Le despotisme de l’impuissance

La vie politique se situe à deux niveaux: l’écume des choses et les grands courants de fond. L’actualité est submergée d’anecdotes jouant sur l’émotionnel: les pizzas du président Macron, le chat de le Pen, l’escalade de M. Woerth, les bons rapports Macron/Sarkozy qui s’affichent tous deux ensemble, sans Hollande, « tiers-exclu » freudien du trio élyséen… Elle croûle sous le poids des polémiques, volontaires ou involontaires.  Cette gesticulation quotidienne a pour effet de couvrir les grands courants de fond de l’histoire présente: l’effondrement global du niveau scolaire et intellectuel du pays, le fantastique délitement de la société française qui sombre dans la violence (explosion des meurtres et des agressions), les phénomènes démographiques et les migrations Sud-Nord (quadruplement de la population de l’Afrique avant la fin du siècle), l’explosion d’une Europe qui n’a jamais été aussi déchirée, les records absolus atteints en matière de dette publique et de prélèvements obligatoire, la vertigineuse désindustrialisation de la France – c’est-à-dire son délabrement économique.

Le drame de la politique française tient à la perte du sens de l’engagement. Le bien public n’existe presque plus aux yeux des dirigeants nationaux. Leur motivation, empoisonnée par une sorte de démence narcissique, se focalise sur des satisfactions de vanité: se pavaner sous les ors de la fausse république devient le but suprême en soi, de même que s’y maintenir le plus longtemps possible. Leur objectif n’est pas d’améliorer, même à la marge, même modestement, en fonction des réalités, la vie de la collectivité et œuvrer au destin de la France. Il est de pavoiser dans la durée. Dès lors, la politique cesse de se définir comme un mode d’action en faveur du bien public, mais tourne chaque jour davantage, à l’exubérance vaniteuse, le jeu des manipulations et la foire aux illusions. Tel est le drame politique de la France.

D’ailleurs, rien n’est plus mensonger que le terme de république – res publica. Dès lors que la chose publique, la notion d’intérêt général, est noyée dans la démence égotique, la république devient un mot creux privé de toute signification. Le régime qui caractérise la France n’a plus de rapport avec la république et c’est faire insulte aux souverains qui ont bâti notre pays que de l’assimiler à une « monarchie ». Non, c’est toute autre chose, le régime est d’un genre nouveau, ni république, ni monarchie, conjuguant une autocratie de façade, à laquelle les systèmes totalitaires de jadis n’ont pas grand chose à envier, mais une autocratie stérile, sans prise sur le monde des réalités, ce qui la distingue radicalement des dictatures de jadis.  Despotisme du néant, despotisme de l’impuissance, despotisme de la vanité. Et plus le pouvoir s’enfonce dans l’impuissance, et plus cette impuissance se métamorphose en gesticulations vaniteuses. C’est par ce constat tout simple et sans prétention que commence la résistance, résistance intellectuelle, résistance aux manipulations, aux mensonges, aux gesticulations bref à l’entreprise de crétinisation nihiliste du pays.

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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43 commentaires pour Le despotisme de l’impuissance

  1. totems et tabous dit :

    Totems et tabous version 2019 : refouler les discussions critiquant la politique de repentance.

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  2. Typa dit :

    Mr Randonner, votre texte est remarquable de clairvoyance! C’est malheureux que nous continuions chaque jour toujours plus et encore. J’aimerais tant pour les générations futures que vous ayez tort. Hélas, plus on ouvre les yeux, plus vous avez raison… Et que penser du «machin» européen qui nous conduit droit au gouffre.
    Espérons qu’on nous entende..mais difficile d’y croire…
    Recevez mes sincères encouragements.

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  3. carlo dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Les fonctionnaires ayant en charge l’intérêt général, il est normal qu’ils bénéficient d’un statut particulier, différent de celui des salariés du privé.
    On ne peut pas déplorer la perte du sens de l’intérêt general, comme vous le faites, et considérer que les fonctionnaires sont des salariés comme les autres.
    Ce qui est choquant, en revanche, ce sont les allers-retours (que veut developper EM) entre le public et le privé.

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    • SERAYE Yves dit :

      Les fonctionnaires ayant en charge l’intérêt général ? Ils ont d’abord en charge leur intérêt personnel, puis une fonction et des tâches à accomplir. Que leurs contrats de travail puissent être différents, certes, mais que les avantages qu’ils cumulent au gré des circonstances ne deviennent pas aberrants …. la retraite est monstrueuse par rapport au privé et la sécurité de l’emploi ne devrait pas leur permettre d’avoir des rémunérations supérieures à celles du privé pour des mêmes fonctions. Ne me dîtes pas non plus qu’ils travaillent plus !
      Il est toutefois une distinction à faire entre le fonctionnaire de base et le cadre supérieur.
      Les fonctionnaires sont trop nombreux dans ce pays par rapport aux autres pays et trop bien payés. La cour des comptes n’est pas écoutée et cela produit quoi ? De l’endettement que nous laissons à charge des générations futures, une honte.

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    • carlo dit :

      @ Yves Serraye
      « Les fonctionnaires ayant en charge l’intérêt général ? »
      Bien sûr. Un entreprise privée poursuit son intérêt propre. Un service public (et les agents qui y travaillent) a en vue l’intérêt general.

      « que les avantages qu’ils cumulent au gré des circonstances ne deviennent pas aberrants »
      On est d’accord.

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    • Drareg dit :

      Je comprends mieux que M. Tandonnet voie des jaloux partout, puisque le succès électoral de LR (et de son parti jumeau, LREM) repose sur sa capacité à monter la tête des gens contre les fonctionnaires, à grands coups de 57% et autres chiffres truqués.

      « la retraite est monstrueuse par rapport au privé et la sécurité de l’emploi ne devrait pas leur permettre d’avoir des rémunérations supérieures à celles du privé pour des mêmes fonctions. »

      Voici un article des Echos qui n’est pas d’accord avec vous :

      https://www.lesechos.fr/2013/06/public-prive-lecart-des-retraites-nest-pas-aussi-grand-quon-le-pense-340191

      De plus, à diplôme égal les cadres de la FP sont moins payés que dans le privé (ce n’est toutefois pas le cas pour la catégorie C).

      « Les fonctionnaires sont trop nombreux dans ce pays par rapport aux autres pays et trop bien payés. »

      Nous avons regardé le cas de l’éducation nationale dans des commentaires récents, et montré qu’ils sont en fait nettement moins payés que dans la plupart des pays comparables.
      Il est inexact que les fonctionnaires soient moins nombreux dans d’autres pays, de plus les dépenses de fonctionnement de l’Etat ne se limitent pas aux salaires des fonctionnaires, il y a aussi la sous-traitance et les prestations en nature. Si vous comparez les pays selon la somme de ces trois facteurs, votre assertion est encore plus fausse que sur le seul nombre de fonctionnaires.

      « De l’endettement que nous laissons à charge des générations futures, une honte. »

      Vous vous laissez influencer par les gens qui brandissent le 57% à tous propos. En réalité, l’essentiel de la dépense publique supérieure à celle des autres pays (et donc de la dette) vient de sommes versées directement à des non fonctionnaires : retraites, aides à l’immobilier, chômage…

      Si vous vous fiez à LR LREM et leurs éditorialistes associés pour vous faire une idée de la dépense publique, vous risquez de vous faire induire en erreur, et sans doute rouler dans la farine. Pensez aux autoroutes, ou à l’évolution des tarifs EDF…

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    • Drareg dit :

      En complément, ce petit graphique clair de la banque de France expose les hérésies de la secte cinquante-sept-pourcentiste :

      https://publications.banque-france.fr/lecart-de-depenses-publiques-entre-la-france-et-lallemagne

      En effet, vous pouvez voir que les endroits où vous avez éventuellement des marges de manoeuvre hors dépenses sociales sont « autre » et « santé » (et encore, avec un territoire moins densément peuplé, n’est-ce pas évident sur ce point). Et ils sont tous petits…

      Pour le reste :
      – défense : la France n’est pas en tort ; noblesse oblige, en quelque sorte.
      – éducation : 1,4 enfants par femme en Allemagne, 2 en France, donc c’est normal
      – affaires économiques : aides aux entreprises, essentiellement le Cice qui ne devrait pas être compté (mais cela ferait moins de % à agiter pour les éditorialistes LR LREM)
      – logement et équipement : population en augmentation en France, stagnante en Allemagne.

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  4. Aurel dit :

    Bonsoir, dès le soir de l élection présidentielle j’étais horrifié par le désastre Macron, à mon avis le pire des candidats. La suite me donne raison, car le pays s’enfonce inexorablement, le parcours de ce personnage, sa mentalité n’augure rien de bon et ce haut-fonctionnaire nourri au capitalisme de connivence est tous sauf libéral, ces pseudo-réformes en sont l’illustration. Maintenant, le seul espoir pour nous vient d’ailleurs : Bréxit, USA, Hong-Kong, pour la France s’est « mort » d’ ailleurs pour une hypothétique reconstruction ne faudrait il pas repartir de la base ? Des régions ? Avec une vraie autonomie et des démocratie plus directe, plus efficace, le centralisme Parisien puis Bruxellois est un échec.

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  5. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Les institutions de la Vème République, tant de fois revues et corrigées au cours des années, ont permis – en toute légalité, que des financiers propriétaires de nos media écrits et télévisés – fassent élire par les Français abreuvés de propagande, le candidat Macron, désigné par eux pour vendre la France à la finance internationale.
    Tout laisse à penser qu’après le succès de son premier quinquennat, le Président Macron sera réélu en 2022. Les récriminations des uns ou des autres ne servant qu’à persuader les naïfs que notre régime est encore une démocratie.

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    • Mildred « succès » vous êtes sûre? « Réélection »? A voir, c’est ce que tout le monde dit, je parie le contraire, n’oubliez pas la « force de l’histoire » et l’imprévisibilité de son cours.
      MT

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    • SERAYE Yves dit :

      J’approuve les propos de Mildred, nous analysons en permanence les erreurs et les trahisons qui ont été commises volontairement ou involontairement depuis VGE et cela sans oublier aucun président. Nous sommes maintenant gouvernés par Pinocchio qui lui-même est dirigé par un club qui se moque de nous et Sarkozy lui fait la cour.
      La résistance est un grand mot mais il lui faut des actes et ce ne sont pas ceux qui nous ont mis dans ce bourbier qui vont nous en sortir, on n’appelle pas des pyromanes pour éteindre des incendies.

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  6. MARECHAL dit :

    Vous êtes Maxime, une source de clairvoyance politique. Merci !

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  7. SERAYE Yves dit :

    Analyse parfaite de la situation actuelle de la France. Que faudrait-il faire pour nous sortir de ce guêpier ? Les élections à venir ne nous permettent pas d’espérer … alors, allons-nous sombrer tous ensemble dans une mort lente et honteuse ?
    La résistance … oui mais, comment, où et avec qui ?

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    • michel43, je ne prends jamais les insultes contre mon ancien patron (en outre je fatigue de vos répétitions de perroquet sur « l’union des droites »).
      MT

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    • carlo dit :

      Monsieur Tandonnet,
      Certes, la réforme de la SNCF ne règle rien. Mais en supprimant le statut de cheminot, cette réforme transforme la SNCF en une entreprise comme une autre qui pourra ensuite être privatisée.
      Quant à l’alignement du régime des retraites des fonctionnaires sur celui du privé, je ne suis pas de votre avis. Un fonctionnaire a en charge l’intérêt général. Son travail n’est pas le même que celui d’un salarié du privé, même lorsqu’il exerce le même métier. Il n’y a donc aucune raison d’aligner le statut des fonctionnaires sur celui des salariés du privé. Il faut reconnaître à la fois la grandeur (que ne veut pas voir la droite) et les servitudes (que refusent les syndicats) de la fonction publique.

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    • carlo, regardez le texte vous verrez que cela n’a strictement rien à voir avec une entreprise comme une autre susceptible d’être privatisée; quant aux cheminots d’un lointain futur, ils seront gérés par un contrat reprenant exactement les mêmes avantages que le statut… Sur les retraites des fonctionnaires, étant moi-même fonctionnaire, je n’ai jamais compris ce qui justifiait la différence. D’autant que la sécurité de l’emploi, (quand je vois tous mes amis du privés à la cinquantaine), c’est quand même un autre avantage non négligeable… MT

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    • Drareg dit :

      « D’autant que la sécurité de l’emploi, (quand je vois tous mes amis du privés à la cinquantaine), c’est quand même un autre avantage non négligeable… MT »

      Mais, au moment des projets de réforme de l’ENA par Macron, vous nous aviez dit que vous auriez pu gagner trois fois plus dans le privé.
      Si vos amis ayant la cinquantaine ont eu un salaire triple du vôtre pendant 25 à 30 ans, l’avantage non négligeable ne l’est plus tant que cela, financièrement parlant ?
      Tous ces rebondissements dans les raisonnements sont bien difficiles à suivre…

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    • michel43 dit :

      effectivement , votre ancien patron ,donc le notre ,nous a trahie, ainsi que les électeurs du NON au référendum ,pour MOI et beaucoup d’autre , il est mort politiquement

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  8. carlo dit :

    Peut-on vraiment dire que le pouvoir s’enfonce dans l’impuissance ?
    Ce gouvernement fait des réformes : celle de la SNCF est passée, celle du bac aussi et celle-majeure- des retraites va suivre.
    On peut, et on doit, selon moi, lui reprocher la nature des réformes engagées mais non le fait qu’il n’agisse pas.

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    • carlo, beaucoup d’enfumage de frime pour pas grand chose au final… et les résultats désastreux sur tous les plans (même le chômage, en comparaison avec le autres…)
      MT

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    • carlo dit :

      MonsieurTandonnet,
      La reforme de la SNCF (suppression du statut pour les nouveaux embauchés) et celle à venir des retraites (système à points, abandon de la règle des 6 derniers mois pour les fonctionnaires) ne sont pas des réformes cosmétiques.

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    • Carlo, la réforme de la SNCF est a minima et ne règle strictement rien des grands problèmes du rail en France (la réforme aligne la sncf sur la poste, c’est dire le progrès…); quant à celle des retraites, à voir, il y a juste un rapport pour l’instant: si le gouvernement le fait (alignement public/privé), ce sera bien, même excellent, mais on en est pas là et j’en doute fortement… MT

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    • carlo dit :

      Monsieur Tandonnet,
      L’ouverture à la concurrence et la fin du statut préparent la privatisation de la SNCF. La prochaine étape sera l’ouverture du capital afin de « sauver » la SNCF ( comme il faut « sauver » les retraites, les banques etc.). De la même façon, la PMA prépare la GPA.
      Le scénario est déjà écrit. Un processus est engagé.

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  9. patricecharoulet dit :

    Admirable ! Rien à ajouter.

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  10. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Ce gouvernement a décidé d’occuper le terrain médiatique 7jours/7 y compris pendant la période la plus creuse de l’été et rien ne l’arrête, pas même les chiffres du chômage quelque peu traficotés pour donner l’illusion de l’excellente performance du pouvoir. Même les ministres et secrétaires d’Etat qui n’ont rien à voir avec l’actualité du moment se permettent de la commenter urbi et orbi, dès fois que le Président lise un de leur tweet ou leur message dans Facebook et qu’il leur adresse le SMS de remerciement qui changera et éblouira leur journée ou leur semaine.
    Au moment où l’on célèbre l’anniversaire de la naissance de Napoléon, certains journalistes particulièrement flatteurs n’ont même pas reculé devant la comparaison imbécile avec le chef de l’Etat qui mène, disent-ils, de très grandes réformes qui changeront la France pour les décennies à venir….personnellement j’attends encore.
    Le spectacle continue donc et les secousses économiques et politiques graves qui s’accroissent notamment au moyen orient ne laissent rien présager de bon pour les mois à venir mais peu importe puisque la France a à sa tête le sauveur et le maître du monde. Contentez-vous donc d’applaudir en attendant le prochain sommet « inclusif » du G 7 qui offrira à n’en pas douter une représentation caricaturale du double langage de ces politiciens notamment en matière de lutte contre le dérèglement climatique et comme à l’accoutumé, de langue de bois lors du communiqué final.
    Mais sans doute ai-je un mauvais esprit.

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  11. Sganarelle dit :

    Ce qui caractérise l’homme moderne est la futilité. Ce pourquoi il s’attache aux apparences , si on ne parait pas on est rien. C’est le règne de la poudre aux yeux’ de la publicité et des faux – semblants. Tout ça manque de fond et penser qu’une guerre remettra un peu de plomb dans les têtes au sens propre et figuré me semble plus qu’ hasardeux.
    «  perte du sens de l’engagement ..despotisme de l’impuissance ..foire aux illusions » on a en effet l’impression du vide, celui du néant des existences qui n’ont pas d’autre but ni de sens que l’épanouissement de leur ego.
    Peut -être que ce qui manque à ce monde c’est la Foi , on se moque des religions en jouant les esprits forts mais les superstitions perdurent et on adore des veaux d’or qui ne nous satisfont pas. La France d’autrefois était religieuse cela permettait aux pauvres d’espérer et aux riches de se poser des questions , cela servait de garde-fous et unissait le peuple dans une même croyance. Malraux disait que ce siècle sera religieux ou ne sera pas.
    On a choisi : Il « n’est » pas.

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  12. Jean-Bernard Lasserre dit :

    Oui, la seule chose que nous puissions faire, c’est résister intellectuellement en tentant d’accomplir sa tâche quotidienne- pour moi, il s’agit de transmettre le savoir avec modestie mais conviction. Certainement une goutte dans l’océan, mais, comme disait Mère Teresa, l’océan ne serait pas le même sans cette petite goutte. Je suis pessimiste et j’ai du mal à comprendre la société, mais je me dis que ce que je fais tous les jours( en ce moment je passe des heures à faire redonner les bases de l’anglais à des élèves de CPGE ) est malgré tout utile.

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  13. Tarride dit :

    Cher Maxime Tandonnet

    Pour répondre à quelques uns de vos derniers messages, il me semble que vous ne tenez pas assez compte d’un élément important.

    Les géants de la politique naissent des guerres, tout au moins en France, pour le meilleur ou pour le pire.Comme et fort heureusement la France ne fait plus la guerre depuis plus de cinquante ans, il n’est pas surprenant que les géants aient disparu et que les gouvernants de ce pays soient désormais des hommes ou des femmes que la gloire n’auréole pas. Il faut espérer que cela dure même si des signes inquiétants se multiplient.

    De toute évidence, le monde médiatique et une certaine classe qui se dit supérieure ne se fait pas à cette idée. Il n’est donc question que de parer les hommes ou les femmes politiques des qualités des chefs de guerre. Nous en avons eu des exemples, Emmanuel Macron constitue un sommet en ce domaine. Sa campagne électorale tendait à le présenter comme, Clovis, Bonaparte sur le pont d’Arcole, Vercingétorix face à César, ou même Jeanne d’Arc face aux Anglais désormais Américains. La propagande dont nous sommes abreuvés depuis son élection ne dément pas cette vision des faits légèrement abusive

    Nul ne saurait donc s’étonner que la césure apparaisse de plus en plus grande entre les soucis des gens qui ne sont rien et le siens.. Emmanuel Macron ne sera, quoiqu’il lui en coute,ni Napoléon ni Clemenceau, ni De Gaulle. Ce n’est pas de sa faute, ce sont les circonstances qui n’ont pas permis qu’il en soit ainsi.

    Ce qui est de sa faute et de la faute de ses thuriféraires est de vouloir maintenir la fiction et de vouloir par conséquent occulter les difficultés bien réelles auxquelles le pays est confronté. Ce qui est de sa faute c’est de persister à vouloir faire croire.

    Je n’hésiterai pas, pour ma part, à soutenir un candidat qui aurait le courage et la modestie de proclamer qu’il est un tâcheron et qu’il espère surtout que les évènements ne lui donneront qu’une place modeste dans l’Histoire de notre pays. Je crois pouvoir parier qu’une majorité de citoyens le choisiront . Si je me trompe, ce pays est fichu.

    Etienne Tarride

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    • Etienne Tarride, comme c’est juste et bien dit!
      MT

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    • Angil dit :

      bien d accord
      toutefois notre 5 ème constitution n est pas compatible avec un tel type de candidat.
      Les scandinaves sont plus proches de vos vœux (et des miens) mais ils ne se situent pas en terre latine !
      l équation n est pas simple, mais élever « notre » regard irait vers des solutions moins navrantes que le constat actuel.
      nos dirigeants et politiciens n usent que de vues étriquées et c est bien notre drame
      les résistants ne seront hélas pas assez nombreux dans notre contexte démocratique fondamentalement clientèliste…
      il y a bien des voies pour parvenir à une sortie salvatrice de ces multiples verrouillages toxiques, mais c est le statu quo qui l emporte depuis 4 decennies, « en attente » d une collision cataclysmique dans le mur qui se présente inexorablement.
      notre haute administration et nos médias (globalement de connivence, sinon utopistes) en sont les principaux tenants…à mon humble avis
      les gesticulations du moment sont révélatrices de la résignation sur les questions d intérêt general

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  14. EMarquet dit :

    L’illustration de votre billet m’a fait penser à l’air populaire : « C’est la danse des canards / qui en sortant de la mare / [….] / et font coin-coin »…..
    Lire la Mare aux canards, peut-être, mais j’ai du mal à vous imaginer participer à « la danse des canards ».
    J’en appelle donc à Socrate qui aurait dit : « les esprits forts discutent des idées, les esprits moyens discutent des évènements, les esprits faibles discutent des gens ».
    Donc, mon premier est un esprit fort qui doit être ennuyeux, mon second un esprit moyen qui se noie dans les méandres des discussions sans fin, mon troisième un esprit faible qui se distrait de petits potins et commérages, mon tout ne serait-il pas tout bêtement un être humain normal qui selon les circonstances serait capable de sérieux dans les idées, de raison et de clairvoyance face aux évènements, et, ne s’estimant pas supérieur aux autres, d’attention envers les « vrais gens »?

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