La barbarie sans nom

Le crime barbare de Villeurbanne, un jeune homme de 19 ans tué par un Afghan demandeur d’asile, 9 blessés dont 3 graves, m’inspire un sentiment d’horreur qu’il est difficile d’exprimer. Et d’abord, un immense chagrin, une infinie douleur pour ce jeune homme de 19 ans, fauché dans ces conditions abominables, au seuil de la vie, pour lui qui n’aura pas eu le temps de vivre, ses parents, sa famille ses amis. Tout m’écœure dans le traitement de cet événement. La récupération électoraliste par l’extrême droite est pure immondice: se précipiter ainsi comme des charognards, dans la minute, et songer à gagner des voix sur la souffrance et le malheur a quelque chose d’épouvantable. Tout aussi répugnante est l’attitude du système politico-médiatique dans sa globalité, qui depuis cet événement, toutes radios, toutes télés confondues, n’a plus qu’une obsession: minimiser, neutraliser, banaliser le drame. Quoi, ce n’est pas de la terreur, de la barbarie, massacrer à l’aveuglette dans la rue un jeune homme et 9 passants? Quoi, ce n’est pas de la barbarie?  « On ne connaît pas les motivations ». Et que diriez-vous, avec quels mots, si c’était un haut dirigeant du pays, un Sadi Carnot ou Paul Doumer, ou Louis Barthou, sacrifié dans ces conditions, plutôt qu’un jeune homme inconnu, anonyme, de 19 ans? Impossible, les hauts dirigeants ont des véhicules de fonction avec chauffeur, et des garde-du-corps, ils ne prennent ni métro ni bus. Pourquoi ce déni? Parce que la responsabilité collective est gigantesque. Ce n’est pas pour rien que les fanfarons habituels se terrent: éviter d’être associé consciemment ou inconsciemment au drame. La France est un pays malade, un pays où l’on massacre des passants à l’aveuglette, dans une rue populaire de Villeurbanne, sans raison apparente, un jeune homme de 19 ans, un anonyme qui se rendait à un concert, par haine, nihiliste ou fanatique, qu’est-ce que cela change?  « Il va falloir s’y habituer » comme disait l’autre. Et alors, si c’était ton frère ou ton fils? S’habituer à quoi? Au meurtre gratuit, fanatique, nihiliste, barbare, d’un jeune homme de 19 ans qui se rendait à un concert, sur la voie publique en plein territoire français.  Mieux vaudrait tellement mourir que de s’y habituer.

Maxime TANDONNET

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

68 commentaires pour La barbarie sans nom

  1. Georges dit :

    Au fait ,on n’entend plus rien concernant la Syrie,l’Irak,l’Afghanistan ,le Yémen,…..

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.