Les errements de la repentance

« Le colonialisme a été une erreur profonde, une faute de la République ». Cette affirmation du chef de l’Etat est discutable à plus d’un titre. La République n’est pas la première ni la principale responsable du colonialisme français. Celui-ci a commencé sous la monarchie, au XVIe et au XVIIe siècle (Canada, Indes, Antilles, Floride, la Réunion). La conquête de l’Algérie a débuté sous Charles X et le Second Empire de Napoléon III lui a donné une forte impulsion. De même c’est le Second Empire, et non la République, qui a amorcé les grands courants de colonisation française de l’Afrique subsaharienne (Sénégal) et de l’Asie (Cambodge). La colonisation ne peut évidemment pas se limiter à la France: l’Espagne et le Portugal, en Amérique du Sud, le Portugal en Asie et en Afrique, le Royaume-Uni dans le monde entier, furent d’autres grandes puissances colonisatrices, pour ne parler que de l’Europe.

En outre, la République est un mode d’organisation du gouvernement pas une politique. La colonisation a pris un nouvel essor considérable sous la IIIe République (Indochine, Afrique subsaharienne) du fait de choix idéologiques des « Opportunistes » dont Jules Ferry qui déclarait à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885: « Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de leur devoir supérieur de civilisation! » Le colonialisme avait aussi ses opposants. « L’extrême gauche » le fustigeait à travers Clemenceau. La droite dite « réactionnaire » lui était parfois hostile à l’image de la prophétie d’Albert de Broglie, dénonçant, dans la politique coloniale: « une charge qui grève la nation, qu’elle ne peut porter longtemps, et qui, avant de lui échapper, peut avoir amené la ruine à la fois de la colonie et de la métropole » (Sénat 11 décembre 1884). Ce n’est donc pas la République qui a fait le colonialisme des années 1880-1014, mais un courant idéologique bien spécifique alors majoritaire: la gauche républicaine.

La repentance française, au cœur de l’idéologie macroniste, repose largement sur un anachronisme. La colonisation s’est effectuée dans le contexte d’une Europe globalement dominatrice du XVIe au début du XXe siècle, qui se reconnaissait une mission civilisatrice, dans un large climat de consensus. Les Français comme les Britanniques, dans leur immense majorité, vouaient jusqu’aux années 1950 une admiration sans bornes à leur Empire, sur lequel « le soleil ne se couche jamais ». Les guerres coloniales et de décolonisation ont fait couler le sang. Mais les colons ont aussi construit des routes, des villes, des hôpitaux, des écoles – d’où la place de la francophonie ou de l’anglais et de l’espagnol dans le monde. Quelle signification il y a-t-il à porter un jugement, positif ou négatif, sur un épisode clé de l’histoire de l’humanité? Faire le bilan coûts/avantages d’un demi-millénaire de colonialisme, expression d’une domination européenne et pas seulement française, au regard des valeurs contemporaines et après la grande vague de la décolonisation qui a bouleversé les équilibres planétaires depuis les années 1950, n’a évidemment aucun sens.

Lancer des polémiques tonitruantes et stériles fait partie d’un mode de gouvernement consistant à déclencher des tollés, à attiser les passions, pour faire oublier les déceptions et les malheurs du temps et aussi faire parler de soi tout en réactivant les divisions idéologiques du pays (gauche/droite). L’histoire est généralement l’otage toute trouvée de cette pratique. Parmi les responsabilités fondamentales du chef de l’Etat figurent traditionnellement celle de garant de l’unité et de la concorde nationale et celle de la défense du prestige de la nation qu’il préside. Il faudrait en ajouter une nouvelle, la plus essentielle de nos jours: celle de garant d’un patrimoine intellectuel, d’une intelligence collective.

Maxime TANDONNET

 

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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39 commentaires pour Les errements de la repentance

  1. Bernard PFISTER dit :

    Une petite anecdote personnellement vécue en 2001 à Tamatave sur la côte Est de Madagascar. Un très vieux monsieur vient me voir dans mon bureau pour me proposer la vente de quelques kilos de cannelle. Cet homme d’une maigreur effrayante tenait à peine debout ; de privations, manque de soins etc. (pour eux pas de question de retraite ou de pension d’aucune nature). Il parlait un français d’une pureté parfaite et sans le moindre accent (comme parlaient et écrivaient nos secrétaires et aides comptables de recrutement local). Dans notre conversation j’eus la surprise de l’entendre me dire : »en 1947 à Moramanga les légionnaires et les tirailleurs sénégalais nous mettaient la tête dans les latrines pour nous faire dénoncer les révoltés, mais c’était quand même mieux quand la France était là ». Sans esprit de polémique je suis obligé de préciser que dans la ville plusieurs sociétés avec des dirigeants de sa nationalité ou de son ethnie faisaient le même négoce que moi…

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  2. Annick Danjou dit :

    Merci Maxime pour cet excellent article qui remet les pendules à l’heure. Le problème est que les jeunes issus de l’immigration prennent les propos de Macron pour argent comptant et nous haïssent un peu plus chaque jour. C’est encore un beau cadeau de Noël qu’il fait à son pays. Il nous mène vers le chaos à tous les niveaux et qu’avons nous pour nous défendre?

    Joyeux Noël à toutes et tous sur ce blog, à vous Maxime et à votre famille.

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  3. Philippe dit :

    Bonjour Maxime, bonjour à tous,
    Vous dîtes: « Celui-ci a commencé sous la monarchie, au XVIe et au XVIIe siècle (Canada, Indes, Antilles, Floride, la Réunion). La conquête de l’Algérie a débuté sous Charles X et le Second Empire de Napoléon III lui a donné une forte impulsion. De même c’est le Second Empire, et non la République, qui a amorcé les grands courants de colonisation française de l’Afrique subsaharienne (Sénégal) et de l’Asie (Cambodge). La colonisation ne peut évidemment pas se limiter à la France: l’Espagne et le Portugal, en Amérique du Sud, le Portugal en Asie et en Afrique, le Royaume-Uni dans le monde entier, furent d’autres grandes puissances colonisatrices, pour ne parler que de l’Europe. »
    Encore faudrait-il que les incultes que nous avons au pouvoir le sachent. Croyez-vous sincèrement que des Darmanin, Lemaire Macron and co ont cette culture? J’en doute fortement, les gens cultivés ne disent pas ce genres d’aberrations. Toute cette clique n’est qu’une bande de carriéristes, qui balancent des inepties par démagogie, électoralisme, clientélisme.
    Nous avons quand même le seul chef d’état au monde qui se permet de critiquer son pays la France et les français à l’étranger. Voyageant en Europe et en Afrique, souvent les gens m’interpellent en me demandant si Macron aime la France et les français, ils sont étonnés de voir les propos qu’il tient vis à vis de son pays et de son peuple. Beaucoup me disent que jamais leurs représentants ne se permettraient cela.
    Les personnes que je connais en Afrique du Nord et en Afrique Equatoriale sont conscients des côtés positifs de la colonisation. Certes il y a eu les excès et les côtés obscurs, mais aussi le progrès, écoles, hôpitaux etc.
    Macron et sa clique veulent faire table rase de notre passé, de notre culture, de nos origines. Il veut une France de bénis oui oui. Macron et les LREM s’imaginent supérieurs, ils se prennent pour la conscience morale de la France, croyant être des êtres divins. En fait ils ne sont que des médiocres, et les médiocres ont toujours mis à mal les démocraties.

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  4. Quand les français fuiront en masse leur pays pour essayer de se faire naturaliser dans ces pays africains, je penserai vraiment que l’on a foiré quelque chose et qu’il faut s’en repentir. Mais tant que les ressortissants de ces anciennes colonies se presseront à nos portes pour se faire accepter par leur colonisateur honni, l’idée de repentance me fera bien rigoler.

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  5. goupil dit :

    Le révisionniste !
    Bientôt la découverte du feu aura été une erreur….

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  6. Angil dit :

    Merci
    ces rappels sont un véritable cadeau de Noël! ! !
    …pour qui peut les apprécier…

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  7. Anne dit :

    On se demande pourquoi E.Macron est parti fêter Noël en Côte d’Ivoire, et pas à Paris.
    Vous avez oublié Madame Macron qui se « déhanche » au dîner de gala, pendant que les français galèrent pour faire leurs courses de Noël.
    Tout cela en compagnie de l’ineffable ministre des Armées, qui n’a aucune formation militaire, calamiteuse à la RATP, calamiteuse à Air France, en conflit d’intérêt comme JP.Delevoy, à cause de son mari, et que Macron a casée aux Armées parce qu’elle est socialiste, où elle est tout aussi calamiteuse.
    Est-ce qu’il faut vraiment supporter le spectacle de cette dégénérescence?

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    • Annick Danjou dit :

      Anne entièrement d’accord avec vous, cette attitude de fuir le pays alors que les français ne peuvent pas se déplacer pour Noël ou pour aller travailler est abjecte et prouve s’il en était besoin que ce président et sa clique se fichent bien de nous. On devrait pouvoir les mettre à la porte !

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  8. Pierre-Jean dit :

    @Carlo,
    L’idée d’universalité n’est pas excellente du tout s’agissant des retraites, contrairement à ce que vous affirmez. C’est d’ailleurs ce que disait ici même Maxime Tandonnet, à moins que j’ai mal interprété sa pensée.

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    • carlo dit :

      @ Pierre-Jean
      « L’idée d’universalité n’est pas excellente du tout s’agissant des retraites »
      C’est ce que je pense aussi
      Je me suis contenté de pointer ironiquement une contradiction inhérente à la pensée « complexe » du PR. Selon lui, en effet, l’universalité est une bonne chose en matière de retraites, mais la colonisation, qui est fondée elle aussi sur le principe d’universalité, en est une mauvaise (« c’est une erreur profonde, une faute de la République »).
      J’y vois la preuve que les libéraux, dont EM est le champion, veulent également s’affranchir des contraintes de la logique.
      Bonnes fêtes de fin d’année.

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    • Pierre-Jean dit :

      @Carlo,
      Cette fois j’ai compris. Joyeux Noël à vous.

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  9. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    A supposer que la repentance soit bénéfique, pourquoi alors ne pas prêcher la repentance en France devant les Français ?
    La République qui date de septembre 1792 n’a-t-elle pas à son actif suffisamment d’exactions dont on pourrait aujourd’hui se repentir ? Ainsi pourrait-il en être des 2 747 guillotinés après leur passage devant le Tribunal révolutionnaire, des 1 400 détenus assassinés lors des massacres de septembre 1792, des 200 000 religieuses et religieux assassinés durant la Révolution, des
    800 000 personnes mises en arrestation en vertu de la « loi des suspects » (1793), des 2 000 exécutions de Lyon (1793-94) dont 1 120 ont été massacrés à la canonnade, sans oublier le martyre de la Vendée, transformé en « cimetière national », qui aura coûté la vie à 120 000 personnes, hommes, femmes et enfants.
    Alors si repentance il doit y avoir, que le Président de République la réserve à notre politique intérieure et qu’il s’en abstienne lorsqu’il représente la Nation à l’étranger !

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  10. Alain De Vos dit :

    Merci Monsieur Tandonnet, votre article est clair, illustré et argumenté.
    « Le colonialisme a été une erreur profonde, une faute de la République » dit ce Président de notre République. A quel ressort répond cette affirmation, quel objectif veut-il atteindre? C’est cette question qui est préoccupante et qui demanderait une explication.
    Quelqu’un a-t-il une idée sur ce sujet?

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  11. Tracy LA ROSIÈRE dit :

    L’ÈRE DE LA HAINE DE SOI…
    Cette démarche est idéologique et électoraliste.
    Idéologique en ce qu’elle correspond bien à ce que pensent sur le sujet les progressistes-diversitaires;
    Electoraliste parce que ces petits gestes, insignifiants et démagogiques, visent à récupérer des voix parmi une population issue de l’immigration.
    Cette démarche est dans la suite de la politique radicale-socialiste chère au bon docteur Queuille et son disciple Chirac qui inaugura l’ère de la haine de soi.
    Rappelons-nous la honteuse reculade sur la Loi relative au « rôle positif de la colonisation » pour apaiser le courroux de l’Algérie : publiée le 23 février 2005, elle fut abrogée un an plus tard sur les instances de Chirac. C’est probablement ce qu’on appelle la souveraineté. Ce pays est foutu !

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  12. Le site Herodote.net nous dit:

    « En 1798, le gouvernement du Directoire achète du blé à la Régence d’Alger pour les besoins de l’expédition du général Bonaparte en Égypte. Le blé est financé par un emprunt de la France auprès de familles juives d’Alger. Celles-ci demandent une garantie du dey qui gouverne la ville.
    En 1827, le dey d’Alger, Hussein, frappe «du manche de son chasse-mouches» le consul de France Deval, un affairiste qui refuse non sans insolence de s’engager sur le remboursement du prêt.
    Le président du ministère français, Villèle, demande réparation au dey pour l’offense faite à son consul mais n’obtient aucun semblant d’excuse.
    Confronté deux ans plus tard à la fronde des députés, le roi Charles X éprouve le besoin de restaurer au plus vite son image. C’est ainsi que, le 3 mars 1830, dans le discours du trône, il évoque pour la première fois l’idée d’une expédition punitive destinée à obtenir réparation de la dette ainsi qu’à détruire le repaire de corsaires installé dans la régence d’Alger et mettre fin à l’esclavage.
    Le comte Louis de Bourmont, ministre de la Guerre dans le gouvernement Polignac, est nommé «Commandant en chef de l’expédition en Afrique»
    Les journaux de l’opposition multiplient les critiques à l’égard de ce militaire sans envergure. «M. de Bourmont veut être maréchal : il mérite le bâton !» écrit Le Figaro. Mais la flotte n’appareille pas moins de Toulon le 25 mai 1830 avec 453 navires, 83 pièces de siège, 27.000 marins et 37.000 soldats.
    Les troupes françaises débarquent sur la plage de Sidi Ferruch, à 25 km d’Alger. Pendant ce temps, la flotte bombarde les défenses de la ville, en particulier la citadelle de Fort-l’Empereur, ainsi nommée en souvenir de Charles Quint !
    Le dey capitule enfin le 5 juillet, après plusieurs jours de difficiles combats. »

    L’encyclopédie en ligne wikipédia nous dit:

     » En 1830 des tribus prêtent allégeance à la France. Dès 1831, des bataillons de soldats « indigènes » sont mis sur pied et participent aux opérations de conquête de l’Algérie aux côtés des militaires français. En 1856 trois régiments de tirailleurs algériens font partie intégrante de l’armée française. Ces tirailleurs s’illustrent ensuite dans la plupart des campagnes du Second Empire et de la III ième République puis lors des deux Guerres mondiales. Ainsi, dans certaines familles musulmanes, se développe une vraie tradition militaire tournée vers la France. Dès le début de la guerre d’Algérie, le recours aux soldats algériens de souche musulmans apparaît non seulement nécessaire mais aussi indispensable à l’armée française. » On les désigne par le mot « harkis ».

    (Pour un grand nombre d’entre eux leur destin sera tragique)

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  13. artofuss dit :

    A reblogué ceci sur MEMORABILIAet a ajouté:
    Le goût pervers de la transgression et de la provocation, depuis la vie privée jusqu’aux postures publiques, est incompatible avec la fonction qu’occupe Emmanuel Macron. Exhiber un « chanteur » comme celui qu’il a pris dans ses bagages pour aller en Côte d’Ivoire en est un nième exemple, de même que fournir par des repentirs « officiels » déplacés un prétexte de plus aux populations africaines pour nous détester et se comporter chez nous en pays conquis. Cet homme est dangereux, et les spécialistes du droit constitutionnel devraient s’en émouvoir.
    Artofus.

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  14. artofuss dit :

    Le goût pervers de la transgression et de la provocation, depuis la vie privée jusqu’aux postures publiques, est incompatible avec la fonction qu’occupe Emmanuel Macron. Exhiber un « chanteur » comme celui qu’il a pris dans ses bagages pour aller en Côte d’Ivoire en est un nième exemple, de même que fournir par des repentirs « officiels » déplacés un prétexte de plus aux populations africaines pour nous détester et se comporter chez nous en pays conquis. Cet homme est dangereux, et les spécialistes du droit constitutionnel devraient s’en émouvoir.

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  15. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Dès 1960, Le Général de Gaulle a considéré la colonisation comme un « système périmé ». A cette époque certains historiens et même l’ONU dénonçaient déjà les excès des Etats coloniaux.
    La suite a montré que la décolonisation s’est traduite dans de nombreux pays par des génocides comme au Cambodge ou une succession de guerres tribales ou ethniques dans de nombreux pays d’Afrique ou à l’instauration de régimes militaires ou fondamentalistes religieux autoritaires qui ont eu des conséquences beaucoup plus dramatiques sur les populations que le colonialisme.
    Le travail des historiens doit se poursuivre sur ces périodes pour comparer les avantages certains dans de très nombreux domaines apportés aux pays colonisés mais sans omettre aussi les parts sombres et les comportements peu reluisants d’exclusion et de domination de certains colons et même souvent, de la justice.
    Le drame en France est que nos professeurs d’histoire dans les collèges et les lycées qui sont en première ligne sur ces sujets depuis 50 ans, sont bien souvent démunis, sans arguments solides et incapables de déconstruire les mythes devant des classes très hétérogènes dont certains parents et élèves sont issus de nos anciennes colonies. Dans certaines villes ou quartiers le simple fait d’aborder un tel sujet peut les confronter à une véritable fronde et même à de graves violences à leur encontre.
    Il faudrait quand même bien que ce travail de mémoire percole un jour dans le grand public tout comme on a su, me semble-t-il, un peu mieux le faire pour la période d’occupation durant la 2ème guerre mondiale. La crétinisation de masse organisée par nos politiciens depuis plusieurs décennies ne va surement pas permettre d’accélérer ce devoir de mémoire pourtant indispensable et ce ne sont pas les multiples prise de paroles provocatrices et mensongères d’E. Macron qui vont permettre de calmer les esprits sur ces sujets encore brûlants.

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  16. H. dit :

    Bonjour Maxime,

    Comme le déclarent si bien les anglais : « Right or wrong, it’s my country ». Je n’éprouve strictement aucune repentance vis-à-vis de cet épisode de notre histoire. « C’est » tout simplement. Et si des pays sombrent 60 ans après leur indépendance dans le chaos, les responsables sont avant tout à chercher parmi les dirigeants en place depuis l’indépendance. Qui plus est, il est bon de rappeler le nom de ceux qui sont à la base de l’expansion colonialiste, juste pour la compréhension du phénomène. Là aussi, pas de repentance à exiger. Jules Ferry et ses amis étaient probablement animés des meilleures intentions et nous savons tous que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Vouloir réécrire l’Histoire par démagogie électoraliste et méconnaissance du phénomène, choisie ou non, ne démontre finalement que l’indigence de pensée qui prévaut à cette attitude. Cette dernière ne peut que susciter que le désarroi et la frustration, fragilisant d’autant plus un pays déjà mal au point.

    Bonne journée et joyeux Noël à tous.

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  17. Infraniouzes dit :

    Pour ma part, je ne regarde que l’état dans lequel l’Afrique est aujourd’hui quand on le compare à celui de l’indépendance, toutes puissances coloniales réunies. La féodalité, la passivité, la guerres tribales sont revenues à grandes enjambées. Aucune hésitation à dire que l’épopée africaine nous a énormément coutée. Mais quand on voit qu’une infime partie des graines de la démocratie que nous y avons plantées ont germé nous ne pouvons qu’être triste. Les adeptes de la repentance ne sont que des intellos qui n’ont rien à offrir et qui cherchent un os à ronger. Ça leur passera mais que de dégâts ils auront fait chez les esprits crédules.

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  18. Coucou dit :

    Bonjour à vous, Bon Noel à vos tous,

    G.K CHESTERTON – LES VERTUS CHRÉTIENNES DEVENUES FOLLES
    Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites.

    Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’ont met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde.

    Mais les vertus, elles aussi, brisent leur chaînes, et le vagabondage des vertus n’est pas moins forcené et les ruines qu’elles causent sont plus terribles. Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules.

    C’est ainsi que nous voyons des savants épris de vérité, mais dont la vérité est impitoyable ; des humanitaires éperdus de pitié mais dont la pitié (je regrette de le dire) est souvent un mensonge. Mr Blatchford attaque le christianisme parce que Mr Blatchford a la monomanie d’une seule vertu chrétienne, d’une charité purement mystique et presque irrationnelle. Il a une idée étrange : c’est qu’il rendra plus facile le pardon des péchés en disant qu’il n’y a pas de péchés. (…)

    Or il est un cas beaucoup plus remarquable que cet antagonisme de la vérité et de la pitié, c’est celui de la déformation de l’humilité. (…)

    Ce dont nous souffrons aujourd’hui, c’est d’un déplacement vicieux de l’humilité. La modestie a cessé tout rapport avec l’ambition pour entrer en contact intime avec la conviction, ce qui n’aurait jamais du se produire. Un homme peut douter de lui-même, mais non de la vérité, et c’est exactement le contraire qui s’est produit. Aujourd’hui, ce qu’un homme affirme, c’est exactement ce qu’il ne doit pas affirmer, c’est-à-dire lui-même ! Ce dont il doute est précisément ce dont il ne doit pas douter : la Raison Divine. (…)

    Le nouveau sceptique est si humble qu’il doute de pouvoir apprendre. Ainsi nous aurions tort de nous presser de dire qu’il n’y a pas d’humilité propre à notre époque. Le vérité est qu’il en existe une, très réelle, mais pratiquement plus morbide que les farouches humiliations de l’ascète. L’ancienne humilité était un aiguillon qui empêchait l’homme de s’arrêter et non pas un clou dans la chaussure qui l’empêche d’avancer, car l’ancienne humilité faisait qu’un homme doutait de son effort et cela le poussait à travailler avec encore plus d’ardeur. Mais la nouvelle humilité fait que l’homme doute de son but, ce qui l’arrête tout à fait. (…)

    Le péril, c’est que l’intelligence humaine est libre de se détruire elle-même. De même qu’une génération pourrait empêcher l’existence même de la génération suivante, si tous ceux qui la composent entraient au couvent ou se jetaient dans la mer, ainsi, un petit nombre de penseurs peut, jusqu’à un certain point, faire obstacle à la pensée dans l’avenir en enseignant à la génération suivante qu’il n’y a rien de valide dans aucune pensée humaine.

    Il est vain de parler de l’antagonisme de la raison et de la foi. La raison est elle même un sujet de foi. C’est un acte de foi de prétendre que nos pensées ont une relation quelconque avec une réalité quelle qu’elle soit. Si vous êtes vraiment un sceptique, vous devrez tôt ou tard vous poser la question : « Pourquoi y aurait-il quelque chose d’exact, même l’observation et la déduction ? Pourquoi la bonne logique ne serait-elle pas aussi trompeuse que la mauvaise ? L’une et l’autre ne sont que des mouvements dans le cerveau d’un singe halluciné ? ».

    Le jeune sceptique dit : «J’ai le droit de penser par moi-même ». Mais le vieux sceptique, le sceptique complet dit : « Je n’ai pas le droit de penser par moi-même. Je n’ai pas le droit de penser du tout. »

    Il y a une pensée qui arrête la pensée, et c’est à celle là qu’il faut faire obstacle. C’est le mal suprême contre lequel toute autorité religieuse a lutté. Ce mal n’apparaît qu’à la fin d’époques décadentes comme la notre…

    Car nous pouvons entendre le scepticisme brisant le vieil anneau des autorités et voir au même moment la raison chanceler sur son trône. Si la religion s’en va, la raison s’en va en même temps. Car elles sont toutes les deux de la même espèce primitive et pleine d’autorité. Elles sont toutes les deux des méthodes de preuves qui ne peuvent elles-mêmes être prouvées.

    Et en détruisant l’idée de l’autorité divine, nous avons presque entièrement détruit l’idée de cette autorité humaine par laquelle nous pouvons résoudre un problème de mathématiques. Avec une corde longue et résistante, nous avons essayé d’enlever sa mitre (la religion) à l’homme pontife et la tête (la raison) a suivi la mitre.

    Gilbert Keith Chesterton, Orthodoxie (1908)

    Gilber Chesterton

    https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Nouveau-cri-pape-contre-linjustice-faite-migrants-2019-12-19-1201067526

    http://www.rfi.fr/europe/20191221-scandale-reseaux-sociaux-croix-gilet-sauvetage-pape-francois-migrant

    https://miscellanees01.wordpress.com/2016/08/19/g-k-chesterton-les-vertus-chretiennes-devenues-folles/

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  19. Jean-Bernard LASSERRE dit :

    Une fois de plus, Monsieur Macron fait la preuve qu’il n’aime pas le pays qu’il a la charge de servir. En effet, à chacun de ses déplacements à l’étranger, il saisit l’occasion de critiquer et de dénigrer la France et ses habitants. On ne verrait pas le Premier Ministre britannique rabaisser son pays devant des hôtes étrangers.

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  20. carlo dit :

    Censée apporter aux peuples colonisés les bienfaits de notre civilisation, la colonisation était inspirée par un souci d’universalité.
    Excellente lorsqu’il s’agit des retraites, cette exigence d’universalité conduisit à « une erreur profonde, une faute de la République » dans le cas du colonialisme.
    « Homo liberalis » veut s’affranchir de toutes les contraintes, y compris celles de la logique, auxquelles il est pourtant généralement admis que l’entendement divin lui-même est assujetti.

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