Philippe Séguin, dix ans, déjà

Philippe Séguin est mort le 7 janvier 2010: dix ans déjà. Un destin inachevé, sans doute. Les plus hautes fonctions qu’il ait exercées sont celles de ministre des affaires sociales et du travail et de président de l’Assemblée nationale. Il fut pourtant le dernier visionnaire. Son discours de 1992 à l’Assemblée nationale sur Maastricht et sur la mondialisation fut proprement prophétique comme le souligne dans le Figaro de ce matin M. Arnaud Teyssier (accessible aux abonnés). Réécoutons-le: ce fut l’un des derniers grands moments de feue, la démocratie française. Il avait une prescience des dangers menaçant la démocratie française, la rupture entre le peuple et sa classe dirigeante et le chaos.  Sa force tenait à une exceptionnelle intelligence de l’histoire, inégalée depuis lors. Sans doute était-il desservi par un caractère complexe, mélange de fermeté ombrageuse et de pusillanimité. Trop intelligent pour se plier aux normes de la politique politicienne?  Comme l’Albatros, Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. Son malaise frappait tous ceux qui l’ont connu. Mais surtout, il est tombé devant la médiocrité de l’époque et la conjuration des médiocres qui triomphe aujourd’hui en plongeant la classe dirigeante française dans une vertigineuse crétinisation et la France dans une logique de saccage et de destruction.

Maxime TANDONNET

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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22 commentaires pour Philippe Séguin, dix ans, déjà

  1. Georges dit :

    Visionnaire concernant la France donc de l’Europe.Un homme remarquable.

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  2. Coucou dit :

    Bonjour Maxime et Merci à Johnathan R. Rozorback ,
    que penser vous de c’est deux commentaire que je trouve intéressant,

    des pas perdus dit :
    3 février 2010 à 19 h 44 min
    Seguin me semble incarner l’impuissance et le renoncement de la droite gaulliste….
    Répondre
    • Descartes dit :
    10 février 2010 à 11 h 44 min
    Je ne le pense pas. Son travail à la tête de la Cour des Comptes aura certainement été plus “puissant” que tous les discours de Besancenot et de Buffet réunis. Et je ne pense pas qu’on puisse lui
    reprocher d’avoir “rénoncé” à quoi que ce soit, si ce n’est à poursuivre une carrière politique. Le fait qu’il ait choisi de renoncer à faire de la politique pour retourner à l’action
    administrative devrait nous alerter sur les possibilités d’agir que notre système politique donne à ceux qui ne sont pas dans un certain conformisme.
    http://descartes-blog.fr/2010/01/13/les-grands-hommes-meurent-aussi-hommage-a-philippe-seguin/

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