJe n’avais plus de ses nouvelles depuis six mois. D’habitude, il m’appelait régulièrement pour échanger avec moi et nous déjeunions ensemble au restaurant. Le 11 novembre, il ne manquait jamais de me convier aux cérémonies patriotiques organisées par son association et au banquet. Inquiet, c’est en faisant une recherche sur Internet que j’ai appris le décès, en juin dernier, de mon cher ami Pierre-André Dufetel, 92 ans, architecte. Le président de l’association des Résistants du 11 novembre 1940, avait parrainé les recherches et la rédaction de mon petit livre sur la manifestation des étudiants et des lycéens sous l’Arc de Triomphe, contre l’occupation allemande. A 17 alpha10eme1ans, à la suite de cet évènement, au péril de sa vie, il était entré dans la Résistance au côté de son père, ancien combattant de 14-18 ayant perdu un bras. Ce dernier, chef du réseau Kleber, avait été arrêté par la Gestapo en 1941 sous les yeux de son fils qui ne l’a plus jamais revu. Pierre-André à été impliqué dans des coups de forces de la résistance contre l’occupant, avant de réussir son évasion par l’Espagne – qui lui valut 6 mois dans les geôles de Franco – puis de s’engager en 1943 dans la France Combattante, de rejoindre l’aviation alliée et de participer comme pilote à des raids américains sur le territoire allemand . Comme tous les grands modestes, il n’aimait pas qu’on le qualifie de héros. A vingt ans « je n’ai fait que mon devoir » avait-il coutume de me dire. Il ne portait pas un regard pessimiste ni désabusé sur le monde ou sur la France, croyait notamment au sursaut de la jeunesse, à l’image des étudiants et lycéens du 11 novembre 1940. Il avait 92 ans lors de son décès, mais je pleure un ami exceptionnel.1940 un autre 11 novembre

Maxime TANDONNET

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Lamentable!

sans-titreLes sifflets à l’encontre d’Alain Juppé, lors du meeting de Bordeaux samedi, dont la presse et les médias font leurs choux gras, sont de bien mauvais augure. Ils rappellent les haines viscérales et autres conflits d’intérêts personnels qui hantent le parti républicain en France – Giscard-Chirac, Chirac-Balladur, Copé-Fillon – qui permettent aux socialistes d’occuper le pouvoir et au parti lepéniste de monter dans les sondages et les élections intermédiaires. Les Français attendent de l’opposition qu’elle se penche sur l’avenir du pays, son redressement économique, son indépendance, sa sécurité, son unité, le futur de ses enfants. On n’imagine pas, quand on est au sommet de la France dite « d’en haut », de sa vie politique et médiatique, à quel point les batailles d’ego répugnent la France « dite d’en bas ». Personnellement, je suis pour une transformation radicale du système de gouvernement français: application – enfin- de la Constitution de 1958 avec un président qui préside et un Premier ministre qui gouverne sous le contrôle du Parlement, reconquête du politique face à la toute puissance des juridictions, référendum, décentralisation poussée. Je pense sincèrement que les dirigeants du pays et ceux de l’opposition ne sont pas assez lucides ni visionnaires pour comprendre à quel point cette révolution républicaine est nécessaire. Il faut donc faire avec ce que l’on a, c’est-à-dire un système totalement impuissant et dévoyé, centré autour de la perspective de l’élection présidentielle de 2017 qui produira un nouveau chef de l’Etat semi-fantôche et bouc émissaire de toutes les frustrations nationales. Mais au moins, que cela se fasse dans la dignité. Alain Juppé, même s’il a comme tout le monde des défauts que nous lui connaissons, a toute légitimité pour se présenter à l’élection présidentielle de 2017, autant que n’importe quel homme politique français. Il est bien d’avoir un débat d’idées, un échange sur le fond, une confrontation des désaccords. Mais les marques de mépris et de rage envers lui sont lamentables, donnent une image mesquine et honteuse de la politique, révulsent les Français qui ne sont ni idôlatres de personne, ni militants politiques mais attendent que les politiques s’interessent à leurs problèmes et à ceux de la France.

Maxime TANDONNET

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13%, le vertige de l’impopularité

images[3]L’impopularité du président Hollande vient de pulvériser un nouveau record avec un taux de confiance de 13% selon IFOP/JDD. A la même période, en novembre après deux ans et demi d’exercive du pouvoir, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy, pourtant jugée basse à l’époque, était trois fois plus élevée avec 39%, celle de Jacques Chirac (second mandat), de 36%, et lors de son premier mandat de 41%. François Mitterrand atteignait lui 60% (SOFRES). Ce n’est pas seulement une politique et ses résultats qui sont condamnés par les Français, mais une attitude, une personnalité, un style, une image. Cette crise de confiance est désastreuse sur le plan des institutions. « Ce qui est essentiel, ce qui est pour la France une nécessité absolue, je le dis en conscience […] c’est que le chef de l’Etat dispose, dans le pays, de cette adhésion profonde qui lui est indispensable pour remplir sa mission » (De Gaulle, conférence de presse, 11 avril 1961). Pour le créateur de la Vème République, le fonctionnement du régime reposait sur la confiance du peuple en son chef de l’Etat. En cas de rupture avérée de cette confiance, il ne fait aucun doute que l’occupant de l’Elysée devait démissionner, ce qu’il a fait lui-même en avril 1969 après un référendum perdu. En effet, dans un système politique où la présidence de la République est la clé de voûte des institutions, le rejet populaire de l’occupant de l’Elysée entraîne une paralysie du pays: les réformes deviennent impossibles en l’absence de confiance et d’autorité pour les impulser au gouvernement, à l’appareil d’Etat, à la classe politique, aux relais d’opinion, aux acteurs de l’économie et de la socité civile. En outre, le chef de l’Etat est censé « personnifier » la Nation, incarner son unité, sa communauté politique. Un président qui fait la quasi unanimité contre lui et qui se maintient à son poste prive la Nation d’un repère essentiel, d’un miroir d’elle-même. Le rejet du président aggrave la tendance au morcellement, aux déchirements de la société, à la haine de soi, au délitement de la communauté nationale. Cette crise de l’image présidentielle, sans précédent historique, signe de l’effondrement du principe d’autorité, annonce probablement une explosion sociale et une gigantesque crise politique dans les mois à venir.

Maxime TANDONNET

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Raison ou Folie dans l’histoire?

Hegel_portrait_by_Schlesinger_1831Avant-hier, je tombe sur une interview de Mikhael Gorbatchev publiée par le Figaro (19 novembre). Dans l’ouragan de crétinerie qui nous enveloppe, toute trace d’intelligence est une pépite inestimable. Il prononce des mots fascinants: « Il arrive que l’histoire accélère sa course. Elle punit alors tous ceux qui se trouvent en retard. Elle punit encore plus sévèrement tous ceux qui prétendent se mettre en travers de leur chemin » . L’ancien dirigeant soviétique, l’un des plus grands personnages du siècle passé, soulève une question presque obsédante. Les grands courants de l’histoire semblent échapper à la volonté et à l’intelligence humaine. Hegel pensait (ai-je compris), que « la Raison » invisible et incompréhensible, qu’il appelle aussi « l’Esprit« , guide les grands mouvements de l’humanité, les évolutions comme les ruptures, par exemple le règne des grandes religions monothéistes (au Moyen-âge), les Nations, la révolution industrielle, la démocratie, la colonisation et la décolonisation, les totalitarismes et les guerres planétaires, la mondialisation… « C’est l’idée que la Raison gouverne le monde et par conséquent, gouverne et a gouverné l’histoire universelle […] Par rapport à cette Raison universelle et substancielle, tout le reste est subordonné et lui sert d’instrument et de moyen. De plus, cette Raison est immanente dans la réalité historique, elle s’accomplit en et par celle-ci » (La raison dans l’histoire, collection 10/18). Selon lui, derrière l’apparence du chaos, de l’incertitude, il existe un dessein universel, un principe qui conduit l’humanité quelque part. Est-ce vraiment la Raison universelle qui guide l’histoire ou bien la Folie, la Déraison universelle? S’interroge-t-on en le lisant. En tout cas, je partage ce sentiment que les soubressauts de l’histoire échappent à la volonté humaine. Quelle est la marge de manoeuvre des responsables publics? peut-on se demander. J’aime bien cette réponse de Napoléon: « Je ne me butais pas à plier les circonstances à mes idées, mais je me laissais en général conduire par elles. Qui peut à l’avance répondre des circonstances fortuites, des accidents inopinés. Que de fois j’ai dû changer essentiellement. Aussi ai-je vécu de vues générales bien plus que de plans arrêtés. » La politique consiste, au mieux, à essayer d’orienter, tenter de canaliser les mouvements de l’histoire, dans le sens du bien commun; au pire, à s’abandonner à la communication, aux effets de manche, à l’imposture consistant à faire croire que l’on maîtrise des phénomènes qui nous échappent, donc au mépris des autres. Le gorbatchevgrand homme, à l’image de Gorbatchev, n’est pas nécessairement un prophète, mais un personnage assez lucide et honnête pour admettre cette vérité élémentaire.

Maxime TANDONNET

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L’éternelle lâcheté internationale

mm1jsqCe qui se passe dans « l’Etat islamique » rejoint les pires moments de l’histoire de l’humanité, en particulier pour évoquer les plus récentes les génocides cambodgien en 1975-1979, quand les Khmers rouges ont éliminé un tiers de la population du pays, ou le massacre des Tutsi par les Hutus au Rwanda dans les années 1990. L’extermination des chrétiens d’Irak et des Yazidis, la décapitation des prisonniers de guerre syriens et des otages occidentaux sont des faits qui atteignent un degré dans la barbarie  rarement atteint depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Face à un tel phénomène, l’histoire de l’impuissance internationale est un éternel recommencement. Bombarder timidement quelques sites supposés stratégiques n’est évidemment pas à la hauteur du drame en train de se produire. Une intervention majeure d’une coalition internationale pour mettre fin au chaos est la seule attitude digne des grands Etats. Leur lâcheté collective nous révulse: coupables, devant l’histoire, de non assistance à personnes en danger. Et qu’on ne nous dise pas qu’il faut éviter de reproduire l’attaque de l’Irak en 2003 qui avait déstabilisé ce pays. La situation actuelle n’a strictement rien à voir: nous assistons, les bras ballants, à un nouveau génocide en cours et de grande ampleur. Nous (les occidentaux) sommes en train de reproduire la même lâcheté, la même faiblesse que face au « Kampuchéa » de Pol Pot ou le massacre rwandais. Il est invraisemblable que les chefs d’Etats occidentaux et les autres volontaires ne se réunissent pas dans les meilleurs délais pour mettre au point cette intervention militaire qui est de leur devoir. Il en va de la dignité de l’espèce humaine. « Vous avez choisi le déshonneur pour éviter la guerre? Vous aurez le déshonneur et la guerre » Winston Churchill.

Maxime TANDONNET

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La barbarie sanguinaire

imagesL’un s’appelle Peter Kassig, en photo ci-jointe.

L’autre s’appelle Maxime, il a 22 ans, né en Normandie, selon les témoignages jeune homme gentil et sans histoire. Il s’est engagé dans le Jihad auprès de l’Etat islamique en Irak et il est devenu un bourreau sanguinaire, impliqué dans l’égorgement d’otages et de prisonniers. Le passage de la vie quotidienne à la barbarie extrême fait froid dans le dos. Cette histoire abominable rappelle celle de ces Français engagés dans les SS qui ont participé à des massacres de populations civiles ou de cet autre français qui pendant des années, a  torturé et exécuté des compatriotes prisonniers au Vietnam. Ce n’est pas une affaire de religion, ni même, en vérité, de religion trahie et dévoyée par la barbarie, pas même d’idéologie totalitaire, mais avant tout de simple nature humaine. Comment des anges se transforment en démons. Comment toute pitié, tout sentiment humain, toute compassion envers son prochain peut disparaître d’un cœur pour laisser place à une perversité sadique et une cruauté inouïe. Comment le fanatisme est l’expression de la bestialité vicieuse. Comment le mal absolu peut triompher là où on l’attend le moins. Je pense aux parents de ce pauvre blondinet américain, Peter Kassig, engagé dans l’humanitaire en Syrie et en Irak, gardé captif pendant un an par ces monstres –  dont un compatriote qui porte le même prénom que moi –  avant d’être décapité dans des conditions indescriptibles. Je ne sais ni quand ni comment mais je sais que la justice passera, celle des hommes ou une autre, mais elle passera et m’accroche à cette idée pour supporter la pensée de telles immondices.

Maxime TANDONNET

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Le dernier lynchage

les_zazousUne certaine Zaz, chanteuse qui m’était inconnue, vient de déclencher une énorme polémique, une de plus, pour avoir déclaré: « À Paris, sous l’Occupation, il y avait une forme de légèreté. » Les télévisions, les radios, la presse quotidienne et hebdomadaire sont prises d’une crise d’hystérie comme nous y avons droit désormais au rythme d’une ou deux par semaine. Le lynchage bat son plein. Pourtant, cette phrase n’est pas complètement absurde d’un point de vue factuel, historique. Dénonçant une certaine « forme » de la vie parisienne, elle n’a strictement rien à voir avec des déclarations passées qui ont pu donner le sentiment de relativiser les horreurs de l’occupation. Car le lot commun de l’immense majorité des Français était atroce sous l’occupation: l’écrasement des libertés, la famine, les déportations, les persécutions anti-juives, les humiliations, la délation généralisée et les tortures de la gestapo,  les résistants fusillés, familles séparées, massacres de civils (Oradour). Jamais, dans toute l’histoire de France, le peuple n’aura subi un tel martyr. Mais il n’en reste pas moins qu’une petite caste parisianiste a profité de la situation. La jeunesse dorée parisienne, les fameux zazous s’en donnait à cœur joie aux concerts de swing, donnés par Johnny Hess, Django Reinhart aux salles Pleyel ou Gaveau (Jean-Claude Loiseau, les zazous, le Sagittaire 1977). Les théâtres, café-concerts et les salles de cinéma affichaient complet. Les artistes, acteurs, cinéastes, chanteurs, créateurs de mode, journalistes huppés, écrivains, bref toute le bonne société, la France dite « d’en haut », même ultra-minoritaire, vivait presque normalement sous le Paris des années 1940. Le marché noir a même permis à des fortunes de prospérer alors que toute la France souffrait de la faim. N’est-ce pas Jean-Paul Sartre lui-même qui a déclaré « Nous n’avons jamais été aussi libres que sous l’occupation »? Lui même, si j’ai bien compris, vaquait à ses activités habituelles d’auteur reconnu. Pourquoi cette nouvelle crise de nerfs du monde médiatique français pour des mots qui n’ont rien d’absurde sur le plan des faits, de la réalité? Explication principale: la bêtise, l’ignorance, l’inculture… Nous subissons les conséquences à long terme du délaissement de l’enseignement de l’histoire. Et puis, la légèreté d’une partie de la « France d’en haut », de sa jeunesse dorée sous l’occupation, c’est un sujet que la France d’en haut préfère sans doute garder sous silence, et la poussière sous le tapis. D’où la fureur du lynchage, pour un tabou affleuré sans doute bien involontairement. Mais le plus inquiétant, c’est de voir ainsi la liberté d’expression se restreindre à vue d’œil, le droit de s’exprimer sans courir le risque d’un lynchage médiatique. Pauvre Zaz… (pour ma part, tout en me sachant sous surveillance, je prends le risque, tant pis…)

Maxime TANDONNET

NB: SEULS LES SITES AMIS FIGURANT AU BLOGROLL CI-JOINT SONT AUTORISES A REPRENDRE CE BILLET.

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La mauvaise pente

images1RY77MA6« Ma famille politique » est une expression aujourd’hui répandue que je n’utiliserai jamais, car elle est hypocrite et mensongère. Une famille est un espace où les gens s’aiment ou au moins se respectent. Chacun sait qu’en politique, en dehors de quelques exceptions, tout le monde déteste  tout le monde, surtout dans le même parti. Les signes et les rumeurs d’amitié ou d’affect ne sont que ralliements tactiques, signaux et manipulations destinés au grand public. Alors faute de « famille », parlons de connivence de pensée ou de projet. Les hauts responsables politiques dont je me sens le plus proche sont sur la mauvaise pente. Ils voient par le petit bout de la lorgnette. Ils présentent deux ans à l’avance leur amorce de programme présidentiel sous forme de coups médiatiques. L’un annonce qu’il abrogera la loi sur le mariage homosexuel. Il n’en fera rien. En 2017, nul, je l’espère, ne prendra le risque de déchirer de nouveau sur ce thème un pays en ruines. L’autre met en avant son programme sur l’immigration, exhibant des recettes mille fois promises et jamais appliquées comme les quotas qui ne régleraient d’ailleur rien du tout. Et puis un autre se montre en photo dans une revue qui incarne la gauche caviar bien pensante. C’est le contraire qu’il faudrait faire. Mettre la communication et les gesticulations entre parenthèses. Profiter de la traversée du désert pour réfléchir: pourquoi, depuis 35 ans, tous les gouvernements, tous, ont échoué sur les problèmes fondamentaux des Français, en particulier le chômage, l’éducation et l’insécurité? Pourquoi la violence, le communautarisme ne cessent de s’aggraver? Qu’est-ce qui ne marche pas dans notre vie collective, nos institutions, notre rapport à l’Europe et au monde? Pourquoi le malaise français, l’impuissance publique, le refus des réformes qu’ont réalisées nos partenaires européens, le pessimisme ambiant, le sectarisme dégoulinant de bêtise, le dégoût de la politique qui s’exprime dans l’absentionnisme et la poussée du vote extrémiste et protestataire? Quelles sont les transformations profondes dont notre pays à besoin pour essayer de se remettre en route? Ils sont sur la mauvaise pente pour une raison simple. Leur horizon s’arrête à 2017: les politiques veulent l’Elysée et peu leur importe ce qui vient ensuite. Mais si les Français se sentent moqués, vous verrez, contre toute attente, il reconduiront les socialistes en 2017 dans un geste de  désespoir, de dérision, de suicide collectif, de vengeance envers ceux qui les auront ainsi méprisés.

Maxime TANDONNET

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Aux sources de la « bonne conscience »

jjacques-rousseau-LaTour-fLa bonne conscience hypocrite est l’un des fléaux de la société française. Elle caractérise celui qui se dit humaniste militant et tabasse sa femme, le chantre anti raciste de la grande ouverture des frontières, de l’accueil inconditionnel de l’immigration et qui crèche dans le 4ème, 7ème 8ème ou 16ème arrondissement, n’imaginant pas un seconde vivre dans les banlieues, le chasseur vertueux de corruption qui place son argent en suisse ou fraude avec le fisc, la sainte nitouche généreuse en guerre contre les inégalités qui plaide pour davantage de dépenses sociales, mais avec les impôts des autres, celui qui proclame détester les riches et méprise en réalité les pauvres. D’où vient ce trait particulièrement détestable de la mentalité française? Je pense en avoir trouvé les sources au fil de ma lecture des Confession de Rousseau, l’un des inspirateurs de la Révolution, de Robespierre, et de toute une tradition politique nationale qui imprègne aujourd’hui l’idéologie dominante, celle du bien et de la bonté humaine. Je savais, comme tout le monde, que le prophète de la « Volonté générale » et du « Contrat social », avait abandonné ses enfants, mais pas qu’il en était si content de lui. « Mon troisième enfant fut donc mis aux enfants-trouvés, ainsi que les premiers, et il en fut de même des deux suivants; car j’en ai eu cinq en tout. Cet arrangement me parut si bon, si sensé, si légitime, que si je n’en m’en vantai pas ouvertement, ce fut uniquement par égard pour la mère. » J’épargne au lecteur les interminables développements où il explique pourquoi cette solution était la meilleure dans l’intérêt de sa progéniture, se pose en modèle de bonté et vante pour lui-même « cet amour ardent du grand, du vrai, du beau, du juste, cette horreur du mal en tout genre, cette impossibilité de haïr, de nuire, et même de le vouloir… » A l’époque, et Jean-Jacques le savait évidemment, la part des nouveaux-nés abandonnés qui survivaient après un an « aux enfants-trouvés » était de moins d’un tiers… La bonne conscience hypocrite? Nous savons d’où elle vient.

Maxime TANDONNET

NB: des lecteurs m’ont signalé que leurs commentaires n’étaient pas apparus. Je les prie de m’en excuser mais cela s’explique par un problème technique et non par choix de ma part. De même les publicités qui apparaissent de temps en temps sur ce blog échappent totalement à ma volonté… 

NB: seuls les sites amis qui figurent dans le blog roll ci-joint sont autorisés à reprendre mes billets.

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L’ordre idéologique

34625077Le diable se cache derrière les détails. Il est des anecdotes plus révélatrices que les grandes démonstrations. Le Figaro des 8 et 9 novembre publie un article discret sous le titre « Mon nom est Zampa ». « Mardi 4 novembre, nous nous sommes présentés au Gaumont Champs-Elysées pour assister à la projection pour la presse du film « French« […] Las, à l’énoncé de notre nom, la préposée à l’accueil haussa les sourcils […] Appelée en renfort, sa responsable nous signifia que notre présence était indésirable. La maison Gaumont a en effet mis son veto à la venue de tout critique du Figaro […] Gaumont nous reproche notre liberté d’opinion et peut-être aussi l’insolence de nos mises en scènes […] Le mois dernier, tandis qu’Omar Sy, sûr de ne trouver en face de lui que des micros complaisants, écumait les plateaux de télévision et de radio pour assurer la promotion de Samba, nous avons eu l’audace d’y mettre un sérieux bémol. Aïe, aïe, aïe! Les producteurs de cette fable sur les sans papiers n’apprécièrent pas. Incorrigibles humanistes, ils nous punissent en nous bannissant » La liberté se détricote par le bas, au jour le jour, dans la banalité du quotidien. Interdire à des journalistes de faire leur travail pour avoir émis une simple opinion qui diverge de l’idéologie dominante, celle du monde médiatique, c’est entrer dans une logique totalitaire. Etrange ambiguïté: en vertu d’une oeuvre qui célèbre, semble-t-il,  la pureté et les bons sentiments, on s’en prend à une des libertés les plus fondamentales, la liberté de la presse. Cette petite gifle discrète à un principe démocratique, au nom d’une ligne idéologique, n’a d’ailleurs indigné personne. On imagine le tollé – légitime – si un journaliste du Monde ou de Libération avait été ainsi refoulé à l’entrée d’une séance destinée à la presse en représailles pour un commentaire critique… Cette « France d’en haut » ne manque jamais de surprendre chaque jour davantage. Elle ouvre le champ de la libre expression à des pensées obscures que l’on croyait à jamais éradiquées, en laissant faire la création (paraît-il) d’un parti politique ouvertement antisémite. Mais elle interdit à la presse modérée de faire son travail le plus élémentaire, le plus évident et ne supporte pas la moindre dissonance, même sur une affaire de goût… Le paradoxe n’est qu’apparent. Tout se passe comme si elle tendait subrepticement, sournoisement, en toute bonne conscience, à ne laisser de choix qu’entre deux alternatives: la soumission inconditionnelle à l’ordre idéologique ou le rejet dans l’abîme extrémiste le plus immonde.

Maxime TANDONNET

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« L’homme du destin »

imagesEQQAFZJ6Parfois, je me répète, je sais. C’est ce que m’a dit récemment un être cher: « Papa, tu redis toujours un peu la même chose! » C’est parce que je souffre d’avoir raison et de prêcher dans le vide, le néant… J’ai l’air aussi de me contredire. Là, ce n’est qu’une apparence, le reflet d’une complexité. Ainsi, j’ai toujours dit que je ne croyais pas à « l’homme providentiel » mais pourtant, je crois à « l’homme du destin ». Nuance très personnelle qu’il me faut expliciter. Je n’imagine pas un instant qu’un Zorro, idole des foules et des médias – homme providentiel –  aille poser ses valises à l’Elysée, en 2017, pour diriger lui-même « le redressement de la France ». Je sais, pour m’intéresser à la politique depuis 1974 et avoir servi dans ce Palais qu’une telle hypothèse est à exclure. Dès lors que vous êtes chef de l’Etat, élu au suffrage universel, vous entrez dans une mission de représentation car vous représentez la Nation. Gonflé d’orgueil, vous ne pensez qu’à une chose: être aimé de ceux qui vous ont élu, et des autres. Vous y pensez d’ailleurs tellement que vous finissez par être détesté. Pire que tout, cet amour doit s’inscrire dans la durée, 5 ans, voire 10 puisque votre espoir fondamental est d’être réélu. Donc il n’est pas question de faire les choix réels de gouvernement qui permettront de redresser le pays: réduction draconienne des dépenses publiques, libéralisation du marché travail, affirmation de l’autorité républicaine. Tout président de la République devient une momie, même si cette momie est bavarde et agitée de soubresauts. En revanche, je crois au chef charismatique, à l’homme de l’espoir, de l’avenir, celui qui entraîne les autres, incarne le risque, l’intelligence et l’action. C’est celui qui refuse justement l’Elysée, ne cherche pas la popularité, ni la durée, ni l’amour des foules, ni les ors du Palais ou le prestige des voyages planétaires, celui qui croit en la France plus qu’en lui-même.  Sa place est à Matignon, le cœur de la République, pour deux ou trois années, guère plus, des années d’enfer pour bouleverser le pays et le remettre sur la bonne voie. « L’homme du destin », un grand Premier ministre qui donne tout pour son pays, en se foutant du reste, notamment de sa postérité, oui, j’y crois, même sans le connaître…

Maxime TANDONNET

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Une sordide affaire (tribune pour le Figaro Vox)

588945Voici ci-dessous mon article pour Figaro Vox. Dans les dernières péripéties autour de M Jean-Pierre Jouyet, on trouve tout ce qui me révulse au plus haut point dans la vie politique moderne: le sectarisme imbécile (« c’est l’affaire de la droite! »), la délation (une conversation privée rendue publique), un mensonge lamentable dont l’ancien Premier ministre a été la victime évidente. Bref, nous avons eu un aperçu du pourrissement par la tête de la vie publique nationale.

Dans cette tribune pour le site informatique du Figaro, je ne parlais pas directement de cela, mais de l’histoire d’un poste – celui de secrétaire général – qui est presque aussi ancien que la République elle-même et n’a cesser de susciter des polémiques, compte tenu de sa position ambiguë, au cœur du politique sans être lui-même un politique.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/11/11/31001-20141111ARTFIG00165-affaire-jouyet-pourquoi-le-poste-de-secretaire-general-de-l-elysee-est-le-plus-explosif-de-l-etat.php

Des intervenants me disent souvent que j’attribue trop les difficultés du pays aux institutions alors qu’elles sont dues à l’évolution de la société, des mentalités. Pourtant, les institutions contribuent à l’état d’esprit général. Ainsi, la sur-présidentialisation du régime – un chef de l’Etat touche-à-tout et surmédiatisé – contraire à l’esprit de la Vème République, contribue à la fois à la fois à l’impuissance publique et à la folie narcissique des politiciens actuels, qui elle-même déteint sur la société globale. On ne peut guère changer les mentalités sauf sur le long terme. En revanche, les institutions, oui, elle peuvent être changées. Mais ce n’est pas demain la veille. Ivres de leur ego, aveuglé par leur ambition personnelle et d’une lucidité médiocre, je n’ai trouvé aucun politicien, parmi les dizaines qui se sont déclarés plus ou moins candidat au poste suprême, capable de réfléchir et de dire: « cette République, elle ne fonctionne pas, ne permet plus de régler les problèmes des Français et dans son pourrissement, entraîne le pays par le fond. Il faut donc la rebâtir en profondeur. » Bon, attendons, il reste deux ans et demi avant l’alternance.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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La moisissure qui gagne

foto_800Ce matin j’allume ma radio pour entendre les dernières nouvelles du monde et ce sont les mêmes mots qu’hier qui résonnent sur toutes les stations: secrétaire général, Elysée, Jouyet/Fillon, François Hollande et Nicolas Sarkozy, le Pen, le Monde, scandale d’Etat… Oh, je le sais bien, nous sommes dans la routine des crises d’hystérie qui secouent le pays, durent en moyenne deux à trois jours, le temps que l’une chasse l’autre, et nous sommes donc dans un cycle normal de l’actualité franchouillarde. Mais quand même, on se dit que la moisissure gagne la France supposée « d’en haut » politique et médiatique, s’accélère à une vitesse vertigineuse. Nous assistons au pourrissement d’une soi-disant « France d’en haut » étriquée, repliée sur elle-même, fermée au monde, comme un linge sale et humide oublié au fond d’un tiroir. Prétendue ouverte et « sans frontière« , elle est en réalité petite, mesquine, introvertie, narcissique. Elle crève de son hypocrisie, de ses paradoxes. Voyez, un événement terrifiant s’est produit hier, le 10 novembre, au coeur de l’Afrique: un attentat dans un lycée au Nigéria, Etat de Yobe, a entraîné la mort de 47 lycéens. Cette monstruosité qui devrait faire la une de l’actualité, n’intéresse personne. Le monde médiatique et politique préfère se vautrer dans les magouilles puantes du marécage parisianniste. Pourtant, nous vivons dans un pays dont les élites médiatiques et politiques se prétendent antiracistes et sans frontières. Mais tout n’est que mensonge, illusion, posture, faux-semblants. Si un tel massacre commis sur des enfants s’était produit n’importe ou ailleurs, en Europe, aux Etats-Unis, en Russie, il ferait la une des radios, de la télévision et de la presse et provoquerait une indignation générale. Commis en Afrique, il n’intéresse pas ou si peu les élites bien pensantes de la société française. Honteuse et stupide indifférence: le mépris du continent Africain – par delà les bonnes consciences hypocrites – un continent où se joue l’avenir du monde, est autre signe du crétinisme, de l’aveuglement et du cynisme  qui se sont emparés de la France dite « d’en haut »…  Et de la moisissure qui se propage.

Maxime TANDONNET

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11 novembre et l’illusoire bonheur

imagesLe 11 novembre 1918 marque l’un des plus grand bonheurs collectifs que jamais un peuple n’ait connu, la fin d’un atroce cauchemar ayant causé 17 millions de morts en Europe, toute une génération sacrifiée, le calvaire indescriptible des jeunes Français et de leurs familles endeuillées. La Victoire sur l’Allemagne, au prix de tant de sacrifices, cette victoire tant attendue, espérée, rêvée, le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la patrie, provoquent dans tout le pays une explosion de joie. Le mot célèbre de Clemenceau, à la suite de la signature de l’Armistice, est resté dans toute les mémoires: « La France, jadis soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité.  » Mais voilà, ce grand moment d’enthousiame, ce vertige de la gloire collective, était illusoire, irréel, trompeur. Quelques années plus tard survenait le traité de Versailles, mélange de fausse fermeté et d’incohérences dont quelques esprits supérieurs comme Foch ou Poincaré voyaient déjà qu’il annonçait le pire. Les années 1920, derrière le rideau du pacifisme, du culte de la « der des der », entraînaient le pays dans le déclin démographique et économique alors que les régimes totalitaires, soviétique et fasciste, s’implantaient durablement en Europe. Puis les années 1930 et la montée du national-socialisme en Allemagne face auquel les démocraties occidentales se vautraient dans la lâcheté et enfin, la seconde guerre mondiale qui devait provoquer la pire apocalypse de l’histoire de l’humanité. Du bonheur à l’apocalypse: nous ne cessons de nous tromper, esclaves de nos passions et illusions de l’instant, de nos crises de délire, de joie ou de terreur, mais vivons au jour le jour, dans l’incapacité d’avoir la moindre idée de ce que l’avenir nous prépare.

Maxime TANDONNET

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Comment en finir?

imagesX99ST09NInutile de le dire: les évènements politiques de ces dernières heures atteignent un niveau de minable qui dépasse l’imagination, transcende, par ce mélange d’insignifiance, de mensonge et de crétinisme, nos cauchemars les plus invraisemblables. La faute d’orthographe sur titre du livre qui est à l’origine du pataquès « Sarkozy s’est tuer » est à l’image de ce climat de déliquescence généralisé. Le nouveau psychodrame, tramé dans un salon de l’Elysée, au carrefour du complot politicien, de la mise en cause de la justice, du journalisme à scandale, frise la pitrerie honteuse. Pendant ce temps, nous apprenons que les Etats-Unis et la Grande Bretagne battent le records de création d’emplois et que les djihadistes égyptiens ont fait allégeance  avec l’Etat islamique d’Irak, un nouveau signe supplémentaire de la déstabilisation du Moyen-Orient et d’une nouvelle guerre planétaire sanglante qui couve. La vraie question: comment en finir? Le temps d’une rupture approche sans doute. Le pouvoir est tellement fragilisé, embourbé, enlisé et décrédibilisé qu’il faut s’attendre à des troubles graves et probablement une alternance avant l’échéance de 2017. Mais laquelle? Les trois fléaux de la France, les trois piliers de la décadence et du chaos, sont les trois grands partis politiques que sont le ps, l’ump et le fn, et bien sûr les hommes et femmes à leur tête. Ils sont chacun à leur manière – au pouvoir ou dans l’opposition –  avec leurs leaders,  à l’origine de l’extraordinaire décomposition de l’esprit public en toile de fond de la catastrophe: folie mégalomaniaque, carriérisme éhonté, népotisme familial, dérive clanique, copinage et affaires de cul, démagogie absolue, mépris total du bien commun, extrémisme haineux, corruption généralisée. Certes, dans une République démocratique, on ne peut pas les interdire ou les supprimer de force. Mais j’ai parfois le vertige en me disant que le pouvoir de les évincer – avec les esprits malades qui les dirigent – m’appartient, nous appartient à nous les électeurs. Rien n’est à la fois plus simple et plus compliqué. Restaurer la politique et la démocratie pour en finir avec la honte. Le destin de notre pays est entre nos mains et nous en sommes aujourd’hui responsables en créant par exemple une étiquette « bien commun » aux prochaines élections, sur laquelle des millions d’électeurs se porteraient.

Maxime TANDONNET

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Le grand Charles

images[1]Devant le naufrage de la vie politique française et la destruction pierre à pierre de la Vème République, il est difficile de ne pas songer au Général de Gaulle en ce 44ème anniversaire de sa mort le 9 novembre 1970. D’où cette dernière chronique pour Figaro Vox. Je me souviens, j’étais en classe, en sixième je crois. C’est un professeur qui avait arrêté son cours pour nous annoncer la nouvelle. Toute la France s’était figée dans la stupeur. Aujourd’hui, il paraît que divers politiciens ont la tentation de se prendre pour le Général, comme certaines gens, dans les hôpitaux psychiatriques, se prennent pour Napoléon…

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/11/08/31001-20141108ARTFIG00070-44-ans-apres-sa-mort-que-reste-t-il-du-general-de-gaulle.php

Une chanson prémonitoire de Gilbert Bécaud pour illustrer cette chronique.

http://www.paroles-musique.com/paroles-Gilbert_Becaud-Tu_Le_Regretteras-lyrics,p7563

Maxime TANDONNETimages

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Au-delà du naufrage

imagesRien n’est plus superficiel et irresponsable que de se réjouir du naufrage présidentiel, d’imaginer qu’un autre bien meilleur va le remplacer dans 2 ans et demie et que tout ira mieux par la suite. Hier soir, sur TF1, une scène de tragédie se déroulait. Sur le fond, il n’y avait rien à dire: pas une once de socialisme ni « de gauche » dans son discours, mais une ode à l’entreprise et à la réforme de l’Etat que tout Français un peu sensé ne pouvait qu’applaudir (sous réserve qu’elle eût une petite chance d’être suivie d’effet). Mais sur la forme, un chef de l’Etat, perdu, hagard, effondré, se noyant dans des détails, parfois, semble-t-il, presque au bord des larmes au sujet de sa vie personnelle. Responsable de la catastrophe, coupable? Bien sûr mais quelle importance? Ce n’est pas seulement François Hollande qui est touché, c’est la fonction présidentielle qui est atteinte en profondeur. Tout cela n’est que l’apothéose d’un déclin permanent de l’image présidentielle qui remonte à plusieurs décennies. En 2017, les Français choisiront à l’Elysée non plus leur « guide », mais leur prochaine « tête à claques », celui sur qui ils pourront se défouler de leurs complexes, de leur malaise, et de leurs échecs. Tu cherches la célébrité et ton nom dans les livres d’histoire? Tu trouveras le mépris et le ridicule. En 2017, ils désigneront non pas leur héros, certainement pas, mais leur prochain bouc émissaire national. Je pense du fond du cœur, que la présidence de la République, au sens contemporain du chef de l’Etat tout puissant responsable de tout, est définitivement morte et le cercueil en route pour le cimetière. Une illusion, une imposture médiatique est en train de tomber, celle de l’homme seul, par la magie d’une élection, tenant entre ses mains le sort de tout un peuple. Demain peut-être, c’est un Premier ministre dévoué à la France – et non à une sale petite carrière de politicien abruti -, modeste, discret et autoritaire en même temps, efficace,  émanant à la fois du chef de l’Etat, dans la logique du gaullisme originel, et d’un Parlement qui incarne la Nation, soutenu par lui et responsable devant lui, sur une brève période de deux ans, qui seul sera en situation d’accomplir les gigantesques réformes nécessaires au pays, réformes institutionnelles, économiques et sociales et le remettre dans la bonne voie.

Maxime TANDONNET

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La quintessence

sans-titreHier soir, vers 19H30, j’ai voulu écouter la radio et me suis branché sur Europe 1. Comme par hasard, je suis tombé sur une voix familière aux usagers du service public de l’audiovisuel: celle de Mme Le Pen. Et j’ai écouté… La chèfe du Front national, si elle est élue présidente de la République, veut une sortie de l’euro et un référendum sur la sortie de l’Union europénne. Elle annonce une dévaluation du « nouveau franc » qui aurait pour effet, selon elle, de relancer la croissance et de résoudre le problème du chômage de masse. Ce discours n’est pas du tout « anti-système »: il est la quintessence de la fuite en avant démagogique qui enfonce le pays depuis quatre décennies; il la transcende, la dépasse. Le chômage français, 3,4 à 6 millions de sans emploi, la situation financière épouvantable, le départ des forces vives sont le fruit de 40 ans de renoncements des politiques français à accomplir les efforts de réforme internes nécessaires: réduction drastique du poids des trois fonctions publiques et des prélèvements sociaux et fiscaux, lutte contre les abus de l’assistanat, relèvement de l’âge de la retraite, assouplissement du droit du travail, liberté d’entreprendre, réduction des déficits et de la dette, compression majeure des dépenses de l’Etat et des collectivités publiques. C’est cela la vérité. La dévaluation (1981, 1982 et 1983) en France a toujours été une drogue qui fait empirer le mal en fuyant la réalité. On n’a pas besoin d’aller chercher des boucs émissaires à l’extérieur et d’agiter les mythes: le « capitalisme libéral », le « libre échangisme mondialiste ». La fille du fondateur du parti lepéniste deverse un furieux torrent de certitudes qui semble tout emporter sur son passage. Ce qui intrigue et désespère, ce n’est pas le phénomène qu’elle représente, encore une fois, il est dans la logique, le paroxysme de la politicaille française fondée sur la démagogie et le renoncement depuis trois ou quatre décennies. Non, ce qui surprend, c’est le manque de recul critique de ces millions de personnes qui affirment aujourd’hui vouloir voter pour le parti lepéniste, peut-être par désespoir, par un dépit justifié envers le reste de la classe politique et toutes les promesses déçues, d’alternance en alternance, mais aussi, pour certains, par une naïveté confondante.

Maxime TANDONNET

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Le meilleur système électoral

sans-titreCi-dessous ma dernière chronique au Figaro Vox, qui souligne pourquoi, contrairement aux apparences, le vote majoritaire me semble préférable d’un point de vue démocratique et de l’efficacité gouvernementale, à la proportionnelle.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/11/04/31001-20141104ARTFIG00163-scrutin-proportionnel-l-ultime-manoeuvre-de-francois-hollande-pour-garder-le-pouvoir.php

Maxime TANDONNET

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Violence et démocratie

imagesLe drame du décès de Rémi Fraisse, 20 ans, opposant au barrage du Tarn, les violences qui ont suivi à Nantes et à Toulouse, au-delà de l’émotion, soulèvent des question de fond sur l’état de notre société. La politique, puis la démocratie, ont été inventées pour permettre aux sociétés de régler leurs désaccords autrement que dans la violence et la guerre civile, sur la base d’une régle du jeu collective: chacun s’exprime librement mais à la fin, c’est la volonté de la majorité qui tranche et fonde le choix collectif. Or aujourd’hui, plus personne ne croit ni dans la politique, ni dans la démocratie et cette crise de la démocratie ressucite la violence. Ainsi, nous observons aujourd’hui un furieux déchaînement médiatique destiné à imposer à la France une victoire électorale en 2017 des socialistes bien qu’ultra minoritaires dans le pays. L’outil de ce stratagème: imposer à la France un second tour des présidentielles Hollande-Le Pen. Il faut voir le sondage qui circule sur tous les médias se matin, dans le cadre d’une véritable opération de matraquage, présentant le Pen comme le « premier opposant » à l’actuel chef de l’Etat (60%), la surexposition médiatique du parti lepéniste ou les caresses mielleuses des socialistes les plus radicaux au fn de manière à renforcer ce mouvement. Une telle éventualité n’est pas à exclure compte tenu du délitement croissant de l’opposition républicaine et du comportement irresponsable de ses leaders. Bien entendu, dans cette hypothèse, M. Hollande serait réélu avec 60% des voix. Mais aussi avec un taux d’abstention de 60% à 70% des Français. Dès lors, une immense vague de dégoût et de répulsion deferlerait sur le pays ridiculisé, méprisé, se sentant trahi. Un président, réélu par moins de 20% du corps électoral, aurait la satisfaction de garder son poste, comme l’ensemble des élites socialistes. Mais une telle farce électoraliste, négation totale de la démocratie, de la loi de la majorité, déboucherait soit sur une vague de violence, dont les évènements de ces derniers jours prouvent qu’elle reste possible, pouvant aller jusqu’à la guerre civile,  soit sur l’abattement total, la fuite à l’étranger, le désespoir collectif de tout un peuple et le repli individualiste. Personne n’a rien à gagner à l’abolition par les calculs et les magouilles de la démocratie en France.

Maxime TANDONNET

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Les choses cachées de la politique française

imagesVendredi, j’ai déjeuné avec un jeune et brillant journaliste, connu quand j’étais à l’Elysée, spécialisé dans les enquêtes politiques, qui travaille pour un grand hebdomadaire. Les méandres de la vie politique nationale, je les observe comme tout le monde. Mais ce qu’il m’a raconté, son quotidien désespéré, preuves à l’appui – les choses qu’il ne peut pas écrire – m’a fait franchir un cran supplémentaire dans la sidération. Je résume, en quelques mots: les pactes secrets entre les pouvoirs en place et la presse, même la plus radicale, pour taire les affaires explosives, pires que celles qui nous sont révélées; l’entente des politiques de tout bord et des médias qui se concertent pour faire monter l’extrême droite en parlant d’elle, afin de « lepéniser » la révolte et l’étouffer par diabolisation; l’obsession généralisée de la conquête des « postes » au détriment de tout sens civique et au mépris le plus sournois des citoyens; les collusions secrètes, entre gens de la presse, de la politique,  y compris d’extrême droite et d’extrême gauche, ou des médias, supposés se haïr et s’affronter; les grands lynchages publics orchestrés par le plus proche entourage; la part des vengeances intimes dans l’ouragan de la vie publique.. Bref, un climat d’hypocrisie, de manipulation et de délitement de la vie politique et médiatique dont les plus cyniques propagateurs sont parfois les parangons de vertu.  On croit que le monde est devenu transparent mais seule la face visible de l’iceberg parvient à nos sens. Et nous retombons toujours sur la même question: comment sortir de ce marasme, bien plus moral qu’économique ou social? La réponse ne peut être qu’individuelle, personnelle. Elle tient à l’esprit critique, à la distance, au recul, refus de se laisser manipuler, rejet de toute forme d’idolâtrie, de soumission intellectuelle à un parti, une idéologie ou autre forme d’envoûtement et cultiver en soi une sorte de désenchantement positif…

Maxime TANDONNET

 

 

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De pire en pire…

imagesDans cette dernière tribune au Figaro Vox, ci-dessous, j’exprime un désaccord de fond avec l’ancien président de la République. Dès lors que mon avis sur un sujet est sollicité, je suis bien amené à m’exprimer franchement. Bref, je ne veux pas qu’on remplace un mode de nomination des responsables publics – hauts fonctionnaires de l’Etat –  en principe fondé sur le mérite et les qualités personnelles par un spoil system qui aboutirait à désigner à leur place, officiellement et définitivement, par le « fait du prince », des idéologues et des politiciens. Je sais que telle est déjà la tendance depuis bien des années mais je pense qu’il serait dangereux de la consacrer et de la généraliser. Peupler, encore davantage qu’elle ne l’est, la haute administration de cadres ou de militants UMP, PS voire même, qui sait, au point où l’on en est, de FN ne me paraît  ni souhaitable ni opportun.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/10/30/31001-20141030ARTFIG00151-sarkozy-veut-un-spoil-system-a-la-francaise-une-fausse-bonne-idee.php

J’en profite pour souligner mon désarroi politique croissant. Je ne comprends pas la plongée de l’ancien président de la République dans la mélasse politicienne des polémiques, des annonces bizarres, des attaques personnelles. Ce n’est absolument pas du niveau d’un ancien chef de l’Etat. L’UMP ne cesse de s’enfoncer dans la crise et les autres grands partis me révulsent  chaque jour un peu davantage. Aucune personnalité de taille à influer sur l’avenir n’emporte ma conviction. Alain Juppé a le vent en poupe? Son image de sage a bien quelque chose de présidentiel mais sa nature le porte-t-elle à lancer les profondes réformes dont la France a besoin? Serait-il, en cas d’arrivée à l’Elysée, prêt à confier le gouvernement du pays à un Premier ministre déterminé à transformer la France comme il le faut? Aujourd’hui, les pouvoirs publics sont totalement bloqués, paralysés comme le soulignent les derniers renoncements (éco taxe, barrage sur le Tarn). Le pays est à l’arrêt. Pour le remettre en route, il faudrait une force et une volonté collectives  considérables. Qui pour l’impulser, l’animer, la canaliser? Je n’en sais rien et nul d’un peu sensé, à mon avis, ne saurait avoir de certitudes, aujourd’hui, à ce sujet…

Maxime TANDONNET

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La fin des intellectuels en politique (tribune au Figaro Vox)

imagesDans ma  tribune d’hier au Figaro Vox, à partir de la dernière polémique (débile) Pellerin/Modiano, j’évoque l’emprise croissante de la communication et de l’émotion sur la politique au détriment de la réflexion de fond et des intellectuels:

« Les vrais intellectuels en politique représentent une espèce en voie de disparition et les derniers célèbres – par exemple Philippe Séguin ou Jean-Pierre Chevènement – n’ont jamais trouvé leur place dans ce qu’ils qualifient eux-même de « système ». Ils se reconnaissent, non pas à l’étalage médiatique et prétentieux des derniers livres qu’ils ont lus, mais à leur curiosité d’esprit et à leur aptitude à se projeter dans l’avenir. Ils se caractérisent par un comportement fondamentalement non-sectaire, l’intelligence passant à leur yeux avant les clivages idéologiques, partisans ou les conflits d’ambition et aussi par une certaine distance vis-à-vis de leur propre carrière. Le véritable intellectuel en politique, celui qui pense la réalité et développe une vision historique, n’a aucun besoin d’afficher ses dernières lectures. Renouer avec la politique au sens noble du terme, la quête du bien commun, le gouvernement de la cité et la préparation de l’avenir, passe peut-être par un retour des intellectuels en politique. Sommes-nous engagés dans cette voie? On peut en douter… »

Tribune complète:

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/10/28/31001-20141028ARTFIG00179-fleur-pellerinmodiano-pourquoi-les-politiques-ne-lisent-plus.php

Maxime TANDONNET

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Changer de nom ou le paroxysme du néant

imagesBizarrement, les trois principaux partis politiques au regard des sondages, le ps, l’ump et le fn envisagent tous les trois, en même temps, de changer de nom. Est-ce un hasard? Certainement pas, bien au contraire. Le constat est simple: ils n’ont rien de crédible à proposer aux Français, aucune idée nouvelle, aucun projet, aucune perspective réaliste. Le débat de société est mort, sur tous les thèmes. Ils ne savent pas où ils en sont, ce qu’ils sont, où ils vont, ce qu’ils veulent. Les partis politiques, selon le sondage CEVIPOF de janvier 2014 sont l’institution envers laquelle les Français éprouvent la plus grande réserve: 7% leur font confiance! Ils oscillent entre le néant idéologique et la dérive sectaire ou haineuse. Ils sont remplis de vide et de prétention. Leur existence se limite à l’instrument d’ambitions carriéristes, à l’expression de dérives personnelles mégalomaniaques. Alors, comme ils ont tous honte de leur histoire, de leur identité (corruption, trahison, violence haineuse), ils n’ont plus qu’une chose à proposer: changer de nom. Car en plus, ils prennent les gens (ils nous prennent) pour des imbéciles… C’est le Général qui avait raison en annonçant, il y a presque un demi siècle, que le retour du « régime des partis » scellerait la décadence du pays.PHO18977142-c08d-11e3-9132-fa53e8173fe1-640x230

Maxime TANDONNET

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Par delà les incohérences de l’opinion

images (1)Les sondages se présentent comme une photographie de l’opinion publique à un moment donné. Pour être honnête, on ne peut pas les accepter quand ils vont dans un sens qui nous convient et les rejeter quand ils dérangent. Ils nous montrent en tout cas une opinion publique peu rationnelle, inconstante, versatile, voire même contradictoire. L’une des difficultés d’un responsable politique est d’interpréter un phénomène aussi insaisissable et en apparence, incohérent. Ainsi, l’idée d’une radicalisation conservatrice ou « droitière » de l’opinion publique est aujourd’hui couramment admise. Elle se retrouve dans le fameux sondage CEVIPOF de janvier 2014, selon lequel 50% des Français seraient « favorables à la peine de mort », 67% estime « qu’il y a trop d’immigrés », 47% souhaitent « se protéger du monde » et 35% (seulement) jugent que l’Union européenne « est une bonne chose ». Cependant, les enquêtes d’opinion sur la popularité des personnalités politiques paraissent démontrer l’inverse et plutôt le rejet des options clivantes, une attirance vers le consensus, le centre, l’apaisement. Le dernier sondage IFOP Paris Match sur le classement des hommes et femmes de pouvoir le souligne clairement avec Jack Lang en tête (66%), suivi de Jean-Louis Borloo (65%), d’Alain Juppé (63%) et de Bayrou (60%). Le premier ministre est lui aussi bien placé, du fait sans doute de son positionnement « social démocrate » (55%). En revanche, les personnalités clivantes, partisanes, porteuses d’une image de cassure, plus conformes à l’idée d’une radicalisation de l’opinion, se retrouvent, à l’exception de Montebourg, en queue du classement en tout cas dans le seconde moitié de celui-ci. Une explication possible de ce phénomène pourrait tenir à la distinction entre le fond et la forme. Les préoccupations, angoisses, demandes d’autorité et d’ordre sont bien présentes en toile de fond de l’actualité politique. Cependant, elles se conjuguent avec le besoin de sagesse, d’apaisement, de paix civile, de tolérance, de consensus et d’ouverture qui s’exprime dans les cotes de popularité des personnalités politiques. Les succès électoraux de l’avenir, en particulier de 2017 reposent peut-être dans l’aptitude à analyser et surmonter cette contradiction apparente.

Maxime TANDONNET

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La Martinique, c’est la France

imagesMa tournée Outre-Mer dans le cadre de mon travail se termine bientôt, avec la fin d’un bref séjour en Martinique. Malgré des journées surchargées qui ne me laissent pas une seconde de loisir, j’ai découvert ce coin de paradis français à 7000 kilomètres de la capitale. Où que l’on se trouve, le bleu de la mer est partout présent entre les collines. Pour les nostalgiques dont nous sommes tous plus ou moins, ce département a gardé les traits de l’ancienne France, celle d’autrefois. On y parle le plus beau des français, avec des tournures de phrases oubliées. Les élucubrations de la vie médiatique et politicienne nationale, les polémiques, petites phrases, déclarations haineuses ou à l’emporte-pièce, bref la folie hexagonale, sont étrangement absents. Le respect des autres, à pied dans le rue ou sur la route imprègne la vie quotidienne. On ne croise personne sur un chemin sans lui dire « bonjour Monsieur », ou « bonjour Madame » et « je vous en prie » en réponse au « merci ». Le dimanche, les dames mettent leur robe blanche pour aller à la messe ou au temple. Le sourire est ici empreint de sérieux, de retenue et d’une infinie générosité. Mais le paradis sur terre recèle un drame douloureux et omniprésent. Une partie du territoire de l’île a été empoisonné pendant des années par un pesticide, utilisé dans la culture de la banane, le chlordécone, aux effets cancérigènes. Son impact mettra de 50 à 600 ans avant de se dissiper. Interdit aux Etats-Unis en 1976, son usage n’a été prohibé en France métropolitaine qu’en 1990 et – aussi incroyable que cela puisse paraître –  dans les départements d’Outre-Mer en 1993… Donc, c’est en toute connaissance de cause que ce produit a été laissé en usage en Martinique comme en Guadeloupe, 17 ans après son bannissement aux Etats-Unis et 3 ans après son interdiction en métropole. Face à la beauté indescriptible de cette île et à la gentillesse tout aussi indescriptible de ses habitants, on se demande aujourd’hui comment un tel cynisme, un tel mépris, une telle désinvolture, et sans doute une telle lâcheté ont été possibles… Qui sont les responsables, les bureaux? Les politiques? Voilà, bien identifiée, la source du mal collectif: l’incapacité à décider, à choisir, à assumer une responsabilité. En tout cas, la Martinique, j’y reviendrai, sans cravate et sans ordinateur, et vite, cela ne fait aucun doute.

Maxime TANDONNET

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Réflexions de mi-mandat

imagesA mi-mandat, 2 ans et demi, il me faut reparler de François Hollande. Un sondage Opinion Way le Figaro estime la cote de satisfaction du président de la République à 15% et un taux de rejet de 85%, nouveau record absolu dans l’histoire.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/10/19/97001-20141019FILWWW00181-exclusif-sondage-a-mi-mandat-la-rupture-entre-hollande-et-les-francais.php

 Soyons clair, je n’ai pas l’intention de l’accabler. Rien ne me révulse davantage que toutes ces créatures, ministres, députés, presse, responsables politiques, monde médiatique, simple électeur, qui l’ont adoré, portés aux nues et se joignent aujourd’hui à la curée ou se préparent à l’achever. Je ne joindrai pas ma salive à leurs crachats; jouer la mouche du coche, tirer sur une ambulance, cogner un homme à terre n’est pas dans mon style. La vérité, la voici. Hollande n’est pas pire que la moyenne du politicien français, il en est représentatif et c’est pourquoi il est arrivé si haut. Les aléas de sa vie personnelle qui lui coûtent si cher? Ils sont à l’image de la classe politique nationale dans sa globalité sauf exceptions bien entendu. Les politiciens nationaux (les grands), pour la plupart – pas tous, j’insiste – souffrent d’une maladie de l’esprit, l’hypertrophie de l’ego principal moteur de leur engagement mais qui s’exprime aussi dans les débordements de leur libido et le nihilisme moral. C’est un phénomène banal, non généralisable mais étendu, des plus communs, triste mais observable de tous ceux qui ont approché ce milieu… François Hollande qui en émane et l’incarne si bien est devenu une sorte de bouc émissaire national, haï plus encore par la gauche que par la droite. Pourtant, il n’est rien d’autre que le reflet de la France politique et médiatique actuelle, notamment de celle qui l’a soutenu et s’en détourne lâchement en se lavant les mains avec un air dégoûté.

Bien sûr, le président porte le chapeau de ses erreurs, reculs, annonces démenties par les évènements sur le chômage notamment. Mais voulez-vous parier avec moi? Dans le contexte d’un pays ingouvernable, rongé par une impuissance politique chronique, aucun des prétendants à la magistrature suprême (en incluant bien entendu les extrêmes de droite ou de gauche) ne se porterait mieux après quelque temps à l’Elysée. Au bout de 6 mois, tous seraient cramés, atomisés, déglingués, comme lui. Bien entendu, certains s’y prendraient plus habilement que lui pour faire semblant et détourner l’attention des foules, mais leur répit ne serait que de courte durée. D’ailleurs, depuis l’ère de Gaulle/Pompidou, la cote de popularité des présidents ne cesse de s’effondrer. 70% d’opinions favorables à l’époque. Aujourd’hui 15% de confiance pour un chef de l’Etat dont la mission fondamental est d’incarner et guider le pays: un désastre national. Mais détester Hollande, le moquer, le renier, le lyncher est une attitude désormais banale de lâcheté et lâche de banalité. Nous vivons dans une impasse politique totale, bien au-delà de sa personne. L’obsession des dirigeants est celle de leur image. Dès lors, ils se refusent, les uns après les autres, à engager les vraies réformes de fond douloureuses nécessaires, sachant que l’idée d’un « remède miracle » comme la sortie de l’Europe est une véritable imposture qui ne réglerait strictement rien du drame d’un pays qui, globalement, vit au-dessus de ses moyens et se sclérose, paralysé par les rentes de situation, l’immobilisme, les inégalités dans la répartition du travail et des responsabilités.

Non, cette situation dramatique de la « gouvernance française », qui s’exprime dans la chute sans fin de la cote du chef de l’Etat, pourrait être au contraire l’occasion d’engager un débat de fond, sur l’excès de personnalisation du pouvoir, sur l’avenir de la présidence de la République, des institutions, sur la nécessité de repenser la démocratie, de revenir à une conception plus collective et anonyme du pouvoir – donc moins axée sur l’image – la souveraineté du Parlement, l’efficacité de l’Etat et de l’action publique, la question de savoir pourquoi les politiques quels qu’ils soient, ne parviennent plus à régler les problèmes, le renouvellement de la classe dirigeante, de la représentation nationale. Eh bien non. Circulez, braves gens, il n’y a rien à voir…

Maxime TANDONNET 

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L’esprit de destruction

famille3bLe plafonnement des allocations familiales dont le principe a été retenu  par le pouvoir socialiste n’est pas une décision anodine. Elle doit s’interpréter à plusieurs niveaux. En surface, pénalisant les 12% de familles « les plus aisées », comme disent les socialistes, elle va dans le sens de l’égalité, voire de l’égalitarisme, elle est donc conforme à la fois à leur philosophie et, en apparence, à l’attente de l’opinion qui approuve, semble-t-il, d’après les sondages, à 80%. Cette mesure répond au mot d’ordre classique popularisé dans les années 1970 par le parti communiste « faire payer les riches ». Certes, les cibles ne sont pas les détenteurs de comptes cachés et des résidences à l’étranger, mais peu importe… Il faut bien cogner quelque part, donc sur ceux qu’on a sous la main: plus de 6000 euros par famille et peu importe que ces 6000 euros proviennent d’un travail acharné, nuit et jour, samedi et dimanche. Tu seras pénalisé quand même, sur tes allocations familiales. Les socialistes ne se posent pas ce genre de question. Mais sur le fond, le choix accompli va dans le sens de la destruction. Il marque la fin d’un consensus national concernant la sanctuarisation d’une politique familiale indépendante de la politique sociale, qui fut l’un des atouts de notre pays depuis 1945. Il ouvre une brèche, un précédent: demain, tôt ou tard, le plafond de revenu sera inévitablement abaissé pour accomplir de nouvelles économies. Il sape donc l’un des éléments fondateur du pacte national depuis la Libération. Encore plus grave peut-être – à mes yeux –   il achève de décrédibiliser la parole politique, voire même la notion de parole. Dans sa campagne électorale de 2012, le chef de l’Etat s’était clairement engagé à le pas soumettre les allocations familiales « à conditions de ressources ». Des promesses ou engagements non tenus en raison du principe de réalité, cela arrive parfois à la suite d’une élection. En revanche, un choix politique actif, déterminé, volontaire, à l’encontre d’une promesse solennelle de ne jamais l’accomplir, il me semble bien (sauf erreur) que c’est la première fois dans l’histoire de la République que cela se produit… A quoi bon voter si la politique suivie est à l’inverse du programme sur lequel le bulletin de vote s’est porté? Nous venons donc de franchir une étape supplémentaire dans le démantèlement de la politique et de la démocratie française. Ce choix est malheureux, il est de ceux qui portent malheur.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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