Républicains: non à l’absurde guerre des chefs (pour Atlantico)

A ce stade, les élections nationales de 2022 ne se présentent pas sous les meilleurs auspices pour la droite. Les candidats potentiels aux présidentielles sont nombreux : M. Bertrand, M. Baroin, Mme Pécresse, M. Retailleau, M. Wauquiez, les deux premiers s’étant quasi-déclarés… La confusion s’installe déjà autour de la question des « primaires » d’ores et déjà rejetées par certains et voulues par d’autres. Ainsi, la guerre des chefs menace. Les leçons ne servent-elles jamais ? Elle fut à l’origine de la plupart des grandes défaites électorales de la droite, notamment celle par laquelle le malheur est arrivé, en 1981. Et pourtant, la guerre des chefs revient, inexorablement, exposant le camp des républicains qui ne sont ni macronistes, ni socialistes, ni lepénistes, au risque d’un nouvel échec.

Cette guerre des chefs procède d’un anachronisme, elle exprime une conception de la politique désormais révolue : l’obsession présidentialiste. La vie publique se focaliserait tout entière sur l’image médiatique gesticulante d’une sorte de gourou élyséen narcissique, n’ayant pour objectif que son auto-sublimation et sa réélection, au prix de tous les mépris, les manipulations et les renoncements. Ainsi, au terme d’une lamentable dérive post-démocratique, le culte et la magnificence d’un individu surmédiatisé s’est substitué aux notions de bien commun, d’intérêt général, voire même de Nation. Et cela, les Français n’en voudront plus.

Les acteurs potentiels de la guerre des chefs qui vient ne l’ont-ils pas encore compris ? La conquête de l’Elysée ne doit plus être un but en soi. Le « Palais » incarne désormais, aux yeux des Français – qui votent de moins en moins – le despotisme de la médiocrité, de l’impuissance publique et de la vanité. Il n’apporte plus à son titulaire ni gloire, ni prestige, encore moins l’assurance d’une « trace dans l’histoire », mais aux yeux de l’immense majorité des Français, une image d’acteur pathétique et inutile. Rien d’autre.

La présidentielle ne doit plus être le but en soi de la politique. Le devoir des hommes et femmes engagés en politique, qui se réclament de l’opposition démocratique, ni macroniste, ni socialiste, ni lepéniste, n’est pas de se crêper le chignon pour savoir quel calife sera (peut-être) appeler à pavoiser à la place du calife. Il est de travailler à la reconstruction de la France : la relance de l’économie par l’entreprise, le recul des prélèvements obligatoires et de la dette publique, la lutte contre la pauvreté, l’éradication de la violence et de la barbarie, la maîtrise des frontières, l’unité nationale, le rétablissement de l’école et de l’égalité des chances…

Dans le système politique français – qui ne changera pas avant 2022, malgré toute son inefficacité et son absurdité – certes, il faudra un candidat à la présidentielle. Mais l’essentiel ou le plus urgent n’est pas là : il est de savoir quel serait l’objectif d’un retour au pouvoir. Pour quoi faire ? Quelle ligne ? Quel projet ? Poursuivre la glissade de la vie politique dans le grand spectacle narcissique hors sol? Alors, l’original vaudra mieux que la copie. En revanche, sera-t-il de dire la vérité aux Français sur l’état de la France, tenter sincèrement et modestement de réconcilier le peuple avec la démocratie et la confiance ? Retrouver le sens de l’action et du gouvernement ? Alors oui, cela vaudra la peine. Quant au candidat à la présidentielle, il viendra, s’il doit venir, en temps voulu, dans les derniers mois comme toujours, l’homme ou la femme qui saura émerger de la médiocrité et de la mégalomanie ambiante pour se placer au service du pays et non de son destin personnel.

Maxime TANDONNET

 

 

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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123 commentaires pour Républicains: non à l’absurde guerre des chefs (pour Atlantico)

  1. Pheldge dit :

    Et voilà encore cette droite courageuse dont on ne peut qu’être fiers : lu dans le Figaro en ligne
    Christian Estrosi: «Passons un accord avec Emmanuel Macron»
    ENTRETIEN – Le maire de Nice invite la droite et le centre à soutenir la réélection du chef de l’État en 2022, sous conditions.
    L’article est réservé aux abonnés, mais le titre en dit suffisamment ! Ah, quelqu’un a dit « Munich » ?

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  2. badin26 dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Le système des partis que de Gaulle exécrait est réapparu après son départ – pour notre malheur- mais sous une forme maffieuse encore pire que celle combattue par lui. A l’époque de la IVe les hommes politiques avaient – un peu- le sens des responsabilités et celui de l’état. Aujourd’hui ce ne sont que des parvenus qui ne pensent qu’à leur carrière. Et les partis dont le rôle est de nous proposer un candidat le plus apte à diriger le pays nous ont trompés en nous affublant de Hollande dont ses camarades le nommait la fraise des bois ou Sarkozy par trop superficiel et influençable!
    Mais mon propos est de vous demander ce que vous pensez des décisions prises par Macron et Merkel à propos de la mutualisation des dettes des pays d’Europe. Ne vous semble-t-il pas que ce couple infernal a outrepassé ses droits et les accords fondateurs de l’Europe en donnant à cette institution non élue des droits que personne ne lui avait donnés. La cour constitutionnelle de Karlsruhe a réagi vivement ( https://www.ifrap.org/budget-et-fiscalite/arret-de-la-cour-constitutionnelle-allemande-la-bombe-plus-de-500-milliards ), cette réaction a eu peu d’écho dans la presse mais chez nous, personne ne s’est offusqué de ces décisions illégales. Que pouvons-nous faire pour enrayer cette dérive – si vous la considérez comme telle? La propension de Macron à s’affranchir des règles quelles qu’elles soient me dérange, qu’en est-il à propos de celle-ci? Merci.

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    • badin16, oui, j’en ai parlé dans un billet, je suis moi aussi indigné que tant d’imbéciles se réjouissent d’une gigantesque dette supplémentaire dans laquelle ces mêmes imbéciles voient le socle de l’Europe nouvelle mais qui in fine, pèsera sur les générations futures. Quant à Macron et les règles, je pense comme vous mais ne vois pas d’autre solution que de le punir par le suffrage universel. Mais nous sommes dans une course entre la révolte légitime d’une nation et son abrutissement et j’ai bien peur que le second ne l’emporte…
      MT

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  3. Zonzon dit :

    @ Pierre-Jean
    Les harkis, je « n’en fais rien » ! Les pieds-noirs non plus !

    Ce sont les officiers d’active qui ont scellé leur destin ! Ils les ont recrutés pour que le conflit s’enlise, qu’il perdure. Les guerres coloniales ont toujours constitué un gagne-pain assuré pour ce corps de serviteurs de l’État.

    Quand nous les rencontrions dans le djebel, se déplaçant avec élégance dans un silence quasi mystique, nous étions partagés entre l’admiration que l’on éprouve pour des guerriers de toujours et l’effroi sur le sort qui les attendaient et qu’ils recevraient dûment des mains de leurs frères ennemis.

    Les officiers-recruteurs  en ramenèrent la moitié « à la maison », c’était le moins qu’ils puissent faire après les avoir embauchés ! Ils constituèrent la première « implantation » conséquente de l’islam conquérant en France !

    Quant à nos 30.000 « compatriotes » oranais, massacrés au Petit Lac, nous les associons aux adoslescents métropolitains qui moururent dans le conflit sans n’avoir jamais su vraiment dans quelle région du monde ils étaient venus combattre.

    Les prises d’armes étaient douloureuses. Je me souviens de cet enfant du Nord, appelé à 20 ans,- fils unique d’une veuve, modeste ouvrière – qui fut égorgé dans son sommeil par ses deux « camarades » de veille dans une tour de guet.
    Cette fois-là il y eut du « flottement » dans les rangs.

    Que chacun pleure les siens !

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  4. Z dit :

    @ Pierre-Jean
    Les harkis, je « n’en fais rien » ! Les pieds-noirs non plus !

    Ce sont les officiers d’active qui ont scellé leur destin ! Ils les ont recrutés pour que le conflit s’enlise, qu’il perdure. Les guerres coloniales ont toujours constitué un gagne-pain assuré pour ce corps de serviteurs de l’État.

    Quand nous les rencontrions dans le djebel, se déplaçant avec élégance dans un silence quasi mystique, nous étions partagés entre l’admiration que l’on éprouve pour des guerriers de toujours et l’effroi sur le sort qui les attendaient et qu’ils recevraient dûment des mains de leurs frères ennemis.

    Les officiers-recruteurs  en ramenèrent la moitié « à la maison », c’était le moins qu’ils puissent faire après les avoir embauchés ! Ils constituèrent la première « implantation » conséquente de l’islam conquérant en France !

    Quant à nos 30.000 « compatriotes » oranais, massacrés au Petit Lac, nous les associons aux adolescents métropolitains qui moururent dans le conflit sans n’avoir jamais su vraiment dans quelle région du monde ils étaient venus combattre.

    Les prises d’armes étaient douloureuses. Je me souviens de cet enfant du Nord, appelé à 20 ans,- fils unique d’une veuve, modeste ouvrière – qui fut égorgé dans son sommeil par ses deux « camarades » de veille dans une tour de guet.
    Cette fois-là il y eut du « flottement » dans les rangs.

    Que chacun pleure les siens !

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    • Zonzon dit :

      @ Pierre-Jean
      Les harkis, je « n’en fais rien » ! Les pieds-noirs non plus !

      Ce sont les officiers d’active qui ont scellé leur destin ! Ils les ont recrutés pour que le conflit s’enlise, qu’il perdure. Les guerres coloniales ont toujours constitué un gagne-pain assuré pour ce corps de serviteurs de l’État.

      Quand nous les rencontrions dans le djebel, se déplaçant avec élégance dans un silence quasi mystique, nous étions partagés entre l’admiration que l’on éprouve pour des guerriers de toujours et l’effroi sur le sort qui les attendaient et qu’ils recevraient dûment des mains de leurs frères ennemis.

      Les officiers-recruteurs  en ramenèrent la moitié « à la maison », c’était le moins qu’ils puissent faire après les avoir embauchés ! Ils constituèrent la première « implantation » conséquente de l’islam conquérant en France !

      Quant à nos 30.000 « compatriotes » oranais, massacrés au Petit Lac, nous les associons aux adoslescents métropolitains qui moururent dans le conflit sans n’avoir jamais su vraiment dans quelle région du monde ils étaient venus combattre.

      Les prises d’armes étaient douloureuses. Je me souviens de cet enfant du Nord, appelé à 20 ans,- fils unique d’une veuve, modeste ouvrière – qui fut égorgé dans son sommeil par ses deux « camarades » de veille dans une tour de guet.
      Cette fois-là il y eut du « flottement » dans les rangs.

      Que chacun pleure les siens !

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  5. Gribouille dit :

    Avec LR, défendons l’Europe, dont nous avons besoin pour réformer la France :

    à moins que, peut-être, nous pensions préférable de voter pour un autre parti ?

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  6. Gribouille dit :

    Avec LR, protégeons les toiletteurs pour caniche, créateurs de richesses, du fisc socialiste :

    https://fathermackenzie.wordpress.com/2019/03/18/draguer-quand-on-est-un-facho/
     » Si elle est de droite bidon, fais gaffe pareil, plus même, ce sont les pires, tu t’alignes sur une position simple, tu es Sarkozyste mais déçu parce qu’il n’a pas supprimé l’ ISF. Essaye de connaitre la profession du père et explique que les toiletteurs pour caniches ou les prothésistes dentaires ( hypothèses) sont harcelés par le fisc socialiste ( c’est ce qu’elle entend à la maison et sa vision politique s’arrête là ).  »

    Ou pas…

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  7. Zonzon dit :

    2022. Envisager Le Pen – Macron c’est déjà l’authentifier. Il faut chercher ailleurs. Un « autre chose » !

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  8. Zonzon dit :

    @ Pradault Louise
    Par sa clairvoyance, son courage et son sens de l’Histoire le général a écarté de notre destin « une Algérie française ».
    Ce qui n’a pas empêché ses successeurs de nous fabriquer quelque chose qui ressemble presque à « une France algérienne » !

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    • Pierre-Jean dit :

      Zonzon,
      Et les harkis vous en faites quoi ? Tous comme les pieds-noirs eux aussi abominablement massacrés en 1962.

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  9. Zonzon dit :

    @ Sganarelle
    Une République sans président mais avec des pères de la Nation , un certain nombre …. pour peu qu’il existe encore des citoyens qui aient cette vocation.
    Toutefois, à l’ombre des bougainvilliers en fleur dans ce sinistre été virulent, il ne serait pas raisonnable de parler sérieusement de l’avenir français.
    Rassurez-vous … la rentrée sera studieuse !

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  10. sylvaner dit :

    la République ne sert plus à rien , la République française est morte et enterrée ; partout dans le pays se forment des minorités et communautés violentes qui font peur au pouvoir , toutes les lois chargées de maintenir un semblant d ordre et de sécurité sont bafouées , la police est muselée figée de trouille , la justice gauchiste relaxe et relâche en série tous les délinquants multirécidivistes , les élus pensent à leur réélection et ne veulent prendre aucun risque , les associations gauchistes prennent faits et causes pour les barbares impunis , les partis de gauche PS PCF LFI EELV ne disent mot donc consentent à cette chienlit anarchique et se rendent complices de ces minorités dangereuses racistes anti blancs racialistes indigénistes néo fascistes .

    L ‘ extrême gauchisme et l ‘islamisme gouvernent et dirigent le pays , le nier comme le font beaucoup d ‘ intellos bobos de gauche , de journalistes orientés et d ‘ élus soumis collabos , c ‘est participer à la destruction du pays et à la mort de la République .

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  11. Sganarelle dit :

    @ Zonzon
    réponse au vœu d’ une république sans président :
    « Tous des fils ..pas de père »
    (slogan de mai 68 )

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  12. Gribouille dit :

    Avec LR, revalorisons le savoir dans la société française, en réorganisant le système scolaire autour d’une gestion locale par les chefs d’établissements (qui sera donc basée sur la tête du client, et le subtil jeu des querelles locales). Et faisons de même à l’université.

    Avec LR, ne prenons pas l’électeur pour un c.., mais n’oublions pas qu’il l’est.

    Avec LR, refusons la repentance, tout en valorisant la repentance pour Vichy afin de justifier la mise à l’écart l’un de nos partis rivaux. Et passons sous silence les figures de Joseph Barthelémy, Jacques Bardoux ou Alfred Fabre-Luce, pour ne pas compromettre l’image d’Epinal d’immaculé pureté des libéraux doctrinaires à cette période.

    Ou pas…

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  13. Zonzon dit :

    @ Jordi 17/08 à 20 h 27
    « … je préfère une droite non républicaine … »
    Là, je crois que vous ne savez plus ce que vous dites !
    Une droite non républicaine est identique à une gauche non républicaine … révisez vos manuels d’Histoire du XXème siècle !
    La « Non République » a toujours été un moyen utilisé par les tyrans pour écraser les peuples.

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  14. Philippe dit :

    Bonjour Maxime, bonjour à tous,
    Je vous propose de lire un livre écrit par un Maire Jean-Claude NEVERS
    La République des Prétentieux Sont-ils trop intelligents? Trop subtils?

    Edition Saint Honoré

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  15. Zonzon dit :

    Le RNFN n’est pas la solution. Il a toujours été le problème.

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    • Pheldge dit :

      Oui, mais si LR faisait son boulot – comme l’UMP de Sarkozy pré 2007 – les électeurs n’iraient pas au RN par dépit comme c’est le cas maintenant. Hélas, les caciques du parti, n’ont d’autres projets, que de « faire du Macron », en le rebaptisant LR …

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  16. Papi 2.0 dit :

    Je vous propose de mettre une note de vert dans nos échanges:

    Réponse à Xavier Martini, « avocat » d’Emmanuel Macron
    Xavier Martini, membre du fan-club d’Emmanuel Macron (pourquoi pas ?), répond à mon appréciation sur l’action du Président (le plus mauvais depuis 1958 sur le critère de l’environnement) en lui attribuant une série de décisions, que je reprendrai une à une : l’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, l’abandon du projet d’ouverture d’une mine d’or en Guyane, l’interdiction des néocotinoïdes, l’interdiction des insecticides dans les parcs publics, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, le retour de la consigne, l’interdiction des plastiques à usage unique, l’autorisation des semences paysannes.
    Resituons tout d’abord le quinquennat d’Emmanuel Macron dans la succession de la 5e République puisque c’est dans ce contexte comparatif que je me situe.
    Charles de Gaule (1958 – 1969) : en pleine « trente glorieuses », alors que les bulldozers et les tracteurs « déménagent » le pays, est adoptée la loi qui instaure les parcs nationaux ; les parcs nationaux de la Vanoise (1960) et des Pyrénées (1967) sont créés ; les premières grandes installations d’énergie renouvelable sont inaugurées : le four solaire de Font Romeu (1962) et l’usine marémotrice de la Rance (1966) ; les premières mesures en faveur des espèces menacées (1964) sont adoptées (interdiction de commerce) ; la loi Malraux (1962), déterminante pour la protection du patrimoine et du paysage urbain, est adoptée et les centres historiques des villes sont classés.
    Pompidou (1969-1974) : crée le Ministère en charge de la protection de la nature et de l’environnement (2 janvier 1971), met en place une politique du paysage et d’élimination des déchets ; le code de l’environnement progresse, avec un peu moins de vigueur qu’avec son prédécesseur. La circulaire (Guichard) du 21 mars 1973 met un terme à la construction des tours et des barres dans les périphéries urbaines.
    Giscard d’Estaing (1974 – 1981) : la politique de l’environnement atteint ici son point d’orgue avec une vigoureuse action en faveur du paysage et un point d’arrêt à l’urbanisation du littoral et de la montagne : directive littoral (25 août 1979), directive montagne (22 novembre 1977), création des conseil d’architecture et d’urbanisme, réforme des commissions des sites, abandon des projets d’industrialisation des bords du Rhin (près de 4000 hectares de zone abandonnées), loi sur la protection de la nature (1976) instaurant notamment l’obligation d’une étude d’impact…
    Mitterrand (1981-1988) : recul sur plusieurs des avancées précédentes : les directives littoral et montagne sont transcrites dans une loi, loi montagne de 1985 et loi littoral de 1986, en en réduisant un peu la portée, la réforme des commissions des sites est abrogée, le paysage disparait des radars gouvernementaux et l’environnement disparait des discours présidentiels (voir la belle analyse de Guillaume Sainteny dans la revue Politiques et Management Public de 1998).
    Mitterrand (1988 – 1995) : le succès électoral des écologistes pousse Mitterrand à changer de position : Brice Lalonde étant secrétaire d’Etat puis Ministre, le code de l’environnement s’épaissit fortement avec l’adoption de nombreuses lois, sur l’eau, les installations classées pour l’environnement, les espèces protégées… ; le barrage de Serre de la Farre sur la Loire est abandonné ; la protection de l’ours des Pyrénées est renforcée ; les forêts rhénanes sont classées (accords dit de Marckolsheim) ; l’importation d’ivoire est interdit ; la France ratifie les conventions de Berne et de Bonn sur la biodiversité et participe à la conférence de la Haye (1989), au protocole de Madrid (1991) et au Sommet de la Terre (1992), qui restera sans effet.
    Chirac (1995-2002) : peu d’évènement sous Juppé ; le réseau Natura 2000 se met en place, timidement au début ; à la suite des élections législatives qui portent Jospin à Matignon, le canal à grand gabarit est abandonné ; la France ratifie la convention d’Aarhus sur la démocratie environnementale ; la loi solidarité et rénovation urbaine (2000) donne au code de l’urbanisme les moyens de protéger le territoire et les paysages.
    Chirac (2002-2007) : peu de chose, ni recul, ni avancée ; la France ratifie la convention européenne du paysage (2006) ; nouvelle loi sur l’eau et les zones humides.
    Sarkozy (2007-2012) : le Grenelle de l’environnement et la nomination de Borloo comme ministre d’Etat en charge de l’environnement constituent une nouvelle étape positive, à une exception près, l’adoption d’un article interdisant aux documents d’urbanisme d’interdire certains aménagements énergétiques sur les habitations : les dégâts paysagers sont considérables dans certaines régions ; un arrêté ministériel tente de contrarier ces effets en 2012 ; le paysage et le patrimoine sont les grands oubliés du Grenelle : la France n’honore pas sa signature au bas de la convention européenne.
    Hollande (2012-2017) : sous le gouvernement Ayrault, ce n’est pas Cécile Duflot mais Stéphane Le Foll qui porte l’évolution la plus positive avec une loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt (2015) ; Duflot signe la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (2014), dont l’axe principal est la limitation de la consommation foncière et la densification ; le premier recul significatif est amorcé par les ordonnances du 18 juillet 2013, cosignée par Duflot, qui écarte de fait le citoyen dans la régulation de l’urbanisme par le biais du contentieux, dans le but assumé de « sécuriser la promotion immobilière ».
    Macron (2017-2022) : le recul engagé par Hollande s’accélère avec Macron dans les domaines du code de l’environnement, du code de l’urbanisme, et même du code forestier ; les décisions qu’il est possible de considérer comme positives sont modestes et aux effets incertains ; la France n’a plus de politique du paysage, ne respecte pas les deux conventions qu’elle a ratifiées, celle d’Arrhus et celle du paysage. A ce jour, aucune mesure ne permet de rattraper un tant soit peu le bilan. N’attribuons pas au César français ce qui ne lui appartient pas !
    Abandon de Notre Dame des Landes
    L’abandon de Notre Dame des Landes ne procède pas d’un sentiment écologique, mais du constat de l’impasse politique (avoir à dégager un terrain occupé de 3000 ha par des groupes qui ont le soutien de la population locale comme l’a démontré le référendum) et du coût d’un projet dépassé. Bercy a joué un rôle important dans la décision. Reconnaissons cependant le pragmatisme du Premier ministre en la matière.
    Fermeture de Fessenheim
    Il faut avoir une grande méconnaissance du dossier pour attribuer la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim à l’équipe Philippe-Macron. La fermeture résulte d’un rapport de force politique qui aboutit à un accord électoral entre les Verts et Hollande à la veille des élections présidentielles de 2012 : cet accord prévoyait la fermeture de la centrale nucléaire. Une loi l’organisant est adoptée dès après l’élection présidentielle. Des chargés de mission sont désignés pour préparer l’échéance, retardée par la non mise en route de l’EPR de Flamanville. Finalement, EDF se décide à accélérer le processus pour des raisons strictement économiques : le coût des mesures exigées par la Commission de sécurité nucléaire est trop élevé pour cette vieille centrale qui a dépassé de 2 ans les 40 années de fonctionnement initialement prévues. Macron n’a aucune responsabilité dans cette fermeture.
    Renoncement à la mine d’or en Guyane
    « Nous allons tout faire pour qu’un projet de cette envergure puisse voir le jour. » Alors ministre de l’économie, Emmanuel Macron promettait en août 2015 l’établissement d’un site minier en plein cœur de la forêt amazonienne. La mobilisation de l’opinion (250 000 signatures) et l’engagement de Nicolas Hulot ont conduit à renoncer au projet par pragmatisme politique. Le renoncement n’est cependant que provisoire et un nouveau projet vient d’être présenté.
    Interdiction du plastique à usage unique
    La loi Egalim d’octobre 2018, qui interdit les plastiques à usage unique, répond à une exigence européenne. Elle s’applique partiellement depuis le 1er janvier 2020. C’est bien, mais le Gouvernement pouvait-il s’opposer à une mesure demandée par l’Union et une grande partie de l’opinion ?
    Rétablissement de la consigne
    Le projet de loi pour une économie circulaire a prévu de consigner les bouteilles en plastique afin d’améliorer leur collecte pour le recyclage. Le Sénat s’y est opposé. La question reste en suspens.
    Autorisation des semences paysannes
    La loi publiée le 11 juin 2020 autorise la vente de semence aux seuls jardiniers amateurs. Nous combattons le brevetage de la vie depuis près de 30 ans. C’est aujourd’hui une toute petite avancée. Je ne méconnais pas, cependant, la bataille que cela suppose avec les multinationales de l’agriculture.
    Interdiction des pesticides dans les parcs publics
    Cette interdiction est antérieure à la présidence Macron : elle a été intégrée dans la loi de transition énergétique et de croissance verte de juillet 2015. Mesure applicable depuis le 1er janvier 2017.
    Interdiction des néonicotinoïdes
    Les néonicotinoïdes sont une famille de produits phytosanitaires, dont les premiers ont été interdits dès 1994. Une interdiction générale en milieu ouvert a été actée dans la loi sur la biodiversité du 8 août 2016, mesure devant entrer en vigueur au 1er septembre 2018. La démarche est confortée par une décision européenne (Conseil des ministres) du 27 avril 2018, qui doit s’appliquer à tous les membres de la Communauté. Macron n’a, dans ces décisions, aucune responsabilité. Bien au contraire, le gouvernement français s’apprête à lever l’interdiction pour les produits utilisés sur les betteraves sucrières (2020).
    L’ère Macron, c’est :
    – l’autorisation de réaliser le grand contournement autoroutier de Strasbourg et l’évacuation par la force des militants qui occupaient le terrain depuis plusieurs années ; les municipales viennent de porter les opposants au GCO à la mairie de Strasbourg et à la direction de l’Eurométropole ;
    – le déploiement sans aucune planification des éoliennes terrestres au détriment de nos paysages, de notre patrimoine, des chauves-souris, des grands rapaces et de la santé des riverains ;
    – la suppression des enquêtes publiques avec commissaire enquêteur pour les installations classées pour l’environnement (éoliennes, ferme des 1000 vaches…) ;
    – le transfert des sites classées sous l’autorité des préfets, plus proche des groupes de pression ;
    – la réduction du pouvoir des architectes des bâtiments de France et des inspecteurs des sites ;
    – la loi Elan qui enlève aux maires toute possibilité de s’opposer à l’implantation de mâts de téléphonie mobile,
    – la disparition de la compétence éolienne des tribunaux administratifs de première instance ;
    – les possibilités données aux Préfets de déroger aux règles relevant de leurs compétences dans le domaine des espèces protégées, du code de l’urbanisme et de l’environnement ;
    – la validation des chasses illégales au nom de la tradition (contre l’avis de l’Europe) ;
    – l’autorisation du tir d’espèces menacées comme la Tourterelle des bois ou le Grand tétras des Pyrénées ainsi que l’allongement de la période de chasse…
    Cette liste n’est pas limitative. Le pouvoir est donné aux agents économiques contre l’environnement en neutralisant le citoyen, en réduisant le pouvoir des agents de l’Etat et en affaiblissant les procédures. C’est l’expression d’une « dictature libérale ». Les effets sur le terrain sont visibles. Tout le reste n’est que paroles.
    Je réviserai mon appréciation le jour où Emmanuel Macron aura abrogé les textes qui réduisent la démocratie environnementale et lorsqu’il aura pleinement restitué à la puissance publique ses fonctions régaliennes dans la protection des paysages, de la biodiversité et de la santé des personnes.
    Antoine WAECHTER

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  17. Zonzon dit :

    Les Présidents, on a déjà donné. Passons à autre chose !

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  18. nicolasbonnal dit :

    Léon Bloy et la guerre des chefs ?
    Après ceux-là, suivent les petits chacals sans nombre, dont l’office est de dévorer tout ce qui tombe et de lécher toute chose léchable. Et ce cortège est contemplé par un peuple immense, mais si prodigieusement imbécile qu’on peut lui casser les dents à coups de maillet et l’émasculer avec des tenailles de forgeur de fer, avant qu’il s’aperçoive seulement qu’il a des maîtres, — les épouvantables maîtres qu’il tolère et qu’il s’est choisis.

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  19. Zonzon dit :

    La République, oui !
    Les Présidents de république, non !

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