Sur le déclin intellectuel français (Figaro du 04/12/19)

« Les Français sont le peuple le plus intelligent de la terre » aurait dit Voltaire. Le dernier classement PISA de l’OCDE, paru le 3 décembre, dément cette image d’Epinal… Si un seul mot devait refléter la performance française, ce serait celui de médiocrité.  A la 23ème place, la France est reléguée à des années-lumière des pays asiatiques, de la Chine qui caracole en tête, de Singapour, Macao et Hongkong. La patrie de Descartes est nettement devancée par d’autres pays occidentaux; Etats-Unis, Royaume-Uni, Suède. En mathématiques, discipline où la France se targue de briller (record des « médailles Field ») elle n’est pas mieux lotie. En lecture, ou compréhension de textes écrits, le pays de Montaigne, de Chateaubriand et de Victor Hugo, cette « mère bienfaitrice de la pensée » selon Bergson, stagne au même niveau, ce médiocre 23ème rang …

Ce classement est sans doute un fidèle reflet de la hiérarchie planétaire à venir, dominée par la puissance chinoise.  Le déclin intellectuel d’une nation est la source essentielle de son décrochage sur le long terme : de piètres performances en mathématiques, en sciences, se traduisent inévitablement par l’affaiblissement de ses capacités d’innovation et de dynamisme. Les échecs scolaires d’aujourd’hui préparent l’aggravation du déclin scientifique et industriel de demain. Quant à l’effondrement de la culture générale, il prépare l’abolition de la citoyenneté et de l’esprit critique. Le glissement de la vie politique française dans le spectacle narcissique au détriment de l’intérêt général, dans un climat général dominé par l’indifférence, en est déjà le produit tragique.  Parmi tous les signes du recul français, l’abaissement de l’exigence intellectuelle est sans aucun doute le plus dramatique, car à la base de tous les autres.

Ce phénomène est la conséquence directe des politiques de nivellement par le bas, conduites par les différentes majorités au pouvoir depuis des décennies : saccage de l’apprentissage de la lecture à travers des expériences pédagogiques douteuses (méthode globale), et de l’enseignement du français à travers le mépris de l’orthographe et de la grammaire, disparition de l’histoire chronologique, affaiblissement du niveau en mathématiques et en sciences. Il résulte de choix idéologiques. Pour atteindre l’objectif emblématique des quatre cinquièmes d’une classe d’âge au niveau du bac, cette épreuve a été totalement neutralisée dès lors que 90% des candidats obtiennent aujourd’hui le  diplôme. Sa transformation en contrôle continu et en supposé « grand oral », en s’éloignant toujours davantage du critère de la performance intellectuelle, achèvera de le décrédibiliser. Et tous les signaux vont dans le même sens : bradage des diplômes universitaires,  suppression du concours d’entrée à science po, qui exprime le renoncement à une sélection par l’intelligence et le travail, au profit de choix discrétionnaires tenant au profil des candidats.

Cette politique, dominée par un idéal égalitariste, se traduit paradoxalement, selon PISA, par un record : la France figure parmi les quatre ou cinq pays les plus inégalitaires de la planète au vu des performances scolaires… En renonçant aux notions d’exigence, de mérite et d’effort, au profit d’expériences démagogiques, les pouvoirs politiques ont affaibli les outils de la méritocratie républicaine, ces examens et ces concours qui peuvent fournir à des enfants issus de milieux défavorisés la possibilité de s’élever par la volonté et l’intelligence. Ce renoncement s’est traduit par un renforcement de la sélection sociale, à travers les « bons collèges et lycées » des « bons quartiers » et des grandes écoles auxquelles on accède par des « prépa » coûteuses.

Le classement PISA révèle un autre triste record obtenu par la France qui en dit long sur l’état profond de ce pays : elle se distingue parmi les quelques nations où « l’indiscipline et le chahut » dans les salles de classe sont les plus virulents : un élève sur deux s’en plaint « dans la plupart ou la totalité des cours », contre un sur trois en moyenne. L’enseignement français est rongé par la violence et les incivilités : chaque jour, l’actualité offre son lot de professeur agressés, parfois à l’arme blanche, de collégiens et lycéens tabassés. Le métier d’enseignant – qui devrait être le plus beau métier du monde – est fortement dévalorisé si l’on en juge par le recul du nombre de candidats aux concours. Certes, l’Education nationale est le premier budget de la Nation avec près de 74 milliards chaque année. Mais il est inutile de verser des milliards d’euros supplémentaires si la peur et le chaos dans les salles de classes, aggravés, dans les quartiers les plus déshérités, par les phénomènes communautaristes, interdisent aux professeurs d’enseigner et aux collégiens et lycéens motivés d’étudier. La France n’est-elle pas le pays qui a porté le slogan soixantehuitard, «il est interdit d’interdire » au rang de dogme national ? Le discours de M. Blanquer et certaines décisions sont à contre-courant de cette déconstruction. Les actes, pour sortir de cette situation, prendront du temps.

 

 

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Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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31 commentaires pour Sur le déclin intellectuel français (Figaro du 04/12/19)

  1. Citoyen dit :

    « Les actes, pour sortir de cette situation, prendront du temps. »
    Et mieux encore ces derniers temps, avec l’importation massive de « bac -5 », les classements ne vont pas s’améliorer … En effet, la culture et les modes de vie de ces populations importées, déteignent (pas dans le bon sens) sur les jeunes nés ici … Dans ces conditions, ce n’est pas la peine d’espérer une amélioration des classements, avant bien longtemps …
    Et de plus, comble de bonheur, le clown Delevoye (et encore, clown est un terme extrêmement gentil pour le qualifier…), prévoit d’importer 50 millions d’individus de plus en l’Europe (sans préciser de qui, il faisait allusion, mais curieusement tout le monde avait compris !), pour assurer sa retraite … A ce stade, rêver à une possible amélioration, est une illusion !
    Oui, il faudra énormément de temps (à supposer que ce soit possible), pour sortir de cette situation. Et, il y a fort à parier, que nous ne le verrons pas …

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  2. Annick Danjou dit :

    On va encore s’améliorer!!! Ne serait-il pas possible de faire une action auprès du ministre de la culture? Il faudrait aussi qu’on arrête de tout laisser faire et ensuite de se plaindre, comme on a fait avec l’éducation Nationale

    Au secours ! Une féministe décolonialiste bientôt à la tête du Conservatoire de Paris ?
    Auteur : Nicolas Gauthier 4 décembre 2019
    Le prochain directeur du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, fondé en 1795, devrait être une directrice : Émilie Delorme. Si tel était le cas, ce serait donc la première femme à occuper un tel poste. Et pourquoi pas, si elle en a les compétences. Après tout, le chef du Rassemblement national est bien une cheffe et cela a plutôt l’air de réussir à ce mouvement politique.
    Pourtant, cette nomination annoncée ne semble pas faire que des heureux. Cité par Le Point, un des professeurs de cette auguste institution s’inquiète en ces termes : « Le Conservatoire national de Paris échappait jusqu’ici à la novlangue des sciences de l’éducation, aux quotas paritaires ou encore aux obsessions de représentation de la diversité sur fond de repentance coloniale. Car nous pensions qu’il suffisait de se concentrer sur l’excellence et le mérite. »
    Toujoursselonlamêmesource,c’estautourd’unmusiciendes’alarmer: «Ilyachez Émilie Delorme une façon de tourner les discussions vers l’idée que tout ce qui se passe dans l’opéra serait sexiste, raciste et oppresseur et qu’il faudrait tout réécrire. » S’alarmer ? Il y a effectivement de quoi ; surtout quand cette dame – en admettant toutefois qu’elle veuille bien nous pardonner cette expression aussi triviale que genrée – en appelle, pour sa défense, à l’autrice/journaleuse Reni Eddo-Lodge et son livre, Le racisme est un problème de Blancs, dans lequel cette Anglais.e affirme : « Bercés par l’illusion de la méritocratie, certains doivent se taire pour que d’autres puissent prospérer. [??? NDLR] Choisir de ne pas voir la race n’aide pas à déconstruire les structures racistes ni à améliorer concrètement le sort quotidien des personnes de couleur. Pour démanteler les structures racistes injustes, nous devons voir la race. […] Pour changer le système, il est essentiel de voir la race. »
    Ce que l’on voit, en revanche, c’est qu’on nous assène que les races n’existent pas, mais qu’en même temps, il faut les voir. Comme quoi l’antiracisme maladif n’est jamais rien qu’une autre forme de racisme, peut-être bien plus sournoise, celle-là. En effet, quand on écoute Jessye Norman, que voit-on ? Une immense cantatrice, certes à la peau noire, comme d’autres sont chauves chez Ionesco, mais une cantatrice avant tout. Tout comme Montserrat Caballé, autre grande voix qu’aucun mélomane digne de ce nom n’aurait songé à réduire à ses seules origines espagnoles et à son léger surpoids.
    Pour déborder du strict cadre de l’opéra, évoquons les figures de Gail Ann Dorsey et de Tal Winkenfeld. Ce sont deux femmes, l’une noire et l’autre blanche. La première tenait la basse derrière David Bowie ; la seconde officiait à la même place avec Jeff Beck. Pourquoi ont-elles été embauchées ? Parce que femmes ? Parce que blanche ou noire ? Non. Tout simplement parce que ce sont deux des meilleurs bassistes au monde. Comme quoi, à vouloir tout prouver, on finit par ne rien démontrer.
    Et Isabelle Barbéris, qui a signé le remarquable Art du politiquement correct, de noter :
    « Les dernières digues sont en train de céder, l’idéologie indigéniste et intersectionnelle s’invite au sommet de la culture. La musique et l’opéra sont des milieux prestigieux et par nature conservateurs, car, comme l’indique son nom, le rôle d’un conservatoire est de conserver des savoirs… Si l’on nomme quelqu’un qui cherche à déconstruire les savoirs, il n’y a plus que de l’idéologie à transmettre. »
    D’ailleurs, quelles sont les savoirs d’Émilie Delorme en la matière ? On ne lui connaît pas de bagage musical hors du commun. On ne la sait pas chanteuse. On ne la soupçonne pas, non plus, d’être une instrumentiste de renom, hormis, peut-être, dans l’art de jouer du pipeau. Bref, avant de déconstruire l’art lyrique, quelques cours de solfège ne seraient sûrement pas superflus.

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  3. Coucou dit :

    Bonjour à vous, je pense que tout cela va mal se terminer,

    https://utip.io/v/FkYSEnzW

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  4. « Le peuple qui a les meilleures écoles est le meilleur des peuples, s’il ne l’est pas aujourd’hui il le sera demain. (Jules Simon)

    « Ecrire c’est se décrire ». (Jules Renard mais je n’en suis pas sûr)

    « Chacune de nous est l’enfant de ses parents, le petit enfant de ses grands parents mais aussi l’enfant de son époque. »

    Je suis l’enfant de Mai 68 mais aussi l’enfant des anciens combattants de 14/18 très présents et visibles dans mon village natal. Ils ont marqué durablement mon enfance. Je suis toujours l’enfant de mes parents aujourd’hui tous deux décédés. Parfois mon père me disait « Tu es l’enfant de Stalingrad. Sans Stalingrad ta mère et moi nous n’aurions peut-être survécu à la seconde guerre mondiale ».

    A la libération tous deux deviennent instituteurs de campagne. Ils n’ont pas le bac, juste un diplôme décerné par l’école normale de Dax pour mon père, de Mont-de-Marsan pour ma mère. Mon père restera toute sa vie dans la classe unique du village où il s’est caché pendant 4 ans sous une fausse identité. Ma mère débutera en classe unique dans un village voisin puis deviendra prof d’enseignement ménager et terminera sa carrière professeur d’enseignement général de collège.

    Ils commencent leur carrière dans un monde où la majorité des parents d’élèves, des conseillers municipaux, des maires sont favorables à l’école publique. Seuls quelques parents sont réticents et envoient leurs enfants à l’école à reculons. Ils sont confrontés à des cas d’alcoolisme et de tuberculose ( jusqu’en 1961). Les conditions de vie pour tout le monde sont spartiates. L’eau à la pompe. Peu d’électricité. Pas de chauffage central, pas de wc dans la maison. Salle de bains inexistantes. L’école c’est important. La classe de certoch c’est important. L’obtenir c’est important. Mes parents étaient heureux de la réussite et du succès de leurs anciens élèves. Certains d’entre eux ont fait des parcours de vie vraiment brillants.

    La première fracture dans l’Education nationale viendra de la suppression de classes de certoch.

    Fin première partie, je continuerai si les lectrices et lecteurs de ce blog et de son responsable le souhaitent.

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    • Annick Danjou dit :

      Tout ce que vous décrivez je l’ai connu aussi, la seule différence est que ma mère était celle qui nettoyait le poêle de la classe et faisait le ménage avec un mari invalide de guerre. Mais elle avait de l’ambition pour ses enfants, ce qu’une majorité de parents n’ont plus actuellement surtout dans les banlieues avec 90% d’immigrés dans les classes. Bien sûr il y a toujours des exceptions j’en ai connu. Pas la même culture pas les mêmes exigences. Et puis tout le monde n’allait pas au collège ou au lycée. Les gauchistes ont fichu notre système par terre en voulant que tous aillent à la fac. Moi qui suis à 100% pour l’école publique si j’avais de jeunes enfants à présent je les mettrai dans une école privée. Et puis le certoch pensez-vous que les jeunes actuellement seraient capables de passer les épreuves ?

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  6. MARECHAL dit :

     » C’est tellement rare, c’est tellement improbable, c’est tellement miraculeux que c’est peut-être ça la civilisation et la culture. Rencontrer quelqu’un qui écoute. »
    Robert Blondin

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  7. Via dit :

    Entièrement d’accord avec votre article. J’aimerais ajouter qu’avec une population scolaire dans une école élémentaire de 130 Turcs et Maghrébins, quelques Afghans, Africains, Kosovars et Albanais …et cinq Français d’origine européenne sur un total de 155 élèves, il est très difficile d’enseigner, que ce soit avec les méthodes pédagogistes les plus innovantes ou mêlées d’apprentissages plus traditionnels (autant que faire se peut). Ne parlons pas des parents, (dont une proportion importante de femmes seules – 37 sur 85-), à des années lumières culturelles de nos habitudes familiales et éducatives. On n’est plus ni instituteur, ni professeur dézécoles, on est assistante sociale, écrivain public, psychologue, confesseur, moralisateur, gendarme, médiateur conjugal et familial, et parfois chauffeur…Le choc est rude lorsqu’on se remémore les enseignants et l’enseignement dispensé à l’école, au collège et au lycée de la République qui nous ont formés et plutôt bien. C’était mieux avant ? En cas d’échec scolaire ou de peu appétence pour les études, on pouvait entrer dans la vie active, on ne comptait pas des millions de chômeurs comme aujourd’hui.

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    • Annick Danjou dit :

      On n’est plus ni instituteur, ni professeur dézécoles, on est assistante sociale, écrivain public, psychologue, confesseur, moralisateur, gendarme, médiateur conjugal et familial, et parfois chauffeur.
      Vous dites Via exactement ce que je dénonce dans mon commentaire précédent, les enseignants n’étaient pas obligés de céder à cet état de fait, ils auraient dû s’élever contre et continuer à instruire ce qui est leur métier.

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  8. Aurelien dit :

    Les enseignants de ces 40 dernières années sont pour l’essentiel d’indecrotable gauchistes,ils récoltent là le produit de leur politique : violence, médiocrité, irrespect général, nivellement par le bas.
    C’est évidemment catastrophique pour l’avenir mais voilà où conduit le gauchisme, c’était écrit. Au fond les enseignants n’ont que ce qu’ils méritent, mais pauvres enfants de France.

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  9. Alexandre dit :

    Bonsoir Maxime
    Mais à quoi vous attendiez-vous?
    Dans un pays ayant certes éclairé le Monde avec ses « Lumières », mais où l’indicateur retenu de nos jours pour évaluer sa « santé » est l’indice de la consommation!
    C’est peine perdue! On ne transmet que ce que l’on a reçu…

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  10. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Ce nouveau classement PISA, minimisé comme à leur habitude par tous nos politiciens, confirme ce que nous sommes de plus en plus nombreux à constater et dénoncer, notamment dans ce blog :
    L’effondrement de notre pays dans tous les domaines.
    Rappelez vous les prophéties de Michel Poniatowski, « que survive la France » (1991) (ancien ministre de l’intérieur au moment de la décision du regroupement familial) (1974/1977) :

    « Son âme, la France est en train de la perdre, non seulement à cause de la mondialisation, mais aussi, et surtout, à cause de la société à la fois pluriethnique et pluriculturelle que l’on s’acharne avec de fausses idées et de vrais mensonges, à lui imposer. Si cet essai a permis à quelques-uns de mesurer devant quels périls nous nous trouvons placés, il aura déjà atteint son but. (…) Ces pages peuvent apparaître cruelles. Mais elles correspondent à un sentiment très profond. Le moment est venu de traiter énergiquement le problème de l’immigration africaine et notamment musulmane. Si tel n’est pas le cas, la France aura deux visages : celui du «cher et vieux pays» et celui du campement avancé du tiers monde africain. Si nous désirons voir les choses dégénérer ainsi, il suffit de leur laisser suivre leur cours. Le campement africain toujours plus grand, plus vaste, plus illégal, grignotera d’abord, puis rongera, avant de faire disparaître tout entier le cher vieux pays, dont la défaite sera annoncée du haut des minarets de nos nombreuses mosquées. Nos temps sont assez graves pour ne pas faire appel à de médiocres facilités politiciennes. Nous allons vers des Saint-Barthélemy si l’immigration africaine n’est pas strictement contrôlée, limitée, réduite et expurgée de ses éléments négatifs et dangereux, si un effort d’intégration ne vient pas aussi compléter cette nécessaire répression. Les mesures à prendre sont sévères et il ne faudra pas que le vieux pays frémisse de réprobation chaque fois qu’un charter rapatriera des envahisseurs illégaux. Il faut donc ainsi que ce cher vieux pays restitue à l’état sa place normale. Les libéraux l’ont affaibli, les socialistes l’ont détruit. « Où sont les grandes tâches dévolues à l’État ? La Justice, l’Armée, l’Éducation nationale, la Sécurité, la Police, notre place en Europe ? En miettes. La France est à l’abandon, est en décomposition à travers le monde. Sa recomposition est dans un retour énergique à l’unité et à la cohérence, et de la Nation et de l’État. » « Si la vérité vous choque, faites en sorte qu’elle devienne acceptable, mais ne bâillonnez pas celui qui en dénonce l’absurdité, l’injustice ou l’horreur. »

    28 ans plus tard, après F. Mitterrand, J. Chirac, N. Sarkozy, F. Hollande, E. Macron, pas une seule phrase, pas un seul mot à changer.

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  11. E Marquet dit :

    Le sujet est régulièrement mis sur le tapis. On connaît depuis longtemps la déliquescence de notre système. Mais aucune mesure n’est prise pour y remédier. Le fond n’est pas loin d’être atteint.
    Il faut croire que l’élite s’en accommode parfaitement, d’autant qu’elle s’est organisée pour bénéficier des meilleures écoles et des meilleurs professeurs. Elle protège son pouvoir.
    « Il y a un art de savoir et un art d’enseigner » disait Cicéron, et Péguy en continuité écrivait «quand une société ne peut pas enseigner, c’est que cette société ne peut pas s’enseigner ».
    L’art du savoir et de l’enseignement ne semble pas être au programme du progressisme et de la modernité . Quant à la société, elle est fragmentée, multiculturelle, et ne peut donc s’enseigner, puisqu’elle n’a plus de racines communes.

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  12. Philippe dit :

    Bonjour Maxime, bonjour à tous,
    Je ne peux qu’approuver votre billet.
    Je vais vous faire part de mon expérience, trois fois par an je vais au Maroc à l’Ecole Mohamed VI de Formation dans les Métiers du BTP de Settat. Je suis ébahi par la rigueur et la discipline de cette école. Je vais là-bas pour former de jeunes enseignants chargés de former les élèves de cette école.
    J’étais à Settat au mois de septembre pour la rentrée scolaire. Je fus surpris par la discipline qui y règne. Chaque élève, filles comme garçons, ont tous la même blouse de travail, short, sandale et autres fantaisies sont interdits. Dès que les enseignants donnent le signal de rentrer en classe le silence est de rigueur, les portables sont immédiatement éteints. Pas de chahut, pas d’insultes ou d’indiscipline.
    . Vous passez à côté de chaque élève, c’est le bonjour automatique.
    Mais le meilleur est à venir, dans les halls des différentes spécialités enseignées, il y a un tableau avec des post-it, et chaque élève doit écrire pourquoi il intègre cette école. Là, stupéfaction 6 élèves sur 10 inscrivent : « Pour servir mon pays, pour qu’il progresse ».
    J’ai vu les copies et les notes c’est l’excellence.
    Tout est noté, l’assiduité et le comportement, par des points négatifs, (l’élève dispose d’un crédit de 15 points, 10 pour l’assiduité et 5 pour le comportement), qui à terme mène à l’expulsion définitive, si l’élève arrive à 11 points négatifs. Dans le règlement intérieur il est noté : Les stagiaires ont l’obligation d’assister à tous les cours inscrits dans leur emploi du temps, aux évaluations de contrôles continus ainsi qu’aux examens.
    Il est noté aussi : « Les dégradations (y compris les graffitis) et les pertes constatées doivent être
    Consignées dans un rapport rédigé, dans un délai de 24 heures,
    Celles-ci doivent être réparées les frais sont à la charge de l’auteur sans préjudice des sanctions disciplinaire et de poursuites judiciaires. Les stagiaires sont tenus: de préserver les biens mobiliers et Immobiliers. De s’abstenir d’apposer des graffitis sur les tables, les murs ou sur toute propriété de l’établissement. De respecter la propreté de l’établissement notamment les espaces de formation, communs et de confort. Ils ont un comité d’auto discipline.
    J’ai eu l’occasion d’aller dans différentes écoles du Maroc, le respect de l’enseignant et des règles est présent.
    J’ai vu des copies rédigées dans un français impeccable, pour ma part ce que j’ai vu des devoirs de mathématiques c’est un très bon niveau.
    Toutes les écoles portant le nom Mohamed VI visent l’excellence, le gout de l’effort.
    Là-bas je vis et dors chez les locaux et j’apprends beaucoup des marocains et de leur désir de faire évoluer ce pays. C’est un pays où de nombreuses valeurs sont de rigueurs.
    Pour ma part enseigner dans ces écoles est un vrai bonheur, c’est une question à la minute, nous n’avons pas face à nous un auditoire passif, blasé. En 2020 j’ai encore trois stages de prévu et j’en suis ravi.

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  13. Sganarelle dit :

    En favorisant les mathématiques aux dépens de la littérature et de l’Histoire et en abandonnant le latin et le grec nous avons consIdérablement appauvri ce qui était la base de culture.
    Une pensée pour la regrettée Jacqueline de Romilly qui n’a pas cessé en son temps de tirer la sonnette d’alarme ..elle a expliqué mieux que quiconque comment l’absence de lettres et de vocabulaire pouvait avoir une influence favorable sur l’éclosion de la violence que nous connaissons maintenant.
    Toutefois la baisse de niveau semble mondiale et la crise de l’enseignement est générale.
    Le coût des études aux USA par exemple est tel que les étudiants s’endettent lourdement et si en université les classes sont plus calmes elles ont aussi leur lot d’étudiants névrosés et instables.
    Nous vivons une époque difficile où les slogans de Mai 68 continuent leur travail destructeur spécialement dans les mœurs; or il est impossible de retourner en arrière car l’étudiant Wikipédia n’a rien à voir avec celui qui traduisait Cicéron. armé de son Gaffiot. En revanche on pourrait insister davantage d’une part sur sur le respect dû aux enseignants et de l’autre sur les bases grammaticales et littéraires qui manquent dangereusement à tous nos diplômés même de haut niveau.
    Cela demanderait aussi un effort de la part des parents qui abandonnent aux enseignants une éducation qu’ils sont incapables de donner.
    Quoiqu’il en soit il est évident que n ayant pas les outils techniques actuels nos grands- parents étaient obligés de faire travailler davantage leur mémoire et leur imagination , sans télévision ni jeux divers ils lisaient beaucoup plus . Tout n’est pas là faute de l’enseignement actuel mais sans retourner au latin, plaider pour la lecture et plus d’enseignement en lettres classiques serait peut -être l’amorce pour nos jeunes d’une tête bien faite.

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    • Sganarelle, tout à fait vrai, je pense la même chose que vous, sauf pour les maths: c’est une école de rigueur sans équivalent.
      MT

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    • Janus dit :

      Mais le Gaffiot permettait de mieux comprendre sa propre langue : L’analyse philologique que nous faisions sans nous en rendre compte nous construisait un vocabulaire riche..A tel point que j’ai gardé le mien et qu’il m’arrive d’y chercher tel ou tel mot par curiosité, pour mesurer l’évolution sémantique du mot d’origine à son équivalent en français. très amusant et très enrichissant. Et selon mon souvenir, les meilleurs latinistes de nos classes n’étaient pas systématiquement les fils de tabellion ou d’avocat. !
      Je ne vois pas pourquoi ce que nous avons reçu ne pourrait pas être transmis à la nouvelle génération. Seule est essentielle la sélection : Tous ceux qui le peuvent doivent recevoir la formation la plus complète, les autres sont du ressort d’une autre filière, plus concrète et moins exigeante, mais non moins utile à la nation.

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  14. Janus dit :

    Avant de lire votre texte que j’approuve en tout, je venais de lire cet article qui illustre bien le délire destructeur de nos dirigeants et notamment ceux qui gèrent le ministère de l’éducation nationale : https://www.lesalonbeige.fr/enseigner-en-absurdie/ NB la personne qui témoigne est docteur en philosophie.
    Une petite réflexion personnelle : Je suis né dans une famille de province comptant 8 enfants. Mon père , médecin, avait fait Math sup et Math spé puis médecine et l’internat de Paris. J’ai moi même suivi des études de droit. Lorsque je me comparais à mon père au plan de la culture générale, je constatais déjà que je n’avais pas le même niveau de connaissances générales (et de loin). En première année de droit, en 1970, durant les premières heures de cours, je fus stupéfié par l’inanité des questions posées par mes condisciples : Ce qui était du vocabulaire courant ou connu de moi semblait leur poser un problème majeur : On était bien déjà dans les premiers effets de la dégradation de la formation scolaire. L’amphi avait déjà perdu la moitié de ses protagonistes dés le second semestre…
    Entre une formation scolaire des années 20 et la mienne durant les années 60 il y avait déjà eu une chute brutale du niveau des formations tant au plan de la complexité de la formation que de son étendu. Et cette chute m’était déjà sensible et consciente et douloureuse.
    La génération de mes enfants a souffert beaucoup plus encore de cette effondrement : L’un d’entre eux, polytechnicien brillant ayant poursuivi ensuite dans la recherche universitaire (à l’étranger…) a des lacunes dans sa culture historique essentiellement due aux formations initiales :Ce que la culture du milieu familial a pu diffuser ne compensera JAMAIS pour la plupart des enfants ce que l’enseignement général ne leur a pas apporté : Question de temps, de disponibilité et de compétences pédagogiques. Imaginez ce qu’il en est des milieux moins favorisés ou moins enclin a donner une valeur fondamentale à la Culture ?
    Le désastre est là et il faudra plus d’une génération pour redresser la situation et ceci avec la concurrence des outils numériques qui polluent gravement les esprits et les détournent de l’effort intellectuel qui est le seul qui permette apprentissage et mémorisation.
    Par ailleurs, le melting pot ne fonctionne pas dans le sens souhaité pour ce qui est de la formation scolaire.
    Quant à M. BLANQUER, je ne crois pas du tout qu’il ait en quoi que ce soit essayé de faire évoluer l’institution dont il a la charge vers une meilleure performance. Tout ce qu’il a fait est de nature cosmétique et en large partie inspiré par les délirants pedagogistes, dont il s’est contenté de virer quelques uns des plus nocifs. Et son appel à Stanislas Dehaene n’est que de la poudre aux yeux : Il a l’exemple des jésuites partout dans le monde et de leur réussite éclatante dans le domaine de la formation, s’il a besoin d’un modèle éprouvé tout au long des siècles pour redresser l’éducation nationale..
    Blanquer n’est qu’un syndic de faillite et rien d’autre.
    Quel que soit le sujet abordé, nous sommes contraints de voire avec effroi la décadence dramatique de toutes les institutions de notre beau pays. Mais celui qui n’a pas de mémoire, pas de culture même scolaire, ne saurait voir cet effondrement et cela arrange bien, si ce n’est le but, nos dirigeants

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  15. artofuss dit :

    A reblogué ceci sur MEMORABILIAet a ajouté:

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  16. colococo2 dit :

    Une seule réflexion… « Mais de la faute à qui ? «  Qui osera poser la question…. et surtout la réponse ( que je connais bien évidemment ). en tout cas pas de la faute à moi ! 😡😡😡

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  17. Jean-Bernard Lasserre dit :

    Étant comme vous le savez déjà professeur de lycée, je ne peux que souscrire à votre analyse de la situation de notre éducation nationale.
    Malheureusement, la réforme Blanquer ne fera qu’aggraver les choses car c ‘est , malgré le deiscours de façade, la même idéologie gauchiste et egalitariste qui prévaut. En fait, le ministre est un opportuniste, à l’image de la majorité au pouvoir.

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  18. Pierre-Jean dit :

    Il faut attribuer à l’immigration un rôle essentiel dans cet effondrement, le mot n’est pas trop fort, de l’enseignement en France. Le niveau d’exigence du lycée a été délibérément abaissé afin de permettre aux adolescents issus de l’immigration arabo-musulmane d’y rester. Tout le monde sait en effet, sans oser le dire, que beaucoup de problèmes, de discipline notamment, proviennent de cette population.

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    • Annick Danjou dit :

      Tout à fait d’accord avec vous j’ai enseigné dans des zones difficiles et j’ai constaté ce que vous mentionnez. Nos enfants en ont souffert également. Mais je dois ajouter que nombreux enseignants dans ces quartiers ont donné les bâtons pour se faire taper dessus. J’ai vu des écoles où ils se prenaient pour des assistantes sociales. Un jour j’ai quitté la salle où se trouvait l’inspecteur en disant que mon métier était d’instruire et non pas d’éduquer et surtout de ne pas prendre le rôle d’assistante sociale. Après cet épisode on m’a beaucoup aimée dans cette école. J’en suis partie en cours d’année. Et j’ai pris une retraite anticipée.
      .

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    • Tracy LA ROSIÈRE dit :

      Tout à fait de votre avis !
      On dit les « quartiers déshérités »…
      Que c’est bon, qu’il est doux de lire pareil euphémisme couramment utilisé par la classe progressiste-diversitaire et qui n’a d’autre but que de cacher la réalité.
      Là est pourtant bien le noeud du problème : une immigration débordante « bas de gamme ». Comment hisser vers le haut une masse qui s’y refuse ?
      Je suis certainement le dernier pour porter un jugement en ce domaine qui n’est pas le mien mais je vois, je constate : un petit fils qui rend un devoir truffé de fautes de Français et, en retour, juste quelques traits en rouge, débonnaires et qui trahissent le désabusement. Les parents, progressistes-diversitaires, ne mouftent pas.

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    • Anne dit :

      C’est évident.

      Mais la débilité des fdesouche n’est pas en reste. C’est à celui qui sera le plus abject.
      Je suis allée ce soir dans une librairie cotée de Paris pour acheter des livres pour enfants. J’au dû supporter pendant une demi-heure un individu qui téléphonait assis sur un banc devant les livres, ne se rendant pas compte qu’il gênait et ne se dérangent même pas pour changer de place ou aller téléphoner à l’extérieur de la librairie.

      De même deux bonnes femmes assises par terre devant les livres, papotant et empêchant l’accès aux livres.

      Tout ceci au milieu des hurlements de leurs chères têtes blondes qui en fait n’étant pas là pour les livres mais pour se battre entre eux.

      Je suis de l’ancienne génération. Je respecte les livres. Mais visiblement ce n’est plus le cas de la part de fdesouche abrutis et mal élevés. Il n’est pas nécessaire du classement Pisa pour voir que l’intelligence de nos compatriotes a baissé.

      Finalement je suis partie.

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