Les motions de censure (entretien pour Atlantico)

1. Les deux motions de censure déposées par LR et les communistes aujourd’hui ne devraient pas faire vaciller le gouvernement, qui bénéficie d’un soutien certain de sa majorité. Mais ne tend-elle pas à délégitimer l’opposition, qui, comme notre sondage Ifop pour Atlantico l’avait montré, en fait trop selon 41% des Français (ou même pas assez pour 28%) ?

Oui, l’attitude de l’opposition parlementaire est en décalage me semble-t-il avec les Français dans leur ensemble. L’affaire Benalla écrase l’actualité depuis plus de quinze jours. Elle est dans la continuité d’une vie politique qui, depuis quelques années, se réduit à une succession de scandales. Les polémiques ne cessent de s’enchaîner, et, une ou deux fois par an, un véritable séisme fait trembler la démocratie française sur ses bases: DSK, Cahuzac, les « sans dents », le livre « un président ne devrait pas dire ça », le déchaînement contre la candidature de Fillon et les élections présidentielles saccagées de 2017, aujourd’hui Benalla… Quelle est la logique? La politique n’est plus qu’une affaire d’image personnelle qu’il faut soit adorer, soit lyncher. Elle ne cesse de s’enfoncer dans le sensationnel et le grand spectacle. La crise d’hystérie autour de l’affaire Benalla est disproportionnée. Un membre du cabinet présidentiel a gravement failli dans son comportement. Cela mérite -t-il de mobiliser le pays pendant trois semaines? Les oppositions tentent d’exploiter cette nouvelle tempête médiatique pour affaiblir la présidence de la Répubique et le pouvoir LREM dans une logique politicienne. Mais les Français, globalement, sont fatigués de ce scandale qui s’éternise après tant d’autres et ils attendent probablement autre chose des oppositions de droite comme de gauche.

2.Est-ce pour cela que certains leaders restent relativement en retrait (par exemple Laurent Wauquiez ou Valérie Pécresse) ?

C’est possible et si c’est le cas, tant mieux. Les deux motions de censure sont maladroites. Elles ne font que donner l’occasion au gouvernement et à la majorité LREM d’une victoire facile. Ce nouveau scandale met la France d’en haut, politico-médiatique, en transe. Les Français, dans leur ensemble, ont d’autres préoccupations: le chômage de masse – qui augmente selon les dernières statistiques – la violence quotidienne, la maîtrise des frontières, la pauvreté, le logement, la dégradation des services publics, en particulier la SNCF, la dette publique, les impôts, le déclin du niveau scolaire… Ces questions méritaient davantage la mise en cause de la responsabilité du gouvernement à travers une motion de censure. C’est le rôle d’une opposition responsable de critiquer l’action ou l’inaction du pouvoir et de présenter une alternative crédible et raisonnable. En revanche, il est inutile et contre-productif, quatre ans avant les prochaines élections nationales, de brasser de la boue pour affaiblir l’équipe gouvernementale. L’effet est exactement inverse: victimiser les dirigeants du pays et leur donner l’occasion de faire front. Et cette attitude ne favorise pas à terme l’image d’une opposition responsable et motivée par le sens de l’Etat.

3. La riposte d’Edouard Philippe à l’Assemblée, où il a pointé du doigt l’écart entre la gestion par son gouvernement de l’affaire Benalla et la gestion d’affaires précédentes tel que les sondages de l’Elysée ou l’affaire Cahuzac par le Parti Socialiste ou Les Républicains permet-elle pour autant de relancer la dynamique de « nouveau monde » que l’affaire Benalla avait clairement remise en cause pendant quelques semaines ?

Non, c’est très improbable. Personne au fond, n’en sortira gagnant. Dans la vie politique moderne, il est très difficile de redresser une image, de modifier une impression populaire. L’idéologie LREM se fondait sur le renouvellement des moeurs de la République à la suite de ce qu’il a été convenu de nommer « l’affaire Fillon » qui fut son acte de naissance. « Un nouveau monde », vertueux, incarné par la jeunesse du président de la République, devait se substituer à « un ancien monde », dans une logique bien française de « table rase ». Ce discours idéologique a bien fonctionné auprès des élites économiques, administratives, politiques sans pour autant convaincre pleinement l’opinion dans son ensemble. Il achève aujourd’hui de s’effondrer avec l’affaire Benalla qui montre une République toujours autant rongée par la courtisanerie, les passe-droits et le copinage. L’image présidentielle comme celle de la majorité sont gravement touchées, comme sous le quinquennat précédent, et ne s’en remettront sans doute jamais.

4. De l’extrême-gauche, des socialistes, des Républicains ou du Rassemblement National, qui risque le plus de souffrir d’un excès d’engagement dans cette affaire ?

Par leur implantation territoriale, leur poids au Parlement, et l’adhésion d’une partie de l’opinion, les Républicains constituent objectivement la force politique ayant le plus de chance, aujourd’hui, de prendre la relève de la majorité LREM. Il n’était pas utile pour eux de s’engager dans cette affaire au point de présenter une motion de censure. En y prenant part, ils finissent par y associer leur image et se lier au boulet qui entraîne tout le monde par le fond. La stratégie du pire n’est bonne pour personne. La politique française donne le sentiment de s’enfoncer toujours plus loin dans l’abîme. Le pouvoir LREM est né du discrédit de la classe politique traditionnelle. Lui-même se trouve à son tour gravement discrédité. Nous touchons au néant absolu en l’absence aujourd’hui, de tout horizon politique pour la France… Le nouveau scandale aurait pu être l’occasion d’une réflexion approfondie des dirigeants politiques et des intellectuels sur l’avenir de la politique française. L’extrême personnalisation du pouvoir, le naufrage de la vie publique dans le scandale permanent, l’affaiblissement du sens de l’Etat et de l’intérêt général, appellent une remise en question profonde du fonctionnement des institutions, de l’action publique et de la démocratie française. Or, cette question vitale n’intéresse absolument personne…

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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33 commentaires pour Les motions de censure (entretien pour Atlantico)

  1. Citoyen dit :

     » Les oppositions tentent d’exploiter cette nouvelle tempête médiatique pour affaiblir la présidence de la République et le pouvoir LREM dans une logique politicienne. »…
    Et ils ont bien raison … D’ailleurs le nuisible, allocataire du château, est parti en vacances à Brégançon, pour éviter d’être la cible des médias médisants …
    L’histoire ne dit pas s’il a emporté dans ses bagages son protégé Benalla, pour nettoyer la piscine !… Faut bien des gens de confiance, pour les petites tâches du quotidien …

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  2. pier21 dit :

    Je suis de plus en plus inquiet!
    Face à Macron il n’y a pas d’opposition crédible donc d’alternative!
    Nous sommes donc condamnés à la politique du « en même temps » qui ne peut aboutir qu’à des insatisfactions, rancoeurs et colère tant à droite qu’à gauche!
    En 2022, il n’y aura que l’alternative entre une droite extrême (car je ne vois pas une union des droites possible, on peut le regretter mais c’est ainsi), un gauche non moins extrême (si ressort un nouveau Mitterrand, ce qui n’st pas évident non plus) et donc Macron, avec une majorité certes très relative des inscrits, mais une majorité certaine des votants!
    Et au bout de ces 5 années supplémentaires? Jupiter, s’il redresse le pays, sera le « Roi Soleil », à moins (et c’est l’hypothèse la plus probable) qu’ il ne soit que le « capitaine Haddock » d’un bateau ivre dont le régime finira dans le caporalisme car, reprenant le mot de Zola à propos du Général Boulanger, on peut penser que « Macron ! C’est un pieu surmonté d’un chapeau, …. ! Pas autre chose. Et le pire, c’est que ce pieu répond à un besoin mal dissimulé de la nation, au besoin d’une domination quelconque … »:

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  3. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Certes ces motions de censure étaient inutiles puisqu’elles n’avaient aucune chance de faire trembloter le gouvernement.
    Mais au-delà du cas individuel de Benalla qui n’intéresse pas grand monde, c’est personnellement le comportement de l’Elysée et donc de l’Etat qui me gêne. Si le journal « Le Monde » n’avait pas révélé cette « affaire », l’officier de réserve Benalla aurait continué ses agissements sans aucune autre sanction que celle symbolique dont il a a écopé et aurait très certainement accompagné les Macron pendant leurs vacances dans le Var. Par ailleurs les mensonges avérés de la quasi-totalité des personnages auditionnés pourtant sous serment par la Commission des lois et le Sénat montrent à quel point tous ces gens-là sont indignes de notre confiance. Cahuzac était un fieffé menteur mais ses nouveaux collègues ministres et hauts dignitaires n’ont rien à lui envier !
    C’est cela qui aurait dû être les motifs de combat des oppositions mais il est vrai que quel que soit les partis politiques, on est bien loin de pouvoir laver plus blanc que blanc.
    J’espère que les Français qui ne sont quand même pas tous des crétins, s’en souviendront lors des prochains scrutins…

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    • G Bayon, oui, c’est un incident parmi d’autres, qui révèle la déliquescence de la politique française: président narcissique et à côté de la plaque, hystérie médiatique, gouvernement inexistant, opposition sans idées et sans stratégie…
      MT

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  4. l'étrange rengaine dit :

    Vraiment, il y a eu des gens pour croire à un « nouveau monde » ? Et dans les milieux dirigeants, de plus ? C’était pourtant une annonce invraisemblable.

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  5. Citoyen dit :

     » Nous touchons au néant absolu en l’absence aujourd’hui, de tout horizon politique pour la France…  »
    Ben voila, cette affaire permet de ramener Jupiter à sa véritable dimension …. Et peut être d’ouvrir les yeux de quelques uns, parmi ceux qui les avaient obstrués … En cela, c’est une bonne chose.
    Et la mise en lumière de cette véritable dimension, confirme ce que certains avaient déjà anticipé, à savoir qu’il est largement aussi nuisible que les autres … Le racket à 80 suffit à le confirmer …

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  6. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Cette fois je m’y suis collée et j’ai lu cet entretien pour de bon. Me permettrez-vous, à mon tour, de vous poser quelques questions ?

    1 – Que savez-vous de ce que « les Français dans leur ensemble  » pensent de l’affaire Benalla ?

    2 – Dans ce que vous appelez « une succession de scandales », n’avez-vous pas l’impression de faire un joyeux amalgame entre scandales politico-financiers et écarts de langage scandaleux ?

    3 – Là où vous voyez dans les deux motions de censure, une maladresse, ne peut-on y voir le moyen d’obliger le Premier ministre à se présenter devant l’A.N, alors que depuis des jours et des jours, il se faisait porter pâle ?

    4- Par chance, vous écrivez qu’il est très improbable que « la dynamique du nouveau monde puisse être relancée. Mais lorsque vous écrivez que la dynamique a bien fonctionné sur les élites économiques, administratives et politiques », ne vous vient-il pas à l’idée que si elles ont si bien fonctionné c’est que ce sont ces élites elles-mêmes qui en étaient à l’origine ?

    5 – J’imagine la joie de vos amis LR lorsqu’ils liront que vous les voyez s’être liés « au boulet qui entraîne tout le monde par le fond » ! Mais trêve de plaisanterie, comment pouvez-vous imaginer que la question du fonctionnement des institutions « n’intéresse absolument personne » ?

    Quant à moi, je pense que le peuple de France – qui a été humilié, une fois de plus, par un pouvoir se laissant aller à un scandale déshonorant – saura s’en souvenir plus tôt que vous ne le pensez !

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    • Mildred, je n’ai pas dit que ce n’était pas grave, bien au contraire, mais j’ai dit que trois semaines d’hystérie sur ce sujet, écrasant tous les autres (chômage, pauvreté, violence, immigration, déclin intellectuel du pays, etc.), à l’image de toutes ces crises d’hystérie qui embrasent périodiquement le pays, c’est excessif voire même un peu ridicule.
      MT

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    • Par ailleurs, quand j’écris que la crise de régime politique n’intéresse personne, je parle des milieux politiques, journalistiques, intellectuels. Nous n’avons plus affaire qu’à des crétins qui sont persuadés qu’il suffit de remplacer une tête pour améliorer les choses et qui de quinquennat en quinquennat, replongent toujours dans le même crétinerie. Trouvez moi un seul article posant la question en profondeur du régime politique et sa ridicule dérive narcissique au détriment du bien commun (en dehors des miens évidemment) et je vous en serai vraiment reconnaissant.
      MT

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    • l'étrange rengaine dit :

      « Autant pour moi! En effet, je ne suis pas tout seul à soulever les vraies questions! »

      Non, lui aussi pose de vraies questions :

      http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2018/08/02/31007-20180802ARTFIG00277-nous-devons-a-tout-prix-distinguer-l-ideologie-du-marche-et-l-economie-du-reel.php

      Je ne suis pas sûr, toutefois, que ses réponses vous plaisent (ou à 90% des LR, hélas).

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    • Mildred dit :

      Monsieur Tandonnet,
      J’ai lu l’article du général Soubelet dont vous nous donnez le lien. Si on ne peut qu’être d’accord avec lui lorsqu’il voit l’affaire Benalla comme le révélateur d’un certain degré d’amateurisme du pouvoir, et si on peut le comprendre lorsqu’il déplore que des commissions d’enquête mettent en difficulté des fonctionnaires de police ou de gendarmerie, il n’en reste pas moins qu’il est tout de même étrange que, tout général de corps d’armée, ex numéro trois de la gendarmerie nationale qu’il est, il ne soit pas capable de démêler qui, de Benalla ou du Président de la République, est « le principal responsable » !

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    • Mildred dit :

      Merci à « l’étrange rengaine » d’avoir donné un lien vers un entretien avec l’économiste David Cayla. si la partie purement « économie » du texte peut paraître un peu ardue aux non-économistes comme moi, en revanche, lorsque le journaliste lui demande si Macron n’est pas l’héritier du système Thatcher, sa réponse est lumineuse, très loin des atermoiements des uns et des autres :
      « A mon sens le principal handicap d’Emmanuel Macron est qu’il ne comprend pas la société. Il incarne presque à la perfection l’aveuglement des classes dirigeantes qui observent le monde réel à la lumière des théories du management contemporaines… On nie l’existence d’un collectif de travail et les solidarités qui se nouent spontanément dans l’épreuve… A chacun, on assigne des objectifs personnels et gare à ceux dont le comportement ne cadre pas précisément avec les critères de performance décidés en amont. Transposées à l’échelle du pays, ces méthodes s’avèrent désastreuses et contreproductives…. »
      Et il continue et demande : « Mais qui peut affirmer que les centres d’appel qui tentent de vous vendre des assurances ou des forfaits téléphoniques sont plus utiles socialement que les personnels hospitaliers ou les enseignants du primaire ?… »
      Un très grand article !

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  7. Colibri dit :

    Notes de lecture (2)

    « Il se produit une sorte de mécanisation générale, dans laquelle, sans un grand effort de sauvegarde, l’individu ne peut manquer d’être écrasé. Et d’autant plus que les masses, loin de répugner à une telle uniformisation, ne laissent pas, au contraire, d’y pousser et d’y prendre goût. Les hommes de mon âge sont nés depuis assez longtemps pour avoir vu se répandre, non point seulement l’obligation, mais encore la satisfaction de l’existence agglomérée.

    Porter un même uniforme, marcher au pas, chanter en choeur, saluer d’un geste identique, s’émouvoir collectivement du spectacle que se donne elle-même la foule dont on fait partie, cela tend à devenir une sorte de besoin chez nos contemporains.

    Or, c’est dans ces tendances nouvelles que les dictateurs ont cherché et trouvé le succès de leurs doctrines et de leurs rites. Assurément ils ont réussi d’abord parmi les peuples qui, dans l’espoir de saisir la domination sur les autres, ont adopté d’enthousiasme l’organisation des termitières. Mais il ne faut pas se dissimuler que l’évolution elle-même offre à l’ordre dit nouveau d’extraordinaires facilités et à ses champions de chroniques tentations.

    Si complète que puisse être, un jour, la victoire des armées, des flottes, des escadrilles, des nations démocratiques, si habile et prévoyante que se révèle ensuite leur politique vis à vis de ceux qu’elles auraient, cette fois encore, abattus, rien n’empêchera la menace de renaître plus redoutable que jamais, rien ne garantira la paix, rien ne sauvera l’ordre du monde, si le parti de la libération, au milieu de l’évolution imposée aux sociétés par le progrès mécanique moderne, ne parvient pas à construire un ordre tel que la liberté, la sécurité, la sécurité, la dignité de chacun y soient exaltées et garanties, au point de lui paraître plus désirables que n’importe quels avantages offerts par son effacement. »

    Charles De Gaulle, université d’Oxford, 1941.

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  8. E. Marquet dit :

    Que les français aient d’autres préoccupations que l’affaire B c’est certain. Mais le leitmotiv consistant à dire qu’ils s’en désintéressent est à mon sens une erreur. Ils ne sont pas fatigués de ce scandale de plus, mais de constater qu’une fois encore, malgré tout le cirque auquel ils ont
    assisté lors des présidentielles, on leur a vendu du vent. De la parole aux actes il y a un abysse. Le « Château » aimerait nous faire croire qu’il ne s’agit, comme vous le dites vous-même, que d’une crise d’hystérie disproportionnée. A voir !
    Muselée depuis les dernières élections, l’opposition s’est défoulée avec des motions de censure qu’elle savait inutiles, pour se sentir exister. Bof ! c’était presque les vacances, et cela aura eu au moins le mérite de repousser l’examen de la réforme constitutionnelle qu’il serait malsain de faire au lance-pierre. Souhaitons qu’ils profitent de leurs vacances pour réfléchir sérieusement à une alternative crédible que beaucoup d’électeurs appellent de leurs voeux.
    L’ancien monde est fatigué, le nouveau monde est mort-né ! Le délitement de la démocratie et des acteurs politiques est loin d’être terminé. Nous dérivons sur notre Radeau de la Méduse, pas de sauveteurs en vue, et ce ne sera pas une allégorie romantique à la Géricault !

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    • R Marquet, oui mais tout cela (le vent qu’on nous a vendu) nous le savions déjà, et ceux qui ne le savaient pas sont sont des imbéciles!
      MT

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    • E. Marquet dit :

      A cette aune nous sommes tous des imbéciles, car nous savons tous depuis le petit père Queuille que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Ce précepte a largement été suivi par nos élites politiques, ce qui n’est pas étranger au délitement auquel on assiste aujourd’hui.

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    • E Marquet, c’est Clemenceau qui a dit cela, le petit père Queuille a dit autre chose: « pas un problème que l’absence de solution ne finisse par régler », ou qlq chose de ce genre…
      MT

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    • E. Marquet dit :

      Je veux bien que ce soit Clémenceau.
      Je viens de vérifier plusieurs sources, toutes attribuent cette citation à Queuille (mais personne ne documente la source, écrits ou discours) qui était parait-il un spécialiste des aphorismes et notamment : « il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout » ou « la politique ce n’est pas de résoudre les problèmes c’est de faire taire ceux qui les posent ».
      Quelqu’en soit l’auteur, les uns plagiant les autres, cela montre le niveau des hommes politiques de tout temps, leur légèreté face aux problèmes du pays et leur incapacité à les résoudre autrement qu’en espérant qu’ils se résoudront tout seul, ou qu’ils seront pour leurs successeurs.

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    • E Marquet, c’est peut-être bien vous qui avez raison, d’après ce que l’on voit sur Internet, la paternité de cette citation est prêtée à Clemenceau, Herriot, Queuille, Chirac…
      MT

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  9. Janus dit :

    La France est saisie par une maladie mortelle : Ses élites véritables ne participent plus directement à la vie politique et ne sont donc aux affaires, quel que soit le parti ou les idées politiques affichées, que des ambitieux sans talents réels et des escrocs joueurs de bonneteau. Pendant ce temps-là la France sombre : https://lesobservateurs.ch/2018/08/02/france-alencon-un-afghan-tue-et-8-blesses-dans-une-rixe-geante-60-individus-se-sont-battus-a-coups-de-battes-de-baseball-des-coups-de-feu-ont-ete-echanges/ Alencon : 20 000 habitants au fin fond de l’Orne pays de M. LARCHER….
    https://lesobservateurs.ch/2018/08/02/des-migrants-manifestent-devant-la-gendarmerie-de-varennes-sur-allier-pour-denoncer-leurs-conditions-daccueil/
    Quand on compare la composition humaine des gouvernements du Gal de Gaulle ou de Georges POMPIDOU a celle des gouvernements Sarkozy,Hollande ou Macron, on voit tout de suite l’effondrement du niveau réel…
    Hauts les cœurs !

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  10. Colibri dit :

    Notes de lecture (1)

     » (…) Il faut convenir, en effet, que dans l’époque moderne de la transformation des conditions de vie par la machine, l’agrégation croissante des masses et le gigantesque conformisme collectif qui en sont les conséquences battent en brèche les libertés de chacun.

    Dès lors que les humains se trouvent soumis, par leur travail, leurs plaisirs, leurs pensées, leurs intérêts à une sorte de rassemblement perpétuel, dès lors que leur logement, leurs habits, leur nourriture sont progressivement amenés à des types identiques, dès lors que tous lisent en même temps la même chose dans les mêmes journaux, voient, d’un bout à l’autre du monde, passer sous leurs yeux les mêmes films, entendent simultanément les mêmes informations, les mêmes suggestions, la même musique, (…) dès lors qu’aux mêmes heures, les mêmes moyens de transport mènent aux mêmes ateliers ou bureaux, aux mêmes restaurants ou cantines, aux mêmes terrains de sport ou salles de spectacle, aux mêmes buildings, blocks ou courts, pour y travailler, s’y nourrir, s’y distraire ou s’y reposer, des hommes et des femmes pareillement instruits, informés, pressés, préoccupés, vêtus, la personnalité propre à chacun, le quant-à-soi, le libre choix, n’y trouvent plus du tout leur compte. »

    Charles De Gaulle, université d’Oxford, 1941.

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  11. Infraniouzes dit :

    Vous déplorez, à juste titre, l’enfoncement des politiques dans le médiocre. C’est entièrement de leur faute à cause du système de gouvernance qu’ils ont mis en place depuis la V° . Le premier qui dit la vérité signe son arrêt de mort politiquement.
    Les syndicats marxistes ont verrouillé plusieurs grands corps de l’Etat ou entreprises où l’Etat est actionnaire et bloquent toute réforme; personne n’ose dire que cette ère est révolue et que les marxistes y-en a marre et que pour que la France redécolle il faut mettre fin à cette engeance. Tout le monde sait que c’est vrai mais personne n’ose le dire.
    Malgré les taxes et impôts innombrables qui nous écrasent on ne sait toujours pas où va l’argent. Je parle du quidam moyen tandis que les politiques, eux, savent où il va. Personne n’en parle.
    A l’approche des élections, quelles qu’elles soient, les promesses fleurissent, de minuscules taxes baissent à grands coups de clairons et de cymbales. Mais le gros de la ponction ne maigrit pas. Droite et gauche sont d’accord pour que ça continue.
    Des incidents ferroviaires, des troubles dues à l’immigration, du banditisme le plus noir continuent de pourrir la vie des Français sans émouvoir le moins du monde nos politiciens chevronnés. Circulons, il n’y a rien à voir ni à dire.
    Les élections européennes approchent à grands pas – moins d’un an – parle-t-on de l’Europe, de sa place dans le monde, de ses intérêts communs, de l’avenir ? Rien.
    J’arrête mon énumération, elle serait interminable. Alors je pense, pour ma part, que cette affaire Benalla est pain bénit pour une classe politique qui cherche désespérément un os à ronger pour contourner les vrais sujets de mécontentement des Français: elle attend les élections, sa vraie et unique raison d’exister.
    Une révolution ? Avec des Français qui auraient tout à perdre: salaires, retraites, placements, biens immobiliers etc. Je ne vois personne se profiler à l’horizon et nos politiciens le savent bien. Ils peuvent dormir tranquilles.

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    • Mildred dit :

      Je pourrais être d’accord avec votre analyse, si une question ne demeurait : dans cet état objectivement en faillite, combien de temps cela prendra-t-il pour que les Français « qui auraient tout à perdre » soient moins nombreux que ceux qui ont déjà tout perdu ?

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    • l'étrange rengaine dit :

      Personnellement je ne crois nullement qu’il faille une réforme des « syndicats marxistes » ou des entreprises publiques, et je suis même persuadé du contraire.

      Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que si vous ne savez pas (en gros) où vont les taxes et les impôts vous êtes dans l’impossibilité de réfléchir utilement à la vie politique. Je vous conseille donc de commencer par là, ce n’est pas si dur de le savoir…

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    • l'étrange rengaine dit :

      En complément à mon premier message, et pour vous mettre le pied à l’étrier :

      vous pourriez également avoir besoin du taux de naissance, par exemple :

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    • l'étrange rengaine dit :

      Enfin (3/3) un détail du poste « social spending » :

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  12. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    Pourriez-vous avoir l’amabilité de corriger la taille des caractères de cet article qui, en l’état, est illisible.
    D’avance merci!

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    • Mildred dit :

      Monsieur Tandonnet,
      Je vous remercie d’avoir fait le nécessaire mais je n’irai pas plus avant dans la lecture pour le moment.
      Il me faut le temps de digérer la manière dont la question du journaliste a été rédigée, faisant fi de toutes les règles les plus élémentaires de la grammaire stipulant que les verbes s’accordent avec leur sujet !

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