« Nouveau monde », réformes (pour Atlantico)

Que ce soit sur la réforme des retraites ou concernant le traité de libre-échange avec le Mercosur, Emmanuel Macron semble avoir enclenché une nouvelle étape de son quinquennat, au moins en termes de communication : il laisse ouverts des sujets sur lesquels il semblait, il y a encore deux mois, fixé et convaincu. Quelle est la stratégie politique du Président de la République selon vous ? Rachète-t-il la paix sociale avec ces gages donnés aux Français ?

Sur les retraites, c’est très frappant. Le point le plus sensible, l’idée d’un report de l’âge de départ, semble être en cours d’abandon… Les deux premières années du quinquennat étaient consacrées à la posture de « la transformation » du pays. Ce thème était d’ailleurs fortement exagéré : les lois sur le travail ou sur la SNCF, par exemple, n’ont pas apporté de transformation profonde du modèle français. Contrairement à ce que beaucoup de gens ont pensé, la loi sur la SNCF n’a pas transformé le paysage du rail en ouvrant la voie à une privatisation, ni même à une remise en cause concrète de la situation des cheminots. C’est un énorme mirage que de le croire. Mais aujourd’hui, le choix de l’immobilisme est en train d’être consacré à travers le revirement sur la réforme des retraites. La stratégie, ou plutôt la philosophie du pouvoir est simple. Une seule chose compte : la réélection en 2022, à n’importe quel prix. Nous vivons dans un univers idéologique où l’ultra-narcissisme, le destin individuel d’un homme, se substitue à l’intérêt général, à l’idée de bien commun et devient l’unique fin en soi. Donc la priorité absolue est d’éviter les remous. La préservation de la paix sociale est en effet l’impératif absolu.

Cette stratégie peut-elle payer ? Quels sont les risques de voir renaître une opposition sociale à la rentrée ?

Elle pourrait éventuellement payer sur le plan électoral. Les Français attendent avant tout la tranquillité, ils n’aiment pas être perturbés dans la vie quotidienne. Provoquer un mouvement social d’ampleur et des violences ne serait pas pardonné aux dirigeants actuels. L’immobilisme de fait est perçu comme une clé de la réussite électorale. D’ailleurs, dans la politique française actuelle, le néant de l’action et de projet s’habille du manteau de l’omniprésence élyséenne. L’image omniprésente d’un homme, le culte médiatique de la personnalité, sert à recouvrir l’absence d’ambition pour le pays. Plus le président bouge dans l’écran de télévision, et plus le pays se fige dans ses profondeurs. Cette occupation permanente du terrain médiatique a pris des proportions vertigineuses lors du « grand débat » qui faisait suite à la crise des gilets jaunes. Il est clair qu’une partie de l’opinion, notamment la bourgeoisie âgée et conservatrice des centres urbains, est sensible à cette vision de l’autorité. On l’a vu lors des élections européennes où les milieux conservateurs se sont portés sur les listes LREM à la suite de cette surmédiatisation. Maintenant, la psychologie de foule est complexe. Ce phénomène, à la longue, peut provoquer la lassitude. La population est souvent beaucoup plus lucide, dans ses profondeurs, que ce que laissent penser les sondages. Il est difficile de dire par avance ce qui l’emportera de l’intox médiatique ou de la lucidité populaire.

Sur certains sujets, comme les lois de bioéthique, sera-t-il possible de s’en tenir à des compromis creux ? 

Non, il n’y a pas de demi mesure dans ce domaine, soit on autorise la PMA sans père soit on ne l’autorise pas. Le président et son gouvernement ne peuvent pas revenir sur ce qui est une promesse de campagne et un marqueur idéologique très fort du libéralisme sociétal. En outre, cette réforme ne gène pas l’opinion qui dans son ensemble, y est plutôt favorable, ou indifférente, dès lors qu’elle ne touche pas à son quotidien. Il n’est pas certain d’ailleurs que cette réforme provoque un mouvement de protestation comparable à celui qu’a engendré le « mariage pour tous ». La minorité qui est défavorable à la PMA sans père, pour des raisons philosophique et éthique, est plutôt dans une logique fataliste. Que peut-elle faire ? Le risque est en revanche de fragiliser l’adhésion de l’électorat bourgeois et catholique pratiquant qui s’est donné à LREM, dans un réflexe légitimiste, en juin dernier aux élections européennes.

Après les municipales en mars 2020, ce sera le tour des élections régionales et départementales. Cette stratégie politique ne réduit-elle pas le Président et sa majorité à l’inaction jusqu’à la fin du quinquennat ?

Tout dépend. L’entrée dans une période électorale intense, municipales, régionales et surtout, présidentielles, va conditionner tout le reste évidemment. Le pouvoir LREM devrait être amener à jouer sur deux tableaux : l’inaction apparente irait frontalement à l’encontre de la posture présidentielle sur la transformation de la France. En revanche, entreprendre des réformes courageuses, réelles et authentiques, modifiant en profondeur l’économie française, sur le régime du temps de travail, par exemple, les 35 heures, susceptible de provoquer des remous et des mouvements sociaux, semble de plus en plus inconcevable. Dans les deux ans qui viennent, nous devrions avoir beaucoup de gesticulations, de provocations verbales, de coups de menton destinés à donner l’illusion du mouvement, mais strictement aucun changement destiné à l’intérêt du pays. L’absence de changement en profondeur ne garantit d’ailleurs pas la paix sociale : la situation reste inflammable et un rien peut mettre le feu aux poudres. Comment réagira le pays en 2022 ? Qu’est-ce qui l’emportera de la béatitude ou du bon sens ? Nul n’en sait rien. Le contexte économique pourrait beaucoup jouer. L’actuel quinquennat bénéficie d’une croissance internationale qui est toute sa chance, comparée à la crise qui a frappé le quinquennat Sarkozy, mais aussi le quinquennat Hollande. Une nouvelle récession serait sans doute fatale à l’équipe actuelle.

 

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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30 commentaires pour « Nouveau monde », réformes (pour Atlantico)

  1. Citoyen dit :

     » Une seule chose compte : la réélection en 2022, à n’importe quel prix. Nous vivons dans un univers idéologique où l’ultra-narcissisme, le destin individuel d’un homme, se substitue à l’intérêt général, à l’idée de bien commun et devient l’unique fin en soi.  »
    Et donc, pour balayer cette clique de malfaisants, cette mafia, ce ne sont pas des manifestations récurrentes sur les boulevards qui y parviendront … Ces nuisibles s’accrochant désespérément à leur postes, comme les berniques à leur rocher… In fine, il ne restera à la population qu’une guerre civile pour obtenir ce qu’elle souhaite.
    Sinon, pour se débarrasser d’un cancer, il y a la chimio, les rayons, et la chirurgie …
    Mais les métastases gauchiasses ont pris racine partout, y compris à droite … le traitement sera rude …peut être fatal …
    En attendant, ceux qui ont des avoirs à protéger, seraient bien inspirés de les mettre à l’abri ailleurs …

    Vous avez raison de rappeler la reforme bidon de la SNCF. Elle représente très bien l’imposture de la clique des nuisibles …

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    • André Lugardon dit :

      Perso en ce qui me concerne je ne souhaite pas une guerre civile à mon pays. Parmi les Espagnols qui ont une certaine à l’expérience en la matière certains affirment qu’une guerre civile c’est pire qu’une guerre.

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    • Citoyen dit :

      Une guerre civile, pire qu’une guerre ?
      Je partage cet avis André Lugardon … une guerre civile n’est pas une partie de belote, ni de tarot … elle n’a pour objectif que de faire des morts … et de préférence beaucoup de morts pour nettoyer le pays.

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  2. JulesXR52 dit :

    Bravo, très bel article. Je ne suis pas toujours d’accord avec ce que vous dites, mais là, je vous trouve inspiré.

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  3. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Vous avez raison, tout est dit dans : « La préservation de la paix sociale est en effet l’impératif absolu. »
    Nous abordons les deux dernières années du quinquennat et comme à l’accoutumé (à l’exception de J.Chirac qui avait gâché un quinquennat complet à ne rien faire), il devient urgent d’attendre…la réélection triomphale face à l’ennemi(e) du peuple et surtout de la caste dirigeante.
    La réforme des retraites attendra, après tout, rien ne presse, les réformettes précédentes ont quand même eu l’avantage de donner du temps eu temps.
    La réforme des institutions annoncée à grand renfort de trompettes par le Président et son 1er ministre pourra bien attendre elle aussi le résultat des élections municipales de l’année prochaine qui permettront peut-être de changer la composition du Sénat pour disposer d’élus un peu plus « obéissant ».
    Etc. Bref, la vie politique du pays va à nouveau piétiner à l’exception de la seule loi sociétale du quinquennat :la loi bioéthique, elle aussi promise lors de la campagne électorale et qui ouvrira les droits à la P.M.A. pour toutes les femmes, entrebâillement nécessaire à la G.P.A. qui sera sans doute promise en 2021….
    Mais c’est sans compter sur la récession économique mondiale annoncée par le F.M.I. et qui se profile déjà aux Etats Unis, en Allemagne, au Japon, en Italie et même en Suisse et qui nous touchera sans aucun doute l’année prochaine.

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  4. Janus dit :

    Hors sujet, mais pas tant que ça . A lire et partager par tous ceux qui s’inquiètent aujourd’hui des atteintes innombrables à la démocratie. Nous ne sommes pas encore en dictature (cf article précédent de MT), mais nous sommes dans la position de la grenouille dans sa casserole sur le feu… : http://h16free.com/2019/08/30/64229-en-france-il-est-desormais-interdit-de-juger-les-juges

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  5. michel43 dit :

    Sourire,,,mais au Européenne ,Macron a PERDU, ,,,,les élections a venir sont importante, la société Françaises ,dans ses structures ,Socialiste ,et jamais la droite a oser y toucher ,Maxime pour la poste ,il y a une nette améliorations ,dans l’accueil du publics notamment ,dans la modernisations des lieux ,après la lucidité populaire ,,,vaste rigolade,, ,ceux qui sont élues en on rien a faire ,ce qui compte pour eux ,la réélections ,c’est tout ,je pense que tout ses irresponsables n »on jamais vécu avec 1300 euros ,alors, l’apprès Macron est t »il possible ,bien sur , pour le peuple de France ,le chômage et l’immigration sont les deux mamelles du mécontentement ,,,,

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  6. André Lugardon dit :

    Peut-être que la lucidité populaire elle est chez les Gilets jaunes? Même si les gauches et les droites s’en tiennent à l’écart.

    Peut-être que la lucidité populaire elle est chez les personnes qui dans notre pays organisent des réunions de réflexions sur la modification des côtes de France et des îles françaises?

    Peut-être que la lucidité populaire elle est chez les bénévoles qui viennent en aide aux personnes vivant dans ces camps de réfugiés? Il y a de plus en plus de camps de réfugiés dans le Monde et de plus en plus de monde dans ces camps.

    Peut-être que la lucidité populaire elle est chez celles et ceux qui affirment qu’il y partout dans le monde y compris chez nous de plus en plus de personnes qui vivent sans terre, sans toit, sans travail, sans papier?

    Peut-être qu’en France la lucidité populaire elle est chez ces jeunes qui quittent la ville pour venir vivre travailler à la campagne? Et plus particulièrement chez ceux qui s’y enracinent.

    Peut-être que la lucidité populaire elle est chez ces milliers de conseillers municipaux bénévoles qui s’activent pour régler du mieux qu’ils peuvent les problèmes communaux et intercommunaux auxquels ils font face tous les jours?

    Peut-être enfin que la lucidité populaire elle est surtout chez celles et ceux qui ne passeront jamais à BFM TV et à « C’est dans l’air »?

    « L’homme est pathétiquement touchant. Il porte toujours sur les autres la lucidité qu’il ne possède pas à l’égard de lui-même. » (Sylvain Tesson)

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  7. carlo dit :

    @ Janus
    « Je rappelle à ceux qui l’auraient oublié que jusqu’en 1981, l’age légal de départ à la retraite était de 65 ans  »
    Et jusqu’en 1982, la durée des congés payés était de 4 semaines… Faut-il y revenir, voire supprimer les congés payés institués pat le Front populaire ?

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  8. MARECHAL dit :

    Monsieur le Premier ministre de la France.
    – Vous êtes en ce moment même à l’étude d’une possible réforme des retraites. J’écris « possible » du fait que votre Président Macron nous a habitué à du « jamais finalisé ..  »
    Vous savez sans doute que 3000 €, c’est le coût moyen mensuel d’une place en maison de retraite publique, avec dans la majorité des cas un service déplorable, un suivi des circonstances malheureuses de la vie de nos parents avec leur siècle dont on se fout royalement pourvu que ça rapporte ..
    Tout est à revoir monsieur le Premier ministre mais avant tout faire cesser cette escroquerie légale que sont nos maisons de retraite ..
    « Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines. »
    (Eugène Varlin, 1871)
    Je vous remercie de votre attention.

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    • new dit :

      Bonjour,
      le plus simple est de lui écrire en personne. Mais comme il s’en moque comme de sa première chemise.

      Il est le profil même du fonctionnaire discipliné et obéissant religieusement à son chef !

      N’ayez pas peur nous disait quelqu’un !

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  9. carlo dit :

    « Une seule chose compte : la réélection en 2022, à n’importe quel prix »
    Les présidents sont obsédés par leur réélection et peuvent être conduits, en effet, à se désintéresser de l’intérêt général.
    Pour l’éviter, il faudrait interdire l’exercice de 2 mandats présidentiels consécutifs (et non de 3 comme c’est le cas depuis la réforme de NS). En outre, cela permettrait de mettre tous les candidats à l’élection présidentielle à égalité et d’éviter que le Président en exercice utilise les moyens de l’Etat pour mener sa campagne. Enfin, cela permettrait aux électeurs de disposer d’un recul suffisant (5 ans) pour décider de renouveler (ou pas) leur confiance à un ancien Président.
    Certes, il ne serait plus possible de « sanctionner  » un Président dont on est mécontent. Toutefois, le non renouvellement d’un mandat n’est pas à proprement parler une sanction.
    Au demeurant, actuellement, on ne peut déjà « sanctionner » de cette façon ni un Président qui a accompli deux mandats consécutifs ni un Président qui refuse de se représenter pour éviter de perdre l’élection.

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  10. Janus dit :

    Maxime, ne comptez pas trop sur un revirement des électeurs catholiques, qui ne sont que les pharisiens de la bible et qui s’attacheront plus à la lettre qu’à l’esprit. Ils se foutent comme de l’an 40 (ou ils ont pris fait et cause pour Petain…) de la PMA et des fredaines des socialo-bobos.
    Votre analyse est juste : sans clash extérieur (guerre au Moyen Orient ou crise de la dette qui viendra inéluctablement) Macron sera réélu par les ravis de la crèche qui comme vous le dites si bien « attendent avant tout la tranquillité, ils n’aiment pas être perturbés dans la vie quotidienne. »
    Et aucune des réformes nécessaires n’aura été faite, l’insécurité et l’immigration qui en est la cause continuera à exploser et les français se réveilleront en 2027 avec une sérieuse gueule de bois.
    NB : Je rappelle à ceux qui l’auraient oublié que jusqu’en 1981, l’age légal de départ à la retraite était de 65 ans et on discute encore aujourd’hui avec les lèvres pincées et des minauderies de chaisière pour éventuellement porter l’age légal de départ à ,la retraite à 64 ans…
    Un pouvoir socialiste est toujours un drame absolue pour une collectivité humaine !

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  11. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Dans cet entretien que vous avez accordé à Atlantico, je ne remettrai pas en cause vos réponses qui sont, à plus d’un titre, impeccables.
    Mais je m’interrogerai – au moment où le président Macron qui vient de quitter la scène du G7 sous les applaudissements, et s’apprête à rejouer la pièce du « Grand Débat » – si Atlantico vous a bien posé les bonnes questions qui hantent tous les Français en cette rentrée ?

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  12. Philippe Dubois dit :

    Bonjour Maxime

    Je suis en accord avec votre billet

    Mais, il y a un petit détail qui me chiffonne
    Quand vous écrivez :
    « Il est difficile de dire par avance ce qui l’emportera de l’intox médiatique ou de la lucidité populaire. »
    Qui voyez vous pour incarner la lucidité populaire ?

    Pour l’instant, je ne vois personne et à mon avis, c’est bien le drame de la France

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  13. Annick Danjou dit :

    « La population est souvent beaucoup plus lucide, dans ses profondeurs, que ce que laissent penser les sondages. Il est difficile de dire par avance ce qui l’emportera de l’intox médiatique ou de la lucidité populaire. »
    Vous me surprenez toujours Maxime lorsque vous utilisez ce genre de remarque dans vos articles.
    La lucidité populaire??? Elle se trouve où cette lucidité? Je pense vraiment que l’intox médiatique et les aides en tout genre, de plus en plus nombreuses pour faire taire les gueux, enterrent la lucidité et ceux qui en usent et en abusent, de l’intox et des aides, le savent très bien. C’est pourquoi on peut dire, redire, écrire, parler, échanger… ce n’est qu’une petite goutte d’eau dans l’océan de la crétinerie et de la volupté de l’assistanat.
    Alors les réformes qui fâchent, on verra ça plus tard!!!

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    • Annick Danjou, malgré le matraquage médiatique invraisemblable, la presse lèche-cul, les statistiques truquées, la cascade de mensonges, la propagande quotidienne, que l’impopularité présidentielle soit aussi massive (70 à 80% de mécontents) est tout de même un signe de résistance du bon sens populaire. Un peuple d’imbéciles se fondrait à 70 ou 80% dans un grand consensus béat. Or, c’est le contraire qui se produit…
      MT

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    • Annick Danjou dit :

      Espérons et attendons puissiez vous avoir raison c’est tout ce que je souhaite

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  14. carlo dit :

    Monsieur Tandonnet,
    « Exemple même d’une fausse réforme, mise en conformité avec le droit de l’UE, mais qui ne change strictement rien »
    Certes, cette réforme, voulue par l’Union européenne, n’améliorera pas la situation du rail en France. Elle risque même de la dégrader encore. Mais ce n’est pas une « fausse » réforme (un emploi au statut n’est pas la même chose qu’un CDI) ; c’est une mauvaise réforme.

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    • carlo, en effet, sauf si les termes du CDI sont exactement calqués sur le feu statut (recrutement, salaires, congés, retraite, avantages en nature, etc.) ce qui devrait être le cas selon ce que j’ai compris.
      MT

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    • Philippe Dubois dit :

      Bonjour Maxime
      @ carlo : 29 août 2019 à 10:55
      Quelle est la raison qui justifie un STATUT espécial au bénéfice des personnels de la SNCF au lieu d’un CDI normal ?
      Parce que « La bête humaine » ça commence à dater
      Et un CDI peut comprendre des clauses prenant en compte la pénibilité du travail et les horaires décalés

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    • carlo dit :

      @ Philippe
      Ce qui justifie le statut spécial des personnels de la SNCF, c’est la mission de servce public de cette entreprise.
      On ne peut pas, comme le fait à juste titre MT, regretter la perte du sens de l’intérêt général et ne pas distinguer le cas d’une entreprise dont la vocation est de faire des bénéfices d’une autre dont la vocation est d’assurer une mission de service public.
      Contrairement à ce que prétendent les libéraux qui inspirent les dirigeants européens, l’intérêt général ne résulte pas mecaniquement de la mise en concurrence des intérêts particuliers.

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    • Philippe Dubois dit :

      @ carlo : 29 août 2019 à 10:55
      Non
      La mission de service public de la SNCF justifie une gestion qui ne soit pas centrée uniquement sur la rentabilité, je suis d’accord, mais c’est tout.
      (Et je trouve grotesque la mise en concurrence obligatoire de la SNCF ou d’EDF)

      Mais, d’une part, cela n’empêche pas de s’intéresser
      – à l’efficience et à l’efficacité du fonctionnement de l’entreprise
      – à la pertinence des investissements

      D’autre part, cela ne justifie pas ce statut super spécial pour les personnels ; d’autres entités ont également des missions de service public sans que le personnel ait un CDI qui soit foncièrement différent du droit commun
      Ce qui n’empêche pas, de prévoir des clauses liées à la pénibilité, aux horaires décalés, etc…, comme dans tout CDI

      Par ailleurs, dans le service public régalien par excellence, l’Armée, les deux tiers du personnel militaire sont en CDD

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    • carlo dit :

      @ Philippe Dubois
      « La mission de service public de la SNCF justifie une gestion qui ne soit pas centrée uniquement sur la rentabilité »
      « cela n’empêche pas de s’intéresser
      – à l’efficience et à l’efficacité du fonctionnement de l’entreprise
      – à la pertinence des investissements »
      On est d’accord.
      « Cela ne justifie pas ce statut super spécial pour les personnels  »
      Si, cela justifie un statut différent qui tienne compte de la grandeur mais aussi, et ceci a été perdu de vue, de la servitude de l’emploi public.
      « Dans le service public régalien par excellence, l’Armée, les deux tiers du personnel militaire sont en CDD »
      Les miltaires haut gradés ne sont pas des contractuels. Par ailleurs, les agents de la SNCF ne sont pas tous engagés au statut.
      Encore une fois, on ne peut pas regretter à juste titre, comme Maxime Tandonnet, la perte du sens de l’intérêt général et vouloir l’alignement du public sur le privé, y compris en ce qui concerne le statut des personnels.

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  15. Timéli dit :

    Il n’y a rien à ajouter. Les réponses percutantes vont à l’essentiel, sans fioritures. Bravo !

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  16. carl dit :

    « La loi sur la SNCF n’a pas transformé le paysage du rail en ouvrant la voie à une privatisation, ni même à une remise en cause concrète de la situation des cheminots. »
    Si, cette loi prépare bel et bien la privatisation de la SNCF.
    L’une des conditions de celle-ci est en effet que les nouveaux salariés de la SNCF soient des salariés comme les autres, ce qui est désormais chose faite.
    La réforme de la SNCF ne change certes rien à la situation des cheminots actuels mais elle engage bien la « normalisation » de cette entreprise, conformément aux exigences de l’Union européenne.
    De même, la réforme des retraites, si elle se fait, modifiera en profondeur notre système de retraites en instituant un système par points en templacement du système actuel (et en allongeant encore la durée de cotisation dans le but de faire baisser le niveau des pensions).
    Il faut reprocher à EM les réformes qu’il fait et non son immobilisme, ce qu’il fait bien plus que ce qu’il ne fait pas.
    La réforme n’est pas bonne en soi et il vaut souvent mieux ne rien faire que de mal faire.

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    • Carl, le nouveau régime de la SNCF est exactement calqué sur celui de la poste. Depuis le changement de statut, vous trouvez que la poste marche mieux? Bien loin de la privatisation, elle n’a jamais été autant bureaucratique et inefficace. Exemple même d’une fausse réforme, mise en conformité avec le droit de l’UE, mais qui ne change strictement rien, pas d’un iota, sur le fond des choses, notamment la situation des personnels, les déficits abyssaux et le délabrement général.

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  17. Curmudgeon dit :

    Si notre société française est structurée par la dichotomie entre ce qu’on pense vraiment et ce qu’on se croit obligé de dire pour être bien vu, on en a pour cinquante ans de décadence en vue.

    Timur Kuran, Private Truths, Public Lies: The Social
    Consequences of Preference Falsification (Cambridge: Harvard University Press, 1995).

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