Dégoût absolu

Bien sûr, il y a mille et une raisons de s’indigner chaque jour: un jeune poignardé devant une boite de nuit, une dame âgée martyrisée dans la rue, ce rappeur qui appelle à « pendre les blancs et à massacrer leurs bébés » dans l’indifférence ou le déni des bien-pensants, etc. Impossible de réagir à chaque fois sinon à s’abandonner au tourbillon de la folie collective. Mais voici une nouvelle qui me bouleverse plus particulièrement, comme touchant à la quintessence de l’abject: traîner dans la boue un père ayant perdu sa fille dans l’attentat du Bataclan en l’accusant de « haine » Voilà: on prend un homme ayant subi la tragédie la plus épouvantable qui puisse survenir à un homme, la perte d’un enfant, dans des conditions aussi ignobles, et on en rajoute dans l’ignominie en l’insultant à grande échelle: car accuser publiquement un homme de « haine » (le mot marqué en gras), avec tout ce que cela sous-entend, c’est l’accabler de la pire des injures. Je n’ai même pas envie de nommer le journal qui laisse publier ce genre de lynchage d’un homme à terre, frappé par le malheur. Le respect d’un père dont un enfant a été martyrisé me semble être le b-a-ba de toute civilisation. Montrer du doigt, en l’accusant de « haine », la plus authentique victime de la haine: à quel niveau de dérèglement des sens en sommes-nous arrivés? Voilà comment sous le voile de la bonne conscience, de la pensée bienheureuse, et de l’angélisme béat, la cruauté la plus répugnante se profile sournoisement et se banalise dans notre société.

Maxime TANDONNET

 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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35 commentaires pour Dégoût absolu

  1. Georges dit :

    Comme le Beaujolais,le collabo nouveau est arrivé .

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  2. PC dit :

    Tout à fait d’accord avec vous, cet article renverse les choses et suinte la malhonnêteté intellectuelle. C’est effectivement à vomir !

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  3. Jean-louis Michelet dit :

    L’exemple vient toujours d’en haut.
    Ce que  » chante  » ce rappeur dans un de ses clips ou ce que les deux journalistes du Monde écrivent dans leur article, ne sont qu’une demie surprise, voire moins. Il ne faudrait pas oublier tous les propos vexants, humiliants et provocateurs tenus depuis plusieurs années par le nouveau Président.
    Et certains y voient comme une autorisation implicite pour ne pas dire un encouragement… et ne s’en privent pas.
    Et dans cette continuité, ce nouveau président en focalisant le débat sur les européennes entre  » les bons Progressistes  » et de l’autre  » les affreux Populistes  » ne risque pas de freiner les ardeurs de ceux  » qui pissent le fiel et le vinaigre  » bien au contraire.

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    • Annick Danjou dit :

      Tout à fait d’accord avec vous, l’exemple vient d’en haut et particulièrement avec notre nouveau président qui tacle à chaque occasion les français. Comment ne pas se sentir protégé dans ce cas, ce type odieux, rappeur imbécile, pensait peut-être faire partie du prochain lot le 21 juin prochain.

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  4. Entièrement d’accord c’est à vomir

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  5. Alexandre dit :

    – «A force te tout voir, on finit par tout supporter.
    A force de tout supporter, on finit par tout tolérer.
    A force de tout tolérer, on finit par tout accepter.
    A force detout accepter, on finit par tout approuver!».
    (Saint-Augustin)

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  6. Anonyme dit :

    Le problème d’Askolovitch,est surtout que Jardin risque de se raprochrocher de l’esssstrêmedrouate

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  7. Colibri dit :

    Antidote au dégoût absolu:

    « Le jour où je vais disparaître, j’aurai été poli avec la vie car je l’aurai bien aimée et beaucoup respectée. Je n’ai jamais considéré comme chose négligeable l’odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis. Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà. Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés. Le passé c’est bien, mais l’exaltation du présent, c’est une façon de se tenir, un devoir. Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l’on voudrait avoir, on ne s’émerveille plus de ce que l’on a. On se plaint de ce que l’on voudrait avoir. Drôle de mentalité! Se contenter, ce n’est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l’on a, c’est un savoir vivre. »

    Texte d’Olivier DE KERSAUSON, un bloc de granit au coeur tendre.

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  8. Kilroy dit :

    J’ai mal à ma France!

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