Réflexions sur du mythe des Cent jours et sur le culte de la personnalité

Les quinquennats se suivent et se ressemblent à certains égards. L’étape des « Cent jours » qui survient vers le 15 août est toujours le moment du premier bilan, généralement dominé par le désenchantement après « l’état de grâce. » 2017 ne faillit pas à la règle, au vu des derniers sondages.

Cette tradition remonte aux Cent jours de Napoléon. Elle fait référence à la brève période de trois mois au pouvoir de l’Empereur qui suit son évasion de l’île d’Elbe le 20 mars 1815. Ces événements, du « vol de l’Aigle » jusqu’à l’abdication définitive, sont au cœur de la légende napoléonienne.

Le rituel des Cent jours pourrait donner lieu à une réflexion sur un phénomène clé de la vie politique française : le culte de la personnalité. Il avait atteint son paroxysme sous l’Empire napoléonien autour du mythe du sauveur. Mais par un formidable paradoxe, il semble avoir traversé les siècles, les guerres, les révolutions et les crises, pour s’imposer aujourd’hui au cœur de la « politique spectacle » contemporaine.

Aujourd’hui, le culte de la personnalité, autrement dit le « présidentialisme », attisé par la médiatisation, n’est pas seulement un mode de fonctionnement du pouvoir. Il est, dans la France du XXIe siècle, une véritable idéologie, un système d’idées destiné à légitimer le pouvoir en place. Cette idéologie procède de « l’ère du vide »: la personnalisation à outrance recèle l’absence de projet collectif et d’un destin commun à bâtir. Elle se développe sur les ruines de la politique, au sens noble du terme, le gouvernement de la cité, la capacité à agir, choisir, décider, gouverner la Nation.

Comme masque d’un néant collectif, elle consiste à sublimer un personnage, le président, à le désigner comme l’incarnation unique du pouvoir d’Etat, étouffant dans son reflet médiatique toute autre source de responsabilité publique, le gouvernement, les ministres, le Parlement, les collectivités territoriales, la Nation. Fondé sur l’émotion – d’amour ou de haine – qui entoure un visage, le culte de la personnalité donne prise à toutes les manipulations possibles : idolâtrie d’un jour, lynchage du lendemain. Cette idéologie repose sur des bases précaires. Il suffit d’un faux pas, pour que l’adulation bascule dans l’exécration.

Contrairement aux apparences qui entourent la notion de chef, elle est foncièrement inefficace et contraire au principe d’autorité. Le culte de l’image personnelle, dans le monde moderne, est incompatible avec le risque de la décision, de l’action authentique et de la transgression parfois nécessaire. L’obsession du paraître étouffe le faire.

La personnalisation du pouvoir est aussi vivace aujourd’hui qu’il y a deux siècles, mais elle a changé de signification. Napoléon incarnait la puissance, avant de faire naufrage. Nos présidents surmédiatisés du XXIe siècle incarnent au contraire l’impuissance et l’impopularité.

Est-il possible de rompre avec cette logique, cette idéologie ? La France aurait tout intérêt à redécouvrir un autre message issu lui aussi de sa tradition historique, celui des grands républicains, les Ferry, Gambetta, Waldeck Rousseau, Millerand, Poincaré, etc., qui tenaient en horreur la personnalisation narcissique du pouvoir, considérée comme une réminiscence monarchique ou impériale de mauvais goût. La politique, chez eux, n’avait pas de sens en dehors de l’intérêt général, le destin de la cité, l’action et les choix de gouvernement. Ils apparaissaient au grand jour, certes, en tant qu’auteurs de décisions issues d’un travail d’équipe, dont ils assumaient la responsabilité individuelle et collective, mais seulement le temps nécessaire, sans mégalomanie ni prétention de « leur trace dans l’histoire ».

Leur modèle n’est sans doute pas transposable tel quel dans la France moderne. Mais il devrait au moins servir de référence et de contrepoids à l’obsession narcissique qui a, depuis trop longtemps, envahi la politique et les médias français au détriment de l’intérêt public.

Maxime TANDONNET

 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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36 commentaires pour Réflexions sur du mythe des Cent jours et sur le culte de la personnalité

  1. Georges dit :

    Un peuple providentiel serait plus judicieux.

  2. Cher Monsieur Tandonnet

    L’étude de l’Histoire de l’Histoire de la France Républicaine conduit à se demander s’il n’y a pas une très forte contradiction dans l’esprit du peuple français. Certes il a souvent manifesté une tentation vigoureuse pour  » l’Homme providentiel » c’est à dire l’homme qui prendrait totalement en charges les problèmes qui se posent et demanderaient aux citoyens de le laisser faire sans s’en mêler mais il a aussi accepté sans trop de protestations les régimes de la III ème et de la IV ème Républiques qui avaient pour caractéristique commune la brièveté des gouvernements et les crises ministérielles plus que fréquentes.
    Quand on constate que les Présidents de la 5 ème République connaissent des chutes de popularité de plus en plus raides, on peut se demander si ce n’est pas vers ce système des changements fréquents que notre peuple voudrait revenir.
    Aucun Gaulliste ne saurait, évidemment être partisan d’un tel retour. Il ne m’apparait pas évident, en revanche que Monsieur Macron n’ait pas fait la même analyse et qu’il ne se dirige pas vers un changement fréquent de Gouvernement. De Gouvernement et d’Assemblée puisqu’il a sans doute remarqué comme nous tous que les seuls Présidents de la République réélus, à l’exception du Général mais on ne peut comparer que ce qui est comparable, l’ont été après des cohabitations contraintes.
    Il est essentiel pourtant de tenir compte de ce goût des Français pour des changements fréquents de têtes ne devrait pas conduire l’opposition à en tenir compte pour construire son programme.
    Plutôt que de vouloir recourir à un  » Homme Providentiel » de plus il serait sans doute utile de se rappeler que les Français souhaitent, plutôt que de « sortir les sortants » ou « dégager les anciens » un système qui porte au pouvoir une équipe d’hommes et de femmes qui écarte les extrêmes mais pratique en son sein des changements réguliers, le Président de la République restant l’homme ou la femme autour duquel ou de laquelle Ce n’est que dans le cadre de crises majeures que l’Homme Providentiel s’impose, pour le meilleur parfois, pour le pire aussi.
    Dans une telles perspective, il serait absurde d’oublier que le recours fréquent au référendum avec garantie de démission en cas de rejet est un des moyens de conserver une assise populaire.
    Formuler ces idées est assez simple, les mettre juridiquement en oeuvre est plus complexe.

    Etienne Tarride

    • Cher Etienne Tarride, merci pour ces observations que je partage à 100%!
      MT

    • Mildred dit :

      Tout comme monsieur Tandonnet, je partage vos observations, mais s’il me fallait ne retenir qu’un mot de votre commentaire, ce serait RÉFÉRENDUM !
      En effet, je fais remonter au référendum de 2005, et à la suite qui lui a été donnée, le fossé qui s’est creusé irrémédiablement entre le peuple français et ses élites politiques.
      Cette véritable forfaiture anti-démocratique dont elle s’est rendue coupable, agit sur la classe politique, de gauche comme de droite, comme une faute originelle impossible à pardonner.
      En mai 2015, dix ans après le référendum, un sondage organisé par Le Figaro, révélait qu’à la même question, ce seraient 62% des Français qui se détermineraient pour le NON !

  3. Frederic_N dit :

    Il y a quelque chose qui me gène dans votre présentation…. Il me semble même qu’elle bloque votre réflexion. Vous surestimez cette dimension de la « présidentialisation » en en faisant une cause politique majeure, alors qu’il ne s’agit que d’un effet secondaire
    Je commence par une remarque sur vos arguments. Ils sont singulièrement nationaux , alors qu’en la matière cela n’a pas lieu d’être ( et même si votre connaissance de notre l’histoire est énorme). A vous suivre on pose logiquement cette question : ce que vous décrivez est un phénomène uniquement français (1); il n’est ni allemand, où les partis fonctionnent bien, ni anglais alors que c’est eux qui ont inventé la démocratie, ni même américain, où la présidentialisation est bien encadrée.
    Alors si le phénomène est Français cela veut dire que vous rangez sous le terme « présidentialisation » des phénomènes qui nous sont propres – où plutôt propres à la gauche française , parce que depuis la Commune, la gauche a été hégémonique dans le débat intellectuel français. Et derrière la gauche il faut entendre deux mythes
    – le mythe de la souveraineté populaire , savoir le fait qu’il n’y a pas de principes politiques naturels dans la vie sociale, mais que la volonté du peuple, censée être toujours bonne, doit toujours être à l’initiative de la loi ( l’exemple étant la politique fiscale française qui est clairement spoliatrice, sans que l’on émette la moindre protestation) . Bref nous sommes les seuls à nous référer à Rousseau quand les autres le font à Locke
    – le mythe de l’égalité ( savoir que l’égalité ne doit pas être seulement celle des droits, mais aussi celle des conditions réelles). C’est ce mythe de l’égalité qui s’oppose en France à l’idée d’un intérêt général ( puisque ceux qui ont moins, sont lésés par essence , et ont donc des intérêts différents de ceux qui ont plus). Et au-delà qui s’oppose à toute idée d’un système de lois transcendant s’opposant par essence aux intérêts particulier : comme c’est le cas par exemple aux US
    Ce sont ces deux mythes qui sont à l’origine de ce que vous dénoncez .. le phénomène des médias ne fait qu’amplifier ces disfonctionnements , mais il ne les crée pas. Mais vous ne les combattrez pas en pointant seulement les effets, savoir le pouvoir personnel . Vous ne le ferez qu’en explicitant concrètement les principes qui régissent une démocratie ( l’existence d’un espace public digne de ce nom par exemple), et in concreto, ce que peut signifier intérêt général aujourd’hui
    1. Sur ce plan il vous serait peut être plus utile de tracer les similitudes entre la France et les très regrettés pays socialistes . Car c’est là que vous avez la personnalisation du pouvoir à l’état pur ; Staline, Castro, Mao .. toutes les idoles des universitaires français

    • FredericN, sincèrement, ma connaissance de notre histoire n’est pas énorme: ce sont bien au contraire mes lacunes qui sont énormes, mais aussi, ma curiosité et m’ont envie d’apprendre! Pour le reste, votre commentaire me semble dire un peu la même chose que moi sur la personnalisation du pouvoir: nous sommes bien aujourd’hui dans une logique totalitaire « douce »!
      MT

    • Colibri dit :

      Je me permets un bémol si vous le voulez bien. Depuis la révolution française la gauche a été au pouvoir combien de temps? La droite a été au pouvoir combien de temps? Le plus souvent et le plus longtemps c’est la droite qui a gouverné notre pays. Et parfois de manière cruelle et injuste. Et sur ma période de vie (65 ans) j’ai connu plus de gouvernements de droite que de gauche. Gouvernements de gauche arrivant au pouvoir non pas parce que la Gauche serait soudain devenue majoritaire dans notre pays mais parce que la droite se divise parfois de manière très fratricide.

    • Frederic_N dit :

      Maxime, si nous sommes dans une logique totalitaire, alors la question est bien d’organiser la résistance ..

  4. Janus dit :

    Je comprends votre dégout pour les caractéristiques de la politique et des politiciens d’aujourd’hui. mais les exemples choisis des grands hommes du passé n’enrichit pas votre thèse : Bien que relativement discrets (encore que c’est essentiellement l’effet du recul de l’histoire – En leur temps, ils tenaient le haut du pavé médiatique-) ces hommes ont eu par leurs orientations et leurs décisions un effet gravement négatif sur le destin de la France : Ferry : Colonisation et ruine corrélative de la France, Gambetta : Un tribun sans aucune action action d’éclat sinon la continuation inutile de la Guerre en 1870 et le durcissement des exigences bismarckiennes, Waldeck-Rousseau : la politique destructrice de laïcisation outrancière de l’état avec les ruptures du corps social que cela a entrainé durablement, Poincarré : La rigidité imbécile et bornée face à l’Allemagne dans le déclenchement de la guerre de 14 et dans la gestion de l’après guerre et les conséquences que nous avons eu 20 ans après. Bref tous ces bons serviteurs de la République, ennemis du pouvoir personnel et membres d’une caste de professionnels de la politique ont à leur actif bien des médiocrités et des actions dramatiquement destructives pour la France.
    Hélas, votre démonstration n’est pas probante. Je le regrette infiniment, car comme vous je souffre douloureusement de la présidentialisation du régime et de sa médiocrité triomphale.
    Je ne vois plus où chercher le salut de la France telle que nous l’aimons ?

    • Janus, oui, ils ont commis des erreurs parfois considérables et je suis d’accord sur Ferry et la colonisation, mais concernant Gambetta, il sauve l’honneur de la France en luttant jusqu’au bout contre l’envahisseur, Waldeck Rousseau ne fut pas du tout le laïcard que vous dites bien au contraire (vous confondez avec Combes), il eut l’immense mérite de mettre fin à l’affaire Dreyfus et Poincaré un grand homme d’Etat qui a tenu la barre en 1914-1918, fait appel à Clemenceau, puis sauveur du franc 1926.
      MT

  5. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Une question me taraude depuis hier. Pourquoi avoir choisi de nos donner en exemple ces quelques hommes politiques de la IIIème République, appartenant plus au XIXème siècle qu’au nôtre, alors que tout près de nous, nous avons eu Philippe Séguin auquel vous auriez pu vous référer avec plus d’à-propos ? N’était-il pas cet homme d’État, grand serviteur de la Nation à qui la classe politique réunie a offert un hommage national à l’occasion de ses obsèques aux Invalides ?
    Laissez-moi deviner ! Son plus grand défaut n’est-il pas d’avoir été ce gaulliste social souverainiste, ostensiblement à la tête de ceux qui s’opposaient aux traités européens qui tournaient le dos à cette Europe des Nations, chère à De Gaulle, alors que TOUS les présidents de la Vème République, de Giscard d’Estaing à Macron, s’inscrivent dans la droite ligne de la construction européenne qui doit nous mener vers une Europe fédérale dont on nous impose déjà le modèle économique et social d’un rare violence dont les Français, majoritairement, ne veulent à aucun prix ?

    • Mildred, Votre question est bonne, mais pas la réponse. Je parle de grands républicains oubliés parce qu’ils ont joué un rôle considérable dans l’histoire en conciliant autorité effective et méfiance envers la personnalisation excessive du pouvoir (culte de l’image narcissique qui paralyse la volonté); la question européenne n’était pas cette fois dans mon propos. P Séguin, c’est tout autre chose, un grand penseur politique, mais n’ayant presque jamais exercé le pouvoir. Je parlerai de lui très bientôt en abondance à l’occasion de la sortie d’un livre fondamental à son sujet…
      MT

  6. Timéli dit :

    Objectivement, ce n’est pas au terme des cents premiers jours de pouvoir qu’on peut juger de la réussite ou non d’un homme. Néanmoins, ce délai constitue un test suffisant pour se faire une idée de son avenir. Sur ce plan, nous pouvons déjà en tirer des conclusions, hâtives certes, mais fondées sur la réalité : la barre avait été tellement placée haut avec Macron qu’il ne la pas franchie lors de ses premiers sauts. Sa cote de désamour avec les Français est déjà vérifiée (dernier sondage : 64% d’entre eux sont déçus !). Certes, ce temps est trop court pour agir en profondeur, mais il montre clairement les limites de compétences du président. Enlisé dans le culte de l’image, ce n’est pas seulement avec de la com que l’on gouverne. D’autre part, le décalage entre les promesses et les attentes est trop grand, et les premières actions, toujours examinées à la loupe, constituent un réel indice pour la suite. Or, Macron a raté sa loi sur la moralisation. Certains membres de son gouvernement sont éclaboussés, à tort ou à raison, par des affaires. L’Assemblée Nationale, où il détient une majorité écrasante, ressemble à une école de maternelle. Est-ce de cette façon dont le pays pourra se sortir du bourbier où les cinq ans de « hollandisme » l’ont conduit ? Non, je ne le crois pas. Les pressentiments que nous pouvions avoir sur Macron au lendemain de son élection semblent bien se confirmer et augurent mal de son avenir, même si j’entends, déjà, quelques Français avancer que Macron, dans cinq ans, sera réélu. Eh bien, moi, je pense que demain emportera au cimetière des erreurs leurs certitudes d’aujourd’hui. Quand un président apparaît trop fragile, pas « taillé pour le job », si intelligent soit-il, il a peu de chances de réussir. Les médias ne suffiront plus à le maintenir au pouvoir.

    • Timeli, le fait, pour le monde politico-médiatique, de penser à une réélection dans 5 ans, alors qu’il y tellement de travail aujourd’hui, de souffrances et d’inquiétudes, est un signe de noire bêtise voire de la démence fébrile.
      MT

  7. Vu du Mont dit :

    C’est d’hommes charismatiques dont nous avons besoin. Le charisme, c’est la solidité de la pensée, qui guide l’action, acquise par la connaissance, la réflexion, la culture, l’expérience, tous les éléments qui peuvent bâtir un homme qui aurait de la force et saurait l’exprimer avec une capacité humaine, faite de discrétion et d’humilité (et jetant aux orties,l’orgueil et la vanité qui sont bien des faiblesses), loin de la gesticulation,
    Ces hommes existent certainement, dans notre pays, nous en avons connus dont les bases chrétiennes les aidaient dans leur façon d’être; en matière de Présidents, citons, Charles De Gaulle et Georges Pompidou qui sont ceux connus et qui disposaient de ce charisme.

  8. Cyril45 dit :

    Bonjour Maxime,
     » Le culte de l’image personnelle, dans le monde moderne, est incompatible avec le risque de la décision, de l’action authentique et de la transgression parfois nécessaire. L’obsession du paraître étouffe le faire. » Bien d’accord. Et cela ne s’est pas arrangé avec la décision de Jacques Chirac d’inclure dans la constitution ce stupide principe de précaution.
    Par contre, je pense que bien des monarques français pourraient être rangés aux côtés des républicains que vous citez, rois (et reines de France) qui avaient le sens de l’État et de la grandeur de notre pays.

  9. Citoyen dit :

    « Les quinquennats se suivent et se ressemblent à certains égards. » … Dans le sens de la décrépitude ou de la dégringolade, il n’y a aucun doute … Avec le clown de Corrèze, on croyait avoir touché le fond de l’abime … qu’il n’était pas possible de descendre plus bas …. Hé bien, si !… C’est possible … Et en moins de trois mois le doute est levé.

    « ….recèle l’absence de projet collectif et d’un destin commun à bâtir. » …. Excellente réflexion. Pour qu’il puisse y avoir projet, il faudrait que les français aient encore quelque chose à bâtir en commun … Avec le désastre que les instances, qui en avaient la charge, ont fait de ce pays, non seulement on en prend pas la direction, mais on s’en éloigne de plus en plus …

  10. Henriane JEGO dit :

    Cette progression constante de la forme au détriment du fond m’effraie. Depuis que j’ai lu le « Retour au meilleur des mondes » où Aldous Huxley fait une analyse de la société en 1957 en s’appuyant sur son roman léger et sur le moins léger « 1984 », je constate, impuissante, l’instauration de son meilleur des mondes, monde du paraître et de la productivité qui offre le confort mais nie la pensée. Les jours de découragement, je cherche l’ile où me réfugier, ni lIe d’Elbe, ni sainte Hélène, une ile pleine de fond et où la forme garde une place raisonnable, celle qui cherche à nous charmer et non à nous dominer.

  11. raimanet dit :

    A reblogué ceci sur Boycottet a ajouté:
    http://tiny.ph/kofs -> un despote masqué en mission

  12. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Si je partage entièrement votre réflexion sur le culte actuel et imbécile de la personnalité et le relais affligeant qu’en font tous les médias, je souhaiterais évoquer cette obsession journalistique de vouloir faire un bilan des 100 premiers jours de pouvoir d’un Président de la République.
    Je trouve ce délai particulièrement stupide et inadapté pour un premier bilan.
    En effet, si le Président de la République prend effectivement ses fonctions au cours de la première quinzaine de mai, il ne peut dans les faits par faire grand-chose tant qu’il n’a pas mis en place son gouvernement et tant que la session de l’Assemblée Nationale n’a été ouverte avec les nouveaux députés et que le 1er ministre ait prononcé son discours de politique générale c’est à dire un quasi immobilisme jusqu’à début juillet. Le premier mois et demi de pouvoir n’est donc destiné, hors urgence et affaires de politique internationale, qu’à la mise en place des nouvelles équipes.
    Puis, lorsque l’on se retrouve avec une chambre des députés renouvelée au 3/4, comment vouloir exiger de ceux qui pour la plupart, n’ont jamais été élus, qu’ils soient efficaces et opérationnels immédiatement ?
    Par ailleurs, et vous le savez bien mieux que nous, la lourdeur de l’appareil législatif et les circuits de décisions jusqu’à la parution des décrets d’application des lois sont à mon avis, à réexaminer d’urgence pour les rendre plus efficients et plus en adéquation avec le mode de vie actuel. Bien-sûr, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, mais pour ne prendre qu’un exemple : qu’apportent effectivement les multiples navettes des projets de textes entre l’Assemblée Nationale et le Sénat lorsque l’on sait que de toute façon seule l’Assemblée Nationale décidera du texte final ? Ne peut-on pas les réduire à un seul aller et retour ?
    Pourquoi les Administrations et les Ministres mettent-ils ensuite tant de temps pour faire paraître les décrets d’application des lois et décrets ?
    En 1997, un ministre de l’Education Nationale oh combien lucide déclarait qu’il fallait « dégraisser le mammouth», il serait tant aujourd’hui, qu’un Président et son premier ministre aient cette volonté de réformer le fonctionnement de notre République dès le début de leur mandat.
    Utopie ou rêve fou ?

  13. Mildred dit :

    Moinsieur Tandonnet,
    Encore un très beau billet dans le sens noble du terme.
    Sauf que, pas un Français sur cent – peut-être sur mille – ne connaît ces « grands républicains » auxquels vous faites référence.
    Chercher l’erreur !

    • Mildred, c’est tout le problème!
      MT

    • Philippe dit :

      Je confirme Mildred, et cela ne se cantonne pas à la base, mais aussi à ces soi-disant élites Essec, Sup de Co et j’en passe qui ont une culture générale au ras des pâquerettes et ne leur parlez pas de la Mésopotamie. Demandez à ces génies la date d’instauration de la République et vous allez rire deux minutes.et le premier président de la République Française, vous entendrez toutes les inepties possibles. J’aime même posé la question à des députés qui ont été incapables de me citer Louis Napoléon Bonaparte.
      L’ignorance et la médiocrité sont les valeurs portées haut par le pouvoir politico-médiatique actuel.

  14. Mildred dit :

    « …sur du mythe… » qu’on le veuille ou non, c’est curieux comme tournure !

  15. Doran dit :

    « Aujourd’hui, le culte de la personnalité, autrement dit le « présidentialisme », attisé par la médiatisation, n’est pas seulement un mode de fonctionnement du pouvoir. Il est, dans la France du XXIe siècle, une véritable idéologie, un système d’idées destiné à légitimer le pouvoir en place. Cette idéologie procède de « l’ère du vide »: la personnalisation à outrance recèle l’absence de projet collectif et d’un destin commun à bâtir. Elle se développe sur les ruines de la politique, au sens noble du terme, le gouvernement de la cité, la capacité à agir, choisir, décider, gouverner la Nation. »

    Je reprends votre paragraphe ! Il est l’antithèse totale de ce qu’était la Monarchie française. Personnalisation du Pouvoir par le Monarque , certes avec Louis XIV et son étiquette de cour mais toujours animé de la poursuite de la construction du Royaume . C’est là toute la différence avec ce système républicain qui plonge dans la démagogie permanente, la négation du passé, la pression constante sur nos libertés. Aucun souci du Patrimoine commun, de l’Héritage à transmettre.

    La France, c’est mille ans d’Histoire et ne faire appel qu’aux « grands ancêtres républicains » est une faute que vous commettez et j’en suis surpris eu égard à votre érudition et votre culture. On ne remettra pas ce pays debout si l’on ne tient pas compte de son Histoire totale.

    • Doran, vous n’avez pas tort sur le mérite des rois capétiens qui ont créé la France, mais j’essaye d’être réaliste et suggère un modèle, celui des grands républicains, plus adapté à notre époque qu’un retour à la monarchie traditionnelle.
      MT

  16. Doran dit :

    « Aujourd’hui, le culte de la personnalité, autrement dit le « présidentialisme », attisé par la médiatisation, n’est pas seulement un mode de fonctionnement du pouvoir. Il est, dans la France du XXIe siècle, une véritable idéologie, un système d’idées destiné à légitimer le pouvoir en place. Cette idéologie procède de « l’ère du vide »: la personnalisation à outrance recèle l’absence de projet collectif et d’un destin commun à bâtir. Elle se développe sur les ruines de la politique, au sens noble du terme, le gouvernement de la cité, la capacité à agir, choisir, décider, gouverner la Nation. »

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