Fin de vie, quand les conventions citoyennes remplacent la démocratie (pour Figaro Vox)

Stanislas Guérini, délégué général du parti présidentiel a déclaré : « Sur la fin de vie, je pense que la bonne méthode est celle que nous avons employée pour la PMA pour toutes : un calendrier partagé et transparent et un moment de concertation. Il serait utile de mettre en place une « convention citoyenne » sur le sujet, pour créer un consensus».

Le recours aux conventions citoyennes pour traiter de sujets fondamentaux est devenu une pratique banalisée du « nouveau monde politique ». En fin d’année dernière, à la demande du président de la République, 35 Français ont été tirés au sort pour former un « collectif de citoyens » chargé de « se prononcer sur la stratégie vaccinale en France ». Cette initiative faisait suite à « la Convention citoyenne sur le climat », composée de 150 citoyens, sélectionnés au hasard pour « représenter pleinement la société dans toute sa diversité et sa vitalité ». La méthode est-elle si nouvelle ? D’ores et déjà sous le quinquennat de M. François Hollande, « une conférence citoyenne », composée de 18 citoyens désignés selon des critères de représentativité de la société française définis par l’IFOP avait été chargée de réfléchir à la fin de vie. Elle avait débouché, à la fin de l’année 2013, sur des conclusions favorables à la « possibilité de se suicider par assistance médicale (dans certaines conditions) ».

Les conditions de la fin de vie sont aujourd’hui définies par le code de santé publique (L1110-5), issues notamment de la loi Clayes-Léonetti du 2 février 2016 qui s’efforce de définir un équilibre entre des exigences contradictoires : « Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu’à la mort. Si le médecin constate qu’il ne peut soulager la souffrance d’une personne, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qu’en lui appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d’abréger sa vie, il doit en informer le malade […] la famille ou, à défaut, un des proches. »

Pourquoi remettre en cause ce dispositif, récent et devenu largement consensuel ? Le sujet va au-delà d’une simple question de société : il touche à la conception de la vie humaine, c’est-à dire au noyau même de la civilisation. Il concerne directement le caractère sacré de la vie humaine, fondement de la civilisation qui la distingue de la barbarie. Il est ainsi de la même nature que la loi bioéthique en cours d’adoption incluant la PMA sans père, les expérimentations sur les cellules-souches, l’interruption médicale de grossesse à neuf mois pour détresse psycho-sociale. La volonté de légiférer à tout prix sur ces questions est idéologique. Elle est un marqueur essentiel du progressisme « post moderne » incarné par En Marche. Elle correspond à l’ultra-narcissisme et l’individu-dieu annoncés par Gille de Lipovetski dans l’ère du vide en 1982.

Le recours à des conventions citoyennes, tirées au sort ou désignées selon les principes de quotas applicables aux sondages est de fait assez conforme à l’esprit de cette idéologie.  Des sujets fondamentaux qui avaient jadis vocation à faire l’objet d’un débat entre les représentants élus de la nation au Parlement seront désormais traités par des individus non élus. Ce système revient à affaiblir la souveraineté du suffrage universel et la notion de peuple comme entité collective en charge de définir son destin par le vote populaire. Il lui substitue un assemblage de personnes désignées par le hasard, donc ne représentant qu’elles-mêmes. Il traduit ainsi l’individualisme à outrance qui se substitue au principe d’un destin collectif.

Le tirage au sort dans la cité athénienne à l’occasion des grandes décisions politiques signifiait que les mortels s’en remettaient à la décision des dieux. Aujourd’hui, les dieux se sont retirés et cette méthode donne simplement l’image d’un renoncement du politique et d’une fuite devant ses responsabilités. Quelle légitimité, quelle compétence ont des individus non élus et piochés au hasard pour traiter de sujets fondamentaux qui engagent l’avenir, non pas seulement de la société, mais de l’humanité ? « Créer un consensus », selon les termes de M. Guérini, sur des questions aussi complexes, tourne le dos à l’image de la démocratie fondée sur le débat d’idées. Cette étrange formule substitue à la règle de la majorité celle du troupeau, une conception unanimiste et conformiste de la vie publique. Ainsi, ce sont les fondements mêmes de la démocratie incluant la notion de responsabilité qui s’effondrent sous nos yeux derrière le paravent d’un grand spectacle narcissique. Or, entre le meilleur des mondes d’Aldous Huxley et 1984 de George Orwell, nul n’a encore rien trouvé de crédible pour la remplacer…

Maxime TANDONNET

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

26 commentaires pour Fin de vie, quand les conventions citoyennes remplacent la démocratie (pour Figaro Vox)

  1. cgn002 dit :

    La est vraiment le signe que nos gouvernants sont déconnectés de la réalité
    Ils ont besoin du terrain pour se rafraîchir l esprit
    Bref ils ne sont plus nos représentants, mais des guignols qui ont besoin de trouver une légitimité à leur avantageuse position…
    Dont ils ne sont plus responsables et ne veulent en aucun cas être portes coupables
    Bref l apothéose du médiocre qui cherche l impunité face à ses déficiences.

    J'aime

  2. Simon dit :

    Bonjour à tous,
    C’est une conversation que nous avons eu le week-end dernier, entre amis, médecins et infirmières. Oui aux soins palliatifs ! Tous considèrent que tout doit rester du cas par cas, pour soigner, guérir, pas pour tuer. En fait c’est de cela qu’il s’agit, le médecin a-t-il vocation à donner la mort ?
    Deux personnes très proches sont décédées d’un cancer du pancréas, plutôt longs : un an et un an et demi, aucun ne voulait mourir malgré la douleur, ils ont accepté leur « finitude » et sont partis à leur heure, ils avaient 48 et 54 ans. la maman d’une copine atteinte de la maladie de Charcot voulait être euthanasiée, athée, elle finissait ses jours à l’hôpital, étant arrivée au bout; les médecins étaient prêts à accéder à sa demande, au dernier moment, elle s’est ravisée, elle ne voulait plus… elle est décédée naturellement 48 h plus tard. Ce sont trois exemples très récents d’attitude vis à vis de la mort qui interpellent…
    Ma fille âgée de 22 ans a eu une discussion très animée avec ses copines par rapport à l’avortement, d’où il ressortait que pour celles-ci, il ne s’agissait que d’une « graine » inopportune dont il convenait de se débarrasser…
    Quand il n’y a plus de « freins », on s’habitue à tout, plus d’avortements, plus de demandes pour légiférer sur l’euthanasie (quand on voit ce qu’il se passe en Belgique !) , plus de voiles dans les rue, plus d’atomisation de la société, chacun tire la charrue de son côté; Quand a-t-on choisi, voté pour ce monde là ?

    Aimé par 1 personne

  3. Stanislas dit :

    La fin de vie est un sujet sur le podium depuis un an me semble t’il.
    Un bon état d’urgence, une enfilade de décrêts sur un coin de table, un compteur des morgues ou des réas, le tout expliqué par un croque mort sur un plateau télé, on peut dire que le sujet est bien lancé non ?

    Vu l’année passée, il reste à la clique en marche et la kakocratie bureaucrate sanitaire, à définir clairement à quel moment commence la fin de vie pour leurs pauvres synapses bouffés par les araignées.

    « convention citoyenne »… ils ont changé de principe chez en marche ?, il y a encore peu, c’était une plateforme numérique de recueil des » idées » qui était ouverte et au final on croyait bien que les lois fourre tout qui suivaient avaient été écrites par des cadres supérieurs de lobbistes ou de centres de réflexions »choisis »

    Notons bien que les effectifs se réduisent pour aller au consensuce; On a eu :
    – les cahiers de doléances pour ls archives
    – le grand débat et sa fiche d’animation ciblée pour les archives
    – les plateformes numériques de recueil des commentaires
    – les conventions au sort

    Je sens que ça va finir par un conseil de défense à quelques uns tout ça..

    Aimé par 1 personne

  4. Freddie dit :

    De toute façon, on va y arriver. Je crois que ce n’est pas vraiment la peine de discuter sur les cas difficiles où on peut se poser plein de questions éthiques. Ils ne servent que de rampe de lancement pour le droit à tuer. Sganarelle a, à mon avis, tout à fait raison en comparant l’évolution à venir avec celle de l’avortement. Les autorisations de tuer seront de plus en plus étendues. Notre civilisation a franchi un tabou. Les « dérapages » seront de plus en plus nombreux… jusqu’à être légalisés aussi. En tant que potentielle victimr, on peut juste se demander s’il est bien prudent de rester dans un pays qui pense de cette façon. Mais en tant qu’analyste de la société, comme Maxime Tandonnet, on peut se demander ce que va devenir un pays où on autorise ce genre de choses. Je me souviens qu’Agatha Christie disait dans ses romans que s’arroger le pouvoir de prendre la vie, devient addictif.

    Aimé par 1 personne

  5. Bonjour Maxime , bonjour tout le monde .

    IL y a qques années j’ai vu une émission sur la TSR (télévision Suisse Romande ) qui nous présentait le suicide assisté d’une femme d’environ 60/70 ans .Suicide pour convenance personnelle .
    Vous voyez la chambre , le lit , la table de nuit (ou de mort) , car sur cette table se trouve la potion létale, en fait c’est un comprimé avec un verre d’eau .
    Vous voyez aussi la femme avec heureusement le visage un peu flouté .Et puis vous avez le médecin , son aide médicale , et perso je commence à serrer les dents .
    Ce petit monde nous explique que c’est le choix de cette personne , qu’ils ont longuement discuté avec elle et que sa décision est irrévocable .
    Elle n’est pas malade est au contraire bien portante , mais justement elle ne veut pas tomber malade un jour donc elle prend les devants (ndlr pour les 4 derniers mots ) .
    Bien , maintenant il est temps , elle est allongée sur le lit , la porte se ferme .Puis après , nous voyons le mari et le fils en larmes .Le fils a des mots très durs .
    Et moi je dis NON à ça .Et je parle bien du suicide assisté , je parle bien d’une personne en pleine forme .
    Je suis choquée à vie par ce que j’ai vu , cependant je ne regrette absolument pas d’avoir regardé cette émission car j’ai pu me faire une opinion sur ce sujet .
    Chris .

    Aimé par 1 personne

  6. Citoyen dit :

    Eh oui, mais prendre l’avis d’un échantillon de gogos, « sélectionnés au hasard »…, pardon, triés sur le volet, que l’on a pris soin de bien formater ou endoctriner sur le sujet du débat, c’est plus sûr que de demander l’avis de tous les français « en même temps », qui sont très versatiles, quand ils ne sont pas taquins …
    Oser prendre la température nationale, sans protections, c’est bon pour se prendre des baffes plus que méritées …Alors que s’acoquiner l’avis de 35 gogos, qui ne représentent personne d’autre qu’eux-mêmes, bien préparés pour servir de paravent à leur insu, c’est excellent pour se planquer derrière … Les donnant en pâture pour se prendre les baffes (méthode très progressiste) .., sur la base de : « C’est pas moi, c’est eux ! »…
    Là, c’est tout bénef !…
    A ce stade, puisque l’état ne sert plus à rien, autant le limoger si besoin avec pertes et fracas (avec les économies colossales qui en découlent), et confier les manettes à des conventions citoyennes …

    J'aime

  7. artofuss dit :

    A reblogué ceci sur MEMORABILIA.

    J'aime

  8. Philippe Dubois dit :

    Bonjour Maxime

    En préambule, je drais que le sujet est très délicat et mérite d’être traité de la façon la plus sereine possible.

    Dans votre billet, vous abordez le fond = la fin de vie et le suicide assisté, ainsi que toutes les notions qui gravitent autour de cet axe.

    Vous parlez aussi de la forme, point sur lequel je suis globalement en accord avec vous.
    Ces conventions citoyennes sont des pièges dans lesquels des gens se font manipuler par des militants professionnels, surtout quand le tirage au sort est dirons nous « orienté »
    Le seul bémol que je vois est la notion de compétence sur un sujet qui touche au plus profond de l’humain : à mon sens, le plombier est aussi compétent que le député surtout s’il a vécu la fin d’un proche.
    Il conviendrait donc de rester sur la notion de légitimité de la représentation nationale, même si l’idée d’un référendum ne me semble pas hérétique.

    Sur le fond.
    Je ne sais pas ce que Guérini inclut dans la notion de fin de vie et de nombreuses personnalités parlent aussi de fin de vie sans que l’on sache trop ce qu’ils entendent par là.
    Songent-elles uniquement aux derniers instants d’un cancéreux en phase terminale qui souffre le martyre ?
    Incluent-elles la personne très âgée, démente, grabataire, pour laquelle on peut se demander s’il convient d’entreprendre un traitement lourd type chimiothérapie ?

    Pensent-elles à l’affaire Vincent Lambert (qui n’était pas en fin de vie) mais qui nous interroge sur notre rapport à la vie et à la mort, sur ce que nous appelons en notre âme et conscience une vie digne, sur ce que nous souhaitons pour nous-même ou pour nos proches, s’ils n’ont pas exprimé de volonté auparavant ?
    Elle nous interroge aussi sur le rôle et l’attitude des médecins, devant une pathologie ou un accident entrainant de façon quasi certaine de très lourdes séquelles
    Ce drame nous entraîne vers le sujet des directives anticipées et de leur caractère plus ou moins contraignant vic à vis des équipes médicales
    Mon avis est clair : Les directives anticipées doivent être impératives pour n’importe quel médecin, dans toutes les circonstances.
    Mais en l’absence de DA, quelle est la parole prépondérante ?
    Celle des parents, celle du conjoint, celles des enfants ?

    Le sujet est gigantesque et très très délicat.
    il mérite effectivement autre chose que ces pitreries politiciennes

    Aimé par 4 personnes

  9. cgn002 dit :

    Ou comment acquérir du pouvoir en semant le trouble…
    Il suffit de franchir la Méditerranée pour s’imprégner de cette culture…!
    Qui est en train de prendre le pas…
    Pourquoi choisir la clarté quand l’obscurantisme procure des avantages personnels ?…

    Aimé par 1 personne

  10. Cher Maxime,
    Je partage entièrement votre sentiment sur ce sujet de la fin de vie!
    Il y a plus de dix ans, j’avais assisté à un séminaire confidentiel organisé par le centre d’éthique de Cochin sur la loi Léonetti/Claeys! Pas d’élus, juste des professionnels ! Très haute éthique qui imposait le respect, et laissait chacun à son appréciation et à sa conscience! Il s’agit de la relation sacrée médecin/malade qui perdure juSqu’au dernier souffle.
    Au vu de la décomposition idéologique, la tenue d’un tel séminaire ne pourrait avoir lieu aujourd’hui!
    Et croyez vous en plus qu’avec la pandémie où il y a plus de 90 000 décès et des fins de vie atroces en EHPAD avec des témoignages accablants de familles sur les enterrements, ce soit le moment de parler des conditions de la fin de vie pour certaines personnes? La rupture anthropologique serait-elle la marque du Nouveau Monde. La bioéthique est un sujet sérieux qui est malheureusement trop pris à la légère.

    Aimé par 4 personnes

  11. Laure Fritte dit :

    Il est evident que cette mascarade a pour but d exonerer les deputes de toute responsabilite sur la qualite de la loi. Ils peuvent blamer les citoyens qui proposent n importe quoi, tout en passant des lois sociétales pour plaire a leurs electeurs, sans les details . Dans deux ans on recommence.

    Aimé par 2 personnes

  12. Dorine dit :

    Il n’y a pas de mort indigne. La mort est indépendante de la volonté humaine. Si de tout temps la morphine ou autre médicament a permis de l’avancer pour soulager des souffrances insupportables, à l’heure actuelle, c’est le regard du prochain qui fait de l’être humain un être digne ou indigne. Ce n’est pas sa mort.
    Il ne faut pas faire de l’euthanasie active un moyen de raccourcir les frais et le budget de la SS.
    Le RIVOTRIL a prouvé l’objectif du gouvernement.

    Aimé par 6 personnes

  13. Sganarelle dit :

    On est en plein eugénisme et petit à petit on se rapproche du nazisme dont on nous rebat les oreilles avec dégoût pour en suivre ensuite les grandes lignes avec d’abord l’avortement simplifié jusqu’à l’assassinat et maintenant l’ouverture à la dignité dans la mort ..comme si on naissait et vivait «  dans la dignité » l’expression est belle autant que perverse parce qu’elle séduit et rassure alors qu’elle risque surtout de conduire à des abus de convenance .
    Comme pour l’avortement on commencera par des limites pour finir par ne plus en avoir et le simple déprimé risquera de voir son vœu se réaliser alors qu’il n’est que l’expression passagère de sa maladie et ..quid de la vieille grand mère gâteuse qui détient un héritage?
    Trop de cas particuliers ne peuvent se résoudre par une loi globale.
    La loi Leonetti permet une aide en soins palliatifs et lorsqu’il y a acharnement thérapeutique c’est presque toujours une question de religion familiale ou professionnelle . Ceux qui aiment voir leurs proches souffrir sont plutôt rares et les aides morales et physiques sont multiples .
    Tout vouloir régir par des lois conduit à la dictature et la guignolade des conventions citoyennes ne sert que dans le cinéma électoral d’un président en mal de consensus.
    Il s’avère de plus en plus que la seule réussite de mr Macron sera surtout après le mariage pour tous et la PMA remboursée un véritable changement de société le tout finalisé maintenant par la mort librement choisie par l’intéressé ..ou son entourage… Le bonheur obligatoire selon Macron en quelque sorte.

    R Macron sera

    Aimé par 5 personnes

  14. pabizou dit :

    Si les conventions à la noix sont si bien pourquoi ne pas désigner un président après tirage au sort de 100 français . Ca ne donnera rien de bon mais comme c’est déjà le cas depuis 50 ans ou presque personne ne verra de différence . On peut même diviser la France en 5 ou 6 régions autonomes selon la même méthode et se débarrasser des barons locaux et de tout ce foutoir administratif qui ne sert plus à rien tant il étouffe tout de son obésité . Quelle économie et quelle tranquillité non? Fini les démagos, bienvenu à Mme Michu, espérons qu’elle sache lire !!!

    Aimé par 1 personne

  15. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Et que dire d’un hôpital comme celui de Saint-Brieuc qui, voyant arriver une malade de 50 ans qu’ils n’ont ni les moyens techniques, ni le personnel qualifié pour faire un diagnostic précis, donc sont dans l’incapacité d’établir un traitement adapté, au lieu de l’adresser au CHU de Rennes en urgence, la fourrent dans un lit sous morphine, comme si elle était en fin de vie, le chef de service n’ayant même pas jugé utile de voir cette malade, tant il était sûr que rien ne pourrait lui être reproché puisqu’elle n’avait pas désigné de référent responsable, à son entrée à l’hôpital ?
    Je tiens à votre disposition tous les détails de cette affaire puisqu’il s’agit de ma fille cadette qui en en mars 2019 a présenté les symptômes d’une simple gastro, et qui est morte le 15 juin 2020, sans diagnostic et sans traitement.

    Aimé par 6 personnes

    • Mildred dit :

      Et puisqu’il s’avère qu’aujourd’hui 18 mars nous célébrons le 150 ème anniversaire de la Commune de Paris, que monsieur Tandonnet me permette de rendre ce petit hommage à Rachel Arnaud (1970-2020) que j’entends encore affirmer d’un air bravache : « Maman, je suis une communarde ! »

      Aimé par 1 personne

    • Sganarelle dit :

      Mildred si votre malheur peut être utile à d’autres il faut leur dire que lorsqu’on entre à l’hôpital il est de la première importance de se faire accompagner. Une personne isolée est comme vous le dites susceptible de ne pas entrer en conflit en cas de litige et c’est toute une différence. Vous devez avoir toutefois un droit de regard’ un compte rendu d’intervention en cas de chirurgie et vous devez pouvoir exiger des explications.
      Actuellement la situation est telle qu’il est préférable de rester chez soi qu’aller aux urgences ..

      J'aime

    • Mildred dit :

      @Sganarelle
      Les choses sont plus compliquées qu’elle ne paraissent.
      Ma fille se vivait en « absolue gavroche » ! Dès les débuts de sa maladie, en avril 2019, elle a eu un des amis de son père – son père était médecin – alerté par moi, au téléphone qui lui a proposé de la faire hospitaliser à l’hôpital Léon Bérard à Lyon. Elle a refusé tout net, disant ne pas vouloir bénéficier d’un passe-droit et n’en a pas démordu : elle vivait en Bretagne, elle voulait être soignée comme une Bretonne.
      Son lymphome à lymphocytes B, à grandes cellules, est enfin diagnostiqué au stade 4 le 12 juin, mais il est trop tard pour mettre en place un traitement.
      Elle meurt le 15 juin au matin.
      Peut-être qu’en ce jour anniversaire de la Commune de Paris, Rachel Arnaud (1970-2020) mérite-elle tout de même ce petit hommage qui nous parle d’elle :

      Aimé par 1 personne

    • Coucou dit :

      Bonsoir Mildred,

      Souvenir
      Alphonse de Lamartine

      Mais ta jeune et brillante image,
      Que le regret vient embellir,
      Dans mon sein ne saurait vieillir
      Comme l’âme, elle n’a point d’âge.

      Non, tu n’as pas quitté mes yeux;
      Et quand mon regard solitaire
      Cessa de te voir sur la terre,
      Soudain je te vis dans les cieux.

      Là, tu m’apparais telle encore
      Que tu fus à ce dernier jour,
      Quand vers ton céleste séjour
      Tu t’envolas avec l’aurore.

      Ta pure et touchante beauté
      Dans les cieux même t’a suivie ;
      Tes yeux, où s’éteignait la vie,
      Rayonnent d’immortalité !

      Du zéphyr l’amoureuse haleine
      Soulève encor tes longs cheveux ;
      Sur ton sein leurs flots onduleux
      Retombent en tresses d’ébène,

      L’ombre de ce voile incertain
      Adoucit encor ton image,
      Comme l’aube qui se dégage
      Des derniers voiles du matin.

      Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques

      https://www.poetica.fr/poeme-618/alphonse-de-lamartine-souvenir/

      Aimé par 1 personne

    • Mildred dit :

      @ Coucou
      Merci ! C’est exactement ça : elle ne m’a jamais parue aussi proche que depuis qu’elle est morte. C’est un vrai mystère que je n’essaie pas de comprendre.

      Aimé par 1 personne

  16. badin26 dit :

    Chaque jour qui passe me conforte dans cette idée que nous sommes gérés (j’emploie ce terme volontairement) par des fous. Aucune idée annoncée ne donne l’impression d’avoir été réfléchie. Entre les PMA, les GPA, les gestions hasardeuses des risques, les déclarations immédiatement démenties, les choix énergétiques aberrants et les positions internationales intenables et évidemment sans suite, nous avons les preuves que cette bande d’ahuris est totalement inapte. Ce qui me fait très peur c’est que personne parmi ceux qui devraient être les gardiens du temple n’intervient pour arrêter cette catastrophe. Et je me demande, une fois de plus, à quoi ils servent, ces soi-disant gardiens du temple? Sans, une fois de plus, parler d’argent, au prix où ils sont payés, pour de tels résultats, c’est un scandale (Comme aurait dit Marchais!).

    Aimé par 1 personne

    • there dit :

      @badin il ne servent tout simplement pas le temple auquel vous pensez (la France, ses citoyens); ils servent le leur et ceux de leurs soutiens. Les gens ne sont jamais ni bêtes ni fous, c’est juste que leurs objectifs ne sont pas ceux que vous imaginez.

      J'aime

  17. Anonyme dit :

    sujet très difficile ,la mort d » une personne que l » on aime est terrible ,la souffrance peut faire penser a la mort ,a un moment donner , et prendre cette décisions seule est terrible ,je l’avais écrit sur le blog de Maxime , lorsque a la clinique de ST Cloud le médecins me pose cette questions ,pour mon Père ,on arrête ou pas ? a un moment voire la souffrance l » emporter ,on doit prendre cette décisions ,,terrible ,,,,michel43

    Aimé par 1 personne

  18. there dit :

    « Les civilisations ne meurent pas assassinées, elle se suicident » Macron a décidé de mettre ce sympathique programme en musique. A ce titre il est toujours intéressant de regarder ce qui se fait chez les autres .La Belgique est en la matière le fer de lance. Rappelons que la Belgique autorise l’euthanasie pour « souffrance psychiques » y compris mineurs. Ce business marche, c’est en pleine croissance. Nous sommes vraiment tres malades.

    Aimé par 2 personnes

  19. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Voilà un sujet d’une très grande complexité et l’on se souvient tous de drames tel que celui de Vincent Lambert et des déchirements familiaux.
    Bien sur la mode des comités Théodule pour remplacer les débats parlementaires est exécrable, mais nos élus ont-ils plus de légitimité pour statuer sur un tel sujet ?
    Le drame vécu par l’ancienne secrétaire d’État aux personnes âgées de 2001 à 2002, Madame Paulette Guinchard-Kunstler, qui a décidé récemment de mourir assistée en Suisse témoigne que la loi Clayes-Léonetti est insuffisamment adaptée au problème de la fin de vie des malades qui souffrent beaucoup ou des maladies très invalidantes.
    Lorsque vous êtes aujourd’hui hospitalisé on se contente hypocritement de vous demander de mesurer vous-même l’intensité de votre douleur ( de 1 à 10) : nous sommes au comble de la bêtise.
    Pour un tel sujet qui dépasse très largement le cadre d’un débat d’élus de quelques heures, je serais d’avis de le soumettre plutôt à un référendum.

    Aimé par 1 personne

  20. Ping : Fin de vie, quand les conventions citoyennes remplacent la démocratie (pour Figaro Vox) – Qui m'aime me suive…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.