De la responsabilité des dirigeants politiques

Certes, M. Delevoye a démissionné, comme il fallait s’y attendre, et il a assumé ses fautes, ou ses erreurs. Mais la stratégie du bouc émissaire ne doit leurrer personne. La question de la responsabilité politique est d’une autre nature et d’une toute autre ampleur, dépassant largement la question de la personnalité du démissionnaire: qui est à l’origine de la violence sociale qui s’est emparée du pays depuis plus d’un an? Qui a provoqué le blocage des transports et des routes, une crise sans équivalent depuis 25 ans? Qui est à la source de la souffrance des Français et des Françaises qui en sont réduits à s’entasser et à se battre pour réussir à se glisser dans une rame ou un autobus? Qui déchire le tissus social aggrave les divisions d’un pays désormais au bord de la guerre civile? Qui a provoqué la tragédie des petits commerces de centre-ville au bord de l’asphyxie? Qui est en train de ruiner l’économie française? Qui  a décidé de faire une réforme des retraites fondée sur la discrimination entre les moins et les plus de 45 ans ? Qui a aggravé le dégoût et l’écœurement de l’immense majorité des citoyens et leur défiance envers la politique? Qui a déclenché un chaos infernal donnant au monde entier une image honteuse de la France? La question de la responsabilité politique est en cause: dans la tradition républicaine française, un gouvernement fautif est renversé par les assemblées. Dans la république gaullienne, le mécanisme de la responsabilité repose sur le sens de l’Etat du président de la République: en cas de crise, il pose la question de confiance au peuple par référendum. Le drame du régime actuel, qui n’a évidemment plus rien de la république gaullienne, c’est que toute notion de responsabilité a disparu, noyée dans la dérive mégalomaniaque du système. Et au-delà de la responsabilité politique, quelle sanction pour ceux qui, par calcul personnel ou par bêtise, ou les deux, provoquent une calamité? Un commerçant, un médecin, un pilote d’avion qui commettent une faute, le payent comptant. Que risque, personnellement, un dirigeant politique? Le jugement de la postérité, encore que celui-ci est souvent déformé. C’est-à-dire pas grand chose au final…

Maxime TANDONNET

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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7 commentaires pour De la responsabilité des dirigeants politiques

  1. Alain Raynaud dit :

    la seule question que je me pose est terrible !
    Ce chaos est il voulu ?

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  2. michel43 dit :

    et voila,,,cela va faire sept qui démissionne qui démissionne ,un record ,l’argent na pas d » odeur,attendons les prochaines élections ,pour savoir ce qu' » en pense les Français ,après on avisera,,,,,,,,

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  3. alexrebelde dit :

    Et de la responsabilité de tous les français qui ont laissé se mettre en place ce système depuis de nombreuses décénnies.

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  4. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    L’épisode catastrophique de J.P. Delevoye n’est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, l’affaire Benalla avec son déni, ses mensonges, ses coups de menton, le soutien surréaliste et momentané des ministres et des députés godillots a été une nouvelle fois particulièrement absurde, abusive et inadéquat.
    Le passé récent n’a même pas servi de leçon à cette clique d’incompétents.
    Un membre du gouvernement qui ne respecte pas les lois de la République ne peut prétendre à aucune excuse et ne peut pas parler d’erreur, il doit soit démissionner, soit être écarté dès la mise en évidence de ses fautes.
    La République soi-disant exemplaire d’E. Macron est le pire champ de ruines de la Vème République.
    Comme on ne peut ni compter sur l’Assemblée Nationale complètement phagocytée par LREM, ni sur le Sénat sans vrai pouvoir, ni sur les forces intermédiaires maintenant démonétisées et non représentatives, ni sur l’espoir d’un référendum qu’E. Macron n’acceptera jamais d’organiser puisqu’il en connait par avance le résultat, que reste-t-il aux Français pour se faire entendre ?
    La rue et c’est peut-être là que se jouera la fin du règne de ce petit roitelet de la République bananière qu’est devenue la France.

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  5. colococo2 dit :

    Mais ils sont irresponsables dans tous les sens du terme…!

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