La crise de l’autorité de l’Etat (pour Atlantico)

Ci-dessous mon dernier entretien avec Atlantico. Consacré aux mouvements sociaux en cours et à venir, il débouche sur un commentaire relatif à l’autorité de l’Etat. Le sujet n’est pas d’accabler l’équipe actuelle. Le drame français (et occidental), est bien plus vaste. la médiocrité de la classe dirigeante (de l’extrême gauche à l’extrême droite) est une conséquence autant qu’une cause. La France est entrée dans une logique de chaos: mouvements sociaux anarchiques, banalisation de la violence quotidienne et des actes de terreur, fragmentation communautaire, émeutes des banlieues, révolte de la France profonde (Gilets Jaunes). Tous ces faits ont un point commun: la crise de confiance en la politique et la déroute de l’autorité de l’Etat, qui est un phénomène de long terme. Une société sans pilote, sans gouvernement inspirant la confiance d’une majorité – confiance et autorité sont deux face d’une même réalité – ne peut que se déchirer et se déliter avant de sombrer dans le chaos.

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Mais au-delà de cette question [des mouvements sociaux], il faut bien voir que la société française est une poudrière. Le fond du problème est la crise de légitimité de ses dirigeants politiques qui ont perdu la confiance du pays. Cela ne touche pas seulement les personnalités au pouvoir mais l’ensemble de la classe politique et le phénomène est de long terme. Nul ne semble en mesure de gouverner le pays, d’imposer une autorité et de restaurer une confiance. Dans ce contexte chaotique, le risque pour la paix civile est celui d’une conjonction des révoltes : syndicats, ronds-points de la France profonde, banlieues… La situation est explosive.

Maxime TANDONNET

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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16 commentaires pour La crise de l’autorité de l’Etat (pour Atlantico)

  1. michel43 dit :

    la France n « est pas une exceptions ,tout les pays on leurs chaos ,mieux informer ,les gens bouge,on ne peut plus rien cacher , même pas les trafics en tout genre, drogue ,malversations, en tout genres ,donc les gouvernement font ce qu » il peuvent ,réformer est un sport a risque ,demander a Macron

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  2. MARECHAL dit :

    Débattre pour ne communiquer aucun résultat d’une réflexion. Parler pour parvenir lui-même à ne rien comprendre de ce qu’il ne maîtrisait déjà pas …
    Une spécialité chez Macron ..

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  3. E Marquet dit :

    « De petite étincelle naît souvent grand feu » dit un proverbe provençal, et depuis quelques temps les étincelles ne manquent pas. On a du mal à imaginer que toutes ces braises qui couvent sous la cendre ne finissent un jour prochain par s’enflammer pour de bon. Et l’incendie risque alors d’être incontrôlable.

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  4. Bernat D. dit :

    Il est certain que les dirigeants n’inspirent plus confiance. Mais je pense aussi que les Français ont un peu pris « la grosse tète  » quelques soit le milieu, le niveau de vie et de capacités, tous se croient capables de faire mieux que le voisin et même pourquoi pas diriger le pays…!, il ne faut plus de chef ni de patron. J’ai commencer à travailler à 14 ans, je ne me suis jamais offusquée de ne pas avoir même train de vie que mes patrons ou patronnes. (bien que je pense maintenant qu’il y avait un peu d’abus). les temps ont changés il est normal que les gens aspire à une vie plus agréable mais je trouve qu’il y a vraiment un e folie qui s’est emparée des gens… Merci pour vos posts que je suis assidument, j’ai beaucoup aimé votre livre  » Au centre du volcan »

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    • Annick Danjou dit :

      Juste une petite remarque au sujet de votre commentaire. Nous organisons des congrès scientifiques et étions au Canada la semaine dernière, nous parlions avec des collègues et amis américains de ce qui se passe actuellement aux US, ces politiques qui veulent que les riches paient pour les pauvres et qui prennent maintenant notre pays en exemple (voir frais universités). Je leur faisais remarquer que sans riches il y aurait plus de pauves et que venant d’un milieu social très ordinaire, nous n’avons jamais été jaloux de ceux qui gagnent beaucoup d’argent en bossant, ni des patrons etc…et que si les USA devenaient socialistes, ils déchanteraient très vite. Mais on a mis dans la tête des jeunes qu’ils pouvaient tous être riches, patrons, beaux, intelligents, présidents et jeunes surtout… mais on ne les a pas encouragés à bosser!!! Ils prennent des années sabbatiques avant de faire quoique ce soit, vivent aux crochets de papa et maman et méprisent les vieux qui à leurs yeux ont profité sur leur dos. Vous avez commencé à travailler à 14 ans, j’en connais aussi bien d’autres, allez faire bosser tous ces jeunes à 14 ans, ils sont déjà incapables de rester 5 minutes au travail sans regarder leur iphone. Tant qu’il n’y aura pas une vraie prise de conscience, ce pays continuera à sombrer.

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  5. H. dit :

    Bonsoir Maxime,

    D’aucuns sont très pessimistes tant la crise est importante: https://lecolonel.net/quand-la-republique-tombera/
    Extrait: « Les événements du 1er décembre 2018 n’auront donc pas servis de leçon à notre exécutif. Pourtant, lorsqu’Emmanuel Macron de retour de l’étranger rejoint à sa descente d’avion son Directeur de Cabinet, ce dernier lui tient des propos qui font froid dans le dos et qui illustrent l’ampleur des événements que le pays a traversé ce jour là : « Monsieur le Président, nous étions à deux doigts de perdre le pays ». »
    On peut penser que l’auteur de ces lignes sait de quoi il parle vu son profil. Ce n’en est que plus inquiétant.

    Bonne soirée

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  6. olivier seutet dit :

    Je ne crois pas que la France soit déjà une poudrière. Elle peut le devenir à force de défaillance de l’autorité : celle des gouvernements qui s’enfoncent dans la médiocrité (des lois mal rédigées, verbeuses, souvent inutiles, oublieuses de principes simples), le court-termisme (l’abandon de la réduction de la dette et des effectifs de la fonction publique) et surtout la faiblesse face au chantage (les gilets jaunes, les cheminots, les étudiants); celle des pouvoirs intermédiaires qui préfèrent le populisme et abdiquent de peur devant les lobbies (les entreprises et les municipalités tétanisées par la gestion des minorités musulmanes); celle des familles à qui l’on dénie tous pouvoirs sur leur progéniture, que l’on ridiculise avec de prétendues familles recomposées, décomposées, artificialisées et que l’on dépouille fiscalement.
    Mais l’autorité est dénoncée lorsqu’elle n’émane pas d’une idéologie totalitaire. Elle contrevient à l’idéal soixante-huitard d’un individualisme forcené, de l’abandon de toute contrainte et d’une redistribution forcenée au profit de soi et aux dépens des autres. La France n’est pas une poudrière, elle est un pays d’enfants gâtés.

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  7. carlo dit :

    « Le fond du problème est la crise de légitimité de ses dirigeants politiques qui ont perdu la confiance du pays. » 
    Cette crise de légitimité n’est-elle due qu’à l’incompétence des politiques et au fait qu’ils privilégient souvent leur intérêt propre à l’intérêt commun ?
    Ne s’explique-t-elle pas aussi par le fait que les citoyens veulent désormais, et à juste titre, décider eux-mêmes de l’avenir de leur pays ?
    Les élites politico-médiatiques ne veulent pas entendre cette revendication qui était portée par le mouvement des gilets jaunes et à laquelle, contrairement à d’autres, le pouvoir a refusé d’apporter la moindre réponse.
    Est-il acceptable qu’un PR décide de ratifier un traité auquel les électeurs s’étaient opposés par référendum ?
    Est-il normal que son successeur annonce à la television, lors de la présentation de ses voeux, un changement de politique économique qui n’avait été précédé d’aucun débat, ni dans le pays, ni même au Parlement ?

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  8. Bernard dit :

    Bonjour à tous,
    Y a t il un pilote dans l’avion ? Oui mais de façon imagée pas aux commandes efficaces. La situation est polluée par trop de pensées électoralistes qui brouillent tous les messages. On ne peut pas tous les deux ans et demi se re-pencher sur la Présidentielle à venir, s’occuper des élections municipales qui sont l’an prochain. Comment peut on avoir confiance lorsque les Ministres déclarent qu’il n’y a plus d’augmentation de la fiscalité.
    Pas plus tard que ce matin, Les Echos page 2:  » Micro-entrepreneurs, le tour de vis du gouvernement » ils n’auront plus qu’une demie-année d’exonération de charges, Page 4  » Les conditions d’embauche des très diplômés se dégradent ».
    Comment peut on faire confiance quand les messages infirment ce qui est déclaré urbi et orbi???
    La solution: partir ou bien se recentrer sur son cercle proche? Ou bien la violence car la cocotte est en train d’exploser.
    Ce qui est intéressant à regarder c’est que ce n’est pas que chez nous. Les réseaux sociaux ont permis d’amplifier le mouvement où tout un chacun peut se retrouver dans un groupe activiste ( dans le sens je bouge pour que cela change.)
    Oui personne pour pallier cette situation explosive à un terme plus ou moins rapproché.

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  9. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Le constat de la déroute actuelle de l’Etat et de la crise de confiance politique est parfaitement exact et nul ne sait comment politiquement se terminera l’année 2019. J’ai toujours pensé et écrit qu’ E. Macron ne serait pas en mesure de terminer son mandat, et tous les signaux sociaux, sociétaux et économiques actuels me confortent sans cette idée.
    La multiplicité des mouvements de grève et l’anniversaire des manifestations des gilets jaunes vont commencer dès le mois prochain à donner le « la » aux manifestations et à la grève générale prévues le 5 décembre.
    En s’engageant à payer minablement, honteusement et partiellement une partie des heures supplémentaires dues aux policiers, le gouvernement espère les ranger dans son camp. Pas sûr qu’il ait fait le bon calcul tant le malaise est profond !
    La réforme des retraites telle que prévue par le pouvoir ne sera jamais acceptée par les Français qui ont bien compris que son principal objectif est d’abaisser une nouvelle fois et durablement le niveau des pensions.
    E. Balladur avait déjà, sournoisement au cours du mois d’août 1993 modifié le montant des pensions calculées depuis sur les 25 meilleures années de cotisation au lieu des 10 meilleures et allongé la durée de cotisation nécessaire pour liquider sa retraite à taux plein de 37,5 ans à 40 ans. Cette fois, la ficelle est beaucoup trop grosse et tout le monde l’a bien compris. Déjà les avocats ont obtenu que leur régime particulier, pour le moment bénéficiaire, soit préservé, d’autres suivront forcément et les fonctionnaires et assimilés qui bénéficient de régimes spéciaux reproduiront avec ou sans leurs syndicats devenus déconsidérés la grande paralysie de la France début décembre.
    Notre « Jupiter » devra, à minima, une nouvelle fois céder à la rue et peut-être davantage si le climat social dégénère.
    Le chaos est maintenant très proche.

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  10. Sganarelle dit :

    Je me demande monsieur Tandonnet s’il y a des gens proches du président qui peuvent décemment passer à côté de toutes les sonnettes d’alarme que vous publiez..et vous n’êtes pas le seul. ( Il y a bien des attachés de Presse a l’Elysée pour renseigner les responsables .? ) je ne pense pas que dans le monde moderne on puisse ainsi passer à côté des graves problèmes qui nous submergent. Cette cécité est voulue et n’est pas que du domaine de l’incompétence ; la personnalité changeante et déroutante de notre président n’est pas non plus seule en cause et
    En fait il faudrait sans doute modifier la constitution de cette république décadente. Un septennat non renouvelable et plus de place au premier ministre serait sûrement un moyen de retrouver l’espérance sinon la confiance en évitant la course à la réélection ; ce serait un vrai changement..

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  11. C’est effectivement explosif et la tentation de passer en force sur un sujet comme les retraites risque de précipiter encore plus la crise de légitimité politique. Macron avait bien dit qu’il s’attaquerait aux retraites mais comme il avait donné assez peu de détails (à part des slogans creux) il ne peut raisonnablement prétendre que son élection vaut un mandat clair pour réformer comme il l’entend. Comment peut on d’ailleurs réformer une question aussi vaste par une méthode de table rase ? Cela doit s’étendre au minimum sur plusieurs législatures et cela doit commencer par un débat clair sur les grands principes (ex assurance ou impôt ? âge de la retraite ?) et par des retouches ponctuelles. Je ne développe pas car le sujet est inépuisable. J’en dis plus sur mon blog.

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    • carlo dit :

       » Il avait donné assez peu de détails (à part des slogans creux) il ne peut raisonnablement prétendre que son élection vaut un mandat clair pour réformer comme il l’entend.  »
      Effectivement, mais s’il avait donné davantage de détails, son élection n’aurait pas non plus valu approbation de cette réforme. Tous ceux qui ont voté pour lui au 2d tour, notamment ceux qui l’ont fait pour empêcher l’élection de MLP, n’approuvaient pas nécessairement cette réforme.

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    • michel43 dit :

      TROUVEZ VOUS NORMAL LES RETRAITES DES POLITICIENS ? Toubon plus de 30 000 euros et Chirac ,,,,,,,,

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  12. goupil dit :

    Nos derniers gouvernements et présidents, mentent, ne tiennent pas leur promesses, se contredisent et ne font pas leur principal job qui est d’assurer la sécurité de leur concitoyens (alimentaire, sanitaire, sécuritaire,…) pour lequel ils sont payés par l’impôt.
    Pas étonnant donc qu’ils ne récoltent aucune confiance et que de moins en moins de personne ne reconnaissent leur autorité.

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  13. pier21 dit :

    Une société doit s’incarner, et comme le dit le verbe, dans un être de chair et de sang: un monarque, même sans pouvoir: « Le Roi est mort, vive le ROI », c’est la permanence de la société-Nation qui s’exprime.
    La République c’est une chose, pire une idée, qui s’incarne dans des bustes féminins (la) aussi vide d’expression que nombreux et dissemblables!
    La République c’est une utopie: ça marche tant qu’une idée transnationale s’impose de façon irrépressible: on ne dira jamais assez combien la perte de l’Alsace Lorraine a favorisé l’établissement de la III° République.
    Mais depuis que cette épine dans le coeur de la nation a été ôtée, les démons de la division sont revenus: la France n’a été un pays centralisé que par la main de fer des rois, des conventionnels et de Napoléon, les pâles républicains s’étant contenté de surfer sur la nostalgie des provinces perdues, cette tache violette sur la carte de de France dans les écoles!
    Alors aujourd’hui où règne en maître l’individualisme et où « l’interdit d’interdire » est le mètre étalon de toute action, que voulez-vous qu’il en résulte?

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