L’étrange aveuglement

La réforme des retraites est l’arbre qui cache la forêt d’une révolte infiniment plus profonde. Le mouvement social, d’une dureté sans précédent depuis décembre 1995, a été lancé 5 jours avant la présentation officielle d’une réforme des plus obscures. Le spectre de cette étrange réforme, toute en idéologie (un régime unique « à points ») et évitant les vraies questions (âge du départ à la retraite), n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase, l’étincelle qui met le feu au poudre. La rébellion dépasse les seuls syndicats.  Elle exprime une violence populaire refoulée qui se cristallise autour d’un chiffon rouge. A cet égard, elle poursuit sous d’autres formes et amplifie les Gilets Jaunes avec en plus une arme terrible : la prise d’otages massive. L’embrasement du pays est le résultat du pire fonctionnement politique que la France n’ait jamais connu depuis 1944. Il découle directement naufrage du pouvoir dans l’arrogance et le mépris de la nation symbolisée par la déferlante des insultes (« sans dents », « réfractaires »), la répétition des comportements indignes (scandales), la déconnexion exacerbée et l’inefficacité chronique de la classe dirigeante à régler les problèmes (chômage, pauvreté, violence, déficits, crise migratoire), bref, une défiance populaire sans précédent. Il traduit l’effondrement d’une démocratie quand la vanité narcissique écrase la souveraineté parlementaire et le débat public qui devrait se dérouler en toute transparence devant une Assemblée nationale et un Sénat. Ce mouvement est politique autant que social. « Désastre annoncé – la France roule à l’abîme – pouvait-on prévoir dès juin 2017, en pleine euphorie béate du « nouveau monde ». Aujourd’hui, elle se trouve vraiment au bord de l’abîme. Et l’aveuglement de la classe dirigeante, face à l’évidence, fait froid dans le dos.

Maxime TANDONNET

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

52 commentaires pour L’étrange aveuglement

  1. Pierre de Robion dit :

    Maxime, j’ai relu votre papier d’il y a 30 mois!
    Le « en même temps » ne pouvait que préoccuper les esprits ayant encore une once de lucidité!
    Mais en ce qui concerne le niveau de vie, à part un QE permanent et l’aval des pays fournisseurs à être payés en monnaie de singe par des gens à qui l’on prêtera , à taux négatif, pour consommer, je ne vois guère comment il pourrait se maintenir dans un pays qui vit à crédit 9 mois sur 12 et ne produit presque plus rien sinon du futile et de l’inutile.
    Si j’y ajoute une démographie mondiale galopante dans un monde fini, je me dis que les générations nées entre 1938 et 1968 n’ont pas tiré le plus mauvais numéro
    Dieu merci, j’en fais partie, mais, mes petits enfants ?

    J'aime

  2. Annick danjou dit :

    Celui ci était un aveuglement idiot et tous les contestataires à l’époque ont eu raison. Qu’en sera t’il d’ADP? avez-vous signé la pétition? Un jour ou l’autre on va nous dire qu’il n’y a pas le nombre prévu et que ADP sera aux mains de ????les vautours sont en place déjà!

    https://fr.yahoo.com/finance/actualites/apr%C3%A8s-fiasco-chinois-eiffage-reprend-114331085.html

    J'aime

  3. MARECHAL dit :

    Le rassemblement face à la réforme des retraites est de mon sens justifiée
    Ce que j’essai de livrer dans la réflexion, c’est que quoiqu’il advienne dans votre vie, la retraite est la dernière étape. Humainement, vous ne pouvez pas laisser vivre quelqu’un avec des 800 euros ou autres montants dérisoires. Tout le monde sait qu’avec moins de 1500 euros c’est la galère. Un minimum à 1000 me semble raisonnable si ce que propose Phillippe est suivi d’effets .. ce dont je doute par le fait qu’ils sont sans cesse dans le décalage des dates de mise en place .. comme d’hab .. Par ailleurs, je suis intimement persuadé que beaucoup de gens sont d’accords pour travailler plus longtemps, mais la différence des montants de retraite pour par exemple 3 années de plus ne sont pas significatifs. J’ai un ami qui me disait encore hier soir que 3 années de plus travaillées ne lui augmentera sa retraite que de 150 euros.

    Aimé par 1 personne

  4. Timéli dit :

    Aujourd’hui, le monde marche sur la tête. C’est pourquoi, malheureusement, tout est possible, et, il est même permis de craindre le pire. Quand on pense que la revue Time désigne une enfant de 16 ans comme personnalité de l’année ! Mais où va-t-on ? Il n’y a vraiment plus ni cap ni direction à suivre ! Cette situation va finir par nous faire regretter le « bon vieux temps », celui qui comprenait deux blocs : l’un à l’Ouest et l’autre à l’Est….

    J'aime

  5. Janus dit :

    Il ne s’agit pas d’aveuglement, mais de l’exécution du plan de route initial : « Exclusif en cher et en os : Pierre vous explique comment la société Black Rock a avec sa monnaie de singe (six mille milliards fabriqués par la FED) contrôle la France et se fait obéir de Macron… ce sont eux qui coordonnent la désindustrialisation en Europe… PS : le patron de BlackRock s’appelle Kapito !!! No comment !!! c’est les capitaux, compris (capito, en italien !!!) ?
    Plus rapide que les tonnes de cours des crétins universitaires appelés professeurs. L’ inculture universitaire internationale est avec l’ internationale financière une des internationales qui fonctionne à plein régime.
    La Fed distribue des tonnes de liquidités dans son Quantitative Easing aux copains fonds de pensions et autres banques inféodées complices. Lesquelles rachètent avec cette fausse monnaie des portefeuilles d’ actions du peu d’ entreprises multinationales sur les marchés mondiaux. Entre coteries et camarillas, les incultes mettront en scène le pseudo-concept de « loi du marché. » Et le tour est joué. Reste à plus qu’ à mettre en scène la « Farandole de ceux qui ont le blé ».
    Au hasard….BlackRock :En Europe, BlackRock a investi dans la société Atos dont elle possède plus de 5% du capital. En 2016, BlackRock était actionnaire au sein de 18 sociétés du CAC 40 (Atos, BNP Paribas, Vinci, Saint-Gobain, Société Générale, Sanofi, Michelin, Safran, Teleperformance, Total …). BlackRock détient aussi 5% du groupe bancaire espagnol Santander. Sources Wikipedia
    BlackRock souvent cité comme conseiller de Manu Finances CGT pour la réforme des retraites.
    A peine, l’ haleine de cheval américaine s’ estompe que celle de leurs meilleurs amis chinois nous parvient.
    Etonnant, non ? » Nicola Bonnal https://nicolasbonnal.wordpress.com/

    Je ne crois pas au hasard : Tout cela a un sens : Soit la collusion avec les puissances d’argent, la concussion, soit la bêtise au front de taureau. Nul doute que la résistance des français, encore bien molle aujourd’hui, au démantèlement systématique de la France, ne durcisse les actions de Macron contre cette France qu’il n’aime pas, qu’il ne comprend pas qu’il trouve trop petite et pas à sa dimension de Lider Maximo et qu’il méprise !

    J'aime

  6. Zonzon dit :

    En réponse au remarquable commentaire cinglant de Tracy LA ROSIÈRE (10 décembre à 17 h 36) j’ajouterai trois remarques banales :

    La Cour des Comptes, organisme officiel dont la mission essentielle est « d’éclairer le peuple » sur les dysfonctionnements de l’État, n’a pas laissé beaucoup de souvenirs au sujet de l’Organisation Syndicale dans la mémoire du citoyen qui a faim !
    Si elle s’est saisie du sujet gageons que son rapport a été enfoui dans la masse indistincte de ses rapports annuels !

    Chaque citoyen, pour peu qu’il voyage et villégiature dans son pays ( Luchon, Saint-Malo, Saint-Raphaël … ), peut se rendre compte de l’importance et du luxe des résidences de vacances des CE !

    Dans le débat qui nous occupe aujourd’hui il nous a été communiqué une donnée essentielle : en Allemagne, la syndicalisation est proscrite de la fonction publique !
    N’est-il pas normal que des gens qui s’engagent volontairement à servir la Nation dans ses tâches régaliennes soient astreints à une telle mesure ?
    On a aucun mal à imaginer combien le destin de notre pays aurait été différent si cette mesure avait été adoptée un jour ou l’autre !

    J'aime

  7. Zonzon dit :

    Étrange cet aveuglement d’un pays, cher pays, qui se trouve au bord de l’abîme ?

    Il s’agit d’un peuple dont le Prince est un homme sans enfant ! 

    J'aime

  8. Anonyme dit :

    Mon analyse sera courte :
    Il faut rendre au peuple sa souveraineté confisquée par les élites qui trahissent sans cesse.

    Aimé par 1 personne

  9. Citoyen dit :

     » … l’arbre qui cache la forêt d’une révolte infiniment plus profonde. »
    Si seulement, ils pouvaient profiter de leur effet de masse, pour mettre à bas toutes les machines à racket des bords de routes … Non seulement, ils rendraient un grand service à la population, par une action utile à tous qui leur vaudrait adhésion, plutôt que de détruire le bien d’autrui, mais dans le même temps, ils enverraient un message aux autorités pour signifier qu’ils ont l’aval de la population …
    Le rejet de cette réforme, étant le catalyseur du rejet plus général, de tous les rackets, à commencer par celui fait sur les carburants, qui commence à chauffer les oreilles des routiers … Et surtout, le rejet de ces autorités, tellement déconnectées de la réalité, qui ne sont plus au service que d’elles-mêmes …
    A force de prendre les gens pour des gueux, il finissent par sortir avec des fourches …

    J'aime

    • carlo dit :

      « Si seulement, ils pouvaient profiter de leur effet de masse, pour mettre à bas toutes les machines à racket des bords de routes  »
      Les radars sont malheureusement l’arme la plus efficace pour combattre a violence routière. Que les délinquants soient mis à contribution est une mesure de très grande sagesse.
      Le mot « racket » est d’ailleurs parfaitement inapproprié. Sanctionner par une peine d’amende le non respect d’une obligation réglementaire ne saurait être assimilé à une extorsion d’argent délictueuse ?
      Encore une métaphore trompeuse…

      J'aime

    • Citoyen dit :

      J’ai pour habitude, carlo, de nommer les choses par leur nom, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïtés.
      En l’occurrence, ce sont les services de l’état, qui pratiquant le racket, se comportent en délinquants …

      J'aime

    • carlo dit :

      @ Citoyen
      « ce sont les services de l’état, qui pratiquant le racket, se comportent en délinquants »
      Dites-moi quel est le texte de loi que transgressent les services de l’Etat lorsqu’ils infligent des amendes aux automobilistes qui ne respectent pas les limitations de vitesse, ou d’autres règles du Code de la route ?
      Dois-je vous rappeler que l’Etat a pour mission d’assurer notre sécurité …y compris sur les routes.
      En parlant de « racket » à propos de l’action de la police sur les routes et en traitant les policiers de délinquants, vous utilisez des métaphores totalement inappropriées.

      J'aime

    • Citoyen dit :

       » policiers délinquants  » ??? … Ah bon ?… Tiens donc ! … Vous vous fabriquez des histoires, carlo, que vous vous racontez ensuite, pour vous tenir chaud les longues soirées d’hiver ??… Je compatis …
      Vous avez des raccourcis et des interprétations qui décoiffent !!
      Non, les policiers ne sont seulement que des exécutants. Des exécutants, qui, pour l’essentiel, n’ayant pas le choix, et ne décidant pas des missions, font là où on leur dit de faire … Des exécutants, aux ordres d’une hiérarchie … Hiérarchie, au sommet de laquelle se trouve la mafia qui squatte les institutions de ce pays (et où l’on peut dénicher des délinquants) …
      Il y en a même, comme le GIGN, ou le RAID, et d’autres, qui sont extrêmement utiles, quand ils flinguent du terroriste … Et l’on souhaiterais qu’ils en fassent d’avantage sur le sujet …
      Cela dit, à coté de ça, on trouve aussi des abrutis, qui doivent représenter, au niveau statistique, la même proportion que ceux que l’on trouve dans le reste de la population (ce qui serait très logique), qui, eux, se font plaisir à faire du zèle, et en font plus que ce qui leur est demandé … Difficile de faire autrement, faut de tout pour faire un monde …
      Ceci dit, ce sont des choses que vous devriez savoir, carlo, plutôt que de les traiter de délinquants …

      J'aime

  10. H. dit :

    Bonsoir Maxime,

    Le drame de notre pays se lit dans la pitoyable vie parlementaire. Deux exemples aujourd’hui: « Un amendement au projet de loi antigaspillage prévoit une sortie progressive des emballages plastiques d’ici… 20 ans. » (https://www.huffingtonpost.fr/entry/cet-amendement-visant-a-interdire-le-plastique-en-2040-ne-convainc-pas-tout-le-monde_fr_5def57cee4b07f6835b872fd) et « Un sénateur veut punir de 15 000 euros la diffusion d’images des forces de l’ordre » (https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/un-senateur-veut-punir-de-15-000-euros-la-diffusion-d-images-des-forcesdel-ordre_3738473.html).
    Pour le premier cas, loin de moi l’idée de promouvoir la pollution mais le plastique reste un outil formidable. Je sais bien que le vote escrologiste est à la mode mais je demande ou plutôt je demandais à nos élus de réfléchir avant de s’agiter dans leur bocal. Le remède sera pire que le mal n’en doutons pas. Quant à la proposition de ce sénateur, elle est le signe indiscutable d’une dérive liberticide. Comme beaucoup, je m’abstiendrai d’aller poser un bulletin dans l’urne tant que la classe politique n’aura pas fait un sérieux aggiornamento qualitatif et qu’elle laissera ses jeux stériles et imbéciles au vestiaire. Il n’y a strictement rien à attendre de cette engeance sinon un chaos qui va aller en s’amplifiant.

    Bonne soirée

    Aimé par 1 personne

  11. Ping : L’étrange aveuglement | Raimanet

  12. Annick danjou dit :

    Un article intéressant sur le site de L’IREF
    La tyrannie des privilégiés ou à quoi sert encore la démocratie ?

    « Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu’en matière de gouvernement la majorité d’un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l’origine de tous les pouvoirs », écrit Tocqueville dans De la démocratie en Amérique. Il se méfiait de l’omnipotence de la majorité, de sa tyrannie et du manque d’attention dont pourraient souffrir les « membres de la minorité ». L’évolution politique de l’Amérique a montré que les pouvoirs ont su s’équilibrer et que nulle part ailleurs la société civile n’est aussi forte et bien représentée que là-bas. En France, on n’est jamais arrivé à un tel équilibre. Il n’y a pas de tyrannie de la majorité mais une tyrannie des privilégiés et des moins représentés.

    On peut être critique avec le gouvernement en place. L’IREF l’a souvent été et l’est plus que jamais au sujet de cette réforme des retraites, que nous jugeons dangereuse. Nous sommes parmi les seuls à le dire. Néanmoins, nous respectons les élections et la loi. Nos adversaires au pouvoir ont été élus et ceux qui les contestent n’ont aucun droit de bloquer le pays. Nous vivons en France ce paradoxe d’un Etat omnipotent et impuissant à la fois, un Etat qui phagocyte plus de la moitié des richesses, qui est champion du monde des prélèvements obligatoires, tout en étant incapable de mener à bien une réforme importante. Cela s’est vérifié sous Chirac, Sarkozy et nous assistons au même phénomène aujourd’hui.

    Vendredi 6 décembre, déclaration du Premier ministre : « Nous voulons installer un système de retraite juste, qui remplace la solidarité au sein de chaque métier par une solidarité véritablement nationale, où tous les Français sont solidaires de tous les Français. » Mais il a aussi affirmé que des « ajustements se feront concernant les régimes spéciaux » (on est même repartis pour la clause du grand-père au bénéfice exclusif des régimes spéciaux). « La transition sera progressive », a-t-il ajouté, en donnant rendez-vous mercredi au CESE (Conseil économique, social et environnemental) pour « présenter l’intégralité du projet ». Pourquoi le CESE, cet organisme si souvent épinglé, dont l’utilité n’a jamais été démontrée et dont la suppression a même été évoquée plusieurs fois ? C’est l’Assemblée nationale qui est l’émanation du peuple, pas le CESE.

    En France, nous ne subissons pas la tyrannie de la majorité, mais celle des « partenaires sociaux » et du « dialogue social » qui est en réalité un monologue social imposé par des syndicats ne représentant personne (moins de 7 % de la population active) mais capables d’empêcher le pays de fonctionner. Le droit de grève a été dévoyé par une minorité d’agents publics financés par les contribuables, dont la vie se trouve singulièrement compliquée par ceux mêmes qui vivent de leur argent. Faut-il rappeler que la fiche de paye de tous ces employés exaspérés par les grèves et les blocages comporte une contribution obligatoire aux caisses des syndicats ? Situation absurde et inimaginable ailleurs, où les syndicats vivent des cotisations de leurs membres et des services qu’ils proposent. En France, les cotisations volontaires ne représentent qu’à peine 4 % de leur budget. Ils n’existeraient plus sans les cotisations contraintes, sans les subventions directes ou indirectes qu’ils reçoivent, sans l’argent de la formation professionnelle.

    On peut quand même créditer Emmanuel Macron de deux exploits : il a réussi à faire croire qu’il était libéral et il a fait descendre les syndicats dans la rue sans avoir accompli une seule vraie réforme. Confirmation qu’en France, la tyrannie de la majorité n’est toujours pas d’actualité.

    Aimé par 2 personnes

    • Tracy LA ROSIÈRE dit :

      Le Rapport PERRUCHOT,
      Et si on ressortait le Rapport PERRUCHOT…
      Rien à voir avec les événements actuels mais c’est tellement réjouissant !
      Je ne me souviens plus qui s’évertua à ce qu’il ne fût pas publié ?
       » Les structures syndicales se comportent comme si elles n’avaient plus besoin de l’argent des cotisations et de l’énergie des militants syndicalistes. Les circuits financiers mis en place sont aussi inavouables que considérables et ne profitent plus à l’action syndicale mais aux permanents qui confondent l’intérêt des salariés avec leur intérêt personnel « .
      Extrait (p. 63) d’un livre paru il y quelques années. Son titre « Syndicats corruption, dérives, trahisons ». Ses auteurs ne sont pas des « fachisses ». L’un, R. lenglet est philosophe et journaliste, l’autre, J.L. Touly est lui-même syndicaliste.
      Ce livre fait le constat amère du système mafieux prévalant à la tête des grandes organisations syndicales et de la désaffection du monde du travail à leur égard.
      Le long dépérissement des syndicats, rongés de l’intérieur, s’illustre par quelques chiffres.
      Leurs effectifs : ils représentent 5% des salariés dans le privé, 8% dans le public et moins de 8% au global. Le nombre de syndicalistes professionnels a été multiplié par 5 au cours des vingt-cinq dernières années, celui des syndiqués a été divisé par 4 (p. 21).
      Leurs moyens : la collectivité fait chaque année un chèque de 4 milliards d’euros pour financer l’activité syndicale. Seulement 3 à 4 % de leurs finances provient de ressources propres (les cotisations). A ces 4 milliards il conviendrait d’ajouter 28 000 agents (en postes équivalents temps plein) mis à la disposition des syndicats dans la fonction publique (rapport Perruchot) ; « environ » 17 000 selon le ministère de la fonction publique. En s’en tenant à ce chiffre « officiel », c’est un cadeau de l’Etat de 1,3 milliard fait aux syndicats.
      Le livre montre très bien l’isolement, y compris de la part de leurs propres organisations, auquel sont soumis les responsables syndicaux qui n’acceptent pas les méthodes douteuses qu’ils sont amenés à observer et qui conduisent à la passivité desdites organisations au nom des subventions distribuées et autres avantages concédés aux « pros » des organisations syndicales (avancement assuré).
      Les C.E. notamment, sont les champs d’exercice de toutes les « magouilles ». Celui de la SNCF, l’un des plus riches de France, compte 2000 employés (CCE et CE régionaux réunis). On y découvre un système de commissions et de rétro commissions d’argent devant légalement servir aux cheminots et ayant donné lieu à des enrichissements personnels (p. 125). On y découvre aussi un système d’achats fictifs sur fausses factures ayant permis de « siphonner » des sommes considérables. Un reportage de « Pièces à conviction » sur France 3, en 2008, avait permis de retrouver un de ces fournisseurs. Il s’agissait de gens du voyage ne sachant ni lire ni écrire et encore moins capables de déchiffrer une facture…! Et l’on trouve, au poste de responsable des services généraux, une certaine Muriel Thibault qui n’est autre que la femme de l’ancien secrétaire général de la CGT… Le budget annuel de ce CE est de 50 millions.
      Aux dernières nouvelles, comme le relate l’information du site joint ci-dessous, le tribunal correctionnel de Lyon vient de condamner les syndicats du CER de Lyon pour recel, faux et usage de faux. Cette affaire est largement relatée dans le livre.
      http://www.lyoncapitale.fr/Journal/France-monde/Actualite/France/Proces-du-CER-SNCF-de-Lyon-tous-les-syndicats-condamnes
      Notons que, là comme pour moult dysfonctionnements de notre société, il n’est pas apparu souhaitable que le citoyen-contribuable en fût informé. En effet, en fin 2011, un rapport parlementaire (rapport Perruchot) fut établi. Il visait à faire la lumière sur les finances très opaques des syndicats. Ce rapport fut interdit de publication par le premier ministre ( Fillon ). Comme quoi nous sommes peu de chose mon pauvre monsieur…
      Et pour le dessert regardez ce site : c’est merveilleux.
      http://voixdupeuple.files.wordpress.com/2012/01/la-vie-de-chc3a2teau-des-syndicats-et-ce.pdf

      Aimé par 3 personnes

    • Annick Danjou dit :

      Tracy la Rosière on le sait depuis longtemps mais comme vous le dites on s’est bien gardé de le dévoiler , les raisons en sont bien expliquées, merci de nous rappeler ces belles magouilles. Les châteaux des syndicats ne sont pas trop exposés et les caes restent entre gens bien renseignés qui profitent de ces systèmes mafieux sans qu’on trouve à redire. Dans l’enseignement on monte plus vite d’échelon quand on est syndiqué et quand on se heurte à des problèmes il vaut mieux aussi être syndiqué. Pendant ce temps des syndicalistes sont payés à ne rien faire mais juste la pluie et le beau temps au gré de leur humeur ou de leurs copinages. Nous avons un jour visité les locaux de la CGT à Paris. Une insulte pour ceux qui y croient et qui paient leur cotisation. Mais une fois de plus je repose la question, que faire? A part la révolution et casser tout!!!

      J'aime

    • Coucou dit :

      Bonjour Annick Danjou, que faire, communiquer autours de vous.

      J'aime

    • Annick Danjou dit :

      Coucou c’est ce que j’essaie de faire sans trop de succès. Mais j’essaie quand même car je sais que ce n’est pas en cassant tout qu’on règle les problèmes .

      J'aime

  13. michel43 dit :

    ETRANGE , VOUS AVEZ DIT étrange MAXIME ,depuis l’élection de notre président Macron beaucoup de chose me semble étrange ,tout fout le camps ,partout et dans tout ,a un telle point, veut t  » il voir la présidente de RN arriver au pouvoir ? peut être,,,,,

    J'aime

  14. Tracy LA ROSIÈRE dit :

    Les Français comprendront-ils leur méprise d’avoir hissé au pouvoir un jeune homme à peine dépucelé, sans aucune expérience politique, qui plus est prétendait s’en affranchir, un de ces technocrates qui se faisait fort de soumettre les faits aux logiques de la finance et des statistiques.
    Les Français ne commencent-t-ils pas à voir que lorsque les choses se gâtent le politique revient à au galop, reprend le dessus, s’impose. C’est vieux comme le monde. Tout cela ne serait qu’une péripétie si on n’avait pas foutu « le politique » cul par dessus tête…

    J'aime

  15. Pierre-Jean dit :

    Maxime Tandonnet,
    Vous évoquez, en dernier d’ailleurs, ce que vous appelez la « crise migratoire ». Cette terminologie n’est pas à mon avis appropriée. Une « crise » est en effet, par définition, temporaire : en science économique par exemple, si les mots ont un sens, une crise est seulement le point de retournement d’un cycle. Or l’immigration est un phénomène structurel, qui dure et dure encore depuis près de cinquante ans maintenant. En utilisant le terme « migratoire », par ailleurs on euphémise et on minore : or je considère que l’immigration constitue un immense problème, le problème principal qui conditionne tous les autres, ou presque (sécurité, enseignement, santé, chômage, cohésion sociale, la liste est longue et non limitative).

    Aimé par 2 personnes

    • Coucou dit :

      Bonjour, vous avez raison, plus les naissances sur notre sol, autour de 300000 sur 730000 naissances en france, plus 400000 migrants adulte minimum, nous avons autour de 520000 décès pour l’année 2019 faite le compte ?

      J'aime

    • Coucou dit :

      Rien que pour l’année 2019 tout c’est chiffres, merci Giscard, Chirac & les autres politicards, Bonne journée

      J'aime

    • laclochefle dit :

      Je m’excuse c’est 614000 décès pour 2018 , combien pour 2019? nous sommes mal embarqué,

      J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.