2022, révolte ou révolution par les urnes?

 

C’est une évidence et il faut beaucoup d’aveuglement et de sottise pour ne pas  le voir. Les élections de 2022 seront un gigantesque défouloir contre l’occupant de l’Elysée et le pouvoir LREM.  Une formidable émotion collective, mélange de colère et de désespoir, va s’exprimer en cette occasion. Mille bonnes raisons se mêleront pour former un violent cocktail explosif et parmi elles: le rejet viscéral d’une figure totémique et obsessionnelle; la conscience d’une dégradation vertigineuse et continue de la situation sur les plans économique, social, sécuritaire, migratoire, scolaire et civique; l’impression de mystification face à la promesse non tenue d’un nouveau monde d’exemplarité. La classe dirigeante et influente, anesthésiée par son affligeante médiocrité intellectuelle, déconnectée du monde réel et de la France des profondeurs,  ne voit pas venir le séisme qui approche à grands pas. Et pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir annoncé, dès le début, au temps où la France d’en haut était prise d’une sorte de transe idolâtre. Mais le fond du problème, pour nous les citoyens lambda, c’est qu’aucune alternative crédible ne se présente encore à nos yeux. Une conviction: le coup du sauveur providentiel, jeune, brillant et superbe (ou plutôt télégénique) – fabriqué de A à Z par le pouvoir médiatique, une vision sublime dont la France est supposée tomber « amoureuse » ne prendra jamais plus. La mémoire des peuples a ses mystères irréductibles. Quant à l’opération « épouvantail », consistant à porter le Pen au second tour par un déchaînement de propagande médiatique, afin d’assurer l’élection de son adversaire et prolonger de 5 ans la jouissance morbide des attributs du pouvoir, elle ne réussira pas forcément une deuxième fois: un fleuve ne remonte jamais à la source et  les Français échaudés peuvent ne pas céder à la supercherie. Voilà pourquoi, tout ce qui peut paraître aller dans le sens d’une reconstruction politique à la base est digne d’intérêt. Voilà pourquoi les Français, même sans être des inconditionnels de la « droite », devraient prendre au sérieux, (sans y voir évidemment une solution miracle), les élections qui se dérouleront dimanche à la tête de LR.

Maxime TANDONNET

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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27 commentaires pour 2022, révolte ou révolution par les urnes?

  1. Janus dit :

    L’élection de Christian Jacob à la tête de ce qui reste désormais des LR est l’annonce du refus des électeurs de ce parti de prendre en considération les évolutions du marché politique. Exit donc les LR.
    Si j’étais LARRIVE ou AUBERT, je quitterais ce parti croupion, sans âme, sans doctrine sinon le salmigondis chiraquien et j’irais chercher des troupes ailleurs que dans ce ridicule cimetière des éléphants.
    Sarkozy, après Chirac, a définitivement détruit le gaullisme, alors même qu’il faudrait à la France le corps de doctrine gaulliste pour la remettre sur pied. Bref, il n’y a rien a attendre ni des ex-UMP, faux gaullistes, ni de la démocratie chrétienne tendance MRP (on a vu comment votaient les bourgeois catholiques), ni du RN empêtré dans ses refus d’alliance et dans le népotisme lepeniste : Il reste à attendre l’effondrement, l’arme au pied.
    De profundis clamavi ad te Domine

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  2. carlo dit :

    « Et pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir annoncé, dès le début, au temps où la France d’en haut était prise d’une sorte de transe idolâtre. »
    Cet état de transe n’a pas cessé. Et, les mêmes causes produisant les mêmes effets, le 2d tour de la prochaine élection présidentielle risque fort de ressembler beaucoup à celui de l’élection précédente.
    Par suite, ne serait-il pas enfin temps d’élaborer un programme présidentiel comportant des réformes institutionnelles majeures garantissant la fin des dérives autocratiques auxquelles nous assistons, et dont témoigne notamment la réaction d’EM à l’échec de la candidature de Sylvie Goulard à un poste de commissaire européen ?
    Cette réaction, stupéfiante, est en effet le signe d’une incapacité de la part d’EM à admettre que le Parlement européen puisse ne pas se plier à sa volonté, ainsi qu’à celle de ses homologues.
    Or, ne faudrait-il pas, justement, que le Parlement français fasse preuve de la même indépendance à l’egard de l’exécutif ?
    Il est d’ailleurs piquant de constater que ce qui est loué à Londres (l’indépendance du Parlement par rapport au 1er ministre ) est critiqué lorsque cela se produit à Bruxelles … et que ce qui est critiquable à Paris (la présence au gouvernement d’une personnalité sur qui pèsent certains soupçons) est jugé indifférent lorsqu’il s’agit d’exercer des fonctions similaires à Bruxelles.
    On n’a pas suffisamment remarqué que le but du « en même temps » est de se libérer des règles de la logique, comme l’invocation par CC de la « vérité du moment », ou celle « du dossier », permet de se libérer de l’idée de vérité objective et de se prévaloir finalement de l’existence de « faits alternatifs »… alors même que, voici peu, on reprochait à l’entourage de Donald Trump d’avoir recours à ce concept fantaisiste.

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  3. Tarride dit :

    Cher Maxime Tandonnet

    Vous êtes un peu optimiste.
    Que la bulle Macron soit proche de l’explosion est certain.
    Que ses parrains de la finance soient en train de l’abandonner est probable
    Que les derniers jours et notamment l’invraisemblable crime commis à la préfecture de police comme le camouflet Goulard l’ait encore affaibli est évident
    Mais…Pour que l’opposition gagne les élections intermédiaires puis les élections Présidentielle et Législative, encore faudrait-il qu’il existe une opposition.
    Deux obstacles majeurs se présentent. Une opposition c’est d’abord un programme si possible réfléchi et non pas bricolé. Un programme qui tienne compte des aspirations du pays profond y compris de ceux qui, aujourd’hui  » votent mal »parce qu’ils sont représentés par des dirigeants plus intéressés par la Tribune que par le pouvoir et qui s’accomodent très bien de l’étiquette  » populiste » parce qu’ils savent parfaitement que cette étiquette est incompatible avec un pouvoir dont ils ne veulent à aucun prix.
    Une opposition c’est ensuite des femmes et des hommes qui ne semblent pas à chaque instant sur le point de se rallier au pouvoir en place.
    Il appartiendra au prochain responsable de LR de tenir compte de ces deux réalités.
    Il lui appartiendra aussi de construire une équipe plutôt que de rechercher une femme ou un homme providentiel qui n’existe pas, et qui, s’il existait, saurait se débrouiller tout seul.
    Le premier discours du prochain Président sera décisif. S’il est acclamé par la foule, la partie est perdue. S’il suscite des remous dans la salle, l’espoir demeure.

    Etienne Tarride

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  4. Timéli dit :

    Un candidat qui refuse le « match » Macron-Le Pen a ses chances. Avec Macron, on a vu et on n’est pas convaincu. Quant à Le Pen, c’est l’éternelle loser. Dans ce contexte, tout est possible ! Le problème : qui a l’étoffe du poste ? Faites vos jeux…

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    • pabizou dit :

      La solution ne se trouve pas dans les partis où on n’a aucune chance de trouver un seul candidat fiable . Seul un élément extérieur pourra mettre un coup de pied dans la fourmilière où chacun tient l’autre par la barbichette et avec le verrouillage, c’est pas gagné, la caste est prête à tout pour se protéger .

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  5. Sganarelle dit :

    il y a une telle importante montée du phénomène de rejet que beaucoup d’électeurs sont prêts à voter pour n’importe qui et entre Macron et le RN je n’ose pas faire de prédiction. Nul doute que la plupart mettra un bulletin blanc dans l’urne et les autres resteront chez-eux. De toutes façons ce sera choisir entre peste et choléra et n’ayant pas tellement à perdre le citoyen lambda aura-t- il peut-être l’envie de changer de maladie.?

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    • michel43 dit :

      Mais NON je voterais RN ,surtout pas un bulletin blanc ,,inutile, pourvue que LR ,ose franchir le pas,,,

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  6. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Entre votre titre :  » 2022, révolte ou révolution par les urnes », et votre conclusion : « voilà pourquoi les Français… devraient prendre au sérieux… les élections qui se dérouleront dimanche à la tête du LR », où situer ce dernier sondage qui affirme que trois Français sur quatre (77%) sont tentés par la protestation électorale » pour la présidentielle de 2022, et où le vote LR n’est même pas cité :

    https://www.publicsenat.fr/article/politique/les-trois-quarts-des-francais-tentes-par-la-protestation-electorale-en-2022-146185

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  7. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Je ne sais pas si E. Macron pourra terminer son mandat, mais en supposant qu’il le puisse puisque les Français semblent majoritairement s’en accommoder grâce aux milliards d’euros empruntés et distribués pour calmer la colère de certains. Dans ce cas, il faudra aussi compter avec une campagne ou plutôt un matraquage médiatique mené par tous les « godillots » et sympathisants LREM et leurs médias fayots pour vanter toutes les pseudos « grandes réformes » du quinquennat : la SNCF, la PMA pour toutes, la suppression de la taxe d’habitation, le reste à charge 0, la baisse du chômage, le bac pour tous, etc. et suis prêt à prendre le pari que ces arguments feront oublier tout le reste y compris le narcissisme arrogant du Président et toutes les casseroles de ses équipes malgré sa loi de moralisation de la vie publique. On ne peut que constater que tout se prépare pour reproduire le scénario de 2002 et de 2017 qui ne pourra que donner le même résultat.
    Ce ne sera pas l’argument du sauveur providentiel qui sera utilisé mais au contraire celui du jeune homme qui a acquis l’expérience du pouvoir, corrigé et appris de ses erreurs, qui connait bien les Français pour les avoir rencontrés pendant 5 ans, bla, bla, bla…
    Alors que pèseront dans tout cela les X. Bertrand, V. Pécresse, le futur Président LR ou tout autre zombie de la gauche ou des verts ?
    Le général avait dit que les Français étaient des veaux, comme il avait raison !

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    • André Lugardon/jfsadys dit :

      Non les Français ne sont pas des veaux, certains peut-être mais pas les Français en général, cette expression c’est trop vague, trop général, trop dévalorisant. Les Français sont souvent imprévisibles. Personne n’avait vu venir le mouvement des gilets jaunes. Les black block et les gilets jaunes ne sont pas des veaux. Il y a plein de Français qui ne sont pas des veaux. Les exemples ne manquent pas. Peut-être que le parti Les Républicains va disparaître comme le PCF? Peut-être que non… A suivre…

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    • PenArBed dit :

      Alain Peyrefitte :
      « Voici ces Français, qu’on dit – plus que tous autres – ingouvernables ; qui détiennent le record des révoltes, des effondrements de régime, des luttes civiles – des malheurs collectifs. Et voici les mêmes passivement soumis à leur administration, et amoureux (toujours déçus) de l’autorité ; rebelles à leur État, en même temps qu’inaptes à vivre sans ce tuteur tracassier ».
      François Mauriac :
      « Ce qu’il y a de singulier, c’est que la France a toujours nourri en son sein, à toutes les époques, un parti d’hommes raisonnables qui nient qu’elle puisse vivre autrement que subordonnée ».
      Chateaubriand :
      « Qui prévoirait l’esprit français, les étranges bonds et écarts de sa mobilité? Qui saurait deviner et expliquer comment il adore et déteste tour à tour, comment il dérive d’un système politique, comment la liberté à la bouche et le servage au cœur, il croit le matin à une vérité et il est persuadé le soir d’une vérité contraire ».

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    • Galatine dit :

      « Un fleuve ne remonte jamais à la source et les Français échaudés peuvent ne pas céder à la supercherie »…dit-il.
      Eh bien, comme vous, je crois, au contraire, que Macron, en dépit de son insuffisance dissimulée par l’apparence et le soutien pour le moment sans faille de media complaisants, sera le grand favori à sa succession en 2022, surtout si nous subissons un rouleau compresseur de propagande comme nous n’en avons jamais connu jusque là…

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    • Gerard Bayon dit :

      Pardon @André Lugardon/jfsadys , mais comment appeler les 25,4% des Français ( >12 millions) qui se sont abstenus au second tour de la Présidentielle de 2017 et les 51,3% des Français (> 24millions) qui se sont également abstenus au second tour des législatives de 2017 ?

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    • André Lugardon/jfsadys dit :

      Gérard Bayon, bonjour, j’ai lu votre commentaire. Comme vous êtes un homme de conviction et probablement un homme qui est engagé dans la vie politique je ne vais pas vous faire changer d’avis. Mais quand je lis tous les commentaires sur le blog de Maxime Tandonnet je devine souvent des commentateurs qui sont probablement dans les pourcentages que vous m’indiquez et qui n’en sont pas pour autant des veaux. Depuis plusieurs élections maintenant il y a des Français et des Françaises qui ne se reconnaissent pas dans les candidats de gauche et de droite. Et quand les taux atteignent les chiffres que vous m’indiquez et que je me garderai bien de mettre en doute et bien il n’y a pas que des veaux dans ce nombre aussi importants de personnes qui sont « ailleurs ». Et parce que je vous perçois comme un homme de droite droit je vais vous faire une confidence: ma mère est morte en 2008. Jusqu’au bout elle a eu toute sa tête. Elle ne voulait plus aller voter. Elle n’allait plus voter. Quand je lui demandais pourquoi elle me répondait « Pose-toi la question ».

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    • lugardon dit :

      Monsieur Bayon, j’ai répondu à votre dernier commentaire dont je vous remercie mais il n’apparaît pas. Je suis en ce moment dans une zone de France où internet passe mal.

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  8. jfbonnin dit :

    Citons Marx sans hésiter :  » Parti de rien, [on] arrive à zéro ». C’est attribué à Groucho Marx (et adapté par moi).
    Pessisme : il est vrai qu’il y a de quoi, même si rien n’est jamais vraiment certain.
    Les conservateurs (« conservative ») sont aimablement et fermement priés de montrer leur existence.

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    • jfbonnin dit :

      Une chose encore : « Révolution » implique un tour complet, donc retour à la case « Départ ».

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  9. Fredi M. dit :

    Que sera sera
    Demain n’est jamais bien loin
    Laissons l’avenir, venir
    Que sera sera

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  10. Catherine Maillot dit :

    Excellent comme d’habitude !!!

    Envoyé depuis Yahoo Mail pour Android

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  11. michel43 dit :

    LA seule solutions pour notre droite LR est de faire une alliance avec toute les forces de droite ,sur un programme ,que cela plaise ou non a certains qui ne veulent plus de Macron, voila pourquoi les Français patriote doivent se rassemblée ,et faire comme dans d’autres pays ,nous savons tous que LR ,seule ne peut y parvenir ,l » union fait la force ,nous avons plus le choix ,,,

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    • André Lugardon/jfsadys dit :

      Je n’y crois pas beaucoup… et si ça doit faire comme feu l’union de la gauche et bien ça va pas être terrible…

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  12. Stéphane B dit :

    Bonjour

    Désolé, mais je suis pessimiste. En 2020, je vois bien une vague LREM aux municipales, départementales et régionales donc un basculement du sénat.
    Ensuite, comme l’opposition est aphone, elle ne passera pas en 2022, d’autant plus que LREM fera monter la poissonnière pour l’avoir au second tour. Donc nous aurons un duel identique à 2017 et le même résultat.
    Aussi, d’ici que le micron mignon modifie la Constitution en sa faveur pour pouvoir se faire réélire une troisième fois, même être déclaré président à vie, il n’y a pas loin. Je n’ai pas foi en cette personne.

    J’espère néanmoins et sincèrement me tromper mais je ne sens pas un avenir radieux. Mais bon attendons le résultat des élections de dimanche et ensuite le premier mois du nouveau président. Ensuite, on saura exactement de quoi il en retournera.

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    • Timéli dit :

      Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité; un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté (Winston Churchill)
      Mais, « ce qui importe, c’est d’être un joyeux pessimiste » (Jean Giono).
      J’espère que c’est votre cas…Du moins, je vous le souhaite !
      Excusez mon esprit canaille…

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    • Stéphane B dit :

      Bonjour Timéli

      J’apprécie votre esprit canaille et je partage la vision de Jean Giono. Ce n’est pas parce qu’on est pessimiste qu’il ne faut pas essayer de trouver du positif tout en y prenant plaisir.

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