Lecture: Les Poilus, la France sacrifiée, Pierre Miquel, Pocket 2013 (fiche de lecture de M. Jean-Michel Rivalland)

Cet ouvrage déjà ancien (2000) traite d’une période encore plus ancienne, quasiment oubliée de la majorité de nos concitoyens, puisqu’il y est question de ceux qui ont fait le Guerre entre 1914 et 1918 : les Poilus.

Je ne développerai pas le côté littéraire de cet ouvrage, qui constitue incontestablement une œuvre littéraire, au plein sens du terme : outre que c’est remarquablement écrit, l’auteur plonge le lecteur dans l’horreur des combats par un style maîtrisé, vif, qui contribue à faire de cette lecture un grand moment !

Mes propos portent davantage sur l’objet de ce livre, à savoir les poilus et ce conflit.

Et son actualité au regard de ce que vit la France en ce moment.

Tout d’abord, j’ai été saisi par les nombreuses descriptions de combats et d’offensives lancées par l’État-major français, toutes plus ou moins loupées. Miquel montre avec brio à quel point les armées françaises ont été malmenées (le mot est faible) par une caste d’officiers généraux imbus d’eux-mêmes incapables de faire correctement leur métier. Avec les conséquences que l’on sait sur un nombre effroyable de morts et de blessés. Ne serait-ce que parce que les fantassins français étaient considérablement moins bien équipés et protégés que les fantassins allemands. On ne parlera pas des fameux « pantalons rouges » de 1914, ni de l’absence de casques avant 1915 voire 1916… Mais lorsqu’on visite les sites de ce conflit, on peut encore mesurer à quel point les tranchées françaises étaient sommaires au regard des abris allemands.

Il y a là un vrai paradoxe : l’Allemagne impériale, avec ses officiers généraux et supérieurs constitués d’une caste de « junkers » et d’aristocrates méprisants était plus attentive au bien être des « feldgrau » et à leur sécurité que les officiers de la République…. Et sans le dire explicitement, Miquel met bien en pleine lumière cette réalité crue.

Ce livre est aussi impressionnant en ce qu’il fait comprendre et appréhender presque physiquement l’ampleur totalement inédite de ces massacres de masse que constituaient ces offensives françaises, à la recherche de la fameuse « percée » introuvable. On pourrait presque parler, en osant l’anachronisme, de quasi-génocide des populations rurales françaises. Les étendues infinies de tombes qui peuplent les innombrables cimetières du Nord et de l’Est de la France en témoignent. Mais un cimetière est muet. Les descriptions d’anéantissement que fait Miquel rendent tout cela « vivant » et d’autant plus insoutenable. Ce mépris de la vie humaine est totalement incompréhensible et absolument inexcusable. Ce qui est absolument incroyable, c’est le courage et l’abnégation de ces Poilus qui montaient à la boucherie sans rechigner avant 1917.

Et cela laisse quand même beaucoup à penser quant à ce qu’était la réalité de la société française de ces années 1900. La Révolution n’avait en fait rien changé quant aux structures profondes d’une société française restée fondamentalement rurale et paysanne. et …soumise….

La Révolution, malgré ses guerres civiles et ses guerres extérieures, malgré la fin de la monarchie, malgré toutes ses turbulences, malgré le Premier Empire, n’avait au fond pas bouleversé les structures anthropologiques profondes de la France. Il a fallu pour cela l’industrialisation généralisée et l’urbanisation accélérée qui sont venues ensuite. La révolution industrielle du XIXème siècle, pour réelle qu’elle ait été (cf. les ouvrages de Zola ou le rapport Villermé) n’était pas assez ancienne pour bouleverser les racines d’une nation et d’un peuple. Il a fallu pour cela cette Grande Guerre et plus largement cette guerre de 30 ans.

Cet ouvrage a également le mérite de permettre une compréhension des faiblesses structurelles de la France et de ses élites, pour lesquelles, au fond, le principe de réalité n’existe pas.

On voit bien à cette lecture, la différence entre d’un côté, la performance technique et logistique allemande et de l’autre l’improvisation permanente du côté français, où il manque toujours de l’artillerie, des obus, des munitions, des feuilles de routes précises et claires, …., ce qui fait que des divisions entières sont ballotées de droite et de gauche,… et pour finir, massacrées, pulvérisées, dissoutes dans le fracas des bombes et de la mitraille… Et malgré les échecs répétés des offensives, malgré ces dizaines de milliers de morts, le Haut commandement persiste à vouloir appliquer ses plans, quelles que soient les difficultés sur le terrain, les impossibilités et les échecs. Le Chemin des Dames est emblématique mais ce fut aussi le cas dès 1914 et lors des offensives de 1915. Quant à Verdun, ce fut véritablement un miracle.

L’Allemagne est pragmatique et réaliste. Donc, efficace !

La France est dans le rêve et le panache. Donc, battue !

Et on peut toujours mesurer cela en 2021 !!!!!

En fait, l’Allemagne aurait dû gagner cette guerre. Oui, sans doute sur un plan strictement matériel et militaire. Tout était plus efficace du côté allemand. L’Allemagne avait une incontestable supériorité numérique, technique, matérielle, organisationnelle.

Et c’est précisément pourquoi la victoire française est légitime. Parce que cette victoire est définitivement celle des Poilus. Cette victoire n’est pas celle des généraux ni du gouvernement cette victoire est celle des Poilus français, courageux au-delà du courage ; parce que c’est précisément ce courage absolu, fou, qui a empêché les allemands de gagner.

Miquel nous montre que les français, au fond n’ont pas gagné la guerre, ils ont empêché les allemands de la gagner.

Par le courage sans limites des Poilus français, sur la Marne, sur l’Artois, en Champagne, à Verdun, dans les Vosges, en Alsace…, partout sur ce front immense. Les descriptions des offensives de Luddenddorf en 1918, notamment lors de la seconde bataille de la Marne, montrent clairement que l’Allemagne tenait la victoire. Et c’est ce courage insensé des Poilus français, (et aussi il faut le souligner des anglais et l’arrivée des américains) malgré l’incompétence avérée du Haut commandement, qui a empêché les allemands de passer et donc de gagner cette guerre atroce.

Et donc, ma conclusion c’est que les Poilus méritaient amplement cette victoire ! sans oublier, et ce n’est pas anodin parce que c’est sans doute notamment là que ces Poilus puisaient leurs forces, que les allemands occupaient le territoire français. Et qu’ils n’avaient rien à y faire ! Donc il fallait les en chasser. Ce qui fut fait au prix de millions de morts et de blessés. Et de destructions innombrables.

La France de 2021 est dans un état analogue à celui de la France de 1918.

Au bord du gouffre, prête à sombrer !

Jour après jour, ce que vous écrivez dans vos billets publiés sur votre blog le montrent.

En 1918, elle s’est sauvée par l’énergie et la volonté de son peuple, bien davantage que par les décisions et postures de ses « élites ».

Nous en sommes là. Ce ne sont pas les « élites » contemporaines qui vont redresser la France, mais le peuple de France lui-même.

Comment ? je ne sais pas ; mais ce que je sais, c’est que c’est là le seul chemin à emprunter. Faisons confiance au peuple de France et oublions cette caste de dirigeant qui ne dirigent plus rien mais qui sont uniquement mus par leur ego, et la recherche de prébendes, quoi qu’ils en aient et en prétendent !

Jean-Michel RIVALLAND

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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30 commentaires pour Lecture: Les Poilus, la France sacrifiée, Pierre Miquel, Pocket 2013 (fiche de lecture de M. Jean-Michel Rivalland)

  1. Pheldge dit :

    Adolescent, j’ai lu « les croix de bois » de Roland Dorgelès, qui reste un roman, et que m’avait donné à lire mon grand-père maternel, 2 années de service militaire, 4 années de guerre et enfin 3 d’occupation en Sarre. On a du mal à imaginer un tel sacrifice aujourd’hui, 9 années de sa vie au service de la Patrie, d’autant qu’il s’agissait du contingent.

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  2. cyril de fayet dit :

    merci pour cette référence de livre.
    je souhaitais vous faire découvrir un site internet que je trouve très intéressant tenu par la famille de Jean Moulin, on y trouve beaucoup de choses sur sa vie (enfance, préfet, résistant, les lettres écrites de sa main, ses oeuvres etc)
    https://jeanmoulin.fr

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    • genevieva dit :

      est ce qu’il n’existe plus sur cette terre un JEAN MOULIN

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    • valukhova dit :

      Alors ça alors ! Genevieva, c’était exactement ce que je pensais, à l’instant même, parce que l’exemple de Jean Moulin, qui était un Préfet, reste et restera dans la mémoire, je l’espère, des descendants des Résistants, même s’ils étaient communistes (pardon !) ils avaient un courage incroyable. Jean Moulin n’a jamais failli à son serment et n’a jamais trahi personne, sous la torture des boches !!! et des autres !!!
      Chaleureusement à vous.
      MMM

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  3. lehibou dit :

    Il existe aussi le livre de l’historien et écrivain Olivier DELORME:
    La guerre de 14 commence à Sarajevo. L’attentat, les enjeux, les débats. # Hatier, 2014.

    Delorme est spécialiste de la Grèce et de son environnement et a écrit:
    La grèce et les Balkans du 5ème siècle à nos jours. 3 tomes, collection Folio histoire (Gallimard).

    http://www.olivier-delorme.com

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  4. charles902 dit :

    Monsieur Tandonnet, merci infiniment pour cette excellente analyse des faits et ses conclusions limpides.

    Les observateurs étrangers l’avaient, eux, bien compris: en 1918 l’armée française était la meilleure du monde parce que constituée de citoyens défendant le sol de leur patrie.
    En 1940 cette vaillance n’a pas pu résister à l’incompétence de ses chefs. Les élites de notre pays, qui n’avaient pour gloire que celle parasitée des braves de 14-18, étaient effectivement incompétentes, fières de leur posture et vicieuses quand leurs capacités étaient mises en doute. Un chef improbable et une poignée de résistants ont permis de sauver un peu l’honneur du pays.

    Aujourd’hui encore, de droite ou de gauche, les politiciens passent leur temps à se référer à De Gaulle pour se faire valoir. Ce n’est pas cela qui va nous sortir de la crise que nous vivons. Et les Français de rechercher un nouveau sauveur providentiel, alors que « du sang et des larmes » leur est promis et qu’ils n’ont qu’eux mêmes sur qui compter. Car l’ennemi est infiltré, et la situation est plutôt celle que Louis XIII et Richelieu ont affronté que celle de De Gaulle.

    Res Publica.

    Très cordialement

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  5. Furax dit :

    On peut citer aussi « ceux de 14 » de Maurice Genevoix ; « le feu » d’Henri Barbusse. J’ai de bonnes raisons de n’avoir pas oublié 14-18 puisque nombre d’hommes de ma famille y ont laissé leur peau ou leur santé (gaz) Je ne m’étendrai pas davantage sur cette ignoble boucherie qui a tué les peuples de France, tant ma rage reste entière pour qu’après tant de sacrifices, il nous faut encore supporter l’arrogance criminelle des nouveaux arrivants grâce à la complicité des larbins, traitres, et imbéciles d’élus, et de leurs électeurs.

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  6. H. dit :

    Bonsoir,

    Sur cette période ô combien complexe, je recommanderai deux ouvrages. Le premier est « Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier 1914-1918 ». Ce sont les carnets d’un homme simple, intelligent et récipiendaire de ce que l’instruction publique faisait de mieux, tenus tout au long du conflit (https://www.editionsladecouverte.fr/les_carnets_de_guerre_de_louis_barthas_tonnelier_1914_1918-9782707177520) . Le second est le journal de guerre d’Ernst Jüngers que l’on trouve dans la Pléïade. Les descriptions qu’il fait des bombardements est le signe indubitable d’un très grand écrivain et c’est une vision de la guerre côté allemand.
    Tous les états-majors envisageaient une guerre courte d’où l’absence de stock. Chacun vivait sur des plans dont le moins qu’on puisse dire c’est que les français n’étaient pas bons. Il a fallu attendre fin 1916, début 1917 pour que les effets de l’industrialisation de l’appareil de défense commence à donner et que ceux qui ont affecté le GQG et la réorganisation des armées. Hormis le cas tragique de l’offensive du chemin des dames où entrent en jeu la politique internationale (il fallait donner des gages aux anglais) et la politique intérieure, l’armée française qui aborde les deux dernières années de guerre n’a rien à voir avec celle qui a entamé le conflit. D’ailleurs, à partir de la fin 1916, le nombre de mort diminue de manière considérable. Quant à la stratégie suivie, elle est de qualité et le fonctionnement matriciel (pour reprendre un terme à la mode) des états-majors est très performant. Le matériel suit et les avions, les tanks arrivent en grand nombre. Des jeunes et brillants « technocrates » comme André Citroën ont été appelés et leurs actions portent leur fruit. Un des éléments les plus marquants de cette période est la création de la division aérienne du Gal Duval, une masse de près de 1000 avions à la disposition du GQG pour faire face aux besoins. C’est elle qui a stoppé l’offensive allemande lors de la seconde bataille de la Marne. À partir du printemps 1918, l’outil est efficient et fonctionne très bien. Certes l’armistice est le bienvenu mais il frustre les militaires d’une victoire sans appel.
    Le plus grand drame réside dans le fait que ce brillant outil, parfaitement adapté à la guerre moderne, faillir à de la manière que nous savons vingt ans plus tard. Les généraux français, si mauvais en mai-juin 40, étaient en 1918 de jeunes et brillants officiers, ouverts à toutes les innovations. Qu’est-ce qui peut expliquer ce naufrage qui touche l’ensemble de la nation et en particulier la sphère politique ?

    Bonne soirée

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    • Ysengrin dit :

      @ H :

      Merci de rappeler que la France n’était pas en dessous de tout et l’Allemagne au dessus de tout techniquement.

      @ M. Tandonnet :

      « En fait, l’Allemagne aurait dû gagner cette guerre. Oui, sans doute sur un plan strictement matériel et militaire. Tout était plus efficace du côté allemand. L’Allemagne avait une incontestable supériorité numérique, technique, matérielle, organisationnelle. »

      Il est excessif de présenter l’Allemagne comme un modèle technique, et la France comme un pays toujours en retard, et inefficace. L’un des vrais vainqueurs, technique, vu le char d’assaut. Les Allemands, les Anglais et les Français l’avaient compris, et tous avaient commencé leur recherche du produit idéal. Mais les premiers prototypes s’avérèrent inefficaces : trop lourds pour la puissance des moteurs de l’époque, ils s’embourbaient, et finalement, le commandement militaire allemand arrêta les frais (belle erreur allemande), alors que les Français s’accrochaient et poursuivaient, (belle persévérance dans l’effort), qui devait s’avérer payante : au printemps 1918, 3.300 chars Renault étaient disponibles, et permirent rapidement l’issue du conflit. Les Américains comprirent vite l’intérêt de cette nouvelle arme, et toutes les unités américaines qui attaquèrent en juillet 1918 en étaient dotées. Les Allemands aussi comprirent vite, et début août 1918, les principaux maréchaux (Hindenburg, Lundendorff) proposèrent leur démission à l’Empereur Guillaume II.

      Nous n’avons pas démérité techniquement, loin de là, et nous avons même mis au point l’arme qui nous permit de remporter la victoire, ce qui n’était pas si évident. Du reste, cela n’était pas une surprise, la France a toujours été capable d’innovation technique performante. Un simple chiffre, comme cela, en 1907, le premier exportateur mondial d’automobiles était la France.

      Je pense que ce genre de jugement provient d’un complexe d’infériorité, développé ultérieurement lors de la seconde guerre mondiale et de notre tragique et humiliante défaite, mais c’est une autre histoire.

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  7. valukhova dit :

    Bonsoir Maxime, je suis surprise de ne plus recevoir aucun des commentateurs, avec qui nous avons de bons échanges. Nous ne sommes pas tous de votre niveau, bien sûr, mais la plupart du temps, chaque commentaire est utile à l’autre, enchaînant des liens toujours agréables et discutables. Ces commentaires, apportent aussi un signe de vie et de partage. Et selon ce que l’on vit dans notre quotidien, tout est fort utile et fait grimper le baromètre de quelque chose qui devrait se nommer « ‘un peu de bonheur »…
    NB. A moins que j’ai oublié de cliquer sur « Avertissez-moi……. »

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  8. Gerard Bayon dit :

    Bonjour Jean-Michel RIVALLAND,
    Merci pour cette fiche de lecture intéressante tout comme votre comparaison avec la situation que vous vivons.
    La différence la plus importante à mon avis est que durant la grande guerre les officiers, sous officiers et hommes de troupe se battaient tous solidairement pour empêcher l’envahissement de leur pays et qu’aujourd’hui une grande partie de la population française ne connait pas le sens des mots : patrie et honneur et qu’une autre partie non négligeable de la population s’accommode parfaitement de l’immigration massive qui sert leur idéologie et leur projet de société.
    Pour le reste je partage votre avis sur l’incompétence de nos pseudo-élites.
    Je n’ai malheureusement qu’un optimisme plus que restreint sur la capacité des Français à réagir dans le sens que nous espérons tous.

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  9. Anonyme dit :

    NON,, ,,désolé ,mais la France n  » est pas au bord du gouffre ,certes ,elle a des problèmes ,mais de tout temps ,nous en avons eu ,1918 de vrais Français était la ,,,2021 ,des millions de Français on la double Nationalité ,et si nous avons des problèmes , beaucoup partirons dans l » autre pays ,donc attendons les prochaines élections ,âpres on verra ,michel43

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  10. philippe30 dit :

    J’ajoute le livre 1914-1918 La grande guerre des classes que je conseille
    https://editionsdelga.fr/produit/1914-1918-la-grande-guerre-des-classes/

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  11. Ping : Lecture: Les Poilus, la France sacrifiée, Pierre Miquel, Pocket 2013 (fiche de lecture de M. Jean-Michel Rivalland) – Qui m'aime me suive…

  12. Aurios dit :

    L’œuvre de Pierre Miquel est malheureusement une suite de clichés très datés.
    Il n’a aucune culture militaire et cela se sent. La haine de soi n’a jamais été de l’objectivité.

    w.amazon.fr/Vainqueurs-Comment-France-Grande-Guerre/dp/B08C47KGCS/ref=pd_bxgy_3/262-8165148-9014359?_encoding=UTF8&pd_rd_i=B08C47KGCS&pd_rd_r=1c892d9d-930d-4b6f-97fc-e14753326b4f&pd_rd_w=XkoIt&pd_rd_wg=VVTwX&pf_rd_p=bb63dce0-3f95-4b21-85c5-231ff4cb5de1&pf_rd_r=66NGA33PD47VVYF88A7P&psc=1&refRID=66NGA33PD47VVYF88A7P

    Le livre explique bien la rapidité et l’ampleur des changements opérés par les armées françaises en un temps record, qui en ont fait in fine l’armée la plus moderne, la plus mobile, la plus aguerrie, la mieux équipée. (fusil semi auto RSC17, char ft-17 etc).

    Au fait, l’armée U.S n’a joué aucun rôle pendant la 1°GM.
    Absolument aucun.
    Elle n’ a pas d’ artillerie, pas de chars, pas d’aviation et aucune expérience.
    On n’influe pas sur le cours de la guerre avec 53 000 morts au combat…

    Russia 1,811,000
    France 1,327,000
    UK 744,000
    Italy 460,000
    Roumania 250,000
    Serbia 127,000
    India 64,000
    Australia 61,000
    Canada 56,000
    USA 53,000

    Germany 2,037,000
    Austria-Hungary 1,200,000
    Ottoman empire 300,000
    Bulgaria 88,000

    Ce mythe d’une intervention décisive de l’armée US en 14-18 prouve la puissance de leur « soft power » C’est désormais la vision américaine de l’histoire, aussi absurde soit-elle, qui s’impose à nous.

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    • Gribouille dit :

      Oui, je me méfie un peu aussi. Les historiens, Goya compris d’ailleurs, ne sont pas toujours aussi scientifiques qu’ils le disent.

      Par ailleurs, le billet dit :

      « L’Allemagne est pragmatique et réaliste. Donc, efficace !

      La France est dans le rêve et le panache. Donc, battue ! »

      Mais ce sont bien les Allemands qui, aussi bien en 1914 1918 qu’en 1939 1945, se sont mis en guerre avec tout le monde, ce qui était très peu pragmatique et s’est dans les deux cas mal terminé.

      Quant à l’exhortation au réalisme côté français, cela a donné l’euro, gigantesque piège à c… pour les milieux dirigeants français se voulant nouvellement réalistes.

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  13. Janus dit :

    Bien sûr il faut oublier cette caste imbécile et perverse, mais comment se débarrasser d’eux ? J’ai travaillé durant toute ma carrière dans une grande compagnie d’assurances française, a des postes de responsabilité (Plusieurs directions régionales) et j’ai du faire fi depuis l’origine des consignes imbéciles, inapplicables et sans efficacité concrète, délivrées chaque année lors de la sacro-sainte présentation du plan d’action commercial et qui faisait sourire de mépris ou de joie a peine dissimulée la cohorte des professionnels convaincus de l’inefficience toujours vérifiée de ces plans. Aussi , les élites dangereuses par leur incompétence ne sont pas les seules élites administratives et politiques, mais aussi nombre de dirigeants des grandes entreprises privées… Vous me direz que ce sont les mêmes . Effectivement pour la société dont je parle, c’était les mêmes… Et c’est encore les mêmes certains hauts fonctionnaires y venant pantoufler au sein du conseil d’administration récemment. Pourquoi ? Pour bénéficier des entrées au gouvernement que cela implique et gérer des problèmes qu’on ne veut pas régler sur ses seuls talents…
    Donc le problème auquel on est confronté est majeur et il n’est pas limité à la fonction publique. Il provient certainement du goût du français pour les belles abstractions déconnectées du réel, les formations suivies par ces élites, qui ne les mettent jamais en situation de connaître et comprendre les problèmes concrets auxquels sont confrontés leurs administrés. Et si la réalité leur résiste comme c’est toujours le cas (je l’ai expérimenté à titre personnel en tant que jeune chef) la tentation première n’est pas de faire une analyse rétrospective des décisions prises, mais de faire porter l’échec sur les exécutants, pas assez dynamiques ou fidèles ou …
    Il suffit de lire les billets du journal Les échos concernant les évolutions de carrière des hommes importants en France : Ils changent de métier tous les 3 à 5 ans : Comment peuvent-ils avoir appréhender toutes les subtilités de chacune de leurs responsabilités ? Impossible. Ils quittent le navire avant que les échecs à venir puissent leur être imputés.
    L’Allemagne est plus pragmatique au quotidien. Ses dirigeants ne sont pas meilleurs que les nôtres, Merkel en étant l’archétype, mais ils n’ont pas le même pouvoir de nuisance que les nôtres, dans un état centralisé ou tout le monde attend tout de l’État.Les dirigeants d’entreprise ont une relation avec leurs salariés et leurs syndicats beaucoup plus harmonieuse et respectueuse. Ils exercent une pression plus forte sur les politiques qu’ils côtoient fréquemment au niveau des Länder. Le système comporte des contrepouvoirs naturels beaucoup plus efficaces que le notre, qui n’en comporte aucun. Et c’est la le grand échec de mai 68 et du referendum de 69 ou De Gaulle avait essayé de pallier les difficultés de ce rapport dévoyé entre salariés et dirigeants. Et ce fut un échec, voulu par les français.
    Que reste-t-il comme voie d’action ? RIEN.!
    Pour confirmer cette réflexion de votre auteur, la fin du billet sur l’action du Général de Castelnau vis à vis des politiques et de la hiérarchie militaire : https://www.vududroit.com/2021/05/militaires-et-magistrats-qui-viole-reellement-le-devoir-de-reserve/

    Aimé par 1 personne

  14. there dit :

    Très bel hommage au peuple de France de Mr Rivalland. Une de mes grand oncles était à Verdun. Il a fait près de 8 ans sous les drapeaux ayant enchaîné le service, la guerre et démobilisé tard. Sauvé par la « bonne blessure » , un éclat d’obus dans le pied. C’était un homme très doux et gai. Nous étions enfants et ils nous racontait parfois des petits épisodes que nous prenions pour de histoires « pour faire peur aux enfants » ,surtout qu’il les contait en souriant « dans les tranchées il ne fallait pas dormir trop fort , sinon on ne se rendait pas compte qu un rat vous grignotait le nez , d’ailleurs j’avais un camarade …- Raymond les enfants !!! »interrompait ma grand mère, « en 14 l’avancement arrivait vite , une fois .. -Raymond !!! » . Avant la guerre il avait une grosse exploitation agricole près de Coulommiers , 12 chevaux de trait , 2 chevaux de selle pour arpenter la propriété. Quand il parlait de ses chevaux, sa peine voilait ses yeux bleus; aucun bien sûr n’est revenu, il en avait tant vu mourir, sous le feu, ou bien, de faim; l’approvisionnement pour les homme était déjà difficile, alors pour les bêtes … Il était heureux que j’aime les chevaux, il savait que je pouvais le comprendre. Nous sommes allés pour la première fois l’été dernier au chemin de Dames et au bois Belleau , à Verdun , il était temps.

    Aimé par 1 personne

    • valukhova dit :

      … alors là, There, plus personne n’a plus rien à dire; votre témoignage est très émouvant.
      comment après de pareilles souffrances de nos ancêtres, continuer à « faire la guerre » , et si au lieu de faire la guerre, nous etions encore capables de pardonner…. et de dire à un être proche « je t’aime » au lieu de continuer à cultiver une graine qui fait tout pourrir : la haine ! pourquoi donc ha¨r celui ou celle qui pense, à l’heure actuelle, pouvoir faire mieux que les autres, ce qui est classé dans un dossier nommé : utopie de l’ego !!!!
      je ne m’étends pas plus, je n’ai qu’un doigt disponible, je viens de me faire mal en me coupant le pouce gauche… sans plaisanter ça me parle à l’oreille droite !!!
      cordialement

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    • Anonyme dit :

      Monsieur,
      Merci pour votre témoignage fort sensible et plein d’humanité sensible et vraie !
      Jean-Michel Rivalland

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  15. plouc réfractaire dit :

    union des droites

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  16. Fredi M. dit :

    On pourrait presque parler, en osant l’anachronisme, de quasi-génocide des populations rurales françaises.

    On le peut en effet, sans aucune restriction.

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    • Janus dit :

      Et notamment des populations catholiques de l’Ouest Bretons et Normands qui ont payé un lourd tribut à cette guerre effroyable. C’étaient des combattants résistants et des opposants politiques potentiels en moins après chaque bataille pour les radicaux socialistes francs maçons

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    • xc dit :

      @Janus,
      « Le Monde » papier, donc, pas de lien à vous proposer, a publié il y a quelques années de cela une étude sur les pertes par département pour l’année 1917. Elle montre que si le nombre de soldats tués cette année-là est effectivement parmi les plus élevés de notre pays dans les départements bretons, il est encore plus fort dans ceux du Centre. L’explication donnée était que les paysans ont été, proportionnellement à leur effectif, plus mobilisés que les ouvriers. Et cela s’est traduit par des pertes plus élevées dans les départements à dominante agricole que dans ceux à dominante industrielle. Pas de preuve, donc, d’une volonté ethnocidaire.

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    • valukhova dit :

      Je pense que c’est pour cette raison que je suis issue d’une famille chamboulée par la guerre de 14/18, puisque ma grand-mère avait déjà deux enfants à nourrir, veuve de guerre, et que dans ma famille, par la suite, on n’a même pas été foutu de chercher ni comprendre qui était le pauvre papa tué à la guerre de mon oncle et de ma tante, que j’aimais tant ! Cet oncle qui, demi-frère de ma mère, n’ayant pas eu d’enfants, m’a laissé un petit leg sur ses économies, lors de son décès. Certaines émissions documentaires me rappellent à mon devoir de reconnaissance à mon oncle, des années après. Je n’aime pas bien, mais il avait été Champion de France… de boxe ! Mais d’une gentillesse incroyable, lorsque j’étais toute petite. Confidence sentimentale et émotionnelle dont vous verrez bien ce que vous en faites !!

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