Histoire: le spectre de décembre 1995 (pour Figaro Vox)

« L’histoire ne se répète pas, elle bégaye aurait dit Marx. « Puisque tout recommence toujours… » a écrit le général de Gaulle. Certains événements d’une gravité exceptionnelle imprègnent pour des décennies la conscience des peuples. Le mouvement social de novembre et décembre 1995, qui avait entraîné un blocage des transports publics pendant trois semaines, a profondément traumatisé les Français, bouleversé leur vie quotidienne et provoqué un séisme politique dont les conséquences se font encore sentir.

Or, le spectre de cette crise resurgit aujourd’hui. Les éléments de ressemblance sont nombreux : en 2019 comme en 1995, un front presque uni des syndicats pour appeler à la grève et aux manifestations ; au cœur de la mobilisation, un sujet identique, la remise en cause des régimes spéciaux de retraite ; la période de déclenchement des hostilités, à veille de la pause sacrée des vacances de Noël et des « Fêtes ».

Le contexte politique comporte de nombreuses ressemblances. La fin de l’année 1995 était dominée par une immense désillusion. Quelques mois auparavant, l’élection de Jacques Chirac à la présidence de la République avait provoqué un élan d’espoir dans le pays. Les Français croyaient en la parole politique. Ils attendaient un chef de l’Etat, qui, conformément à sa promesse de campagne, placerait au premier plan de ses priorités la « lutte contre la fracture sociale ». Or, les six premiers mois du « dernier septennat » furent dominés par l’impératif de « qualification de la France » aux critères de Maastricht en vue du passage à la monnaie unique européenne. Une nouvelle poussée de chômage fut la conséquence directe de la politique de rigueur et de hausse des impôts.

La période actuelle est tout autant marquée par une intense déception politique des Français. En 2017, ils ont élu le plus jeune président de l’histoire, qui promettait « un nouveau monde », « l’exemplarité », « la transformation de la France ». Deux ans et demi plus tard, dans une France toujours plus abîmée – pauvreté, exclusion, scandales, échecs de la lutte contre la violence et de la maîtrise de l’immigration, chômage massif, poussée du communautarisme – l’impopularité du chef de l’Etat et de l’équipe au pouvoir atteint de nouveaux sommets.

Cependant, les deux époques se distinguent par des différences sensibles. Tout d’abord la société française est beaucoup plus fracturée aujourd’hui qu’en 1995. La vague terroriste islamiste qui frappe la France depuis 2012 et la succession des massacres commis sur le sol national favorisent un climat d’angoisse en l’avenir. La situation des cités de banlieues ou « territoires perdus de la République » demeure explosive. A cela s’ajoute la révolte de la France profonde, ou des « ronds-points » qui s’est manifestée à travers la crise des Gilets Jaunes. Les mécontentements catégoriels s’enchaînent les uns aux autres : agriculteurs, étudiants et lycéens, professeurs, cheminots, personnel hospitalier, etc.

Pire : en 1995, les mots Etats, politique, démocratie, autorité, pouvaient encore avoir un sens. Aujourd’hui, l’image de l’exercice du pouvoir se présente, aux yeux des Français, comme une fuite dans la communication, les soubresauts d’une parole intarissable, l’enchaînement des postures. Bref, le grand spectacle narcissique s’est substitué à l’autorité de l’Etat. A l’époque, quelques garde-fous de bon sens pouvaient permettre, en cas de crise majeure, de permettre au pays de sauver au moins les apparences. Dans une logique conforme à l’esprit de la Ve République, le Premier ministre, M. Alain Juppé, prenait les coups et protégeait le chef de l’Etat qui restait en retrait. Aujourd’hui, l’occupant de l’Elysée est seul en première ligne.

La crise de 1995 avait entraîné un véritable séisme politique. Le Premier ministre, Alain Juppé, a sombré dans les ténèbres d’une vertigineuse impopularité. Les Français ont mis 15 ans à lui pardonner. La dissolution et la défaite électorale de 1997, l’arrivée au pouvoir de la « gauche plurielle », en furent les conséquences directes. Dans une situation politique, sociale, morale, infiniment plus explosive aujourd’hui qu’en 1995, le déclenchement d’un conflit social de même nature pourrait plonger la France dans un chaos politique et social indescriptible et privé de toute issue prévisible.

 

 

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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15 commentaires pour Histoire: le spectre de décembre 1995 (pour Figaro Vox)

  1. Janus dit :

    Un petit article pour vous redonner à tous le moral : N’attendez rien des français, sinon la répétition à l’infini de leurs erreurs et de leur indifférence coupable à la chose publique. :https://www.dedefensa.org/article/taine-et-le-cretinisme-du-francais-de-souche
    Personnellement, je trouve cet article rassurant : Dans la médiocrité et la bêtise, rien ne change. C’est cela la France éternelle, si bien décrite par Louis-Ferdinand Céline dans ses romans et ses pamphlets…
    Au fond, la France ne fonctionne bien qu’avec des hommes forts, mais les contre pouvoirs étant inexistants tant les français sont indifférents aux valeurs morales, l’homme fort va toujours à l’excès, son hubris. et cela se répète de siècle en siècle jusqu’à la fin.
    « Je regrette que mes affaires m’obligent de quitter si tôt ces lieux (Paris) où fleurissent les sciences et les arts. Je regrette que cette belle ville soit destinée, tôt ou tard, à souffrir un grand dommage à cause du luxe et de la licence qui y règnent et à dépérir par la puanteur… » Pierre le grand Tsar de toutes les Russies 1717

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  2. Philippe dit :

    Bonjour Maxime, bonjour à tous,
    L’erreur des français fut de croire que Macron était l’homme providentiel, l’homme providentiel n’a jamais existé et n’existera jamais. Ce sont les événements qui font les grands hommes. De plus Macron s’est entouré de jeunes sans expériences qui se prennent pour des êtres supérieurs et plus intelligents qu’autrui, et, pour les plus âgés d’opportunistes sans envergure qui ne sont en fait que de minables petits carriéristes.
    Qu’un jeune président soit au pouvoir ne soit pas dérangeant en soit, certes, mais il doit savoir s’entourer de gens d’expérience, de personnes ayant un vécu. Les grands hommes ou femmes jeunes qui furent à la tête d’Etats ou d’Empire ont toujours su s’entourer de gens d’expérience.
    L’histoire nous démontre aussi que lorsque des gens accédèrent au pouvoir en se prenant pour des êtres supérieurs, faisant table raz du passé en serinant qu’ils feraient un monde meilleur, un nouveau monde pour le peuple, il s’est avéré qu’ils firent pire que leur prédécesseur (Lénine, Pol pot, Pinochet, Mao, Franco et bien d’autres). Macron est un despote, nous sommes dans la société de la table raz, de la pensée unique, de la criminalisation de la pensée et de la parole. La délation est devenue la règle, la présomption d’innocence est jetée aux oubliettes.
    Mon frère revint du congrès des Maires complétement désabusé, et ne supporte plus l’air condescendant de Macron. Il ne peut s’empêcher de prendre les gens de haut, dire que lui seul détient l’unique vérité. Mon frère et beaucoup de Maires partirent avant le fin de son discours.
    Voyageant dans toute la France dispensant des cours a de nombreux stagiaires de toutes catégories socioprofessionnelles, je constate que la fracture avec le pouvoir en place est flagrante. Ouvriers, employés, cadres, chef d’entreprises ne supportent plus Macron et le gouvernement. L’Etat Macron a perdu toute légitimité, d’où la défiance permanente.
    Ce qui est inquiétant, c’est aussi la montée des intégrismes, Islamiste, végan, féministe, écologiste etc. Tout le monde croit détenir l’ultime vérité, la France est devenue bipolaire, d’un côté les forces du bien et de l’autre les forces du mal. Plus de dialogue, plus de débat d’idées, la secte politico-médiatique ne fait qu’envenimer ces divisions, exacerber les haines. Il faut faire croire aux français qu’ils n’ont pas le choix, « moi le dieu Macron ou le déluge et le chaos ».
    Nous ne sommes pas loin de la rupture et je pense que la fin de ce quinquennat sera très très mouvementé.

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  3. carlo dit :

    « L’objectif était de réduire et limiter l’évolution des pensions de retraite. »
    Absolument. Et, de plus, combien coûtera finalement cette réforme censée nous faire réaliser des économies s’il faut accorder des milliards aux uns et aux autres pour la faire accepter et satisfaire l’ego de celui qui l’a initiée ?
    Ce que les Français ne devraient plus admettre est qu’on leur demande toujours davantage de sacrifices, comme par exemple le recul progressif de l’âge de leur départ à la retraite et la baisse prévisible, et en fait voulue, du montant de leur pension, alors qu’en même temps, justement, ou plutôt très injustement, l’argent coule à flots pour financer toutes sortes de pseudo-investissements inutiles, à l’instar de ceux que réalisent tous ces maires qui espèrent se faire réélire en engageant des travaux pharaoniques financés par l’emprunt. 
    Au-delà du mouvement du 5 décembre,  dont il y a lieu de souhaiter qu’il mettra un terme aux velléités réformatrices nocives d’EM, il faut espérer que les prochaines élections municipales se traduiront par une prise de conscience aboutissant à l’élection de maires proposant des programmes inspirés par un plus grand souci de sobriété.

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  4. Aurelien dit :

    Bonjour,vous pouvez également rajouter un président narcissique,deconnecte total comme en témoigne ses prises de position cette semaine : -remise en question de l’opex au Mali alors que nos soldats viennent à peine de tomber (sur le fond je suis d’accord mais sur la forme c’est odieux )
    – l’affaire de l’OTAN : ses propos sont nuisibles car au Mali l’armée Française à bien besoin des USA, l’Allemagne est horrifiée et Erdogan vient de le recadrer comme un élève de Collège…Bravo l’artiste!
    – Ajoutons ses propos sur la Russie qui décidément ne comprends rien à l’univers indépassable du progressisme,avenir radieux de l’humanité…

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  5. Annick danjou dit :

    Maxime, c’est un vrai black friday!!

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  6. Pierre-Jean dit :

    Maxime Tandonnet,
    Pourquoi parler de « spectre » ? De cette crise sociale, il peut sortir du positif aussi. Chacun perçoit bien, et vous le premier, que la situation actuelle ne peut se prolonger sans graves inconvénients pour la France : il faut en sortir, et si l’on en sort ce ne sera pas nécessairement le cataclysme craint par vous.

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  7. Janus dit :

    Les deux époques se ressemblent, mais avec quelques différences : Alain JUPPE et le roi fainéant n’avaient pas l’intention d’utiliser la police et les forces de sécurité de manière brutale, l’équipe de Chirac, bien qu’en large retrait par rapport aux équipes ministérielles du gaullisme triomphant, était d’une autre envergure que les pitoyables seconds couteaux qu’a péniblement rassemblé le Président Macron, le parlement n’était pas aux abonnés absents comme l’est celui d’aujourd’hui.
    Nous n’étions pas en crise économique puisque l’imbécillité suicidaire de l’euro n’était pas en place. Bref les conditions réelles n’étaient pas aussi dramatiques. Il me semble que si quelque chose de « révolutionnaire » devait naitre de ce mouvement du 5 décembre, une large partie des français, tout au moins au début, regarderait cela avec un certain sadisme et sans bouger tant Macron a réussi a être méprisé et détesté par tous, sauf les bourgeois catholiques qui trahissent toujours leur pays et leur foi (Les pharisiens restent toujours des pharisiens )
    La période ressemble de plus en plus à 1848 … Hauts les cœurs ! Montjoie ! Saint-Denis ! Deus Vult !

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  8. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et tous,
    Difficile de prévoir comment se passera cette nouvelle grève générale. Ce qui est certain c’est qu’elle sera largement suivie et même soutenue par délégation par celles et ceux qui ne bénéficient pas d’un régime spécial de retraite, il y a tant de mécontents et des millions de pauvres qui encore une fois ont entendu la nouvelle provocation d’E. Macron estimant que la France était trop négative. Comment ne pas être négatif lorsque l’on ne vit pas mais que l’on survit avec des pensions et des salaires ridicules ? Ce monsieur ne connait rien des Français qui souffrent.
    L’inconnu demeure ce que feront nos étudiants et la jeunesse des quartiers sensibles. S’ils se joignent à la manifestation il y a fort à parier que la situation deviendra extrêmement complexe et beaucoup plus dangereuse.
    Ce qui est certain c’est que l’hubris et les promesses d’E. Macron vont être mises à rude épreuve car je ne vois pas comment il pourrait se sortir de ce bourbier sans reculer fortement sur la date d’application de cette réforme dans la mesure où elle serait maintenue et sans promettre des dizaines de milliards d’euros pour faire accepter, notamment par les salariés du secteur public, un projet mal pensé, mal étudié, mal vendu, mal présenté et aussi contesté par l’ensemble des salariés qui ont bien compris que l’objectif était de réduire et limiter l’évolution des pensions de retraite. Comment un calcul effectué sur l’ensemble d’une carrière professionnelle pourrait être à minima aussi avantageux qu’un calcul fait sur les 25 meilleures années ou les 6 derniers mois d’activité pour les fonctionnaires ?
    « La crise de 1995 avait entraîné un véritable séisme politique. » Celle à venir s’annonce pire car cette fois, ni les partis politiques républicains, tous à l’agonie, ni les syndicats complètement dévalorisés et inaudibles ne pourront la maîtriser et la contenir. Quelle en sera l’issue ? Un changement de gouvernement suffira-t-il à calmer la colère de la majorité des Français…ce n’est pas certain !

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  9. Michel Fremondiere dit :

    l » occupant de l » Elysée va le payer un jours, encore un peut de patience ,,,il est partout , veut tout faire ,tout modifier ,alors a quoi bon un premier ministre ,plus il passe a la télé, plus y énerve les gens ,attendons cette grève ,après cela va chauffer,

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  10. Tarride dit :

    Cher Maxime Tandonnet

    La situation de la France et Decembre 2019 ressemble effectivement à celle de 1995 mais….

    – Les mouvements sociaux annoncés longuement à l’avance réussissent rarement autant qu’il est annoncé. Il suffit d’ailleurs qu’il soit un succès et non une avalanche pour que les commentateurs indiquent qu’il a plutôt échoué.

    – En 1995 il y avait une opposition. L’opposition d’aujourd’hui est exactement celle que le pouvoir espère, au point qu’il est certain qu’il la favorise pour « refaire le match ».

    – En revanche, et cela n’est pas plus rassurant, les pulsions révolutionnaires étaient faibles sinon inexistantes en 1985, 1968 avait guéri les bobos. Aujourd’hui, elle pourrait se révéler plus forte ce qui accèlèrerait le mouvement vers la catastrophe.

    – Enfin, et peut être surtout, je ne vois pas poindre de programme politique de rechange. Si une crise sociale de longue durée devait survenir, en Decembre ou un peu plus tard, il me semble que l’opposition devrait l’exploiter non pour pousser de cris mais pour se mettre autour d’une table entre gens de bon sens et qui refusent l’extrémisme même s’ils ont été opposés naguère par la fracture Droite- Gauche.

    De cela, nul ne parle aujourd’hui.

    Etienne Tarride

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  11. pabizou dit :

    Il est grand temps que les français se debarrassent du socialisme et de cet état obése qui ruine le pays et fait fuir les entrepreneurs en devenir que sont les jeunes diplomés qui fichent le camp, à juste raison d’ailleurs . Quant à associer austérité et matraquage fiscal …c’est une drôle de manière de cacher la Mère Dochat de l’achat de la paix sociale payée d’abord par ceux qui continuent à tirer la charrette déjà bien surchargée . Il n’y a jamais eu d’austérité en france, électoralisme oblige … Comme le disait Mme Thatcher  » le socialisme cesse lorsque arrive la fin de l’argent des autres » . Ce moment arrive à grand pas, et, à mon avis, c’est une bonne chose .

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  12. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Quand vous écrivez : « Les Français ont mis quinze ans à lui pardonner », je me demande qui sont ces Français qui, d’après vous, ont pardonné à Alain Juppé ?

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  13. Il y a effectivement des ressemblances avec 95. En pire ! Chirac avait fait la même erreur que Macron, à savoir considérer qu’une majorité de deuxième tour lui donnait le droit de gouverner comme s’il avait une véritable majorité d’approbation. Quand comprendra t on en France qu’on ne peut gouverner qu’avec un projet vraiment soutenu ? Cela implique forcément dialogue et compromis. Même dans notre système électoral très spécial, il serait tout à fait possible qu’avant une élection majeure chaque force en compétition présente ses grandes orientations. Le vainqueur ne mettrai ensuite en œuvre que les orientations soutenue par plusieurs de ces forces représentant une vraie majorité. Cela impliquerait bien sur que les différentes forces se respectent, dialoguent et privilégient dès l’avant élection les rapprochements plutôt que les clivages. Cela signifie aussi, dans un système à deux tours, que les deux finalistes ne peuvent s’en tenir à leur programme de premier tour. Ils doivent le réviser et le dire clairement. Et comme cela ne peut pas raisonnablement se faire en quelques jours entre les deux tours, cela signifie que les débats doivent être ouverts bien avant.

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    • carlo dit :

      @Jean-Claude Barescut
      « Chirac avait fait la même erreur que Macron, à savoir considérer qu’une majorité de deuxième tour lui donnait le droit de gouverner comme s’il avait une véritable majorité d’approbation. »
      Absolument, mais cela a été surtout vrai en 2002, lorsque JC a été élu au 2ème tour face à JMLP.
      L’idée dominante est que les électeurs doivent trancher en toute clarté entre deux offres guvernementales au 2ème tour de l’élection présidentielle. Mais cette façon de présenter les choses est éminemment fallacieuse.
      D’abord une élection présidentielle n’a pas pour but de valider un programme de gouvernement dont il n’est d’ailleurs pas dit que le Président élu obtienne ensuite une majorité pour l’appliquer, ou plus exactement pour le faire appliquer, car la Constitution ne lui donne pas le pouvoir de gouverner, ce qu’il ne peut faire que parce que le 1er Ministre, devenu un simple collaborateur, et l’Assemblée nationale, devenue une simple chambre d’enregistrement, acceptent, par manque de courage, de se laisser déposséder de leurs propres pouvoirs.
      Ensuite, les Français ne tranchent pas toujours entre deux offres politiques dans la mesure où le Président n’est pas nécessairement élu par une majorité de citoyens, certains votant blanc ou nul, ou s’abstenant. Ceux qui n’ont pas « validé » son programme peuvent donc être plus nombreux, voire beaucoup plus nombreux, que ceux qui l’ont « validé ».
      Enfin, les vrais libéraux (sur le plan politique) sont en principe hostiles à la tyrannie de la majorité. Ils devraient donc prôner la recherche de solutions consensuelles, telles qu’elles peuvent émerger d’un vrai débat parlementaire, au lieu de cautionner l’idée aberrante, qu’ils partagent paradoxalement avec la plupart des populistes, qu’un homme peut représenter à lui seul tout un peuple et prendre toute décision en son nom.

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