Sur l’héritage politique de Jacques Chirac (pour Atlantico avec M. Bruno Jeudy)

Jacques Chirac a-t-il laissé un héritage idéologique ? Le chiraquisme a-t-il jamais constitué une pensée structurée ? N’est-il pas plutôt un style, un art de la communication et de la mise en scène ?

Non, on ne peut pas dire qu’il ait laissé un héritage idéologique. D’ailleurs il était le contraire d’un idéologue. Jacques Chirac a beaucoup évolué dans ses idées, se confondant le plus souvent avec l’air du temps et les aléas de chaque époque. De l’appel de Cochin  en 1979 où il fustige le parti de l’étranger, à la sublimation de la diversité des cultures à travers le musée de l’immigration ou le musée du quai Branly (qui porte son nom), en passant par les périodes libérale (1982-1988), sociale (1993-1995), européiste (1995-1997). Il avait une vision très pragmatique de la vie publique : gérer au mieux le pays en évitant le plus possible les cassures et les drames avec une constante, préserver la paix civile dont il se considérait, en tant que chef de l’Etat, comme le garant. Plus que l’homme d’une idéologie, Jacques Chirac fut une personnalité, un style, chaleureux et populaire, qui fit sa force.

Jacques Chirac n’a-t-il pas souvent mobilisé un discours et des symboles empruntés à la gauche ? On pense par exemple au discours du 16 juillet 1995 sur la rafle du Vel’d’Hiv’ où Chirac se fait finalement moins gardien du récit gaulliste que son prédécesseur Mitterrand ?  

Je ne pense pas que ce soit vraiment une affaire droite/gauche, mais plutôt de changement d’époque, de sensibilité dominante à un moment donné. A partir des années 1990, il y a eu dans tout le monde occidental un besoin de transparence sur l’histoire, venu notamment de l’Allemagne réunifiée vivant dans la hantise de son passé. De Gaulle et Mitterrand ont vécu la Deuxième Guerre mondiale. Ils sont restés attachés au principe selon lequel la légitimité républicaine s’est incarnée dans la France Libre à Londres dès le 18 juin 1940, le régime de Vichy étant relégué à n’être qu’une « autorité de fait ». Cette vision chevaleresque, fondement du gaullisme historique, reposait sur un acte de foi auquel adhéraient de nombreux Français.

A partir des années 1990, la fin de la guerre froide et de l’ennemi soviétique, l’idée nationale est en recul. Le service national est suspendu. La mode n’est plus à la force de la légende nationale mais au regard objectif sur les faits. Le principe de « légitimité historique » s’efface devant celui de la « légalité » du régime de Vichy instauré par un vote du parlement (l’Assemblée nationale), le 10 juillet 1940 – même si historiens et juristes s’écharpent encore sur le sujet. Le fameux discours du 16 juillet 1995 qui devait ébranler des convictions, à droite comme à gauche, s’inscrit dans cette évolution des mentalités.

L’Homme politique disposait-il d’un certain attrait pour la gauche ? Pareillement, sa volonté de faire du RPR des années 70 un parti travailliste à la française, ou encore sa récupération de la notion de fracture sociale dans les années 90, après s’être converti un temps au néolibéralisme dans les années 80, tout cela ne montre-t-il pas que sa vision politique brouillait le clivage droite et gauche ? Ce brouillage ne peut-il pas expliquer en partie les errements qui continuent à toucher la définition d’un programme clair et commun pour la droite depuis 2007 et 2012 ? 

Le basculement s’est fait en deux temps. A partir de son élection à la présidence de la République en 1995, Jacques Chirac s’inscrit dans les pas de François Mitterrand sur le plan de la construction européenne en plaçant au cœur de ses priorités la mise en œuvre du traité de Maastricht et la qualification de la France pour l’euro. Il tourne le dos à la tradition nationale et sociale, longtemps incarnée par de Gaulle, Pompidou et par le RPR. Ce n’est pas vraiment un glissement à gauche mais plutôt l’adhésion à une vision centriste, MRP et giscardienne. Puis, la deuxième rupture dont les conséquences furent titanesques, c’est la folle campagne présidentielle de 2002. Opposé à Jean-Marie le Pen au second tour de la présidentielle, Chirac s’est vu placé par la force des choses dans la situation de « rempart contre l’extrême droite ». Ce positionnement devait marquer tout son quinquennat en l’orientant sur des positions multi-culturalistes et fédéralistes.

Les difficultés actuelles de la « droite » sont en effet, partiellement, issues de cette période. En renonçant au thème central de la nation, le chiraquisme ouvrait un boulevard au front national. Quant au parti héritier du RPR, c’est-à-dire l’UMP, il se présentait dans cette logique, comme une coalition hétéroclite de centristes et de gaullistes. Toutes les conditions de la crise se trouvaient réunies : captation du discours national par le FN, incertitude sur l’identité et l’idéologie de ce qui restait de la « droite » profondément divisée, jusqu’au désastre de 2017. Que faire désormais ? Tourner la page et de tenter de réapprendre à parler à un peuple écœuré et déboussolé – convaincu à 87% que les politiques ne « tiennent aucun compte» de ce qu’il pense –, pour regagner sa confiance. Mais nous n’en sommes pas là…

 

 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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21 commentaires pour Sur l’héritage politique de Jacques Chirac (pour Atlantico avec M. Bruno Jeudy)

  1. carlo dit :

    @ Stéphane B
    « Sauf que …depuis 1995-1997, rien n’a bougé et cela n’est pas bénéfique pour le pays. »
    Sauf que bouger n’est pas forcément bénéfique pour le pays. Tout changement n’est pas un progrès et le bon sens enseigne qu’il est toujours préférable de ne rien faire plutôt que de mal faire…Primum non nocere…

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  2. Sganarelle dit :

    « Ménager la chèvre et le chou ». et ça continue «  en même temps » Chirac ce « roi fainéant » a remarquablement suivi dans ses campagnes l’image d’un Pompidou simple et chaleureux profondément attaché au terroir et soucieux des français. Un départ dans cette voie lui a obtenu au cours des années l’absolution de ses erreurs. . Et ensuite au «  royaume des aveugles les borgnes sont rois » ..
    Reste à comprendre pourquoi toutes les nouvelles et la terrible catastrophe de Rouen ont été occultées par les médias qui se sont consacrées à l’éloge dithyrambique d’un président mort alors qu’il n’était plus en exercice…
    le goût de notre jeune premier national pour les cérémonies officielles ne suffit pas à expliquer l’arrêt soudain des informations . A moins de nous faire comprendre à quel point les journaux télévisés sont inféodés au pouvoir en place?

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  3. new dit :

    « Les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes » a pu dire Chirac en 2003, avant de s’opposer au rappel des racines chrétiennes de l’Europe dans le projet de constitution européenne. C’est ce projet qui a été rejeté en 2005 par référendum, avant d’être réintroduit malgré tout. Ces abus de confiance ont miné la démocratie. Chirac n’a rien fait pour reconstruire la confiance et réconcilier les Français.(Ivan Rioufol le 30/09/2019)

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    • Georges dit :

      Effectivement,racolage électoral et alignement opportuniste permanent niveau politiquement correct.Racines musulmanes,à part Poitiers et pillards barbaresques ….

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  4. pabizou dit :

    Tout ça est bel et bon, mais il reste une question: que faire pour se débarrasser de la gauche et de ses faux-nez . Qu’ils soient socialistes affirmés ou progressistes ne change rien, les socialistes vivent des clivages de la société et n’ont qu’une seule vision, imposer leurs utopies ridicules et un socialisme mondial . Le socialisme n’a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais, il est basé sur la disparition des liberté individuelles et ce n’est pas macron qui pourra changer la donne . Quand à l’union des droites, chère à Michel 43, elle ne pourra se faire qu’après l’échec du RN et sa disparition . Seule une droite avec un corpus idéologique solide, qui ne se couche pas devant les pleurnicheries de la gauche et n’hésite pas a s’opposer frontalement à tous leurs délires et à les mettre le nez dans leur crottes pourra retrouver un minimum de crédibilité pour ramener les abstentionnistes aux urnes . Ce seront eux qui peuvent être la première marche de l’escalier, mais ce sera un fusil à un seul coup, la moindre trahison sonnera la fin de partie définitivement . Pouvez-vous trouver un seul élu de droite capable de porter ça? moi, j’ai beau chercher, je ne trouve personne .

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    • michel43 dit :

      NE rêvez pas,,,le RN est LA ,,et bien la , notre droite molle a une seule solutions ,si elle veut revenir au pouvoir ,des alliances des droites,,,

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  5. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Pour ma part, la disparition de Jacques Chirac a été l’occasion de ressortir « La droite molle  » l’ouvrage qu’Alain Griotteray sous-titré : « Chronique d’une déroute méritée » qu’il avait publié en 1997 et avait consacré à cette : « Défaite ? Déroute ? Débâcle ? … dont la droite française a été l’actrice au printemps 1997… » comme il est indiqué en quatrième de couverture.
    Après le premier tour de l’élection législative , il écrit :
    « Le grand vainqueur de ce premier tour et le Front National… il distance l’UDF et talonne le RPR… Jean-Marie Le Pen est aujourd’hui en mesure d’arbitrer le second tour et de défaire notre majorité. Tous ceux qui, à gauche comme à droite, prétendent depuis des années avant chaque élection que le « feu de paille lepéniste » est désormais étouffé vont peut-être de résoudre à admettre que le Front National est durablement installé dans notre paysage politique… la droite RPR-UDF décida de traiter Le Pen par le mépris… Le Front National fut diabolisé…
    …Je pensais toujours, pour ma part, que la droite ne pourrait l’emporter à l’avenir qu’en récupérant les électeurs du Front ou en s’alliant avec lui. Les chefs du RPR et de l’UDF refusèrent évidemment de consentir à la seconde solution. Mais ils repoussèrent aussi la première – qui supposait qu’ils tinssent, sur l’immigration et la sécurité un discours clairement marqué à droite – au motif qu’une telle « dérive » risquait de les couper de leur électorat modéré et de dresser contre eux les médias…
    …je ne puis m’empêcher de penser que si la droite, depuis l’élection de 199, avait voulu se donner les moyens de faire revenir à elle cette partie importante de notre électorat qui est passée au Front National… Il aurait suffi que nous leur adressions quelques signes…Mais pourquoi avons-nous refusé de nous attaquer sans faiblesse au dossier de l’immigration ?…
    Quant aux électeurs du Front National, Alain Juppé s’est fait un devoir de leur rappeler chaque semaine tout le dégoût que lui inspirait leur idéologie  » raciste, antisémite, xénophobe ». Et nous aurions voulu que ces gens-là votent pour nous ! »

    Depuis qu’Alain Griotteray a écrit ce texte, (que je m’excuse d’avoir dû « caviarder), le Front National qui comptait 3,8 millions de voix est passé, avec le Rassemblement National, à 11 millions de voix à la dernière élection présidentielle. Mais le mépris des « partis de gouvernement » de droite comme de gauche – pourtant proches de la disparition – à l’encontre du RN qui continue à leur tailler des croupières, est toujours intact !
    Cherchez l’erreur !

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    • Mildred dit :

      Corrections : « Le grand vainqueur de ce premier tour EST le Front National ».
      3ème paragraphe du texte, il s’agit de l’ élection de 1995.
      Avec mes excuses.

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  6. Coucou dit :

    Bonjour à vous, EN UNE
    Homélie de Mgr Michel Aupetit aux obsèques du président Jacques Chirac
    MAXIMILIEN BERNARD
    30 SEPTEMBRE 2019

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    Prononcée en l’église Saint-Sulpice aujourd’hui :

    Nous venons d’entendre saint Paul nous expliquer le sens de la cérémonie que nous sommes en train de vivre : « Frères, j’encourage avant tout à faire des prières et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les Chefs d’état et tous ceux qui exercent l’autorité ». C’est donc une tradition ancestrale de l’Église de prier avec bienveillance et dans l’espérance pour ceux qui nous gouvernent. Si nous prions pour ceux qui sont chargés de nous diriger c’est parce qu’ils ont la responsabilité du bien commun, de chacune des personnes et de l’ensemble de la communauté afin que tous puissent atteindre leur plein épanouissement. Ce n’est donc pas une prière facultative pour nous, c’est une obligation qui tient à l’amour du prochain. Nous le savons aussi, le bien commun n’est pas l’intérêt général car celui-ci peut supporter le sacrifice et l’oubli du plus faible.

    Le président Jacques Chirac avait axé sa campagne de 1995 sur le thème de la fracture sociale, portant ainsi son regard sur ceux qui restent sur le bord de la route. La fracture sociale est un mal qu’il est sans doute difficile de traiter puisque, aujourd’hui encore, certains se ressentent comme exclus. Un des rôles de l’Église est de construire la fraternité, cette fraternité qui constitue un des trois piliers de notre République et qui permet d’édifier une véritable unité entre nous. Cette fraternité est évidente pour les chrétiens puisqu’elle se réfère à l’unique Paternité de Dieu. C’est au nom de cette Paternité que Dieu, dès le commencement de l’humanité fracturée, demande à Caïn qui vient de tuer son frère Abel : « Qu’as-tu fait de ton frère » ?

    L’attention aux plus petits, aux plus faibles, aux laissés-pour-compte est une caractéristique du christianisme. Nous l’avons entendu dans cet évangile choisi par la famille : « J’avais faim, tu m’as donné à manger, j’avais soif, tu m’as donné à boire, j’étais nu et tu m’as habillé, j’étais un étranger, tu m’as accueilli, j’étais malade et tu m’as visité, j’étais en prison et tu es venu jusqu’à moi ».

    Il y avait chez notre ancien président, cet homme chaleureux soutenu par son épouse Bernadette, un véritable amour des gens. Aussi à l’aise dans les salons de l’Élysée qu’au Salon de l’agriculture, beaucoup en le rencontrant se sentaient considérés. Son amour pour sa famille était profond et, bien que pudique, chacun a pu percevoir la tendre compassion qu’il avait pour la vulnérabilité de sa fille Laurence.

    Cette attention aux plus faibles a une raison plus profonde encore que la délicatesse de l’affection. Jésus dit « Ce que tu fais aux plus petits d’entre les miens c’est à moi que tu le fais ». C’est en raison de l’étincelle divine qui réside dans notre humanité, que toute personne, du commencement de sa vie à la conception, jusqu’à sa mort naturelle, est appelée à être aimée et respectée. Cela nous oblige à un changement de regard qui doit aller bien au-delà des apparences et des postures qui caractérisent nos sociétés humaines. Dieu voit le fond du cœur, il convient de se mettre à son école. En effet, les gestes que nous posons vis-à-vis d’un frère en humanité vont bien au-delà de l’entourage et de la dimension sociale et politique, car ils passent par le Christ et, par lui, atteignent les autres jusqu’aux extrémités du monde.

    « Gouverner c’est prévoir » cette célèbre citation d’Émile de Girardin, le président Jacques Chirac l’a illustré à plusieurs reprises. En septembre 2002, lors du Sommet de la Terre, avant la prise de conscience écologique forte d’aujourd’hui, il avait dit : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

    De même, en février 2001, au forum mondial des biotechnologies, il avait vu la nécessité d’une conscience éthique : « Face à l’importance des enjeux et à la rapidité des progrès, il est essentiel que les avancées de la science s’accompagnent partout d’une conscience démocratique et d’une réflexion politique et morale aussi large que possible ».

    Enfin, lorsque la France pouvait être engagée dans une guerre injuste et dangereuse pour l’équilibre mondial, il a su librement se démarquer des pays amis qui voulaient entraîner notre patrie dans une aventure imprudente. Puisse-t-il être entendu aujourd’hui sur tous ces sujets.

    Mais si nous sommes ici, si nous célébrons cette messe de funérailles demandée par la famille et, je le crois, par tout le pays, c’est pour présenter cet homme à la Miséricorde de Dieu. Saint Paul nous l’a redit dans la première lecture : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ». Si tous les hommes « naissent libres et égaux en droit », on sait aussi qu’ils ne naissent pas forcément égaux dans la réalité de leur existence. Tout dépend de la façon dont ils sont accueillis, acceptés, aimés et des conditions dans lesquelles émerge leur jeune vie. En revanche, la mort est bien le lieu commun de notre humanité et, au fond, l’égalité véritable de notre condition humaine.

    Saint Jean de la Croix, ce grand mystique espagnol, nous l’avait révélé : « Au Ciel nous serons jugés sur l’amour ». Si nous présentons notre ancien président à Dieu avec tant de confiance, c’est parce que nous savons que seul l’Amour peut juger l’amour. Le Christ, Jésus de Nazareth, nous a révélé l’immensité de cet amour de Dieu qui dépasse infiniment nos connaissances expérimentales et nos capacités intellectuelles de connaître l’au-delà du réel qui nous entoure.

    Pour finir, je voudrais citer cette phrase du président Chirac, tellement d’actualité, qu’il a prononcée pour la visite du Pape saint Jean-Paul II en 1980 : « C’est en ces lieux, sous le commandement des tours de Notre-Dame, à portée de la chapelle où Saint-Louis a honoré la Passion, au pied de la Montagne sainte-Geneviève où flotte encore le souvenir de l’antique bergère de Nanterre, patronne de la capitale, sous le regard de la prestigieuse Sorbonne où tant de docteurs ont enseigné, c’est en ces lieux que la France sent le plus fortement battre son cœur ».

    Les événements récents et dramatiques survenus à Notre-Dame nous ont montré combien cette intuition était vraie. Adieu et merci M. Chirac.

    Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris

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  7. Georges dit :

    En résumé ,un opportuniste

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  8. Citoyen dit :

    Le grand Charles (De Gaulle) avait laissé entendre que les français étaient des veaux …
    Le grand Jacques, lui, avait une prédilection pour la tête de veau (sauce gribiche) …
    Ce qui lui a permis, en 2002, de se payer la tête de 82% des veautants …

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  9. E Marquet dit :

    Votre analyse semble assez juste.
    Le personnage était indéniablement sympathique et empathique (et non emphatique comme l’écrit Mr Bayon, erreur de plume je suppose).
    Il a certainement su humer l’air du temps et « faire avec ». Le tout est de savoir si cela suffit pour faire d’un Président, un homme d’Etat. N’était-il pas de culture « rad-soc » et ne s’est-il pas contenté de suivre le peuple, plutôt que de le mener ? Il a été beaucoup vilipendé et l’émotion du deuil en ferait presque un visionnaire. Je laisse à plus compétent que moi le soin d’en juger.

    Le moraliste et mémorialiste François de la Rochefoucauld disait à juste titre : « On veut haïr et on veut aimer, mais on aime encore quand on hait et on hait encore quand on aime ».

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  10. carlo dit :

    Merci Monsieur Tandonnet pour cette analyse si juste.
    1) Jacques Chirac n’était pas un idéologue. Il avait surtout à cœur de préserver l’unité nationale, ce qui est la fonction première d’un Président de la République. C’est pourquoi, contrairement à son successeur, il a toujours veillé à ne pas brutaliser le corps social. Ceci permet d’expliquer ses « reculs » successifs sur la loi Devaquet, la réforme des retraites de 1995 et le CPE.
    2) Sa prise de position au sujet de la rafle du Vel’ d’Hiv’ est en effet l’expression d’un changement d’époque, beaucoup plus que le signe d’une conversion aux idées de la gauche.
    3) Après 1995, deux basculements se sont produits :
    a) Il a (malheureusement) poursuivi la politique européiste de F Mitterrand. Cela était d’ailleurs largement prévisible car il ne s’était pas opposé à cette politique lorsqu’il a été nommé premier ministre, immédiatement après la signature de l’Acte Unique qu’il a été chargé de mettre en œuvre.
    b) Lors de la présidentielle de 2002, il a servi de « rempart contre l’extrême droite ». » Il s’en est suivi un positionnement qui préfigure celui d’EM aujourd’hui. Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que son premier ministre d’alors soit devenu l’un des soutiens de l’actuel PR.

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  11. michel43 dit :

    CHIRAC était du partis ,ou il avait intérêt, un arriviste ,point barre ,lui qui a tant trahie ,reste le RN ,,ou beaucoup de gens de droite vote pour eux ,vue les divisions de notre droite molle ,si nous ne voulons plus de Macron ,un rassemblement des droites s » impose ,vue le résultat de LR,,,,,,

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  12. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Laissons l’émotion du moment passer et oublions les sondages aberrants et imbéciles du jour avant de parler d’héritage politique de J. Chirac. Nos historiens ont maintenant un long travail scientifique de mémoire et d’interprétation à accomplir.
    J. Chirac aura peut-être été tout au long de son parcours politique, le précurseur du fameux « en même temps » .
    Depuis jeudi dernier je pense que de très nombreux Français qui ont tant détesté l’homme politique (rappelons qu’au 1er tour de la Présidentielle de 2002, et alors qu’il était Président sortant, il avait recueilli moins de 20% des voix), préfèrent se souvenir de l’homme chaleureux et emphatique peut-être pour mieux donner ouvertement et clairement une leçon d’humanisme à nos personnages politiques actuels qui en sont tant dépourvu.

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  13. Stéphane B dit :

    Bonjour

    A force de vouloir ménager la chèvre et le chou, on fait du surplace, on ne prend pas de décision et on laisse le pays prendre du recul; Triste bilan, certes, mais je ne vois pas de point positif sur l’amélioration de l’état du pays sous Chirac.
    Bon, depuis, ça n’a pas évolué non plus, sauf avec le social. Mais le social ne nourrit pas son homme !

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    • carlo dit :

      « A force de vouloir ménager la chèvre et le chou ».
      Jacques Chirac ne voulait pas brutaliser le corps social. Il faut lui en savoir gré.
      De plus, c’était un vrai démocrate. Il n’a pas cherché a faire adopter le TCE par la voie parlementaire après que les Français, consultés par référendum, l’eurent rejeté.

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    • Stéphane B dit :

      N’a pas voulu brutaliser le corps social et il faut lui en savoir gré.
      Sauf que le corps social est un paresseux, qui se contente de vivre sur ses acquis et qui ne regarde dans les négociations que la préservation totale de ses acquis.
      Bilan: depuis 1995-1997, rien n’a bougé et cela n’est pas bénéfique pour le pays.
      Par exemple ou Amérique du Sud, au Chili, ils ont réussi à réformer leur système de retraite sans heurt, car tous savaient que c’était bénéfique pour l’ensemble du pays. En France, impossible sauf si on met des baffes.

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