Douze petites leçons sur la crise du Covid19

Voici, en vrac, douze réflexions personnelles, issues de cette crise du covid 19:

[Précision sur ce texte, suite à une floppée d’attaques haineuses: il ne dit pas que le confinement est inutile et qu’il ne fallait pas le faire au stade où nous en étions et en l’absence d’autres moyens (masque, tests, structures suffisantes de réanimation). Il constate l’atteinte à une liberté, la plus sacrée, mère de toute les libertés, celle d’aller et venir (même temporairement, car un précédent a été ouvert) et il la déplore. C’est mon droit, sauf à abroger en parallèle une autre liberté: la liberté d’opinion et d’expression.] 

  1. La prodigieuse fragilité du monde interconnecté, du village global: la transparence, la fluidité parfaite des échanges d’images et des informations produisent une émotion globale qui emporte tout sur son passage. Des épidémies encore plus graves, provoquant, non pas des centaines de milliers de morts, mais des dizaines de millions (grippe espagnole de 1919), il s’en est produit dans le passé, dans un monde plus solide sur ses bases, mais sans provoquer une telle secousse. Demain, la foule planétaire fébrile nous expose à d’autres mouvements de panique qui seront encore plus tragiques.
  2. L’illusion de l’Etat de droit: nous pensions nos droits protégés par de formidables empilements de protections juridiques, conventions (cedh), Constitutions, profusion des jurisprudences (Cour de Justice, Conseil d’Etat, Conseil constitutionnel, etc.) . Il suffit d’une grande peur pour que tout ceci vole en éclat y compris le plus précieux des droits de l’homme, celui d’aller et venir. Et plus rien ne tient désormais, pas même la propriété privée. Demain, dans la même logique de circonstances exceptionnelles, on pourra réquisitionner les appartements et les maisons.
  3. L’effondrement de la valeur liberté:  la société française (comme d’autres) s’accommode de l’abolition d’une liberté fondamentale, celle d’aller et venir, avec une facilité déconcertante. Confiner un peuple est une mesure qui revient à l’assigner à résidence, une notion de droit pénal d’enfermement à domicile plutôt qu’en prison. En vertu de la préférence pour la sécurité, la société accepte de renoncer à sa liberté la plus élémentaire celle d’aller et venir, et par là-même à sa dignité.
  4. La faillite du Service public: la tragédie actuelle est le fruit de plusieurs décennies de mépris envers le service public, en l’occurrence le service public hospitalier, marquée par les coupes sombres dans les effectifs et les moyens, une gestion à courte vue qui interdit de disposer du volant nécessaire, en situation d’épidémie, de lits en réanimation. L’essentiel du drame se situe dans cette faillite qui explique aussi pourquoi l’Allemagne ayant conservé des capacités médicales suffisantes s’en sort infiniment mieux que la France.
  5. La médiocrité avérée de la classe dirigeante: la crise jette une lumière crue sur l’affligeante médiocrité des dirigeants politiques qui ont fait naufrage dans l’indécision, l’impuissance, les volte face et les mensonges – sur l’affaire des masques et des tests de dépistage, toujours indisponibles en France après trois mois de crise. (Leur usage systématique a pourtant permis à d’autres pays de surmonter plus dignement et plus efficacement cette épreuve).  La fuite devant les responsabilités se traduit par une vertigineuse débauche de bavardage narcissique et de communication. C’est un vrai sujet de l’avenir: comment la France a-t-elle pu produire, en quelques décennies, une classe dirigeante aussi médiocre – sans que n’apparaisse de solution alternative.
  6. La défaillance de nombreux « intellectuels » (ou « la trahison des clercs »): nombre d’entre eux bien connus et jadis admirés, ont failli à leur devoir de penser en hommes libres avec le recul et la distance nécessaires, pour se confondre avec le troupeau des zélateurs obséquieux au titre de la supposée « union nationale ».
  7. L’abêtissement général: il s’exprime dans l’incapacité d’une société à prendre de la hauteur par rapport à l’événement, surtout face au mensonge suprême source de toutes les manipulations: « c’est la guerre« . Il suffit de feuilleter un manuel d’histoire pour constater de toute évidence que la situation actuelle n’a rien de commun ni avec la Grande Guerre, ses 20 millions de morts, dans des conditions d’une horreur indescriptible, ni avec la deuxième Guerre mondiale, ses 50 millions de tués, ses batailles de chars, ses pratiques d’anéantissement, ses camps de la mort. L’acceptation passive du « c’est la guerre » est le signe patent de notre crétinisation.
  8. Les côtés obscurs de la nature humaine: on les voit ressortir en temps de crise et de panique: la rage collective envers qui donne des signes de refus de marcher au pas  (le jogger), le goût du nivellement, de la jalousie à travers l’interdiction de marcher sur la plage ou dans la forêt, voire même de s’asseoir sur un banc, attitudes qui n’ont rien à voir avec le risque de contamination, comme si l’image de la liberté individuelle la plus élémentaire et la plus quotidienne devenait insupportable à la société malade en quête de bouc émissaire.
  9. Le triomphe de l’absurdité bureaucratique: quand la bureaucratie opaque, invasive, totalitaire, prétend régenter les moindre aspect de la vie quotidienne: l’interdiction de courir à certaines heures de la journée est d’une bêtise bureaucratique confondante, à laquelle les pires excès du Gosplan soviétique n’ont rien à envier: vous avez donc le droit de marcher, mais si vous commencer à courir, à certaines heures, vous êtes en infraction. Et sur le terrain, les petits bureaucrates qui en rajoutent avec un zèle méticuleux ne manquent pas.
  10. La fuite dans l’idéologie et l’utopie: il est désormais question partout du « jour d’après » ou du « monde d’après« . Rien ne sera plus comme avant nous dit le discours politico-médiatique qui nous convie à rêver du lendemain radieux. C’est une manière de fuir la réalité: des millions de Français privés d’emplois, la détresse des petits commerces, de la restauration, de l’artisanat privés de leur outil de travail, l’explosion des dettes publiques que devront financer nos enfants.
  11. L’indifférence et l’égoïsme: envers la tragédie des EHPAD, et la tentation de ne pas prendre en compte sur le plan statistique les décès qui y surviennent, dans l’abandon et la solitude. Mais aussi, sur les conditions du confinement: il n’a évidemment pas la même signification pour une famille de quatre personnes disposant d’une maison de 200 m2 et de son jardin et pour un couple avec trois enfants vivant dans 70 m2 d’une barre d’immeubles où il est synonyme d’enfer avec des risques de séquelles psychologiques effroyables pour les enfants. Mais cet enfer quotidien que subissent en ce moment de nombreuses familles confinées avec des enfants, emprisonnées à domicile, – inadmissible – n’est pas une préoccupation première.
  12. Hypocrisie autour des héros du quotidien: la revanche de la « France d’en bas » nous dit-on: le personnel hospitalier, les livreurs, les caissiers, les fonctionnaires directement exposés, les transporteurs, les éboueurs de nos quartiers, les travailleurs manuels. Matraqués et traînés dans la boue pendant la crise des gilets  jaunes, adulés aujourd’hui comme les sauveurs de la France confinée. Oui, mais demain, personne ne lèvera le petit doigt pour eux et le retour du mépris se fera tout naturellement. Qui veut parier?

Maxime TANDONNET

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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45 commentaires pour Douze petites leçons sur la crise du Covid19

  1. Fidelio dit :

    Bonjour,
    Si je peux me permettre une réflexion rapide.
    Brièvement :-): cela fait des semaines que je lis un panel quasi exhaustif de critiques (articles et commentaires) sur le délabrement de l’État, du corps social, de l’Education Nationale, des effectifs de police, des hôpitaux, des hommes politiques, des valeurs, de la pensée etc. Très bien.
    À l’opposé on a « l’héroïque » corps médical qui se sacrifie jour et nuit sans masque sans gel sans gants sans blouse pour sauver les « fragiles » de la génération « pourrie-gâtée » par l’idéologie en cours. Très bien.
    Je dis : un établissement hospitalier n’est qualifié de tel que si et seulement si un corps médical composé d’équipes hiérarchisées y travaille. Autrement c’est un hôpital abandonné ou un ancien hôpital reconverti, en hôtel par exemple.
    Afin de pratiquer dans celui-là toutes sortes de soins, des plus basiques aux ultra-techniques, il faut obligatoirement détenir au moins un diplôme de santé pratique validé et/ou reconnu (pour les étrangers) par le ministère de l’ EN et/ou celui de l’enseignement supérieur et/ou celui de la Santé, selon les niveaux requis.
    Selon la logique de la hiérarchie dans le Public, plus vos diplômes seront élevés plus l’impact de vos prises de décision sur l’ensemble de l’organisation sera grand. Par exemple, un ambassadeur s’entoure au quotidien de divers spécialistes archi-diplômés pour le bon fonctionnement de son ambassade. Il a également à son service une équipe de fonctionnaires recrutés selon leur métier et leur niveau de concours d’entrée dans la FP.
    Mais c’est lui qui décide. De tout ! Car hiérarchiquement il est le plus haut. Ceci même s’il reçoit le plus éminent professeur de l’Ivy League.
    Dans un établissement hospitalier français aujourd’hui, la somme de tous les diplômes des chefs de service n’égale pas le master Santé Publique et tous ses dérivés (ou ses génériques) de l’EHESP. Le master agit comme le syndic d’une copropriété luxueuse.
    Puisque cette hiérarchie est contraire au protocole il y a donc une connivence entre les « bacs +12 » et le « bac +5 », entretenue par l’État. Si le résultat de celle-ci est la déliquescence des établissements de soins, alors les « bacs +12 » sont moralement corrompus.
    Leur corruption se répercute ensuite sur le recrutement du personnel soignant (beaucoup, beaucoup de femmes) sélectionné non pas sur les nobles motivations et les compétences (standardisées) mais sur les niveaux d’ignorance et d’obéissance à l’autorité, au médecin-chef et ses sbires les internes.
    De surcroît, le niveau de l’enseignement public toutes disciplines confondues a drastiquement chuté ces deux dernières décennies, c’est factuel.
    J’en arrive à la modeste conclusion personnelle, sachant que toutes les victimes du Covid (en France) sont décédées dans des hôpitaux ou EHPAD, (pas au domicile, ni dans la rue, ni au travail…) que la mortalité liée au virus est due à l’incompétence et l’absence d’éthique des soignants qui NE savent PAS utiliser les respirateurs.
    Cordialement

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  2. Jean-Louis dit :

    Bonsoir,
    Je suis plutôt réservé sur ce texte (très bien écrit), au moins sur certains points :
    • L’effondrement de la valeur liberté : il y a une certaine confusion entre l’assignation à résidence et le renoncement à sa liberté ; dans la mesure où l’écrasante majorité des gens (et pas seulement en France) acceptent ce confinement, voire le choisissent, il n’y a pas privation de liberté : la liberté peut aussi être celle de rester confiné… on pourrait faire un parallèle avec les communautés religieuses cloîtrées dont les moines et moniales, depuis 1500 ans, ne sont pas que je sache, assignées à résidence…
    • La défaillance de nombreux « intellectuels » : je trouve cela assez pessimiste, je suppose qu’il y a aussi des gens qui pensent, c’est voir la bouteille à moitié vide… mais bon , je n’ai pas fait d’investigation pour étudier tel ou tel et son degré de servilité…
    • L’abêtissement général : je n’y crois pas, pas dans le sens « amoindrissement de l’intelligence », en tout cas , peut-être une une certaine paresse intellectuelle, mais c’est toujours pareil, les figures qui ressortent du passé sont toujours les plus affûtées, ce n’est pas pour cela que du temps de Camus et sa Peste, les gens étaient plus réactifs… quant à critiquer la phrase « C’est la guerre », sous prétexte que la grande guerre a fait 20 millions de morts et le coronavirus « seulement » 110 000 (aujourd’hui), il faudrait comparer des choses comparables, la grande guerre et la grippe espagnole (50 millions de morts) ; chaque année la guerre dans le monde tue en moyenne 150 000 personnes (selon Wikipedia), alors…
    • Les côtés obscurs de la nature humaine : oui bien sûr.. mais plus que d’habitude ? Et le dévouement de tant de personnes en cette période ? Là aussi c’est très pessimiste ;
    • Hypocrisie autour des héros du quotidien : c’est également un regard très sombre sur notre capacité à avoir de la constance dans nos jugements, nos engagements ; ce n’est pas faux, bien sûr, il suffit de voir l’adulation que peut avoir le peuple catholique vis-à-vis des saints et le peu de leçons qu’il en tire…faut-il pour autant ne mettre en avant que cela de la nature humaine ?
    Je vais mettre ce regard si noir sur le compte .. du confinement.
    Cordialement,

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  3. Jean-Louis dit :

    Bonsoir,
    Je suis plutôt réservé sur ce texte (très bien écrit), au moins sur certains points :
    • L’effondrement de la valeur liberté : il y a une certaine confusion entre l’assignation à résidence et le renoncement à sa liberté ; dans la mesure où l’écrasante majorité des gens (et pas seulement en France) acceptent ce confinement, voire le choisissent, il n’y a pas privation de liberté : la liberté peut aussi être celle de rester confiné… on pourrait faire un parallèle avec les communautés religieuses cloîtrées dont les moines et moniales, depuis 1500 ans, ne sont pas, que je sache, assignées à résidence…
    • La défaillance de nombreux « intellectuels » : je trouve cela assez pessimiste, je suppose qu’il y a aussi des gens qui pensent, c’est voir la bouteille à moitié vide… mais bon , je n’ai pas fait d’investigation pour étudier tel ou tel et son degré de servilité…
    • L’abêtissement général : je n’y crois pas, pas dans le sens « amoindrissement de l’intelligence », en tout cas, peut-être une une certaine paresse intellectuelle, mais c’est toujours pareil, les figures qui ressortent du passé sont toujours les plus affûtées, ce n’est pas pour cela que du temps de Camus et sa Peste, les gens étaient plus réactifs… quant à critiquer la phrase « C’est la guerre », sous prétexte que la grande guerre a fait 20 millions de morts et le coronavirus « seulement » 110 000 (aujourd’hui), il faudrait comparer des choses comparables, la grande guerre et la grippe espagnole (50 millions de morts) ; chaque année la guerre dans le monde tue en moyenne 150 000 personnes (Wikipedia), alors…
    • Les côtés obscurs de la nature humaine : oui bien sûr.. mais plus que d’habitude ? Et le dévouement de tant de personnes en cette période ? Là aussi c’est très pessimiste ;
    • Hypocrisie autour des héros du quotidien : idem, le regard est très sombre sur notre capacité à avoir de la constance dans nos jugements, nos engagements ; ce n’est pas faux, bien sûr, il suffit de voir l’adulation que peut avoir le peuple catholique vis-à-vis des saints et le peu de leçons qu’il en tire.
    Faut-il pour autant ne retenir que cela de la nature humaine ?
    Cordialement,

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  4. Papi 2.0 dit :

    Le confinement et la distanciation sociale n’ont pas de précédent dans l’Histoire de France, je me trompe? Dans l’Histoire de l’Humanité, je me trompe?

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  5. Florence dit :

    Merci de ce billet !
    J’avais l’impression d’être une extra-terrestre.
    Si j’avais Castaner devant moi, je lui ferais bouffer les attestations de sortie de la France entière.

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  6. MARECHAL dit :

    « Les mots s’écrivaient, je les découvrais. C’était celle que j’étais qui commençait à s’écrire, et que je reconnaissais enfin. C’était celle que j’étais qui commençait à exister. J’avançais vers des territoires interdits : ceux situés de l’autre côté des convenances, des masques, des décors parfaits. J’avançais mot après mot vers le vivant. »
    Laurence Tardieu

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  7. MARECHAL dit :

    Mes amis et moi sommes à ce point inquiets, que nous avons rendez vous en terrasse chez l’un d’entre nous pour un apéritif de convivialité ce dimanche matin .. sans doute un grand moment de la vie contemporaine. Il faut vivre et se souvenir de ce que disait Rabelais :  » Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

    Aimé par 1 personne

  8. gil dit :

    Bonjour,

    Que dire et que répondre, c’est un triste constat qui est le résultat d’une gestion calamiteuse du pays par toute une classe de corrompus entre politique, justice, médias et haute fonction publique avec son cortège de connivence de pantouflage de gaspillage de l’argent des citoyens et de promesse qui n’engagent que ceux qui les croient.

    A l’issue de cette crise quand la part que l’état dévore dans la richesse produite passera de 57% à plus de 60% (puisque une partie de la force créatrice de cette richesse à qui il ne reste que 43% aura disparue dans les faillites pendant et après la pandémie) le système français sera le seul au monde avec une telle énormité et on arrivera alors dans les zones ou travailler ne vaudra peut être plus tellement la peine c’est la qu’on va rire. Je connais plusieurs médecins qui ne consultent déjà plus le samedi matin puisque compte tenu des prélèvements, il est plus avantageux pour eux de s’arrêter le vendredi soir.

    La clique qui à mener ce pays à ce désastre inclue aussi la famille à laquelle vous appartenez Maxime. Ils n’ont rien réformé non plus puisque la seule réforme possible de ce pays c’est de faire table rase de toute la corruption dans la haute fonction publique, la justice, les médias, et la classe politique. Mais hélas, je pense que maintenant c’est trop tard.

    Cordialement

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  9. Je rajoute que l’on a une double crétinisation sur les bras. Celle de nos gouvernants qui ne comprennent rien et se complaisent dans leurs jeux habituels et, hélas, aussi celle de la population qui a force de propagande décérébrante finit aussi par ne plus avoir les pieds sur terre. Il est urgent de revenir à la raison avant que la crise ne soit encore plus profonde. Je ne développe pas ici mais j’ai fait mon modeste exercice sur mon blog.

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  10. Philippe Dubois dit :

    Bonjour Maxime

    Quelques remarques (je n’ose écrire réflexions) que m’inspire votre billet.

    1. Le rapport à la mort était différent il y a un siècle, surtout au sortir d’une guerre qui avait tué 1,4 million de jeunes hommes en France.

    2. Cela fait longtemps que l’état de droit est justement entré en guerre contre son peuple, au nom des droits des autres et de diverses minorités remuantes.

    3. Tant que les prétoriens du régime resteront fidèles, le peuple ne pourra pas grand chose
    D’autant que la propagande nous affirme que ce confinement est provisoire et nécessaire pour sauver des vies.
    N’oubliez pas que la police parisienne obéit au doigt et à l’oeil au préfet Lallement, et qu’en août 1944, elle a attendu que les Américains soient à Versailles.
    Je sais, c’est méchant, mais quand on voit circuler les anecdotes de verbalisation par les gendarmes ou les policiers, ça laisse pantois !
    Mon expérience des manifs de Gilets Jaunes m’a laissé extrêmement déçu quant à la police
    Obéir aux ordres, certes, mais on peut le faire avec plus ou moins de zèle, plus ou moins d’humanité et surtout, plus ou moins d’intelligence

    4. L’hôpital ne manque pas de moyens : il étouffe et s’effondre sous le poids d’une bureaucratie inepte, comme le reste de notre pays d’ailleurs.

    7. L’abêtissement est celui qui nous est seriné en permanence par les médias, avec les cautions médicales ad-hoc, ce qui rejoint votre 6.

    8. Mais les braves gens n’aiment pas que
    L’on suive une autre route qu’eux….

    9. cf. le 4. C’est là que l’état peut faire d’énormes économies, plutôt que d’entretenir des hordes de fonctionnaires obtus dont la seule utilité est d’emmerder le monde.
    Où je répète encore une fois que réduire drastiquement la dépense publique, ce n’est pas forcément euthanasier les infirmières, les instits ou les pompiers

    10. Cette fuite ne concerne que les plateaux télé : pour les citoyens lambda, le sujet est plutôt : Comment je peux aller faire mes courses ou faire prendre l’air aux gamins confinés dans le 70 m2 sans me ramasser une prune à 135 euros par un flic borné.

    11. Là encore, cette indifférence ne concerne que les vedettes des plateaux télé
    Mon épouse est infirmière en ehpad et les gens se sentent concernés,que ce soit le personnel ou les familles des résidents.

    12. Il ne tient qu’à ceux qui sont lucides de ne pas oublier le rôle essentiel qu’ont joué tous ces gens qui ne sont rien, ces fainéants, ces illettrées, ces gueux et de le rappeler à temps et à contre-temps.

    Il y a actuellement une forte tendance du pouvoir actuel à profiter de cette crise, dont l’ampleur est due essentiellement à la gabegie de ce gouvernement et des prédécesseurs, à tester jusqu’où on peut raccourcir la laisse et serrer la muselière
    A mon avis, ça risque de mal se terminer !

    Aimé par 4 personnes

  11. Geneviève Boyer dit :

    Je reviens sur « l’hypocrisie autour des héros du quotidien » même si chaque thème a son intérêt. (j’ai dû lire un peu vite parce que je n’ai rien vu sur l’inqualifiable -voir lexicographie et synonymies sur https://www.cnrtl.fr/definition/lamentable- Unioneuropéenne.
    Je prends à mon compte l’étiquette « hypocrite ». Comme notre « racisme », notre « populisme », ce ne sont que des signifiants dont les significations peuvent prendre valeur positive comme négative.
    Restons à mon hypocrisie. Au début de cette affaire, j’ai été réticente. Et puis j’ai lu des témoignages : des « soignants » au moral dans les chaussettes à cause de la nullité coupable (on fera les comptes) de nos gouvernants se sentent réconfortés, le soir vers 8 h(PM) quand monte, de la ville silencieuse, une certaine clameur : applaudissements et bruits divers.
    Du coup chaque soir pour me donner le courage de braver le ridicule, je me chante (sur l’air de Les lavandières du Portugal et tap’, et tap’, et tap’avec ton battoir ..) « et tap’, et tap’, et tapeu sur’ta cass’rol' » et j’écarte le rideau de perles de la cuisine pour, sur ma loggia, taper sur une casserole.
    Alors, va pour hypocrite.
    Une petite video d’hypocrites en rond : ils se comprennent parce qu’ils vont « au contact » des éventuels porteurs que sont les admis-à-l’hopital et les mis-en-cause qui ajoutent les postillons à leurs insultes habituelles.
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/var/toulon/video-policiers-toulon-rendent-hommage-aux-soignants-devant-hopital-sainte-musse-1807498.html

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  12. Ping : Douze petites leçons sur la crise du Covid19 | Raimanet

  13. olivier seutet dit :

    A vos douzepertinentes réflexions puis en rajouter deux :

    13. Effondrement de la pensée scientifique au profit de la pensée magique.
    Des professeurs viennent nous expliquer doctement pourquoi la méthode scientifique analysée et établie par Claude Bernard n’a plus cours maintenant. Le raisonnement est aboli au profit de l’évidence et du bon sens.
    D’autres veulent à tout prix établir une corrélation entre durée du confinement, durée de la période de contagion et nombre de malades. Comme ils n’y arrivent pas ils se contentent de bêler à l’instar des médecins de Molière : primo confinare, postea donare paracetamol, ensuitta confinare.

    14. Nier la mort au prétexte d’un scientisme dénaturé
    La vie n’est pas une course à l’échalotte : accumuler un nombre maximum d’années d’existence. L’indécence qui prévalait était de vouloir faire survivre à coup d’exploits médicaux des malades au bord de l’inconscience. Tout d’un coup, la médecine s’est retrouvée toute nue, incapable de soigner ; alors elle triche et dérape.
    Indécence d’aujourd’hui de fouler aux pieds la dignité des vieillards (je déteste ces mots hypocrites d’aînés, de troisième ou quatrième âge) en leur interdisant la visite de leurs proches, un accompagnement spirituel, la joie de vivre autre chose que la dépendance envers des aides-soignants ; il faut les sauver clament les gens raisonnables ! Les sauver de quoi ? De la joie de mourir en paix entourés des leurs, pour les condamner à la solitude, la dépression et la démence ?
    Indécence de l’acharnement thérapeutique consistant à enfermer pour des durées de plus d’une semaine, des malades souffrant de comorbidités, dans des sortes de caissons de survie baptisés assistance respiratoire (Pas les vieux, heureusement, il suffit de vérifier dans les services des hôpitaux). S’ils ne sortent pas les deux pieds devant, dans quel état auront-ils été sauvés ?

    Aimé par 3 personnes

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