Avez-vous remarqué ? La question de l’immigration est absente des principaux sujets de la campagne électorale, en dehors de la proposition du chef de l’Etat d’organiser un référendum. Tout se passe comme si la classe politique, dans son ensemble, voulait ensevelir le sujet. (Moi-même, j’ai envie de parler de tout, sauf de cette question, mais une pulsion civique, ou sens du devoir, envie de vérité m’y ramènent de manière irrépressible). « Cachez ces pauvres gens » : tel est le mot d’ordre quasi-officiel de la classe politique, de la bourgeoisie bien pensante, de droite comme de gauche et surtout de celle-ci.
Je passe beaucoup de temps dans les cités, au contact des travailleurs sociaux, policiers, professeurs des collèges, personnels de santé. J’y rencontre mille héros du quotidien, qui disent tous la même chose, quelle que soit leur idéologie : on n’en peut plus, on ne fait plus face à une situation ingérable. Pourquoi donc faut-il que les nouveaux arrivants les plus pauvres du monde entier, pour des raisons économiques, familiales ou d’asile, soient systématiquement concentrés par les pouvoirs locaux, bien souvent de gauche, dans les quartiers déjà ravagés par le chômage, la misère, le désoeuvrement, la violence, la drogue ? Ce sont des populations souvent non francophones, parfois sans la moindre qualification, donc inemployables, déstabilisées par rapport au mode de vie européen, installées dans des hôtels sordides, des squats abominables, des cités totalement ghettoïsées. Et la classe politique, médiatique, intellectuelle, dans son ensemble, continue à dire : la France doit rester un pays ouvert et accueillant ! Elle diabolise toute expression contraire, la qualifiant de raciste ou pire. Ce sont les mêmes qui déclarent la France ouverte, par devoir d’humanité, et ferment les yeux, se mettent des œillères sur caractère monstrueux, chaotique, explosif, d’une partie de la réalité migratoire qu’ils vénèrent mais ne veulent surtout pas voir, la concentrant loin de chez eux dans certains quartiers de notre pays, dont les populations d’origine européenne ont massivement fui, voire une partie des populations d’origine maghrébine de la classe moyenne. J’ai envie de dire, avec Pascal : « Qui veut faire l’ange fait la bête ». Quand les donneurs de leçon les plus ardents se métamorphosent en persécuteurs par aveuglement et par hypocrisie.
La vérité, je l’ai déjà écrit, c’est que les gouvernements, malgré des efforts considérables accomplis pour améliorer la gestion de l’immigration, sont paralysés en la matière par un foisonnement incohérent et le désordre de procédures, jurisprudences, règlements, directives, lois, tombés du niveau européen comme national. On pourrait les ignorer fermer les yeux et continuer à empiler les problèmes derrière les murs de plus en plus hermétiques de certaines cités. C’est bien ce qu’annonce l’omerta actuelle sur l’immigration. Seul le référendum, comme proposé par le Président, le pouvoir du peuple, peut permettre de trancher et d’apporter une solution à ces problèmes d’une extrême complexité une solution à la fois humaine et efficace.
Maxime TANDONNET