Sauver la démocratie parlementaire (Figaro Vox)

Voici mon dernier article pour Figaro Vox. L’affaire El Guerrab est ici un point d’entrée pour parler du déclin du prestige du Parlement. Il me semble que les Français, dans leur ensemble, surtout ceux la France dite « d’en haut », se trompent en méprisant le Parlement. On pense généralement que parlementarisme est synonyme d’indécision et de faiblesse, contrairement « au culte du chef unique ». Dans le monde moderne, cette vision est une crétinerie. Le pire des contresens est de considérer que le Gaullisme est antiparlementaire. Le « Parlementarisme rationalisé » instauré par la Constitution de 1958, visait à sortir du « régime d’assemblée » ou « régime des partis » qui annihilait le pouvoir exécutif. Il n’a jamais été question, à l’époque, de quitter le régime parlementaire, mais de définir un équilibre raisonnable entre le Parlement et le Gouvernement. Aujourd’hui, bien au contraire, nous sortons subrepticement de la démocratie parlementaire, dans un climat de mépris de l’Assemblée nationale qui pèse dangereusement sur ce pays. Or, il ne peut pas y avoir de démocratie ni de gouvernement efficace de la France sans une Assemblée nationale, des députés, puissants et respectés. Le Parlement est presque par définition, le noyau de la vie démocratique nationale. C’est du creuset parlementaire, du suffrage populaire, que sont issus (presque) tous les grands hommes politiques, les dirigeants du pays qui ont compté dans l’histoire. Le Parlement est le réceptacle naturel du débat d’idées et de projets. Une Nation doit pouvoir se parler à elle-même des grands sujets qui conditionnent son avenir, sans tabous, à travers son Parlement. Les élus nationaux sont par excellence le trait d’union entre la Nation et ses dirigeants, et rien de solide ne peut se faire sans cette courroie de transmission. Enfin, le soutien d’une majorité puissante, solide, déterminée, respectée, expérimentée, compétente, est indispensable pour gouverner, choisir, décider. Le Parlement est l’assise, le socle, l’ancrage dans le pays qui permet à un gouvernement de le diriger efficacement et de le réformer. Tuer l’Assemblée nationale, ou la réduire à trois fois rien, est plus qu’une erreur, c’est une faute et la voie royale vers l’impuissance, l’inefficacité, la rupture entre le peuple et les « élites », et enfin, le désastre final.

Maxime  TANDONNET

Affaire El Guerrab,  un nouveau coup dur pour la démocratie française

Parmi les événements politiques de la rentrée figure la mise en examen d’un député LREM, pour avoir blessé un militant socialiste à coups de casque. Au-delà des faits eux-mêmes, qui regardent avant tout la justice, cet incident et son impact médiatique appellent nombre de réflexions sur l’évolution de la politique française.

Il s’inscrit dans une longue série d’événements qui ont pour effet de pousser toujours plus loin le discrédit sur l’Assemblée nationale et les députés : affaire Cahuzac ;  taux d’abstention gigantesque, historique, aux législatives (51%) ; mesures de « moralisation » touchant essentiellement les parlementaires et les traitant ainsi en boucs émissaires; interdictions de cumul (disparition des députés-maires) ; scandales liés à des affaires de droit commun ou de corruption touchant une poignée de députés.

Ces humiliations, à caractère emblématique, se déroulent sur fond d’affaiblissement structurel des missions parlementaires : part croissante des lois qui se limitent à transposer en droit français les directives européennes ; activisme du Conseil constitutionnel qui censure la moitié des textes législatifs ; usage banalisé du 49-3 et des ordonnances ; effets du quinquennat présidentiel, aboutissant à placer l’Assemblée nationale, élue juste après le chef de l’Etat, en position systématique de subordination par rapport à l’Elysée ; effacement, face à l’omni-présidence élyséenne, du Premier ministre et du Gouvernement, responsables, eux, devant l’Assemblée nationale. Aussi bien sur le plan de la production législative que sur celui du contrôle de l’exécutif, le pouvoir de l’Assemblée nationale et des députés poursuit son déclin.

Or, il n’existe pas de démocratie sans un Parlement puissant et respecté. La Constitution de 1958, à l’origine, n’a jamais entendu nier le rôle de l’Assemblée nationale. A travers le « parlementarisme rationalisé », son objectif était de mettre fin au « régime d’assemblée » à une instabilité ministérielle chronique due à la toute-puissance des partis et à l’incohérence des majorités, pour assurer un équilibre entre Parlement et Gouvernement. Un bon régime politique se conçoit, comme le soulignait Montesquieu,  dans la coexistence de trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire. Aujourd’hui, la France a basculé dans l’excès inverse à celui des IIIe et IVe République, avec l’écrasement de l’autorité parlementaire, dont les conséquences sont tout aussi désastreuses.

L’affaiblissement, à la fois symbolique et sur le plan des responsabilités réelles de l’Assemblée nationale est dramatique pour la démocratie française. Le Parlement, par-delà ses défauts à travers les âges, est le noyau de la démocratie nationale. A travers des députés issus du terrain, d’une implantation locale, de l’élection, de la démocratie de proximité, il assure un trait d’union entre la Nation, la France dite « d’en bas », et les autorités politiques du pays, ses élites dirigeantes, la France dite « d’en haut ». Or, cette courroie de transmission est aujourd’hui brisée. D’où la fracture démocratique, la vertigineuse crise de confiance des Français envers leurs élites dirigeantes, qui ne cesse de s’amplifier.

Le parlement est aussi, traditionnellement, le lieu privilégié du débat d’idées et de l’échange sur les destinées du pays. Rien n’est plus fascinant que de relire les grands débats parlementaires dans l’histoire de France : la hauteur, la grandeur des échanges qui ont fondé la démocratie française entre des personnages d’un haut niveau d’intelligence et de culture. Ce creuset démocratique, noyau de la politique au sens noble du terme, a disparu, noyé dans l’agressivité, la banalisation des injures et du sectarisme, désormais la violence physique elle-même. Où sont passé les grands débats parlementaires sur les sujets cruciaux du moment, aujourd’hui le chômage, la « crise migratoire », les banlieues, l’éducation nationale, le communautarisme, l’Europe ? Quand le sens du dialogue démocratique se meurt, à travers la négation du Parlement, la haine s’empare de la cité et jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat.

 Le Parlement est, depuis toujours, la pépinière des ministres, des Premiers ministres, voire des présidents de la République, avant tout élus de la Nation, des grands leaders historiques du pays, de droite comme de gauche : Ferry, Gambetta, Waldeck, Jaurès, Poincaré, Millerand, Clemenceau, Tardieu, Blum, Pinay, PMF, Giscard, Mitterrand, Séguin, etc. Quoi qu’on pense d’eux, il est indéniable que ces élus de la Nation, d’une époque révolue, issus de la vie parlementaire et de la confrontation au suffrage universel, étaient d’un niveau intellectuel infiniment supérieur aux dirigeants actuels, avant tout hommes de manœuvre et de communication. Les exceptions existent, tels de Gaulle et sa créature, Pompidou, qui n’étaient pas issus du Parlement, mais ces personnages de l’histoire, hors du commun, n’ont bien évidemment aucun équivalent aujourd’hui.

 L’Assemblée nationale a accueilli pendant des siècles des personnalités qui étaient parmi les plus talentueuses de leur génération, orateurs, hommes de caractère et d’intelligence, portés par le suffrage universel. Sa perte de prestige et d’autorité se traduit par un grand chaos, néant politicien, où prévalent le plus souvent, la cooptation, le piston, les  désignations arbitraires depuis Paris, le copinage, les trahisons, et (sauf exceptions), la prime à la médiocrité, morale comme intellectuelle.

L’effacement du parlement, la disparition de son autorité, signifient tout simplement la mort de la démocratie française, dans l’aveuglement, l’incompréhension et l’indifférence générale. Le système présidentialiste, cette idée mensongère que le pouvoir politique peut s’incarner dans l’image médiatisée d’un seul homme, un « sauveur » anéantissant les autres sources de la puissance publique, notamment le Parlement, conduit à une fuite de la vie politique dans le virtuel, son déracinement, l’illusion de l’autorité, sa rupture avec la nation, la disparition du débat d’idées, l’impuissance, et inévitablement le désastre final. La France devrait avoir une priorité absolue aujourd’hui : reconstruire sa vie démocratique.  

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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28 commentaires pour Sauver la démocratie parlementaire (Figaro Vox)

  1. Colibri dit :

    « Deux dangers ne cessent de menacer le monde: l’ordre et le désordre. » Paul Valéry.

  2. Kadoc Le Vannetais, prophète amateur dit :

    L’affaissement de la qualité du personnel politique est général à toutes les démocraties et n’a rien de spécifiquement français ou quoi que ce soit de lié au statut institutionnel du parlement.

    Ça revêt un caractère particulièrement saillant en France parce que :
    1 – La France est notre pays donc c’est diablement important pour nous.
    2 – Le rôle particulier et considérable de l’état sur notre pays fait que les dégâts sont immédiatement sérieux et graves, là où dans d’autres pays, c’est simplement un sujet de rigolade ou de consternation, sans grandes conséquences.

  3. michel43 dit :

    a OUI un magnifique foutoir ,et ce n » est que le début ,Maintenant ,il veut que les propriétaires baisse de 5 euros , leurs loyers ,Pauvres Président ,ou je souris ,l » ESPAGNE,ou les élues arrive ,comme cela leurs plait ,et il y a un telle foutoir ,comme chez nous ,Bizarrement ,RIEN sur l’immigration ILLEGALLE de l’Afrique ,des ROMS ,qui sont partout ,en FRANCE , monte des abris dans des lieux protéger ,et TOI..Français pour ta maison ,tu demande un permis pourtant tu est chez toi ? après ,la violence ,elle a toujours exister ,et nous allons en voire de plus belle ,avec ce président ,qui tire de partout ,avec plus de 6 millions de chômeurs ,plus les sans papiers, les travailleurs détacher ,les jeunes qui on peur de l’avenir le Mélenchon et la LE PEN le cirque est ouvert ,

  4. CLAUDE YVES MARECHAL dit :

    Gouverner c’est accepter la contradiction, c’est admirer son contraire …
    Ainsi que le disait Albert Camus, c’est se  » faire disciple pour le plaisir désintéressé d’enseigner son maître. Si tu es venu parce que tu crois que ta liberté est liée à la mienne, travaillons ensemble. »
    L’assemblée nationale et la majorité absolue en est l’antithèse, et prise dans un sens large, en est à l’opposé.

  5. Sganarelle dit :

    Je lis sur le blog de ‘ » Senior en forme.com » que les députés auraient voté une loi pour les exempter de la CSG alors qu’elle touche de pleins fouets les retraités ..
    Si la chose est vraie inutile de plaider en faveur d’une poussée affective à l’égard de ces heureux élus

    • Kadoc Le Vannetais, prophète amateur dit :

      Bah, ce sont des petits bras maladroits et sans ambitions, des minables.

      Leurs collègues américains avaient fait beaucoup mieux en leur temps. Ils s’étaient de facto exemptés de la législation sur les délits d’initiés, par la façon très particulière dont les lois en la matière avaient été écrites par leurs soins au fil des années. Il y en a beaucoup qui sont carrément devenus multi-millionnaires pendant leurs mandats.

      Il a fallu attendre 2012 et cinq ans de débats pour mettre un terme à cette situation. Mais il faut dire que c’était devenu vraiment très voyant. Il y avait même des représentants et des sénateurs qui plaçaient des ordres de marché en sortant de réunions avec les responsables de la banque centrale américaine 🙂

    • Sganarelle, bien sûr, cela ne va pas arranger les choses…
      MT

    • Georges dit :

      Bénéficierons -nous encore d’une retraite ,future minorité .

  6. Frederic_N dit :

    J’ai toujours une impression bizarre en lisant les articles.
    D’un côté, j’observe que vous avez l’occasion très rare de peser sur le cours des choses : notamment par votre influence chez les Républicains .. chez quelques cadres sans doute. Mais on est dans une période où quelques personnes peuvent avoir un rôle positif .. tant le désarroi est grand parmi l’appareil. .. Et vous êtes aujourd’hui dans la position d’un des quelques intellectuels qu’on écoute, car on sait qu’il n’a pas de « cadavre dans son placard » .. Une position qui ne doit rien au hasard.

    Mais d’un autre côté votre démarche me semble bloquée sur certains points que vous avez d’autant plus de mal à voir qu’ils s’inscrivent dans une réflexion globalement très avancée ( vous n’avez pas assez d’interlocuteurs à votre niveau actuellement et cela vous limite). En tout cas, je vois trois faiblesses qui vous empêchent de voir « le fond de nos malheurs », et vous excuserez que je les illustre par des faits
    – La première est la référence à de Gaulle. Elle vous bride littéralement à force d’essayer de sauver ce brave général de ce qui vous semble être la régression actuelle de la Vème. Pour le coup vous oubliez que la force du régime parlementaire est liée intrinsèquement à l’existence de partis politiques et que de Gaulle a justement cherché à les dépasser. Citez moi un exemple de Démocratie qui fonctionne dans les pays occidentaux et qui n’est pas structurée par des partis. Et un exemple de démocratie qui dysfonctionne où justement les partis ne sont pas affaiblis. Ce que vous refusez de voir est que la Vème qui est partie d’un diagnostic juste sur l’affaiblissement de l’exécutif en France, mais a eu le tort d’en accuser le système des partis ( alors que la vraie origine est l’absence spécifique à la France d’une droite politique libérale / conservatrice ) . D’où votre critique très psychologique de nos élus qui ne va pas sur l’essentiel : le fait qu’il n’existe pas de partis structurés par l’intérêt général en France .. mais pas ailleurs
    – la deuxième est la manière dont vous voyez le fonctionnement du Parlement. Désolé, mais ce que vous dites des directives européennes est faux : tous les observateurs à qui on a posé la question vous diront que le Parlement français a cette spécificité de REECRIRE ces directives en en aggravant le caractère bureaucratique ( chose que vous reconnaissiez vous même il fut un temps) .. ce qui n’est rien d’autre que la démarche traditionnelle des socialistes : substituer des règles contrôlées par des juges à la logique contractuelle qui est celle du marché..
    – la troisième est la manière dont vous occultez le rôle de l’Etat qui là encore est spécifiquement français. Tout le monde sait – mais chut il ne faut pas le dire – que ce ne sont pas les députés qui rédigent les lois, mais les délégués de l’administration . Macron a d’ailleurs g.. contre cette tendance émergeante chez les siens. C’est là que se situe la vraie démission de nos élus : submergés par la complexité, ils se défaussent en silence sur des experts qui n’auront de cesse que de transformer la loi en un instrument du pouvoir de l’administration.. Là encore vous ne voulez pas le voir : alors que ce phénomène est purement français ( il est issu du compromis de la résistance) et lié globalement à notre hostilité au libéralisme . On a mis le pouvoir dans les mains de l’administration, et de Gaulle n’a réussi qu’à empirer ce fonctionnement .. Ainsi vous parlez de la dérive du Conseil Constitutionnel- qui échappe quand même au pouvoir de l’administration (- ce sont les Présidents qui nomment les membres du conseils), mais vous éludez la dérive du Conseil d’Etat qui est autrement plus antidémocratique : posez vous deux questions
    – combien de membres du conseil d’Etat sont des purs fonctionnaires de fait, id est recrutés à la sortie de l’école et sans autre justification que cette appartenance ?
    – combien de lois sont retoquées par le Conseil parce que trop politiques ?
    – avez vous entendu parler du rapport Tuot ?

    je vous laisse méditer ce passage

    Les auditeurs au Conseil d’État sont recrutés par la voie du concours, celui de l’École nationale d’administration (ENA). Ainsi, chaque année, un certain nombre de postes d’auditeurs (entre quatre et six) sont offerts aux élèves sortants de l’ENA.
    Les maîtres des requêtes sont, pour les trois-quarts d’entre eux, recrutés parmi les auditeurs, à partir de 3 à 4 ans d’ancienneté. Le quart des emplois restant est pourvu au tour extérieur (il faut être âgé de 30 ans et justifier de dix années de service public).

    • FredN, en réalité, les décisions du CC sont préparées de A à Z par son secrétariat général formé de membres du CE!
      MT

    • Anonyme dit :

      de a à z.. non ..

    • Mildred dit :

      C’est fort bien dit, Frédéric N, et j’espère que, comme il le fait quelquefois, monsieur Tandonnet – qui n’a de cesse que de vouloir ouvrir le débat – aura l’idée de faire de ce très bon commentaire, un billet à part entière.
      Quant à moi, le lisant, je me suis retenue pour ne pas crier cette phrase venue du fond des âges :  » la France, ton café fout le camp ! »

    • michel43 dit :

      Mais, malheureusement, il y a tout le reste qui fout le camps ,bien fait pour tout ceux qui on voter Macron

  7. H. dit :

    Bonjour Maxime,

    Bien sûr qu’il faut que le Parlement soit puissant et respecté. Mais pour ce faire, il faut des parlementaires avant tout « respectables ». Respectables d’eux-même (on est en loin avec l’affaire El Guerrab. Que n’entendrions pas si cela avait été un député FN ou de droite!!!!), respectables de la fonction éminente qu’ils occupent qu’ils soient femmes ou hommes (vous préférez quand ils bêlent ou quand ils font claquer leur pupitre comme des gamins mal-elevés), respectables de leurs électeurs (merci la chambre d’enregistrement, imbécile courroie de transmission du pouvoir exécutif)), respectables des autres pouvoirs inhérents à la chose démocratique comme le pouvoir judiciaire (ça veut dire donner les moyens à celui-ci de fonctionner correctement et ne pas s’exonérer des devoirs normaux du citoyen normal à tel point que j’ai parfois le sentiment que le passage devant un tribunal et une petite condamnation à la clé sont désormais indispensables pour réussir dans le métier politique), tout ce qu’ils ne sont pas ou plus. Face à une oligarchie, en particulier dans la très haute administration, que le cynisme ne rebute pas (on le voit avec la dernière décision de Collomb visant à privatiser les radars embarqués qui ne prouvera qu’une chose, c’est que les automobilistes ne respectent pas intégralement les limitations de vitesse, et qui n’aura qu’une seule et unique conséquence, faire facilement rentrer de l’argent dans les caisses désespérément et outrageusement vides de l’Etat mais qui en aucun cas n’améliorera un tant soi-peu la « sécurité routière »), on aboutit à la situation actuelle. Personnellement, si j’avais su que mes suffrages allaient conduire un jour à une telle désagrégation de mon pays (politique, économique et morale), j’aurai rejoint l’Aventin plus tôt. J’ai naïvement cru par le passé que mes choix allaient permettre de contrecarrer des desseins malsains pour mon pays. La déception que je ressens n’a d’égale que le mépris que j’éprouve désormais pour la clique politique dans son ensemble.
    La confiance est une chose longue et difficile à construire. Sa destruction est très facile et demande peu de temps. C’est une des rares choses que notre classe politique aura réussie depuis trente ans. Et elle l’a faite avec une conscience et une constance qui en impose avec, il faut bien le noter, la complicité active de la classe médiatique (les fameux « chiens de garde »!!!). On a d’ailleurs peine à trouver un texte pris, ou une loi votée, qui ait réellement amélioré ou améliore la vie quotidienne, en clair qui soit réellement utiles à la collectivité. Tout se passe comme si dans ce pays, on cherchait à tout pris à protéger les citoyens de la mort plutôt que de les aider à vivre leur vie. La classe politique est la seule et unique responsable de la situation actuelle. J’attendrai donc qu’elle fasse le nécessaire (style nettoyage des écuries d’Augias) avant de revoir ma position. Autant dire qu’il va couler encore de l’eau sous les ponts vu ce que j’en vois au quotidien. Je vous encourage à regarder la vidéo dans ce post: https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2017/08/29/humour-anglais/
    Nos amis d’outre-manche y dépeignent de manière fort drôle et très juste la réalité de 90% du discours politique (ne vous attachez pas tant au fond qu’à la forme: il est plus facile de résoudre un problème qui existe que de régler un problème véritable).

    Bonne fin de journée

    • H, oui, oui, nous sommes bien d’accord!
      MT

    • Sganarelle dit :

      Macron dit que « la confiance est l’affaire de l’autre’ l’affaire de celui qui l’accorde et pas celle de celui qui agit pour l’obtenir ..
      Si j’ai bien compris c’est notre problēme et pas celui du décideur qui fait son petit bonhomme de chemin, à vous de le juger fiable ou non. C’est votre probléme.
      Je traduis en langage vulgaire :  » pensez ce que vous voulez de moi je m’en fous c’est votre choix.  »

      Je dois raisonner en raccourci et avoir mauvais esprit mais il semble que nous ayons un apercu de la personnalité présidentielle .

  8. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    La décision de passer du septennat au quinquennat puis l’initiative de L.Jospin de vouloir « rétablir la cohérence de l’exécutif » en organisant les élections législatives à la suite de l’élection présidentielle ont été des erreurs majeures qui ont affaibli considérablement la Vème République.
    Mais il ne faut quand même pas sous-estimer deux autres phénomènes plus récents :
    – la médiocrité globale professionnelle et intellectuelle d’un grand nombre de députés plus intéressés par la défense de leurs petits intérêts et ceux de leurs amis ou de leurs mentors et lobbies.
    – la décision incohérente d’E. Macron de choisir sans aucune rigueur les nouveaux députés de LREM, sans doute pour qu’ils se sentent ses obligés et qu’ils ne barguignent pas devant les textes proposés par l’exécutif alors qu’ils devraient en être les auteurs. (On a pu le voir cet été avec la pseudo loi de moralisation de la vie publique où le pouvoir exécutif est complètement exempté de toutes règles de morale).
    Quant aux comportements inadmissibles de certains représentants de la Nation en séance (cris, insultes, bruits d’animaux, chants, tenue vestimentaire etc.) ils finissent par décrédibiliser cette assemblée de privilégiés qui ne se rendent même pas compte qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont plus que confortablement installés.
    Tout cela concoure au chaos à venir.

    • G Bayon, quinquennat= origine de la catastrophe, c’est vrai mais n’explique pas tout, il y a aussi la culture politique, le narcissisme et l’affaiblissement de la notion de bien commun, l’ère du vide comme dirait l’autre…
      MT

  9. Xavier de Fürst dit :

    Mon cher Maxime, je partage ton analyse concernant l’importance du parlement , persuadé que je suis, du danger du gouvernement d’un seul homme, fut il considéré comme providentiel lors de son arrivée au pouvoir. Mais il me semble que le désamour des français pour le parlement tient principalement au fait que dans leur grande majorité les parlementaires sont mauvais.
    Mauvais parce qu’ils ne pensent qu’à leur « carrière politique ». Ils se cachent, pour se faire élire, derrière des formules toutes faites et dés qu’ils sont élus acceptent tous les compromis pour essayer de préserver leur réélection.Ces parlementaires donnent la funeste impression de ne pas avoir d’autres « convictions » que celles de leur parti et souvent de ne pas connaitre les sujets dont ils parlent.
    Mauvais parce qu’ils ne remplissent pas leur mission ou très imparfaitement. Cette mission c’est de faire les lois dans l’intérêt des français et de la France. Or les parlementaires donnent l’impression de privilégier leurs intérêts sectoriels plutôt que l’intérêt général. Ils sont certes élus dans une circonscription , mais ,une fois élus, ils sont les représentant de tous les français et non pas des habitants de Trifouilli les Poêles ou autres lieux découverts à marée basse.
    Mauvais parce qu’ils sont absents des séances et donnent ainsi une désastreuse image du travail parlementaire. Sur ce point je concède que le fonctionnement même des groupes et de l’assemblée ne favorise pas une présence active. Les français savent à peine qu’un député est extrêmement bridé dans les prises de paroles ou dans les propositions de texte et qu’en fait seuls les ténors peuvent réellement s’exprimer.
    Mauvais enfin ,pour quelques uns, par l’exemple d’une vie personnelle dissolue, qui entache toute l’institution avec d’autant plus de force que l’institution donne l’impression de protéger ces brebis galeuses comme en témoigne ce vote de refus du casier judiciaire vierge.
    Il me semble pour prendre un exemple récent que l’assemblée se grandirait en excluant ce parlementaire voyou qui frappe avec son casque un interlocuteur en désaccord avec lui. Et si les textes ne le permettent pas et bien c’est, me semble t’il , aux parlementaires de les changer !

  10. don Quichotte dit :

    C’est sans doute une mauvaise idée d’affaiblir le statut individuel des députés, par exemple par la suppression du cumul des mandats ou, de même mais dans les projets (menaces ?), par la limitation à deux mandats.
    Il faut des parlementaires bien assis, et indépendants autant que possible de partis ou médias. Mais pas des électeurs.

    De ce point de vue également, la réduction du nombre de parlementaires (Fillon, Macron) est une absurdité démagogique, qui éloigne les députés de leurs électeurs et complique la prise de position tranchées. Sans apporter grand chose d’autre que la satisfaction de pulsions démagogiques.

    • don quichotte, oui, cela ne va pas dans le bon sens…
      MT

    • Jeeves dit :

      Et bien désolé, mais je ne suis pas d’accord.
      Le fonctionnement de l’Assemblée est un des plus opaques de l’Europe occidentale. Depuis quand le grand public connait-il l’allocation des fonds de la « réserve parlementaire par exemple ? Connaissons-nous les règles de rémunération des députés et sénateurs ? Quid de leurs spécificités ? Or un minimum de transparence est indispensable au contrôle des députés par les électeurs.
      De même, le cumul des mandats est un poison et une spécificité française. Un député est un élu de la nation, pas d’une circonscription. Il n’est pas là pour défendre les intérêts d’une circonscription donnée (« tout mandat impératif est nul »…)., sinon cela relève pour moi du conflit d’intérêt.
      Il y a également pour moi un incompatibilité absolue entre le statut de fonctionnaire et celui d’élu. On ne peut contrôler l’administration en en faisant partie.C’est parfaitement malsain.
      Enfin, comment ne pas être atterrée par l’irresponsabilité de nos responsables politiques ? Lorsqu’on atteint un certain niveau dans un parti politique, la sanction électorale n’existe pas. Souvenez-vous de Robert Hue qui, ayant perdu sa mairie et son fauteuil de député, s’est retrouvé … sénateur !

      Cordialement,

      J

  11. Infraniouzes dit :

    Et que faites-vous du sens moral qui devrait habiter tout homme politique digne de ce nom ? Quand des députés se votent à eux mêmes l’exonération de la CSG sur le frais on se demande à qui doit-on le plus de respect. Aux électeurs donc au peuple ou à la représentation nationale – donc les députés – qui fait tout pour ternir l’institution ? La liste des magouilleurs, des faisans et autres rois de la carambouille, aussi bien à gauche qu’à droite, commence à être très longue. Hélas pour eux, les peuples ont la mémoire longue. Pour vue que ça ne débouche pas sur de la haine…

  12. Q dit :

    Trop nombreux, incompetents et mal payes, mais le principal probleme est que le model europeen / Euro necessite la fin de la democratie parlementaire nationale, le gouvernement se doit d’appliquer des politiques/economies decidees supranationalement meme si elles sont inadaptes aux besoins/situation du pays.

    Il n’y aura pas de renforcement de la democratie francaise tant que ce pays est dans l’eurozone, c’est structurellement impossible.L’Euro c’est la mort economique, industrielle et democratique de la France.

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