Une réflexion critique sur la religion football

En ces heures de fièvre footballistique, il est heureux qu’un intellectuel s’exprime à contre-courant. Voici des extraits de l’interview passionnante donnée par mon ami Marc Perelman, philosophe, au périodique « So foot » [Le texte complet de l’entretien et les commentaires des lecteurs de So foot figurent ci-joint] Merci par avance aux fervents du PSG ou toute autre équipe du ballon rond, d’admettre qu’il n’est pas de démocratie sans la liberté de débattre et de penser autrement…

Depuis quinze ans, vos livres s’attaquent à la « peste émotionnelle » et au « fléau mondial » que représente ce sport à vos yeux. Vous avez toujours détesté le football ou il y a eu un basculement ?
Le problème, c’est de savoir de quel foot on parle. Comme tous les jeunes, j’ai joué au foot dans la cour de récré ou dans un jardin. On jouait avec des filles, des gros, des petits, des types qui ne savaient pas jouer. Il n’y avait pas de contraintes, une espèce de plaisir partagé. Comme le dit la FIFA, « quoi de plus simple que le football ? » Au moment de la Coupe du monde, ils montrent des gamins pieds nus dans les favelas, et ils nous expliquent : « Voilà, ça, c’est le football ! » Alors que c’est tout l’inverse ! Ce qui définit le football, ce n’est pas le ballon. Non, c’est d’abord un cadre, une institution, une organisation très puissante qui organise tout verticalement : la FIFA. Le jeu entre copains n’a rien à voir avec le monde professionnel où la liberté de jouer disparaît au profit de la compétition et des lois du marché.

Pour résumer, vous aimez le jeu en lui-même, mais pas le système indécent qui l’entoure ?
C’est beaucoup plus compliqué que ça. Il existe une profonde unité du football. Les liens entre le monde pro et le monde amateur sont puissants. Dans chaque pays, des millions de licenciés se projettent dans les icônes. Je parle de personnes aliénées, embrigadées, fascinées, qui miment les stars, leur jeu, leur façon de faire, leur manière d’être. Même à bas niveau, on observe ainsi que le jeu le plus banal intègre les normes du monde pro : on organise les buts, on fixe les limites, on ne fait pas jouer les nuls. Dans le monde amateur, vous ne pouvez pas imaginer le nombre de fois où les arbitres se font tabasser, où il y a des querelles de clocher entre équipes… À grande échelle, la puissance de captation des individus est impressionnante. De ce point de vue, on peut qualifier le football de religion au sens premier du terme, « religio » , ce qui relie les gens les uns aux autres. Elle ne repose pas simplement sur le matraquage médiatique, qui est continu, mais sur une véritable adhésion. C’est de l’ordre du pulsionnel, on peut penser que c’est lié au ballon, à sa forme, mais aussi aux formes d’associations viriles qui permettent d’exprimer une homosexualité refoulée. Des ressorts qui en font le sport le plus populaire de la planète, et surtout le plus envahissant.

En bon héritier de l’école de Francfort, un courant intellectuel très critique envers le sport, vous êtes particulièrement inquiet de l’engouement croissant autour du football…
Oui, car selon moi, la jeunesse a autre chose à faire que de passer ses journées sur des écrans à vénérer des icônes sur lesquelles il faudrait, en réalité, plutôt réfléchir. Entendons-nous bien : je ne suis pas contre la distraction et l’amusement, mais je suis contre la place que le football prend dans notre société. Quand on est jeune, c’est difficile d’avoir un regard critique : qu’est ce qui fait que je suis fasciné, que j’adhère ? Rester en permanence derrière les écrans n’éveille pas à la conscience. Pire, l’idolâtrie engendrée par la compétition sert d’écran de fumée à la violence, à la corruption, au dopage, aux magouilles, à la xénophobie. Ce ne sont pas des dérives du football, comme on veut les appeler. Non, elles constituent l’essence même du football spectacle.

Ce match a sonné le glas de la France « black-blanc-beur » … Une illusion que vous avez critiquée dans l’un de vos livres, en vous en prenant aux intellectuels, coupables selon vous de s’être enflammés.
Jean-Claude Michéa, Alain Finkielkraut, Edgar Morin… Ils ont tous été emportés par la victoire des Bleus en 1998. D’un coup, il y a eu un basculement en France. La société a été envahie par le football dans une espèce d’hallucination généralisée. C’était une émotion collective, une sorte de communion magique qui a capté les moindres fibres du pays. On a vu des propos délirants, on nous a expliqué que c’en était fini du FN, du racisme, que la victoire de cette équipe diverse et mélangée allait fracasser ce qui restait de xénophobie dans notre pays, que ça allait modifier la structure de la société, c’est-à-dire les rapports des individus entre eux. Malheureusement, les sociétés sont plus construites qu’on ne l’imagine. Sur le moment, on n’était qu’une poignée à dire attention, on se comptait sur les doigts d’une main. Rapidement, j’ai compris qu’il n’y avait plus grand-chose à faire. On était arrivés à un stade de béatitude où on ne pouvait même plus critiquer sous peine d’être pris pour un fou. Moi, on m’a vraiment pris pour un taré, je l’ai mal vécu.

Sans aller aussi loin que les intellectuels que vous dénoncez, vous ne reconnaissez pas au football un formidable pouvoir d’intégration ?
Le football intègre au football, c’est un monde clos. Il vous permet de rentrer dans une communauté embrigadée de clubs et de licenciés. Dans le même temps, il désintègre la société. Les connaissances artistiques, les découvertes scientifiques… Tout est écrasé par une parole auto-suffisante qui s’auto-alimente en permanence, une parole que l’écrivain Umberto Eco aurait appelé le bavardage au carré. Du lundi au dimanche, on parle fautes d’arbitrage, erreurs du coach, c’est à l’infini, avec en parallèle une fascination permanente pour le résultat, la statistique, la quantification. On compte les buts, les victoires, les séries… Bref, le foot n’encourage pas la puissance intellectuelle nécessaire à l’émancipation de la jeunesse. Il a même remplacé toutes les formes artistiques pour lesquelles cette dernière avait encore de l’intérêt dans les années 1970, à savoir le cinéma par exemple.

Par moments, le football peut toutefois servir de vitrine à de grandes idées. Je pense notamment à la démocratie corinthiane de Sócrates au Brésil, ou à l’indépendantisme catalan soutenu par le FC Barcelone. Il devient alors une vecteur de remise en cause du système.

Cela marche aussi en sens inverse. Regardez le dernier France-Turquie où les joueurs ont fait le salut militaire, pendant que les Kurdes se faisaient massacrer. Mais de manière générale, le football est avant tout un vecteur d’acceptation de la société. Parce que le foot, comme le sport en général, est fondé sur l’ordre. C’est une organisation très structurée dès le plus jeune âge. Prenons l’exemple des centres de formation. Clairefontaine, j’en discutais avec Emmanuel Petit, c’est comme un camp. Il me disait : « C’est atroce, les gamins se tapent dessus, ils se font les pires coups… » On n’en parle pas beaucoup, mais les enfants sont tellement sous pression que bien souvent, il y a des suicides. C’est d’une violence incroyable pour pouvoir réussir ! Ceux qui ne fonctionnent pas, on les fout dehors sans ménagement. Une société vraiment démocratique ne devrait pas l’accepter. On nous dit à l’inverse que c’est une école, qu’on y apprend. Oui, on y apprend l’ordre. Ça s’applique aux clubs, aux licenciés, aux fédérations… À tous les étages de cette incroyable hiérarchie, les choses se font à l’aune de la concurrence généralisée.

 

Ce qui est précisément le mantra de la société capitaliste moderne…
Exactement ! Les deux sont fondés sur les mêmes valeurs, à savoir la lutte des uns contre les autres. Seul le vainqueur compte. Le deuxième ? On ne se souvient même plus de son nom. Dans la société capitaliste, on appelle ça la concurrence, c’est-à-dire la compétition entre les entreprises et les individus. On nous dit que c’est formidable, qu’on va se rencontrer, être ensemble et passer un bon moment, alors que chacun, au fond de lui, pense uniquement à gagner. Ainsi, contrairement à ce que l’on peut croire, le football ne remet rien en cause. C’est fondamental et ça mine ce qu’on pourrait imaginer être un jeu. Non, ce n’est pas un jeu, c’est un encadrement politique de la victoire, dont l’organisation copie celle des religions. Le football a ses icônes, ses saints, ses rituels, ses dissidents, ses sectes, son organisation. À part l’islam, les religions monothéistes sont toutes en repli dans le monde, et je pense que ce facteur n’est pas étranger à la montée en puissance du football. Les fidèles adorent les stars comme des demi-dieux. Dans la chambre des enfants, Jésus-Christ a cédé la place à Zidane ou Messi. C’est une forme religieuse nouvelle, avec le stade comme lieu de culte.

En matière d’architecture, quelles sont les caractéristiques propres à ces « lieux maléfiques » ?
Déjà, on peut dire qu’un stade doit capter l’œil. C’est la force d’un stade que d’être vu de loin. Il doit être dégagé du reste des immeubles, car cela crée un espace de transition visuelle, qui fait qu’on quitte symboliquement le monde de la vie courante pour entrer dans ce lieu qui vous absorbe. Tout est fait pour qu’on soit happés par la puissance physique du bâtiment, qui a cette capacité de vous surplomber grâce à sa puissance, évoquée par le béton, et sa structure fermée, comme une coquille. Et en même temps, celle-ci est poreuse : on doit pouvoir y entrer facilement, y être confortable, pouvoir voir sans être gêné. L’ouverture se joue dans les courbes, l’absence de poteaux qui gênent, la déclivité des gradins. Le but esthétique du stade, c’est de créer une fusion entre la construction matérielle et la masse d’individus. Une sorte d’osmose où l’architecture fait corps, et les corps font architecture. L’écrivain Elias Canetti disait à ce sujet : « Le stade, c’est la masse en anneau. » Il a bien analysé ce mécanisme qui joue sur la puissance, la sensation d’écrasement, sur le fait qu’on ne résiste pas, qu’on accepte d’être absorbés dans la masse pour finalement libérer toutes les pulsions agressives que la vie sociale nous oblige à contenir.

Qu’est-ce qui fait pour vous la beauté d’un stade ?
On aborde les questions plus complexes de l’esthétique. Où est la beauté ? C’est très subjectif, on peut trouver beau un champignon atomique. Mais qu’en est-il de la finalité ? Par exemple, un poignard incrusté de pierres, c’est un bel objet. Mais un poignard qui a servi, qui est taché de sang, on ne le regarde plus de la même façon. C’est le même poignard pourtant. C’est pareil pour les stades. Plus c’est beau, plus ça m’inquiète. Je n’arrive pas à leur trouver de beauté particulière parce que je vois d’abord la façon dont ils aliènent les individus, comment ils transforment des êtres singuliers en une masse décérébrée. Historiquement, c’est aussi là où on emprisonne, on torture. Au Chili, en 1973, on y emprisonnait ceux qui s’opposaient à Pinochet. Les stades sont souvent des lieux de possession des individus, jamais des lieux de libération.

Malgré tout, le football s’est imposé comme le sport le plus populaire de la planète. Pensez-vous que c’est dû à l’existence d’une esthétique propre au football ? En d’autres termes, n’est-ce pas le plus beau jeu du monde, tout simplement ?
Encore une fois, ce n’est pas un jeu ! Mais ce que vous dites n’est pas inintéressant. Je pense que le football est une forme esthétique qui essaie de se substituer à l’art. On veut nous expliquer que les sportifs sont des artistes comme les autres. On veut voir de l’art dans la gestuelle de Messi, ou de la chorégraphie dans la tactique de Guardiola. Tout le problème, là encore, vient de la définition. Pour moi, l’art est une activité liée à l’imaginaire, non répétitive, parfois éphémère, qui ouvre sur des horizons de pensée et des associations libres d’idées. Or, de ce point de vue, c’est tout le contraire du football qui est lié à la répétition, à l’entraînement, à la conquête d’un objectif. L’art véritable n’a pas d’objectif, on ne cherche pas à produire pour produire. Un Cézanne n’est pas meilleur qu’un Rodin, un Kandinsky n’est pas meilleur qu’un Klee, alors que dans le sport, la valeur suprême réside dans la victoire. Il faut mettre des buts et les compter pour prendre de la valeur sur le marché. Vous me rétorquerez – et vous auriez raison sur ce point – que l’art contemporain a tendance lui aussi à adopter une forme compétitive. Il y a des artistes mieux cotés que d’autres, une bourse, un marché. En ce moment, c’est Jeff Koons qui vend le mieux. Lui, je le hais, c’est le Zidane de l’art contemporain. (Rires.)

Cela ne risque pas de s’arranger dans les années qui viennent…
Je fais partie du courant critique du sport depuis les années 1970. À un moment, on était assez forts. Mais on a perdu, notre critique a perdu. Je pense que tout ce qu’on dénonçait à l’époque, le racisme, la violence, le dopage, sont désormais totalement intégrés. Nous, à l’époque, on se frittait, les gens nous disaient : « C’est pas vrai, il n’y a pas de dopage, vous mentez, vous êtes contre le sport. » Alors que tous ces élément font partie du sport, ils sont consubstantiels à son existence. Aujourd’hui, les dénoncer, ça n’a même plus de prise. La gauche est hors sujet. Même Besancenot est un fan du PSG, c’est dire. Mais je vous remercie de m’avoir laissé une tribune. C’est rare. Le Figaro, c’est le seul journal qui m’en laisse encore une. Le Monde, ils ne voient même plus le problème. Je leur ai écrit un article sur Notre-Dame et les Jeux olympiques, ils m’ont dit, on la passe, et finalement, quelques jours plus tard, ils m’ont dit non. C’est la première fois que ça m’arrive en quarante ans de carrière, qu’un journal se retourne et me dise non. Donc pour tout vous dire, aujourd’hui, je n’arrive à écrire que dans les journaux dits de droite, qui gardent encore un minimum d’espace pour le débat, et ça c’est vachement important, car il n’y a pas de société sans débats.

Un dernier conseil à nos lecteurs ?
La jeunesse avait un bon mot d’ordre en 1968 : « Ouvrez les yeux, fermez la télé ! »

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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54 commentaires pour Une réflexion critique sur la religion football

  1. Anne dit :

    Au sujet du dernier match du PSG, je pense qu’il s’agit d’une manipulation pour mettre en vedette le nouveau garde des Sceaux.
    En effet , pourquoi avoir rendu piétonne l’avenue des Champs-Elysées, pour un match du PSG se jouant non pas à Paris mais à Lisbonne, que le PSG allait perdre de toute façon, si ce n’est pour donner libre cours aux casseurs et ensuite faire semblant de dire que la violence est inacceptable et que les casseurs seront sévèrement punis. C’est se moquer du monde.
    Rien ne justifiait que l’avenue des Champs-Elysées soit rendue piétonne, pour un match dont tout le monde se moquait, match ayant lieu à l’étranger dans un stade vide.

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  2. Zonzon dit :

    Les économistes, gens sérieux, baignent dans le « sportisme » ! Une fois fourni le lourd investissement dans les stades – les usines modernes où le prolétaire s’engouffre joyeusement – l’activité qu’il engendre sans effort, fondée sur la stupidité des populations laquelle est inépuisable, n’est que pur profit.

    De plus, par son action unificatrice de la planète, mêlant toutes les nations dans une danse festive universelle, il plait aux mondialistes.

    Une discrète secte moralisante s’occupe par altruisme de sa gestion.

    Comment il disait déjà ce filou de Candide : tout est pour le mieux …

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  3. Zonzon dit :

    Les stades sont comme des pustules de fièvre à la surface de la terre d’où s’échappent régulièrement des bouffées nauséabondes.

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  4. Trigwen dit :

    Je te rejoins totalement sur ce que tu écris à propos du football et de bien d’autres sports. Non le foot, même si les participants jouent très bien n’est pas un art. C’est le fruit d’un entrainement et d’un travail répétitif.
    Il m’arrive de regarder certains matchs et ce que j’observe avant tout c’est la qualité et la beauté du jeu collectif. Si ces deux qualités n’apparaissent pas, je coupe et vaque à d’autres occupations.
    Quant aux joueurs, je trouve et ne suis pas le seuls qu’ils sont surpayés pour ce qu’ils font. L’argument comme quoi leur carrière est courte ne tient pas vu les sommes faramineuses qu’ils touchent puisqu’ils ont tous reçu une formation en sport-études qui leur permettra de se convertir après leur carrière.
    Notre fils fut longtemps un passionné de football et d’après son entraineur c’était un très bon joueur. Je lui ai inculqué les vraies valeurs du sport en lui rappelant que l’important « était de participer et que le football est un sport collectif. Quand j’ai remarqué qu‘il jouait trop « perso » parce qu’il voulait à tout prix marquer des buts, je lui ai fait la leçon en lui rappelant qu’à tel ou tel moment un de ses camarades était mieux placé que lui et qu‘il aurait dû lui passer le ballon. A force de remontrances il a fini par comprendre.
    Admirateur de Ronaldo, il voulait qu’on lui achète le maillot de son idole dont il admirait le jeu. Il eut croit à un refus catégorique. Je lui ai expliqué que joueur était multimillionnaire et qu‘il n’état aucunement question que j’alimente son compte en banque. J’ai rappelé à notre fils que si lui se trouvait un jour dans la mouise, même s‘il faisait appel à son idole pour l’aider financièrement, celui-ci ne lèverait pas le petit doigt.
    Notre fiston voulait qu’on lui achète des chaussures de football de marque. Je lui ai rappelé que ce n’était pas les chaussures qui faisaient un bon joueur mais l‘intensité qu’il mettait à s’entrainer. Je lui ai alors donné l’exemple des enfants des favelas ou d’Afrique qui jouaient nu-pieds sur un terrain de terre battu et qui pouvaient s’avérer de très bons joueurs.
    Depuis, le fiston est outré par l’argent qui envahit le sport. Il a lu ton article et, à ma grande surprise, est entièrement d’accord avec ton jugement sur le football qui n’est plus un jeu ni un vrai sport mais une gigantesque entreprise de spectacle destinée à attirer les spectateurs payants. Des spectateurs et supporters qui engraissent les actionnaires des clubs détenus désormais malheureusement par des émirs, des hommes d’affaires russes peu nets, par des banques, par des compagnies d’assurances ou des fonds de pension

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  5. Annick Danjou dit :

    Le lien social grâce au foot, on l’a apprécié hier soir si on en doutait encore, les marseillais ont célébré comme il se doit de la part de crétins, excusez le terme, la défaite du PSG, sifflements, klaxons, cris de joie…au moins il n’y a pas eu d’affrontements sur le port sauf quelques vitrines brisées par ci par là le long de la Canebière, il faut bien faire éclater sa joie!!
    ils ont préféré une victoire étrangère à une hypothétique française. Il faut dire aussi que le grand Bernard leur avait dit aux marseillais « vous êtes les meilleurs quoiqu’il arrive! »
    Quant aux autres crétins de Paris, je ne veux même pas en parler, c’est une honte pour la France.

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  6. Zonzon dit :

    Les jeux de 36 …. oh que non qu’on ne les oublie pas … parfois j’imagine Jesse Owens pointer un doigt d’honneur vers la tribune officielle. En 4 occasions il en eut l’opportunité !

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  7. Pilou dit :

    Ce texte me semble bien « réducteur », ce cher monsieur ne parle que des aspects négatifs. Le foot c’est plus que cette plaidoierie de l’accusation. En partant de la base, c’est d’abord un lien social et économique, reflet des mutations de nos sociétés. Nos campagnes se meurent et les villages comptant il y a quarante ans 2 voire 3 équipes séniors doivent se regrouper aujourd’hui avec les communes voisines pour aligner une équipe. C’est une partie du lien social et de la vie du village qui disparaît avec celle de son dernier café. En paralléle, ce sport s’est beaucoup professionnalisé dans les grandes villes avec des salaires qui suivent la médiatisation, les droits télés voire même la géopolitique lorsqu’un riche milliardaire du moyen orient veut accroitre « son influence » en achetant un club. Salaire astronomique déconnecté des véritables efforts et mérites individuels. Le football est fortement influencé par l’évolution des sociétés (urbanisation et médiatisation croissantes, mondialisation des salaires…) tant au niveau national qu’international (avec aussi tous ces organismes internationaux qui eux aussi n’échappent pas à l’influence, on l’a vu récemment avec l’OMS). En cela, il est un marqueur des « excès de la mondialisation » qui concerne aussi des spéculateurs et autres « traders ». Et dans certains régimes autoritaires, comme en Afrique du nord, ce sont parfois les jeunes (spectateurs) qui nouent des réseaux en se réunissant dans les stades de foot et qui sont une des forces et des moteurs de ces mouvements de protestation contre de vieux régimes corrompus autoritaires à bout de souffle, des ferments de plus de démocratie….. Nul n’est obligé de pratiquer ou regarder ce sport. Sa pratique tant individuelle que collective (l’équipe) a de multiples vertus, et le regarder peut apporter du plaisir.
    Et accessoirement, même en l’absence d’avantage financier (statut amateur pur), c’est encore un moyen pour que des gens de toutes couleurs et religions partagent des moments d’humanité et de vérité grâce à des efforts partagés, au moins au niveau scolaire. On ne va quand même pas interdire le football en dehors des écoles ( du primaire jusqu’aux plus grandes écoles nationales)….Mais c’est vrai qu’en dehors des écoles, les individus ont parfois tendance à se régrouper selon leur origine….Rien de bien nouveau: quand des individus pauvres débarquent en terrain nouveau pour y vivre , ils ont tendance à s’entraider et à se regrouper. Chaque joueur de foot peut être à son petit niveau un ciment de l’humanité.

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  8. Zonzon dit :

    @ Freddie

    Vous vous félicitez de l’abandon des combats de gladiateurs. Mais que pensez-vous de la boxe, noble art, laquelle par son maintien déshonore toute société humaine ?

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  9. Zonzon dit :

    DES LIEUX ABOMINABLES

    Parfois les stades redeviennent des antichambres de la mort : Charléty, Santiago, Bosnie …
    Comme à Rome !

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  10. xc dit :

    Il est désespérant de voir les JT commencer par parler du match du jour, comme s’il n’y avait rien d’autre à se passer dans le monde.

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    • xc, évidemment, abrutissement national.
      MT

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    • Pheldge dit :

      que ça vous déplaise, soit, mais plus de 11 millions de téléspectateurs quand même …
      Ensuite, question professionnalisation, aux USA il y a également la NBA pour le basket, la NHL pour le hockey, les différentes compétitions auto …
      Je ne comprends pas cette envie de vouloir bannir quelque chose,, parce que ça ne vous plait pas : tant qu’il y a des amateurs, et qu’on ne vous demande pas de financer leur passion, où est le problème ? Vous y voyez un abrutissement, soit, mais avez-vous vécu un événement au milieu d’une foule ? moi, oui, pour des concerts de rock, et c’est une sensation particulière. Je ne suis pas un passionné de foot, mais, j’ai regardé la finale de 2018 avec ma petite famille qui l’est, et c’était un moment d’émotion partagée …
      Je respecte la liberté de choix de chacun, et je ne me permettrais jamais d’imposer mes goûts ou mes dégoûts, de même que je m’abstiens de toute fatwa envers telle ou telle activité, qui n’aurait pas l’heur de me plaire. En toute modestie.

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  11. Freddie dit :

    J’ai écrit souvent dans un journal de province pour décrire les activités associatives de petites villes. Les clubs de foot locaux peinent comme les autres associations à intéresser le public, à garder leurs bénévoles et à convaincre les villes de maintenir leurs subventions. Je n’ai pas vraiment l’impression que ce soit le football en soi qui passionne les foules, c’est la grand messe médiatique, l’oubli reposant de soi dans l’enthousiasme collectif, bref la célébration collective. C’est un truc des grandes villes. On a encore de la chance que l’hystérie collective actuelle se soit cristallisée sur le foot plutôt que sur les combats de gladiateurs. Personnellement, je n’aime pas cette tendance de l’être humain à s’oublier dans la foule. Cela donne trop souvent des résultats violents et sordides. Mais si le football s’y prête, ce n’est pas le seul prétexte possible.

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  12. E Marquet dit :

    Texte savoureux ! Enfin un intello qui ne cède pas au syndrome de la pâmoison extatique obligatoire lors de ces grand-messes footballistiques, et refuse de se prosterner devant ce nouveau veau d’or. Ce fut un vrai plaisir de lire cet interview …..Merci.

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  13. Zonzon dit :

    Les compétitions sportives, par les ébranlements qu’elles provoquent chez les individus et les délires qu’elles déclenchent dans les foules, peuvent être considérées à plus d’un titre comme le marqueur de la fin de la civilisation.

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  14. Bill Noir dit :

    Les stades sont des bergeries où se précipitent des moutons bêlants.

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  15. Bill Noir dit :

    Les dieux du stade ne sont que des idoles grotesques qui rapportent gros à leurs propriétaires.

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  16. Bill Noir dit :

    Les clameurs névrotiques qui s’exhalent des stades renseignent sur la santé mentale de toute la société.

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  17. Zonzon dit :

    LE SPORT À L’ÉCOLE
    L’an dernier elle était au lycée. Elle faisait piano et théâtre.
    Cette année elle était dans une université du nord de l’Angleterre.

    – Ça marche le théâtre ?
    – Maintenant je fais Kung-fou, Karaté, ThaI, Coréen, ….Thai c’est rude, après une séance j’ai des bleus pour toute la semaine … 
    – La vache !
    …………….
    – Pourquoi tu fais tout ça ?
    – Pour sortir le soir, se défendre, pouvoir fuir !
    – Ah bon !

    England is a garden !

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