Lecture: Churchill, Andrew Roberts (trad Antoine Capet), Perrin, 2020

Voici un livre absolument hors du commun, à l’image de son prestigieux sujet. Il vous prend à la gorge dès les premières lignes pour ne plus vous lâcher tout au long de ses 1300 pages qui se lisent d’une traite. Une sorte de biographie parfaite, vivante, comme les Britanniques savent si bien les écrire, oscillant en permanence entre le quotidien et la grande histoire.

A la différence d’autres biographies de Churchill, ce livre nous fait découvrir l’homme en même temps que l’homme d’Etat. Et là, stupeur. Avec un talent hors pair, il nous raconte comment un personnage imprévisible, exubérant, se trompant souvent, franchement incorrect dans ses idées, pleurnichard, caractériel, invivable au jour le jour, transcende, sublime tous ses défauts pour s’imposer comme l’un des plus grands héros de l’histoire de l’humanité – en tout cas du XXe siècle.

Dès l’origine, Churchill est une sorte de paria. D’une mère américaine et d’un père issu de l’une des plus prestigieuses familles de la noblesse britannique, lord Randolph Churchill, fils du 7e duc de Malborough, homme politique ayant exercé les fonctions de chancelier de l’Echiquier, ses relations avec sa famille sont distantes et difficiles. De pensionnat en pensionnat, indiscipliné, il subit des châtiments corporels et les moqueries que lui valent son physique de « bouledogue ». Winston est rempli d’admiration pour son père, qui pourtant lui renvoie une forme de mépris: « Parce que je suis certain que si tu ne peux t’empêcher de poursuivre la vie indolente et sans résultat tangible que tu as menée pendant ta scolarité […] tu ne feras qu’un raté de la société […] et ton existence finira par dégénérer dans le malheur, la bassesse et la futilité. »

Son début de carrière est en effet chaotique. Soldat, il s’illustre lors de la guerre des Boers (Afrique du Sud), notamment par une évasion réussie. Reporter des armées, il se fait connaître du grand public par ses reportages sur tous les théâtres des conflits coloniaux (Indes, Soudan…). Succédant à son père, il est élu député à la chambre des communes du Conservative party. En octobre 1911, il est nommé premier Lord de l’Amirauté – ou ministre de la marine. Son nom pendant la Grande Guerre, s’attache à une bévue monumentale, l’assaut des Dardanelles (Empire Ottoman) en 1915 qu’il a inspiré et qui s’achève par un retentissant et sanglant fiasco avant de se porter volontaire pour servir dans la guerre des tranchées, au péril de sa vie qu’il n’hésite pas à exposer.

Dans l’entre-deux guerres, Churchill se manifeste par son extravagance. Ayant rompu avec le Conservative party avant guerre pour se rapprocher du Liberal party, il y retourne au milieu des années 1920. Mais il se signale en permanence par des prises de position jugées parfois douteuses à l’époque et qui seraient considérées comme monstrueuses au regard des valeurs dominantes d’aujourd’hui: un anticommunisme viscéral, ne cachant pas ses sympathies envers Mussolini (jusqu’à 1935), remerciant les fascistes italiens pour avoir selon lui « rendu service au monde entier » par leur combat contre « les appétits bestiaux du léninisme », son engagement pro-impérialiste et opposition radicale à toute idée de décolonisation voire même d’autonomie de l’Inde: « Mes opinions sur les Indes me satisfont parfaitement et il n’est pas question pour moi de les laisser ébranler par un de ces satanés Indiens ».

D’un caractère compliqué, il terrorise ses secrétaires avant de s’excuser platement, boit au moins une demi bouteille de champagne par jour et beaucoup de whisky à l’eau de Seltz, sombre dans de violentes colères hystériques et interminables lorsqu’il entend dire du mal de ses amis, mais redevient petit garçon devant sa femme, Clementine, joue en permanence avec l’autodérision. Churchill assume et même théorise le chaos de sa vie et de ses idées: « J’ai fait des tas de choses  stupides qui ont bien tourné et des tas de choses judicieuses qui ont mal tourné. Le malheur d’aujourd’hui peut conduire à la réussite de demain. » Tellement vrai… Il a d’étranges manies comme celle de construire de ses mains des murs dans sa propriété de Chartwell. L’ouvrage fourmille d’anecdotes qui mélangent l’humour à la tragédie. Dans un train, après un repas bien arrosé, Churchill commande au serveur une bénédictine. Puis, ayant entamé un énorme cigare, il réclame un cognac. « Mais Monsieur le Premier ministre vous venez de boire une bénédictine » lui dit le serveur. « Je sais; je veux du cognac pour la faire passer! »

Comment alors devient-il cet immense héros de l’histoire que nous connaissons aujourd’hui? Une horreur insatiable, violente, mortelle de l’hitlérisme, un mépris cinglant envers Hitler et ses tortionnaires devient la boussole de sa vie et de sa pensée à partir des années 1930 avec une obsession: détruire la barbarie.   Churchill entre en guerre contre la politique d’apaisement de la classe dirigeante britannique envers l’Allemagne hitlérienne, incarnée par Lloyd George, Baldwin et Chamberlain. Entouré de quelques amis de son club, The Other, tel Antony Eden, il fustige avec indignation chaque concession à la terreur nazie. A la veille des accords de Munich, il écrit à Lloyd George des mot appelés à devenir célèbres: « Je crois qu’il va nous falloir choisir entre la guerre et la honte […] et je n’ai guère de doute sur ce que sera la décision ».   La virulence de ces critiques contre la politique d’apaisement lui vaut la détestation de son propre parti qui veut l’exclure et lui retirer l’investiture. A la Chambre, quand il refuse de se lever pour saluer le départ de Chamberlain à Munich le 29 septembre 1938, il est conspué, sifflé, hué: « Debout, debout! »

Au lendemain de la signature des accords de Munich, par lesquels la France et l’Angleterre trahissent l’allié tchécoslovaque en l’abandonnant aux conquêtes hitlériennes, contre l’euphorie qui embrase la classe dirigeante britannique, persuadée que la paix est sauvée, Churchill écrit: « Je vais commencer par dire la chose la plus impopulaire et la moins bien venue: nous venons de subir une défaite complète, sans rémission. » Puis, « Il ne pourra jamais y avoir d’amitié entre la démocratie britannique et la puissance nazie, cette puissance qui bafoue la morale chrétienne, qui glorifie sa marche en avant par un paganisme barbare, qui vante l’esprit d’agression et de conquête, qui tire sa force de son plaisir perverti de la persécution […] violence meurtrière avec une brutalité sans pitié. » 

Churchill auquel les événements donnent raison est de retour à l’Amirauté le 3 septembre 1939, à la suite de l’attaque allemande contre la Pologne. Puis à la suite du déclenchement de la guerre éclair, le 10 mai 1940, soutenu par l’opinion publique, le roi Georges VI et une majorité trans-partisane de la Chambre des Communes, il remplace le faible Chamberlain au poste de Premier ministre. La force de l’homme de l’histoire tient à sa phénoménale détermination et son génie des formules qui bouleversent les cœurs et entraînent dans un irrésistible élan: « Je voulais dire à la Chambre, je n’ai rien à proposer, si ce n’est du sang, des efforts, des larmes et de la sueurs. Nous avons devant nous une épreuve de la plus grande cruauté. Nous avons devant nous beaucoup, beaucoup de longs mois de lutte et de souffrance. Vous me demandez: quelle est votre politique? Je répondrai: c’est de faire la guerre, sur mer, sur terre, dans les airs, avec toute la force que Dieu peut nous donner; de faire la guerre contre la plus monstrueuse tyrannie jamais surpassée dans le sombre et lamentable catalogue du crime humain […] Mais j’assume ma tâche le cœur vaillant et plein d’espoir. »

La suite ne fait que consacrer l’accomplissement de la volonté de Churchill. Chaque bombardement sanglant de l’Angleterre, destiné à décourager la population, ne fait au contraire que renforcer son unité autour de son leader. Promesse tenue: les représailles sur l’Allemagne ne tardent pas. Puis, les prédictions de Churchill se réalisent une à une: L’URSS entre dans la guerre ce qui donne lieu la première rencontre entre les deux géants, Staline et Churchill qui se haïssent au départ mais sont réunis par la volonté de détruire le nazisme. Puis les Etats-Unis interviennent à leur tour, à la suite de l’attaque de Pearl Harbor, mais déjà fortement engagés dans le soutien au Royaume-Unis par le système du prêt bail. La complicité – rugueuse par moment et profondément amicale- entre Churchill et le président Roosevelt, fait aussi l’objet de passionnants – et parfois comiques – épisodes de l’ouvrage.

S’adressant à la foule, à la suite de la capitulation allemande, le 7 mai 1945, le Premier ministre lui lance : « C’est votre victoire! » Le public lui répond dans une immense clameur: « Non c’est la vôtre! » Puis il reprend: « C’est la victoire de la liberté, de toute notre histoire, nous n’avons jamais connu plus grand jour qu’aujourd’hui. Chacun, homme ou femme, a fait de son mieux. Chacun a essayé. Ni les longues années, ni les dangers ni les féroces attaques de l’ennemi n’ont en quoi que ce soit, entamé la détermination indépendante de la nation britannique. »

Ce livre illustre à merveille ce qui fait la force d’une authentique démocratie. Churchill n’est pas un autocrate et encore moins un dictateur. Ses décisions émanent d’une discussion interne au War Cabinet. Il s’entoure de responsables civils et militaires qui lui tiennent tête, choisis pour leur forte personnalité et leur intelligence. Il ne supporte pas les courtisans qui ne durent jamais longtemps auprès de lui. Il n’a pas besoin de larves obséquieuses autour de lui mais de caractères. Il attend de son entourage qu’il lui résiste même violemment quand c’est nécessaire et qu’il réponde à ses colères. Il dirige le Royaume-Uni non par des oukases impérieux, lancés de là-haut ou des coups de menton prétentieux, mais par la force de conviction et de persuasion. Il peut arriver que des hauts responsables, y compris des généraux ou amiraux refusent d’appliquer ses ordres, en pleine guerre: cela signifie qu’il n’a pas réussi à les convaincre du bienfondé de ses initiatives. Mais quand son génie s’exprime au travers des formules magiques, il entraîne tout un peuple derrière lui.

Maxime TANDONNET

 

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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39 commentaires pour Lecture: Churchill, Andrew Roberts (trad Antoine Capet), Perrin, 2020

  1. Georges dit :

    Cette similitude avec Le Général ,le seul à lui tenir tête .

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  2. Sganarelle dit :

    Churchill était un homme de guerre , le temps de paix ne lui convenait pas et c’était un joueur qui pariait toujours sur la victoire quoi que cela coûte. Il a eu un destin fabuleux et beaucoup de chance mais Talleyrand ne disait- il pas déjà en son temps qu’elle était un facteur indispensable à la réussite?
    Malgré ses zones d’ombre – qui n’en a pas ?- il mérite sa légende et le fait qu’en la période difficile que nous vivons on se jette avidement sur le récit de sa vie atypique et tumultueuse.

    Le livres d’Histoire nous plongent dans d’autres époques qui nous font réfléchir et même rêver c’est l’évasion dans le passé et la recherche de similitudes avec notre actualité qui nous permet de tenir et d’espérer. ( Pour cette raison une lecture des arcanes de la révolution de 1789 est l’époque idéale pour supporter la nôtre .)

    .

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    • « Churchill était un homme de guerre , le temps de paix ne lui convenait pas », c’est exactement ça!
      MT

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    • cgn002 dit :

      Les grands hommes sont indéniablement des combattants.
      Il est certain qu’un combat pour la paix (et sans guerre) ne vous amène pas le même prestide, et donc ne vous fait pas rentrer dans la grande histoire.
      Cet homme reste à inventer, ou alors il faut changer notre vision de l’Histoire !
      Bien que …
      L’honneur de Churchill réside dans sa formidable faculté de résistance, il a fait la guerre pour obtenir la paix face à un faiseur de guerre.
      Combattre pour la paix revient finalement à se battre contre les hommes ou les régimes qui cherchent à rompre avec les bonnes règles de paix. Et cette attitude restera toujours honnorable, du moins à mes yeux…
      Ne pas résister revient à accepter la barbarie de l’agresseur; et des agresseurs il y en aura encore pendant longtemps, et par forcément avec une armada comme l’Histoire nous l’ a montré…

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  3. Trigwen dit :

    Un homme d’Etat comme il n’en existe plus. Un de ces hommes qui aimaient leur pays plus qu’ils ne cherchaient à faire absolument carrière.
    Churchill fut un de ces hommes totalement convaincus, un orateur hors pair qui savait transmettre ses convictions et rallier les meilleurs à lui.
    Si un homme de cette trempe existait de nos jours, son pays serait sorti de la crise malheureusement, à l’exception de quelques rares qui ne peuvent percer parce que étouffés par la technocratie dominante, il ne reste à la tête de nos pays que des technocrates, imbus d’eux mêmes et carriéristes.
    Des dirigeants qui n’ont rien d’hommes d’Etat et qui ne connaissent rien des profondeurs de leur pays et de ceux qui y habitent ; des technocrates incapables d’avoir une vision à moyen et long terme parce que ne connaissant rien de l’Histoire de leur pays.

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    • there dit :

      @trigwen je suis moins pessimistes que vous. Les hommes de cette trempe existent bel et bien ici et maintenant mais ils fuient la politique, les jeux sordides de petits pouvoirs et les feux de la rampe dont ils n’ont que faire. Nous en avons des milliers. Les périodes de gros temps les font automatiquement sortir du port car ils ne sont carénés que pour les tempêtes, l’urgence les appelle ils sont mus par des aspirations bien plus profondes, viscérales. Les autres, petits marquis et autres marins d’eau douce rangent leur rafiot de carnaval en attendant des jours meilleurs.

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  4. Coucou dit :

    Bonsoir à vous tous, et aux médecins parmi vous,

    Histoire du COVID-19 – chapitre 6 – Partie 3 : La date clé de 2012 – quand et comment un virus apparenté au RaTG13 aurait-il pu passer à l’être humain et en combien de temps ?

    Publié le 01/12/2020 à 15:40 – Mise à jour le 02/12/2020 à 17:18

    Partie 3. La date clé de 2012 – quand et comment un virus apparenté au RaTG13 aurait-il pu passer à l’être humain et en combien de temps ?

    Pour la plupart des virologues, le SARS-CoV-2 serait apparenté avec le RaTG13 par l’intermédiaire d’un ancêtre commun issu de la chauve-souris et le passage à l’humain serait récent. Il y a 3,8% de différences entre les deux génomes, soit environ 1140 mutations, ce qui correspondrait entre 50 et100 ans d’évolution selon une fiche expert du 11 juin de l’Institut de France (Académie des Sciences) et une date comprise entre 1970 et 1995 pour l’ancêtre commun du SARS-CoV-2 et du RaTG13. Ce calcul se base sur un taux de mutation de 1 à 2 mutations par mois, mesuré en début d’épidémie (de début janvier à fin février), et un nombre de mutations approximé à 1200 (au lieu de 1138) par rapport au RaTG13. Ce calcul qui reprend celui de Bedford et Hutchinson publié en janvier manque de rigueur scientifique.

    http://www.francesoir.fr/societe-science-tech/histoire-du-covid-19-chapitre-6-partie-3-la-date-cle-de-2012-quand-et-comment

    http://www.francesoir.fr/societe-science-tech/histoire-du-covid-19-chapitre-6-partie-1-un-hote-intermediaire-est-il

    http://www.francesoir.fr/societe-science-tech/histoire-du-covid-19-chapitre-6-partie-2-pourquoi-le-sequencage-complet-du

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    • cgn002 dit :

      extrait :
       » Si ces informations étaient diffusées dans les media télévisuels, le grand public serait indigné et cela placerait la Chine dans une position diplomatique très inconfortable. Pour l’instant, elles restent dans un domaine confidentiel facilement assimilable à du « complotisme » et sont donc tout simplement ignorées. Ce mot générique permet de balayer d’un revers de manche des faits difficilement réfutables que nos élites ne souhaitent pas confronter en raison de leur conséquence politique. »
      Et Gare aux pays qui voudraient en savoir plus du gouvernement chinois, comme justement l’Australie qui vient d’en payer les frais …

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  5. Coucou dit :

    Bonsoir à vous tous,

    Plainte pénale pour génocide des Français contre Macron, ses ministres et son administration
    Publié le 02/12/2020 à 11:48

    Après les saisies chez divers ministres ou ancien ministres (Edouard Philippe, Olivier Véran, Agnès Buzyn), ce 1er décembre, une plainte au pénal pour « génocide du peuple français » a été déposée par Mme Bonny, ancien médecin militaire aux maladies infectieuses, contre le président de la République, ses ministres et son administration.
    Pierre-Alain Depauw, de medias-presse.info, rapporte que Mme Bonny encourage chacun à adresser copie de cette plainte aux parlementaires, à son député et son sénateur.
    La plainte a été transmise en français avec traduction dans six autres langues : allemand, anglais, espagnol, italien, danois, néerlandais.

    La plainte complète est reproduite ci-dessous.

    http://www.francesoir.fr/politique-france/plainte-penale-pour-genocide-des-francais-contre-macron-ses-ministres-et-son

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  6. Annick Danjou dit :

    Maxime j’aime votre blog et comme je l’ai souvent dit j’attends avec impatience vos nouveaux articles mais permettez moi quelques remarques en ce qui concerne cet article précisément. Pensez-vous vraiment que les gens vont lire ce livre de 1300 pages pour vaincre la médiocrité ambiante? D’ailleurs la majorité des commentaires à ce sujet nous montre des personnes érudites, passionnées d’histoire et qui apparemment ont beaucoup de temps pour ingurgiter un tel pavé. Si je connais un peu l’histoire, très peu certainement si je me compare à vous et à celles et ceux qui vous suivent, je vois mal la jeunesse française et les plus anciens oublier la pandémie en lisant des ouvrages de ce style. Bien sûr c’est important que vous partagiez vos nombreuses lectures et je lis les résumés que vous en faites, merci pour cela. Personnellement je n’arrête pas du matin au soir, je ne regarde pas la télé et je vais me coucher tard en ayant le sentiment de ne pas avoir terminé, les quelques pages que je lis me servent souvent à m’endormir. Alors je me pose la question de savoir comment font toutes ces personnes pour trouver autant de temps libre?

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    • Annick Danjou, en vérité, je ne parle ici que des livres que j’ai aimés, pas des autres. Un bon livre doit obligatoirement apporter à la fois du plaisir et de la matière à réflexion et être lisible par tout le monde. C’est le cas de celui-ci. La taille n’a pas beaucoup d’importance. Un bon livre de 1000 pages peut être infiniment plus facile à lire qu’un mauvais livre (ennuyeux) de 120 pages! Maxime

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    • Anonyme dit :

      Bien,,,,très bien de michel43

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  7. Bernard PFISTER dit :

    J’ai passé l’été avec Churchill à travers les 12 volumes de ses mémoires. Fascinant et très instructif et tellement bien écrit puisque cela lui a valu un prix Nobel. L’ancien marin que je suis ne peut qu’admirer quelqu’un qui fut premier Lord de l’Amirauté au début des deux guerres mondiales du vingtième siècle.

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  8. half-naked fakir dit :

    « Ce livre illustre à merveille ce qui fait la force d’une authentique démocratie. (…) mais par la force de conviction et de persuasion. Il peut arriver que des hauts responsables, y compris des généraux ou amiraux refusent d’appliquer ses ordres, en pleine guerre: »

    Effectivement, les amiraux britanniques chargés de faire le sale boulot contre les marins français à Mers el Kébir et à Alexandrie n’ont pas trop apprécié, et ont atténué quand ils l’ont pu.

    « A la différence d’autres biographies de Churchill, ce livre nous fait découvrir l’homme en même temps que l’homme d’Etat. Et là, stupeur. Avec un talent hors pair, il nous raconte comment un personnage imprévisible, exubérant, se trompant souvent, franchement incorrect dans ses idées, »

    La force d’une authentique démocratie, c’est aussi de considérer qu’il n’y a pas d’idées incorrectes a priori. Autant dire que les divers pays occidentaux s’en sont actuellement bien éloignés, pour adopter un politiquement correct qui les emmène visiblement dans le mur.

    Sur ce site russe, voici d’ailleurs un texte d’Orwell, à la BBC en 1942, qui montre que les idées incorrectes et surprenantes sur Gandhi n’étaient pas réservées à Churchill.

    https://orwell.ru/library/articles/pacifism/english/e_patw

     » I am not interested in pacifism as a ‘moral phenomenon’. If Mr Savage and others imagine that one can somehow ‘overcome’ the German army by lying on one’s back, let them go on imagining it, but let them also wonder occasionally whether this is not an illusion due to security, too much money and a simple ignorance of the way in which things actually happen. As an ex-Indian civil servant, it always makes me shout with laughter to hear, for instance, Gandhi named as an example of the success of non-violence. As long as twenty years ago it was cynically admitted in Anglo-Indian circles that Gandhi was very useful to the British government. So he will be to the Japanese if they get there. Despotic governments can stand ‘moral force’ till the cows come home; what they fear is physical force. But though not much interested in the ‘theory’ of pacifism, I am interested in the psychological processes by which pacifists who have started out with an alleged horror of violence end up with a marked tendency to be fascinated by the success and power of Nazism. Even pacifists who wouldn’t own to any such fascination are beginning to claim that a Nazi victory is desirable in itself. In the letter you sent on to me, Mr Comfort considers that an artist in occupied territory ought to ‘protest against such evils as he sees’, but considers that this is best done by ‘temporarily accepting the status quo’ (like Déat or Bergery, for instance?). »

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    • Mildred dit :

      Je crois que Churchill, revenant parmi nous, ne serait même pas étonné que l’Allemagne qu’il a combattue, ait réussi aujourd’hui ce que le IIIème Reich avait échoué à faire en son temps, et domine à présent cette UE – que d’aucuns osent appeler Europe !

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    • there dit :

      @fakir merci ! tout à fait intéressant extrait du génial Orwell. Nous voyons ici et maintenant la même fascination de nos pacifistes de gondole, ils font les yeux de Chimène aux salafistes et autres fréristes et préparent d’arrache pied leur avènement. Quant au process psychologique il est assez simple : la fascination pour la force, le confort de la meute, l’ambition débridée avide de courants ascendants. Ils arborent le masque de faiseur de paix, plus flatteur que le leur, celui de lâche opportuniste moutonnier. Bien sûr ces larbins lutteront avec férocité contre toute personne s’opposant de près ou de loin aux nouveaux maîtres qu’ils se sont choisis.

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    • cgn002 dit :

      @Mildred
      Tout comme De Gaulle, ils ont combattu le nazisme, pas le peuple allemand.

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    • cgn002, c’est ainsi que nous le comprenons aujourd’hui. En 1940-1945, cette bio de Churchill montre que les choses étaient moins claires… surtout dans l’esprit de ce dernier…
      MT

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  9. there dit :

    Merci pour cette suggestion monsieur Tandonnet. J en profite pour glisser le conseil -des que la période le permettra- d aller visiter les fameuses « war rooms » c est absolument saisissant. Un musée Churchill a été créé y attenant qui réjouira les admirateurs de cet homme incroyable.

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  10. H. dit :

    Bonsoir Maxime,

    J’ai lu l’excellente biographie de François Kersaudy mais celle-ci me tente diablement. Ce diable d’homme est très probablement la personnalité la plus marquante du XXème siècle et celle qui aura eu le rôle le plus positif. C’est en plus un formidable conteur qui a obtenu à raison le prix Nobel de littérature. J’ai ri d’un rire sain son ouvrage « Mes jeunes années ». Rien que sa jeunesse mérite le détour car à quarante ans, sa vie était déjà bien complète. En cette période trouble, c’est un excellent moyen de s’aérer.

    Bonne soirée

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    • H, c’est tout à fait différent de celle de Kersaudy, mais complémentaire, merci,
      MT

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    • cgn002 dit :

      Vision mahometane saisissante par son éternelle actualité. Antinomie avec le christianisme épris de lumière et une religion foncièrement rétrograde, et pourtant conquérante.
      En France, nous ne trouvons que des Chamberlains dans les rangs de nos dirigeants, et il semblerait que l’époque ne sache rien faire d’autre…

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    • cgn002 dit :

      mon message s’ adressait à coucou (citation de Churchill)

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  11. Coucou dit :

    Bonsoir à vous tous,

    Combien redoutables sont les malédictions que la religion mahométane fait peser sur ses dévots ! A côté de la frénésie fanatique, aussi dangereuse chez un homme que l’hydrophobie chez un chien, il y a cette effrayante apathie fataliste. Ses effets sont manifestes dans de nombreux pays. Une imprévoyance coutumière, une agriculture négligente, des méthodes de commerce léthargiques, une insécurité de la propriété existent partout où les fidèles du Prophète gouvernent ou vivent. Une sensualité avilie ôte à cette vie ses grâces et ses raffinements, et à la suivante sa dignité et son caractère sacré. Les musulmans peuvent montrer de splendides qualités, mais l’influence de cette religion paralyse le développement social de ses fidèles. Il n’existe pas de plus puissante force rétrograde dans le monde. Loin d’être moribonde, la religion mahométane est une foi militante et prosélyte. Elle s’est déjà étendue à travers l’Afrique Centrale, dressant à chaque étape des guerriers sans peur ; et si la Chrétienté n’était protégée par les bras puissants de la Science, la science contre laquelle elle avait lutté en vain, la civilisation de l’Europe moderne pourrait tomber, comme tomba celle de la Rome antique.

    Winston Churchill ,

    The River War:An Historical Account Of The Reconquest Of The Soudan, Winston Churchill (trad. Wikiquote), éd. Longmans, Green & Co, 1899, p. 248-250

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    • Coucou dit :

      Complément,

      Christophe Colomb fut le premier socialiste : il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait… et il faisait tout ça aux frais du contribuable.

      Winston Churchill

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  12. Roturier dit :

    Et après ? La litanie habituelle « il n’y a plus de grands hommes, nous sommes gouvernés par des nains » ?
    L’évocation de Charles De Gaulle déclenche souvent le même racolage lacrymogène.
    MAIS heureusement que nous ne les avons plus… Ils sont la conséquence de la guerre et ne prospèrent dans l’Histoire qu’à cause d’elle.
    La paix leur est fatale ; chaque fois. Elle nécessite d’autres qualités ; moins tonitruantes mais tout aussi difficiles.
    Nous sommes en paix. Espérons n’avoir besoin ni d’un Churchill ni d’un De Gaulle.

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    • there dit :

      @roturier nous sommes en paix dites vous . Puissiez vous avoir raison .. Bien sûr pour le moment rien de généralisé car nous faisons tant de Munichs qu il va bientôt falloir inventer un verbe. Nous munichons donc. Ca sonne un peu comme Melenchon ça tombe bien. Désolé je digresse. La paix dites vous donc. Allez donc suivre nos policiers au quotidien pour voir à quoi ressemble cette paix . C est une drôle de paix . Elle est à nos portes.

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    • cgn002 dit :

      @roturier
      En 1939, vous diriez de la même manière : « Nous sommes en paix. Espérons n’avoir besoin ni d’un Clemenceau, ni de généraux ou politiciens éclairés ».
      Vos dadas sont donc soit l’espoir sans vision de la réalité du moment, soit les rapports des prévisionnistes qui mettent l’avenir sur des graphiques !

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  13. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Churchill est un héros, mais c’est avant out un héros anglais !
    Loin de vouloir minimiser ce que nous lui devons dans sa conduite de la Seconde Guerre mondiale, dès après la guerre – où la France n’avait même pas été invitée à la conférence de Yalta – quand l’Angleterre a décidé de renouer une alliance avec les Allemands, Churchill n’a-t-il pas averti De Gaulle, disant quelque chose comme : « A partir d’aujourd’hui, je ne suis plus français » ?

    Peut-être que le regard d’un résistant français sur Churchill mériterait aussi d’être cité :

    https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/01/30/26010-20150130ARTFIG00074-churchill-vu-par-le-resistant-emmanuel-d-astier-un-vieux-nouveau-ne.php

    https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/01/30/26010-20150130ARTFIG00074-churchill-vu-par-le-resistant-emmanuel-d-astier-un-vieux-nouveau-ne.php

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  14. Janus dit :

    De Gaulle, Tardieu, Clemenceau et quelques autres, Pour quelqu’un qui se méfie des grands hommes, vous les frequentez assidûment . Ce que je ne saurais vous reprocher. Il nous faut un Churchill ou un de Gaulle , rapidement sinon nous sommes foutus

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    • Anonyme dit :

      chez nous , en France ,pourquoi pas une femme ,eux , on Mme Tacher ,la dame de fer, ,,rapidement ? non ,nous devons respecter la loi électoral ,tout les partis on accepter de les repousser a juin ,,,

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    • janus, je me méfie des faux grands hommes, des crétins et crétines qui se prennent pour Jeanne d’Arc, Bonaparte ou de Gaulle, pas des vrais grands hommes bien entendu. je dis aussi qu’il ne faut pas trop compter sur eux dès lors qu’il en vient en moyenne un tous les deux siècles…
      MT

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  15. Jacques R. dit :

    Dans la situation actuelle, souhaitons que beaucoup le lisent et le méditent. Peut-être, qui sait, une leçon et une inspiration pour notre temps ?

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