Un vrai sujet: la misère croissante en Afrique

La vie politico-intellectuelle et médiatique a les yeux rivés sur l’immédiat et le court terme. Du « Benalla », du « Hulot », des polémiques minables, sans doute qu’il en faut. Mais la situation devient dramatique quand elles finissent par absorber tout le reste. 413 millions d’hommes et de femmes vivent avec moins de 1,9 dollar par jour et cette extrême pauvreté ne cesse de s’amplifier. Plutôt que les yeux rivés sur la pointe de sa chaussure, il faut regarder au loin pour essayer d’anticiper sur l’avenir. Le dernier rapport de la Banque mondiale fait état d’une aggravation de la pauvreté en Afrique, dont les conséquences seront colossales pour les Africains, mais aussi pour les Européens et les Français. Notre futur, celui de nos enfants et petits-enfants, se joue à ce niveau. C’est à cela qu’il faut réfléchir et tenter d’apporter des réponses.

Le Figaro, 19 septembre 2018:

« Le succès [du développement] est spectaculaire, notamment en Asie de l’Est, en Chine, et aussi en Inde. Ce progrès est souvent attribué à la mondialisation économique. «Sur les 25 dernières années, plus d’un milliard de gens sont sortis de l’extrême pauvreté, et le taux actuel de pauvreté dans le monde n’a jamais été aussi bas qu’il ne l’est aujourd’hui», observe Jim Yong Kim, le président du groupe Banque mondiale.

Malheureusement l’Afrique est totalement à contre-courant de cette tendance de long terme, et de façon plus marginale le Moyen Orient également sur les années récentes du fait de la guerre en Syrie et au Yémen. En 2002, l’Afrique subsaharienne représentait le quart du nombre de gens extrêmement pauvres dans le monde, or aujourd’hui c’est plus de la moitié (413 sur 736 millions). Le taux d’extrême pauvreté de l’Afrique (41,1%) est sans commune mesure avec celui des autres continents, comme le montre le tableau ci-joint. Sur les 27 pays de la planète qui comptent le taux le plus élevé, 26 sont aujourd’hui situés en Afrique.

Si l’Inde, du fait de son énorme population de 1,3 milliard d’habitants, affiche encore le plus grand nombre de très pauvres (170 millions, soit un taux de 13%) , les sondages partiels réalisés cette année «suggèrent que le Nigeria (190 millions d’habitants) devrait dès 2018 êtres le pays comptant le plus d’extrêmement pauvres en valeur absolue», note la Banque mondiale.

Or la situation ne paraît pas en voie de s’améliorer, bien au contraire. Alors que la Banque mondiale et l’ONU se sont donné pour objectif de «mettre fin à l’extrême pauvreté» à l’horizon 2030, cette ambition ne pourra être réalisée stricto sensu, et au mieux il faudra se contenter d’un taux de 3% . «En Afrique subsaharienne, même dans les hypothèses les plus optimistes, le taux de pauvreté restera à deux chiffres (au-dessus de 10%) en 2030», estiment les économistes de la Banque mondiale. »

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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37 commentaires pour Un vrai sujet: la misère croissante en Afrique

  1. Colibri dit :

    Le Monde a besoin de ponts, de routes, de tunnels, de trains, de canaux, de grands projets qui font rêver et favorisent les échanges commerciaux, culturels, humains et la diffusion des progrès technologiques, scientifiques et médicaux. Et si demain n’est fait que de catastrophes à venir la vie l’emportera malgré tout. Les êtres humains ont la vitalité du chiendent.

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  2. Georges dit :

    Ce sont nos ignobles campagnes de vaccination qui permirent cette démographie africaine ,affreux colonialistes (une poignée) que nous fûmes .Mais après des décennies d’independance ,que firent les dirigeants revanchards (a juste titre) de ces contrées?

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  3. Citoyen dit :

    Sarko avait fait un discours, largement décrié par les bien-pensants de gôche, qui disait que l’africain n’était pas entré dans la modernité pour une question de blocage culturel … alors que ce n’était que le constat de la réalité (mais la gôche a du mal avec le réel. Elle préfère biaiser pour lui échapper) … Ben voila … une simple évidence qui se vérifie.

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  4. michel43 dit :

    bizarrement ,personne n’ose parler de la religions et des traditions ,l’Afrique musulmane ,malgré les guerres ,les épidémies ,il sont de plus en plus nombreux ,et leurs chef d » Etat ,sont de plus en plus riche ,et beaucoup sont sortie de nos grande écoles ,cette riche Afrique ignore leurs pauvres ,les très nombreuses naissances leurs pose un véritable problèmes ,comme les guerres fratricide ,en plus, avoir plusieurs femmes ,donc de nombreux enfants ,pose le problème de la famine, pour les plus pauvres ,donc il ne peuvent pas s’en sortir ,il vaut donc être pauvre en Europe ,voila pourquoi les passeurs font leurs beure avec cette misère organiser

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  5. Anonyme dit :

    Il faut demander à Macron de
    s’occuser de l’Afrique lui qui se mêle de
    tout ce qui se passe à l’extérieur de la
    France.
    En tout cas les anglais ne l’ont pas raté
    dans un article suite à son intervention musclée

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  6. Anonyme dit :

    Une analyse toujours très pertinente.

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  7. E. Marquet dit :

    L’Afrique ! Vaste sujet car il n’y a pas qu’une seule Afrique. Cinquante pays aux richesses inégales dont certains ont des ressources considérables, des terres non cultivées mais adaptées à des cultures vivrières, des industries extractives….
    Le changement ne peut venir que de l’intérieur. Souvent les richesses ne profitent qu’à quelques uns et sont dilapidées. Les plus pauvres sont souvent les ruraux. L’argent pourrait permettre des infrastructures, des systèmes d’électrification, d’eau, d’assainissement, d’éducation, de santé, mais pour cela il faut un encadrement, une bonne gouvernance, un engagement en faveur d’une forme d’état de droit.
    La croissance démographique est hors de contrôle. Certains dirigeants se flattent d’être dans le camp des pays jeunes au contraire de l’Europe ou de l’Asie, mais est-ce honnête envers cette jeunesse innombrable et misérable ? Ne faudrait-il pas que la croissance économique augmente et que la croissance démographique baisse ?
    La femme africaine est l’avenir de ce continent, elle représente la moitié de la population. Pendant que les hommes palabrent, les femmes travaillent. Qu’on leur donne accès à l’éducation, à la santé, à la contraception, au salariat, à l’égalité avec les hommes, et vous verrez que çà bougera.

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    • Colibri dit :

      Depuis plus de 10 ans nous recevons tous les étés un prêtre de la République Démocratique du Congo. Ils nous a souvent dit et répété et nous l’avons souvent oublié qu’il ne vient pas en France demander des aides financières. Il nous dit et répète qu’il aimerait qu’un peu des richesses de son pays profitent à son pays. Comme de nombreux autres prêtres de RDC il soutient l’opposition démocratique à Kabila. Régulièrement hélas des prêtres sont assassinés par les forces militaires qui soutiennent Kabila. Et pas seulement des prêtres mais aussi de nombreux civils. Les guerres qui émaillent l’histoire récente de RDC auraient fait plus de 10 000 000 de morts. Il dit à qui veut l’entendre que son pays regorge de tout: de l’eau en abondence, des milliers d’hectares de terre agricoles non mises en valeur, des mines aux minerais rares et recherchés par le monde entier, des mares de bitume à ciel ouvert etc…etc… Malgré toutes les épreuves subies, les malheurs endurés il a le moral et croit en l’avenir de son pays. Si vous m’y autorisez j’aimerais lui faire un copier coller de votre commentaire.

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    • Colibri dit :

      abondance

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    • E. Marquet dit :

      Colibri, ce commentaire n’a rien d’extraordinaire, mais je ne vois aucun inconvénient à ce que vous le transmettiez à votre ami prêtre qui a bien raison d’avoir foi en son pays. Je ne connais pas la RDC. Mon mari a beaucoup navigué et travaillé sur les côtes africaines, ouest, est, sud. Il m’est arrivé de l’accompagner sur la côte Ouest, et j’en ai de bons souvenirs. Abidjan, Dakar, Libreville, Port-gentil et sa magnifique plage, Pointe-Noire et sa gare néo-normande, construite la même année que celle de Deauville et par le même architecte, Lomé au Togo…..
      Pour l’anecdote, je me souviens d’une balade (imprudente) aux alentours de Port Gentil, sur un vieux vélo dont la chaîne sautait perpétuellement, et où, au retour, je me suis vue refuser l’entrée du port par des gardiens armés, car ils m’ont pris pour une p…..e, eh! oui, le style bcbg ne les a pas questionnés, il faut croire. J’ai dû palabrer longtemps avant qu’ils acceptent de joindre le Ro-Ro, et que mon officier de mari vienne me récupérer. Çà a bien fait rire dans les carrés, mais ce jour-là les crocodiles du marigot m’ont semblé plus sympatiques !

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    • E. Marquet dit :

      Colibri, Le « h » de sympathique est resté dans le clavier, celà vaut le « e » de abondance. Un point partout !

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    • Colibri dit :

      @E.Marquet, bonjour ou bonsoir selon l’heure à laquelle vous me lirez. Merci de votre commentaire et d’avoir accepté de poursuivre l’échange en cours. Ce que j’ai trouvé intéressant dans vos propos c’est d’entrée de nous rappeler qu’il y a plusieurs Afriques ( en fait comme il y a plusieurs Europes, plusieurs USA, plusieurs Chines etc…) Et ce que j’ai trouvé intéressant aussi ce sont les dernières lignes de votre commentaire concernant l’importance des femmes qui sont aussi l’avenir de l’homme… africain. 🙂 Ma connaissance de l’Afrique est très limitée. La paroisse que je fréquente nous met en contact avec des prêtres de RDC et un prêtre de « chez nous » nous a mis en contact avec des Maliens car il a fait de nombreux séjours au Mali et il est resté en contact avec les personnes avec qui il a vécu alors. J’ai participé aussi à l’accueil d’un partenaire du CCFD Terre Solidaire venu de Casamance nous parler de son pays.Je rencontre régulièrement des bénévoles de l’asso Solidarité Femmes internationale qui reçoit tous les ans des Touaregs du Niger. Et le club de Judo que je fréquente encore me fait rencontrer un jeune homme du Kenya. En tant que bénévole de l’asso « Aux Captifs la libération – Bordeaux » je rencontre deux à trois fois par mois des jeunes prostituées originaires du Ghana et du Nigéria. Je n’ai donc qu’une vision très fragmentée et partielle de l’Afrique. Merci enfin d’avoir accepté d’évoquer quelques souvenirs personnels et de les avoir partagés avec nous. Pourvu que je n’ai pas fait de fautes d’orthographe!!! 🙂

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    • E. Marquet dit :

      Colibri,
      Non pas de fautes d’orthographe, mais rappelez-vous que les expressions, pourvu que, à moins que, dommage que, sont toujours suivies du subjonctif. Donc : pourvu que je n’aie, et non que je n’ai !

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    • Colibri dit :

      Règle de conjugaison que j’avais complètement oubliée et que le correcteur orthographique ne m’a pas souligné. Je ne vais plus oser écrire! 🙂

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    • michel43 dit :

      et bien SI,, ,,moi je me fous de ce correcteur depuis bien longtemps

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  8. les étranges rengaines dit :

    Un sujet lié :

    démographie du Nigéria :

    démographie de l’Algérie :

    Un texte de Germaine Tillion sur l’Algérie en 1957 :
    http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2008/04/21/8903210.html
    « L’Algérie compte aujourd’hui neuf ou dix millions d’habitants ; en 1830, elle en avait probablement moins de deux millions ; les statisticiens prévoyaient pour elle (si les conditions économiques de 1954 s’étaient maintenues) vingt millions dans vingt ans et quarante millions dans quarante ans. Tout cela est fou, car une Algérie autonome, donc nécessairement agricole, n’en peut nourrir – mal – que deux ou trois millions. »

    Il faut donc que les dirigeants africains prennent des mesures pour limiter cette croissance, comme d’autres pays ont pu le faire. Mais ils ne le feront pas si on leur laisse entendre que l’Europe sera une terre d’expansion possible.

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    • Sganarelle dit :

      @ Colibri qui a peur de faire des fautes d’orthographe je dirai que ceux qui ne donnent pas le bénéfice du doute en privIlégiant les erreurs de frappe sont bien contents de trouver une raison de se valoriser à vos dépens et qu’il ne faut pas les priver d’une petite satisfaction personnelle.
      Ceci dit ce sont vos idées et votre opinion qui comptent .
      Dans ce cas en ce qui concerne l’Afrique je ne connais que sa politique catastrophique envers la faune qui est une grande partie de ses ressources naturelles . Comme partout le tourisme roi détruit tout sur son passage et leur politique est comme la nôtre : une navigation à vue.

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  9. Philippe Dubois dit :

    Bonjour Maxime

    Les vrais sujets, qui conditionnent le précédent sont
    – la démographie folle du continent africain
    – les guerres ethniques larvées et/ou ouvertes
    – la corruption généralisée des gouvernants et de l’administration

    Plus personne n’investit de façon durable en Afrique, continent qui retourne à l’économie de comptoir.
    Petit exemple : l’Afrique aurait besoin chaque année de 170 milliards d’investissements étrangers directs (IED) rien que pour les infrastructures.
    Or, en 2017, sur un total mondial de 2000 milliards, elle en a reçu 60 milliards en tout, soit moins que Singapour et l’Irlande
    http://bernardlugan.blogspot.com/2018/06/reflexions-sur-la-migration-africaine.html
    Bernard Lugan cite les chiffres du rapport de la CNUCED.

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  10. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    L’Afrique a toujours été un eldorado pour les conquistadors du monde entier. La colonisation de nombreux pays à partir du XIXème siècle notamment par les pays Européens , l’esclavage honteux au prétexte fallacieux de mission civilisatrice, l’exploitation ou plutôt le pillage des abondantes ressources minières et pétrolières, les guerres tribales et ethniques perpétuelles, le comportement scandaleux de nombreux chefs d’Etat étrangers y compris Français vis à vis des dirigeants et des populations africaines, la multiplicité des dialectes et langues, sans oublier les climats tropicaux et équatoriaux et la terre peu fertile après quelques années d’exploitation, la difficulté d’accès à l’eau etc. rendent ce continent particulièrement difficile à vivre pour de nombreux Africains.
    Ce continent reste toujours et avant tout un enjeu économique pour de nombreux pays dont par exemple la Chine qui y voit de nouvelles opportunités de développement. Les quelques rares idées et initiatives d’aide aux populations pour améliorer leurs conditions de vie et de maintien sur leur sol restent et resteront longtemps sans suite tant les sommes et les moyens à investir dans les 3/4 des pays d’Afrique sont considérables et hors de portée des finances internationales et surtout tant que les dictateurs, roitelets et chefs de tribus continueront de s’enrichir sans vergogne au détriment de leurs peuples avec la bénédiction de la communauté internationale qui préfère jouer aux « singes de la sagesse » et continuer de profiter au maximum des ressources locales.
    Vous avez raison de rappeler que l’avenir de nos enfants et petits-enfants est étroitement lié au devenir de ce continent mais en l’état actuel nous ne pouvons compter ni sur l’Europe à l’agonie, ni sur les Etats-Unis de Trump ou la Russie de Poutine pour entrevoir un début de solution pour aider ces peuples. Là encore c’est un nouveau constat d’échec et il faudra probablement attendre de graves turbulences pour que des décisions internationales voient le jour très certainement dans la douleur.

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    • G Bayon, de fait, l’avenir de l’Afrique dépend avant tout des Africains eux-mêmes.
      MT

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    • les étranges rengaines dit :

      « l’esclavage honteux au prétexte fallacieux de mission civilisatrice, l’exploitation ou plutôt le pillage des abondantes ressources minières et pétrolières »

      Êtes-vous sûr que vous vous faites une idée exacte de l’Afrique, en tout cas à la période coloniale ?

      La mission civilisatrice à laquelle faisaient référence les colonisateurs consistait justement, pour partie, à abolir l’esclavage en Afrique, et l’a effectivement fait.
      L’esclavage pré-existait d’ailleurs à la traite atlantique, que ce soit via la traite musulmane ou la version locale de l’esclavage de case.

      Pour les aspects économiques de la période coloniale, l’historien économique Paul Bairoch (mythes et paradoxes de l’histoire économique) a montré que les échanges entre pays colonisateurs et colonisés ont été équilibrés d’un point de vue économique.

      Il mentionne plutôt la disparition de proto-industries via la politique de libre-échange, mais cela concerne surtout le textile égyptien et indien (colonies anglaises, donc) et pas l’Afrique.

      Et il rappelle que l’Afrique n’a nullement été une source de matières premières importante pendant cette période, au contraire.

      https://www.amazon.fr/Mythes-paradoxes-lhistoire-%C3%A9conomique-Bairoch/dp/2707148407/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1537442344&sr=8-1&keywords=bairoch+mythes

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    • les étranges rengaines dit :

      « La colonisation de nombreux pays à partir du XIXème siècle notamment par les pays Européens , l’esclavage honteux au prétexte fallacieux de mission civilisatrice, l’exploitation ou plutôt le pillage des abondantes ressources minières et pétrolières »

      Êtes-vous sûr que vous vous faites une bonne idée de l’Afrique, en tout cas à la période coloniale ?

      La mission civilisatrice qui était évoquée à cette période comportait notamment l’abolition de l’esclavage, ce qu’elle a en effet largement réalisé.
      L’esclavage en Afrique était d’ailleurs bien antérieur à la traite atlantique, que ce soit via la traite arabe ou via l’esclavage local, dit de case.

      De même, l’Afrique n’était pas à l’époque coloniale une source abondante de matières premières minières pour les pays européens, au contraire c’est plutôt l’Angleterre qui y exportait du charbon.

      L’historien de l’économie Paul Bairoch :

      https://www.amazon.fr/Mythes-paradoxes-lhistoire-%C3%A9conomique-Bairoch/dp/2707148407/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1537526790&sr=8-1&keywords=paul+bairoch+mythes

      a de plus montré que les échanges économiques entre métropoles et colonies étaient globalement équilibrés.
      Il mentionne la destruction de proto-industries dans les colonies compte-tenu de la politique imposée de libre-échange, mais il s’agit surtout du textile égyptien et indien, colonies anglaises.

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    • Via dit :

      Un début de solution pour « aider » ces peuples ? C’est justement ce terme « aider » qui pose un énorme problème. Qu’entendez-vous par « aider »? Les Africains sont grands, doit-on encore leur tenir la main pour traverser la rue ?

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    • Gerard Bayon dit :

      Merci à @les étranges rengaines et à @Via de vos commentaires.
      Tout d’abord je voudrais évoquer l’esclavage qui ne se résume pas pour moi aux clichés des livres scolaires ou autres publications simplistes mais au comportement de celles et ceux encore trop nombreux partout dans le monde qui exploitent la misère humaine sous de faux prétextes en transformant la notion d’esclavage (oh le vilain mot !) par celle de travaux forcés ou obligatoires sous-payés, voire non payés et pour lesquels les « esclaves modernes » sont battus, humiliés, avilis…(prostitution, travail des très jeunes enfants, journées de travail de plus de 16 heures etc.) Faut-il rappeler le comportement de certains colons en Afrique du Nord au milieu du XXème siècle qui se vantaient de « faire marner leurs boys » ?
      Il y aurait tant à dire sur l’esclavage …et il reste tant à faire, mais rendons hommage à Voltaire, à Lamartine, à V. Schoelcher, à Houphouët-Boigny et tous les autres qui se sont battus et continuent de se battre contre ce fléau.
      Lorsque j’évoque « l’aide » à apporter à ce continent je ne sous-estime pas la capacité de la grande partie des Africains à prendre leur pays en mains. Ce continent dispose de personnalités de très grande qualité, de grands ingénieurs, de savants, de financiers, de grands capitaines d’industries… Je souhaiterais simplement que la communauté internationale les « aide » à se débarrasser de certains de leurs dirigeants archi-corrompus, chefs de tribus, empereurs et roitelets à vie, potentats, qui s’enrichissent depuis des siècles sur le dos de leurs compatriotes qu’ils laissent dans une misère et une violence telles qu’elles obèrent toute chance de vie décente ou simplement acceptable. Est-il normal qu’au XXIème siècle, 400 millions d’Africains (chiffre toujours en hausse) soient pauvres et pour certains illettrés alors que le continent regorge de richesses de toutes sortes qui devraient servir à les émanciper ?
      Que dire également de l’attitude de nombreux chefs d’état y compris Européens (je pense notamment à VGE pour ce qui concerne la France) qui ont préféré profiter de ces tyrans plutôt que d’aider leurs peuples à s’en affranchir. Là encore il y aurait tant à dire…
      Cordialement

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    • les étranges rengaines dit :

      Aider les peuples à s’affranchir de leurs tyrans, c’est le programme des néoconservateurs américains et cela donne l’Irak, la Syrie, la Libye, l’Afghanistan…pas de francs succès en somme.

      Une autre possibilité est d’intervenir directement dans le pays. Dans ce cas, on envoie des administrateurs qui essaient de mettre un peu d’ordre en recrutant des troupes pour maintenir l’ordre, pour réaliser des infrastructures collectives, etc.

      Dans ce cas, les pays initiateurs pensent avoir une mission civilisatrice, et ils se lancent dans la colonisation ou les protectorats pour la réaliser plus ou moins bien.
      En pratique, ils doivent avoir recours au travail forcé, que certains auteurs ( https://www.amazon.fr/Travail-Afrique-occidentale-fran%C3%A7aise-1900-1946/dp/286537372X/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1537687530&sr=8-1&keywords=babacar+fall ) peuvent par la suite qualifier d’esclavage déguisé pour jouer sur l’appétit de repentance des opinions occidentales. Mais est-ce bien le cas ?

      Le livre susmentionné, dans le cas de l’AOF, explique tout de même en quoi cela consistait : d’une part service militaire, découpé en une partie de gens faisant un service militaire actif et une autre partie de gens faisant un service de construction d’infrastructure.
      D’autre part, une dizaine de jours de prestation par an, pour l’entretien des routes au voisinage des villages.

      Le Figaro se plait à signaler chaque année le « jour de libération fiscale », selon eux à la mi-juillet, ce qui fait beaucoup plus de 10 jours. Et, en effet, dans un pays où il n’y a pas d’économie monétaire, il faut sans doute voir ces dix jours comme une forme d’impôt, comme la corvée d’ancien régime.

      Mais tout ceci concerne des travaux au profit de la collectivité, et n’a donc rien à voir avec de l’esclavage (si c’est ce que vous vouliez dire) et tout à voir avec un processus de développement de la civilisation. En dépit des abus éventuels, difficilement évitable vu les conditions, et ne remettant pas en cause le fait qu’il y a amélioration de la situation.

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    • les étranges rengaines dit :

      Je vous ai répondu, mais mon commentaire semble s’être perdu, et à présent j’ai la flemme de le retaper.

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  11. M. Tandonnet,
    Je m’étonne car dans un de vos billets d’il y a un an ou deux vous nous faisiez l’éloge du développement économique de l’Afrique. Vous seriez-vous trompé ?

    J’ai toujours pensé que ce continent pourtant riche était strictement incapable de se gouverner lui-même…
    C’est bel et bien une nouvelle forme de tutelle que nous devons imposer aux africains ou bien c’est l’Europe qui deviendra en voie de sous-développement!

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  12. artofuss dit :

    Merci Maxime de ce papier sur LE sujet qui plus que tout autre devrait être au centre de nos préoccupations à tous puisque, la géographie étant maîtresse de l’Histoire, c’est de cette Afrique si proche que dépend désormais, bon gré mal gré, notre devenir. Tous les maux politiques, économiques, moraux que peut traverser un pays peuvent avoir une issue, alors que sa transformation identitaire est sans appel. Or ce sujet fondamental au sens le plus littéral du terme n’est abordé en Europe que sous l’angle de l’émotion, comme bien d’autres. Ce n’est pas du racisme, mais de l’ethnographie.
    Je suis pour ma part avec beaucoup d’intérêt les écrits sur l’Afrique de Bernard Lugan, un vrai connaisseur banni des caméras et des micros car lucide et honnête. Mais, pour être franc, les solutions à ce gigantesque problème sont à mon avis encore à inventer…

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    • PC dit :

      Bonjour,

      Je confirme le grand intérêt des écrits de Bernard Lugan, notamment son livre « Osons dire la vérité à l’Afrique » (2015), et ainsi sa lettre mensuelle « l’Afrique réelle ». Tout à fait passionnant et accessible, même pour le néophyte en questions africaines.

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  13. Infraniouzes dit :

    Cher Maxime

    Tiens, un article sur les malheurs du monde et la pauvreté. Ma parole, vous roulez pour Macron, ci-devant président médiatique d’une France admiratrice d’elle même.
    Quelle farce cette pauvreté africaine, certes indéniable, mais qui n’est absolument pas due à l’infâme colonisateur blanc, mais à une incapacité de l’homme noir de se lever, de se retrousser les manches et de reprendre le flambeau transmis par l’homme blanc.
    Oui, il faut dire haut et fort, que la colonisation de l’Afrique a été une chance extraordinaire pour les Africains. La quasi totalité des pays d’Afrique a quelque chose à exploiter, sans oublier la manne du tourisme. Le Nigéria regorge de pétrole, le Congo de TOUT, l’Afrique du sud d’or et de diamants, l ‘Algérie de pétrole, etc.
    Depuis le départ des européens, tout s’effondre, se délite, pourrit doucement malgré d’énormes richesses qui dorment sous les pieds de ces gens. Mais eux, dorment dessus, attendant que Dieu, Allah ou tout autre divinité prenne les choses en main. Ils peuvent attendre longtemps.
    Alors on comprend cette exode massif vers les pays du nord, surtout la France, où tout est gratuit ou obtenu sans effort. Cela correspond exactement à la pensée africaine.
    Un jour, pas si lointain, vous aurez du mal à expliquer à vos enfants ou petits enfants l’effondrement de la France. Mais le nouvel ordre en place vous empêchera de le faire.

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  14. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Il ne sera pas inutile de lire comment Stephen Smith – qui vient de publier « La Ruée vers l’Europe » aux éditions Grasset – analyse le sujet, lui qui est professeur en études africaines à l’Université Duke aux États Unis :

    https://lesobservateurs.ch/2018/07/18/stephen-smith-la-migration-de-masse-aura-vraiment-lieu-lorsque-les-africains-en-auront-les-moyens-le-mouvement-est-juste-amorce/

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  15. Colibri dit :

    A l’intention de Maxime Tandonnet et des lectrices et lecteurs de son blog, le lien suivant:
    https://www.decitre.fr/livres/un-crime-mediatique-contre-l-afrique-9782911803987.html#resume

    Le point de vue développé par Maxime Tandonnet est juste et vrai mais celui de l’auteur du livre ci-dessus est à mon avis aussi juste et vrai.

    Et je profite de l’occasion qui m’est donné par Maxime Tandonnet de m’exprimer sur son blog pour rappeler que la multiplication des conflits armés en RDC ces dernières années ont fait plus de 10 millions de morts. Plus de morts que la Shoah. Certains conflits sont de la responsabilité des Africains certains non. Le continent Africain c’est compliqué, comme la vieille Europe, comme les USA, comme tant d’autres endroits dans le monde déstabilisés par des richesses qui attisent les convoitises. Le problème de fond restant la répartition des richesses. Et leur utilisation pour le plus grand profit de quelques uns ou pour le bien être de tous?

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    • les étranges rengaines dit :

      Je ne pense pas que le problème soit avant tout la répartition des richesses, mais leur production et donc l’organisation des pays.

      Il faut bien constater que l’Afrique ne s’est jamais réellement organisée, même si on veut à tout prix monter en épingle tel ou tel royaume africain.
      La première étape d’organisation de l’Afrique serait de devenir enfin raisonnable en termes de démographie…

      Par ailleurs, la France est à l’heure actuelle en train de se désorganiser à grande vitesse, pour cause de libéralisme économique et culturel, et c’est cela qui devrait avant tout nous préoccuper.

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  16. BOIS dit :

    L’Afrique combine plusieurs facteurs de pauvreté, une superfécondité,une productivité basse,des régimes politiques souvent autoritaires, peu préoccupés par le développementde leur peuple, l’émigration qui les prive de leurs jeunes hommes.
    L’yperfécondité est souhaitée: un sondage ,fait par un dirigeant a montré un nombre d’enfant désiré à 11 pour les hommes et 9 pour les femmes; cela plombe le développement.Pas de campagne publique de maitrise de la fécondité à la différence des autres continents.
    Les occidentaux pourraient s’inspirer des chinois pour aider vraiment les Africains (sans piller leurs richesses à la différence des chinois).

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