France du oui, France du non (Figaro Vox)

TRIBUNE POUR LE FIGARO VOX:

La France « d’en haut », la France médiatique, célèbre en ce moment le premier anniversaire de l’élection du plus jeune président de l’histoire, à moins de 40 ans. Il est une autre commémoration, désormais enfouie dans l’oubli de cette même France d’en haut, sa plus grande défaite de l’histoire contemporaine, l’échec du référendum sur la Constitution européenne, le 29 mai 2005. Treize ans déjà, et le séisme de la défaite du oui ou de la victoire du non, paraît totalement oublié, refoulé dans les couches profondes de l’inconscient collectif.

Et pourtant… L’anniversaire de l’élection d’Emmanuel Macron a donné lieu à une avalanche de sondages d’opinion. Par le plus étrange des paradoxes, les résultats relatifs à sa cote de confiance coïncident précisément avec ceux du référendum de 2005. Le non l’avait emporté avec 55% des suffrages. Le dernier sondage IPSOS donne 55% de mécontents de l’actuel chef de l’Etat. Dans le détail, le niveau de satisfaction, par préférence partisane, correspond à peu près exactement aux résultats du 29 mai 2005. Les centristes, donc LREM, sont contents du bilan d’un an de présidence à 93%. Les Républicains sont déchirés, comme lors du référendum : 51% de favorables, 49% mécontents. Les socialistes sont dans une situation identique à celle de 29 mai 2005 : 41% de favorables, contre 59%. Mais surtout, les grands bataillons des anti-Macron se retrouvent dans les secteurs de l’opinion qui votèrent massivement contre la Constitution européenne, pour des raisons différentes : seuls 22% des électeurs du FN sont satisfaits de bilan de Macron, et 15% des sympathisants de la France insoumise.

Tout se passe comme si, malgré le déni absolu d’un événement dont plus personne ne parle, la victoire du non au référendum de 2005, celui-ci continuait à définir les lignes de partage de la politique française et à déchirer le pays. Le président Macron est de tous les présidents français, le plus enclin à revendiquer son engagement en faveur du renforcement de l’Union européenne. Il a ainsi plaidé en faveur d’une « souveraineté européenne », synonyme de fédéralisme, ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait fait. Les réformes (même d’ambition modeste) qui ont été engagées depuis un an sont clairement présentées comme la conséquence de l’application du droit européen, notamment les évolutions du code du travail et la modification du statut de la SNCF.

L’actuel président, à la différence de ses deux prédécesseurs, a choisi d’incarner le oui, ce oui battu en 2005, qui à travers lui, prend aujourd’hui sa revanche. L’histoire semble bégayer : le référendum de 2005 avait donné à lieu à une formidable mobilisation des médias et de la presse libérale en faveur du oui. Le même engouement, enthousiasme et unanimisme des éditorialistes et commentateurs agit, treize ans plus tard, en faveur de l’actuel président.

Nous assistons dès lors, aujourd’hui, à un raidissement du clivage entre la France du oui et la France du non. La première est plutôt urbaine, vivant dans les bons quartiers, formée dans les grandes écoles et les meilleures universités, privilégiée sur le plan économique et social ; la seconde se définit plutôt comme populaire, provinciale ou rurale, banlieusarde, moins ouverte sur l’Europe et sur le monde, connaissant des difficultés pour boucler les fins de mois, confrontée au chômage et parfois à la violence quotidienne. A cet égard, le « nouveau monde », supposé être issu de la victoire de M. Macron en 2017, est strictement identique à « l’ancien monde ». Pis : il attise les déchirures du passé.

Nicolas Sarkozy, lors de sa campagne de 2007, voulait « réconcilier la France du oui et la France du non ». Depuis 2005, la classe politique française a largement échoué à réaliser cette réconciliation. Jamais la France du oui et la France du non ne se sont autant opposées qu’aujourd’hui. Le pouvoir actuel donne le sentiment d’avoir pris acte cet échec, et plutôt que de chercher à surmonter le clivage, de jouer sur la victoire du camp du « oui », considéré comme celui du bien, par l’humiliation du « non ».

Cette stratégie est-elle viable ? De fait, le non est toujours fortement majoritaire dans le pays, mais il est traversé de fractures irréductibles qui rendent impossible toute perspective de sa victoire électorale. C’est d’ailleurs à cela que servent les partis extrémistes, constamment mis en valeur par les médias : diviser pour mieux régner. Dès lors, il faut sans doute se résoudre, pour les années, les décennies à venir, à la domination politique de la France du oui, même ultra-minoritaire. Cette politique de gouvernement minoritaire, sur le long terme, est dramatique car elle sape les fondements de la confiance en la démocratie, aggrave l’abîme entre les élites et le peuple, et ne cesse de déchirer la France, préparant les fractures à venir. La sublimation de l’image présidentielle correspond à un écran de fumée destiné à couvrir cette faille profonde qui déchire la société française.

La seule issue possible serait l’émergence d’une nouvelle équipe politique, déterminée à transcender la déchirure entre la France du oui et la France du non, en réunissant une vaste majorité de Français autour d’un ambitieux projet fondé sur le renouveau de l’école, la lutte contre la violence, la pauvreté et la fragmentation du pays, la réduction des impôts et de la dette publique, le renforcement de l’autorité de l’Etat pour protéger les libertés, la maîtrise de l’immigration, l’aide au développement… Mais nous n’en sommes pas là.

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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30 commentaires pour France du oui, France du non (Figaro Vox)

  1. Duff dit :

    Bonsoir,

    Le constat fait est très juste on peut toutefois ajouter un point très important dans la déchirure de la société française qui s’opère sous nos yeux : il n’y a pas 2 France mais 4 et de poids très similaires.

    Je trouvais pendant la dernière campagne présidentielle que l’analyse politique en 2 dimensions du diagramme de Nolan marchait bien. Les vainqueurs de la mondialisation des villes cossues ont voté Fillon, les bourgeois bohèmes des centre-ville ont voté pour Macron, les urbains déclassés ou les anciens immigrés ou enfants d’immigrés pour Mélenchon et la « France périphérique » pour Le Pen.

    Au second tour on retrouve cette France qui gouverne en minorité à 44% parce sociologiquement et culturellement le bloc antilibéral de gauche déteste le bloc antilibéral de droite. Le Pen pouvait faire des appels du pied il était certain qu’elle ne pouvait recueillir à peine le tiers des scrutins exprimés au second tour.

    J’ai une autre lecture aussi de cette fragmentation en 4, libéral j’ai tendance à reprocher au socialisme les méfaits à l’oeuvre dans le pays. Dans un pays où les missions régaliennes sont à l’os, que l’école a été bousillée par égalitarisme et que la justice est une farce ambulante passer à 80 km/h les routes et en privatisant les radars là où il n’y a plus d’école, plus de service publique où on se déplace en Dacia (faute de plus de moyens) on se réfugie dans le nationalisme. Tout comme on laisse faire par clientélisme électoral le développement d’un islam communautaire de plus en plus intolérant. Ces deux France irréconciliables se détestent à cause du modèle socialiste qui a tout nivelé par le bas voire sciemment abandonné des valeurs anciennes et éprouvées pour que la société tienne sans violence.

    Je crains que Macron échoue et se repose trop sur le fait que toute opposition est morcelée et actuellement peu habile.

    cdlt

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  2. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Je fais partie des électeurs qui ont, comme P. Seguin, voté non au référendum de 2005. Inutile de rappeler la suite, elle me reste toujours au travers de la gorge !
    Que devient l’Europe aujourd’hui notamment à cause de la Commission Bruxelloise dirigée par un incompétent alcoolique et sans autorité ? Alors que de nombreux Etats se plaignent à juste titre du fonctionnement de cette Commission, qu’attendent le Conseil et le Parlement Européen pour réduire ses prérogatives ? A quoi servent donc toutes ces instances d’élus incapables de reconnaître et corriger leurs propres erreurs ?
    Dans l’état actuel des choses et le « bazar » ambiant (Brexit, Italie, Grèce, Espagne, Allemagne, Pays de l’Est Européen…) et compte tenu que comme pour tout référendum la question posée se traduira pour une grande partie des électeurs en : « êtes-vous pour ou contre l’Europe » je pense que le résultat de l’élection de mai 2019 devrait confirmer le rejet des propositions notamment celles d’E. Macron.
    Je me demande même à quoi joue ce personnage qui a reçu ce jour le prix Charlemagne et qui a peine décoré donne des leçons à A. Merkel en lui reprochant ses excédents budgétaires et s’érige en patron de l’Europe alors qu’il n’en est qu’un « toutou » qui peine depuis un an à engager les réformettes demandées par Bruxelles et surtout sans améliorer les finances et la sécurité dans son propre pays.
    Il est temps que les élus Européens, puisque les Français sont incapables de le faire, rappellent à E. Macron qu’il n’est qu’un piètre gestionnaire et qu’ils n’ont que faire de ses ambitions personnelles, de ses aboiements et rodomontades pour plus de fédéralisme que les peuples rejettent massivement. Mais soyons sûrs que, comme l’a fait N. Sarkozy, Jupiter ne teindra aucun compte des résultats du référendum de 2019 s’ils ne correspondent pas à ses ordres.
    Et ne soyons pas non plus naïfs : d’ici un an, nous savons tous qu’en France, aucune « nouvelle équipe politique, déterminée à transcender la déchirure entre la France du oui et la France du non » ne verra le jour ! Il faudra encore espérer des jours meilleurs ou attendre que le château de sable Bruxellois s’effondre de lui-même.

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  3. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Si vous ne l’avez pas déjà vu, je crois que ce film intitulé tout simplement « Démocratie », devrait vous intéresser ainsi que vos lecteurs :

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  4. E. Marquet dit :

    Le problème avec les commentateurs est de vouloir toujours classer les personnes, les opinions, les habitus, ou les désirs, en deux clans antagonistes. La France d’en haut, la France d’en bas, les pro et les anti-européens, les bien et les mal-pensants, ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas etc.
    Loin de moi l’idée de faire du « en même temps », mais je suis agacée de lire et d’entendre que les pro-européens seraient les diplômés, les csp+, urbains, parlant anglais, qui voyagent, multiculturalistes, mondialistes, et j’en passe. Et les anti-européens : le populaire, le banlieusard, le rural, le sous-diplômé, le franchouillard, le conservateur.
    Ou je vis sur une autre planète, ou je suis bornée, mais il me semble que personne de sensé ne voudrait aujourd’hui quitter l’Europe ou l’euro. Ce que la plupart demande ( à l’instar d’ailleurs de ce qu’on demande pour la France), c’est qu’elle se réforme, qu’elle soit moins technocratique, plus démocratique, qu’elle cesse de se mêler de détails qui ne la concernent pas, qu’elle cesse de se substituer aux Etats pour des questions régaliennes internes à ceux-ci, etc.
    En France, que nos dirigeants informent (honnêtement) et que ceux qui se présentent à la députation européenne ne soient pas des « recasés », des cooptés, ou ces députés à vie qui ont fait leurs nids à Bruxelles !
    Sincèrement, expliquez-moi ce que deviendrait la France si elle suivait le discours des partisans du Frexit !

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    • E Marquet, vous caricaturez un peu…
      MT

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    • Eric dit :

      Je ne dois pas être sensé mais j’ai du mal à croire que l’Europe puisse se réformer sans clash. Je ne dois rien comprendre mais j’ai du mal à ne pas penser que l’Euro a été construit sur de mauvaises bases (union monétaire sans harmonisation sociale et fiscale et sans mécanisme de rééquilibrage pour tenir compte des différentiels de compétitivité).
      Ce qui me conforte dans ma capacité d’analyse, c’est que, en dehors de l’Allemagne, des Pays-Bas et des paradis fiscaux intra-européens, ceux qui s’en sortent le mieux au sein de l’UE sont les pays en dehors de l’Euro (Suède, Danemark).
      Ce qui me rassure sur ma santé mentale, c’est que la plus vieille démocratie européenne, le Royaume Uni qui nous avait donné l’exemple et montré le chemin en 1940, a décidé de sortir de ce « merveilleux » ensemble.
      Mais il est vrai que nous subissons un lavage de cerveau permanent qui pousse à penser que seuls des demeurés peuvent envisger de remettre en cause la construction européenne et l’Euro.
      Dormez en paix, Jupiter et son équipe ne vont pas remettre en causes vos certitudes.

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    • E. Marquet dit :

      A Eric,
      Chacun a le droit d’avoir sa vision des choses. Europe et Euro peuvent être contestés de mille manières et à juste titre, et vous pouvez conforter votre analyse en regardant les autres pays de la zone. L’herbe est toujours plus belle dans le pré du voisin c’est connu.
      Un des acteurs principaux du non au référendum 2005 était Mr Mélanchon ! Belle référence !
      Quant à prendre comme modèle le Brexit et la Grande Bretagne, ce n’est pas rassurant, sauf si personnellement vous y trouver la paix de l’esprit.
      Churchill était europhile. Il a souvent dit son souhait de voir la céation d’une Union Européenne. Mais il est parti en 1955 et après lui, l’isolationnisme national classique de la GB a repris le dessus. En 57 elle n’a pas voulu faire partie du marché commun, en 61 elle a changé d’avis et a voulu y entrer, mais De Gaulle n’en voulait pas, ayant une méfiance à l’égard des anglo-saxons qui voulaient imposer leur modèle. De Gaulle a mis son veto en 63 et 67 d’où la rancoeur de la GB qui y est finalement entrée, mais une jambe dedans, une jambe dehors, voulant, toujours en faire à sa tête.
      L’Europe a été utilisée (comme souvent en France d’ailleurs) comme bouc émissaire de tout ce qui ne marchait pas. Cameron s’est cru tellement invincible qu’il a provoqué ce referendum, n’imaginant même pas perdre. Quant à Nigel Farage, d’UKIP, il a menti honteusement à ses électeurs ! Et vous voulez qu’on les prenne en exemple ?
      L’Europe elle-même s’est lancée dans un projet d’élargissement inconsidéré dont les peuples ne voulaient pas. Elle est à réformer sur beaucoup de points, mais ce n’est pas en allant au clash qu’on y arrivera.
      Philippe Séguin dans son grand discours de Maastrich en 1992, redoutait que toute une oligarchie d’experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prennent des décisions au nom des peuples sans en avoir reçu mandat. Il était visionnaire, c’était un excellent orateur, malheureusement il faut parfois passer de la parole aux actes, et là il était beaucoup moins efficient.
      La seule certitude que j’ai, et je n’ai pas besoin d’un lavage de cerveau pour çà, c’est que le XXème siècle a été cruel pour l’Europe. Si on peut éviter de retomber dans nos luttes intestines destructrices, et si, comme dit le proverbe, l’union fait la force, alors mieux vaut peut être une Union Européenne imparfaite qu’on travaille à améliorer, qu’un chacun chez soi meurtrier.

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    • Annick Danjou dit :

      « Philippe Séguin dans son grand discours de Maastrich en 1992, redoutait que toute une oligarchie d’experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prennent des décisions au nom des peuples sans en avoir reçu mandat. Il était visionnaire, c’était un excellent orateur, malheureusement il faut parfois passer de la parole aux actes, et là il était beaucoup moins efficient. »
      Oui en effet passer de la parole aux actes et c’est ce qu’ils ne font pas, les paroles sont faciles, la preuve c’est ce que beaucoup font sur ce blog en répondant à Maxime. Pour la suite, les actes en faveur des peuples, on attendra!!! Tous ces gens à l’Europe, à tous les étages, qui s’en mettent plein les poches en nous plumant, comment pourraient-ils avoir envie de faire changer les choses. une fois qu’on y goûte on ne peut plus s’en passer.
      Et dire qu’on se ferait la guerre s’il n’y avait pas l’Europe est une belle utopie et du lavage de cerveau, c’est ce qu’on nous répond quant on évoque la possibilité de sortir de cette Europe incompétente, on veut nous faire peur. Les gens ont changé, qui parmi les jeunes actuels sont prêts à se battre et à partir en guerre? plus aucun et on les comprend. Ce n’est pas l’Europe qui nous protège c’est la mondialisation.

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  5. drazig dit :

    Je me retrouve dans ce commentaire. J’aimerais ajouter que depuis cette victoire du non en 2005, refusée et rejetée, le mépris des citoyens pour les politiques n’a fait que s’accroitre: taux d’abstention record par exemple. Que ce soient les partisans du oui comme du non, nous nous demandons tous plus ou moins où est la République.

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  6. De Vos Alain dit :

    Vous avez tout dit dans votre article. Il faut en retirer l’essentiel.
    Les élections européennes qui viennent sont fondamentales car la fracture se situe entre la frénésie pour le fédéralisme d’une UE et la souveraineté de la France. Choix déterminant pour le type de politique à mener. Politiques tout à fait différentes.
    Cette élection légitimera un coup d’état si les opposés au fédéralisme gagnent. Sinon les problèmes de fond ne seront pas traités (c’est-à-dire ceux exposé en fin d’ article) et le malaise se poursuivra.
    Un autre avenir est possible pour la France. Que les électeurs se mobilisent pour s’exprimer.

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    • De Vos Alain encore faut-il qu’une offre crédible et acceptable leur soit présentée ce qui est loin d’être acquis.
      MT

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    • De Vos Alain dit :

      On va justement voir les propositions dans l’élection à venir et on verra ce qui est crédible ou pas. Les programmes sont en cours de construction comme vous le savez. Les partis politiques y travaillent.

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  7. astrojournal dit :

    Personnellement, j’ai voté NON au projet de constitution européenne et je n’ai pas oublié la trahison de SARKOZY et des parlementaires qui se sont assis sur la décision majoritaire des Français. Les traîtres finissent toujours par payer leur forfaiture. Ce n’est qu’une question de temps.

    Vous écrivez que 93% des centristes sont satisfaits de la politique de MACRON. Mais satisfaits de quoi? Aucune décision importante n’a été prise en 1 an.
    Sur le plan économique, la dette continue à augmenter, le budget est toujours en déficit, les dépenses publiques sont toujours autour de 58% du PIB, et ne baissent pas.
    En politique étrangère, MACRON, malgré sa communication et sa posture jupitérienne, va d’échecs en échecs, le dernier étant sa visite ridicule aux EU.
    Sur le plan social, le nombre de chômeurs de catégorie A diminue légèrement (suite à un grand nombre de radiations) mais celui des catégories B, C et D est en augmentation. Le nombre de faillites est en augmentation, les délocalisations se poursuivent.
    Les cheminots sont en grève, Air France est en danger de mort. Les infirmières des EPADH, les avocats, les magistrats, les policiers, les gendarmes manifestent leur mécontentement. Etc…
    L’invasion migratoire continue, l’on continue à relâcher les prisonniers faute de places dans les prisons (l’on attend toujours la construction de prisons nouvelles).
    Les centristes ont en effet toutes les raisons d’être satisfaits.

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    • Satisfaits, parce que c’est comme ça, les sondages le disent, satisfaits comme des béni oui oui, s’il fallait une bonne raison pour être content, cela se saurait!
      MT

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  8. Colibri dit :

    Une personne âgée qui m’est chère ne veut plus voter à aucune élection. Quand de temps en temps je la relance pour essayer de la ramener vers les urnes sa réponse est toujours la même: « J’ai voté non en 2005. Mon vote n’a pas été pris en compte. Je ne vote plus depuis. »

    Hier matin une ancienne élève a laissé le texte suivant sur Facebook:

    « Passer d’un salaire de 688€ à 602€ pour faire le même boulot et les mêmes heures que tu fais depuis 2 ans, juste parce que tu passes d’un contrat de travail privé à un contrat public (sans aucun avantage lié à la fonction publique) et pour continue d’enchaîner des CDD pendant 6 ans pour pouvoir espérer un CDI, à la limite, c’est une chose. Mais que là-dessus, la Caf te réduise ta prime d’activité de 23€ et les APL de 2€, j’aimerais qu’on m’explique où est la logique. En gros, je vais travailler pour 100€ de moins tous les jours! Tout va bien!! C’est normal! Surtout, qu’à chaque renouvellement de contrat, les comptes de la DSDEN étant fait à l’avance, on ne nous verse qu’un acompte de 70% sur notre salaire (je vous laisse calculer avec quoi je me retrouve) et on nous demande donc de « prévoir »… Si le travail n’est pas plus valorisé que ça, pas étonnant que certains fassent le choix de rester à la maison. Se lever tous les matins pour 200€ de plus (auxquels il faut enlever les 120€ d’essence que je mets chaque mois pour aller travailler), je ferais peut-être mieux de repasser au RSA et d’aller bosser au black! Voilà tout ce que réussit à faire ce gouvernement de merde: encourager le travail illégal!!! »

    Elle était une excellente élève en primaire dans une école de campagne. Aujourd’hui elle est Auxiliaire de Vie dans une grande école d’une grande ville d’Aquitaine.

    Sur le même sujet voir lien suivant: https://aide-a-l-ecole.blogs.la-croix.com/auxiliaires-de-vie-scolaire/2018/05/04/

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  9. Eric dit :

    Bonjour Maxime,
    On peut avoir fait de bonnes écoles, être privilégié et avoir un regard critique sur le fonctionnement de l’UE. J’ai voté « oui » au référendum de Maastricht mais je ne voterais pas de la même façon si la question nous était posée aujourd’hui.
    De la même façon, on peut être pour une économie qui favorise l’initiative individuelle et repose sur le marché sans pour autant ne pas pouvoir avoir un esprit critique sur le dogme des privatisations, imposées par l’Europe au non d’un autre dogme, la sacro-sainte concurrence.
    A quoi a servi la privatisation des autoroutes si ce n’est à transférer à des intérêt privés la gestion d’infrastructures nationales. Il n’est qu’à voir l’état de certains de nos autoroutes pour avoir des doutes sur le bien fondé de ce dogme.
    De la même façon, la privatisation des télécom a, certes, fait drastiquement baisser le coût des communications mais, et cela renforce peut être le clivage dont vous parlez, mieux vaut être urbain (et encore) pour avoir accès à la fonction première d’un téléphone mobile qui est de pouvoir téléphoner ! Là encore, les avantages d’un système privé de gestion des infrastructures restent à démontrer. Une entreprise privée, et c’est normal, n’a pas vocation à faire des investissements non rentables, tels que pourraient l’être la fourniture d’un service de téléphonie mobile de qualité sur l’ensemble du territoire.
    Le fonctionnement de l’UE semble reposer sur ces deux dogmes absolus que sont le retrait de l’Etat des activités marchandes et l’ouverture des marchés à la concurrence la plus large possible.
    Et pourquoi pas, a priori ? Par contre, après plus de 20 ans de ce régime, pourquoi ne pas avoir une vision critique et constater que cette politique a contribué à la disparition, ou à l’affaiblissement, de nombreux secteurs industriels européens au profit de la Chine et des émergeants. Qu’aucune entreprise européenne n’a été à l’origine ni n’a une position de leader dans le domaine des technologies innovantes (internet et énergies renouvelable). Que le « modèle social » européen a du plomb dans l’aile et qu’il est plus question de remettre en cause les avancées des 30 glorieuses des Etats fondateurs que de les faire obtenir par les populations des nouveaux adhérents.
    Vous nous avez souvent expliqué que l’UE n’était pas la source de nos problèmes et qu’elle servait d’excuse à nos dirigeants pour masquer leurs propres faiblesses.
    Il n’en reste pas moins qu’elle est basée sur des principes qui nous contraignent et qui sont, me semble-t-il, en contradiction avec l’idée originale qui à conduit à la création de la communauté européenne.
    Il est indispensable que, face à Macron qui pousse vers plus d’intégration (ce qui est une utopie du fait que la Nation européenne n’existe pas et que, de toute façon, les allemands n’en veulent pas) et face aux extrêmes qui ne sont pas une alternative crédible, se lève une opposition porteuse d’une refondation profonde de l’UE, quitte à en passer par un Frexit et une sortie de l’Euro (une stratégie de rupture est parfois le seul moyen d’avancer, c’est ce qu’avait fait De Gaulle en son temps).
    Je crains, hélas, que Laurent Wauquier et les LR n’en prennent pas le chemin.
    Il faut donc probablement nous faire à l’idée que nous aurons Jupiter et LREM encore pour de nombreuses années.
    Bonne journée,
    Eric

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    • astrojournal dit :

      L’implosion de l’UE me paraît inévitable du fait des divergences d’intérêts entre ses différentes composantes. Il y a d’une part des divergences d’intérêts géopolitiques entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest, et des divergences économiques et monétaires entre les pays du Nord et les pays du Sud.
      Il est donc préférable que chacun reprenne son indépendance et noue des alliances avec les uns et les autres suivant ses intérêts propres.

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    • Bonjour Eric, oui au moins 4, près on verra ce qui sortira du grand chaos mental, sans oublier Montaigne: « d’un mal ne sort pas toujours un bien mais parfois un mal encore pire! »
      MT

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  10. T.Ribault dit :

    Concernant la construction fédéraliste européenne, lorsque le peuple britannique dit stop, l’élite britannique fait stop alors que lorsque le peuple français dit stop, l’élite française fait encore. Le débat chez les britanniques n’a pas été parfait et les difficultés après le référendum sont évidentes. Cependant ils vivent en démo-cratie, soit le pouvoir au peuple, soit la souveraineté au peuple.
    Le souverainisme est aussi évident aux Anglais que l’air qu’ils respirent et cela commence par l’indépendance. Le traité CONSTITUTIONNEL européen signifie que la constitution européenne est supérieur en tous points à la constitution française. Les Britanniques ont dit non. Aujourd’hui le Royaume Uni gère ses frontières, sans demander l’accord de la cour européenne des droits de l’Homme, ses représentants élus élaborent librement 100% des lois, pour 10% en France, et construisent un budget sans contrôle a priori ou a posteriori. Sans oublier l’instrument économique le plus efficace, leur monnaie, qui n’est pas sur-évaluée de façon obligatoire (!!!!!) depuis 18 ans.( Il faut malheureusement que je précise que je ne suis pas « contre » l’Europe et « pour » le repli nationaliste.) Aujourd’hui le Royaume Uni est un pays -donc indépendant-, vivant dans une démocratie, avec une élite responsable de ses actes.
    La France ne me semble pas remplir ses critères. Et le désespoir ou la colère du peuple français, vieux peuple politique comme les Anglais, pourrait bien venir du constat que je viens de faire. Ce texte est mon apport à votre réflexion sur le manque de légitimité des responsables politiques français. Ce problème préoccupait Chateaubriand après la Révolution et la recherche d’une souveraineté populaire; le créateur de la V République -grand lecteur de l’Enchanteur- nous a apporté une solution. Tout existe en France aujourd’hui pour nous ressaisir, sauf une volonté politique.
    PS les nouveaux arrivants doivent plus respecter un pays fier de son passé et libre de ses agissements plutôt qu’un pays qui n’aspire qu’à se dissoudre dans la maison de retraite de l’histoire bruxelloise.

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    • astrojournal dit :

      La cause de désamour des peuples vient de l’inversion de la notion même de subsidiarité (qui, à l’origine d’ailleurs est une notion chrétienne) qui consiste à faire faire à une entité politique supérieure ce qui ne peut être fait au niveau inférieur. L’UE a inversé cette idée, pourtant logique, en laissant aux états membres la liberté de décider ce que l’UE n’a pas décidé.
      Comment voulez-vous que les peuples ne prennent pas l’UE pour une dictature, d’autant que les décisions prises à Bruxelles le sont, le plus souvent, par des hauts fonctionnaires non élus ?

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    • T Ribault, n’oublions pas juin 1940, la France se donne Pétain/Laval et les anglais Churchill.
      MT

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  11. Philippe Dubois dit :

    Bonjour Maxime
    Billet intéressant (comme très souvent) qui met en lumière un point de contradiction que je n’avais pas vue :
    Vous écrivez, à juste titre :
    « le référendum de 2005 avait donné à lieu à une formidable mobilisation des médias et de la presse libérale en faveur du oui. »
    Or ces mêmes médias et cette même presse ont couvert de boue Nicolas Sarkozy, coupable de la forfaiture du traité de Lisbonne, ce qui aurait dû pourtant les satisfaire.
    (j’avais voté non, après avoir lu TOUT le traité, sauf quelques annexes comme celle relative au droit immobilier à Malte, que j’ai parcourues en diagonale).

    « Le pouvoir actuel donne le sentiment d’avoir pris acte cet échec [« réconcilier la France du oui et la France du non »], et plutôt que de chercher à surmonter le clivage, de jouer sur la victoire du camp du « oui », considéré comme celui du bien, par l’humiliation du « non ».
    Normal : Macron et sa clique de nuisibles sont ontologiquement de gauche.
    Par définition, ils sont le camp du Bien
    Ceux qui s’opposent à eux s’opposent au Bien, ils sont par conséquent le Mal
    On ne se réconcilie pas avec le Mal : on le combat, on l’élimine, on l’humilie
    La gauche, c’est par essence le sectarisme haineux, puisque issue de sectes marcionistes ou millénaristes (cf. Jean Louis Harouel)

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  12. Ping : France du oui, France du non (Figaro Vox) | Boycott

  13. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Vous pouvez vous livrer à toutes les analyses politiques que vous voudrez, vous ne tarderez pas à vous rendre compte que le peuple français n’a pas oublié sa victoire au référendum de 2005, ni la forfaiture dont il a été victime, et qui a transformé cette victoire en défaite.

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  14. Annick Danjou dit :

    « Emmanuel Macron va recevoir le Prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle » comment pourrait-il se remettre en question? il vit sur une autre planète et surtout pas en France!!!

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    • Annick Danjou, oui, manquait plus que ça, surtout pour engueuler les Allemands à propos de leurs bons résultats économiques. Quel désastre, mais quel désastre!
      MT

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  15. michel43 dit :

    je pense sérieusement ,que cette Europe la,,,,les peuples n « en veulent pas ,donc le NON va ,l »emporter ,la faute a c « est politiciens qui non jamais compris que le peuple est avant tout des nationaliste et après des Européens ,nous pouvons remercier Sarkozy ,Hollande et Macron ,alors l’autorité de l’Etat ,vaste supercherie ,cars l’Etat est une dictature socialo- communiste depuis le front populaire et en cours en 2018 ,pour que les élites comprennes le peuple ,je propose qu » il vivent pendant trois mois avec 1400 euros ,cela leurs tout drôle ,et avant de regarder ailleurs dans le monde ,occupons nous de nos concitoyens qui soufre ,il vaut mieux un petit chez sois ,qu’un grand chez les autres ,la FRANCE est une priorité ,après l’Europe ET LE monde

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  16. Georges dit :

    Et pourtant les uninonistes n’en firent qu’a leur tête mais c’est normal puisqu’ils sont aux antipodes démocratiques .

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