Pourquoi le chaos?

Ci-dessous mes réponses au site Atlantico sur la situation de « l‘opposition » en France. L’intérêt pour la politique française peut s’exprimer à deux niveaux:

  • celui de l’écume des choses, en prenant part à la polémique, à l’hystérie de l’adoration ou du lynchage, au déchaînement émotionnel quotidien;
  • la réflexion de fond qui consiste à se demander, pourquoi les choses vont de mal en pis, au fil des décennies, et sans doute pire en France que dans les pays voisins où similaires, à l’image de la crise de régime qui secoue le pays depuis un an, de l’affaire Benalla à la banalisation de la violence dans un climat d’impuissance de l’Etat qui n’a guère d’équivalent historique récent.

Les deux sont légitimes, surtout en temps de campagne électorale, mais la seconde  a l’avantage de la hauteur. Faire de la personnalité de l’actuel chef de l’Etat l’unique cause profonde du désastre n’a pas de sens. Le malaise est bien antérieur à sa prise de l’Elysée, n’ayant fait qu’empirer depuis. D’ailleurs s’acharner sur sa personnalité revient à éluder les questions de fond: pourquoi se trouve-t-il là? Quel est le sens de sa présence à l’Elysée? Qui l’a fait roi et pourquoi? Et qui de mieux à sa place si ce n’était lui? Un « bon » président , populaire, est-il possible? Comment en arrive-t-on à un tel niveau de cynisme et d’incompétence généralisée dans la conduite de l’Etat?  Quant à accabler « l’Europe de Bruxelles » de tous les maux, c’est un autre leurre facile. D’autres pays qui en font partie connaissent des difficultés mais bien loin de la tragédie française et s’en sortent infiniment mieux à tout point de vue. Sans doute n’a-t-elle rien arrangé mais la tenir comme la cause essentielle des malheurs français est un exercice de propagande, un mensonge et une lâcheté.

Voilà ce que j’ai dit à Atlantico: « La cause majeure de la crise française est politique, elle vient du sommet, de la tête. Avec son régime présidentialiste, la France a substitué une idole élyséenne à la notion d’intérêt général. Bref, la politique consiste désormais à adorer ou à lyncher une créature totémique, plutôt que de mobiliser les énergies, travailler au bien de la nation sur le long terme, à gouverner et préparer son avenir. L’image présidentielle (en vue de l’élection et de la réélection), devient le but en soi de toute politique, au détriment du bien commun. La vanité s’impose comme le ressort principal de la vie publique étouffant la moindre étincelle de lucidité, d’intelligence et de sens de l’Etat. Dès lors une poignée de dignitaires inamovibles et irresponsables, soudée par une commune médiocrité, ne songent qu’à s’incruster toujours davantage au sommet tandis que pays se délite jour après jours. Il faut donc commencer par une modification radicale du régime politique français : revenir au septennat, rendu non renouvelable, renouer avec un véritable Gouvernement collectif, puissant, légitime, fondé sur une projet politique et un Parlement souverain, indépendant de l’Elysée, reconnu comme représentant la Nation, faciliter le référendum pour combattre la fracture démocratique. Pour l’instant, aucune opposition n’a compris cela et rien ne permet d’espérer cette prise de conscience. La France marche au chaos dans l’aveuglement général. »

Maxime TANDONNET

1/Maintenant que le Grand débat national est terminé et que les annonces des mesures à venir ont été faites, une question demeure : comment l’opposition va-t-elle pouvoir peser dans les négociations selon vous ? 

 Il est difficile de parler de l’opposition, car il y en a plusieurs : le courant lepéniste, les Républicains, la gauche aujourd’hui morcelée. C’est vrai que les mesures annoncées à la suite du Grand Débat peuvent s’interpréter comme enlevant aux oppositions certains arguments : la baisse de l’impôt sur le revenu, l’amélioration des petites retraites… Voire même la suppression de l’Ena, un vieux fantasme d’une partie de la classe politique en mal de boucs émissaires. Pourtant, il n’est pas sûr que cela change grand-chose. L’image d’un responsable politique dans l’opinion est comme un paquebot dont il est très difficile de faire dévier la route. Le quinquennat Macron est perçu par une grande masse de Français comme inéquitable sinon injuste. Ces mesures n’y changeront pas grand-chose. D’ailleurs, malgré trois mois d’omniprésence médiatique sur le thème du Grand Débat, la cote de l’occupant de l’Elysée, semble de nouveau en recul (sondage Figaro magazine). La vérité, c’est que les gens n’y croient plus. La crise de confiance est profonde, irréversible avec les équipes actuelles.

2/Sur quels thèmes l’opposition peut-elle miser qui auraient été oubliés du Grand débat ?

 Il n’y a pas de réponse unique dès lors que l’opposition est écartelée en trois courants au moins. On peut imaginer que le mouvement lepéniste continuera à faire de « l’Europe » son bouc émissaire favori, ce qui évite d’avoir à se poser les vraies causes du mal français. Les partis de gauche vont poursuivre leur lutte fratricide et course à l’utopie (créer un statut de « réfugié climatique »). Une opposition responsable devrait bien au contraire s’interroger sur les questions auxquelles le Grand Débat n’a pas répondu. Ce sont les sujets fondamentaux qui portent sur des décennies de malaise et l’invraisemblable impasse ou se trouve aujourd’hui le pays. Les mesures ponctuelles sont sans aucun rapport avec la gravité des enjeux : l’impuissance publique et l’incapacité de l’Etat à combattre efficacement le chômage, l’insécurité, la pauvreté, la violence, le communautarisme, la désindustrialisation, à maîtriser les frontières, la crise de l’éducation nationale et le déclin intellectuel du pays. Pire : la crise de l’autorité et l’incapacité nouvelle de l’Etat à assurer l’ordre public, enfin la fracture démocratique entre la classe dirigeante et le pays qui ne cesse de s’amplifier.

3/Au final la marge de manœuvre de l’opposition est-elle si grande que cela ? 

 Oui, elle est considérable, mais à condition d’ouvrir les yeux… D’où vient le malaise français ? Accuser Bruxelles de tous les maux est mensonger car les autres pays confrontés aux mêmes contraintes européennes ne connaissent pas un effondrement comparable. La cause majeure de la crise française est politique, elle vient du sommet, de la tête. Avec son régime présidentialiste, la France a substitué une idole élyséenne à la notion d’intérêt général. Bref, la politique consiste désormais à adorer ou à lyncher une créature totémique, plutôt que de mobiliser les énergies, travailler au bien de la nation sur le long terme et préparer son avenir. L’image présidentielle (en vue de la réélection), devient le but en soi de toute politique, au détriment du bien commun. Il faut donc commencer par une modification radicale du régime politique français : revenir au septennat, rendu non renouvelable, renouer avec un véritable Gouvernement et un Parlement souverain, faciliter le referendum pour combattre la fracture démocratique. Pour l’instant, aucune opposition n’a compris cela et rien ne permet d’espérer cette prise de conscience. La France marche au chaos dans l’aveuglement général.

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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34 commentaires pour Pourquoi le chaos?

  1. Patrice Charoulet dit :

    Je désapprouve les signataires du swowbiz, paru dans le torchon « Libé », sur les révolutionnaires jaunes-rouges-noirs du samedi.

    Et je rappelle quelques avis antérieurs sur cette engeance :

    Les révolutionnaires brûleraient volontiers une maison pour se faire cuire deux oeufs frais.
    (Jacques Mallet du Pan)
    *
    Le gouvernement populaire n’ est qu’ une tyrannie convulsive. (Benjamin Constant, 1815)

    *
    Nos plus ardents révolutionnaires puisèrent leur haine de la société dans des disgrâces de nature ou dans des infériorités sociales. ( Chateaubriand)

    *
    Ce n’ est pas de la haine que les hommes éclairés ressentent pour la Révolution, c’ est un profond mépris. (Bonald)
    *
    Des sottises faites par des gens habiles, des extravagances dites par des gens d esprit, des crimes commis par d’ honnêtes gens, voilà les révolutions. (Bonald)
    *
    (En France, en 1793) Je me trouvais transporté chez un peuple de cannibales. (Charles de Lacretelle, 1842)
    *
    On ne décapite pas impunément toute une société. (Lamartine, 1847)
    *
    Toute révolution a pour corollaire le massacre des innocents. (Baudelaire)
    *
    Pendant les six semaines qui séparent le 22 prairial du 9 thermidor, tout le monde semble pris de folie ; la mort est partout ; la justice (!) fauche comme une épidémie. (Maxime Du Camp, 1877)
    *
    Le jacobinisme est le chef-d oeuvre de la raison pure et de la déraison pratique. (Taine)
    *
    La France a été saccagée par une bande de malfaiteurs. (Taine)
    *
    Le jacobinisme était la religion du vol et du meurtre. (Taine)
    *
    Pour qu’une révolution éclate, il faut que les classes inférieures souffrent d un terrible malaise. (Jaurès)
    *
    L imbécile vandalisme des « géants de 89 »… (Bloy, 1900)

    *
    Avant fait un nombre prodigieux de sottises, la Révolution en a fait dire encore plus. (Jacques Bainville)

    *
    L émeute, c est quand le populaire est battu : tous des vauriens ! La révolution, c est quand il est le plus fort : tous des héros ! (Victorien Sardou)
    *
    Le style prudhommesque de l Histoire des Girondins de Lamartine fait suite au style pédantesque et déclamatoire des canailles de la Révolution française. (Claudel, 1941)
    *
    Faire une révolution, c’ est partir en guerre contre l argent des autres. (Malcolm de Chazal)
    *
    Les révolutions font perdre beaucoup de temps. (Montherlant)
    *
    Les hommes les plus humains ne font pas les révolutions : ils font les bibliothèques ou les cimetières. (Malraux)
    *
    Qui trop embrase mal éteint. (Matthieu Galey, 1971)

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  2. Patrice Charoulet dit :

    Aux dernières seuropéennes, le score du FN était supérieur au score annoncé pour le 26 mai. Donc rien de nouveau de ce côé-là. Le PS est tellement anénanti qu’il est allé chercher un Glucksman comme tête de liste. Le parti macroniste est toujours là, après une présidentielle ahurissantet, un candidat tombé du ciel, et des légsilatoves des gagnées dans la foulée. Le seul parti sérieux et sur la montante , depuis le désastre Fillon, est LR. L’avenir politique, c’est lui, quand le mirage Macron se dissipera, l’alternance ne peut être que celle-là : le retour de la droite
    avec Wauquiez, Larrivé, Didier, et les autres.

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  3. pampa dit :

    Pourquoi le chaos ?

    Parce que les grandes orientations politiques partagées par la majorité des énarques (comme des autres couches dirigeantes occidentales) sont mauvaises.

    C’est devenu évident pour tout le monde en ce qui concerne l’immigration.
    Et c’est vrai aussi sur l’économie et sur l’UE.

    Sur l’UE, parce que cela conduit à des décisions idéologiques (privatisations, mises en concurrence…) et à un taux de change fixe avec le reste de la zone euro qui sont très néfaste.
    Sur l’économie, voyez par exemple cet article du Guardian, sur l’affaire Huawei :

    https://www.theguardian.com/technology/2019/may/05/the-huawei-incident-points-to-a-deeper-lesson-for-great-britain

    et entre autres ce commentaire d’un lecteur :
    « I’ve said this before, but when I joined the MOD in 1990, we were only allowed to buy British IT and telecoms equipment. There was plenty to choose from – ICL, Ferranti, Apricot, (even BT) etc. As each of these was taken over by foreign companies, the criteria was dropped to British made even if the companies were owned by foreigners. As British factories were closed the criteria was dropped again so that we would buy equipment from foreign companies that were at least in NATO. By the time I left, it seems to have just become a case of who was cheapest. The governments that let successful British IT companies be taken over and run down should hang their heads in shame. » (MOD : ministère de la défense)

    Cette vidéo nous le rappelle aussi :

    en mentionnant ce qui marche bien, et qui hélas est dans le collimateur des réformateurs (avec déjà des conséquences, mentionnées dans la vidéo).

    Il n’est pas exclu qu’il y ait d’autres problèmes (intérêt excessif porté à la présidentielle ou autre), mais le facteur essentiel est bien que les énarques (et le reste des couches dirigeantes occidentales) poussent dans le mauvais sens, et ne semblent pas disposés à se remettre en question.

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  4. André Lugardon dit :

    Pourquoi le chaos?
    Parce que nous nous laissons glisser vers un monde sans foi ni loi?

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  5. Raymond dit :

    Bonjour monsieur, bonjour à tous,

     » La France marche au chaos dans l’aveuglement général.  »
    nous dites-vous.

    Face au 60% de Devoir de réserve, ou de retrait, Ne devrions nous pas dire plutôt finalement, que seulement 48% de Droit de vote sont en marche aveugle vers le chaos.
    Bonne journée

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  6. Citoyen dit :

     » Le malaise est bien antérieur à sa prise de l’Elysée, n’ayant fait qu’empirer depuis.  »
    Et c’est bien là, le problème ! …. Le malaise était déjà gigantesque, et il n’a fait qu’empirer !…

     » Et qui de mieux à sa place si ce n’était lui?  »
    N’importe qui, qui soit moins nuisible, ferait l’affaire …
    C’est le critère qui se dégage désormais pour départager les postulants … Où tout peut se réduire à leur capacité de nuisance …
    Il va falloir établir une échelle inversée, en termes de capacité de nuisance des politiques, pour pouvoir faire ses choix parmi les moins pires de la catégorie … Les moins pires, autant pour la population au quotidien, que pour l’avenir du pays … y’a du boulot !

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  7. Curmudgeon dit :

    Comment faut-il entendre « Parlement souverain » ? Ce ne serait plus le peuple qui serait le souverain, mais le Parlement ? Un peu comme « the Queen in Parliament » ?

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  8. E.Marquet dit :

    La France est en plein délire : 33 listes aux européennes, 2607 candidats !

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  9. michel43 dit :

    NON ce n’est pas l’affaire du siècle ,Merci quand même

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  10. André Lugardon dit :

    Voici un livre que je ne lirai pas: http://www.leparisien.fr/politique/la-haine-plongee-dans-les-rancoeurs-de-la-droite-francaise-29-04-2019-8062902.php

    Si ce livre contient des vérités alors cela peut expliquer la situation présente.

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    • André Lugardon, moi non plus, si quelqu’un veut en faire une fiche de lecture pour ce blog, elle sera bienvenue.
      MT

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    • michel43 dit :

      Mais OUI,,,,il y a du vrais ,,,a quand un livre vérité sur CHIRAC, ,,et ses magouilles ,a sa mort ,on devrais savoir sur la mort pauvre Boulin

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  11. michel43 dit :

    Maxime , OUI c’est MOI, ce , que je ne comprend PAS, ,pourquoi Anonyme ? il y a un problème, ,,OU ? je signe toujours Michel 43 et pourquoi Anonyme ? Bizarre

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  12. Janus dit :

    Je suis d’accord avec vous, mais pas totalement : Vous oubliez un élément dans votre analyse : Le peuple et son refus infantile de regarder la vérité en face, son individualisme foncier et qui n’est pas né de la révolution française, qui lui fait dire : Tant que cela ne me touche pas directement, je m’en moque et aussi comme disent les anglais « not in my backyard ». Si les français, sous l’effet d’une réflexion collective sérieuse et honnête, acceptaient de voir ce qu’ils voient (comme dirait Peguy), ils n’éliraient pas, même par défaut, les pitres qui pérorent actuellement sur les estrades et qui se gardent bien de leur proposer les reformes adéquates. Un exemple parmi tant d’autres : Mitterrand , par démagogie pure, a passé l’age de la retraite de 65 à 60 ans. Or tous savaient que l’équilibre démographique était déjà rompu et que cette mesure débile prise par un escroc politique ne pouvait que mettre à mal le régime de retraite alors même que la durée de vie augmentait. Idem pour les 35 heures. Qui a protesté ? Qui a remis en cause ces folies lorsqu’il en était encore temps ? Qui a rendu impossible la mise en place de fonds de pension ? Et les français, assis sur un baril de poudre dont ils savent que la mèche est allumée, continuent à investir dans les camping-cars pour profiter de cette aubaine pour le temps qu’elle durera !
    Aucun sens des responsabilités, aucune réflexion prospective, aucun sens moral. Les gilets jaunes ont probablement tous ou presque tous validé ces folies qui les tuent aujourd’hui.
    Un tel peuple ne réagit que lorsque le précipice s’ouvre sous ses pas, mais l’histoire nous enseigne que parfois, la réaction trop tardive est inutile…
    Ce pays est foutu, c’est probablement l’analyse de Macron, qui désormais entretient son carnet d’adresse et fera en 2022 une belle carrière chez TIKEHAU…

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    • Janus, je vous comprends, mais le peuple, c’est à mon avis plus compliqué, capable du pire comme du meilleur… TIKEHAU?
      MT

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    • Janus dit :

      TIKEHAU, allusion ironique au fonds financier qui héberge aujourd’hui inénarrable Fillon…

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    • André Lugardon dit :

      Peut-être ce Tikehau là: https://www.tikehaucapital.com/fr

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    • pampa dit :

      Hélas, monsieur. Les électeurs individualistes n’ont pas non plus accepté qu’on transfère la gestion de l’assurance maladie aux assureurs, qu’on leur transfère une partie de la gestion des retraites sous le nom de fonds de pension, et seraient sans doute réticents au rétablissement de l’esclavage.

      Heureusement qu’il y a des gens sérieux et réfléchis comme vous l’êtes pour relever le niveau, et pour constater avec nous tous, membres de LR, qu’il faut des politiciens moins obsédés par l’élection présidentielle pouvant, enfin, faire passer ces indispensables réformes.

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    • pampa dit :

      (suite)

      https://www.atlantico.fr/decryptage/3571721/l-art-d-etre-francais-et-de-ne-pas-demissionner–ou-ce-que-le-destin-de-christophe-castaner-revele-de-l-etat-de-la-democratie-francaise-olivier-gracia-vincent-tournier-
      « Faut-il s’attendre à voir émerger un discours officiel, avec le soutien des médias et des institutions culturelles, expliquant que, tout compte fait, la démocratie, ce n’est pas vraiment formidable ?On n’y est pas car, pour l’heure, les électeurs continuent d’y croire. Mais la situation deviendrait assurément beaucoup plus compliquée s’ils venaient à changer d’avis.(…)C’est pourquoi le diagnostic sur la situation actuelle n’est pas très satisfaisant : régulièrement, on voit des observateurs qui s’insurgent contre les poussées populistes, les accusant de brader les valeurs démocratiques, comme l’a encore fait récemment Le Monde à propos de l’Italie, alors que le moteur de ces contestations est plutôt de nature démocratique face à des gouvernements qui ignorent les volontés populaires. Et curieusement, ces mêmes observateurs n’adressent pas la même critique aux institutions européennes alors que celles-ci ne sont guère satisfaisantes du point du vue des standards démocratiques.Bref, c’est toujours la faute des électeurs, jamais celle des élites. Pourtant, dans une entreprise, si un produit ne se vend pas, on ne va pas s’amuser à dire que c’est parce que le client n’est pas à la hauteur. »

      Eh oui : si Fillon ne s’est pas vendu, c’est la faute de son programme. Il faudra bien vous y faire, et vous adapter.

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  13. Gerard Bayon dit :

    Quand bien même une opposition un peu lucide aurait la volonté de faire modifier notre régime politique, ce que je ne crois même pas tant tous les leaders actuels de l’opposition, tous partis confondus, ne cherchent qu’à reproduire à leur profit ce qui existe depuis 40 ans en France, ce n’est pas le gouvernement actuel ni son équipe de godillots qui permettront ce changement.
    Rien ne changera des futurs scrutins qui entérineront et reproduiront la nomination d’un gourou et d’un entourage d’adeptes crétins, incultes, fayots, prêts à toutes les bassesses pour que rien ne change (le gouvernement Macron est devenu expert toutes catégories en la matière). Le changement ne proviendra qu’à l’issue d’une crise grave qui tarde à se concrétiser en faisant perdre trop de temps à notre pays et qui permettra l’émergence du personnage providentiel que nous espérons sans l’identifier pour le moment. Un genre R. Reagan ou M. Thatcher) Celui-ci ou celle-là devra très vite renverser la table sans se préoccuper de tous les donneurs de leçons que l’on ne cesse d’entendre.
    Ceci dit l’Europe n’est quand même pas exempte d’un grand nombre de nos maux qu’il ne faut pas minimiser (sécurité/ défense, crise des migrants, écologie, économie (fusion Alstom/Siemens dernier ex.), normes et règlements imbéciles notamment en matière de droit du travail, etc. et qui contribuent à la désapprobation généralisée des politiques.

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    • G Bayon, sur la crise européenne des migrants, l’échec de l’Europe et celui des gouvernements des Etats ont été de fait étroitement imbriqués et l’Europe n’a fait à peu près que refléter les positions des Etats (de l’Allemagne notamment).
      MT

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  14. pampa dit :

    « Accuser Bruxelles de tous les maux est mensonger car les autres pays confrontés aux mêmes contraintes européennes ne connaissent pas un effondrement comparable. »

    Cette phrase est illogique, et l’idée qu’elle recouvre est probablement fausse.

    1) Elle est illogique, car même si les contraintes sont identiques pour tous, les pays ont un fonctionnement différent et sont donc impactés différemment par ces règles identiques.

    Les exemples ne manquent pas : par exemple, si on considère la réforme décidée au niveau européen consistant à ouvrir le secteur de l’électricité à la concurrence, elle impacte différemment France et Allemagne.
    Pourquoi ? Parce qu’au moment de la formation des opérateurs nationaux à partir des sociétés locales de fourniture d’électricité, juste après la guerre, l’Allemagne était divisée en 4 zones d’occupation. Donc il y a 4 grands opérateurs électriques en Allemagne. Dans ce pays, la mise en concurrence est donc très facile, et ne touche pas réellement ni au pouvoir de l’Etat dans ce secteur, ni aux fonctions de ces opérateurs. Il suffit de les autoriser à exploiter des centrales dans les autres zones, et Bruxelles est content.

    Au contraire, en France il aurait fallu créer ex nihilo un opérateur concurrent, ce qu’on ne voulait pas faire pour ne pas disperser le parc nucléaire. On en vient donc à vouloir couper EDF en petits bouts.
    Cette réforme, et d’autres réformes européennes du même tonneau, reviennent à faire moins bien fonctionner un opérateur qui était probablement le plus efficace dans son domaine.
    Cela passe inaperçu des IGA militants LR, confortablement climatisés dans leur bureau de la place Beauvau, mais la presse avait signalé à l’automne dernier que des sondages internes montraient un très fort pessimisme chez les salariés d’EDF, lié à des craintes sur l’avenir de leur société.
    Ces craintes, et ce pessimisme, sont sans le moindre doute accompagné chez beaucoup de ces gens d’une grande rancoeur contre les politiciens et les cadres supérieurs de l’administration qui les ont mis dans cette situation, par idéologie européiste. Si vous venez leur dire en plus que c’est du pipeau et qu’ils ne sont pas plus touchés qu’en Allemagne, vous serez sans doute reçu à la chevrotine, non sans raison…

    Autre exemple, l’euro : même si la France faisait tout exactement comme en Allemagne, elle serait quand même pénalisée par l’euro.
    Parce qu’elle doit financer des générations plus nombreuses (lourdes dépenses induites : allocations, scolarité, augmentation des infrastructures, augmentation du coût de l’immobilier…) et une défense plus élevée (0,8% du PIB de différence en 2017).
    Donc, comme les partis européistes ont fait l’erreur de la coller dans l’euro, elle serait pénalisée. Et pénalisée pour ses vertus, puisque les deux points mentionnés sont incontestablement vertueux.

    2) L’idée qu’elle recouvre est probablement fausse.

    Bah oui, sinon comment expliquez-vous que l’Allemagne triomphe et que la France décline ? En tout cas, votre phrase ne prouve rien, comme je l’explique plus haut ; donc si vous voulez montrer le contraire la balle est toujours dans votre camp.

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  15. michel43 dit :

    PS,,,,Merci Macron,pour la première fois ,a la banque ,prélèvement sociaux et impôts sur les intérêts ,,,il donne d’une mains et reprend le double de l’autre ,

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  16. Anonyme dit :

    pour Moi,,,c’est simple ,les électeurs on eu peur du FN,,,alors ,il on voter Macron ,mal leurs en a pris ,un désastre ,et se n’est pas finie ,après sa défaite pour l’Europe avec dame Loiseau ,le foutoir va continuer ,il a crue qu’il pouvais faire comme Sarkozy-Hollande , continuer a vider nos poches , grave erreur ,il va falloir attendre encore trois ans ,et OUI Maxime ,et une entente de nos droites avec un programme de gouvernement comme dans d « autres pays ,Comment combattre le chômage alors que tout les ans on offre des papiers a plus de 135 000 étrangers ,et aux clandestins ,alors que nous avons des millions de chômeurs ,pas de logement ,et offre des aides en tout genres qui nous coute une fortune ,et je ne parle pas de nos territoires d » outre-mer et le scandale de Sarkozy MAYOTTE ,et on se doit ajouter ,l » islamisations qui est un vrais problème, a vous tous qui voter ,il faut battre le Macron ,-Loiseau ,après le foutoir va continuer ,donc courage

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  17. Bernderoan dit :

    Mon cher Maxime,
    Dire que « la France a substitué une idole élyséenne à l’intérêt général » est exact. Si factuellement nous en sommes là, le vocable générique « France » ne m’apparaît pas juste. Nos présidents successifs se sont construit le trône sans avoir recours aux Français, et je dirais même surtout en les tenant à l’écart. Le coup d’État du référendum du traité de Lisbonne me semble un bel exemple. Toutes les modifications de la constitution (plus d’une vingtaine maintenant) ne sont pas le fait des Français. Les présidents aux petits pieds qui se succèdent sans cap, sans vision claire pour le pays, ne sont que de médiocres roitelets et pas des aigles. Ils ne sont que les maîtres d’une parole qui leur permet de polluer sans vergogne les esprits. Et le dernier de la liste est le meilleur dans ce registre.
    Autre remarque. Il me semble que vous évacuez l’Europe un peu rapidement. Si la France est plus en déclin que d’autres pays européens, cela n’implique pas l’exonération de l’Europe, fiscale, sociale, des citoyens, des patries, de la défense,…
    Je suis nonobstant d’accord avec vos propositions, septennat unique, Parlement fort, réduction de l’importance des partis, bref, une démarche gaullienne qui savait prendre ses distances avec l’Europe. Et le peuple dans tout ça ? Il a aussi sa part de responsabilité que je sache.

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    • Bernderoan, je n’évacue pas l’Europe, je pense que la cause profonde du désastre français est à chercher en France et non ailleurs.
      MT

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    • pampa dit :

      La cause profonde des problèmes français est en effet à chercher en France : elle vient du fait que les politiciens et les énarques français veulent imposer un changement de fonctionnement via l’Europe, qu’ils ne sont pas capables de gérer et dans lequel ils se font rouler dans la farine par l’Allemagne.

      L’euro se fait au dépens de la France et de l’Italie, et au profit de l’Allemagne. L’économie de ces deux pays est en train d’être détruite par ce mauvais choix.

      Ce ne sont pas les politiciens qui sont plus mauvais qu’avant, c’est le fait que leurs décisions sont gravées dans le marbre de traités (plus haut placés qu’en Allemagne dans la Constitution) et donc plus difficilement révocable qu’une loi nationale qui explique le désordre.

      J’avais par exemple vu sur le site de l’institut Montaigne un débat entre VGE, Anne Lauvergeon et Corinne Lepage (qui s’était fait quelque peu taquiner par l’ex lors du débat) qui abordait entre autres ce sujet, en 2008.
      VGE, peu suspect de vouloir critiquer l’UE si elle n’est pas en effet problématique, y prenait la défense de votre ex patron. Celui-ci, disait VGE, avait essayé d’empêcher une décision prise avant lui conduisant l’UE à pouvoir imposer à la France le fameux quota d’éoliennes et de panneaux solaires. Ce n’était donc pas sa faute s’il n’avait pas pu s’y opposer avec succès, selon VGE.
      Donc c’est bien le fait de vouloir passer par un organisme supranational qui posait problème.

      Les politiciens sont ce qu’ils ont toujours été en tout temps et en tout lieu, même dans la mythique Allemagne (voyez les décisions de Mme Merkel en 2015).
      La différence est que l’UE empêche de réparer leurs erreurs dans le cas français, puisque les Français du baby-boom se sont mis en tête de « faire l’UE » ; et que l’UE permet à l’Allemagne de faire porter aux autres le poids de ses erreurs (avec une répartition des gens invités par Merkel, sauf dans les ex pays de l’Est restés plus raisonnables) puisque l’Allemagne n’a jamais abandonné son idée de dominer l’Europe, convaincue qu’elle est de ses propres vertus.

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  18. André Lugardon dit :

    Lu la remarque suivante:  » La gauche est en confettis ».

    Et j’ajouterai : la droite est en miettes.

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    • Timéli dit :

      La liste LR conduite par F.X. Bellamy redonne quelques couleurs à la Droite. Le problème, c’est que les médias se refusent à en parler pour ne pas générer une vague qui mettrait en danger les listes LREM et RN, car Macron veut, aujourd’hui, cette bipolarité politique pour lui assurer une ré-élection confortable en 2022.

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    • michel43 dit :

      en miettes ? mais a de beaux restes, si elle s’associe entre elle ,,,,

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