Augmenter l’immigration de travail?

Voici ma contribution à un débat, dans Figaro Vox, concernant le recours à une immigration de travail supplémentaire pour pourvoir aux « emplois vacants », malgré le chômage. Ce texte répondait à celui de M. Maxime Sbaihi, économiste, sur la base d’un échange arguments:

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Le 21 avril 2020, plusieurs personnalités, dont M. Louis Gallois, président de la fédération des acteurs de la solidarité (FAS), ont appelé à une régularisation des travailleurs étrangers qui « tiennent notre vie sociale et notre économie à bout de bras ». Plus généralement, de nombreuses voix se font entendre en faveur d’une relance de l’immigration de travail pour pourvoir aux emplois vacants. Que faut-il en penser ?

En appeler à une régularisation générale ou une augmentation de l’immigration de travail pour des raisons économiques, dans les circonstances actuelles, peut surprendre. En effet, il n’est pas courant d’en appeler à une ouverture supplémentaire dans les périodes de crise. Le nombre de demandeurs d’emploi connaît en ce moment, du fait de la crise du covid 19, une forte augmentation. Selon les chiffres du ministère du travail (dares, 27 avril 2020), le nombre de chômeurs en France atteint aujourd’hui 3, 732 millions, sans compter bien entendu les millions de personnes condamnées au chômage partiel, dont beaucoup risquent de perdre leur travail. Dans ces conditions, est-il raisonnable, d’envisager une augmentation de l’immigration de travail, alors qu’une telle masse de résidents en France (Français ou étrangers en situation régulière) sont privés d’emploi ?

Les partisans de cette relance de l’immigration de travail évoquent les emplois vacants en affirmant qu’il existe des niches de travaux dont les résidents en France ne voudraient pas. A cet égard, il faut noter que selon le ministère du travail (dares) les emplois non pourvus étaient au nombre de 206 112 à la fin de 2019 (hors agriculture). Beaucoup sont des emplois hautement qualifiés qui appellent une formation et une expérience particulière (38 000 enseignants, professions de santé, 37 000 activités scientifiques et techniques) auxquels une immigration indifférenciée ne permettrait pas de pourvoir. La résolution de ce problème passe par la formation initiale et professionnelle, et non forcément le recours à des compétences hors des frontières au risque qu’elles fassent défaut aux pays d’origine qui en ont besoin pour leur développement.

Pour le reste le raisonnement global selon lequel les ressortissants étrangers sont prêts à accepter les emplois vacants dont les résidents ne veulent pas soulève aussi des questions. Le flux migratoire débouchant sur un travail reste à un niveau élevé. En 2019, la France a accueilli 38 842 étrangers non européens à des fins professionnelles. En outre, les migrations pour motif familial, au nombre de 89 000 ainsi que pour motif humanitaire (38 100), ouvrent tout autant l’accès au marché du travail. De même, les demandeurs d’asile, au nombre de 132 600 en 2019, peuvent travailler six mois après le dépôt de leur demande, si l’administration n’a pas traité leur dossier. Selon l’INSEE (tableaux de l’économie française 2019) en 2017, le taux de chômage des étrangers non originaires de l’Union européenne atteint 24 %. Le potentiel de main d’œuvre étrangère supplémentaire existe donc d’ores et déjà sans que ne soit réglée la question des emplois vacants et on ne voit pas en quoi le recours à une augmentation du flux migratoire apporterait une solution à ce problème

L’exemple des emplois saisonniers agricoles, 200 000 non pourvus en avril, est fréquemment mis en avant pour justifier un recours à l’immigration de travail. Or ces emplois sont par définition saisonniers, ouverts pendant quelques mois de l’année. Une immigration permanente destinés à les pourvoir reviendrait à accroître le fardeau du chômage de masse une fois la saison passée.

Par ailleurs, la politique migratoire ne peut pas se réduire à la seule question économique. Elle comporte, outre l’emploi, des enjeux de politique sociale et de capacités d’accueil du pays : école, hôpital, santé, budgets de l’Etat consacré à l’hébergement ou au logement des nouveaux arrivants. Elle touche aussi à des enjeux de cohésion sociale, politique, diplomatique et européens. Accueillir des ressortissants étrangers dans les meilleures conditions d’intégration, c’est-à-dire disposant d’un travail, dans des conditions de logement, de scolarisation ou sanitaire équivalentes à celles des résidents français ou étranger en situation régulière, peut être un atout économique et démographique pour la nation. En revanche, les phénomènes d’immigration irrégulière, en l’absence de visa, de travail, de conditions de vie dignes (logement) ne fait que favoriser les passeurs esclavagistes ou les marchands de sommeil, l’exclusion et la fragmentation de la société et de graves tensions diplomatiques comme l’a montré la crise migratoire de 2015.

 

 

 

 

 

 

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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26 commentaires pour Augmenter l’immigration de travail?

  1. Coucou dit :

    Bonjour à vous,

    Plus de 5000 clandestins ont défilé samedi dans Paris, malgré l’interdiction de la préfecture et les risques sanitaires. La manifestation n’a pas été réprimée. Un tel laxisme démontre que le gouvernement n’entend pas infléchir une politique migratoire folle, selon Yves Mamou.

    https://www.causeur.fr/manifestation-marche-solidarites-migrants-30-mai-177449

    Marc Aurèle • il y a 21 minutes
    De nombreuses civilisations ayant marqué ce monde, ont connu leur apogée puis leur déclin, enfin leur disparition.
    Je ne suis pas un fin historien (et si d’aucuns ont des exemples ou contre-exemples à nous donner, je suis preneur !) mais je pense que c’est la toute première fois qu’une proportion significative de notre population, en tout cas relativement éduquée et influente, pense contre notre civilisation : par exemple, après nous avoir expliqué que les races n’existent pas, on nous dit que non seulement les races existent mais que la race blanche est la pire de toute !

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  2. Papi 2.0 dit :

    Lu ce matin sur le blog de « Koztoujours tu m’intéresses » le commentaire suivant:

    Gwynfrid 1 juin 2020 at 16 h 41 min

    À la lecture des commentaires de tous ceux, très nombreux, qui envisagent l’ « après », je fais invariablement deux remarques.

    1) Ils le font sans savoir ni quand, ni dans quelles conditions cet « après » aura lieu… autrement dit, largement hors d’un contexte réaliste qui permettrait d’évaluer la pertinence de leurs propositions.

    2) Sans exception, les propositions vont dans le sens de l’idéologie préexistante. Les écologistes pensent qu’ « après » il faudra plus d’écologie, la gauche pense qu’il faudra un virage à gauche, la droite pense qu’il faudra un virage à droite, ceux qui sont contre la dépense publique pensent qu’il faudra la réduire, ceux qui sont contre l’austérité pensent qu’il faudra dépenser plus. Tous, unanimement, pensent que la pandémie a prouvé qu’ils avaient raison.

    La logique voudra donc que les politiques de l’ « après » se révèlent finalement assez proches de celles de l’ « avant ». On fera un peu plus de stocks d’équipements médicaux, on surveillera un peu plus d’où viennent les produits vitaux pour le système de santé. Bref, les changements se feront à la marge. Et le débat ne changera pas vraiment de nature. Ce n’est pas réjouissant.

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  3. luc dit :

    Attention.

    L’utilisation du taux de chômage des étrangers est un chiffre trompeur, pour une simple raison statistique.

    Le taux de chômage est calculé par rapport à la population active, c’est à dire les personnes qui travaillent ou qui cherchent un emploi. Les personnes inactives, qui sont en âge de travailler mais ne cherchent pas un emploi, ne sont pas comptabilisées.

    Or, parmi les étrangers non originaires de l’Union européenne, les personnes inactives sont plus nombreuses.

    Une statistique très intéressante est de regarder le taux d’emploi.

    Le taux d’emploi d’une catégorie de la population est calculé en rapportant le nombre d’individus de cette catégorie ayant un emploi au nombre total d’individus dans cette catégorie.

    Il y a quelques années, l’INSEE publiait chaque année une statistique intitulée Population en emploi et taux d’emploi selon la nationalité, le sexe et l’âge.

    Voici les chiffres pour 2013.

    Taux d’emploi des 25-49 ans
    Français : 82,5%
    Etrangers : 61,4%
    Dont :
    Etrangers européens : 79,9%
    Etrangers non-européens : 53,9%

    Taux d’emploi des 50-64 ans
    Français : 58,2%
    Etrangers : 47,7%
    Dont :
    Etrangers européens : 59,4%
    Etrangers non-européens : 37,8%

    Malheureursement, ces statistiques ne sont plus publiées.

    En revanche, on peut toujours retrouver le taux d’emploi des 25-49 ans en 2012 pour chaque ville, pour chaque quartier avec le Système d’Information Géographique de la Politique de la Ville.

    Ainsi, en 2012, à Paris le taux d’emploi des 25-49 ans était de 80,9 %.
    Il était de 63,7 % à Grigny. Il était inférieur à 60% dans les quartiers de la Grande Borne.

    A Marseille, le taux d’emploi des 25-49 ans était de 73,8 %.
    Il était de 49,0 % dans le 3ème arrondissement de Marseille.

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  4. cgn002 dit :

    L immigration au régime « Schengen » est un des motifs qui ont pesé lourd pour le vote du Brexit.
    Une des premières lois apparues après le Brexit concernaient l’immigration sélective.
    Serions plus intelligents que les anglais.
    Si pour ce sujet, cela doit etre comme nos décisions politiques prises à l oppose du parti adverse, alors c est que nous sommes irrémédiablement bornés et irrécupérables…
    Se poserait on la question du pourquoi de cette orientation au Royaume uni ? ? ?
    Se poserait on la question du pourquoi du choix de l immigration choisie retenue par les pays les plus évolués???
    etc etc

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  5. Tarride dit :

    Cher Maxime Tandonnet

    Votre observation sur le recours aux immigrés pour exercer des emplois dont les Français ne veulent plus illustre l’un des problèmes cruciaux de notre temps :
    – Les « libéraux » qui nous gouvernent ne croient plus au libéralisme économique et aux lois du marchés. S’ils y croyaient encore, ils déduiraient de cette situation que la cause du refus des Français d’exercer certains emplois tient au fait que ces emplois sont insuffisament payés et n’offrent pas de débouchés satisfaisants. Ils en concluraient qu’il faut remédier à cet état de fait alors qu’ils se bornent aujourd’hui à le constater et à aller au plus facile, faire venir des gens qui acceptent des rémunérations faibles.
    Cette observation m’apparait rejoindre une idée plus générale, les « élites » ne croient plus en la France et ne croient pas une seconde qu’elle puisse rester un grand pays et les Français un grand peuple. On pourrait pousser le raisonnement un peu plus loin comme il l’est dans les dîners en ville. Les élites ne croient plus en la France ou plutôt en cette image de la France que des hommes comme De Gaulle ont portée et dont ils sont persuadés qu’elle est dépassée. Cette certitude les amène à considérer qu’il faut faire appel à d’autres, à la base avec les immigrés, au sommet avec les penseurs Européistes et Mondialistes plutôt que d’encourager par des mesures de justice les penseurs et les travailleurs Français.
    Existait-il jadis la moindre chance que la Grèce résiste à l’empire Ottoman ?
    Existait-il naguère la moindre chance que la Grande Bretagne résiste à l’Allemagne ?
    Non, et pourtant…

    Etienne Tarride

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  6. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Ce sujet sensible est très difficile à traiter.
    Souvenons-nous des appels du Ministre de l’agriculture en avril dernier pour que des chômeurs à temps partiel puissent assurer les récoltes des fruits et légumes prêts à être ramassés ou cueillis. Il y eu plus de volontaires que de postes à pourvoir et pourtant les agriculteurs ont fait le triste constat que parmi les personnes volontaires sélectionnées, peu étaient à même d’assurer le travail à effectuer, même après un peu de formation sur le tas, d’autres ont renoncé après quelques heures ou quelques jours : trop pénible , trop contraignant.
    Les emplois saisonniers en France sont le plus souvent occupés par les mêmes étrangers qui ont acquis les techniques et les gestes depuis plusieurs années pour devenir quasiment irremplaçables. Ces personnes, très rentables pour leurs employeurs, enchainent en France les travaux dans plusieurs exploitations agricoles entre mars et octobre où ils sont logés souvent dans des conditions indignes, puis repartent dans leur pays en attendant l’année suivante.
    Ceci n’est qu’un exemple récent.
    Quel est le chômeur Français qui après avoir épuisé ses droits serait prêt à ramasser les ordures ménagères souvent en soirée ou tôt le matin y compris les samedis, dimanches et fériés ou à les trier dans les centres de traitement pour finalement ne même pas pouvoir vivre dignement de ce travail ?
    Essayez donc d ’embaucher un Français en CDD pour aller nettoyer les bureaux la nuit ou avant leur ouverture voire le week-end pour un salaire de misère et surtout sans aucune considération de leur employeur souvent assimilable à un négrier.
    Tous ces gens-là qui en plus de leur acticité professionnelle sans aucun réel intérêt personnel ni avenir doivent en plus, consacrer plusieurs heures chaque jour dans les transports, car le coût des loyers les éloignent de plus en plus de leurs lieux de travail , quand ils ne sont pas obligés de cumuler plusieurs emplois du même type pour simplement faire survivre leur famille.
    Je pourrais citer des dizaines d’autres exemples tout aussi affligeants.
    Et vous pensez que nos futurs millions de chômeurs vont se bousculer pour ce genre d’emplois précaires ?
    Il va falloir que nos gouvernants qui, pour certains crétins, n’hésitent même pas à se faire cirer leurs chaussures au bureau, reviennent un peu sur terre et se mettent à réfléchir sérieusement sur ces salariés précaires qui sont souvent des ouvriers soumis, conciliants, obéissants et peu revendicatifs et pourtant victimes d’une vraie souffrance au travail .
    Même en soutenant des idées de droite, on ne peut pas continuer d’ignorer toutes ces personnes qui ne sont en fait que nos nouveaux esclaves.

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    • Stéphane B dit :

      Mais ce n’est en aucun cas un problème de salaire ! Non c »est un problème d’Etat obèse qui taxe à tout va pour essayer ensuite de maintenir une pseudo paix sociale. Si l’Etat restait dans son rôle uniquement régalien; il y aurait moins de taxes, les salaires seraient plus élevés et les entreprises plus compétitives, surtout si le code du travail subit une cure d’amaigrissement.

      Comparer et s’interroger sur la différence entre un franc suisse et un franc français en 73 et 99. Qu’est ce qui a changé ?

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    • Gerard Bayon dit :

      @Stéphane B
      Je ne partage pas votre avis. Même avec moins de taxes sur les entreprises, je ne crois pas que les Français chômeurs soient prêts à accepter les travaux que j’ai pris en exemple. On donne maintenant en fin de second cycle le bac pour tous et vous pensez que ces jeunes à qui ont a laissé croire à un avenir brillant vont se résoudre à trier les déchets ou manier la serpillière pour ne prendre que ces deux exemples ?
      Pendant 40 ans nos gouvernants ont même dévalorisé le travail manuel pour se rendre compte depuis quelques mois des dégâts causés avec de telles crétineries.
      Non, le problème est bien ailleurs, il est dans notre éducation et la dévalorisation de certains emplois pourtant indispensables, comme on vient de le constater ces derniers mois.

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    • Bonjour Gerard , bonjour Stéphane .

      Dans ma région , la saison des asperges est très courte.Cette année le virus a empêché les saisonniers des pays de l’est de venir travailler , il a donc fallu faire appel aux âmes volontaires françaises , oui mais voilà après une apprentissage de qques heures les français n’ont pas la main , et aux dires des maraichers , ils ne sont pas là pour leur apprendre à sortir l’asperge de la terre , (reportage de la télé ) pleins d’entrains les français ont été remerciés et les avions remplis de saisonniers ont été autorises à atterrir. Pour la récolte des fraises , pareil .
      Pour ces deux exemples les salaires ne sont pas mis en cause , c’est la rentabilité qui est mise cause , et je peux vous dire que j’étais folle de rage en entendant les arguments des maraichers , d’autant qu’il y avait eu des accords avec l’anpe .

      Stéphane , le franc suisse est pratiquement équivalent à l’euro , faire ses courses en Suisse pour les fringues , chaussures et autres c’est intéressant MAIS la nourriture est inabordable , terriblement chère .J’y vais donc je sais de quoi je cause .(Suisse alémanique )
      Amitié .
      Chris .

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  7. Gribouille dit :

    La politique conduisant à l’arrivée de nombreuses personnes non européennes puis à leur accès à la citoyenneté ne se résume ni à des aspects économiques, ni à des aspects de cohésion sociale. Elle comporte aussi des enjeux de définition de la nation.

    Ces personnes sont issues d’une culture fortement marquée, et historiquement hostile à celle des différents pays européens. Histoire et religion de référence ne sont pas les mêmes.

    Certains, dans le débat public, pensent que ces questions sont secondaires, voire sans importance. Ils sont donc portés à considérer que l’arrivée de ces personnes peut être un atout économique et démographique, et à estimer raisonnable de poursuivre cette politique, à condition de l’organiser.

    D’autres, au contraire, pensent que ces questions sont prioritaires, et que l’évolution choisie est inquiétante. Ils pensent aussi qu’elle n’a jamais été validée démocratiquement, et qu’on agit de manière très marquée pour empêcher de formuler ces questions dans le débat public.
    Ils concluent donc que la poursuite de cette politique, même organisée, n’a rien de raisonnable.

    Peut-être sont-ils majoritaire, en tout cas dans l’électorat naturel de la droite ? Ne serait-ce pas, alors, une cause importante des déboires de ce parti ?

    C’est d’ailleurs pareil dans les autres pays européens. En Angleterre, par exemple, ils ont fait élire à Londres une personne issue de l’immigration, et l’aspect symbolique en est évident. Sans doute les électeurs sensibles à ces questions tiennent-ils compte de cet aspect symbolique dans leur vote.

    Sur l’importance de cette politique, en tout cas, je remarque que Chevenement a organisé récemment un colloque entier autour de cette intervention :

    https://www.fondation-res-publica.org/Pour-une-veritable-politique-de-l-immigration_a1227.html

    également repris par Figaro Vox.

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  8. Pheldge dit :

    Bonjour M. Tandonnet, je viens de lire l’article de M. Sbaihi, et je suis assez perplexe : d’abord je lis « En Allemagne, le retour précipité au pays de dizaines de milliers d’aides-soignants polonais, hongrois ou roumains » … crée un manque, oui, mais il s’agit là de travailleurs immigrés, installés et intégrés. Ensuite, il évoque 80 000 travailleurs étrangers saisonniers agricoles, venant compléter les nationaux, il s’agit bien de saisonniers, pas de migrants. Et pour finir, il parle de l’arrêt du tourisme, et de ses conséquences désastreuses sur la filière. J’ai peut-être mal lu, mais je n’ai pas vu de plaidoyer pour relancer une immigration économique et ouvrir grand les frontières. J’ai lu plutôt un plaidoyer pour la libre circulation des individus.
    Après, les propos de Louis Gallois et d’autres, c’est autre chose que la simple libre circulation …

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  9. pabizou dit :

    Gallois… Gallois… ah oui, le clown qui a passé sa vie à entretenir les déficits partout où il est passé . Incapable de s’apercevoir que l’idéologie est basée sur des fantasmes et ne peut rien contre la réalité . Encore un qui illustre bien cette petite phrase qui se confirme tous les jours « les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils les fabriquent » . Quand à Génération Libre, il ne faut pas confondre « no border », totalement idéologisés, et libéraux . Il n’est donc pas surprenant d’entendre ce type de discours qui ne laisse aucune place à une analyse approfondie et pragmatique dès qu’il s’agit d’immigration . Mais, en les régularisant on transforme l’immigration économique en immigration de peuplement, vue la crise qui va se confirmer dans les mois qui viennent et qui va faire des dégâts sociaux considérables, je ne pense pas pertinent d’ajouter des problèmes sociétaux qui aggraveront les choses . De plus intégrer des gens à faible niveau d’éducation et regarder partir de plus en plus de jeunes qualifiés ou hautement qualifiés ne peut en aucun être une solution pérenne . Des contrats saisonniers seraient sans doute plus judicieux pour les premiers et pour les autres, un changement radical de politique générale sera la seule solution . Et ce changement là est exclusivement politique . On ne retient pas quelqu’un contre son gré sans conséquence, la seule façon pour ce faire est de lui donner des raisons de rester . Nos clowns, tous partis confondus, ne semblent pas avoir compris ça ou le refuser par carriérisme ou simple stupidité .

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    • CYRIL VAILLY dit :

      « les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils les fabriquent » Phrase de Jacques Godfrain, prix de l’humour politique en 1993. Déjà !

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  10. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Ne vous fatiguez pas : quelle que soit la justesse de vos arguments, ils ne compteront pour rien devant la grande peur des banlieues qui a saisi nos gouvernants, incapables de faire entendre raison à ces populations qui ont montré samedi à quel point ils respectaient les injonctions officielles, en organisant des manifestations de masse dans plusieurs villes françaises – dont Paris – alors que les rassemblements de plus de dix personnes sont interdits sur tout le territoire national !

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  11. Annick Danjou dit :

    Venez voir à Marseille où ils bossent les immigrés illégaux…le long du vieux port, ils sont tous assis sur les bancs et en rang sur les bordures en béton séparant la rue du port. Si on pouvait prendre des photos, ce serait très parlant.
    Dans le 16 ème à paris ils étaient également tous regrpupés sur la place Victor Hugo attendant…on ne sait quoi, mais tant qu’il n’y aura pas de réels contrôles et de volonté de refuser cette immigration clandestine qui, entre nous, ne vient pas pour travailler (à part certaines exceptions bien sûr) on ne s’en sortira pas. Vous avez vu la manifestation à Paris? On laisse faire et les associations s’engraissent sur le dos de ces clandestins. Quant aux mineurs qui déferlent de partout, ils nous coûtent combien par an? Qui un jour va prendre ce problème crucial à bras le corps? en connaissez-vous des courageux de ce style?

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    • Citoyen dit :

      Si je peux me permettre un petit correctif, Annick Danjou … :
      « On laisse faire et les associations s’engraissent sur le dos de ces clandestins. »
      Ce n’est pas tout à fait comme ça qu’il faut voir le problème …, mais plutôt comme ceci :
      « On laisse faire et les associations utilisent ces clandestins, pour s’engraisser sur le dos des contribuables. »
      Ce qui est plus parlant …

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    • Annick Danjou dit :

      Oui citoyen vous avez absolument raison, c’est ce que j’aurais dû dire.

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  12. Timéli dit :

    Depuis les sixties, il y a toujours eu des flux migratoires vers la France. Ils étaient voulus et contrôlés. Notre industrie avait besoin d’une main d’œuvre étrangère pour effectuer des travaux et taches que les Français ne voulaient pas réaliser. Au fil des décennies, une autre immigration s’est parallèlement développée : il s’agissait d’une immigration clandestine, irrégulière qui n’a cessé de s’amplifier. Le danger, c’est qu’aujourd’hui nous ne pouvons plus la maîtriser et elle est source de nombreux (mais pas tous) maux : insécurité, vols, incivilités… Certes, parmi cette seconde catégorie, il y a des immigrants dignes d’être français : ils se comportent avec respect, travaillent au prix d’efforts surhumains et partagent des valeurs qui sont les nôtres. Nous en connaissons sans doute quelques-uns (c’est mon cas). Le problème de cette immigration irrégulière, sans ressource, c’est qu’elle vit au crochet des honnêtes citoyens (soins médicaux gratuits, par exemple) et que cette situation créé des tensions bien compréhensibles parce que le gouvernement laisse plus ou moins faire (pour quelles raisons ? Vaste sujet…). Il ne faut pas croire pour autant que la France a nécessairement besoin de cette main d’œuvre « bon marché » et exploitée. Les Français ne sont pas tous des fainéants. Ils veulent, à l’image des soignants, tout récemment, une meilleure reconnaissance de leur travail. Je ne dis pas que les problèmes posés par l’immigration sont simples et seraient ainsi vite solutionnés (ça se saurait depuis longtemps !) mais s’il n’y a pas volonté, de la part des pouvoirs publics, de réguler et maîtriser l’immigration, dès maintenant, la situation va empirer au risque de devenir intenable, pour ne pas dire infernale. Et alors, tous les excès sont possibles…

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    • Philippe dit :

      Bonjour Timéli
      Vous dîtes:  » Notre industrie avait besoin d’une main d’œuvre étrangère pour effectuer des travaux et taches que les Français ne voulaient pas réaliser  »
      Remettons les choses à leur place. Avant-guerre et notamment dans les pays fascistes les gens crevaient de faim, étaient mal payés (Italie, Espagne etc.). Les industries françaises ont vu là une main d’œuvre bon marché.
      Mon père ouvrier a travaillé dans des tanneries, il y avait les bains, où l’odeur des peaux était nauséabonde, c’était un travail bien payé, il a vu des italiens arriver, car sous le régime de Mussolini, beaucoup crevaient la dalle. Le patron des tanneries en embaucha, il les payait quatre fois moins cher qu’un français. Le patron dit à ces employés : « vous voyez ils coûtent moins cher que vous et ne râle pas ». Et oui ces italiens étaient bien contents de trouver du boulot, il leur donnait en sus un sac de 10kg de patates et les logeait dans des cabanesde bois sans eau ni lumière. Alors arrêtons de dire que les français ne voulaient pas faire le travail. Simplement les patrons voyaient et voient en l’immigration une main d’œuvre bon marché et corvéable. Et ils auraient voulu faire travailler les français au même tarif
      Il s’est passé la même chose dans les sixties; pour les reste je suis d’accord avec vous.

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  13. Stéphane B dit :

    Bonjour

    Je vais encore jouer mon anti-social de base, mais quand on voit le nombre de RSAïstes que nous avons, pourquoi proposer des emplois à des immigrés ? Les RSAïstes ne devraient pas avoir le choix. Soit ils vont prendre un emploi saisonnier, soit le RSA est coupé.
    Quant à ceux qui à peine l’emploi pris se plaignent du dos pour éviter à l’emploi, idem, on leur coupe tout. En effet, nous aussi qui travaillons avons également des problèmes de santé, voire de dos et pourtant on va bosser.

    Enfin, je suis surpris que vous n’ayez pas relevé que le guignol de Maxime Saibi met en avant pour justifier l’immigration agricole saisonnière:
    « En Allemagne, le retour précipité au pays de dizaines de milliers d’aides-soignants polonais, hongrois ou roumains a pris de court toute une génération de retraités qui se retrouvent subitement seuls pour braver la solitude et la maladie. »
    Comme si les immigrés agricoles étaient une main-d’oeuvre qualifiée. Son prémisse détruit la suite de son raisonnement.

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  14. Infraniouzes dit :

    Je me pose souvent la question: mais que sait-on des qualifications des chômeurs français ? Combien restent sur le bord du chemin malgré des diplômes en poche ? Si on doit dire, avec la bien-pensance officielle, que tous les diplômés trouvent un travail alors formons ceux qui restent en rade. Mais remettre en cause l’employabilité des jeunes arrivés au bout de leur cycle scolaire et universitaire serait une honte pour l’Education nationale. Evitons le sujet. Décompter scrupuleusement l’immigration et chiffrer son coût, font partie des sujets tabous impossibles à aborder. Un boulevard pour le RN.
    Faire travailler les bénéficiaires du RSA ou les allocataires de toute sorte ou les taulards ou même les chômeurs semble poser un cas de conscience à nos politiciens. Parler de « guerre » comme le petit Macron est une méconnaissance de la réalité indigne des politiciens les plus chevronnés. Mais en 14-18, en guerre donc, on a envoyé, sans cas de conscience, mon grand-père au front à 36 ans père deux enfants. Il n’en est pas revenu.
    Notre président, en complète confusion, n’est plus capable de tenir la barre du navire France. Un naufrage semble inévitable.
    Ignorer les jeunes qui glandent et qui trafiquent dans les banlieues, l’énorme et récente manifestation d’immigrés, africains pour la majorité, exigeant des papiers tout de suite, les camps de miséreux clandestins, sans aucun espoir d’intégration, me font douter du raisonnement de monsieur Maxime Sbaihai. Dans les réformes de l’Etat proposé par Génération Libre on lit: »Décentraliser par la subsidiarité ascendante. GenerationLibre propose de permettre aux collectivités territoriales, et d’abord aux communes, de s’auto-saisir des compétences de leur choix. »
    Je n’y comprends rien. Il faut vite que je retourne à l’Université C’est bien le diable si je ne trouve pas une option traitant de cette problématique et débouchant sur un diplôme bac+3 qui me permettra de trouver immédiatement un travail, sans même traverser la rue.

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  15. Coucou dit :

    Bonjour à vous,

    La situation migratoire vue par des institutions internationales
    Trois récentes communications viennent coup sur coup rappeler aux Français une dure réalité que le confinement aurait pu faire oublier : de très nombreux extra-Européens attendent leur heure pour venir clandestinement en Europe et en particulier en France.

    https://www.polemia.com/apres-le-confinement-la-submersion-migratoire/

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  16. Anonyme dit :

    a un moment donner ,faut dire STOP a toute immigrations hors Européenne ,cars le chômage sera terrible ,attende septembre pour le voir ,cars de nombreux commerces ,d « Artisans ,de PMI-PME et voir d » entreprises moyenne et grosses déposer le bilan ,le plus dur est a venir ,puis l « arriver de nombreux jeunes sur le marcher du travail va bientôt se poser ,,,les passeurs et marchant de sommeil on toujours exister ,ce problème existe toujours ,l Europe doit se protéger ,sinon certains partis politique vont en profiter ,,,,,,

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  17. Il faut être étouffé par une idéologie nuisible pour ne pas voir l’évidence. Importer des populations qui nourriront (eux et leur descendants) encore plus le chômage et ruineront notre modèle social (qui n’est pas adapté à une société incluant trop de parasites) est suicidaire à de multiples points de vue. Il est vrai qu’il y a des emplois non pourvus mais le resteraient ils longtemps si on laissait jouer l’offre et la demande ? A savoir payer plus cher les salaires des emplois qui manquent le plus et parallèlement ne pas confondre une assistance raisonnable aux plus démunis avec une redistribution trop généreuse ne les motivant pas vraiment à sortir de cet état. Il ne faut pas non plus sous-estimer les possibilités de rendre moins durs certains métiers peu attirants de ce fait. Quand il n’y a pas la solution de facilité d’employer une main d’œuvre corvéable, un entrepreneur imaginatif a tôt fait de trouver d’autres solutions (si du moins une fiscalité et un code du travail stupides ne l’en empêchent pas). Comment pourrait il en être autrement à une époque qui est capable de fournir aux travailleurs des outils hautement évolués. La pelle et la pioche sont dépassées depuis longtemps et les environnements de travail peuvent être largement améliorés.

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    • pabizou dit :

      Vous avez absolument raison mais seulement à condition que les entreprises puissent avoir des marges bien supérieures à ce qu’elles ont aujourd’hui . L’excès de réglementation, une fiscalité trop élevée,un code du travail qui frôle la démence, une instabilité fiscale hallucinante, toutes ces raisons font qu’aujourd’hui presque aucune de dispose de fond propres suffisant pour résister à la moindre crise, comment voulez vous financer dans ces conditions une modernisation permanente qui profiterait autant aux salariés qu’aux entreprises? On a créé un enfer, aujourd’hui il faut en accepter les conséquences, au moins pour le moment, jusqu’à ce qu’on puisse dégager les responsables de cet état de fait .

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