Lecture: Churchill, Andrew Roberts, traduction d’Antoine Capet, Perrin novembre 2022 (édition prestige)

Les éditions Perrin publient en cette fin d’année, en format prestige (35 €), couverture luxueuse et nombreuses illustrations, un livre absolument hors du commun: la biographie de Churchill par Andrew Roberts, traduite par Antoine Capet qui fut un immense succès de librairie.

Un superbe cadeau de Noël pour les amateurs et les curieux d’histoire contemporaine.

Ce livre prend à la gorge dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher tout au long de ses 1300 pages qui se lisent d’une traite. Une sorte de biographie parfaite, vivante, comme les Britanniques savent si bien les écrire, oscillant en permanence entre le quotidien et la grande histoire.

A la différence d’autres biographies de Churchill, ce livre nous fait découvrir l’homme en même temps que l’homme d’Etat. Et là, stupeur. Avec un talent hors pair, il nous raconte comment un personnage imprévisible, exubérant, se trompant souvent, franchement incorrect dans ses idées, pleurnichard, caractériel, invivable au jour le jour, transcende, sublime tous ses défauts pour s’imposer comme l’un des plus grands héros de l’histoire de l’humanité – en tout cas du XXe siècle.

Dès l’origine, Churchill est une sorte de paria. D’une mère américaine et d’un père issu de l’une des plus prestigieuses familles de la noblesse britannique, lord Randolph Churchill, fils du 7e duc de Malborough, homme politique ayant exercé les fonctions de chancelier de l’Echiquier, ses relations avec sa famille sont distantes et difficiles. De pensionnat en pensionnat, indiscipliné, il subit des châtiments corporels et les moqueries que lui valent son physique de « bouledogue ». Winston est rempli d’admiration pour son père, qui pourtant lui renvoie une forme de mépris: « Parce que je suis certain que si tu ne peux t’empêcher de poursuivre la vie indolente et sans résultat tangible que tu as menée pendant ta scolarité […] tu ne feras qu’un raté de la société […] et ton existence finira par dégénérer dans le malheur, la bassesse et la futilité. »

Son début de carrière est en effet chaotique. Soldat, il s’illustre lors de la guerre des Boers (Afrique du Sud), notamment par une évasion réussie. Reporter des armées, il se fait connaître du grand public par ses reportages sur tous les théâtres des conflits coloniaux (Indes, Soudan…). Succédant à son père, il est élu député à la chambre des communes du Conservative party. En octobre 1911, il est nommé premier Lord de l’Amirauté – ou ministre de la marine. Son nom pendant la Grande Guerre, s’attache à une bévue monumentale, l’assaut des Dardanelles (Empire Ottoman) en 1915 qu’il a inspiré et qui s’achève par un retentissant et sanglant fiasco avant de se porter volontaire pour servir dans la guerre des tranchées, au péril de sa vie qu’il n’hésite pas à exposer.

Dans l’entre-deux guerres, Churchill se manifeste par son extravagance. Ayant rompu avec le Conservative party avant guerre pour se rapprocher du Liberal party, il y retourne au milieu des années 1920. Mais il se signale en permanence par des prises de position jugées parfois douteuses à l’époque et qui seraient considérées comme monstrueuses au regard des valeurs dominantes d’aujourd’hui: un anticommunisme viscéral, ne cachant pas ses sympathies envers Mussolini (jusqu’à 1935), remerciant les fascistes italiens pour avoir selon lui « rendu service au monde entier » par leur combat contre « les appétits bestiaux du léninisme », son engagement pro-impérialiste et opposition radicale à toute idée de décolonisation voire même d’autonomie de l’Inde: « Mes opinions sur les Indes me satisfont parfaitement et il n’est pas question pour moi de les laisser ébranler par un de ces satanés Indiens ».

D’un caractère compliqué, il terrorise ses secrétaires avant de s’excuser platement, boit au moins une demi bouteille de champagne par jour et beaucoup de whisky à l’eau de Seltz, sombre dans de violentes colères hystériques et interminables lorsqu’il entend dire du mal de ses amis, mais redevient petit garçon devant sa femme, Clementine, joue en permanence avec l’autodérision. Churchill assume et même théorise le chaos de sa vie et de ses idées: « J’ai fait des tas de choses  stupides qui ont bien tourné et des tas de choses judicieuses qui ont mal tourné. Le malheur d’aujourd’hui peut conduire à la réussite de demain. » Tellement vrai… Il a d’étranges manies comme celle de construire de ses mains des murs dans sa propriété de Chartwell. L’ouvrage fourmille d’anecdotes qui mélangent l’humour à la tragédie. Dans un train, après un repas bien arrosé, Churchill commande au serveur une bénédictine. Puis, ayant entamé un énorme cigare, il réclame un cognac. « Mais Monsieur le Premier ministre vous venez de boire une bénédictine » lui dit le serveur. « Je sais; je veux du cognac pour la faire passer! »

Comment alors devient-il cet immense héros de l’histoire que nous connaissons aujourd’hui? Une horreur insatiable, violente, mortelle de l’hitlérisme, un mépris cinglant envers Hitler et ses tortionnaires devient la boussole de sa vie et de sa pensée à partir des années 1930 avec une obsession: détruire la barbarie.   Churchill entre en guerre contre la politique d’apaisement de la classe dirigeante britannique envers l’Allemagne hitlérienne, incarnée par Lloyd George, Baldwin et Chamberlain. Entouré de quelques amis de son club, The Other, tel Antony Eden, il fustige avec indignation chaque concession à la terreur nazie. A la veille des accords de Munich, il écrit à Lloyd George des mot appelés à devenir célèbres: « Je crois qu’il va nous falloir choisir entre la guerre et la honte […] et je n’ai guère de doute sur ce que sera la décision ».   La virulence de ces critiques contre la politique d’apaisement lui vaut la détestation de son propre parti qui veut l’exclure et lui retirer l’investiture. A la Chambre, quand il refuse de se lever pour saluer le départ de Chamberlain à Munich le 29 septembre 1938, il est conspué, sifflé, hué: « Debout, debout! »

Au lendemain de la signature des accords de Munich, par lesquels la France et l’Angleterre trahissent l’allié tchécoslovaque en l’abandonnant aux conquêtes hitlériennes, contre l’euphorie qui embrase la classe dirigeante britannique, persuadée que la paix est sauvée, Churchill écrit: « Je vais commencer par dire la chose la plus impopulaire et la moins bien venue: nous venons de subir une défaite complète, sans rémission. » Puis, « Il ne pourra jamais y avoir d’amitié entre la démocratie britannique et la puissance nazie, cette puissance qui bafoue la morale chrétienne, qui glorifie sa marche en avant par un paganisme barbare, qui vante l’esprit d’agression et de conquête, qui tire sa force de son plaisir perverti de la persécution […] violence meurtrière avec une brutalité sans pitié. » 

Churchill auquel les événements donnent raison est de retour à l’Amirauté le 3 septembre 1939, à la suite de l’attaque allemande contre la Pologne. Puis à la suite du déclenchement de la guerre éclair, le 10 mai 1940, soutenu par l’opinion publique, le roi Georges VI et une majorité trans-partisane de la Chambre des Communes, il remplace le faible Chamberlain au poste de Premier ministre. La force de l’homme de l’histoire tient à sa phénoménale détermination et son génie des formules qui bouleversent les cœurs et entraînent dans un irrésistible élan: « Je voulais dire à la Chambre, je n’ai rien à proposer, si ce n’est du sang, des efforts, des larmes et de la sueurs. Nous avons devant nous une épreuve de la plus grande cruauté. Nous avons devant nous beaucoup, beaucoup de longs mois de lutte et de souffrance. Vous me demandez: quelle est votre politique? Je répondrai: c’est de faire la guerre, sur mer, sur terre, dans les airs, avec toute la force que Dieu peut nous donner; de faire la guerre contre la plus monstrueuse tyrannie jamais surpassée dans le sombre et lamentable catalogue du crime humain […] Mais j’assume ma tâche le cœur vaillant et plein d’espoir. »

La suite ne fait que consacrer l’accomplissement de la volonté de Churchill. Chaque bombardement sanglant de l’Angleterre, destiné à décourager la population, ne fait au contraire que renforcer son unité autour de son leader. Promesse tenue: les représailles sur l’Allemagne ne tardent pas. Puis, les prédictions de Churchill se réalisent une à une: L’URSS entre dans la guerre ce qui donne lieu la première rencontre entre les deux géants, Staline et Churchill qui se haïssent au départ mais sont réunis par la volonté de détruire le nazisme. Puis les Etats-Unis interviennent à leur tour, à la suite de l’attaque de Pearl Harbor, mais déjà fortement engagés dans le soutien au Royaume-Unis par le système du prêt bail. La complicité – rugueuse par moment et profondément amicale- entre Churchill et le président Roosevelt, fait aussi l’objet de passionnants – et parfois comiques – épisodes de l’ouvrage.

S’adressant à la foule, à la suite de la capitulation allemande, le 7 mai 1945, le Premier ministre lui lance : « C’est votre victoire! » Le public lui répond dans une immense clameur: « Non c’est la vôtre! » Puis il reprend: « C’est la victoire de la liberté, de toute notre histoire, nous n’avons jamais connu plus grand jour qu’aujourd’hui. Chacun, homme ou femme, a fait de son mieux. Chacun a essayé. Ni les longues années, ni les dangers ni les féroces attaques de l’ennemi n’ont en quoi que ce soit, entamé la détermination indépendante de la nation britannique. »

Ce livre illustre à merveille ce qui fait la force d’une authentique démocratie. Churchill n’est pas un autocrate et encore moins un dictateur. Ses décisions émanent d’une discussion interne au War Cabinet. Il s’entoure de responsables civils et militaires qui lui tiennent tête, choisis pour leur forte personnalité et leur intelligence. Il ne supporte pas les courtisans qui ne durent jamais longtemps auprès de lui. Il n’a pas besoin de larves obséquieuses autour de lui mais de caractères. Il attend de son entourage qu’il lui résiste même violemment quand c’est nécessaire et qu’il réponde à ses colères. Il dirige le Royaume-Uni non par des oukases impérieux, lancés de là-haut ou des coups de menton prétentieux, mais par la force de conviction et de persuasion. Il peut arriver que des hauts responsables, y compris des généraux ou amiraux refusent d’appliquer ses ordres, en pleine guerre: cela signifie qu’il n’a pas réussi à les convaincre du bienfondé de ses initiatives. Mais quand son génie s’exprime au travers des formules magiques, il entraîne tout un peuple derrière lui.

MT

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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13 commentaires pour Lecture: Churchill, Andrew Roberts, traduction d’Antoine Capet, Perrin novembre 2022 (édition prestige)

  1. Philippe dit :

    Bonjour à tous,

    Je vais lire ce livre, j’ai dans ma bibliothèque Mémoires sur la Deuxième Guerre mondiale édition Cercle des bibliophiles. de Churchill
    Excellents ouvrages.
    Chruchill, De Gaulle et bien d’autres avaient des qualités que nos politicards d’opérette n’ont pas. Intelligence, bon sens, culture historique, géostratégique, géo-économique.
    Nous sommes dans le monde des incompétents

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  2. Celtapiou dit :

    Chaque livre consacré à Churchill est une bouffée d’air et de fierté :
    rarement un homme aura autant marqué la grande Histoire
    par un tempérament, une force, un humour et une appréhension
    du monde…telluriques !

    Ce géant symbolise tout ce qui manque à notre époque filandreuse ;
    les gouvernants en ce temps là savaient dominer la PEUR,
    celle que les cheffaillons actuels ne cessent de vouloir imposer
    à leurs « sujets » !

    Le gouvernement par la peur est la marque des petits,
    le gouvernement par le panache celle des grands…

    Aimé par 2 personnes

  3. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    J’ai lu, il y a quelques années, après que vous l’ayez suggéré sur ce blog, ce merveilleux livre. Sans doute la meilleure biographie de cet immense personnage.
    Seul regret, il n’y avait aucune illustration mais la lecture avait suffit à mon plaisir.
    Voilà une bonne idée de cadeau de Noël qui ne peut que faire plaisir.

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  4. Léo C dit :

    Bonsoir Mr Tandonnet, toutes et tous.

    Je retiens surtout de ce grand homme, visionnaire, ses citations.

    Deux des plus historiques que je retiens:

    « You were given the choice between war and dishonour. You chose dishonour and you will have war. »

    « Never in the field of human conflict was so much owed by so many to so few. »

    Mes préférées:

     » The inherent vice of capitalism is the unequal sharing of blessings; the inherent virtue of socialism is the equal sharing of misery. »

    « Socialism is a philosophy of failure, the creed of ignorance, and the gospel of envy. »

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    • Gerard Bayon dit :

      @Léo C
      Une grande majorité de Français apprécient W. Churchill et la dernière citation que vous mentionnez : « Le socialisme est une philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie. » ne les a pourtant pas empêchés d’élire depuis 1981 des présidents socialistes et deux présidents prétendument de droite pour continuer de vivre avec la doctrine d’un régime qui n’a jamais cessé de les considérer comme des enfants capricieux.

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  5. Valukhova dit :

    Magnifique plaidoirie en l’honneur de Sir Wiston Churchill, vraiment ! On ne peut évidemment pas comparer cet homme, avec ses travers caractériels, ou plutôt caractéristiques, étant donné son immense courage, malgré ses réparties, semble-t-il, fantaisistes, mais toujours justifiées, oui comparer avec qui que ce soit, certes !
    Est-ce qu’il existe, sur la planète aujourd’hui et surtout en France chez nous, quelqu’un de cette envergure, étant donné le résultat catastrophique qui sévit pour le peuple et bien d’autres, depuis des décennies ?
    Roosevelt, bah ! malgré tout c’était un malade. Et tant d’autres qui donnèrent à écrire : CES MALADES QUI NOUS GOUVERNENT, j’ai oublié l’auteur, mais nous l’avons lu il y a fort longtemps (années 1970)…
    Si vous connaissez quelqu’un qui mériterait la vraie confiance de nos enfants et de nos petits-enfants, venez frapper à notre porte, vous serez reçu les bras ouverts !!
    Merci Maxime. Sincères salutations. Demain je vais au seul magasin culturel de Bourg Saint-Maurice (il n’y a pas de Librairie)… Super U Culture pour acheter le livre dont il est question et, je prendrai le temps de le lire (parce que mon temps, il est drôlement perturbé, avec mon invalide de mari, chouchouté comme pas un. Hé ! oui ! c’est comme ça ici, et comme la neige ne parvient pas vraiment à atteindre mes 1000 mètres d’altitude, les pleureuses économiques savoyardes, sont à l’action. Peut-être qu’ils vont commencer à se cultiver… (hihihi)… Chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il a : l’or blanc, l’or noir, et tout le monde s’entretue dans la plus cruelle démence humaine ! Voilà mes réflexions (même si vous les trouvez un peu au ras des pâquerettes, qui fleurissent encore au mois de mi-novembre, je jubile envers la Nature qui résiste, autant que je résiste aussi. Sale caractère, mais un coeur tellement généreux. Ne répondez pas, c’est bien trop romantique !!
    Michèle

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  6. Monique dit :

    Bonjour Maxime Tandonnet et tous,

    Merci pour ce livre que je vais lire avec intérêt, j’ai toujours eu une grande admiration pour Chrurchill (et de Gaulle !!!) il faut lire ses mémoires de guerre, un petit passage à méditer : « Je dois avouer que c’est surtout à l’Europe que je pense, à la restauration de la splendeur d’une Europe mère des nations modernes et de la civilisation. Ce serait un désastre incommensurable si la barbarie russe submergeait la culture et l’indépendance des anciens États européens. Quoiqu’il soit bien difficile d’en juger actuellement, j’aime à croire que la famille européenne pourra se rassembler pour agir de concert sous l’autorité d’un Conseil de l’Europe. J’appelle de mes vœux des États-Unis d’Europe, dans lesquelles les barrières entre nations seront considérablement réduites et où l’on pourra circuler sans restriction.
    (Mémoires de guerre, 1941-1945, Winston Churchill (trad. François Kersaudy), éd. Taillandier, 2010 )
    Une amitié plus qu’orageuse entre Chruchill et de Gaulle ou alors « deux caractériels qui se haïssent, Chruchill dira: « de Gaulle souffre d’une ambition insensée. C’est le plus grand obstacle vivant à la réunion des Français et à la restauration de la France »… sur ce point il s’est beaucoup trompé. » L’entêtement gaullien a beaucoup énervé Churchill, ces deux hommes dotés d’un indompatble courage dans l’adversité.
    Dans le Figaro du 21/08/20 un très bel article sur ces deux chefs qui ont changé l’histoire titré « Entre Winston Churchill et Charles de Gaulle, le combat des chefs ».
    Dans son discours fleuve prononcé à la Chambre des Communes de Westminster le 4 Juin 1940 il termine :
    « Même si de grandes parties de l’Europe et de plusieurs vieux et réputés États sont tombés ou risquent de tomber sous l’emprise de la Gestapo et de tous les autres instruments du régime nazi, nous ne faiblirons pas, nous n’échouerons pas.

    Nous irons jusqu’au bout, nous nous battrons en France, nous nous battrons sur les mers et les océans, nous nous battrons avec toujours plus de confiance ainsi qu’une force grandissante dans les airs, nous défendrons notre Île, peu importe ce qu’il en coûtera, nous nous battrons sur les plages, nous nous battrons sur les terrains de débarquement, nous nous battrons dans les champs et dans les rues, nous nous battrons dans les collines ; nous ne nous rendrons jamais, et même si, bien que je n’y crois pas un seul instant, cette Île ou une grande partie de cette Île serait asservie et affamée, alors notre Empire au-delà des mers, armé et gardé par la flotte britannique, continuera de lutter, jusqu’à ce que, quand Dieu le voudra, le Nouveau Monde, avec tout son pouvoir et sa puissance, viendra à la rescousse libérer l’Ancien. »
    Les océans et les mers, les Anglais furent notre pire ennemi et sur cette brave et courageuse Normandie, beaucoup de civils sont morts sous les bombes anglaises mais la liberté était à ce prix là.

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  7. Gribouille dit :

    « Avec un talent hors pair, il nous raconte comment un personnage imprévisible, exubérant, se trompant souvent, franchement incorrect dans ses idées, »

    Un exemple d’idée ayant semblé incorrecte à ses collègues parlementaires britanniques, en mars 1933, tel que raconté par Churchill lui-même dans ses Mémoires :

    Il s’agit d’une réaction au plan MacDonald qui, en mars 1933, demandait à ce que l’armée française réduise ses effectifs, et à ce que l’armée allemande puisse augmenter les siens jusqu’à parité (on pensait peut-être ainsi que le match à venir, plus équilibré, serait plus fair-play ?).

    Churchill était contre ce plan, mais il était bien isolé. Dans son intervention au Parlement, il a l’occasion de dire : « thank God for the French army ».

    Un peu plus loin, Churchill commente :

    « I remember particularly the look of pain and aversion which I saw on the faces of Members in all parts of the House when I said : ‘thank God for the French Army’. Words were vain. »

    « Ses décisions émanent d’une discussion interne au War Cabinet. « 

    Fin mai ou début juin 1940, lorsqu’il est devenu clair que la France allait être défaite, la question fut posée au cabinet de guerre britannique de savoir s’il fallait continuer la guerre ou demander la paix aux Allemands.
    Ian Kershaw explique dans son livre Choix fatidiques que la décision devait être prise par 5 personnes, dont Churchill lui-même : 3 furent en faveur de continuer la guerre, alors que 2 voulaient demander la paix.

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  8. cyril dit :

    excellent ! merci

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  9. Ulysse dit :

    Bonjour,
    Merci pour cette relation de la biographie de W.Churchill.
    Par son coté extravagant, hurluberlu, Churchill était un « original » .
    Il me fait penser à Donald Trump , et ce après la nouvelle vague de fraudes des dernières élections américaines (fraudes « démocrates »: pas d’enregistrement des plaintes-pas d ‘enquete-pas de preuves-donc pas de fraudes)(sytème bien rodé les morts votent, pas besoin de carte d’identité , informatique des machines à votet sous controle, votes par correspondance après les élections..)(Que personne ne s’attende plus à des élections loyales). Donald Trump un autre grand hurluberlu.
    Dans son autobiographie , Anthony Burgess (« Les puissances des ténèbres »/ « Orange mécanique » etc..), évoque le fait qu’après la guerre , Churchill ait été battu aux élections, . et ce bien qu’il ait été « le père la victoire ». Son analyse était que le peuple britannique était à genoux d’épuisement)( un peu comme la France après la 1ère guerre mondiale), et qu’il n’envisageait pas de nouvelles épreuves « sociales » sous la direction du conservateur Churchill. L’économie redevenait la priorité pour le peuple.

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  10. jmdh57 dit :

    « Il s’entoure de responsables civils et militaires qui lui tiennent tête, choisis pour leur forte personnalité et leur intelligence. Il ne supporte pas les courtisans qui ne durent jamais longtemps auprès de lui. Il n’a pas besoin de larves obséquieuses autour de lui mais de caractères. Il attend de son entourage qu’il lui résiste même violemment quand c’est nécessaire et qu’il réponde à ses colères »

    Dans une de ses vidéos, Charles Gave dit :  » Le bon dirigeant est celui qui s’entoure de gens plus intelligents que lui « .

    Aimé par 1 personne

  11. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Je trouve étrange que dans votre compte-rendu de lecture vous ne fassiez aucune place à la relation de Churchill avec le général de Gaulle.
    Aussi pour ceux qui osent encore considérer le Général comme un héros français, pourquoi ne pas continuer cette lecture d’un auteur britannique, par celle d’un auteur français, François Kersaudy dont le livre : « De Gaulle et Churchill » est présenté comme « le premier et le seul ouvrage consacré aux relations entre de Gaulle et Churchill. »
    Précisons que François Kersaudy est spécialiste de l’oeuvre du général de Gaulle ET de Winston Churchill dont il a retraduit les « Mémoires de guerre ».

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  12. H. dit :

    Bonjour Maxime,

    La lecture de ses mémoires est un régal. J’ai ri en lisant le premier volume « Les jeunes années ». C’est à la fois drôle, instructif et passionnant. Lorsqu’il écrit ses mémoires avant la guerre après une vie somme toute très bien remplie, Winston Churchill ne se doute pas que « le meilleur » est à venir. Et puis il y a la rencontre entre ce qu’on peut appeler deux géants, lui politicien confirmé, et cet obscur et orgueilleux général de brigade à titre temporaire, un certain de Gaulle. On ne connaîtra jamais les réflexions intimes de ces deux grandes personnalités lorsque le général de Gaulle, devenu chef de l’état, fit de son glorieux homologue un compagnon de la Libération le 6 novembre 1958 et ‘ui accrochez la Croix sur sa veste (https://www.musee-armee.fr/echo-du-dome/32/html-accessible/dossier/de-gaulle-decore-churchill-de-la-croix-de-lorraine.html). Quand on connaît l’intensité et la violence de leur relation pendant la guerre, les deux ont ressentir une émotion peu commune.

    Bonne journée

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