Lecture: l’étrange défaite, Marc Bloch, Gallimard 1990.

Voici un grand classique que tout Français devrait avoir lu. Si j’en parle aujourd’hui, c’est parce que je viens juste de combler, la  nuit dernière, une grave lacune à ma culture générale…

Marc Bloch est né en 1886, dans une famille de confession juive. Ancien élève de l’école normale supérieure, il est agrégé d’histoire, fondateur, avec Lucien Febvre, des Annales d’histoire économique et sociale. Ancien combattant de 1914-1918, mobilisé volontaire en 1940, bien que père de six enfants, il a été le témoin direct de la débâcle. Grand résistant, il a été arrêté par la Gestapo et fusillé le 16 juin 1944. Son manuscrit a été sauvé de justesse par des proches à qui il l’avait confié.

Marc Bloch pointe la responsabilité directe des généraux dans  l’étrange défaite : « Quoi que l’on pense des causes profondes du désastre, la cause directe fut l’incapacité du commandement ». Pour lui, le désastre fut avant tout celui de l’intelligence: les militaires français n’ont pas su penser, anticiper, concevoir, les conditions de la guerre moderne: « En d’autres termes, le triomphe des Allemands fut, essentiellement, de nature intellectuelle et c’est peut-être là ce qu’il y a eu en lui de plus grave. » Les stratège de l’armée française en sont restés, sur le modèle de batailles front contre front, 1914-1918, alors que les Allemands misaient sur les offensives éclairs, le mouvement. « Les Allemands ont fait une guerre d’aujourd’hui, sous le signe de la vitesse […] Nous n’avons pas su ou pas voulu comprendre le rythme, accordé aux vibrations accélérées, d’une ère nouvelle« . Selon Marc Bloch: « Ils croyaient à l’action et à l’imprévu. Nous avions donné notre foi à l’immobilité et au déjà fait. »

Pourtant, l’auteur ne limite pas les causes de la catastrophe aux carences de la pensée des stratèges de l’armée. Il met en cause le déclin intellectuel de la société française dans son ensemble dont celui des stratèges militaires n’est que le reflet. « Les états-majors ont travaillé avec les instruments que le pays leur avait fournis […] Ils ont vécu dans une ambiance psychologique qu’ils n’avaient pas toute entière créée. » Marc Bloch porte une accusation générale sur le pays dans son ensemble, dans les années 1920 et 1930. A vrai dire, nul ne trouve grâce à ses yeux: la presse, les fonctionnaires, les chefs d’entreprise, les  industriels, les syndicats de salariés, les politiques de droite et de gauche – à équivalence -, le peuple lui-même,  sont à ses yeux, tous à leur niveau, responsables du désastre. Le pays tout entier n’a pas voulu regarder la réalité en face, il s’est enfoncé dans le pacifisme et dans le déni. Il s’est enseveli la tête dans le sable.

Le point le plus fascinant de cet ouvrage: au cœur du désastre se trouve le déclin intellectuel de la France et notamment l’affaiblissement de l’enseignement de l’histoire (déjà!). L’histoire donne la vision en perspective qui permet de disposer du recul nécessaire face aux événements en cours et par là même d’en lire mécanisme, de les interpréter et d’anticiper: « Le passé a beau ne pas commander le présent tout entier, sans lui, le présent demeure inintelligible. Pis encore peut-être: se privant délibérément, d’un champ de vision et de comparaison assez large, notre pédagogie historique ne réussit plus à donner, aux esprits qu’elle prétend former, le sens du différent ni celui du changement. » Bien au-delà de la seule étrange défaite de 1940, ce petit ouvrage est une sublime source de réflexion générale sur notre époque… Honte à moi de ne pas l’avoir lu plus tôt…

Maxime TANDONNET

 

 

 

 

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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39 commentaires pour Lecture: l’étrange défaite, Marc Bloch, Gallimard 1990.

  1. Georges dit :

    Il faut regarder en amont et lire entre les lignes de l´histoire ,les grands vainqueurs furent les marchands d’armes et les banquiers mais les perdants furent les classes laborieuses revendicatrices d’un meilleur bien être .Il était évident que la misère imposée à la population allemande allait générer un nouveau conflit.L’interventionnisme occidental et la crise des réfugiés en sont un nouvel exemple démonstratif et répétitif .A l’ouest rien de nouveau.

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  2. Jacques dit :

    Dans le même ordre d’idée, permettez moi de vous recommander le livre de Maurice RAJSFUS, « De la victoire à la débâcle, 1919-1940 ».
    Ce dernier explique comment l’armée française qui, en 1918, était considérée comme la plus puissante du monde, a pu perdre un pays entier en quelques semaines.
    Entre les lâchetés politiques, l’incompétence de l’encadrement militaire, l’absurdité de la ligne Maginot, les choix hésitants de l’armée sur la dimension optimale de la musette du bidasse…tous les ingrédients de la catastrophe étaient prêts !!
    J’ai 72 ans et je me demande si la même cuisine n’est pas en cours de préparation !!
    Merci M. Tandonnet pour vos messages très incisifs et éclairés
    Un lecteur attentif
    JDx

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  3. H. dit :

    Bonjour Maxime,

    Le livre de Marc Bloch est en effet un incontournable. S’il pointe, avec justesse, la déliquescence du haut-commandement de l’armée française et, il faut quand même le rappeler, celle dunpouvoir politique, il omet, et je ne lui en veut absolument pas, un paramètre important. Tous les généraux de 39-40 étaient globalement, en 17-18, des brillants officiers supérieurs. Ce sont eux qui ont construit la victoire de 1918. Militairement parlant, ils étaient réellement excellents et ils ont su vaincre les rigidités de l’état-major de la période 14-17 par leur esprit d’initiative et leurs idées novatrices. L’exemple le plus probant de cet état d’esprit est l’existence de la division aérienne du général Duval, près de 1000 avions à la disposition du GQG, division qui stoppa l’offensive allemande de mars 1918 sur la Marne, preuve que le rôle de l’aviation avait été parfaitement compris dans la conduite d’un conflit. Lors de la guerre du Rif, au début des années 20, ils ont simplement appliqué ce qu’ils savaient faire et la campagne militaire (je cite de mémoire) fut gagnée en 6 mois. A leur tête, un certain maréchal Pétain.
    Pourquoi et comment, moins de 15 années plus tard, ces hommes brillants furent aussi incompétents comme s’ils avaient tout oublié? Bien qu’elle ait d’énormes faiblesses, l’armée française était potentiellement capable de vaincre les allemands en 1939. Il lui a juste manqué cette lueur d’intelligence qui fait la différence. La percée soudaine des blindés allemands en mai 40 doit beaucoup à l’indiscipline de Rommel et Guderian qui, malgré les ordres de l’OKW, ont su exploiter une opportunité imprévue. On peut espérer que dans les années à venir, des archives soient enfin accessibles et qu’on puisse enfin comprendre le plus grand drame que notre pays ait connu.

    Bonne journée

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  4. Colibri dit :

    Bonjour à toutes et à tous. Je vous propose aujourd’hui un texte biblique. Je vous propose de remplacer le mot vigne par champ de pétrole et l’expression héritage de mes ancêtres par le mot culture.

    Achab et la vigne de Naboth (1 Rois 21.1-29)
    21 Après ces événements, voici ce qui arriva. Un certain Naboth, de Jizreel, avait une vigne à Jizreel, à côté du palais d’Achab, roi de Samarie. 2 Achab ordonna à Naboth: «Donne-moi ta vigne, pour que j’en fasse un jardin potager, car elle est tout près de ma maison. Je te donnerai à la place une vigne meilleure ou, si tu préfères, je te paierai sa valeur en argent.»
    3 Mais Naboth répondit à Achab: «Que l’Eternel me garde de te donner l’héritage de mes ancêtres!»
    4 Achab rentra chez lui, triste et irrité, à cause de cette réponse que lui avait faite Naboth de Jizreel: «Je ne te donnerai pas l’héritage de mes ancêtres!» Il se coucha sur son lit, tourna son visage contre le mur et ne mangea rien.
    5 Sa femme Jézabel vint le trouver et lui dit: «Pourquoi es-tu triste et ne manges-tu pas?»
    6 Il lui répondit: «C’est parce que j’ai parlé à Naboth de Jizreel et que je lui ai dit: ‘Donne-moi ta vigne pour de l’argent ou, si tu veux, je te donnerai une autre vigne à la place.’ Mais il a répondu: ‘Je ne te donnerai pas ma vigne!’»
    7 Alors sa femme Jézabel lui dit: «Est-ce bien toi maintenant qui es roi d’Israël? Lève-toi, prends de la nourriture et que ton coeur se réjouisse. C’est moi qui vais te donner la vigne de Naboth de Jizreel.»
    8 Elle écrivit alors, au nom d’Achab, des lettres qu’elle marqua de l’empreinte du roi, puis elle les envoya aux anciens et aux magistrats qui étaient concitoyens de Naboth.
    9 Voici ce qu’elle écrivit dans ces lettres: «Proclamez un jeûne. Placez Naboth au premier rang du peuple
    10 et mettez en face de lui deux vauriens qui témoigneront contre lui en prétendant qu’il a maudit Dieu et le roi. Puis conduisez-le à l’extérieur de la ville et lapidez-le jusqu’à ce qu’il meure.»
    11 Les hommes de la ville de Naboth, les anciens et les magistrats qui étaient ses concitoyens, agirent comme Jézabel le leur avait fait dire. Ils se conformèrent à ce qui était écrit dans les lettres qu’elle leur avait envoyées. 12 Ils proclamèrent un jeûne et placèrent Naboth au premier rang du peuple;
    13 les deux vauriens vinrent se mettre en face de lui et témoignèrent contre Naboth devant le peuple en prétendant qu’il avait maudit Dieu et le roi. Puis ils le conduisirent à l’extérieur de la ville et le lapidèrent jusqu’à ce qu’il meure.
    14 Ils firent alors dire à Jézabel: «Naboth a été lapidé et il est mort.» 15 Lorsque Jézabel apprit la nouvelle, elle dit à Achab: «Lève-toi, prends possession de la vigne de Naboth de Jizreel, qui avait refusé de te la céder pour de l’argent. En effet, Naboth n’est plus en vie, il est mort.» 16 Dès qu’il apprit que Naboth de Jizreel était mort, Achab se leva pour descendre à sa vigne afin d’en prendre possession. 17 Alors la parole de l’Eternel fut adressée à Elie le Thishbite: 18 «Lève-toi, descends à la rencontre d’Achab, le roi d’Israël, qui se trouve à Samarie. Le voilà dans la vigne de Naboth, où il est descendu pour en prendre possession. 19 Tu lui annonceras: ‘Voici ce que dit l’Eternel: N’es-tu pas un assassin et un voleur?’ Et tu ajouteras: ‘Voici ce que dit l’Eternel: A l’endroit même où les chiens ont léché le sang de Naboth, ils lécheront aussi ton propre sang.’»
    20 Achab dit à Elie: «Tu m’as donc retrouvé, mon ennemi?» Il répondit: «Je t’ai retrouvé parce que tu t’es toi-même vendu pour faire ce qui est mal aux yeux de l’Eternel. 21 Je vais faire venir le malheur sur toi. Je vais te balayer, je vais exterminer tout homme qui appartient à Achab, qu’il soit esclave ou libre en Israël.
    22 Je vais rendre ta famille pareille à celle de Jéroboam, fils de Nebath, et à celle de Baesha, fils d’Achija, parce que tu m’as irrité et que tu as fais pécher Israël.
    23 L’Eternel parle aussi à Jézabel. Il dit: ‘Les chiens mangeront Jézabel près du rempart de Jizreel. 24 Le membre de la famille d’Achab qui mourra dans la ville sera mangé par les chiens, et celui qui mourra dans les champs sera mangé par les oiseaux.’»
    25 Il n’y a eu personne qui se soit lui-même vendu comme Achab pour faire ce qui est mal aux yeux de l’Eternel, et sa femme Jézabel l’y poussait. 26 Il a agi de la manière la plus abominable en suivant les idoles, comme le faisaient les Amoréens, ces peuples que l’Eternel avait dépossédés devant les Israélites.
    27 Après avoir entendu les paroles d’Elie, Achab déchira ses habits, se couvrit d’un sac à même la peau et jeûna. Il dormait avec ce sac et il marchait tout lentement.
    28 La parole de l’Eternel fut adressée à Elie le Thishbite:
    29 «As-tu vu qu’Achab s’est humilié devant moi? Eh bien, parce qu’il s’est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le malheur durant sa vie. Ce sera pendant la vie de son fils que je ferai venir le malheur sur sa famille.»

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    • l'étrange rengaine dit :

      Votre rébus n’est pas des plus clairs, car dans votre texte Héritage des ancêtres et Vignes désignent la même chose.
      Faut-il comprendre que les puits de pétrole sont la culture ancestrale de quelqu’un, ou qu’il y a eu emmêlage de pinceaux ?

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    • Colibri dit :

      Bonsoir l’étrange rengaine, lorsque j’ai entendu il y a quelques jours la lecture de ce texte que je ne connaissais pas et que je n’avais jamais lu, j’ai eu deux réactions, la première pour penser qu’il y avait là un mode opératoire qui ressemblait à celui qui a été utilisé pour tuer Saddam Hussein et j’ai pensé champ de pétrole mais ma deuxième réaction a été aussi de penser que peut-être la guerre du golfe ce n’est pas qu’une question de pétrole mais aussi une question de deux cultures différentes qui se sont affrontées. Merci de votre commentaire qui m’éclaire sur d’autres perceptions de ce texte que les miennes.

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    • l'étrange rengaine dit :

      tout ça pour ça…?

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    • Colibri dit :

      « tout ça pour ça? » Oui tout ça pour ça, pour moi, mais d’autres sans doute feront mieux que moi et trouveront d’autres similitudes avec notre époque? et d’autres significations à ce texte.

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  5. Colibri dit :

    Beaucoup trop d’hommes jeunes sont morts en 14/18. Ils n’ont pas fait les enfants qui auraient fait des enfants.

    Beaucoup trop d’intellectuels ont été assassinés pendant la seconde guerre mondiale. Ils ont été empêchés de faire davantage d’élèves, de disciples qui auraient fait davantage d’élèves, de disciples.

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    • l'étrange rengaine dit :

      La France, moins peuplée que le Royaume-Uni (40 millions vs 42 millions) a pourtant perdu deux fois plus d’hommes que ce pays.

      Paul Morand, dans son Journal d’un attaché d’ambassade (à Londres, pas au Soudan), rapporte l’anecdote suivante : le Crédit lyonnais doit fermer des agences, car l’armée recrute à présent (1916) des Français jusqu’à 50 ans. Dans le même temps, les banques britanniques ouvrent des filiales à Paris, avec de jeunes types de 30-40 ans.

      Il est vrai que la doctrine de l’offensive à outrance à l’été 1914 est une autre cause, moins importante, de cette différence de pertes. A l’époque, Pétain s’y opposait, à juste titre, sur le slogan « attaquons, attaquons…comme la Lune ».

      Je laisse chacun faire le parallèle avec les divers discours dogmatiques qui nous sont assenés aujourd’hui, sans qu’aucune objection puisse apparemment en détourner leurs auteurs.

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    • Colibri dit :

      @l’étrange rengaine, dans une conférence publique en 2016 le général Pinard Legry nous a affirmé que 14/18 c’est une guerre où sont mors surtout des Français. Majoritairement vous avez raison de le souligner ce sont surtout des Français qui sont morts.

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  6. Merci de nous rappeler ou de nous faire connaître ce texte superbement écrit par une belle personnalité. Ou trouver aujourd’hui une telle limpidité de pensée?…

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  7. Frederic_N dit :

    Ce qui est intéressant chez M Bloch c’est de comparer le coeur du texte écrit en 40 et la postface écrite en 42
    Dans le cœur du texte Bloch est un patriote « à l’ancienne » et il ne sépare pas les élites du peuple. La faillite est collective. Et s’il parle plus de la faillite des élites c’est parce qu’elles ont des responsabilités en tant qu’élites.
    C’est pourquoi un des passages les plus intéressants est celui sur les syndicats, où il montre que même dans les moments les plus tendus de la guerre, les syndicats se comportaient comme en temps de paix, interdisant toute augmentation du temps de travail, mégotant les heures supplémentaires , quand le pays avait le plus besoin de ses salariés etc.. C’est quand même hallucinant.
    Mais dans sa postface cela disparaît , et l’on voit clairement que Bloch subit l’influence idéologique des communistes : les élites sont les responsables et le peuple est quasiment lavé de tous ses torts
    Bien sûr on ne peut pas lui en vouloir. Il était difficile à cette époque de résister à la pression idéologique du PC dès qu’on voulait se battre ; et se battre Bloch a eu le courage de le faire.
    Mais sa trajectoire intellectuelle me semble emblématique de toute la droite dite sociale ( et des gaullistes du même nom).
    La guerre et l’étrange défaite leur ont fait perdre toute autonomie intellectuelle.. ils restent scotchés dans le vieux logiciel communiste de l’opposition entre un peuple supposé bon et ses élites
    . Des élites qui ne peut que former in bloc hostile aux intérêts du pays…
    Mais il s’agit d’un vrai fantasme !

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    • l'étrange rengaine dit :

      A quelle postface de 1942 faites-vous référence ?

      Les deux éditions actuellement disponibles sur Amazon semblent avoir le même plan, repris ici :

      https://www.ebooksgratuits.com/pdf/bloch_etrange_defaite.pdf

      Il y a le texte principal de 1940, dont la dernière partie critique les syndicats. Il y a ensuite un court texte de 1943 sur les dispositions pour son enterrement. Puis, une collection d’articles écrits dans la clandestinité, dont aucun ne porte la marque évidente d’une influence communiste (pensez-vous au texte : « pourquoi je suis républicain » ? Mais quel rapport avec les cocos ??).

      En tout cas, nous savons de quoi vous parleriez si vous aviez, à votre tour, à écrire une « étrange défaite »…

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  8. Infraniouzes dit :

    Dans votre intéressant billet vous réussissez néanmoins le tour de force de ne citer ni Pétain ni de Gaulle.
    Au premier on attribue la phrase « L’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice « . Ensuite, s’il n’avait pas fait un passage éclair – avant ses dérives coupables – au ministère de la guerre (8 mois en 1934) les événement auraient eu un cours différend.
    Quant à de Gaulle, personne n’ignore ses ouvrages prémonitoires. Mais on ne s’est intéressé à lui que… trop tard.
    La France n’a pas changé d’un iota. Ecartons les Cassandre qui feraient de l’ombre aux politiciens professionnels, encensons les marchands de promesses sucrées et d’avenir rose bonbon qui ne présentent aucun danger.

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    • Sganarelle dit :

      Il semblerait qu’on aime refaire le match quand il a eu lieu, ainsi les causes les circonstances l’environnement et les erreurs qui ont conduit à la révolution de 1789 ont été maintes fois interprêtées et remaniées mais in fine pour toutes périodes de rupture et de bouleversement et à toute époque reste la loi de « vae victi  » c’est toujours celui qui remporte la bataille qui a raison.
      La nature humaine va vers la facilité et le moindre effort et se satisfait des apparences mais loin d’être sans danger comme vous dites  » les marchands de promesses sucrées » sont les serpents du jardin d’Eden. L’Histoire recommence mais ne présente pas toujours les mêmes plats. En conclusion on s’aperçoit que les peuples sont éduqués et manipulés par ceux qui les mènent à leur perte quitte a sombrer eux mêmes dans la tourmente.

      Aimé par 1 personne

    • Infraniouze, c’est la présentation d’un livre qui ne parle pas d’eux, ou fort peu.
      MT

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  9. l'étrange rengaine dit :

    Remarquons que les généraux allemands ont été moins brillants face à l’URSS (160 millions d’habitants contre 80) que face à la France (80 millions contre 40). On se demande bien pourquoi…

    Et comment Rommel s’y est-il pris pour tenter de contrer le débarquement ? Il a construit une ligne de fortifications, le mur de l’Atlantique (à ne pas confondre avec la ligne Maginot).

    Bref, il reste visiblement encore d’immenses étendues à défricher sur ce sujet des soeurs Zombre…

    Aimé par 1 personne

  10. l'étrange rengaine dit :

    La tentation existe de transformer l’Etrange défaite en petit livre rouge (mise en valeur dans les rayons de la Fnac ou mention quasi obligatoire lorsque la période est évoquée par exemple). Mais est-ce vraiment opportun ?

    Comme l’indique son sous-titre, il s’agit de la déposition d’un témoin. En quoi ce témoignage vaudrait-il plus que d’autres, ou que la réflexion a posteriori sur cette période ? N’y a-t-il pas au contraire le risque que, dans la passion du moment, ce témoin reprenne simplement ses positions politiques précédentes ? Dès lors, pourquoi ces positions seraient-elles sanctifiées par le simple fait d’avoir été retranscrites en période de crise ?

    Ainsi, c’est la faute des généraux, nous dit-on. Mais ne serait-il pas plus facile d’être bon général quand on dirige l’armée d’un pays de 80 millions d’habitants s’en prenant à un pays de 40 millions que l’inverse ? Dès lors, comment expliquer qu’un pays de 40 millions d’habitants se retrouve en première ligne et quasiment isolé militairement face à un pays de 80 millions d’habitants ? La cause directe ne serait-elle donc pas plutôt l’incapacité des hommes politiques, intellectuels et diplomates ? Et, au-delà, à la trahison par ses alliés de ce pays, par incompétence là aussi ?

    Bien sûr, Marc Bloch examine ces causes (les causes internes à la France, du moins), mais il le fait selon ses options politiques d’avant-guerre et avec les préjugés liés, comme tout un chacun. Si bien qu’il n’y a peut-être pas lieu de mettre autant en valeur et aussi inconditionnellement son témoignage qu’on le fait.

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  11. jfbonnin dit :

     » …je viens juste de combler, la nuit dernière, une grave lacune à ma culture générale… »
    J’ai découvert ce texte il n’y a que 3 ans (j’aurai 70 ans cette année).
    Lecture éclairante, aveuglante de vérité, pratiquement comme un de ces titanesques éclairs d’orage vous faisant apparaître si différent.un paysage auparavant familier.
    ….Très spécialement quand vous êtes un ancien (très) soissantuitar(é).
    Marc Bloch est pour moi un « milestone » (je n’arrive pas à trouver le strict équivalent de ce terme en langue française, http://www.wordreference.com/enfr/milestone).

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    • jfbonnin, un incontournable, mais c’est pas très joli…
      MT

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    • l'étrange rengaine dit :

      Un classique.

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    • E. Marquet dit :

      Un classique….non ; un incontournable… pour qui ? Pourquoi pas tout simplement un témoignage important ? On pourrait même parler de « jalon » pour la connaissance de cette époque, si l’on retient le sens premier de milestone : borne kilométrique selon le harrap’s.

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  12. Bellem dit :

    Je l’ai lu lors de mes études à l’IEP de Toulouse en 1999, conseillé par un enseignant d’histoire qui nous faisait des cours de la 3e à la 5e République. Son père avait été résistant, il en avait parlé pendant les cours. A la fin de l’année, l’amphithéâtre l’avait ovationné debout.
    J’ai l’âge d’Emmanuel Macron, un parcours un peu similaire mais moins brillant (je suis restée en province), l’un de mes camarades est député de Paris LR-constructifs.
    De ce que je retiens de ces études à Sciences-Po, et bien qu’ayant lu de nombreux livres, nous sommes obligés de travailler pour subvenir à nos besoins. Et qui dit travailler dit obéir et aller dans le sens du vent et donc suivre l’air du temps, soit parce que nous avons une famille, soit parce que nous avons des ambitions personnelles et professionnelles. Bien peu de personnes ont une capacité à sortir la tête de l’eau pour analyser une situation ou se projeter dans l’avenir. De Gaulle l’avait. Macron en a un à sa façon, avec les outils de son époque.

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  13. Jordi dit :

    L’étrange défaire, une lecture indispensable à l’honnête homme.

    Clairement, un livre passionnant sur un sujet finalement très méconnu, et pourtant si vital pour la France.

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  14. Jean-louis Michelet dit :

    Et oui
    Faire un meilleur avenir sur les bases élargies du passé ….
    Vaste programme comme aurait dit quelqu’un….

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  15. E. Marquet dit :

    Des Marc Bloch futurs pourront se pencher sur les étranges défaites de notre époque. Défaites intellectuelle, morale, éducative, sociétale, spirituelle. Nous ne savons pas tirer parti, ou si peu, des expériences passées.
    Au début du XIXème siècle Félicité de Lammenais écrivait que l’un des caractères de son siècle était de corrompre le bien, au point de le rendre pire que le simple mal.
    Que dire du XXème et du début de XXIème !
    Expérience sans conscience n’est que ruine de l’âme. (Rabelais ne m’en voudra pas d´avoir détourné sa « science sans ……. »)

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  16. Annick Danjou dit :

    Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cet article excellent et si réel. S’il y a des enseignants dans la salle, je pense qu’ils apprécieront.

    https://www.causeur.fr/ecole-espace-parents-directeur-education-152160?utm_source=Envoi+Newsletter&utm_campaign=df7986e60c-Newsletter_14_juin_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_6ea50029f3-df7986e60c-57254413

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  17. Jean-louis Michelet dit :

    Mais non, mais non !
    Vous êtes pardonné….parce que vous êtes pardonnable…
    Bien cordialement.

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  18. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    L’apprentissage et la compréhension de l’Histoire sont vraiment indispensables !
    Cela aurait permis à un petit politicien d’éviter de déclarer entre autres, que «la colonisation était un crime contre l’humanité » ou « qu’il n’y a pas de culture Française » etc.
    À force de voir niées leur spécificité nationale, les peuples se rebellent et le nationalisme resurgit sous une forme brutale.

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  19. Stéphane B dit :

    Bonjour

    Étrange, mais votre résumé me fait penser à l’époque actuelle. Bizarre de faire ainsi un parallèle. D’autant plus que l’Histoire tombe en déshérence !

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  20. Lecteur attentif dit :

    Occupé à lire « L’abîme » de Duroselle après votre recommandation pour « La décadence ». Marc Bloch sera ma prochaine (re)lecture. Terrible de faire des parallèles, qui hélas sautent aux yeux: la politique (ou plutôt l’absence de politique) du faux-semblant et de la valse-hésitation. J’ai 75 ans , pensais (espérais) ne pas avoir à vivre cela, que mes parents ont connu. C’était une erreur. Je crois de plus en plus qu’un peuple a ses limites et certains traits inscrits dans ses gènes « historiques »: pour résumer, les nôtres datent de 1789, boostés par 1968.

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