Lecture: la décadence, JB Duroselle 1932-1939, IN, 1979

Encore un vieux livre, planqué au fond d’un rayon de bibliothèque, un grand classique… Je m’y suis (re)plongé le weekend dernier avec délice. Il fait le récit de la succession des renoncements des démocraties face à la montée de l’Hitlérisme, qui emporte le monde vers l’apocalypse à partir des années 1930: une histoire d’aveuglement, de bêtise et de lâcheté. Il est souvent question des accords de Munich du 30 septembre 1938, par lesquels les démocraties française et britannique ont livré la Tchécoslovaquie au Führer allemand. Mais il y eut auparavant un renoncement aux conséquences titanesques.

Le traité de Versailles de 1919 et le pacte de Locarno de 1924 (signé par le gouvernement allemand de l’époque) prévoyaient la démilitarisation définitive de la Rhénanie,  une zone tampon entre la France et l’Allemagne, sur le territoire allemand, cruciale pour la sécurité de la France.  Le premier véritable coup de force de Hitler a consisté à violer ce principe, au cœur de l’équilibre européen, en décidant le 7 mars 1936 la réoccupation par l’armée allemande de la Rhénanie. Face à cette violation flagrante du droit international qui engendrait un péril immédiat pour la sécurité de la France, une intervention militaire s’imposait.

En 1936, la suprématie militaire de la France et de la Grande-Bretagne sur la Wehrmacht était en effet incontestable et considérable, sur tous les plans. En quelques jours, l’armée allemande, encore désorganisée, privée de commandement, pouvait être balayée.  D’ailleurs, des documents le prouvent désormais: Hitler avait donné des ordres, par avance, de reculer en cas de réaction française. En cas d’intervention militaire, l’engrenage de ses coups de forces et l’élan des succès nazis, conduisant à l’apocalypse, eût été à coup sûr brisé. Mais voilà, la France et son gouvernement ont renoncé à se défendre. Voilà,  raconte JB Duroselle, comment l’aveuglement, la lâcheté et la bêtise humaine ont conduit l’humanité à l’abîme:

 » La première dépêche envoyée par François-Poncet [notre ambassadeur à Berlin] le 7 mars, atteignit le Quai d’Orsay à 9H30. L’ambassadeur annonçait la convocation du Reichtag pour midi. A 10H30, il fut reçu par Von Neurath. Le ministre allemand lui remit un mémorandum de neuf pages dénonçant le traité de Locarno et proposant une négociation […] Il demanda à Von Neurath si l’Allemagne allait envoyer des troupes en zone démilitarisée. Des détachements symboliques lui répondit le ministre. Le télégramme atteignit le Quai d’Orsay à 11H30. Un autre télégramme, téléphoné à 15H40, indiquait que 19 bataillons et 13 groupes d’artillerie participaient à l’opération. Le coup de force avait donc eu lieu un samedi, au milieu de la matinée […] Un bon jour, députés et ministres se trouvant presque tous dans leurs circonscriptions, loin de Paris. Le 7 mars, le gouvernement ne pouvait se réunir […] Mal préparée, stupéfaite, apeurée, l’opinion manifeste une réaction d’une rare unanimité: « surtout, pas la guerre ». La presse paraissait le dimanche 8 mars. Elle fut absolument opposée à toute réaction énergique. Les communistes publièrent un manifeste: « Hommes, femmes, jeunes, unissez-vous pour empêcher le fléau de la guerre de fondre à nouveau sur nous. » Les socialistes donnèrent la plume à Paul Faure: « L’hypothèse, en tout cas, que nous refusons d’admettre, c’est que la guerre puisse surgir du conflit ouvert par le coup de théâtre de Berlin. » L’Oeuvre »,  radicale, intitula son éditorial du 8 mars: « grave? oui! La fin de tout? C’est à voir! […] Le mouvement franciste de Paul Burcard estimait que « la menace ne pouvait être écartée que par une loyale entente entre la France, l’Italie et l’Allemagne. » Le plus violent fut l’Action française. Une énorme manchette était ainsi libellée: « la République a assassiné la paix! […] Et d’abord, pas de guerre, nous ne voulons pas la guerre (Charles Maurras) ». Au lendemain du Conseil des ministres du 8 mars, le président du Conseil Albert Sarraut (radical) déclarait à la radio: « Nous ne laisserons pas Strasbourg sous le feu des canons allemand ». Le lendemain, le 9 mars, se réunissait de nouveau le Conseil des ministre. Que dit le général Maurin? Qu’une intervention militaire n’est possible qu’avec l’Angleterre, et que, du côté français, elle impliquerait une mobilisation générale. Cette demande provoque un tollé au Conseil des ministres: la mobilisation générale, à six semaines des élections, c’était une folie! »  D’ailleurs, l’Angleterre, comme la Belgique, s’opposent résolument à toute action militaire. Une seule décision est prise: « la France fait appel aux signataires de Locarno de la SDN (société des Nations) ». C’est-à-dire: rien du tout. Hitler vient de remporter une victoire décisive et déterminante. L’abîme vient de s’ouvrir sur le destin de l’Europe. »

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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32 commentaires pour Lecture: la décadence, JB Duroselle 1932-1939, IN, 1979

  1. Georges dit :

    Les physiocrates nous ont fait une admirable analyse de la décadence et cela ne date pas d’hier.

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  2. cyrildefayet dit :

    cher Maxime, merci pour votre article, excusez moi pour la question, comment vous organisez vous pour faire autant de choses ? haut fonctionnaire, professeur a université, écrivain etc,
    je pense que vous êtes un passionné, mais les journées n’ont que 24 h ! je ne dois être pas tres bien organisé ! amitiés. cyril

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  3. Colibri dit :

    Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
    Fou qui songe à ses querelles au cœur du commun combat

    Certains pensent que les Français sont des veaux, massivement crétins et lâches. En début de semaine un militant de gauche déçu que son candidat ne soit pas élu m’a qualifié de blaireau, expression qu’il utilise souvent à l’encontre de celles et ceux qui ne partagent pas ses convictions. Face aux dangers nous nous divisons. Nous n’arrivons pas à trouver un minimum de points d’accord. C’est dommage. Notre pays mérite mieux.

    Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
    Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
    Lequel montait à l’échelle et lequel guettait en bas
    Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
    Qu’importe comment s’appelle cette clarté sur leur pas
    Que l’un fut de la chapelle et l’autre s’y dérobât
    Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
    Tous les deux étaient fidèles des lèvres du cœur des bras
    Et tous les deux disaient qu’elle vive et qui vivra verra
    Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
    Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
    Fou qui songe à ses querelles au cœur du commun combat
    Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
    Du haut de la citadelle la sentinelle tira
    Par deux fois et l’un chancelle l’autre tombe qui mourra
    Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
    Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
    Lequel plus que l’autre gèle lequel préfère les rats
    Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
    Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
    Et quand vient l’aube cruelle passent de vie à trépas
    Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
    Répétant le nom de celle qu’aucun des deux ne trompa
    Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat
    Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
    Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu’il aima
    Pour qu’à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat
    Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
    L’un court et l’autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
    Et framboise ou mirabelle
    le grillon rechantera
    Dites flûte ou violoncelle
    le double amour qui brûla
    L’alouette et l’hirondelle la rose et le réséda

    Louis Aragon
    Mars 1943

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    • choix fatidiques dit :

      Le Figaro avait publié ce poème d’Aragon en septembre 1940, initialement sans en connaître l’auteur, puis en précisant qu’il était d’Aragon :

      http://www.tadine.ca/poesie/aragon/lilas.shtml

      Aragon était infirmier dans l’une des armées entrées en Belgique, il a été évacué via Dunkerque puis est revenu sur la Loire.

      Dans les années 1930, il voulait faire « feu sur Léon Blum, feu sur les ours savants de la social-démocratie ».

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    • Colibri dit :

      @choix fatidiques, merci du lien qui renvoie à un poème d’Aragon que je ne connaissais pas du tout.

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  4. Anonyme dit :

    Il faudrait quand même arrêter cet angélisme qui consiste à dire qu’il existe un islamisme « politique ». et un autre qui est »religieux »et serait donc pacifiste. Le  » pas d’amalgame » qui ne veut pas nuire aux modérés ne doit pas non plus tout mélanger.
    Il n’y a qu’un seul islamisme avec des pratiquants plus ou moins impliqués et l’islamisme est une religion totalement politisée ce qui la différencie du catholicisme qui n’est plus une religion d’Etat lequel est laïque. En.conséquenqce la guerre menée par l’islam pour une expansion en vue d’un Califat est indissociable de la religion. Or une religion se combat par une autre religion qui la suplante et prend sa place . Si l’Islam s’étend c’est une autre civilisation qui s’installe.
    Que cela plaise ou non nous sommes au pied du mur il ne s’agit pas d’éradiquer les autres religions mais de ne pas se laisser étouffer. L’aveuglement bien pensant de l’Eglise catholique est sans doute ce à quoi fait allusion Fréderic N .

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  5. choix fatidiques dit :

    On peut remarquer que le livre de Duroselle sur 1932 1939 n’est plus édité, alors que celui qui suit sur 1940 1945 l’est encore. C’est un peu surprenant, car on pourrait penser que l’évocation rituelle des années 1930 pousserait à ré-éditer aussi les études sérieuses sur la période.

    De même, le livre de Jean-Paul Brunet sur le 17 octobre 1961 a vu ses derniers exemplaires vendus en 2011, pour le cinquantenaire, et n’a pas encore été réédité. Là aussi, c’est dommage, puisqu’on parle régulièrement du sujet.

    Enfin, il y a une source intéressante de traduction et de publication de livres d’histoire avec la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dotée de fonds importants en 2000 2001, qui traduit des livres parfois assez pointus sur le sujet.
    Mais, en lisant le livre de Kershaw sur l’historiographie du nazisme, je me suis rendu compte que beaucoup de titres présentés comme importants sur d’autres sujets de cette période ne sont toujours pas traduits de l’allemand.
    On retrouve la fameuse distinction entre histoire et mémoire, car une vision large de la période (compliquée par ces non traductions) est sans doute nécessaire pour faire de l’histoire.

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  6. Infraniouzes dit :

    Encore une fois, tout ça est bel et bon mais comment savoir ce qu’il aurait fallu faire au moment où se déroulaient les évènements ? Les historiens ont beau jeu de relater les erreurs d’alors mais quand on est sous le feu des évènements garder la tête froide est autre chose. Rester l’arme au pied en 1936 était logique du fait de la supériorité (pour un temps) de l’armée française et de la marine britannique sur l’Allemagne. Quant au souvenir des hécatombes de la Grande guerre, il glaçait le sang des plus téméraires. Un homme au dessus de la mêlée, fort d’analyses plus réalistes, avait sonné l’alarme, mais elle fut vite étouffée dans le brouhaha général. Comptons le nombre de grands d’industriels qui ont raté le coche de l’innovation ou n’on pas vu venir la chute de leur entreprise. Décider au moment crucial n’est vraiment pas facile. Bref, les « on refait le match » dans un fauteuil sont nombreux. Les plus belles analyses, les plus fins commentaires n’empêcheront pas que les faits et les circonstances sont toujours différents et déboussolent plus d’un. Mais il est exact que tenir compte des erreurs du passé est fondamental. Et soutenir mollement son allié (la Pologne) au début de la tourmente est une faute impardonnable.

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  7. Colibri dit :

    Ce qui est fait est fait et maintenant revenons au présent et au futur proche, voici ma participation à votre blogon d’aujourd’hui:

    https://www.la-croix.com/France/Securite/France-face-defi-salafisme-2018-03-26-1200926801?id_folder=1305511&from_univers=lacroix&position=0

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    • Colibri, le passé sert à éviter de reproduire les mêmes fautes, enfin devrait servir…
      MT

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    • Colibri dit :

      Oui bien sûr et j’avais bien compris votre démarche car le passé permet de comprendre le présent et d’éclairer l’avenir mais très souvent des leçons du passé nous avons du mal à tenir compte. Je ne le verrai pas mais peut-être que dans 50 ans les historiens nous reprocherons d’être intervenu en Afghanistan, en Irack, en Lybie.

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  8. Martin dit :

    Bonjour,

    Churchill parle de cet épisode dans ses mémoires de guerre. Il était seul aux Communes à souhaiter un soutien sans faille de la Grande-Bretagne à la France, alors que l’opinion et le gouvernement britanniques penchaient pour « la pauvre Allemagne humiliée ».

    Le gouvernement français avait utilisé la dérobade britannique pour justifier son refus d’intervenir en Rhénanie. Et Churchill écrit ce commentaire marquant (je cite de mémoire):

    « Il est vrai que notre gouvernement a failli à ses obligations envers la France. Mais il est aussi vrai qu’un Clemenceau ou un Poincaré se seraient passé du soutien britannique pour agir. »

    Sincèrement,

    Martin

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    • Martin, oui, Churchill avait parfaitement raison!
      MY

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    • choix fatidiques dit :

      Ce qui est vrai aussi, cependant, c’est que les Britanniques ont commis de plus graves erreurs que les Français, pendant cette période.

      Ils y ont perdu leur influence, sont devenus des satellites des US. Nous aussi.

      Mais il est de ce fait très agaçant de voir un Sarkozy aller leur témoigner son admiration (à deux reprises, avec Gordon Brown puis avec Cameron), dans une volonté assez explicite de s’opposer à une supposée ingratitude de De Gaulle, alors qu’en fait ce sont (aussi) eux qui nous ont collé dans la mouise.

      La France a aussi besoin, pour réagir fermement, d’arrêter de s’autoflageller. Le sujet évoqué ici en est un bon exemple ; « quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console ».

      Je me souviens encore de la tête de Eden, dans Le chagrin et la pitié, quand il a compris que le but du type qui l’interviewait était de taper sur la France.

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  9. Frederic_N dit :

    Bonjour Maxime,
    D’abord permettez moi de revenir sur notre discussion, pour vous demander encore une fois de réagir sur le contenu de ce qui est dit, et non pas sur l’image que vous en avez. Notre devoir ici est celui de la politesse envers vous. Mais encore faut-il que nous partagions la même langue le même texte. et le même sens
    Je comprends très bien votre post. Mais je le trouve hors de propos.. . Pourquoi ? Outre que vous vous trompez sur l’histoire ( on serait intervenu en 36, on aurait renforcé l’emprise du nazisme sur le peuple allemand et je vous renvoie aux conférences de Guitton ) vous ne faites pas de politique , mais de la psychologie. Vous parlez de courage , de leadership .
    La question n’est pas là et je ne comprends pas que vous ne la voyiez pas.
    Dans les années 30 la question qui nous était posée était facile à comprendre. C’était guerre ou pas guerre. Rapport de force et rapport de faiblesse. La France a connu cela depuis plus de mille ans. C’était difficile à vivre mais simple à réfléchir. Tout le monde comprenait .Vos posts, dans les années 30 auraient eu un sens
    Mais aujourd’hui le problème est plus grave car il est nouveau. Ce n’est pas le courage qui manque, mais la réflexion et au-dessus de tout : les solutions politiques concrètes .
    Que cela plaise ou non, nous sommes dans une situation où une minorité significative de nos habitants est dans une logique de sécession. Et la démographie joue contre nous. Pire cette sécession est soutenue de fait par deux types d’idiots utile : la gauche radicale et l’église catholique ( eh oui quand même ! ). On n’a jamais connu une telle situation , et si cela continue on va droit vers la guerre civile.
    Face à cela , Maxime, vous protestez à contretemps . Vous dites en quelque sorte  » faire preuve de courage , » « regarder la réalité en face « . Mais c’est un contre sens. Des millions de gens voient cette réalité , demandez autour de vous. Mais la question qu’ils posent c’est : QUE FAIRE CONCRETEMENT ? Par exemple : interdire le salafisme
    Ou pour le dire plus crûment : comment faire pour que les Républicains – puisque vous y avez de l’influence – cessent de dire des c..

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    • Frederic N, mon billet ne fait strictement que résumer et citer le livre de M. Duroselle, l’un des plus grands historiens français des relations internationales. C’est donc à lui (s’il était vivant!) que vous devriez dire: « vous vous trompez sur l’histoire »! Quant aux idées pour combattre l’islamisme radical et le terrorisme en France, ne vous inquiétez pas, nos amis de LREM en ont de bien bonnes semble-t-il: http://www.valeursactuelles.com/politique/christophe-castaner-veut-accueillir-en-france-les-djihadistes-restes-en-syrie-94232

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    • Vu du Mont dit :

      L’Eglise catholique, des idiots utiles? que voulez-vous dire?

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    • IRIS dit :

      Bonsoir,
      [… Ce n’est pas le courage qui manque, mais la réflexion et au-dessus de tout : les solutions politiques concrètes…]
      Si monsieur Frederic_N, justement c’est le courage qui manque. Ceux qui sont en charge de notre avenir, actuellement se comportent comme des lâches.
      Si mes propos, que j’assume vous paraissent excessifs, ils sont le fruit de mon indignation, de ma colère !
      Monsieur Tandonnet a raison de faire un parallèle avec des évènements passés.
       » Quand le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres »
      Alexis de Tocqueville
      cordialement.

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  10. choix fatidiques dit :

    Dans ses Mémoires, Churchill pense que les responsabilités sont partagées. La France aurait pu agir seule (…et être ensuite dans un beau bourbier, comme suite à l’occupation de la Ruhr). Mais elle a cherché un appui à Londres, et a été dissuadée d’intervenir.

    Il écrit aussi qu’étant alors hors du gouvernement, il peut cependant témoigner de la volonté réelle de Flandin d’obtenir un soutien, celui-ci lui ayant par ailleurs aussi rendu visite. Aussi, lorsque Flandin fut mis en cause en 1943, Churchill est-il intervenu pour le protéger, car « faiblesse n’est pas trahison ».

    Sur l’Action française, je ne sais pas. Mais, si les extraits de presses sont bien tous datés des quotidiens du 8 mars, ce n’est pas le cas pour la citation de Maurras.
    Cette citation date en effet du 10 mars :
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7662687.item
    alors que le 9 mars :
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k766267v.item
    il parle de « l’heure du Non fatal » après les reculades de 12 ans.

    Les Mémoires de Churchill, dans leur édition intégrale, sont très intéressants. Par exemple, pour les amateurs de décentralisation (comme l’Action française d’ailleurs), on peut signaler le cas de la défense de la Birmanie en 1942 : Churchill voulait y envoyer une division australienne, celle-ci était dans les bateaux à destination de Rangoun…et le premier ministre (Labour) d’Australie a refusé qu’elle y aille, après avoir aimablement accusé Churchill de trahison pour avoir voulu évacuer Singapour.

    Les Anglais s’étaient en effet rendu compte au dernier moment que Singapour (clef de la défense de l’Inde, du lien avec la Chine via la Birmanie, de l’Australie) n’était pas fortifié côté terre, et donc indéfendable puisque les Japonais venaient de là. Ce qui vaut bien les erreurs de Sedan.

    De même, les Américains de Roosevelt ont été infichus de protéger leurs convois maritimes pendant près d’un semestre (S1 1942), dans leurs propres eaux territoriales, en dépit de l’expérience britannique…

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  11. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Eh oui, la lâcheté, l’absence de vision à long terme, la naïveté, l’incompétence, la mégalomanie, l’envie de « rentrer dans l’histoire », le mensonge etc. Tous ces qualificatifs peuvent s’appliquer sans restriction à la plupart de nos politicien(nes).
    Lorsque j’entends le procureur Molins décrire par le menu et à la minute près le crime de Trèbes sans jamais parler d’islamiste radicalisé ni évoquer l’égorgement du lieutenant-colonel je me dis que même la Justice à son sommet nous ment.
    Lorsque je vois dans les médias les interviews des « gentils » voisins de l’égorgeur le qualifier de « calme, mesuré, garçon tranquille » je me dis que nos journalistes n’ont aucun sens du mot Honneur, Lorsque je vois sur le site du Figaro la photo de cet assassin multiplement condamné alors que la mère d’A. Beltrame, modèle de dignité dans le grand malheur qui la frappe, a justement demandé que l’on affiche pas son portrait mais plutôt celui de son fils, je me dis que nos médias sont des crétins indécrottables qui encouragent de plus d’autres crimes à venir. Lorsque j’entends les commentaires des politiques de premier plan de gauche et de droite qui affluent en toute indécence depuis hier matin, j’ai honte pour mon pays.
    Non, nos politiques sont décidément des incompétents notoires, incapables de tirer les leçons de l’histoire et du passé, incapables d’assurer la paix et la sécurité de leur concitoyens dont ils se moquent pourvu qu’ils aient et conservent le pouvoir de nous nuire.
    Je suis en colère face à tant de lâcheté et je me prends même à regretter que ces gens-là ne soient pas les victimes de ces barbares !

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  12. François Martin dit :

    Le 11 mars 2012, Mohamed Merah assassine un militaire d’une balle à bout portant. Il va tuer sept personnes, dont trois enfants juifs. L’opinion, apeurée, ne veut surtout pas d’amalgame et la classe politique, aveugle, en rajoute dans le déni. Nous vivons la suite. Jusqu’où?

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  13. H. dit :

    Bonjour Maxime,

    D’aucuns considèrent, et j’en suis de plus en plus, que la seconde guerre mondiale ne fut que le prolongement de la première avec un intermède de 20 ans. Je pense que vous connaissez le livre de Jacques Bainvile, le grand historien, « Les conséquences politiques de la paix » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Conséquences_politiques_de_la_paix), publié en 1920 où il annonçait prophétiquement la seconde guerre mondiale eu égard aux erreurs du traité de Versailles: « Une paix trop douce pour ce qu’elle a de dur, et trop dure pour ce qu’elle a de doux.»
    La crises que traverse notre pays est extrêmement violente. L’historien que vous êtes sait que ces racines sont très profondes mais une chose est sûre, c’est que l’impéritie de la classe politique depuis plus de trente ans est à cette crise ce que Munich est à la période 1939-1945.

    Bonne journée

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  14. drazig dit :

    Nous avons aujourd’hui les fichiers S, inutiles mais rassurants pour le « peuple » qui s’y accroche.

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