La loi du malheur

imagesY9AWCS8PLe malheur est un sujet qui nous hante et l’été y est propice. 118 morts dans le crash du vol Alger-Ougadougou, dont 54 Français, et des familles entières décimées, des personnes heureuses de partir en vacances et soudain précipitées dans l’horreur. Un accident de la route a fait 5 morts, deux jeunes femmes et trois enfants. Le conjoint de l’une d’elle et père de l’un des petits disparus, 7 ans, s’est donné la mort à Limoge. Perdre d’un seul coup deux personnes aimées, dont un bout-de-chou de 7 ans qu’on ne serrera plus jamais contre soi, comment serait-ce supportable? Pourquoi, comment le hasard se met-il à frapper et à jeter le malheur sur les uns, sur les autres, accident, maladie, catastrophe? Peut on y échapper, sur plusieurs générations?

Revenons au vol AH 5017. Il était en effet indispensable que les plus hautes autorités de l’Etat donnent un signe de solidarité en direction des proches des victimes en les recevant et en les prenant en charge. Toutefois, de sensibilité personnelle, il me semble que cela devrait se faire dans la discrétion, le silence, le recueillement. La médiatisation, les "drapeaux en berne", le "deuil de trois jours", le discours appelant à "l’union nationale", me paraissent étrangement décalés, hors de propos, et pour tout dire, à côté de la plaque.

Maxime TANDONNET

 

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Les trois piliers du déclin français

imagesY3XD32Z9Quand tout le monde va mal en Europe et en Amérique du Nord, nous nous sentons moins seuls et pouvons relativiser nos propres déboires. Une situation de ce type prévalait dans les années 2008 à 2011. Il faisait bon alors fanfaronner: "la France s’en sort moins mal que les autres". En revanche, quand nous sommes les seuls à rester par terre, il n’existe plus d’échappatoire ou de consolation. La chute de la France a trois dimensions:

- Economique: La reprise se manifeste dans toute l’Europe sauf en France. http://www.capital.fr/bourse/actualites/la-france-seul-pays-europeen-ou-l-economie-recule-selon-les-indices-pmi-950678

- Sociétale: la société française est profondément fracturée et cette désintégration se traduit par des phénomènes de haine et de violence qui n’existent pas, ailleurs en Europe, tout au moins à ce niveau. Il faut y voir un déclin de l’autorité, au sens le plus positif du terme, celui de la règle de vie commune qui s’impose à tous et permet de vivre en harmonie ou tout au moins en paix par delà les différences et les désaccords. http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/07/23/31001-20140723ARTFIG00091-maxime-tandonnet-france-cherche-autorite-desesperement.php

- Politique: on en revient toujours à cet extraordinaire sondage CEVIPOF de janvier 2014 selon lequel "88% des Français estiment que les politiques ne tiennent pas compte de ce que pensent les gens comme eux". La montée de l’indifférence ou du dégoût envers la politique se traduit par l’abstentionnisme, le vote protestataire, une impopularité chronique de la classe dirigeante et prive le pays de l’élan et de la confiance indispensables à toute sortie de crise. http://www.lefigaro.fr/politique/2014/01/13/01002-20140113ARTFIG00369-francais-et-politique-la-confiance-se-degrade-nettement-selon-le-cevipof.php

La pire attitude est celle qui consiste à se fabriquer des responsables ou des boucs émissaires à l’image des dirigeants du pays qui deux ans et demi après leur arrivée au pouvoir, ne cessent d’accabler leur prédécesseurs: tellement facile! De même, affirmer que tout vient des autres en fustigeant "la mondialisation", le capital, l’Amérique, l’Europe ou l’euro ne tient pas la route: c’est bien la France et elle seule qui s’enfonce toujours plus profondément. La responsabilité est collective et tient à plusieurs décennies d’erreurs, de lâcheté, d’aveuglement, de démission de la classe dirigeante. Les socialistes, depuis 1981, ont accumulé les choix ou non choix désastreux sur le plan économique ou sociétal. Mais au pouvoir, nous n’avons jamais eu le courage et l’audace de prendre les mesures de réformes qui s’imposaient comme l’abrogation pure et simple des 35 heures ou sur la restauration de l’autorité. L’issue du malaise général passe par un renouvellement de la classe dirigeante, l’arrivée au pouvoir de nouvelles générations, de noms qu’on avait jamais entendu. Mais le système politique français est verrouillé, clanique, népotiste, avec ses réseaux, ses cercles de courtisans, ses héritiers et ses familles, offrant peu d’espace à la perspective d’un renouveau.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

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L’autorité contre le chaos


imagesCi-dessous, ma tribune de cette semaine, publiée hier par Figaro-Vox.

Les événements de Barbès et de Sarcelles soulèvent une question inévitable: pourquoi ces actes antisémites qui ont profondément bouleversé le pays, se sont-ils déroulés plus particulièrement en France? En Allemagne et au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, sociétés où les phénomènes communautaires sont au moins aussi marqués, il ne semble pas que l’on ait assisté à une telle transposition du conflit du Proche-Orient, tout au moins à ce niveau. Ces événements n’ont d’ailleurs rien de nouveau, si ce n’est pas l’ampleur du déchaînement de violence. De tels affrontements se reproduisent périodiquement, comme en 2000 ou en 2009. Le Gouvernement n’a pas hésité à parler «d’antisémitisme». Cela n’a pas toujours été le cas dans le passé. Les politiques, les intellectuels, les médias, sur une vingtaine d’années, ont toujours eu tendance à banaliser ces phénomènes. «Le caillassage des synagogues, c’est juste la transposition de ce que les jeunes voient à la télévision dans les territoires occupés. Ils jouent à Zorro en prenant les jeunes palestiniens en modèle. Pour moi, c’est de la frustration, cela n’a rien à voir avec l’antisémitisme» écrivait un intellectuel réputé le 16 octobre 2000. Nous payons aujourd’hui le prix de cet aveuglement qui ne date pas d’hier.

Mais la singularité française dans cette situation tient au rapport qu’entretient le pays avec l’autorité en général. Quand une manifestation est interdite, par définition, elle ne doit pas avoir lieu. Or les violences de ces derniers jours sont nées de rassemblements qui se sont produit malgré leur interdiction. La société française, depuis une quarantaine d’années, s’est donnée pour mot d’ordre «il est interdit d’interdire». Ce qui est en cause, c’est l’autorité de la loi républicaine, c’est-à-dire la loi démocratique issue du suffrage universel. Il est coutumier, en France, d’appliquer la loi «à la carte», quand cela arrange. L’autorité de l’Etat, dont l’un des rôles essentiels est de faire respecter la loi, en sort affaiblie. Quelle valeur peut avoir, aux yeux des citoyens, un arrêté ministériel ou préfectoral? Cette indifférence à l’ordre républicain se retrouve dans tous les milieux, du sommet à la base. De hauts responsables publics en donnent l’exemple à travers la succession des scandales financiers. La banalisation des trafics illicites, les violences envers la police, la montée des agressions contre les enseignants, sont autant de signe de la poussée d’un état de non-droit et d’un affaiblissement de l’ordre républicain. Or, le chaos engendre la violence, la haine, et parfois de vives tensions. Il n’existe pas de vie sociale possible, de paix civile durable, sans une règle du jeu commune, sans l’autorité de la loi et la crainte de la sanction. Le respect de la loi – son autorité naturelle comme la conscience des risques auxquels on s’expose en la bafouant – est d’autant plus essentiel que la société devient à certains égards de plus en plus complexe, divisée et conflictuelle. L’autorité de la loi est la seule réponse possible aux dérives et aux violences communautaires. Aux Etats-Unis ou en Allemagne, la loi revêt un certain caractère sacré et son respect est naturel. Les violences l’antisémites en France, qu’illustrent notamment la tentative d’incendie de synagogue et le saccage de magasins, marque la quintessence de cette longue dérive chaotique de la société française. Songeons que les régimes totalitaires du siècle passé sont nés de situation de chaos, dans la Russie de Nicolas II ou l’Allemagne de la République de Weimar. Comment éviter que des faits aussi affligeants, insupportables, puissent se renouveler? Le retour à l’autorité de la loi républicaine (avant même l’adoption de nouvelles lois), devrait être la priorité absolue de tout gouvernement.

Maxime TANDONNET

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Leçons de l’enfer

Deux amis m’ont récemment offert les livres de témoignage de leurs proches, juifs rescapés des camps de concentration du siècle passé, l’un Auschwitz, et l’autre le Goulag. En ces temps d’incertitude et de questionnement sur les valeurs et sur le destin de l’humanité, ces souvenirs, rapportés du fond de l’enfer, constituent une précieuse source de lumière.

une-vie-de-juif-sans-importance-9782221109793_0L’un Roger Perelman, déporté à Janina, camp satellite d’Auschwitz le 1er novembre 1943, évacué le 18 janvier 1945 raconte comment il fut l’un des deux survivants d’un groupe de 40 déportés. Il est impossible de résumer en quelques lignes la souffrance qu’il a vécue et les conditions de sa survie, mais la leçon qu’il tire de cette plongée dans les entrailles de la férocité humaine fait froid dans le dos: "Finalement, je crois intimement qu’un régime de type nazi peut réapparaître et que la mémoire d’Auschwitz ne l’empêchera pas comme elle n’a pas empêché d’autres génocides en Europe ou ailleurs. Je le crois parce que la haine est mobilisatrice, la modération est contemplative et surtout volatile." [Roger Perelman, une vie de juif sans importance, Robert Laffont].

L’autre, Julius Marcolin, originaire de Biello-Russie, a été déporté au Goulag en 1939, sans JaquetteMargolin_000raison particulière si ce n’est sa religion, et libéré en 1945. Son récit fait état de la même barbarie absurde – les coups, le froid, la faim, la promiscuité, les maladies, la rage permanente d’humilier et d’avilir pour déshumaniser – mais avec une différence qui est l’absence de la volonté d’extermination. Impossible également de résumer cet ouvrage bouleversant de près de 800 pages. Sa conclusion est elle aussi accablante sur la lâcheté humaine, le conformisme, l’aveuglement volontaire, l’instinct grégaire: "En effet, il suffit de faire allusion aux victimes des camps [staliniens] pour que, chez des hommes en d’autres circonstances pleins d’une bonté mielleuse et d’une sensiblerie démocratique pour la moindre imperfection de notre monde, brusquement poussent des crocs de loup et se manifestent une surdité totale et une secheresse de coeur." [Julius Magolin, voyage au pays des Ze-Ka, le bruit du temps]. Ces propos, qui datent de 1947, n’ont-ils pas une connotation étrangement actuelle?

Maxime TANDONNET

 

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Réponse à Philippe Bilger

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Au coeur de l’ été, un temps lourd et orageux écrase le pays, à l’image de son climat politique, de plus en plus chaotique, délétère.

Dans une tribune publiée le 17 juillet par le Figaro Vox, je m’étonnais de paroles prêtées à François Fillon contre Nicolas Sarkozy estimant que si elles étaient avérées, elles relevaient plus d’une attaque personnelle, dans une perspective de course à l’Elysée, que d’un désaccord politique.

Philippe Bilger me fait l’honneur de répondre  à ma tribune en soulignant que les combats de personnes font aussi pleinement partie de la politique.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/07/18/31001-20140718ARTFIG00224-philippe-bilger-fillon-ne-combat-pas-les-idees-de-sarkozy-mais-sarkozy-lui-meme.php

Il a raison. Cependant  (et c’est ce que j’ai voulu dire), dans une période aussi tourmentée que la nôtre, les Français, me semble-t-il, attendent de la politique des réponses à leur profondes inquiétudes, à leurs souffrances ou à leur malaise, c’est-à-dire davantage de débat d’idées et moins de batailles d’ambitions et de petites phrases.

Nous traversons une crise d’une exceptionnelle gravité: poussée d’antisémitisme sans précédent depuis la deuxième guerre mondiale avec les cris de "mort aux juifs" entendus à Paris;  révélations à tout-va de corruption dans les milieux politiques; crise de la représentation démocratique qui se manifeste dans la montée vertigineuse de l’abstentionnisme et de vote protestataire; aggravation des phénomènes de violence et de communautarisme; malaise des services publics, de l’école, de la police, de l’armée; soupçons de partialité  idéologique qui pèsent, non pas sur la Justice, mais sur certains juges; impuissance du pouvoir politique, notamment face au chômage de masse; montée de sentiments "europhobes" véritables c’est-à-dire, non pas dirigés contre les institutions et les politiques de l’Union européenne – ce qui relève du débat démocratique – mais contre de grands pays voisins qui s’en sortent beaucoup mieux que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Pendant ce temps, contrairement au mythe de "la fin de l’histoire" et du triomphe de la démocratie universelle, la planète est prise de violentes secousses, au Moyen-Orient et jusqu’en Europe elle-même où un massacre d’une barbarie inouïe vient d’être commis avec la destruction de l’avion de la Malaysia Airline au-dessus de l’Ukraine.

Dans ce contexte, les batailles d’ego entre politiciens en mal de reconnaissance élyséenne prennent une connotation particulièrement odieuse. Notre premier devoir civique de Français, dans ce marasme, est de nous foutre éperdument de la question de savoir qui sera le prochain petit marquis à pavoiser sous les ors de l’Elysée.  Celui de tout homme d’Etat digne de ce nom – aujourd’hui –  est de travailler à la recherche de solutions concrètes et réalistes à la crise profonde que traverse la Nation et qui la menace dans son intégrité et son avenir. La conquête du pouvoir ne doit pas être considérée comme une fin en soi, sauf à s’exposer à une épouvantable désillusion, mais une étape obligée dans l’accomplissement d’un projet politique. Que faire? Il n’y a pas d’autre question, de mon point de vue, qui tienne la route en ce moment.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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Une triste et une bonne Nouvelle

images (2)Une triste nouvelle pour commencer: le décès d’Hervé Christiani. A vrai dire, le nom ne me disait plus grand chose mais sa chanson culte, "Il est libre Max", reste gravée dans ma mémoire. Quand j’étais adolescent, tout le monde la chantait, dans la rue, la cour du lycée, au travail, partout, et mon prénom (plutôt rare à l’époque), m’exposait plus que quiconque à ce refrain. Ecoutons-là une nouvelle fois, elle est vraiment belle, pleine de poésie, de gentillesse, de simplicité, d’humour:

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&cad=rja&uact=8&sqi=2&ved=0CCsQtwIwAg&url=http%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DBofHyTfvEgE&ei=6wjIU7riHqeP7Aa2hoGIAg&usg=AFQjCNFGt-nFgoLIS8ChrEK8Bs_KF-YWqw

Une bonne ensuite, même de portée minime: ce blog se comporte comme les coureurs français du Tour de France cette année: il monte, inexorablement, désormais classé 27ème de tous les blogs politiques, 5 places avant celui d’Alain Juppé! Il prouve que l’on peut échanger des idées sur Internet en se respectant, sans polémique ni sectarisme, crêpage de chignon, violence verbale, vulgarité ou fanatisme.

http://labs.ebuzzing.fr/top-blogs

Un grand merci à ses visiteurs – environ un millier chaque jour, avec des pointes exceptionnelles entre 2 et 3 000 – contributeurs, et blog associés. Sur Internet aussi, l’union fait la force!

Maxime TANDONNET

 

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Réflexions sur le XXIème siècle

imagesAu fil de ma lecture de Cioran, Oeuvres, Gallimard 1995, je trouve ces paroles saisissantes: "Dans l’histoire, on est toujours au seuil du pire [...] On peut donner pour certain que le XXIème siècle, autrement avancé que le nôtre, regardera Hitler et Staline comme des enfants de choeur." Propos de dépressif (qu’il n’était pas) ou salutaire prophétie? Cette question ne cesse de me hanter. Selon une première hypothèse, l’homme aurait changé, serait devenu meilleur grâce à "l’effet d’expérience" (ne pas reproduire les atrocités du siècle précédent), la mondialisation, les technologie de l’information et la diffusion des images, la hausse moyenne du niveau de vie… Suivant une autre vision des choses, rien n’aurait vraiment changé, en quelques décennies, de la nature humaine, prompte à la violence, au fanatisme, à la rage de détruire et de tuer. Oh, ce n’est pas de la grande philosophie, mais une simple réflexion "d’honnête homme". Pessimiste me dira-t-on? Un siècle vient de passer. Le 16 juillet 1914, nul n’imaginait l’apocalypse en train de couver. Quel idiot pessimiste eût alors annoncé le massacre de 17 millions d’Européens, un dizième de la jeunesse décimé, autant d’infirmes à vie, combien de veuves et d’orphelins, un continent dévasté, un cataclysme d’où sortirait le marxisme-léninisme et le national-socialisme, puis un second conflit encore trois fois pire dans ses effets? Aucun! Je ne dis pas que tout cela se reproduira en pire et tout autrement, mais qu’il ne faut rien exclure et surtout pas que Cioran ait eu raison. Ainsi, jamais, de mémoire,$_57 nous n’avons connu une situation aussi complexe et incontrôlable au Moyen-Orient, avec l’échec radical du monde occidental, marqué par l’émergence d’un califat qui bouscule toutes nos certitudes historiques et les menaces pesant sur Israël. Le XXIème n’en est qu’à ses débuts.

Maxime TANDONNET

NB: Le champ de blé aux corbeaux de Van Gogh, qui illustre ce billet, peint en 1890, me semble avoir un caractère annonciateur des tragédies du siècle suivant. 

 

 

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Mortel malentendu

images (1)Je regardais hier l’intervention du 14 juillet de François Hollande. Qu’en penser, en essayant de faire abstraction de toute passion, de prendre du recul, la perspective d’un regard historique? Il nous donnait l’image d’un homme en quête de séduction, avec ses nouvelles lunettes à la mode, son air bonhomme, à la fois sympathique, sérieux et jovial. Et pourtant, le courant ne passait pas, comme si chacune de ses paroles sonnait creux, avec une évidence une toile de fond: il cherche à être aimé, à reconquérir l’opinion. "Que l’esprit humain serait pauvre sans la vanité" a écrit Nietzsche (Humain trop humain 79). De la vanité,  il en faut une dose hors du commun pour aspirer à la plus haute fonction, au prestige élyséen: culte du "je", désir de gloire, de laisser une trace dans l’histoire, d’être regardé comme le premier. Pourtant, dans le marasme d’une crise de civilisation, il s’en faut d’un rien pour que le prestige inhérent à la fonction présidentielle tourne à la dérision et que le chef de l’Etat, loin de briller de l’éclat d’une étoile au firmament, offre aux regards une image pathétique, presque pitoyable, plus comique que tragique, n’incarnant plus la Nation qu’à travers ses échecs, son impuissance, son malaise et ses complexes. Quel sens cela a-t-il? Il ne faut surtout pas se faire d’illusion: tout homme ou femme, sans exception, dans la situation de M. Hollande, subirait aujourd’hui le même triste sort ou presque: Valls, Juppé, Fillon… L’idée par exemple, d’un Lemaire, Bertrand ou d’une Lepen apparaissant à la télévision un 14 juillet pour donner la leçon aux Français, suscite en mon for intérieur un puissant éclat de rire silencieux: "Le rire, c’est un acte de supériorité, un triomphe de l’homme sur l’univers, une merveilleuse trouvaille qui réduit les choses à leur juste proportions" (Cioran, Oeuvre, Gallimard p 1778)). La vérité, je crois, c’est que le modèle d’un président incarnant le "sommet", la première place, le guide, n’est plus adaptée à notre époque. Les Français, avec leurs souffrances, leurs inquiétudes, leurs désillusions, ne supporteront plus jamais l’idée d’un "premier français" quel qu’il soit. L’uniforme du Général, l’homme du 18 juin 1940, est bien trop grand pour n’importe quel successeur. Je crois davantage, dans l’avenir, au travail obscur d’un Premier ministre sans prétention ni ambition mégalomaniaque, soutenu par une majorité soudée, pour tenter de remettre sur les rails un pays dévasté par la crise économique et sociale, la violence et le communautarisme. S’il reste une place à l’héroïsme, celui-ci ne saurait procéder que de l’autorité tranquille, du labeur courageux, de la discrétion et du désintéressement.

Maxime TANDONNET

 

 

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La trahison

588945Le ministre de la défense a tenu des propos révélateurs de l’état d’esprit de la classe politique en affirmant de M. Hollande qu’il « sera en situation d’être candidat à l’élection présidentielle de 2017 ». Trois ans à l’avance, voilà ce qu’ils ont tous en tête: non l’intérêt général, le service des Français, le bien commun, mais la conquête ou préservation de "l’Elysée". Nous en comptons déjà une bonne douzaine, de futurs candidats proclamés ou potentiels. Qu’est ce qui leur plaît dans la présidence? La gloriole, premier français, côtoyer les grands de ce monde, le prestige des salons dorés, les cuisines, le parc, les cortèges derrière les motards, l’airbus présidentiel, l’impression du pouvoir, l’illusion de la puissance que donne cette cohorte de fayots et autres lèche-bottes autour d’eux. Avec la dégradation de la morale publique, du sens de l’intérêt général, cette présidence de la République, version Vème République des années 2000, autour du quinquennat, est devenue l’un des fléaux majeurs du pays. Elle n’a strictement plus rien à voir avec la présidence de la République souveraine, populaire, du général de Gaulle pour lequel il était inconcevable que le chef de l’Etat ne démissionne pas si le lien avec le peuple était rompu. Elle excite les convoitises de tout un tas de petites frappes enivrées de bêtise, de prétention et de narcissisme. Une mesure de salut public qui ne sera jamais prise: supprimer cette effroyable trahison de l’esprit public qu’est devenue la présidence élyséenne en ce début du XXIème siècle.

Maxime TANDONNET

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Mais que veulent les Français?

images (1)Il est courant d’opposer les élites cyniques et le peuple courageux, patriote, trahi. Nous traversons une époque émolliente de vide politique, sans idées, sans projet, dominée par les polémiques qui se sont substituées au débat d’idées. Le pays est sans cap et sans alternative. A qui la faute ? Je lis ce matin un intriguant sondage de Paris Match sur la popularité des personnalités politiques. Les trois personnalités les plus populaires sont: Jack Lang (67% d’avis favorables), Borloo (66%), Delanoë (65%). Tous trois sont retirés de la politique active, donc inoffensifs, sans impact potentiel. Ensuite viennent Juppé et Bayrou (62%), Raffarin (58%), Fillon (57%). Tous quatre sur une ligne assez voisine, plutôt consensuelle, centriste. Manuel Valls est très bien placé pour un premier ministre (61%) bien mieux que Hollande (35%). Dans la mesure où le premier applique en toute loyauté la politique du second, il faut y voir un simple effet d’image, de réussite d’une communication. Par ailleurs, le seul homme politique qui a proposé quelque chose de nouveau ces derniers mois, une idée, un projet sur l’Europe, Laurent Wauquiez, s’effondre (39%). Que semblent dire les Français à travers cette enquête? Nous demandons la tranquillité, le statu quo. Nous ne souhaitons pas d’histoires, refusons d’être bousculés, troublés dans notre vie quotidienne, gouvernés tout simplement. Nous ne voulons plus de la politique (au sens noble), le choix d’un destin commun ne nous intéresse pas. A cette lecture, on se demande si la France n’est pas, aussi, malade de son peuple.

Maxime TANDONNET

 

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Le grand déballage et la honte

téléchargement Les révélations sur la vie de l’ump tombent de partout à un rythme vertigineux : frais de déplacement et de voyage sans aucune justification, factures de téléphone à 10 000 euros, argent public détourné, conjoints salariés… A vrai dire, ces informations donnent tout simplement envie de vomir. Oh, ce n’est évidemment pas mieux chez les donneurs de leçon du ps, des verts ou du fn et même peut-être pire. Mais quand même, cette avalanche d’informations qui dénotent d’une vaste entreprise de détournement de moyens publics à des fins privés nous blesse dans notre confiance et nous nous sentons humiliés, trahis, méprisés. Bien entendu, le grand déballage est voulu, délibéré, organisé, correspondant à une stratégie. La nouvelle équipe, le triumvirat, règle ses comptes. Hier, j’ai échangé avec l’un de mes amis, 92 ans, ancien résistant, mis à l’honneur dans mon livre 1940, un autre 11 novembre  (Tallandier). Il m’a dit : « quel climat épouvantable, cela rappelle les heures sombre de la délation sous l’occupation allemande, quand on dénonçait son voisin en glissant une enveloppe anonyme dans une boîte aux lettres ». J’en suis à me demander ce qu’il y a de plus abject dans ce grand déballage infernal : la corruption ou la délation.  En tout cas, la crise de la morale publique atteint son paroxysme. Les partis politiques actuels sont discrédités, tous autant les uns que les autres, et nous l’espérons, voués à disparaître pour reconstruire la démocratie sur de nouvelles bases.

Maxime TANDONNET

 

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Un génocide ignoré

Chrétiens-dOrient-lexil-ou-la-mort...Au Moyen-Orient, un génocide est en train de se produire dans le silence et l’indifférence générale: celui des chrétiens d’orient, des chaldéens. Ils étaient 2 millions, une dizaine d’années auparavant, et ne sont plus que quelques milliers. La constitution du "Califat" couvrant une partie de l’Irak et de la Syrie a achevé de sceller leur sort. A Mossoul, ne pouvant plus fuir, ceux qui restent subissent un véritable martyr.

https://www.portesouvertes.fr/agir/prier/urgence-priere/2014/juillet/irak-les-chretiens-de-mossoul-doivent-payer-la-jizya

Pendant des siècles, les religions chrétiennes et musulmane ont vécu en parfaite harmonie dans cette région du monde. Le chaos, les destructions, les guerres civiles ont ouvert la voie à des idéologues qui utilisent la religion musulmane comme prétexte pour déployer une folie génocidaire comparable aux pires régimes du XXème siècle. Le monde occidental, largement responsable, terrifié, totalement impuissant, abasourdi, couvre cette tragédie du silence de la lâcheté et se drape dans l’indifférence. Pas un mot, pas un murmure: les chrétiens qu’on martyrise, cela ne semble gêner absolument personne dans des sociétés qui paradoxalement, vouent un culte aux droits de l’homme. Ni les médias, ni les classes politiques, ni le monde intellectuel ne bougent un petit doigt… Se taire puisqu’il n’y a rien à faire, et même, chez certains, se réjouir de cette expérimentation en nature du vieux rêve "d’écraser l’infâme". Nous sommes face, me semble-t-il, à l’une des pires trahisons et des pires lâcheté de l’histoire contemporaine.

Maxime TANDONNET

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L’horreur du média-foot

images (1)A la mi-temps, le Brésil perdait 5-0 contre la "mannschaft". Les caméras montraient des enfants brésiliens en larmes. Mon fils et moi, d’un commun accord, avons éteint la télévision. Le Brésil est un immense pays émergent, dont la majorité de la population est extrêmement pauvre. Est-ce intelligent cette humiliation planétaire? Le monde médiatisé à créé cet amalgame idiot entre l’un des sports les plus attachants et les plus subtils qui soit, le football, l’argent qui coule à flot, la violence (le meilleur Brésilien Neymar gravement blessé) et un national-chauvinisme relevant des sentiments les plus obscurs de la nature humaine. Le résultat, nous l’avons devant les yeux: un grand peuple qui se sent atteint dans sa fierté, dignité, des millions de gamins en larmes. Score final, 7-1. Franchement, j’aimerais qu’on m’explique quel est le rapport entre cette ridicule métaphore guerrière, cette lamentable image de débâcle d’une grande nation, et le sport tel que nous l’aimons.

Maxime TANDONNET

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Remettre la politique en marche

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L’un des handicaps de la vie politique française tient à la permanence, la glaciation de ses élites. Par le plus grand des paradoxes, le principal espoir du camp républicain, d’après les sondages, se nomme Alain Juppé, un homme qui est au tout premier plan de la vie politique depuis… 1986 – presque 30 ans – ancien Premier ministre de 1995 à 1997. Les piliers du gouvernement? M. Fabius, Mme Royal, M. Sapin, qui hantent depuis des décennies la vie publique. Sans parler du seul fn, rien n’est plus scandaleux que ces situations où le leadership se transmet de père en fils ou en fille, courantes dans la vie politique nationale ou locale française, notamment les mairies. Il me semble qu’ailleurs, dans les autres grandes démocraties, tout se passe autrement. Des personnalités s’affirment par leur charisme et leur compétence, progressent sur cinq ou dix ans, assument leur responsabilité au pouvoir suprême, puis passent à autre chose: Mme Merkel, Matteo Renzy, Mariano Rajoy, David Cameron, Obama… "L’éternel retour "ou "l’hérédité des charges" sont des spécificités françaises, sauf erreur de ma part, à l’exception bien entendu de Cuba et la Corée du Nord. Comment une caste qui se préserve et s’auto-reproduit peut elle donner des leçons de changement et d’innovation à la société civile, au monde de l’entreprise? Si l’UMP meurt, comme l’annoncent plusieurs de ses leaders, les républicains modérés (je n’aime toujours pas le terme "la droite") auront tout à reconstruire, renouveler les visages et les idées, inventer une autre politique. Dans l’idéal, il faudrait voir émerger des personnalités issues de la société civile désireuses de s’engager pour le bien commun. Un authentique mouvement populaire devrait se constituer par le suffrage universel, et ses dirigeants être élus par les citoyens. Ne serait-ce pas le meilleur moyen de faire sauter les verrous des rentes de situation et des cooptations?

Maxime TANDONNET

 

 

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Et l’intérêt général?

images (1)La vie politique française s’enfonce toujours plus profondément dans l’impasse. Le combat autour de la présidence de l’UMP dans la perspective de  l’Elysée en 2017 n’intéresse absolument pas la France. L’avenir d’un pays n’est pas un western, une lutte de titans médiatiques. Toute forme de culte de la personnalité est inadaptée à une démocratie moderne, à l’intelligence collective. Il est illusoire, presque puéril de penser qu’un destin collectif peut se cristalliser dans le seul visage  d’un homme ou femme. Les institutions étant ce qu’elles sont aujourd’hui, il est évident que le pays devra tôt ou tard se donner un successeur à François Hollande. Mais pour quoi faire?  Quels changements réalistes, crédibles, authentiques, s’imposent aujourd’hui pour essayer de remettre la France sur le chemin de l’espérance, en matière de croissance, d’emploi, de désendettement, d’école, de modernisation de l’économie, de lutte contre la criminalité, la délinquance et le repli identitaire, la maîtrise des frontières et la rénovation de la justice? Le choix des futurs dirigeants devrait venir après, en fonction du fond de leur programme et de la crédibilité de leur personnalité le moment venu, de la qualité de leur entourage et d’un large soutien populaire. Ne sombrons pas dans le passionnel et la puérilité. Il n’existe pas aujourd’hui de sauveur, d’homme ou femme providentiel, de recours. Une étrange alchimie de l’histoire peut se produire au moment le plus inattendu, la rencontre d’un homme, d’une équipe, d’un projet réaliste et d’une Nation. Cela n’a strictement rien à voir avec les petites magouilles autour des partis politiques.

Maxime TANDONNET

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Le social-nihilisme

téléchargementIl fut un temps où le mot socialiste avait une sens, correspondait à un projet de société: "Oui, il y a une conception commune à laquelle ont abouti les socialistes de toutes les écoles et de tous les pays [...] C’est de remplacer ce qu’on appelle le capital, c’est-à-dire la propriété privée des moyens de production, par la propriété sociale commune ou collectiviste des moyens de production (Jean Jaurès 3 juillet 1897). Un siècle plus tard, cet idéal a de toute évidence échoué partout dans l’univers et plus personne ou presque n’en parle tant il paraît en décalage avec un monde voué au triomphe du marché, de l’entreprise privée, de la concurrence et de l’ouverture des frontières. Le mot socialiste est demeuré mais le contenu a totalement disparu et n’a pas été remplacé. Comme chaque jour en donne une nouvelle illustration, la référence "socialiste", en France, évidée de sa signification, sert d’enveloppe à l’expression d’ambitions personnelles dominées par le narcissisme, règne du paraître, de la posture bien pensante, volonté de puissance orientée vers la conservation du pouvoir et des postes, clientélisme et élimination par tous les moyens de l’adversaire. Le néant qui caractérise la classe dirigeante au pouvoir – en dehors du culte de l’ego et de la communication – donne le vertige. Si le sol continue à se dérober sous leurs pas – me semble-t-il –  ils choisiront le chaos et la poussée extrémiste, plutôt que de devoir céder leurs places. Je ne me fais guère d’illusion sur la perspective d’une future alternance conforme à mes souhaits de profonde réforme des institutions publiques, ni sur l’arrivée d’un sauveur, ou renouveau en profondeur de la classe politique. Non par pessimisme, mais par simple réalisme, conscience du temps qui passe. Tant pis: franchement, tout sauf ceux-là… 

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Tristesse…

h-4-1221836-1215615758Depuis hier, j’ai rencontré au moins trois personnes qui m’ont spontanément parlé du décès de Benoît Duquesne.  Cette  mort suscite une authentique émotion parmi les gens du quotidien, croisés dans la rue ou sur la marché du samedi, dont nous sommes. Pourquoi? Son visage m’ était familier, même si de nom, je ne l’aurais pas situé. Le journaliste appartenait à cette génération nombreuse du baby boom, juste un peu plus vieux que je ne le suis, celle, privilégiée, ou les filles s’appelaient Catherine et Sylvie, les garçons Jean, Michel ou Benoît.  L’image qu’il donnait était aux antipode de l’époque actuelle et de ses idoles médiatiques: discret, respectueux, calme, pondéré, modéré, simple, sans haine, ni prétention ni agressivité. Dans le flou de ma mémoire lointaine, je me demande s’il ne m’avait pas invité à une émission sur France télévision, en 2003 ou 2004 pour présenter l’un de mes livres. Oui, je crois bien que c’était lui, gentil, curieux, ouvert, tolérant. Cette disparition à 56 ans, nous touche. Elle nous dit que tout peut s’arrêter à tout moment, d’un seul coup, sans crier gare, en pleine force de l’âge. J’y pensais en jouant au tennis ce matin, et j’ai perdu, 3-6, 5-7. Il faut tout relativiser, nos déceptions personnelles, notre inquiétude ou révolte collective,  nos échecs, et même nos humiliations. Et profiter au mieux du moment présent, de chaque minute qui passe. Je profite de cette chronique intimiste pour remercier les visiteurs et les intervenants sur ces pages, dont les  commentaires, imprégnés de sagesse, de modération et de bon sens, sont une source de réel enrichissement.

Maxime TANDONNET

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Foot et bêtise humaine

images (1)Bien sûr, le lecteur pensera que je suis un type prétentieux mais tant pis, j’assume en disant ce que je pense… J’ai parfois le sentiment que l’une des faiblesses de notre époque est liée à la bêtise, le déficit intellectuel, le manque d’intelligence qui domine la France "d’en haut". Il ne viendrait à personne pendant cette coupe du monde de relativiser et de rappeler que les aléas d’un ballon qui entre ou qui sort relèvent du jeu et justement, du non-sens. Les commentateurs et analystes anglais, espagnols, italiens, allemands, sont-ils aussi stupides? Je ne sais pas, il faudrait prendre le temps de lire la presse étrangère et regarder les télévisions européennes. Cette poussée de l’inintelligence est peut-être le fruit du déclin de l’éducation nationale, de la lecture, de la culture générale, du nivellement par la base. Je crois vraiment que les personnalités qui accèdent à la parole publique et s’expriment dans les médias (stars de la politique, vedettes médiatiques, célébrités diverses, supposés intellectuels), censés éclairer le grand public, sont bien en-dessous de la moyenne. En plus, cette coupe du monde de football est lamentable sur le plan sportif. Brésil-Colombie fut l’un des matchs les plus insipides et les plus violents que je n’aie jamais vu. L’agression contre le numéro 10 brésilien, Neimar, qui aurait pu lui briser la colonne vertébrale, une honte pour les jeunes auxquels pareil spectacle est asséné. Quand je me promène à vélo, je m’arrête parfois pour regarder des ados qui jouent sur les terrains du bois de Vincennes: le spectacle est mille fois meilleur. Laissons crever le foot-médiatique, rongé par la violence, le règne de l’argent, du chauvinisme et la bêtise humaine…

Maxime TANDONNET

 

 

 

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Pour une "déclaration des devoirs civiques"

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Il est difficile de ne pas reconnaître que la France "d’en haut", la classe dirigeante est en pleine dérive. Le fond du problème – me semble-t-il – tient à une sorte d’effondrement de l’esprit civique, du sens du bien commun au profit d’un narcissisme généralisé. Nous sommes dans la quintessence du repli nombriliste, obsession du "je", disparition du respect des valeurs communes, que dénonçait Gilles Lipotewsky dans L’ère du vide, Gallimard, 1983. Cela touche la politique, mais aussi la haute fonction publique, le monde médiatique, la presse, la magistrature. Le temps est venu d’adopter une déclarations des devoirs, qui serait insérée dans la Constitution et compléterait les grands textes républicains qui y figurent déja (déclaration de 1789, Préambule de 1946, lois fondamentales de la IIIe République). Cette nouvelle déclaration des devoirs, constitutionnalisée, affirmant ou rappelant certains grands principes, s’imposerait à toutes les autorités, y compris les juridictions et magistrats chargés de la faire appliquer. Elle comprendrait:

  • Le devoir d’impartialité absolue de toute personne chargée d’une fonction publique ou dans la magistrature.
  • La suppression de toute nomination dans une fonction publique en dehors d’une procédure de recrutement neutre et anonyme (concours, examen professionnel).
  • La destitution systématique de tout responsable public, ou perte de mandat électoral, en cas de détournement de pouvoir ou de fonds publics à des fins personnelles ou illégales.
  • L’incompatibilité entre certaines fonctions à connotation stratégiques, dans la magistrature ou la haute administration avec l’appartenance à un parti politique ou un syndicat.
  • L’obligation d’une expérience de 7 ans au moins dans la société civile avant d’exercer des fonctions d’autorité dans la fonction publique ou la magistrature.
  • La démission impérative et immédiate de la fonction publique en cas d’élection à un mandat politique national.
  • La neutralité rigoureuse de l’audiovisuel public accompagnée d’un principe d’égalité absolue du temps de parole entre les prises de position diverses.
  • Un principe absolu de laïcité et de neutralité idéologique et politique dans tout service public, toute fonction financée par des moyens publics.
  • La création d’une commission civique de 21 membres, élus au suffrage universel parmi les citoyens exempts de toute engagement politique, doté de pouvoirs importants notamment celui de sanction allant qu’à la destitution de tout responsable public (haut fonctionnaire, homme politique, magistrat) ayant bafoué l’un de ces principes.

Cela ne réglerait pas tous les problèmes de la France bien entendu, mais une telle réforme marquerait un changement profond de mentalité à la tête de l’Etat et remettrait le pays dans la bonne direction. Bien que totalement consensuelle (qui serait contre sur le fond?) elle a peu de chance de se réaliser, car il faudrait que toute une nomenklatura accepte de se remettre en cause et de renoncer à ses petits privilèges misérables. Pour bien, faire, elle devrait partir du peuple, des gens comme vous et moi et s’imposer à la caste politique et médiatique. Mais comment s’y prendre, s’organiser, on en revient toujours au même obstacle…

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

 

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Honneur et dignité

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)Bien entendu, je n’ai pas le moindre doute  sur l’innocence et la bonne foi de l’ancien chef de l’Etat. Je suis de ceux qui pensent que les idées, les idéologies, les débats de fond sont essentiels mais contingents, relatifs au contexte, à l’époque. En revanche, l’éthique des hommes, leur morale, leur mentalité m’apparaissent comme des paramètres d’une personnalité plus solides, constants, permanents. Sous l’occupation allemande, il y avait des salauds, des délateurs de tous les bords, droite ou gauche, extrême gauche ou extrême droite, passant parfois de l’une à l’autre; et des héros de même, de toutes origines partisanes et sensibilités. Pour nier cela, il faut ne rien connaître à l’histoire de cette période. Ce qui distingue le plus fondamentalement les uns et les autres, c’est l’éthique, l’attitude personnelle. Parmi les comportements les plus abjects, en tout temps, toute période, il y a le fait de s’acharner sur un homme à terre, en profiter lâchement pour lui décocher un sale petit coup.  L’attitude de certains dirigeants politiques, de le Pen, "Sakozy est discrédité", de Bayrou "la justice est la même pour tous", ou encore de Valls "les faits sont graves", ne me surprend outre mesure. Qu’en attendre d’autre? En revanche, je qualifierai volontiers de saloperie le comportement de ce parlementaire, ancien ministre important de Sarkozy, étouffant d’ambition, qui lui doit absolument tout, de A à Z, et déclare à propos de son affaire "respecter les décisions de justice". J’espère que cela se paiera un jour. Au contraire, Alain Juppé qui rappelle la "présomption d’innocence", n’a jamais cessé de témoigner de sa loyauté envers Sarkozy, et n’a jamais prononcé une seule parole hostile envers lui, directe ou indirecte, m’inspire le plus grand respect, même si je suis loin d’être d’accord avec lui sur tout. Merci à lui et à quelques autres de sauver l’honneur et la dignité. En temps voulu, le cas échéant, il faudra s’en souvenir…

Maxime TANDONNET

 

 

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La France est-elle foutue?

images (3)Les historiens du futur nous dirons peut-être que le quinquennat Sarkozy aura été la dernière tentative de gouvernement politique de la France, c’est-à-dire de direction volontaire de l’Etat nonobstant tous les autres pouvoirs ou les contre-pouvoirs, juridictionnels, médiatiques, technocratiques, syndicaux. La réaction à cette tentative est impitoyable; la revanche, d’une violence inouïe, laisse peu d’espoir sur la perspective de futures tentatives. Sans verser dans le pessimisme – ce questionnement est le fruit d’innombrables discussions et échanges – l’état général du pays laisse pantois: un pouvoir politique qui ne sait plus où il en est, l’absence d’alternative crédible, une économie qui se vide de sa substance, un esprit public, ou sens de l’intérêt collectif en pleine débâcle, une fragmentation de la société sans précédent, fuite massive des cerveaux, l’effondrement du niveau intellectuel et de l’esprit critique, emprise croissante de l’idolâtrie ambiante, des démagogies de tous ordres. La pente est-elle définitive? Un sursaut peut-il se concevoir? L’histoire montre qu’aucune nation n’est éternelle, les empires, les royaumes, les Républiques ont une place plus ou moins limitée dans la chronologie de l’humanité. La France, bâtie par les Capétiens et poursuivie par les Républicains est-elle aujourd’hui en fin de cycle, après un peu plus de 1000 ans d’histoire? Si toute perspective de rétablissement devait être écartée, faut-il passer à autre chose, un retour à une sorte d’Empire carolingien à l’échelle de l’Europe, ou au contraire un éclatement en provinces ou principautés souveraines, les deux à la fois, ou bien encore rien du tout, une surface plane sans véritable autorité légitime, livrée à la loi de la jungle, rêve des anarchistes? Dès lors, le sacrifice de nos arrière-grands-parents en 1914 dont nous célébrons le centenaire, comme celui de nos grands parents dans la deuxième guerre mondiale, aura été vain, perdu, plongé dans l’absurde. Pour tout dire, je n’ai pas vraiment de réponse…

Maxime TANDONNET

 

 

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MILLE EXCUSES AUX LUXEMBOURGEOIS

images (2)Mon billet d’humeur concernant l’élection à la tête de la Commission européenne de M. Juncker, repris par le Figaro Vox, me vaut des commentaires furieux de ressortissants luxembourgeois sur ce site et sur le blog. Mes mots ont dépassé ma pensée et j’y affirme des choses sans essayer de les démontrer. Le terme "non Etat" est déplacé tout comme celui de "petit pays". Je maintiens ce que je pense sur l’image conservatrice de l’Europe que donne cette élection, mais j’aurais dû le dire tout autrement, et ,précisant que je n’ai rien contre M. Juncker personnellement, ni évidemment contre le Grand duché,  je présente mes excuses sincères à toute personne que ce billet pourrait avoir blessé d’une manière ou d’une autre.images

Maxime TANDONNET

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La grande récup’ (pris pour des cons)

images (1)Les responsables politiques, qu’ils soient de gauche, du centre, de droite ou des extrêmes, ont pour la plupart une fâcheuse habitude: celle de prendre les gens pour des cons. Je les ai suffisamment fréquentés pour le savoir. Rares sont les exceptions. A force de faire des bises sur les marchés, de prodiguer des sourires, poignées de main, compliments dont ils ne croient pas un mot, ils finissent, enfin beaucoup d’entre eux, par sombrer dans la maladie du mépris. La récupération de la coupe du monde de football en est un exemple sidérant. Nous voyons les socialistes au pouvoir se contorsionner pour tirer parti des bons résultats de l’équipe de France. "La France gagne quand les socialistes sont au pouvoir" titre un article du Point. Les salons des Palais de la République sont mobilisés pour de grands spectacles de projection des matchs. Une rumeur, à laquelle je refuse de croire, fait même état d’un projet de déplacer les célébrations de la fête nationale au 15 juillet afin de permettre aux plus hauts dirigeants du pays de se rendre au Brésil pour assister à une éventuelle victoire française… Je ne vois dans ces attitudes qu’un détournement, une trahison de l’esprit du sport et du football. Mais comment peut-on imaginer un instant que les Français sont assez stupides pour relier les résultats d’une équipe de football à la politique du gouvernement ou à la personnalité de ses leaders (de droite ou de gauche, peu importe) et ainsi faire passer au second rang de leurs préoccupations, la violence, le chômage de masse (5 millions de demandeurs d’emploi), la destruction de l’Europe (voir billet précédent), le déclin de la France? D’ailleurs, la surexploitation idéologique par l’extrême droite des destructions – ignobles et grotesques – qui accompagnent en France le déroulement de la compétition, est de la même veine, celle de la récupération la plus cynique. Certes, contrairement à une légende, le peuple n’a pas "toujours raison", il n’est pas infaillible, éclairé par un bon sens de nature mystique et l’idée d’un peuple éclairé et porteur de la raison est parfaite utopie comme le soulignent tant d’exemples dans l’histoire. Pourtant, de là à prendre les gens pour des cons, à ce point, il y a quand même une marge…

Maxime TANDONNET

 

 

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L’Europe de M. Junker

images (2)téléchargement (1)La nomination de M. Junker à la tête de la Commission européenne est tout un emblème, celui de de la dérive abyssale de l’Union européenne. Il est l’un des principaux dirigeants du plus petit des 28, le Luxembourg, 500 000 habitants. L’élu d’un non Etat, d’une minuscule principauté, prend ainsi les rênes de Bruxelles. Il incarne la continuité et le statu quo, un personnage sans relief, pur symbole de la technocratie bruxelloise, l’antithèse de l’imagination, de la créativité, du renouveau. Il est a priori l’image inverse de l’Europe des peuples et des nations. Alors, sa nomination exprime une vérité non-dite: l’Europe puissance, alliance, l’Europe politique, expression d’une solidarité entre les peuples, personne n’en veut, surtout pas les dirigeants nationaux qui n’ont au fond qu’une obsession: conserver leurs pré-carrés et leurs privilèges. Ce choix reflète leur volonté de poursuivre dans la voie actuelle, celle d’une Europe des bureaux, des procédures, des comités, des directives, des sanctions. Le transfert du pouvoir à la technostructure et aux juridictions européennes, que recèle l’image de M. Junker,  les arrange: elle leur permet de se défausser de leurs responsabilités et de ne conserver du pouvoir que les attributs, auxquels ils tiennent pardessus tout.  Cette attitude est nourrie du mépris des peuples européens. Elle explique le dégoût général que les citoyens du continent éprouvent pour les institutions de l’Union européenne, malgré leur attachement viscéral à la paix,  à l’unité et à la solidarité européennes. Elle est la cause fondamentale de la montée vertigineuse du vote extrémistes un peu partout et particulièrement en France. Jusqu’où iront-ils dans cette logique mortelle?

Maxime TANDONNET

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L’ordre et le désordre

images (1)Pour des raisons qui me sont personnelles, ou professionnelles, je n’évoque pas directement les sujets "régaliens", la sécurité et l’immigration, même si d’après toutes les enquêtes d’opinion, ces thèmes figurent, avec l’emploi, parmi les principaux sujets de préoccupations des Français. En revanche, j’en parle indirectement à travers la sempiternelle question du déclin du politique et de l’impuissance publique, l’incapacité des dirigeants du pays à gouverner celui-ci, qui ne date pas d’hier. Dans les deux ans qui viennent, ces enjeux, autour de l’autorité de l’Etat, du respect de l’ordre public et des lois, des règles concernant les frontières, de la vie, de l’intégrité physique et de la propriété d’autrui vont inévitablement prendre une importance colossale, sans précédent, dans une opinion publique totalement déboussolée et plus particulièrement les milieux défavorisés, de toutes origines, les plus directement confrontés à la réalité, privés des moyens de se protéger par l’argent, les supposés "bons quartiers" écoles privées ou "bons établissements scolaires". L’angélisme, l’argent et l’hypocrisie ont toujours fait bon ménage (à trois) dans notre pays. Il ne fait guère de doute à mes yeux que les prochains gouvernants du pays, ceux qui seront portés au pouvoir en 2017, seront les personnalités qui trouveront les mots, l’audace, le courage et les propositions de transformation susceptibles de convaincre les Français de leur détermination à cet égard. En l’absence de prise en compte crédible de la souffrance et des angoisses profondes du pays, nous assisterons à une nouvelle poussée des braillards démagogues et des extrêmes, à une aggravation vertigineuse du dégoût envers la chose publique. Pour l’instant, comme Soeur Anne, plongés dans un grand brouillard de lâcheté et d’aveuglement, nous ne voyons rien venir, en dehors de quelques frémissements…

Maxime TANDONNET

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Incompréhension

sans-titreJ’affirme beaucoup de choses dans mes billets divers, mais là, je souhaite parler d’un sujet qui n’appelle pas de jugement tranché de ma part, tant il est complexe et tragique, mais plutôt un questionnement, des interrogations: celui de Vincent Lambert. Tétraplégique à vie à la suite d’un accident depuis 6 ans, son épouse souhaite l’arrêt des soins et de l’alimentation alors que ses parents s’y opposent. Le fond du problème, si j’ai bien compris, c’est que lui n’est pas en mesure de manifester sa volonté. Les jurisprudences se succèdent et se contredisent, Conseil d’Etat, Cour européenne des droits de l’homme. Pourquoi faut-il qu’une situation de ce type remonte à des juridictions qui sont à mille lieu de son lit d’hôpital? Pour être franc, je ne vois pas ce qu’il y aurait de chrétien à empêcher ce pauvre garçon de partir. Qui d’entre nous choisirait de vivre comme il le vit, en l’absence de tout espoir de guérison, plutôt que de quitter ce monde?  Ce n’est pas un problème de droit, ni d’idéologie, mais de simple raison humaine. Bien sûr que la situation des parents est abominable, mais enfin dans un cas de ce genre, c’est au corps médical, au chevet du malade, de prendre ses responsabilités et pas à des juges européens dans leur palais de verre. Pardon si je choque, on peut être en désaccord, mais c’est vraiment ce que je crois.

Maxime TANDONNET

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L’échec d’un gavage collectif

 

Hier soir, vers 20h35sans-titre, j’ai zappé sur la vingtaine de chaînes de télévision accessibles chez moi. Stupéfaction: impossible de trouver une émission qui parle d’autre chose que de la coupe du monde de football. Impossible. Toujours les mêmes images, piailleries débiles, commentaires crétins fleurant bon l’idolâtrie jacassante et le chauvinisme obsessionnel ou nationalisme de bas étage. Bon, pendant ce temps là, évidemment, nul ne parle du seuil des 5 millions de chômeurs (toute catégorie confondue) franchi le jour même, un nouveau record historique, de l’apocalypse irakienne, de l’effroyable désastre de la vie politique française avec la quasi disparition du pouvoir politique, la déliquescence de l’opposition, la poussée de l’extrême droite qui résulte de ce contexte. Ce que j’écris là est une évidence, une lapalissade presque. Mais la vraie question est celle ci: cette entreprise de gavage imagescollectif, de lobotomisation de masse fonctionne-t-elle? Les Français tombent-ils dans le piège du lavage de cerveau? Eh bien peut-être pas autant qu’il n’y paraît… Je tombe par le plus pur des hasards sur un sondage du Point concernant le ressenti du Mondial (bien sûr totalement ignoré et passé sous silence) . 44,1% pensent que "pendant qu’on parle de football, on n’évoque pas les vrais problèmes". 35,2% "se fichent totalement du Mondial". Voilà, 79,3%, près de 80%, d’après cette enquête d’opinion portent un regard critique sur le matraquage quotidien et ce dévoiement, récupération du sport, du beau sport qu’est le football, à des fins de propagande et d’anesthésie générale. Signe de résistance et d’intelligence collective. Les Français sont moins malléables, moins stupides, moins manipulables que ne semblent le penser les élites politiques et médiatiques. Le mépris a tout de même des limites…

Maxime TANDONNET

 

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La solitude française

téléchargementIl est toujours difficile de se repérer à un instant donné dans les grands courants de l’histoire, de s’élever du quotidien, prendre du recul, de la perspective et de se situer aujourd’hui par rapport à la marche du monde. Que diront les historiens du XXIIe siècle de la France de 2014? Etrangement, la mondialisation, l’abaissement ou disparition des frontières et l’émergence du "village global", tels que nous croyons les vivre, me paraissent receler un phénomène paradoxal: la solitude croissante de la nation française. Nos ex-colonies ne cessent de s’éloigner, il suffit d’un séjour en Afrique pour le constater, ces pays se tournant vers la Chine et les Etats-Unis. Notre allié de sang tout au long des tragédies du siècle passé, le Royaume-Uni, se prépare sans doute à sortir de l’Europe donc à séparer son destin du nôtre. Le moteur franco-allemand de l’Europe, fondé sur un équilibre et une entente fondamentale entre les deux pays, est fortement compromis par le décrochage économique français. Il en reste un vague mythe, une sempiternelle référence à laquelle plus personne ne croit vraiment. L’Italie, l’Espagne se réveillent et nous regardent de haut avec notre immobilisme, allergie chronique aux réformes et au mouvement. Bien sûr les institutions de Bruxelles fonctionnent toujours, imposant leur carcan aux Etats, mais aucun Empire ou communauté supranationale n’a jamais survécu longtemps dans le rejet, l’indifférence, le mépris des peuples. C’est chose que les diplomates et les eurocrates, le nez dans la fange, sont incapables de ressentir. La débâcle de la classe politique française, pouvoir et opposition confondus, ridiculise notre pays, tout comme la poussée du vote extrémiste qui en résulte. La France médiatique s’enferme dans ses névroses cocardières autour de l’équipe nationale de football mais la crête érigée du petit coq gaulois n’impressionne personne…  Un pays dont la compétitivité s’effondre et la société se fragmente, qui s’enferme et se replie dans sa tête, s’engage sur la pente du malheur. La France, au-delà des apparences de la mondialisation, n’a jamais été aussi seule et solitaire.

Maxime TANDONNET

 

 

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Le big bang politique

téléchargementL’opposition républicaine est en train d’exploser en plein vol: scandales politico-financiers, violences des haines exacerbées, trahisons, coups de poignard dans le dos. Un retour dans l’arène politique de Nicolas Sarkozy serait le bouquet final qui acheverait sans aucun doute l’UMP en y déclenchant une guerre mortelle. L’ancien président est aujourd’hui laché par ses soutiens politiques naturels. Ne parlons même pas de son ancien premier ministre et ministre des affaires étrangères, à la tête de la Fronde. Après Bernard Debré qui l’a qualifié de "vieille branche à couper" il ne manquait plus que Xavier Bertrand pour s’attaquer au bilan de son mandat, alors qu’il fut l’un des ses principaux ministres… Oh, ce n’est pas mieux ailleurs, avec un pouvoir en pleine débâcle et une droite radicale minée par ses contradictions, son image de népotisme familial et dont les Français – tous les sondages le montrent – ne veulent à aucun prix. Une plongée dans l’arène politique de l’ex chef de l’Etat, rêvée par ses derniers fidèles, serait totalement suicidaire pour lui et pour tout le courant républicain. Un ancien président – ayant incarné la Nation pendant 5 ans – n’a en aucun cas sa place dans le marécage et la putréfaction, il doit obligatoirement se tenir au dessus de la mêlée, au niveau, non pas de la fange, mais de l’histoire en marche. Son rôle, son devoir, est celui d’un guide moral. Il ne peut se présenter en recours que dans l’hypothèse d’un "appel" du pays qui viendra ou ne viendra pas… La décomposition générale est en cours, il ne faut pas y prendre part. Dans le climat de déliquescence générale de toute la classe politique, le seul combat qui vaille est aujourd’hui celui des idées. Dans un pays en pleine paralysie politique, déclin économique accéléré, crétinisation médiatique (dont la flambée de chauvinisme imbécile autour du Mondial est la dernière illustration), comment réhabiliter la démocratie, la volonté générale, les capacités de gouvernement? Aujourd’hui, il n’y a rien d’autre à faire que de laisser les crapauds s’entre-tuer dans la mare et de réfléchir aux grands chantiers de l’avenir; rien d’autre en attendant que des circonstances plus propices se prêtent à  l’action.

Maxime TANDONNET

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Leçons de l’histoire

imagesHier, en rentrant d’un long voyage en train, j’ai lu "l’histoire passionnée de la France" de Jean Sévillia (Perrin 2013), une longue fresque synthétique, des origines à nos jours qui met l’accent sur la chronologie et le rôle des grands hommes, à l’inverse des normes de l’enseignement contemporain. Ce genre de vision panoramique de l’histoire invite à la réflexion sur le pouvoir, les hommes. Voici, pêle-mêle, quatre pensées sans prétention, qui me sont venues (ou revenues) à l’esprit au fil de cette lecture.

  • La notion de "France éternelle" a un aspect mythique. Notre pays est réellement né vers l’an 1000, avec l’avènement des Capétiens, les premiers à avoir l’idée de l’unité politique d’un territoire correspondant plus ou moins à sa géographie actuelle. Certes, elle aura une fin un jour comme toute entité humaine. Mais construire un pays, une solidarité humaine autour d’une organisation politique et d’une volonté commune est une oeuvre de très longue haleine, une construction extrêmement complexe – parfois sanglante. Envisager d’en finir avec cette entité – par fusion ou par éclatement – en l’absence de solution de rechange, ouvrirait sans doute la voie à la pire des barbaries.
  • D’ailleurs, notre époque qui se veut mondialisée, sans frontières, ouverte, se rapproche à certains égards de l’ancien Moyen-âge, entre la fin de l’Empire romain et l’émergence des Etats européens à partir des XIème et XIIème siècle. C’est une période de confusion, de superstition – la peur de l’an Mille, de l’Enfer –, d’invasions, de violences anarchiques, où les tyrannies locales issues de la féodalité l’emportent sur toute forme d’autorité centrale, où la loi du plus fort, la loi de la jungle domine tout le reste. Vie publique et intêrets personnels sont totalement confondus (d’où les partages à répétition de l’empire ou des royaumes francs et le système des apanages), le pouvoir étant livré à une sorte de chaos moral sans foi ni loi (assassinats, réglements de compte, trahisons…)
  • L’inconnue et l’imprévisibilité sont des facteurs clés de l’histoire qui marche constamment à l’aveuglette, au jour le jour. Les dirigeants ne cessent de se tromper. Ils prennent des initiatives en fonction de considérations présentes, dans l’ignorance des conséquences parfois monstrueuses de leurs choix qui le plus souvent conduisent au pire. Ainsi, exemple parmi tant d’autres, la politique de la Révolution puis de l’Empire napoléonien focalisée sur l’abaissement de l’Autriche, de sa dynastie des Habsbourg et du "Saint Empire", ouvre directement la voie à l’impérialisme prussien, source d’une succession de catastrophes pour la France et toute l’Europe.
  • Dans le conflit entre la raison et la folie, en filigrane du déroulement de l’histoire, c’est presque toujours la folie qui l’emporte en un premier temps, à l’origine du chaos et de la barbaries – les guerres de religion, les massacres de la Révolution, les conquêtes napoléoniennes, les tueries européennes du XXème siècle. La raison est constamment étouffée par la tyrannie de passions d’autant plus violentes qu’elles sont absurdes et éphémères. Ce n’est qu’après l’épuisement de la folie que la raison émerge des ruines avant le déferlement d’une nouvelle vague, inévitable, de démence et on ne voit pas comment le cycle pourrait un jour s’interrompre tant il semble co-substantiel à l"humaine nature" depuis au moins 12 000 ans, le début de l’histoire.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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"Il faut tout changer"

220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105) Je n’ai pas encore lu l’interview du Figaro magazine, mais je m’interroge sur le sens des propos de Nicolas Sarkozy: "Il faut tout changer". Cette déclaration l’expose à une critique inévitable: "pourquoi ne l’as-tu pas fait entre 2007 et 2012?" Malgré cette contradiction, il me semble que la déclaration de l’ancien président – si elle signifie ce que j’espère – relève du bon sens et du constat d’évidence. Pendant 5 ans, il a été au sommet de l’Etat. Il a compris ce qu’il ne voyait pas forcément auparavant: dans une situation de blocage absolu des institutions, de la République, de la société française, il faut "tout changer" si nous voulons éviter l’explosion du pays, sa disparition pure et simple à l’horizon des vingt prochaines années. Il faut bouleverser la Constitution pour recréer des possibilités de gouvernement, de choix politiques et de possibilités d’action, réinventer la démocratie de A à Z pour replacer le peuple au centre du pouvoir, transformer radicalement l’Europe, chambouler l’organisation économique et sociale pour sauver la liberté d’entreprendre. Nous sommes bien d’accord. Je le pense aussi. Je vois aussi le triomphe d’une cabale contre l’ancien président, désormais généralisée dans les rangs de l’UMP, la troïka, bien sûr, mais aussi tout un tas de fidèles, dont même le sage Bernard Debré… Que proposent-ils, de leur côté? J’ai franchement horreur de l’idolâtrie et du culte de la personnalité, je les trouve inadaptés à notre époque grotesques et minables. Pourtant, s’il faut tout changer, ce que je crois profondément, je ne vois pour l’instant personne d’autre que l’ancien président, avec son expérience de l’Etat,  pour mobiliser et fédérer les énergies à cette tâche monumentale, révolutionnaire… Je ne dis pas cela par passion ni par exaltation, mais simplement par raison et aussi par dépit face à l’incapacité de la classe dirigeante à se renouveler.

Maxime TANDONNET

 

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Le sens du 18 juin

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Autrefois, je me disais que le 18 juin aurait beaucoup plus vocation à être la fête nationale de la France que le 14 juillet, qui marque un événement un peu médiocre, la prise d’une prison quasiment vide, la mise en liberté d’une poignée de "droit commun" et la tête coupée d’un pauvre gars, le directeur de cette prison. Aujourd’hui je me dis que ce serait une bien mauvaise idée de figer, formaliser, rendre académique une aussi belle date que le 18 juin et la priver ainsi de sa mystique.

Quelles leçons, à tirer aujourd’hui du 18 juin?

  • La force de la solitude absolue: le Général est totalement seul, accompagné uniquement d’un jeune diplomate, Geoffroy de Courcel, seul face à un pays de 40 millions d’habitants, presque tous non pas "pétainistes" mais dominés par un "lâche soulagement". Il n’a pas de parti, pas de soutien, pas de clan, il est absolument seul, seul à avoir raison contre tous.
  • La victoire de l’intelligence, de l’intelligence pure: l’attitude de De Gaulle se fonde sur son analyse de la situation planétaire. Quasiment toute la France, ses stratèges militaires, ses penseurs, intellectuels, politiques, grands esprits, sont absolument persuadés de la victoire certaine de l’Allemagne. Lui, avec une vision hors du commun, à la fois stratégique et prophétique, anticipe sur l’entrée en guerre contre l’Axe des puissances américaine et soviétique, puis de l’ensemble de la planète.
  • L’audace sans limite: le Général rompt avec toutes ses attaches, son passé, le cadre de la discipline militaire auquel il a jusqu’alors voué sa vie. Il brave la condamnation à mort par le régime de Vichy. Il est insulté, accusé de toutes les horreurs possibles, de trahison, d’être un rénégat, un "général félon" à la solde de l’Angleterre. Pourtant, il tient bon, contre toutes les forces du conformisme, se fiant à sa seule intuition.
  • La puissance de la foi: il y a une part de mystique religieuse dans l’attitude du Général, il pense être appelé par la providence, accomplir une mission d’essence quasi divine au service de la patrie (dans ses écrits de jeunesse, il avait anticipé une situation similaire à celle qu’il vit et se voyait déjà appelé à rendre un "service signalé à la France".)

L’appel du 18 juin est un moment exceptionnel dans l’histoire, d’un personnage totalement hors du commun, hors norme. Si des politiciens sont tentés de se prendre pour le Général, leur place est à l’asile psychiatrique. Pourtant, il est bon de relire cet appel, non pour songer à l’imiter évidemment, mais pour en tirer la force de croire en l’avenir et de continuer à nous battre malgré toutes les bonnes raisons de désespérer qui s’attachent à la période actuelle et que nous partageons les uns avec les autres.

Maxime TANDONNET

 

 

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Fascination morbide

971626-1150255"Notre pays peut se défaire et se donner à Marine Le Pen", a déclaré Manuel Valls, ce samedi 14 juin devant le conseil national du parti socialiste. Même si ce n’est pas nouveau, je trouve regrettable qu’un Premier ministre parle devant son parti. Il est au service de la France, pas d’une formation politique. La France, dans l’histoire, même "défaite", même au fond de l’abîme, ne se donne jamais à n’importe qui. Le 18 Brumaire, elle se donne à Bonaparte, général en pleine gloire, victorieux en Italie. En octobre 1917, elle se donne à Clemenceau, mais ce dernier avait été auparavant un grand président du Conseil au début des années 1910. Le 30 mai 1958, elle se donne à de Gaulle, auteur de l’appel du 18 juin et chef de la Résistance. Même le 17 juin 1940, quand elle se donne en pleine débâcle – malencontreusement – à Pétain, ce dernier est à ses yeux "le vainqueur de Verdun". Et quand elle fut à deux doigts de se donner au général Boulanger, en 1888, ce dernier avait été auparavant un excellent ministre de la Guerre, soutenu par les radicaux-socialistes. C’est bien mal connaître la France et la sous estimer que d’imaginer qu’elle pourrait se "donner" à un simple chef de parti sans autre titre de gloire que celui-là, et qui plus est, héritier de sa position. Les dirigeants aiment bien répandre un parfum d’apocalypse, cela permet d’oublier les problèmes de l’heure. Et puis, une France "se donnant" au fn, n’est-ce pas l’expression du rêve profond de toute une partie de la nomenklatura de gauche: voici enfin la preuve de la France telle qu’ils la voient au fond et la considèrent. Moi je pense qu’il est exclu que le fn arrive un jour au pouvoir: son image est éternellement inacceptable pour 70 à 80% des Français. S’il avait dû percer, dans le climat de décomposition actuelle, ce parti qui existe depuis quarante ans, serait à 40% du corps électoral au moins (score du RPF en 1947) et non à environ 10% comme aux dernières élections européennes. Il est des histoires, des paroles, des attitudes, des déclarations qu’un peuple n’oublie jamais. Le phénomène de "dédiabolisation" n’est qu’une invention médiatique à laquelle adhère avec bonheur toute la presse gauchisante. Le fn n’existe que par la bêtise et la lâcheté du camp des républicains modérés. Rien de durable ne peut se bâtir sur la crétinerie ou la couardise des autres. Enfin, j’en ai vraiment marre de la soupe au fn, de ces médias, commentateurs, politicards, journalistes, débatteurs, pseudo-intellectuels qui ne parlent que de lui du matin au soir, comme sous l’effet d’une fascination morbide et d’un calcul secret celui de la disparition de l’opposition républicaine. Mais c’est bien ce que je suis en train de faire me direz-vous (parler du fn)! Certes, mais je voulais répondre à la petite phrase de Valls qui m’a exaspéré. Maintenant, j’arrête d’en parler.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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La relève interdite

téléchargementLe plus tragique, dans le camp des républicains modérés, ce n’est pas le retour de la vieille garde, les Alain Juppé, François Fillon, Jean-Pierre Raffarin. On pourrait y voir une solution transitoire, un passage de relais. Non, le plus préoccupant, c’est bien l’absence de relève visible en perspective. J’en ai fréquenté beaucoup, de près ou de loin, et ils me donnent le sentiment, sans méchanceté, d’être formatés sur le même modèle, celui de bons gestionnaires sans doute, mais fausses intelligences, le crâne vide d’idées, de vision, de perspective, têtes bien pleines plutôt que bien faites: le Maire, Valérie Pécresse, Bertrand, NKM, Chatel, etc. Ils voudraient diriger la France comme on gère une collectivité locale. Face à la faillite d’un pouvoir socialiste qui s’éloigne tous les jours de la France, écartelé entre l’idéologie la plus obtuse sur les questions de société et le conformisme absolu en matière économique, cette nouvelle génération devrait avoir un boulevard devant elle. Or, elle est tout en fadeur, tranparente, inexistante. Elle voit la politique par le petit bout de la lorgnette, se résumant à la course à l’Elysée. Cette médiocrité à la fois intellectuelle et humaine, absence de caractère, obsession de la "propreté idéologique" vu comme l’arme secrète de la marche vers le Palais a des conséquences dramatiques, notamment celle de priver d’espoir politique la jeunesse ou de pousser une partie d’entre elle vers des pitreries démagogiques. Il existe dans la vie publique française, quelques responsables au sens fort du terme, lucides, à la fois mesurés et fermes dans leurs convictions et prêts à s’engager pour le pays. Mais le monde médiatique les ignore obstinément: même minoritaires, ceux là sont beaucoup trop dangereux à ses yeux. Il faudra que la crise de société qui couve depuis si longtemps explose enfin pour que peut-être, poussés par les circonstances, ils sortent de leur silence et anonymat.

Maxime TANDONNET

 

 

 

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L’effroyable désastre irakien

3916465_ho04-459929-01-02_640x280En Irak, des événements sont probablement en train de changer la face du monde. Les Djihadistes, jugés trop extrémistes par El Qaïda lui même, se sont emparés de Mossoul, Tikrit, Falloudja et se trouvent aux portes de la capitale Bagdad. Ce désastre politique et militaire pour les Etats-Unis et le monde occidental, pire sans doute par ses conséquences que le Vietnam, risque d’entraîner tout le Moyen-Orient dans une nouvelle guerre aux dimensions planétaires. Une fois de plus, nul n’a rien vu venir des derniers développements et l’ information, dramatique, est tombée d’un coup au milieu d’un climat d’indifférence générale dominée par le grand-guignol de la vie politique française et le début de la coupe du monde de football. Le 28 juin 1914, cent ans auparavant, quand l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand à Sarajevo entraînait le monde dans l’une des plus grandes catastrophes de son histoire, la même apathie, le même aveuglement complet, la même bêtise dominaient les esprits.

Maxime TANDONNET

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Les origines

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Les hommes, leurs dirigeants surtout, ne cessent pas de se tromper et d’entraîner l’humanité dans les ténèbres. L’histoire n’est faite que de folies, d’aberrations, d’imbécillités des décideurs qui causent le malheur de la multitude. Voyez les événements d’Irak en ce moment, le chaos, la désintégration d’un pays, la prise du nord du pays par les Jihadistes, résultat de l’intervention occidentale en 2003 destinée à "faire triompher la démocratie". Tout est ainsi, si l’on se retourne un peu vers le passé, avec par exemple l’absurde guerre franco-allemande de 1870, Napoléon III et Bismarck, d’où partent les malheurs du XXème siècle, la lente marche vers la guerre de 1914-1918, forgée d’aveuglement en aveuglement, qui conduit au génocide (non dit) de la jeunesse européenne, l’idiotie et la lâcheté et des occidentaux dans les années 1920-1930, le traité de Versailles, le pacifisme et le renoncement qui entraînent le monde dans l’abîme. Aujourd’hui, tout est pareil, la bêtise paraît maîtresse et guide de ce monde. Cette emprise de la crétinerie sur l’histoire, en dehors de rares exceptions, donne le vertige. L’infime minorité des personnes lucides et clairvoyantes – jamais celles que l’on croit sur le moment – est ignorée, condamnée au silence ou au ridicule. Pour tenir le coup, ne pas sombrer dans le cynisme ou le désespoir, il est parfois utile de relativiser de prendre du recul. Je lis en ce moment un livre magnifique, Les origines de Karl Ferdinand Werner (Fayard, 1984), dont un passage amène à réfléchir sur la fragilité et le caractère éphémère de la condition humaine : "Du point de vue de l’immensité chronologique, qu’il faut considérer pour l’histoire de notre globe, rappelons que l’âge de la matière est estimé à environ 20 milliards d’années. Pour rendre intelligible cette infinité du temps, on peut la comparer à une seule année témoin. Avec un âge d’environ 4,5 milliards d’années, la terre apparaît ainsi au mois d’octobre de cette "année de l’univers", la vie vers le 20 décembre et l’homme le 31 décembre vers 23 heures. L’ère chrétienne représente un peu plus de trois seconde de cette année témoin…" Alors que dire de nous-mêmes et de nos vies?

Maxime TANDONNET

 

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La trahison des partis et que faire?

imagesD’après l’article 4 de la Constitution "Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage." Leur attitude générale, aujourd’hui, relève à mes yeux de la trahison. Le comportement du ps est inique, cette fuite en avant dans l’idéologie et le déni de la réalité. Nous le voyons tous les jours. Du grand ponte au petit militant plongés dans une jubilation hystérique au vu de décisions du pouvoir supposées "de gauche", "contre la drrrrroite", qui entraînent le pays dans l’abîme et aggravent le malheur personnel de ses habitants. C’est le parti de l’hypocrisie, de la tartuferie, des saintes Nitouches à la conscience bienheureuse, obsédées comme les autres par leur prébendes, leur bobine à la télévision, et leur porte-monnaie. Les turpitudes de l’ump font froid dans le dos. JF Copé, j’en suis convaincu, est un bouc émissaire idéal. Le scandale en cours est immense, désespérant, honteux. Ils savent tous que c’est interdit par la loi. Mais voilà, comment priver des tricheurs addictifs de leur passion? "On ne pouvait pas faire autrement!" Bien sûr! Et les jeunes qui vivent avec des stages à 460 euros par mois, comment ils font? Vous voulez parier? Je suis persuadé qu’il en est exactement de même dans les autres partis, il suffirait de creuser un peu sous le vernis. Quant au troisième larron, le fn, je n’en parlerai même pas tant il me révulse avec son népotisme familial, son culte de la personnalité guignolesque, ses provocations ignobles et sa démagogie misérable. Alors que faire pour les Français atterrés par ce tableau, désespérés (comme moi) qui croient encore en un avenir, un destin collectif, en la France pour tout dire. Il existe deux issues possible: l’homme providentiel ou la mobilisation citoyenne. La première, je n’y crois guère parce que des Bonaparte ou de Gaulle, il en vient un tous les siècles et que nous ne voyons pas apparaître aujourd’hui l’ombre d’un personnage de cette ampleur. La seconde est plus crédible, autour d’un foisonnement d’associations, de blogs et sites sur Internet, d’échange d’idées, de réunions, de pétitions, de manifestations paisibles. Mais pour qu’il en sorte quelque chose, il faut un catalysateur, un pôle de résistance et de mobilisation. Là, je ne sais plus faire…

Maxime TANDONNET

 

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Les idées avant tout

imagesEn politique, chaque jour qui passe nous confirme le déclin du débat des idées politiques au profit de la grande comédie humaine et de la personnalisation des enjeux, un phénomène qui confine au grotesque et au mépris des citoyens. Si j’étais un responsable politique, je proposerais aux Français un programme de réforme axé sur six piliers, parfaitement réalistes et de bon sens:

  1. Restaurer la capacité de gouverner. Pour sortir de l’impuissance publique – aujourd’hui à peu près totale – il faut rendre au gouvernement les moyens de gouverner, d’effectuer des choix et de les faire respecter et changer profondément les institutions. A cet égard, j’ai la conviction profonde qu’il importe de réhabiliter le rôle du gouvernement et du Parlement vis-à-vis des juridictions, notamment du Conseil Constitutionnel, en facilitant les révisions de la Constitution (vote à la majorité absolue dans les deux chambres). Il est également vital de favoriser le recours au référendum.
  2. Libérer les énergies. Une profonde transformation de l’économie française est la priorité absolue, à l’image de ce qu’ont fait en leur temps Mme Thatcher en Grande Bretagne, Ronald Reagan aux Etats-Unis: laisser aux négociations d’entreprises la détermination des régimes horaires, d’embauche et de licenciement, réduire d’un cinquième au moins en cinq ans le poids de la fonction publique d’Etat et territoriale, réduire à 15% l’impôt sur les société et d’un tiers les charges qui pèsent sur l’entreprise pour assurer leur compétitivité.
  3. Réhabiliter l’autorité Il faut respecter un principe simple qui est le fondement de toute démocratie, de la République, et pourtant largement négligé en France: la loi, pilier de la vie sociale, émanant du suffrage universel, doit être strictement appliquée et respectée. Cela vaut en matière de sécurité, de politique migratoire, de justice. Les peines prononcées par les tribunaux doivent être mises en oeuvre. Un délit de forfaiture serait créé, par lequel tout responsable public qui s’écarte volontairement de la loi et néglige de la faire appliquer, ou la détourne dans un intérêt privé, trahit sa mission et s’expose à de lourdes sanctions.
  4. Assurer l’indivisibilité de la France. Ce principe doit être au coeur de toutes les politiques. Il implique la préservation de l’unité du pays et donc le rejet des idéologies communautaristes ou fédéralistes. Le séjour en France de personnes étrangère doit être conditionné à l’acceptation sans réserve de la Constitution, des valeurs, des règles et des principes qui régissent la vie collective nationale.
  5. Valoriser l’intelligence. En matière d’éducation, l’école, le collège et le lycée n’ont qu’une seule mission impérieuse: celle de la transmission du savoir et de l’intelligence autour des grands piliers de la connaissance, le français, les mathématiques, l’histoire, les langues, la créativité. L’intelligence manuelle et l’intelligence sociale doivent être reconnues comme tout aussi dignes que l’intelligence abstraite.  Je crois par ailleurs à l’interventionnisme sinon au devoir d’ingérence de l’Etat dans la vie des médias. Il faut interdire les émissions qui poussent à l’abêtissement (télé-réalité, feuilletons imbéciles et donneurs de leçon, débats crétins entre pitres gueulards) et imposer l’intelligence aux heures de grande écoute: histoire, voyages, livres, musique…
  6. Ouvrir le grand chantier de la réforme européenne. A 28 pays, la France ne va pas d’un seul coup décréter seule la transformation de l’Union européenne, ni évidemment en sortir au risque de s’éloigner les lieux de décisions et d’abandonner son destin à d’autres. Elle doit réapprendre à savoir dire non, à se battre sur ses positions (comme savent le faire les Britanniques) et à exiger l’ouverture d’un débat sur la réforme profonde de l’Europe pour assurer la représentation authentique des peuples, une amélioration de son efficacité, et un équilibre entre compétences nationales et européennes.

Maxime TANDONNET

 

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6 juin 1944, reconnaissance et respect!

280px-Flickr_-_The_U.S._Army_-_D-Day_65th_AnniversaryL’antiaméricanisme est le fond de commerce d’une partie de la classe politicienne française, qu’elle soit de gauche ou de droite. C’est ainsi que récemment, le projet d’accord de libre échange entre l’Europe et les Etats-Unis a servi d’épouvantail à divers politicards et idéologues sans véritable questionnement sur son impact économique potentiel. L’ingratitude fait partie des attitudes qui me révulsent le plus. Comment oublier le sacrifice des jeunes Américains, le 6 juin 1944 sur les côtes de Normandie? Je ne dis pas que tout ce que fait l’Amérique est positif. Mais nous avons, me semble-t-il, au-delà de tout, un devoir de respect et de reconnaissance envers cet immense pays, au moins dans la manière d’en parler et d’y penser. Ci-dessous les Ricains de Michel Sardou en prime!

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=5&cad=rja&uact=8&ved=0CD0QtwIwBA&url=http%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DIYINRTN4YNQ&ei=cFaRU6yOH-OM0AXYj4GwDg&usg=AFQjCNGesUxD51qgZ3bYo0SsXqRtrnbxKQ&bvm=bv.68445247,d.bGE

Maxime TANDONNET

 

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Arrêtez les conneries!

téléchargementCe qui se passe est de plus en plus lamentable, honteux. Trois ans à l’avance, les hostilités sont déja ouvertes à l’ump pour l’élection présidentielle de 2017. Qui d’Alain Juppé ou de François Fillon prendra l’ascendant? Sarkozy va-t-il reprendre la tête du parti? Et Raffarin? Bertrand, Baroin, Lemaire? Nous vivons une période abominable: effondrement historique, sans précédent, de la crédibilité du pouvoir en place; retour de l’antisémitisme violent et meurtrier; essor du djihadisme qui annonce des vagues terroristes prochaines (700 djihadistes français en Syrie); poursuite de l’effondrement économique du pays alors que le Royaume-Uni et l’Allemagne sont en plein renouveau avec des taux de chômage désormais la moitié du nôtre; ascension de la droite extrême dans les urnes. Aujourd’hui même, l’Assemblée a voté l’abrogation des peines planchers créées en 2007. Et que trouvent à faire ces braves Messieurs? S’écharper dans la perspective de 2017. Moi qui ne cesse d’échanger, sur le marché de ma ville, au café près de chez moi, auprès de mes relations, je n’entends plus qu’un immense cri de colère, de mépris contre la classe politique, gauche et droite confondues. Donc, arrêtez vos conneries! Le but, ce n’est pas de fanfaronner le 6 mai 2017 prochain sur le perron de l’Elysée! Les Français se foutent éperdument de savoir qui de vous sera président en 2017. Ils veulent que les politiques parlent des idées, des projets, des solutions à leur malheurs présents et aux atrocités qui viennent! M. Wauquiez l’a bien compris en ouvrant un débat avec son livre sur l’Europe. Voilà ce qu’il faut faire aujourd’hui, et cesser de vous (nous) ridiculiser!

Maxime TANDONNET

 

 

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