Aimer l’Amérique

imagesMon cœur se serre à chaque fois qu’un désastre touche les Etats-Unis, cette grande puissance parfois si fragile : tornade sur l’Oklahoma, après la Floride, massacres dans les écoles, attentat sanglant. Une partie de l’opinion française a une image négative de ce pays. C’est une chose que je n’ai jamais comprise. Bien sûr, certains de ses dirigeants ont commis de lourdes erreurs dans le passé mais en quoi cela devrait-il rejaillir sur une nation et son histoire ? Il n’existe pas de peuple plus accueillant au monde. Je n’ai pas oublié mon séjour en Californie, étudiant à 20 ans, quand les familles de mes camarades se disputaient pour m’offrir leur hospitalité lors des vacances et des week-ends. Je n’ai pas été tellement surpris quand mon jeune fils, hébergé – bénévolement bien sûr – dans une famille de la classe moyenne pauvre du Michigan, m’a raconté que chaque mois, le père lui donnait le même argent de poche qu’à ses enfants. L’Amérique est une grande nation généreuse et travailleuse qui croit en son destin collectif, un pays capable d’encaisser les coups, de changer de fond en comble et de repartir à zéro. Le sang des jeunes Américains venus nous délivrer à deux reprises de la barbarie de Guillaume II puis de la Wehrmacht et des SS, imprègne le sol Français pour l’éternité. Je n’imagine pas l’avenir de la France – et de l’Europe –  en dehors de ce lien charnel avec l’Amérique.

Maxime TANDONNET

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L’hiver français

On n’a jamais vu un dimanche de Pentecôte aussi froid et pluvieux, après des mois et des mois de mauvais temps et un hiver qui n’en finit pas… « Après la pluie vient encore la pluie » devrait dire le proverbe. Je suis tombé au hasard de mes lectures, sur une citation qui n’est guère plus optimiste : « Le bien ne vient pas nécessairement après le mal ; un autre mal peut lui succéimages[3]der, pire » (Montaigne, Les Essais, tome III chapitre 9). Quand on parle avec ses voisins, avec les passants et les commerçants, le samedi au marché, un seul sujet revient dans les discussions : le mauvais temps qui semble ne  jamais devoir finir. Les Français sont tristes et sans illusion. Hier à la télévision, j’observais le parterre des membres du gouvernement qui assistaient à la conférence de presse du chef de l’Etat. La joie, sinon l’hilarité aux bons mots du président, se lisaient sur les visages. Dans quel monde vivent-ils, me suis-je demandé, ont-ils conscience du ressenti de la population ? C’est presque une lapalissade : le pouvoir isole, coupe des réalités et tous ceux qui ont servi dans les hautes sphères de la République se sont vus confrontés à ce dangereux penchant. Un peuple intelligent n’attend pas du gouvernement qu’il ramène le beau temps, ni même qu’il règle ses malheurs d’un coup de baguette magique. La démagogie, d’où qu’elle vienne, les promesses, la fuite dans les limbes et le déni de réalité le révulsent. En revanche, il exige d’être pris au sérieux par ses représentants au sommet de l’Etat. Les dirigeants nationaux tombent souvent dans ce travers maladif de sous estimer l’intuition populaire. 63% des Français n’ont pas trouvé le président convainquant (BVA). Dans une période aussi difficile, sur le plan de l’emploi, de la situation des jeunes, du pouvoir d’achat, de la sécurité, de la cohésion nationale, de l’ordre public, les Français ne souhaitent rien d’autre, au fond, qu’un discours de vérité, collant à la tragédie de cette période, un discours churchillien –sans verser dans le mélo – qui leur donne un horizon crédible, même au prix du sang et des larmes.

Maxime TANDONNET

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"Gouverner, c’est choisir"

Pierre-Mendes-FranceUn point m’a particulièrement frappé dans les déclarations du président de la République, à l’occasion de sa conférence de presse, hier à l’Elysée, sa dénonciation "des violences de la droite, pour laquelle nous serons toujours illégitimes". Aurait-il donc oublié le climat de haine qui a dominé tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy traité par les socialistes de "présidents des riches", de "bling-bling", "voyou de la République", etc. ? Pour le reste, son intervention me semble être un fidèle reflet de ce que la politique est en train de devenir: un monde refermé sur lui-même,  une fuite dans la communication. Il  a parlé "d’offensive", de gouvernement économique européen – un serpent de mer -, et même, sans reculer devant le paradoxe, de souveraineté de la France… Des mots, rien que des mots, pas une mesure concrète, pas une action. Cet immobilisme semble satisfaire ses partisans mais ne peut qu’aggraver la coupure avec une France engluée dans la récession et le chômage. Sarkozy n’a pas tout réussi, loin de là, mais au moins, il a eu le mérite d’essayer. J’observe que, d’un bout à l’autre de l’échiquier politique, toute la classe dirigeante semble désormais se confiner dans l’invective, la course à la déclaration tonitruante, la recherche de la bonne formule et du buzz, comme on dit. Les blocages structurels ont parfois bon dos pour justifier l’inaction. Les contraintes européennes, financières, constitutionnelles, qui feraient, selon certains, de la République française une simple collectivité privée de pouvoir et soumise à la mondialisation  n’expliquent pas tout, loin de là. Le fond du problème, la cause ultime de nos difficultés, au-delà de la logique droite-gauche, c’est la perte de sens du politique. La volonté de proposer et d’adopter, voire d’imposer des mesures concrètes et raisonnables, semble comme anéantie.  Décider, bousculer, prendre des risques, choisir, gouverner en un mot: voilà qui n’intéresse plus personne.

Maxime TANDONNET

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La France "Nabila"

Depuis plusieurs jours, ce nom, "Nabila", résonnait sans cesse à mes oreilles, à la radio, à la télévision, me plongeant dans la perplexité. J’ai demandé à l’un de mes proches, d’une génération sans doute plus branchée que la mienne, de m’expliquer de quoi il retournait. Cette jeune femme d’une vingtaine d’années a - parait-il –  époustouflé la France entière, lors d’une émission de téléréalité, par les mots "Allo, allo, une fille qui n’a pas de shampoing…" Depuis, on entend parler que d’elle et les médias lui demandent son avis sur tout. Ce matin, Europe 1 ou RTL (je ne sais plus, j’écoute les deux indistinctement) commentait ses dernières déclarations. Dans cette histoire "d’allo, allo", je n’ai absolument pas compris ce qu’il y avait de drôle ni de subtil. La France actuelle s’est pourtant dotée d’une nouvelle idole. Elle voue un culte bizarre à l’insignifiance, au vide, au néant. M. le Pen estime "que Nabila a de beaux seins". Cette dernière trouve M. le Pen "trop marrant". La dédiabolisation bat son plein. Et la politique atteint des sommets. Je passe du coq à  l’âne. Cette plongée dans l’aberration, sublimation de l’absurde, touche au premier plan la classe dirigeante. Hier, le ministre de l’économie est des finances se déclarait "fier" de son action à Bercy. 3,2 à 5 millions de chômeurs, un pays en pleine récession: il y aurait-il de quoi être fier pour un ministre de l’économie? L’échec face aux réalités, c’est une chose et il n’est pas le premier ni le dernier. Le mépris de ces mêmes réalités, de ceux qui en souffrent dans leur chair, l’infatuation et l’indécence de certaines paroles,  c’en est encore une autre. Celle-là totalement inexcusable.

Maxime TANDONNET

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Troublante lecture

41zyDJPnXrL__Je viens de lire avec passion le tome 1 de la biographie de Hitler par John Toland (1889-1938) éditions Tempus 2012. Sur la base d’une formidable documentation et de multiples témoignages, il nous montre le leader national-socialiste tel qu’il était, au fond, dans sa vie privée : un sale petit bonhomme, carriériste minable, mégalomane, frustré, ayant échoué partout avant de se lancer en politique, pervers sexuel (épris de sa nièce Geli qu’il pousse au suicide, amateur de gamines de 16 ou 17 ans), d’une lâcheté inouïe (obsédé par un cancer imaginaire), paresseux (au bureau à midi, incapable de lire un dossier), bandit cynique et sans scrupule, n’hésitant pas à faire liquider ses plus anciens et plus proches compagnons, velléitaire, inapte à rendre un arbitrage ou arrêter une décision claire, se perdant en permanence dans d’interminables monologues,  caractériel, maniaque, ne fonctionnant que sur deux trois ou idées fixes – l’antisémitisme, le Lebensraum – évacuant toute prise en compte d’avis divergents ou considérations de réalisme. Alors, me direz-vous, comment un personnage aussi abject et d’une intelligence aussi douteuse, a-t-il pu dominer et soumettre  la première puissance industrielle d’Europe et mettre la planète à feu et à sang ? Habile tacticien, sans doute, manipulateur, pourvu d’un étrange magnétisme, dans la voix et le regard qui lui ont permis de subjuguer les foules. Certes produit du chaos économique (6 millions de chômeurs en 1932) et de la menace soviétique, il doit avant tout son ascension à l’aveuglement et à la lâcheté des sociétés occidentales. Tout le monde le sait, sans doute. Mais à la lecture de cet ouvrage, on frémit devant l’ampleur de la démission des classes dirigeantes européennes. « Quand les soldats allemands pénétrèrent en Rhénanie, ce samedi matin 7 mars 1936, jamais Londres n’envisagea sérieusement de passer à l’action. Le gouvernement français (Albert Sarraut, radical-socialiste), était d’un conservatisme qui frisait la timidité. Le général Gamelin représenta qu’une opération militaire, si limitée qu’elle fût, présentait des risques imprévisibles… » A la suite de ce coup de force,  le Führer déclare : « Si les Français avaient fait des représailles, il nous aurait fallu nous retirer l’oreille basse, car les ressources militaires dont nous disposions étaient tout à fait insuffisantes, même pour une résistance limitée. » La première étape, décisive, d’un engrenage conduisant à l’apocalypse était franchie. Le monstre, produit de la lâcheté et de la bêtise. Et si rien n’avait changé sur le fond ? Et si les classes dirigeantes et les élites européennes – politiques, intellectuelles – dans des circonstances différentes bien entendu, face à d’autres menaces, avaient gardé le même angélisme, la même lâcheté, la même cécité, le même conformisme, attentisme ? Bêtement, peut-être, cette question ne cessera donc jamais de me hanter…

Maxime TANDONNET

NB : Merci infiniment à d’éventuels commentaires, comme d’habitude, sur un sujet aussi sensible, pour le choix des mots et la modération du ton.

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La rage et le néant

imagesLes violences du Trocadéro à l’occasion de la victoire du PSG en championnat de France de football cristallisent toute la bêtise et le néant de notre société. Voyons, qu’il y a-t-il de parisien dans tout cela ? Ni les dirigeants du club, ni l’entraîneur, ni les joueurs sauf exception, n’ont le moindre rapport avec la capitale. Reste le nom, Paris… Des ruissellements de fric venus du Qatar se traduisent par un soi-disant titre de champion. Où sont le mérite, l’exploit sportif, l’esprit d’équipe? Les supporters hystériques mêlés aux pires voyous s’en prennent aux forces de l’ordre. Le vide absolu se transforme en coups et en haine aveugle. On nage dans la bêtise, l’enfer de l’imbécillité. Trucages, comme au bon temps de l’OM-Valencienne? Tous les coups ne sont-ils pas permis? Peu importe, ne surtout pas se poser de question ; la fête bat son plein, la fête de la rage, la fête du vide et de la stupidité et elle emporte tout sur son passage. Le règne de l’argent dans le football se combine à la fureur de la foule pour nous offrir ce spectacle absurde. Ah, j’oubliais, c’est vrai que nous sommes en France socialiste! Dans les commentaires des médias et les éditoriaux, il ne se trouve pas une note discordante, le consensus est total, la chape de la pensée unique, l’idéologie bétonnée. C’est ce qui me sidère le plus, au fond, la disparition de l’esprit critique… Tout cela n’a évidemment plus rien à voir ni avec le sport, ni avec le football, ni avec Paris. Face à la crétinerie intégrale, hélas, la raison se trouve démunie. C’est quand même une éternelle leçon de l’histoire de l’humanité…

Maxime TANDONNET

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Le "caractère"

LA_BRU~1La Bruyère, au début du tome II des Caractères (chapitre "du souverain ou de la république) s’efforce de définir ce qu’est pour lui un grand homme d’Etat. Celui-ci doit concilier dans sa personne de multiples qualités :

  • * la noblesse du comportement et de la tenue, puisque son premier devoir est de donner l’exemple et de représenter la nation, l’incarner dans son unité ;
  • * la force de caractère pour décider et assumer des mesures à la fois impopulaires et nécessaires au bien commun ;
  • * la vision de l’histoire et la raison qui guident sa politique ;
  • * la lucidité, la clairvoyance grâce auxquelles il saura s’entourer de personnalités compétentes et loyales.

« Il est vrai qu’il est rare de les voir réunies dans un même sujet ; il faut que trop de choses concourent à la fois : l’esprit, le cœur, les dehors, le tempérament ; et il me semble qu’un monarque qui les rassemble toutes en sa personne est digne du nom  de GRAND ».

Les idéologies et les programmes sont affaire de circonstance, ne valant que pour une époque donnée. Les institutions et les normes juridiques elles-mêmes correspondent à l’état d’une société, de ses valeurs et de ses technologies. Elles doivent évoluer avec le temps.

En revanche le sort d’une nation dépend bien davantage du caractère, de la personnalité de celui ou celle qui est à sa tête. Les qualités attendues d’un homme d’Etat, telles que La Bruyère les définit, ne changent pas d’une époque à l’autre. Elles sont  précieuses puisque rarissimes. Au-delà de l’écume médiatique, de l’inconsistance et de la volatilité de certains débats, le grand enjeu des années à venir est bel et bien d’identifier et de faire surgir  « l’homme de caractère » qui aura à prendre en main la destinée du pays.

Maxime TANDONNET

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La relève

Quelques nouvelles de mon lieu de vacance, dans un coin de Gironde au bord de l’océan… Le sentiment que la France politique s’enfonce dans un abîme sans fond. La Commission européenne vient "d’accorder un sursis de deux ans à la France pour se mettre en règle". Notre fierté nationale devrait en être fouettée. Mille ans d’histoire, de guerres, de révolutions, de souffrances, de succès et de gloire,  à conquérir notre indépendance. "Honneur et Patrie" était la devise des Français libres" en 1940-1943. Et nous voilà comme des enfants à quémander un sursis de deux ans avant la grande punition. Pendant ce temps, les politiciens nous ridiculisent. Stupéfiante cette déclaration de M. Fillon se démarquant de l’ex-président au sujet du Front national. En une quarantaine de réunions auxquelles j’ai assistées, je n’ai jamais vu l’ex-Premier ministre élever un soupir de désaccord sur ces sujets avec N. Sarkozy. Tout le monde sait à quel point il s’est démené pour rester à la tête du gouvernement fin 2010. Ce retournement de veste est inqualifiable. Quant à l’autre, qui veut un "gouvernement d’union nationale" sans le PS ni l’UMP… Avec qui alors, Mélenchon, et Bayrou? Bel attelage en effet: FN, communistes et centristes… Démagogie, mensonges, vulgarité, mais pour qui nous prennent-ils? Un  remaniement du gouvernement, apprend-on, n’est plus à exclure,  sachant "qu’aucun ministre ne serait protégé." Oulala! On a peur, il va peut-être se passer des choses… Franchement cette classe politique est à la ramasse, on ne peut plus compter sur elle. C’est aux citoyens, je le crois de plus en plus, à nous, de s’organiser, de créer des club, des associations, des blogs, de s’investir dans la vie locale, les mairies, et d’imposer une relève.

Maxime TANDONNET

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Chef d’oeuvre?

Voici le clip tant controversé du groupe Indochine .

http://www.chartsinfrance.net/Indochine/news-84944.html

Personnellement, je trouve que c’est un véritable chef d’œuvre, qui dénonce, au-delà de la violence scolaire, la barbarie moderne, les lynchages en tout genre. La figure du  bon élève studieux, timide, solitaire, rêveur, différent,  persécuté par les autres dans l’indifférence générale, a  quelque chose de profondément bouleversant à mes yeux. La symbolique chrétienne (bizarrement) est omniprésente. Peut-être que cette chanson et ces images peuvent entraîner une prise de conscience, un changement des mentalités. Je ne sais si mon interprétation correspond à l’état d’esprit des auteurs; on peut voir les choses tout autrement et je le comprendrais fort bien d’ailleurs. En tout cas, censurer ce clip, me semble-t-il, serait une grave atteinte à la liberté d’expression…

Maxime TANDONNET

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Restaurer le débat d’idées

Quand la vie politique se réduit à une succession de polémiques, de scandales, d’accusations, de propos haineux, de sondages bidonnés, de petites phrases cruelles, de querelles de politiciens nombrilistes,  les citoyens finissent par ne plus croire en la politique et se replier sur eux-mêmes. Il me semble urgent de restaurer le débat d’idées et la réflexion autour des projets, qui font cruellement défaut aujourd’hui. Je ne prétends évidemment pas détenir de solutions miracle mais pense qu’il faut combattre l’idée selon laquelle il n’y aurait plus rien à faire dans un contexte mondialisé ou tout serait joué d’avance. Sans verser dans la surenchère démagogique autour de propositions irréalistes, il me semble que la parole doit revenir à l’imagination et à la volonté politique. D’où ces quelques lignes d’un programme, lancées pour tenter d’ouvrir un débat.

1/ Rétablir l’autorité et l’efficacité de l’Etat. La première tâche d’un futur gouvernement devrait être, me semble-t-il, de lancer une profonde réforme constitutionnelle permettant de sortir de l’impuissance politique chronique dans laquelle nous nous débattons depuis des décennies. Il faudra alors faciliter le recours à la démocratie directe, imposer le référendum sur les grands sujets engageant l’avenir du pays, permettre le référendum d’initiative populaire, et rendre beaucoup plus simple les révisions constitutionnelles de manière à surmonter les blocages du Conseil constitutionnel qui correspondent à une logique de montée des pouvoirs juridictionnels mais finissent par réduire comme peau de chagrin les marges de manœuvre du pouvoir politique et annihiler la notion de volonté générale, au cœur de la démocratie. La révision constitutionnelle passerait ainsi par le vote à la majorité absolue du Sénat et de l’Assemblée réunis en Congrès.

2/ Rendre l’Europe aux Européens: la question n’est pas de « sortir » de l’Union européenne, espace de solidarité unique entre Etats aux liens de solidarité extrêmement profonds, ancrés dans l’histoire, une civilisation commune, des intérêts stratégiques  partagés. D’ailleurs, le sujet est passionnel et une « sortie » déclencherait un séisme sur le continent mais aurait aussi pour effet de déchirer la société française qui n’a pas besoin de cette nouvelle guerre civile. L’Union européenne est une institution bien trop lourde, rigide et bureaucratique pour espérer la changer d’un coup de baguette magique. Cependant, un futur gouvernement français devra prendre l’initiative de rouvrir le dossier de l’avenir de l’Europe, une Europe incluant bien entendu le Royaume-Uni et pourquoi pas, à terme, la Russie. Pour sortir du poison de la bureaucratisation, les institutions de Bruxelles devront se soumettre au pouvoir politique incarné par le conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement et à la recherche d’un équilibre entre les intérêts nationaux et communautaires. Cette grande réforme passe par un courage politique et une ténacité hors du commun.

3/ Libérer les forces de la croissance: mettre fin aux contraintes qui pèsent sur l’entreprise, les règles du droit social, temps de travail, congés, salaire minimal, règles de licenciement doivent être renvoyées à des négociations entre les partenaires sociaux. L’impôt sur les sociétés serait fortement réduit en fonction du taux le plus favorable dans d’autre pays. Les charges sociales ne doivent pas représenter plus d’un certain pourcentage, à définir sur la base de comparaisons internationales, de la masse salariale. L’Etat se fixerait pour objectif de ramener les prélèvements obligatoires de 47 à 40% du PIB en 5 ans. Le principe de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux doit s’appliquer non seulement à l’Etat – comme sous le quinquennat précédent  –  mais aussi aux collectivités locales.

4/Assainir le climat politique: un principe d’impartialité absolue doit s’imposer à l’ensemble des institutions ou corps de métier qui bénéficient de fonds publics : justice, administration, service public de l’audiovisuel et de la radio, éducation nationale, milieu associatif touchant des subventions. Les prises de positions idéologiques dans l’exercice de la mission financée par les contribuables seraient strictement interdites. Un collège de hautes personnalités indépendantes pourvu de pouvoir de sanction pouvant aller jusqu’à la destitution ou le retrait de financement, serait chargé de veiller à ce principe, valable évidemment aussi bien pour un camp politique que pour l’autre.

5/ Le relancer l’éducation nationale sur des bases nouvelles : Cela passe par une réforme globale de bon sens : renforcement du pouvoir des chefs d’établissement sur le choix des enseignants et sur le plan disciplinaire, autonomie des établissement, recentrage des programme sur les matières  fondamentales, français, mathématiques, langues étrangères, histoire, adaptation des cursus au rythme des élèves, développement des partenariat avec le monde de l’entreprise, valorisation de l’apprentissages tout en dépassant le clivage « manuel »/ « intellectuel » (choisir le beau et noble métier de menuisier par exemple, ne doit pas impliquer un renoncement aux formations de base et à la culture générale).

6/ Assurer l’ordre républicain : la prévention et la répression des atteintes aux biens et aux personnes en particulier les actes de violence et de barbarie, de même que le plafonnement de l’immigration au niveau des capacités d’accueil de la Nation doivent s’imposer comme des priorités absolues à l’ensemble des autorités de l’Etat : gouvernement, justice, administration. Le respect de la loi, de l’ordre républicain, ne doit plus se concevoir comme une obligation de moyens, mais comme une obligation de résultats, engageant les responsabilités individuelles: ministre, préfets, magistrats, policiers et gendarmes de haut rang.

Maxime TANDONNET

 

 

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De l’espèce humaine

Roselyne Bachelot vient ainsi de déclarer de Claude Guéant qu’il était "soit menteur, soit voleur". Dans l’ordre de l’insulte, il est difficile de faire pire. Moi j’ai vu cette dame, ministre de Jaques Chirac puis de Nicolas Sarkozy, pendant des années où j’étais à l’Elysée, tout sourire quand elle s’adressait au puissant secrétaire général de la présidence de la République, réputé faire ou défaire les carrières des ministres. Maintenant que ce dernier est à terre et inoffensif, il fait bon de s’acheter une petite gloriole médiatique en lui portant le coup de grâce. On croyait avoir tout vu mais non… L’espèce humaine est décidément un puits sans fond.

Maxime TANDONNET

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Rétablir l’Etat impartial

Le « mur des cons » du syndicats de la magistrature ne reflète pas seulement une faillite intellectuelle et éthique de quelques individus – qui ne semblent d’ailleurs toujours comprendre ce qui leur est reproché – mais il traduit aussi une déliquescence générale du sens de l’Etat. La notion de l’Etat moderne s’est construite sur le principe d’institutions neutres, opposée à la personnalisation des charges. Ainsi, on n’hérite plus d’une fonction publique, on y accède par son mérite. L’Etat impartial est au cœur de la déclaration des droits de  l’homme de 1789. Aux termes de son article VI, la loi étant l’expression de la volonté générale, elle "doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse". Le service public doit être par conséquent assuré dans la neutralité, c’est-à-dire sans considération des opinions politiques, religieuses ou philosophiques des fonctionnaires, des magistrats, ou des usagers. La sinistre « révolution nationale » dans les années 1940 à 1942 a voulu remettre en cause le principe de neutralité : « La vie n’est pas neutre ; elle consiste à prendre parti hardiment. Il n’y a pas de neutralité possible entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal, entre la santé et la maladie, entre l’ordre et le désordre, entre la France et l’anti-France. » (discours de Pétain du 15 aout 1940). Elle a échoué, mais…. Mais aujourd’hui, que reste-t-il vraiment de l’Etat impartial? Une partie des magistrats revendique haut et fort leur combat idéologique dans l’exercice même de leur mission. Les hauts fonctionnaires sont soit limogés soit désignés en fonction de leurs affinités politiques. Le service public de l’audiovisuel (France télévision, Radio-France, etc.) est totalement dévoyé à une œuvre de propagande unilatérale. Certains professeurs ne reculent pas devant le bourrage de crâne de leurs élèves.

La première tâche du gouvernement issu de la prochaine alternance devrait être le rétablissement de l’Etat impartial, fondé sur le principe suivant : dès lors qu’une activité bénéficie d’argent public – prélevé sur les impôts de tous les citoyens – le principe de neutralité politique, idéologique, religieuse doit être scrupuleusement respecté. Une haute autorité indépendante, élue, dotée de pouvoir de sanctions, serait chargée de faire respecter cette valeur fondamentale. Les nominations à caractère politique, non justifiée par la compétence et le mérite, seraient interdites. Le service public de l’audiovisuel serait astreint à la plus stricte neutralité, ce qui suppose une impartialité dans les commentaires et un équilibre dans les prises de paroles des politiques. Les syndicats de fonctionnaires ou de magistrats devraient s’en tenir à leur rôle, celui de défendre une profession, toute prise de position idéologique leur étant fermement interdite.  Les professeurs devraient s’en tenir à leur métier qui est d’enseigner et ne jamais faire valoir leurs opinions auprès de leurs élèves. Voilà, ce n’est qu’à ce prix que la France pourra  reconstruire un Etat digne de ce nom.

Maxime TANDONNET

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Euro, les deux erreurs

La divinisation comme la diabolisation de la monnaie européenne sont deux erreurs de la classe politique française.

Affirmer que l’euro, en tant que noyau de l’Union européenne, serait le pilier de la paix en Europe, comme l’ont fait tous les chefs de l’Etat depuis Mitterrand, me paraît difficilement soutenable. Une monnaie et des institutions communes n’ont jamais été de nature à éviter les conflits, surtout à une époque où la plupart des guerres ont un caractère civil, opposant des factions opposées d’une même entité politique (Yougoslavie, Russie, Afghanistan, Irak, Afrique des lacs, etc.) Ce sont les flambées de passion, l’exacerbation des conflits d’intérêt, les haines ethniques ou religieuse, le sentiment d’injustice dans le partage des richesses qui entraînent les dérives sanglante. Cela n’a strictement rien à voir avec l’existence d’une monnaie commune ou de structures à caractère fédéral.  La réconciliation entre la France et l’Allemagne est évidemment bien antérieure à l’euro, remontant au général de Gaulle. Elle est ancrée dans une réalité passionnelle infiniment plus solide que la monnaie unique et les institutions de Bruxelles. Elle est due à la sagesse des dirigeants de l’époque et des deux peuples, à un contexte historique et international issu de la deuxième guerre mondiale. De même, l’amitié entre la France et la Grande-Bretagne, tout aussi profonde, ne saurait avoir le moindre rapport avec la monnaie unique puisque le Royaume-Uni n’en fait pas partie.

Le dogme inverse, celui selon lequel une sortie de l’euro serait le « remède miracle » pour sortir l’économie française du marasme est tout aussi absurde et démagogique. La Grande-Bretagne est dans une situation désastreuse alors que l’économie Allemande s’en sort relativement bien. La disparition de l’euro ne dispenserait en aucun cas la France et les autres nations européennes de l’obligation d’accomplir des efforts et des réformes gigantesques, de réduire considérablement les prélèvements obligatoires, les déficits, et une dette publique monstrueuse, de libérer l’entreprise des contraintes infernales qui pèsent sur elles, bref de  cesser de vivre au-dessus de leurs moyens, de restaurer la compétitivité et de dé-soviétiser l’appareil productif ce qui suppose une véritable révolution. Voir dans la seule sortie de l’euro une sorte de poudre de perlimpinpin dispensant d’une profonde transformation de l’économie française dans le sens de l’effort relève de l’imposture totale.

La vérité, c’est que le débat est prisonnier des idéologies et d’une guerre de religion. Or, la seule chose qui compte, ce sont les réalités. La France a perdu un million d’emplois industriels en 10 ans. L’Espagne compte 24% de sa population au chômage. La Grèce et l’Italie connaissent un appauvrissement de leur pouvoir d’achat et une montée de la misère sans précédent dans l’histoire contemporaine, le taux de chômage de la « zone euro » atteint 12% et l’Europe est devenue une zone de stagnation dans un monde en plein mouvement. Les ergotages sur le degré de responsabilité de l’euro n’ont guère de sens. La politique monétaire est par définition l’un des déterminants essentiel de la situation économique. Les défenseurs inconditionnels de l’euro doivent ouvrir les yeux, sortir de l’aveuglement idéologique : à un certain stade, sauf retournement imprévu de l’évolution économique, les faits risquent d’imposer leur loi. Il sera politiquement et moralement impossible d’imposer le sacrifice de toute une génération pour  perpétuer un système qui aura fait faillite : celui d’une politique monétaire unique et rigide appliquée à des Etats dans des situations extrêmement diverses. La question de sauver l’unité politique de l’Europe, l’amitié et l’alliance entre ses peuples, en faisant le sacrifice de la monnaie unique au profit d’une solution plus souple et respectueuse de la diversité des situations peut alors se présenter de manière légitime et sans démagogie: coexistence d’une monnaie commune et de monnaies nationales ou euro à géométrie variable… J’attends le premier de ma famille politique qui aura le courage, l’audace, la lucidité de poser la question en ces termes.

Maxime TANDONNET

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"Mur des cons"

Ci-dessous un passage de mon interview donnée hier à Atlantico (voir lien sur le blogroll):

D’une certaine manière, ce « Mur des cons » est-il le reflet d’une France prisonnière de réflexes idéologiques sectaires ?

Non, on ne peut pas parler d’une « France » aux réflexes idéologiques sectaires. Les Français dans leur grande majorité, la majorité silencieuse, sont ouverts au dialogue et à la tolérance. Ils se parlent en famille, entre amis, au travail, dans la rue, et n’aiment pas les affrontements idéologiques. La violence verbale, les insultes haineuses, le lynchage en meute caractérisent plutôt les milieux médiatisés, la sphère dirigeante ou influente. Quant à ce « mur des cons » il exprime au grand jour ce que chacun sait: la dérive militante et idéologique d’une petite minorité de magistrats dont l’attitude risque hélas de rejaillir sur toute une profession. Au-delà du clivage droite-gauche, ce « mur des cons » manifeste chez quelques-uns la perte de tout repère éthique, professionnel, intellectuel. De la part d’individus qui ont le pouvoir de priver un homme ou une femme de son honneur ou de sa liberté, cela dénote un état d’esprit qui fait froid dans le dos.  Le phénomène est minoritaire, mais il jette le trouble et une suspicion dramatique sur l’idée d’une justice indépendante (y compris des considérations idéologiques) et impartiale.

Maxime TANDONNET

 

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"Morale laïque"

Le projet de loi sur la « refondation de l’école de la République » prévoit, entre autres dispositions, d’introduire un nouvel enseignement obligatoire de « morale laïque » tout au long de la scolarité, en commençant dès le plus jeune âge. Selon le ministre de l’Education ministre, « il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel[1] ». Il y aurait-il dans ce discours, au niveau de l’inspiration,  une étrange et vague réminiscence de la politique de la table rase, comme un écho fortement atténué, dégénéré, extrêmemement lointain,  des utopies du siècle passé? Mao Zedong annonçait « Nous les forcerons à travailler de leurs mains pour qu’ils se transforment en hommes nouveaux[2] ». Cette quête se retrouve dans un autre camp. « La politique de Mussolini dénote une volonté de fascination des esprits, de transformation globale de la société et de création d’un homme nouveau »[3].  Un autre dictateur, dont je tairai le nom, voulait aussi  rompre avec le passé, faire table rase : « D’elle (la jeunesse héroïque) sortira l’homme libre, mesure et centre du monde, l’homme créateur, l’homme dieu ». Les régimes totalitaires, issus des deux grandes idéologies du siècle précédent, ont en commun le rêve d’engendrer un homme neuf, apuré des liens du passé, des entraves de son éducation, de son histoire personnelle, devenu transparent, ayant vocation à se fondre dans un tout collectif « un individu en qui se réalise fantastiquement l’unité d’une société purement humaine et s’institue le miroir de l’un »[4]. Je ne dis en aucun cas que c’est la même chose et me garde bien de toute sorte d’amalgame… Cependant, il y a peut-être quand même une sorte de lointain rapport de cousinage entre les utopies totalitaires du siècle passé et la nouvelle « morale laïque ». Alors, que se passe-t-il ? Fuite en avant ou faille dans le raisonnement? Plutôt que de vouloir utiliser l’école et les professeurs à des fins de remodelage des jeunes cerveaux, ne vaudrait-il pas mieux recentrer leur rôle sur les vraies missions de l’Education nationale en démocratie, c’est-à-dire d’enseigner, sans esprit de propagande, ni même d’influence, le français, les maths, l’histoire, la géographie et l’anglais ?

Maxime TANDONNET


[1] JDD septembre 2012

[2]  Le Petit livre rouge

[3] Le fascisme italien – Bernstein, Milza – le Seuil

[4] Un homme en trop – Claude Lefort

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La fin de "l’honnête homme"?

Le concept d’honnête homme, né au XVIe et XVIIe siècle est au centre de la tradition française. L’honnête homme incarne un équilibre, le goût, la finesse, le bon sens. Il a une « tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine », selon Montaigne ; il « sait quelque chose de tout » et non « tout d’une seule chose », selon Pascal ; il a « l’art de plaire » mais sans courtisanerie, selon Nicolas Faret ; « sobre, modéré, chaste, équitable » pour la Bruyère. Il a le sens de l’honneur et du respect ; il est tout en tempérance, combine qualités morale et de l’esprit.

L’actualité nous livre mille exemples au quotidien de la démence et des aberrations d’une époque qui ne cesse de pourfendre les valeurs qu’exprime cette notion typiquement française.

Sans parler des grands dossiers de l’heure, de cet extravagant « mariage pour tous », un événement, exemple parmi tant d’autres, est passé totalement inaperçu en fin de semaine dernière : le principal suspect de l’assaut barbare d’une bande contre le RER D venait d’être « relaxé » dans l’indifférence générale, la décision scellant la clotûre d’une affaire qui restera probablement sans suite. Cette démission spectaculaire de l’autorité et le climat de complaisance générale  qui l’accompagne peuvent avoir deux explications : une oeuvre de sabotage destinée à en finir avec la société « bourgeoise » ; une marque d’aveuglement – de stupidité – d’inaptitude à percevoir l’impact désastreux d’une pareille dérobade.

Je serais plutôt enclin à pencher en faveur de la seconde.

Petite anecdote dont je certifie sur mon honneur la stricte authenticité : je discute un jour avec un chroniqueur à la voix bien connue, un « faiseur d’opinion », supposé « de gauche », qui assène à des millions de personnes ses certitudes, ses dogmes et ses vérités. Nous parlons du droit de vote des femmes. Je lui rappelle que la gauche française, radicaux et socialistes, y a été traditionnellement opposée – redoutant l’influence des « curés » sur la gent féminine – et que les femmes doivent leur droit de vote au seul général de Gaulle en 1944. Tout citoyen me semble-t-il, devrait connaître ce moment décisif de l’histoire de la démocratie. Ce n’est pas seulement une question de culture générale mais de minimum vital pour qui prétend éclairer les autres. Pourtant, mon influent interlocuteur me regarde, sidéré : « Ah bon, vous êtes sûr ?… »

Je ne parle pas d’érudition ou de savoir mais de simple ouverture d’esprit, de curiosité intellectuelle qui fait cruellement défaut. Le creux, le vide derrière les dogmes, les certitudes, et les fausses vérités rabâchées, une société qui papillonne au gré du vent, privée des repères de l’intelligence: nous ne sommes plus dans l’ère de l’honnête homme, au bon sens ancré dans la réalité et solides valeurs morales, mais dans celle de son antithèse, le pédant qui éblouit et entraîne les autres par la frime et les beaux discours inconsistants. Les hautes sphères de notre société abondent ainsi d’intelligences artificielles, préfabriquées, façonnées dans la bêtise. « Seuls les médiocres ont la perspective de se perpétuer, ils sont les hommes de l’avenir, les seuls survivants » (Nietzsche, Par delà bien et mal). Vision excessivement sombre de l’avenir de l’humanité et de la civilisation, à ne pas prendre au pied de la lettre mais peut-être comme une mise en garde.

Maxime TANDONNET

 

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Les raisons d’une impopularité

Les observateurs de la vie politique s’interrogent sur l’effondrement de la cote de popularité du chef de l’Etat qui atteint, semble-t-il, un record historique avec 26% de satisfaits. L’explication la plus courante est celle de la dégradation économique et de la déception des milieux populaires. Je pense qu’il y a quelque chose de plus profond, de plus passionnel encore. Le président de la République, héritier des monarques, a pour mission essentielle d’incarner la Nation dans son unité en s’appuyant sur un Premier ministre qui va au charbon, applique une politique au risque de l’impopularité. Or, l’image actuelle de l’ occupant de l’Elysée est parfois ressentie comme s’attachant pour l’essentiel aux divisions du pays et non à son unité. L’affaire du "mariage pour tous", au cœur de son programme de campagne, qui pousse le pays à une sorte d’affrontement, en est l’illustration. Le peuple français, en dehors du milieu politique, est uni et tient en horreur les clivages et les divisions. Dans les familles, dans les cercles d’amis, au travail, on se parle, on s’apprécie par-delà les divergences d’opinion. Les Français ont la hantise de la guerre civile qui a si souvent mis le pays à feu et à sang. Ils sont prêts à pardonner beaucoup de choses à leurs dirigeants, mais jamais la division. C’est ce qu’avait bien compris Français Mitterrand en renonçant à son projet de loi sur l’école libre en 1984. Les événements actuels laisseront des cicatrices profondes dont on ne voit pas bien comment, dans un contexte économique en plus très dégradé, les dirigeants du pays pourront se remettre.

(Merci infiniment aux éventuels intervenants pour la modération habituelle du ton de leurs avis, qui est vitale pour la survie de blog…)

Maxime TANDONNET

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Hommes de caractère

Une grande panique pousse les responsables politiques, c’est la dernière mode, à dévoiler leur patrimoine. Cette avalanche de révélations, dans les détails les plus misérables parfois, a quelque chose d’indécent, de grotesque. C’est la première étape d’une société où  les hommes et les femmes influents dans tous les domaines de la vie sociale ou soupçonnés de "réussite", seront invités à faire de même. Cette transparence a quelque chose de choquant. Le fruit d’un travail honnête, cela existe aussi, ne regarde pas forcément les autres. L’homme de caractère, dans toute cette tourmente, c’est celui qui aurait dit: "Moi, j’ai des principes, je ne baisse pas mon pantalon, quoi qu’il advienne et je préfère me retirer que renoncer à ma dignité personnelle." Mais voilà, rien de tel ne s’est produit à ma connaissance. Un jour, l’histoire tragique reviendra frapper, quand on s’y attendra le moins. Des événements graves se produiront. Comment réagira le milieu politico-médiatique (d’un bout à l’autre de l’échiquier)? A le voir fonctionner au quotidien, fébrile, malléable, carriériste,  on peut l’imaginer dans le danger, se dispersant comme une volée de moineaux.  Et alors, si un homme ou une femme de caractère, un inconnu se révèle dans les circonstances, il est vraisemblable  qu’il ne viendra pas de ceux-là qui inondent les écrans de télévision de leur inconsistance…

NB: j’écris à la va-vite d’un coin d’hôtel, avec mes excuses pour la forme lapidaire…

Maxime TANDONNET

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"Groupes fascisants"

«Rien ne justifie une telle violence devant le Sénat (…) Ces groupes fanatisés, ces groupes fascisants doivent être fermement condamnés», déclare le secrétaire général du parti socialiste, dénonçant "le silence assourdissant" de l’opposition. Nous sommes dans le réflexe de Pavlov. Quand les socialistes paniquent, il ne leur reste plus qu’à brandir l’insulte suprême, le mot magique : fasciste. D’un point de vue historique, c’est totalement ridicule car tous ceux qui gardent quelques notions  des années 1920 et 1930 connaissent les liens entre socialisme et fascisme dont le  créateur, Benito Mussolini, était d’ailleurs lui-même un ancien instituteur socialiste. Quand ils se sentent aculés, le dos au mur, il faut que sorte l’insulte suprême. Même de Gaulle, l’un des premiers à avoir appelé à la résistance contre une armée d’occupation fasciste fut en son temps traité de dictateur et de fasciste. Je n’ai ni l’envie ni le temps de me lancer dans un récapitulatif de tous les faits qui à travers les époques, ont marqué une collusion, des passerelles entre socialisme et extrême droite fasciste: 10 tomes de 500 pages n’y suffiraient pas. L’injure est si banale qu’on devrait n’y attacher aucune importance, sinon à travers sa signification profonde : le désarroi face à un sentiment de déroute. Entre le désastre économique, les scandales politico-financiers, les tensions grandissantes de la rue, nul ne sait où nous allons, nul n’a la moindre idée de la manière dont tout cela va finir. La France est prise de vertige au-dessus d’un gouffre sans fond. Dans ce genre de situation, ne vaut-il pas mieux tendre la main et essayer d’ouvrir un dialogue plutôt que de cracher des insultes ?

NB: Je trouve, à l’inverse,  absolument lamentables certaines attitudes ou propos violents qui ont pour résultat de donner raison aux accusations des socialistes, tels les débordements de Nantes, offrant un statut de martyr à des gens qui n’en méritent pas tant!

Maxime TANDONNET

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Odieux régime des partis

imagesCAGZA3N8Le drame français actuel illustre les propos du général de Gaulle déclarant le 15 décembre 1965 : « Le régime des partis, c’est la pagaille. » A vrai dire, aucun des partis qui accaparent les institutions et les médias ne trouve grâce à mes yeux. Le système partisan est sclérosé, impuissant, coupé de la société civile, accaparé par les intérêts personnels, le népotisme familial ou clanique, la préservation ou la conquête de rentes de situation,  largement indifférent à toute notion de bien commun. Je ne suis pas loin de penser que la calamité dans laquelle  nous nous trouvons est en partie de la responsabilité des partis politiques, en particulier des 5 grands dont je laisse au lecteur le soin de deviner le nom :

-         1/ parti schizophrénique écartelé entre bonne conscience moralisatrice et cynisme calculateur.

-         2/ hors quelques exceptions, globalement dominé par des lâches soumis au politiquement correct et des benêts aveuglés par leur nombrilisme.

-         3/ jadis spécialiste des provocations sinistres et putrides, aujourd’hui reconverti à la démagogie absolue.

-         4/ enragés de salon, nostalgiques du bon vieux temps du Goulag.

-         5/ des hypocrites carriéristes qui se foutent de l’environnement comme de leur première chemise.

Des mouvements politiques, il en faut bien sûr, mais pas ceux-là ! Aucun de ceux-là ! Qu’ils disparaissent dans le néant comme ils le méritent! Périodiquement, tous les trente ans, la vie politique se recompose de fond en comble. De 1875 à 1902, elle était dominée par deux grands partis républicains modérés, l’union républicaine de Gambetta et la gauche républicaine de Jules Ferry. A partir de 1900, ils disparaissent et le parti radical  prend le relai pendant 4 décennies. A la Libération, la vie politique s’organise autour d’une « troisième force », composée de la SFIO et du MRP (centriste)… Sous la Vème République, le parti gaulliste est au centre de l’échiquier jusqu’à 1974 et l’émergence d’un quadripartisme autour du PS, du PC, du RPR (chiraquien) et de l’UDF (giscardien). Nous vivons désormais dans une configuration qui remonte aux années 2000, mais pourquoi faudrait-il se résoudre à l’immobilisme? Quel évènement, quelle fracture permettra de faire imploser le schéma actuel et d’ouvrir la voie à une reconstruction ? Dans l’idéal, la vie politique française s’organiserait, une fois apurée des pitres actuels, sur la base nouvelle de deux grandes formations, l’une républicaine/gaulliste, l’autre social-démocrate sur un modèle Tony Blair, sans haine l’une pour l’autre et même capables de travailler ensemble à des fins constructives, dans le respect mutuel, qui est aussi le respect des Français, avec pour point commun, l’intérêt de la France. En outre, le peuple serait appelé à s’exprimer lui-même directement, hors du système partisan, à travers le recours au référendum pour toute décision d’importance nationale.

Maxime TANDONNET

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Obsession

9782130542971Voilà une dizaine de jours  que la "France d’en haut", sa classe politico-médiatique, sont obnubilées par l’affaire Cahuzac et ses suites. Certes, l’événement et de taille, mais la corruption, le scandale, ce n’est pas nouveau en politique, depuis "Panama", impliquant la moitié du parlement et des ministres en 1890, l’affaire Stavisky dans les années 1930, l’Observatoire, le rainbow warrior, les écoutes de l’Elysée, la Mnef, Urba, Strauss Kahn, etc. Mais c’est la première fois, me semble-t-il, qu’une affaire submerge la totalité de l’attention collective reléguant au second plan tout autre centre d’intérêt… Les bruits de bottes (nucléaires) en Corée, le massacre en Syrie, le drame de l’Egypte, les souffrances de l’Afrique, les otages français, le désastre économique avec ses 3,2 millions de chômeurs, une Vème République en charpie, l’Europe qui se déchire et s’effondre, la poussée électorale des mouvements protestataires dans la vie politique française et la débacle des partis démocratiques, l’insécurité, l’immigration etc… Tout s’est arrêté, comme figé dans l’affaire dite Cahuzac… Ce à quoi nous assistons est de l’ordre de la psychologie des foules, de l’inconscient collectif. Se polariser sur un sujet et y concentrer toute son attention permet de ne plus voir le monde qui s’effondre tout autour, oublier que nous sommes sur un volcan et apaiser ainsi l’angoisse du temps présent. Hélas, le soulagement est artificiel, car cette fuite devant la réalité  fige encore plus les choses. Pendant tout ce temps, plus personne ne fait rien, aucune réforme, aucune initiative de fond, et le pays est comme un vaisseau fantôme, privé de gouvernail dans la tempête.

Maxime TANDONNET

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La dame de fer

imagesMadame Thatcher fait partie des grands dirigeants du siècle dernier, avec par exemple son compatriote Churchill, Roosevelt et Ronald Reagan,  Raymond Poincaré et  Charles de Gaulle. Elle est tout à l’inverse d’un politique contemporain, porté sur la médiatisation, l’image, les calculs personnels. Son décés devrait mettre en lumière le sens profond de la politique: la volonté de décider, l’énergie de transformer la société nonobstant tous les obstacles. La "dame de fer" a réveillé la Grande-Bretagne, paralysée depuis les années 1950, par les normes syndicales et les blocages réglementaires dont l’économie était en voie d’asphyxie générale et rendu sa fierté au peuple britannique a un moment de son histoire.  On peut être en profond désaccord avec ses orientations idéologiques mais la leçon qu’elle laisse est valable pour tous les dirigeants politiques. Sur le fond, son message est limpide: croire en ses convictions et aller jusqu’au bout de ses choix et de ses engagements sans se retourner, sans fléchir, avec un horizon: l’intérêt national. Puis, une fois la tâche accomplie, montrer son désintéressement personnel en quittant le pouvoir. Quel exemple pour les politiques contemporains!  Les Français dans l’ensemble ne l’aiment pas, surtout si l’on en juge par les commentaires de presse d’aujourd’hui. Et pourtant,  la France en crise profonde, a besoin à sa tête d’une personnalité telle que Madame Thatcher.

Maxime TANDONNET

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Rumeurs et déstabilisation

Ce matin, j’apprends sur le site de l’hebdomadaire le Point, que le journal Libération, se fondant sur une enquête en cours d’un célèbre site Internet, révèle la détention éventuelle d’un compte en Suisse par Laurent Fabius… L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme… Colporter des rumeurs n’a évidemment pas grand rapport avec la déontologie du journalisme dont l’une des règles fondamentales consiste à recouper ses sources pour ne livrer que des informations certaines. En tout cas, voilà à son tour le ministre des Affaires étrangères ébranlé, obligé de se justifier et ainsi affaibli. Quel est le sens de l’opération me suis-je demandé : soif de destruction et de chaos, dans la tradition  bien de chez nous de l’extrémisme révolutionnaire ? Recherche du scoop à tout prix de la part de gratte-papiers (je ne parle pas de journalistes) en mal de notoriété ? Les deux mon colonel ? Loin de moi l’idée de défendre Laurent Fabius et la politique du gouvernement, mais la première chose à laquelle j’ai pensée est celle-ci : le ministre des affaires étrangères est engagé dans une négociation pour tenter d’obtenir la libération une famille française avec 4 tout jeunes enfants, menacée de mort par des terroristes en Afrique et subissant au quotidien une épouvantable épreuve. Avant de déstabiliser et de fragiliser le ministre – sans la moindre preuve évidemment – , nos zozos y ont-ils pensé un instant ? Non, j’ai bien peur qu’il ne s’en foutent comme de leur première chemise…

Maxime TANDONNET

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Mes états d’âme

« Impardonnable », « outrage à la république », « indigne », « trahison », « faute morale », « crapule », etc… Il est impossible de dresser le florilège des noms d’oiseau qui s’abattent sur Jérôme Cahuzac. Les actes qu’il a commis et les mensonges réitérés sont bien entendu des faits d’une extrême gravité. Faut-il pour autant le traiter comme s’il avait tué, violé, ou s’il s’était rendu coupable de crime contre un enfant ? Il a demandé pardon. En chrétien, j’ai du mal à comprendre qu’un homme qui demande pardon puisse être jugé « impardonnable ». Encore une fois, sans chercher à relativiser sa responsabilité ni la gravité de ses actes, j’observe qu’il a été balancé par son ex-femme et un adversaire politique vaincu. Personnellement, je n’aime pas les tricheurs mais je n’aime pas non plus les balances. Dans cette surenchère de férocité à son endroit des médias et des politiques, dans ce lynchage en meute, il y a bien quelque part une forme d’exutoire. Coupable de faits gravissimes, certes, nul ne peut le nier, mais aussi quelque part bouc émissaire de la classe dirigeante, comme chargé d’emporter dans le désert tout le fardeau des méfaits collectifs et de tant de scandales passés ou étouffés. J’ai bien aimé son ancien directeur de cabinet, dans la ville dont il a été maire, déclarant sur TF1: « Quoi qu’il ait fait, il reste mon ami. »  Il y a encore des gens qui ont un cœur dans ce pays… Voilà, je dis ce que je ressens, quitte à passer pour naïf ou ridicule, tant pis…

Maxime TANDONNET

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Au bord du gouffre

Hier soir, je suis resté longtemps prostré devant ma télévision, à la suite du coup de matraque que je venais, comme tous les Français, de recevoir sur le crâne.  Comme beaucoup d’entre eux, je me raccrochais jusqu’alors vaille que vaille à la « présomption d’innocence » et à mon aversion naturelle envers les « balances ». Mais comment peut-on mentir avec autant d’aplomb et de suffisance, les yeux dans les yeux de tout un pays ? Citoyen lambda, je me suis senti moi aussi trompé, trahi. Devant mon écran, j’observe,  zappant d’une chaîne à l’autre, les réactions des hommes et femmes politiques. Sans verser dans l’image caricaturale du "tous pourris", sont-ils conscients de l’image que donne aujourd’hui la politique nationale? Plusieurs représentants du PS se drapent dans leur dignité de vierges effarouchées.  « Quand on est de gauche, on se doit d’être exemplaire ! » Exemplaire ? Et le Rainbow Warrior, les écoutes téléphoniques, Urba, la MNEF, l’affaire DSK, le Carlston de Lille, aujourd’hui Cahuzac, et d’autres encore bien pires qui couvent peut-être et qu’on tient enfouies. On a beau dire "c’est pas moi, c’est l’autre", cela commence à faire beaucoup… Valeurs de gauche, désormais, le sexe, l’hypocrisie et  l’argent ? Qu’est-ce que cela signifie encore, "de gauche" ?  Quant à JF Copé, il pouvait proclamer « la gauche morale, c’est fini », il avait beaucoup de mal à nous faire oublier son attitude d’octobre dernier face à François Fillon. La grande panique de la classe politique ? Tous, qu’ils soient PS ou UMP, proclamaient leur indignation devant une affaire risquant de faire le jeu des « extrêmes », c’est-à-dire, dans leur esprit, de gens susceptibles de leur piquer la place. Mais non, ils n’ont rien compris, ce n’est pas le problème. Les « extrêmes », les deux fronts en gros, dit "national" et "de gauche", n’échappent pas à l’opprobre général des Français envers toute la caste politico-médiatique. Le problème n’est pas que le scandale fasse le lit des « extrêmes » puisque ces derniers inspirent aux Français autant de méfiance que les autres. La seule chose qui compte, c’est le malheur du pays et de ses citoyens, accablés par le chômage, l’appauvrissement, le déclin, et trahis, profondément humiliés une fois de plus par ceux dont la mission est de les représenter. Je ne fais ici qu’exprimer, à mon modeste niveau, l’impression de nausée qui frappe tant de Français. Ce n’est évidemment pas la politique en soi qui est en cause mais son détournement à des fins personnelles dans un formidable halo d’hypocrisie. Tous les politiques ne sont pas à mettre dans le même sac bien sûr: pensons à ces dizaines de milliers d’élus anonymes qui se consacrent corps et âme à l’intérêt public. Pourtant, à tort ou à raison, l’impression d’une caste politico-médiatique verrouillée et protégée par une sorte d’omerta est dévastatrice dans l’opinion. Nul ne sait pas comment cela va se terminer, mais cette fois-ci, nous sommes  au bord du gouffre, face à la perspective d’une crise de régime, et il faut se préparer au pire en attendant, je l’espère, de reconstruire la vie politique sur des bases nouvelles.

Maxime TANDONNET

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Trois scénarios

Impression étrange, hier soir à la suite de la prestation de François Hollande face à Pujadas. Le président ne mérite, pas plus que son prédécesseur, les torrents de haine qui s’abattent aujourd’hui sur lui, notamment de la part de ceux qui l’ont élu, sachant qu’il ne fait qu’appliquer le programme pour lequel ils ont voté. Il est l’élu du peuple français pour 5 ans et nier sa légitimité par des excès de violence verbale, bien au-dela de la critique de sa politique, tels qu’ils se banalisent sur Internet, est incompatible avec les valeurs républicaines et démocratiques. Cependant, il me semble que quoi qu’il puisse dire, le courant ne passe pas; il manque quelque chose, pour l’instant, en tout cas, un  fluide inexpliquable, intraduisible, irrationnel, entre lui et la France. Ses propos, quels que soient ses efforts,  paraissent tomber dans le vide et l’incompréhension. Que va-t-il se passer par la suite? Rien ne peut s’arranger de toute façon. Avec 3,2 millions de chômeurs, la France ne cesse de s’enfoncer dans la crise. Nous savons qu’il faudrait accomplir des réformes considérables, s’engager dans la voie d’efforts gigantesques pour sauver l’économie française, réduire sensiblement les dépenses publiques, les charges et les impôts, libéraliser le marché du travail, supprimer les contraintes d’un autre âge qui pèsent sur l’entreprise. Or, rien de ce qui est annoncé ne ressemble à celà, au contraire. Dès lors, le navire France va continuer à sombrer lentement. Trois scénarios politiques se présentent. Le premier, en apparence le plus "normal", est celui de la "pente douce": les remaniements ministériels se succèdent avec plus ou moins de succès et dans une impopularité croissante, le pouvoir actuel parvient à tenir jusqu’à 2017. Le second, hautement  improbable, accidentel, est celui de la démission d’un homme à bout de nerf, usé par le climat hostile et déséspéré par l’impasse dans laquelle il se trouve, à la suite d’un référendum perdu par exemple (précédent de 1969). Le troisième est celui d’une dissolution de l’Assemblée nationale, par exemple début 2014, le président prenant acte de l’échec de son engagement à réduire le chômage, lâché par une partie de sa majorité, confronté à une crise sociale dramatique. En se présentant, ce qui est nouveau, comme "président de tous les Français" et non pas "président socialiste", François Hollande paraît entrouvrir cette hypothèse en tout cas ne pas l’exclure. Une telle perspective, à mon sens la plus vraisemblable, comporte un  inconvénient majeur: l’opposition ne semble pas prête car aucune personnalité d’envergure n’en émerge aujourd’hui . Par ailleurs, cette alternative - trois ans de cohabitation en pleine situation de crise - est seule de nature à remettre en selle le chef de l’Etat pour 2017. Enfin, quatrième scénario (même s’ils sont trois dans le titre, comme les mouquetaires), celui de l’union nationale, à l’allemande, tous les partis se réunissant dans l’intérêt de la France, en pleine crise, pour sauver le pays en engageant les grands chantiers nécessaires. Ne rêvons pas tout de même…

Maxime TANDONNET

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C’était Sarko

tempete-xynthiaLes lignes qui suivent n’ont pas vocation à prouver ni à démontrer quoi que ce soit, pas même à défendre la politique du précédent quinquennat. Elles ne visent qu’à expliquer le sentiment d’injustice et d’accablement que les anciens collaborateurs de Nicolas Sarkozy, dont je suis, ont pu éprouver à la suite de sa mise en examen pour « abus de faiblesse » sur une vieille dame. Quand je travaillais parmi les membres de son cabinet, au ministère de l’Intérieur et à l’Elysée (6 ans et demi au total), je tenais chaque soir un journal de bord qui fait plus de 800 pages… Je voudrais publier ici un extrait de la journée du dimanche 28 février 2010 à la suite de la tempête Xynthia qui a ravagé la Charente maritime et la Vendée. Mais ce n’est qu’un exemple, parmi une multitude du même genre, quasi quotidiens, montrant qui est vraiment l’ancien chef de l’Etat.

« Après un vol de quarante minutes dans l’Airbus présidentiel jusqu’à l’aéroport de la Rochelle, nous embarquons précipitamment dans un hélicoptère de l’Armée de l’air. Le temps est de circonstance : un déluge s’abat sans discontinuer sur la région. Nous survolons les zones inondées, des villages entiers recouverts par la mer, des maisons, à perte de vue, dont seules la toiture et la pauvre cheminée émergent des eaux écumantes. L’hélicoptère vole à basse altitude et nous dépose à la Faute-sur-mer dont les environs ont été engloutis sous les eaux à la suite de la rupture d’une digue. La catastrophe a fait au total cinquante à soixante  morts, dont une vingtaine dans cette commune, beaucoup de personnes âgées et d’enfants surpris dans leur sommeil par une vague gigantesque. L’horreur… Nous pataugeons dans la boue avec nos chaussures de ville. Nous suivons le président. Une vaste tente a été installée par la sécurité civile où reposent les victimes. Sarkozy y entre pour leur rendre hommage, accompagné du maire et du préfet. A travers le rideau de pluie glacée, je le vois en ressortir, livide, le visage ravagé par l’horreur de ce qu’il vient de voir. Lâchement, je ne l’ai pas accompagné à l’intérieur, me disant qu’il était inutile d’y être trop nombreux. Puis nous nous dirigeons vers une salle communale où quelques familles privées de toit ont été installées. Le Président, sonné, échange quelques mots avec chacune des personnes qui se trouvent là : « on va vous aider, je vous le promets, on est avec vous. » On lui présente une dame âgée, assise sur un siège, qui pleure: elle vient de perdre son mari et sa maison. Il lui parle et elle ne répond pas, semble ne pas l’entendre. Alors il lui prend la main et la tient sans rien dire, de longues minutes, blême, les traits durs, dévastés, les yeux hagards, comme tétanisé par le désespoir de la vieille femme. L’image me bouleverse, je ne l’oublierai jamais.

-  Monsieur le Préfet, je vous fais confiance, hein, vous allez vous en occuper, lui trouver un hébergement sans délai.

Je vous le promets Monsieur le Président…

- Et vous me tenez au courant.

-  Oui, bien sûr.

Trempés, glacés, nous remontons dans l’hélicoptère qui nous ramène à la Rochelle. Le Président réunit autour de lui dans une grande salle de la préfecture les élus et les forces vives. Dans le discours qu’il prononce, il reprend exactement ma prose : « Ce que nous venons de vivre est une catastrophe nationale… La Charente maritime et la Vendée, deux départements martyrs… La solidarité nationale s’exercera sans aucune faille au profit de chacune des victimes… »

Maxime TANDONNET

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La maladie de la France

Couv. Histoire présidentsNotre pays est profondément malade et il faut être d’un aveuglement sans nom pour ne pas s’en rendre compte. Cette souffrance n’est pas seulement de nature économique. Bien entendu, 3,2 millions de chômeurs, c’est épouvantable, mais cela n’explique pas tout. Même sous les bombes, même dans le chaos total, même dans la pire détresse, il est des peuples qui serrent les coudes. Or, notre pays se déchire comme jamais donne les signes d’une véritable crise de nerf nationale: violences invraisemblables envers les manifestants de dimanche dernier,  traitement honteux d’un ancien président de la République, effondrement sans précédent historique de la cote du chef de l’Etat et de la confiance des Français, poussée fulgurante du vote protestataire, agressivité généralisée dont témoignent les échanges d’insultes entre Mélenchon et le PS et chaque soir, les plateaux de télévision… La crise est politique, avant d’être économique. L’un des problèmes de fond de notre pays tient à l’absence d’une grande figure impartiale à sa tête, exprimant l’unité de tous les Français et incarnant la nation. Dans la pratique actuelle des institutions – et qui n’est pas nouvelle – , l’occupant de l’Elysée est  l’homme d’un parti, d’une majorité, d’une France opposée à une autre. Le président est devenu une sorte de premier ministre amélioré, au four et au moulin, qui gère au quotidien la politique du pays, patron d’une majorité n’ayant de cesse de fustiger l’opposition (ou son prédecesseur), lui-même réceptacle de tous les coups, effaçant par là son chef de  gouvernement. Or, le système ne peut pas fonctionner de cette manière: "Dans notre République, c’est le chef de l’Etat qui répond de l’intérêt supérieur et permanent de la France, et de la stabilité des institutions, de la continuité dans la conduite des affaires publiques… Le premier ministre, choisi et nommé par le chef de l’Etat, est, lui, aux prises avec la conjoncture" (De Gaulle, 8 septembre 1968). Le chef de l’Etat ne saurait être neutre puisqu’il est responsable de l’intérêt national et il est normal qu’il prononce "son bon choix" lors des grandes élections. Toutefois, il doit conserver une attitude qui en fasse le garant et le symbole de l’unité du pays, son devoir absolu surtout dans les temps de crise et d’inquiétude. Il est indispensable qu’il prenne, comme le souhaitait le général, ses distances avec l’actualité afin d’exercer depuis l’Elysée son autorité morale de "guide de la France" et d’arbitre, laissant le Premier ministe assurrer le pilotage quotidien de la politique, prendre les coups et assumer l’impopularité. Dans une affaire comme "le mariage pour tous" qui exacerbe les passions, le rôle d’un président de la République était de chercher une issue évitant la fracture à laquelle nous assistons. Le recours au référendum en était une, évidente.  Le quinquennat a eu un impact désastreux sur l’équilibre des institutions. Nous n’allons probablement pas revenir dessus pour l’instant, mais il est urgent d’inventer un quinquennat d’un nouveau genre, et de repenser la mission du chef de l’Etat qui ne peut pas être aute chose que le président de tous les Français et devrait, comme le fit Vincent Auriol en 1947 – "je ne suis plus socialiste" déclarait-il après avoir été élu -  rompre toute allégeance, toute relation privilégiée avec le parti politique et la majorité dont il est issu.

Maxime TANDONNET

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Sale coup pour la France

Personnellement, je ne suis pas tout à fait surpris du sale coup  qui vient d’être infligé à Nicolas Sarkozy, mis en examen,  et à la France. Non, je dois dire que je m’attendais un peu, sous une forme ou sous une autre, à un coup de poignard. En effet, dans le scénario global en cours, l’ancien président est celui qui gène, le grain de sable dans les rouages d’une sombre évolution : l’affaiblissement du pays, de son économie, la perte de ses emplois, de son industrie, de sa civilisation, de son Etat, livré  aux grands médias, aux tribunaux  et aux technocrates ; l’abaissement de l’opposition démocratique au profit d’un partage de la scène politique entre des écolo-socialistes irresponsables et un parti protestaire, deux mouvances qui jubilent en ce moment. Sarkozy est celui qui a au moins tenté de restaurer l’autorité, la sécurité, de réguler l’immigration, de réformer l’économie, la société et les institutions françaises, et même, audace suprême, envisagé d’ instaurer un principe de responsabilité des juges. Compte tenu des circonstances politiques, il bénéficiait d’un regain de popularité dans les sondages, laissant entrevoir un retour possible. Comment  cela aurait-il pu tourner autrement? Tout prétexte aurait été bon pour briser cet élan spontané. Ils ont saisi celui de soi-disant témoignages évoquant de possibles rencontres intéressées avec une dame âgée.  Absurde bien sûr, pour tous ceux qui l’ont un peu cotoyé, mais sans cela, soyons en certains, ils auraient évidemment trouvé autre chose! Et pourtant, même si je suis triste pour lui, je ne garde espoir, espérance plutôt,  car je crois  au bon sens populaire, au bon sens d’une nation, à son instinct de survie et je suis convaincu que ce genre de vissicitude procédurale, in fine, ne pèsera pas bien lourd face à la volonté nationale.

Maxime TANDONNET

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Misère de la lâcheté

Etrange climat toujours… Ce matin, à l’heure de plus grande écoute, la radio nous bassine longuement avec un recueil de lettres de parents d’élève à des professeurs, puis la manière dont les joueurs de football chantent ou ne chantent pas la Marseillaise. Zidane l’aurait entonnée, paraît-il, à tel match tant il était ému. Quant à Platini, nous est-il révélé, comme un secret d’Etat enfin dévoilé, il l’aurait susurré une fois dans sa vie… Et franchement, qu’est-ce que cela peut bien nous faire? Nous venons d’apprendre ce matin que la banque centrale européenne organise le blocus monétaire de Chypre pour que l’île accepte son plan de prélèvement impératif sur les comptes bancaires, menaçant ainsi le pays d’effondrement économique. Comment cela s’appelle-t-il? Un coup de force, sur un mode "non violent". Autrefois, on appelait cela "doctrine de la souveraineté limitée." Priver un Etat de liquidités, n’est-ce pas aussi efficace que lui envoyer une division blindée? Les politiques de droite et de gauche sont muets face à un événement de cette ampleur, comme sous l’effet d’une terreur indicible, celle de rompre avec  la ligne officielle. La BCE appliquerait-elle les mêmes méthodes à l’Allemagne par exemple? J’en doute,  elle préfère s’en prendre à un tout petit pays. Lâcheté, quand tu nous tiens… En tout cas, ce n’est pas une bonne manière de "faire aimer l’Europe". Mais jusqu’où pensent-ils pouvoir aller ainsi?

Maxime TANDONNET

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La grande déprime

Un petit billet à la hâte avant de dormir… L’actualité est à l’image du temps de cette fin d’hiver, froid et pluvieux, triste et maussade. Tout est là pour nous déprimer. Un train de banlieue attaqué par une bande de voyous, des passagers molestés, dévalisés terrorisés, comme dans un film d’horreur. La cour de cassation qui, contre toute attente, ouvre la voie au port du voile islamique dans les entreprises, tordant le cou au principe de laïcité. Le gouvernement des juges à l’état pur, avec son caractère inique, scandaleux. C’est au politique, à la démocratie de décider si oui ou non il est possible de se rendre au travail voilé, pas au juge.  La France semble partir en miettes. Il lui manque une boussole, une référence, un guide une autorité, la notion du bien et du mal. Bref, l’Etat est en pleine crise, le pouvoir politique en charpie et nul ne voit encore le bout du tunnel…

Maxime TANDONNET

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L’histoire des présidents de la République

Couv. Histoire présidentsChers amis,
Je viens de publier une histoire des 24 présidents de la République française aux éditions Perrin, dont je reproduis ci-dessous la 4ème de couverture qui donne une image fidèle, me semble-t-il, de son contenu.
Je serai au salon du livre samedi 23 mars l’après-midi pour dédicacer le livre, à Paris Porte de Versailles.
"Cette Histoire des présidents de la République, de Louis Napoléon Bonaparte à François Hollande, fondée sur de nombreux témoignages exhumés de l’oubli ou totalement inédits, pourfend l’image traditionnelle qui oppose le chef de l’État effacé des IIIe et IVe Républiques au monarque républicain tout puissant de la Ve. Les premiers, dans la discrétion et la modestie, ont parfois exercé une influence infiniment plus profonde que celle qui leur est généralement prêtée. Les seconds, en dehors des heures de gloire du début du régime créé par le général de Gaulle, ne sont pas parvenus à rompre avec la malédiction de l’impuissance publique et du déclin de la France dans le monde, malgré des velléités ponctuelles de réformes. Dressant des portraits fouillés et sans concession de chacun des 24 hommes qui se sont succédé à l’Élysée, leur caractère, leurs idées, leur entourage, leur attitude face aux crises, et leur oeuvre politique, l’auteur souligne à quel point la personnalité de chacun d’eux, plus encore que les institutions, a pu influer sur le cours des événements qui ont forgé la France contemporaine. Proche conseiller du président Nicolas Sarkozy à l’Élysée de 2007 à 2011, Maxime Tandonnet livre un témoignage édifiant sur cette période, sans état d’âme ni parti pris, et met à profit son expérience au coeur du pouvoir pour tenter de comprendre le malaise qui pèse sur la présidence de la République depuis une trentaine d’années. Liste des présidents : Louis-Napoléon Bonaparte, Adolphe Tiers, Patrice de Mac Mahon, Jules Grévy, Sadi Carnot, Jean-Casimir Perier, Félix Faure, Emile Loubet, Armand Fallières, Raymond Poincaré, Paul Deschanel, Alexandre Millerand, Gaston Doumergue, Paul Doumer, Albert Lebrun, Vincent Auriol, René Coty, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard D’Estaing, François Mitterand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande."
Bien cordialement
Maxime Tandonnet
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La France malade de sa politique

images[3]Je suis de ceux qui pensent que la politique, le fonctionnement des institutions, conditionne tout le reste: l’économie, l’emploi, la sécurité, la place de la France dans le monde, l’immigration, l’intégration, l’unité nationale contre le communautarisme. En effet, l’impuissance publique, l’incapacité à à décider, à choisir, à gouverner ne saurait produire que le chaos, la décadence, le malheur. Un pays sans direction politique est comme un navire sans gouvernail. Il est voué au naufrage.  En feuilletant Le point de cette semaine, je tombe sur un "confidentiel" faisant état d’une réunion secrète entre les plus proches fidèles du président de la République, qui aurait débouché sur le mot d’ordre suivant: "l’objectif, c’est la réélection de François Hollande en 2017 (sic)"!  Le système politique serait-il devenu fou? Quatre ans à l’avance, la classe dirigeante aurait pour ambition suprême d’offrir à un homme son second mandat. Oh, ce n’est guère mieux du côté des oppositions, je le sais bien! La priorité pour les politiques actuels, ne serait donc pas au fond de sortir les Français de la crise, de la misère, du chômage, du sentiment d’abandon qu’ils éprouvent, mais déja, de l’emporter au scrutin présidentiel de 2017! Au 19ème siècle, les républicains n’avaient de cesse de fustiger la personnalisation du pouvoir dont ils blâmaient la monarchie. Mais nous sommes aujourd’hui bien au-dela de la personnalisation du pouvoir ! Nous sommes entrés dans l’ère du nombril, l’idéologie du narcissisme forcené!  Comment peut on réformer un pays, prendre des mesures difficiles pour préparer son avenir, avec pour horizon principal le renouvellement d’un quinquennat? La politique française est malade du mirage élyséen. L’institution présidentielle telle qu’elle existe aujourd’hui, véritable trahison de la conception gaullienne du chef de l’Etat – un arbitre au dessus des partis, en charge de l’intérêt national à long terme -,  est devenue un boulet pour la France. Nous ne pourrons en sortir que dans le cadre d’un rééquilibrage du fonctionnement de la République, autour d’un président "de tous les Français", strictement détaché des considérations partisanes, autorité suprême, en charge de l’essentiel, de l’unité nationale, de l’avenir, et d’un Premier ministre qui gouverne auquotidien, applique un programme et assume ses responsabilités devant un Parlement réellement représentatif de la Nation et capable de le sanctionner en cas d’échec. Ce n’est que par une transformation radicale du modèle politique français, fondée sur un retour aux fondamentaux de la Vème République que nous pourrons sortir de l’impasse actuelle.

Nb: je me permets une fois de plus de remercier vivement et sincèrement les intervenants sur ce blog pour la modération habituelle de leur ton et la primauté donnée au débat d’idées sur l’invective et le défoulement verbal.

Maxime TANDONNET

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Réinventer l’espérance

imagesCAGZA3N8220px-Charles_peguy[1]L’Espérance est une petite fille de rien du tout/Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière/Cette petite fille de rien du tout/Elle seule, portant les autres, traversera les mondes révolus[...] Ainsi une flamme tremblante/Elle seule conduira les Vertus et les Mondes (Charles Péguy).

Franchement, je ne parviens pas à identifier dans l’histoire politique de notre pays une période comparable à la nôtre, privée de toute lueur apparente d’espoir politique et plongée dans une telle impasse : un pouvoir discrédité au bout de 9 mois seulement; une opposition lamentable, minée par les querelles narcissiques à l’image de l’affrontement destructeur Fillon-Copé et sans projet; des partis prétendus « anti-système », de droite comme de gauche,  qui sombrent dans la pitrerie (voir les hommages au dictateur Chavez !) Pendant ce temps, le pays se vide de ses emplois – un million perdus en 10 ans –  de son industrie ; ses quartiers difficiles plongent dans le chômage de masse, la délinquance, le communautarisme et la violence ; les jeunes, les femmes, les anciens ne trouvent plus de travail, condamnés au désœuvrement, le pire des maux de la terre.  Bien sûr, il y a eu des périodes épouvantables, comme 1940, mais toujours avec une flammèche d’espérance, comme le début de la résistance gaulliste cette année-là. Les regards scrutent un signe du côté de l’ex-président Sarkozy. Quand ce dernier répond qu’il n’a pas « envie », un mot clé chez lui, il faut bien comprendre qu’après avoir subi un lynchage sans précédent historique et avoir été chassé de l’Elysée, il n’a aucune intention de replonger dans la mélasse. Aujourd’hui, c’est toute la classe politique, de A à Z,  qui est en cours d’implosion. Un monde est en train de mourir, il faut espérer l’avènement, à terme, d’une nouvelle ère politique, de nouveaux leaders, autres que les créatures médiatiques que sont par exemple les Lemaire, KM, Le-Pen, Désir, Mélenchon, etc.  Elle viendra de la société dite civile, des clubs, associations, collectivités locales, blogs. Et puis, sans doute il y a-t-il quelque chose de puéril dans la quête de "l’homme providentiel" à tout prix. Des Charlemagne, Jeanne d’Arc, Henri IV, Bonaparte, Clemenceau, de Gaulle, il n’en vient guère en moyenne qu’un tous les deux ou trois siècles. L’avenir appartient aux habitants de ce pays et à eux seuls. Le système politico-médiatique est devenu fou. Il ne cherche qu’à attiser les passions, diviser artificiellement, nier la réalité, lyncher ou adorer, fabriquer des maîtres penseurs débiles, imposer des leaders de pacotille. Organisons nous, retrouvons-nous sur Internet (voir les excellents sites tels que Didier Goux, Union républicaine, Droite libre,  et d’autres par exemple ceux qui figurent sur mon blogroll) Tout est à repenser, la Nation, l’Europe, l’économie, les institutions, la sécurité, la justice, la politique migratoire. A nous, les citoyens, à nous seuls, de préparer la relève dans l’espoir que la France redevienne un jour « la lumière du monde. »

Maxime TANDONNET

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La folie douce

280px-Jheronimus_Bosch_011[1]« Douce » parce que notre société médiatisée a horreur de voir le sang couler et d’entendre le cri des victimes, mais bel et bien folie quand même. « Rare chez les individus, la folie est en revanche la règle des groupes, des partis, des peuples et des époques » (Nietzsche, Par delà bien et mal). La société contemporaine, dominée par l’influence médiatique, n’échappe pas à la règle. Nous le sentons bien à travers cette frénésie de désigner des boucs émissaires et de les livrer à la vindicte populaire, dans des genres extrêmement différents tour à tour Depardieu, Strauss-Kahn, etc… Le goût morbide du lynchage public, quel que soit la nature des actes ou attitudes en cause, fait désormais partie des moeurs. La même déraison conduit inversement à idolâtrer jusqu’à l’ivresse pour des raisons obscures, tel prodige du ballon rond dont le nom (heureusement) m’échappe, un vieux prêtre du politiquement correct – Dieu ait son âme –, ou par exemple la dame du mariage pour tous et ses blagues douteuses. Et puis, notre époque a cette faculté de nier l’évidence et de s’enfermer dans un monde imaginaire, chimérique, coupé des réalités.  Le déni de la réalité est le signe le plus évident de la déraison collective de la caste polico-médiatique. Serions nous embarqués sur la Nef des fous? Ou sur un bateau ivre dans la tempête, sans gouvernail, sans capitaine?  Personnellement, je n’arrive plus à supporter les 10 ou 12 politiciens actuels et commentateurs  dont les écrans de télévision nous gavent jusqu’à la nausée d’émission en émission, (par exemple "des paroles et des actes"). Pourquoi eux, toujours les mêmes, ivres de leurs postures, obsédés par le trou de leur nombril et le rêve élyséen? Pourquoi pas d’autres, plus intelligents, lucides, discrets, modestes, honnêtes, plus intelligents surtout, désintéressés et courageux ?  Tout cela m’inspire désormais un indescriptible dégoût. Et je ne suis pas le seul s’il faut en croire les sondages qui montrent l’immense lassitude de 70% des Français…

Maxime TANDONNET

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Rénover la politique française

Il n’en faudrait pas beaucoup pour transformer en profondeur la classe dirigeante, la vie politique française, et sans que cela ne coûte un centime ou risque de se heurter à des obstacles constitutionnels. Sans être directement de nature à régler les grands problèmes de la société françaises, quelques mesures auraient pour objectif de provoquer un électrochoc dans le pays, d’en finir avec les castes, les chasses gardées, le règne des droits acquis et de la conservation des privilèges. Voici huit réformes de bon sens, envisageable sans à-coups,  sans révolutions,  que tout responsable politique sincère souhaitant un renouvellement et une démocratisation de la vie politique française devrait s’engager à adopter :

1/ Limitation systématique à deux mandats parlementaires pour les députés et les sénateurs. Le cumul des mandats dans le temps est un extraordinaire facteur d’immobilisme, incitant les élus de la nation à se consacrer à la pérennisation de leur carrière au détriment de l’intérêt général. Pour permettre un renouvellement, un rajeunissement, un brassage des membres du Parlement, il faut limiter les carrières parlementaires à deux mandats consécutifs, sur le même modèle que le président de la République depuis 2008.

2/ Plafonnement à 7000 euros mensuel net, tout confondu, du total des rémunérations d’un responsable politique. Le cumul de multiples mandats, parfois avec une rémunération ou une retraite, aboutit parfois à des niveaux de rémunérations invraisemblables. Or, nul n’a le droit de faire de la politique pour l’argent. Tout le sens de celle-ci est le service de l’intérêt général. Si on veut faire de l’argent, ce qui est parfaitement légitime et honorable, on fait autre chose que de la politique. Cela découragera beaucoup de fausses vocations et mettra fin à certaines pratiques détestables et confusion des genres.

3/ Délocalisation au cœur des banlieues sensibles des centres de pouvoir, de décision et de régulation : le premier ministre et les ministres régaliens, le Conseil d’Etat, le Conseil Constitutionnel. Il est scandaleux que des hauts responsables qui tiennent en main les leviers de décision et l’avenir du pays puissent vivre dans un cocon déconnectés du monde réel. La confrontation directe avec les réalités entraînera espérons-le une prise de conscience et un changement profond des mentalités.  Et ceux qui ne voudront pas y aller changeront de métier.

4/ Accès aux concours ou recrutement sur dossier de la haute fonction publique conditionné à une expérience réussie de plus de 5 ans dans l’exercice d’un métier. Il ne doit plus être possible de parvenir aux plus hautes responsabilités de la fonction publique sans une expérience réussie en entreprise et sur le terrain.

5/ Suppression , interdiction de toutes les filières relationnelles, amicales, familiale de recrutement ou de nomination dans la haute fonction publique et les postes à responsabilité. Le copinage, le népotisme familial et les réseaux envahissent la vie publique française, ce qui est parfaitement scandaleux au regard du principe d’égalité et de promotion par le mérite. Il ne doit pas y avoir d’autre voie d’accès aux responsabilités non électives que le concours ou l’examen impartial d’un dossier personnel par une commission donnant toute garantie de compétence et de neutralité.

6/ Pénalisation lourde de toute forme de passe-droit et favoritisme en particulier dans les nominations. Les nominations ou interventions de complaisance, pour obtenir une place, un poste quel qu’il soit à un ami politique ou à un membre de sa famille, doivent être sévèrement sanctionnées par la justice et se traduire par la destitution des responsables. La France doit mettre fin à certaines pratiques qui sont contraires à tout esprit démocratique.

7/ Obligation de démissionner de la fonction publique pour occuper un mandat politique. Ce devrait être une évidence. 70% des parlementaires sont fonctionnaires. La possibilité pour un fonctionnaire de conserver son statut tout en exerçant un mandat électif est une abérration typiquement française. Là aussi, une telle facilité, que rien ne justifie, favorise la confusion des genres, les chasses gardées et crée une inégalité flagrante dans l’accès aux mandats électifs entre le privé et le public. Il faut obliger les personnes concernées à choisir l’un ou l’autre.

8/ Recours fréquent au référendum, dès qu’un intérêt national est engagé dans l’objectif de combler le fossé entre le peuple et ses élites, de revivifier la vie publique, de remettre le pays en mouvement. Le pouvoir politique n’appartient à personne, à aucun parti, ni à la droite ni à la gauche, sinon à la nation. Il serait irresponsable de ne pas répondre par ce biais au besoin de renouveau démocratique et de participation chaque jour. Même si la question n’est pas encore définitivement tranchée sur le plan juridique, il faut enfin rendre effective la possibilité de recours au référendum d’initiative populaire qui représentera une avancée démocratique majeure.

Je sais ce que l’on va me répondre: jamais la caste politique n’acceptera de se faire hara-kiri! Certes, et la rénovation de la vie publique ne se fera pas justement que dans le cadre d’un référendum. Elle peut être un levier d’une transformation profonde du pays.

Maxime TANDONNET

 

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Par delà bien et mal

Allez, ce titre nietzschéen pour finir un week end neigeux au cours duquel mon épouse m’a reproché, à juste titre, une addiction croissante à ce blog et à facebook… Un hebdomadaire de sensibilité socialiste fait sa "une" cette semaine sur l’histoire de cette "philosophe" qui a eu une aventure amoureuse avec DSK dans le but d’en faire un livre. Un autre quotidien de la même inspiration en tire un article intitulé "le porc magnifique" avec la photo de l’intéressé en exergue. Comment exprimer le dégoût que m’inspire cette nouvelle chronique de la bassesse de notre époque?  Tout est réuni : le lynchage public, le maudit livré en pature, le traînage dans la boue d’un personnage condamnable par les actes qu’il a commis, mais qui n’en reste pas moins un être humain ; l’opportunisme absolu de celle qui fait usage du corps et des passions à des fins de manipulation et de gloriole écrivassière; et puis cette absence de dignité, de la part d’organes de presse qui ont jadis voué à cet homme tout puissant, maître du monde, un véritable culte en tant que possible futur président,  pendant des années, avant de le jeter aujourd’hui dans les basfonds de la honte et de l’humiliation. "Misère de l’homme sans Dieu" écrivait Pascal dans les Pensées; au sens de la misère d’une humanité sans valeurs, sans dignité, sans honneur. La société française marche à l’aveuglette, le regard perdu dans le brouillard de sa bonne conscience. Et au-delà du voile, elle s’avance à pas de géant vers l’abîme, le précipice de la barbarie.

Maxime TANDONNET

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Extrême, extrémisme

Je ne sais pas si vous l’avez vous aussi remarqué, mais les mots « extrême » et « extrémisme » sont à la mode, s’imposant comme l’insulte de base dans le débat public, par exemple entre la représentante du fn et celui du ps lors de l’émission des paroles et des actes jeudi dernier, ou entre Montebourg et la société goodyear, et puis, à longueur de journée sur les sites Internet… Les injures classiques du genre « raciste, fasciste, stalinien, nazi » en paraissent même frappées d’obsolescence… Pourquoi me suis-je demandé ? La vie politique, médiatique évolue en permanence vers toujours plus de recentrage, de neutralité. La parole publique est de plus en plus aseptisée, neutralisée. Le discours politique tend vers l’uniformisation autour de la condamnation unanime du « capitalisme financier » et du « libéralisme économique », sur laquelle presque tout le monde s’accorde, commun dénominateur des partis politiques. Bien sûr, de sérieuses nuances subsistent sur divers autres sujets mais la marche vers l’uniformisation semble s’accélérer.

Imagine-t-on par exemple une personnalité gouvernementale de premier plan déclarer aujourd’hui : « Le fait majeur, qui domine les problèmes que nous rencontrons, tient à ce que la France n’est plus une terre d’immigration. Nous ne pouvons plus, en effet, recevoir un flux massif et incontrôlé sans que cela n’hypothèque gravement et tout ensemble d’abord l’équilibre social de la Nation, ensuite les chances d’intégration des étrangers installés, enfin l’avenir même de nouvelles vagues d’arrivants et des pays d’où ils viennent […] Mais nous sommes également à la veille, si nous n’y prenons garde, d’une nouvelle vague massive, venant d’un Sud plus lointain, d’un Est plus incertain. Et je le dis clairement cette vague doit être endiguée. Elle doit être endiguée par tous les moyens qui soient à la fois raisonnables et utiles, en conjuguant l’aide au tiers-monde sous toutes ses formes et en renforçant partout et constamment la maîtrise de nos propres frontières et, plus généralement, de celles de la Communauté européenne. » Or, ces propos sont tout simplement ceux du chef de gouvernement socialiste, Michel Rocard, devant l’Assemblée nationale le 22 mai 1990. Aujourd’hui, même les plus ardents pourfendeurs de l’immigration n’en diraient pas le quart… « Endigués ? » Vous vous rendez compte ! De tels mots  seraient vilipendés et tout le monde crierait au scandale. Pourtant, à l’époque, ils n’ont suscité aucun tollé, aucune indignation visible.

Cette tendance à  la neutralisation rampante du discours politico-médiatique se traduit par la condamnation de tout ce qui pourrait y échapper. L’extrême, l’extrémisme, c’est-à-dire ce qui est ressenti comme pas assez sage, modéré, neutre, devient le mal absolu, l’ennemi à abattre, même sans rapport avec le sens traditionnel de ces mots, s’appliquant à des mouvements qui prônaient l’abolition de la démocratie pluraliste. Voilà comment ils s’imposent aujourd’hui comme l’injure de base. Cependant, et c’est là que le bât blesse, la réalité, elle n’a jamais été aussi violente, aussi terrible, aussi extrême en un mot… Pour ne prendre que les événements de la semaine passée, deux drames absolus ont bouleversé les Français : l’enlèvement de cette famille avec quatre jeunes enfants par des djihadistes au Cameroun. Quoi de plus immonde, de plus atroce que de s’en prendre à des tout petits et à leurs parents? Et puis avant-hier, deux policiers massacrés par des criminels sur le périphérique. D’une part, un discours politico-médiatique toujours plus aseptisé ; d’autre part, un monde, une société de plus en plus invivables, monstrueux. Jusqu’où la divergence, le grand écart peuvent-ils perdurer ? Nous sommes tous à nous interroger, au fil des billets et des commentaires, sur le décalage croissant de la classe politique actuelle avec la réalité. Le premier des hommes politiques, même parti de rien, qui au rebours de tous les autres,  aura l’intelligence et le courage de jeter une passerelle entre le monde tel qu’il est, avec toute sa violence et son injustice, et le discours politique, débouchant sur l’action concrète bien entendu, s’imposera dans l’estime et le coeur des Français aujourd’hui déboussolés.

(NB : seuls les sites indiqués dans le blogroll ci-joint et mes "amis facebook" sont autorisés s’ils le souhaitent à reprendre ce texte).

Maxime TANDONNET

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Droit d’inventaire?

Monsieur Jean-Pierre  Raffarin a fait valoir son « droit d’inventaire » à propos du quinquennat précédent de Nicolas Sarkozy. Ayant gouverné la France pendant trois ans, de 2002 à 2005, l’ancien premier ministre pourrait donner l’exemple et effectuer son propre inventaire : quel souvenir reste-t-il de son long passage à la tête du pays ? Cela dit, il n’a pas tort concernant le mandat 2007-2012, mais un inventaire doit porter sur le positif comme sur le négatif. En quelques années, des réformes colossales, monumentales ont été accomplies, dans le sens de l’effort, de la remise en cause des droits acquis et de la modernisation du pays, ce qui n’était jamais arrivé depuis des décennies : retraite à 62 ans, service minimum dans les transports en publics, quasi abolition des 35 heures par l’encouragement des heures supplémentaires. En matière de sécurité, des mesures essentielles, d’un courage inouï dans l’affrontement avec la « pensée unique » ont été introduites, comme la rétention de sureté pour les criminels sexuels et les peines planchers applicables aux récidivistes. Le tandem Sarkozy-Fillon n’a pas reculé d’un pouce face à la rue, au blocage des raffineries, au risque de pénuries d’essence, la démocratie sortant victorieuse d’une épreuve de force avec les syndicats pour la première fois depuis des décennies. Toutefois, il serait irresponsable d’ignorer les erreurs qui ont été commises en parallèle, entraînant la défaite de 2012 et toutes ses conséquences pour le pays. Que s’est-il passé pour provoquer cet immense et douloureux gâchis ? Le déséquilibre dans les institutions, aboutissant à l’affaiblissement de Matignon et une surexposition de l’Elysée, des changements de caps soudains, les errements dans la communication et l’image, des choix de personnes hasardeux. Nous n’aurions jamais dû perdre en 2012, avec un soutien profond de 60% des Français qui aiment la France envers la politique appliquée. Alors que s’est-il passé ? On ne peut pas éternellement mettre la catastrophe sur le compte des seuls « médias » (que les Français, visiblement, écoutent de moins en moins), des mensonges de l’opposition, ni de tel ou tel parti : trop facile, cela n’apporte rien. Il faut au contraire dire toute la vérité, regarder le passé en face, parler aux Français comme on s’adresse à un peuple adulte. La question n’est évidemment pas d’entrer dans une logique de repentance, mais de préparer un retour au pouvoir – peut-être plus rapide que prévu, qui sait ? compte tenu de l’évolution des choses – reprendre tout ce qui a été fait d’excellent, de lucide et de courageux et laisser le reste, les loupés, sur le bas-côté comme autant de mauvais souvenirs. Voilà, tel est le fond de ma pensée en tout cas…

Maxime TANDONNET

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Supputations stériles

La grande querelle de ce matin, dans l’opposition, concerne un éventuel retour en politique de Nicolas Sarkozy et une possible candidature de sa part aux présidentielles de 2017. Je trouve profondément choquante et puérile cette micro-polémique. Une fois de plus, on confond la politique et le show-business. L’important n’est évidemment pas le sort d’untel ou untel, mais l’avenir du pays: comment organiser une opposition crédible? Quelles sont les alternatives possibles sur le plan européen, international, de la politique économique et sécuritaire? Il faut sortir de la logique de la personnalisation à outrance. Peu importe, à ce stade,  le nom du futur titulaire de l’Elysée dans 4 ans, c’est beaucoup trop tôt pour en parler. Les politiques donnent parfois le sentiment de vivre entre eux, dans un monde endogame. Ne prenons pas les Français pour des imbéciles. Les noms de l’occupant de tel ou tel "Hôtel" ou "Palais" et les bobines médiatisés, ce n’est pas leur priorité. Ce qu’ils veulent savoir avant tout, c’est comment leur fille ou leur fils va trouver du boulot, comment ils vont finir le mois, et s’ils vivent dans un quartier sensible, comment sortir de chez eux sans  se faire insulter ou agresser. Les conflits d’ego, les histoires de personnes, ils n’en veulent plus et le politique ne cesse de se discréditer à ces petits jeux nombrilistes. Fixons d’abord des objectifs, une stratégie, un horizon. C’est la politique qui doit être au service des Français et non l’inverse.

Maxime TANDONNET

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