Témoignage de professeur

Bonjour Maxime,
enseignant dans le supérieur, ce qui me frappe le plus chez les étudiants, ce n’est pas tant l’absence de maîtrise de la langue (orthographe par ex.), qui certes n’est pas brillant, mais plutôt l’incapacité à organiser leur apprentissage. Rester assis pendant 2 h sans papoter et tapoter sur un smartphone dévient une performance pour nombre d’entre-eux. Répondre à une consigne (en plus dans les temps), comme par exemple rendre une compte-rendu de TP ne semble plus vécu comme une obligation (un devoir) pour le quart de ma promotion actuelle (DUT 1). Cette analyse est partagée par mes collègues. En fait, nos gamins n’ont juste pas appris à apprendre (écouter, réfléchir, poser des conclusions, tenter de les étayer ou de les réfuter, vérifier le « bon sens » d’un résultat expérimental (certains prétendent avoir des fréquences cardiaques à 6 bpm car ils ne maîtrisent mal la règle de 3), etc…

« Apprendre à Apprendre, cela s’apprend », « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif » . « Personne n’a jamais atteint la maîtrise de quoique ce soit sans posséder les fondamentaux », etc…on entend ce genre de propos dès que les enseignants discutent entre eux du niveau des étudiants « MOYENS » . Nous remarquons quand même que d’année en année les cancres restent des cancres mais aussi que les cadors de promo restent toujours à un très haut niveau. Il y a donc de l’espoir. Ce qui frappe le plus, c’est bien le niveau de plus en plus médiocre du « ventre mou » des promotions qui se succèdent. Et on observe des dégradations de ce niveau sur des cycles de 2-3 ans.

Le mal est plus profond et plus lointain que les années 80, même si je partage la vision l’institut Diderot. Lors de ma dernière Présidence de jury de bac (il y a 3/4 ans), nous avions plus de mentions Bien et Très Bien que de recalés (et 86% de réussite dans ce jury). Cela en dit long sur la valeur du premier diplôme universitaire. En demandant seulement aux élèves de remplir leurs copies avec leur nom, prénom et date de naissance, nous arriverons (peut être) à 100% de réussite au bac.

Le bac est tellement sans valeur que la dernière Ministre de l’EN vient par décret de mettre en place la sélection par le tirage au sort dans les filières en tension : cela revient à dire qu’un bachelier S avec mention TB ne tire aucun avantage pour intégrer une formation universitaire sous tension à valence plutôt scientifique (par ex. STAPS) par rapport à un bachelier L, ou ES sans mention. Étrange vision de la méritocratie scolaire. J’arrête là..je commence à dire des gros mots.
Cordialement
Laurent

Vous adorerez lire « Psychologie de l’éducation de Gustave Le bon » (http://classiques.uqac.ca/classiques/le_bon_gustave/psycho_education/psycho_education.html) .

Et pourquoi pas « psychologie des foules  » du même auteur ….c’est édifiant.

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A propos maximetandonnet

Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d'histoire...
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30 commentaires pour Témoignage de professeur

  1. PC dit :

    Bonjour à tous,
    j’ai un fils de 10 ans, actuellement en CM1, scolarisé dans le privé sous contrat, choix motivé entre autres par des problèmes de disciplines rencontrés dans les établissements publics de notre quartier.
    Pour vous donner une idée: en CM1, ils étudient cette année le passé composé et l’impératif. Le passé simple, plus-que-parfait, futur antérieur, ce sera plus tard, ils ont tout le temps devant eux, ne parlons pas du subjonctif qui sera sans doute abordé en 6e….
    Résultat, depuis 2 ans, on fait du français à la maison, je joue le rôle du « répétiteur » pour assurer un entraînement: genre/nombre, nature/fonction, conjugaisons,ect…
    En bref, je ne cesse d’être effarée du niveau de l’enseignement en France et on ne peut pas déménager facilement pour se rapprocher des bons établissements.
    Le plus triste, c’est que je suis convaincue, comme le dit JP Brighelli, que la remise à niveau de l’enseignement n’est pas un problème financier, mais il faut une volonté.

  2. Dorine dit :

    Les raisons de l’effondrement du niveau scolaire sont multiples. Mais je pense qu’il y en a une que l’on oublie, c’est l’absence de colonne vertébrale dans les familles, l’absence d’horaires des parents, les familles éclatées, la multiplication des écrans, l’absence de vision éducative, l’oubli de ce qu’est un enfant par la société toute entière. L’enfant humain est celui, dans la nature, qui a besoin du plus long temps éducatif. L’instinct animal est chez lui très inhibé, donc il a beaucoup à apprendre. Or, on fait comme si l’acquis chez l’enfant humain est instinctif.
    Je vois des enseignants qui se plaignent de l’inattention des enfants, de leur absence de goût pour l’étude. Je vois des responsables de PME qui me disent qu’un certain nombre de jeunes sont incapables de faire un travail correct pour deux raisons : la fumette et le niveau scolaire et d’apprentissage déplorable.
    Il faut réapprendre aux parents à redevenir des éducateurs et leur laisser du temps pour assumer leur fonction éducative. C’est loin d’être le cas dans une société qui se dirige tout droit vers l’esclavage moderne. Il y a 20 ans, un historien expliquait que l’économie de l’esclavage avait de tout temps été la plus efficace…..

    • Colibri dit :

      @Dorine, je confirme que dans mes dernières années d’instit, le début des années 2000 , ce que vous décrivez existait dans ne nombreuses écoles. C’est effectivement un sujet dont nous ne parlons pas beaucoup.

  3. raimanet dit :

    A reblogué ceci sur Boycottet a ajouté:
    on pourrait nommer cela le nivellement par le bas … comme pour tout le reste …
    http://tiny.ph/0YVn -> indignez vous !

  4. souris grise dit :

    bonjour Maxime , bonjour à tous .

    il faudrait peut-être prendre conscience de ce qui se passe en primaire pour les enfants .je vais partager avec vous une journée normale ..

    l’école ouvre à 7h 30 et déjà les gamins sont ds la cour et braillent jusqu’à la sonnerie de 7h50 .là tout le monde en rang et en silence pour rentrer en classe …ouf pour les riverains que nous sommes .ils ont cours jusqu’à 9h 45 .sonnerie pour la récréation qui dure jusqu’à 11h re-ouf ! sonnerie à 11h50 et sortie ds la cour jusqu’à 14h …sonnerie pour les cours jusqu’à 15h 30 ..tout le monde en rang pour le sport …jusqu’à 17h …puis garderie jusqu’à 18h /18h 30 …
    je suis riveraine directe avec l’école ..j’ai un triple vitrage mais je peux vous dire que c’est infernal pour nous .
    mais quelle vie pour ces gamins …d’abord un lever vers 6h du matin au moins , donc énorme fatigue parce que les faire jouer pratiquement toute la journée c’est du délire …comment voulez vous que des mômes puissent avoir un parcours scolaire normal ds ces conditions , quel temps reste-il pour apprendre à lire , écrire , compter ??? …
    voyez il est 16h 14 ils sont en partance pour le sport et ce ts les jours sauf le mercredi …
    à mon avis , il faudrait quand même penser à réformer de fond en comble le primaire ..mais je ne suis pas enseignante et heureusement !!!
    amitié .
    Chris .

  5. Frederic_N dit :

    Merci à Maxime d’ouvrir le débat. Mais parce qu’il est trop sérieux il faut avoir le courage de dire la vérité.
    Et la vérité n’est pas qu’on instrumentalise les pauvres professeurs, comme l’a dit une enseignante, ni que le « gouvernement a VOULU dégrader le niveau scolaire. Cela ce sont des fantasmes (de gauche et de droite) qui servent à ne pas regarder la vérité en face.
    La vérité est que l’éduction nationale est l’exemple type d’une institution où le politique a démissionné face au pouvoir des membres de cette institution : c’est-à-dire des enseignants. Les ministres de l’EN n’ont aucune vraie responsabilité dans le désastre que l’on constate, car ils n’ont pas eu de pouvoir
    L’EN c’est cela : le proviseur n’a pas le pouvoir de choisir les enseignants parce que les enseignants ont toujours refusé autre chose que le jugement par les pairs. Ils font donc ce qu’ils veulent. Les programmes n’ont pas été fait par les ministres , mais par l’émanation du pouvoir enseignant. Lequel « tient » littéralement les associations de parents d’élèves qui ont toujours caqueté en faveur des pires réformes . Les pédagogistes ne sont une création d’aucun parti , ni d’aucun gouvernement. Mais ils sont l’émanation de la CFDT et de ses liens avec les autres enseignants du supérieur que sont les Bourdieu, les Passeron et même les Foucault. Le réel pouvoir dans l’edication nationale ce sont eux et cette société fermée qu’ils représentent où on ne sait rien du monde réel ( sinon ce qu’en dit le Monde et hier l’Humanité) où l’on peut être professeur à vie sans avoir une seule seconde ouvert les portes d’une entreprise
    Rien pendant des décennies n’a été fait dans l’education nationale qui n’ait été soutenu encouragé par ce milieu enseignant : soit directement, soit indirectement, car le pouvoir enseignant c’est ce qui a fait la pluie et le beau temps dans le PS jusqu’il y a encore 10 ans.

    Alors aujourd’hui beaucoup de professeurs s’interrogent parcequ’ils souffrent des conséquences de cette politique. Dont acte. Mais il faut aller au fond des choses pour espérer sauver quelque chose de l’éducation nationale. Qui a soutenu SYSTEMATIQUEMENT les grèves des lyceens proprement inadmisssibles car ce sont des mineurs ? Qui a toujours lutté contre l’autorité de l’admnistration sur les éleves ? Qui hurle à la mort quand un policier ose mettre le petit doigt dans un lycée ? Qui a couvert les exactions des jeunes de banlieue parce « qu’il ne faut pas parler comme les Le Pen » ? Qui a soutenu les changements de programmes parce qu’ils n’étaient pas assez « de gauche » ? Qui accepte ce scandale international qui veut qu’on enseigne l’économie critique à des gamins de 15 ans, avant même de leur donner les bases de l’économie théorique ? Qui est le pilier du vote Mélenchon Qui ? Qui? Qui ? Le pouvoir et les corporations d’enseignants français .
    Alors oui allons au bout des choses . Mais commençons par le commencement : en finir avec ce pouvoir enseignant « de gauche » , car avec lui rien ne sera possible

    • Infraniouzes dit :

      Ce que vous écrivez est terrible. Mais il y a plus terrible encore: la frilosité de la droite bleu guimauve quand elle est au pouvoir. Rien n’est fait pour démonter les usines à gaz socialo-marxistes. La droite fait le dos rond. Je n’ai jamais admis, comme vous, ces manifestations de mineurs pour un prétexte futile. Il faut se ressaisir. Qui en aura la force et la volonté ?

    • annick danjou dit :

      et ben dites donc, c’est vous (ou c’est moi ) qui avez écrit tout cela? Je pourrais en ajouter une bonne louche et moi j’ai été enseignante mais j’ai tout laissé tomber un jour que j’en avais vraiment marre!!!!

  6. Janus dit :

    Déjà si ce professeur parlait d’enfants plutôt que de « gamins », on pourrait l’écouter…
    Cette dégradation de la langue est en premier lieu le fait des professeurs eux-mêmes , alors rien d’étonnant à ce que le niveau général baisse, si les professeurs n’ont plus d’exigence quant à leur propre vocabulaire

    • Christian dit :

      En effet… Des « gamins » de 18 ans…

    • Laurent Grélot dit :

      (1)GAMIN, -INE n. XVIIIe siècle, « jeune aide de verrier ». D’origine incertaine.
      1. N. m. Anciennt. Jeune garçon servant d’aide ou de commissionnaire dans divers métiers. 2. Enfant qui passe son temps à jouer dans les rues. Un gamin de Paris. Une bande de gamins. 3. Fam. Se dit d’un enfant espiègle et hardi. Un gamin plein de vie. Une charmante gamine. Adjt. Un air, un ton, un geste gamin. Avoir l’esprit gamin, avoir de la gaieté, de la jeunesse dans l’esprit. Par ext. Désigne, de manière plus générale, un enfant ou, dans une intention plaisante, un homme, une femme très jeune. Se conduire comme un gamin. Au temps où nous étions gamins. Pop. Fils ou fille. Il est venu avec ses deux gamins.

      Dictionnaire de l’Académie Française 9ème édition (http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/generic/cherche.exe?15;s=2005455405;;)

      J »utilise ce mot avec un amour et une bienveillance paternelle infinie pour évoquer mes propres enfants…je l’utilise également pour évoquer ma propre enfance …alors je ne m’interdis pas de l’utiliser pour évoquer les enfants des autres . Malgré votre commentaire, je n’y vois toujours pas d’irrespect envers nos jeunes gens.

      Vous allez me dire que ces jeunes gens qui sont en première année de Fac/IUT sont adultes…je vous renvoie à vos chères études en psychologie qui montrent que certains de ces jeunes adultes présentent des comportement caractéristiques d’adolescents et cela jusqu’à 25 ans.
      Ne pas écouter et a fortiori entendre les opinions de certains enseignants « juste désappointés » par ce qu’ils vivent quotidiennement, de plus en les toisant un brin sur ce que vous pensez être un vocabulaire inadapté (en référence au vôtre) n’est pas de nature à nous amener à débattre sur des questions de fond. C’est regrettable.
      Alors cessons nos gamineries (pardon de vos taquiner, c’est dans ma nature) sur un mot qui ne vous convient pas, et allons au fond des problèmes, même si nous avons des avis divergents (heureusement que nous ne sommes pas des clones en pensée).

      Cordialement,
      Laurent
      PS: A temps perdu, jeter un regard sur le 1er accord Toltèque …

    • EQUALIZER dit :

      Et on ne parle même pas de ceux , assez nombreux , qui ont l’ air de s’ être habillés chez Emmaüs , aux allures de gauchistes débraillés … traîne-savattes .. et j’ en passe comme le tutoiement .. Difficile d’ avoir envie de respecter des enseignants avachis …

  7. Jean-louis Michelet dit :

    Ancor un quoncervatteur .
    Ancor hein quoncervatteur qui comprend pas gran chose du Praugressismme …
    Mai ou va ton ?

  8. Tracy LA ROSIÈRE dit :

    Jour après jour, la déliquescence de notre société, la médiocrité qui l’imprégne, le néant comme horizon, à moins que ce soit qu’une sorte d’islamisation…la dépossession de son identité, l’indifférence presque absolue à la chose collective, me ramènent à cette réflexion de CAMUS :  » Je finirai bien par mourir heureux  » ( Carnets).

  9. Gérard Bayon dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Ces commentaires n’étonnent malheureusement plus personne. Depuis la « grande révolution » de 1968, l’Education Nationale, comme notre société en général, part à vau-l’eau. L’idée de J.P. Chevènement en 1985, d’amener une tranche d’âge au bac aurait pu être intéressante si elle s’était accompagnée de compléments de formation pour amener la plupart des élèves « moyens » au niveau requis, malheureusement c’est l’inverse qui a été choisi et l’on en voit le résultat aujourd’hui.
    Pour paraphraser nos comiques : « pour ne pas obtenir le bac aujourd’hui, il faut le demander » !
    Tout cela constituait donc bien une action délibérée de nos gouvernants pour réduire le niveau global de connaissances et d’instruction de la population et pouvoir diriger plus facilement le grand troupeau de moutons que nous sommes devenus.
    Que dire également de tous ces ministres de l’Education Nationale qui se sont succédé et dont la seule ambition était, pour un certain nombre d’entre eux, de laisser leur nom à une réforme même et souvent stupide.
    Quant au « mammouth » pourtant dénoncé en 1997 par C. Allègre, ministre socialiste, il continue de s’engraisser avec la bénédiction de la plupart des syndicats d’enseignants et d’étudiants et d’une administration pléthorique allergique à toute réforme allant dans le sens de l’intelligence et du bon sens.
    Seule consolation, l’excellence de nos grandes écoles et de certaines facultés qui continuent de produire nos grands dirigeants, ingénieurs, médecins, chercheurs et mathématiciens (dont plusieurs médaillés Field).
    Même si je ne partage pas toutes les ambitions de J.M. Blanquer, je reconnais que ses orientations pédagogiques semblent aller dans le bon sens notamment pour ce qui concerne l’évolution des programmes et la fin du « pédagogisme », même si malheureusement il ne parle pas
    de s’attaquer au saint des saints : réformer l’administration Nationale.

    • Jean-louis Michelet dit :

      Pour les grandes écoles , n’oublions pas St Cyr….

    • carine005 dit :

      Si Blanquer a vraiment décidé de sortir le pedagogisme de la formation et l’évaluation des enseignants, tant mieux.
      Car actuellement, la préparation d’une malheureuse heure de cours d’Anglais en collège demande plus de 3 h de boulot.
      Il ne suffit pas de préparer un cours comme cela se passait encore dans les années 80, il faut l’intégrer dans une séquence, laquelle doit s’intégrer dans une progression annuelle, en fonction du socle commun européen etc etc.
      Et on est prié d’évaluer des compétences plus que des connaissances.
      Celui qui n’a pas vu un bulletin actuel d’un collégien n’a rien vu.
      Pour les bulletins, c’est pareil. On ne se contente pas d’une note et d’une appréciation, il faut se farcir 3 heures de points verts ou oranges, selon le degré d’acquisition de la compétence considérée.
      Ma conclusion : moins les élèves bossent en classe et à la maison et plus les profs travaillent.
      On n’est pas loin des 60 h pour 18. Étonnez-vous qu’ils arrivent en cours complètement crevés…
      Quand en plus, les élèves n’ont ni manuel ni cahier d’activités et que vous avez dû acheter votre propre vidéo-projecteur pour pouvoir pallier ce manque de supports, étonnez-vous de la crise de recrutement.
      Sans parler du cahier de texte on line, véritable pensum d’après cours.
      Et les fiches de séance et de séquence ! Avec objectifs, compétences principale, secondaire, transversale…
      Et la tâche finale, bricolage soi-disant motivant, pour faire joujou au lieu d’apprendre utilement.
      Bref, faut vouloir !

  10. Philippe Dubois dit :

    Bonjour Maxime.

    La destruction de l’enseignement a débuté officiellement sous Giscard avec la loi Haby, mais elle avait commencé dès 1947, avec le plan Langevin Wallon.
    C’est la colonisation du ministère par l’extrême gauche depuis la libération, avec l’imposition des absurdes théories pédagogistes.

    Cette destruction a été encouragée par la gauche, bien sûr

    Mais la responsabilité de la « droite » est énorme : qu’a-t-elle fait pour stopper ce processus funeste ?
    La réponse est simple : RIEN, (au contraire)
    C’est la faute majeure de cette droite, qui m’interdit de lui apporter mon suffrage.
    D’ailleurs, quelles sont les propositions de LR-UDI sur l’école ? Silence

    Je discutais récemment avec un prof de maths qui avait enseigné en école normale d’instituteurs.
    Il se souvient de la réflexion d’un élève instit ; « Mais, imposer une consigne à un enfant, c’est fasciste ! »

    • Laurent Grélot dit :

      Bonsoir Colibri,
      je n’ai pas trouvé une seule idée avec laquelle je ne sois pas pleinement et sincèrement d’accord avec votre plaidoyer (description) de votre école idéale (à élargir à la télé d’ailleurs). Elle ressemble pour nombre de points à celle dans laquelle je me suis construit avec l’aide, le soutien et la bienveillance de mes institutrices et instituteurs. Des gens biens. D’ailleurs, je me souviens d’eux, de leur visage et de leur nom. Je crains que nous soyons vus comme des dinosaures. Je crois que tout se joue à l’école, même si c’est à l’université que j’ai trouvé ma voie.

      «Les lois fondamentales de la stupidité humaine» : c’est une belle description (amusante) des relations humaines du gagnant-gagannt aux escrocs qui puisent en vous comme dans un compte courant . Vous apprécierez très sûrement  » les décisions absurdes 1 et 2  » de Christian Morel ou  » comment faire pire en croyant faire mieux » de Maya Beauvallet .
      Avec ces qq ouvrages, on commence à comprendre comment on en est arrivé là dans l’EN et dans la société en général.
      Très cordialement
      Laurent

      PS: j’ai essayé de changer le monde (comme doyen de Fac), puis de changer les gens (les résistants au changement), et j’ai fini (épuisé) par seulement vouloir me changer MOI (cf. les 3 portes de la sagesse ou encore Marc Aurèle : « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.» )

    • Colibri dit :

      @Laurent Grélot, je viens de lire votre commentaire d’hier et je vous en remercie. Je ne me lance pas dans de nouveaux commentaires car je ne veux pas squatter le blog de Monsieur Tandonnet et importuner ses lecteurs et ses commentateurs. Je vous lirai désormais sur votre blog que j’ai rentré dans mes favoris. Depuis que je suis à la retraite j’ai repris le chemin de l’Eglise catholique de ma grand-mère paternelle. C’est aussi compliqué que l’Education Nationale mais je suis dans l’état d’esprit de votre citation de Marc Aurèle. 🙂 Au plaisir de vous lire à nouveau ici ou sur voter blog.

  11. Colibri dit :

    J’ai déjà mis l’intégralité du texte de Charles Péguy sur le blog de Maxime Tandonnet. Je ne recommence pas. Voir lien suivant: http://skhole.fr/p%C3%A9guy-extrait-la-crise-de-l%E2%80%99enseignement-un-fait-moral-total
    Il n’y a pas de crises de l’école il n’y a que des crises de société. Il n’y a pas que des problèmes il n’y a que des solutions. Donc une fois le constat fait de ce qui ne va pas débattons entre nous de ce qu’il faut faire pour que ça aille mieux. J’ai des propositions à faire. Et je suis sûr que les personnes qui lisent ce blog et le commentent en ont aussi à faire.

    • Laurent Grélot dit :

      Bonjour Colibri,
      voici une explication possible de ce que vous appelez une crise de société.
      j’espère que vous apprécierez. 🙂
      http://theconversation.com/economique-sociale-identitaire-la-vraie-nature-de-la-crise-une-crise-de-stupidite-76298
      Cordialement.
      Laurent

      PS: je suis dans l’Enseignement Sup depuis 1990; LMD, LRU / autonomie, fusions, PRES puis COMUE, AERES / HCERES, etc… Depuis 2005, des génies enchaînent des réformes qui sont une source de désorganisation permanente. Outre le fait que ce soit très anxiogène, le sentiment dominant est que l’on passe un temps fou à faire du reporting (souvent auto-reporting avec auto-satisfecit car il y a peu de vérification derrière). Dès lors, on a moins de temps pour se focaliser sur l’essentiel : l’apprentissage des jeunes gens qui viennent à nous (et accessoirement, faire une recherche scientifique qui a un intérêt sociétal). Je sais, je sais, je réitère mes gros mots. Triste constat.
      PS 2 : Je propose comme réforme pour les 5 prochaines années : l’arrêt des réformes :-).
      D’ailleurs, nombre de collègues répondent de moins en moins à toutes ces injonctions Top-Down et expérimentent à leur échelle des nouvelles méthodes pédagogiques (APP, classes inversées, wiki, …) et in fine adoptent ce qui semble le plus efficace. Autonomie des université ou autonomie des universitaires ? j’ai choisis mon camp.

    • Jean-louis Michelet dit :

      Bonjour  » Mr Colibri  »
      Oui , quelques propositions seraient les bienvenues , dans ce domaine comme dans tant d’autres.
      Bien à vous.

    • Colibri dit :

      Oui Laurent Grélot j’apprécie votre commentaire et lien que vous m’indiquez car je suis marqué par la lecture du livre suivant: «Les lois fondamentales de la stupidité humaine», de Carlo M. Cipolla, P.U.F., 72 p., 7 €. Ce livre est ma bible depuis des années maintenant. J’apprécie la présentation que vous faites de vous sur votre blog. J’apprécie aussi la liste de vos partenaires et soutiens de votre blog  » The conversation » que je viens de rentrer dans mes favoris. J’apprécie enfin votre projet de réforme actuel: plus de réforme pendant 5 ans. Je vous propose une photo écrite de moi: mes parents étaient enseignants de classe unique dans la forêt landaise. C’est à dire instituteurs sans le bac. Leur mission était de faire réussir leurs élèves au certoch. Ils l’ont fait de mains de maître. Tous leurs élèves ont réussi dans la vie. Mais bien entendu c’était les trente glorieuses. J’ai été instit de 1969 à 2008 et par choix j’ai essayé de faire l’essentiel de mon parcours professionnel dans le Lot-et-Garonne en tant qu’instit de campagne, une espèce en voie de disparition. La campagne est aussi en voie de disparition. Je ne suis pas allé en fac. Beaucoup de mes élèves si et certains ont fait, font encore des parcours brillants. Merci de votre commentaire.

    • Colibri dit :

      @Jean-Louis Michelet, je vais essayer de répondre à votre demande. Je ne suis pas uniquement un instit à la retraite fils d’instits. Je suis aussi père de 6 enfants, grand-père de 6 petits enfants. Donc aussi « un usager » de l’Education Nationale ». Je pense que de la maternelle à la fin du Lycée les élèves devraient porter un uniforme simple peu coûteux. J’aimerais bien des journées d’école qui commencent comme en maternelle: par un moment tous ensemble où tout le monde dis bonjour à tout le monde, prend le temps d’échanger quelques mots, de chanter, de réciter un beau texte, d’entendre de la part de l’enseignant une phrase courte qui invite à la réflexion. Je pense que les activités scolaires de bases devraient avoir lieu le matin uniquement. Y compris la musique, le dessin, les activités artistiques. L’après-midi pourrait être plus « cool ». J’aurais aimé des vacances plus courtes l’été quand c’est vraiment bien d’aller à l’école et plus longues l’hiver quand les enfants n’arrêtent pas d’être malades. Je pense que le changement d’heure d’été d’hiver perturbe les rythmes scolaires. Je souhaiterais une même heure toute l’année. Je pense qu’à l’adolescence il pourrait être bon de séparer garçons filles le temps de la puberté pas toujours facile à gérer pour les enfants eux-mêmes, pour les parents, pour les enseignants. J’aimerais pour mes petits enfants que dans toutes les écoles un petit peu de la cour de récréation soit dégoudronné et transformé en jardin « de curé ». Avec là où c’est possible la plantation de vigne, de cerisiers, de pommiers, de pruniers, de noyers, de pêchers. Je suis pour les petits animaux à l’école pas seulement en maternelle mais jusqu’à la fin du Lycée. Vous pouvez embêter un prof et le traiter de tout sans risquer grand chose mais si vous faites de même avec un chat ou chien il y aura une réaction immédiate qui vous y fera pas revenir deux fois. 🙂 Il faut associer les enfants, les ados à l’entretien des locaux et je pense que cela pourrait se faire aussi en fac. J’ai parcouru des salles de classe d’une fac que je ne nommerai pas, en fin de journée c’était des poubelles. Je trouve que les enfants sont élevés hors sol et loin de la nature, de la vraie vie et de ses réalités. C’est dommage je pense. Dans les activités d’après-midi je verrai bien de la cuisine pour tous, apprendre à cuisiner, à faire un repas équilibré pour de vrai, apprendre à gérer une coopérative scolaire et à monter un projet éducatif de fin d’année. Sur le plan scolaire il faut je pense savoir compter de tête, à la main et à la machine. Il faut savoir lire et écrire et donc savoir lire à haute voix et écrire pour être lu. Mais je pense qu’il faut aussi aujourd’hui savoir « lire » internet et écrire sur internet. Savoir créer un blog, savoir faire des recherches sur internet, apprendre à ne pas faire des copier coller etc…etc… Cela pourrait faire partie des activités de l’après-midi. Je crois aussi que tous les matins les élèves devraient déposer leur téléphone portable dans une pièce qui ferme à clé et leur rendre quand ils quittent l’école. Je ne serais pas choqué non plus par des remises de prix en fin d’année scolaire aux dix meilleurs élèves par classe et à des bourses d’étude aux meilleurs élèves de chaque école. Une saine émulation entre enfants ne me paraît pas être quelque chose d’immoral. De la maternelle à la fac une heure de philo par jour, une heure d’histoire par jour cela pourrait faire du bien à tout le monde. Il faudrait arriver à faire confiance aux enseignants et aux élèves et les libérer, libérer les énergies, les envies de bien faire, de créer. Un peu partout dans notre pays il y a des parents, des profs, des élèves qui font des choses bien. Il faut les mettre en valeur, les faire connaître, les « copier-coller ». Une fois par mois une soirée de formation au métier de parents, au métier d’élèves, au métier d’enseignant pourrait être mise en place dans chaque ville, village. Cela aiderait je pense à un meilleur fonctionnement de l’école. Pour terminer ma salade de fruits de ce soir j’aimerais une télé scolaire la meilleure possible et le retour des excellentes émissions scolaires qu’il y avait sur France Musique et sur France Culture pour les maternelles et les primaires. « Le pays qui aura la meilleure télé scolaire sera le premier pays et s’il ne l’est pas aujourd’hui il le sera demain. » J’ai plagié une phrase célèbre. Un bon point à qui retrouve la phrase originale et son auteur. 🙂

  12. Mildred dit :

    Et quand les profs eux-mêmes ont du mal à faire la différence entre « quoi que » et « quoique » !

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