Retour sur mon opposition au drapeau dans les classes

Dans un passé lointain, il m’est arrivé d’être pris à partie, en tant qu’ancien conseiller du président Sarkozy, par des chroniqueurs du Monde, de Libération ou le Nouvel Observateur. Par Valeurs Actuelles, cela ne m’était jamais arrivé. Une lacune désormais comblée… Et M. Jean-Paul Brighelli, dans le dernier n° de VA, ne mâche pas ses mots, m’assimilant aux « crétins, les mous de la coiffe, les obsédés de l’internationalisme prolétarien et autres militants de l’anti-colonialisme primaire », pour une tribune publiée  au début de l’année dans le Figaro Vox. Traité de réactionnaire par la gauche et de gauchiste par la droite, ne serais-je pas sur la bonne voie?

« La loi, écrit-il « Pour une école de la confiance », enfin votée, modifie ainsi l’article L. 111-1-2 du Code de l’Education : « L’emblème national de la République française, le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, le drapeau européen, la devise de la République et les paroles de l’hymne national sont affichés dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degrés, publics ou privés sous contrat. » Depuis février dernier, début de la polémique, les Saint-Jean-bouche-d’or de la Gauche bien-pensante rivalisent de sarcasmes pour stigmatiser cette idée nécessairement réactionnaire — voire fasciste […] Il n’est pas jusqu’à un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Maxime Tandonnet, qui dénonce sur le FigaroVox « un leurre pour masquer l’échec de notre école » : « Tout drapeau est le signe d’une allégeance. L’école et l’armée ont chacune leur vocation et leur grandeur. Mais elles ne doivent pas être confondues. La première a pour mission fondamentale la diffusion entre les générations de la culture et d’un savoir-faire. La seconde est consacrée à la défense de la Nation. Dans une démocratie libérale, leurs deux rôles doivent être clairement séparés. Le livre est à l’école ce que le drapeau est au régiment. » […] Si les crétins, les mous de la coiffe, les obsédés de l’internationalisme prolétarien et autres militants de l’anti-colonialisme primaire sont légion, quelques Français véritables, de tous bords, savent ce que représente ce drapeau : la liberté de la France et la liberté des peuples — parce que c’est drapeau tricolore à la main que les armées révolutionnaires ont libéré l’Europe de l’emprise des tyrans. »

Et pourtant, malgré cette déferlante de paroles aimables, je persiste et signe: la décision de rendre obligatoire dans les salles de classe les drapeaux tricolores, et européens, et d’ailleurs tout autre drapeau, est lamentable. La question n’est évidemment pas celle de la valeur du drapeau tricolore, en tant qu’emblème de la liberté et de la patrie. Elle touche à l’usage qui en est fait. Le drapeau tricolore sur la façade des lycées et de tous bâtiments publics, comme c’est le cas depuis toujours, n’est bien sûr pas un sujet de discussion. En revanche, l’installer dans toutes les salles de classes est selon moi une aberration.  La salle de classe doit être sanctuarisée en tant que lieu de l’acquisition du savoir et de l’intelligence, sous la responsabilité du professeur. Elle n’est pas celui d’une allégeance, qu’elle soit nationale, régionale ou européenne, ou internationaliste… Les Hussards noirs de la République, qui ont forgé la France moderne par l’alphabétisation, n’ont pas eu besoin de drapeau dans les classes. A mes yeux, cette mesure est une fois de plus de pur enfumage: deux petits drapeaux, un tricolore, un européen, pour couvrir pudiquement, dans chaque classe, l’effondrement vertigineux du niveau scolaire, la violence et l’indiscipline qui rongent l’éducation nationale, la souffrance des professeurs, l’inégalité des chances, monstrueuse, entre les « bons établissements » de la bourgeoisie urbaine et ceux qui sont à l’abandon. Cette décision est à l’image de la politique française: soigner la façade pour couvrir l’écroulement de la structure. Peu m’importe qu’elle vienne de droite, de gauche, du centre, ou des extrêmes, et ce n’est pas de l’opposition systématique: je trouve cette idée tout simplement lamentable. Le nationalisme de pacotille n’a strictement aucun rapport, à mes yeux, avec le patriotisme. M. Brighella traite de crétins et de mous de la coiffe, [ainsi que de Français non-véritables] ceux-là qui ne partagent pas son point de vue. Il faut le remercier d’illustrer, à travers une argumentation aussi subtile et raffinée, à l’image de toute sa chronique, l’état du débat d’idées en France.

Maxime TANDONNET

 

 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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38 commentaires pour Retour sur mon opposition au drapeau dans les classes

  1. EMarquet dit :

    « Il n’y a que deux choses à faire avec un drapeau : ou le brandir à bout de bras ou le serrer avec passion contre son coeur » écrivait Paul Claudel.
    Qu’apporteront de plus aux élèves des petits drapeaux français et européens accouplés dans un coin de classe, alors qu’ils sont déjà imperméables aux cours d’Histoire de France réduits pourtant au strict minimum.
    Mr Brighelli, enseignant venu de la gauche et engagé à Debout la France, pêche souvent par l’excès de ses propos. En l’occurence il fait de la politique, pas de l’histoire.
    Nos élites politiques semblent totalement dépassées et nous offrent des gadgets. Ce n’est pas ce qu’on attend d’eux.

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  2. Et que pensez-vous des Algériens qui pavoisent les Champs Élysées de Paris avec leur drapeau vert frappé du croissant lunaire de l’Islam, après une compétition de foutcheballe ?
    Allo ?
    Allo ?
    Je ne n’entends RIEN, M. Tandonnet !

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  3. Annick Danjou dit :

    Tout à fait d’accord avec artofuss nous avons vécu également aux US et y avons des enfants qui y vivent depuis longtemps. Les français ont tendance à critiquer les américains sans trop les connaître. Pour ajouter à votre commentaire les américains affichent dans leur jardin le candidat pour lequel ils vont voter. Imaginez cela en France plusieurs maisons partiraient en fumée. Si nos émigrés récents avaient un quart du patriotisme américain dans leur veine, nous n’en serions pas là à parler du drapeau français. Plus aucun respect de quoique ce soit chez nous, quant à l’école il faut aussi arrêter de dire n’importe quoi, même si leur système n’est pas idéal toujours, le nôtre est en dessous de tout. Regardons déjà ce que nous pourrions faire si on ne tenait pas compte de la soi disant stigmatisation et de notre culpabilité.

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    • PenArBed dit :

      La critique d’une majorité de Français s’adresse essentiellement à l’encontre de leurs dirigeants du fait de leur impérialisme.
      Quant aux conditions de vie, il semble qu’il y ait aussi beaucoup de soucis:
      Florence Pisani, Director of Economic Research, Candriam. co-auteur de L’économie américaine (La Découverte, 2018), intervention au colloque « Où vont les Etats-Unis ? » – source fondation-res-publica.org – 29 janvier 2019.
      Depuis presque un demi-siècle, l’économie américaine, si elle reste la plus productive de la planète, s’avère de moins en moins capable de faire progresser le niveau de vie d’une grande partie de la population. les États-Unis, 4ème pays en termes de PIB par tête, sont au 23ème rang (sur 30) en termes de progrès social !
      De nombreux indicateurs le démontrent :
      Le taux de mortalité infantile, identique à celui de l’Allemagne au début des années 80, est aujourd’hui deux fois plus élevé (plus élevé même qu’à Cuba). Les États-Unis sont le seul pays développé où la durée de vie a cessé d’augmenter, voire a légèrement baissé sur les dernières années.
      Le taux d’incarcération aux États-Unis est cinq fois supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE
      Les taux de mortalité tendent naturellement à baisser avec le progrès du développement, ce qu’on observe effectivement pour les Noirs américains et les Hispaniques. Mais les taux de mortalité des Blancs non-hispaniques ont eu tendance à stagner et même à monter pour les Blancs non-hispaniques les moins qualifiés.
      Les taux de suicides liés à la drogue (essentiellement aux opiacées) ou à l’alcool ont très fortement monté aux États-Unis alors que les décès liés à l’alcool et à la drogue sont relativement faibles ou en baisse dans tous les pays. Cela traduit la détresse sociale, le laminage de la classe moyenne américaine.
      Sur les dix dernières années, tandis qu’on créait 4 millions d’emplois à bas salaires et 5 millions d’emplois à hauts salaires, on détruisait un million d’emplois intermédiaires, principalement dans la construction et l’industrie manufacturière. Seuls les secteurs de la santé et des services aux entreprises ont créé des emplois intermédiaires.
      Face à cette évolution, l’État fédéral est resté largement passif : confiant dans l’efficacité des forces de marché, il n’a pas fait d’effort pour faciliter les adaptations et les reconversions qu’elle appelait ; il n’a pas non plus redistribué les gains apportés par le progrès technique comme par l’échange international. Faute de pouvoir accéder à des emplois de services bien rémunérés, une partie de la population américaine n’a eu d’autre choix que de se tourner vers ceux qui l’étaient moins, d’où l’impression de déclassement d’une grande partie des travailleurs américains. Il y a en effet très peu de filets de sécurité et les syndicats américains sont extrêmement affaiblis.

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    • Annick Danjou dit :

      PenArBeb
      Merci pour ce commentaire. Nous connaissons très bien les bons et les mauvais côtés des États Unis et nous ne sommes pas béats devant les américains. Nous reconnaissons toutes leurs qualités et dénonçons également leurs défauts. Cependant ne faudrait-il pas comparer les USA à l’Europe dans sa globalité? Je pense qu’alors nous retrouverons toutes les critiques qui sont faites à l’Amérique et la balance sera peut-être en notre défaveur.

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    • Annick Danjou dit :

      rie Valantinfranceinfo – France Télévisions
      Mis à jour le 05/12/2018 | 18:34 – publié le 05/12/2018 | 18:34
      Invitée de Jean-Paul Chapel dans « :l’éco », Florence Pisani, directrice de la recherche économique à Candriam, est venue parler des marchés financiers et de la zone Euro.
      Selon Florence Pisani, le mouvement des gilets jaunes n’inquiète pas les marchés financiers : « Si on regarde en Europe, on voit une montée des mouvements populistes et anti-européens. Depuis plusieurs années, on a la perception, dans plusieurs pays, que l’Euro a plus été synonyme d’austérité que de croissance ».

      En moyenne, un français a un revenu 12% moins important qu’un allemand alors que les revenus étaient identiques au début des années 2000 : « Le revenu moyen a moins augmenté en France qu’en Allemagne ». Avec la mobilisation des gilets jaunes, l’attractivité de la France peut-elle être mise en péril ? « Si on veut consolider ce projet européen, il faut que plusieurs réformes soient mises en oeuvre en France. Il faut montrer, aujourd’hui, un sérieux budgétaire pour aller vers plus de solidarité » explique la directrice des recherches économiques de Candriam.

      La question de l’AFP : « Avec une économie moins vigoureuse et des banques centrales moins généreuses, les marchés financiers ne risquent-ils pas de connaître des turbulences en 2019 ? » Florence Pisani reconnait que l’année 2019 sera très volatile mais répond : « Je ne crois pas que les banques centrales soient moins généreuses. Par exemple, les Etats-Unis ont besoin de freiner leur croissance. L’économie est proche du plein emploi, le taux de chômage est à 3,7% ».

      Candriam prévoit une croissance à 1,5% dans la zone Euro en 2019 : « Pour la France, ce sera sans doute en dessous de 1,5%. »

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    • PenArBed dit :

      Annik Danjou, vous écrivez : «Cependant ne faudrait-il pas comparer les USA à l’Europe dans sa globalité ?»
      Encore faudrait-il qu’il y ait un peuple européen en capacité de se battre pour le drapeau européen ?
      Alain Peyrefitte (Le 27 janvier 1960 – source :  »C’était De Gaulle » tome 1) :
      De Gaulle : « Quelle Europe ? Il faut qu’elle soit véritablement européenne. Si elle n’est pas l’Europe des peuples, si elle est confiée à quelques organismes technocratiques plus ou moins intégrés, elle sera une histoire pour professionnels, limitée et sans avenir. Et ce sont les Américains qui en profiteront pour imposer leur hégémonie. ».
      (…) « A quelles vues sommaires répond la comparaison, souvent brandie par des naïfs, entre ce que l’Europe devrait faire et ce qu’ont fait les États-Unis, alors que ceux-ci furent créés, eux, à partir de rien, sur une terre nouvelle, par des flots successifs de colons déracinés? »
      (…) « chaque peuple est différent des autres, incomparable, inaltérable, irréductible ; Il doit rester lui-même, dans son originalité, tel que son histoire et sa culture l’ont fait, avec ses souvenirs, ses croyances, ses légendes, sa foi, sa volonté de bâtir son avenir. Si vous voulez que des nations s’unissent, ne cherchez pas à les intégrer comme on intègre des marrons dans une purée de marrons. Il faut respecter leur personnalité. Il faut les rapprocher, leur apprendre à vivre ensemble, amener les gouvernements légitimes à se concerter, et, un jour, à se confédérer, c’est-à-dire à mettre en commun certaines compétences, tout en restant indépendants pour tout le reste ; C’est comme ça qu’on fera l’Europe. On ne la fera pas autrement ».

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  4. H. dit :

    Bonjour Maxime,

    Il y a quelque chose de pathétique dans cette mesure. Elle s’inscrit dans le droit fil de la mise en place, laborieuse (et pour cause) du SNU, pâle, inutile et mauvais ersatz de feu le service militaire. Pathétique, elle l’est car, face à une société française qui se délite sur tous les points (la perte absolue de crédibilité des politiques en est l’illustration), elle apparaît comme une pitoyable tentative d’un pouvoir en perte de vitesse de s’attirer, via un artifice médiocre, les bonnes grâces d’une société qu’il contribue, avec une opiniâtreté qui force le respect, à morceler en communautés ennemies et à la harceler de manière continuelle (à ce propos, si on a dit avec justesse qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, que devons-nous penser de l’attitude du premier ministre face à l’échec des 80 km/h,, échec quantitatif et qualitatif : https:/ /www.lepoint.fr/automobile/securite/retour-au-90-km-h-edouard-philippe-freine-des-quatre-fers-09-08-2019-2329121_657.php). Ce régime s’enferme, de manière réfléchie ou pas, dans une dangereuse dérive où il va être bientôt interdit de penser autre chose que la doxa officielle: pas de remise en cause de la construction européenne, pas de critique possible du pseudo réchauffement climatique (sur ce sujet, je vous invite à prendre connaissance des propos inquiétants d’un députés en n’oubliant pas que le fascisme, c’est forcément les autres : https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2019/08/10/clementine-autain-dans-le-texte/), pas de remise en cause de la politique migratoire suivie, etc,. ….
    Cette mesure, les drapeaux dans les salles de classe, me donne l’impression d’être comme la dernière branche à laquelle il nous faut nous accrocher avant de chuter plus en avant. C’est hélas trop tard, le mal est fait et en plus, ça n’a rien à faire dans une salle de classe. La place du drapeau dans une enceinte scolaire est plutôt à un mât des couleurs. Malheureusement, le milieu « éducatif » qui a largement contribué depuis bientôt 50 ans à détruire les notions de patriotisme, garde toute sa nocivité (en témoigne la nouvelle version du bac même si je suis heureux de savoir que de plus en plus d’enseignants s’élèvent contre son action) et ce n’est pas la présence de quelques oriflammes qui inversement la tendance et nettoiera les écuries d’Augias. La République, qui n’est qu’un régime politique parmi d’autres, s’est construite, il y a 150 ans autour de deux piliers qui sont les deux gènes d’eson ADN : l’instruction et le service militaire. Maintenant que les deux ont été démantelés, il ne lui reste plus de jambes pour avancer. Quant à la réaction de Brighelli à votre encontre, elle m’attriste tout simplement.

    Bonne journée

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    • carlo dit :

      @ H
      L’urgence écologique est une réalité.
      Comment imaginer qu’on puisse étendre notre mode de vie au monde entier, continuer à artificialiser les sols, bétonner les bords de mer et les montagnes, rouler toujours aussi vite sur des routes de plus en plus fréquentées ?
      Il est clair que des changements s’imposent. Clémentine Autain a raison sur ce point.

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    • H. dit :

      L’écologisme sera au XXIème siècle ce que le marxisme a été pour le XXème : une catastrophe pour tout le monde (http://h16free.com/2019/08/02/64029-cette-si-pratique-hysterie-climatique). Quant aux questions que vous soulevez en bon occidental tranquille, je vous laisse aller expliquer à tous ceux qui sortent ou qui souhaitent sortir de leur misère qu’ils devront s’en contenter. Et n’allez pas imaginer que je sois totalement hermétique sur ces questions. J’ai suffisamment voyagé pour me rendre compte que le nombrilisme occidental était une plaie intellectuelle et je dois vous avouer que j’en ai un peu marre de subir quotidiennement les foucades de ceux et celles qui, ayant peur de leur ombre, souhaiteraient en priver tous les autres. L’intelligence humaine est suffisamment forte pour qu’il en sorte autre chose que des oukases coercitifs et si l’Histoire nous montre qu’il est bon d’avoir des doutes sur les hommes, j’ai foi en leur intelligence.

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    • carlo dit :

      @ H
      « En bon occidental tranquille, je vous laisse aller expliquer à tous ceux qui sortent ou qui souhaitent sortir de leur misère qu’ils devront s’en contenter »
      C’est précisément pourquoi nous devons nous-mêmes changer nos modes de vie puisque ceux-ci, à l’évidence, ne sont pas universalisables.

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  5. charles902 dit :

    Bonjour Monsieur Tandonnet,

    Le drapeau français doit être affiché à l’entrée de tout établissement éducatif, mais franchement qu’il soit aussi dans la salle de classe, ou pas, m’indiffère.
    Tout ceci me semble n’être qu’un faux débat, à condition bien sûr qu’aucun autre drapeau ne remplace celui de la France dans les établissements français.

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  6. Curmudgeon dit :

    Les Hussards noirs de la République n’ont pas alphabétisé la France, même moderne. Ils ont fortement contribué à l’alphabétiser, ou plus précisément à en finir l’alphabetisation, largement entreprise bien avant.

    Sî, globalement sur l’ensemble du royaume, la moitié des hommes pouvaient signer vers 1789, ce n’est certainement pas les quelque peu mythifiés HNDLR qui en sont responsables. Et des progrès non négligeables s’y ajoutèrent au cours du XIXe siècle, là encore bien avant les HNDLR.

    Il est juste de rendre hommage aux HNDLR, mais il ne faut pas à leur sujet continuer à répandre une légende idéologiquement orientée.

    Si on continue à voir l’Histoire de France à travers des mythes du genre de celui-ci, ou du caractère intégralement libérateur des guerres de la Révolution et de l’Empire (baliverne chauvine justement relevée ici dans le commentaire d’Artiste), on continuera à décerveler les Français, et à détruire d’avance la lucidité nécessaire à toute formation civique.

    Sur l’affaire du drapeau dans les salles de classe, votre position est sensée, car elle opère les distinctions nécessaires. Je suis âgé, mais je n’ai jamais connu le drapeau dans une salle de classe de mon enfance ou de ma jeunesse. On peut douter que le super-patriotisme symbolique de Brighelli puisse avoir une grande efficacité..

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  7. Sganarelle dit :

    Parlons chiffons maintenant comme si il n’y avait rien de mieux..
    L’enseignement est en pleine dérive et on discute sur la pose d’un ou deux drapeaux dans les classes, Pourquoi-pas le portrait du président pendant qu’on y est ? Et suivant les réponses on est gauchiste ou droitiste..comme si il n’y avait pas d’autres alternatives.
    Valeurs Actuelles dérive complètement dans le sectarisme et perd des lecteurs qu’il faut regagner par tous les moyens’ c’est la politique Macron suite de la poudre aux yeux de ses prédécesseurs.
    « En même temps » on écarte les responsables religieux de la réfection de ND de Paris ..(peut -être pour installer des drapeaux à la place de l’autel..ou une banque ..qui sait ? ) la mode est au mélange des genres.

    La rentrée va être très difficile ,les gens se laissent beaucoup moins facilement berner et le gouvernement n’a pas la cote. Ce n’est pas un drapeau qui va masquer les manques ou un nouveau fait divers qui va berner la population .on peut cacher les crucifix à l’école ou y élever nos drapeaux cela ne changera rien au dégoût et au ras le bol ambiant.

    .

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  8. michel43 dit :

    peut t » on se comparer au Américains ,,bien sur que NON ,des drapeaux Français sont partout en France,L « ETAT fait bien son travail ,nous avons tellement de double- nationalité ,voire triple ,alors Stop a l’idiotie ,,,pour Moi ,,c « est NON

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  9. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Installer les drapeaux Français et Européen dans chaque classe est malheureusement une crétinerie proposée par LR « pour faire aimer la France dès le plus jeune âge » ! Quelle faute et quelle méconnaissance de notre système éducatif et de ses acteurs progressistes qui ne font qu’entrainer notre jeunesse vers le nihilisme tels les moutons de Panurge.
    Je considère que cette action constitue une forme d’endoctrinement inconscient de nos enfants en remplacement notamment des cours d’histoire devenus instrumentalisés, thématiques et anhistoriques.
    Pourquoi également le drapeau européen si ce n’est que pour faire prendre conscience à nos jeunes de leur avenir uniquement européen en faisant disparaitre petit à petit ce qu’il reste de souveraineté nationale tant souhaitée par E. Macron et sa troupe de godillots ?
    J’imagine déjà l’avenir de ces drapeaux dans les milliers de classes de nos écoles, collèges et lycées des zones et quartiers en difficulté, seront-ils profanés, piétinés, détruits ou brûlés ou tout simplement remplacés par les drapeaux des pays du Maghreb ?
    Quant à ces journalistes qui ne savent plus manier que l’insulte, le mépris et l’invective à l’égard de ceux qui ne partagent pas la même « religion progressiste » du moment, ils ne font qu’imiter nos députés LREM en obéissant au pouvoir comme des bons toutous pour que l’Etat continue de les subventionner largement afin que leur média et eux vivent ou survivent grâce prioritairement à l’argent public.

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  11. Drareg dit :

    « Traité de réactionnaire par la gauche et de gauchiste par la droite, ne serais-je pas sur la bonne voie ? »

    C’est aussi le cas d’Emmanuel Macron, critiqué par sa droite et par sa gauche ; il n’est donc pas surprenant que ce soit aussi le cas de LR.
    Mais puisque LR insiste sur l’immense différence qui existerait entre LR et LREM, vous voyez bien qu’on ne peut rien conclure de cette convergence de critiques sur la pertinence de l’orientation choisie.

    J’avais remarqué, dans un précédent commentaire, que la presse faisait, à mon sens, une publicité incroyable à Blanquer. J’avais notamment en tête Brighelli, ce qui me surprend par rapport à ses positions habituelles…ceci explique peut-être cela, puisque cette histoire de drapeau est une coproduction Ciotti Blanquer.

    Êtes-vous sûr que c’est bien vous qui êtes qualifié de mou de la coiffe ? Je n’ai pas accès au passage entre crochet, mais il me semble que la phrase s’applique à ceux qui sont hostiles au drapeau, ce que Brighelli ne vous attribue sans doute pas.
    Il y a quelques années, Blanquer avait inscrit les Mémoires du général de Gaulle dans les oeuvres étudiées en vue du bac par les terminales littéraires (la partie suivant immédiatement la Libération) et avait été critiqué par ces mêmes milieux.

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  12. artofuss dit :

    Pour ne rien vous cacher, votre article sur le drapeau dans les classes avait commencé par « m’interpeller », comme on dit. Pourquoi pas s’offrir un « rappel à la République », dans un univers scolaire où cette notion laïque et citoyenne s’estompe de plus en plus, surtout dans certains établissements de certaines zones…
    Puis, à la réflexion, j’en étais arrivé à votre conclusion: cautère sur une jambe de bois, on veut se contenter de « soigner la façade pour couvrir l’écroulement de la structure ». D’ailleurs, depuis votre article, on a vu, notamment avec la criminelle réforme du baccalauréat ou celle de l’entrée à Sciences-Po, la spirale descendante amorcée par ce pouvoir démagogue, hypocrite et dévastateur.
    Il est donc clair que si la très nécessaire et urgente reprise totale en main de l’Education nationale s’arrête à quelques kilomètres de taffetas répartis sur le territoire, on sera très loin du compte. Elle est bien révolue, l’époque où le respect dû au maître et aux institutions donnait aux Hussards noirs un prestige dont nos malheureux enseignants (dont je tiens tout de même à rappeler qu’ils ont été, par leur esprit soixante-huitard, en partie à l’origine de leurs malheurs) manquent totalement devant leur auditoire.
    Dommage que M. Brighelli, que j’aime bien par ailleurs, n’ait pas trouvé de moyen plus élégant d’engager la discussion sur ce point, alors que sur le fond, je suis certain d’une convergences très forte entre votre point de vue et le sien…

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  13. souris grise dit :

    Bonjour Maxime .

    Je suis d’accord avec vous quand vous dites que le débat d’idées ne passe plus .
    Et encore heureux qu’on ne vous a pas traité de facho …
    Quant au drapeau ds les classes , je n’y suis pas favorable , car en fait ce qui va se passer; c’est que les élèves n’apprendront que les « bienfaits » de l’Europe .c’est tout .Pour bien forger les jeunes esprits à une idée politique .

    Il faut lire le livre de Peillon :Refondons l’école pour l’avenir de nos enfants .
    Comme j’ai lu St Just qui parle d’école ,c’est copie conforme , c’est d’ailleurs Peillon qui a dit qu’il finissait ce que les révolutionnaires avaient commencé .
    Donc en fait il vaut mieux commencer à lire St Just : Rendre le peuple heureux .Rapports et décrets de ventôse Institutions républicaines .
    ON comprend vite ce qu’ils ont en tête .C’est affolant !
    C’est sûr que ce ne sont pas des livres de chevet .(sourires) .

    Chris .

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  14. Janus dit :

    Quand au drapeau dans les classes, pourquoi pas ? Ce n’est pas là le problème. Cf vos interventions (HUSSON TANDONNET MICHAUD ) dans Atlantico.
    J’aime bien Brighelli, mais là l’esprit polémique l’a entrainé au delà du raisonnable, mais sa situation d’enseignant dans une zone sensible explique peut-être sa réaction…

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  15. Janus dit :

    Lu votre article a trois voix dans ATLANTICO ce jour : D’accord avec vos trois interventions et notamment à l’analyse(rapide) des causes qu’en fait Edouard Husson. Peut-être pourriez vous tous les trois fédérer les hommes de bonne volonté pour bousculer la classe politique et remettre Médias et Oligarchies a leur place ?

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    • Drareg dit :

      Mais cet article est une véritable catastrophe. L’état d’esprit qu’il traduit est l’une des sources des problèmes qu’il prétend dénoncer.

      Husson et Michaud parlent d’une hypertrophie de l’Etat, ce qui est tout simplement faux (ils mélangent, comme tous les autres, volontairement ou pas, dépenses de l’Etat et dépenses sociales).

      Tandonnet dit que Sarkozy a donné la priorité à la sécurité. Mais Sarkozy a surtout réduit les effectifs des forces de l’ordre et arrêté le programme chiraquien de construction de prisons.
      Politique lamentable, qui vient précisément de la volonté de réduire des dépenses de l’Etat qui n’ont pas à l’être.

      Donc les trois interviewés vont dans le mauvais sens, par rapport aux problèmes qu’ils affirment vouloir résoudre.
      On n’est donc pas près de retrouver une politique rationnelle, chacun s’accrochant à son dada favori.
      A droite, le dada consiste à prétendre que l’Etat serait hypertrophié, qu’il faudrait le décentraliser (certains mous de la coiffe parlent même de modèle suisse), et qu’il faut serrer le kiki aux fonctionnaires.
      La clientèle de ce programme (clientèle qui est « à vomir », nous disait Guaino) étant constituée de gens n’ayant nullement à se plaindre financièrement, mais en voulant encore et toujours plus (j’en ai vu un spécimen chez ma coiffeuse récemment, qui l’assommait en lui racontant ses nombreux départs de différentes banques suite à des refus de petites ristournes lors de prêts immobiliers).

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    • Robert Marchenoir dit :

      @ Drareg

      « Husson et Michaud parlent d’une hypertrophie de l’Etat, ce qui est tout simplement faux (ils mélangent, comme tous les autres, volontairement ou pas, dépenses de l’Etat et dépenses sociales). »

      Hahaha, voici le nouveau truc des socialistes, je présume : les dépenses sociales, ça ne vient pas de l’Etat, ce n’est pas de la dépense publique, c’est de la dépense gentille dont on a besoin. Vous pouvez y aller, c’est gratuit, c’est l’Etat qui paye.

      56 % du PIB venant de l’Etat, quasi-record mondial, ce n’est pas une hypertrophie de l’Etat, « c’est tout simplement faux ».

      Les « dépenses sociales » ne sont pas signées par des fonctionnaires.

      Le taux de prélèvement français n’est pas un record mondial.

      Le taux de dépenses sociales français n’est pas un record mondial.

      On reconnaît un socialiste à ce que même les mensonges les plus énormes ne lui font pas peur. Niez l’évidence de la façon la plus effrontée possible, sur un malentendu ça peut marcher.

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  16. lugardon dit :

    Les cons osent tout. C’est même à ça qu’on les recnnaît. Michel Audiard. Cette citation ne vise pas bien entendu Monsieur Tandonnet.

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  17. Artiste dit :

    Écrire que les armées révolutionnaires ont libéré l’europe De l’emprise des tyrans est une curieuse manière de raconter l’histoire.C’est nier une fois de plus le génocide vendéen ,l’immonde carnage des guerres napoléoniennes et la survenue ensuite des beaux régimes soviétiques, chinois et cambodgiens .Bravo l’artiste.

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    • bernard83 dit :

      J’allais écrire sensiblement le meme commentaire. Et que dire alors de ces pays qui n’ont pas été »libérés » drapeau tricolore à la main ? Je pense au Royaume Uni ou à la Suède, en quoi souffrent-ils sous leurs tyrans ?

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  18. Angil dit :

    Qu y a t il dans la tête de ces décideurs ne méritant pas leurs places près du pouvoir ?
    – A t on besoin de rappeler à nos élèves que la République n est pas encore (ou n est plus) une notion acquise ?…
    – même question pour savoir si on est bien en France ou ailleurs ? …
    Je pense que ces décideurs au cerveau bien limité
    (et leurs prédécesseurs depuis maintenant 4 décennies) sont les premiers responsables de l émergence de ces questions existentialistes …
    et qui n auraient jamais du apparaître si nos fausses élites n avaient pas sombré (ne sombraient pas systématiquement) dans la mécanique infernale d un système devenu une machine à perdre de l intérêt général français (tout en permettant invariablement de conserver le statu quo à l avantage des tenants du pouvoir acquis ou hérité).

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  19. astrojournal dit :

    « La salle de classe doit être sanctuarisée en tant que lieu de l’acquisition du savoir et de l’intelligence »
    Alors là, vous retardez de plusieurs lunes. Il y a belle lurette que l’école n’est plus le lieu du savoir et de l’intelligence, mais le lieu de l’apprentissage du bon comportement citoyen, du vivre ensemble, de l’éducation sexuelle (entendez libertinage). Le savoir, aujourd’hui, s’acquiert en dehors de l’école et uniquement pour ceux qui en ressentent le besoin.
    La nation n’a besoin que de très peu de savants et beaucoup de petits soldats obéissants. D’où le drapeau français, ce qui est mieux tout de même que le drapeau algérien que l’on voit régulièrement se déployer par milliers sur les champs Elysées.

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  20. Jean-Bernard Lasserre dit :

    Je suis une fois encore entièrement d’accord avec vous. La France imite les USA dans son patriotisme de pacotille.C’est effectivement lamentable.

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    • artofuss dit :

      Pas du tout d’accord avec vous, pour avoir vécu outre-atlantique, y aller très souvent et y avoir de la famille: le patriotisme américain n’est pas de pacotille, il est au contraire profondément ancré dans la population, y compris, tout au moins jusqu’à présent, parmi les émigrés récents. Les multiples drapeaux qu’on peut voir plantés devant les maisons aux USA comme au Canada ne sont pas du folklore mais la manifestation d’un fort sentiment d’appartenance qui a depuis longtemps disparu ici. Ce n’est pas au Etas-Unis ou au Canada que le maire vous demanderait de retirer le drapeu national de votre jardin « de peur de heurter ceraitnes sensibilités »…

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