Pourquoi les insultes et les polémiques?

Tout n’est pas si innocent. Quand un haut responsable politique, n’importe lequel, commet un « dérapage »,  comme on le dit , aussi violent soit-il, ce n’est pas un hasard. Il le fait volontairement, dans un but précis: provoquer le scandale. On atteint alors le sommet de la politique de communication et de manipulation médiatique. Chacun est dans son rôle: le provocateur et les offusqués de service. Les grossièretés et paroles méprisantes tombés du plus haut sommet de la République ont un sens, un but bien précis dans la politique moderne. Elles visent à provoquer du tumulte, un écran de fumée destiné à masquer le pire: l’impuissance, le renoncement, l’impopularité. Le chaos verbal, l’esclandre national permet de recouvrir l’échec, d’occuper l’opinion, et gagner du temps, retarder la marche à l’abîme. Enfin, c’est l’objectif recherché. Mais malheureusement, les responsables politiques qui pratiquent ce petit jeu et leurs complices, c’est-à-dire ceux qui alimentent la tempête, se trompent. C’est toujours pareil, les « grands » sont intimement persuadés de l’inintelligence populaire. Ils se croient par définition plus intelligents que les « petits », ceux d’en bas, la vile multitude,  les « sans dents », les moutons noirs, etc… Mais c’est là que le bât blesse dangereusement. Ils n’imaginent pas à quel point leur jeu ne trompe personne. Ils se retrouvent pris à leur propre piège. Un dangereux engrenage se met en route, celui du mépris des grands et du dégoût populaire, et la crevasse ne cesse de s’élargir jusqu’au grand naufrage qui viendra bien un jour ou l’autre.

[Merci infiniment à d’éventuels auteurs de commentaires de bien vouloir s’en tenir au niveau de la réflexion politique générale, sans porter de jugements nominatifs qui n’apporteraient rien sur le fond]

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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18 commentaires pour Pourquoi les insultes et les polémiques?

  1. Niccolo dit :

    Polémiquer, salir (adroitement) : un bon moyen de masquer l’incompétence, l’impuissance, la malveillance etc … Certes, le bon sens gagne, mais il y a encore trop de gens qui se laissent berner ! Pour ces adeptes – responsables politiques, dirigeants, médias – les jours sont comptés.

  2. Kadoc Le Vannetais, prophète amateur dit :

    Je ne crois pas que ces saillies soient nécessairement proférées à des fins aussi précises et délibérées de la part des leurs auteurs et de leurs détracteurs.

    Oui, il s’agit de diversions, de divertissements en route vers l’abîme, mais pas tant à l’attention des français que, plus simplement, d’eux-mêmes. Ça leur donne le sentiment d’exister, de faire quelque chose, de compter. On parle d’eux dans les médias. Ça les rassure sur leur propre importance supposée.

  3. Sganarelle dit :

    Impossible de savoir si le commentaire est enregistré ou non …

  4. Sganarelle dit :

    (Peut être que ce message sera un doublon par caprice d’ordinateur )

    L’intelligence est un  » don  » dont nous ne sommes pas responsables et qui ne touche pas tous les individus. Dans ce monde inégalitaire certains héritent des bons gènes et d’autres en sont moins pourvus. L’intelligence c’est « comprendre » et « essayer de comprendre » .. ( lat: intelligerer) et elle conduit à la réflexion l’introspection la découverte. La philosophie etc.. (Nous le savons mais le redire est utile. )
    Vient ensuite la culture qui est une chance mais davantage notre choix , puis l’éducation et l’environnement la qualité de vie dans laquelle nous vivons. Tous ces facteurs interviennent dans notre comportement.
    Ceci pour remonter à la source de ce qui nous conduit au lieu de réfléchir à la violence verbale et physique tant il est vrai que les insultes en disent plus long sur celui qui les profère que sur celui qui les subit. Il est en effet plus facile de lancer une insulte ad hominem que de réfléchir et d’argumenter pour exposer son point de vue.
    Or l’époque veut que nous abandonnions les périphrases pour aller vers ce qui est réducteur et percutant , tout le contraire de ce qui est indispensable à un orateur politique qui se doit d’expliquer ses actes futurs avec des mots simples et compréhensibles pour tous. Sans langue de bois ( et l’exercice est difficile) il doit soigneusement choisir son vocabulaire et rester précis pour éviter tous malentendus. (Nous en avons eu encore un exemple désagréable récemment..)
    A défaut d’intelligence , si l’éducation et le respect de l’autre n’interviennent pas nous retournons à l’état primitif.
    On  » cogne  » et on gagne ou non . C’est le cas dans notre société

  5. Sganarelle dit :

    Nous sommes tous responsables de notre comportement il dépend grandement non seulement de nos gènes mais de notre éducation et notre environnement .
    Le manque d’intelligence ( dont nous ne sommes pas responsables) et le manque de culture( où nous avons une part de responsabilité ) sont les principaux moteurs de nos agissements
    Actuellement l’époque n’est pas tournée vers la réflexion et la philosophie et pour ce qui est des moeurs elles flattent plutôt nos instincts primitifs. De ce fait nous « simplifions » pour nous tourner vers un « raccourcissement de la pensée » qui en rangeant ce qui nous pertube dans une catégorie nous permet un confort personnel. En clair , nous mettons une étiquette et basta!
    Par exemple il est plus facile de dire à un adversaire qu’il est  » fasciste ou homophobe » en posant une jugement de valeur que de s’expliquer ou mieux essayer de comprendre ce qui n’est qu’un aspect de sa personnalité. Personne n’étant jamais compltement quelque chose et le sens et la valeur des mots ayant pour chacun une différente signification.
    D’où le fait que nos politiques ont l’obligation d’ argumenter longuement au lieu de lancer des slogans et doivent peser leurs mots en trouvant un langage compréhensible pour tout le monde.
    Ce qui peut expliquer de leur part « la langue de bois » … Le succès de leurs discours réside non seulement dans la séduction mais dans leur attitude le ton qu’ils emploient avec la conviction mais avec l’absence de qualificatifs réducteurs qui peuvent être détournés péjorativement,
    On l’a vu encore dernièrement.
    NB. En passant : Les  » sans dents  » remercient les chauves qui se croient éternellement jeunes beaux riches et bien portants! ( ceci pour dire que « la roue tourne et cesser d’employer ce genre de qualificatifs réducteurs qui en disent long sur celui qui les emploie)

  6. Timéli dit :

    André Malraux, en son temps, a dit : « Le mépris des hommes est fréquent chez les politiques, mais confidentiel ». Les choses ont évolué…
    Restons dans la réalité, en rappelant ce propos de Jacques Chancel : « Les hommes et les femmes de qualité ne jugent jamais. Tout mépris est pur alibi de la médiocrité de celui qui l’exprime ».

  7. H. dit :

    Bonsoir,

    Voilà à quoi conduit « l’intelligence » des puissants de la France: http://www.athena-vostok.com/cyclone-et-polemique-monsieur-le-premier-ministre-juste-un-mot?trck=notif-12131934-1305969-12uWo

    Ça se passe de commentaires. Comme le souligne à juste titre l’auteur du texte, il est plus que probable que le pouvoir n’en tirera aucune leçon (lire au passage comment est considéré la commission de la Défense à l’assemblée). Pour info, en octobre 1940, il est tombé près de 1000 mm d’eau sur le massif du Canigou dans les Pyrénées orientales. C’est ce qui est appelé l’Aiguat (https://fr.wikipedia.org/wiki/Aiguat_de_1940). Il n’y a eu que 50 morts côté français et 300 côté espagnol. Je n’ose imaginer le nombre si un tel phénomène se reproduirait vu l’urbanisation de la vallée du Tech et la situation qui suivrait vu l’absence de moyens disponibles liée aux politiques imbéciles conduites depuis vingt ans au plan de la Défense.

    Bonne soirée

  8. CLAUDE YVES MARECHAL dit :

     » Nous devons bâtir une société où l’acte personnel retrouve une valeur plus grande que la manipulation des êtres. »
    Ivan Illich

  9. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Il n’est pas admissible qu’un haut ou tout responsable politique ou associatif manie à longueur de temps et d’interviews l’insulte et le mépris vis à vis de ses concitoyens quels qu’ils soient. Ce principe incontestable aurait dû figurer en préambule de la loi de moralisation de la vie publique si cette loi n’avait pas été dévoyée par le pouvoir exécutif et législatif.
    Et pourtant, il suffit d’assister tout simplement aux séances publiques d’un conseil municipal pour constater le comportement et les propos lamentables de certains élus qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition locale, qu’ils soient homme ou femme ; c’est devenu aujourd’hui le mode d’expression courant de tous ces personnages qui pensent imposer leurs idées de cette manière et se croient dispensés de tout respect vis à vis d’autrui.
    La calomnie et la polémique agressive et stérile sont également devenues depuis des décennies les armes de tous ces responsables politiques mais également de la plupart des médias et maintenant des réseaux sociaux qui en abusent pratiquement quotidiennement, alors comment voulez-vous que les petites gens qui assistent en permanence à ces outrages de plus en plus violents et impunis ne soient pas tentés de les utiliser eux aussi chez eux, à leur travail ou dans leur véhicule…
    Lorsque j’étais jeune, mes enseignants m’apprenaient tout au long du cours élémentaire à être respectueux, courtois et poli. Et si les enseignants remettaient ces principes de base à toute vie en collectivité à l’ordre du jour de leurs classes ?
    Et si le plus haut personnage de l’Etat montrait l’exemple ?

  10. Georges dit :

    Il n’y a ni grands ni petits ,ni ceux d’en haut et ceux d’en bas .Il y a ceux qui ont choisis d’être aux commandes et ceux qui en subissent les conséquences .Et rendez-vous boulevard des allongés ,là où se situe notre destin commun ..

  11. loonloonychantemerle dit :

    en effet, nous, le troupeau des moutons noirs, avons oublié que Panurge était notre guide, et refusons désormais de courir à l’abîme… Le hic : comment ?

  12. Colibri dit :

    A salir l’autre nous nous salissons nous-mêmes. Au judo ne pas respecter l’adversaire c’est se manquer de respect à soi-même et c’est prendre le risque de sous-estimer l’adversaire et de perdre en compétition le combat.

  13. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Mais même si, comme vous le souhaitez, on s’en tient « au niveau de la réflexion de politique générale », ne faudra-t-il pas tout de même, finir par les nommer, ces responsables du « grand naufrage » qui vient ?

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