Symptômes du totalitarisme

[Avertissement: ceci est un essai de réflexion sur l’évolution de long terme de la société politique française, en aucun cas un texte polémique visant tel ou tel de ses personnages actuels.]

Système totalitaire ne s’entend pas strictement au sens de jadis, celui des régimes soviétique, fasciste et nazi, fondés sur la violence et le meurtre de masse. Pourtant, nos sociétés des années 2010 laissent apparaître, à bien des égards, des signes banalisés de ce monde totalitaire que l’on croyait définitivement éteints. Des symptômes d’une société totalitaire renaissent, sous des formes certes différentes, avec la violence d’Etat en moins, rendu intolérable par la médiatisation. Plus sournois, plus subtils, plus discrets, nous les percevons au quotidien.

  • Le mythe du chef, autour d’un seul dirigeant surexposé, au centre de la lumière médiatique, présenté comme l’incarnation du pouvoir alors que s’effacent les autres pôles de pouvoir, soumis ou affaiblis, gouvernement, parlement, partis politiques, collectivités territoriales. Cependant, à la grande différence des totalitarismes du passé, le nouveau chef est privé d’autorité et de leviers d’action efficaces sur le monde réel, sa puissance se déployant essentiellement dans un monde virtuel et mythique. Il règne avant tout par la communication (tweets, postures médiatiques, faire-semblant, images) et non à titre principal sur le monde des réalités. Tout pouvoir se ramène au reflet d’un visage, ce qui le rend à la fois déconnecté du monde réel et immensément fragile.
  • La puissance d’une idéologie dominante, qui rayonne sur le monde occidental, fondée sur le libre arbitre de l’individu roi, le concept libéral-libertaire, la négation des frontières et des nations, le culte des minorités et de la société ouverte. L’idéologie contemporaine, à l’image de n’importe quelle forme du totalitarisme, vise à engendrer un homme neuf, un nouvel être humain interchangeable, sans passé, sans racine, acculturé, indifférencié, indéfiniment malléable et servile.
  •  Les reculs de la liberté de pensée et d’expression . Certains thèmes, au fil du temps deviennent absolument tabous. Toute forme d’expression qui n’est pas conforme à l’idéologie dominante est bannie, en rapport avec les thèmes des relations entre les sexes, l’orientation sexuelle, les minorités, la diversité, l’immigration, l’Europe, etc. Ceci n’est qu’un constat: jadis, il y a quelques décennies, il était possible d’avoir un avis divergent et de l’exprimer. Il était même possible de plaisanter, y compris à la télévision. Aujourd’hui, non. Il faut être dans le rang. Regardez à tout hasard les sketchs de Coluche (années 1980) ou des Inconnus (1990). Les deux tiers seraient interdits par le politiquement correct.
  • Les sanctions de tout comportement divergent ont changé: ce n’est plus la hache des bourreaux, les camps de concentration, ou les hôpitaux psychiatriques, mais le lynchage médiatique. Celui qui, d’une manière ou d’une autre, sort du droit chemin est pris en chasse par les réseaux sociaux et les médias, roué de coups, insulté, traîné dans la boue, son honneur est bafoué. Les conséquences ne sont évidemment pas les mêmes, mais le risque de cette souffrance intime suffit à imposer le silence ou le conformisme (sauf à quelques téméraires…)
  • Une société sous surveillance. A tout moment, chacun est susceptible d’être enregistré, filmé, écouté, dénoncé. Certains sites Internet se sont spécialisés dans la délation de masse. La délation est banalisée, revendiquée (« balancetonporc« ) Tout faux pas, parole de travers, sortie incontrôlée, comporte le risque de se trouver au cœur d’une polémique, méritée ou non. Tout se sait, tout remonte, tout sort. Big Brother est à l’oeuvre. Un vieux député socialiste déchu a été sanctionné pour défaut de titre de transport. Qu’il soit sévèrement sanctionné, oui, mais a-t-on besoin de l’étaler sur la place publique? D’en ricaner? Et jusqu’où?
  • Le déni du réel : l’essentiel du nouveau monde dans lequel nous vivons est de dissimuler la vérité. Voyez comme, au fil du temps, les statistiques disparaissent de notre paysage. Les chiffres de la délinquance, des migrations, qui étaient autrefois diffusés mensuellement ont été au fil du temps complètement éradiqués. Il fallait s’y attendre, la dernière statistique, celle du chômage, est en train d’être remise en cause. Les « braves gens » n’auront dorénavant plus accès aux statistiques mensuelles, mais ils ne connaîtront que les trimestrielles; demain, elles seront annuelles et puis un jour, plus personne n’en parlera: le chômage sera devenu tabou. Quant à la situation désastreuse de certains quartiers, communautarisme islamiste, violence quotidienne, trafics, échec scolaire: silence, plus personne n’en parle.
  • Une presse uniforme: la mise au pas de 80% de la presse quotidienne ou hebdomadaire est un phénomène spectaculaire. Prenez les médias radios/télévisions dans leur ensemble, l’immense majorité de la presse quotidienne, régionale, les grands journaux parisiens, le Monde, les Echos, Libé, les hebdomadaires, l’Express, l’Obs, Paris-Match: leurs éditoriaux se ressemblent étrangement, au mot, à la virgule près, sur l’Europe, sur la politique française, sur Trump et les Etats-Unis, sur le Moyen-Orient, sur les migrations. Certes, il reste encore Marianne, Charlie Hebdo, le Figaro, Valeurs actuelles pour garder une tonalité divergente. Mais pour combien de temps? Je ne sais pas si jamais dans l’histoire contemporaine, disons depuis 1945, la morale du troupeau a ainsi régné.
  • La table rase: la chasse au passé, à la connaissance de l’histoire est désormais entrée dans les moeurs. L’enseignement de l’histoire a été largement aboli dans les établissements scolaires français au profit d’un vague enseignement sur les civilisations. La monarchie, la Révolution, les guerres, napoléoniennes ne disent plus grand chose aux jeunes générations et le centenaire de la Grande Guerre, cette tragédie fondatrice du monde moderne, est largement occulté. Les traces du passé sont pourchassées, jusqu’à la tentation d’éradiquer les croix des paysages, de détruire les statues des grands hommes de l’histoire.
  • Le sport comme obsession: les deux grands événements français de ces dernières mois: l’attribution des JO 2024 à Paris puis la coupe du monde de rugby de 2023. Ce n’est pas le sport qui est ici critiqué, mais l’obsession du sport, comme dérivatif, comme opium du peuple, exaltation de la force physique et du chauvinisme de base. Une vieille recette des régimes totalitaires, Berlin, 1936, URSS et ses athlètes sur-dopés.
  • La crétinisation de masse: L’idéologie du nivellement qui emporte tout sur son passage comme un rouleau compresseur. Il faut briser l’intelligence collective, la connaissance, le savoir. Le bac a longtemps constitué un étalon de l’acquisition du savoir de base, récompensant le mérite intellectuel. L’ouvrir par tous moyens à 80% de la population en a banalisé le sens. De multiples études soulignent l’effondrement du niveau des jeunes Français, en mathématiques, en orthographe et un vertigineux déclin du quotient intellectuel. On veut aller encore plus loin désormais, par exemple en supprimant les séries du bac, ce qui reviendra à en réduire encore les exigences.
  • Le mépris du peuple: bien sûr, on fait semblant de l’aimer et de le respecter puisqu’en principe, en théorie, nous sommes en démocratie. Cependant la société moderne se caractérise par une profonde fracture et qui ne cesse de se creuser, entre l’infime minorité influente, bavarde, médiatisée, et l’immense majorité silencieuse. Et l’idéologie dominante donne une part croissante au mépris du peuple, de la « vile multitude ». Il est devenu totalement hors de question d’écouter ce que le peuple aurait à dire. Plus on l’invoque de l’extrême gauche à l’extrême droite,  (« je suis le candidat du peuple! »), plus on le méprise, comme on méprise ses angoisses et sa souffrance qui doivent être niées ou alors exploitées le temps d’une campagne à des fins électoralistes. C’est ainsi que dans la France « dite d’en haut », le mot « populiste » est devenu l’insulte suprême.

Maxime TANDONNET

 

 

 

A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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65 commentaires pour Symptômes du totalitarisme

  1. Frederic_N dit :

    Votre analyse est bien noire, car vous généralisez trop ( vous ne pouvez pas par exemple assimiler « pour les besoins de la cause » le Point et l’Obs .et on pourrait citer mille exemples )
    Mais il y a beaucoup de vrai dans ce que vous dites .

    En fait, ce que vous décrivez à des causes précises : cela renvoie à un débat interne à la gauche occidentale, et l’impression que vous avez que ce débat écrase tout est liée à un effet d’optique français ( idéologiquement la gauche a été hégémonique chez nous, et même si elle est en vrai recul, elle domine encore dans les professions intellectuelles ). Ce débat se présente comme cela
    Historiquement la gauche a essayé de marier l’universalisme et le libéralisme des lumières avec la thématique de l’égalité réelle , qui est issue du mariage de Rousseau et de 1793. ( l’égalité réelle c’est l’idée que le but de l’Etat est d’égaliser les conditions réelles d’existence et non pas de garantir des droits). En France ce mariage a conquis un véritable impérialisme intellectuel. Mais aujourd’hui nous assistons à un divorce entre les deux traditions, lequel peut se résumer ainsi :
    – d’un côté les fidèles des lumières qui se rallient définitivement à l’économie de marché car ils n’ont pas d’alternative, c’est ce que reflète Valls
    – de l’autre côté les partisans de l’égalité réelle qu’ils veulent introduire dans le pays par le biais du DROIT et non plus de la politique ( d’où le « syndicat de la Magistrature). Car ils savent qu’ils s’opposent aux intérêts du cœur de la population ( d’où leur antienne : les français sont racistes). C’est ce que reflète Plenel .
    Or il est connu que cette idée d’égalité réelle est d’essence totalitaire – c’était le cœur de la politique de Staline ( mais pas de Hitler, le fascisme n’a ici rien à voir) .
    Ce que vous dénoncez c’est les méfaits de ce deuxième courant , car il est super implanté dans les médias. Mais rien ne dit que ce deuxième courant soit sur une pente ascendante ( il se vit aujourd’hui comme une forteresse assiégée). Pour avoir un peu connu ce monde, je peux vous dire que sa domination dans les médias était 2 fois plus forte dans les années 80, Et elle était d’autant plus absolue qu’elle ne se voyait pas ( ah la bêtise de la droite dans les années où Plenel régnait sur le Monde, ah la stupidité de Séguin qui n’a strictement rien dit sous prétexte qu’il se battait contre Juppé !)
    Ce qui se voit aujourd’hui c’est la lutte ouverte entre ces deux idéologies et on découvre le cynisme intellectuel qui dormait sous le masque de la gentille gauche sociale libérale morale contre-la-peine-de-mort iste etc.. etc.. Mais de là à votre catastrophisme .. il y a un pas
    J’ai peut être cet avantage sur vous que je viens de ce monde, et je pense avoir su l’identifier bien avant qu’on découvre son inconscient totalitaire. Laissez moi vous dire que l’isolement intellectuel, je connais. Il n’avait rien à voir avec ce que vous vivez
    cordialement

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  2. Vu du Mont dit :

    @colibri et Michel 43 merci pour vos réponses

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  3. PG93 dit :

    Bonsoir !
    Pour une fois je me contenterai d’ajouter un fait brut à votre propos, puisqu’il le rejoint totalement.
    J’ai récupéré un relevé de notes d’un candidat au DNB (Brevet des collèges) de la session 2017.
    Note totale : 521,5 / 700 (14,9/20) ;
    Mention : Bien
    Socle Commun : 350 /400
    Soutenance de projet : 95 / 100 (en fait rapport de stage oral de 10 mn, suivi de quelques questions orales)
    Total des disciplines (français, mathématiques, histoire géographie, sciences) ayant fait l’objet d’un travail écrit : 76,5 / 200 (7,65 / 20)
    Jean-Michel Blanquer permettra-t-il que se renouvelle pareil scandale ?

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  4. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Analyse impitoyable d’une grande clarté et d’une parfaite lucidité de notre Société.
    Mais que pouvons-nous faire individuellement face à un tel rouleau compresseur ?
    Le pouvoir en place exerce de plus en plus son emprise sur l’ensemble des activités des citoyens au point d’intervenir maintenant dans notre vie privée en tentant de la manipuler et de la détruire.
    Un très bon essai d’Hannah Arendt : « Le système totalitaire. Les origines du totalitarisme » paru en livre de poche analyse parfaitement ce mode de gouvernement qu’elle résume en trois éléments :
    – La prétention à tout expliquer,
    – Dans cette prétention, la capacité à s’affranchir de toute expérience,
    – La capacité à construire des raisonnements logiques et cohérents permettant de créer une réalité fictive à partir du résultat attendu du raisonnement, et non pas à partir de l’expérience.
    Comment ne pas faire immédiatement le lien avec votre analyse de la situation en France où même le parti de « godillots » ultra majoritaire est privé de débat ?
    Nos concitoyens manipulés par les médias et les réseaux sociaux et surtout moins conscients que vous de la gravité et de la dangerosité de la situation semblent avoir déjà perdu toute envie de révolte et même de critique et se contentent maintenant de laisser du temps au temps…en espérant quoi ? Les jours meilleurs qu’on leur annonce de façon mensongère ou le chaos politique de plus en plus certain ?

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  5. Annick Danjou dit :

    Quand venez vous à Nice Maxime qu’on en parle!

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  6. CLAUDE MARECHAL dit :

    Je m’entretenais il y a peu avec un Député proche d’Emmanuel Macron. Il me sollicitait quant à faire preuve de plus d’objectivité et de tolérance ..
    Je lui ai répondu :  » Emmanuel Macron a appris à se servir des gens sans en avoir l’air, tout en cultivant son image d’innocence et de bonté. Il n’est pas lui-même entièrement conscient de son stratagème, mais agit avec l’intuition d’un adolescent insécurisé. En vérité, monsieur Macron n’enseigne pas tant la dépendance que l’art de faire croire au peuple de France qu’il dépend de lui, et cela ne parait pas constituer un obstacle.

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  7. Ping : Les syndromes totalitaires | Maxime Tandonnet – Mon blog personnel | Boycott

  8. Ghislain dit :

    « Il reste Marianne, Charlie Hebdo, le Figaro, Valeurs actuelles pour garder une tonalité divergente. » Soyons honnêtes, il y a aussi un côté répartition des rôles et marketing de niche.
    (Entre parenthèses il y a des journaux qui portent une voix encore plus discordante.)

    La suppression des séries en première et en terminale ne me semble pas une mauvaise chose en soi. Et les déclarations d’intention de J-M Blanquer vont dans le bon sens (même si elles ne sont pas suivies d’effets, cette prise de conscience officielle est un signe positif).

    Ce mépris du peuple m’a toujours frappé, chez un certain nombre de fonctionnaires, de hauts responsables, toujours de gauche, mais n’est-ce pas une fatalité, quand on l’utilise pour parvenir au pouvoir ?

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    • Ghislain, ben c’est-à-dire qu’en supprimant les spécialisations, maths, physique, littérature, économie, on va encore faire baisser le niveau moyen dans ces disciplines…
      MT

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    • Philippe Dubois dit :

      La suppression des séries est une ânerie sans nom.
      Pourquoi vouloir imposer l’étude des dérivées secondes ou du calcul matriciel à des élèves qui veulent se destiner à des études de lettres, de droit ou d’histoire ?
      (c’était au programme de terminale C à mon époque, il y a juste 40 ans cette année)
      Déjà, la mise en place de la seconde générale fut une sottise (pour rester poli)
      Sinon, Maxime a raison, ce sera encore un nivellement par le bas

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    • Ghislain, je suis d’accord, le mépris du peuple concerne toute une petite caste…
      MT

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  9. Mildred dit :

    Monsieur Tandonnet,
    C’est bien parce que le nouveau pouvoir s’applique à transformer notre régime politique en une sorte de totalitarisme 2.0, qu’il le fragilise. Bien des signes en témoignent, depuis le renoncement à commémorer Mai 68, annoncé en grande pompe, jusqu’à cette ridicule « élection » d’un candidat unique, adoubé par le Président, à la tête d’un parti qui n’en est pas tout à fait un, mais au sein duquel il y aurait déjà des tensions, nous dit-on !
    Donc, après votre constat sans concession, reprenons notre place de citoyens et sachons soutenir les intellectuels nombreux qui, contrairement à l’ensemble des journalistes, se sont levés pour dire son fait à ce pouvoir arrogant qui semble avoir oublié les conditions dans lesquelles il a été élu.

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  10. Cher Maxime,

    Concernant la liberté d’expression, je ne peux qu’approuver vos craintes puisque je viens d’être censuré par Twitter la semaine dernière avec un suspension définitive de mon compte pour propos islamophobes que j’assume pleinement.

    Mes derniers tweets faisaient la promotion des deux derniers livres de Philippe Némo qui sont pour moi absolument majeurs : « Esthétique de la liberté » leçon de philosophie magistrale qui montre que la liberté est au coeur de la civilisation occidentale et le très important « Philosophie de l’impôt » qui dénonce la folie taxatoire actuelle qui est unique dans l’histoire.

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    • Fredi M. dit :

      Fredi M, quand je critique la remise en cause de la liberté d’expression, cela ne signifie pas que je supporte sur mon blog les propos immondes, antisémites, racistes, diffamatoires, calomnieux ou appelant à la haine et à la violence. La liberté d’expression n’existe que dans le respect de la loi. Trop facile d’essayer de me faire tomber de cette manière et de m’interdire de m’exprimer comme je l’entends par ce genre de propos caricaturaux et nauséabondes.
      MT

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    • theotimedesavoie, quand je critique la remise en cause de la liberté d’expression, cela ne signifie pas que je supporte sur mon blog les propos immondes, antisémites, racistes, diffamatoires, camomnieux ou appelant à la haine et à la violence. La liberté d’expression n’existe que dans le respect de la loi.
      MT

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    • Fredi M. dit :

      N’importe quoi…

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    • Fredi M. dit :

      C’est bien la peine d’écrire ça :
      La liberté de pensée et d’expression bafouée. Certains thèmes, au fil du temps deviennent absolument tabous. Toute forme d’expression qui n’est pas conforme à l’idéologie dominante est bannie, en rapport avec les thèmes des relations entre les sexes, l’orientation sexuelle, les minorités, la diversité, l’immigration

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    • Pour le libéral que je suis, la liberté d’expression doit être absolument totale.
      Même dans le contexte français actuel d’une liberté d’expression en danger et radicalement limitée, il me semble qu’il est possible et absolument nécessaire :
      – de pouvoir critiquer l’islam en tant que religion. Comme l’a bien montré Benoît XVI, toute religion peut connaître en son seing le développement de pathologies si la raison en est évacuée. A titre personnel, je ne fais aucune différence entre l’islamisme radical et l’islam. Ceci est une opinion théologique qui doit pouvoir être débattue.
      – de pouvoir évoquer directement et dans un esprit polémique sain la remigration. Ce concept est un concept politique et doit pouvoir être débattu au sein d’une démocratie qui fait face à un événement absolument unique dans son histoire: l’invasion plus ou moins pacifique de millions de musulmans.

      Faute de pouvoir débattre de ces sujets -et d’autres- absolument fondamentaux, la France va tout simplement s’effondrer.

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  11. Colibri dit :

    Volontairement je n’écris pas le nom de l’auteur et la date de l’extrait ci-dessous:

    « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était, au contraire, pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux, figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d’idées antiques et vénérables, se dissolvent; ceux qui les remplacent vieillissent avant d’avoir pu s’ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés enfin d’envisager leurs conditions d’existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés.

    Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations.

    Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales ont été détruites et le sont encore chaque jour. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l’adoption devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, industries qui n’emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. A la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. A la place de l’ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations. Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l’est pas moins des productions de l’esprit Les oeuvres intellectuelles d’une nation deviennent la propriété commune de toutes. L’étroitesse et l’exclusivisme nationaux deviennent de jour en jour plus impossibles et de la multiplicité des littératures nationales et locales naît une littérature universelle.

    Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers. Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elle la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image.

    La bourgeoisie a soumis la campagne à la ville. Elle a créé d’énormes cités; elle a prodigieusement augmenté la population des villes par rapport à celles des campagnes, et par là, elle a arraché une grande partie de la population à l’abrutissement de la vie des champs. De même qu’elle a soumis la campagne à la ville, les pays barbares ou demi-barbares aux pays civilisés, elle a subordonné les peuples de paysans aux peuples de bourgeois, l’Orient à l’Occident.

    La bourgeoisie supprime de plus en plus l’émiettement des moyens de production, de la propriété et de la population. Elle a aggloméré la population, centralisé les moyens de production et concentré la propriété dans un petit nombre de mains. La conséquence totale de ces changements a été la centralisation politique. Des provinces indépendantes, tout juste fédérées entre elles, ayant des intérêts, des lois, des gouvernements, des tarifs douaniers différents, ont été réunies en une seule nation, avec un seul gouvernement, une seule loi, un seul intérêt national de classe, derrière un seul cordon douanier. « 

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    • michel43 dit :

      je souris,,,,,,,heureusement ,nous somme LA ,,,,83% des patrons, sont des Artisans ,Commerçants Pme Pmi sont t »il des Bourgeois NON , des travailleurs indépendant , et ne font pas partis du C 40

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    • Colibri dit :

      @michel43, votre remarque est exacte mais n’enlève rien à l’actualité de ce texte vieux l’an prochain de 170 ans. Enlevez le mot bourgeois et remplacez le par multinationale, bourse, hommes et femmes d’affaires etc…etc… et vous avez ce à quoi nous assistons dans le cadre de la mondialisation et de l’Europe. Je vous propose une autre citation beaucoup plus courte de W.Chesterton: « Il y a trop de capitalisme et pas assez de capitalistes ». (Il voulait que les richesses produites restent entre les mains de ceux qui les produisent.) Il n’était pas communiste mais fondateur d’un mouvement politique qui existe toujours : le distributisme.

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    • Frederic_N dit :

      @colibri
      Vous ne vous êtes jamais demandé si Marx s’était trompé ? S’il avait eu raison, comme vous dites, nous serions aujourd’hui tous communistes
      Je peux vous faire une liste de ses erreurs si vous voulez – j’ai fait ma thèse avec un prof marxiste ….

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    • Colibri dit :

      @Frédéric N, sur le bout de texte que j’ai copier coller je n’ai pas trop l’impression qu’il se soit trompé. Sur l’ensemble de son oeuvre que je n’ai jamais lu en entier et que je connais beaucoup moins bien que vous je ne serai pas étonné qu’il y ait des erreurs, après tout ce n’est qu’un homme. Là où j’aurais moins de doute c’est que bien des hommes se sont trompés sur ce qu’ils ont fait de ses écrits et c’est pour cela que nous ne sommes pas tous devenus communistes. Ce que je remarque aussi c’est les conséquences étonnantes en Europe de la fin du bloc communiste des pays de l’Est. Francis Fukuyama nous avait dit que c’était la fin de l’Histoire. Le discours ambiant alors était qu’une nouvelle ère de paix, bonheur, prospérité s’ouvrait à nous. Vingt huit ans après la chute du mur de Berlin je m’interroge sur la réalité présente. Je peux développer si vous souhaitez continuer nos échanges. Je vous remercie de votre commentaire.

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  12. Anonyme dit :

    Votre analyse que je partage entièrement est d un réalisme absolu mais à t on encore véritablement les moyens de lutter contre ce glissement vers ce totalitarisme déjà bien réel et qui nous paraît inexorable ,malheureusement !

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  13. Vu du Mont dit :

    Notre société manque de fraternité et de tolérance globalement. Travailler tous au bien commun devrait être par nature un objectif pour construire une société plus humaine, plus solidaire. Nous avons un très gros problème irrésolu : le chômage qui engendre la pauvreté, la précarité et l’isolement. Notre état par la voie de son gouvernement, parlement ne travaille pas à réduire drastiquement ce chômage de masse. Comment peut-on être si impuissant alors que l’on a en main les rouages du pays?
    Et pour rejoindre aussi le constat pourquoi sommes-nous dans une telle situation? pourquoi perdure-t-elle? Qui sont ceux qui ont intérêt à la maintenir ainsi? Quels avantages en tirent-ils et pourquoi ne consentent-ils pas au partage? Pourquoi notre société est fractionnée? Pourquoi ne peut-on pas faire demi-tour?
    Personnellement je fais partie d’une communauté de paroisses, on y trouve de la fraternité, de la solidarité. Le Sens de la vie se trouve dans cette voie.

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    • Colibri dit :

      Je partage votre analyse et je me retrouve dans ce que vous écrivez. Le pourquoi d’une telle situation pour moi se trouve dans tout ce qui est écrit dans l’encyclique Rerum novarum et dans les encycliques suivantes qui traitent des problèmes de sociétés et des problèmes mondiaux. « L’injustice est un arbre mort encore solide mais sans avenir ». Soyons dans l’espérance malgré tout.

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    • michel43 dit :

      réponse simple ,Personne ne peut réduire le chômage ,plus de 6 millions, une société solidaire ? mais elle est plus solidaire , de plus en plus de dépense social ,et l’accueil des étrangers sans papiers, des pauvres Européens ,Plus on modernise ,nos entreprises, plus il y aura de chômage ,Seul ,les petites entreprises individuelle ,peuvent survives a cette mondialisations ,,,,,,,

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    • Tracy LA ROSIÈRE dit :

      Réponse à Michel-43
      Je ne sais même plus quel était le sujet du billet mais je vous réponds parce que vous me semblez pourvu de bon sens :
      À propos de votre sentiment sur la société, vous avez raison, elle est de plus en plus solidaire ; à tel point qu’on peut faire venir sa grand mère de je ne sais quel pays exotique pour lui faire poser une prothèse sous couvert de l’AME ; qu’il est assez convenu que travailler rapporte moins que de se lever matin… etc, etc…
      Quant à votre seconde assertion elle me semble moins pertinente, bien que je n’aie aucune compétence pour en juger. Cependant, je vous fais part d’un sentiment. Je demeure non loin d’Oradour-sur-Glane , village martyrisé mais village figé dans l’état où il fut. Or, que constate-t-on en marchant dans les rues de ce village ? L’étonnante vitalité du temps où la vie s’arrêta. Il y avait des commerces nombreux et fort variés, il y avait de la vie, de l’activité, plusieurs bouchers, des métiers du fer, des coiffeurs, des couturières, j’en oublie… regardons nos villages actuels : vides, morts, tristes. Il n’y a plus d’activité et lorsqu’on cherche un artisan, c’est souvent mission impossible. Cordialement.

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    • Vu de Mont, félicitation, je vous comprends!
      MT

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  14. Via dit :

    Merci pour votre courage et pour votre persévérance, merci de dresser au fil de vos billets ce constat de plus en plus précis et complet de la situation de la France et des Français. On pourrait y ajouter le doux cocon de la protection sociale et de l’état providence qui anesthésie les douleurs et les angoisses du lendemain dont vous parlez très justement. Nombreux sont les Français plus ou moins conscients de cette grande manipulation et qui sûrement, lorsqu’ils vous lisent, se disent « Mais bon sang mais c’est bien sûr ! C’est exactement ce que je ressens et ce que j’aurais pu dire ». La grande question demeure : comment agir ? Quelles actions ? Suspendre au printemps une potée de géraniums rouges, de corbeille d’argent et de lobélias bleus devant sa maison est devenu un acte citoyen sinon patriotique, vite cocardier, et suffit pour vous faire traiter de suppôt de qui vous savez. Les fleurs, bleuets et coquelicots compris, sont un langage pourtant pacifique. Cette masse grise informe et rassurante dans laquelle on veut nous fondre va nous étouffer.

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  15. xavier dit :

    Bonjour Mr TANDONNET ,
    une fois de plus une photographie panoramique terrifiante mais tellement « parlante ». Le pouvoir n’est plus à celui qui détient l’information mais à celui qui la transporte …Débit , filtre ou pas, bref , un tuyau de « Brazil », une « extraspoliation » de « 1984 » ,tout cela mis en place exclusivement pour l’asservissement de l’être humain , nous sommes au tournant . Allons nous nous battre ou accepter cet asservissement obscur ?J’ai peur pour mes enfants .

    Bien cordialement.
    Xavier

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  16. Sganarelle dit :

    Savoir seulement qu’on n’est pas seul à penser dans ce sens et qu’il y a encore des gens qui ont le courage de l’écrire avec talent est un baume au coeur.
    Je me demande seulement si avec cette démographie galopante il est possible d’envisager autre chose qu’une tendance globale vers un big brother centre de robot central dirigeant une foule de décérébrés plus ou moins utiles.
     » l’humanité disparaitra bon debarras » .. Sans aller jusqu’au livre dd’Yves Paccalet quand je vois un Trump nier l’évidence et recommencer la chasse aux éléphants je ne peux qu’être de plus en plus pessimiste sur l’évolution de l’intelligence humaine.

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  17. Raymond Croella dit :

    Pour compléter votre argumentaire, que j’approuve totalement. Raymond Croella

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  18. atoilhonneur2 dit :

    A propos de la presse, le dernier rapport de RSF sur la liberté de la presse, la France, pays des droits de l’homme et toussa, n’est qu’au… 39ème rang ! en partie à cause de ;la trop grande concentration des titres entre un si petit nombre de mains. Derrière la Slovénie et la République tchèque !!

    cdlt,
    Corto

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  19. Excellent !

    Benoît de Valicourt

    Conseiller en communication 16, avenue Pierre 1er de Serbie – 75116 Paris Cel. +33 (0) 613 01 45 19 contact@benoitdevalicourt.fr http://www.benoitdevalicourt.fr http://www.observateurdudimanche.com @bdevalicourt

    >

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  20. Doran dit :

    Cher Monsieur,

    Il vous en a fallu du temps pour parvenir à ce diagnostic parfaitement réaliste ! Pardonnez mon impertinence. mais venant d’un homme tel que vous , votre propos n’en est que plus intelligible et révélateur d’une situation mortifère . Comment un homme doué de raison, d’un sens critique indubitable et respectueux de l’autre, peut il en arriver à cette analyse définitive de l’évolution totalitaire de notre société qui se fait chaque jour davantage plus prégnante . La question est comment en sortir? Ceux qui ont ressenti,depuis peut être plus longtemps que vous cette dérive, souvent décriés, humiliés, plaisantés, quand ils ne sont pas ostracisés ‘selon les méthodes que vous décrivez!, cherchent les points d’accrochages , les points de fracture qui permettraient de combattre cette nouvelle oppression.
    Mais tout est progressivement verrouillé ! Et notre pire ennemi est l’ignorance des peuples et la crétinerie dont on les abreuve … Personnellement, je ne vois pas d’issue. « Seul dans Berlin  » ? qui n’a pas lu Hans Fallada, ne peut s’imaginer cette emprise progressive et irrémédiable d’une société totalitaire sur l’individu ..

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    • Fredi M. dit :

      Il vous en a fallu du temps pour parvenir à ce diagnostic parfaitement réaliste !

      C’est exactement ce que j’allais dire !
      Le constat, très juste au demeurant, de monsieur Tandonnet, d’aucuns l’ont établi depuis fort longtemps. Mais leur voix n’était pas entendue, on les classait volontiers dans la catégorie des paranoïaques, des oiseaux de mauvaise augure, des complotistes d’extrême-droite ; des fous.
      Dieu qu’il faut du temps à certains pour déciller leurs yeux !

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    • Doran c’est un sujet dont je parle depuis que ce blog existe…
      MT

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