Grand débat/référendum (pour Atlantico)

1-Alors qu’Emmanuel Macron semble de plus en plus se diriger, dans le prolongement du Grand Débat, vers une réponse institutionnelle (« Si être Gilet jaune, c’est vouloir moins de parlementaires et que le travail paie mieux, moi aussi je suis gilet jaune ! »), ne peut-on pas y voir un risque d’impasse pour Emmanuel Macron, entre une réforme institutionnelle  – pouvant être portée par référendum – qui ne changerait finalement rien au fond de la politique menée ou un refus de sa part d’entamer une telle réforme qui serait alors vue comme une défiance suite au Grand Débat ? 

Le retour aux urnes à l’issue du grand débat est dans une logique démocratique. Il signifie que l’on a pas parlé pour rien et que la discussion débouche sur une décision politique. Cette solution bat en brèche la critique de palabres inutiles uniquement destinés à gagner du temps. Il reste à savoir sous quelle forme cette issue démocratique interviendra. Plusieurs personnalités ont réclamé des élections législatives anticipées. A coup sûr, sur le modèle de mai-juin 1968, cette option mettrait un terme au mouvement social en focalisant l’attention du pays sur les urnes. Le chef de l’Etat semble l’avoir écartée. L’autre voie est celle du référendum. Sur le fond, on ne pourrait que se féliciter d’un appel au peuple et à la démocratie directe. Mais reste à savoir quel référendum. Le président, sur un mode gaullien mettra-t-il en jeu son mandat? Ce serait un choix courageux et républicain, mais aussi une sorte de quitte ou double: quitter le pouvoir par la grande porte, celle de la démocratie, ou bien obtenir une nouvelle légitimité lui permettant de poursuivre son action sur des bases nouvelles. Un tel coup d’audace est fort peu probable. Autre question: sur quoi portera le référendum? S’il concerne les graves problèmes institutionnels qui favorisent l’impuissance publique et le déclin de la France, ce sera une oeuvre salutaire: sortir le régime de sa dérive narcissique en rétablissant le septennat et en le rendant non renouvelable, renforcer le rôle du Parlement, faciliter les référendums, mieux définir les rôles entre le Chef de l’Etat, responsable de la politique étrangère et de défense, et celui du Premier ministre et des ministres, chargés du gouvernement de la France, sous le contrôle d’un parlement souverain. En revanche, si l’objectif est de vendre aux Français une mesure démagogique telle que la réduction du nombre de députés et de sénateurs, un tel référendum, vécu comme un leurre, serait un pas de plus dans la déchéance de notre vie politique nationale

2-En quoi l’architecture actuelle du Grand Débat, qui ne permet pas de parler à tous les Français, aussi bien en raison de la sociologie des participants (les jeunes sont absents ) que des niveaux de contributions variant en fonction des appartenances politiques, peut-elle conduire justement à une situation qui pourrait se retourner contre le gouvernement ? 

http://premium.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/01/97001-20190201FILWWW00106-les-jeunes-grands-absents-du-grand-debat-national.php

Il semble, grosso modo, que la sociologie de la participation au grand débat corresponde assez largement à celle de la France urbaine et privilégiée, le noyau de la France qui participe encore aux élections. Le niveau d’implication des couches populaires, rurales, de la banlieue ou des jeunes, de la France périphérique, paraît moins élevé. Si ce phénomène était confirmé, cela signifierait que le grand débat ne permet pas de résorber la fracture démocratique, qui se manifeste dans la poussé croissante de l’abstentionnisme et par un taux de défiance envers la politique considérable (81% des Français en ont une vision négative selon le baromètre CEVIPOF 2019). Cette hypothèse, si elle était confirmée, signifierait que le grand débat ne touche principalement que la fraction de la population à l’aise avec le régime, ses institutions, ses dirigeants, sa politique. Elle impliquerait que le reste de la population, sa vaste majorité, demeure en marge d’un processus qu’elle analyse comme une opération politicienne et un coup de communication supplémentaire, sans conséquence pour l’avenir. Plus que jamais, cette frange du pays aura le sentiment d’avoir été une fois encore manipulée. Son scepticisme et sa colère en sortiront encore grandis, tout comme la fracture du pays. C’est le danger pour l’équipe dirigeante.

3-En quoi l’habileté d’Emmanuel Macron dans l’instauration du Grand Débat national pourra-t-elle réellement , et durablement, faire l’impasse d’un véritable changement de politique ? Quels sont les risques ?

Le président Macron sent bien que la pays connaît une crise extrêmement profonde. Voit-il juste sur les causes de ce malaise? Sans doute pense-t-il que le pays réagit négativement aux quelques aménagements réalisés sur le droit du travail ou la SNCF. Or, tel n’est absolument pas le cas. Les Français n’ont pas peur des réformes si elles sont utiles et bien expliquées. En revanche, au cœur du problème, il y a ce sentiment, à l’origine de toutes les révolutions, d’une élite dirigeante qui n’a de cesse que de servir ses intérêts, matériels ou de vanité, au détriment de la nation qu’elle a tendance à mépriser. Les mesures vécues comme injustes contre les retraités (csg), les étudiants (apl), la taxe carbone, etc., ont été les détonateurs de cette révolte. Dans la logique ultra-narcissique – jusqu’à l’absurde – du régime, le personnage élyséen lui-même est devenu l’incarnation même de cette injustice qu’il a favorisée par une multitude de provocations verbales ou gestuelles. Un changement de politique consistant à écouter désormais les demandes profondes de la nation, authentiquement et sincèrement, sur les modalités de la construction européenne, le fonctionnement de la démocratie, l’allègement de la fiscalité, l’immigration, le pouvoir d’achat, l’école, les frontières, la sécurité, paraît impossible avec la même équipe au pouvoir. Il ne serait pas crédible: on ne peut demander aux mêmes hommes et femmes d’appliquer une politique contraire à celle qu’ils ont suivi. Rien ne sera possible sans une profonde rupture politique. Ce changement radical devrait passer par des élections législatives, l’émergence d’une nouvelle majorité et d’un Gouvernement chargé de gouverner le pays. Il passe aussi par une transformation des méthodes d’exercice du pouvoir qui devraient être désormais fondées sur une présidence modeste et discrète, déléguant la politique intérieure à un véritable gouvernement et un parlement incarnant au plus près la nation. Le risque sinon est de voir se prolonger, pendant les 3 ans qui restent, la descente aux enfers de la politique française et aux élections générales de 2022, une véritable explosion se traduisant par l’arrivée de démagogues au pouvoir et le naufrage de la France dans un chaos indicible. 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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13 commentaires pour Grand débat/référendum (pour Atlantico)

  1. Georges dit :

    L’excès de politique mène à l’overdose.Le secteur primaire fond comme neige au soleil,les cols blancs non productifs deviennent majoritaires.

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  2. Iris dit :

    Réponse à michel43.
    Ceci est le témoignage de M. Jean-Claude Martinez .
    Celui-ci ayant été vice-président du parti d’extrême droite pendant 20ans doit savoir de quoi il parle.

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  3. Déa dit :

    J’espère que ce n’est pas sérieux de vouloir au cours d’un même scrutin voter pour des élections européennes et pour un référendum! Car c’est porter là sur des confusions.
    L’élection aux Européennes va être précédée d’une compagne électorale qui est déjà compliquée tant l’enjeu est important et qu’elle exige beaucoup d’arguments à développer pour comprendre ce que souhaite chaque parti. On comprends mal alors comment on pourrait développer en parallèle une autre campagne électorale sans faire une joyeux mélange.

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  4. Infraniouzes dit :

    Vous déplorez, à juste titre, l’inflation de toutes ces grenouilles à cause du narcissisme qui les ronge. Parfait. Mais qui a créé touts ces royaumes régionaux, sans compter départements et mairies, où la seule raison d’être de ces monarques de province est de claquer le pognon du pauvre peuple sans discernement. Seul but final: être réélu dans ces régions où tout citoyen rêve de faire carrière ou d’y placer sa progéniture vue la douceur de vivre qui y règne et la sécurité de l’emploi qui va avec, On dépense sans compter, on embauche à tour de bras (comme le font les socialistes) pour se créer une clientèle fidèle. Puis on fait des déplacements en Chine, au Brésil, ou ailleurs pour en rapporter une coopération irréelle et fantaisiste. On finance des entreprises, on subventionne tout azimut. Tout ça au frais du contribuable. Voilà un tout petit bout de cet incroyable Barnum.
    Et le malheur c’est que tous ces acteurs (sauveurs) incontournables font ça grâce à de bonnes lois taillées à leur mesure par leurs copains du parlement, parlement où ils rêvent d’entrer un jour. C’est ça le système politique en France. Tous les acteurs ont à y gagner si rien ne bouge, énormément à perdre au moindre tremblement. C’est pour ça que des partis comme la FI ou le RN font peur: ils risqueraient de renverser la table du festin. Et qu’on ne me parle plus de fascisme et de racisme, de lutte des classes etc. Le seul tsunami serait la fin de tout ce cirque où les artistes se font leur propre salaire sous les acclamations des spectateurs acquis à leur cause.

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    • Iris dit :

      Infraniouzes:
       »ils risqueraient de renverser la table du festin »… Pour y dresser la leur qui serait pire !
      – Jean-Claude Martinez est un homme politique et juriste français. Professeur émérite à l’université Paris-II, il était par ailleurs vice-président du parti d’extrême droite .[… Quand j’ai quitté le Front, Jean-Marie Le Pen a eu cette remarque délicieuse à mon égard : « Gros lapin, pourquoi pars-tu alors que tu pourrais être député européen à vie en restant au FN ?» Et puis, j’ai demandé à Bruno Gollnisch s’il voulait aussi me suivre dans le cas ou Marine Le Pen, « la petite », devenait présidente du parti. Il m’a répondu : « ce n’est pas bien ce que je fais en restant, mais je préfère être député européen à vie. » . . Maintenant, le Front, c’est de la merde. En interne, ils se déchirent autour de trucs de bonnes femmes, de rivalités, de ragots ; tout cela est médiocre. Elle est mauvaise, vulgaire, mesquine. C’est une adepte des trois V : Vacuité, Vulgarité, Violence. Elle ne porte pas la grandeur en elle. Et puis, le niveau des personnages politiques actuels, tous bords confondus, est très faible. MLP n’affronte pas des fauves, elle affronte des chihuahuas. Alors entre chihuahuas, effectivement, c’est la plus forte…]
      Un fin connaisseur !

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    • michel43 dit :

      vos écrit dépasse certainement votre pensée , la haine ne sert a rien ,,voyez tout les partis, tous on des problèmes d » égaux ,chez nous Wauquiez est contester, mais il est tres bien élues, comme Mme LEPEN ,de grâce ,la rancueur ne sert a rien,,,,,

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  5. Timéli dit :

    Le seul référendum qui vaille la peine d’être effectué me semble lier au maintien ou non de Macron à son poste. De Gaulle l’a fait en avril 1969. On connaît la suite… C’est ça le courage en politique. « Le courage n’est autre que l’élégance face au péril » (Ernest Hemingway). Si tel est le cas, je suis pour ce référendum mais pas pour le RIC qui ressemble à un catalogue de doléances.

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  6. le grand blabla dit :

    Vous nous dites que les gilets jaunes réagissent surtout à la baisse d’APL et à la hausse de la CSG sur les retraites.
    Dans ce cas, Macron fait bien de leur poser la question de ce qu’ils veulent, puisqu’il s’agit de dépenses publiques par lesquelles, en gros, les hausses d’impôts sur le carburant se retrouvent directement dans la poche des retraités ou des étudiants.
    Le raisonnement vaut aussi, d’ailleurs, pour les allocations familiales.

    Pour cette raison, un argumentaire détaillant le montant pour chaque politique publique par chapitre (retraites, éducation, etc) avait été diffusé, et ce twit par exemple :

    montre que cet argumentaire était, en effet, utile (puisque ce professeur de philosophie, que vous avez parfois pu citer, semble avoir méconnu l’importance des retraites dans les dépenses publiques).

    ***

    Je veux dire par là qu’une partie du malaise constaté vient, à l’évidence, de la ligne de propagande suivie par la presse mais aussi par LR et LREM : la tentative de persuader les Français que les dépenses publiques seraient trop élevées, plus que dans les autres pays, que cela serait insoutenable, de la faute des fonctionnaires (ou du statut des cheminots, n’est-ce pas…) etc etc.

    Mais est-ce le cas ?

    ***

    En réalité, la ligne de propagande que je mentionne plus haut est malhonnête, puisqu’elle compare les pays à périmètres différents. Et cela se retrouve dans le paradoxe que je mentionnais au début.

    Voici trois vidéos allant dans ce sens :

    https://www.xerficanal.com/economie/emission/Olivier-Passet-La-France-championne-de-la-fiscalite-c-est-faux_3746655.html
    (comparaison de la fiscalité sur les ménages, et comparaison en séparant dépenses sociales / dépenses de fonctionnement de l’Etat ; il faudrait y ajouter le poids des dépenses militaires, et celui des dépenses d’enseignement plus élevées en France que dans les pays de faible natalité)

    https://www.xerficanal.com/economie/emission/Olivier-Passet-Incurie-budgetaire-francaise-vertu-allemande-les-statistiques-tronquees_3591.html
    (comparaison globale France Allemagne)

    https://www.xerficanal.com/economie/emission/Olivier-Passet-L-Etat-est-il-demesure-et-inefficace-la-verite-des-chiffres_3740.html
    (réintégration des dépenses de retraites, santé, éducation privées dans la comparaison)

    ***

    Ma conclusion, sur la base de ces éléments, est que le supposé problème de dépenses publiques en France, au coeur des discussions, n’existe pas. C’est du bourrage de crâne, dans lequel la droite (le triste sire Fillon en particulier) n’a pas été en reste.

    Les gens qui vont participer au grand blabla macronien en resteront pourtant, probablement, sur ce qu’on leur a répété pendant des années. Donc quel résultat sensé peut-on en attendre ?

    Avant de réformer dans tous les sens, et avant de débattre, on pourrait peut-être commencer par décrire la réalité dans une optique un peu moins propagandiste. Le « malaise » se dissiperait peut-être alors largement de lui-même.

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    • E.Marquet dit :

      Le grand blabla,
      Belle diatribe ! Passet est intéressant mais prêche pour sa paroisse. Il est toujours instructif de confronter les « propagandes », Alternatives économiques et Libération ne semblant pas être les parangons de l’objectivité et de la réalité, sans même parler de
      « vérité » ! L’avantage avec les chiffres : on peut leur faire dire ce que l’on veut. « Plus le mensonge est gros, mieux il passe ». Avec le tels antagonismes le malaise n’est pas prêt de se dissiper. Un peu de bon sens ne serait pas superflu, l’anathème ne suffisant pas à règler les problèmes.

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    • le grand blabla dit :

      @E Marquet

      Avec ou sans Passet, impossible de ne pas remarquer que la presse et LR LREM mentent, sciemment, sur la comparaison avec les autres pays.

      La comparaison détaillée peut se faire par vous-même, avec un peu de bon sens comme vous le souhaitez, et la consultation d’Eurostat.

      Je maintiens que le prétendu problème de dépense publique en France n’existe pas. C’est un piège à …, comme on dit dans le Grand blond avec une chaussure noire.

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    • Iris dit :

       »Je veux dire par là qu’une partie du malaise constaté vient, à l’évidence, de la ligne de propagande suivie par la presse mais aussi par LR et LREM : la tentative de persuader les Français que les dépenses publiques seraient trop élevées, plus que dans les autres pays, que cela serait insoutenable, de la faute des fonctionnaires »
      Le président des Républicains dit: Il faut baisser les taxes et les impôts en  »luttant contre le gaspillage de l’argent public »!
      C’est ce qu’il a fait en Auvergne-Rhône-Alpes :
      Auvergne-Rhône-Alpes n°1 en économies de fonctionnement. #CourDesComptes
      Auvergne-Rhône-Alpes n°1 pour la relance de l’investissement. #CourDesComptes
      Félicitations à L. Wauquiez sont donc quasiment inédites. Canol indique que la Région Auvergne-Rhône-Alpes a réalisé 111 millions d’euros d’économies dans son fonctionnement
      « Auvergne-Rhône-Alpes bénéficie d’une gouvernance et d’une gestion financière très efficientes dans un contexte économique et institutionnel favorable », juge Standard and Poor’s en estimant que le plan d’économies de 300 millions d’euros annoncé par L.Wauquiez (LR) est « clair et effectivement mis en œuvre », tandis que l’investissement progresse.
      3 ans après leurs fusions, la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, l’IFRAP, dresse dans une étude sur les finances locales, le palmarès des Régions pour 2017. Auvergne-Rhône-Alpes apparaît une nouvelle fois à la première place des Régions en termes de » lutte contre le gaspillage de l’argent public ». En Auvergne-Rhône-Alpes le coût des dépenses de fonctionnement par habitant est le moins élevé 205€.
      Un an après avoir obtenu une Marianne d’or pour ses efforts de sécurisation des lycées et des transports publics, la Région a décroché une Marianne d’or 2018 pour sa politique budgétaire exemplaire au service d’une transition écologique innovante qui vient saluer l’action de la Région qui investit 200 M€, grâce à ses économies, pour défendre une meilleure qualité de vie en A-R-A.
      Avec E. Macron aujourd’hui la France est »champion du monde » des prélèvements obligatoires
      Où est le grand blabla ?

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    • le grand blabla dit :

      Le grand blabla, c’est le débat de Macron, au cours duquel des gens qui connaissent peu de choses donneront leur avis peu original à des gens qui s’en soucient très très peu. On a eu les mêmes sur l’éducation ou l’énergie.

      Le grand blabla, cela pourrait aussi être les messages qui reprennent l’antienne sur la France champion du monde des prélèvements obligatoires, alors que je vous ai fourni plus haut les arguments montrant que cette comparaison n’a pas de sens.

      Le grand blabla, c’est enfin les diatribes des gens qui croient tout ce que leur disent les politiciens, que ce soit Wauquiez dans sa région (ce qui n’est pas bien grave) ou Macron avec son pognon de dingue, et qui finissent donc (ces gens assez crédules) par s’imaginer qu’il serait facile de réduire les dépenses publiques de 8% sans rien changer, et donc par choisir le lamentable démagogue Fillon aux primaires de droite.

      Chauffés à blanc par les comparaisons spécieuses que je critique, ces braves gens s’imaginent réellement que les autres pays font la même chose avec 8% de PIB en moins. Sans surprise, ils sont donc chauffés à blanc qu’on n’utilise pas ces fantastiques marges de manoeuvres, et se retrouvent pour les uns sur les ronds-points, pour les autres dans les colloques de l’Ifrap ou du Cri du contribuable.
      Ils n’imaginent pas une seconde que ces gigantesques marges de manoeuvres sont en fait à peu près inexistantes, faute d’avoir prêté attention aux petits détails de comptabilité que je mentionne plus haut.

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  7. Je m’en tiens à la conception du référendum du Général De Gaulle. Le référendum sert soit à ratifier un traité ou un changement de constitution (qui ne doit pas être fait à la légère) soit à vérifier que la nation est en phase avec une orientation majeure proposée par le président. Et bien entendu si la nation ne confirme pas, le président doit démissionner. A priori les grands sujets doivent être traités avant les élections majeures. C’est un rythme bien suffisant car les grandes orientations doivent être parcimonieuses et longuement muries. Cela n’a aucun sens d’adopter un rythme frénétique avec des lois de circonstance ou des lois pour satisfaire une majorité éphémère que la majorité suivante remettra en cause. C’est aussi une des grandes justifications du Sénat : obliger à prendre le temps pour légiférer. Si une modification du sénat devait être faite ce serait justement dans ce sens. Par exemple lui accorder un droit de veto si une majorité ample (60 % ?) se dégage pour refuser une loi.
    Donc pour ma part si l’idée de referendum se précise, je voterai évidemment contre les souhaits de Macron. Il doit voir venir le piège car je sens un rétropédalage sur cette idée !
    Sur le grand débat je ne me fais pas d’illusion mais j’ai néanmoins laissé deux contributions sur le site du grand débat et sur mon blog.

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