Lecture: Napoléon, la certitude et l’ambition, Charles-Eloi Vial, Perrin/BNF 2020

Voici un ouvrage exceptionnel que viennent de publier les éditions Perrin en partenariat avec la BNF: Napoléon, la certitude et l’ambition de Charles-Eloi Vial. Cette biographie de 250 pages est particulièrement agréable à lire, mêlant de paragraphe en paragraphe, la grande et la petite histoire, réalisant le miracle d’offrir une vision panoramique de la vie et de l’œuvre de Bonaparte, animée d’une multitude d’anecdotes qui font découvrir l’homme derrière l’homme d’Etat:

« Ses habitudes (d’Empereur), avaient un peu évolué depuis le Consulat. Levé très tôt, habillé par son valet Constant, il commençait par signer les ordres dictés la veille au soir. Il lisait et annotait des dizaines de rapports qui lui parvenaient des quatre coins de l’Empire, dictait le courrier du jour, ses ordres, notes et projets de décrets, puis parcourait les journaux et les rapports adressés par les nombreux informateurs payés afin de l’informer des rumeurs courants dans toutes les couches de la société, des salons littéraires aux loges maçonniques. Vers dix heures,  il partait déjeuner, les cuisines lui préparant quelques macaronis, gratins de chou-fleurs, poulets rôtis, volailles en sauce, le tout arrosé de Chambertin coupé d’eau. Il mangeait toujours très rapidement, tout en conversant avec certains conseillers, puis passait plusieurs heures à relire et signer les décrets prêts à être promulgués ainsi qu’à l’expédition des lettres dictées le matin: plus de 40 000 sont passées entre ses mains. »

L’auteur expose admirablement le génie d’un personnage qui a su rétablir l’ordre en mettant fin au chaos révolutionnaire, puis opérer une formidable synthèse entre l’héritage de la révolution et la tradition catholique et monarchique française en façonnant de ses mains la France nouvelle, la France des préfets, du Concordat et du code civil. Il explique avec un talent pédagogique hors pair l’engrenage des guerres napoléoniennes, contre une Europe qui au fond, n’a jamais admis sa légitimité et raconte comment cette logique d’affrontement sans fin, animée par l’Angleterre hostile à sa suprématie continentale, a forgé sa gloire avant de conduire presque inéluctablement à sa perte.

Cet ouvrage a la particularité d’être merveilleusement illustré, page après page, par les estampes de la BNF: innombrables portraits, cartes, manuscrits, paysages qui lui donnent un caractère enchanteur. Il a la particularité d’être destiné à deux publics de prime abord bien distincts: tout d’abord celui des passionnés d’histoire et plus particulièrement d’histoire napoléonienne qui y apprendront une multitude d’informations nouvelles et découvriront d’authentiques petites merveilles de la BNF; mais ensuite, celui des jeunes filles et garçons de la génération qui n’a pas (ou si peu) entendu parler de Napoléon à l’école. Ces derniers découvriront, dans un livre à la fois simple et sérieux, l’émerveillement de l’histoire à travers l’une des plus stupéfiantes épopées de l’histoire de l’humanité. Voici un cadeau de Noël idéal pour offrir à nos enfants ou petits-enfants mais aussi à nos amis et à nos parents!

Maxime TANDONNET

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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17 commentaires pour Lecture: Napoléon, la certitude et l’ambition, Charles-Eloi Vial, Perrin/BNF 2020

  1. lehibou dit :

    @Roturier 30 novembre 2020 à 18:21
    Vous dites que je vous fais « penser à ces vieux Allemands qui créditaient Hitler, il y a encore quelques années, d’avoir inauguré le réseau autoroutier allemand ».

    Pour la reductio ad hitlerum, vous battez tous les records. Ce procédé est le triste apanage de gens qui n’ont pas d’arguments rationnels à opposer à ceux avec qui ils ne sont pas d’accord. D’où le recours facile au prêt-à-penser de pacotille, à l’insinuation et in fine à l’insulte.
    Déjà à l’école primaire, notre instituteur nous avait parlé des autoroutes mises en place par Hitler, non pas pour encenser le Führer, mais pour souligner au contraire que lesdites Autobahnen avaient été construites avant tout dans le sens Est-Ouest afin de pouvoir d’autant mieux envahir la Pologne et la France. Elles faisaient partie intégrale de la machine de guerre nazie. Ceci pour vous dire que je n’ai pas besoin de leçons de morale et d’histoire à recevoir de la part de bien-pensants comme vous.
    Pour le reste, vous plaquez sur des événements d’il y a plus de deux siècles une grille de lecture contemporaine totalement en porte-à-faux avec la réalité de cette époque révolue. Comme raisonnement judicieux, on peut faire beaucoup mieux! En réalité, à lire votre prose binaire et hystérique, on a l’impression d’entendre un prêche sur le combat entre le Bien et le Mal. Les gens qui pensent de façon aussi manichéenne se placent évidemment toujours dans le camp du Bien; la modestie ne les étouffe pas.
    Au fait, vous parlez du clown Bokassa qui a pris pour modèle Napoléon. Simon Bolivar, le grand général et homme d’Etat vénézuélien qui a libéré du joug espagnol maints territoires de son continent, avait égalementi pris comme modèle Napoléon. Etait-il lui aussi un clown?

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  2. lehibou dit :

    A tous ceux qui jettent le bébé avec l’eau du bain quand il s’agit de Napoléon, je rapellerai que ce dernier a acté l’émancipation (en germe depuis 1789)
    * des Juifs. Un ami juif m’a dit qu’au moment de cette libération, nombrueux furent les Juifs qui sont allés dans la la rue en pleurant de joie. Pour eux, c’était une seconde sortie d’Egypte.
    * des protestants
    *des homos, grâce à l’archichancelier Cambacérès, lequel prit part à la rédaction du Code Civil.
    Comme je suis homo et protestant, les anti-Napoléon primaires m’ont toujours fait sourire.
    Quand à ceux qui disent « Napoléon et Hitler, c’est kif kif bourricot, car tous deux ont envahi la Russie, » je leur répondrai ceci:
    « Napoléon a émancipé les Juifs et les homos, Hitler les a jetés dans des camps d’extermination »

    Au demeurant, je ne cautionne ni la campagne de Russie, ni la campagne ibérique par Napoléon, mais je suis assez rationnel pour ne pas faire de comparaisons totalement déplacées.

    @Mary Preud’homme:
    Les esclaves noirs de St-Domingue (nommé plus tard Haïti) s’étaient révoltés bien avant l’intervention de Napoléon. Si vous lisez l’anglais, je vous conseille sérieusement de lire à ce sujet l’ouvrage de C.L.R. James: The black Jacobins (Penguin Books).
    Quand aux voisins européens que vous citez en exemple, franchement, vous êtes d’une naïveté incroyable! Récemment je viens de lire un livre d’un Anglais qui est « historien » et dont je ne citerai pas le nom pour ne pas lui faire de publicité. Son ouvrage est un pur ramassis ordurier de racisme envers les Français, les Corses et les Italiens, de mensonges, de suprématisme britannique, d’inculture accablante de bêtise abyssale, j’en passe et des meilleures. Je vous donne cette information, car j’habite en Angleterre, donc je sais de quoi je parle. Pour moi un tel individu n’est qu’une crapule, au même titre que le fut William Pitt.
    Et quand vous parlez de voisins européens qui voyaient en Napoléon avant tout un despote assoiffé de gloire et de sang, lesdits voisins sont bien de l’engeance qui voit la paille dans l’oeil du voisin mais pas la poutre dans le leur.

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    • Roturier dit :

      Donc, d’après vous, on peut créditer Bonaparte de ceci et de cela. C’est sans doute vrai.
      MAIS dans un bilan il y a crédit et débit. Celui de Bonaparte est tellement mauvais que la dernière ligne est évidente : sa statue équestre n’a rien à faire aux invalides.
      Vous me faites penser à ces vieux allemands qui créditaient Hitler, il y a encore qq années, d’avoir inauguré le réseau autoroutier allemand…

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  3. roturier dit :

    Bonaparte : parlons-en.

    L’air du temps en France résonne de deux adages populaires :
    • La colère est mauvaise conseillère.
    • Qui oublie son passé est condamné à le revivre.
    Bonaparte relève du second. Il est l’un des principaux mythes fondateurs français qui ne résistent à aucune analyse historique. On a bien assez dit qu’il ne lui manquait qu’une petite moustache. Sa statue équestre aux Invalides est une insulte à la mémoire et à l’Histoire.

    De sa catastrophique aventure égyptienne, de laquelle il se sauva la nuit en laissant son armée crever sur place.
    A sa défaite finale qui a vu Paris occupée par des forces étrangères.

    En passant par des guerres interminables ; par le rétablissement de l’esclavage et de la dictature. Par cette armée de paysans méditerranéens gelée à mort dans la Berezina. Et le reste.

    Son Histoire rappelle les paroles de Shakespeare dans Macbeth : « Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien ».

    J’en abrège beaucoup. De nos jours il serait pendu comme criminel de guerre. Rien d’étonnant que cet affreux clown de Bokassa l’ait pris pour modèle.

    Que ce mégalomane paranoïaque fasse l’objet d’hagiographie, comme celle de Tandonnet ici, démontre à quel point la France oublie son passé. Elle est donc condamnée à le revivre.

    A quand une hagiographie d’Adolphe ?

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  4. EQUALIZER dit :

    Bonjour Coucou, vous citez Hélène Strohl : « … c’est l’enfermement dans une vision purement matérialiste, quantitativiste et individualiste de la vie. » Franchement je n’en sais rien. Et je ne fais pas de différence de nature entre totalitarisme dur ou mou… le « dur » est plus direct, tape fort, emploie des méthodes brutales, fait avancer le troupeau à coups de bâton. Le « mou » est insidieux dans sa mise en place, mais s’avère tout aussi liberticide (voir plus!) et montre son visage hideux dès son règne établi ou proche de l’être, et n’hésite pas à vous faire subir, s’il le faut, toute sa violence par ses chiens de garde si jamais vous bronchez. J’ignore s’il s’agit de matérialisme ou de spiritualité, mais je crois que chacun aspire à vivre sa vie librement dans un pays libre gardien des libertés communes. Après, à chacun selon ses capacités, ses possibilités, ses intérêts, sans attenter au bien commun. « Je donne mon avis comme mien, non comme bon ». 😉

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  5. Mary Preud'homme dit :

    Napoléon fut certes un grand stratège dont on a, hélas, trop souvent occulté les zones d’ombre, voire d’aveuglement afin de n’en retenir que le merveilleux !
    Pour s’en convaincre, il suffirait de s’en rapporter aux livres d’histoire de nombre de nos voisins européens pour qui il fut avant tout un despote assoiffé de gloire et de sang… Sans oublier qu’il rétablit l’esclavage aux Antilles (cf code noir) ce qui se solda notamment par la révolte des anciens esclaves de St Domingue (Haïti) et la première calamiteuse défaite de ses troupes à Vertières, face à une armée de va-nu-pieds noirs méprisés qui n’acceptaient plus les fers…
    Vertières défaite méconnue et gommée par l’histoire bien avant celle de Waterloo ?! Cherchez l’erreur et sa raison ?

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  6. Coucou dit :

    Bonjour à vous tous, toujours la covid 19 ,

    «J’ai attrapé deux fois le Covid avec des symptômes crescendo»
    Nathalie Raulin Il y a 1 heure

    Gaëlle, une Parisienne de 51 ans, dit avoir été malade deux fois du virus. Un cas de recontamination rarissime, et même improbable aux yeux des scientifiques. S’il était avéré, il interrogerait l’efficience du futur vaccin.

    https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/j-ai-attrap%C3%A9-deux-fois-le-covid-avec-des-sympt%C3%B4mes-crescendo/ar-BB1b57QO?ocid=msedgdhp

    https://www.liberation.fr/france/2020/11/17/j-ai-attrape-deux-fois-le-covid-avec-des-symptomes-crescendo_1805663

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  7. Furax dit :

    « complotisme » mot valise pour dénigrer ceux qui expriment des doutes. « controversé » (par qui?) se dit de celui qui ose parler à contre courant. Bref, garde-à-vous! je ne veux voir qu’une seule tête! en avant marche! un deux un deux!
    Il y a eu de nombreux complots dans l’Histoire, pourtant actuellement il n’y a pas de complot. La dictature en marche vers un gouvernement mondiale a été annoncée, mise en oeuvre, au grand jour. Il suffisait de se tenir informé, oreilles et yeux grands ouverts. L’épidémie n’a servi que de prétexte à mettre au placard avec l’ancien monde, nos valeurs démocratiques de liberté. Le nouveau monde merveilleux, connecté, surveillé, oppressant se met en place brutalement. On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs dit le proverbe. Mais qui feront les oeufs? j’ai ma petite idée… sans complot.

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  8. EQUALIZER dit :

     » que le » un bout de phrase a sauté! « que le Gal De Gaulle avait utilisé dans des circonstances particulières, un article de la constitution de 1958 approuvée par les français. et dont la teneur est inconnue » … etc.

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  9. Coucou dit :

    Bonjour à vous Maxime, vous aller faire un grand plaisir à Eric Zemmour, Napoléon c’est son idole. En ce moment tragique de notre histoire, Napoléon et Charles de Gaulle ne serait pas de trop.

    Napoléon – De Gaulle, destins croisés

    Dans un essai magistral, l’historien Patrice Gueniffey dresse en parallèle les portraits de l’Empereur et de l’homme du 18 Juin, «deux héros français». Extraits exclusifs.
    Par Jean-Christophe Buisson
    Publié le 3 février 2017 à 09:05

    https://www.lefigaro.fr/vox/histoire/2017/02/03/31005-20170203ARTFIG00059-napoleon-de-gaulle-destins-croises.php

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  10. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    C’est très gentil à vous d’essayer de nous distraire de nos soucis actuels, et je dois reconnaître qu’en choisissant Napoléon vous mettez indiscutablement le paquet !
    Mais malheureusement je suis encore sous le coup du documentaire Hold-Up que j’ai enfin pu enfin visionner en entier. Il semblerait que le silence des media s’épaississe au fur et à mesure que l’audience du film augmente !
    Aussi je me permettrai de vous signaler l’analyse de madame Strohl qui s’est penchée sur les différents thèmes abordés dans le film :

    https://lecourrierdesstrateges.fr/2020/11/16/strohl-une-bonne-seance-de-cine-avec-hold-up/

    Aimé par 1 personne

    • Mildred, si vous avez acheté le Figaro de ce matin, vous pourrez constater que je ne cherche pas à vous distraire de nos soucis actuels, mais je pense que l’histoire et la lecture de livres d’histoires nous apportent le recul et la distance nécessaires qui permettent de conserver un esprit critique face à tous les mensonges et les exagérations qu’on nous sert comme une pâtée.
      MT

      Aimé par 1 personne

    • Coucou dit :

      Bonjour Mildred, je croie qu’ils faut lire le livre de Job dans la Bible, je vous remercie beaucoup. Bonne soirée.

      Hélène Strohl
      inspectrice générale des affaires sociales honoraire
      A publié avec Michel Maffesoli La faillite des élites, éditions du Cerf, 2019

      « Le totalitarisme doux (Maffesoli, [6]-) ne doit pas être amalgamé ou comparé de manière simpliste au nazisme ou au stalinisme. Il use d’autres procédés et il faut user contre lui d’autres formes de résistance. Plutôt le retrait, l’invention de nouvelles formes de vivre ensemble, l’utilisation d’autres formes d’échanges, non monétaires. Non pas le refus des technologies, mais leur utilisation contre ce désenchantement que dans un premier temps le progrès avait initié.
      Car ce qui frappe finalement tant dans le documentaire Hold-Up que dans les critiques qu’en font ses détracteurs, c’est l’enfermement dans une vision purement matérialiste, quantitativiste et individualiste de la vie. Comme si pour les uns comme pour les autres, l’objectif était de vivre Soi le plus longtemps possible, dans le bien-être matériel le plus avancé. En revanche, la spiritualité, la religiosité, les communions et partages affectifs et émotionnels, la transmission à ses descendants sont complètement absents de la réflexion. Comme ils le sont du discours gouvernemental.

      Et je reviens là encore à la belle analyse faite par Raphaël Josset de la complosphère : « À l’encontre de la vision conspirationniste du monde et même de tout un pan de la « critique radicale » pour laquelle la réalité et son devenir sont sous le contrôle de puissants maitres secrets et autres maléfiques « supérieurs inconnus », l’élite dirigeante (économique, politique, médiatique etc.) même lorsqu’elle a la « fausse conscience » d’être actrice et sujet du processus auquel elle adhère , n’en est finalement elle-même que l’agent, l’objet, le vecteur, n’exerçant tout au plus qu’une fonction d’exécutant comme pièce et rouage d’un gigantesque mécanisme qui l’englobe et la dépasse ».

      Ceci n’exonère pas de leur responsabilité les décideurs qui par incompétence, morgue, idéologie ou volonté d’affirmer haut et fort un pouvoir qu’ils maîtrisent de moins en moins nous ont traîné et nous traînent encore dans un grand jeu de guerre dont les conséquences s’avèrent chaque jour plus sérieuses et destructrices.»

      https://lecourrierdesstrateges.fr/2020/11/16/strohl-une-bonne-seance-de-cine-avec-hold-up/

      https://www.documentacatholicaomnia.eu/03d/1225-
      1274,_Thomas_Aquinas,_Biblica._in_Job,_FR.pdf

      Cliquer pour accéder à 22.%20Job-Qohelet.pdf

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  11. Coucou dit :

    Bonsoir à vous tous,

    Le film raconte l’histoire croisée de George Orwell et d’Aldous Huxley, les auteurs des deux grands romans d’anticipation : « 1984 » et « Le meilleur des mondes ». Ecrits il y a plus de 70 ans, ces deux romans trouvent un écho extraordinaire dans nos sociétés d’aujourd’hui : faits alternatifs, fake news, ultra-surveillance… Orwell et Huxley semblent avoir imaginé toutes les dérives de nos sociétés.

    Avant l’ère de la surveillance généralisée, des fake news ou des bébés sur mesure, deux romans d’anticipation du XXe siècle ont alerté sur les dérives des sociétés démocratiques : Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley et 1984 de George Orwell, parus respectivement en 1932 et 1949. Écrits par deux Anglais, qui se croisent en 1917 au chic collège d’Eton − le premier, professeur dandy, y enseignait le français au second, Eric Blair de son vrai nom, boursier égaré dans l’institution −, ces livres mettent en scène des dystopies également cauchemardesques mais foncièrement divergentes. Quand Le meilleur des mondes annonce une aliénation consentie au travers d’une civilisation hédoniste, consumériste et eugéniste dans une Londres futuriste, 1984 dénonce la surveillance systématisée d’un régime totalitaire, sous l’œil terrifiant − et faussement rassurant − de « Big Brother ». Si George Orwell a lu avec passion le roman de son aîné, l’ancien combattant du POUM (Parti ouvrier d’unification marxiste) en Catalogne pendant la guerre d’Espagne a été marqué par la violence et la propagande des fascismes en Europe comme du stalinisme en URSS. Issu d’une famille nantie de scientifiques et frère d’un biologiste eugéniste, Huxley, à son tour, jugera le livre d’Orwell « profondément important », mais ne partagera pas sa vision de l’avenir, qui ne peut, selon lui, se réduire à « une botte dans un visage ». L’un redoute une dictature scientiste qui, en s’appuyant sur les biotechnologies, asservirait des individus programmés, quand l’autre imagine un État bureaucratique et répressif qui confisquerait la liberté de penser et la mémoire.

    Monstre hybride
    En confrontant les versions du « monde d’après » d’Aldous Huxley et de George Orwell, comme les itinéraires respectifs des deux écrivains, ce documentaire montre combien leurs œuvres visionnaires, qui ont en commun la manipulation du langage et la falsification de l’histoire, rencontrent les enjeux glaçants du monde contemporain, sorte de monstre hybride à la croisée de leurs romans. Éclairée par les analyses de critiques, d’écrivains (Boualem Sansal) et de philosophes (Cynthia Fleury), comme de l’émouvant témoignage du fils adoptif de George Orwell, Richard Blair, une relecture opportune, au temps de la surconsommation, des caméras à reconnaissance faciale, des réseaux sociaux ou encore des éructations de Donald Trump qui martèle : « Ce que vous voyez et lisez n’est pas la vérité. »

    https://www.arte.tv/fr/videos/074580-000-A/george-orwell-aldous-huxley-1984-ou-le-meilleur-des-mondes/

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    • Furax dit :

      Nous y sommes dans ce « meilleur des mondes » de « 1984 », en pire! que n’a-t-on entendu au sujet de l’article 16 que le Gal De Gaulle, un article dont la teneur est inconnu des citoyens mais qui fait causer ignorants et gauchistes. L’article 16 encadre pourtant strictement les pouvoirs exceptionnels du Président de la république. Rien à voir avec l’état de dictature que nous connaissons : un coup d’état à prétexte sanitaire. Mais plus c’est gros mieux ça passe?
      « éructations de Donald Trump qui martèle : « Ce que vous voyez et lisez n’est pas la vérité. » » c’est pourtant vrai, mais pourquoi « éructations »?

      Aimé par 1 personne

    • Coucou dit :

      Bonjour Furax,

      «mais pourquoi « éructations »? je pense comme vous, je n’est pas aimer.

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