Déchéance politicienne

imagesLes Républicains, après le parti lepéniste, ont décidé hier de voter pour la révision constitutionnelle relative à la « déchéance de nationalité ». Je désapprouve totalement ce choix. Chacun s’accorde à considérer le projet comme essentiellement symbolique. Les jihadistes français sont pour la plupart des jeunes de la seconde et de la troisième génération ou bien des « convertis » qui ne sont pas bi-nationaux et échapperaient au champ de la mesure. En outre, pour des raisons de droit international, il serait radicalement impossible d’expulser les terroristes déchus de la nationalité, sauf à renier les engagements internationaux de la France les plus fondamentaux en envoyant ces derniers à la mort, ce que personne ne fera jamais. Donc nous les garderions sur le territoire, avec la nationalité en moins. Ah, la belle affaire! Enfin quel effet dissuasif pourrait avoir la perspective de perdre la nationalité française sur des personnes déterminées à se faire exploser vivantes? La vérité, vous voulez la savoir? Quand le monde politique n’a aucune solution à appliquer ou à proposer pour relever les grands défis de l’époque – le chômage massif des jeunes, la fragmentation de la société, la montée des violences et des haines, la dette, les déficits, l’état effroyable des « cités », le déclin économique, la sur-fiscalité, la maîtrise des flux migratoires – il choisit de fuir dans les limbes en lançant des polémiques, en  créant de gigantesques psychodrames pour faire oublier l’essentiel. Le sujet va occuper les esprits pendant des mois, déclencher des fureurs, déchaîner les passions, déchirer le pays. Cette tempête débouchera sur le néant. Tel est bien l’objectif de la classe dirigeante. Depuis deux jours, l’hystérie politico-médiatique se porte sur la question de « l’apatridie« . Ah, oui, l’apatridie, c’est bien là le grand problème du moment pour notre pays, chère Madame, l’apatridie! Les Républicains auraient pu prendre de la hauteur, échapper au piège en déclarant que ce débat n’était pas la priorité du moment et que la France avait d’autres urgences, d’autres chantiers devant elle, qu’on ne révise pas la Constitution pour des symboles. D’ailleurs, les mêmes qui considéraient naguère l’idée de déchéance de nationalité comme monstrueuse, pétainiste, vichyste, en font désormais le Graal d’une politique. Aujourd’hui, l’opinion applaudit dans un  consensus aussi vaste qu’il est fragile, mais soudain, quand le voile va se déchirer, comment réagira-t-elle face à la débauche de contradictions et de manipulation? Le vrai drame de la France: on prend les gens pour des imbéciles.

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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26 commentaires pour Déchéance politicienne

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