Le dernier lynchage

sans-titreVoilà quelque temps que nous n’avions pas eu de grand lynchage médiatique. La France se donne un nouveau bouc émissaire en la personne de Monseigneur Barbarin, traîné dans la boue par l’ensemble des médias, une partie de la presse et jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, où on l’invite à « prendre enfin ses responsabilités », c’est-à-dire à démissionner ce qui revient à un aveu de culpabilité. L’archevêque de Lyon est accusé de ne pas avoir dénoncé des actes pédophiles. Lui dément et clame son innocence. Pour la France d’en haut dans son ensemble, médiatique, politique, intellectuelle , il est par définition coupable. La présomption d’innocence? Quelle plaisanterie! La séparation de l’Eglise et de l’Etat et l’indépendance de la justice? Oubliées, foulées au pied. Coupable, on vous dit. Coupable, par définition. Pensez-vous, un prélat catholique, hostile au « mariage pour tous », la belle aubaine, la belle revanche. Un magnifique scandale qui tombe à pic pour tout faire oublier, le chômage, le terrorisme, les impostures, la violence, la corruption, les reculades et les échecs. Quel drôle de pays. Avez-vous remarqué? Pas un homme politique, de droite, de gauche ou des extrêmes, pas un, pas un intellectuel à ma connaissance, pour en appeler au respect de la présomption d’innocence. Tous transis de frousse, tétanisés à l’idée de se voir contaminés par la mise à l’index dont le cardinal fait l’objet. Monseigneur Barbarin est aujourd’hui traîné dans la boue, lynché, jeté à terre et roué de coup, avant même son jugement, alors qu’il clame son innocence, et en l’absence de toute preuve d’une responsabilité personnelle. Dans le même temps, certains grands pontes de la « France d’en haut », de grands politiciens respectés et reconnus se sont jadis vanté par écrit de leur penchant pédophile, dans la plus grande indifférence et sans que personne ne s’en émeuve. Cela aurait-il nui à leur belle carrière? Même pas.  Pauvre pays, pauvre France… Oh, ce n’est pas parce qu’il est catholique que je défends le cardinal Barbarin, j’en ferai exactement autant pour toute autre personne placée dans la même situation. Si je réagis, c’est uniquement parce que Monseigneur est un homme seul et traqué, et par horreur de la bêtise humaine, de la lâcheté, et de la méchanceté, poussées à une telle extrémité.

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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42 commentaires pour Le dernier lynchage

  1. koufra dit :

    Bonjour Maxime

    Un autre exemple de lynchage pas désinteressé.

    http://unionrepublicaine.fr/la-grande-manipulation-ps/

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  2. koufra dit :

    lynchage qui précéde le prochain…

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  3. walter dit :

    Merci cher Maxime pour votre courage, votre honnêteté et votre objectivité. Vraiment vos qualités vous honorent. Merci pour cet article.
    Walter.

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  4. Anonyme dit :

    « Pas un homme politique, de droite, de gauche ou des extrêmes, pas un, pas un intellectuel à ma connaissance, pour en appeler au respect de la présomption d’innocence. Tous transis de frousse, tétanisés à l’idée de se voir contaminés par la mise à l’index dont le cardinal fait l’objet ».
    Y’en a déjà un qui en fait les frais. L’avocat, au nom à particule n’aétait pas tombé à bras raccourcis sur le cardinal Barbarin… Trop louche pour être honnête : au pilori. http://www.vududroit.com/2016/03/regis-de-castelnau-avocat-catholique-bien-connu/

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  5. Curmudgeon dit :

    Quelle que soit sa position sur le cardinal Barbarin, une chose est extrêmement réconfortante, c’est le touchant souci de certains politiques pour le bon gouvernement de l’Eglise catholique, qui s’explique par leur sourcilleuse intégrité morale.

    C’est pourquoi le premier ministre a laissé entendre que Barbarin devrait démissionner, et que Mme Méadel, secrétaire d’Etat, a explicitement indiqué que c’était la moindre des choses. Mme Méadel est une personne qui mérite d’être écoutée, vu son horreur du mélange des genres :

    http://www.valeursactuelles.com/politique/le-statut-de-juliette-meadel-ps-fait-grincer-des-dents-51558

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  6. Alain De Vos dit :

    http://www.koztoujours.fr/toute-la-verite-rien-que-la-verite
    Ce lien pour Monsieur Marchenoir afin qu’il ait un autre point de vue.

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  7. Anonyme dit :

    Monsieur Robert Marchenoir si j’ai bien compris vous êtes friand de disposer d’une information claire pour prendre une position. Puis-je vous proposer de lire intégralement cet article écrit, il est vrai par un avocat catholique. Son propos éclaire un certain nombre d’ a priori dont on peut se passer et reconnaître un éclairage neuf :
    http://www.koztoujours.fr/toute-la-verite-rien-que-la-verite
    Je vous en souhaite une bonne lecture.
    Cordialement
    Alain D

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  8. Curmudgeon dit :

    D’une manière générale, il ne faut pas se voiler la face, la manière dont les évêques ont traité les affaires de désordre sexuel de prêtres n’est absolument pas satisfaisante. Aux Etats-Unis, où les informations sortent plus facilement qu’en France, on a même pu estimer que les deux tiers des diocèses ont connu des histoires inadmissibles : affaires étouffées, prêtres baladés d’un endroit à un autre, retrouvant des tâches les mettant en contact avec des jeunes, paiement de fortunes en dédommagement. Voir ainsi cette banque de données effarante :
    http://www.bishop-accountability.org/resources/resource-files/databases/DallasMorningNewsBishops.htm

    Indépendamment du cas précis du cardinal Barbarin, la position générale défendue ici par Robert Marchenoir est donc loin d’être excessive.

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  9. François Martin dit :

    Merci beaucoup pour cet article.
    Silence assourdissant en effet des intellectuels médiatiques et des hommes politiques…
    C’est lamentable.

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  10. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Tout à fait d’accord avec votre article.
    Puisque chacun doit prendre ses responsabilités, que les recteurs d’académie et les chefs d’établissements qui ont passé sous silence la présence d’enseignants pédophiles dans leurs écoles prennent également les leurs.

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  11. Vuillemin dit :

    Bravo Monsieur. Vous avez le courage de défendre cet homme. J espere que sa foi lui permettra de tenir.

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  12. Hurluberlu dit :

    Votre article est réconfortant, car il démontre l’existence d’hommes droits et courageux, qui font honneur à la civilisation française dont certains jours, on se prend à douter de sa survie.
    Bravo Maxime ! ! !

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  13. Robert Marchenoir dit :

    Oui, Maxime Tandonnet, j’ai un ton offusqué. Vous êtes offusqué, je suis offusqué. Vous avez une opinion, j’en ai une autre. Est-il encore permis de débattre dans ce pays ?

    Votre réponse à mon commentaire illustre parfaitement ce que je dénonçais : l’esprit partisan qui contribue au mal français. Au lieu de me reprocher mon « ton offusqué » et de « hurler avec la meute », vous auriez pu réagir à mes objections de fond. Mais non, toujours des invectives… A droite, à gauche, au milieu, en-dessous, tout le monde fait pareil.

    Vous passez votre temps, à juste titre, à exiger des chefs politiques qu’ils assument leurs responsabilités, mais quand il s’agit d’un chef catholique, lui demander la même chose serait « hurler avec la meute » ?…

    Vous vous trompez sur la présomption d’innocence. Il s’agit d’une notion juridique, pas d’un slogan qu’on peut brandir lorsque ses amis politiques sont attaqués, et remettre prestement dans sa poche lorsqu’il s’agit d’attaquer ses ennemis. Absolument rien, dans la loi française, n’interdit de mettre en cause un responsable pour des faits graves dont l’un de ses subordonnés se serait rendu coupable, indépendamment de tout jugement. Encore heureux ! Si c’était le cas, nous serions en dictature.

    Le rôle de la justice, dans un Etat de droit, consiste à arbitrer en dernier recours, après le débat public. Il ne consiste pas à museler les citoyens, à empêcher la mise en cause des fautifs ou de leurs chefs, à bâillonner la libre expression.

    D’ailleurs, le cardinal Barbarin, lui, a réagi dignement en déclarant qu’il assumerait ses responsabilités.

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  14. Florence dit :

    Bravo !

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