Mauranne et Laura

Bien sûr, je ne suis pas en position de faire une tribune de nature politique sur le meurtre la semaine dernière de Mauranne et Laura, 20 ans, à la gare Saint Charles de Marseille ni de publier des commentaires de nature politique à ce sujet, sur un site de ma responsabilité. Mais ici, au lendemain des obsèques des deux jeunes filles, je m’exprime en tant que père de famille, ce qui est bien mon droit. Eh bien, je dois le dire, ce crime est, dans mon ressenti, l’un des plus atroces, les plus abjects qu’il m’ait jamais été donné de connaître. Deux jeunes filles, jolies, brillantes, pleines de vie, d’espoir et d’avenir, fauchées par un criminel sanguinaire au nom de sa religion. Pour tout dire, depuis une semaine, leur image ne cesse de me hanter. Il m’est difficile d’exprimer  à quel point je souffre dans ma chair pour leur père et leur mère, à la place desquels je pourrais être. Si je les avais en face de moi, je ne sais ce que je pourrais leur dire. Parfois, l’horreur, l’écœurement et le chagrin que l’on ressent, atteignent un tel niveau que la seule parole qui vaille est celle du silence. Je pense qu’un pays qui au fond s’accommode d’un crime aussi immonde, sa classe dirigeante, son milieu politique et médiatique, tout compris, de l’extrême droite à l’extrême gauche, ses élites intellectuelles, administratives, journalistiques, qui le regardent comme une sorte de fait banalisé, comme le résultat d’une fatalité, et finalement, noyé dans l’indifférence, un pays qui s’habitue sur son sol à un degré de barbarie atteignant le niveau les pires barbaries de  l’histoire de l’humanité, le meurtre sanguinaire de deux jeunes filles, est un pays qui est en train de crever. Je leur rends hommage à toutes les deux, dans l’espérance que, pour les anges comme elles, les anges martyrisés, il y a bien quelque chose qui ressemble à l’éternité.

Maxime TANDONNET

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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49 commentaires pour Mauranne et Laura

  1. Georges dit :

    Espérons qu’aucun attentat ne touche la communauté des terroristes car il faudra fabriquer des mégatonnes de bougies et verser des hectolitres de larmes.

  2. Pascale dit :

    Je ne comprends pas. N’étiez vous pas à l’Elysée, chargé qui plus est des questions d’immigration quand Nicolas Sarkozy a aboli la « double peine »? Qu’avez vous dit alors?

    • michel43 dit :

      parfois, nous devons SUBIR certaines décisions, qui ne nous plaise pas, soyez indulgent envers notre MAXIME ,un haut fonctionnaire qui n « a pas notre liberté

  3. Ping : De la gravité de l’attentat du 1er octobre 2017 de Marseillle – UnOeilsurleGlobe.com

  4. De Vos Alain dit :

    A Anne-Marie et Annick,
    La civilisation du divertissement prend des formes au 19e ainsi lorsqu’on lit « Promontoire » de Rimbaud, on est dedans (Anne-Marie citant Onfray).
    Je partage avec Annick ces propos en réaction à Onfray. Mettre au ban sans cesse la religion catholique, cela va bien. Elle a de réels intérêts par exemple le Christ nous propose de nous transformer, nous. Si nous avions un monde dans cette démarche profonde le monde changerait et ce serait la paix. Mais voilà les hommes sont assez veules pour souvent ignorer cette parole et que cela les arrange de s’exonérer de commencer à changer.

  5. Annick dit :

    Bonsoir Maxime,

    Interview d’ Alain Marsaud, ancien député et ancien chef du service central de lutte antiterroriste au Parquet de Paris.

    « A chaque attentat, les journalistes utilisent de plus en plus d’éléments de langage dignes de la novlangue, pour habiller la réalité violente qu’ils refusent de voir et de montrer. Dans leurs sillages, les hommes politiques adoptent les mêmes codes, quitte à faillir à leur mission de protection des populations. La société développe la culture de l’excuse et des circonstances atténuantes pour les coupables, laissant souvent sur le bord de la route de la bienpensance, les vraies victimes des attentats.

    Quelques jours après le nouveau drame survenu à Marseille, Alain Marsaud, sans langue de bois, revient sur le véritable déni de réalité des acteurs politico-médiatiques. »

    Amicalement,

  6. Florence dit :

    Merci d’avoir écrit ce texte car je ressens exactement la même chose. Peut-être parce que j’ai des enfants du même âge qui ressemblent à ces jeunes-filles. Je ressens aussi la banalisation du terrorisme avec ce dernier drame. On est passé si vite à autre chose …

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