Qu’est-ce qui cloche dans ce pays?

Le tweet d’un simple particulier à plus de 300 000 lecteurs soit environ un Français sur 200, ne saurait être complètement anodin. Il se contente d’ailleurs de poser une question: la question de la démocratie française. Pourquoi le résultat des urnes n’a-t-il à peu près aucun rapport avec les aspirations profondes du pays. Bien entendu, on peut railler les sondages: les sublimer quand ils prédisent et façonnent l’élection de votre idole, et les dénigrer quand ils soulèvent une question de fond. C’est une manière comme une autre de nier la réalité d’un profond malaise démocratique, en proposant de casser le thermomètre. « 80% des Français ne voulaient pas le duel le pen/macron et ils l’ont eu; 70% des Français ne voulaient pas la réélection de macron et ils l’ont eue; 65% des Français ne veulent pas d’une majorité LREM et ils vont sans doute l’avoir. Qu’est-ce qui cloche dans ce pays? » La question n’est pas de discuter la légitimité de scrutins qui sont à la fois parfaitement légaux et légitimes dans la mesure où ils sont conformes à la règle du jeu. La question est de s’interroger sur la pertinence de cette règle du jeu Elle consiste à essayer d’ouvrir les yeux – ou cesser d’être des dupes – pour constater que le régime politique français, entièrement fondé sur la manipulation des émotions (d’amour et de haine) et la fuite devant la réalité, repose désormais sur une forme de despotisme ou tyrannie de la bêtise et s’éloigne de la démocratie à vue d’oeil – le pouvoir du peuple ou de la nation. Le succès de ce simple tweet souligne à quel point le pays a besoin d’ouvrir un débat sur ces questions.

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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43 commentaires pour Qu’est-ce qui cloche dans ce pays?

  1. Citoyen dit :

    « Qu’est-ce qui cloche dans ce pays? »
    S’agissant d’un tweet à 300k visiteurs, il faut relativiser, Maxime.
    Le tweet est devenu le mode de diffusion ultra rapide d’une pensée succincte en 140 caractères !.. Une sorte de restauration rapide : le McDo de la pensée … Où les gens passent par là comme des badauds, sans autre conséquence …
    Pour faire un parallèle avec le commerce, sur les Champs. Il y a des vitrines, où tous les jours, des milliers de badauds passent devant et s’arrentent quelques secondes pour regarder … Pour autant, cela n’implique pas que ces milliers de passants entrent dans le magasin …

    Sinon, sur un plan plus général, on sait, ce qui cloche dans ce pays, depuis au moins 4 décennies (au moins depuis le mitteux) …
    Une caste composée d’individus (pour ne pas dire de parasites) qui vivent sur le dos des contribuables, s’est immiscée dans tous les rouages du pouvoir pour qu’il soit à son service, et met tout en œuvre pour que les commandes du dit pouvoir ne lui échappe pas (plus). Pour ce faire, et parvenir à ses fins, tous les moyens sont bons …
    C’est le principal élément (la cause première), de ce qui ne va pas. Tout le reste en découle …

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  2. charles902 dit :

    ce qui cloche dans ce pays? C’est que ce n’est plus un pays. Au mieux un amalgame d’individus motivés par leurs intérêts propres. une sorte de conglomérat d’égoïstes mondains

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  3. Stanislas dit :

    Pour les camarades de blog qui s’ennuient et veulent préparer une riposte aux prochaines mesures d’émiettement de la société par covidation bureaucratique interposée, je propose de lire ou relire deux ouvrages peu cités de Chritopher Lasch …

    – La culture du narcissisme écrit fin 1970
    – La révolte des élites écrit début 1990..

    Ca donne une idée de ce qui branle dans le manche en France qui se macdonalise

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  4. Jean dit :

    Résultat du premier tour
    Emmanuel Macron a remporté 27,84% des voix
    Marine Le Pen, 23,15%
    Jean-Luc Mélenchon, 21,95%
    Eric Zemmour, 7,07%
    Valérie Pécresse, 4,78%
    Yannick Jadot, 4,63%
    Jean Lassalle, 3,13%
    Fabien Roussel, 2,28%
    Nicolas Dupont-Aignan, 2,06%
    Anne Hidalgo, 1,75%,
    Philippe Poutou, 0,77%
    Nathalie Artaud, 0,56%.

    C’est un peu facile d’additionner tous ceux qui n’ont pas voté Macron pour dire ensuite qu’il a été élu avec une minorité des voix ! C’est le résultat d’un nombre important de candidats au premier tour. Au deuxième tour les Français ont choisi. j’ai pas voté au premier tour et au deuxième j’ai voté Marine, histoire de ne pas donner ma voix à Macron.

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  5. Zonzon dit :

    Maxime,
    Donnez-moi le nom d’un homme capable d’assumer dignement la charge de l’Élysée et je voterai pour lui !
    J’ai totalement confiance dans la justesse de votre jugement et dans votre amour pour mon pays.

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  6. Zonzon dit :

    Quand on vous dit, cher Maxime, qu’il faut changer de Constitution vous faites la sourde oreille, voire vous raillez !
    il faudrait savoir ce que vous voulez … vous voulez continuer à loger un infâme à l’Élysée ?

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  7. cyril dit :

    article de Philippe Juvin , le figaro,
    Je suis parti récemment en Ukraine comme médecin, avec la volonté d’aider. J’y suis allé seul, sans organisation. Avec en poche une simple adresse de clinique, deux lourds sacs de matériel médical, de la morphine et quelques médicaments. Là-bas, j’ai soigné dans des caves transformées en hôpitaux. J’ai donné des conférences médicales et des cours de sauvetage au combat à des militaires du front et à des civils à l’arrière. J’ai beaucoup appris sur un peuple courageux. Ce sont ces réflexions que je veux livrer, avec les limites d’une observation faite du terrain, sans la hauteur que l’éloignement permet parfois.

    La première observation est celle de la guerre. À partir de 23 heures, aucune lumière ne doit s’échapper d’aucune fenêtre. Je suis arrivé dans la nuit. Dix minutes après avoir pris possession de ma petite chambre d’hôpital, les sirènes ont retenti dans toute la ville. Au loin, deux bruits semblables à des explosions. Ces sirènes nous sont familières en France car on les entend chaque premier mercredi du mois en guise d’exercice dans nos communes. Mais là, c’est pour de vrai. Elles signifient qu’un avion ennemi ou un missile franchit les limites de votre région. Sauf à Lviv où on nous obligeait parfois à nous abriter, elles sont si fréquentes que la majorité des habitants continue à vaquer à ses occupations. Au bout de deux jours sur place, et à raison d’une dizaine d’alertes par jour, vous vous surprenez à ne même plus les entendre. Une nuit, harassé, je décidais de continuer à dormir malgré elles, comme on le fait quand un réveil tente de vous hisser vers le monde conscient et que vous décidez quand même de ne pas interrompre votre rêve.

    L’inquiétude est omniprésente et elle devient votre seule compagne

    Les premiers jours, on est surpris qu’il existe une vie, avec des restaurants ouverts et des enfants qui vont à l’école. Mais la guerre est partout: les longs gémissements des sirènes, les bâtiments détruits, les checkpoints, les statues emballées dans les rues, l’interdiction de photographier, les soldats cagoulés dans leurs tranchées, les fenêtres des hôpitaux calfeutrées et leurs blocs opératoires dans les caves, les panneaux indicateurs maquillés, les milliers de réfugiés dans les villes, les voitures abandonnées à la frontière par ceux qui ont décidé de passer à pied, les lents et pointilleux contrôles douaniers. L’inquiétude est omniprésente et elle devient votre seule compagne. Et encore ne suis-je resté que deux semaines.

    La seconde observation concerne la détermination des Ukrainiens. Pas un, de l’ouvrier à l’ingénieur, de la jeune femme à l’homme mûr, n’imagine perdre cette guerre. Tous sont certains que, à la fin, les Russes seront chassés. Et quand vous posez la question de la Crimée, on vous fait répéter. Car la question n’existe pas pour eux. Pas un n’imagine finir la guerre sans la reprendre. «C’est notre Alsace-Lorraine», me dit ce professeur de français. Partout fleurissent des centres d’entraînement pour les civils de 16 à 60 ans. Permettent-ils de faire un combattant en deux journées? Sans doute pas. Mais grâce à eux, la population est mobilisée. Chacun des hommes que j’y croisais me faisait penser à un soldat de l’an II. Mal équipé, mais «La liberté ou la mort».

    J’ai vu là-bas des blessures physiques et psychologiques que je n’avais vues nulle part en si grand nombre

    La troisième observation procède de la précédente. Les Russes savent que s’ils parvenaient à conquérir l’Ukraine, ces millions de civils entraînés seraient une menace telle qu’il leur faudrait 2 millions d’hommes pour tenir le pays. Ils ne les ont pas. C’est pourquoi il est probable que Poutine jouera l’arme du temps, comme en Syrie. Comment? Fortifications dans l’Est et en Crimée et de là, envois de missiles et d’avions pour détruire tout ce que l’Ukraine compte d’infrastructures, sans exclure l’hypothèse de l’utilisation d’armes chimiques ou nucléaires tactiques. Les Russes ont probablement utilisé du sarin en Syrie, non pas de façon massive comme on s’y prépare en Ukraine, mais dans de simples grenades. Il faut s’attendre à revivre la même chose ici. Ce scénario d’usure aura pour but d’affaiblir la résistance des Ukrainiens et la patience des Occidentaux. L’augmentation du prix des céréales et de l’énergie, et l’afflux de millions de réfugiés nous amèneront-ils à négocier? Nous devrions nous y préparer dès maintenant: accélérer notre révolution énergétique et remettre en culture toutes les terres disponibles en Europe. Car la guerre peut durer des années.

    La quatrième observation est sanitaire. J’ai vu là-bas des blessures physiques et psychologiques que je n’avais vues nulle part en si grand nombre. Ni en France pendant les attentats, ni au Liban que je connais, ni en Afghanistan où j’avais servi comme médecin militaire. Un exemple me marquera. Dans l’Est, des civils avaient été blessés lors du bombardement de leur ville. Leur quartier grouillait de Russes et les combats continuaient. Blessés, sans soin, ils durent se terrer plusieurs jours dans des caves. Certains ne parvinrent à Lviv que vingt jours après leur blessure. Imaginez l’état psychologique de ces malheureux laissés durant des semaines sans soins dans la crasse et la peur. Lors de leur première nuit à l’hôpital de Lviv, la sirène retentit. Paniqués, des dizaines d’entre eux vont alors s’échapper de leur chambre et courir en tous sens, pris d’une crise de panique telle que les psychiatres n’en avaient jamais vu. Les séquelles physiques et psychologiques vont être immenses.

    Nous sommes des enfants gâtés qui ne comprenons pas notre chance

    La cinquième observation est politique. Nous aidons les Ukrainiens en leur livrant armes et renseignements. La France pourrait facilement monter aussi une opération de diplomatie de grande envergure en envoyant quelques médecins volontaires pour trier sur place les blessés de guerre, et réguler leur admission dans plusieurs hôpitaux européens. Je l’ai fait de façon artisanale pour un officier blessé, avec mon seul carnet d’adresses et l’aide très réactive du Quai d’Orsay. La massification de la démarche permettrait à la France de gagner de précieuses amitiés sans le coût politique des livraisons d’armes. La diplomatie sanitaire est un outil que la France devrait systématiser, et pas seulement en Ukraine.

    La sixième observation est personnelle. La plus grande leçon de mon voyage, je l’ai vécue à mon retour, en franchissant la frontière polonaise. En 500 mètres, je quittais brutalement une lourdeur omniprésente pour une campagne paisible, prospère, léchée, sans cette inquiétude sourde qui vous tenaille dans votre être le plus profond. Brutalement, j’étais dans un endroit où nul soldat ne vous arrêtait pour contrôler je ne sais quoi. Où nulle sirène ne vous rappelait la mort omniprésente. C’était la paix familière.

    Et là, taquinerie du hasard, alors que nous roulions depuis cinq minutes dans ce monde tranquille, retentit à la radio une improbable chanson de Joe Dassin: Si tu n’existais pas. Cela dura de très longues minutes, comme pour me donner le temps de savourer ce signal de bienvenue. Bienvenue à la maison. Sentiment naïf peut-être exacerbé par deux semaines d’épreuves, mais j’avoue avoir eu la gorge serrée. Effectivement, si notre Europe «n’existait pas», il faudrait l’inventer. Nous sommes des enfants gâtés qui ne comprenons pas notre chance.

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    • lugardon dit :

      Merci de votre témoignage. Merci de votre engagement.

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    • pierre guillez dit :

      Bonjour ce témoignage est il véridique? Il me parait étrange de pouvoir entrer dans un pays en guerre et etre transporté sur le front sans etre introduit par un organisme, ong, association internationale… meme en se prétendant médecin. Tout aussi douteux des blessés qui attendent les soins durant 20 jours et ne succombent ni ne chopent la gangrène. Les crises de panique des hospitalisés beaucoup plus hystériques que dans toute autre guerre, alors que le donbass est en guerre depuis 16 ans. Et le style du texte, avec des répétitions, qui parait une traduction google.
      La situation est certainement difficile la bas, mais nous sommes tout de meme dans une région hautement organisée et équipée, en transports et soins notamment. Et les Russes ont tout intérêt à faciliter le traitement des blessés et malades.
      En tant de paix le doute est un acte démocratique. En tant de guerre il est une obligation constante.

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    • lugardon dit :

      Merci de nous faire connaître le témoignage et l’engagement de ce médecin.

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  8. Freddie dit :

    Ce qui cloche, c’est qu’il y a quand même pas mal de gens qui voulaient voter Macron. Ce qui cloche aussi, c’est que la France est très étatiste. Aucun candidat ne peut se permettre de le remettre en question en faveur d’un système plus libéral. Il ferait trop peur. Tous les Français ou presque espèrent que l’État va leur donner de l’argent, ou en reçoivent déjà.

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  9. Simon dit :

    Bonsoir,
    Ce qui cloche est que nous, le peuple, ne sommes que le cache sexe d’une parodie qui est censée représenter la DÉMOCRATIE. Or, c’est du flanc, de la comédie. Qui porte la voix des millions de nos concitoyens ? Personne. Tout est décidé en amont, comme l’a si bien dit une des députées LREM.
    Les lois s’empilent les unes sur les autres, deviennent pléthoriques, complètement et définitivement hors sol (Mariage pour tous, PMA, GPA, euthanasie…) pour ne citer que celles là. Elles n’ont plus aucun lien avec la loi naturelle. On s’occupe de la terre entière mais pas de notre peuple dans le besoin. Parfois, je me demande si nous avons besoin de tous ces ministres, tous ces députés, représentants du peuple, enfin bref, tout ceux qui émargent sur les impôts que nous payons pour un service très limité. Garantissent-ils le pouvoir d’achat, la sécurité des biens et des personnes, l’équité, l’éthique, la justice, l’éducation, la paix. …Répondrons-nous oui à tous ces items ? Protègent-ils notre façon de vivre, de penser, d’être ?
    Nous sommes des cocus. Obligés de nous taire sur de nombreux sujets, car accusés d’être réactionnaires, fascistes, racistes, extrêmistes…voilà que maintenant, nous avons une Renaissance… j’ai vu quelques images, l’arrivée de foutriquet comme en 2017 devant la pyramide, mais en intérieur (moins risqué), la foule des courtisans, dont votre ancien patron Maxime, derrière des cordons, faut pas « déc… » des fois qu’ils toucheraient de trop près sa sérénissime grandeur et sa nounou-épouse-cougar-milf… Et qui paie ? Mais nous, mes bons amis, nous, pour voir se désagréger notre cher vieux pays, pour lequel nos ancêtres se sont battus ou engagés, mes grand-pères prisonniers de guerre, un cousin tué à Monte Cassino…
    Je suis un peu vénère comme diraient mes enfants, mais voilà quels recours avons-nous ? Qui porte nos espoirs, nos inquiétudes ? Personne.

    Aimé par 6 personnes

    • Zonzon dit :

      Chère Simon,
      J’ai indiqué à plusieurs reprises à Maxime une solution pour effacer toute cette boue que vous décrivez avec justesse.
      Pour que la France continue il faut tout changer … pour paraphraser le Prince Salina !

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    • Sganarelle dit :

      @ Simon
      Il y a Zemmour qui n’est pas assez politique pour connaître la manoeuvre et d’autres tapis dans l’ombre qui ont peur de la lumière , mais ça viendra. Nous ne sommes pas encore tombés assez bas , il faut que ceux qui ont de l’eau jusqu’au cou attendent qu’ elle monte jusqu’aux chevilles des nantis ou de ceux qui se croient à l’abri. Encore un peu de patience et. on verra quelques téméraires.
      En attendant essayons de garder un peu d’humour ( c’est la politesse du désespoir) en voyant dans l’exercice de son intronisation notre président atteint ,comme le dit si bien un journaliste , du « paradoxe du coquet » qui le «  rend capable de descendre de vélo pour se regarder pédaler » .. une véritable leçon d’humilité !

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