Basculement dans la médiocratie

La tendance est à l’oeuvre depuis des décennies. Le déclin des enseignements de l’histoire, de la littérature, de la philosophie, des mathématiques remonte aux années 1980 et au triomphe du nivellement par le bas. Cependant, nous assistons en ce moment au paroxysme de cette évolution. Trois décisions récentes en témoignent: la réforme du bac, qui prendra la forme, pour l’essentiel, d’un contrôle continu suivi d’un grand oral; la suppression de l’Ecole nationale d’administration, dont tout l’intérêt reposait sur un concours sélectif fondé sur des épreuves écrites et orales (1 admis pour une centaine de candidats eux-mêmes issus des études, examens et concours les plus sélectifs); aujourd’hui, nous apprenons, par-dessus le marché, la suppression du concours d’entrée à Science Po. Or ne soyons pas hypocrite, le succès de cette école, depuis la IIIe République  – elle s’appelait alors l’Ecole libre des Sciences politiques – tenait tout entier à la sélectivité de son concours d’entrée fondée notamment sur son épreuve écrite d’histoire. Par delà l’hypocrisie, la disparition de ce concours d’entrée signifie la fin de science po, dont il restera les murs, rue Saint Guillaume, l’histoire, mais qui achèvera de disparaître au sens d’une institution phare de sélection et de formation des cadres de la république.

Ces choix correspondent à une idéologie inquiétante. Les pseudo réformes, ou plutôt la quasi suppression du bac, de science po et de l’Ena ne sont qu’un début. Ensuite viendront l’ENS et l’X, bref, les grandes écoles de la République. Qu’il y a-t-il derrière cette logique? L’objectif est idéologique. Derrière l’égalitarisme ou le nivellement par le bas, le but est celui de l’asservissement de la nation. Ses cadres, privés ou publics, ne seront plus désignés par leur curiosité intellectuelle, leur talent, leur culture, leur travail, leur mérite personnel, leur intelligence en un mot, mais par choix arbitraire de ceux qui sont en place, par la cooptation. La suppression des épreuves écrites, un peu partout, marque la fin de l’anonymat. Il convient de faire disparaître le critère de la performance intellectuelle – signe de liberté de pensée, d’esprit critique – pour lui substituer un choix discrétionnaire – la « note de gueule » – fondé notamment sur des critères qui seront avant tout sociaux, voire idéologiques. L’idée sous-jacente à cette quasi disparition du principe du mérite indépendant, personnel est celle l’achèvement de l’esprit critique. Une logique d’embrigadement, de mise eu pas, de normalisation par la médiocratie est à l’oeuvre. La sélection s’effectuera sur un mélange cooptation, copinage, clanisme, relations familiales (dès lors que l’épreuve écrite ne permettra plus d’assurer l’anonymat), par le règne de l’argent roi  – prime aux écoles  privées – suivant des critères valorisant un conformisme toujours plus grand: il faudra bien penser et réciter sa leçon, conformément à l’idéologie dominante, pour avoir une chance d’être retenu. A cela s’ajoute le discrédit sur le « humanités », l’histoire, la littérature, la philosophie, fondement de l’esprit critique, de la culture et de l’intelligence politique, dont le rôle dans la distinction des meilleurs sera rendu obsolète.  Sans doute, depuis 1870, la France n’a-t-elle jamais connu une telle régression.

Maxime TANDONNET

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Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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32 commentaires pour Basculement dans la médiocratie

  1. Anne dit :

    Quand je pense que des maires LR vont quand même s’associer à LaREM pour les municipales….

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  2. Robert Marchenoir dit :

    C’est tout à fait exact : cooptation et « note de gueule ». Bref, arbitraire et conformisme. J’ajouterai : porte ouverte à « l’anti-racisme », c’est à dire à la promotion préférentielle des candidats issus de l’immigration, malgré leurs performances moindres.

    Ce qu’on appelle, paradoxalement, la « discrimination positive », alors que ses effets sont négatifs. Pour les Français de souche, mais aussi, de façon plus insidieuse, pour les bénéficiaires de cette discrimination. Puisque, quel que soient vos mérites réels, vous portez alors, sur la figure, le soupçon que vous avez obtenu votre poste par favoritisme. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis.

    Enfin, ceci est un syptôme de plus du sabotage de l’intérieur de notre civilisation, par ceux qui en sont les premiers bénéficiaires. Une fois arrivés au sommet, ils retirent l’échelle qui leur a permis d’arriver là. Ils ne connaîtront pas, de leur vivant, les conséquences catastrophiques de leur geste (ou si peu), mais leurs descendants, oui. Et le phénomène se reproduit à chaque génération.

    A tous les niveaux : ce ne sont pas seulement les présidents et les ministres qui agissent ainsi. L’humble professeur des écoles qui note généreusement en fait autant.

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  3. André Lugardon dit :

    En même temps nous vivons une époque extraordinaire: c’est incroyable tout ce que nous pouvons trouver sur internet pour nous cultiver.

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  4. Anne dit :

    A propos de Sciences Po, la dévalorisation de l’école est connue de tous. Une des commerciales avec qui je travaillais, qui avait fait Sciences Po, me disait toujours que Sciences Po n’était plus ce que cela avait été. Qu’il ne fallait plus se faire d’illusions.Ce n’est plus une référence.

    Revenant d’un petit séjour à l’étranger, je tombe sur la polémique du bac. Il parait qu’il y a eu des coquilles, des erreurs dans les énoncés, des tricheurs qui ont eu les sujets et qui les ont transmis à leurs camarades.

    J’ai entendu l’interview par un journaliste de France Info d’une représentante des parents d’élèves et d’une représentante du rectorat. Le journaliste insistait lourdement sur la validité des épreuves compte-tenu des anomalies.
    Ce à quoi les deux interviewées, rigolardes, ont dit que cela n’était pas grave , qu’il ne fallait pas traumatiser ces chers petits en annulant les épreuves, et que le plus traumatisant était parcours sup. Les correcteurs seront bienveillants et corrigeront les coquilles. Dans ce cas, pourquoi corriger les épreuves du bac?

    Je suis quand même sidérée que le ministre de l’Education Nationale laisse valider des épreuves malgré les anomalies, sachant que le bac servira à l’entrée de Sciences Po.

    Après on rigole des bons mots de nos présidents, les sans-dents, les gaulois réfractaires, ceux qui ne sont rien , les ouvrières de Gad analphabètes. Cela ne fait rigoler qu’eux-mêmes.

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  5. Annick Danjou dit :

    la régression est en route depuis longtemps et elle s’accentue de jour en jour. Macron est allé avec la police en protection ,dans les quartiers nord de Marseille, rencontrer des chômeurs et à pôle emploi, parmi les demandeurs, des immigrés sans papiers c’est quand même à peine croyable!!! Mais les gens ne s’y trompent pas, les commentaires montrent qu’ils savent que Macron vient pour son image uniquement et qu’il n’y connaît rien à la situation de ces paersonnes. Puis il va dîner au pharo, restaurant le plus cher de Marseille…ouf il s’essuie le front…il l’a échappé belle dans ces quartiers de dealers où il vaut mieux ne pas mettre un pied à la nuit tombée. Oublié tout ça, ils se retrouvent entre gens de bonne compagnie et la fête continue, en attendant l’arrivée de tous les autres (qui doivent venir à la nage je suppose pour épargner notre belle planète…)
    Dans un sondage aujourd’hui, un français sur 2 estime que les profs débutants sont suffisamment payés, donc pourquoi aller s’emm… à « éducailler » leurs mômes.
    Et puis pourquoi vous inquiéter sur la suite Maxime, les musulmans en embuscade prendront les manettes, ils s’infiltrent déjà sur les listes électorales (voir Molenbeck), les femmes se baigneront en burquini, les voiles seront de mise pour toutes, les mères voilées accompagnent déjà les sorties d’école (à Marseille elles sont toutes voilées les accompagnatrices) histoire de faire entrer dans la tête des gamines que c’est la norme à suivre, plus de PMA encore moins de GPA, les homosexuels auront intérêt à se planquer, les transgenres se feront couper la gorge, alors oui, pourquoi se faire du souci pour l’avenir et tous ces problèmes que vous posez régulièrement. Notre avenir, il se joue aujourd’hui , notre combat doit être celui là et rien d’autres, empêcher les malveillants d’accéder au pouvoir et par dessus tout supprimer l’immigration qui devient jour après jour une invasion…

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  6. Patrice Charoulet dit :

    Je souscris à vos réflexions de bout en bout. Sur divers blogs, j’ai eu droit à des ricanements à chaque fois que je précisais en parlant de quelqu’un qu’il avait été premier à l’agrégation ou major de l’ENA.C’est, aux yeux de beaucoup, une tare impardonnable. A mon humble avis, c’est plutôt bon signe d’obtenir ces résultats. Pour prendre un exemple récent, Laurent Wauquiez reçu premier à l’agrégation d’histoire et major de l’ENAne ne s’est pas relevé de ces deux « crimes ».

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    • Anonyme dit :

      Laurent Wauquiez n’est pas critiqué parce qu’il est bon historien, on vous objecte seulement qu’être bon historien ne compense pas un programme mélangeant mesures néfastes et mesures qui ne sont pas néfastes mais qui ne seront pas appliquées.

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  7. EMarquet dit :

    Je conçois que ces changements vous irritent et ni leurs initiateurs ni leurs contempteurs ne savent exactement ce que ces transformations amèneront en positif et en négatif pour notre pays.
    Un observateur lambda constatera qu’à tous les niveaux de l’Etat ou des instances locales, sans même parler des médias, et des dirigeants économiques ou autres, nous retrouvons le who’s who de cette « méritocratie ».
    Tout ce que vous craignez existe déjà depuis longtemps et ce n’est pas l’anonymat d’un concours qui l’a empêché. Critères sociaux, idéologie, clanisme, cooptation, copinage, relations familiales, c’est déjà le cas. Performance intellectuelle signe de liberté de pensée et d’esprit critique ? Talent, culture, travail, mérite personnel, intelligence ? Certes, dans l’absolu, mais dans la pratique ? Nos politiques en sont-ils les parangons ?
    En rangeant mon grenier, j’ai retrouvé de vieilles revues qu’évidemment j’ai feuilletées. En 1976, Pierre Gaxotte de l’Académie Française, écrivait dans un article intitulé « Où en est l’Etat » ? : « Nous vivons sous le gouvernement des Enarques. On dirait qu’ils sont tous restés de bons élèves, habitués à parler de tout avec talent, mais qui, ayant récité leur « topo », ne se sentent plus tenus à rien, et surtout n’ont, en aucune manière, le sentiment que ce qu’ils disent concerne des êtres de chair et de sang, accablés de soucis, brimés par des administrations, aux prises avec les pires difficultés […]
    A cet égard, le dernier exposé financier de Mr Fourcade, lors de la discussion budgétaire, était particulièrement remarquable. Exposé bien fait, bien articulé, écrit dans une bonne langue, dit sur le ton de la bonne compagnie, mais sans rien qui pût frapper et remuer le simple citoyen.
    L’Enarque gouverne dans l’abstraction. Il suit un schéma, il développe un théorème, à l’écart du vrai, à l’écart du réel, à l’écart des problèmes de chacun avec la sérénité de l’homme qui croit détenir la vérité et qui est intimement persuadé qu’il sait, mieux que chaque Français ce que chaque Français doit faire, dire et penser.
    Il n’est pas au service de l’Etat, il se sert de l’Etat pour imposer un ordre des choses, établi par des théoriciens dont l’extrême confiance confine parfois à la présomption. Leur péché est alors de ne pas comprendre, de ne même pas vouloir comprendre qu’un état de choses établi peu à peu , par une suite de générations, représente une somme d’expériences et de sagesse qu’il est dangereux de mépriser. […] »
    Et je pourrais continuer : Quatre pages (format 22,5/28,5) d’analyse sur la situation de la France il y a plus de 40 ans … et cette analyse pourrait se lire dans les journaux aujourd’hui, sans avoir pris une ride….c’est dramatique !

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    • Patrice Charoulet dit :

      Je ne sais pas si vous avez retrouvé ces lignes de Pierre Gaxotte dans un « vieux » Figaro : c’est possible. Mais c’est pour moi l’occasion de dire ceci : il y a queqlues décennies, ce grand quotidein que je lisais avec délectation offrait à ses lecteurs de beaux articles, de beaux éditoriaux, de grandes signatures…On les chercherait de nos jours bien inutilement. Alexis Brézet, pour qui j’ai beaucoup d’estime, est avare de ses éditoriaux.
      Il nous en gratifie tous les six mois.

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    • Philippe Dubois dit :

      Bonjour Maxime
      @ EMarquet : 26 juin 2019 à 10:27
      « Critères sociaux, idéologie, clanisme, cooptation, copinage, relations familiales, c’est déjà le cas. »

      Certes, mais la proportion « d’enfants de prolos » dans les grandes écoles ne cesse de diminuer depuis les réformes calamiteuses de l’éducation nationale menées ouvertement depuis Giscard et sa loi Haby et poursuivies par tous les gouvernements qui se sont succédé jusqu’à Blanquer inclus.
      La destruction de l’enseignement avait commencé avant, mais c’était plus sournois

      Avant, un enfant issu de milieu très modeste pouvait réussir d’excellentes études grâce à une école de la république qui
      – transmettait réellement le savoir
      – récompensait l’effort et le mérite
      et grâce à un corps enseignant qui encourageait les bons élèves en les orientant vers les filières d’excellence, accessibles à tous ceux qui en avaient les capacités.

      Maintenant, l’école pour le bas peuple est une immonde pétaudière et seuls, quelques établissements publics situés dans les quartiers huppés, inaccessibles aux gueux grâce à la carte scolaire, ainsi que des établissements privés ou des cours particuliers, permettent aux enfants d’acquérir les bases pour présenter des concours prestigieux.

      Et ce nuisible de Blanquer est en train d’achever cette oeuvre maléfique en saccageant les filières scientifiques, les seules qui restaient accessibles aux manants.

      Avant, les gens n’étaient peut-être pas riches, mais ils savaient que leurs enfants vivraient mieux qu’eux.
      Maintenant, les gens rament pour boucler leur budget et ils savent que leurs gamins connaîtront les mêmes galères et probablement pire.
      Et après nos énarques s’étonnent que des gueux enfilent des gilets jaunes.
      A une autre époque, ils auraient pris les fourches et auraient emmanché les faux à l’envers.

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    • EMarquet dit :

      Philippe Dubois,
      Je suis en grande partie en accord avec vous sur l’état alarmant de l’école aujourd’hui. Mais peut-on raisonnablement comparer des époques aussi différentes. Si l’on prend quelques chiffres :
      Population France Métropolitaine : • en 1950, 41 647 000 • en 1960, 45 464 000 • en 1970, 50 528 000 • en 1975, 52 609 000 • en 2017, 64 859 599.
      Bacheliers, bac général : • 1950, 33145 • 1960, 61499 • 1970 167 307
      Bacheliers, bac technicien créé en 1969, 14 342, • en 1974, 74 45137
      La réforme Haby date de 1975.
      Certes, les enfants de condition modeste pouvaient prétendre à des études supérieures, mais, rappelons-nous, c’était au compe-goutte. A la fin du primaire, l’orientation était très sévère, ceux qui était jugés « inaptes », à entrer en secondaire, étaient dirigés vers des CAP, ou mis en apprentissage. Les profs n’étaient ni bienveillants, ni laxistes.
      Par ailleurs, certains parents de ces milieux ne poussaient pas à la roue. Le travail manuel n’était pas alors dévalorisé mais encore considéré comme une valeur sûre. Au mieux, ils ciblaient comme promotion sociale, les SNCF, PTT, et autres, ou les postes d’instituteur, institutrice, infirmière.
      Il faudrait trouver et regarder en détail le nombre d’enfants des classes modestes qui à l’époque parvenaient à devenir médecins, avocats, universitaires, ou intégraient les grandes écoles de la République, c’était peanuts !
      N’embellissons pas le passé.

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    • EMarquet dit :

      Patrice Charoulet,
      Non, ce n’était pas Le Figaro, mais Le Spectacle du Monde.
      Il est vrai qu’il y a un peu de nostalgie à se rappeler les reportages de certains journaux. Paris Match par exemple, n’était pas cette revue potinière qu’elle est devenue….
      Mais Le Figaro Vox vous donne encore de bonnes plumes, tel Maxime Tandonnet !!!!!

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    • Philippe Dubois dit :

      @ EMarquet : 27 juin 2019 à 19:24

      J’ai passé mon bac C en 1978, donc j’ai eu la chance de n’avoir jamais été rattrapé par les réformes maléfiques
      Je n’ai pas dit qu’il était facile à un enfant issu d’un milieu modeste de poursuivre des études, j’ai dit que c’était possible, si le gamin en avait les capacités
      Et non, les instituteurs et les professeurs n’étaient ni laxistes ni spécialement bienveillants, mais ils encourageaient l’effort et récompensaient le mérite.
      Ma grand-mère comptait les pièces jaunes pour faire les courses, mais, grâce à l’école de la république, j’ai pu faire des études
      En fin de primaire, avec un an d’avance, l’instituteur nous a fait choisir Allemand LV1,
      J’ai continué le Latin jusqu’en seconde.
      Allemand LV1 + latin + de bonnes notes = orientation vers la bonne classe
      J’ai été pris dans une bonne prépa sur dossier et j’ai pu bénéficier d’une bourse qui payait l’internat
      Et j’ai été admis au concours que je voulais réussir.

      Je crois me souvenir que la proportion d’enfants issus des classes populaire dans l’enseignement supérieur de bon niveau a été divisée par 3 ou 4 en quelques décennies

      La presse parle beaucoup du président Pompidou ces jours ci :
      Je recopie sa fiche wiki :
      « Georges Jean-Raymond Pompidou est le fils de Léon Pompidou (1887-1969), instituteur puis professeur d’espagnol, décoré de la Légion d’honneur, et de Marie-Louise Chavagnac (1886-1945), institutrice. Sa sœur cadette, Madeleine Pompidou (1920-2014)2, agrégée de lettres classiques, épouse en 1946 Henri Domerg (1922-2015), agrégé de grammaire et inspecteur général de l’Instruction publique.

      Le futur président est ainsi fils d’enseignants et petit-fils, tant du côté paternel que du côté maternel, de familles paysannes cantaliennes très modestes, même si la famille de sa mère s’était établie dans le commerce. Il est à ce titre un exemple typique de la promotion sociale par l’instruction publique sous la IIIe République »

      Cette promotion sociale a été rendue quasi impossible par les anthropopithèques*
      – qui ont consciencieusement détruit l’école par idéologie : la gauche
      – qui ont laissé faire, par lâcheté, aveuglement, ou par sonnerie : la « droite » UMP
      Les mêmes ont bien évidemment détruit aussi l’enseignement professionnel.
      Où l’on voit que la gauche transforme en bouse tout ce qu’elle touche

      Et ça, jamais je ne pourrai le pardonner, surtout à cette fausse droite qui a laissé faire, mais qui a aussi été complice : loi Haby, Gilles de Robien, incapable d’imposer le retour de la méthode syllabique, Luc Châtel qui laisse introduire la théorie du genre en 1ère, etc…

      * Le capitaine Haddock vient à mon secours, le terme qui m’est venu spontanément à l’esprit aurait été de nature à heurter la sensibilité des jeunes téléspectateurs

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  8. Vous avez hélas raison. La disparition des concours anonymes est évidemment une prime au conformisme. Mais s’agira t il d’un conformisme de façade ou d’un conformisme intériorisé ? Les individus les plus « malins » (souvent les mêmes quel que soit le système) peuvent parfaitement jouer la comédie. Il suffit de savoir ce qui peut être dit ou non dans un grand oral. Dans un régime de type soviétique tout le monde s’inscrit au parti et le quitte quand le vent tourne. De même chez nous la vitesse à laquelle les églises se sont vidées dans la deuxième moitié du XXème siècle s’explique facilement par une adhésion religieuse qui n’était que pur conformisme de façade. Il n’est donc pas impossible que la flamme de l’esprit critique continue à brûler bien cachée malgré un système qui la réprime. Pour l’éteindre il faudrait en venir aux extrémités des régimes les plus totalitaires qui s’attaquent à la transmission des valeurs par les familles. La recette est connue : éloigner de leur famille les enfants dès leur plus jeune âge pour les transformer en jeunesses (communistes, hitlériennes, maoistes…il y a le choix !) ou en enfants soldats.

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    • artofuss dit :

      La flamme de l’esprit critique a besoin de beaucoup d’oxygène ! Nul besoin de recourir aux méthodes que vous décrivez (et dont il faudrait d’ailleurs se demander, notamment pour ce qui concerne les valeurs de la famille, bref….) pour arriver au conformisme: j’ai bien peur que nous n’y soyons déjà. Quant aux concours et examens sélectifs, l’échec, aujourd’hui patenté, des méthodes de « l’affirmative action  » aux USA devrait servir de repoussoir. Mais rien ne décourage les idéologues, si ce n’est (j’y reviens toujours et je sais que je me répète) un choc violent imposé par des circonstances exceptionnelles.

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  9. PC dit :

    Bonjour, je partage votre effarement sur ce sujet: je pense aussi qu’il y a un dessein de rendre les gens très malléables en sabrant l’instruction des bases à l’école. Je ne peux que répéter mon effarement devant cet effondrement.

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  10. Sganarelle dit :

    A mesure que nous progressons en sciences il semblerait qu’on s’éloigne de l’humain. L’intelligence artificielle en est un des aspects. La régression culturelle est plus évidente actuellement parce qu’elle est plus rapide car ce qui prenait autrefois deux ou trois générations se modifie en une seule au cours de laquelle on se trouve même parfois confrontés à de brusques bouleversements de mœurs et d’habitudes fort déroutants.
    Le changement climatique est le plus grand basculement qui puisse nous toucher tous de plein fouet. Face à la nature et l’environnement nous ne pesons pas lourd et nous sommes bien loin des régressions culturelles et intellectuelles qui sont notre style de vie. Nous devrons dans un délai court changer nos goûts nos habitudes et nos objectifs . Il s’agit d’une autre civilisation dont ce sont les tâtonnements et nous n’y sommes pas préparés.

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  11. michel43 dit :

    tout cela est bien beaux ,,Mais qui nourrie tout ce beaux monde,, ,NOUS le priver ,cars c’est bien nous qui payons ,,,,dans un pays socialo-communiste depuis 1945,,,ou c’est fonctionnaires nous imposes leurs loi,,,a quand la liberté d’entreprendre ,tu na pas ouvert ,que les charges te tombe dessus ,comme le disait Pompidou ,,Messieurs d’en haut, arrêter de nous Emender,, ,Merci et la France ira mieux

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  12. Timéli dit :

    Malheureusement, il n’y a pas que l’enseignement qui tire le pays tout entier vers le bas; même s(il a une part prépondérante.
    Tous les jours, les médias nous abrutissent de bêtises. Mais ça, les Français semblent aimer car ils ne réagissent pas. Tout porte à croire ce qu’a dit Michel Onfray : « Je crois au génie du peuple tant que les médias de masse ne l’abrutissent pas pour le transformer en masse abêtie ».
    Tout est dit ! Fermez le ban !

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  13. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Vous lisant, doit-on aussi comprendre que « la suppression de l’Ecole nationale d’administration » sera menée à bien avec le concours de tous ces cadres de la République issus de l’ENA qui ont été distingués « par leur curiosité intellectuelle, leur talent, leur culture, leur travail, leur mérite personnel, leur intelligence », toutes qualités qu’ils vont mettre au service d’un pouvoir qui veut la disparition de cette école ?

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    • Anonyme dit :

      La loi est dure, mais c’est la loi, disaient les anciens Romains.

      Par ailleurs, le paradoxe que vous pensez pouvoir soulever n’en est pas un :
      – Macron, le roi-philosophe et vrai-faux assistant de Ricoeur, est un pluri-recalé de l’ENS, et cela doit être une cuisante blessure d’amour propre pour le freluquet.
      – La ministre actuelle de la recherche s’est fait retoquer à PCEM, et PCEM est aussi en cours de réforme.
      – Le nombre de recalés de l’ENA dans les ministres et ministricules macroniens est impressionnant.
      – Sarkozy lui-même, initiateur de la chose en 2006…

      Il y a bien quelques exceptions comme Descoing (qui nous a, hélas, trop tôt quitté dans l’ambiance festive d’une chambre d’hôtel new-yorkaise) mais elles confirment la règle.

      On trouve aussi des médecins qui souhaitent la disparition du numerus clausus, mais comme les poissons volants ce n’est pas la majorité du genre.

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    • Mildred dit :

      De mon temps, non seulement les médecins ne souhaitaient pas la disparition du numerus clausus, mais encore les « patrons » s’arrangeaient-ils pour que leurs fils réussissent aux meilleures places dans les concours et ainsi puissent truster les meilleurs postes. Pour ce faire, c’était facile, il suffisait de donner à peu près la même note à tout le monde à l’écrit qui était anonyme, et faire la différence à l’oral !
      C’est ainsi que je me souviens d’un de ces fils de patron particulièrement benêt qui se vantait ainsi auprès de ses camarades : « C’est marrant jusqu’au bac, les études, c’était vachement difficile, mais depuis que je suis en médecine c’est devenu rudement facile ! »

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  14. Gerard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Même si le principe n’est pas parfait, les concours d’entrée dans les grandes écoles restent à mon avis le moyen le plus juste et le plus égalitaire pour sélectionner les meilleurs élèves. Dès lors que nous supprimons ces concours, nous rentrons dans l’arbitraire et la sélection à la « tête du client », pour quels résultats ? Que cherchent nos politiciens en cédant si facilement à la demande des idéologues imbéciles ? A niveler par le bas et entrainer nos universités et nos grandes écoles vers le fin fond des classements internationaux ?
    D’après le récent classement publié par le très sérieux Time Higher Education : l’X n’est déjà qu’au 22ème rang mondial, H.E.C : 23ème, l’E.N.S.: 32ème, les Mines Paris Tech : 36ème, l’ESSEC : 70ème , Sciences PO : 90ème…
    Que feront nos meilleurs étudiants, nos plus grands chercheurs, nos élites scientifiques et intellectuelles, nos plus grands bâtisseurs face à cette déliquescence organisée de notre système éducatif : ils s’en iront étudier et travailler à l’étranger, là où ils seront reconnus, valorisés, où ils auront les plus prestigieux postes et emplois, là où on les traitera avec un peu plus d’égard et de respect, là où ils ne seront pas surimposés et surtaxés par ce qu’ils sont les meilleurs.
    Alors que restera-t-il en France….Nos politiciens aux égos surdimensionnés qui croient tout savoir sur tout et qui conduisent, mandat après mandat, la France dans l’abîme, à la désindustrialisation du pays et donc au chômage de masse, des chefs d’entreprises de second rang qui n’auront ni la vision ni les capacités ni les compétences pour tirer les entreprises et le pays vers le haut, des leaders fayots dans tous les domaines dont le seul objectif sera de se maintenir en place quel que soit le pouvoir élu… Tout cela dans un contexte international déjà bien sombre et qui s’obscurcit de plus en plus vite.

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    • Anonyme dit :

      Au sujet des classements d’universités (et cela vaut pour beaucoup d’autres classements), il faut être conscient qu’ils ne correspondent pas à grand chose.

      En effet, les critères qui permettent éventuellement une comparaison dans un pays donné ne sont pas forcément pertinent dans un autre pays.

      Ainsi, ces classements peuvent dépendre de la taille, ou du nombre de disciplines. Ils sont adaptés à un contexte anglais dans lequel Cambridge et Oxford sont de grande taille et couvrent toutes les disciplines (sciences, lettres, médecine, et même théologie), et où Imperial College couvre de nombreux champs scientifique (plus qu’une GE française seule) et est de grande taille.

      Mais établir un classement sur cette base ne correspond naturellement pas à grand chose dans le contexte d’un autre pays.
      Par exemple, pourquoi séparer Mines Paristech, les ponts, Telecom Paris et l’X, comme le fait votre classement ? Ils font tous partie de Paristech. S’ils étaient regroupés pour être classés, ils figureraient plus haut. Idem pour les écoles de commerce.

      Donc vous voyez bien que ce classement ne correspond pas à grand chose. Sauf à pousser les politiciens superficiels à vouloir regrouper les écoles en un seul établissement, ce qui ne serait pas une bonne idée. Et à délégitimer les grandes écoles, pour les passionaria qui tiennent lieu de chroniqueuses éducation au Figaro…

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    • Gerard Bayon dit :

      @ Anonyme
      Toujours facile de prétendre qu’un classement ne correspond pas à grand chose lorsqu’on y est mal placé. Il n’empêche, aucune de nos universités, de nos grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce ne figure dans le top 10.
      Quant à l’école polytechnique, elle ne fait pas partie de ParisTech.
      On peut toujours se dire que ce classement ne compte pas mais ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on va faire remonter ces grandes écoles dans les classements internationaux puisqu’année après année elles y reculent.

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    • Anonyme dit :

      Voici le décret de création de Paristech :

      https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000822473&dateTexte=&categorieLien=id
      « Au moment de sa création, l’établissement comprend les membres fondateurs suivants :
      – l’Ecole nationale des ponts et chaussées ;
      – l’Ecole nationale supérieure d’arts et métiers ;
      – l’Ecole nationale supérieure de chimie de Paris ;
      – l’Ecole nationale supérieure des mines de Paris ;
      – l’Ecole nationale supérieure de techniques avancées ;
      – l’Ecole polytechnique ; (…) »

      Voici les modalités d’élaboration du classement THE :

      https://www.timeshighereducation.com/world-university-rankings/methodology-world-university-rankings-2019

      Vous pourrez vérifier que 30% de la note attribuée à une institution dépend de sa réputation (qui dépend beaucoup de sa visibilité, donc de sa taille) et 30 autres % dépendent de son nombre d’articles de recherche, qui dépend aussi beaucoup de sa taille.

      Je vous redonne donc l’argument : vous comparez sur ces critères fortement liés à la taille l’école polytechnique (2 000 étudiants) ou les Mines (1 000) à Imperial College (18 000 étudiants) ou Cambridge (20 000 étudiants).
      Cela n’a pas le moindre sens, et relève de la manipulation.

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    • Gerard Bayon dit :

      @Anonyme,
      Je vous confirme que l’école polytechnique ne fait plus partie de ParisTech (cf Décret n° 2015-1833 du 29 décembre 2015 portant dissolution de l’établissement public de coopération scientifique « Institut des sciences et technologies de Paris »)

      L’Institut Polytechnique de Paris, rassemblant l’École polytechnique, l’ENSTA Paris, l’ENSAE Paris, Télécom Paris et Télécom SudParis est officiellement créé par décret. Il a pour objectif de devenir une institution de science et technologie de rang mondial.
      Établissement public expérimental. Le décret du 31 mai 2019 publié au journal officiel du 2 juin 2019 crée l’Établissement public expérimental « Institut Polytechnique de Paris » et approuve ses statuts. Cet établissement regroupe l’École polytechnique, l’ENSTA Paris, l’ENSAE Paris, école du GENES et Télécom Paris et Télécom SudParis, écoles de l’IMT.

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  15. colococo2 dit :

    Aaaaaaaaah que j’ aimerai pouvoir te donner tort ……….!
    Mais non …….Tu as raison à 100 %.

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  16. charles902 dit :

    « les c… ça ose tout et c’est comme ça qu’on les reconnait ».

    La sélection aura bien lieu, mais sous d’autres critères (achat de diplômes, pressions communautaristes…) permettant l’entrisme et la « dictature du prolétariat ».

    Et les vrais intelligences devront alors se mettre au service de la crétinerie dominante. Ou voter avec leurs pieds.

    Nous atteindrons alors les limites de la démocratie.

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  17. Lasserre Jean-Bernard dit :

    Bonjour Monsieur Tandonnet,
    Je viens de lire votre article au sujet du basculement dans la méritocratie. Hélas, je ne peux qu’être d’accord avec vous. En réalité, le basculement à commencé avant les années 80. Étant né en 1960, mes années de collège et de lycée furent, je m’en aperçois de plus en plus avec le recul, le produit des bouleversements causés par les événements de 1968. Les réformes successives ultérieures n’ont fait qu’aggraver la situation. Je suis professeur de lycée et correcteur des épreuves d’anglais du baccalauréat. Je suis révolté quand je constate la misère qui découle de la pédagogie du projet et des compétences. La réforme actuelle n’est que cosmétique et, en dépit du discours officiel, c’ est la même idéologie qui prévaut.
    Je vous prie de croire à l’assurance de mes sentiments cordiaux.
    Jean-Bernard Lasserre

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  18. Ping : Basculement dans la médiocratie – Michelduchaine

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