Quand des Français se livrent aux idoles et méprisent les héros

La levée de bouclier de parents d’élèves, de certains professeurs et de militants politiques contre le choix d’Honoré d’Estienne d’Orves  pour dénommer le lycée de Carquefou  est bien à l’image de notre époque. Honoré d’Estienne d’Orves est l’un des tout premiers résistants, résistant de la première heure, dès 1940. Officier de marine, père de quatre enfants, ayant rejoint la France libre de de Gaulle, il a été fusillé par les Allemands à l’âge de 41 ans. L’une de ses filles, rencontrée lors d’un salon du livre, Porte de Versailles, il y a quelques années (2013 je crois) me racontait sa dernière visite à son père en prison, juste avant son exécution. En me parlant, elle n’avait pas de larmes dans ses yeux. Elle avait alors sept ans. Son père, qui était évidemment tout pour elle, lui demandait de ne pas pleurer: « je n’ai fait que mon devoir » lui a-t-il confié et ce furent ses derniers mots dont elle se souvenait. Mais comment une époque aussi globalement médiocre que la nôtre, qui se prosterne devant les pousseurs de ballon et les aboyeurs du petit écran, pourrait-elle admettre l’image des authentiques héros, une image qui la  renvoie à sa médiocrité? Contrairement à une légende, à des récupérations aussi ignobles que mensongères, d’Estienne d’Orves n’était pas spécialement monarchiste et n’avait strictement aucun rapport avec l’Action française; il n’était pas plus de droite nationaliste que socialiste ou communiste. C’est sa fille qui me l’a dit. Il était apolitique, sans idéologie, Français, patriote, soldat, et estimait n’avoir fait que son devoir en rejoignant la Résistance gaulliste. Que l’on puisse s’élever, pour des raisons de sectarisme idéologique, d’ailleurs infondées, contre le fait d’honorer un tel personnage n’est pas seulement honteux, mais profondément misérable. Oui, à quel degré de misère morale et intellectuelle en est-on arrivé pour que, 80 ans après le supplice d’Honoré d’Estienne d’Orves, notre pays puisse offrir un tel spectacle?  Ci-dessous un texte absolument remarquable à ce sujet, de M. Robert Redeker, publié par le Figaro Vox.

Maxime TANDONNET

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Quand des Français adorent les idoles et méprisent les héros

Des parents d’élèves et des élus de gauche se sont dressés pour empêcher qu’un lycée, à Carquefou, portât le nom d’une très grande figure de la Résistance,  Honoré d’Estienne d’Orves. En l’occurrence, la tentative de censure – un peu comme Staline effaçant des photos les alliés et compagnons passés de saison – était idéologique: cette gauche reprochait à ce héros ses penchants monarchistes. Ces incultes eussent préféré, selon leur aveu, que cet établissement s’appelât lycée Hubert Reeves, ou bien lycée Michel Serres – noms tout à fait estimables, convenons-en. A Marseille, les élus de gauche viennent de refuser qu’une place devienne Place Arnaud Beltrame, au motif que ce nom risquerait de choquer une partie de la population. Manifestement, la France d’aujourd’hui, surtout celle de gauche, a du mal avec ses héros. Un constat s’impose: cette France se livre sans pudeur aux idoles – des chanteurs, des sportifs, des animateurs télé – et fuit les héros, qui ont donné leur vie pour elle.

Nous vivons le temps des idoles. Des idoles fabriquées dans des usines affectées à cet effet: les industries planétaires du divertissement, dont la télévision, la radio, et internet, fournissent les trois principaux distributeurs. Ce sont des idoles bien peu exigeantes: elles ne dérangent pas notre confort, elles nous endorment, nous ensommeillant dans la consommation passive. La critique pascalienne du divertissement s’applique: ces idoles nous éloignent du cœur de la vie humaine, de l’important, de ce qui différencie l’homme des bêtes. La vie humaine n’est pas la vie domestique, a noté Hannah Arendt. Mais c’est quoi, demandera-t-on, une vie humaine? C’est une vie dont le but n’est pas la survie, mais la liberté. Et la liberté, c’est quoi, continuera-t-on? C’est l’empire sur soi-même, la mise-à-distance de ses envies et désirs, la capacité de renoncement. Être libre, c’est échapper à la domination des désirs.

Le héros est notre juge, son regard nous renvoie à notre inanité, et cela notre époque ne le supporte pas.

Dans ce cas, pourquoi cette méfiance devant les héros, cette mise-à-l’écart, qui se confirme jusque dans les manuels scolaires et les salles de classe? L’école, en effet, contrairement à ce qu’elle faisait jusqu’aux années 80, se refuse à transmettre l’imagerie des figures héroïques de l’histoire de France. Elle veut promouvoir une autre figure de l’être humain, plus compatible avec le consumérisme hédoniste qui tient lieu désormais d’idéal collectif. Depuis l’estrade du professeur de collège, Thuram et Zidane seront préférés à Clovis, à Charles Martel, à Godefroy de Bouillon, à Saint Louis, voire à Jeanne d’Arc. C’est que les héros sont encombrants. Ils sont même exigeants. Leur principal défaut: du haut de leur stature, ils nous jaugent et nous jugent. Pire encore, aux yeux de nos contemporains: leur grandeur demande de la fidélité. Le héros procède exactement de la même façon que la culture: le passé juge le présent. Le héros est notre juge, son regard nous renvoie à notre inanité, et cela notre époque ne le supporte pas. Le héros affirme que le passé est plus grand que le présent.

Les héros sont encombrants parce qu’ils sont vertueux. Ils font passer la vertu avant la jouissance. Les idoles, elles, à la semblance des dieux païens grecs ou romains – ce que Platon leur reprochait – s’adonnent aux vices liés à la soumission aux désirs, désinhibant par ces exemples les dérèglements de la foule. Toutes les idoles sont esclaves, toutes propagent l’exemple de l’esclavage. A l’inverse de ces idoles, les héros ne poursuivent ni la gloire ni l’argent – ils se sacrifient. Ils ne mettent pas, comme ces idoles, en avant le moi, mais l’instance à laquelle ils vouent leur vie jusqu’à la donner, la nation, la patrie, la France. Un héros est en rupture avec l’idéologie dominante du moi-je, de l’hédonisme généralisé, de l’épanouissement personnel. À l’inverse des idoles, les héros se déploient dans la liberté, qui est tout le contraire de la facilité et de la passivité que favorisent les idoles. Bref, les héros forment l’école aujourd’hui interdite, souvent haïe: l’école de la liberté.

À l’inverse des idoles, les héros ne poursuivent ni la gloire ni l’argent. Ils se sacrifient.

Si notre époque produit des pseudo-héros, la place des véritables héros s’est tellement rétrécie que nous ne ferions pas preuve de cécité en y voyant une place vide. Le héros manque. Les pseudo-héros de notre époque, les héros de marché, qu’ils soient joueurs de football ou bien stars du show-business, ajointent leurs actions à l’argent, à la bourse, réclament des revenus toujours plus élevés. Ils placent le criterium de leur valeur à l’extérieur de ce qu’ils font – dans l’argent contre lequel leur talent est échangé. C’est là, chacun le voit, le contraire de la liberté. L’acte héroïque, à l’opposé, vaut par lui-même, il est à lui-même son critérium. Il est inestimable – en dehors de tout prix. Il n’y a pas d’unité de mesure de l’héroïsme – il est franc, il est libre, il est simple, il est impayable. On se fait rétribuer pour marquer un but, on n’est pas payé pour devenir un héros – loin de là, on le paye fréquemment de sa mort.

Robert REDEKER

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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29 commentaires pour Quand des Français se livrent aux idoles et méprisent les héros

  1. Colibri dit :

    Ceci n’est pas un commentaire contre Honoré d’Estienne d’Orves que je considère comme un héros mais l’expression d’une inquiétude: à trop remuer le passé nous perdons de vue le présent et nous re tombons dans de vieux travers qui font tant de mal.

     » En l’an 740 avant notre ère, l’armée de Sparte envahit la petite Messénie. Ce fut une guerre acharnée, sans pitié, où les deux petites nations perdirent dans les massacres le tiers de leur population, le reste étant décimé par les famines et les épidémies. Après vingt ans de guérilla dans les montagnes, les derniers Messéniens se rendirent, épuisés. Mais Sparte ne valait guère mieux.

    Sur leurs terres ravagées, il s’ensuivit un demi-siècle de paix fourbue, pendant laquelle les deux nations lentement relevaient leurs ruines. « Plus jamais ça! », disaient les survivants, qui conservaient de trop d’horreurs un souvenir atterré. La vie dans l’archipel redevenait aimable et douce. La guerre fut oubliée. Les jeunes nés après elle, et qui n’en avait rien connu, refusaient d’y penser: pour eux c’était le Déluge, la préhistoire. Ils plaisantaient ce qui restait des anciens combattants parce que, borgnes, boiteux ou perclus, ils devenaient vieux et radoteurs.

    Il y avait eu, après la saignée, énormément de naissances. La Messénie put se refaire une armée, nombreuse et dynamique. Quand elle fut assez forte, elle trouva l’appui d’Argos et de l’Arcadie et, par surprise, fondit sur Sparte. Ce fut une guerre acharnée, sans pitié, où les deux nations perdirent dans les massacres le tiers de leur population, le reste étant décimé par la famine et les épidémies. Après quelques années de carnages mutuels, les Messéniens, épuisés, durent se rendre. Mais Sparte était ravagée.

    Il s’ensuivit un demi-siècle de paix dans l’archipel. « Plus jamais ça! », disaient les survivants qui conservaient de trop d’horreurs un souvenir atterré. La vie redevint aimable et douce. La guerre fut oubliée. Les jeunes, nés après elle et qui n’en avaient rien connu, refusaient d’y penser. Pour eux c’était le Déluge. Ils plaisantaient les radotages des anciens combattants et préféraient commenter, de loin, la révolte des Perses contre les Mèdes, leurs victoires sur l’empire lydien, sur Babylone, sur l’Egypte, sur l’Inde et admiraient ses conquérants farouches. Lesquels fondirent sur eux sans prévenir. Ce fut une belle tuerie. La guerre dura quarante ans, acharnée, sans pitié. Les armées fondaient comme du beurre, ruinant les populations, que décimèrent les famines et les épidémies. A la fin toutefois, les Perses épuisés renoncèrent, vaincus successivement à Marathon, à Salamine et à Platée. Athènes était glorieuse, mais non moins épuisée.

    Il s’ensuivit, avec Périclès, vingt ans de paix dans l’archipel. La vie y redevint aimable et douce. On oublia la guerre, ses désastres et ses dévastations. « Plus jamais ça! », disaient encore les vieux, mais les jeunes, qui n’en avait rien connu, refusaient d’y penser et s’en moquaient éperdument. Salamine et Platée, pour eux c’était le Déluge. Ils plaisantaient les anciens combattants – avant de se précipiter, à leur tour, dans une nouvelle tuerie.

    Et caetera. Et caetera et caetera.

    ( Vercors in « Assez mentir » aux Editions Ramsay )

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  2. Georges dit :

    Les saltimbanques tiennent le crachoir et palpent ,ceux qui produisent triment et survivent .Le secteur quaternaire donne le ton ,le secteur primaire devrait donc promptement réagir.

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  3. Timéli dit :

    Réconfortons-nous avec ce propos de Abraham Lincoln :  » Les héros ne meurent pas, parce que leur ombre ne s’efface jamais »… Et, oublions la bêtise humaine !

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  4. Sganarelle dit :

    Ce qui se passe au village de Carquefou est une honte et pour deux raisons:
    La première parce qu’elle continue la propagande post 40 qui consiste à dire que seule la gauche était résistante et la droite collabo. Les premiers ayant beaucoup à se faire pardonner la légende gagne du terrain et il vaut mieux occulter l’existence d’un Honoré d’Estienne D’Orves résistant de la première heure mais certes de droite qui s’est enrôlé et a agi et d’un autre côté porter à l’admiration des foules de jeunes communistes pris dans des rafles.
    La deuxième raison est qu’habitant non loin du Mont Valérien pendant la guerre et encore maintenant je passe dans les rues où se trouve la plaque commémorative d’Estienne d’Orves et son souvenir y reste présent sans que personne ici ne fasse la différence entre «  celui qui croyait en Dieu et celui qui n’y croyait pas » ..ils sont morts avec une foi un idéal un courage dont beaucoup de nous sommes incapables et nous nous recueillons indistinctement devant tous ces noms. Alors quelle mouche pique les habitants de Carquefou?

    En perte de repères nous allons fredonner les chansons d’Aznavour aux Invalides et nous sacrifions aux idéologies en marche les héros qui font de l’ombre.

    (Merci monsieur Tandonnet de vous indigner , mais ne désespérez pas il y a toujours des gens qui se souviennent..)

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    • E. Marquet dit :

      Carquefou n’est pas un village ! C’est une commune urbaine de plus de 20000 habitants rattachée à Nantes Métropole.

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  5. Annick Danjou dit :

    Vous voyez Maxime, ce que je disais hier suite à l’article de M Aubert, quant on veut garder la main et qu’on n’est pas forcément un génie, on s’entoure de médiocres et de personnes tellement dépendantes de votre bon vouloir, qu’elles ne vont pas vous faire de l’ombre.

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  6. H. dit :

    Bonjour Maxime,

    Le socialisme et ses avatars sont vraiment une lèpre de l’esprit. J’hésite entre le dégoût et la honte.

    Bonne fin de journée

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  7. E. Marquet dit :

    Espérons que la Région ne cèdera pas, bien que l’idéologie gauchiste soit toujours très puissante dans la métropole nantaise.
    Le « combat » est mené par deux médiocres personnages, le fiston d’une élue locale biberonné au socialisme militant, et un illustre inconnu de la gauche démocratique sociale dont le seul fait d’arme (qu’il revendiquait encore il y a quelques jours sur son blog que personne ne prend la peine de commenter ou même de lire) semble avoir été d’animer le mouvement des lycéens de mars-avril 1973, en opposition à une loi de Michel Debré prévoyant l’abrogation des sursis pour étude au-delà de 21ans (le service militaire existait encore).
    Il ne faut donc pas leur demander de s’élever au niveau d’un Honoré d’Estienne d’Orves. Ils en sont tout bonnement incapables.

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  8. Annick Danjou dit :

    Castaner est-il un héros ou une idole? en tout cas ils nous ont bien pris pour des imbéciles et j’en tremble de rage en écrivant ces lignes.

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    • Annick Danjou, c’est drôle, moi plus rien de m’étonne, je suis comme amorti…Il aurait nommé Mélenchon ou Hamon à l’Intérieur, je pense que cela ne m’aurait fait ni chaud ni froid…
      MT

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  9. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Et même si D’Estienne d’Orves avait effectivement été monarchiste, où serait le problème ?
    A moins que si « la France d’aujourd’hui, surtout celle de gauche, a du mal avec ses héros », c’est que, comme l’atteste Jean-Patrick Grumberg : « la gauche fut dominante dans la collaboration » ? Et de conclure dans un article de dreuz.info, intitulé : « 80% des collabos de la Seconde Guerre mondiale étaient de gauche » : « Qui sera étonné de rencontrer encore la gauche aujourd’hui, dans le lit de l’islam ? »
    Alors un très grand merci pour avoir relayé ce très bel article de Robert Redeker. Mais personne n’a pu oublier cet autre article du philosophe, publié aussi par le Figaro, intitulé : « Face aux intimidations islamistes que doit faire le monde libre ? » où la rédaction du Figaro, s’étant désolidarisée de l’auteur, avait présenté des excuses sur Al Jezeera, à la suite de quoi, Robert Redeker avait subi des menaces de mort !
    Les intellectuels, s’ils ont leurs nombreux « collaborateurs », ont aussi et leurs « héros » parmi lesquels on peut, sans hésitation compter Robert Redeker.

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    • Mildrer, oui, mais je n’ai jamais dit que cela serait un problème, il y a eu en effet de grands résistants royalistes (EF) comme Rémy (je ne me souviens plus de son vrai nom) j’ai voulu simplement dire que, de fait, d’Estienne d’Orves n’était pas un idéologue et qu’il est répugnant de le récupérer ou de le maudire sur des allégations qui sont fausses en travestissant ainsi sa mémoire, il était juste patriote et homme de devoir. Mais comment notre époque médiocre peut elle comprendre qu’un père de 4 enfants puisse donner sa vie par simple devoir?
      MT

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    • Colibri dit :

      Il était aussi très catho, fervent catholique. Sa fin de vie est un chemin de croix. Il est allé jusqu’au bout de ce en quoi il croyait. « Comprenne qui pourra ».

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  10. charles902 dit :

    Bonjour Monsieur Tandonnet
    Charles Martel, Godefroy de Bouillon ou Saint Louis, c’est de l’histoire de France: ce n’est pas Halal.
    Arnaud Beltrame a empêché un massacre qui, selon certains, aurait fait progresser leur cause. C’est ce qui leur a permis d’affirmer « je suis Coulibaly » alors que d’autres affichaient « je suis Charlie ».
    La notion de vertu serait donc à géométrie variable, au fil des pressions médiatiques, religieuses ou sociales? Les combattants de Daesh ou de Boco Haram peuvent ils être assimilés à des héros?
    En tous cas, sans culture et sans caractère, il est tentant de renier ses valeurs traditionnelles (la vertu) pour adorer des idoles, dénominateurs commun de la non réflexion.
    Quant à la définition de vertu, les nombreuses définitions en cours aujourd’hui semblent incompatibles et leur coexistence pourrait s’avérer létale.

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  11. Infraniouzes dit :

    Rien d’étonnant. Le martyre Etienne d’Orves est un caillou dans la chaussure des communistes qui doivent rester comme les seuls résistant français. Qu’importe s’ils ont attendu 1 ans pour démarrer leurs actions douteuses et contestables. L’Histoire officielle est comme ça et doit le rester. Mais l’étonnant est que quelques obscures associations se permettent de s’opposer à un tel choix. Ça en dit long sur la puissance des marxistes dans tous les réseaux liés à l’éducation. Mais des partis de droite mous et adeptes de la combine ont laissé faire pendant des décennies. Aujourd’hui il est quasiment impossible de faire machine arrière. On va avoir le même scénario avec l’islamisation de la France. Ces deux engeances vont se coaliser pour abattre la vieille société judéo-chrétienne. Mais après elles se battront entre eux. Puisse le souvenir d’Etienne d’Orves rester longtemps dans les mémoires à défaut des livres.

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    • infraniouzes la mémoire fausse nous fait oublier que les communistes ne sont entrés en résistance qu’en juin 1941, avant, ils demandaient à l’occupant l’autorisation de faire reparaître j’Humanité!
      MT

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    • Colibri dit :

      C’est vrai et c’est faux à la fois, c’est vrai « officiellement » le PCF n’entre vraiment en résistance que lorsque l’Allemagne attaque l’ex URSS mais c’est faux au niveau de certains militants et élus communistes qui sont arrêtés et emprisonnés avant 1941 en vertu du décret Daladier. Pour la vie quotidienne des communistes, le fait majeur à partir du 26 septembre 1939 est qu’on ne peut plus être communiste que mobilisé, clandestin ou emprisonné. Cette règle reste en vigueur jusqu’à la Libération, en août 1944. A partir de juin 1940 le choix se réduira à la dernière alternative, clandestin ou emprisonné, et parfois fusillé. Ensuite en dehors du cas du PCF se trouvent sur le territoire français de nombreux communistes et anarchistes espagnols. Beaucoup d’entre eux seront des résistants de la première heure en Haute Garonne, Lot, Lot-et-Garonne, Dordogne, Creuse. Et sans doute dans d’autres départements français.

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  12. Colibri dit :

    Voici ma participation au blogon de ce jour de Maxime Tandonnet:

     » J’étais trop ambigu pour mon époque, trop inclassable. La France aime les cadres et les cases. Sortez du carcan bon-méchant, blanc-noir, affront-vengeance, et l’on vous regarde avec méfiance, comme si vous étiez plus dangereux qu’un assassin. C’est là une maladie très française, ce besoin cartésien de mettre des étiquettes, d’inventorier, de trouver une logique. Il n’y a pourtant aucune logique dans ma vie. Juste un destin. Le destin d’un homme à cheval entre deux cultures, deux mondes, deux pays, deux rives, deux aspirations, deux familles d’esprit, deux rêves de gloire, deux amours. »

    Ce texte n’est pas d’Honoré d’Estienne d’Orves mais de son petit neveu. Je trouve quand même qu’il le définit bien tel que je me l’imagine en tous les cas.

    Nicolas d’Estienne d’Orves est écrivain et journaliste.

    Petit-neveu du résistant Honoré d’Estienne d’Orves et fils de Vincent d’Estienne d’Orves ancien élève d’hypokhâgne, après des stages dans les milieux du cinéma et de l’opéra, il a fait des études à la Sorbonne (DEA de lettres modernes spécialisées).

    Il a collaboré pendant cinq ans au Figaro Littéraire et à Madame Figaro. Il est actuellement critique musical au Figaro, journaliste culturel au Figaro magazine (livre, musique classique, cinéma), chroniqueur

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  13. michel43 dit :

    a Marseille , refus d » une place Beltrame ,normal pour la première ville musulmane de France ,les souvenir intéresse peu de gens ,qui ne les on pas connue ,les villes communistes , et OUI ,il y en a encore ,donne des noms de camarades ,puis il y a des noms célèbre ,Victor Hugo- Emile Zola-Charles de Gaulle ,Pasteur ,alors une rue Zidane ,l’époque a changer ,les mœurs et traditions aussi ,l’éducation national avec ,M ,Redeker sans oublier le passer vivons aussi avec notre époque ,des pseudos éros ,,,NON de très bons joueurs ,EX Platini-Zidane,,,,,dans l’argent,, ,,a t »on vue des gens refuser cette argent ,bien sur que NON ,en plus les politiciens EUX gaspille le notre, dette 2300 milliards et 50 les intérêts ,qui sont les meilleurs ,,,,Bizarrement RIEN sur le Président actuel ,fait t »il partie des Pseudo-Héros ,,,,cela se pourrait ,on a jamais vue en République un président nous vider les poches ,un petit roitelet pour encore quatre ans

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  14. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Comme vous avez raison !
    Mais parmi ces parents d’élèves, ces professeurs et ces militants politiques qui connait aujourd’hui la vie et les actes d’héroïsme de nos grands résistants notamment du dernier conflit mondial alors que de nombreuses communes Françaises ont depuis longtemps donné le nom d’Estienne d’Orves à l’une de leurs rues ?
    Plusieurs raisons me viennent à l’esprit :
    – Notre « Education Nationale » et nos politiques qui suppriment des programmes scolaires depuis des décennies des pans entiers de notre Histoire, surtout ceux qui dérangent ou qui pourraient donner lieu à débat. Plutôt que d’enseigner et d’apprendre à réfléchir, il est plus aisé de gommer ce qui embarrasse et ce qui trouble, comme il est plus facile de culpabiliser et d’accuser sans chercher à comprendre au prétexte fallacieux de repentance et de remords, les guerres de religion, le colonialisme, certains génocides , etc.
    – De trop nombreux enseignants qui cèdent à la facilité d’internet et qui n’incitent voire n’obligent pas nos collégiens et nos lycéens à lire et commenter les ouvrages de référence de nos grands écrivains, historiens et poètes où il y a tant à apprendre, sans parler du manque d’intérêt généralisé pour l’Histoire de France devenu un sujet trop polémique et pour tout dire inintéressant et démodé pour notre jeunesse.
    – la lâcheté de nos politiciens qui pour la plupart, fuient aussi leur responsabilité devant l’Histoire et préfèrent espérer que celle-ci retienne leur patronyme accroché à la moindre petite loi ou réformette dans la prochaine édition du Larousse pour que leurs descendants au moins, se souviennent d’eux. La polémique sur la proposition d’une place à la mémoire du colonel Beltrame à Marseille est affligeante de pleutrerie et d’agenouillement alors que ce militaire avait reçu l’hommage unanime de la Nation auquel avait participé sans aucune contestation les partis de gauche. Mais il est vrai qu’il est plus facile de beugler devant les caméras ou en petit comité que d’affronter les électeurs au risque de perdre son poste et ses prébendes.
    – L’inculture et la paresse intellectuelle de nombreux de nos concitoyens qui, bien que disposant d’une culture honnête mais incomplète préfèrent ne pas polémiquer ou défendre leurs idées par peur de ne pas disposer d’assez d’arguments pour chercher à convaincre un opposant moins cultivé mais plus volubile et plus braillard.
    – Toujours et encore nos médias qui succombent tous aux audiences, enquêtes, au buzz quotidien au « fric tout-puissant » et qui oublient eux aussi leur mission d’information objective et factuelle, l’organisation de débats de fond sur des sujets moins futiles que les conflits liés à la succession d’une idole ou les exploits de nos joueurs de baballe.
    – Accessoirement et insidieusement les paroles malheureuses de notre Président qui affirme espérer une jeunesse qui chercherait à devenir milliardaire sans en préciser les moyens et les contours alors que chacun sait et pressent que la Culture est rarement source d’enrichissement.
    Tous les pans de notre Société s’écroulent un à un sans l’espoir d’apercevoir un bon maçon, bientôt ne resteront que des ruines.

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    • G Bayon, « nos concitoyens qui, bien que disposant d’une culture honnête mais incomplète préfèrent ne pas polémiquer ou défendre leurs idées par peur de ne pas disposer d’assez d’arguments pour chercher à convaincre un opposant moins cultivé mais plus volubile et plus braillard », oui, mais à quoi sert-il de discuter avec des braillards, des fanatiques ou des idolâtres en leur opposant des arguments? A rien: le braillard, l’imbécile, le salaud a toujours le mot de la fin, notamment sur les plateaux de télévision
      MT

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  15. artofuss dit :

    A reblogué ceci sur MEMORABILIA.

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  16. jfbonnin dit :

    Très beaux articles, Robert R et Maxime T.

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