Lecture: France démocratie défaillante – il est temps de s’inspirer de la Suisse – François Garçon, éditions l’Artilleur 2021

Toute réflexion sur la crise de la démocratie mérite d’être saluée. Celle de M. François Garçon, maître de conférence à Paris I, est particulièrement vivifiante et nourrit un débat central de notre époque. L’auteur commence son propos par un état des lieu du déclin scolaire français. « Pour les tests PIRLS, la France non seulement rétrograde encore par rapport à la précédente évaluation (elle est le seul pays dans ce cas avec la Hollande), mais, en trente-quatrième position, somnole parmi les cancres. » Cette abaissement intellectuel est à la source de toutes les reculades manifestes, sur les plans économique, scientifique, international…

Pour l’expliquer, François Garçon développe une critique radicale du modèle de gouvernance français (qui dépasse le champ de la politique). Il dénonce la morgue des élites dirigeantes envers le peuple comme un mal chronique : « L’arrogance, chaque citoyen français en a reçu son lot. Mais l’arrogance est plus visible, plus démonstrative chez les dominants, chez qui elle prolonge le statut social et le souligne. Chez eux, l’imprégnation se renforce tout au long du parcours de formation. Nous étions les plus beaux, les plus intelligents, les plus honnêtes et les détenteurs de la légitimité, ose dire Simon Nora, un connaisseur. »

L’auteur fustige une culture du pouvoir touchant tous les milieux – politique, administratif, éducatif ou secteur privé – issue d’une éducation qui voue un culte à la mégalomanie narcissique, à la puissance solitaire du décideur convaincu de sa supériorité. Il attribue l’affaiblissement de la France à « l’individualisme forcené » des élites, à la faiblesse du dialogue et de l’écoute, à la verticalité et au mépris des gens. « Une des affectations graves du management français est l’autoritarisme. La France se caractérise par sa culture d’autorité […] Pour en prendre la mesure, il ne faut guère compter sur la lucidité des intéressés, tous convaincus de leur capacité à savoir diriger, contrôler, ordonner […] Quand un individu est convaincu d’être capable de prendre tant de décisions vitales dans l’entreprise où il a posé ses valises huit jours auparavant, il est logique de crucifier les esprits simples qui prétendent avoir un avis divergeant du vôtre ». Le constat est imparable… L’analyse des causes de cette dérive – issue principalement selon M. Garçon du système des grandes écoles – plus discutable. La critique de l’élitisme a en tout cas l’avantage d’ouvrir et de stimuler un passionnant débat d’idées.

Selon M. Garçon, le système politique français touche aujourd’hui au paroxysme de cette dérive à travers une invraisemblable chute dans l’autocratie. L’auteur développe à cet égard une vision d’une rare lucidité [que pour le coup, je partage à 100%] : « … ce drôle de modèle hyper-présidentiel que ses fondateurs souhaitaient doter de fondations solides et stables pour en finir avec la IVe République. Aujourd’hui, le système politique français est peut-être le plus fragile d’Europe occidentale: bousculer le capitaine – et lui seul – suffit pour provoquer la catastrophe, ce qu’ont bien compris les naufrageurs. » Il déplore les gadgets inventés par le pouvoir politique pour faire semblant de restaurer le lien démocratique: « Et si, tout simplement, le tirage au sort n’était là que pour éviter de consulter directement les citoyens, tous les citoyens. »

Sans forcément le copier en tous points tant les deux nations sont différentes par leur démographie, leur géographie et leur culture, M. Garçon suggère de s’inspirer du modèle suisse dont il est un fin connaisseur pour sortir de l’impasse. « Et si, à propos de la démocratie directe, on parlait enfin sérieusement? De la Suisse par exemple! » Il détaille les modalités d’une gouvernance politique a minima: présidence tournante, « ni vague, ni bruit lorsqu’à Berne, tous les quatre ans, au sein du Palais fédéral, les élus du peuple reconstruisent l’entier exécutif du pays. » Il présente une démocratie suisse apaisée et préservée, à l’inverse de la politique française, du naufrage dans l’hystérie comme masque de l’impuissance et des échecs (polémiques quotidiennes, coups de mentons stériles, postures narcissiques).

Puis il explique longuement le modèle de la démocratie directe, fondée sur une pratique fréquente du référendum. « Il est exact que les Suisses votent beaucoup, au minimum quatre fois par an […] les électeurs se prononcent sur des lois qu’élus et gouvernement leur soumettent (référendum obligatoire), ou que les citoyens contestent (référendum facultatif), ainsi que sur des projets de lois initiés par les citoyens contournant les assemblées élues et qui, se faisant, font valoir leur point de vue (initiative populaire). » Chaque vote donne lieu à un important travail d’information et d’explication destiné à l’électeur.

L’auteur ne voit pas forcément dans ce modèle une solution miracle aux problèmes de la France. Il estime simplement que la France pourrait en tirer partie en l’adaptant à ses caractéristiques. Il réfute l’idée que les Français ne seraient pas aptes à pratiquer une part de démocratie directe et seraient voués à sombrer dans la démagogie: « Les Français ne sont pas des idiots. » En tout cas, dans leur grande majorité, pas moins responsables ou éclairés que les Suisses.

Maxime TANDONNET

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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47 commentaires pour Lecture: France démocratie défaillante – il est temps de s’inspirer de la Suisse – François Garçon, éditions l’Artilleur 2021

  1. Gribouille dit :

    Peut-être le tirage au sort est-il une manière d’éviter de consulter tous les citoyens, comme le dit M. Garçon.

    Peut-être aussi attribuer les résultats aux tests PIRLS au fonctionnement des universités ou au système présidentiel est-il une manière de noyer le poisson.

    Car la France, il y a 25 ans, était très largement en tête de ce type de classement, alors que la massification était pratiquement terminée.

    S’il y a eu modification dans les résultats, c’est parce qu’il y a eu modification du système. Des réformes incessantes, conduites par des gens d’orientation politique et de formation variées, et soutenues par la plupart des parlementaires (la lecture des débats de l’Assemblée faisant foi).

    Pourquoi ces réformes ? Avant tout pour faire des économies de bout de chandelle : supprimer les redoublements, supprimer des options (l’option informatique, par exemple, qui n’a pas survécu aux années 1990 avant de faire son retour sous la forme de la spécialité NSI), et même supprimer des heures de cours dans les matières fondamentales (maths et français ont ainsi perdu des heures, au collège comme au lycée, comme aussi à l’école primaire qui se voit obliger d’enseigner de plus en plus d’autres matières).

    Il est vrai qu’une autre des causes de réformes, au delà de ces économies de bout de chandelles, nous vient des illuminés qui, très régulièrement, font ce que propose M. Garçon : adapter tel ou tel modèle étranger, dont on nous dit merveille et dont on nous promet qu’on l’adaptera aux spécificités françaises.

    Au lieu de réformer le système présidentiel, comme le polisson monté sur un tonneau dont parlait Voltaire à Rousseau, pourquoi ne pas vous réformer vous-même ? Vous avez en effet plaidé et voté pour des réductions budgétaires, qui se sont traduites (et on pouvait se douter qu’il en irait ainsi), en réformes stupides du système scolaire.
    Vous auriez tout aussi bien plaidé et voté en ce sens si le système n’avait pas été présidentiel. Donc est-ce bien le système présidentiel le problème…ou autre chose ?

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  2. cyril de fayet dit :

    Cher Maxime,
    J’ai pensé au bel ouvrage que vous avez écrit sur André Tardieu. En effet, en 1932, il y eut des élections législatives et Jean Moulin (sous préfet de Chateaulin) soutenait le candidat opposé à Tardieu, alors président du conseil. Le candidat Charles Daniélou fut élu et Tardieu voulut assouvir une petite vengeance en faisant convoquer Moulin au ministère de l’intérieur.
    Ce fut des petites mesquineries, même entre deux grandes personnalités qu’étaient Moulin et Tardieu, un peu dommage ! ils se rejoignaient sur l’essentiel, leur amour de la France bien que leurs voix étaient bien distinctes , ils étaient visionnaires et pressentaient les événements à venir.
    En créant le conseil national de la résistance au printemps 1943 , Moulin voulait Unir, Réunir, Elargir les moyens de résistance.
    Sur un autre registre, le général Delestraint (futur chef de l’armée secrète) dit à ses troupes le 8 juillet 1940: « si nous conservons la foi dans les destinées de notre pays, si nous nous comportons en Français et non avec une mentalité de chien battu ou d’esclave, si nous savons vouloir, la France ressuscitera un jour, elle aussi du calvaire présent »
    (cf biographie écrite par sa sœur Laure Moulin, p100 puis page 314)
    Aujourd’hui, je vous rejoins sur ce point, il faut vite retrouver confiance en le personnel politique, nos députés , dissocier au niveau calendrier les législatives et présidentielles, car l’abstention est énorme, et inclure des référendums quand de forts blocages surviennent, arrêter de passer en force (sinon grèves, tensions, colères). Nous avons beaucoup à apprendre des systèmes politiques suisse, allemand (coalition, compromis) , américain (duel conservateur contre démocrate).

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  3. L’argent quel bon serviteur, quel mauvais maître. (Suisse qui mal y pense 🙂

    Ce n’est pas le Dieu des chrétiens qui gouverne le monde ni Allah. Ce ne sont pas les islamo-fascistes et les islamo-gauchistes qui gouvernent la France, l’Europe, le Monde.

    Le monde est gouverné par l’argent. L’argent du pétrole, du gaz, de l’électricité. L’argent de l’informatique. L’argent des ressources naturelles (minerais rares). L’argent de l’eau potable, de l’eau d’irrigation. L’argent de l’agriculture industrielle. L’argent de la santé et de la recherche scientifique. L’argent des fonds de pensions. L’argent des ventes d’armes. L’argent des ventes d’êtres humains. L’argent de la drogue. L’argent des médias, de la pub. L’argent des activités artistiques. Liste incomplète que chacun complétera à sa guise.

    Ici et là il reste quelques oasis de paix et de prospérité mais les temps se font durs.

    De temps en temps Dame Nature se rappelle à notre bon souvenir: tempête de 1999, 2009 et 2019. Tempête du Covid.

    Ces tempêtes nous révèlent à nous mêmes, réveillent nos forces et nos fragilités, bousculent nos certitudes, notre mode de vie. Elles réveillent nos craintes du pire et nos espérances d’un monde meilleur.

    « Les temps sont mauvais? Soyons bons et les temps seront bons, car nous sommes le temps. »

    (Sain Augustin)

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  4. Annick Danjou dit :

    https://lalettrepatriote.com/revelations-de-malika-sorel-sutter/

    Voilà une vision de Malika Sorel que je partage entièrement. Comme je le disais la trouille de nos dirigeants nous mène droit dans le mur.

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  5. Zonzon dit :

    À un an de la présidentielle Macron E. lance une offensive sur la sécurité.
    Il est vachement intelligent ce type !

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    • Sganarelle dit :

      @Zonzon

      1- L’opportunisme n’est pas une facette de l’intelligence .
      2- Dans le royaume des aveugles les borgnes sont roi

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    • Anonyme dit :

      peut être ? mais le peuple n’est pas si bête que certains veulent ,nous faire croire ,,?

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  6. Stanislas dit :

    On ne va pas se flageller avec une séance de comparaison par rapport à d’autres pays. Le benchmarking, c’est bien, mais ça a ses limites..Ce jeu là consiste à mettre en valeur nos faiblesses en faisant croire que l’herbe est verte ailleurs..tout y passe en fonction du sujet

    Mais bon faut reconnaitre que question démocratie, si on regarde ces derniers mois, la France est carrément tombée dans les pommes.. et la solution serait de trouver vite fait une solution bien française en commençant par mettre un contre pouvoir.
    Un dominant ne l’est que parce qu’il s’est trouvé un dominé à charrier..

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    • Stanislas, s’intéresser à ce qui marche ailleurs n’est pas forcément autoflagellation.
      MT

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    • Stanislas dit :

      Exact à condition que ça reste une observation, une analyse, une étude de situation mais que ça ne tourne pas à une opération de marketing comparatif de consommation d’indicateurs, qui mélange poireaux et carottes en proportion du résultat recherché pour procéder aux réformes dans le sens souhaité , comme on l’a vu récemment avec la course de 800 mètres haie de la fléchette, ou auparavant avec la « fléxisécurité » et j’en passe des meilleures

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    • Annick Danjou dit :

      Se mettre un bandeau sur les yeux n’est pas la solution non plus à force de croire qu’on est les meilleurs, et on l’a été dans beaucoup de domaines, on finit par ne plus se remettre en question et il est bien là le problème français, l’autosatisfaction même devant les plus grandes erreurs . Ce n’est pas abaissant de regarder ailleurs ce qui marche et y réfléchir. Chez nous les débats en tout genre, surtout au sommet de l’état, vont bon train et il n’en ressort rien que du néant.

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    • Citoyen dit :

      Avec la dérive du pouvoir actuel, et la caricature de pouvoir qu’il est, dont le projet est clairement de détruire le pays, Stanislas, le seul contre pouvoir qui soit à la hauteur de la situation et de l’enjeu, ne peut passer que par les armes … « une solution bien française » … Faute de quoi, il n’y aura plus qu’à baisser le rideau …

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  7. Sganarelle dit :

    La France n’est pas la très sage Suisse et les français sont des latins . On traine déjà les pieds pour aller voter sans avoir en plus des référendums à tout bout de champ. D’autant que la plupart des questions posées sont orientées ou mal présentées et restent sans suite.
    Facile de faire un constat péjoratif en ce qui concerne l’état de notre pays c’est bien le seul consensus qui existe entre tous les français, mais il faut comparer ce qui est comparable et la Suisse par son gouvernement sa structure en cantons et ses habitants.est très éloignée de nous .

    (Je me souviens d’un écriteau dans un café à la frontière Suisse qui priait les touristes qui avaient envie de cracher par terre de le faire de l’autre côté de la frontière..leur sens de l’humour en ce qui nous concerne m’avait bien fait rire , il faut dire que maintenant ce serait jugé discriminatoire car il est interdit de se moquer des voisins ,,hélas! )

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  8. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    La critique de F. Garçon est très intéressante. Merci à Jean d’avoir inclus son interview à Sud Radio.
    On peut en effet retenir que notre Vème République est morte et qu’aucun politicien Français actuel n’est en mesure de redresser notre pays. Le constat est sévère mais tout à fait juste.
    L’exemple de la démocratie Suisse est séduisant mais ne me semble pas transposable chez nous.
    Le bâtiment Français est à reconstruire entièrement en espérant que les fondations soient suffisamment stables mais nous attendons désespérément l’architecte et les maçons.

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  9. J.M. Riv dit :

    Cher Monsieur Tandonnet

    A mon tour de vous suggérer une très bonne lecture : un ouvrage récent, de Ryszard Legutko, « le diable dans la démocratie  » aux éditions L’Artilleur.
    L’auteur établit un audacieux mais très pertinent et convaincant parallèle entre le communisme et la démocratie libérale.
    Au point que le livre refermé on se demande si les notions « traditionnelles » de « gauche » et « droite » restent pertinentes pour espérer voir s’esquisser un début de commencement de sortie de la crise géante et multiple que nous vivons en ce moment ; crise que par ailleurs vois décrivez fort bien jour après jour.
    Bien à vous
    J.M.Riv

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  10. Anonyme dit :

    revenons a la proportionnelle intégrale ,et LA,, ,,on verra le changement ,,,,michel43

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  11. Dorine dit :

    Mr Tandonnet, je me souviens du caprice de Rachida Dati qui ne voulait pas se présenter aux élections européennes. Elle préférait rester sur Paris. J’en viens à me demander si les politiques ne sont pas plus rigides que les français. Le chamboulement des esprits serait tel qu’on risque l’anarchie. Et déjà que je trouve que l’administration française est plus que perdue en ce moment, je n’ose imaginer dans quels abîmes elle plongerait si une nouvelle constitution la sortait de son ronron.
    Cela fait longtemps qu’il aurait fallu nettement améliorer la constitution. Maintenant, il faudrait un séisme pour développer un autre mode de vie.
    Je viens de finir de regarder une série documentaire sur l’Afghanistan dans les replay de Arte, On comprend mieux comment ils sont passés de Joseph Kessel au terrorisme. Pareil pour l’Iran, la Syrie et autres : lorsque vous modernisez ou abolissez les traditions trop vite, vous avez une guerre civile.
    Et effectivement, mes malades d’ici me disent que tout cela va mal finir. L’agressivité est arrivée dans nos contrées tranquilles. Les citadins arrivent stressés, fatigués, énervés, inquiets. Et ils n’arrivent pas à se détendre en regardant la nature. On voudrait leur prendre la main, les faire assoir dans l’herbe et leur faire écouter le chant des oiseaux, le coucou qui appelle sa femelle, les vaches et les chevaux qui guettent les pousses tendres de l’herbe. Cela réconforte de tous ces bourgeons cramés par le gel…..

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  12. Alain dit :

    Pour nourrir le débat sur le sujet, si débat il y a, une intéressante contribution de Yves Montenay sur son blog et qui y développe une analyse apparemment faite d’expérience.
    https://www.yvesmontenay.fr/2021/04/15/lena-les-grandes-ecoles-et-la-formation-des-elites-francaises/

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    • Alain, très intéressant
      MT

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    • Citoyen dit :

      Ah, Alain, le billet d’Yves Montenay est particulièrement savoureux …
      Le tableau qu’il peint, décrit parfaitement le sujet. Il remémore entre autre, un illustre du cursus que l’on avait oublié, un géant, J6M lui-même !!!… Qui, comme par hasard, a exactement le même profil que le micron ….

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  13. Hors sujet, hors propos, le lien suivant:

    https://claudetaudin.monsite-orange.fr/index.html

    Âmes sensibles s’abstenir…

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  14. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Permettez à une Suissesse naissance de vous adresser ex-abrupto, ce petit contrepoint à la dithyrambe de monsieur Garçon :

    https://www.rts.ch/video/couleur3/120-secondes/11360677-tout-le-monde-nest-pas-content-de-la-gestion-de-crise-du-conseil-federal.html

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  15. roturier dit :

    Les pires foutaises sont exprimées par les « sachants » barricadés derrière leurs diplômes.

    Toute chose nait, vit et meure. DONT « LA » démocratie (si tant est qu’il n’en existe qu’une seule).
    Et pourquoi échapperait-elle à la règle ?

    Nous sommes une espèce grégaire dont la genèse remonte à plusieurs millions d’années et, survie oblige, organisés en groupe depuis toujours ou presque.
    La gouvernance du groupe allait TOUJOURS, en général par hérédité, au plus puissant qui souvent coïncidait avec le plus méchant.
    L’organisation « démocratique » du groupe commence, timidement, depuis deux ou trois siècles (non, ne me parlez pas de la Grèce antique, « démocratie » très limitée et de pure forme).

    « La » démocratie est donc très récente compte tenu de l’ancienneté de l’espèce, ne concerne qu’une minorité de ses membres, fragile, et RIEN ne garantit sa longévité.
    « La crise de la démocratie » est donc son état normal et « France démocratie défaillante » devrait être complété par « comme toutes les autres ».
    Expliquer ça par « la morgue (l’arrogance…) des élites dirigeantes » ? C’est la nature humaine, abruti !

    Il préfère quoi, le dénommé Garçon, approuvé par MT ? Le système USA, que l’on rigole un peu ?
    NON. Il parle de la Suisse… Il fallait oser, compte tenu des différences…

    MAIS un détail : connait-on la lourdeur du referendum « fédéral » (national) suisse ?
    Sait-on que parfois il s’écoule 5 ans (CINQ !) entre la première formulation d’une question soumise au referendum et la loi qui en est le fruit ?
    Et que la réponse étant souvent NON, il n’y a in fine pas de loi ?
    Et que la maitrise de toute la procédure est entre les mains de la démocratie représentative, à savoir parlement et gouvernement (fédéraux, s’entend).

    J’abrège. Le gazon est plus vert chez les voisins et ailleurs rime avec meilleur.

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    • roturier, est-ce moi que vous traitez ainsi « d’abruti »? Parce que l’on peut discuter me semble-t-il en restant correct. J’ajoute que si tel est le cas, je ne vois pas ce qui vous oblige à venir sur le blog d’un abruti.
      MT

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    • D’autant plus que mon but unique est d’ouvrir un débat à partir d’un livre avec lequel on peut être en désaccord et non d’assener des dogmes.
      MT

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    • roturier dit :

      Mais non, MT. Certainement pas. Loin de moi.
      C’est dans l’esprit de la saillie américaine: « it’s the economy, stupide! » qu’on balance à quiconque s’étonne; surtout d’un résultat électoral.
      Mille excuses mais je suis imprégné, vu mon passé composé, de ses bribes de langage qu’on ne partage pas forcément sous toutes les latitudes.
      En revanche, des dogmes? Moi????….

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    • roturier, alors tout va bien, tout malentendu est levé.
      MT

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    • pabizou dit :

      En quoi le fait que la réponse à un référendum lorsqu’elle est négative est elle un problème si elle empêche la mise en place d’une nouvelle loi . C’est justement pour ce type de cas que le référendum existe, pour éviter que des abrutis idéologisés puissent imposer leur débilités à la majorité qui n’en veut pas . Si nous avions ça ici, au lieu de comités citoyens sans légitimité, quasiment aucunes des lois imbéciles sur l’écologie n’existerait et votre facture d’électricité, par exemple, ne crèverait pas le plafond pour financer l’absurdité des énergies intermittentes . D’autre part les libertés seraient bien plus respectées, et tant pis pour les grincheux qui n’acceptent pas qu’on ait envie de vivre autrement qu’eux . En quoi est il normal de devoir cotiser (pour sa santé, sa retraite, ou que sais je encore) auprès d’organismes étatiques? Prenons l’exemple de la PMA : chacun fait ce qu’il veut de sa vie mais au nom de quoi dois je financer les choix de quelqu’un, ce sont ses choix, qu’il les assume . Alors, oui, la démocratie ne peut pas survivre aux visions collectivistes et c’est justement son intérêt, se débarrasser des lubies d’abrutis incapables de s’apercevoir que le reste du monde n’est pas à leur service
      Que reprochez vous au système suisse? il responsabilise les citoyens et leur permet d’éviter certains écueils qui sont en train de déchirer le Titanic français qui coulera par excès de verticalité . Seriez vous de ceux qui ne supportent pas que les échecs dus à leurs visions erronées soit mis en évidence par les réussites de ceux qui font des choix différents . Si c’est le cas, il y a une solution simple, il suffit de s’interroger et de se remettre en cause .

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    • roturier dit :

      Une réponse négative à une question de referendum vaut une réponse positive; surtout qu’on ne connait pas la question. Aucun a priori de ma part pour ou contre.

      ET je ne reproche rien au système suisse. J’averti simplement contre l’illusion d’une mise en œuvre facile et d’une meilleure gouvernance rien que par le referendum.

      De manière générale: la démocratie fonctionne bien lorsque 90% des gens sont d’accord sur 90% des questions.
      Cela n’arrive que lorsque tout le monde a la panse pleine et tout le monde partage le même soubassement culturel.
      C’est comme par hasard le cas en Suisse; le referendum en est la conséquence, pas la cause.
      Sinon, et c’est le cas en France, les discordes prennent le dessus et la gouvernance devient château branlant, avec ou sans referendum.

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    • pabizou dit :

      Si les Suisses ont la panse pleine ne serait ce pas parce qu’ils ont choisi ce que vous critiquez sans cesse, à savoir le libéralisme et la responsabilité individuelle qui l’accompagne . Ici nous avons le capitalisme de connivence à tous les étages et le cortège de magouilles qui l’accompagne, comme dans tout système collectiviste où l’état se prétend stratège quand il n’est en fait qu’un boulet . Bien sûr notre système que le monde entier nous envie mais se garde bien de copier ne fonctionne pas dans le cadre des politiques libérales, et c’est normal, il devient totalement inutile . Regardez le code du travail suisse, vous comprendrez pourquoi le plein emploi est la situation normale là-bas et du même coup pourquoi nous ne pouvons pas y arriver . Parce qu’en fait, contrairement à ce qu’on nous a dit, non on n’a pas tout essayé pour inverser la situation, au contraire même, on a soigneusement évité ce qui fonctionne et ceci pour des raisons autant idéologiques que de préservation des privilèges de caste et de intérêts des connivents . C’est, et ce sera toujours, par la liberté qu’un pays réussi là où tous les autres échouent mais ce n’est pas un hasard si certains diabolisent ce qui pourrait entrainer leur disparition, un pays libéral n’a jamais une fonction publique obèse et irresponsable . Comme par hasard c’est la partie francophone qui s’en sort le moins bien et lorsqu’on regarde de plus près on s’aperçoit que c’est aussi la partie la plus gangrénée par les sirènes socialistes .

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    • roturier dit :

      Vous dites, pabizou, de la Suisse : « c’est la partie francophone qui s’en sort le moins bien ».
      Pourtant, ils ont le système du referendum comme les autres….
      Le referendum en soi n’est donc pas LA solution car le problème est ailleurs.

      Perso je pense que l’ancienneté de la France comme pays uni sous tutelle parisienne centralisée est l’un des problèmes. Cela me semble être l’échec principal (mais non l’unique) de la révolution de 1789. En effet, les révolutionnaires se sont trompé de cible ; les symboles de la monarchie furent décapités mais pas sa centralisation, conservée et même aggravée (voir Vendée) par la révolution.
      Et Bonaparte n’a pas fait mieux, bien au contraire. J’abrège.

      Inséparable, aussi l’immaturité politique. Une forme de socialisme qui ne dit pas son nom et qui encourage les citoyens à chercher, puériles, la solution de tous leurs problèmes à Paris.
      Sinon, on tape du pied et on peste contre Papa Président et Maman République pour avoir échoué à nous fournir illico notre dernier caprice sur un plateau d’argent.

      Et on défile en gilets jaunes et on parade et on fait du bruit et on casse des abribus.
      Plutôt une spécialité française, ça.

      Vu qu’on lui demande l’impossible et de suite, on appelle à la destitution d’un Président à peine élu ; on commence à construire l’échafaud dès le lendemain de l’élection. Systématiquement : aucun Président sortant n’a pu se faire réélire (je peux étayer ça mais j’abrège). Alors qu’Angela fait son quatrième mandat. Intéressant, non ?

      Vous noterez que le discours sur la « grandeur » de la France est consubstantiel à cette situation.
      Une fédération de régions-crapauds n’a pas tendance à se prendre pour un bœuf.
      Mais la France, elle, est unie et indivisible. Va donc pour la « gloire ». Au Mali et ailleurs.

      Heureux ?

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  16. H. dit :

    Bonjour Maxime,

    L’idée est séduisante, sur le papier s’entend, mais fait fi d’une différence culturelle fondamentale entre les deux pays : le centralisme jacobin lui-même issu de l’absolutisme royal tel qu’il a été initié avec Philippe le Bel et une structure fédérale qui existe depuis près de trois cents ans (de mémoire et à titre d’exemple, le canton d’Appenzel refuse toujours que les femmes puissent participer à la vie politique ce qui ne peut que choquer les genevois. J’ajoute que la légendaire et pragmatique souplesse helvétique a été sérieusement mis à mal avec la gestion de la crise sanitaire comme en témoigne JF Michel sur son blog : https://anthropo-logiques.org/). Pas certain que le système suisse fonctionne au pays de l’egalitarisle imbécile !!!
    Pour autant, l’importance et la profondeur de la crise politique qui affecte ce pays appellent les citoyens (pas leurs représentants par trop déconsidérés) à une réflexion profonde sur cette situation dramatique (la lecture de l’actualité du jour montre que nous somme dirigés par des personnes dangereuses avec une nouvelle version d’un fait divers-une loi suite à deux décisions de justice, l’une par la cour de cassation (https://www.vududroit.com/2021/04/affaire-sarah-halimi-hier-comme-aujourdhui-on-ne-juge-pas-les-fous/), l’autre par une cour d’assises des mineurs (avec un jury composéde neuf citoyens et de trois magistrats, de ces jurys que le Garde des sceaux veut supprimer nom d’une prétendue meilleur efficience de l’institution alors que le fond du problème est ailleurs (https://www.contrepoints.org/2021/04/19/395633-confiance-justice-loi-dupond-moretti-un-texte-pour-rien)).
    Pour autant, face à un président dont on peut légitiment penser qu’il a juré de détruire ce pays et son passé (https://www.fdesouche.com/2021/04/19/macron-interroge-par-la-chaine-americaine-cbs-nous-devons-deconstruire-notre-propre-histoire/) et une classe politique à la dérive plus soucieuse de son devenir que du bien commun et sauf à penser que la solution pourrait résider dans un recours à une dictature, solution de facilité à la portée des imbéciles, la solution « suisse » apparaît, pour peu qu’on tienne au modèle démocratique, comme la moins mauvaise des solutions utilisables. Cela dit, si elle se mettait en place, il faudra l’accepter pour le meilleur et pour le pire. La crise actuelle nous montre que le pire sera nécessairement au rendez-vous avant le meilleure, l’esprit démagogique qui inspiré la grande majorité de l’échiquier politique et médiatique est là pour nous l’indiquer.

    Bonne journée

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    • H, oui mais justement l’auteur en appelle à une remise en cause de cette culture centralisatrice qui en effet remonte à Philippe le Bel, mais qui selon lui n’est plus adaptée au monde actuel.
      MT

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    • H. dit :

      Nous sommes donc bien d’accord mais il nous faut être bien conscient que ce recours est à double tranchant, le pire y cotoiera le le meilleur. Ce qui m’inquiète, c’est que je ne sens pas chez mes concitoyens une maturité démocratique à la hauteur des enjeux. La démocratie est comme la liberté, ce n’est pas sécable au gré des humeurs du jour. Si demain, une votation populaire rétablit la peine de mort, il faudra l’accepter. De même qu’il faudra accepter la fin de l’égalitarisme imbécile qui prétend régenter d’une manière identique les problèmes du nord et du sud. La destruction systématique et voulue de notre système éducatif et de notre histoire à laquelle nous sommes soumis depuis 40 ans explique en grande partie cette absence de maturité démocratique mais dans un pays où l’état-maman s’apparente de plus en plus à une mère abusive, il ne faut pas être surpris par l’apparente facilité avec laquelle cet état s’immisce au plus profond de nos existences. À cet égard, on ne peut qu’être très inquiet quant aux dérives écologiques actuelles.

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    • roturier dit :

      Votre mot « égalitarisme imbécile », je le contresigne des quatre pattes.

      MAIS pas tout le reste. Surtout la séquence vidéo de l’interview de Macron à CBS ; qui ne peut en AUCUN cas donner lieu à votre affirmation « …un président dont on peut légitiment penser qu’il a juré de détruire ce pays et son passé. »

      Il se trouve que des médias américains importants (que vous qualifierez sans doute de « gauche ») pratiquent du « french bashing » sur fond d’évènements qu’ils s’empressent à considérer, vus de chez eux, comme « raciaux » (Adama Traoré et d’autres).

      Macron avait pour but de faire contrepoids à ça. Il parle aux américains et il fait ce qu’il peut. Sachant que la plupart des américains ignorent (presque…) l’existence d’un monde à l’extérieur de leurs frontières ; ils ne savent pas forcément localiser la France sur le globe, ils s’en foutent et il est difficile de les atteindre.

      Concernant le centralisme jacobin, effectivement l’héritage de la monarchie. C’est, me semble-t-il, l’échec principal de la Révolution ; elle a raté sa cible ; décapité les symboles en gardant le mal intact et même en l’aggravant (cf. Vendée).

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    • Citoyen dit :

      C’est bien ça, H … Les français ne sont pas des suisses, et leur modèle de fonctionnement est difficilement transposable.
      Pour autant, sous bien des aspects, on trouverait avantage à s’en inspirer …

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  17. Jean dit :

    Avec des images c’est bien aussi !

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  18. Ping : Lecture: France démocratie défaillante – il est temps de s’inspirer de la Suisse – François Garçon, éditions l’Artilleur 2021 – Qui m'aime me suive…

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