Le Souverain Captif par André Tardieu, présentation de Maxime Tandonnet, Perrin, 2019

« Pour avoir mesuré la limite de l’efficacité gouvernementale, je crois plus que jamais à la puissance des idées. Un livre, s’il est bon et s’il porte, est plus fort qu’un ministère ou qu’une assemblée. On s’en est aperçu à tous les âges de l’humanité. » Dès l’avant-propos du Souverain Captif, André Tardieu exprime l’ambition qui l’anime au moment d’entreprendre son testament politique.
Après 20 ans de vie parlementaire, plusieurs postes de ministres, trois présidences du Conseil, il n’est pas parvenu à atteindre son objectif de redressement de la France, en proie à une instabilité politique récurrente et minée par la crise de 1929 face au péril hitlérien. A travers ce livre, il s’adresse directement au pays dans l’espoir de provoquer un sursaut de l’esprit public. Tardieu fustige dans un style flamboyant l’instrumentalisation des grands principes républicains par les élites dirigeantes dans l’objectif d’asservir le peuple sous couvert de le servir. Comment parler de suffrage universel et de démocratie, s’indigne-t-il par exemple, alors que les femmes, c’est-à-dire la moitié de la Nation, en sont exclues depuis 150 ans, qu’il n’existe pas de politique sociale digne de ce nom et que l’instabilité gouvernementale a pour corollaire l’éternel retour des mêmes ministres ? Convoquant l’histoire et les meilleurs auteurs, il dénonce une forme d’imposture utilisant ad nauseam la mystique révolutionnaire, largement mensongère à ses yeux, pour justifier un parlementarisme qui ne profite qu’à la « profession parlementaire », titre d’un second volume qu’il publiera dans la foulée sous l’intitulé commun de « La révolution à refaire ».
Pour en sortir, il défend notamment l’idée d’un recours au référendum et un renforcement du pouvoir exécutif, préfigurant le gaullisme qui lui doit beaucoup.
D’une actualité stupéfiante, ce livre présente aujourd’hui des accents étrangement prophétiques. Maxime Tandonnet en donne la première édition critique, enrichie de nombreuses notes et d’une préface substantielle.

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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5 commentaires pour Le Souverain Captif par André Tardieu, présentation de Maxime Tandonnet, Perrin, 2019

  1. Zonzon dit :

    Notre camarade Patrice Charoulet vient de donner un respectueux coup de chapeau à notre hôte, à son blog et au président André Tardieu.

    Je me permets en retour de signaler son blog personnel plein de savoir, de fantaisie, d’humour de lettré, du maniement d’une langue française qu’il enseigna sa vie durant à la ville et au monde !

    Un homme généralement en butte et décrié par la racaille qui hante la blogosphère.

    Un vrai régal pour les français d’avant !

    http://blocnotesdepatricecharoulet.blogspot.com/

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  2. new dit :

    Le texte ci-dessous est trop important pour qu’on évite de le lire :
    source le figaro :
    Ce jeudi, Paris a profité de taux historiquement bas pour lever des sommes records sur le long terme sur les marchés financiers.
    Tous les compteurs s’affolent! L’Agence France Trésor de Bercy, qui est chargée d’emprunter sur les marchés les capitaux nécessaires au financement de l’État, a vécu ce jeudi une journée historique. Dans un environnement de taux bas exceptionnel, plusieurs records ont été battus. D’abord, celui du montant des fonds levés. Jamais la France n’avait emprunté sur le long terme, en une seule journée, autant d’argent: 10 139 milliards d’euros! Ensuite, les conditions de financement n’en finissent pas de s’alléger: le taux à dix ans des bons du Trésor a franchi un nouveau record à -0,36 %. Et pour la première fois le taux à quinze ans est également entré en territoire négatif à -0,03 %.
    » LIRE AUSSI – Faut-il s’inquiéter des taux d’intérêt historiquement bas?
    Autrement dit, de grands investisseurs sont prêts à perdre de l’argent pour prêter à un horizon aussi lointain que 15 ans. Dans ces conditions extrêmes, ceux qui achètent de la dette se reportent sur le très long terme pour obtenir un peu de rentabilité. Résultat: la France a emprunté à 30 ans plus de 3 milliards d’euros, un nouveau record. Enfin, l’encours de l‘obligation verte de la France, qui finance des projets fléchés spécifiquement sur l’environnement et la transition écologique, a dépassé les 20 milliards d’euros.
    Dégradation des finances publiques
    Ces levées s’inscrivent dans un contexte particulier pour la France. Le besoin de financement français en 2019 atteint 237 milliards d’euros. Il a été prévu dans la loi de finances d’y pourvoir essentiellement via des émissions de dette à moyen et long terme, avec un montant d’émissions de 200 milliards d’euros, là aussi un record. Ce pic s’explique d’une part par la dégradation continue des finances publiques mais aussi par les besoins de refinancement de la dette émise il y a dix ans, lors de la crise financière. La faiblesse des taux vient faciliter à court terme la tâche de Bercy. Personne n’est en revanche capable de prévoir comment cet étrange environnement évoluera à long terme, s’il ne se retournera pas brutalement sur les pays surendettés comme la France.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/la-france-fait-la-plus-grosse-levee-de-dette-de-son-histoire-20190905

    La rédaction du figaro vous conseille :
    La dette de la France représente 78.630 TGV, 7 ans de retraite, 35.212 euros par Français…
    Dette publique: les économistes divisés sur la gravité de la dérive des comptes
    La réduction de la dette publique, grande oubliée du quinquennat Macron…
    ————————————-
    C’est ça la Macronie on dépense à tout va sans compter pour accueillir des indésirables et acheter des voix électorales quitte à nous perdre tous et voyez les échéances dans 15 ans ( Macron ne sera plus en France).

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  3. H. dit :

    Bonjour Maxime,

    On dirait le livre écrit pour 2019. Les mêmes causes ont des effets identiques même à plus de 80 ans de distance. Clémenceau a déclaré que la guerre était une chose trop sérieuse pour la confier aux militaires. Au vu de la situation politique présente, je crois qu’on peut largement inverser la phrase: la politique est une chose trop sérieuse pour la confier aux professionnels du genre.
    « Tardieu fustige dans un style flamboyant l’instrumentalisation des grands principes républicains par les élites dirigeantes dans l’objectif d’asservir le peuple sous couvert de le servir. » On dirait que cette phrase a été écrite pour le pouvoir central: asservir pour mieux se servir. Je suis particulièrement bien placé pour le constater au quotidien et voir à quel point les institutions sont perverties et dévoyées par cet axiome. Il y a 80 ans, cela nous a conduit là où nous savons. Je suis en train de lire « La Grande Illusion : Comment la France a perdu la paix, 1914-1920 » de Georges-Henri Soutou, professeur émérite d’histoire contemporaine à Sorbonne Université et membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Le moins qu’on puisse dire c’est que la légende de la Grande guerre en prend un coup. et, à la base, on retrouve exactement les mêmes comportements. C’est en cela que la défaite de 1940 n’est pas un accident. Il est donc à craindre que nous subissions un sort identique dans un avenir plus ou moins proche surtout depuis que la communication a pris le dessus sur la réflexion. Le Glyphosate illustre parfaitement cette dérive imbécile qui caractérise l’essentiel de l’action publique dans ce pays. H16 traite le sujet de manière drôle mais la bêtise officielle ne me fait plus rire tant ses conséquences sont lourdes pour la société et particulièrement, les plus humbles : http://h16free.com/2019/09/06/64288-grace-au-glyphosate-la-sncf-va-nous-couter-encore-plus-cher. Idem en ce qui concerne l’énergie: https://www.contrepoints.org/2019/09/06/352971-electricite-vers-un-black-out-general-en-europe-en-2035.

    Bonne journée

    Aimé par 1 personne

    • carlo dit :

      « On dirait le livre écrit pour 2019. » 
      Sauf que notre République souffre au contraire aujourd’hui d’un effacement du rôle du Parlement ainsi que de l’affaiblissement du poids des ministres, y compris du 1er d’entre eux, qui ne sont que de simples collaborateurs et dont la fonction consiste seulement à appliquer la politique du Président censément avoir été validée lors de l’élection présidentielle (dont l’enjeu est la désignation d’une personne et non la ratification d’un programme).

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