Fuite dans les limbes

sans-titreA chaque nouveau massacre par les terroristes islamistes, nouvelle stratégie de fuite dans les limbes.

  • 1) Attentats de Charlie hebdo et du magasin casher de la Porte de Vincennes: gigantesques rassemblements, vague de bons sentiments autour du « vivre ensemble », de la liberté d’expression, de « l’esprit Charlie ».
  • 2) Carnage du Bataclan et des cafés du 11e arrondissement: raidissement nationaliste, état de guerre, drapeaux tricolores aux fenêtres, état d’urgence, déchéance de la nationalité, unité nationale.
  • 3) Massacre de Nice et aussitôt après, égorgement d’un prêtre en pleine messe: solidarité avec les catholiques, « grand messe », flambée de religiosité,  dialogue des religions, organisation de l’islam de France, et en parallèle « défense de l’Etat de droit ».
  • 4) Quid si un nouveau malheur doit survenir?

La fuite dans les limbes reflète la politique telle qu’elle est devenue aujourd’hui: avant tout un mode de communication: manipuler les consciences, agiter les émotions, démultiplier les postures, faire croire ou faire rêver. Les dirigeants n’ont plus vocation à gouverner, à choisir et à décider, mais à occuper les  esprits dans l’attente des prochaines élections. Ce phénomène permet d’évacuer la question fondamentale en démocratie des responsabilités après un drame ou une catastrophe et des éventuelles sanctions. Le sujet n’est jamais envisagé: 250 tués en 18 mois, trois massacres et tout le monde aurait-il été parfait? La fuite dans les limbes dispense les gouvernants de l’action, de la décision et de l’engagement à changer le réel. Ma grande interrogation est la suivante: l’opposition réalise-t-elle la gigantesque imposture que devient la vie politique? Si elle revient au pouvoir en 2017, a-t-elle la volonté d’y remédier? Est-elle prête à remettre la vie gouvernementale sur ses pieds, à rejoindre le réel, à retourner sur terre? A prendre ses responsabilités concrètes, opérationnelles, en sortant de l’émotionnel? Ou s’apprête-t-elle à poursuivre le grand spectacle médiatisé? Franchement rien ne permet de le dire aujourd’hui. On aimerait savoir…

Maxime TANDONNET

 

 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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41 commentaires pour Fuite dans les limbes

  1. jfsadys dit :

    « La vie est une chose merveilleuse et grande, après la guerre nous aurons à construire un monde entièrement nouveau et, à chaque nouvelle exaction, à chaque nouvelle cruauté, nous devrons opposer un petit supplément d’amour et de bonté à conquérir sur nous-mêmes. Nous avons le droit de souffrir, mais non de succomber à la souffrance. Et si nous survivons à cette époque indemnes de corps et d’âme, d’âme surtout, sans amertume, sans haine, nous aurons aussi notre mot à dire après la guerre. Je suis peut-être une femme ambitieuse: j’aimerais bien avoir un tout petit mot à dire. » Etty Hillesum, 1942.

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